Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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La Rédemption du Jedi [Rattatak]

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    #27

    Post n°27
    Auteur : Rylen Korr


    Naktis le Damnateur
    [Souverain d'Isayidi]
    Spoiler : Musique
    [Flash unavailable]
    Le soleil couchant était une bénédiction et une malédiction sur Rattatak. Une bénédiction car la chaleur éprouvante accumulée tout au long de la journée cessait d'être à son summum et baissait d'intensité. Une malédiction car c'était la nuit qu'Isayidi se transformait en véritable cauchemar.

    Les honnêtes gens -car il en restait quelque-uns au milieu de toutes ces bêtes- se pressaient de rentrer chez eux à la tombée de la nuit. Les rares enfants Rattatakis ou aliens que l'on croisait dans les rues couraient à grandes enjambées pour ne pas être victimes de la maladie incurable d'Isayidi tandis que les volets, fenêtres et portes fabriqués avec de la vieille terre moyenâgeuse se scellées brusquement dans un son strident. Mieux valait ne pas être dehors lorsque les rayons du soleil ne perçaient plus la cité au risque de ne plus jamais revoir le lever du soleil de sa vie.

    Au milieu de ce silence terrifiant, un moine -reconnaissable grâce à sa bure et à la capuche qui recouvrait son visage- se déplaçait de quartier en quartier comme si de rien n'était. Il était rare de voir un religieux sortir aussi tard dans les rues d'Isayidi. Ces hommes pieux ne s'aventuraient pas en dehors de leur paroisse lorsque l'obscurité était reine.

    Que voulait signifier la présence de ce cénobite en ce lieu ? Oserait-il bafouer le couvre-feu imposé par le Damnateur depuis les terribles émeutes qui avaient eu lieu il y a quelques semaines (quelques mois peut-être ?) en arrière ? Si c'était le cas, son geste n'était ni courageux ni malin. S'il se faisait arrêter en pleine nuit à rôder autour du Palais du Damnateur -car c'est vers la majestueuse demeure de Naktis qu'il se dirigeait- il était bon pour la pendaison.

    Encore fallait-il qu'il échappe à la main dévastatrice du propriétaire des lieux. Ce n'était pas gagné.

    Dans des coins de rues dormaient à même le sol sableux des pauvres mendiants ou des gamins sans aucune famille. Lorsque le moine passa devant eux, ces derniers réclamèrent silencieusement des pièces d'argent. L’aumône était sacrée pour les religieux et ces nécessiteux l'avaient bien compris, profitant de la bonté de ces envoyés de Dieu sans aucune limite. Tandis que les quelques misérables allongés ici et là pensaient avoir de quoi se nourrir pour les deux prochains jours, ils constatèrent avec étonnement que leur demande resta sans suite : le moine passa son chemin, ignorant ainsi la détresse qui se lisait dans le regard de chacun de ces hommes. Il s'agissait là du premier signe révélateur d'une supercherie habilement exécutée : celui qui se faisait passer pour un religieux n'était pas ce qu'il prétendait être.

    A moins qu'un Jedi soit considéré ici, sur Rattatak, comme un cénobite. Alors Rylen Korr ne cachait pas sa véritable identité et ne faisait que paraître tel qu'il était.

    Celui qui avait été fait esclave ces dernières semaines (ces derniers mois ? ces dernières années ? il n'en savait rien) s'apprêtait à fêter son affranchissement par un rendez-vous des plus intéressants. En effet, une visite cruciale s'imposait chez le souverain de la cité d'Isayidi. Naktis le Damnateur -comme il aimait se faire appeler- ne s'attendait certainement pas à une venue aussi tardive mais il devrait l'accepter : ça faisait une éternité que Rylen Korr attendait ce moment-là ! Il n'avait pas compté les jours, mais la Forge Stellaire lui paraissait bien lointaine. C'était lors de la Bataille au sein de cette Relique Sith qu'il avait vu pour la dernière fois ses frères et ses sœurs Jedi. L'avaient-ils oublié ? Ou l'avaient-ils recherché dans un espoir vain ? Alors qu'il repensait à sa disparition subite, le Maitre Jedi se souvint de sa précédente "mort" alors que l'Empire Démocrate n'était toujours pas né.

    Les Membres du Conseils se doutaient-ils que ces disparitions successives n'étaient pas nettes ? Avaient-ils découvert ce que Rylen Korr mijotait depuis tant d'années dans le dos de l'Ordre Jedi ? Tant qu'il resterait sur Rattatak, il lui serait impossible de le savoir. Raison supplémentaire pour que ce séjour ne dure pas plus longtemps, lui qui avait déjà assez duré. Sa mission devait à tout prix rester secrète. Il l'avait promis à son défunt Maitre.

    Son Maître. C'était pour lui qu'il était aujourd'hui ici, et c'était pour lui qu'il avait quitté l'Ordre sous l'Ancienne République. Certains avaient prétexté un exil, d'autres avaient réellement cru à ces histoires d'esclavagisme Trandoshan -l'excuse officielle de Korr alors qu'on venait le secourir sur Kashyyyk-. Mais tout le monde -ou presque- était persuadé que Rylen Korr cachait la vérité. Comment expliquer qu'un Maitre Jedi de sa puissance et de sa sagesse puisse se laisser aussi facilement capturer par des esclavagistes ?

    Comment expliquer que le Grand Maitre de l'Ordre Jedi devienne aussi facilement un esclave sur un monde sanguinaire comme Rattatak ?

    Les marches du palais de Naktis apparurent au loin devant lui. Il y était enfin. Les gardes y étaient étrangement en sous-effectif, la sécurité n'était visiblement pas le point fort du Damnateur. Se sentait-il bien trop fort pour compter sur des hommes armés ? Ne redoutait-il pas un assassinat ? La puissance de ce Rattataki dans le Côté Obscur de la Force devait être impressionnante pour qu'il se sente aussi peu menacé. Réussissait-il à percevoir l'environnement de sa demeure ? Savait-il qu'en ce moment même, l'un de ses ennemis jurés -un Chevalier Jedi- s'apprêtait à franchir le seuil de son luxueux palais afin de lui régler ses comptes ? Rylen était persuadé que Naktis était au courant de sa venue. C'est pour cela qu'il ne rencontra aucun soldat armé sur le chemin menant à l'entrée du palais : le terrible souverain de la cité d'Isayidi avait certainement ordonné qu'ils se retirent afin de laisser la liberté à "l'Ispani" de pénétrer dans sa demeure.

    Naktis le Damnateur invitait généreusement Rylen Korr à venir diner au milieu de la nuit. Charmant accueil.

    L'obscurité était Reine en cette nuit. La noirceur des étoiles semblait bien plus noire que d'habitude. L'ambiance Rattataki était réellement impressionnante. Le Côté Obscur habitait ces lieux. Et Rylen ne savait plus ce qu'il fallait faire. Devait-il se mêler à cet environnement néfaste comme il l'avait fait depuis son arrivée sur ce monde ? Ou devait-il pour la première fois depuis des semaines montrer un signe de résistance vis à vis de cet attrait maléfique ? Après tout, son petit jeu de Jedi déchu était arrivé à son terme : il n'avait plus besoin de jouer la comédie pour ne pas éveiller les soupçons. C'est ainsi que le Maitre Jedi reprit confiance, guidé par une mystérieuse étoile qui semblait le suivre depuis son départ du ludus de Jarrus à la tombée de la nuit. Mais à chaque fois que Rylen essayait de visualiser cette petite étoile, celle-ci disparaissait... L'obscurité était bien trop importante pour laisser de la place à la lumière.

    La présence tolérée de Rylen Korr dans la cité d'Isayidi était déjà suffisante pour le Côté Obscur de la Force. Elle était même déjà trop importante. Mais les ténèbres aimaient jouer avec la lumière. Les ténèbres appréciaient les images d'une clarté torturée. N'avaient-ils pas besoin l'un de l'autre pour exister ? Cette question, des milliers de philosophes se l'étaient déjà posé. Rylen Korr se demandait si Naktis le Damnateur en faisait partie ou non.


    - Ismayal.

    Le cœur du Jedi s'affola brusquement. Trop peu concentré sur son environnement proche alors qu'il venait tout juste de pénétrer l'enceinte du palais de Naktis, Rylen Korr ne remarqua même pas la présence tout autour de lui de serviteurs. Ces derniers étaient répartis en rond dans le hall d'entrée. Ils semblaient prier. La pénombre qui les entourait ne semblait pas les gêner dans leur activité nocturne.

    Ils vénéraient la Nuit. L'Obscurité. Ils vénéraient en d'autres termes leur Maitre : Naktis le Damnateur. Ces serviteurs du Mal s'étaient fait laver le cerveau par ce diable incarné. Comment pouvaient-ils être sauvés ? Le pouvaient-ils seulement ? N'étaient-ils pas condamnés à la nuit éternelle ?

    Rylen Korr n'interdit aucunement à sa main droite de se poser sur le manche de son sabre laser, lequel était solidement attaché à sa ceinture. Il était en territoire ennemie. Seule lumière pour vaincre les ténèbres. Que devait-il faire ? Devait-il terrasser tous ces esclaves afin de les libérer de leur sort funeste ? Ou devait-il passer son chemin et ne pas leur apporter la moindre attention ?


    - Ismayal. Hunta lek Naktis.

    Quelle créature maléfique pouvait rendre des êtres aussi misérables ? Comment les Jedi avaient-ils pu laisser des choses pareilles se dérouler ? Ça faisait déjà quatre minutes que Rylen se tenait là, immobile, au centre de la salle ovale. Aucun serviteur de Naktis ne semblait s'intéresser à lui, aussi étrangement que cela puisse paraître. Lobotomisés par le Mal, ils se contentaient de prier à genoux de manière coordonnée afin que le Mal se souvienne d'eux. Tout cela, ils le faisaient pour Naktis et seulement pour Naktis. Leur "Dieu" était la seule chose qui comptait à leurs yeux, pour rien au monde ils iraient voir ailleurs.

    Seule la mort les délivrerait de ce sort maléfique. Seul Rylen Korr pouvait faire quelque chose pour leur vie.


    - Ismayal. Hunta lek Naktis. Hunta lek Naktis.

    L'ambiance était sombre. Très sombre. Une étrange mélodie semblait résonner au fond, comme si le Côté Obscur lançait un écho infini afin de sous-entendre à Rylen Korr qu'il n'était pas la bienvenue ici. Tant pis, le Côté Obscur devrait faire avec. Ils se connaissaient depuis bien trop longtemps pour ne pas s'inviter mutuellement et ils avaient vécu bien trop d'histoires ensemble pour ne pas s'échanger un minimum de politesse. L'ennemi des Jedi était comme ça : fourbe, malin. Cachottier. Tel un Kath jouant avec son Gizka avant de le dévorer, le Côté Obscur s’immisçait dans l'esprit de ses victimes afin de les détruire de l'intérieur. L'on voyait le résultat sur ces serviteurs.

    La tête haute, le comportement presque arrogant, Rylen s'avança et ignora finalement ces hommes et ces femmes qui n'avaient cessé de louer leur admiration pour le Damnateur. Ce n'est qu'à ce moment qu'il remarqua un détail d'une importance considérable : tous ces serviteurs étaient des... Humains. Aucun Rattataki ne vouait de culte à Naktis dans cette chambre aux sacrifices.

    Voilà le ressentiment du souverain d'Isayidi vis à vis des Humains : il les méprisait. Et nul doute qu'il voulait envoyer un message fort à son invité du soir : "Voilà ce que je fais à tes semblables. Voilà à quelle place tu te trouveras cette nuit".

