Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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Eirrauus.

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #1

    Post n°1
    Auteur : Hivernus



    EIRRAUUS, dans le système Errauus. Bordure Extérieure. Secteur Quence.


    Gravité : Standard.

    Atmosphère : Type 1 (respirable).

    Climat : Désertique.

    Terrains : Déserts. Lacs. Plaines.

    Période de rotation : 26 heures standard.

    Population : Non déterminée. Probablement des millions. (Eirraucs.)

    Villes notables : Aucune.

    Exportations principales : Or. Pierres précieuses.







    Quelque part… Sur Eirrauus.

    Une colonne de prisonniers Eirraucs marche péniblement sous une voûte obscure ponctuée de milliers de lueurs scintillantes. Il fait nuit noire. Les jambes sont lourdes de fatigue, les estomacs crient famine… Et chaque instant de souffrance, lorsqu’il s’avère insurmontable, s’achève par une série de pleurs ou un corps qui s’écroule brusquement dans le sable. Les autochtones ne savent pas à quoi s’attendre. On les traîne pieds et poings liés dans leur désert natal, tel un bétail condamné à l’abattoir. Les plus jeunes craquent, s'effondrent en larmes… Et face à tant de détresse, les parents se mettent à supplier leurs bourreaux dans une langue qu’ils ne comprennent vraisemblablement pas. Les lamentations des captifs se taisent à chaque fois que le fouet se met à claquer en l’air. De temps à autre, un adulte reçoit un coup de bâton sur la tête, ou en plein dans les côtes. Le rire sinistre des esclavagistes tranche alors avec l’insupportable douleur des Eirraucs, dont les pleurs et les gémissements sont ignorés ou réprimés.

    Après plusieurs heures de marche pénible, les autochtones arrivent finalement à destination. Devant eux, un vaste camp dressé par les Thalassians. Les marchands de chair y parquent déjà plusieurs centaines de leurs semblables, les répartissant dans diverses cages en fonction de leur âge, de leur robustesse ou de leur état de santé général. Des hommes en armes surveillent les captifs, aidés dans leur tâche par quelques molosses, tandis qu’ici et là leurs camarades s’accordent du bon temps en compagnie de danseuses Twi’leks achetées sur les marchés d’Orvax IV ou de Karazak. Les derniers Eirraucs capturés sont entassés dans deux cages adjacentes situées loin des autres. Ils seront soumis à un triage dès le lendemain.

    Un contremaître Thalassian inspecte les nouveaux esclaves en présence des deux chefs d’équipe responsables de leur capture.


    - Quarante esclaves de plus, comme convenu… Indique le premier, un grand gaillard à la tête rasée. A ce rythme là, on aura vidé la planète de ses occupants dans les six prochains mois.

    Le contremaître acquiesce en silence, son regard se posant sur un jeune spécimen. Il est vrai que les Eirraucs ne sont pas particulièrement combatifs. Vivant en totale isolation, loin des grandes voies spatiales et de toute technologie, les autochtones n’ont opposé qu’une maigre résistance face aux équipes de capture. Des villages entiers ont déjà succombé aux assauts des esclavagistes, leurs habitants ayant été abattus ou fait prisonniers. Des centaines d’Eirraucs ont ainsi déjà quitté la surface de la planète, vendus au plus offrant sur des mondes lointains… Et d’autres suivront encore leur exemple. Peu à peu, Eirrauus se meurt. Et c’est une civilisation entière qui semble vouée à disparaître.

    - Il me tarde de quitter ce foutu désert. Marmonne le second chef d’équipe en se frottant vigoureusement les bras. On y crève de chaud le jour… Et la nuit, on se les gèle passablement.

    - Mauviette. Bon qu’à chouiner… Comme d’habitude. Répond le premier, un sourire sinistre aux lèvres. Si tu continues de te lamenter sur ton sort, tu finiras par rejoindre ces imbéciles dans une cage.

    La brute sort une matraque, frappant sur les barreaux de la cage afin de faire taire quelques geignards. L’autre se contente de soupirer, comme pour rejeter les dires de son comparse.

    - Va falloir t’habituer à la vie sur ce trou à rats. A ce qu’on m’a dit, nos affaires ont du plomb dans l’aile… On a perdu deux convois la semaine dernière… Et un de plus la semaine d’avant. Tous ciblés par les forces du seigneur Hivernus. Un sale type ce gars… Mais faut tout de même avouer qu’il sait où frapper pour nous faire mal. Poursuit le grand gaillard. A ce rythme là, on finira par crever la dalle faute de pouvoir vendre nos esclaves. M’enfin… Si tu veux mon avis, on ferait bien de se planquer ici le temps que les choses se calment. Je ne suis pas pressé de me faire flinguer par les petits bons hommes du Chiss.

    - Et c’est moi la mauviette… T’as peut-être de gros bras mais rien dans le paquet visiblement. Rétorque son comparse, dépité.

    - Touché.

