Une nouvelle aube se lève.
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Post n°1
Auteur : Baron RisskPlusieurs jours ont passé depuis le départ du mystérieux Cathar Sith. Plusieurs jours durant lesquels le baron Rissk a pris le temps de planifier ses actions futures... Et durant lesquels il s'est penché sur l'identité de son anonyme comparse. Pas si anonyme que ça au final. Le Trandoshan avait vu juste lorsqu'il avait pensé que le Sith avait pu dévoiler subtilement son identité lors de leur fructueuse conversation. Il se trouve que Darth Kovarn est un nom que le T'doshok connaît un peu. Un nom que tout individu ayant connu l'occupation violente de l'Empire Sith n'est pas prêt d'oublier. Bras droit de l'Oméga, ce Darth Kovarn se trouve être également un Cathar. Peut-être que le baron fait un rapprochement trop facile, mais ces deux êtres ne font bien qu'une seule et même personne à ses yeux. Et les faits concordent quand on y réfléchit. Le Seigneur Sith disparaît subitement après la chute des Vestiges de l'Empire. Nul ne sait ce qu'il est devenu... Et quelques temps après, un mystérieux Cathar fait son apparition sur Korriban. L'un comme l'autre, ils ont d'importantes connaissances sur l'Ordre Sith. Ils ne peuvent pas être deux personnages différents, deux entités distinctes.
Peut-être que Darth Kovarn s'est échoué ici, peu avant l'investiture douteuse de Rissk, afin de se ressourcer suite aux nombreuses défaites impériales. Peut-être que ce sombre Seigneur Sith s'est coupé du reste de la galaxie pour peaufiner sa connaissance du Côté Obscur, pour revenir en beauté, en puissance. Peut-être s'est-il tout simplement égaré, son esprit se déliant au contact du Côté Obscur et des esprits de quelques vieux Sith déchus... Tout ceci pourrait expliquer la fin soudaine d'un puissant adepte du Côté Obscur et la disparition de son nom dans une galaxie qu'il aura opprimé aux côtés de son maître encapuchonné. Le raisonnement, bien qu'un peu bancal, peut tenir la route. Après tout, cette version pourrait concorder avec l'apparence décharnée du Cathar que le baron a rencontré quelques jours plus tôt. Une apparence toutefois trompeuse... Comme elles le sont tout le temps.
Le Trandoshan frissonne à nouveau rien qu'à l'idée de penser à cette sensation étrange mais excitante qui l'avait parcouru l'espace d'un instant. Le Côté Obscur, par l'intermédiaire de son hôte, l'avait traversé jusqu'à sonder les profondeurs de son être malveillant. Une morsure froide qui plonge celui qui la reçoit dans des ténèbres sans fin... Un spectacle merveilleux ! Et d'une puissance tout à fait fascinante ! Le pouvoir... Voilà ce que désire aujourd'hui notre cher lézard bipède. Oui... Le pouvoir ! Rissk s'est fait la promesse de rester tranquille, le temps que les forces séparatistes se calment, mais il ne peut résister à l'appel que lui lance une petite voix dans sa tête... Cette même voix mélodieuse qui lui susurre régulièrement de bonnes idées.
Au final, après de longues nuits de réflexion, rien ne l'empêche de se relancer dès à présent dans le crime organisé. Le T'doshok doit l'avouer, cela lui manque parfois de ne pas avoir de sous-fifres à qui donner des ordres. Bien sûr, son poste de sous-préfet permet déjà cela d'une certaine façon, mais Rissk sait très bien qu'un officier séparatiste guette dans l'ombre, quelque part. En outre, il ne pourra probablement pas agir à sa convenance...
Et c'est là qu'est apparue cette merveilleuse idée, lors d'une torride nuit passée à arpenter les pans en toile de sa tente. Il est grand temps pour notre baron du crime de se jeter à nouveau dans la fosse des requins. Le Cercle n'avait pas visé assez haut et il était tombé rapidement, faute de moyens et d'influence. Il avait cruellement manqué d'ambition. Mais notre saurien bipède ne refera plus cette erreur. Il a des plans, des projets... Et de l'audace. Mais pour l'instant, il jouerait tout de même la sécurité, histoire de ne pas avoir de surprise. Le sous-préfet de Korriban doit rester sur la planète nécropole, afin de mener à bien ses recherches, et de prouver son utilité à la Confédération des Systèmes Indépendants. Il lui faudrait donc trouver quelqu'un pour le représenter, lui et ses intérêts, dans les mondes où son organisation pourra s'implanter. Un lieutenant fidèle et suffisamment compétent...
Il se trouve qu'un candidat est déjà en route pour Korriban. Et son nom est Vargo Fenn. Un mercenaire Mandalorien qui s'est fait une petite réputation dans le milieu criminel. Et rien de mieux que de tester, d'évaluer en direct le potentiel d'un possible bras droit.
Installé sous un parasol planté dans le sable, le Trandoshan se prélasse doucement. Il a pu récupérer, grâce aux bons services de récupération des armées séparatistes, ce bon vieux fauteuil en cuir. Celui-là même qui siégeait fièrement au milieu de son magnifique et vide bureau de la sous-préfecture, et qui a connu quelques épisodes marquants. Par chance, il n'a pas trop souffert lors de l'attaque. Bien qu'affichant par endroits quelques brûlures, il reste fonctionnel et relativement confortable. Rissk glisse une main dans son boîtier et attrape à l'aide de ses griffes un de ces délicieux cigares... Alors qu'il mordille, comme à son habitude, son cigare, pour tester la saveur, il parcourt du regard la vaste étendue désertique qui se présente à lui. Il distingue à peine les carlingues des droïdes à cette distance. Seule la lumière qui se reflète sur les plus neuves d'entre elles vient donner une idée exacte de la position des machines.
Le baron affiche un sourire carnassier. Une fumée infecte s'échappe de ses naseaux et cherche à s'enfuir entre ses dents effilées. Il ne lui risque plus qu'à rire pour parfaire ce portrait démoniaque. La situation est désastreuse, mais lui en viendrait presque à rire, comme si cela pouvait le réjouir. Pourquoi tant d'enthousiasme ? La réponse est simple... Avec la perte de la colonie, il peut repartir à zéro, dessiner des projets d'avenir pour Korriban, sans avoir à se soucier de quelques colons dérangeants. Oh bien sûr, il s'était "lié d'amitié" avec certains habitants, mais cela n'était que formel. Une "sacrifice" nécessaire pour lui permettre de se renseigner, de comploter... Puis de s'emparer du pouvoir... Et enfin de le conserver. Mais toutes les collaborations ont une fin n'est-ce pas ? Les individus dignes de confiance se font rares dans cette galaxie...
Alors qu'il contemple silencieusement les légions de droïdes (dont les premières acquisitions du gouvernement de Korriban) occupés à démonter la carcasse éventrée du destroyer stellaire qui s'est échoué, le T'doshok trouve toujours de quoi occuper son esprit. D'une certaine façon, il n'y a rien de plus relaxant que le calme et les nombreuses interrogations qu'il peut amener avec lui. La vie est faite de moments violents, brutaux, et de grands plats. Quelle vie étrange ! Et c'est ce qui fait la beauté de la chose. On peut en profiter un instant et mourir l'instant d'après. C'est cette réalité qui rend la vie plus excitante. Se savoir en danger tout le temps, avoir à survivre une journée de plus est un défi des plus intéressants à relever. Et viendra un jour où le Trandoshan aura raison de cette foutue vie, et passera à la postérité... Mais pour l'instant, il n'est pas prêt de lui rire au nez à celle-là. Son esprit divague, s'égare... Mais le lézard bipède reprend vite ses esprits quand un droïde de série HK-60 vient s'approcher de lui.
[annonce] Le mercenaire Mandalorien est bien arrivé. Il attend au pied de la dune de sable. Lâche t-il de sa voix grinçante à l'attention de son maître. [interrogation] Devons-nous le faire monter ?
- Bien ssssssûr... Bien ssssssûr. Faites le venir... Et sssssous bonne garde ! Siffle délicieusement le baron.
Le droïde pivote et, accompagné de deux acolytes issus de la même série de lui, redescend. Rien n'est mieux qu'une bonne démonstration de puissance pour achever de convaincre quelqu'un de rester tranquille... Et surtout de rester à sa place. Seize droïdes de série HK-60 forment un cordon de sécurité autour du sous-préfet de Korriban. Sans parler de ses deux machines tueuses personnelles. Des modèles patrouilleurs Z-65. Il fallait vraiment être déterminé, confiant, ou complètement fou pour aller venir l'emmerder celui-là. C'est la première pensée qui traverse l'esprit de Vargo Fenn lorsqu'il est escorté par plusieurs de ces automates jusqu'au grand patron du coin.
Les deux individus se jaugent en silence. Le regard mauvais et sadique du saurien bipède semble traverser le casque du combattant au visage anonyme. Il est dit qu'il n'avait jamais ôté ce heaume, qui le protégeait autant lors des combats qu'en dehors. Sage décision... Lorsque l'on ne présente pas son visage à de potentiels ennemis, il est dès lors plus difficile d'être retrouvé lorsqu'on veut passer inaperçu. Mais il est également dit que ce guerrier Mandalorien n'avait jamais perdu un combat. Il avait rempli tous ses contrats jusqu'à présent. Peut-être était-il le candidat parfait... Peut-être pas.
- Bienvenue sssssur Korriban... Monssssieur Fenn. J'esssspère que cette petite démonstration de force est à votre... Convenanssssse. Débute tout doucement le Trandoshan, un sourire suspect aux lèvres.
- Je dois avouer que c'est convainquant Baron. Nombre de Mandaloriens pourraient vous dire que seule la force que vous avez dans les bras compte à leurs yeux... Mais nous savons tous les deux qu'il vaut mieux avoir du muscle dans le cerveau... Au moins autant que dans les bras. Répond de sa voix étouffé le mercenaire.
Rissk hoche doucement la tête. Un point pour lui. Il a décidément l'air plus intelligent que la plupart des individus de son espèce. Les Mandaloriens ont la réputation d'être d'excellents soldats, offrant leurs services à ceux qui ont assez de crédits pour couvrir les frais de dépense. Mais leurs compétences militaires laissent cruellement à désirer sur certains points... Les Mandaloriens sont des combattants brutaux, qui n'appliquent que très rarement des tactiques très élaborées. Du moins, c'est l'image qu'en a le baron. Il avait eu l'extrême privilège de voir quelques unes de ces brutes en action lors de ses nombreux voyages. Les organisations douteuses et les personnages riches aiment bien ce genre de gars là. En échange d'une bourse bien garnie en crédits, ils exécutent les ordres sans broncher. Et ils font leur travail avec zèle.
Mais ce ne sont pas quelques gros bras que notre cher baron désire. Non. Il cherche un associé, un lieutenant, un type qui sait prendre des initiatives. Un type qui pense avec sa tête, pas seulement avec ses poings. En outre, il a besoin d'un bon petit soldat pour assurer ses arrières et gérer ses affaires. Quelqu'un qui ne viendrait pas le déranger pour rien et qui serait suffisamment autonome et débrouillard. Ce Vargo Fenn est pour l'instant très intéressant. Il semble remplir les attentes de notre T'doshok...
- J'ai cru comprendre que vous étiez membre du groupe nommé Death Watch, l'esssspace d'un inssssstant... Pourquoi avoir quitté ce groupe ? Questionne alors Rissk, qui s'amuse à planter ses griffes de pied dans le sable.
- Le Death Watch... Fenn se met à ricaner. Il ne reprend son sérieux que quelques secondes plus tard. Une erreur de jeunesse. Les membres du Death Watch manquent cruellement d'ambition et de moyens... Ils se cantonnent à leurs pillages et à leurs actions suicidaires, sans voir les choses en grand. C'est pour ça que je les ai quitté un beau matin. Finir flingué pour si peu, ce n'est pas mon style !
- Très bien... Je vois... Peut-être pourrions-nous faire des affaires ensssssemble alors... Venez... Sssssuivez-moi dans ma tente. En vient en conclure le reptile bipède, une lueur curieuse dans le regard.
Il se redresse et présente son imposante carrure au Mandalorien, qu'il dépasse facilement de deux têtes. Mais ce dernier ne semble pas impressionné. Il ne bouge pas d'un pouce. Peut-être est-ce là l'utilité de porter un casque en tout temps... Il est impossible pour les autres de savoir quelles émotions, quelles expressions se cachent derrière cette protection sophistiquée qu'est le casque d'un Mandalorien... Celui-là même qui serait à l'origine de la conception des casques des clones troopers, puis de leurs remplaçants humains, que l'on nomme "stormtroopers". Toutefois, il est à noter que le heaume porté par ce cher Vargo Fenn ne représente en rien la culture Mandalorienne. De même, son armure, bien que visiblement truffé d'équipements divers et variés, n'est pas celle que l'on trouve d'habitude sur un Mandalorien. En outre, on pourrait le confondre avec un vulgaire soldat de fortune. Une question sur ce sujet pourrait être intéressante à poser.
Après avoir donné des consignes très strictes aux droïdes de sa garde rapprochée,le baron se dirige, avec cette allure de prince victorieux vers l'ensemble en tissu qu'il appelle "tente". Il est suivi de près par le mercenaire, lui même flanqué par les deux patrouilleurs Z-65. Visiblement, les ordres qui s'appliquent pour les modèles HK-60 ne semblent pas les concerner. Peut-être que le Trandoshan tient à sa vie... Peut-être qu'il n'est pas entièrement confiant. Peut-être qu'il prépare un mauvais coup à son invité... Dans le but de le tester. Les possibilités sont nombreuses.
Le maître des lieux soulève un pan de toile et s'engouffre à l'intérieur. Le Mandalorien prend un léger temps de réflexion, qui ne dure en réalité que quelques secondes, avant de disparaître dans l'obscurité de la tente à son tour. L'intérieur est relativement bien aménagé, malgré les apparences. Dans un coin gît un lit de fortune, très probablement l'endroit où le lézard passe ses nuits et vient se reposer. Il s'agit en fait d'une simple armature sur laquelle repose un matelas rembourré avec quelques épaisseurs de couvertures. Dans un autre coin, dont l'espace est délimité par la présence d'un vieux tapis déposé sur le sable, se trouve ce qui semble être le bureau ou le salon improvisé. La présence de plusieurs documents et d'une carte sur une table basse de facture moyenne semblent concorder avec la première intuition.
- Je vous en prie Monssssieur Fenn, prenez place. Reprend doucement le T'doshok en désignant l'un des deux sofas se faisant face de chaque côté de la table basse. Vous m'excuserez... Je n'ai pas grand chose à vous offrir dans le choix des boissssons. Et ne prêtez pas attention à ssssset endroit. Ce n'est qu'un logement... Temporaire. Korriban a été ssssèverement touché ces derniers temps, mais nos ennemis ont été réprimés et éliminés... Et nous pourrons bientôt reprendre nos affaires là où elles ssssse sssssont arrêtées.
Le baron sert deux verres de whiskey corellien, un met particulièrement apprécié par son palais d'exception. Par chance, il a réussi à s'en dégoter quelques bouteilles après du lieutenant Mors, qui lui-même est un grand amateur de whiskey. Il a beau avoir mal choisi sa vocation, son utilité reste... Envisageable !