    S'en était trop. Bien trop. Comment son Maître avait-il pu l'envoyer sur un monde de cet acabit ? Avait-il été au courant de ce qui se tramait sur cette planète ? Rylen reprit ses esprits et laissa derrière lui ses frères de race en espérant que le changement de salle lui ferait oublier le visage de ces opprimés. Il se demanda à cet instant comment se comporterait son défunt mentor à sa place.

    *Reste calme. Fais appel à la Force.*

    Si facile à dire. Si difficile à obtenir. La Force pouvait parfois se montrer difficile, comme si le contexte et le lieu pouvaient influer sur sa présence et son influence. C'était le cas actuellement. La Force était difficile à trouver dans ce palais, tout simplement parce que ce n'était pas la même Force qui guidait quotidiennement Rylen Korr. Marcher dans la demeure de Naktis le Damnateur, c'était comme nager au fond du Nexus de Dagobah : on voyageait en eaux troubles. Sans repères. Sans défense. L'on était à la merci du moindre animal, de la moindre bête.

    Il n'y avait que ça dans cette horrible atmosphère.

    Pourtant, malgré d'énormes difficultés à respirer l'oxygène maudit qui se dégageait de ces couloirs, Rylen Korr réussit à atteindre une étrange salle habitant de nombreux artefacts. Bien que la pénombre n'était pas idéale pour avoir un aperçu précis de ce qui se cachait ici, le Jedi savait tout de même différencier un vase en marbre d'un saphir. Pour la simple et bonne raison que le saphir... brillait. La gemme orientale était d'une taille considérable et semblait attirer l'attention dans cette pièce intrigante. En s'approchant de celle-ci, Korr se demanda s'il ne s'agissait pas d'un cristal Adegan, ceux que l'on trouvait sur la planète Ilum. L'Ordre Jedi, à une certaine époque de l'Ancienne République en était friand. La destination avait peu à peu été abandonnée au cours des années bien qu'il arrive encore aujourd'hui que l'Ordre d'Endor organise des expéditions pour en récupérer.

    Savoir qu'un serviteur du Côté Obscur s'était probablement servi sur Ilum inquiéta le Maitre Jedi. Ce dernier, après avoir longuement analysé le cristal de couleur bleu, décida de faire le tour des artefacts et des objets de valeur qui peuplaient la salle. Naktis était décidément un amateur de joailleries. A moins que certains de ces objets, au delà de leur valeur et de beauté, ne contiennent autre chose de plus important.

    Des informations seulement accessibles par les serviteurs de la Force, par exemple.

    C'est alors qu'un mystérieux sceptre attira l'attention du Maitre Jedi. Celui-ci, parfaitement rangé en hauteur sur un emplacement permettant de le mettre en valeur, brillait encore d'avantage que le cristal Adegan dans l'inquiétante obscurité qui régnait ici. Rylen Korr s'approcha lentement de cet étrange artefact alors qu'il observait minutieusement son apparence. Il était orné de différents cristaux et de matériaux d'une valeur considérable : saphirs, rubis, émeraudes... A lui-seul ce sceptre permettrait de racheter plus d'une centaine d'esclaves ! Mais le plus important dans tout ça, ce n'est pas la valeur brute de l'objet. Le plus important, c'était ce qui se trouvait sur le haut du bâton.

    Un Holocron. Le sceptre portait un Holocron. Sa forme le trahissait. Rylen en avait vu des centaines dans sa jeunesse au Temple Jedi, il ne pouvait se tromper.

    C'est alors que la raison de sa venue sur Rattatak lui revint à l'esprit. Était il possible... Était il seulement possible que l'objet de toutes ses convoitises se trouve ici, devant ses yeux ? Naktis le Damnateur était-il réellement en possession de l'Holocron qu'il recherchait depuis... des années ?

    - Par la Force...

    Rylen Korr contempla l'objet qu'il avait sous les yeux. Il le palpa avec délicatesse, essayant de limiter les touchers afin de ne pas le détériorer. Si cet Holocron s'avérait être celui auquel il pensait, sa venue sur Rattatak serait un coup double : à aucun moment il n'avait espéré tomber sur l'objet qu'il désirait tant depuis tant d'années. Rylen ne se souvenait même plus à quelle époque il avait entendu parler de...
    - L'Holocron de Javos. Intriguant, n'est-ce pas ?

    Une voix grave et inconnue raisonna brusquement dans la pièce. Rylen se retourna aussitôt dans la direction d'où il semblait avoir perçu le son. C'est ainsi que ses yeux se dirigèrent vers l'une des ouvertures menant à un impressionnant balcon. Une fois n'est pas coutume, le panorama extérieur était bien moins important que la personne qui était là, debout dans l'entrée, et dont l'ombre terrifiante recouvrait quasiment toute la salle.

    Naktis le Damnateur était impressionnant. Terrifiant et menaçant. L'on disait de lui qu'il faisait plus de 2 mètres et que sa présence vous figeait sur place. Rylen Korr pouvait confirmer que l'on ne disait que des vérités sur le souverain d'Isayidi.


    - Connais-tu l'histoire tragique de... Darth Plagius le Sage ?

    Le temps sembla s'arrêter. Une brise de vent parcourut la salle de long en large, comme pour annoncer un mauvais présage. C'est à ce moment-là que Rylen Korr aperçut véritablement son homologue Rattataki : celui-ci lui tournait le dos et avait les yeux rivés vers le paysage extérieur.

    Le Jedi ne savait pas à quel jeu son ennemi se pliait. La seule chose dont il était certain à présent, c'est que Naktis n'était pas un Seigneur Sith.

    Il ne l'avait jamais été.
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      #28

      Post n°28
      Auteur : Rylen Korr

      Spoiler : Musique
      [Flash unavailable]
      Il était là. Le Jedi pouvait facilement le sentir. Les ondes du Côté Obscur l'entouraient comme si de fins filaments de couleur rouge (sang) s'étaient emparés de lui afin de le capturer. Du moins c'était de cette manière que Rylen Korr aurait perçu le Rattataki il y a quelques années en arrière. A cet instant, ce n'était pas des filaments qu'il percevait tout autour de Naktis, mais bel et bien un serpent de plusieurs mètres qui était censé représenter le côté maléfique de la Force, celui qu'il avait décidé d'adopter au détriment du bon sens.

      Lorsqu'il aperçu la gueule de l'animal -il sifflotait et ouvrait la bouche à intervalles réguliers, montrant ses crocs particulièrement dangereux-, Rylen faillit avoir un soubresaut mais il n'en fut rien. Au contraire. Le Maitre Jedi adoptait une attitude de défi, le comportement presque arrogant. Rattatak l'avait changé, il lui avait donné une assurance particulière et différente de celle qui avait été sienne dans le passé. Cette réaction ne plut aucunement au serpent de plusieurs mètres qui s'enroulait autour du Damnateur : celui-ci ouvrit la gueule en grand durant de longues secondes avant de cracher son venin avec rage. Il n'appréciait pas Rylen Korr et il lui faisait savoir. Rylen Korr ne l'appréciait pas et il lui faisait savoir.

      Heureusement pour le Jedi, il ne s'agissait que d'une métaphore accentuée par le contexte Rattataki censée montrer de quel côté se trouvait Naktis. Au moins, Rylen avait l'assurance d'avoir un ennemi en face de lui. Néanmoins, et le Maitre Jedi se le répétait sans cesse depuis de longues secondes : Naktis n'était pas un Seigneur Sith. Il ne l'avait jamais été.

      Qui était-il, alors ? Sa puissance dans le Côté Obscur était indéniable. Son aura influençait la cité entière, ses habitants y compris. Nombre d'Isayidi s'étaient laissés pervertir par l'attrait du mal incarné par Naktis. Qui était-il si ce n'est un être puissant et charismatique ? Tandis que le serpent aperçu plus tôt disparaissait petit à petit -mais qui sait, peut-être que Naktis en avait réellement un ?- Rylen Korr se concentra physiquement sur l'homme qu'il était venu rencontrer. Le Damnateur.


      - Que faut-il faire dans votre famille pour mériter le statut de Sage ? Tuer des enfants ? Violer des esclaves ? Transformer le sable de ces terres en sang ?

      Le Damnateur laissa échapper un rire assez court mais réel. Comme le lui avait appris son mentor, les Jedi se montraient hautains et bien trop fiers face à leurs ennemis de toujours. Cet Ispani l'était plus particulièrement et Naktis espérait que ses frères et sœurs -s'il en avait- soient bien plus respectables que lui sinon tous les Jedi mériteraient son mépris éternel.

      Le gigantesque souverain d'Isayidi ne daigna même pas regarder son invité du soir. Son regard toujours plongé sur la cité qu'il dirigeait d'une main de maitre, il répondit sur un ton aussi calme que la météo Rattataki de la nuit.


      - Vous autres Jedi êtes bien trop présomptueux. Tu fais la fierté de ton défunt Ordre, l'Ispani, tu as parfaitement assimilé la propagande qui déborde de ton cerveau. "Les Sith sont le mal, les Jedi sont le bien". J'espérais que tes talents arme à la main soient à la hauteur de ton ouverture d'esprit, mais je me trompais certainement.

      Dans un mouvement parfaitement coordonné et visiblement bien préparé, Naktis le Damnateur se retourna soudainement afin de faire face à Rylen Korr. Son ombre s'interposa entre ce dernier et la faible lumière qui provenait de l'extérieur. Haute de quatre mètres, la silhouette obscure surplombait dangereusement la chambre du palais de Naktis. Si le Rattataki avait été accueillant jusqu'à présent -du moins si l'on s'en référait aux mœurs locaux- il tenait à rappeler à l'Ispani qui était le maitre des lieux ici : l'Humain devait faire particulièrement attention à ce qu'il disait entre ces murs de sable dur.

      - Tu n'as donc pas compris pourquoi les Jedi se sont fait magistralement chassés de Coruscant. Évincés de leur propre foyer par celui qui s'est autoproclamé "Être Parfait" de tous les Sith. Votre arrogance vous a détruit, tout comme elle a détruit le faux Sith'ari qui nous a tous condamné lorsqu'il s'est accaparé le pouvoir galactique, quelque soit la véritable stature de Naktis dans la Force, il partageait de nombreuses connaissances sur l'histoire des Sith et des Jedi, ce qui faisait de lui un individu à ne pas sous-estimer, Ne vois-tu pas que l'enseignement qui t'a été prodigué à toi et à nombre de mes semblables est dépassé ? Les dogmes sont un outrage et un frein à la puissance inestimable que nous offre la Force. Darth Plagius l'avait compris et par ses actes, il a fait bien plus que tous les tiens. Sans chercher de reconnaissance, il a offert à des générations futures un savoir inestimable sur la Force et la Vie, et ce dans le seul but de faire avancer les recherches sur le don qui nous a été donné afin de pouvoir l'utiliser à bon escient -et non pour un mauvais usage comme les tiens voudraient le croire-.

      Celui qui a jadis été mon mentor, à défaut de me transmettre ce qu'il savait des recherches de Darth Plagius le Sage, a naturellement veillé à me raconter la légende de celui qui a réussi à manipuler la vie et à empêcher... la Mort.


      Dans l'inquiétant obscurité du Palais de Naktis, ce fut au tour de Rylen Korr de railler les propos de son homologue. Ce qui déplut fortement au Damnateur qui resta néanmoins calme et stoïque : de la part d'un Jedi formaté et plein d'assurance, il n'espérait aucun effort de compréhension.

