Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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    #22

    Post n°22
    Auteur : Kath Aplazm

    Al'Kyor Zaun fronça un instant les sourcils comme son élève lui posait la main sur le front. Vipers voulait sans doute lui communiquer quelque chose, mais son esprit était déséquilibré par le troubillon d'émotions qui l'avaient parcouru. Transmettre des images mentales n'étaient pas mince tâche ; sans doute le jeune homme avait-il déjà vu son maître Tarennos accomplir pareille œuvre lorsqu'il n'était encore qu'un enfant. Mais le seul fait d'avoir observé un maître, aussi doué fût-il, ne permettait pas à un jeune Jedi, un novice de surcroît, de répéter une telle technique.


    Les seules images qui apparurent à l'instructeur de la Loutre Chantante étaient brouillées, grises. Il reconnut les visages de quelques novices dans les souvenirs de Vipers, ainsi que celui de la padawan Béli Samah. Ils les vit souffrir, puis se redresser, guéris comme par magie. Rien dans ces visions ne semblait couler de source, aussi Zaun préféra-t-il laisser le soin à son jeune élève de lui expliquer de quoi il était question. Le garçon parlait d'une inconnue... qui donc était-elle ? Yaba Baga ? Zaun fit la moue. Il n'avait jamais entendu ce nom, mais celui-ci ressemblait aux sonorités comiques et grotesques dont les parents se servaient pour nommer les créatures horribles qui devraient peupler les rêves de leurs enfants si ceux-ci ne mangeaient pas leur soupe.

    Cependant, les paroles suivantes de Vipers hérissèrent les poils de son maître Jedi. Si Odan Rurr s'en était mêlé, il ne pouvait s'agir d'une coïncidence. Le comportement du membre du Conseil avait été hautement suspect aux abords du Labyrinthe, bien qu'il n'ait finalement été question que de tenir compagnie à Zaun. L'instructeur aurait besoin de temps pour démêler tous les fils qui entouraient les nébuleux événements survenus dans l'antre d'Arbo. Alors qu'il réfléchissait à toute vitesse, Zaun se vit présenter un nouvel élément à ce mystère décidément de plus en plus épais : des miraculés, Yaba Baga,...et maintenant un cristal de sabre laser ?

    A première vue, l'objet paraissait tout à fait normal, à ceci près qu'il brillait d'une lueur bleue étrange, plus claire mais plus profonde que celle de tous les cristaux d'Adegan rassemblés dans l'armurerie. Zaun l'observa avec circonspection, puis jeta un oeil à Od'Hun. L'Armurier général et lui s'échangèrent un regard mais ni l'un ni l'autre ne brisèrent le silence qui s'était installé. Comme Vipers se confondait en excuse, maître Zaun lui adressa un regard grave. S'il n'était pas un expert en cristaux, la situation telle que Vipers la lui décrivait lui paraissait assez claire : cet objet n'était en aucune façon naturel. Aucune chance que le novice ait pu tromper la vigilance d'Od'Hun et le subtiliser, de toute façon. Non, ce cristal portait une marque floue, mais très certainement néfaste.

    - Tout ceci est bien étrange, susurra Zaun à mi-voix. Après un instant, il reprit tout haut : ...bien étrange. Garde cet objet, mon garçon. S'il t'est apparu, il est certain que la volonté de la Force n'y est pas étrangère. L'épreuve que tu as vécue dans le Labyrinthe ne nous est pas encore très claire, tant à toi qu'à moi, et ces cauchemars sont certainement la conséquence logique d'une expérience difficile. Par la pratique quotidienne de notre art, tu sauras t'en défaire, j'en suis sûr. Maintenant va !

    Une nouvelle ride se creusait doucement sur son front inquiet. Légèrement désorienté, il ne se sentait plus apte à juger ce qu'il était bon de faire pour aiguiller le jeune homme dans sa quête de réponses sans l'assistance d'un collègue. Et qui de mieux que le plus grand forgeron de l'Ordre pour examiner ce mystérieux cristal ?

    Comme les novices se rassemblaient déjà dans la Salle aux Cristaux, Zaun se contenta d'un geste paternel à l'adresse de Vipers, l'invitant à rejoindre ses camarades. Il saisissait l'angoisse du garçon et ne tarderait pas à en toucher un mot à Od'Hun. Mais en l'instant, son esprit était occupé par de plus sombres pensées. En d'autres circonstances, il aurait immédiatement dû informer le Conseil de la découverte de Vipers. Mais... Odan Rurr, Yaba Baga, l'Ombre... On ne lui disait pas tout. Ne pas être dans les petits secrets du plus haut cénacle de l'Ordre n'avait jamais dérangé Al'kyor Zaun jusqu'à aujourd'hui ; après tout, la sagesse des grands maîtres ne les avait-elle pas sauvés à plus d'une reprise ?


    L'instructeur avait de plus en plus de peine à s'en convaincre.

    * * *


    - Ah !

    Le visage d'ordinaire si renfermé de Jolya se fendit d'un sourire conquérant. La jeune Scion venait d'ouvrir les yeux et contemplait l'extrait minéral turquoise entre ses fins doigts blancs. De tous les cristaux de la pièce, il était le plus beau, le plus poli, le plus clair. Elle l'aimait déjà, car il lui appartenait désormais. Son sourire ne la quitta pas, car une nouvelle chaleur venait habiter ses membres, comme si elle avait retrouvée d'un seul coup une partie d'elle-même qu'elle avait perdue. Au bout d'un instant, elle regarda autour d'elle, plus pour présenter à ses amis son nouveau compagnon que pour découvrir s'ils avaient eux-mêmes trouvé chaussure à leur pied.

    Goguenard, Ben Swolo jouait à se passer d'une main à l'autre un cristal bleu foncé. Croisant le regard de sa camarade, il éclata d'un rire clair, enfantin. Pour lui qui avait toujours connu l'âpreté de la vie dans l'Ordre Jedi, ce moment signifiait peut-être plus que pour les novices fraîchement arrivés sur la lune forestière. Aujourd'hui, il accomplissait un rêve de gosse. L'adolescent et Jolya échangèrent encore un sourire, qui s'effaça pour laisser place à une expression de faux sérieux lorsque le maître Od'Hun les contourna pour traverser la pièce exigüe.


    Le borgne maugréait. Les jeunes gens avaient passé plus d'une heure à méditer, ce qui avait laissé tout loisir au vieil homme à à son collègue Zaun de discuter. L'instructeur du Clan de la Loutre Chantante avait quitté les lieux quelques temps plus tôt, étrangement agité. S'il avait évoqué cet étrange cristal que possédait Vipers, il ne s'était que très peu ouvert à l'armurier.


    Perplexe, Od'Hun avait passé ces dernières minutes à inspecter de loin le cristal du garçon sous toutes ses coutures. Il ne pouvait s'agir d'un vol ; Od'Hun reconnaissait chacun des cristaux dont il avait la garde, et celui-ci n'en faisait pas partie. Mais il restait qu'il paraissait étroitement lié à son porteur, malgré l'aura sinistre qui entourait l'objet. Il y avait quelque chose de corrompu derrière les courbes minérales parfaites de ce caillou, comme une vipère qui singerait la grâce du félin pour mieux dévorer sa proie. Cette pensée aurait pu faire froid dans le dos de n'importe quel Jedi.

    Mais maître Od'Hun n'était pas n'importe quel Jedi. Depuis des décennies, il les avait tous vus --ou presque-- défiler auprès de lui pour construire leur sabre laser. Beaucoup d'entre eux étaient ensuite morts au moyen des armes qu'il leur avait lui-même appris à assembler. Des cristaux purs avaient été souillés par les ténèbres de la trahison et du défi. Cela avait fini de convaincre le vieil armurier que le cristal ne faisait pas le Jedi. Si ce Vipers était doté d'un tant soit peu de caractère et d'esprit, peut-être survivrait-il. Et s'il n'y parvenait pas, il périrait dans l'obscurité, comme les autres, rongé par un quelconque absurde rêve de grandeur.


    L'œil unique du vieil homme ne s'attarda pas plus longtemps sur le novice. A quoi bon ? C'était à Zaun que l'on avait confié le soin de s'inquiéter pour ces jeunes pousses. L'instructeur s'en faisait déjà assez pour deux. Al'kyor avait beau être son ami autant que son collègue, il n'avait aucun conseil à lui prodiguer. Les maîtres Jedi étaient autant les professeurs que les protecteurs des jeunes novices. Mais, pour Od'Hun, la protection passait également par l'apprentissage de l'autonomie. Et celui-ci commençait maintenant.

    - On dirait que vous avez tous trouvé votre bonheur, dit-il fermement en observant Tseh, qui sculptait timidement un morceau d'os non loin, et Sin Vigazo, qui venait à peine de sortir d'un longue méditation, le visage en sueur mais le poing fièrement fermé sur un cristal aux reflets verts.Bien. Mais cela ne suffit pas.

    Le maître Jedi désigna alors les étagères au fond de la pièce de sa main balafrée.


    - Vous trouverez ce qu'il vous faut pour assembler un sabre laser dans ces boîtes. Faites bien attention à ne pas abîmer les lentilles avant de les placer contre la poignée, ou votre arme vous explosera au visage. Placez-la le plus loin possible du port d'alimentation de la cellule d'énergie, pour éviter les surchauffes. Même chose pour le stabilisateur de flux. Et pensez à l'ergonomie de l'arme quand vous placez votre émetteur de lame, autrement vous serez bien ennuyés lorsqu'il vous faudra la brandir...

    Alors qu'il citait chacun des éléments constitutifs d'un sabre laser, Od'Hun faisait voler autour de lui des objets métalliques, qui s'assemblèrent devant lui en un instant, comme par magie. Se saisissant de l'arme ainsi créée, le borgne s'avança d'un coup vers Tseh pour la lui planter sous le nez et appuyer sur le bouton d'activation. Mais rien ne se passa.

    - ...Mais comme vous le savez déjà, l'élément essentiel est le cristal. Sans cristal, pas de sabre. Le cristal est le cœur de la lame, et le coeur est le cristal du Jedi, dit-il sobrement en s'éloignant du Iat, se fichant bien de savoir s'il l'avait effrayé ou au contraire rassuré.Lorsque vous aurez bien compris l'importance de chacun des éléments, de ce corps que vous fabriquerez de vos mains, il vous restera à lui faire prendre vie en lui ajoutant un cœur. Mais cela, vous le verrez bientôt.

    Od'Hun ne détailla pas plus ses explications : tout le savoir nécessaire à la construction des sabres était consigné dans les quelques livres qu'il laissait toujours à disposition de ses visiteurs, dans l'entrée de la pièce. Il n'avait pas peur qu'on les lui vole : seul un utilisateur de la Force pouvait réellement appréhender un tel savoir, ou du moins assembler un sabre sans se blesser. Ses cristaux lui étaient bien plus précieux. savamment placés, ils étaient des armes redoutables.

    Il faudrait du temps aux novices pour parvenir à façonner l'arme qui sanctionnerait probablement leur entrée dans l'Ordre. Même les plus sages des maîtres avaient mis plusieurs jours à venir à bout de cette épreuve de calme et de patience, qui requérait plusieurs jours d'étude minutieuse. Les novices resteraient probablement à ses côtés pour les deux prochaines semaines, voire plus selon leur affinité avec cette nouvelle tâche. Car ils allaient avant tout devoir lire, observer et écouter. Pour le jeune Ben, qui avait déjà la tête fourrée dans les boîtes en duracier, les pièces pleines les mains, cela ne serait sans doute pas facile. Tirant l'adolescent par le col pour le ramener auprès de ses camarades, Od'Hun renvoya les novices à leurs études d'une voix grave, profonde mais un peu machinale :

    - N'oubliez pas :

    Le cristal est le cœur de la lame.

    Le cœur est le cristal du Jedi.

    Le Jedi est le cristal de la Force.

    La Force est la lame du cœur.

    Tous sont entrelacés :

    Le cristal, la lame, le Jedi ne font qu’un.




    HRP: Petit RP pour reprendre le rythme de mon côté. Je vous invite à vous documenter sur la façon de fabriquer un sabre. Cette pratique peut durer entre 2 (très rare !) et 30 jours. Encore une fois, il s'agira de RP très personnels ou vous décrirez les journées de vos PJs à l'armurerie durant ces journées d'étude et d'apprentissage, jusqu'à parvenir à créer votre propre sabre. Soyez créatifs et originaux, et n'hésitez pas à poster autant que vous voulez à la suite de ce post si vous voulez réaliser l'épreuve en plusieurs étapes. A vous de voir, vous avez carte blanche !

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #23

      Post n°23
      Auteur : Tseh

      - On dirait que vous avez tous trouvé votre bonheur, Tseh sursauta en entendant la voix de maître Od’Hun. Il sorti de sa phase de sculpture. Il remarqua que tous ses camarades semblaient avoir trouvé leurs cristaux, pas très loin, Sin avait trouvé un cristal vert comme celui avec lequel la Force l’avait lié. Vipers, Jolya et Ben avaient tous des cristaux bleus. Entre temps, Zaun s’était éclipsé.Bien. Mais cela ne suffit pas.

      Le borgne montra de sa main des étagères où étaient entreposées divers boites au fond de la pièce.

      - Vous trouverez ce qu'il vous faut pour assembler un sabre laser dans ces boîtes. Faites bien attention à ne pas abîmer les lentilles avant de les placer contre la poignée, ou votre arme vous explosera au visage. Placez-la le plus loin possible du port d'alimentation de la cellule d'énergie, pour éviter les surchauffes. Même chose pour le stabilisateur de flux. Et pensez à l'ergonomie de l'arme quand vous placez votre émetteur de lame, autrement vous serez bien ennuyés lorsqu'il vous faudra la brandir...

      Tseh regarda Od’Hun perplexe. Pour lui, tout ça était bien compliqué. Il s’empressa de sortir de quoi prendre des notes. Il prit une boulette d’argile qui était dans une boite en plastique dans son sac et prit son silex et se mit à noter les consignes afin de ne pas les oublier. S’il avait compris au moins une chose, c’était que mal fait, un sabre, ça pouvait exploser. Et cela venait un peu plus refroidir Tseh. Puis il n’avait pas parlé de comment faire pour pas que ces affreux machins s’activent quand ils étaient accrochés à la ceinture. Pendant qu’il pensait, il put voir maître Od’Hun assembler les composants d’un sabre en un instant. Puis il s’approcha de Tseh avec l’arme, la lui planta sous le nez et l’activa, mais rien ne se passa. Mais cela avait tétanisé le jeune homme qui avait manqué de s’uriner dessus.

      - ...Mais comme vous le savez déjà, l'élément essentiel est le cristal. Sans cristal, pas de sabre. Le cristal est le cœur de la lame, et le coeur est le cristal du Jedi, il s’éloigna de Tseh indifférent à la réaction du jeune homme. Od’Hun avait sûrement remarqué la phobie des sabre-laser que Tseh avait eu depuis sa blessure au sabre à Arbo. Lorsque vous aurez bien compris l'importance de chacun des éléments, de ce corps que vous fabriquerez de vos mains, il vous restera à lui faire prendre vie en lui ajoutant un cœur. Mais cela, vous le verrez bientôt.

      Il ne donna pas tous les détails. Mais Tseh avait put remarquer à l’entrée du bâtiment des livres. Il se tourna vers ses derniers et effectivement, il avait put lire des titres traduisant que ces bouquins étaient des manuels de fabrication des sabre-laser. Il irait y jeter un coup d’œil à l’occasion. Enfin coup d’œil, n’était pas vraiment le terme approprié. Tseh avait bien l’intention de se documenter au maximum afin de ne surtout pas en faire une bombe au moment de l’activation du sabre. Ben n’avait pas attendu pour aller chercher ses matériaux, là, Tseh le reconnaissait un peu plus. Mais il fut arrêté dans son élan par Od’Hun qui le tira par le col de sa bure pour le ramener vers ses camarades.

      - N'oubliez pas :

      Le cristal est le cœur de la lame.

      Le cœur est le cristal du Jedi.

      Le Jedi est le cristal de la Force.

      La Force est la lame du cœur.

      Tous sont entrelacés :

      Le cristal, la lame, le Jedi ne font qu’un.


      Tseh avait bien noté ces phrases sur sa boule d’argile. L’aurebesh était plus facile à écrire sur de l’argile que sur du papier. Od’Hun retourna à ses occupations tout en surveillant attentivement ses élèves. Les autres s’étaient déjà activé, mais Tseh resta un peu immobile le temps de se remettre de ses émotions. Il était encore traumatisé des sabres suite à son accident. Quelques minutes plus tard. Tseh alla donc chercher plus d’argile chez lui. Il prit la bassine verte et des blocs d’argile. Il revint avec la bassine remplie d’eau, un chiffon et de l’argile en plus. Il se trouva un coin tranquille. Entre temps, il avait mis le cristal dans la boite de nouilles vide. Elle lui servirait à ranger les composants du sabre afin de ne pas les perdre. Il avait bien compris qu’il n’en aurait pas fini le jour-même.

      Puis il alla chercher un bouquin restant. Il l’ouvrit et commença à prendre des notes sur ses tablettes d’argile. Il avait le souvenir qu’une fois Taharqua avait fait venir un scribe de la ville de Nubt afin de régler des soucis administratifs. Dans le village, tout le monde était illettré et parfois et dès fois, un gratte-papier n’était pas de trop afin d’avoir des comptes précis. Le scribe travaillait sur des tablettes d’argile avec un poinçon. Cela permettait de garder des données très longtemps. L’inconvénient c’était que c’était plus encombrant que le papier. Mais l’aurebesh s’adaptait mieux sur l’argile que sur le papier avec ses traits assez droits. Avec un poinçon, un scribe pouvait écrire facilement sur de l’argile. Et grâce aux Jedi, Tseh avait appris une chose qui n’était réservée sur son monde à quelques élites des grandes villes. Puis avec la venue du scribe, Tseh avait pu voir que Taharqua n’était pas forcément un exemple de courage. Il n’avait pas osé s’opposer au gratte-papier, bien que celui-ci ait une chose qu’il n’avait pas. Mais la Force était toujours plus intéressante pour ses pouvoirs que de savoir écrire bien que les Jedi accordaient une grande importance à la connaissance.

