Un Vieillard aux portes..
-
Post n°1
Auteur : Vimki EdstQuitter Haruun Kal ne fut pas une mince affaire. Entre les Korunnai qui refusaient tous contacts avec la république fédérale et les quelques camps qui restaient de la CSI, la tension était aussi palpable que la toxicité de l'air. Vimki, enfoncé dans la forêt, préparait son voyage depuis déjà deux jours. Dans sa besace, il y avait diverses plantes de cette planète qui lui servirait dans son aventure. Mais cette fois, une sac qu'il avait tissé avec des lianes lui servirait également à déplacer ses habits et les diverses décoctions qui correspondaient à une semaine de vivre, ainsi que son fameux holocron. Le matin, il descendit de l'arbre dans lequel il avait construit une sorte de plateforme de bois où il vivait depuis déjà des années. Sa hauteur lui permettait d'échapper à l'air toxique qui rampait sur le sol et lui évitait d'être trop dérangé, la nuit durant, par les moustiques gros comme des poings qui planaient à proximité des marécages. Débonerr, lui, tous les soirs, après la chasse, dormait sous l'arbre habité. Bien que Vimki ait perdu ses liens avec la Force, il n'en demeurait pas moins une guerrier aguerri, vieux, mais toujours attentif... C'était dans un monde hostile qu'il avait évolué, peut-être se punissait-il de la mort d'Elta et de Bador? Il avait, au fil des années, fini par pardonner à Bador le fait qu'Elta était partie en guerre. Il avait pardonné à autrui, mais pas à lui-même. Si, récemment, la Force, ou quelque chose d'approchant, ne lui avait pas envoyé cette étrange vision, peut-être serait-il mort dans cette forêt. A présent, il savait où il devait aller, une certaine partie de son esprit se réjouissait à l'idée de retrouver les koruunai qu'il évitait, retrouver ce contact humanoïde et ouvrir la bouche pour parler. Mais plus loin que ce besoin de retrouver la civilisation, c'était à la lueur des holocrons du temple qu'il pensait. Si l'ordre jedi acceptait de le réintégrer, de le former à nouveau ( comment pourrait-il refuser un puits de savoir aussi important que le Vieux Edst? Comment refuser l'asile à un vieillard?) et qu'il pouvait parler au conseil de ses visions, peut-être, cette fois, Vimki aiderait réellement la galaxie. Il avait bien changé, et cela faisait des mois qu'il n'avait pas utilisé de miroirs ou le reflet de l'eau pour se raser. C'est ce qu'il fit le matin de son départ, rasant ses joues et peignant sa barbe, dans le reflet sombre du marécage qui entourait l'arbre de son campement. Il savait qu'ici, seule une grande tempête pourrait déloger les choses qu'il laisserait, et qu'aucune âme ne penserait jamais à chercher des objets de valeur dans un lieu aussi hostile. Il laisserait quelques blocs notes dans une caisse récupéré sur une épave séparatiste, des plaques trouvées dans les ruines des temples des premiers koruunai et quelques plantes qu'il était judicieux de laisser macérer dans leur jus. Il ne savait pas exactement quand, mais il serait amener à revenir sur cette planète.
Il mit son sac sur son dos, vérifia sa besace et dans l'obscurité créée par l'entremêlement de la cime des arbres, dans le bruit environnant de la jungle insatiable, dans un nouvel état d'esprit, il partit en direction du village koruunai qu'il connaissait le mieux. Il ne comptait pas passer par la capitale, car il ne savait que trop bien qu'Endor devait rester secrète. Il marcha deux bonnes heures, le soleil pointait midi, et arriva aux abords de la forêt. Il mit du temps à se réhabituer à la lumière qui n'était pas filtrée par les arbres. L'obscurité de la jungle de Haruun Kal serait bientôt remplacée par l'obscurité d'une navette et l'obscurité de la forêt d'Endor.
