Une nuit au musée
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Post n°3
Auteur : Atreïs HelcarLes yeux de l’officier étaient plus noirs que le Côté Obscur qui entourait la planète. Il y avait en eux une absence de lumière qui accrochait le regard, qui forçait à se plonger dans l’insondable et le malsain. Aussi fixes que des optiques de droïde, ils mettraient mal à l’aise l’humain le plus chevronné sans le moindre problème. Depuis qu’elle était entrée dans la pièce, elle ne l’avait pas lâché alors qu’il préparait quelques visuels en plus de l’artefact. Il sentait que sur son front perlait quelques gouttes de sueur, et quand il se retournait, c’était avec un tressaillement le long de la colonne vertébrale. Un frisson de terreur qu’il ne reconnaissait pas et ne se connaissait pas. Lui qui avait passé toutes ces années à survivre plus qu’à vivre…
-L’artefact a pourtant été étudié par le sous-préfet lui-même qui n’y a rien trouvé d’exceptionnel. Nous l’avons daté de 4 millénaires et nous pensons qu’il s’agit d’un morceau d’holocron Sith, de revêtement extérieur.
Les yeux ne bougeaient pas, mais l’attention et la tension étaient bien présentes. Chaque information était dument enregistrée, notée, classifiée… littéralement. L’IA faisait son travail, le Gurlanin attendait plus de détails qui mettaient un peu trop de temps à venir à son goût. Tout cela était d’un ennui glaçant.
-Habituellement, les holocrons sont entiers, et extrêmement rares. Et quand ils sont détruits, nous avons tendance à penser qu’ils sont réduits à l’état de poussière. Un fragment est donc lui aussi rare, et ne possède normalement pas d’intérêt, mais sur celui-ci, nous avons identifié quelques mots, et écrits en ancien Sith.
Sur sa visionneuse hors d’âge, il fit glisser un visuel tiré des caméras de surveillance. Derrière la glace, on pouvait clairement voir le fragment luire d’une couleur rouge sang, traçant des mots dans une langue qui était totalement inconnue pour le soldat. De l’ancien Sith, donc. Une langue qui n’avait plus aucune valeur dans la Galaxie, mais revenait bien trop souvent dorénavant. C’était à partir de cette langue que l’arrivée du Croiseur MK Sith avait été remarquée. C’était cette langue qui avait causé tant de troubles et qu’il était désormais nécessaire d’éradiquer. Le dégoût devait se voir sur le visage de la rouquine en uniforme, car le conservateur changea bien vite de visuel, pour une simple phrase.
-« Je brise mes chaînes » est une partie du Code Sith bien documentée, dorénavant. La culture d’une liberté prise de force est monnaie courante, chez les anciens Sith, et les cultes reprennent cet adage sans y repenser. Il est probable que cette maxime soit notée plus par réflexe qu’autre chose, en réalité. En revanche, ce qui est inscrit en dessous est moins évident. « -toiles se terminent, Tyth- ». Il est probable que nous manquions d’éléments plus concrets à ce sujet, mais je n’ai jamais entendu parler de ce genre de phrases, malgré toutes mes recherches. Quant à ce Tyth… Une personne peut-être ?
Tout cela était absolument passionnant pour le conservateur, mais pour l’officier, c’était déprimant et ennuyeux au possible. Comment pouvait-il se retrouver ici, coincé, à écouter les élucubrations d’un homme qui se perdrait en conjectures pendant des heures si il n’était pas là pour l’arrêter ?
-Avez-vous lancé une recherche sur les personnes connues et reliées aux Sith dont le nom contient ou commencerait par Tyth ?
-Non, pas encore, mais…
-Alors vous savez quoi faire, conservateur. Je vais transmettre ces données à ma hiérarchie et tâcher de comprendre un peu plus ce qu’il en est. Permettez que je fasse un tour dans votre musée pour réfléchir ? Bien sûr, les portes en resteront fermées. A plus tard, conservateur. -
Post n°4
Auteur : Baron RisskAbsorbé par ses recherches, le sous-préfet Rissk n’est pas apparu en public depuis des mois. Il ne sort qu’occasionnellement de ses quartiers privés, pour aller sur le terrain en quête de nouveaux indices, examiner des reliques issues des chantiers de fouille ou participer à quelques réunions en comité restreint quand cela est nécessaire, délégant volontiers la chose militaire à l’amirale Dovchenko et laissant au placard les affaires politiques. Ses sorties sont toujours brèves et rares sont ceux et celles qui peuvent lui adresser quelques mots. Certains, comme le conservateur adjoint du musée de Korriban, semblent se lasser d’un tel comportement… Mais le T’doshok accorde peu d’importance aux requêtes de ses administrés. Pour l’heure, les états d’âme de la plèbe passent au second plan.
Car le lézard bipède apparaît complètement absorbé par son travail. Plongé dans la traduction de vieux manuscrits, occupé à dépoussiérer avec beaucoup de minutie d’anciennes tablettes ou à examiner les derniers relevés topographiques de la tombe qu’il a mis au jour, voilà bien des jours qu’il n’a rien avalé de concret, se contentant d’un souper par ci ou d’une collation par là afin de sustenter son esprit scientifique. Il est sur le point de faire une sacrée découverte… Il le sait. Il le sent au plus profond de ses entrailles. Les secrets du seigneur Dukagram seront bientôt siens et il pourra partager ses trouvailles avec les plus éminents chercheurs de la galaxie… Ou pas.
Non. Il ne leur fait pas confiance… Pas encore. Ils essaieront probablement de voler le fruit de ses découvertes, de s’emparer des sombres savoirs du défunt Sith. Peut-être même que certains adeptes obscurs sauteront sur l’opportunité pour frapper un grand coup.
