Artefact et périls
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Post n°1
Auteur : John HarveySpoiler : Précédemment...
La planète était lugubre. Elle ne donnait vraiment pas envie de s’y poser et, pourtant, c’était là où John Harvey, chasseur de primes de son état, devait se poser. Un comble pour lui qui détestait tout ce qui avait trait aux cultes de fanatiques. Le tueur à gages ne croyait pas en la magie, mais il avait une peur bleue de ces hurluberlus qui agitaient les bras dans tous les sens pour faire leur tours de passe-passe. En réalité, il n’en avait jamais vu à l’oeuvre. Enfin, il n’en était pas réellement certain. Les bruits de couloir allaient bon train sur les forceux et leurs super-pouvoirs. John, quant à lui, avait toujours tout fait pour mettre le plus de distance possible entre les sorciers et lui. On n’était jamais trop prudent et c’était justement à ça qu’il devait sa survie : la prudence. À ça, et à son code de l’honneur, qui lui avait valu sa réputation d’homme fiable, en plus d’être efficace. Enfin, efficace... Là n’était pas la question. Le truc, c’était juste d’éviter de se mettre dans des situations impossibles. Et, aux yeux du mercenaire, se retrouver face à quelqu’un qui pouvait contrôler votre esprit ou vous expédier à l’autre bout d’un village : ça, c’était une situation impossible.
Alors autant dire que débarquer sur Korriban, ça ne lui faisait pas trop plaisir. Pas du tout, en fait. Mais le boulot, c’était le boulot : on ne fait pas toujours ce qui nous plaît. Encore moins lorsque votre code de l’honneur vous lie pieds et points au brigand véreux du quartier. Enfin, si on pouvait qualifier LOm DOnOs, le doyen de la guilde des Chasseurs de Primes, comme un brigand de quartier. Voilà plusieurs années que John s’était mis à son service, voulant éponger une ancienne dette. Depuis, les missions au service de la Guilde s’accumulaient et, avec elles, les bavures. Aujourd’hui, John était englué dans ses dettes morales à destination du Doyen. Il n’avait qu’un seul moyen de s’en sortir : accomplir une dernière mission. John avait été clair : ce coup-là, c’était le dernier. Après des années au service de la guilde, il était temps de prendre ses clics et ses clacs. John était un amoureux de l’indépendance et de la liberté. Depuis qu’il avait rejoint DOnOs et sa bande, il était contraint d’accepter des contrats courus d’avance, de s’entourer de branquignols et de se retrouver dans des pétrins pas possibles. Bien sûr, c’était les risques (et les charmes) du métier. Mais là, soit il avait souffert de malchance, soit il ne correspondait tout simplement pas au groupe qu’il avait rejoint : en l’occurrence, la guilde des chasseurs de prime de Dantooine.
Donc, avec sa visite sur Korriban, John n’espérait qu’une chose : rencontrer un représentant, lui livrer la console magique qu’il attendait, et se barrer au plus vite. Emballé, c’est pesé ! Si tout se passait aussi bien que sur Géonosis, d’où il venait, alors John allait bientôt sentir le vent de liberté gonfler ses ailes. Houlà, voilà qu’il se mettait à la poésie, maintenant !
Le vaisseau, piloté par FEG-36, le droïde aussi bavard que bon pilote, fit son entrée en orbite de Koriban. Cette fois habitué à l’exercice, le duo eut moins de mal à se coordonner pour annoncer son arrivée. Le droïde n’eut même pas besoin de discuter avec John, pour parler spontanément dans l’interphone :
- Ici le Gloire d’Haden, rattaché à la guilde des chasseurs de primes de Dantooine. Nous sommes des émissaires de LOm DOnOs chargés de remettre au baron Rissk un artefact du Côté Obscur. Nous demandons autorisation pour atterrir et, par la même occasion, une audience avec son excellence le Baron.
Cette fois, John ne se faisait guère d’illusions quant à la possibilité de rencontrer le dirigeant de la planète. Mais ses longues années de truanderie lui avaient appris une chose : toujours tenter le tout pour le tout. De toute manière, les autorités locales le redirigeraient bien vers un interlocuteur adapté.
Depuis le décollage, John n’avait pas quitté l’artefact. Tout au long du trajet, il l’avait conservé auprès de lui, dans une poche de son manteau. De temps en temps, il y glissait la main afin de vérifier qu’il était toujours présent. En approche de Korriban : il répéta une énième fois le geste, une nouvelle fois rassuré en sentant la bosse dans sa poche. Et un sentiment d’exaltation l’envahit lorsqu’il réalisa que, dans quelques instants, il en serait débarrassé. -
Post n°2
Auteur : Baron RisskPrécédemment.