Il arrivait face à une plaine au milieu de la forêt. Les arbres serrés les uns contre les autres, formaient un mur gigantesque sur lequel se découpait d'étranges formes bariolées, parfois des visages de sages errants. Devant lui, un peu en amont, une dizaine de maisons carrées près desquelles des caisses de fournitures ou d'épices, non loin, une autre dizaine de tentes. Il marcha dans sa direction, prenant progressivement conscience qu'il n'était plus habitué aux affairements de la vie active. Les quelques enfants qui jouaient de ci de là eurent le mérite de le faire sourire mais les hommes qui portaient des caisses, avec ou sans robots de maintenance, ça, ne lui amena que de mauvais souvenirs. Il se rappelait Coruscant et son effervescence inaltérable. Il se remémorait que finalement, les bibliothèques du temple étaient peu fréquentées et qu'il les préférait. Les jedi, à l'époque, étaient de grands guerriers, et dans un sens, à l'époque de Coruscant, ils ne pensaient plus qu'à la guerre. La guerre était circonscrite sur cette planète, il faut l'avouer, mais on trouvait encore son empreinte dans l'esprit de ses habitants. Les korunnais étaient un peuple fier, mais il avait beaucoup souffert pendant la guerre des clones. Par chance, à l'époque, Vimki, lui, était intervenu. Il se rappelait encore la grande construction de la Lavétéria et l'amitié des clones. Mais ce temps était bien révolu.
Il arriva au niveau d'une tente, dont la couleur verte tentait de se camoufler avec le paysage environnant. Quand il s'apprêta à en ouvrir le tissu. Une voix, familière, l'interrompit, venu de son dos:
"Donc, c'était bien vrai! Le Chevalier est sorti de la forêt!"
Fit cette voix jeune en comparaison de Vimki et pimpante. C'était un homme de peau noire d'une quarantaine d'année, sa voix grave mais joyeuse indiquait une longue amitié. Vimki répondit de sa voix d'un autre âge, dont les accents nasillards ne purent que faire sourire son interlocuteur:
"Eh oui, Kass, je suis bien là!"
Les deux hommes se donnèrent l'accolade et entrèrent dans la tente. Ils discutèrent un instant du bon vieux, des parties de pazaak et des grandes chasses qui étaient parfois organisées sur Haruun Kal. Il faut préciser que Débonner suivait Vimki partout et que pendant le temps bref de la discussion entre les deux hommes, il attendait sagement devant la tente, observant les enfants qui couraient en tout sens. Puis, le teint de Kass s'assombrit, il joignit les mains et se tint le visage avec les index. Sa posture indiquait à Vimki qu'il allait poser une question sérieuse:
"J'ai préparé la navette. Cependant je ne peux me résoudre laisser partir un ami sans lui avoir posé cette question: où vas-tu?"
Vimki partit d'un petit rire plein de retenu et ferma les yeux pour répondre, comme si, ayant trop peur d'être percé à jour, il parvenait ainsi à cacher son intériorité. Kass était un koruunai et pour cela, il était sensible à la force. Il n'aurait aucun mal à sonder l'esprit du vieillard, seulement, il ne savait absolument pas que Vimki avait perdu son lien avec la force. Pour cette raison, et du fait de leur longue amitié, Kass posait sa question sincèrement préoccupé par le sort de son ami. Malheureusement pour lui, il n'aurait droit qu'à une réponse évasive, multiple et sans véritable consistance informationnelle:
"Là où me mène la Force!"
Répondit Vimki en ouvrant ses yeux bleus verts que ses sourcils cachaient à moitié. Il y eut une seconde de latence, puis brusquement, presque au même moment, les deux hommes partirent d'un rire à gorge déployée. Ils discutèrent ensuite encore un peu, puis Kass escorta Vimki et Débonerr jusqu'au Vaisseau marchand. Il allait en direction d'Endor, comme prévu. Vimki regarda une dernière fois la forêt qui s'étendait derrière le village, il ne savait pas dans combien de temps il reverrait cette planète. Mais il était convaincu qu'elle servirait un jour au renouveau des jedi, du simple fait, que lui, ne pouvait l'oublier, ce qui s'expliquait aussi par le fait que pour ses décoctions, il avait besoin d'un forêt toxique. Les bruits de la jungle furent coupés net lorsque les portes du vaisseau se refermèrent, obstruant sa vue. Il était attaché à cette planète, mais pas en dehors du code. Il allait s'expliquer devant les jedi et faire amende honorable. Plus important, les archives redeviendraient son lieu de prédilection, son sanctuaire dans le sanctuaire.
