La Rédemption du Jedi [Rattatak]
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Post n°14
Auteur : Rylen KorrLes heures s'écoulaient et défilaient tel des nuages dans le ciel qui allaient et venaient à leur rythme. Enfin, la comparaison n'était surement pas adaptée à la situation: y avait-il eu ne serait-ce qu'un nuage depuis qu'il était arrivé sur ce monde aride? y avait-il eu ne serait-ce qu'une goutte de pluie depuis qu'il avait débarqué ici? Sa peau séchait aussi durement que le sol de Rattatak, lequel était exposé en permanence au soleil contrairement au corps vieillissant de l'étranger. Même à l'abri de tout rayon nocif, l'être humain n'avait jamais connu pareille chaleur. Tatooine faisait bien pâle figure à côté. Ce monde était décidément une calamité à lui-seul. C'était comme si vous étiez jetés dans la gueule d'un Sarlaac et que vous attendiez des années avant d'être digéré par la bête: Rattatak semblait tout faire pour vous faire souffrir un maximum avant de vous achever.
Rylen Korr ne savait plus depuis combien de jours il était enfermé ici. Il avait enchainé les cachots fétides et repoussants en compagnie de ses confrères esclaves, ne restant qu'une nuit ou deux grand maximum à l'intérieur d'une même cellule. A chaque fois, ils en étaient ressortis aussi peu nombreux qu'à leur arrivée: même les geôles avait une appétit féroce, c'est pour dire. Chaque bâtiment avait un quota de cadavres à respecter, à tel point que beaucoup d'esclaves parlaient d'un monde maudit. Qu'avait-il pu bien se passer ici pour que l'on obtienne un territoire aussi déprimant? Il fut un temps où les terres devaient être fertiles, où les lacs devaient pulluler la planète, offrant aux habitants des sources immensurables d'eau potable et de vie.
Si ce temps-là avait existé, il n'était néanmoins plus qu'un lointain souvenir. Rattatak était vouée à la déchéance éternelle. Mais Korr ne pouvait le croire aussi facilement. La Force habitait-elle vraiment ce monde?! Pourquoi ne faisait-elle rien pour sortir de la misère tous ces gens qui n'avaient certainement pas demandé à naître dans ces conditions?! Celui que l'on surnommait désormais "l'Ispani" au sein du ludus de Jarrus -lequel leur avait permis de s'habituer à un lieu puisqu'ils n'avaient pas changé d'habitat depuis bientôt deux jours maintenant- se questionnait depuis un long moment sur son environnement et sa place à l'intérieur de ce dernier. Sa présence ici n'avait rien d'un hasard. Il avait un rôle à jouer pour toutes ces personnes, notamment pour Jooma pour qui il s'était épris d'amitié. Aussi respectable que le Maître Fic Drecko et aussi sage que le Maître Vendar, cet homme avait toutes les qualités requises pour devenir un parfait Jedi. Sauf un taux de midichloriens suffisamment élevé pour manipuler la Force.
Les Jedi. Son ancienne famille semblait appartenir à son passé. Que devenaient-ils?! Étaient-ils toujours en sécurité sur Endor?! Rylen balaya cette pensée d'un revers invisible. Penser à l'Ordre dans ces lieux sombres ne lui servirait à rien: ça faisait longtemps qu'il s'était détourné de la voie du Jedi. Ces lointains souvenirs l'avaient tristement abandonné à son sort et y repenser ne ferait qu'aggraver son cas...
Un nouveau jour se leva sur Rattatak. Et contrairement aux journées précédentes, l'activité donnait quelques signes d'évolution dans le vieux Quartier des Esclaves -même si les individus qui osaient s’aventurer à l'extérieur plus de deux minutes se faisaient toujours rares-. La terreur qui avait accompagnée les cadavres crucifiés aux alentours de l'arène d'Al-Kazàn semblait lointaine, même si elle s'était faite une place dans le cœur de chaque habitant de ce caillou. Ces derniers ne comptaient même plus le nombre de démonstrations barbares qu'avait orchestré Naktis le Damnateur: le souverain de la région d'Isayidi semblait gouverner depuis la nuit des temps, et il s'était de tout temps comporté ainsi. Naktis ne reviendrait jamais sur ses méthodes, c'était là sa manière d'être au quotidien: on ne remettait pas en cause son autorité. Jamais un individu ne le renverserait, et encore moins des misérables mendiants ! Les évènements qui s'étaient déroulés il y a quelques jours en arrière dans certaines rues d'Isayidi n'avaient fait que décupler la colère du Damnateur. Celui-ci avait même avancé le début de ses jeux, il avait tout organisé afin de donner une forme à sa vengeance: il s'était déjà entendu pour que certains des contestataires -les quelques énergumènes qui avaient eu la chance de ne pas être éliminés- soient de l'ouverture du tournoi dans le Chaudron.
Du haut de son trône, au sommet de la plus grande arène de la région, Naktis regarderait droit dans les yeux ces misérables qui avaient fait l'erreur de s'opposer à lui. Car, comme le disait l'adage: "ne croisez jamais le regard du Damnateur: un seul coup d’œil peut suffire à vous ôter la vie". Ces fous allaient comprendre que ce n'était pas qu'une légende infondée...
Naktis le Damnateur. Ce nom commençait à revêtir d'une importance particulière aux yeux de Rylen Korr. Très discret dans les cellules depuis qu'il s'était retrouvé sur ce monde, l'ancien Chevalier Jedi avait tout de même tendu l'oreille à de nombreuses reprises afin d'écouter les ragots et les bruits de couloirs qui parvenaient jusqu'à sa geôle. Il avait appris ce qui s'était passé et ce qui se préparait dans la cité d'Isayidi. Il avait entendu parler des "mille feux" qui avaient été allumés le soir de leur arrivée dans la cité. Et il avait appris la réponse du souverain aussitôt les coupables retrouvés. Mais très étrangement, autre chose retint d'avantage l'attention de l'étranger. Car aussi grave qu'elle soit, la situation d'Isayidi et de sa population dépassait bien trop l'être humain pour qu'il comprenne tous les aboutissants de l'histoire. Il n'était qu'un esclave parmi d'autres. Et c'est en tant qu'esclave que l'organisation des "Jeux du Damnateur" (en l'honneur du "Jour de Naktis") attira d'avantage sa curiosité. Il était dit que Jarrus avait acheté les esclaves du vieux Nestor pour briller dans l'arène d'Al-Kazàn à l'heure des Jeux de Naktis.
Rylen Korr ria. En plus de trouver cette idée totalement stupide, il se surprit de sa réaction: c'était la première fois depuis de nombreuses semaines que son visage meurtri par tant de blessures visibles laissait apparaître un sourire. Sa plus grande crainte était qu'il s’accommode sans le vouloir à la nouvelle vie qu'il menait. Finir ses jours en tant qu'esclave et en tant que gladiateur... Quel triste sort pour l'ancien Grand Maître de l'Ordre Jedi.
Ce matin-là, on vint les réveiller bien plus tôt que d'habitude -alors qu'ils étaient d'ordinaire sortis de leur réveil de bonne heure-. Rylen n'avait pas fermé l’œil de la nuit. Néanmoins les geôliers ne se contentèrent pas de tirer uniquement les prisonniers de leur sommeil. Contrairement aux journées précédentes, on pria chaque esclave de quitter sa cellule et de se mettre dans le rang, avant qu'ils ne soient tous conduits à l'étage supérieur afin d'être réunis dans la cour extérieure de la maisonnée. Respirer l'air chaud de l'atmosphère et apercevoir de la lumière naturelle leur procura un bref instant de bonheur. Et ce n'était pas fini: tous eurent la confirmation de la raison pour laquelle ils avaient été récemment achetés par Jarrus.-Gladiateurs ! je ne vous ai pas acheté pour que vous croupissiez jusqu'à ce que vous ne ressentiez plus aucun battement de cœur ! La voix grave du vieux Jarrus raisonna de longues secondes dans chaque recoin de sa demeure, vous faites désormais partie de la famille de Jarrus le Brave: tâchez d'honorer mon nom et mon titre ou bien je vous ôterai la vie avant que vous n'ayez eu la chance de fouler le sable d'Al-Kazàn !
Gladiateur. Un métier bien étrange dans lequel il fallait tuer pour survivre, dans lequel il fallait prendre la vie d'un autre pour garantir la sienne et dans lequel il fallait vider le sang d'un adversaire pour conserver le sien. Satisfaire la plèbe et ses désirs barbares en accomplissant leurs vœux? Ce peuple était tombé très bas... A côté, les célèbres arènes de Taris étaient plus que civilisées, mais elles passaient pour des jeux d'enfants.
Jarrus continua son monologue. Il le termina en expliquant les détails de l'entrainement auquel les esclaves avaient le droit ce jour-ci. Munis d'une arme en bois chacun, ils devaient montrer leurs aptitudes épée en mains face à un unique adversaire qui semblait être l'un des gardes de Jarrus. Le vieil homme s'éloigna de ses esclaves et alla s'installer sous un parasol en piteux état. L'heure était venue pour lui d'admirer l'étendue des talents de ses nouvelles marchandises. Un à un, il appela chacun de ses prisonniers afin qu'ils se présentent face au garde. Ce dernier, un Humain extrêmement bien bâti, avait reçu l'ordre de ne pas y aller de main morte et de mettre de vrais coups pour faire comprendre aux esclaves qu'ils n'étaient pas dans un compte de fées -même s'ils n'avaient pas besoin de la violence du garde pour le comprendre-. C'est ainsi que de nombreux esclaves se retrouvèrent très rapidement au sol, certains baignant dans leur propre flaque de sang. Seule une minorité d'entre-eux réussit à repousser le garde et à le contraindre à reculer. Le Mandalorien fut celui qui épata le plus la galerie, parvenant même à pointer son arme sous le menton du garde qui s'était retrouvé propulsé au sol par la puissance du natif de Mandalore.-Rouge... répondit Jarrus à l'un de ses conseillers qui attendait visiblement une réaction du vieil homme.
Apparemment, ces démonstrations s'apparentaient à des tests: celui qui réussissait haut la-main l'épreuve avait le droit de fouler la terre de l'arène d'Al-Kazàn. Quant aux autres...
Ils serviraient de diner aux lions.-L'Ispani !
Les regards se tournèrent vers Rylen Korr. Ce dernier s'était assis contre le mur, assistant avec dégoût aux combats entre le garde et ses compagnons esclaves. L'ancien Jedi n'avait à aucun moment exprimé l'envie de combattre. Pourquoi accepterait-il de reprendre une arme dans ses mains alors que c'était exactement cet instrument barbare qui l'avait amené jusqu'ici et qui l'avait mis dans cet état?! La guerre le dégoutait. Rylen n'était pas certain de pouvoir commettre des actes qui nuisaient à sa nature-même et à tout ce qu'on lui avait appris depuis sa plus tendre enfance. Mais il se leva quand même, après plusieurs secondes d'hésitation.
Cependant, il ne fit pas exactement ce qu'on lui avait demandé. Au lieu d'attaquer son vis-à-vis, Rylen Korr laissa échapper son épée et se présenta face au garde sans aucune protection. Celui-ci tourna brièvement le regard vers Jarrus afin d'avoir son approbation. Il se rua alors sur l'Ispani avant de lui asséner un violent coup d'arme blanche dans les côtes. Rylen se laissa tomber à genoux sous le choc de l'impact mais se releva aussitôt. Le garde interpréta ce mouvement comme un acte de provocation, ce qui l'incita à recommencer et à recommencer. Visiblement souffrant et en mauvais état, Korr ne se laissa pas intimider et se releva une nouvelle fois: cette fois-ci, il vint défier du regard le garde. En lui souriant au nez et à la barbe. Il fallut une intervention de Jarrus pour que le garde ne suspende sa violence gratuite.
Dans son coin, Jooma regardait la scène. Jamais il n'avait vu un homme dégageant autant de charisme et de force que cet individu.-Hm... Rouge sang... intervint-il discrètement afin de classer son poulain, continuez sans moi, mes affaires m'appellent.
Rylen n'accorda aucune attention à la remarque de Jarrus. Il retourna s'installer contre le mur, oubliant les coups qu'il venait de subir. Un homme lambda aurait souffert des attaques physiques qui venaient de lui être adressées. Mais l'ancien Jedi avait tellement affronté d'épreuves dans sa vie qu'il n'avait plus peur de rien. Dans cet enfer, Rylen Korr s'était forgé une carapace en duracier.
Devait-il mourir dans cette arène l'arme à la main? Devait-il choisir entre périr ou survivre, mais ce au détriment d'une autre vie? Il commençait tout juste à comprendre l'enjeu de son séjour sur Rattatak. La Force jouait avec son âme comme Jarrus s'amusait avec ses esclaves.
Tandis que les prisonniers s’exerçaient épée à la main, des cris de douleur -sortant de la bouche de Jarrus- se firent entendre à quelques pas de la cour. Le premier réflexe des gardes fut de se précipiter à son chevet afin de savoir ce qu'il se passait. Visiblement, deux nouvelles esclaves tout justes débarquées dans l'école du vieil homme lui avaient causé du tord en essayant de se libérer. Bien heureusement pour lui, les deux femelles -l'une Humaine, l'autre Twil'ek- étaient attachées. Et elles furent très rapidement mâtées par les gardes du laniste. Ce dernier reprit son souffle et dévisagea les deux jeunes femmes sous une colère sans nom.Spoiler : Musique
-Argh... ! ne les blessez surtout pas ! dit-il à ses hommes alors qu'elles étaient conduites dans la cour aux côtés des autres prisonniers, lesquels furent bientôt rejoints par Jarrus lui-même qui avait visiblement des tas de choses à dire à ses deux nouvelles esclaves, le bâtard peut te permettre de retrouver ta liberté, misérable ! Que cet avertissement vous oblige à vous tenir à carreau, et je m'adresse à vous tous ! le laniste, exténué par la tentative d'assassinat de la jeune humaine, reprit son souffle avant de s'adresser à l'ensemble de ses esclaves, peut-être préfèreriez-vous le confort du Damnateur?! celui qui viole et qui étrangle -hommes et femmes- par simple excès de colère?! Soyez conscients de la chance qui est vôtre depuis que je vous ai évité la mort ! Avec moi, vous avez une occasion unique de connaître la Gloire ! Deux-cent milles personnes vous acclamant pour vous voir combattre l'épée à la main: n'est-ce pas une issue honorable sur cette maudite planète ?!
La curiosité de Rylen vis-à-vis de cet homme grimpa en flèche. S'il n'appréciait que peu les esclavagistes, il ne pouvait s'empêcher de voir en Jarrus un vieillard bien différent de ses confrères. D'une part parce qu'il était humain. D'autre part car ses mots laissaient ressurgir une qualité évidente: la sincérité.-Je vous propose de mourir sans souffrance, après avoir vécu la plus belle chose que l'on puisse connaître sur Rattatak: Al-Kazàn. Vous ne voulez pas combattre pour moi?! Mettez-vous à la place de ceux qui rêveraient de prendre votre place. Je vous offre le triomphe et une raison de vivre. N'est-ce pas suffisant pour vous ?!
Il fallait reconnaître que Jarrus tenait un discours cohérent. Fallait-il choisir la souffrance et la famine éternelles en lieu et place de la formation que proposait le vieux laniste? Ils n'avaient pas le choix: ils n'étaient que des esclaves. Et dans la situation dans laquelle ils se trouvaient, faire partie de la maison de Jarrus leur procurait un toit, deux repas convenables par jour et une chance unique de retrouver la liberté en combattant: soit en mourant, soit en survivant. Rylen Korr avait fait son choix.-N'oubliez-pas que vous faites partie de l'une des rares maisons de Gladiateurs qui forme des non-Rattatakis. Les prochains jeux sont l'occasion pour vous de montrer à celui qui se fait appeler le Damnateur que vous valez bien plus que ce qu'il ne prétend. Car, croyez-moi ou non: il ne vous laissera AUCUNE chance. Il profitera de la moindre opportunité pour vous cracher à la figure et pour montrer au peuple que vous ne valez RIEN ! Je suis le seul être vivant sur ce monde à pouvoir vous garantir votre honneur et votre fierté... Jarrus s'arrêta momentanément avant de reprendre le ton toujours aussi grave et fort, vous avez cinq jours pour vous préparer avant le début des Jeux. Ne gâchez pas ces heures inutilement dans des tentatives vaines pour vous enfuir, dit-il en dévisageant la Twil'ek et la jeune femme qui venaient tout juste d'arriver, car une fois dans l'arène, vous ne pourrez plus vous échapper.
Le vieil homme disparut dans sa demeure, particulièrement remonté après ce qu'il venait de subir. A aucun moment il n'avait menti en s'adressant à ses esclaves: pour le laniste, il valait mieux être esclave dans son ludus plutôt qu'en liberté dans les rues d'Isayidi sans aucune raison d'être. Jarrus leur permettait de savourer les cris d'une foule scandant leur nom de la même manière qu'elle le ferait pour son Roi ! Jarrus les logeait, les nourrissait et les formait ! Et il leur donnait une occasion unique de mourir l'arme à la main. Il leur proposait de mourir pour une bonne raison.
Rylen Korr réfléchissait encore par rapport à ce que Jarrus leur avait dit. Le vieil homme avait raison. Et il passerait presque pour un Bon Samaritain sur cette planète hostile. Y avait-il un laniste aussi charitable que lui dans la cité d'Isayidi? Ces esclaves étaient parvenus au meilleur endroit qu'il pouvait y avoir dans la ville, un paradis dans un enfer. Rylen commençait à comprendre pourquoi il était arrivé jusqu'ici.
Le regard du vieux Jedi se braqua alors successivement sur les deux dernières arrivées. La jeune humaine et la Twi'lek n'étaient pas là par hasard. Tout comme Rylen n'avait pas rencontré Jooma et Jarrus par accident. Rattatak ne cachait-elle pas plus de choses qu'ils ne le pensaient? Ils allaient le découvrir.
La bonne nouvelle du jour, c'est que Jarrus autorisait ses esclaves à se déplacer librement dans la cour pour encore quelques heures. Il n'était pas aussi odieux qu'il ne le paraissait -preuve que ses explications n'avaient pas été basées sur des mensonges-. Contre toute attente, Rylen Korr reprit alors l'arme en bois qu'il avait laissé tomber sur le sol lorsqu'il s'était présenté face au garde. Un bref regard autour de lui lui suffit à remarquer la présence de nombreux gardiens à chacune des sorties de la cour. Qu'ils se rassurent: il ne comptait pas s'échapper, car il aurait pu le faire depuis très longtemps. L'ancien Maître Jedi était déterminé à faire ce pour quoi il avait été acheté: combattre.
C'est ainsi que celui que l'on surnommait "l'Ispani" dans le ludus de Jarrus le Brave s’exerça avec son arme factice en donnant des coups dans le vide. On aurait dit qu'il n'avait pas utilisé d'arme depuis des mois. Mais c'était le cas. Et Rylen avait cinq jours pour retrouver ses sensations avant de connaître l'atmosphère brûlante d'Al-Kazàn... -
Post n°15
Auteur : Alya ThamrielAlya remarqua sur le côté une femme humaine, qui semblait avoir eu quelques problèmes. Elle avait des chaînes aux poignets, et elle semblait vaseuse. On ne devait pas être tendre avec les femmes dans la région et en particulier dans une maison telle que celle-là. Elle ne savait pas si cette femme était là depuis longtemps, suite à une punition ou une nouvelle comme elle, mais en tout cas, elle était complètement perdue. La Twi’lek pas comme si elle ne pensait qu’à elle-même, mais elle commençait à trouver qu’elle n’allait pas pouvoir s’échapper de cet endroit ou même de cette planète facilement. Les seuls extraterrestres de cette planète étaient des esclaves, cela ne pouvait pas être une coïncidence. Ce monde entier était un véritable piège. Il fallait sans doute la jouer plus fine, mais elle s'était laissé prendre par ses sentiments.
Tout s'enchaîna bien rapidement quand elle se vengea sur le maître des lieux, mais plus surprenant, elle vit la femme tenter de l'étrangler avec ses chaînes. L’humaine semblait vraiment avoir pris chère, et sa prise était faiblarde. Il allait être vraiment difficile de s’enfuir de cet endroit avec une jeune femme blessée, mais elle n’était pas du genre à la laisser prendre tous les risques. Vu qu’elle s’occupait de Jarrus, elle se retourna rapidement pour s’attaquer à un des mercenaires. Cependant, ils avaient sorti leurs blasters, et elle pouvait clairement entendre la course rapide de plusieurs gardes. Elle soupira légèrement en levant les mains en l’air en reculant doucement vers l’autre jeune fille.
« Il faut croire qu’il faudra attendre pour que tu me fasses visiter. »
Répondit alors la Twi’lek sur un ton léger amusé en toisant l’humaine. Elle fit un petit geste sur sa propre lèvre pour lui signifier qu’elle avait du sang disgracieux sur son visage. Elle fit une petite mimique de peine en la regardant. Elle la regarda alors avec attention, et elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle se sentait proche d’elle d’une certaine façon. Sans doute c’était parce que c’était peut-être la seule femme de cette maison, ou alors qu’elle venait de partager quelque chose d’intense avec cette femme. Elle lui sourit doucement alors qu’elle regarda la situation se calmer quelque peu. Elle n'avait guère envie de faire durer trop le séjour, mais il était évident maintenant que c'était sans doute une maison idée. La tentative d’évasion était sans doute quelque peu mal préparée. Elle ne comptait pas rester ici plus que de raison, et elle était un peu du genre entêtée.
« Ca va … ca va … les filles se rendent, c’est promis, on ne le refera plus. Sans rancune hein. »
Ajouta alors Alya avec un ton légèrement hautain. Elle était quelque peu rassurée en entendant le maître des lieux demander de ne pas les blesser. Cela voulait sans doute dire qu’il avait besoin d’elles, c’était sans doute encore pire de ne pas savoir pourquoi. Quoi qu’il en soit, cela ne devait pas être un destin très louable. Elle voulait trouver le nouvel ordre jedi, et c’était ce qu’elle allait faire. Pour cela, elle devait partir loin de cette planète, mais encore avant, elle devait survivre ses prochains jours. Elle avait manqué le monologue du maître de maison, quel dommage, mais elle n’aurait pas non plus rêvé de la gloire de se faire massacrer dans l’arène. Elle n’avait pas non plus eu le loisir de faire le test contre le garde avec le bâton, il fallait dire qu’elle et sa comparse avaient déjà passé un sacré bon test avec le laniste de la maison.