Depuis la découverte du tombeau du seigneur Dukagram, Archibald et Rissk semblent plongés dans une sorte d'obsession maladive... Les deux compères sont excités au point qu'ils sont cloîtrés dans les quartiers du sous-préfet depuis plusieurs jours déjà. Ils ne font aucune pause, dorment peu et mangent quand la faim se fait ressentir sans toutefois quitter les appartements privés du baron. Les études qu'ils mènent semblent être leur unique priorité. Le reste n'a plus d'importance... Pourtant, leur acharnement au travail n'a jusque là rien donné. Les documents récupérés dans la dernière demeure du seigneur Dukagram sont trop abîmés pour être étudiés ou donnent du fil à retordre aux archéologues quand ils sont plus ou moins bien conservés... Le lézard bipède, qui sait pourtant traduire le Sith, est ralenti dans son travail par divers facteurs. Des morceaux de récit effacés, des mots incompréhensibles, des dialectes complexes et autres éléments imprévus retardent considérablement notre Trandoshan dans ses recherches.
Alors qu'il relit une cinquième fois un vieux manuscrit, avec l'espoir de découvrir de nouvelles interprétations ayant échappé à ses autres lectures, le sous-préfet est interrompu dans sa tâche par un bip sonore. Archie, la tête plongée dans un bouquin couvert de poussière et à la reliure abîmée, adresse un regard interrogateur à son collègue. Une voix synthétique vient grésiller dans le haut-parleur de la console des communications.« Monsieur le sous-préfet, un vaisseau prétendant appartenir à la Guilde des chasseurs de primes indique avoir un colis à vous remettre et demande l'autorisation pour se poser. »
Le T'doshok arque un sourcil, étonné, puis se souvient avoir adressé un message au Doyen de la Guilde afin qu'il dépêche sur Kashyyyk une équipe en échange d'une belle somme d'argent. A en juger le message de sa secrétaire, les chasseurs de primes ont réussi à mettre la main sur quelqu'un ou quelqu'un chose... Le baron autoproclamé appuie sur un bouton et répond d'une voix enthousiaste :
- Ah oui... Parfait ! Accordez-leur l'autorisation d’atterrir... Mais faites en sssssorte qu'ils soient conduits jusssqu’à mon bureau sous bonne esssscorte !« Bien compris Monsieur le sous-préfet. »
Le vieil archéologue qui fait face au dirigeant de Korriban demeure silencieux, intrigué par cette curieuse conversation. Le petit sourire qu'il tente de dissimuler habilement est assez révélateur... Archibald Carvallon, habitué aux frasques du lézard bipède, se demande bien dans quelle affaire son ami s'est encore embarqué. Les aventures qu'ils ont vécu ensemble ces dernières années sont autant d'expériences qui lui ont permis d'apprendre qu'avec Rissk, on ne s'ennuie jamais.
- Des chasseurs de primes hein... Tu as encore engagé ces voyous pour voler un truc dans la résidence secondaire d'un entrepreneur véreux ?
- C'est ça... Moque toi ! Tu verras bien de quoi il sssss'agit quand ils sssseront dans mon bureau.
Archie lâche un grognement dépité, laissant son camarade fanfaronner. Ce dernier, fier comme pourrait l’être un seigneur du crime Hutt, ouvre une bouteille de whiskey Corellien et s’en sert un verre. En voyant le regard désespéré que lui lance le vieil archéologue, le baron lâche un rire et offre un verre à son comparse. Les deux hommes trinquent et savourent tranquillement ce qui est probablement, et de loin, l’alcool le plus apprécié de la galaxie.
Lorsque le Gloire d’Haden se pose sur l’aire d’atterrissage qu’on lui a attribué, de nombreux droïdes patientent déjà sur la piste. Un modèle protocolaire de type BD-3000 à la carlingue rouge et argent, escorté par quatre gardes IG-100 et une demie-douzaine de droïdes de type HK-60, s’avance timidement vers le chasseur de primes lorsqu’il descend la rampe d’accès de son vaisseau.
- Bienvenue sur Korriban Monsieur ! Le baron Rissk est disposé à vous recevoir dans ses quartiers… Cependant, avant d’envisager une entrevue avec le sous-préfet, et pour des raisons évidentes de sécurité, nous vous demandons de laisser armes et compagnons dans votre vaisseau. Indique le droïde secrétaire d’une voix synthétique rappelant vaguement celle d’une femme.