Rissk lève son verre. Un sourire vient fendre ses babines, offrant alors à son invité une magnifique vue sur des dents aussi affûtées que peuvent l'être quelques lames bien entretenues. Le mercenaire va t-il se laisser duper ? Va t-il tomber dans le piège et dévoiler son visage au reptile bipède sournois qui le dévore du regard... ? Bien sûr que non. Pour rien au monde le Mandalorien ne changerait ses habitudes. Le stratagème du Trandoshan est fourbe, efficace, mais Vargo Fenn a cerné l'individu. Et il décline le verre en venant se vautrer dans le fauteuil.
- Vos petits copains de la Confédération des Systèmes Indépendants ont des gros moyens. Je pense que ces imbéciles qui vous ont attaqué, quels qu'ils soient, ont du regretter leur action suicidaire lorsqu'ils ont vu débarquer la flotte séparatiste. Répond le mercenaire avec un certain amusement dans la voix. J'ai bien vu cette épave dans le désert. Ce devait être un sacré spectacle. Vous avez bien choisi votre camp Baron... Mais rentrons dans le vif du sujet. Quelle est la nature du contrat que vous me proposez ? Et surtout... Combien vous offrez ?
- Un contrat... Il sssss'agit plutôt d'une proposition... Ou même d'une offre. J'ai moi même eu quelques erreurs de jeunesssse. J'ai appartenu à une organisation criminelle qui manquait elle aussssssi cruellement d'ambition... Et j'ai fini par me... Ssssséparer de mes collaborateurs. Réplique le baron en sirotant son verre de whiskey. Nous sssssommes passés par des chemins sssssemblables, vous et moi... Et je pense que nous ne nous ssssommes pas rencontrés ici par hasard. Quelque chose me dit que nous allons pouvoir réaliser de grandes choses enssssemble. Comprenez bien que ma position au sein de la Confédération des Sysssstèmes Indépendants me permet d'être à l'abri du besoin pour l'insssstant. Mais ce ne ssssera peut-être pas le cas demain... Et je suis du genre nossstalgique. Ma proposition est la ssssuivante... J'ai besoin d'un bras droit pour monter mes prochaines affaires douteuses... Vous êtes le candidat idéal... Combien je vous offre pour vous charger de la ssssécurité et de la pérennité de ma future organisation... Ssssuffisamment pour que vous n'ayez plus jamais à vous préoccuper de compter vos crédits... Disons... Trente pourcents des revenus totaux générés par l'organisation à ssssses débuts. Négociables par la ssssuite.
- Et bien Baron... Vous n'êtes pas du genre à déconner... Ajoute pour tout commentaire Fenn.
- Cette offre est à prendre... Ou à laissssser...
Et s'il décidait de la refuser... Il finirait sa vie ici, sur Korriban. Son corps finirait par pourrir dans les dunes, probablement dévoré par quelques charognards. Rissk ne prendrait pas le risque de laisser un type partir incognito avec des informations qui pourraient nuire à sa réputation. Lorsqu'il dévoile ses projets et ses ambitions à quelqu'un, c'est généralement pour l'amadouer et se servir de lui. Et si la personne en question refuse de servir ses plans, elle finit par être liquidée, afin d'éliminer toute menace potentielle. Pas vu, pas pris, comme l'on dit parfois dans le milieu criminel.
Une fois que l'on goûte aux méthodes peu conventionnelles, il est difficile d'en sortir. La torture, les exécutions... Ce sont des choses devenues banalités dans l'esprit du T'doshok. Les harmoniques du sang sont devenues l'une des composantes essentielles de la chanson qui le défini. Tuer est un concept tout aussi artistique que peut l'être la sculpture par exemple. Car à la différence des grosses brutes, Rissk ne fait pas dans le meurtre grossier. Il aime les fins tragiques, théâtrales, et les mises en scène. Tel est sa vision de la Mort.
Par chance, il n'aurait pas besoin de dévoiler ses talents macabres.
- Vous semblez plein de ressources, et très doué pour vous faire une place dans ce monde cruel et impitoyable... Commence le Mandalorien en croisant les bras sur son torse. Je marche avec vous Baron. Vos objectifs seront les miens... Tant que ça paye bien.
- Bien... Bien ! Allons-y alors... Siffle sur un ton enchanté et satisfait le lézard en dévoilant ses dents... Sssssoyez très attentif...---Spoiler : Spoiler
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Post n°2
Auteur : Baron RisskRissk fait une nouvelle fois preuve d’une grande créativité. Il avait voulu dans un premier temps que l’on démonte cette carcasse gigantesque de destroyer stellaire afin de faire disparaître à tout jamais toute trace de ces maudits Sith. Mais le Trandoshan a depuis changé d’avis sur la question. Autant rappeler à toute la galaxie que ces sauvageons du Côté Obscur ont tenté de reprendre leur monde par la force et qu’ils ont été vaincu par la puissante Confédération des Systèmes Indépendants et ses implacables légions de droides. Cette immense épave est un symbole qu’il convient de sauvegarder d’une potentielle destruction… Il s’agit même d’un monument historique quand on y pense ! D’une certaine façon, ce destroyer stellaire échoué dans les dunes de sable fait partie du patrimoine de la planète, et par conséquent… Du patrimoine séparatiste.
Le baron pousse même l’audace jusqu’à vouloir installer la sous-préfecture et le musée à l’intérieur même de cette carcasse ! Une idée qui peut paraître saugrenue aux yeux de certains et qui pourtant est loin d’être des plus ridicules. C’est là un astucieux moyen pour se moquer de ces pseudo-conquérants et de leur pseudo-légitimité à gouverner cette galaxie. Et d’un point de vue militaire, il est probablement très sage de reconvertir ce qu’il reste de ce bâtiment de guerre en véritable forteresse. Les droides ouvriers cannibalisent donc certaines pièces et même parfois des pans entiers de l’épave pour combler les brèches et reconstruire avec ingéniosité ce qui va servir de base d’opération planétaire au gouvernement séparatiste.
Le destroyer stellaire de classe Victoire ressemble de moins en moins à un vaisseau. Toute la structure avant de la carcasse disparaît ainsi pour remplacer les pièces manquantes à l’arrière. Au final, Rissk ne désire conserver que ce qui lui semble utile ou tout du moins nécessaire. La passerelle du destroyer est désormais le point culminant et central de ce qui devient peu à peu un complexe fortifié. Mais le chantier avance au ralenti. Car les dommages structurels sont importants et se répartissent sur l’ensemble du bâtiment de guerre. Il faut donc s’armer de patience et assister de loin à la progression des travaux de consolidation, de reconstruction ou de reconversion.
Et c’est exactement ce que le T’doshok fait. S’il a rapproché sa tente du lieu où il va installer ses quartiers, celle-ci reste à une distance tout à fait convenable. Après tout, ce serait dommage de finir sa vie ici, sur Korriban, écrasé par un morceau de vaisseau qui ne tient plus en place. Depuis la dune de sable où il peut superviser de loin ses sujets de métal, le baron en vient à une réflexion des plus réalistes. Si pour l’instant le gouvernement de Korriban bénéficie de l’appui militaire des troupes séparatistes et du soutien financier des guildes commerçantes, il n’en serait pas toujours ainsi. Et de ce fait, le Trandoshan se doit de penser à l’avenir, qu’il soit proche ou éloigné. Malgré le renfort de quelques dizaines de droides ouvriers, les travaux avancent trop lentement. A ce rythme là, il y en aurait encore pour des mois avant que la reconversion du vaisseau soit totalement achevée. Et Rissk ne dispose pas de ce temps là. Enfin si, mais il ne souhaite pas réellement passer quelques mois de plus dans tout ce sable, qui rappelons-le, est grossier et s’immisce partout. Et puis cela ne donnerait pas une bonne image de sa personne. Non. Il faut augmenter la cadence ! Et pour se faire, une troisième commande de droides semble nécessaire.
Il faudrait également renforcer la sécurité... Car ce n’est pas une force armée d’une trentaine de droides qui va dissuader un quelconque assaillant. Bien heureusement, le génie du T’doshok fait une fois de plus ses preuves. Le domaine militaire est un art unique en son genre. Un art compliqué, difficile, avec parfois quelques notes de hasard. Même les meilleurs “artistes” peuvent être mis en échec dans ce domaine. Mais dans tous les cas, tout ce qui touche de près ou de loin à l’armée est loin d’être le terrain de prédilection de Rissk. Son expérience dans les cercles criminelles est loin d’être comparable à l’expérience que peut acquérir un officier au cours de nombreuses opérations militaires. C’est pour cette raison qu’il a besoin d’être conseillé par un expert en la matière. Et il a déjà trouvé le candidat idéal… Ou plutôt la candidate.
Ielina Dovchenko, native de Corellia. Convaincue de la médiocrité de l’Ancienne République, elle rejoint le mouvement séparatiste dès son plus jeune âge et fait ainsi partie des rares éléments organiques de la toute nouvelle armée de la Confédération des Systèmes Indépendants, constituée dans sa majeure partie de troupes droides. La jeune Corellienne participe alors à nombre de sanglants conflits opposant les séparatistes aux républicains et à leurs “successeurs” impériaux. Ielina devient rapidement une grande admiratrice du général Mufus grâce à ses nombreux succès militaires et politiques qui ont fait de la C.S.I une puissance galactique inégalable. Lorsque le Jawa décide de quitter les séparatistes pour prendre une retraite bien méritée, la Corellienne prend elle aussi un chemin bien différent. Elle retourne sur sa planète natale et décide de s’engager dans la CorSec, afin de renouer avec son passé. Le hasard, et quel étrange hasard, veut que ce soit sur Corellia que le général Mufus fasse son grand retour. Mais sa nouvelle disparition a laissé un vide dans le coeur des Corelliens, et Ielina s’est sentie délaissée, abandonnée, à l’instar de nombre de ses compatriotes. Si elle a continué sa carrière au sein des forces de sécurité de sa planète natale, elle n’a toutefois pas hésité une seconde lors de l’annonce de la création d’un poste d’officier supérieur au sein de la machine militaire de Korriban. C’est comme si elle revenait à son premier amour… Comme si elle cherchait à rattraper le temps perdu avec une certaine nostalgie.
Mais il s’agit surtout et avant tout de saisir une opportunité qui ne se représentera pas deux fois dans sa vie. Il y a en chaque être-vivant une certaine part d’ambition qui ne demande qu’à être entendue. Si pour les uns, il est facile de la réprimer, de la réduire au silence, pour se consacrer pleinement à ce qui a réellement du sens, pour les autres, la tâche est plus compliquée… Ielina a fait taire sa petite voix intérieure trop longtemps. Et après s’est sacrifiée pour la cause séparatiste, puis pour la cause Corellienne, il est temps pour elle de se laisser une petite part de gâteau. Offrir sans jamais recevoir est une chose qui n’est jamais agréable, et dans ce cas, il faut savoir improviser et trouver les meilleures opportunités. Ce poste d’officier supérieur est sa part de gâteau. Elle ne laisserait personne d’autre en profiter. Personne.
Lorsque la navette de la Corellienne entre dans l'espace de Korriban, le lieu est loin de l’image que la femme s’est faite de la planète. Elle s’attendait à un endroit assez chaleureux, accueillant, et un minimum peuplé. Mais elle s’est visiblement bercée d’illusions. Il n'y a là que terres désolées et stériles à première vue. A vrai dire, le monde nécropole n’a jusque là jamais été un endroit très réputé et connu dans cette galaxie. Il s’agit plus d’une planète minable et oubliée de la Bordure Extérieure, connue seulement de quelques archéologues, explorateurs ou contrebandiers. Toutefois, la flotte en orbite de Korriban peut indiquer deux choses. La première est que cette planète est d’une importance stratégique et bénéficie donc d’un traitement spécifique. La deuxième tend à vouloir dire que ce trou paumé a été récemment victime d’une attaque et qu’en conséquence de cette attaque, la Confédération des Systèmes Indépendants a décidé d’étaler sa toute puissance pour montrer qu’il n’est jamais bon de s’en prendre à un monde séparatiste. Ou peut-être s’agit-il d’un mélange des deux. Et sans le savoir, Ielina vient de trouver les deux bonnes réponses. De toute façon, elle en saurait sûrement plus lors de son entretien avec le représentant séparatiste du coin, un certain Trandoshan qui se fait appeler “Baron Rissk”. La femme ne dispose par ailleurs d’aucune information sur ce mystérieux baron, comme si sa nature va de paire avec celle de la planète dont il est le dirigeant.
Finalement, la navette passe le contrôle en orbite et se pose sur le sol de la planète Korriban. La Corellienne se sent un peu déboussolée lorsque ses pieds s'enfoncent dans le sable et lorsque les premiers rayons de soleil viennent lui réchauffer la peau. Dans un premier temps, elle est aveuglée par tant de luminosité et reste figée sur place, puis elle en vient à se couvrir à l'aide de ses avant-bras et avance doucement dans tout ce sable. La femme se poste en haut d'une dune et marque une pause, afin de prendre des informations sur le terrain qui l'entoure. Du sable, du sable et encore du sable. A perte de vue ! Dans le lointain, on peut aussi apercevoir quelques montagnes aux silhouettes sinistres et décharnées. Une nouvelle masse attire son attention. La carcasse d'un destroyer stellaire... ? Cette épave semble d'ailleurs être le point de rassemblement de toutes les activités de la planète à en juger les dizaines de droïdes qui grouillent dans le coin. Les quelques tentes plantées ici et là, à distance convenable du destroyer, semblent confirmer la présence d'une administration. Et même si cela n’est peut-être qu'un avant-poste provisoire où l'on recycle un vaisseau, elle pourrait toujours y trouver des informations et peut-être même un guide pour arriver à destination... Du moins, c'est ce qu'elle espère. Son arrivée sur Korriban est loin d'être à la hauteur de ses espérances. Cette part de gâteau semble vouloir se fait désirer jusqu'au bout !
Ielina reprend son périple sous une chaleur écrasante. Elle commence à étouffer dans son uniforme. Mais elle se rapproche du but, de son destin… Et quel destin ! Un droïde sonde survole la zone et s’arrête brusquement en constatant la présence d’un individu. Il se lance dans une série de mots incompréhensibles, probablement du langage droïde destiné à informer le commandement de l’arrivée de la femme. Les renforts ne tardent pas à arriver. Deux modèles HK-60 fendent les airs à l’air de réacteurs dorsaux et atterrissent à proximité de la Corellienne. Le droïde sonde Vipère se retire et reprend sa mission de reconnaissance, laissant Ielina avec ses deux compagnons automates. L’un d’eux prend d’ailleurs la parole...
[Formule de politesse] Bienvenue sur Korriban Mademoiselle Dovchenko. Le sous-préfet Rissk vous attend. Veuillez nous suivre je vous prie.