Alya fut alors invitée en compagnie de l'humaine à se joindre à une compagnie de joyeux drilles, qui semblaient être en train de s'entraîner avec des bâtons en bois en forme d'épées. Elle leva un sourcil perplexe sur la haute technologie des lieux. Elle soupira légèrement en ne disant rien du tout. Elle regarda autour d’elle avec tous ses hommes forts et légèrement en sueur. Au beau milieu de toute cette testostérone se trouvait deux femmes, les seules de la maison. Elles allaient sans doute fort rapidement sensations. La Twi’lek avait l’habitude de plusieurs années de prison, alors elle savait comment se comporter afin d’éviter un maximum de problème. Il y avait plusieurs choix, s’accoquiner avec quelqu’un de fort, et montrer qu’elle n’était pas n’importe qui. Elle se redressa alors en faisant légèrement ressortir ses muscles, elle était davantage agile que forte, mais il fallait bien montrer qu’elle n’était pas faible. Elle ne montra aucun sentiment prenant un visage de dur alors qu’elle jeta un rapide coup d’œil appuyé à chaque futur gladiateur. Cependant, elle s'arrêta sur un homme en particulier, ce n'était guère pour sa beauté qu'elle le fixait du regard, mais il avait quelque chose de spéciale. Elle ne saurait dire pourquoi, mais elle savait d’instinct que c’était quelqu’un de particulier sans trop savoir pourquoi. Elle se contenta de hocher la tête lentement dans sa direction avant de se tourner vers le laniste.
Alya sourit amusée largement alors qu’il s’auto-désignait comme le bâtard, il fallait croire qu’il aimait bien le sobriquet qu’elle lui avait trouvé. Cependant, le message de Jarrus était assez clair. Il lui faisait comprendre qu'il était sans doute le seul à lui permettre de retrouvez la liberté. C’était sans doute un message pour lui permettre d’éviter une nouvelle tentative d’étranglement, mais elle n’y croyait pas tellement. Le laniste promettait gloire et honneur dans l’arène comme vie, mais elle savait fort bien ce que cela pouvait être. C'était juste un massacre organisé pour le plaisir de deux cent mille personnes. Il n'y avait que la loi du plus fort, et cela n'allait pas être ses jeunes années au temple du Coruscant qui allaient l'aider. Le fameux Damnateur semblait avoir un pouvoir sur les pauvres âmes qui le connaissaient. Il devait être une sorte de chef de guerre, sans doute le même qui avait changé la décoration de la ville.
« Tsss … »
Voilà la seule réaction de la Twi’lek face à la proposition. Elle n'était tout simplement pas intéressée, mais elle avait très rapidement compris le deal du laniste. Elle devait se battre et tâcher de rester en vie. Elle devait vivre, elle voulait vivre et certainement pas sur cette planète maudite. Elle regarda alors autour d’elle les différentes armes possibles. Elle savait que faire une épreuve de force contre un homme n’était certainement pas à son avantage. Elle cherchait une arme plus rapide ou encore mieux, à distance. Elle se pencha légèrement vers l’humaine pour lui chuchoter à l’oreille.
« Ouais ben s’ils sont si nombreux à rêver de notre place, je veux bien échanger avec quelqu’un. Il nous prend vraiment pour des cons celui-là … »
Ce n'était sans doute pas ce genre d'entraînement dont rêvait la Twi 'lek. Elle préférait la vision des jedis que le sable de l’arène, mais elle n’avait guère le choix. Si elle voulait survivre, elle devait apprendre rapidement le code de conduite de cette nouvelle sorte de prison. Il y en avait toujours, et celle-ci prenait place dans la violence et la mort. Sans doute que cela plaisait à tous ces mâles, c’était le genre de choses qu’ils pouvaient aimer regarder, alors que là ils allaient y prendre part. Elle regarda alors tous ses malheureux rêvant de gloire, alors qu’il y allait avoir tant de morts. Elle voulut croiser les bras, mais elle avait toujours ses chaînes. Elle soupira légèrement à nouveau en se tenant tranquille, alors que le laniste poursuivait. Elle ne se catégorisait certainement pas comme une esclave, à peine une prisonnière ou une invitée de longue durée, mais elle ne pouvait pas, non, elle ne devait pas accepter ce fait. Elle était une battante, elle ne jouerait pas le jeu éternellement.
Alya venait d'apprendre une information importante, si Jarrus acceptait de former des extraterrestres, elle se doutait que ce n'était pas par gaieté de cœur. Il était un humain, et sans doute que les autres verraient d'un mauvais œil raciste comme ils semblaient être, qu'un simple humain mettait en esclavage leur propre peuple. Il ne lui semblait pas si honnête que cela, mais elle ne dit rien. Gagner le cœur du Public allait être fort difficile, elle allait devenir vraiment briller pour se faire aimer. Elle était une femme, cela pouvait jouer si elle en jouait, surtout dans un domaine où la force primait. À croire le peu qu'elle avait entendu, le fameux damnateur ne devait pas souvent faire preuve de mansuétude. Elle ne voulait faire la leçon à personne, elle n’était pas du genre très compétition. Elle avait vécu trop longtemps dans de terribles mondes entourés de pervers, de détraqués et de monstres de la nature. Elle espérait que cette arène n’allait pas être un retour en arrière.
Alya pâlit légèrement en se rendant compte que l'entraînement n'allait être que de cinq jours avant de se faire jeter dans l'arène. Autrement dit, cela allait être un carnage, la plupart sauf ceux qui savaient déjà se battre allaient se faire massacrer. Elle fit un léger mouvement de la main alors que Jarrus la regardant elle et l’humaine.
«Oh fait, si je dois devenir une bête de combat pour votre bon plaisir, vous pourriez m’enlever ses chaines ? Et aussi, on peut utiliser d’autres armes dans votre arène ? Comme des blaster ou quelque chose du genre ? Ce n’est pas que je n’aime pas les épées, mais … »
On ne pouvait pas enlever des années de mauvaises habitudes, bien qu’elle souhaitait devenir une jedi, elle était très loin d’être vraiment douée avec une arme blanche. Elle n'en avait pas vraiment utilisé par le passé, et s'il était question de sa survie, elle préférait mettre toutes ses chances de son côté. Elle apprécia en tout cas l’air vraiment énervé du laniste suite à leur petite tentative. Elle lança un regard amusé dans la direction de sa sœur de combat. Elle comptait bien se faire une alliée de cette femme, bien qu'elle se doutait que bientôt dans l'arène, elle serait face à face. Voir des femmes se battre entre elles avaient pour effet d’exciter ses messieurs. Elle avait une foule de choses à faire, des projets de vie, et elle n’avait guère besoin du laniste pour trouver son destin. -
Post n°16
Auteur : Rylen KorrCette sensation. Ce toucher. On aurait dit qu'il venait de reprendre des forces au contact de l'arme factice. Comme si une partie de son âme s'était retrouvée lorsqu'elle sentit le poids de l'épée en bois dans le creux de la main. Rylen Korr était peut-être un Jedi depuis son plus jeune âge, élevé dans le respect de l'autre et formé pour devenir un gardien de la paix, mais il n'en était pas moins un guerrier. Si les Chevaliers Jedi portaient des sabres lasers à leur ceinture, c'était pour une bonne raison: ils devaient être capables de prendre des vies si la situation les en obligeait. Ils étaient équipés d'une des meilleures armes de guerre qui puisse exister dans la Galaxie, alors à quoi bon en tenir une s'ils ne pouvaient donner la mort? La formation Jedi était parsemée de paradoxes et de contradictions. Certaines valeurs que l'on enseignait aux jeunes apprentis étaient balayés d'un revers de la main une fois qu'ils étaient confrontés à leur premier dilemme de mission. La réalité, c'est que les Jedi sont depuis des millénaires des... combattants. Si la Force avait décidé à leur naissance de leur attribuer un taux de midichloriens suffisamment élevés pour être formés aux arts Jedi, c'était pour une bonne et unique raison: ils avaient été choisis pour prendre des décisions qu'aucune autre personne ne pouvait prendre. En d'autres termes, ils avaient reçu le don de donner la mort à ceux qui mettaient en péril l'équilibre de la Force dans la Galaxie.
La différence avec les autres corps de sécurité? Les Jedi portaient le titre de Chevalier. Ils étaient dotés d'une noblesse et d'une sagesse sans égal dans la Galaxie: contrairement à d'autres, ils avaient le pouvoir de choisir si une personne méritait la mort ou non, quoi que cette personne ait pu faire de grave dans sa vie.
Alors qu'il frappait avec insistance un ennemi invisible dans un coin de la cour, Rylen Korr se mettait à réfléchir aux conséquences qui découleraient de son passage dans l'arène de gladiateurs d'Isayidi. Y trouverait t-il des réponses à ses questions? ou y trouverait-il tout simplement la mort? Cette pensée lui dévorait l'âme. La Force n'était pas décidée à le rassurer dans l'immédiat. Elle jouait avec ses nerfs. L'Ispani était persuadé qu'elle lui livrait un test qui avait débuté dès les premiers échanges de tirs en orbite de la Forge Stellaire, lors de la célèbre bataille du même nom. Une épreuve adressée à chaque Jedi, quel qu'il soit. Lui, il avait eu le droit à une épreuve prolongée. Comme s'il avait trouvé en la "personne" de Rattatak une seconde chance, celle de la rédemption. Que se passerait-il s'il échouait comme sur la défunte Forge Stellaire? Il ne fallait malheureusement pas être philosophe pour connaître la réponse. S'il faisait les mauvais choix, Rylen Korr connaîtrait le même sort que des milliers de gladiateurs ayant foulé le sable d'Al-Kazàn avant lui...
La situation était étrange. S'il n'était pas au courant que son crash sur Rattatak s'était produit il y a déjà plusieurs semaines en arrière, Rylen Korr se demandait pourquoi il se remettait soudainement à ressentir la Force comme l'on ressentait l'influence positive d'un ami à ses côtés. Tournant le regard dans chaque direction, analysant chaque personne située aux abords de la cour, le Jedi s'arrêta brusquement sur Jooma, lequel s'entrainait avec celui que l'on surnommait le Mandalorien dans l'école de Jarrus. Si le dénommé Jooma avait activement aidé l'Ispani à soigner son âme tourmentée, Rylen s'intéressait actuellement à la mauvaise personne. Alors qui?! Qui, dans cette cour, alimentait de nouveau les courants de la Force? Sans le savoir, cette personne avait permis à l'ex-Grand Maître des Jedi de se réveiller.
A quelques pas de là, on enlevait les chaînes de la Twi'lek et de la jeune humaine fraîchement débarquées, en leur faisait comprendre que leur nature de femelle ne les priverait pas d'un traitement physique douloureux dans le cas d'une nouvelle tentative de fuite. Tandis que Jarrus les observait d'un œil attentif au troisième étage de sa petite demeure, Rylen Korr les dévisagea durant de longues secondes. Étrangement, leur arrivée coïncidait avec le réveil de la Force dans ces lieux. Y étaient-elles familières? Le Chevalier Jedi voulait en avoir le cœur net. Il entreprit de rejoindre les deux jeunes femmes mais s'arrêta soudainement alors qu'il n'avait pas fait plus de deux mètres dans leur direction: il fallait se montrer plus discret et plus habile que cela. L'on disait qu'à Isayidi, il y avait des oreilles dans chaque mur, et mieux valait prendre les proverbes au pied de la lettre dans cette cité maléfique. Et puis Rylen n'oubliait pas qu'ils étaient avant tout ici pour s'entrainer en vue de fouler l'arène d'Al-Kazàn. Voir des esclaves discuter à l'écart des autres était mal vu. Et si l'on apprenait qu'une personne au sein du ludus maniait la Force -en l’occurrence, lui- il pouvait très vite s'attirer des ennuis: quelque chose -ou quelqu'un?- lui murmurait à l'oreille qu'il ne devait sous aucun prétexte dévoiler sa véritable nature, même pas à ses rares amis tel que Jooma. Les gens comme lui n'étaient visiblement pas en sécurité sur Rattatak, du moins c'est l'étrange impression qu'il avait depuis peu. C'est pour cela que Rylen adopta une ruse plutôt habile pour que les deux jeunes femmes se découvrent sans qu'il ne prenne la peine d'aller vers elles.
Assis dans un coin de la cour, Rylen visualisa une petite pierre qui trainait par terre à l'opposé de sa position. Le Jedi ferma ensuite les yeux. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas senti une fraîcheur pareille. Son corps était de nouveau jeune, son esprit était libéré. Et lorsqu'il rouvrit les yeux, il eut à peine le temps de voir le petit projectile s'élever dans les airs et frapper de plein fouet le crâne d'un esclave Aqualish de deux mètres de haut. Ce dernier se retourna aussitôt, beuglant dans un Basic approximatif des insultes à l'égard... des deux jeunes femmes, lesquelles se demandaient certainement à quoi il faisait allusion ! L'Aqualish, visiblement remonté, employa de nouveau divers termes racistes et sexistes avant de s'approcher de la Twi'lek et de l'Humaine, le regard menaçant. Accompagné de deux de ses acolytes de même race, il comptait régler le compte aux deux malsaines qui lui avaient manqué de respect. Sans savoir que le coupable était au fond de la cour, celui-ci observant délicatement la réaction et l'attitude des deux jeunes femmes.
Deux gardes faillirent stopper l'élan des trois Aqualish mais un geste de la main de Jarrus -lequel était toujours à son balcon à l'étage supérieur- les arrêta aussitôt: en bon laniste, le vieil homme confrontait ses esclaves afin qu'ils laissent ressortir tout leur potentiel. Il en profiterait pour voir ce que valaient les deux jeunes femmes dans un combat au corps à corps, histoire de savoir s'il ne s'était pas fait arnaquer sur la marchandise. Si tel était le cas, nul doute qu'elles seraient mieux comme femmes de chambre, prêtes à tout pour remonter le moral des glorieux gladiateurs de son école durant les Jeux de Naktis. Mais la situation n'empêchait pas Jarrus d'avoir un étrange sentiment, lui-aussi. Il aurait juré avoir vu les deux jeunes femmes de dos au moment où l'Aqualish fut frappé de plein fouet par la pierre. Était-ce son imagination qui lui jouait des mauvais tours? Impossible. Il avait beau être dans la ligne de mire de la Mort, il n'en était pas pour autant un vieillard ramolli. Il croisa furtivement le regard de l'Ispani, lequel semblait guère s'intéresser à l'affrontement entre les femelles et les Aqualish. Quelque chose lui disait que le gaillard barbu n'était pas étranger à ce qui venait de se passer dans la cour. Un étrange sentiment lui murmurait que l'Humain n'était pas ce qu'il paraissait être, tout simplement.
Quoi qu'il en soit, voilà que la Twi'lek et l'Humaine étaient amenées à se défendre face à trois crapules qui n'avaient que faire d'un combat déloyal: l'honneur, ils n'en avaient jamais entendu parler. C'est un mot qui n'existait pas vraiment, à Isayidi. -
Post n°17
Auteur : Alya Thamriel« »
Alya n’avait aucun doute sur sa vie, des épreuves quelconques ou quoi que ce soit d’autres. Elle se battait depuis toujours contre des malheurs de plus en plus terrible. Cela commença dans sa prime enfance lors du massacre et de la fin de l’ordre jedi tel que nous le connaissions. Ce fut alors l’effondrement d’une vie quasi toute prête dès que son taux de midichloriens fut validé par la prise de sang. Puis, il y a eu la padawan qui la sauva sans doute du pire d’un côté, mais après une lutte pendant quelques temps, elle disparut à son tour. La twi’lek ne savait d’ailleurs pas du tout si elle était morte ou vivante. Elle n’avait guère eut le temps de tenter la chercher dans la galaxie tant les ennuis lui collaient aux basques. Elle n’avait fait que fuir toute sa vie, fuir sa vie de jedi, fuir sa vie de mauvaise fille ou encore celle de prisonnière recherchée. Elle n’avait jamais pu se poser quelque part et tenter de faire quelque chose de bien dans sa vie. A peine avait-elle tenté de rejoindre enfin le temple jedi, qu’elle se retrouvait prisonnière dans une école de gladiateur. Elle était promise à une mort certaine dans des jeux dans quelques jours.
« Ma putain de chance légendaire … ce n’est pas possible. Bientôt tu vas voir, il va avoir un rancor géant mutant quand je vais réussir à me sortir de ce cauchemar … »
Se dit à elle-même la nouvelle acquisition du laniste. Elle était loin d’être une jedi de prêt ou de loin, du moins, c’était son sentiment actuel. Elle se souvenait à peine de l’enseignement qu’elle avait suivi. Elle était loin d’être consciente de son influence sur les autres. Elle avait toujours eu l’impression que n’être qu’un détail dans l’univers, que sa vie n’avait rien changé pour personne depuis toujours. Elle n’avait jamais vraiment rien fait d’extraordinaire, à peine pu empêcher de faire des sales coups aux bonnes personnes. Alors que l’on enlevait les chaines sur elle et sur la jeune humaine qui l’avait accompagné, elle sentit que quelque chose n’allait pas. Une sorte d’ambiance étrange dans l’air, elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle avait toujours été assez intuitive. Elle était bien consciente que si elle tenterait de fuir cet endroit, il fallait le faire avant l’événement dans l’arène, mais elle n’avait que cinq jours pour cela. Ca semblait presque impossible. Elle releva son regard sur Jarrus qui n’avait yeux que pour elle et l’humaine. Elle lui sourit alors largement dans une sorte de défie dans le regard.
Alya regarda autour d’elle en se frottant les poignets par habitude plus que par besoin. Elle avait une longue expérience dans une prison dangereuse et mixte, là-bas, il y avait deux façons pour une femme de s’en sortir. La première était de couchée avec un gros balaise respectée, avec ses petites fesses comme payement, c’était facile, mais elle n’était pas de ce genre-là. Elle était bien trop bagarreuse et avec un mental de tête brûlé pour se contenter de simplement ouvrir les cuisses. La seconde était très simple et en générale devait se produire après quelques heures à l’entrée dans une prison. Il fallait se battre, montrer que l’on savait se défendre et que l’on n’était pas du genre à se laisser faire. Les ennuis de ce genre arrivaient en général tout seul sans avoir besoin de les chercher. C’était une façon également de tenter de prendre l’ascendant sur une femme dans un domaine plus que masculin. Les arènes ne feraient sans doute pas exception, elle allait devoir se battre bientôt, elle en avait l’intuition. Elle ne pourrait d’ailleurs pas protéger la jeune humaine, sinon elle devrait le faire continuellement. Elle espérait qu’Avara savait suffisamment se défendre.
La Twi’lek eut l’œil attiré dans une direction, et elle put apercevoir un petit caillou frappé le crane d’un aqualish. Ce dernier semblait vraiment ne pas avoir apprécié, et même si ce n’était pas elle la coupable, elle allait devoir se battre et s’imposer dans ce groupe. Une femme devait toujours montrer trois fois plus de force que les hommes, s’était ainsi. Sans aucune hésitation, elle se mit en position pour se battre. Elle banda ses muscles en se préparant à esquiver l’attaque, alors que son adversaire approchait en lançant des insultes de toutes sortes. Cela n’avait guère de poids dans son esprit, ce genre de mots était normal et elle devait garder la tête froide. Elle sourit largement en constatant que son adversaire était accompagné de deux personnes.
« Eh bien ? Tu as besoin de petits copains pour venir te mesurer à moi ? Tu as raison mon lapin, méfie-toi de moi … »
Dit alors Alya en l’asticotant du mieux qu’elle pouvait, l’objectif était de le déconcentrer, de lui faire perdre les moyens et surtout d’en affronter qu’un seul. Elle leva un regard rapide vers Jarrus qui fit signe aux gardes de ne rien faire. Elle lui fit alors un petit clin d’œil, alors qu’elle se reconcentra sur ses adversaires. Elle se demanda si Avara allait l’aider, mais elle n’allait certainement pas fuir, ce serait une terrible erreur. Pendant les opérations avec le mafieux, cela dérapait souvent, et même si elle était largement meilleure avec un blaster qu’avec les poings, elle savait se défendre. Du moins, elle avait son propre style. Comme si elle avait des extraordinaires réactions, la peur ? L’adrénaline ? Quoi qu’il en soit, elle partit à toute allure vers ses adversaires bien décidés à stopper le combat dès que possible. Une fois à bonne hauteur et profitant de l’effet de surprise, elle enfonça son pied dans le sable et fit un mouvement circulaire de son pied afin de jeter du sable aux plus de pairs de yeux possibles. Elle devait baisser le nombre d’adversaire ou au moins gagner du temps. Elle était très agile et elle avait une sacrée chance, le sable aveugla deux d’entre eux qui n’eurent pas le temps de se protéger les yeux. Elle ne s’en rendait pas compte, mais la force agissait en ce moment même à son insu. Elle donna un coup de pied au plus proche dans les parties, ce qui eut pour effet de le sécher sur place. Il se plia en deux dans le sable en balançant une autre insulté étouffée dans la douleur. Elle en profita pour prendre appuie sur sa cuisse d'un pied tandis que l'autre partie dans un retourner en arrière acrobatique afin de frapper son visage pour s'en débarrasser. Elle était très agile et aérienne alors que d'autres n'étaient que force physique. Elle essayait également d'impressionner tout ce beau petit monde que ce soit le laniste comme les autres gladiateurs. -
Post n°18
Auteur : SliceVictime d’une attaque tout aussi rapide que violente, Kabal était longtemps resté inconscient. Ses agresseurs l’avaient transporté dans un lieu encore inconnu et le Trandoshan était pour l’heure perdu dans des songes confus, où se télescopaient moult pensées et revenait irrémédiablement le visage du vieillard agonisant.
Et bien que son esprit fût en proie à des tourments d’ordre moral, il aurait mieux valu pour ce malheureux qu’il ne sorte pas de l’apaisante torpeur de ses rêves. Car en un instant le prêcheur fut brusquement arraché aux bras de Morphée pour se réveiller en plein cauchemar … A la différence que ce cauchemar-là était on ne peut plus réel !
Des cris, des pleurs, et une odeur rance mêlant urine et pourriture emplissaient tous les environs. Le réveil de Kabal venait de se faire dans le plus grand désarroi. Sa tête lui faisait un mal de chien, et haletant de sueur, il ne parvenait pas encore à comprendre ce qui lui était arrivé. Quelques temps encore il arpentait les rues d’Isayidi et voici que maintenant il se réveillait hagard et plongé dans l’obscurité la plus totale. De souvenir, il avait entendu des gens s’approcher de lui par derrière puis sentit un coup au sommet du crâne. Ensuite il avait sombré dans le néant … Sans doute avait-il été attaqué !
Mais où donc l’avait-on mené et quelle était la nature de ces agresseurs ? Des ruffians ? Les guetteurs ? Ou bien la garde de la cité ?! Pour l’heure Kabal n’avait aucune réponse et l’inquiétude commençait à le ronger …
Sa vue était trouble et il peinait à discerner les contours de la pièce dans laquelle il se trouvait. Une chose était sure : elle était plongée dans une profonde obscurité, et l’air, bien que nauséabond, était frais. Cela lui rappelait les catacombes du Prieuré de Capoue. Où qu’il soit, il conclut rapidement qu’devait probablement être en dessous du niveau du sol, dans des souterrains !
