Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #25

    Post n°25
    Auteur : Tseh

    Après une semaine passée, Vipers avait été le premier à avoir terminé son sabre. Ce jour là, Tseh avait eu peur que l’arme lui explose à la face, mais au final, le sabre s’était montré fonctionnel. Le jeune homme se disait que le fait qu’il ait été chez les Jedi depuis qu’il était gamin devait y être pour quelque chose. Mais Zaun avait dit que cela n’avait rien à voir. Puis Tseh était fier pour son camarade. Tseh avait achevé la première partie de son sabre cette semaine et allait devoir attaquer la suite de son arme. Il travailla avec des livres et des croquis toute la journée sur le reste du sabre.

    Il était épuisé, une journée de travail sur des croquis, à devoir les corriger, les changer qui avait été éreintante. Là, il avait absolument besoin de repos. Tseh était devant chez lui regardant ce qu’il voyait du Sanctuaire de ce point de vue. Il pouvait voir des Jedi méditer. Il regarda du côté de la hutte de Vipers. Il était pas là, il était déjà parti à un cours de pilotage ou il était parti méditer au lac Fektur, mais bon, c’était pas vraiment ses affaires. Les cours de pilotage, Tseh n’allait pas y aller de si tôt. Déjà qu’il avait été malade dans une barque en papyrus, puis être monté sur un speeder puis dans le vaisseau des pirates n’avaient pas non plus été des expériences des plus agréables pour lui. Mais curieusement, il ne ressentait rien quand il était sur le dos d’un animal. Sûrement car ils étaient vivants et reliés à la Force comme tous les êtres vivants, chose plus compliquée pour une machine. Il avait tout de même appris que certains chasseurs Jedi pouvaient se piloter grâce à la Force. Tseh était dubitatif quand au fonctionnement de ces engins.

    Tseh remarqua un morceau d’os d’oryx à côté de lui qu’il n’avait pas vu avant. Il semblait assez ancien et était sculpté. Il vit sculpté dessus, un homme entouré de deux lézard-lion qui semblaient apprivoisés. Sous les pieds de cet homme, un oryx aux pattes attachées et en position de soumission. Ce personnage était le Maître des Animaux et l’Oryx était un animal associé au dieu Suketh qui symbolisait cette Force que les chefs ne pouvaient pas contrôler, comme l’oryx, une antilope connue pour sa férocité. Et l’oryx attaché symbolisait la place de la Force pour les chefs. Un outil qu’il pouvait utiliser à loisir qui leur appartenait et qui était maintenu prisonnier. Tseh se demandait si c’était pas A-ha qui avait déposé ça.

    Le lendemain, il attaqua le manche en os qui découpa en deux et le tailla selon ses plans afin que les pièces s’imbriquent dedans. Celui-ci servirait à en faire un manche. Cela lui prit la journée, surtout pour les finitions. Ce jour là, Ben avait terminé son sabre, mais celui-ci n’avait pas marché. Heureusement pour lui, il n’avait pas explosé et c’était à contrecoeur qu’il avait recommencé son arme. Puis le soir, il reprit l’équitation. Il avait fait beaucoup de progrès. Alors qu’il s’entrainait avec le cheval gris avec qui il avait commencé à construire une certaine complicité, il remarqua maître Zaun passer. Il voulut le saluer du haut de sa monture, mais il trop concentré sur le maître Jedi, il en avait oublié que son cheval fonçait vers la barrière et s’arrêta brusquement. Tseh n’eut pas le temps de réagir et vola par-dessus la barrière pour atterrir juste devant Zaun. Là, il s’était bien fait remarqué. Il rentra chez lui après avoir ramené son cheval à l’écurie pour s’occuper de son âne. L’animal ne le suivait quasiment plus tant il semblait faible et fatigué. De voir l’animal souffrir attristait Tseh. Tandis qu’il caressait l’équidé, il observait le morceau d’os.

    La nuit, il fit un rêve étrange. Il se mit à rêver qu’il voyait un tout d’abord un hexaptero. Ces créatures, il en avait jamais vraiment vu, à part de loin. C’était de gros volatiles connus pour dégager une étrange aura et Tseh savait maintenant que c’était la Force. Ces animaux étaient sensibles à la Force. Les guerriers chassaient ces animaux quand ils les voyaient. Puis Tseh rêva qu’il s’était mis à voler au dessus d’un fleuve. Mais son rêve se termina par sa chute dans un ravin où se trouvait un troupeau d’antilopes en mouvement. Tandis qu’il chutait, il pouvait voir un homme entouré de deux lézards lions qui avait sa main levée comme s’il utilisait la Force. Il se leva affolé et en sueur.


    - Le Maître des animaux !

    Quand Tseh arriva à la salle des cristaux, il était encore perturbé et ruminait ses visions. Si c’était des visions prémonitoires, ce qu’il craignait le plus aller arriver. Le Maître des Animaux, du moins, ce qui s’en rapprochait le plus. A travers ses méditations, la Force avait put lui montrer la catastrophe que serait un tel être pour les hommes et les animaux. Il avait vu le chevalier Allister contrôler un Sanglier Loup afin de les sauver sans tuer l’animal, mais ce pouvoir pouvait-être utilisé à mauvais dessein.

    Cela ne l’empêcha pas de continuer à monter son sabre-laser. Il assembla les cellules d’énergie de l’arme et la bague énergétique,qu’il ajusta dans une coque isolante car l’os ne supporterait pas la chaleur. Cela lui prit la journée. Ce jour là, Jolya avait enfin fini son sabre et celui-ci était fonctionnel. Puis il repris peu après ses cours d’équitation. Il voulait perfectionner son équilibre et commencer à manier une arme en selle. Il commençait à s’entrainer avec un sabre en bois. Cet objet lui rappelait ses premiers jours d’entrainement. C’était ce jour là où il avait commencé à comprendre qu’il valait parfois le coup de se battre et de ne plus subir. Il commença à s’entrainer à manier son arme tout en dirigeant sa monture. Tseh avait des difficultés à garder son arme en main.

    Mais quand il rentra chez lui le soir, une mauvaise surprise l’attendait. Il appela l’âne. Mais il n’eut aucune réponse. Il alla voir dans l’appentis qui servait d’abris à l’âne et retrouva l’animal couché. Il respirait lentement. Tseh se précipita à son chevet. Il ne pensait pas que ce moment arriverait si vite. Il serrait l’encolure de l’animal dans ses bras. Il sentait que les forces de son camarade équin le quittaient. L’animal finit par rendre son dernier souffle laissant Tseh seul. Il se mit alors à pleurer. L’attachement n’était pas normalement une chose très appréciée chez les Jedi, mais le jeune homme se disait que c’était ce qui rendait des individus humains. Même les bêtes ressentaient de l’attachement. Il avait enterré l’âne au pied de l’arbre où se trouvait sa hutte. Il avait emprunté le cheval gris afin de l’aider à transporter la dépouille. Il avait mis un peu de nourriture et recouvert le corps d’une bure Jedi pour le préparer à son voyage. Après une vie de souffrances et de travail, cet animal avait eu une fin digne.

    Tseh passa une bonne partie de la nuit à méditer. Il avait compris que la Force avait toujours été là et pour lui cette connexion avec elle était comme un réconfort.



    « Il n’y a pas de mort, il n’y a que la Force »


    Tseh se retourna, la phrase semblait venir d’un oryx qui s’approchait de lui. Il s’agissait d’une autre représentation indigène de la Force. Un animal féroce et indomptable.


    - Il sera toujours avec toi, comme tes proches. Ils vivent dans ta mémoire et dans la Force.

    L’oryx s’évapora et Tseh s’endormi. Il avait comprit que son ami serait toujours là, tout comme ses parents et qu’à sa mort, il les rejoindrait. Mais comme l’avait dit Zaun, avant de parler de mort, autant parler de vie. Tseh avait encore des amis bien vivants. Tous ses camarades de la Loutre Chantante.

    Malgré ces paroles réconfortantes, le lendemain, il était fatigué et encore impacté par cette disparition. Le moral n’était pas vraiment au beau fixe. Il n’avait pas beaucoup avancé dans la fabrication de son sabre-laser. Il n’était pas resté très longtemps pour la fabrication. Il n’avait rajouté que la lentille et la chambre d’énergie du cristal et tous les composants autour. Il était ensuite allé se défouler à cheval. Puis surtout le contact avec un autre équidé lui faisait du bien. Il savait que le cheval ne remplacerait pas l’âne, mais se sentait bien sur une selle. Il avait aussi partagé ce temps avec de la méditation pour être en connexion avec la Force qui était une confidente privilégiée. Le soir, Jolya et Sin lui avait proposé de passer du temps avec elles à la Cantina pour se changer les idées. Il avait put voir qu’A-ha était de corvée service ce soir là et quand il avait servi les filles et lui, il n’avait pas fait de remarques. Sûrement parce qu’il savait qu’il ne pouvait plus se reposer sur Tseh pour se défendre et la présence d’O’Hun et la colère du jeune homme l’avaient rendu plus craintif concernant les Jedi. Il ne les appréciait toujours pas, mais le mépris s’était transformé peu à peu en crainte. Il devait s’habituer à voir des sensitifs autrement qu’en pauvre carcasse agonisant dans les aires de rejets et vulnérables. Là, les sensitifs ne se laissaient pas faire et savaient se défendre.

    Le lendemain, Tseh allait un peu mieux. Il avait beaucoup discuté avec Jolya et Sin et de pouvoir parler et se changer les idées, lui avait fait le plus grand bien. Il continua de travailler son sabre. Aujourd’hui, c’était la partie la plus technique de la fabrication. Il allait devoir assembler les diverses parties de l’arme et y intégrer le cristal. Il se mit en position de méditation et assembla le tout avec une grande précaution. Il s’y reprit à plusieurs fois afin que le tout soit parfaitement aligné. Il finit par réussir à aligner les morceaux correctement. D’ailleurs, Od’Hun l’avait surpris à mâchonner un morceau de viande séchée pendant qu’il méditait sur la construction de son arme. Maintenant, il ne lui restait plus qu’à mettre le manche en os, mais il allait devoir retailler l’os afin que tout s’emboite parfaitement dans l’os.



    Les deux jours suivants furent justement réservés aux finitions de l’os jusqu’à ce que ce que le reste du manche s’emboite parfaitement dans l’os sculpté. Et pour cela, il allait devoir se servir de ses mains et pas de la Force. Après autant de finitions, il finit par coller les deux morceaux d’os autour du sabre. Il fixa avec de la colle et des bandelettes de cuir solidement enroulées autour du manche. Il avait aussi rajouté un cordon de cuir qui ferait office de dragonne qui se mettait au poignet afin d’éviter de perdre l’arme si Tseh devait l’utiliser à cheval. Il avait repris l’idée de la dragonne que les guerriers utilisaient pour leurs massues afin de la garder au poignet. Entre temps, Ben avait enfin finit son sabre et avait réussi à le faire marcher.