Et bien… Visiblement, tout promet de s’arranger ! Pas besoin de parcourir de longues distances, dans ce désert de malheur. La Corellienne ne désire actuellement que deux choses. De l’ombre et à boire. Et elle espère que le baron a de quoi satisfaire ses envies… Et surtout, ses ambitions. La part de gâteau est à portée de main. -
Post n°3
Auteur : Baron RisskIelina avance péniblement sans échanger un mot avec son escorte mécanique. C’est sous une chaleur accablante qu’elle grimpe et dévale les dunes en s’enfonçant toujours plus dans le sable à chaque pas. Ce même sable grossier vient s’infiltrer dans ses bottes et rend la progression toujours plus pénible. L’officier ne semble pas s’en offusquer, mais elle se promet d’en toucher deux mots au sous-préfet. Un véhicule rapide et léger aurait été largement bien plus apprécié que cette… Petite excursion dans le désert. Et elle ne craint bien sûr pas les remarques de son futur interlocuteur à ce sujet. La jeune femme sait qu’elle est la plus compétente et la plus méritante parmi tous ces troufions qui prétendent au même poste qu’elle. De ce fait, elle pense pouvoir se permettre de donner son avis au Trandoshan qui va la recevoir. Et de toute façon, si ses remarques franches se révèlent être justes, elle n’a rien à craindre. Dans tous les cas, son héritage Corellien est probablement à l’origine de ce caractère enflammé qui peut plaire comme fâcher.
La Corellienne s’arrête en haut d’une énième dune et marque un temps de pause bien mérité. Elle souffre de la chaleur et s’épuise. Elle a besoin de reprendre son souffle. Un sourire étrange vient étirer ses lèvres. Elle semble comprendre pourquoi le sous-préfet ne s’est pas embêté à lui envoyer un véhicule. Il faut le mériter. Tout ce périple dans le désert n’est qu’un test destiné à éprouver les candidats. Elle s’en persuade désormais. La jeune femme n’a de toute façon pas l’intention d’abandonner si près du but. Son rêve est à portée de main. Elle commanderait bientôt des légions entières de droides de combat. Il lui suffit simplement de persévérer… De parcourir les quelques dizaines de mètres qui la séparent de son objectif. La jeune officier se permet de contempler la vue qui s’offre à elle depuis cette dune de sable. Elle porte son regard sur les centaines droides grouillant comme une fourmilière aux pieds du destroyer stellaire échoué. Les carlingues neuves des automates réfléchissent les rayons du soleil et donnent l’impression que l’on assiste à une sorte de carnaval pittoresque. Ce qui attire toutefois son attention reste cette immense carcasse de vaisseau. Un destroyer stellaire de classe Victoire à en juger la forme de sa passerelle. C’est d’ailleurs étonnant de se dire que le point culminant de cette épave est peut-être ce qui est le mieux conservé. De là-haut, la vue doit être des plus intéressantes. On doit avoir un magnifique panorama sur l’ensemble de cette mer de sable. A en juger l’état du bâtiment de guerre, il ne pourra plus jamais espérer retourner dans l’espace un jour. La structure semble bien trop endommagée. Et puis il manque beaucoup de morceaux à l’épave. C’est une chose qui a toujours été fascinante à ses yeux. La Corellienne s’imagine toujours où les débris de vaisseaux stellaires vont s’écraser lorsqu’une bataille spatiale a lieu en orbite d’une planète. Les dommages collatéraux… Comme on dit. Fort heureusement, Korriban ne semble pas trop souffrir de l’affrontement qui a visiblement eu lieu au dessus de sa tête. L’endroit est relativement désert, mort, peu peuplé.
En étudiant de plus près les manoeuvres des droides affairés à rafistoler le vaisseau, la jeune femme semble en apprendre un peu plus sur les projets du sous-préfet. Il a visiblement l’intention de faire de ce destroyer stellaire échoué une véritable forteresse. Oui… C’est malin. Très malin. A défaut de pouvoir s’envoler à travers les étoiles, le bâtiment de guerre pourrait toujours se rendre utile en tant qu’implacable gardien de cette mer de sable. Cela deviendrait un point d’intérêt stratégique sur la planète. Il reste néanmoins encore de nombreuses semaines de travail avant de pouvoir achever la reconversion du vaisseau à en juger l’état de l’épave. Et il faut encore trouver les matériaux pour colmater les brèches et renforcer la structure. Nul doute que nombre de droides seront dépêchés dans le désert afin de récupérer et rassembler tous les débris pour leur offrir une nouvelle vie.
Les deux droides de type HK se remettent en marche, sans même se soucier de la jeune femme. Visiblement, la chaleur doit être écrasante pour eux aussi. Ils ne tiennent probablement pas à sentir leurs processeurs fondre au soleil. Ou alors, ils commencent simplement à perdre patience. Dans les deux cas, Ielina se doit de les suivre. Ces quelques minutes de pause, bien que courtes, lui ont insufflé une nouvelle énergie. Elle se sent prête à se confronter au Trandoshan dirigeant l’endroit. Elle cherche du regard la tente qui pourrait accueillir le sous-préfet de la planète. D’un simple coup d’oeil, elle suppose que la plus grande est sans aucun doute celle du baron. Ce serait tout du moins logique. Et à en voir le nombre de modèles HK-60 surveillant le périmètre, sa déduction doit être des plus justes.
Lorsqu'elle s'engouffre dans la tente du sous-préfét, il lui faut un temps d'adaptation pour recouvrer la vue. La première chose qu'elle parvient à distinguer est l'imposante silhouette d'une créature avachie dans un fauteuil : Le baron Rissk. Un cigare fumant en bouche et un verre de whiskey à la main, il semble prendre du bon temps, loin de toute cette agitation qui anime le reste du campement. Ielina se fige machinalement dans un garde-à-vous parfait. Le T'doshok dévisage la jeune femme qui reste plantée là à attendre qu'il ouvre son clapet. Et elle semble en faire tout autant. Un duel de regards ! Parfait... Les yeux gris de la Corellienne affichent une détermination à toute épreuve. Elle pourrait garder la même position sans jamais faillir. Sa fierté l'en empêche. Les Corelliens ont toujours été des gens particulièrement intéressants à observer. Ils savent se montrer ingénieux et indépendants. C'est un profil qui convient pour tout un tas d'emplois, qu'ils soient louches ou pas. Dans le cas présent, Ielina Dovchenko semble être une femme à qui l’on peut se fier. Son parcours exemplaire au sein des forces armées séparatistes et de la CorSec est un atout certain pour le gouvernement de Korriban. On pourrait en outre utiliser son expérience à bon escient. Et il suffit d’un coup d’oeil pour comprendre qu’elle n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Son visage figé en une expression stricte et ses cheveux rassemblés en une queue de cheval renforcent l’aspect autoritaire déjà présent grâce à l’uniforme. Il n’y aurait donc pas de problème de discipline sous les ordres de cette femme. Du moins, c’est ce que Rissk espère.
- Je vous ssssssouhaite la bienvenue sur Korriban Lieutenant Dovchenko. Je sssssuis désolé de vous accueillir dans des conditions ausssssi déplorables... Mais il vous faudra pour l'inssssstant faire avec ce confort relatif. Déclare le T'doshok en mordillant avec amusement son cigare. Je vous en prie... Venez prendre plassssse à mes côtés. Un petit whisssskey Corellien pour vous rafraîchir ?
- Volontiers. Lâche Ielina en prenant ses aises dans le fauteuil que lui désigne Rissk.
La jeune femme en vient même à jeter sa veste sur le dos du fauteuil. A en juger son débardeur couvert de sueur et collant à la peau, elle doit souffrir de la chaleur. Pourtant, elle n'affiche aucun soulagement à quitter une partie de son uniforme gris. Il faut croire que même en permission, elle doit être relativement ennuyeuse car trop sérieuse. Peut-être que la Corellienne cherche à garder en tout temps son air rigide pour ne pas paraître trop sympathique auprès de ses subordonnés et interlocuteurs. C’est d’une certaine façon, un moyen de ne pas trop en dévoiler sur soi… Et d’apparaître comme un personnage intimidant qu’il ne faut pas contrarier. C’est une technique qui peut marcher…
- Dites moi Lieutenant Dovchenko, vous avez partisssssipé à nombre de batailles importantes... Vous avez probablement de nombreuses anecdotes à me raconter. J’aimerai en ssssssavoir plus sur ce que vous avez rencontré sur le champ de bataille. Demande alors le sous-préfet en servant un verre de whiskey à l’officier.
- Il n’y a rien à dire à ce sujet Monsieur. Beaucoup de gens sont morts. Et il n’y a aucune gloire à en tirer. Répond froidement Ielina avant de siroter son eau-de-vie. Vous trouverez sûrement d’autres vétérans bien plus bavards que moi à propos de ces batailles.
- Regrettez-vous donc de vous être battue pour la Confédération des Systèmes Indépendants ? Siffle avec ironie le baron, dévoilant ses dents acérées.
- Je ne regrette rien Monsieur. Je suis fière d’avoir combattu sous la bannière séparatiste. Et je serai fière de m’engager à nouveau au sein de son armée. Mais cette fierté ne doit pas se transformer en orgueil. Être porté en triomphe sur les cadavres de milliers d’ennemis n’a rien de glorifiant. Du moins, je n’en tirerai personnellement aucune satisfaction. Réplique la jeune femme en braquant son regard d’acier sur le Trandoshan.
- Vous avez entièrement raison. Veuillez me pardonner. Et bien… Je crois que j’en sssssais assez ssssssur vous Lieutenant. Acquiesce Rissk en hochant doucement la tête. Ce qui m’amène donc à vous ssssssouhaiter une nouvelle fois la bienvenue… Au sssssssein de la Milice de Protection pour Korriban. Et à cela, je me permets d’ajouter mes félisssssssitations… Colonel.
Le T'doshok se redresse lentement et dévoile son imposante carrure. Il paraît bien plus petit lorsqu'il est étalé dans son fauteuil de cuir. Le sous-préfet étire ses lèvres en un sourire carnassier. Il tend une main griffue et écailleuse à la jeune femme. Le poste est à elle. La part de gâteau est enfin prête à être consommée. La Corellienne se relève à son tour et serre avec fermeté la main que lui tend son interlocuteur. Ielina a beau avoir une silhouette plus allongée et frêle que le baron, elle n'en reste pas moins particulièrement charismatique. En outre, elle n'a pas à rougir de sa petite taille. Et cette poignée de main est le commencement d'un partenariat fructueux entre deux êtres ambitieux et redoutables dans des domaines opposés mais intimement liés...
- Colonel Dovchenko... Nous avons beaucoup de choses à nous dire. Conclue finalement le Trandoshan en mordillant avec plus d'entrain son cigare.
La toute nouvelle commandante en chef de la M.P.K se permet de lui rendre son sourire. Un sourire qui en dit long sur sa détermination et ses ambitions. Il y a une certaine lueur dans son regard qui ne trompe pas. -
Post n°4
Auteur : TericaraxRP à consulter
Wanhauer était silencieux. Il savait fort bien que ses pions étaient sacrifiés à une peine perdue, mais ce n’était guère qu’une diversion. Loin du front, loin de l’action, son regard se portait sur sa cible. Un despote tyrannique, qui n’avait pour but que de s’opposer au Muun, un dictateur dont le nom avait été perdu à sa culture même, qui n’existait que pour être son adversaire, son némésis. Il avait tenté un coup remarquable, quoi que quelque peu suicidaire. Wanhauer avait failli perdre sur ce coup qui semblait au premier abord anodin, mais qui avait permis d’acquérir une pièce maîtresse pour son opposant. Qu’à cela ne tienne ; par une contre-offensive éclair, on avait coupé court aux ambitions adverses. À présent s’agissait-il de détourner le regard, d’une autre opération sur un terrain avancé, avant de frapper les bases arrières. L’habitacle trembla, agité d’une secousse. Le capitaine ne perdit néanmoins pas sa concentration. Il fallait être calme, surtout lors d’une bataille si décisive. De simples secousses étaient attendues en pareille situation, rien d’alarmant.
« - Vous avez bien compris votre mission, commandant Tersek ? »
Face à lui, quelques mètres plus loin, l’interpellé releva le regard. Son visage était celui d’un calamar ; luisante était sa peau, humide et nue. Autour de sa bouche, les tentacules qui formaient ses traits se déliaient lentement en arabesques. L’un palpait délicatement le tissus de son uniforme, au niveau du cou. D’autres se reposaient le long de ses épaules, pareils à des cheveux animés d’une vie gracieuse et délicate. Pour autant, le visage du commandant était rude, constitué d’arêtes rigides qui lui conféraient un air quasiment antipathique. L’un de ses tentacules vint au niveau du large chapeau qu’il portait sur la tête. Tersek était un personnage on ne peut plus étrange. Quoi que d’un naturel calme, c’était un officier qui semblait avoir une affection étonnante pour les blasters ; il en portait un à chaque cuisse et avait la réputation d’un œil d’aigle. Certains des soldats sous ses ordres racontaient même qu’il était capable de prédire de quelques secondes le futur et ne ratait jamais ses cibles grâce à son anticipation surnaturelle.
« - C’est on ne peut plus limpide mon capitaine. »
Qu’il soit envoyé sur Korriban était tout sauf un hasard, songea Wanhauer. Tersek n’était probablement pas un tireur adulé par ses hommes pour une quelconque capacité à sentir le futur. Il avait un regard perçant et d’excellents réflexes, à l’humble avis du Muun. En outre, il avait la réputation de tout de suite repérer les visages inconnus : dès qu’une nouvelle recrue arrivait dans le rang, le commandant la repérait. C’était du moins ce que dictait sa réputation, et la raison pour laquelle l’État Major l’envoyait ici. Wanhauer soupçonnait que cette aptitude à repérer les étrangers naissait des tendances xénophobes du commandant Quarren, qui n’appréciait pas les espèces « exotiques » comme il disait. Qu’à cela ne tienne. Une nouvelle secousse perturba le vaisseau. Il en avait presque oublié la guerre. Son attention se reporta sur ses troupes. La situation était à son avantage, mais il fallait avoir l’oeil pour le deviner. Au premier abord, son positionnement semblait catastrophique mais il n’en était rien.
« - Garder un œil sur le sous-préfet Rissk, discrètement. Veiller à la sécurité de Korriban et s’assurer que nul Sith ou serviteur Sith n’y revienne. Enfin, vérifier que la population n’est pas en danger à la surface de ce monde. Et bien sûr, veiller sur les ouvriers et les prisonniers. »
Le capitaine avait à présent l’air grave.
« - Vous avez toujours avec vous le document, n’est-ce pas ? »
Le Quarren pour seule réponse sortit une petite cassette à bords noirs. Il la montra quelques secondes à Wanhauer, qui hocha affirmativement de la tête. L’objet disparut à nouveau sous l’uniforme du céphalopode humanoïde. De nouvelles perturbations vinrent envahir l’habitacle, jusqu’à ce que le bruit devienne tel qu’on ne pouvait plus s’entendre. Le duo sombra dans le silence : ils arrivaient. Le Muun chercha autour de lui une poignée où s’accrocher plus solidement. Ses mains en trouvèrent une, sur le côté de sa chère table, où était projetée en temps réel sa bataille. Le duo se tenait actuellement dans une spacieuse pièce qui n’était autre que le pont d’une des massives barges de transport C-9979. Usuellement ce genre de bâtiments transportait les troupes mécaniques au sol mais, que ce soit pour les officiers comme les soldats organiques, certains étaient parfois revisités par les ingénieurs pour transporter d’autres passagers que les droïdes. Les stabilisateurs de l’appareil hurlèrent à la mort, alors que l’énorme véhicule se posait sur une dune de sable ocre, soulevant un ouragan de sable autour de lui.
