Boules de neige [Imperium]
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Post n°1
Auteur : Super PNJImpérium
-Unité Epsilon-
En provenance de Corulag, la navette Lambda se posa sur la planète de glace. Glacée, l'ambiance avait été aussi dans la soute de la navette, seul le barbu avait fraternisé avec son binôme, un natif de Yaga Minor. La femme et le jeune blondinet s'étaient tournés le dos durant tout le vol, visiblement il en voulait toujours à la femme pour l'avoir humilié.Pour Varen Colnor, le Nikto n'avait fait de lui lancer des regards noirs , il portait un plâtre sur le nez et des ecchymoses sur les joues et ne semblait pas apprécier sa nouvelle affectation.
Le lieutenant Kyle avait revêtu une parka en fourrure pour l'occasion et des lunettes de protection, il ouvrit la rampe d'accès et un vent froid accompagné de flocons de neige s'engouffra dans la navette.
-Tout le monde dehors, Go Go Go!
Les six recrues sortirent et s'alignèrent au garde à vous , chacun avait son sac sur le dos, et les tireurs de précisions tenaient fermement leur armes.
Le sac contenait, un comlink/datapad un sac de couchage, une vibrolame, une boussole, des rations de combat une corde, et un pic à glace.
Pendant ce temps, des troopers installaient un avant post en pré fabriqué se servent d'une machine pour fabriquer des briques de glaces.
-Vous avez tous un datapad dans votre sac, avec les coordonnées de cette base Echo.
Maintenant parlons de choses sérieuses: les Wampas
Féroce prédateur de Hoth, il dévore ses victimes de préférence vivantes. Il les assomme à l'aide de ses puissantes griffes.Capable de supporter les plus froides températures, il agit surtout de nuit.
Votre mission: me ramener une tête de Wampa adulte par binôme!
Kyle désigna les binômes, le barbu et le natif de Yago était le binôme Alpha, Colnor et le Nikto était bravo, la jeune femme et le blondinet était Charlie.
-Alpha, direction Est, Bravo c'est le Nord et Charlie le Sud.
On nous a signalé une grosse colonie d'environ 50 individus dans le secteur alors soyez prudent.
Le lieutenant désigna une batterie E-Web que deux snowtroopers mettaient en place.
-Ce sont peut être des animaux mais ne les sous estimez pas...
On se retrouve ici dans deux jours. Bonne chasse!
Kyle tourna de dos aux tireurs d'élite et se dirigea vers son igloo, ou un soldat lui tendit une tasse de caf chaude, pendant ce temps, on déployait des détecteurs de mouvement autour de la base et des drones furent lâchés dans le secteur pour suivre la progression des binômes et des créatures.
L'officier connaissait bien la planète, jeune sniper ,il était déjà venu lors de l'opération Jagannath en compagnie de Paul Skawalker un Jedi et de frères d'armes Ghost, Cx 203, Beta et Miruma et d'autres.Ils s'étaient retrouvés face à une meute de Wampas guidée par un sensitif qui les contrôlaient grâce à un artefact obscur.
http://star-wars-rpg.soforums.com/t2432-Mission-clone-Chasse-aux-wampas.htm
C'était une mission assez particulière qui avait été vite classifié par les Bureau de Sécurité Impériale et qui avait valu à Kyle ses premiers galons, ceux de caporal, il réajusta son col en fourrure, même s'il était revenu plusieurs fois sur Hoth entrainer des tireurs d'élite, il ne se ferait jamais a ce froid...
surtout qu'au nord une tempête de neige semblait se lever.Spoiler : HRP
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Post n°2
Auteur : Super PNJCe qui ne devait être à la base qu’une session d’entraînement en milieu hostile s’est peu à peu transformé en mission permanente. Le commandement impérial, soucieux d’avoir un endroit où entraîner ses tireurs de précision et des troupes spéciales, a finalement décidé d’installer une petite base militaire sur la planète enneigée. L’avant-poste de fortune dressé à la hâte par le lieutenant Kyle et ses hommes a rapidement été remplacé par une installation impériale mieux dissimulée et mieux équipée. Nichée dans le flanc d’une falaise, la base se veut aussi discrète que possible. Et pour assurer la protection du centre de formation sur ce trou paumé que l’on nomme Hoth, l’Impérium n’a pas lésiné sur les moyens…
Le lieutenant Kyle termine sa tasse de café, enfile sa parka en fourrure et quitte sa chambre pour se livrer à une inspection de routine au sein de l’installation militaire. L’officier traverse une série de couloirs et se rend au centre de commandement. La salle, creusée dans la glace, se veut aussi fonctionnelle que possible. Quelques militaires, installés devant des consoles, demeurent concentrés sur leurs tâches. Visiblement, à en juger le calme qui règne en maître dans la pièce, il n’y a rien à signaler… Pour certains, une affectation temporaire ou permanente sur la planète enneigée est un châtiment pire que la mort. Pour d’autres, cette assignation est le moyen de finir leur carrière dans un coin tranquille. Chacun semble avoir son avis sur la question. Le lieutenant, qui a déjà de nombreuses missions à son actif sur Hoth, a un raisonnement différent qu’il garde pour lui.
Le sous-officier de garde, un sergent ayant passé les quarante printemps, se présente à son supérieur et fait claquer ses talons. Kyle lui rend son salut militaire et s’empare du bloc de données que le sergent lui tend.
- Rien à signaler ? Demande alors l’officier.
- Rien de rien mon Lieutenant. Déclare l’autre. C’est plus bruyant dans un cimetière…
Le lieutenant esquisse l’ombre d’un sourire, amusé par la remarque du sous-officier. Si jamais l’occasion se présentait, peut-être bien qu’il irait chasser le Wampa ou le Tauntaun… Après tout, il n’y a pas grand chose d’autre à faire sur cette foutue planète, sauf si bien sûr l’on souhaite de tout coeur mourir d’ennui. Tout à coup, un soldat se redresse dans son siège, relit deux fois les données qui défilent sur l’écran de son poste puis se tourne vers l’officier.
- Monsieur, nous avons reçu un message des éclaireurs de la patrouille Besh. Ils ont repéré un vaisseau non-identifié dans le secteur 37. Indique l’homme à son supérieur. D’après leur rapport, l’appareil est en mauvais état et semble adopter un comportement suspect.
- Faites décoller les chasseurs du Major Bell. Qu’ils interceptent ce vaisseau et le ramène à la base. Ordonne Kyle. Et prévenez le Capitaine Kohl que nous allons avoir de la visite...
- Oui Monsieur.
L’ensemble de l’installation passe en état d’alerte. Dans le hangar, six chasseurs TIE sont lancés depuis des rails et s’envolent en formation serrée pour intercepter le vaisseau. Après une brève course poursuite et quelques tirs de sommation, l’appareil suspect accepte de coopérer. Lorsque le vaisseau se pose finalement sur l’aire d’atterrissage extérieure, une escouade de soldats se déploie. Au moment où la rampe d’accès s’abaisse, les fantassins entrent en force, blaster au poing, afin de procéder à l’arrestation de l’équipage. Lorsque le lieutenant Kyle se présente sur l’aire d’atterrissage quelques minutes plus tard, les premiers prisonniers descendent. Trois humains, probablement des pirates ou des contrebandiers à en juger l’allure, sont conduits devant lui par quelques soldats.
- Foutez-moi cette racaille dans une cellule.
- Bien mon Lieutenant.
- Eh chef ! C’est pas bien sympa ça… On vient d’aider un de tes copains à se sortir de la merde... Avance l’un des détenus.
- Vraiment ? L’officier fronce les sourcils, perplexe.
- Oui oui ! J’te jure ! Tu pourrais faire un petit geste franchement. Insiste le vaurien.
- On verra ça plus tard.
Le lieutenant, d’un simple geste de la tête, donne l’ordre de les envoyer au trou. Les prisonniers sont poussés sans ménagement vers les portes imposantes de la base impériale. Ils tentent de contester leur mise aux arrêts mais sont rapidement rappelés à l’ordre par les fantassins. Un coup de crosse dans les côtes, ça calme toujours. L’officier réajuste son col en fourrure et fait quelques pas dans la neige afin de se réchauffer un peu. Une quatrième silhouette quitte le vaisseau sous bonne escorte. Il s’agit d’une créature de petite taille au pelage crasseux et malodorant, qui se présente à lui comme étant un soldat impérial disparu depuis au moins dix longues années. L’apparence déplorable de Rek’kar laisse l’impérial particulièrement dubitatif.
- Matricule RK-3647 hein… J’en prends bonne note. Débute Kyle en rédigeant quelque chose sur le bloc de données qu’il tient dans les mains. Mais nous allons devoir vérifier votre histoire avant de décider de votre sort. Emmenez-le.
- A vos ordres.
Le Drall est conduit à l’intérieur de l’installation militaire. Le lieutenant demeure un instant seul dehors, plongé dans ses pensées, puis décide de rentrer au chaud afin de vérifier l’histoire de la petite boule de poils.
Quelques heures plus tard.
Plusieurs soldats se présentent devant la cellule de Rek’kar. La porte s’ouvre doucement. Un grand gaillard en uniforme noir entre dans la petite pièce et enlève les menottes qui restreignent les mouvements du Drall.
- Suivez-moi.
Le colosse quitte la cellule et mène le petit être vers ce qui semble être une salle d’interrogatoire. A l’intérieur, deux officiers sont déjà installés à une table. Le premier d’entre eux n’est autre que le lieutenant Kyle. L’autre individu, un type aux épais favoris grisonnants, arbore une plaque de capitaine sur son uniforme vert olive. La boule de poils est invitée à s’installer en face des deux hommes.
- Agent Rek’kar, nous sommes désolés de vous avoir fait patienter aussi longtemps. Mais comprenez bien qu’il était nécessaire, pour nous de vérifier certaines choses avant de prendre une décision à votre sujet.
Un léger silence s’installe, rapidement supplanté par les cris de douleur étouffés provenant d’une salle annexe. Le commandant de la base racle le fond de sa gorge et reprend.
- Je suis le Capitaine Kohl, en charge de cet avant-poste. Et voici le Lieutenant Kyle, mon second. Nous avons réussi à obtenir de nos collègues du Bureau de la Sécurité Impériale de précieuses informations à votre sujet. Vos états de service sont captivants… Mais bien évidemment, nos camarades des services de renseignements se posent autant de questions que nous quant à cette disparition aussi longue que soudaine qu'est la vôtre. Peut-être pourriez-vous éclairer nos lanternes...
En disant cela, l’officier se penche en avant, prêt à écouter les propos du Drall. A ses côtés, le lieutenant Kyle tend l’oreille, paré à prendre des notes. Dans le dos de la créature, deux soldats en uniforme noir se positionnent en silence. Sait-on jamais… S’il se trouve que la version de l’agent disparu ne s’avère pas convaincante, on pourrait toujours le forcer à avouer la vérité d’une autre manière.Spoiler : Spoiler
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Post n°3
Auteur : Rek'karFinalement, la vie n’avait pas décidé de m’abandonner ; mieux que cela, elle m’offre ce que je convoite depuis presque dix années : le retour dans mon empire bien aimé.
La base dans laquelle nous avions été escorté ne semblait pas être un véritable avant-poste impérial fortifier servant à défendre – ou contrôler – une zone, mais plus une base camouflée dans les hauteur d’un pic enneigé ; le genre d’endroit où personne ne vient fouiner – un tant soit peu qu’il y ait des personnes assez folles pour venir chercher quelque chose sur cette maudite planète gelée -. Cette configuration était souvent mise en place dans le cadre d’une base de recherche secrète, ou d’un centre de formation spécifique. Il arrivait aussi de faire des prisons : les planètes hostiles comme celle-ci avaient l’avantage de n’offrir aucune échappatoire en cas de tentative d’évasion.
J’avais déjà eu l’occasion de voir un avant-poste comme celui-ci sur l’une des planètes que j’avais visité… enfin il me semblait… quel était son nom déjà ? Corellia ? Hum… non, ça n’avait aucun rapport. Coruscant ? Absolument pas. Impossible de mettre la main sur cette idée, sans cesse balayée par des souvenirs chassant, dans un souffle de folie, l’information sur laquelle je tentais de mettre la main… J’enrage de ne pas me souvenir de tout, d’avoir sans cesse cet orage dans ma tête qui me brouille et m’empêche d’organiser mon esprit comme je le voudrais…
Il faut que je me calme. Tout reviendra en temps et en heure. Je sais que je n’ai pas tout oublié. Un peu de repos et de confort me feront le plus grand bien. Et une douche ! Peut-être même un bain, vu l’état de ma fourrure et de mes « vêtements » - fait de lambeaux de fourrure d’animaux -... Il ne faut pas non plus oublier mon uniforme. Cela fait si longtemps que je rêve de le porter à nouveau ; j’espère qu’ils auront de quoi en faire un à ma taille !
Beaucoup de pensées ont défilées dans ma tête pendant le petit laps de temps marquant la surprise de l’officier. En même temps, pour avoir passé presque dix années sur cette planète, je suis bien placé pour savoir qu’il ne s’y passe rien, en dehors de la multitude d’éléments voulant vous ôter la vie à chaque instant.
Après avoir affiché un bref air dubitatif, il m’a annoncé :
« - Matricule RK-3647 hein… J’en prends bonne note. Mais nous allons devoir vérifier votre histoire avant de décider de votre sort. Emmenez-le. »
Bien entendu, le protocole est très clair sur ce genre d’évènement : ne jamais croire quelqu’un sur parole, vérifier les sources auprès des services de renseignement, valider l’identité, le matricule et ensuite vérifier les faits. Comment se fait-il que je me souvienne de ce protocole et absolument pas de la planète à laquelle je pensais tout à l’heure ? Peu importe. Il faut que je reste digne malgré ma situation. Je me suis redressé et j’ai synchroniser la cadence de mes pas sur celle de mon escorte afin de leur montrer que j’avais la même éducation militaire qu’eux. Bien entendu, je suis, à l’heure actuelle, plus proche d’un sans-abris ayant dormi dans une usine de recyclage de déchets de Coruscant que d’un impérial. Je n’ai pas vraiment d’autre moyen d’exprimer ma fierté.
Ils m’ont emmené dans une petite cellule. Il y a le strict minimum, une simple couchette rudimentaire, une lumière diffuse et rien d’autre. Pourtant, tout me semble luxueux ; je suis même content de retrouver une prison impériale ; je crois avoir laissé échapper un sourire béat en me promenant dans le complexe… Je pense avoir même eu l’air satisfait d’être mis au trou ; je ne suis pas sûr que quelqu’un ici puisse me comprendre, mais bordel, ça fait du bien de rentrer chez soi.
Je me suis installé doucement sur ma couchette, caressant de ma main le fin matelas. Quel bonheur. Je me suis allongé doucement, profitant de la chaleur de la base et du confort inespéré pour me reposer.
Une pensée me traverse. Mon rapport. J’allais devoir faire un rapport, c’est sûr ; le protocole est clair à ce sujet. Etais-je prêt ? Il est vrai que je l’avais bien travaillé ces dernières années, mais il y a toujours un vide entre la théorie et la pratique. Je n’ai pas le droit de me laisser sombrer dans l’oisiveté. Je me suis levé. J’ai remarqué que l’un des murs reflètent légèrement mon image, de par son aspect poli ; je me suis avancé doucement face à celui-ci, faisant mon salut impérial. Je ne suis pas satisfait. Je recommence. Mieux. Une nouvelle fois. Voilà qui est satisfaisant. Mais j’en veux plus. Pendant plusieurs minutes, je me suis entraîné, claquement de talon, bien droit, un geste fier, empli de détermination, un regard impérial. Parfait. Il ne reste plus qu’à travailler mon rapport.
J’ai passé une bonne heure à répéter mon discours soigneusement : peaufiner chaque détail important, se remémorer comment tout cela avait commencé, mettre des tournures de phrases correctes, fournir un résumé ni trop précis, ni trop dense, ... J’ai tout perfectionné. Bien entendu, si quelqu’un me surveillait à la caméra, il est fort probable qu’il ait du se demander face à quel énergumène il se trouvait ; mais son avis m’importe peu. Il faut que je sois parfait. L’empire ne tolère pas la médiocrité, surtout provenant d’un agent perdu depuis des années ; j’ai toute une ascension hiérarchique à reprendre depuis le début…
Une fois satisfait, je me suis accordé un peu de repos. Une paire d’heure plus tard, un contingent de soldats s’est fait entendre non loin de ma cellule. Un homme est rentré. Plutôt grand et habillé d’un uniforme noir, il m’a enlevé les menottes et m’a demandé de le suivre ; je l’ai remercié d’un salut impérial. Ils ont bien trouvé mon dossier.
Je l’ai suivi dans une pièce non loin de là, qui semblait plus être une salle d’interrogatoire qu’autre chose. Je me suis abstenu de commentaires, la base étant sûrement réduite à sa plus simple expression ; et puis même en étant un ancien soldat de l’empire, rien ne prouve pour le moment que je n’avais pas déserté. C’est maintenant à moi de les convaincre qu’il n’en est rien.
Le lieutenant qui m’a « accueilli » tout à l’heure semble accompagné d’un autre officier ; un capitaine, si l’on en croît son uniforme. Toujours plus intimidant de mener les interrogatoires à deux, d’autant plus que mon arrivé avait dû lancer de nombreuses rumeurs et discussions dans une base où il ne doit pas se passer grand-chose la plupart du temps.
J’ai fait mon plus beau salut militaire : talon claqué, fier, le regard empli de détermination, droit, peut-être un poil plus dur que ce que j’aurais voulu ; il n’est pas impossible que ces dernières années m’aient bien plus endurci que n’importe quelle autre expérience de ma vie. Le plus haut gradé m’a invité à m’asseoir, ce que j’ai fait. Mon menton arrivait à peine au-dessus de la table ; je n’ai pas protesté, j’avais l’habitude de lever la tête pour avoir une discussion. Le même homme a commencé :
« - Agent Rek’kar, nous sommes désolés de vous avoir fait patienter aussi longtemps. Mais comprenez bien qu’il était nécessaire, pour nous de vérifier certaines choses avant de prendre une décision à votre sujet. »
Bien entendu, je n’ai aucun reproche à faire à cet officier ; il respecte le protocole, je respecte ses ordres. L’empire va dans ce sens.
Un cri sourd s’est fait entendre non loin, étouffé par la distance et les murs épais ; il semblait que mes « sauveurs » contrebandiers soit entré dans la délicatesse des processus de questionnement impériaux. Il valait mieux pour eux qu’ils parlent, et vite, sinon leur séjour sur Hoth sera leur dernier. Mais cela m’importe peu. Ils m’ont sauvé, certes, mais ce n’est rien de plus que de la racaille. Qu’il advienne ce qu’ils méritent.
Le lieutenant s’est raclé la gorge, tentant de masquer le petit blanc qui avait suivi le cri. Il a rapidement repris :
« - Je suis le Capitaine Kohl, en charge de cet avant-poste. Et voici le Lieutenant Kyle, mon second. Nous avons réussi à obtenir de nos collègues du Bureau de la Sécurité Impériale de précieuses informations à votre sujet. Vos états de service sont captivants… Mais bien évidemment, nos camarades des services de renseignements se posent autant de questions que nous quant à cette disparition aussi longue que soudaine qu'est la vôtre. Peut-être pourriez-vous éclairer nos lanternes... »
Les deux officiers se sont mis en position pour m’écouter et noter tous les détails. Le jour tant attendu est arrivé. Je me suis lancé dans mon rapport :
« - Mon Capitaine, je suis le matricule RK-3647 connu sous le nom de Rek’kar, affecté aux services de renseignements. Je m’excuse aussi par avance de mon état et de mes habits, je n’ai malheureusement pas eu le choix pour survire ; j’ai hâte de pouvoir revêtir à nouveau l’uniforme impérial.
Je me suis engagé dans l’empire sous son avènement démocrate. J’étais affecté aux services de renseignement ; j’ai servi sous l’empereur G.Man au sein d’une cellule dédiée à l’espionnage de la Confédération des Systèmes Indépendants. Suite la bataille de coruscant, notre entité a été redirigée vers la lutte contre le groupe Cerberus, qui a tout fait pour nuire à notre glorieux empire. »
J’ai pris quelque seconde pour reprendre mon souffle. Je ne suis pas tout à fait remis de ces évènements ; les avoir ressassés ces dernières années m’a remis en lumière mon échec et la bataille de Coruscant. J’ai intériorisé cette colère naissante contre ma propre personne, puis j’ai repris calmement :
« - Suite à cela, j’ai continué de servir fidèlement sous l’empire sith. J’ai rebondi sur de nombreuses missions dont vous pourrez retrouver les rapports. Ma dernière en date – qui m’a mené ici – était dans le cadre de la destruction du groupuscule terroriste ‘Death of empire’. J’ai pu, au cours de celle-ci, obtenir des informations qui ont, je l’espère, permis l’éradication de ces extrémistes. Malheureusement, lors de mon extraction, le vaisseau que l’on m’avait procuré pour fuir était vieux et endommagé ; n’ayant pas de radars opérationnels, j’ai dû naviguer à vue.
J’étais poursuivi par l’organisation qui voulait me capturer – ou à défaut, me supprimer -. Juste avant de sauter en hyper-espace, l’ordinateur principal a été endommagé rendant tout calcul hyperspacial impossible.
