Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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La Rédemption du Jedi [Rattatak]

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    #6

    Post n°6
    Auteur : Slice

    Si le début de journée avait été on ne peut plus riche en émotions, l’après-midi fût diamétralement l’inverse. Après avoir pris congé auprès des comploteurs, le Trandoshan avait escompté se reposer autour un repas dûment mérité. Toutefois la pitance locale n’était pas des plus appétissantes, et après de longues heures de pérégrination à la recherche d’un restaurant de qualité, le Cultiste fût malheureusement réduit à manger des fallafels dans un des bouisbouis du coin.

    L’endroit était sale et malfamé mais ce fût quand même l’occasion pour Kabal de faire le point sur sa situation. Pour l’heure tout marchait sur des roulettes. Son plan s’était déroulé sans encombre mais savait qu’il devait rester prudent. Si les Guetteurs découvraient sa véritable affiliation il serait perdu et avec lui disparaitrait alors l’occasion pour le Culte de récupérer ce que le fils du Parjure leur avait dérobé. Et pourtant ce n’était pas la peur qu’il éprouvait à ce constat, il en était au contraire tout excité … L’adage « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » guidait chacune de ses actions.

    Ce n’était pas pour autant une raison pour faire n’importe quoi. Tout comme l’avait fait Lucien Nidler sur Kashyyyk, Kabal devait jouer prudemment. Mais s’il voulait la victoire il fallait pousser l’ennemi à avancer ses pions non pas par logique mais par colère. Tout en mangeant ces sortes de fritures de pois chiches, le Trandoshan regardait l’immense Palais qui dominait toute la cité. Derrière ces larges murs se terraient le traître et ce sinistre tyran qui régnait sur toute la région. Le Cultiste se fît alors une promesse : il ne quitterait pas Rattatak avant que ces deux derniers ne bouffent les pissenlits par la racine ...

    Passé le repas Kabal s’en avait été régler quelques affaires pour les Guetteurs puis il jouît à son loisir de toute la fin de journée. Il avait ainsi profité de l’occasion pour se promener dans la vieille ville et en étudier l’architecture. L’aspect même des lieux ne l’intéressait guerre, c’était l’enchevêtrement des constructions qui passait au crible de ses yeux calculateurs. Kabal calculait, Kabal observait … Chacun de ces endroits, de ces clochers, de ces tours, de ses arches … tous ces lieux étaient potentiellement important : ils pouvaient servir d’embuscades, d’endroit propice à un attentat, de point de vue pour surveiller ... Le Trandoshan observait tout cela et savait que s’il en aurait besoin, toutes ses informations pourraient s’avérer utile.

    La première règle chez les gens de Cypher était la connaissance des lieux qui les entouraient. Les gens n’étudiaient jamais leur environnement et c’était là une erreur flagrante ... Son étude terminée, le Cultiste pris un autre repas tout aussi appétissant que le premier et vint jusqu’à la porte Ouest. La nuit était tombée et le vieillard qu’il avait mandaté dans la matinée était bien là. Avec lui se trouvait une trentaine de pauvres larrons à l’aspect tout aussi misérable que le sien. Sans dire un mot, Kabal lui donna tout autant de pièce d’or que de personnes et les invita à le suivre. Depuis les hauteurs d’Isayidi le Trandoshan avait identifié un lieu à l’écart des quartiers fréquentés : dans les bidon villes alloué aux esclaves et aux pauvres. C’était là, parmi les maisons en ruines et les ordures, parmi les vieillards, les orphelins et les mourants abandonnés à leur sort, que l’Hérault de Cypher s’adressa à la plèbe.

    Il leur commanda un bien étrange dessein. Juché devant une large paroi de pierre, il dessina grotesquement sur la roche un arbre avec de l’huile de pois avant de la bruler avec une torche. Le symbole s’enflamma immédiatement, illuminant les lieux du blason de son Culte. La foule resta un moment silencieuse avant que Kabal ne leur jeta des poignets de pièces en leur intimant d’en faire autant dans toute la ville ! L’instant d’après tous ces parias s’en étaient allés récupérer du combustible ...

    Ce soir-là ce fût tout Isayidi qui s’illumina de lumière. De l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud, d’étranges brasiers s’allumèrent jusqu’au petit matin. Tous ces incendies reprenaient la forme grotesque d’un arbre à l’égide menaçante. Et bien que toute la plèbe vive cet étrange symbole, nul ne savait vraiment ce qu’il annonçait. Car en ce lieux il n’y avait là qu’une seule personne capable d’en comprendre toute la teneur ... Ces feux étaient là un message à l’adresse du fils du parjure : le Culte de Cypher était ici pour lui …

    Avant de rentrer à l’auberge Kabal regarda une dernière fois le château d’Isayidi. Les poings serrés, sa cape ballotée par le vent, le Trandoshan espérait que le fils du Parjure fût enfin conscient de la menace qui planait au-dessus de lui.

    Et cette nuit-là le message toucha bien son destinataire. Alerté par les allées et venues des pompiers, le traître s’en était allé sur un des balcons du Palais Royal pour contempler les incendies. Telle ne fût pas sa stupeur lorsqu’il reconnut le sinistre emblème du Culte qui fût autrefois le sien … Juché sur la balustrade, il ne put s’empêcher de tressaillir d’effrois. Lui qui avait tout fait pour échapper aux griffes de l’Omega et de ses sbires, il n’aurait jamais pensé que le danger puisse venir de ces anciens frères d’armes. Fou de colère il jura toutes les insultes de la Galaxie, du Hutt au Kaminoen. Ses mains se serrèrent autour de la rambarde tandis que de larges gouttelettes perlaient sur sa tempe. La peur s’initiait dans son esprit car il savait que les gens de Cypher étaient animés autour d’un même crédo : celui du Talion …

    Le voyant agir ainsi, un des gardes royaux vint à son niveau. Le traître se retourna vers son comparse et ce dernier put voir le désespoir qui s’était insinué au fond de son regard. La voix haletante, le fils du parjure indiqua qu’il devait d’urgence s’entretenir avec le monarque d’Isayidi.


    « - je dois voir Naktis le Damnateur immédiatement … »

    « - Mais vous avez vu l’heure … »


    « - Au diable les politesses, nous allons avoir de sérieux problèmes … »


     
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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #7

      Post n°7
      Auteur : Rylen Korr

      Spoiler : Musique
      [Flash unavailable]

      Le voile ténébreux qui l'entourait fut momentanément percé par un rayon de soleil qui vient réchauffer son âme de toutes les tourmentes auxquelles il était confronté. Rylen Korr se voyait dans son avenir. Un avenir façonné par la Force elle-même. Sa barbe grisonnante et ses premiers cheveux blancs lui montraient qu'il avait gagné en âge et en maturité, très certainement en expérience et en vécu également. Mais l'image ne pouvait laisser place à l'hésitation: le Maître Jedi avait retrouvé la paix avec lui-même. La chaleur de l'environnement qui l'entourait -un paysage de lacs et de prairies verdoyantes- amenait de la sérénité et de l'harmonie dans son cœur. Son esprit, lui, avait balayé tout le mal qui l'avait perverti. La main tendue vers l'horizon, Rylen semblait appeler quelqu'un au loin. Une ombre qui vint recouvrir la terre fleurissante. Une ombre qu'il avait préféré oublié et qui avait fini par disparaître dans le silence le plus total, laissant le Maître Jedi dans un nuage de regrets qui transforma la nature du paysage dans lequel il résidait.

      La mort venait de corrompre ce décor paradisiaque. Rylen tenta désespéramment de s'y opposer afin de sauvegarder cette nature si bienveillante. En vain. Les ténèbres s'emparèrent de ce monde, emportant la lumière et son défenseur dans les profondeurs des enfers.

      Cela faisait deux ans que ses rêves se transformaient en cauchemars aussi perturbants. Deux ans que Rylen Korr déviait lentement du chemin initial emprunté à son entrée dans l'Ordre Jedi. Mais cela, il n'y avait guère fait attention. Aveuglé par sa confiance qu'il croyait sans faille; berné par sa foi qu'il croyait loyale envers lui-même. Comme tout le reste des Jedi, Rylen s'était vu trop grand. Et cela l'avait amené là où il se trouvait aujourd'hui, perdu au fin fond de la Galaxie. Il méritait ce châtiment divin, une punition qu'il acceptait sans broncher. Il n'avait pas été digne de son statut de Jedi et n'avait pas honoré ses ancêtres.

      Pitié. Ais pitié de moi.

      Il méritait de laisser sa vie à quelqu'un de plus noble et de plus sage. Sa vie méritait de revenir à un être Humain, à une personne qui possédait encore un cœur. N'avait-il pas perdu le sien en devenant Chevalier Jedi? En cet instant, toutes les connaissances acquises au cours de cette vie de cénobite devinrent superflues. C'était la formation Jedi qui l'avait rendu comme cela. C'était l'Ordre Jedi qui avait fait de lui ce qu'il était devenu. Devait-il rejeter la faute sur sa propre personne alors qu'il n'avait jamais eu le choix?! Toute une existence gâchée par des règles qui faisaient perdre toute notion d'humanité à un Homme ! Berné par l'idéal millénaire d'une Galaxie en paix qui n'avait et qui ne verrait jamais le jour. Korr n'avait que trop gouté au malheur et à l'injustice. Il ne voulait plus croire à cette vie imaginaire qui n'existait que dans les songes de chacun.

      La voilà la vérité galactique telle qu'on la vit au quotidien dans l'univers. Isayidi. Une population sans un sous qui se bat pour obtenir son morceau de pain. Une corruption qui pourrit la civilisation à tout les étages. Une absence de mœurs qui amène les hommes à s'entretuer et à s'assujettir entre eux. Des barbares qui représentent la version la plus primitive de la décadence humaine. Rylen Korr ne valait pas mieux qu'eux. A vrai dire, il avait sa place parmi eux. Cette planète était faite pour lui. La Forge Stellaire n'avait fait que dévoiler son ombre intérieure et l'amener là où il était le plus à sa place.

      Les portes des Enfers s'ouvrirent devant lui. Ils les accueillaient avec une facilité déconcertante.

      Il y avait tellement de ressemblances avec le monde des morts dans cette cité. Alors que la nuit approchait, des feux semblaient allumés un peu de partout dans la ville. Et au loin, l’œil maléfique des Ténèbres semblait murmurer à l'oreille de Rylen Korr qu'il ne ressortirait jamais d'ici. Jamais.

      -Isayidi m'effraie. Jamais une cité ne m'a autant attristé qu'elle. On y rencontre tout les malheurs que peut connaître un monde, annonça sobrement Jooma, visiblement très affecté par leur arrivée en ces lieux.

      Ces mots apportèrent un maigre réconfort à Rylen Korr qui baignait actuellement dans les profondeurs les plus obscures. Le cœur de l'homme barbu semblait vouloir exploser. Il y avait tellement de malheur dans cette ville que plusieurs larmes vinrent glisser le long de son visage sans qu'il ne puisse les retenir. La souffrance de tout ces gens vint l'envahir, de telle sorte qu'il semblait destiné à endurer tout les maux de cette société. Était-ce donc ça, le châtiment de la Force à son encontre? Avait-il été envoyé ici pour vivre éternellement avec cette souffrance collective? Son corps était glacé, Rylen ne sentait plus ses membres. Il était incapable de sortir un seul mot. Voilà qu'il était réduit au silence face aux tourments qui habitaient Isayidi. Il ne pouvait strictement rien faire pour changer les choses. Et c'était la première fois qu'il prenait conscience que ses actes n'y changeraient rien. Le malheur existait et existerait pour l'éternité.


      -Regarde, déclara Jooma en tendant le doigt vers un imposant bâtiment rond, Al-Kàzan, l'arène des meilleurs gladiateurs de la planète. Mais tout le monde l'appelle... le Chaudron. Car il y règne une atmosphère encore plus ardente que les Enfers. Plus de deux-cent milles personnes déchaînées réclamant du sang et des morts. Pour quelques tranches de pain et le plaisir de voir des vies s'envoler vers l'au-delà.

      Au fond, c'était sûrement cela que la Force voulait faire comprendre à son défenseur le plus cher. Afin de comprendre le véritable sens de la vie, Rylen Korr devait devenir un esclave. Esclave d'un autre, mais surtout esclave de lui-même.

      -Al-Kazàn est le seul moyen de retrouver la Liberté. Soit en tuant. Soit en mourant.

      Mais Rylen Korr ne pourrait plus jamais retrouver ses valeurs passées. L'idée lui effleura l'esprit, celle de devenir Gladiateur et de se libérer de ses chaînes. Le seul moyen de quitter cette horrible planète. Mais la Force accepterait-elle de le voir s'affranchir de la sorte? N'y verrait-elle pas un affront supplémentaire après le désastre de la Bataille de la Forge Stellaire? Cet homme était donc voué à la déchéance éternelle.

      S'en était fini du Maître Jedi d'antan. Sans était fini du Jedi, tout simplement. A l'intérieur de cette cité, Korr était redevenu un Homme.

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        #8

        Post n°8
        Auteur : Slice

        Cette cité, qui la veille encore grouillait de vie et d’entrain dès les premiers rayons du soleil, avait été plongée par un curieux hasard dans une affliction à toute épreuve. Les volets restaient fermés, les stores demeuraient clos et les esclaves étaient toujours enfermés dans leurs quartiers.

        Le temps c’était figé et le seul bruit qui résonnait dans les rues était celui du vent. Les rafales grondaient et se frayaient un passage dans de vides venelles au point qu’un étranger à peine arrivée en ville aurait aisément pu penser qu’il n’y avait là qu’un esprit qui errait ainsi dans cette cité fantôme …

        Mais que les routiers se rassurent : nulle sorcellerie n’était à l’œuvre en ce petit matin ! Tous ces gens rechignaient tout simplement à sortir dans la rue. Non pas que le vent les y empêchait, ils y étaient accommodés. La raison était toute autre : on attendait, on réfléchissait … Car si la plèbe d’Isayidi se terrait ainsi dans ses masures, c’était qu’un soudain vent d’espoir s’était mis à souffler en direction des plus démunis. La veille des hommes s’en avaient été jusqu’à défier leur suzerain en allumant d’étrange pictogramme fait de flammes, de goudron et de chaux. Le feu avait consumé plusieurs baraques. Il c’était rependu à des quartiers entiers et quelques riches familles avaient même péris dans les flammes à ce que l’on racontait !

        Ce bien étrange malheur c’était uniquement acharné sur les fortunés, car là où vivaient esclaves et mal logés, il n’y avait pas eu la moindre trace de feu de chaumière. Certes des symboles y avaient été allumés, mais aucune maison intentionnellement brûlées ... Les maîtres de la citée n’étaient pas dupe : on savait bien que lorsque les petites gens en arrivent à de tels extrêmes, ça n’annonçait généralement que les prémices d’une révolte !

        De souvenir d’homme cela faisait trente ans à peine qu’on avait maté la dernière révolte servile. La mémoire des témoins de cette époque était encore douloureuse. Tous se commémoraient les pogroms fait d’une part et d’autres des murs de cette vaste agglomération. Ramenés par quelques flammes à ce violent passé, opprimés et négriers se jugeaient en silence. Les rengaines se ravivaient, les coups de fouets se faisaient plus intenses comme pour rappeler qui était maître et qui était soumis. L’action de l’émissaire de Cypher avait outrepassée son but. Là où Kabal avait pensé adresser un signe au fils du parjure, il avait soufflé sur des braises. Face à tant de mysticisme, les incendiaires avaient outrepassés leurs missions et mus par l’espoir ravivé par cet énigmatique personnage, ils s’en avaient étés à croire qu’il était venu les libérer de leur position servile. C’est au nom « du prêcheur » que cette nuit-là ils avaient incendiés les faubourgs des riches. Sans le vouloir Kabal se trouvait acteur malgré lui de cet émoi populaire.

        Les deux extrêmes de la société, qui la veille encore s’étaient couchés pour les uns en tant que maitres et pour les autres en tant que dociles esclaves, se réveillaient en cette matinée avec l’infime conviction qu’il suffirait d’un rien pour que les rôles soient inversés. Le vent n’était plus le seul à gronder dans les rues, il y avait aussi un peuple dont seule l’action de la violence et de la domination physique l’amenait encore à accepter son sort ...    

        Les riches quadragénaires se souvenaient avec amertume de cette époque, où adolescent ils avaient bien manqués de se faire occire par leurs esclaves révoltés. Les esclaves se rappelaient quant à eux avec fureur le sort de leurs parents massacrés ! Le sang bouillonnait mais pour l’heure aucune parole n’avait été donnée. Car tous le savaient : toutes les révoltes serviles avaient finis par la défaite des opprimés. Et bien que les citoyens craigaient naturellement de tourner le dos à leurs esclaves, tous restaient persuadés de leur toute puissance. !

        Il était clair que s’il y avait une révolte il y aurait des morts, mais a ceci prêt qu’on ne verrait qu’un seul pogrom ! Celui-ci viendrait de la main même du «damnateur». Car le Roi d’Isayidi avait une faste emprise sur cette cité et ses hommes d’armes obéissaient sans broncher au moindre de ses caprices. Naktis avait prévu d’organiser des jeux dans cette ville qui était son fief, et il escomptait faire de cet évènement le point de départ de la conquête de toute la région. Du haut de son palais, l’imposant monarque contemplait le paysage qui se dressait devant lui. Ces terres rougeâtres étaient partagées entre plusieurs capitales et elles attisaient intérieurement sa volonté belliqueuse. Sa soif de pouvoir l’amenait à penser qu’il les avait partagés avec ces semblables depuis bien trop de temps. A présent elles devaient devenir sienne …

        Le partage était l’apanage des faibles sur Rattatak. Sur la planète rouge sang le fort dominait le faible. C’était cette même règle, issue de la nature animale de tout être sensitif, qui régissait le destin des grands et les petits. Qu’ils soient des êtres vivants ou même des pensées collectives, inconsciemment il existait toujours un rapport de force qui instaurait une relation entre les parties. Naktis était fort, puissant mais il était surtout rusé ! La force brute n’était pas tout et nombreux étaient ceux à l’oublier. Les Siths par exemple avaient pris l’adage « le fort domine le faible » comme argent comptant et ils n’avaient pas étés en mesure de comprendre qu’il fût un jour où les rôles avaient étés inversés ! Ce croyant le prédateur alors qu’ils étaient devenus le gibier, ils avaient été bernés … Par qui ? Par quelqu’un de plus fort, mais pas seulement physiquement, mais aussi mentalement !

        Accoudé à la balustrade où c’était trouvé la veille au soir le fils du parjure, il contemplait ces terres qui ne connaitraient bientôt qu’un seul souverain. Le Rattataki scruta les toitures de masures incendiées avec réprobation, en s’attaquant à la cité on s’attaquait à sa propre autorité ... La progéniture du martyr de Cypher se trouvait à ses côtés, visiblement ce dernier était encore choqué des évènements de la nuit. Il faisait les cent pas, apeuré comme le traître qu’il était ! Les compagnons de son père était ici et il était clair qu’ils étaient en partie pour lui ! On allait lui faire payer d’avoir dilapidé une partie de l’héritage de sa maison !


        « - Sire, nous devons agir avec plus d’empressement ! Châtier les ruffians ne sera pas suffisant, il vous faut prendre des mesures drastiques à l’encontre du culte ! Vous ne les connaissez pas comme je les connais, ils sont rusés et ils ont la force avec eux … »

        Naktis leva sa main en signe d’autorité. Le félon  se tût et abaissa la tête en gage de soumission. Si le fils du parjure était apeuré, le monarque ne l’était en rien. A dire vrai il était même détendu, il réfléchissait … Le Rattataki jugeait de l’affaire avec sérieux mais l’empressement n’avait jamais été la solution. Durant la nuit il avait donné la chasse aux incendiaires et on en avait capturé bon nombre. La torture n’avait rien révélé mis à part qu’un étrange « prêcheur » les avait payé avec de l’or pour illuminer la ville du sceau du culte de Cypher. Ce soit disant messie l’intriguait, après tout ce n’était pas tous les jours qu’un ennemi signalait par avance à son adversaire qu’il allait l’attaquer. Etait-ce là un code de gentilhomme ou un avertissement ? Y’avait-il encore une once de chevalerie chez les Siths ?

        Ainsi les anciens compagnons du père du jouvenceau étaient venus ici. Sans doute voulaient-ils vengeance ? Ou bien en voulaient-ils à l’holocron que lui avait ramené ce traître en échange de protection ? Tout cela s’annonçait intéressant. Après tout autant de minutes où il se teint silencieux à contempler son royaume, le damnateur retourna dans ses appartements. Un léger sourire était incrusté dans les plis de sa bouche. Les confidents du souverain savaient pertinemment qu’il n’hésiterait pas à mettre la ville à sang si c’était nécessaire pour faire appliquer l’ordre et le calme sur Isayidi. Personne ne pourrait gâcher ces jeux du cirque et l’avènement de son règne sur cette vaste région, il s’en était fait le serment !

        Les propriétaires terriens, les lanistes, les bourgeois, tous ces gens jugeaient avec crainte et méfiance cette subite audace qui avait animée les plus pauvres la nuit dernière. La ville restait ainsi comme figée, on attendait que le damnateur agisse avec la même brutalité qui lui était propre et qui lui valait ce si sinistre surnom ….

         
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          Post n°9
          Auteur : Slice

          Alors qu’il n’avait que peu dormi vu ses activités nocturnes, l’envoyé de Cypher s’était glissé hors de son lit avant même les premières lueurs de la journée ! Le soleil peinait encore à se lever et ses rayons n’avaient pas encore percé les épais rideaux de sa chambre, que déjà Kabal s’afférait à se préparer ! S’éclairant à l’aide d’un bruleur à sustentation, l’homme se débarbouillait le visage dans un évier à l’émail abimé. Tout dans cette demeure tombait littéralement en lambeau : les poutres de sa chambre étaient à moitié moisies, les draps de son lit étaient bouffés par les mythes, le plancher ravagé par les termites et la salle de bain était si humide qu’elle abritait déjà une vaste colonie de champignons … Certes le confort de l’auberge était spartiate, mais Kabal avait été habitué à pire !

