Deux padawans chez les Ewoks
-
Post n°1
Auteur : Yae-WanTout en marchant en silence aux côtés de Pete Jeabro, Yae-Wan repensait aux dernières paroles du maître, de son maître, comme il pouvait maintenant dire. Il avait réussit ! Il était un padawan, et sa formation démarrait aujourd’hui même. Un profond sentiment de bonheur et de soulagement l’envahit. Il était sur la bonne voie ! Ce que maître Reez lui avait dit à propos de la fierté lui revint en mémoire. Il n’avait jamais regardé les choses sous cet angles, mais il comprenait maintenant ce que le jedi avait voulu lui expliquer. Yae-Wan se plongea un instant dans ses souvenirs. Il ne lui semblait pas être quelqu’un de particulièrement orgueilleux, mais il était conscient de ne pas être totalement humble non plus. Même s’il n’était absolument pas vantard ni arrogant, il avait toujours apprécié le regard admirateur des passants lorsqu’il s’entraînait à faire ses acrobaties, et n’avait jamais rechigné à mimer et jouer un rôle tout en jonglant afin d’attirer l’attention. En réfléchissant, il en conclut que ce défaut lui venait sûrement de son côté solitaire et un peu asocial par moment. Son maître lui avait pointé quelque chose qu’il ignorait de lui-même, et il se promit de travailler afin de se débarrasser de ce fond d’orgueil, et de devenir totalement humble, tel qu’un jedi se devait d’être. Il se sentait plus motivé que jamais !
Une légère brise lui caressa le visage, le ramenant à la réalité. Il leva la tête, jetant un regard aux arbres environnants. La forêt semblait beaucoup plus accueillante que celle où il venait de passer un certain temps, et il comprit qu’ils sortaient progressivement du labyrinthe d’Arbos. Il appréciait de plus en plus cet environnement, admirant le soleil se refléter sur les feuilles, ce qui projetait des taches vert émeraude un peu partout. Il faisait bon, rien ne semblait perturber la vie alentour. Depuis sa guérison, ses sens semblaient plus aiguisés, et Yae-Wan pouvait sentir très faiblement la vie alentour passer en lui comme un flux infime mais continue. Il apprécia la sensation.
Il tourna ensuite la tête vers son compagnon, et le regarda un instant. Il était vraiment content qu’il soit lui aussi padawan de maître Reez, car le jeune homme lui était profondément sympathique. Il était sûr qu’ils s’entendraient très bien et espéraient qu’ils deviendraient amis avec le temps.
Pete et Yae-Wan marchaient depuis plusieurs heures déjà, discutant occasionnellement de tout et de rien de manière joyeuse quand Yae-Wan sentit sa douleur à la jambe se réveiller. C’était faible, encore à moitié caché dans les profondeurs de son esprit mais il savait que dans moins d’une heure, la douleur serait bien plus dure à gérer. Il se concentra sur leur but, repensant à la « mission » qu’ils avaient reçu. Elle était des plus étranges : aller à la rencontre des Ewoks afin de vivre un temps avec eux… Yae-Wan ne savait pas à quoi s’attendre, mais cela ne l’importait pas énormément. Il n’avait aucun mauvais pressentiment, et il était content à l’idée d’aller à la rencontre d’un peuple inconnu, qui plus est pour partager un moment leur vie. Sa tête fourmillait de questions quant à ces fameux Ewoks, dont il ne connaissait que très peu de choses. Il avait hâte d’en apprendre d’avantage.
Sa jambe lui faisait de plus en plus mal, et il n’arrivait pas à contrôler la douleur comme il l’aurait voulu. Il ne devait pas être encore parfaitement remis de son passage dans le labyrinthe, en fin de comptes… Je peux plus !, pensa-t-il en s’arrêtant net, chancelant légèrement. Pete se retourna, un air interrogateur sur le visage. Yae-Wan prit la parole :
- Je suis vraiment désolé, mais est-ce qu’on peut faire une pause ?
Yae-Wan se laissa tomber contre un arbre, le teint un peu trop pâle. Il but un peu d’eau et repris :
- Heu… Ca va, ne t’inquiète pas, s’empressa-t-il de dire face au regard inquiet de l’apprenti. Juste, pour te résumer ça en deux mots… J’ai eu une sorte d’accident, à 15 ans, enfin disons plutôt que j’ai fais une belle erreur de jugement après m’être fichu dans un vrai pétrin (sacrée c*nnerie de ma part), et je me suis pris un tir perdu de blaster qui m’a traversé la jambe. Rien d’extrêmement grave, mais quelque chose ne s’est pas parfaitement remis et j’ai vite mal quand je cours, ou quand je marche longtemps. Normalement j’arrive plutôt bien à gérer la douleur, mais là je n’ai pas pu… Je ne dois pas être totalement remis du labyrinthe, je pense.
Je suis franchement désolé de nous ralentir… Mais peut-être qu’on pourrait en profiter pour discuter un peu à propos des Ewoks. Tu sais ou se trouve le village qu’on cherche ? Personnellement je n’en n’ai pas la moindre idée, conclut Yae-Wan dans une grimace qui se voulait un sourire amusé. Il n’était pas vraiment inquiet, quelque chose lui disait qu’ils trouveraient sans trop de difficultés de village recherché.
Tout en parlant, il avait sortit de son sac ses balles de jonglage, et les faisait tourner entre ses doigts afin de se calmer et d’oublier la douleur. Mais le simple fait de s’asseoir l’avait soulagé, et ils pourraient sûrement repartir dans peu de temps.
-
Post n°2
Auteur : Pete JeabroSpoiler : HRP
Les longues marches étaient propices à la réflexion. Yae-Wan et Pete erraient dans la forêt d'Endor depuis de longues heures et ils avaient alterné franches conversations et moments de silence. Jeabro en avait alors profité pour méditer les paroles de leur Maître. Même si celui-ci s'était principalement adressé à son co-disciple, Pete savait que tous les enseignements de Phyl Reez lui étaient aussi destinés. Enfin, ce qui tracassait le plus l'ancien pilote était la nature de la mission qui leur était confiée. Il lui était déjà arrivé une ou deux fois d'entendre parler des Ewoks, mais il ne savait pas qui ils étaient précisément. Ce sera donc l'occasion d'entrer en contact avec cette civilisation totalement étrangère à Jeabro. Il était assez curieux et enthousiaste à propos des rencontres qu'il allait faire, mais il avait toujours du mal à saisir la portée de cette quête. Pourquoi Yae-Wan et lui devaient-ils se rendre immédiatement dans le village Ewok ? Maître Reez avait-il senti quelque chose là-bas qui nécessiterait leur intervention sur place ? Était-ce pour cela que son comportement avait l'air quelque peu étrange depuis la rencontre avec Tinak ?
Pete avait d'ailleurs profité de ce moment de randonnée pour observer son nouveau compagnon. Celui-ci semblait plus jeune que lui, de cinq ans environ. Ses longs cheveux et sa barbe montraient qu'il avait vécu comme un ermite pendant quelques temps. Son nez légèrement fendu laissait croire que Yae-Wan avait déjà participé à quelques bagarres. Pour le reste, il était facile de deviner un air de ressemblance avec Pete : un corps et un visage fin (bien que la barbe épaississait un peu ce-dernier). L'ancien ermite ressemblait à un jeune homme fort et en pleine santé !
Mais visiblement, Jeabro semblait se fourvoyer : son co-disciple demanda à faire une pause, ce que l'ancien pilote accepta volontiers :
- Bien sûr ! J'ai moi aussi bien besoin d'une petit pause ! Mais, es-tu sûr d'être en pleine forme ?