Après s’être assuré que le mercenaire s’est plié aux consignes, le modèle BD-3000 s’enfonce dans l’imposante structure préfectorale, construite au sein même des restes d’un destroyer de la classe Victoire échoué dans les sables chauds de la planète nécropole. Les droïdes affectés à l’escorte se placent à l’avant ou à l’arrière du cortège, suivant un protocole de sécurité très strict. Les larges couloirs de la préfecture sont austères et traversés par une foule d’automates en tout genre. Au milieu de ce flot métallique, quelques officiers et techniciens organiques tentent de se frayer un chemin. Mais lorsque le groupe mené par la secrétaire personnelle du sous-préfet fait son apparition, tout le monde s’écarte pour laisser le champ libre. Les gardes Magna et les quelques modèles HK s’assurent d’écarter rapidement ceux qui manquent de vigilance.
Finalement, après dix bonnes minutes de marche et de déambulation au sein du bâtiment administratif, le cortège se stoppe devant une porte. Les droïdes affectés à l’escorte demeurent dans le couloir, laissant le modèle protocolaire et le chasseur de primes entrer seuls. Une première pièce, probablement le bureau de la secrétaire, abrite quelques invités singuliers. Quatre IG-100, aussi immobiles et silencieux que des statues, montent la garde et surveillent l’homme qui s’apprête à rencontrer le baron Rissk. Quand il s’agit de protéger le dirigeant des lieux, on ne lésine pas sur les moyens… Le BD-3000 à la carlingue rouge et argent poursuit sa route et passe une seconde porte, sans se préoccuper des gardes. L’homme de main de la Guilde est invité à passer dans une deuxième salle, bien plus vaste.
La décoration du bureau de celui que l’on nomme “baron” est aussi excentrique que riche. Une grande bibliothèque côtoie un mini-bar dans un coin de la pièce. Deux fauteuils et une table basse complètent le mobilier. Un vieil homme, à la barbe blanche hirsute et vêtu d’une tenue d’exploration usée, est installé dans l’un des fauteuils, un vieux bouquin dans les mains. De l’autre côté, le bureau du sous-préfet, sur lequel de nombreuses antiquités attendent d’être étudiées, fait face à une imposante baie vitrée donnant sur la Vallée des Seigneurs Noirs. Un Trandoshan de grande taille, habillé comme un prince, fume un cigare en observant silencieusement le va-et-vient constant des droïdes ouvriers s’occupant des basses besognes. Il se tourne finalement vers le porte-flingue en souriant.
- Bienvenue sur Korriban Monssssieur… ? Débute doucement le lézard bipède, avant de poursuivre. Je ssssssuis le baron Rissk, adminissssstrateur de l’endroit. Et voici mon collègue, l’archéologue Archibald Carvallon.
Le T’doshok s’installe dans son fauteuil de bureau et mordille légèrement son cigare, le faisant couiner. Il invite le chasseur de primes à s’asseoir en face de lui, d’un geste amical de la main.
- Je crois sssssavoir que vous avez quelque chose pour moi… Indique le baron autoproclamé en fixant, de son regard de prédateur, le mercenaire.
Un sourire en coin, Rissk tire une bouffée sur son cigare et attend que le sous-fifre de la Guilde lui donne ce qui lui revient de droit… -
Post n°3
Auteur : John HarveyLe sas s’ouvrit dans son bruit caractéristique, dévoilant aux yeux de John une armada de droïdes. Comparé au comité d’accueil qu’il avait rencontré sur Géonosis, celui de Korriban avait de quoi faire rougir le plus éminent des préfets confédérés. Le mercenaire espérait que le Trandoshan qui servait de dirigeant était aussi prudent que lui face aux Sith, et qu’il ne s’amusait pas à faire une démonstration de force inutile auprès d'un homme de passage.
L’une des boîtes de conserve se mit à parler. Sans un mot, John obtempéra. D’un geste lent, afin de montrer qu’il ne représentait aucune menace et qu’il était habitué à l’exercie, le tueur à gages s’empara de son Kisteer 1284 et le déposa sur une table prévue à cet effet. Il glissa ensuite la main dans son holster pour se saisir de son blaster S-5, qu’il plaça à côté du fusil sniper. Un instant, John hésita à conserver sa vibro-dague, mais il se ravisa rapidement : face aux droïdes, le moindre faux pas l’enverrait six pieds sous terre. Il retira l’arme cachée au niveau de sa ceinture, dans le dos, pour la laisser avec ses camarades. Enfin, le mercenaire s’empara des quelques détonateurs thermiques enfouies dans les poches de son manteau et les déposa également, à côté d’une poignée de grenades flash et de fumigènes. Voilà qui venait compléter le tableau. Le plus naturellement du monde, John prit le pas des droïdes, qui se mirent en route pour l’escorter jusqu’au représentant de la planète.