      - Si un Sith aussi puissant que tu le décris a existé, comment se fait-il que nous n'ayons jamais eu vent de son existence ? Une telle grandeur laisse une empreinte dans les courants de la Force.

      Le jeu de celui qui rira le plus se perpétua avec les efforts de Naktis qui dut se forcer, cette fois-ci. Son mentor avait donc vu juste, les Jedi étaient réellement hautains et ils ne se gênaient pas pour le laisser paraître. Le Damnateur comprenait mieux les évènements qui s'étaient jadis déroulés sur Coruscant : les Jedi avaient eux-même provoqués leur chute par leur comportement méprisant.

      - Vous apprenez à vos apprentis à anticiper l'avenir, mais vous omettez de lire le présent. Vous avez cru pendant des millénaires avoir débarrassé la Galaxie des miens, mais en vérité nous avions été adoptés par les ténèbres de la galaxie. Après l'affront de Ruusan et l'échec de l'Ordre Sith calqué sur le vôtre, Bane a inculqué des enseignements novateurs à ses descendants.

      - "Un Maitre, un Apprenti"... répondit Rylen Korr en citant ce que lui avait appris son Maitre il y a fort longtemps.

      - Tout n'est donc pas à jeter dans la formation Jedi, voilà une information qui me rassure pour l'avenir des tiens, rétorqua immédiatement Naktis de sa voix grave et imposante, Des milliers d'années durant, vous nous avez cru disparus. Nous étions simplement devenus maitres dans l'art de la dissimulation. Mais un jour, un hérétique Seigneur dont on a jamais su le nom a trahi les engagements de Darth Bane en recréant un Ordre Sith tel qu'il existait durant les Nouvelles Guerres Sith. L'Oméga en est le descendant et le défenseur le plus farouche. Du moins il l'était. J'aimerais supplier la Force d'avoir pitié de son âme, mais l'évocation de son nom me donne envie de vomir.

      Si Rylen Korr était venu sur Rattatak pour une bonne et unique raison -Naktis- il avait fini par croire que sa venue avait une autre signification. Il semblait que la Force lui ait assigné une mission de rédemption par rapport à son échec en tant que leader de la Bataille de la Forge Stellaire -d'où la raison pour laquelle il avait pris son temps avant de se lancer "à l'assaut" du palais du Damnateur-. Mais tandis qu'il écoutait les explications de Naktis, le Maitre Jedi en vint à se demander s'il n'était pas complètement à côté de la plaque.

      Son mentor avait-il omis de lui donner des détails ? Lei-Yan Minn, l'homme qui l'avait formé au Temple Jedi durant son adolescence, celui qui lui avait tout appris... Avait-il oublié de lui donner des éléments d'une importance considérable au moment de lui confier cette mission ? Korr n'avait pas oublié un seul morceau de ce que lui avait dit son ancien Maitre. Et très étrangement, ni l'Holocron de Javos, ni toutes les informations que venaient de lui confier Naktis le Damnateur ne faisaient partie des éléments transmis par Lei-Yan Minn. Il y avait une hypothèse plausible, celle que le souverain d'Isayidi tente de pervertir le Maitre Jedi par le mensonge. Mais Rylen Korr était loin d'être dupe comme lors de sa jeunesse de Padawan, son expérience l'avait incité à sonder l'esprit de Naktis afin de déceler le vrai du faux.

      Le Damnateur ne mentait pas. Il disait la vérité. Et Rylen ne le croyait pas suffisamment doué pour réussir à le manipuler comme un débutant. Mais une question entrainant une autre, un point important venait d'être soulevé par le Jedi : si Naktis n'avait pas la puissance d'un Seigneur Sith, comment justifier l'influence et l'aura qu'il avait sur des millions de Rattataki dans toute la région ?

      Et puis il y avait ces nombreuses références à l'Empereur Oméga dans les paroles du tyran d'Isayidi. Rylen Korr se maudit discrètement. Tellement obnubilé par sa mission personnelle et par son erreur sur le véritable statut de Naktis, le Grand Maitre de l'Ordre Jedi en avait oublié une information cruciale révélée par son effrayant homologue.


      - Tu parles de l'Oméga comme s'il lui était arrivé quelque chose. La Force aurait-elle eu la bonté de débarrasser la Galaxie de cette hérésie Humaine ? demanda l'homme barbu dans un ton extrêmement sérieux, ce qui voulait tout dire sur l'amour qu'il portait à son ennemi juré Sith.

      - J'avais oublié que ton statut d'esclave t'avait empêché d'avoir accès aux bonnes nouvelles galactiques : l'Oméga a été fait prisonnier par la nouvelle République. L'on paie un jour ou l'autre de son infamie, ce traitre n'a pas échappé à cette règle divine.

      Oméga capturé ? Une nouvelle République ? Depuis combien de temps Rylen Korr était-il sur Rattatak ? Sa venue sur ce monde isolé de la Bordure Extérieure ne devait durer que quelques jours à l'origine. Il semblerait qu'elle ait duré plus longtemps que prévu. Par la Force, où avait-il eu la tête au moment de faire ce choix ?!

      Rylen n'espérait désormais qu'une chose : que l'Ordre Jedi n'ait pas disparu en revenant sur Endor. Si les Jedi avaient décidé de s'exiler ailleurs voire de retourner vivre sur Coruscant au sein du probable nouveau régime, il devrait accepter la décision des siens et ne pourrait rien faire pour changer la donne : les absents avaient toujours tord. Cependant, s'il revenait sur la lune des Ewoks et qu'il apprenait qu'un malheur était arrivé à sa famille -ce qu'il avait un temps redouté suite à une grave perturbation dans la Force ressentie durant son séjour sur le monde des Rattatakis- il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même : à trop se concentrer sur la mission laissée par son défunt Maitre, il en avait oublié son rôle dans la protection de "son" Ordre, celui qu'il préservait avec attention depuis de nombreuses années.

      Il y avait un étrange goût de déjà vu. Naktis n'avait-il pas eu raison de dire les mots qu'il avait prononcé à l'instant ? Rylen, comme tous les siens sous l'Ancienne République et l'Empire Démocrate, était resté enfermé dans l'avenir voire le passé en oubliant le plus important : l'instant présent. Le choc des dogmes Jedi résumé en quelques mots, la Force Unificatrice face à la Force Vivante. Le Jedi, à trop vouloir respecter la promesse de son mentor, avait laissé de côté celle qu'il avait fait à sa famille actuelle. Cruelle désillusion pour un Grand Maitre respecté et adulé.


      - L'Oméga est un traitre à tes yeux. Pourquoi ? Qu'a t-il fait aux "tiens" ? N'êtes-vous pas de la même famille, celle des Sith ?

      Les yeux de Naktis, déjà bien sombres, devinrent menaçants. Rylen sentit dans la Force un dangereux grondement, comme si quelque chose -ou plutôt quelqu'un, en l’occurrence- venait de ressentir une terrible colère semblable à un tsunami déferlant sur tout ce qui était à sa portée. Les paroles du Jedi venaient visiblement de toucher le Damnateur en plein cœur, à tel point que celui-ci leva le point avant de le serrer fermement afin de montrer son ressentiment actuel. S'il y avait eu un objet dans le creux de sa main à ce moment-là, celui-ci aurait été écrasé et réduit en miettes.

      - Ne. Redis. Jamais. Ça. L'Oméga n'est pas de ma famille et il ne le sera jamais. Je préférerais mourir que de poursuivre le même combat de cet hérétique à l’œuvre de Darth Bane... Malheureusement, cette dernière a été bafouée par l'arrivée du Seigneur dont on ne connait pas le nom. Les origines ont été reniées, le Darth Sans Nom -c'est ainsi qu'il est nommé par les légendes- a reformé un Ordre Sith voué à reproduire les mêmes échecs que lors des Batailles de Ruusan : "formons le plus d'apprentis possibles pour réussir à surpasser les Jedi et la République par le nombre". Mais après la mort de Darth Sans Nom, plusieurs courants sont apparus, plusieurs "familles". Ces maisons furent en paix il y a un temps, mais même le temps ne peut empêcher les conflits d'intérêts. Certaines d'entre-elles se sont fait la guerre, à tel point qu'une de ces familles fut exterminée. Du moins je le croyais encore il y a quelques cycles en arrière...

      L'Oméga en a été l'acteur, tout comme il a été le Seigneur qui a récolté les fruits du dogme du Darth Sans Nom. Il a suivi sa voie plusieurs générations après sa mort et a repris à son compte l'Ordre Sith et la formation d'une nouvelle génération d'apprentis. Mais par ses actes, il nous a tous précipité dans sa chute. Il n'y a qu'à voir où en sont les Sith aujourd'hui : traqués de toute part, voués à l'échec et à l'humiliation. Même les Séparatistes qui furent un temps soumis à notre volonté nous haïssent désormais au point de nous éliminer où que nous soyons.

      Nous ne sommes pas de la même lignée de Sith. Mais nous portons le même statut aux yeux de la galaxie. L'Oméga, Naktis. Darth Plagius... Nous voilà mis au même niveau que cet incompétent. Un génie comme Darth Plagius, voué à être perçu de la même manière que le faux Sith'ari... Je ne peux croire à un tel destin. Je ne peux croire à une telle chute. Malheureusement, tout concorde. Ton arrivée sur Rattatak, prédite par mon Seigneur. Et la résurrection du Premier des Parjures, Paria des parias.

      Le Seigneur de Cypher.


      L'atmosphère devint soudainement Noire. Le Côté Obscur régnait en Maitre, encore plus que partout ailleurs sur la planète. Le serpent qui était présent plusieurs minutes en arrière réapparut dans le même temps, cette fois-ci accompagné de plusieurs de ses comparses. Des cobras mortels, des anacondas de Kashyyyk, des vipères Kinrath. Le nombre de sous-espèces affiliées à la famille était impressionnant. Stupéfiant.

      Un à un, les reptiles vinrent noircir la seule lumière qui régnait dans cette pièce, l'entourant habilement afin de mieux la piéger. Ils étaient bien ignorants. Un Maitre Jedi était bien trop serein pour se laisser décontenancer par de telles bêtes. Et pourtant.

      Dans un geste aussi vif que l'éclair, Rylen Korr alluma son sabre laser et trancha la tête d'une vipère qui fut sur le point de lui cracher son venin au visage. Ces serpents ne sortaient pas de son imagination ! Bondissant en arrière, l'invité surprise de Naktis trébucha sur un anaconda long de six mètres et vint se vautrer au milieu de ce vivarium à toit ouvert. Il était désormais à la merci de ces horribles prédateurs.

      Naktis, lui, n'avait pas bougé d'un seul centimètre. Il savourait la scène, fier d'avoir si bien accueilli son homologue Jedi. L'expression du visage qui se dégageait de ce dernier était une fierté sans équivalent pour un Rattataki tel que lui.


      - Je savais qu'ils escomptaient m'éliminer pour avoir accepté un objet tant convoité. J'étais persuadé qu'ils m'enverraient l'un de leurs meilleurs éléments. Mais un Jedi ?! Rylen comprenait mieux désormais la situation dans laquelle il se trouvait : Naktis pensait à tord qu'il avait été envoyé pour l'éliminer, ce fils de Hutt n'a t-il donc pas de respect pour les siens ?! Je savais le Hérault de Cypher perçu comme un paria, mais à ce point ! Pour t'être rallié à lui, tu serviras de diner à mes crotales. Rylen Korr, que la Force te pardonne ton péché. Et n'aie crainte, le Seigneur des Parias et tous les siens te rejoindront bientôt.