«
- / Ouverture des portes en cours./ » dit d’une voix nasillarde un annonciateur droïde.
« - Il semblerait que ce soit échec et mat, mon brave Terek. »
Le Quarren baissa les yeux sur la table holographique. Wanhauer venait enfin de dévoiler sa carte ; sa pièce finale avait délivré le coup de grâce, passant outre la vigilance – et les lignes – du commandant pour mettre dans une position d’échec fatale son roi. Avec un sourire frustré, Terek rajusta son chapeau à larges bords sur sa tête.
« - Vous ne cessez jamais de me surprendre en matière de stratégies capitaine. Mais je vous accorde de bonne grâce cette victoire, pourvu qu’elle me porte chance. »
L’alien s’écarta de la table et alla chercher, jeté négligemment sur un siège près des droïdes qui pilotaient la barge de transport, un large cache-poussière, qu’il enfila d’un geste, dissimulant sa peau humide aussi bien que son uniforme confédéré du même geste. De son allégeance ne demeura que le symbole séparatiste, brodé en noir sur la poche droite supérieure de son manteau. Amusant, songea le capitaine. Un véritable Gunslinger dans l’apparence !
Suivant l’atterrissage – plus ou moins tumultueux – de la barge, on débarqua bien vite ses occupants : plusieurs hommes accompagnaient Terek, ainsi que des droïdes, stockés dans l’aile droite. Ces troupes étaient restreintes car de nombreux droïdes étaient déjà stationnés sur Korriban. Ils n’auraient d’autre choix que de se plier à l’autorité et aux ordres du commandant, qui était selon l’État Major le membre le plus gradé à la surface de la planète. Bien entendu, les ordres du Quarren n’étaient pas de mettre des bâtons dans les roues du baron ; au contraire l’aiderait-il sans le moindre doute, si ses intérêts étaient bel et bien en accord avec ceux de la Confédération.
Mais les troupes n’étaient pas seules : elles escortaient actuellement des rangées d’hommes, de femmes, de trandoshans et de wookies, de tout âge et de toute provenance. C’étaient des prisonniers de la Confédération. Ceux qui ne méritaient pas la peine de mort, mais avaient accompli une peine assez grave pour mériter un isolement dans le désert pendant plus d’une décennie. Ces individus avaient été jugés « impossibles à réinsérer » et étaient donc envoyés sur place avec un seul objectif : servir de main d’oeuvre. Wanhauer observa un moment les rangées de prisonniers, encadrés par les B1 et B2, avançant dans le sable. Depuis le poste de pilotage, ils semblaient de petites fourmis. Qu’il était cependant étrange de les voir tous, pieds et mains liées, suivant docilement leur escorte jusqu’à leur nouvelle prison – à ciel ouvert cette fois. Il se tourna vers Terek, qui achevait de préparer son équipement pour rejoindre ses hommes.
« - Soyez prudent avec ce...Baron Rissk. L’État Major n’a pas voulu m’en dire plus à son sujet, mais si vous et vos hommes êtes mobilisés... »
« - C’est qu’il y a volonté de rappeler son allégeance au baron, sans user de force brute. Une pression indirecte, mais à peine masquée. Oui, j’ai eu le temps d’y réfléchir. J’ouvrirai l’oeil, et le bon. Et si jamais quelqu’un tente de me jouer un tour... » Il releva un des pans de son manteau pour découvrir à sa cuisse droite l’un de ses blasters jumeaux. « - Je lui apprendrai personnellement la courtoisie séparatiste. »
Le commandant se mit alors au garde-à-vous, en signe d’adieu. Wanhauer fit de même, en lieu et place d’une poignée de main.
« - Bonne chance, commandant. Vous en aurez besoin. »
« - Bonne chance mon capitaine. Je vous ramènerai une belle peau de Sith pour notre prochaine rencontre. »
Ils éclatèrent d’un rire mutuel, puis se séparèrent. Cependant, le Muun resta un long moment à observer son subordonné et ses troupes s’avancer dans le désert, sous le soleil brûlant. Ce ne fut que lorsqu’ils disparurent derrière une dune qu’il ordonna enfin qu’on prépare la barge à repartir. Repartir droit vers son destroyer Providence en orbite, afin de quitter Korriban. -
Post n°5
Auteur : Baron RisskLe sous-préfet a enfin pu installer ses quartiers privés au sein de la carcasse du destroyer stellaire. Le confort reste relatif pour l’instant, mais nul doute que le baron pourrait trouver une solution à ce problème en usant de ses relations. Toutefois, pour l’heure, le T’doshok a plus important à faire que commander quelques meubles et autres éléments décoratifs. Installé dans son fidèle ami fauteuil, Rissk tire une nouvelle bouffée sur son cigare et crache par les narines l’infecte fumée qui vient imprégner de son odeur les vêtements. Il ne se lasse jamais de voir les cercles de fumée évoluer en arabesques vers le plafond. La porte de son bureau glisse dans le mur et laisse apparaître une silhouette familière… Celle d’une certaine Corellienne qui ne tarde pas à se présenter à lui en exécutant un salut militaire impeccable.
- Colonel Dovchenko ! Quelles nouvelles m’apportez-vous ? Débute le lézard bipède en saluant la jeune femme d’un geste nonchalant de la main.
- Monsieur le Baron… Je crains avoir beaucoup à vous dire. Répond simplement l’officier en prenant place dans un fauteuil faisant face à celui du Trandoshan.
- Je vois ! A en juger votre attitude, je dirai qu’il ssssss’agit de bonnes nouvelles… Un petit verre de whissssskey ? Reprend le T’doshok qui se sert par ailleurs un verre.
- Négatif Monsieur. Je ne bois jamais d’alcool lorsque je suis en service. Rétorque Ielina avec sa froideur habituelle.
Le sous-préfet de Korriban hoche doucement la tête, comme résigné à boire seul. Qu’importe ! Après tout, déguster une boisson spiritueuse avec ou sans compagnie est toujours un grand moment de satisfaction personnelle. Si les militaires préfèrent leur légendaire sens du devoir et de la discipline à un merveilleux breuvage aux mille aptitudes, ce n’est pas son problème à lui ! Il sirote doucement son verre de whiskey et s’enfonce dans son fauteuil en profitant de la sensation enivrante du liquide qui vient chauffer ses entrailles. L’espace d’un bref instant, il semble presque oublier la présence de la Corellienne dans son bureau. Mais un raclement de gorge insistant vient le ramener à la réalité.
- Je vous écoute. Lâche finalement le Trandoshan en fixant son verre d’un air songeur.
- Nous avons réussi à sauver six pièces d’armement du destroyer stellaire. Six tourelles turbolaser doubles. Le reste a été désintégré durant l’attaque ou est trop abîmé pour être récupérable. Je suis déjà en train de réfléchir aux endroits où positionner ces pièces d’artillerie. A cela s’ajoute une autre bonne nouvelle, nous aurons fini la reconversion du vaisseau d’ici quelques semaines. Du moins, si le problème lié au positionnement de l’armement se résout vite. Annonce le colonel Dovchenko sans afficher la moindre émotion sur son visage.
- Ssssss’est en effet deux bonnes nouvelles ! Autre chose… ? Commente le baron en terminant d’une traite son fond de verre.
- Oui Monsieur. Les deux premiers destroyers de classe Sabaoth sont enfin arrivé dans l’espace de Korriban. Le dernier vaisseau est toujours dans les chantiers navals mais sera opérationnel dans quelques jours. Confie la jeune Corellienne, totalement impassible malgré le comportement étrange du T’doshok.
Et quel comportement en effet. Cette annonce semble réjouir le lézard bipède au plus haut point. Il mordille avec enthousiasme son cigare et se sert un nouveau verre. Chaque pression de mâchoire sur les feuilles de tabac roulées leur arrachent des plaintes silencieuses qui ne tardent pas à s’envoler avec la fumée crachée entre les dents du Trandoshan. Ses lèvres, ou plutôt ses babines, s’étirent en un sourire victorieux. On pourrait presque croire qu’une bonne nouvelle est aussi enivrante qu’une quelconque liqueur. Du moins, c’est une conclusion tout à fait probable à en voir la tête du baron. L’officier récemment promu qu’est Ielina a encore du mal à cerner la personnalité du reptile. Il lui semble tantôt sournois et méfiant, tantôt enthousiaste et même drôle à ses heures perdues. Un sacré mélange qui ne manque pas de perdre la jeune femme. Ce qui est sûr, c’est qu’il semble prêt à tout pour réussir tout ce qu’il entreprend. C’est à la fois inspirant et inquiétant. Nul ne exactement sait de quoi est capable un type désireux d’aller au bout de ses projets, aussi sombres et secrets soient-ils… Mais pour l’heure, Rissk a l’air d’un enfant qui vient de recevoir ses jouets.
Et quels jouets… La Corellienne s’imagine un gamin jouant avec un loupe et brûlant au hasard des insectes traînant par là. Par chance, bien qu’affichant un sourire suspect, le Trandoshan ne semble pas être de ceux qui abusent de leur pouvoir et des ressources qu’on leur confie. Du moins… Pas sans prendre des précautions. Non. Il est probablement plus futé et habile que ça. Toutefois, cela n’est que l’avis de la jeune Ielina. Elle se doute bien que le baron n’est pas un être qu’il faut prendre à la légère. Toutes ces zones d’ombre et ces questions confortent l’officier dans l’idée qu’il lui faudra trouver quelques renseignements supplémentaires sur son employeur… Histoire de ne pas avoir des surprises désagréables par la suite. Le colonel de la Milice de Protection de Korriban s’égare dans ses pensées… Jusqu’à ce qu’une voix sifflante la tire de son étrange torpeur.
- Et bien Colonel Dovchenko, vous vous êtes perdue dans vos réflexions ? Demande avec amusement le lézard bipède.
- Je… Veuillez m’excuser Monsieur. Souffle doucement l’officier en fronçant les sourcils.
- Je disais donc qu’il nous faudra rapidement déployer certaines de nos nouvelles forces au ssssssol pour assssssssurer la ssssscurité de notre nouvelle… Sssssous-préfecture. Répète alors le Trandoshan en mordillant à nouveau avec entrain son cigare fumant. Je ne tiens pas à ce que nous ssssssoyons totalement exposés à une nouvelle attaque…
- Je m’en occuperai aujourd’hui-même Monsieur. Affirme la Corellienne en reprenant ses esprits et son air sévère. Pendant que nous sommes ici… Avez-vous réfléchi aux noms à donner à nos vaisseaux de combat ?
- Bien évidemment ! J’ai un ssssssertain don en ce qui consssssserne la nomination d’objets ou de lieux... Ricane le sous-préfet avant de tirer une nouvelle bouffée sur son cigare. Le vaisssssssseau-amiral de notre flotte sssssse nommera… “L'Éclat de la Mer de Sssssable”. Le deuxième ssssse verra attribuer le “doux” nom de “Pleurs de Veuves”…
- Tout ceci s’avère très poétique Monsieur le Baron. Je l’admets volontiers. Il est vrai que vous avez un certain talent artistique… Et un curieux goût pour les noms longs. Répond froidement Ielina, comme à son habitude.
- Il est difficile d’être original en un sssssseul mot Colonel Dovchenko. Sssssurtout quand l’on sssssait qu’il existe des centaines, sssssi ce n’est des milliers, de vaissssssseaux dans notre galaxie. Autant faire dans la longueur et la poésie ! Réplique Rissk entre deux bouffées de cigare, un grand sourire aux lèvres.
- Certes. Se contente de rajouter la jeune femme.
Il n’a pas tort au final. Et en réfléchissant bien, la colonel est plutôt satisfaite des noms donnés par le sous-préfet. On aurait pu s’attendre à pire de sa part ! Comme un nom du genre… “Le splendeur de Rissk”, ou encore… “Le beauté du Trandoshan” ! Pour le coup, le baron semble plutôt raisonnable malgré son extravagance notoire. Il ne cherche pas à se glorifier à tout prix. Peut-être qu’il ne cherche pas à attirer l’attention sur lui, tout simplement. C’est même certain après quelques secondes de réflexion. Après tout, il serait mal vu de chercher à devenir une sorte de héros ou dieu vivant local en constatant la situation précaire de Korriban. Et avoir un égo surdimensionné n’est jamais de bon augure en général, à moins d’être extrêmement puissant et intelligent. Et encore… Cela n’est pas un fait avéré. De l’avis de Ielina, n’avoir de yeux que pour son nombril n’a jamais rien apporté de bon. En fait, c’est même l’effet inverse. Contempler son reflet dans le miroir et s’en satisfaire, c’est une idiotie sans nom. Rien n’est jamais acquis dans la vie. Et il suffit d’un moment d’inattention pour finir avec un couteau planté dans le dos. Tout comme il suffirait d’un simple moment d’égarement pour perdre tout ce que l’on possède. Le reptile bipède semble comprendre cela. C’est d’une certaine façon ce qui fait sa force et sa subtilité. Et c’est qui fait qu’il ne faut en rien se fier à cet individu. Une voix grésille finalement dans le bureau du Trandoshan. Une voix froide et mécanique.« Monsieur le sous-préfet, nous avons de nouveaux visiteurs sur la planète. Des troupes séparatistes accompagnent ce qui semblent être des prisonniers. »
La voix se tait. La nouvelle annonce a un effet certain sur le principal concerné. Le baron se sert un nouveau verre de whiskey et prend le temps de siroter ses premières gorgées de liqueur. Il ferme l’espace de quelques battements de coeur ses yeux. Finalement, voilà une réponse à son message. La main d’oeuvre pour ses fouilles archéologiques est là, prête à l’emploi. Il faudrait toutefois s’entretenir avec l’Etat-major séparatiste pour avoir quelques éclaircissements à propos de ces prisonniers… Seront-ils sous la responsabilité de l’armée séparatiste ou seront-ils confiés aux soins de la Milice de Protection de Korriban ? Telle est la principale question qui vient à l’esprit de notre cher T’doshok.
- Faites venir le resssssssponsable de ce transsssssfert. J’ai besoin de m’entretenir avec lui. Indique finalement Rissk à son interlocuteur invisible.« Bien compris Monsieur. »
La conversation est brève. Une fois de plus, le silence l’emporte. Le dirigeant de Korriban s’enfonce toujours un peu plus dans son fauteuil, machouillant son cigare et sirotant son verre. La pièce s’emplit peu à peu de cette odeur si particulière que dégage le tabac fumé. La langue du Trandoshan se glisse de temps à autre hors de la gueule et vient lécher les babines pour récupérer les moindres gouttes de whiskey qui pourraient perler à la commissure de ces dernières. Et puis d’un coup, toujours aussi imprévisible, l’imposant reptile bipède se penche en avant et pose son verre sur son bureau, l’air perplexe.