Harvey n’aimait pas se retrouver sans arme. Dans ce genre de situation, il se sentait nu. Face à la supériorité numérique des droïdes, il avait été forcé de céder. De toute façon, même armé jusqu'aux dents, il n’avait aucune chance au beau milieu d’une base emplie de droïdes. Si un pépin arrivait, il ne pourrait compter que sur ses propres réflexes. Et sa bonne étoile, même si John ne l’avait pas vue depuis un bout de temps.
Marcher au milieu des droïdes avait finalement quelque chose d’apaisant. Même si le mercenaire s’était d’abord senti oppressé, voilà qu’il avait fini par s’y habituer. Ça avait quelque chose de routinier, de mécanique, de régulier. Et puis, ça en faisait, une trotte ! Depuis combien de temps marchaient-ils ? Ils étaient au beau milieu des restes d’un vaisseau, visiblement reconverti en quartier général. Les confédérés étaient si fauchés à que ça ?
Plus il progressait dans les couloirs, entouré de ses nouveaux amis, plus l’inquiétude de John montait. Il s’était encore planté : finalement, il allait rencontrer le dirigeant de la planète, quelque chose qu’il n’avait pas prévu. En fait, le problème, était que John n’avait rien prévu du tout. Tellement dépité de se retrouver dans cette mission (où il servait simplement de coursier), il n’avait vérifié aucun paramètre. Pourtant, John était un gars réglo. D’habitude, il se renseignait un max sur ce qui l’attendait. Il savait que c'était la clef du succès. Combien de gars étaient morts parce qu'ils n'avaient pas été fichu de voir venir les choses ? Et, contrairement aux idées reçues, c'était souvent des choses faciles à anticiper. Mais, là, John n’avait fait aucune recherche préliminaire. Rissk, le représentant de la planète, ne devrait avoir aucun secret pour lui ! Pourtant, c’est à peine si Harvey savait que c’était un Trandoshan... Qu’est-ce qui lui arrivait, bon sang ! Avait-il le mal du métier ? Ses beaux jours étaient-ils derrière lui ?
« Mon vieux, si tu ne te ressaisis pas vite, tu ne vas pas faire de vieux os ! » se dit John intérieurement alors qu’il entrait dans une pièce occupant (à la surprise générale) des droïdes.
Bon, qu’est-ce qu’il allait lui dire, à l’autre ? Le tueur à gages réfléchissait à la manière de présenter la chose. Il ne connaissait rien de la mission : ce n’était même pas lui qui avait récupéré cette fichue relique ! Bon sang mais comme il avait été stupide ! Sur ce coup-là, il se plantait sur toute la ligne ! Alors que se rapprochait le moment fatidique de la rencontre, et qu’il se rendait compte qu’il ne savait toujours pas quoi dire, la tête de John s’embourbait de pensées contradictoires. Heureusement, il pouvait compter sur son flegme légendaire pour ne rien laisser paraître.
Ça tombait bien : l’instant d’après, il était introduit auprès d’un Trandoshan aux riches habits, à côté d’un vieillard en haillons. Derrière eux se trouvait une immense baie vitrée et, derrière la baie vitrée, se trouvait Korriban. Des sculptures immenses représentaient des gars en bure. Une vision qui aurait pu faire frissonner le tueur à gages. Heureusement, il parvint à cacher son malaise et à se présenter convenablement :
- John Harvey, répondit John Harvvey en réponse à la demande implicite du baron.
Puis il adressa un signe de tête aux deux énergumènes, afin de les saluer poliment. Cependant, il se permit de décliner la proposition de s’asseoir à leurs côtés :
- Non, merci : je préfère rester debout.
... « ça me permet de vérifier mes arrières », compléta-t-il dans sa tête. En réalité, il se sentait encore plus vulnérable lorsqu’il était assis. Déjà qu’il était désarmé, rendez-vous compte de l’état dans lequel il se serait mis ! Et puis, il n’en avait pas pour longtemps. Lorsqu’on rentrait dans une pièce et qu’on restait assis, ça montrait bien qu’on ne prévoyait pas de s’éterniser, non ? Sa méconnaissance des codes sociaux commençait à peser sur John... Pourtant, tout au long de ses, quoi, vingt ans de carrière, ça ne l’avait jamais dérangé plus que ça. Au contraire, ses employeurs avaient eu tendance à l’apprécier pour son côté direct et discret. Pas de questions, pas de frivolités : on va droit au but. Plus tôt c’est commencé, plus tôt c’est bouclé. Et on est tous contents !
- En effet, répondit John en glissant une main dans sa poche.