La guérison effectuée plus tôt dans la journée connaîtrait-elle des limites ? La blessure de Yae-Wan se serait-elle rouverte ? Mais celui-ci répondit rapidement et rassura le jeune homme. Tinak ressemblait à Pete, et pas seulement sur le plan physique. Lui aussi semblait chercher sa place. Jeune, il s'était apparemment fourré dans des embrouilles et aujourd'hui, il avait décidé de s'exiler volontairement. Jeabro, lui, avait toujours cru être à sa place, mais avait très récemment découvert qu'il n'en était rien. C'est pourquoi il avait décidé, du jour au lendemain, de quitter l'armée impériale pour rejoindre les Jedi. Il avait compris qu'il n'était pas à sa place au service du Second Empire.
Mais aujourd'hui, l'Empire était tombé, au profit d'une République Fédérale. Jeabro était satisfait de la chute de l'Empereur, mais pas de celle de l'Empire. Malgré les événements, il restait campé sur ses positions et, pour lui, un Empire restait préférable à une République. Car l'empire, lorsqu'il n'était pas dirigé par un tyran, avait l'avantage de présenter une certaine stabilité, que la république ne possédait pas. Celle-ci alternait trop régulièrement les gouvernements. Ce qui était bon au sein des planètes (des sénateurs désignés par le peuple) ne l'était pas forcément à l'échelle de la galaxie. Selon Pete, pour qu'un mandat soit efficace à ce niveau là, il faudrait qu'il dure quasiment une vie entière. Une valse de chanceliers ne permettrait aucune stabilité, aucune ligne de conduite sûre et aucune crédibilité de la part du gouvernement. D'ailleurs, l'Ancienne République s'était naturellement muée en un Empire. Enfin, quoi qu'il en soit, le jeune homme préférait largement une République Fédérale à un Empire Sith. Il espérait d'ailleurs que les Jedi y auraient la place qu'ils méritaient. Ensuite, peut-être que la République évoluera à son tour en un Empire Fédéral.
Après un court moment d'absence, Pete répondit à l'autre padawan :
- Les Ewoks en général ? Si j'ai bien compris ce que j'ai appris au Sanctuaire, ce sont des petites créatures d'allure inoffensive, très ouvertes sur l'extérieur et qui semblent bien s'entendre avec les Jedi. J'ai souvenir que leur village se trouve au Sud du Sanctuaire, mais je n'en suis plus très sûr. Cependant, mon instinct me dit que nous sommes dans la bonne direction et que nous arriverons bientôt.
Jeabro regarda quelques instants Yae-Wan jouer avec ses balles de jonglage, impressionné par ses talents. Puis il demanda :
- Tu te sens prêt à reprendre la marche ? Très bien, alors remettons-nous en route !
Pete s'empara du sac de Tinak pour alléger sa charge. S'il était blessé, autant l'aider. Or, l'ancien pilote n'avait rien à porter et cela ne le dérangeait pas de s'acquitter de cette tâche. Il demeura sourd aux protestations de son compagnon, et tous deux reprirent la route. Le jeune homme changea de sujet en racontant au nouveau novice sa rencontre avec Maître Reez sur Coruscant, et comment celui-ci l'avait par deux fois secouru. Il ajouta son soulagement quant à la chute de l'Empire, et partagea ses interrogations à propos du futur rôle des Jedi et des missions qu'ils auront à effectuer, dorénavant. Au beau milieu de leur conversation, ils finirent par arriver au pied d'un gros tronc d'arbre. Celui-ci était plus épais que ceux avoisinant, et Pete aurait poursuivit sa route s'il ne s'était pas souvenu de ce qu'avait dit Yae-Wan un peu plus tôt lors de leur marche. Il avait expliqué que lors de sa traversée du Labyrinthe d'Arbo, il avait décidé de passer les nuits en hauteur afin de se protéger des prédateurs. Les Ewoks devaient très certainement en faire autant. Jeabro leva alors le visage vers la voûte de feuilles, qui surplombait les têtes des deux padawans, afin de voir si le village ne se trouverait pas là-haut. Mais l'ancien pilote ne parvint pas à distinguer quoi que ce soit. Il se tourna vers son compagnon de route et lui proposa son idée :
- Les Ewoks vivent dans les hauteurs. Tu te sens capable d'escalader ?
En disant ces paroles, Pete ne voulait en aucun cas vexer Tinak. Mais il savait que celui-ci était blessé et peut-être ne désirait-il pas s'adonner à de tels efforts. Auquel cas, les deux apprentis Jedi trouveraient bien une solution pour entrer dans le village des habitants d'Endor. -
Post n°3
Auteur : Yae-WanLeur pause avait fait le plus grand bien à Yae-Wan, dont la douleur à la jambe s’était considérablement résorbée. De plus, Jeabro avait absolument tenu à lui porter son sac, et malgré ses protestation le padawan était touché de ce geste qui le soulageait encore un peu plus. Il se remit donc en route de bon cœur, pressé de rencontrer les Ewoks. Tout en marchant, Pete lui résuma sa rencontre avec maître Reez, puis ils entamèrent une intéressante discussion politique autour de la chute de l’empire et du futur rôle des jedi. Yae-Wan apprit que son compagnon était un déserteur de l’armée impériale, et il fut impressionné par ce revirement de convictions et le courage dont ce dernier avait fait preuve. Constatant que malgré des bases communes, leurs opinions divergeaient sur certains points, l’ancien ermite se promit de prendre le temps de discuter plus longuement avec Pete car son avis l’intéressait beaucoup.
Soudainement, au milieu d’une phrase, l’ancien pilote s’arrêta net. Face à lui, un arbre, semblable à tout les autres si ce n’était son diamètre un peu plus important. Mais ce léger détail avait suffit au padawan pour avoir une illumination, qu’il s’empressa d’exprimer à voix haute. Les Ewoks devaient sûrement habiter dans les hauteurs afin de se protéger des prédateurs, comme l’avait fait Yae-Wan peu de temps avant. Pete lui demanda s’il se sentait en état d’escalader l’arbre. Yae-Wan ferma les yeux un court instant, sondant son niveau de douleur, au final assez faible, puis les rouvrit en souriant.
- Ne t’inquiètes pas, je peux suivre, tout va bien.
Loin d’être vexé, le jeune homme appréciait l’attention que portait son compagnon à sa blessure, qui n’en profitait pas pour mettre en avant sa supériorité sur ce plan. Attitude humble et altruiste typiquement jedi, qui confirma Yae-Wan dans son idée que l’ancien pilote avait eu grandement raison de changer de vocation.
D’un geste rapide, Yae-Wan attacha ses cheveux bruns en une longue tresse bien moins gênante pour leurs acrobaties à venir. Puis, après avoir vérifié que son sac ne dérangeait pas Jeabro (qui refusa de nouveau de le lui laisser porter), il s’élança de manière svelte vers les hauteurs.
Dès que ses pieds quittèrent le sol, Yae-Wan en oublia sa douleur. Il se retrouvait de nouveau dans un élément familier, et cette fois sans aucun danger aux fesses. Il pouvait prendre le temps de savourer l’escalade, prenant un malin plaisir à choisir les branches et les passages les plus compliqués. Il avait passé de nombreuses heures à s’entraîner dans les arbres pendant son exil, afin de fortifier ses muscles. Qui plus est, c’était le terrain de jeu idéal pour les acrobaties en tout genre. Il montait, redescendait, se laissant tomber entre deux branches pour mieux les ré-escalader d’une pirouette juste après. Il s’amusait franchement, riant intérieurement de sentir les muscles de son épaule lui répondre au quart de tour, grisé par le plaisir qu’il ressentait à bouger de nouveau librement, pleinement maître de ses deux bras. Son sourire s’élargit.
