Musique et eau
-
Post n°4
Auteur : Super PNJAinsi maitre Qos avait sauvé la vie de la jeune Cathar ou était ce l'inverse? qui sait?
Le destin avait mis la jeune humanoïde sur la route du vieux maitre Jedi, mais était ce bien le destin? une coïncidence peut être? ou la Force bien évidemment.
De concert les deux fugitifs avaient uni leur force pour projeter les deux prédateurs dans le lac, même si Qos avait senti la Force chez la native de Cathar, il ne s'était pas attendu déjà à autant de maitrise. Quel potentiel déjà!
Mais s'ils avaient repoussé les deux sangliers loups ces deux créatures furieuses et surtout têtues allaient bientôt revenir à la charge, il fallait s'éloigner et rapidement.
Vonlan encouragea l'inconnue à le suivre en courant jusqu'au campement la bas au moins ils seraient à l'abri.
Ensemble ils arrivèrent à la base de l'Ordre si on pouvait appeler ça comme ça, les choses avaient bien changée depuis l'attaque du temple Jedi sur Coruscant, on était revenu au fondamentaux: pas d'attachement aux biens, des locaux spartiates dans les arbres et surtout peu de technologie. Selon maitre Rylen Korr c'était l’abondance de confort qui avait permis au coté obscur de triompher lors de l’avènement de l'Empire Sith.
Vos avait parfois l'impression d'être un Ewok et pas un adepte du coté lumineux.
La base était quasi déserte aujourd'hui, recemment beaucoup de paddawans avaient quitté la planète pour poursuivre leur formation à travers la galaxie.
En silence ,et après un arrêt à la fontaine pour s'hydrater il conduisit Kryann jusqu'au quartier des novice.Après avoir traversé un pont de singe, ils s’arrêtèrent dans une hutte très rudimentaire, elle n'est équipée que du strict minimum avec entre autres un lit de paille à même le sol pour le sommeil et une bassine pour la toilette.
Le maitre Jedi s'assit sur le lit en faisant craquer ses vielles articulations et en reprenant son souffle.Tandis qu'il s'épongeait le front avec la manche de sa tunique, il s'adressa à la jeune Cathar:
-Par la barbe d'Alastor cela faisait longtemps que je n'avais pas fait de footing!
Je suis maitre Qos et toi qui es tu jeune inconnue? et que cherches tu ici?
Vonlan enleva ses vieilles sandales et commença à se masser ses pieds endoloris.Il n'était plus habitué à courir dans la jungle avec des créatures aux trousses.
-Sois gentille petite , amène moi cette bassine d'eau veux tu? je vais prendre un bon bain de pieds.
Et alors que Kryann s’exécuta, il lui demanda en plissant les yeux.
-Et que sais tu de la Force au juste?
Un questionnement , toute initiation commençait ainsi...C'était la partie la plus simple de la Formation, mais le vieux Jedi le savait, cette Cathar avait déjà été initiée, il le sentait au fond de lui."Fais bon usage de cette lame toujours au service de la paix et la justice"
Spoiler : Spoiler
-
Post n°5
Auteur : KryannElle suivit le vieux maître, courant à travers la forêt, parfois obligée de ralentir un rythme bien trop rapide pour lui. A son âge, l'on n'avait cure des douleurs provoquées par les efforts, qui s'estompaient bien vite. Néanmoins, elle avait besoin du Jedi pour retrouver le chemin du campement, et elle accueillit sa vision avec un soupir presque imperceptible de soulagement.
Elle essuya son front taché de sueur, et se plongea le visage dans la fontaine. Elle s'ébroua bien vite, sa fourrure mouillée se muant en une crinière courte et ébouriffée qu'elle recoiffa avec hâte.
Suivant le maître à sa hutte, elle reprit conscience de la situation tortueuse dont il venait de la sortir. Ces prédateurs l'auraient sans doute dépecée sans l'alerte donnée par le Jedi. Mais elle se méfiait malgré tout. Comme elle pouvait se méfier de tout le monde.
Je suis maitre Vos et toi qui es tu jeune inconnue? et que cherches tu ici?
« Kryann, Maître. Je ne suis qu'une novice... Maître. »
Alors qu'elle lui amenait la dite bassine, elle explicita un peu plus son propos.
« Je suis arrivée un peu par hasard. C'est Maître Janev qui m'a amenée. Il m'a libérée d'un esclavagiste sur... Nar Shaddaa. Depuis... J'étudie ici, entre ces arbres. »
-Et que sais tu de la Force au juste?
« La Force ? » Ses connaissances se résumaient à bien peu de choses. « C'est... C'est l'énergie qui gravite tout autour de nous, nous porte, nous traverse... C'est d'elle dont nous... dont vous tirez vos pouvoirs. Je sais que c'est autour d'elle que s'est établi l'Ordre Jedi. Mais je sais aussi qu'elle ne vit qu'à travers sa dualité, entre Lumière et Obscurité, entre... Bien et mal ? »
Elle ponctuait ses phrases de petits miaulements. La Cathar baissa la tête.
« Maître Janev disait que c'était elle qui l'avait poussé vers moi, que les coïncidences n'existaient pas, uniquement la Force. Que le hasard n'existait pas. »
Elle releva les yeux. Ses pupilles jaunes se plantèrent dans celles du vieux maître. Il y avait quelque chose chez ce Vos qu'elle n'avait pas eu l'occasion de voir chez les autres novices. Quelque chose qui le rapprochait de maître Janev. Ce n'était pas uniquement de la sagesse, ou de l'expérience. Non, il y avait autre chose, comme si il n'était pas seul.
La situation avait quelque chose d'étrange. Cette présence l'intriguait, tant et si bien qu'elle en oubliait son appréhension et son mépris des autres vivants. Pour une fois, elle n'envisageait pas de s'enfuir aussi vite que possible de la discussion.
"Pourquoi me demandez-vous cela, Maître ?" -
Post n°6
Auteur : Super PNJMaitre Qos poussa un soupir de soulagement quand ses pieds trempèrent dans la bassine, il n'avait pas autant couru depuis des années, c'est certain et sa voute plantaire en porterait les stigmates, demain il se réveillerait courbaturé et les pieds plein d'ampoules.Oh il pourrait bien utiliser la guérison de Force pour se soigner mais il refusait d'utiliser ses pouvoirs sans raison valable, il était un puriste, un adepte de maitre Nogash.