Le Trandoshan soupire, se laisse brutalement retomber dans son fauteuil en cuir. Il doit faire preuve de prudence. Finalement, l’amirale Dovchenko a raison de se montrer insistante. Korriban est un maillon essentiel dans la défense de la Confédération des Systèmes Indépendants, qu’il le veuille ou non. Interdire aux Sith l’accès aux sites sacrés que sont les différentes vallées des antiques seigneurs noirs permet d’endiguer la menace qu’ils représentent. Consigner leurs terribles savoirs et les sécuriser dans un endroit inexpugnable empêche par ailleurs les sombres adeptes de s’emparer d’artéfacts et de connaissances qu’ils pourraient utiliser à de mauvaises fins.
Korriban… Un antique royaume enfoui dans le sable, une terre abandonnée aux morts et aux fantômes du passé… Et à présent un bastion séparatiste dans un coin reculé de la Bordure Extérieure.
Le baron pose son regard sur la baie vitrée de son bureau, les yeux fixés sur les immenses édifices de la Vallée des Seigneurs Noirs. Il laisse ses pensées vagabonder un instant, se perd à nouveau dans ses réflexions, en oublie le temps qui passe jusqu’à ce qu’un glissement de porte discret vienne soudainement attirer son attention. La carlingue rouge et argentée de son secrétaire droïde, un modèle BD-3000 dont le numéro de série ”10-4” s’est transformé en “Discrète” du fait de son élégance distinguée et de ses surprenantes capacités à écouter les confidences sans trahir leur caractère secret, apparaît dans la lumière du salon jouxtant son bureau de travail.
- Désolé de vous importuner en plein milieu de votre travail mais il y a un message pour vous, monsieur le sous-préfet. Annonce l’automate de sa plus belle imitation de voix féminine.
Elle tend au sous-préfet un bloc de données qu’il s’empresse de consulter. Un message en provenance d’un bâtiment de guerre séparatiste, signé de la main d’un commandant qui demande d’avoir accès à l’ensemble des infrastructures de Korriban en invoquant des raisons de sécurité… Et qui semble s’intéresser à un incident survenu au sein même du musée.
Le Trandoshan fronce doucement ses sourcils écailleux. S’est-il à ce point laissé absorber par son travail ? Il n’est, après tout, pas au courant d’un tel événement… Est-ce pour cette raison que le vieux Mersson se montre aussi irritable ? Et pourquoi Archie ne lui a-t-il pas mentionné telle chose ? Beaucoup de questions… Et peu de réponses. Le regard reptilien du baron se pose sur le visage métallique de son assistante.
- Sssset artéfact qui a bougé… On t’a informé de quelque chose à ce ssssssujet ? Demande alors le T’doshok, sa langue sifflant de curiosité.
- En effet, monsieur le sous-préfet. Il semblerait que vous avez étudié cet artéfact personnellement si j'en crois le rapport. Un morceau d’holocron Sith datant de quatre milliers d’années. Selon les dires du conservateur adjoint, l’objet aurait légèrement bougé et même émis une lueur. Encore faut-il que le témoignage de monsieur Mersson soit fiable... Ses yeux ne sont peut-être plus aussi performants que mes photorécepteurs.
- Je ne doute pas un inssssstant d'un tel témoignage. Ah ! Voilà qui est bien curieux…
L’imposant lézard bipède se frotte le bas du menton, ses griffes venant gratter ses vieilles écailles dans un moment de réflexion. Un éclat traverse soudainement son regard. Son intérêt semble piqué à vif. Il a déjà eu l’occasion d’étudier un objet spécial qu’il a pu voir s’animer de ses propres yeux, une sorte de balise Sith récupérée sur Kashyyyk par des chasseurs de primes. L’artéfact semble à présent inactif mais avec les reliques Sith, il faut toujours s’attendre à tout. Preuve en est avec ce bout d’holocron qui semble désormais reprendre vie.
- J'aimerais m’entretenir avec monsieur Merssssssson et cette commandante Irons. Fais-les venir dans mon bureau… Et demande à l’amirale Dovchenko de ssssssse joindre à nous si elle le peut. Il sssssssemblerait que nous ayons des choses à nous dire. Décide finalement le Trandoshan en rendant au droïde son datapad.
Rissk observe son assistante disparaître de l’autre côté de la porte puis rive son regard vers les nombreuses babioles qui ornent les murs, le sol et les meubles de ses quartiers privés. Manuscrits et bouquins parlant d’anciennes civilisations et d'archéologie, artéfacts Sith datant de plusieurs millénaires, armes poussiéreuses, vieilles urnes aux inscriptions effacées et à la dorure ternie… Il y a peut-être un peu de foutoir dans cette vaste collection qui ferait probablement pâlir d’envie ce pauvre Endar Mersson. Un petit rangement de dernière minute s’impose, visiblement. -
Post n°5
Auteur : Atreïs HelcarAtréïs, sous sa forme habituelle dorénavant, déambulait dans le musée. Il ne s’agissait là à ses yeux que d’un ramassis de vieilleries qui avaient l’immense avantage de ne pas le perturber dans ses réflexions. Plus exactement, leur inertie et leur inutilité totales en faisaient les parfaits réceptacles pour son regard : un point sur lequel poser les yeux et donc se concentrer sur ses pensées. Son message à Valkoinen était resté sans réponse, comme il s’y attendait. Il ne demandait rien d’elle, se contentant de l’informer de la nature de la menace. Enfin, menace… Si l’on pouvait considérer ce bout de caillou comme une réelle menace, en fait. Ce qui pouvait le faire rire, finalement… Si jamais il avait encore l’envie de rire autrement qu’ironiquement.
