L'Union fait la Force.
-
Post n°16
Auteur : HivernusBarristan écoute les réponses de ses deux élèves avec beaucoup d’attention. Il étudie le comportement des jeunes membres de la Chevalerie Impériale, cherchant à déceler le moindre inconfort, la moindre petite inquiétude. L’exercice semble complexe et les apprentis rencontrent quelques difficultés… Mais la chose est normale. On ne peut pas attendre d’eux qu’ils sachent déjà comment appréhender la Force sous tous ses angles. Après tout, même les individus les plus accomplis, tel le maître d’armes de la Chevalerie Impériale, ne parviennent pas à en comprendre tous les mystères malgré des décennies d’études et de découvertes.
Quoi qu’il en soit, Korax et Rena-Ja s’accordent à dire qu’il est difficile de voir au-delà de la grotte. Le vieux chevalier impérial n’est pas étonné. L’exercice n’est pas évident à prendre en main lorsque l’on commence tout juste à appréhender la Force. Et de toute manière, il en est peut-être mieux ainsi… Après tout, l’étrange rencontre que le commandant de la force expéditionnaire a pu faire au cours de son exploration mentale l’inquiète au plus haut point et il préfère la tenir loin des siens tant qu’il n’en saura pas plus à son sujet. Pour l’heure, notre homme se contentera donc de leur enseigner dans un endroit au sein duquel il a un parfait contrôle de la situation : la grotte elle-même.
- Votre connexion avec la Force est encore jeune et fragile. Il est donc normal que vous n’arriviez pas à voir au-delà d’une certaine limite… Et la tempête qui gronde dehors perturbe de toute manière les visions que vous pouvez avoir au travers de la Force. Indique le vieux chevalier impérial. Ne soyez cependant pas déçus par vos résultats. L’exercice est difficile à maîtriser. Il requiert beaucoup d’efforts, de concentration et une certaine adresse avec la Force. En outre, vous vous en sortez plutôt bien pour une première fois.
Avec du temps et de l’entraînement, Barristan ne doute pas qu’il saurait développer leur potentiel. Par chance, ce n’est pas le temps qui manque actuellement. Puisqu’ils sont bloqués dans la grotte jusqu’à ce que le ciel s’éclaircisse (et cela ne semble pas être prévu avant un bon moment), le commandant de la force expéditionnaire a devant lui quelques précieuses heures à partager en compagnie des deux jeunes gens. Autant en profiter pour leur apprendre quelques astuces utiles.
- Poursuivons. Il vous reste encore beaucoup à découvrir… À assimiler.
Le vieux maître d’armes lève doucement sa main, faisant calmement léviter devant lui quelques cailloux. L’homme les fait alors tourner autour de lui, les assemble en une tour flottante au-dessus de sa tête puis les envoie ensuite danser avec beaucoup de délicatesse sous les yeux de ses deux élèves. L’exercice semble à première vue simple… Mais est-ce vraiment le cas ?
- Les compétences martiales du chevalier impérial constituent sa plus grande qualité sur le champ de bataille… Mais il dispose également d’un autre atout indéniable, la Force. Fait remarquer Barristan, attirant à lui les cailloux d’un geste sec de la main. Au sein de la Chevalerie Impériale, la Force peut servir de bien des manières pour quiconque sait l’utiliser, que ce soit à des fins offensives ou défensives notamment. Dans le cas présent, je vais vous apprendre à user de la Force de manière à vous protéger.
Les cailloux tournoient au-dessus du chevalier impérial, puis l’un d’entre eux chute brusquement et menace de frapper son crâne avec force. Le maître d’armes intercepte le projectile improvisé d’un geste vif de la main sans même regarder au-dessus de lui.
- A travers la Force, un chevalier impérial accompli est tout à fait capable de sentir le moindre changement, d’observer le moindre frémissement. Cette clairvoyance de l’esprit est un outil redoutable, puisqu’il nous permet d’anticiper et de réagir au moment où l’action est sur le point de se produire ou lorsqu’elle vient tout juste de se produire.
Le commandant de la force expéditionnaire ouvre la paume de sa main afin de renvoyer doucement son morceau de roche dans les airs. Les cailloux poursuivent leur danse étrange dans le vide, flottant ici et là selon le bon vouloir du vieux chevalier. Ce dernier esquisse l’ombre d’un sourire sur ses lèvres.
- Je vais vous demander de fermer à nouveau les yeux. Laissez le son de ma voix vous guider. Faites le vide dans votre esprit. Prenez une grande inspiration… Puis laissez vos sens s’évader. Ressentez les vibrations de ma voix, l’écho presque imperceptible des cailloux qui flottent dans le vide… Concentrez-vous.
Les morceaux de roche s’organisent doucement en formes géométriques puis se dispersent rapidement, tournoyant autour de Barristan et de ses deux élèves, avant de fondre sur ces derniers.
- Lorsque vous serez prêts, il vous sera possible de vous défendre face à ces projectiles sans avoir besoin de recourir à la vision… Vous serez capables d’anticiper leur trajectoire, de les intercepter en plein vol… Et de les retourner contre leur maître.Spoiler : Spoiler
-
Post n°17
Auteur : Rena-JaLes paroles de Barristan avaient quelque chose de rassurant. Il était vrai que cette approche de la Force était nouvelle pour la jeune Voss. Toute prodige qu'elle ait pu être sur son monde natal, il lui fallait tout reprendre depuis le début, et même désapprendre ce qu'elle avait appris auparavant. Ce n'était qu'en oubliant ses habitudes et réflexes d'apprentie Mystique qu'elle deviendrait un Chevalier impérial.
Le prochain exercice lui rappela son tout premier test sur Voss, avant qu'elle ne soit acceptée en tant qu'Aspirante. Le vieux chevalier fit léviter quelques pierres en usant de la Force. La tâche des deux apprentis était de s'en protéger sans avoir recours à leur yeux. En percevant leur présence à travers la Force, ils devaient être capables de les intercepter voire, comme semblait le suggérer Barristan, de les lui renvoyer. L'exercice paraissait simple en principe, mais il était évident qu'il ne le serait pas autant en pratique.
Rena-Ja n'était cependant pas intimidée. Elle savait qu'elle était capable d'utiliser la Force à la manière des chevaliers impériaux, et le prouverait une fois de plus cette fois-ci. Ainsi, elle ferma les yeux, et l'exercice commença.
Comme avant, elle parvenait à sentir ce qui trouvait à l'intérieur de la grotte avec plus ou moins de clarté. Toutefois, le premier caillou qu'elle perçut ne fut pas grâce à la Force, mais grâce à la maigre douleur due à l'impact sur son front.
Bien qu'ayant subi un premier échec, la Voss ne se laissa pas aller. L'une après l'autre, la présence des pierres flottant autour d'elle devint peu à peu plus claire. Et cette fois-ci, elle sentit effectivement le mouvement du roc qui se dirigeait vers elle. Malheureusment, elle le sentit à peine trop tard pour que sa main ne l'attrape. Ses doits se refermèrent sur du vide et la pierre percuta sa poitrine.
Ce n'était rien. Avoir du mal au début était logique. Nul doute que Korax rencontrait des difficultés similaires. L'aspirante refit le vide une fois de plus. Maintenant qu'elle sentait les pierres autour d'elle, elle focalisa son attention sur elles afin de percevoir les changements de directions. Tout ce qui importait, c'était de rester calme.
Soudain, un bruit de tonnerre gronda au loin, ce qui fit perturba l'espace d'une seconde la concentration de la jeune Voss. Ce maigre instant fut suffisant pour qu'elle ne parvienne pas à anticiper l'un des cailloux avant que celui-ci ne la touche.
Son esprit était clair, mais elle s'était laissée déconcentrer par un élément extérieur. Elle devait rester alerte pour que cela ne se reproduise plus. Heureusement, le fait de s'attendre à entendre à nouveau le grondement de la tempête l'aida à rester calme lorsqu'elle l'entendit de nouveau, et pu se focaliser sur les rocs sans problème. Lorsque le suivant bougea, elle était déjà prête. D'un geste vif, elle saisit la petite pierre en plein vol. Ses doigts se refermèrent autour, et parcoururent la surface rugueuse du minéral. La satisfaction la gagna. Elle avait réussi. Elle parvenait enfin à...
L'aspirante n'eut même pas le temps d'achever sa pensée qu'une autre pierre la heurta dans le flanc. Sa première victoire lui avait fait baisser sa garde malgré elle. Rena-Ja soupira silencieusement du fait de ses échecs répétés. Elle devrait pourtant y arriver sans trop de difficultés. Décidément, elle avait bien du mal à se concentrer et à faire le vide, plus qu'elle ne voulait l'admettre en tout cas.
Auparavant, elle n'avait aucun mal à rester concentrée même pendant de longues périodes. Mais depuis qu'elle avait rejoint l'Impérium, ce n'était plus aussi simple pour elle. La raison n'était pas difficile à comprendre. Le changement brusque d'environnement la perturbait au plus haut point. Ce n'était pas juste parce que sa vie d'avant lui manquait, mais aussi parce qu'elle manquait de repères dans cette nouvelle vie. Un tel problème ne pourrait se résoudre qu'avec le temps et l'habitude.
Cette impression d'être revenue au point de départ était générale, d'ailleurs. C'était comme si elle était soudainement redevenue une enfant à qui on devait inculquer même les choses les plus simples. Mais au fond, n'était pas le cas ? Pratiquement rien de ce qu'elle avait pu apprendre sur sa planète d'origine ne lui était utile désormais. Sans aucune base sur laquelle se reposer, elle devait tout assimiler depuis le début. Mais ce n'était pas pour autant assez pour la décourager.
Elle voyait enfin plus clair, baisser les bras maintenant n'aurait aucun sens. Elle savait au fond d'elle-même qu'elle y parviendrait. trois cailloux lui foncèrent dessus en même temps, depuis des directions diverses. Tout en restant parfaitement calme, elle s'empara des deux premiers avec ses mains. Le dernier se dirigea tout droit vers son front, mais s'arrêta en plein quelques millimètres avant, pour repartir dans l'autre sens, en direction de Barristan. L'aspirante n'avait aucun doute qu'il l'arrêterait sans problème, mais il s'agissait là pour elle de lui montrer qu'elle pouvait maîtriser cet exercice.
Rena-Ja se rendit alors compte qu'elle venait d'effectuer une poussée de Force sans y mettre trop de puissance. Ce n'était plus uniquement de l'instinct, elle commençait à doser l'énergie qu'elle utilisait pour manier la Force. C'était bien entendu perfectible, mais la jeune femme sentait qu'elle commençait peu à peu à appréhender, et pas uniquement manier, la Force comme les chevaliers.
Oui, peut-être était-elle une enfant, dans cet Impérium dont elle ne savait toujours presque rien. Mais telle une enfant, elle apprendrait vite. -
Post n°18
Auteur : Korax EndatoménèsKorax ferma les yeux. La tempête continuait de gronder autour de lui. Il n’arrivait pas à percevoir précisément son environnement, cependant les changements et les mouvements qui s’y passaient lui apparaissaient avec une grande clarté.
L’exercice lui paraissait donc simple : empêcher les graviers lancés par son maitre de l’atteindre. Il se dit que les arrêter serait un jeu d’enfant, après tout, il voyait clairement leur mouvement. Il réfléchit alors à la manière de les renvoyer sans projeter une violente vague de Force. Il était perdu dans ses pensées lorsqu’un petit caillou vint s’écraser sur sa joue.
Irrité par cette interruption, l’écuyer attendit le moindre mouvement pour se concentrer et faire traverser la Force à travers sa main. La vague balaya le sol entre lui et le vieux chevalier. Et le jeune humain reçut un petit morceau de pierre sur le nez.
Le ridicule de la situation lui arracha un rire. Il avait tenté de repousser une attaque qui ne lui était pas destinée avant de se faire toucher comme un bleu. Il se concentra à nouveau.
Il sentit un rocher se soulever et attendit patiemment cette fois-ci d’être sur qu’elle se dirigeait bien vers lui puis tendit la main pour l’attraper. Mais ironiquement, sans ses yeux il peinait à coordonner ses mouvements et le gravier passa à quelques centimètres de sa main.
Il attrapa le suivant, mais celui d’après percuta sa main après qu’il l’aie refermée. Et le petit manège continua pendant un moment jusqu’à ce qu’il soit capable de tous les attraper.
Il songea alors à les attraper en utilisant la Force. Il visualisait les petits rochers que le maitre d’armes faisait léviter et concentra son esprit pour faire ralentir ceux qui se dirigeaient dans sa direction. Le premier s’écrasa sur ses jambes. Au fur et à mesure, les cailloux ralentissaient plus tôt et tombaient entre l’apprenti et le maitre.
Il se sentait désormais capable de les renvoyer. Alors il arrêta un gravier et le fit accélérer dans l’autre sens. Il était revitalisé par la réussite… Et un caillou sur son épaule le fit revenir à la réalité.
La suite de l’exercice le vit doucement renvoyer de plus en plus de petits cailloux avant qu’il réussisse à les renvoyer tous. Il était à présent complètement coupé du monde et ne percevait qu’a travers la Force, concentré à renvoyer tout ce qui s’approchait de lui.
Il avait enfin réussi à entrer dans un véritable état de méditation. Une transe qui apaisait son esprit et lui permettait de calmer un peu ses émotions sans les enfouir au plus profond de lui. Cela lui serait certainement utile pour éviter de perdre le contrôle à la moindre occasion. Il continua ainsi jusqu’à la fin de l’exercice en se demandant toutefois s’il serait capable d’entendre les prochaines paroles de son maitre, étant perdu comme il l’était dans son for interieur. -
Post n°19
Auteur : HivernusLe début de l’exercice apparaît difficile pour les deux jeunes élèves. lls peinent dans un premier temps à trouver la paix intérieure qui les aidera à se plonger au plus profond des méandres de la Force… Et les petits morceaux de roche qui viennent les percuter semblent mettre à rude épreuve leur patience. Mais au bout du compte, Korax et Rena-Ja prouvent qu’ils ont en eux ce qu’il faut pour maîtriser les bases de cet exercice. Persévérants, les deux apprentis finissent par se montrer attentifs aux moindres mouvements, sons et frémissements qui les entourent et parviennent finalement, après d’âpres efforts, à renvoyer les cailloux flottants vers le vieux maître d’armes. Barristan esquisse l’ombre d’un sourire, satisfait.