L’âtre d’une cheminée située à quelques mètres de lui crachait des volutes de fumées ainsi que des flammes d’un rouge vif. La danse du feu dans son foyer laissa doucement apparaître les contours de la pièce : de larges pierres moussues et une grosse porte en métal ornée de barreaux : un cachot …
Essayant de balbutier quelques mots, le Trandoshan fut foudroyé par une vive douleur à la mâchoire. Son visage était partiellement tuméfié et ci et là des bleus recouvraient son corps … On l’avait probablement passé à tabac après son agression. Que de violence gratuite !
Voulant se mouvoir, il remarqua que ses bras étaient rattachés à de larges chaînes. Par chance elles étaient suffisamment détendues pour qu’il puisse les bouger sans trop d’entrave. Ce ne fût que lorsqu’il essaya de se relever qu’il ressentit une nouvelle douleur, cette fois-ci au niveau de ses côtes. Tâtonnant de la main sa cage thoracique, le Trandoshan eut rapidement la confirmation de ce qu’il craignait : on lui en avait brisé. L’homme maugréa un juron avant de prendre appuis sur le sol.
Serrant les lèvres sous son appareil respiratoire, le prêcheur s’efforça de rester digne et de ne pas hurler de douleur. Doucement mais surement il entreprit de se relever. Et alors que sa tentative allait bon train il reçut un coup de maillet sur le thorax, le refaisant tomber à terre. La conclusion s’annonça d’elle-même : il n’était pas seul dans cette pièce … Au moins un de ses tortionnaire était présent à ses côtés. Bougeant la tête il distingua la forme fugace d’un de ces bourreaux.
Puis la porte de sa cellule s’ouvrit dans un grand fracas et une flopée d’homme en arme pénétra dans la pièce. Personne n’avait allumé la lumière et mis à part la lueur du feu, l’obscurité était toujours totale. Kabal sentit son cœur s’emballer, il avait peur.
Parmi les formes qui s’afféraient dans l’ombre une avait particulièrement retenu son attention. Il s’agissait d’un homme de grande taille qui portait un juste au corps couleur vermeille. La casaque de cuir que l’inconnu revêtait au niveau des épaules était ornée d’atours de noble facture. Cette parure, à la fois simple mais richement décorée, témoignait à elle seule du haut rang de son propriétaire.
Cet individu se tenait à l’écart du personnel pénitencier. Les matons le craignaient et ils évitaient soigneusement de croiser son regard. Heureusement pour eux, toute l’attention de l’inconnu était portée sur Kabal. Les bras croisés, il se contentait de fixer silencieusement son prisonnier comme s’il s’agissait là d’un animal capturé au cours d’une battue. Sans doute pensait-il à la façon par laquelle il ferrait sonner l’hallali ?!
La vision reptilienne du Trandoshan était altérée par le crépitement du feu à proximité. Malgré plusieurs tentatives, le prêcheur de Cypher ne parvenait qu’à n’en deviner que sa silhouette. Toutefois une chose était certaine : ce personnage transpirait une haute stature qui n’était en rien factice, de plus une aura « obscure » entourait ce dernier.
L’inconnu resta ainsi immobile durant de longues minutes, laissant sciemment s’installer un profond malaise aussi bien chez les geôliers que chez son prisonnier. Puis sans crier gare il s’adressa au captif. Sa voix était forte mais conservait irrémédiablement un ton calme et déterminé.
« - Sais-tu qui je suis ? »
Kabal hocha lentement la tête. Il avait aisément deviné l’identité de son tortionnaire : il s’agissait de Naktis, dit « le damnateur » … Le suzerain d’Isayidi esquissa un léger sourire et décroisa ses bras.
« - Bien ! Quant à moi je sais aussi qui tu es … »
Cette annonce n’était pas vraiment surprenante mais Kabal en ravala sa langue. Lui qui la veille encore avait consentit à assumer la pleine responsabilité de ses actes en visualisait maintenant toute l’étendue ! A prêcher la révolte, à peindre l’héraldique de son culte sur les murs et a incendier des masures, il n’était pas étonnant que le monarque soit au fait de sa présence ! La question était de savoir si Naktis était aussi au courant pour les Guetteurs ou s’il ne savait que pour la présence de Cypher ! Le Trandoshan commençait à éprouver des sueurs froides. Apportant de lui-même une réponse aux questions du supplicié, le Rattataki présenta au prêcheur une des pièces d’argent qu’il transportait d’ordinaire dans sa bure. Ces pièces de monnaie étaient un signe de reconnaissance utilisé par le culte pour reconnaitre ses membres et ses sympathisants. Naktis laissa glisser la lourde pièce entre ses doigts avant de reprendre :
« - Je ne pensais pas revoir ces pièces un jour … »
Le fils du parjure avait visiblement mis au courant le suzerain sur la nature de cette monnaie. Le Rattataki avança d’un pas, dévoilant en partie son visage au prisonnier. C’était un homme d’âge mur, le crâne rasé et tatoué. L’attitude du monarque transpirait une confiance en soi unique et un sentiment de supériorité qui terrassait les esprits les plus faibles. Les yeux du roi plongèrent dans ceux du Trandoshan, perçant son âme pour s’en aller jusqu’à ses peurs les plus profondes. Il regarda Kabal avec satisfaction, sa voix pris alors un ton impérieux :
« - Ce que je veux savoir c’est pourquoi tu t’intéresses à moi. »
Les deux yeux fendus du Trandoshan brillèrent alors de malice, il ravala sa salive et répondit avec défit :
« - Tu sais ce que l’on dit ? Le mal appelle le mal … »
A cette réponse le damnateur se contenta d’hausser les épaules. Il fit signe a ses geôlier de s’occuper du captif. Les préposés à la torture tendirent alors les chaines qui retenaient ses membres. La seconde suivante le prêcheur était fermement maintenu immobile ! Armés de maillets et de gourdins les matons s’approchèrent alors de lui ; les secondes suivantes il fût passé à tabac.
Mais ce n’était là qu’une étape dans le calvaire réservé au cultiste. Naktis adressa un second signe de tête à ses sbires. Un de ces hommes s’en alla alors brûler un tisonnier dans l’âtre de la cheminée. Le métal rougit doucement sous le regard apeuré du supplicié !
Une fois que l’arme fût chauffée au rouge le bourreau s’approcha de Kabal. Le Trandoshan remuait fébrilement pour essayer de se soustraire à l’assaillant mais c’était là une vaine action ! Certains gardes le maintinrent immobile tandis qu’un des préposés attrapa son œil gauche et le força à garder les paupières ouvertes. L’instant d’après le métal incandescent était plongé dans l’orbite du malheureux.
Aucun mot ne pourrait retranscrire la souffrance du supplicié ! Kabal hurlait, pleurait, criait ! Ses mains griffues cherchaient quelque chose à cramponner. Dans la panique il s’accrocha à un de ses assaillants et lui planta ses ongles dans la chair. On lui assainit immédiatement de nouveaux coups de maillets jusqu’à ce qu’il le lâche ! Enfin, le bourreau recula. Son œuvre était terminée, l’œil gauche n’était plus ... Les chaines qui retenaient le blessé furent relâchées et le Trandoshan tomba au sol. A genou, toujours fermement entravé, il gémissait.
Naktis avait regardé la scène sans réagir. Le visage placide, il n’accorda aucune considération à ce qu’endurait son prisonnier. Le suzerain se contenta de se rapprocher de l’émissaire de Cypher et s’agenouilla à son niveau. Impassible, visage contre visage, il réitéra sa question.
« - Je ne le répèterais pas. Pourquoi ? »
La douleur parcourait toute la tête du Trandoshan. Son cœur battait à un rythme soutenu au point que ses veines semblaient être sur le point d’exploser. Sa respiration devenait difficile sous son masque et un flot ininterrompu de sang s’écoulait de l’orbite crevée. Le précieux liquide perlait sur sa peau brûlée pour se mélanger avec la terre rougeâtre du sol de la cellule. Entre deux suffocations il céda à la peur et à la torture : il répondit à son tortionnaire.
« - Il arrive ! Tu as quelque chose qu’il veut … »
La curiosité du monarque fût alors attisée. Naktis se releva et s’approcha en personne de la cheminée. Il se saisit du tisonnier et le laissa doucement chauffer dans le foyer. Kabal était à présent transit de peur, craignant qu’on ne lui crève son dernier œil valide ! Il essaya de se mouvoir mais les chaînes l’entravaient toujours … Son rythme cardiaque s’accélérait ! Il était coincé et à la merci de son bourreau. Le damnateur tourna sa tête dans sa direction et s’exclama :
« - Qui ça il ? »
La réponse du supplicié fût directe.
« - Le 1er des parjures … le Seigneur des Parias … »
La réponse sembla surprendre le monarque d’Isayidi. Naktis laissa chouir la pièce de métal sur le sol et se retourna vers une forme encapuchonnée qui restait dans l’entrebâillement de la porte. Il s’agissait du fils du parjure, le traitre de Cypher ... La voix de ce dernier siffla dans les airs à la découverte de la nouvelle.
« - Mensonge ! Il ment ! Le Seigneur de Cypher et ses camarades sont morts ! Le premier des parjures a été décapité ! Ils sont tous morts … L’Omega les a massacrés ! »
Toujours agenouillé, Kabal serra la terre Rattataki dans ses mains tout murmurant à demi voix une litanie pour les moins étranges.
« - N’est pas mort ce qui à jamais dort et au long des ères étranges peut mourir même la Mort. »
Bien que surprenant, l’acte de foi ne laissa pas le suzerain inébranlable. L’homme le jugea un moment du regard puis haussa les épaules. Le traitre repris alors de plus belle ! Il s’activait à de grands gestes et parlait avec précipitation. Ce petit personnage, toujours caché dans l’ombre, était loin de l’image que renvoyait son suzerain : un homme cruel, calculateur et d’une grande prestance.
« - Qu’on le tue ici et maintenant ! Qu’il aille donc retrouver son maître s’il est aussi pressé que ça de le rejoindre ! »
Naktis leva l’avant-bras en l’air, lui intimant de se taire.
« - Silence. Un mot de plus et je t’envoie rejoindre. »
Le tuer ?! C’était une possibilité mais en faisant cela il perdait la chance de retrouver d‘hypothétiques complices. Les espions du damnateur n’étaient pas parvenus à retracer fidèlement les allées et venues de l’étranger. De plus il gageait qu’à le torturer d’avantage le supplicié ne finisse que par tomber en syncope ! S’il voulait des réponses il devrait agir de manière plus intelligente.
Naktis voulait savoir si le Trandoshan avait de l’aide dans la cité. Il devait aussi se prémunir de la possible venue d’un Seigneur Sith revenu d’entre les morts … Il était primordial de démasquer les conspirateurs et de tirer toute cette affaire au clair ... A la différence du fils du parjure, le roi n’était en aucun cas un homme enclin aux impulsions. Il calculait … Lui et « Cypher » jouaient à un jeu macabre dont l’échec ou la victoire d’une des deux parties étaient synonyme de vies sacrifiées. Il valait mieux utiliser ce prisonnier comme un piège et non pas se séparer d’un pion aussi important en début de partie.
De plus, Kabal il avait donné l’espoir dans le cœur de ses sujets. Pour cela il devrait le briser devant le peuple tout entier pour leur montrer la vanité de leurs espoirs … Une énième Guerre Servile n’était pas envisageable en ces temps de prospérité. Il escomptait bien rallier à lui les villes voisines pour étendre définitivement sa sphère d’influence sur la planète. La révolte devait être matée dans l’œuf et ce « prêcheur » serait exhibé en trophée. Comment pourrait-il prétendre sauver la plèbe s’il ne pouvait lui-même se sauver du damnateur ?!
Bien que devenu borgne, ayant les membres et le visage brulés et devant respirer avec un appareil respiratoire, le Trandoshan restait de conception robuste. Les gens de cette race étaient traditionnellement de bon guerrier … Autant mêler l’utile à l’agréable ! Il pouvait être une bonne attraction pour les jeux qu’il allait organiser. En le mettant dans l’arène à la vue de tous, Kabal serait rapidement vu par ses complices et ces derniers se trahiraient en essayant de l’aider ou de le faire taire … Ayant pris sa décision, Naktis se retourna vers le captif.
« - Je devrais te faire écarteler pour ce que tu as fait … Mais je n’y gagnerait rien. Ton action de la nuit dernière a défiée mon autorité. Tu as semé l’espoir dans le cœur de ceux qui me servent. Tu as placé l’anarchie là où il ne peut y avoir que servitude, crainte et vénération.
C’est pour cela que ton message et toi-même devra être détruit … Je te mettrais a genou devant le peuple et tu quémanderas ma miséricorde. Naktis vint jusqu’au captif et l’attrapa par le col. Pour t’être opposé à moi, tu seras malgré toi la pièce centrale de mon triomphe. Le monarque laissa retomber Kabal au sol. Ta vie se terminera dans les jeux, en pâture à notre culture et nos croyances. Sur Rattatak il n’y a qu’une seule règle : le fort domine le faible … »
Naktis se saisit de nouveau de la pièce en argent du cultiste. Sur une de ses faces était gravé un arbre. C’était le même symbole qui avait été dessiné à la flamme sur les masures lors de la nuit dernière … Cypher … La venue d’un Seigneur Sith risquait de se montrer problématique. Naktis espérait qu’il ne s’agisse là que d’un bluff, mais par prudence il allait prendre certaines mesures pour assurer sa protection. Il laissa glisser la pièce dans sa main, la regarda une dernière fois puis la broya au creux de sa pomme.
Face à ce geste, la main de Kabal serra les atours royaux du damnateur. Il releva la tête et lui dit :
« - Tu ne peux détruire ce qui est déjà brisé Natkis … C’est ce qui te perdra. Un des gardes lui assainit un violent coup de crosse en pleine tête. L’artère frontale fût ouverte et du sang coula le long du visage du martyr ... Le prêcheur s’effondra au sol, dans les chaînes et son sang, sa vue diminuée par la perte d’un œil et la torture. Sous son masque il articula faiblement un dernier avertissement: … à la fin des jeux ton règne prendra fin … »
Mais Naktis ne l’écoutait plus. Il avait déjà quitté la pièce ... Un des bourreau sembla avoir entendu l’ultime message mais le garda pour lui.[...]On ne sait pas exactement combien de temps on le laissa là, à pourrir dans ces cachots crasseux. Mais vint le jour où on sortit enfin Kabal des catacombes.
Bien que diminué, le Trandoshan restait encore lucide. Après des jours passés dans l’obscurité, ces yeux reptiliens furent surpris par tant de lumière ! Le soleil tapait fort en cette journée et revoir le ciel Rattataki était en soit une bénédiction.
Le Trandoshan avait encore du mal à distinguer son entourage. Il ne percevait pour l’heure que des formes floues qui se massaient autour d’une sorte de comptoir. Rapidement il comprit qu’on l’avait mené sur un étal. Les pieds et les mains enchainés : on était en train de le vendre en tant qu’esclave !
Fronçant le sourcil de son seul œil valide, il essayait de percevoir ce qui se tramait aux alentours. Du sang séché faisait malheureusement une croute au niveau de ses paupières et sa vue restait relativement floue. Enchainé, il ne pouvait nettoyer son œil … Parmi toutes ces formes qui gesticulaient tout autour de lui, il remarqua un laniste qui négociait dans un coin avec un homme en costume étrange. L’interlocuteur de ce dernier était en total veston et son visage lui rappelait quelqu’un ! Soudain Kabal fût frappé d’effrois ! Il l’aurait juré : c’était Gman ?! Sa vue se troubla et le temps qu’il cligne de l’œil il n’y avait déjà plus personne avec le commerçant …
Le laniste qui avait parlé avec l’homme en total veston s’approcha de l’étal. Il s’agissait de Jarrus. L’homme posa une belle bourse pour Kabal. Les gens le regardent surpris, le Trandoshan était borgne … Après tout la rumeur disait qu’il avait acheté deux femelles il y a peu ! Etait-ce avec cela qu’il comptait honorer les jeux ?! Pour sur son institution perdait en renommée ! Quelques rires se firent entendre mais le bourgeois ne réagit même pas. Faute d’enchère supérieure Kabal lui revint.
On tira alors le Trandoshan vers le ludus du vieil homme ...[...]
Les jours suivants ressemblèrent au paradis pour celui qui avait passé quelques temps à « profiter » de l’hospitalité du monarque d’Isayidi ! Bien que ses motivations furent gardés secrètes, Jarrus était bien décidé à faire de ce Trandoshan un de ces gladiateur ! Pour se faire, il fallait déjà le remettre sur pied ! C’est ainsi qu’après l’avoir isolé dans une partie du ludus, les serviteurs du laniste le soignèrent à l’aide de médecines traditionnelles de la région. Les soins portèrent leurs fruits et au fur et à mesure que les jours s’écoulaient Kabal reprenait des couleurs. Lorsqu’il fût en état de marcher le bourgeois le convoqua dans son bureau.
La présence du Trandoshan, des soins et les rumeurs qui tournaient autour de lui s’étaient rependues comme une trainée de poudre dans toute la masure. Il se disait à voix basse entre serviteurs et gladiateurs que c’était lui qui avait fomenté une tentative de révolte contre Naktis et que le monarque l’avait condamné à mourir dans les jeux de l’arène. Pour Kabal nul espoir de sortir vivant du chaudron : il y était condamné à y périr. Étrangement il le vivait bien … Les servants l’avaient surnomé « le borgne ».
Debout, le Trandoshan faisait route vers son nouvel « hôte ». Jarrus était devenu de fait son « maître » mais le prêcheur peinait à l’idée de le nommer tel quel. Depuis son achat il n’avait pas rencontre cet énigmatique personnage. A dire vrai le cultiste avait été enfermé dans une chambre durant sa remise sur pied et il n’avait côtoyé que les servants qui l’avaient soigné. En ce jour, c’était ça première matinée au sein de l’institution de Jarrus « le brave ». Une lanière de cuir avait été placée autour des côtes brisées du Trandoshan. Elles n’étaient aps soudés mais les baume et les onguents qu’il y appliquait atténuaient suffisamment la douleur pour qu’il fusse en état de marcher.
Kabal suivit ainsi une servante jusqu’au bureau du commerçant. On le fît entrer. La pièce était située dans la plus haute tour du ludus. D’ici le laniste avait une vue dégagée sur les hauteurs de la ville et on devinait aisément au nord la forme ovale de l’arène qui se dressait au milieu de la cité. Le vieil homme était appuyé sur la rambarde de son balcon et l’invita à s’approcher.
« - Mes domestiques m’ont dit que tu avais récupéré. Ta guérison est surprenante, surtout quand on sait d’où tu viens. Le laniste scruta les environs avec méfiance, comme s’il craignait qu’un de ses servants ne surprenne cette discussion. Il continua sur un ton proche de la confidence : A la criée il était annoncé que tu venais des geôles de Naktis. Il est rare de voir quelqu’un sortir des cachots du Damnateur sur ses deux pieds ... »
« - Malheureusement je crains qu’il ne s’agisse là que d’un sursis » renchérit Kabal en désignant l’arène du menton.
Jarrus apprécia la remarque et lui désigna l’édifice d’un geste du bras.
« - Ah … L’Al-Kazàn … Considère que je te donnes l’opportunité de partir en homme ! De mourir l’arme à la main dans le chaudron. S’en aller acclamé par la foule et non pas sommairement embroché sur un poteau. »
Le prêcheur rejoignit le commerçant jusqu’au balcon. Les deux hommes se regardèrent un moment en silence avant que Kabal ne lui réponde.
« - Vous savez, à mes yeux la finalité reste-la même. Il n’y a pas de gloire à mourir dans la fange pour les beaux yeux de nantis de la Galaxie. »
Le visage du laniste se fronça. La réponse et l’attitude du Trandoshan ne lui plaisait guère. Il dériva sur la présence du lézard sur la planète aride. Jarrus aimait savoir d’où venaient ses acquisitions.
« - Eh bien … Mis à part la quête de gloire, qu’est-ce qui pourrait pousser un étranger tel que toi à venir sur Rattatak ? »
« - Votre suzerain et moi avions quelques amis en commun … »
« - J’ai peut-être les cheveux blancs mais je ne suis ni sénile, ni stupide. Le vieillard regarda Kabal d’un œil sévère. Les rumeurs vont bon train autour de toi mon garçon. Tu es le « prêcheur » qui a déclenché l’incendie des derniers jours … »
Le Trandoshan acquiesça avant de s’adosser à la rambarde. Il scrutait le ciel d’un ton rêveur. C’était bien là le dernier espace de liberté qu’il lui restait. Le commerçant esquissa une moue avant de reprendre :
« - Je n’aurais pas dû t’acheter … »
A cette annonce Kabal esquissa un léger sourire sous son masque à gaz.
« - Combien avez-vous payé pour m’acquérir ? »
« - Trop pour un Trandoshan borgne, blessé, a la peau brûlé et qui est obligé de respirer avec un masque à gaz … »
Le regard de Kabal se reporta vers le « chaudron », puis vers le palais où résidait Naktis. Toute cette affaire était en partie le plan du suzerain. Le damnateur avait placé ses pions et chaque nouveau mouvement devait être fait avec une attention toute particulière sur l’échiquier.
Le cultiste devrait jouer de malice s’il ne voulait pas griller les quelques cartes qu’il lui restait. Après tout il pouvait compter sur les guetteurs et les deux wookies laissés à l’autre laniste. Mais le roi d’Isayidi n’était pas dupe. Il escomptait bien que le Trandoshan contacte ses camarades ! Le piège tendu par le monarque restait toutefois sa meilleure option !
Lors des jeux tous seraient présents dans l’arène: qu’il s’agisse de Kabal, de Naktis, du fils du parjure, du bateau de justice orné de l’holocron, des wookies, et bien entendu des guetteurs … Ce serait le moment où tout se jouerait. Jusqu’alors il allait devoir rester en vie et pour se faire Kabal devrait prouver à cet homme qu’il avait fait le bon choix en voulant faire de lui un gladiateur.
« - N’ayez aucune crainte au sujet de mes capacités. J’ai combattu des Wookies à main nue dans le passé. Même diminué je m’acquitterais de la dette que j’ai à votre égard. »
« - Merveilleux … Alors va dans la cours t’entrainer si tu ne veux pas que je te botte le cul ! »
Kabal acquiesça et descendit dans la cour. Les yeux des nouveaux étaient fixés sur le nouveau venu. Tous avaient entendus parler de lui mais c’était la première fois qu’ils le voyaient depuis son arrivée entre les murs du ludus. « Le borgne » traversa la cours en silence et vint s’adosser contre un des murs d’enceinte.