Le cliquetis derrière lui indiqua que les droïdes n’aiment pas trop ses manières. Ça s’agitait dans son dos et John n’aimait pas ça. Aussi soudainement que possible, il interrompit son geste : deux doigts déjà glissés dans sa poche. Lentement, il se tourna vers les droïdes et lança un regard appuyé. Puis il reprit son mouvement tout en douceur, afin d’en sortir la balise Sith. Toujours aussi doucement, les yeux rivés dans les globes oculaires d’un tas de boulons, il se retourna en direction du Baron Rissk et lui présenta l’artefact :
- Voici une relique Sith, trouvée sur Kashyyyk.
Le discours commercial était certes à revoir. John ne jugeait pas nécessaire de donner plus d’information : le baron en savait de toute manière plus que lui sur le contexte. Quant à la relique en question, il avait tout le loisir de l’examiner de ses propres yeux. John la lui tendait, attendant sa réaction. De toute façon, que pouvait-il bien en dire ?Spoiler : Spoiler
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Post n°4
Auteur : Baron RisskLe mercenaire se présente. John Harvey. Ce nom ne dit rien au Trandoshan. Soit ce gars est un petit nouveau qui tente encore de se faire une réputation dans la Guilde des chasseurs de primes, soit il s’agit d’un porte-flingue de second rang à peine assez doué pour faire le coursier. Peu importe. Au moins, le sous-préfet dispose d'un nom. Une précieuse information qui pourrait s'avérer utile... Sait-on jamais. Quand on trempe dans des affaires louches, il faut toujours avoir quelques cartes en main. Quoi qu’il en soit, les fripouilles de la Guilde ont fait leur boulot. Les hommes de main du Doyen sont donc fidèles à leur réputation. L’étrange objet que le soudard lui remet attire directement l’attention. Mordillant son cigare, tout excité qu’il est à l’idée d’analyser un nouvel artéfact, le baron prend l’appareil entre ses griffes et l’observe attentivement à l’aide de ses grands yeux de prédateur. Archibald, vautré dans son fauteuil, se redresse subitement à la simple vue de l’objet, sa curiosité étant piquée à vif.
- Est-ce que c’est un holocron… ? Demande alors le vieil archéologue.
- Non… Il n’en a pas la forme… Et je ne ssssuis pas sûr qu’il puisssse s’ouvrir. Répond le sous-préfet, examinant l’artéfact sous tous les angles.
Soudainement, alors que le T’doshok le manipule avec précaution, l’étrange appareil se met à luire d’une pâle lueur. D’énigmatiques inscriptions, probablement des runes, apparaissent lentement à la surface de l’objet. L’artéfact se met à vibrer et le baron autoproclamé préfère le poser sur son bureau, au milieu des nombreux parchemins Sith qu’il était en train d’étudier quelques minutes plus tôt.
- Ce n’est définitivement pas un holocron Ssssith… Commente Rissk, étonné par cette curieuse interaction. Ou alors… Quelque chose m’échappe. Pourquoi réagit-il ainsssi ?
- Ces symboles… Est-ce que tu peux les traduire ?
- Et bien, on dirait du Sssssith, à première vue du moins. Mais… Qu’est-ssssse que…
L’objet s’éteint brusquement. Les inscriptions imprimées à sa surface disparaissent rapidement, à la grande surprise du Trandoshan et de son ami. Les vibrations demeurent encore un instant, puis cessent. Un léger silence s’installe dans la salle. Le sous-préfet, les yeux rivés sur l’appareil, semble plongé dans ses pensées. Elles s’envolent probablement vers de nouveaux horizons, à l’instar de la fumée de son cigare, qui tournoie jusqu’au plafond. Lorsque le baron revient à lui, après quelques secondes de réflexion, son regard se pose sur le chasseur de primes.
- Sssss’est une bien belle trouvaille que vous m’amenez là Monssssieur Harvey… Mais dites moi, que sssssavez-vous sur cet objet ? Où l’avez-vous trouvé ? L’interroge alors le lézard bipède, puis poursuivant avec une nouvelle série de questions : Par ailleurs, avez-vous trouvé quoi que ce sssssoit sur Ssssslice et Kovarn ? Ou ssssur d’autres Ssssith ?
