Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #10

    Post n°10
    Auteur : Kath Aplazm


    Quand la porte s'ouvrit, le compagnon de cellule de Kath plongea d'un bond sur le garde qui venait d'arriver. L'Alderaani ignorait tout de l'espace Kalee dont ce dénommé Muriel j'aïe Vélère -à moins que ce soit Vélar ? ...il l'appellerait Uri !- avait parlé, mais il s'agissait à n'en point douter d'un lieu où l'on apprenait à se défendre. Car si cet "Uri" présentait une silhouette maigre, la lumière des flammes maintenant plus proches et plus vives faisait luire ses yeux brillants et ses serres acérées. Le novice regretta un instant de ne pas avoir un peu plus craint son acolyte lors de leurs premières minutes ensemble : s'il l'avait désiré, le Kaleesh l'aurait sans doute éventré, eût-il été libre de ses mouvements.
    Kath se consola dans la pensée rassurante que cet être aux allures de reptile était de son côté et paraissait tout à fait pacifique, s'il on omettait le violent coup qu'il venait d'asséner à l'Ewok en face de lui. Vraiment, quel comportement agressif pourrait-il reprocher à Uri, qui pointait à présent la lance affutée de l'autochtone vers son propriétaire ? Le visage plongé dans une contemplation naïve, Kath sortit de la cellule, imitant son compagnon. De son côté, le geôlier Ewok fit le chemin inverse ; un court instant, le regard du jeune homme et de la petite boule de poils se croisèrent. Le temps parut se figer, et le novice crut déceler une flamme de haine dans les yeux du petit autochtone. Au diable ses craintes concernant Uri, le vrai danger était ailleurs. Kath le savait bien : il vérifia trois fois que la porte de la cellule était fermée et l'Ewok bâillonné à l'aide des liens dont Uriel s'était défait avant de se retourner vers son ami.

    Le novice voulut ouvrir la bouche, mais il s'arrêta juste à temps : au tournant de ce qui ressemblait à l'angle d'une hutte, bâtie -comme toutes les demeures des villages Ewoks- sur le flanc d'un arbre, des ombres grandissaient et approchaient, accompagnées d'un bruit de tambours et de cris aigus et vraisemblablement hostiles. Kath planta son doigt contre ses lèvres en regardant Uriel : pas question de faire un bruit, sous peine de mourir lapidés et percés de traits sur le champ. L'Alderaani avait vu ce que les Ewoks étaient capables de faire lorsqu'ils étaient en colère, les mercenaires de Beemen l'avaient compris trop tard. Il jeta un regard alentours, cherchant désespérément une voie par laquelle s'échapper.
    Malheureusement, la prison avait été pensée par des geôliers soucieux de la sécurité de leurs quartiers pénitentiaires : hormis le couloir d'où provenaient les ombres et l'agitation, les cases qui servaient de chambres de prison aux détenus étaient disposées en groupes de trois ou quatre autour d'un tronc épais de quatre bons mètres de diamètre, sans pour autant être directement mitoyennes. Ainsi, les espaces entre les différents agglomérats de cellules ne s'ouvraient pas sur de nouveaux couloirs, mais sur la noirceur de l'épaisse forêt de la lune forestière. A vue de nez dans la pénombre ambiante, Kath ne pouvait réellement estimer la distance qui les séparait du sol depuis la plate-forme pénitentiaire sur laquelle il se trouvait. Quinze mètres, vingt mètres ? Trente ? S'il avait déjà survécu à une chute de cette hauteur en tombant des hauteurs du Sanctuaire la veille , le novice savait qu'il n'avait dû sa survie qu'à un moment de chance qui ne se reproduirait plus. Sauter n'était donc pas une option, d'autant que mes fugitifs ignoraient ce qui se trouvait en bas.

    Se déplaçant à pas de loup derrière le tronc de l'arbre central, Kath lançait les bras dans de grands arcs de cercle pour enjoindre Uriel à le suivre : si l'un ou l'autre se faisait repérer, ils y passeraient tous les deux. Le jeune humain avait du mal à contenir ses tremblements à mesure qu'il longeait le tronc, jetant des coups d’œil frénétiques vers la forêt, dans l'espérance folle de voir arriver un vaisseau, un oiseau ou une chimère légendaire qui l'emporterait sur son dos pour quitter cet endroit horrible et le ramener dans le confort de la cité d'Aldera. L'écho résonnait sur ses tempes au même rythme que les tambours et les battements de son cœur. Et soudain, il sentit un vent froid lui caresser la peau. Levant les yeux vers un ciel masqué par les feuillages épais, il tressaillit lorsque le grondement du tonnerre retentit. Une goutte de pluie glaciale vint s'écraser sur son nez, qu'il essuya à la hâte d'une revers de sa bure déchirée.


    - J'espère que tu ne crains pas l'eau, Uri, dit-il à son compagnon à mi-voix, ..parce que sur cette horrible lune, tu vas être servi. Heureusement, avec un peu de bol, ils reconsidèreront leurs envies de nous faire cuire à la broche...

    Kath sourit légèrement de ce trait d'humour hasardeux. Comment arrivait-il à se réjouir en cet instant ? Il était bien placé pour savoir que les Ewoks rivalisaient d'ingéniosité avec les plus cruels tortionnaires quand il s'agissait de tourmenter leurs captifs. Une averse momentanée leur offrirait peut-être un léger sursis, mais rien de plus. En attendant, les cris dans le couloir adjacent se calmaient un peu à mesure que la récurrente pluie saisonnière s'abattait sur le village Naa'fruu. Ces satanées intempéries tombaient à pic, pour une fois. Pas superstitieux jusqu'alors, Kath songea à se rappeler de déposer quelque chose sur l'autel des dieux du ciel s'il en réchappait. Il leur devrait bien ça.
    Silencieusement, il se dirigea vers l'ensemble de cellules situé à l'opposé de leur lieu de captivité originel : depuis cette position, il pouvait rester caché sous un demi-couvert et observer la situation. Mais la pluie s'intensifiant, il pouvait à peine distinguer Uriel à ses côtés, quelques mètres en retrait. Il lança un regard ennuyé au natif de Kalee, qu'il appuya d'un hochement de tête et d'un mouvement d'épaules : peut-être l'autre possédait-il une vue hors du commun, en tout cas l'Alderaani ne distinguait rien qui puisse les aider à s'échapper.


    - Uri, si tu as une bonne idée, c'est maintenant...
    dit-il avec une grimace. Sa voix résonna plus fort qu'il l'avait voulu, car les bruits de l'averse masquaient une partie des sons tout autour de lui. Gêné d'avoir peut-être compromis leur couverture, il eut un mouvement de retrait. Son pied heurta une quelconque objet qui trainait là et il se retrouva sur les fesses dans un bruit sourd. Les battements de son cœur s'accélérèrent : il aperçut dans le lointain de petits silhouettes noires. Les Ewoks avaient dû s'arrêter un instant, mais ils n'avaient certainement pas perdu de vue l'exécution fixée ce soir. Kath rampa contre le mur extérieur de la cellule mais son front heurta un montant en fer. Portant ses mains à sa tête, il étouffa un juron.

    Du métal ? Le novice leva un sourcil. Les Ewoks n'avaient pas montré un talent particulier à la métallurgie et se contentaient en général d'arranger des morceaux de tôle trouvés sur des vaisseaux ou abandonnés dans les bois ; cette porte de prison devant lui paraissait bien plus ouvragée que celles des autres cellules, plus rudimentaires. Jetant un œil à l'intérieur, son sang se glaça et l'écho en lui s'affola, cette fois d'une façon bien plus désordonnée que lorsque Nass s'était avancé devant lui, comme s'il émanait de l'ombre frêle qu'il observait au fond de la cellule une sorte de champ de confusion. Pourtant, cette...chose était assise dignement, dans une pose méditative que Kath avait déjà observée chez quelques Jedi dans les travées du Sanctuaire. Il resta un instant à la contempler, espérant comprendre sa nature dans l'observation de ses mouvements, mais la forme ne bougea pas d'un iota.