Soudain, un mouvement brusque à la limite de son champ de vision le déconcentra. Il rata une prise et évitât de peu une chute de plusieurs mètres en se rattrapant in extremis à la branche la plus proche. L’adrénaline explosa en lui, le faisant frissonner de peur et de plaisir combiné. Essoufflé et surpris, il s’arrêta, accroupi contre le tronc et Pete le rejoignit rapidement. Un quart de seconde, Yae-Wan s’étonna de ne pas ressentir de douleur à la jambe, mais il en conclut rapidement qu’il avait du compenser avec les bras lors de l’escalade. Il y avait plus intéressant à penser pour le moment ; en l’espace de quelques minutes ils étaient arrivés à la limite de ce qui était visible depuis le sol. Les deux hommes échangèrent un regard. Doucement, Yae-Wan se remit en mouvement et continua sa progression, suivit de près par Pete. Il avait beau tourner la tête de tous les côtés, il ne voyait pas âme qui vive. De plus en plus étonné et ne sachant toujours pas ce qui avait pu le déconcentrer ainsi, le jeune homme attrapa une dernière branche et se hissa, passant sa tête au milieu d’un amas de feuilles et de branchages qui lui masquaient la vue. Et ce qui apparut alors dans son champ de vision le sidéra, à tel point qu’il en resta immobile et bouche bée.
Devant lui se trouvait un village complet, construit comme si de rien n’était à quelques 40 mètres du sol. Des dizaines de cabanes les unes à côté des autres étaient reliées entre elles par un réseau incroyable de ponts suspendus, formant comme une gigantesque toile d’araignée. L’ancien pilote, à côté de lui, ne semblait pas moins surpris. Ni l’un ni l’autre n’osait parler, craignant de déranger ce lieu qui paraissait presque magique. Le corellien continua d’observer les alentours. Quelques mètres plus loin, il pouvait distinguer une grande plate forme en rondins de bois qui faisait sûrement office de place centrale. Toutes les huttes étaient semblables, et seul la patine et l’usure du bois permettait de les différencier quelques peu. L’ensemble formé était d’une grande beauté, parfaitement intégré au sein de la forêt comme avec un soucis extrême de déranger le moins possible. On est bien loin de ces horribles cités ultra-technologiques qui peuplaient une bonne partie de la galaxie, pensa Yae-Wan avec un sourire satisfait. Il aimait déjà cet endroit qui lui apportait la preuve que d’autres modes de vies étaient possible. Devant ses yeux se trouvait un exemple concret de ce que pouvait être un monde ayant choisit de vivre en symbiose avec la nature, et non de lutter contre elle. Passer un moment ici ne lui déplaisait pas le moindre du monde, et il fut reconnaissant à maître Reez de les avoir envoyé là.
Cependant, ils n’avaient encore vu personne. Se sentant observé, et maintenant presque certain que le mouvement qu’il lui avait semblé apercevoir était en fait un Ewok, Yae-Wan se tourna vers son compagnon, l’incitant tacitement à prendre les choses en main. Malgré toute sa motivation, les relations extérieures et la communication n’étaient pas dans les points forts du padawan, qui redoutait une erreur pouvant avoir des conséquences non négligeables. Jeabro sembla comprendre la requête, car il lui sourit et s’apprêta à se lever. Il revint alors à l’esprit de Yae-Wan des brides de conversations probablement entendus sur sa planète natale. Il arrêta le padawan en posant une main sur son épaule, et lui dit :
- Attend. Si je me souviens bien, les Ewoks aiment beaucoup tout ce qui est technologique.
Le corellien glissa une main à sa ceinture et en sortit son comlink, qu’il tendit au jeune homme.
- Je ne sais pas si c’est la meilleur chose à leur offrir ça, mais c’est tout ce que j’ai sur moi… Au pire, ils trouveront sûrement une utilité quelconque aux pièces détachées s’ils le démontent.
Il se tut un instant, puis finit par lancer :
- Bon, on est parti ?
Bien que n’ayant aucune idée de ce qui allait suivre, les deux apprentis enjambèrent le pont suspendu le plus proche, et s’avancèrent en direction de la place centrale.
-
Post n°4
Auteur : Pete JeabroC'était la première fois que Pete montait dans des arbres aussi hauts et imposants. Même s'il aimait bien cela, il était beaucoup moins dans son élément que son camarade qui, pour le coup, semblait ne plus souffrir d'aucune blessure. L'ascension de Jeabro fut donc légèrement plus lente que celle de Yae-Wan, bien qu'il arriva vite à son niveau lorsque celui-ci dégringola de quelques branches. Rapidement rassurés, ils reprirent leur escalade avant d'arriver au pied du village Ewok. L'ancien pilote était tout aussi émerveillé que son compagnon face à ce hameau qui, dans sa simplicité, avait toutefois réussi à prendre racine dans ces branches. Il parvenait donc à rester discret et imposant à la fois.
Pete écouta les conseils de Yae-Wan. L'idée d'offrir un présent aux Ewoks n'était même pas venu à l'esprit du jeune homme. Pourtant, cela semblait naturel ! Il félicita donc Tinak pour sa présence d'esprit et retira de sa ceinture son propre comlink. Ce genre d'outil pouvait être plus efficace par paire. Puis, tous deux enjambèrent un pont suspendu afin de se rendre vers une plate-forme vide. Car le village donnait l'étrange impression d'être abandonné. Les Ewoks avaient-ils anticipé la venue des deux padawans et s'étaient donc réfugiés afin d'en apprendre plus quant à leurs intentions ? C'était possible mais surprenant. Les Ewoks étaient, selon ce qu'avait entendu Jeabro, très réputés pour leur curiosité naturelle.
Là où le novice Jedi ce serait habituellement contenté d'avancer d'un pas prudent, confortant sa prise sur les comlinks, comme pour se rassurer, il préféra se concentrer et écouter ce que l'environnement lui disait. Quelles informations la Force lui donnait-elle ? Il ferma les yeux un instant et se focalisa sur ce qui l'entourait. Il sentit la présence de nombreuses formes de vie, principalement autour des deux padawans, c'est-à-dire dans le village. Les Ewoks semblaient s'être écartés afin d'épier les nouveaux arrivants et de connaître au mieux leurs intentions.
- Bonjour ? se hasarda Pete.
Il avait parlé assez fort pour que sa voix soit audible sur la plate-forme que les deux Jedi n'avaient pas encore atteinte. Il espérait ainsi rassurer les Ewoks et pouvoir alors élaborer un premier contact avec eux. Jeabro, à défaut de toute réaction de leur part, sentit quand-même une certaine agitation dans son entourage. Cette tentative de dialogue lancée par le jeune homme avait visiblement agité les témoins de l'arrivée de Yae-Wan et Pete. Était-ce un bon ou un mauvais signe ?
Alors que les deux Jedi arrivèrent sur le centre de la place, trois Ewoks sortirent de leurs cachettes : trois huttes derrière lesquelles ils s'étaient dissimulés. Il observèrent curieusement les deux humains, tout en s'exprimant dans un langage que Pete ne comprenait pas. Ils semblaient agités, mais pas dépaysés pour autant. La différence de langages expliquait pourquoi personne n'avait réagit à sa salutation...
Jeabro tendit sa main gauche et écarta ses doigts, afin de révéler les deux comlinks. Il les présenta au trio, faisant bien comprendre qu'il les leur offrait.
- Ce sont des comlinks, très utile pour communiquer à travers une longue distance, expliqua-t-il inutilement à ces êtres qui ne pouvaient certainement pas le comprendre.
- Ouchinzaï ? Fit d'un air intrigué l'une des créature.
Deux des Ewoks se saisirent chacun d'un communicateur afin de l'analyser. L'un d'entre eux le secoua légèrement et l'examina à nouveau, pour voir si cela avait un quelconque effet sur l'appareil qu'il découvrait. Le troisième Ewok, quant à lui, parut très intrigué par le sabre de Pete. Il s'approcha et voulut le toucher. Instinctivement, le padawan recula. Le petit bipède se mit alors à protester à coût de petits cris, tout en sautillant sur place.