Au lieu de ça, il sortit quelques herbes d'Endor qu'il plongea dans l'eau pour le soulager.
L'inconnue se présenta, une novice Cathar du nom de Kryann, étrange le vieil homme ne l'avait pas encore vu sur le camp c'était maitre janev qui l'avait emmené recemment et laissé livré à elle même sans doute encore un test du Jedi.
-Saryss a des drôles d'idées parfois...
Bien évidemment Vonlan ne faisait pas allusion à la libération de la novice des griffes d'un esclavagistes Hutt mais au fait de la déposer sur Endor sans aucune indication. D'après ce qu'il savait Janev était parti en solo du coté de Kashyyyk, il avait senti une perturbation dans la Force émanant de l'ex temple Sith.
Puis Kryann donna sa version de la Force, une version simpliste mais exacte.
-La Force est un champ d énergie crée par tous les êtres vivants.
C est ce qui lie la galaxie dans son ensemble.
La Force n'est pas à l'origine de la vie, c'est donc la vie qui est à l'origine de la force.
Bien évidemment, elle avait aussi entendu parler des Jedi qui représentaient le coté lumineux et leur alter égo sombre, les Sith, représentants du coté obscur.
-La Force n'est pas que cela, saches que la Force, se distingue en trois aspects principaux: le contrôle ,la perception et l'altération.
Maitre Qos faisait la leçon, ce qui semblait surprendre la novice, mais n'était elle pas la pour apprendre? Le Jedi sortit ses pieds endoloris dans la bassine et commença à les sécher.
-Pourquoi je te dis tout cela? car un grand destin t'attends novice, tu as vécu des épreuves difficiles déjà , mais d'autres sont encore à venir...
Et joignant le geste à la parole, il désigna la porte, un autre novice entra, un humain d'à peine 15ans le front perlant de sueur, lui aussi avait du courir avant d'arriver dans la hutte.
-Maitre Qos! maitre Qos!!
Le Jedi enfila ses sandales, il sentait lui aussi que quelque chose l'attendait.
-Calme toi petit, reprends ton souffle.
Le novice tira sur sa bure en écoutant les sages conseils du Jedi puis après avoir jeté un regard curieux à la Cathar, il parla:
-Le conseil est sans nouvelle du chevalier Gyh'ms. Il demande à ce que vous partiez sur le champs pour Dxun, un navette vous y attends.
Dxun dans le système de Japrael... Qos connaissait cette planète, autrefois elle abritait les renégats, les rebelles s'opposant à l'empereur Sith sous la protection de la sénatrice Alesan Jeaix.Une planète sauvage colonisée par des Mandaloriens mais surtout peuplé par de terribles prédateurs.Il répondit au novice transpirant.
-Bien... dis au conseil que je vais m'y rendre avec la novice Kryann.
L'humain baissa la tête et après un dernier regard vers la Cathar, il repartit en courant annoncer la nouvelle au conseil.Vonlan se tourna vers Kryann.
-On dirait bien qu'un autre épreuve se prépare déjà pour toi ma jeune amie.
Je te conseille de t'équiper car les créatures de Dxun sont féroces, et je ne te parle même pas de ses habitants. Vas à l'armurerie Ewok, ils trouveront bien quelque chose pour toi.
Je t'attends devant la navette...
Qos commença à rassembler ses affaires pour ce long voyage, un peu de nourriture, quelques herbes médicinales et surtout un deuxième sabre laser.Il ne savait pas grand chose sur la mission du chevalier juste que quelque chose de puissant s'était éveillé sur Iziz la capitale de la planète, les prédateurs étaient devenus fous et avaient attaqués en masse la population, les défenseurs étaient tombés et la République avait envoyé des troupes pour maintenir l'ordre mais le chaos régnait toujours autant sur la planète...Spoiler : HRP
-
Post n°7
Auteur : KryannElle tiqua lorsque Maître Qos évoqua Saryss Janev. En particulier lorsqu'il évoqua ses « drôles d'idées ». Il eut été injuste de le juger ainsi. Après tout, il avait déjà passé de longues heures avec la Cathar, quand bien même leur dernière discussion remontait à déjà plusieurs semaines. Ou était-ce des mois ? Malgré tout, elle écouta le vieux maître aux pieds plongés dans sa bassine d'eau. Spectacle tout à fait improbable pour quelque être vivant qui soit dans la galaxie, que de voir un vieux Jedi abreuver de connaissances une Novice tout juste arriver et ce, en prenant un bain de pieds.
Elle l'écouta évoquer la Force à sa manière, complétant sa définition, puis ajoutant d'autres faits qui lui étaient inconnus. Contrôle ? Perception ? Altération ? Si elle avait entendu parler des pouvoirs de la Force, jamais elle n'avait considéré les choses sous cet angle. Sur le coup, elle mesura l'ampleur des connaissances qu'elle n'avait pas. Ce vieux Jedi était un puits de savoir, à n'en pas douter. La leçon dura quelques minutes, durant lesquelles elle ne quitta pas le maître des yeux une seule seconde. Son cerveau emmagasinait tout ces savoirs, prêt à les recracher au moment opportun.
Puis il évoqua un « grand destin ». Elle ? Un destin ? Alors qu'elle venait à peine d'arriver et se faisait à peine à sa nouvelle vie ? Il semblait savoir qu'elle en avait bavé dans les années précédentes, entre les humiliations, l'esclavagisme, la douleur... Elle fut tirée de ses réflexions par son camarade novice qui entra dans la cabane, tout transpirant, presque chancelant.
Celui-ci évoqua la disparition d'un certain chevalier Gyh'ms. Inconnu au bataillon pour la novice, mais peu importait. Elle resta silencieuse et droite durant tout l'échange, notant les informations importantes. Au cas où.
« Je vais m'y rendre avec la novice Kryann. »
Pardon ? L'emmener ? Mais sa place était ici, sur Endor, dans le temple Jedi, comme les autres Novices ! Elle avait conscience d'être insuffisamment préparée alors pourquoi l'emmener ? Elle ne serait qu'un poids mort pour ce maître !