    Un Eirrauuc baragouine quelque chose dans sa langue natale, s’approchant des barreaux de la cage pour mieux se faire entendre. Il est rapidement rabroué par le contremaître, qui active son bâton électrique et promet de s’en servir contre lui s’il ne retourne pas à sa place. Le grésillement menaçant de l’arme calme les ardeurs de l’autochtone, qui se réfugie au fond de la cage et vient se blottir contre les siens.

    - La marchandise est en bon état, quoi qu’un peu déshydratée visiblement. Faites-moi plaisir… Veillez à requinquer ces spécimens avant qu’ils ne nous claquent dans les pattes. Ce sera difficile d’en tirer quelque chose s’ils ne ressemblent à rien ou qu’ils sont morts.

    - Entendu. C’est vous le boss…

    - Autre chose… Cessez de parler du Grand Bleu ou de ses troufions. Vous allez finir par attirer le mauvais œil sur nous avec vos conneries.

    Les deux chefs d’équipe acquiescent d’un signe de tête, suivant du regard leur supérieur, dont la silhouette disparaît peu à peu dans l’ombre d’un imposant transport d’esclaves. Ils s’observent ensuite, se mettent à sourire bêtement en haussant les épaules.

    - Je ne le savais pas aussi superstitieux celui-là… Commente le premier.

    - Bah ! A ce qu’il paraît, c’est un rescapé de la flotte de Zssik, l’Ogre Rouge. Rapporte le deuxième. Le vieux Trandoshan s’est fait flinguer par les gars du Chiss il y a plus d’un an de cela… Presque aucun survivant parmi l’équipage… Si ce n’est notre bon copain contremaître.

    - Un coup de chance assurément… M’enfin faut croire que les trouillards, c’est pas ce qu’il manque chez nous. Ricane le premier.

    - Pour sûr… On forme un sacré ramassis d’ordures sans honneur et sans courage ! Ajoute l’autre, un sourire aux lèvres. Remarque, c’est peut-être ce qui nous maintient en vie. Il n’y a bien que des abrutis pour vouloir se faire buter à la première occasion.

    Les deux compères éclatent de rire. Mais leur amusement ne dure qu’un bref instant. Un hurlement sinistre vient bientôt leur glacer le sang. Un frisson intense s’empare d’eux, se propageant rapidement d’un bout à l’autre de leur colonne vertébrale.

    - Bon sang… C’est peut-être le patron qui a raison ! Si ça c’est pas un signe de mauvais augure… Commente le premier, mesquin.

    - Arrête de raconter des âneries… Les croyances sordides du boss ne sont pas plus crédibles que ces histoires de sorciers adeptes de je ne sais quelle secte. Raconte le second. Attends… C’est quoi leur nom déjà ? Jeudi ? Hmm. Non… Judai… ?

    - Jedi ?

    - Oui c’est ça ! Jedi ! Un nom bien couillon en plus.

    - Ils existent vraiment à ce qu’il paraît. Mon père en a croisé un… Affirme le grand gaillard.

    - Ah bon ?

    - Oui. Enfin pas vraiment… C’est plutôt son cousin qui en a vu un. Ou alors il lui a raconté une histoire sur ces fameux Jedi… Je ne sais plus. Poursuit le premier, s’embrouillant visiblement l’esprit. Ou peut-être que c’est l’histoire du vieux de mon père. Ça remonte à loin faut dire… J’étais gosse.

    - Mouais… Une histoire à dormir debout en somme. Si tu veux mon avis, on s’est bien foutu de ta tronche. Fait remarquer le second. Et puis… Faut être sacrément bête pour croire à toutes ces histoires de magiciens de l’espace… Franchement, s’il suffisait d’agiter la main dans tous les sens pour faire voler un caillou, ça se saurait.

    Comme pour ridiculiser les croyances futiles de son camarade, le chef d’équipe moqueur fait semblant d’utiliser la Force, laissant sa main trembler devant lui en poussant un gémissement de concentration digne du plus grand comédien de la galaxie. Les sourcils froncés, le front plissé et les dents serrés, l’esclavagiste tente tant bien que mal de soulever un petit rocher par la simple puissance de son esprit brillant. Mais rien n’y fait. Le morceau de roche demeure immobile.

    - Pfff. C’est ça. Moque toi… Marmonne le premier, dépité.

    - Bah quoi ? Tu vois bien que ça ne marche pas. Alors tes histoires de Jedi… Tu peux les oublier. Ce n’est bon qu’à impressionner les enfants. Et franchement… Un grand gaillard comme toi a passé l’âge de croire à ces idioties.

    Un bruit inquiétant vient brusquement interrompre la discussion. Le son, d’abord lointain, est semblable au feulement rauque d’un félin enragé. Le rugissement se rapproche pourtant de plus en plus, rendant les esclavagistes particulièrement nerveux. Les deux hommes posent la main sur la poignée de leur blaster, prêts à en faire usage au moindre problème.

    - Je n’aime pas ça…

    - C’est vrai que c’est sacrément suspect. Je n’ai jamais entendu ce genre de bruits depuis qu’on est ici.