    Un cri perçant le ramena à la réalité, provenant de derrière eux, depuis la cellule qu'ils avaient quittée quelques instants plus tôt. Le garde Ewok avait dû se libérer ! Le novice se mordit la lèvre de n'avoir pu mieux ligoter la petite boule de poils, qui venait de donner l'alerte. Si Uri avait simplement usé de la lance pour... Non. Trop de sang avait déjà coulé aujourd'hui, le Kaleesh avait eu raison de ne pas en répandre d'avantage. Kath secoua la tête comme pour en chasser les sombres pensées que lui avaient inspiré Nass et son attitude, le choc spirituel que lui causait la vue de l'être confiné dans la cellule et surtout son manque de sommeil. La crainte de la mort, la peur et la colère se mêlaient et formaient dans ses esprits une mixture étrange, dont il refusait la vue. Il ferma donc les yeux, attendant que l'écho se taise.
    Ce dernier redoubla d'intensité. Il se fragmentait en plusieurs sons qui, dans un mouvement étrange et dissonant composaient dans son cerveau fatigué des formes abstraites : un bruit clair mais faible semblait s'approcher de lui. Au milieu de la cohue, il se força à concentrer son esprit sur cette vision moins floue que les autres. Le novice tendit la main en ouvrant les yeux. Il venait de poser sa paume froide sur l'épaule d'Uri. Il adressa un regard empli de désarroi à son ami. Kath avait bien du mal à comprendre la signification de ce maudit écho qui se manifestait de plus en plus souvent dans sa vie. Et il ne le saurait peut-être jamais : autour d'eux, des rangées de lances se dressaient, perçant la pluie, à quelques mètres de là. Une vision qui avait aux yeux du novice un air désagréable de déjà-vu.

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      #11

      Post n°11
      Auteur : Uriel

      La pluie s’abattait à verse au cœur du village Naa’fruu. Le groupe progressait en silence à l’intérieur du campement perché dans les arbres. L’intempérie couvrirait leur progression, du moins, c’est ce qu’Uriel espérait. Leur fuite semblait étrangement simple jusqu’alors. A tel point que le kaleesh demeura bouche bée lorsque son acolyte lui demanda si une solution lui était apparue, apeuré à l’idée de briser leur chance insolente.

      Soudain, Kath heurta involontairement une babiole traînant au sol, ce qui produisit un bruit sourd, qui ne manquerait pas de mettre un terme à leur équipée. Néanmoins, aucune réaction à l’horizon. Pas une sentinelle ne pointa le bout de son nez sur les lieux. Leur bonne étoile brillait toujours au-dessus de leur tête, se complut à croire Uri. Cette pensée fut de courte durée. Le répit se consuma lorsqu’un cri strident mit un terme à leurs espérances de fuite. Le garde, ligoté auparavant dans la cellule, s’était échappé et ameutait l’ensemble de la tribu sur le site. Une haie de lances rudimentaires émergea tout autour d’eux. Plus aucune échappatoire ne se manifesterait. La cellule ne serait plus leur destination. Le chef du village rappliqua auprès des fugitifs et ne tarda pas à régler la question. D’un geste résolu, il indiqua une direction au détachement. Les plantons ne tardèrent pas s’exécuter et traînèrent les deux prisonniers en direction de l’endroit indiqué.

      A mesure qu’ils se reprochaient, le natif de Kalee constata que l’ensemble de la tribu semblait elle-aussi converger vers ce lieu. Sans nul doute celui de leur exécution. Uriel s’était résolu au sort qui lui était réservé. C’était là faire preuve de sagesse que de ne pas se mentir à soi. Dans un élan d’acceptation, le kaleesh se tourna vers Kath et déclara avec gravité :


      - Tout cela était écrit, Kath. Il n’y a aucune amertume à avoir, crois-moi.

      Les yeux emplis de fatalisme, il fusilla du regard ses bourreaux, comme pour leur signifier qu’il était résigné à mourir en martyr. Tout cela n’avait plus d’importance. Ce qui l’avait mené ici ? A quoi bon s’en soucier maintenant ! A ses yeux, ces chimères s’étaient portées à lui pour lui signifier quelque chose, qu’il ignorait. Il pouvait tout aussi bien s’agir d’un message de mort. Uriel ne la craignait pas. Au fond, la mort n’était que miséricorde. Une grâce, que même les plus infâmes personnages, ne reçoive qu’à la fin d’une vie de servitude du Mal et de ses attributs. Le natif de Kalee avait de quoi se réjouir. On lui épargnerait les affres du temps.

      Leur marche funèbre prit fin sur une plate-forme assimilable à une place publique dans leur microcosme. Les prisonniers furent jetés à terre au milieu de la foule. La vindicte populaire ne tarda pas à embraser la place. Les vociférations des autochtones redoublaient d’intensité à mesure que les gardes s’activaient à allumer le bûcher. La pluie compliqua l’allumage, ce qui ne manqua pas de causer l’hilarité en la personne d’Uri, qui ne pouvait résister au caractère grotesque de la scène. Les gardes s’efforçaient tant bien que mal, armés d’un silex et d’un fragment d’amadou, à enflammer les bûches amoncelées au cœur du bûcher. Témoin du ridicule offert par ses subalternes, le chef du village marmonna d’obscures paroles à un détachement de gardes. Quelques instants plus tard, ces derniers placèrent de vulgaires pieux aux quatre coins du bûcher et recouvrirent ces derniers d’une plaque de tôle. La difficulté surmontée, plus aucun obstacle ne semblait se trouver entre eux et les flammes ardentes.

      Contraint à s’agenouiller devant la foule hostile, Uriel résista aux exigences des Ewoks. Cela lui fallut un violent coup de bâton dans les genoux, ce qui le força à s’écrouler à genoux. Le natif de Kalee pensait que l’humiliation ne pouvait aller plus loin mais il avait tort. Le chef de la tribu s’approcha du kaleesh et le frappa une première fois au visage. A peine remis du horion, l’Ewok réitéra la brimade, mais cette fois-ci, il poussa le vice plus loin encore et arracha le masque d’Uri. Partie intégrante de son héritage kaleesh, le masque fabriqué à partir d’un crâne de mumuu appartenait à son grand-père. Plus qu’un masque, c’était un totem, un fétiche à laquelle jai Veelar accordait déférence et fierté. Le geste du chef de tribu était impardonnable mais le prisonnier ne pouvait rien faire.

      Bien qu’il ne fût pas un fervent dévot, le natif de Kalee s’intéressait au culte des Kaleesh. Ces derniers ne souscrivaient pas à l’espérance d’une vie après la mort. En revanche, la société sur Kalee ralliait l’hypothèse selon laquelle les défunts s’élevaient dans la mort au rang de divinités. Jai Veelar ignorait trop quoi pensait de cette déification. Il voyait la mort pour ce qu’elle était. Une fin à titre définitif, sans aucun aménagement possible.

      Le brasero flambait proprement désormais. Si bien, que le supplice ne durerait plus très longtemps. La véritable question était de savoir qui serait sacrifié le premier. A cela, les Ewoks ne tardèrent pas à répondre à leur manière. Leur haine à l’égard de l’humain et du kaleesh, qu’ils assimilaient à un Sanyassan, était tel qu’ils ne firent aucune différence. Tous deux furent ligotés au niveau du thorax dos-à-dos sur une broche d’une demi-douzaine de mètres. Uriel s’adressa à son compère en reprenant ce que son acolyte qu’il avait lui-même dit quelques minutes plus tôt :


      - Kath, si tu as une bonne idée, c’est maintenant…

      La fin était proche. Pas un sursaut de colère ou de haine n’aurait contribué à améliorer leur sort. Il fallait s’en remettre à l’essence même de leur raison d’être. Vider leurs esprits de toute agressivité. Uriel se sentit comme insufflé d’un sentiment de plénitude, jusqu’alors inconnu. Il n’avait pas cédé à de bas instincts. Bientôt, il pourrait s’élever là où ses songes passés l’avaient guidé. Un néant où la bestialité n’a pas sa place, et qui sait, peut-être trouverait-il le temple sibyllin qui l’avait tant obsédé jusqu’à présent.