Vimki entra en méditation quand le vaisseau entra en hyperespace. Il ne fit donc pas vraiment attention à la durée du voyage. Ce qui lui importait c'était d'évacuer toutes les émotions négatives qu'il avait ressassées ces années durant, afin de montrer un coeur clair aux jedi qu'il rencontrerait. En vérité, il se savait en porte à faux. Son exil, sa disparition, n'allaient pas plaire au conseil. Aux yeux des jedi ayant survécu à la bataille de la Forge, il n'apparaîtrait surement que comme un lâche. Mais il acceptait cette idée. Il avait lu un jour qu'il fallait garder sa gratitude dans la Force même dans la disgrâce. Même dans l'humiliation. C'était avec une sorte d'enthousiasme qu'il abordait Endor. Durant sa méditation, il remarqua qu'il n'arrivait plus, comme dans la jungle, à faire abstraction des bruits environnants le ronronnement des moteurs était un bruit qu'il ne supportait qu'à moitié. Encore une faculté qui semblait avoir disparue avec la Force. Il serait donc Jedi sans la force, un bibliothécaire miteux, alors qu'il voulait s'investir dans le cours des événements de la galaxie actuelle. Quelle ironie! La Force avait beaucoup d'humour, mais c'était bien mérité. Il le méritait, il avait fui la douleur et son devoir, pourquoi serait-il mieux traiter qu'un autre? Impossible, à son âge, tout a une conséquence extrême, une portée sans limite. Ce n'est que l'écho lumineux d'une étoile qui s'est éteint d'innombrables années auparavant. Il sentait le vent stellaire frottait la coque du vaisseau, peut-être un signe que la Force n'était pas si loin. Qu'importe, il s'était décidé et maintenant pas de retour en arrière. Les Archives, toujours les Archives! Il y trouverait bien un moyen d'aider l'ordre qu'il savait en danger. Depuis 25 ans les jedi allaient de charibde dan scylla. Il y aurait bien quelque part, si les archives étaient encore fonctionnelles, quelques moyens de redorer le blason de l'ordre jedi. Il sortit de sa méditation quelques secondes avant que le vaisseau n’atterrisse.
Les portes s'ouvrirent sur un petit terrain d'atterrissage où quelques caisses de marchandises étaient entreposées. Pas d'autre vaisseau que celui avec lequel arriva Vimki, et qui de l'intérieur, resté interrogatif quant au fait qu'un vieillard ermite voyageait sur plusieurs parsec simplement pour trouver une autre forêt. Mais cette forêt était bien plus accueillante que celle d'Haruun Kal. Son espèce dominante, les Ewoks était certes assez sauvage et éloignée des notions de civilisations, mais en somme, ils étaient, une fois compris, d'une chaleur étonnante. Vimki maîtrisait assez basiquement l'Ewok mais n'espérait pas en croiser. Il attendit bien que le vaisseau s'en aille, prétextant de lui faire un petit coucou depuis la terre. Une fois qu'il eut bien vérifié que le vaisseau avait quitté l'orbite, Vimki se mit en direction de la dernière position qu'il connaissait de l'ordre. Il y avait plus de lumière dans cette forêt, moins de marécages aussi, et puis l'air n'était pas toxique, surtout. Il marchait assez rapidement s'aidant de son bâton et Débonerr a ses côtés, respirait un humus qu'il n'avait jamais senti d'où son excitation. Il sautillait de ci de là et jappait avec plaisir. C'était sûrement le premier chien Akk sur cette planète. Par chance c'était un mâle et il ne chamboulerait pas l'écosystème en faisant des petits. C'était surtout la réaction des Ewoks qui inquiétait Vimki, mais pas de là à le sortir de sa détermination à se présenter devant l'ordre Jedi. C'est surement parce que Déboner était perturbé par tant de nouvelles odeurs qu'il ne remarqua ,qu'une fois à portée de sabre, la silhouette qui arrivait en direction d'eux. Enfin, l'Ordre Jedi, enfin des explications!
-
Post n°2
Auteur : KryannSes pieds l'avaient guidée, tant sa tête était ailleurs. Encore plongée dans une réflexion intense, ou plutôt, un doute, elle avait quitté la salle du Conseil. Elle ne s'attendait évidemment pas à rester lors de leurs discussions, qui ne la regardaient pas encore, mais elle aurait voulu entendre des paroles rassurantes sur ses actes. Peut-être lorsqu'ils la rappelleraient ?