Cependant, lorsque le regard de Qos se posa sur elle, elle comprit que ce n'était pas une proposition. Ce n'était pas un choix. Il l'emmenait, point. Que cela lui plaise ou non, elle se retrouvait désormais embarquée dans une mission avec un maître Jedi, sur une planète totalement inconnue de sa personne. Elle sentit son sang faire un tour complet, et ses mains légèrement trembler. Déjà la perspective du vide, la même qui l'avait accompagnée de Nar Shaddaa à Endor la prit.
Alors elle serra les poings. Les crocs. Elle bomba le torse alors que maître Qos faisait ses dernières recommandations.
« Bien Maître. » La voix était blanche. Deux mots, et elle avait déjà trahi son inquiétude et sa peur. Bien sûr, la perspective de se montrer était alléchante, mais cette fois, point de filet : une erreur pouvait bien lui être fatale. C'était un dangereux jeu de roulette russe auquel maître Qos invitait désormais la Cathar.
Elle prit congé du vieux Maître sans attendre. Suivant ses consignes, elle se dirigea vers l'armurerie Ewok. Sous les conseils « avisés » de l'autochtone local, elle essaya plusieurs armes : une pique de force, un vibropoing, une vibroépée... Son choix se porta finalement sur cette dernière. L'équilibre lui semblait acceptable et lui rappelait les bâtons d'entraînement qu'on lui avait déjà mis entre les mains.
https://star-wars-rpg.soforums.com/t8449-Achats-de-Kryann.htm?q=#p89638
Pour le reste... Elle n'avait que ces vêtements de cuir et de tissu que maître Janev lui avait donné fut un temps. Cintrés et ajustés grossièrement à sa taille. Elle ressemblait à tout sauf à un Jedi dans cette tenue.
C'est ainsi, armée de son seul courage et d'une toute nouvelle lame, qu'elle repartit vers le lieu d'embarcation. Et vomit à la moitié du chemin, écrasée par le stress et l'angoisse.
https://star-wars-rpg.soforums.com/t7920-Tombeaux-Sith-Freedon-Nadd.htm?sta… -
Post n°8
Auteur : KryannCombien de temps était-elle restée inconsciente ? Des heures ? Des jours ? Que s’était-il passé entretemps ? Elle n’en savait rien. Tout ce qu’elle pouvait ressentir actuellement était le frisson le long de son échine et la douleur dans sa nuque. Elle venait à peine de reprendre conscience, mais ses yeux refusaient de s’ouvrir, comme si la peur de se confronter à la vue du monde extérieur était si solidement ancrée en elle qu’elle ne pourrait jamais s’en défaire. Le monde extérieur… Ou son propre échec. Kryann était vidée de ses forces autant que de son envie de vivre, même maintenant qu’elle se réveillait péniblement. La Force résonnait en elle dans une cacophonie assourdissante qui lui crevait les tympans. Tout en elle criait la douleur. Ou presque.
Il y avait un point de chaleur. Son poignet. Elle pouvait sentir la douceur d’une main qui le serrait tendrement, d’un pouce qui caressait lentement sa peau et sa sourire. C’était comme ressentir l’étreinte d’une mère, d’une sœur, d’une amie… C’était comme un baume apaisant qu’elle n’attendait plus sur une brûlure trop profonde. Elle était cet instrument clair dans ces oreilles, qui allait finalement surpasser tous les autres. Comment avait-elle pu ignorer cette présence, tout ce temps ? Comment avait-elle pu faire mine de ne pas l’apercevoir, alors qu’elle l’appelait à pleins poumons ? Quelqu’un qui ne voulait que son bien-être, que son bonheur. Il lui suffisait d’ouvrir les yeux. Sarina était là.
Elle n’avait pas changé. Toujours ce visage aussi souriant que mystérieux, ces dents blanches qui ressortaient de sa peau sombre, son éternelle capuche sur la tête dont dépassaient quelques mèches de cheveux noirs, et surtout, ses yeux emplis de tendresse et de tristesse posés sur sa padawan perdue, celle qu’elle avait cherché pendant si longtemps, et enfin retrouvée, rongée par la culpabilité, la haine et le Côté Obscur. Kryann avait bien du mal à la regarder directement. Parce qu’elle semblait n’avoir que de la compassion pour elle, la Cathare n’en ressentait que plus de honte, parce qu’elle ne voyait que de la pitié, elle se laissait submerger par la tristesse. Il fallait agir, faire quelque chose, se rebeller, mais une digue céda en elle. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle roula lentement sur le côté pour que son front vienne doucement toucher le creux du bras de Sarina, masquant par pudeur et par lâcheté les larmes qui coulaient silencieusement. Sur sa nuque, la main libre de la Savareen vint doucement se poser, le pouce caressant doucement sa peau. Pour la Chevalier, il n’y avait pas de jugement, pas de mots non plus d’ailleurs. Un simple soutien silencieux face à ce qui était ni plus ni moins qu’une jeune fille éplorée.
La scène serait touchante pour quiconque n’aurait pas le passé des deux femmes. Une simple scène de tristesse comme il y en avait des millions à travers la Galaxie. Mais c’était bien plus profond que ça. Un déchirement total entre un Maître et son Padawan, séparées depuis si longtemps. La première était animée de regrets et de remords, alors que la seconde ne pouvait que se lamenter sur sa traîtrise et sa fuite. Mais il y avait un espoir. Infime, improbable, impensable. Une réconciliation inattendue entre celles qui pourraient être des ennemies mais que la Force remettait inlassablement l’une face à l’autre. Sarina savait qu’elles étaient destinées à se suivre. Mais il fallait tout reprendre. Depuis le début. D’une voix douce, elle lui murmura :
-Viens, Kryann. Suis moi. Nous avons tant à nous dire.
Mécaniquement, robotiquement même, Kryann parvint à se lever. Vêtue de sa simple bure, sans arme, sans vaisseau, sans droïde, elle suivit son Maître qui la tenait par les épaules et l’emmena. Marchèrent-elles longtemps ? Peut-être, le temps n’avait plus d’importance. Kryann était fatiguée de toute façon, et elle se raccrochait à cette lumière dans l’obscurité de sa vision. Puis elle le vit. Le Lac Fektur. -
Post n°9
Auteur : Kryann-Je crois me souvenir que tu m’avais parlé de ce lac, Kryann ? L’endroit où tout a commencé pour toi.