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        #12

        Post n°12
        Auteur : Kath Aplazm

        Les Ewoks n'éprouvèrent aucun mal à maîtriser Kath et Uriel, comme les deux acolytes n'étaient pas armés et ne manifestaient de toute façon aucune envie de résister. Le jeune humain aurait voulu, mais ses forces l'avaient totalement quitté et ses blessures recommençaient à lui faire mal. Il éternua bruyamment, trempé par la pluie qui tombait à verse. De son côté, le Kaleesh Uriel n'avait pas l'air plus combattif. Il émanait de ce compagnon de fortune une bien étrange aura, que Kath avait du mal à saisir : il ne pouvait interpréter l'écho qui l'entourait lui aussi et qui résonnait avec les sons dans sa tête. Et ce qu'il en comprenait était fort, mais calme et lent, comme les vagues d'une mer apaisée. Comment Uriel pouvait-il garder la tête froide en de telles circonstances, comment pouvait-il sembler aussi résigné ? Ses paroles le confirmèrent : Uriel avait baissé les bras avec fatalisme, sans paraitre pour autant abattu.

        Kath ne voyait pas le visage de son ami à travers cet opaque et hermétique masque et ne pouvait lire ses mouvements puisqu'il était poussé devant lui par les autochtones, vociférant et faisant tournoyer leurs armes rudimentaires. Abandonné à la fatigue, l'Alderaani percevait ce qui l'entourait avec une étrange clarté, comme si son contact bref mais intense avec la personne enfermée dans la cellule fermée de fer avait éveillé en lui quelque chose. Il soupira lourdement, comme on le pressait vers l'avant. Arrivés sur ce qui semblait être la grand-place aérienne de leur village, les Naa'fruu jetèrent leurs prisonniers au sol et commencèrent, non sans difficulté, à allumer un feu au milieu d'un âtre à ciel ouvert. Tandis que quelques Ewoks combattaient la pluie en apportant couvert à leur brasero, les autres dardaient les deux captifs de coups de bâtons lorsque leur chef tournait la tête, si bien que Kath se retrouva vite à plat ventre, éreinté et couvert de bleus. Il ferma les yeux jusqu'à ce que plusieurs paires de mains puissantes le relèvent et l'attachent à une grande broche. Il jeta un rapide coup d’œil autour de lui : on amenait Uriel à ses côtés, dépossédé de son masque. Les traits de son ami, tirés et anguleux, rappelaient une chauve-souris. En d'autres circonstances, Kath aurait été saisi d'effroi, mais l'expression digne de son camarade le tint coi. Vraiment, cet être était difficile à cerner.

        Le jeune homme tenta de se libérer pendant un instant, mais ses liens étaient trop solides. On plaça Uriel dans son dos, et la broche de six mètres sur laquelle ils étaient accrochés fut soulevée afin de les placer au dessus du feu : plus qu'un bûcher traditionnel, il semblait que les Ewoks tenteraient de les faire cuire. Nass avait-il dit vrai ? Leur destin était-il de finir dans l'estomac de bêtes de la forêt dont ils ignoraient jusqu'au nom ? Kath ferma les yeux. Il s'était juré, quelques instants plus tôt, de ne pas se laisser aller au désespoir. Ses pensées s'enchainaient à toute vitesse, mais il ne pouvait penser à quoi que ce soit qui leur permettrait de se tirer de ce pétrin. Pourtant, il restait en lui une lueur de défi, de ce sentiment si particulier qui lui avait toujours permis d'aller de l'avant, même dans les pires moments de son existence. On ne se débarrasserait pas si facilement de lui, comme on ne vient pas si facilement à bout des mauvaises herbes.

        Le corps de Kath devint chaud à mesure que les flammes roussissait ses vêtements presque secs. Il gardait les yeux fermés, mais les hurlements guerriers des Ewoks lui permettaient de situer assez bien son environnement sans avoir à le regarder. Il se concentrait ses l'écho, comme il avait réussi à le faire peu de temps auparavant. Il sentait bien Uriel derrière lui, plus calme encore et dégageant une impression de vacuité qu'il n'avait ressenti qu'une seule fois auparavant : lorsqu'il avait pénétré dans la Chambre du Conseil Jedi. Tout autour d'eux, il n'y avait que cris, colère et désir de vengeance. Comment devait-il répondre à cela ? Le novice ne le savait pas. Il faudrait un miracle.
        Pragmatique, il imita Uriel et tenta de chasser toute émotion parasite. Il resta encore quelques instants à combattre peur et lâcheté quand une flamme vint lui lécher le visage, embrasant une mèche de ses cheveux. Kath se rendit à l'évidence : rien de ce qu'il faisait n'avait de sens, ni d'intérêt d'ailleurs. Il ouvrit les yeux pour se trouver à un mettre d'un brasier incandescent ; le jeune homme ne put contenir un cri de surprise. Il se secoua alors frénétiquement comme un poisson piégé hors de l'eau.


        - Uri ! Tu m'entends ?!
        vociféra-t-il par dessus les cris joyeux des Ewoks, qui s'étaient mis à danser autour du feu. Leurs ombres projetaient sur les arbres et les huttes des formes inquiétantes, grandes et terribles. Secoue-toi !

        Disant cela, Kath soufflait avec intensité sur le feu dans l'espoir de l'éteindre, mais il ne fit que raviver les flammes qui étaient arrivées à quelques centimètres de lui. Leurs bourreaux firent cependant tourner la broche, et ce fut au tour d'Uriel de se trouver nez à nez avec le feu. Kath cracha ses poumons, asphyxié par la fumée qui montait peu à peu ; à ce rythme-là, ils allaient mourir. Dans leur position, impossible de l'empêcher. Le novice contempla alors sans la voir la foule des Ewoks. Les ténèbres derrière eux étaient plus sombres que jamais et offraient aux yeux de Kath une vision de ce que pouvait être l'enfer, peuplé de démons et de monstres sadiques. Un jeune autochtone frappait sur un crâne avec des os, produisant un son creux qui se répercutait alentours et rythmait les hurlements de leurs geôliers.
        Inconsciemment, l'écho en Kath prit le même rythme, rapide et faible, que le battement du tambour de fortune de l'Ewok. Et comme par miracle, de la même façon qu'il avait délié inexplicablement ses liens un peu plus tôt, le crâne rentra en lévitation un court instant, s'échappant des mains du jeune Ewok, avant de retomber au sol et de se briser. Plusieurs guerriers arrêtèrent net leur farandole pour jeter un œil à ce qui venait de se passer et les cris s'interrompirent une minute. Néanmoins, cet évènement anecdotique n'avait pas suffisamment distrait les boules de poils pour qu'ils lèvent les yeux de leurs prisonniers. Mais il avait donné à Kath une idée, et lui avait fait comprendre quelque chose. Il ne savait bien comment cela fonctionnait mais il avait compris que la correspondance entre le son qu'il ressentait et qui lui perçait les tympans et les bruits extérieurs, même inaudibles aux oreilles d'autres que lui, avait un effet.

        Sans attendre, il chercha autour de lui tout son qu'il pouvait percevoir. Une lance posée sur une balustrade. Deux secondes plus tard, il la sentit tomber dans l'mmensité noire de la forêt. Un panier d'osier mal refermé. Il eut vite l'impression qu'il était tombé, sans pour autant le voir. Un Ewok s'aperçut finalement de ce qui se passait lorsqu'un quatrième, puis un cinquième objet usuel vinrent à bouger d'eux-mêmes. Des voix affolées s'élevèrent et le chef du village s'avança parmi les siens d'un air calme mais d'un pas trop vif pour ne pas trahir son inquiétude. Les regards étaient tous posés un peu partout sauf sur les deux condamnés, dont les vêtements se consumaient lentement sous les flammes.

        A quoi bon distraire ces créatures s'ils continuaient à brûler ? Mais pour la première fois dans sa vie, Kath eut alors quelque chose qui s'apparentait à une bonne idée. Les yeux rougis par l'âpre fumée, il tenta d'écouter un nouveau son, celui de la broche sur laquelle ils étaient attachés. Bien sûr, il aurait pu tenter d'écouter leurs liens, mais Uri serait tombé tête la première dans le feu. Kath s'étonna d'avoir l'esprit si clair en un moment aussi fatal. Il sourit. Finalement, la présence apaisante d'Uriel et le son calme profond avaient peut-être un effet sur lui. Fermant les yeux, le novice Jedi se concentra sur la broche. Contrairement aux autres objets, cependant, celle-ci était plus difficile à saisir, prise entre les sons dissonants qui provenaient des flammes et la présence englobante d'Uriel. Peine perdue. Une goutte d'eau froide s'écrasa soudain sur son visage, passant à travers un trou minuscule dans la plaque de tôle au dessus d'eux. Mais oui ! Il tenta de rentrer en résonance avec le large morceau de métal : au prix de quelques essais, il parvint à la déplacer d'un centimètre ou deux, mais les Ewoks avaient commencé à reprendre leur place autour d'eux ; le chef du village afichait un regard perplexe mais résolu à en finir.


