L'Union fait la Force.
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Post n°23
Auteur : HivernusBarristan observe le combat avec beaucoup d’attention. Il passe une main dans sa barbe hirsute, visiblement perplexe. Korax est trop agressif. Il agit à l’instinct, ne prend pas le temps d’évaluer la situation, de l’exploiter à son avantage. L’affrontement tourne au pugilat, prend une tournure chaotique. Les coups sont distribués à tour de bras, sans méthode particulière. Rena-Ja apparaît débordée et son manque d’entraînement, d’expérience, lui fait clairement défaut dans une telle situation. Lorsque le combat s’achève finalement sur une victoire des apprentis chevaliers, le vieux maître d’armes se retient bien d’exprimer sa joie. Son visage n’évoque rien de bon, demeure fermé. Il n’est pas content du résultat.
- Quel bazar sans nom… Soupire le commandant. Si ce combat avait été réel, vous n’en seriez pas sorti vivants. Korax, tu as laissé ta partenaire sans défense. Et tu t’es volontairement mis en danger pour atteindre ton objectif. Si ces guerrières avaient été vos ennemies, que se serait-il passé ? Rena-Ja aurait été tuée. Et toi, Korax, tu aurais probablement pu triompher de tes adversaires… Mais à quel prix ? Dans un sale état et en ayant sacrifié ta partenaire ? Je suis déçu.
L’homme marque un temps de pause, se massant les tempes d’une main nonchalante comme pour tenter d’effacer la frustration qui semble poindre dans son esprit.
- Il vous reste encore beaucoup à apprendre, à maîtriser, à perfectionner. J’en suis conscient. Poursuit le chevalier impérial. Mais le temps manque. Un dernier combat se prépare… Une dernière épreuve qu’il nous faudra affronter ensemble. Je le sens. Nous devons veiller les uns sur les autres, combattre comme si nous ne faisions qu’un. La Chevalerie Impériale est une grande famille et lorsque nous nous battons, c’est en groupe que nous sommes plus dangereux. Soyez semblables à une meute de prédateurs… Prenez le temps d’observer votre proie. Identifiez son point faible, communiquez l’information, coordonnez vos efforts. Et frappez. Ensemble. Et si l’attaque semble présenter trop de risques, il est plus judicieux de rester sur la défensive ou de battre en retraite.
Barristan sourit doucement, offrant à ses deux ouailles une petite tape amicale sur l’épaule. Il leur tend une gourde d’eau.
- Buvez un coup. Et prenez deux minutes pour souffler. Nous partons bientôt pour le village du clan de la Rivière Folle et nous allons devoir mettre les bouchées doubles avant qu’un nouvel orage ne pointe le bout de son nez. Je ne compte pas me faire surprendre par une nouvelle tempête.
Le vieux maître d’armes s’isole ensuite en compagnie de la cheffe des indigènes afin de discuter des préparatifs pour le départ, laissant la Voss et le natif de Yaga Minor entre les mains de l’expérimenté Hunbaut. Le Zabrak profite de ce bref instant de repos pour donner quelques conseils aux jeunes gens afin qu’ils puissent se montrer plus efficaces au combat lorsqu’ils auront un vrai danger à affronter ensemble. Puis vient l’heure de rejoindre le reste du groupe afin de récupérer les paquetages.
Capes sur les épaules et sacs sur le dos, les chevaliers impériaux quittent ainsi le confort rudimentaire de la grotte pour poursuivre leur périple dans la forêt. Ils suivent les guerrières de la Rivière Folle, marchent sur des sentiers empruntés par des générations de sorcières, traversent des paysages constitués de buissons verts, de fougères rouges, de végétaux aux veines colorés, d’arbres aux feuillages sombres… Dathomir est un endroit étrange et plein de couleurs, un lieu obscur mais intriguant. Une planète faite de nuances et de contrastes.
Hunbaut profite de cette excursion en pleine nature pour se lancer dans une sorte d'exposition botanique qui s’adresse d’abord et avant tout à Rena-Ja et Korax. Il leur parle ainsi des bénéfices que l’on peut retirer de certaines espèces de plantes mais également les dommages irrémédiables qu’elles peuvent causer si elles sont mal utilisées. Il raconte ensuite l’usage sinistre qui est fait de ces végétaux par les terribles clans de Soeurs de la Nuit, de la corruption qu’elles apportent. De l’équilibre qu’elles bousculent. Le temps passe. Les heures défilent. Le groupe s’enfonce toujours plus loin dans la forêt. Une pause est accordée. Puis la marche reprend son cours.
Loha, qui ferme la marche en compagnie de sa jeune élève, en profite alors pour lui parler de la Chevalerie Impériale, lui explique plus en détail le rôle de ses chevaliers. Elle l’introduit aux devoirs sacrés de ses frères et soeurs d’armes, d’abord envers l’Impérium qu’ils ont juré de servir fidèlement, puis envers leurs camarades qu’ils se doivent d’assister en toute circonstance, et finalement envers la galaxie qu’ils ont promis de défendre coûte que coûte face aux dangers qui menacent son existence.
Après une demie journée de marche, le groupe atteint finalement les abords d’un petit village enclavé au milieu de la forêt. Là, au bord d’une rivière agitée, nichent en effet quelques dizaines de huttes construites à partir de bois mort, de branchages divers et de paille. La clairière est suffisamment grande pour abriter toute une communauté de sorcières. Certaines parcelles sont utilisées pour cultiver du riz, qui semble se plaire dans cet environnement marécageux, tandis qu’ici et là, plusieurs troupeaux de créatures ressemblant fortement à des sortes de cochons (mais avec des têtes de rongeurs) sont parqués dans des enclos et broutent paisiblement. Ce sont principalement les hommes et les enfants qui travaillent dans les champs ou au bord de la rivière, les femmes se contentant de les observer de loin, armes à la ceinture ou à portée de main.
Voyant arriver des étrangers dans leur village, plusieurs de ces sorcières s’approchent doucement. On peut lire sur leurs visages une certaine méfiance, ou de l’appréhension. Il y a une sorte de tension sous-jacente qui commence à poindre le bout de son nez parmi la communauté du clan de la Rivière Folle. La cheffe de la petite troupe indigène ayant escorté les chevaliers impériaux se tourne vers Barristan, confiante malgré tout.
- Notre mère vous attend, Wilhelm Barristan. Suivez-moi.
- Je vous suis. Répond simplement le vieux maître d’armes avant de s’adresser à ses camarades. Loha, avec moi. Les autres, essayez de vous faire une place parmi ces villageois. Voyez s’ils n’ont pas besoin d’aide, tentez de gagner leur confiance… Rendez vous utile. Hunbaut, je compte sur toi pour veiller au grain.
- Chef oui chef !
Le commandant s’éloigne donc en compagnie de Loha et de la cheffe des guerrières, se dirigeant vers une sorte de forteresse bâtie sur une petite île isolée au milieu de la rivière. Ceinturé par une muraille de pierres grossières et quelques rangées de pieux en bois, le centre du pouvoir local n’est en réalité qu’un vieux tumulus sur lequel poussent quelques arbres centenaires aux racines imposantes. Plusieurs reptiles volants, imposants par la taille, nichent dans les branches épaisses de ces géants endormis ou tournoient au-dessus d’eux, tels des protecteurs vigilants.
Hunbaut, en tant que natif de Dathomir, n’a aucun mal à rassurer les indigènes sur la présence de chevaliers impériaux au sein de leur communauté. Plusieurs d’entre elles s’intéressent aux mâles du groupe, commentent à voix basse sur leur possible utilité en tant que reproducteurs et esclaves pour le clan. D’autres, encore méfiantes, préfèrent se tenir à l’écart, voyant d’un mauvais œil la venue de ces étrangers originaires du ciel.
Keu se voit proposer par une belle et jeune sorcière de visiter sa couche, ce qu’il refuse bien évidemment, embarrassé et rouge comme une crevette. Gahéris explose de rire, se moque de son frère d’armes gentiment en lui faisant remarquer son manque de courage soudain. L’autre se renfrogne, marmonne quelque chose, s’empourpre d’autant plus, visiblement gêné. Plusieurs indigènes trouvent cette timidité attachante et n’hésitent pas à le faire savoir au natif d’Eriadu. Une main vient glisser sur ses fesses tandis qu’une autre se pose sur le plastron de son armure, le contraignant à fuir. Le chevalier impérial est alors poursuivi au sein du village par une horde de jeunes donzelles qui cherchent à faire de lui le père de leurs enfants.