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Post n°19
Auteur : Rylen Korr

Jooma ----- ------------Jarrus-------- Le Mandalorien
[Esclave Humain] ---[laniste]------------- [esclave]La situation était complexe. Quelques minutes en arrière, Rylen Korr avait délibérément choisi la non-violence en refusant le combat contre l'un des gardes de Jarrus, se laissant frapper en plein estomac à plusieurs reprises sans éprouver la moindre souffrance. Mais voilà qu'il provoquait volontairement la rage de plusieurs esclaves en étant l'investigateur de ce combat peu loyal: une femelle Twi'lek assez frêle face à trois Aqualish plutôt robustes. Et bien-sûr, Rylen avait choisi de rester à l'écart de cet affrontement. Une partie refoulée de son âme -celle qui avait été sienne la veille de la Forge Stellaire- fut écœurée de ce choix lâche. L'autre -celle qui était née lors de la récente bataille autour de l'artefact Sith aujourd'hui annihilé- en fut réjouie: voilà que cet homme si solide acceptait les conditions locales. Voilà que ce Jedi si sage se laissait influencer par les mœurs de Rattatak.
Mais il y eut un déclic; un déclic si soudain que l'esclave ne sut d'où il provint. Son visage s'attrista. L'on aurait dit que son corps avait été possédé par une aura maléfique et qu'il reprenait tout juste son contrôle. Qu'était-il en train de faire? Était-il devenu aussi faible au point de ne pas se ranger aux côtés de cette Twi'lek ? Le combat était déloyal, et par sa faute la jeune esclave risquait de se prendre une dérouillée devant tout le ludus et devant Jarrus en personne, ce qui signifiait en d'autres termes perdre tout espoir de faire partie des gladiateurs du vieil homme pour les Jeux de Naktis. Et ce n'était pas une bonne nouvelle puisque ça signifiait deux choses: la première, c'est que la jeune femelle allait devoir servir pour une tout autre activité (peu recommandable) et la seconde, c'est qu'elle n'allait pas avoir la possibilité de s'affranchir en survivant dans l'arène d'Al-Kazàn. Autrement dit, en perdant la face face aux trois mâles particulièrement remontés, elle perdait toute chance de quitter un jour ou l'autre ce monde maudit.
Et c'était de sa faute à lui. Elle n'avait rien demandé et à cause de son geste minable, elle se retrouvait dans de beaux draps. A peine arrivée dans un endroit qu'elle n'avait -comme toute personne censée enfermée entre ces murs- jamais voulu rejoindre.
Rylen ferma les yeux et inspira profondément. La preuve ? Il venait de l'avoir. Oui, cette Twi'lek avait un lien avec la Force. Elle l'avait utilisé -volontairement ou non- pour faciliter son approche au moment de s'en prendre au premier Aqualish qui se dressait sur sa route. Qu'attendait-il donc pour se porter à son secours? Les trois adversaires de la native de Ryloth n'étaient peut-être pas réputés pour leur intelligence mais la malice de la Twi'lek n'allait pas l'aider indéfiniment: un coup bien placé et elle retrouverait très vite à terre, sans aucun moyen de se dégager de la situation. Et elle avait toujours ce même défaut que depuis son arrivée sur Rattatak: c'était une femelle, et les plus primitifs des esclaves qui l'entouraient se feraient une joie de prendre une part du gâteau en profitant de la situation actuelle. Quelque chose se tramait en effet dans le dos d'Alya, puisque plusieurs individus de divers races exotiques se joignirent à la fête afin d'épauler les deux Aqualish restants. Korr réagit instantanément et se leva, conscient du danger qui était en train de s'abattre sur la jeune femme. Jamais il n'avait souhaité une issue pareille. Jetant un regard vers le ciel afin de s'assurer que Jarrus allait mettre un terme à l'appétit sauvage de ses esclaves, l’Être Humain ne fut aucunement rassuré lorsqu'il vit un balcon déserté par le propriétaire des lieux: le vieil homme n'assistait pas à la scène. L'arbitre avait déserté les lieux, il n'existait désormais plus de règles avant son retour.
Les animaux dociles qu'il avait dompté au prix de chaînes en fer et de belles paroles comptaient bien profiter de leur instant de liberté. Du moins c'est ce qu'ils pensaient pouvoir réaliser. La Force s'était réveillée au meilleur moment pour mettre un terme à leur désir répugnant. Son action se révéla au travers d'une épée en bois qui traversa soudainement la cour avant de percuter de plein fouet l'un des Barabels qui s'était bien trop approché d'Alya pour être épargné. Le reptile bipède, impressionnant de par sa taille -il dépassait facilement les 2 mètres 50 !- eut la sensation d'être effleuré par un coup de vent au niveau de l'épaule. Il se retourna brièvement et aperçut un humain, "l'Ispani", lequel le défiait du regard à six mètres de distance. La seule réaction du Barabel fut de rire et de rire encore, jusqu'à ce qu'il finisse par changer radicalement de tenue: son visage s'assombrit, son sourire laissa ressortir ses nombreuses dents pointues sur lesquelles on décelait encore les restes du steak de nerfs du précédent repas et Rylen sut qu'il s'était mis dans une très mauvaise posture face à un ennemi qui le surclassait morphologiquement parlant. Néanmoins il y avait un point positif non négligeable dans son geste de provocation: en défiant le Barabel, Rylen Korr s'était attiré les regards d'une grande partie de la cour, gardes y compris. Il avait réussi à calmer les ardeurs des esclaves qui avaient voulu s'en prendre à la jeune Twi'lek puisque ceux-ci s'intéressaient désormais à la chair humaine: l'Ispani en personne. Ce dernier serait leur repas. Mais Rylen s'était fait un ami depuis son arrivée sur Rattatak. Jooma s'était joint à ses côtés sans un seul regard dans sa direction, le puissant gaillard étant bien trop préoccupé par le choix compliqué de son premier adversaire: par qui devait-il commencer?-Je m'occupe des trois autres, dit-il en parlant de trois Abyssins qui épaulaient visiblement le Barabel, car tu auras fort à faire pour gravir cette seule montagne, mon ami... conclut t-il en tournant le regard vers l'impressionnant reptile qui leur faisait presque face désormais.
La scène tournait au règlement de comptes. S'ils avaient laissé du répit à la jeune Twi'lek -laquelle avait désormais bien plus de chances de s'en sortir- les voilà qu'ils se frottaient à des espèces violentes et sauvages par nature. Barabels, Abyssins, Aqualish... Des extraterrestres aussi primitifs que les Rattatakis et qui avaient trouvé leur place ici, sur cette planète d'arriérés. A deux, ça allait être compliqué de prendre le dessus. Du moins c'était certainement la pensée des spectateurs qui entouraient les valeureux combattants. Car Rylen -tout comme Jooma, même si celui-ci le laissait moins transparaître- avait confiance en lui et en son ami: avec la Force ou non, ces brutes n'allaient pas gagner.
Ils en furent d'avantage convaincus lorsqu'un invité surprise pénétra dans le cercle d'esclaves qui les entourait. Un invité surprise qui se plaça... à leurs côtés.-Nar'sheb les cyclopes. Dégagez de là où je fais un kajil de viande avec l’œuf qui vous sert d’œil !
L'assurance de Jomma et de Korr grimpa en flèche. L'homme qui les avait rejoint n'était autre que le Mandalorien ! Et ce dernier avait visiblement mis en rogne les trois Abyssins qui n'apprécièrent aucunement les mots du natif de Mandalore. Celui-ci aurait pu se retrouver devant un Rancor, il aurait dégageait la même posture et le même charisme. Il y avait dans sa façon de se comporter une preuve de son aplomb et de sa confiance en soi... Les natifs de Mandalore étaient peut-être considérés comme des brutes sans cœur ni morale dans les préjugés communs, la réalité était toute autre. S'ils pouvaient paraître arrogants, c'était dans leur nature d'être aussi fiers d'eux. Et visiblement, le comportement des "cyclopes" et de leurs copains ne lui avait pas vraiment plu à lui-aussi. Ou bien il s'était juste joint à la fête pour s'amuser. Dans tous les cas il ne s'était pas rangé auprès de Korr et de Jooma par simple gaieté de cœur.
Au moins, voilà que les débats s'équilibraient d'avantage. Résolu à en finir le plus vite possible avec ces déchets de la société, Rylen osa le premier pas dans la direction de son adversaire. Ce dernier arma son poing vers le Jedi mais ce dernier l'esquiva au prix d'une belle roulade. L'on aurait dit qu'il reprenait petit à petit ses sensations, celles qui avaient toujours été siennes avant l'horrible Bataille de la Forg... Peu importe le nom. Ce n'était que du passé. Ces souvenirs lui rongeaient le cœur et lui dévoraient l'âme depuis qu'il avait posé les pieds ici, sur Rattatak. Rylen devait tourner la page définitivement.
Au dernier étage, appuyé sur la balustrade du balcon de ses appartements privés, Jarrus ne regrettait pas d'avoir laissé refroidir son rôti de Roba afin d'admirer le combat. Il avec les yeux d'un enfant ouvrant son cadeau d'anniversaire. Ses meilleurs éléments étaient en train de se mettre en scène pour combattre ! et l'Ispani était de la partie ! Un sourire malicieux se dessina sur le visage du vieil homme, lequel n'était pas prêt à faire sonner la cloche mettant un terme aux hostilités: ce que ses esclaves vivaient actuellement, c'est ce qu'ils allaient rencontrer dans l'arène d'Al-Kazàn dans cinq jours exactement. Ni plus, ni moins.
Les griffes du Barabel passèrent à quelques millimètres seulement du misérable cou de l'humain: si le reptile avait touché au but, Korr aurait certainement été décapité. La puissance de cette espèce était incroyable et le Jedi comprit qu'il fallait être sacrément fou -ou extrêmement courageux, cela dépendait des points de vues- pour s'attaquer à un organisme vivant pareil. Il comprenait mieux pourquoi des hommes comme Jooma et le Mandalorien s'étaient dressés à ses côtés afin de le soutenir dans sa démarche. Rylen Korr comprenait également bien mieux pourquoi il avait été le leader de l'Ordre Jedi durant très longtemps.
L'Ordre Jedi. Sa famille. Ses frères et ses sœurs... Que devenaient-ils? Comment s'étaient-ils adaptés à la disparition de leur Grand Maître? Rylen s'excusa silencieusement auprès de la Force pour s'être considéré durant quelques secondes comme étant un pilier essentiel de l'Ordre millénaire. Bon nombre de ses anciens confrères valaient mieux que sa personne. Les Jedi survivraient sans mal à la perte de leur ancien leader. Cette pensée lui fit mal au cœur mais c'était la stricte vérité, et lui-même était obligé de le reconnaître. Dans les faits, cela se traduisit par un excès de violence de sa part dans les coups qu'il envoyait au Barabel qui semblait encore plus enragé qu'auparavant. Oui, Rylen Korr se servait certainement de ses sentiments les plus négatifs pour surpasser son adversaire. Mais chose encore plus surprenante: le Maitre Jedi dominait chacune de ses émotions. Il les surclassait et leur imposait sa volonté. Il ne se laissait pas guider par tel ou tel ressentiment qu'on lui avait déconseillé de connaître dès son plus jeune âge. Et pour un individu voué à faire ce qu'on lui demanderait de faire sur Rattatak, c'était une prouesse étonnante. Même pour un ancien Jedi de sa stature. Cette planète l'avait décidément transformé, elle l'avait fait grandir comme jamais.
Mais cette évolution allait-elle suffire à lui faire quitter ce monde ? -
Post n°20
Auteur : Rylen KorrSpoiler : Musique
Il pleuvait ce jour-là sur Coruscant. Les trombes d'eaux s'écrasaient durement sur le sol bétonné de la Capitale galactique, mais le choc de leur impact n'était pas aussi puissant que ne l'avaient été les bombardements orbitaux causés par l'invasion Séparatiste quelques semaines plus tôt. La Guerre des Clones avait pris fin lors de cette même bataille, lorsqu'un misérable Traité de Paix avait été signé entre un Empereur perfide -G.Man- et un Général Séparatiste -Mufus- dont les mains étaient souillées du sang de milliers d'innocents. "Il n'y a pas de guerre sans morts" se justifiaient-ils. Soit. Il était cependant étrange de constater à quel point les individus avaient la mémoire courte. Des milliards de citoyens avaient été sauvés ce jour-là par d'innombrables gardiens de la... paix. Quel comble. Ils avaient trahi leurs valeurs pour sauvegarder la vie de leur prochain, mais leur prochain avait oublié seulement quelques jours après comment il avait pu survivre à un tel enfer: des hommes et des femmes avaient échangé leur âme contre la leur. Au lendemain de la Grande Guerre, ces personnes désabusées par le manque de reconnaissance de la majorité et en désaccord avec la politique Impériale décidaient de s'exiler dans la Bordure Extérieure afin de se racheter de tous leurs péchés et de ne plus participer à la décadence d'une civilisation autrefois à son apogée. Il ne fallut qu'une poignée d'heures pour que l'Empereur ne classe ces Jedi Renégats -comme on les appelait dès lors- dans la liste des "organisations terroristes à arrêter, mort ou vif".
Bon sang... Combien des leurs étaient morts pour leur survie? Combien des leurs avaient préféré échanger leur vie pour celle d'illustres inconnus? La reconnaissance était une valeur qui s'était perdue en route, à jamais oubliée dans les méandres de l'histoire. Difficile de ne pas éprouver de remords et de rancune envers ces gens qui les avaient abandonné du jour au lendemain. Tellement difficile qu'un Maître Jedi avait failli dépasser la ligne rouge, celle qui vous sépare à jamais de vos origines et du dogme que vous avez toujours juré de servir. Il pleuvait ce jour-là sur Coruscant, et Rylen Korr avait été prêt à basculer dans un mal éternel en laissant son désir de vengeance prendre le dessus à jamais: le leader des Jedi dissidents avait programmé l'assassinat de l'Empereur G-Man. De sa propre main. De mémoire d'homme, jamais il n'avait approché d'aussi prêt le Côté Obscur de la Force de sa vie. Il l'avait frôlé. Il avait senti son attrait, sa puissance...
Il avait senti sa tentation comme une brise d'air frôlant votre visage.
Il pleuvait ce jour-là sur Coruscant, mais cela n'avait pas empêché G-Man de lire un discours ouvert aux journalistes et aux citoyens de tout horizon au Sénat Galactique. C'était comme si l'Empereur lui-même avait invité Rylen Korr à passer à l'acte. Il lui avait facilité la tâche. Le Maitre Jedi était rapidement parvenu à quelques mètres de sa position, camouflé par une foule de journalistes et de Coruscantis prêts à tout pour s'approprier quelques bribes de mots sans aucun intérêt. Le Jedi n'avait besoin que de quelques centièmes de secondes pour passer à l'acte, et rien ni personne ne pouvait l'en empêcher. Son sabre laser avait glissé dans le creux de sa main droite; son pouce, lui, s'impatientait et voulait presser le fameux bouton rouge qui signifiait généralement que l'on ne pouvait plus revenir en arrière. Et puis il y eut cette... "Lumière". Une "Lumière" tombée du ciel et positionnée au milieu de la foule, juste à côté de Rylen Korr. C'était une enfant, une gamine Twi'lek qui ne cessait d'agiter une peluche Wookie dans tous les sens afin d'attirer l'attention de sa mère, laquelle prit le temps d'accorder un sourire à sa progéniture après maintes tentatives de cette dernière pour se faire remarquer. La gosse tourna alors la tête vers le mystérieux bonhomme encapuchonné à sa gauche. Il ne fallait rien de plus pour susciter l'intérêt d'un enfant. Rylen sut alors qu'il avait une chance unique de faire marche arrière lorsque la petite Twi'lek remarqua le sabre laser avant de poser des yeux émerveillés devant son possesseur. C'était un super-héros Jedi. Et le super-héros Jedi eut le souffle coupé par un bambin de trois ans. L'histoire s'arrêta là, et il s'arrêta brusquement de pleuvoir ce jour-là, sur Coruscant.
Alors qu'il l'observait minutieusement, Rylen Korr ne put s'empêcher de se remémorer l'image de cette gamine Twi'lek. Tuer G-Man aurait changé sa vie mais surtout celle de cette enfant. Que dire de la vie de ces millions de bambins qui avaient eu le malheur de naître quelques semaines avant la Ière Grande Bataille de Coruscant ? G-Man s'était-il imaginé chacun de leur visage au moment de regarder les explosions à travers la fenêtre de leur appartement? Rylen sourit un instant, conscient de l'énormité qu'il venait de commettre. Les hommes comme G-Man n'avaient pas de valeurs. C'était le cas de tous ceux qui avaient osé cracher sur les Jedi dès qu'il avait fallu trouver des boucs émissaires. Au fond, Rattatak n'était pas si mal pour quelqu'un comme lui. Plus les heures passaient et plus il s'étonnait d'apprécier ce misérable monde. Ici, pas de masque pour cacher ses véritables sentiments: les Rattatakis étaient fiers de leur nature barbare. Pas de faux-semblant, pas de mensonges, pas d’hypocrisie. N'était-ce pas plus honnête que les mondes dit "civilisés"? La civilisation avait depuis bien longtemps perdu tout son sens. C'était l'une des raisons pour laquelle Rylen Korr et les siens avaient un jour décidé de fuir Coruscant afin de ne plus être concernés par les affaires galactiques. Le Maître Jedi se rendait mieux compte aujourd'hui à quel point sa décision avait permis à l'Ordre de subsister.-Tu t'es bien battue tout à l'heure dans la cour, l'homme noir de peau se contenta d'un bref mouvement de la tête pour saluer Alya, je m'appelle Jooma. Et voici Rylen. Rylen Korr.
Blotti contre le mur de la cellule, Rylen fixa le regard de la Twi'lek qu'il avait aidé quelques heures plus tôt au milieu du ludus de Jarrus mais il ne cilla même pas. Il baissa aussitôt les yeux avant d'attraper un morceau de terre sèche. Les esclaves de Jarrus avaient été séparés en diverses cellules adjacentes. Les geôles étaient assez grandes pour pouvoir se dégourdir les jambes mais les seules occupations étaient la discussion et le repos. Le Maître Jedi avait eu la chance d'être emprisonné aux côtés de son fidèle ami Jooma, lequel lui avait été d'un grand secours lors de l'affrontement contre les autres esclaves durant l'après-midi. Avec le Mandalorien, ils s'en étaient brillamment sortis, tout comme la jeune Twi'lek qui avait prouvé à tous qu'elle méritait amplement sa place dans l'arène d'Al-Kazàn. Jarrus avait même laissé paraître un large sourire sur son visage disait-on. Les Jeux n'étaient que dans quatre jours et demi, pourtant le vieillard en salivait d'avance !-Tu es bénie. Venir à bout de ces trois brutes comme tu l'as fait... sans jamais faiblir et sans jamais douter de tes capacités... Sens-toi privilégiée d'être ainsi accompagnée par tes Dieux sur cette planète. Peu de personnes peuvent s'en vanter, déclara subitement Jooma en s'adressant toujours à Alya.
Bénie des Dieux ou alors possède t-elle uniquement un don... spécial. Les différences culturelles amusaient souvent Rylen Korr. Pour les Jedi, il n'y avait que la Force. Pour Jooma, c'était la religion des temps anciens, celle des esprits et des Dieux. Et pourtant, tous s'accordaient à avoir foi en une puissance supérieure. Tous refusaient d'accorder leur confiance à leurs semblables, préférant se reposer sur la volonté d'une force mystique. C'était sûrement ce qui allait les sauver dans le Chaudron d'Isayidi.-Que fais-tu, mon ami?
Rylen leva brièvement le regard vers son compère avant de fixer à nouveau le morceau de terre qu'il avait dans les mains. Cela ressemblait désormais d'avantage à une petite pièce sculptée. Lorsqu'on la regardait de plus près, la sculpture miniature avait des faux-airs d'Alya, à tel point que cette dernière pouvait se demander ce qu'était en train de faire l'être humain -encore fallait-il qu'elle s'approche suffisamment prêt de lui pour réussir à apercevoir ce que représentait la pièce taillée dans la terre-. Mais Rylen Korr ne faisait pas un portrait de son acolyte de cellule. Le Maître Jedi voulait tout simplement donner une représentation physique à l'image qu'il s’efforçait de conserver depuis de nombreuses années dans sa mémoire: celle de cette gamine Twi'lek sur Coruscant qui lui avait un jour permis de rester sur le droit chemin.
Le Maître Jedi ne pouvait s'empêcher de faire un rapprochement avec la jeune femme qui se trouvait aujourd'hui non loin de lui. Il était persuadé que c'était elle qui allait lui permettre de ne jamais franchir la ligne rouge dans cette cité maudite. -
Post n°21
Auteur : Alya ThamrielAlya ne savait pas trop d’où pouvait bien venir cette envie de l’attaquer, mais elle n’était guère en mesure de se poser des questions. Elle devait se battre pour sa survie, car elle réussirait à survivre et à quitter cette planète maudite. Elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle avait utilisé la force pour son attaque d’un bien beau geste. Elle avait bien eu une formation étant petite, mais cela remontait à tellement de temps, qu'elle pensait avoir tout oublié. Ses souvenirs s'étaient peut-être cachés quelque part aux tréfonds de sa mémoire, mais son corps avait été marqué par l'entraînement succinct.
La Twilek ne pensait pas pouvoir se débarrasser de ses trois adversaires sans une égratignure, elle était même surprise d’avoir pu assener un tel coup à son premier adversaire. Elle espérait seulement avoir assez impressionnée pour qu’on s’en arrête là. Elle savait qu’il suffisait d’un seul coup d’une de ses brutes pour se retrouver à terre, et elle devrait passer à la deuxième façon de se rendre utile. Elle ne s’était pas ainsi battue comme une diablesse dans la prison pour se retrouver à servir de prostituer dans une arène barbare. Elle pensait bien qu’être une femelle, qui plus est Twilek, dans un tel monde ne devait pas être une bonne chose. Il n'y avait que des hommes ici, c'était un monde d'hommes et elle ne devait être qu'une distraction, mais cela n'allait pas l'arrêter qu'elle se bat. Elle n’était pas du genre à baisser les bras, jamais.
Alya sentit que quelque chose n’allait pas, du moins, encore plus mal qu’actuellement. Elle ressentit une sorte d’angoisse profonde dans son ventre. Elle ne savait pas trop ce que cela pouvait être ou ce que cela voulait dire, cependant, elle ne pouvait pas quitter du regard ses deux adversaires face à elle. Elle ne s'était pas rendu compte dont le propriétaire des lieux fut parti. Il devait vouloir laisser se faire la hiérarchie de ses gladiateurs tout seul, ou encore donner une leçon à celle qui avait tenté de l’assassiner. Elle se rendit compte alors que quelque chose se tramait dans son dos, elle tourna légèrement le regard en s'apercevant qu'un humain venait sans doute de lui sauver la vie, bien loin de pouvoir penser que tout était de sa faute. Elle se reconcentra alors face aux deux Aqualishes. Elle ne savait pas trop pourquoi il faisait ça, avoir une dette ? Pouvoir approcher son corps plus docile ? Elle ne savait pas trop. Toutes ses années de vie dépravée lui faisaient oublier le fait que cela pouvait être simplement par pur bonté. Sans doute que non dans un endroit pareil, cela devait être de vieilles tensions qu’elle venait simplement de réveiller. Elle venait de rejoindre un camp bon gré mal gré. Elle n’avait plus le choix maintenant. Ils devaient gagner, son camp devait gagner et se forger une réputation parmi les gladiateurs. Cela allait être une manière de se protéger pour les futurs moments où elle croiserait à nouveau ses adversaires du moment.