Il fit passer son assistant sur les forces en présence. On ne savait jamais à quoi s’attendre avec les Sith. On ne savait jamais à quoi s’attendre avec les érudits. Et on ne savait jamais à quoi s’attendre tout court. Techniquement, l’amirale Dovchenko avait dû recevoir de la Générale Suprême l’ordre concernant la loi martiale. Ce qui, normalement, en faisait un allié. Mais sans la connaître, impossible de juger de ses intentions. C’était bien là le problème de ce système politique : préfets et armée devaient travailler main dans la main, les premiers aidant bien souvent au financement des seconds qui le leur rendait en les protégeant. Mais ce n’était pas censé être l’objectif de l’armée qui s’en retrouvait fatalement dévoyée dans sa mission première : assurer la sécurité de tous, et pas juste de quelques nantis.
Les pensées d’Atréïs l’amenèrent suffisamment loin pour qu’il en perde partiellement la conception et le passage du temps. De toute façon, il savait que Mersson mettrait du temps à chercher les informations demandées. C’était toujours comme ça avec ceux qui étaient restés parfaitement organiques. Quelle tristesse. Depuis son implantation cybernétique, les délais pour lui s’étaient considérablement réduits, au point qu’il en considérait tout le monde comme lent, pataud et inefficace. C’était à en pleurer, si jamais il avait encore cette capacité. La lenteur humaine, qu’il avait déjà constatée avant même son opération, le rendrait presque désobligeant.
Il fut ramené à la réalité par le bruit caractéristiques des rouages de droïde. Son IG-100 avait reçu l’ordre de ne pas bouger, et il ne le reconnaissait de toute façon pas, le faisant se tourner immédiatement vers l’intrus. Il avait pourtant demandé à ce que les portes restent fermées. Encore une preuve de l’inaptitude des civils… Son regard se pose sur la machine qui s’approche et il reconnaît immédiatement le modèle BD-3000, si appréciés pour leur côté anthropomorphe. L’étrangeté de l’inconscient. Sa carlingue rouge et argenté est des plus propres, presque brillante même, ce qui confine à l’exploit sur une planète comme Korriban. Les yeux noirs du Gurlanin détaillent rapidement le nouveau venu. Accès au musée. Donc important. Droïde protocolaire. Directement liée à une personne en capacité de l’acheter. Du pouvoir. Une carrosserie impeccable. Entretenu. Beaucoup de pouvoir. Les informations défilaient devant les yeux du militaire alors même que le droïde n’avait qu’à peine franchi la porte. L’avantage de l’IA.
Il se redressa, croisa les bras sous sa poitrine en dévisageant la nouvelle venue robotique qui se permettait de l’interrompre pour une raison encore inconnue. Bien que l’envoyé était plutôt évident. Au vu de tout ce qu’il avait observé. De la richesse, du pouvoir. Et la seule personne qui réunissait ces critères et la connaissance de sa présence sur la planète siégeait, officiellement, au palais préfectoral. La seule idée de s’entretenir, même à distance, avec un des représentants de l’Assemblée, lui soulevait le coeur et durcissait son regard. D’ailleurs, il cru voir une once d’hésitation dans les mouvements du droïde. Ce qui se comprenait. L’IG était presque moins menaçant que la militaire, au moins dans la posture…
-Mes hommages, commandante Aureliana Irons. Je me présente, droïde secrétaire de série BD-3000, numéro 10-4. Je suis envoyée par monsieur le Sous-préfet de Korriban Rissk. Celui-ci a bien noté la raison de votre présence ici et souhaite vous entretenir de ce sujet, ainsi que monsieur Mersson.
Comme si tout avait été dit, le droïde tourna le dos à son interlocuteur, et se dirigea vers la sortie, comme une invitation à le suivre. Mais Atréïs ne comptait pas s’en laisser compter. Il avait une mission. Etudier l’artefact, comprendre la menace qu’il représentait. Le message envoyé au sous-préfet était purement diplomatique, et il n’avait pas réellement escompté une réponse, ni même une entrevue. Aussi, il ne bougea pas. Ses yeux noirs fixaient le droïde sans ciller, et celui-ci dût se rendre compte que quelque chose clochait dans sa programmation, puisqu’elle se retourna, à nouveau avec cette pointe d’hésitation propre aux mécaniques huilés auxquelles on ajoutait un grain de sable. La voix ferme et sombre de la commandante lui parvint.
-Si le sous-préfet veut me rencontrer, 10-4, il faudra qu’il vienne. Ma mission est d’évaluer la menace présente, et ma mission n’est pas terminée. Prévenez également l’amirale Dovchenko de ma présence.
Et sans attendre de réponse, il se redirigea vers la salle où l’artefact était entreposé. -
Post n°6
Auteur : Baron RisskDovchenko observe le sous-préfet ranger ses petites affaires avec une minutie qui frôle l’obsession. Il dépoussière de vieux objets avec une délicatesse particulière, marmonnant à voix basse, faisant l’éloge de ses précieux artéfacts et leur donnant volontiers des compliments. Le Trandoshan a toujours été un peu bizarre, excentrique. Mais le temps passe et l’amirale supporte de moins en moins les manies étranges du vieux T’doshok. Elle se contente donc de surveiller son petit manège en silence, les mains croisées dans le dos, réprimant une once de mépris derrière une façade dépourvue d’expression.
Lorsque le droïde secrétaire du baron passe finalement la porte de ses quartiers privés, c’est pour annoncer une nouvelle qui ne semble guère plaire au principal intéressé. La commandante Irons refuse l’invitation du sous-préfet, considérant que sa mission sur Korriban est prioritaire. C’est donc au Trandoshan de faire le déplacement… Il pousse un soupir, se maudit visiblement d’avoir dépensé tant d’énergie pour rien, puis en vient à se consoler en se convainquant que son bureau, ainsi rangé et désormais plus agréable à vivre, en valait bien la peine. Il renvoie Discrète en mission afin qu’elle prévienne Mersson du changement de destination puis convoque sa garde personnelle dans le but de donner ses nouvelles directives. Ayant ordonné ses affaires comme il l’entend, Rissk s’estime enfin prêt à rencontrer cette mystérieuse commandante.