Mais je ne suis pas le genre de personne qui préfère se laisser capturer, espérant survivre en livrant des informations à l’ennemi. Je préfère mourir plutôt que de trahir l’empire. J’ai donc tenté un saut à l’aveugle. A la sortie, j’ai heurté plusieurs astéroïdes – ou débris spatiaux – avant de m’écraser sur Hoth. »
J’ai à nouveau marqué une petite pause maîtrisée, afin de laisser le flot d’information s’imprimer dans les esprits. Il était inutile de débiter un discours sans un arrêt, perdant souvent son auditoire en quelques minutes de déblatérations ininterrompues. J’ai repris :
« - La neige présente sur la planète a permis d’absorber une grande partie de l’impact, ce qui explique ma survie. Malheureusement, après avoir lutté pour reprendre mes esprits et retrouver le contrôle de mon corps, je me suis rendu compte que mon bras gauche était coincé, à moitié broyé sous les débris ; la seule solution possible fut de le sacrifier pour vivre. Armé de ma vibro-lame et de mon chalumeau, j’ai fait ce que j’avais à faire. »
Nouvelle petite pause pendant laquelle j’ai exposé mon épaule gauche, montrant celle horrible cicatrice marquant à jamais un pan de ma vie. Afin d’éviter tout malaise, j’ai rapidement enchaîné :
« - Suite à cela, j’ai vécu quelques jours dans les débris du vaisseau ; je me suis rapidement rendu compte qu’il m’était impossible d’espérer survivre ici sans me réfugier ailleurs. J’ai trouvé une grotte qui ne semblait pas habitée ; j’ai réussi à tuer des grosses créatures pendant leur sommeil, profitant de ma discrétion. Et puis j’ai attendu. J’ai réussi à cultiver des champignons qui m’ont permis de créer une chaleur artificielle dans ma grotte, d’autre pour me nourrir, complétant parfois de petites créatures chassées. J’ai vécu comme cela pendant des années. Dix ans, si j’en crois les deux qui m’ont trouvé. J’ai tenté de nombreuses fois de pousser mon exploration, mais le climat étant ce qu’il est, cela n’a jamais abouti. »
Dernière entracte avant la conclusion de mon récit. Pour le moment, tout s’était bien déroulé. Pas d’hésitation, pas d’oubli, pas de mauvaise formulation ; j’avais bien travaillé. J’ai conclu mon histoire :
« - Un vaisseau endommagé a atterri non loin de ma grotte, sûrement attiré par les restes de mon ancien véhicule. Je leur ai raconté une partie de mon histoire et leur ai demandé de me conduire à un avant-poste de l’empire afin de pouvoir faire mon rapport ; j’ai malheureusement appris la chute de ma patrie et l’avènement de cette « République fédérale ». Toutefois, après presque dix ans de malchance, j’ai pu tomber bien plus rapidement que prévu sur votre avant-poste ; j’en suis particulièrement ravis !
Pour ceux qui m’ont sauvé, il est clair que ce sont des contrebandiers. Ils ont dit être des marchands, mais leur vaisseau est taillé pour la vitesse et l’infiltration et ils n’ont aucune caisse de marchandise dans leur soute ; cela ressemble tout à fait aux convoyeurs de bâtons de la mort. Je pense qu’ils ont eu une altercation musclée avec des forces de l’ordre, menant à quelques dommages sur leur vaisseau. De la racaille, en sommes.
Voilà mon rapport commandant. Sachez que malgré ces dix ans d’isolement en milieu hostile, ma foi et ma dévotion à l’empire est resté intacte ; je dirais même plus qu’elle est devenue encore plus vive qu’elle ne l’a jamais été. Je suis prêt à servir jusqu’à la mort. Avez-vous des questions ou des points que vous souhaitez que j’approfondisse ? »
Je suis satisfait de mon monologue. J’ai pu insister sur la fin, mettant toute ma conviction dans ma voix et dans mon regard. Prêt à mourir pour l’empire. Rien de moins. Le fait d’être à nouveau dans cet univers, qui m’avait tant manqué, n’a fait que me motiver d’autant plus à reprendre service aussi vite que possible ; mais avant cela, il allait sûrement falloir que je réponde à quelques questions. -
Post n°4
Auteur : Super PNJLa petite boule de poils se met à résumer l’ensemble de sa carrière aux deux officiers chargés de l’interroger. Le lieutenant prend des notes et vérifie chaque information livrée par le présumé agent Rek’kar. Jusqu’à présent, le Drall semble dire la vérité. Tout ce qu’il raconte est bel et bien mentionné dans les rapports livrés par le terrifiant Bureau de la Sécurité Impériale. Le capitaine se tourne vers son second le temps d’un instant et obtient de celui-ci un hochement de tête approbateur.
- Et bien… Agent Rek’kar, nous sommes heureux de vous avoir à nouveau parmi nous. L’Empire a subi de nombreux revers ces dernières années. Nous avons été trahi par ces chiens galeux de sénateurs qui prétendent toujours agir au nom du peuple… Et nombre de nos frères d’armes ont rejoint en toute hâte les rangs corrompus de cette République qu’une bande de vautours et de criminels se sont empressés de proclamer. Indique le commandant de la base. L’Empire s’est effondré. C’est un fait. Mais l’Empire est en train de renaître agent Rek’kar. L’Impérium qui lui a succédé est débarrassé de l’influence néfaste d’un Sénat incompétent. Sans ces sénateurs pourris jusqu’à la moelle pour dicter notre conduite, nous avons su rebâtir notre empire et reconstruire notre armée. De nombreux mondes ont déjà rallié la bannière impériale et croyez-moi agent Rek’kar, nous nous portons mieux que jamais. On ne peut pas dire la même chose de cette République Fédérale qui s’est bâtie sur les ruines de notre empire… On raconte que les républicains ont fort à faire avec des groupuscules terroristes...
Kohl se permet se sourire. Il ne cache pas le mépris qu’il éprouve à l’égard de la vermine républicaine. Le fait que la “Rébellion”, comme il aime appeler cette république illégitime, ait des problèmes à gérer semble le réjouir au plus haut point.
- Mais passons… Vous aurez l’occasion de voir par vous même les nombreux changements qui ont eu lieu dans cette galaxie. Poursuit l’officier. Pour l’heure, il y a des choses plus importantes à régler. Nous vous renverrons bientôt chez vous, au sein des services de renseignements impériaux. Mais avant, vous allez remplir une certaine mission pour nous… Histoire de voir si vous êtes encore en état d’opérer sur le terrain.
Le capitaine s’enfonce doucement dans sa chaise et laisse son second prendre la parole.
- On nous a signalé la disparition d’une patrouille il y a une heure. Puisque vous avez passé ces dix dernières années sur Hoth, vous devez avoir une excellente connaissance du terrain… Et j’aurai bien besoin d’un homme comme vous pour m’assister dans mes recherches. Vient l’informer le lieutenant Kyle. La mission est simple. On rejoint une unité d’éclaireurs dans le secteur 11, on se lance à la recherche de nos camarades disparus, on les retrouve et on rentre à la base.
Le second de la base pose son regard sur ce qu’il reste de bras gauche au Drall puis poursuit.
- Cependant, avant de vous remettre en activité, on va essayer de vous rendre plus... Opérationnel.
Les deux officiers se redressent subitement. Kohl fait signe aux deux gardes postés devant l’entrée de se retirer en silence. Il s’empare ensuite du bloc de données que lui remet son subordonné et adresse quelques mots à Rek’kar.
- Bonne chasse agent. Ne décevez pas l’Impérium.
- Allons-y.
Le lieutenant conduit l’agent rescapé jusqu’aux quartiers réservés au personnel de l’intendance. Dans cette partie de la base, les couloirs s’avèrent relativement peu traversés et les rencontres sont donc rares. Le duo passe la porte de l’armurerie, gardé par un soldat en faction, et pénètre dans une salle de grande taille. Un type en uniforme noir se charge de faire l’inventaire au milieu de râteliers d’armes, d’étagères bourrées d’explosifs ou de provisions et de tables occupées par divers éléments d’armure. L’homme se tourne vers les deux arrivants, un datapad dans les mains.
- Sergent-major.
- Mon Lieutenant.
L’intendant fait claquer ses talons pour saluer l’officier, puis dirige son regard sur l’étrange petite créature qui se tient à ses côtés.
- Vous devez sûrement être l’agent Rek’kar. Poursuit l’homme dans une quinte de toux. On m’a demandé de vous fournir quelques trucs… Venez donc que je vous montre.
L’impérial en uniforme noir se place devant une table et renifle bruyemment.
- Alors...
Le sergent-major fait le tour des objets posés sur l’établi et prend délicatement ce qui semble être un bras synthétique.
- Je vous ai bricolé une prothèse de fortune pour remplacer votre bras agent. Bon, c’est pas ce qu’il y a de mieux, je vous l’accorde, mais ça fera l’affaire le temps qu’on vous trouve le top du top. Attendez donc… Ne bougez pas.
L’homme se met à la hauteur du Drall, fixe la prothèse sur le moignon et se livre à quelques réglages. Lorsqu’il semble satisfait du résultat, l’intendant de la base se redresse et renifle un bon coup.
- Je crois que ça doit être bon. Indique le sous-officier. Allez-y, faites pas le timide. Y’a rien de mieux que quelques moulinets pour se faire la main. Sans mauvais jeu de mots hein.
Alors que Rek’kar s’habitue à sa nouvelle prothèse, le lieutenant fait le tour des tables et des étagères afin de récupérer son barda de parfait petit explorateur. Quand on s’aventure en terrain hostile, il est toujours important de savoir ce qu’il faut emporter avec soi et ce qu’il faut laisser de côté. En grand habitué des sorties difficiles, Kyle sait qu’il est préférable de voyager avec le strict minimum afin de ne pas s'encombrer inutilement. Un type qui se trimballe avec une batterie de cuisine et de quoi loger une compagnie entière sur le dos est un type qui ne fera pas de vieux os sur un monde hostile.
- Agent Rek’kar, quand vous aurez fini avec votre nouveau bras, je vous conseille de trouver une arme à votre convenance. Il y a probablement de quoi faire votre bonheur ici. Lance le lieutenant en récupérant une boîte de rations militaires sur une étagère.Spoiler : Spoiler
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Post n°5
Auteur : Rek'karLe commandant n’a pas tardé à me répondre ; il a toutefois attendu l’approbation de son second sur ma version des faits. De toute façon, je n’ai dit que la pure et simple vérité, sauf si ma mémoire me joue des tours. J’espère que ce n’est pas le cas ; je ne supporterai pas que l’on me traite de déserteur. Heureusement, ce n’était pas le cas :
- Et bien… Agent Rek’kar, nous sommes heureux de vous avoir à nouveau parmi nous. L’Empire a subi de nombreux revers ces dernières années. Nous avons été trahi par ces chiens galeux de sénateurs qui prétendent toujours agir au nom du peuple… Et nombre de nos frères d’armes ont rejoint en toute hâte les rangs corrompus de cette République qu’une bande de vautours et de criminels se sont empressés de proclamer. Indique le commandant de la base. L’Empire s’est effondré. C’est un fait. Mais l’Empire est en train de renaître agent Rek’kar. L’Impérium qui lui a succédé est débarrassé de l’influence néfaste d’un Sénat incompétent. Sans ces sénateurs pourris jusqu’à la moelle pour dicter notre conduite, nous avons su rebâtir notre empire et reconstruire notre armée. De nombreux mondes ont déjà rallié la bannière impériale et croyez-moi agent Rek’kar, nous nous portons mieux que jamais. On ne peut pas dire la même chose de cette République Fédérale qui s’est bâtie sur les ruines de notre empire… On raconte que les républicains ont fort à faire avec des groupuscules terroristes...
Ainsi, on ne m’avait pas menti, l’empire était bel et bien tombé pour une nouvelle république… Une bien triste nouvelle. J’avais déjà pu faire le deuil de la nouvelle grâce aux informations des deux trafiquants, même si je dois bien avouer que j’ai laissé transparaître, pendant quelques secondes, une expression de profonde tristesse ; je me suis vite ressaisi, le commandant l’a lui-même dit : l’empire est en train de renaître, le gouvernement fantoche en place est en proie à des groupuscules terroristes… C’est un terrain parfait pour lancer la machine de l’Impérium, répandant la paix et la justice sur son passage ! Le responsable a repris, se délectant au passage de la situation actuelle :
- Mais passons… Vous aurez l’occasion de voir par vous même les nombreux changements qui ont eu lieu dans cette galaxie. Poursuit l’officier. Pour l’heure, il y a des choses plus importantes à régler. Nous vous renverrons bientôt chez vous, au sein des services de renseignements impériaux. Mais avant, vous allez remplir une certaine mission pour nous… Histoire de voir si vous êtes encore en état d’opérer sur le terrain.
Une mission, déjà ? Pourquoi pas. Je suis en forme, j’ai survécu dix ans ici, ce ne serait pas quelques jours de plus qui me pèseront, d’autant plus que j’aurais l’appuis et le soutient de l’empire ; la probabilité de rester à nouveau coincé est faible. De toute façon, je n’ai pas le choix, ils veulent voir si je suis opérationnel avant de prendre une décision sur mon cas ; c’est tout à fait justifié. Le regarde empli de détermination, j’ai acquiescé, laissant le lieutenant détailler l’opération :
- On nous a signalé la disparition d’une patrouille il y a une heure. Puisque vous avez passé ces dix dernières années sur Hoth, vous devez avoir une excellente connaissance du terrain… Et j’aurai bien besoin d’un homme comme vous pour m’assister dans mes recherches. Vient l’informer le lieutenant Kyle. La mission est simple. On rejoint une unité d’éclaireurs dans le secteur 11, on se lance à la recherche de nos camarades disparus, on les retrouve et on rentre à la base.
Il a fixé ce qu’il restait de mon bas gauche. Sale histoire. J’espère que ce ne sera pas un frein ; j’avais réussi à survivre sans, continuer ne sera pas vraiment un problème ; il a ajouté :
- Cependant, avant de vous remettre en activité, on va essayer de vous rendre plus... Opérationnel.
Voilà quelque chose que j’aime entendre. Ce ne serait surement qu’une prothèse de fortune, mais je vais enfin pouvoir retrouver une mobilité que je pensais perdue à jamais… C’est une bonne nouvelle pour la mission qui se profile, bien que je doute être parfaitement opérationnel avec ce nouveau bras ; j’ai encore cette habitude de ne me servir que du droit, faute d’avoir pu faire autrement. On verra bien.
Les deux officiers se sont relevés ; le commandant à récupérer le rapport de l’entretien, puis m’a adressé quelques mots, résonnant comme une madeleine de Proust à mes oreilles :
- Bonne chasse agent. Ne décevez pas l’Impérium.
J’ai souris. C’est souvent le genre de phrase que les officiers sortent avant des missions, pour motiver les troupes ; cela me rappelait bon nombre de fin de briefing de mission ! De toute façon, jamais je ne décevrais ma partie, je préfèrerais mourir plutôt qu’abandonne. Je vie pour servir l’empire, je ne me permettrais jamais d’échouer, surtout pour ma première mission officielle depuis des années. J’ai fait un salut militaire à l’officier, puis son second m’a demandé de le suivre.
Nous sommes sortis de la salle d’interrogatoire, puis nous avons marché dans le complexe, croisant quelques soldats en fonction. Nos pas ont mené jusqu’au quartier de l’intendance. Cette fois-ci, tout semble désert ; en même temps, dans une base de cet acabit, il est rare de voir foule dans les couloirs.
Je me suis senti heureux de traverser le complexe, ça me donne l’impression d’être rentré chez moi : le métal clinquant, l’ordre, les saluts militaires, les uniformes… C’est comme une bouffée d’air frais après avoir passé des années dans la pollution de Coruscant !
J’ai arboré un sourire difficilement masqué ; j’essaye de rester mesuré dans mes réactions, mais j’avoue avoir beaucoup de mal à contenir ma joie ! Il est d’ailleurs toujours drôle de voir les réactions des rares personnes qui ont croisé notre chemin : les Drall font toujours le même effet aux humains. Mais je n’y ai pas vraiment prêté d’attention ; on s’y habitue, à force.
Nous sommes arrivés, au bout de plusieurs minutes de marche, dans ce qui semblait être l’armurerie ; un homme en uniforme noir s’est tourné vers nous, échangeant les politesses d’usages avec son supérieur. J’ai salué le sous-officier en claquant les talons, comme il venait de le faire face au lieutenant. Il a dirigé son regard vers moi, quelque peu intrigué, mais pas surpris :
- Vous devez sûrement être l’agent Rek’kar. Poursuit l’homme dans une quinte de toux. On m’a demandé de vous fournir quelques trucs… Venez donc que je vous montre.
Il s’est avancé vers une table, cherchant quelque chose ; il a délicatement sorti un bras mécanique et s’est tourné vers moi, expliquant un peu plus en détail :
- Je vous ai bricolé une prothèse de fortune pour remplacer votre bras agent. Bon, c’est pas ce qu’il y a de mieux, je vous l’accorde, mais ça fera l’affaire le temps qu’on vous trouve le top du top. Attendez donc… Ne bougez pas.
Il s’est mis à genoux pour arriver au niveau de mon moignon de bras, puis a commencé à trifouiller. La joie a rapidement été remplacée par la douleur. J’ai tâché de ne pas exprimer plus ma souffrance, me mordant l’intérieur de la joue afin d’encaisser dignement. Au bout de quelques minutes, il semblait content du résultat ; reniflant fortement, il m’a lancé :
- Je crois que ça doit être bon. Indique le sous-officier. Allez-y, faites pas le timide. Y’a rien de mieux que quelques moulinets pour se faire la main. Sans mauvais jeu de mots hein.
J’ai lâché un petit sourire à cette boutade involontaire, puis je me suis lancé dans l’exploration de mon nouveau bras. J’ai commencé doucement pas quelques moulinets, pliant et dépliant le coude, puis les doigts, un par un, essayant de maîtriser au maximum tous les mouvements ; c’est un peu étrange de retrouver un membre, c’est un peu comme revoir un frère disparu depuis des années !
Plusieurs minutes m’ont été nécessaire pour m’habituer à son poids – bien plus lourd que celui de mon bras droit -, puis j’ai testé les limites : la flexibilité n’est pas très bonne, limitant certains mouvements un peu extrêmes, il semble que l’assemblage ai été fait en hâte, il est probable qu’elle puisse se bloquer en cas de choc ; pour terminer, je n’ai pas une bonne sensibilité sur la pression de la saisie. Mais globalement, au vu du temps passé depuis mon arrivé, le travail avait été fait tout à fait correctement !
Le lieutenant m’a adressé la parole :
- Agent Rek’kar, quand vous aurez fini avec votre nouveau bras, je vous conseille de trouver une arme à votre convenance. Il y a probablement de quoi faire votre bonheur ici. Lance le lieutenant en récupérant une boîte de rations militaires sur une étagère.
J’ai acquiescé pendant qu’il commençait lui-même à prendre le matériel nécessaire à notre expédition ; j’ai terminé mes essais de prothèse avec quelques pompes et des tractions, afin de vérifier si elle peut supporter mon propre poids : le résultat est plus que concluant – rien d’étonnant, vu ma carrure -.
C’est maintenant l’heure d’aller chercher une arme ; cela fait bien longtemps que je n’ai pas mis les pieds dans une armurerie impériale ! C’est un peu comme laisser un enfant au milieu d’un magasin de jouets… J’ai tout de même tenté de garder un brin de retenue afin de ne pas m’élancer en courant entre les étagères.
Je me suis d’abord arrêté devant un Wester-34 ; impossible de rester de marbre devant un tel joujou ! Je l’ai pris en main, visant dans une direction, jaugeant le poids et la maniabilité. Tout semble parfait. Je suis proche de valider mon choix quand, soudain, mon regard est tombé sur un modèle plus « exotique » : le S-5. Il est rare de voir ce genre d’arme ici, au vu de sa faible production et de sa manufacture « à la main » uniquement sur Naboo… J’ai posé mon Westar, puis je me suis dirigé vers l’étagère en question.
J’ai détaillé ses fonctionnalités dans ma tête : décharges plasmiques, fléchettes anesthésiantes – pratique en cas de rencontre avec certaines créatures difficiles à éliminer, ou dans des missions d’infiltrations - et surtout, surtout, le grappin ! Moi qui ne suis pas très bon à l’escalade, à cause de ma taille, le fait de pouvoir monter jusqu’à 12m est un avantage indéniable.
Je me suis mis à réfléchir à la prochaine mission : en cas de chute dans une crevasse, le grappin serait plus qu’appréciable pour en sortir ou pour secourir l’escouade perdue ; d’autant plus, s’il fallait que je me mesure à des wampas, les endormir sera sans doute bien plus simple que de les abattre !
Mon choix étant fait, j’ai pris l’arme, et un holster. Je me suis senti à nouveau capable de me défendre, bien plus qu’avec mon vieux bout de vibrolame qui m’avait servi pendant ces dernières années.
J’ai pris quelques rations, des jumelles thermiques pour pouvoir trouver les éventuelles signature de l’équipe perdue ; une fois fait, je suis allé voir du côté des armures, essayant de trouver une petite combinaison légère à ma taille. J’ai réussi à dégoter un vieux modèle dans un état un brin discutable, mais toujours mieux que les peaux actuellement portée ! J’ai aussi embarqué des vêtements chauds vaguement à ma taille.
Une fois terminé, j’ai reçu l’autorisation d’aller me préparer, me restaurer et me reposer avant la prochaine mission. J’ai fait un salut aux deux gradés présent dans l’armurerie, puis je suis sorti, prenant le chemin inverse de celui emprunté en arrivant. Une fois sorti du quartier de l’intendance, je me suis posé une question simple : où peut bien se trouver les baraquements ?
Je me suis senti un peu bête de ne pas avoir posé la question auparavant, mais il était maintenant un peu tard pour faire demi-tour ; et puis il valait mieux que je paraisse ridicule auprès d’un soldat plutôt que devant le lieutenant. Je me suis donc dirigé vers le premier planton venu pour lui demander mon chemin, indiquant que je devais rapidement atteindre ma destination, une mission étant à venir sous peu.
Après l’habituelle surprise et un brin de condescendance, j’ai pu obtenir les informations nécessaires, me rendant dans les quartiers résidentiels.
Ici, aucun espace n’était laissé pour compte : des dortoirs communs pour les plus bas gradés, sanitaires partagés, le tout dans une ambiance spartiate, mais infiniment plus confortable qu’une vieille grotte ! Je n’ai pas vraiment pris le temps pour me reposer sur une couchette, ma principale préoccupation relevant actuellement d’une douche. J’ai déposé mes peaux de bête, puis je suis entré dans une cabine, profitant du moment.
