Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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Endor sur tes deux oreilles

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    #21

    Post n°21
    Auteur : Kath Aplazm

    L'air humide de la matinée portait aux narines des habitants du Sanctuaire une odeur rafraichissante. La forêt en éveil chantait, le vent soufflait d'une douce brise. Tout en haut du Sanctuaire, quelques novices se reposaient à l'ombre, profitant de cette rare accalmie pour sortir le nez dehors. L'un d'eux balaya l'horizon du regard, lascivement. Sous ses yeux s'étendait le Sanctuaire, le village des Naa'Fruu, puis la grande forêt endorienne, à perte de vue. Il poussa un léger soupir de contentement, passant ses mains derrière sa tête avec satisfaction.

    - Bouge-toi l'cul, tire-au-flanc !

    La petite meute de novices se dispersa sur le passage de Corhk'Haim, qui venait d'atterrir sur la balustrade en face d'eux. Le Noghri traversa les passerelles d'un pas rapide, balançant ses membres courts mais robustes de gauche à droite, les yeux plissés. Le padawan semblait prêt à en découdre. En effet, cela faisait déjà plus d'une heure qu'il poireautait, attendant le retour des infortunés Bhaal et Hol qu'on l'avait chargé de tester. Y avait-il matière à en faire de vrais initiés de l'Ordre ? Peuh !
    Le Guetteur ne se demanda pas une seconde s'il n'avait pas poussé le bouchon un peu loin en empoisonnant volontairement le Cathar et son compagnon estropié. Comme il se plaisait à le répéter, la vie sur Endor était une jungle et quiconque désirait y résider devait en intégrer les règles. Si la plupart des membres de l'Ordre savait monter de la compassion, ceux-ci savaient également être fermes, pour le bien commun. Et ce n'était Odan Rurr, le maître Jedi de Corhk'Haim, qui allait contredire cette affirmation.

    Au bout d'une dizaine de minutes, le Noghri avait fini de fouiller le Sanctuaire, sans toutefois trouver de trace des deux aspirants. Reniflant l'air de ses grosses narines grises, il flaira cependant rapidement leur piste, qu'il suivit jusqu'au village des Ewoks. Il trouva le lieu sans dessus-dessous : une porte semblait avoir été défoncée et des traces de roues striaient les sols. Corhk' fronça les protubérances écailleuses qui lui servaient de sourcils. Une kyrielle de jeunes Ewoks sortit d'une hutte et l'assaillirent alors de cris agacés. Si le padawan n'était pas totalement versé dans l'étude de l'ewokese, il comprit que les malheureux autochtones avaient reçu la visite de ses proies...de ses initiés, pardon.
    L'agacement des Naa'Fruu était compréhensible : en l'absence du chef Chitupa et du shaman Lokee, partis en expédition guerrières contre des maraudeurs depuis de nombreux jours, il ne restait au village qu'une poignée de guerriers et de soigneurs. Ceux-ci avaient fort à faire et ne pouvaient pas se laisser perturber dans leurs occupations par chaque novice en mal d'aventures que l'Ordre dénichait. Corhk'Haim eut un geste d'apaisement envers les Ewoks. Ceux-ci s'éparpillèrent, bougons, plus intimidés par le Noghri que rassurés par sa présence. Mais celui-ci ne s'occupait déjà plus d'eux : il avait repéré ses cibles.


    - Vous...

    Le jeune Hol n'attendit pas le sermon que son examinateur avait préparé pour lui. Des mots virulents jaillirent de la bouche de l'éclopé, que Corhk'Haim accueillit avec un stoïcisme étonnant. Les mains dans le dos, le padawan attendit que l'humain ait terminé sa vague de reproches pour pénétrer dans la hutte où les novices s'étaient réfugiés. Mais si le Guetteur donnait l'impression d'être calme, sa réponse ne tarda pas :

    - Tu vas baisser d'un ton immédiatement. A ces mots, les deux roues de la chaise roulante de Hol se désolidarisèrent du siège et celui-ci s'écrasa au sol. L'humain devrait trouver la force de se relever seul, ou chercher une autre assistance. Corhk'Haim ne réagit même pas à l'incident, jetant un regard alentour.

    - Bon... on dirait que vous vous en êtes sortis, d'une façon ou d'une autre. Je ne suis pas sûr que ça soit valide, mais comme je choisis les règles, on va dire que c'est bon pour cette fois.

    Les yeux reptiliens du Noghri s'attardèrent sur Bhaal. Le Cathar n'avait pas l'air bien frais. Mais pour un ivrogne tel que lui, il s'agissait d'un état habituel. Haussant les épaules, Corhk' estima que le novice avait suffisamment récupéré et était apte à continuer les épreuves. D'un pas déterminé, il s'approcha de Hol. Ni une ni deux, il saisit le jeune homme par son col, puis regarda de nouveau Bhaal dans les yeux.


    - Attrape.

    Les bras musclés du Noghri projetèrent le blondinet vers son camarade, qui devrait le réceptionner tant bien que mal. Sans regarder la scène qui s'ensuivit, Cork'Haim tourna les talons et maugréa d'un ton peu cordial :

    - Tu n'arriveras nulle part si tu t’apitoies sur ton sort comme un enfant, mon petit gars. Tu es sur Endor, ici. En dehors de ce village de petits nounours et de notre beau Sanctuaire, c'est la jungle. Quand tu croiseras un pirate qui voudra te trouer à coups de blaster, tu lui demanderas de s'arrêter parce que tu n'as pas eu d'entrainement ? Et quand une mère Loup-Sanglier voudra te donner en pâture à ses petits, tu voudras lui faire comprendre que tu es encore trop jeune et trop tendre ?

    La voix du Guetteur ne s'était pas élevée du tout. Il paraissait parfaitement calme, mais chacun de ses mots était acéré comme un coutelas.

    - Si tu es assez idiot pour faire porter à un autre le poids de ton échec, si tu es incapable de te dépasser dans les moments critiques... tu n'as rien à faire chez les Jedi.

    Ce que Corhk'Haim venait de dire était dur, surtout dans la bouche d'un membre de l'Ordre. Mais ses mots étaient porteurs d'une grande part de vérité. Le Guetteur n'était pas là pour faire de cadeaux aux novices qu'il testait. A quoi bon choyer les nouveaux arrivants ? Des générations et des générations de Jedi avaient été entrainées dans les cocons maternels et tendres du Sanctuaire de Coruscant, par le passé. Peu d'entre eux avaient survécu pour en témoigner. L'Ordre avait payé le prix de sa trop grande indulgence lorsque l'Empire avait décidé de la Purge. Désormais, les novices étaient éduqués à la dure. Sans quoi ils ne vivraient pas assez longtemps pour voir un jour nouveau.

    Cohrk'Haim mena Bhaal et Hol hors du village des Ewoks, pour retourner au lieu où les novices s'étaient pour la première fois rencontrés. Toujours aucune trace de Jil Charce, que le chevalier Vidar Kilas avait emmené en d'autres lieux. Le Noghri ne s'en soucia pas outre mesure : le sort de la jeune Llordienne n'était plus de son ressort, à présent. Le padawan considéra les deux compères qui le suivaient. Avaient-ils ce qu'il fallait pour faire de vrais Jedi ? Corhk' en doutait. Bhaal avait réussi son épreuve d'agilité, mais il semblait que l'épreuve d'intelligence avait été plus complexe pour Hol et lui. Les deux camarades devraient se montrer plus convaincants sur la troisième et dernière épreuve s'ils espéraient enfin rejoindre les rangs des Jedi...ou obtenir le pardon de l'Ordre, dans le cas du Cathar.

    L'épreuve qui attendait le Cathar Bhaal et l'humain Hol était bien moins tordue que les précédentes. En effet, Corhk'Haim n'avait pas eu le loisir de l'inventer lui-même, elle était l'oeuvre d'un maître plus clément que lui. Utilisée pendant de nombreuses années pour tester le potentiel dans la Force des hypothétiques initiés, elle avait petit à petit été abandonnée au profit des détecteurs de midi-chloriens considérés plus fiables et moins arbitraires. Mais à présent que l'Ordre s'était installé dans la Bordure Extérieure, loin de sa technologie d'antan, quelques vieilles pratiques refaisaient surface.
    Le Noghri tira de sa bure deux paires de petits cerceaux de métal pas plus grands que la paume d'une main humaine. Il lança les objets à Bhaal et Hol, qui purent constater que les deux anneaux de chaque paire étaient raccordés l'un à l'autre par une petite chaînette faite d'un acier extrêmement solide.


    - Voici votre dernière épreuve
    , dit simplement Corhk' en s'asseyant par terre. ...Mais c'est la plus importante. Alors concentrez-vous bien, et arrêtez de pleurnicher.

    Les yeux du padawan lancèrent des éclairs en direction de Hol.

    -... Asseyez-vous comme moi et fermez les yeux. Posez les cerceaux devant vous et visualisez-les mentalement. Quand vous vous sentirez prêts, séparez-les de leur chaîne à l'aide de la Force...sans la briser.

    Pour une fois, le Noghri avait tenté de faire preuve de pédagogie. Il voulait faire comprendre la marche à suivre exacte aux jeunes gens. L'exercice pouvait paraitre simple pour un initié de la Force. Mais pour un débutant, cette tâche était particulièrement ardue, d'autant que ni Hol ni Bhaal n'avait réellement éprouvé son lien avec la Force jusqu'à présent. L'instant était donc crucial : il s'agissait d'enfin prouver à l'Ordre tout entier qu'ils avaient la discipline nécessaire et les ressources suffisantes pour entrer en communion avec la Force, un cours instant du moins. Corhk'Haim ne les interromprait plus, car lui aussi était entré en méditation.

    - Et pas question de tricher, parce que je le saurai, ajouta-t-il seulement.




    HRP : L'épreuve actuelle est on ne peut plus claire. Prenez votre temps, faites autant de posts que vous voudrez pour l'accomplir. Le but est essentiellement de vous amener à vous connecter à la Force, chose que nous n'avons pas encore faite. Après celle-ci, si vous la réussissez, Bhaal sera officiellement pardonné et Hol sera officiellement un novice Jedi.
    Pour la suite, je vous promets un peu plus d'action. Mais il faudra peut-être attendre que Hol se rétablisse :)
    Hol > je n'ai pas oublié ton histoire de tribu parasite. Un maître interviendra sans doute plus tard, mais en l'état, Hol devra trouver les moyens d'au moins faire quelque chose... puisque pour le moment, rien ne le distingue d'un non-sensitif. S'il ne se manifeste pas dans la Force d'une quelconque façon, l'Ordre n'aura pas de raison de le former.Pour les questions/les états d'âme... Je suis dispo par MP !

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      #22

      Post n°22
      Auteur : Mr Helios

      Ce qui devait être dit avait été dit. Hol avait exprimé le fond de sa pensée. Comment en aurait-il été autrement ? Il fixait le Noghri qui entrait dans la hutte, attendant une réponse aussi approfondie et objective que la sienne. Face à lui, le padawane était apparemment calme. Fixant en retour Hol, Corhk'Haim hurla quelque chose. Suffisamment puissant pour dévisser les roues du siège, le cri avait un peu secoué le jeune homme. Un air drogué, il sourit béatement à cette réplique. S’interrogeant sur la réussite des deux énergumènes. Hol écoutait à moitié ses dires, trop occuper à chasser le sifflement qui parcourait ses tympans. Ayant descendu d’un niveau, le futur novice avait décidé de s’étirer sur ce qui était désormais une chaise à ras le sol. Mais malheureusement pour lui son enseignant en avait décidé autrement. Se dirigeant vers l’estropié, le reptile attrapa le voyageur par le col. Hol s’attendant à manger une soupe de phalanges, ce qui se passait habituellement à chaque fois qu’il l’ouvrait dans une cantina... en présence de contrebandiers ou autres crapules de la galaxie. Il plongea son regard dans celui de Corhk' l’air de dire : fait le, vas-y ! Mais le Guetteur lui réserva une surprise, il se fit soulever de son fauteuil et propulser sur Bhaal. Étonné d’être encore en un morceau, il traversa la pièce les bras tendus en criant :

      - YYEEEEEESSSS !

      Ne comprenant pas trop comment il avait atterri à côté du Cathar, il n’avait pas à souffrir de grosses contusions. Complètement perplexe, il regarda son ami a la recherche d’une réponse. Amusé, il ricanait à ce qui semblait être une réprimande. Bizarrement de bonne humeur, il dit, toujours soutenu par son camarade :

      -Héhé, je l’aime bien ! Il a une bonne poigne... et il n’a pas l’air méchant. On dirait juste qu’il n’a rien compris !... Ou alors c’est moi, ... mais ça paraît évidemment impossible ! Regardant le félin, Hol continua sur un ton enjoué. Je vais lui expliquer histoire qu’il comprenne ! Je pense que l’on vient des mêmes coins de la galaxie toi et moi, donc je vais lui faire comprendre qui on est. De plus, vu ta tête et ton haleine ne je ne serais par surprit que toi ou tes pots aillent déjà tenter de me plomber. Cette dernière phrase, bien que directement adressée à Bhaal était destinée à l’attention de Corhk'Haim.

      Il avait traversé la galaxie à la recherche de personne qui pourrait le former, lui apprendre à se contrôler, à se battre, à trouver un but. Il avait échappé au patriarche, avait combattu des pirates et autres chasseurs de primes pour ne pas y retourner, des ourses, des choses démoniaques, le coter obscure, des serpents à trois têtes géantes et des Ewok. Ça fessait plusieurs années qu’il n’avait pu se reposer. Entre la fuite constante et la recherche des Jedi, il avait traversé les pires coins de cette galaxie pour finalement s’écraser sur deux planètes qui ont tenté de le bouffer. Tout ça pourquoi ? Pour qu’un tip dont les sourcillent pourraient être des armes blanches lui dise que la vie ce n'est pas facile quand c’est difficile... Il ne savait pas si c’était une blague de la vie, mais il trouvait ça blessant.

      Se relevant des mains de son nouvel ami. Le jeune homme se dressait sur ses deux jambes. Son visage était clair quant à ce qu’il ressentait. La folie qui sortait de ses yeux aux pupilles sur le point d’exploser, s’emparait de ses jambes. Comment pourrait-il traduire cette douleur avec des mots pour la faire comprendre ? Il avait la sensation que des ronces serreraient tellement fort ses jambes, qu’elles pénétraient et déchiraient la chaire sans la moindre difficulté. Prenant vie lorsqu’il marchait, il sentait ces files parsemées d’aiguilles remuant comme des vers excités par le mouvement de son déplacement. Serrant le poing, il mordait son index un sourire aux lèvres. Connaissant bien la souffrance, il s’habitua rapidement et se dirigeât lentement vers ce qui devrait être son mentor... Bougeant les mains pour évacuer la douleur il répliqua plus sérieusement :


      -Héhéhéhé ! à ton tour l’ami... Déjà je comprends pourquoi tu n’es que Padawan ! Un Jedi sait juger ceux qu’il a en face de lui... Ses mots étaient beaucoup plus mesurés, plus tranchants, il parlait avec un calme glacial. Hol se connaissait bien et il avait la langue la plus aiguisée. Tu parles de reporter mes échecs sur les autres et de ne pas dépasser mes limites... mais ce n’est pas moi qui dois juger et donner les bonnes épreuves aux nouveaux arrivent sans en faire qu'a ma tête..., qui puis est des taches à la mesure de leur capacité. Posant sa main sur sa tête il continua.

      -Et mes limites ? Mais mes limites je sais parfaitement les dépasser ! à propos de limites. Je vais t’apprendre un petit truc que tu ne connais apparemment pas, pour les dépasser... il faut déjà maîtriser les bases ! Soulevant les épaules, il le dit comme si ça coulait sous le sens. Pas à pas il se rapprochait.

      -Alors, qui reporte ses erreurs sur qui maintenant ? Le plus triste... c’est que tu n’es pas capable d’admettre avoir eu tort... ou tu ne l’a simplement pas compris. Tu te crois infaillible, mais j’ai un scoop. Personne l’est... Il souriait. Surtout Moi ! La tête détournée sur le coter, il continuait son avancée. Posant son index mordu et son pouce sur ses arcades, il enchaîna.