        - Uri, cracha l'Alderaani, à mi-voix et à bout de souffle, suffoquant. Uri ! Tu vas bien ? Je pense savoir comment nous échapper mais je... il eut un éternuement bruyant. Les Ewoks ne se troublèrent pas de ça, car ils formaient maintenant un cercle autour d'un pot d'argile qui venait de se briser sur la plate-forme de bois. ...Je ne peux pas plus les distraire. Il faut qu'on fasse quelque chose, maintenant !

        Le novice se souvint des paroles résignées de son partenaire et espéra que la chaleur des flammes lui avait fait changer d'avis sur son acceptation de la mort, à moins qu'elles ne l'aient déjà tué. Kath commençait à paniquer mais cette fois-ci, il avait un plan, aussi bancal était-il. Mais pour cela, il devrait s'en remettre à l'ingéniosité de la créature reptilienne. Si son ami pouvait attirer l'attention des Ewoks sur autre chose qu'eux, peut-être arriverait-il à dompter son écho intérieur assez longtemps pour faire tomber la plaque de tôle. Si la pluie ne cessait pas, ils auraient au moins encore un moment de répit.
        Les tempes de Kath battaient à un rythme régulier. Il serra les dents, crispé. Quel drôle de moment la Force avait-elle choisi pour le convaincre de son existence !

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          Post n°13
          Auteur : Uriel

          « Tu sens cette odeur ? s’enquit le grand-père d’Uriel. C’est le tribut des flammes, fiston, rien d’autre au monde ne dégage une telle odeur ». La dépouille mumuu sauvage que le doyen avait abattu quelques minutes auparavant avait été réduite en cendres. « J’adore respirer l’odeur mumuu calciné au petit matin. Un jour, toi aussi tu connaîtras le même sort. On ne retrouvera pas le moindre morceau de chair, rien, pas un seul. Seulement ce fumet qui trouble les sens comme l’odeur… d’une œuvre inachevée ».
           
          Les glaçantes paroles de l’aïeux semblaient surgir d’outre-tombe. La voix affolée de Kath mit un terme à cette rétrospective malvenue. L’humain ne s’était pas résigné contrairement au kaleesh. La broche incandescente tournait à un rythme lent, presque léthargique. Les flammes à quelques pouces de son visage reptilien lui rongeaient lentement la peau. Autour des deux suppliciés, les autochtones fulminaient de joie comme si justice était rendue par leurs soins. Il ne fallait rien attendre d’eux. Leur haine était injustifiée, mais réelle. La mélopée formée par les tambours et les cris de fiel se déversaient tel le flot continu de pluie qui abondait au cœur de la forêt. L’espace d’un instant, le natif de Kalee se hasarda à croire que son compagnon s’en était tiré. Les liens qu’il partageait avec lui s’étaient quelque peu desserrés. L’agitation ambiante se figea une minute. Confronté à la violence du brasero, le kaleesh ne se figurait pas ce qui se passait aux alentours. Lorsque la distraction prit fin, le tohu-bohu reprit de plus belle. Pas de repos pour damnés. Le voyageur stellaire avait quitté Kalee pour la luxuriante lune forestière d’Endor. Et pour quel résultat ? Une vulgaire ironie. Les élucubrations du grand-père n’étaient peut-être finalement pas sans fondement.

          Soudain, l’ouïe de jai Veelar perçut des sons bizarres tout autour du bûcher. Cela lui rappela étonnamment son combat contre le mumuu ancestral le jour de son vingt-et-unième anniversaire, lorsqu’il était parvenu à se saisir de la lance alors qu’elle était un instant plutôt à plusieurs mètres de lui. La crainte du kaleesh était fondée. Kath lui révéla qu’il était lui aussi à l’origine de ces perturbations. Ainsi donc, lui aussi, était doué de ce mystérieux don, mais à la différence du natif Kalee, l’Alderaani semblait le maîtriser, ce dont Uri ne pouvait se vanter. Le temps n’était plus à la résignation. Fort de ce nouvel état d’esprit, Uriel s’apprêtait à mettre tout en œuvre pour permettre à Kath et à sa personne de s’en sortir vivant.

          - On va s’en sortir, ensemble ! Tes liens semblent défaits ! Prépare-toi à fuir ! Je vais tenter de couper les miens à l’aide de mes serres. Une fois libérés, il faut que l’on se saisisse de leur chef à l’aide de nos… pouvoirs.

          Le plan était bancal, mais c’était la seule solution viable. Si les insurgés parvenaient à isoler le chef de la tribu, les flagellants renonceraient peut-être à les mettre à mort sous peine d’avoir la mort de leur leader suprême sur la conscience. Uri s’employa malgré la chaleur intolérable à se défaire de ses liens. Après moult essais, le natif de Kalee parvint avec difficulté à s’extraire de ses entraves et manqua de tomber dans les flammes. La gravité l’appelait mais l’abnégation triompha. Le reptile demeura accroché à la broche à la seule force de ses bras. Les Ewoks s’en étaient rendus compte. Le moment de vérité allait avoir lieu. D’un signe de tête, Uriel signala à son compagnon qu’ils pouvaient désormais s’extraire de la fournaise et concentrer leur effort à tenter de soustraire le chef de tribu à la vigilance de sa garde prétorienne.

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            #14

            Post n°14
            Auteur : Kath Aplazm

            Uriel jai Veelar était impressionnant : en un instant, il avait tranché leurs liens de ses griffes acérées et se maintenait hors des flammes en s'accrochant à la broche, agrippé à l'aide de ses longs bras. Malgré son apparence maigre et élancée, le Kaleesh était donc très robuste, puisqu'il soutenait également le poids de l'humain sur son dos. Toutefois, Kath savait qu'il ne tiendrait pas indéfiniment ; il aurait sans doute mieux valu qu'Uriel attende que le novice écarte la plaque de tôle pour que le brasier commence à s'éteindre, mais son compagnon avait estimé qu'il valait mieux s'en sortir immédiatement et prendre le chef des Ewoks pour cible. Soit. Ce plan avait au moins l'avantage de leur offrir une survie plus longue s'il réussissait. Kath, que les vapeurs toxiques du feu commençaient à assommer, ne releva pas les mots de son ami lorsque celui-ci parla de pouvoir ; il venait à peine de prendre conscience de ce qu'il pouvait faire avec cet écho -avec la Force- et cela lui avait donné des vertiges étranges, à moins que ce fut encore un effet de la fumée.

            Étant au-dessus, Kath devrait sauter le premier pour s'échapper. Déglutissant difficilement, les yeux toujours fermés, il compta mentalement jusque trois avant de prendre une inspiration et de sauter. Mais dans son mouvement, l'Alderaani avala de travers et la fumée des flammes envahit ses poumons, le stoppant net dans son élan ; comme il sautait, sa tête percuta la plaque de tôle posée maladroitement par les Ewoks sur de misérables épieux, qui tomba dans la direction opposée. Si les Ewoks n'avaient peut-être pas remarqué cette tentative de fuite jusqu'ici, c'était désormais chose faite. Par un chanceux hasard, Kath atterrit à côté du brasier, crachant ses poumons, à demi sonné. Les quatre fers en l'air, il tâtonna autour de lui. Ses yeux rouges piquaient et se remplissaient de larmes incontrôlables alors que sa vue était maintenant embrumée, confrontée aux ténèbres de la forêt qui grandissaient à mesure que le feu décroissait en taille sous la pluie.