L’eau chaud coulait à flot, enivrant mon pelage d’un plaisir inespéré – un rêve impossible, à une époque pas si lointaine -, laissant les fines gouttes ruisseler. J’ai dû frotter ardemment pour réussir à rendre ma fourrure présentable, mais le plaisir était tout de même au rendez-vous !
En sortant, je me suis séché pendant plusieurs minutes, contemplant mon poil lustré avec un grand sourire ; je ne me suis jamais senti aussi propre… J’ai ensuite enfilé la légère armure que j’avais pu trouver, puis je me suis mis en quête d’un uniforme impérial. J’ai cherché pendant plusieurs minutes quelqu’un capable de me renseigner ; on m’a indiqué une salle dans laquelle une personne semblait afférée au nettoyage des vêtements : une laverie, en somme. Je me suis présenté avec un léger salut militaire :
"- Agent Rek’kar, je suis à la recherche d’un uniforme, il s’avère que je reprends du service et que je n’ai malheureusement plus de quoi me vêtir sciemment… Mais je pense que vous êtes l’homme de la situation, si je puis me permettre !
- Trêves de flatteries, vous avez encore perdu votre uniforme, n’est-ce pas ? dit-il sans se retourner, le ton las, comme si c’était monnaie courante
- Je n’ai jamais perdu mon uniforme, je dirais plutôt qu’il a été… pulvérisé suite à un crash. Je ne perds jamais mes affaires. Surtout quand c’est un don de notre glorieux Empire !"
Il s’est retourné, curieux. Il a mis quelques secondes à m’apercevoir, regardant d’abord trop haut. Il s’est feint d’un sourire un moqueur, puis m’a répondu :
"[/b]- Et bien dites-donc, il recrute n’importe quoi dans l’Empire… à croire qu’il y a vraiment un fond de désespoir ! Quelle idée d’avoir des demi-portions poilues… On est vraiment descendu bien bas…, conclua-t-il, d’un ton teinté de lassitude et de mépris[/b] "
Je me suis avancé doucement vers lui, plantant mon regard dans ses yeux, transmettant toute ma colère à travers, suffisamment pour qu'il tente un pas en arrière, apeuré; mais pas assez rapide. Je lui ai asséné un coup direct de mon nouveau bras gauche dans les valseuses. J’ai toujours dis que ma taille était un avantage. Et puis cela me permet d’essayer ma nouvelle prothèse !
Il s’est tordu de douleur au sol, les mains sur l’entre-jambe. Je me suis avancé doucement vers sa tête ; j’ai saisi le col de son uniforme, conscient que je ne pourrais pas le soulever, afin qu’il me regarde droit dans les yeux. J’ai déclaré d’un ton froid et dur :
" - Personne ne m’insulte ; mais pire que cela, personne n’insulte NOTRE patrie devant moi. Je te conseille de retenir la leçon ; la prochaine fois, je transmets un rapport en bonne et due forme à mes collègues de la BSI afin que l’on ouvre une enquête sur ta capacité à servir l’empire. Maintenant, trouve-moi un uniforme en vitesse avant que je ne change d’avis. "
Je me suis reculé de quelques pas afin d’éviter toute représailles ; je ne me suis pas fait un ami aujourd’hui, mais je sais au moins que cette histoire circulera suffisamment pour m’éviter de subir une partie des railleries de mes camarades.
Par chance, un modèle semblait convenir à ma taille ; il avait dû être confectionné pour des personnes des enfants de dignitaires, mais quelques simples ajustements permettront de le rendre convenable rapidement.
Je suis ainsi sorti, propre, avec un uniforme correct – même s’il n’était pas parfaitement ajusté -, une prothèse et beaucoup plus de fierté et de dignité qu’en arrivant dans ce complexe ; j’étais à nouveau moi-même, prêt à en découdre avec la galaxie, au nom de l’impérium !
Enfin, j’ai pris la direction de la cantine. Quel bonheur. Une douce odeur flottant dans l’air, un fumet exquis, bien plus que tous les champignons des dernières années ! Je me suis approché pour prendre mon repas, essayant tant bien que mal de ne pas céder à mes instincts primaires en me jetant directement dans les plats … Heureusement pour moi, il n’y avait pas grand monde au vu de l’heure ; je me suis isolé à une table. Je n’ai pas vraiment réussi à me contenir entièrement, offrant un spectacle en demi-teinte aux rares regards qui sont passé sur moi ; mais je n’en ai cure, j’ai pris tellement de plaisir à manger ce repas ! Même les biscuits de rations militaires auraient été du caviar dans mon palais…
De nombreux souvenirs ont afflués. J’ai eu l’image d’un ancien compagnon d’arme avec qui j’avais partagé mes repas lors d’une mission d’espionnage particulièrement inconfortable ; nous avions dû rester cacher dans un environnement inhospitalier pendant presque une semaine afin de guetter un convois… nous râlions de n’avoir que des rations de survie impériales, espérant pouvoir rapidement rentrer manger quelque chose de décent ! Finalement, quand notre mission s’est achevée, nous sommes allés dans un bon restaurant ; c’est vrai qu’en y repensant, la nourriture joue ne joue pas un rôle si anodin sur le moral ! Je dirais même qu’elle est un facteur plus que motivant pour les troupes.
Une fois le ventre bien rempli, je me suis levé, j’ai ramené mon plateau, puis je suis rentré dans les baraquements, histoire de pouvoir me reposer un peu ; sans m’en rendre vraiment compte, toute cette excitation avait généré beaucoup plus de fatigue qu’a l’accoutumé. Je me suis rapidement assoupi sur une couchette, attendant que l’on vienne me cherche pour le briefing de la prochaine mission. -
Post n°6
Auteur : Super PNJLe lieutenant Kyle vient lui-même chercher l’agent dans les baraquements. Constatant sans étonnement que le Drall s’est endormi sur une couchette, l’officier jette un sac de fournitures sur la boule de poils afin de la réveiller.
- Allez on se remue agent. C’est pas le moment de piquer un somme. On a quelques camarades à sauver. Lance Kyle. On se reposera plus tard.
Le commandant en second de la base est équipé comme il se doit pour partir en expédition. Le lieutenant a revêtu sa parka en fourrure pour se protéger du froid. Une paire de lunettes de protection pend à son cou, prête à servir. Pour le reste, l’officier garde un SE-14C dans un holster de jambe et porte un sac militaire sur le dos. Kyle jette un regard noir au rescapé impérial puis quitte la chambre en récupérant un DLT-19x posé le long du mur. Le lieutenant, curieusement peu bavard, poursuit son chemin dans les couloirs de la base. Au bout d’un moment, l’homme s’arrête brusquement, vérifie que personne ne les suit et se tourne vers Rek’kar.
- Par respect pour votre carrière, je vais être franc avec vous agent Rek’kar… J’ai entendu parler d’un “incident”. Dans cette base, les faits divers sont peu nombreux et circulent rapidement dans les rangs. Il semblerait que vous ayez menacé un type de l’intendance... La raison du pourquoi importe peu. Je ne suis pas là pour vous juger. Annonce l’officier, une pointe de froideur dans la voix. Cependant, permettez-moi de vous donner un conseil judicieux… N’abusez pas de vos attributions à tout va agent. Vous avez beau représenter le Bureau de la Sécurité Impériale, vous n’en restez pas moins qu’un simple agent de terrain. Vous êtes… Sacrifiable.
Kyle fronce les sourcils doucement, ravale le soupçon de mépris qui s’empare de lui et poursuit plus durement encore.
- Cette base n’abrite pas les éléments les plus brillants ou les plus prometteurs de la galaxie, c’est un fait. Cependant, à l’avenir, quand vous jugerez bon d’outrepasser vos fonctions en menaçant quelqu’un, prenez le temps de réfléchir aux conséquences à venir. Certaines personnes bénéficient de privilèges qui pourraient nuire à votre carrière, ou pire…
Officiers ou soldats… Nombreux sont ceux qui jouissent de droits et de faveurs au sein des institutions militaires impériales, qu’ils soient issus d’une famille influente ou protégés par quelques bureaucrates bien placés dans la hiérarchie. Si l’Impérium est débarrassé du Sénat et de ses membres corrompus et incompétents, il n’en reste pas moins souillé par les ambitions démesurées d’une poignée d’officiers et l’arrogance innée de l’élite aristocratique. Jeux d’influence et de pouvoir emmènent parfois certains éléments prometteurs droit à leur perte, sacrifiés pour quelques projets obscurs qui les dépassent.
Au sein de ce beau merdier, les agents zélés du terrible Bureau de la Sécurité Impériale occupent une place de choix. La forte politisation des officiers des services de renseignements impériaux a plus d’une fois mené les diverses branches de l’armée à entrer en conflit ouvert sur tel ou tel sujet... Et les méthodes douteuses employées par les représentants de la police politique semblent attirer la méprise du plus grand nombre. Rek’kar, en agissant tel qu’il l’a fait, a prouvé qu’il ne faisait pas exception à la règle. Sur le plan professionnel ou personnel, les agents du B.S.I demeurent des individus dangereux et peu dignes de confiance…
Le lieutenant Kyle, qui semble en avoir fini avec le Drall, reprend sa déambulation dans les couloirs gelés de l’installation militaire. Il ne semble pas se préoccuper de l’agent. C’est à la boule de poils de s’adapter à son rythme de marche. Après un quart-d’heure de promenade, le duo arrive finalement à l’entrée de la base. Quelques mécaniciens se chargent de faire des vérifications de dernière minute sur les motojets d’un groupe d’éclaireurs. Le plus gras d’entre eux, probablement le chef mécano, s’avance vers l’officier et exécute une parodie de salut militaire.
- Tout est paré mon Lieutenant. Les donzelles sont prêtes à vrombir ! Annonce le lourdaud, les mains fourrées dans les poches de sa tenue de travail.
Le lieutenant acquiesce d’un signe de tête puis grimpe sur un speeder. Cinq scout troopers l’imitent rapidement, sans broncher. L’officier se tourne ensuite vers Rek’kar.
- Montez derrière moi agent. Et accrochez-vous bien.
Kyle enfile ses lunettes de protection et fait craquer sa nuque. Les imposantes portes blindées de la base s’ouvrent dans un grincement. Un courant d’air glacial vient fouetter le visage de l’officier, qui tremble un coup avant de reprendre ses esprits. Le commandant en second de l’installation militaire met en route sa moto-jet, fait quelques réglages puis, d’un geste sec de la main, donne l’ordre de partir. Le groupe s’enfonce dans les froides étendues de Hoth, survolant d’immenses plaines enneigées peuplées seulement par quelques troupeaux de Tauntauns. Finalement, après un voyage d’une bonne heure, les impériaux arrivent à destination. Le lieutenant descend de son speeder, s’empare d’une paire d’électrobinoculaires et surveille les environs.
- C’est dans ce secteur qu’on a perdu contact avec la patrouille. Commente Kyle à l’attention du Drall. Curieux… L’unité Delta devrait déjà se trouver sur zone mais je ne vois aucun signe de nos camarades.
L’officier se retourne et hèle un scout trooper ayant mis pied à terre lui aussi.
- Sergent, essayez de contacter l’unité Delta.
- Oui mon Lieutenant.
Le sergent tente de communiquer avec l’unité d’éclaireurs que le groupe devait rejoindre pour effectuer les recherches. De son côté, le lieutenant fait quelques pas dans la neige, frotte ses mains gantées l’une contre l’autre pour les réchauffer, puis s’arrête soudainement. Son pied vient de buter contre quelque chose de lourd. En baissant le regard, l’officier remarque un objet brillant dépassant légèrement de la neige. L’homme s’accroupit, dégage l’objet et fait une découverte curieuse. Il s’agit d’un casque ! Et le casque d’un éclaireur impérial à en juger la forme…
- Sergent !
- Mon Lieutenant ?
- Etablissez un périmètre de sécurité et contactez la base. On a un sérieux probl...
Kyle n’a pas le temps de terminer sa phrase. Plusieurs formes imposantes se hissent hors de la neige et font feu sur les impériaux. Un scout trooper s’écroule, mort. Puis un deuxième. Le lieutenant se jette au sol pour éviter une salve mortelle. Il comprend rapidement qu’ils sont tombés dans une embuscade… Il rampe sur quelques mètres, blaster au poing, puis tente d’évaluer la situation. Les assaillants sont plus nombreux et ont l’avantage de la surprise. A en juger les silhouettes massives et le pelage immaculé, il doit s’agir de redoutables combattants Talz…
Alors qu’un flot d’adrénaline se répand dans ses veines, l’officier fait usage de son SE-14C. Un premier attaquant est tué, touché en pleine poitrine par deux traits laser. Le combat ne fait que commencer… Et pour les impériaux, pris au dépourvu et encerclés de tous les côtés, l’objectif est simple : Survivre.Spoiler : Spoiler
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Post n°7
Auteur : Rek'karJe me suis rendu compte que j’étais en train de dormir au moment où j’ai reçu un sac sur moi, me réveillant en sursaut, le souffle coupé; j’ai rapidement ouvert les yeux et j’ai jeté un regard noir à celui qui m’avait réveillé de la sorte. Ha. C’est le lieutenant. Radoucissant mon air, autant que faire se peut, j’ai récupéré le paquetage qui m’avait été remis si délicatement. Le gradé s’est exprimé :
- Allez on se remue agent. C’est pas le moment de piquer un somme. On a quelques camarades à sauver. Lance Kyle. On se reposera plus tard.
J’ai senti un brin de mépris dans sa phrase ; est-ce simplement par rapport à ma condition ? Ou ma race ? Ou était-ce autre chose ? Je n’ai pas vraiment la réponse pour le moment, je vais continuer d’observer ses réactions, histoire de savoir si quelque chose ne tourne pas rond.
J’ai détaillé l’officier : il s’était habillé, armé et préparé comme il se doit pour effectuer une sortie en terrain hostile. Il m’a jeté un regard noir avant de sortir, prenant au passage une arme accrochée au mur ; mon impression étant confirmée. Je me suis mis à réfléchir rapidement. Hum… Cela a surement un rapport avec mon altercation, quelques heures auparavant. J’ai souris.
Je me suis levé au pas de course, récupérant mon paquetage, mon arme, mes lunettes thermiques ainsi que mes vêtements chauds. J’ai dû courir pour rattraper le lieutenant ; il s’est brusquement arrêté au milieu d’un couloir désert. Il a jeté un regard circulaire pour vérifier que personne ne pouvait nous entendre, puis s’est exprimé :
- Par respect pour votre carrière, je vais être franc avec vous agent Rek’kar… J’ai entendu parler d’un “incident”. Dans cette base, les faits divers sont peu nombreux et circulent rapidement dans les rangs. Il semblerait que vous ayez menacé un type de l’intendance... La raison du pourquoi importe peu. Je ne suis pas là pour vous juger. Annonce l’officier, une pointe de froideur dans la voix. Cependant, permettez-moi de vous donner un conseil judicieux… N’abusez pas de vos attributions à tout va agent. Vous avez beau représenter le Bureau de la Sécurité Impériale, vous n’en restez pas moins qu’un simple agent de terrain. Vous êtes… Sacrifiable.
Bingo. J’avais donc raison, l’évènement a bien fait le tour du complexe ; peut-être un peu trop rapidement, cependant. Pour autant, cette conversation aux allures de leçon de morale – ou peut-être plus d’avertissement ? –, trahit quelque chose dans le comportement lieutenant ; soit cela m’est particulièrement destiné, soit c’est en rapport avec la BSI en lui-même… Il est vrai que peu de gens porte cet organe de l’empire dans leur cœur ; c’est pourtant un point central : informations, espionnage, sale boulot. Sans cela, comment être sûr de l’absence de traîtres ? De la loyauté de tout un chacun ? Du respect des ordres ? Des objectifs ennemis ?
L’officier se ressaisit, conscient qu’il s’est peut-être un peu trop emporté dans son propre mépris, puis passe sur un ton plus dur :
- Cette base n’abrite pas les éléments les plus brillants ou les plus prometteurs de la galaxie, c’est un fait. Cependant, à l’avenir, quand vous jugerez bon d’outrepasser vos fonctions en menaçant quelqu’un, prenez le temps de réfléchir aux conséquences à venir. Certaines personnes bénéficient de privilèges qui pourraient nuire à votre carrière, ou pire…
Hum. Il est vrai que ce n’est pas complètement faux, il existe toujours des gens qui profitent de l’influence de plus haut gradés pour glaner de nombreux avantages et être protégé par la hiérarchie… Je n’ai pas pensé à cela tout à l’heure, et il est vrai que me laisser dominer par mon instinct primaire n’est pas forcément toujours la bonne solution. J’ai finalement gardé des séquelles de ces dernières années, je ne réfléchis plus comme avant ; il va vraiment falloir que je sois plus attentif sur mon comportement, d’autant plus que je n’ai plus vraiment de contact au BSI pour couvrir ce genre d’incidents – ou pour me donner raison, au vu de la légitimité de mon acte -.
C’est d’ailleurs dommage que l’on ne m’ait pas demandé ma version des faits… Il y aurait des choses à dire sur ce « pauvre » petit intendant, frappé par une boule de poil de moins d’un mètre ; j’espère qu’il a été suffisamment blessé dans son égo pour en souffrir un petit moment, je tâcherais de lui faire payer dans le futur. Hum. Non, ce n’est pas bien de penser ça. Il ne faut pas que je me laisser dominer par mon instinct, je vaux mieux que ça.
J’ai exécuté un salut militaire pour montrer que je comprenais et que j’acceptais ces remontrances. L’officier repris sa marche forcée à travers les couloirs, m’obligeant à courir pour le suivre ; il est indéniable qu’il nourrit une certaine rancœur à mon égard… Il n’a pas vraiment jeté de regard pour vérifier si j’arrivais à suivre son rythme. J’ai tout de même réussi à tenir la cadence, tant bien que mal ; heureusement, j’ai conservé une certaine forme physique ces dernières années, sinon il aurait été certain que je n’aurais pas été capable de le suivre.
Après plusieurs minutes qui m’ont semblées interminables, nous sommes arrivés proche des portes de la base, l’endroit même où j’ai fait mon entrée quelques heures auparavant !
Plusieurs speeders des neiges nous attendent, révisés par des mécaniciens impériaux afin de vérifier qu’il n’y ai aucun problème de dernière minute ; tout semble prêt pour le décollage. Un homme de forte corpulence a vaguement tenté un salut militaire, qui tend plus vers la parodie sordide qu’autre chose. Il s’est ensuite exprimé :
- Tout est paré mon Lieutenant. Les donzelles sont prêtes à vrombir ! Annonce le lourdaud, les mains fourrées dans les poches de sa tenue de travail.
Un mécanicien tout ce qu’il y a de plus classique. Ces personnes-là m’ont toujours fasciné, autant que repoussé ; leur flegme naturel, leur façon de s’exprimer, de considérer leurs machines comme des êtres vivant – menant souvent à des comparaisons avec les femmes, peut-être pour pallier à la solitude due à leur comportement ? -… Pourtant, ils sont plus que nécessaire à l’empire : sans eux, bien des choses ne pourraient se faire !
L’officier a acquiescé, puis est monté sur l’un des véhicules, rapidement imité par des scout troopers. J’ai eu un petit frisson en voyant ces belles armures lustrées ; le charme de l’uniforme m’émeut toujours, mais il y a bien longtemps que je n’ai pu poser l’œil sur les différentes armures de notre corps militaire et cela me procure un plaisir notable ; J’ai été parcouru d’un frisson de plaisir et d’excitation : ma première mission depuis presque dix années !
Je suis monté derrière le lieutenant, conformément à son ordre, puis je me suis ancré solidement. Il est vrai que j’aurais voulu pouvoir conduire l’un de ces engins, mais ils ne sont malheureusement pas vraiment adaptés à ma taille… il est d’ailleurs vrai que, d’après mes souvenirs, je n’ai que rarement eu l’occasion de pouvoir piloter des véhicules impériaux à cause de cela. On m’a souvent pris comme passager ou copilote, mais il fallait considérer la nécessité d’aménager certains détails pour me permettre de prendre les commandes : sièges plus grands, cale-pieds rehaussés, panneaux de commandes annexes, ... Bref, c’est souvent complexe pour moi dans ces cas-là.
Les portes de la base se sont ouvertes, avec leur grincement caractéristique, laissant le vent froid se rependre dans l’entrée ; j’ai eu un petit frisson, désagréable cette fois, comme si j’allais replonger dans le tourment que je venais de quitter, me perdre à nouveau, devoir vivre le calvaire pendant plusieurs années supplémentaires. Je me suis ressaisi. Tout va bien se passer, c’est une mission de routine, l’unité à simplement due être prise dans une petite tempête de neige.
D’un geste de la main, l’officier lança l’escadron à la recherche de nos camarades disparus. Nous avons survolé le paysage glacial de la planète ; j’avoue que cela ne m’impressionne guerre, je me suis plus rendu compte que je cherche d’où peut provenir le danger, tâchant de trouver des grottes ou autres abris pour me réfugier… Les bons vieux réflexes de ces dernières années revenant à la charge…
Au bout d’une bonne heure, nous sommes arrivés sur zone. Après avoir mis pied à terre, le lieutenant m’a adressé la parole, quelque peu interloqué :
- C’est dans ce secteur qu’on a perdu contact avec la patrouille. Commente Kyle à l’attention du Drall. Curieux… L’unité Delta devrait déjà se trouver sur zone mais je ne vois aucun signe de nos camarades.
Etrange, en effet. Deux unités disparues ? Voilà qui ne présage rien de bon… Qu’est-ce que cela peut signifier ? Des wampas ? Ce serait trop étrange qu’ils arrivent à décimer deux groupes d’impériaux au complet… Ils sont dangereux, certes, mais agissent rarement en groupes organisés… Peut-être ont-ils étaient surpris par une violente tempête de neige et ont dû se cacher quelque part ? C’est déjà plus probable.