      -Mais ce n’est pas le pire ! Lâchant sa prise, il avait à présent une pose théâtrale. Non le pire c’est que tu me fais la morale sur les dangers qui entourent ce sanctuaire. Mais tu sais, je n’ai pas attendu de te connaître pour passer à un cheveu de la mort ! Je ne compte plus le nombre de fois où des p***** de pirates ou chasseurs de primes ont tentée de me ¨trouer à coups de blaster¨. Reprenant les paroles de son aîné d’un ton moqueur. Tout ça pour me ramener au Patriarche mort ou vif ! Écartant les bras comme s’il attendait une crucifiassions il poursuivit. Ni même les créatures toutes plus flippent les unes que les autres. Qui voulaient beaucoup plus que simplement caresser mon cu de leurs cors... ou de leurs griffes ! Souriant, il passa sa main par-dessus sa tête. Comme si tous ses souvenirs semblaient lui arracher une légère nostalgie.

      -La seule raison pour laquelle je te parle c’est que j’ai un p***** de dons pour fuir et éviter la mort ! Un don que j’ai développé tout au long de mon existence. Alors, que tu aies passé toute ta vie sur cette planète ou non, je te remerciais d’au moins me considérer comme ton (mimant le signe des guillemets) ¨égale sur le plan de la vie et de ses multiples trucs qui veulent de descendes¨. Car si je n’ai pas plus d’expérience que toi j’en ai au moins autant. Je ne suis pas venue ici pour qu’un nain capable de me démonter dans mon état actuel, me fasse la morale sur toutes les choses qui ont déjà tenté de me buter ! Hol avait dit tout ce qu’il avait sur le cœur. Il n'y était pas aller de mot mort. Soupirant comme à son habitude il se reprit et son ton s’adoucit autant qu’il se réchauffait.

      -Tu sais... Tu n’as pas besoin de te croire supérieur à moi pour me donner des ordres ou avoir mon respect ! Je sais que le fossé qui nous sépare en ce qui concerne la maîtrise de la Force et des sabres. Seul toi peux réellement le comprendre, contrairement à l’ignare que je suis. Donc évite de me faire trop voler à l’avenir, merci. Ce serait con que j’y prenne goût ! De plus je ne compte pas être immortelle... en devenant Jedi je sais bien ce que je risque !

      C’était après ce long pèlerinage que le voyageur s’était arrêté à moins d’un mètre de son interlocuteur. Ses propos étaient aussi froids que justes. Hol ne cache pas son opinion, peu importe ce qui peut lui arriver. Droit, il surplombait le Noghri. Il avait la sensation d’être une statue de verre face à une météorite. Quoi de mieux pour réveiller son adrénaline. Hol toujours aussi vulnérable et exposé, lançait un message à son mentor. Tu ne peux pas me briser, je l’ai déjà été tellement de fois, que tous tes coups ne sont qu’une formalité pour moi ! Si Corhk' voulait domestiquer l’énergumène et le rendre docile, il devra si prendre différemment. Car aux yeux du jeune homme, la souffrance n’est qu’une de ses nombreuses compagnies. Bien évidemment s’il s’était exprimé ainsi c’est qu’il avait jugé que seul son intégrité physique serait en danger et non sa vie. Le padawane aurait bien trop à perdre s’il le tuait par mégarde. Mais combien même il avait sa vie en jeu, ça ne l’empêcherait pas d’ouvrir sa grande gueule.






      Hors-rp: J'ai adoré ton poste Kath, il est super. J'ai aussi voulue faire réagir Hol de la façon la plus... Hol-esque possible histoire d'y mettre du piment.
      J’espère que ça t'a plus :D La suite dans un autre poste. En attendent Bhaal, à toi les studios !
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        #23

        Post n°23
        Auteur : Jil Charce

          ‒ Les choses ont beaucoup changé, ici. Vidar fronça ses épais sourcils et se gratta la tête. À commencer par le fait qu’elles n’étaient pas ici, à l’origine.
          ‒ Ce Sanctuaire m’a l’air de correspondre à l’image de l’Ordre.
          ‒ Eh bien, plus ou moins. De l’extérieur, je peux comprendre ton avis. Mais j’ai connu les Jedi plus nombreux, plus austères, plus formels. L’ancien Chevalier était pensif. Je ne connais pas tous les Maîtres du Conseil actuel, mais ceux qui me sont familiers me semblent... racornis. Ils diront ce qu’ils voudront, mais je crois que l’inaction leur fait beaucoup de mal. Ils se chicanent comme des enfants, et se méfient même les uns des autres. Pas tous, évidemment, mais... Il haussa les épaules. Et confier l’accueil de futurs Novices potentiels à un Padawan insolent... Les choses fonctionnent différemment.
          ‒ Tu es en train de dire que tu regrettes de m’avoir amenée au Sanctuaire ? Jil haussa un sourcil.
          ‒ Non, pas du tout. Vidar eut un petit rire. Je suis probablement plus perdu que toi. Je m’attendais à retrouver une certaine forme de famille, je crois, mais je doute finalement que cette famille existe encore. Voilà tout. L’Ordre Jedi est toujours l’Ordre Jedi, sous une forme ou sous une autre, depuis des milliers d’années. Je penses que tu arrives alors que leurs blessures se referment tout juste, et que les cicatrices sont encore fraîches et irritées. Tant que tu restes critique par rapport aux enseignements qui te seront donnés, tout devrait bien se passer pour toi.
          ‒ Quoi qu’il en soit, je ne crois pas avoir ma place ailleurs. Autant faire en sorte qu’elle soit ici.
          ‒ En effet. Le Firrerreo sourit. On pourrait plus mal tomber que dans ce petit Sanctuaire rural.

          Le silence se fit de nouveau. Jil avait accompagné l’ancien Chevalier jusqu’à la navette qui les avaient acheminés au Sanctuaire, devant laquelle ils se tenaient, observant l’enchevêtrement de structures de bois. La jeune Lorrdienne désigna du menton le sac de voyage de Kilas.

          ‒ Donc, tu as décidé de ne pas rester, constata-t-elle.
          Son interlocuteur opina.
          ‒ Tout est trop étrange ici, pour moi. J’ai cessé d’être un Jedi à part entière il y a des années, je me suis habitué à vivre dans mon coin, et je ne crois plus pouvoir rentrer dans la case concernée.
          ‒ Alors quoi ? Retourner sur Varonat ? Le Mandalorien écartelé manque un peu de conversation, non ?
          Kilas eut un rire bref.
          ‒ Oui, je trouve aussi. Ceci dit, il sait écouter comme personne. Le Mandalorien écartelé... Si je décide un jour d’ouvrir un bar, le nom est tout trouvé. Il inspira profondément. J’en ai pas mal discuté avec les Maîtres. Je pense continuer à servir l’Ordre, de loin. Voyager un peu partout. Louer mes services comme pilote, ou mercenaire. Me faire contrebandier, pourquoi pas ? Être un œil mobile dans la galaxie, et rester en contact avec le Conseil, si toutefois j’apprends des choses qui pourraient l’intéresser. Trouver des enfants sensitifs. Sauver la veuve et l’orphelin en indépendant. Ce genre de choses. J’aurai l’occasion de passer par le Sanctuaire régulièrement, et de vérifier que ce Padawan ne t’a pas bouffée pour son petit déjeuner.
          ‒ Je m’arrangerai pour être indigeste, grimaça Jil. Je doute que ce petit lézard gris m’approche de trop près si j’adopte les coutumes Ewoks en matière d’hygiène.

          La conversation se poursuivit pendant de longues minutes, à propos de tout et de rien. Le Firrerreo n’avait qu’un sac de voyage avec lui, mais la jeune femme l’aida à charger les quelques semaines de provisions dont l’Ordre lui faisait don : les fruits, les racines et le gibier fumé ne manquaient pas au Sanctuaire. Une bonne heure plus tard, les derniers au-revoirs prononcés et l’ancien Chevalier parti, Jil Charce retourna devant la hutte, où était venu la chercher Corhk’haim un peu plus tôt. Plus personne ne s’y trouvait : la formation avait du commencer. La Lorrdienne grimaça à l’idée d’avoir raté les épreuves qui devaient faire d’elle une Novice, et plus encore à l’idée de subir la colère du du petit lézard gris. Elle déambula dans le Sanctuaire quelques minutes, dans l’espoir de le retrouver par hasard, ne sachant où chercher et étant plutôt anxieuse.

          ‒ Hmm. Égarée tu sembles être, oui ?


                Spoiler : HRP

                Bon, de retour aux affaires avec un post court pour faire repartir la machine.

                Grosso modo dans la timeline : j’ai fait en sorte que Jil arrive sur la plateforme après que le Bhaal et l’Hol sous hallucinogènes soient partis se faire cuire un œuf dans la hutte du chaman, les loupant de peu. J’ai pas trouvé comment meubler assez pour vous rattraper à l’étape de la méditation pour déchaîner les maillons (c’est drôle, hein ? oui c’est drôle).

                Du coup, j’ai pris la liberté de faire intervenir Yuda (s’il était parmi le Conseil lors de l’interrogatoire de Hol il a eu le temps d’en sortir et de se trouver là), qui permettra de trouver une justification à « pourquoi le lézard trouve pas de Jil une fois l’épreuve des champi terminée ».

                Pourquoi Yuda ? Parce que pourquoi pas. Pis je trouve qu’on le voit pas beaucoup, ces temps-ci, ce nain vert.
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          a écrit sur dernière édition par
          #24

          Post n°24
          Auteur : Bhaal

          L'esprit encore vaguement embrumé et vaseux, Bhaal n'eut pas le loisir de réfléchir à la proposition de son compagnon, sinon il aurait automatiquement répondu par l'affirmative. Il se contenta de poser sa main droite sur sa tempe et grimaça, un mal de tête pointant le bout de son nez. Étrangement, c'était toujours les produits "naturels" qui lui faisaient le plus de mal. Ou plutôt, ils laissaient le plus de séquelles sur le Cathar une fois le premier effet passé. D'un autre côté, c'était le meilleur moyen pour lui de se rendre compte s'il avait affaire à de la bonne came ou s'il s'était fait arnaqué. Pour l'occasion, la qualité du produit n'était pas usurpée. Endor réservait bien des surprises.

          Puis, sans qu'il ne puisse se l'expliquer, Hol explosa à l'arrivée neutre de Corhk'Haim. Il débita des phrases si rapidement et avec tant d'ardeur que le novice eut du mal à tout comprendre, soit trop concentré à calmer son mal de tête, soit l'esprit encore trop dans le vague.
          S'il avait été dans son état normal, il aurait probablement fait comprendre à l'autre novice qu'il valait mieux mettre de l'eau dans son vin et calmer le jeu s'il voulait finir la journée entier. Non pas que le Noghri l'aurait démembré dans un excès de colère, mais sans doute le padawan aurait-il eu l'idée merveilleuse de les envoyer chercher du lait de loup-sanglier - à supposer que les loup-sangliers ont du lait - ou prélever des tentacules d'octucor. Et puis, s'emballer de la sorte, même face à un padawan, c'était très risqué pour un novice. Et Hol n'était pas encore novice d'après ce qu'avait compris le Cathar. C'était suicidaire du point de vue "carrière dans l'Ordre" que de laisser libre court à ses émotions et ses pulsions en face d'un supérieur. Peut-être pas autant que la destruction d'un monument au mort quasi-sacré pour une partie de l'Ordre, mais risqué tout de même.
          Mais Bhaal n'était pas dans son état normal. Bizarre. Lui et Hol avaient pourtant été soigné par le chaman Naa'fruu, et lorsqu'il s'était réveillé de son sommeil involontaire, il n'avait ressenti aucun effet secondaire, aucun effet "gueule de bois". Peut-être le remède n'avait-il pas complètement fonctionné ? Subissait-il encore les affres de la substance hallucinogène que Corhk' avait ajouté à ces rations ? Cela pourrait expliquer la soudaine explosion de son compagnon.

          Alors le fauteuil de Hol lâcha momentanément. Sans qu'aucun dégât apparent ne lui soit fait. Peut-être était-il très ancien. Très probable si c'était l'Ordre qui lui avait prêté. Bien sûr, dans son état actuel, Bhaal était tout bonnement incapable de se rendre compte que c'était son mentor actuel qui était à l'origine de la perte des deux roues de la chaise roulante. Il l'entendit d'ailleurs réprimander son compagnon vis-à-vis de son comportement.
          Puis Hol vola dans sa direction, projeté avec maestria par Corhk'Haim. Le Cathar eut à peine le temps d'entendre « Attrape. » de la part de ce dernier que l'autre novice arrivait sur lui. Prit de court, il ne réussit pas à le rattraper convenablement. Ceci dit, sa réactivité entachée lui avait permis de ne pas laisser tomber l'humain, qui pendait comiquement dans une position improbable, seulement retenu par son bras droit et sa jambe gauche. Il fallut une longue seconde à Bhaal pour se rendre compte de la situation, après quoi il repositionna tant bien que mal son comparse.


          « Désolé, lâcha-t-il dans un souffle, pataud. »

          Et Hol ne sembla même pas remarquer l'état second de son compagnon, ni même son excuse maladroite qui ne faisait pas beaucoup de sens. Au lieu de ça, il se détacha des bras du Cathar et s'avança péniblement en direction du Noghri. Alors recommença son explosion émotionnelle, qui lui fit prononcer un nombre de phrases tranchées et plus ou moins violentes à l'attention du padawan. Mais Bhaal n'était concentré que sur une seule chose : le blond marchait ! Il se tenait sur ses deux pieds et avançait de lui-même, sans aide extérieure.
          ~ Le fauteuil roulant c'était juste pour s'attirer la pitié des instructeurs ou c'est un p*tain de miracle ? ~

          De la même manière que quelques secondes auparavant, il n'accorda pas grande importance aux mots de Hol. Après tout, s'il devait laisser sortir une telle colère, ou s'il devait laisser paraître un besoin d'être respecté et de montrer qui il était avant d'intégrer officiellement l'Ordre, c'était son droit. Bhaal l'aimait bien, mais il n'allait pas se mettre quelqu'un comme Corhk'Haim sur le dos alors que sa formation était sur le point de reprendre. Pas après tout ça. Et puis, même s'il l'avait vraiment voulut, il aurait eu énormément de mal à mettre les mots sur ses pensées, son esprit trop occupé à réfléchir à pourquoi Hol marchait et pourquoi lui avait mal à la tête alors qu'il avait reçu le remède.
          Peut-être que les Ewoks avaient donné plus d'antidote à l'humain à cause d'une gruge personnelle envers lui. Et peut-être qu'il marchait grâce à une maîtrise de la Force qui demanderait une certaine concentration, qu'il ne pourrait avoir tout le temps, d'où la chaise roulante. Ou alors, plus grand et fort, la quantité reçue ne suffisait-elle peut-être pas. Ou bien était-ce Corhk'Haim qui lui jouait un tour, pour voir jusqu'où le futur novice pouvait aller. Ou la Force elle-même qui lui venait en aide après tous les travers qu'il avait vécu.

          Toujours est-il que, sans s'en rendre compte, Bhaal avait suivit le Noghri tout en aidant du mieux qu'il pouvait son compagnon. L'esprit trop occupé, il n'avait pas fait attention à quoique ce soit d'autre que la présence du reptilien et le soutien qu'il apportait à l'humain pour marcher. Impossible donc de savoir si leur dialogue endiablé avait continué ou si le padawan avait simplement demandés aux deux jeunes hommes de les suivre. Et, encore une fois, cela ne l'intéressait pas vraiment, aussi il ne s'en soucia pas du tout. Il fut cependant surpris de voir le chemin qu'il avait pu faire en étant aussi concentré que ça à réfléchir.

          De retour au point de départ de cette journée, la nouvelle épreuve de Corhk'Haim était probablement la plus compliquée pour le Cathar. S'il pouvait gérer tout ce qui avait trait au physique et le mental, voire même la logique et la connaissance pour le dernier "exercice", l'apprentissage et l'usage de la Force avait toujours été son point faible. Enfin, un point faible qui ne l'avait été que pour une journée, au tout début de son aventure sur Endor. Depuis, il n'avait pas eu beaucoup d'occasions de devoir utiliser ou même ressentir la Force. Récurer les toilettes de la cantina ou laver le linge-sale des novices ne demandait pas un taux élevé de midi-chlorien, tout comme servir d'appât pour une chasse au sanglier-loup.
          Heureusement pour lui, il commençait à se sentir mieux. L'air frais qu'apportaient les arbres du sanctuaire et le calme ambiant des lieux aidant probablement à ce qu'il se détende. Ou alors était-ce cette petite marche au bord des plateformes et passerelles qui avait aidé à l'élimination de la toxine du padawan ?