- Colonel Dovchenko, j’aimerai que vous asssssssissstiez à cette prochaine entrevue. Sssssela va vous concerner tout autant que moi après tout. Déclare le baron avant de tirer une nouvelle bouffée sur son cigare. Ah… Et pendant que j’ai vous ai encore sssssous la main, pensez aussssi à déployer un bataillon pour ssssssécuriser la Vallée des Seigneurs Noirs.
- Bien compris Monsieur, je vais de ce pas donner les nouvelles directives à nos troupes. Je ne serai pas longue. Lâche la Corellienne en se redressant soudainement.
Elle quitte le salon après avoir effectué un salut militaire. Ah ce bon vieux protocole militaire est des plus étranges et réducteurs… Toutefois, le T’doshok semble comprendre l’intérêt d’un tel règlement. Il est toujours confortable de vivre dans un monde où l’on a ses petites habitudes, qu’elles soient régies par un manuel strict ou qu’elles soient propres à un personnage. Mais Rissk, pour sa part, préfère de loin son mode de vie. Il ne saurait pas se faire à la morose et fade vie des militaires. Cela n’est pas son problème de toute façon. Le sous-préfet remue le fond de son verre et le vide rapidement. Quelque chose lui dit qu’il va bientôt devoir d’aménager une aire d'atterrissage digne de ce nom... Et également qu’il aura besoin de faire l’acquisition de quelques véhicules de transport... -
Post n°6
Auteur : Baron RisskLe Trandoshan compte les minutes, puis les heures, qui défilent dans sa tête sans jamais vouloir s’arrêter. Pour occuper le temps et se vider l’esprit, le lézard bipède se vautre dans son fauteuil, sirote un bon verre de whiskey et savoure un délicieux cigare. Bien évidemment, les quelques heures qui passent ne semblent être que quelques battements de coeur aux yeux du sous-préfet. Le T’doshok est un être doué d’une grande patience… Sauf quand l’excitation le prend… Chose qui n’arrive que lorsqu’il fait une découverte extraordinaire ou lorsqu’on lui propose d’alléchantes offres. Néanmoins, ces moments d’égarements euphoriques sont généralement brefs. Aussi brefs que la vie d’un Trandoshan. Certains s’appliquent à dire que les êtres intelligents natifs de Trandosha ont une vie relativement plus courte que la plupart des espèces de la galaxie, quand d’autres pensent qu’en réalité, ils pourraient rivaliser en terme de longévité avec leurs voisins et rivaux Wookies.
Rissk n’a aucune idée de la plus longue espérance de vie possible de son espèce. Tout ce qu’il retient, c’est que les Trandoshans meurent, dans de très nombreux cas, suite à des combats violents. D’une certaine façon, il est logique de se dire que le jugement des experts en la matière est faussé par le mode de vie très brutal de ses congénères. Après tout, les T’doshok se plaisent à honorer une Gardienne des Points pour laquelle ils sont prêts à mourir. En devenant mercenaire, chasseur de primes ou esclavagiste, un Trandoshan peut gagner des points de Jagannath. Des points qui permettent apparemment d’obtenir les faveurs de cette charmante déesse. Mais de l’avis du principal concerné qu’est le sous-préfet, ces superstitions sont un ramassis d’idioties. Quel est l’intérêt de risquer sa vie pour une foutue gardienne qui n’existe probablement pas ? Pourquoi vivre brièvement quand on peut profiter des plaisirs de la vie ? Pour la gloire ? Possible. Mais là encore, on peut obtenir la gloire sans avoir à perdre la vie bêtement. Ou tout du moins en prenant des risques moindres… C’est ce qui a mené notre baron autoproclamé vers un exil, vers un monde rempli de découvertes et de sensations grisantes. Le fait de renier sa culture et les traditions de son espèce ont fait de lui un paria, mais qu’importe. Du point de vue du T’doshok, ses congénères ne sont que des abrutis sans cervelle. Il ne retient de son héritage culturel que peu de choses, et s’en sert surtout pour poursuivre la voie des criminels endurcis usant d’abord et avant tout leur intellect pour s’enrichir sur le dos des autres.
Rissk se redresse et quitte son fauteuil en cuir. Le voilà gonflé à bloc. D’agréables sensations viennent parcourir son corps recouvert d’écailles. Il se sent à la fois nostalgique et joyeux. Deux sentiments en contradiction. Une partie de lui s’accroche éperdument au passé, dans des souvenirs d’aventures loufoques et pourtant intéressantes. L’autre se penche vers l’avenir et les nouvelles découvertes qu’il a à faire dans cette galaxie peuplée de mystères et d’antiquités. Le lézard bipède mâchouille son cigare fumant et se sert nonchalamment un nouveau verre de whiskey. D’une curieuse façon, il a l’impression d’appartenir à cet endroit. Oui, c’est comme s’il avait toujours été ici, sur Korriban. Peut-être est-ce là un signe du destin. La nostalgie de son cerveau et la gaieté de son coeur laissent place à une nouvelle émotion : L’impatience. Il est désormais traversé par une idée récurrente… Celle qui lui dicte d’aller percer les secrets des Sith, de redécouvrir leur civilisation perdue et détruite au cours de centaines, si ce n’est pas quelques milliers, d’années de guerres et de destructions… Après tout, c’est la raison principale de sa venue sur cette planète désertique. Et il a depuis, un obsession particulière pour ce monde nécropole… Il enrage silencieusement contre le destin. Quelle curieuse chose tout de même ! Jusque là, il a toujours été retardé dans ses plans… L’intervention de la préfète Maar Shane, sa participation étonnante à une réunion inédite d’officiels séparatistes… Et maintenant, l’attaque surprise de quelques Sith sur la planète qu’il administre. La politique est loin d’être une occupation reposante, et pourtant, cette expérience n’en reste pas moins enrichissante. L’esprit du Trandoshan s’égare une fois de plus dans de profondes pensées… Jusqu’à ce qu’un bip sonore vienne interrompre ses réflexions.
- Hmmm… Mouich…. Mmmmh entrez ! Marmonne le baron en mordillant le cigare coincé dans sa gueule.
La porte glisse dans le mur et laisse apparaître la silhouette élégante mais rigide d’une certaine femme. Le colonel Dovchenko entre dans le repaire insipide et décontenançant du reptile bipède. L’odeur du tabac semble imprégner toute chose à proximité de la fumée infecte s’échappant du cigare. La jeune Corellienne ne se ferait probablement jamais à cette ambiance particulière digne des pires holofilms mettant en scène des truands ventripotents et affalés derrière un bureau. A chaque fois qu’elle le retrouve dans ses appartements privés, elle a l’impression d’assister à la même mise en scène… C’est assez étrange et barbant. Il faut croire que le sous-préfet n’a rien à faire de ses journées. Néanmoins, en dépit de ce que l’officier peut penser, il y a tout de même un protocole à respecter. Et c’est donc machinalement qu’elle vient saluer militairement son supérieur.
- Colonel Dovchenko… Quelles bonnes nouvelles m’apportez-vous ? Demande alors Rissk en posant son regard sur la jeune femme.
- Aucune Monsieur. Rétorque froidement la Corellienne. Le Commandant Tersek a refusé votre invitation. Selon ses propres dires, il doit d’abord coordonner les opérations des troupes séparatistes au sol et superviser le transfert des détenus.
Le baron autoproclamé pousse un sifflement strident qui pourrait s’apparenter à un soupir. Quel fâcheux contretemps. Voilà qu’on lui met encore des bâtons dans les pattes ! A ce rythme là, il aurait le temps de mourir trois fois de soif avant de pouvoir ne serait-ce qu’un instant mettre les pieds dans les ruines d’un tombeau Sith. Le Trandoshan vide d’une seule traite son verre et s’en sert un autre dans la foulée. Toutes ces âneries lui donnent envie de sombrer dans la douce chaleur procurée par l’alcool. Foutus militaires ! Et foutu protocole ! Et après ils viennent chouiner. Ils viennent se plaindre qu’il existe un fossé entre soldats et politiciens… Mais qui est le fautif dans l’histoire ? Des politiciens méprisants et hautains… Ah ! La bonne blague ! Ne pourrait-on pas dire pareil des officiers qui se trouvent trop importants au point de refuser l’invitation d’un sous-préfet ? Rissk secoue doucement la tête. Tout cela vient gâcher sa journée. Une nouvelle gorgée de whiskey est finalement engloutie dans la gueule du reptile bipède, au grand désarroi du colonel Dovchenko, qui pense silencieusement que le dirigeant de la planète boit un peu trop… Alors que l’alcool fait son effet et semble dissiper le mécontentement du T’doshok, ce dernier en vient à réfléchir à ce comportement étrange des militaires à l’égard des politiciens. Peut-être est-ce là un jeu… Dans lequel chaque parti essaie de dominer l’autre en usant de curieuses stratégies. Il se peut en outre, selon cette possibilité, que ce Tersek cherche à le tester, à l’éprouver…
- Vous avez ssssson nom… J’imagine donc que vous avez pu converssssser un peu avec lui. Qu’avez-vous pu apprendre ssssur lui ? Continue finalement le Trandoshan, entre deux bouffées de cigare.
- Pas réellement Monsieur. Nous n’avons qu’une brève conversation via holo-communication. Répond à son tour l’officier. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il est Quarren et qu’il a l’air de prendre son rôle très au sérieux.
- Nous voilà bien avanssssssés. Soupire à nouveau Rissk, crachant par ses narines la fumée du cigare qu’il savoure, tel un dragon irrité. N’hésitez pas à me prévenir ssssi vous avez du nouveau à ce sssssujet.
- Oui Monsieur.
Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il espère secrètement que les deux officiers vont faire ami-ami, histoire qu’il puisse récupérer des informations intéressantes sur ce mystérieux commandant Tersek. Il y a fort à parier qu’il n’est pas juste là pour veiller à la sécurité des prisonniers séparatistes… Non. Son principal but est sûrement de protéger les intérêts de la Confédération des Systèmes Indépendants sur la planète. Ce qui veut dire qu’indirectement, il a pour mission de garder un oeil sur le sous-préfet et ses activités… N’était-ce pas là la suite logique des évènements de Géonosis ? Après tout, le colonel Cinder avait été assez clair, il savait à propos du passé criminel du Trandoshan. Et le débarquement inattendu d’un officier séparatiste apparaît finalement comme une évidence. On vient le surveiller et lui rappeler silencieusement qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Une chose assurément fâcheuse, mais pas tant que ça finalement. Car officiellement comme officieusement parlant, le baron autoproclamé est là pour gérer le “patrimoine” offert par Korriban. Et en outre, il se tiendrait tranquille jusqu’à ce qu’on relâche l’attention sur sa petite personne.
- Bien… Ssssi c’est tout, vous pouvez dissssposez… J’imagine que vous avez encore des choses à faire… Et j’ai les miennes... Conclue donc le T’doshok dans d’ultimes sifflements.
La colonel ne rajoute rien. Elle quitte l’odeur infâme du cigare du sous-préfet après avoir effectué le traditionnel salut militaire. Ce dernier assiste silencieusement au départ de son subordonné, sans afficher la moindre contrariété sur son visage. Après avoir siroté le fond de son verre de whiskey, le lézard bipède se plonge dans ce qui est à la fois une tâche barbante mais vitale : La paperasse ! Rissk se persuade qu’il s’agit d’un mal nécessaire pour arriver au bout de ses objectifs… Et c’est donc motivé par l’idée de parvenir à ses fins qu’il se plonge dans les rapports et les dossiers accumulés sur son bureau. -
Post n°7
Auteur : Baron RisskRissk se balance doucement d’avant en arrière dans son fauteuil en cuir. Le temps lui semble long. Il s’égare involontairement dans ses pensées. Le Trandoshan rêve déjà de ses futures découvertes dans les sables chauds de Korriban. Tant de secrets enfouis… Tant de merveilles dissimulées… Tant de trésors archéologiques qui ne demandent qu’à être découverts ! Le lézard bipède enrage silencieusement. Il aurait du faire flinguer ce vieux roublard qu’est Thibault Evastan quand il en avait l’occasion ! Il ne devait pas être long qu’il disait ! Et voilà déjà plusieurs semaines que le sous-préfet attend en vain le retour de son ancien partenaire. Le baron autoproclamé se dit finalement qu’il aurait mieux fait d’envoyer ses modèles de type HK-66 à la place de quelques péquenauds habillés de cuir de la tête aux pieds. Les résultats auraient probablement été plus flagrants et ce, en moins de temps qu’il n’en faut pour dire “merde”. Rissk lâche un profond soupir et songe à se remonter le moral à l’aide d’un bon petit verre de Whiskey. Alors qu’il se sert une bonne rasade de ce précieux alcool dans un récipient prévu à cet effet, une voix froide et mécanique vient grésiller dans la console de communication du bureau.
« Monsieur le sous-préfet, un certain Thibault Evastan demande à vous voir. Il a apparement une cargaison à vous remettre. »
Le T’doshok manque de s’étouffer avec sa gorgée de Whiskey. Ce vaurien décide de se montrer quand il se fait le plus désirer ! Et il a bien raison… Le sous-préfet de Korriban prend note de cette leçon curieuse et intéressante. Il suffit de penser à lui pour qu’il daigne se pointer. Un peu à la sorte d’une invocation quand on y pense. Le reptile bipède termine d’une traite son verre. Le liquide réchauffe son corps et s’accompagne d’une agréable sensation d’électrisation. L’imposant Trandoshan, doté d’une énergie nouvelle, se redresse subitement et s’empare de la canne posée nonchalamment contre son bureau.
- Accordez-lui l’autorisation de ssssse poser ssssssur l’aire d'atterrisssssage principale. Siffle finalement le baron en braquant son regard sur une boîte à cigares particulièrement séduisante.« Bien compris Monsieur. »
Rissk s’empare d’un délicieux cigare et quitte son principal outil de travail, bien content de pouvoir changer son train-train quotidien. Il compte bien profiter de sa petite balade pour prendre l’air frais et le soleil. Dans la pièce annexe, un droïde de protocole de type BD-3000 à la carlingue striée de rouge et d’argent lève la tête puis se replonge dans ses basses besognes d’assistant. Les deux gardes Magna en faction devant l’entrée laissent passer le dirigeant des lieux puis s’engagent à sa suite. Dans le couloir, deux autres modèles IG-100 montent la garde de ce côté-ci de la porte. Ils viennent s’ajouter au service de sécurité rapprochée du sous-préfet. Les quatre automates suivent silencieusement leur maître dans le dédale qu’est le palais préfectoral. Il y a toujours quatre modèles pour protéger le Trandoshan et quatre autres modèles désignés à la protection de ses quartiers privés. Le baron savoure sa promenade de santé et s’en sert pour inspecter du coin de l’oeil les divers chantiers occupant ses ouvriers droïdes. Il constate par ailleurs, avec une satisfaction non dissimulée, que le plus gros des travaux est réalisé. Le destroyer reconverti en bâtiment administratif pourrait d’ici peu accueillir le gratin de la Confédération des Systèmes Indépendants. Il serait bientôt possible d’y organiser de grandes réceptions. Mais avant cela, Rissk doit encore trouver les éléments de décoration qui font cruellement défaut à son palais. Et il lui faut également trouver l’emplacement de plusieurs tombes Sith oubliées afin de débuter les fouilles archéologiques. Le musée dédié à l’histoire et à la culture Sith, pièce vitale de son activité sur la planète nécropole, va bientôt voir le jour… Pour son plus grand plaisir.