Le lieutenant a demandé le contact de l’unité Delta. Cela permettra surement de valider mon hypothèse, ou non. L’homme fait quelques pas dans la neige, puis se baisse. Il a vu quelque chose ? Des traces, très probablement. Soudain, il se relève, hèle le sergent, et ordonne :
- Etablissez un périmètre de sécurité et contactez la base. On a un sérieux probl...
Il n’a pas le temps de finir son ordre que des tirs fusent dans notre direction, abattant deux scouts troopers. L’officier se jette sur le sol, et je fais de même, non loin de lui. J’avoue avoir mis plusieurs secondes à comprendre que nous étions tombés dans une embuscade…
Qui nous attaque ? Je tente de distinguer nos assaillant, dégainant au passage mon arme. Je ne connais pas cette race, mais ils ont l’air de vouloir en découdre, c’est certain. Et ils sont suffisamment intelligent pour organiser un assaut coordonné et nous encercler.
Je prends quelques secondes pour réfléchir, tirant une ou deux salves en direction de nos assaillant. Je peste. Impossible de viser correctement… mon bras tremble, je n’ai plus mes anciennes compétences de tir… Par chance, j’en ai touché un qui a lâché son arme dans un cri de douleur ; c’est déjà ça de pris.
Impossible de s’enfuir en l’état, il faudrait percer un trou dans l’encerclement ; mais comment faire avec de simples blasters… de simples blasters… il faut quelque chose de plus gros… comme des blasters de moto-jet ! Bon, je ne peux pas la conduire, mais je devrais au moins pouvoir monter dessus et ouvrir le feu en pivotant quelque peu. Enfin, je pense. De toute façon, je ne compte pas rester ici et attendre que la mort vienne me chercher.
Je roule doucement sur le côté, profitant de ma petite taille pour m’enfoncer dans la neige poudreuse, me permettant de ne pas dépasser et d’être une cible bien plus complexe à repérer ; je vise avec mon grappin juste sous le speeder le plus proche, à quelques dizaines de mètres, puis je le propulse pour qu’il se plante dans le sol. Il s’avère qu’il a atterri dans le speeder. C’est mieux que rien. Je pense que le chef mécanicien m’en voudra surement d’avoir abîmé son joujou, mais dans la situation actuelle, cela m’importe peu. Mais je reste tout de même déçu de rater autant mes tirs.
J’active l’enrouleur qui me tracte dans la neige, un peu comme un requin Firaxan filant à la surface des flots ; à la différence que j’ai subis le déplacement. J’ai heurté une pierre qui m’a laissé une vive douleur sur le torse et j’ai senti plusieurs tirs passer non loin de moi. Heureusement, j’ai rejoint ma destination sans blessures critiques. J’ai attendu de décrocher mon grappin et de le remettre en place avant de mettre mon plan en action.
Je suis monté d’un bon sur la moto-jet, je l’ai allumée, arrivant à peine à tenir les deux manettes, puis j’ai fait feu de tout bois en direction de nos agresseurs, lâchant au passage un râle de rage et de haine, plus proche du cri bestial qu’autre chose. J’avoue que je ne me maîtrise pas encore très bien. J’ai touché un certain nombre de cibles avant de me faire canarder, mais de manière un brin moins précises ; toutefois, un tir m’a presque arraché ma nouvelle prothèse. J’ai décidé de changer mon plan.
J’ai utilisé le morceau de prothèse restant pour bloquer le levier de vitesse, lançant l’engin à pleine puissance, puis j’ai sauté sur le côté, me relevant tant bien que mal, pointant mon arme en direction des réacteurs de la moto. J’ai tiré une première fois, ratant d’au moins un mètre. Une seconde fois. 50 cm à côté. J’ai fermé les yeux, pris une longue inspiration, puis je les ai ré-ouverts, calme. Le troisième tir à fait mouche, provoquant une explosion et un épais nuage de fumée.
Satisfait, j’ai rampé vers l’officier en charge des communications, dont le corps gisait non loin de là ; j’ai décroché la radio et j’ai annoncé, haletant :
« - Agent Rek’kar… embuscade… escouade Delta au sol… renfort… »
Je n’ai pas eu le temps d’exprimer mes idées plus clairement qu’une nouvelle salve m’a obligé à rouler sur le côté, détruisant le matériel de communication. Merde. Ces salauds sont vraiment bien organisés. Au mois, j’ai pu envoyer un message de détresse, j’espère juste que les communications ne sont pas brouillées…
L’encerclement semble moins dense qu’au début, on dirait que ma technique à quelque peu fonctionnée ; j’ai repéré les engins restant, mais après mon action, ils avaient été détruit. J’ai rejoint la position de l’officier avec qui j’étais quelques minutes auparavant, profitant du déplacement pour repérer un trou dans la roche à une cinquantaine de mètre dans la direction ou j’avais envoyé le speeder exploser. J’ai lancé :
« - Lieutenant ! J’ai repéré une cavité dans la direction de la fumée, on ne peut pas rester à découvert ! »
J’ai indiqué la voie à suivre et je suis parti en rampant, ripostant de temps en temps envers nos agresseurs, pour finalement atteindre le trou en question : une petite grotte. Il faut maintenant s’organiser et trouver comment défendre cette position en attendant les renforts de la base. Bordel, pour une mission de reprise, il y a quand même des choses plus simple… -
Post n°8
Auteur : Super PNJLe lieutenant Kyle tente de déterminer la position des mystérieux assaillants en observant la provenance des tirs. Un trait laser passe au dessus de sa tête et manque de peu de lui trouer sa casquette. Il repère, dans l’horizon, l’éclat d’une lunette de visée. L’officier calcule la distance de tir et déduit rapidement qu’il ne pourra pas abattre le tireur sans son fusil de précision, resté sur le speeder. Autour de lui, le combat fait rage. Rek’kar, dans un élan de courage, tente d’improviser et se dirige vers les moto-jets. Kyle se charge de couvrir sa progression en déchargeant son blaster dans la direction présumée des combattants ennemis. L’agent parvient finalement à destination et utilise le canon laser de l’un des engins avant de le lancer à pleine vitesse dans la neige. Les tirs de suppression et l’explosion de la moto-jet, qui résulte d’un tir du Drall semble pour le moins déstabiliser quelque peu les attaquants embusqués. Le lieutenant profite de la diversion pour courir vers son speeder et récupère son DLT-19x au moment même où un Talz se rue vers lui. L’officier a tout juste le temps de faire feu. L’assaillant, transpercé de part en part par un trait laser, s’écroule de tout son poids sur le commandant en second de la base.
Kyle commence à suffoquer, écrasé par la masse imposante du cadavre couché sur lui. Il tente, sans succès, de soulever le corps afin de se dégager. Ce n’est qu’au bout de la quatrième tentative qu’il y parvient finalement. Le lieutenant roule sur le côté, ramasse son fusil de précision dans la neige et rampe sur quelques mètres dans le but de rejoindre un rocher derrière lequel se cacher. Il prend le temps de reprendre son souffle puis décide de jeter un coup d’oeil à ce qu’il se passe autour de lui. La fumée de l’explosion couvre quelque peu le terrain et empêche de distinguer clairement les potentiels mouvements ennemis. Alors qu’il tente de figurer où est positionné le tireur qu’il avait découvert quelques minutes plus tôt, l’officier est rejoint par Rek’kar, qui arrive avec une plus ou moins bonne nouvelle. Le Drall a repéré une cavité qui pourrait servir de refuge aux impériaux. Avant même qu’il ne puisse lui répondre quelque chose, l’agent s’empresse de rejoindre la cachette qu’il a déniché. Kyle grogne quelque chose.
Plutôt que d’aller rejoindre directement la boule de poils dans son repaire de fortune, le lieutenant cherche à voir s’il reste des survivants parmi les hommes de son unité. Trois des cinq éclaireurs gisent au sol, morts ou inconscients. Les corps se fondent presque parfaitement dans le décor. Le blanc de l’armure se distingue à peine de l’épaisse neige qui recouvre le sol. Une nouvelle explosion force le commandant en second de la base à se coucher. Les restes d’un deuxième speeder volent et s’écrasent un peu partout. Un débri vient rebondir violemment sur le rocher derrière lequel Kyle a pris position. Le bruit manque de peu de rendre sourd l’officier, qui décide malgré tout de poursuivre son observation. Après une brève recherche, il repère les deux rescapés de son unité qui se battent toujours pour leur survie. Les scout troopers, couchés dans un trou qu’ils ont probablement eux-mêmes creusé dans la neige, tiennent leur position avec une ténacité exemplaire.
Utilisant sa lunette de visée, le lieutenant découvre trois Talz se déplaçant silencieusement dans le dos des deux éclaireurs. S’il n’agit pas rapidement, ses camarades seront probablement morts dans les minutes qui vont suivre. Kyle ajuste son angle de tir, retient sa respiration puis presse la détente. Un trait laser fend les airs et touche le premier assaillant dans la tête. Les deux autres combattants se couchent dans la neige et tentent de déterminer l’origine du tir.
- Dax, Harper, il y a deux hostiles dans votre dos. Vous me recevez ? Tente de les informer l’officier via le comlink. Dax, Harper, est-ce que vous m’avez bien compris ? Faites attention à vos arrières ! Hostiles à dix-sept heures !
Constatant que les scout troopers demeurent concentrés sur les ennemis qui leur font face, le commandant en second de la base en vient à se dire que leurs adversaires ont très probablement brouillé les communications. Puisque Rek’kar n’est plus dans le coin pour l’aider, le lieutenant doit agir seul pour sortir de là les deux éclaireurs. Il retire l’un de ses gants à l’aide de ses dents puis siffle et fait de grands gestes pour attirer l’attention de ses camarades. Les deux hommes daignent enfin le remarquer… L’ennemi aussi par ailleurs.
- Par ici ! Gueule l’officier.
Plusieurs traits laser s’écrasent sur le rocher et laissent une marque fumante. Kyle fait usage de son arme pour couvrir la retraite des scout troopers qui sont toujours sous le feu des assaillants. Alors que les éclaireurs se rapprochent de sa position, le lieutenant désigne d’un ample geste de la main la cavité repérée par le Drall quelques instants auparavant.
- A l’intérieur ! Vite !
Le duo se dirige vers la grotte en esquivant les salves laser qui fusent dans tous les coins. L’officier fait feu trois ou quatre fois sur les combattants embusqués avant d’être touché à l’épaule par un tir. Le commandant en second de la base tombe en arrière, roule sur plusieurs mètres puis heurte un rocher en contrebas de sa position initiale. Dans la petite cavité dénichée par Rek’kar, les éclaireurs retrouvent le Drall et s’écroulent contre une paroi, complètement épuisés.
- Harper, je crois que je suis foutu… Lâche le premier des deux soldats.
- Dis pas de conneries Dax, on va se sortir de cette merde, tu vas voir. Répond l’autre en retirant son casque.
- J’ai un doute… Continue Dax en se tenant le flanc.
L’éclaireur vient seulement de remarquer qu’il a été blessé durant le combat. Le flot d’adrénaline qui s’est répandu dans ses veines l’a aidé à tenir le coup. Ce n’est qu’en reprenant son souffle qu’il a constaté qu’une douleur vive le lançait au niveau du flanc droit. Un trait laser l’a salement amoché.
- Bordel… Souffle pour tout commentaire Harper.
- Où est le Lieutenant ? Demande soudainement Dax en ravalant un grognement de douleur. Il devrait déjà nous avoir rejoint…
- Bordel… Répète simplement son camarade.
Le dénommé Harper, en état de choc, garde les yeux rivés sur la blessure de son frère d’armes. Il ne parvient pas à réprimer les tremblements qui secouent ses mains. A l’extérieur, les tirs cessent rapidement, signe d’une victoire probable de la part des Talz. Il reste désormais à savoir s’ils chercheront à prendre d’assaut la grotte… Ou s’ils vont privilégier une autre tactique.Spoiler : Spoiler
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Post n°9
Auteur : Rek'karLa grotte est un peu sombre, mais comme je ne suis pas loin de l’entrée, le flot de lumière s’écoule sur les parois, répandant une clarté diffuse. On va pas se mentir, notre groupe n’est pas dans la meilleure des situations ; notre unité a été presque entièrement décimée – je ne sais pas combien ont survécus à cet assaut - … J’espère que les renforts vont pouvoir venir… Et surtout que ces foutues communications n’ont pas été totalement coupées, sinon ça signifie que l’on va attendre pour rien, avec un mince espoir pour seul moteur… Mais je suis bien placé pour savoir que ça peut être le principal vecteur de notre survie : attendre et croire en l’avenir ; en l’empire. On ne nous laissera pas tomber, j’en suis convaincu.
Au bout de quelques secondes, je fais dépasser mes jumelles thermiques de l’entrée de la grotte, restant à plat ventre sur le sol, pour voir où sont nos derniers soldats. J’ai le temps d’en apercevoir deux, courant dans ma direction et un autre, seul –dont je suppose qu’il s’agit du lieutenant -, couvrant les deux hommes dans leur course vers la grotte.
C’est ce dernier qui a raison… Je n’ai pas du tout pensé à couvrir qui que ce soit dans mon repli stratégique… je n’ai encore songé qu’a moi et ma propre survie. C’est navrant. Navrant de lâcheté. J’espère qu’ils arriveront tous les trois à bon port, sinon j’aurais définitivement leur mort sur ma conscience, incapable de penser aux autres... Il faudra que je sois bien plus attentif à tout cela.
Après un une trentaine de secondes, deux scout troopers débarquent dans la grotte, à bout de souffle ; l’un des d’eux semble blessé au niveau des côtes; ce n’est pas beau à voir… le second n’a pas de dégâts visibles sur son armure. Le blessé lance :
- Harper, je crois que je suis foutu… Lâche le premier des deux soldats.
- Dis pas de conneries Dax, on va se sortir de cette merde, tu vas voir. Répond l’autre en retirant son casque.
- J’ai un doute… Continue Dax en se tenant le flanc.
Il semble effectivement bien amoché au flanc ; le tir a traversé son armure de part en part, laissant un petit trou sanguinolent ; heureusement, cela ne semble pas avoir touché un organe vital. C’est déjà un bon point. Je pose rapidement mon paquetage au sol ; je dois bien avoir une petite dose de bacta, au moins pour calmer la douleur temporairement… Bingo, il y a effectivement ce genre de soin dans mon sac à dos. Je le sors et je m’avance vers Dax. Harper semble particulièrement inquiet pour son camarade. Soudain, le soldat blessé lance une réflexion tout à fait censée :
- Où est le Lieutenant ? Demande soudainement Dax en ravalant un grognement de douleur. Il devrait déjà nous avoir rejoint…
Merde. Le lieutenant. Bon, réfléchissons rapidement. Il va falloir opérer en trois temps : d’abord, soulager la douleur de la blessure, ensuite, remotiver les troupes, puis agir en solo pour essayer de récupérer notre gradé, si ce n’est pas trop tard. Ça parait être un bon plan pour le moment. Il va falloir que mes deux compagnons fortifient l’entrée de la grotte, ou alors puisse trouver un moyen de se cacher, l’un face à l’entrée, l’autre dans son dos – au cas où une créature ait décidé de dormir dans la même grotte que nous -.
Je m’approche de Dax, une dose de bacta à la main, puis je m’exprime rapidement :
« - Je suis Rek’kar. J’ai dans mon sac tactique une dose de bacta pour que tu puisses soulager ta douleur, au moins temporairement, le temps que les renforts arrivent, dis-je en lui tendant la dose »
Le trooper prends la seringue et se l’injecte rapidement. Ses tremblements cessent, la douleur semble beaucoup plus soutenable. Je continue dans ma lancée, m’improvisant commandant de l’unité, puisqu’il semble que je suis le seul à garder mon calme :
« - Si je vous ai annoncé mon nom, c’est parce que vous avez sûrement entendu parlé de moi il y a peu ; pour vous faire le topo, j’ai survécu seul pendant dix années, coincé sur hoth, dans une grotte de cet acabit, alors, croyez-moi, je vais vous sortir de là ! Cependant, j’ai besoin de votre aide pour qu’on puisse garder notre tête sur les épaules, autant physiquement que mentalement ; nous sommes des soldats de l’empire, bien plus fort que ceux qui nous ont attaqués !
Impossible de nous laisser aller au désespoir ou à la peur ! c’est nous qui procurons ce sentiment à nos ennemis, pas l’inverse ! Je vous laisse essayer de trouver une position où vous pourrez défendre l’entrée, tout en étant à couvert ; ne négligez pas non plus l’arrière de la grotte, on ne sait jamais quel genre de saloperies peuvent s’y cacher ! Je m’occupe de ramener le lieutenant. Ma petite taille va me permettre d’être discret et de ne pas être facilement repérable. Je donnerai ma vie pour l’empire si cela est nécessaire. Sachez que, dans tous les cas, j’ai pu transmettre un message de demande de renforts via la radio de notre officier en communication ; il faut que nous tenions la position pendant que des troupes sont dépêchées pour nous aider ! N’oubliez pas, l’empire compte sur nous, nous ne pouvons le décevoir ! »
Sur ces paroles, je me suis avancé vers l’entrée de la grotte, toujours à couvert. Un petit coup de jumelle m’a permis d’apercevoir le lieutenant, allongé au sol en contrebas ; trois silhouette sont en train de s’approcher du corps ; d’après la chaleur émise, il semble vivant. C’est déjà un bon point. Mais ça veut dire que nos ennemis vont essayer de le capturer – ou de le tuer -, et ça, c’est beaucoup plus embêtant. Comment agir ? Hum… Improvisons. De toute façon, les plans ne se déroulent jamais comme prévu.
Laissant mon sac dans la grotte, je me suis allongé au sol, rampant en direction de la sortie, m’enfonçant progressivement dans la neige. Je me suis mis à creuser mon chemin dans la direction de l’officier, grattant avec mes pattes l’épais manteau blanc. Au moins, vu la quantité et la hauteur de poudreuse, je peux rester totalement enfoncé dedans sans que personne ne puisse me voir. Soudain, j’entends des bruits de pas sur ma gauche. Merde, j’ai dû dévier de ma trajectoire initiale, faute d’avoir pu sortir la tête pour vérifier l’itinéraire. Je n’ai pas le choix, il va falloir de j’agisse discrètement. Les pas se rapprochent de ma position. Je m’allonge sur le sol, les yeux vers le ciel. Pour une fois, le temps est clément, il est bleu, tapissé de quelques nuages gambadant joyeusement ; on voit même des étoiles à l’horizon…
Je reprends rapidement ma concentration, pointant mon blaster vers le haut. Soudain, la créature apparait. Elle ne semble pas m’avoir remarqué ; elle marche en directement du corps de Kyle. Dès qu’il entre dans mon champ de vision, je vise sa gorge, puis je tire mon grappin directement dedans – pour l’empêcher de crier -, puis j’active immédiatement l’enrouleur pour l’amener au sol. Il émet une sorte de borborygme étouffé. J’improvise une roulade, pour ne pas qu’il m’écrase en tombant, puis je lui saute dessus, utilisant mes griffes pour lui lacérer le cou ; je le lacère de nombreuses fois rageusement, m’éclaboussant au passage d’une grande quantité de sang poisseux. Au bout d’une minute à m’acharner, je me rends compte qu’il est déjà mort depuis un certain temps. Je suis couvert de sang, ma fourrure et mes vêtements ayant désormais une teinte rougeâtre. Au moins, il n’a pas pu crier.
J’arrange ma trajectoire par rapport à celle qu’aurait dû emprunter le corps à côté de moi, puis je reprends mon périple, espérant que ses camardes mettront un peu de temps à se rendre compte de sa disparition. J’arrive bientôt non loin de l’officier inanimé, puisque j’entends deux humanoïdes parler dans une langue que je ne comprends pas. Bon, je n’ai pas vraiment le choix, il va falloir agir rapidement. L’un des deux semble dégainer quelque chose. Je me relève d’un coup, feulant comme un chat enragé. La stupeur, mêlée à de la peur, apparait sur le visage des deux créatures qui se s’attendaient pas à voir surgir un petit diable couvert de sang ; je profite de ce petit laps de temps pour les abattre avec mon blaster. Le bruit des détonations résonne dans la plaine gelée. Des cris se font entendre au loin. Je ne vais pas tarder à être la cible des quelques tireurs restant.
Je regarde mon arme. Mon plan initial étant d’attraper le corps inanimé de notre gradé, puis de m’accrocher à lui en me tractant vers la grotte via mon grappin. Malheureusement, il y a un petit souci : le niveau de liquide de mon grappin est bas et je ne pourrais pas franchir cette distant avec Kyle… Sauf si je réduis le diamètre du filin. Mais cela signifie que seul un de nous pourra retourner là-bas rapidement. Il n’y a pas à réfléchir, notre gradé est bien plus important que moi.
Je règle l’arme pour affiner au maximum le câble lors de sa projection. Je tire laborieusement le corps de Kyle pour l’aligner dans la trace que j’ai faite pour venir jusqu’ici - en vérité, j’ai juste réussi à le décaler de quelques centimètres, il est bien trop lourd pour moi… -. Je vise l’intérieur de la grotte, non loin de là, puis je tire le grappin, qui vient se plante dans l’entrée de la cavité. J’accroche mon arme à la ceinture du commandant, puis j’active le système de traction, tirant le corps dans ma trace, laissée dans la neige.
Bon, cela étant fait, est-ce que j’ai une arme ? Merde. Je regarde au sol, cherchant quelque chose ; heureusement, le baster de Kyle est au sol. Je prends celui-ci, puis je m’allonge au sol, regardant dans mes jumelles thermiques : trois nouvelles silhouettes s’approchent se moi. Je jette un œil aux alentours, on dirait qu’il n’y a pas de tireurs embusqués supplémentaires ; peut-être que nous les avons tous éliminés ? C’est une bonne nouvelle, si c’est vraiment le cas. Réfléchissons rapidement, maintenant.
Je n’aurais pas le temps d’aller me réfugier avant qu’ils soient sur moi ; enfin, peut-être, mais il vaut mieux que je tente de les supprimer, cela nous donnerai un temps de répit avant que d’autres forces tentent de se heurter à nous. Je vais donc leur tendre un piège. C’est sûr, cette fois, ils sont à l’affût et il me sera clairement impossible d’en avoir aussi facilement que tout à l’heure.