Accompagné de l’amirale Dovchenko et de quatre IG-100 de la garde préfectorale, le T’doshok se rend donc jusqu’au musée afin d’y retrouver l’insolente. Le sous-préfet traverse les allées vides de tout visiteur, jetant de temps à autre un coup d'œil furtif aux objets conservés derrière des vitrines avec cet air jovial et enfantin qu’il arbore toujours lorsqu’il se trouve dans un environnement passionnant. Les grands secrets de l’Histoire se cachent parfois dans les artéfacts les plus insignifiants… Et il ne faut donc jamais mettre de côté des babioles qui apparaissent au premier abord sans grande valeur. Nombre de ces objets sont passés entre ses mains (ou plutôt griffes) expertes et le lézard bipède a parfois une lueur dans l’œil en se remémorant les heures passées à leur étude et les échanges passionnés qu’il a pu avoir avec certains de ses camarades archéologues. Ces quelques souvenirs le mettent de bonne humeur et Dovchenko s’estime plutôt contente qu’il en soit ainsi… Froisser un agent envoyé par le haut-commandement séparatiste n’est clairement pas une option et il vaut donc mieux dans l’intérêt de tout le monde que le Trandoshan soit bien luné.
Finalement, le groupe mené par le baron trouve la commandante auprès de l’artéfact suspect après de (trop) longues minutes passées à errer dans les couloirs et salles du musée. Les Magnagardes du sous-préfet, peints aux couleurs de la sous-préfecture (un orange qui tire vers le marron ainsi qu’un blanc cassé) et affublés d’une cape frappée de l’emblème de Korriban, se positionnent aux quatre coins de la pièce pour monter la garde. Le vieux T’doshok et l’amirale avancent donc seuls vers cette mystérieuse femme qui se tient campée devant l'artéfact trublion.
- Bienvenue ssssssur Korriban, commandante Irons. Siffle le lézard bipède en étirant ses babines bardées d’écailles pour présenter un sourire. Baron Rissk, sous-préfet de Korriban, toujours prêt à sssssservir les intérêts de la Confédération des Sssssystèmes Indépendants.
Canne sous le bras, il se tourne doucement afin de présenter sa comparse.
- L’amirale Dovchenko est la commandante en chef de nos forces de ssssssécurité.
- Commandante.
Le salut de la Corellienne est formel, protocolaire. Cinglée dans un uniforme parfaitement taillé, le visage strict, les mains croisées dans le dos, lelina Dovchenko est l’archétype même du parfait petit officier séparatiste. Il se dégage d’elle une autorité naturelle et un professionnalisme certain qui contrastent avec l’enthousiasme et la bizarrerie du Trandoshan.
- Il va sssssans dire que nos ressssssources sont à votre disssssposition. Déclare Rissk, jaugeant du coin de l’oeil la donzelle qui se tient face à lui. Que pouvons-nous faire pour vous être utiles ? -
Post n°7
Auteur : Atreïs HelcarAtréïs avait rejoint Mersson juste après le départ du droïde protocolaire qui avait eu tendance à le renfrogner. Savoir que la politique allait venir mettre son nez dans les affaires de l’armée ne lui convenait pas. Il était encore en train d’enquêter, cela ne ferait que le retarder. Mais il connaissait le point de vue de Valkoinen sur le sujet : pour l’heure, il fallait ménager les politiques. Ils pouvaient encore être utiles, quand bien même la loi martiale avait été déclarée.
A son arrivée dans la pièce, ses yeux noirs se posèrent d’emblée sur l’artefact coupable. Celui-ci était toujours aussi inerte, comme un défi lancé à la face de la Galaxie. Un simple bout de métal inutile qui retardait le Gurlanin et l’enchâssait à une planète mineure de laquelle il ne voulait que se défaire. Une perte de temps absolue. Mais Valkoinen n’était vraisemblablement pas de son avis. Alors son regard se dirigea à nouveau sur le petit homme qui attendait bien sagement, en se rongeant l’ongle du pouce. Un signe évident du stress qui l’animait et qui était presque compréhensible. Presque…
-Monsieur Mersson, avez-vous les informations demandées ?
Le conservateur hoche de la tête, comme tétanisé. L’érudit n’est décidément pas des plus réactifs, ce qui a le don d’agacer l’espion. Si il faut le tenir par la main à chaque fois qu’on lui pose une question, son séjour risque de se prolonger plus que de raison. Sans dévier son regarde, la Commandante place donc les mains dans son dos, attendant la suite. Suite qui ne viendra pas, puisqu’à cet instant, 4 magnagardes font irruption dans la salle. Une nouvelle distraction qui n’est pas sans irriter le Gurlanin. Les droïdes entourent un Trandoshan qu’Atréïs reconnaît immédiatement. Ainsi, le sous-préfet a décidé de se joindre à cette réunion des plus informelles ? Voilà qui était peu commun.
Sans un regard pour les gardes qui se dispersent dans la pièce, dans le plus grand respect de leur programmation et des ordres usuels de la Confédération, Atréïs se concentre sur les nouveaux venus. Le politique est à l’image de ce qu’avait imaginé l’agent. Voûté, âgé, avec un sourire aussi faux que le reste du décorum sur le visage. Ses sifflements agressent déjà les oreilles sensibles du militaire, autant que ses paroles allument des alertes dans son esprit. Il sait que Rissk fera tout ce qui est en son pouvoir pour tirer le meilleur parti de la situation, qu’il va chercher une récompense, un avantage, quelque chose qu’il ne connaît pas encore mais doit découvrir rapidement, pour mener la discussion.