      Tseh recopia la liste des composants sur sa tablette d’argile. Une fois cela fait, il donna le livre à Sin qui attendait son tour. Puis il se lava les mains dans la bassine et prit la tablette avec le chiffon et commença à chercher les différents composants dans les boîtes.
      Il avait déjà le cristal et il avait remarqué que le bout d’os sculpté ferait un bon manche ornemental et isolant avec quelques modifications afin de l’adapter au reste de l’arme. Puis dans son enfance, il avait vu que les poignards des chefs et des guerriers et de certains artisans étaient aussi sculptés. C’était un moyen de personnaliser son arme. Surtout que cela allait avec l’aspect personnel du sabre-laser.

      Quand il commença à chercher les composants dans les boîtes, il vit tout de suite que quelque chose n’allait pas dans sa méthode de travail. Sans les images, il avait du mal à reconnaitre tel composant et allait devoir prendre le bouquin. Il vit Ben en reposer un et n’attendit pas pour le prendre. Son camarade avait déjà pris selon-lui tous ses composants. Tout en regardant les images, Tseh commença donc à mettre un à un les divers composants dans sa boîte de nouilles. Il fallait d’abord une chambre d’énergie du cristal, un activateur, un support pour le cristal, tout un tas de conducteurs de circuits électroniques pour activer l’engin, des interrupteurs et boutons pour divers réglages, une bague de stabilisation de la lame, un embout afin d’éviter que la lame ondule, une cellule d’énergie et surtout un isolant supplémentaire sachant que l’os n’allait pas supporter la chaleur.

      Au fur et à mesure que Tseh se servait, sa boîte de nouille s’alourdissait. Quand il eut enfin tout le matériel après plus d’une heure à vérifier que chaque composant était le bon, il retourna à sa place avec tous ce qui allait constituer son futur sabre. Il vida la boîte sur le torchon afin de revérifier encore une fois qu’il avait bien tout le matériel. Devant lui, c’était un véritable puzzle. Il y avait un tas de pièces qu’il ne connaissait pas très bien et ne savait pas du tout comment elles s’imbriquaient les unes dans les autres. Et cela ne l’étonnait pas vraiment que les gens mettent autant de temps pour se fabriquer un sabre-laser. Mais bon, il valait mieux prendre son temps.

      Après avoir vérifié encore une fois, qu’il avait bien tous les composants, Tseh les rangea dans sa boîte à nouilles afin de ne pas les perdre sachant que certains étaient assez petits, comme les boutons ou certains petits fils électriques. De tous les composants, c’était le manche en os sculpté qui était le plus gros. Il demanda à ses camarades de les surveiller le temps qu’il aille chercher du papier et un crayon pour dessiner. Il revint à la réserve avec ce qu’il fallait après être passé avant voir un peu l’âne. Il se remit en place et s’aidant d’un livre, il commença à faire des croquis pour voir comment assembler les diverses pièces. Il s’aida de son livre pour voir comment assembler les pièces.

      De faire les croquis, lui avait mangé plusieurs heures jusqu’à ce que le soir s’installe sur Endor. Maître Od’Hun les prévint qu’ils pouvaient rentrer se reposer. Tseh se fia à ces conseils. Maître Zaun lui avait dit de faire attention à ne pas trop se tuer à la tâche. Le jeune homme sortait à peine de convalescence. Mais après autant d’heures de concentration, il avait besoin de se défouler un peu. Il décida d’aller s’entrainer à l’équitation. Il n’était pas encore un bon cavalier, mais il savait qu’avec de la détermination et de l’entrainement, il pourrait en devenir un. Il descendit au village Ewok en compagnie de l’âne. Il repris le cheval gris-souris qu’il avait monté la première fois. Il était assez nerveux, mais c’était un bon exercice pour Tseh qui allait devoir utiliser la Force afin de le calmer. Il s’entraina pendant deux bonnes heures et enchaina plusieurs chutes, mais revint à chaque fois à la charge. Mais il finit par déclarer forfait à cause de la fatigue et finit par rentrer chez lui après un repas au réfectoire.

      Le lendemain, il revint de nouveau à la Salle des Cristaux. Il récupéra son pot de nouille contenant son futur sabre en pièces détachées. Puis il revérifia que tout était resté en place durant son absence. Tant mieux, tout était en place. Il passa la matinée à finir ses croquis qui l’aideraient à confectionner sa future arme. Son plan de travail était entouré de papiers et de tablettes d’argile contenant de nombreuses informations de fabrication du sabre laser. Après une pause repas à l’extérieur pour tenir compagnie à l’âne qu’il sentait de plus en plus faible, Tseh allait commencer par attaquer la partie haute du manche, celle qu’il jugeait la plus complexe. Celle qui permettait d’activer la lame et de la réguler. Tseh était vraiment mauvais en électronique et sentait que cette partie allait prendre du temps.

      Mais avant, il allait devoir chercher les bons composants du haut du manche. Pour cela, il avait apporté une petite poterie et une conserve qui allaient l’aider à trier les divers composants de l’arme. Il mit dans la conserve tous les composants de la partie haute du sabre. Tseh entama donc la partie électronique du haut de la lame. Il avait vu dans les livres que la méditation était le meilleur moyen de construire le sabre. La Force pourrait ainsi l’aider. Et de l’aide, il en aurait besoin. Mais avant de commencer l’assemblage, il fit un nouveau croquis afin de voir comment il allait agencer les morceaux afin d’avoir un objet qui soit sécurisé et qui ne s’active pas quand on le porte à la ceinture.

      Une fois que son croquis était bon, il commença à se mettre en position de méditation et commença l’assemblage de la partie haute de son sabre. Avec la Force, il commençait à visualiser les différentes parties du haut du manche. Il se concentrait à assembler le début à travers la Force. Il avait tout de même des difficultés et rectifiait régulièrement ce qu’il faisait afin de s’assurer que tout serait le mieux possible.

      Quatre heures passèrent et le soir vint enfin. Tseh sorti enfin de sa longue méditation qui l’avait épuisée. Il voyait déjà que certains composants avaient été assemblés et était surpris que ça soit lui qui avait fait ça. Il n’y connaissait pas grand-chose en électronique et il avait correctement assemblé les premiers composants du haut de la lame, à savoir les les boutons qui géraient l’activation de lame et les variateurs de longueur et de puissance avec les fils qui allaient avec. Il compara ce qu’il avait accompli avec ses croquis et cela correspondait. C’était pas grand-chose, mais c’était déjà un exploit pour Tseh qui n’y connaissait rien en électronique. Il rangea soigneusement son matériel satisfait de ce qu’il avait accompli et rentra chez lui. Il était bien trop fatigué pour s’entrainer à cheval.

      Le lendemain, il recommença le même manège. Il prenait son temps pour assembler son sabre. Il avait bien vu que la précipitation l’avait toujours menée à l’échec. Et il savait que pour la fabrication du sabre laser, il n’avait pas le droit à l’erreur. Il savait que s’il échouait, le sabre exploserait et il y avait peu de chances qu’il passe à l’étape supérieure et craignait d’être banni de sa tribu. C’était actuellement son seul foyer et il devait réussir cette épreuve afin de rester au sein de cette tribu. Il devait combattre en même temps sa phobie des sabre-laser. La troisième journée se passa sans encombres, Tseh avait rajouté l’embout anti-ondulation, la bague magnétique stabilisatrice et d’autres circuits modulateurs d’énergie tout en prenant bien soin à ce que tout soit bien assemblé quitte à revérifier plusieurs fois. Mais encore une fois, il était surpris de ce que la Force lui faisait faire. Mais cela était très fatiguant. A la fin de la journée, il était était quand-même parti faire du cheval. Et pendant ces deux heures d’entrainement, il était parvenu à mieux maîtriser son cheval. Il n’était tombé que deux fois.

      Il était cependant plus inquiet de l’état de santé de son âne. Il avait demandé à ce qu’un maître spécialisé dans les soins médicaux l’ausculte, mais celui-ci avait dit qu’il ne pourrait pas faire grand-chose et que l’animal n’en avait plus pour très longtemps. Il pouvait au moins faire en sorte de continuer dans ses traitements envers son animal et que si l’âne était un peu vieux pour construire un nouvel avenir, il pourrait au moins avoir une fin de vie digne. Il n’était plus traité comme une vulgaire bête de somme, mais comme un compagnon. Tseh allait devoir bientôt affronter une nouvelle épreuve de plus, celle de devoir accepter le départ d’un ami.

      Le soir, Sin l’avait vu un peu déprimé par la triste nouvelle et lui avait proposé qu’ils aillent à la Cantina afin d’en discuter et qu’ils pensent aussi à autre chose. Depuis le Labyrinthe, Sin avait beaucoup changé, elle avait mis son égoïsme de côté et avait commencé à s’intéresser aux autres. Tseh n’aurait pas pensé qu’elle aurait été aussi compréhensive concernant son âne, mais elle lui avait avoué qu’elle avait eu par le passé un animal de compagnie et que la perte de celui-ci avait été aussi une épreuve et qu’il était normal qu’il y soit attaché. Et même si elle avait du mal avec l’âne, elle comprenait l’attachement de son camarade envers l’équidé. Elle lui avait aussi assuré que tout le groupe le soutiendrait pour cette épreuve. Tseh l’avait d’ailleurs remercié. Ce soutien, il n’avait pas pu l’avoir lors du décès de ses parents, il s’était retrouvé seul. Enfin, il l’avait cru parce qu’il ignorait que la Force était avec lui.

      Le nuit avait été assez fraiche, bien trop froide et humide au point que le lendemain, Tseh était arrivé à la surprise de ses camarades habillé de sa tunique de novice et de deux bures et avait le nez rouge. Il avait attrapé un gros rhume à cause du froid nocturne exceptionnel. Il n’arrêtait pas de tousser et se sentait patraque, mais malgré tout, il avait décidé de continuer. Mais malgré sa bonne volonté, il n’avait quasiment pas avancé sur son sabre, interrompu par des quintes de toux fréquentes et miné par la fatigue, ce qui le gênait beaucoup dans sa concentration. Le reste de la journée ne s’était pas non-plus montré très productif, il s’était rapidement rendormi.

      Le cinquième jour, Tseh allait un peu mieux, mais c’était pas encore ça. Il arriva à la Salle des Cristaux afin de continuer son travail. Il savait qu’il avait encore du pain sur la planche. Il n’avait pas beaucoup avancé la veille et devait donc tenter de rattraper ça. Mais il n’était pas pour autant pressé. Il savait que c’était pas une course et il valait mieux prendre son temps et bien faire les choses plutôt que d’avoir un truc qui explose. Il continua donc à travailler le haut du manche. Il entra de nouveau en méditation afin d’assembler le canal d’énergie de la lame et les derniers circuits de modulation d’énergie. Après cela, la partie haute du sabre serait achevée. Cela prit encore du temps, car Tseh revérifiait perpétuellement que tout soit en place correctement. Il refusait que ça soit un échec. A côté, il avait pu voir que Ben avançait très vite. Jolya et Sin quand à elles, prenaient aussi leur temps pour s’appliquer. Elles avaient sûrement été refroidies comme lui par l’idée que l’arme risquait d’exploser si elle était mal faire. Mais Tseh ne parvint pas à terminer comme il l’avait souhaité au bout cinquième jour. Tant pis, il savait qu’il avait du temps derrière-lui. Le soir, étant encore un peu malade, il était rentré chez lui.

      Le sixième jour, il allait beaucoup mieux, il toussait encore un peu, mais cela le gênait moins. Il comptait bien finir le haut de son manche une bonne fois pour toutes. Il se concentra de nouveau sur son arme. Il avait fait en sorte que le système d’activation soit sécurisé pour éviter que la lame ne s’active quand il portait l’arme à la ceinture. Il voyait tous les Padawan et les Jedi se promener avec leur sabre à la ceinture. Avec leurs lames rétractables, les sabres laser étaient assez peu encombrants. Mais Tseh se demandait si la lame était réglable. Lors de sa méditation afin de choisir son cristal, il avait eu un entretien avec le dieu Suketh, celui-ci lui avait dit qu’un sabre laser pouvait servir autrement que comme une arme. Il était vrai que dans son monde d’origine, même pour un artisan, un poignard servait. C’était un outil coupant qui était utile pour des tâches quotidiennes, que ça soit pour cuisiner, couper des cordes, tailler des objets … une lame pouvait pas que servir pour le combat. Tseh allait donc rendre son sabre plus polyvalent. Pour ça, il allait devoir faire en sorte de pouvoir régler facilement la taille de la lame et sa puissance. Pour découper de la nourriture, inutile d’avoir une lame très longue. A travers la Force, Tseh retravailla ses composants afin que les réglages soient plus faciles et que la lame soit plus réglable pour être plus polyvalente.

      Tous ces réglages avaient mis toute la journée et après ce labeur à l’atelier, Tseh comptait tout de même aller s’entrainer sur une selle. Au moins, ça le défoulerait. Il prépara son cheval et se mit en selle. Pendant deux heures il travailla à mieux contrôler son cheval, notamment en utilisant la Force pour le calmer. Cette fois, il ne fit qu’une chute. Mais il savait qu’il avait encore du travail sur ce plan-là. Il était cependant toujours aussi inquiet pour son âne qui n’allait pas vraiment mieux. Une fois le cheval pansé et ramené aux écuries, il revint chez lui suivi de l’âne qui allait lentement. Il passa du temps avec lui et se sentait désolé de ne pas trop être là.

      Le septième jour, il était décidé à enfin terminer la partie haute de son sabre. Il n’attendit pas pour entrer en méditation et au travers de celle-ci il assemblait les derniers morceaux de la partie-haute du sabre. Cela lui prit encore une bonne partie de la journée sachant qu’il revérifiait constamment que tout était en ordre. Et surtout, il voulait éviter d’oublier une pièce en route. Dans la journée, il parvint à ses fins, la partie haute de son arme était terminée. Il remarqua que Ben avait pratiquement terminé. Jolya était assez bien avancée et Sin était à peu près au même stade que lui. Mais encore une fois, Tseh savait que ce n’était pas une course. Voyant que la journée n’était pas terminée, il continua sur ses croquis afin de fabriquer le reste de l’arme. Le haut du sabre était un premier morceau, mais il était assez complexe. Il était bien content d’avoir fini cette première étape. Le lendemain, il commencerait le reste de son arme.

      Il décida de rentrer chez lui, il avait envie de passer du temps avec son âne pour la soirée. Il surveillait en même temps la hutte de Vipers. Il espérait le trouver afin de parler un peu de ce qu’il n’allait pas. Il avait bien vu que son ami était aussi perturbé et avait lui aussi besoin de soutien.

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        Auteur : Vipers

        - Tout ceci est bien étrange...bien étrange. Garde cet objet, mon garçon. S'il t'est apparu, il est certain que la volonté de la Force n'y est pas étrangère. L'épreuve que tu as vécue dans le Labyrinthe ne nous est pas encore très claire, tant à toi qu'à moi, et ces cauchemars sont certainement la conséquence logique d'une expérience difficile. Par la pratique quotidienne de notre art, tu sauras t'en défaire, j'en suis sûr. Maintenant va !

        Maître Zaun m’avait indiqué que je pouvais garder le cristal que j’avais trouvé. Cela tombait bien car j’avais décidé de la garder et je voulais qu’il me serve pour la fabrication de mon sabre laser. Je me sentais comme attirer à lui et une étrange sensation s’emparait de moi lorsque je l’avais avec moi. Mes camarades du Clan de la Loutre Chantante commençaient à rentrer dans la Salle aux Cristaux. Maître Zaun me fit un geste amical afin que je rejoigne mes camarades.

        -----------------------


        Maître Od’Hun ne me renseigna pas plus sur la nature de mon cristal et il se dirigea au centre de la pièce.

        - On dirait que vous avez tous trouvé votre bonheur, quand je regardai autour de moi je pus remarquer que tous mes camarades avaient trouvé leur cristal grâce à la Force. Tseh et Sin avaient un cristal vert devant eux, Ben et Jolya un bleu. Maître Zaun n’était plus présent dans la salle par contre. Bien. Mais cela ne suffit pas.

        L’armurier désigna de sa main coupé une étagère au fond de la pièce.

        - Vous trouverez ce qu'il vous faut pour assembler un sabre laser dans ces boîtes. Faites bien attention à ne pas abîmer les lentilles avant de les placer contre la poignée, ou votre arme vous explosera au visage. Placez-la le plus loin possible du port d'alimentation de la cellule d'énergie, pour éviter les surchauffes. Même chose pour le stabilisateur de flux. Et pensez à l'ergonomie de l'arme quand vous placez votre émetteur de lame, autrement vous serez bien ennuyés lorsqu'il vous faudra la brandir...

        C’était le moment, j’allais fabriquer mon sabre laser et réaliser l’un de mes rêves. J’avais déjà entendu parler de tous ces composants mais je n’en avais jamais vu. Maître Od’Hun commença à faire l’éviter les pièces que nous devions utiliser. En quelques secondes tout était assemblé et les pièces détachées quelques instants plus tôt formaient maintenant un sabre laser. Maître Od’hun l’attrapa et se mit devant Tseh. Il l’activa mais rien ne se passa.