Je regarde les corps aux sol. Une idée me vient. Je vais creuser sous un corps pour me cacher dessous. Dès qu’ils seront suffisamment proche, je ferais dépasser mon arme par un petit trou prévu à cet effet pour en abattre au moins un ; le fait que le tir viendra du sol risque de les perturber, je ne suis pas sûr qu’ils comprennent que quelqu’une puisse se cacher ici… enfin, j’espère.
Je creuse rapidement un petit trou sous l’un des cadavres ; il est suffisant pour que je puisse m’y glisser, sans pour autant que le corps ne puisse tomber dedans. J’ajoute quatre petits judas, deux de chaque côté, pour voir et tirer à travers, dès que j’aurais le bon angle de tir – c’est-à-dire quand ils seront alignés, vu que je n’ai pas vraiment de marge de manœuvre -.
Et puis j’attends. C’est surement la partie la plus longue et la plus stressante. Pourtant, qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? Hum… A peu près tout. Ils pourraient lancer une grenade dans la zone, ou ne jamais se trouver aligner, ou même comprendre au premier tir d’où cela provient… Bref, plus le temps avance, plus je doute de mon idée, mais je me fais à l’idée qu’il est trop tard pour en changer…
Trente secondes passent. Puis une minute. Des bruits de pas se font entendre. L’un d’entre eux crie dans une langue inconnue. J’ai reconnu des ordres par l’intonations données, plus que par compréhension de ceux-ci. Les bruits s’arrêtent. Avec un peu de chance, s’ils ont des lunettes thermiques, ils ne pourront pas me repérer, vu que je suis entouré de neige et d’un cadavre. C’est déjà une bonne chose.
Ça se rapproche de moi, je le sens. Le corps au-dessus de moi tressaute. Attends, quoi ? Le corps bouge… enfin, il remue légèrement. Et merde ! Il n’est pas complètement mort… Il émet un petit cri, faible. Des pas se précipitent dans sa direction. Je n’arrive pas à me concentrer sur mes ouvertures, alors je m’allonge face au dos du cadavre – qui n’est plus vraiment un cadavre -, puis je pointe mon arme au-dessus, visant la blessure que je lui ai faite quelques minutes auparavant. Heureusement, elle avait traversé, ça me permet de la localiser facilement. Je pense que quelqu’un va forcément se pencher au-dessus de celle-ci pour évaluer sa gravité.
Bingo, je vois une paire de jambe dans un des trous, du côté de la blessure, quelqu’un qui, je pense, le surplombe. C’est l’heure de faire d’une pierre deux coups. La rafle de cinq coups part, traverse le… hum… cadavre, du coup - je ne pense pas qu’il a survécu à ce deuxième assaut -, puis celui qui s’était penchée au-dessus. La pile de corps se superpose dans un bruit de chute sourd, amorti par la neige. Je me rends rapidement compte que j’ai quelques secondes pour sortir de mon trou avant qu’il ne s’effondre sur moi à cause du poids…
Je m’extirpe, courant dans à travers le manteau gelé. Des tirs partent dans ma direction, mais je pense qu’ils ont été déstabilisés par ma dernière action ; ils me ratent de peu. Je me jette derrière le second corps – l’un de ceux qui était venus pour achever le lieutenant – pour me protéger. Je vérifie rapidement s’il est bien mort. C’est le cas ! Ouf, je ne suis pas si mauvais.
Un nouveau tir fuse, atteignant ma protection. Ils savent que je suis là. Réfléchissons. Il me faut une idée, sinon, je risque d’être cuit rapidement. Je sais. Je vais feinter. Je prends le SE-14C de Kyle, puis je le pointe grossièrement dans la direction de mes assaillant. Je le bloque dans le corps, utilisant les colliers autour du cou pour stabiliser le recul, puis je déchire un bout de la cape du cadavre – qui n’en aura plus vraiment besoin, de toute façon -, pour préparer le blocage la gâchette. Le but est de laisser l’arme faire des tirs en rafale pendant que je vais les contourner discrètement. J’en profite pour récupérer une vibro-lame pendue à la ceinture de mon sympathique rempart ; ça devrait suffire. Enfin, si tout va bien. Mais tout va rouler. N’est-ce pas ?
Je serre le nœud sur la gâchette, l’arme se met à tirer des rafales. Il est clair que, à cause du recul, les colliers qui la tienne ne vont pas survivre bien longtemps. Je prends le couteau dans ma bouche, tel un pirate abordant un navire, puis je me faufile dans la neige. Je prends la direction de celui qui doit être le plus à gauche. Je pense qu’ils se sont séparés pour me prendre en tenaille, ce qui est plutôt malin, en soi. J’avance doucement dans la neige, creusant avec mes petites pattes pour me faire un chemi. L’adrénaline est présente depuis plusieurs minutes, mais je sens, malgré cela, le froid ; mes vêtements sont trempés d’un mélange de neige et de sang… Je remarque d’ailleurs que je laisse une traînée rougeâtre sur le sol.
Soudain, je sens une forte rafale. Puis une seconde. Un léger brouillard commence à se lever. C’est sûr, une tempête se prépare ; ça m’arrange, je serais un brin moins visible. Par contre, si je mets trop de temps, je risque de ne pas retrouver le chemin de la cavité… Tant pis, le jeu en vaut la chandelle.
Je continue mon chemin, mes sens à l’aguet, prêt à bondir sur n’importe qui. J’entends une respiration. Elle est juste à côté de moi. Elle est lente. Je creuse quelques centimètres dans cette direction, prenant ma lame dans la main, la serrant avec toute la force de ma conviction.
Je tombé nez à nez avec l’un des deux qui s’était allongé sur le sol, pointant son arme là où j’étais il y a peu ; je remarque que j’arrive perpendiculairement à lui, mais aussi que le SE-14C continue à tirer, mais plus vraiment dans le bon sens ; il a dû tomber au sol… Je bondis sur le dos du Talz, plantant rageusement mon arme dans son dos à ne nombreuse reprise, criant de haine :
« -MORT AUX ENNEMIS DE L’EMPIRE ! »
Je pense que j’aurais dû me taire cette fois-ci... Je reçois un tir de blasteur sur mon épaule gauche, terminant d’arracher les restes de ma prothèse, mais amochant aussi mon moignon. Je tombe au sol dans un cri de douleur. Ça fait mal, bordel ! J’essaye de reprendre mon calme. Celui qui était allongé ne semble plus vivant. Il n’en reste plus qu’un. Un seul et j’ai gagné. La tempête commence à s’intensifier. Je sais dans quelle direction se trouve le dernier assaillant. Alors dans un dernier effort, je lève mes jumelles thermiques au ras du sol, balayant rapidement la zone. Il est là. Je baisse les jumelles. Le brouillard est trop intense, impossible de le discerner à l’œil nu. Alors, je prends l’arme de celui que je viens d’éliminer, puis je m’allonge à côté, posant mes lunettes thermiques sur le blaster. Je vise dans sa direction, puis j’ouvre le feu. Raté. Il répond, mais se loupe aussi. Je tire à nouveau, un peu plus près. Il riposte aussi de manière plus précise. Le prochain tir sera décisif, c’est lui ou moi. Les deux lasers partent presque en même temps, se croisant. J’entends un cri d’agonie au loin, mais en même temps, mon arme explose, ainsi que mes jumelles thermiques, me projetant quelques mètres en arrière. Je hurle de douleur, du shrapnel s’est logé à plusieurs endroit de mon corps.
Au bout de quelques minutes sur le sol, j’arrive à me relever. La tempête commence. Le blizzard est très intense, la neige tombe fortement. Je n’ai aucune idée d’où je suis. Ma seule chance de rentrer à la grotte, c’est de suivre mes propres traces. Heureusement, le sang me permet de retourner jusque-là où se trouvait le corps du lieutenant. Une fois sur place, l’intensité augmente encore. J’ai du mal à voir quoi que ce soit. Par chance, le trouve la trace laissée par mon passage et celui du lieutenant. Je rampe au sol, suffoquant presque tellement la neige me fouette le visage, m’empêchant de respirer correctement.
Après un effort gargantuesque, j’atteins la grotte. Je rentre, faisant face à mes camarades, puis j’annonce faiblement :
« - Menace… éliminée… »
Puis je m’effondre au sol en hypothermie, conjuguée à de nombreuses blessures. Quelle journée de merde. -
Post n°10
Auteur : Super PNJLe soldat de première classe Harper ne sait plus où donner de la tête. Le voilà désormais avec trois blessés à gérer et il n’a rien sous la main pour tenter de les soigner. Que faire… Que faire ? L’angoisse lui monte à la gorge et l’envie de vomir se fait de plus en plus pressante. Le jeune éclaireur tente de conserver son calme, sans réellement y parvenir. Il se concentre alors sur sa respiration. « Inspire… Expire… » pense t-il mentalement pour tenter d’oublier le stress qu’il a accumulé. Harper traîne délicatement le lieutenant, puis l’agent, vers Dax, qui se repose toujours contre un mur de la grotte. Ayant désormais les trois blessés rassemblés au même endroit, le scout trooper peut garder un œil sur eux. Le premier des trois estropiés, un peu pâle et plus très bavard, lutte pour ne pas s’endormir.
- Dax, c’est pas le moment de pioncer. Lance Harper pour garder éveiller son ami.
- J’ai… Froid… Parvient à articuler l’autre.
- Je vais essayer de trouver de quoi te réchauffer. Répond le jeune impérial.
S’ils restent trop longtemps dans cette cavité paumée, sans avoir de quoi se garder au chaud, ils risquent tous d’y passer. Cependant, impossible d’appeler à l’aide. Les communications ont été rompues, probablement brouillées par l’ennemi. L’éclaireur pourrait tenter une sortie, récupérer une moto-jet et filer à la base chercher du renfort… Mais rien ne permet de dire qu’il pourrait revenir à temps pour sauver le reste de l’unité. Peut-être même qu’il pourrait se perdre dans la tempête, ou se faire tuer par un autre groupe de ces mystérieux assaillants, si toutefois il en reste encore. Il y a beaucoup trop de risques... Et trop peu de solutions. Harper ne sait pas quoi faire. Il tourne en rond, les mains sur la tête, cogitant sur son sort et celui de ses camarades impériaux.
- Bordel… Bordel… Bordel… Murmure sans le vouloir le scout trooper.
Le jeune homme avale difficilement sa salive, la gorge nouée par l’angoisse. La peur prend le dessus sur tout le reste. L’éclaireur a l’impression que son cœur va exploser, tant la pression est grande. Sa tête devient lourde et une sensation de vertige commence à le troubler. Une intense chaleur s’empare de son corps et achève de le plonger dans un état de malaise profond.
- Respire… Respire… Doucement… Se répète-t-il pour lui-même, les mains prises de tremblements intenses.
Harper tente de faire le vide dans sa tête et se focalise une fois de plus sur sa respiration. Il y parvient, après quelques minutes de “méditation”. Un grognement le ramène toutefois à la réalité. Le lieutenant Kyle se réveille doucement, une grimace aux lèvres.
- Lieutenant… Débute le scout trooper, sans parvenir à poursuivre.
L’officier tourne la tête et observe les deux corps installés à côté de lui. Il reconnaît la silhouette en armure du soldat Dax, puis celle, plus petite et poilue, du Drall. Alors qu’il tente de se redresser, une intense douleur lui arrache un nouveau grognement.
- Doucement mon Lieutenant… Vous avez été touché à l’épaule. Réussit finalement à dire le jeune homme.
Le commandant en second de la base jette un coup d'œil à son épaule. Un trait laser s’est bel et bien logé à cet endroit, trouant sa parka en fourrure et son uniforme.
- J’ai connu pire… Commente Kyle. Croyez-moi Harper, un Wampa en pleine charge fait bien plus de dégâts… Comment est-ce que… J’ai atterri ici ?
- L’agent Rek’kar… Il… Il vous a récupéré… Mais il a été blessé et on a pas de quoi le soigner…
L’autre acquiesce sans broncher. Il serre la mâchoire et les poings pour ne pas penser à la douleur. Une petite voix, celle de Dax, souffle quelque chose.
- Wampa…
- Qu’est-ce qu’il a dit ? Demande le lieutenant.
L’éclaireur se rend au chevet de son ami et tend l’oreille.
- Wampaaaaa… Répète le blessé avec plus d’entrain.
Harper s’empare de son arme et dirige son regard vers le reste de la grotte. Rien. Aucun Wampa en vue. Toutefois, afin de vérifier qu’il n’y aucune menace, le scout trooper entreprend une fouille approfondie de la cavité, sans rien trouver de suspect. Après deux bonnes minutes d’exploration, le jeune homme revient bredouille. Un geste de la tête négatif à l’attention de l’officier tend à rassurer ce dernier. Cependant, Dax demeure sûr et certain de ce qu’il raconte. Il se contente de radoter encore et encore la même chose… Ce qui inquiète bien évidemment son camarade. Le commandant en second de la base, qui se remémore ses cours de survie en milieu hostile, entreprend d’examiner l’état de santé du soldat.
- Il est en pleine hypothermie. Constate Kyle. S’il continue de se refroidir, il va finir dans le coma et y passer pour de bon. Il faut trouver un moyen de le garder au chaud.
- Bordel… Répète une fois encore Harper, complètement désemparé.
L’officier, qui n’a rien sous la main pour réchauffer le blessé, tente de trouver une solution. Il se souvient alors du récit de l’agent Rek’kar. Ce dernier avait réussi à survivre plusieurs années au froid en cultivant des champignons… Se peut-il qu’il existe de tels champignons dans leur grotte ?
- Harper, est-ce que vous avez vu des champignons ? Demande soudainement le lieutenant.
- Je… Mon Lieutenant…Le jeune homme peine à trouver ses mots.
- Répondez franchement. Insiste Kyle, son regard braqué sur le soldat.
- Oui… Peut-être… Je ne sais plus. Déclare l’éclaireur, encore secoué.
- Retournez voir ! Et dites moi s’ils produisent de la chaleur !
- A vos ordres.
Le scout trooper se redresse et retourne explorer la grotte après s’être saisi de son arme. Il revient rapidement vers son supérieur pour faire son rapport.
- J’en ai trouvé quelques-uns mon Lieutenant… Ils sont chauds au toucher. Suivez-moi.
- Je vais avoir besoin d’aide pour déplacer l’agent Rek’kar et Dax. Lance l’officier en désignant d’un geste de la tête son épaule meurtrie.
- Ah euh… Oui.
Les deux hommes traînent les blessés vers le fond de la grotte, où quelques champignons rouges poussent tranquillement entre les stalagmites et les stalactites. Le lieutenant entreprend ensuite de prélever de la sève sur l’un d’entre eux. Selon le Drall, ces plantes produisent une sorte de liquide chaud. Visiblement, il n’avait pas menti sur ce sujet… Lorsqu’il commence à inciser le tronc du champignon à l’aide d’un couteau, la sève commence à couler sur ses doigts. La chaleur diffuse qui s’en dégage est revigorante. L’officier prélève le précieux liquide, l’applique sur le front et le cou du soldat Dax, puis fait de même pour l’agent Rek’kar.
- Servez-vous Harper. Il ne faudrait pas que le seul homme encore valide de l’unité se mette à tomber dans les vapes à cause du froid.
- Et vous mon Lieutenant ?
- Ne vous en faites pas pour moi. Je me servirai après vous.
- Bien mon Lieutenant…
Alors que l’éclaireur enduit son visage de la sève miraculeuse, le commandant en second de la base en vient à se poser une question…
- Est-ce que les Talz ont été neutralisés ? Demande-t-il au scout trooper.
- Selon l’agent Rek’kar, la menace est éliminée. Répond Harper, momentanément soulagé par la sensation de bien-être que lui procure le liquide.
Kyle en vient à se dire que la boule de poils est pleine de surprises… On parviendrait peut-être à en faire quelque chose finalement… Ou quelqu’un de bien. Si l’on excepte, bien sûr, sa propension à faire du zèle pour absolument tout et rien. Cela dit, c’est un point sur lequel on peut travailler. Du moins… Si tout le monde s’en sort vivant. Avec cette satanée tempête, les chances de survie sont pour le moins limitées. Et tout ce qui aurait pu permettre aux rescapés de faire augmenter leur espérance de vie se trouve à l’extérieur, au beau milieu d’un champ de bataille malmené par de violentes rafales de vent.
- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? S’inquiète l’éclaireur.
- On attend que le temps redevienne plus clément. Pour l’heure, on s’occupe de nos blessés. Ensuite on avisera…
Le lieutenant se pose contre une stalagmite et lâche un profond soupir. Le moindre mouvement, même insignifiant, de l’épaule tend à réveiller sa douleur.
- J’espère que vous avez de bonnes histoires à raconter Harper… Car il se peut qu’on reste planté là longtemps…
Dehors, le temps demeure capricieux. De fortes bourrasques de vent déportent les flocons de neige dans un sens, puis dans un autre. S'il neige abondamment, retrouver les corps et les speeders encore entiers sera une tâche plus compliquée. Kyle, qui commence à sentir ses mains geler, décide de les fourrer dans son manteau en fourrure. L'attente risque d'être longue...Spoiler : Spoiler
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Post n°11
Auteur : Rek'karLa douleur. Aigüe. Je suis dans une sorte de bulle. Je me lève. J’essaye d’ouvrir les yeux, mais impossible d’y parvenir. Je tends mes bras devant moi, à tâtons ; je touche un visage. Je le parcours de mes mains. Il est froid. Très froid. Glacial même. C’est de la peau. Je passe mes doigts dessus, pour essayer de deviner les traits, mais impossible de me rendre compte. On dirait que c’est… une femme ? Effectivement, les lèvres charnues, les cheveux longs, les cils plus long, tout semble correspondre… Mais que fait elle ici ? Je descends mes mains un peu plus bas, autours de son cou. Il y a une médaille. Je la triture dans mes doigts, tâchant de décoder ce qu’il y a de marqué dessus, mes paupières étant parfaitement hermétiques : U…M…42…56…7. UM-42567. Je me souviens.
Charlotte. C’est son nom. Enfin, c’était. Elle faisait partie du BSI quand je servais sous l’empire Sith ; c’était un garçon manqué, les yeux toujours pleins de malices et pétillants de vie, qui aimait avant tout se battre ! Une vraie tête brûlée. On avait fait une mission ensemble, pour démanteler un petit trafic de contrebande faisant entrer dans Coruscant des marchandises pas très légales pour enrichir le marché noir. On avait tout réussi, le receleur était capturé, ses acolytes venant tout juste de passer l’arme à gauche… Pourtant, on avait mal compté. Un s’en était sorti. Il lui a logé un tir dans l’estomac, puis un second dans le foie. Je l’ai rapidement abattu, mais c’était trop tard pour elle. Je l’ai tenu dans mes bras, mourante. Elle m’a dit « Prends… soin… de l’empire… pour moi… petite boule… de… poil… » ; elle a souri une dernière fois, puis a sombré dans le coma. Le temps que les renforts arrivent, elle était morte. J’ai versé des larmes, je l’avoue. Même si j’ai beaucoup de mal avec la gente féminine, je crois qu’elle me rappelait celle que j’avais aimée… - avant qu’elle ne me trahisse -.
J’ai retiré l’une de mes mains de sa peau froide, lui caressant doucement la joue, puis je l’ai tendue vers la gauche. J’ai touché un autre visage. Cette fois, c’était plus facilement reconnaissable : un dévaronien. J’ai rapidement glissé ma main vers son cou, cherchant sa plaque : IK…38…78…15. Ha oui. IK-387815.
J’avoue que je n’ai jamais vraiment réussi à me faire à sa compagnie… On me l’avait affecté sur une mission de reconnaissance où l’on devait repérer une base de stockage illégale, au beau milieu d’un foutu désert. A la base, je devais être seul, mais ils ont préféré me rajouter ce gars-là. Je crois qu’il s’appelait… hum… Giror ? Gilror ? Ha, c’était Gilnaor ! Pas un gars bien efficace, c’était de la bleusaille. Mais qu’est-ce qu’il parlait… Impossible d’avoir quelques minutes de calme… Et puis, en plus, il n’écoutait jamais les réponses à ses – très – nombreuses questions. Bref, le genre de personne qu’on n’apprécie pas avoir quand on fait du repérage discret ; cela étant, il a payé ce défaut un peu trop cher… Il nous a fait repérer et s’est pris un tir de blaster entre les deux yeux… J’aurais beau essayé de me convaincre que je l’aimais pas, voir une si jeune recrue mourir, ce n’est jamais agréable. D’autant plus que j’ai eu une certaine affection pour lui, il me rappelait un peu mes jeunes et fougueuses années où j’ai commencé à servir l’empire…
Enfin, mon bras droit est entré en contact avec un dernier visage. Un humain, je crois. Hum… Pas sûr en fait. Ses traits ne sont pas exactement les mêmes. Ils sont plus anguleux. Quoique. Je n’aurais de certitudes qu’avec sa plaque. UB…458…329. Ho, c’est un chiss. Pas n’importe lequel, c’est un de mes rares vrais amis. Peut-être devrais-je penser cela au passé…
Quand je suis entre au BSI, j’ai été intégré dans un programme de formation accéléré avec plusieurs autres recrues ; la majorité était humaine, sauf moi et « le bleu », comme les autres l’appelaient ; pour moi, c’était Nick. On a passé pas mal de temps ensemble, vu que beaucoup nous rejetait purement et simplement, souvent parce qu’ils étaient issus de la haute société, et pas nous. Je crois que c’est l’une des seules personnes à qui j’ai parlé un peu de mon passé, et lui du sien. C’était un enfant de la rue, abandonné par sa famille et qui n’avait eu d’autre choix que de se tourner vers le crime organisé ; mais ça ne lui convenait pas, alors il a fui, et s’est engagé dans l’armée impériale. Après quelques années sur le front, on l’a muté au BSI, pour pouvoir « mieux profiter de ses atouts intellectuels ». Je me rappelle qu’on avait joué quelques tours à nos camarades « racistes », comme échanger leurs uniformes avec ceux deux tailles en dessous, pile le jour de la revue générale. Ils se sont fait incendiés, c’était très drôle.