- Ah ! Le meilleur bretteur de la Chevalerie Impériale a fière allure ! Regardez le ! Si vaillant face à l’adversité ! S'esclaffe la rouquine.
- Je ne sais pas… Tu aimerais être vue comme un bout de viande ? Commente Hunbaut, amusé.
- Hmm… Peut-être pas. Mais je ne suis pas Keu. Il n’y a donc aucun risque !
La réponse arrache un sourire au Zabrak. Un groupe d’enfants paniqués vient soudainement interrompre cet instant d’hilarité. Un troupeau de rats-cochons, tels qu’ils sont surnommés par Hunbaut, s’est échappé d’un enclos en bousculant au passage leur gardien, un vieil homme qui a fini emporté par les eaux traîtres de la rivière.
- Je m’occupe du vieillard ! Gahéris, Korax, Rena-Ja, rassemblez les bêtes ! Il est temps de montrer au clan de la Rivière Folle que nous venons en amis.
Quelque chose semble avoir fait paniquer ces paisibles créatures… Mais quoi ?
- HRP -
Il y a une vingtaine de ces bêtes à rattraper. Elles sont agitées et certaines n'hésiteront à pas à vous charger si elles se sentent en danger. L'endroit est plutôt marécageux. Il y a quelques ponts en bois, ici et là, pour permettre le passage d'une parcelle à une autre. Mais vous aurez probablement à récupérer quelques bêtes dans la fange... Bon courage ! Et vive la Chevalerie Impériale ! -
Post n°24
Auteur : Rena-JaÉcoutant les paroles de Barristan, Rena serra les lèvres. Il était évident que ce combat était plus que brouillon, même pour une débutante comme elle. Le vieux chevalier ne fut d'ailleurs pas tendre avec son apprenti, lui reprochant son impulsivité et sa négligence envers sa partenaire. Il n'avait pas tort : en combat réel, la jeune Voss serait sûrement déjà morte, et nul doute que son intrépide compagnon aussi. Pourtant, elle était assez surprise de ce revirement soudain de style de combat. Durant leurs entraînements précédents, il s'était montré bien plus concentré et précis dans ses mouvements, dans la lignée de ce que lui avaient montré les chevaliers chargés de sa formation. Mais là, c'était l'opposé total. Aucune forme, aucune posture propre. Il n'avait tout de même pas régressé en une journée, si ? Il devait y avoir une autre explication. Peut-être était-ce un excès d'hubris, ou bien quelque chose qui le perturbait d'une quelconque manière. Dans tous les cas, il devrait y remédier aussi vite que possible. D'autant que le maître de Korax semblait sentir qu'un combat allait se produire dans un avenir proche. Bien qu'elle ne parvenait pas à sentir quoi que ce soit d'autre que l'atmosphère oppressante de la planète, Rena-Ja n'avait pas de raison de douter du vieil homme. Et s'il disait vrai, elle préférait avoir un partenaire prêt à couvrir ses arrières le moment venu. Malgré cela, elle n'en voulait pas à l'écuyer pour autant. Il avait fait des erreurs, comme elle en faisait à chaque entraînement. Ils étaient encore en apprentissage, après tout. Finalement, elle s'approcha de lui, et dans un élan, si ce n'est de sympathie, au moins de respect, lui tendit la main pour l'aider à se relever.
Après un court moment de répit, la troupe entama son périple vers le village des autochtones. Sur le chemin, elle eut droit à plusieurs "cours" improvisés : tout d'abord, Hunbaut consacra une partie du trajet à expliquer les divers effets des plantes, locales mais aussi d'autres mondes, de leurs bienfaits comme de leurs dangers. Puis, un peu plus tard, ce fut Loha qui prit la jeune femme à parti pour exposer plus en détails leurs devoirs en tant que Chevaliers impériaux. Elle insista notamment sur la loyauté indéfectible envers l'Imperium ainsi qu'envers leurs confrères et consœurs. Rena-Ja l'écouta silencieusement, mais en son for intérieur, elle n'était pas habitée des mêmes idéaux. Sa loyauté actuelle envers cet empire était avant tout par devoir, de même que celle qui la liait à ses frères et sœurs d'armes. Sa foi et son cœur étaient dédiés à Voss, et Voss seule. C'était pour l'avenir de son monde qu'elle était ici. Si elle était amenée à devoir choisir entre son peuple et ses nouveaux compagnons, elle n'hésiterait pas une seconde. Ce n'était pas de la haine qu'elle ressentait envers, mais plutôt de l'indifférence. Cependant, leurs capacités de guerriers forçaient le respect. Si elle ne pouvait dire être loyale envers eux ou leur cause, elle pouvait leur témoigner cela.
Après plusieurs heures, le village était à portée de vue. Le groupe se hâta sur les derniers mètres, et arriva enfin à destination. Les habitations étaient assez rudimentaires, les sorcières ne possédant visiblement pas ou peu de technologies avancées. L'attention se porta vite sur les impériaux, dans un mélange de curiosité et de méfiance. Ces réactions, Rena-Ja les connaissait bien. C'était ainsi que les Voss avaient accueilli la délégation impériale lors du tout premier contact. Elle ne pouvait que trop les comprendre. Mais cette fois, il y avait une différence majeure : elle faisait partie des étrangers. Elle était une intruse, une envahisseuse. Une de ceux qui allaient perturber l'ordre des choses sur ce monde d'une manière ou d'une autre. On ne pouvait faire plus ironique. Mais c'était également une opportunité pour sa mission. Elle allait pouvoir observer au plus près comment l'Imperium traitait les populations des planètes visitées. Si les impériaux tentaient d'imposer leur volonté par la force, ou si une alliance avec l'Imperium s'avérait néfaste pour les dathomiriens, cela affecterait très négativement le jugement que devrait rendre la jeune femme. Nul doute que les Trois banniraient tous les impériaux du sol Voss sans hésiter. En somme, c'était un moment décisif pour l'avenir de son peuple. Rena-Ja se tenait donc prête à observer chaque fait et geste de ses camarades. Barristan fut vite appelé à parlementer avec la "mère" du village, probablement leur cheffe. Il demanda à Loha de l'accompagner, tandis que le reste allait devoir faire son possible pour gagner la confiance des habitants. Hunbaut, natif de la planète, ne semblait pas avoir de mal dans cette tâche. Keu, quant à lui, adopta malgré lui une tactique pour le moins unique. Visiblement, un certain nombre de femmes du village lui trouvait un certain intérêt, et le fier guerrier se retrouva bien vite assailli de toute part, et dû s'enfuir, ses nouvelles admiratrices à ses trousses. Depuis son arrivée sur Dathomir, Rena-Ja avait été sous sa tutelle pour tout ce qui touchait au combat, et il l'avait impressionnée par ses capacités. Elle serait rappelait encore du combat face à elle et Korax. Malgré leurs efforts, il les avait défaits avec une aise certaine. Mais le voir fuir à toutes jambes face à une horde de femmes excitées contrastait quelque peu avec l'image qu'elle s'était fait de lui. C'était même assez... comique. Les autres chevaliers étaient tout simplement hilares, et même la Voss ne put rester impassible. Sans qu'elle s'en rende compte, un sourire se dessina sur le visage de l'aspirante à la vue de cette situation irréelle.
L'amusement fut toutefois de courte durée. Tout à coup, plusieurs enfants accoururent en panique, plusieurs des bêtes en captivité s'étaient échappées, et l'homme chargé de leur surveillance était tombé à l'eau. Ne perdant pas une seconde, Hunbaut se lança à son secours, laissant aux autres impériaux la charge de ramener les animaux. Gahéris acquiesça immédiatement et partit à leur poursuite, et Rena-Ja se mit à la suivre une seconde plus tard.