    Dans la nuit noire, il est difficile de distinguer quoi que ce soit. Les comparses attendent bien une minute ou deux à chercher du regard le moindre truc suspect. Puis soudain, des ombres furtives apparaissent entre deux nuages, leurs silhouettes sinistres éclairées par la lumière de quelques astres. Des intercepteurs TIE. Et ils fondent droit sur le camp.

    - Bordel… Bordel !

    Les traits laser se mettent à pleuvoir sur une rangée de chasseurs alignés sur une piste improvisée. Une série d’explosions survient alors, plusieurs appareils étant vraisemblablement détruits par les intercepteurs. L’attaque a un effet certain au sein du camp, qui grouille désormais d'activités. Les Thalassians s’agitent brusquement, s’emparant de leurs armes. Plusieurs hommes mal réveillés se bousculent ici et là, cherchant à se repérer au beau milieu des tirs et des déflagrations. D’autres se précipitent déjà vers les chasseurs afin de rejoindre la bataille qui s’apprête à s’engager au-dessus du camp.

    Nos deux compères, qui se mettent rapidement à l’abri derrière une rangée de caisses, s’échangent des regards inquiets et surpris.


    - Le mauvais oeil… Tu vois que c’est pas des conneries ! A force de te foutre de tout et de rien, tu as fini par nous porter poisse ! Soupire le premier chef d’équipe.

    - Imbécile ! On les aura prévenus, c’est tout ! Rien à voir avec ces foutues croyances !

    Ch'usci ch'at to ch'iticev bah Bajic !
    (Mort aux ennemis de Bajic !)

    - Qu’est-ce que… ?

    - J’en sais rien mais tirons nous d’ici !

    Le cri de guerre se répète encore et encore, animé par des centaines de voix casquées. Puis vient le chant du loup, dont les hurlements enragés sont portés par d’énigmatiques guerriers à tête de canidé. Les soldats de la légion Anooba s’écrasent vagues par vagues sur les défenses dressées à la va-vite par les esclavagistes. Mortels et précis, les hommes du général Vott’i se déversent rapidement dans le camp, submergeant les défenseurs par leur brutalité et leur nombre. L’affrontement tourne au massacre, les Thalassians étant tantôt transpercés par une pluie de traits laser, tantôt démembrés par les armes de mêlée que les guerriers manient avec beaucoup de talent.

    Fuyant le carnage, nos deux compères cherchent à s’éclipser en douce et se dirigent vers un transport Y164 posé à quelques centaines de mètres de leur position. Leur issue de sortie est toutefois rapidement compromise lorsqu’un nouveau passage de plusieurs intercepteurs TIE fait voler en éclat le vaisseau. Les chefs d’équipe se réfugient derrière un véhicule de transport afin de se protéger de l’explosion. Plusieurs morceaux de carcasse s’écrasent tout autour d’eux, certains venant frapper les parois du véhicule qui leur sert de couverture. Les bougres se glissent alors en dessous, observant en silence les combats qui ont lieu à proximité.

    Une colonne entière de soldats se déplacent à quelques mètres d’eux afin de se positionner devant les cages où sont parqués les esclaves. Les mystérieux guerriers, munis de larges boucliers et équipés d’armes de mêlée, forment un rempart inexpugnable destiné à couvrir la fuite des captifs Eirraucs. Le niveau de discipline des hommes ne manque pas d’impressionner nos deux compères. Les soldats dont les casques sont ornés de tête de chacal ne cèdent pas un pouce de terrain aux Thalassians qui se ruent sur eux. Ils maintiennent la cohésion de leur formation, encaissant le plus gros des attaques sans faiblir tandis qu’une poignée de guerriers maniant des armes d’hast manœuvre sur les flancs pour prendre à revers les esclavagistes. Hachés menu comme de la chair à pâté par les hallebardes des hommes de la légion Anooba, les survivants se replient en désordre.

    Ailleurs, ce sont plusieurs escouades qui se livrent à une traque des Thalassians au milieu des tentes. Ceux qui ne parviennent pas à s’enfuir sont abattus sur le champ. Quelques-uns d’entre eux, cependant, ont au moins le mérite de mourir les armes à la main. Parfaitement synchronisés et imperturbables, les mystérieux guerriers sont d’une efficacité terrifiante. Avec leurs armures sombres et leurs casques à tête de canidé dont les yeux brillent d’une lueur malveillante, les soldats font en effet forte impression. Qui voudrait se battre contre des ombres démoniaques au beau milieu de la nuit ?

    Une section de nettoyeurs, équipée de blasters, sécurise une aire d'atterrissage afin de permettre l’arrivée d’une navette de la classe Lambda. Le transport, escorté par une paire d’intercepteurs TIE, s’approche peu à peu du champ de bataille et attend de recevoir le feu vert avant de se poser dans le sable. La rampe d’accès glisse doucement et deux escouades complètes de stormtroopers aux armures blanches striées de bandes bleues ne tardent pas à s’extraire du vaisseau. A leur tête, une étrange guerrière revêtue d’une armure dorée. L’arrivée soudaine de cette curieuse figure semble inspirer les hommes de la légion Anooba, qui se mettent à chanter et crier en brandissant leurs armes dans sa direction.