            Kath, l'oeil gauche fermé, regarda derrière lui en attendant un signe d'Uriel, sinon du ciel. Mais aveuglé comme il l'était, il ne voyait pas à plus de deux mètres ; c'était cependant suffisant pour constater que son postérieur avait pris feu. Dans un hurlement, il arracha les lambeaux du haut de sa bure et les jeta plus loin, se retrouvant par là torse nu, et martela le sol de ses fesses pour étouffer les flammes naissantes. Au bout d'une trentaine de secondes, il se ressaisit, distinguant la forme de trois ou quatre Ewoks qui fondaient sur lui : tétanisé, il ne put qu'encaisser les coups de bâtons qui fusèrent, lui fracassant le menton et les reins. Passé à tabac, il s'écroula en arrière, les bras le long du corps. Trois Ewoks lui sautèrent dessus, maitrisant ses bras et ses jambes, l'un d'eux pointant sa lance rudimentaire contre sa gorge. Échec et mat. Cette tentative avait été un fiasco total, si elle avait toutefois le mérite d'exister. Les boules de poils ne les laisseraient plus s'échapper si facilement et leur exécution prochaine n'en serait que plus sommaire. En son for intérieur, Kath espérait juste qu'Uriel ait profité de sa diversion pour s'échapper au loin, ou atteindre le chef s'il en avait toujours l'objectif. Lui, de son côté, était hors course et n'avait plus la force, dans son état, de se morfondre.

            On le releva à l'aide de nouveaux coups. A genoux, trainé par les bras par deux des guerriers, il fut jeté aux pieds du chef Naa'fruu. Recouvrant un instant la vue, il aperçut la forme de son compagnon d'infortune, vraisemblablement pas mieux loti que lui. Au tour de Kath de faire preuve d'acceptation et de fatalisme ; au moins les Ewoks chanteraient-ils peut-être leur résistance dans une geste populaire que le temps transmettrait aux générations futures ? Si Beemen Industries, lorsqu'elle se serait aperçu de la disparition de son avant-poste, ne venait pas raser prochainement le village en guise de représailles...


            - Allez, qu'on en finisse...
            cracha Kath d'une voix rauque et éteinte, désabusé. Sa tête résonnait des chocs qu'elle avait reçu et l'écho était imperceptible quand il ferma les yeux, au bord de l'inconscience.
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              #15

              Post n°15
              Auteur : Rylen Korr


              Chitupa
              [Chef Ewok de la tribu Naa'fruu]
              Les flammes amènent la renaissance.

              Lorsqu'un pays prenait feu, la désolation précédait toujours la résurrection. Les terres calcinées, riches en matières organiques, donnaient ainsi la vie à de nouvelles étendues boisées, jeunes et productives. Si le processus naturel était long à se mettre en œuvre, que dire des impressionnants résultats qui en découlaient ?

              Cette scène de bûcher avait tout d'un décor de destruction. La nuit additionnée à la tempête pluviale digne d'une fin des temps rendaient la situation oppressante, et tous ces Ewoks présents afin d'orchestrer un rituel de mise à mort n'aidaient en rien, incitant même à voir les choses sous un mauvais œil. Anciens et plus jeunes, enfants et femmes : tous y participaient avec un enthousiasme débordant. Dansant selon les rites traditionnels de leur peuple autour des condamnés afin de célébrer leur mort et célébrer également l'aide apportée par les esprits pour leur victoire (car s'en était une à leurs yeux). Les plus réservés créaient une ambiance sonore digne de ce type d'évènements en tapant sur des ossements ou sur des ustensiles bon marché, se rendant coupables à leur tour de la mauvaise image de leur peuple qu'ils renvoyaient à Kath Aplazm et à Uriel Jai Veelar. Lorsqu'on ne connaissait pas les coutumes d'une civilisation autochtone, il était en effet difficile d'apprécier à sa juste valeur des être vivants qui voulaient votre peau.

              Tandis que le Chaman Lokee récitait des incantations divines et que le Chef Chitupa de la tribu des Naa'fruu appréciait ce parfait spectacle digne d'une nuit saisonnière comme celle-ci, un mystérieux invité camouflé par le brouhaha incessant et par l'ombre de la forêt se plaisait à admirer son œuvre personnelle. "Son" œuvre car il se satisfaisait grandement d'être à l'origine de ce grand bûcher cérémonial.

              En hauteur par rapport à la plateforme, à une distance raisonnable qui ne lui permettait pas de se faire voir, le Maître Jedi Nass suivait attentivement la douce et lente mort de l'un de ses Novices et d'un pur étranger Kaleesh à ses yeux. Oui, toute cette comédie (tragédie pour certains) le ravissait au plus haut point. Le sourire que l'on pouvait déceler sur son visage marqué par l'âge était très étrange pour un représentant de l'Ordre Jedi de sa trempe ! Le Chevalier Jedi présent à ses côtés ne manqua pas de le noter ouvertement, se doutant que le Gungan avait une idée derrière la tête et ne disait pas toutes les informations dont il disposait actuellement.


              - Maître. Vous n'allez tout de même pas les laisser brûler vifs ? demanda le jeune Hotar à son vieux compère.

              Nass pouffa de rire. Il ne put se retenir dans le même temps de laisser s'échapper deux énormes filets de bave venant tout droit de la profondeur de son impressionnante gorge. Pour un Gungan, c'était une réaction physique tout à fait normale, et elle l'était plus encore lorsqu'un spécimen de cette espèce se retenait de parler pendant plus d'une heure. En effet, durant plusieurs dizaines de minutes consécutives, Nass avait été tellement concentré sur les réponses apportées par les deux prisonniers des Ewoks à leur prochaine mise à mort qu'il n'avait plus adressé le moindre mot au jeune Chevalier avec lequel il avait décidé de passer la soirée. C'était assez rare pour être souligné !

              L'absence de réponse verbale du Maitre Jedi obligea Hotar à craindre le pire pour les deux individus accrochés à la broche géante. S'il savait Nass comme étant un Maitre bien mystérieux et jamais avare de bons plans ou d'idées ingénieuses, il le connaissait également pour ses fourberies et ses projets complètement fous. Hotar n'avait jamais oublié ce jour de formation avec d'autres Novices durant lequel le Gungan les avait laissé poireauter pendant trois jours à 50 mètres de hauteur, leur assurant au préalable qu'il serait de retour d'ici une heure seulement. "L'instinct de survie" leur avait-il répondu lorsqu'ils lui avaient demandé ce qu'ils étaient censés développer avec son entrainement.


              - Je surveille simplement leur instinct de survie, déclara alors brusquement le Gungan en réponse à la question posée.

              Bien que déconcerté par la réponse apportée, Hotar éprouva tout de même un étrange soulagement. Ce qu'il avait vécu durant sa formation de Novice sous l'enseignement de Nass était donc bien ridicule comparé à ce que ce Kath Aplazm et son acolyte vivaient en cette soirée bien trop flambée !

              - Leurs vêtements sont cramés, Maître...

              - Leur âme ne l'est toujours pas, coupa immédiatement le natif de Naboo.

              Tandis qu'il observait la mine -devenue subitement très sérieuse- du Maitre Jedi, Hotar comprit immédiatement que ce dernier ne rigolait plus. Après des années à le côtoyer, si le Chevalier savait une seule et unique chose sur son compère Jedi, c'est qu'il avait toujours une idée derrière la tête et qu'il n'était pas aussi fou que certains le prétendaient. Ses manières avaient beau être très extrêmes pour un enseignant expérimenté tel que lui, le vécu faisait de Maître Nass un être en qui l'on pouvait avoir confiance. Il suffisait juste... de lui faire confiance. Compliqué lorsqu'on était à deux doigts de se transformer en une nuée de cendres mais nécessaire afin de voir le bout du tunnel.

              En contrebas, les Ewoks commencèrent à s'agiter en voyant moult objets se désintégrer ou se déplacer sans que personne ne les touche. Lorsqu'un des deux captifs, celui qui ressemblait aux Sanyassans, vint à se libérer de ses entraves avant de rester suspendu à la broche, les petites boules de poils se dévisagèrent momentanément mais continuèrent tout de même à danser autour du feu. Comme si toutes ces péripéties qui auraient du d'ores et déjà les faire réagir faisaient partie du plan. Mais du plan à qui ? Et surtout de quel plan s'agissait-il ?

              Pendant un instant, Hotar crut être dévisagé par le chef Ewok Chitupa en contrebas. Le Chevalier eut un frisson dans le dos -bien aidé par la météo qui l'avait congelé sur place- à l'idée que le leader de la tribu des autochtones ait pu percevoir leur présence dans l'obscurité de la forêt. Ressentait-il la Force ? D'ailleurs, un Ewok pouvait-il ressentir la Force ? A sa connaissance, aucun n'avait rejoint les rangs Jedi. Et pourtant, le Chaman -pour ne citer que lui- semblait disposer de pouvoirs très étranges. S'il devait un jour prendre un Padawan, Hotar se promit de faire un tour au milieu des rangs Ewoks pour y déceler un individu puissant dans la Force. Ce serait une première et ça permettrait de lier définitivement la tribu Naa'fruu et l'Ordre Jedi, alors que la période actuelle n'était pas vraiment propice à un pot de l'amitié.