La Cathar hoche lentement de la tête. En effet, c’était là que Maître Vos l’avait trouvée et aidée, la première fois. Lorsqu’elle n’était encore qu’une novice peu appréciée, instable et colérique. Il y avait, déjà à l’époque, une colère sourde qui montait régulièrement, aveuglant son jugement et définissant ses actions. Mais ici, sur les berges du Lac, elle trouvait un certain apaisement, à la fois dans l’immobilisme de ses eaux, et dans la méditation profonde. C’était un exercice qu’elle maîtrisait assez peu, mais qui lui avait été grandement utile. Prudemment, elle tourne le museau vers Sarina. Etait-elle toujours son Maître, après tout ce temps, tout ces actes ? Pouvait-elle réellement encore se faire appeler « son Padawan » ?
Les réponses viendraient certainement en temps et en heure. Sarina lui souriait, comme souvent, comme toujours. La question était à la fois simple et pleine de sous-entendus. Un retour aux sources, là où tout avait débuté, là où tout avait raté. Accompagnée de Maître Qonlan Vos, Kryann s’était ensuite envolée pour Japrael, et de là, tous les problèmes s’étaient enchaînés.
-Je te dois des excuses, Kryann.
La Cathar écarquilla les yeux de surprise, relevant d’un seul coup son visage. Des excuses ? Des excuses pour quoi, exactement ? Toujours muette, elle savait que si quelqu’un devait s’excuser, c’était elle !
-Je n’ai pas été à la hauteur pour toi, ma Padawan. J’aurais du le comprendre plus vite, bien plus vite, mais…
La phrase en suspens était lourde de sens. Sarina cherchait ses mots, chose rare pour la Jedi qui, à force, était rompue à la diplomatie et la négociation. Mais face à la jeune femme en peine, elle ne parvenait pas à exprimer clairement et rapidement sa pensée. Et pourtant, l’on ne parlait pas là de négociations tendues avec l’Imperium, d’un échange de prisonniers entre la CSI et la République, ou d’une confrontation avec un Sith. Non. Elle était juste une jeune femme perdue.
-Mais je n’avais pas envisagé que les choses tourneraient aussi rapidement. Peut-être ai-je surestimé mes capacités. Peut-être ai je sous-estimé tes troubles, que j’ai choisi de les oublier pour me concentrer sur ta formation, alors que j’aurais du commencer par te comprendre.
A nouveau, elle se tut. Parfois, il était plus simple de se taire, de regarder. La Cathare était troublée, évidemment. Ces mots lui paraissaient si étranges, désormais… Sarina et elle s’étaient plongées dans la Galaxie, sans regarder en arrière, persuadées de pouvoir braver n’importe quelle tempête, pour au final voir leur mât se briser à la première brise. Oui, l’une comme l’autre avait fauté. Par ambition, par orgueil, des qualités qui ne convenaient pas aux Jedi.
-Reprenons depuis le début, Kryann. Tu es ma padawan. Maintenant, et à jamais. Mais je ne veux pas que nous répétions les mêmes erreurs. Si tu es d’accord.
La Cathare reporta son regard sur le Lac. Comment pouvait-elle seulement espérer obtenir cette chance ? Sarina n’était pas là pour la juger, pas plus que pour la condamner. Non, pire, elle se fustigeait elle-même pour les actions de son apprentie. Une sorte de pénitence commune, finalement. Les mots agissaient comme un baume pour l’âme torturée de celle qui ne savait plus ce qu’elle était. Elle n’avait jamais vraiment été Jedi. Elle n’avait jamais non plus réellement sombré, puisqu’elle était là. Mais alors… Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle devait ou pouvait être, devenir. Son modèle, assis en tailleur juste à côté d’elle, pouvait sans doute ressentir son désarroi. Sans aucun doute même. Sa main se posa doucement sur l’épaule de Kryann.
-Méditons. La Force nous guidera. -
Post n°10
Auteur : KryannLa méditation, malgré les efforts de tout ses maîtres consécutifs, n’avait jamais été le fort de Kryann. Trop dissipée, trop agitée, trop colérique, elle avait toujours eu du mal à se plonger dans l’état second nécessaire au ressenti de la Force environnante. Oh, bien sûr, à force d’entraînements et d’insistances diverses, elle avait bien fini par y arriver, de temps en temps, mais c’était systématiquement au prix de gros efforts et à grands renforts de soupirs. A chaque fois, elle effleurait la Force, mais pour un temps bien plus court que ce que pouvaient faire la majorité de ses condisciples. Une de ses nombreuses faiblesses, en somme…
Pourtant, pour une fois, elle s’y sentait prête. Mieux, elle se sentait bien à l’idée de s’y plonger. Sans doute du fait de la présence de Sarina, leurs retrouvailles avaient été chargées en émotions, et Kryann ne se sentait pas capable d’exploser de colère, de chagrin ou de quoi que ce soit. Au contraire. La présence du Lac, de son Maître, et de toute la Force environnante lui donnait envie de s’y plonger. Littéralement, d’ailleurs. Lorsque la Savareen lui propose de méditer, la Cathare acquiesce après un moment, se redressant pour se diriger directement dans l’eau. Là, elle s’y agenouille, de l’eau jusqu’aux cuisses, ses mains plongeant doucement dans l’eau claire. Ses vêtements s’imbibent de l’eau froide, coupant un instant sa respiration et contractant immédiatement ses muscles fins, ravivant légèrement la douleur des courbatures qui l’enserraient. Pourtant, elle y est bien. Ce n’est pas une punition qu’elle s’inflige, simplement sa manière de voir les choses. Elle a toujours aimé l’eau. A la fois fascinée et effrayée par cet élément si imprévisible, à la fois source de vie et cause de mort. Ce n’est sans doute pas pour rien qu’elle se sentait si en paix au Lac Fektur.