    Frilla Hawan ! K'eten bah to Van'vin't ! Csasor bah to hit sceso g'esain ! Rvoshn bah to Thalassians !
    (Frilla Hawan ! Fille du Conquérant ! Terreur des océans galactiques ! Fléau des Thalassians !)

    Se jetant dans la bataille entourée de sa garde personnelle, la guerrière en armure dorée ne fait pas de quartier, laissant son arme s’exprimer pour elle. D’un geste vif et précis, la vibrolame de la jeune femme s’abat sur un esclavagiste. Le corps s’écroule lourdement dans le sable, délesté de sa tête. Autour d’elle, les soldats se battent avec d’autant plus d’entrain, frappant et tuant tout ce qui se met en travers de leur chemin. Les dernières poches de résistance disparaissent les unes après les autres. Le vacarme des combats s’éteint peu à peu… Le silence tombe sur le camp. Seul le feulement rauque des TIE qui survolent la zone et la voix tonitruante d’officiers aboyant leurs ordres dans une langue exotique se font entendre.

    Nos deux compères, toujours planqués sous leur véhicule, se font petits et discrets. Ils ne souhaitent pas attirer l’attention sur eux alors que des centaines de guerriers ennemis arpentent leur camp. L’obscurité joue un temps en leur faveur. Du moins c’est ce qu’ils croient… Car en réalité, les soldats sont équipés de casques munis d’un système de vision nocturne et infrarouge, ce qui leur permet de trouver et rassembler les survivants avec une facilité déconcertante. Les deux chefs d’équipe, finalement encerclés de toute part, se rendent sans combattre et rejoignent un groupe de prisonniers. Parqués comme du bétail dans l’une des cages qui servaient encore peu à leurs esclaves, les Thalassians attendent dans l’angoisse qu’on statue sur leur sort.


    - Bon… Ca aurait pu être pire… Murmure le premier. Faut croire qu’on a eu de la chance sur ce coup-là.

    - La ferme. Répond le second, voyant arriver vers eux un groupe d’individus armés.

    La mystérieuse guerrière se présente à eux d’un pas déterminé, entourée de sa garde personnelle et d’une poignée de soldats de la légion Anooba. Elle s’approche de la cage tel un prédateur en chasse, son armure dorée couverte du sang de quelques esclavagistes victimes de sa redoutable efficacité. Les prisonniers reculent instinctivement, craignant sa fureur. Ils redoutent la mort… Et ils ont raison.

    - Hmm. Qu’avons-nous là ? Demande la jeune femme, dont la voix est modifiée par le vocabulateur de son casque.

    L’imposant soldat à tête de chacal qui se tient à côté d’elle lâche un rire sinistre. Le regard rougeoyant de son casque se pose sur les esclavagistes, menaçant.

    - Ch'itvosihe'oti. Navuct'acan't. Csea vea vit'ecotis ran ch'a bicit... Ch'auh vea tsakaseco ch'at vuzsah g'en'ah ricim bah vun'ur ch'it ch'at ch'a htuso ch'usci. Nah hsr'ah ch'at csei s en'ravci ch'at to csin'bi bah to htizi, Veo Cavrsatan's.
    (Des lâches. Des incapables. Ceux qui se sont rendus sans combattre… Ou qui ont préféré se couvrir de déshonneur à une mort glorieuse. Nous devrions passer cette vermine au fil de l’épée, Excellence.)

    - Vim bun etah to han'cetasi bah ch'a csit'eb vim ran'butuso ch'usci ? Nah. Nah bapun tinur. Etah csarcican't cseo raszah to Ren'mustin'bi bah Bajic can rin'hi vim butur, horci to csoscan'cahn csei etah viz her cseo ch'abcen'ercr.
    (Et leur donner la courtoisie d’une mort rapide et sans souffrance ? Non. Nous avons besoin de main d'œuvre. Ils serviront donc le Seigneurat de Bajic dans le sang et la douleur, en goûtant aux supplices qu’ils ont jusque-là administrés.)

    Le colosse acquiesce d’un signe de tête et se tourne pour donner ses ordres. Les soldats s’alignent devant les cages, armes en évidence. Les Thalassians redoutent le pire, se voient déjà mourir… Mais ils n’auront pas ce plaisir. Les cages s’ouvrent. Les prisonniers sont rapidement invités à se diriger vers les transports qui se posent progressivement au sol, motivés en ce sens par diverses menaces et coups. Un escadron entier de TIE survole la zone, inspirant certains esclavagistes à lever la tête. A la vue de plusieurs croiseurs de la classe Arquitens naviguant dans le ciel étoilé, crevant les nuages à l’aide de leurs silhouettes tranchantes, les Thalassians qui ont survécu aux affrontements s’estiment particulièrement chanceux. Toute résistance aurait été futile. Ils s'en rendent bien compte. Finalement, être lâche et sans honneur a bien du bon...
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Hivernus

      Les restes du campement esclavagiste brûlent encore par endroits, d’imposants panaches de fumée noire s’élevant dans les airs. Le vent semble attiser les braises chaudes de quelques épaves calcinées, tandis qu’ici et là, plusieurs rapaces profitent d’un festin opulent parmi les carcasses des Thalassians. Le silence s’est posé pour toujours sur ce bivouac. Le lieu n’attire plus désormais que les charognards et les morts… Et il ne fait aucun doute, pour bon nombre d’autochtones, que l’endroit sera à présent considéré comme maudit. Après tout, troubler le repos des morts, c’est prendre le risque d’attirer sur soi leur terrible courroux.