On discutait souvent de tout et de rien, rêvant l’empire parfait, discutant et débattant de notre point de vue ; on avait en commun la soif d’égalité et l’éradication de la corruption. Et puis un jour, en revenant de mission, j’ai appris sa mort. Il avait été froidement abattu par un trandosien de la pègre, pendant une enquête. J’ai été très touché, et je me suis beaucoup renfermé sur moi-même après cela. Je crois que je ne m’en suis toujours pas remis. J’aurais aimé lui dire aurevoir…
Soudain, j’ai pu ouvrir mes yeux. Je flotte dans une pièce entièrement blanche, sans sol, ni mur, ni plafond. Devant moi, Charlotte. J’ai versé des larmes. A ma gauche, Gilnaor. Et à ma droite, Nick. J’ai eu un profond sanglot en revoyant son visage. Ils ont tous les trois ouvert les yeux, puis se sont pris par la main, formant un triangle autours de moi. A l’unisson, ils se sont exclamés :
« - Ne nous oublie pas Rek’kar, car tu es la seule mémoire de nos actions. Ne nous oublie pas. Sauve notre mémoire. Vie pour nous. Nous servons l’empire à travers toi. Vie. Vie. Vie »
Soudain, le monde autour de moi a explosé dans une myriade d’étincelles blanches, éblouissantes. J’ai senti une profonde chaleur m’inonder, se déverser en moi, comme un torrent emplirait une marre vide. J’ai souris. Je me suis exprimé à haute voix :
« - Je ne vous oubliez pas. Jamais. Charlotte. Gilnaor. Nick. Jamais je ne vous oublierai. Votre mémoire est gravée dans la mienne, je ne permettrais pas que l’on tire un trait sur l’histoire de mes compagnons tombés au combat. N’ayez crainte, vous pouvez vivre à travers moi. Au revoir, mes amis. »
D’un seul coup, j’ai ouvert les yeux. Je suis dans une grotte. Mon regard est pointé vers le plafond. C’est ma grotte. La mémoire me revient. Ma grotte, la base impériale, la mission, l’embuscade, les blessés, mon sauvetage. Ce n’était donc qu’un rêve ? Je suis toujours bel et bien bloqué dans cette foutue cavité… J’ai vécu un grand rêve… Jamais je ne sortirai d’ici, personne ne viendra me sauver, il faut bien que je me fasse une raison.
Et puis j’entends une respiration à côté de moi. Puis deux voix. Je me relève doucement, sentant plusieurs points de douleurs sur mon corps. Aie… Je regarde à ma droite ; c’est Dax. Je pousse un soupir de soulagement : je n’ai donc pas totalement rêvé. C’est déjà un bon point de départ ! Le soldat, blessé au flanc, semble dormir ; la fatigue combinée au bacta à du l’emmener faire un tour dans le payas des rêves. Au moins, il n’a pas mal là-bas.
Je m’inspecte rapidement. J’ai plusieurs morceaux de shrapnel qui sont superficiels : il faut que je les retire et que je bande tout ça ; je devrais avoir de quoi dans mon sac à dos. Je me lève péniblement. Je sens une vive douleur dans la patte gauche. Je crois qu’il y a un plus gros morceau coincé ici … J’éviterai de le toucher, ça risque d’empirer si je tente ça sans avoir de quoi recoudre – ou cautériser, à défaut –.
Soudain, je remarque que je suis en parti enduis de sève de champignon ; ça me rappelle mes « bains », peut être l’un des seuls souvenirs positifs de ces dix dernières années ! Mais qui a bien pu penser à les utiliser… Le lieutenant ! Il s’est sans doute souvenu de mon épopée ; cela veut dire qu’il est de nouveau conscient. Voilà une bonne nouvelle !
Je jette un regard circulaire autour de moi. A gauche, il y a trois champignons bleus ; je m’approche, les tâtent rapidement, passe mes pattes expertes dessus : ils sont à point ! Je mes cueille délicatement, puis je m’approche des soldats, assis côte à côté. Un petit silence règne, leurs regards sont perdus vers l’entrée : la tempête souffle dehors avec véhémence ; sortir serait mortel, vu l’intensité. J’ai un petit frisson. Je m’approche des deux hommes, puis leur fait un petit signe. Je récupère mon sac et m’assoie à côté d’eux :
« - Agent Rek’kar, au rapport lieutenant ! Je vous avoue que je ne suis pas vraiment en l’état pour vous faire un salut digne de ce nom, mais le cœur y ait… Je vous fais mon rapport dans quelques minutes, avant je dois enlever quelques éléments qui ont décidés de me prendre pour chambre d’hôtel… »
Je sors de mon sac quelques bandages, puis j’extrait les morceaux les plus superficiels, bandant ensuite pour éviter de multiples hémorragies. L’opération prends quelques minutes, ponctué de plusieurs petits cris de douleur difficilement retenus. Finalement, je termine, poussant un petit soupir de soulagement. J’entame alors mon rapport :
« - Quand nous sommes entrés dans la grotte, Dax a signifié votre absence ; je me suis dit que je pouvais compter sur ma taille pour vous extraire rapidement de là-bas, laissant Harper veiller sur Dax et tenir la position. J’ai commencé par éliminer trois agresseurs, dont deux qui s’apprêtaient à mettre fin à vos jours. Ensuite, je me suis rendu compte que je n’avais plus suffisamment de filin pour nous tracter tous les deux ; je me suis dit que, votre vie ayant plus de valeur que la mienne pour l’empire ainsi que la suite de la mission, vous aviez la priorité sur moi. Je vous ai donc harnaché à mon pistolet, puis vous ai envoyé, via le grappin et l’enrouleur, vers l’entrée de la grotte.
Après ça, je n’avais plus d’arme… Heureusement, votre blaster se trouvait au sol… J’ai donc dû ruser, me servant d’un des corps comme cachette ; j’en ai éliminé un de plus. Quand la tempête a commencé à se lever, J’ai remarqué qu’ils étaient en train d’essayer de me prendre en en tenaille…
J’ai coincé votre blaster dans une direction, calé à l’aide d’un corps, puis j’ai bloqué la détente avec un nœud de tissu, tirant des salves dans la direction de mes opposants. Une fois fait, je me suis mis à ramper. J’ai pu en avoir un qui s’était camouflé dans la neige, le tout avec l’aide d’une vibrolame trouvé auparavant sur un des corps.
Pour conclure, j’ai utilisé le fusil de précision de la créature et mes lunettes thermiques pour avoir le dernier… mais il a réussi à faire exploser mon arme dans mes mains, causant les dégâts que vous avez devant vous. Le bilan est donc plutôt positif : vous êtes sain et sauf, et les six derniers agresseurs ont passés l’arme à gauche. Par contre, je n’ai pas pu vous ramener votre arme, c’est indéniable… »
J’ai marqué un petit temps d’arrêt, cherchant mon blaster du regard ; elle était posée sur l’un des murs de la grotte, non loin de là où le grappin était planté. Je me suis levé, j’ai ré-armé le grappin – bien qu’il n’y a plus de liquide filin -, puis je l’ai mise à ma ceinture. Je me sens mieux avec un moyen de défense en ma possession. Je suis revenu, clopin clopant, m’asseoir près des deux hommes. J’ai souris au lieutenant, puis j’ai déclaré :
« - Je vois que vous vous êtes souvenu de mon histoire ! Merci pour la sève, c’est une belle application pour nous maintenir un peu au chaud ; j’ai pu trouver quelques champignons comestibles que j’ai cueillis. Vous risquez de trouver ça un peu infecte au début, mais croyez-moi, on s’y fait vite ; et puis, voyez le bon côté des choses, vous pouvez survivre dix ans dans une grotte avec tout ça ! Haha »
J’ai mordu avidement dans mon champignon, sans vraiment regarder si ma boutade avait fait mouche. La sève juteuse coule dans mon gosier ; ils sont plutôt bons, pour des champignons, typiquement ceux que j’aurais choisi pour affiner mon mur de culture… Bon, il est vrai que c’est très amer et que le goût tend souvent vers de la gelée en décomposition, mais j’arrive maintenant à sentir quelques arômes en plus : une teinte de noisette, un arrière-goût chocolaté et même une touche boisée !
Une fois le repas terminé, je me suis calé dans un renfoncement du mur. Le vent dehors balaye si fort que l’écho de ses bourrasques résonne dans la grotte, donnant une ambiance lugubre. Soudain, je me suis rappelé de mon rêve. Et si je racontais les histoires de mes trois anciens compagnons ? Au moins, leur mémoire serait transmise et pourrait perdurer dans le temps, même si un jour je trépasse. Je me suis donc lancé :
« - Le temps va être long en attendant la fin de cette tempête… J’aimerais vous conter la mémoire d’anciens camarades tombés au combat. Je sais que, quand je suis resté seul, j’ai tâché de n’oublier personne ; j’aime me dire qu’à travers moi, et ma mémoire, vivent encore mes compagnons du passé et qu’ils continuent de servir l’empire via mes actes ! »
Ainsi, pendant plus d’une heure, j’ai conté ces trois histoires. J’ai ris. J’ai pleuré. Je me suis ouvert à mes sentiments, laissant libre cours à l’interprétation, à l’histoire, à des tranches de vie vécue par ceux qui ont servis à nos côtés, mais qui n’ont pas eu la chance de pouvoir continuer à vivre.
Quand j’ai eu terminé, je me suis senti mieux, plus fort, vidé des sentiments engendrés par notre situation, comme possédé par la force de ceux dont je venais de parler à l’instant. Je me suis tourné vers le lieutenant, puis je lui ai demandé :
« - Pouvez-vous me parler de nos compagnons tombés aujourd’hui ? Ceux qui n’ont malheureusement pas pu sortir vivant de cette confrontation. J’aimerais leur laisser une place dans ma mémoire, pour ne par leur oublier, qu’ils puissent continuer de vivre dans nos mémoires. »
J’ai pris mon sac pour me caler plus confortablement, puis je me suis mis en position d’écoute, prêt à ouvrir mon cœur a ceux qui nous ont quittés prématurément. -
Post n°12
Auteur : Super PNJAlors qu’ils viennent de finir de débattre sur la meilleure façon de cuisiner les rations militaires, Harper et Kyle sont rejoints par l’agent Rek’kar. Le Drall livre son rapport au lieutenant, tout en prenant le temps de s’administrer des soins rudimentaires. Non seulement il prétend avoir abattu six assaillants, mais il semble également être doué pour encaisser les coups et se rafistoler tout seul sans broncher. Le plus surprenant reste à venir cependant. L’agent a l’air d’être plus bavard encore qu’un Jawa empressé de vendre sa camelote. Comment un être avec une constitution aussi fragile peut-il être aussi résilient ? L’officier demeure sans réponse. Tout ce qu’il sait, c’est qu’une telle force de caractère peut être un atout de premier choix au sein d’un régime qui privilégie le dévouement et la combativité au reste. Ces dix dernières années passées seul dans un environnement hostile n’ont pas eu raison de la détermination de la boule de poils. Au contraire, cela semble l’avoir endurci.
Néanmoins, Rek’kar semble avoir gardé auprès de lui quelques fantômes liés à son passé. Et si l’on se fie à ses paroles enflammées, le Drall a l’air attaché à l’idée de se souvenir de ceux et celles qui sont morts au service de l’Empire. Kyle, qui a connu lui aussi son lot de morts au cours de diverses missions, comprend plus ou moins le raisonnement de l’agent. Cependant, il demeure plutôt discret et ne s’étale jamais sur le sujet. Certaines blessures ne cicatrisent jamais… Et il n’est pas bon de les ouvrir ne serait-ce que le temps d’un instant. Ce serait simplement remuer le couteau dans la plaie. Quoi qu’il en soit, le lieutenant accepte d’accéder à la requête du Drall pour honorer la mémoire de ceux qui sont tombés sur les champs d’honneur en cette rude journée.
- L’Empire a perdu de nombreux éléments inestimables au cours des années, c’est un fait. Débute l’officier d’une voix grave. Cependant, quand on porte l’uniforme, on sait ce que cela implique. Ceux et celles qui ont fait le sacrifice de leur vie pour l’intérêt du plus grand nombre ont honoré cet uniforme qui ont fait leur fierté.
Le commandant en second de la base demeure silencieux un instant, puis décide de reprendre avec plus d’entrain.
- Le Sergent Maxson était de loin l’un des meilleurs tireurs du corps prestigieux qu’est celui des Scout Troopers. Indique Kyle, toujours plongé dans ses pensées.
Il marque un instant de pause, refusant peut-être d’en dire plus sur cet homme avec lequel il a travaillé durant de nombreuses années. Les deux impériaux, en tant que tireurs de précision, se sont régulièrement entraînés ensemble dans les steppes enneigées de Hoth. La chasse au Wampa est un passe-temps qui rapproche et qui noue des liens solides. Maxson était un vrai frère d’armes, à n’en pas douter. Un frisson intense parcourt le corps du lieutenant. Il presse le champignon qu’il a entre les mains pour en tirer une nouvelle dose de sève chaude.
- Il était comme un mentor pour moi. Ajoute Harper pour briser le silence. Je crois que je n’aurai jamais pu survivre aujourd’hui sans ses précieux enseignements… Et sans ceux du Caporal Buckanam.
- Ces deux hommes ont fait la fierté du corps des Scout Troopers. Ils seront honorés comme il se doit pour leur dévouement. Poursuit l’officier en posant la main sur l’épaule de son jeune camarade.
Nouveau silence. A l’extérieur, la tempête fait toujours rage. De violentes bourrasques de vent amènent à l’entrée de la petite grotte quelques flocons. Kyle observe, songeur, la neige virevolter à droite puis à gauche. Il semble se plaire dans cette contemplation silencieuse, perdu dans ses pensées.
- Pauvre Haarland… C’était sa première mission… Soupire l’éclaireur. M’enfin… J’imagine que c’est comme ça… On choisit pas…
Le lieutenant acquiesce doucement. Tout est une question de chance… Ou de talent. Les opinions divergent sur le sujet. Quoi qu’il en soit, la mort frappe tout le monde sans faire d’exception, probablement indifférente aux parcours des uns et des autres lorsqu’il s’agit de faucher des vies. Le commandant en second de la base cueille un champignon, l’examine le temps d’un instant puis décide de mordre dedans à pleines dents.
- A nos morts. Puissent-ils reposer en paix. Lâche-t-il en mastiquant le morceau de champignon qu’il a pris pour collation.
Harper imite son supérieur. La grimace qu’il tire indique qu’il n’apprécie probablement pas le goût de son repas. Kyle, pour sa part, a déjà eu à manger tout et n’importe quoi lors de ses nombreux stages de survie. Ce n’est donc pas un petit champignon qui va avoir raison de son appétit. L’officier en vient même à se dire qu’il est au moins aussi savoureux qu’une ration militaire. Alors que le groupe apprécie, ou non, le repas qu’ils ont sous la main, ou les dents, l’éclaireur semble vouloir rebondir sur un sujet.
- Mine de rien, agent Rek’kar, vous avez de la veine… Côtoyer un Chiss en dehors des territoires contrôlés par l’Ascendance Chiss, c’est quasiment chose impossible. Indique le jeune impérial. Ils n’aiment pas vraiment se mêler aux étrangers.
Le commandant en second de la base relève doucement la tête, sa curiosité étant éveillée. Il termine de mastiquer le bout de champignon qui lui colle aux dents, l’avale goulument puis se réchauffe les bras en les frottant doucement.
- Qu’est-ce que tu sais sur les Chiss Harper ?
- Pas grand chose… Seulement ce que mon beau-père m’a dit sur eux. Il a fait partie de la mission diplomatique que le Grand Amiral Codor a amorcée au sein de l’Ascendance Chiss. Avoue le jeune impérial. Selon lui, les Chiss sont des individus méfiants et isolationnistes par nature. Ils tolèrent les contacts avec les étrangers mais ne souhaitent pas les approfondir, à moins d’y trouver un intérêt. Mais je crois que ce qui l’a le plus marqué, c’est l’amour qu’ils portent à leur nation. Ils sont fiers de ce qu’ils ont bâti et ils n’accepteront jamais que quelqu’un puisse y toucher, qu’il soit des leurs ou non. Tout tourne autour de ça… Leur éducation, leur formation militaire, leur carrière politique… Enfin… C’est tout ce dont je me rappelle. J’aurai aimé qu’il m’en dise plus.
- On dirait qu’ils ont de nombreux points communs avec nous… Qu’est-ce que cette mission diplomatique est devenue ? Demande alors le lieutenant.
- Je n’en sais rien. La chute de l’Empire a sûrement mis fin aux moindres tentatives de rapprochement. Soupire le scout trooper. Et mon beau-père a disparu depuis ces évènements.
L’engagement de Harper au sein de l’armée impériale n’est pas un hasard. Il a voulu suivre l’exemple de ce beau-père dont il semble si fier. D’une certaine façon, servir l’Impérium est sa façon à lui d’honorer sa mémoire. Il souhaite par ailleurs instaurer une tradition familiale qu’il espère pouvoir perpétuer un jour… Le visage de l'impérial s'assombrit peu à peu. Le lointain souvenir de moments heureux passés aux côtés de son modèle semble le rendre particulièrement mélancolique.
- Et bien... En parlant de ça, il paraît qu’un seigneur de la guerre Chiss s’est installé dans la Bordure Extérieure. Surenchérit l’officier, qui souhaite distraire son camarade.
- Vraiment ?
Le regard du jeune éclaireur semble pétiller à cette annonce.
- Il y a des rumeurs qui circulent dans le mess des officiers… On raconte que ce seigneur de la guerre est en train de bâtir son propre empire… Poursuit Kyle, un sourire amusé aux lèvres. Certains pensent qu’il s’agit d’un déserteur impérial ayant des envies de grandeur… D’autres affirment qu’il n’est rien de plus qu’un pirate ayant des comptes à régler avec ses rivaux. Quoi qu’il en soit, c’est le bordel dans le secteur de Bajic.
- Il faut croire que l'Impérium aura bientôt un rival à écarter. Je serai curieux de savoir ce qu’il a en tête… Et d’où il vient.
Le lieutenant approuve ce commentaire d’un hochement de tête. Un nouveau frisson parcourt l’ensemble de son corps. Il dirige son regard vers le Drall, achevant d’avaler le champignon qu’il a pris pour collation.
- Vous en pensez quoi de tout ça agent Rek’kar ?Spoiler : Spoiler
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Post n°13
Auteur : Rek'karJ’ai pu voir sur le visage de l’officier qu’il n’est pas forcément le genre d’homme à ouvrir son cœur ; peut-être est-ce cette réserve qui lui a permis de contenir, jusqu’à présent, les myriades de sentiments qui nous traversent dans les périodes troubles ? Pour autant, je n’ai jamais vraiment su si c’est la meilleure solution à adopter pour survivre à tout cela ; je me suis souvent posé la question pendant mes années d’isolement : est-ce qu’il vaut mieux que j’intériorise, ou que je me laisse de temps en temps submerger par mes sentiments, les oubliant le reste du temps ? J’en suis arrivé à une conclusion personnelle : pourquoi formons-nous parfois des barrages ? La raison est simple : contenir, pour générer de l’électricité, mais aussi pour pouvoir mieux gérer les flots en cas de fortes pluies. D’autant plus, quand il y a trop d’eau, on la laisse passer en plus grande quantité, avant de fermer à nouveau.
A mon sens, nous fonctionnons de la même manière : nous formons un barrage dans le flot de nos ressentis afin de pouvoir mieux les gérer ; ainsi, quand nous vivons des périodes difficiles, nous accumulons, relâchant quand le calme revient. Je fonctionne de cette manière-là. En un sens, cela nous rends plus « humain » - je m’accorde au sens général du terme employé, n’étant pas moi-même Humain – de savoir, entre nous, que nous avons un cœur, des pensées, des sentiments, nos collègues, nos amis, nos camarades… Bien des gens voient dans notre Empire une coquille blanche, remplie d’être immoraux et insensibles ; mais la réalité est bien différente : nous sommes parfaitement normaux, sentimentaux pour certains, moins pour d’autres ; la seule différence, c’est que nous savons parfaitement pourquoi nous combattons et quel sens aura notre mort.
Pour autant, le lieutenant céda à ma requête :
- L’Empire a perdu de nombreux éléments inestimables au cours des années, c’est un fait. Débute l’officier d’une voix grave. Cependant, quand on porte l’uniforme, on sait ce que cela implique. Ceux et celles qui ont fait le sacrifice de leur vie pour l’intérêt du plus grand nombre ont honoré cet uniforme qui ont fait leur fierté.
C’est indéniable, nous portons les couleurs du risque. Notre mort peut frapper à n’importe quel moment; nul n’est jamais à l’abris, d’autant plus que nous avons un certain nombre d’ennemis dans cette galaxie, ce qui n’augmente pas vraiment la longévité de notre service… Pour autant, avons-nous peur de la mort ? Moi, ce n’est pas le cas. Je suis plus terrifié à l’idée de décevoir qu’autre chose. J’ai déjà été confronté à elle, quand j’ai échu ici, seul, blessé. Elle m’a tendu les bras, mais j’ai refusé de céder à la facilité ; ce n’est pas l’idée que je me fais de ma dernière heure. J’aimerais pouvoir mourir héroïquement pour servir mon Empire, rendre hommage à ma nation, offrir mon cœur pour offrir à la galaxie des jours meilleur, filant droit sous la coupelle de l’Impérium.