Pour des créatures aussi trapues, elles étaient remarquablement agiles. Aussitôt libres, elles avaient foncé dans les marais, avançant rapidement malgré la boue environnante. Vu leur nombre, il semblait plus sage de se séparer pour les retrouver plus rapidement. La Voss se mit à courir après un des animaux plus petit que les autres. Toutefois, dès son premier pas, sa botte s'enfonça dans la vase presque jusqu'au genou, manquant de la faire trébucher. Pour ajouter à ça, l'odeur était immonde. Intérieurement, elle priait pour qu'il n'y ait rien d'autre que de la boue... La course-poursuite, si on pouvait l'appeler ainsi, prit plusieurs bonnes minutes, le petit cochon-rat échappant à la jeune femme plusieurs fois. Finalement, elle arriva à l'acculer dans un cul de sac, et se prépara à l'attraper. Soudain, un autre cochon plus massif surgit de nulle part et faucha Rena-Ja en lui fonçant dans les jambes. Prise par surprise, elle tomba sur le dos en plein dans la vase visqueuse, faisant un gros "Splouch !". La Voss sentait le liquide sale sur tout l'arrière de son corps et de sa tête. Pour se relever, elle voulut se retourner et s'appuyer sur ses bras. Mais quand elle entreprit de faire, le petit cochon, paniqué et déterminé à fuir, lui bondit sur le dos, ce qui la fit replonger tête la première. La bête sauta de l'aspirante et détala à nouveau. La Voss sortit la tête et recracha la vase qui s'était infiltrée dans sa bouche, écœurée. Si seulement elle avait un casque, comme Korax... Une fois debout, elle s'essuya le visage comme elle put, se secoua pour enlever un peu de boue et repartit. Un peu après, elle retrouva la trace du petit animal. La course-poursuite reprit, et Rena était sur le point de l'avoir, cette fois. Mais il arrivait à maintenir une distance raisonnable. Alors, elle tenta une approche plus osée, digne de l'Écuyer de Yaga Minor. D'un coup, elle se jeta sur lui, les bras en avant, et parvint à le saisir tout en s'écrasant une nouvelle fois dans la fange. Bien que dégoutée, elle se releva avec la créature qui s'agitait dans ses bras, et se dirigea vers l'enclos. Elle le déposa à l'intérieur et respira quelques instants. Plusieurs bêtes avaient été capturées, elle en comptait six, mais le plus gros restait à faire. Elle espérait juste que ses compagnons s'en sortaient mieux qu'elle.
Une fois repartie, elle arpentait les marais à la recherche d'une nouvelle cible, quand elle remarqua au loin un cochon, et juste derrière lui se trouvait Keu, visiblement à sa poursuite. Il avait dû remarquer ses camarades chevaliers et s'était décidé à les aider. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Car une seconde plus tard, jaillirent les femmes qui étaient à sa poursuite. Décidément, ces indigènes étaient tenaces. Keu courait tant bien que mal, mais dans la panique, son pied coinça le pan de sa cape, le faisant chuter magnifiquement. Le temps qu'il se relève, les sorcières étaient déjà à son niveau, et tout ce qu'entendit Rena en se retournant fut un cri étonnamment aigu. Elle s'en voulait un peu de le laisser à son sort, mais la mission actuelle était plus importante. Et puis, peut-être qu'il finirait par apprécier ça, qui sait.
A force de chercher, la Voss finit par se retrouver face à un cochon assez massif, et visiblement en rogne. Il avait arrêté de fuir et était prêt à chasser quiconque l'approchait trop près. Cela n'arrêta pas la Voss, bien décidée à le ramener à sa juste place. Les deux se faisaient face, comme un si un duel entre les deux se préparait. D'un coup, la bête chargea, tandis que l'aspirante esquiva sur le côté. Les deux se frôlèrent, et la jeune femme tenta de saisir son adversaire pour le prendre à bout de bras. Malheureusement, celui-là était bien plus lourd, et la maigre carrure de Rena-Ja n'était pas suffisante pour le soulever. Le cochon-rat en profita pour la faire lâcher en s'agitant comme un damné, si bien qu'elle se retrouva à côté, sur les fesses. L'animal se prépara à la charger de nouveau, et elle ne put que mettre sa main devant elle pour se protéger. Elle attendit une seconde, puis deux, mais rien. En ouvrant les yeux, elle vit qu'il s'était arrêté, et semblait plus calme, bien qu'il gémissait de temps à autre. Elle mit quelques instants à comprendre. Avait-elle... usé de la Force sans s'en rendre compte ? Tout en gardant sa main tendue, elle avança de quelques pas, et l'animal reculait sans la quitter des yeux. La jeune femme tenta de rester concentré sur lui, et le mena lentement jusqu'à l'enclos, où il alla de lui-même. Une fois la porte close, elle relâcha sa prise. Les sorcières autour d'elles la regardèrent, l'air quelque peu impressionné.
Pendant un long moment, la traque continua. Rena-Ja put ramener quelques animaux de plus, mais elle n'avait pas fait le plus gros du travail. Finalement, après de nombreux efforts, tous les animaux étaient de nouveau dans leur enclos. La chevalerie impériale, quant à elle, ne payait pas vraiment de mine. Apprentis comme chevaliers confirmés étaient couverts de boue, de la tête (ou le casque) aux pieds pour certains. La chasse aux cochons avait été terrible, et personne ne faisait le fier à l'heure actuelle. Seul Keu manquait à l'appel, et Rena-Ja n'était pas sûre de le revoir de sitôt. Les sorcières du village étaient tiraillées entre les remerciements et les rires incontrôlés. On ne pouvait malheureusement pas leur donner tort, les impériaux étaient sûrement très drôles à voir tels qu'ils étaient. Tandis qu'elle s'asseyait pour se reposer, complètement lessivée après cette escapade, la Voss vit une enfant l'approcher avec une serviette qu'elle lui tendit. L'aspirante acquiesça en guise de remerciement et la prit, se nettoyant le visage puis la tenue autant que possible. A défaut d'être présentable quand Barristan reviendrait, elle ne serait pas la plus ridicule de la troupe. -
Post n°25
Auteur : Korax EndatoménèsLe jeune homme baissa la tête, il avait encore déçu son maître. Il était trop habitué à combattre seul des ennemis plus forts que lui, à réagir à l’instinct pour diminuer son temps de réaction. Il allait falloir s'entraîner plus dur encore pour intégrer ses connaissances à ses réflexes. Il resta silencieux. Il était passablement agacé, surtout contre lui-même. Il n’aimait pas l’échec, et encore moins le sien. Il brisa sa lance de fortune en deux et jeta les deux morceaux derrière lui, dans la forêt. Les retardataires arrivèrent bientôt, et le convoi put se remettre en marche vers son mystérieux objectif.
Il fermait la marche et suivait distraitement le groupe. Il était perdu dans ses pensées. Il se remémorait chaque mouvement et chaque attaque pour imprimer dans son esprit une réponse satisfaisante. Ne pas se laisser surprendre. Ne pas improviser tout le temps. Ne pas perdre sa discipline. Autant de règles qu’il devait intégrer.
Puis il laissa son esprit dériver et son côté rêveur reprit le dessus. Il pensait aux forêts de son monde natal où il appréciait randonner. Elles étaient moins hostiles, plus pacifiques. Les espaces qui ressemblaient le plus à l’endroit dans lequel passait les chevaliers devaient être les forêts de conifères du nord. Ces vastes étendues boisées étaient entrecoupées de lacs et de marécages et pullulaient d’insectes nuisibles l’été. Malgré cela, il appréciait les vacances au chalet familial, situé au bord d’un lac. Il y faisait moins chaud l’été que sur le reste de la planète. Il repensa aux parties de pêche dans une vieille coquille de noix en sirotant des boissons fraîches. Ces pensées lui faisaient regretter d’être parti de sa planète. S’il n’avait rien dit sur sa sensibilité à la Force, il travaillerait certainement aux chantiers spatiaux et pourrait profiter d’une bière fraîche au bord du lac en compagnie de sa sœur.
L’arrivée au village des autochtones le fit sortir de sa rêverie. Il s’agissait d’une clairière où se trouvaient des maisons sur pilotis semblables au chalet de sa famille.
Espérons qu’ils aient une bonne boisson locale bien fraîche
Des pontons reliaient les bandes de terre entre elles et des cultures étaient placées ça et là. Barristan et Loha se dirigèrent alors vers la hutte de la matriarche tandis que les autres devaient aider le village comme ils pouvaient. C’est alors que Keu fut assailli par des jeunes sorcières souhaitant se reproduire avec lui. Korax ricana même s’il était un peu frustré qu’aucune sorcière ne lui ait proposé quoi que ce soit. La vue de la silhouette rouge courant à travers le village lui fit toutefois relativiser son manque de succès.
Des cris attirèrent alors l’attention des chevaliers. Des bêtes s’étaient échappées de leur enclos et partaient dans toutes les directions. Ordre fut donné de les ramener.