          C’était un homme du matin, que rien ne pouvait écarter de ces petits rituels qui sont l’apanage des gens méticuleux. Un météore aurait-il put tomber dans le quartier d’en face qu’il ne serait pas sorti avant d’être aussi propre et frais qu’a l’accoutumée ! Ceux qui faisaient esclandre du temps passé par la gente féminine dans les salles de bains auraient étés surpris des heures qu’y passait ce dernier. Et  c’est ainsi que respectant scrupuleusement ses habitudes, l’envoyé de Cypher se préparait en silence à une rude journée. Car si son Seigneur était un homme bien peu tourné sur l’hygiène, les habitudes de l’émissaire en étaient drastiquement l’inverse.

          Alors qu’il passait une âpre éponge sur son visage, le Trandoshan se regarda longuement dans le miroir. Ses traits reptiliens ne cachaient en rien les larges cernes grisâtres qui s’étendaient sous ses paupières. La fatigue se lisait sur son corps et elle avait touchée jusqu’à son âme. Ce n’était pas là un épuisement physique mais bien celui de l’esprit, lorsque harassé par les doutes il s’en devenait las et éreinté.

          Contemplant ce reflet qui lui paraissait étranger, l’envoyé de Cypher se demanda s’il avait bien agit la veille. Avait-il eu raison de pousser de pauvres gens à une mort certaine contre quelques menus monnaies ? Le prélat esquissa une moue de désapprobation devant l’image que lui renvoyait son miroir. Il croisa les doigts dans un signe de superstition et quitta la salle de bain pour retourner dans sa chambre. Ses pensées étaient absorbées par les conséquences de son excès de zèle de la veille. Enivré par son arrivée et la manière par laquelle il s’était joué des guetteurs, Kabal avait commis la pire des erreurs en se laissant diriger par sa vanité.

          Bien que forte en symbolique, l’action de la veille n’avait servi à rien mis à part à alerter l’ennemi et de condamner de pauvres innocents. Ces gens était si démunis et affamés qu’ils avaient étés bien peu soucieux de penser aux conséquences de leurs actes du moment qu’on les payait. Ceux qui avaient étés capturés n’avaient réalisés que trop tard l’immense erreur qu’ils avaient commise. Et maintenant que la majeure partie de ces petites gens était tombée entre les mains du « damnateur », il ne restait plus que le prêcheur pour assumer le fardeau de cette équipée sanglante …

          Kabal le reconnaissait volontiers : il avait été dépassé par les évènements et les espoirs placés en son action ! Lui qui avait voulu annoncer l’arrivée de son culte dans un élan de mysticisme, se trouvait à présent l’égérie des pauvres et des opprimés. C’était toute la cité qui avait résonnée après que l’on eut soufflé sur les braises. A présent tous escomptaient régler les comptes d’un passé dont les rancœurs étaient encore bien trop récentes. L’homme essayait de se trouver une excuse et en ceci il n’était pas différent de tous les fautifs qui s’acharnaient sans peine à pousser la responsabilité de leurs actes sur ceux de leurs ennemis. Cette action était-elle réellement vaine ? Après tout n’avait-il pas donné de l’espoir ? Ces gens étaient-ils morts pour sa pure vanité ou avaient-ils donnés leur vie pour autre chose ? Cruel déchirement que celui d’un homme harassé par ses propres doutes …

          Kabal s’essuya le visage avec une serviette et revêtit la tenue de chanoine qu’il avait posé sur son lit. Une phrase teintait en boucle dans son âme endolorie : « si la peur des conséquences éloigne parfois du mal, elle éloigne beaucoup plus souvent du bien ». Cet adage du Livre du Dieu Cornu lui rappelait que s’il pouvait avoir mal agit la veille, encore pouvait-il se targuer d’avoir fait ce qu’il avait pensé juste sur l’instant. Ceux qui restaient à jamais inactifs remâchaient leurs griefs sans jamais essayer de faire changer le monde. Ces gens-là ne servaient à rien … Le sacrifice de soi et les martyrs volontaires (ou provoqués) étaient des usages encrés chez les gens de Cypher. Par le feu, la force et la mort les parias ouvraient la voie. Après tout leur Seigneur lui-même n’avait-il pas été occis avant de revenir à la vie ?! Kabal pensa aux malheureux de la veille et les considéra alors comme des martyrs qui ignoraient la véritable cause pour laquelle ils avaient donnés leur vie. Il se mentait à lui-même, confondant son excès d’orgueil avec l’intérêt commun et celui de son culte. Il se laissait aller à se comparer à son maître et exultait dans une homélie qu’il plaidait mentalement les écrits prophétiques enseignant que l’ancien monde mourrait pour renaître d’une graine qui ne germerait pas, mais éclaterait dans les flammes.

          Oui, Kabal avait la foi ! Non pas celle des hommes touchés par la grâce, recherchant l’absolution, le pouvoir ou tout bonnement ceux ayant peur de la mort. Non, il mais seulement la vraie, l’unique : celle des gens qui croient tant en une chose qu’elle devient vérité immuable. Car il est des gens qui sont capable de se mentir à eux même juste par croyance. Ces gens-là sont les plus dangereux car aucune logique et objectivité ne peut étayer leur jugement ! Kabal était l’un d’eux. Il croyait réellement au bienfondé de sa cause et croyait en la justice de ses actions. Pour ce trandoshan, il n’y avait rien de plus noble à son esprit que d’œuvrer ainsi pour une noble quête. Le malheur voulu qu’il confondit cette même quête avec ses aspirations personnelles ...

          Et pendant ce temps le soleil avait continué à monter de sorte que quand Kabal fût décidé à partir, l’astre était déjà bien haut dans le ciel et la journée tout aussi entamée. Mais si l’envoyé de Cypher avait perdu son avance, il conservait encore sa détermination ! Emmitouflant son visage d’un drapé de soi, il était fin prêt à affronter les rigueurs du temps Rattataki. Et c’est ainsi qu’encapuchonné dans une tenue bien différente de la veille, Kabal quitta son auberge et rejoignit le centre-ville d’Isayidi.

          L’homme avait été un de ces rares hommes à braver l’immobilité générale de la matinée. L’aubergiste c’était lui aussi levé mais comme une bonne partie des bourgeois il était resté terré dans sa masure. Il avait bien exhorté le Trandoshan de ne pas sortir dans la rue mais ce dernier n’en avait fait qu’à sa tête. Il est probable que l’histoire de Kabal fût différente s’il avait accepté ce conseil. Car bien que la fureur grondait chez les opprimés, les gens d’Isayidi ne craignaient pas vraiment l’affrontement entre maîtres et esclaves. La raison qui les poussait à l’inaction était bien plus la peur de la fureur de Naktis, leur vil suzerain !

          Mais voilà Kabal s’en allant dans la cité et ignorant ces recommandations. Les rayons du soleil dévoilaient à des coins de rues quelques décombres fumants témoignant des évènements de la veille. Ci, se trouvait hier encore une demeure de riches propriétaires terriens, là c’était une foire … A présent il n’y avait plus rien. Des décombres calcinés, voilà tout ce qui restait des lieux où furent allumés les symboles du culte … L’émissaire regardait tout cela d’un œil critique et haussant les épaules il reprenait calmement la direction du prieuré de Capoue. Un religieux en route vers l’église n’attirerait pas l’attention. Après tout il fallait bien que des gens se lèvent pour aller faire l’office !

          Sa route le mena près de l’immense arène aperçue la veille. De par ce qui se tramait généralement à l’intérieur l’endroit n’avait jamais été des plus accueillants, mais en cette matinée les environs de l’arène revêtaient une funèbre atmosphère. Des râles d’agonies s’élevaient vers les cieux comme milles complaintes adressées à toutes les divinités galactiques. Qu’importait celle qui les entende du moment que l’une au moins dédaigne à mettre fin aux malheurs qui s’abattait ici-bas. Mais il ne fallait pas se méprendre : ces cris de mourants ne venaient pas de l’intérieur de l’arène mais bien de l’extérieur …

          Car Naktis était resté fidèle à sa renommée. De part et d’autres des entrées de l’arène il avait fait crucifier une bonne partie des incendiaires capturés la veille. Hommes, femmes, enfants, tous étaient cloués à de hautes croix qu’on avait hérissées au niveau des entrées de l’édifice. Se faisant, les « damnés », comme on se plaisait à nommer ceux qui s’attiraient les fureurs de leur suzerain, ressemblaient là à de macabres gargouilles terrorisant les manants et badaud et leur rappelant le sort qu’on réservait aux traitres.

          A la vue de ces martyrs le visage de Kabal se marqua d’horreur. Le temps c’était presque figé autour du Trandoshan. Cette barbarie lui retourna l’estomac et il dû faire de grands efforts pour ne pas tomber en syncope. Les croix s’étendaient sur une bonne distance et il pouvait apprécier la réponse de Naktis à son message : claire et équivoque. C’était une chose que de mener des gens à la mort mais s’en était une autre d’être confrontée à la réalité même du terrain, de les contempler se vider peu à peu de leur vie et de savoir en son âme intérieur qu’on était le seul responsable de cet immense gâchis !

          Le corps de Kabal tremblait littéralement d’effroi et de colère. Ses muscles étaient parcourus de tics et de convulsions. C’était sa vanité qui avait causé ce massacre … Serrant les dents à s’en faire mal à la mâchoire, l’envoyé de Cypher consentit à faire face à ces erreurs. Il huma l’air avec ferveur puis se décida à figer dans sa mémoire chacun de ses visages. Il vengerait ces gens, il s’en faisait le serment ! Le regard du prélat s’attarda ainsi sur chacune de ses victimes et le hasard fini par lui faire croiser celui du vieillard rencontré la veille. Et si aucun ne parla, les yeux purent dire beaucoup de chose. Le vieil homme n’était déjà plus que l’ombre de ce qu’il avait été, son corps témoignait des tourments dont il avait été victime mais son regard ne gardait aucune haine à l’égard du prêcheur, seulement une impression de supplication. Une larme perla dans les yeux de l’étranger et il tomba genoux à terre.


          * Oui ! *

          Serrant ses poings l’envoyé de Cypher se promit de n’avoir aucun repos avant que les « damnés » ne soient vengés. Il releva les yeux vers le vieillard et  hocha simplement la tête. Il y eut comme une communion entre les deux hommes, puis Kabal sentit une douleur aigue à l’arrière du crâne et un voile noir tomber sous ses paupières. Il s’effondra au sol …

          Car malheureusement pour lui de telles prédications en pleine place publique n’étaient pas passées inaperçues. Et bien que les rues ne comptaient encore que peu de gens, il fût assez d’espions pour trouver son attitude fort louche. Kabal venait de se faire attraper par plusieurs ribaud qui l’avaient maîtrisé d’un grand coup de maillet. On tira alors se bien étrange prélat par les pieds pour l’emmener en une quelconque destination secrète. Lui qui avait consentit à assumer toute la responsabilité de son acte n’avait pas imaginé que la chose serait si brutale …

           
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            Auteur : Rylen Korr

            L'obscurité de l'endroit s'accouplait d'une bien belle manière avec les individus qui y étaient retenus captifs, enfermés dans des geôles qui auraient fait frémir n'importe quel défenseur des droits de l'être vivant. Au loin dans ce niveau réservé aux prisonniers, l'on pouvait entendre une multitude de gouttes d'eau qui provoquaient des bruits réguliers lorsqu'elles rencontraient une surface solide comme le sol. Quelques bribes de conversations parvenaient même jusqu'aux oreilles des nombreux détenus, informant ces derniers du goût très prononcé de certains gardes pour les services des filles de joie du vieux quartier. Si leur voix était lointaine et caverneuse, l'écho réussit brillamment à se propager jusqu'aux plus lointaines cellules. Et à l'annonce de la prochaine organisation des jeux du cirque en l'honneur du "Jour de Naktis", Jooma ne put s'empêcher de tendre un peu plus l'oreille afin d'en savoir d'avantage. Malheureusement l'écho s'interrompit brusquement, preuve que les gardes concernés par cette lointaine conversation venaient de quitter les lieux.

            Les gouttes d'eau instaurèrent à nouveau le silence général comme si personne n'avait jamais remis en cause leur pouvoir dans ce lieu si maussade. Déçu, l'esclave s'éloigna des barres de fer de la porte de la cellule qui le retenait prisonnier afin de s'en remettre à sa seule et unique occupation depuis qu'ils étaient arrivés ici: le sommeil. Car c'était la seule activité qui lui permettait de rêver, et par conséquent la seule action qui l'amenait à retrouver momentanément sa liberté. Adossé contre le mur de pierre de sa geôle, Jooma ferma donc les yeux avec l'espoir de revoir sa femme et ses enfants. C'était la seule chose qui le maintenait en vie et qui le rendait si positif dans une situation pareille où le commun des mortels préfèrerait trouver la mort pour ne plus devoir vivre autant de souffrance...

            Spoiler : Musique
            [Flash unavailable]
            Le grand gaillard se réveilla très subitement. Il ne pouvait savoir combien de temps s'était écoulé depuis qu'il s'était endormi mais seul le contenu de ses rêves -des visions de sa famille, comme il l'avait souhaité- était important pour lui. Ravi d'avoir pu approcher les personnes qu'il aimait le plus au monde, Jooma se concentra alors sur les faibles gémissements qu'il pouvait entendre et qui semblaient provenir de la cellule d'en face. Curieux de savoir de qui ils provenaient et ce à quoi ils faisaient référence, l'homme noir de peau se rapprocha de la cellule de sa geôle afin de coller son oreille gauche contre la solidité glaçante du fer utilisé pour les barreaux. C'était la voix de l'homme qu'ils avaient retrouvé dans le désert il y a quelques jours, celui qui était mystérieusement revenu d'entre les morts et qui avait dit s'appeler Rylen Korr. Somnolant à même le sol sur le dos, Rylen Korr s'agitait dans tout les sens, des bribes de mots s'échappant régulièrement de ses cordes vocales afin de parvenir jusqu'aux oreilles de Jooma. "Lei-Yan Minn"... "Prince Noir"... "La Prophétie"... ou encore "Forge Stellaire" étaient les mots qui revenaient avec le plus d'insistance. Et puis il y eut une autre série de termes que Jomma ne réussit toujours pas à comprendre. "Cypher"... "Sephiroth"... "L'Oméga"... "les Reliques Sith"... "G-Man"... Et puis plus rien. Le silence revint.

            Maintenant qu'il y repensait, Jooma se souvint que certains de ces mots avaient déjà été prononcés par le nouvel esclave alors qu'il avait été ramassé au sein du convoi en plein désert sur la route d'Isayidi. Mais le mystère entourant cet homme et ses propos n'avait jamais été aussi grand. D'où venait-il? comment s'était-il retrouvé en plein désert sans eau ni nourriture? mais surtout: qui était-il? Le peuple dans lequel avait vécu Jooma toute sa vie avant d'être enlevé aux siens accordait une très grande importante à la spiritualité et à la valeur de l'âme. Croyant depuis sa plus tendre enfance, l'homme svelte qui mesurait près d'un mètre 90 mais qui n'en était pas moins solidement bâti ne pouvait s'empêcher de remarquer chez son camarade esclave une certaine aura, comme un fluide invisible qui s'échappait de son être et qui faisait de lui quelqu'un d'important aux yeux du ciel. Jooma le ressentait chaque seconde qu'il passait auprès de lui. Ce qui l'avait d'autant plus incité à rester à ses côtés afin de surveiller son état physique durant le trajet en plein désert jusqu'à la cité de Naktis le Damnateur. D'ailleurs, la séparation actuelle qui l'empêchait d'être au chevet de cette âme brisée lui fendait le cœur. Car Jooma était tout simplement un être bienveillant et altruiste, capable de mettre sa vie en jeu et de se sacrifier pour la survie d'un autre.

            Les heures s'écoulaient sans qu'il n'y ait aucune évolution notable. Aux légères plaintes du dénommé Rylen Korr s'ajoutèrent petit à petit des cris d'esclaves voisins qui se laissaient peu à peu tomber dans une folie qu'ils ne pourraient jamais quitter. Certains pleuraient leur femme. D'autres priaient à voix haute, suppliant diverses divinités inconnues de les achever afin de les empêcher de souffrir d'avantage. Et puis il y avait ce gosse, un humain qui n'avait pas plus de seize ans. Celui-ci pleurait depuis plusieurs heures maintenant. Il voulait à tout prix revoir sa mère à laquelle il avait été enlevé depuis de nombreuses semaines. L'extrême empathie de Jooma à l'égard de ce jeune homme fut durement canalisée en lui au prix d'un important effort. Silencieux et immobile, toujours adossé contre le mur de sa cellule, l'homme noir de peau s'était forgé une importante carapace depuis qu'on l'avait enlevé à sa famille. Si bien qu'il avait toujours su repousser l'appel attirant de la démence et de la mort. Ce qui n'était malheureusement pas le cas du jeune garçon qui continuait à expulser vocalement tout les maux qui l'habitaient. Ce qui provoqua la colère de deux gardes qui arrivèrent soudainement afin de s'occuper du responsable de tout ce vacarme.

            Les ordres donnés afin de faire taire le fautif ne suffirent pas. Jooma sut que la fin était proche pour le jeune humain. La colère des deux geôliers fut silencieuse mais agrémentée d'une totale réussite: les cris cessèrent et le silence absolu revint enfin. Jomma baissa la tête de dépit. Il tourna alors momentanément le regard sur sa gauche. De l'autre côté du couloir sombre, dans la cellule voisine, il aperçut la tête de l'homme meurtri qui répondait au nom de Korr. Ce dernier avait assisté de la même façon que Jooma à l'extrême violence à laquelle avait eu recours les deux gardes sur le jeune garçon esclave. Toute la tristesse qu'il avait su conserver en lui se vit au plus profond de l'âme de Korr qui, aussi dépité que Jooma, disparut dans l'ombre de sa cellule sans croiser une seule fois le regard de l'homme svelte. Ce dernier se demanda alors si Korr avait enfin réussit à vaincre ses démons, mais il ne fut pas rassuré pour autant.

            L'homme noir de peau ferma alors les yeux. Sa femme et ses enfants vinrent le réconforter une nouvelle fois. Le bonheur était indescriptible, bien que trop court. Le bruit des gouttes d'eau s'installa comme à son habitude, instaurant à nouveau cette ambiance si funèbre et si lugubre qui caractérisait tant Isayidi.
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              Post n°11
              Auteur : Rylen Korr


              Nestor ------------- ------------Jarrus-------- Le Mandalorien
              [Marchand d'esclaves] ---[laniste]------------- [esclave]

              Cela faisait plusieurs heures que la ville d'Isayidi s'était levée. Comme à leur habitude, les rayons flamboyants du soleil dominant vinrent frapper de toute leur splendeur les remparts de la cité, s'infiltrant d'une extrême facilité à l'intérieur de cette dernière afin de sonner l'heure du réveil. L'activité matinale était comme d'ordinaire en partie menée par les marchands et les colporteurs. Certains se rassemblaient sur des places de taille moyenne tandis que d'autres préféraient la solitude et les rues moins fréquentées où leurs marchandises pourraient mieux se vendre. Certains rassemblements de commerçants amenèrent assez rapidement la formations de souks et de bazars disséminées dans chaque quartier d'Isayidi. La journée était prête à débuter. Néanmoins quelque chose n'allait pas. Pour tout les travailleurs du matin, la différence avec les journées passées était frappante. Il y avait moins de monde au dehors, mais il y avait surtout moins d'échanges verbaux. Les gens restaient discrets. Certains faisaient leurs emplettes avant de disparaître derrière la porte d'entrée de leur masure. D'autres sortaient uniquement de chez eux afin d'analyser l'ambiance extérieure. Mais tous parvenaient à la même conclusion commune: il valait mieux ne pas trop se montrer. Car faire comme si de rien n'était revenait à défier ouvertement la peur qu'était censée instaurer les actions récentes du souverain.

              Curieusement, personne n'osait emprunter les ruelles qui menaient à Al-Kazàn, la gigantesque arène de gladiateurs de la cité. Mais que l'on habite tout près d'ici ou à plusieurs centaines de mètres de cet impressionnant édifice, les rumeurs se propageaient plus rapidement que l'on ne croyait. Tous étaient parvenus à savoir, d'une façon comme une autre, que les contestataires d'il y a quelques jours avaient été crucifiés à la vue de tous à chacune des entrées d'Al-Kazàn. Les derniers échos disaient que les corbeaux n'avaient pas perdu leur temps et avaient déjà commencé à ronger la chair des cadavres. L'on disait que l'un d'entre eux avait ses yeux qui pendaient sur le visage, toujours retenus par les fragiles nerfs optiques qui n'avaient toujours pas émoustillé l'appétit des rapaces. Mais même si la situation vécue par les habitants d'Isayidi était extrême, seul un étranger aurait pu être véritablement choqué par cette incroyable démonstration de barbarie. En réalité, c'était loin d'être la première fois que le souverain -celui que l'on appelait ici plus couramment "Le Damnateur"- apportait de telles réponses à son peuple.

              Ces cadavres affichés aux yeux de tous laissent bel et bien certaines personnes indifférentes. L'on pouvait dire que les gens d'Isayidi s'en accommodaient sans aucun soucis particulier: ils vivaient avec cette terreur permanente depuis leur naissance sur ces terres. Une terreur qui leur était imposée depuis toujours par leur souverain suprême. Et cette terreur avait encore franchi un palier ces derniers jours, depuis que des fous avaient osés contester l'autorité divine du "Damnateur". Les individus qui habitaient entre ces impressionnants remparts savaient que le meilleur comportement à adopter dans cette situation était de faire profil bas. En effet, sur ce monde, la survie était l'objectif principal de tout individu. C'était dans les gènes des natifs de cette planète. Une ADN générale qui imposait presque le régime de la terreur et de la violence. Si une minorité de personnes bien plus sensibles que les autres pouvait -secrètement- contester cette idéologie bestiale, les autres se taisaient et acceptaient sans peine les principes de leur société. Tous avaient été élevés avec une seule règle d'or: le plus fort dominera le plus faible. C'était comme ça depuis l'éternité.