Pour autant, il n’a pas le loisir de réfléchir à la situation, que déjà le vieil homme politique se tourne vers la militaire qui l’accompagne et la présente. Pas fou, le T’Doshok avait amené la responsable de la sécurité, une amirale, une de plus. A force, Atréïs allait finir par se demander combien d’amiraux exactement existaient à travers la Galaxie. Mais au moins, la militaire de Korriban avait la tenue et la prestance d’un vrai membre de l’armée séparatiste. Droite, fière, les yeux vifs, finalement un peu comme Atréïs. La Commandante garda la silence un instant après les présentations, jaugeant du regard le duo improbable. L’Amirale Dovchenko avait-elle reçu le mot d’ordre de la Générale Suprême ? A qui était-elle fidèle ? Quelle était la relation entre les deux, qui obéissait réellement à l’autre ?
Néanmoins, il fallait avant toute chose garder les apparences. Dans un geste purement mécanique, travaillé et répété des centaines de fois, la commandante Irons se mit au garde à vous. Droite, fière, un parfait petit officier séparatiste.
-Sous-préfet. Amirale. Je suis la Commandante Aureliana Irons, capitaine du Prédateur. Comme indiqué dans mon message, cette mission est des plus confidentielles, il va sans dire. Je suis missionnée sur ordre de la Générale Suprême Valkoinen, qui s’y intéresse de très près. Vous arrivez juste à temps pour écouter les premières conclusions de Monsieur Mersson. Conservateur ?
Le petit homme se raidit d’un seul coup en entendant la voix froide et claire de la gradée. Se trouver en présence de trois personnalités de ce genre pourrait rendre n’importe quel civil nerveux, d’autant plus lorsque la première avait déjà contribué à mettre ses nerfs à vif. Lorsqu’il répond, c’est en bredouillant.
-Oui… Oui… Donc, j’ai retrouvé quantité de noms qui commençaient par « Tyth ». L’histoire est très riche, bien entendu, et les protagonistes ne manquent pas. En revanche, je suis arrivé très vite à la conclusion que cet angle était peu efficace, compte tenu de l’absence de datation de l’holocron…
La militaire hocha, emmagasinant les informations. Mersson avait raison sur ce point. L’Histoire était trop vaste, trop étendue chez ces fichus Forceux. Ils avaient besoin d’un autre angle d’attaque. Il se tourna alors vers le sous-préfet.
-Vous êtes le spécialiste, monsieur Rissk. Qu’en pensez-vous ? -
Post n°8
Auteur : Baron RisskIrons fixe les nouveaux venus avec ce regard inquisiteur qui veut tout dire… Typique des agents que l’état-major envoie pour faire le ménage. Dovchenko n’est pas vraiment surprise, d’autant plus quand elle entend parler de mission confidentielle et de mandat officiel délivré par Minerva-Isabella Valkoinen en personne. Bien sûr, il faudrait que la Corellienne fasse confirmer cette information par le bureau de la générale suprême avant de croire sur parole une femme venue d’on ne sait où. Simple question de bon sens et de sécurité. Mais il est certain que l’approche de la donzelle est digne de la représentation que notre amirale se fait des agents d’exécution des grandes figures dirigeantes de la Confédération des Systèmes Indépendants : Directs, froids, autoritaires et intimidants.
Ielina Dovchenko n’est pas du genre à se laisser impressionner par qui que ce soit. Elle a passé des années à côtoyer les pires ordures de la galaxie, que ce soit dans les rangs de la CorSec ou ceux de la glorieuse armée séparatiste. Elle connaît les techniques d’intimidation employées par les uns et les autres, sait à quelles bassesses ils sont prêts à se livrer, et n’est pas non plus étrangère à ce monde d’intrigues et de subtils jeux de pouvoir auxquels se livrent moult officiers opportunistes et ambitieux. Rissk n’a pas l’air plus intimidé qu’elle. Il semble au pire complètement désintéressé par les enjeux qui se dessinent devant lui, gardant en façade ce sourire béat qui lui donne des airs de crocodile débile, ou au mieux si bien renseigné sur les affaires politiques qu’il a appris à garder pour lui le fond de sa pensée véritable, quitte à passer pour un idiot fini. Avec un individu aussi inconstant que le Trandoshan, difficile de savoir s’il est génialement fourbe ou naturellement imbécile… Le vieux sous-préfet cache bien son jeu mais la Corellienne le connaît suffisamment bien à présent pour savoir qu’il n’a rien d’un lézard innocent. Elle n’a jamais vraiment été une grande fan des animaux à sang-froid de toute manière.
Quoi qu’il en soit, seul le pauvre Mersson semble pour l’heure réellement impressionné par l’aura autoritaire de la commandante Irons. Il balbutie des explications qui semble laisser sur sa faim la militaire, qui en vient alors à demander l’avis de Rissk. Le T’doshok, tout content de pouvoir déballer sa science, laisse sa langue siffler d’aise.
- Tyth… Oui… Sssssujet fascinant en effet. Un dieu guerrier tiré tout droit des légendes les plus exotiques des Régions Inconnues, dont les origines se ssssont perdues au fil des âges. On ne ssssait pas grand chose de lui malheureusement. Ssssavoir perdu, incomplet. Peu de documents retrouvés.
Il se frotte doucement le menton à l’aide des griffes acérées de sa main droite, perplexe.
- Je doute ssssssependant que ce fragment d’holocron ait un lien quelconque avec ce Tyth. Il ne fait pas partie de la mythologie Sssssith et je n’ai pas souvenir d’avoir vu ou lu un quelconque écrit Ssssith le mentionnant. Je divague. J’en conviens.
