Premier jour de classe
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Post n°16
Auteur : Kath Aplazm
Zaun ferma devant lui le livre qu'il feuilletait distraitement pendant que ses élèves rangeaient l'argile et les sabres d'entrainement dans des contenants appropriés. Le premier jour de classe était terminé. Le professeur était satisfait : ses jeunes apprentis n'étaient pas parfaits, mais ils avaient mis du cœur à l'ouvrage et n'avaient pas été ridicules pour une première session. Il leur faudrait des mois avant de maitriser les bases et espérer être choisi par un chevalier afin d'accéder au rang de padawan, mais ils avaient fait le premier pas aujourd'hui.
A la fin de la leçon, comme ses compagnons s'affairaient autour de lui, Tseh vint trouver le maître Jedi. Les mots mal assurés du Iat trahissaient moins son appréhension que sa mauvaise maitrise du langage basique. Zaun sentit toute l'inquiétude, l'anxiété, qui transparaissait dans les paroles du jeune humain. Comme Yuda le lui avait confié, celui-ci était fort peu ordinaire, de par ses origines et ses réactions. Nul doute que les Jedi en apprendraient beaucoup sur des mondes encore inexplorés à son contact.
Les intuitions du maître se révélèrent correctes. Le Iat décrivait le rapport à la mort particulier que son peuple possédait. Comme il semblait, le jeune Tseh avait été traumatisé par ses expériences passées, marquées par une forme de violence tout aussi physique que symbolique. Zaun écouta attentivement son élève, puis laissa s'écouler quelques secondes durant lesquelles il chercha les mots les plus appropriés pour répondre à la question du jeune homme.
- La galaxie est composée de milliers, de millions, de milliards de monde, tous peuplés d'individus, d'animaux et de plantes bien différentes. Chacun a développé un rapport particulier à son environnement et a évolué selon des croyances diverses... Zaun s'interrompit. il n'était pas sûr qu'une analyse sociologique soit la meilleure réponse aux questions existentielles de Tseh. Plus pragamatique, il reprit : Le ciel qui nous surplombe est vaste et comporte énormément de lunes, Tseh. Il existe beaucoup de peuples très différents. Certains détestent ce qui ne leur ressemble pas. D'autres sont plus accueillants. Mais une seule chose les rassemblera toujours, malgré leurs différences : la Force. Elle est présente en chaque être vivant et nous entoure.
Zaun mit une main sur l'épaule du Iat et lui indiqua un vitrail plus excentré, près de l'estrade. Celui-ci représentait un soleil brûlant, au-dessus d'une foule de personnages debout, chacun tenant entre ses mains une chandelle.
- La vie est comme une étoile. Elle grandit et s'épanouit grâce à la Force, rayonne grâce à la Force, puis disparait. Dans la Force. Dans un sens, nous ne "rejoignons" pas la Force quand nous mourrons, car nous sommes en permanence à ses côtés. Même si on ne la sent pas.
La coutume des Iats visait avant tout à exclure socialement et symboliquement un individu de leur société, pas à réellement couper un homme de la Force. Même le meilleur des shamanes n'en avait pas le pouvoir. Ulic Qel-Droma, dans les méandres froids de son exil, n'avait lui-même jamais vraiment quitté la Force, malgré la malédiction que lui avait infligé la Grande Nomi. Un jour, Zaun expliquerait cette histoire à Tseh. Pour l'heure, il convenait simplement de dissiper ses inquiétudes.
- Il n'y a pas de Mort, il n'y a que la Force. Ces mots signifient que lorsque nous mourrons, il ne reste rien de nous. Seule demeure la Force, qui était là avant nous et existera après notre mort. Mais grâce à elle, nous continuerons d'exister, car nous sommes à jamais liés à elle. Que l'on soit coupé en morceau et brûlé ne change rien à cela. De même, tout le monde subira le même sort, qu'il soit chef ou ...potier.