              - Le leader des Naa'fruu est au courant, n'est-ce pas ? questionna sans aucune volonté de savoir le jeune Chevalier, qui avait déjà la réponse à sa question.

              Nass était dubitatif. Les petits bruissements qui s'échappaient de sa large bouche laissaient croire que le Maitre Jedi était la proie d'une intense réflexion intériorisée sur la situation que les deux captifs vivaient actuellement. L'expression de son visage était totalement contradictoire avec celle qu'il avait eu quelques instants en arrière. Comme si, en plus de certitudes évidentes, Nass conservait des incertitudes de longue date.

              Kath Aplazm et Uriel Jai Veelar savaient-ils qu'ils étaient mis à l'épreuve depuis le début de leur capture ? Et que cette dernière n'avait qu'un seul but : permettre au Maitre Gungan de connaître leur "instinct de survie", autrement dit de pouvoir juger jusqu'où ils étaient capables d'aller pour sauver leur vie ?

              Décidément, le Chevalier Hotar pouvait apprécier à juste titre l'enseignement que lui avait jadis prodigué le natif de Naboo. A la place du Novice Aplazm et de celle du Kaleesh, il aurait abandonné ses envies de liberté depuis très longtemps. Au contraire de sa personne, le jeune Humain à la longue chevelure et son acolyte alien avaient persévéré jusqu'au bout. Même au dessus d'un bucher, même en ayant conscience qu'ils vivaient les dernières minutes de leur vie... Ils avaient tout de même continué à se débattre afin de se libérer de leurs liens. Mieux encore, ils s'étaient adaptés et avaient improvisé des plans voués à échouer. Pourtant ils s'en sortaient plutôt bien. La raison à cette réussite n'était pas difficile à trouver : ils n'avaient jamais cessé de se faire confiance l'un et l'autre, préférant unir leurs forces plutôt que de choisir la division.

              Et ça, aux yeux de Nass, c'était la plus belle des victoires. Surtout pour un Novice comme Kath Aplazm qui n'avait cessé de creuser plus bas que terre depuis son arrivée dans les rangs de l'Ordre Jedi. Encore une fois, l'enseignement de l'amphibien enveloppé portait ses fruits.


              - Il a réussi. Kath Aplazm a réussi son épreuve ! s'émerveilla brusquement le Maitre en serrant le point.

              - J'admire de plus en plus vos méthodes, Maitre. Quant au Kaleesh, que va t-il advenir de lui ? demanda le Chevalier Jedi en restant attentif aux dernières péripéties qui se déroulaient en contrebas.

              - Il vient officiellement de devenir un Initié, répondit simplement Nass.

              - Comment pouvez-vous savoir qu'il s'agit de son souhait ?

              - Idiot ! Il n'est pas venu sur cette lune pour chasser le Bordok ! s'emporta le vieux Maitre Jedi.

              Hotar ne pouvait s'empêcher de haïr sa fâcheuse tendance à poser des questions inutiles. Mais quelle joie il éprouvait lorsqu'il voyait le Maitre Nass s'emporter de cette manière ! Il se retint d'exploser de rire à temps, oubliant qu'à travers la Force le Gungan était tout à fait capable de percevoir ses émotions intérieures. Au fond, Hotar appréciait grandement ce bon vieux Maitre Nass qui lui permettait d'avoir un autre regard sur les plus éminents Jedi de l'Ordre.

              Les Ewoks étaient de fiers guerriers. Les coups qu'ils avaient porté à Kath Aplazm en étaient la preuve la plus évidente. Ils se prenaient tellement au jeu qu'ils en oubliaient qu'ils avaient à faire à un membre de l'Ordre Jedi ! Si ça plaisait à Nass - ce genre de réactions permettraient au natif d'Alderaan de durcir sa personnalité et d'oublier encore un peu plus le confort dans lequel il avait baigné toute sa vie sur son monde natal - le Gungan penserait à en faire un rapport conséquent au Conseil. Ils avaient beau être alliés, les Ewoks étaient encore largement méconnus et méritaient d'être d'avantage étudiés. Non pas pour mieux les affronter au cas où cette situation extrême devait arriver, mais tout simplement pour améliorer leurs connaissances. Leurs archives, autrefois célèbres dans la Galaxie entière pour avoir été l'une des bibliothèques les plus complètes de toutes les civilisations réunies, étaient désormais bien pâles en comparaison de ce qu'elles avaient été jadis.

              Tandis que les deux prisonniers pensaient vivre leurs derniers instants face aux bâtons aiguisés des autochtones, ces derniers les prirent au dépourvu puisqu'ils les conduisirent finalement dans une hutte avoisinante. Une fois à l'intérieur de celle-ci, sans aucune information sur ce qui les attendait, ils furent laissés tout seuls, sans aucune surveillance apparente...

              Quelques secondes plus tard, le chef Chitupa de la tribu des Naa'fruu pénétra dans l'honorable bâtisse en bois. Il était accompagné du Maitre Nass, qui se faufila du mieux qu'il le put pour faire rentrer sa masse de graisse et de muscles à l'intérieur de la cabane. Les deux arboraient un regard sévère, jugeant à l'aide de ce dernier les deux ex-prisonniers qui leur faisaient face. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne semblaient pas là pour boire un thé Ewok en compagnie de l'Humain et du Kaleesh.

              Le Ewok, justement, brisa le silence afin de prendre la parole dans son langage autochtone. Seul Nass fut en mesure d'en comprendre la signification.


              - Le Chef Chitupa, de la tribu des Naa'fruu, tient à signifier à Kath Aplazm ici présent qu'il devra se racheter pour les fautes commises dernièrement, le Gungan s'arrêta afin que Chitupa puisse poursuivre ses propos; il reprit alors le fil de la traduction, si tu as évité le bûcher, tu ne t'es pas encore fait pardonner par les Ewoks et, par conséquent, par les Jedi. Tu devras donc te repentir en répondant à une requête du Chef Chitupa. L'acceptes-tu ?

              Sans donner plus d'indications quant à cette mission, le Maître Nass espérait que le jeune Initié lui accorde une confiance aveugle. Si le Gungan était présent aux côtés du leader des Naa'fruu et s'il avait décidé de traduire pour lui ses exigences, c'était une réelle marque de fidélité vis à vis de son allié autochtone. Le Maître Jedi espérait qu'après tant d'efforts livrés pour sauver la peau de son élève, ce dernier en fasse autant pour rendre la pareille à son mentor.

              Quant au Kaleesh, il n'y avait pour le moment nulle marque d'intérêt. Jusqu'à ce que Nass reprenne la parole afin de s'adresser directement à lui. Ce geste lui permettait définitivement de s'échapper de la catégorie des étrangers de cette lune : on lui accordait enfin une attention particulière.


              - Jeune guerrier, je pense savoir pour quelles raisons tu es venu sur cette lune. Tu n'as aucune raison d'être lié à l'affaire de Kath Aplazm bien que l'assistance portée à son encontre soit louable et généreuse. Tu as prouvé que tu avais toutes les qualités pour devenir l'un des nôtres. Mais je tiens tout de même à te faire la même requête adressée à ce jeune Humain, car le Chef Chitupa ici présent souhaite que tu en fasses partie. L'acceptes-tu ?

              Tout comme Kath, Nass allait pouvoir juger par l'intermédiaire de sa réponse le niveau de fidélité que le jeune Kaleesh pouvait atteindre. S'il acceptait, ce serait une preuve supplémentaire de la forte personnalité de l'alien. L'aide apportée à Kath ces dernières heures en était déjà une très belle, que dire s'il se donnait corps et âme une nouvelle fois au Chef Chitupa pour sa mystérieuse requête...