Pour l'heure, elle déambulait. Elle avait désormais quelques heures devant elle, sans savoir quoi faire. Les mains fermement enfoncées dans ses poches, elle se surprit à se diriger vers la zone d'atterrissage des navettes. Comme si ses aventures avaient éveillé en elle un goût du voyage, elle se sentit attirée par l'endroit. Il était vrai que le reste du Sanctuaire ne l'inspirait pas outre mesure, tant elle s'y sentait étrangère.
Une fois dehors, elle inspira à pleins poumons, autant pour se détendre que pour en profiter. Ce fut à ce moment que la navette passa au dessus du Sanctuaire. Un nouveau venu ? Autre chose ? Les visites étaient rares, elle avait pu le voir pendant les premiers temps. Elle s'interrogea quelque secondes puis se mit en route. La piste d'atterrissage était proche, et il n'y aurait certainement pas de comité d'accueil. Loin d'elle l'idée de s'en charger, mais elle était maintenant curieuse de ce à quoi pouvait ressembler un voyageur spatial.
A peine quelques minutes de marche à bon rythme séparaient le Sanctuaire de la piste. Celle-ci était rudimentaire, à peine équipée, et il fallait être un minimum éveillé pour ne pas se rater. Elle arrive à peine quelques instants après que la navette se soit posée. Maudite soit sa curiosité. Elle sauta sur une caisse et s'assit dessus en tailleur. -
Post n°3
Auteur : Vimki EdstIl fut un temps où Vimki aurait tout de suite senti la présence de la Cathar. Aujourd'hui, il fallut plusieurs secondes, alors qu'il regardait dans sa direction, tant la Cathar était fluette. Il partait déjà dans l'autre direction, lorsqu'il se rappela que pour arriver au temple, il lui faudrait emprunter un chemin qui zigzaguait entre les fougères et qui était à peine creusé par les pas des habitués. Il chercha longuement sur le sol les signes de ce chemin tandis que Débonerr reniflait ça et là, toujours pris de la même excitation. C'est à ce moment là, qu'il la vit, assise en tailleur sur une caisse de marchandise, l'observa avec une curiosité qui aurait pu déplaire à quelqu'un d'introverti. Une Cathar! Vimki sourit de remarquer ses habits de jedi. Bientôt, il serait entouré de jedi, comme au bon vieux temps des archives, comme au bon vieux temps de la rébellion. Vimki était resté assez peu touché par les troubles qui chamboulèrent la galaxie. Insouciant? Peut-être. Il s'approcha de la jedi. Déboner n'était absolument pas attentif aux mouvements de son maître. S'approchant, il put progressivement la détailler. C'était une femme, svelte, dont le visage anguleux respirait la jeunesse. Des boucles pendaient à ses oreilles pointues; sa peau marbrée n'avait pas été ravagée par le temps; de son museau fin émanait une certaine gentillesse. Il n'eut donc aucune crainte à l'approcher, puisque comme elle, il était habillé en jedi. Sa longue cape bleu marine était leur seule différence. Elle datait du temps où il était chevalier, du temps d'Elta et Bador, il l'avait préservé du climat d'Haruun Kal. Derrière Vimki et Kryann, la silhouette qui approchait auparavant s'était cachée et observait leur rencontre.
Bientôt, Déboner comprit qu'il était seul au milieu de la forêt et se mit à aboyer désespérément. Il détecta que son maître n'était pas loin et courut dans sa direction, mais lorsqu'il aperçut la Cathar, lorsqu'il sentit son odeur de gros chat, il aboya avec une tout autre intonation. Agressivement. Prêt à mordre, il fonça sur elle. Vimki, qui l'avait anticipé, claqua de la langue et aussitôt le chien akk s'arrêta, s'assit, plongeant ses griffes pointues dans la terre couverte par la vie des arbres en perpétuel transformation. Il ne put s'empecher de grogner. Vimki arriva enfin près de la Cathar, suffisamment près pour qu'elle l'entends facilement:
"Saviez-vous que les chien akk sont capables de repérer des truffes à 500 mètres et que mieux encore, ils repèrent le Thyssen à des kilomètres dans la jungle? Vu votre réaction, vous n'en avez jamais vu! Mon nom est Vimki. Je suis... encore chevalier de l'ordre..."