Lorsque le Trandoshan se pointe sur l’aire d'atterrissage, il constate que le transport de son vieil acolyte ne s’est toujours pas posé. Il y a fort à parier que la colonel Dovchenko et ses protocoles ont eu raison de la patience et de la bonne humeur du roublard qu’est Thibault Evastan. Ce dernier déteste par dessus tout les fouilles et les contrôles en règle à bord de vaisseaux militaires. Ceci le rend nerveux. L’imposant reptile bipède se permet de sourire à pleines dents. Le fait d’imaginer son ancien camarade de mauvaise humeur lui arrache un rire ignoble. S'esclaffer sur le malheur des autres est apparemment une activité saine d’esprit qui permet en plus de rester en bonne santé. Du moins, du point de vue de notre cher T’doshok. Le sous-préfet fait signe aux modèles IG-100 de son escorte de rester en retrait. Il s’avance ensuite, sa canne sous le bras, vers le bord de l’aire d’atterrissage et contemple la vue qui s’offre à lui. Du sable, toujours du sable, à perte de vue… Jusqu’à l’horizon. Un petit vent cuisant vient fouetter le visage du baron. Le soleil est à son zénith. Ses rayons lumineux viennent réchauffer le sang froid qui coule dans les veines du dirigeant de l’endroit. Une sensation agréable qui donne envie de rester planté là à ne rien faire. Mais les devoirs d’un sous-préfet sont nombreux et ne permettent pas réellement de faire tout et n’importe quoi, surtout lorsque l’on se sait observé.
Rissk fait les cent pas, attendant dans l’impatience que le vaisseau transportant sa précieuse cargaison se pose sur l’aire d’atterrissage. Ses pensées se concentrent sur les incroyables découvertes qu’il pourrait faire en déchiffrant le contenu de la tablette bientôt rapportée par son vieux partenaire criminel. Finalement, le son familier d’un engin traversant les airs est rapporté par le vent jusqu’aux oreilles du Trandoshan, le sortant de ses rêveries. Un cargo de classe YT-1300 vient rapidement occuper la zone prévue à son atterrissage. Ses moteurs décollent un large nuage de poussière et de sable qui ne semble nullement déranger les gardes Magna et leur maître. Ce dernier se contente simplement de fermer les yeux dans le but d’éviter quelques désagréments le temps d’un infime instant. La petite tempête artificielle passée, la rampe d’accès se déploie et laisse apparaître les silhouettes de deux individus louches. Ces derniers, revêtus de longs manteaux bruns et le visage couvert par un tricorne et un bandeau en étoffe, se chargent de descendre une caisse. Ils sont suivis de près par un type reconnaissable de loin.
- Thibault ! Je te sssssssouhaite la bienvenue dans mon royaume. Déclare subitement le T’doshok en s’avançant vers sa vieille connaissance crapuleuse.
- Un royaume peuplé de cadavres et de machines… Tu parles d’un royaume ! Rétorque sur un ton railleur le tueur à gage.
- Cela a sssssses avantages mon brave Thibault… Il n’y a perssssssonne pour me déranger dans ssssse trou paumé. Annonce Rissk en sortant de sa poche un cigare qu’il s’empresse d’allumer.
- Bien sûr. Cette planète te correspond tout à fait ! Je suis sûr que tu t’y plais déjà… Ricane l’autre avant de reprendre plus sérieusement. J’ai ta cargaison. Est-ce que tu as ma paie ? Je te préviens, n’essaie pas de me rouler, j’hésiterai pas à te flinguer devant tes petits copains en métal, même si cela doit me coûter la vie.
- Voyons Thibault… Je ssssssuis un homme de parole. Tu peux me faire… Confianssssse. Soupire le reptile bipède en tirant une bouffée de son délicieux cigare. Puis-je voir la marchandise… ?
Evastan lâche un grognement. D’un simple geste de sa part, les deux porte-flingues ouvrent la caisse. Le sous-préfet s’approche et se frotte les mains avec une certaine excitation. Lorsqu’il se penche pour observer le contenu de la grosse boîte, il ne peut s’empêcher de mordiller son cigare. Ses griffes s’emparent délicatement de la relique, quand son regard expert s’efforce déjà de l’analyser avec une attention toute particulière. L’imposant lézard bipède esquisse l’ombre d’un sourire sur ses babines. La tablette est authentique. Un véritable petit trésor archéologique qui vaut probablement une fortune. Son propriétaire, ce vieux Brammart, doit probablement faire la gueule en ce moment même.
- Alors ? Demande bêtement le chef des longs manteaux, à moitié suspicieux du fait du comportement curieux de son ancien partenaire d’affaires.
- Mon cher Thibault… Ssssseci est un grand pas dans l’hissssssstoire de l’archéologie. Commente Rissk en prenant un air solennel.
- Qu’est-ce que ça raconte ? L’interroge alors son comparse.
- Je n’en ssssuis pas ssssssûr… Il va me falloir quelques jours pour déchiffrer le contenu de la tablette. Avoue le Trandoshan en fronçant ses sourcils écailleux. Il sssse trouve que je n’ai pas eu à travailler ssssur ce genre d’objets depuis quelques temps. Ma compréhenssssion des dialectes Ssssith est peut-être un peu… Rouillée.
- Je vois… Tant pis ! Ce n’est qu’un bon prétexte pour ne pas me dévoiler tes petites manigances hein ! Raille le tueur à gage.
- Peut-être en effet… Glisse le baron autoproclamé avant de lâcher un sifflement strident. Tu as rempli ta part du marché… Je vais donc remplir la mienne… Mais avant sssssela, que dirais tu d’aller boire un bon verre whisssskey Corellien ?
- Et bien… Cela ne se refuse pas. On crève de chaud sur ce tas de poussière ! Lance finalement Evastan après quelques secondes de réflexion.
Bien loin de faire confiance au Trandoshan, le chef des longs-manteaux se prête volontiers au jeu pour éviter de se faire trahir par la suite. Se faire planter un couteau dans le dos est une chose qu’il préfère éviter. Et puis… Cela va lui permettre de jauger son vieil “ami”, de trouver ses forces et ses faiblesses. Pour l’heure, l’idée de savourer un bon verre dans un palais préfectoral est une chose qu’il ne peut rater pour rien au monde. Evastan donne des directives à ses hommes de main puis suit son comparse dans les couloirs de l’épave reconverti en bâtiment administratif. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que Rissk ne compte pas se débarrasser aussi facilement du vaurien. Il semble que les affaires soient les affaires. Dans le milieu criminel, le travail ne manque pas… Et le T’doshok pourrait bien avoir l’usage d’un individu aussi qualifié que Thibault.
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Post n°8
Auteur : Baron RisskDeux semaines. C’est le temps exact qu’il a fallu au baron Rissk pour traduire le contenu de la tablette rapportée par son comparse. Le manque de pratique sur le Sith écrit a légèrement ralenti la rapidité du processus de traduction. Sans parler des nombreuses zones d’ombre liées à l’endommagement de la relique. Il a donc fallu donner du sens aux mots, chercher à remplir les trous manquants pour compléter certaines phrases. Après des jours entiers passés au bureau à se creuser la tête, le sous-préfet a enfin réussi à réécrire l’histoire racontée sur la tablette. Il s’agit en fait d’une partie des mémoires rédigés par une puissante Sith ayant vécu à l’époque du célèbre et terrifiant Marka Ragnos. L’imposant reptile bipède se félicite d’avoir pu mettre la main sur un tel objet. Beaucoup de témoignages ont été perdus, emportés par les ravages de la guerre, les pillages ou le passage du temps. Trouver des écrits relatant l’histoire de l’antique empire Sith est une chose peu courante et ceux qui en viennent à posséder de tels résidus du passé sont des individus chanceux. Complètement fasciné par le récit qu’il a sous les yeux, le Trandoshan ne peut s’empêcher de le lire et de le relire. Il ne semble pas s’en lasser, comme dévoré de l’intérieur par une curiosité morbide sans nom.
Comment résumer une vie entière de recherches, d’intrigues politiques, de combats sanglants ? Je crois bien que presque rien de ce que j’ai pu apprendre au cours de ma longue existence n’a réellement d’importance aujourd’hui. Et pourtant, il y a bien des souvenirs qui marquent mon esprit au fer rouge… J’ai vécu des heures aussi sombres que glorieuses. J’ai apporté ma pierre à l’édifice imposant qu’est notre empire. Mes successeurs se souviendront de moi pour les millénaires à venir. Je laisse mes mémoires à ceux qui auraient l’audace d’oublier mes exploits, à ceux qui n’auraient pas l’intelligence ou le courage requis pour s’emparer des précieux savoirs dissimulés dans mon holocron.
Parmi les seigneurs Sith, peu se souviennent de ce sorcier… [Le nom a été effacé. Oeuvre volontaire ou dégât causé par un facteur externe ?] Il était puissant, cruel et particulièrement habile dans l’art de la manipulation. Mar...[Le reste du mot est manquant. Le début du suivant également.]...nos l’avait accepté à sa cour et se servait volontiers de l’aide et des conseils du Kissai.
Or, on le trouva un jour assassiné. Certains eurent la prétention de croire qu’il fut exécuté par le seigneur noir des Sith qui convoitait le fruit de ses obscures recherches. Pour d’autres, le vieux sorcier fut tué dans son sommeil par plusieurs de ses rivaux, qui profitèrent de l’occasion pour s’emparer des puissants artéfacts et [Un petit morceau de la phrase est effacé par le passage du temps.] de leur victime. Quoi qu’il en soit, [Un impact profond empêche de lire le mot gravé sur la tablette.] fut probablement tué en raison des sombres connaissances qu’il avait réussi à tirer de ses nombreuses expériences sur le Côté Obscur.
Marka Ragnos donna finalement raison aux deuxièmes. Une chasse s’ensuivit rapidement. Le seigneur noir des Sith me confia le commandement d’une poignée de ses plus dévoués Kissai ainsi [Un trou de bonne taille empêche la lecture.] meilleurs Massassi. Les traîtres présumés, au nombre de trois, furent identifiés. Il s’agissait en fait de trois seigneurs Sith …
[Une importante partie du contenu de la tablette est rendu illisible par de profondes entailles.]
… Après une énième bataille particulièrement dévastatrice, les trois conjurés furent une nouvelle fois vaincus et durent battre en retraite. Drogûl, le plus jeune, fut poursuivi jusqu'à la vallée de Golg, où il livra un dernier combat. Durant trois jours et trois nuits, il parvint à mettre en échec mes plans. Mais il fut finalement vaincu par un impitoyable sortilège concocté par mes soins. Je l’entends encore parfois crier… Et l’odeur de chair brûlée qui accompagne ses hurlements de douleur remonte parfois jusqu’à mes narines. Un tel souvenir n’a pas de prix. Je me délecte toujours autant de cet instant.
Bien qu’ayant laissé ses restes pourrir au soleil, il se trouve que certains ont eu l’excellente idée de lui offrir une sépulture décente. Drogûl, le seigneur Sith défait par un puissant sort, [Un long sillon ruine quelque peu la phrase.] la vallée de [Un impact empêche de lire le mot gravé.] Ce qu’il reste de sa dépouille est soigneusement conservé dans un tombeau. L’on pourra ainsi se souvenir pour l’éternité de mon éclatante victoire sur cet imbécile qui pensait pouvoir rivaliser avec une Sith ayant une maîtrise complète des arts obscurs.
Mais bien loin de l’idée de me satisfaire d’un simple monument érigé à ma gloire, je trouvais plus intéressant de garder un souvenir plus… Personnel. L’épée enflammée que Drogûl brandissait sur le champ de bataille fut un excellent trophée à ajouter à ma collection.
[Des marques profondes et irrégulières empêchent la lecture. Seuls quelques mots sont lisibles.]… Récompenser … victoires …… seigneur Sith …… Place … Vallée … Noirs …
[Le reste de la tablette est manquant, probablement arraché lors d’un éboulement, ou perdu par un pillard peu méticuleux.]
Un morceau d’histoire datant de plusieurs millénaires. Un morceau d’histoire qui retrace la vie trépidante d’un personnage de haut rang au sein de l'antique empire Sith. Cette femme, qui qu’elle fut, a beaucoup de secrets à livrer. Le baron Rissk va déployer toutes les ressources mises à sa disposition pour retrouver la tombe de cette mystérieuse narratrice. De même, il compte bien se pencher sur le cas de ces trois seigneurs Sith prétendus déchus. Peut-être que cette histoire n’est qu’une légende destinée à sublimer le portrait d’une femme manipulatrice. Mais quoi qu’il en soit, se lancer à la recherche d’indices pouvant mener à la dernière demeure d’éminents personnages est un défi de choix. Et la promesse de trésors archéologiques à découvrir est très motivateur. L’excitation est telle que le T’doshok ne tient littéralement plus en place. Il n’avait jamais ressenti une telle sensation d’enivrement auparavant, et pourtant, sa vie de voyou lui a déjà offert de nombreux moments grisants. Le lézard bipède le sait, il tient entre ses mains son destin. Ses moindres décisions sur Korriban peuvent, ou bien le mener à la déchéance, ou bien le porter en triomphe. Cette vision des choses n’achève en rien son moment d’agitation. Le sous-préfet séparatiste se sert un verre de whiskey, s’empare de son cigare fumant et profite de cet instant délicieux.
Un bataillon entier de droïdes a investi la vallée des Seigneurs Noirs. Un autre a pris ses quartiers dans la vallée de Golg, que le Trandoshan a finalement réussi à trouver en se fiant à ses connaissances. Des colonnes entières d’automates se chargent déjà de creuser dans le sable à la recherche de tombes à explorer. Des rapports de statues et d’arches en ruines à moitié enfouies dans les dunes lui parviennent chaque jour qui passe. L’accomplissement de toute une vie est là, dissimulé quelque part dans le désert, ou bien niché sous une montagne. L’imposant baron compte bien se rendre lui-même sur les chantiers de fouilles. Il n’a pas l’intention de rester planqué dans son bureau, à tuer l’ennui comme il peut, quand d’incroyables richesses archéologiques ne demandent qu’à être découvertes. Un vase, un sarcophage, une vieille épée, peu importe ! Tout pourrait être l’objet d’une étude… Et l’objet d’une exposition dans le futur musée. Rissk laisse échapper un sifflement strident, signe évident d’un enthousiasme profond. Malheureusement, on en vient à l’interrompre au moment où il décide de savourer son moment d’euphorie.
Le colonel Ielina Dovchenko passe le seuil de la porte et effectue son traditionnel salut militaire. Le sous-préfet lui adresse un simple hochement de tête en guise de salut. Le T’doshok ne se fera probablement jamais au protocole… Et à dire vrai, il s’en moque bien. La seule chose qui attire son attention est l’uniforme richement décoré de la Corellienne. Un petit cadeau du baron à la jeune femme, pour récompenser son travail acharné et son dévouement. Le lézard bipède n’a pas lésiné sur les moyens. Il a fait appel aux meilleurs couturiers pour réaliser cette magnifique pièce. Visiblement, ces derniers ont choisi de s’inspirer des uniformes hauts en couleur portés par les officiers séparatistes de haut rang. Le résultat est à la hauteur du travail fourni… Et des crédits dépensés. Ce magnifique chef d’oeuvre est le rappel gratuit d’une Confédération des Systèmes Indépendants au sommet de sa gloire... Le rappel d’un régime à l’économie prospère... D’un régime porté par l’orgueil et nourri par l’exploitation des plus faibles.