Reprenant ses esprits, elle inspira profondément, lentement, comme une Novice la première fois que l’exercice lui est demandé. Puis, elle expira, de manière régulière, pendant de longues secondes. Ce n’était décidément pas inné chez elle, les exercices de respirations et la concentration étaient nécessaires. A nouveau l’une de ses faiblesses… Puis, elle ferma les yeux. Quelque part derrière elle, à sa droite, elle sentait la présence du Chevalier qui la regardait. Ses sentiments étaient… ambivalents. Cette tendresse à son égard qui ne semblait jamais vouloir fléchir, quand bien même Kryann eut objectivement tout fait pour la perdre, était toujours présente, telle un baume sur ses plaies à l’âme. Mais elle ne pouvait pas ignorer non plus ces questionnements qu’elle ressentait, l’appréhension à la reprendre comme élève. Qui pourrait la blâmer, une première padawan aussi turbulente et agitée aurait remué le plus calme des Maîtres…
Sarina ne cherchait pas à masquer ses sentiments contraires. Là n’était pas le but. Pour elle, Kryann était une adulte, et les décisions se devaient d’être prises de concert. Si l’une ou l’autre ne pouvait se résoudre à reprendre ce mentorat, alors il suffisait de la stopper. Mais c’était au duo de décider. Pas à Sarina seule. Son regard se portait sur le dos de son élève et passée la surprise de la voir faire, elle l’avait laissée s’éloigner un peu. A travers la Force, elles se retrouveraient. Lorsqu’elle sentit la conscience de son élève commencer à s’évader, elle se mit à méditer également. C’était simple pour elle, et elle avait pris la mesure de la Cathare perdue.
C’était comme toujours une symphonie. Comme avait-elle pu l’ignorer tout ce temps, pour se concentrer sur la cacophonie sans aucun sens, sur les innombrables discordances qui avaient pollué ses oreilles tout ce temps ? Ici, dans l’eau froide et face à la Force, elle redevenait celle qu’elle était au début. Bien sûr, elle ne pouvait pas ignorer la colère, la peur, le chagrin, mais ici, au moins, elle se sentait presque en paix vis à vis de ces émotions si négatives. Négatives… Pour qui, ou pour quoi ? Personne ne lui avait jamais appris à les gérer, ces émotions, hormis les Jedi qui lui disait constamment de les réfréner. De les enfouir, pour ne jamais avoir à les ressentir. Mais maintenant qu’elles étaient là, qu’en faire, comment vivre avec et les supporter ? Elle n’avait pas les réponses… Et puis, il y avait l’affection qu’elle ressentait pour Sarina, l’étrange mais agréable pointe au ventre qu’elle avait eu devant Lili, cette nouvelle sensation face à Dayimiyo, Pete et Siphra. Beaucoup de choses. Trop. Trop et elle n’avait pas de réponses. Son esprit s’agitait et la sortait de sa concentration, ses poings se serrèrent, son nez se fronça et ses épaules tombèrent un peu plus.
Puis elle la sentit à nouveau. Comme un baume. Comme un pansement sur ses plaies, comme la fraîcheur du bacta. La Force l’avait guidée au travers de ses émotions et sa conscience touchait celle de Sarina. Elle pouvait sentir les questions que son Maître se posait. Mais il y avait cette sensation, cette détermination. Elles ne s’abandonneraient pas. -
Post n°11
Auteur : KryannTrempée jusqu’aux cuisses, ses vêtements imbibés de l’eau froide, Kryann se sentait aussi lourde physiquement que mentalement. En quelques heures, son esprit était passé par toutes les phases imaginables pour elle, ne lui laissant pas de place pour un répit ou un repos qui lui auraient pourtant été salvateurs. Comme toujours, le cerveau de la Cathar tournait à plein régime, s’oubliant dans les considérations de ce qu’il s’était passé, ce qui aurait pu se passer et ce qui serait ou pourrait être, au point d’en oublier le temps présent. A trop regarder en arrière, à trop en attendre du futur, Kryann en oubliait le présent, une fois de plus, incapable de comprendre ce qui l’agitait réellement.
C’était bien pour cela que les Jedi se voyaient confiés à des Maîtres. Apprendre à contrôler ses émotions, certes, mais surtout apprendre à se connaître et se contrôler soi-même, malgré tous les défauts. Ainsi était la voie du Jedi, le contrôle et la sagesse. Et Kryann, de ce point de vue, était un bien mauvais Jedi, quand bien même Sarina ne désespérait pas, ce qui était à mettre à son crédit.
Lentement, la Cathar sortit de l’eau. Le regard posé sur ses pieds et sur l’eau clair, la tête basse, les oreilles en arrière, elle s’attendait, à nouveau, à une réprimande. Les mêmes qui lui avaient été faites, inconsciemment, par cette sorcière Sith, Xaequa, qui ne manquait jamais de la rabrouer lorsqu’elle ne faisait pas exactement ce qu’elle disait. Et cela n’avait conduit qu’à plus de disputes et de colère. Mais Sarina, encore une fois, fit l’inverse. Son index vient se poser doucement sous le mentor de sa padawan pour lui faire lever la tête. D’abord fuyants, comme pour s’épargner la vision de la défaite, ses yeux finirent par se poser sur le visage de son Maître, comme pour accepter son sort. Mais il n’en était rien. La Savareen souriait, ni plus, ni moins, attendant que sa Padawan ne daigne prononcer les mots qu’elle attendait.
-Maître… Je suis dés-.
Le reste de la phrase mourut au fond de la gorge et sur la langue de Kryann quand l’index de Sarina se posa sur ses lèvres. Doucement, elle hocha de la tête, ses yeux rieurs lui montrant clairement que ce n’était pas ce qu’elle voulait. Dans la lumière du soir, la peau noire de la Jedi ressortait, lumineuse, contrastant avec le reste du décor. Ses longs cheveux encadrant son visage faisaient ressortir ses traits qui restaient encore juvéniles par endroits. Ce fut cette vision qui acheva de faire comprendre à Kryann ce qui était attendu d’elle. Son Maître restait très jeune vis-à-vis des standards de l’Ordre. Elle n’était que très peu sur Endor, avait parcouru les étoiles, et n’en avait pas terminé. C’était ça.
-Alors… Que faisons-nous ? -
Post n°12
Auteur : Kryann-Nous faisons ce que nous n’aurions jamais dû cesser de faire, Kryann. T’entraîner à devenir la Jedi que tu dois être.