    Le sabre de Tseh était enfin terminé. Mais le jeune homme ne chercha pas à l’activer tout de suite. Il était fatigué et avait faim. Il avait amené la conserve qu’A-ha lui avait donné dès le premier jour où il s’était rendu à l’armurerie. La fameuse conserve d’haricots au lard. Il avait faim et jugeait qu’il avait mérité un bon casse-croute. Il commença à tirer la languette de la boite qui se cassa. Super, il pouvait ouvrir la boite comment ?! Il tenta avec le silex qui avait servi pour tailler l’os et couper le cuir. Le silex se cassa contre la boîte. Tseh tenta aussi avec le vieux couteau en métal, mais celui-ci ne parvint pas à ouvrir la boîte. Le jeune homme observa la conserve, puis le seul objet coupant qui lui restait, à savoir un sabre-laser qu’il n’avait pas encore testé et avec qui il était assez anxieux. Mais l’appel de l’estomac fut plus fort et Tseh s’empara du sabre. Il coinça la boîte entre ses pieds. Et il activa son sabre et une lame verte jaillit et il ouvrit sans peine la boîte avec l’arme. Il n’eut pas de peine à l’activer et la lame se rétracta aussi sans souci. L’ayant construit lui-même, il connaissait l’objet. Il regarda le sabre qui fumait encore, la peur commença à céder sa place à un sentiment d’accomplissement. Tseh avait réussi à construire un sabre-laser. Jamais en tant qu’artisan il n’aurait pensé réussir une telle arme. Son sabre avait un manche digne des poignards des chefs, mais il était plus efficace et il serait à lui, pas à un chef qui avait gagné son rang juste parce qu’il était issu de la bonne lignée et non pas par ses compétences.
    Un autre gargouillement d’estomac rappela à Tseh qu’il avait faim. Il regarda le contenu de la boîte et immédiatement le visuel et l’odeur le firent tiquer.





    - Mais c’est pas des haricots au lard ?!


    Malgré l’aspect étrange d’une sorte de viande en gelée, avec une odeur étrange, il n’hésita pas à manger et finalement c’était pas si mauvais. C’était toujours moins pire que le mouton avarié. Quand elle avait vu la tête de Tseh face au contenu de la boîte, Sin prit la boîte et décolla l’étiquette pour découvrir que c’était en réalité de la nourriture pour Lothcat.

    - C’est quoi un Lothcat ?!

    - Un animal de compagnie ! Bref, c’est de la nourriture pour animaux !

    - En tout cas c’est pas mauvais !

    Sin grimaça pour signifier qu’elle était pas vraiment de cet avis.

    - J’ai mangé pendant des années de la viande de mouton avariée que même les bêtes ne voulaient pas …

    Il était vrai que le jeune homme avait pendant des années dût se contenter de nourriture souvent dépassée. Et à côté de ce qu’il avait mangé gamin, n’importe quoi passait pour de la grande cuisine. Mais dans toute cette histoire, ils en avaient presque oublié une chose importante. Tseh avait enfin son sabre laser et celui-ci marchait correctement. Il observait l’objet tout en continuant de manger le contenu de la conserve. Le sabre était facile à régler, facile à activer et à éteindre et surtout sécurisé. Tseh avait fait en sorte qu’il y ait aucun risque qu’il s’active quand il était porté à la ceinture, même au contact d’une peau nue. Puis surtout le manche sculpté racontait le combat de Tseh face à ses anciennes croyances. Et il lui rappelait aussi qu’il restait faible et qu’il n’était un élément parmi les autres au sein de la Force. Une fois son repas terminé, il s'essuya les mains et la bouche et pensa qu'il allait devoir nettoyer la lame de l'arme. Il activa donc le sabre et vit que la lame était propre.

    - Même pas besoin de le laver, pratique !


    Il compara le manche du sabre avec le morceau d'os d'oryx qu'il avait amené. Si l'os d'oryx, pouvait symboliser l'orgueil des chefs, que ça soit le matériau de base fait en os d'un animal symbolisait la Force et ce qui était représenté dessus. Le manche du sabre symbolisait quand à lui l'humilité et aussi la Force comme une entité se trouvant dans tout ce qui vit et veillait à l'équilibre de ce monde. Il regardait la représentation du Maître des Animaux. Il avait vu en rêve que ce sinistre personnage allait venir. Il comptait en parler à Zaun au plus vite.

    Tseh présenta le sabre achevé à Maître Od’Hun. Sin était la dernière à ne pas avoir encore fini son sabre. Mais ce n’était pas une course et il savait qu’en prenant son temps, on avait plus de chances d’avoir un sabre fonctionnel. Il regarda une nouvelle fois cette arme. La peur avait peu à peu laissé sa place à un sentiment d’accomplissement.

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      #26

      Post n°26
      Auteur : Kath Aplazm

      Accoudé à l'unique fenêtre de l'armurerie Jedi, le maître Jedi Od'Hun observait le Sanctuaire endormi, un léger sourire aux lèvres. Pour cet âpre ermite qui se sentait généralement plus à l'aise au milieu des métaux que des gens de son espèce, avoir l'humeur guillerette n'était pas ordinaire. Mais cela le prenait, de temps en temps, lorsqu'il apercevait grandir, de son œil unique, ceux que l'Ordre considérait comme ses enfants. Aujourd'hui, le dernier des élèves du Clan de la Loutre Chantante venait de terminer son premier sabre laser. La jeune Sin avait beau avoir été la plus lente, elle avait créé la lame la plus pure, la plus fine et la plus stable, avec une maîtrise qu'on ne lui soupçonnait pas. Od'Hun n'avait d'ailleurs pas vu pareille orfèvrerie de la part d'un novice depuis qu'il avait lui-même confectionné son propre sabre.

      Avant la Dévaronienne, ses camarades avaient eux aussi, chacun à leur tour, tendu leur sabre afin de que le maître armurier l'inspecte et le jauge. L'arme de Ben lui ressemblait: elle était petite, rude et caractérielle, et il lui faudrait sans doute un moment avant de la dompter totalement. Celle de Jolya était légère, mais tranchait l'air avec fracas ; l'arme à la main, la jeune novice n'avait plus rien de la jeune femme timide que ses condisciples avaient rencontrée. Les yeux brillants et fiers, la Scion avait allumé sa lame d'un air triomphant. Désormais, la jeune fille transpirait la confiance en elle et l'assurance. Elle ferait une grande Jedi.

      Mais Od'Hun était encore plus fier des progrès de Tseh et Vipers. Le Iat avait fait preuve de beaucoup de patience et de maîtrise, sculptant un os tout droit venu de sa lune natale. Au final, le sabre qu'il avait confectionné était extrêmement personnel et intéressant, comme le vieil Od'Hun en avait très peu vu. Il ne savait s'il rencontrerait jamais le peuple des Iats et leurs coutumes, mais l'art de Tseh lui donnait certainement envie d'en savoir plus sur cette population mystérieuse, perdue aux confins de l'espace connu. Un jour un Jedi plus jeune que lui entreprendrait-il peut-être un tel voyage et consignerait ses découvertes dans les archives de l'Ordre pour assouvir la soif de connaissance d'un maître retraité...
      Quant à Vipers, il avait été le plus rapide à réaliser son arme. Résolument classique, l'arme n'en restait pas moins habilement assemblée. Mais ce qui marquait le plus dans son apparence, c'était cette lame d'un bleu qui ne correspondait à aucun des cristaux retenus dans la Salle aux Cristaux. Cette lueur tantôt bleutée, tantôt gris argent, perturbait fortement Od'Hun. Le jeune Vipers devait posséder un lien très particulier avec le Labyrinthe pour en avoir extrait un cristal si particulier. Il ne paraissait pas différent des autres en termes de puissance, mais son aspect et les vibrations qu'il émettait étaient résolument...inhabituels.

      Od'Hun avait félicité ses élèves à grand renfort de tapes dans le dos et de regards aussi paternels que sévères, leur rappelant qu'un sabre laser n'était pas un jouet et qu'i devrait surtout penser à ne l'utiliser qu'en dernier recours, comme le prescrivait la voie des Jedi. S'ils n'étaient pas encore des padawans, les membres u Clan de la Loutre Chantante se verraient bientôt remettre des missions plus avancées ou des responsabilités au sein du Sanctuaire. De ce fait, un maître se devait de leur rappeler la bonne conduite à adopter. En les renvoyant à leurs études auprès de maître Zaun, Od'Hun leur avait donc glissé un mot de félicitations, adjoint d'une mise en garde:


      - ...Gardez toujours courage, jeunes novices. Souvenez vous qu'un sabre laser ne fait pas un Jedi, et qu'un Jedi n'est rien sans son cœur et sa discipline. Travaillez dur, entrainez-vous, apprenez vos leçons. Saluez vos maîtres et puisez dans leurs enseignements. Car bientôt, il vous faudra affronter la galaxie et ses dangers. L'arme à la main, vous aller combattre. Pas par gloire, pas par intérêt, mais par nécessité et devoir. Alors jurez! Jurez en vous-mêmes. Jurez que vous resterez toujours aussi puissants bretteurs qu'orateurs, aussi tel que bien libres mais dignes, encore aussi bien meneurs que professeurs, et que de sabre et de livres vous suivrez les lignes.

      Od'Hun faisait rarement preuve d'autant de verve. Plus souvent bougon et taciturne, l'éveil de ces jeunes gens à la Force avait rallumé en lui le feu d'une forge. Il redoublerait de travail et d'intensité. Pour que les Jedi renaissent de leurs cendres et reprennent leur rôle dans la Galaxie. Pour que la dignité des faibles soit protégée. Avec de tels jeunes gens à ses côtés, l'Ordre Jedi pourrait y parvenir. Mais avant cela, ils devraient affronter la tentation du Côté Obscur et les affres de la guerre.

      Cela était un combat pour un autre instant. Le sourire toujours fiché aux lèvres, Od'Hun ferma de sa main balafrée les volets de la pièce. Demain, ils combattraient, mais ce soir, ils dormiraient du repos du juste. A moins de recevoir de nouvelles visites nocturnes...



      HRP: Désolé pour tout le retard pris. Votre formation s'achève ici, félicitations ! Vous pouvez ajouter votre sabre laser à votre casier. Rendez-vous en partie Jedi HRP pour discuter de la suite des opérations et des aventures qui vous attendent. J'espère que vous avez apprécié vous lancer dans le RP de cette façon et que le temps ne vous a pas semblé trop long. J'attends vos retours, comme d'habitude ;)

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        #27

        Post n°27
        Auteur : Kryann

        Kryann inspira à pleins poumons. A la fois pour se libérer et se donner du courage. Quelques jours après son entrevue avec le Conseil, alors qu’elle avait repris son rythme de vie d’avant son expédition sur Ondéron, on lui avait fait parvenir une missive. « On », c’était le Conseil. Pas de seconde entrevue pour elle, malgré les inquiétudes qu’elle avait cru déceler dans les yeux de ses Maîtres, mais bien une invitation à se rendre au plus vite à l’Armurerie Jedi.

        L’Armurerie. Lieu hautement symbolique pour quiconque désirait se revendiquer des Jedis, de leurs arts, et de leurs codes. C’était dans ce lieu précis, dans cette pièce, que les novices et futurs padawans s’escrimaient à forger l’arme qu’ils porteraient à leur ceinture pendant, théoriquement, toute leur vie. L’arme des Jedi. Le sabre-laser. Porteur de tant de symboles et d’histoires comme d’Histoire, la simple portée d’en brandir un au combat donnait le vertige à la jeune Cathar.