Pendant près de deux heures, le natif de Yaga Minor et sa jeune comparse s’entraînent ainsi dans la maîtrise de la Force, profitant de l’expérience et des enseignements du commandant pour parfaire leur approche. Ayant obtenu de ses deux élèves des résultats encourageants, l’homme se permet enfin de leur accorder une pause.
- Vous avez bien travaillé… Je suis fier de vos progrès. J’ai connu des apprentis bien plus lents… Et d’autres moins bien patients. Mais vous avez su faire preuve de sagesse et de ténacité. Cela vous servira bien, n’en doutez pas. Indique l’impérial en souriant à ses jeunes camarades. Mais pour l’heure, il n’est pas utile de vous pousser dans vos retranchements et de vous épuiser. Reposez-vous, mangez un morceau et profitez de cet état de flottement pour vous débarrasser de tout ce qui est superflu dans votre esprit.
Loha invite Korax et Rena-Ja à venir partager un repas chaud autour d’un bon feu de camp. Les deux apprentis sont accueillis chaleureusement par leurs frères et sœurs d’armes, rassemblés en arc de cercle autour du foyer improvisé. L’esprit est bon enfant, chacun cherchant à divertir l’assemblée à sa façon. Une indigène vient servir des repas chauds aux jeunes gens. La viande d’un animal local, servie dans une sauce aux herbes aromatiques, est accompagnée de baies des bois dont leurs camarades semblent raffoler.
Les sorcières, piquées de curiosité, se mêlent à cette joyeuse bande de chevaliers impériaux afin d’en apprendre plus sur les étranges guerriers aux armures pourpres. Les histoires des uns se mêlent aux informations des autres… Et tous s’accordent à dire, parmi les soldats de l’Impérium, que les mythes étranges des clans de Dathomir sont à la fois terrifiants et passionnants à écouter. Alors que la tempête persiste à frapper dehors avec une force impressionnante, l’ambiance au sein de la grotte apparaît sympathique. Dans ce refuge de fortune, ce moment de chaleur apparaît suspendu dans le temps… On en viendrait presque à oublier l’animosité qui règne entre impériaux et indigènes, ou les nombreux dangers qui rôdent sur Dathomir.
Adossé contre une paroi rocheuse, une main enfouie dans sa barbe hirsute, le vieux chevalier impérial laisse ses compagnons profiter de cet instant de convivialité. Son regard se pose sur les flammes dansantes du feu de camp et ses yeux brillent alors d’une lueur étrange. Plongé dans ses pensées, l’homme semble presque assoupi. Il sort de son sac une vieille pipe en bois qu’il vient bourrer d’herbes odorantes, la porte à ses lèvres et l’allume à l’aide d’un briquet qui a bien vécu. La fumée colorée qui se dégage bientôt du brûle-gueule semble devenir le centre d’attention secondaire de Barristan. Le commandant souffle de temps à autre sur cette brume improvisée, cherchant à y dessiner quelques formes attrayantes. L’homme trouve en cette activité sordide une sorte de refuge apaisant… Et ses pensées les plus sombres s’envolent rapidement.
Keu vient apporter un bol de soupe à son vieux compère, passant au travers de l’épais nuage de fumée en toussant un bon coup.
- Je ne me ferai jamais ce crache-fumée qui te sert de pipe… Ni même aux curieuses odeurs qui semblent faire ton bonheur… Soupire le natif d’Eriadu en tendant le repas chaud à son comparse. Mange donc. Ce sera toujours plus sain que tes herbes hallucinogènes. Et plus nourrissant.
- J’imagine que tu n’as pas quitté la chaleur réconfortante du feu de camp dans l’unique but de me railler... Répond Barristan, un léger sourire aux lèvres.
- On ne peut rien te cacher. J’ai tenté de contacter Base Rancor… Sans y parvenir. La tempête doit perturber nos fréquences.
- Hmm. Je peux comprendre tes inquiétudes, Keu. Nous avons vécu de sacrées choses sur cette fichue planète… Mais restons lucides. Nous sommes coincés ici jusqu’à ce que cette tempête se dissipe. Nous prendrons des nouvelles de nos camarades plus tard. Fait remarquer le vieux chevalier impérial. Et puisque la nuit va bientôt tomber, je juge plus pertinent de poursuivre notre voyage demain. J’en ai suffisamment vu en quelques jours pour savoir que traîner la nuit dans les bois, avec toutes sortes de saloperies qui rôdent dans l’obscurité, serait une bien mauvaise idée. Fais passer le message aux autres. Je prendrai le premier tour de garde.
- Comme tu voudras, Barristan.
L’épéiste émérite offre une tape amicale à son aîné puis retourne se réchauffer auprès du feu, informant ses camarades de la décision de leur commandant.
- Suite de la réponse en dessous - -
Post n°20
Auteur : Hivernus- Première partie de la réponse au-dessus -
Lorsque les deux jeunes apprentis se réveillent le lendemain matin, aux premières lueurs de l’aube, la grotte apparaît bien silencieuse… Et particulièrement vide. Il ne reste plus que Loha et Keu, encore endormis et blottis sous les fourrures qui leur servent de couverture, et Gahéris, qui attise les cendres encore chaudes du feu de la nuit pour raviver quelques flammes. Lorsqu’elle constate le réveil de ses deux acolytes, la rouquine leur indique à l’aide d’un index posé sur ses lèvres de faire attention au bruit.
- Nos altesses impériales ont besoin de repos pour conserver un teint frais. Il serait mal vu de les réveiller avant l’heure… Sauf si vous êtes prêts à vous coltiner des heures de plaintes incessantes. Chuchote-t-elle, un sourire moqueur au coin des lèvres. Mangez un bout. Le lait est encore tiède et il s’accorde très bien avec les baies des bois… Un vrai délice.
La native de Corulag tend à ses jeunes camarades deux bols remplis de fruits frais et les invite à venir les asperger de lait.
- Prenez le temps de manger et de vous réveiller… Mais ne tardez pas trop non plus. Les autres sont partis s’entraîner dans une clairière proche et je pense qu’ils seront ravis de vous avoir comme partenaires de combat. Indique la rouquine.
Gahéris donne d’ultimes indications aux apprentis une fois leur petit déjeuner englouti, puis les laisse s’aventurer de leur propre chef dans les bois. La clairière n’est qu’à quelques minutes de marche du refuge, si bien qu’il semble aisé de s’y rendre malgré l’épaisse végétation et un sentier sinueux. A l’orée des bois, dans une petite plaine dégagée, les silhouettes familières de Barristan et Hunbaut apparaissent enfin. Le vieux chevalier impérial s’entraîne en compagnie de la cheffe des guerrières du clan de la Rivière Folle sous le regard de leurs comparses.
Ayant troqué leurs armes habituelles pour des bâtons, les deux adversaires s’affrontent avec beaucoup d’entrain. Le commandant de la force expéditionnaire, en dépit de son âge, n’en demeure pas moins un combattant dangereux. Il manie son bout de bois avec beaucoup d’adresse et allie volontiers sa force brute à sa grande dextérité. En face, la sorcière s’adapte aux assauts du maître de Korax en faisant preuve d’une agilité surprenante. Les deux individus se livrent ainsi à une sorte de danse guerrière où les coups pleuvent dès que l’un ou l’autre ose faire un pas. Esquives et parades se succèdent avec beaucoup d’élégance et la puissance des frappes semble sublimer ce combat amical.
Voyant Korax et Rena-Ja se porter à sa rencontre, Hunbaut se permet une petite boutade.
- Nos traînards se décident enfin à rejoindre la danse ! A la bonne heure… J’espère que vous êtes requinqués comme il se doit car vous aurez à montrer vos talents de danseurs une fois que notre commandant aura mis sa raclée à notre amie du clan de la Rivière Folle. Déclare le Zabrak en venant serrer les avant-bras de ses comparses à la façon des chevaliers impériaux.
L’alien invite les deux jeunes apprentis à observer le combat avec beaucoup d’attention. La guerrière native de Dathomir semble prendre le dessus le temps de quelques instants. Elle passe au travers de la garde du vieux chevalier, le frappe à la poitrine puis à la jambe, le contraint à reculer. Elle commence alors à relâcher sa vigilance, certaine de sa victoire. Barristan apparaît vulnérable et affaibli. Mais il n’en est rien.
La sorcière se lance dans un nouvel assaut, le dernier pense-t-elle. Elle renouvelle ses attaques, parvient à toucher son adversaire à la poitrine, puis à le désarmer en venant le frapper aux mains. Elle baisse sa garde, sûre et certaine d’avoir acquis la victoire. Mais elle se trompe. Barristan dévoile enfin sa ruse et se rue en avant, fonçant droit sur elle. Son crâne vient percuter de plein fouet le nez de l’indigène, qui tombe à la renverse, secouée. Le bas du visage ensanglantée, la guerrière ne tarde toutefois pas à se relever afin de ne pas perdre la face devant ses consoeurs. Le combat reprend alors.
Ayant l’avantage de la portée pour elle, munie d’une arme alors que son adversaire en est privé, la cheffe de la petite troupe d’indigènes reprend ses assauts furieux. Les attaques terminent dans le vide, ou finissent bloquées par les gantelets en cortosis du chevalier impérial. Elle se fatigue en vain. Puis le coup de grâce vient enfin. Une frappe circulaire rate le commandant, qui s’abaisse habilement. L’homme réplique avec violence, son pied venant frapper le genou de l’assaillante alors qu’il bloque à l’aide de ses bras puissants le retour de bâton. La sorcière du clan de la Rivière Folle s’écroule une nouvelle fois, frappée de douleur… Et ne se relève pas, la botte du vieux maître d’armes posée sur sa gorge.
La guerrière accepte sa défaite, un sourire déçu aux lèvres. Barristan l’aide à se relever, et les deux adversaires se saluent avec respect avant de rejoindre le reste de la bande.
- J’ai bien cru que tu avais ton compte, à un moment… Heureux de m’être trompé. Lance Hunbaut.
- Souviens-toi, mon frère… Souviens-toi. Lorsque tu n’as pas d’arme, deviens ta propre arme ! Et surtout… Fais en sorte de ne pas être trop prévisible si tu veux garder l’avantage. Répond le maître de Korax, avant de se tourner vers ses deux jeunes acolytes. Alors, prêts à prendre une rouste les enfants ? Vous allez affronter en équipe deux des guerrières du clan de la Rivière Folle. N’y allez pas de main morte mais soyez sur vos gardes. Ce sont de redoutables combattantes et elles ne vous feront pas de cadeau ! Travaillez en équipe, surveillez vos arrières et peut-être aurez vous une chance de les vaincre.
Les bâtons distribués et les adversaires désignées, Korax et Rena-Ja doivent désormais se préparer au combat. Le vieux chevalier impérial s’éponge le front et boit un coup. Son regard est rivé sur ce duo improbable d’apprentis. Sauront-ils le surprendre ?
- HRP - Petit entraînement avec les sorcières du clan de la Rivière Folle. Elles sont plus puissantes que vous mais je vous laisse quand même la possibilité de les battre, de manière réaliste bien sûr ! - -
Post n°21
Auteur : Korax EndatoménèsLorsque Korax ouvrit les yeux, il était étrangement reposé. Malgré que la tempête grondait au dehors, il était plus calme, presque serein. Il resta là, quelques secondes, le regard dans le vide, à contempler le calme de la grotte. Ensuite, il se leva.
Il rejoint ses camarades et les indigènes, occupés à préparer un repas chaud. Il semblait désormais clair que le petit groupe allait passer la nuit ici. Le jeune humain déposa son casque et le remplaça par une paire de lunettes avant de s’asseoir aux côtés de ses frères d’armes. L’ambiance était moins animée qu’au camp, sans les deux clowns attitrés de l’escadron Gris. Il remercia vivement la sorcière qui lui apporta un bol de soupe avant de lui demander sa recette. L’autochtone à la peau grise lui répondit avec enthousiasme. Elle s’appelait Vadel’ma et partageait avec lui l’amour de la bonne chair.
Ils passèrent la soirée à échanger des recettes et autres conseils de cuisson. ils allèrent ensuite se coucher dans les lits de fortune faits de la peau d’animaux locaux. Après ses diverses expériences avec la faune locale, l’écuyer savourait cette petite victoire sur cette planète où tout semblait vouloir vous tuer. Malgré son absence de fatigue, il s’endormit vite, peut-être bercé par le battement régulier de la pluie. Il eut un sommeil sans rêve.
Lorsqu’il s'éveilla, la seule chose qu’il parvint à distinguer était la chevelure rousse de Gaheris. Il mit ses lunettes et se rapprocha des braises. La matinée était fraîche mais l’orage semblait avoir cessé. Il remercia chaleureusement sa sœur d’armes de leur avoir préparé un petit déjeuner et se moqua gentiment d’elle en la désignant comme la mère du groupe.
Qui allait-il devoir affronter ce matin ? Hunbaut ? Ou les locales ? Il ne connaissait pas le style de combat du Zabrak et dût se contenter de préparer un plan contre les sorcières de Dathomir. Premièrement, il devait être toujours prêt à leur envoyer une poussée de Force pour qu’elles ne puissent pas utiliser leur pouvoir. Ensuite, leur mobilité et leur agilité allaient être un problème. En effet ce n’était certainement pas son point fort. Il devrait se servir de sa grande taille pour les maintenir à distance et ainsi créer une zone d’exclusion pour permettre à la jeune Voss combattant à ses côtés de moins subir de pression.