Le sous-préfet s’esclaffe doucement, tel un vieux scientifique passionné qui se rend compte de la lourdeur de ses explications. Il s’approche de l’artéfact, laissant son regard averti explorer une nouvelle fois les contours de l’objet. Il a étudié tant de documents et de vestiges du passé ces derniers temps qu’il en oublie parfois la beauté et la merveille de certains. Ce morceau d’holocron n’a en apparence rien d’extraordinaire mais il se dégage pourtant de lui une sorte de magnétisme intriguant qui ne laisse pas le Trandoshan indifférent. Peut-être que l’idée de savoir l’objet vivant semble avoir éveillé en lui une curiosité renouvelée… Une passion soudaine qui lui rappelle le frisson de l’étude de la balise Sith qu’on lui a récemment ramené de Kashyyyk. Une merveille de technologie qui, comme ce bout de métal face aux caméras de sécurité, s’est animée devant ses yeux.
Derrière lui, on commence à s’impatienter. Un raclement de gorge lui fait comprendre de manière polie mais directe qu’on attend de lui des réponses concrètes. Il prend le temps de relire les mots de Sith encore lisibles, chuchotant à voix basse leur formulation comme pour s’en imprégner puis trépigne des mains et des pieds en se félicitant d’avoir trouvé la solution. Il se tourne enfin vers l’assemblée en souriant de plus belle, une lueur de triomphe dans le regard.
- Tython ! S’exclame le baron.
Constatant que ses camarades ne partagent ni son enthousiasme, ni sa compréhension du sujet, le T’doshok se permet une nouvelle explication. Il se tourne de plus belle vers l’artéfact, pointant le bout de sa canne vers les inscriptions à moitié effacée.
- Là où les étoiles ssssse terminent. Tython. Traduit Rissk en devinant le début et la fin des mots qui sont coupés ou abîmés. Tython, berceau mythique des Jidai… Les fameux Jedi tels qu’ils ssssont appelés par les Ssssith dans leur langue natale. Le lien n’est pas évident à faire mais il existe…
Le sous-préfet marque un léger temps de pause, laissant sa langue reptilienne glisser sur ses babines comme pour humidifier ses lèvres.
- La plupart de nos Ssssith modernes se déclarent héritiers de ssssseigneurs Sith mythiques tels que Marka Ragnos et Naga Sssssadow… Les redoutables monarques d’un glorieux et non pas moins terrible empire qui a été conquis et reconsssstruit par les Jen’jidai. Des Jedi exilés par leurs congénères. Je pourrais bien évidemment vous faire un exposé complet sur cette fascinante histoire car il y a beaucoup à raconter et...
Nouveau raclement de gorge. Le Trandoshan se confond en excuses, un sourire au coin des lèvres.
- Bien évidemment. Mille excuses. Il faudrait que je relise mes notes à ce sssssujet mais il me semble d’ailleurs que le code Sssssith a été inventé ou tout du moins modernisé par l’un de ces Jen’jidai. Le lien est donc évident n’est-ce pas ? Tython est la planète originelle de l’Ordre Jedi et les cultes Ssssith tels que nous les connaisssssons aujourd’hui tirent leurs origines d’un empire bâti par des Jedi déchus. Des Jedi exilés dans les étoiles. Depuis Korriban, là où sssssse terminent les étoiles se trouve la planète Tython. Le baron répète ces mots comme s’il s’agit d’une vérité. Enfin c’est là mon hypothèse. Peut-être que le propriétaire cet holocron évoquait le ssssssouhait de conquérir Tython pour le compte de l’empire Sith. Ou souhaitait-il tout ssssssimplement s’aventurer dans les pas des Jen’jidai en apprenant les ssssombres secrets qui ont conduits à leur exil ? Je crains de ne pouvoir vous en apprendre plus hélas... -
Post n°9
Auteur : Atreïs HelcarAtréïs échangea un bref regard avec Dovchenko. L’amirale semblait avoir envie de hausser les épaules aux explications du sous-préfet qui paraissait parti pour faire un long, trop long exposé sur le sujet des holocrons, des Sith, et du reste. Une mythologie pleine de poussière qui n’intéressait que les individus eux-mêmes pleins de poussière, ce qu’était assurément le T’Doshok politique. Mais il n’y avait pas que ça. On ne se maintenait pas si longtemps en poste sans connaître les rouages et les ficelles de ce monde, ni les utiliser. En particulier lorsqu’on s’entourait d’une amirale de l’armée Séparatiste. En d’autres termes, Atréïs ne voyait pas en Rissk qu’un empêcheur de tourner en rond qui rebattait les oreilles d’histoires à dormir debout.
Restait cependant à faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Ce visage de folie douce n’apportait pas qu’un confort, il lui permettait de déblatérer à l’envi. Et l’évocation d’un Dieu oublié des Régions Inconnues allait en ce sens. Même la base de données intégrée par IA au cerveau du Gurlanin ne lui disait rien à ce sujet. Et le fait que le vieil archéologue n’en sache pas plus laissait dubitatif l’agent sur la question. Qui irait parler d’un dieu guerrier sur un artefact censé transmettre le pouvoir, ou tout du moins l’illusion de pouvoir ? Et le Trandoshan semble de toute façon d’accord avec cette hypothèse muette.
Un instant, le cerveau du séparatiste s’échappa. Il y avait une sorte de corrélation entre Rissk et les Sith, finalement. Au mépris des convenances, des dangers, de l’avis d’autrui, même, les deux entités avaient cette faculté à faire étalage de leurs connaissances. Certes, certaines plus dangereuses que d’autres… Mais le lien paraissait assez évident. Montrer au monde que l’on sait plus de choses. Que l’on est capable de plus, le dévoiler à la face de son interlocuteur, sans pour autant lui paver le chemin jusqu’à un tel succès. Oui, assurément, Atréïs retrouvait là des itinéraires semblables.
