Noires représailles [Felucia]
-
Post n°46
Auteur : Super PNJ- Capitaine Wanhauer...Ils sont là.
L'interpellé soupira doucement. Il sentait à la fois le stress et le soulagement s'abattre sur lui. Lorsqu'on était capitaine comme lui, on travaillait avec ces sensations en permanence, elles ne vous donnaient pas un instant de répit. Il sentait des fourmillements dans son ventre, il sentait cet engourdissement hésitant lui picoter le bout des doigts. Mais c'étaient des sensations auxquelles il s'était habitué au fil du temps. Il les trompa toutes d'une légère inspiration, affectant un air sévère, les mains ramenées dans le dos. Tout en se bornant au silence il jeta un œil au représentant républicain présent avec lui dans la pièce. C'était un humain musclé et peu amène répondant au nom de Ranto Corvel. Lui, ainsi que d'autres des envoyés de la Garde étaient restés ici, en la compagnie du grand muun séparatiste, face aux écrans d'où lui supervisait le positionnement des troupes ; ce quartier général avait ainsi surveillé et coordonné le déploiement pour les équipes de recherches, les équipes de traques, les équipes de chasse...Mais aussi celles de secours. Les hologrammes projetaient leur vif et pâle éclairage comme principale source de lumière, découpant en des arêtes bleues les visages présents ; et aucun ne souriait. Wanhauer lui-même avait l'air grave, l'aspect émacié de son crâne était accentué plus encore par cet éclat artificiel. Fut-on allé dans un enterrement qu'on aurait vu les mêmes mines fermées, observé le même silence solennel.
Il se tourna vers l'entrée de la pièce, à laquelle il tournait encore le dos quelques secondes auparavant. Sous la chambranle se tenait au garde-à-vous une jeune humaine aux traits fins mais rigoureusement sérieux en cette heure. Elle était détrempée par la pluie, l'eau avait formé une petite flaque à ses bottes de cuir, ses cheveux retombaient en des mèches éparses et humides sur son épaule droite, mais elle ignorait royalement l'humidité, elle se moquait du froid, tendue à sa pose militaire. Derrière elle, la porte donnait directement vers l'extérieur, sur les rues. On distinguait derrière les courbes de l'humaine la pluie s'abattant sans relâche, on entendait les beuglements des médecins et la marche rapide des B1dans la boue – noyés dans le martèlement incessant de la tempête tropicale.
- Bien...Faites les entrer.
La jeune hocha affirmativement de la tête, puis s'écarta de l'entrée. Des automates entrèrent alors ; c'étaient des modèles au torse rondelet, comme une ampoule qu'on aurait inversée. En bas du thorax, un disque se détachait en relief, plus lumineux – le propulseur grâce auquel les machines se déplaçaient. Ils étaient dotés de visages humanoïdes, à la façon des droïdes nourrices, colorés d'un turquoise typique du personnel médical, et ils en possédaient aussi les longs bras. Ils pénétrèrent dans la pièce, portant des brancards qu'ils étendirent au sol, à la vue de tout l'état major improvisé. Ils déplaçaient avec le lourd matériel nécessaire pour garder ce beau monde en vie : perfusions et tuyaux furent bientôt de la partie, et des électrocardiogrammes qui vinrent accompagner le tambourinement continu de la pluie de leurs bips discrets. Au total, on amena six brancards.
On avait étendu deux gardes républicains et deux séparatistes ; trois étaient humains, blessés, enrubannés dans des étales et des pansements. Le teint blafard et maladif du coma artificiel couvrait leurs peaux en un sinistre baume. Le quatrième était un tas de...Pièces en tout genre. C'était un amoncellement de tôles et d'écrous déchiquetés, de fils mis à nus comme des boyaux dans une boucherie, d'articulations broyées. C'était le sergent Iroey – ou du moins ce qu'il en restait. Celui qu'on avait récupéré à la demande du lieutenant Tericarax, en vue d'un recyclage. Il le confierait aux soins des organes de recherches et développement confédérés. Eux sauraient bien quoi en faire.