- Colonel Dovchenko, je vous en prie… Débute doucement le Trandoshan en présentant un fauteuil d’un geste nonchalant de la main. Je ne m’attendais pas à une visite de votre part… Il est étonnant de vous voir quitter la passssserelle de votre vaisssssssseau.
- Monsieur le Baron, vous comprenez qu’en tant que responsable de la sécurité planétaire, je me pose quelques questions relevant… De la sécurité des intérêts séparatistes sur Korriban. Répond froidement le colonel en s’installant dans le fauteuil.
- Oui… Oui… Bien sssssûr. C’est compréhensssssible. Siffle simplement le sous-préfet en mordillant son cigare fumant. Je vous en prie, éclairez ma lanterne.
- Dans le cas présent, Monsieur, je pense plutôt que vous devez éclairer la mienne. Rétorque la Corellienne. Vous me parliez, il y a quelques jours, des dangers que peut représenter l’ouverture d’un tombeau Sith. Je dois avouer que j’aimerai avoir des détails sur ces… Dangers.
- Et bien… Je n’ai pas plus de détails à vous fournir malheureusement. Indique le T’doshok en tirant une bouffée sur son cigare.
- Donc vous pensez que n’importe quoi peut sortir des tombeaux Sith ? Demande alors Ielina avec une pointe d’appréhension dans la voix.
- Sssss’est exact Colonel. Tout et n’importe quoi peut nous tomber dessus dans ces tombeaux, sssssans mauvais jeu de mots de ma part. Reprend le baron autoproclamé. Des bêtes ssssauvages, des morts revenus à la vie, des abominations Sssssith…
- Vous avez l’air d’en savoir beaucoup sur eux. Constate l’officier séparatiste.
- J’ai conssssssacré ma vie entière à l’étude des Ssssith. Ils ssssssont à la fois terrifiants et fassssscinants vous savez… Avoue Rissk en posant délicatement son cigare dans le cendrier prévu à cet effet.
Dans les faits, il a bien passé la majeure partie de sa vie à dépoussiérer de vieux sujets, à rechercher de légendaires reliques Sith. Ses activités criminelles, s’accordant parfois avec sa passion pour l’archéologie, ont toujours été nécessaires à l'élaboration d’un réseau permettant d’entrer en contact avec des collectionneurs ou des explorateurs pouvant le renseigner sur l’antique civilisation Sith. Lors de ses débuts difficiles sur Coruscant, l’argent qu’il détourne sert à financer ses petites recherches archéologiques. Après la dissolution du Cercle, l’imposant reptile en vient à mettre à profit ses connaissances. Il se met au service de particuliers, puis au service du cartel des Hutts, avant de terminer sur ce trou paumé.
Korriban… Planète nécropole, capitale déchue de l’empire Sith, joyau de la galaxie. Un choix que Rissk ne regrette pas. Ce monde est sien. Il est son seul et unique amour. Maintenant qu’il touche au but, qu’il est prêt de la vérité, le baron autoproclamé ne désire plus rien d’autre que l’accomplissement de ses objectifs sur la planète. Son destin est lié à Korriban. Même la mort ne peut les séparer. Non. Pour rien au monde il ne souhaite quitter ce sol à la fois sacré et maudit. Le Trandoshan en a fait son royaume et il en serait ainsi jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de lui.
- Ne serait-il pas plus sage, dans ce cas, de laisser ces tombes scellées ? Fait finalement remarquer le colonel.
- Et laisssssssser un précieux savoir sssssse perdre ? Le laissssssser se dégrader, jussssssssqu’à n’être plus rien ? Ou pire, laissssssssser ce sssssavoir finir entre de mauvaises mains ? Réplique le sous-préfet. Non. Non… La culture Sssssith mérite d’être préservée, connue au sein de la Confédération des Syssstèmes Indépendants.
- Êtes-vous en train de faire l’apologie de la culture Sith Monsieur ? La Corellienne fronce les sourcils, méfiante ou perplexe.
- Les Sssssith ssssont des êtres abjects, j’en conviens. Mais leur hissssstoire mérite d’être préservée. Après tout, les connaissssances que l’on pourrait tirer des recherches archéologiques pourraient très bien sssss’avérer utiles. Nous pourrions en apprendre d’avantage sur les Ssssith et ainsi nous servir de nos trouvailles contre eux. Affirme Rissk en avalant une nouvelle gorgée de son précieux whiskey.
- Vous jouez à un jeu dangereux Monsieur. Souligne alors froidement la jeune femme.
- Korriban est pleine de dangers. Sssssette planète est mortelle. Il faut ssssssavoir la dompter, ssss’adapter ou mourir. Conclue avec une simplicité extrême le T’doshok.
- J’imagine que vous avez raison. Il va donc falloir renforcer les effectifs au sol. Je doute que de simples B1 puissent venir à bout de vos horreurs… Si toutefois, vous avez raison à ce sujet. Déclare finalement Dovchenko en tentant de garder son sang-froid.
- Il vaut mieux prévenir que guérir comme on dit. Répond bêtement le baron, occupé à récupérer entre ses griffes le cigare déposé dans le cendrier.
- A propos des prisonniers séparatistes, le Commandant Tersek nous fait savoir qu’il aimerait bien avoir des nouvelles concernant leurs affectations. Lâche ensuite l’officier.
- Qu’ils ssssssoient transssssférés sur le ssssite de fouilles numéro deux. Ordonne le Trandoshan en tirant une nouvelle bouffée sur son cigare mourant.
- Bien compris.
Le colonel quitte son fauteuil, exécute un nouveau salut militaire et sort de la pièce. A en voir la tête qu'elle tire, l'infecte fumée aura une fois de plus eu raison d’elle. Rissk se perd à nouveau dans ses pensées. La vallée de Golg. Il se persuade silencieusement que c’est dans cet endroit qu’est enterré le seigneur Drogûl. C’est ce qui fait, du moins, le plus de sens. Néanmoins, seul le temps dira si cette intuition est bonne… Ou si elle s’avère être mauvaise. Mais jusque là, le sous-préfet a toujours eu raison d’écouter son instinct. -
Post n°9
Auteur : Baron RisskLes premières trouvailles ont été extirpées du sable qui les a conservé des millénaires durant. Au pied de ces colosses en pierre, Rissk semble ridiculement insignifiant. Malgré son imposante carrure, il a l’air d’un enfant face aux monuments exposés à sa vue. On peut lire dans le regard du Trandoshan tout l’intérêt qu’il porte à ces vestiges du passé. Ses yeux, habituellement investis d’une lueur malveillante, sont cette fois-ci animés par l’éclat de la fascination. Les Sith ont disparu depuis longtemps, mais ils ont laissé derrière eux une impressionnante histoire et une culture riche en rebondissements. A travers tout Korriban, de fantastiques édifices se dressent, restes d’une antique civilisation. Architectes et bâtisseurs de génie, les Sith se sont éteints en emportant avec eux leurs énigmes et leurs trésors, ne laissant derrière eux qu’une lumière illusoire ou la promesse d’une mort certaine. Aujourd’hui, le baron autoproclamé vient réclamer l’héritage des Sith, à l’instar de nombreux seigneurs noirs d’antan. Il compte bien retrouver les merveilles enfouies sous le sable et oubliées de tous pour les exposer dans son musée.
Musée… Ce mot semble exciter le T’doshok. Oui… C’est là un rêve qui devient réalité. Se savoir entouré de vieilleries riches d’histoires est le souhait du sous-préfet de Korriban. Se retrouver face à quelques vestiges de la civilisation Sith est la cerise sur le gâteau, la récompense ultime. Rissk n’ose même pas toucher du bout des griffes ses premières trouvailles. Le lézard bipède semble se découvrir une certaine retenue, ou même une certaine candeur… Tout ceci est trop beau pour être réel. Ses yeux experts se perdent dans les insignifiants détails des sculptures. La première statue, dépassant facilement les dix mètres de hauteur, est dans un état de conservation particulièrement remarquable. Cette vraisemblable représentation d’un seigneur Sith est à l’image de la planète qui l’abrite : Pleine de mystère. L’individu figé dans la roche a la tête penchée en avant, le visage dissimulé par un capuchon. L’ensemble de son corps est recouvert d’une ample bure cérémonielle et les mains sont jointes comme pour une prière. Il faut par ailleurs noter que le drapé est d’une excellente qualité. Le baron autoproclamé se pose des questions sur l’intérêt de représenter des seigneurs Sith aux traits dissimulés. Est-ce là un choix artistique pour garder le mystère entourant ces grands personnages, ou bien une volonté d’effacer le visage d’un seigneur Sith mal vu ? Ou encore une façon de ne pas s’embêter à personnifier chaque sculpture ? Pour l’heure, aucune hypothèse n’est écartée.
Le Trandoshan se tourne vers la deuxième statue. Selon les premières observations, elle ressemble à la précédente. Toutefois, rien ne permet de l’affirmer puisqu’à l’inverse de cette dernière, la tête et une partie du buste ont été arrachées ou perdues avec le passage du temps ou un quelconque évènement. Il est donc impossible de déterminer si les deux statues sont parfaitement identiques ou si elles suivent un modèle commun mais se démarquent via de subtils détails. Le désormais sous-préfet de Korriban s’attarde ensuite sur le dernier chef d’oeuvre extirpé du sable : Un magnifique obélisque haut de dix-huit mètres. Géant parmi les géants, ce monument est pour l’heure une réelle énigme. Le piédestal, qui assure l’équilibre de l’ensemble, est orné de visages aux bouches ouvertes sur ses quatres côtés. On pourrait presque croire qu’il s’agit d’âmes damnées criant à la perte… Cette simple pensée est effrayante mais s’accorde bien à une culture Sith qui se veut particulièrement violente. Le fût quadrangulaire, qui s'amincit vers le sommet, est à première vue recouvert de hiéroglyphes Sith. Un long travail de traduction sera nécessaire pour découvrir le contenu du récit. Le pyramidion, pour sa part, semble des plus basiques. Un détail retient néanmoins l’attention du T’doshok. Une longue fissure est apparente sur l’une des faces du fût quadrangulaire. Un examen minutieux s’avère vital si l’on veut éviter une catastrophe. Un travail de restauration aura peut-être lieu, en fonction des dégâts.
L’imposant reptile siffle en affichant un sourire carnassier, signe évident d’une bonne humeur. Il en vient ensuite à faire un geste nonchalant de la main. Le modèle BD-3000 qui lui sert de secrétaire s’approche du baron et lui présente une boîte remplie de cigares. Rissk se penche vers le contenant, renifle les produits de luxe et choisit finalement de prendre celui qui semble être le plus savoureux. Les griffes du Trandoshan attrapent le briquet glissé dans une poche. Une fois le cigare allumé et coincé entre les dents, le sous-préfet de Korriban parcourt du regard la vaste pièce qui abrite les premières trouvailles archéologiques. Pour l’heure, elle est vide… Mais elle sera bientôt remplie de merveilles inoubliables. Et des salles du genre, il en existe une dizaine. Parfaitement modulables, elles doivent répondre aux besoins du lézard bipède. Ayant donné libre cours à ses folles idées, ce dernier a décidé de faire de son musée la reproduction exacte de l’extérieur et de l’intérieur d’un tombeau Sith. Cependant, ce projet grandiose implique une certaine rigueur de la part du T’doshok… Ainsi qu’une patience à toute épreuve. Car il faudra quelques semaines, voire même quelques mois pour espérer avoir ne serait-ce qu’un plan détaillé de la dernière demeure d’un seigneur noir. Et il faudra plus de temps encore pour rassembler une collection suffisamment importante et digne de ce nom pour remplir les diverses salles dédiées à l’exposition de la culture Sith. En outre, le projet de Rissk s’avère être aussi colossal que la construction des tombeaux en leur temps… Sans oublier qu’il faudra aussi faire appel à des architectes qualifiés pour que les pièces ressemblent en tout point à ce qu'il se fait à l’intérieur d’une tombe.
Atteindre la perfection. C’est là le désir du baron autoproclamé. Il souhaite faire au moins aussi bien que les bâtisseurs Sith. Le lézard bipède se voit déjà au beau milieu de ses trouvaille archéologiques, auréolé de gloire. Il en vient même à s’imaginer enterré dans une immense construction aussi belle et mortelle que celles qui ont servi et servent encore de dernier repos à quelques puissants seigneurs Sith. Le Trandoshan tire une bouffée, puis une deuxième. Il s’amuse à réaliser des arabesques avec la fumée qu’il recrache par le museau. Malheureusement pour lui, son moment d’égarement et de contemplation prend finalement fin. Les quatre gardes Magna IG-100 constamment affectés à la protection du sous-préfet, jusque là restés silencieux, se mettent à réagir lorsqu’une porte se retire dans un mur pour laisser passer quelques silhouettes.
Rissk se tourne et reconnaît les individus qui se présentent à sa vue. Le colonel Dovchenko accompagne les représentants de la Guilde du Commerce et de l’Alliance des Corporations. Le Koorivar est vêtu de ses habituelles friperies grotesques. La Gossam, pour sa part, a toujours autant de colliers en or autour du cou. Finalement, le baron a l’impression de les retrouver là où il les a laissé quelques temps plus tôt sur Géonosis. Mais en regardant de plus près, le T’doshok constate toutefois que sa chère partenaire de la Guilde du Commerce arbore aussi quelques colliers en argent. Faute de goût ou choix élégant ? Pour l’heure, l’imposant reptile semble mitigé et n’a pas encore décidé de la réponse.
- C’est donc dans cette salle que se cache le Baron Rissk ! Lâche d’une voix rauque le Koorivar. Nous avons bien failli nous perdre en arrivant jusqu’ici… Votre palais est un vrai labyrinthe. Étonnant quand l’on sait ce qui est arrivé à votre colonie.
- Oui… Oui… Il est vrai que vous avez su rebondir malgré de tragiques évènements. Reprend à sa suite la Gossam, à l’aide de croassements. D’autres auraient cherché à fuir, à trouver meilleur autre part… Mais pas vous. Vous êtes tenace et particulièrement investi dans vos projets Baron. C’est tout à votre honneur.
- Lorsssssque l’on a une passsssion, on sssss’y tient coûte que coûte. Et puis… Je ne pouvais pas faire faux bond à mes invessssstisseurs. Rétorque le sous-préfet de Korriban en sifflant doucement, puis désignant d’un geste de la main ses premières trouvailles. Voyez… N’est-ce pas fassssscinant ?
- Très intéressant en effet. Répond simplement le représentant de l’Alliance des Corporations en tripotant machinalement ses doigts recouverts d’une peau épaisse et rugueuse. Nous aurons donc bientôt l’assurance d’avoir notre part du gâteau si je me fie à ce que je vois.