Adieu ma boisson fraîche…
Après tous ces combats et épreuves, il devait maintenant jouer les éleveurs. Il soupira, détacha sa cape et alla l’étendre sur un fil à linge. il remplaça ensuite le cristal de son sabre laser par le cristal d’entraînement et commença à se diriger d’un pas décidé vers un cochon qui pataugeait dans un marécage. Voyant que Rena-Ja était déjà partie de son côté, il interpela la rouquine:
-Gaheris ! Occupe toi de ceux qui sont sur la terre ferme, je vais tenter de rabattre ceux qui sont dans la boue.
Il courut pour se placer derrière le sanglier et alluma son sabre pour lui faire peur. Cela fonctionna, cette fois ci. Il parvint à le diriger tant bien que mal vers la terre ferme où sa sœur d’armes vint l’aider à le parquer à nouveau. Il se dirigea alors vers le suivant, le dépassa et se plaça devant lui. Mais celui-ci ne s’arrêta pas et l'écuyer fit un soleil avant de s’étaler dans la boue. Ces créatures étaient dangereuses, elles lui rappelaient des animaux similaires sur sa planète natale. Ils étaient l’un des plus grand dangers des forêts de Yaga Minor. Ils étaient plus petits mais se déplaçaient en bande. Ils fonçaient tout droit et s’ils vous faisaient tomber, alors ils vous mangeaient. Il se releva et essuya la visière de son casque d’un revers de la main. Il poursuivit l’animal et lui donnait quelques coups de sabre pour lui faire changer de direction. En effet, la lame jaune issue de son cristal d’entrainement ne provoquait que de légères brulûres, suffisantes pour faire réagir les animaux sans les blesser.
Ces sales bêtes le firent finir un nombre incalculable de fois sur les fesses. il dut même en projeter quelques-unes avec une vague de force lorsqu'elles étaient trop têtues. Ah, ils avaient fière allure, les chevaliers dont l’armure était désormais plus brune que rouge.
Couvert de boue et passablement fatigué, le jeune humain se laissa tomber dans la rivière pour rincer son armure. Un fois que sa couleur rouge prédomina de nouveau, il se dirigea vers ses camarades lorsque l'éclat d’une armure rouge à l’entrée d’une hutte attira son attention.
-Alors, on se cache, Chevalier ? railla-t-il.
-Chut, elles vont me trouver si tu restes là, j’ai réussi à leur échapper en sautant d’un pont.
-C’est vrai que tu es tout autant couvert de boue que nous autres. Tu aurais peut-être dû accepter la proposition de la première, ça t’aurait évité un tas de tracas. Et puis je ne suis pas sûr que le chef apprécie de te voir tirer au flanc.
-Je ne tire pas au flanc, je me planque, nuance. Répondit le natif d’Eriadu, vexé.
-Bon je te laisse à tes donzelles…
Korax repartit vers ses camarades alors que l'escrimeur jetait des coups d’oeil paniqués autour de lui. L’écuyer changea son cristal, remis sa cape et enleva son casque pour pouvoir interagir plus directement avec les locaux, au risque de finir comme son camarade épéiste. De plus, sans l'anonymat de son casque, il se sentait beaucoup moins à l’aise. -
Post n°26
Auteur : HivernusL’air du tumulus est lourd, chargé d’une masse invisible qui reste sur les épaules. Ses pierres sont froides. Ses murs sont recouverts de gravures et de peintures. Différentes niches, creusées dans la roche, servent de présentoirs pour des bougies ou les crânes de quelques ancêtres. Divers talismans sont suspendus aux racines qui passent au travers du plafond. Le tintement organique du bois de ces grigris, ballottés d’un côté sur l’autre par un léger filet d’air frais, ajoute une touche de mysticisme à cet endroit déjà bien étrange. De nombreux rituels ont été réalisés ici, entre ces vieilles pierres. Des rituels dont la nature échappe encore à Barristan et Loha.
Au centre de la pièce, trois silhouettes illuminées par la chaleur d’un feu. Trois sorcières d’un certain âge, qui jettent de petits os et des herbes dans le foyer, font brûler de l’encens en psalmodiant. Elles mènent une sorte de chant de protection destiné à garantir la sécurité du village et de ses habitants. Les deux chevaliers impériaux s’installent en silence de l’autre côté du feu. Ils se contentent d’assister à la fin du rituel sans rien dire, respectant les coutumes locales, prenant note de ces étranges pratiques. Il y a beaucoup à apprendre des sorcières de Dathomir, c’est certain… Mais Barristan n’est pas totalement à l’aise avec ces manies. Il n’a jamais été un grand adepte des rituels, quels qu’ils soient. Il se souvient des rites obscurs auxquels se sont livrés les Sith durant l’ère de l’Empire. Des dommages qu’ils ont causés. Et des sortilèges lancés par Famine au sein de la Commanderie.
Il inspire doucement, comme pour se détendre. Loha remarque sa nervosité, pose une main rassurante sur sa cuisse, calme ses craintes à l’aide de la Force. Le vieil homme se tranquillise, remercie sa sœur d’armes d’un signe de tête. Le chant des sorcières prend bientôt fin. Les voix se taisent. Le regard de Thenel Ko se pose sur le maître d’armes. Le visage de la matriarche du clan de la Rivière Folle inspire bienveillance et douceur… Et il se dégage de son sourire sincère une beauté solaire.
- Wilhelm Barristan, vous êtes venu…
- Il fallait s’y attendre non ? Nous avons encore beaucoup à accomplir ensemble. Surtout en ces heures incertaines. Répond le maître d’armes, un sourire au coin des lèvres.
- Oui… C’était écrit dans les étoiles.
Les yeux de la sorcière se dirigent tranquillement vers Loha. La jeune femme sent le poids de son regard sur elle. La matriarche essaie-t-elle de la sonder, de découvrir ce qu’il se cache dans son cœur ?
- Voici Loha, de Brentaal IV. Le reste de nos compagnons doit être en train de faire connaissance avec vos villageois.
- Ah oui… Vous avez bien fait de venir nombreux, Wilhelm Barristan. Je sens un grand danger planer sur nous. Avoue Thenel Ko en jetant une nouvelle touffe d’herbe dans le feu. Vos chevaliers impériaux auront un rôle à jouer. C’est certain… Car nos destins sont liés, unis dans l’adversité. Et par la volonté de la Force.
- Les voies de la Force sont impénétrables… Et bien mystérieuses. Commente Loha, perplexe.
La réflexion semble amuser la matriarche du clan de la Rivière Folle et ses deux comparses. Les vieilles sorcières ont leurs secrets… Et elles s’en amusent. Dathomir est leur monde et elles en connaissent sa nature profonde. Elles entretiennent une sorte de relation symbiotique avec leur planète, avec sa flore, sa faune.
- C’est en partie vrai… Mais il suffit d’écouter. Et de voir. Pour comprendre… Indique Thenel Ko. Pas au sens littéral du terme, bien sûr. C’est plus profond que cela. Plus intime.
Ses yeux reviennent vers le commandant. Ils brillent d’une lueur étrange que Barristan n’explique pas, qu’il ne comprend pas.
- Wilhelm Barristan voit des choses. Il les sent… Mais il doute.
- Vous avez raison, Mère Ko. Nous avons vaincu la mère Esmsyl et ses forces. Mais je ressens encore sa présence… Elle est faible, presque imperceptible… Mais bien là. Elle plane, comme une menace de fond. Et je crains ses intentions.
- De sages paroles. Et une intuition juste. Esmsyl se réclame de l’héritage de la terrible Gethzerion. Les défaites successives l’ont affaibli… Mais elle demeure puissante et déterminée à imposer son point de vue sur l’ensemble des clans. Nous ne sommes pas assez fortes pour nous opposer à elle. Mais vous l’êtes, Wilhelm Barristan. Et si vos chevaliers impériaux sont au moins aussi bons que vous, alors nous avons une chance de sauver Dathomir, de ramener l’équilibre et la paix parmi les clans.
- Au nom de l’Impérium, soyez assurée que nous nous battrons jusqu’à la mort pour préserver la prospérité de votre clan, Mère Ko. Fait remarquer Loha.
Thenel Ko se tourne vers ses deux consoeurs, qui lui sourient doucement tout en acquiesçant de la tête. Le clan de la Rivière Folle s’est fait un allié de taille. Wilhelm Barristan et ses chevaliers impériaux sont prêts à combattre pour les filles de Dathomir. Et l’espoir d’un avenir plus lumineux semble se dessiner dans leur esprit.