Il sortit de ses pensées lorsque Rena-Ja se leva. Il en fit de même, échangea ses lunettes contre son casque et récupéra sa cape qui avait eu le temps de sécher durant la nuit. Il se dirigea alors vers la clairière. On pouvait y entendre les clameurs du combat et les encouragements des spectateurs.
Alors qu’ils arrivaient, un duel faisait rage entre son maître et l'aînée des guerrières. Celui-ci semblait au désavantage du vieux chevalier mais finit comme tous les duels dans cette configuration, par la victoire du barbu qui avait toujours plus d’un tour dans son sac.
Il avait bien fait de se préparer à un combat contre les Dathomiriennes car Vadel’ma et Man’sikka se trouvaient face aux deux apprentis, bâtons en main. La première avait une longue branche en main et s’en servait comme d’une lance et la seconde une plus courte, plus semblable à un glaive. La lance le gênait, car il perdait alors son avantage de portée. Il attrapa alors une autre longue branche dont il retira les ramifications à l’aide de son sabre laser. Il s’en servirait comme une arme d’hast en utilisant les deux bouts pour garder ses adversaires à distance et riposter par de puissantes attaques de taille.
Et le combat débuta. Il peinait à se concentrer sur les deux adversaires en même temps. Elles lui tournaient autour comme des moustiques et s’élançaient dans toutes les ouvertures de sa garde. Elles avaient compris qu’il était le plus dangereux et ne voulaient pas lui laisser le temps de riposter. L’aspirante faisait ce qu’elle pouvait pour les attaquer mais ils reculaient inexorablement.
Il profita d’une attaque de la combattante à la lance pour rentrer dans sa garde avant que sa partenaire ne réagisse et lui mit un bon coup d’épaule avant de devoir se retourner en catastrophe pour parer tant bien que mal une taille verticale et remercia intérieurement son maître pour l'entraînement de la veille.
Il se concentra pour faire passer une vague de Force à travers son bras organique mais n’entendit pas son autre adversaire dire une incantation alors qu’elle faisait face à la jeune Voss. Il se trouva alors projeté la tête la première dans le buisson où il venait d’envoyer son autre adversaire. Un corps-à-corps confus s’engagea où chacun se rendait coup pour coup. Il finit par être jeté de la masse de feuillage d’un bon coup de pied. Man’sikka lui sauta alors dessus, mais Korax se concentra et sentit le flot de la Force glisser le long de son bras et la jeune femme fit un vol plané à travers la clairière.
Les membres endoloris, il se releva avec difficulté alors que les indigènes se concentraient sur la jeune femme à la peau rouge. Impuissant, le natif de Yaga Minor la vit tomber à la renverse et alors que le combat semblait fini il attira vers lui un bâton situé derrière les deux Dathomiriennes qui furent déséquilibrées. Saisissant l’occasion, l’écuyer se jeta sur elles pour les maintenir au sol. Elles durent alors abandonner sous la menace du bâton de Rena-Ja.
Les quatres combattants restèrent quelques secondes au sol pour souffler. la phase active de l’engagement n’avait duré que deux minutes, trois tout au plus mais l’effort avait été intense. -
Post n°22
Auteur : Rena-JaAprès ces deux premiers tests, Rena-Ja et Korax eurent droit à plusieurs autres exercices. Il fallait reconnaître à Barristan son sens de la pédagogie : il savait repérer les lacunes des deux apprentis et les aider en conséquence. Pendant les deux heures qui suivirent, ils s'exercèrent en suivant ses conseils. Quand il fut finalement temps de faire une pause, la Voss souffla légèrement. C'était certes éprouvant, mais elle sentait que son appréhension nouvelle de la Force commençait à s'améliorer. Avec le temps, elle pourrait la manier avec la même aise que ses comparses chevaliers. En parlant d'eux, ils s'étaient réunis autour d'un feu, et les deux plus jeunes furent invités à y prendre part. Bien que peu intéressée, elle s'y rendit avec Korax. En s'asseyant, Rena-Ja s'attendit à voir le Grand Maître les rejoindre, mais celui-ci préféra la quiétude d'un coin tranquille non loin, où il s'occupait l'esprit en fumant. Peut-être était-ce dû à son âge avancé, ou bien simplement son caractère. Dans tous les cas, la jeune Voss ne s'en mêlerait pas.
Du côté du feu de camp, les discussions allaient bon train. Les chevaliers n'avaient aucun mal à fraterniser entre eux, et même les sorcières autochtones se joignirent vite aux festivités. Chacun parlait de sa culture, de légendes de sa terre natale, et même pour certains, de cuisine. Tous, sauf elle. Elle avait été clair la nuit dernière : seul son devoir comptait à ses yeux, inutile de faire ami-ami avec eux. Si elle n'avait pas été particulièrement ferme en le disant - était-elle seulement jamais ferme -, elle espérait tout de même que le message était passé. Visiblement, pas assez aux goûts de certains. En voyant la jeune humanoïde muette comme une Carpe Fine, ce fut Loha qui l'interpella pour lui demander comment était la vie sur sa planète. Aussitôt, une bonne partie des paires d'yeux présentes se tournèrent vers elle. Rena-Ja hésita d'abord. Loha devait savoir à quoi ressemblait Voss, au moins un petit peu. Il était vrai que les impériaux étaient constamment gardés hors de Vosska, mais tout de même... Ou alors, elle avait autre chose derrière la tête. Lorsqu'elle lança un regard furtif dans la direction de la chevaleresse, cette dernière avait un sourire sur le visage. Une sorte de plaisanterie, peut-être ? Non, il y avait sans doute autre chose. Cherchait-elle à amener la Voss à s'ouvrir à ses compagnons malgré tout ?
L'aspirante retint un soupir et, n'ayant pas vraiment le choix, se mit à leur parler de son monde natal. Les paysages vallonneux et boisés aux couleurs d'or, la foi inébranlable des Voss, les horribles Gormak, la simplicité de la vie à Voss-ka... Quand elle eut finit, un sentiment étrange l'habita. Une sorte de légère tristesse, concernant à la fois sa planète et son ancienne vie. Les deux lui manquaient terriblement. C'était... de la nostalgie. Elle secoua la tête, tentant d'oublier cette sensation désagréable. Après le repas, elle partit se coucher immédiatement, afin d'être le plus reposée possible et pour éventuellement s'apaiser l'esprit.
Le lendemain, Rena-Ja se réveilla entourée par de nombreuses couches vides. Elle se leva rapidement, suivie de près par Korax. Tous deux acceptèrent un petit-déjeuner de la part de Gahéris, de qui ils apprennent qu'un autre entraînement les attendait. Sans non plus se presser, la jeune Voss avala sa nourriture assez rapidement et laissa son compagnon finir lui aussi. Équipée de son arme et de son arme, elle était déjà prête pour le départ. Peu de temps après, les deux jeunes gens marchèrent jusqu'à la clairière indiquée par Gahéris. Garristan affrontait une des sorcières, tous deux armés de bâtons, tandis que Hunbaut et les autres autochtones observaient en silence. Lorsqu'il les remarqua, le Zabrak ne put s'empêcher de lâcher une plaisanterie aux apprentis. Malheureusement, l'humour et le second degré n'étaient pas le point fort de l'aspirante. La blague passa complètement au-dessus de sa tête, qui la prit au pied de la lettre et crut qu'ils étaient effectivement attendus depuis un moment. Elle s'inclina alors simplement, inconsciente du quiproquo qui venait de se jouer.
"Excusez-nous pour notre retard."
Korax et elle purent être témoins du reste du combat, et notamment des impressionnantes capacités physiques de Barristan. Le vieil homme n'avait pas besoin d'un sabre pour se défendre, loin de là. Ce fut même à mains nues qu'il termina le combat, à se demander s'il n'était pas encore plus fort sans arme qu'avec. Il faut dire qu'il avait la carrure pour, un corps large d'épaule et musclé, presque aussi imposant que celui d'Yvain. En comparaison, le physique de la Voss laissait clairement à désirer. Ce n'était pas du haut de son maigre mètre soixante-six et avec ses bras fins qu'elle allait pouvoir accomplir de telles prouesses. Et très franchement, elle n'était pas sûre que le meilleur entraînement du monde puisse lui donner des capacités de ce genre.
Une fois ce combat-là achevé, c'était à leur tour. Tout comme le vieux barbu, ils allaient devoir se frotter à des sorcières. Rena-Ja comprit qu'elle avait amené son arme pour rien. Mais en voyant Korax se servir de son sabre pour écorcher une branche et s'en faire une arme d'entraînement, elle fit de même avec sa vibrolame, et prit position avec une "épée" de bois. Se remémorant les explications de Keu deux jours plus tôt à propos des formes de combat, elle prit une posture plus défensive. La "Praetora Ishu", si sa mémoire était bonne. Korax était le plus fort des deux, elle lui laissait logiquement l'attaque.
Hunbaut donna le top départ, et l'affrontement put commencer. Au début, ça se passerait relativement bien. La Voss défendait son partenaire comme elle pouvait face aux assauts de ces guerrières expérimentées, même si leur propre offense laissait à désirer. Puis, d'un coup, Korax s'avança en exploitant une faille d'une des attaquantes et rompit la formation. Rena-Ja se retrouva seule, sans pouvoir le défendre, et elle-même exposée. L'écuyer parvint à envoyer l'une des deux femmes dans des buissons alentours, mais connut le même sort après que l'autre ait récité quelques mots ? Était-ce les fameuses formules dont on lui avait parlé durant le voyage ?
Désormais, l'aspirante était seule face à son ennemie. Chaque coup était plus difficile à parer que le précédent, et sa garde fut vite mise à mal. Pire encore, Korax renvoya son adversaire dans l'autre sens, qui une fois remise assaillit Rena-Ja avec sa comparse. En moins d'une demi-minute, elle chuta, et crut que le combat était fini pour elle. Ce fut sans compter sur Korax, qui une nouvelle fois usa de la Force, cette fois pour envoyer un bâton dans les jambes des indigènes pour les faire chuter, avant de les plaquer au sol le temps que sa partenaire se relève. Cette dernière mit son bâton face aux deux femmes, qui furent forcées d'abandonner.
Lâchant son arme d'entraînement, la Voss souffla un bon coup. Elle n'avait pas été très utile, en fin de compte, au mieux avait-elle été une distraction pour permettre à Korax de neutraliser les sorcières. Korax... Elle lui jeta un regard du coin de l'oeil tandis qu'il se relevait, couvert de poussière. Pourquoi avait-il rompu la formation comme ça, sans prévenir ? Les Chevaliers Impériaux étaient sensés combattre en duo, non ? Et cette manière de combattre... c'était de l'improvisation pure et dure. Certes, ils avaient gagné, mais pour ce qui était de la forme, ce n'était pas très glorieux. L'humanoïde se tourna alors vers les deux chevaliers, incertaine de ce qu'ils pensaient de cette prestation assez chaotique. -
Post n°23
Auteur : HivernusBarristan observe le combat avec beaucoup d’attention. Il passe une main dans sa barbe hirsute, visiblement perplexe. Korax est trop agressif. Il agit à l’instinct, ne prend pas le temps d’évaluer la situation, de l’exploiter à son avantage. L’affrontement tourne au pugilat, prend une tournure chaotique. Les coups sont distribués à tour de bras, sans méthode particulière. Rena-Ja apparaît débordée et son manque d’entraînement, d’expérience, lui fait clairement défaut dans une telle situation. Lorsque le combat s’achève finalement sur une victoire des apprentis chevaliers, le vieux maître d’armes se retient bien d’exprimer sa joie. Son visage n’évoque rien de bon, demeure fermé. Il n’est pas content du résultat.
- Quel bazar sans nom… Soupire le commandant. Si ce combat avait été réel, vous n’en seriez pas sorti vivants. Korax, tu as laissé ta partenaire sans défense. Et tu t’es volontairement mis en danger pour atteindre ton objectif. Si ces guerrières avaient été vos ennemies, que se serait-il passé ? Rena-Ja aurait été tuée. Et toi, Korax, tu aurais probablement pu triompher de tes adversaires… Mais à quel prix ? Dans un sale état et en ayant sacrifié ta partenaire ? Je suis déçu.
L’homme marque un temps de pause, se massant les tempes d’une main nonchalante comme pour tenter d’effacer la frustration qui semble poindre dans son esprit.
- Il vous reste encore beaucoup à apprendre, à maîtriser, à perfectionner. J’en suis conscient. Poursuit le chevalier impérial. Mais le temps manque. Un dernier combat se prépare… Une dernière épreuve qu’il nous faudra affronter ensemble. Je le sens. Nous devons veiller les uns sur les autres, combattre comme si nous ne faisions qu’un. La Chevalerie Impériale est une grande famille et lorsque nous nous battons, c’est en groupe que nous sommes plus dangereux. Soyez semblables à une meute de prédateurs… Prenez le temps d’observer votre proie. Identifiez son point faible, communiquez l’information, coordonnez vos efforts. Et frappez. Ensemble. Et si l’attaque semble présenter trop de risques, il est plus judicieux de rester sur la défensive ou de battre en retraite.
Barristan sourit doucement, offrant à ses deux ouailles une petite tape amicale sur l’épaule. Il leur tend une gourde d’eau.
- Buvez un coup. Et prenez deux minutes pour souffler. Nous partons bientôt pour le village du clan de la Rivière Folle et nous allons devoir mettre les bouchées doubles avant qu’un nouvel orage ne pointe le bout de son nez. Je ne compte pas me faire surprendre par une nouvelle tempête.
Le vieux maître d’armes s’isole ensuite en compagnie de la cheffe des indigènes afin de discuter des préparatifs pour le départ, laissant la Voss et le natif de Yaga Minor entre les mains de l’expérimenté Hunbaut. Le Zabrak profite de ce bref instant de repos pour donner quelques conseils aux jeunes gens afin qu’ils puissent se montrer plus efficaces au combat lorsqu’ils auront un vrai danger à affronter ensemble. Puis vient l’heure de rejoindre le reste du groupe afin de récupérer les paquetages.