Quand j’ai revêtu pour la première fois mon uniforme, je me suis dit qu’il me rendait, en un sens, invulnérable. Quand j’en ai parlé avec Nick la première fois, il m’a regardé avec de grands yeux, puis m’a demandé si je croyais les fausses rumeurs disant que, parfois, l’uniforme pouvait dévier les tirs ; je l’ai regardé en riant devant ces boniments. Je lui ai simplement répondu que nous pouvions mourir, nous, êtres de chairs et de sang se trouvant sous l’uniforme, mais que notre empire, représenté par ces armures, était éternel. Si nous passons l’arme à gauche, nous vivrons, immortels, dans le cœur des idées de notre nation. Je crois qu’il m’a un peu pris pour un fou ce jour-là.
L’officier marqué une petite pause, puis reprit :
- Le Sergent Maxson était de loin l’un des meilleurs tireurs du corps prestigieux qu’est celui des Scout Troopers. Indique Kyle, toujours plongé dans ses pensées.
Il s’arrête de parler, un frisson parcourant son corps. J’avais raison, il n’a pas l’air d’avoir jamais vraiment parlé de ses compagnons morts, surtout quand cela l’affecte. Je comprends toutefois son sentiment, même si je ne le partage pas vraiment, ne connaissant même pas l’identité de ceux qui nous accompagnaient. Pour autant, j’aime connaître le nom des soldats qui tombent à mes côtés. J’ai donc inscrit son nom dans ma tête. Sergent Maxson.
Kyle mord dans son champignon avec plus d’appétit que ce que j’imaginais ; au moins, ce n’est pas une petite chochotte d’officier, comme il en existe parfois, il est plus du calibre de ceux qui qui agissent. C’est intéressant à noter. Il n’a par contre pas l’air dans son assiette ; je pense qu’il connaissait bien cet homme et que raviver sa mémoire amène une forme de mélancolie… Harper enchaîne, pour briser ce triste silence :
- Il était comme un mentor pour moi. Ajoute Harper pour briser le silence. Je crois que je n’aurai jamais pu survivre aujourd’hui sans ses précieux enseignements… Et sans ceux du Caporal Buckanam.
- Ces deux hommes ont fait la fierté du corps des Scout Troopers. Ils seront honorés comme il se doit pour leur dévouement. Poursuit l’officier en posant la main sur l’épaule de son jeune camarade.
Le second se nommait donc Buckanam. Caporal Buckaman. C’est noté aussi. Ainsi, ils étaient proche d’Harper, à entendre ses dires ; comme quoi, on peut être le meilleur dans sa catégorie et… disparaître du jour au lendemain dans une mission de routine… Saloperie de Talz… Si seulement on avait pu prévoir cette embuscade, il en aurait été autrement… Malheureusement, avec des « si », l’Empire ne serait jamais tombé ! A nous de prendre note de cette présence, et d’agir en conséquence pour éviter de nouvelles pertes. Si on attaque l’Empire, l’Empire contre-attaque !
Un silence se pose dans la caverne ; on entend Dax respirer au fond de la grotte, un léger ronflement, ainsi que le vent dont l’écho se répercute dans l’entrée de notre cavité. Dehors, c’est un spectacle violent, une lutte de la neige et du vent pour dominer toutes autres formes d’existence, comme si Hoth se protégeait d’elle-même de ceux qui l’habitait…
Il semble toutefois que l’intensité commence légèrement à diminuer, même si elle est encore bien trop forte pour imaginer pointer le bout de son nez dehors. En pensant à cela, j’ai un petit frisson. ; pas du froid, mais plutôt une sensation de déjà vu, à la différence que j’ai maintenant des compagnons ! C’est moralement beaucoup plus acceptable que ce que j’ai pu vivre ; je peux avoir des discussions avec autre choses que des stalactites… D’autant plus que les humains répondent quand même beaucoup plus ! Enfin, quand on a toute sa raison, entendons-nous.
Harper ajoute :
- Pauvre Haarland… C’était sa première mission… Soupire l’éclaireur. M’enfin… J’imagine que c’est comme ça… On choisit pas…
Kyle lui répond, en levant son morceau de champignon :
- A nos morts. Puissent-ils reposer en paix. Lâche-t-il en mastiquant le morceau de champignon qu’il a pris pour collation.
Tout le monde à l’air de ne pas apprécier le goût, mais semble au moins satisfait d’avoir un repas ; mine de rien, les émotions, ça creuse. Je lève aussi mon repas, laissant une petite place dans ma mémoire au sergent Maxson et au Caporal Buckanam. Ça me rappelle quand j’ai servi sous l’empire démocratique, pendant un « stage » d’infiltration survie où l’on nous avait fournis les pires rations impériales existantes, histoire de nous endurcir… J’ai laissé échapper un petit sourire en y repensant. Je me souviens de mes camarades qui s’étaient mis à se plaindre, d’autre refusant même de manger le plat en question.
Au final, seuls ceux avec le ventre plein ont pu terminer notre initiation, les autres ayant déclaré forfait, incapable de continuer par manque d’énergie. Je pense que, quand on est capable de manger ce genre de vieille rations périmées – ils avaient fait exprès de nous en donner des à moitié moisie, traînant dans un fond de caisse de stockage -, on serait presque capable de manger de la terre et du sable pour survivre. Au moins, ça forge le caractère ! Notons tout de même que la moitié d’entre nous ont eu à faire avec une sale intoxication alimentaire les jours suivants.
Harper rebondit sur mon histoire :
- Mine de rien, agent Rek’kar, vous avez de la veine… Côtoyer un Chiss en dehors des territoires contrôlés par l’Ascendance Chiss, c’est quasiment chose impossible. Indique le jeune impérial. Ils n’aiment pas vraiment se mêler aux étrangers.
De la chance ? Oui, sûrement. C’est vrai qu’a la réflexion, je n’ai jamais croisé d’autres Chiss dans ma carrière; je sais qu’il y en avait parfois mentionnés dans des rapports ou dans les bases de données, mais Harprer à raison, c’est une race « rare » en dehors de leurs territoires. Pour autant, celui que j’ai côtoyé était aux antipodes des stéréotypes Chiss, surement le genre d’exceptions qui confirment la règle, un peu comme moi et mon peuple, finalement…
C’est peut-être ce qui nous a rapproché, en fin de compte : ne pas correspondre aux stéréotypes de nos races, mais nous retrouver à combattre ensemble parce que nous embrassions les valeurs de notre grand empire ! C’est d’ailleurs l’une de ses forces principales : rassembler des gens d’ambitions, quels que soient leurs natures, tant qu’ils ne souhaitent que la grandeur de notre patrie ! Une pluralité de race, pour un seul et unique objectif : sortir la galaxie de sa médiocrité, de sa corruption et la faire renouer avec sa grandeur passée.
L’officier semble intéressé par la réflexion, puis demande au soldat :
- Qu’est-ce que tu sais sur les Chiss Harper ?
- Pas grand chose… Seulement ce que mon beau-père m’a dit sur eux. Il a fait partie de la mission diplomatique que le Grand Amiral Codor a amorcée au sein de l’Ascendance Chiss.Avoue le jeune impérial. Selon lui, les Chiss sont des individus méfiants et isolationnistes par nature. Ils tolèrent les contacts avec les étrangers mais ne souhaitent pas les approfondir, à moins d’y trouver un intérêt. Mais je crois que ce qui l’a le plus marqué, c’est l’amour qu’ils portent à leur nation. Ils sont fiers de ce qu’ils ont bâti et ils n’accepteront jamais que quelqu’un puisse y toucher, qu’il soit des leurs ou non. Tout tourne autour de ça… Leur éducation, leur formation militaire, leur carrière politique… Enfin… C’est tout ce dont je me rappelle. J’aurai aimé qu’il m’en dise plus.
- On dirait qu’ils ont de nombreux points communs avec nous… Qu’est-ce que cette mission diplomatique est devenue ? Demande alors le lieutenant.
- Je n’en sais rien. La chute de l’Empire a sûrement mis fin aux moindres tentatives de rapprochement. Soupire le scout trooper. Et mon beau-père a disparu depuis ces évènements.
Voilà donc la raison pour laquelle Harper s’intéresse aux Chiss ; il veut retrouver son beau-père. Enfin, il espère pouvoir le revoir malgré la fin du précédent Empire… Pour autant, ce n’est pas impossible qu’il y ait survécu. A l’image de tout ceux présents ici, dans cette petite base sur Hoth, beaucoup semble avoir survécu et préparent son retour en grande pompe. Enfin, je l’espère. C’est vrai que je n’ai pas vraiment encore eu de nouvelles de l’administration impériale : qui dirige l’Impérium ? Voilà une bonne question. Nous sommes passé par un sénat, par les siths… chacun ayant échoué à cause des dérives inhérentes à leur construction… Il serait donc intéressant de savoir pour quoi nous avons opté, en définitive, afin mener la barque d’une main de fer !
Le visage d’Harper s’assombrit en après ses mots, il semble particulièrement affecté par cette disparition ; je le comprends, j’ai rêvé, quand j’étais enfants, d’avoir de l’affection de la part de mes parents pour ce que j’étais vraiment, pas pour l’image que je donnais d’enfant modèle, derrière mon activisme… Si ça avait été le cas, que j’avais été soutenu, j’aurais peut-être quitté avec plus de déchirement ma planète, laissant derrière moi des êtres que j’aurais aimé. Cette souffrance m’aurait sans aucun doute accompagné jusqu’à aujourd’hui ; finalement, mon manque d’attache m’aura été plutôt favorable, jusqu’à maintenant.
Kyle relance la conversation :
- Et bien... En parlant de ça, il paraît qu’un seigneur de la guerre Chiss s’est installé dans la Bordure Extérieure. Surenchérit l’officier, qui souhaite distraire son camarade.
- Vraiment ? Le regard du jeune éclaireur semble pétiller à cette annonce.
- Il y a des rumeurs qui circulent dans le mess des officiers… On raconte que ce seigneur de la guerre est en train de bâtir son propre empire… Poursuit Kyle, un sourire amusé aux lèvres. Certains pensent qu’il s’agit d’un déserteur impérial ayant des envies de grandeur… D’autres affirment qu’il n’est rien de plus qu’un pirate ayant des comptes à régler avec ses rivaux. Quoi qu’il en soit, c’est le bordel dans le secteur de Bajic.
- Il faut croire que l'Impérium aura bientôt un rival à écarter. Je serai curieux de savoir ce qu’il a en tête… Et d’où il vient.
Voilà qui est intéressant. Un seigneur de guerre, Chiss, qui s’abroge un secteur pour y monter son propre Empire ? Quelle idée saugrenue… Au vu des derniers jours passés dans cette base, je pense que l’on peut exclure l’idée qu’il ne connait pas l’existence de l’Impérium ; cela serait beaucoup trop insensé… Pourtant, quelle serait la raison de vouloir monter quelque chose à côté ? On ne peut pas rivaliser avec l’Impérium, ses partisans, sa force, sa puissance militaire… Personne ne voudra changer pour un Empire de ce genre… En tout cas, pas moi.
On m’interroge sur mon avis :
- Vous en pensez quoi de tout ça agent Rek’kar ?
Je réfléchis quelques secondes, histoire de mettre mes idées en place :
- Ce que j’en pense ? Il n’y a qu’un seul véritable Empire, c’est le nôtre. Je ne sais pas ce qui a pris à ce Chiss – si l’anecdote est véridique -, mais c’est de la folie d’essayer de se lancer à côté de l’Impérium, impunément… Si c’est fondé, quelle serait la raison pour laquelle notre Empire ne chercherait pas activement à l’étouffer ?
J’entends par là un détail qui me chiffonne : si l’Empire voit une sorte de nouvel Empire naissant pour le concurrencer, il y a deux possibilité : l’annihiler, ou le rallier. Cependant, si l’on continue dans cette idée, le rallier semble complexe ; notre existence n’étant pas secrète, il est difficile de croire que cette tentative est née sans savoir que nous existons. Cela amène donc au point où nos idées divergent, ou que la personne à sa tête n’est pas d’accord avec la politique de l’Impérium. Impossible à rallier, donc.
On en arrive à une hypothèse : si l’Empire n’a pas décidé d’étouffer l’œuf avant sa naissance, c’est que soit cette puissante naissante est trop puissante, soit il y a de la manipulation derrière, quelle qu’elle soit.
Je ne m’avancerais pas forcément plus sur le sujet, fautes d’informations fiables, mais cela reste envisageable ; sinon, je ne comprends pas l’inaction de l’Empire.
Et si c’est une affabulation, cela nous aura au moins permis d’avoir une discussion, ce qui n’est déjà pas si mal !
J’ai souris, dévoilant mes petites dents pointues ; je me suis levé, prenant rapidement la direction du fond de la grotte. Trouvant un grand champignon rouge, je l’ai délicatement prélevé, sectionnant au plus proche de la roche, puis en le tournant, pour éviter que sa précieuse sève ne s’écoule au sol.
Je suis ensuite revenu m’asseoir, puis j’ai exécuté une série de mouvement devenu presque reflexes, avec les années : gratter les alvéoles dans le creux du champignon pour arriver à des veines de sèves, puis sectionner la tige et la presser dans une série d’essorages savamment orchestrés. Ainsi, la partie concave du champignon est remplie de sève et une agréable chaleur s’en dégage. J’ai ensuite cherché une petite cavité au sol. Une fois repérée, j’ai posé le champignon sur la bosse, puis j’ai bravé l’entrée de la grotte et la tempête pour me charger les bras de neige ; je l’ai ensuite déposée dans le creux, puis j’ai posé le champignon par-dessus. Je suis ensuite revenu vers mes compagnons, pour leur expliquer :
- Au cours de mon aventure, j’ai remarqué que la peau de ces champignons à une forme « antiseptique » au contact de l’eau, ce qui permet de la purifier – si l’on est prêt à payer un arrière-goût amer - ; la manière dont je procède permet de diffuser la chaleur dans le champignon et donc faire fondre la neige, tout en rendant l’eau potable, si elle ne l’était pas déjà. Il faut laisser le champignon en contact quelques heures pour que ça soit vraiment efficace ; quand on sortira le champignon de l’eau, la peau sera suffisamment décollée pour que l’on puisse en faire une sorte de cataplasme sur les blessures de Dax ; ça ne le soignera pas, mais on évitera au moins l’infection de la plaie, c’est déjà pas mal !
En tout cas, la bonne nouvelle, c’est que la tempête semble diminuer en intensité ! Je pense que d’ici quelques heures, ça redeviendra calme et on pourra envisager une petite sortie.
Je vais aussi attendre la peau du champignon pour extraire le bout que j’ai dans la jambe gauche, je n’ai pas envie qu’il ne s’enfonce plus, l’idée de cohabité avec du métal ne m’intéresse pas vraiment…
Ainsi, au bout de trois heures, l’intensité de la tempête était retombée à un niveau tout à correct pour envisager de sortir. Je suis, pour ma part, allé chercher mon champignon, remplissant au passage nos gourdes avec l’eau, saine. J’ai profité de mes petites griffes pour inciser la peau de manière chirurgicale ; toute mon attention était centrée sur ma tâche, faisant abstraction du monde extérieur. Au bout de quelques minutes, j’ai pu montrer aux autres un petit carré demi transparent d’environs cinquante centimètres de côté ; je me suis dirigé vers Dax.
M’agenouillant à côté de lui, il a ouvert les yeux, fatigués. Je lui ai fait signe de se détendre, puis j’ai touché à ses vêtements tâchés de sang pour découvrir la plaie. Il a émis un petit gémissement de douleur. J’ai examiné la plaie : il a pris un sacré coup, c’est certain… Sans assistance médicale, il est peu probable qu’il passe plus de trois jours… Je l’ai prévenu que ça risquait de piquer un peu, puis j’ai découpé un grand morceau de la peau que j’ai posé d’un seul coup contre la sienne. Il lâche un petit cri, signe que l’effet est en marche. Je m’arrange pour refaire un bandage avec des bouts de tissus pour comprimer la plaie, histoire de stabiliser tout ça. Une fois terminé, je me pose à côté de lui, passant le reste de peau sur mes griffes. J’étends mes jambes devant moi, puis je regarde du côté de l’éclat logé.
N’ayant pas de matériel plus précis, je ne fais confiance qu’à ma propre dextérité. J’ouvre la plaie un peu plus. J’avale un hurlement de douleur. Je prends un bout de vêtement que je mors fermement dans ma bouche, puis je continue l’opération. Une fois la plaie élargie, je viens écarter chaque côté, me laissant entrevoir l’intérieur de ma jambe. Je prends une grande inspiration, puis je plonge l’une de mes griffes devant, cherchant le morceau ; après plusieurs minutes d’intense douleur, j’arrive à le faire remonter, petit à petit, puis à le sortir.
J’ai le temps de poser la peau de champignon, qui m’a permis de désinfecter mes griffes, puis de faire un bandage avant de sombrer dans un soudain coma. Je me réveille rapidement dans un sursaut, qui me fait appuyer sur la plaie, répriment un cri de douleur. Le tissu est rougeâtre, mais la douleur est un peu plus ténue qu’auparavant. Je reviens en boitant vers mes autres compagnons, leur montrant le morceau sorti, puis je m’affale sur le sol, fatigué. Je leur indique :
- Opération réussie, j’ai appliqué une partie de la peau sur celle de Dax… Par contre…
Je baisse la voix et me rapproche d’eux, parlant à voix basse :
- … Sans vouloir être pessimiste, il ne nous reste pas plus de quelques jours avant qu’il ne puisse plus s’en sortir… Il nous faut d’urgence une assistance médicale sans quoi ça va être compliqué pour qu’il survive…
Je me recule, réfléchissant, la main fouillant machinalement dans mon sac à dos, comme si je cherchais un remède miracle à notre situation. Soudain, j’heurte une petite boîte métallique. Je la saisis, puis la regarde avec étonnement. Elle est finement ciselée – sûrement du travail manuel – à des armoiries inconnues. Elle fonctionne avec un système d’ouverture rudimentaire, un petit clip à relever. Je l’ouvre, n’ayant pas souvenir d’avoir emporté ce genre de chose avec moi.
Des cigares. Ce sont des cigares ! Depuis combien de temps n’ai-je pas mis la bouche sur ce genre de petite merveille ! C’est même plus que ça, c’est un kit contenant en plus un briquet et un coupe cigare… Finalement, il y a peut-être un brin de chance dans cette histoire ! Je me rapproche de mes compagnons, leur indiquant ma trouvaille :
- Je n’ai pas forcément de bonne nouvelle à vous annoncer, mais… j’ai des cigares ! En soi, je considère ça comme une petite bonne nouvelle !
Je tends à ceux qui le souhaite, coupant les extrémités, puis les allumant, avant d’en offrir à qui de droit. Je tire une bouffée, emplissant ma bouche d’une douce fumée aux parfums prononcés : une attaque tourbée, des notes florales, tendant parfois sur un fruité de noix. Je me détends pour la première fois depuis le début de la mission, oubliant presque ma douleur et tous les évènements passés.
A la fin du cigare, je me sens de nouveau d’attaque pour affronter les nouvelles épreuves que la vie va nous tendre dans les prochaines heures. Je présente alors mon plan à mes compagnons :
- J’ai réfléchi à tout ça, voilà ce que je pense : s’ils ont brouillé nos communications, ça ne peut pas être sur un périmètre énorme ; ils ont dû utiliser des modules de rupture par triangulation ; en gros, trois émetteur forme une zone en en triangle, empêchant toute communication dans la zone. Ce genre de module offre l’avantage de ne pas avoir besoin de positionner quelque chose en plein milieu d’une zone, mais d’avoir le matériel autours.
Pour réussir à communiquer, il faudrait récupérer du matériel radio sur les speeders ou sur nos camarades tombés, sans ça, ça va être compliqué de pouvoir appeler à l’aide… J’ai envoyé un message demandant des renforts pendant le combat, mais je ne suis pas certain qu’il ait pu être transmis correctement…
Le souci, c’est qu’avec la tempête, tout risque d’être couvert de neige. Cela étant, j’ai une vieille ruse qu’on m’avait appris avec les bouilleurs à triangulation : le centre de la zone est moins brouillé, permettant de transmettre quelques ondes et un crépitement sonore. Donc, si on part à plusieurs, on cherche le point central, puis on se sépare dans plusieurs directions, cherchant du plus éloigné au plus proche en tournant de manière concentrique dans le sens des aiguille d’une montre.
Si on suit ce procédé, ça va nous permettre de trouver les brouilleurs et de les désactiver ; Je ne sais pas trop si l’un d’entre vous serait capable d’amplifier un signal en bidouillant ces balises, mais si c’est le cas, on arrivera peut-être à faire quelque chose ! J’avoue que ce n’est pas du tout mon domaine, pour être honnête…
Une fois qu’on aura les communications, il faudrait qu’on arrive à voir si des speeders ont survécus au combat et à la neige… Si ce n’est pas le cas, peut-être qu’on pourra en réparer un avec les pièces des autres ? Pareillement, c’est pas du tout dans mes cordes… Bien que j’ai déjà traficoté de l’armement ou des petits appareils, mais pas vraiment ce genre de joujous… d’autant plus que j’ai dix ans de retard niveau technologie…
Bref, voilà ce que je pensais ; quel est votre avis ? -
Post n°14
Auteur : Super PNJLa réponse du Drall est intéressante. Rek’kar tente de donner du sens à ses propos. Le discours de la boule de poils tient plutôt bien la route. Au moins, l’agent semble avoir assez de jugeote pour établir des hypothèses crédibles. Cependant, il y a toujours ces relents de fanatisme qui inquiètent plus ou moins le lieutenant. Avec le Drall, tout ce qui ne correspond pas à sa façon de voir les choses est destiné à être annihilé. C’est en ça qu’un dévouement aveugle est dangereux aux yeux de l’officier. Un individu qui n’est pas capable de se remettre en question, ou qui n’accepte pas d’autres points de vue, représente un danger pour tout le monde, alliés comme ennemis. Après tout, l’Histoire a déjà prouvé à plusieurs reprises qu’un fanatique peut parfois faire plus de ravages dans son propre camp qu’un soldat ennemi. Il faut donc rester prudent face à ce genre de personnages. Kyle se contente d’acquiescer d’un signe de tête.