        - ...Mais comme vous le savez déjà, l'élément essentiel est le cristal. Sans cristal, pas de sabre. Le cristal est le cœur de la lame, et le coeur est le cristal du Jedi. Lorsque vous aurez bien compris l'importance de chacun des éléments, de ce corps que vous fabriquerez de vos mains, il vous restera à lui faire prendre vie en lui ajoutant un cœur. Mais cela, vous le verrez bientôt.

        Maître Od’hun avait raison. C’était à nous Novice d’apprendre comment fabriquer nos sabres laser c’était une étape essentielle dans la vie d’un Jedi . C’était une épreuve que les Novices devaient réussir afin de passer Padawan. J’avais remarqué qu’à l’entrée de l’Armurerie des livres étaient déposé sur une étagère. Je présumais que c’était des instructions afin de créer notre sabre laser. Il y en avait aussi dans les Archives Jedi, maître Tarennos m’en avait parlé lorsqu’il cherchait la présence de cristaux d’Upari sur Endor. J’allais avoir pas mal de lecture afin de créer mon sabre laser. Ben se leva et alla chercher rapidement les objets que maître Od’hun nous avait montré, mais l’armurerier attrapa mon camarade par le col de sa bure afin de le remettre en place et il rajouta.

        - N'oubliez pas :

        Le cristal est le cœur de la lame.

        Le cœur est le cristal du Jedi.

        Le Jedi est le cristal de la Force.

        La Force est la lame du cœur.

        Tous sont entrelacés :

        Le cristal, la lame, le Jedi ne font qu’un.


        Aux dernières paroles de maître Od’hun j’allai récupérer l’un des livres posés à l’entrée de l’Armurerie afin d’en apprendre plus sur la fabrication de mon sabre. Je me mis dans un coin et commençai à lire. Il me fallut plusieurs heures à assimiler tous les composants qui servait à la fabrication d’un sabre laser. Mes mauvaises nuit de ces dernières semaines m’avais épuisé et la concentration que j’utilisais pour assimiler toutes ces informations étaient très compliqué, mais à la fin de la journée j’avais quand même appris l’utilité de chaque composant.

        La cellule d’énergie, comme son nom l’indiquait servait de source d’alimentation au sabre laser. La lentille quant à elle permettait de réduire le rayon à sa longueur standard d’un mètre. L’émetteur de lame était le disque lisse sur la garde qui permettait de projeter la lame. Le cristal servait à la production de la couleur de la lame. La poignée servait de manche et justement j’en avais remarqué une dans un coin de la Forge qui correspondrait très bien au sabre que j’imaginais. Le stabilisateur de flux servait à la stabilisation de la lame c’était là-dessus que je devais faire le plus attention car c’est avec ce composant que mon sabre laser pouvait exploser. Je ne pouvais pas me permettre d’échouer dans cette épreuve qui marquait sûrement la fin de mon noviciat. Ces composants devaient être assemblés dans le bon ordre sous peine d’échec.

        La Force permettait au Jedi d’assembler le sabre laser en totale harmonie avec elle. Malheureusement à cause de mes cauchemars depuis mes épreuves du Labyrinthe d’Arbo j’avais du mal à l’utiliser.
        La journée étant terminé je décidai de rentrer directement me coucher dans ma hutte. Je déposai le livre sur son étagère à l’entrée de l’Armurerie et récupérai la poignée métallique que j’avais repérée afin de l’utiliser pour la construction de mon sabre laser. J’avais du sommeil en retard et j’avais besoin de récupérer afin de pouvoir me concentrer sur la construction de mon sabre laser. Malheureusement ma nuit se passa comme mes nuits précédentes.

        Je fis encore le même cauchemar comme toutes mes nuits depuis ma sortie du Labyrinthe d’Arbo, Yaba attaquait le Sanctuaire Jedi avec ses ewoks corrompus et cela se terminait dans un bain de sang. Je me réveillai plusieurs fois dans la nuit et je ne pus récupérer autant que je l’aurais souhaité. Chaque fois que je me réveillai le cristal de mon sabre laser était dans mes mains. Je sentais une certaine puissance quand je le tenais dans mes mains et il avait l’air de me protéger.

        La nuit avait été courte et je me levai à l’aube. Le Sanctuaire était très calme à cette heure de la matinée. Je décidai d’aller manger un morceau à la cantina avant de rejoindre la Salle des Cristaux. Je pus voir A’ah qui était déjà en train de faire la plonge. Il avait encore du mal parlé aux clones qui le formaient. En arrivant à l’Armurerie je pus remarquer que j’étais le seul membre du Clan de la Loutre Chantante présent dans la salle. Maître Od’Hun était dans un coin de la pièce, il me salua et je lui répondis à son salut. Je repris un des livres qui était dans les étagères à l’entrée. Puis je commençai à rassembler les composants que j’allais avoir besoin. J’avais déjà pris le manche de mon sabre laser hier maintenant j’allais devoir prendre la cellule d’énergie, la lentille, l’émetteur, le port d’alimentation, le stabilisateur de flux et les divers boutons et composants électroniques.

        Une fois tout cela récupérer, je le déposai dans mon petit bout de tissu que j’avais récupéré sur une de mes anciennes bures de novice. J’allais me mettre dans un coin de la pièce et déposa tout devant moi. Je m’installai et commençais à voir mon sabre laser dans mon esprit. La concentration était telle que je me sentais partir. Quand soudain une voix familière retentit dans mon esprit.


        - Vipers !!!

        Yaba c’était la première fois que je l’entendais en pleine journée. Qu’est-ce qu’il m’arrivait. Je ne comprenais plus, Yaba m’avait maudit ou essayait-elle de communiquer avec moi. Je pris mon cristal dans mes mains et le serra. Je n’étais pas capable de me concentrer à cause de cette vieille sorcière. Je décidai donc de laisser les composants de mon sabre laser dans le coin et de me lever afin de me diriger au Lac Fektur. Ce lieu était imprégné de la Force et nombreux Jedi allait là-bas afin de se ressourcer avec la Force, et j’en avais vraiment besoin.

        En sortant de l’Armurerie maître Od’Hun me lança un regard interrogateur, mais je ne préférai rien lui dire et quitta la Salle des Cristaux à l’arrivée de mes camarades du Clan de la Loutre Chantante. Je les saluai et me dirigeai en direction du Lac. Une fois arrivé sur place, je me mis à l’écart afin de ne pas être dérangé par le passage de personnes et je me positionnai dans une posture de méditation intense et prit le cristal dans mes mains.

        Le temps s’écoula rapidement pendant ma méditation, jusqu’au moment où je sentis une présence familière prêt de moi. Je sortis de ma méditation et tournant la tête je pus voir que c’était Nissara. La nuit était tombé sur Endor et j’avais passé ma journée à méditer.


        - Oh bonjour Vipers désolé de t’avoir dérangé pendant ta méditation.

        - Pas de soucis Nissa, tu as bien fait de venir je n’avais pas vu le temps passer.

        Je me relevai doucement. Mon corps était engourdi suite à ma longue méditation. Nissara se précipita pour m’aider à me relever.

        - Tu es resté longtemps en méditation j’ai l’impression.

        - Oui j’avais besoin de me retrouver dans la Force.

        - Oh qu’est-ce que tu tiens là ? Nissara montra mon cristal qui était encore dans ma main.

        - C’est mon cristal pour mon sabre laser.

        - Tu devrais être content alors, ça veut dire que tu es en train de fabriquer ton sabre laser.

        - Oui plus ou moins mais j’ai des problèmes à me concentrer et à utiliser la Force pour cet exercice.

        - Qu’est-ce qu’il y a ? Raconte-moi.

        Nissara était mon amie et je la connaissais depuis très longtemps. Nous avions été dans la même classe quand j’étais un Novice mineur. Elle avait trois ans de moins que moi et depuis mon enfance je l’avais toujours protégé contre les gens qui lui voulaient du mal. Je m’entraînais aussi souvent avec elle et j’avais une totale confiance en elle, Nissara était très forte et j’étais persuadé qu’elle deviendrait une grande Jedi. Je commençai à lui raconter mes cauchemars avec Yaba et la venue de mon cristal dans mes mains à la fin de l’épreuve de Labyrinthe d’Arbo et du lien qui m’unissait à lui. Au bout de quelques minutes Nissara avait plus ou moins compris la situation dans laquelle je me trouvais. Elle me proposa d’en parler à mes maîtres respectifs mais je lui indiquai que je l’avais déjà signalé à maître Zaun et qu’il m’avait indiqué de méditer afin de me défaire de ce sortilège, mais je n’avais pas encore réussi cette tâche. C’est là que Nissara m’indiqua quelque chose à laquelle je n’avais pas pensé.

        - Pourquoi tu n’utiliserais pas le cristal pour canaliser ta Force dedans, ce cristal à l’air de te lier à Yaba aussi donc tu sais quoi faire.

        Nissara avait raison je n’avais pas pensé à cela mais vu l’heure qu’il était j’essayerai cette méthode demain. Je remerciai Nissara et nous rentrions ensemble dans les quartiers de l’Ordre. Arriver sur place je laissai Nissa retourner avec les Novices mineurs tandis que moi je rejoignais le coin des Novices. Je me couchai et espérai passer une bonne nuit. Malheureusement cela ne se passa pas comme prévu, je fis encore plein de cauchemar avec Yaba. Je n’en pouvais plus, j’étais épuisé. Je devais réussir à vaincre ces cauchemars par tous les moyens possibles.

        Je pris mon cristal et j’allai directement au Lac afin d’essayer la méthode que m’avait dite Nissara la veille. Il faisait encore nuit sur Endor, mais le soleil commençait à se lever. Je ne pris pas le temps de manger, je devais résoudre ce problème avec Yaba sinon je deviendrais fou. Je me mis en position de méditation et déposai le cristal devant moi. Je commençai à le faire l’éviter en rentrant en méditation et je me concentrai sur le cristal. Je sentis une force surpuissante sortir du cristal. Puis la voix de Yaba résonna dans mon esprit.


        - Vipers !!!!

        - Yaba, qu’est-ce que tu veux ? Laisse-moi tranquille.

        - Pourquoi ? Tu n’es pas content de mon cadeau, je t’avais dit que je pouvais te rendre plus fort et ce cristal t’aidera.

        - Ce n’est pas toi qui m’as donné ce cristal, c’est la Force qui me l’a donné.

        - Que tu crois mon petit Vipers mais cherches en toi et tu comprendras que c’est moi.

        - Non Yaba laisse-moi tranquille !!!!!

        Je me concentrai sur le cristal et chassai les dernières images de Yaba de mon esprit. Le cristal brillait d’une teinte bleu nuit que je n’avais jamais vue auparavant. Je continuai pendant de longues heures à me concentrer sur le cristal afin d’essayer de chasser Yaba. Arrivant au début de soirée j’ouvris les yeux et un halo de lumière bleuté sortis du cristal. La puissance de ce halo me fis basculer en arrière et le cristal tomba à mes pieds. Je le récupérai, mais contrairement à avant le cristal brillait d’une teinte très lumineuse que je n’avais jamais vue avant.
        Le cristal avait l’air différent, cela voulait peut-être dire que Yaba n’était plus présente…. Regardant autour de moi je remarquai qu’il faisait nuit. Je décidai d’aller manger à la cantina avant d’aller me coucher.

        Contrairement aux autres nuits je ne fis pas de cauchemar. Je devais avoir réussi à vaincre la présence de Yaba dans mon esprit. Maître Zaun avait eut raison la méditation m’avait aidé à me débarrasser de mes problèmes avec la sorcière. Maintenant que cela était fait je pouvais enfin continuer la construction de mon sabre laser. Je pris un petit déjeuner rapide à la cantina avant de retourner à l’Armurerie. Mon morceau de tissu et mes composants étaient resté à leur place. Personne ne les avait touchés, ce qui était normal puisque chacun des membres du Clan de la Loutre Chantante devaient fabriquer son sabre laser et ils avaient autre chose à faire que prendre les composants des autres. Je me dirigeai à ma place et commençai sérieusement la construction de mon sabre laser. Je repris les données que j’avais visualisées dans mon esprit quelques jours plus tôt. Je me remémorai les instructions que j’avais lues sur les livres de l’Armurerie et je commençai à voir dans mon esprit comment fabriquer mon sabre laser.

        En regardant autour de moi je pus voir que mes camarades avaient déjà bien avancé dans la fabrication de leur sabre. Je vis Tseh dans un coin de la pièce, le pauvre il avait dû attrapper froid cette nuit, c’est vrai que la température avait bien chuté la veille. Mon ami avait le nez rouge et il passait son temps à tousser. Il avait mis plusieurs vêtements sur lui afin de lui apporter de la chaleur. Tseh ne resta pas longtemps aujourd’hui et je présumai qu’il était parti ce coucher. Quant à moi j’avais visualisé complètement mon sabre laser et j’avais commencé à placer mes composants pour faire la partie basse de mon sabre. J’avais assemblé la cellule d’énergie avec son isolateur et son conducteur de champ. J’avais mis au point la chambre d’énergie pour le cristal. Je voyais vraiment comment la placer dans le manche du sabre. Tout cela n’était que sur mon chiffon mais je voyais beaucoup plus précisément comment mon sabre allait être. La journée c’était bien dérouler et je voulais prendre mon temps. J’insérai la cellule d’énergie dans le manche grâce à la Force et j’allai me coucher ensuite.

        Le cinquième jour arriva. Je me préparai comme tous les matins depuis que j’avais commencé cette épreuve. Je passai par la cantina prendre un petit déjeuner après mettre préparer dans ma hutte puis je me dirigeai vers l’Armurerie. Ben et Jolya étaient déjà arrivés, Tseh aussi et il avait l’air d’aller mieux. Cette nuit avait été plus douce que la veille et je supposais que mon camarade avait réussi plus ou moins à guérir. Je retournai dans mon coin continuer la fabrication de mon sabre laser. La journée se passa sans accroche, j’avais fini la partie basse de mon sabre malheureusement je rencontrais des difficultés avec la partie haute et toutes les connectiques qui se trouvaient avec le variateur de puissance de lame, le circuit de modulation d’énergie et le canal énergétique. Je décidai que je réfléchirais à cela le lendemain car la journée était terminée et que cela ne servait à rien de se presser la partie basse de mon sabre était déjà fini donc j’avais déjà bien progressé aujourd’hui, il ne manquait que la bague de fixation que j’avais oublié de prendre dans les pièces que maître Od’Hun nous avait indiquées.

        Le lendemain je récupérai la bague de fixation et terminai complètement la partie basse de mon sabre laser. Je continuai toute la journée à travailler sur la partie haute de mon sabre laser jusqu’à sentir la fatigue me gagner. J’allai me coucher directement et le jour d’après j’étais prêt à finir mon sabre laser. La jonction avec la partie haute des variateurs de puissances et des canaux énergétiques de la lame était terminée. J’avais placé mon cristal dans la chambre d’énergie. Les boutons de puissance et de longueur de la lame avaient été placés. Le bouton d’activation était en place sur la poignée. J’assemblai la partie haute et basse de mon sabre grâce à la Force. Ca y est j’avais fini mon sabre laser.




        L’épreuve avait été longue et fastidieuse mais j’avais réussi à triompher grâce à la Force. Je pris mon sabre laser dans ma main droite et commençai à le manier. Il était équilibré, léger et il épuisait parfaitement ma main, son manche correspondait parfaitement. Je le regardai et le tendant devant moi je l’activai.



        La lame était d’un bleu très clair et brillait énormément. Je réglai correctement la lame, sa puissance et sa longueur puis je commençai à manœuvrer mon sabre laser avec ces nouveaux réglages. Il était parfait et j’étais très fier de moi. Maintenant que cela était fini je devais le montrer à maître Od’Hun. Je rangeai la lame de mon sabre laser et je me dirigeai vers l’Armurerier légendaire afin d’avoir son avis sur la création que je venais de réaliser. M’inclinant devant maître Od’Hun je lui tendis mon sabre laser des deux mains.

        - Tenez Maître Od’Hun, voici mon sabre laser.

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          Auteur : Tseh

          Après une semaine passée, Vipers avait été le premier à avoir terminé son sabre. Ce jour là, Tseh avait eu peur que l’arme lui explose à la face, mais au final, le sabre s’était montré fonctionnel. Le jeune homme se disait que le fait qu’il ait été chez les Jedi depuis qu’il était gamin devait y être pour quelque chose. Mais Zaun avait dit que cela n’avait rien à voir. Puis Tseh était fier pour son camarade. Tseh avait achevé la première partie de son sabre cette semaine et allait devoir attaquer la suite de son arme. Il travailla avec des livres et des croquis toute la journée sur le reste du sabre.

          Il était épuisé, une journée de travail sur des croquis, à devoir les corriger, les changer qui avait été éreintante. Là, il avait absolument besoin de repos. Tseh était devant chez lui regardant ce qu’il voyait du Sanctuaire de ce point de vue. Il pouvait voir des Jedi méditer. Il regarda du côté de la hutte de Vipers. Il était pas là, il était déjà parti à un cours de pilotage ou il était parti méditer au lac Fektur, mais bon, c’était pas vraiment ses affaires. Les cours de pilotage, Tseh n’allait pas y aller de si tôt. Déjà qu’il avait été malade dans une barque en papyrus, puis être monté sur un speeder puis dans le vaisseau des pirates n’avaient pas non plus été des expériences des plus agréables pour lui. Mais curieusement, il ne ressentait rien quand il était sur le dos d’un animal. Sûrement car ils étaient vivants et reliés à la Force comme tous les êtres vivants, chose plus compliquée pour une machine. Il avait tout de même appris que certains chasseurs Jedi pouvaient se piloter grâce à la Force. Tseh était dubitatif quand au fonctionnement de ces engins.