Alors que le sous-préfet de Korriban se livre à un véritable interrogatoire, passionné par la trouvaille amenée par le porte-flingue, le vieux Archie quitte son fauteuil et se rapproche de l’artéfact en question. A l’aide d’une loupe extraite de l’une de ses poches, l’archéologue examine l’objet en silence. Visiblement, l’appareil semble avoir éveillé la curiosité des deux comparses… Lorsqu'ils font une découverte intéressante, Carvallon et Rissk ne peuvent pas s'empêcher de se donner à fond pour obtenir des résultats concluants. C'est un atout qui a ses qualités et ses défauts, mais qui, dans le cadre de l'archéologie, s'avère être un avantage non négligeable. Quoi qu'il en soit, le regard pétillant du baron, posé sur le mercenaire, est particulièrement éloquent… Toute information obtenue sera sûrement payée à prix d'or…Spoiler : Spoiler
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Post n°5
Auteur : John HarveyUn mouvement de recul. Un simple réflexe, prêt à parer au danger. Dans le même élan, John rapprocha sa main de son holster, mais interrompit son geste inutile : il avait cédé ces armes à son arrivée. Pourtant, sous les yeux mornes du mercenaire, la pire des choses possibles venait de se produire. La balise qu’il avait transportée venait de s’agiter. Sans prévenir, elle s’était mise à vrombir, scintiller, afficher. John n’y comprenait rien. La seule chose qu’il voulait, c’était sortir d’ici ! Il n’avait qu’une seule envie : prendre ses jambes à son coup, se carapater jusque dans son vaisseau et s’en aller ! Mais, comme si son corps était dénué de toute volonté, il restait immobile. Il accompagna l’archéologue et le baron dans leur silence.
... Lourd. Pesant. L’atmosphère parut soudainement peser une tonne sur les épaules de John. Là où les deux comparses semblaient plongés dans une réflexion, John, quant à lui, était tétanisé. Tendu comme tout, il n’osait pas bouger. Ses yeux virevoltaient de l’engin au Trandoshan, puis du Trandoshan au vieillard, avant de revenir sur l’engin. Cependant, aucun des autres loubards ne semblait vouloir prendre la parole. Harvey expira subitement de l’air, réalisant seulement à l’instant qu’il était resté en apnée. Même respirer, c’était le risque de réveiller une nouvelle fois cet étrange objet. Expulser l’air de ses poumons fut une libération. Au fur et à mesure qu’il respirait à nouveau, John réalisa dans quel état il s’était mis. Il se ressaisit immédiatement, reprenant ses réflexes d’assassin. En aucun cas, il ne devait laisser paraître son désarroi.
La question du Trandoshan était bien plus retors qu’elle n’en avait l’air. Sous son aspect anodin, elle cachait ses véritables interrogations. John serait facilement tombé dans le panneau s’il ne s’était pas soudainement rappelé la mise en garde du Doyen. D’après HK-66, le droïde de la guilde parti récupérer la relique, il y avait fort à parier que le derviche rencontré là-bas (que John venait de livrer sur Géonosis) avait été embauché par le baron afin de court-circuiter la guilde. À partir de là, comment aller la jouer Harvey ?
John n’était pas un adepte des magouilles politiques. Il était réputé pour sa droiture et sa franchise. Car oui, même un tueur à gages pouvait avoir un sens de l’honneur ! John y était très attaché et c’est ce qui lui avait valu de se faire remarquer... en bien. Et puis, John n’avait pas l’habitude de lancer des accusations sans preuve. Il se contenta simplement de décrire ce qu’il savait de l’opération menée par HK-66. Les réactions du baron suffiraient peut-être à le mettre sur la voie.
- Nous avons retrouvé cet objet dans les mains d’un adepte du Côté Obscur.
John posa son regard sur le bureau de Rissk, habité par une peuplade de bricoles. Certaines d'entre elles étaient poussiéreuses, d’autres avaient été soigneusement étudiées. Il y avait de tout : du parchemin à l’objet biscornu en passant par des sortes de bibelots anciens. En se tournant vers le Trandoshan, il expliqua :
- Il se trouvait dans un temple Sith, sur Kashyyyk. Le gars était prêt à tout pour garder cette babiole.
La dernière partie, c’était du bluff. John n’en savait rien : il n'avait pas participé à l'opération. Mais il voulait appâter le lézard, pour voir s’il avait quelque chose à voir avec la fâcheuse rencontre dans le temple. Et puis, dans le pire des cas, c’était toujours un moyen de faire monter les enchères. Pour le moment, John n’avait toujours pas été payé.
- Le fou furieux est le seul Sith qu’on a rencontré, conclut John.