      Une étrange odeur vint accompagner ces dernières paroles de Naktis. C'était un mélange d'acide, de vomi et rat décomposé. En tournant la tête sur sa droite, Korr aperçut les entrailles d'un Python qui avait d'ores et déjà la gueule ouverte pour goûter à son festin. Ses longues dents acérées gardaient encore la trace du précédent diner qui n'avait, visiblement, pas estompé la faim de l'animal.

      Celle-ci allait être comblée avec un Humain bien copieux.

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        Auteur : Rylen Korr

        Simultanément, le python et quelques-uns de ses acolytes se jetèrent sur le Grand Maitre Jedi afin d'en finir une bonne fois pour toute. Dans le même temps, Rylen Korr se jeta également sur ses ennemis afin de leur régler leur cas une bonne fois pour toute. Ce qui donna à la scène une allure spectaculaire. Un spectacle dont sortie gagnant une seule arme : le sabre laser du Jedi. Un sabre qui virevolta dans tous les sens afin de rester affilié à son propriétaire le plus longtemps possible. La force de l'épée laser était bien trop importante pour la faible résistance des peaux reptiliennes.

        Malgré ce revers infligé par la Lumière, les Ténèbres semblaient bien plus importants que précédemment. Rylen ne le remarqua qu'une fois sorti du pétrin dans lequel il s'était fourré. L'extérieur et l'intérieur du Palais semblaient s'être mélangés afin de créer un seul et unique endroit duquel on ne pouvait s'échapper. Le Jedi était-il vraiment dans la réalité ? N'était-il pas sujet à une hallucination provoquée par Naktis et ses mystérieux pouvoirs ? Il le redoutait de plus en plus. C'était soit cette éventualité, soit une démonstration incroyable par l'hôte des lieux du pouvoir de contrôler les animaux sauvages. Quelque soit la technique employée, chacune était du ressort des Sith et de leurs fidèles.


        - Naktis, tes pouvoirs sont misérables comparés aux miens. Je te domine !

        Ces mots instaurèrent la colère et la rage dans l'esprit et le cœur du Damnateur. Ce dernier était furieux. Furieux de se voir ainsi rabaisser par un Jedi sur son monde. Dans sa propre demeure. C'était un choix risqué de la part de Rylen Korr que d'utiliser l'art verbal cher aux Guerriers Sith. Cet art de la rhétorique lui avait été pourtant enseigné par l'un de ses formateurs lorsqu'il n'était qu'un jeune Novice. Bien employé, il pouvait déstabiliser un adversaire bien trop présomptueux et l'induire en erreur. Ça portait aujourd'hui ses fruits. Mais la réaction de Naktis prouvait bel et bien qu'il n'avait rien d'un Seigneur Sith, ni même d'un Guerrier Sith. Son pouvoir provenait d'ailleurs.

        Rylen Korr avait à faire à un imitateur de la Force. Naktis le Damnateur utilisait un pouvoir qui n'était pas le sien. Il n'aurait aucun mal à le surpasser. Un brin d'arrogance se décelait facilement dans le comportement du Chevalier Jedi, le même qui lui avait permis de survivre à l'arène d'Isayidi lors des Jeux du Damnateur. Sans le savoir, le Grand Maitre Jedi était sur la continuité de la copie qu'il avait livré lors de la Bataille de la Forge Stellaire. Répétant les mêmes erreurs qu'il avait été censé réparer en étant forcé à l'exil sur le monde perdu de Rattatak.

        A cet instant-là, la posture de Rylen Korr devint vacillante. L'Humain touchait au but de sa rédemption. L'objectif final que lui avait imposé la Force sur ces terres maudites apparaissait à l'horizon. Son choix allait être déterminant pour son avenir personnel. C'est ainsi que la situation géopolitique de la planète se dessina dans son esprit. Celle-ci était claire, compréhensible. Et Naktis y était fortement lié.

        Le Damnateur comptait rallier sous sa gouvernance de nombreuses provinces de Rattatak grâce à ses Jeux qui prendraient bientôt fin, mettant ainsi un point final à des siècles de guerre et de barbarie entre les Rattatakis. Grâce à ses actes, et quelque soit la terreur qu'il imposait à ses sujets, Naktis allait instaurer la paix et la prospérité sur ce monde. S'il mourrait, Rattatak sombrerait dans le chaos. Déchirée par les luttes de pouvoir et les conflits de clans. Sans Naktis et sans l'influence du Côté Obscur, les Rattatakis étaient voués à la mort et aux ténèbres éternels.

        Rylen Korr devait choisir entre le mal et le moindre mal. Fallait-il laisser un tel barbare régner en maître ? Si le règne de Naktis le Damnateur prenait fin, quelqu'un d'autre prendrait sa place. C'était inévitable. Les horreurs se répèteraient et la mort d'un Homme aura été vaine. Fallait-il souiller ainsi la mémoire de la Force pour un résultat aussi peu convainquant ?


        Qu'attendez-vous de moi ... ? Maître, répondez-moi !

        La perturbation vécue par Rylen Korr profita à son adversaire Rattataki qui exerca une étrange emprise sur sa personne. Une aura de couleur rouge (sang) s'empara du Jedi désemparé qui se retrouva dans les airs, lévitant au dessus du sol grâce à la force du Côté Obscur maitrisé par Naktis le Damnateur. Dans un malheureux geste pour se défaire de son rival, Korr avait qui plus est lâché son sabre laser, désormais inutilisable et non à portée de mains. Le souverain d'Isayidi avait de rares connaissances sur la Force, c'était indéniable. Quelqu'un lui avait minutieusement appris les arcanes du mal. Mais qui ... ?

        Non content d'avoir la mainmise sur son rival, Naktis exerça une forte pression supplémentaire sur les membres du Jedi. Les muscles de ce dernier furent comme pressés par une main invisible. Sa gorge était nouée, emprisonnée dans un étau qui n'existait que pour les personnes croyant aux pouvoirs mystiques. Naktis avait tellement observé sa proie actuelle durant ses prouesses dans le Chaudron de la ville qu'il avait fait de ce moment un fantasme, rêvant de décapiter son adversaire devant les milliers de spectateurs de l'arène afin de justifier encore d'avantage son emprise sur sa province désertique. Malheureusement, il le tuerait dans un silence pesant, et seule sa voix pourrait prouver que l'acte vient de lui-même.

        C'était sous-estimer les pouvoirs de Naktis. Le souverain de la région avait déjà tout prévu, et la fin de Rylen Korr dit l'Ispani devait se produire DANS l'arène et non ailleurs ! C'était pour cette raison qu'il l'avait laissé combattre aussi longtemps. C'était dans cette optique qu'il avait laissé à l'Ispani l'occasion de se forger un nom et de se créer une réputation. Grâce à cela, sa mort n'en saurait que plus grandiose. Et le mérite du vainqueur beaucoup plus important.

        Lorsque son serpent long de plusieurs mètres, le même sur lequel Rylen Korr avait posé son regard dès les premiers mots échangés avec l'hôte de la demeure, s'éloigna de son maître afin de se rapprocher de son éventuelle proie, le Maitre Jedi vit clair dans le jeu du souverain. Naktis n'avait pas prévu de le tuer. Ni de le faire tuer par son répugnant reptile. Le Damnateur comptait l'empoisonner, le vider lentement de sa vie, afin que celle-ci prenne fin dans le Chaudron d'Isayidi. Là où il serait officiellement vaincu par l'unique maitre des lieux.

        C'était le plan de Naktis depuis le début. Et Rylen Korr le lisait tout juste dans son esprit.

        Il était parfois tragique de se dire que le destin d'un monde se jouait sur la faculté d'un Homme à mettre de côté ses bons sentiments pour obtenir le résultat souhaité. Ça l'était encore d'avantage lorsque l'Homme en question était un Maitre Jedi. Qu'il était à deux doigts d'un échec complet.

        Le serpent de Naktis était à quelques centimètres de sa proie. L'animal était fort courageux, puisqu'il décida de grimper sur sa proie plutôt que de le mordre par le bas. Grimpant lentement sur le corps compressé du Jedi, l'impressionnant reptile chantait la mélodie de la Mort. Ou plutôt celle d'une mort lente, douloureuse et sauvage. Les animaux n'étaient pas aussi différents des êtres intelligents, finalement. Eux-aussi savaient instaurer la peur et la crainte dans l'esprit de leurs victimes. Psychologiquement parlant, ils n'avaient rien à envier à personne. Et ils n'avaient pas à se justifier de leurs actes. A la différence d'un Rylen Korr qui devait répondre de ses actes devant la Force.

        Tandis qu'il observait une dernière fois sa victime, à quelques centimètres seulement de son visage, le serpent s'apprêta à planter les crocs venimeux de sa gueule dans le coup de l'Ispani. Mais contre toute attente, l'animal s'immobilisa. Il essaya vainement de lancer son attaque, mais n'y parvint pas.

        Il s'étranglait. Il mourait. Aussi lentement que la mort qu'il avait tenté d'infliger à Korr. Comme si l'avantage s'était brusquement inversé. Comme si l'on avait relancé les dès d'un sort funeste.


        - NON !

        Relachant l'emprise qu'il avait sur le Maitre Jedi, Naktis laissa sa rage s'exprimer pour lui-même. Il avait vu son animal s'étrangler. Il avait entendu le cou de sa meilleure bête se briser sans que personne ne l'ait touché. Dans les courants de la Force, il avait sentit le lien unique qui le reliait au serpent disparaître subitement. Le reptile n'était plus.

        Reprenant le contrôle de sa personne, Rylen Korr ramassa immédiatement son arme laser mais ne le ralluma pas. Il profita de cet instant de paix, de sérénité, pour observer le serpent adulte désormais immobile. Inerte.

        Par la victoire, Rylen Korr venait de briser ses chaînes. La Force l'avait libéré.

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          Auteur : Rylen Korr


          Aura
          Spoiler : Musique
          [Flash unavailable]
          Naktis déglutit. Il avala même sa salive de travers, manquant de s'étouffer à son tour. Avait-il bien comprit ce que le Jedi venait de faire ? Jamais il n'aurait imaginé voir l'un de ces Chevaliers s'en tenir à des pratiques pareilles.

          Son Maitre lui avait-il menti ? Avait-il fait exprès d'omettre certains détails sur leurs ennemis de toujours pour mieux le tester le jour où il en rencontrerait un ? Naktis ne pouvait croire cette hypothèse.


          - Sois maudit, Rylen Korr ! Tu as étranglé mon serpent !

          Encore tremblant, le dit Rylen Korr ne laissa rien paraître. Au contraire. Il avait reprit le dessus sur Naktis le Damnateur et c'était la seule chose qui comptait. Peu importent les moyens utilisés. Sans perdre de temps, le Grand Maitre Jedi de l'Ordre d'Endor ralluma alors son sabre laser et le tendit vers le souverain d'Isayidi. S'en était fini.

          C'en était fini. C'en était fini. C'en était... fini.

          C'en était-il réellement fini ? N'y avait-il pas d'autre choix que de le tuer ? C'était le moment fatidique. Celui auquel Rattatak l'avait préparé depuis des semaines. Depuis des mois, même. Toutes ces épreuves vécues sur ce triste monde auraient du le préparer à ce choix final. Cependant, Rylen Korr se savait pas comment réagir. Il repensait au sort de cette planète, au destin de ses millions d'habitants corrompus, s'il décidait de mettre fin à la vie de ce tyran.