              Nass était au courant de ce dont il s'agissait. Le Conseil aussi, et il avait même déjà donné son accord pour que le Novice Aplazm et le nouvel arrivant Kaleesh y participent. Ils ne le savaient pas encore, mais s'ils acceptaient, ils allaient concilier leur formation avec une incroyable aventure d'une importance majeure pour Endor.
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                Auteur : Uriel

                Le plan était voué à l’échec. L’entêtement et l’acharnement d’Uriel étaient vains. Le natif de Kalee conservait néanmoins confiance. Au moment où les deux insurgés s’étaient extraits du brasier, la messe était dite. Tant sur le plan physique que moral, les deux compères étaient exténués, à bout de nerfs. La tribu Naa’fruu était parvenue à entamer leur pugnacité. Hors de la fournaise, le Kaleesh parvenait tant bien que mal à tenir sur ses deux pieds. Son compagnon Alderaani, quant à lui, gisait au sol, visiblement sauf mais très affecté par les flammes et les fumées. Tiraillé entre le désir d’aider son camarade de circonstance et celui de mettre un terme à leurs supplices, Uri ne savait pas quoi faire. Devant ce choix cornélien, l’alien prit la décision de poursuivre la lutte et s’acharna à jouer des coudes au cœur de la foule pour atteindre le chef de la tribu des Ewoks. Cette naïve chevauchée s’avéra de courte durée. Le reptile fut très rapidement maîtrisé par les flagellants qui ne lésinèrent pas sur les coups adressés à celui qu’il prenait pour un Sanyassan. Les coups d’épieux et de bâtons rudimentaires se succédaient inlassablement. Au cours du passage à tabac, Uriel se hasarda à se demander si son compère s’en était tiré à meilleur compte. Leurs hôtes n’étaient pas du genre à faire de jaloux : le sort en était jeté, ils connaîtraient très bientôt le courroux du maître de céans.

                Lorsqu’il ne ressentit plus une once de douleur dans son corps, Jai Veelar fut traîné jusqu’aux pieds du chef de la tribu Naa’fruu tout comme Kath Aplazm. Ce dernier était dans un sale état. Le Kaleesh avait côtoyé très peu d’humains jusqu’à présent, néanmoins, il leur reconnaissait une force physique égale à celle de son peuple. L’Alderaani, malgré les nombreuses contusions et les brûlures, demeurait conscient. Le gouvernant Ewok amorça un discours duquel le natif de Kalee ne saisit rien du tout. Kath, empli du même fatalisme qui s’était emparé d’Uriel auparavant, lui coupa la parole exigeant de son bourreau qu’il mette un terme à leurs souffrances. Dans les instants qui suivirent, l’humain s’effondra lourdement au sol. L’alien s’approcha du Novice Aplazm afin de vérifier s’il s’agissait d’une simple perte de conscience mais fut empêché par les Ewoks, qui sur le commandement de leur chef, les menèrent dans la hutte avoisinante.

                Dans les instants qui suivirent, le chef Chitupa et le Maître Nass pénétrèrent dans l’enceinte de la maison de fortune. Kath reprit connaissance juste à temps. Le supérieur de l’humain traduisit alors les obscures paroles du leader Naa’fruu. Chitupa faisait valoir que l’Alderaani devait, pour faire amende honorable, s’astreindre à l’une de ses requêtes. L’humain interloqué s’apprêtait à répondre, mais le Gungan poursuivit derechef en s’adressant cette fois-ci à Jai Veelar, auquel il réitéra ce qui avait valu pour le Novice Aplazm. L’incompréhension dominait l’esprit du reptile.
                Drôles de manières qu’ont les habitants de cette planète. Un instant, ils vous infligent une correction, le suivant, ils réclament votre aide, pensa le natif de Kalee. Néanmoins, le Kaleesh n’était pas fou, il se voyait mal refuser la proposition. Un refus serait peut-être le premier pas vers de promptes retrouvailles avec la cellule lugubre où ce voyage de folie l’avait mené. Quitte à faire œuvre de folie, autant aller au bout de cette comédie, se convainquit-il.


                - J’accepte votre offre, répondit Uriel avec humilité. Si cela peut vous permettre de retrouver les vrais responsables du rapt de l’enfant de votre tribu, vous pouvez compter sur moi.

                Le temps n’était plus aux hésitations. La solennité de la requête trahissait à une profonde inquiétude tant de la part du Gungan que du représentant Naa’fruu. Sous couvert d'être un acte de clémence, la porte de sortie qui s’ouvrait au reptilien et à l’Alderaani cachait très certainement une finalité capitale. Uri ignorait les détails mais tous les pans du secret qui sommeillait au cœur des luxuriantes forêts se dérobaient et lui laissaient entrevoir que ce mouvement sectaire, terré au fond des bois, agissait dans une optique vertueuse.

                Afin de démontrer son entier dévouement à la cause Naa’fruu, le natif de Kalee s’approcha du chef Chitupa et ploya le genou en guise d’allégeance à leur cause avant d’ajouter :


                - Je n’ai qu’une modeste doléance en retour. Je souhaiterais récupérer le masque de mon grand-père.

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                  Post n°17
                  Auteur : Kath Aplazm

                  Des cris entremêlés de paroles indistinctes tirèrent Kath Aplazm de sa torpeur. Blême malgré ses nombreuses contusions, il n'avait pas fière allure. Prostré à genoux, il avait peine à reprendre connaissance et pleine conscience de ce qui se déroulait autour de lui. A tâtons, il chercha instinctivement des mains de quoi se défendre : ces Ewoks en avaient certainement encore après lui. Bien qu'il fût enfermé dans une cahute et entouré de gardes -qui venaient de trainer Uriel à ses côtés-, il remarqua avec surprise qu'aucun lien n'entravait ses mouvements. La douleur, elle, ne le lâchait pas et était suffisante pour l'immobiliser complètement. Son potentiel de résistance avait été atteint et son esprit combattif se heurtait à la fébrilité de son corps.
                  Mais comme il levait encore les yeux, il aperçut la silhouette de maître Nass, aux côtés du chef des Naa'Fruu qui paraissait gesticuler en émettant des sons discordants. Les grosses lèvres du Gungan se remuaient comme il discutait bruyamment. Il sembla un instant au novice que le gros Gungan s'adressait à lui, mais, ses oreilles sifflant et bourdonnant, il ne capta qu'un borborygme disgracieux qui aurait tout aussi bien pu sortir de la bouche du maître Jedi, eût-il mieux articulé. Mais au bout d'une poignée de secondes, les paroles de Nass commencèrent à faire sens et les ténèbres qui embrumaient les yeux de Kath se dissipèrent peu à peu.


                  - ...si tu as évité le bûcher, tu ne t'es pas encore fait pardonner par les Ewoks et, par conséquent, par les Jedi. Tu devras donc te repentir en répondant à une requête du Chef Chitupa. L'acceptes-tu ?

                  Il avait "évité le bûcher" ?! Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé de le rôtir. Kath resta interdit, ne sachant que répondre à son maître. Qu'est-ce qui lui valait d'être soudainement épargné ? Les Ewoks ne lui avaient bien évidemment rien pardonné, et n'avait fait montre jusqu'ici d'aucune clémence à son égard. Alors, pourquoi avaient-ils subitement baissé les armes ? Uri, à la gauche du novice Kath Aplazm, n'eut pas non plus l'air plus convaincu lorsque Nass lui proposa de se joindre à eux. D'abord, il le laissait à la mort, puis il accueillait le Kaleesh les bras ouverts ? Kath commençait à penser que tout ceci faisait partie du plan du Gungan depuis le début. A mieux y repenser, ces méthodes violentes, absurdes, voire sadiques ressemblaient tout à fait aux types de stratagèmes qu'aurait pu élaborer Nass pour préparer une nouvelle leçon. Si Kath devait retenir quelque chose de tout cela, c'était bien qu'il ne fallait faire aucune confiance à un être aussi tordu que son instructeur. Ses leçons avaient beau l'avoir renforcé physiquement, l'avoir ouvert à la Force et lui avoir fait prendre conscience des violences et des réalité des épreuves de la vie, elles avaient bien failli le tuer.

                  Comme Uriel avait répondu par l'affirmative à la proposition du chef Naa'fruu et que Nass semblait attendre une réponse plus convaincante de la part de son élève que le vague grommellement qu'il avait émis en se réveillant, Kath se releva. Fixant son maître, l'oeil droit poché et le nez en sang, il avait la ferme intention de lui dire ses quatre vérités, mais les regards graves braqués sur lui le firent flancher. Dans un élan de sagacité, il finit par comprendre qu'un refus de sa part pourrait bien lui valoir un renvoi effectif de l'ordre ou une véritable exécution sommaire de la main du chef Ewok ou, de façon non moins attendue, de Nass lui-même. Kath détourna le regard. Il n'avait d'autre choix que d'accepter de jouer le jeu, si cela pouvait lui sauver la vie. De toute manière, rien ne pouvait être pire que ce qu'il avait déjà vécu cette nuit... non ?