- Gyeesh ! Émit l'Ewok.
Pete hésitait quant à la démarche à suivre. Il n'allait certainement pas donner son arme à cette petite créature capricieuse ! Il l'avait construite de ses propres mains, au péril de sa vie, et Maître Reez avait insisté plusieurs fois l'importance de cet outil. Offrir son sabre-laser à cet Ewok semblait, pour Pete, un cadeau de bienvenue bien trop cher payé. Il n'était pas matérialiste et n'accordait pas d'importance particulière à certains biens, mais cette arme était le seul qui ait une réelle valeur à ses yeux. S'en séparer était comme abandonner une partie de lui-même : celle qu'il avait liée à la Force afin de forger son épée. D'un autre côté, le bipède semblait insistant et inoffensif. Mais les apparences étaient parfois trompeuses, et qui sait ce qu'il ferait avec un sabre (dont il n'était pas formé au maniement) ? Cependant, face à la tension qui montait, Jeabro céda et décrocha le sabre de sa ceinture, avant de le tendre au petit Ewok. Ses deux voisins avaient cessé de jouer avec leurs comlinks pour regarder la scène.
L'Ewok détenait désormais l'arme de Pete entre ses petites pattes. Il la regarda avec des gros yeux, comme s'il était entré en possession d'une relique convoitée. Après l'avoir tournée dans tous les sens, il appuya sur le bouton qui s'y trouvait. La lame bleue jaillit, se reflétant dans les yeux de la petite créature émerveillée. Jeabro se demandait si confier une pareille arme à un Ewok était une bien bonne idée. Enfin, voilà qui était fait. Il n'allait pas ressasser cette histoire. Si ce don permettait de renforcer les liens avec la tribu « Naa'fruu », alors ça en valait certainement la peine. Rien n'empêchait le jeune homme de forger un nouveau sabre. Cela ne serait pas difficile au sein même du Sanctuaire Jedi. Toutefois, ce sabre-là était le premier (et unique) qu'il avait construit. Il avait donc une certaine valeur à ses yeux.
En réalité, ce simple don semblait bouleverser l'ancien pilote impérial, et il ne comprenait pas pourquoi. Pourquoi offrir quelque chose à quelqu'un semblait-il le perturber autant ? Les Jedi étaient censés être altruistes. Or, Jeabro, qui ne s'était jusqu'alors jamais considéré comme étant particulièrement égoïste (ni généreux), avait un goût amer dans la bouche. Ce qui le surprenait était que ce comportement n'était pas digne de l'Ordre Jedi. Il croyait avoir parcouru un long chemin en intégrant les rangs des Jedi et en étant accepté parmi eux. Il s'était qu'une fois en leur sein, alors leurs valeurs lui seraient immédiatement transmises, s'accordant parfaitement avec son être. Mais la route de l'apprentissage était encore longue, et cette expérience en faisait très probablement partie. Pete devait apprendre à se détacher entièrement des biens qui l'entouraient.
Le petit Ewok ré-appuya sur le bouton et la lame s'éteignit. Jeabro s'accroupit auprès de la créature et lui adressa un sourire. Il acceptait de lui offrir son sabre, même s'il mettrait un certain temps à se faire à cette idée. Quel était le symbole derrière le don d'un objet précieux pour l'offreur, auprès d'un illustre inconnu ? Et puis, qu'est-ce que cet Ewok allait-il bien pouvoir en faire ? Un trophée pour orner l'un des murs de sa hutte ?
Mais la réaction de la créature surprit Pete. Alors que le jeune homme se redressait, le petit être lui tendit à nouveau le sabre-laser, afin de le lui rendre. Le rouge monta au joues du padawan lorsqu'il comprit qu'il faisait fausse route depuis le départ. Il s'était imaginé des choses car il n'avait pas réussi à bien communiquer avec eux. Jamais l'Ewok n'avait voulu s'emparer de son sabre ! Jeabro était gêné. Finalement, ses talents de diplomatie n'étaient pas aussi développés qu'il ne le croyait. C'était une belle leçon d'humilité qu'il venait d'apprendre là...
Confus, il ne pouvait se résoudre à accepter de récupérer son sabre. Après une telle réflexion qui avait abouti à un choix qu'il avait accepté, récupérer son sabre sans rien dire ne serait que pure hypocrisie. Cependant, face à l'insistance de la créature, qui était fortement comparable à celle dont elle avait fait preuve quelques minutes auparavant, Pete dut trouver un compromis. Il acceptait de récupérer son arme qu'en échange d'un service qu'il rendrait à cet Ewok. Mais comment entrer en communication avec lui ? Jeabro tenta de mimer ce qu'il voulait dire tout en articulant lentement. Avec un peu de chance, peut-être parviendra-t-il à se faire comprendre.
- Mer-ci. J'accepte. Cet. Objet. Contre. Un. Service pour Toi.
Il avait fini sa phrase en désignant l'actuel propriétaire de son sabre-laser. Celui-ci acquiesça vigoureusement et cria:
- Atcha !
Puis il s'éloigna à vive allure dans les entrailles du village. Il ignorait pourquoi, mais Pete savait qu'il devait suivre cette petite créature. Il s'élança à sa suite, espérant que Yae-Wan allait le suivre. Où l'Ewok les emmenait-il ? Avait-il compris ce que Jeabro lui avait dit ? -
Post n°5
Auteur : Yae-WanYae-Wan avait observé en silence l’étrange scène qui s’était déroulée sous ses yeux. Il avait très clairement perçu les réticences de son compagnon quant à se séparer de son sabre laser. D’une certaine manière, il le comprenait. Il s’était construit cet arme de ses mains, et avait donc de nombreuses raisons d’y tenir. Cependant, Pete n’avait pas mis longtemps à faire son choix, et avait gracieusement offert l’objet à l’Ewok lui faisant face. Quel ne fut pas leur surprise quand la créature, après avoir longuement étudié la lame bleuté, le lui rendit. Yae-Wan sentit l’hésitation de l’apprenti de manière distincte, tout comme il perçut très clairement le raisonnement que ce dernier menait dans sa tête. Il n’avait pas entendu de mots, bien sur, mais la Force lui avait indiqué de manière subtile ce que l’apprenti ressentait. Le jeune homme comprit qu’il ne voulait plus récupérer son sabre, car il se serait sentit des plus hypocrites. Yae-Wan observa Jeabro expliquer comme il pouvait qu’il n’acceptait de reprendre son arme qu’à condition de pouvoir rendre un service à l’Ewok en échange.
Ce geste, à la fois si simple et normal pour un jedi était si rare pour beaucoup d’autres être humains que ce contraste emplit la tête du padawan de question. Qu’aurait-il fait, lui, à la place de son camarade ? Aurait-il eu la force de se remettre en question aussi rapidement, et de céder quelque chose qui lui était extrêmement cher ? Il se mit à imaginer que la scène avait lieu pour lui, et que l’objet en question était ses balles transparentes, celles que lui avait remis le pilote bien des années auparavant. C’était ce qui comptais probablement le plus à ses yeux. Mais il eu beau réfléchir, il n’arrivait pas à être convaincu qu’il aurait pu les offrir ainsi, en l’espace de quelques secondes, à une étrange créature perchée en haut d’un arbre. Malgré tous ses efforts, il ne trouvait pas de réponses à ses questions. Peut-être n’était-il possible d’être fixé sur sa nature profonde qu’en ayant à faire un choix, à prendre une décision dans l’action ; l’impossibilité de réfléchir permettant alors une pleine sincérité. Ou peut-être avait-il tout simplement encore beaucoup de travail afin de devenir l’un de ces jedi qu’il respectait tant. Le jeune homme fut tiré de ses pensées en ressentant une légère perturbation dans la force, et il vit en effet l’Ewok détaller en courant, suivit de près par l’ancien pilote. Il leur emboîta le pas sans réfléchir, ses pieds martelant brutalement les planches de bois, les faisant trembler de manière un peu inquiétante.