          Il en était désormais persuadé. C'était ce message que la Force avait voulu lui transmettre en l'éloignant des siens pendant tout ce temps.
          « Rylen Korr, à quoi t'attendais-tu ? Pensais-tu pouvoir te détourner aussi facilement de ma volonté ? Croyais-tu agir impunément pendant aussi longtemps ? ». Le sang qui circulait dans ses veines était devenu glacé. L'hypothermie le guettait désormais. Perdre la face de cette manière aurait été un fait bien regrettable après les efforts qu'il avait entrepris pour se débarrasser de l'emprise du Damnateur.

          « Aurais-je dû me laisser mordre et empoisonner par cette créature ? Aurais-je dû laisser le venin de cet immonde créature pourrir mon corps et mes muscles afin de racheter l'ensemble de mes fautes ? » Le dialogue était sourd, muet. C'était une discussion spirituelle, seulement comprise par ceux qui croyaient aux mensonges de la science. Jamais un être rationnel n'aurait cru cela plausible. C'était en dehors du cadre de son imagination et de ses connaissances.

          « Qui es-tu pour juger cet être vivant d'immondice, Rylen Korr ? Te sens-tu plus respectable qu'elle grâce à ton don ? Te crois-tu supérieur aux êtres qui ne te ressemblent pas ? Nul être vivant dans cet galaxie n'est supérieur à un autre. Il n'y a que ma volonté qui surpasse le reste. »

          L'étrange voix venait des cieux. Quelque part dans l'obscurité du Palais de Naktis, elle sonnait tel un écho s'enfonçant dans la vallée, résonnant aussi longtemps qu'il rencontrerait une paroi ou un mur lui permettant de s'éterniser. Korr ne savait pas à qui.. ou plutôt à quoi il avait à faire. Mais pour une raison évidente, il répondait tout de même : il ne savait pas quel choix prendre et il avait besoin de conseils. Il espérait tellement voir son défunt Maitre -pas Séphiroth; l'autre, son seul et unique mentor- apparaître subitement face à lui afin de le guider. C'est de cette personne qu'il espérait des conseils. C'est avec cette personne qu'il voulait parler...

          Un enfant. C'était une voix d'enfant. Rylen Korr discutait avec une fillette de 7 ou 8 ans si l'on s'en fiait à la tonalité de l'écho. D'abord invisible, celle-ci devint alors palpable, réelle. Il s'agissait d'une masse informe, presque gluante, seule lumière en plein dans la pénombre. Un blanc-gris qui ressemblait à l'élément H₂O légèrement modifié. L'on y décelait même des lekkus sur le haut de la "tête". Le Jedi pensa immédiatement à Alya. Puis il finit par croire qu'il s'agissait en réalité de l'enfant Twi'lek qu'il avait un jour aperçu sur Coruscant, gamine dont il avait parlé à sa comparse Alya avant qu'elle ne quitte Rattatak...

          C'était elle. Elle revenait afin d'influer sur ses choix, une nouvelle fois. Le hanterait-elle jusqu'à la fin ? Ne pouvait-elle pas simplement disparaître ? Elle compliquait encore bien plus les choses ! Elle n'apportait rien si ce n'est remords et regrets... Elle infligeait de la culpabilité au Grand Maitre Jedi qui avait uniquement besoin de sérénité.


          « Que comptes-tu faire ? » dit-elle de sa voix insouciante, dans laquelle l'on ressentait presque une once de tristesse.

          « Je ne sais pas. » répondit difficilement Rylen Korr, abattu par sa propre faiblesse.

          Naktis le Damnateur n'était plus qu'un élément du décor obsolète. Immobile, transformé en statue, il n'était plus hostile et ne représentait plus de menace particulière. La mort de son serpent l'avait médusé, transformé. Comme si Naktis le Damnateur était redevenu Naktis. Mais le terme de l'histoire ne s'était pas produit. La Twi'lek fantomatique avait prit le relai. Au grand damne de Rylen Korr qui n'avait plus qu'un souhait : que tout cela cesse définitivement.

          Comme rassuré par la réponse de son interlocuteur, la forme gélatineuse acquiesça d'un bref geste de la tête avant de se déplacer en direction du Maitre Jedi. Sans même se préoccuper de ce dernier, elle le traversa comme si de rien n'était afin de se rendre sur le balcon de la chambre. A son passage, Korr se sentit comme transpercé par une lame invisible mais inoffensive. Il se retourna alors difficilement pour dévisager la fillette qui observait silencieusement l'horizon Rattataki.

          A l'intérieur de la salle, il n'y avait plus que trois éclats de vie : le mystérieux fantôme qui accaparait l'attention du Jedi, le Jedi en lui-même -même s'il avait un étrange sentiment de trépas, comme s'il était entre les deux mondes- ainsi qu'une faible lueur blanche perdue au milieu de l'obscurité. Naktis avait disparu, tout comme le reste du mobilier de la salle.


          « Tu peux tuer le Souverain, comme tu souhaitais le faire avant ton arrivée dans ces lieux. » Rylen Korr ne savait que penser de la manière de parler de cette "aura". Elle avait l'insouciance d'une enfant, son innocence. Mais sa voix transpirait la maturité, elle était pleine d'assurance. C'était totalement contradictoire. « La province d'Isayidi sera momentanément libérée de son joug. Des esclaves retrouveront leur liberté. Justice sera faite pour tous les crimes commis. Puis les autres Seigneurs tenteront de s'accaparer ces terres. Ils se livreront la plus grande guerre jamais vue sur ce monde. Des millions d'innocents mourront. Parmi eux, d'innombrables enfants seront choisis pour devenir les barbares de demain. Quelqu'un finira alors par reprendre le titre du Damnateur et l'histoire se répètera. » conclut le fantôme Twi'lek en transmettant un regard culpabilisant envers la seule personne réceptive à ses paroles.

          Nul ne sait comment, mais ces mots furent accompagnés de visions. Rylen Korr y voyait une Rattatak sans tyran, livrée à elle-même. Des esclaves se libéraient de leur ludus, assassinant sans pitié leurs anciens propriétaires pour les punir de leurs actes passés. Le sol d'Al-Kazan était désormais recouvert du sang des lanistes et de tout ceux qui avaient jadis empêché les esclaves de se libérer de leurs chaines. La vengeance était aussi sanglante que les faits qui l'avaient provoqué.

          Les images du Chaudron s'interrompirent alors afin de laisser la place à une cité d'Isayidi envahie par les troupes ennemies. La ville s'enflammait, littéralement. Des Rattatakis par centaines étaient torturés, tués, pour refuser la soumission des armées vainqueurs. Les plus sages se pliaient à la volonté dominatrice et tout redevenait comme avant. Al-Kazan redevenait Al-Kazan. Isayidi redevenait Isayidi. Mais le Souverain ne s'appelait plus Naktis. Seul le nom changeait. Les manières redevenaient les mêmes que par le passé. Comme l'avait dit la fillette fantôme, l'histoire se répétait. Le sang avait été versé inutilement.

          Cette option était celle tant redoutée par Rylen Korr depuis le début. Jarrus l'avait mis en garde contre cela. Mettre fin à la vie du Damnateur n'arrangerait pas le contexte de ce monde. Sa mort le renforcerait, tout simplement. C'était une torture psychologique que de penser qu'un seul coup de sabre laser occasionnerait la mort de millions de personnes.


          « Mais ces gens ne seront plus influencés par une force contre laquelle ils ne peuvent rien faire ! Ils auront leur destin entre leurs mains. Dois-je les laisser dans cet état ? » Korr le sentit, ses mots avaient quelque peu blessés le cœur de la Twi'lek translucide. Il regretta presque ses propos et manqua de s'excuser auprès de la fillette, tel un père bienveillant qui se rattrapait après avoir manqué à son devoir de modèle envers son enfant. « Je suis le seul à pouvoir les sortir de cet enfer. Je ne peux pas les laisser sans rien faire. » rajouta le Jedi.

          Aurait-il été capable de quitter Rattatak en la laissant dans le même état qu'à son arrivée ? C'était impensable. Son voyage sur ce monde désertique et barbare avait été motivé par une mission personnelle qu'il devait à son ancien Maître. Mais les épreuves traversées sur ces terres lui avaient été imposées par la Force. Il en était persuadé. C'était un test, l'occasion de se repentir et de transformer sa personne. Quitter ce système en sachant pertinemment qu'il laisserait des milliers de personnes de bien dans le Mal absolu lui fendait le cœur.

          Ce n'était pas l'idée qu'il se faisait d'un Chevalier Jedi.


          « Demande-toi s'ils ne se complaisent pas dans ce malheur. Dans de nombreuses civilisations, le changement peut être perçu comme brutal et meurtrier. Il occasionne bien plus de malheur que la préservation des mœurs historiques. Le peuple des Kwa, en voulant faire le bien, a provoqué sa propre disparition il y a des milliers d'années. Leurs bourreaux, les Rakatas, ont été eux aussi-décimé en voulant rompre avec leur isolationnisme. » En plus d'être un étrange guide spirituel en ce moment fatidique, le fantôme de cette gamine alien possédait des connaissances lointaines dont Rylen Korr, mis à part les Rakatas, n'avait jamais entendu parler. « Ce sont les Kwa qui ont permis aux Rakatas de faire du mal à des centaines de peuples et de mondes en leur enseignant leur savoir. Des milliers d'espèces et de peuples différents auraient survécu si les Kwa et les Rakatas n'avaient pas décidé de changer leurs habitudes. Pense au malheur que tu provoqueras ici-même si tu mets fin à la vie du Souverain. » Rylen aurait juré apercevoir des larmes sur les joues de la masse informe, ce qui le rendit encore bien plus hésitant qu'il ne l'était déjà.

          « Alors. Que dois-je faire ? » questionna le Maitre Jedi qui était affublé de doutes.

          « Ne donne pas la mort au Souverain. Les mœurs resteront les mêmes, il y aura toujours des esclaves sur ses terres. Mais le chaos sera endigué des décennies durant. L'ordre règnera éternellement sur Isayidi puis sur le reste de la planète lorsque le Souverain aura accompli sa volonté d'alliance avec les autres provinces. Les gens de ce monde seront réunis et plus jamais l'on ne verra de guerre sanglante. Tu auras permis à des générations entières de survivre. Paix et harmonie règneront sur ce monde à jamais. Tout cela, grâce à ta clémence. » lui répondit avec douceur l'Aura.

          L'avenir décrit par la fillette était tentant. Les visions qui accompagnèrent ses promesses le furent tout autant. L'on y voyait une autre Rattatak. Cette dernière était complètement transformée. Unis mains dans la mains, les différentes provinces mettaient leurs richesses et leur main d’œuvre au profit du développement général. Les combats de gladiateurs étaient prohibés, l'esclavage était progressivement puni. Le savoir était répandu, la technologie apparaissait enfin sur un monde qui en était jusqu'alors dépourvu. L'on y découvrait le voyage dans l'hyperespace et on le mettait à disposition de tous. Pour la première fois depuis la création de l'univers, des Rattatakis voyageaient et se répandaient dans la galaxie. L'un d'entre-eux finissait au Sénat Galactique. Un autre devenait diplomate et scellait une alliance durable entre Séparatistes et Républicains -confirmant au passage les aveux de Naktis sur la chute de l'Oméga-. Certains devenaient même Chevaliers Jedi, formant à leur tour des lignées de jeunes Novices...

          Revoir ses frères et ses sœurs de cette manière eut le même impact qu'un coup de vibrolame en plein cœur. Le retour sur Endor de Rylen Korr dépendait-il de la survie de Naktis le Damnateur ? Si ce dernier mourrait, est-ce que Rylen Korr redeviendrait un Jedi ? L'Aura translucide avait touché la corde sensible. Intérieurement, le Jedi se demanda s'il avait réellement à faire à une apparition mystique (la Force ?) comme il le pensait. Quelque soit ce fantôme, il le connaissait bien plus que lui-même.