Il avait prononcé ces phrases de sa voix nasillarde et amusée, cependant lorsqu'il indiquait son rang au sein de l'ordre, il buta sur les mots. Une confusion se créait dans son esprit, de la même manière qu'il avait du mal à retrouver le chemin du temple. Il se gratta le sommet du crâne, dérangeant le chignon de sa chevelure et dressant quelques poils rebelles. Face à elle, bien qu'il ait fait des efforts ce matin-là, il manquait de son ancienne prestance et contrairement à elle, sa coiffure n'était pas soignée. Il avait omis de demander l'identité de son interlocutrice, qui de près, se dit-il en passant, ressemblait à Elta dans ses jeunes années, les poils en plus:
"Mon âge et ma vision qui baisse ne m'aidant pas, j'ai dû mal à retrouver la direction du Sanctuaire. Cela fait bien 5 ans que je ne suis pas revenu. Pourriez vous me guider jusqu'à l'Agora? J'ai des affaires à régler avec le conseil..." -
Post n°4
Auteur : KryannElle regarda le vieillard. La Cathar était à la fois étonnée et intriguée par l'Humain. Loin de l'image qu'elle se faisait des voyageurs spatiaux, très loin de l'idée du jeune aventureux et fougueux. Non, celui-ci avait même déjà un pied dans la tombe. La barbe blanche fournie, les rides, le rire insupportable de certitudes... Tout cela perturbait un peu plus Kryann qui regrettait déjà d'avoir fait la route, et maudissait également sa curiosité.
Ses oreilles se plaquèrent légèrement lorsqu'il s'approcha. Un inconnu, ça pouvait très bien être une nouvelle menace. D'autant plus qu'il venait des étoiles, lui aussi, comme les Hommes-Lézards. Elle s'efforça de paraître détendue mais son corps tout entier se crispa. A mesure qu'il s'approchait, elle le détaillait un peu mieux. Des habits de Jedi, une longue cape... Pourtant son visage ne lui disait rien. Strié et creusé par les rides, caché par la barbe et les épais sourcils, cette tête avait tout du grand-père bienveillant. Mais ce n'était pas pour rassurer la Cathar paranoïaque, pour qui tout pouvait cacher une menace.
Et son instinct ne la trompait pas. Derrière le vieil homme, le chien se lança à l'attaque, retenu seulement par le sifflement de son maître. Mais ça avait largement suffit à la Cathar pour se hisser à moitié sur la caisse, poils dressés, feulant, tout crocs et griffes dehors. Sa main avait agrippé la garde de sa vibro-lame qui désormais ne la quittait presque plus. Ainsi dressée, elle avait tout du vulgaire chat de gouttière géant qui défendait son territoire.
"Saviez-vous que les chien akk sont capables de repérer des truffes à 500 mètres et que mieux encore, ils repèrent le Thyssen à des kilomètres dans la jungle? Vu votre réaction, vous n'en avez jamais vu! Mon nom est Vimki. Je suis... encore chevalier de l'ordre..."
Elle se mordit la langue pour ne pas envoyer une réplique cinglante. In extremis, elle se retint d'envoyer le vieux Chevalier sur les ronces. Chat échaudé craignant l'eau froide, elle se contenta de le fixer, ses yeux jaunes lançant des éclairs.
"Mon âge et ma vision qui baisse ne m'aidant pas, j'ai dû mal à retrouver la direction du Sanctuaire. Cela fait bien 5 ans que je ne suis pas revenu. Pourriez vous me guider jusqu'à l'Agora? J'ai des affaires à régler avec le conseil..."
Elle secoua la tête. Elle avait été à deux doigts de l'attaquer, et il demandait son chemin comme si tout était normal. Un original de plus, se dit-elle. Toujours sans dire un mot, elle descendit de sa caisse, tirant sur ses vêtements froissés et s'époussetant. Puis elle se tint droite, ce qui était risible au vu de sa petite taille. Avec un miaulement, elle indiqua de la tête la direction à prendre.