Ils traversèrent le village au pas de course, et Yae-Wan remarqua que de plus en plus d’Ewoks apparaissaient, redescendant des branches hautes où ils avaient dû se cacher. Quelque uns leur emboitère le pas, se doutant sûrement de leur destination. La vie reprenait son cours dans chaque maison, et le jeune homme perçut quelques brides de conversations, toujours dans ce langage qui lui était inconnu.
Soudain, au détour d’un énième pont suspendu, il apparut. Il, autrement dit l’arbre immense qui leur barrait maintenant le passage. Le groupe se stoppa net, légèrement essoufflé, les Ewoks répétant à tu-tête :
- Achiwa ! Achiwa !
Yae-Wan et Pete observaient la scène, ébahis. Devant eux se trouvait un arbre immense, d’un diamètre encore supérieur à celui qu’ils venaient d’escalader. Cet arbre était apparemment déraciné, et il était tombé sur une partie du village suspendu, pulvérisant au passage une dizaine de maisons. Yae-Wan s’étonna : l’arbre paraissait des plus robustes, et il était très probablement centenaire. Comment avait-il pu tomber ainsi ? En se déplacent lentement de quelques pas, il finit par remarquer de longues et profondes déchirures dans le bois, à une hauteur avoisinant les trente mètres par rapport au sol. Il supposa donc que cette chute était due au passage d’un gorax, l’une des bêtes les plus dangereuses des les forêts d’Endor. Cette réponse l’attrista. Il avait toujours été proche de la nature, et qui plus est depuis sa guérison ; le décès de cet être vivant le touchait donc sincèrement. Il se retourna finalement vers l’Ewok, l’interrogant du regard, cherchant à comprendre pourquoi il les avait amené là.
A ce geste, l’ensemble du petit groupe d’Ewok se mit à parler en même temps, tout en agitant les bras de haut en bas et en faisant de grands signes avec la main. Sur le coup, Yae-Wan ne compris pas où ils voulaient en venir. Son regard navigua inconsciemment de l’arbre couché aux Ewoks, quand soudain la lumière se fit. Le message s’adressait en tout premier lieu à Jeabro, et les Ewoks voulaient qu’ils dégagent l’arbre du chemin, afin de pouvoir reconstruire le village, très certainement. C’était ça, le service à leur rendre. Le jeune padawan regarda son compagnon, l’air dépité. Ils échangèrent quelques mots, mais ils ne voyais pas le moins du monde comment ils pourraient réussir une telle action. L’arbre devait peser au bas mot plusieurs tonnes… Le jeune homme se sentait de plus en plus abattu. Il voulait de tout son cœur aider les Ewoks, mais la réalité semblait le lui refuser. Il avait beau retourner le problème dans tous les sens dans sa tête, rien n’y faisait.
Il fit comprendre aux Ewoks encore présent qu’ils avaient vu le problème et qu’ils y réfléchissaient, puis il se laissa tomber lourdement sur le sol. Il regarda Pete, qui semblait perdu dans ses pensées, toujours debout, parfaitement immobile. Une espèce de nostalgie s’emparait peu à peu de l’apprenti. Il ne voyais pas ce qu’il faisait là, perché à plusieurs dizaines de mètres du sol, au sein d’un peuple inconnu, sans but précis et sans maître… Il se sentait seul, un peu perdu, face à une tâche qui lui paraissait insurmontable. Tout était flou en lui, Yae-Wan n’arrivait plus à identifier les sentiments qu’ils ressentait.
L'apprenti demanda à Jeabro de lui passer son sac, et en sorti rapidement ses balles de jonglage. Il devait se calmer, faire le vide en lui et analyser la situation de manière posée. Le padawan ferma doucement les yeux, inspira profondément et se mit à jongler. Il essaya d’ouvrir peu à peu ses sens, commençant par apprécier le toucher lisse et froid des boules de verre entre ses doigts, savourant le mouvement fluide dont il était à l’origine et qu’il percevait sans le voir. Il étudia la sensation de ses muscles roulant doucement sous sa peau, reprenant peu à peu confiance en ses capacités par ce biais. Puis il laissa ses sens s’ouvrir au monde. Il essaya de les projeter doucement, comme Pete le lui avait expliqué au cours de l’une de leurs discussions. La première chose qu’il sentit fut ce dernier, assis à côté de lui, calme mais concentré. Sûrement cherchait-il lui aussi une solution. Puis Yae-Wan laissa le flux vital de la forêt le pénétrer. Il le ressentait de manière très faible, mais il le ressentait, c’était déjà ça. Au fur et à mesure que l’ancien ermite s’apaisait, ses pensées se mirent à dériver. Il était totalement dans sa bulle, ses bras continuant à propulser les balles de manière fluide. C’était à peine s’il variait ses figures, se contentant de laisser l’habitude le diriger. Il réfléchissait sur sa situation, et sur ce qui l’avait tant perturbé quelques instants auparavant. Au fond, les Ewoks leur avaient demandé de l’aide. Il n’y avait eu aucune forme d’agressivité visible dans leurs actes, et ils était parfaitement libre d’expliquer que cela dépassaient leurs capacités. Mais alors, pourquoi donc avait-il ressenti tout ça, se demandait en boucle le correlien.
Il se mit à penser aux jedi, à ce qui le poussait à suivre cette voie et à ce qu’il espérait devenir. Cela comptait tant pour lui maintenant. Ses pensées continuaient à vagabonder et il se rendit peu à peu compte que ce service que les Ewoks leurs demandait, lui l’avait immédiatemment considéré comme sa première véritable mission d’apprenti jedi. Depuis le début, il était dans le faux. L’altruisme consistait à aider les autres sans tirer un quelqu’une profit de la situation, or Yae-Wan avait inconsciemment réussi à tourner cette situation à son avantage. S’il avait rendu un service à un Ewok tout en considérant qu’il avait accompli là une mission, il en serait ressorti fier de lui-même, et non heureux d’avoir pu aider son prochain. Encore une fois il en avait oublié d’être humble, et il avait cru être altruiste alors qu’il n’était qu’orgueilleux. Il fronça légèrement les sourcils. Heureusement, il s’en était rendu compte par lui-même, ce qui prouvait qu’il était sur la bonne voie, mais le jeune padawan se sentait légèrement triste de voir que ce défaut se confirmait chez lui. Il se promit une nouvelle fois d’y faire très attention.
Il se sentit soudain en harmonie avec lui-même, comme si mettre des mots sur ce qui le perturbait avait achevé de régler le problème. Il arrêta de jongler, déposa délicatement ses balles entre ses jambes croisées et ouvrit les yeux, un léger sourire aux lèvres. Il avait peut-être une idée, pour l’arbre, et ça valait le coup d’essayer. Mais avant ça, il allait avoir besoin de l’expérience et des conseils de son camarade à propos du maniement de la Force. Il tourna la tête vers l’ancien pilote, et prononça doucement son nom, afin d’attirer son attention. Ce dernier parut sortir d’une espèce de méditation, et pendant un instant Yae-Wan eu peur de l’avoir dérangé. Mais le jeune homme lui sourit de manière détendue en lui demandant ce qu’il se passait. Yae-Wan lui expliqua donc :
- Ecoute, je pense avoir une idée pour cet arbre. Regarde cette série de branches là-haut, sur l’arbre d’en face. Tu crois pas que si on arrive à trouver une corde assez solide, qu’on la passe autour de l’arbre abattu, qu’on fabrique un palan autour de ces branches et qu’on s’aide de la force, on pourra le faire bouger ? Il n’y a pas besoin de beaucoup, juste de quoi le faire basculer sur le côté de cette plate-forme…
Devant l’air ébahi de son camarade, Yae-Wan entreprit de lui dessiner un schéma sur le sol à l’aide d’un morceau de charbon, dans le but d’éclaircir ses propos brumeux.