Crottés et trempés de la tête aux pieds, les chevaliers impériaux font presque pitié à voir. Les villageois semblent mitigés sur l’attitude qu’ils doivent adopter. Certains se moquent gentiment de leur allure misérable, toujours un peu timides face aux soldats, quand d’autres se contentent de les remercier chaleureusement. Ils ont sacrifié leur dignité pour ramener le bétail dans son enclos et en cela, les fiers représentants de l’Impérium ont marqué quelques points. La méfiance à leur égard diminue. Et plusieurs membres de cette petite communauté invitent déjà les chevaliers impériaux à partager la chaleur d’un bon foyer afin de réchauffer leurs vieux os, leur proposent des vêtements secs et propres le temps que les leurs sèchent.
Barristan et Loha reviennent du tumulus en compagnie d’une poignée de sorcières. A leurs côtés, Thenel Ko. Le clan de la Rivière Folle se rassemble autour de sa matriarche. Il y a dans son regard une étincelle de joie, mais également une lueur inquiète. Seul son sourire accueillant permet de rassurer les siens.
- Le clan de la Chevalerie Impériale a accepté de combattre à nos côtés. Nous affronterons l’adversité ensemble. Et Dathomir pourra bientôt recouvrer sa tranquillité. Telle est la voie. Déclare la vieille sorcière. Réjouissez vous ! Et fêtons cette nouvelle amitié comme il se doit.
Les indigènes célèbrent la nouvelle comme il se doit. Un grand banquet est annoncé. Les hommes du clan s’empressent déjà de préparer le repas. Barristan se tourne vers ses camarades, constate que l’un d’entre eux manque à l’appel. Il fronce les sourcils.
- Où est donc passé Keu ?
- Il a fait forte impression auprès des femmes du village… Il doit être planqué quelque part, à attendre qu’elles se lassent de lui courir après. Indique Gahéris, moqueuse.
La remarque fait rire le vieux chevalier. Loha sourit. Ils imaginent probablement le meilleur épéiste de la Chevalerie Impériale en difficulté face à quelques prétendantes et le simple fait de se représenter la scène les divertit clairement.
- C’est dommage. Il aurait pu marquer quelques points en jouant les jolis cœurs. La diplomatie n’est clairement pas son fort. Soupire la native de Brentaal IV.
- Hmm. Pas si sûr. Nous avons peut-être fait une erreur en prenant Keu avec nous. Répond à sa suite Hunbaut, se frottant le menton. Les sorcières de Dathomir ont pour coutume de s’affronter lorsqu’elles veulent réclamer un mâle qui est contesté. Imaginez un peu ce qu’il se passera si nos jeunes amies décident de se battre pour récupérer Keu…
- Une bagarre générale... Souffle la rouquine, un sourire amusé aux lèvres.
- Je vais ordonner à nos guerrières de laisser votre ami tranquille. De respecter les chevaliers impériaux comme des égaux, et non de les traiter comme des objets de convoitise. Intervient Thenel Ko. Cela étant, je peux comprendre leur enthousiasme… Notre clan aurait beaucoup à gagner à se reproduire avec des chevaliers impériaux. Je n’ose imaginer la puissance que des enfants issus d’une telle union pourraient avoir.
La suggestion ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. L’intérêt que les sorcières peuvent avoir pour les mâles de la Chevalerie Impériale semble renouvelé. Plusieurs femmes murmurent à voix basse, regardent dans la direction de Korax et Hunbaut, se mettent à rire. Elles ont bien quelques idées en tête. Le Zabrak donne un coup de coude complice à l’écuyer de Barristan.
- Fais attention à toi, Korax. Conseil d’ami… Et évite de boire dans le verre de ces donzelles. Sauf si tu tiens à te réveiller dans une hutte, nu et ligoté.
La remarque fait rire Gahéris et Loha. Quelques enfants, craintifs mais curieux, viennent entourer Rena-Ja. Ils s’interrogent sur son apparence étrange, sur sa couleur de peau, sur ses yeux bizarres de “mouche” comme ils les appellent.
Le village s’anime doucement. Ordre est donné de retrouver Keu avant le début des festivités. Puis vient l’heure du repas, des jeux, des chants et des danses… Et alors que chacun profite de l’ambiance bon enfant, Barristan porte son regard vers l’horizon. Il ressent une perturbation dans la Force, une agitation subtile et insidieuse. Il sait que la mère Esmsyl les observe discrètement. Et lorsque le moment viendra, elle lancera contre eux une nouvelle tempête. La dernière.
Celle qui décidera du sort des clans de Dathomir.
- HRP -
C'est la fête au village ! Vous avez carte blanche pour profiter des festivités comme il se doit. Après cela, l'ambiance sera clairement moins chaleureuse alors profitez en pour vous amuser ! -
Post n°27
Auteur : Rena-JaLe retour de Barristan et Loha était porteur de bonnes nouvelles : le clans de sorcières et les chevaliers impériaux étaient désormais alliés face à l'omineuse menace qui pesait sur eux. C'était toujours rassurant d'avoir des combattants de plus à ses côtés, et nul doute que l'aide des natives serait précieuse aux chevaliers. De son côté, Rena-Ja notait que la diplomatie avait pour l'instant fonctionné. Barristan semblait véritablement vouloir aider les autochtones, et même si cette victoire bénéficierait sans nul doute à l'Imperium, ça n'avait pas un piège tendu aux dathomiriens. La nouvelle de cette alliance provoqua la joie dans le village, et une fête de célébrations se mit vite en chantier.
Les impériaux se retrouvèrent, retrouvant vite leur camaraderie. Immédiatement, Rena et les autres remarquèrent la pointe de jugement, voire de moqueries dans les yeux de leurs deux compères, surtout ceux de Loha. En même temps, vu l'état dans lequel ils étaient, il y avait de quoi éclater de rire. La discussion alla alors sur Keu, qui prit quelques piques de plus par ses collègues. Fort heureusement, le bretteur allait enfin avoir du répit, sur ordre de la matriarche. Mais nul doute que cette mésaventure allait le suivre pendant le reste de sa carrière.
Peu après, tout le monde se sépara, certains étaient même bienvenus dans les huttes des sorcières, et c'était l'occasion de se changer pour être présentable pendant les festivités. La Voss, elle, devait d'abord se défaire du plus grand mal qu'elle avait jamais affronté.
Des enfants.
Après la première fillette venue lui donner de quoi s'essuyer, s'ajouta un autre bambin, puis un autre, et encore un... Une dizaine de demi-portions avait accouru autour de la jeune femme, tous avec des yeux ronds devant son apparence unique. Ce n'était pas surprenant qu'aucun d'entre eux n'ait jamais vu de Voss, et elle pouvait concevoir que son physique paraisse unique pour d'autres espèces (même si, de son point de vue, c'était les autres qui semblaient étranges). Les enfants posaient innocemment des questions sur elle, mais un peu trop vite pour qu'elle puisse répondre.
"Dis, tu viens d'où ?
-Pourquoi t'es toute rouge ?
-T'es une grosse mouche ?
-C'est quoi des nimpériaux ?
-J'ai faim, t'as des bonbons ?"
Bien vite, l’assaut fulgurant d’interrogations fut trop pour Rena-Ja, qui ne savait plus où donner de la tête. Son salut ne fut dû qu’à une des femmes du village qui, voyant sa détresse, chassa les enfants en clamant qu’elle préviendrait leurs mères. L’aspirante souffla un coup et fit un signe de tête à la sorcière en guise de remerciement, geste que cette dernière répliqua avant de partir. Désormais seule, la jeune humanoïde se prit la tête dans les mains une seconde, avant de soupirer. Décidément, les dangers sur cette planète n’étaient pas ceux auxquels elle s’attendait...
Un peu plus tard dans la soirée, la fête battait son plein. Impériaux et autochtones festoyaient ensemble, dans une ambiance joyeuse et conviviale. On mangeait et buvait jusqu’à ne plus rien pouvoir avaler. Et pour le coup, personne ne faisait bande à part, pas même l’aspirante Voss. Enfin, presque personne.