        On lui avait donné pour instruction de rencontrer un certain maître Od’Hun, armurier général de l’Ordre, et de faire preuve évidemment d’une certaine déférence et du respect dû à sa position. Mais une note de bas de page, écrite manifestement par un auteur facétieux, lui indiquait également de se méfier de sa jambe bionique et de ses accès de colère. Fidèle à elle-même, le message n’avait pas manqué de faire soulever à la jeune Jedi de multiples questions : comment l’aborder ? Que lui demander ? Comment réaliser un sabre ? Et bien d’autres encore. Incapable de trouver réponse par elle-même, la novice avait dès lors dédié des heures entières à la recherche de renseignements. Et pour cela, rien ne valait les Archives.




        -Deux jours plus tôt…-




        La vieille Nocasta, l’Archiviste en chef, n’avait pas manqué de remarquer le retour de l’assidue Cathar. Dans les couloirs d’une salle des Archives vide par nécessité, les Jedi étant bien peu et bien occupés ailleurs, que par réel dédain pour les livres. Ce ne fut pas pour autant qu’elle accueillit avec joie la jeune Novice, dont les exploits vis-à-vis des autres jeunes en formation étaient parvenus aux oreilles de bien des gens. De fait, Kryann inspirait toujours autant la méfiance, voire la défiance, sans qu’elle ne cherche à s’en défaire. Néanmoins, elle resta courtoise, lorsque Kryann lui demanda conseil sur la fabrication de sabres.

        Un instant, le visage de l’Archiviste s’illumina, comme si le souvenir d’une époque certes lointaine, mais jamais effacée, était remonté à la surface. Mais elle reprit bien vite son air grave et sérieux. Elle guida la Cathar dans ses choix d’ouvrage, bien qu’elle ait parfois l’esprit ailleurs. Par pure courtoisie, plus que par gentillesse, elle se lança :


        « Maître, vous semblez perturbée. »

        Nocasta sonda un instant le visage de l’apprentie. Il y avait quelque chose de changé. Le regard était toujours aussi dur, les pupilles jaunes toujours aussi avides de vengeance. Le petit monde des Jedi était un cercle bien trop fermé pour que l’on ne sache pas rapidement qui était qui, pour peu que l’on y prête attention. Aussi savait-elle à qui elle avait à faire, et elle connaissait sa fragilité vis-à-vis du Côté Obscur. Pourtant, il y avait quelque chose d’autre. Peut-être cette perte d’une relative innocence toute enfantine…

        « Je suis simplement fort occupée. Ne t’en fais pas.

        -Vous êtes toujours occupée, Maître, mais jamais préoccupée. »

        Aïe. Elle touchait juste. Le peu de mots qu’elle avait prononcé était plus douloureux qu’une dague. Elle avait lu parfaitement l’état d’esprit de l’Archiviste. Aussi se décida-t-elle. Elle regarda autour d’elle et lui dit à voix basse :


        « Nous avons retrouvé quelqu’un de tué. Dans le Sanctuaire. Le Maître Albus Fellwud a été pourfendu par un sabre-laser. Très peu sont au courant, mais tu es hors de cause de facto, du fait de ton voyage. »


        La novice acquiesça, sans quitter Nocasta des yeux.

        « Prends garde à toi, Novice. Et si tu le peux… ouvre l’œil. Mais surtout, n’en dis rien à personne. »

        Puis elle partit, à peine ces mots prononcés. Laissant la Cathar avec quelques ouvrages entre les mains, des questions plein la tête et une étrange sensation de devoir à accomplir.




        -…-




        Elle finit son exercice de relaxation et de contrôle de son souffle. Les quelques ouvrages avaient été dévorés, et assimilés en un temps record. Elle avait plus ou moins compris la théorie de la fabrication d'un sabre, bien qu'elle appréhendait grandement la mise en pratique, et elle espérait voir en Maître Od'Hun un artisan patient.

        Lorsque Maître Od'Hun la vit entrer, il ne put empêcher un haussement de sourcil. Qui avait laissé un chat apeuré rentrer dans SON armurerie ? Puis il la détailla un peu plus. Les yeux jaunes étaient durs et observateurs, mais leur façon de guetter avait de quoi faire penser à une peur inconsidérée. Le poil terne de la fourrure laissait imaginer que la jeune Cathar avait dores et déjà vécu des épreuves, mais elle marchait encore. Les vêtements, vraisemblablement jamais portés, ou pas par elle, étaient sombres, oscillant du marron majoritaire au noir, avec des touches de beige. Une tenue qui n'allait pas vraiment à un Jedi, fut-il novice. Quand bien même le choix des vêtements était libre, les jeunes Jedi se montraient habituellement dociles et portaient les couleurs claires des bures classiques.

        Cependant, il ne s'inquiéta pas. Après tout, chaque novice qui pénétrait dans cette armurerie était particulier à bien des égards, avait sa propre part intime qu'il essayait de cacher, mais que le vieil armurier en chef décelait sans trop de soucis. Et celle-ci avait une belle part d'ombre en elle. Mais il n'était pas instructeur, son rôle d'aider les novices à créer leur premier sabre-laser étant déjà fort prenant.


        La jeune Cathar s'avança et s'inclina face au Jedi.

        "Maître Od'Hun, armurier général de l'Ordre. Je viens chercher vos conseils pour la fabrication de mon sabre-laser."

        La révérence était aussi maladroite que facultative. Il ne s'en formalisa pas et prit la lettre que lui tendait la Novice.

        "Kryann, c'est ça ? T'es venue à la bonne adresse, Novice."

        Il lui désigna le fond de la pièce, l'endroit le plus important à ses yeux dans cette salle, le mur où étaient alignés les cristaux destinés aux futurs Jedi.

        "On va commencer par le début, Novice. Avant toute chose, tu dois choisir ton cristal si t'en as pas déjà un. C'est la Force qui te guidera dans ce choix-là alors ouvre-toi à elle. Ca viendra tout seul.
        -J'ai mon cristal, Maître."

        Pas un sourire. Pas une syllabe plus haute que l'autre. La plupart du temps, ceux qui venaient chercher son conseil étaient excités comme des puces à l'idée de forger leur arme, mais elle, non. On aurait dit qu'elle s'en fichait éperduement, comme si c'était une arme tout à fait classique. Pourtant, il pouvait la sentir bouillonner d'impatience, à travers la Force. Alors pourquoi ce décalage ? Si il était normal de cacher ses émotions, de les enfouir, pour un Jedi, il était inhabituel que celles-ci, incontrôlées comme dans le cas de la Cathar, ne se reflètent pas dans ses mouvements ou sa voix.

        "Bon. T'as l'air décidée. Prends place, Novice. Y'a tout ce qu'il faut pour t'apprendre à fabriquer un sabre."

        Elle acquiesça et prit l'établi le plus éloigné possible de l'entrée. Une manière pour elle de s'isoler et de se concentrer. Une fois assise, elle se laissa quelques instants pour regarder les ouvrages. De la pratique pure, des manuels, qu'elle feuilletta rapidement, rejetant l'un pour garder l'autre ouvert au gré de ce qu'elle cherchait à réaliser. Puis elle se releva, le temps de choisir les composants en se fiant à ses lectures diverses. Elle tenait à parvenir seule au résultat final, quand bien même il fallut y passer des heures. Ce qu'elle imaginait sans mal, par ailleurs.

        Si elle avait bien compris ses lectures, l'alignements des composants était la preuve d'un réel lien avec la Force. Devait-elle... simplement utiliser la Force pour cela ? Elle contempla les outils présents sur l'établi ? Un piège ? Une facilité ? Elle décida de laisser sa première impression prendre le dessus et se saisit des outils afin d'entamer son travail. Si celui-ci avançait suffisamment vite à son goût, cela lui prit quand même plusieurs heures pour parvenir à façonner un manche correct. Néanmoins, elle en était déçue, pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas. Elle le laissa sur le côté sans lui accorder plus d'un regard, puis se releva pour reprendre des composants. Une nouvelle fois, bien que plus rapidement, mais plus minutieusement, elle assembla un manche vide. Celui-ci était bien différent du premier, que ce soit dans les composants ou dans les couleurs, mais une fois de plus, elle n'en était pas satisfaite.

        Mais alors qu'elle regardait ses deux créations, se demandant où elle avait bien pu se fourvoyer, car ces manches étaient les siens, elle se surprit à penser aux Maîtres Jedi qui avaient jonché sa route. Maître Janev, Maître Qos, le Conseil... Vétra... Tout différents qu'ils soient, ils avaient tous un point commun à ses yeux. Tous, à un moment ou un autre, lui avaient dit qu'elle n'était pas seule. Que la Force était avec elle. Ses doigts pianotèrent alors que le Code Jedi lui revenait, lentement.

        Il n'y a pas d'émotion, il y a la paix.
        Elle inspira. Oui, cela, on lui avait souvent répété. Contrôler ses émotions, pour ne pas se laisser envahir par son instinct primaire.

        Il n'y a pas d'ignorance, il y a la connaissance.
        Elle expira. La connaissance. Elle savait la théorie. Sur le bout des doigts, désormais, elle aurait pu réciter trois façons d'assembler un sabre. Mais à présent qu'elle y pensait, avait-elle seulement vu la mention d'un outil ? Elle avait imaginé cela, mais se trompait-elle ?

        Il n'y a pas de passion, il y a la sérénité.
        Trouver le calme en elle. Etait-ce la voix ? Elle s'imagina le Lac Fektur, si paisible, si harmonieux.

        Il n'y a pas de chaos, il y a l'harmonie.
        Elle ne pouvait pas renier en un éclair ses émotions, son passé, mais pouvait-elle les calmer un instant ? Ne pas s'y confronter, pour une fois.

        Il n'y a pas de mort, il y a la Force.
        Elle avait prononcé la dernière phrase à voix haute. La Force. Etait-elle si puissante qu'elle pouvait guider tout son cheminement ? Tous le croyaient, en tout cas, et il était difficile de donner tort à tant de personnes. Alors elle se concentra. Joignant les mains, Kryann se plongea dans la Force. Devant elle, les deux manches précédemment assemblés se soulevèrent. Dans la pénombre de l'atelier, ils se défirent silencieusement, guidés par la Novice, qui ne faisait que de légers gestes, avant de s'assembler à nouveau en un nouveau manche. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, celui-ci tomba sur l'établi et roula jusqu'à ses mains.

        Spoiler : Spoiler


        Il était parfait. A l'opposé de tout ce qu'elle avait imaginé, mais étrangement... Il était parfaitement adapté à ce qu'elle devenait. Sa noirceur serait son guide. Elle lui rappellerait où elle ne devait pas tomber. Elle inspira de nouveau. L'ultime étape. L'alignement du cristal. Elle sortit le cristal de Freeddon Nadd et se remémora ces écrits :


        Le cristal est le cœur de la lame.
        Le cœur est le cristal du Jedi.
        Le Jedi est le cristal de la Force.
        La Force est la lame du cœur.
        Tous sont entrelacés :
        Le cristal, la lame, le Jedi ne font qu’un.


        Pouvait elle faire de cette lame l'anti-Kryann ? Si elle avait compris ce qu'elle avait affronté, ce cristal venait d'un homme au coeur aussi noir que ce sabre. Alors cette arme... Serait-elle ce que la Cathar espérait qu'elle soit ?
        Le cristal se positionna parfaitement. Le bouton fut enfoncé. Et une lame rouge en jaillit.

        Elle avait réussi.

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          Post n°28
          Auteur : Super PNJ

          Une lame rouge. Voilà qui n’était pas courant. En observant la Cathare brandir son sabre, Maître Od’Hun fronça les sourcils. Il ne put s’empêcher de l’interpeler :

          - Dis-moi, petite, d’où vient ton cristal ?