      Ayant fait dresser son propre camp sur les hauteurs, à quelques kilomètres de là, Frilla Hawan observe de loin ce spectacle funeste. La fureur des forces seigneuriales s’est abattue sur les esclavagistes d’une telle violence… La jeune femme ne parvient pas à faire redescendre la pression. Il y a eu une telle poussée d’adrénaline dans ses veines qu’elle demeure, pour l’heure, bloquée dans l’euphorie des combats. Le regard plongé dans le vide, le vent soufflant dans sa chevelure, la fille adoptive du Chiss voit défiler dans sa tête les images terrifiantes d’esclavagistes massacrés par ses troupes. A ses côtés, le général Vott’i demeure silencieux. Le casque à tête de chacal qu’il porte avec fierté sur sa tête l’empêche de toute manière de trahir le fond de ses pensées.


      - Général, vous vous assurerez que nos prisonniers effacent toute trace de ce carnage. Déclare finalement la jeune femme, imperturbable. Laissons à la vermine le privilège de nettoyer ce champ de bataille. Ces esclavagistes se sentiront probablement chez eux, au milieu des parasites et des cadavres. Après tout, c’est dans ce genre d’environnement qu’ils se plaisent à prospérer…

      La remarque, cynique, ne manque pas de faire réagir le colosse. Un rire sinistre filtre à travers le vocabulateur de son casque.

      - Ch'ah csarcican't tasrun'o sascehah csei etah lit to csio'vo hum bah to ch'epar vim csoen'ehah etah viz ehah, Veo Cavrsatan's.
      (Je veillerai personnellement à ce qu’ils apprécient les dures joies de la misère et de la ruine qu’ils ont causées, Excellence.)

      - Bien évidemment… Qu’il en soit ainsi.

      L’imposant guerrier se cogne le plastron à l’aide de son poing puis s’en va distribuer ses ordres. Frilla Hawan se retrouve ainsi seule, les mains croisées dans le dos, à contempler ce paysage austère et saisissant. Son regard se perd dans l’immensité du désert. La mer de sable s’étend à perte de vue, jusque dans l’horizon où les dunes elles-mêmes deviennent troubles et effacées. L’endroit lui rappelle quelque peu Wranag. Les hommes de la légion Anooba, qui campent près d’elle, se sentent probablement ici chez eux. Ils ne sont guère dépaysés. Le sable reste du sable, où qu’il soit. Et la chaleur demeure la même… C’est du moins ce que la jeune femme pense.

      Dans le ciel, une paire de chasseurs TIE se livre à une patrouille. Manoeuvrant bien loin du camp, le feulement rauque de leurs moteurs ioniques paraît distordu et étrange, comme issu d’un rêve qui tourne soudainement au cauchemar. Survoler le désert depuis les airs doit être un spectacle d’une rare beauté… Ou au contraire, un grand moment de solitude. Une brise chaude vient caresser les joues de la jeune femme, lui soufflant des sonorités tantôt douces et appaisantes, tantôt étranges et inquiétantes. Face au désert et à ses mystères, tout être vivant semble bien insignifiant… Et les pensées de la fille adoptive du seigneur de la guerre se perdent au beau milieu des dunes, bientôt englouties sous des mètres de sable.


      - Excellence, nous avons des visiteurs. Annonce une voix dans son dos.

      L’officier, un jeune lieutenant ayant récemment intégré la Brigade Impera, fait claquer ses talons lorsque la jeune souveraine tourne son regard dans sa direction.

      - Des autochtones ?

      - Oui Excellence. Je ne suis pas certain de la traduction du droïde de protocole mais je crois comprendre qu’il s’agit d’une tribu locale. Ils demandent audience.

      - Je vois… Bien évidemment. Veillez à les recevoir comme il se doit au sein des mes quartiers privés. Répond finalement Frilla. J'irai à leur rencontre dans quelques instants.

      - Comme il vous plaira, Excellence.

      Le lieutenant incline doucement la tête et tourne les talons afin de rejoindre le camp. La jeune femme s’en retourne à ses observations silencieuses, admirant la danse tourbillonante des différents rapaces venant volontiers se repaître des restes humains au milieu des panaches de fumée. Prenant une grande et longue inspiration afin de calmer son esprit belliqueux, la fille adoptive du Chiss ferme ses yeux et laisse les rayons du soleil venir lécher son visage.

      - Père… J’aimerai tant vous avoir près de moi… Murmure-t-elle, abandonnant ses mots au vent afin qu’il les porte loin.