La bleue ne savait pas trop qui était ce nouvel homme qui venait de rejoindre le groupe, mais elle était plus que contente. Il semblait être fort, mais la question était pourquoi venait-il ? Simplement pour se battre dans ce combat inégal, elle connaissait le côté belliqueux des mandaloriens, ou rejoindre leur club très sélect ? Le combat venait de reprendre dans son dos, elle serrait ses poings en maudissant de ne pas avoir un blaster, ses deux adversaires se rapprochaient lentement, ils allaient passer à l’attaque. Elle devait faire quelque chose. Elle commença à se baisser en mettant une pierre dans chaque main, qui trainait dans le sable de l’arène. Elle lança avec une étonnante précision la pierre qui percuta la tempe de l’un des deux aqualish. Il vacilla légèrement surpris et troublé par ce qu’il lui arrivait. Il n’en fallut pas moins pour que la Twilek lui fonça dessus pour en finir et lui donna un coup de poing avec sa main renforcée d’une pierre. Elle lâcha la pierre en agitant la main, ce que cet aqualish pouvait être résistant. Elle avait un petit peu mal à sa main, mais il restait un dernier adversaire. Heureusement pour elle, tout allait dégénérer dans un combat bestial alors que la cloche retentie. Le maître des lieux venait de sonner la fin du combat, il devait en avoir assez vu.
Alya se retrouva alors dans sa cellule, non loin des autres. Elle était presque étonnée qu’elle ne soit pas enfermée avec un autre prisonnier, mais la perversion du propriétaire devait avoir une limite finalement. Elle se força à ne pas sourire à l’homme de couleur noir qui s’adressa à elle. Elle devait rester forte, rugueuse, ne pas baisser sa garde. C’était ainsi quand on était dans un monde d’hommes.
« Je te remercie, toi aussi, et vous également. »
Dit alors la Twilek en regardant le fameux Rylen Korr et le mandalorien. Elle trouvait qu’elle avait eu une chance de tous les diables, mais elle n’en était pas moins heureuse. Elle ne s’attendait sans doute pas à un dénouement de cette façon.
« Je m’appelle Alya, disons que normalement, je travaille à mon compte comme je peux. »
Ajouta afin de se présenter la jeune femme. Elle n'allait pas dire non plus qu'elle était plus contrebandière qu'autre chose, d'autant plus que sa chance avait tourné depuis un moment. Ils comprendraient sans doute le message, mais ce n’était pas important. Ils étaient tous ici des prisonniers qui allaient devoir se battre pour le plaisir des autres. Elle n’aimait pas du tout sa situation, et elle n’était pas du genre à rêver de gloire au milieu de sangs et de larmes. Elle plongea son regard dans celui du fameux Rylen, mais il ne semblait guère ouvert à la discussion.
« Et avant de finir ici, vous faisiez quoi ? »
Alya cherchait à savoir si ces hommes-là allaient pouvoir l’aider à fuir cette maudite planète. Elle ne voulait pas être jetée avec des armes primaires dans un combat comme les jeux. C’était bien trop dangereux pour elle, et sa chance ne la suivrait peut-être pas jusqu’à ce point-là. Elle agrippa les barreaux de sa cellule afin de mieux regarder les autres.
« C’est vrai que j’ai eu une sacrée chance, je me demande bien comment je me suis retrouvée dans une situation pareille, mais je ne suis pas du genre à baisser les bras. J’ai bien trop de choses à faire ! Je ne sais pas si c’est une décision d’un quelconque dieu, mais je préfère compter sur mes propres capacités. »
Dit alors poliment la Twilek. Elle avait bien compris que l’homme qui lui parlait depuis un moment, devait prier un dieu. Elle lui signifiait gentiment que ce n’était pas tellement son cas. Elle n’avait jamais pu croire qu’une puissance supérieure gérait tout. Si c'était le cas, cela devait être un sadique vu la vie qu'elle avait menée, alors valait mieux pas qu'il existe. Quand Jooma questionna Rylen sur ce qu’elle faisait, elle regarda dans la même direction. Elle regardait l’étrange morceau de terre qui avait une vague ressemblance avec une femme Twilek. Elle ne savait pas trop si elle devait en être flattée ou si elle devait s’en méfier. Était-ce un message d'une quelconque manière ?
« Et bien quoi ? J’ai déjà un fan ou tu es juste amoureux ? »
Demanda alors Alya sur le ton de l’humour avec un sourire. C’était une façon de provoquer l’homme silencieux sur ses attentions. Elle ne pouvait décemment pas faire une entière confiance envers des inconnus. Ils s’étaient battus ensemble dans la même direction, mais cela n’allait pas plus loin pour le moment. Elle avait la force de son côté, elle en était capable, mais s'en souviendra-t-elle à temps ? -
Post n°22
Auteur : Rylen KorrLes geôles étaient aussi calmes qu'une cathédrale. Quoi de plus logique lorsqu'on connaissait le contexte de ce monde, la situation des prisonniers et l'heure avancée de la nuit. Et pourtant, certains esclaves semblaient avoir repris du poil de la bête en comparaison de la veille où le silence radio avait été indirectement imposé. Là où chacun avait pris l'habitude de se renfermer sur lui-même en attendant le lever du jour, quelques-uns se permettaient désormais d'ouvrir de brèves discussions afin de tuer le temps et de ne pas sombrer dans la folie. C'est ainsi que l'on percevait de part et d'autre du couloir des esclaves des bribes de voix assez faibles qui résonnaient comme des échos lointains. L'ambiance était suffisamment réconfortante pour être soulignée et Jooma fut étonné d'oublier momentanément qu'il était privé de sa liberté et qu'on l'avait enlevé à sa famille depuis trop longtemps maintenant. Il en éprouva de la honte et ne put s'empêcher de se remémorer immédiatement un souvenir galvanisant où il revoyait les siens afin de se faire pardonner de leur personne. Il ne fallait pas qu'il oublie que s'il était toujours vivant aujourd'hui, c'était grâce à eux: les garder dans son cœur lui permettaient d'affronter les pires souffrances de la Galaxie.-J'étais chasseur de bêtes, loin de cette horrible planète. Mari d'une femme attentionnée, père d'un fils dévoué, ma tribu était sans histoires jusqu'au jour où des esclavagistes ont débarqué et m'ont fait esclave. J'ai parcouru de nombreux territoires morbides où la lumière n'existe pas, jusqu'au jour où l'on m'a infligé le châtiment suprême en m'amenant sur ces terres. Des terres qui ne semblent même pas connaître la notion d'amour et de paix, des terres qui s'apparentent au chemin direct vers les Enfers.
Difficile de savoir ce qui était le plus choquant. Était-ce la triste histoire de Jomma, lequel avait disparu brusquement sans même pouvoir dire un dernier mot à sa femme et son enfant? ou bien était-ce l'expression neutre qui se dégageait de son visage? L'homme noir de peau ne laissait rien paraître, à tel point que l'on pouvait se demander s'il éprouvait le moindre sentiment. Sa condition d'homme à qui l'on avait imposé des chaînes semblait avoir eu raison de lui, comme s'il avait renoncé depuis son arrivée sur Rattatak à revoir un jour ceux qu'il chérissait tant. Mais c'était mal connaître le gaillard. S'il y avait un homme plein d'espoir, c'était bien lui. Il gardait juste cette étincelle secrète afin que l'on ne lui en prive pas, contrairement à sa famille qui lui avait été enlevée sans son consentement. Un jour alors, il parviendrait à défaire les liens qui le retenait prisonnier contre son gré afin de retrouver sa chair et son sang. Un jour il retrouverait la Lumière qui lui permettait depuis son arrivée sur Rattatak de ne pas sombrer comme tant d'autres avant lui.
La réponse de la jeune Twi'lek sur les Dieux avait presque affligé les croyances de Jomma. Néanmoins il fallait bien plus pour contrarier le grand homme. Ce dernier avait été élevé dans les propres convictions de sa tribu, laquelle descendait d'une très ancienne génération de sorciers ayant vécu il y a des millénaires. La femme qu'il avait en face de lui -Jooma ne connaissait pas son espèce- disposait de sa propre culture et avait très certainement connu une éducation en totale contradiction avec la sienne, ce qui expliquait très pertinemment les mots qu'elle venait de prononcer. Et contrairement aux idées véhiculées sur les individus croyants, Jooma trouvait même très courageux qu'une personne puisse se reposer uniquement sur ses propres compétences pour espérer survivre à Rattatak, d'autant plus lorsque cette personne était à l'exacte opposée du sexe dominant ces contrées. Cela ne faisait que renforcer le respect qu'il avait envers la jeune femme, un respect qu'elle avait déjà gagné après sa démonstration face aux Aqualishs quelques heures plus tôt.-Alors je prierai mes Dieux pour que tu puisses t'en sortir et réaliser toutes les choses "que tu as à faire"... répondit Jooma dans un léger sourire.
Et c'est à partir de là que la courbe de la discussion chuta de plein fouet. D'une part parce que Jooma et Alya avaient dit tout ce qu'ils devaient dire. D'autre part parce que les deux attendaient une réaction de leur camarade de cellule amateur de petites sculptures Twi'leks. Aussi discret qu'à l'accoutumée, Jooma en vint à se demander si leur discussion n'embêtait pas profondément celui qu'on surnommait l'Ispani. Il balaya rapidement cette pensée, au risque de brusquer d'avantage son ami. Non, ce n'était pas le fait de parler qui gênait leur compère, mais plutôt une question particulière qui avait été posée par Alya. Lorsque Korr releva la tête avec un regard qui transpirait l'amertume, Jooma sut que son frère allait enfin sortir de son silence.-Ce que j'étais avant de finir ici... ? Rylen changea le ton de sa voix afin de laisser transparaître de l'ironie dans ce qu'il allait dire, J'étais un "Gardien de la Paix et de la Justice dans la Galaxie". Un "Chevalier des temps modernes prêt à sacrifier sa vie pour la veuve et l'orphelin". Comment on dit déjà... ? Un terroriste. J'étais un terroriste.
L'ambiance devint soudainement plus sombre. Les cellules voisines s'étaient tu, la parole suprême ayant été donné à l'esclave qui officiait presque comme animateur de soirée. Ses yeux rivés sur ceux de son ami, Jooma prit réellement conscience qu'il n'était pas le seul à ne pas être à sa place ici, sur Rattatak. Même s'il avait toujours su que Rylen Korr n'avait pas mérité Isayidi et ce rien qu'en posant pour la première fois son regard sur lui dans le désert brûlant de la région, l'homme noir de peau n'avait jamais pu connaître un seul passage de la vie de son confrère, notamment celui qui l'intéressait le plus: comment s'était-il retrouvé en plein milieu du sabre de Rattatak, à des dizaines de kilomètres de toute source de vie et sans aucun moyen de survie? Jooma avait espoir que l'Ispani aille plus loin dans ses explications mais il ne semblait pas vouloir offrir un seul mot supplémentaire. Korr était plutôt d'humeur à s'apitoyer sur son sort.-J'ai du mal à vouloir me souvenir de ce que j'étais avant de finir ici, pour la simple et bonne raison que je n'en ai obtenu que malheur et souffrance. Au fond, Isayidi n'est-elle pas l'endroit rêvé comparé au reste de la Galaxie? n'est-ce pas un lieu idéal pour s'épanouir en... paix ? Ici, pas de masques ou de fausses apparences ! seulement la triste réalité de notre civilisation ! N'est-ce pas mieux que les "graaaaands" mondes développés auxquels nous avons le droit ailleurs? N'est-ce pas mieux que les "graaaands" discours de nos politiciens qui peuvent d'un simple geste de la main nous enlever toute dignité?! Pourquoi vouloir partir d'ici alors qu'on est perçu comme un virus à l'extérieur?! Nous sommes acceptés sur ces terres ! Acceptés pour ce que nous sommes: des brutes... Pour avoir voulu apporter un monde meilleur, les miens ont été massacrés. Quelle différence y a t-il entre Rattatak et le reste de la Galaxie?! Aucune... Tout simplement aucune. On connaîtra moins de malheur ici que nulle part ailleurs. Ne nous torturons pas l'esprit à vouloir retrouver ce que nous avons perdus en arrivant ici: en réalité, nous avons gagné au change.
Jooma baissa les yeux et dévisagea la terre sèche de la geôle. Il avait failli répondre afin de contredire son collègue mais au fond, n'y avait-il pas une part de vérité dans ce que Rylen Korr affirmait? Jooma ne connaissait rien de son histoire personnelle et à vrai dire, les propos de l'Ispani étaient assez floues pour une personne comme lui qui n'avait jamais été concerné par les affaires galactiques. Mais l'homme noir de peau se retrouvait dans les paroles de son ami: Jooma n'avait pas été enlevé sur Rattatak mais sur son monde natal, bien loin au delà des étoiles dans un endroit considéré comme sûr. Il avait vu comment certains Hommes profitaient de la Liberté: braconnages, pillages, incendies et meurtres... Pourquoi critiquer Isayidi? Elle ne valait guère mieux que le reste de la Galaxie.
L'humeur de Rylen Korr variait énormément et pouvait basculer à tout moment. Alors qu'il avait donné l'impression de reprendre un peu d'espoir dans la cour au moment de se battre contre les autres esclaves, le voilà qu'il sombrait à nouveau dans le dépit et la colère. Acceptait-il vraiment cette attitude ou bien était-il influencé par son environnement? Jooma optait pour le premier choix. Il avait vu son ami proche du néant il y a quelques jours en arrière et il l'avait vu évoluer entre-temps. Korr avait réellement accepter sa condition et ne semblait pas souhaiter quitter Rattatak: il commençait à aimer ce monde.-Ça, très chère Alya, c'est le seul souvenir positif qui me fait regretter mon passé. Malheureusement ce souvenir n'est qu'un îlot au milieu d'un océan infesté de requins. On peut donc dire en quelque sorte que je suis amoureux de cette personne, car sans elle j'aurais sombré depuis très longtemps dans le chaos absolu. Reste à savoir si l'on s'est déjà rencontré il y a plus de dix ans, dans ce cas oui je suis en réalité fan de toi. Comme quoi Rattatak n'est pas si triste que ça. Avec le temps on s'y accommode.
Rylen avait répondu sérieusement, sans laisser transparaître d'ironie dans le ton de sa voix contrairement à ce qu'il avait pu affirmer un peu plus tôt dans la conversation. Quelqu'un qui l'avait connu en tant que Jedi aurait pu se demander où était passé le meneur d'hommes de l'Ordre tant il avait changé dans son comportement et dans son attitude. Le changement était tel qu'une question parmi d'autres ressortait du lot: est-ce que Rylen Korr était capable de feindre sa situation actuelle, celle d'un homme déchu qui n'avait plus d'illusions? était-il prêt à bluffer d'une telle manière pour amener Alya à se livrer?
L'ex-Jedi n'était pas dupe. Plus la jeune femme restait à ses côtés, et plus il était facile de l'analyser. Cette Twi'lek n'avait pas toujours "travaillé à son compte". Elle avait même connu la même enfance que Rylen Korr, et ce dernier était prêt à le parier sur sa vie, même si cette dernière n'avait plus de valeur depuis le temps... -
Post n°23
Auteur : Alya ThamrielL’ambiance pesante de l’arène ne lui pesait pas, Alya avait vécu plusieurs années dans une prison impériale, alors elle était malheureusement habituée. C’était presque comme une deuxième maison, après tout, elle avait passé une large partie de sa vie à l’intérieur. Elle sentait les mauvaises habitudes revenir, dormir que d’un œil, s’attendre à devoir prouver ce qu’elle valait, choisir un camp. Il y avait toujours des camps dans des milieux fermés comme ici. Elle avait dû choisir pour ne pas être réduit à une simple femme son camp sans guère avoir le choix. Elle se trouvait maintenant avec sa fine équipe, un homme bien silencieux, un religieux et peut-être un grand guerrier, mais pour ce dernier, rien n’était moins certain. Elle ne savait pas trop ce qu’elle allait apporter dans le groupe, l’atout charme peut-être ? Elle espérait vraiment être plus que cela.
La jeune Twi’lek n’avait qu’une idée en tête, partir d’ici, de cette planète, et peut-être même un jour se venger de ce chef de la pègre. Avec le temps, elle avait pris de mauvaises habitudes en se liant plus ou moins avec les milieux mafieux. Ce n’était certainement pas au temple jedi de son enfance où on lui avait appris la vengeance. Elle s’appuya à l’aide de ses bras contre les barreaux de sa cellule avec un sourire vers Jooma et Rylen. Cela ne lui faisait rien d’être en cage, même si elle préférait être ailleurs bien entendu. Elle écouta alors l’histoire de l’homme pieux en hochant la tête de temps en temps.
« Chasseur de bête …. Voilà pourquoi tu es si fort. Tu es devenu esclave pendant une rapt, mais et ta famille ? Enfin … tu n’es pas obligé de répondre hein. Si c’est trop dificile … Avant j’avais une famille, il y a longtemps, mais on me l’a arraché d’une certaine manière. Enfin c’est loin tout ça. »
Dit alors Alya avec un sourire. Elle pensait évidemment à l’ordre Jedi, elle n’avait guère connu ses parents qui l’avait laissé à un ordre de guerrier protecteur de la galaxie. Alors l’ordre jedi était sa seule véritable famille. La guerre et l’échec de la défense de la planète capitale avait scellé le destin de l’ordre. Depuis lors, elle avait tout un tas de regrets, mais elle pensait avoir digérer tout cela depuis bien longtemps.
« La lumière … Elle est partout, mais c’est à nous de la révéler. Je ne suis pas du genre à baisser les bras si facilement. J’ai passé quelques années dans une prison impériale, alors ce n’est pas ce bouge qui va me retenir. »
La jeune femme venait de faire une nouvelle référence cachée à la force. C’était plus un réflexe que ressortir les enseignements de l’ordre de l’époque. Quelque part, la philosophie jedi l’influençait chaque jour, et ce malgré les agissements peu honorable qu’elle avait pu faire. Elle avait la jeunesse pour elle, elle bouillonnait d’énergie et de volonté. Un moral de fer l’aidait à toujours avancer avec la rage au ventre. Elle était certaine que l’homme noir de peau ressentait quelque chose, mais c’était un homme. Elle savait que les hommes étaient moins expressifs, sans doute avait-il pris l’habitude de son état. Elle avait l’impression qu’il avait baissé les bras. C’était son choix, mais cela ne sera jamais le sien. Elle sourit doucement à Jooma .
«Pris donc pour deux, voir trois, sait-on jamais ! »
Alya ne cherchait pas du tout à se moquer, si cela pouvait l’aider tant mieux pour lui, mais avec tout ce qu’elle savait, ce qu’elle avait connu, il n’y avait pas la place pour des dieux. Elle était bien plus pragmatique que rêveuse à imaginer des êtres surpuissants qui laisseraient faire des choses pareils. S’ils existaient vraiment, elle voudrait certainement leur fiche son poing dans leurs figures. Elle ne faisait pas assez confiance à ces personnes pour leur dire vraiment qui elle était, ce qu’elle faisait dans la vie. Sans doute l’avaient-ils déjà compris de toute façon, mais on ne disait pas à quelqu’un qu’elle travaillait pour la pègre. Bon, on pouvait dire qu’elle était renvoyée vu qu’elle se retrouvait dans une sorte de prison en pire.
La petite bleue suivit le regard dans la direction de l’ispani, quelque chose semblait le travailler. Elle ne savait pas trop à quoi il pouvait penser. Elle connaissait à peine ses énergumènes, et Rylen n’était pas du genre à être quelqu’un d’ouvert vraisemblablement. Etait-il sur cette planète depuis plus longtemps que Jooma ? Peut-être que finir en tant que gladiateur, de la simple viande froide pour un spectacle sanglant ruinait son esprit ? Sa réponse vint enfin, mais il y avait de l’ironie dans la voix, quelque part, on pouvait sentir qu’il avait abandonnée l’idée d’être un jedi, car elle était certaine que cette personne parlait de cela. Cela ne pouvait pas être autre chose, mais elle était loin de savoir à qui elle pouvait avoir à faire. Elle sembla en tout cas mal prendre qu’il se traita lui-même de terroriste, elle haussa alors le ton comme un réflexe. Elle ne pouvait pas laisser cet ancien jedi à la retraite forcée dénigrer ainsi des personnes qu’elle avait idéalisées avec le temps. Les jedis étaient nécessairement des personnes parfaites, se sacrifiant pour la bonne cause et apportant la paix.
«Ne parle pas des jedis ainsi ! ce sont des personnes qui ne se laisseraient pas aller de la sorte ! Ce ne sont pas des terroristes ! Des foutaises balancées par ces putains d’impériaux ! Les jedis sont tout ce qui reste de pure dans cette galaxie, sa seule putain de chance de se relever un jour … »
Dit alors Alya légèrement amère se calmant quelque peu vers la fin. Elle voyait son début de vie gachée par l’empire très loin d’elle, ne pensant pas qu’elle pourrait revenir un jour vers cette voie. Elle était si loin, elle était loin d’être une personne pure, chaste et de justice. Elle plissa les yeux légèrement en écoutant comment cet ancien jedi dénigrait tant l’ordre qu’elle avait élevé à une quasi divinité.
« Et alors ? tu as souffert en tant que Jedi ? Mon pauvre bichon, tu veux un câlin c’est ça ? Une médaille peut-être ? Une holà et les cris de la foule ? Si c’est ce que tu attendais de cette vie, alors oui, tu as raison de croupir ici. Laisse-toi donc creuver, car ce n’est que la mort que tu trouveras ici et personne ne se souviendra de toi quand tu tomberas dans le sable de l’arène. Tu es utilisée ici comme bête de foire pour amuser la galerie. La vie ce n’est pas ça, ce n’est pas qu’une suite de souffrance insondable, la vie s’est aussi le plaisir, la bonté, l’amour. Personne ne t’enlève ta dignité, il n’y a que toi-même qui le peux. Peu importe où tu te trouves, ce que tu peux faire ou même dans quelle galère tu es. Tu ne deviens plus rien uniquement si tu le décides. »
Tenta alors la gamine faire une leçon de vie à ce vieux jedi bourru par la vie. Elle avait une sorte de fouge, de folie de la jeunesse. Elle avait une terrible faim de la vie, et elle avait choisi de tenter de retrouver les jedis à cause d’un simple rêve. Elle ne pouvait pas finir ici dans une arène, elle espérait bien plus que cela. Elle poursuivit alors bien plus calmement sa réponse à cet homme défait.