- Bien évidemment. Les plus belles pièsssssses vous ssssseront réservées. Affirme le Trandoshan en mordillant le cigare fumant coincé entre ses dents.
- Dites-moi Baron, que pouvez-vous me dire à propos de ce monument ? Demande alors celle qui représente les intérêts de la Guilde du Commerce en se dirigeant vers l’obélisque.
- Il sssss’agit d’un obélissssque. Mes équipes d’excavation l’ont sssssorti du ssssssite de fouilles numéro deux. Il marquait visiblement l’entrée d’une tombe. La datasssssion est encore inconnue. Indique le lézard bipède en rejoignant la Gossam au pied du colosse en pierre.
- Vous avez pu traduire les inscriptions ? Continue son interlocutrice à l’aide de trilles stridentes, parfois ponctuées de croassements.
- Pas encore. Il va me falloir quelques sssssemaines pour déchiffrer l’intégralité du contenu. Avoue le baron autoproclamé en tirant une bouffée sur son cigare. Ssssans parler du fait qu’il me faut d’abord découvrir sssss’il ssss’agit du Haut Ssssssith, du Sssssith commun ou d’un autre dialecte affilié.
- Vous avez l’air de bien vous y connaître... Souligne le Koorivar sur un ton presque accusateur.
- Vous avez l’amour des chiffres et des intrigues, j’ai l’amour de l’archéologie et de la culture Ssssssith. Nous avons tousssss nos ssssecrets et nos points d’intérêts. Avance doucement Rissk en ponctuant par un ricanement.
- Certes Baron, certes. Reconnaît le représentant de l’Alliance des Corporations. Mais nous aurons tout le temps d’échanger nos histoires… J’en suis certain.
Un habile sous-entendu pour signifier qu’il compte bien rester quelques temps sur Korriban. Et il y a fort à parier qu’il en va de même pour cette chère Gossam. Le sous-préfet ne s’en offusque pas. Les organisations marchandes cherchent à protéger leurs intérêts et investissent uniquement quand elles sont sûres de gagner quelque chose en retour. Le T’doshok sait à l’avance que la Guilde du Commerce et l’Alliance des Corporations mettront fin au financement des recherches sur Korriban s’il ne se montre pas assez convainquant. Inspection des troupes, visite des sites de fouilles, contrôle des budgets... Tout va y passer pendant les prochains jours ! -
Post n°10
Auteur : Baron RisskLe baron Rissk aurait presque l’impression d’être à une soirée mondaine. Confortablement installé dans son fauteuil en cuir, il sirote tranquillement son merveilleux verre de whiskey Corellien. En face de lui, la Gossam représentant les intérêts de la Guilde du Commerce a jeté son dévolu sur un jus de juri. Le Koorivar servant d’observateur à l’Alliance des Corporations s’est pour sa part contenté d’un banal vin épicé. L’alcool faisant son effet, le trio de politiciens en vient presque à oublier le colonel Dovchenko, qui s’avère relativement peu bavarde et discrète. Elle ne semble pas vouloir toucher au verre de whiskey que le modèle BD-3000 lui a servi. Les trois compères sont plongés dans leur habituel jeu de faux semblant, s’échangeant de vagues sourires trompeurs. Du point de vue de la jeune femme, ces abrutis ressemblent à des prédateurs regroupés pour l’occasion dans une lutte sans merci. Ils tournent les uns autour des autres, se pavanant fièrement et cherchant une faille dans le dispositif de leurs adversaires. La Corellienne n’a jamais apprécié la politique. Aujourd’hui encore, les habiles manigances de l’élite séparatiste semblent animer en elle une certaine sensation de dégoût… Une sensation de dégoût qui est par ailleurs renforcée par l’infecte odeur du tabac qui vient emplir toute la pièce.
- Et bien Baron… Je dois admettre que vous savez accueillir des invités. Je vous conseille toutefois de ne pas organiser de réceptions sans avoir au préalable pris toutes les dispositions qui conviennent à un tel événement… Pour impressionner le gratin séparatiste, il va falloir y mettre les moyens. Avoue la Gossam à l’aide de trilles stridentes et de croassements infâmes. Néanmoins, vous avez le mérite d’être un travailleur acharné… Et nous savons tous que seuls les plus méritants réussissent au sein de notre glorieuse Confédération.
- Oui… Oui… En effet. L’Alliance des Corporations se satisfait de vos progrès Baron. Ajoute à sa suite le Koorivar. Du fait de notre bienveillance à votre égard, nous avons décidé de vous vendre à bon prix deux de nos vieux croiseurs de classe Munifex. Nous n’en n’avons plus réellement l’usage et il est, de notre point de vue, bon de vous faire profiter de l’offre. C'est ce que font les bons partenaires n'est-ce pas ?
- Il est évident, par les temps qui courent, qu’il faut se préparer à un conflit armé. Les Sith ont prouvé qu’ils pouvaient toujours frapper fort, malgré leur infériorité numérique et leurs nombreuses défaites. Surenchérit la représentante de la Guilde du Commerce en croassant de plus belle. Et il ne faut pas non plus oublier nos épouvantables relations avec la République Fédérale… Qui pourraient nous conduire tout droit vers la guerre. Afin d’éviter un nouveau désastre sur Korriban, la Guilde du Commerce a décidé de vous faire don de quelques uns de ses nombreux modèles droïdes tout droit sortis des usines.
- Je vous remersssssie par avansssse pour ces offres généreuses… Indique le sous-préfet entre deux bouffées de cigare, un sourire aux lèvres. Je sssssuis ssssssûr et certain que nous sssssaurons en faire bon usage, n’est-pas Colonel Dovchenko ?
L’officier séparatiste, plongée dans ses pensées, sort de sa torpeur.
- Oui Monsieur. Nous aurons besoin de tout le matériel militaire disponible pour défendre les intérêts séparatistes sur Korriban. Quelques vaisseaux et droïdes de plus ne seront pas de refus. Lâche froidement la jeune femme.
- Levons nos verres pour conclure l’affaire dans ce cas ! Déclare l’observateur de l’Alliance des Corporations. Honorons notre fructueux partenariat !
Les quatre individus présents dans la salle quittent leurs fauteuils respectifs pour trinquer. Des paroles malhonnêtes, une attitude sournoise, des gestes hypocrites… C’est tout ce que semble retenir Dovchenko de ces personnages là. Il n’y a qu’à voir l’attitude du Koorivar et de la Gossam, qui tentent de s’arracher les faveurs du Trandoshan… Non pas par altruisme, mais par intérêt. Le principal concerné qu’est le sous-préfet de Korriban est le premier à reconnaître les enjeux politiques et commerciaux qui se cachent derrière cette fausse générosité. Ils veulent le forcer à la dépendance. Ils veulent le pousser à les rejoindre d’une manière ou d’une autre, afin de lutter contre l’influence grandissante des autres organisations commerciales et industrielles que sont la Fédération du Commerce, le Clan Bancaire Intergalactique et le Techno-Syndicat.
Chaque entité gouvernementale galactique semble avoir des intrigues propres… Des luttes intestines. Au sein de l’Impérium, les officiers s’affrontent dans un combat à mort pour le pouvoir. Dans la Confédération des Systèmes Indépendants, les puissances qui ont formé le mouvement séparatiste cherchent à éliminer leurs rivales en usant de stratagèmes divers et variés… Et la République Fédérale semble être un fameux mélange des deux. Politiciens corrompus et militaires extrémistes se sont déclarés la guerre afin de conserver leurs privilèges. Au final, il n’existe aucune différence entre les puissances qui se partagent la galaxie… Et il n’y a visiblement aucun remède miracle face à ce fléau qu’est l’appât du gain. Quoi qu’il en soit, le baron Rissk sait très bien qu’il aura à faire un choix rapidement. La Guilde du Commerce et l’Alliance des Corporations, sous le couvert de leur bienveillance suspecte, font silencieusement pression sur lui. Bien évidemment, puisqu’ils ne peuvent pas le forcer à l’assimilation en envoyant une armée annexer son monde, du fait de l’intérêt que la CSI a pour la planète nécropole, ces truands cherchent à l’appâter en mettant en avant leur formidable puissance...
Les jeux d’alliance, les annexions commerciales ou politiques… Des choses qui font partie du décor depuis la nuit des temps. Par la soumission et les fédérations, de grands empires se sont formés. Parfois, ces événements ont mené à l’effet inverse… Quoi qu’il en soit, l’importance des alliances touche tous les domaines. Par ailleurs, il suffit de jeter un coup d’oeil aux noms des grandes firmes séparatistes pour comprendre en profondeur l’idée même d’association ou d’assimilation. Syndicat, clan, fédération, guilde, alliance… Des mots qui signifient la même chose. Mais pour le T’doshok, il n’est nul question d’être assimilé à une quelconque entité commerciale de grande envergure… Et pour contrecarrer les plans ambitieux de ses camarades, il compte bien développer sa propre entreprise. Cependant, plusieurs questions se posent. Il lui faut trouver un marché juteux et la vente d’artéfacts Sith est loin d’être l’option la plus viable, du fait de la rareté et des dangers qui se présentent politiquement parlant comme physiquement parlant. Le lézard bipède n’a pas besoin d’un scandale qui pourrait venir entacher sa réputation ou pire, ruiner sa carrière. S’il peut éventuellement se permettre de temps à autre de revendre quelques pièces sur le marché noir, il ne doit pas en dépendre. Tout est bon à prendre pour éviter d’attirer l’attention… Du moins… Pour l’instant.
Le sous-préfet de Korriban remue son verre, contemple le temps de quelques battements de coeur le liquide qui se déplace sous forme de petites vagues d’un bout à l’autre du contenant. Son regard s’illumine. Mais bien sûr ! La voilà la merveilleuse idée qui pourrait l’enrichir… C’est décidé ! Il se lancera dans la production d’alcool. Un superbe whiskey ou un petit vin d’exception… Ou même les deux. Néanmoins, le sol de Korriban n’étant pas le plus propice à la culture, il faudra sûrement se tourner vers l’une de ses nombreuses lunes. Du moins… Si l’une d’entre elles s’avère propice à la vie... Chose qu’il faudra donc vérifier à l’avance. Ou peut-être pourrait-on créer une immense ferme hydroponique à cet effet. Et dans le pire des cas, on pourrait toujours construire un hôtel de luxe réservé au gratin séparatiste, avec une magnifique vue sur Korriban. Oui, cette idée est bonne à prendre aussi. La seule chose qui compte au final, c’est de faire de l’argent pour ne pas dépendre entièrement des financements des grandes firmes. Les rêveries du Trandoshan s’achèvent lorsqu’une nouvelle question vient le réveiller.
- Dites moi Baron… J’ai entendu dire que le Techno-Syndicat finançait une partie de vos recherches archéologiques... Et pourtant, j’ai plutôt l’impression que nos chers amis Skakoans ne vous portent pas dans leur coeur. Remarque soudainement l’observateur de l’Alliance des Corporations. Est-ce que vous avez été en contact avec eux récemment ?
- Vous n’êtes donc pas au courant ? Le Techno-Syndicat avait plus important qu’une simple visite de Korriban… On dit qu’ils ont joué un rôle important dans la campagne électorale d’un des leurs sur Corellia. Intervient alors la représentant de la Guilde du Commerce dans une nouvelle série de trilles.
- Ah oui en effet… Comment s’appelle t-il déjà ? Demande le Koorivar en tripotant machinalement ses mains couvertes d’une peau épaisse et rugueuse.
- Asavar Phocas il me semble… Ces deux fripouilles que sont Wambor et Bortant doivent déjà savourer leur victoire… Indique la Gossam en croassant de plus belle. Je suis sûr et certain que la prise officieuse de Corellia va largement profiter à leurs affaires.
- Il est vrai qu’il va falloir surveiller de près comme de loin les agissements du Diktat Phocas… Acquiesce l’autre dans un hochement de tête.
Asavar Phocas… Un nom familier pour le reptile bipède. Les deux individus se sont croisés sur Géonosis, lors d’une réunion exceptionnelle après une série d’attentats Sith sur les mondes séparatistes. Le Skakoan et le T’doshok se sont affrontés dans une sorte de joute verbale qui a fini par les laisser en statut quo. Quoi qu’il en soit, ils ne s’apprécient guère et Rissk se félicite silencieusement de le savoir loin des affaires séparatistes… Le baron autoproclamé se moque éperdument de Corellia et de ses richesses. Certes, il représente un danger pour les affaires de ses deux comparses, mais de l’avis de l’imposant lézard, il y a une opportunité à saisir.
- Vous semblez songeur Baron… Est-ce que cette nouvelle vous a surpris ?
- Pas le moins du monde. Un Ssssskakoan en moins dans la Confédération des Ssssystèmes Indépendants est une bonne chose sssssur le court terme. Commente le sous-préfet en mordillant son cigare fumant. Il faut profiter de l’occasion… Vardek Bortan avait sssssûrement de grands projets pour ssssson petit protégé au ssssein de la Confédération des Sysssstèmes Indépendants. L’éloignement de ce dernier doit quelque peu contrarier ssssses plans. Et il ne tient qu’à vous de ssssssaisir cette opportunité pour récupérer du terrain à leur insu...
- Vous avez tout à fait raison Baron. Vous feriez un redoutable homme d’affaires… J’en suis sûr ! Répond le représentant de l’Alliance des Corporations, un sourire sournois aux lèvres.
- Un redoutable homme d’affaires… Et ssssssurtout… Un asssocié très prometteur ! Rétorque le Trandoshan en tirant une nouvelle bouffée de son cigare. Par ailleurs, puisssssque nous sssssommes réunis, j’en profite pour porter un toast ! Un offissssssier qui dirige une flotte composée de plusieurs vaissssseaux est le plus sssssouvent Amiral… Du moins, ssssi j'ai bien compris comment le monde militaire fonctionne. De sssse fait, j’annonssssse la promossssion du Colonel Dovchenko au rang sssssupérieur. Félicitassssions, Amirale.
- Je vous remercie Monsieur le Baron… C’est un réel honneur. Lâche simplement la Corellienne, avec sa froideur habituelle.
Les félicitations des deux autres invités ne tardent pas à arriver. Cette soirée semble s’éterniser… Et la désormais amirale Dovchenko n’arrive pas à s'accommoder à ces fausses manières qui doivent plaire aux autres. Elle ne fait pas partie de ce monde étrange et repoussant qu’est celui de l’élite séparatiste. Toutefois, du fait du poste important qu’elle occupe au sein de l’administration de Korriban, il y a fort à parier qu’elle devra se présenter à d’autres événements du genre… Pour le meilleur et pour le pire. Peut-être devrait-elle sérieusement se pencher sur un apprentissage de la politique… Rissk, pour sa part, est dans son élément naturel… Tel un poisson, ou plutôt requin, dans l’eau. Comme à son habitude, il s’en sort toujours bien. La jeune femme ne semble plus étonnée des résultats obtenus par le T’doshok. Elle a appris à côtoyer la fourberie, et surtout la folle créativité, du lézard bipède au quotidien. L’officier ne se doute cependant pas des nouvelles idées de grandeur de ce dernier… Et à tous les coups, elle ne va pas les apprécier.