Capes sur les épaules et sacs sur le dos, les chevaliers impériaux quittent ainsi le confort rudimentaire de la grotte pour poursuivre leur périple dans la forêt. Ils suivent les guerrières de la Rivière Folle, marchent sur des sentiers empruntés par des générations de sorcières, traversent des paysages constitués de buissons verts, de fougères rouges, de végétaux aux veines colorés, d’arbres aux feuillages sombres… Dathomir est un endroit étrange et plein de couleurs, un lieu obscur mais intriguant. Une planète faite de nuances et de contrastes.
Hunbaut profite de cette excursion en pleine nature pour se lancer dans une sorte d'exposition botanique qui s’adresse d’abord et avant tout à Rena-Ja et Korax. Il leur parle ainsi des bénéfices que l’on peut retirer de certaines espèces de plantes mais également les dommages irrémédiables qu’elles peuvent causer si elles sont mal utilisées. Il raconte ensuite l’usage sinistre qui est fait de ces végétaux par les terribles clans de Soeurs de la Nuit, de la corruption qu’elles apportent. De l’équilibre qu’elles bousculent. Le temps passe. Les heures défilent. Le groupe s’enfonce toujours plus loin dans la forêt. Une pause est accordée. Puis la marche reprend son cours.
Loha, qui ferme la marche en compagnie de sa jeune élève, en profite alors pour lui parler de la Chevalerie Impériale, lui explique plus en détail le rôle de ses chevaliers. Elle l’introduit aux devoirs sacrés de ses frères et soeurs d’armes, d’abord envers l’Impérium qu’ils ont juré de servir fidèlement, puis envers leurs camarades qu’ils se doivent d’assister en toute circonstance, et finalement envers la galaxie qu’ils ont promis de défendre coûte que coûte face aux dangers qui menacent son existence.
Après une demie journée de marche, le groupe atteint finalement les abords d’un petit village enclavé au milieu de la forêt. Là, au bord d’une rivière agitée, nichent en effet quelques dizaines de huttes construites à partir de bois mort, de branchages divers et de paille. La clairière est suffisamment grande pour abriter toute une communauté de sorcières. Certaines parcelles sont utilisées pour cultiver du riz, qui semble se plaire dans cet environnement marécageux, tandis qu’ici et là, plusieurs troupeaux de créatures ressemblant fortement à des sortes de cochons (mais avec des têtes de rongeurs) sont parqués dans des enclos et broutent paisiblement. Ce sont principalement les hommes et les enfants qui travaillent dans les champs ou au bord de la rivière, les femmes se contentant de les observer de loin, armes à la ceinture ou à portée de main.
Voyant arriver des étrangers dans leur village, plusieurs de ces sorcières s’approchent doucement. On peut lire sur leurs visages une certaine méfiance, ou de l’appréhension. Il y a une sorte de tension sous-jacente qui commence à poindre le bout de son nez parmi la communauté du clan de la Rivière Folle. La cheffe de la petite troupe indigène ayant escorté les chevaliers impériaux se tourne vers Barristan, confiante malgré tout.
- Notre mère vous attend, Wilhelm Barristan. Suivez-moi.
- Je vous suis. Répond simplement le vieux maître d’armes avant de s’adresser à ses camarades. Loha, avec moi. Les autres, essayez de vous faire une place parmi ces villageois. Voyez s’ils n’ont pas besoin d’aide, tentez de gagner leur confiance… Rendez vous utile. Hunbaut, je compte sur toi pour veiller au grain.
- Chef oui chef !
Le commandant s’éloigne donc en compagnie de Loha et de la cheffe des guerrières, se dirigeant vers une sorte de forteresse bâtie sur une petite île isolée au milieu de la rivière. Ceinturé par une muraille de pierres grossières et quelques rangées de pieux en bois, le centre du pouvoir local n’est en réalité qu’un vieux tumulus sur lequel poussent quelques arbres centenaires aux racines imposantes. Plusieurs reptiles volants, imposants par la taille, nichent dans les branches épaisses de ces géants endormis ou tournoient au-dessus d’eux, tels des protecteurs vigilants.
Hunbaut, en tant que natif de Dathomir, n’a aucun mal à rassurer les indigènes sur la présence de chevaliers impériaux au sein de leur communauté. Plusieurs d’entre elles s’intéressent aux mâles du groupe, commentent à voix basse sur leur possible utilité en tant que reproducteurs et esclaves pour le clan. D’autres, encore méfiantes, préfèrent se tenir à l’écart, voyant d’un mauvais œil la venue de ces étrangers originaires du ciel.
Keu se voit proposer par une belle et jeune sorcière de visiter sa couche, ce qu’il refuse bien évidemment, embarrassé et rouge comme une crevette. Gahéris explose de rire, se moque de son frère d’armes gentiment en lui faisant remarquer son manque de courage soudain. L’autre se renfrogne, marmonne quelque chose, s’empourpre d’autant plus, visiblement gêné. Plusieurs indigènes trouvent cette timidité attachante et n’hésitent pas à le faire savoir au natif d’Eriadu. Une main vient glisser sur ses fesses tandis qu’une autre se pose sur le plastron de son armure, le contraignant à fuir. Le chevalier impérial est alors poursuivi au sein du village par une horde de jeunes donzelles qui cherchent à faire de lui le père de leurs enfants.
- Ah ! Le meilleur bretteur de la Chevalerie Impériale a fière allure ! Regardez le ! Si vaillant face à l’adversité ! S'esclaffe la rouquine.
- Je ne sais pas… Tu aimerais être vue comme un bout de viande ? Commente Hunbaut, amusé.
- Hmm… Peut-être pas. Mais je ne suis pas Keu. Il n’y a donc aucun risque !
La réponse arrache un sourire au Zabrak. Un groupe d’enfants paniqués vient soudainement interrompre cet instant d’hilarité. Un troupeau de rats-cochons, tels qu’ils sont surnommés par Hunbaut, s’est échappé d’un enclos en bousculant au passage leur gardien, un vieil homme qui a fini emporté par les eaux traîtres de la rivière.
- Je m’occupe du vieillard ! Gahéris, Korax, Rena-Ja, rassemblez les bêtes ! Il est temps de montrer au clan de la Rivière Folle que nous venons en amis.
Quelque chose semble avoir fait paniquer ces paisibles créatures… Mais quoi ?
- HRP -
Il y a une vingtaine de ces bêtes à rattraper. Elles sont agitées et certaines n'hésiteront à pas à vous charger si elles se sentent en danger. L'endroit est plutôt marécageux. Il y a quelques ponts en bois, ici et là, pour permettre le passage d'une parcelle à une autre. Mais vous aurez probablement à récupérer quelques bêtes dans la fange... Bon courage ! Et vive la Chevalerie Impériale ! -
Post n°24
Auteur : Rena-JaÉcoutant les paroles de Barristan, Rena serra les lèvres. Il était évident que ce combat était plus que brouillon, même pour une débutante comme elle. Le vieux chevalier ne fut d'ailleurs pas tendre avec son apprenti, lui reprochant son impulsivité et sa négligence envers sa partenaire. Il n'avait pas tort : en combat réel, la jeune Voss serait sûrement déjà morte, et nul doute que son intrépide compagnon aussi. Pourtant, elle était assez surprise de ce revirement soudain de style de combat. Durant leurs entraînements précédents, il s'était montré bien plus concentré et précis dans ses mouvements, dans la lignée de ce que lui avaient montré les chevaliers chargés de sa formation. Mais là, c'était l'opposé total. Aucune forme, aucune posture propre. Il n'avait tout de même pas régressé en une journée, si ? Il devait y avoir une autre explication. Peut-être était-ce un excès d'hubris, ou bien quelque chose qui le perturbait d'une quelconque manière. Dans tous les cas, il devrait y remédier aussi vite que possible. D'autant que le maître de Korax semblait sentir qu'un combat allait se produire dans un avenir proche. Bien qu'elle ne parvenait pas à sentir quoi que ce soit d'autre que l'atmosphère oppressante de la planète, Rena-Ja n'avait pas de raison de douter du vieil homme. Et s'il disait vrai, elle préférait avoir un partenaire prêt à couvrir ses arrières le moment venu. Malgré cela, elle n'en voulait pas à l'écuyer pour autant. Il avait fait des erreurs, comme elle en faisait à chaque entraînement. Ils étaient encore en apprentissage, après tout. Finalement, elle s'approcha de lui, et dans un élan, si ce n'est de sympathie, au moins de respect, lui tendit la main pour l'aider à se relever.
Après un court moment de répit, la troupe entama son périple vers le village des autochtones. Sur le chemin, elle eut droit à plusieurs "cours" improvisés : tout d'abord, Hunbaut consacra une partie du trajet à expliquer les divers effets des plantes, locales mais aussi d'autres mondes, de leurs bienfaits comme de leurs dangers. Puis, un peu plus tard, ce fut Loha qui prit la jeune femme à parti pour exposer plus en détails leurs devoirs en tant que Chevaliers impériaux. Elle insista notamment sur la loyauté indéfectible envers l'Imperium ainsi qu'envers leurs confrères et consœurs. Rena-Ja l'écouta silencieusement, mais en son for intérieur, elle n'était pas habitée des mêmes idéaux. Sa loyauté actuelle envers cet empire était avant tout par devoir, de même que celle qui la liait à ses frères et sœurs d'armes. Sa foi et son cœur étaient dédiés à Voss, et Voss seule. C'était pour l'avenir de son monde qu'elle était ici. Si elle était amenée à devoir choisir entre son peuple et ses nouveaux compagnons, elle n'hésiterait pas une seconde. Ce n'était pas de la haine qu'elle ressentait envers, mais plutôt de l'indifférence. Cependant, leurs capacités de guerriers forçaient le respect. Si elle ne pouvait dire être loyale envers eux ou leur cause, elle pouvait leur témoigner cela.
Après plusieurs heures, le village était à portée de vue. Le groupe se hâta sur les derniers mètres, et arriva enfin à destination. Les habitations étaient assez rudimentaires, les sorcières ne possédant visiblement pas ou peu de technologies avancées. L'attention se porta vite sur les impériaux, dans un mélange de curiosité et de méfiance. Ces réactions, Rena-Ja les connaissait bien. C'était ainsi que les Voss avaient accueilli la délégation impériale lors du tout premier contact. Elle ne pouvait que trop les comprendre. Mais cette fois, il y avait une différence majeure : elle faisait partie des étrangers. Elle était une intruse, une envahisseuse. Une de ceux qui allaient perturber l'ordre des choses sur ce monde d'une manière ou d'une autre. On ne pouvait faire plus ironique. Mais c'était également une opportunité pour sa mission. Elle allait pouvoir observer au plus près comment l'Imperium traitait les populations des planètes visitées. Si les impériaux tentaient d'imposer leur volonté par la force, ou si une alliance avec l'Imperium s'avérait néfaste pour les dathomiriens, cela affecterait très négativement le jugement que devrait rendre la jeune femme. Nul doute que les Trois banniraient tous les impériaux du sol Voss sans hésiter. En somme, c'était un moment décisif pour l'avenir de son peuple. Rena-Ja se tenait donc prête à observer chaque fait et geste de ses camarades. Barristan fut vite appelé à parlementer avec la "mère" du village, probablement leur cheffe. Il demanda à Loha de l'accompagner, tandis que le reste allait devoir faire son possible pour gagner la confiance des habitants. Hunbaut, natif de la planète, ne semblait pas avoir de mal dans cette tâche. Keu, quant à lui, adopta malgré lui une tactique pour le moins unique. Visiblement, un certain nombre de femmes du village lui trouvait un certain intérêt, et le fier guerrier se retrouva bien vite assailli de toute part, et dû s'enfuir, ses nouvelles admiratrices à ses trousses. Depuis son arrivée sur Dathomir, Rena-Ja avait été sous sa tutelle pour tout ce qui touchait au combat, et il l'avait impressionnée par ses capacités. Elle serait rappelait encore du combat face à elle et Korax. Malgré leurs efforts, il les avait défaits avec une aise certaine. Mais le voir fuir à toutes jambes face à une horde de femmes excitées contrastait quelque peu avec l'image qu'elle s'était fait de lui. C'était même assez... comique. Les autres chevaliers étaient tout simplement hilares, et même la Voss ne put rester impassible. Sans qu'elle s'en rende compte, un sourire se dessina sur le visage de l'aspirante à la vue de cette situation irréelle.
L'amusement fut toutefois de courte durée. Tout à coup, plusieurs enfants accoururent en panique, plusieurs des bêtes en captivité s'étaient échappées, et l'homme chargé de leur surveillance était tombé à l'eau. Ne perdant pas une seconde, Hunbaut se lança à son secours, laissant aux autres impériaux la charge de ramener les animaux. Gahéris acquiesça immédiatement et partit à leur poursuite, et Rena-Ja se mit à la suivre une seconde plus tard.