          Bhaal aida Hol à s'asseoir puis partit faire de même quelques mètres plus loin. Il lui fallait séparer les deux cerceaux de la chaîne qui les reliait...sans les toucher...ni briser quoique ce soit. Là où il avait pu flâner et faire mine de se plier à l'exercice avec Nass et sa séance de méditation, ici c'était tout bonnement impossible. Il ne pouvait pas rester sans rien faire, et tricher lui apparaissait impossible.
          A nouveau il commençait à se poser de nombreuses questions, et son esprit fumait d'activité. Encore légèrement troublé, il avait du mal à penser clairement, aussi la seule solution qu'il trouva pour le moment fut de regarder ce que faisait Hol.


          _________________________________________________________________________


          Spoiler : HRP
          Désolé pour l'attente. J'étais pas particulièrement inspiré donc j'ai eu du mal à m'y mettre. J'ai brodé un peu pour que ça soit agréable à lire, mais c'est assez vide en contenu (autre que la réflexion de notre Cathar préféré).
          +j'ai laissé le champ libre pour la réaction de Hol, si jamais Corhk' devait à nouveau lui répondre, dans le doute, héhé.

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            Post n°25
            Auteur : Kath Aplazm


            Yuda
            Maître Jedi et Membre du Conseil




            Les maîtres Jedi avaient quitté la salle dédiée au Conseil depuis quelques instants; la réunion qu'ils avaient eue le matin-même s'était déroulé sans heurt apparent, et bien plus rapidement qu'escompté. Outre le cas de trois jeunes personnes capturées dans la forêt par le chevalier Gyh'Mss, ils n'avaient en effet eu qu'à discuter de la situation du chevalier Vidar Kilas, revenu au bercail après des années d'absence. Le Firrerreo était un exilé, une brebis depuis longtemps égarée. Le poids des ans et de la solitude l'avaient beaucoup trop marqué pour que son retour amorce un nouveau départ au sein d'une structure en laquelle il ne croyait plus. C'était ainsi avec peine, mais avec une unanimité déconcertante, que les maîtres Jedi avaient laissé filer l'un des leurs vers une autre vie dans les étoiles. Ils lui fournirent vivres et matériels, lui souhaitèrent bonne chance, et bon vent. Quoiqu'il se passe, ils reverraient ce camarade perdu, car il marchait dans la Force et elle était avec lui.

            Maître Yuda sortit en dernier de la Chambre du Conseil, d'un pas lent et las. Son esprit vagabonda un instant, porté par une nostalgie qu'il s'autorisait rarement. Le petit être vert se demandait si la sagesse de Vidar Kilas ne l'aurait pas désigné pour siéger au Conseil, eut-il suivi une trajectoire différente. Cela, il ne le saurait jamais. Combien de grands Jedi la Force aurait-elle pu compter si Ossus n'avait pas été détruite, si Ruusan n'avait jamais existé, si Malachor V n'avait fait résonner son écho, si Nogash Greyback avait été plus clairvoyant ? Autant de réalités possibles, qui n'existeraient jamais que dans les songes des plus rêveurs.

            La Purge Jedi elle-même n'avait pas seulement causé de nombreuses morts et disparitions, elle avait aussi brisé une famille : des Jedi s'étaient retournés contre leurs frères, au service d'un Empire sith cruel et sans pardon. Ceux qui avaient échappé à cette ère sanglante portaient en eux des cicatrices que le temps avaient parfois estompé, mais certains esprits n'avaient jamais admis la chute de l'Ordre et son exil, loin des affaires galactiques. Même les plus ignorants des novices savaient que les Jedi n'avaient plus connu telle déchéance depuis plusieurs millénaires et la guerre que menèrent les Revanchistes contre les Mandaloriens. Mais Yuda gardait espoir. Du haut des ses quelques centaines d'années, il avait vu l'ordre changer, les générations de Jedi se succéder. S'ils étaient bien moins nombreux actuellement, ils n'avaient sans doute jamais été si soudés. Du moins le pensait-il.

            Vagabondant un instant, Yuda observait la matinée d'Endor avec une naïveté qu'il aimait entretenir, s'émerveillant du battement d'ailes d'un papillon ou de la majesté des Oiseaux-lanterne en haut des cimes. Comme il aimait le répéter aux plus jeunes, mais aussi à ses camarades du Conseil Jedi, il fallait parfois savoir conserver une âme d'enfant pour comprendre les subtilités de la vie et de la Force, la beauté de l'univers.

            Les pas du petit maître Jedi l'amenèrent dans les quartiers dans novices, peu animés à l'approche du repas de midi. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas arpenté cet endroit, mais si la Force l'y avait conduit, cela n'était pas innocent. Il perçut dans l'air une forme de gêne, de stress, qu'il reconnaissait. Vidar Kilas lui avait laissé la même impression en sortant des murs du Sanctuaire, celle d'une âme perdue en quête d'un futur. Les pas du Firrerreo semblaient l'éloigner définitivement de l'Ordre. Mais en ce qui concernait la jeune femme que Yuda observait sur une plateforme non loin de lui, l'avenir était beaucoup plus trouble.


            - Hmm. Egarée, tu sembles être, oui ?

            Appuyé sur sa canne, le maître Jedi fixait la Lorrdienne avec un air plutôt amusé. Il avait déjà vu de nouveaux arrivant se perdre dans le Sanctuaire et leur mine dépitée le faisait sourire, comme un professeur pouvait s'amuser de l'angoisse de ses jeunes élèves à leur premier jour de classe. Il fallut un instant pour que Yuda comprenne que la jeune personne en face de lui n'était autre que Jil Charce, la pupille de Kilas. Le chevalier en avait parlé au Conseil : il l'avait amenée ici, ne sachant bien vers quel autre endroit la guider. Tout comme lui, elle avait l'âme vagabonde, l'esprit volatile. Peut-être espérait-elle trouver au Sanctuaire un point d'ancrage, une façon de mettre un terme à ses errances. Ou peut-être n'était-ce qu'une nouvelle étape dans son existence nomade. Quoiqu'il en soit, son cas avait soulevé la curiosité du maître Yuda, qui s'approcha d'elle d'un pas résolu, mais toujours aussi lent.

            - Tes adieux à Vidar Kilas as-tu fait ?, demanda-t-il simplement en levant les yeux vers le ciel, dans l'espoir de sans doute repérer le chasseur du Firrerreo quittant l'atmosphère de la lune d'Endor. Que la Force avec lui, soit.

            Yuda s'avança parmi les huttes des novices et finit par s'asseoir dans un coin que l'ombre d'un arbre protégeait des regards extérieurs. Sa présence apaisante calma la légère brise qui secouait les végétaux alentours et un rayon de soleil vint caresser la plateforme de bois.

            - De ton potentiel et de tes capacités notre connaissance commune nous a informé. Très curieux de faire ta connaissance je suis, Jil Charce.

            Le petit maître ne crut pas utile de se présenter, car son aura parlait presque pour lui. Toutefois, il répondit d'un geste de la tête aux salutations de quelques étudiants qui passèrent par là, le nommant par son nom. La déférence dont ils faisaient preuve à son égard pouvait donner une idée à Jil de son rang et son statut.

            - Un membre de l'Ordre Jedi tu souhaiterais devenir, hmm, c'est ça ? La petite grenouille verte ouvrait à présent des yeux gros comme des billes et ses oreilles pointues se dressaient comme celles d'un chien de chasse à l'affût. Sa voix était cependant restée posée et rassurante. Rigoureux est notre entrainement. Difficile l'existence d'un Jedi peut être. Des sacrifices, elle demande. Prête à changer de vie, es-tu ?

            Yuda laissa à Jil le temps de répondre à ces questions qui devaient préciser les aspirations de la jeune femme. Corhk'Haim avait plus ou moins abordé les questions de la vie des Jedi et de leurs épreuves devant Bhaal et la Lorrdienne. De son côté, le maître Jedi attendait plutôt de la jeune femme qu'elle lui parle avec sincérité. Il désirait plus que jamais connaitre le cœur de cette créature sensible, sonder son âme aux contours flous, savoir si elle avait en elle ce qu'il fallait pour faire une Jedi.

            (...)

            Quelques minutes après cette dernière prise de parole, Yuda ricana avec bonhommie. Que les mots de Jil Charce aient été blessants pour lui, emplis de doute ou au contraire pleins d'assurance, il restait imperturbable dans sa volonté de la mettre à l'épreuve. Sans ajouter un mot, le petit maître se releva en posant sa cane au sol, doucement. Puis, souriant d'un air espiègle, il se propulsa en l'air pour atterrir aussi légèrement qu'une plume sur l'épaule de Jil.

            - Du retard sur ton admission tu sembles avoir pris, jeune fille. Le rattraper nous devons, hmm ? De retrouver le padawan Corhk'Haim au plus vite important il est. A travers le Sanctuaire, te guider, je pourrai. Mais la Force tes seuls yeux sera !
            Le ton du vieux maître était malicieux, mais Jil n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait, ni de le voir, car Yuda avait déjà passé un bandeau noir sur ses yeux. Cramponné aux épaules de la Lorrdienne, le maître Jedi riait silencieusement, distribuant à Jil quelques petits coups de talons comme si elle avait été un gaupa. Hue, hue ! Oui, malgré son grand âge, Yuda avait su garder une âme d'enfant. Celle qui s'émerveillait d'un battement d'ailes d'un papillon et de l'entrain des jeunes gens.

            * * *


            Au rang des énergumènes qui peuplaient l'Ordre Jedi, on comptait des Alderaani maladroits, des Cathars ivrognes, des Iat analphabètes, de téméraires hurluberlus... Mais jamais Corhk'Haim n'avait rencontré un garçon aussi entêté et imprudent que le jeune Hol. Le blondinet ne venait pas seulement de lui répondre avec impolitesse, il l'avait également explicitement insulté, ceci après avoir échoué assez méchamment à sa dernière épreuve. Le Noghri passa outre la mauvaise foi du jeune homme concernant ses capacités et les tâches soit disant impossibles que lui, Corhk', avait donné à effectuer aux deux jeunes gens. Il avait déjà rencontré suffisamment de mauvais perdants et recalé suffisamment d'aspirants Jedi pour ne plus être affecté par ce type de saute d'humeur.

            Mais l'attitude de défi permanent de l'éclopé ne revenait toutefois pas au Noghri. Si son propre maître Odan Rurr ne lui avait pas demandé de se charger de l'évaluation minutieuse des capacités de Hol, cela ferait sans doute longtemps que ce dernier aurait fait son baluchon et naviguerait en hyperespace loin des forêts d'Endor. Mais, par respect pour la sagesse de son aîné, Corhk'Haim se recentra, ignorant les provocations puériles du garçon en face de lui, aussi difficile que cela soit. Car, s'il pensait probablement avoir fermé son clapet au padawan, Hol ignorait tout du parcours de vie de son examinateur. Le passé de Corhk'Haim lui était en effet totalement inconnu. Pouvait-il avoir vu son clan entier empalé sur des pics de fer, la chair à vif, parce qu'ils avaient refusé de coopérer avec Cerberus, une organisation criminelle ayant terrorisé la galaxie pendant des années ? Avait-il connu la sensation de se faire percer chaque millimètre de rétine par un virus expérimental, au fin fond d'un labo secret sur Cato Nemoida ? Il existait en outre dans cette galaxie d'autres formes de douleur que la souffrance physique.

            L'attitude de dur à cuire de Hol n'impressionna donc nullement Corhk'Haim. Et quelle qu'ait été sa vie avant d'atteindre Endor, elle importait peu. Car ne compterait désormais que ce qu'il serait capable d'accomplir ici. Il avait un don incroyable pour échapper à la mort ? Ce n'était pas suffisant pour devenir un Jedi, autrement n'importe quel contrebandier un peu chanceux en serait un.

            Ceci dit, il fallait admettre qu'Hol avait un certain cran. Plus d'un novice se serait effacé devant la férocité du Guetteur, à l'image de Bhaal, qui avait semblé prendre son mal en patience, ou du moins paraissait parvenir à réfréner ses pulsions bagarreuses. Son camarade, au contraire, faisait preuve d'un assurance très proche de la témérité, si ce n'était du suicide. Bien sûr, Corhk'Haim n'allait pas le tuer, ni le blesser plus qu'il ne l'était déjà. Mais il avait entre ses mains la possibilités de fermer les portes de l'Ordre Jedi aux nouveaux arrivants. Cela, Hol devrait s'en rappeler.

            Corhk'Haim avança d'un pas en direction du blondinet, qui tenait par un miracle étonnant sur ses jambes à moitié rompues. Il s'approcha assez pour qu'Hol puisse presque sentir son haleine et plongea ses yeux reptiliens dans les yeux dilatés du jeune homme.


            - Je n'ai pas l'impression que tu aies bien compris ce qui est en train de se passer, mon p'tit gars. Alors laisse-moi te l'expliquer une bonne fois pour toutes. Ouvre bien grand tes pavillons, parce que je n'ai pas qu'ça à faire de t'entendre couiner toute la journée... Corhk' afficha un sourire carnassier, découvrant ses dents pointues et acérés. ...Tu es ici pour être examiné dans le but de devenir un membre de l'Ordre Jedi. Autrement dit : pour changer de peau, changer de vie, laisser derrière toi ton passé et tes délires pour te mettre au service des autres. Tu veux jouer les fortes têtes ? Très bien. Mais une première chose serait de te débrouiller pour réussir les épreuves qui te sont données et prouver que tu mérites qu'on t'écoute. Tu as vu la mort de près ? On ne dirait pas. Ce que je vois en face de moi est un gamin qui pleurniche parce qu'on ne le plaint pas assez.

            Corhk'Haim s'écarta et sortit de la hutte du chamane Ewok, Bhaal et Hol sur ses talons.

            - Je n'ai jamais tenté de te briser, je t'ai à peine testé pour savoir ce que tu avais dans le ventre. Et visiblement, tu ne sembles pas capable de résister à la pression permanente qu'implique l'entrainement des Jedi. Tous les jours, des novices plus faibles et ignorants que toi sont confrontés à l'échec, à l'absurdité de l'existence, à l'aléatoire des décisions de la Force. Ce n'est que par le calme, la patience, la discipline quotidienne et le dépassement de soi que leur formation s'accomplira. Continue à faire le guignol et à me parler de bases, et il ne restera pas grande chose de toi dans un mois... aussi bien physiquement que mentalement. Si tu ne te sens pas capable de te plier aux règles, je le répète, tu n'auras rien à faire dans ce Sanctuaire.

            Corhk'Haim s'attendait à ce qu'Hol lui réponde encore, tant la mauvaise foi du nouvel arrivant était flagrante. Fermerait-il les yeux sur son indiscipline criante, sur sa désobéissance affirmée ? Le Noghri était certes un rude examinateur, qui possédait autant de défauts que de qualités. Mais contrairement au caractère qu'Hol lui prêtait, il n'avait jamais agi par pur égoïsme dans ses examens des aspirants au noviciat, bien qu'il ait parfois pris du plaisir à voir les arrivants les plus récalcitrants se vautrer au cours de ses épreuves. Il avait tout de même été désigné par le Conseil pour la tâche qu'il remplissait, ce qui témoignait de la confiance que les maîtres lui accordaient. Derrière ses airs féroces et ses mots parfois maladroits, Corhk' parlait avec une forme de bon sens cru, loin des préceptes sibyllins de certains des instructeurs de l'Ordre.

            - Cette discussion est terminée. Si tu veux encore te plaindre, tu n'as qu'à t'adresser au Conseil. Mais je doute qu'il ait plus de temps à perdre avec ces bêtises que moi. En avant !

            Sur ces mots, Cohrk'Haim mena Bhaal et Hol hors du village des Ewoks, pour retourner au lieu où les novices s'étaient pour la première fois rencontrés.



            HRP : Yuda et Jil rejoindront Corhk', Bhaal et Hol à la fin de l'épreuve des anneaux.
            Jil > Tu peux décrire le tout comme tu veux. Comme je te l'avais dit, il s'agira essentiellement de développer par toi-même le cheminement de Jil (et de Yuda, sur son dos) dans le Sanctuaire. La pauvre est privée de ses yeux, s'en sortira-t-elle ?
            Hol/Bhaal> L'intervention de Corhk' répond seulement aux reproches d'Hol. Je ne rajoute pas grand chose de plus, puisqu'il vous reste encore à réussir l'épreuve. Hol, garde à l'esprit que tu peux vraiment te faire refuser (oui, ce ne serait pas sympa, mais c'est une possibilité RP :) ). Je n'interviendrai plus avec Corhk'Haim avant la fin de l'épreuve, puisqu'il ne voudra plus répondre aux critiques (s'il devait encore y en avoir).
            Par la suite, Yuda pourra s'occuper de la tribu parasite qui vit sur Hol.