          De mémoire d’armurier, aucun novice n’avait construit ici de sabre de couleur rouge. Pourtant, il en avait vu passer de l’aspirant Jedi. Des impatients aux réfléchis, des méthodiques aux intuitifs, de ceux qui avaient déjà leurs cristaux à ceux qui fouillaient pendant des heures pour trouver le bon... Même si la plupart ressortait avec un sabre à la ceinture, aucun d’entre eux ne s’était équipé d’un cristal rouge. C’était mal vu. Le rouge rappelait inévitablement les Sith, le Côté Obscur et la trahison. Au fond de lui, Maître Od’Hun retint un grognement en imaginant la réaction d’un membre du Conseil s’il voyait la lame de la Cathare. Les plus mystiques d’entre eux y verraient certainement la progression du Mal d’Endor.

          - Humm ! finit-il par grogner.

          Il ne valait mieux pas plaisanter avec ça. Les temps étaient effectivement troubles. Et, même s’il était reclus dans l’armurerie et se souciait guère des activités qui n’avaient aucun rapport avec la construction de sabre, Maître Od’Hun ne pouvait ignorer le malaise qui rongeait les siens. Et si la gamine sortait de son armurerie avec un sabre rouge, il pouvait en essuyer des retombées désagréables pour lui et pour l'Ordre, dont l'atmosphère semblait se dégrader.

          Le vieil armurier jeta un regard gêné vers l’entrée et vit que personne d’autre n’était dans l’armurerie. Ils n’étaient que tous les deux. D’un pas décidé, il rabattit la porte et s’adressa à Kryann :


          - Écoute, c’est mal vu, ici, ce genre de couleur. Ne sais-tu pas que le rouge est la couleur des Sith ? Si tu allumes cette lame n’importe où sur cette lune, tu risques de te retrouver transpercée sans même avoir le temps de dire « Que la Force soir avec vous ».

          Maître Od’Hun fit signe à Kryann de le suivre. En quelques enjambées, il traversa la pièce et farfouilla dans une boîte :

          - J’ai quelques cristaux ici. Il doit bien y en avoir un qui te conviendra. Attends…

          Alors qu’il était occupé à fouiller dans sa malle, Maître Od’Hun tournait le dos à la jeune Cathare. Contre le mur, au-dessus de sa tête, se trouvaient une ribambelle de sabres, entreposés-là. Ils avaient appartenu à d’autres Jedi et, par un concours de circonstances -souvent néfaste- ils avaient atterri ici.

          Mais là où toute personne ne se serait attardée que quelques instants sur les trois sabres apposés côte-à-côte, une personne suffisamment observatrice -ou guidée par la Force- pourrait voir ce que les autres ne voyaient pas : le vide. Car, à côté du troisième sabre se trouvait un emplacement inusité. L’agencement des objets autour ne pouvait laisser croire à une coquetterie de l’architecte d’intérieur, ni au fruit du hasard. Ce vide était bel et bien un manque, une anomalie.

          Récemment, quelqu’un avait dérobé un sabre-laser.


          Spoiler : HRP
          Pete Jeabro

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            #29

            Post n°29
            Auteur : Kryann

            Lorsque la jeune Cathar vit le vieil armurier s'avancer tout en fixant la lame rouge du sabre à peine construit, elle éteignit l'arme. Il ne fallait pas être grand devin ou fin psychologue pour se douter de tout le mal qu'il pensait de l'arme. Il suffisait de regarder sa mine déconfite et son air contrarié. Elle ne put échapper à une énième version de l'histoire de Dxun, afin d'expliquer au mieux d'où elle tenait ce cristal de sombre facture.

            Bien qu'elle sache parfaitement les risques encourus à porter une telle arme, elle était également consciente qu'elle n'avait pas réellement choisi. Elle n'était pas une experte, mais elle n'avait senti aucun mouvement dans la Force tel que celui qu'elle avait ressenti en empoignant ce cristal. Elle était persuadée, intimement, que ce cristal était le bon. Mais de là à faire comprendre aux Jedi, apeurés et reclus, qu'elle ne comptait pas l'utiliser à de mauvaises fins... Elle avait un premier test face à elle... Mais cela impliquait de trouver les mots justes.


            - Écoute, c’est mal vu, ici, ce genre de couleur. Ne sais-tu pas que le rouge est la couleur des Sith ? Si tu allumes cette lame n’importe où sur cette lune, tu risques de te retrouver transpercée sans même avoir le temps de dire « Que la Force soir avec vous ».

            Elle le regarda se dépêcher de fermer la porte puis se précipiter vers le mur du fond, fouiller dans les caisses.


            - J’ai quelques cristaux ici. Il doit bien y en avoir un qui te conviendra. Attends…

            Kryann affinait sa stratégie. Ses yeux balayaient la pièce alors qu'elle énumérait les arguments qu'elle avait à offrir. Jusqu'à ce que... Tiens ? Ses yeux s'étaient posés sur cet emplacement vide. Ces sabres étaient sans doute là pour une bonne raison -ou une mauvaise- mais il y avait un support inutilisé. Quel Jedi se séparerait volontairement de son arme ? Et comment pouvait-on anticiper cette perte ? Non, ça clochait. Trop d'inconnues, trop de variables.

            - Tiens. Regarde ceux-ci.


            Elle sortit de ses pensées pour regarde le vieil Od'Hun. Il avait sorti de sa boîte trois cristaux. Un vert, un bleu, un jaune.


            - Ils ne sont pas récents, et sont témoins d'un autre âge. Un âge où la couleur de ton sabre déterminait quel Jedi tu étais. Ce code de couleur n'a plus réellement lieu d'être désormais, l'on est le Jedi que l'on est sans se référer à son sabre. Le bleu pour les gardiens, le vert pour les consulaires, le jaune pour les sentinelles. Ainsi fonctionnait l'Ordre.

            Kryann posa son regard sur les cristaux. Ternis, mais bien présents dans la Force. Une certitude.


            - Il est plus sage pour toi de prendre l'un de ceux-ci. Tu y seras peut-être moins liée, mais plus en sécurité. Quant à ce cristal, il nous faudra le détruire, certainement.

            La Cathar inspira. La sécurité ? Sa main passa au dessus des cristaux alors qu'elle retenait sa respiration. Aucun ne "l'appelait" comme celui de Freeddon Nadd n'avait pu le faire. Mais ce n'était pas l'appel du Côté Obscur.

            - Maître Od'Hun, commença-t-elle, je vous suis gré de votre sollicitude mais... Vous l'avez dit vous-même. Le cristal n'est plus à l'image de ce qu'est le Jedi, dorénavant, c'est le Jedi qui fait usage de sa lame. Si le cristal, la lame et le Jedi ne font qu'un, comment pourrais-je... briser ce lien ? Alors même que je ne suis que novice ? Pour une histoire de couleur désormais ancienne, comme vous le dites.

            Elle comprenait le trouble. Mais elle qui cherchait à cacher ses émotions ne s'en défaisait pas à cet instant. Il y avait une réelle passion dans sa voix, de celles qui vous élèvent et vous transcendent. Non de celles qui vous consument.

            - J'ai vu le Côté Obscur et ses méfaits, Maître, sur Dxun. La couleur de la lame n'avait rien à y voir. J'ai pu y résister car d'autres m'ont montré la voie. J'ai compris sur Dxun que je n'étais pas seule, peu importait ce que j'étais.


            Elle baissa la voix en tournant son regard vers les sabre-lasers.

            - Ces sabres, au mur... Ce sont des armes de Jedi qui ont péri, n'est ce pas ? Elles ont chacune une histoire, un maître, que vous connaissez sans doute. Et pourtant... il en manque une, maître. Et personne n'a entendu parler d'une lame rouge. Je suis certaine que vous n'approuveriez pas un vol. Fut-il commis par l'un de nos frères avec une lame usuelle.


            Elle se tut. Elle avait déjà bien trop parlé. Mais elle avait pesé et pensé chacun de ses mots, sans aucun doute possible.

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              Auteur : Super PNJ

              - Cette histoire n’est pas si ancienne, répondit amèrement Maître Od’Hun.

              Il avait encore en mémoire la période très récente de l’Empire Sith. Bien que son isolement dans l’Armurerie l’avait tenu à bonne distance de tout seigneur Sith, il ne pouvait effacer la signification particulière d’un cristal rouge : la colère, le sang, la souffrance. En deux mots : le Côté Obscur.

              Réalisant qu’il avait parlé sèchement, les traits de Maôtre Od’Hun s’adoucirent. Il esquissa un pâle sourire et dit d’un air confiant :


              - Je vois que tu as appris certaines pensées de la philosophie Jedi. Mais justement, tu es une novice. Et là, tu joues avec le feu. D’ailleurs, je montrerais autant de réticence face au plus aguerri des maîtres, même envers Rylen Korr en personne !

              La dernière phrase du vieux Jedi était clair : il n’était pas prêt de changer d’avis. C’était même son rôle, en tant qu’armurier, de conseiller les jeunes Jedi dans la conception de leur sabre. Cela ne s’arrêtait pas aux aspects techniques, mais également à la philosophie rattachée à l’arme emblématique de l’Ordre. Car, même s’il s’agissait d’une arme, elle devait symboliser la paix. Et en cet instant, il ne la voyait nullement. Ni en la Cathare, ni en son sabre-laser.

              La conversation prit une toute autre tournure lorsque la jeune femme évoqua les sabres au mur. Et, surtout, celui qui ne s’y trouvait plus. En se retournant, Maître Od’Hun put voir que l’un d’entre eux n’était plus à sa place. Il observa un instant la scène, avant de se retourner de nouveau vers Kryann :


              - Qu’est-ce qui te dit qu’il s’agit d’un vol ?
              demanda-t-il. Peut-être l’ai-je confié à quelqu’un ? Ou alors tout simplement déplacé ?

              Il fit un pas pour se rapprocher de la jeune Jedi et lui fit remarquer de son ton bourru :

              - Tu vois ? Tu te lances dans des conclusions hâtives. Et c’est précisément là où je veux en venir. Pour porter un sabre-laser, tu dois disposer de la sagesse que cela implique. Et c’est pourquoi je pense vraiment qu’il serait plus sage que tu choisisses l’un de ces trois cristaux.

              Une nouvelle fois, Maître Od’Hun présenta à Kryann les cristaux bleu, vert et jaune. Ses paumes ouvertes mettaient à la disposition de la novice les trois alternatives qui s’offraient à elle. Dans la main droite se trouvait le cristal d’un bleu nuit. Une petite encoche sur un côté montrait qu’il avait déjà bien vécu. Pourtant, il n’avait toujours pas trouvé chaussure à son pied. Au milieu, aux doigts de l’armurier, figurait le cristal jaune. Sa couleur terne pouvait laisser penser à une boule de sève géante et irrégulière. Dans la paume gauche, le cristal vert n’était pas sans rappeler la couleur de la forêt entourant le Lac Fektur et les abords du sanctuaire.

              Derrière Kryann, la porte s’ouvrit. Dans son embrasure, une silhouette en bure se dessina. C’était Maître Nocasta, l’archiviste. Sans mot dire, elle se contenta d’observer la scène : l’armurier, les bras tendus, offrant à la Cathare de choisir un cristal. De son calme qui la caractérisait tant, elle s’abstint de tout commentaire. Elle salua Maître Od’Hun d’un signe de tête vif et se contenta de lâcher à destination de la Jedi :


              - Novice Kryann, veuillez me suivre.