Pour des créatures aussi trapues, elles étaient remarquablement agiles. Aussitôt libres, elles avaient foncé dans les marais, avançant rapidement malgré la boue environnante. Vu leur nombre, il semblait plus sage de se séparer pour les retrouver plus rapidement. La Voss se mit à courir après un des animaux plus petit que les autres. Toutefois, dès son premier pas, sa botte s'enfonça dans la vase presque jusqu'au genou, manquant de la faire trébucher. Pour ajouter à ça, l'odeur était immonde. Intérieurement, elle priait pour qu'il n'y ait rien d'autre que de la boue... La course-poursuite, si on pouvait l'appeler ainsi, prit plusieurs bonnes minutes, le petit cochon-rat échappant à la jeune femme plusieurs fois. Finalement, elle arriva à l'acculer dans un cul de sac, et se prépara à l'attraper. Soudain, un autre cochon plus massif surgit de nulle part et faucha Rena-Ja en lui fonçant dans les jambes. Prise par surprise, elle tomba sur le dos en plein dans la vase visqueuse, faisant un gros "Splouch !". La Voss sentait le liquide sale sur tout l'arrière de son corps et de sa tête. Pour se relever, elle voulut se retourner et s'appuyer sur ses bras. Mais quand elle entreprit de faire, le petit cochon, paniqué et déterminé à fuir, lui bondit sur le dos, ce qui la fit replonger tête la première. La bête sauta de l'aspirante et détala à nouveau. La Voss sortit la tête et recracha la vase qui s'était infiltrée dans sa bouche, écœurée. Si seulement elle avait un casque, comme Korax... Une fois debout, elle s'essuya le visage comme elle put, se secoua pour enlever un peu de boue et repartit. Un peu après, elle retrouva la trace du petit animal. La course-poursuite reprit, et Rena était sur le point de l'avoir, cette fois. Mais il arrivait à maintenir une distance raisonnable. Alors, elle tenta une approche plus osée, digne de l'Écuyer de Yaga Minor. D'un coup, elle se jeta sur lui, les bras en avant, et parvint à le saisir tout en s'écrasant une nouvelle fois dans la fange. Bien que dégoutée, elle se releva avec la créature qui s'agitait dans ses bras, et se dirigea vers l'enclos. Elle le déposa à l'intérieur et respira quelques instants. Plusieurs bêtes avaient été capturées, elle en comptait six, mais le plus gros restait à faire. Elle espérait juste que ses compagnons s'en sortaient mieux qu'elle.
Une fois repartie, elle arpentait les marais à la recherche d'une nouvelle cible, quand elle remarqua au loin un cochon, et juste derrière lui se trouvait Keu, visiblement à sa poursuite. Il avait dû remarquer ses camarades chevaliers et s'était décidé à les aider. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Car une seconde plus tard, jaillirent les femmes qui étaient à sa poursuite. Décidément, ces indigènes étaient tenaces. Keu courait tant bien que mal, mais dans la panique, son pied coinça le pan de sa cape, le faisant chuter magnifiquement. Le temps qu'il se relève, les sorcières étaient déjà à son niveau, et tout ce qu'entendit Rena en se retournant fut un cri étonnamment aigu. Elle s'en voulait un peu de le laisser à son sort, mais la mission actuelle était plus importante. Et puis, peut-être qu'il finirait par apprécier ça, qui sait.
A force de chercher, la Voss finit par se retrouver face à un cochon assez massif, et visiblement en rogne. Il avait arrêté de fuir et était prêt à chasser quiconque l'approchait trop près. Cela n'arrêta pas la Voss, bien décidée à le ramener à sa juste place. Les deux se faisaient face, comme un si un duel entre les deux se préparait. D'un coup, la bête chargea, tandis que l'aspirante esquiva sur le côté. Les deux se frôlèrent, et la jeune femme tenta de saisir son adversaire pour le prendre à bout de bras. Malheureusement, celui-là était bien plus lourd, et la maigre carrure de Rena-Ja n'était pas suffisante pour le soulever. Le cochon-rat en profita pour la faire lâcher en s'agitant comme un damné, si bien qu'elle se retrouva à côté, sur les fesses. L'animal se prépara à la charger de nouveau, et elle ne put que mettre sa main devant elle pour se protéger. Elle attendit une seconde, puis deux, mais rien. En ouvrant les yeux, elle vit qu'il s'était arrêté, et semblait plus calme, bien qu'il gémissait de temps à autre. Elle mit quelques instants à comprendre. Avait-elle... usé de la Force sans s'en rendre compte ? Tout en gardant sa main tendue, elle avança de quelques pas, et l'animal reculait sans la quitter des yeux. La jeune femme tenta de rester concentré sur lui, et le mena lentement jusqu'à l'enclos, où il alla de lui-même. Une fois la porte close, elle relâcha sa prise. Les sorcières autour d'elles la regardèrent, l'air quelque peu impressionné.
Pendant un long moment, la traque continua. Rena-Ja put ramener quelques animaux de plus, mais elle n'avait pas fait le plus gros du travail. Finalement, après de nombreux efforts, tous les animaux étaient de nouveau dans leur enclos. La chevalerie impériale, quant à elle, ne payait pas vraiment de mine. Apprentis comme chevaliers confirmés étaient couverts de boue, de la tête (ou le casque) aux pieds pour certains. La chasse aux cochons avait été terrible, et personne ne faisait le fier à l'heure actuelle. Seul Keu manquait à l'appel, et Rena-Ja n'était pas sûre de le revoir de sitôt. Les sorcières du village étaient tiraillées entre les remerciements et les rires incontrôlés. On ne pouvait malheureusement pas leur donner tort, les impériaux étaient sûrement très drôles à voir tels qu'ils étaient. Tandis qu'elle s'asseyait pour se reposer, complètement lessivée après cette escapade, la Voss vit une enfant l'approcher avec une serviette qu'elle lui tendit. L'aspirante acquiesça en guise de remerciement et la prit, se nettoyant le visage puis la tenue autant que possible. A défaut d'être présentable quand Barristan reviendrait, elle ne serait pas la plus ridicule de la troupe. -
Post n°25
Auteur : Korax EndatoménèsLe jeune homme baissa la tête, il avait encore déçu son maître. Il était trop habitué à combattre seul des ennemis plus forts que lui, à réagir à l’instinct pour diminuer son temps de réaction. Il allait falloir s'entraîner plus dur encore pour intégrer ses connaissances à ses réflexes. Il resta silencieux. Il était passablement agacé, surtout contre lui-même. Il n’aimait pas l’échec, et encore moins le sien. Il brisa sa lance de fortune en deux et jeta les deux morceaux derrière lui, dans la forêt. Les retardataires arrivèrent bientôt, et le convoi put se remettre en marche vers son mystérieux objectif.
Il fermait la marche et suivait distraitement le groupe. Il était perdu dans ses pensées. Il se remémorait chaque mouvement et chaque attaque pour imprimer dans son esprit une réponse satisfaisante. Ne pas se laisser surprendre. Ne pas improviser tout le temps. Ne pas perdre sa discipline. Autant de règles qu’il devait intégrer.
Puis il laissa son esprit dériver et son côté rêveur reprit le dessus. Il pensait aux forêts de son monde natal où il appréciait randonner. Elles étaient moins hostiles, plus pacifiques. Les espaces qui ressemblaient le plus à l’endroit dans lequel passait les chevaliers devaient être les forêts de conifères du nord. Ces vastes étendues boisées étaient entrecoupées de lacs et de marécages et pullulaient d’insectes nuisibles l’été. Malgré cela, il appréciait les vacances au chalet familial, situé au bord d’un lac. Il y faisait moins chaud l’été que sur le reste de la planète. Il repensa aux parties de pêche dans une vieille coquille de noix en sirotant des boissons fraîches. Ces pensées lui faisaient regretter d’être parti de sa planète. S’il n’avait rien dit sur sa sensibilité à la Force, il travaillerait certainement aux chantiers spatiaux et pourrait profiter d’une bière fraîche au bord du lac en compagnie de sa sœur.
L’arrivée au village des autochtones le fit sortir de sa rêverie. Il s’agissait d’une clairière où se trouvaient des maisons sur pilotis semblables au chalet de sa famille.
Espérons qu’ils aient une bonne boisson locale bien fraîche
Des pontons reliaient les bandes de terre entre elles et des cultures étaient placées ça et là. Barristan et Loha se dirigèrent alors vers la hutte de la matriarche tandis que les autres devaient aider le village comme ils pouvaient. C’est alors que Keu fut assailli par des jeunes sorcières souhaitant se reproduire avec lui. Korax ricana même s’il était un peu frustré qu’aucune sorcière ne lui ait proposé quoi que ce soit. La vue de la silhouette rouge courant à travers le village lui fit toutefois relativiser son manque de succès.
Des cris attirèrent alors l’attention des chevaliers. Des bêtes s’étaient échappées de leur enclos et partaient dans toutes les directions. Ordre fut donné de les ramener.
Adieu ma boisson fraîche…
Après tous ces combats et épreuves, il devait maintenant jouer les éleveurs. Il soupira, détacha sa cape et alla l’étendre sur un fil à linge. il remplaça ensuite le cristal de son sabre laser par le cristal d’entraînement et commença à se diriger d’un pas décidé vers un cochon qui pataugeait dans un marécage. Voyant que Rena-Ja était déjà partie de son côté, il interpela la rouquine:
-Gaheris ! Occupe toi de ceux qui sont sur la terre ferme, je vais tenter de rabattre ceux qui sont dans la boue.
Il courut pour se placer derrière le sanglier et alluma son sabre pour lui faire peur. Cela fonctionna, cette fois ci. Il parvint à le diriger tant bien que mal vers la terre ferme où sa sœur d’armes vint l’aider à le parquer à nouveau. Il se dirigea alors vers le suivant, le dépassa et se plaça devant lui. Mais celui-ci ne s’arrêta pas et l'écuyer fit un soleil avant de s’étaler dans la boue. Ces créatures étaient dangereuses, elles lui rappelaient des animaux similaires sur sa planète natale. Ils étaient l’un des plus grand dangers des forêts de Yaga Minor. Ils étaient plus petits mais se déplaçaient en bande. Ils fonçaient tout droit et s’ils vous faisaient tomber, alors ils vous mangeaient. Il se releva et essuya la visière de son casque d’un revers de la main. Il poursuivit l’animal et lui donnait quelques coups de sabre pour lui faire changer de direction. En effet, la lame jaune issue de son cristal d’entrainement ne provoquait que de légères brulûres, suffisantes pour faire réagir les animaux sans les blesser.
Ces sales bêtes le firent finir un nombre incalculable de fois sur les fesses. il dut même en projeter quelques-unes avec une vague de force lorsqu'elles étaient trop têtues. Ah, ils avaient fière allure, les chevaliers dont l’armure était désormais plus brune que rouge.
Couvert de boue et passablement fatigué, le jeune humain se laissa tomber dans la rivière pour rincer son armure. Un fois que sa couleur rouge prédomina de nouveau, il se dirigea vers ses camarades lorsque l'éclat d’une armure rouge à l’entrée d’une hutte attira son attention.
-Alors, on se cache, Chevalier ? railla-t-il.
-Chut, elles vont me trouver si tu restes là, j’ai réussi à leur échapper en sautant d’un pont.
-C’est vrai que tu es tout autant couvert de boue que nous autres. Tu aurais peut-être dû accepter la proposition de la première, ça t’aurait évité un tas de tracas. Et puis je ne suis pas sûr que le chef apprécie de te voir tirer au flanc.
-Je ne tire pas au flanc, je me planque, nuance. Répondit le natif d’Eriadu, vexé.
-Bon je te laisse à tes donzelles…
Korax repartit vers ses camarades alors que l'escrimeur jetait des coups d’oeil paniqués autour de lui. L’écuyer changea son cristal, remis sa cape et enleva son casque pour pouvoir interagir plus directement avec les locaux, au risque de finir comme son camarade épéiste. De plus, sans l'anonymat de son casque, il se sentait beaucoup moins à l’aise. -
Post n°26
Auteur : HivernusL’air du tumulus est lourd, chargé d’une masse invisible qui reste sur les épaules. Ses pierres sont froides. Ses murs sont recouverts de gravures et de peintures. Différentes niches, creusées dans la roche, servent de présentoirs pour des bougies ou les crânes de quelques ancêtres. Divers talismans sont suspendus aux racines qui passent au travers du plafond. Le tintement organique du bois de ces grigris, ballottés d’un côté sur l’autre par un léger filet d’air frais, ajoute une touche de mysticisme à cet endroit déjà bien étrange. De nombreux rituels ont été réalisés ici, entre ces vieilles pierres. Des rituels dont la nature échappe encore à Barristan et Loha.
Au centre de la pièce, trois silhouettes illuminées par la chaleur d’un feu. Trois sorcières d’un certain âge, qui jettent de petits os et des herbes dans le foyer, font brûler de l’encens en psalmodiant. Elles mènent une sorte de chant de protection destiné à garantir la sécurité du village et de ses habitants. Les deux chevaliers impériaux s’installent en silence de l’autre côté du feu. Ils se contentent d’assister à la fin du rituel sans rien dire, respectant les coutumes locales, prenant note de ces étranges pratiques. Il y a beaucoup à apprendre des sorcières de Dathomir, c’est certain… Mais Barristan n’est pas totalement à l’aise avec ces manies. Il n’a jamais été un grand adepte des rituels, quels qu’ils soient. Il se souvient des rites obscurs auxquels se sont livrés les Sith durant l’ère de l’Empire. Des dommages qu’ils ont causés. Et des sortilèges lancés par Famine au sein de la Commanderie.
Il inspire doucement, comme pour se détendre. Loha remarque sa nervosité, pose une main rassurante sur sa cuisse, calme ses craintes à l’aide de la Force. Le vieil homme se tranquillise, remercie sa sœur d’armes d’un signe de tête. Le chant des sorcières prend bientôt fin. Les voix se taisent. Le regard de Thenel Ko se pose sur le maître d’armes. Le visage de la matriarche du clan de la Rivière Folle inspire bienveillance et douceur… Et il se dégage de son sourire sincère une beauté solaire.
- Wilhelm Barristan, vous êtes venu…
- Il fallait s’y attendre non ? Nous avons encore beaucoup à accomplir ensemble. Surtout en ces heures incertaines. Répond le maître d’armes, un sourire au coin des lèvres.
- Oui… C’était écrit dans les étoiles.
Les yeux de la sorcière se dirigent tranquillement vers Loha. La jeune femme sent le poids de son regard sur elle. La matriarche essaie-t-elle de la sonder, de découvrir ce qu’il se cache dans son cœur ?
- Voici Loha, de Brentaal IV. Le reste de nos compagnons doit être en train de faire connaissance avec vos villageois.
- Ah oui… Vous avez bien fait de venir nombreux, Wilhelm Barristan. Je sens un grand danger planer sur nous. Avoue Thenel Ko en jetant une nouvelle touffe d’herbe dans le feu. Vos chevaliers impériaux auront un rôle à jouer. C’est certain… Car nos destins sont liés, unis dans l’adversité. Et par la volonté de la Force.