          Tseh remarqua un morceau d’os d’oryx à côté de lui qu’il n’avait pas vu avant. Il semblait assez ancien et était sculpté. Il vit sculpté dessus, un homme entouré de deux lézard-lion qui semblaient apprivoisés. Sous les pieds de cet homme, un oryx aux pattes attachées et en position de soumission. Ce personnage était le Maître des Animaux et l’Oryx était un animal associé au dieu Suketh qui symbolisait cette Force que les chefs ne pouvaient pas contrôler, comme l’oryx, une antilope connue pour sa férocité. Et l’oryx attaché symbolisait la place de la Force pour les chefs. Un outil qu’il pouvait utiliser à loisir qui leur appartenait et qui était maintenu prisonnier. Tseh se demandait si c’était pas A-ha qui avait déposé ça.

          Le lendemain, il attaqua le manche en os qui découpa en deux et le tailla selon ses plans afin que les pièces s’imbriquent dedans. Celui-ci servirait à en faire un manche. Cela lui prit la journée, surtout pour les finitions. Ce jour là, Ben avait terminé son sabre, mais celui-ci n’avait pas marché. Heureusement pour lui, il n’avait pas explosé et c’était à contrecoeur qu’il avait recommencé son arme. Puis le soir, il reprit l’équitation. Il avait fait beaucoup de progrès. Alors qu’il s’entrainait avec le cheval gris avec qui il avait commencé à construire une certaine complicité, il remarqua maître Zaun passer. Il voulut le saluer du haut de sa monture, mais il trop concentré sur le maître Jedi, il en avait oublié que son cheval fonçait vers la barrière et s’arrêta brusquement. Tseh n’eut pas le temps de réagir et vola par-dessus la barrière pour atterrir juste devant Zaun. Là, il s’était bien fait remarqué. Il rentra chez lui après avoir ramené son cheval à l’écurie pour s’occuper de son âne. L’animal ne le suivait quasiment plus tant il semblait faible et fatigué. De voir l’animal souffrir attristait Tseh. Tandis qu’il caressait l’équidé, il observait le morceau d’os.

          La nuit, il fit un rêve étrange. Il se mit à rêver qu’il voyait un tout d’abord un hexaptero. Ces créatures, il en avait jamais vraiment vu, à part de loin. C’était de gros volatiles connus pour dégager une étrange aura et Tseh savait maintenant que c’était la Force. Ces animaux étaient sensibles à la Force. Les guerriers chassaient ces animaux quand ils les voyaient. Puis Tseh rêva qu’il s’était mis à voler au dessus d’un fleuve. Mais son rêve se termina par sa chute dans un ravin où se trouvait un troupeau d’antilopes en mouvement. Tandis qu’il chutait, il pouvait voir un homme entouré de deux lézards lions qui avait sa main levée comme s’il utilisait la Force. Il se leva affolé et en sueur.


          - Le Maître des animaux !

          Quand Tseh arriva à la salle des cristaux, il était encore perturbé et ruminait ses visions. Si c’était des visions prémonitoires, ce qu’il craignait le plus aller arriver. Le Maître des Animaux, du moins, ce qui s’en rapprochait le plus. A travers ses méditations, la Force avait put lui montrer la catastrophe que serait un tel être pour les hommes et les animaux. Il avait vu le chevalier Allister contrôler un Sanglier Loup afin de les sauver sans tuer l’animal, mais ce pouvoir pouvait-être utilisé à mauvais dessein.

          Cela ne l’empêcha pas de continuer à monter son sabre-laser. Il assembla les cellules d’énergie de l’arme et la bague énergétique,qu’il ajusta dans une coque isolante car l’os ne supporterait pas la chaleur. Cela lui prit la journée. Ce jour là, Jolya avait enfin fini son sabre et celui-ci était fonctionnel. Puis il repris peu après ses cours d’équitation. Il voulait perfectionner son équilibre et commencer à manier une arme en selle. Il commençait à s’entrainer avec un sabre en bois. Cet objet lui rappelait ses premiers jours d’entrainement. C’était ce jour là où il avait commencé à comprendre qu’il valait parfois le coup de se battre et de ne plus subir. Il commença à s’entrainer à manier son arme tout en dirigeant sa monture. Tseh avait des difficultés à garder son arme en main.

          Mais quand il rentra chez lui le soir, une mauvaise surprise l’attendait. Il appela l’âne. Mais il n’eut aucune réponse. Il alla voir dans l’appentis qui servait d’abris à l’âne et retrouva l’animal couché. Il respirait lentement. Tseh se précipita à son chevet. Il ne pensait pas que ce moment arriverait si vite. Il serrait l’encolure de l’animal dans ses bras. Il sentait que les forces de son camarade équin le quittaient. L’animal finit par rendre son dernier souffle laissant Tseh seul. Il se mit alors à pleurer. L’attachement n’était pas normalement une chose très appréciée chez les Jedi, mais le jeune homme se disait que c’était ce qui rendait des individus humains. Même les bêtes ressentaient de l’attachement. Il avait enterré l’âne au pied de l’arbre où se trouvait sa hutte. Il avait emprunté le cheval gris afin de l’aider à transporter la dépouille. Il avait mis un peu de nourriture et recouvert le corps d’une bure Jedi pour le préparer à son voyage. Après une vie de souffrances et de travail, cet animal avait eu une fin digne.

          Tseh passa une bonne partie de la nuit à méditer. Il avait compris que la Force avait toujours été là et pour lui cette connexion avec elle était comme un réconfort.



          « Il n’y a pas de mort, il n’y a que la Force »


          Tseh se retourna, la phrase semblait venir d’un oryx qui s’approchait de lui. Il s’agissait d’une autre représentation indigène de la Force. Un animal féroce et indomptable.


          - Il sera toujours avec toi, comme tes proches. Ils vivent dans ta mémoire et dans la Force.

          L’oryx s’évapora et Tseh s’endormi. Il avait comprit que son ami serait toujours là, tout comme ses parents et qu’à sa mort, il les rejoindrait. Mais comme l’avait dit Zaun, avant de parler de mort, autant parler de vie. Tseh avait encore des amis bien vivants. Tous ses camarades de la Loutre Chantante.

          Malgré ces paroles réconfortantes, le lendemain, il était fatigué et encore impacté par cette disparition. Le moral n’était pas vraiment au beau fixe. Il n’avait pas beaucoup avancé dans la fabrication de son sabre-laser. Il n’était pas resté très longtemps pour la fabrication. Il n’avait rajouté que la lentille et la chambre d’énergie du cristal et tous les composants autour. Il était ensuite allé se défouler à cheval. Puis surtout le contact avec un autre équidé lui faisait du bien. Il savait que le cheval ne remplacerait pas l’âne, mais se sentait bien sur une selle. Il avait aussi partagé ce temps avec de la méditation pour être en connexion avec la Force qui était une confidente privilégiée. Le soir, Jolya et Sin lui avait proposé de passer du temps avec elles à la Cantina pour se changer les idées. Il avait put voir qu’A-ha était de corvée service ce soir là et quand il avait servi les filles et lui, il n’avait pas fait de remarques. Sûrement parce qu’il savait qu’il ne pouvait plus se reposer sur Tseh pour se défendre et la présence d’O’Hun et la colère du jeune homme l’avaient rendu plus craintif concernant les Jedi. Il ne les appréciait toujours pas, mais le mépris s’était transformé peu à peu en crainte. Il devait s’habituer à voir des sensitifs autrement qu’en pauvre carcasse agonisant dans les aires de rejets et vulnérables. Là, les sensitifs ne se laissaient pas faire et savaient se défendre.

          Le lendemain, Tseh allait un peu mieux. Il avait beaucoup discuté avec Jolya et Sin et de pouvoir parler et se changer les idées, lui avait fait le plus grand bien. Il continua de travailler son sabre. Aujourd’hui, c’était la partie la plus technique de la fabrication. Il allait devoir assembler les diverses parties de l’arme et y intégrer le cristal. Il se mit en position de méditation et assembla le tout avec une grande précaution. Il s’y reprit à plusieurs fois afin que le tout soit parfaitement aligné. Il finit par réussir à aligner les morceaux correctement. D’ailleurs, Od’Hun l’avait surpris à mâchonner un morceau de viande séchée pendant qu’il méditait sur la construction de son arme. Maintenant, il ne lui restait plus qu’à mettre le manche en os, mais il allait devoir retailler l’os afin que tout s’emboite parfaitement dans l’os.



          Les deux jours suivants furent justement réservés aux finitions de l’os jusqu’à ce que ce que le reste du manche s’emboite parfaitement dans l’os sculpté. Et pour cela, il allait devoir se servir de ses mains et pas de la Force. Après autant de finitions, il finit par coller les deux morceaux d’os autour du sabre. Il fixa avec de la colle et des bandelettes de cuir solidement enroulées autour du manche. Il avait aussi rajouté un cordon de cuir qui ferait office de dragonne qui se mettait au poignet afin d’éviter de perdre l’arme si Tseh devait l’utiliser à cheval. Il avait repris l’idée de la dragonne que les guerriers utilisaient pour leurs massues afin de la garder au poignet. Entre temps, Ben avait enfin finit son sabre et avait réussi à le faire marcher.



          Le sabre de Tseh était enfin terminé. Mais le jeune homme ne chercha pas à l’activer tout de suite. Il était fatigué et avait faim. Il avait amené la conserve qu’A-ha lui avait donné dès le premier jour où il s’était rendu à l’armurerie. La fameuse conserve d’haricots au lard. Il avait faim et jugeait qu’il avait mérité un bon casse-croute. Il commença à tirer la languette de la boite qui se cassa. Super, il pouvait ouvrir la boite comment ?! Il tenta avec le silex qui avait servi pour tailler l’os et couper le cuir. Le silex se cassa contre la boîte. Tseh tenta aussi avec le vieux couteau en métal, mais celui-ci ne parvint pas à ouvrir la boîte. Le jeune homme observa la conserve, puis le seul objet coupant qui lui restait, à savoir un sabre-laser qu’il n’avait pas encore testé et avec qui il était assez anxieux. Mais l’appel de l’estomac fut plus fort et Tseh s’empara du sabre. Il coinça la boîte entre ses pieds. Et il activa son sabre et une lame verte jaillit et il ouvrit sans peine la boîte avec l’arme. Il n’eut pas de peine à l’activer et la lame se rétracta aussi sans souci. L’ayant construit lui-même, il connaissait l’objet. Il regarda le sabre qui fumait encore, la peur commença à céder sa place à un sentiment d’accomplissement. Tseh avait réussi à construire un sabre-laser. Jamais en tant qu’artisan il n’aurait pensé réussir une telle arme. Son sabre avait un manche digne des poignards des chefs, mais il était plus efficace et il serait à lui, pas à un chef qui avait gagné son rang juste parce qu’il était issu de la bonne lignée et non pas par ses compétences.
          Un autre gargouillement d’estomac rappela à Tseh qu’il avait faim. Il regarda le contenu de la boîte et immédiatement le visuel et l’odeur le firent tiquer.





          - Mais c’est pas des haricots au lard ?!


          Malgré l’aspect étrange d’une sorte de viande en gelée, avec une odeur étrange, il n’hésita pas à manger et finalement c’était pas si mauvais. C’était toujours moins pire que le mouton avarié. Quand elle avait vu la tête de Tseh face au contenu de la boîte, Sin prit la boîte et décolla l’étiquette pour découvrir que c’était en réalité de la nourriture pour Lothcat.

          - C’est quoi un Lothcat ?!

          - Un animal de compagnie ! Bref, c’est de la nourriture pour animaux !

          - En tout cas c’est pas mauvais !

          Sin grimaça pour signifier qu’elle était pas vraiment de cet avis.

          - J’ai mangé pendant des années de la viande de mouton avariée que même les bêtes ne voulaient pas …

          Il était vrai que le jeune homme avait pendant des années dût se contenter de nourriture souvent dépassée. Et à côté de ce qu’il avait mangé gamin, n’importe quoi passait pour de la grande cuisine. Mais dans toute cette histoire, ils en avaient presque oublié une chose importante. Tseh avait enfin son sabre laser et celui-ci marchait correctement. Il observait l’objet tout en continuant de manger le contenu de la conserve. Le sabre était facile à régler, facile à activer et à éteindre et surtout sécurisé. Tseh avait fait en sorte qu’il y ait aucun risque qu’il s’active quand il était porté à la ceinture, même au contact d’une peau nue. Puis surtout le manche sculpté racontait le combat de Tseh face à ses anciennes croyances. Et il lui rappelait aussi qu’il restait faible et qu’il n’était un élément parmi les autres au sein de la Force. Une fois son repas terminé, il s'essuya les mains et la bouche et pensa qu'il allait devoir nettoyer la lame de l'arme. Il activa donc le sabre et vit que la lame était propre.

          - Même pas besoin de le laver, pratique !


          Il compara le manche du sabre avec le morceau d'os d'oryx qu'il avait amené. Si l'os d'oryx, pouvait symboliser l'orgueil des chefs, que ça soit le matériau de base fait en os d'un animal symbolisait la Force et ce qui était représenté dessus. Le manche du sabre symbolisait quand à lui l'humilité et aussi la Force comme une entité se trouvant dans tout ce qui vit et veillait à l'équilibre de ce monde. Il regardait la représentation du Maître des Animaux. Il avait vu en rêve que ce sinistre personnage allait venir. Il comptait en parler à Zaun au plus vite.

          Tseh présenta le sabre achevé à Maître Od’Hun. Sin était la dernière à ne pas avoir encore fini son sabre. Mais ce n’était pas une course et il savait qu’en prenant son temps, on avait plus de chances d’avoir un sabre fonctionnel. Il regarda une nouvelle fois cette arme. La peur avait peu à peu laissé sa place à un sentiment d’accomplissement.

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            #26

            Post n°26
            Auteur : Kath Aplazm

            Accoudé à l'unique fenêtre de l'armurerie Jedi, le maître Jedi Od'Hun observait le Sanctuaire endormi, un léger sourire aux lèvres. Pour cet âpre ermite qui se sentait généralement plus à l'aise au milieu des métaux que des gens de son espèce, avoir l'humeur guillerette n'était pas ordinaire. Mais cela le prenait, de temps en temps, lorsqu'il apercevait grandir, de son œil unique, ceux que l'Ordre considérait comme ses enfants. Aujourd'hui, le dernier des élèves du Clan de la Loutre Chantante venait de terminer son premier sabre laser. La jeune Sin avait beau avoir été la plus lente, elle avait créé la lame la plus pure, la plus fine et la plus stable, avec une maîtrise qu'on ne lui soupçonnait pas. Od'Hun n'avait d'ailleurs pas vu pareille orfèvrerie de la part d'un novice depuis qu'il avait lui-même confectionné son propre sabre.

            Avant la Dévaronienne, ses camarades avaient eux aussi, chacun à leur tour, tendu leur sabre afin de que le maître armurier l'inspecte et le jauge. L'arme de Ben lui ressemblait: elle était petite, rude et caractérielle, et il lui faudrait sans doute un moment avant de la dompter totalement. Celle de Jolya était légère, mais tranchait l'air avec fracas ; l'arme à la main, la jeune novice n'avait plus rien de la jeune femme timide que ses condisciples avaient rencontrée. Les yeux brillants et fiers, la Scion avait allumé sa lame d'un air triomphant. Désormais, la jeune fille transpirait la confiance en elle et l'assurance. Elle ferait une grande Jedi.

            Mais Od'Hun était encore plus fier des progrès de Tseh et Vipers. Le Iat avait fait preuve de beaucoup de patience et de maîtrise, sculptant un os tout droit venu de sa lune natale. Au final, le sabre qu'il avait confectionné était extrêmement personnel et intéressant, comme le vieil Od'Hun en avait très peu vu. Il ne savait s'il rencontrerait jamais le peuple des Iats et leurs coutumes, mais l'art de Tseh lui donnait certainement envie d'en savoir plus sur cette population mystérieuse, perdue aux confins de l'espace connu. Un jour un Jedi plus jeune que lui entreprendrait-il peut-être un tel voyage et consignerait ses découvertes dans les archives de l'Ordre pour assouvir la soif de connaissance d'un maître retraité...
            Quant à Vipers, il avait été le plus rapide à réaliser son arme. Résolument classique, l'arme n'en restait pas moins habilement assemblée. Mais ce qui marquait le plus dans son apparence, c'était cette lame d'un bleu qui ne correspondait à aucun des cristaux retenus dans la Salle aux Cristaux. Cette lueur tantôt bleutée, tantôt gris argent, perturbait fortement Od'Hun. Le jeune Vipers devait posséder un lien très particulier avec le Labyrinthe pour en avoir extrait un cristal si particulier. Il ne paraissait pas différent des autres en termes de puissance, mais son aspect et les vibrations qu'il émettait étaient résolument...inhabituels.

            Od'Hun avait félicité ses élèves à grand renfort de tapes dans le dos et de regards aussi paternels que sévères, leur rappelant qu'un sabre laser n'était pas un jouet et qu'i devrait surtout penser à ne l'utiliser qu'en dernier recours, comme le prescrivait la voie des Jedi. S'ils n'étaient pas encore des padawans, les membres u Clan de la Loutre Chantante se verraient bientôt remettre des missions plus avancées ou des responsabilités au sein du Sanctuaire. De ce fait, un maître se devait de leur rappeler la bonne conduite à adopter. En les renvoyant à leurs études auprès de maître Zaun, Od'Hun leur avait donc glissé un mot de félicitations, adjoint d'une mise en garde:


            - ...Gardez toujours courage, jeunes novices. Souvenez vous qu'un sabre laser ne fait pas un Jedi, et qu'un Jedi n'est rien sans son cœur et sa discipline. Travaillez dur, entrainez-vous, apprenez vos leçons. Saluez vos maîtres et puisez dans leurs enseignements. Car bientôt, il vous faudra affronter la galaxie et ses dangers. L'arme à la main, vous aller combattre. Pas par gloire, pas par intérêt, mais par nécessité et devoir. Alors jurez! Jurez en vous-mêmes. Jurez que vous resterez toujours aussi puissants bretteurs qu'orateurs, aussi tel que bien libres mais dignes, encore aussi bien meneurs que professeurs, et que de sabre et de livres vous suivrez les lignes.