« Et moi ? Je ressemble à quoi par rapport aux autres ? Mon peuple transforme une partie des Twi’lek comme esclave afin de faire prospérer notre culture partout dans la galaxie. Moi, j’ai eu de la chance, on m’a trouvé une autre voie, mais l’empire me la voler. Je me fiche pas mal de ce que peux penser les autres de moi, j’ai fait de la prison ? J’ai tué des gens ? J’ai volé ? Et alors ? Et après ? qu’ils aillent se faire foutre ! Je ferai ce que j’ai envie, et ce n’est pas un peuple barbare et stupide qui va m’empêcher de retrouver les seuls sauveurs de la galaxie qui reste. Reste donc là dans ta fange si cela te plait, moi je compte bien me battre par ce que peut-être que je pourrais faire quelque chose. Peut-être que mes mains pourront faire changer les choses même si c’est pour une, deux ou dix personnes qui souffrent aujourd’hui. Je ne compte pas perdre plus de mon âme ici, que j’en ai perdu ailleurs, je deviendrais qui je voudrais même si je dois botter des culs, même le tiens ! »
Désigna alors Alya du doigt Rylen avec un sourire.
« Un jedi n’abandonne jamais, il n’est jamais seul car la force est partout. Elle est son compagnon à chaque pas, à chaque respiration. Il apporte l’équilibre et la justice dans la galaxie. Il est fort pour ceux qui sont faibles. Il est l’espoir, cette petite flamme dans une nuit de ténèbres, mais elle finira bientôt. J’en suis convaincue. Je me battrai même seule s’il le faut. »
Pleine de conviction et très sûre d’elle-même, la jeune Twi’lek qui pensait n’avoir à faire qu’à un jedi de l’ancien temps qui avait abandonné juqu’à sa propre vie, ne se rendit pas compte que dans son dos un petit caillou s’était très légèrement élevé du sol. Elle se retourna alors pour s’allonger sur sa couchette sans faire attention à ce petit cailloux qui retomba et roula jusqu’à devant les barreaux de l’ispani. Elle croisa les bras derrière sa tête en fixant le plafond. Elle avait tout risqué à la recherche hypothétique du véritable ordre jedi en quittant sa bande de malfrats. Elle en payait le prix aujourd’hui, mais elle était loin de baisser les bras. Elle savait qu’elle partirait d’ici, sa vie était loin d’arriver à sa fin. Sans doute que Jooma ne comprendrait pas toutes les références cachés de ce qu’elle avait dit, mais pour quelqu’un comme Rylen, sans doute qu’il comprendrait ce qu’elle cherchait à faire de sa vie. Elle n’attendait pas particulièrement de réaction de ce jedi défait psychologiquement. Elle n’avait pas l’habitude de se confier, de raconter sa vie surtout quand celle-ci pouvait lui apporter des problèmes à être révélé. Elle releva son visage afin de regarder à nouveau Rylen.
« Une mer remplie de requin hein ? Et bien, si tu n’en as plus la force, moi je leur botterai leurs culs à ces requins ! hmm …. Bon …. Même s’ils n’ont pas de fesses en fait, mais je trouverai t’en fais pas. »
Alya ne savait pas trop quoi penser s’il ne s’était pas déjà rencontré dix ans plus tôt. Cela remontait à vraiment très loin dans sa courte vie. Elle était restée parmis l’ordre des jedi quasiment jusqu’à la fin. Elle avait eu la chance d’être envoyée pour la récolte juste avant sa chute, mais il s’était passé tellement de choses entre temps. Elle n’était plus du tout la même personne, cette petite fille découvrant la force et croyant à des fables comme tout le monde est beau et gentil, ils gagnent toujours et on punit les méchants. Sans doute que c’était dans cet optique qu’elle avait dit toutes ses choses à cette personne. Elle regarda à nouveau ce Rylen avant d’admirer de nouveau le plafond. Elle ne savait pas trop ce qu’elle pouvait attendre de cette personne, sans doute plus grand-chose. Elle avait dit des phrases, des mots de la philosophie jedi, même si cela pouvait passer pour autre chose à des personnes non initiées. Elle ne se rendait pas vraiment compte, pensant être assez discrète, mais avoir passé toute sa petite enfance dans le temple de Corruscante marquait pour toute une vie. -
Post n°24
Auteur : Rylen KorrSpoiler : Musique
Dans la profonde obscurité des cachots -dans lesquels se trouvaient actuellement les esclaves de Jarrus- une petite flamme apparut au loin dans la pénombre. L'on pouvait y voir un symbole, celui de la naissance en ces lieux d'un nouvel enfant de la Force. Mais en réalité il s'agissait tout simplement d'un garde portant un flambeau afin de s'éclairer dans ces lieux ténébreux. Celui-ci venait visiblement de rejoindre les souterrains et il n'arrivait pas les mains vides. Sa présence ramena un peu de vie dans ce triste décor bien trop silencieux depuis plus d'une heure: les rares discussions s'étaient toutes arrêtées depuis longtemps et chacun vaquait à ses occupations personnelles -le repos, pour la plupart-.
La porte d'une des cellules s'ouvrit subitement. Le garde qui venait tout juste d'arriver en profita pour y déposer un prisonnier. Ce dernier y pénétra et vint s'installer contre le mur -exactement dans la même position qu'il avait adopté une heure auparavant-. Barbu et mystérieux, son profil ressemblait en tout point à celui que l'on surnommait l'Ispani. Celui-ci avait été demandé par Jarrus alors qu'il discutait avec deux de ses camarades. Des camarades qui l'avaient amené à réfléchir sur sa situation, plus particulièrement la camarade Twi'lek, laquelle avait montré une force de conviction hors du commun. L'Ispani s'était contenté de la regarder très longuement mais bizarrement... il n'avait donné aucune réponse. Pas un seul mot n'était sorti de sa bouche, si bien qu'on aurait pu se demander s'il s'était intéressé à la moindre syllabe employée par la native de Ryloth. Sa seule réaction fut de fermer les yeux et de se renfermer sur lui-même. Jusqu'au moment où le geôlier le pria de le suivre jusqu'aux étages supérieurs pour y rencontrer le laniste du coin.
Nul ne savait pourquoi on l'avait demandé, lui. L'Ispani lui-même ne laissa aucun indice lors de son retour. Il se contenta de fermer les yeux et de feindre le sommeil. Gardant avec lui un accord secret qui venait d'être scellé avec l'homme fort de ce ludus. Accord secret qui se manifesta par une nouvelle visite au niveau des cellules, toujours en pleine nuit. Trente minutes suffirent au garde pour revenir au même endroit que précédemment, accompagné cette fois-ci non pas d'un prisonnier mais du fameux Jarrus. Lorsque le laniste se déplaçait en personne jusqu'aux geôles de ses esclaves, c'était pour une raison très importante. La moue qui se forma sur son visage alors qu'il parcourait les cellules du regard avait d'ailleurs une signification très claire: il découvrait très probablement les conditions d'hébergement de ses prisonniers. Cela ne ferait qu'accentuer leur rage au moment de pénétrer dans l'arène d'Isayidi. Voilà comment fonctionnait Jarrus le Brave. Des gladiateurs trop chouchoutés se feraient décapités en l'espace de quelques secondes au moment de fouler le sol d'Al-Kazàn.-Toi. Suis-moi.
S'il diminua le ton de sa voix afin que sa visite surprise soit la plus discrète possible, il était difficile pour Jarrus de chuchoter ou même de murmurer. Il parla suffisamment fort pour se faire entendre d'Alya, laquelle était visiblement à l'origine de la visite de Jarrus au milieu des esclaves. Celui-ci l'invita à sortir de sa geôle prestement. Il eut un regard discret en direction de l'Ispani et ce dernier le lui rendit immédiatement en ouvrant subitement les yeux. De là à établir un lien avec son aller-retour en cellule il y a une heure en arrière... Il n'y avait qu'un pas.
Mais nul ne savait ce qui allait advenir d'Alya. -
Post n°25
Auteur : Alya ThamrielAlya dormait à moitié dans sa prison. C’était une habitude dans ce genre de lieu, il était bien trop dangereux d’être complètement assoupi surtout pour une femme. Elle devait être sur ses gardes au cas où, question d’expérience personnelle. Elle savait bien que dans ce genre de lieu entourer d’hommes et enfermée dans une cage, cela allait bien devoir arrivée un jour ou l’autre. Elle se défendrait bec et ongles, mais le garde qui s’approchait torche en main des barreaux d’une des cages se contenta de jeter un prisonnier dans une libre. Elle leva un sourcil devant la passivité du prisonnier. Elle n’était pas du tout du genre à se laisser faire. Peut-être avait-elle trop de rage en son cœur pour devenir une jedi ? Etait-elle encore capable de devenir un exemple, de contrôler ses sentiments, mais peut-être que les jedi avaient changés depuis son enfance ? Elle avait sans doute trop vécue pour cela, voilà pourquoi on prenait à l’époque les enfants sensibles à la force à la naissance.
La twi’lek se demandait bien ce qui avait pu se passer entre l’ispani et Jarrus. Pourquoi cet homme l’avait regardé avec tant d’insistance sans prononcer un mot ? Etait-il si fâché qu’il préparait sa vengeance ? Au bout d’un moment, elle avait fermé les yeux comme pour briser le contact visuel qu’ils avaient mutuellement. Elle avait fait semblant de se reposer. Elle était très curieuse, tant et si bien qu’elle dut se forcer de ne pas carrément lui demander. Ils s’étaient bien battus ensembles, mais cela ne voulait pas dire qu’ils étaient les meilleurs amis du monde. Lorsqu’il fut de retour, elle ouvrit les yeux afin de l’observer revenir et s’assoir sans rien dire à nouveau. Elle soupira légèrement en cognant sa tête contre les barreaux de sa cage légèrement dans un bruit sourd. Elle n’eut guère le temps de se rendormir, alors qu’elle entendit des gardes revenir dans les geôles. Elle rouvrit les yeux ne bougeant pas de position. Elle allait peut-être savoir de quoi il en retournait finalement. Cependant, lorsqu’elle vit arriver le laniste lui-même dans la prison, elle fronça les sourcils en regardant directement Jarrus. A quoi il jouait ? Voulait-il se venger d’une manière ou d’une autre des mots qu’elle avait prononcés ? Elle avait parlé avec son cœur trouvant révoltant cet esprit soumis. Elle avait déjà été dans une prison impériale, alors des conditions spartiates n’étaient pas un problème, mais ce le fut lorsque Jarrus
« Moi ? Mais je n’ai rien fait de mal. »
Dit alors Alya en soupirant grandement en se levant. Elle ne chercha pas à jouer, à gagner du temps ou quoi que ce soit. Elle obéit donc en suivant Jarrus dans la geôle non sans lancer un regard sombre dans la direction de L’ispani. Elle était loin de se douter de ce qui allait vraiment lui arriver. Elle marcha alors docilement et sans faire de commentaire même si elle ruminait dans sa tête sa future vengeance. Elle arriva alors dans le bureau qu’elle connaissait bien. C’était là que quelques heures plus tôt, elle avait tenté d’étrangler le même homme avec sa chaine. Elle n’avait pas un traumatisme dû à l’enfance, mais une sérieuse aversion à l’avilissement et peu d’attrait à devenir une légende pour un nombre important de sanguinaires. La gloire ne l’intéressait pas du tout, bien au contraire, si elle pouvait se faire oublier, ce serait une bonne nouvelle.
« Je ne sais pas ce qu’il vous a dit, mais … »
Jarrus leva simplement la main sans répondre pour faire taire ce qui était encore sa possession. Nul ne savait excepter lui-même et L’ispani ce qu’ils avaient pu faire comme accord pour sa libération, mais il n’allait pas se lancer dans une longue conjecture. Il prit la parole alors avec une voix neutre quoi qu’un brin légèrement agacée.
« Un vaisseau t’attend, il se trouve vers trois parsec de distance vers le nord est à partir d’ici. Je ne sais pas exactement où il est, mais tu as encore quelques heures de nuit, après, il fera très chaud et tu devras te débrouiller pour partir de cet endroit. Ce n‘est pas la peine de me remercier, tu devrais te grouiller, l’heure tourne. »
Dit alors simplement le laniste sans la regarder comme regardant dans ses papiers. Alya était quelque peu surprise en s’attendant à un coup de traquenard, mais certainement pas à recouvrer la liberté ainsi. Elle se retourna alors comme sentant encore la présence de l’ispani dans la pièce. Qu’est-ce qui avait pu se dire ici ? Qu’avait-il pu alors donner pour que cela mérite de libérer ainsi un esclave. Jarrus semblait être quelqu’un de valeur, il avait respecté sa parole. Elle ne se doutait pas que quelqu’un qui faisait un trafic pareil puisse avoir de l’honneur. Elle serra les poings en laissant un coup d’œil derrière elle en commençant à courir. Elle fallait qu’elle soit le plus loin possible de la ville avant que le jour ne se lève. Elle devait mettre le plus de chemin possible afin d’éviter de se faire reprendre et sans doute que ce ne serait pas la même rencontre qu’avec Jarrus. Elle n’aurait pas de seconde chance. Elle passa la grille de la maison d’esclave, les gardes semblaient avoir été mis au courant, et elle commença à courir dans la direction. Que pouvait-elle faire d’autre ?
« Pourquoi m’avoir aider ? On ne se connait même pas ! Et si c’était un piège ? On dit toujours qu’il vaut mieux se méfier des gens qui nous veulent du bien. Qu’est-ce que j’ai pu dire ou faire de si extraordinaire ? merd* ! Fais chier ! »
Alya commença à de bonnes enjambées comme si ça vie en dépendait, mais si ce n’était pas tout à fait faux cette fois-ci. Elle était complètement perdue, et elle n’aimait pas du tout cela. Elle n’arrivait pas à comprendre, et cela l’occupa alors qu’elle commença simplement à marcher sans provision aucune à marcher tout droit dans le désert. C’était dangereux, et elle devait se fier à sa bonne étoile. Elle ne devait pas être très loin d’ailleurs, car vers la sortie de la ville encore endormie, elle découvrit une motojet Aratech 24-A. Elle ne pouvait pas se passer de cette manne. Elle ne voulait pas perdre de temps, elle voulait être le plus loin possible et rapidement. Elle la démarra sans faire de bruit, uniquement pour quelle flotte et elle la poussa jusqu’à l’extérieur de la ville. Elle ne voulait pas attirer l’attention trop tôt. Elle était consciente que l’on pourrait suivre sa trace, mais lorsque cela sera le cas, elle serait déjà loin. Elle avait un passé de criminel, alors elle n’avait que peu de scrupule si cela pouvait lui sauver la vie.
Une fois à l’extérieur de la ville, la Twi’lek démarra sans trop de peine en forçant l’allumage de la motojet. Elle démarra alors dans son bruit caractéristique filant à toute allure dans le désert. Elle devait fermer les yeux à moitié pour résister au vent, mais elle n’allait pas faire la difficile. Elle tentait de voler tout droit en prenant un repère, corrigeant sa trajectoire afin de trouver un hypothétique vaisseau perdu dans une immensité de sable. Elle ne pouvait avoir confiance en personne, sinon cela risquait d’être un retour direct à une sorte d’esclavage ou d’une autre. Elle dût évoluer longuement dans le désert en essayant de ne pas penser à la chaleur. Ce fut après de longues heures qu’elle arriva à la position dite. Elle remarqua de loin l’endroit désigné sans trop de problème. Il y avait ce qui ressemblait le plus à un vaisseau. Il devait être en piteux état, car il y avait une longue trainée dans le désert.
« C’est une blague ou quoi ? Bon …. Plus le choix maintenant … »
Alya avait déjà piloté des vaisseaux pour le compte de mafia local. C’était même ce qui lui avait couté son arrivée sur cette planète maudite. Elle pénétra dans le cockpit du vaisseau en fermant les yeux en essayant de le démarrer.
« Allez …. Allez ! Vas-y chérie …. Vas y …. »
Le moteur commença à vrombir fortement avant de s’arrêter tout aussi rapidement dans un bruit cycle d’un échec total. La tête de la Twi’lek percuta alors les appareils de mesure, alors qu’elle soupira longuement.
« Et merd* …. C’est pas vrai ! »
Alya sortit alors en trombe de l’appareil, le soleil du désert commençait à taper fortement. Elle devait rapidement partir et surtout, avant que l’on remonte sa piste jusqu’ici. Elle ouvrit le moteur en regardant ce qui pouvait ne pas aller. Elle vérifia les branchements en remarquant le mauvais état de vaisseau. Elle ne savait même pas si le vaisseau pouvait faire un voyage vers quelque part sans la lâcher en route. Elle vérifia les appareils pour le chauffage et l’oxygène. Elle eut un doute au sujet de ce dernier, mais elle devait faire avec. Elle dut utiliser des câbles de la motojet pour faire une dérivation afin de démarrer le vaisseau à l’aide de la faible puissance de sa dernière monture. Elle dut s’y reprendre à trois fois avant que le vaisseau ne démarre correctement sans caler. Elle se dépêcha de débrancher la motojet en sautant dans le cockpit. Elle embraya rapidement pour décoller sans attendre dans un léger tremblement.
« Allez me lâche pas … Je ne peux pas sortir dehors pousser là … Bon, je vais où moi ? C’est pas comme si je pouvais aller au hasard. Ma seule chance, c’est d’utiliser le journal de bord, les dernières entrées. Je vais faire le chemin inverse de ce vaisseau. Cela ne sera pas pire que cette planète de toute façon, et avec un peu de chance, je répare ce tas de ruine et je file ailleurs. Un coin tranquille avec de la verdure, des mecs sexy et … oui ! Trouvé ! »
Dit alors la bleue dans un éclat de voix. Alors qu’elle réussit à récupérer les anciennes coordonnées de saut, malgré l’état du vaisseau. Elle fit chauffer le module hyper espace en cachant ses yeux. Elle ne préférait pas osé imaginer devoir faire demi-tour, si au moins le vaisseau en était capable. Le module se chargea de plus en plus sans exploser, un petit miracle en soit. Elle s’aligna alors avec les coordonnées pour commencer le saut, et son vaisseau, ou ce qu’il en restait, partit dans un éclat de lumière au loin dans la galaxie. -
Post n°26
Auteur : Rylen KorrL'Ispani. L'Ispani. L'Ispani. Ces mots résonnaient dans le Chaudron comme l'écho d'un cor de chasse utilisé par les autochtones qui vivaient en région montagneuse de certains mondes. A la seule différence que le son produit ici, sur Rattatak, au sein de la plus grande arène de gladiateurs de la planète, restait ancré dans la tête de chacun des survivants luttant pour gagner un jour de vie supplémentaire à chaque combat.
L'Ispani. Qu'était-il devenu pour se contenter ainsi d'une foule barbare et sanguinaire ? Que lui était-il arrivé pour ne plus voir au delà de sa personne ? Que fallait-il lui donner pour qu'il retrouve l'espoir et la sagesse qui avaient fait de lui une légende vivante pour beaucoup de gens ?
Il ne se rappelait plus depuis quand il foulait cette terre de feu permanent. Une éternité semblait le retenir dans ce lieu si maléfique mais tellement enivrant. Une personne comme lui dotée d'un tel don ne pouvait que se nourrir de toutes les émotions qui habitaient Rattatak. Peur, colère, haine, vengeance, barbarie... Trop de mots négatifs caractérisaient le monde natal des Rattatakis et ces derniers en avaient même fait leur ADN, c'était dire leur importance pour cette race maudite par les ténèbres. Cela faisait des millénaires que ces proches-Humains avaient décidé d'adopter ce qui caractérisait tant leur monde. Il était coutume de dire que le premier acte d'un nouveau-né Rattataki était de mordre sa mère, tel était le destin imposé pour ces individus méprisables. Le sort avait fait de leur peuple la preuve évidente de la décadence de la civilisation galactique, et tandis que certaines divinités de leur culture s'attendaient certainement à ce qu'ils empruntent le chemin de la rédemption, celles-ci avaient assisté impuissantes à une décision irrévocable de leur part : ils avaient accepté leur sort. Ils avaient décidé de vivre avec cette mentalité contre-nature, réjouissant ainsi les dieux les plus odieux de leur religion primitive.
L'Ispani. L'Ispani. A chaque fois que son nom résonnait dans l'arène d'Al-Kazàn, c'était pour une raison particulière. Cela faisait des jours (des semaines ? des mois ? des années ? des siècles, peut-être ?) que l'Ispani terrassait ses adversaires au sein du Chaudron d'Isayidi. Oui, il les terrassait. Sans aucune pitié. Mais au moment de mettre fin à leur vie, l'Ispani s'était forgé une réputation d'homme clément : jamais il n'avait donné la mort à un seul de ses adversaires. Sa plus féroce victoire l'avait simplement conduit à débarrasser un Zabrak de ses deux bras et de ses deux jambes, le rendant certainement handicapé pour le restant de ses jours (si ce n'est plus). Le peuple de Rattatak, d'ordinaire si friand de sang et de morts, avait appris à aimer un Homme qui leur offrait seulement des globules rouges. Et cela déplaisait fortement à celui qui se faisait appelé le Damnateur.
Le Damnateur. Le Damnateur. Sa seule présence suffisait à éteindre le Chaudron. D'une température proche de celle de Mustafar dans la Bordure Extérieure, l'arrivée du terrible Damnateur provoquait une incroyable chute de température qui pourrait rendre jaloux la très peu célèbre Hoth. Nul besoin de gaspiller de la salive et de l'énergie pour le tyran qui régnait sur la cité d'Isayidi depuis des lustres : il savait son peuple dominé et craintif. Mais les temps avaient changé. Du moins, les gladiateurs avaient changé. Aujourd'hui, un misérable qui se faisait appeler l'Ispani grignotait l'influence morale et politique dont il disposait auprès des Rattatakis. Ses seuls combats lui faisaient gagner une notoriété troublante pour sa personne. Le laisser en vie revenait à perdre le pouvoir qui lui était acquis depuis des décennies sur son monde. Il fallait agir pendant qu'il en avait le temps. C'est à dire immédiatement. Personne ne se mettait sur son chemin sans en payer le prix : la mort. Celle que l'Ispani était incapable de donner aux lâches combattants qui étaient lâchés dans l'arène pour lui faire face.