- Les voies de la Force sont impénétrables… Et bien mystérieuses. Commente Loha, perplexe.
La réflexion semble amuser la matriarche du clan de la Rivière Folle et ses deux comparses. Les vieilles sorcières ont leurs secrets… Et elles s’en amusent. Dathomir est leur monde et elles en connaissent sa nature profonde. Elles entretiennent une sorte de relation symbiotique avec leur planète, avec sa flore, sa faune.
- C’est en partie vrai… Mais il suffit d’écouter. Et de voir. Pour comprendre… Indique Thenel Ko. Pas au sens littéral du terme, bien sûr. C’est plus profond que cela. Plus intime.
Ses yeux reviennent vers le commandant. Ils brillent d’une lueur étrange que Barristan n’explique pas, qu’il ne comprend pas.
- Wilhelm Barristan voit des choses. Il les sent… Mais il doute.
- Vous avez raison, Mère Ko. Nous avons vaincu la mère Esmsyl et ses forces. Mais je ressens encore sa présence… Elle est faible, presque imperceptible… Mais bien là. Elle plane, comme une menace de fond. Et je crains ses intentions.
- De sages paroles. Et une intuition juste. Esmsyl se réclame de l’héritage de la terrible Gethzerion. Les défaites successives l’ont affaibli… Mais elle demeure puissante et déterminée à imposer son point de vue sur l’ensemble des clans. Nous ne sommes pas assez fortes pour nous opposer à elle. Mais vous l’êtes, Wilhelm Barristan. Et si vos chevaliers impériaux sont au moins aussi bons que vous, alors nous avons une chance de sauver Dathomir, de ramener l’équilibre et la paix parmi les clans.
- Au nom de l’Impérium, soyez assurée que nous nous battrons jusqu’à la mort pour préserver la prospérité de votre clan, Mère Ko. Fait remarquer Loha.
Thenel Ko se tourne vers ses deux consoeurs, qui lui sourient doucement tout en acquiesçant de la tête. Le clan de la Rivière Folle s’est fait un allié de taille. Wilhelm Barristan et ses chevaliers impériaux sont prêts à combattre pour les filles de Dathomir. Et l’espoir d’un avenir plus lumineux semble se dessiner dans leur esprit.
Crottés et trempés de la tête aux pieds, les chevaliers impériaux font presque pitié à voir. Les villageois semblent mitigés sur l’attitude qu’ils doivent adopter. Certains se moquent gentiment de leur allure misérable, toujours un peu timides face aux soldats, quand d’autres se contentent de les remercier chaleureusement. Ils ont sacrifié leur dignité pour ramener le bétail dans son enclos et en cela, les fiers représentants de l’Impérium ont marqué quelques points. La méfiance à leur égard diminue. Et plusieurs membres de cette petite communauté invitent déjà les chevaliers impériaux à partager la chaleur d’un bon foyer afin de réchauffer leurs vieux os, leur proposent des vêtements secs et propres le temps que les leurs sèchent.
Barristan et Loha reviennent du tumulus en compagnie d’une poignée de sorcières. A leurs côtés, Thenel Ko. Le clan de la Rivière Folle se rassemble autour de sa matriarche. Il y a dans son regard une étincelle de joie, mais également une lueur inquiète. Seul son sourire accueillant permet de rassurer les siens.
- Le clan de la Chevalerie Impériale a accepté de combattre à nos côtés. Nous affronterons l’adversité ensemble. Et Dathomir pourra bientôt recouvrer sa tranquillité. Telle est la voie. Déclare la vieille sorcière. Réjouissez vous ! Et fêtons cette nouvelle amitié comme il se doit.
Les indigènes célèbrent la nouvelle comme il se doit. Un grand banquet est annoncé. Les hommes du clan s’empressent déjà de préparer le repas. Barristan se tourne vers ses camarades, constate que l’un d’entre eux manque à l’appel. Il fronce les sourcils.
- Où est donc passé Keu ?
- Il a fait forte impression auprès des femmes du village… Il doit être planqué quelque part, à attendre qu’elles se lassent de lui courir après. Indique Gahéris, moqueuse.
La remarque fait rire le vieux chevalier. Loha sourit. Ils imaginent probablement le meilleur épéiste de la Chevalerie Impériale en difficulté face à quelques prétendantes et le simple fait de se représenter la scène les divertit clairement.
- C’est dommage. Il aurait pu marquer quelques points en jouant les jolis cœurs. La diplomatie n’est clairement pas son fort. Soupire la native de Brentaal IV.
- Hmm. Pas si sûr. Nous avons peut-être fait une erreur en prenant Keu avec nous. Répond à sa suite Hunbaut, se frottant le menton. Les sorcières de Dathomir ont pour coutume de s’affronter lorsqu’elles veulent réclamer un mâle qui est contesté. Imaginez un peu ce qu’il se passera si nos jeunes amies décident de se battre pour récupérer Keu…
- Une bagarre générale... Souffle la rouquine, un sourire amusé aux lèvres.
- Je vais ordonner à nos guerrières de laisser votre ami tranquille. De respecter les chevaliers impériaux comme des égaux, et non de les traiter comme des objets de convoitise. Intervient Thenel Ko. Cela étant, je peux comprendre leur enthousiasme… Notre clan aurait beaucoup à gagner à se reproduire avec des chevaliers impériaux. Je n’ose imaginer la puissance que des enfants issus d’une telle union pourraient avoir.
La suggestion ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. L’intérêt que les sorcières peuvent avoir pour les mâles de la Chevalerie Impériale semble renouvelé. Plusieurs femmes murmurent à voix basse, regardent dans la direction de Korax et Hunbaut, se mettent à rire. Elles ont bien quelques idées en tête. Le Zabrak donne un coup de coude complice à l’écuyer de Barristan.
- Fais attention à toi, Korax. Conseil d’ami… Et évite de boire dans le verre de ces donzelles. Sauf si tu tiens à te réveiller dans une hutte, nu et ligoté.
La remarque fait rire Gahéris et Loha. Quelques enfants, craintifs mais curieux, viennent entourer Rena-Ja. Ils s’interrogent sur son apparence étrange, sur sa couleur de peau, sur ses yeux bizarres de “mouche” comme ils les appellent.
Le village s’anime doucement. Ordre est donné de retrouver Keu avant le début des festivités. Puis vient l’heure du repas, des jeux, des chants et des danses… Et alors que chacun profite de l’ambiance bon enfant, Barristan porte son regard vers l’horizon. Il ressent une perturbation dans la Force, une agitation subtile et insidieuse. Il sait que la mère Esmsyl les observe discrètement. Et lorsque le moment viendra, elle lancera contre eux une nouvelle tempête. La dernière.
Celle qui décidera du sort des clans de Dathomir.
- HRP -
C'est la fête au village ! Vous avez carte blanche pour profiter des festivités comme il se doit. Après cela, l'ambiance sera clairement moins chaleureuse alors profitez en pour vous amuser ! -
Post n°27
Auteur : Rena-JaLe retour de Barristan et Loha était porteur de bonnes nouvelles : le clans de sorcières et les chevaliers impériaux étaient désormais alliés face à l'omineuse menace qui pesait sur eux. C'était toujours rassurant d'avoir des combattants de plus à ses côtés, et nul doute que l'aide des natives serait précieuse aux chevaliers. De son côté, Rena-Ja notait que la diplomatie avait pour l'instant fonctionné. Barristan semblait véritablement vouloir aider les autochtones, et même si cette victoire bénéficierait sans nul doute à l'Imperium, ça n'avait pas un piège tendu aux dathomiriens. La nouvelle de cette alliance provoqua la joie dans le village, et une fête de célébrations se mit vite en chantier.
Les impériaux se retrouvèrent, retrouvant vite leur camaraderie. Immédiatement, Rena et les autres remarquèrent la pointe de jugement, voire de moqueries dans les yeux de leurs deux compères, surtout ceux de Loha. En même temps, vu l'état dans lequel ils étaient, il y avait de quoi éclater de rire. La discussion alla alors sur Keu, qui prit quelques piques de plus par ses collègues. Fort heureusement, le bretteur allait enfin avoir du répit, sur ordre de la matriarche. Mais nul doute que cette mésaventure allait le suivre pendant le reste de sa carrière.
Peu après, tout le monde se sépara, certains étaient même bienvenus dans les huttes des sorcières, et c'était l'occasion de se changer pour être présentable pendant les festivités. La Voss, elle, devait d'abord se défaire du plus grand mal qu'elle avait jamais affronté.
Des enfants.
Après la première fillette venue lui donner de quoi s'essuyer, s'ajouta un autre bambin, puis un autre, et encore un... Une dizaine de demi-portions avait accouru autour de la jeune femme, tous avec des yeux ronds devant son apparence unique. Ce n'était pas surprenant qu'aucun d'entre eux n'ait jamais vu de Voss, et elle pouvait concevoir que son physique paraisse unique pour d'autres espèces (même si, de son point de vue, c'était les autres qui semblaient étranges). Les enfants posaient innocemment des questions sur elle, mais un peu trop vite pour qu'elle puisse répondre.
"Dis, tu viens d'où ?
-Pourquoi t'es toute rouge ?
-T'es une grosse mouche ?
-C'est quoi des nimpériaux ?
-J'ai faim, t'as des bonbons ?"
Bien vite, l’assaut fulgurant d’interrogations fut trop pour Rena-Ja, qui ne savait plus où donner de la tête. Son salut ne fut dû qu’à une des femmes du village qui, voyant sa détresse, chassa les enfants en clamant qu’elle préviendrait leurs mères. L’aspirante souffla un coup et fit un signe de tête à la sorcière en guise de remerciement, geste que cette dernière répliqua avant de partir. Désormais seule, la jeune humanoïde se prit la tête dans les mains une seconde, avant de soupirer. Décidément, les dangers sur cette planète n’étaient pas ceux auxquels elle s’attendait...
Un peu plus tard dans la soirée, la fête battait son plein. Impériaux et autochtones festoyaient ensemble, dans une ambiance joyeuse et conviviale. On mangeait et buvait jusqu’à ne plus rien pouvoir avaler. Et pour le coup, personne ne faisait bande à part, pas même l’aspirante Voss. Enfin, presque personne.
Keu, lui, était plus en retrait. Il se sustentait dans un coin de la tente, le dos face à la tenture pour éviter toute attaque surprise. Malheureusement pour lui, il n’était pas épargné par ses admiratrices. Malgré les directives de la matriarche, certaines des femmes ne pouvaient s’empêcher de le coller au plus près. Si elles n'essayaient plus de le forcer, elles l'entouraient en lui susurrant des choses et étaient aussi très... tactiles. Le chevalier avait le corps complètement raidi et tendu, le regard figé devant. Il prit sa coupe et l’amena avec une extrême lenteur jusqu’à sa bouche, sa main tremblotant tout du long. Il but un coup sans détourner les yeux, l’air livide. Même la Voss avait de la peine pour lui, à ce stade. Mais bon, il devrait pouvoir s’en sortir, maintenant que l’ordre avait été donné de ne plus lui sauter dessus. Enfin, peut-être.
Rena-Ja, de son côté, faisait moins la solitaire, pour une fois. La journée l’avait éreintée physiquement comme mentalement, aussi le copieux repas face à elle ne fit pas long feu, et elle alla même se resservir à plusieurs occasions.
La Voss était un peu moins intransigeante avec les sorcières qu’elle ne l’avait été avec les impériaux. Si elle n’était pas extravertie, elle écoutait leurs histoires, Les similarités entre son peuple et le leur créaient chez elle une forme de sympathie envers eux. Tous deux étaient jusque-là isolés, et l’Imperium était venu à eux. Pendant une seconde, elle s’imagina une scène identique à celle sous ses yeux, mais où les Voss remplaçaient les dathomiriens. La paix et l’union… Était-ce un avenir possible pour Voss ou non ? C’était à elle et elle seule de le découvrir.
Au cours du repas, on lui servit évidemment aussi à boire. La boisson était forte et plutôt amère, mais avec un arrière-goût légèrement sucré. Au fond, ce n'était pas désagréable à boire. Une fois qu’elle eut terminé sa coupe, on lui en resservit aussitôt. Par respect, elle finit la seconde, mais un troisième verre fut servi juste après. Le cycle continua cinq ou six fois avant que l’aspirante ne pose sa coupe pour de bon, ne pouvant plus boire davantage.
Mais à force, une drôle de sensation se fit peu à peu sentir. La vue de la jeune femme se troublait, sa tête tournait, ses oreilles bourdonnaient. Une sorte d'état second qui, à n'importe quel autre moment, l’aurait mise mal à l’aise. Mais là, elle se sentait bizarrement bien, très bien même. Elle se sentait légère et confiante. A cet instant précis, elle était d’attaque pour faire face à tous les dangers de Dathomir, toute nue, sans armes et les yeux bandés !
Dans cet état second, elle balaya le regard de droite à gauche, écoutant ce qui se disait autour d’elle. Son attention se porta sur Barristan et la matriarche, qui discutaient de quelque chose dont elle ne pigeait pas un broc. Mais pour être honnête, c’était le cas avec toutes les autres conversations. D’un coup, sans prévenir, la Voss éclata de rire. Elle vociférait presque son amusement soudain, à tel point que tout le monde l’entendit et se tourna vers la jeune femme. Celle-ci rit à plein poumons pendant quelques secondes de plus, se tenant les côtes tout le long. Finalement, elle se calma et lâcha un soupir, toute souriante.
"Aaaah… Vous êtes vraiment trop drôle, Barristan, j’en peux plus !"
Puis, tout aussi soudainement, elle se dressa raide comme un piquet, tel un suricate de lave aux aguets. Elle avait étrangement chaud à présent, et la seule solution à ses yeux semblait d’aller à l’extérieur.
"Excusez-moi, je vais prendre l’air une seconde !"