Keu, lui, était plus en retrait. Il se sustentait dans un coin de la tente, le dos face à la tenture pour éviter toute attaque surprise. Malheureusement pour lui, il n’était pas épargné par ses admiratrices. Malgré les directives de la matriarche, certaines des femmes ne pouvaient s’empêcher de le coller au plus près. Si elles n'essayaient plus de le forcer, elles l'entouraient en lui susurrant des choses et étaient aussi très... tactiles. Le chevalier avait le corps complètement raidi et tendu, le regard figé devant. Il prit sa coupe et l’amena avec une extrême lenteur jusqu’à sa bouche, sa main tremblotant tout du long. Il but un coup sans détourner les yeux, l’air livide. Même la Voss avait de la peine pour lui, à ce stade. Mais bon, il devrait pouvoir s’en sortir, maintenant que l’ordre avait été donné de ne plus lui sauter dessus. Enfin, peut-être.
Rena-Ja, de son côté, faisait moins la solitaire, pour une fois. La journée l’avait éreintée physiquement comme mentalement, aussi le copieux repas face à elle ne fit pas long feu, et elle alla même se resservir à plusieurs occasions.
La Voss était un peu moins intransigeante avec les sorcières qu’elle ne l’avait été avec les impériaux. Si elle n’était pas extravertie, elle écoutait leurs histoires, Les similarités entre son peuple et le leur créaient chez elle une forme de sympathie envers eux. Tous deux étaient jusque-là isolés, et l’Imperium était venu à eux. Pendant une seconde, elle s’imagina une scène identique à celle sous ses yeux, mais où les Voss remplaçaient les dathomiriens. La paix et l’union… Était-ce un avenir possible pour Voss ou non ? C’était à elle et elle seule de le découvrir.
Au cours du repas, on lui servit évidemment aussi à boire. La boisson était forte et plutôt amère, mais avec un arrière-goût légèrement sucré. Au fond, ce n'était pas désagréable à boire. Une fois qu’elle eut terminé sa coupe, on lui en resservit aussitôt. Par respect, elle finit la seconde, mais un troisième verre fut servi juste après. Le cycle continua cinq ou six fois avant que l’aspirante ne pose sa coupe pour de bon, ne pouvant plus boire davantage.
Mais à force, une drôle de sensation se fit peu à peu sentir. La vue de la jeune femme se troublait, sa tête tournait, ses oreilles bourdonnaient. Une sorte d'état second qui, à n'importe quel autre moment, l’aurait mise mal à l’aise. Mais là, elle se sentait bizarrement bien, très bien même. Elle se sentait légère et confiante. A cet instant précis, elle était d’attaque pour faire face à tous les dangers de Dathomir, toute nue, sans armes et les yeux bandés !
Dans cet état second, elle balaya le regard de droite à gauche, écoutant ce qui se disait autour d’elle. Son attention se porta sur Barristan et la matriarche, qui discutaient de quelque chose dont elle ne pigeait pas un broc. Mais pour être honnête, c’était le cas avec toutes les autres conversations. D’un coup, sans prévenir, la Voss éclata de rire. Elle vociférait presque son amusement soudain, à tel point que tout le monde l’entendit et se tourna vers la jeune femme. Celle-ci rit à plein poumons pendant quelques secondes de plus, se tenant les côtes tout le long. Finalement, elle se calma et lâcha un soupir, toute souriante.
"Aaaah… Vous êtes vraiment trop drôle, Barristan, j’en peux plus !"
Puis, tout aussi soudainement, elle se dressa raide comme un piquet, tel un suricate de lave aux aguets. Elle avait étrangement chaud à présent, et la seule solution à ses yeux semblait d’aller à l’extérieur.
"Excusez-moi, je vais prendre l’air une seconde !"
Titubant jusqu’à la sortie, la Voss prit une grande bouffée d’air frais une fois dehors, avant de partir vadrouiller sans savoir elle allait, laissant tout le monde circonspect. D’autant plus qu’elle ne revint jamais à l'intérieur ce soir-là.
Le lendemain matin, Rena-Ja avait un énorme mal de crâne. Le plus violent qu’elle ait jamais eu, même. Son corps tout entier était endolori, elle parvenait à peine à bouger. Lorsqu’elle tentait d’ouvrir les yeux, elle était éblouie par même le plus faible des rayons de lumière. En plus de cette sensation bizarre, quelque chose clochait. Là où elle s’attendait à être dans une hutte, en intérieur, elle sentait sur sa peau la chaleur du soleil et le souffle du vent. Elle avait dormi… dehors ? Lentement, elle se força à ouvrir un œil, même si ça la brûlait quelque peu. Au bout d’un moment, ses sens commencèrent à revenir, dont sa vue. Quand elle put enfin voir à peu près clairement, elle tourna la tête, et en réalisant où elle était, elle se figea.
L’aspirante-chevaleresse, ambassatrice de Voss au coeur de l’Imperium, était actuellement allongée à plat ventre, non pas sur le sol, mais sur le toit d’une des huttes du village. La jeune femme dû se frotter les yeux plusieurs fois pour être sûre de voir correctement. Elle n’avait strictement aucun souvenir de la nuit d’avant, aussi un millier de questions lui traversaient l’esprit. Mais une en particulier supplantait toutes les autres.
Comment, au nom de la Force, était-elle arrivée là ?
Depuis le début de son périple en tant qu’impériale, sa nouvelle vie était forte en découvertes et expériences. Et aujourd’hui, Rena découvrait les joies de l'alcool et de la gueule de bois. -
Post n°28
Auteur : Korax EndatoménèsUne fête ? Ce n’était pas ce que le jeune homme avait imaginé mais, après tout, ce n’était pas désagréable. Il pourrait goûter les spécialités locales et peut-être se faire de bons souvenirs de cette campagne. Celle-ci avait pourtant bien mal commencé. Mais, dans ce village, l’atmosphère de la planète écarlate semblait presque légère.
Il était quelque peu intimidé et n’osa parler qu’à Vadel’ma avec qui il avait fraternisé lors du voyage. Il la questionna sur un endroit où il pourrait laisser son armure. La jeune guerrière à la peau pâle le mena vers une hutte dans laquelle il déposa son casque et son paquetage et détacha les plaques de plastoïde rouge qui garantissaient sa protection. Une fois dans sa confortable combinaison de combat, il attacha son sabre à sa ceinture et mit sa cape. Il se dirigea ensuite vers la hutte servant de cuisine commune pour donner un coup de main.
Sous l'œil vigilant de trois femmes d'âge moyen, plusieurs mâles s’activaient. Ils ne dirent pas non à l’aide de l’écuyer qui en profita pour noter les différentes recettes préparées ici.
La hutte était construite en pierre, pour ne pas se transformer en torche à cause des nombreux feux sur lesquels cuisait la nourriture du soir. Plusieurs des sangliers qu’ils avaient rattrapés dans l’après midi étaient embrochés tandis que des poissons plats grillaient sur une pierre chaude. de l’autre côté de la pièce, une marmite cuisait un mélange de racines et de céréales locales tandis que dans une autre se trouvait une sauce aux fruits. Il fut assigné à peler et couper les fruits.
Korax n’était pas un grand cuisinier mais il venait d’une famille de bons vivants et son père, passionné par l’art culinaire, lui avait appris la préparation de nombreux plats. Il s'acquitta donc de sa tâche avec dextérité.
Une fois ceci terminé, il se dirigea vers la tente où se tenait le banquet. Tous ses camarades semblaient s’amuser et discuter avec les membres du clan sauf Keu qui semblait toujours terrifié dans son coin. Le gaucher s’assit à côté de Vadel’ma. Cela lui permettrait de discuter avec quelqu’un avant que le courage liquide ne fasse son effet. La jeune femme lui offrit un gobelet en metal et approcha le tonnelet pour qu’il puisse se servir. Il allait enfin pouvoir tester la boisson locale. Il goûta. Cela ressemblait à du vermouth doux, un vin sucré fortifié légèrement amer dû à la macération de plantes aromatiques. Il se dit qu’il devrait en prendre une bouteille pour ses parents.
Il discuta avec plusieurs sorcières et échangea sur les coutumes locales ainsi que sur ses expériences sur d’autres planètes. Elles étaient particulièrement intriguées par sa description des villes tentaculaires d’Eriadu. Certaines se mirent à jouer d’un instrument à cordes et d’autres se mirent à danser. Vadel’ma restait autour de lui et tentait maladroitement de le séduire. Jusqu’ici, Korax n’avait pas regardé l’autochtone autrement que comme un autre soldat et n’avait pas remarqué qu’elle était très à son goût. Sa peau était gris clair, couverte de tatouages ésotériques, elle avait de longs cheveux blancs coiffés dans une natte et ses yeux étaient gris sombres. Elle portait une robe couleur brique avec une épaisse ceinture en tissu bleu clair. Elle avait aussi de nombreux colliers et bracelets, certains en bois, d’autres en métal et encore d’autres en céramique. Il ne savait pas si c’était lui ou l’alcool qui parlait mais il commença timidement à flirter en retour.