      Ses pensées se tournent en effet vers son père d’adoption. Le Chiss demeure discret sur ses actuelles opérations, se contentant d’envoyer ici et là quelques messages particulièrement avares en renseignements. Frilla comprend l’intérêt de garder le secret mais n’en demeure pas moins contrariée. Sans les précieux conseils de son paternel ou sa simple présence à ses côtés, elle s’admet volontiers perdue. La jeune femme a parfois l’impression de faire les mauvais choix, de prendre les mauvaises décisions… Mais en l’absence du seigneur Hivernus, elle n’a d’autre choix que celui de diriger les affaires du Seigneurat de Bajic. Il en va de l’avenir du secteur... Et de la galaxie…

      Admirant une dernière fois la vue, la fille adoptive de l'humanoïde à peau bleue décide finalement de rejoindre ses quartiers privés. Le large pavillon qui trône au milieu du campement fait l’objet d’une protection particulière. Deux escouades complètes de stormtroopers arborant les couleurs de la Brigade Impera encerclent la tente. A l’approche de la jeune souveraine, les soldats inclinent doucement la tête.

      A l’intérieur du pavillon, plusieurs droïdes protocolaires se chargent des besoins de quelques Eirraucs installés en arc de cercle sur de confortables et luxueux coussins. Servant boissons chaudes et fruits frais sur de beaux plateaux en argent, les automates s’assurent que leurs invités ne manquent de rien tandis qu’ici et là, quelques guerriers de la légion Anooba montent la garde. Silencieux et immobiles, hallebardes en main, les mystérieux soldats demeurent attentifs au moindre mouvement. Tous les regards se tournent vers Frilla lorsqu’elle se présente sous la tente. Ses cheveux d'un gris cendré et son armure dorée font forte impression sur les autochtones, qui se prosternent volontiers devant elle. L’un d’entre eux s’exclame et s’incline, baragouinant quelque chose dans sa langue natale. La jeune femme se tourne vers un droïde de protocole afin qu’il lui livre une traduction.


      - Il vous acclame, Excellence, et salue votre générosité. Indique l’automate.

      L’Eirrauc poursuit son éloge, accompagnant son discours de gestes qui servent probablement à illustrer ses propos. Le sens de ses mots et la symbolique de ses gesticulations échappent encore à la fille adoptive du Chiss, qui s’en remet une fois de plus au droïde protocolaire pour traduire ses paroles.

      - Il vous remercie d’avoir sauvé sa tribu, d’avoir libéré les siens des griffes des… Le modèle 3PO s’arrête un instant, bloquant sur la traduction d’un mot. Des démons du ciel ? Et espère pouvoir vous compter parmi ses amis. Il souhaite visiblement vous faire don de présents et désire vous inviter au sein de sa communauté. Votre présence parmi les siens sera perçu comme un grand honneur et de grandes festivités seront organisées pour célébrer votre victoire sur les démons du ciel.

      L’autochtone frappe dans ses mains. Plusieurs des siens quittent la tente afin de ramener divers paniers chargés de présents aussi divers que variés. Fruits exotiques en quantité abondante, récipients en céramique finement décorés et bijoux ornés de pierres précieuses forment le plus gros des cadeaux. La jeune femme observe, le temps d’un instant, toutes ces richesses étalées sous ses yeux. Un bien maigre butin… Et des plus risibles. Les trésors accumulés par son père au fil de ses conquêtes sont si conséquents qu’une telle offrande paraît bien insignifiante à côté. Néanmoins, la fille adoptive du seigneur de la guerre salue volontiers la générosité de ses invités et s’incline en conséquence. Elle se souvient en effet des sages paroles que son père affectionne tant : “Accepte toujours les cadeaux qui te sont faits, quels qu’ils soient… Et surtout ceux qui viennent droit du cœur. Car les cadeaux offerts en toute simplicité par des gens honnêtes valent bien le plus grand des trésors.” A cette simple pensée, Frilla se permet de sourire.

      - L’estime que vous me portez est le plus grand cadeau que vous puissiez me faire. Sachez cependant que j’accepte volontiers vos offrandes et votre amitié. Déclare la jeune femme, laissant le soin au droïde de protocole de traduire. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres et je suis sûre que nos échanges à venir seront synonymes de prospérité pour nos deux peuples.

      En face, l’Eirrauc semble ravi. L’un de ses congénères se permet toutefois d’engager la discussion, visiblement préoccupé par quelque chose. La jeune souveraine se tourne une fois de plus vers le modèle 3PO, attendant qu’il l’éclaire sur le sujet du débat.

      - Un aîné de la tribu porte à l’attention de l’Ancien les inquiétudes palpables de la communauté quant à la présence de potentielles bandes de démons du ciel ayant échappé aux combats.

      - Assure-leur qu’en tant qu’amie de leur peuple, ils auront mon soutien face aux esclavagistes Thalassians. Fait remarquer Frilla. Dis-leur que plusieurs patrouilles de mes guerriers arpentent déjà le désert à la recherche de ces maraudeurs et que la menace qu’ils représentent sera bientôt effacée de la surface d’Eirrauus. Informe-les qu’ils n’auront plus jamais à craindre la brutalité des Thalassians.