Titubant jusqu’à la sortie, la Voss prit une grande bouffée d’air frais une fois dehors, avant de partir vadrouiller sans savoir elle allait, laissant tout le monde circonspect. D’autant plus qu’elle ne revint jamais à l'intérieur ce soir-là.
Le lendemain matin, Rena-Ja avait un énorme mal de crâne. Le plus violent qu’elle ait jamais eu, même. Son corps tout entier était endolori, elle parvenait à peine à bouger. Lorsqu’elle tentait d’ouvrir les yeux, elle était éblouie par même le plus faible des rayons de lumière. En plus de cette sensation bizarre, quelque chose clochait. Là où elle s’attendait à être dans une hutte, en intérieur, elle sentait sur sa peau la chaleur du soleil et le souffle du vent. Elle avait dormi… dehors ? Lentement, elle se força à ouvrir un œil, même si ça la brûlait quelque peu. Au bout d’un moment, ses sens commencèrent à revenir, dont sa vue. Quand elle put enfin voir à peu près clairement, elle tourna la tête, et en réalisant où elle était, elle se figea.
L’aspirante-chevaleresse, ambassatrice de Voss au coeur de l’Imperium, était actuellement allongée à plat ventre, non pas sur le sol, mais sur le toit d’une des huttes du village. La jeune femme dû se frotter les yeux plusieurs fois pour être sûre de voir correctement. Elle n’avait strictement aucun souvenir de la nuit d’avant, aussi un millier de questions lui traversaient l’esprit. Mais une en particulier supplantait toutes les autres.
Comment, au nom de la Force, était-elle arrivée là ?
Depuis le début de son périple en tant qu’impériale, sa nouvelle vie était forte en découvertes et expériences. Et aujourd’hui, Rena découvrait les joies de l'alcool et de la gueule de bois. -
Post n°28
Auteur : Korax EndatoménèsUne fête ? Ce n’était pas ce que le jeune homme avait imaginé mais, après tout, ce n’était pas désagréable. Il pourrait goûter les spécialités locales et peut-être se faire de bons souvenirs de cette campagne. Celle-ci avait pourtant bien mal commencé. Mais, dans ce village, l’atmosphère de la planète écarlate semblait presque légère.
Il était quelque peu intimidé et n’osa parler qu’à Vadel’ma avec qui il avait fraternisé lors du voyage. Il la questionna sur un endroit où il pourrait laisser son armure. La jeune guerrière à la peau pâle le mena vers une hutte dans laquelle il déposa son casque et son paquetage et détacha les plaques de plastoïde rouge qui garantissaient sa protection. Une fois dans sa confortable combinaison de combat, il attacha son sabre à sa ceinture et mit sa cape. Il se dirigea ensuite vers la hutte servant de cuisine commune pour donner un coup de main.
Sous l'œil vigilant de trois femmes d'âge moyen, plusieurs mâles s’activaient. Ils ne dirent pas non à l’aide de l’écuyer qui en profita pour noter les différentes recettes préparées ici.
La hutte était construite en pierre, pour ne pas se transformer en torche à cause des nombreux feux sur lesquels cuisait la nourriture du soir. Plusieurs des sangliers qu’ils avaient rattrapés dans l’après midi étaient embrochés tandis que des poissons plats grillaient sur une pierre chaude. de l’autre côté de la pièce, une marmite cuisait un mélange de racines et de céréales locales tandis que dans une autre se trouvait une sauce aux fruits. Il fut assigné à peler et couper les fruits.
Korax n’était pas un grand cuisinier mais il venait d’une famille de bons vivants et son père, passionné par l’art culinaire, lui avait appris la préparation de nombreux plats. Il s'acquitta donc de sa tâche avec dextérité.
Une fois ceci terminé, il se dirigea vers la tente où se tenait le banquet. Tous ses camarades semblaient s’amuser et discuter avec les membres du clan sauf Keu qui semblait toujours terrifié dans son coin. Le gaucher s’assit à côté de Vadel’ma. Cela lui permettrait de discuter avec quelqu’un avant que le courage liquide ne fasse son effet. La jeune femme lui offrit un gobelet en metal et approcha le tonnelet pour qu’il puisse se servir. Il allait enfin pouvoir tester la boisson locale. Il goûta. Cela ressemblait à du vermouth doux, un vin sucré fortifié légèrement amer dû à la macération de plantes aromatiques. Il se dit qu’il devrait en prendre une bouteille pour ses parents.
Il discuta avec plusieurs sorcières et échangea sur les coutumes locales ainsi que sur ses expériences sur d’autres planètes. Elles étaient particulièrement intriguées par sa description des villes tentaculaires d’Eriadu. Certaines se mirent à jouer d’un instrument à cordes et d’autres se mirent à danser. Vadel’ma restait autour de lui et tentait maladroitement de le séduire. Jusqu’ici, Korax n’avait pas regardé l’autochtone autrement que comme un autre soldat et n’avait pas remarqué qu’elle était très à son goût. Sa peau était gris clair, couverte de tatouages ésotériques, elle avait de longs cheveux blancs coiffés dans une natte et ses yeux étaient gris sombres. Elle portait une robe couleur brique avec une épaisse ceinture en tissu bleu clair. Elle avait aussi de nombreux colliers et bracelets, certains en bois, d’autres en métal et encore d’autres en céramique. Il ne savait pas si c’était lui ou l’alcool qui parlait mais il commença timidement à flirter en retour.
C’est alors que Rena-Ja, la discrète Rena-Ja, la distante et timide Rena-Ja, visiblement alcoolisée, se mit à rire et vociférer avant de sortir de la tente. Cela déclencha l’hilarité générale, ce qui ajouta à la bonne humeur générale de la soirée. Un peu plus tard, il vit Hunbaut s'éloigner à son tour avec une Dathomirienne à son bras. Alors qu’il levait son verre à la conquête de son frère d’armes, il remarqua du coin de l'œil l’évacuation (ou le kidnapping) d’un Keu éméché par deux femmes.
Quelques minutes après, ce fut à son tour de se diriger vers les huttes, main dans la main avec sa compagne du jour. Il remarqua qu’ils se dirigeaient vers la hutte dans laquelle il avait déposé son armure et rit intérieurement. Visiblement, la jeune femme avait tout prévu.
+++MESSAGE DU MINISTÈRE DE L’INFORMATION DE L’IMPÉRIUM+++
Pour ne pas choquer notre audience la plus jeune lors de cette séance de conception d’enfants, nous interrompons temporairement notre programme. Nous vous proposons un court métrage réalisé par la marine impériale !
TIE Fighter
Éducatif n’est-ce pas ? N'hésitez pas à vous engager pour défendre votre monde et répandre le message de l’Impérium !
+++FIN DE L’INTERRUPTION+++
Le soleil était déjà levé lorsque Korax émergea. Il sentit un poids sur son épaule droite. Il vit alors Vadel’ma qui dormait, accrochée à son bras mécanique. Il la réveilla en lui caressant la joue. Elle l’embrassa avant de s’asseoir sur le couchage.
-Merci, pour cette nuit. lui dit-elle doucement. Avec un peu de chance, il y aura une nouvelle petite guerrière la prochaine fois que tu viendras.
Il y avait beaucoup d’optimisme dans cette phrase. Comme si rien ne pouvait leur arriver. Il répondit:
-Merci, la soirée a été fantastique.
Il se sentait à l’aise à ses côtés et n’avait pas très envie de se lever, mais son estomac lui rappela qu’il devait se sustenter régulièrement. Il lui demanda ses lunettes qu’elle plaça sur son nez avec la Force avant qu’ils se lèvent tous les deux et s’habillent. Alors qu’ils s'apprêtaient à sortir pour trouver un éventuel petit déjeuner, la jeune femme aux longs cheveux blanc attrapa son bras.
-Promet moi que tu reviendras quand les combats seront finis. Si je devais avoir un enfant, je veux qu’il rencontre son père, et si c’est un garçon, tu devras l’emmener. Cette planète n’est pas tendre avec les mâles.
Il posa la main sur la sienne et sourit.
-Je te le promets. Je pourrai aussi te faire visiter l’Impérium, si tu le souhaites.
-Je suis bien ici pour le moment mais je retiens ta proposition.
L’écuyer laissa son paquetage et son casque alors qu’il sortait de la hutte. -
Post n°29
Auteur : HivernusL’heure est aux réjouissances semble-t-il. Et quelles réjouissances ! Grisés par l’alcool, les chevaliers impériaux apparaissent sous un nouveau jour. La jeune Rena-Ja, jusque-là très réservée, se montre visiblement moins coincée avec un coup dans le nez. Pompette comme pas deux, la voilà qui se met à rire pour un rien, adressant notamment une remarque au vieux maître d’armes. Barristan ne s’en offusque pas et, à l’instar de ses camarades, semble plutôt amusé et agréablement surpris de la voir de si bonne humeur. La Voss s’éclipse cependant rapidement, l’alcool faisant son effet, et arrache à l’assemblée générale une bonne tranche de fou rire.
Disparaissent ensuite les jeunes et fringants gaillards de la Chevalerie Impériale. Keu, malgré les consignes données par la matriarche, se retrouve embarqué par plusieurs sorcières enthousiastes. Hunbaut use de son charme naturel pour séduire une guerrière indigène et Korax semble lui aussi avoir trouvé de la compagnie. Barristan l’observe quitter les lieux, sa main dans celle de la belle Vadel’ma, un sourire aux lèvres.
Le commandant grogne doucement. Enfin pas vraiment. Il s’agit plutôt d'une sorte de ronchonnement de vieux daron content de voir le fiston partir avec une prise de choix mais qui n’ose pas le dire, trop fier pour l’admettre. Le natif de Yaga Minor est jeune. Il a beaucoup d’énergie à revendre, de choses à expérimenter. Et après ce qu’il a vécu, il a bien mérité une telle compagnie. Barristan le comprend. Il espère juste que cette amourette ne détournera pas Korax de ses obligations.
- Un problème, Barristan ?
La voix douce de Thenel Ko le sort de ses pensées.
- Un problème ? Non. Enfin je ne pense pas… Il s’enfile une gorgée d’alcool, venant s’essuyer la barbe d’un revers de main. Je constate simplement que mes camarades sont pressés d’honorer cette nouvelle alliance avec vos guerrières… Quand je leur ai demandé de sympathiser avec les sœurs de votre clan, je ne pensais pas qu’ils iraient jusqu’à s’inviter dans leur couche. Ils ont tout pris au pied de la lettre. Je leur ordonnerai d’aller se jeter dans la gueule d’un Rancor qu’ils le feraient de bon cœur !
La remarque fait rire la vieille sorcière et les indigènes qui partagent leur repas. Loha, installée un peu plus loin, et qui a tout entendu, se permet d’ajouter son grain de sel à la discussion.
- Tu t'inquiètes pour ton écuyer, Barristan ? Comme c’est touchant !
- Il semble plutôt jaloux si tu veux mon avis. Répond à sa suite Gahéris, au moins aussi moqueuse que sa comparse.
- Jaloux ? Barristan est un guerrier redoutable et un sorcier bien plus puissant que nos sœurs les plus aguerries. Il pourrait avoir dans sa couche chacune de mes guerrières s’il le souhaitait. Déclare la mère du clan de la Rivière Folle.
Le vieux chevalier se couvre le visage de honte, visiblement gêné. La matriarche n’a vraisemblablement pas compris le sens de la blague. Ses deux sœurs d’armes pouffent de rire, le voyant devenir au moins aussi rouge que le pourpre de son armure. La situation est en effet cocasse.
Barristan est un loup solitaire et s’il apprécie d’appartenir à une meute, il n’en demeure pas moins attaché à ses moments de solitude. Le maître d’armes a été le témoin de beaucoup d’horreurs, a vécu bien des choses et il a donc besoin de se ressourcer dans son coin, à sa manière… Loin des bras des dames et de la cacophonie des grandes festivités. L’homme se redresse doucement, balbutie quelques excuses et finit par se dérober pour aller fumer sa pipe dans un coin plus tranquille. Loha et Gahéris, habituées au personnage, ne lui en tiennent pas rigueur.
Voilà donc les femmes de la Chevalerie Impériale seules aux commandes. Ce qui n’est pas pour leur déplaire bien sûr. Force est de constater qu’elles ne manquent par ailleurs pas d’idées. Probablement inspirées par leurs consœurs indigènes, les donzelles se mettent à imaginer tout un ensemble de paris stupides. Concours de boisson, course à dos de cochon, lutte dans la boue… Les voilà parties pour une nuit de défis en tout genre en compagnie des femmes du clan de la Rivière Folle. L’ambiance est légère et la soirée restera probablement comme l’une des plus mémorables de la Chevalerie Impériale. Nul doute que les heureux élus feront beaucoup de jaloux auprès de leurs frères d’armes.
Au clair de lune, de l’une des quatre lunes de Dathomir pour être plus précis, les jeunes femmes se livrent donc à une série de facéties sous le regard amusé du vieux Barristan. Il fume la pipe sous la cime d’un vieil arbre, le dos appuyé contre son tronc recouvert de mousse. Il les observe boire jusqu’à plus soif, se vautrer dans la boue face à des guerrières au moins aussi éméchées qu’elles puis se poursuivre à dos de sangliers domestiqués autour du village. Une concurrente, un coup dans le nez, s’encastre dans une hutte avec sa monture improvisée. Gahéris échappe de peu au même sort mais son cochon s’empêtre les pieds dans un filet de pêche et la charmante rouquine finit désarçonnée. Elle fait un vol plané qui l'envoie tout droit (et tête la première) dans un panier rempli de poissons. La scène provoque l’hilarité générale parmi les spectateurs.