L’exclamation du lézard ramène la commandante à la réalité. Son attention se refocalise, attendant qu’il daigne s’expliquer. Une vraie créature de scène, qui aimait à ménager ses effets, même les moins importants. Il n’était pas en représentation, ici, quelle perte de temps. Pourtant, il écoute et enregistre les explications du vieux roublard sans l’arrêter à un seul instant. C’était à l’érudit de dérouler sa pensée, de guider les deux militaires sur la voie, et il semble à Atréïs que Dovchenko était aussi perdue que lui.
Les explications ne satisfaisaient pas Atréïs. Une ancienne planète, Jedi de surcroît ? Et sur un holocron Sith ? Ces maudits sensitifs n’en finiraient donc jamais de s’insinuer dans la vie de tous les jours. Que ce soient les uns ou les autres, ils n’ont apporté que du malheur dans la Galaxie… Mais il fut vite tiré de sa réflexion par Mersson.
-Pour compléter les dires de monsieur le sous-préfet Rissk, la planète aurait été abandonnée et les routes spatiales coupées il y a un millénaire… Pour ainsi dire, tout le monde ignore sa position même, ou bien le secret est bien gardé, y compris par les Jedi… C’est un vaste mystère qui n’est plus vraiment au centre des priorités, dernièrement.
Le Gurlanin tiqua en retour.
-Une hypothèse comme une autre, de la même veine que celle de ce Dieu oublié. Ce qui m’intéresse, messieurs, n’est pas la signification de ce message, mais bien le pourquoi de son apparition. Je crois savoir qu’il y a des raisons à l’activation de ce genre de machineries. Influence extérieure ? Compte à rebours ? Aléatoire ? C’est cela que je veux comprendre avant tout. Nous pourrions bien être face à un avertissement plus conséquent. -
Dovchenko écoute les explications de Mersson et de Rissk sans pour autant s’y intéresser réellement. Les élucubrations du sous-préfet et du conservateur adjoint du musée lui semblent bien loin de son domaine d’expertise et elle aimerait plutôt qu’ils se concentrent sur l’essentiel. Qu’ils tergiversent s’ils veulent sur les origines et les beautés de l’artéfact dans leur coin, mais pas en présence d’officiers. Les leçons d’histoire et les discours grandiloquents sur d’antiques sociétés de tueurs psychopathes et de kidnappeurs d’enfants ne passionnent pas vraiment l’amirale. Elle veut du concret. Elle attend des explications. En cela, elle rejoint l’avis de la commandante Irons et ne trouve rien à redire.
En face, le T’doshok et son comparse humain semblent perplexes. Prévisible. Les scientifiques se trouvent toujours gênés quand on leur demande d’aller à l’essentiel parce que leur esprit est absorbé par un flot de pensées inutiles. La Corellienne lève doucement les yeux au ciel. Avoir un cerveau brillant et beaucoup d’imagination ne fait pas tout… Il faut encore savoir structurer ses pensées et se débarrasser du superflu. Chose impensable pour des rats de bibliothèque semble-t-il. Mersson et Rissk s'observent du coin de l'œil et échangent finalement un hochement de tête entendu.
- Nous allons nous pencher sssssur la question, commandante Irons. Je vais mobiliser une équipe de recherche et sssssuperviser en personne l’investigation. Vous aurez votre réponssssse… Le Trandoshan se gratte doucement la tête, pensif. Mais cela risssssque de prendre du temps. Les raisons d’une telle activation peuvent être nombreuses et beaucoup de phénomènes concernant la Force et ssssssses utilisateurs resssstent encore inexpliqués.
Dovchenko est elle aussi perplexe. Mais pas pour les mêmes raisons. Si le sous-préfet ne sait rien à ce sujet et que ses camarades sont tout aussi dénudés que lui en la matière, faut-il craindre le spectre d’une nouvelle menace Sith ? La dernière fois qu’un objet s’est activé sur Korriban, la Confédération des Systèmes Indépendants a été envoyée faire sauter un mystérieux destroyer Sith qui aurait pu représenter un terrible danger pour l’ensemble de la galaxie. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?
- Monsieur le sous-préfet, je vous recommande de vous mettre au travail immédiatement. La commandante Irons a raison sur un point. Nous devons comprendre pourquoi cet artéfact s’est activé. Intervient froidement l’amirale. Il s’agit dès à présent d’une question de sécurité galactique et nous devons considérer qu’une menace pèse sur nous tant que le contraire n’aura pas été prouvé.
- Bien évidemment, amirale. Je comprends votre inquiétude et je vous assssssure que…
Le baron n’a pas le temps de finir sa phrase. Une violente détonation vient secouer le sol du musée. Puis une seconde, moins prononcée. Et enfin une troisième, presque discrète. Les IG-100 affectés à la garde rapprochée du sous-préfet s’activent dès la première secousse, formant un cercle protecteur autour du vieux Trandoshan et de son entourage. Les bâtons électriques qu’ils tiennent se mettent à grésiller furieusement, prêts à l’usage. S’il est surpris, Rissk n’est pas tout à fait paniqué. Il semble plutôt curieux. Dovchenko demeure pour sa part impassible. Elle attrape le comlink suspendu à sa ceinture et le porte à ses lèvres afin d’avoir un compte rendu sur la situation.
- Ici l’amirale Dovchenko. J’aimerai savoir ce qu’il se passe. Immédiatement.
Les secondes passent et le silence demeure. La Corellienne réitère son message plusieurs fois sans obtenir de réponse. Elle change alors de canal de communication sans pour autant perdre son sang-froid.