              C'est grâce à cette loi que le brouhaha habituel de certains quartiers marchands d'Isayidi fut remplacé ce matin-là par un silence total, un silence seulement dérangé par des murmures inconscients qui se taisaient aussi rapidement qu'ils apparaissaient. Les habitants retournaient chez eux les uns après les autres, ne laissant qu'un bref bruit de claquement de porte derrière eux. Les courageux colporteurs décidés à gagner quelques pièces d'or pour subsister rangeaient aussi rapidement qu'ils ne les avaient déballés leurs marchandises que personne n'osait acheter. De temps à autre, on croyait apercevoir une silhouette encapuchonnée nous observer à l'autre bout de la rue. Par peur de devoir être surveillé par des espions du Damnateur, on finissait nous-mêmes par nous retirer de la vie publique d'Isayidi pour au -moins- la journée...

              Une journée qui n'avait duré qu'une heure ou deux, et qui se finissait aussi rapidement qu'elle n'avait commencé.

              Néanmoins la situation actuelle ne décourageait pas une seule seconde Jarrus. Ce vieil homme endurci par l'âge et l'expérience en avait bien trop vu pour ne pas mener ses activités professionnelles comme d'ordinaire. Laniste depuis près de vingt-cinq ans maintenant, Jarrus était un homme de taille moyenne dont la barbe s'étendait jusqu'aux oreilles. La peau marquée jusqu'à la chair par le soleil percutant de Rattatak, son regard en disait long sur la personnalité du bonhomme. Consciencieux et refusant toute forme de relation (même amicale) l'humain faisait passer son travail en premier, délaissant une vie personnelle et privée qu'il n'avait jamais eu et qu'il ne connaitra probablement jamais. Jarrus faisait partie de cette classe d'individus pour qui l'argent était maître: une bourse de pièces d'or était bien plus louable que l'amour porté à un être cher. Comme beaucoup d'autres avant lui, le vieux bougre avait compris -depuis qu'il était sur ce monde- qu'il ne parviendrait à rien s'il n'adoptait pas ce style de vie. C'est donc en toute logique qu'il avait décidé de s'immiscer dans le monde des combats de gladiateurs, certainement le domaine économique le plus prolifique sur Rattatak. Son ludus existait depuis plus de deux décennies maintenant, implanté dans le vieux quartier des Esclaves, là où la misère était la plus abondante. Autant dire que sa maison de gladiateurs n'avait aucune renommée particulière, si ce n'est qu'elle fournissait en général de la chair à canon d'avantage destinée à divertir les meilleurs gladiateurs d'Al-Kazàn afin qu'ils gardent la forme. Un proverbe très répandu parmi les esclaves disait par ailleurs qu'être acheté par Jarrus revenait à signer son arrêt de mort. Ce qui était plutôt vrai en soit. Si Jarrus s’accommodait parfaitement depuis des années à cette "sous-traitance" qui lui valait maintes moqueries de la part des organisateurs de combats, le vieil homme avait aujourd'hui décidé de ne plus se faire marcher dessus par ces moins que rien. Il voulait de la reconnaissance. Il voulait SA gloire ! Sa dignité était mise à mal depuis bien trop longtemps. S'il gagnait plutôt bien sa vie en achetant des esclaves à bas prix avant de les autoriser à combattre pour le double de leur cout d'origine, il voulait désormais bien plus que ça. Ça tombait bien: le marché des esclaves d'une de ses vieilles connaissances était ouvert.


              -Que diable vois-je: ces extraterrestres ont la peau sur les os ! je ne viens pas acheter des allumettes Nestor, j'ai besoin de guerriers nés, des hommes prêts à embraser le Chaudron pour au moins vingt combats. Pas comme ce pauvre Rodien qui s'est fait décapité après douze secondes d'affrontement -seulement !- par l’Égorgeur ! pesta le laniste en dévisageant les marchandises proposées par le dénommé Nestor, Par tout les dieux Rattatakis, je te jure que je t'étranglerai si tu me vends la même camelote.

              Le franc-parler du vieil homme pouvait être considéré comme un manque de respect vis-à-vis de Nestor, le marchand d'esclaves du vieux quartier. Mais le revendeur humain de main d’œuvre humaine et extraterrestre connaissait que trop bien Jarrus pour s'emporter de la sorte: il s'agissait de son plus fidèle client. En réalité, il n'en avait pas beaucoup. D'où l'intérêt de la fermer et de ne pas vexer l'homme qui lui permettait de survivre dans cette terrible cité nommée Isayidi.

              -Attends de voir les dernières marchandises arrivées du Sud il y a trois jours. De la très très bonne qualité, Jarrus, je peux te l'assurer! Le sang du combat coule dans leurs veines. Leur chair transpire la guerre. Leurs yeux laissent ressortir leur âme de conquérant. Des CHAMPIONS, Jarrus, des champions ! lui répondit le marchand d'esclaves le sourire aux lèvres, désireux de se montrer le plus convainquant possible et de ne pas laisser échapper le moindre signe de tromperie, les voilà: des humains pour la plupart mais j'ai également deux Weequay, un Kaleesh, quelques Aqualish de bonne volonté et une flopée de Gamorréens qui empestent la fiente de Bantha mais qui n'en sont pas moins robustes. De parfaits spécimens pour les futurs jeux du Damnateur !

              Jarrus lança un regard haineux en direction de Nestor afin de lui faire comprendre qu'il n'était pas né de la dernière pluie : il sentait l'entourloupe à des kilomètres à la ronde, surtout lorsqu'il venait ici pour faire affaire avec lui ! Les années d'expériences en la matière avaient fait de lui un expert en négociations. Le laniste était prêt à passer à côté d'excellentes affaires si les esclaves proposés n'étaient pas assez nourris ou s'ils avaient ne serait-ce que la moindre toux. La minutie faisait partie de son caractère, les marchandises qu'il achetait devaient être parfaites en tout points. C'est pour cette raison que le vieil homme ne perdit aucune seconde à observer le Kaleesh -bien trop frêle à son goût- et ne prit même pas le temps de regarder les Gamorréens, bien trop rondelets pour l'image qu'il se faisait du gladiateur parfait.

              -Ces boules de graisse ambulantes n'auraient même pas leur place comme domestiques. Et tu voudrais me les refourguer ?!

              Les quatre concernés par l'insulte de Jarrus s'agitèrent instantanément. Il ne fallait pas obligatoirement comprendre le Basic pour se rendre compte qu'il venait de se payer leur tronche. Pardonnant intérieurement Nestor de lui avoir proposé ces misérables esclaves, le vieux laniste poursuivit son passage en revue des nombreuses marchandises qui lui étaient montrées tout en se demandant pourquoi il avait perdu de son temps pour venir jusqu'ici: il n'y avait pas ce qu'il recherchait. Il finit néanmoins par tomber sur les Humains dont on lui avait vanté les mérites à son arrivée ici. Et s'il y avait une seule chose qu'il pouvait avouer, c'était que son bonheur se trouvait devant ses yeux. Il avait tardé à arriver jusqu'à lui mais Jarrus pouvait enfin dire "enfin !".

              Ils étaient cinq de race humaine à se présenter devant lui, parfaitement alignés les chaînes les retenant prisonniers. Le premier fut tout bonnement ignoré par Jarrus, il était selon lui bien trop jeune et visiblement bien trop dressé au fouet pour être employé comme gladiateur (les marques rouges-sang recouvraient l'étendue de son corps, un corps qui aurait pu être tout autre s'il était né ailleurs). Le deuxième, cependant, était né pour combattre. Cela se voyait dans l'expression de son visage et dans les nombreux tatouages de clan qui étaient peints sur ses bras. Le laniste n'hésita pas un seul instant et analysa minutieusement l'esclave de haut en bas, faisant une multitude de mouvements en rond autour de lui afin de déceler le moindre défaut qui aurait pu faire de lui un mauvais produit.


              -D'où viens-tu vaillant guerrier?
              Jarrus connaissait visiblement déjà la réponse. Il ne voulait que la confirmation émanant de la personne concernée.
              -Manda'yaim. Je viens de Mandalore.

              Il aurait du parier cent pièces d'or: il avait la réponse depuis la seconde où son regard s'était posé sur lui ! Les tatouages du grand gaillard ne trompaient pas, tout comme le charisme et la force qui se dégageaient du personnage. Pour une fois Nestor ne lui avait donc pas raconté un tissu de mensonges: en voilà de la marchandise de qualité !

              Le troisième homme quant à lui ressemblait fort étrangement aux individus qui peuplaient les tribus nomades du Sud. A la seule différence qu'il était humain et qu'il n'avait pas le regard habituel des natifs de Rattatak. Mais son origine n'importait guère. Le physique de cet esclave était impressionnant et ferait fureur dans l'arène d'Al-Kazàn. C'était un spécimen parfait. Noxiro tenait un nouvel achat. Mais l'humain qui suivit ne connaitrait visiblement pas le même sort puisque le vieil homme émit un grognement significatif en tournant la tête dans sa direction: la peau ramollie par l'âge et la vieillesse, cet esclave était plus près de mourir par l'effet de la maladie. Jarrus ne le prendrait pas, même pour un sou. Il préfèrerait aller lui-même dans l'arène plutôt que de laisser l'honneur de son ludus être ainsi injurié !

              Et puis il y avait cet homme barbu, dont le corps avait visiblement subi d'extrêmes sévices. Son visage était marqué du sceau de la barbarie. Cet esclave avait déjà connu la mort, cela se voyait dans son regard. Mieux encore, il respirait l'indifférence totale: il n'avait pas peur de mourir. Il n'avait peur de rien. Jarrus s'en approcha doucement et vint le défier longuement du regard. Il admirait ce défi qui se lisait dans l'expression de son visage: esclave ou non, sa condition ne lui importait guère. Quelqu'un -ou quelque chose- avait rompu le lien qui l'avait un jour uni avec la vie. Une information capitale pour le vieux laniste qui avait besoin de guerriers qui ne connaissaient ni la pitié ni l'empathie. Ici sur Rattatak, seuls les barbares et les brutes étaient acceptés par les aborigènes. Il n'y avait pas de place pour les sentimentalistes: les faibles étaient voués à être dominés et à mourir.

              -Toi l'Ispani ! quelles sont tes vraies racines?

              Jarrus avait laissé parler son instinct. Le terme d'Ispani n'était pas étranger aux natifs de ce monde -du moins à ceux qui y vivaient depuis assez longtemps pour avoir adopté les coutumes et les mœurs des indigènes-. Selon diverses légendes locales, les Ispani furent les premiers colons humains installés sur la planète. Ils auraient vécu il y a fort longtemps dans les lointaines contrées -autrefois fertiles- du sud-est. Seules d'étranges reliques et une multitude de peintures remontant à un âge ancien permettaient à ces mystérieux Ispani d'être connus de la population locale. Mais bien malheureusement, les siècles de guerres et de combats entre Rattatakis avaient provoqué la destruction de nombreux sites archéologiques consacrés à l'étude de ce peuple disparu. Les autochtones étaient plus connus pour leur mentalité belliqueuse, ils n'accordaient aucune valeur à la culture et à leur histoire si ce n'est celle de Rattatak le Grand, une légende divine que pratiquement tous considéraient comme un dieu vivant. Pratiquement tous, car certains chefs de guerre voulaient remplacer l'empreinte de Rattatak par la leur. Certains chefs comme le Damnateur, qui punissait -par la mort- tout culte voué au plus connu des Rattatakis...

              Le peuple Ispani aurait donc été composé des premiers colons humains. Le folklore racontait qu'ils auraient été il y a longtemps exterminés au cours des génocides réguliers qui étaient perpétrés -période de guerre ou non- sur Rattatak. Mais la légende disait aussi que certains auraient survécu. Ceux qui n'auraient pas fuit la planète se cacheraient parmi la population. Descendants de la lignée des Ispani, leurs origines seraient dissimulées pour ne pas attirer l'attention des autochtones qui n'avaient pas besoin de grand chose pour attiser leur soif de violence. Enfin, cela n'expliquait pas pour autant pourquoi Jarrus avait appelé l'esclave par ce terme ! Peut-être était-ce l'expression de son visage et l'aura qui se dégageait de sa personne qui avaient poussé le vieillard à le qualifier ainsi. Ou alors était-ce tout simplement à cause de la ressemblance physique frappante avec une divinité Ispani représentée sur l'un des rares tableaux peints qu'il possédait dans ses modestes appartements...


              -C'lui-là on l'a trouvé à moitié mort en plein milieu du désert d'Isayidi. Mais avec un peu d'entretien il pourrait t'intéresser mon ami, déclara sans peine le dénommé Nestor qui s'inquiétait très certainement de devoir garder cet esclave plusieurs jours encore si Jarrus ne s'intéressait pas d'avantage à lui.

              Le regard du vieux laniste en dit long sur l'intérêt qu'il portait à "l'Ispani". Plus d'une minute s'était écoulée, minute durant laquelle il n'avait pas détourné une seule fois le regard de l'esclave. Ce dernier ne comptait pas baisser la tête ou détourner son attention du bonhomme qui lui accordait tant d'attention. Bien au contraire. L'esclave barbu et amoché était décidé à remporter le duel que lui avait lancé Jarrus. Ce qui eut pour effet de rendre fou de rage Nestor qui attrapa son fouet et qui faillit le punir d'avoir été aussi insolent avec une personne de classe supérieure. C'était sans compter sur la bienveillance du laniste qui retint le bras du marchand en lui faisant comprendre qu'il comptait s'attacher les services de cet esclave insolent.

              -Dans ma famille de gladiateurs l'on ne fouette personne, l'Ispani. L'on se contente de transformer cette arrogance en une arme redoutable pour survivre dans le Chaudron, rétorqua le vieux Jarrus sans détourner un seul instant le regard de l'Ispani, je te prends ces trois-là, dit-il en montrant du doigt les trois humains qui l'avaient intéressé, ainsi qu'un de tes Aqualish... si tu es d'accord pour me faire un prix d'ami, conclut-il sur un ton aussi sérieux que précédemment.

              Nestor avait un sourire jusqu'aux oreilles. Le marchand d'esclaves était comme un enfant le jour de son anniversaire: heureux comme jamais. La vente de ces quatre esclaves lui permettrait de recevoir une belle rentrée d'argent.

              Quinze minutes plus tard, les négociations s'achevèrent. Jarrus avait du débourser une bonne quantité de pièces d'or mais il repartait avec de la qualité. Les trois humains étaient des denrées rares, ils étaient de parfaits spécimens, le genre d'esclaves que l'on ramenait chez soi tout les dix ans. Dès le lendemain, il pourrait débuter son travail avec eux, un travail de longue haleine qui devait les amener à fouler le sable meurtrier d'Al-Kazàn, la plus grande arène de gladiateurs de la planète. Rien qu'à l'idée qu'il se faisait de ses nouveaux guerriers enflammant le Chaudron, Jarrus en salivait à l'avance.

              Il obtiendrait enfin la gloire tant voulue depuis des décennies. Il en était persuadé.
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                Auteur : Alya Thamriel

                Alya venait de quitter Chandrilla à bord d’un vaisseau de mercenaire, que faisaient-ils là ? Ce n’était guère son problème, ils avaient accepté de l’emmener jusqu’à la lune d’Endor. Cela lui avait coûté tout son argent jusqu'à la dernière pièce, il fallait donc que tout fonctionne parfaitement. Peut-être s’était-elle laisser emporter par cette vision ? Était-ce vraiment une vision ? Un délire névrotique à force de rester dans une ancienne tombe jedi, tyrannisée par la faim ? Elle ne savait pas trop, mais elle voulait y croire. Elle savait qu’elle avait le potentiel, mais pas d’expérience et si peu ou pas de formation. Elle n’avait même jamais eu un véritable sabre laser en main. Elle était sans doute bien plus douée avec une arme plus conventionnelle d’ailleurs. Elle s’était réfugiée dans sa cabine allongée sur sa couchette. Elle rit alors d’elle-même, de cette situation, de sa vie. Les mercenaires étaient de mauvaises compagnies, trois Rattatakis, alors elle se contenterait de parler toute seule. C’était une façon assez commune pour passer le temps, aussi pour ne pas craquer en prison avait-elle réinventé cette technique. La seule amie que l’on pouvait avoir, c’était soi-même.

                « Dire que tu as vingt-quatre ans, tout ce que tu as fait dans la vie, c'est courir le plus loin possible, le plus vite possible, et tout cela pour ne gagner que des problèmes de plus en plus grands. Ah elle est belle la novice de Coruscant. Il n’y a pas à dire, tu dois être la fierté de l’ancien ordre jedi. La paix dans la galaxie ne repose que sur toi ! Hahahahahaha ! »

                La Twi'lek en réfléchissant sur sa vie passée ne put qu'en rire en se tordant sur sa couchette. Elle avait beau l’air faible ou perdue à ce moment-là, elle était toujours déterminée à se battre pour vivre. Elle ne pouvait qu’être rongée par tous ses regrets malgré tout. Elle n’avait été personne, ni rien d’important. Une famille inexistante et la seule qu'elle n'avait jamais eue avait été exterminée pendant la guerre des clones et ce qui en découlait. Elle se calla sur un côté de la couchette en regardant un magnifique poster d’une Tiw’lek nue rouge avec des tatouages. Elle était dans une position suggestive, il était certain qu’avoir une femme à bord dans ce vaisseau n’était pas dans les habitudes. Elle en sourit simplement tant ce genre de choses n'était pas près de la choquer, elle avait tellement vécu pire dans sa vie.

                « j'aurais dû être née dix ans plus tôt ou même quinze, j'aurais pu faire tant de plus pour l'ancienne République, enfin ... La République … Au lieu de cela, je suis recherchée par les siths et autres par ce que j'ai fait partie du temple jedi, par les autorités par ce que je suis une mauvaise fille. Et maintenant je cours vers l'inconnu dans le fol espoir de trouver le nouvel ordre Jedi alors que ses ennemis le cherchent toujours. Mais qu’est-ce que tu fais ? Ça aurait été tellement plus simple d'être une chasseuse de primes, avec une bande, des blagues sexistes et des éclats de rire. Je dois vraiment trop aimer me foutre dans la merd*.»

                Alya se frappa le crâne dépourvu du moindre cheveu pour se punir, puis elle reprit son monologue en espérant que personne ne l'écoute.

                « Une jeune fille et qui plus ait une jedi ne parle pas comme ça ! »

                Dit-elle en prenant une grosse voix, puis elle éclata de rire à nouveau en se tortillant sur sa couchette. Elle releva son visage dans la direction de ce qui servait de table de nuit. Il y avait son fidèle blaster DL-44, une magnifique arme de précision et de puissance. Elle le prit en le mettant au-dessus d’elle, couchée sur le dos. Puis elle le laissa tomber sur la couchette sur le côté le délaissant. Elle tourna sa tête à l’opposer comme pour le chasser de son champ de vision et de sa vie.

                « J’ai fait bien trop de mal avec cette arme, je ne devrais même plus m’en servir. Les vrais jedis se servent du sabre laser, l’arme élégante et puissante des chevaliers. Hmm … quelle blague. Il faut bien survivre ma pauvre fille. Je vais tâcher de faire mieux, oui, beaucoup mieux. Je pourrai faire tellement plus … Si seulement je savais quoi faire … La force … »

                La Twi’lek regarda les informations trouvables sur la lune d’Endor. C’était un environnement forestier majestueux. Sur les photos, cela lui plaisait déjà. Son peuple était sans doute habitué aux grandes chaleurs et aux conditions extrêmes depuis maintes générations, elle aimait aussi la fraîcheur d'une forêt. Elle lisait qu’une faune sauvage était présente, et il y avait des peuples intelligents mineurs. C’était sans doute calme et agréable, une bonne retraite pour des jedis sans doute. La jeune femme posa le revers de sa main sur son front, et elle s’endormit. Le voyage risquait d’être encore long à traverser trente-quatre parsecs. Son rêve fut agité, elle avait beau ne pas avoir été présente pendant l'attaque du temple jedi, elle s'imaginait très bien la scène. Des robots de combat qui assiégeaient le temple, de valeureux gardiens de la paix en train d'essayer de sauver leurs vies, des siths qui les attaquaient en traître. Des morts, tout un tas de morts, et elle qui était tranquillement en train de voyager avec cette padawan déjà déchue. Elle fuyait le plus loin possible toute cette folie, mais elle était si jeune à l’époque. Avait-elle fait le bon choix ? Et si elle était restée avec les autres novices, serait-elle maintenant avec un sabre laser avec le nouvel ordre jedi ? Elle ne savait même pas si ce vaisseau avait pu survivre, ce qui s’était passé, ses amis. Tant de questions auxquelles elle était incapable de répondre. Elle avait peut-être bien trop vécu pour devenir une jedi. On disait que les jedis devaient maîtriser ses émotions, être détachés et en harmonie avec l'univers et la force. Elle débordait de sentiments plus ou moins mauvais et contradictoires. Elle se réveilla en sursaut alors en sentant un coup de pied dans le ventre. Elle rouvrit les yeux en gémissant de douleur, elle ne comprenait pas du tout ce qui se passait. Elle regarda dans la pièce, il y avait deux des trois mercenaires dans sa cabine et ils étaient armés en riant légèrement. Elle voulut tenter quelque chose, mais elle avait des fers aux mains, ils semblaient être très basiques, mais résistant. Ils sentaient le vieux fer oxydé. Son arme semblait se trouver à la ceinture d’un des mercenaires.