          « Choisis. » conclut-elle sans aucune forme d'hésitation, laissant s'installer un silence lourd et pesant.

          Rylen Korr se mit inconsciemment à genoux. Avec bien des remords, il allait laisser la vie à un tyran. Mais ces visions... Elles étaient tentantes. C'était l'espoir d'une vie ! Voir une civilisation maudite par le Mal se tourner définitivement vers le Bien afin de faire avancer la galaxie dans le bon sens. C'était en partie pour cela que l'Ordre Jedi avait été crée. C'était le serment que Rylen Korr avait fait en choisissant de s'armer d'un sabre laser il y a des décennies.

          Alors qu'il était sur le point de prendre une décision définitive, le Jedi ne put s'empêcher de remarquer à quel point l'atmosphère devenait moins épuisante. Un énorme poids avait été enlevé de ses épaules. L'Aura y avait été pour beaucoup. Sa présence et sa participation avaient permis à l'Humain de moins culpabiliser vis à vis de son choix final. Bien qu'une étrange voix résonnant encore et toujours en arrière plan lui intimait de ne pas se laisser influencer -on aurait dit la voix d'un vieillard comme Jarrus-, Rylen Korr ne comptait pas revenir en arrière. Il avait choisi, comme le lui avait demandé la fillette pour laquelle il éprouvait désormais un immense sentiment de sympathie. Il avait eu de la chance de la rencontrer à ce moment précis.

          Néanmoins, il fallait que Rylen sache qui était réellement cette Aura. Ainsi il pourrait en finir avec son séjour de plusieurs années sur Rattatak.


          « Qui es-tu ? » demanda t-il délicatement, s'inquiétant de voir la gamine Twi'lek prendre peur et disparaître.

          La masse informe resta muette pendant de longues secondes. Korr crut pendant un instant l'avoir dérangée et il se maudit d'avoir fait preuve de curiosité. Qui sait ce que sa question provoquerait si elle avait déplu à l'Aura ! Lorsque cette dernière se transforma en une masse invertébrée, mettant ainsi fin à la silhouette enfantine qu'elle avait eu pendant toute la discussion, Rylen jura silencieusement d'avoir ainsi fauté et tendit sa main droite vers son ex-amie afin de s'excuser.

          La réponse verbale qu'il obtient ne fut pas celle qu'il escomptait. La surprise fut à son paroxysme.


          « Rylen... L'Holocron... » C'était la même voix qu'il avait entendu précédemment. Celle du vieillard. Même si elle manquait toujours de force et de clarté, elle avait momentanément remplacé celle de l'Aura qui n'esquissait plus un geste. Celle-ci était comme paralysée. Comme l'avait été Naktis lorsqu'elle était apparue dans la chambre noire. « C'est l'Holocron. » Réussit finalement à prévenir la voix avant de s'éteindre subitement.

          Sans comprendre le sens de ces mots, Rylen Korr s'en remit à la sagesse et au savoir de l'Aura. Cette dernière sembla contrariée par ce qu'elle et le Jedi venaient d'entendre. Elle s'agitait, se débattait contre une force invisible -la même qui l'avait empêché de répondre à Rylen, certainement-. Tout comme Naktis le Damnateur, elle se voyait réduite à une simple entité contrôlée par une forme de puissance supérieure. Seul Rylen Korr était protégé, pour le moment, d'une influence extérieure. Du moins le croyait-il.

          Le Grand Maître Jedi de l'Ordre était loin de s'imaginer à quelle force il avait à faire. Loin des petits affrontements entre Chevaliers et Sith, il était là au cœur d'un conflit entre les deux plus grandes puissances mystiques que l'on pouvait vénérer. Et l'une d'entre-elles essayait désespéramment de le contrôler sans même qu'il ne s'en aperçoive.


          « Détruis-le. » Rajouta l'étrange voix provenant du "vieillard".

          « NON ! » cria l'Aura.

          Rylen Korr fut envahir de sueur. S'il ne savait pas d'où venaient ces mots qui lui intimaient la conviction certaine que cet Holocron devait être détruit, il avait cependant déjà entendu ce cri provenant de l'Aura. Faisant appel à sa mémoire, il se rappela avoir perçu la même réaction provenant de Naktis le Damnateur à la mort de son serpent.

          Et si Naktis n'y avait été pour rien ?


          « Mensonge. »

          L'Aura reprit brutalement sa forme alien. La fillette Twi'lek, autrefois apaisante et rassurante, devint noire et repoussante. Elle reprenait sa vraie forme, celle qu'elle avait toujours été mais que Rylen Korr, bien trop naïf, n'avait jamais décelé. C'est alors qu'elle devint menaçante à l'égard du Maitre Jedi lorsque ce dernier brandit son sabre laser dans sa direction.

          Le réel ennemi se tenait devant lui. Celui pour lequel il s'était déplacé sur Rattatak. Naktis le Damnateur n'avait jamais été le réel danger de ce monde. Il n'avait été qu'un pion. D'abord Seigneur Sith aux yeux de Rylen Korr, ce dernier avait très rapidement conclu qu'il n'avait rien d'un forceux et qu'il tirait son pouvoir d'autre chose. Le Jedi en avait désormais la preuve irréfutable.

          C'était l'Holocron de Javos, un objet de quelques centimètres sans aucune valeur aux yeux de milliards de gens, qui influait sur la vie de millions de Rattatakis depuis des années.


          « Une arme laser peut arrêter un être aussi faible que Naktis. Mais elle ne peut rien contre moi. »

          On aurait pu croire que Rylen Korr avait brandi son sabre laser dans un geste bien naïf. Après tout, il s'était fait mené en bateau par l'Aura obscure pendant de longues minutes. Il avait été sur le point de suivre sa voix, et qui sait ce qu'il serait advenu de sa personne s'il avait écouté l'Holocron. Aurait-il été influencé par cet objet octogonale ? Prenant ainsi la succession de Naktis le Damnateur à la tête d'Isayidi ? Le principal concerné n'avait nullement l'intention d'imaginer cet hypothèse.

          Pour la première fois de la soirée, il avait l'intime conviction que la balance pesait en sa faveur. Quelque chose -ou quelqu'un- se dressait avec lui contre l'incarnation obscure de cet Holocron.


          «
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            Auteur : Rylen Korr

            var(--main-font-size) * 1.08 ); line-height: 1.5em">Pas besoin d'un sabre laser lorsqu'on a la Lumière. »

            Sa main gauche tendue en direction de l'Aura, Rylen Korr surprit soudainement son adversaire. Il n'avait pas prévu d'attaquer avec son arme de prédilection. Comme l'avait précisé l'incarnation du Côté Obscur, ça aurait été complètement inutile en plus d'humilier un Jedi de sa stature. L'Humain avait une tout autre idée en tête. Celle qui lui avait permis de venir à bout de ses ennemis les plus puissants en près de 40 années de vie.

            Il avait prévu d'utiliser la Lumière de Force. La même qui lui avait permis de venir à bout de l'Oméga sur Dantooine il y a bien des années. Et la même qui lui avait permis de vaincre les fanatiques Sith sur la Forge Stellaire à quelques secondes de son implosion. Sur Rattatak, elle lui permettait désormais de vaincre la puissance de l'Holocron de Javos. Mettant définitivement fin à sa quête sur ce monde autrefois maudit.

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              Auteur : Rylen Korr

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              Quelle douleur beaucoup plus grande que celle de devoir accomplir un geste altruiste qui vous faisait souffrir le martyre ? Rylen Korr n'en connaissait aucune supérieure au tourment qui était le sien actuellement. Sa mission -la sienne et pas celle d'un autre- devait être accomplie au mépris de tout ressentiment négatif qui pouvait l'accabler d'une peine immense. Même si le Maitre Jedi devait pour cela être torturé par toutes les douleurs d'un monde voire, par toute la désolation galactique.

              La Lumière de Force. Pouvoir ô combien puissant du Côté Lumineux, cette facette de la Force prisée et adulée par les Chevaliers Jedi. Une énergie intense et éclatante tant redoutée par le Côté Obscur et ses plus illustres gardiens pour la simple et bonne raison qu'elle anéantit toute forme de néant ténébreux et de pouvoir maléfique là où elle est redirigé. Un "destructeur de ténèbres" d'après le défunt Maître Minn, un "ravageur de l'obscurité" selon le Maître Vendar. Un "cadeau de la Force et un privilège à l'égard des Jedi" pour le Grand Maître Rylen Korr. Un privilège qui ne peut cependant pas être utilisé sans vive douleur. Lorsque l'éclat aveuglant de cette lumière plus que blanchâtre éblouit la pièce de sa vive couleur, l'ex-captif des geôles de Jarrus faillit céder face à la douleur qui lui déchira le cœur. Un tel pouvoir ne pouvait pas être utilisé sans effets secondaires nocifs pour son âme. Et rien ne l'avait préparé à affronter une telle épreuve.

              Tandis que ce maléfice lumineux était répandu à toutes les mauvaises âmes de la chambre du Palais Souverain, les millions de souffrants de Rattatak -si ce n'est les milliards d'esprits torturés de ce secteur de la Galaxie- rejetèrent leur malheur éternel sur l'esprit suffoquant du Maitre Jedi. Ce dernier ne sut si cette impression de cœur transpercé par une vibrolame était réelle ou non tant la blessure était vivace. Il avait l'impression de porter Coruscant sur ses maigres épaules. Et ces millions de voix qui lui déchiraient les tympans n'arrangeaient en rien sa santé physique et mentale.

              Rylen Korr ne savait pas ce qui était le pire : qu'il ait le sentiment que la galaxie entière s'adressait à lui simultanément en lui criant dans les oreilles, ou que certaines de ces voix furent plutôt distinctes et bien assez articulées pour qu'il en comprenne le sens et les prières. Le plus épouvantable fut ce moment soudain où des visions vinrent s'ajouter à ces plaintes en continu. Le Jedi pouvait alors mettre des images sur les désolations qui étaient actuellement les siennes. Il était désormais certain d'avoir le pire du pire en face de sa personne.

              Que faire ? Comment réagir ? Fallait-il abandonner sa quête et laisser son pouvoir néfaste à l'Holocron de Javos afin de ne plus être affligé d'un tel désespoir planétaire ? L'ancien Padawan de Lei-Yan Minn était à deux doigts de lâcher prise. Il ne pouvait rien faire pour empêcher ces milliers d'enfants Rattatakis d'être sacrifiés lors de rituels barbares et qui profitaient de leurs dernières secondes d'existence pour se tourner vers le ciel et pour implorer leurs Dieux d'être miséricordieux à leur égard. Il ne pouvait rien non plus pour empêcher ces esclaves d'être torturés jour et nuit. Les malheureux vagabonds qui se perdaient dans le désert ? Ils n'y trouveraient que la Mort, n'ayant pas la foi nécessaire pour rejoindre la Force. Et que dire de tous les serviteurs sans libre-arbitre de Naktis, anciennement Damnateur, qui avaient été un jour sous l'emprise d'un Holocron maléfique sans le savoir et qui s'étaient donnés corps et âme pour servir une cause qui avait fait de leur vie une soumission permanente.