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              #26

              Post n°26
              Auteur : Mr Helios

              C’est complètement Faux ! Voilà ce qu’aurait voulu dire Hol, mais il ne le pouvait pas. Le Noghir avait raison, il s’était comporté comme un fou !... En même temps comment ne pas perdre le contrôle de ses émotions quand on a passé plusieurs mois dans un état de survie quasi permanent. Quel genre de surhomme pourrait supporter ça sans en perdre la raison. Beaucoup de choses avaient érodé l’esprit du jeune homme. Que ce soit son premier contact avec les Ewoks ou plus récemment le dernier... n’oublions pas que, pas plus tard que ce matin il s’était battu avec ces Autochtones sans aucune raison apparente. Il ne les avait pourtant jamais insultés, blessés ou volés. Il n’en était pas sûr, mais il soupçonnait un conflit qui opposerait les deux tribus. Après tout, il paraissait être le seul à autant patrie des jeux cruels de ces peluches. Comment expliquer ça autrement que par son appartenance à la tribu Toutipik, malgré cette réflexion il ressentait une certaine injustice.

              Si ça c’était limité à ça... Il était aussi devenu partiellement infirme après avoir voulu fuir une monstruosité. Bien qu’il eût démonté l’inverse en marchant une dizaine de pas. Seul, il n’aurait pas pu en faire bien plus. Il se surprit à se demander comment il avait réussi à marcher avec une telle douleur. La raison lui paraissait plutôt simple.

              L’adrénaline ! Elle n’avait pas cessé de grimper en la présence du padawan. Cette créature était tout simplement terrifiante pour Hol, au débute il l’aurait bien vu lui arracher la trachée d’un simple coup de dents ou de griffer. Bien que l’autre novice parût aussi dangereux, son aura était moins sadique. Se demandant ce qu’un simple humain faisait dans une telle équipe, il se demanda s’il pourra finir l’épreuve sans perdre un bout. Frissonnant, il voyait déjà son corps enterré dans un coin sombre de cette forêt après un ¨entraînement un peu trop corsé¨. Pendant que les deux gus jureraient de garder le secret sur leur vie.
              De plus il n’avait pas aimé se faire empoisonner avec des biscuits par ce ¨mentor¨, pour ne rien cacher il n’avait plus aucune confiance en vers cette créature à sang froid. Puis, la démonstration de sa force Physique n’avait pas arrangé la crainte qu’éprouvait le jeune homme. Le pique d’adrénaline qui l’avait fait perdre son calme était survenu lorsqu’il avait valdingué en direction du Cathare d’un simple geste. À partir de là toute la pression qu’il avait accumulé ses derniers mois ressortis sans qu’il ne puisse rien y faire.

              Il avait agi dans la précipitation, dans le stress, sans réfléchir. Il était face à quelqu'un de plus dangereux que lui. Une personne qui l’avait balancé sur un coup de tête à travers une pièce vers son camarad, comme si c’était une simple pelote de laine. Son premier reflex eut-été de faire le dur pour se protéger. Il ne pouvait rien faire d’autre. Il ne pouvait ni fuir, ni se battre, ni ruser. Dans n’importe quelle autre situation il serait probablement mort, car il était complètement vulnérable, aussi inoffensif qu’un nouveau-né il ne pouvait rien faire d’autre qu’intimider. Ça avait plutôt bien marché, aucunes des deux personnes présente n’avait remarqué son état. Seul une assurance sans failles émanait d’un Hol dopé aux hormones, alors qu’en vrai, il était émotionnellement à genoux.

              Sa respiration était lourde, son regard provocateur. Il avait écouté les propos de son examinateur et ne pouvait qu’acquiescer, du moins pour la plupart des dirent. Le fait que Corhk' n’utilise pas sa force physique colossale semblait calmer le jeune homme. Il restait droit, sans bouger un cille, comme s’il se raillait des dirent du padawan. Il ne montrait aucun signe de faiblesse, aucun relâchement comme imperturbable, il dit calmement après cette réprimande :


              - Vous avez sûrement raison(soupirant)... je commence à me comporter comme un abruti, je perds certains de mes repères ! Désolé, les événements que j’ai vécus avant le sanctuaire... Regardant ses jambes, un rictus de dégoût tailla le visage du jeune homme. Bref, Je dis ça, mais... ça ne vous intéresse pas ! Continuons !

              Aidé de Bhaal il put marcher. Enfin, marcher est un bien grand mot. Il était complètement soutenu par son camarade. L’empêchant d’avancer correctement, son corps était aussi tendu que ses nerfs. Premièrement, par la douleur, qui arrachait un gémissement étouffé à chaque pas trop brusque et finalement car l’adrénaline présente dans son corps s’était évaporée. Comme son énergie... Il était complètement vide, autant mentalement que physiquement. Il ne savait pas combien de temps il passait à marcher sur ses chemins suspendus. La seule chose dont il se souvient était l’impression de s’être perdu. Fermant les yeux, il se laissât porter et tenta de reprendre des forces. Pour voir s’il était un poids mort, il jeta un coup d’œil à Bhaal. Surpris par la facilité qu’avait son camarade à le porter, il se demanda combien de personnes dans ce sanctuaire pouvaient le faire voler dans les airs d’un simple geste. Ne sachant ni dans quelle direction il allait, ni depuis combien de temps il trottinait. Il sentit finalement un changement d’atmosphère. Il venait de rentrer dans une hutte... ou autre chose dans le même genre. Toujours soutenue par le Cathar, ce dernier l’aida à s’asseoir convenablement face à une table. Relevant la tête, il sourit et remercia son camarade dans un langage inconnu de tous. Deux anneaux reliés par une chaîne sortirent de nulle-part et atterrirent dans les mains d’Hol. Les posant sur le meuble, il écouta à moitié les explications du Padawan. Somnolent, il faillit s’endormir avant que son aîné ait fini son explication. Sentant un regard noir se poser sur lui, il renifla et marmonna rapidement. Détacher les anneaux sans casser la chaîne ! Fière d’avoir répondu aussi rapidement le regard ne sembla pas disparaître pour autant. Ouvrant à moitié les yeux il remarque que le reptile avait fermé les siens, mais il le soupçonnait se voir à travers ses paupières.

              Penché en avant, il ne connaissait pas sa prochaine action. La Force, jamais il ne l’utilisait volontairement. Il avait déjà plusieurs fois réussi à la diriger... mais ce n’était pas mémorable. Souvent éphémère et instable, il n’y parvenait qu’avec de l’aide ou lorsque sa vie était en grand danger. Personne ne lui donnât jamais aucun conseil... aucune véritable marche à suivre. Y’en avait-il seulement une ? Rattrapé par la fatigue, il commençât à tanguer de gauche à droite. Se giflant des deux mains, il se redressât de sa position courbée. Il ne savait que peu de chose des Jedi. L’une de ces choses était qu’il méditait tout le temps, au point de ne faire que ça pour certain. Il envisageât un lien entre la méditation et la maîtrise de la Force. Bien qu’il eût déjà médité plusieurs fois, souvent seul, il ne maîtrisait absolument pas la Force. Il y a peu, il devait le faire en compagnie de Horul pour pouvoir communiquer avec lui. Hol n’en avait pas conscience, mais grâce au chamane Toutipik il l’utilisait belle et bien, mais uniquement dans ses conditions précise. Livré à lui même ce serait différent. Prenant une position adéquate, il ferma les yeux pour se concentre. Respirant et inspirant à un rythme régulier il se sentait disparaître en en fort intérieur. Vu de l’extérieur il était difficile de dire s’il s’était endormi ou s’il méditait, mais le connaissant, tout le monde s’attendrait à l’entendre ronfler à tout moment.





              Spoiler : Spoiler
              HRP. Héhéhé ! Surprit ? C'est une réaction prévisible pour un être à peu près normal, non ?
              Pour ce qui concerne Hol, je suis simplement son narrateur. Ce qui m'intéresse ce n'est pas obtenir des titres, des LVLs ou des classes, mais c'est son histoire. Et si vous jugez qu'il n'en a pas les capacités (mais je vous assure qu'il les a 8) ) et bien il deviendra ce qu'il deviendra. Après tout SWRPG offre beaucoup d'autres choix :D ce même au sein de l'ordre.
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                Auteur : Bhaal

                Dix minutes. Juste dix minutes. Et pourtant, dans l'esprit du Cathar, cela semblait être une heure, voire deux. Il regardait son compagnon du coin de l'oeil en gardant une position propice à la méditation - ou en tout cas le pensait-il -, les jambes croisées et le dos bien droit. Et Hol ne bougeait pas, hormis le mouvement de va-et-vient que faisait sa cage thoracique, plutôt lentement il faut le dire. A priori, lui savait ce qu'il faisait. Ou du moins, il semblait en paix avec lui-même et sa façon d'aborder l'exercice. Pour ce qui était dudit exercice, ni les anneaux, ni la chaine n'avaient bougés. Même le vent aurait eu plus d'efficacité en si peu de temps. Et Bhaal avait patienté dix longues minutes.
                Au moins cela lui avait donné le temps de complètement se remettre, son esprit maintenant entièrement concentré sur la tâche à remplir. Mais à y choisir, il aurait préféré planer encore un moment, peu importe le mal de tête. Réfléchir au problème actuel était bien pire que ne pas comprendre ce qu'il se passait, l'esprit vagabondant d'une idée à l'autre.

                Comme pour se changer les idées, il repensa aux bribes qu'il avait pu retenir de la conversation houleuse entre Hol et Corhk'Haim. Il ne partageait pas vraiment les reproches que l'humain faisait au Noghri vis-à-vis de ses choix et de la dureté de ceux-ci. Après tout, ils prétendaient à une place au sein de l'Ordre Jedi. S'ils acceptaient n'importe qui et se contentaient de les former à grands renforts de leçons sur la Force et des entraînements aux maniement du sabre, les hypothétiques futurs Jedi qu'ils étaient ne vaudraient pas grand chose lorsqu'ils se retrouveraient en situation réelle. Il le savait comme beaucoup d'autres novices, le danger pouvait venir de partout et revêtir bien des habits. Même si la méthode était peu conventionnelle, sûrement Corhk'Haim devait-il s'adapter aux lieux, elle avait le mérite d'aller droit au but : former les novices, futurs, nouveaux et anciens, à affronter les nombreux dangers que renfermait la galaxie. Au final, être un Jedi ce n'était pas uniquement balancer des vagues de Forces, faire des pirouettes et manier un sabre laser.
                Mais c'était probablement l'adrénaline et une fatigue qui provenait probablement du long chemin qu'avait parcouru Hol pour venir ici qui avait pris le dessus sur sa raison et l'avait fait prononcé ces mots. Cependant il avait tout à fait raison sur un point : lui comme Hol n'étaient pas passés par tout ce qu'ils avaient affronter pour s'arrêter face à un padawan, si intimidant que pouvait l'être Corhk'Haim.
                Finalement, cette pensée motiva le Cathar. Si la dernière épreuve tenait plus de la punition bête et méchant sans raison à priori valable, celle-ci était un véritable exercice. Un nouveau challenge sur son chemin, et comme par le passé, il allait le surmonter quoiqu'il arrive. Peu importe le temps qu'il lui faudrait, il détacherait cette chaine de ces deux anneaux, et il montrerait à Corhk'Haim, ainsi que tous les éventuels spectateurs, qu'il était digne de reprendre sa formation !

                Ceci dit, la situation n'avait pas réellement évoluée. Il ne savait toujours pas comment s'y prendre. Et son compagnon ne semblait pas faire plus de progrès que lui. Ou en tout cas, il n'était pas encore parvenu à ne serait-ce que faire bouger les anneaux. Ainsi, plus motivé que quelques minutes auparavant, Bhaal cogita de nouveau sur la tâche qu'il avait devant lui.


                ____________________________________________________

                Spoiler : HRP
                Post assez court, mais quitte à les enchaîner je préfère marquer une certaine progression dans l'épreuve de Bhaal plutôt que de faire un long post. En plus, ça me permet d'avoir les idées fraîches entre deux posts, histoire qu'il réussisse pas en une fois. Bref, ça me paraît plus naturel, et puisqu'on nous a conseillé de faire "autant de posts qu'on veut pour l'accomplir", alors autant en profiter ! :D

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                  Post n°28
                  Auteur : Jil Charce

                    ― Hmm. Égarée tu sembles être, oui ?

                    Jil se retourna, surprise. Derrière elle se tenait un Jedi qu’elle n’avait encore jamais vu dans le Sanctuaire.

                    C’était un petit bonhomme vêtu d’une bure usée, aux couleurs passées, mais propre. Elle avait beau être ajustée au gabarit de son porteur, l’ourlet traînait au sol, ne laissant dépasser que le bout de ses pieds nus aux orteils griffus et noueux. Il semblait vieux : voûté et aussi ridé qu’une vieille pomme, soutenu par sa canne, il l’observait d’un œil inquisiteur et taquin dans lequel transparaissait une grande sagesse. La Lorrdienne ignorait à quelle espèce son interlocuteur de poche pouvait bien appartenir. Une peau verte évoquait souvent les espèces aquatiques comme les Nautolan ou les Twi’lek, mais le petit être n’en présentait aucun autre attribut. Pas de tentacules, pas de lekku. Seulement une taille réduite et une paire d’immenses oreilles pointues plantées de part et d’autre de son crâne chauve, d’une dimension suffisante pour évoquer des ailes de chasseur stellaire.

                    ― En effet, Maître. Jil n’imaginait pas qu’il puisse être autre chose qu’un Maître : son calme, son grand âge, la sérénité qu’il dégageait… Tout parlait pour lui. Je ne suis pas encore familière du Sanctuaire.

                    Le petit bonhomme ne répondit que d’une interjection enjouée et s’avança vers elle, puis leva la tête, contemplant les trouées de ciel à travers les frondaisons.

                    ― Tes adieux à Vidar Kilas as-tu fait ? Demanda-t-il. Que la Force avec lui soit.
                    ― Il est parti voilà quelques minutes, oui. Je pense que l’Ordre aura de ses nouvelles. Le premier contact a été plus perturbant que prévu. Il aura besoin de temps.

                    Le vieux Maître écoutait en hochant la tête. À petits pas, il se mit en tête d’une flaque d’ombre prodiguée par une branche basse.

                    ― De ton potentiel et de tes capacités notre connaissance commune nous a informés. Très curieux de faire ta connaissance je suis, Jil Charce.

                    La Lorrdienne hocha la tête sans répondre en guise de remerciement. Un jeune garçon passa, qui salua le Maître par son nom : Yuda. Toute absorbée par son aspect physique, elle n’avait pas fait attention à l’étrange phrasé du petit être, et ne réalisait que maintenant de qui il s’agissait.

                    D’une légende.

                    Le Maître Yuda et ses siècles d’existence faisaient partie intégrante des histoires qui courraient sur les Jedi. Il passait pour être le plus vieux, le plus sage, le plus puissant d’entre eux. Pour les habitants de la galaxie qui n’avaient qu’une vague image de l’Ordre, c’est lui qui le personnifiait. Et si Jil avait bien du mal à imaginer ce petit bonhomme vert en guerrier, elle n’avait aucun mal à croire à son expérience et à son intelligence. Il lui avait fait la même impression que le Sanctuaire à son arrivée : Yuda rayonnait de calme et d’apaisement.

                    ― Un membre de l’Ordre jedi tu souhaites devenir, hmm, c’est ça ? Rigoureux est notre entraînement. Difficile l’existence d’un Jedi peut être. Des sacrifices elle demande. Prête à changer de vie, es-tu ?

                    Jil pesa la question et les ramifications qu’elle pouvait avoir. Ne sachant pas exactement où sa réponse pouvait l’emmener, elle s’assit en tailleur face au petit être.

                    ― Je ne connais de l’Ordre que ce que j’ai pu en entendre dire, et ce que j’ai pu en voir depuis deux jours. Il serait peut-être plus juste de dire que je souhaite découvrir ce qu’est réellement l’Ordre Jedi, derrière les légendes. Lutter face au côté obscur ― et ça aussi, quelles réalités est-ce que ça recouvre, finalement ? ―, servir les peuples, défendre ceux qui ne peuvent pas le faire eux-même… Ce sont des choses qui me parlent. La Force, en revanche, je ne peux pas dire que je comprends ce dont il s’agit. Quant aux rigueurs d’un tel mode de vie, comme les désagréments sont le plus souvent absents des légendes…

                    La Lorrdienne laissa sa phrase en suspens et regarda le ciel.