                « Je ne vous ais pas assez payé c’est ça ? À quoi vous jouez là ?! »

                « Allez ! Lève-toi, on est bientôt arrivée pauvre idiote. On a des dettes, et grâce à toi, on va pouvoir bien les rembourser. Une mignonne petite comme toi, on va pouvoir en tirer une bonne petite somme, c’est que ça se vend bien la twi’lek. »

                « Bande de petits bâtards ! Ça ne va pas se passer comme ça ! »

                Dit alors Alya en se levant rapidement de sa couchette, mais elle se prit un coup de crosse du fusil laser du mercenaire dans le visage. Elle en tomba à terre en maugréant sa témérité pour une fois. Elle se frotta le visage alors que les mercenaires commencèrent à discuter entre eux.

                « Ne l'abîme pas trop ou elle risque de perdre sa valeur ! »

                « ouais t'a raison, mais bon avec tout ce qu'elle va prendre, cela sera le cadet de ses soucis hehehe … au fait, pour l'argent que tu nous as donné pour le voyage, on te remercie. Jamais on n’aurait pu partir de Chandrilla si facilement sans toi ! Hahahaha ! »

                « Allez lève toi ! On est presque arrivé, que l'on te présente ta nouvelle maison. On sait mater une fille comme toi ici, et hmmm … monsieur Karnikoff te remercie de tes services, mais il semblerait qu’il n’ait plus besoin de toi hehehe. »

                Soudain, Alya réalisa qu’elle avait sans doute frappé au mauvais vaisseau. Karnikoff, elle connaissait fort bien ce nom de famille. C’était le maudit chef de pègre qui lui avait permis de sortir de prison. Elle avait dû lui servir dans des coups pendables, jouer de ses charmes, subir ce monde d’hommes d’une cruauté sans nom. Elle ne put voir que rouge malgré le bleue de sa peau. Elle se leva alors à nouveau rapidement et frappa de ses deux poings enchaînés le visage du dernier petit plaisantin en train de rire. Il fut basculer en arrière surpris de la réaction, mais son acolyte ne mit pas tellement de temps avant de réagir. Elle se prit un coup de pied dans le ventre, qui la sécha immédiatement. Il fallait dire qu’il ne retenait pas ses coups. Elle tomba en position fœtale se prenant le ventre à deux mains. Elle avait du mal à respirer. Elle tremblait de douleur sur le sol, alors que le premier Rattataki se moquait de l’autre, qui avait une marque au visage. Ils la prirent par ses chaînes afin de l'emmener vers une vue extérieure. Elle tomba à genoux au sol alors qu’elle pouvait voir que la planète qu’elle avait sous les yeux était loin d’une verte. Elle avait une couleur rouge, elle semblait être hostile et aride. Elle regarda alors les deux mercenaires sans trop savoir ce qui allait lui être réservé. Elle voulait s’échapper le plus vite possible de cette folie, mais c’était trop risqué. Ils étaient trois et armés, et elle ne connaissait rien de cette planète. Elle décida qu’elle devait attendre le bon moment.

                Le vaisseau atterrit alors dans une grande cité, même si la technologie locale ne semblait pas être le point fort. Elle fut alors traîner dans cette charmante ville à la décoration prononcé de cadavres . C’était vraiment charmant, mais cela n’allait pas être ce genre de choses qui la dégoute. Elle se doutait que si cela avait été fait ainsi et que personne n’avait décroché les corps, c’était sans doute le pouvoir local. Une planète de bandit comme Nar Shaddaa ? Elle n’en avait qu’entendu parler, quoi qu’il en soit, la population locale était composée à une majorité du même peuple que les mercenaires. Il y avait quantité d'esclaves ou de travailleurs forcés, et personne ne semblait avoir à y redire. Ce qui la troubla le plus, c’était le regard des personnes de cette ville. Ils étaient comme terrifiés, morts à l'intérieur. D’ailleurs, il n’y avait pas grand monde dans les rues, on aurait presque dit une ville fantôme. Des volets s'entrouvraient aux passages des trois mercenaires et de la Twi’lek, pour se refermer aussitôt.

                « C’est charmant ici … »

                Laissa-t-elle alors échapper comme pour faire la conversation. Les autres mercenaires ne répondirent pas à par tirer sur ses chaînes. Elle avait l’impression qu’un piège se refermait sur elle, et qu’elle serait incapable de s’en extirper. C’était là la vengeance d’un homme cruel, qui n’avait fait que l’utiliser depuis sa sortie de prison. C’était sans doute un juste retour des choses, mais ce n’était pas pour cela qu’elle se laisserait aller. Elle aimait la vie, elle se battrait toujours avec toute sa fougue contre les emmerdes qui semblaient toujours voler en escadrille de trois. Ils marchèrent alors sous le cagnard, le soleil semblait comme brûler le sol. Heureusement qu’elle était habituée et fait pour les chaleurs extrêmes, sa planète natale n’était faite que de désert de sable ou de glace, de tempêtes terribles et autres joies de la nature. Ils marchèrent ainsi dans les rues, jusqu'à arriver dans un quartier qui semblait être encore plus moisi que les autres, même l'odeur devenait infecte. Ils firent alors par s’arrêter en face d’une grande maison sans doute fort agréable, mais elle avait une mauvaise impression. Sans doute était-ce dû avec qui elle arrivait. L’un des mercenaires héla alors à la porte en tenant fermement la Twi’lek.

                « Hey ! Jarrus ! C’est nous ! On a l’argent de notre dette et une magnifique esclave pour toi ! Laisse-nous donc entrer que l'on te présente ! Tu verras, elle est charmante ! Hehehehe. »

                Alya arrondit alors ses yeux grands ouverts en commençant par réaliser ce qui allait advenir d’elle, une simple esclave ? Elle se voyait déjà être forcée de danser, d'être plaisante et de se faire peloter par des pervers amateurs de chairs fraîches.

                « Non, mais tu m’as bien regardé ? »

                Persiflât-elle à ses geôliers. Ils lui firent signe de se taire, de se tenir tranquille. Elle grinça légèrement des dents en soupirant se laissant un peu tirer, alors qu’ils firent leur entrée dans la maisonnée. Elle put entendre des armes s'entrechoquer au loin. Quel était donc cet endroit ? Elle fut amenée en face d’un humain assez âgé, mais avec bien assez de force. Elle ne pipa mot en écoutant la négociation dont elle prenait une place centrale. Visiblement, les mercenaires devaient avoir une dette envers le laniste, et ils comptaient le payer avec votre servante et une somme d’argent. L’accord semblait être bon, mais alors que le laniste imaginait sans doute quoi faire de cette donzelle, elle comptait prouver qu’elle ne ferait pas partie de la décoration. Ce n’était pas du tout son genre. Elle se leva alors rapidement en donnant un coup à l’arrière de la jambe d’un coup de pied sec.

                « Sale petit bâtard ! Je vais t’apprendre moi ! »

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                  Post n°13
                  Auteur : Avara Kerorek

                  J’étais actuellement dans la ville de Harnaidan, la grande capitale de Muunilinst de plus de cinquante millions d’habitants, une fabuleuse ville pour se fondre dans la masse sans se faire remarquer.
                  J’avais récupérer une petite cargaison de pierres précieuses sur une planète pas très loin du système où j’étais, il était temps d’aller livrer la marchandise afin de récupérer les derniers précieux crédits qu’il me manquait pour mener à bien mon projet.

                  Cela faisait quelques semaines que j’y réfléchissais sans cesse, la peur me tiraillait toujours mais je ne pouvais vraiment plus résister à cet appel de la Force. Je savais que je devais aller là-bas, que je trouverais enfin les réponses à mes nombreuses questions, j’espérais juste que ça se passerait bien. Si j’avais la chance d’éviter de finir une fois de plus esclave…les étrangers sont vraiment peu apprécier sur Rattatak, surtout pour une jeune femme seule de mon âge. Je n’ai aucun moyen de véritablement me défendre.


                  - Avara…tu as ce que je t’ai demandé j’espère ?

                  Je déposais lourdement le sac de gemmes sur l’étalage, normalement il y avait le compte, je n’y avais pas touché, j’effectuais juste les livraisons. Tant qu’il me payait… .
                  Dawen était justement en train de farfouiller dans ce que je lui avais ramené, un sourire satisfait se dessinait sur son visage, c’était bon signe. Je le vis sortir quelques crédits de sa bourse.


                  - Voilà pour toi, je n’ai plus grand-chose à te faire faire pour l’instant, reviens me voir dans quelques jours le temps que les affaires se fructifient un peu.

                  Je pris l’argent qui m’était dû sans vraiment lui répondre, il était habitué depuis le temps, je n’étais pas spécialement bavarde, je n’aimais pas parler pour ne rien dire. Sans un regard pour le marchand je m’en allais dans ce que j’appelais ma planque, une sorte de chambre un peu miteuse que j’avais loué pour quelques crédits, mes maigres affaires y étaient entreposées : de quoi me nourrir pour quelques jours, des vêtements de rechanges, un vieux blaster qui ne marchait pas mais qui suffisait généralement à dissuader ceux qui faisaient attention à moi lors de mes voyages à travers la Bordure.

                  J’avais repéré dans la journée un convoi qui partait sur Rattatak, les navettes étaient très rares pour cette planète assez malfamées, c’était à moi de saisir ma chance. J’avais réussi à négocier un passage, je connaissais quelques-uns des commerçants qui y aller afin de vendre leurs marchandises, pour les services que j’avais pu leur rendre, ils m’autorisaient à voyager avec eux, mais je me méfiais, certains avaient peut-être dans l’idée de me refiler en marchandises afin de se faire une bonne petite fortune.
                  Je n’avais plus beaucoup de temps, mes maigres affaires sur le dos, il était temps de partir et de dire adieu à cette ancienne vie que je menais. Je sentais que tout ne serait jamais plus pareil une fois que je serais sur place, tout allait être différent, je ne serais plus seule, mais je ne savais pas ce que j’allais retirer de tout ça. J’avais la vague impression que j’allais m’engager sur un chemin long, tortueux et difficile, un chemin sombre qui me laisserait des cicatrices indélébiles. Si c’était le seul moyen pour moi d’avoir ses réponses, j’étais prête à prendre le risque. Il me fallait développer ses dons pour me venger de ceux qui avaient bafoué mon honneur.

                  Le voyage prendrait un peu de temps, un jour ou deux on lui avait dit. La navette était plutôt grande, bon nombre de personnes étaient à bord, quelques mercenaires, des contrebandiers, des commerçants, beaucoup d’hommes et peu de femmes évidemment, surtout seule. Je sais que je me suis faîtes un peu remarquée en rentrant, j’avais pourtant revêtue une vieille cape déchirée afin de cacher un peu mon corps mais ça n’avait pas suffi à couvrir toutes mes formes.
                  Recroquevillée sur ma couchette, je réfléchissais à ce que j’allais faire sur place. J’étais partie certes, mais je n’avais aucun plan réel, où allait ? Que faire à part suivre mon instinct. Et si je m’étais trompée ? Si ses intuitions étaient une hallucination de mon cerveau pour trouver un sens à ma vie ? Je me jetais droit dans la gueule du loup sans aucun moyen de défense…quelle intelligence Avara !

                  J’ai quand même eu assez de chance, le trajet ne dura pas bien longtemps et malgré les quelques regards que j’avais sentis sur moi, il ne m’était rien arrivée. J’étais vraiment née sous une bonne étoile tiens, enfin pour le moment en tout cas. Je savais que ça n’allait pas duré, nous étions enfin dans la fosse aux lions. Les rattatakis ne sont pas des personnes bien sympathiques, ils recherchent sans cesse la querelle et j’avais la peur folle de me retrouver face à ma famille. Je sais que nous étions proche de d’Isayidi, la grande cité dont j’étais originaire…bien évidemment nous n’avions pas pu nous poser directement dans la ville, c’était très mal vu ici, il valait mieux atterrir aux abords et marcher un peu.

                  La chaleur était toujours la même, cuisante, étouffante et l’atmosphère lourd me donnait des frissons. Je sentais mon cœur s’accélérait à mesure que mes pas me rapprochaient de l’entrée. J’avais soif et j’avais aussi un peu faim, je n’avais pas mangé depuis la veille, je n’étais pas sortie de la cabine que l’on m’avait assignée, j’avais préféré resté seule à réfléchir à un plan et je ne voulais surtout pas croiser les autres du vaisseau. J’étais devenue un peu acariâtre c’est vrai, je n’étais pas un modèle de sociabilité, je détestais parler à des inconnus, je ne leurs faisais absolument pas confiance et je dois avouer que mon air froid n’encourageait pas facilement la conversation. Tant mieux qu’ils restent dans le coin, je fais ma vie dans le mien sans rien devoir à personne.

                  La ville n’avait pas changé en quelques années, toujours aussi rustiques, toujours aussi vide, il n’y avait pas grand monde dans les rues, la chaleur était telle que les gens restaient calfeutrés chez eux pour se protéger un minimum. Seuls les esclaves travaillaient dur, je les regardais avec compassion, j’avais été à leurs places autrefois, un sentiment de haine me prit à la gorge en pensant au dirigeant de cette ville qui n’améliorait en rien les conditions de vie inhumaines ! Ça me mettait en colère, je ne pouvais m’empêcher de vouloir tous les massacrer, j’en rêvais, la vie n’est pas un jeu, chacun devrait pouvoir jouir de sa liberté et chacun devrait se battre pour la gagner. Leurs inactivités me donnaient envie de vomir.
                  Mes jambes me menèrent sans m’en rendre compte près de la grande arène…ce que je vis me fit véritablement vomir, des hommes, des femmes et même des enfants étaient clouées à des croix. J’entendais leurs supplices et leurs râles d’agonies, je sentais les larmes me montaient devant ce spectacle ignoble…tous des esclaves au vu de leurs vêtements. Qui avait bien pu ordonner pareille horreur ? Ma haine remonta d’un cran, je haïssais la vie en général, les êtres vivants se déchiraient et s’entre-tuer sans cesse, le massacre et la guerre étaient partout, j’avais l’envie de pouvoir les étriper de mes mains dans milles souffrances. Oui…si j’en avais le pouvoir, je les massacrerais tous, un à un, je leurs ferais payer le centuples de ce qu’ils infligeaient aux autres, ils ne méritaient que ça…dire que j’aurais pu être à leurs place si je n’avais pas eu la « chance » de quitter cette ville quelques année plus tôt.
                  Que c’était donc t’il passait ici pour autant de haine et de souffrance ? Une rébellion sans doute…j’avais la nette impression que tout ceci avait un rapport avec ce pourquoi j’étais venue là.
                  Je ne pouvais pas rester là à les observer, déjà mon regard avait du mal à soutenir ces horreurs mais en plus j’avais une attitude plus que louche. L’empathie n’était pas de mise ici, c’était plutôt marche ou crève, je n’allais pas tardée à me faire repérer et on m’assimilerait surement à « ça ». Ce serait bien ma chance tiens… . Alors que je me dirigeais à l’ombre d’une alcôve je vis un homme étrange au visage remplis de haine regardait le même spectacle que je contemplais il y a quelques minutes. Cet homme me fit une étrange impression, vraiment, je me sentais frissonner à nouveau mais pas de peur cette fois ci, plutôt d’excitation, je sentais que je touchais presque mon but. Il n’avait rien à voir avec la population locale et je sentais que lui aurait enfin des réponses pour moi…
                  Pourtant au même moment où j’allais me diriger vers lui pour lui faire comprendre que son attitude était des plus dangereuse, je vis des gardes venir à sa rencontrer et le rouer des coups. Il fut rapidement capturer avant qu’il n’est le temps de dire ouf et je venais de perdre une chance de plus…je n’osais pas les suivre, de toute façon qu’est-ce que j’aurais pu faire, seule ? Rien du tout mise à part finir au fer, puis une nouvelle fois au marcher des esclaves. J’étais perdue…désespérée, je n’avais aucun refuge, il me fallait repartir au plus vite avant que la navette ne décolle à nouveau et rentrer sur Harnaidan.

                  Alors que je reprenais rapidement le chemin inverse, je ne fis pas attention qu’un des gardes qui avaient capturé l’homme étrange m’avait suivi, pourtant j’avais essayé de m’adapter à la population locale en me voilant totalement, je savais que le visage féminin était très mal vu ici. Il me tira par le bras me forçant à me retourner vers lui. IL me dégoutait d’avance.


                  - Toi l’humaine, qu’est-ce que tu fous ici ? Ou travailles-tu ?

                  J’essayais de me dégager de sa prise pour me mettre à courir mais je ne réussis qu’à l’énerver d’avantage. Sa poigne me faisait mal, il enserrer fort mon poigner que je ressentais des picotements au bout des doigts. La situation m’échappait mais il était or de questions que je baisse la tête à nouveau, j’étais libre maintenant, je lui lançais un regard pleins de défis et de haine. Quitte à mourir, autant le faire avec dignité.
                  Cela ne lui plut pas du tout puisque le coup qu’il me porta au visage me projeta à terre. Je pouvais sentir un liquide chaud s’écouler lentement de mes lèvres qu’il avait surement fendues au vu de la puissance de sa frappe. Je me détestais pour ne pas avoir appris à me défendre, je me sentais si faible.


                  - Tu vas me répondre quand je te parle esclave !

                  - Je ne suis pas une esclave garde stupide et si j’en avais le pouvoir je t’écraserais de mes mains.

                  Je n’avais pas pu m’empêcher d’être insolente. Je le regrettais déjà au vu du coup de pied qu’il me balança dans le ventre, me faisant me recroqueviller à terre, me protégeant au maximum des autres coups que j’allais recevoir. J’étais habituée à ce genre de traitement, mais ça ne m’empêchait pas de ressentir une certaine douleur lorsque je sentis une de mes anciennes côtes blessées craquer à nouveau. Je m’étais mise dans un sacré pétrin à revenir ici…

                  -Tu te crois une femme libre misérable humaine ? Je vais te montrer ce qu’on fait des femmes libres ici, tu vas le regretter de m’avoir parlé comme ça. Tu me dois le respect.

                  -Je ….ne dois le …respect à….personne

                  Un dernier coup sur la tête me fit tomber inconsciente. Je sais que je n’aurais pas dû répondre mais je ne pouvais vraiment pas m’abaisser…
                  Je ne sais pas depuis combien de temps je suis ici, je viens à peine de me réveiller, une horrible douleur dans le crâne et mes côtes douloureuses, il n’y était pas allé de mains mortes cette fois-ci.

                  J’entendais des voix mais je n’arrivais pas à distinguer les mots, c’est à peine si j’arrivais à m’asseoir. J’étais allongée sur le sol froid et mes mains avaient été entravées par des chaînes. C’était bien ma veine tiens, comment j’allais me sortir de là maintenant ? Il ne manquerait plus qu’ils retrouvent mon identité…mon sac avait disparu avec les quelques crédits que je transportais, on m’avait tout pris.
                  Je ne pouvais vraiment pas tomber plus bas tiens…

                  Les voix s’élevaient de plus en plus et ma vision redevient presque claire. Je reconnus assez rapidement chez qui j’étais tombée, Jarrus, un esclavagiste particulièrement acerbe et sadique. Deux mercenaires essayaient de lui refourguer une marchandise particulièrement exotique, une Twi’lek qui n’avait pas l’air d’apprécier de s’être faites berner d’ailleurs.
                  Tout comme la sensation que j’avais eus un peu plus tôt, je ressentais ici une affinité particulière avec cette jeune femme. Très légère sensation mais bien présente, l’espoir renaissait en moi d’autant plus quand je la vis donner un coup puissant à l’arrière de la jambe de notre geôlier.
                  Il tomba à terre et il était temps pour moi d’entrer en scène…je me relevais en titubant, je n’étais vraiment pas stable, mais je me forçais à avancer vers Jarrus qui gémissait déjà de douleur.

                  Je saisis mes chaines et les passa autours de sa nuque, tirant dessus de toutes mes forces pour l’étouffer alors que je jetais un regard déterminer à l’autre captive, essayant tant bien que mal de garder mon équilibre. Je devais avoir pâle figure avec mes lèvres déchiraient et le sang sécher qui s'était écoulé sur mon menton...


                  - Je connais la ville, fais-moi sortir d’ici et à nous deux nous arriverons à fuir…
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                    Auteur : Rylen Korr

                    Les heures s'écoulaient et défilaient tel des nuages dans le ciel qui allaient et venaient à leur rythme. Enfin, la comparaison n'était surement pas adaptée à la situation: y avait-il eu ne serait-ce qu'un nuage depuis qu'il était arrivé sur ce monde aride? y avait-il eu ne serait-ce qu'une goutte de pluie depuis qu'il avait débarqué ici? Sa peau séchait aussi durement que le sol de Rattatak, lequel était exposé en permanence au soleil contrairement au corps vieillissant de l'étranger. Même à l'abri de tout rayon nocif, l'être humain n'avait jamais connu pareille chaleur. Tatooine faisait bien pâle figure à côté. Ce monde était décidément une calamité à lui-seul. C'était comme si vous étiez jetés dans la gueule d'un Sarlaac et que vous attendiez des années avant d'être digéré par la bête: Rattatak semblait tout faire pour vous faire souffrir un maximum avant de vous achever.

                    Rylen Korr ne savait plus depuis combien de jours il était enfermé ici. Il avait enchainé les cachots fétides et repoussants en compagnie de ses confrères esclaves, ne restant qu'une nuit ou deux grand maximum à l'intérieur d'une même cellule. A chaque fois, ils en étaient ressortis aussi peu nombreux qu'à leur arrivée: même les geôles avait une appétit féroce, c'est pour dire. Chaque bâtiment avait un quota de cadavres à respecter, à tel point que beaucoup d'esclaves parlaient d'un monde maudit. Qu'avait-il pu bien se passer ici pour que l'on obtienne un territoire aussi déprimant? Il fut un temps où les terres devaient être fertiles, où les lacs devaient pulluler la planète, offrant aux habitants des sources immensurables d'eau potable et de vie.
                    Si ce temps-là avait existé, il n'était néanmoins plus qu'un lointain souvenir. Rattatak était vouée à la déchéance éternelle. Mais Korr ne pouvait le croire aussi facilement. La Force habitait-elle vraiment ce monde?! Pourquoi ne faisait-elle rien pour sortir de la misère tous ces gens qui n'avaient certainement pas demandé à naître dans ces conditions?! Celui que l'on surnommait désormais "l'Ispani" au sein du ludus de Jarrus -lequel leur avait permis de s'habituer à un lieu puisqu'ils n'avaient pas changé d'habitat depuis bientôt deux jours maintenant- se questionnait depuis un long moment sur son environnement et sa place à l'intérieur de ce dernier. Sa présence ici n'avait rien d'un hasard. Il avait un rôle à jouer pour toutes ces personnes, notamment pour Jooma pour qui il s'était épris d'amitié. Aussi respectable que le Maître Fic Drecko et aussi sage que le Maître Vendar, cet homme avait toutes les qualités requises pour devenir un parfait Jedi. Sauf un taux de midichloriens suffisamment élevé pour manipuler la Force.