Par là. -
Post n°5
Auteur : Vimki EdstCette Cathar était méfiante et froide... C'était peu dire. Vimki n'avait jamais été très sociable lui même mais, il arrivait toujours à faire bonne figure lorsqu'il s'agissait de faire première impression. Elle lui répondit presque par monosyllabe ce qui eut pour conséquence de le décontenancer. Il ouvrit les lèvres et laissa échapper quelque chose comme un soupire d'étonnement. En effet, elle n'était pas très accueillante, peut-être que depuis la Forge, les Jedi en proie à la décadence avaient perdu leur sens de l'hospitalité. Ou peut-être qu'elle était tout simplement mal élevé. Il s'imagina qu'elle avait eu un passé tortueux, plein de torture et de souffrance, expliquant la posture de défense qu'elle avait aussitôt prise devant Déboner. Somme toute, elle fonctionnait d'instinct. Elle ferait sûrement un grand Jedi, cependant qu'elle devrait faire attention à ce que son naturelle ne l'amène pas dans une grande violence. Après ce bref soupire, il lui sourit, regarda dans la direction qu'elle avait indiquée et la salua de la tête. Il aurait bien aimé que Débonerr fasse connaissance avec elle, histoire d'expérimenter l'amitié chien-chat dont il avait entendu parler dans les livres, mais il était grand temps de se présenter au conseil. Son absence relative expliquait sûrement pourquoi il ne la connaissait pas. Elle ne devait être dans l'ordre que depuis peu d'année, très probablement depuis que l'ordre s'était installé sur Endor.
"Merci"
Fit Vimki s'appuyant un instant sur son bâton avant de partir dans la direction indiquée. Il contourna les caisses de marchandises et la plateforme de l'astroport. Il regarda les arbres qui montaient haut dans le ciel, fit quelques autres pas, puis s'arrêta. Il était maintenant dans le dos de la cathar, ou plutôt lui tournait le dos. Dans sa barbe, dépité:
"La nouvelle génération..."
Il se retourna vivement et l'observa à nouveau. Il savait qu'il ne lui inspirait pas confiance, il avait senti dans sa posture une certaine animosité. Mais il était du genre à forcer les choses, c'est pourquoi il demanda:
"Vous ne voulez pas m'accompagner? Un vieillard comme moi apprécierait beaucoup une visite du Sanctuaire, qui, je le pense, a dû bien changer..."
A peine eut-il fini sa phrase, qu'il partit d'un petit rire étouffé et plein de retenu. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle réponde par l'affirmative, mais il sentait que par simple politesse, elle supporterait encore un peu ce vieux croulant énigmatique. D'une certaine façon, c'était probablement par curiosité qu'elle était venue jusqu'ici. C'était à partir d'une racine commune, la curiosité, que Vimki avait passé tant de temps dans la salle des Archives, et bien qu'une envie irrépressible de les retrouver le motive à revenir, il était prêt à mieux connaître la jeune Cathar. Il décida donc lui poser, innocemment, une nouvelle question:
"Est-ce que vous savez si Nocasta est bien devenue l'Archiviste en chef? Il fut une époque où le conseil devait choisir entre elle et moi, et j'imagine que par défaut de concurrence, ils l'ont choisi."
De nouveau le même rire étouffé ponctuait sa question. Il se faisait vieux, et les vieux ont tendance à beaucoup parler d'eux-même. Qu'importe si l'interlocuteur est intéressé.
"Quel âge avez-vous?"
Demanda t-il encore, pour se venger du fait qu'il était le seul à s'être présenté. -
Post n°6
Auteur : KryannElle n'avait aucune intention de retirer sa méfiance de l'équation. L'agression du chien avait rangé le vieillard dans la catégorie des menaces immédiates. Elle n'en était pas au point de l'agresser pour autant, mais elle se tenait sur ses gardes. Son instinct faisait bouillir son sang, mais elle se contenait. A grand peine.
"La nouvelle génération..."
Elle le regarda se retourner. Elle n'avait pas bougé d'un poil et le regardait partir. C'étit peu dire qu'elle était déçue de ce qu'elle voyait. Celui-là se proclamait Jedi mais n'en avait ni la prestance, ni l'allure. On aurait plutôt dit un vieil ermite miteux et délirant à force de consommation de plantes hallucinogènes. Pour tout dire, si sa mémoire l'avait laissée en paix, sans doute l'aurait-elle chassé aussi vite de sa tête, tant il semblait quelconque.
"Vous ne voulez pas m'accompagner? Un vieillard comme moi apprécierait beaucoup une visite du Sanctuaire, qui, je le pense, a dû bien changer..."