                    ― Exceptés les vœux de célibat et l’apprentissage du maniement du sabre, je n’ai guère d’idée de ce qui m’attend. Je n’ai pas d’attaches, ni n’ai jamais vraiment su quelle était ma place. J’ai le sentiment qu’elle est peut-être ici. C’est aussi simple que ça. Jil sourit. J’imagine que ça répond aussi en ce qui concerne le changement de vie. Trouver un endroit et y construire quelque chose, c’est tout le but de la manœuvre. C’est plus un commencement qu’un changement. Quant à la rigueur et aux sacrifices…. La jeune Lorrdienne haussa les épaules. Comme je l’ai dit, je n’ai qu’une idée floue de la forme qu’ils peuvent revêtir. Mais je crois pouvoir m’adapter. J’ai longtemps été ballottée à travers la galaxie, j’ai vu mes parents périr des conséquences de leurs mauvais choix, j’ai été privée de liberté, ai du me débrouiller plus ou moins seule pour la regagner et rejoindre cette lune… Je devrais pouvoir me faire à l’Ordre.

                    Sans répondre, Yuda émit un petit rire grinçant, puis se releva doucement. Soudain, sans le moindre avertissement, il bondit gracieusement, décrivit une trajectoire en cloche et vint atterrir sur la jeune femme.

                    ― Mais que…
                    ― Du retard sur ton admission tu sembles avoir pris, jeune fille. Le rattraper nous devons, hmm ? De retrouver le Padawan Corhk’Haim au plus vite important il est. À travers le Sanctuaire te guider je pourrai. Mais la Force tes seuls yeux sera !

                    Sans que Jil puisse réagir, le vieillard lui était grimpé sur les épaules et lui avait prestement passé sur les yeux une pièce de tissu sortie d’on ne savait où. La jeune femme pouvait le sentir rire silencieusement, et avec la malice dont il était coutumier, il se mit à l’aiguillonner de sa canne.

                    La Lorrdienne se mit debout, surveillant l’équilibre de son passager aux variations de son poids et de ses appuis. Il avait beau être âgé, il se tenait sur elle avec une aisance remarquable. Pour la suite, comment procéder ?

                    Jil fixa dans son esprit ce qu’elle savait du lieu où elle se trouvait, ce qu’elle avait pu saisir de son environnement immédiat. L’emplacement des huttes les plus proches, l’orientation des passerelles, la direction des plus gros arbres. Elle ajouta à ce plan mental les informations que lui apportaient les bruits qui lui parvenaient. Les craquements du bois, les pas feutrés, les chuchotements de Jedi qui s’arrêtaient pour observer, amusés, les nouvelles pitreries de Maître Yuda. Tous ces éléments lui fournissaient un socle, un appui duquel partir, un point de repère. C’était comme creuser un canal d’irrigation, une rigole pour accueillir l’onde. Et lorsque le premier filet vint couler, après quelques minutes d’attention, la Lorrdienne sentit se définir plus précisément les êtres présents autour d’elle. Jil laissait la Force baigner son esprit, comme la terre qui brunit par capillarité au contact de l’eau.

                    Elle laissait son esprit s’accoutumer à ces nouvelles données, comme on laisse à ses yeux le temps de s’habituer à l’obscurité lorsqu’on s’y trouve plongé. Confusément, elle sentait une demi-douzaine de présences, assemblées non loin. Jil les distinguait tout juste, mais elle remarquait tout de même de légères différences dans leur intensité. C’étaient des impressions diffuses, légères et vaporeuses, mais certaines avaient un peu plus de corps, s’affirmaient plus que d’autres. La jeune femme supposa qu’il s’agissait d’une différence d’âge ou d’expérience : lorsqu’elle tournait son attention vers l’aura de l’hôte perché sur ses épaules, elle la discernait avec bien plus de clarté.

                    Il lui avait fallu presque un quart d’heure pour en arriver à ce stade, qu’elle avait passé debout et immobile, orientant seulement la tête, machinalement, vers l’origine des sensations qu’elle éprouvait. Maintenant qu’elle était en condition et qu’elle percevait un peu ses alentours immédiats, il lui fallait chercher Corhk’Haim et le Cathar. Mais ces deux énergumènes pouvaient se trouver n’importe où, et la Lorrdienne peinait déjà à conserver vivaces à son esprit les présences qu’elle avait identifiées. Il allait lui falloir se déplacer, mais vers où ?

                    La Lorrdienne reprit lentement conscience de son propre corps, des fourmillements dans ses jambes, de la raideur de son dos, de la tension dans ses genoux, accumulés à force d’immobilité. Elle s’étira lentement, assouplissant ses muscles endoloris, chassant l’engourdissement, et se mit à progresser lentement le long des passerelles, au hasard, tâchant de se saisir des différentes perceptions sur son passage, et de leurs réactions devant cette curieuse équipée, devant la jeune monture et son vieux cavalier. Elle tachait tant bien que mal de s’orienter, et réussit à limiter les collisions contre les rambardes et les huttes. À dire vrai, elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle faisait : dans la théorie, elle savait que les Jedi cherchent à se laisser guider par la Force à travers leur instinct, mais dans la pratique, face au dédale sinueux du Sanctuaire, elle ne ressentait la Force d’aucune manière. Elle cherchait vainement des indications, des éléments qui puissent lui permettre de choisir, mais elle se sentait ridicule, à se tourner vers la voie où elle distinguait le plus de lumière, ou le moins de vent, ou le plus de calme, comme si ces détails avaient la moindre signification. Constatant que ses doutes ne la menaient à rien, elle s’immobilisa de nouveau. Yuda sentait son hésitation, et attendait en silence qu’elle trouve une solution.

                    Il manquait quelque chose. Il semblait à Jil qu’elle avait tout ce qu’il lui fallait pour chercher, mais peut-être ne se focalisait-elle pas assez sur l’objet de sa recherche. Un Noghri, et un Cathar. Corhk’Haim, à l’aspect peu engageant. Un petit saurien bleu gris à la gueule garnie de crocs acérés, bâti comme un engin de siège miniature, aussi avenant qu’un coup de surin entre deux côtes. Le Cathar, que le Noghri avait appelé Bhaal, était plus imposant encore. De ce qu’avait pu voir la jeune femme, il la dominait de près de deux têtes, et sa carrure n’avait pas grand-chose à envier à celle du Padawan. Du reste, il lui évoquait surtout un gros chat tigré plus ou moins roux. L’un transpirait donc la sévérité, l’autre une nonchalance féline.

                    Elle reprit une marche tranquille avec en tête l’image des deux personnages. Il lui sembla plus aisé d’avancer ainsi : rien ne lui disait quelles voies emprunter, mais certaines lui semblaient ne mener à rien. Jil ne comprenait pourtant pas plus où elle allait, mais elle sentait que les canaux d’irrigation l’orientaient efficacement, plutôt que de la laisser se disperser. Elle parvint enfin à un lieu qui lui semblait plus familier que le reste du Sanctuaire. Après un moment d’arrêt et d’écoute, elle sut pourquoi : les bruits qu’elle y percevaient étaient ceux auxquels elle avait pu s’habituer depuis sa hutte. Elle reconnut la façon de grincer de certaines planches, de craquer de certaines branches. Elle se trouvait devant ses quartiers, où elle avait rencontré le Noghri quelques temps plus tôt. Doucement, elle chercha les présences des environs, et en trouva trois : à se concentrer sur elles, il lui sembla que deux d’entre elles ne lui étaient pas entièrement inconnues. L’une dégageait quelque chose de plutôt désagréable, tandis que l’autre paraissait féline. Quant à la dernière, elle ne savait qu’en penser.

                    ― Maître ? interpela-t-elle posément Yuda.
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                    Post n°29
                    Auteur : Bhaal

                    Et une nouvelle dizaine minutes passa encore sans que Bhaal n'arrive à rien. A vrai dire, il n'essayait pas grand chose d'autre que de froncer les sourcils en direction de la chaînette métallique, ou en tout cas là où il pensait qu'elle se trouvait, ses yeux étant fermés depuis lesdites minutes.
                    ~Raah ! C'est pas vrai, j'arrive à rien. J'ai jamais fait ça...comment il veut que j'y arrive sans un minimum d'informations ou de conseils ?!~

                    Pendant un certain moment, les pensées du Cathar n'étaient plus du tout concentrées sur la tâche à accomplir, mais divaguaient plutôt sur son impossibilité, lui qui n'avait jamais "manié" la Force ou fait léviter la moindre chose. Il maudissait également le Noghri qui devait bien se gausser intérieurement, car c'était bien là l'un des seuls domaines où le novice déchu ne pouvait pas exceller. Grimper en haut de cet arbre les poings liés était une partie de plaisir en comparaison avec ce qu'il expérimentait actuellement. Loin de la torture mentale, il commençait tout de même à perdre patience et il ne lui en fallait que très peu pour tout laisser tomber et partir dans la forêt alentours pour devenir ranger ou ermite.
                    Puis, à ce genre de pensée, il commença à voir des visages et des mots apparaître dans son esprit.

                    « Il n'y arrivera jamais, ce n'est qu'une brute. »
                    « Cet imbécile n'est même pas capable de faire léviter une chaînette et deux anneaux...pas étonnant qu'il ait été privé de formation ! »
                    « Un rebus de la société comme lui n'a rien à faire parmi les Jedi, il devrait plutôt retourner dans le trou puant où on l'a trouvé et finir sa vie dans l'alcool. »
                    « Un Jedi ce n'est pas qu'un physique...on dirait qu'il commence tout juste à le comprendre. C'est pas trop tôt. »
                    « Tu pourriras sur cette lune de mes deux mon petit Bhaal, pendant que je vis de pillages et de combats, d'aventures et d'amours endiablés. Tu es tout juste bon à te battre dans une fosse...et encore, même ça tu n'y arrives pas. »

                    « Vaas !, éructa le Cathar en ouvrant soudainement les yeux. »

                    Son cœur battait à toute vitesse, entraîné par l'adrénaline, mais également la peur. L'espace d'un instant son esprit avait visualisé le visage de Vaas et l'avait matérialisé devant lui, se moquant ouvertement de son ancien protégé, lui et le reste de l'équipage à ses côtés. C'était la première fois qu'il revoyait mentalement celui qui avait été son mentor, et le choc avait été aussi violent que l'une de ses visions momentanées.
                    Puis il regarda autour de lui et commença peu à peu à se calmer. Peut-être était-ce le fait qu'il se trouvait sur Endor, perdu au fin fond de l'univers; ou l'ambiance apaisante des lieux, avec quelques oiseaux qui chantonnaient, le vent qui passait à intervalles irréguliers dans les branches des conifères gigantesques et ce calme environnant; ou tout simplement la présence d'autant de Jedi et sensitifs qui formait un lieu des plus réconfortant.

                    ~Tout juste bon à me battre dans une fosse, hein ?~

                    Apaisé, son pouls devint plus lent, son corps se détendit petit à petit. Mais son esprit bouillonnait encore plus qu'il y a quelques minutes, sur-motivé par ce qu'il venait de se passer. Bhaal ne prêtait pas souvent attention aux mots des autres, il préférait vivre sa vie comme lui l'entendait, peu importe ce qu'en pensaient les gens. Seule une poignée de personne pouvait avoir assez d'impact pour qu'il en vienne à se remettre en question, et, paradoxalement, Vaas était l'une d'elles. Bien qu'il lui voue une haine inconsidérée depuis sa trahison, le Cathar était encore bien trop attaché émotionnellement au pirate pour prétendre s'en détacher complètement. Une énorme partie de ses connaissances et expériences étaient dues au capitaine du Tregon VI, et ça, c'était tout simplement impossible de l'effacer.
                    Aussi, quand bien même il s'agissait des machinations de son esprit probablement encore un peu troublé par les substances des biscuits ingérés plus tôt, les mots qu'il avait entendu dans son esprit l'avaient frappés de plein fouet. Si le visage de Vaas n'était pas apparu, peut-être en aurait-il été autrement, Bhaal se serait alors certainement emporté et aurait laissé tomber. Mais son esprit combattif avait ressurgi à pleine vitesse, et désormais il ne pouvait plus faire marche arrière. Abandonner, c'était se complaire dans la médiocrité, quelque chose qu'il s'était promis de ne plus faire lorsqu'il avait enfin quitté l'atmosphère morbide de Nar Shaddaa.

                    L'esprit fulminant et les pensées filant à toute allure, Bhaal chercha dans ses souvenirs quelque chose qui pourrait l'aider. Il se remémora les mots de maîtres comme Fic Drecko ou Melchior, il y a quelques temps, lorsqu'il avait mené une enquête sur des mouvements étranges au sein du Sanctuaire. Mais ce n'était pas ce qu'il recherchait. Il ne voulait pas méditer et apaiser son esprit, pas maintenant. Il lui fallait chercher plus loin, jusqu'à...oui ! C'est ça, jusqu'à la période où il avait rencontré Drenn. Le Chevalier avait su lui prodiguer de nombreux conseils - que Bhaal n'avait pas forcément retenu ou suivit -, quant à la Force, son étude et son utilisation.
                    Il parlait de visualiser dans son esprit les choses qui l'entouraient, peu importe de quoi il s'agissait. De ressentir le vent, l'eau, le chaud touché du soleil ou encore la présence des êtres-vivants alentours. Projeter son esprit au-delà des frontières de son corps, ou quelque chose dans le genre.

                    Alors Bhaal tenta d'appliquer ces conseils, de passer de la théorie à la pratique. Mais son esprit était bien trop mouvementé pour qu'il arrive à quoique ce soit, aussi il prit un temps pour faire le vide. Une fois que ce serait fait, il n'avait plus aucun doute, il parviendrait à faire bouger la chaînette et les anneaux à ses extrémités. Peu importe le temps que cela lui prendrait, il arriverait à faire sortir lesdits anneaux de leurs chaînons, et il remplirait l'épreuve de Corhk'Haim.
                    Un sentiment de fierté s'empara de lui durant quelques secondes, avant qu'il ne le chasse. Il était fier du chemin qu'il avait parcouru, des efforts qu'il avait accompli pour se faire une place dans l'Ordre, des connaissances, même infimes, qu'il avait acquis.
                    Puis après un certain moment à se vider l'esprit, il poussa un long soupir. Il était prêt.
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                      Auteur : Mr Helios

                      Il avait les yeux fermés depuis un long moment. Respirant à un rythme serein, il était dans une bonne position pour méditer. Assis en tailleur les mains sur ses cuisses, les paumes en direction du plafond. Sa posture ne trompait pas. Il ne s’était pas endormi, du moins pas encore. À part paraître extrêmement calme, ce qui changeait drastiquement de l’habitude, il n’avait rien démontré de plus à son instructeur. Toujours entre lui et la porte, Cohrk'Haim n’avait pas l’air plus actif, bien qu’étonnamment il sût que rien ne se passait. Hol toujours aussi impassible, sentait les pièces de métaux face à lui. Mais bien qu’il les visualisât parfaitement, bien qu’il ressentît leurs énergies. Il ne pouvait absolument rien faire. C’était comme s’il était enchaîné à un mur, obliger à voir ses espoirs de devenir novice s’échapper lentement en direction des ténèbres... ou plutôt vers le reptile. Tentent le tout pour le tout il tendit les mains devant lui et accéléra sa respiration. À chaque inspiration il se visualisait stocker sa Force dans ses poumons, pour qu’à chaque expiration il la projetait vers ses mains. Il recommença à en perdre haleine. Sans aucun succès. Il ne comprenait pas ce qui le bloquait et l’empêchait de séparer ses deux anneaux.