Les mots de Sarina tournaient en boucle dans la tête de la Cathar alors qu’elles rentraient au Sanctuaire. Tant d’implications. Son Maître ne la rejetait pas, mieux, elle l’accueillait les bras ouverts, comme si rien ne s’était passé, comme si Kryann n’avait pas trahi sa confiance à plusieurs reprises. Elle la voyait toujours comme une Jedi, malgré toutes ses actions malsaines, obscures, malgré son utilisation du Côté Obscur et même de la Foudre Sith. Elle ne rechignait pas à l’entraîner, à être avec elle, près d’elle. La tête lui tourna un instant. C’était presque irréel. Comme dans un rêve. Pour la Cathar, qui vivait un cauchemar perpétuel depuis des mois, tout venait de basculer.
-Bien sûr, il y aura du travail. On n’abandonne pas une formation ainsi sans y perdre des plumes, mon élève. Nous allons devoir revoir quelques basiques pour nous assurer que tout va bien et que nous pouvons reprendre sereinement. Mais j’ai confiance en toi pour cela.
Sarina fit une légère pause avant d’énoncer les différents points qui requéraient un nouvel entraînement. Elle sentait à travers son élève une force nouvelle, une puissance qu’elle ne lui connaissait pas, et sa curiosité sans limite prendrait sans doute le pas sur sa prudence pour savoir ce qu’il en retournait. Mais pour cela, il faudrait un peu de temps. Et ça tombait fort bien.
-Je sais que tu es revenue à bord d’un vaisseau. Je sais aussi que cette lune ne t’a jamais vraiment plu, Kryann, et que tu as besoin de te sentir à l’aise pour donner ta pleine mesure. Tu as pu voir un bout de la Galaxie, mais tu étais seule. Explorons la à nouveau ensemble, ma padawan.
Une fois de plus, Sarina surprenait son apprentie. Comment pouvait-elle être si… compréhensive, si douce, si prête à repartir avec elle dans ses aventures ? Tout cela lui semblait inconcevable. Et pourtant, cela arrivait bel et bien. Puis, elle se souvint des mots de son Maître vis-à-vis du Conseil, des Jedi en général, regroupés sur eux-mêmes, perdus dans la Bordure Extérieure sans aucun contact, et qu’elle ne concevait pas la Chevalerie ainsi. Et Kryann ne pouvait qu’acquiescer. Elle avait été sauvée par un Chevalier Errant, c’était une vagabonde qui la formait, elle se faisait à l’idée de cette liberté à travers leur Ordre. Liberté que Sarina lui offrait une seconde fois. Il n’était pas question de rater à nouveau cette chance.
Leurs pas les menèrent au vaisseau Sith que Kryann avait fait sien et presque oublié en quelques jours. La vitesse à laquelle tout arrivait lui faisait perdre tout sens commun, c’en était presque alarmant. Mais la présence de Sarina à ses côtés stabilisait son esprit, désormais. Maintenant qu’elle ne se sentait plus seule. Quelle idiote elle avait été. A chercher la compagnie d’autres alors qu’elle avait déjà tout ce qu’il fallait. Un mentor, une amie, et une confidente, en plus d’un compagnon de voyage. C’aurait dû être Sarina et elle découvrant le monde, pas juste elle s’enfuyant sans regarder en arrière. Même si elle ne pouvait nier que cette fuite en avant l’avait aidée à se construire.
A bord, les deux femmes furent accueillies par les bruits métalliques usuels. L’unité R2 effectuait la maintenance classique, alors que HK-60 s’occupait des canons. Rien de bien étonnant, et c’était comme si ils n’avaient pas noté son absence. L’avantage des unités robotiques, elles ne posaient pas de questions qui n’avaient pas lieu d’être. Tout au plus tournèrent-elles leur attention sur les Jedi une seconde avant de revenir à leur travail.
-Je ne te pensais pas adepte de droïdes, Kryann.
-Moi non plus, Maître. Mais je me suis souvenue de vos enseignements sur leurs utilités, et je ne pouvais pas m’occuper de ce vaisseau seule.
Sarina hocha simplement. Des explications claires, qui masquaient aussi le besoin de compagnie de Kryann. D’autant plus que son instinct de femme lui soufflait qu’il y avait eu autre chose que des droïdes à bord. Mais la question viendrait en temps et en heure. A présent, elles avaient tout le temps du monde. Elle frappa doucement dans ses mains.
-Bien ! Pour commencer, nous allons retourner là où nous nous étions arrêtées. J’aimerais creuser cette piste de vaisseau maudit, et pour cela, je ne vois rien de mieux que le Capitaine Himron pour échanger.
Le regard de Kryann se durcit tout autant qu’il laissa entrevoir une sorte de peur.
-Ne t’en fais pas. Bien que militaire de l’Imperium, il a fait preuve d’une ouverture d’esprit que je ne pensais pas trouver dans cette armée traumatisée par les Sith. Je vais envoyer un message, et nous verrons si il me répond. Dans l’intervalle, nous aurons tout le temps de discuter de la suite.
Aussitôt dit, aussitôt fait. S’emparant de l’intercom, elle crypta le message de manière à le faire passer via différents relais et donc perdre la source de son émission.
-Message pour le Capitaine Himron, de la part de Sarina Darel. Capitaine, je vous remercie à nouveau de votre assistance voici quelques temps. Seriez-vous d’accord pour que nous nous rencontrions à nouveau ? -
Post n°13
Auteur : HivernusPrécédemment.
Quelque part en orbite de Yaga Minor, à bord du destroyer stellaire de la classe Impériale “Equinoxe de Printemps”.
Le capitaine Himron ne parvient pas à trouver le sommeil. Il y a quelque chose en lui qui s’est brisé depuis sa dernière mission. A chaque fois que l’officier parvient à s'assoupir quelques heures, ce ne sont que des images d’horreur qui lui viennent en tête. Les corps déchiquetés ou brûlés à vif par les pièges, troués d’impacts de tirs, les cris de détresse et de douleurs… L’homme revit sans cesse les mêmes scènes. Ses songes ne sont en fait qu’une série de cauchemars qui le renvoient à chaque fois vers sa dernière opération militaire. Le destroyer maudit porte bien son nom. Foutu vaisseau ! Foutus Sith ! Qu’ils aillent tous au diable, eux et leur foutu Force !