            Od'Hun faisait rarement preuve d'autant de verve. Plus souvent bougon et taciturne, l'éveil de ces jeunes gens à la Force avait rallumé en lui le feu d'une forge. Il redoublerait de travail et d'intensité. Pour que les Jedi renaissent de leurs cendres et reprennent leur rôle dans la Galaxie. Pour que la dignité des faibles soit protégée. Avec de tels jeunes gens à ses côtés, l'Ordre Jedi pourrait y parvenir. Mais avant cela, ils devraient affronter la tentation du Côté Obscur et les affres de la guerre.

            Cela était un combat pour un autre instant. Le sourire toujours fiché aux lèvres, Od'Hun ferma de sa main balafrée les volets de la pièce. Demain, ils combattraient, mais ce soir, ils dormiraient du repos du juste. A moins de recevoir de nouvelles visites nocturnes...



            HRP: Désolé pour tout le retard pris. Votre formation s'achève ici, félicitations ! Vous pouvez ajouter votre sabre laser à votre casier. Rendez-vous en partie Jedi HRP pour discuter de la suite des opérations et des aventures qui vous attendent. J'espère que vous avez apprécié vous lancer dans le RP de cette façon et que le temps ne vous a pas semblé trop long. J'attends vos retours, comme d'habitude ;)

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              #27

              Post n°27
              Auteur : Kryann

              Kryann inspira à pleins poumons. A la fois pour se libérer et se donner du courage. Quelques jours après son entrevue avec le Conseil, alors qu’elle avait repris son rythme de vie d’avant son expédition sur Ondéron, on lui avait fait parvenir une missive. « On », c’était le Conseil. Pas de seconde entrevue pour elle, malgré les inquiétudes qu’elle avait cru déceler dans les yeux de ses Maîtres, mais bien une invitation à se rendre au plus vite à l’Armurerie Jedi.

              L’Armurerie. Lieu hautement symbolique pour quiconque désirait se revendiquer des Jedis, de leurs arts, et de leurs codes. C’était dans ce lieu précis, dans cette pièce, que les novices et futurs padawans s’escrimaient à forger l’arme qu’ils porteraient à leur ceinture pendant, théoriquement, toute leur vie. L’arme des Jedi. Le sabre-laser. Porteur de tant de symboles et d’histoires comme d’Histoire, la simple portée d’en brandir un au combat donnait le vertige à la jeune Cathar.

              On lui avait donné pour instruction de rencontrer un certain maître Od’Hun, armurier général de l’Ordre, et de faire preuve évidemment d’une certaine déférence et du respect dû à sa position. Mais une note de bas de page, écrite manifestement par un auteur facétieux, lui indiquait également de se méfier de sa jambe bionique et de ses accès de colère. Fidèle à elle-même, le message n’avait pas manqué de faire soulever à la jeune Jedi de multiples questions : comment l’aborder ? Que lui demander ? Comment réaliser un sabre ? Et bien d’autres encore. Incapable de trouver réponse par elle-même, la novice avait dès lors dédié des heures entières à la recherche de renseignements. Et pour cela, rien ne valait les Archives.




              -Deux jours plus tôt…-




              La vieille Nocasta, l’Archiviste en chef, n’avait pas manqué de remarquer le retour de l’assidue Cathar. Dans les couloirs d’une salle des Archives vide par nécessité, les Jedi étant bien peu et bien occupés ailleurs, que par réel dédain pour les livres. Ce ne fut pas pour autant qu’elle accueillit avec joie la jeune Novice, dont les exploits vis-à-vis des autres jeunes en formation étaient parvenus aux oreilles de bien des gens. De fait, Kryann inspirait toujours autant la méfiance, voire la défiance, sans qu’elle ne cherche à s’en défaire. Néanmoins, elle resta courtoise, lorsque Kryann lui demanda conseil sur la fabrication de sabres.

              Un instant, le visage de l’Archiviste s’illumina, comme si le souvenir d’une époque certes lointaine, mais jamais effacée, était remonté à la surface. Mais elle reprit bien vite son air grave et sérieux. Elle guida la Cathar dans ses choix d’ouvrage, bien qu’elle ait parfois l’esprit ailleurs. Par pure courtoisie, plus que par gentillesse, elle se lança :


              « Maître, vous semblez perturbée. »

              Nocasta sonda un instant le visage de l’apprentie. Il y avait quelque chose de changé. Le regard était toujours aussi dur, les pupilles jaunes toujours aussi avides de vengeance. Le petit monde des Jedi était un cercle bien trop fermé pour que l’on ne sache pas rapidement qui était qui, pour peu que l’on y prête attention. Aussi savait-elle à qui elle avait à faire, et elle connaissait sa fragilité vis-à-vis du Côté Obscur. Pourtant, il y avait quelque chose d’autre. Peut-être cette perte d’une relative innocence toute enfantine…

              « Je suis simplement fort occupée. Ne t’en fais pas.

              -Vous êtes toujours occupée, Maître, mais jamais préoccupée. »

              Aïe. Elle touchait juste. Le peu de mots qu’elle avait prononcé était plus douloureux qu’une dague. Elle avait lu parfaitement l’état d’esprit de l’Archiviste. Aussi se décida-t-elle. Elle regarda autour d’elle et lui dit à voix basse :


              « Nous avons retrouvé quelqu’un de tué. Dans le Sanctuaire. Le Maître Albus Fellwud a été pourfendu par un sabre-laser. Très peu sont au courant, mais tu es hors de cause de facto, du fait de ton voyage. »


              La novice acquiesça, sans quitter Nocasta des yeux.

              « Prends garde à toi, Novice. Et si tu le peux… ouvre l’œil. Mais surtout, n’en dis rien à personne. »

              Puis elle partit, à peine ces mots prononcés. Laissant la Cathar avec quelques ouvrages entre les mains, des questions plein la tête et une étrange sensation de devoir à accomplir.




              -…-




              Elle finit son exercice de relaxation et de contrôle de son souffle. Les quelques ouvrages avaient été dévorés, et assimilés en un temps record. Elle avait plus ou moins compris la théorie de la fabrication d'un sabre, bien qu'elle appréhendait grandement la mise en pratique, et elle espérait voir en Maître Od'Hun un artisan patient.

              Lorsque Maître Od'Hun la vit entrer, il ne put empêcher un haussement de sourcil. Qui avait laissé un chat apeuré rentrer dans SON armurerie ? Puis il la détailla un peu plus. Les yeux jaunes étaient durs et observateurs, mais leur façon de guetter avait de quoi faire penser à une peur inconsidérée. Le poil terne de la fourrure laissait imaginer que la jeune Cathar avait dores et déjà vécu des épreuves, mais elle marchait encore. Les vêtements, vraisemblablement jamais portés, ou pas par elle, étaient sombres, oscillant du marron majoritaire au noir, avec des touches de beige. Une tenue qui n'allait pas vraiment à un Jedi, fut-il novice. Quand bien même le choix des vêtements était libre, les jeunes Jedi se montraient habituellement dociles et portaient les couleurs claires des bures classiques.

              Cependant, il ne s'inquiéta pas. Après tout, chaque novice qui pénétrait dans cette armurerie était particulier à bien des égards, avait sa propre part intime qu'il essayait de cacher, mais que le vieil armurier en chef décelait sans trop de soucis. Et celle-ci avait une belle part d'ombre en elle. Mais il n'était pas instructeur, son rôle d'aider les novices à créer leur premier sabre-laser étant déjà fort prenant.


              La jeune Cathar s'avança et s'inclina face au Jedi.

              "Maître Od'Hun, armurier général de l'Ordre. Je viens chercher vos conseils pour la fabrication de mon sabre-laser."

              La révérence était aussi maladroite que facultative. Il ne s'en formalisa pas et prit la lettre que lui tendait la Novice.

              "Kryann, c'est ça ? T'es venue à la bonne adresse, Novice."

              Il lui désigna le fond de la pièce, l'endroit le plus important à ses yeux dans cette salle, le mur où étaient alignés les cristaux destinés aux futurs Jedi.

              "On va commencer par le début, Novice. Avant toute chose, tu dois choisir ton cristal si t'en as pas déjà un. C'est la Force qui te guidera dans ce choix-là alors ouvre-toi à elle. Ca viendra tout seul.
              -J'ai mon cristal, Maître."

              Pas un sourire. Pas une syllabe plus haute que l'autre. La plupart du temps, ceux qui venaient chercher son conseil étaient excités comme des puces à l'idée de forger leur arme, mais elle, non. On aurait dit qu'elle s'en fichait éperduement, comme si c'était une arme tout à fait classique. Pourtant, il pouvait la sentir bouillonner d'impatience, à travers la Force. Alors pourquoi ce décalage ? Si il était normal de cacher ses émotions, de les enfouir, pour un Jedi, il était inhabituel que celles-ci, incontrôlées comme dans le cas de la Cathar, ne se reflètent pas dans ses mouvements ou sa voix.

              "Bon. T'as l'air décidée. Prends place, Novice. Y'a tout ce qu'il faut pour t'apprendre à fabriquer un sabre."

              Elle acquiesça et prit l'établi le plus éloigné possible de l'entrée. Une manière pour elle de s'isoler et de se concentrer. Une fois assise, elle se laissa quelques instants pour regarder les ouvrages. De la pratique pure, des manuels, qu'elle feuilletta rapidement, rejetant l'un pour garder l'autre ouvert au gré de ce qu'elle cherchait à réaliser. Puis elle se releva, le temps de choisir les composants en se fiant à ses lectures diverses. Elle tenait à parvenir seule au résultat final, quand bien même il fallut y passer des heures. Ce qu'elle imaginait sans mal, par ailleurs.

              Si elle avait bien compris ses lectures, l'alignements des composants était la preuve d'un réel lien avec la Force. Devait-elle... simplement utiliser la Force pour cela ? Elle contempla les outils présents sur l'établi ? Un piège ? Une facilité ? Elle décida de laisser sa première impression prendre le dessus et se saisit des outils afin d'entamer son travail. Si celui-ci avançait suffisamment vite à son goût, cela lui prit quand même plusieurs heures pour parvenir à façonner un manche correct. Néanmoins, elle en était déçue, pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas. Elle le laissa sur le côté sans lui accorder plus d'un regard, puis se releva pour reprendre des composants. Une nouvelle fois, bien que plus rapidement, mais plus minutieusement, elle assembla un manche vide. Celui-ci était bien différent du premier, que ce soit dans les composants ou dans les couleurs, mais une fois de plus, elle n'en était pas satisfaite.

              Mais alors qu'elle regardait ses deux créations, se demandant où elle avait bien pu se fourvoyer, car ces manches étaient les siens, elle se surprit à penser aux Maîtres Jedi qui avaient jonché sa route. Maître Janev, Maître Qos, le Conseil... Vétra... Tout différents qu'ils soient, ils avaient tous un point commun à ses yeux. Tous, à un moment ou un autre, lui avaient dit qu'elle n'était pas seule. Que la Force était avec elle. Ses doigts pianotèrent alors que le Code Jedi lui revenait, lentement.

              Il n'y a pas d'émotion, il y a la paix.
              Elle inspira. Oui, cela, on lui avait souvent répété. Contrôler ses émotions, pour ne pas se laisser envahir par son instinct primaire.

              Il n'y a pas d'ignorance, il y a la connaissance.
              Elle expira. La connaissance. Elle savait la théorie. Sur le bout des doigts, désormais, elle aurait pu réciter trois façons d'assembler un sabre. Mais à présent qu'elle y pensait, avait-elle seulement vu la mention d'un outil ? Elle avait imaginé cela, mais se trompait-elle ?

              Il n'y a pas de passion, il y a la sérénité.
              Trouver le calme en elle. Etait-ce la voix ? Elle s'imagina le Lac Fektur, si paisible, si harmonieux.

              Il n'y a pas de chaos, il y a l'harmonie.
              Elle ne pouvait pas renier en un éclair ses émotions, son passé, mais pouvait-elle les calmer un instant ? Ne pas s'y confronter, pour une fois.

              Il n'y a pas de mort, il y a la Force.
              Elle avait prononcé la dernière phrase à voix haute. La Force. Etait-elle si puissante qu'elle pouvait guider tout son cheminement ? Tous le croyaient, en tout cas, et il était difficile de donner tort à tant de personnes. Alors elle se concentra. Joignant les mains, Kryann se plongea dans la Force. Devant elle, les deux manches précédemment assemblés se soulevèrent. Dans la pénombre de l'atelier, ils se défirent silencieusement, guidés par la Novice, qui ne faisait que de légers gestes, avant de s'assembler à nouveau en un nouveau manche. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, celui-ci tomba sur l'établi et roula jusqu'à ses mains.

              Spoiler : Spoiler


              Il était parfait. A l'opposé de tout ce qu'elle avait imaginé, mais étrangement... Il était parfaitement adapté à ce qu'elle devenait. Sa noirceur serait son guide. Elle lui rappellerait où elle ne devait pas tomber. Elle inspira de nouveau. L'ultime étape. L'alignement du cristal. Elle sortit le cristal de Freeddon Nadd et se remémora ces écrits :


              Le cristal est le cœur de la lame.
              Le cœur est le cristal du Jedi.
              Le Jedi est le cristal de la Force.
              La Force est la lame du cœur.
              Tous sont entrelacés :
              Le cristal, la lame, le Jedi ne font qu’un.


              Pouvait elle faire de cette lame l'anti-Kryann ? Si elle avait compris ce qu'elle avait affronté, ce cristal venait d'un homme au coeur aussi noir que ce sabre. Alors cette arme... Serait-elle ce que la Cathar espérait qu'elle soit ?
              Le cristal se positionna parfaitement. Le bouton fut enfoncé. Et une lame rouge en jaillit.

              Elle avait réussi.

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                #28

                Post n°28
                Auteur : Super PNJ

                Une lame rouge. Voilà qui n’était pas courant. En observant la Cathare brandir son sabre, Maître Od’Hun fronça les sourcils. Il ne put s’empêcher de l’interpeler :

                - Dis-moi, petite, d’où vient ton cristal ?

                De mémoire d’armurier, aucun novice n’avait construit ici de sabre de couleur rouge. Pourtant, il en avait vu passer de l’aspirant Jedi. Des impatients aux réfléchis, des méthodiques aux intuitifs, de ceux qui avaient déjà leurs cristaux à ceux qui fouillaient pendant des heures pour trouver le bon... Même si la plupart ressortait avec un sabre à la ceinture, aucun d’entre eux ne s’était équipé d’un cristal rouge. C’était mal vu. Le rouge rappelait inévitablement les Sith, le Côté Obscur et la trahison. Au fond de lui, Maître Od’Hun retint un grognement en imaginant la réaction d’un membre du Conseil s’il voyait la lame de la Cathare. Les plus mystiques d’entre eux y verraient certainement la progression du Mal d’Endor.

                - Humm ! finit-il par grogner.

                Il ne valait mieux pas plaisanter avec ça. Les temps étaient effectivement troubles. Et, même s’il était reclus dans l’armurerie et se souciait guère des activités qui n’avaient aucun rapport avec la construction de sabre, Maître Od’Hun ne pouvait ignorer le malaise qui rongeait les siens. Et si la gamine sortait de son armurerie avec un sabre rouge, il pouvait en essuyer des retombées désagréables pour lui et pour l'Ordre, dont l'atmosphère semblait se dégrader.

                Le vieil armurier jeta un regard gêné vers l’entrée et vit que personne d’autre n’était dans l’armurerie. Ils n’étaient que tous les deux. D’un pas décidé, il rabattit la porte et s’adressa à Kryann :


                - Écoute, c’est mal vu, ici, ce genre de couleur. Ne sais-tu pas que le rouge est la couleur des Sith ? Si tu allumes cette lame n’importe où sur cette lune, tu risques de te retrouver transpercée sans même avoir le temps de dire « Que la Force soir avec vous ».

                Maître Od’Hun fit signe à Kryann de le suivre. En quelques enjambées, il traversa la pièce et farfouilla dans une boîte :

                - J’ai quelques cristaux ici. Il doit bien y en avoir un qui te conviendra. Attends…

                Alors qu’il était occupé à fouiller dans sa malle, Maître Od’Hun tournait le dos à la jeune Cathare. Contre le mur, au-dessus de sa tête, se trouvaient une ribambelle de sabres, entreposés-là. Ils avaient appartenu à d’autres Jedi et, par un concours de circonstances -souvent néfaste- ils avaient atterri ici.

                Mais là où toute personne ne se serait attardée que quelques instants sur les trois sabres apposés côte-à-côte, une personne suffisamment observatrice -ou guidée par la Force- pourrait voir ce que les autres ne voyaient pas : le vide. Car, à côté du troisième sabre se trouvait un emplacement inusité. L’agencement des objets autour ne pouvait laisser croire à une coquetterie de l’architecte d’intérieur, ni au fruit du hasard. Ce vide était bel et bien un manque, une anomalie.

                Récemment, quelqu’un avait dérobé un sabre-laser.


                Spoiler : HRP
                Pete Jeabro

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                  #29

                  Post n°29
                  Auteur : Kryann

                  Lorsque la jeune Cathar vit le vieil armurier s'avancer tout en fixant la lame rouge du sabre à peine construit, elle éteignit l'arme. Il ne fallait pas être grand devin ou fin psychologue pour se douter de tout le mal qu'il pensait de l'arme. Il suffisait de regarder sa mine déconfite et son air contrarié. Elle ne put échapper à une énième version de l'histoire de Dxun, afin d'expliquer au mieux d'où elle tenait ce cristal de sombre facture.