                      Reprenant son souffle il recommença depuis le début. Les paupières closes, il débuta par visualiser et ressentir les bouts de métaux. Visualisant les deux boucles et la chaine. Il les attrapa d'un geste pour les lancer en l’air. S’écrasent contre le plafond elles retombèrent rapidement, ce qui ne l’empêchât pas de les rattraper sans la moindre difficulté, comme s’il avait deviné où elles allaient tomber. Il les reprit avec une telle aisance qu’il aurait eu le même résultat les yeux ouverts. Comprenant que le problème venait d’un coin plus profondément ancrer en lui. Il reprit une respiration calme et continue. Il n’avait pas prêté attention à ce qui se passait autour de lui. Incapable de dire si le Cathar avait réussi ou non, mais il ressentait le reptile qui commençait à perdre patience. Ce qui était normal vu le temps passé sans le moindre résulta. Ses boucles n’avaient pas bougé d’un iota depuis qu’il les avait posés. Se demandant s’il allait venir à bout de cette épreuve, il se mordit l’intérieur de la lèvre pour penser à autre chose. Il avait décidé de changer de méthode. Il allait occulter tout ce qui se trouvait autour de lui. Calmement il se concentrât sur les odeurs et les sensations qui l’entourait. Que ce soi sa transpiration, le bois humide, l’arrière-goût désagréable de suc gastrique qui remontait, du sol sous ses fesses ou le vent qui caressait sa peau et apportait le parfum de la forêt. Tout était désormais éclipsé. Il passa ensuite au son. Un à un les sons comme le vent, les feuilles, le souffle des deux autres, les discussions des personnes alentour ou du léger grincement de la structure. Plus aucuns n’existaient. Ses muscles se détendirent à l’extrême, donnant enfin l’impression qu’il s’était endormi. Ce qui était en partie juste, mais pas exact.

                      Il flottait dans son subconscient, égaré, il voguait sans aucune destination. Se laissant porter un moment, lassé d’attendre ce qui ne venait pas, il finit par se redresser. La sensation d’avoir la tête à l’envers lui retournait l’estomac depuis trop longtemps. Se rappelant ce qui l’avait amené ici il observa les lieux à la recherche d’un indice. Tout paraissait terriblement vide, une pensée lui traversa l’esprit. Il visualisait parfaitement Makélärt lui dire que c’est normal, sa tête ne pouvait qu’être vide vu le cas qu’il était. Ricanant à cette parenthèse, il continua son inspection dans la bonne humeur. Toujours retourné par le vertige que provoquait la sensation de voler, il se concentra et imagina un océan qui parcourrait l’horizon de bout en bout. Et l’imaginaire devînt une vérité. Impossible ?!

                      Une étendue d’eau à perte de vue séparait enfin le sol du ciel. Bien que l’impression d’avoir la tête à l’envers persistât, l’intuition que le bas soit le haut et vice versa perturbait le jeune homme. Surprise d’avoir réussi au moins ça, une goutte se sépara gracieusement de cet horizon infini. Puis une autre... et une autre... et finalement la ligne si bien défini ondulât, se déforma, se pliait. Comprenant que le sol se soulevait... ou tombait ! Difficile à définir. L’eau autour de lui commençait à coule de ses pieds à sa tête. Rapidement submergé par cet environnement, il eut juste le temps d’emplir ses poumons avant de se demander dans quelle direction il devait nager pour rejoindre la surface. Il comprit rapidement que ce n’est pas ce qui le sauverait. Il n’y avait plus de sens, il était dans une immense boule d’eau dont il serrait éternellement le point central.

                      Commencent doucement à suffoquer son calme s’évapora, car en plus de l’eau, la panique le submergeait. Ne pouvant plus retenir sa respiration il gesticula comme un fou perdant une précieuse énergie. Dans un dernier geste désespérer il rabattit ses marbres contre lui, en position fœtal, il poussa de tout ses forces pour chasser ce qui l’étouffait. Ne sachant pas si le plus surprenant était qu’il ait eu un control sur l’environnement ou s’il pouvait respirer dans cette nouvelle bulle de... vide dans l’eau. Observant d’un air décomposé cette nouvelle paroi. Il se demanda si, comme dans cette bulle sans oxygène, il aurait pu respirer le liquide. Préférant ne pas en faire l’expérience il se contenta se sourire au vu de la situation, qui finalement n’est pas si catastrophique. Après cet épisode perturbant, il se rappela ce qu’il l’avait amené ici. Il voulait maîtriser la Force en lui, mais fallait-il déjà la trouver. D’un œil suspicieux il regarda le fluide qui l’aurait peut-être liquidé plus tôt... ne pas savoir s’il pouvait respirer sans cette bulle commençait à l’agacer. Par prudence plus que par sagesse, il décida de ne pas sortir de cette protection pour en faire le test. Mourir bêtement étouffer alors qu’il était en sécurité l’instant d’avant serait des plus embarrassant.

                      Perplexe, il se dit dans un rare éclair d’intelligence. Que ce liquide pourrait être la Force qui l’habite. S’il avait raison, alors ça expliquerait pourquoi il avait pu la faire apparaitre et la ¨repousser¨. Se concentrant à nouveau il fit une petite expérience qui ne devrait pas engendrer de grosses catastrophes... normalement. Il tenta d’attirer un filet d’eau à lui. Visualisant l’image qu’il avait de la Force et lui commanda de venir. Évidemment rien ne se passa, imperturbable cette énergie ignorait le jeune homme comme on ignore la poussière, elle était beaucoup trop lourde pour lui. Ne se laissant pas décourager, il tenta autre chose. S’il ne peut pas déplacer le liquide, il pouvait probablement déplacer l’air à l’intérieur de la bulle... Le hic c’était qu’il n’y en avait pas. Suivant son intuition il se dit qu’il pourrait le créer, comme il avait créé cet océan. Imaginant inspirer et expirer le vide qui l’entourait, il finit effectivement par expirer ce fluide gazeux.

                      Satisfait, il se concentra sur cette nouvelle énergie qui parcourait la bulle à la recherche d’une sortie. Hol visualisait particulièrement bien les mouvements de l’air qui se baladait joyeusement. Le jeune homme imagina le flux tourner dans sa main pour former un petit tourbillon. Semblant entendre la demande le vent s’exécuta. Un petit cyclone se forma. Stable, Hol approcha sa paume près de la surface de l’eau, qui se fit aspirer dans ses mains. Une agréable force parcourait le corps du vagabond pendant que le liquide était absorbé par sa peau, quand soudainement l’eau autour de lui se mit à bouger elle aussi, de plus en plus vite. Elle était si véloce qu’elle en devenait violente. Rapidement il était au cœur d’une tempête.

                      Autour de lui c’était le chaos, la boule d’eau avait perdu la tête. Tourbillonnant sur elle-même elle s’extirpa de lui. Le peu d’énergie qu’il avait récupérée s’était déjà évaporée. Vexé qu’un autre problème se mette en travers sa route, Hol ne réfléchit pas et opta pour une manière plus bourrin. Si son énergie ne voulait pas venir à lui de son plein gré, il irait la chercher lui-même par la peau du cul si besoin. Se concentrant sur la seule chose qu’il pouvait manipuler, il mit toute sa détermination dans les deux petits vortex qui siégeaient dans les creux de ses mains. Réactifs, les petites bourrasques devinrent de véritables cyclones. Répétant la manipulation qui lui avait permis d’attirer l’eau à lui, il replaça la paume de ses mains à proximité des courants qui parcouraient la boule. Lorsque les typhons commencèrent à aspirer ce qu’il considérait comme sa Force. Le courant qui animait la boule s’accéléra lui aussi. Poussant de toute son âme sur ses avant-bras, les maelströms grandirent davantage et finir par sucer un petit filet d’eau.

                      Satisfait, Hol devait maintenant revenir là où il était. Doucement il revenait à lui et ça se ressentait. L’énergie qui émanait de lui avait changé. Il paraissait plus impressionnant, plus spectaculaire. Que ce soit par son regard ou par la façon dont il crispait ses muscles. Tout démontrait la Force qu’il l’habitait. Il n’allait faire qu’une bouche de cet exercice pour novice. Ho oui ! Prenant une grande inspiration Il passa ses mains à proximité des deux cercles reliés, il les ressentait et les visualisait aussi bien qu’avant. En un instant les objets se levèrent et se séparèrent. Enfin... c’était ce qu’espérait le jeune homme. Malheureusement pour lui rien ne se passa. Le léger filet était à peine assez puissant pour lécher les contours de son objectif. On pouvait toujours sentier la force qu’il employait, mais ça n’influait en rien sur les cerceaux, qui paraissaient paresser en se riant de lui. Circonspect, il commença à contracter tout son corps dans le but de presser la moindre goutte qui pourrait l’aider dans sa quête. Enchaînant les échecs il referma les yeux et replongeât difficilement dans son subconscient. Il devait d’abord se calmer s’il ne voulait pas définitivement rater cet examen. Respirant comme il savait le faire, il prit de grandes bouffées d’air, qu’il diminuait au fur et à mesure qu’il se calmait. Apaisé, il plongea sans attendre.

                      Une vision surprenante s’offrait à lui. L’eau ne l’entourait plus, elle s’était regroupée et luttait pour s’éloigner de son l’emprise. Tournant dans le sens inverse à ses cyclones, elle ressemblait à une baguette de pain qui lui tiendrait tête. Hol n’avait plus de choix. Il allait donner tout ce qu’il avait et bien plus, il allait dépasser ses limites. Se concentrant il éveilla son esprit guerrier. Ensuite il écarta ses pieds en les alignant avec la colonne d’eau. Il joint ses mains à la base de ses paumes et les inclina à la verticale. Les doigts de sa main droite partaient vers le haut tandis que ceux de la gauche pointaient vers le bas. Fusionnant sa force, les deux ne firent qu’un. La puissance qui se dégageait de ce typhon était terrifiante. Ses cheveux s’étaient détachés et flottaient derrière lui sous cette tempête, ils donnaient l’impression qu’ils avaient doubler de volume. Mais tout cet effort n’était pas encore suffisant. Emporter par sa volonté de réussir il inspira et hurla un cri de guerre :


                      - HHAMMMMMMMÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉHHAAAAAAAAAAA !

                      Alors qu’une aura électrique s’échappait des pores de sa peau. Un filet d’eau un peu plus conséquent que le précédent sortait de la colonne et pénétra les paumes des mains du garçon des étoiles. Espèrent que ce soit suffi il tenta de retourner faire face à la dure réalité.

                      Il était enfin sur le point d’atteindre son but, il deviendrait novice après avoir passé ce test. Se concentrant, il ressentait à nouveau les deux cerceaux et leur lien. Canalisant l’énergie qu’il avait emmagasiné il fit sortir ce filet. La force avait beaucoup de peine à transiter de Hol aux cerceaux. Bougeant difficilement, les bouts de métaux étaient encrés sur la table. Contractant à nouveau chaque muscle de son corps, Il voulut encore extraire la moindre goutte qui lui restait dans le test. Il ne savait pas si ça servait à quelque chose, mais il réussit tout de même à extraire un liquide rouge qui suintait de son nez à son bouc. Une grimace indescriptible se lisait sur son visage, mordant mesurément l’intérieur de ses lèvres. Un gémissement pittoresque s’échappait du vagabond. Bien que la scène parût ridicule, autant par la Force déployer par Hol que par ses expressions. En l’observant on ne pouvait s’empêcher de ressentir un malaise. Comme si on regardait un petit filet d’eau coulé d’une paroi. Paraissant en prime abord inoffensif, notre imaginaire et notre instinct nous pousseraient à croire que ça pourrait rapidement devenir un véritable torrent. Pourtant, hypnotisant par sa forme ridicule, on resterait à proximité sans raison particulière.

                      Laborieux... était l'adjectif idéal qui qualifiait la vitesse et l’efficacité à laquelle, contre toute attente, Hol réussissait l’exercice. Il arrivait à déplacer les cercles de métaux par à-coups. Petit à petit. Grâce à sa patience, le jeune homme parviendrait à séparer la chaîne des cerceaux... s’il ne s’évanouissait pas avant. Hol paraissait faire un véritable marathon, de la sueur coulait de chaque pores de son visage. Le voir dépenser une telle volonté pour de si maigres résultats, forçait la pitié. Makélärt le regardait avec un air désabusé et elle exhorta :


                      - Mais faite quelque chose... abréger ses souffrances, aider-le ou achevez-le ! Vous ne voyez pas qu’il n’a plus aucune crédibilité ! Ne le laisser pas comme ça ! Il va claquer ce c** si vous ne faites rien !

                      Lorsque le miracle se produisit. La chaîne n’était plus reliée à rien à part à elle-même. Un soulagement immense se lisait dans le regard d’Hol. Puis soudainement il déconnecta, comme paralyser, les yeux perdus dans le vide de son existence. Une nouvelle mimique ridicule apparut sur son faciès déformé, pendant qu’il replongeait une Xème fois dans son subconscient.

                      Pour ne rien changer, il était dans la même position que lorsqu’il fut parti. À la différence que... ses cyclones venaient à l’instant de disparaître. Face à lui, la colonne d’eau s’éloigna immédiatement après qu’elle ne soit plus aspirée par lui. Une image traversa son esprit. Il se voyait relier à cette boule par un élastique si tendu, qu’il serait à la limite de rompre. Lâchant un ¨Naaaa ! ¨ de dépit. Il croisa les bras face à lui prêt encaisser le choc qu’il allait recevoir dans le thorax. D’un œil, il vit ce torrent qui allait le mettre en pièces se ruer dans sa direction.

                      Paralysé depuis une trentaine de secondes, Hol n’avait plus montré singe de vie. Lorsque soudainement il prit une bouffée d’air... et la recracha dans une sorte de vomissement vocal. Les bras toujours tendus en direction de la table, sans explications apparentent une Force torrentielle en jaillit. Une poussée suffisamment puissante pour décoller la petite table du sol et la projeter à côte du Padawan. Traversant une ligne droite, le meuble ouvrit une nouvelle aération qui était voisine de la porte. Complètement groggy il ne comprenait plus rien de ce qui lui arrivait. Son crâne raisonnait comme un gong que l’on aurait sonné. Souriant bêtement, il se leva et tenta de marcher jusqu’à la porte. Zigzagant pour ne pas s’écrouler sur le parquet, son visage fessait terriblement peur. Son sourire niait était particulièrement sanguinolent suivi à ce qui s’écoulait de son nez. Complètement sur dilaté, ses pupilles hors normes donnaient l’impression qu’il était shooté à on ne savait quoi. Terminant de déambuler, il s’arrêta devant la porte et voulut attraper la poignée. Lui échappant des mains, la porte s'était ouverte d’elle-même. Finalement ouvert, il se décida à sortir... mais oublia de mettre un pied devant l’autre. Tombant comme une planche que l’on aurait laissée chuter, il s’accrocha miraculeusement au cadran de la porte. Il réduisit l’impact de son enveloppe corporelle contre le sol, il était maintenant sur le dos et dans les vapes.

                      Voilà une cène bien suspecte. Un jeune homme gisait sur le pas de la porte le visage à découvert. Son regard presque vide, exaltait d’une instance terreur... ou d’une pilule un peu trop serrée. Son sang s’était répandu sur tout son visage, comme s’il venait de s’échapper d’une table de chirurgien... ou de boucher. Les quelques spasmes qui parcouraient son corps tétanisé n’étaient pas rassurent. Derrière, dans la pièce sombre. Deux ombres se distinguaient, si on les regardait avec attention on pouvait rapidement faire des conclusions hâtives. À près tout le jeune homme n’avait pas pu se faire ça tout seul !........... Et difficile de ne pas passer à côté du caractère et la force des deux prédateurs... Aïe aïe aïe ! Voilà qu’il serait embêtant de voir débarquer des personnes à un moment si inopportun!!!!!

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                        Post n°31
                        Auteur : Bhaal

                        Le vent qui venait doucement caresser les branches des arbres ou la toiture sommaire en brindilles et feuilles, le rythme de respiration des deux personnes à ses côtés, son propre rythme respiratoire, l'insecte qui grimpait aléatoirement sur le mur à sa gauche, les pas emplis d'énergie du groupe de personnes qui passaient sur la passerelle à quelques mètres de leur pièce de méditation, la chaleur des rayons du soleil qui filtraient à travers les branchages et les feuilles, le dialecte incompréhensible d'un Ewok qui passait tout en bas. Bhaal ressentait toute ces choses, il les percevait dans son esprit, et petit à petit, il les voyait prendre forme, se matérialiser devant lui. Encore un peu et il pourrait les toucher. Puis il porta son attention vers la chose la plus importante à l'heure actuelle : la chaînette et ses deux anneaux.
                        Il se força à ressentir sa forme, à sentir le métal, le cliquetis que l'ensemble avait produit lorsque Corhk'Haim l'avait jeté devant le Cathar, la distance qui séparait les deux anneaux, la longueur d'un chaînon, le diamètre d'une des bagues, à les comparer entre elles pour voir si elles étaient identiques ou non.
                        Les sourcils froncés, Bhaal semblait être dans un état de concentration intense, comme il n'en avait jamais connu auparavant. Il pouvait ressentir une énergie nouvelle parcourir certaines parties de son corps, fusant dans haut en bas, de gauche à droite, filant à travers son bras, son ventre, ses pieds, son oreille, ses cheveux, un de ses crocs. Était-ce la Force qui se manifestait en lui pour la première fois de manière aussi apparente ? Avait-il finalement réussi à la canaliser de lui-même ? Il lui fallait essayer maintenant qu'il ressentait tout ceci, maintenant qu'il se sentait plus près que jamais d'utiliser la Force.
                        Toujours les yeux fermés, il leva la main gauche et la tendit en direction de la chaîne. Dans le même temps il forçait son esprit à rester focalisé sur ladite chaîne, à voir chacun de ses aspects, tout ce qui la formait, ainsi que les deux anneaux. De secondes en secondes l'image se faisait plus claire, plus distincte. Et l'énergie qu'il sentait en lui ne faisait que croître.