Là – inconscients - se tenaient quatre têtes brûlées qui avaient risqué leur vie voire le bon déroulé de l'opération.
Là se tenaient ceux qui avaient fait sortir le Sith de sa cachette et mis fin aux traques.
Là se tenait une équipe d'inconsidérés, d'irréfléchis et indisciplinés casse-cous...
Là se tenaient quatre intrépides.
Il n'allait pas faire leur éloge, car ils avaient contredit les ordres, ils avaient désobéi aux instructions en dépit du bon sens. S'ils avaient échoué, tout aurait pu prendre une tournure si catastrophique...N'avaient-ils pas imaginé que le Sith aurait pu les prendre en otage ? C'était bien pour ça qu'on donnait des ordres et qu'on coordonnait l'opération avec un point de vue global bon sang !
Mais malgré tout...Il les salua intérieurement. Dans le plus grand silence, sans qu'aucun geste ne trahisse sa pensée bien entendu, une simple révérence spirituelle. Ils étaient imprudents, certes, ils avaient mis en danger tout le bon déroulé de l'opération et en seraient sévèrement blâmés...Mais qu'était l'héroïsme après tout, sans une touche de témérité ?
Reléguées sur le côté, deux civières paria retinrent l'attention du muun. C'est lorsqu'il posa ses yeux dessus qu'un droïde médical vint dans sa direction.
- / Les blessés sont prêts à être transportés capitaine./ Les cuves sont en train d'être préparées dans l'aile médicale de l'Hardi./
- Bien...(Il reporta son attention sur les deux autres civières. Les corps étaient dissimulés sous des draps blancs)...J'imagine que ce sont les Sith ?
- /Affirmatif capitaine. Morts biologiques confirmées. Extraction dans quatre minutes trente secondes par la navette 0055-494C./
Alors, il se tourna vers les républicains, tendant une main ferme à Corvel.
- Pacificateur Corvel, merci de votre aide. Vos deux hommes vont être rapatriés avec vous dès la navette arrivée. Soyez assurés que ni moi ni la Confédération n'oublierons votre aide de si tôt ! J'ose espérer que ceci marquera le début d'une collaboration plus rapprochée entre républicains et séparatistes. Une perspective d'avenir encourageante!
Laïa, rappelez les troupes, retour vers les hangars. Je veux que seuls les chantiers de réparation restent actifs, pour continuer le déblaiement et les réparations.
La jeune femme fit un nouveau salut puis disparut pour distribuer les ordres tandis que le muun adressait un sourire diplomate aux républicains.
Moins d'une heure plus tard, le grand croiseur républicain quittait l'orbite de Félucia. Les troupes séparatistes s'assurèrent de leur côté que toute la situation fut bien calmée ; on distribua des provisions aux villes qui avaient été attaquées, on laissa quelques hommes derrière pour superviser les travaux de réparation, et bientôt Wanhauer était sur le pont de l'Hardi à distribuer ses ordres, Laïa à sa droite. L'opération était terminée, mais on ne se reposait jamais vraiment dans la Confédération.Spoiler
-
Post n°47
Auteur : LyzsSpoiler : PNJ's - Garde Républicaine
Les gardes savent qu’ils doivent se battre en groupe. Ils savent que leur expérience est trop mince pour espérer tenir tête à un Sith. Ils savent qu’ils ont des ordres à respecter et qu’ils seront blâmés s’ils ne le font pas. Et, pourtant, ils ont joué aux héros. Des héros ayant vaincu, mais pas sans frais. Deux d’entre eux sont gravement blessés au point de ne pas savoir s’ils pourront s’en remettre totalement. Avec la médecine actuelle, ça signifie -pour faire simple- qu’ils ont vraiment foiré.