              Le seul Maître Jedi présent dans la cité tentait désespéramment de rompre ce cordon ombilical artificiel et nauséabond entre Javos et les suppôts contre leur gré. Et pourtant, il était parfaitement conscient que cette rupture soudaine et définitive leur donnerait la mort. Korr ne savait pas depuis quand ils étaient manipulés par la puissance mystique de cet Holocron, mais la durée de cette emprise les avait forcément rendu dépendants à son influence. Sans cette dernière, ils n'avaient plus de raison d'être. Autrement dit, et comme il le redoutait tant depuis le début, sa quête allait provoquer le trépas de nombreuses vies innocentes sur Rattatak. Il en avait une nouvelle fois la confirmation.

              Chaque utilisateur de la Force percevait cette dernière d'une façon qui leur était propre. Actuellement, Rylen Korr voyait le lien qui unissait l'Holocron de Javos à la populace d'Isayidi par l'intermédiaire d'une simple corde qui se déchirait petit à petit. Javos, représenté par un impressionnant Nexus de couleur noire agrémentée de flammes rougeâtres, tirait la ficelle depuis les cieux, tentant désespéramment de garder l'ascendant et la mainmise sur la misérable plèbe Rattataki. Cette dernière était à deux doigts de chuter dans ce qui s'apparentait à un gouffre sans fond, dont la profondeur était facilement perceptible par son extrême noirceur. Rylen Korr, lui, se trouvait entre les deux extrémités, un sabre laser à la main. Il était le seul éclat dans cette nuit éternelle. Le seul être qui pouvait décider d'apporter la lumière dans un lieu qui en était dépourvu depuis des décennies, si ce n'est depuis des siècles. Et son arme était la seule capable de défaire le lien qui unissait les mortels serviteurs à sa divinité sempiternelle : Javos.

              Le coup de sabre entraînerait la chute de ces malheureux innocents dans le néant qui s'ouvrait sous leurs pieds. Ils chuteraient à jamais dans les limbes de ceux qui n'avaient jamais eu la force de briser leurs propres chaînes par leur seule volonté. Pour les libérer, Rylen Korr devait les y pousser. Comme si la Force les avait condamné à ne pas avoir de destin hors de l'obscurité.

              Dévisagé, presque hué par ces femmes et ces hommes qu'il allait laisser tomber, Rylen Korr se résigna à avancer vers la sinistre corde qui les maintenait en vie. Il ne fallait surtout pas qu'il se laisse influencer par ses émotions et par celles que dégageaient ces individus qui s'apprêtaient à mourir. Mais que faire lorsque parmi eux se trouvaient des gamins de quelques années à peine ? Ils n'avaient rien demandé. On le leur avait imposé. Pourtant, ils n'avaient aucune chance de survie. Le passage du Côté Obscur sur Rattatak les avait banni à jamais. Il n'y avait plus rien à faire pour eux et pour la première fois depuis son passage sur ce monde de pure souffrance, le Maître Jedi était persuadé de faire le bon choix. Pour lui comme pour eux.

              Son sabre laser trancha d'un coup net la corde. Libérant à jamais ces hommes, ces femmes et ces enfants de la servitude qui avait été la leur depuis une éternité.

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                Auteur : Rylen Korr

                Spoiler : Musique
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                Le retour dans l'environnement ténébreux du Palais de Naktis lui coupa la respiration. Une manière pour lui de comprendre la souffrance qu'avait vécu le serpent de Naktis quelques minutes plus tôt. Paix à son âme, fidèle serviteur du Mal.

                C'était comme une seconde naissance. Une deuxième découverte de la Vie. L'oxygène au goût de souffre lui pénétra dans les poumons aussi violemment que si on l'avait forcé à respirer un air démoniaque. Malgré des mois (ou des années... ?) à s'adapter à cette atmosphère suffocante, Rylen Korr eut la confirmation que Rattatak n'était pas un monde pour lui. Il avait failli y succomber fut un temps, jusqu'à sa rencontre avec Naktis. Ou du moins, jusqu'à sa rencontre avec l'Holocron de Javos.

                Le Grand Maître Jedi avait gagné une certaine sagesse en venant jusqu'ici. Celui qui fut le leader d'un Ordre Jedi en proie aux doutes avait gardé la lucidité nécessaire afin de rester maitre de soi. Car Javos, cet objet mystérieux mais ô combien puissant, avait bel et bien tenté de le faire basculer vers les limbes de la Force. Ce lieu si connu des Chevaliers Jedi dans lequel on se laissait aller à une chute sans fin qui nous condamnait à l'oubli éternel. A la mort spirituelle, en d'autres termes.

                Oui, Rylen Korr ne doutait plus de la véritable menace qui régnait sur Rattatak. Naktis le Damnateur, ce Seigneur de Guerre Rattataki qu'il croyait injustement posséder le statut de Seigneur Sith n'était en fait qu'un pion contrôlé... par un Holocron. Un objet de forme octogonale, construit avec de l'or et du verre, qui avait si l'air inoffensif à vue d’œil. C'était comme admirer la beauté du pelage d'un Katarn avant qu'il ne vous saute brusquement à la gorge, vous prouvant ainsi qu'il ne fallait surtout pas s'arrêter à l'apparence d'un être. Javos avait été conçu de la même manière. Son créateur -un supposé Javos, pensa naïvement Rylen, exténué par l'ensemble de ses efforts du soir, mais rien ne laissait penser que c'était aussi facile à savoir- avait du être un utilisateur de la Force très en avance sur son temps pour réussir à laisser un legs aussi dangereux. Que renfermait-il pour être aussi menaçant envers ceux qui l'approchaient de trop près ? Jamais un Sith n'aurait ensorcelé un tel objet sans véritable raison.

                L'Holocron de Javos était toujours là, malgré le conflit qui l'avait opposé au seul Maître Jedi vivant dans la cité d'Isayidi. Sa lueur passée avait désormais disparu, laissant place à une toute petite étincelle qui brillait dans la nuit. Il s'agissait simplement du reflet de la lumière extérieure, l'objet de forme octogonale n'y était pour rien. Sa force mystique avait été comme éclipsée par la Lumière de Force qui avait ravagé l'obscurité des lieux, l'Holocron y compris. Rylen Korr, bien trop prudent face à la fourberie du Côté Obscur, n'y vit cependant pas la fin d'une menace qui l'avait réellement affaibli. C'est pour cette raison qu'il ne s'en approcha pas immédiatement, préférant reprendre son souffle et réfléchir à la suite à donner.

                A quelques mètres de lui, le corps de Naktis gisait par terre, presque inerte. Korr fut étonné de sentir de la vie à travers la Force dans l'âme de l'ancien Damnateur d'Isayidi. Le Maitre Jedi aurait cru que le déchirement du lien qui unissait le tyran de la province au dangereux Holocron ne lui aurait pas permis de vivre. S'il était encore vivant, cela démontrait une chose primordiale à savoir sur le Rattataki : il disposait d'une personnalité forte. Autrement dit, Javos ne l'avait pas choisi par hasard, il s'était tourné vers un hôte charismatique et puissant.

                Des bribes. Rylen Korr perçut des bribes de mots s'échapper de la bouche du Seigneur provincial allongé au sol. Ce fut presque un tiraillement de voir cet homme, autrefois si menaçant, désormais aussi affaibli et fragile. Quiconque aurait pu venir à bout de sa personne, même le plus faible des spécimens intelligents ou sauvages. Le Jedi, dans un élan de pitié, éteignit son sabre laser et regarda son ancien adversaire. Il avait la gorge nouée, aussi incroyable que cela puisse paraître.

                Il avait été à deux doigts de le décapiter sans exprimer le moindre regret.


                - Tue-moi, Rylen Korr... Ais pitié.

                La pitié. Ce sentiment interdit par le dogme Jedi et qui mêlait le bon au mauvais geste. D'un côté la compassion pour un être, l'envie de ne plus le voir souffrir. Et de l'autre poignarder l'âme de la Force en la privant d'une vie qu'elle avait mis au monde. Quel choix fallait-il faire ? Lequel était le plus raisonnable ?

                Rylen Korr éteignit son sabre laser. Il remarqua dans le même temps qu'il n'y avait aucun corps de serpent autour de Naktis, même pas ceux qu'il avait découpé avec son arme de prédilection et encore moins le cadavre du python favori du Damnateur qu'il avait volontairement étranglé en s'appuyant sur des sentiments néfastes pour sa personne. En réalité, ils n'étaient que tous les deux dans cette chambre du palais. L'Holocron de Javos l'avait berné depuis le départ, l'influençant assez pour qu'il imagine se battre contre des bêtes qui n'étaient qu'illusion.

                Le Maitre Jedi se remémora alors la réaction de Naktis lorsque ce dernier avait assisté à la fausse mort de son animal de compagnie. Le souverain d'Isayidi avait ressenti à ce moment-là une profonde tristesse liée à la mort du seul être en qui il avait une confiance absolue.

                C'était un homme meurtri, qui n'avait plus aucune confiance en lui et qui n'avait plus de raisons d'être. Naktis le Damnateur, comme Rylen Korr, avait été bercé d'illusions par un Holocron qui n'avait eu que faire de sa personne. En brisant le lien qui l'avait un jour relié à Javos, le Jedi avait consumé son âme à jamais. Il l'avait tué sans même lui porter d'atteinte physique.


                - Tu n'es pas aussi... vertueux que tu le prétends. Par... ta faute... ce monde va sombrer dans une guerre éternelle. Tu auras la mort de millions de personnes gravée sur ta conscience.

                Cette fois-ci, c'était bien Naktis qui avait parlé du futur de ce monde. L'Holocron de Javos et son "aura" n'y étaient pour rien.

                Le ton de sa voix laissa supposer qu'il ne comptait pas se relever. Si Rylen ne l'achevait pas, il se laisserait mourir à petits feux. C'était donc la fin de la tyrannie d'Isayidi mais aussi le début du chaos, de l'anarchie. Les autres Seigneurs provinciaux allaient se livrer un conflit impitoyable pour en profiter et s'accaparer ces terres. Comme d'habitude, c'est le peuple qui en souffrirait.

                Mais sa destinée ne serait plus choisie par le Côté Obscur de la Force. Et ça, c'était déjà une avancée considérable dans l'esprit de Rylen Korr. Une victoire sur le long terme qui allait pâtir d'une grande défaite sur le court terme.

                Décidé à ne pas épiloguer sur les raisons qui l'avaient poussé à ne pas choisir d'autre alternative que celle qui avait été prise, le Maître Jedi s'approcha enfin de l'Holocron de Javos et après l'avoir minutieusement analysé -qui sait quel piège il était capable de mettre en place ?- il s'en empara sans état d'âme. Si les renseignements que son Maître lui avait jadis transmis sur le contenu de cet Holocron étaient vrais, alors il apporterait de très précieux éléments à son nouveau propriétaire. Des informations qui lui permettraient de faire un pas de Gorax vers l'issue de sa quête personnelle.


                - Es-tu aveuglé par la lumière, Korr ? Ne perçois-tu pas le sang que tu as sur les mains ?

                Rylen ne l'écoutait déjà plus. Et pourtant, il ne put s'empêcher de percevoir dans les derniers mots de Naktis une forte corrélation avec l'Holocron de Javos. Comme si la perception du Maitre Jedi, qui y voyait un objet physique, n'était pas la même que le Seigneur de guerre Rattataki.

                Mais l'être Humain s'était déjà assez fait berné par le Côté Obscur en cette soirée. Il n'était plus aussi naïf qu'il n'en avait l'air. C'est ainsi qu'il décida de tourner définitivement le dos à Naktis le Damnateur.

                L'Holocron de Javos en poche, sa quête sur Rattatak avait pris fin.