C’est alors que Rena-Ja, la discrète Rena-Ja, la distante et timide Rena-Ja, visiblement alcoolisée, se mit à rire et vociférer avant de sortir de la tente. Cela déclencha l’hilarité générale, ce qui ajouta à la bonne humeur générale de la soirée. Un peu plus tard, il vit Hunbaut s'éloigner à son tour avec une Dathomirienne à son bras. Alors qu’il levait son verre à la conquête de son frère d’armes, il remarqua du coin de l'œil l’évacuation (ou le kidnapping) d’un Keu éméché par deux femmes.
Quelques minutes après, ce fut à son tour de se diriger vers les huttes, main dans la main avec sa compagne du jour. Il remarqua qu’ils se dirigeaient vers la hutte dans laquelle il avait déposé son armure et rit intérieurement. Visiblement, la jeune femme avait tout prévu.
+++MESSAGE DU MINISTÈRE DE L’INFORMATION DE L’IMPÉRIUM+++
Pour ne pas choquer notre audience la plus jeune lors de cette séance de conception d’enfants, nous interrompons temporairement notre programme. Nous vous proposons un court métrage réalisé par la marine impériale !
TIE Fighter
Éducatif n’est-ce pas ? N'hésitez pas à vous engager pour défendre votre monde et répandre le message de l’Impérium !
+++FIN DE L’INTERRUPTION+++
Le soleil était déjà levé lorsque Korax émergea. Il sentit un poids sur son épaule droite. Il vit alors Vadel’ma qui dormait, accrochée à son bras mécanique. Il la réveilla en lui caressant la joue. Elle l’embrassa avant de s’asseoir sur le couchage.
-Merci, pour cette nuit. lui dit-elle doucement. Avec un peu de chance, il y aura une nouvelle petite guerrière la prochaine fois que tu viendras.
Il y avait beaucoup d’optimisme dans cette phrase. Comme si rien ne pouvait leur arriver. Il répondit:
-Merci, la soirée a été fantastique.
Il se sentait à l’aise à ses côtés et n’avait pas très envie de se lever, mais son estomac lui rappela qu’il devait se sustenter régulièrement. Il lui demanda ses lunettes qu’elle plaça sur son nez avec la Force avant qu’ils se lèvent tous les deux et s’habillent. Alors qu’ils s'apprêtaient à sortir pour trouver un éventuel petit déjeuner, la jeune femme aux longs cheveux blanc attrapa son bras.
-Promet moi que tu reviendras quand les combats seront finis. Si je devais avoir un enfant, je veux qu’il rencontre son père, et si c’est un garçon, tu devras l’emmener. Cette planète n’est pas tendre avec les mâles.
Il posa la main sur la sienne et sourit.
-Je te le promets. Je pourrai aussi te faire visiter l’Impérium, si tu le souhaites.
-Je suis bien ici pour le moment mais je retiens ta proposition.
L’écuyer laissa son paquetage et son casque alors qu’il sortait de la hutte. -
Post n°29
Auteur : HivernusL’heure est aux réjouissances semble-t-il. Et quelles réjouissances ! Grisés par l’alcool, les chevaliers impériaux apparaissent sous un nouveau jour. La jeune Rena-Ja, jusque-là très réservée, se montre visiblement moins coincée avec un coup dans le nez. Pompette comme pas deux, la voilà qui se met à rire pour un rien, adressant notamment une remarque au vieux maître d’armes. Barristan ne s’en offusque pas et, à l’instar de ses camarades, semble plutôt amusé et agréablement surpris de la voir de si bonne humeur. La Voss s’éclipse cependant rapidement, l’alcool faisant son effet, et arrache à l’assemblée générale une bonne tranche de fou rire.
Disparaissent ensuite les jeunes et fringants gaillards de la Chevalerie Impériale. Keu, malgré les consignes données par la matriarche, se retrouve embarqué par plusieurs sorcières enthousiastes. Hunbaut use de son charme naturel pour séduire une guerrière indigène et Korax semble lui aussi avoir trouvé de la compagnie. Barristan l’observe quitter les lieux, sa main dans celle de la belle Vadel’ma, un sourire aux lèvres.
Le commandant grogne doucement. Enfin pas vraiment. Il s’agit plutôt d'une sorte de ronchonnement de vieux daron content de voir le fiston partir avec une prise de choix mais qui n’ose pas le dire, trop fier pour l’admettre. Le natif de Yaga Minor est jeune. Il a beaucoup d’énergie à revendre, de choses à expérimenter. Et après ce qu’il a vécu, il a bien mérité une telle compagnie. Barristan le comprend. Il espère juste que cette amourette ne détournera pas Korax de ses obligations.
- Un problème, Barristan ?
La voix douce de Thenel Ko le sort de ses pensées.
- Un problème ? Non. Enfin je ne pense pas… Il s’enfile une gorgée d’alcool, venant s’essuyer la barbe d’un revers de main. Je constate simplement que mes camarades sont pressés d’honorer cette nouvelle alliance avec vos guerrières… Quand je leur ai demandé de sympathiser avec les sœurs de votre clan, je ne pensais pas qu’ils iraient jusqu’à s’inviter dans leur couche. Ils ont tout pris au pied de la lettre. Je leur ordonnerai d’aller se jeter dans la gueule d’un Rancor qu’ils le feraient de bon cœur !
La remarque fait rire la vieille sorcière et les indigènes qui partagent leur repas. Loha, installée un peu plus loin, et qui a tout entendu, se permet d’ajouter son grain de sel à la discussion.
- Tu t'inquiètes pour ton écuyer, Barristan ? Comme c’est touchant !
- Il semble plutôt jaloux si tu veux mon avis. Répond à sa suite Gahéris, au moins aussi moqueuse que sa comparse.
- Jaloux ? Barristan est un guerrier redoutable et un sorcier bien plus puissant que nos sœurs les plus aguerries. Il pourrait avoir dans sa couche chacune de mes guerrières s’il le souhaitait. Déclare la mère du clan de la Rivière Folle.
Le vieux chevalier se couvre le visage de honte, visiblement gêné. La matriarche n’a vraisemblablement pas compris le sens de la blague. Ses deux sœurs d’armes pouffent de rire, le voyant devenir au moins aussi rouge que le pourpre de son armure. La situation est en effet cocasse.
Barristan est un loup solitaire et s’il apprécie d’appartenir à une meute, il n’en demeure pas moins attaché à ses moments de solitude. Le maître d’armes a été le témoin de beaucoup d’horreurs, a vécu bien des choses et il a donc besoin de se ressourcer dans son coin, à sa manière… Loin des bras des dames et de la cacophonie des grandes festivités. L’homme se redresse doucement, balbutie quelques excuses et finit par se dérober pour aller fumer sa pipe dans un coin plus tranquille. Loha et Gahéris, habituées au personnage, ne lui en tiennent pas rigueur.
Voilà donc les femmes de la Chevalerie Impériale seules aux commandes. Ce qui n’est pas pour leur déplaire bien sûr. Force est de constater qu’elles ne manquent par ailleurs pas d’idées. Probablement inspirées par leurs consœurs indigènes, les donzelles se mettent à imaginer tout un ensemble de paris stupides. Concours de boisson, course à dos de cochon, lutte dans la boue… Les voilà parties pour une nuit de défis en tout genre en compagnie des femmes du clan de la Rivière Folle. L’ambiance est légère et la soirée restera probablement comme l’une des plus mémorables de la Chevalerie Impériale. Nul doute que les heureux élus feront beaucoup de jaloux auprès de leurs frères d’armes.