Tuer. Tuer. Tuer ! Tuer du Sith. Les traquer. Partout, à chaque instant. Débarrasser la galaxie de leur présence. A tout jamais.
L’esprit troublé par de sinistres pensées, le militaire enrage en silence. Il tourne en rond dans son lit, s’agrippe à sa couverture comme pour y trouver un quelconque réconfort. Il soupire doucement, son regard venant se perdre sur le plafond de sa cabine. Il se concentre sur sa respiration, cherche à penser à autre chose. Rien n’y fait. Il pense toujours et encore aux braves hommes tombés sous son commandement. Il ne parvient pas à effacer leur visage de sa mémoire. Certains ont servi avec lui pendant des années, sont devenus des membres à part entière de sa famille. Les autres se sont fait une place dans son cœur au fil des entraînements et des missions. Difficile d’oublier. Le traumatisme est là, profond. Et l’unité qu’il commande à présent n’est plus la même, meurtrie par la perte de bons soldats.
La porte glisse doucement dans le mur, laissant entrevoir la silhouette d’un officier. L’homme entre sans faire de bruit, déboutonne son uniforme et pose sa casquette sur sa couchette. Il jette un coup d'œil du côté de son camarade de chambrée et semble surpris de le voir traîner au lit.
- Il y a un col rouge qui veut te voir. C’est… Urgent.
- Avec ces imbéciles du Bureau de la Sécurité Impériale, c’est toujours urgent… Même pour un vol de stylo. Déclare Himron, dépité.
- C’est pas faux… A ce qu’il paraît, des trous du cul du Département Investigation et Interrogation ont fait boucler toute une unité de la logistique pour des soi-disant disparitions de palettes de papier toilette. Ils ont dû les relâcher, faute de preuves. Le plus drôle, dans l’histoire, c’est qu’ils ont fini par retrouver ces dites palettes. Une erreur administrative les aura envoyé dans le mauvais service.
- Ils ont l’habitude de passer pour des cons… C’est pour ça qu’ils sont souvent aigris. Fait remarquer le capitaine, enfilant un uniforme propre. C’est ce qui les rend d’autant plus dangereux d’ailleurs. Ils ne sont peut-être pas particulièrement brillants mais ils ont du pouvoir et ils le savent.
- C’est quand même couillon quand on y pense. Si nos fameux agents du D2I constituent la crème de la crème des enquêteurs au sein des services de police et de renseignements de l’Impérium, alors je ne veux même pas voir la tronche des autres.
- M’en parle pas. Où est-ce que je dois rencontrer l’abruti de service ?
- Dans le bureau de l’amiral…
- Rien que ça. Et bien souhaite-moi bonne chance !
- Bonne chance… Et bon pugilat !
Il est vrai qu’avec le capitaine Himron, les conversations ont tôt fait de se transformer en joute verbale. L’homme n’a pas pour habitude de se laisser marcher sur les pieds. Il est droit dans ses bottes et sait camper sur ses positions s’il le faut, même si ça doit lui valoir de se faire détester par ses semblables. Nombre d’officiers l’ont appris à leur dépens, le dernier en date étant le colonel Swedberg des forces spéciales impériales chargées de la lutte contre les sensitifs. Le militaire enfonce sa casquette sur sa tête, rectifie machinalement les plis de son uniforme et quitte la cabine d’un pas déterminé. Il compte bien régler cette histoire au plus vite afin de pouvoir grignoter un morceau, la faim venant le saisir soudainement.
Après de nombreuses minutes de marche, l’officier atteint finalement les quartiers privés de l’amiral, situés quelques ponts plus haut. A l’intérieur, deux hommes. Le premier, installé derrière son bureau, n’est autre que le vice-amiral Festus lui-même. Mais le commandant de la première flotte d’intervention rapide n’est pas seul. A ses côtés, un homme malingre au visage creusé. Himron reconnaît l’uniforme écarlate qu’il porte. Le D2I.
- Capitaine Himron, au rapport.
- Repos, capitaine.
- Capitaine… Nous avons reçu plusieurs copies du même message ces derniers jours. Des messages qui vous sont destinés, apparemment, et dont la provenance ne peut être déterminée. Annonce le col rouge, les mains croisées dans le dos. Quelqu’un se donne beaucoup de mal pour vous contacter…
- Et vous êtes ?
- Ah oui… Veuillez excuser ma maladresse. Soupire l’agent en souriant doucement, vraisemblablement amusé par l’attitude abrupte du capitaine. Je suis le lieutenant Doll, du Département Investigation et Interrogation du Bureau de la Sécurité Impériale. Mais je suis sûr que vous vous en seriez douté.
- Le lieutenant Doll enquête sur l’origine de ces messages. Ils sont signés par l’une de vos connaissances, capitaine. Sarina Darel. Ajoute à sa suite le vice-amiral, impassible. Elle semble vouloir vous rencontrer à nouveau. Elle requiert votre aide.
- Pourquoi moi ? S’interroge Himron, quelque peu perplexe.
- A vous de nous le dire, capitaine… Votre amie Jedi tient visiblement à demeurer dans l’ombre. Elle ne souhaite pas qu’on la retrouve… Les messages qu’elle dissémine ici et là à votre encontre le prouvent. Elle ne veut pas qu’on remonte jusqu’à elle. Pourquoi donc ? Que cache t-elle ?
- Je n’en sais rien, lieutenant. Je ne suis pas Jedi. Et je connais à peine celle-là.
- Et pourtant vous n’avez pas hésité un seul instant à prendre sa défense alors qu’elle menaçait très clairement la réussite de l’une de nos opérations militaires… Certains vous soupçonnent d’avoir des sympathies Jedi, capitaine Himron.