Il ne manquait pas d'air ! Ses yeux jaunes étaient toujours vrillés dans ceux du grand-père, sans qu'un seul mouvement ne soit effectué. Son rire lui rappela qu'elle avait en face d'elle, théoriquement, un ancien Chevalier Jedi. Théoriquement, elle aurait du faire preuve d'une certaine déférence, mais étrangement, à ses yeux, celui-ci ne le méritait pas. Il n'avait pas le charisme de Maître Janev, ou la force de Maître Qos, ou de tout autre membre du Conseil. En réalité, ce que la Cathar voyait, c'était un autre novice. Quelqu'un qui n'avait aucune idée de l'endroit où il avait posé les pieds, ni de ce qu'on allait lui demander. En d'autres termes, il était comme elle. Et ceux qui étaient comme elle lui avaient réservé un bien mauvais accueil, c'était gravé dans sa chair, désormais.
"Est-ce que vous savez si Nocasta est bien devenue l'Archiviste en chef? Il fut une époque où le conseil devait choisir entre elle et moi, et j'imagine que par défaut de concurrence, ils l'ont choisi."
Elle sauta de sa caisse. Toujours sans répondre, elle passa devant le vieux croûlant, qui l'insupportait déjà. Elle ne savait pas dire si c'était son rire ou ses manières qui étaient le pire. En vérité, Kryann redoutait dores et déjà les quelques minutes qui les mèneraient au Sanctuaire.
"Quel âge avez-vous?"
Encore une question ? Il en avait beaucoup des comme ça ? La Cathar se contenta d'inspirer par le nez.
"Je ne sais pas. Le Sanctuaire est par ici." -
Post n°7
Auteur : Vimki EdstCette fois-ci, ce ne fut pas un monosyllabique. Elle enchaîna même deux phrases. Elle semblait très engoncée dans sa souffrance, son agressivité et son manque de civilité. Elle n’avait rien d’un Jedi éduqué et n’avait sûrement jamais ressenti la douce lueur des holocrons se poser sur son visage. Mais qu’importe, il était grand temps de retrouver le Sanctuaire, de revoir Nocasta qui, du moins, Vimki le pensait, avait dû conserver son rang de Maître Jedi et son rôle d’Archiviste. Il ne tarderait pas à retrouver cette vieille amie avec qui il avait passé d’innombrables heures à discuter des secrets de la galaxie . Vimki sourit à la Cathar et lui emboîta le pas. Il sentait bien qu’elle avait dû souffrir, mais l’un des premiers principes dans l’enseignement Jedi, était qu’il fallait se défaire du passé, des ressentis, de toutes ces choses qui viennent obstruer le lien de l’utilisateur avec la Force. Enfin, ça c’était la théorie, de nombreux Jedi conservaient un caractère exécrable alors qu’ils avaient fait vœu de protéger la galaxie et d’aider autrui. Vrai ! Elle avait dû vivre des choses atroces par le passé... Mais il faudrait qu'elle les dépasse. Il ne savait trop comment aborder ce passé, et elle devait être du type à ne jamais laisser transparaître la moindre bribe de son individualité. Elle ferait une excellente Ombre Jedi. C’est pourquoi il garda le silence durant leur petite promenade.
Ils se mirent donc en direction du Sanctuaire, après quelques brèves minutes où Vimki épargna les oreilles de la jeune Cathar ; hauts dans les arbres, recouverts de feuillages hirsutes, des plateformes aériennes attendaient patiemment l’arrivée de chasseurs. On voyait sur certaines d’entre elles quelques Jedi ou quelques clones affairaient à la mécanique. En contre-bas, apparaissant progressivement, les murs de pierres polies du Sanctuaire, qu’un bon Jedi aurait sauté d’un coup, mais qui étaient tout de même hauts et qui respiraient la sérénité et la bienveillance. Enfin ! Le voyage n’avait, somme toute, pas été très long, pourtant Vimki, qui s’habituait encore à l’air qui n’était pas surchargé d’acide, ressentait une grande fatigue. Peut-être était-ce plus psychologique que physique- malgré son âge il gardait une certaine vigueur-. Depuis peu, les visions qui s’étaient révélées à lui, et dont il ne gardait qu’une impression empreinte de torpeur, le fatiguaient ou du moins l’opprimaient. C’était une oppression étrange, assez subtil s’il fallait la définir clairement, car elle n’était pas que pensée, elle avait une dimension physique toute particulière. Les souvenirs qu’il gardait de cette forteresse noire et menaçante, il devait absolument les confier au conseil. C’était pour ça qu’il était revenu.