A sa satisfaction, l’agent Rek’kar change rapidement de sujet. Il en vient de nouveau à parler de sa science des champignons. Le lieutenant écoute attentivement les explications du Drall. Après tout, ses connaissances leur ont permis de survivre jusqu’à présent… Se priver des conseils de la boule de poils serait une grave erreur qui pourrait bien, à long terme, avoir un effet désastreux. S’ils en sortent, ils pourront mettre à profit tout ce qu’ils ont appris auprès de l’agent lors de cette sortie désastreuse… La boule de poils, qui en a terminé avec le côté théorique de la leçon, se charge désormais de leur montrer le côté pratique. Sous le regard curieux de ses deux camarades, Rek’kar exécute une série de soins rudimentaires sur Dax, puis sur sa propre personne. Harper tourne de l'œil le temps d’un instant, perturbé par ce qu’il a sous les yeux. Kyle, à l’inverse, demeure concentré sur les gestes du Drall. Il observe sans broncher, déjà habitué aux horreurs des combats. L’agent fait rapidement son rapport lorsqu’il en a terminé avec les soins. Dax est dans un sale état et risque d’y passer si l’on ne fait rien. Pas étonnant… Un blessé qui reste exposé au froid trop longtemps et qui ne peut pas bénéficier de soins appropriés n’est rien de plus qu’un mort en sursis.
Néanmoins, pour tenter de remonter le moral de la bande d’éclopés qu’ils forment, le Drall annonce qu’il a quelques cigares à partager. Le lieutenant refuse poliment. Harper, qui semble vouloir essayer tout ce qui peut lui permettre de se réchauffer, accepte le cigare que Rek’kar lui tend. Le jeune impérial tire une première bouffée puis se met à tousser. Kyle esquisse l’ombre d’un sourire en voyant l’éclaireur s’étouffer. Ce pauvre bougre n’a visiblement pas l’habitude de fumer. Pris par une violente quinte de toux, Harper en vient à penser qu’il est peut-être plus sage pour lui de crapoter… Il tire donc sur son cigare sans vraiment fumer. Le crépitement des cigares qui se consument doucement est une mélodie agréable à écouter qui semble plus ou moins bercer l’officier à la tête du petit groupe. L’agent Drall, qui semble avoir toujours autant d’énergie à revendre quand il s’agit de papoter, propose un plan qui doit leur permettre de s’en sortir. Le commandant en second de la base secoue la tête dans un sens puis dans l’autre, visiblement en désaccord avec la boule de poils.
- S’exposer en terrain découvert et se séparer est une très mauvaise idée. Je doute que le groupe de Talz qui nous a pris au piège soit le seul à opérer dans le coin. S’ils ont pris le temps de brouiller nos communications, c’est probablement parce qu’ils ont un campement dans le coin et ils ne veulent pas qu’on tombe dessus. Débute d’une voix rauque l’officier. Ces créatures nous ont déjà eu par surprise une fois. Je refuse que ce soit le cas une fois de plus… Surtout avec si peu de moyens et des blessés. Nous serions des proies faciles.
Le lieutenant marque un léger temps de pause, probablement pour réfléchir à la meilleure façon d’agir sans compromettre l’intégralité de son groupe. Après quelques secondes de silence, Kyle poursuit.
- Puisque nous n’avons pas donné de nouvelles, il y a fort à parier que la base a déjà envoyé une unité pour nous retrouver. Il suffit donc d’attendre les renforts avant d’entreprendre une quelconque action.
Une sombre révélation traverse soudainement l’esprit de l’officier.
- Sales enfoirés… Murmure t-il presque pour lui-même avant de reprendre à voix haute. C’est donc ça leur plan. Ils cherchent à vider la base de ses occupants. Nous sommes la troisième escouade à tomber dans leur piège. Et si mon intuition est la bonne, ces salauds de Talz vont poursuivre ce petit jeu malsain jusqu’à ce que l’avant-poste n’ait plus d’hommes à envoyer en patrouille… Quand la base sera suffisamment vulnérable, ils vont probablement chercher à s’en emparer ou la rayer de la carte.
Il ne reste désormais plus qu’à savoir pourquoi ces créatures agissent de la sorte… Ont-elles un but précis en tête ? Est-ce qu’elles suivent les ordres de quelqu’un qui cherche à nuire à l’Impérium ou sont-elles motivées par leur propre survie ? Tout ceci semble bien mystérieux… Quoi qu’il en soit, en tant que commandant en second de la base, Kyle se doit d’agir pour protéger les siens. Dehors, le temps est assez clément pour permettre une sortie.
- Harper, passez-moi votre arme principale. Ordonne le lieutenant.
Le jeune éclaireur remet à son supérieur le E-11s qui lui sert de fusil de précision. L’officier passe l’arme en bandoulière et se lance dans une récolte de champignons diffuseurs de chaleur. Lorsqu’il se sent enfin prêt à passer à l’action, l’impérial donne ses instructions.
- Harper, vous allez rester ici avec Dax. Agent Rek’kar, vous m’accompagnez. Indique Kyle en lançant une paire d’électrobinoculaires au Drall. On va reconnaître la zone.
Le lieutenant réajuste son col en fourrure et quitte la grotte. Un vent léger et frais ramène des flocons de neige sur la parka de l’officier, qui tente de se frayer un chemin dans l’épaisse pellicule blanche. L’homme s’arrête l’espace d’un instant, examine les environs, puis reprend sa progression. Après quelques minutes de marche, Kyle prend position au sommet d’une colline surplombant les alentours. D’ici, les impériaux auront une vue sur toute la zone qu’ils doivent surveiller. L’officier s’installe entre deux rochers, s’allonge et recouvre son manteau en fourrure de neige afin de se fondre dans le décor. A l’aide de la lunette de visée du E-11s, il balaie du regard l’immense étendue immaculée qui s’offre à lui. Rien à signaler pour le moment...
- Agent Rek’kar, couvrez mes arrières. Chuchote le lieutenant à l’attention de la boule de poils. Si vous voyez du mouvement, faites-moi signe…
L’impérial tente de retrouver le site de l’affrontement dans sa lunette de visée. Il passe plusieurs minutes à examiner tout ce qui pourrait ressembler à un corps ou à une arme, sans réellement trouver une piste satisfaisante. La neige semble avoir tout recouvert. Cependant, un speeder à moitié enfoui dans l’épaisse pellicule blanche attire son attention. L’engin a l’air plus ou moins en bon état. Peut-être fonctionne t-il encore… Alors qu’il poursuit sa surveillance, l’officier tombe sur une silhouette au pelage blanc. Un Talz, à n’en pas douter. Puisqu’il ne semble pas vouloir bouger, le lieutenant en vient à conclure qu’il est probablement mort, même si rien ne permet de l’affirmer. Il faudra donc garder un œil dessus.
Kyle patiente tranquillement, confortablement installé entre ses deux rochers. Le froid commence à s’attaquer à ses mains. Il devient difficile pour lui de remuer les doigts. Il s’empare donc d’un champignon fourré dans l’une des poches de sa parka et mord dedans pour laisser la sève se répandre sur la peau gelée de ses mains. La chaleur du liquide se diffuse rapidement et achève de réchauffer ses membres engourdis. L’officier poursuit sa surveillance. Son regard s’attarde sur le corps à moitié enseveli d’un scout trooper. Le blanc de l’armure se fond presque dans le décor. Le cadavre du soldat, abandonné à son sort dans la vaste étendue enneigée, attriste silencieusement le lieutenant. Une colère muette s’empare de son être. Mais pour l’heure, on ne peut rien faire pour les morts… L’équipement qu’ils ont sur eux, cependant, peut permettre de sauver des vies.
L’impérial utilise la lunette de visée du fusil de précision qu’il a réquisitionné pour balayer la zone du regard. Toujours rien à signaler. C’est le moment ou jamais...
- Agent Rek’kar, il y a du matériel à récupérer à dix heures. Essayez de ramener tout ce qui peut servir. Je vous couvre d’ici.
L’action est risquée. Néanmoins, les impériaux n’ont rien à perdre… Il ne reste plus qu’à croiser les doigts. Kyle espère sincèrement qu’il se trompe, qu’il n’y a pas d’autres Talz dans le coin. Dans le cas contraire… Il vient probablement d’envoyer le Drall à une mort certaine.Spoiler : Spoiler
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Post n°15
Auteur : Rek'kar- S’exposer en terrain découvert et se séparer est une très mauvaise idée. Je doute que le groupe de Talz qui nous a pris au piège soit le seul à opérer dans le coin. S’ils ont pris le temps de brouiller nos communications, c’est probablement parce qu’ils ont un campement dans le coin et ils ne veulent pas qu’on tombe dessus. Débute d’une voix rauque l’officier. Ces créatures nous ont déjà eu par surprise une fois. Je refuse que ce soit le cas une fois de plus… Surtout avec si peu de moyens et des blessés. Nous serions des proies faciles.
A la réflexion, ça fait sens, l’officier a sans doute raison : en l’état, nous ne sommes pas de taille à nous frotter à ces individus s’ils sont encore plus nombreux et non-loin de là. Il serait idiot d’aller se suicider dans leurs sales pattes, ça ne ferait que desservir notre Empire. Combien avons-nous pu en éliminer ? C’est la question qui me tourne en tête depuis le début de réponse de l’officier… Je me demande le nombre qu’il reste de ces pourritures ; est-ce simplement une tactique de guérilla d’un petit nombre, ou plutôt une attaque d’envergure pour faire partir l’empire de Hoth ?
La question se pose belle et bien ; déployer tant d’énergie à éliminer des patrouilles successives sur un terrain maîtrisé, armé et organisé, ça ressemble beaucoup plus à une stratégie militaire qu’a des agressions « gratuites » de petits groupes séparés… D’autant plus qu’ils ne semblent pas vraiment vouloir de prisonnier, ce qui élimine l’hypothèse de recherche d’informations. Il semble que ce soit l’aube d’une petite guerre entre les Talz et notre glorieux Empire !
L’officier réfléchit pendant quelques secondes, sans doute à un plan, puis songe à attendre que des renforts arrivent pour nous aider et préparer une contre-offensive. Soudain, j’aperçois une sombre moue sur son visage, comme s’il venait de comprendre quelque chose d’important ; il reprend après avoir murmuré un juron :
- C’est donc ça leur plan. Ils cherchent à vider la base de ses occupants. Nous sommes la troisième escouade à tomber dans leur piège. Et si mon intuition est la bonne, ces salauds de Talz vont poursuivre ce petit jeu malsain jusqu’à ce que l’avant-poste n’ait plus d’hommes à envoyer en patrouille… Quand la base sera suffisamment vulnérable, ils vont probablement chercher à s’en emparer ou la rayer de la carte.
C’est donc bien ce que je pensais, ils sont organisés et semblent avoir un plan d’attaque. Si ce que vient de dire Kyle est vrai, alors la base cours un véritable danger ; cela étant, au bout de la disparition de 4 ou 5 escouades, le commandant de l’avant-poste devrait se rendre compte qu’il y un problème beaucoup plus important et mobiliser plus de troupes, voir même des vaisseaux ou des unités blindées… Enfin, j’espère, sinon je risque de devoir attendre encore plus d’années bloquée sur cette foutue planète en espérant qu’on me trouve à nouveau… Et je n’ai – étonnamment – pas très envie que cela arrive ; je ne suis pas sûr de tenir dix ans de plus, au niveau mental ; je risque de sombrer dans la folie !
D’autant plus que l’on ne peut se permettre de perdre un avant-poste impérial face à une stratégie si « primitive » - même si elle semble plutôt fonctionner jusqu’à présent - ; il va falloir trouver un axe pour réagir à tout cela. Kyle récupère le fusil de Harper, cueille plusieurs champignons rouges, puis se prépare pour une sortie. J’en profite pour indiquer à Harper comment implanter des boutures des deux variétés de Fungi en utilisant les hyphes présents – grâce à la dispersion des spores – pour les transplanter dans les endroits les plus propices à leur développement. Je rajoute au passage un petit mot sur le fait qu’un champignon met plusieurs jours à pousser et que, si nous devons rester bloquer ici plus longtemps, ils seront sûrement nécessaires à notre survie, alors autant prévenir que guérir !
L’officier m’invective de l’accompagner dans sa sortie, me donnant au passage une paire de jumelles électronique, histoire de pouvoir repérer des mouvements suspects. Je me prépare rapidement, me couvrant de ma parka, récupérant mon arme ainsi que mon couvre-chef ; on marche pendant plusieurs minutes dans la neige. Le froids s’est un peu calmé, même si l’air sec donne des frissons.
On regarde attentivement les environs, histoire de ne pas faire une mauvaise rencontre. Je pense qu’avec la petite correction infligée à ceux qui nous ont attaqués, les Talz doivent désormais faire preuve de plus de prudence que lorsqu’ils nous ont attaqués.
Au bout d’un moment, on arrive sur une petite butte sur laquelle l’officier se camoufle sous la neige ; il m’indique de le couvrir pendant son repérage. Je m’installe donc tête bêche, m’enfonçant facilement dans la neige, laissant simplement dépasser mes électrobinoculaires de l’épais manteaux blanc, regardant derrière nous toute forme de mouvements perceptibles. Rien ne semble bouger de ce côté-ci, c’est le calme plat de Hoth tel que je le connais depuis bien longtemps ; il est rare que des formes de vie sortent tant que cela n’est pas nécessaire. Si l’on prend l’exemple des wampas, ils chassent la nuit pour tomber sur les troupeaux de tauntauns et les attraper par surprise ; il est rare d’en croiser leur jour, durant lequel ils se reposent. Il est plus que rare que ce genre de prédateur ne sorte dans les plaines gelées sans une bonne raison ; c’est d’ailleurs pour cela que la chasse aux wampas est un sport ! Me rendant compte que je divague, je reprends ma concentration sur mon objectif initial.
Après plusieurs longues minutes à scruter l’horizon, l’officier m’indique du matériel à récupérer ; je me retourne doucement dans la neige, jetant un regard à travers mes jumelles pour voir exactement la position des débris : il semble qu’un speeder soit dans un état correct. Je fais un signe pour indiquer que l’information est comprise et que je me dirige vers le point sensible : désormais, la discrétion est de mise, dans cet enfer silencieux, la moindre voix peut résonner et révéler notre position, amenant à la fin de cette excursion.
Je décide de jouer la prudence, avançant accroupi dans la neige, ne laissant dépasser qu’un bout de ma tête, me rendant moins repérable. Je m’approche donc doucement, mais surement, de la cible. Soudain, j’aperçois une silhouette dépassant de la neige, à quelques mètres de moi ; je m’immobilise, descendant doucement ma tête pour me mettre à ramper. Le froid commence à se faire sentir. Heureusement la combinaison de ma fourrure et de la parka me protège pour le moment. Je réprime un petit frisson provenant à la fois de l’excitation prédatrice que de la température extérieure.
Je me dis que si je décide de l’esquiver, je serais de toute façon repéré dès que je récupèrerai du matériel. Je bifurque donc en direction du Talz, avançant doucement, creusant la neige en rampant, le plus discrètement possible. Quand je sens que je ne suis pas loin, je dégaine mon arme, puis je bondis dessus d’un seul coup, l’arme au poing, collé à son visage. Il reste immobile. L’adrénaline redescend d’un seul coup : il a plusieurs impacts de vibrolame dans le corps. Je m’allonge à côté, soufflant, retenant un rire nerveux incontrôlé ; c’est mon ami de la dernière sortie que j’ai faite. Je fouille rapidement autours, récupérant un blaster ainsi qu’une vibrolame à sa ceinture ; je ne suis pas certain qu’avec la tempête tout cela fonctionne encore, mais dans le doute, avoir plus d’armes ne pourra que nous être utile !
Je reprends le chemin initial, faisant un signe de la main discret en direction de l’officier pour signifier que c’est un corps et que je reprends la trajectoire initialement prévue. Par réflexe, je continue à ramper dans la neige, ce qui me sauve la vie, lorsque je me rends compte qu’un léger reflet brillant attire mon regard sur ma droite : je suis quelques centimètres sous un fil presque transparent qui semble tendu à environs un mètre du speeder. Je recule doucement, faisant bien attention à ne pas le toucher, puis je commence à creuser en suivant le fil.
Rapidement, je me rends compte qu’il fait tout le tour du speeder et qu’il semble relié à plusieurs charges explosives placées au quatre coin du pot-aux-roses ! Les salauds, ils ont piégé des restes de matériels avant notre sortie pour pouvoir nous la mettre à l’envers dès que nous serions de sortie… Au moins, ça signifie qu’ils sont intelligents et vicieux, ce qui signifie qu’il ne faudra jamais les prendre à la légère sans en subir les conséquences !
La structure semble réalisée en carré autours du véhicule ; ils ont positionné les charges de manière à forme un rectangle, puis, ont joint les charges entre elle, permettant le déclanchement d’une charge – et donc de toute les autres avec le souffle de l’explosion – dès que quelqu’un franchit le fil. Très bien pensé comme technique, je retiens pour la suite des évènements. Je me mets donc au travail.
Une fois le fil déterré, je creuse autours de charges qui sont positionnées : ce sont des grenades thermiques empaquetées dont une à deux fils reliés au levier; le modèle semble plutôt ancien, du fait qu’on utilise maintenant des déclencheurs électroniques, mais ce genre de vieillerie est effectivement bien plus vicieuse dans l’utilisation que l’on peut en faire.
Heureusement, tout semble avoir été installé à la va-vite et je retrouve par hasard la goupille de l’une des charges. Je la positionne dans le logement adéquat, puis je sectionne les fils qui les relies à deux autres charges. J’en profite pour récupérer le paquet, me disant que quelques grenades ne seraient pas de trop. Ne trouvant pas les autres goupilles, je laisse les charges restantes en place, par peur de me faire exploser.
Je m’avance donc doucement, creusant à chaque pas pour éviter tout autre piège. La chance étant avec moi, ils n’ont pas pris le temps d’installer plus de défenses. Je commence à déneiger le speeder, trouvant rapidement le cadavre d’un des sous-officiers qui nous avait accompagné ici ; sûrement Maxson ou Buckanam. Je creuse tout autours, récupérant son arme ainsi que son paquetage ; je n’ai pas vraiment le temps de regarder son contenu, alors je continue à déneiger le speeder. Pendant que je creuse, je répète en boucle le nom des personnes tombées au combat ces derniers jours, évoqués au cours de notre précédente discussion. Je profite d’un petit temps de pause pour récupérer la moitié du matricule porté au cou de la victime, pour le remettre à Harper ; c’est le genre de souvenir qui aident à se battre. En tout cas de mon point de vue.
Au bout de plusieurs minutes de travail, j’arrive à remettre l’engin droit ; je regarde un peu son état : il semble avoir reçu plusieurs tirs, mais les dommages ont l’air superficiels. Bon, je n’ai pas vraiment d’éventail de solutions : il faut que j’essaye de démarrer le véhicule et que je prépare son extraction – et la mienne, par la même occasion - ; le seul bémol du plan, c’est que… je n’ai pas la taille suffisante pour pouvoir correctement diriger le véhicule, ne pouvant poser mes pattes contre les reposes pieds situé de chaque côté, en bas…
Je maudis ma taille pendant plusieurs secondes, puis je réfléchis. Je crois que j’ai un peu de cordes dans mon sac… Hum… Oui ça peut faire l’affaire. J’attache deux bouts à chaque cale-pied, puis je prévois la bonne longueur et un nœud coulissant pour les mettre au niveau de mes chevilles, me permettant de gérer les commandes en tendant mes jambes… Enfin, si tout se passe bien ! Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?
Soudain, j’entends un grognement lointain, puis un tir part dans ma direction. Merde, les Talz rappliquent ! Je n’ai donc plus vraiment le choix, si mon système échoue, je ne pourrais pas fuir à temps, les charges risquent d’être touchée par un tir, même si elles sont en partie recouverte par la neige.
Pour me laisser le temps de fuir, je décide de tenter le tout pour le tout. Je descends, sectionne un fil du piège, puis me dirige vers l’une des charges. Je pose ma main sur le levier pour ne pas que la charge explose, puis je la projette en direction du tir, de toute mes forces, gardant le levier dans ma patte. Je me jette au sol, couvrant mes oreilles. Une explosion retenti plus loin, projetant un nuage de neige dans les airs. J’en profite pour bondir sur la moto, accrochant mes chevilles dans mon système D, puis j’essaye de démarrer le véhicule. Il toussote, mais ne s’allume pas.
- Démarre… Démarre ! DEMARRE BORDEL !
Les tirs commencent à reprendre dans ma direction, puis des échanges succèdent aux précédents. J’avoue ne pas trop me préoccuper de qui tir sur qui, mais je commence à frapper le speeder, de rage, quand soudain, il démarre, se stabilisant au-dessus de la neige.
J’aperçois du coin de l’œil un reflet de lumière provenant de la direction des tirs : il semble qu’un sniper est décidé de me prendre pour cible. Un tir atterri à l’endroit où se trouvait la charge que j’ai jeté quelques secondes auparavant. Le prochain sera sur l’une des deux restantes, j’en suis persuadé. Je balance les gaz à fond en direction de l’officier. Une seconde après mon départ, un souffle d’une exposition me propulse d’autant plus rapidement dans la direction où je vais, non sans me coller un larsen d’enfer et me déstabiliser.
Je manque de tomber pendant la projection, mais je parviens in-extremis à me retenir, dirigeant avec beaucoup de mal l’engin. Je rejoins la position de l’officier, en faisant en sorte de me positionner à plusieurs mètres pour ne pas compromettre sa cachette. Je pivote le véhicule en direction des Talz que j’ai aperçu précédemment, puis j’ouvre le feu avec les blasters lourds de la moto. Au moins, ça devrait les calmer pendant quelques minutes, le temps qu’ils trouvent un moyen de nous éliminer. Je lance au lieutenant, avec un petit sourire :
- Votre carrosse est avancé mon lieutenant ! Il va falloir dégager rapidement !
Je tir par salve, un peu au jugé, espérant que cela les dissuaderait de répliquer le temps que nous prenions la tangente avec l’officier.