- Ici l’amirale Dovchenko. Les communications avec la sous-préfecture sont rompues. Veuillez passer la flotte en état d’alerte. Maintenez les vaisseaux à quai et verrouillez l’accès au spatioport. Nul appareil ne doit entrer ou quitter l’atmosphère de Korriban sans avoir reçu mon aval. Dovchenko marque un léger temps de pause, inspirant doucement avant de reprendre : Débarquez plusieurs unités autour du palais et envoyez une navette au musée afin de récupérer le sous-préfet et son entourage.
« Ici le capitaine Telpash. Transmission bien reçue, amirale. Directives en cours de transmission. »
- Dernière chose, capitaine… Faites déployer ma garde personnelle.
« A vos ordres, amirale. »
Après avoir erré un temps dans les couloirs du musée, le droïde secrétaire du T’doshok débarque dans la salle tel un cheveu sur la soupe. Il n’y a nulle trace de panique dans sa démarche ou son comportement. Seules la retenue et la grâce s’exposent en beauté dans les gestes du modèle BD-3000. L’attitude sereine et douce de l’automate a quelque chose de rassurant en ce moment de doute.
- Discrète, directive 12-25. Code d’activation : Wrix.
- Confirmation de la commande vocale. Directive acceptée. Protocole de sécurité engagé.
10-4 laisse tomber le voile, le droïde secrétaire devenant tout à coup un garde du corps. Un blaster de poing est extrait d’une trappe dissimulée dans la carlingue rouge et argent, prêt à l’usage. Ses consignes étant données, l’amirale se tourne ensuite vers le reste du groupe.
- Monsieur le sous-préfet, monsieur Mersson, je vous demanderai de ne pas quitter cette pièce jusqu’à ce qu’une équipe de sécurité vienne vous exfiltrer. Je veillerai à ce que des unités soient déployées autour du musée afin d’assurer votre protection et celle de vos précieux artéfacts. La militaire marque un temps de pause, son regard se dirigeant vers Irons. Commandante, mon attention est attendue ailleurs et votre aide n’est pas requise. Vous pouvez disposer.
La Corellienne tourne les talons et quitte la pièce d’un pas déterminé, bien décidée à restaurer l’ordre sur Korriban et à déterminer les causes de ces explosions. Rissk fronce ses sourcils écailleux, perdu dans ses réflexions. Il ne sait pas quoi penser de tout cela. Mais une chose est sûre… Dovchenko semble avoir la situation en main.
-
Les deux militaires se rejoignent, finalement. Pas d'intérêt pour la question du pourquoi, du comment, et écouter Mersson et Rissk échanger sur des théories pourrait très bien assommer les deux gradés. Pourtant, la Force savait qu'ils avaient l'habitude d'attendre, d'être au garde-à-vous, mais écouter des discours universitaires qui n'intéressaient personne sauf ceux qui en parlaient... Il fallait de l'action et du concret, pour répondre au plus vite à une potentielle menace, voire déployer des forces dès que nécessaire, amener la Légion Amber si il le fallait. Tout ce qui avait trait à la Force et ses utilisateurs se devait d'être surveillé, encadré, et même contesté. Mais rien n'allait venir rapidement. Une attente interminable attendrait Atréïs, désormais... Les deux chercheurs allaient s'y pencher, certes... Mais à quel prix, dans quelles conditions ? Finalement, cette réflexion n'aurait pas cours bien longtemps.
Lorsque les secousses viennent frapper le petit groupe réuni au musée, l'attention du Gurlanin s'éveille enfin. Alors que jusque là, ces discussions l'assommaient, là, il était stimulé. Le vrombissement des bâtons électriques des magne-gardes le met en alerte d'un seul coup. Tout comme l'amirale, il reste pourtant de marbre, n'affichant aucune émotion, regardant la militaire demander des feedbacks. L'IA d'Atréïs lui communique en temps réel et en même temps que Dovchenko les informations sur l'attentat. Trois explosions au palais préfectoral. Une attaque directe sur Korriban. Sur la CSI. Intolérable. Et l'amirale semblait être du même avis que l'agent, au vu des moyens qu'elle déployait. Simple, efficace, rapide. La loi martiale prononcée par Valkoinen avait ses effets positifs.
Le regard de la Commandante croise rapidement celui du vieux Trandoshan qui ne semble définitivement pas inquiet. En fait, le seul qui est réellement transi de peur est le conservateur Mersson, qui n'a pas bougé depuis la première secousse, tétanisé, accroché à la table. A la seconde où le danger semble s'écarter, il remet immédiatement l'artefact sous cloche, le protégeant comme si c'était son unique enfant. Un geste qui ne manque pas de surprendre Atréïs, définitivement pas habitué à ce genre de comportements. Mais sa mission s'est arrêtée aussi vite qu'elle a commencé. En l'état actuel des choses, il ne peut rien faire de plus, et même si il doit avouer abhorrer l'attente, il n'a pas le choix. Ne reste donc plus qu'à repartir. Ce qui tombe plutôt bien, tant la situation actuelle lui tape sur le système.
-Monsieur Mersson, je vous prierai de bien vouloir me transmettre TOUTES vos hypothèses, tout vos rapports sur cet artefact, peu importe l'idée, fut-elle farfelue ou non. Sous-préfet, j'espère pouvoir compter sur votre soutien inamovible. La situation est sous contrôle, dorénavant, aussi, je vais retourner à ma mission. Sous-préfet. Conservateur.
Un simple salut militaire, et le Gurlanin repart. Rien ici ne lui permet d'affirmer ou d'infirmer une quelconque menace. Tout ce qui était certain... C'est qu'un mystère de plus épaississait le brouillard dans lequel était plongé la CSI.