Il jugeait qu’il en avait suffisamment dit. Pour autant, le mercenaire n’était pas certain d’avoir avancé les bonnes pièces pour tirer les choses au clair. Le Trandoshan avait-il cherché à s’offrir les services à moindre frais ? En réalité, ce n’était pas tant le problème de John. Libre à DOnOs de régler ses comptes avec Rissk. Mais Harvey préférait toujours savoir de quel bois se chauffait la personne qu’il avait en face de lui. -
Post n°6
Auteur : Baron RisskLe chasseur de primes, pressé par le baron Rissk, commence à répondre aux questions de ce dernier. Mais il n’a pas réellement l’air dans son élément. Le sous-fifre de la Guilde demeure distant et évasif, presque inquiet. Le Trandoshan, qui remarque tout de suite le comportement étrange du mercenaire, devient suspicieux. Quelque chose ne tourne pas rond. Son expérience de voyou lui hurle à la figure qu’un truc cloche. Se peut-il que la Guilde des chasseurs de primes cherche à le rouler dans la farine ? Mais pourquoi est-ce que le Doyen et ses hommes de main voudraient le tromper ? Qu’auraient-ils à gagner ? De nombreuses questions se succèdent dans l’esprit sournois du sous-préfet… Certaines rumeurs circulent à propos de LOm DOnOs. On le dit cupide, vicieux, peu digne de confiance… Mais il est toujours difficile de démêler le vrai du faux. Et nombre d’individus admettent volontiers cracher sur le Doyen par pure animosité. Le T’doshok fronce les sourcils puis pose à nouveau ses yeux de prédateur sur l’artéfact Sith qu’on lui a remis.
Il tire une nouvelle bouffée sur son cigare et s’intéresse plutôt à ce que le porte-flingue lui a révélé. La relique aurait été arrachée aux mains d’un Sith dans un temple dédié au Côté Obscur. C’est assez vague comme information… Mais cela permet au moins de confirmer les dires du Cathar qu’il a interrogé. Ces vauriens qui prétendent avoir hérité de la fascinante et riche culture Sith sont toujours là, quelque part, dissimulés dans l’ombre et prêts à frapper… Et de nouveau, les questions se succèdent dans la tête du lézard bipède. Est-ce que la Guilde cherche à dissimuler des informations ? Le Trandoshan secoue légèrement la tête, dépité. Peut-être que cette organisation, qui prétend être la plus professionnelle de la galaxie, n’est qu’un ramassis d’amateurs finalement. Ces mercenaires ne sont peut-être pas à la hauteur de leur réputation… S’ils ne sont pas foutus de faire un rapport détaillé à leurs employeurs, peut-être qu’il vaut mieux s’adresser à des soldats pour ce genre de boulot…
Quoi qu’il en soit, l’artéfact est bien là, sur son bureau. Et il amène avec lui de nombreux mystères qu’il convient d’élucider au plus vite. Le baron autoproclamé mordille son cigare, lui arrache un couinement infâme et tire une énième bouffée, songeur. Son regard reptilien se pose sur John Harvey. Les chasseurs de primes ont fait leur boulot. Le résultat n’est certes pas à la hauteur de ses espérances, mais ils ont tout de même eu le mérite de ramener quelque chose d’intéressant. Et en bon employeur, Rissk est prêt à payer pour un travail accompli, aussi brouillon soit-il.
- Je vous remersssssie pour ces informations Monssssssieur Harvey. Répond finalement le T’doshok. Nous avions convenu d’une prime de dix mille crédits il me ssssemble…
Le sous-préfet de Korriban fait signe à sa secrétaire personnelle d’apporter une mallette. Le droïde à la carlingue rouge et argent s’avance vers le bureau du Trandoshan et remet à ce dernier la petite valise qu’il s’empresse d’ouvrir. Il tourne la mallette dans le sens du chasseur de primes et dévoile le contenu. Dix mille crédits, sonnants et trébuchants, n’attendent qu’à être encaissés.
- Voilà pour vous, Monssssieur Harvey. Veuillez transsssmettre mes amitiés à votre Doyen… Et bon retour chez vous. Poursuit le baron, qui s’adresse ensuite aux gardes. Raccompagnez Monsssssieur Harvey à sssson vaisssssseau.
Les quatre modèles IG-100 s’exécutent en silence… Rissk fixe le porte-flingue jusqu’à ce qu’il disparaisse dans le couloir, perplexe. Il ne s'intéresse désormais plus au mercenaire et à son comportement douteux. Archibald l’observe, un sourire aux lèvres. Le T’doshok soupire doucement puis se remet au travail. L’étude du mystérieux objet peut enfin débuter. Et visiblement, son vieil ami a l’air tout aussi pressé que lui d’en apprendre plus sur l’artéfact, à en voir la tête qu’il fait...Spoiler : Spoiler
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Post n°7
Auteur : John HarveyJohn n’en croyait pas ses oreilles. Le baron le laissait partir. Comme ça, sans rien demander de plus ? Et en lui filant dix mille crédits, en plus ! Pour aller déposer une petite ferraille, c’était plutôt une bonne affaire ! Bien sûr, c’était l’argent que récoltait la Guilde. Mais John savait qu’il s’en tirerait avec une commission. C’était ironique, non ? Les missions où il s’était le plus mouillé ne lui avaient rien rapporté, si ce n’est des ennuis, des jours de taule et des évasions douteuses. À côté, celle où il avait joué les chauffeurs livreurs promettait d’être assez lucrative. Entre le forceux comateux et le coffret magique, voilà deux livraisons qui garantissaient une fin de mois moins difficile que les autres. Ce n’était pas grand chose, mais quitte à s’encrasser dans la guilde, autant en tirer profit autant que possible. Voilà d’ailleurs une autre histoire qu’il aurait à régler : la guilde. Mais avant cela, John devait tirer ses cliques et ses claques. Le baron le congédiait ? Il n’allait pas se faire prier !