                    Les Jedi. Son ancienne famille semblait appartenir à son passé. Que devenaient-ils?! Étaient-ils toujours en sécurité sur Endor?! Rylen balaya cette pensée d'un revers invisible. Penser à l'Ordre dans ces lieux sombres ne lui servirait à rien: ça faisait longtemps qu'il s'était détourné de la voie du Jedi. Ces lointains souvenirs l'avaient tristement abandonné à son sort et y repenser ne ferait qu'aggraver son cas...

                    Un nouveau jour se leva sur Rattatak. Et contrairement aux journées précédentes, l'activité donnait quelques signes d'évolution dans le vieux Quartier des Esclaves -même si les individus qui osaient s’aventurer à l'extérieur plus de deux minutes se faisaient toujours rares-. La terreur qui avait accompagnée les cadavres crucifiés aux alentours de l'arène d'Al-Kazàn semblait lointaine, même si elle s'était faite une place dans le cœur de chaque habitant de ce caillou. Ces derniers ne comptaient même plus le nombre de démonstrations barbares qu'avait orchestré Naktis le Damnateur: le souverain de la région d'Isayidi semblait gouverner depuis la nuit des temps, et il s'était de tout temps comporté ainsi. Naktis ne reviendrait jamais sur ses méthodes, c'était là sa manière d'être au quotidien: on ne remettait pas en cause son autorité. Jamais un individu ne le renverserait, et encore moins des misérables mendiants ! Les évènements qui s'étaient déroulés il y a quelques jours en arrière dans certaines rues d'Isayidi n'avaient fait que décupler la colère du Damnateur. Celui-ci avait même avancé le début de ses jeux, il avait tout organisé afin de donner une forme à sa vengeance: il s'était déjà entendu pour que certains des contestataires -les quelques énergumènes qui avaient eu la chance de ne pas être éliminés- soient de l'ouverture du tournoi dans le Chaudron.

                    Du haut de son trône, au sommet de la plus grande arène de la région, Naktis regarderait droit dans les yeux ces misérables qui avaient fait l'erreur de s'opposer à lui. Car, comme le disait l'adage: "ne croisez jamais le regard du Damnateur: un seul coup d’œil peut suffire à vous ôter la vie". Ces fous allaient comprendre que ce n'était pas qu'une légende infondée...

                    Naktis le Damnateur. Ce nom commençait à revêtir d'une importance particulière aux yeux de Rylen Korr. Très discret dans les cellules depuis qu'il s'était retrouvé sur ce monde, l'ancien Chevalier Jedi avait tout de même tendu l'oreille à de nombreuses reprises afin d'écouter les ragots et les bruits de couloirs qui parvenaient jusqu'à sa geôle. Il avait appris ce qui s'était passé et ce qui se préparait dans la cité d'Isayidi. Il avait entendu parler des "mille feux" qui avaient été allumés le soir de leur arrivée dans la cité. Et il avait appris la réponse du souverain aussitôt les coupables retrouvés. Mais très étrangement, autre chose retint d'avantage l'attention de l'étranger. Car aussi grave qu'elle soit, la situation d'Isayidi et de sa population dépassait bien trop l'être humain pour qu'il comprenne tous les aboutissants de l'histoire. Il n'était qu'un esclave parmi d'autres. Et c'est en tant qu'esclave que l'organisation des "Jeux du Damnateur" (en l'honneur du "Jour de Naktis") attira d'avantage sa curiosité. Il était dit que Jarrus avait acheté les esclaves du vieux Nestor pour briller dans l'arène d'Al-Kazàn à l'heure des Jeux de Naktis.

                    Rylen Korr ria. En plus de trouver cette idée totalement stupide, il se surprit de sa réaction: c'était la première fois depuis de nombreuses semaines que son visage meurtri par tant de blessures visibles laissait apparaître un sourire. Sa plus grande crainte était qu'il s’accommode sans le vouloir à la nouvelle vie qu'il menait. Finir ses jours en tant qu'esclave et en tant que gladiateur... Quel triste sort pour l'ancien Grand Maître de l'Ordre Jedi.

                    Ce matin-là, on vint les réveiller bien plus tôt que d'habitude -alors qu'ils étaient d'ordinaire sortis de leur réveil de bonne heure-. Rylen n'avait pas fermé l’œil de la nuit. Néanmoins les geôliers ne se contentèrent pas de tirer uniquement les prisonniers de leur sommeil. Contrairement aux journées précédentes, on pria chaque esclave de quitter sa cellule et de se mettre dans le rang, avant qu'ils ne soient tous conduits à l'étage supérieur afin d'être réunis dans la cour extérieure de la maisonnée. Respirer l'air chaud de l'atmosphère et apercevoir de la lumière naturelle leur procura un bref instant de bonheur. Et ce n'était pas fini: tous eurent la confirmation de la raison pour laquelle ils avaient été récemment achetés par Jarrus.


                    -Gladiateurs ! je ne vous ai pas acheté pour que vous croupissiez jusqu'à ce que vous ne ressentiez plus aucun battement de cœur ! La voix grave du vieux Jarrus raisonna de longues secondes dans chaque recoin de sa demeure, vous faites désormais partie de la famille de Jarrus le Brave: tâchez d'honorer mon nom et mon titre ou bien je vous ôterai la vie avant que vous n'ayez eu la chance de fouler le sable d'Al-Kazàn !

                    Gladiateur. Un métier bien étrange dans lequel il fallait tuer pour survivre, dans lequel il fallait prendre la vie d'un autre pour garantir la sienne et dans lequel il fallait vider le sang d'un adversaire pour conserver le sien. Satisfaire la plèbe et ses désirs barbares en accomplissant leurs vœux? Ce peuple était tombé très bas... A côté, les célèbres arènes de Taris étaient plus que civilisées, mais elles passaient pour des jeux d'enfants.

                    Jarrus continua son monologue. Il le termina en expliquant les détails de l'entrainement auquel les esclaves avaient le droit ce jour-ci. Munis d'une arme en bois chacun, ils devaient montrer leurs aptitudes épée en mains face à un unique adversaire qui semblait être l'un des gardes de Jarrus. Le vieil homme s'éloigna de ses esclaves et alla s'installer sous un parasol en piteux état. L'heure était venue pour lui d'admirer l'étendue des talents de ses nouvelles marchandises. Un à un, il appela chacun de ses prisonniers afin qu'ils se présentent face au garde. Ce dernier, un Humain extrêmement bien bâti, avait reçu l'ordre de ne pas y aller de main morte et de mettre de vrais coups pour faire comprendre aux esclaves qu'ils n'étaient pas dans un compte de fées -même s'ils n'avaient pas besoin de la violence du garde pour le comprendre-. C'est ainsi que de nombreux esclaves se retrouvèrent très rapidement au sol, certains baignant dans leur propre flaque de sang. Seule une minorité d'entre-eux réussit à repousser le garde et à le contraindre à reculer. Le Mandalorien fut celui qui épata le plus la galerie, parvenant même à pointer son arme sous le menton du garde qui s'était retrouvé propulsé au sol par la puissance du natif de Mandalore.


                    -Rouge... répondit Jarrus à l'un de ses conseillers qui attendait visiblement une réaction du vieil homme.

                    Apparemment, ces démonstrations s'apparentaient à des tests: celui qui réussissait haut la-main l'épreuve avait le droit de fouler la terre de l'arène d'Al-Kazàn. Quant aux autres...

                    Ils serviraient de diner aux lions.

                    -L'Ispani !

                    Les regards se tournèrent vers Rylen Korr. Ce dernier s'était assis contre le mur, assistant avec dégoût aux combats entre le garde et ses compagnons esclaves. L'ancien Jedi n'avait à aucun moment exprimé l'envie de combattre. Pourquoi accepterait-il de reprendre une arme dans ses mains alors que c'était exactement cet instrument barbare qui l'avait amené jusqu'ici et qui l'avait mis dans cet état?! La guerre le dégoutait. Rylen n'était pas certain de pouvoir commettre des actes qui nuisaient à sa nature-même et à tout ce qu'on lui avait appris depuis sa plus tendre enfance. Mais il se leva quand même, après plusieurs secondes d'hésitation.

                    Cependant, il ne fit pas exactement ce qu'on lui avait demandé. Au lieu d'attaquer son vis-à-vis, Rylen Korr laissa échapper son épée et se présenta face au garde sans aucune protection. Celui-ci tourna brièvement le regard vers Jarrus afin d'avoir son approbation. Il se rua alors sur l'Ispani avant de lui asséner un violent coup d'arme blanche dans les côtes. Rylen se laissa tomber à genoux sous le choc de l'impact mais se releva aussitôt. Le garde interpréta ce mouvement comme un acte de provocation, ce qui l'incita à recommencer et à recommencer. Visiblement souffrant et en mauvais état, Korr ne se laissa pas intimider et se releva une nouvelle fois: cette fois-ci, il vint défier du regard le garde. En lui souriant au nez et à la barbe. Il fallut une intervention de Jarrus pour que le garde ne suspende sa violence gratuite.

                    Dans son coin, Jooma regardait la scène. Jamais il n'avait vu un homme dégageant autant de charisme et de force que cet individu.


                    -Hm... Rouge sang... intervint-il discrètement afin de classer son poulain, continuez sans moi, mes affaires m'appellent.

                    Rylen n'accorda aucune attention à la remarque de Jarrus. Il retourna s'installer contre le mur, oubliant les coups qu'il venait de subir. Un homme lambda aurait souffert des attaques physiques qui venaient de lui être adressées. Mais l'ancien Jedi avait tellement affronté d'épreuves dans sa vie qu'il n'avait plus peur de rien. Dans cet enfer, Rylen Korr s'était forgé une carapace en duracier.

                    Devait-il mourir dans cette arène l'arme à la main? Devait-il choisir entre périr ou survivre, mais ce au détriment d'une autre vie? Il commençait tout juste à comprendre l'enjeu de son séjour sur Rattatak. La Force jouait avec son âme comme Jarrus s'amusait avec ses esclaves.

                    Tandis que les prisonniers s’exerçaient épée à la main, des cris de douleur -sortant de la bouche de Jarrus- se firent entendre à quelques pas de la cour. Le premier réflexe des gardes fut de se précipiter à son chevet afin de savoir ce qu'il se passait. Visiblement, deux nouvelles esclaves tout justes débarquées dans l'école du vieil homme lui avaient causé du tord en essayant de se libérer. Bien heureusement pour lui, les deux femelles -l'une Humaine, l'autre Twil'ek- étaient attachées. Et elles furent très rapidement mâtées par les gardes du laniste. Ce dernier reprit son souffle et dévisagea les deux jeunes femmes sous une colère sans nom.

                    Spoiler : Musique
                    [Flash unavailable]

                    -Argh... ! ne les blessez surtout pas ! dit-il à ses hommes alors qu'elles étaient conduites dans la cour aux côtés des autres prisonniers, lesquels furent bientôt rejoints par Jarrus lui-même qui avait visiblement des tas de choses à dire à ses deux nouvelles esclaves, le bâtard peut te permettre de retrouver ta liberté, misérable ! Que cet avertissement vous oblige à vous tenir à carreau, et je m'adresse à vous tous ! le laniste, exténué par la tentative d'assassinat de la jeune humaine, reprit son souffle avant de s'adresser à l'ensemble de ses esclaves, peut-être préfèreriez-vous le confort du Damnateur?! celui qui viole et qui étrangle -hommes et femmes- par simple excès de colère?! Soyez conscients de la chance qui est vôtre depuis que je vous ai évité la mort ! Avec moi, vous avez une occasion unique de connaître la Gloire ! Deux-cent milles personnes vous acclamant pour vous voir combattre l'épée à la main: n'est-ce pas une issue honorable sur cette maudite planète ?!

                    La curiosité de Rylen vis-à-vis de cet homme grimpa en flèche. S'il n'appréciait que peu les esclavagistes, il ne pouvait s'empêcher de voir en Jarrus un vieillard bien différent de ses confrères. D'une part parce qu'il était humain. D'autre part car ses mots laissaient ressurgir une qualité évidente: la sincérité.

                    -Je vous propose de mourir sans souffrance, après avoir vécu la plus belle chose que l'on puisse connaître sur Rattatak: Al-Kazàn. Vous ne voulez pas combattre pour moi?! Mettez-vous à la place de ceux qui rêveraient de prendre votre place. Je vous offre le triomphe et une raison de vivre. N'est-ce pas suffisant pour vous ?!

                    Il fallait reconnaître que Jarrus tenait un discours cohérent. Fallait-il choisir la souffrance et la famine éternelles en lieu et place de la formation que proposait le vieux laniste? Ils n'avaient pas le choix: ils n'étaient que des esclaves. Et dans la situation dans laquelle ils se trouvaient, faire partie de la maison de Jarrus leur procurait un toit, deux repas convenables par jour et une chance unique de retrouver la liberté en combattant: soit en mourant, soit en survivant. Rylen Korr avait fait son choix.

                    -N'oubliez-pas que vous faites partie de l'une des rares maisons de Gladiateurs qui forme des non-Rattatakis. Les prochains jeux sont l'occasion pour vous de montrer à celui qui se fait appeler le Damnateur que vous valez bien plus que ce qu'il ne prétend. Car, croyez-moi ou non: il ne vous laissera AUCUNE chance. Il profitera de la moindre opportunité pour vous cracher à la figure et pour montrer au peuple que vous ne valez RIEN ! Je suis le seul être vivant sur ce monde à pouvoir vous garantir votre honneur et votre fierté... Jarrus s'arrêta momentanément avant de reprendre le ton toujours aussi grave et fort, vous avez cinq jours pour vous préparer avant le début des Jeux. Ne gâchez pas ces heures inutilement dans des tentatives vaines pour vous enfuir, dit-il en dévisageant la Twil'ek et la jeune femme qui venaient tout juste d'arriver, car une fois dans l'arène, vous ne pourrez plus vous échapper.

                    Le vieil homme disparut dans sa demeure, particulièrement remonté après ce qu'il venait de subir. A aucun moment il n'avait menti en s'adressant à ses esclaves: pour le laniste, il valait mieux être esclave dans son ludus plutôt qu'en liberté dans les rues d'Isayidi sans aucune raison d'être. Jarrus leur permettait de savourer les cris d'une foule scandant leur nom de la même manière qu'elle le ferait pour son Roi ! Jarrus les logeait, les nourrissait et les formait ! Et il leur donnait une occasion unique de mourir l'arme à la main. Il leur proposait de mourir pour une bonne raison.

                    Rylen Korr réfléchissait encore par rapport à ce que Jarrus leur avait dit. Le vieil homme avait raison. Et il passerait presque pour un Bon Samaritain sur cette planète hostile. Y avait-il un laniste aussi charitable que lui dans la cité d'Isayidi? Ces esclaves étaient parvenus au meilleur endroit qu'il pouvait y avoir dans la ville, un paradis dans un enfer. Rylen commençait à comprendre pourquoi il était arrivé jusqu'ici.

                    Le regard du vieux Jedi se braqua alors successivement sur les deux dernières arrivées. La jeune humaine et la Twi'lek n'étaient pas là par hasard. Tout comme Rylen n'avait pas rencontré Jooma et Jarrus par accident. Rattatak ne cachait-elle pas plus de choses qu'ils ne le pensaient? Ils allaient le découvrir.

                    La bonne nouvelle du jour, c'est que Jarrus autorisait ses esclaves à se déplacer librement dans la cour pour encore quelques heures. Il n'était pas aussi odieux qu'il ne le paraissait -preuve que ses explications n'avaient pas été basées sur des mensonges-. Contre toute attente, Rylen Korr reprit alors l'arme en bois qu'il avait laissé tomber sur le sol lorsqu'il s'était présenté face au garde. Un bref regard autour de lui lui suffit à remarquer la présence de nombreux gardiens à chacune des sorties de la cour. Qu'ils se rassurent: il ne comptait pas s'échapper, car il aurait pu le faire depuis très longtemps. L'ancien Maître Jedi était déterminé à faire ce pour quoi il avait été acheté: combattre.

                    C'est ainsi que celui que l'on surnommait "l'Ispani" dans le ludus de Jarrus le Brave s’exerça avec son arme factice en donnant des coups dans le vide. On aurait dit qu'il n'avait pas utilisé d'arme depuis des mois. Mais c'était le cas. Et Rylen avait cinq jours pour retrouver ses sensations avant de connaître l'atmosphère brûlante d'Al-Kazàn...
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                      Auteur : Alya Thamriel

                      Alya remarqua sur le côté une femme humaine, qui semblait avoir eu quelques problèmes. Elle avait des chaînes aux poignets, et elle semblait vaseuse. On ne devait pas être tendre avec les femmes dans la région et en particulier dans une maison telle que celle-là. Elle ne savait pas si cette femme était là depuis longtemps, suite à une punition ou une nouvelle comme elle, mais en tout cas, elle était complètement perdue. La Twi’lek pas comme si elle ne pensait qu’à elle-même, mais elle commençait à trouver qu’elle n’allait pas pouvoir s’échapper de cet endroit ou même de cette planète facilement. Les seuls extraterrestres de cette planète étaient des esclaves, cela ne pouvait pas être une coïncidence. Ce monde entier était un véritable piège. Il fallait sans doute la jouer plus fine, mais elle s'était laissé prendre par ses sentiments.

                      Tout s'enchaîna bien rapidement quand elle se vengea sur le maître des lieux, mais plus surprenant, elle vit la femme tenter de l'étrangler avec ses chaînes. L’humaine semblait vraiment avoir pris chère, et sa prise était faiblarde. Il allait être vraiment difficile de s’enfuir de cet endroit avec une jeune femme blessée, mais elle n’était pas du genre à la laisser prendre tous les risques. Vu qu’elle s’occupait de Jarrus, elle se retourna rapidement pour s’attaquer à un des mercenaires. Cependant, ils avaient sorti leurs blasters, et elle pouvait clairement entendre la course rapide de plusieurs gardes. Elle soupira légèrement en levant les mains en l’air en reculant doucement vers l’autre jeune fille.

                      « Il faut croire qu’il faudra attendre pour que tu me fasses visiter. »

                      Répondit alors la Twi’lek sur un ton léger amusé en toisant l’humaine. Elle fit un petit geste sur sa propre lèvre pour lui signifier qu’elle avait du sang disgracieux sur son visage. Elle fit une petite mimique de peine en la regardant. Elle la regarda alors avec attention, et elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle se sentait proche d’elle d’une certaine façon. Sans doute c’était parce que c’était peut-être la seule femme de cette maison, ou alors qu’elle venait de partager quelque chose d’intense avec cette femme. Elle lui sourit doucement alors qu’elle regarda la situation se calmer quelque peu. Elle n'avait guère envie de faire durer trop le séjour, mais il était évident maintenant que c'était sans doute une maison idée. La tentative d’évasion était sans doute quelque peu mal préparée. Elle ne comptait pas rester ici plus que de raison, et elle était un peu du genre entêtée.

                      « Ca va … ca va … les filles se rendent, c’est promis, on ne le refera plus. Sans rancune hein. »

                      Ajouta alors Alya avec un ton légèrement hautain. Elle était quelque peu rassurée en entendant le maître des lieux demander de ne pas les blesser. Cela voulait sans doute dire qu’il avait besoin d’elles, c’était sans doute encore pire de ne pas savoir pourquoi. Quoi qu’il en soit, cela ne devait pas être un destin très louable. Elle voulait trouver le nouvel ordre jedi, et c’était ce qu’elle allait faire. Pour cela, elle devait partir loin de cette planète, mais encore avant, elle devait survivre ses prochains jours. Elle avait manqué le monologue du maître de maison, quel dommage, mais elle n’aurait pas non plus rêvé de la gloire de se faire massacrer dans l’arène. Elle n’avait pas non plus eu le loisir de faire le test contre le garde avec le bâton, il fallait dire qu’elle et sa comparse avaient déjà passé un sacré bon test avec le laniste de la maison.

                      Alya fut alors invitée en compagnie de l'humaine à se joindre à une compagnie de joyeux drilles, qui semblaient être en train de s'entraîner avec des bâtons en bois en forme d'épées. Elle leva un sourcil perplexe sur la haute technologie des lieux. Elle soupira légèrement en ne disant rien du tout. Elle regarda autour d’elle avec tous ses hommes forts et légèrement en sueur. Au beau milieu de toute cette testostérone se trouvait deux femmes, les seules de la maison. Elles allaient sans doute fort rapidement sensations. La Twi’lek avait l’habitude de plusieurs années de prison, alors elle savait comment se comporter afin d’éviter un maximum de problème. Il y avait plusieurs choix, s’accoquiner avec quelqu’un de fort, et montrer qu’elle n’était pas n’importe qui. Elle se redressa alors en faisant légèrement ressortir ses muscles, elle était davantage agile que forte, mais il fallait bien montrer qu’elle n’était pas faible. Elle ne montra aucun sentiment prenant un visage de dur alors qu’elle jeta un rapide coup d’œil appuyé à chaque futur gladiateur. Cependant, elle s'arrêta sur un homme en particulier, ce n'était guère pour sa beauté qu'elle le fixait du regard, mais il avait quelque chose de spéciale. Elle ne saurait dire pourquoi, mais elle savait d’instinct que c’était quelqu’un de particulier sans trop savoir pourquoi. Elle se contenta de hocher la tête lentement dans sa direction avant de se tourner vers le laniste.