- Voila l’idée. C’est pas gagné, mais avec l’aide de la Force, ça peu peut-être éventuellement marcher. Je ne sais pas si tu as une meilleur idée ? Sinon, je vais avoir besoin de tes conseils, parce que ça va pas être possible de se lancer là dedans comme ça. Je sais qu’on peut faire léviter des objets de tout poids avec la force, mais moi, à part mes balles et une bille en bois, je n’ai jamais rien fait bouger d’autre. Tu es bien meilleur que moi quant à la maîtrise de la force, donc l’idéal serait que tu m’apprennes ce que tu sais, si c’est possible, et qu’on s’entraîne un peu avant de se lancer là dedans. T’es partant ?
Yae-Wan espérait du fond du cœur que l’apprenti serait d’accord, aussi bien car suite à sa réflexion, il voulait vraiment aider les Ewoks et qu’ils se devaient de réaliser ça ensemble que pour pouvoir en apprendre plus sur la Force grâce à lui. -
Post n°6
Auteur : Pete JeabroUn arbre avachi. Voilà où la course du petit groupe, à travers les rangées de huttes, l'avait conduit. Yae-Wan expliqua à Pete que la cause de la chute étant sans aucun doute un animal de la Lune. Les Ewoks semblaient insistant et voulaient qu'on leur vienne en aide afin de dégager l'arbre des petites habitations écrasées. Mais comment faire ? Jeabro, à l'instar de son partenaire, resta plongé dans ses pensées un long moment. Il avait immédiatement pensé à utiliser la Force, mais les pouvoirs des deux padawans seraient insuffisants face à la robustesse d'un arbre centenaire !
Il observa quelques instants son compagnon jongler, toujours émerveillé par son talent ; d'autant plus qu'il paraissait focalisé sur ses propres pensées, sans même faire attention au mouvement des balles ou de ses propres mains. À son tour, Pete s'était assis en tailleurs, contemplant l'arbre comme un défi impossible à surmonter. Si la Force ne pouvait les aider, peut-être que la technologie Ewok y parviendrait ! Ces petites créatures n'étaient-elles pas réputées pour disposer d'un certain savoir technologique ? Mais cette idée fut vite évincée dans l'esprit du jeune homme : si tel était le cas, alors les Ewoks auraient déjà trouvé la solution afin de redresser (ou du moins retirer) cet arbre.
Mais Yae-Wan semblait avoir une idée excellente, synthétisant les diverses pensées qui avaient traversé l'esprit de l'ancien pilote impérial. Le petit schéma était clair : lier la Force et la technologie Ewok afin d'arriver à leurs fins.
- Parfait ! Répondit Pete. Prend ton bout de charbon avec toi, tu vas de nouveau en avoir besoin. Nous allons montrer ton plan aux villageois afin qu'ils nous aident à construire ce dont nous avons besoin.
D'un pas décidé, les deux novices firent demi-tour afin d'aborder les habitants de la hutte la plus proche. Le Ewok auprès de qui ils s'étaient adressé bondit de joie et rameuta certains de ses compagnons avec des petits cris, avant de partir chercher le matériel nécessaire. Tout en suivant le groupe, afin de les aider à transporter planches et cordes, Pete expliqua à Yae-Wan :
- Tu veux que je te parle de la Force ? Je ne sais pas si je suis le mieux placé pour t'initier à ce sujet. Chaque jour, je découvre un peu mieux le lien qui m'unit à Elle. Étant également novice, je ne suis en aucun cas expert quant au "fonctionnement" de la Force. Je pense que la Force est partout dans la galaxie, et qu'elle relie chaque objet, chaque être entre eux. Nous, les Jedi, y sommes plus sensibles et pouvons donc exercer une certaine influence sur elle.
Telle était sa perception de la Force. Mais Pete savait que son savoir était loin d'être complet. Cependant, il espérait que ses maigres connaissances pourraient suffisamment éclairer la lanterne de Tinak :
- Par exemple, nous pouvons, comme tu l'as dit, faire léviter des objets. Nous pouvons surtout ressentir notre environnement et entrer en phase avec lui. Mais j'ai l'impression, et ce n'est que mon impression (j'ignore si ce que je te dis est vrai), que nos autres sens ont tendance à altérer, dans certaines conditions, notre rapport avec la Force. La Force peut nous permettre de voir ce que nos yeux nous cachent. L'emprunte, l'aura, ou je ne sais trop quel "marque" que nous laissons dans la Force n'est pas proportionnelle à notre taille ou à notre poids.
Pete espérait que son raisonnement était clair pour Yae-Wan, car il ne l'était pas du tout pour lui ! Il avait du mal à trouver ses mots, car c'était la première fois qu'il établissait une réflexion à ce sujet. Il avait l'impression de découvrir des choses en même temps qu'il les énonçait :
- Ce que j'essaie de dire, c'est que si un objet est lourd, ce n'est pas pour autant qu'il l'est dans la Force. Ou, si c'est le cas, il peut être plus "léger". Je pense, je ne dis pas que j'en suis capable, mais il se pourrait qu'un gros rocher nécessite autant de concentration pour le faire léviter, qu'un simple gravier.
Peut-être n'auraient-ils même pas besoin du matériel que les Ewoks étaient en train d'assembler au final. Mais cela paraissait étrange aux yeux de Jeabro. Même s'il avait foi en son raisonnement, il doutait d'être lui-même capable d'accomplir de telles choses :
- En fait, ce qui nous permettrait de faire ça, c'est juste notre volonté et notre foi en la Force...
Il avait lâcher ses dernières paroles plus pour se convaincre lui-même que pour donner son point de vue à Tinak.
Les Ewoks, bricoleurs dans l'âme, avaient terminé les installations. Les palans avaient été fixés par des mains agiles autour de l'arbre, et les cordes s'étaient glissées entre les branches de l'arbre voisin, afin de servir de contre-poids. Certains Ewoks s'étaient déjà mis en position, prêts à tirer de toutes leurs forces sur les cordes afin de relever l'arbre. Une dernière corde était seule, ballante, et n'attendait plus qu'un individu pour tirer dessus. Pete soumit une dernière idée à Yae-Wan :
- Je te propose que l'un d'entre nous se place derrière cette corde pour aider les Ewoks. L'autre se mettra de l'autre côté de la passerelle, afin d'utiliser la Force, et seulement la Force. Ainsi, il ne sera pas entravé par l'effort physique dû au tir à la corde.
La vision pouvait parfois servir d'obstacle au maniement de la Force, mais elle pouvait aussi être un plus. Pete se souvenait avoir effectué des visualisations afin d'être plus efficace quant à son usage de la Force. Et il se doutait que se concentrer sur l'effort physique, en plus, ne serait qu'un handicap. Depuis que Jeabro avait rencontré Yae-Wan, il avait ressenti la forte affinité que celui-ci nouait avec la Force. Cela en était même, parfois, déstabilisant. C'est pourquoi il jugea préférable que ce soit l'ancien ermite qui se charge de la tâche plus spirituelle. Jeabro, lui, irait soutenir les Ewoks.
Une demi douzaine de villageois vinrent se placer au pied des cordes, tandis que Yae-Wan se mettait en position un peu plus loin. Pete explique brièvement aux Ewoks quel sera le signal du début des opérations. Puis il cria :
- À mon signal... TOP !