Harvey prit la mallette des mains que lui tendaient le baron et fit un signe vif de la tête, en guise de remerciement. Il ajusta le col de son manteau et suivit les droïdes qui l’escortaient vers la sortie. En passant le pas de la porte du bureau de Rissk, sans même se retourner vers ses interlocuteurs, le mercenaire se heurta à une dernière question. Finalement, le lézard géant y était-il pour quelque chose dans la présence du Derviche sur Kashyyyk ? John s’interrompit un bref instant, avant de reprendre sa course le plus naturellement du monde. « Certainement pas », pensa-t-il. Le mercenaire n’était pas psychologue, mais Rissk ne lui avait pas paru plus louche qu’un autre. Même si le loubard s’était empressé de lui filer l’argent (et une somme bien rondelette) sans plus poser de questions, John n’avait pas senti en lui l’étrange expression de la culpabilité. Rissk avait l’air d’être le gars suffisamment arrogant pour clairement afficher sa culpabilité, sans aucun scrupule. Bien sûr, John n’était pas sûr de son coup. Mais il n’était pas détective privé. Il n’avait qu’une seule envie : retourner dans son vaisseau. Enfin, dans celui de la guilde. Guilde qu’il allait s’apprêter à quitter, pour de bon. Mais, encore une fois, ce n’était pas le moment d’y penser. Il aurait tout le loisir de le faire une fois hors de cette horrible planète.
Une fois dans l’astroport, Harvey récupéra son matériel, toujours sous bonne garde. Il prit soin de vérifier son vaisseau (même s’il n’y connaissait rien), afin de s’assurer que les tas de boulons n’avaient pas fichu un appareil indésirable dessus. Ouais, l’atmosphère lourd de la planète avait tendance à le rendre parano. Une fois à l’intérieur, il fit l’erreur de demander un rapport d’état à FEG-36, qui insista pour se lancer dans un monologue que John n’écoutait déjà plus. Il inspecta rapidement l’intérieur du vaisseau, puis demanda à son acolyte de prendre la tangente. Destination : Dantooine. C’était bien la première fois que John était content de repartir là-bas !
La guilde des chasseurs de primes. Ça faisait combien de temps qu’il pourrissait là-bas ? Trois ? Quatre ans ? Ça lui avait apporté quoi, à part des embrouilles ? Harvey avait rejoint DOnOs afin de payer sa dette. C’était le doyen qui l’avait sorti de taule. Mais, quatre ans de bons et loyaux services, n’était-ce pas assez pour payer ce qu’il devait ? Au début, John s’était dit que ça ne serait l’affaire que d’une mission ou deux. Il n’était pas mauvais, dans son genre. Mais c’était à croire que sa chance avait tourné en même temps que sa liberté. Chaque mission se transformait en bourbier. En un sens, c’était frustrant de se dire que celle qu’il redoutait le plus (sa mission actuelle) était finalement celle pour laquelle il s’en sortait le mieux ! Le fait qu’il joue solo n’y était pas pour quelque chose. Après tout, c’était vrai ! John était un loup solitaire, un indépendant. Et, à chaque fois, DOnOs lui avait foutu d’autres gaillards dans les pattes, plus incompétents les uns que les autres. Entre le gars qui déclenchait des attentats à la bombe pour faire diversion, la nana qui se trimballait avec un molosse bouffeur d’hommes et l’impérial qui faisait coffrer toute son équipe en territoire séparatiste, il fallait dire que Harvey avait toujours tiré le gros lot ! Mais, tout ça, c’était terminé. Avant son départ en mission, John avait prévenu DOnOs : cette mission, c’était la dernière.
C’était ce que John était en train de se dire alors que, sous ses yeux, la boule rouge de Korriban s’éloignait. En la voyant ainsi rapetisser, le tueur à gages avait l'impression de voir disparaître sa dépendance à la guilde. Bientôt, il aurait brisé les chaînes qui le rattachaient à un groupuscule auquel il ne s’identifiait absolument pas. Bientôt, il serait libre.Spoiler : À suivre...