                      Alya sourit amusée largement alors qu’il s’auto-désignait comme le bâtard, il fallait croire qu’il aimait bien le sobriquet qu’elle lui avait trouvé. Cependant, le message de Jarrus était assez clair. Il lui faisait comprendre qu'il était sans doute le seul à lui permettre de retrouvez la liberté. C’était sans doute un message pour lui permettre d’éviter une nouvelle tentative d’étranglement, mais elle n’y croyait pas tellement. Le laniste promettait gloire et honneur dans l’arène comme vie, mais elle savait fort bien ce que cela pouvait être. C'était juste un massacre organisé pour le plaisir de deux cent mille personnes. Il n'y avait que la loi du plus fort, et cela n'allait pas être ses jeunes années au temple du Coruscant qui allaient l'aider. Le fameux Damnateur semblait avoir un pouvoir sur les pauvres âmes qui le connaissaient. Il devait être une sorte de chef de guerre, sans doute le même qui avait changé la décoration de la ville.

                      « Tsss … »

                      Voilà la seule réaction de la Twi’lek face à la proposition. Elle n'était tout simplement pas intéressée, mais elle avait très rapidement compris le deal du laniste. Elle devait se battre et tâcher de rester en vie. Elle devait vivre, elle voulait vivre et certainement pas sur cette planète maudite. Elle regarda alors autour d’elle les différentes armes possibles. Elle savait que faire une épreuve de force contre un homme n’était certainement pas à son avantage. Elle cherchait une arme plus rapide ou encore mieux, à distance. Elle se pencha légèrement vers l’humaine pour lui chuchoter à l’oreille.

                      « Ouais ben s’ils sont si nombreux à rêver de notre place, je veux bien échanger avec quelqu’un. Il nous prend vraiment pour des cons celui-là … »

                      Ce n'était sans doute pas ce genre d'entraînement dont rêvait la Twi 'lek. Elle préférait la vision des jedis que le sable de l’arène, mais elle n’avait guère le choix. Si elle voulait survivre, elle devait apprendre rapidement le code de conduite de cette nouvelle sorte de prison. Il y en avait toujours, et celle-ci prenait place dans la violence et la mort. Sans doute que cela plaisait à tous ces mâles, c’était le genre de choses qu’ils pouvaient aimer regarder, alors que là ils allaient y prendre part. Elle regarda alors tous ses malheureux rêvant de gloire, alors qu’il y allait avoir tant de morts. Elle voulut croiser les bras, mais elle avait toujours ses chaînes. Elle soupira légèrement à nouveau en se tenant tranquille, alors que le laniste poursuivait. Elle ne se catégorisait certainement pas comme une esclave, à peine une prisonnière ou une invitée de longue durée, mais elle ne pouvait pas, non, elle ne devait pas accepter ce fait. Elle était une battante, elle ne jouerait pas le jeu éternellement.

                      Alya venait d'apprendre une information importante, si Jarrus acceptait de former des extraterrestres, elle se doutait que ce n'était pas par gaieté de cœur. Il était un humain, et sans doute que les autres verraient d'un mauvais œil raciste comme ils semblaient être, qu'un simple humain mettait en esclavage leur propre peuple. Il ne lui semblait pas si honnête que cela, mais elle ne dit rien. Gagner le cœur du Public allait être fort difficile, elle allait devenir vraiment briller pour se faire aimer. Elle était une femme, cela pouvait jouer si elle en jouait, surtout dans un domaine où la force primait. À croire le peu qu'elle avait entendu, le fameux damnateur ne devait pas souvent faire preuve de mansuétude. Elle ne voulait faire la leçon à personne, elle n’était pas du genre très compétition. Elle avait vécu trop longtemps dans de terribles mondes entourés de pervers, de détraqués et de monstres de la nature. Elle espérait que cette arène n’allait pas être un retour en arrière.

                      Alya pâlit légèrement en se rendant compte que l'entraînement n'allait être que de cinq jours avant de se faire jeter dans l'arène. Autrement dit, cela allait être un carnage, la plupart sauf ceux qui savaient déjà se battre allaient se faire massacrer. Elle fit un léger mouvement de la main alors que Jarrus la regardant elle et l’humaine.

                      «Oh fait, si je dois devenir une bête de combat pour votre bon plaisir, vous pourriez m’enlever ses chaines ? Et aussi, on peut utiliser d’autres armes dans votre arène ? Comme des blaster ou quelque chose du genre ? Ce n’est pas que je n’aime pas les épées, mais … »

                      On ne pouvait pas enlever des années de mauvaises habitudes, bien qu’elle souhaitait devenir une jedi, elle était très loin d’être vraiment douée avec une arme blanche. Elle n'en avait pas vraiment utilisé par le passé, et s'il était question de sa survie, elle préférait mettre toutes ses chances de son côté. Elle apprécia en tout cas l’air vraiment énervé du laniste suite à leur petite tentative. Elle lança un regard amusé dans la direction de sa sœur de combat. Elle comptait bien se faire une alliée de cette femme, bien qu'elle se doutait que bientôt dans l'arène, elle serait face à face. Voir des femmes se battre entre elles avaient pour effet d’exciter ses messieurs. Elle avait une foule de choses à faire, des projets de vie, et elle n’avait guère besoin du laniste pour trouver son destin.

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                        Auteur : Rylen Korr

                        Cette sensation. Ce toucher. On aurait dit qu'il venait de reprendre des forces au contact de l'arme factice. Comme si une partie de son âme s'était retrouvée lorsqu'elle sentit le poids de l'épée en bois dans le creux de la main. Rylen Korr était peut-être un Jedi depuis son plus jeune âge, élevé dans le respect de l'autre et formé pour devenir un gardien de la paix, mais il n'en était pas moins un guerrier. Si les Chevaliers Jedi portaient des sabres lasers à leur ceinture, c'était pour une bonne raison: ils devaient être capables de prendre des vies si la situation les en obligeait. Ils étaient équipés d'une des meilleures armes de guerre qui puisse exister dans la Galaxie, alors à quoi bon en tenir une s'ils ne pouvaient donner la mort? La formation Jedi était parsemée de paradoxes et de contradictions. Certaines valeurs que l'on enseignait aux jeunes apprentis étaient balayés d'un revers de la main une fois qu'ils étaient confrontés à leur premier dilemme de mission. La réalité, c'est que les Jedi sont depuis des millénaires des... combattants. Si la Force avait décidé à leur naissance de leur attribuer un taux de midichloriens suffisamment élevés pour être formés aux arts Jedi, c'était pour une bonne et unique raison: ils avaient été choisis pour prendre des décisions qu'aucune autre personne ne pouvait prendre. En d'autres termes, ils avaient reçu le don de donner la mort à ceux qui mettaient en péril l'équilibre de la Force dans la Galaxie.

                        La différence avec les autres corps de sécurité? Les Jedi portaient le titre de Chevalier. Ils étaient dotés d'une noblesse et d'une sagesse sans égal dans la Galaxie: contrairement à d'autres, ils avaient le pouvoir de choisir si une personne méritait la mort ou non, quoi que cette personne ait pu faire de grave dans sa vie.

                        Alors qu'il frappait avec insistance un ennemi invisible dans un coin de la cour, Rylen Korr se mettait à réfléchir aux conséquences qui découleraient de son passage dans l'arène de gladiateurs d'Isayidi. Y trouverait t-il des réponses à ses questions? ou y trouverait-il tout simplement la mort? Cette pensée lui dévorait l'âme. La Force n'était pas décidée à le rassurer dans l'immédiat. Elle jouait avec ses nerfs. L'Ispani était persuadé qu'elle lui livrait un test qui avait débuté dès les premiers échanges de tirs en orbite de la Forge Stellaire, lors de la célèbre bataille du même nom. Une épreuve adressée à chaque Jedi, quel qu'il soit. Lui, il avait eu le droit à une épreuve prolongée. Comme s'il avait trouvé en la "personne" de Rattatak une seconde chance, celle de la rédemption. Que se passerait-il s'il échouait comme sur la défunte Forge Stellaire? Il ne fallait malheureusement pas être philosophe pour connaître la réponse. S'il faisait les mauvais choix, Rylen Korr connaîtrait le même sort que des milliers de gladiateurs ayant foulé le sable d'Al-Kazàn avant lui...

                        La situation était étrange. S'il n'était pas au courant que son crash sur Rattatak s'était produit il y a déjà plusieurs semaines en arrière, Rylen Korr se demandait pourquoi il se remettait soudainement à ressentir la Force comme l'on ressentait l'influence positive d'un ami à ses côtés. Tournant le regard dans chaque direction, analysant chaque personne située aux abords de la cour, le Jedi s'arrêta brusquement sur Jooma, lequel s'entrainait avec celui que l'on surnommait le Mandalorien dans l'école de Jarrus. Si le dénommé Jooma avait activement aidé l'Ispani à soigner son âme tourmentée, Rylen s'intéressait actuellement à la mauvaise personne. Alors qui?! Qui, dans cette cour, alimentait de nouveau les courants de la Force? Sans le savoir, cette personne avait permis à l'ex-Grand Maître des Jedi de se réveiller.

                        A quelques pas de là, on enlevait les chaînes de la Twi'lek et de la jeune humaine fraîchement débarquées, en leur faisait comprendre que leur nature de femelle ne les priverait pas d'un traitement physique douloureux dans le cas d'une nouvelle tentative de fuite. Tandis que Jarrus les observait d'un œil attentif au troisième étage de sa petite demeure, Rylen Korr les dévisagea durant de longues secondes. Étrangement, leur arrivée coïncidait avec le réveil de la Force dans ces lieux. Y étaient-elles familières? Le Chevalier Jedi voulait en avoir le cœur net. Il entreprit de rejoindre les deux jeunes femmes mais s'arrêta soudainement alors qu'il n'avait pas fait plus de deux mètres dans leur direction: il fallait se montrer plus discret et plus habile que cela. L'on disait qu'à Isayidi, il y avait des oreilles dans chaque mur, et mieux valait prendre les proverbes au pied de la lettre dans cette cité maléfique. Et puis Rylen n'oubliait pas qu'ils étaient avant tout ici pour s'entrainer en vue de fouler l'arène d'Al-Kazàn. Voir des esclaves discuter à l'écart des autres était mal vu. Et si l'on apprenait qu'une personne au sein du ludus maniait la Force -en l’occurrence, lui- il pouvait très vite s'attirer des ennuis: quelque chose -ou quelqu'un?- lui murmurait à l'oreille qu'il ne devait sous aucun prétexte dévoiler sa véritable nature, même pas à ses rares amis tel que Jooma. Les gens comme lui n'étaient visiblement pas en sécurité sur Rattatak, du moins c'est l'étrange impression qu'il avait depuis peu. C'est pour cela que Rylen adopta une ruse plutôt habile pour que les deux jeunes femmes se découvrent sans qu'il ne prenne la peine d'aller vers elles.

                        Assis dans un coin de la cour, Rylen visualisa une petite pierre qui trainait par terre à l'opposé de sa position. Le Jedi ferma ensuite les yeux. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas senti une fraîcheur pareille. Son corps était de nouveau jeune, son esprit était libéré. Et lorsqu'il rouvrit les yeux, il eut à peine le temps de voir le petit projectile s'élever dans les airs et frapper de plein fouet le crâne d'un esclave Aqualish de deux mètres de haut. Ce dernier se retourna aussitôt, beuglant dans un Basic approximatif des insultes à l'égard... des deux jeunes femmes, lesquelles se demandaient certainement à quoi il faisait allusion ! L'Aqualish, visiblement remonté, employa de nouveau divers termes racistes et sexistes avant de s'approcher de la Twi'lek et de l'Humaine, le regard menaçant. Accompagné de deux de ses acolytes de même race, il comptait régler le compte aux deux malsaines qui lui avaient manqué de respect. Sans savoir que le coupable était au fond de la cour, celui-ci observant délicatement la réaction et l'attitude des deux jeunes femmes.

                        Deux gardes faillirent stopper l'élan des trois Aqualish mais un geste de la main de Jarrus -lequel était toujours à son balcon à l'étage supérieur- les arrêta aussitôt: en bon laniste, le vieil homme confrontait ses esclaves afin qu'ils laissent ressortir tout leur potentiel. Il en profiterait pour voir ce que valaient les deux jeunes femmes dans un combat au corps à corps, histoire de savoir s'il ne s'était pas fait arnaquer sur la marchandise. Si tel était le cas, nul doute qu'elles seraient mieux comme femmes de chambre, prêtes à tout pour remonter le moral des glorieux gladiateurs de son école durant les Jeux de Naktis. Mais la situation n'empêchait pas Jarrus d'avoir un étrange sentiment, lui-aussi. Il aurait juré avoir vu les deux jeunes femmes de dos au moment où l'Aqualish fut frappé de plein fouet par la pierre. Était-ce son imagination qui lui jouait des mauvais tours? Impossible. Il avait beau être dans la ligne de mire de la Mort, il n'en était pas pour autant un vieillard ramolli. Il croisa furtivement le regard de l'Ispani, lequel semblait guère s'intéresser à l'affrontement entre les femelles et les Aqualish. Quelque chose lui disait que le gaillard barbu n'était pas étranger à ce qui venait de se passer dans la cour. Un étrange sentiment lui murmurait que l'Humain n'était pas ce qu'il paraissait être, tout simplement.

                        Quoi qu'il en soit, voilà que la Twi'lek et l'Humaine étaient amenées à se défendre face à trois crapules qui n'avaient que faire d'un combat déloyal: l'honneur, ils n'en avaient jamais entendu parler. C'est un mot qui n'existait pas vraiment, à Isayidi.
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                          Auteur : Alya Thamriel

                            « »

                          Alya n’avait aucun doute sur sa vie, des épreuves quelconques ou quoi que ce soit d’autres. Elle se battait depuis toujours contre des malheurs de plus en plus terrible. Cela commença dans sa prime enfance lors du massacre et de la fin de l’ordre jedi tel que nous le connaissions. Ce fut alors l’effondrement d’une vie quasi toute prête dès que son taux de midichloriens fut validé par la prise de sang. Puis, il y a eu la padawan qui la sauva sans doute du pire d’un côté, mais après une lutte pendant quelques temps, elle disparut à son tour. La twi’lek ne savait d’ailleurs pas du tout si elle était morte ou vivante. Elle n’avait guère eut le temps de tenter la chercher dans la galaxie tant les ennuis lui collaient aux basques. Elle n’avait fait que fuir toute sa vie, fuir sa vie de jedi, fuir sa vie de mauvaise fille ou encore celle de prisonnière recherchée. Elle n’avait jamais pu se poser quelque part et tenter de faire quelque chose de bien dans sa vie. A peine avait-elle tenté de rejoindre enfin le temple jedi, qu’elle se retrouvait prisonnière dans une école de gladiateur. Elle était promise à une mort certaine dans des jeux dans quelques jours.

                            «  Ma putain de chance légendaire … ce n’est pas possible. Bientôt tu vas voir, il va avoir un rancor géant mutant quand je vais réussir à me sortir de ce cauchemar … »

                          Se dit à elle-même la nouvelle acquisition du laniste. Elle était loin d’être une jedi de prêt ou de loin, du moins, c’était son sentiment actuel. Elle se souvenait à peine de l’enseignement qu’elle avait suivi. Elle était loin d’être consciente de son influence sur les autres. Elle avait toujours eu l’impression que n’être qu’un détail dans l’univers, que sa vie n’avait rien changé pour personne depuis toujours. Elle n’avait jamais vraiment rien fait d’extraordinaire, à peine pu empêcher de faire des sales coups aux bonnes personnes. Alors que l’on enlevait les chaines sur elle et sur la jeune humaine qui l’avait accompagné, elle sentit que quelque chose n’allait pas. Une sorte d’ambiance étrange dans l’air, elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle avait toujours été assez intuitive. Elle était bien consciente que si elle tenterait de fuir cet endroit, il fallait le faire avant l’événement dans l’arène, mais elle n’avait que cinq jours pour cela. Ca semblait presque impossible. Elle releva son regard sur Jarrus qui n’avait yeux que pour elle et l’humaine. Elle lui sourit alors largement dans une sorte de défie dans le regard.

                          Alya regarda autour d’elle en se frottant les poignets par habitude plus que par besoin. Elle avait une longue expérience dans une prison dangereuse et mixte, là-bas, il y avait deux façons pour une femme de s’en sortir. La première était de couchée avec un gros balaise respectée, avec ses petites fesses comme payement, c’était facile, mais elle n’était pas de ce genre-là. Elle était bien trop bagarreuse et avec un mental de tête brûlé pour se contenter de simplement ouvrir les cuisses. La seconde était très simple et en générale devait se produire après quelques heures à l’entrée dans une prison. Il fallait se battre, montrer que l’on savait se défendre et que l’on n’était pas du genre à se laisser faire. Les ennuis de ce genre arrivaient en général tout seul sans avoir besoin de les chercher. C’était une façon également de tenter de prendre l’ascendant sur une femme dans un domaine plus que masculin. Les arènes ne feraient sans doute pas exception, elle allait devoir se battre bientôt, elle en avait l’intuition. Elle ne pourrait d’ailleurs pas protéger la jeune humaine, sinon elle devrait le faire continuellement. Elle espérait qu’Avara savait suffisamment se défendre.

                          La Twi’lek eut l’œil attiré dans une direction, et elle put apercevoir un petit caillou frappé le crane d’un aqualish. Ce dernier semblait vraiment ne pas avoir apprécié, et même si ce n’était pas elle la coupable, elle allait devoir se battre et s’imposer dans ce groupe. Une femme devait toujours montrer trois fois plus de force que les hommes, s’était ainsi. Sans aucune hésitation, elle se mit en position pour se battre. Elle banda ses muscles en se préparant à esquiver l’attaque, alors que son adversaire approchait en lançant des insultes de toutes sortes. Cela n’avait guère de poids dans son esprit, ce genre de mots était normal et elle devait garder la tête froide. Elle sourit largement en constatant que son adversaire était accompagné de deux personnes.

                            « Eh bien ? Tu as besoin de petits copains pour venir te mesurer à moi ? Tu as raison mon lapin, méfie-toi de moi … »

                          Dit alors Alya en l’asticotant du mieux qu’elle pouvait, l’objectif était de le déconcentrer, de lui faire perdre les moyens et surtout d’en affronter qu’un seul. Elle leva un regard rapide vers Jarrus qui fit signe aux gardes de ne rien faire. Elle lui fit alors un petit clin d’œil, alors qu’elle se reconcentra sur ses adversaires. Elle se demanda si Avara allait l’aider, mais elle n’allait certainement pas fuir, ce serait une terrible erreur. Pendant les opérations avec le mafieux, cela dérapait souvent, et même si elle était largement meilleure avec un blaster qu’avec les poings, elle savait se défendre. Du moins, elle avait son propre style. Comme si elle avait des extraordinaires réactions, la peur ? L’adrénaline ? Quoi qu’il en soit, elle partit à toute allure vers ses adversaires bien décidés à stopper le combat dès que possible. Une fois à bonne hauteur et profitant de l’effet de surprise, elle enfonça son pied dans le sable et fit un mouvement circulaire de son pied afin de jeter du sable aux plus de pairs de yeux possibles. Elle devait baisser le nombre d’adversaire  ou au moins gagner du temps. Elle était très agile et elle avait une sacrée chance, le sable aveugla deux d’entre eux qui n’eurent pas le temps de se protéger les yeux. Elle ne s’en rendait pas compte, mais la force agissait en ce moment même à son insu. Elle donna un coup de pied au plus proche dans les parties, ce qui eut pour effet de le sécher sur place. Il se plia en deux dans le sable en balançant une autre insulté étouffée dans la douleur. Elle en profita pour prendre appuie sur sa cuisse d'un pied tandis que l'autre partie dans un retourner en arrière acrobatique afin de frapper son visage pour s'en débarrasser. Elle était très agile et aérienne alors que d'autres n'étaient que force physique. Elle essayait également d'impressionner tout ce beau petit monde que ce soit le laniste comme les autres gladiateurs.

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                            Auteur : Slice

                            Victime d’une attaque tout aussi rapide que violente, Kabal était longtemps resté inconscient. Ses agresseurs l’avaient transporté dans un lieu encore inconnu et le Trandoshan était pour l’heure perdu dans des songes confus, où se télescopaient moult pensées et revenait irrémédiablement le visage du vieillard agonisant.

                            Et bien que son esprit fût en proie à des tourments d’ordre moral,  il aurait mieux valu pour ce malheureux qu’il ne sorte pas de l’apaisante torpeur de ses rêves. Car en un instant le prêcheur fut brusquement arraché aux bras de Morphée pour se réveiller en plein cauchemar … A la différence que ce cauchemar-là était on ne peut plus réel !

                            Des cris, des pleurs, et une odeur rance mêlant urine et pourriture emplissaient tous les environs. Le réveil de Kabal venait de se faire dans le plus grand désarroi. Sa tête lui faisait un mal de chien, et haletant de sueur, il ne parvenait pas encore à comprendre ce qui lui était arrivé. Quelques temps encore il arpentait les rues d’Isayidi et voici que maintenant il se réveillait hagard et plongé dans l’obscurité la plus totale. De souvenir, il avait entendu des gens s’approcher de lui par derrière puis sentit un coup au sommet du crâne. Ensuite il avait sombré dans le néant … Sans doute avait-il été attaqué !

                            Mais où donc l’avait-on mené et quelle était la nature de ces agresseurs ? Des ruffians ? Les guetteurs ? Ou bien la garde de la cité ?! Pour l’heure Kabal n’avait aucune réponse et l’inquiétude commençait à le ronger …

                            Sa vue était trouble et il peinait à discerner les contours de la pièce dans laquelle il se trouvait. Une chose était sure : elle était plongée dans une profonde obscurité, et l’air, bien que nauséabond, était frais. Cela lui rappelait les catacombes du Prieuré de Capoue. Où qu’il soit, il conclut rapidement qu’devait probablement être en dessous du niveau du sol, dans des souterrains !