                  Bien qu'elle sache parfaitement les risques encourus à porter une telle arme, elle était également consciente qu'elle n'avait pas réellement choisi. Elle n'était pas une experte, mais elle n'avait senti aucun mouvement dans la Force tel que celui qu'elle avait ressenti en empoignant ce cristal. Elle était persuadée, intimement, que ce cristal était le bon. Mais de là à faire comprendre aux Jedi, apeurés et reclus, qu'elle ne comptait pas l'utiliser à de mauvaises fins... Elle avait un premier test face à elle... Mais cela impliquait de trouver les mots justes.


                  - Écoute, c’est mal vu, ici, ce genre de couleur. Ne sais-tu pas que le rouge est la couleur des Sith ? Si tu allumes cette lame n’importe où sur cette lune, tu risques de te retrouver transpercée sans même avoir le temps de dire « Que la Force soir avec vous ».

                  Elle le regarda se dépêcher de fermer la porte puis se précipiter vers le mur du fond, fouiller dans les caisses.


                  - J’ai quelques cristaux ici. Il doit bien y en avoir un qui te conviendra. Attends…

                  Kryann affinait sa stratégie. Ses yeux balayaient la pièce alors qu'elle énumérait les arguments qu'elle avait à offrir. Jusqu'à ce que... Tiens ? Ses yeux s'étaient posés sur cet emplacement vide. Ces sabres étaient sans doute là pour une bonne raison -ou une mauvaise- mais il y avait un support inutilisé. Quel Jedi se séparerait volontairement de son arme ? Et comment pouvait-on anticiper cette perte ? Non, ça clochait. Trop d'inconnues, trop de variables.

                  - Tiens. Regarde ceux-ci.


                  Elle sortit de ses pensées pour regarde le vieil Od'Hun. Il avait sorti de sa boîte trois cristaux. Un vert, un bleu, un jaune.


                  - Ils ne sont pas récents, et sont témoins d'un autre âge. Un âge où la couleur de ton sabre déterminait quel Jedi tu étais. Ce code de couleur n'a plus réellement lieu d'être désormais, l'on est le Jedi que l'on est sans se référer à son sabre. Le bleu pour les gardiens, le vert pour les consulaires, le jaune pour les sentinelles. Ainsi fonctionnait l'Ordre.

                  Kryann posa son regard sur les cristaux. Ternis, mais bien présents dans la Force. Une certitude.


                  - Il est plus sage pour toi de prendre l'un de ceux-ci. Tu y seras peut-être moins liée, mais plus en sécurité. Quant à ce cristal, il nous faudra le détruire, certainement.

                  La Cathar inspira. La sécurité ? Sa main passa au dessus des cristaux alors qu'elle retenait sa respiration. Aucun ne "l'appelait" comme celui de Freeddon Nadd n'avait pu le faire. Mais ce n'était pas l'appel du Côté Obscur.

                  - Maître Od'Hun, commença-t-elle, je vous suis gré de votre sollicitude mais... Vous l'avez dit vous-même. Le cristal n'est plus à l'image de ce qu'est le Jedi, dorénavant, c'est le Jedi qui fait usage de sa lame. Si le cristal, la lame et le Jedi ne font qu'un, comment pourrais-je... briser ce lien ? Alors même que je ne suis que novice ? Pour une histoire de couleur désormais ancienne, comme vous le dites.

                  Elle comprenait le trouble. Mais elle qui cherchait à cacher ses émotions ne s'en défaisait pas à cet instant. Il y avait une réelle passion dans sa voix, de celles qui vous élèvent et vous transcendent. Non de celles qui vous consument.

                  - J'ai vu le Côté Obscur et ses méfaits, Maître, sur Dxun. La couleur de la lame n'avait rien à y voir. J'ai pu y résister car d'autres m'ont montré la voie. J'ai compris sur Dxun que je n'étais pas seule, peu importait ce que j'étais.


                  Elle baissa la voix en tournant son regard vers les sabre-lasers.

                  - Ces sabres, au mur... Ce sont des armes de Jedi qui ont péri, n'est ce pas ? Elles ont chacune une histoire, un maître, que vous connaissez sans doute. Et pourtant... il en manque une, maître. Et personne n'a entendu parler d'une lame rouge. Je suis certaine que vous n'approuveriez pas un vol. Fut-il commis par l'un de nos frères avec une lame usuelle.


                  Elle se tut. Elle avait déjà bien trop parlé. Mais elle avait pesé et pensé chacun de ses mots, sans aucun doute possible.

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                    #30

                    Post n°30
                    Auteur : Super PNJ

                    - Cette histoire n’est pas si ancienne, répondit amèrement Maître Od’Hun.

                    Il avait encore en mémoire la période très récente de l’Empire Sith. Bien que son isolement dans l’Armurerie l’avait tenu à bonne distance de tout seigneur Sith, il ne pouvait effacer la signification particulière d’un cristal rouge : la colère, le sang, la souffrance. En deux mots : le Côté Obscur.

                    Réalisant qu’il avait parlé sèchement, les traits de Maôtre Od’Hun s’adoucirent. Il esquissa un pâle sourire et dit d’un air confiant :


                    - Je vois que tu as appris certaines pensées de la philosophie Jedi. Mais justement, tu es une novice. Et là, tu joues avec le feu. D’ailleurs, je montrerais autant de réticence face au plus aguerri des maîtres, même envers Rylen Korr en personne !

                    La dernière phrase du vieux Jedi était clair : il n’était pas prêt de changer d’avis. C’était même son rôle, en tant qu’armurier, de conseiller les jeunes Jedi dans la conception de leur sabre. Cela ne s’arrêtait pas aux aspects techniques, mais également à la philosophie rattachée à l’arme emblématique de l’Ordre. Car, même s’il s’agissait d’une arme, elle devait symboliser la paix. Et en cet instant, il ne la voyait nullement. Ni en la Cathare, ni en son sabre-laser.

                    La conversation prit une toute autre tournure lorsque la jeune femme évoqua les sabres au mur. Et, surtout, celui qui ne s’y trouvait plus. En se retournant, Maître Od’Hun put voir que l’un d’entre eux n’était plus à sa place. Il observa un instant la scène, avant de se retourner de nouveau vers Kryann :


                    - Qu’est-ce qui te dit qu’il s’agit d’un vol ?
                    demanda-t-il. Peut-être l’ai-je confié à quelqu’un ? Ou alors tout simplement déplacé ?

                    Il fit un pas pour se rapprocher de la jeune Jedi et lui fit remarquer de son ton bourru :

                    - Tu vois ? Tu te lances dans des conclusions hâtives. Et c’est précisément là où je veux en venir. Pour porter un sabre-laser, tu dois disposer de la sagesse que cela implique. Et c’est pourquoi je pense vraiment qu’il serait plus sage que tu choisisses l’un de ces trois cristaux.

                    Une nouvelle fois, Maître Od’Hun présenta à Kryann les cristaux bleu, vert et jaune. Ses paumes ouvertes mettaient à la disposition de la novice les trois alternatives qui s’offraient à elle. Dans la main droite se trouvait le cristal d’un bleu nuit. Une petite encoche sur un côté montrait qu’il avait déjà bien vécu. Pourtant, il n’avait toujours pas trouvé chaussure à son pied. Au milieu, aux doigts de l’armurier, figurait le cristal jaune. Sa couleur terne pouvait laisser penser à une boule de sève géante et irrégulière. Dans la paume gauche, le cristal vert n’était pas sans rappeler la couleur de la forêt entourant le Lac Fektur et les abords du sanctuaire.

                    Derrière Kryann, la porte s’ouvrit. Dans son embrasure, une silhouette en bure se dessina. C’était Maître Nocasta, l’archiviste. Sans mot dire, elle se contenta d’observer la scène : l’armurier, les bras tendus, offrant à la Cathare de choisir un cristal. De son calme qui la caractérisait tant, elle s’abstint de tout commentaire. Elle salua Maître Od’Hun d’un signe de tête vif et se contenta de lâcher à destination de la Jedi :


                    - Novice Kryann, veuillez me suivre.

                    Puis elle tourna les talons et sortit de la hutte.

                    Spoiler : HRP
                    Pete Jeabro

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                      #31

                      Post n°31
                      Auteur : Kryann

                      Elle regardait encore les cristaux qui lui étaient présentés, sous l'injection du vieil armurier. Les prit un à un dans ses mains, les levant pour les observer à la lumière. Non, décidément, aucun n'avait d'intérêt ou ne trouvait grâce à ses yeux. Pour une seconde arme, peut-être... Mais pour l'heure, ceux-ci étaient aussi inertes que le premier cristal de quartz venu. Elle regarda l'arme toujours placée sur l'établi. Pouvit-il réellement la lui interdire ? Cela la briserait peut-être bien... En plus de remettre en cause son engagement auprès de l'Ordre. Cela, jamais !

                      Elle commençait lentement à comprendre le cheminement. L'acquisition du cristal, sa perte de contrôle au combat, ce lien qu'elle sentait si fort entre elle et l'arme... Elle empoigna l'arme et la mit à sa ceinture, sous le regard désapprobateur de l'armurier. Elle avait choisi. A la fois son chemin et son destin. De toute façon, l'Ordre, ou plutôt ses représentants, la rejetait déjà largement. Un peu plus, ou un peu moins, cela ne changerait pas grand chose. Mais elle leur prouverait qu'ils avaient tort. Cette arme allait devenir un symbole. Son talisman. Tout ce qui menait au Côté Obscur pour elle était contenu dedans, aux dires de l'armurier. Soit, dans ce cas, elle le porterait fièrement, pour montrer qu'elle le maîtrisait. Elle ne la brandirait que lorsque le choix ne lui serait pas laissé.

                      Ce n'était pas un défi qu'elle se lançait. Elle choisissait sa voie, lassée qu'elle était de ne pas contrôler totalement son destin. Elle n'était pas experte, mais pourquoi la Force l'aurait elle mise sur ce chemin si c'était pour qu'elle ne s'y engouffre pas ? Elle rabattit le vêtement sur l'arme, lorsque l'Archiviste en chef entra dans la salle.


                      - Novice Kryann, veuillez me suivre.

                      La voix avait claqué aux oreilles de Kryann, malgré le ton calme et posé. Comme une sanction. Pourtant, elle n'avait rien dit, fait aucun commentaire ni n'avait posé un regard plein de jugement. Alors pourquoi se sentait-elle soudain acculée ? Elle acquiesça avant de se diriger vers la sortie, quelques secondes après Nocasta. Néanmoins, la Cathar s'arrêta à l'entrée.

                      - Vous vous êtes retourné pour constater, Maître Od'Hun. Merci pour vos précieux conseils. Je ferai honneur à votre enseignement.

                      Elle n'attendit pas la réponse. Elle savait qu'elle avait raison. On ne vérifie pas lorsqu'on sait. Cela, elle en était persuadée. Ce sabre aurait du être à cette place. La Cathar emboîta le pas à l'Archiviste. Elle regrettait déjà d'avoir lancé ces quelques mots. On ne manquerait pas de les lui rappeler si elle avait tort.

                      Consciente de la situation dans laquelle elle se trouvait, elle ne pipa mot pendant le voyage. Les yeux levés et fixés sur le dos de l'Archiviste, elle ne put pourtant pas ignorer quelques regards. Elle était redevenue cette bête curieuse qu'elle était au service du Hutt. Le bruit de ses actes à Ondéron avait couru, inévitablement, dans le microcosme de l'Ordre. Tout comme, à l'époque, avait couru le bruit qu'elle avait frappé à de nombreuses reprises un autre Novice. C'était impossible d'y échapper. A un moment ou l'autre, la rumeur lui revenait aux oreilles.
                      Kryann soupira, tout en marchant. Nocasta la menait sans mot dire, à travers les huttes, jusqu'aux Passerelles. Elle s'arrêta quelques instants au moment de s'engager sur celles-ci.

                      Comme elle le faisait à chaque fois, pour admirer les grands arbre d'Endor. Majestueux et sombres à la fois, ils cachaient tant de trésors et de menaces inconnus. Les voir faisait ressurgir ses instincts de Cathar, ceux qui lui disaient de prendre sa lame et d'aller confronter les Reines Kiltik. Ces instincts qui entraient en conflit direct avec le début de formation Jedi qu'elle avait. Ces instincts qui se heurtaient à sa volonté nouvelle de ne pas lever son arme.

                      La question vint à elle naturellement. Elle savait les Cathars naturellement enclins à la chasse. Mais elle savait également qu'un certain nombre d'entre eux avaient suivi la voie des Jedi. Comment avaient-ils pu concilier les deux ? Le simple fait de commencer à combattre lui faisait perdre tout sens commun et la faisait dangereusement basculer, qu'adviendrait-il en cas de conflit plus intense ? Plus trouble ? Tant de questions, si peu de réponses... Et surtout, si peu de personnes pour y répondre. Elle savait que l'horloge tournait pour elle. Que bientôt, il lui faudrait être choisie par un Maître pour devenir Padawan, ou sortir de l'Ordre. C'était ainsi que les choses fonctionnaient. Elle l'avait lu dans un ouvrage.

                      Elle revint à elle, et aux Passerelles. Sur lesquelles se trouvait une Nocasta qui semblait l'attendre. Elle se remit en marche.

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                        #32

                        Post n°32
                        Auteur : Kath Aplazm

                        RP Précédent.


                        Le cristal est le cœur de la lame.

                        Le cœur est le cristal du Jedi.

                        Le Jedi est le cristal de la Force.

                        La Force est la lame du cœur.

                        Tous sont entrelacés :

                        Le cristal, la lame, le Jedi ne font qu’un.


                        Voilà les mots pompeux qu'avait prononcé ce Jedi borgne et bourru, aux dehors peu engageants. L'homme tenait l'armurerie du Sanctuaire, qu'on avait présenté à Kath comme le lieu incontournable pour les novices désireux de poursuivre leur formation Jedi. De prime abord, on aurait dit un taudis avec toutes ces caisses, ces vis, ces étagères. Mais le lieu dégageait une atmosphère étrangement solennelle, quoique vivace. Son cerbère, le maître Od'Hun, avait accueilli Kath en fronçant les sourcils et en lui récitant son poème, comme à tous les étudiants qui entraient dans cette chambre pour la première fois.
                        En d'autres temps, l'Alderaani aurait instantanément oublié les paroles prononcées par le vieil homme. Mais pas cette fois. Le cristal, le coeur, la lame. Ces mots s'entrelaçaient dans son esprit, se mêlaient aux paroles d'Elyna Faràn, aux réflexions que le novice s'était faites depuis qu'il avait quitté la chambre du Conseil. Il n'oubliait pas ses camarades tombés : il leur rendait hommage en poursuivant la route qui le mènerait vers le Jedi idéal.

                        - Je comprends, maître
                        , avait-il dit avec respect en s'inclinant. Il s'attendait à une remontrance, il reçut plutôt un cours détaillé de l'anatomie des sabres laser. Le borgne barbu parlait vite dans sa barbe blanche, il connaissait son métier. La passion se sentait dans sa voix gutturale.

                        Il fallut plusieurs jours à Kath pour tout intégrer. Il revenait chaque jour avec assiduité, complétant ensuite sa leçon de la matinée avec un après-midi de lecture. Il ne retenait pas tous les noms propres et termes techniques qu'il lisait dans la bibliothèque du Sanctuaire, mais la plupart de sa documentation lui rappelait des passages de ses entrainements avec Nass ou Olorin. Shaela Nuur, le Terentatek, Ossus, la Guerre des Sith... l'histoire de l'Ordre lui passait un peu au-dessus de la tête. Il se surprit quand même à se passionner pour le récit romantique d'un jeune homme nommé Qel-Droma, qui voulait tellement faire le bien qu'il finit par faire le mal. Il s'intéressait plutôt aux aspects plus concrets de l'enseignement, comme par exemple ces dessins scientifiques de la faune et de la flore d'une lointaine planète appelée 'Ilum', reproduits sur des pages jaunies. Il ajusta son trait en les imitant ; sa main avait perdu en assurance depuis quelques mois mais le dessin était toujours l'une de ses qualités.

                        Chiffonnant un morceau de papier sur lequel il avait représenté très peu fidèlement le profil arkanien du légendaire maître Arca Jett un peu plus tôt la veille, Kath pénétra encore un fois dans l'armurerie, un matin. Il venait d'achever la lecture d'un ouvrage fort intéressant que lui avait prêté l'excédé Od'Hun, intitulé "Le sabre-laser expliqué aux personnes âgées ". Cela avait fini par le mener à un mode d'emploi de nombreuses armes laser. Il n'y comprenait toujours rien, mais comme un maître lui avait assuré que "la Force lui montrerait le chemin", il avait pris confiance en ses capacités et se présentait maintenant devant un maître Od'Hun fatigué pour enfin commencer la fabrication de sa propre arme, persuadé que rien ne pourrait lui arriver. Après deux bonnes semaines de questions fatigantes et de réflexions sans intérêt, il était temps.

                        Il déchanta très vite devant le nombre de boulons, de pièces métalliques et de ressorts à assembler. Il passa la journée à trier les bons composants, avant de comprendre qu'Od'Hun le menait en bateau et se servait de lui pour ranger son atelier. Le maître avait du se dire qu'il ne serait pas le seul à perdre son temps dans cette histoire.
                        Kath joua néanmoins le jeu, tentant tant bien que mal de mettre la main sur un cristal, pièce manquante dans sa projection intellectuelle de son futur sabre et pourtant clef de voûte de son chemin expiatoire. En fin de journée, il finit par demander à son maître ce qu'il en serait desdits cristaux, le "cœur de la lame".