              Puis elle tourna les talons et sortit de la hutte.

              Spoiler : HRP
              Pete Jeabro

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                #31

                Post n°31
                Auteur : Kryann

                Elle regardait encore les cristaux qui lui étaient présentés, sous l'injection du vieil armurier. Les prit un à un dans ses mains, les levant pour les observer à la lumière. Non, décidément, aucun n'avait d'intérêt ou ne trouvait grâce à ses yeux. Pour une seconde arme, peut-être... Mais pour l'heure, ceux-ci étaient aussi inertes que le premier cristal de quartz venu. Elle regarda l'arme toujours placée sur l'établi. Pouvit-il réellement la lui interdire ? Cela la briserait peut-être bien... En plus de remettre en cause son engagement auprès de l'Ordre. Cela, jamais !

                Elle commençait lentement à comprendre le cheminement. L'acquisition du cristal, sa perte de contrôle au combat, ce lien qu'elle sentait si fort entre elle et l'arme... Elle empoigna l'arme et la mit à sa ceinture, sous le regard désapprobateur de l'armurier. Elle avait choisi. A la fois son chemin et son destin. De toute façon, l'Ordre, ou plutôt ses représentants, la rejetait déjà largement. Un peu plus, ou un peu moins, cela ne changerait pas grand chose. Mais elle leur prouverait qu'ils avaient tort. Cette arme allait devenir un symbole. Son talisman. Tout ce qui menait au Côté Obscur pour elle était contenu dedans, aux dires de l'armurier. Soit, dans ce cas, elle le porterait fièrement, pour montrer qu'elle le maîtrisait. Elle ne la brandirait que lorsque le choix ne lui serait pas laissé.

                Ce n'était pas un défi qu'elle se lançait. Elle choisissait sa voie, lassée qu'elle était de ne pas contrôler totalement son destin. Elle n'était pas experte, mais pourquoi la Force l'aurait elle mise sur ce chemin si c'était pour qu'elle ne s'y engouffre pas ? Elle rabattit le vêtement sur l'arme, lorsque l'Archiviste en chef entra dans la salle.


                - Novice Kryann, veuillez me suivre.

                La voix avait claqué aux oreilles de Kryann, malgré le ton calme et posé. Comme une sanction. Pourtant, elle n'avait rien dit, fait aucun commentaire ni n'avait posé un regard plein de jugement. Alors pourquoi se sentait-elle soudain acculée ? Elle acquiesça avant de se diriger vers la sortie, quelques secondes après Nocasta. Néanmoins, la Cathar s'arrêta à l'entrée.

                - Vous vous êtes retourné pour constater, Maître Od'Hun. Merci pour vos précieux conseils. Je ferai honneur à votre enseignement.

                Elle n'attendit pas la réponse. Elle savait qu'elle avait raison. On ne vérifie pas lorsqu'on sait. Cela, elle en était persuadée. Ce sabre aurait du être à cette place. La Cathar emboîta le pas à l'Archiviste. Elle regrettait déjà d'avoir lancé ces quelques mots. On ne manquerait pas de les lui rappeler si elle avait tort.

                Consciente de la situation dans laquelle elle se trouvait, elle ne pipa mot pendant le voyage. Les yeux levés et fixés sur le dos de l'Archiviste, elle ne put pourtant pas ignorer quelques regards. Elle était redevenue cette bête curieuse qu'elle était au service du Hutt. Le bruit de ses actes à Ondéron avait couru, inévitablement, dans le microcosme de l'Ordre. Tout comme, à l'époque, avait couru le bruit qu'elle avait frappé à de nombreuses reprises un autre Novice. C'était impossible d'y échapper. A un moment ou l'autre, la rumeur lui revenait aux oreilles.
                Kryann soupira, tout en marchant. Nocasta la menait sans mot dire, à travers les huttes, jusqu'aux Passerelles. Elle s'arrêta quelques instants au moment de s'engager sur celles-ci.

                Comme elle le faisait à chaque fois, pour admirer les grands arbre d'Endor. Majestueux et sombres à la fois, ils cachaient tant de trésors et de menaces inconnus. Les voir faisait ressurgir ses instincts de Cathar, ceux qui lui disaient de prendre sa lame et d'aller confronter les Reines Kiltik. Ces instincts qui entraient en conflit direct avec le début de formation Jedi qu'elle avait. Ces instincts qui se heurtaient à sa volonté nouvelle de ne pas lever son arme.

                La question vint à elle naturellement. Elle savait les Cathars naturellement enclins à la chasse. Mais elle savait également qu'un certain nombre d'entre eux avaient suivi la voie des Jedi. Comment avaient-ils pu concilier les deux ? Le simple fait de commencer à combattre lui faisait perdre tout sens commun et la faisait dangereusement basculer, qu'adviendrait-il en cas de conflit plus intense ? Plus trouble ? Tant de questions, si peu de réponses... Et surtout, si peu de personnes pour y répondre. Elle savait que l'horloge tournait pour elle. Que bientôt, il lui faudrait être choisie par un Maître pour devenir Padawan, ou sortir de l'Ordre. C'était ainsi que les choses fonctionnaient. Elle l'avait lu dans un ouvrage.

                Elle revint à elle, et aux Passerelles. Sur lesquelles se trouvait une Nocasta qui semblait l'attendre. Elle se remit en marche.

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                  #32

                  Post n°32
                  Auteur : Kath Aplazm

                  RP Précédent.


                  Le cristal est le cœur de la lame.

                  Le cœur est le cristal du Jedi.

                  Le Jedi est le cristal de la Force.

                  La Force est la lame du cœur.

                  Tous sont entrelacés :

                  Le cristal, la lame, le Jedi ne font qu’un.


                  Voilà les mots pompeux qu'avait prononcé ce Jedi borgne et bourru, aux dehors peu engageants. L'homme tenait l'armurerie du Sanctuaire, qu'on avait présenté à Kath comme le lieu incontournable pour les novices désireux de poursuivre leur formation Jedi. De prime abord, on aurait dit un taudis avec toutes ces caisses, ces vis, ces étagères. Mais le lieu dégageait une atmosphère étrangement solennelle, quoique vivace. Son cerbère, le maître Od'Hun, avait accueilli Kath en fronçant les sourcils et en lui récitant son poème, comme à tous les étudiants qui entraient dans cette chambre pour la première fois.
                  En d'autres temps, l'Alderaani aurait instantanément oublié les paroles prononcées par le vieil homme. Mais pas cette fois. Le cristal, le coeur, la lame. Ces mots s'entrelaçaient dans son esprit, se mêlaient aux paroles d'Elyna Faràn, aux réflexions que le novice s'était faites depuis qu'il avait quitté la chambre du Conseil. Il n'oubliait pas ses camarades tombés : il leur rendait hommage en poursuivant la route qui le mènerait vers le Jedi idéal.

                  - Je comprends, maître
                  , avait-il dit avec respect en s'inclinant. Il s'attendait à une remontrance, il reçut plutôt un cours détaillé de l'anatomie des sabres laser. Le borgne barbu parlait vite dans sa barbe blanche, il connaissait son métier. La passion se sentait dans sa voix gutturale.

                  Il fallut plusieurs jours à Kath pour tout intégrer. Il revenait chaque jour avec assiduité, complétant ensuite sa leçon de la matinée avec un après-midi de lecture. Il ne retenait pas tous les noms propres et termes techniques qu'il lisait dans la bibliothèque du Sanctuaire, mais la plupart de sa documentation lui rappelait des passages de ses entrainements avec Nass ou Olorin. Shaela Nuur, le Terentatek, Ossus, la Guerre des Sith... l'histoire de l'Ordre lui passait un peu au-dessus de la tête. Il se surprit quand même à se passionner pour le récit romantique d'un jeune homme nommé Qel-Droma, qui voulait tellement faire le bien qu'il finit par faire le mal. Il s'intéressait plutôt aux aspects plus concrets de l'enseignement, comme par exemple ces dessins scientifiques de la faune et de la flore d'une lointaine planète appelée 'Ilum', reproduits sur des pages jaunies. Il ajusta son trait en les imitant ; sa main avait perdu en assurance depuis quelques mois mais le dessin était toujours l'une de ses qualités.

                  Chiffonnant un morceau de papier sur lequel il avait représenté très peu fidèlement le profil arkanien du légendaire maître Arca Jett un peu plus tôt la veille, Kath pénétra encore un fois dans l'armurerie, un matin. Il venait d'achever la lecture d'un ouvrage fort intéressant que lui avait prêté l'excédé Od'Hun, intitulé "Le sabre-laser expliqué aux personnes âgées ". Cela avait fini par le mener à un mode d'emploi de nombreuses armes laser. Il n'y comprenait toujours rien, mais comme un maître lui avait assuré que "la Force lui montrerait le chemin", il avait pris confiance en ses capacités et se présentait maintenant devant un maître Od'Hun fatigué pour enfin commencer la fabrication de sa propre arme, persuadé que rien ne pourrait lui arriver. Après deux bonnes semaines de questions fatigantes et de réflexions sans intérêt, il était temps.

                  Il déchanta très vite devant le nombre de boulons, de pièces métalliques et de ressorts à assembler. Il passa la journée à trier les bons composants, avant de comprendre qu'Od'Hun le menait en bateau et se servait de lui pour ranger son atelier. Le maître avait du se dire qu'il ne serait pas le seul à perdre son temps dans cette histoire.
                  Kath joua néanmoins le jeu, tentant tant bien que mal de mettre la main sur un cristal, pièce manquante dans sa projection intellectuelle de son futur sabre et pourtant clef de voûte de son chemin expiatoire. En fin de journée, il finit par demander à son maître ce qu'il en serait desdits cristaux, le "cœur de la lame".

                  - Ah! lui répondit en ricanant le vieux Jedi. Maître Faràn m'a dit que tu ne savais pas encore à quoi t'en tenir dans ton enseignement. J'ose espérer que cette question n'est pas innocente, que tu as fini de tergiverser ?

                  Kath faillit s'offenser, mais l'interrogation du maître était somme toute légitime. Quel intérêt aurait-il à construire une arme Jedi s'il ne désirait pas suivre cette voie ? Et quel intérêt l'Ordre aurait-il à se séparer de ses précieux cristaux dans ce cas ? Le novice peina à trouver une explication. Il préférait éviter tout faux-semblant en présence des maîtres. L'honnêteté lui allait mieux que le mensonge.

                  - Maître Faràn m'a conseillé de réfléchir et de méditer sur ma décision. Mes réflexions de ces derniers jours n'ont pas vraiment abouti, même si j'ai l'impression d'avoir progressé. Alors... je ne sais pas. Mais maître Faràn m'a aussi conseillé de suivre mon cœur. Je n'arrive plus à l'écouter... la Force me dit qu'il me manque quelque chose, que ce qui st en moi est incomplet. Ce n'est qu'en comblant ce vide que je pourrai écouter mon cœur et trouver le chemin au milieu des ténèbres.

                  Od'Hun ricana de plus belle. Allons bon. Kath savait bien qu'il donnait l'impression de parler comme un livre, à moins qu'il ressemble plus à un adolescent torturé entre les émotions amenées par une puberté tardive. Il tenta de rectifier le tir:

                  - Je veux continuer à suivre l'enseignement de l'Ordre, comme je l'ai dit au Conseil. Cela implique de me tester quotidiennement par des exercices intellectuels, de la méditation,... mais aussi par des combats au sabre. Si je veux être aussi puissant que vous...