Zaun esquissa un sourire bienveillant à l'adresse de Tseh. Il n'était pas complètement certain que le Iat avait compris son explication. Du reste, elle était très lacunaire et relevait de l'interprétation de Zaun. Pour sa part, il n'avait pas une lecture littérale du code. Depuis des millénaires, les Jedi se disputaient sur la définition de la Force et sa nature profonde : Force vivante, Force Unifiée,... Des credos auxquels on adhérait ou pas. Mais au fond, le principal ne restait-il pas de se trouver unis à œuvrer en commun pour la Justice ?
- Mais avant de parler de mort, parlons de vie !, s'exclama l'instructeur en frappant paternellement dans le dos de son élève. Va donc te reposer, novice, car tu as encore beaucoup à accomplir avant de nous quitter !
Zaun s'apprêtait à emboîter le pas au jeune homme pour sortir de la salle, mais Vipers vint à sa rencontre. La question du novice était plus naïve que celle de son camarade, mais traduisait bien le caractère ambitieux de l'adolescent. Le garçon revenait sur les carrières traditionnelles que le maître leur avait présentées un peu plus tôt dans la journée, et souhaitait des éclaircissements.
- Patience, novice Vipers. En fonction de tes progrès et de ton apprentissage, tu comprendras par toi-même ce pour quoi tu es le plus doué. Si un jour nous avons le plaisir de t'adouber au grade de Chevalier, tu feras de tes capacités ce que tu voudras !
La question amusait particulièrement le formateur. Pourquoi le Conseil obligerait-il qui que ce soit à suivre une voie plutôt qu'une autre ? Chacun était libre de ses choix dans l'Ordre Jedi... même de celui de quitter l'Ordre. Les maîtres étaient avant tout là pour former, assister et conseiller leurs élèves, pas pour former une armée disciplinée prête à le servir. La leçon de la Guerre des Clones avait été retenue : les Jedi avaient été ramenés à plus d'humilité.
- Un Jedi est amené à prendre part à bien des choses. Refuseras-tu d'aider un enfant en détresse sous prétexte que tu as embrassé la voie des Consulaires ? Règleras-tu uniquement les conflits par la lame de ton sabre parce que tu as juré de devenir un Gardien ? Un Jedi n'est pas seulement un Gardien, un Consulaire ou une Sentinelle. Il est chacune de ces voies à la fois.
Zaun grimaça. Il avait mentionné les Sentinelles à nouveau. Cette voie avait généralement été abandonnée car jugée trop dangereuse et seuls quelques maîtres du Conseil restaient encore très attachés à cette vieille tradition. On citait encore la voie du sabre jaune parmi les voies du Jedi, pour ne pas froisser les vieux briscards. Mais une nouvelle génération de Sentinelles pouvait-elle éclore ? Zaun s'y refusait. Pas en son nom. Peut-être des maîtres comme Odan Rurr ou Melchior en prendraient-ils la responsabilité ? Après tout, ils étaient les plus aptes à décider.
- Ne te focalise pas trop sur ce que tu pourrais devenir, et concentre-toi sur l'instant présent, Vipers. Essaie d'être à tout moment de ta vie une bonne personne. Quand viendra ton heure, tu pourras regarder en arrière et contempler ce que tu auras accompli. Le reste n'est qu'orgueil et futilité. Va, maintenant !
Zaun sourit simplement au novice, puis quitta la pièce. Il devait rencontrer le Conseil et était déjà en retard. Peut-être pourrait-il leur faire part de ses appréhensions. Ils l'aideraient et le conseilleraient, comme toujours. Quant au Clan de la Loutre Chantante, il avait rendez-vous dans l'Amphithéâtre le lendemain matin, pour une nouvelle leçon.HRP : Changement de programme. Je vous envoie les instructions par MP. Le prochain RP se passera ici. A bientôt![:]](https://img.xooimage.com/files1/s/m/smile-178f.gif)