                        - Ah! lui répondit en ricanant le vieux Jedi. Maître Faràn m'a dit que tu ne savais pas encore à quoi t'en tenir dans ton enseignement. J'ose espérer que cette question n'est pas innocente, que tu as fini de tergiverser ?

                        Kath faillit s'offenser, mais l'interrogation du maître était somme toute légitime. Quel intérêt aurait-il à construire une arme Jedi s'il ne désirait pas suivre cette voie ? Et quel intérêt l'Ordre aurait-il à se séparer de ses précieux cristaux dans ce cas ? Le novice peina à trouver une explication. Il préférait éviter tout faux-semblant en présence des maîtres. L'honnêteté lui allait mieux que le mensonge.

                        - Maître Faràn m'a conseillé de réfléchir et de méditer sur ma décision. Mes réflexions de ces derniers jours n'ont pas vraiment abouti, même si j'ai l'impression d'avoir progressé. Alors... je ne sais pas. Mais maître Faràn m'a aussi conseillé de suivre mon cœur. Je n'arrive plus à l'écouter... la Force me dit qu'il me manque quelque chose, que ce qui st en moi est incomplet. Ce n'est qu'en comblant ce vide que je pourrai écouter mon cœur et trouver le chemin au milieu des ténèbres.

                        Od'Hun ricana de plus belle. Allons bon. Kath savait bien qu'il donnait l'impression de parler comme un livre, à moins qu'il ressemble plus à un adolescent torturé entre les émotions amenées par une puberté tardive. Il tenta de rectifier le tir:

                        - Je veux continuer à suivre l'enseignement de l'Ordre, comme je l'ai dit au Conseil. Cela implique de me tester quotidiennement par des exercices intellectuels, de la méditation,... mais aussi par des combats au sabre. Si je veux être aussi puissant que vous...

                        Kath savait que la flatterie ne le mènerait nulle part.

                        - Si je veux pouvoir être digne de rejoindre le rang des Chevaliers Jedi, je dois pouvoir me servir de leur arme pour me défendre et défendre les autres. Après, peut-être que toute ma vie je ne reconnaitrai jamais être un Chevalier tout en agissant comme l'un d'entre eux mais je ne sais pas trop si ça change grand chose à la situation...

                        - ma foi, c'est une drôle de façon de voir les choses.

                        Od'Hun éclata d'un rire sonore. Kath s'en voulait d'avoir prononcé ces mots maladroits. il était bien clair qu'il ne savait pas lui-même où il allait et qu'il n'attendait qu'un coup de pouce du destin pour s'engager. En cela, il ferait un bien piètre zélote. Mais la na¨veté de sa démarche et la pureté de ses intentions avaient du suffire à convaincre l'armurier, car celui-ci lui pointa du doigt une rangée d'armoire au fond de la salle. Derrière d'épaisses plaques de duracier, le novice distingua un faible éclair de lumière.

                        - Il ne reste plus que des Adegan. Diverses couleurs. Autrefois, elles correspondaient à l'une ou l'autre fonction dans l'Ordre. Si tu veux plus d'informations sur ces rôles, demande à Maître Zaun, il adore en parler. Aujourd'hui, retiens juste que la couleur est surtout symbolique et que ce qui importe, c'est que tu écoutes la Force. Les mots 'Sentinelle', 'Gardien' ou 'Consulaire' ne résonnent pas dans ta tête creuse de toute façon, hein, novice Aplazm ?

                        Kath rit de bon cœur à la moquerie du vieux maître. Il savait maintenant qu'Od'Hun ne se serait pas permis de le taquiner gratuitement, qu'il ne disait que la vérité. Si l'Alderaani s'offusquait de ces paroles, ce ne serait qu'une réaction d'orgueil mal placé. Oui, il ignorait ce que la couleur d'un cristal pouvait bien avoir à faire avec une quelconque voie dans l'Ordre. Nass avait porté une lame verte parce que sa peau était de cette couleur, Saecha un sabre violet parce qu'elle avait le même teint. Dans son esprit, cela n'allait pas plus loin que cela.

                        - Concentre-toi, eh ! Et choisis bien, tu n'auras pas de deuxième essai.

                        Od'Hun adressa une petite claque sur le dos de Kath de sa main mécanique. Le novice s'avança, un peu penaud, prit une grande inspiration, puis recula afin de trouver une position depuis laquelle il avait vue sur toute l'étagère. Après deux minutes à fixer un point dans le vide, il se ressaisit.
                        Con-cen-tra-tion.


                        Il ferma les yeux. Son esprit visualisa le sol, les murs, le plafond, la présence de maître Od'Hun se mouvant dans l'espace autour de lui. La pore qui menait à l'extérieur, les passerelles, les huttes, le Sanctuaire et les arbres au-dessus du Lac Fektur. Le ciel chargé de feuilles emportées par les bourrasques d'un vent trop frais pour la saison. Est-ce que son esprit se souvenait de l'atmosphère de la matinée, ou la Force lui transmettait-elle tout cela ? Ses tempes battaient. Il voyait la route, le chemin vers la Montagne. Tout s'accélérait. Le fleuve Chuurelung, les ténèbres, la sortie des tunnels, les rapides, la jungle, la savane. Il haletait mais arriva à la fin de son voyage. Il y avait un sabre au milieu d'un champ de cendres. Il n'en distinguait pas la forme, qu'il croyait changeante. Tantôt fin et ciselé, le métal se faisait l'instant suivant rêche et brut, puis ouvragé et noble. Il attira la poignée à lui, à moins qu'elle ne l'attirât à elle.
                        Il appuya sur le déclencheur. Rien.


                        Il ouvrit les yeux. C'était comme les rêves qu'il avait fait les jours précédents. Il lui manquait quelque chose.

                        - Hm ..? Tu as besoin de quelque chose, peut-être ?

                        - J'ai besoin d'un cristal pour faire fonctionner le sabre, oui.

                        - Que veux-tu accomplir avec ce sabre ?

                        - Je veux devenir le Jedi idéal, celui qui m'a poussé à entreprendre ce voyage.

                        - Et que fait ce Jedi ?

                        - Il écarte les ténèbres, chasse les ombres, répand la lumière sur les peuples.


                        Un éclat lumineux aveugla soudain Kath, qui esquissa un mouvement de recul. Il mit les mains devant son visage pour se protéger, mais la lumière vive n'agressait pas sa rétine. Au contraire, elle le calmait. Il sentait son éclat dans tout son être. Pas à pas, il s'approcha de son origine, tendit le bras au milieu des cristaux. Ils étaient si petits, il aurait pu en saisir cinq dans une seule main. Mais ses doigts n'en rencontrèrent qu'un seul. Au moment de le toucher, la lumière s'estompa. Kath s'arrêta net, regarda Od'Hun derrière lui, qui n'avait pas bougé et s'affairait dans son coin. Avait-il vu ce qui venait de se passer ? Avait-il entendu ces mots prononcés par Olorin ? Non, bien sûr que non. Tout cela se passait dans la tête de l'Alderaani.

                        Kath grimaça puis sourit. Avait-il réussi ? Dans la paume de sa main, il examina le petit morceau de minerai clair. Alors donc, ce simple caillou était tout ce qu'il fallait pour faire fonctionner l'arme légendaire des Jedi ? Après tout, pourquoi pas, ça n'avait pas moins de sens que voir des Ewoks chevaucher des Gaupas.

                        Qu'est-ce que c'était que ce charabia sur la chasse aux ombres ? Aspirait-il vraiment à devenir ce Jedi-là ? Kath écouta le murmure du vent, muet. Kath écouta la Force, qui le pointa vers le battement d'un tambour proche. Kath écouta son cœur et sut que c'était ce qu'il désirait. Devenir ce Jedi qui chasserait les ténèbres de son cœur et de celui des autres. Pas par la guerre, cela avait déjà échoué pour lui. Pas par la ruse, cela aussi s'était révélé être un échec. Il y avait d'autres moyens d'influencer les autres.

                        - Oh-ho. Consulaire ? Qui l'eut cru.

                        Kath ne prêta pas oreille au marmonnement d'Od'Hun. Sa poitrine battait maintenant à tout rompre. Il avait son cristal ! Le sien ! Son éclat d'un vert brillant était magnifique, son aspect rude par endroit rendait son toucher irrégulier. Kath sourit béatement en tombant assis sur une chaise, le regard toujours figé sur le cristal.
                        Il resta comme cela à contempler le petit minerai pendant une heure, jusqu'à ce que l'armurier général le congédie. Il reviendrait demain quand il serait remis de ses émotions vives. Et cette fois-ci, avait ajouté Od'Hun, il devrait enfin se mettre à l'ouvrage. Les vis n'allaient pas se monter toutes seules !


                        * * *


                        Il était presque nuit quand Kath apporta la touche finale à son ouvrage, tard le lendemain. Il avait manqué de le faire exploser une ou deux fois, mais avec les conseils avisés de l'instructeur et ses cris agacés, il était parvenu à un résultat satisfaisant. Restait à parfaire le tout du fameux cristal. Kath avait dormi avec lui, l'avait serré fort contre lui, comme s'il y tenait plus qu'à sa propre vie. Pourtant, ce n'était qu'un caillou, un vulgaire caillou. Mais il représentait bien plus que cela : ce qui lui manquait. Ce cristal, c'était l'espoir, c'était le cœur.

                        Le cristal est le cœur de la lame. En plaçant le petit objet dans son emplacement, Kath se brûla les doigts sur la cellule à énergie. Cela valait le coup, il était bien en place. Quelques coups malhabiles de tournevis plus tard, son œuvre ressemblait à un sabre laser tout ce qu'il y avait de plus banal. Il avait assemblé ses composants à la main, sans s'aider de la Force comme c'était recommandé, d'une part parce qu'il ne pensait pas y arriver, d'autre part parce qu'il aimait avoir les mains occupées pour ne pas trop laisser ses pensées papillonner trop loin. Con-cen-tra-tion.

                        Il recula et s'éloigna de l'établi, lançant un sourire satisfait à Od'Hun qui le fusillait du regard, lui indiquant tacitement de déguerpir pour lui permettre de fermer la boutique. Le novice ignora cet avertissement muet et se saisit de son nouvel artefact. En le regardant de plus près, il lui distingua des similitudes avec ces sabres qu'il avait vu en songe : la garde était droite et lisse, comme celle du sabre de maître Nass; la poignée très légèrement courbée, percée de légères entailles qui rappelaient des tatouages étranges, comme ceux du sabre de Saecha. Le reste était de sa propre conception, à moins qu'il ne se soit lui-même inspiré de ce sabre qu'il avait légué à Woopee. Un bel ouvrage, à n'en point douter. Le Gungan aurait-il été fier de lui ?

                        Kath appuya sur le déclencheur. Rien. Il grogna en fronçant les sourcils et répéta son geste une fois, deux fois. Il relâcha la pression sur le pommeau métallique et ferma les yeux, tentant de calmer sa frustration et sa colère. Un bruit strident lui perça les tympans.

                        - Eh, attention !

                        Devant ses yeux de nouveau grand ouverts, il aperçut Od'Hun rattraper une étagère qui commençait à s'effondrer, un pied tranché net. La scène burlesque du maître armurier jurant dans toutes les langues était éclairée d'une lueur vert émeraude. Dans les mains de Kath, l'arme tremblait, vivante, hurlante. Il fit bouger la lame de droite à gauche, écoutant son vrombissement, fasciné. Il avait réussi ? C'était lui, ça ?

                        - La claaaasse...

                        - Hors de ma vue, l'ahuri ! Du balai ! Bon sang... il y a des choses qui ne changeront jamais !


                        Kath frotta son postérieur douloureux après l'immense coup de botte que lui asséna Od'Hun pour le flanquer hors de la Salle des Cristaux. Aïe. Il savait cependant que l'armurier n'était pas en rogne : il avait vu son sourire et l'étincelle dans son œil valide. Od'Hun venait-il d'assister à un évènement historique ? Kath Aplazm avait réellement entamé son ascension au sein de l'Ordre. Pour le meilleur et pour le pire.

                        HRP: Création du sabre de Kath et ajout à son casier. Enfin !
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                          Auteur : Kaelan Voss

                          - I -

                          Le Crystal


                          Le chemin vers l'armurerie lui sembla à la fois trop court et interminable. Kaelan descendit les marches de l'escalier en spirale, son esprit encore engourdi par ce qui venait de se passer. Novice Kaelan Voss. Elle répéta mentalement ces mots comme un mantra, essayant de se convaincre qu'ils étaient réels, qu'elle ne s'était pas simplement endormie dans les ruines de Hoth pour rêver tout cela.

                          Quelques Jedi qu'elle croisa sur les passerelles la saluèrent d'un hochement de tête, comme s'ils savaient déjà ce qui s'était produit dans la chambre du Conseil. Peut-être que la Force leur avait murmuré la nouvelle. Ou peut-être que dans un endroit aussi petit que le Sanctuaire, les informations voyageaient vite. Elle se demanda brièvement s'il existait une version Jedi des commérages de cantina, puis chassa cette pensée absurde. Un jeune Padawan, il ne devait pas avoir plus de quatorze ans, la croisa en sens inverse et lui adressa un sourire encourageant.
                           
                          "Félicitations, Novice," dit-il simplement avant de continuer son chemin. Kaelan le regarda s'éloigner, encore sous le choc d'être appelée ainsi par quelqu'un d'autre.

                          Elle suivit les indications qu'un autre jeune Padawan lui donna gentiment, décidément, tout le monde semblait savoir où elle devait aller, et se retrouva bientôt devant l'entrée de l'armurerie. Le bâtiment était plus petit que les autres structures du Sanctuaire, mais dégageait une aura de solidité et de fonction qui contrastait avec l'aspect presque organique des autres bâtiments intégrés aux arbres. Des bruits métalliques résonnaient de l'intérieur, accompagnés du bourdonnement caractéristique d'outils énergétiques et de ce qui ressemblait à... un juron étouffé ? Kaelan n'en était pas sûre.
                          Elle inspira profondément, lissant nerveusement sa tunique poussiéreuse, elle n'avait pas vraiment eu le temps de se changer depuis Hoth, et franchit le seuil.

                          L'intérieur de l'armurerie était un mélange organisé d'établis, d'outils suspendus aux murs avec une précision presque maniaque, et de composants divers soigneusement rangés dans des casiers transparents étiquetés dans plusieurs langues. L'odeur du métal chauffé et de l'ozone flottait dans l'air, mêlée à celle, plus subtile, d'huile lubrifiante. Au fond de la pièce, un homme se tenait penché sur un établi, examinant ce qui semblait être un mécanisme de sabre laser à moitié démonté. Il marmonnait quelque chose dans sa barbe, ou son absence de barbe, car il était étonnamment glabre pour quelqu'un qui semblait avoir vécu plusieurs vies.

                          Lorsqu'il releva la tête et se tourna vers elle, Kaelan dut faire un effort conscient pour ne pas reculer d'un pas, ce qui aurait été embarrassant étant donné qu'elle était encore sur le seuil.

                          Maître Od'Hun était... impressionnant, dans le sens le moins rassurant du terme. Le genre d'impressionnant qui fait qu'on se demande si on ne devrait pas revenir plus tard. Ou peut-être jamais. Borgne, avec un cache sombre couvrant son œil manquant , se déplaçait avec l'aide d'une jambe bionique dont le mécanisme émettait un léger cliquetis à chaque pas, comme un métronome légèrement désaccordé. Sa main droite montrait l'absence de deux doigts. Et son visage, buriné par les années et les épreuves, semblait sculpté dans du duracier et était dénué de toute trace de sourire. Kaelan eut la désagréable impression qu'il avait oublié comment sourire il y a environ vingt ans et n'avait jamais jugé utile de réapprendre.

                          "Encore une" grommela-t-il. Il posa l'outil qu'il tenait et se redressa complètement. Il était plus grand qu'elle ne l'avait pensé. Beaucoup plus grand. "Laisse-moi deviner. Le Conseil t'a acceptée et t'envoie directement ici pour ton cristal."

                          "Oui, Maître Od'Hun. Je suis Kaelan Voss."

                          "Je sais qui tu es," répondit-il sèchement, son œil unique la dévisageant avec une intensité qui la fit se sentir comme un insecte sous une loupe. Un insecte particulièrement décevant. "Tout le monde sait. La fille de Kajimi que Eremig a ramenée de Hoth." Il boita jusqu'à elle, son regard unique la scrutant de haut en bas comme s'il évaluait un morceau de ferraille qu'on venait de lui livrer. "Trop vieille pour l'entraînement traditionnel, mais bon, c'est pas moi qui décide. Je suis juste l'armurier général de l'Ordre."

                          Il prononça son titre avec une pointe d'ironie amère, comme si c'était une plaisanterie dont lui seul connaissait la chute. Kaelan se demanda brièvement quelle était l'histoire derrière cette amertume, mais décida sagement de ne pas poser la question.

                          "Viens," ordonna-t-il en se dirigeant vers une porte au fond de l'armurerie "Si tu dois choisir un cristal, autant ne pas perdre de temps. J'ai trois sabres à réparer, un condensateur énergétique qui menace d'exploser si je le regarde de travers, et un Padawan qui reviendra dans une heure pour récupérer son arme. Alors on y va."

                          Kaelan le suivit, intimidée malgré elle. Sur Kajimi, elle avait affronté des contrebandiers qui auraient vendu leur propre mère pour un crédit, des mercenaires Trandoshans avec plus de cicatrices que de bon sens, et des criminels de toutes sortes qui considéraient la violence comme une forme d'art. Elle n'avait jamais cillé face à eux. Mais quelque chose dans l'attitude de ce vieux Jedi blessé et bourru la mettait mal à l'aise d'une façon qu'elle ne parvenait pas à définir. Peut-être était-ce la façon dont il semblait voir au-delà des apparences, comme s'il pouvait lire son passé dans les rides prématurées de son visage. Ou peut-être simplement son air perpétuellement mécontent, comme si l'univers entier l'avait personnellement offensé et qu'il n'avait pas fini de lui faire payer.