Il est clair que les chevaliers impériaux ont su se faire des amis au sein du clan de la Rivière Folle. Le commandant se satisfait d’un tel résultat, espère que cet exemple incitera les autres tribus à suivre la même voie. Il tire une bouffée sur sa pipe, s’amuse à dessiner des formes dans la fumée. Son regard s’attarde un instant encore sur ses camarades puis il lève les yeux vers le ciel, vers cette lune mystérieuse qui réfléchit la lumière du soleil. L’homme se demande où sont les trois autres satellites de la planète, curieux. Puis il sent un voile d’obscurité l’entourer au moment même où les nuages commencent à dissimuler l’astre.
Il frissonne doucement. Ses pensées sont pour ses jeunes frères et sœurs d’armes. Qu’ils profitent donc de cet instant de légèreté. La tempête approche.
La nuit semble de courte durée, comme c’est souvent le cas après une soirée trop alcoolisée. Korax et Rena-Ja ont de la chance. Ils ne se font pas secouer les puces par Barristan. Pour les autres, le réveil est plus brutal. Le vieux chevalier, une casserole en fonte dans une main et une cuillère en bois dans l’autre, fait le tour des huttes en jouant une mélodie martiale qui ferait grincer des dents les professionnels de la musique. Hunbaut est le premier à sortir, frais comme un gardon. Vient ensuite le tour de Keu. Le natif d’Eriadu se présente torse nu, mal réveillé, le corps couvert de suçons et de griffures… Gahéris et Loha ont le sommeil lourd. Un seau d’eau en pleine figure les réveille comme il se doit.
Le commandant permet à ses camarades de déjeuner tranquillement, de prendre un bain dans l’eau claire de la cascade. Ils ont besoin de recouvrer leurs forces, de se rafraîchir les idées pour attaquer une journée qui s’annonce fort chargée. Les chevaliers impériaux s’observent du coin de l'œil, se sourient. Ils savent tous qu’ils ont vécu de sacrés choses et ce qu’ils ont fait durant la nuit appartient à présent à leur petit jardin secret.
Une guerrière du clan de la Rivière Folle vient chercher le maître d’armes. Son attention est requise ailleurs, auprès de la matriarche et des aînées de la tribu. La conversation dure plus ou moins trente minutes et lorsque le vieux chevalier revient parmi les siens, c’est avec la mine sombre.
- Une éclaireuse du clan vient de nous indiquer qu’une armée marche sur le village. Elle sera ici à la tombée de la nuit. Nous devons donc nous préparer au pire, organiser la défense du village et de ses occupants.
- Est-ce qu’on a une idée des forces qui fondent sur nous ? Demande Keu, ajustant le col de sa tenue pour cacher les traces de suçons sur son cou.
- Rien de bien précis pour l’heure… Peut-être trois cent ou quatre cent combattants. Si ce n’est plus. C’est mon travail d’en savoir plus. Je vais me mettre en contact avec le commandement orbital et transmettre un message aux troupes de la base. Nous allons mobiliser des moyens pour surveiller les mouvements de l’ennemi. Et nous préparer au pire.
Le commandant passe une main dans sa barbe hirsute, songeur. Il donne ses ordres. Keu et Loha doivent se charger d’entraîner les hommes du village au combat. Rena-Ja est adjointe au duo afin qu’elle puisse en profiter pour parfaire sa maîtrise. Hunbaut, qui connaît les forêts environnantes mieux que quiconque au sein de la Chevalerie Impériale, se voit confier la tâche de préparer des pièges pour ralentir ou affaiblir les forces de l’ennemi. Gahéris doit quant à elle superviser la fabrication d’armes pour les combattants, organiser les stocks de projectiles et vérifier l’état des réserves de fournitures à usage médical. Barristan se tourne ensuite vers son écuyer.
- Korax, je te laisse deux heures pour évaluer l’état des défenses du village. Points forts, points faibles, suggestions tactiques, je veux un rapport complet à la fin du temps imparti.
Le vieux maître d’armes laisse à son jeune apprenti une tâche importante. Une façon pour lui de le préparer au commandement, de lui laisser plus de responsabilités dans la mesure où il sera un jour amené à prendre du galon. Il compte bien faire du natif de Yaga Minor un chevalier impérial accompli. C’est du moins ce qu’il espère…Spoiler
-
Post n°30
Auteur : Rena-JaRetrouvant peu à peu ses esprits, la Voss tenta difficilement de se mettre en position assise. Elle porta une main sur son front, sa migraine toujours aussi intense. Malgré son état, elle chercha à faire le point et à se souvenir de n'importe quoi qui puisse expliquer sa situation. Seuls des fragments de la nuit dernière lui revinrent : la fête battant son plein, tout le monde s'amusant et discutant, et elle-même qui appréciait son repas, mais rien de plus. Le noir total. Peu importe à quel point elle se concentrait, ça ne donnait rien. Visiblement, elle n'arriverait à rien toute seule. Peut-être que les autres pourraient l'aider à y voir plus clair ? Il faudrait qu'elle leur pose la question, mais avant ça, il y avait un autre problème à résoudre. Elle devait descendre de là.
S'appuyant sur son dos, Rena-Ja avança doucement en se déplaçant sur ses quatre membres, telle une araignée. Elle n'était pas au mieux de sa forme, sauter du toit comme ça n'était pas envisageable à l'heure actuelle. Une autre approche était donc nécessaire. Elle arriva au bord de la toiture oblique, une paire de mètres la séparant du sol. La jeune femme pivota sur elle-même et entreprit sa descente. Son plan était de se suspendre au rebord pour ensuite se laisser tomber pendant les quelques dizaines de centimètres restants. C'était moins risqué, sans l'ombre d'un doute. Seulement, elle avait peut-être un peu surestimé ses capacités actuelles. La manœuvre semblait bien se passer, jusqu'au moment fatidique. Lorsqu'elle voulut se laisser pendre, la charge de son poids reposa entièrement sur ses bras. Ceux-ci n'était malheureusement pas assez réveillés pour support un tel poids, aussi ses doigts ne purent tenir plus d'une demi-seconde. La gravité se chargea du reste, et la Voss tomba au sol sur le sol dans un bruyant fracas. Déjà qu'elle n'avait pas l'esprit très clair, le choc l'étourdit en prime. Pendant une bonne minute, elle resta immobile, lessivée physiquement et mentalement. Pour un observateur extérieur, la scène devait être hilarante. Sa fierté avait pris un sacré coup, et ça n'allait pas aller en s'arrangeant. Pendant que Rena-Ja se contentait d'exister sur le sol, ce qui était déjà en soi un énorme effort pour elle, plusieurs ombres vinrent se poser sur elle, bloquant les éblouissants rayons du soleil. Rouvrant les yeux, l'aspirante croisa le regard de plusieurs sorcières, toutes penchés au-dessus d'elle avec un malin sourire sur le visage. Comme si ce n'était pas suffisant, une ombre plus petite se joignit au reste, et une des enfants du village vint la regarder aussi avec un air étonné, ainsi qu'un doigt enfoncé dans la narine.
"Ben, madame la mouche, tu sais pas voler ?"
Un peu plus tard, la jeune femme était assise sous une des tentes, une gourde remplie d'eau entre les mains. Les autochtones l'avaient, après quelques moqueries, aidée à se relever, puis à se rafraîchir. Elle allait mieux à présent, et pouvait tenir debout à peu près correctement. Une fois qu'elle fut en état, elle leur demanda ce qui lui était arrivé, et la réponse l'horrifia au plus haut point.
La Voss s'était, d'après eux, enfilée une demi-douzaine de verres d'alcool, pour finir complètement pompette. Là, elle s'était adressée à Barristan par son prénom, avant d'éclater de rire sans raison aucune, et de filer dehors sans demander son reste. Ce seul fait était suffisant pour plonger l'humanoïde dans un profond embarras, mais évidemment, ce n'était que le début.
"J'ai fait quoi ?"
Face à elle, les trois sorcières qui l'avaient escortée peinaient à s'empêcher de rire.
"Après être sortie... vous êtes montée sur une des huttes, et ensuite..."
La femme s'interrompit pour retenir un ricanement.
"Pardon, hum... Vous vous êtes mise à sauter de toit en toit tout en chantant dans une langue étrange. Ca a duré deux bonnes heures, jusqu'à ce que d'un coup, vous hurliez "VOSS INDÉPENDANTE", avant de tomber à la renverse."
C'en était trop pour les deux autres dathomiriennes, qui pouffèrent bruyamment. Rena-Ja avait la tête dans les mains. Heureusement que sa peau était rouge, car sa gêne infinie se serait vue si son visage était d'une autre couleur. Pas que cela changeait quelque chose, au fond.
"Il était tard et tout le monde avait l'esprit ailleurs, donc personne n'a pensé à aller vous chercher...
-Je... vois."
Intérieurement, Rena-Ja avait envie de mourir. Jamais elle n'avait autant eu honte de toute sa vie. Son supposé nouveau départ commençait terriblement mal. Et que dire de l'image qu'elle venait de donner de son peuple ? Une ambassadrice devait faire attention à sa conduite, cela allait sans dire. Et si les événements d'hier impactaient la relation de Voss avec l'Imperium ? Venait-elle de compromettre sa mission aussi vite ? Elle devait en avoir le cœur net. Elle se leva, avant de s'incliner face à ses hôtes du moment.
"Merci pour votre aide, et veuillez m'excuser pour hier soir."
Les sorcières avaient presque l'air gênées par ses excuses, comme si elles se sentaient soudainement mal de s'être moquées.
"C-Ce n'est rien, ne vous en faites pas."
Préférant ne rien dire de plus, Rena-Ja quitta la hutte pour se mettre à la recherche des autres impériaux. Elle n'eut pas trop de mal à les trouver, puisqu'ils déjeunaient tous ensemble dans un coin du village. En voyant l'alien rouge arriver, Gahéris et Loha lui firent des signes, ce qui ne la mit pas en confiance.
"Regardez qui voilà, c'est notre cantatrice nocturne ! Qui aurait cru que tu avais une si belle voix ?, fit Loha.
-Il faudrait appeler le BSI, on a une indépendantiste parmi nous !", ajouta Gahéris en riant.
Oh non. Évidemment, il fallait qu'ils aient tout vu. La Voss ne croyait pas en la chance, mais elle avait tout de même l'impression d'être maudite à cet instant. Détournant le regard, elle alla s'installer à la table, se contentant d'avaler un peu de nourriture. Les railleries de ses collègues continuèrent le long du repas, sans qu'elle ne dise mot. Après ça, ils se rendirent à la cascade pour se débarbouiller. Les femmes y allèrent d'abord, et Rena se retrouva donc seule dans l'eau avec ses deux aînées. Elle ne faisait pas la fière, d'autant qu'être nues ensemble la mettait encore plus mal à l'aise. Dans un premier temps, elle préféra se focaliser sur le nettoyage de son corps, mais son angoisse la poussa à les interpeler.
"... Vais-je... avoir des problèmes ?"
Les deux femmes, occupées à se rincer, levèrent un sourcil en même temps.
"Des problèmes ?"
La Voss inspira.
"Je... J'ai eu un comportement inacceptable la nuit dernière. En tant qu'ambassadrice de Voss, et... en tant qu'aspirante. Vais-je être sanctionnée ?"
Elle s'attendait évidemment à une punition. En soi, ses actions représentaient l'Imperium, elle ne pouvait se laisser aller ainsi, même si elle était sous l'emprise de l'alcool à ce moment-là. Cependant, elle n'eut pas la réponse à laquelle elle s'attendait. Les deux femmes se regardèrent, avant d'éclater de rire. Incrédule, Rena-Ja ne savait pas trop quoi dire, leur réaction était pour le moins étrange.
"Tu n'as pas à t'en faire, il y a peu de chances que tu sois punie pour ça. Pour tout te dire, ça a fait plus rire tout le monde qu'autre chose. Et si ça peut te rassurer, on a tous eu des mésaventures qu'on préfèrerait oublier.
-En revanche, attends-toi à ce qu'on ressorte cette histoire souvent ! Ça va te suivre un moment, j'en ai peur. Tu ne seras pas la seule, d'ailleurs !
Gahéris faisait probablement référence à Keu, qui avait été bien malchanceux (ou au contraire chanceux, pour certains) de tomber dans les griffes des sorcières. Il aurait sûrement préféré Voss, sur ce point précis. Les désirs sexuels de l'espèce de la jeune femme ne s'éveillaient qu'à travers un rituel, généralement effectué avant le mariage. Le chevalier aurait probablement pu préserver sa pureté, là-bas. Enfin, ce qui était fait était fait...
Cela étant, la jeune Voss était rassurée. Pour l'instant, sa mission était sauve, même si sa réputation ne l'était pas autant. C'était le plus important. Mais à l'avenir, elle tâcherait d'éviter l'alcool. Juste au cas où.
Après s'être rhabillée, Rena-Ja se tenait prête pour la suite. Et celle-ci ne se fit pas attendre. Revenu d'une réunion, Barristan annonça directement la nouvelle : une armée ennemie envahirait le village d'ici cette nuit. Aussitôt, les yeux de la jeune femme s'illuminèrent. C'était donc le moment décisif. Sa première bataille réelle. L'occasion de faire ses preuves en tant que guerrière. Malgré l'urgence de la situation, l'humanoïde était décidée à se battre. Plus que ça, même. Cette simple idée l'excitait.
Entraîner des hommes en une journée n'était pas une mince affaire, Loha et Keu devaient donc faire au mieux. Après avoir regroupé les hommes du village, les deux chevaliers passèrent de longues heures à leur apprendre des rudiments de combat au corps à corps et à l'épée. Rena-Ja s'était jointe aux mâles comme Barristan l'avait ordonné. Cela lui permettait de revoir les bases, tout en affinant quelque peu sa technique. Si c'était toujours perfectible, elle commençait à se débrouiller correctement. Elle arrivait même à tenir en échec certains hommes pourtant plus costauds qu'elle. À ce rythme, elle deviendrait un chevalier accompli en un rien de temps. Ses progrès la satisfaisaient de plus en plus. Même l'idée de se frotter à une armée de plusieurs centaines d'ennemis ne lui faisait pas peur.
Là, tout de suite, elle se sentait invincible.