Le Damnateur... L'on disait ces derniers jours que l'on ne revoyait plus les gladiateurs qui avaient affronté l'Ispani. Beaucoup disaient qu'ils ne survivaient pas à leurs blessures et qu'ils mourraient quelques minutes après les combats. Mais certains disaient plus discrètement que le Damnateur, enragé par le soutien dont disposait l'Ispani sur les spectateurs du Chaudron, venait lui-même les tuer de sa propre main pour les punir de leur incompétence. Les temps étaient troubles, et contrairement à d'habitude, quelque chose était en train de changer drastiquement. L'arrivée de cet "Ispani" influait dangereusement le peuple d'Isayidi, et l'on disait du Damnateur que la seule évocation de son nom le mettait dans une rage noire. Comme l'en atteste les 65 Rattatakis amateurs de combats de gladiateurs qui avaient été pendus le lendemain de la 18ème victoire de l'Humain dont on ne savait rien, si ce n'est qu'il était l'un des meilleurs combattants d'Al-Kazan depuis des décennies. A trop de distinguer, cet homme s'attirait les foudres de plus fort que lui et tout le monde redoutait une chose : qu'ils pénètrent le Chaudron d'Isayidi un jour et qu'ils ne puissent plus voir les exploits du meilleur gladiateur de ces temps-ci.- Il va t'atteindre. Demain, après-demain ou la semaine prochaine... Tu -seras- à lui. Ce n'est qu'une question de jours avant qu'il ne massacre tout mon ludus pour me faire payer mon seul tord: celui de permettre à un esclave de devenir aussi populaire que le Damnateur en personne.
Le Damnateur. L'évocation de ce nom faisait trembler Jarrus de la tête aux pieds. Depuis que l'Ispani lui appartenait, il avait prononcé ce nom aussi souvent qu'en plus de 50 ans d'existence. Et plus il en parlait, plus sa paranoïa était amplifiée : l'on disait que le Damnateur avait placé des espions dans son ludus afin de tuer l'esclave qui le gênait. Jarrus ne devait pas se faire surprendre en train de mettre en garde son meilleur gladiateur sous peine de périr de la seule main qu'il redoutait tant sur Rattatak.- Je ne peux pas t'autoriser à combattre une seule fois de plus l'Ispani. Dès l'aube tu seras vendu, tu ne seras plus ma propriété.
A l'horizon, le soleil brulant de Rattatak était en train de se coucher. Jarrus ne comptait plus les heures qu'il avait passé à admirer ce panorama enflammé ces dernières décennies. C'était devenu un rituel, une coutume gravée dans son cœur et son ADN, comme une marque éternelle de son passage sur ce monde reculé de la galaxie. C'était Rattatak qui avait permis au vieil homme de faire fortune et d'avoir un but dans sa vie. Pour rien au monde il ne laisserait ce qu'il possédait actuellement pour une retraite plus paisible sur un monde du Noyau : le Jarrus que tout le monde connaissait à Isayidi était né sur Rattatak, il y mourrait donc.
L'Ispani. Que dire de cet esclave si ce n'est qu'il avait gagné avec lui le chainon manquant dans sa quête de gloire éternelle ? Dans la cité maudite d'Isayidi, l'on ne parlait plus que de lui depuis le début des Jeux du Damnateur. A tel point que les échos étaient parvenus jusque dans le palais du Damnateur. Et ça, Jarrus aurait préféré l'éviter : il s'était attiré les foudres du souverain illustre de la cité et redoutait que ce dernier ne vienne à se venger. Qu'il veuille la gloire ne faisait pas de lui un fou : Jarrus préférait vivre plutôt que de mourir ainsi, au summum de sa carrière.- Tu manquerais ainsi à ta parole ? Tu mettrais ta fierté de côté ? Allons, Jarrus ! L'on pouvait se demander qui était le propriétaire des lieux tant les remontrances de cet homme rabaissaient ainsi le dénommé Jarrus, Tu m'as fait une promesse, ne l'oublie pas. Quelle est la valeur d'un homme qui trahit ses engagements ? Est-il aussi vertueux que les sauvages de cette planète ? Toi et tes semblables Rattatakis, vous êtes à l'image de Naktis, vous ne méritez pas meilleur Roi pour vous gouverner.- Ne prononce pas ce nom à haute voix ! rétorqua subitement le vieil homme en se rapprochant de sa marchandise humaine de manière menaçante.- Pourquoi ?! Le craindrais-tu ? Même s'il adopte le comportement d'un démon, sa voix reste celle d'un homme.- Tu ne le connais pas comme JE le connais ! Jarrus se retourna de chaque côté afin de vérifier qu'aucun curieux n'écoutait la conversation, S'il apprend que je parle de lui avec un esclave (!) dans son dos... Tu ne sais pas ce dont il est capable. Si le peuple Rattataki le craint tant, c'est pour une bonne raison : le Damnateur ne connait pas la pitié. Il est le diable incarné. Il peut donner la mort d'un hochement de tête s'il le veut !
Rylen Korr. Un nom autrefois adulé. Un nom aujourd'hui oublié. Il fut un temps où Rylen Korr combattait au nom de la paix et de la justice dans la galaxie. Ce temps était aujourd'hui révolu. Rylen Korr avait péri dans l'explosion de la Forge Stellaire, et il avait laissé la place à un autre homme : l'Ispani. Un être aussi clément que la Clémence elle-même. Comme si, malgré la mort de son ancienne personnalité, des traces de cette dernière s'étaient rattachées à la naissance de l'Ispani lors de son arrivée sur Rattatak. Comme s'il subsistait des restes de Rylen Korr enfouies au plus profond de lui.
L'Ispani, à la différence de Jarrus, était étrangement calme. Debout au milieu de la pièce, il observait attentivement le propriétaire du ludus dans lequel il se trouvait. Il réfléchissait, tentait de trouver une solution au dilemme auquel ils étaient confrontés. Il devait impérativement rester auprès de Jarrus pour encore quelques temps, au risque de mettre sa miss...
Il devait rester dans le ludus de Jarrus, tout simplement. L'Ispani ne pouvait pas être vendu, ou bien tout ce qu'il avait accompli jusqu'à présent sur Rattatak serait balayé d'un revers de la main. Le vieil homme devait retrouver la raison, car ses choix étaient uniquement guidés par la peur. L'Ispani devait le rassurer, il devait choisir les bons arguments pour le convaincre qu'il choisissait la mauvaise option. Facile à dire, difficile à obtenir lorsqu'on connaissait le contexte Rattataki et l'environnement dans lequel vivaient les autochtones de ce monde affreux sur le fond et la forme.- Tu as raison. Le Damnateur comme tu l'appelles peut foudroyer d'un éclair mortel n'importe lequel des individus peuplant cette planète, répliqua l'Ispani de manière ironique sur un faux ton résigné, Mais sache une chose avant de faire ton choix, Jarrus, continua t-il en appuyant chacun de ses mots, Au sein de ton ludus, tu possèdes un esclave qui peut décider si un individu est prêt à mourir ou non. Ce bien précieux peut te servir de bouclier contre le Damnateur que tu redoutes tant.
Rylen Korr. L'Ispani. Lequel était en train de discuter avec le vieil homme barbu ? Lequel des deux avait l'ascendance sur l'autre ? Lequel des deux était encore en vie ... ?
Rylen Korr vint affronter le regard de son homologue Humain à quelques centimètres seulement du visage de ce dernier. Les deux hommes se faisaient face, et pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, Jarrus semblait avoir moins de valeur que l'homme qu'il considérait comme son bien le plus précieux.- Laisse-moi l'affronter. Je t'en conjure Jarrus ! la détermination qui se lisait dans les yeux de Rylen Korr vint frapper de stupeur le vieil homme: son esclave était prêt à mourir, Si je participe aux combats de demain et que j'y survis, je le combattrai le jour suivant pour le dernier jour des Jeux comme le veut la tradition Rattataki. Là alors tu seras libéré d'un poids. Si je meurs, tu n'auras plus de soucis à te faire pour ta vie. S'il meurt, tu seras débarrassé de sa menace. Et ton ludus sera le plus réputé de tout Rattatak.- Je vois que tu ne connais pas aussi bien ce monde que tu ne le prétends l'Ispani, répliqua le vieillard en exécutant un rire aussi ironique que l'ironie elle-même, sais-tu ce qu'on me ferait pour avoir formé le gladiateur responsable de la mort du Damnateur ? Le sais-tu vraiment ? Les autres seigneurs de guerre Rattatakis prendraient le pouvoir à la place du souverain actuel et m'élimineraient de peur que je n'acquiert trop d'influence. Et toi... continua t-il en se tournant vers Rylen Korr, Et toi, tu deviendrais le leader de leurs armées de guerre. Tu deviendrais le héros de toute une nation barbare. Lequel d'entre nous est le mieux loti à ton avis ?
Un esprit torturé, confronté à un dilemme de premier ordre. Le choix était difficile, la résistance s'apprêtait à céder. C'était bien trop tentant de se laisser à la tentation de briser cet esprit et d'en prendre le contrôle.
La main de Rylen Korr se leva instinctivement. Ses lèvres se mirent à bouger selon un rituel inné. Mais elles se rétractèrent et devinrent subitement immobiles. Que se passait-il ? La main n'exécuta pas le geste désiré, quelque chose l'en empêchait. Rylen Korr avait-il encore la Force en lui pour convaincre le vieil homme et mettre fin à cette discussion stérile ? Ou bien la Force essayait tout simplement de lui faire comprendre qu'il devait parvenir à la solution d'une autre façon ?
Celui que l'on appelait l'Ispani sur Rattatak, plutôt que de lever sa main, préféra serrer son poing avant de s'avancer d'un pas assuré. On ne l'avait pas envoyé sur ce monde maudit pour rien. Il devait répondre de ses actes et prouver à la Force qu'il était prêt et qu'il avait appris de ses erreurs passées.- Jarrus.
Le ton. La manière employée. Ce poing serré et cette force de conviction. Ce "Jarrus" avait tout l'air d'un mot sans importance. Pourtant c'était tout le contraire : il renfermait quelque chose d'exceptionnel aux yeux de Rylen Korr.- Laisse ma cellule ouverte cette nuit et redonne-moi ma liberté. Pour le bien de tous. Si tu ne veux pas me laisser combattre le Damnateur dans l'arène, j'irai le trouver moi-même dans son palais. Quitte à y laisser ma vie. Je suis venu sur Rattatak pour lui et pour personne d'autres, je dois l'affronter. Tu ne sais pas ce qui est en jeu. Toute cette histoire dépasse le cadre de ces combats.
Rylen Korr redoutait que le vieil homme qui se trouvait à quelques centimètres de lui se fâche et s'énerve en entendant les propos de son esclave. Pourtant, Jarrus n'exprima pas la moindre expression contrariée. Le laniste se contenta de se pencher au dessus d'une boite en or sur la table à manger avant d'en extirper un manche métallique familier.
Un manche métallique familier aux yeux du Jedi : son sabre laser.- Alors prends ton arme, Chevalier. Et va t-en, dit-il en posant délicatement le manche sur la table avant de se retirer sur le balcon extérieur.
Tandis que le Chevalier démasqué restait immobile, se demandant pour quelle raison Jarrus avait si facilement accepter de libérer son esclave, le laniste se retourna une dernière fois sur le balcon afin de faire face à son homologue humain. Son ombre recouvrait la pièce, lui donnant une allure terrifiante et dominante. Rylen Korr sut qu'il entendait le vieil homme pour la dernière fois de sa vie.- N'oublie pas une chose, Jedi. T'en prendre au Damnateur va provoquer la désolation dans cette cité. Quelque soit ton combat, quelque soit ta lutte, pense aux milliers de morts que tu auras sur la conscience dans ton combat personnel contre un seul homme. Pense-y ou bien ton séjour sur Rattatak aura été vain.
Et c'est ainsi que Jarrus tourna de nouveau le dos à son ancien esclave. Rylen Korr, surpris que son ex-propriétaire soit au courant de sa véritable identité, attrapa le manche de son sabre laser et quitta les appartements privés du vieil homme. Il était de nouveau libre.
Mais s'était-il réellement racheté auprès de la Force ? Il le saurait très vite : s'il ne ressortait pas indemne de son entrevue avec le Damnateur, il aurait sa réponse. -
Post n°27
Auteur : Rylen KorrLe soleil couchant était une bénédiction et une malédiction sur Rattatak. Une bénédiction car la chaleur éprouvante accumulée tout au long de la journée cessait d'être à son summum et baissait d'intensité. Une malédiction car c'était la nuit qu'Isayidi se transformait en véritable cauchemar.Spoiler : Musique
Les honnêtes gens -car il en restait quelque-uns au milieu de toutes ces bêtes- se pressaient de rentrer chez eux à la tombée de la nuit. Les rares enfants Rattatakis ou aliens que l'on croisait dans les rues couraient à grandes enjambées pour ne pas être victimes de la maladie incurable d'Isayidi tandis que les volets, fenêtres et portes fabriqués avec de la vieille terre moyenâgeuse se scellées brusquement dans un son strident. Mieux valait ne pas être dehors lorsque les rayons du soleil ne perçaient plus la cité au risque de ne plus jamais revoir le lever du soleil de sa vie.
Au milieu de ce silence terrifiant, un moine -reconnaissable grâce à sa bure et à la capuche qui recouvrait son visage- se déplaçait de quartier en quartier comme si de rien n'était. Il était rare de voir un religieux sortir aussi tard dans les rues d'Isayidi. Ces hommes pieux ne s'aventuraient pas en dehors de leur paroisse lorsque l'obscurité était reine.
Que voulait signifier la présence de ce cénobite en ce lieu ? Oserait-il bafouer le couvre-feu imposé par le Damnateur depuis les terribles émeutes qui avaient eu lieu il y a quelques semaines (quelques mois peut-être ?) en arrière ? Si c'était le cas, son geste n'était ni courageux ni malin. S'il se faisait arrêter en pleine nuit à rôder autour du Palais du Damnateur -car c'est vers la majestueuse demeure de Naktis qu'il se dirigeait- il était bon pour la pendaison.
Encore fallait-il qu'il échappe à la main dévastatrice du propriétaire des lieux. Ce n'était pas gagné.
Dans des coins de rues dormaient à même le sol sableux des pauvres mendiants ou des gamins sans aucune famille. Lorsque le moine passa devant eux, ces derniers réclamèrent silencieusement des pièces d'argent. L’aumône était sacrée pour les religieux et ces nécessiteux l'avaient bien compris, profitant de la bonté de ces envoyés de Dieu sans aucune limite. Tandis que les quelques misérables allongés ici et là pensaient avoir de quoi se nourrir pour les deux prochains jours, ils constatèrent avec étonnement que leur demande resta sans suite : le moine passa son chemin, ignorant ainsi la détresse qui se lisait dans le regard de chacun de ces hommes. Il s'agissait là du premier signe révélateur d'une supercherie habilement exécutée : celui qui se faisait passer pour un religieux n'était pas ce qu'il prétendait être.
A moins qu'un Jedi soit considéré ici, sur Rattatak, comme un cénobite. Alors Rylen Korr ne cachait pas sa véritable identité et ne faisait que paraître tel qu'il était.
Celui qui avait été fait esclave ces dernières semaines (ces derniers mois ? ces dernières années ? il n'en savait rien) s'apprêtait à fêter son affranchissement par un rendez-vous des plus intéressants. En effet, une visite cruciale s'imposait chez le souverain de la cité d'Isayidi. Naktis le Damnateur -comme il aimait se faire appeler- ne s'attendait certainement pas à une venue aussi tardive mais il devrait l'accepter : ça faisait une éternité que Rylen Korr attendait ce moment-là ! Il n'avait pas compté les jours, mais la Forge Stellaire lui paraissait bien lointaine. C'était lors de la Bataille au sein de cette Relique Sith qu'il avait vu pour la dernière fois ses frères et ses sœurs Jedi. L'avaient-ils oublié ? Ou l'avaient-ils recherché dans un espoir vain ? Alors qu'il repensait à sa disparition subite, le Maitre Jedi se souvint de sa précédente "mort" alors que l'Empire Démocrate n'était toujours pas né.
Les Membres du Conseils se doutaient-ils que ces disparitions successives n'étaient pas nettes ? Avaient-ils découvert ce que Rylen Korr mijotait depuis tant d'années dans le dos de l'Ordre Jedi ? Tant qu'il resterait sur Rattatak, il lui serait impossible de le savoir. Raison supplémentaire pour que ce séjour ne dure pas plus longtemps, lui qui avait déjà assez duré. Sa mission devait à tout prix rester secrète. Il l'avait promis à son défunt Maitre.
Son Maître. C'était pour lui qu'il était aujourd'hui ici, et c'était pour lui qu'il avait quitté l'Ordre sous l'Ancienne République. Certains avaient prétexté un exil, d'autres avaient réellement cru à ces histoires d'esclavagisme Trandoshan -l'excuse officielle de Korr alors qu'on venait le secourir sur Kashyyyk-. Mais tout le monde -ou presque- était persuadé que Rylen Korr cachait la vérité. Comment expliquer qu'un Maitre Jedi de sa puissance et de sa sagesse puisse se laisser aussi facilement capturer par des esclavagistes ?
Comment expliquer que le Grand Maitre de l'Ordre Jedi devienne aussi facilement un esclave sur un monde sanguinaire comme Rattatak ?
Les marches du palais de Naktis apparurent au loin devant lui. Il y était enfin. Les gardes y étaient étrangement en sous-effectif, la sécurité n'était visiblement pas le point fort du Damnateur. Se sentait-il bien trop fort pour compter sur des hommes armés ? Ne redoutait-il pas un assassinat ? La puissance de ce Rattataki dans le Côté Obscur de la Force devait être impressionnante pour qu'il se sente aussi peu menacé. Réussissait-il à percevoir l'environnement de sa demeure ? Savait-il qu'en ce moment même, l'un de ses ennemis jurés -un Chevalier Jedi- s'apprêtait à franchir le seuil de son luxueux palais afin de lui régler ses comptes ? Rylen était persuadé que Naktis était au courant de sa venue. C'est pour cela qu'il ne rencontra aucun soldat armé sur le chemin menant à l'entrée du palais : le terrible souverain de la cité d'Isayidi avait certainement ordonné qu'ils se retirent afin de laisser la liberté à "l'Ispani" de pénétrer dans sa demeure.
Naktis le Damnateur invitait généreusement Rylen Korr à venir diner au milieu de la nuit. Charmant accueil.
L'obscurité était Reine en cette nuit. La noirceur des étoiles semblait bien plus noire que d'habitude. L'ambiance Rattataki était réellement impressionnante. Le Côté Obscur habitait ces lieux. Et Rylen ne savait plus ce qu'il fallait faire. Devait-il se mêler à cet environnement néfaste comme il l'avait fait depuis son arrivée sur ce monde ? Ou devait-il pour la première fois depuis des semaines montrer un signe de résistance vis à vis de cet attrait maléfique ? Après tout, son petit jeu de Jedi déchu était arrivé à son terme : il n'avait plus besoin de jouer la comédie pour ne pas éveiller les soupçons. C'est ainsi que le Maitre Jedi reprit confiance, guidé par une mystérieuse étoile qui semblait le suivre depuis son départ du ludus de Jarrus à la tombée de la nuit. Mais à chaque fois que Rylen essayait de visualiser cette petite étoile, celle-ci disparaissait... L'obscurité était bien trop importante pour laisser de la place à la lumière.
La présence tolérée de Rylen Korr dans la cité d'Isayidi était déjà suffisante pour le Côté Obscur de la Force. Elle était même déjà trop importante. Mais les ténèbres aimaient jouer avec la lumière. Les ténèbres appréciaient les images d'une clarté torturée. N'avaient-ils pas besoin l'un de l'autre pour exister ? Cette question, des milliers de philosophes se l'étaient déjà posé. Rylen Korr se demandait si Naktis le Damnateur en faisait partie ou non.- Ismayal.
Le cœur du Jedi s'affola brusquement. Trop peu concentré sur son environnement proche alors qu'il venait tout juste de pénétrer l'enceinte du palais de Naktis, Rylen Korr ne remarqua même pas la présence tout autour de lui de serviteurs. Ces derniers étaient répartis en rond dans le hall d'entrée. Ils semblaient prier. La pénombre qui les entourait ne semblait pas les gêner dans leur activité nocturne.
Ils vénéraient la Nuit. L'Obscurité. Ils vénéraient en d'autres termes leur Maitre : Naktis le Damnateur. Ces serviteurs du Mal s'étaient fait laver le cerveau par ce diable incarné. Comment pouvaient-ils être sauvés ? Le pouvaient-ils seulement ? N'étaient-ils pas condamnés à la nuit éternelle ?
Rylen Korr n'interdit aucunement à sa main droite de se poser sur le manche de son sabre laser, lequel était solidement attaché à sa ceinture. Il était en territoire ennemie. Seule lumière pour vaincre les ténèbres. Que devait-il faire ? Devait-il terrasser tous ces esclaves afin de les libérer de leur sort funeste ? Ou devait-il passer son chemin et ne pas leur apporter la moindre attention ?- Ismayal. Hunta lek Naktis.
Quelle créature maléfique pouvait rendre des êtres aussi misérables ? Comment les Jedi avaient-ils pu laisser des choses pareilles se dérouler ? Ça faisait déjà quatre minutes que Rylen se tenait là, immobile, au centre de la salle ovale. Aucun serviteur de Naktis ne semblait s'intéresser à lui, aussi étrangement que cela puisse paraître. Lobotomisés par le Mal, ils se contentaient de prier à genoux de manière coordonnée afin que le Mal se souvienne d'eux. Tout cela, ils le faisaient pour Naktis et seulement pour Naktis. Leur "Dieu" était la seule chose qui comptait à leurs yeux, pour rien au monde ils iraient voir ailleurs.
Seule la mort les délivrerait de ce sort maléfique. Seul Rylen Korr pouvait faire quelque chose pour leur vie.- Ismayal. Hunta lek Naktis. Hunta lek Naktis.
L'ambiance était sombre. Très sombre. Une étrange mélodie semblait résonner au fond, comme si le Côté Obscur lançait un écho infini afin de sous-entendre à Rylen Korr qu'il n'était pas la bienvenue ici. Tant pis, le Côté Obscur devrait faire avec. Ils se connaissaient depuis bien trop longtemps pour ne pas s'inviter mutuellement et ils avaient vécu bien trop d'histoires ensemble pour ne pas s'échanger un minimum de politesse. L'ennemi des Jedi était comme ça : fourbe, malin. Cachottier. Tel un Kath jouant avec son Gizka avant de le dévorer, le Côté Obscur s’immisçait dans l'esprit de ses victimes afin de les détruire de l'intérieur. L'on voyait le résultat sur ces serviteurs.
La tête haute, le comportement presque arrogant, Rylen s'avança et ignora finalement ces hommes et ces femmes qui n'avaient cessé de louer leur admiration pour le Damnateur. Ce n'est qu'à ce moment qu'il remarqua un détail d'une importance considérable : tous ces serviteurs étaient des... Humains. Aucun Rattataki ne vouait de culte à Naktis dans cette chambre aux sacrifices.
Voilà le ressentiment du souverain d'Isayidi vis à vis des Humains : il les méprisait. Et nul doute qu'il voulait envoyer un message fort à son invité du soir : "Voilà ce que je fais à tes semblables. Voilà à quelle place tu te trouveras cette nuit".