                          Od'Hun s'arrêta devant une porte plus petite, marquée de symboles Aurebesh que Kaelan reconnut comme signifiant quelque chose comme "Salle des Cristaux".

                          "Avant qu'on entre," dit Od'Hun en se tournant vers elle, "je vais te dire quelque chose que le Conseil a probablement oublié de mentionner dans leur discours inspirant."

                          Kaelan attendit, retenant son souffle.

                          "Ce qui va se passer là-dedans, c'est pas de la magie. C'est pas du destin. C'est pas les étoiles qui s'alignent ou la volonté cosmique de la Force." Il tapota la porte du bout de ses doigts restants. "C'est une connexion. Une résonance. Entre toi et un morceau de minéral cristallin qui a passé des millénaires à exister sans se soucier de personne. Si ça marche, tant mieux. Si ça marche pas..." Il haussa les épaules. "Eh bien, on trouvera une solution. On en trouve toujours."

                          "C'est... rassurant ?" tenta Kaelan, ne sachant pas trop quoi répondre à ce qui ressemblait à la fois à un encouragement et à un avertissement.

                          Od'Hun émit un son qui aurait pu être un rire ou un grognement. Probablement les deux.

                          "Rassurant." Il secoua la tête. "Gamine, si tu cherches du réconfort, tu t'es trompée de porte. Mais si tu cherches la vérité, alors tu es au bon endroit."

                          Il ouvrit la porte, révélant une pièce beaucoup plus petite que l'armurerie principale mais infiniment plus... vivante.. Les murs étaient tapissés de niches et d'étagères où reposaient des dizaines, peut-être des centaines de cristaux de toutes tailles et de toutes teintes imaginables. Certains brillaient doucement dans la pénombre comme de petites étoiles captives, émettant une lueur bleutée, verte, ou parfois d'un violet profond. D'autres semblaient complètement inertes, ternes et opaques comme de simples cailloux.
                           
                          "Certains trouvent leur cristal immédiatement," informa Od'Hun. "Genre, ils entrent, tendent la main, et bam. C'est fait. Ceux-là sont soit incroyablement chanceux, soit..." Il laissa sa phrase en suspens, haussant les épaules d'une manière qui suggérait qu'il préférait ne pas spéculer.

                          "Bref. " Il se détourna légèrement, comme pour lui donner plus d'intimité. "Fais appel à ton instinct, comme ils ont dû te le dire. Ouvre-toi à la Force. Et surtout..." Il la fixa intensément, et pour la première fois, Kaelan vit quelque chose qui ressemblait à de la sollicitude dans son œil unique. "N'essaie pas de forcer les choses. Si tu essaies de contrôler, de manipuler, de vouloir trop fort, tu n'aboutiras à rien. La Force ne se plie pas à la volonté, gamine. Tu dois t'y abandonner. Lâcher prise."

                          Kaelan déglutit et hocha la tête. Elle observa la pièce, ses yeux balayant les rangées de cristaux qui semblaient l'observer en retour, attendant, jugeant peut-être. C'était ridicule, bien sûr. Les cristaux n'avaient pas d'yeux. Ils ne pouvaient pas la juger. Et pourtant...

                          "Je... par où dois-je commencer ?" demanda-t-elle, sa voix plus hésitante qu'elle ne l'aurait voulu. Elle détestait paraître faible, indécise, mais face à cette pièce emplie de possibilités et d'histoires anciennes, elle se sentait minuscule.

                          Kaelan resta immobile un instant, dépassée par l'ampleur de ce qui lui était demandé. Ce n'était pas comme choisir une arme dans un arsenal. Ce n'était pas comme sélectionner un outil dans une boîte. C'était... personnel.
                           
                          Puis elle se souvint des paroles de Maître Melchior, ces mots étranges qui résonnaient encore dans son esprit. Le cristal est le cœur de la lame. Le cœur est le cristal du Jedi. Elle ne comprenait pas encore totalement ce que cela signifiait, mais elle sentait que c'était important.
                           
                          Elle ferma les yeux et inspira profondément, laissant l'air frais de la salle emplir ses poumons. Puis elle expira lentement, essayant de reproduire ce qu'elle avait fait dans la chambre du Conseil. Oublier le monde extérieur. Oublier Od'Hun qui l'observait de son œil unique avec ce mélange de scepticisme et de curiosité. Oublier ses doutes et ses peurs, la peur d'échouer, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur que tout cela ne soit qu'un rêve cruel dont elle allait se réveiller. Se concentrer uniquement sur elle-même et sur cette énergie mystérieuse qu'elle avait ressentie toute sa vie sans vraiment la comprendre.
                          Au début, il n'y eut rien. Juste l'obscurité de ses paupières closes et le battement régulier de son cœur qui semblait étrangement fort dans le silence de la salle. Elle pouvait entendre sa propre respiration, le léger cliquetis de la jambe bionique d'Od'Hun alors qu'il se déplaçait imperceptiblement. Le bourdonnement lointain de l'armurerie principale. Trop de sons. Trop de distractions.

                          Lâche prise, se dit-elle. Arrête d'essayer.

                          Elle inspira à nouveau, plus profondément cette fois, et imagina que tous ces sons, toutes ces pensées parasites s'évacuaient avec son expiration, comme de la fumée dispersée par le vent.

                          Et puis, lentement, quelque chose commença à se manifester.

                          Une sensation, faible au début, comme le bruissement de feuilles qu'on entend sans vraiment y prêter attention. Elle ne venait d'aucune direction précise, mais semblait émerger de partout à la fois, de la pièce elle-même, des cristaux, de l'air, peut-être même d'elle.
                           
                          Ses pieds se mirent en mouvement presque d'eux-mêmes. Elle avança les yeux toujours fermés, guidée par cette sensation qui se faisait de plus en plus forte, de plus en plus insistante, de plus en plus... juste. Elle ne trébucha pas, ne heurta aucun obstacle, comme si ses pas étaient guidés par une main invisible. Sa main droite se tendit, tâtonnant dans le vide avec une confiance qu'elle ne se connaissait pas, jusqu'à ce que ses doigts effleurent quelque chose de froid et de lisse.

                          Au moment où sa peau entra en contact avec la pierre, Kaelan sentit une décharge d'énergie la traverser de la tête aux pieds. Des images fragmentées défilèrent dans son esprit à une vitesse vertigineuse, Kajimi sous la neige éternelle, ses rues sombres et ses habitants plus sombres encore. Sa mère, une femme dont elle se souvenait à peine mais dont elle sentait soudain l'absence avec une acuité déchirante. Les ruines de Hoth, froides et silencieuses, remplies d'échos de vies passées. Le visage d'Eremig, souriant, bienveillant. Le Sanctuaire vu d'en haut, comme si elle volait au-dessus de la canopée.
                          Et puis... d'autres choses. Des visions qu'elle ne comprenait pas. Des lieux qu'elle n'avait jamais vus, un désert brûlant sous trois soleils, une forêt de cristal où chaque arbre chantait une note différente, une ville flottante au-dessus de nuages toxiques. Des gens qu'elle ne connaissait pas, un vieil homme au visage sage, une jeune fille aux yeux violets, un guerrier couvert de cicatrices. Étaient-ce des souvenirs du cristal lui-même ? Ou des visions du futur, de ce qui pourrait être ?

                          Elle rouvrit brusquement les yeux, haletante, comme quelqu'un qui remonte à la surface après avoir manqué de se noyer. Son cœur battait la chamade, et elle dut s'appuyer contre l'étagère la plus proche pour ne pas tomber. Elle baissa le regard vers sa main, et pendant un instant, elle ne vit rien. Puis ses yeux firent la mise au point.

                          Dans sa paume reposait un cristal de taille moyenne, d'une teinte légèrement argentés qui semblaient renvoyer la lumière blanche, comme de la glace captant les rayons d'un soleil lointain. C'était comme si ce cristal l'avait attendue pendant des années, peut-être des décennies, peut-être même des siècles, attendant patiemment qu'elle trouve son chemin jusqu'à cette salle, jusqu'à ce moment précis.

                          Kaelan se retourna vers Od'Hun, le cristal serré dans sa main comme le trésor le plus précieux qu'elle ait jamais possédé, et c'était probablement le cas. Le vieil armurier l'observait, et pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, elle crut voir quelque chose qui ressemblait presque à de l'approbation dans son œil unique. Ou peut-être était-ce juste de la surprise. Avec lui, c'était difficile à dire.

                          "Maintenant vient la partie difficile." conclua Od’Hun

                          "La partie difficile ?" répéta-t-elle, un peu inquiète. "Trouver le cristal n'était pas la partie difficile ?"

                          Od'Hun s'arrêta et se tourna vers elle, et cette fois, elle était certaine de voir un sourire.

                          "Trouver le cristal ? C'était la partie romantique. La partie spirituelle. Celle où la Force fait tout le travail pendant que tu restes là les yeux fermés à avoir des visions." Il tapota son établi principal en retournant dans l'armurerie. "Maintenant, on passe à la partie où toi tu fais le travail. La construction."

                          - II -

                          Le Sabre



                          Il désigna un établi vide près du sien, déjà équipé de divers outils et composants soigneusement organisés. Kaelan s'approcha, examinant les pièces avec un mélange de fascination et d'appréhension. Elle reconnaissait certains composants, des cellules énergétiques, des circuits, des lentilles de focalisation, mais d'autres lui étaient totalement inconnus.

                          "Tu as déjà construit quelque chose de complexe ?" demanda Od'Hun en s'installant à son propre établi, reprenant le mécanisme de sabre qu'il avait laissé plus tôt.

                          "J'ai... j'ai réparé des choses sur Kajimi," répondit Kaelan hésitante. "Des speeder bikes, un générateur d'énergie une fois. Mais rien d'aussi... " Elle chercha le mot juste. "Précis que ça."

                          Od'Hun grogna et continua à travailler sur son propre projet. "Un sabre laser n'est pas juste une arme, gamine. C'est une extension de toi-même. Chaque composant doit être placé avec intention. Chaque connexion doit être faite avec conscience." Il leva les yeux vers elle. "Ce n'est pas un travail que tu peux faire mécaniquement mais tu dois être avec la Force pendant que tu construis."

                          La jeune femme de Kajimi fronça les sourcils. "Comment est-ce que je suis censée... ?"

                          "Tu verras." Od'Hun fit un geste vers l'établi. "Assieds-toi. Commence par examiner les composants. Familiarise-toi avec eux. Le boîtier, la cellule énergétique, le module d'émission, la lentille de focalisation, le cristal ... enfin ton cristal et tous les petits connecteurs qui font que tout ça marche ensemble au lieu d'exploser dans ta main."

                          Kaelan s'assit prudemment, posant le cristal sur l'établi devant elle avec révérence. Puis elle commença à examiner les autres composants, les prenant un par un, les soupesant, essayant de comprendre leur fonction.

                          "Le boîtier," expliqua Od'Hun sans lever les yeux de son propre travail, "doit être choisi en fonction de ta main. Trop grand, et tu perdras en maniabilité. Trop petit, et il sera difficile à tenir dans un combat prolongé. Il y en a plusieurs là-bas." Il pointa vers une étagère.

                          Kaelan se leva et examina les différents boîtiers. Il y en avait de toutes tailles, de tous styles, certains élégants et minimalistes, d'autres ornés de gravures complexes, d'autres encore pratiques et fonctionnels. Elle en prit plusieurs, les tenant dans sa main, testant leur poids et leur équilibre. Finalement, elle en choisit un de taille moyenne, au design simple mais solide, avec une légère courbure qui épousait naturellement la forme de sa paume. Il n'était pas le plus beau, mais il semblait... le plus naturel pour elle.

                          "Bon choix" grommela Od'Hun quand elle revint.

                          Kaelan sourit malgré elle. Venant d'Od'Hun, c'était probablement l'équivalent d'un éloge enthousiaste.

                          "Maintenant," continua l'armurier, "la cellule énergétique. C'est le cœur technique de ton arme, le cristal canalise la Force, mais la cellule fournit l'énergie brute." Il lui tendit une petite cellule cylindrique.

                          Les heures suivantes se déroulèrent dans une sorte de transe concentrée. Od'Hun la guidait à travers chaque étape, expliquant la fonction de chaque composant, montrant comment les assembler, mais laissant toujours à Kaelan le soin de faire le travail elle-même. Il ne touchait jamais directement aux pièces, se contentant de pointer, de corriger, de grommeler quand elle faisait une erreur et très rarement de grogner de satisfaction quand elle faisait quelque chose correctement.

                          Kaelan était désormais occupé à mettre en place le module d'émission, manipulant le petit module avec précaution. Ses doigts, habitués aux réparations grossières de Kajimi, apprenaient lentement la délicatesse requise pour ce travail de précision.

                          "Et maintenant," dit Od'Hun le vieux après ce qui sembla être des heures, "la partie la plus importante. Le cristal."

                          Kaelan prit son cristal bleuté, le tenant à la lumière. Il semblait briller plus intensément maintenant, comme s'il anticipait sa place dans l'arme.

                          "Le cristal doit être placé dans la chambre de focalisation," expliqua l'armurier. "Mais pas n'importe comment. Tu dois le positionner exactement à l'angle correct pour que l'énergie soit canalisée de manière optimale." Il marqua une pause. "Et c'est là que la Force entre en jeu. Tu ne peux pas calculer l'angle parfait, tu dois le sentir."

                          La jeune novice déglutit. "Comment est-ce que je... ?"

                          "Ferme les yeux," ordonna Od'Hun, sa voix soudain plus douce. "Tiens le cristal entre tes mains. Sens son énergie. Sens la Force qui coule à travers lui. Puis, quand tu es prête, ouvre les yeux et laisse tes mains faire le travail. Juste... agis."

                          Kaelan obéit, fermant les yeux et tenant le cristal entre ses paumes. Elle sentit immédiatement sa chaleur, son énergie pulsante. C'était comme tenir un fragment d'étoile, quelque chose de vivant et d'ancien à la fois. Elle respira profondément, se laissant immerger dans cette sensation, jusqu'à ce qu'elle sente que le cristal et elle ne faisaient qu'un.

                          Puis elle ouvrit les yeux et, dans un mouvement fluide et naturel, plaça le cristal dans la chambre de focalisation. Ses doigts ajustèrent l'angle presque d'eux-mêmes, faisant de minuscules corrections jusqu'à ce que... clic.

                          "Parfait," murmura Od'Hun, et Kaelan réalisa avec surprise que c'était la première fois qu'elle l'entendait prononcer ce mot. 

                          Les dernières étapes, fixer la lentille de focalisation, connecter les circuits, sceller le boîtier, se déroulèrent comme dans un rêve. Kaelan ne pensait plus, ne doutait plus. Ses mains savaient quoi faire, guidées par quelque chose de plus profond que la simple connaissance technique. Finalement, après ce qui sembla être à la fois des minutes et des heures, elle tint l'arme complète dans ses mains. Son sabre laser à elle.

                          "Le moment de vérité. Active-le." s'exclama, le vieux toujours sur son établi.

                          Kaelan chercha le bouton d'activation, le trouvant facilement, elle l'avait installé elle-même, après tout. Son pouce se posa dessus, hésitant.

                          "Et si... et si j'ai fait une erreur ? Si ça explose ?"

                          Od'Hun le Jedi ricana. "Alors j'aurai eu raison d'être sceptique. Mais je ne pense pas que ce sera le cas. Allez, gamine. Active-le."

                          Kaelan prit une profonde inspiration, se leva de son tabouret, et se plaça au centre de l'armurerie où il y avait plus d'espace. Puis, le cœur battant, elle appuya sur le bouton. La lame jaillit du boîtier dans un sifflement caractéristique qui fit vibrer l'air autour d'elle. Et elle était magnifique sa couleur argentée illuminé l’intégralité de l’armurerie. Kaelan désactiva la lame et se tourna vers le vieux Jedi, un sourire immense éclairant son visage, le premier vrai sourire qu'elle avait eu depuis... elle ne se souvenait même plus depuis quand.

                          "Elle est magnifique" dit-elle simplement.

                          "Et Kaelan ?" prononca le vieille homme

                          Elle se tourna vers lui, surprise qu'il l'appelle par son prénom pour la première fois. "Oui, Maître Od'Hun ?"

                          "Ce sabre représente qui tu es en ce moment. Mais n'oublie jamais que tu peux évoluer, sii un jour tu sens que cette arme ne te correspond plus, reviens me voir. On pourra la modifier." Son œil unique la fixa intensément. "Un Jedi n'est pas défini par son arme. C'est l'arme qui est définie par le Jedi. Compris ?"

                          Kaelan hocha la tête, sentant le poids de ces paroles.

                          "Compris. Et... merci, Maître Od'Hun. Pour tout."

                          Le vieil armurier grommela quelque chose d'inaudible et retourna à son établi, reprenant son travail comme si de rien n'était. Mais Kaelan aurait juré avoir vu l'ombre d'un sourire sur son visage bourru. Elle attacha son nouveau sabre à sa ceinture, sentant son poids réconfortant contre sa hanche. Puis elle sortit de l'armurerie, clignant des yeux dans la lumière du jour qui filtrait à travers la canopée.

                          Le Sanctuaire semblait différent maintenant. Plus réel. Plus vivant. Elle n'était plus une simple visiteuse, une étrangère cherchant sa place. Elle était Novice Kaelan Voss, membre de l'Ordre Jedi, porteuse d'un sabre laser qu'elle avait construit de ses propres mains. Pour la première fois depuis qu'elle avait quitté Kajimi, elle ne se sentait plus perdue. Elle était exactement là où elle devait être et son véritable voyage ne faisait que commencer.
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