                        Du moins c'est ce qu'il pensait. Cet exercice de méditation, cette énergie que Bhaal ressentait en lui, son esprit qui sortait enfin de son corps pour ressentir et concevoir ce qui l'entourait, tout ça n'était qu'une nouvelle machination de l'esprit du Cathar. Pur produit de son imagination dû à son désir de vaincre et d'outrepasser les défis ou conception malhabile de son inconscient pour le réconforter après avoir matérialiser Vaas devant lui. Il n'avait réellement fait aucun progrès depuis qu'il avait fermé les yeux après avoir passé plusieurs minutes à épier son comparse dans l'espoir de trouver une solution. Mais il ne se doutait absolument de rien, la réalité fictive dans laquelle il s'était plongé étant bien trop plaisante pour se rendre compte de son caractère factice.
                        Aussi Bhaal continua dans son exercice. Si Corhk'Haim prêtait un tant soit peu attention à ceux sous sa tutelle, la vision ou la perception devait être des plus comiques.
                        Le Cathar, voyant qu'il n'arrivait à rien de cette façon-là leva sa deuxième main en direction de la chaîne. A nouveau, il passa quelques moments à matérialiser dans son esprit l'ensemble qu'il devait désassembler. Mais rien n'y faisait, il ne ressentait rien de plus, pas un mouvement, rien. Aussi il se décida à mettre plus d'intensité dans son corps, comme pour forcer l'énergie qui l'habitait à affluer vers ses bras tendus. Petit à petit il accentua son effort, jusqu'au point ou ses bras tremblotaient légèrement, comme soumis à une pression de plus en plus conséquente. Bientôt ce fut son corps tout entier qui fut pris de tremblements. Et à mesure que le temps passait, la concentration qu'il imposait à tous ses muscles augmentait toujours, jusqu'à ce qu'il commence à pressentir que quelque chose allait finalement se passer. Son instinct l'informait qu'il approchait d'un dénouement, que ses efforts allaient finalement payer.

                        Finalement un soubresaut vint casser le genre de transe dans laquelle s'était plongé Bhaal. Puis un deuxième, accompagné d'un haut-le-cœur. Un troisième, puis un quatrième, et ainsi de suite. Comprenant alors ce qu'il se passait, le Cathar porta ses deux mains à sa bouche...mais trop tard pour stopper la conclusion fatidique de tout cet exercice. Incapable de bouger à cause de la soudaineté de la chose, il vomit ce qu'il lui restait dans le ventre sur la chaînette et les deux anneaux devant lui.

                        A ses côtés, après que Bhaal ait repris ses esprits, Hol semblait parvenir à décrocher les deux anneaux de la chaînette. Il n'aurait pu juger si l'humain l'avait fait avec facilité ou non, mais le fait était là : il avait réussi. Fait étrange toutefois, ce dernier garda sa position de méditation l'espace quelques instants. Puis une vague de Force jaillit de son corps et propulsa la table basse devant lui en direction de Corhk'Haim qui semblait encore méditer. Par chance, le meuble passa à côté...pour creuser un trou énorme dans le mur juste derrière.
                        Le Cathar ne savait plus quoi faire. Il venait de rendre les restes de biscuits qui n'étaient pas partis plus tôt lorsqu'il s'était forcé à vomir, son compagnon venait de remplir l'épreuve mais avait manqué de décapiter leur tuteur actuel. Tout était si étrange qu'il se demande quelques temps s'il n'était tout simplement pas en train de rêver. Il aurait voulut se pincer pour s'en assurer, ou tenter quelque chose d'impossible qui aurait validé son appréhension, mais voilà que Hol se levait à ses côtés. Sa démarche était des plus étranges. Lui qui avait eu besoin d'un fauteuil roulant pour une partie de la matinée mais qui avait su trouver la force de marcher normalement peu après, désormais il déambulait maladroitement dans la petite pièce où ils se trouvaient. Ses zigzags le menèrent vers la sortie avant qu'il ne s'étale lamentablement au sol, dans l'entrebâillement de la porte qu'il avait tenté d'ouvrir. Fait étonnant, il avait tout de même réussit à se retourner pour s'écraser sur le dos.

                        Bhaal avait les yeux grands ouverts tant la scène était à la fois étrange, hilarante et quelque peu inquiétante. Depuis qu'il l'avait rencontré, il trouvait l'humain étrange, sortant de l'originalité, étonnant. Mais là, c'était d'un tout autre niveau. Presque incompréhensible. Perplexe, il regarda un instant le padawan devant lui, puis il se leva d'un coup, prenant soin d'éviter son propre vomi, et fila vers la sortie.
                        Hol avait le visage en sang et le regard dans le vide. Peut-être étaient-ce là des effets secondaires des biscuits qu'ils avaient mangé plus tôt. Ou l'exercice avait était si compliqué qu'il avait fait totalement disjoncté l'humain.


                        « Je sais pas ce qu'il lui a pris, mais il a la gueule pleine de sang..., affirma Bhaal à l'attention du Noghri derrière lui. »

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                          Auteur : Kath Aplazm

                          Quand maître Yuda retira le bandeau des yeux de la Lorrdienne, un spectacle incongru se révéla à elle. A l'écart de la passerelle et des huttes des novices, la porte ouverte d'une petite pièce de méditation ballotait piteusement, un jeune homme à moitié conscient pendu par le bras à sa charnière. A ses côtés, le Cathar Bhaal affichait une mine étonnée, à l'inverse de l'expression qui animait le visage du padawan Corhk'Haim, encore assis à l'intérieur entre une flaque de vomi et le trou immense qui perçait le mur d'argile de la case.
                          Car le Noghri avait l'air furieux. S'il était toujours assis en tailleur et n'esquissait pas un geste, ses yeux filaient frénétiquement des chaînettes aux anneaux, en passant par ses ouailles. Un léger tremblement de ses biceps indiquait qu'il faisait des efforts considérables pour ne pas entrer dans une colère noire.

                          Avec un sourire malicieux, maître Yuda retomba sur le sol, libérant les épaules de sa protégée, et s'approcha de la scène d'un pas lent mais assuré. Aussi fin psychologue qu'il était expert dans la Force, le membre du Conseil avait saisi l'urgence de la situation dès le premier regard. Les épreuves du Guetteur Corhk'Haim n'étaient décidément pas faites pour tout le monde ; le Conseil avait d'ailleurs émis quelques doutes quand il s'était agi de lui confier la charge des épreuves d'admission. Cependant, l'insistance et les bons mots des maîtres Melchior et Odan Rurr avaient suffi à convaincre l'assemblée que le padawan était le Noghri de la situation. En tout cas, ses nouvelles victimes ne devaient sans doute pas l'entendre de cette oreille. Manquant cruellement de la compassion utile aux œuvres des Jedi, le Guetteur justifiait à nouveau pourquoi il n'avait pas encore devenu chevalier.
                          Prévenant toute nouvelle altercation, Yuda, qui intima à Jil de le suivre, arriva à hauteur de Hol et Bhaal. Il jeta un regard discret à la chaîne et aux anneaux détachés qui gisaient un peu plus loin, puis tapa de sa canne sur le sol.


                          - Mmmh. Mal en point, vous semblez, mes jeunes amis.

                          Fier de cette lapalissade, Yuda baissa la tête pour inspecter Hol sous toutes ses coutures. Le jeune homme ne portait que des blessures superficielles, qui seraient bien vite soignées. Ses jambes avaient même l'air de s'être remises de son arrivée en catastrophe au Sanctuaire ; nul doute que le blondinet pourrait rapidement gambader comme un jeune faon. Rassuré, le maître Jedi vert entreprit d'ausculter Bhaal, à son tour. Le poil humide du Cathar sentait la bile, ce qui expliqua facilement la flaque de vomi un peu plus loin.
                          Ces deux créatures paraissaient aussi étranges l'une que l'autre. A deux, Bhaal et Hol faisaient décidément un drôle de couple. Yuda s'amusa mentalement à leur trouver un surnom. Les petits pédestres ? Non, ils n'avaient pas l'air d'avoir les pieds sur terre... Quoique le paradoxe pouvait s'avérer amusant. Mais les Cathars n'étaient-ils pas plutôt des quadrupèdes ? Il faudrait distinguer son aspect félin... "Les petits pédestres, dont un au lion" ?
                          Un raclement de gorge tira le maître Jedi de ses rêveries éveillées. Corhk'Haim s'avança hors de la pièce pour aller à sa rencontre, bousculant Bhaal et marchant su le pied de Hol au passage. Après une courte révérence à l'égard de son supérieur, il dévisagea Jil d'un oeil mauvais.


                          - Ah, tu es là, toi ? Ca fait deux heures qu'on t'attend ! Ce genre de retard...

                          - Allons, allons, padawan Corhk'Haim
                          , l'interrompit Yuda. Pleins de bonne volonté, ces jeunes gens me semblent. Assez mis à l'épreuve, vous les avez. A présent, un verdict il est temps de rendre.

                          Corhk' grogna mais n'alla pas à l'encontre du membre du Conseil. Il n'en avait ni l'envie ni l'autorité. Mais, passablement agacé, il mis les poings sur les hanches en ordonnant à Hol et Bhaal de lui présenter leur chaine et leurs anneaux. Comme promis, la réussite de cette épreuve devait leur ouvrir les portes de l'Ordre Jedi en leur octroyant le statut de novice. Cette étape était d'autant plus important pour Bhaal, que le Conseil avait déjà sanctionné pour sa mauvaise conduite. Nul doute qu'il avait eu à cœur de se faire pardonner.
                          Quant à Jil, Yuda se contenta de lui adresser un regard bienveillant. Si elle avait mis plus de temps qu'escompté pour arriver en ces lieux, la jeune Lorrdienne avait fait montre de beaucoup de patience et de maîtrise d'elle-même pour venir à bout de son épreuve. Peut-être n'aurait-ce pas été le cas si elle avait dû être confrontée aux examens du Noghri. Mais ça, personne ne le saurait jamais.

                          L'instant crucial qui se déroulait sous les yeux des jeunes aspirants fut interrompu par l'arrivée impromptue d'Odan Rurr. Le vieux maître Correlien, qui observait la scène depuis les passerelles supérieures depuis près d'une heure, semblait avoir parfaitement calculé le moment de son arrivée. A moins qu'il se fut agi d'une coïncidence ?


                          - Mes salutations, maître Yuda, Corhk'Haim. Les deux interpellés le regardèrent avec des yeux surpris. Odan Rurr ne les avait-il pas rencontrés tous deux un peu plus tôt dans la journée ? ...et Hol. Comment se passe ta formation, jeune homme ?

                          Sans vraiment écouter la réponse du garçon, qu'il n'avait interrogé que par pure politesse, Odan rurr prit son padawan par l'épaule pour l'emmener à l'écart du groupe, s'excusant au passage auprès de Yuda. Cet interlude offrit un répit bienvenue à l'ensemble des novices en herbe, à qui Yuda adressa quelques remarques anodines sur les quartiers des novices qu'ils allaient bientôt visiter.
                          Mais les jeunes gens ne devaient pas s'y méprendre : cet instant de calme n'était pas fortuit. Si Odan Rurr et Yuda leur avait offert un moment loin de Corhk'Haim, c'était bien pour leur laisser le temps d'accomplir leurs derniers devoirs avant d'enfin savoir s'ils seraient acceptés dans les rangs de l'Ordre, ou au contraire refusés. Hol pourrait se remettre sur pied et tenter de ressembler à autre chose qu'une loque humaine, surtout en présence de deux membres du Conseil Jedi. De son côté, Jil pourrait rattraper le temps perdu et enfin s'enquérir des habitudes de l'Ordre en matière d'admission, ainsi que rencontrer ses nouveaux camarades. Enfin, ces précieuses secondes étaient tout ce qu'il restait à Bhaal pour triompher de l'épreuve des anneaux. Qui sait, peut-être l'aide de ses condisciples lui serait-elle salutaire ?


                          - Hmm, belle journée, non ?
                          , s'esclaffa seulement Yuda en frappant doucement le Cathar de sa canne de bois. Mais son regard soudain sévère ne devait pas tromper le novice : il était réellement sous pression.




                          HRP : le prochain RP de ma part devrait être le dernier sur ce topic. Ici, vous avez surtout l'occasion de faire interagir vos personnages entre eux (notamment avec Jil), de poser des questions à Yuda concernant l'Ordre et les Jedi et, pour Bhaal, de réussir (ou échouer) à l'épreuve de Corhk'. Je suis conscient que je ne vous laisse pas énormément de matériel, c'est pourquoi je vous laisse insister, si vous le désirez, sur le caractère étrange de l'apaprition d'Odan Rurr, que Hol a déjà rencontré.
                          A très bientôt in zeu RP !

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                            Auteur : Bhaal

                            Tout s'était passé tellement vite que le Cathar ne savait pas comment réagir. Voyant son compagnon agir d'une manière des plus étrange et s'étaler lamentablement contre le sol, Bhaal s'était levé sans plus réfléchir à la situation que ça. Il était partagé entre une once de soucis pour l'humain et une profonde envie de rire aux éclats devant le ridicule de la scène. Bien évidemment, il n'en fit rien, les dernières semaines au sein du Sanctuaire ayant entamé de forger une certaine dose de retenue en lui. Ceci dit, il occulta littéralement l'épreuve que son compagnon avait réussie, et lui non. Pour peu, il aurait même oublié que Corhk'Haim était son supérieur hiérarchique et l'aurait presque invité à venir voir le résultat comme il aurait invité un de ses collègues à de l'époque sur le Tregon.
                            Puis l'humaine qui l'avait réveillé en parlant avec Corhk' ce matin arriva, avec sur ses épaules un petit être vert, que Bhaal identifia quelques instants plus tard comme l'un des membres du Conseil. Yuda. Il ne l'avait que peu croisé et n'avait que très peu parlé avec lui, mais une impression de gentillesse et sagesse immense émanait de lui, aussi le novice fut content et amusé de le voir arriver de pareille manière.
                            Mais il ne fallut pas longtemps pour que cette apparente sérénité qui habitait Bhaal disparaisse. En effet, lorsque le Noghri le bouscula pour invectiver l'humaine, le Cathar subit un genre de retour à la réalité, lui qui était plus ou moins perdu dans des pensées agréables. La notion de "verdict" prononcée par Yuda accentua ce choc minime, et soudain la situation dans laquelle se trouvait le novice devint bien plus inquiétante. Tous ces efforts pour au final rendre ce qu'il avait gardé des biscuits ? C'était ridicule. Et il avait pensé être proche de son but, fier des efforts qu'il avait fait pour se rappeler des conseils de personnes bien plus aptes que lui, fier du chemin qu'il avait parcouru. Mais le fait était là, il n'avait rien fait de plus que se voiler la face. Du jour où il était arrivé sur Endor, où il avait pensé que tout coulerait doucement et avec fluidité pour lui, jusqu'à aujourd'hui, en passant par sa première journée de formation où il s'était vu tellement énorme par rapport à ses camarades qu'il n'avait pas pris la peine de faire le moindre effort. En somme, il s'était reposé sur le peu d'acquis qui lui restait ; acquis qui, en réalité, n'avaient qu'une importance minime au sein de la voie dans laquelle il s'était engagé. Il avait fait des pas en avant, c'était indéniable, mais des pas de bébé. Toute cette confiance en lui n'était qu'une fierté mal placée car il était au-dessus du lot en terme de physique.
                            Au final, il avait perdu ce qui faisait de lui le "tueur" qu'il était auparavant : sa soif de vaincre.