S'en était trop. Bien trop. Comment son Maître avait-il pu l'envoyer sur un monde de cet acabit ? Avait-il été au courant de ce qui se tramait sur cette planète ? Rylen reprit ses esprits et laissa derrière lui ses frères de race en espérant que le changement de salle lui ferait oublier le visage de ces opprimés. Il se demanda à cet instant comment se comporterait son défunt mentor à sa place.*Reste calme. Fais appel à la Force.*
Si facile à dire. Si difficile à obtenir. La Force pouvait parfois se montrer difficile, comme si le contexte et le lieu pouvaient influer sur sa présence et son influence. C'était le cas actuellement. La Force était difficile à trouver dans ce palais, tout simplement parce que ce n'était pas la même Force qui guidait quotidiennement Rylen Korr. Marcher dans la demeure de Naktis le Damnateur, c'était comme nager au fond du Nexus de Dagobah : on voyageait en eaux troubles. Sans repères. Sans défense. L'on était à la merci du moindre animal, de la moindre bête.
Il n'y avait que ça dans cette horrible atmosphère.
Pourtant, malgré d'énormes difficultés à respirer l'oxygène maudit qui se dégageait de ces couloirs, Rylen Korr réussit à atteindre une étrange salle habitant de nombreux artefacts. Bien que la pénombre n'était pas idéale pour avoir un aperçu précis de ce qui se cachait ici, le Jedi savait tout de même différencier un vase en marbre d'un saphir. Pour la simple et bonne raison que le saphir... brillait. La gemme orientale était d'une taille considérable et semblait attirer l'attention dans cette pièce intrigante. En s'approchant de celle-ci, Korr se demanda s'il ne s'agissait pas d'un cristal Adegan, ceux que l'on trouvait sur la planète Ilum. L'Ordre Jedi, à une certaine époque de l'Ancienne République en était friand. La destination avait peu à peu été abandonnée au cours des années bien qu'il arrive encore aujourd'hui que l'Ordre d'Endor organise des expéditions pour en récupérer.
Savoir qu'un serviteur du Côté Obscur s'était probablement servi sur Ilum inquiéta le Maitre Jedi. Ce dernier, après avoir longuement analysé le cristal de couleur bleu, décida de faire le tour des artefacts et des objets de valeur qui peuplaient la salle. Naktis était décidément un amateur de joailleries. A moins que certains de ces objets, au delà de leur valeur et de beauté, ne contiennent autre chose de plus important.
Des informations seulement accessibles par les serviteurs de la Force, par exemple.
C'est alors qu'un mystérieux sceptre attira l'attention du Maitre Jedi. Celui-ci, parfaitement rangé en hauteur sur un emplacement permettant de le mettre en valeur, brillait encore d'avantage que le cristal Adegan dans l'inquiétante obscurité qui régnait ici. Rylen Korr s'approcha lentement de cet étrange artefact alors qu'il observait minutieusement son apparence. Il était orné de différents cristaux et de matériaux d'une valeur considérable : saphirs, rubis, émeraudes... A lui-seul ce sceptre permettrait de racheter plus d'une centaine d'esclaves ! Mais le plus important dans tout ça, ce n'est pas la valeur brute de l'objet. Le plus important, c'était ce qui se trouvait sur le haut du bâton.
Un Holocron. Le sceptre portait un Holocron. Sa forme le trahissait. Rylen en avait vu des centaines dans sa jeunesse au Temple Jedi, il ne pouvait se tromper.
C'est alors que la raison de sa venue sur Rattatak lui revint à l'esprit. Était il possible... Était il seulement possible que l'objet de toutes ses convoitises se trouve ici, devant ses yeux ? Naktis le Damnateur était-il réellement en possession de l'Holocron qu'il recherchait depuis... des années ?- Par la Force...
Rylen Korr contempla l'objet qu'il avait sous les yeux. Il le palpa avec délicatesse, essayant de limiter les touchers afin de ne pas le détériorer. Si cet Holocron s'avérait être celui auquel il pensait, sa venue sur Rattatak serait un coup double : à aucun moment il n'avait espéré tomber sur l'objet qu'il désirait tant depuis tant d'années. Rylen ne se souvenait même plus à quelle époque il avait entendu parler de...- L'Holocron de Javos. Intriguant, n'est-ce pas ?
Une voix grave et inconnue raisonna brusquement dans la pièce. Rylen se retourna aussitôt dans la direction d'où il semblait avoir perçu le son. C'est ainsi que ses yeux se dirigèrent vers l'une des ouvertures menant à un impressionnant balcon. Une fois n'est pas coutume, le panorama extérieur était bien moins important que la personne qui était là, debout dans l'entrée, et dont l'ombre terrifiante recouvrait quasiment toute la salle.
Naktis le Damnateur était impressionnant. Terrifiant et menaçant. L'on disait de lui qu'il faisait plus de 2 mètres et que sa présence vous figeait sur place. Rylen Korr pouvait confirmer que l'on ne disait que des vérités sur le souverain d'Isayidi.- Connais-tu l'histoire tragique de... Darth Plagius le Sage ?
Le temps sembla s'arrêter. Une brise de vent parcourut la salle de long en large, comme pour annoncer un mauvais présage. C'est à ce moment-là que Rylen Korr aperçut véritablement son homologue Rattataki : celui-ci lui tournait le dos et avait les yeux rivés vers le paysage extérieur.
Le Jedi ne savait pas à quel jeu son ennemi se pliait. La seule chose dont il était certain à présent, c'est que Naktis n'était pas un Seigneur Sith.
Il ne l'avait jamais été. -
Post n°28
Auteur : Rylen KorrIl était là. Le Jedi pouvait facilement le sentir. Les ondes du Côté Obscur l'entouraient comme si de fins filaments de couleur rouge (sang) s'étaient emparés de lui afin de le capturer. Du moins c'était de cette manière que Rylen Korr aurait perçu le Rattataki il y a quelques années en arrière. A cet instant, ce n'était pas des filaments qu'il percevait tout autour de Naktis, mais bel et bien un serpent de plusieurs mètres qui était censé représenter le côté maléfique de la Force, celui qu'il avait décidé d'adopter au détriment du bon sens.Spoiler : Musique
Lorsqu'il aperçu la gueule de l'animal -il sifflotait et ouvrait la bouche à intervalles réguliers, montrant ses crocs particulièrement dangereux-, Rylen faillit avoir un soubresaut mais il n'en fut rien. Au contraire. Le Maitre Jedi adoptait une attitude de défi, le comportement presque arrogant. Rattatak l'avait changé, il lui avait donné une assurance particulière et différente de celle qui avait été sienne dans le passé. Cette réaction ne plut aucunement au serpent de plusieurs mètres qui s'enroulait autour du Damnateur : celui-ci ouvrit la gueule en grand durant de longues secondes avant de cracher son venin avec rage. Il n'appréciait pas Rylen Korr et il lui faisait savoir. Rylen Korr ne l'appréciait pas et il lui faisait savoir.
Heureusement pour le Jedi, il ne s'agissait que d'une métaphore accentuée par le contexte Rattataki censée montrer de quel côté se trouvait Naktis. Au moins, Rylen avait l'assurance d'avoir un ennemi en face de lui. Néanmoins, et le Maitre Jedi se le répétait sans cesse depuis de longues secondes : Naktis n'était pas un Seigneur Sith. Il ne l'avait jamais été.
Qui était-il, alors ? Sa puissance dans le Côté Obscur était indéniable. Son aura influençait la cité entière, ses habitants y compris. Nombre d'Isayidi s'étaient laissés pervertir par l'attrait du mal incarné par Naktis. Qui était-il si ce n'est un être puissant et charismatique ? Tandis que le serpent aperçu plus tôt disparaissait petit à petit -mais qui sait, peut-être que Naktis en avait réellement un ?- Rylen Korr se concentra physiquement sur l'homme qu'il était venu rencontrer. Le Damnateur.
- Que faut-il faire dans votre famille pour mériter le statut de Sage ? Tuer des enfants ? Violer des esclaves ? Transformer le sable de ces terres en sang ?
Le Damnateur laissa échapper un rire assez court mais réel. Comme le lui avait appris son mentor, les Jedi se montraient hautains et bien trop fiers face à leurs ennemis de toujours. Cet Ispani l'était plus particulièrement et Naktis espérait que ses frères et sœurs -s'il en avait- soient bien plus respectables que lui sinon tous les Jedi mériteraient son mépris éternel.
Le gigantesque souverain d'Isayidi ne daigna même pas regarder son invité du soir. Son regard toujours plongé sur la cité qu'il dirigeait d'une main de maitre, il répondit sur un ton aussi calme que la météo Rattataki de la nuit.
- Vous autres Jedi êtes bien trop présomptueux. Tu fais la fierté de ton défunt Ordre, l'Ispani, tu as parfaitement assimilé la propagande qui déborde de ton cerveau. "Les Sith sont le mal, les Jedi sont le bien". J'espérais que tes talents arme à la main soient à la hauteur de ton ouverture d'esprit, mais je me trompais certainement.
Dans un mouvement parfaitement coordonné et visiblement bien préparé, Naktis le Damnateur se retourna soudainement afin de faire face à Rylen Korr. Son ombre s'interposa entre ce dernier et la faible lumière qui provenait de l'extérieur. Haute de quatre mètres, la silhouette obscure surplombait dangereusement la chambre du palais de Naktis. Si le Rattataki avait été accueillant jusqu'à présent -du moins si l'on s'en référait aux mœurs locaux- il tenait à rappeler à l'Ispani qui était le maitre des lieux ici : l'Humain devait faire particulièrement attention à ce qu'il disait entre ces murs de sable dur.
- Tu n'as donc pas compris pourquoi les Jedi se sont fait magistralement chassés de Coruscant. Évincés de leur propre foyer par celui qui s'est autoproclamé "Être Parfait" de tous les Sith. Votre arrogance vous a détruit, tout comme elle a détruit le faux Sith'ari qui nous a tous condamné lorsqu'il s'est accaparé le pouvoir galactique, quelque soit la véritable stature de Naktis dans la Force, il partageait de nombreuses connaissances sur l'histoire des Sith et des Jedi, ce qui faisait de lui un individu à ne pas sous-estimer, Ne vois-tu pas que l'enseignement qui t'a été prodigué à toi et à nombre de mes semblables est dépassé ? Les dogmes sont un outrage et un frein à la puissance inestimable que nous offre la Force. Darth Plagius l'avait compris et par ses actes, il a fait bien plus que tous les tiens. Sans chercher de reconnaissance, il a offert à des générations futures un savoir inestimable sur la Force et la Vie, et ce dans le seul but de faire avancer les recherches sur le don qui nous a été donné afin de pouvoir l'utiliser à bon escient -et non pour un mauvais usage comme les tiens voudraient le croire-.
Celui qui a jadis été mon mentor, à défaut de me transmettre ce qu'il savait des recherches de Darth Plagius le Sage, a naturellement veillé à me raconter la légende de celui qui a réussi à manipuler la vie et à empêcher... la Mort.
Dans l'inquiétant obscurité du Palais de Naktis, ce fut au tour de Rylen Korr de railler les propos de son homologue. Ce qui déplut fortement au Damnateur qui resta néanmoins calme et stoïque : de la part d'un Jedi formaté et plein d'assurance, il n'espérait aucun effort de compréhension.
- Si un Sith aussi puissant que tu le décris a existé, comment se fait-il que nous n'ayons jamais eu vent de son existence ? Une telle grandeur laisse une empreinte dans les courants de la Force.
Le jeu de celui qui rira le plus se perpétua avec les efforts de Naktis qui dut se forcer, cette fois-ci. Son mentor avait donc vu juste, les Jedi étaient réellement hautains et ils ne se gênaient pas pour le laisser paraître. Le Damnateur comprenait mieux les évènements qui s'étaient jadis déroulés sur Coruscant : les Jedi avaient eux-même provoqués leur chute par leur comportement méprisant.
- Vous apprenez à vos apprentis à anticiper l'avenir, mais vous omettez de lire le présent. Vous avez cru pendant des millénaires avoir débarrassé la Galaxie des miens, mais en vérité nous avions été adoptés par les ténèbres de la galaxie. Après l'affront de Ruusan et l'échec de l'Ordre Sith calqué sur le vôtre, Bane a inculqué des enseignements novateurs à ses descendants.
- "Un Maitre, un Apprenti"... répondit Rylen Korr en citant ce que lui avait appris son Maitre il y a fort longtemps.
- Tout n'est donc pas à jeter dans la formation Jedi, voilà une information qui me rassure pour l'avenir des tiens, rétorqua immédiatement Naktis de sa voix grave et imposante, Des milliers d'années durant, vous nous avez cru disparus. Nous étions simplement devenus maitres dans l'art de la dissimulation. Mais un jour, un hérétique Seigneur dont on a jamais su le nom a trahi les engagements de Darth Bane en recréant un Ordre Sith tel qu'il existait durant les Nouvelles Guerres Sith. L'Oméga en est le descendant et le défenseur le plus farouche. Du moins il l'était. J'aimerais supplier la Force d'avoir pitié de son âme, mais l'évocation de son nom me donne envie de vomir.
Si Rylen Korr était venu sur Rattatak pour une bonne et unique raison -Naktis- il avait fini par croire que sa venue avait une autre signification. Il semblait que la Force lui ait assigné une mission de rédemption par rapport à son échec en tant que leader de la Bataille de la Forge Stellaire -d'où la raison pour laquelle il avait pris son temps avant de se lancer "à l'assaut" du palais du Damnateur-. Mais tandis qu'il écoutait les explications de Naktis, le Maitre Jedi en vint à se demander s'il n'était pas complètement à côté de la plaque.
Son mentor avait-il omis de lui donner des détails ? Lei-Yan Minn, l'homme qui l'avait formé au Temple Jedi durant son adolescence, celui qui lui avait tout appris... Avait-il oublié de lui donner des éléments d'une importance considérable au moment de lui confier cette mission ? Korr n'avait pas oublié un seul morceau de ce que lui avait dit son ancien Maitre. Et très étrangement, ni l'Holocron de Javos, ni toutes les informations que venaient de lui confier Naktis le Damnateur ne faisaient partie des éléments transmis par Lei-Yan Minn. Il y avait une hypothèse plausible, celle que le souverain d'Isayidi tente de pervertir le Maitre Jedi par le mensonge. Mais Rylen Korr était loin d'être dupe comme lors de sa jeunesse de Padawan, son expérience l'avait incité à sonder l'esprit de Naktis afin de déceler le vrai du faux.
Le Damnateur ne mentait pas. Il disait la vérité. Et Rylen ne le croyait pas suffisamment doué pour réussir à le manipuler comme un débutant. Mais une question entrainant une autre, un point important venait d'être soulevé par le Jedi : si Naktis n'avait pas la puissance d'un Seigneur Sith, comment justifier l'influence et l'aura qu'il avait sur des millions de Rattataki dans toute la région ?
Et puis il y avait ces nombreuses références à l'Empereur Oméga dans les paroles du tyran d'Isayidi. Rylen Korr se maudit discrètement. Tellement obnubilé par sa mission personnelle et par son erreur sur le véritable statut de Naktis, le Grand Maitre de l'Ordre Jedi en avait oublié une information cruciale révélée par son effrayant homologue.
- Tu parles de l'Oméga comme s'il lui était arrivé quelque chose. La Force aurait-elle eu la bonté de débarrasser la Galaxie de cette hérésie Humaine ? demanda l'homme barbu dans un ton extrêmement sérieux, ce qui voulait tout dire sur l'amour qu'il portait à son ennemi juré Sith.
- J'avais oublié que ton statut d'esclave t'avait empêché d'avoir accès aux bonnes nouvelles galactiques : l'Oméga a été fait prisonnier par la nouvelle République. L'on paie un jour ou l'autre de son infamie, ce traitre n'a pas échappé à cette règle divine.
Oméga capturé ? Une nouvelle République ? Depuis combien de temps Rylen Korr était-il sur Rattatak ? Sa venue sur ce monde isolé de la Bordure Extérieure ne devait durer que quelques jours à l'origine. Il semblerait qu'elle ait duré plus longtemps que prévu. Par la Force, où avait-il eu la tête au moment de faire ce choix ?!
Rylen n'espérait désormais qu'une chose : que l'Ordre Jedi n'ait pas disparu en revenant sur Endor. Si les Jedi avaient décidé de s'exiler ailleurs voire de retourner vivre sur Coruscant au sein du probable nouveau régime, il devrait accepter la décision des siens et ne pourrait rien faire pour changer la donne : les absents avaient toujours tord. Cependant, s'il revenait sur la lune des Ewoks et qu'il apprenait qu'un malheur était arrivé à sa famille -ce qu'il avait un temps redouté suite à une grave perturbation dans la Force ressentie durant son séjour sur le monde des Rattatakis- il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même : à trop se concentrer sur la mission laissée par son défunt Maitre, il en avait oublié son rôle dans la protection de "son" Ordre, celui qu'il préservait avec attention depuis de nombreuses années.
Il y avait un étrange goût de déjà vu. Naktis n'avait-il pas eu raison de dire les mots qu'il avait prononcé à l'instant ? Rylen, comme tous les siens sous l'Ancienne République et l'Empire Démocrate, était resté enfermé dans l'avenir voire le passé en oubliant le plus important : l'instant présent. Le choc des dogmes Jedi résumé en quelques mots, la Force Unificatrice face à la Force Vivante. Le Jedi, à trop vouloir respecter la promesse de son mentor, avait laissé de côté celle qu'il avait fait à sa famille actuelle. Cruelle désillusion pour un Grand Maitre respecté et adulé.
- L'Oméga est un traitre à tes yeux. Pourquoi ? Qu'a t-il fait aux "tiens" ? N'êtes-vous pas de la même famille, celle des Sith ?
Les yeux de Naktis, déjà bien sombres, devinrent menaçants. Rylen sentit dans la Force un dangereux grondement, comme si quelque chose -ou plutôt quelqu'un, en l’occurrence- venait de ressentir une terrible colère semblable à un tsunami déferlant sur tout ce qui était à sa portée. Les paroles du Jedi venaient visiblement de toucher le Damnateur en plein cœur, à tel point que celui-ci leva le point avant de le serrer fermement afin de montrer son ressentiment actuel. S'il y avait eu un objet dans le creux de sa main à ce moment-là, celui-ci aurait été écrasé et réduit en miettes.
- Ne. Redis. Jamais. Ça. L'Oméga n'est pas de ma famille et il ne le sera jamais. Je préférerais mourir que de poursuivre le même combat de cet hérétique à l’œuvre de Darth Bane... Malheureusement, cette dernière a été bafouée par l'arrivée du Seigneur dont on ne connait pas le nom. Les origines ont été reniées, le Darth Sans Nom -c'est ainsi qu'il est nommé par les légendes- a reformé un Ordre Sith voué à reproduire les mêmes échecs que lors des Batailles de Ruusan : "formons le plus d'apprentis possibles pour réussir à surpasser les Jedi et la République par le nombre". Mais après la mort de Darth Sans Nom, plusieurs courants sont apparus, plusieurs "familles". Ces maisons furent en paix il y a un temps, mais même le temps ne peut empêcher les conflits d'intérêts. Certaines d'entre-elles se sont fait la guerre, à tel point qu'une de ces familles fut exterminée. Du moins je le croyais encore il y a quelques cycles en arrière...
L'Oméga en a été l'acteur, tout comme il a été le Seigneur qui a récolté les fruits du dogme du Darth Sans Nom. Il a suivi sa voie plusieurs générations après sa mort et a repris à son compte l'Ordre Sith et la formation d'une nouvelle génération d'apprentis. Mais par ses actes, il nous a tous précipité dans sa chute. Il n'y a qu'à voir où en sont les Sith aujourd'hui : traqués de toute part, voués à l'échec et à l'humiliation. Même les Séparatistes qui furent un temps soumis à notre volonté nous haïssent désormais au point de nous éliminer où que nous soyons.
Nous ne sommes pas de la même lignée de Sith. Mais nous portons le même statut aux yeux de la galaxie. L'Oméga, Naktis. Darth Plagius... Nous voilà mis au même niveau que cet incompétent. Un génie comme Darth Plagius, voué à être perçu de la même manière que le faux Sith'ari... Je ne peux croire à un tel destin. Je ne peux croire à une telle chute. Malheureusement, tout concorde. Ton arrivée sur Rattatak, prédite par mon Seigneur. Et la résurrection du Premier des Parjures, Paria des parias.
Le Seigneur de Cypher.
L'atmosphère devint soudainement Noire. Le Côté Obscur régnait en Maitre, encore plus que partout ailleurs sur la planète. Le serpent qui était présent plusieurs minutes en arrière réapparut dans le même temps, cette fois-ci accompagné de plusieurs de ses comparses. Des cobras mortels, des anacondas de Kashyyyk, des vipères Kinrath. Le nombre de sous-espèces affiliées à la famille était impressionnant. Stupéfiant.
Un à un, les reptiles vinrent noircir la seule lumière qui régnait dans cette pièce, l'entourant habilement afin de mieux la piéger. Ils étaient bien ignorants. Un Maitre Jedi était bien trop serein pour se laisser décontenancer par de telles bêtes. Et pourtant.
Dans un geste aussi vif que l'éclair, Rylen Korr alluma son sabre laser et trancha la tête d'une vipère qui fut sur le point de lui cracher son venin au visage. Ces serpents ne sortaient pas de son imagination ! Bondissant en arrière, l'invité surprise de Naktis trébucha sur un anaconda long de six mètres et vint se vautrer au milieu de ce vivarium à toit ouvert. Il était désormais à la merci de ces horribles prédateurs.
Naktis, lui, n'avait pas bougé d'un seul centimètre. Il savourait la scène, fier d'avoir si bien accueilli son homologue Jedi. L'expression du visage qui se dégageait de ce dernier était une fierté sans équivalent pour un Rattataki tel que lui.
- Je savais qu'ils escomptaient m'éliminer pour avoir accepté un objet tant convoité. J'étais persuadé qu'ils m'enverraient l'un de leurs meilleurs éléments. Mais un Jedi ?! Rylen comprenait mieux désormais la situation dans laquelle il se trouvait : Naktis pensait à tord qu'il avait été envoyé pour l'éliminer, ce fils de Hutt n'a t-il donc pas de respect pour les siens ?! Je savais le Hérault de Cypher perçu comme un paria, mais à ce point ! Pour t'être rallié à lui, tu serviras de diner à mes crotales. Rylen Korr, que la Force te pardonne ton péché. Et n'aie crainte, le Seigneur des Parias et tous les siens te rejoindront bientôt.
Une étrange odeur vint accompagner ces dernières paroles de Naktis. C'était un mélange d'acide, de vomi et rat décomposé. En tournant la tête sur sa droite, Korr aperçut les entrailles d'un Python qui avait d'ores et déjà la gueule ouverte pour goûter à son festin. Ses longues dents acérées gardaient encore la trace du précédent diner qui n'avait, visiblement, pas estompé la faim de l'animal.
Celle-ci allait être comblée avec un Humain bien copieux.