Bientôt ils arrivèrent près de l’Agora ; deux Jedi en faction gardaient l’entrée. Ils les virent arriver et l’un d’eux, encapuchonnés, sembla reconnaître Vimki. Débonerr tout au long du chemin, tenta de renifler la Cathar mais ne semblait pas prêt à l’approcher. En fait, ce n’était pas Vimki que le Jedi remarquait mais la silhouette qui derrière un arbre lui faisait signe de ne pas la signaler. Ils arrivèrent enfin à leur niveau, mais lorsque Vimki voulut ouvrir la bouche pour se présenter et demander une séance avec le conseil, une voix familière porta dans leur dos :
« Edst ! »
Fit la voix avec chaleur :
« Le Wampa de bibliothèque et l’ami des plantes ! »
Fit-elle encore. Vimki se tourna en souriant et là, il le vit, une vieille connaissance, plus, un confrère amoureux du savoir ! Un Khil, vert-bleu, dont les tentacules buccales tombaient jusqu’au buste, chauve sous sa capuche qui cachait une partie de son visage, se tenait droit, de toute sa hauteur et de son corps de guerrier, derrière le vieux et le chat. L’humanoïde enleva sa capuche et ses oreilles pointues remuèrent avec enthousiasme.
« Mer Hesnar ! Je veux dire... Maître Hesnar ! Quelle bonne surprise, vous avez donc survécu à la forge !
-C’est moi qui devrais poser cette question, je vous croyais mort !
-Je n’ai pas eu la chance de Bador ! » rétorqua Vimki riant.
Il y eu quelques secondes de silence. C’était comme si Hesnar peinait à trouver ses mots, comme si face à un vieil ami, il perdait ses moyens. Mais c’était bien plus complexe que cela. Bien plus étonnant!
« Bador n’est pas mort... »
C’était comme un coup de foudre dans un ciel sans nuage. Vimki chancela. Comment était-ce possible !? Il l’avait vu lui même transpercer par un sabre. Il était mort ! C’était impossible ! Comment… Comment ! Le vieillard se retint de tomber grâce à son bâton sur lequel il s’appuya de tout son poids. Il devrait voir Bador au plus vite… Il devait voir son vieux, vieux, vieux, maître. Vimki balbutia, un torrent d’émotions contradictoires était en cru en lui :
« Mais… Mais... »
Il se tut un instant et pris une grande inspiration qui chassa l’émotion hors de son corps rachitique. Il baissa, un instant encore, la tête :
« Alors… Il est de mon devoir d’aller le voir… Je… Je dois voir le conseil avant ça, il faut que je leur parle d’une chose capitale. » -
Post n°8
Auteur : KryannKryann avait guidé, bon gré, mal gré, le vieillard jusqu'au Sanctuaire. Quand bien même celui-ci ne semblait pas décidé à la lâcher pour de bon, il avait tout de même eu la lumineuse initiative de cesser de parler. Un repos pour les oreilles de la jeune Cathar qui marchait d'un pas décidé.
En réalité, elle était surtout décidée à stopper cette torture qui consistait à être détaillée par un ancien qui se voulait mystérieux et énigmatique, sans pour autant y arriver. Car elle en avait vu, des vieux lubriques, immondes, qui la déshabillaient du regard alors même qu'elle n'était qu'une adolescente. Elle revoyait quotidiennement dans ses cauchemars ces yeux qui la transperçaient, et elle ne tenait assurément pas à en être la victime en journée.
Ses poings étaient serrés lorsqu'ils parvinrent au centre du Sanctuaire, et qu'un vieux Maître, qu'elle reconnut comme Maître Mer Hesnar, hêla le vieillard. C'était un érudit qu'elle avait croisé quelques fois dans les Archives, sans jamais lui adresser la parole. Le Khil avait une fois presque chantante, de baryton, et parlait de fait assez rarement, suffisamment peu pour le rendre presque supportable. Presque.
La Cathar les regarda un instant se retrouver comme si ils s'étaient quittés hier. Puis elle tourna les talons, et s'en fut, sans un regard.