                  Kath savait que la flatterie ne le mènerait nulle part.

                  - Si je veux pouvoir être digne de rejoindre le rang des Chevaliers Jedi, je dois pouvoir me servir de leur arme pour me défendre et défendre les autres. Après, peut-être que toute ma vie je ne reconnaitrai jamais être un Chevalier tout en agissant comme l'un d'entre eux mais je ne sais pas trop si ça change grand chose à la situation...

                  - ma foi, c'est une drôle de façon de voir les choses.

                  Od'Hun éclata d'un rire sonore. Kath s'en voulait d'avoir prononcé ces mots maladroits. il était bien clair qu'il ne savait pas lui-même où il allait et qu'il n'attendait qu'un coup de pouce du destin pour s'engager. En cela, il ferait un bien piètre zélote. Mais la na¨veté de sa démarche et la pureté de ses intentions avaient du suffire à convaincre l'armurier, car celui-ci lui pointa du doigt une rangée d'armoire au fond de la salle. Derrière d'épaisses plaques de duracier, le novice distingua un faible éclair de lumière.

                  - Il ne reste plus que des Adegan. Diverses couleurs. Autrefois, elles correspondaient à l'une ou l'autre fonction dans l'Ordre. Si tu veux plus d'informations sur ces rôles, demande à Maître Zaun, il adore en parler. Aujourd'hui, retiens juste que la couleur est surtout symbolique et que ce qui importe, c'est que tu écoutes la Force. Les mots 'Sentinelle', 'Gardien' ou 'Consulaire' ne résonnent pas dans ta tête creuse de toute façon, hein, novice Aplazm ?

                  Kath rit de bon cœur à la moquerie du vieux maître. Il savait maintenant qu'Od'Hun ne se serait pas permis de le taquiner gratuitement, qu'il ne disait que la vérité. Si l'Alderaani s'offusquait de ces paroles, ce ne serait qu'une réaction d'orgueil mal placé. Oui, il ignorait ce que la couleur d'un cristal pouvait bien avoir à faire avec une quelconque voie dans l'Ordre. Nass avait porté une lame verte parce que sa peau était de cette couleur, Saecha un sabre violet parce qu'elle avait le même teint. Dans son esprit, cela n'allait pas plus loin que cela.

                  - Concentre-toi, eh ! Et choisis bien, tu n'auras pas de deuxième essai.

                  Od'Hun adressa une petite claque sur le dos de Kath de sa main mécanique. Le novice s'avança, un peu penaud, prit une grande inspiration, puis recula afin de trouver une position depuis laquelle il avait vue sur toute l'étagère. Après deux minutes à fixer un point dans le vide, il se ressaisit.
                  Con-cen-tra-tion.


                  Il ferma les yeux. Son esprit visualisa le sol, les murs, le plafond, la présence de maître Od'Hun se mouvant dans l'espace autour de lui. La pore qui menait à l'extérieur, les passerelles, les huttes, le Sanctuaire et les arbres au-dessus du Lac Fektur. Le ciel chargé de feuilles emportées par les bourrasques d'un vent trop frais pour la saison. Est-ce que son esprit se souvenait de l'atmosphère de la matinée, ou la Force lui transmettait-elle tout cela ? Ses tempes battaient. Il voyait la route, le chemin vers la Montagne. Tout s'accélérait. Le fleuve Chuurelung, les ténèbres, la sortie des tunnels, les rapides, la jungle, la savane. Il haletait mais arriva à la fin de son voyage. Il y avait un sabre au milieu d'un champ de cendres. Il n'en distinguait pas la forme, qu'il croyait changeante. Tantôt fin et ciselé, le métal se faisait l'instant suivant rêche et brut, puis ouvragé et noble. Il attira la poignée à lui, à moins qu'elle ne l'attirât à elle.
                  Il appuya sur le déclencheur. Rien.


                  Il ouvrit les yeux. C'était comme les rêves qu'il avait fait les jours précédents. Il lui manquait quelque chose.

                  - Hm ..? Tu as besoin de quelque chose, peut-être ?

                  - J'ai besoin d'un cristal pour faire fonctionner le sabre, oui.

                  - Que veux-tu accomplir avec ce sabre ?

                  - Je veux devenir le Jedi idéal, celui qui m'a poussé à entreprendre ce voyage.

                  - Et que fait ce Jedi ?

                  - Il écarte les ténèbres, chasse les ombres, répand la lumière sur les peuples.


                  Un éclat lumineux aveugla soudain Kath, qui esquissa un mouvement de recul. Il mit les mains devant son visage pour se protéger, mais la lumière vive n'agressait pas sa rétine. Au contraire, elle le calmait. Il sentait son éclat dans tout son être. Pas à pas, il s'approcha de son origine, tendit le bras au milieu des cristaux. Ils étaient si petits, il aurait pu en saisir cinq dans une seule main. Mais ses doigts n'en rencontrèrent qu'un seul. Au moment de le toucher, la lumière s'estompa. Kath s'arrêta net, regarda Od'Hun derrière lui, qui n'avait pas bougé et s'affairait dans son coin. Avait-il vu ce qui venait de se passer ? Avait-il entendu ces mots prononcés par Olorin ? Non, bien sûr que non. Tout cela se passait dans la tête de l'Alderaani.

                  Kath grimaça puis sourit. Avait-il réussi ? Dans la paume de sa main, il examina le petit morceau de minerai clair. Alors donc, ce simple caillou était tout ce qu'il fallait pour faire fonctionner l'arme légendaire des Jedi ? Après tout, pourquoi pas, ça n'avait pas moins de sens que voir des Ewoks chevaucher des Gaupas.

                  Qu'est-ce que c'était que ce charabia sur la chasse aux ombres ? Aspirait-il vraiment à devenir ce Jedi-là ? Kath écouta le murmure du vent, muet. Kath écouta la Force, qui le pointa vers le battement d'un tambour proche. Kath écouta son cœur et sut que c'était ce qu'il désirait. Devenir ce Jedi qui chasserait les ténèbres de son cœur et de celui des autres. Pas par la guerre, cela avait déjà échoué pour lui. Pas par la ruse, cela aussi s'était révélé être un échec. Il y avait d'autres moyens d'influencer les autres.

                  - Oh-ho. Consulaire ? Qui l'eut cru.

                  Kath ne prêta pas oreille au marmonnement d'Od'Hun. Sa poitrine battait maintenant à tout rompre. Il avait son cristal ! Le sien ! Son éclat d'un vert brillant était magnifique, son aspect rude par endroit rendait son toucher irrégulier. Kath sourit béatement en tombant assis sur une chaise, le regard toujours figé sur le cristal.
                  Il resta comme cela à contempler le petit minerai pendant une heure, jusqu'à ce que l'armurier général le congédie. Il reviendrait demain quand il serait remis de ses émotions vives. Et cette fois-ci, avait ajouté Od'Hun, il devrait enfin se mettre à l'ouvrage. Les vis n'allaient pas se monter toutes seules !


                  * * *


                  Il était presque nuit quand Kath apporta la touche finale à son ouvrage, tard le lendemain. Il avait manqué de le faire exploser une ou deux fois, mais avec les conseils avisés de l'instructeur et ses cris agacés, il était parvenu à un résultat satisfaisant. Restait à parfaire le tout du fameux cristal. Kath avait dormi avec lui, l'avait serré fort contre lui, comme s'il y tenait plus qu'à sa propre vie. Pourtant, ce n'était qu'un caillou, un vulgaire caillou. Mais il représentait bien plus que cela : ce qui lui manquait. Ce cristal, c'était l'espoir, c'était le cœur.

                  Le cristal est le cœur de la lame. En plaçant le petit objet dans son emplacement, Kath se brûla les doigts sur la cellule à énergie. Cela valait le coup, il était bien en place. Quelques coups malhabiles de tournevis plus tard, son œuvre ressemblait à un sabre laser tout ce qu'il y avait de plus banal. Il avait assemblé ses composants à la main, sans s'aider de la Force comme c'était recommandé, d'une part parce qu'il ne pensait pas y arriver, d'autre part parce qu'il aimait avoir les mains occupées pour ne pas trop laisser ses pensées papillonner trop loin. Con-cen-tra-tion.

                  Il recula et s'éloigna de l'établi, lançant un sourire satisfait à Od'Hun qui le fusillait du regard, lui indiquant tacitement de déguerpir pour lui permettre de fermer la boutique. Le novice ignora cet avertissement muet et se saisit de son nouvel artefact. En le regardant de plus près, il lui distingua des similitudes avec ces sabres qu'il avait vu en songe : la garde était droite et lisse, comme celle du sabre de maître Nass; la poignée très légèrement courbée, percée de légères entailles qui rappelaient des tatouages étranges, comme ceux du sabre de Saecha. Le reste était de sa propre conception, à moins qu'il ne se soit lui-même inspiré de ce sabre qu'il avait légué à Woopee. Un bel ouvrage, à n'en point douter. Le Gungan aurait-il été fier de lui ?

                  Kath appuya sur le déclencheur. Rien. Il grogna en fronçant les sourcils et répéta son geste une fois, deux fois. Il relâcha la pression sur le pommeau métallique et ferma les yeux, tentant de calmer sa frustration et sa colère. Un bruit strident lui perça les tympans.

                  - Eh, attention !

                  Devant ses yeux de nouveau grand ouverts, il aperçut Od'Hun rattraper une étagère qui commençait à s'effondrer, un pied tranché net. La scène burlesque du maître armurier jurant dans toutes les langues était éclairée d'une lueur vert émeraude. Dans les mains de Kath, l'arme tremblait, vivante, hurlante. Il fit bouger la lame de droite à gauche, écoutant son vrombissement, fasciné. Il avait réussi ? C'était lui, ça ?

                  - La claaaasse...

                  - Hors de ma vue, l'ahuri ! Du balai ! Bon sang... il y a des choses qui ne changeront jamais !


                  Kath frotta son postérieur douloureux après l'immense coup de botte que lui asséna Od'Hun pour le flanquer hors de la Salle des Cristaux. Aïe. Il savait cependant que l'armurier n'était pas en rogne : il avait vu son sourire et l'étincelle dans son œil valide. Od'Hun venait-il d'assister à un évènement historique ? Kath Aplazm avait réellement entamé son ascension au sein de l'Ordre. Pour le meilleur et pour le pire.

                  HRP: Création du sabre de Kath et ajout à son casier. Enfin !
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                    Post n°33
                    Auteur : Kaelan Voss

                    - I -

                    Le Crystal


                    Le chemin vers l'armurerie lui sembla à la fois trop court et interminable. Kaelan descendit les marches de l'escalier en spirale, son esprit encore engourdi par ce qui venait de se passer. Novice Kaelan Voss. Elle répéta mentalement ces mots comme un mantra, essayant de se convaincre qu'ils étaient réels, qu'elle ne s'était pas simplement endormie dans les ruines de Hoth pour rêver tout cela.

                    Quelques Jedi qu'elle croisa sur les passerelles la saluèrent d'un hochement de tête, comme s'ils savaient déjà ce qui s'était produit dans la chambre du Conseil. Peut-être que la Force leur avait murmuré la nouvelle. Ou peut-être que dans un endroit aussi petit que le Sanctuaire, les informations voyageaient vite. Elle se demanda brièvement s'il existait une version Jedi des commérages de cantina, puis chassa cette pensée absurde. Un jeune Padawan, il ne devait pas avoir plus de quatorze ans, la croisa en sens inverse et lui adressa un sourire encourageant.
                     