                  - J'accepte, maître, dit-il sans aucun entrain ni conviction. Le cœur serré, il n'aspirait plus qu'à retrouver sa cellule au Sanctuaire et y dormir pour qu'on ne le réveille plus avant le printemps suivant. Mais aussi étonnant que cela puisse sembler, il avait également à cœur de restaurer son image auprès des maîtres qui l'avaient si sagement recueillis et avaient placé tant d'espoir en lui. De plus, il refusait de laisser Uri seul à la tâche, lui qui l'avait aidé de façon désintéressée et avec qui il avait bravé la mort. Quant à Nass, il pouvait aller au diable, Kath ne lui ferait pas le plaisir de mourir de sitôt.

                  - Je ferai ce qu'on me demande pour racheter mes torts.


                  Prononçant ses mots, il concentra toutes ses forces dans ses efforts pour rester debout et attendit qu'on lui indique la suite des opérations. Malgré tout, il s'affaissa vite sur ses propres jambes et resta là, assis sur les fesses à regarder Uriel et Nass d'un air dépité. Il attendrait donc encore un peu avant de se mettre en route.
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                    #18

                    Post n°18
                    Auteur : Rylen Korr

                    A cet instant, Kath Aplazm et Uriel Jai Veelar venaient de changer à jamais le destin de la lune d'Endor par leur décision commune. Mais ils ne le savaient pas encore.

                    C'est ce type de décisions qui changeaient un Homme ou un être quelconque. De ces choix dépendaient la connaissance, la sagesse. De ces choix dépendait la Force. Lorsque Nass entendit son élève et l'alien acquiescer et accepter la requête de Chitupa sans ciller, une étrange sensation lui parcourut l'échine grasse et musclée qui lui servait de dos. C'était un mélange de fierté et de bonheur, la fierté et le bonheur d'avoir réussit une entreprise impossible et d'avoir retourné à son avantage une situation qui était loin d'être gagnée.

                    Oh que oui. Nass sentait parfaitement les sentiments négatifs qui envahissaient actuellement le cœur de Kath. Il y avait un semblant de colère à son égard, les prémices d'une haine qu'il pourrait développer plus tard si Nass ne changeait pas de pédagogie et de discours. Le jeune Alderaani laissait enfin échapper un sentiment nouveau, différent de sa naïveté et de sa flemmardise. Le Gungan savoura ce moment. Il fallait dire qu'il avait mis sa réputation et son honneur en jeu en continuant à accorder sa confiance au Novice sans que le principal intéressé ne soit au courant. Kath ne connaissait que la partie immergée de l'iceberg. S'il savait seulement jusqu'où le Maître Nass était allé pour le sortir du pétrin dans lequel il s'était fourré.

                    Bien des Maîtres l'auraient laissé tomber. Bien des Jedi l'auraient recalé avant de l'envoyer dans les Corps de Services Jedi, là où se trouvaient les apprentis en échec. Kath Aplazm avait eu de la chance d'avoir découvert l'Ordre Jedi dans sa période Endori et non dans son époque Coruscanti. Si son taux de midi-chloriens avait été découvert avant la Guerre des Clones, le jeune homme serait déjà à l'heure qu'il est en train de planter des grains de céréales sur une planète de la Bordure Extérieure, faisant du jardinage son activité favorite et journalière.

                    Et que dire du Kaleesh, si ce n'est qu'il faisait preuve d'une fidélité incroyable pour un nouvel arrivant de son calibre ? Il ne connaissait personne et avait été emprisonné dès l'instant où il avait mis les pieds sur la lune forestière. Et pourtant, il s'offrait aux Ewoks afin de traquer les responsables du rapt de l'enfant qui lui avait valu une capture en bonne et due forme.

                    En échange, il désirait simplement reprendre le masque de son grand-père. Rien de plus.

                    Le Chef Chitupa, silencieux et attentif aux dires de chacun, n'eut aucunement besoin d'attendre les explications en Ewokese du Gungan adjacent afin de comprendre ce que les deux ex-captifs venaient d'annoncer. Lorsque le "presque-Sanyassan" fit sa demande, le Chef Chitupa tapa à deux reprises avec son bâton sacré sur le sol. Un de ses gardes entra dans la cabane et lui tendit le fameux masque en question. Le leader des Naa'fruu prouva alors tout le respect qu'il avait pour la culture du Kaleesh en empoignant délicatement le morceau de crâne avant de lui tendre dans un geste solennel. Le Ewok avait beau être petit par la taille, il était grand par la sagesse. Même s'il avait failli provoquer la mort des deux individus en face de lui il y a quelques minutes en arrière.

                    Les autochtones de cette lune étaient loin d'être des sains. Ils faisaient partie d'une civilisation primitive et croyaient encore aux esprits et à la force de la nature. Par conséquent, leurs pratiques et leurs coutumes étaient à la hauteur de leurs croyances : elles étaient barbares. Si les Jedi avaient réussi à pactiser avec eux, c'était uniquement grâce à leurs dons mystiques. Sans cela, ils auraient été mis à la même enseigne que Kath Aplazm et son acolyte alien.


                    - Je salue votre dévouement à tous les deux. Plus particulièrement le tien jeune Kaleesh, déclara t-il en se tournant vers Uriel, Je sais pertinemment pour quelles raisons tu es parvenu jusqu'à ces terres. Sache que tu auras ta réponse demain à l'aube. Tu peux dès à présent prendre tes quartiers dans notre Sanctuaire.

                    Laissant le silence s'installer de nouveau, le Maître Gungan posa son regard sur Kath Aplazm, désormais avachi sur le sol. Le jeune Alderaani avait fourni de très gros efforts depuis plusieurs heures et avait atteint le point de rupture. Enfin il découvrait les joies du surpassement de soi ! Enfin il oubliait le confort matériel dans lequel il avait sûrement baigné depuis sa plus tendre enfance. Nass reconnaissait parfaitement les Novices qui provenaient du Noyau, ils n'avaient pas la même endurance ni la même mentalité que les Initiés de la Bordure Extérieure, ceux qui avaient appris la survie avant le confort de la vie. La quête commune avec les Ewoks vers laquelle ils se dirigeaient allait lui faire définitivement oublier tout souvenir d'Alderaan.

                    Endor allait définitivement devenir leur berceau.


                    - Nous reparlerons de tout ça plus tard, Kath. Profite de cette dernière nuit de paix, tu en tireras des leçons dès le lever du jour, lui dit-il très sérieusement avant de conclure à l'endroit des deux ex-captifs, Vous pouvez dès à présent retrouver votre liberté. Ne quittez pas le Sanctuaire jusqu'à nouvel ordre, et restez attentif aux émissaires. Ils vous informeront très vite lorsque le grand départ aura lieu.

                    Sans aucune précision utile, Nass quitta la hutte après avoir laissé passer le Chef Chitupa. Leur place fut très rapidement prise par trois guerriers Ewoks, parmi eux celui qu'Uriel et Kath avaient enfermé dans leur cellule plus tôt dans la soirée. Leurs petits cris incompréhensibles devaient surement signifier qu'ils voulaient les voir déguerpir du village Ewok au plus vite. Ils semblaient bien plus pacifiques qu'à l'accoutumée, néanmoins l'on pouvait lire dans le regard des trois autochtones qu'ils gardaient des ressentiments vifs à l'encontre de leurs deux anciens prisonniers. C'était très certainement ce que ressentait actuellement l'ensemble des Naa'fruu à l'encontre des Jedi dont faisait partie le pyromane de la veille, Kath Aplazm.

                    La dette était très lourde à assumer pour le jeune Novice, mais il fallait qu'il s'en acquitte. Il avait toute une quête pour le faire. Encore fallait-il qu'il reste en vie durant celle-ci. Car la dernière fois que les Jedi s'étaient lancé dans une telle aventure, le Maître Jedi Olorin Vendar était mort et Sam Skawalker avait succombé au Côté Obscur.

                    Qui d'autre allait y rester, cette fois-ci ?

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