D'un même mouvement, les créatures et Pete se mirent à tirer vers le bas, dans le but de redresser l'arbre, alors que Yae-Wan se concentrait sur sa propre tâche. Mais le résultat fut décevant : quelques branches tombèrent, manquant de peu d'écraser certains des Ewoks qui se tenaient dessous. L'arbre était trop imposant, et agir ainsi n'était pas possible. Une fois l'agitation calmée au sein des Ewoks, les cordes inutiles furent écartées et les équipes se remirent en position. Pete expliqua à son compagnon :
- C'est à toi de lancer le départ. Sans la Force pour nous aider, nous ne pourrons pas faire bouger cet arbre, ne serait-ce que d'un millimètre. J'essaierai de t'aider au mieux, mais compte surtout sur tes propres compétences. Nous, nous nous contenterons de guider ton mouvement.
Jeabro se remit en position avec les quelques Ewoks dont la corde n'était pas tombée. Puis il attendit la réaction du jeune Corrélien. -
Post n°7
Auteur : Yae-WanUn arbre centenaire. Cela faisait à peine quelques heures que Yae-Wan était arrivé chez les Ewoks, et pas beaucoup plus de temps qu’il était devenu un apprenti jedi, et voila qu’il se retrouvait à devoir soulever un arbre centenaire de plusieurs tonnes grâce à la force. Lui, l’ancien ermite aux penchants d’acrobates. Une fois confrontée à elle, l’idée l’avait fait gentiment sourire, même si elle venait de lui à la base. Malgré les précieuses informations que lui avait apporté Pete, la tâche lui paraissait toujours insurmontable. Et l’échec de la première tentative n’avait pas aidé à lui redonner confiance en lui.
Un grand silence s’était fait chez les Ewoks. Tous attendaient sagement, en position, le signal du padawan. Yae-Wan ferma les yeux. Il avait les mains moites et la respiration saccadée, le stress le gagnait peu à peu. Il ne pouvait pas faire ça, c’était impossible, impossible… Impossible… Ce mot résonnait dans son esprit, le paralysant chaque fois un peu plus. Il ne ressentait plus la Force, ni rien d’autre d’ailleurs. Il devait se calmer, se reprendre et se concentrer. Mais il n’y arrivait pas du tout.
Soudain, une voix l’obligea à ouvrir les yeux. Devant lui se tenait un Ewok qui lui tendait l’une de ses balles transparentes, qu’il avait laissé dans une maison pas très loin. Il en resta estomaqué, sans pouvoir bouger tant le geste le toucha. Par cette infime action, le petit être lui avait fait comprendre plus de choses qu’il aurait été possible de dire en vingt phrases. Ce bras tendu lui montrait que chacun ici ressentait et comprenait son trouble, et qu’il ne devait pas imaginer qu’ils lui mettaient la pression. L’initiative de l’Ewok lui apparut comme un geste de soutient et d’encouragement d’une force rarement égalée. Enfin, il se rappela encore une fois qu’ils ne faisait ça que pour essayer d’aider le village, sans aucun but personnel, et qu’il n’y avait donc aucune raison de stresser. Il devait faire de son mieux, se dépasser, et aviser ensuite.
Le jeune homme se saisit délicatement de sa balle, et commença à la faire rouler doucement entre ses doigts. Les paroles de l’ancien pilote lui revinrent à l’esprit : « En fait, ce qui nous permettrait de faire ça, c'est juste notre volonté et notre foi en la Force ». Notre volonté et notre foi en la Force… Tout paraissait déjà plus limpide. En partant du principe que Jeabro avait raison, ils n’auraient pas pu réussir quoi qu’il en soit, vu que pour Yae-Wan, le combat semblait perdu d’avance. Ce dernier s’agenouilla doucement, et lança bien fort :
- On peut le faire, on est d’accord ?
Un concert d’approbation en langages diverses lui répondit, ce qui redonna courage à l’apprenti. Il ferma les yeux, recommença à faire courir sa balle le long de ses bras et entre ses doigts, et se concentra. Il essaya de s’ouvrir à la Force, cherchant la présence de chaque être vivant aux alentours. Peu à peu lui réapparu le fil ténu qu’il avait déjà ressenti, quelque chose qu’il aurait naturellement comparé à de l’énergie vitale. De quoi, de qui, il n’en savait rien, mais la sensation qui le parcourait lui paraissait à la fois des plus nouvelles et des plus naturelles. Comme s’il redécouvrait à chaque méditation ce qui formait les bases de lui-même, une espèce d’essence de la vie. Peu à peu il en oublia ses préoccupation, sa peur de ne pas réussir et son manque de conviction. Peut-être leurs serait-il possible de faire quelque chose, au final…
Il se focalisa ensuite sur l’arbre. Il commença par se représenter mentalement le mouvement qui serait nécessaire afin de le faire basculer sur le côté, la hauteur à laquelle il lui faudrait, avec l’aide de Pete et des Ewoks, soulever ce tronc. Puis, une fois le côté techniquement pragmatique réglé, il se reconcentra sur la Force. D’après l’ancien pilote, l’arbre possédait une signature dans la Force, et un lien le reliait normalement à l’apprenti jedi. Yae-Wan laissa ses sens se balader autour de lui. Ses sourcils se froncèrent : il devait bien l’avouer, il ne sentait pas grand-chose pour le moment. A vrai dire, il ne sentait même absolument rien. Le jeune homme se sentit soudain un peu perdu.
C’est alors qu’une présence familière apparut dans son esprit. Pete, en voyant le visage de son compagnon se crisper légèrement et les mouvements de la balle devenir plus saccadés s’était ouvert l’espace d’un instant à la Force, juste le temps nécessaire afin d’être perçu par Yae-Wan. Comprenant le but de ce geste, ce dernier se détendit légèrement et sourit de gratitude. L’ancien pilote venait de lui donner la clé manquante : il venait de lui montrer à quoi ressemblait la signature, l’empreinte que chacun laissait dans la Force. Comme ils commençaient à bien se connaître, Yae-Wan l’avait identifié immédiatement, et il savait maintenant quoi chercher.
Le novice se mit au travail sans tarder, et repéra en peu de temps la signature de l’arbre. Il ne lui fallu pas beaucoup plus de temps pour trouver le lien recherché, celui unissant l’arbre à tout autre être vivant grâce à la Force. Il était fin prêt à donner le signal, mais il savait pertinemment que le plus dur restait à faire.
Doucement, il demanda :
- Vous êtes prêts ? A mon signal tirez.
Il arrêta sa balle, la posant sur le sol devant lui : il allait avoir besoin des plus infimes parcelles de son esprit pour y arriver. Le jeune homme prit une profonde inspiration, tendit délicatement la main en direction de l’arbre et dit vivement :
- Allez-y !
Dans un concert de crissements et de grognements, les cordes se tendirent sous la traction conjuguée de Pete et d’une vingtaine d’Ewoks. Yae-Wan, de son côté, commença à tirer doucement l’arbre vers le haut. Concentré comme jamais, la tête vide de toute pensée, il lui sembla brusquement que quelque chose changeait en lui. Comme si quelqu’un venait d’enclencher un levier, l’arbre lui parût soudain beaucoup plus léger. Les paupières closes et les lèvres pincées sous l’effort mental, il le souleva lentement à quelques dizaines de centimètres au dessus de la passerelle, dans un effroyable craquement de branches cassées. Puis, rassemblant ses dernières forces et priant pour que Pete comprenne et lui donne un coud de main avec les palans, il entreprit de le pousser du côté opposé. Yae-Wan sentit sa tête devenir lourde, et son esprit s’embrumer. L’effort qu’il était en train de fournir était définitivement nouveau pour lui, et son corps encore peu habitué ni formé commençait à protester.