                            L’âtre d’une cheminée située à quelques mètres de lui crachait des volutes de fumées ainsi que des flammes d’un rouge vif. La danse du feu dans son foyer laissa doucement apparaître les contours de la pièce : de larges pierres moussues et une grosse porte en métal ornée de barreaux : un cachot …

                            Essayant de balbutier quelques mots, le Trandoshan fut foudroyé par une vive douleur à la mâchoire. Son visage était partiellement tuméfié et ci et là des bleus recouvraient son corps … On l’avait probablement passé à tabac après son agression. Que de violence gratuite !

                            Voulant se mouvoir, il remarqua que ses bras étaient rattachés à de larges chaînes. Par chance elles étaient suffisamment détendues pour qu’il puisse les bouger sans trop d’entrave. Ce ne fût que lorsqu’il essaya de se relever qu’il ressentit  une nouvelle douleur, cette fois-ci au niveau de ses côtes. Tâtonnant de la main sa cage thoracique, le Trandoshan eut rapidement la confirmation de ce qu’il craignait : on lui en avait brisé. L’homme maugréa un juron avant de prendre appuis sur le sol.

                            Serrant les lèvres sous son appareil respiratoire, le prêcheur s’efforça de rester digne et de ne pas hurler de douleur. Doucement mais surement il entreprit de se relever. Et alors que sa tentative allait bon train il reçut un coup de maillet sur le thorax, le refaisant tomber à terre. La conclusion s’annonça d’elle-même : il n’était pas seul dans cette pièce … Au moins un de ses tortionnaire était présent à ses côtés. Bougeant la tête il distingua la forme fugace d’un de ces bourreaux.

                            Puis la porte de sa cellule s’ouvrit dans un grand fracas et une flopée d’homme en arme pénétra dans la pièce. Personne n’avait allumé la lumière et mis à part la lueur du feu, l’obscurité était toujours totale. Kabal sentit son cœur s’emballer, il avait peur.

                            Parmi les formes qui s’afféraient dans l’ombre une avait particulièrement retenu son attention. Il s’agissait d’un homme de grande taille qui portait un juste au corps couleur vermeille. La casaque de cuir que l’inconnu revêtait au niveau des épaules était ornée d’atours de noble facture. Cette parure, à la fois simple mais richement décorée, témoignait à elle seule du haut rang de son propriétaire.
                            Cet individu se tenait à l’écart du personnel pénitencier. Les matons le craignaient et ils évitaient soigneusement de croiser son regard. Heureusement pour eux, toute l’attention de l’inconnu était portée sur Kabal. Les bras croisés, il se contentait de fixer silencieusement son prisonnier comme s’il s’agissait là d’un animal capturé au cours d’une battue. Sans doute pensait-il à la façon par laquelle il ferrait sonner l’hallali ?!

                            La vision reptilienne du Trandoshan était altérée par le crépitement du feu à proximité. Malgré plusieurs tentatives, le prêcheur de Cypher ne parvenait qu’à n’en deviner que sa silhouette. Toutefois une chose était certaine : ce personnage transpirait une haute stature qui n’était en rien factice, de plus une aura « obscure » entourait ce dernier.


                               

                            L’inconnu resta ainsi immobile durant de longues minutes, laissant sciemment s’installer un profond malaise aussi bien chez les geôliers que chez son prisonnier. Puis sans crier gare il s’adressa au captif. Sa voix était forte mais conservait irrémédiablement un ton calme et déterminé.

                            « - Sais-tu qui je suis ? »

                            Kabal hocha lentement la tête. Il avait aisément deviné l’identité de son tortionnaire : il s’agissait de Naktis, dit « le damnateur » … Le suzerain d’Isayidi esquissa un léger sourire et décroisa ses bras.

                            « - Bien ! Quant à moi je sais aussi qui tu es … »

                            Cette annonce n’était pas vraiment surprenante mais Kabal en ravala sa langue. Lui qui la veille encore avait consentit à assumer la pleine responsabilité de ses actes en visualisait maintenant toute l’étendue ! A prêcher la révolte, à peindre l’héraldique de son culte sur les murs et a incendier des masures, il n’était pas étonnant que le monarque soit au fait de sa présence ! La question était de savoir si Naktis était aussi au courant pour les Guetteurs ou s’il ne savait que pour la présence de Cypher ! Le Trandoshan commençait à éprouver des sueurs froides. Apportant de lui-même une réponse aux questions du supplicié, le Rattataki présenta au prêcheur une des pièces d’argent qu’il transportait d’ordinaire dans sa bure. Ces pièces de monnaie étaient un signe de reconnaissance utilisé par le culte pour reconnaitre ses membres et ses sympathisants. Naktis laissa glisser la lourde pièce entre ses doigts avant de reprendre :

                            « - Je ne pensais pas revoir ces pièces un jour … »

                            Le fils du parjure avait visiblement mis au courant le suzerain sur la nature de cette monnaie. Le Rattataki avança d’un pas, dévoilant en partie son visage au prisonnier. C’était un homme d’âge mur, le crâne rasé et tatoué. L’attitude du monarque transpirait une confiance en soi unique et un sentiment de supériorité qui terrassait les esprits les plus faibles. Les yeux du roi plongèrent dans ceux du Trandoshan, perçant son âme pour s’en aller jusqu’à ses peurs les plus profondes. Il regarda Kabal avec satisfaction, sa voix pris alors un ton impérieux :

                            « - Ce que je veux savoir c’est pourquoi tu t’intéresses à moi. »

                            Les deux yeux fendus du Trandoshan brillèrent alors de malice, il ravala sa salive et répondit avec défit :

                            « - Tu sais ce que l’on dit ? Le mal appelle le mal … »

                            A cette réponse le damnateur se contenta d’hausser les épaules. Il fit signe a ses geôlier de s’occuper du captif. Les préposés à la torture tendirent alors les chaines qui retenaient ses membres. La seconde suivante le prêcheur était fermement maintenu immobile ! Armés de maillets et de gourdins les matons s’approchèrent alors de lui ; les secondes suivantes il fût passé à tabac.

                            Mais ce n’était là qu’une étape dans le calvaire réservé au cultiste. Naktis adressa un second signe de tête à ses sbires. Un de ces hommes s’en alla alors brûler un tisonnier dans l’âtre de la cheminée. Le métal rougit doucement sous le regard apeuré du supplicié !

                            Une fois que l’arme fût chauffée au rouge le bourreau s’approcha de Kabal. Le Trandoshan remuait fébrilement pour essayer de se soustraire à l’assaillant mais c’était là une vaine action ! Certains gardes le maintinrent immobile tandis qu’un des préposés attrapa son œil gauche et le força à garder les paupières ouvertes. L’instant d’après le métal incandescent était plongé dans l’orbite du malheureux.

                            Aucun mot ne pourrait retranscrire la souffrance du supplicié ! Kabal hurlait, pleurait, criait !  Ses mains griffues cherchaient quelque chose à cramponner. Dans la panique il s’accrocha à un de ses assaillants et lui planta ses ongles dans la chair. On lui assainit immédiatement de nouveaux coups de maillets jusqu’à ce qu’il le lâche ! Enfin, le bourreau recula. Son œuvre était terminée, l’œil gauche n’était plus ... Les chaines qui retenaient le blessé furent relâchées et le Trandoshan tomba au sol. A genou, toujours fermement entravé, il gémissait.

                            Naktis avait regardé la scène sans réagir. Le visage placide, il n’accorda aucune considération à ce qu’endurait son prisonnier. Le suzerain se contenta de se rapprocher de l’émissaire de Cypher et s’agenouilla à son niveau. Impassible, visage contre visage, il réitéra sa question.


                            « - Je ne le répèterais pas. Pourquoi ? »

                            La douleur parcourait toute la tête du Trandoshan. Son cœur battait à un rythme soutenu au point que ses veines semblaient être sur le point d’exploser. Sa respiration devenait difficile sous son masque et un flot ininterrompu de sang s’écoulait de l’orbite crevée. Le précieux liquide perlait sur sa peau brûlée pour se mélanger avec la terre rougeâtre du sol de la cellule.  Entre deux suffocations il céda à la peur et à la torture : il répondit à son tortionnaire.

                            « - Il arrive ! Tu as quelque chose qu’il veut … »


                            La curiosité du monarque fût alors attisée. Naktis se releva et s’approcha en personne de la cheminée. Il se saisit du tisonnier et le laissa doucement chauffer dans le foyer. Kabal était à présent transit de peur, craignant qu’on ne lui crève son dernier œil valide ! Il essaya de se mouvoir mais les chaînes l’entravaient toujours … Son rythme cardiaque s’accélérait ! Il était coincé et à la merci de son bourreau. Le damnateur tourna sa tête dans sa direction et s’exclama :


                            « - Qui ça il ? »

                            La réponse du supplicié fût directe.

                            « - Le 1er des parjures … le Seigneur des Parias … »

                            La réponse sembla surprendre le monarque d’Isayidi. Naktis laissa chouir la pièce de métal sur le sol et se retourna vers une forme encapuchonnée qui restait dans l’entrebâillement de la porte. Il s’agissait du fils du parjure, le traitre de Cypher ... La voix de ce dernier siffla dans les airs à la découverte de la nouvelle.

                            « - Mensonge ! Il ment ! Le Seigneur de Cypher et ses camarades sont morts ! Le premier des parjures a été décapité ! Ils sont tous morts … L’Omega les a massacrés ! »

                            Toujours agenouillé, Kabal serra la terre Rattataki dans ses mains tout murmurant à demi voix une litanie pour les moins étranges.

                            « -  N’est pas mort ce qui à jamais dort et au long des ères étranges peut mourir même la Mort. »


                            Bien que surprenant, l’acte de foi ne laissa pas le suzerain inébranlable. L’homme le jugea un moment du regard puis haussa les épaules. Le traitre repris alors de plus belle ! Il s’activait à de grands gestes et parlait avec précipitation. Ce petit personnage, toujours caché dans l’ombre, était loin de l’image que renvoyait son suzerain : un homme cruel, calculateur et d’une grande prestance.

                            « - Qu’on le tue ici et maintenant ! Qu’il aille donc retrouver son maître s’il est aussi pressé que ça de le rejoindre ! »

                            Naktis leva l’avant-bras en l’air, lui intimant de se taire.


                            « - Silence. Un mot de plus et je t’envoie rejoindre. »


                            Le tuer ?! C’était une possibilité mais en faisant cela il perdait la chance de retrouver d‘hypothétiques complices. Les espions du damnateur n’étaient pas parvenus à retracer fidèlement les allées et venues de l’étranger. De plus il gageait qu’à le torturer d’avantage le supplicié ne finisse que par tomber en syncope ! S’il voulait des réponses il devrait agir de manière plus intelligente.

                            Naktis voulait savoir si le Trandoshan avait de l’aide dans la cité. Il devait aussi se prémunir de la possible venue d’un Seigneur Sith revenu d’entre les morts … Il était primordial de démasquer les conspirateurs et de tirer toute cette affaire au clair ... A la différence du fils du parjure, le roi n’était en aucun cas un homme enclin aux impulsions. Il calculait … Lui et « Cypher » jouaient à un jeu macabre dont l’échec ou la victoire d’une des deux parties étaient synonyme de vies sacrifiées. Il valait mieux utiliser ce prisonnier comme un piège et non pas se séparer d’un pion aussi important en début de partie.
                            De plus, Kabal il avait donné l’espoir dans le cœur de ses sujets. Pour cela il devrait le briser devant le peuple tout entier pour leur montrer la vanité de leurs espoirs … Une énième Guerre Servile n’était pas envisageable en ces temps de prospérité. Il escomptait bien rallier à lui les villes voisines pour étendre définitivement sa sphère d’influence sur la planète. La révolte devait être matée dans l’œuf et ce « prêcheur » serait exhibé en trophée. Comment pourrait-il prétendre sauver la plèbe s’il ne pouvait lui-même se sauver du damnateur ?!

                            Bien que devenu borgne, ayant les membres et le visage brulés et devant respirer avec un appareil respiratoire, le Trandoshan restait de conception robuste. Les gens de cette race étaient traditionnellement de bon guerrier … Autant mêler l’utile à l’agréable ! Il pouvait être une bonne attraction pour les jeux qu’il allait organiser. En le mettant dans l’arène à la vue de tous, Kabal serait rapidement vu par ses complices et ces derniers se trahiraient en essayant de l’aider ou de le faire taire … Ayant pris sa décision, Naktis se retourna vers le captif.


                            « - Je devrais te faire écarteler pour ce que tu as fait … Mais je n’y gagnerait rien. Ton action de la nuit dernière a défiée mon autorité. Tu as semé l’espoir dans le cœur de ceux qui me servent. Tu as placé l’anarchie là où il ne peut y avoir que servitude, crainte et vénération.
                            C’est pour cela que ton message et toi-même devra être détruit … Je te mettrais a genou devant le peuple et tu quémanderas ma miséricorde.
                            Naktis vint jusqu’au captif et l’attrapa par le col. Pour t’être opposé à moi, tu seras malgré toi la pièce centrale de mon triomphe. Le monarque laissa retomber Kabal au sol. Ta vie se terminera dans les jeux, en pâture à notre culture et nos croyances. Sur Rattatak il n’y a qu’une seule règle : le fort domine le faible … »

                            Naktis se saisit de nouveau de la pièce en argent  du cultiste. Sur une de ses faces était gravé un arbre. C’était le même symbole qui avait été dessiné à la flamme sur les masures lors de la nuit dernière … Cypher … La venue d’un Seigneur Sith risquait de se montrer problématique. Naktis espérait qu’il ne s’agisse là que d’un bluff, mais par prudence il allait prendre certaines mesures pour assurer sa protection. Il laissa glisser la pièce dans sa main, la regarda une dernière fois puis la broya au creux de sa pomme.

                            Face à ce geste, la main de Kabal serra les atours royaux du damnateur. Il releva la tête et lui dit :


                            « - Tu ne peux détruire ce qui est déjà brisé Natkis … C’est ce qui te perdra. Un des gardes lui assainit un violent coup de crosse en pleine tête. L’artère frontale fût ouverte et du sang coula le long du visage du martyr ... Le prêcheur s’effondra au sol, dans les chaînes et son sang, sa vue diminuée par la perte d’un œil et la torture. Sous son masque il articula faiblement un dernier avertissement: … à la fin des jeux ton règne prendra fin … »

                            Mais Naktis ne l’écoutait plus. Il avait déjà quitté la pièce ... Un des bourreau sembla avoir entendu l’ultime message mais le garda pour lui.


                            [...]

                               
                            On ne sait pas exactement combien de temps on le laissa là, à pourrir dans ces cachots crasseux. Mais vint le jour où on sortit enfin Kabal des catacombes.

                            Bien que diminué, le Trandoshan restait encore lucide. Après des jours passés dans l’obscurité, ces yeux reptiliens furent surpris par tant de lumière ! Le soleil tapait fort en cette journée et revoir le ciel Rattataki était en soit une bénédiction.

                            Le Trandoshan avait encore du mal à distinguer son entourage. Il ne percevait pour l’heure que des formes floues qui se massaient autour d’une sorte de comptoir. Rapidement il comprit qu’on l’avait mené sur un étal. Les pieds et les mains enchainés : on était en train de le vendre en tant qu’esclave !

                            Fronçant le sourcil de son seul œil valide, il essayait de percevoir ce qui se tramait aux alentours. Du sang séché faisait malheureusement une croute au niveau de ses paupières et sa vue restait relativement floue. Enchainé, il ne pouvait nettoyer son œil … Parmi toutes ces formes qui gesticulaient tout autour de lui, il remarqua un laniste qui négociait dans un coin avec un homme en costume étrange. L’interlocuteur de ce dernier était en total veston et son visage lui rappelait quelqu’un ! Soudain Kabal fût frappé d’effrois ! Il l’aurait juré : c’était Gman ?! Sa vue se troubla  et le temps qu’il cligne de l’œil il n’y avait déjà plus personne avec le commerçant …

                            Le laniste qui avait parlé avec l’homme en total veston s’approcha de l’étal. Il s’agissait de Jarrus. L’homme posa une belle bourse pour Kabal. Les gens le regardent surpris, le Trandoshan était borgne … Après tout la rumeur disait qu’il avait acheté deux femelles il y a peu ! Etait-ce avec cela qu’il comptait honorer les jeux ?! Pour sur son institution perdait en renommée ! Quelques rires se firent entendre mais le bourgeois ne réagit même pas. Faute d’enchère supérieure Kabal lui revint.

                            On tira alors le Trandoshan vers le ludus du vieil homme ...

                            [...]
                               

                            Les jours suivants ressemblèrent au paradis pour celui qui avait passé quelques temps à « profiter » de l’hospitalité du monarque d’Isayidi ! Bien que ses motivations furent gardés secrètes, Jarrus était bien décidé à faire de ce Trandoshan un de ces gladiateur ! Pour se faire, il fallait déjà le remettre sur pied ! C’est ainsi qu’après l’avoir isolé dans une partie du ludus, les serviteurs du laniste le soignèrent à l’aide de médecines traditionnelles de la région. Les soins portèrent leurs fruits et au fur et à mesure que les jours s’écoulaient Kabal reprenait des couleurs. Lorsqu’il fût en état de marcher le bourgeois le convoqua dans son bureau.

                            La présence du Trandoshan, des soins et les rumeurs qui tournaient autour de lui s’étaient rependues comme une trainée de poudre dans toute la masure. Il se disait à voix basse entre serviteurs et gladiateurs que c’était lui qui avait fomenté une tentative de révolte contre Naktis et que le monarque l’avait condamné à mourir dans les jeux de l’arène. Pour Kabal nul espoir de sortir vivant du chaudron : il y était condamné à y périr. Étrangement il le vivait bien … Les servants l’avaient surnomé « le borgne ».

                            Debout, le Trandoshan faisait route vers son nouvel « hôte ». Jarrus était devenu de fait son « maître » mais le prêcheur peinait à l’idée de le nommer tel quel. Depuis son achat il n’avait pas rencontre cet énigmatique personnage. A dire vrai le cultiste avait été enfermé dans une chambre durant sa remise sur pied et il n’avait côtoyé que les servants qui l’avaient soigné. En ce jour, c’était ça première matinée au sein de l’institution de Jarrus « le brave ». Une lanière de cuir avait été placée autour des côtes brisées du Trandoshan. Elles n’étaient aps soudés mais les baume et les onguents qu’il y appliquait atténuaient suffisamment la douleur pour qu’il fusse en état de marcher.

                            Kabal suivit ainsi une servante jusqu’au bureau du commerçant. On le fît entrer. La pièce était située dans la plus haute tour du ludus. D’ici le laniste avait une vue dégagée sur les hauteurs de la ville et on devinait aisément au nord la forme ovale de l’arène qui se dressait au milieu de la cité. Le vieil homme était appuyé sur la rambarde de son balcon et l’invita à s’approcher.

                            « - Mes domestiques m’ont dit que tu avais récupéré. Ta guérison est surprenante, surtout quand on sait d’où tu viens. Le laniste scruta les environs avec méfiance, comme s’il craignait qu’un de ses servants ne surprenne cette discussion. Il continua sur un ton proche de la confidence : A la criée il était annoncé que tu venais des geôles de Naktis. Il est rare de voir quelqu’un sortir des cachots du Damnateur sur ses deux pieds ... »

                            « - Malheureusement je crains qu’il ne s’agisse là que d’un sursis » renchérit Kabal en désignant l’arène du menton.

                            Jarrus apprécia la remarque et lui désigna l’édifice  d’un geste du bras.

                            « - Ah … L’Al-Kazàn … Considère que je te donnes l’opportunité de partir en homme ! De mourir l’arme à la main dans le chaudron. S’en aller acclamé par la foule et non pas sommairement embroché sur un poteau. »

                            Le prêcheur rejoignit le commerçant jusqu’au balcon. Les deux hommes se regardèrent un moment en silence avant que Kabal ne lui réponde.

                            « - Vous savez, à mes yeux la finalité reste-la même. Il n’y a pas de gloire à mourir dans la fange pour les beaux yeux de nantis de la Galaxie. »


                            Le visage du laniste se fronça. La réponse et l’attitude du Trandoshan ne lui plaisait guère. Il dériva sur la présence du lézard sur la planète aride. Jarrus aimait savoir d’où venaient ses acquisitions.

                            « - Eh bien … Mis à part la quête de gloire, qu’est-ce qui pourrait pousser un étranger tel que toi à venir sur Rattatak ? »


                            « - Votre suzerain et moi avions quelques amis en commun … »

                            « - J’ai peut-être les cheveux blancs mais je ne suis ni sénile, ni stupide. Le vieillard regarda Kabal d’un œil sévère. Les rumeurs vont bon train autour de toi mon garçon. Tu es le « prêcheur » qui a déclenché l’incendie des derniers jours … »

                            Le Trandoshan acquiesça avant de s’adosser à la rambarde. Il scrutait le ciel d’un ton rêveur. C’était bien là le dernier espace de liberté qu’il lui restait. Le commerçant esquissa une moue avant de reprendre :

                            « - Je n’aurais pas dû t’acheter … »

                            A cette annonce Kabal esquissa un léger sourire sous son masque à gaz.


                            « - Combien avez-vous payé pour m’acquérir ? »


                            « - Trop pour un Trandoshan borgne, blessé, a la peau brûlé et qui est obligé de respirer avec un masque à gaz … »


                            Le regard de Kabal se reporta vers le « chaudron », puis vers le palais où résidait Naktis. Toute cette affaire était en partie le plan du suzerain. Le damnateur avait placé ses pions et chaque nouveau mouvement devait être fait avec une attention toute particulière sur l’échiquier.

                            Le cultiste devrait jouer de malice s’il ne voulait pas griller les quelques cartes qu’il lui restait. Après tout il pouvait compter sur les guetteurs et les deux wookies laissés à l’autre laniste. Mais le roi d’Isayidi n’était pas dupe. Il escomptait bien que le Trandoshan contacte ses camarades ! Le piège tendu par le monarque restait toutefois sa meilleure option !