                    "Félicitations, Novice," dit-il simplement avant de continuer son chemin. Kaelan le regarda s'éloigner, encore sous le choc d'être appelée ainsi par quelqu'un d'autre.

                    Elle suivit les indications qu'un autre jeune Padawan lui donna gentiment, décidément, tout le monde semblait savoir où elle devait aller, et se retrouva bientôt devant l'entrée de l'armurerie. Le bâtiment était plus petit que les autres structures du Sanctuaire, mais dégageait une aura de solidité et de fonction qui contrastait avec l'aspect presque organique des autres bâtiments intégrés aux arbres. Des bruits métalliques résonnaient de l'intérieur, accompagnés du bourdonnement caractéristique d'outils énergétiques et de ce qui ressemblait à... un juron étouffé ? Kaelan n'en était pas sûre.
                    Elle inspira profondément, lissant nerveusement sa tunique poussiéreuse, elle n'avait pas vraiment eu le temps de se changer depuis Hoth, et franchit le seuil.

                    L'intérieur de l'armurerie était un mélange organisé d'établis, d'outils suspendus aux murs avec une précision presque maniaque, et de composants divers soigneusement rangés dans des casiers transparents étiquetés dans plusieurs langues. L'odeur du métal chauffé et de l'ozone flottait dans l'air, mêlée à celle, plus subtile, d'huile lubrifiante. Au fond de la pièce, un homme se tenait penché sur un établi, examinant ce qui semblait être un mécanisme de sabre laser à moitié démonté. Il marmonnait quelque chose dans sa barbe, ou son absence de barbe, car il était étonnamment glabre pour quelqu'un qui semblait avoir vécu plusieurs vies.

                    Lorsqu'il releva la tête et se tourna vers elle, Kaelan dut faire un effort conscient pour ne pas reculer d'un pas, ce qui aurait été embarrassant étant donné qu'elle était encore sur le seuil.

                    Maître Od'Hun était... impressionnant, dans le sens le moins rassurant du terme. Le genre d'impressionnant qui fait qu'on se demande si on ne devrait pas revenir plus tard. Ou peut-être jamais. Borgne, avec un cache sombre couvrant son œil manquant , se déplaçait avec l'aide d'une jambe bionique dont le mécanisme émettait un léger cliquetis à chaque pas, comme un métronome légèrement désaccordé. Sa main droite montrait l'absence de deux doigts. Et son visage, buriné par les années et les épreuves, semblait sculpté dans du duracier et était dénué de toute trace de sourire. Kaelan eut la désagréable impression qu'il avait oublié comment sourire il y a environ vingt ans et n'avait jamais jugé utile de réapprendre.

                    "Encore une" grommela-t-il. Il posa l'outil qu'il tenait et se redressa complètement. Il était plus grand qu'elle ne l'avait pensé. Beaucoup plus grand. "Laisse-moi deviner. Le Conseil t'a acceptée et t'envoie directement ici pour ton cristal."

                    "Oui, Maître Od'Hun. Je suis Kaelan Voss."

                    "Je sais qui tu es," répondit-il sèchement, son œil unique la dévisageant avec une intensité qui la fit se sentir comme un insecte sous une loupe. Un insecte particulièrement décevant. "Tout le monde sait. La fille de Kajimi que Eremig a ramenée de Hoth." Il boita jusqu'à elle, son regard unique la scrutant de haut en bas comme s'il évaluait un morceau de ferraille qu'on venait de lui livrer. "Trop vieille pour l'entraînement traditionnel, mais bon, c'est pas moi qui décide. Je suis juste l'armurier général de l'Ordre."

                    Il prononça son titre avec une pointe d'ironie amère, comme si c'était une plaisanterie dont lui seul connaissait la chute. Kaelan se demanda brièvement quelle était l'histoire derrière cette amertume, mais décida sagement de ne pas poser la question.

                    "Viens," ordonna-t-il en se dirigeant vers une porte au fond de l'armurerie "Si tu dois choisir un cristal, autant ne pas perdre de temps. J'ai trois sabres à réparer, un condensateur énergétique qui menace d'exploser si je le regarde de travers, et un Padawan qui reviendra dans une heure pour récupérer son arme. Alors on y va."

                    Kaelan le suivit, intimidée malgré elle. Sur Kajimi, elle avait affronté des contrebandiers qui auraient vendu leur propre mère pour un crédit, des mercenaires Trandoshans avec plus de cicatrices que de bon sens, et des criminels de toutes sortes qui considéraient la violence comme une forme d'art. Elle n'avait jamais cillé face à eux. Mais quelque chose dans l'attitude de ce vieux Jedi blessé et bourru la mettait mal à l'aise d'une façon qu'elle ne parvenait pas à définir. Peut-être était-ce la façon dont il semblait voir au-delà des apparences, comme s'il pouvait lire son passé dans les rides prématurées de son visage. Ou peut-être simplement son air perpétuellement mécontent, comme si l'univers entier l'avait personnellement offensé et qu'il n'avait pas fini de lui faire payer.

                    Od'Hun s'arrêta devant une porte plus petite, marquée de symboles Aurebesh que Kaelan reconnut comme signifiant quelque chose comme "Salle des Cristaux".

                    "Avant qu'on entre," dit Od'Hun en se tournant vers elle, "je vais te dire quelque chose que le Conseil a probablement oublié de mentionner dans leur discours inspirant."

                    Kaelan attendit, retenant son souffle.

                    "Ce qui va se passer là-dedans, c'est pas de la magie. C'est pas du destin. C'est pas les étoiles qui s'alignent ou la volonté cosmique de la Force." Il tapota la porte du bout de ses doigts restants. "C'est une connexion. Une résonance. Entre toi et un morceau de minéral cristallin qui a passé des millénaires à exister sans se soucier de personne. Si ça marche, tant mieux. Si ça marche pas..." Il haussa les épaules. "Eh bien, on trouvera une solution. On en trouve toujours."

                    "C'est... rassurant ?" tenta Kaelan, ne sachant pas trop quoi répondre à ce qui ressemblait à la fois à un encouragement et à un avertissement.

                    Od'Hun émit un son qui aurait pu être un rire ou un grognement. Probablement les deux.

                    "Rassurant." Il secoua la tête. "Gamine, si tu cherches du réconfort, tu t'es trompée de porte. Mais si tu cherches la vérité, alors tu es au bon endroit."

                    Il ouvrit la porte, révélant une pièce beaucoup plus petite que l'armurerie principale mais infiniment plus... vivante.. Les murs étaient tapissés de niches et d'étagères où reposaient des dizaines, peut-être des centaines de cristaux de toutes tailles et de toutes teintes imaginables. Certains brillaient doucement dans la pénombre comme de petites étoiles captives, émettant une lueur bleutée, verte, ou parfois d'un violet profond. D'autres semblaient complètement inertes, ternes et opaques comme de simples cailloux.
                     
                    "Certains trouvent leur cristal immédiatement," informa Od'Hun. "Genre, ils entrent, tendent la main, et bam. C'est fait. Ceux-là sont soit incroyablement chanceux, soit..." Il laissa sa phrase en suspens, haussant les épaules d'une manière qui suggérait qu'il préférait ne pas spéculer.

                    "Bref. " Il se détourna légèrement, comme pour lui donner plus d'intimité. "Fais appel à ton instinct, comme ils ont dû te le dire. Ouvre-toi à la Force. Et surtout..." Il la fixa intensément, et pour la première fois, Kaelan vit quelque chose qui ressemblait à de la sollicitude dans son œil unique. "N'essaie pas de forcer les choses. Si tu essaies de contrôler, de manipuler, de vouloir trop fort, tu n'aboutiras à rien. La Force ne se plie pas à la volonté, gamine. Tu dois t'y abandonner. Lâcher prise."

                    Kaelan déglutit et hocha la tête. Elle observa la pièce, ses yeux balayant les rangées de cristaux qui semblaient l'observer en retour, attendant, jugeant peut-être. C'était ridicule, bien sûr. Les cristaux n'avaient pas d'yeux. Ils ne pouvaient pas la juger. Et pourtant...

                    "Je... par où dois-je commencer ?" demanda-t-elle, sa voix plus hésitante qu'elle ne l'aurait voulu. Elle détestait paraître faible, indécise, mais face à cette pièce emplie de possibilités et d'histoires anciennes, elle se sentait minuscule.

                    Kaelan resta immobile un instant, dépassée par l'ampleur de ce qui lui était demandé. Ce n'était pas comme choisir une arme dans un arsenal. Ce n'était pas comme sélectionner un outil dans une boîte. C'était... personnel.
                     
                    Puis elle se souvint des paroles de Maître Melchior, ces mots étranges qui résonnaient encore dans son esprit. Le cristal est le cœur de la lame. Le cœur est le cristal du Jedi. Elle ne comprenait pas encore totalement ce que cela signifiait, mais elle sentait que c'était important.
                     
                    Elle ferma les yeux et inspira profondément, laissant l'air frais de la salle emplir ses poumons. Puis elle expira lentement, essayant de reproduire ce qu'elle avait fait dans la chambre du Conseil. Oublier le monde extérieur. Oublier Od'Hun qui l'observait de son œil unique avec ce mélange de scepticisme et de curiosité. Oublier ses doutes et ses peurs, la peur d'échouer, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur que tout cela ne soit qu'un rêve cruel dont elle allait se réveiller. Se concentrer uniquement sur elle-même et sur cette énergie mystérieuse qu'elle avait ressentie toute sa vie sans vraiment la comprendre.
                    Au début, il n'y eut rien. Juste l'obscurité de ses paupières closes et le battement régulier de son cœur qui semblait étrangement fort dans le silence de la salle. Elle pouvait entendre sa propre respiration, le léger cliquetis de la jambe bionique d'Od'Hun alors qu'il se déplaçait imperceptiblement. Le bourdonnement lointain de l'armurerie principale. Trop de sons. Trop de distractions.

                    Lâche prise, se dit-elle. Arrête d'essayer.

                    Elle inspira à nouveau, plus profondément cette fois, et imagina que tous ces sons, toutes ces pensées parasites s'évacuaient avec son expiration, comme de la fumée dispersée par le vent.

                    Et puis, lentement, quelque chose commença à se manifester.

                    Une sensation, faible au début, comme le bruissement de feuilles qu'on entend sans vraiment y prêter attention. Elle ne venait d'aucune direction précise, mais semblait émerger de partout à la fois, de la pièce elle-même, des cristaux, de l'air, peut-être même d'elle.
                     
                    Ses pieds se mirent en mouvement presque d'eux-mêmes. Elle avança les yeux toujours fermés, guidée par cette sensation qui se faisait de plus en plus forte, de plus en plus insistante, de plus en plus... juste. Elle ne trébucha pas, ne heurta aucun obstacle, comme si ses pas étaient guidés par une main invisible. Sa main droite se tendit, tâtonnant dans le vide avec une confiance qu'elle ne se connaissait pas, jusqu'à ce que ses doigts effleurent quelque chose de froid et de lisse.