      L’automate s’empresse de traduire. Les Eirraucs s’agitent, échangent entre eux puis se prosternent à nouveau devant la jeune femme en baragouinant quelques mots dans leur langue incompréhensible.

      - Ils vous acceptent comme protecteur, Excellence, et s’estiment fiers de vous compter parmi leurs amis.

      La fille adoptive du Chiss acquiesce en silence. Les festivités seront l’occasion de fédérer les tribus d’Eirrauus sous une seule bannière… Celle du Seigneurat de Bajic. Mais il faut encore parvenir à convaincre les autres communautés du bien-fondé d’une telle alliance avec une entité politique dont ils ne connaissent rien et qu’ils considèrent étrangère, voire dangereuse. Des semaines de négociations et d’échanges seront probablement nécessaires… Mais Frilla Hawan n’est pas du genre à baisser les bras. Et à l’instar de son père, elle ne recule jamais face à un défi.

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        #3

        Post n°3
        Auteur : Hivernus

        Précédemment.


        Après plus de deux semaines passées à voyager dans le confort (mais surtout l’étroitesse) de ses quartiers privés à bord de l’Aube Argentée, Frilla Hawan s’estime enfin heureuse de pouvoir fouler le sol d’une planète amicale. Lorsque la navette de la classe Lambda qui la transporte se pose finalement sur l’aire d’atterrissage d’une raffinerie récemment sortie de terre, la jeune femme fait sauter deux ou trois protocoles de sécurité en sortant la première par la rampe d’accès. Derrière elle, les soldats chargés de sa protection rapprochée se pressent de descendre pour former un périmètre de sécurité autour de sa personne. La fille adoptive du seigneur Hivernus esquisse l’ombre d’un sourire lorsqu’elle entend le Trandoshan qui commande son escorte grogner quelque chose à travers le comlink de son casque. Il n’est vraisemblablement pas content de cette prise de risque et rappelle à ses hommes leur devoir. Ils doivent anticiper les actions de leur jeune maîtresse afin d’éviter qu’elle ne se mette en danger inutilement.

        La belle respire l’air frais de la désertique Eirrauus. Elle laisse les rayons du soleil réchauffer sa peau, se plaît à sentir le vent jouer entre ses longs cheveux argentés. L’espace lui apparaît froid et morne à côté… Et elle se demande bien ce que son père peut lui trouver de si réconfortant et intriguant. Son petit moment de plaisir personnelle prend cependant rapidement fin. Plusieurs silhouettes se portent en effet à la rencontre de la jeune femme afin de venir présenter leurs hommages. Le premier d’entre eux n’est autre que le contremaître Kanaten, chargé de superviser les opérations de minage, les missions de transport et les activités de la raffinerie. L’homme, fort sympathique et surtout polyglotte autodidacte habitué à travailler avec des aliens, semblait en effet être la personne toute désignée pour ce poste. Les deux autres personnages venant s’incliner respectueusement devant la fille adoptive du Chiss sont des Eirraucs locaux, des chefs de tribus dont les membres travaillent au sein des équipes de Lybeya Excavations.


        - Excellence… C’est un honneur. Parvient à articuler l’un des deux autochtones dans un basic très élémentaire.

        - Tout l’honneur est pour moi. Déclare Frilla en inclinant la tête. 

        Elle se permet d’échanger quelques mots avec les Eirraucs dans leur langue natale. Les locaux s’amusent volontiers de l’accent quelque peu chantant de la jeune souveraine qui leur admet rapidement qu’elle manque encore de vocabulaire… Les deux chefs de tribus ne s’en offusquent pas et se réjouissent plutôt de voir que leur très estimée protectrice prend le temps d’apprendre leur langue.

        C’est donc le contremaître Kanaten qui se permet de faire office de traducteur dès lors que la belle est en difficulté. C’est par ailleurs en sa compagnie, accompagnée des deux Eirraucs et escortée par les redoutables stormtroopers de la Brigade Impera, que la fille adoptive du seigneur Hivernus entreprend une visite de la raffinerie. L’homme lui explique le fonctionnement de l’usine, les différents postes qui y sont liés, lui parle des méthodes de traitement et de transformation de l’or extrait des différents gisements actifs de la planète et se permet même de raconter quelques anecdotes amusantes. La jeune femme est invitée à rencontrer les autochtones employés par Lybeya Excavations et se satisfait volontiers de savoir qu’ils sont traités et payés de la même manière que n’importe quel autre ouvrier. Les chefs de tribus sont dans les faits les premiers à se féliciter de la bonne entente qui règne entre les Eirraucs et ceux qu’ils appellent affectueusement “étrangers tombés du ciel”. 