                            Lors des jeux tous seraient présents dans l’arène: qu’il s’agisse de Kabal, de Naktis, du fils du parjure, du bateau de justice orné de l’holocron, des wookies, et bien entendu des guetteurs … Ce serait le moment où tout se jouerait. Jusqu’alors il allait devoir rester en vie et pour se faire Kabal devrait prouver à cet homme qu’il avait fait le bon choix en voulant faire de lui un gladiateur.


                            « - N’ayez aucune crainte au sujet de mes capacités. J’ai combattu des Wookies à main nue dans le passé. Même diminué je m’acquitterais de la dette que j’ai à votre égard. » 

                            « - Merveilleux … Alors va dans la cours t’entrainer si tu ne veux pas que je te botte le cul ! »


                            Kabal acquiesça et descendit dans la cour. Les yeux des nouveaux étaient fixés sur le nouveau venu. Tous avaient entendus parler de lui mais c’était la première fois qu’ils le voyaient depuis son arrivée entre les murs du ludus. « Le borgne » traversa la cours en silence et vint s’adosser contre un des murs d’enceinte.
                               
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                              Auteur : Rylen Korr


                              Jooma ----- ------------Jarrus-------- Le Mandalorien
                              [Esclave Humain] ---[laniste]------------- [esclave]

                              La situation était complexe. Quelques minutes en arrière, Rylen Korr avait délibérément choisi la non-violence en refusant le combat contre l'un des gardes de Jarrus, se laissant frapper en plein estomac à plusieurs reprises sans éprouver la moindre souffrance. Mais voilà qu'il provoquait volontairement la rage de plusieurs esclaves en étant l'investigateur de ce combat peu loyal: une femelle Twi'lek assez frêle face à trois Aqualish plutôt robustes. Et bien-sûr, Rylen avait choisi de rester à l'écart de cet affrontement. Une partie refoulée de son âme -celle qui avait été sienne la veille de la Forge Stellaire- fut écœurée de ce choix lâche. L'autre -celle qui était née lors de la récente bataille autour de l'artefact Sith aujourd'hui annihilé- en fut réjouie: voilà que cet homme si solide acceptait les conditions locales. Voilà que ce Jedi si sage se laissait influencer par les mœurs de Rattatak.

                              Mais il y eut un déclic; un déclic si soudain que l'esclave ne sut d'où il provint. Son visage s'attrista. L'on aurait dit que son corps avait été possédé par une aura maléfique et qu'il reprenait tout juste son contrôle. Qu'était-il en train de faire? Était-il devenu aussi faible au point de ne pas se ranger aux côtés de cette Twi'lek ? Le combat était déloyal, et par sa faute la jeune esclave risquait de se prendre une dérouillée devant tout le ludus et devant Jarrus en personne, ce qui signifiait en d'autres termes perdre tout espoir de faire partie des gladiateurs du vieil homme pour les Jeux de Naktis. Et ce n'était pas une bonne nouvelle puisque ça signifiait deux choses: la première, c'est que la jeune femelle allait devoir servir pour une tout autre activité (peu recommandable) et la seconde, c'est qu'elle n'allait pas avoir la possibilité de s'affranchir en survivant dans l'arène d'Al-Kazàn. Autrement dit, en perdant la face face aux trois mâles particulièrement remontés, elle perdait toute chance de quitter un jour ou l'autre ce monde maudit.

                              Et c'était de sa faute à lui. Elle n'avait rien demandé et à cause de son geste minable, elle se retrouvait dans de beaux draps. A peine arrivée dans un endroit qu'elle n'avait -comme toute personne censée enfermée entre ces murs- jamais voulu rejoindre.

                              Rylen ferma les yeux et inspira profondément. La preuve ? Il venait de l'avoir. Oui, cette Twi'lek avait un lien avec la Force. Elle l'avait utilisé -volontairement ou non- pour faciliter son approche au moment de s'en prendre au premier Aqualish qui se dressait sur sa route. Qu'attendait-il donc pour se porter à son secours? Les trois adversaires de la native de Ryloth n'étaient peut-être pas réputés pour leur intelligence mais la malice de la Twi'lek n'allait pas l'aider indéfiniment: un coup bien placé et elle retrouverait très vite à terre, sans aucun moyen de se dégager de la situation. Et elle avait toujours ce même défaut que depuis son arrivée sur Rattatak: c'était une femelle, et les plus primitifs des esclaves qui l'entouraient se feraient une joie de prendre une part du gâteau en profitant de la situation actuelle. Quelque chose se tramait en effet dans le dos d'Alya, puisque plusieurs individus de divers races exotiques se joignirent à la fête afin d'épauler les deux Aqualish restants. Korr réagit instantanément et se leva, conscient du danger qui était en train de s'abattre sur la jeune femme. Jamais il n'avait souhaité une issue pareille. Jetant un regard vers le ciel afin de s'assurer que Jarrus allait mettre un terme à l'appétit sauvage de ses esclaves, l’Être Humain ne fut aucunement rassuré lorsqu'il vit un balcon déserté par le propriétaire des lieux: le vieil homme n'assistait pas à la scène. L'arbitre avait déserté les lieux, il n'existait désormais plus de règles avant son retour.

                              Les animaux dociles qu'il avait dompté au prix de chaînes en fer et de belles paroles comptaient bien profiter de leur instant de liberté. Du moins c'est ce qu'ils pensaient pouvoir réaliser. La Force s'était réveillée au meilleur moment pour mettre un terme à leur désir répugnant. Son action se révéla au travers d'une épée en bois qui traversa soudainement la cour avant de percuter de plein fouet l'un des Barabels qui s'était bien trop approché d'Alya pour être épargné. Le reptile bipède, impressionnant de par sa taille -il dépassait facilement les 2 mètres 50 !- eut la sensation d'être effleuré par un coup de vent au niveau de l'épaule. Il se retourna brièvement et aperçut un humain, "l'Ispani", lequel le défiait du regard à six mètres de distance. La seule réaction du Barabel fut de rire et de rire encore, jusqu'à ce qu'il finisse par changer radicalement de tenue: son visage s'assombrit, son sourire laissa ressortir ses nombreuses dents pointues sur lesquelles on décelait encore les restes du steak de nerfs du précédent repas et Rylen sut qu'il s'était mis dans une très mauvaise posture face à un ennemi qui le surclassait morphologiquement parlant. Néanmoins il y avait un point positif non négligeable dans son geste de provocation: en défiant le Barabel, Rylen Korr s'était attiré les regards d'une grande partie de la cour, gardes y compris. Il avait réussi à calmer les ardeurs des esclaves qui avaient voulu s'en prendre à la jeune Twi'lek puisque ceux-ci s'intéressaient désormais à la chair humaine: l'Ispani en personne. Ce dernier serait leur repas. Mais Rylen s'était fait un ami depuis son arrivée sur Rattatak. Jooma s'était joint à ses côtés sans un seul regard dans sa direction, le puissant gaillard étant bien trop préoccupé par le choix compliqué de son premier adversaire: par qui devait-il commencer?


                              -Je m'occupe des trois autres, dit-il en parlant de trois Abyssins qui épaulaient visiblement le Barabel, car tu auras fort à faire pour gravir cette seule montagne, mon ami... conclut t-il en tournant le regard vers l'impressionnant reptile qui leur faisait presque face désormais.

                              La scène tournait au règlement de comptes. S'ils avaient laissé du répit à la jeune Twi'lek -laquelle avait désormais bien plus de chances de s'en sortir- les voilà qu'ils se frottaient à des espèces violentes et sauvages par nature. Barabels, Abyssins, Aqualish... Des extraterrestres aussi primitifs que les Rattatakis et qui avaient trouvé leur place ici, sur cette planète d'arriérés. A deux, ça allait être compliqué de prendre le dessus. Du moins c'était certainement la pensée des spectateurs qui entouraient les valeureux combattants. Car Rylen -tout comme Jooma, même si celui-ci le laissait moins transparaître- avait confiance en lui et en son ami: avec la Force ou non, ces brutes n'allaient pas gagner.

                              Ils en furent d'avantage convaincus lorsqu'un invité surprise pénétra dans le cercle d'esclaves qui les entourait. Un invité surprise qui se plaça... à leurs côtés.


                              -Nar'sheb les cyclopes. Dégagez de là où je fais un kajil de viande avec l’œuf qui vous sert d’œil !

                              L'assurance de Jomma et de Korr grimpa en flèche. L'homme qui les avait rejoint n'était autre que le Mandalorien ! Et ce dernier avait visiblement mis en rogne les trois Abyssins qui n'apprécièrent aucunement les mots du natif de Mandalore. Celui-ci aurait pu se retrouver devant un Rancor, il aurait dégageait la même posture et le même charisme. Il y avait dans sa façon de se comporter une preuve de son aplomb et de sa confiance en soi... Les natifs de Mandalore étaient peut-être considérés comme des brutes sans cœur ni morale dans les préjugés communs, la réalité était toute autre. S'ils pouvaient paraître arrogants, c'était dans leur nature d'être aussi fiers d'eux. Et visiblement, le comportement des "cyclopes" et de leurs copains ne lui avait pas vraiment plu à lui-aussi. Ou bien il s'était juste joint à la fête pour s'amuser. Dans tous les cas il ne s'était pas rangé auprès de Korr et de Jooma par simple gaieté de cœur.

                              Au moins, voilà que les débats s'équilibraient d'avantage. Résolu à en finir le plus vite possible avec ces déchets de la société, Rylen osa le premier pas dans la direction de son adversaire. Ce dernier arma son poing vers le Jedi mais ce dernier l'esquiva au prix d'une belle roulade. L'on aurait dit qu'il reprenait petit à petit ses sensations, celles qui avaient toujours été siennes avant l'horrible Bataille de la Forg... Peu importe le nom. Ce n'était que du passé. Ces souvenirs lui rongeaient le cœur et lui dévoraient l'âme depuis qu'il avait posé les pieds ici, sur Rattatak. Rylen devait tourner la page définitivement.

                              Au dernier étage, appuyé sur la balustrade du balcon de ses appartements privés, Jarrus ne regrettait pas d'avoir laissé refroidir son rôti de Roba afin d'admirer le combat. Il avec les yeux d'un enfant ouvrant son cadeau d'anniversaire. Ses meilleurs éléments étaient en train de se mettre en scène pour combattre ! et l'Ispani était de la partie ! Un sourire malicieux se dessina sur le visage du vieil homme, lequel n'était pas prêt à faire sonner la cloche mettant un terme aux hostilités: ce que ses esclaves vivaient actuellement, c'est ce qu'ils allaient rencontrer dans l'arène d'Al-Kazàn dans cinq jours exactement. Ni plus, ni moins.

                              Les griffes du Barabel passèrent à quelques millimètres seulement du misérable cou de l'humain: si le reptile avait touché au but, Korr aurait certainement été décapité. La puissance de cette espèce était incroyable et le Jedi comprit qu'il fallait être sacrément fou -ou extrêmement courageux, cela dépendait des points de vues- pour s'attaquer à un organisme vivant pareil. Il comprenait mieux pourquoi des hommes comme Jooma et le Mandalorien s'étaient dressés à ses côtés afin de le soutenir dans sa démarche. Rylen Korr comprenait également bien mieux pourquoi il avait été le leader de l'Ordre Jedi durant très longtemps.

                              L'Ordre Jedi. Sa famille. Ses frères et ses sœurs... Que devenaient-ils? Comment s'étaient-ils adaptés à la disparition de leur Grand Maître? Rylen s'excusa silencieusement auprès de la Force pour s'être considéré durant quelques secondes comme étant un pilier essentiel de l'Ordre millénaire. Bon nombre de ses anciens confrères valaient mieux que sa personne. Les Jedi survivraient sans mal à la perte de leur ancien leader. Cette pensée lui fit mal au cœur mais c'était la stricte vérité, et lui-même était obligé de le reconnaître. Dans les faits, cela se traduisit par un excès de violence de sa part dans les coups qu'il envoyait au Barabel qui semblait encore plus enragé qu'auparavant. Oui, Rylen Korr se servait certainement de ses sentiments les plus négatifs pour surpasser son adversaire. Mais chose encore plus surprenante: le Maitre Jedi dominait chacune de ses émotions. Il les surclassait et leur imposait sa volonté. Il ne se laissait pas guider par tel ou tel ressentiment qu'on lui avait déconseillé de connaître dès son plus jeune âge. Et pour un individu voué à faire ce qu'on lui demanderait de faire sur Rattatak, c'était une prouesse étonnante. Même pour un ancien Jedi de sa stature. Cette planète l'avait décidément transformé, elle l'avait fait grandir comme jamais.

                              Mais cette évolution allait-elle suffire à lui faire quitter ce monde ?
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                                Auteur : Rylen Korr


                                Jooma
                                [Esclave Humain]
                                Spoiler : Musique
                                [Flash unavailable]
                                Il pleuvait ce jour-là sur Coruscant. Les trombes d'eaux s'écrasaient durement sur le sol bétonné de la Capitale galactique, mais le choc de leur impact n'était pas aussi puissant que ne l'avaient été les bombardements orbitaux causés par l'invasion Séparatiste quelques semaines plus tôt. La Guerre des Clones avait pris fin lors de cette même bataille, lorsqu'un misérable Traité de Paix avait été signé entre un Empereur perfide -G.Man- et un Général Séparatiste -Mufus- dont les mains étaient souillées du sang de milliers d'innocents. "Il n'y a pas de guerre sans morts" se justifiaient-ils. Soit. Il était cependant étrange de constater à quel point les individus avaient la mémoire courte. Des milliards de citoyens avaient été sauvés ce jour-là par d'innombrables gardiens de la... paix. Quel comble. Ils avaient trahi leurs valeurs pour sauvegarder la vie de leur prochain, mais leur prochain avait oublié seulement quelques jours après comment il avait pu survivre à un tel enfer: des hommes et des femmes avaient échangé leur âme contre la leur. Au lendemain de la Grande Guerre, ces personnes désabusées par le manque de reconnaissance de la majorité et en désaccord avec la politique Impériale décidaient de s'exiler dans la Bordure Extérieure afin de se racheter de tous leurs péchés et de ne plus participer à la décadence d'une civilisation autrefois à son apogée. Il ne fallut qu'une poignée d'heures pour que l'Empereur ne classe ces Jedi Renégats -comme on les appelait dès lors- dans la liste des "organisations terroristes à arrêter, mort ou vif".

                                Bon sang... Combien des leurs étaient morts pour leur survie? Combien des leurs avaient préféré échanger leur vie pour celle d'illustres inconnus? La reconnaissance était une valeur qui s'était perdue en route, à jamais oubliée dans les méandres de l'histoire. Difficile de ne pas éprouver de remords et de rancune envers ces gens qui les avaient abandonné du jour au lendemain. Tellement difficile qu'un Maître Jedi avait failli dépasser la ligne rouge, celle qui vous sépare à jamais de vos origines et du dogme que vous avez toujours juré de servir. Il pleuvait ce jour-là sur Coruscant, et Rylen Korr avait été prêt à basculer dans un mal éternel en laissant son désir de vengeance prendre le dessus à jamais: le leader des Jedi dissidents avait programmé l'assassinat de l'Empereur G-Man. De sa propre main. De mémoire d'homme, jamais il n'avait approché d'aussi prêt le Côté Obscur de la Force de sa vie. Il l'avait frôlé. Il avait senti son attrait, sa puissance...

                                Il avait senti sa tentation comme une brise d'air frôlant votre visage.

                                Il pleuvait ce jour-là sur Coruscant, mais cela n'avait pas empêché G-Man de lire un discours ouvert aux journalistes et aux citoyens de tout horizon au Sénat Galactique. C'était comme si l'Empereur lui-même avait invité Rylen Korr à passer à l'acte. Il lui avait facilité la tâche. Le Maitre Jedi était rapidement parvenu à quelques mètres de sa position, camouflé par une foule de journalistes et de Coruscantis prêts à tout pour s'approprier quelques bribes de mots sans aucun intérêt. Le Jedi n'avait besoin que de quelques centièmes de secondes pour passer à l'acte, et rien ni personne ne pouvait l'en empêcher. Son sabre laser avait glissé dans le creux de sa main droite; son pouce, lui, s'impatientait et voulait presser le fameux bouton rouge qui signifiait généralement que l'on ne pouvait plus revenir en arrière. Et puis il y eut cette... "Lumière". Une "Lumière" tombée du ciel et positionnée au milieu de la foule, juste à côté de Rylen Korr. C'était une enfant, une gamine Twi'lek qui ne cessait d'agiter une peluche Wookie dans tous les sens afin d'attirer l'attention de sa mère, laquelle prit le temps d'accorder un sourire à sa progéniture après maintes tentatives de cette dernière pour se faire remarquer. La gosse tourna alors la tête vers le mystérieux bonhomme encapuchonné à sa gauche. Il ne fallait rien de plus pour susciter l'intérêt d'un enfant. Rylen sut alors qu'il avait une chance unique de faire marche arrière lorsque la petite Twi'lek remarqua le sabre laser avant de poser des yeux émerveillés devant son possesseur. C'était un super-héros Jedi. Et le super-héros Jedi eut le souffle coupé par un bambin de trois ans. L'histoire s'arrêta là, et il s'arrêta brusquement de pleuvoir ce jour-là, sur Coruscant.

                                Alors qu'il l'observait minutieusement, Rylen Korr ne put s'empêcher de se remémorer l'image de cette gamine Twi'lek. Tuer G-Man aurait changé sa vie mais surtout celle de cette enfant. Que dire de la vie de ces millions de bambins qui avaient eu le malheur de naître quelques semaines avant la Ière Grande Bataille de Coruscant ? G-Man s'était-il imaginé chacun de leur visage au moment de regarder les explosions à travers la fenêtre de leur appartement? Rylen sourit un instant, conscient de l'énormité qu'il venait de commettre. Les hommes comme G-Man n'avaient pas de valeurs. C'était le cas de tous ceux qui avaient osé cracher sur les Jedi dès qu'il avait fallu trouver des boucs émissaires. Au fond, Rattatak n'était pas si mal pour quelqu'un comme lui. Plus les heures passaient et plus il s'étonnait d'apprécier ce misérable monde. Ici, pas de masque pour cacher ses véritables sentiments: les Rattatakis étaient fiers de leur nature barbare. Pas de faux-semblant, pas de mensonges, pas d’hypocrisie. N'était-ce pas plus honnête que les mondes dit "civilisés"? La civilisation avait depuis bien longtemps perdu tout son sens. C'était l'une des raisons pour laquelle Rylen Korr et les siens avaient un jour décidé de fuir Coruscant afin de ne plus être concernés par les affaires galactiques. Le Maître Jedi se rendait mieux compte aujourd'hui à quel point sa décision avait permis à l'Ordre de subsister.

                                -Tu t'es bien battue tout à l'heure dans la cour, l'homme noir de peau se contenta d'un bref mouvement de la tête pour saluer Alya, je m'appelle Jooma. Et voici Rylen. Rylen Korr.

                                Blotti contre le mur de la cellule, Rylen fixa le regard de la Twi'lek qu'il avait aidé quelques heures plus tôt au milieu du ludus de Jarrus mais il ne cilla même pas. Il baissa aussitôt les yeux avant d'attraper un morceau de terre sèche. Les esclaves de Jarrus avaient été séparés en diverses cellules adjacentes. Les geôles étaient assez grandes pour pouvoir se dégourdir les jambes mais les seules occupations étaient la discussion et le repos. Le Maître Jedi avait eu la chance d'être emprisonné aux côtés de son fidèle ami Jooma, lequel lui avait été d'un grand secours lors de l'affrontement contre les autres esclaves durant l'après-midi. Avec le Mandalorien, ils s'en étaient brillamment sortis, tout comme la jeune Twi'lek qui avait prouvé à tous qu'elle méritait amplement sa place dans l'arène d'Al-Kazàn. Jarrus avait même laissé paraître un large sourire sur son visage disait-on. Les Jeux n'étaient que dans quatre jours et demi, pourtant le vieillard en salivait d'avance !

                                -Tu es bénie. Venir à bout de ces trois brutes comme tu l'as fait... sans jamais faiblir et sans jamais douter de tes capacités... Sens-toi privilégiée d'être ainsi accompagnée par tes Dieux sur cette planète. Peu de personnes peuvent s'en vanter, déclara subitement Jooma en s'adressant toujours à Alya.

                                Bénie des Dieux ou alors possède t-elle uniquement un don... spécial. Les différences culturelles amusaient souvent Rylen Korr. Pour les Jedi, il n'y avait que la Force. Pour Jooma, c'était la religion des temps anciens, celle des esprits et des Dieux. Et pourtant, tous s'accordaient à avoir foi en une puissance supérieure. Tous refusaient d'accorder leur confiance à leurs semblables, préférant se reposer sur la volonté d'une force mystique. C'était sûrement ce qui allait les sauver dans le Chaudron d'Isayidi.

                                -Que fais-tu, mon ami?

                                Rylen leva brièvement le regard vers son compère avant de fixer à nouveau le morceau de terre qu'il avait dans les mains. Cela ressemblait désormais d'avantage à une petite pièce sculptée. Lorsqu'on la regardait de plus près, la sculpture miniature avait des faux-airs d'Alya, à tel point que cette dernière pouvait se demander ce qu'était en train de faire l'être humain -encore fallait-il qu'elle s'approche suffisamment prêt de lui pour réussir à apercevoir ce que représentait la pièce taillée dans la terre-. Mais Rylen Korr ne faisait pas un portrait de son acolyte de cellule. Le Maître Jedi voulait tout simplement donner une représentation physique à l'image qu'il s’efforçait de conserver depuis de nombreuses années dans sa mémoire: celle de cette gamine Twi'lek sur Coruscant qui lui avait un jour permis de rester sur le droit chemin.

                                Le Maître Jedi ne pouvait s'empêcher de faire un rapprochement avec la jeune femme qui se trouvait aujourd'hui non loin de lui. Il était persuadé que c'était elle qui allait lui permettre de ne jamais franchir la ligne rouge dans cette cité maudite.
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