Les autres gardes sont trempés et fatigués. Ils ont couru sous la pluie, se sont dépêchés, mais personne n’est arrivé à temps pour porter assistance aux combattants. Corvel, lui, a la gorge nouée. C’est une victoire, mais pas une belle victoire. Les forces républicaines n’ont pas agi aussi efficacement qu’elles le devaient. Alors, avec sa rigueur habituelle, le pacificateur ordonne aux équipes de se préparer à recevoir les blessés.
Kanos, de son côté, est revenu à bout de forces avec une grande blessure sur le visage. Ranto ne lui fait d’ailleurs pas de remarques. Il est occupé à répondre au capitaine séparatiste et lui sert des mots diplomates qui n’ont pas l’air d’être de lui : ses pensées sont tournées vers les blessés et vers l’équipe restée sur Utapau. Il salue, puis la garde quitte Felucia.
La navette a aussi embarqué un lourd silence à son bord. Celui-ci pèse sur tous les soldats. Ceux-ci ne sont inquiets pour les blessés, mais aussi pour eux. C’est un tout : ils auraient peut-être pu mieux communiquer ? Ils auraient peut-être pu empêcher ça en arrivant plus vite ? Ils auraient alors pu éviter de laisser les autres se blesser et les empêcher d’aller contre les ordres. Ah, les ordres… Les quelques regards discrets lancés en direction de Corvel sont parleurs : les gardes sont aussi inquiets parce que leurs camarades ont désobéi.
Le chef, debout, se tient à une barre accrochée au plafond. Il est bien loin de s’occuper des soucis de ses hommes. Il est occupé à se mordre les doigts. S’il avait été sur place, l’affaire aurait sûrement été pliée. Mais, non : c’était une mission pour ses soldats. Il leur faut prendre de l’expérience, il leur faut connaître les risques du métier. Il leur faut comprendre qu’on n’est pas là pour plaisanter. Un grésillement. Ranto est tiré son absence : le pilote indique qu’ils sont bientôt arrivés. Il n’aura pas fallu longtemps à la navette pour se rapprocher du Venator. Avant de passer le champ du hangar, Corvel se tourne enfin vers les gardes.
— Voilà ce qui se passe, quand on ne respecte pas les ordres… Les Sith ne sont pas des adversaires que vous pouvez prendre à la légère. Quand vous aurez 15 ou 20 ans d’expérience dans les pattes, là, vous pourrez prendre des initiatives. Pas avant. Et si vous continuez comme ça, vous n’aurez jamais le le temps de l’accumuler, cette expérience. Et j’espère que vous retiendrez la leçon, parce que les sanctions vont aller crescendo. Cette fois, on va rester calmes : vous aurez tous droit à une attention particulière au niveau de la discipline. Explique-t-il, impassible.
Il se tait un instant, personne ne s’agite ou ne sourit. Tout le monde est tourné vers Ranto. D’habitude, il est du genre à crier, à s’arracher les cordes vocales et à traîner des groupes entiers par les oreilles. Mais, aujourd’hui, il est calme et solennel. Les yeux bruns du leader passent sur chacun des visages. Il les connait tous. Leur noms, leur prénoms, même leur groupe sanguin. Ces hommes sont censés être le fleurons de la garde républicaine et pourtant... Une petite secousse : l’engin atterrit. Alors que l’arrière de la navette pour taper sur le sol de fer, le chef donne de nouvelles consignes :
— Vous aurez des retours sur cette mission… plus tard. Jusque-là, vous êtes en temps libre. Qu’on ne me dérange pas.
Le chemin du retour devrait laisser le temps aux gardes de digérer la mission. Plutôt que de les noyer sous les reproches, Corvel décide de les laisser méditer. On ne célébrera pas la fin de la mission, même si celle-ci a été une "réussite"... Ainsi, de la plus sobre des manières, la garde et tous les républicains quittent l'espace de Félucia pour rejoindre les étoiles.