- Encore ces foutaises ? Grandissez un peu, lieutenant. Ceux qui croient à ces ragots sont des abrutis finis. Je suis simplement du genre pragmatique. Je préfère avoir les Jedi de mon côté plutôt que du côté d’un autre. Se défend l’officier. Admettez quand même que ce serait plus commode d’avoir l’Ordre Jedi de notre côté en cas de conflit majeur plutôt que du côté de la République Fédérale par exemple…
- Vous êtes trop optimiste, capitaine. Mais c’est un point de vue qui se défend j’imagine… Commente Doll, son sourire de requin s’agrandissant subtilement. Quoi qu’il en soit, rien ne prouve que votre Sarina Darel soit ce qu’elle prétend être. Ou que l’Ordre Jedi ait survécu. Nous aurons besoin de réponses claires afin de lever tout doute à ce sujet. Vous allez répondre à ces messages, capitaine. Et nous allons faire la lumière sur toute cette histoire.
Festus ne dit rien. Il se contente d’observer en silence cet échange tendu qui lui en rappelle un autre. On pourrait remplacer Doll par Swedberg que la scène serait plus ou moins la même. Son regard se tourne vers le capitaine. L’homme fulmine. On le voit rien qu’à sa tête. S’il le pouvait, il se jetterait volontiers sur le lieutenant du D2I pour lui faire ravaler ses accusations. Mais il se ravise, adopte une attitude plus professionnelle.
- Très bien, je joue le jeu, lieutenant.
L’agent à l’uniforme écarlate lui tend alors un bloc de données, un sourire mesquin venant étirer ses lèvres desséchées. Himron s’empare d’un stylet et commence à rédiger son message.
Ici Himron. Content de vous savoir en vie, Darel. Nous nous sommes quittés de manière abrupte et pas forcément dans les meilleures conditions qui soient. Nombreux sont ceux qui doutent encore de votre sincérité mais je vous accorde toujours le bénéfice du doute. Donnez moi un point de rencontre et ensemble, nous prouverons qu’ils ont tort de se méfier.
L’homme remet le datapad au col rouge, qui lit le message en plissant les yeux, vraisemblablement stupéfait. Doll valide toutefois l’écrit et le fait envoyer en de multiples exemplaires à travers différents canaux de communication. Il ne reste plus désormais qu’à patienter… -
Post n°14
Auteur : Kryann-Ici Himron. Content de vous savoir en vie, Darel. Nous nous sommes quittés de manière abrupte et pas forcément dans les meilleures conditions qui soient. Nombreux sont ceux qui doutent encore de votre sincérité mais je vous accorde toujours le bénéfice du doute. Donnez moi un point de rencontre et ensemble, nous prouverons qu’ils ont tort de se méfier.
Sarina eut un doux sourire lorsque la réponse lui parvint. Ainsi, malgré les précautions qu’elle avait prises et le message envoyé à la va-vite, le destinataire avait bel et bien été retrouvé. Intéressant. L’Imperium était donc réellement efficace. Ou paranoïaque au dernier degré, au point de prendre n’importe quelle menace pour un ultimatum de guerre totale. Après tout, rien ne prouvait réellement que c’était bien Himron qui la contactait. Pour autant qu’elle sache, la capitaine aurait pu être dégradé, renvoyé voire exécuté après le fiasco du croiseur Sith. Mais elle avait envie d’y croire, et pour le pessimisme, elle pouvait compter sur son élève.
-Maître, ne trouvez vous pas ça étrange ? La réponse semble bien trop cordiale, bien trop aisée… J’aurais imaginé qu’un officier de la marine impériale soit plus difficile à contacter.
-Allons, Kryann. Je comprends tes craintes, mais nous ne pouvons pas non plus immédiatement sauter aux conclusions les plus noires. Nous resterons méfiantes, mais en choisissant bien notre lieu de rencontre, nous devrions pouvoir nous en sortir, quelles que soient les intentions de l’Imperium. Après tout, le but est de leur tendre la main, ne commençons pas à les mordre lorsqu’ils la tendent en retour…
Elle sourit à sa padawan. Les derniers jours, en attendant la réponse, avaient été passés à soulager un peu la Cathar, dans de longues discussions philosophiques. En la perdant sur les chemins de la compréhension de la Force, de la Galaxie, de ce qui les entourait, Sarina avait essayé de distraire Kryann des problèmes plus terre à terre qui l’agitaient. Le succès avait été certes relatif, mais au moins avait-il marqué un pas. La jeune fille dormait un peu mieux, et était moins agitée de cauchemars. On prenait ce qu’on pouvait…
-Alors… Comment procédons-nous, Maître ?
-Je crois qu’il est temps pour nous, pour toi, de remonter aux origines, ma padawan. Je sais que cela risque d’être difficile pour toi, mais nous allons lui donner rendez-vous sur Nar Shaddaa. Cette lune est certes viscéralement à l’opposé de nos principes, mais elle est l’endroit idéal pour se cacher. Pour eux, comme pour nous. Et si quelque chose se passe mal, nous aurons tout le temps de peaufiner un plan pour nous échapper. Qu’en dis-tu ?
Kryann eut un frisson tout le long de l’échine. Si loin et pourtant si proche, la planète gouvernée par les Hutts agitait encore régulièrement les pensées de la Jedi et hantait parfois ses nuits. Elle ne s’était jamais réellement défaite de ce passé d’esclave, et Sarina lui proposait de replonger dedans tête la première. Mais elle avait confiance, et ce fut comme si son Maître lisait dans ses pensées.
-Je sais. Ce ne sera pas facile. Mais tu n’es plus esclave, tu n’es plus une enfant. Tu étais partie comme une jeune fille apeurée, tu y reviens en étant une femme forte, et plus que cela, une Jedi compétente. Je n’ai aucun doute sur toi et ta faculté à surmonter tout cela.
La main de Sarina se posa sur l’épaule de sa Padawan.
-Tu m’as prouvé à maintes reprises tes capacités. Je suis déjà impressionnée par tes compétences, et je ne doute pas que ça arrivera encore. Mais nous aurons tout le temps d’en reparler. Après tout, tu vas devoir me prouver que tu as progressé en diplomatie et en sociabilité face à ce cher Himron. Je compte sur toi pour te montrer courtoise, il risque de te prendre en grippe.
Kryann hocha de la tête. On ne pouvait pas reprocher à l’impérial d’être peu joyeux à l’idée de revoir une Jedi taciturne et agressive qui brandissait un sabre rouge et qui s’était enfuie à la première occasion… et pourtant, elle avait un bien mauvais pressentiment à l’égard de l’idée de son Maître. Quelque chose lui soufflait que ça se passerait mal…