        Cette initiative n’est toutefois qu’un premier pas dans l’ouverture d’Eirrauus au monde extérieur. Les ravages causés par les esclavagistes Thalassians ont meurtri des familles entières de locaux et de nombreux clans gardent encore leurs distances, réticents à l’idée de devoir partager leur planète natale avec de parfaits inconnus. De fait, des centaines de milliers d'autochtones se réfugient dans les profondeurs du désert pour fuir tout contact avec ces gens dont ils se méfient tout naturellement. D’autres profitent de l’isolement de leurs villages, perdus au fin fond des plaines ou installés au beau milieu des eaux, pour se protéger des influences extérieures. Ils ont peut-être raison d’un côté… Et Frilla comprend volontiers les raisons de leurs craintes. Ils ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas, de ce qu’ils ne connaissent pas. Certains n’accepteront peut-être jamais de côtoyer le monde moderne, de se familiariser avec la technologie et les étrangers qui la détiennent. 

        Peu importe. 

        La belle a été désignée comme protectrice et souveraine par une bonne partie de la planète et elle compte bien tenir ses engagements. Si la protection des paisibles Eirraucs doit passer par une restriction des contacts avec le reste de la galaxie, qu’il en soit ainsi. Frilla prendra en compte les craintes de ses sujets. Après tout, les autochtones restent encore libres de prendre leurs propres décisions sur leur monde natal. Tant qu’Eirrauus bénéficiera de son attention, la jeune femme fera en sorte que son peuple puisse se faire représenter et entendre de la plus juste manière qui soit au sein du Seigneurat de Bajic.

        La visite se poursuit. Le groupe s’enfonce dans les profondeurs de la raffinerie, rejoignant des installations enfouies entre sable et terre. D’imposantes chambres fortes se présentent alors à la vue des visiteurs. De nombreux gardes armés, employés par le seigneur Hivernus au sein de sa compagnie de sécurité privée (Sécurité Globale), protègent l’entrée qui mène aux coffres-forts. La fille adoptive du Chiss s’émerveille devant les dispositifs de sécurité. Tourelles automatiques, pièges laser, caméras de surveillance, détecteurs et senseurs de pointe, portes blindées, murs en duracier triple épaisseur et barricades installées en des points stratégiques... L’endroit est une véritable forteresse.

        Qui pourrait deviner que sous ses airs de petite raffinerie plantée dans le désert, l’usine cache en fait un véritable réseau de couloirs et de salles qui s’étend loin dans le sable ?

        Mais le plus merveilleux reste encore à venir… Nombre de chambres fortes sont pour l’heure inoccupées mais celles qui le sont regorgent de trésors. Des dizaines, peut-être même des centaines de lingots d’or, sont entreposés là dans l’attente d’être transférés vers un lieu plus sûr. Quelques caisses de pierres précieuses, posées ici et là entre les palettes de lingots, complètent cet étalage incroyable de richesses. Des gens tueraient pour ça. C’est certain.


        - Les Eirraucs se donnent beaucoup de mal pour remplir les quotas. Commente le contremaître Kanaten. Ils travaillent d’arrache-pied, se donnent les moyens de mériter la protection du Seigneurat de Bajic. Ils le font de bon cœur car ils vous apprécient, Excellence.

        Certains pourraient voir là une forme de racket. De l’or et des pierres précieuses en échange de la protection d’une grande puissance militaire… La réalité est plus complexe. Le Seigneurat de Bajic a besoin de fonds pour poursuivre ses campagnes militaires. Il lui faut toujours plus d’hommes, de matériel, de vaisseaux et de véhicules pour combattre le Syndicat Tenloss et les nombreux groupes pirates ou esclavagistes qui sévissent dans ce coin de la galaxie. Les sommes dépensées dans le milieu de l’industrie militaire sont colossales et les moyens alloués aux forces armées ne cessent de croître du fait d’une hausse considérable des opérations d’ordre militaire. De fait, la survie d’Eirrauus passe en effet par une contribution personnelle à l’effort de guerre.

        - Dites à nos amis que leur sacrifice me va droit au cœur, qu’ils m’honorent en faisant preuve d’une telle détermination. Répond Frilla en souriant doucement. Dites leur que je les invite à ma table, ainsi que l’ensemble des membres de leurs tribus. Nous fêterons cette amitié comme il se doit, en chansons et en danses, dans la boisson et la nourriture. Faites savoir aux ouvriers qu’ils auront également droit à leur part de festivité. Ils méritent d’être récompensés pour ce qu’ils ont accompli.

        L’homme traduit rapidement cette annonce aux chefs de tribus. La nouvelle semble leur plaire car ils s’empressent déjà de s’incliner devant leur jeune souveraine en la gratifiant d’éloges.

        - J’espère que vous serez des nôtres, Kanaten. C’est en partie votre réussite. Ajoute la fille adoptive du seigneur Hivernus.

        - Excellence… Ce sera avec grand plaisir. 

        La jeune femme se permet de sourire de plus belle, jettant un dernier coup d’oeil aux lingots d’or portant la marque du Seigneurat de Bajic. Une partie finira entreposée dans un endroit tenu secret afin de servir comme fonds de garantie. L’autre partie sera pour sa part utilisée pour réaliser des transactions et des investissements nécessaires au bon développement du Seigneurat de Bajic. De l’avis de Frilla, l’or d’Eirrauus aura en effet un rôle déterminant dans l’avenir de l’empire que se constitue son père…

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