                    Au moment où sa peau entra en contact avec la pierre, Kaelan sentit une décharge d'énergie la traverser de la tête aux pieds. Des images fragmentées défilèrent dans son esprit à une vitesse vertigineuse, Kajimi sous la neige éternelle, ses rues sombres et ses habitants plus sombres encore. Sa mère, une femme dont elle se souvenait à peine mais dont elle sentait soudain l'absence avec une acuité déchirante. Les ruines de Hoth, froides et silencieuses, remplies d'échos de vies passées. Le visage d'Eremig, souriant, bienveillant. Le Sanctuaire vu d'en haut, comme si elle volait au-dessus de la canopée.
                    Et puis... d'autres choses. Des visions qu'elle ne comprenait pas. Des lieux qu'elle n'avait jamais vus, un désert brûlant sous trois soleils, une forêt de cristal où chaque arbre chantait une note différente, une ville flottante au-dessus de nuages toxiques. Des gens qu'elle ne connaissait pas, un vieil homme au visage sage, une jeune fille aux yeux violets, un guerrier couvert de cicatrices. Étaient-ce des souvenirs du cristal lui-même ? Ou des visions du futur, de ce qui pourrait être ?

                    Elle rouvrit brusquement les yeux, haletante, comme quelqu'un qui remonte à la surface après avoir manqué de se noyer. Son cœur battait la chamade, et elle dut s'appuyer contre l'étagère la plus proche pour ne pas tomber. Elle baissa le regard vers sa main, et pendant un instant, elle ne vit rien. Puis ses yeux firent la mise au point.

                    Dans sa paume reposait un cristal de taille moyenne, d'une teinte légèrement argentés qui semblaient renvoyer la lumière blanche, comme de la glace captant les rayons d'un soleil lointain. C'était comme si ce cristal l'avait attendue pendant des années, peut-être des décennies, peut-être même des siècles, attendant patiemment qu'elle trouve son chemin jusqu'à cette salle, jusqu'à ce moment précis.

                    Kaelan se retourna vers Od'Hun, le cristal serré dans sa main comme le trésor le plus précieux qu'elle ait jamais possédé, et c'était probablement le cas. Le vieil armurier l'observait, et pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, elle crut voir quelque chose qui ressemblait presque à de l'approbation dans son œil unique. Ou peut-être était-ce juste de la surprise. Avec lui, c'était difficile à dire.

                    "Maintenant vient la partie difficile." conclua Od’Hun

                    "La partie difficile ?" répéta-t-elle, un peu inquiète. "Trouver le cristal n'était pas la partie difficile ?"

                    Od'Hun s'arrêta et se tourna vers elle, et cette fois, elle était certaine de voir un sourire.

                    "Trouver le cristal ? C'était la partie romantique. La partie spirituelle. Celle où la Force fait tout le travail pendant que tu restes là les yeux fermés à avoir des visions." Il tapota son établi principal en retournant dans l'armurerie. "Maintenant, on passe à la partie où toi tu fais le travail. La construction."

                    - II -

                    Le Sabre



                    Il désigna un établi vide près du sien, déjà équipé de divers outils et composants soigneusement organisés. Kaelan s'approcha, examinant les pièces avec un mélange de fascination et d'appréhension. Elle reconnaissait certains composants, des cellules énergétiques, des circuits, des lentilles de focalisation, mais d'autres lui étaient totalement inconnus.

                    "Tu as déjà construit quelque chose de complexe ?" demanda Od'Hun en s'installant à son propre établi, reprenant le mécanisme de sabre qu'il avait laissé plus tôt.

                    "J'ai... j'ai réparé des choses sur Kajimi," répondit Kaelan hésitante. "Des speeder bikes, un générateur d'énergie une fois. Mais rien d'aussi... " Elle chercha le mot juste. "Précis que ça."

                    Od'Hun grogna et continua à travailler sur son propre projet. "Un sabre laser n'est pas juste une arme, gamine. C'est une extension de toi-même. Chaque composant doit être placé avec intention. Chaque connexion doit être faite avec conscience." Il leva les yeux vers elle. "Ce n'est pas un travail que tu peux faire mécaniquement mais tu dois être avec la Force pendant que tu construis."

                    La jeune femme de Kajimi fronça les sourcils. "Comment est-ce que je suis censée... ?"

                    "Tu verras." Od'Hun fit un geste vers l'établi. "Assieds-toi. Commence par examiner les composants. Familiarise-toi avec eux. Le boîtier, la cellule énergétique, le module d'émission, la lentille de focalisation, le cristal ... enfin ton cristal et tous les petits connecteurs qui font que tout ça marche ensemble au lieu d'exploser dans ta main."

                    Kaelan s'assit prudemment, posant le cristal sur l'établi devant elle avec révérence. Puis elle commença à examiner les autres composants, les prenant un par un, les soupesant, essayant de comprendre leur fonction.

                    "Le boîtier," expliqua Od'Hun sans lever les yeux de son propre travail, "doit être choisi en fonction de ta main. Trop grand, et tu perdras en maniabilité. Trop petit, et il sera difficile à tenir dans un combat prolongé. Il y en a plusieurs là-bas." Il pointa vers une étagère.

                    Kaelan se leva et examina les différents boîtiers. Il y en avait de toutes tailles, de tous styles, certains élégants et minimalistes, d'autres ornés de gravures complexes, d'autres encore pratiques et fonctionnels. Elle en prit plusieurs, les tenant dans sa main, testant leur poids et leur équilibre. Finalement, elle en choisit un de taille moyenne, au design simple mais solide, avec une légère courbure qui épousait naturellement la forme de sa paume. Il n'était pas le plus beau, mais il semblait... le plus naturel pour elle.

                    "Bon choix" grommela Od'Hun quand elle revint.

                    Kaelan sourit malgré elle. Venant d'Od'Hun, c'était probablement l'équivalent d'un éloge enthousiaste.

                    "Maintenant," continua l'armurier, "la cellule énergétique. C'est le cœur technique de ton arme, le cristal canalise la Force, mais la cellule fournit l'énergie brute." Il lui tendit une petite cellule cylindrique.

                    Les heures suivantes se déroulèrent dans une sorte de transe concentrée. Od'Hun la guidait à travers chaque étape, expliquant la fonction de chaque composant, montrant comment les assembler, mais laissant toujours à Kaelan le soin de faire le travail elle-même. Il ne touchait jamais directement aux pièces, se contentant de pointer, de corriger, de grommeler quand elle faisait une erreur et très rarement de grogner de satisfaction quand elle faisait quelque chose correctement.

                    Kaelan était désormais occupé à mettre en place le module d'émission, manipulant le petit module avec précaution. Ses doigts, habitués aux réparations grossières de Kajimi, apprenaient lentement la délicatesse requise pour ce travail de précision.

                    "Et maintenant," dit Od'Hun le vieux après ce qui sembla être des heures, "la partie la plus importante. Le cristal."

                    Kaelan prit son cristal bleuté, le tenant à la lumière. Il semblait briller plus intensément maintenant, comme s'il anticipait sa place dans l'arme.

                    "Le cristal doit être placé dans la chambre de focalisation," expliqua l'armurier. "Mais pas n'importe comment. Tu dois le positionner exactement à l'angle correct pour que l'énergie soit canalisée de manière optimale." Il marqua une pause. "Et c'est là que la Force entre en jeu. Tu ne peux pas calculer l'angle parfait, tu dois le sentir."

                    La jeune novice déglutit. "Comment est-ce que je... ?"

                    "Ferme les yeux," ordonna Od'Hun, sa voix soudain plus douce. "Tiens le cristal entre tes mains. Sens son énergie. Sens la Force qui coule à travers lui. Puis, quand tu es prête, ouvre les yeux et laisse tes mains faire le travail. Juste... agis."

                    Kaelan obéit, fermant les yeux et tenant le cristal entre ses paumes. Elle sentit immédiatement sa chaleur, son énergie pulsante. C'était comme tenir un fragment d'étoile, quelque chose de vivant et d'ancien à la fois. Elle respira profondément, se laissant immerger dans cette sensation, jusqu'à ce qu'elle sente que le cristal et elle ne faisaient qu'un.

                    Puis elle ouvrit les yeux et, dans un mouvement fluide et naturel, plaça le cristal dans la chambre de focalisation. Ses doigts ajustèrent l'angle presque d'eux-mêmes, faisant de minuscules corrections jusqu'à ce que... clic.

                    "Parfait," murmura Od'Hun, et Kaelan réalisa avec surprise que c'était la première fois qu'elle l'entendait prononcer ce mot. 

                    Les dernières étapes, fixer la lentille de focalisation, connecter les circuits, sceller le boîtier, se déroulèrent comme dans un rêve. Kaelan ne pensait plus, ne doutait plus. Ses mains savaient quoi faire, guidées par quelque chose de plus profond que la simple connaissance technique. Finalement, après ce qui sembla être à la fois des minutes et des heures, elle tint l'arme complète dans ses mains. Son sabre laser à elle.

                    "Le moment de vérité. Active-le." s'exclama, le vieux toujours sur son établi.

                    Kaelan chercha le bouton d'activation, le trouvant facilement, elle l'avait installé elle-même, après tout. Son pouce se posa dessus, hésitant.

                    "Et si... et si j'ai fait une erreur ? Si ça explose ?"

                    Od'Hun le Jedi ricana. "Alors j'aurai eu raison d'être sceptique. Mais je ne pense pas que ce sera le cas. Allez, gamine. Active-le."

                    Kaelan prit une profonde inspiration, se leva de son tabouret, et se plaça au centre de l'armurerie où il y avait plus d'espace. Puis, le cœur battant, elle appuya sur le bouton. La lame jaillit du boîtier dans un sifflement caractéristique qui fit vibrer l'air autour d'elle. Et elle était magnifique sa couleur argentée illuminé l’intégralité de l’armurerie. Kaelan désactiva la lame et se tourna vers le vieux Jedi, un sourire immense éclairant son visage, le premier vrai sourire qu'elle avait eu depuis... elle ne se souvenait même plus depuis quand.

                    "Elle est magnifique" dit-elle simplement.

                    "Et Kaelan ?" prononca le vieille homme

                    Elle se tourna vers lui, surprise qu'il l'appelle par son prénom pour la première fois. "Oui, Maître Od'Hun ?"

                    "Ce sabre représente qui tu es en ce moment. Mais n'oublie jamais que tu peux évoluer, sii un jour tu sens que cette arme ne te correspond plus, reviens me voir. On pourra la modifier." Son œil unique la fixa intensément. "Un Jedi n'est pas défini par son arme. C'est l'arme qui est définie par le Jedi. Compris ?"

                    Kaelan hocha la tête, sentant le poids de ces paroles.

                    "Compris. Et... merci, Maître Od'Hun. Pour tout."

                    Le vieil armurier grommela quelque chose d'inaudible et retourna à son établi, reprenant son travail comme si de rien n'était. Mais Kaelan aurait juré avoir vu l'ombre d'un sourire sur son visage bourru. Elle attacha son nouveau sabre à sa ceinture, sentant son poids réconfortant contre sa hanche. Puis elle sortit de l'armurerie, clignant des yeux dans la lumière du jour qui filtrait à travers la canopée.

                    Le Sanctuaire semblait différent maintenant. Plus réel. Plus vivant. Elle n'était plus une simple visiteuse, une étrangère cherchant sa place. Elle était Novice Kaelan Voss, membre de l'Ordre Jedi, porteuse d'un sabre laser qu'elle avait construit de ses propres mains. Pour la première fois depuis qu'elle avait quitté Kajimi, elle ne se sentait plus perdue. Elle était exactement là où elle devait être et son véritable voyage ne faisait que commencer.
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