                            A nouveau perdu dans ses pensées, il ne remarqua que tardivement l'arrivée du maître Odan Rurr. Il ne fit également pas attention aux paroles de Yuda lorsqu'il s'adressa directement aux deux autres novices et lui-même. Car Bhaal était bien trop occupé à s'en vouloir de s'être autant voilé la face, d'avoir laissé tomber les quelques valeurs qui lui avaient permis de survivre dans un environnement clairement pas adapté pour un enfant en bas-âge. Depuis qu'il était arrivé sur Endor, il n'avait fait que s'amuser et défier l'autorité de personnes bien plus expérimentées et sages que lui. Lui qui avait retrouvé un but alors qu'il était au plus bas, n'avait fait que piétiner les objectifs qu'il s'était fixé lorsqu'il avait quitté le trou à rat qu'était Nar Shaddaa.


                            « Hmm, belle journée, non ? »

                            Accompagné par le changement de regard de la part du maître Jedi, il n'en fallait pas plus pour faire de nouveau revenir Bhaal à la réalité. Était-ce le destin, non, la Force qui avait fait en sorte qu'Odan Rurr décide de faire son apparition à l'unique moment où le Cathar pouvait rattraper le retard qu'il avait pris sur son compagnon Hol ? Ou peut-être qu'il s'agissait d'un stratagème conçu par les deux membres du Conseil pour lui permettre de finalement remplir l'épreuve du Noghri ? Le pourquoi du comment n'avait en réalité aucune importance. Tout ce qui importait désormais était de profiter pleinement du peu de répit qu'il détenait pour faire de réels efforts et tenter...non, parvenir à détacher cette chaînette des deux anneaux en métal. Et il allait même faire quelque chose qu'il n'avait pas su faire jusqu'ici, ou, tout du moins, très rarement. Bhaal prit alors une grande inspiration et se tourna vers les deux humains.

                            « Je vais pas y aller par quatre-chemins, je suis dans une merde pas possible. J'ai besoin de votre aide pour détacher ces put...ces anneaux. J'ai jamais fait bouger quoique ce soit avec la Force, le dernier truc dont je me souviens, c'est d'avoir gueuler bien plus fort que d'habitude pour faire partir des oiseaux quand j'escaladais un arbre sacré pour les Ewoks. Un cri de Force, je crois. Vous avez des conseils ? Hol, comment tu t'y es pris pour y arriver ? Même si je dois envoyer bouler l'entièreté de la passerelle et me casser la gueule tout en bas, dis-moi comment je dois m'y prendre. »

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                              Auteur : Jil Charce

                                Lorsque le petit bonhomme retira le bandeau, il fallut quelques instants à la Lorrdienne pour que ses yeux s’accoutument de nouveau à la lumière tamisée qui baignait les passerelles, filtrée par les arbres. Son instinct ne l’avait finalement pas trompée : elle se trouvait bien à proximité des êtres qu’elle recherchait.

                                Puis elle fronça les sourcils. Une scène s’étalait sous ses yeux qu’elle ne pensait pas découvrir. Le gros félin avait l’air mal en point, perplexe, le poil collé par la transpiration, les lèvres et le menton tachés de... Quelque chose. Jil vit également, à l’intérieur de la hutte la plus proche, le Noghri, qui exsudait une colère noire, ainsi qu’un autre humain qu’elle ne connaissait pas, mais dont l’état de santé semblait préoccupant.

                                La jeune femme tâchait toujours de comprendre la situation lorsque Yuda descendit de ses épaules, se réceptionnant avec la légèreté souple d’un chat. Tandis qu’il s’avançait vers les novices, lui faisant signe de le suivre, elle songea que si c’était là la façon dont les Jedi traitaient leurs recrues, peut-être n’était-elle pas à sa place, après tout... Mais le petit bonhomme confirma bien vite que le problème venait plutôt de la méthode de Corhk’Haim.

                                ― Mmmh. Mal en point, vous semblez, mes jeunes amis.

                                Il s’avança vers les deux infortunés, les observant attentivement pour évaluer les dégâts. Ce fut le moment que choisit le Noghri pour revenir parmi les vivants, se relevant prestement et fonçant droit sur la Lorrdienne en vociférant.

                                ― Ah, tu es là, toi ? Ça fait deux heures qu’on t’attend ! Ce genre de retard...
                                ― Allons, allons, Padawan Corhk’Haim. Pleins de bonne volonté, ces jeunes gens me semblent. Assez mis à l’épreuve, vous les avez. A présent, un verdict il est temps de rendre.

                                Jil remercia intérieurement l’intervention du petit Maître, qui lui adressa un regard apaisant. Moins elle aurait affaire au lézard rugissant, mieux elle s’en porterait.

                                Un nouveau personnage fit son apparition. Un humain d’âge mûr, qui prit la parole sans attendre, ni même se préoccuper des réponses qui lui seraient faites, quelque part entre l’arrogance et la suffisance.

                                ― Mes salutations, maître Yuda, Corhk’Haim... et Hol. Comment se passe ta formation, jeune homme ?

                                Sans attendre ni même se présenter, l’inconnu posa une main ferme sur l’épaule du lézard, d’une poigne qui n’admettait pas de contestation, et l’entraîna à l’écart. Jil décerna mentalement un bon point à ce grossier personnage.

                                ― Hmm, belle journée, non ? lâcha avec désinvolture le petit Maître, tapotant doucement le gros chat maladif du bout de sa canne, semblant l’encourager à quelque chose, que Jil n’identifiait pas. Yuda avait manifestement vu et compris de la situation des éléments qui échappaient à la Lorrdienne.

                                ― Je vais pas y aller par quatre chemins, je suis dans une merde pas possible. J’ai besoin de votre aide pour détacher ces put... ces anneaux. J’ai jamais fait bouger quoique ce soit avec la Force, le dernier truc dont je me souviens, c’est d’avoir gueulé bien plus fort que d’habitude pour faire partir des oiseaux quand j’escaladais un arbre sacré pour les Ewoks. Un cri de Force, je crois. Vous avez des conseils ? Hol, comment tu t’y es pris pour y arriver ? Même si je dois envoyer bouler l’entièreté de la passerelle et me casser la gueule tout en bas, dis-moi comment je dois m’y prendre.

                                La jeune femme saisit enfin que c’est une épreuve qui avait mis les deux comparses dans cet état. Un exercice impliquant la Force, que Hol (puisque tel était son nom) avait réussie, mais pas son camarade félin. Quelque chose à voir avec des anneaux. Un regard à l’intérieur de la hutte éventrée lui en apprit un peu plus : elle découvrit deux paires d’anneaux, reliés par quelques maillons d’une fine chaîne. L’une des paires était intacte, tandis que les éléments de l’autre avaient été séparés.

                                ― J’imagine qu’il faut séparer les anneaux de la chaîne ? C’est bien ça ? Et le faire à l’aide de la Force ? Jil prit la parole sans qu’on l’y ait invitée. Le gros chat semblait avoir du mal à évoquer correctement et à interagir avec la Force. Peut-être s’y prenait-il avec trop de brutalité ? Je ne comprends pas bien moi-même ce qu’est la Force, et je pense que chacun la perçoit de manière différente, mais...

                                Elle ferma les yeux, et réitéra l’expérience qui lui avait permis de se laisser guider jusqu’ici, obturant certains de ses sens pour en exacerber d’autres. Elle tourna son attention vers les anneaux qui avaient du servir à Hol. Pour elle, ils paraissaient inertes, des assemblages de métal insensibles à la Force.

                                ― Moi, je vois les anneaux en creux, dit-elle en ouvrant à nouveau les yeux. Comme en négatif. La Force est partout autour, dans l’air, dans le bois des huttes et des passerelles. Dans nous. Mais les anneaux n’ont aucune trace de vie. Tout bouge autour, lentement, mais pas les anneaux. Comment décrire à un chat la perception qu’elle avait de la Force ? Et si... reprit-elle, hésitante. Et si tu voyais les choses comme ça : la Force, autour de nous, c’est une onde, comme une rivière. Les anneaux, c’est quelque chose qui perturbe le courant. Comme un rocher. Ou un poisson. Tu peux peut-être essayer d’attraper le poisson ? suggéra timidement la Lorrdienne, curieuse de savoir si elle parviendrait à aider celui que le Noghri avait appelé Bhaal.

                                Elle réalisa brutalement qu’elle-même ne s’était pas présentée.

                                ― Jil, lâcha-t-elle précipitamment en tendant la main vers le Cathar.
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                                Auteur : Bhaal

                                A sa grande surprise, son comparse ne fut pas le premier à lui apporter son aide. Au contraire, ce fut l'inconnue qu'il n'avait croisé que quelques instants durant la matinée qui lui offrit une réponse à sa question. Et quelle réponse. En dehors du fait qu'elle avait réussi à comprendre de quoi en retournait l'épreuve si compliquée pour le Cathar, son explication parlait bien plus à ce dernier que celle que les Maîtres et autres Jedi avaient pu lui procurer. Une histoire de ressentir son environnement, pour ne pas changer, mais l'image qu'avait choisie l'humaine était autrement plus probant que d'ordinaire. Une rivière, hein ? Avec quelque chose qui vient troubler le cours de l'eau. Assez simple en soi.

                                « Jil, conclut-elle en tendant sa main à Bhaal.
                                -Bhaal, répondit simplement ce dernier en serrant fermement la main de la dénommée Jil avec un sourire. Merci de ton aide. Au final ce serait une histoire de ressentir son environnement, hein ? Je vais essayer d'appliquer ton exemple de la rivière, ça fonctionnera probablement mieux que de vouloir faire sortir quelque chose de mon corps, ajouta-t-il en regardant péniblement vers la case. »

                                Ce n'était pas grand chose, qu'un conseil de plus au final. D'une inconnue en plus de ça, pour autant qu'il le sache, cette Jil pouvait avoir inventé son exemple en se basant sur ce qu'elle avait pu entendre au sujet de la Force. Mais c'était toujours mieux que rien. Car Hol ne semblait pas en mesure de lui prêter main forte, sans doute encore remué par sa démonstration de Force quelques instants plus tôt. Il aurait pu demander de l'aide à Yuda, mais quelque chose au fond de lui l'amenait à penser que ce serait probablement déplacé, comme si le petit être vert en avait déjà fait assez pour sa cause.

                                Sans plus de mot, Bhaal partit chercher la chaînette et vint se positionner à quelques mètres de la rambarde, assit en tailleur, l'ensemble de métal posé devant lui. Il prit une grande inspiration et, imitant l'humaine, ferma les yeux. Il tenta de focaliser son esprit sur ce qui l'entourait, comme il avait pu le faire quelques minutes auparavant - ou du moins comme il pensait l'avoir fait. Mais ses pensées étaient bien trop mouvementées, son cerveau fumait, ses émotions fusaient à tout va. Et c'était là une autre facette de l'appréhension et l'utilisation de la Force dont parlaient tous ces conseils et enseignements qu'il avait pu recevoir jusqu'ici : son esprit se devait d'être le plus calme possible, il devait apaiser chacune de ses émotions pour ne pas se laisser emporter et avoir le meilleur contrôle possible.
                                Ainsi, une nouvelle fois, le Cathar prit quelques dizaines de secondes pour faire le vide dans son esprit. La tâche fut plus compliquée qu'auparavant étant donné la situation, mais il parvint à un état à peu près convenable. Il se sentait plus ou moins apaisé, bien que l'anxiété de ne pas réussir demeurait belle et bien présente. Ceci dit, il ne pouvait prendre trop de temps, sans quoi Corhk'Haim reviendrait sans qu'il n'ait fait le moindre progrès.
                                Alors Bhaal se recentra sur cette idée de "ressentir". L'idée qu'il avait de ce concept était de laisser son esprit s'échapper de son corps pour explorer les alentours, comme une sorte de lui intérieur, sans forme ou matière aucune, et qui pouvait aller et venir à son grès. Cette idée l'aida dans sa quête, et cette fois-ci il ne se contenta pas de discerner le mouvement du vent, des arbres, du bois ou des êtres-vivants autour de lui. Il se focalisa sur cette idée de sortir des limites de son corps pour porter un regarder nouveau sur ce qui l'entourait. Évidemment, ce fut bien plus facile à dire qu'à faire, mais une nouvelle motivation habitait le Cathar. C'était loin de cette soif de vaincre qui l'avait habité tant de temps, mais c'était bien différent de la façon de penser qu'il avait développé.


                                «Allez !, souffla-t-il pour lui-même. »

                                Et peu à peu, il commença à sentir de nouvelles choses. Là où il n'avait fait qu'utiliser ses sens de Cathar pour écouter, ressentir les bruits et mouvements alentours, désormais il percevait bien plus. Et l'impression qu'il pouvait aller encore plus loin l'envahissait. En soit, il s'agissait de quelque chose de totalement nouveau pour lui. Les exercices de méditation ou ses tentatives de percevoir et utiliser la Force n'avaient jamais réellement portés leurs fruits puisqu'il n'avait jamais réellement placé d'effort lors de leurs exécutions. Là où il avait appréhendé chacune de ses anciennes expériences avec un minimum de concentration et d'implication, comme s'il ne s'agissait que de corvées auxquelles il n'avait absolument aucune envie de participer, maintenant c'était un réel exercice qu'il s'était convaincu de remplir, sans quoi il ne pourrait progresser. Et cette motivation, couplée à ce nouveau sentiment, ces nouvelles sensations qu'il découvrait réellement, le poussèrent à aller plus loin.
                                Sans savoir s'il s'agissait bien de la sensation qu'avait décrit Jil, il percevait une faible force dans son environnement immédiat. Comme un léger battement ou un flux indescriptible pour le moment, qui habitait les planches sous lui. Et cette impression semblait encore plus présente en direction de Yuda, Jil et Hol. Le flux était clairement plus fort et perceptible là où ils se trouvaient, aussi chercha-t-il à se "déplacer" vers eux. Un nouveau sentiment se matérialisa en lui alors que ce qu'il voyait comme son esprit s'approchait des trois personnes. A ses yeux, ou à son esprit, ils apparaissaient comme trois sources d'énergie, comme trois noyaux faisant fluctuer ce flux qu'il percevait un peu partout autour de lui. Et les "voir" aussi clairement aida grandement Bhaal à ressentir de manière plus poussée son environnement. Le "flux" qui habitait les planches sur lesquelles il était assis s'accentua, devenant plus net à la seconde. Bientôt il perçut également le flux des cases derrière lui, puis celui de l'arbre autour duquel était fixée la plateforme. C'était progressif, mais plus il découvrait, plus sa perception s'affinait.
                                Une excitation pareille à celle d'un enfant l'envahit, si bien qu'il eut du mal à garder sa concentration. L'image qu'il avait des alentours se troubla et rapidement tout redevint plus sombre.


                                « Merde. Allez, concentres-toi ! »

                                Sur l'ensemble de son corps, seul le visage de Bhaal témoignait de l'état dans lequel il était. Ses sourcils étaient froncés, sa mâchoire serrée, ses yeux fermés à leur maximum. Et dans ses pensées, c'était à nouveau le vide. L'émotion qui l'avait habité il y a quelques secondes avait été maîtrisée, et il se concentrait à nouveau pour percevoir ce qui l'entourait. Bientôt les formes revinrent, de même que ce flux qu'il voyait. Comme un gamin qui retrouvait enfin un sentiment qui le faisait vibrer, il se laissa aller à l'exploration une nouvelle fois, si bien que cette même excitation revint le troubler. Cependant, le Cathar se força de lui-même à rester concentrer et recentra tant bien que mal son attention sur un plus petit cercle.
                                Et alors qu'il avait totalement occulté son objectif, celui-ci lui revint à l'esprit lorsqu'il aperçut une sorte de vide juste devant lui. Il rapprocha ce trou dans sa vision à cette absence de vie dont avait parlée Jil. C'était donc le "rocher", et le reste était la rivière. Il parvenait maintenant à percevoir où se trouvaient la chaînette et les deux anneaux. Un sourire se dessina inconsciemment sur son visage.
                                Ceci dit, s'il percevait cette absence de flux, il ne savait pas réellement quoi faire d'autre désormais. Hormis affiner cette perception de l'ensemble métallique, il ne pouvait pas faire grand chose de plus.


                                « Hum...ça y est. Ça y est, je vois...je perçois la chaîne et les anneaux. Je fais quoi maintenant ?, demanda Bhaal à haute voix, les yeux toujours fermés, tentant de garder son esprit focalisé sur ce nouvel exercice. »

                                ____________________________________________


                                Spoiler : HRP
                                Désolé pour l'attente, j'ai été débordé avec la fin du semestre.

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