Enfin, l’arbre bascula, et les Ewoks et le novice n’eurent que le temps de lâcher les cordes qui filèrent vers le sol, entraînées par les quelques tonnes de bois. L’arbre s’abatis en bas dans un sinistre et puissant fracas, puis le silence revint presque instantanément. S’ensuivit un moment de battement pendant lequel Yae-Wan rouvrit les yeux, l’air hagard et absent. Les Ewoks se mirent alors à pousser de grands cri de joie, et Pete se précipita vers le jeune homme et lui donna l’accolade, un immense sourire barrant son visage. Ils avaient réussit ! Le corellien releva lentement la tête, sa joie se lisait dans ses yeux mais il n’avait même plus la force de sourire franchement. Il se mit debout soutenu par l’apprenti et se dirigea lourdement vers la hutte où ils avaient laissé leurs affaires. A peine arrivé qu’il s’effondra sur la couche que l’Ewok les hébergeant lui avait préparé. Il était exténué, incapable de formuler la moindre pensée cohérente. L’expérience avait été des plus intenses, c’était le moins qu’on puisse dire. Juste avant de fermer les yeux, Yae-Wan détailla un instant le visage serein de son compagnon à côté de lui. Sans ses conseils, son savoir et son apparition dans la Force au moment opportun, jamais le jeune apprenti n’aurait été capable de réaliser une telle chose. Il ouvrit la bouche et chuchota :
- Merci
Puis Yae-Wan sombra dans un profond sommeil, ayant plus que tout besoin de récupérer.
-
Post n°8
Auteur : Pete JeabroPete ne veilla pas et ne tarda pas non plus à s'effondrer dans sa couchette. La fin de leur première journée chez les Ewoks avait été riche en émotion ! Satisfaction et fierté étaient au rendez-vous lorsqu'il s'assoupit à son tour. Yae-Wan avait fait le gros du boulot et s'en était sorti avec brio. L'ancien pilote ignorait s'il aurait été capable d'une telle prouesse, mais le fait d'avoir vu le Corrélien agir ainsi l'inspirait grandement. Il savait qu'un tel exploit était réalisable : ils étaient passés de la théorie à la pratique. D'un autre côté, Pete espérait que bientôt, ce genre d'action paraitra moins exceptionnel. Si un Jedi passait son temps à s'auto-féliciter à partir du moment où il utilisait la Force, alors il perdrait un temps immense et ne vivrait plus que des demi-journées !
Quoi qu'il en soit, Jeabro savait que pour l'heure, les deux novices pouvaient se féliciter de leurs actes. Ils avaient secouru un village Ewok et avaient par la même occasion dépassé leurs limites. Ils avaient rencontré une civilisation attentive et à l'écoute, observatrice et ingénieuse et, par la même occasion, avaient découvert une part d'eux-mêmes et de leur potentiel, de leurs capacités, mais surtout de leurs valeurs. Pete commençait à comprendre pourquoi Maître Reez les avait envoyés là-bas.
Le lendemain matin, les aspirants Jedi déjeunèrent en compagnie de plusieurs familles Ewoks, au sein d'une grande hutte. Ils purent ainsi goûter à la cuisine locale, composée de plantes et baies, mais aussi de petits animaux chassés plus tôt dans la matinée. Bien que rudimentaire, leur cuisine était savoureuse et Pete apprécia la qualité du repas. Ensuite, les deux invités furent entraînés jusqu'au lieu où l'arbre s'était écroulé. Ils purent assister, ébahis, à une sorte de cérémonie. En effet, un Ewok chaman scandait des mots dans le langage propre à ce peuple, et les autres Ewoks présents semblaient se recueillir. Un sentiment de malaise envahit Jeabro quelques instants. Yae-Wan et lui avaient-ils fait quelque chose de travers ? Puis, après un long moment à observer la scène qui se déroulait sous ses yeux, il finit par comprendre que cette cérémonie était un adieu à l'arbre centenaire qui s'était effondré sur le village. Visiblement, les Ewoks paraissaient vénérer les arbres et vivre en parfaite harmonie avec eux. Il était d'ailleurs possible de le remarquer rien qu'en observant leur village niché des les branches de plusieurs arbres géants. Les Ewoks avaient donc un religion bien particulière que Pete serait curieux d'étudier.
Mais, malheureusement, le séjour de Tinak et Jeabro à Naa'fru semblait s'arrêter bien vite. Quelle ne fut pas la surprise du jeune novice lorsqu'il vit approcher Phyl ! Curieusement, le Maître Jedi avait décidé de rejoindre ses apprentis.
- Félicitations à vous deux ! Je n'ai cessé de suivre votre apprentissage à travers la Force. Je dois reconnaître que je suis fier de votre comportement au sein de la tribu Naa'fru. Au cours de vos diverses expériences, vous avez su faire preuve de solidarité, d'altruisme, de sagesse et de réflexion. Surtout, vous avez gardé un esprit ouvert, même si cela a parfois pu être difficile. Vous avez maintenu à tout instant votre foi en la Force, mais également en vos partenaires. Bravo !
Pete était touché par l'effusion de compliments dont venait de faire montre Maître Reez. Il ressentait encore une fois une certaine fierté. Il avait accompli des choses en adéquation avec les valeurs de l'Ordre Jedi, et ce assez naturellement. Il était donc sur la bonne voie. Il semblait avoir enfin trouvé sa réelle place dans cette galaxie. Phyl enchaîna :
- Comme vous avez pu le constater, le sabre-laser n'est pas toujours la solution. D'ailleurs, à aucun moment son usage n'a été ne serait-ce qu'envisagé. Si, par malheur, vous aviez tenté couper l'arbre au sabre afin de le dégager plus facilement, vous vous seriez attiré les foudres de nos compagnons à fourrure, qui respectent la Nature et les arbres plus que tout.
Cependant, le maître Jedi semblait oublier que c'était le sabre de Pete qui avait permis le premier contact avec les Ewoks. Le Jedi aguerri s'adressa directement à Yae-Wan :
- Tu as eu une première expérience de la Force assez éprouvante, ce qui est normal. Mais la sagesse dont tu as fait preuve montre bel et bien que tu es hautement digne de rentrer officiellement dans notre Ordre. Tu as grandement mérité ceci.
Phyl fit léviter jusqu'à l'apprenti une petite bourse. Pete n'eut pas besoin des explications qui suivirent pour savoir ce qu'elle contenait :
- À l'intérieur s'y trouvent la plupart des éléments nécessaires à la conception de ton sabre-laser. Cependant, une seule chose manque, et c'est la plus importante. Sans cristal de Force, un sabre-laser ne peut fonctionner.
Le Jedi marqua une courte pause, puis reprit :
- Au sein du Sanctuaire, à l'intérieur de l'Armurerie Jedi, se trouvera probablement le cristal qu'il te faut. Rends-toi là-bas, Yae-Wan, et forge ton propre sabre-laser. La Force te guidera. Mais si jamais tu as besoin de conseils, Maître Od-Hun sera là pour t'aider. Allons-y, mes apprentis.
Suite à ces propos, Pete réalisa qu'il n'avait toujours pas récupéré son sabre-laser. C'est alors qu'un Ewok surgit de la foule de villageois qui s'était assemblé autours des trois visiteurs, tenant entre ses petites pattes l'arme de Jeabro :
- Teeha. Fit-il d'un ton solennel.
Pete s'accroupit et récupéra son sabre-laser, avant de l'accrocher à la ceinture. Il remercia la petite créature comme il put, voulant communiquer au mieux sa gratitude. Puis il se redressa et fit signe à ses compagnons qu'il était prêt pour le départ. Ils se mirent en route, saluant chaleureusement les Ewoks qui les avaient accueillis, et qui leut avaient tant permis de s'enrichir intérieurement. Jeabro savait déjà que ce n'était pas la première fois qu'il les quittait, et qu'il retournera bientôt auprès d'eux. Mais dans l'immédiat, sa présence était auprès des Jedi, et Yae-Wan allait prochainement élaborer son propre sabre-laser.
Spoiler : HRP