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                  Auteur : Rylen Korr

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                  [Flash unavailable]
                  Laissant Naktis mourir à petit feu et livré à lui-même, Rylen Korr quitta enfin la chambre du Palais. Il prit le même chemin qu'à son arrivée, et prit notamment soin de raccourcir un maximum son trajet afin de quitter cet endroit au plus vite. Bien qu'il ait tout fait pour en combattre le Mal ce soir, celui-ci n'était pas entièrement vaincu et le Maître Jedi avait l'intime conviction que Naktis était loin d'être la dernière menace qui s'en prendrait à sa personne. Un grand danger s'approchait et pour la première fois depuis qu'il avait mis les pieds sur Rattatak, Rylen pensa qu'il en était de son intérêt vital de quitter ce monde. Le plus vite possible.

                  Quelque chose avait changé. Depuis sa venue au Palais, Isayidi n'était plus la même. Cette cité autrefois dirigée d'une poigne de fer par son Souverain s'était libérée de ses chaînes. Il ne s'était écoulé que 40 minutes depuis que le Jedi avait laissé Naktis mais des rumeurs enflaient déjà. Des citoyens Rattatakis accouraient dans les rues, criant que le Souverain était mort et que son cadavre venait d'être exposé en lieu public, devant son Palais. D'autres appelaient une nouvelle fois à faire brûler la capitale de la province, comme certains individus avaient osé le faire il y a peu de temps en arrière avant d'être châtiés par le Souverain en personne et pendus aux abords du Chaudron.

                  La Passion gangrenait à petit feu le cœur de millions de gens. Le Chaos s'installait dans la Cité aux Mille Feux. La Force venait de libérer définitivement Rattatak de ses chaînes.

                  Dans ce contexte, Rylen Korr était une menace. Le Maitre Jedi ne pouvait apporter rien de bon au bon déroulement de la situation. Il l'avait bien compris et c'est pour cette raison qu'il se recouvra la tête et qu'il se faufila discrètement dans les rues les plus reculées et les plus cachées. Les Rattatakis, bien trop préoccupés par l'anarchie qui s'installait dans leur cité, n'accordaient aucune importance à un pauvre moine déboussolé. C'est ainsi que ce dernier réussit sans aucun mal à rejoindre le ludus de Jarrus dans lequel il avait vécu la majeure partie de son long séjour sur cette planète. Il arrivait malheureusement trop tard pour entreprendre ne serait-ce qu'une action positive à l'égard des esclaves qui y vivaient.

                  Ceux-là s'étaient déjà fait la malle. Le ludus avait déjà été pillé comme la majeure partie de la ville à l'heure qu'il est. Dans l'agitation générale, Rylen Korr croisa quelques visages qui lui semblèrent familiers sans que la réciprocité soit vraie. Bien heureusement pour lui car les êtres qui étaient là étaient rien de moins que des animaux déchaînés et sans contrôle : leur but était de provoquer un maximum de dégâts sans qu'il n'y ait de raison apparente à cela.

                  Gravissant les étages du bâtiment fait de sable, le Maître Jedi espéra y voir Jarrus. Il ne s'attendait certainement pas à y découvrir son cadavre, transpercé par des armes tranchantes au niveau de la poitrine. Celui qui avait jadis été son propriétaire n'était plus. Rylen Korr était définitivement libre.

                  Jarrus tué, Jooma porté disparu... Rylen Korr n'avait plus aucune raison de rester ici. Il était temps pour lui de quitter cette horrible planète. Encore fallait-il trouver un transport, ce qui était rare à dénicher sur Rattatak.

                  Partant du ludus sans aucun état d'âme, le Maitre Jedi se laissa guider par son instinct -ce qui n'aurait pas déplu à son défunt Maître- à travers une cité déchaînée par la violence. Il fallut au Jedi une très grande maîtrise de sa personne pour faire abstraction du contexte provincial. Devait-il s'y attarder ? Aider à remettre de l'ordre dans une ville saccagée par la haine et la colère ? Rylen Korr n'essaya même pas de tenter l'impossible. S'il avait compris une chose essentielle de son voyage dans ce secteur de la Bordure, c'est que le Mal était parfois indispensable et qu'on ne pouvait pas toujours le combattre. Rattatak était comme un Nexus de Force obscure, un concentré de Côté Obscur permanent qui était tellement enraciné dans la planète et dans les mœurs de sa population qu'il était devenu indispensable à sa survie.

                  Lorsque Rylen avait utilisé la Lumière de Force pour combattre l'Holocron de Javos, la cassure entre ce dernier et l'esprit de Naktis avait tué spirituellement le Souverain Damnateur. Ce dernier, sans l'influence et le pouvoir de Javos, n'avait plus de raison d'être et préférait mourir plutôt que d'apprendre à vivre sans. Il en était devenu dépendant. Rylen Korr avait fini par croire qu'il en était de même avec les Rattatakis. De ce qu'il en avait appris ces derniers mois, ces autochtones vivaient depuis des générations dans la barbarie et la guerre. Le Côté Obscur les avait définitivement consumés depuis des millénaires, certainement.

                  Quelle triste vie, pensa le Jedi. Un être voué à ne pas choisir ce qu'il veut devenir est un être condamné qui ne peut vivre pleinement.

                  Et si l'être Humain avait été le premier à refuser cette philosophie de vie sur Rattatak ?

                  Adossé contre le mur d'une ruelle déserte, Rylen Korr ne savait plus quoi penser de ce monde. Naktis n'avait-il pas dit la vérité à son sujet ? Le Jedi n'avait-il pas fait qu'aggraver la situation Rattataki ? La voie d'un Jedi était de garantir la meilleure issue possible pour que la Force en sorte gagnante. Pas de morts, pas de blessés; les actes d'un Chevalier devaient être emplis de sérénité et d'harmonie afin que la galaxie en ressorte meilleure. Le passage du Maitre Jedi sur Rattatak avait complètement déstabilisé une cité de plusieurs millions d'individus et qui sait jusqu'où ce chaos pouvait s'installer.

                  Naktis ne lui avait pas révélé -et heureusement- pour quelles raisons il avait décidé de faire les Jeux du Damnateur : afin de rallier sous son étendard les autres régions voisines afin, à terme, d'unir le Sud de Rattatak. L'action de Rylen Korr avait empêché ce projet d'être mené à bien. Mais il n'en avait pas connaissance.

                  Comme une subtile allégorie des catastrophes humanitaires que l'ancien gladiateur avait causé ici-même, un enfant Rattataki d'une dizaine d'années apparut dans le champ de vision du Jedi. Désemparé et visiblement perdu dans l'anarchie totale qui s'était emparée d'Isayidi, le jeune autochtone était souffrant et nécessitait d'urgence un repère adulte afin de ne pas sombrer comme le reste de la cité.

                  En voyant ses habits et les marques rouges encore vivaces qui étaient visibles à travers les nombreux trous de ses vêtements, Korr sut qu'il avait à faire à un esclave. Celui-ci fuyait quelqu'un et lorsqu'il aperçut le moine reclus dans l'ombre, il sembla accourir vers lui afin de quémander l'asile. Ce simple geste de survie rappela soudainement d'heureux souvenirs à un Maitre Jedi qui n'en avait été que trop habitué dans sa jeunesse de Padawan. Bien avant les évènements de la Grande Guerre...

                  Comme épris d'une nostalgie chevalière, Rylen Korr se dévoila dans la faible lumière de la rue sinueuse afin d'apporter son soutien à l'enfant. Dans son mouvement, le gardien galactique laissa entrevoir le manche de son sabre laser qui refléta très certainement l'éclairage nocturne. L'esclave fugitif s'arrêta alors brusquement dans sa course effrénée et manqua de chuter sur le sable poussiéreux qui recouvrait intégralement le sol d'Isayidi. L'arme qui trônait fièrement à la ceinture du supposé religieux était un frein à la confiance que l'enfant était susceptible de lui accorder.

                  Celui-ci eut alors un choix drastique à faire. Dans son dos, trois hommes armés venaient de surgir de l'obscurité dominant la cité. Ils étaient là pour lui-seul et comptaient bien mettre la main sur sa chair fragile avant le levé du jour car après, il serait trop tard. Le chaos n'était pas immortel et il finissait par laisser la place à des contextes moins reluisants.

                  Hésitant un court instant entre le mal et le moindre mal, le gamin Rattataki tarda à se faire une raison. Puis vint l'instant où le moine solitaire brandit son arme et l'activa. La lueur du sabre laser bleu jaillit dans la prunelle de ses yeux et cette lumière agit comme un déclic chez l'enfant. Une chaleur rassurante et réconfortante qui incita le jeune esclave à se ranger de son côté, sans aucune hésitation. C'était plutôt un comble puisque quelques secondes auparavant, la même arme désactivée l'avait étrangement refroidi de tenter de se rapprocher du mystérieux homme reclus dans l'ombre.

                  Les hommes armés qui avaient accouru derrière l'enfant, à la vue de l'arme, ne furent pas rassurés et déplacèrent même leur attention sur la silhouette encapuchonnée. L'un d'eux fut l'auteur de propos qui ne passèrent pas inaperçus dans l'esprit de Rylen Korr.


                  - L'assassin du Damnateur !

                  Et ils disparurent dans la pénombre de la ruelle. Sans porter le moindre coup au supposé meurtrier de l'ex-Souverain d'Isayidi.

                  N'apportant aucun crédit à ce qu'il venait d'entendre, bien trop concentré sur un éventuel affrontement dont le dessin ne se termina jamais, le Grand Maitre Jedi se retourna alors vers l'enfant. Celui-ci s'était déjà éloigné, ayant profité du détournement d'attention causé par le sabre laser pour s'échapper. Les deux croisèrent leur regard une dernière fois avant que l'esclave ne devienne qu'une silhouette floue et indescriptible dans la noirceur qui s'était emparée de la cité. Rylen n'avait désormais plus aucune raison de perdre du temps. Il reprit sa route et suivit son instinct, sa seule carte digne de confiance qui pouvait l'amener à bon port.

                  Heureusement pour lui, Rattatak était encore une destination de choix pour de nombreux esclavagistes et la nuit était le moment idéal pour les approvisionnements en marchandises. Mieux encore : la situation actuelle d'Isayidi devait certainement inciter nombre de fortunés à plier bagages au plus vite. Comme sur de nombreuses planètes de la Bordure Extérieure, seuls les plus riches avaient le droit de quitter la planète pour aller voir si le sable était plus chaud ailleurs.

                  Le bruit quasi sourd des moteurs subluminiques d'un cargo commença à jaillir dans les oreilles du Maitre Jedi. Ce dernier accéléra sa démarche vers l'endroit d'où il percevait le son et parvint à une cour dans laquelle un Hutt pauvrement gardé semblait se faire la malle avec empressement. Son unique garde du corps servait également de porte-bagages bien que son maître n'ait décidé de prendre le strict minimum : s'il était laniste, il avait décidé de ne plus l'être en laissant ses esclaves sur place.

                  Profitant d'un des rares moments de liberté d'action qui lui était offerte, Rylen se faufila discrètement dans le cargo et entreprit de trouver la meilleure planque possible afin de ne pas se faire repérer. La soute, remplie de cargaisons de contrebande, lui sembla être le lieu idéal pour cela.

                  C'est ainsi que, après plusieurs minutes d'attente qui lui parurent être des heures, Rylen Korr parvint à s'échapper de Rattatak. Un long voyage interstellaire l'attendait, et il comptait bien en profiter pour méditer sur son long séjour sur Rattatak. Et notamment afin de découvrir ce qui s'était passé pour que Naktis se retrouve, peu après son départ du Palais d'Isayidi, purement et simplement assassiné.

                  S'il ne l'avait pas tué, qui l'avait réellement fait ?

                  A suivre.

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