Au clair de lune, de l’une des quatre lunes de Dathomir pour être plus précis, les jeunes femmes se livrent donc à une série de facéties sous le regard amusé du vieux Barristan. Il fume la pipe sous la cime d’un vieil arbre, le dos appuyé contre son tronc recouvert de mousse. Il les observe boire jusqu’à plus soif, se vautrer dans la boue face à des guerrières au moins aussi éméchées qu’elles puis se poursuivre à dos de sangliers domestiqués autour du village. Une concurrente, un coup dans le nez, s’encastre dans une hutte avec sa monture improvisée. Gahéris échappe de peu au même sort mais son cochon s’empêtre les pieds dans un filet de pêche et la charmante rouquine finit désarçonnée. Elle fait un vol plané qui l'envoie tout droit (et tête la première) dans un panier rempli de poissons. La scène provoque l’hilarité générale parmi les spectateurs.
Il est clair que les chevaliers impériaux ont su se faire des amis au sein du clan de la Rivière Folle. Le commandant se satisfait d’un tel résultat, espère que cet exemple incitera les autres tribus à suivre la même voie. Il tire une bouffée sur sa pipe, s’amuse à dessiner des formes dans la fumée. Son regard s’attarde un instant encore sur ses camarades puis il lève les yeux vers le ciel, vers cette lune mystérieuse qui réfléchit la lumière du soleil. L’homme se demande où sont les trois autres satellites de la planète, curieux. Puis il sent un voile d’obscurité l’entourer au moment même où les nuages commencent à dissimuler l’astre.
Il frissonne doucement. Ses pensées sont pour ses jeunes frères et sœurs d’armes. Qu’ils profitent donc de cet instant de légèreté. La tempête approche.
La nuit semble de courte durée, comme c’est souvent le cas après une soirée trop alcoolisée. Korax et Rena-Ja ont de la chance. Ils ne se font pas secouer les puces par Barristan. Pour les autres, le réveil est plus brutal. Le vieux chevalier, une casserole en fonte dans une main et une cuillère en bois dans l’autre, fait le tour des huttes en jouant une mélodie martiale qui ferait grincer des dents les professionnels de la musique. Hunbaut est le premier à sortir, frais comme un gardon. Vient ensuite le tour de Keu. Le natif d’Eriadu se présente torse nu, mal réveillé, le corps couvert de suçons et de griffures… Gahéris et Loha ont le sommeil lourd. Un seau d’eau en pleine figure les réveille comme il se doit.
Le commandant permet à ses camarades de déjeuner tranquillement, de prendre un bain dans l’eau claire de la cascade. Ils ont besoin de recouvrer leurs forces, de se rafraîchir les idées pour attaquer une journée qui s’annonce fort chargée. Les chevaliers impériaux s’observent du coin de l'œil, se sourient. Ils savent tous qu’ils ont vécu de sacrés choses et ce qu’ils ont fait durant la nuit appartient à présent à leur petit jardin secret.
Une guerrière du clan de la Rivière Folle vient chercher le maître d’armes. Son attention est requise ailleurs, auprès de la matriarche et des aînées de la tribu. La conversation dure plus ou moins trente minutes et lorsque le vieux chevalier revient parmi les siens, c’est avec la mine sombre.
- Une éclaireuse du clan vient de nous indiquer qu’une armée marche sur le village. Elle sera ici à la tombée de la nuit. Nous devons donc nous préparer au pire, organiser la défense du village et de ses occupants.
- Est-ce qu’on a une idée des forces qui fondent sur nous ? Demande Keu, ajustant le col de sa tenue pour cacher les traces de suçons sur son cou.
- Rien de bien précis pour l’heure… Peut-être trois cent ou quatre cent combattants. Si ce n’est plus. C’est mon travail d’en savoir plus. Je vais me mettre en contact avec le commandement orbital et transmettre un message aux troupes de la base. Nous allons mobiliser des moyens pour surveiller les mouvements de l’ennemi. Et nous préparer au pire.
Le commandant passe une main dans sa barbe hirsute, songeur. Il donne ses ordres. Keu et Loha doivent se charger d’entraîner les hommes du village au combat. Rena-Ja est adjointe au duo afin qu’elle puisse en profiter pour parfaire sa maîtrise. Hunbaut, qui connaît les forêts environnantes mieux que quiconque au sein de la Chevalerie Impériale, se voit confier la tâche de préparer des pièges pour ralentir ou affaiblir les forces de l’ennemi. Gahéris doit quant à elle superviser la fabrication d’armes pour les combattants, organiser les stocks de projectiles et vérifier l’état des réserves de fournitures à usage médical. Barristan se tourne ensuite vers son écuyer.
- Korax, je te laisse deux heures pour évaluer l’état des défenses du village. Points forts, points faibles, suggestions tactiques, je veux un rapport complet à la fin du temps imparti.
Le vieux maître d’armes laisse à son jeune apprenti une tâche importante. Une façon pour lui de le préparer au commandement, de lui laisser plus de responsabilités dans la mesure où il sera un jour amené à prendre du galon. Il compte bien faire du natif de Yaga Minor un chevalier impérial accompli. C’est du moins ce qu’il espère…Spoiler
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Post n°30
Auteur : Rena-JaRetrouvant peu à peu ses esprits, la Voss tenta difficilement de se mettre en position assise. Elle porta une main sur son front, sa migraine toujours aussi intense. Malgré son état, elle chercha à faire le point et à se souvenir de n'importe quoi qui puisse expliquer sa situation. Seuls des fragments de la nuit dernière lui revinrent : la fête battant son plein, tout le monde s'amusant et discutant, et elle-même qui appréciait son repas, mais rien de plus. Le noir total. Peu importe à quel point elle se concentrait, ça ne donnait rien. Visiblement, elle n'arriverait à rien toute seule. Peut-être que les autres pourraient l'aider à y voir plus clair ? Il faudrait qu'elle leur pose la question, mais avant ça, il y avait un autre problème à résoudre. Elle devait descendre de là.
S'appuyant sur son dos, Rena-Ja avança doucement en se déplaçant sur ses quatre membres, telle une araignée. Elle n'était pas au mieux de sa forme, sauter du toit comme ça n'était pas envisageable à l'heure actuelle. Une autre approche était donc nécessaire. Elle arriva au bord de la toiture oblique, une paire de mètres la séparant du sol. La jeune femme pivota sur elle-même et entreprit sa descente. Son plan était de se suspendre au rebord pour ensuite se laisser tomber pendant les quelques dizaines de centimètres restants. C'était moins risqué, sans l'ombre d'un doute. Seulement, elle avait peut-être un peu surestimé ses capacités actuelles. La manœuvre semblait bien se passer, jusqu'au moment fatidique. Lorsqu'elle voulut se laisser pendre, la charge de son poids reposa entièrement sur ses bras. Ceux-ci n'était malheureusement pas assez réveillés pour support un tel poids, aussi ses doigts ne purent tenir plus d'une demi-seconde. La gravité se chargea du reste, et la Voss tomba au sol sur le sol dans un bruyant fracas. Déjà qu'elle n'avait pas l'esprit très clair, le choc l'étourdit en prime. Pendant une bonne minute, elle resta immobile, lessivée physiquement et mentalement. Pour un observateur extérieur, la scène devait être hilarante. Sa fierté avait pris un sacré coup, et ça n'allait pas aller en s'arrangeant. Pendant que Rena-Ja se contentait d'exister sur le sol, ce qui était déjà en soi un énorme effort pour elle, plusieurs ombres vinrent se poser sur elle, bloquant les éblouissants rayons du soleil. Rouvrant les yeux, l'aspirante croisa le regard de plusieurs sorcières, toutes penchés au-dessus d'elle avec un malin sourire sur le visage. Comme si ce n'était pas suffisant, une ombre plus petite se joignit au reste, et une des enfants du village vint la regarder aussi avec un air étonné, ainsi qu'un doigt enfoncé dans la narine.
"Ben, madame la mouche, tu sais pas voler ?"
Un peu plus tard, la jeune femme était assise sous une des tentes, une gourde remplie d'eau entre les mains. Les autochtones l'avaient, après quelques moqueries, aidée à se relever, puis à se rafraîchir. Elle allait mieux à présent, et pouvait tenir debout à peu près correctement. Une fois qu'elle fut en état, elle leur demanda ce qui lui était arrivé, et la réponse l'horrifia au plus haut point.
La Voss s'était, d'après eux, enfilée une demi-douzaine de verres d'alcool, pour finir complètement pompette. Là, elle s'était adressée à Barristan par son prénom, avant d'éclater de rire sans raison aucune, et de filer dehors sans demander son reste. Ce seul fait était suffisant pour plonger l'humanoïde dans un profond embarras, mais évidemment, ce n'était que le début.
"J'ai fait quoi ?"
Face à elle, les trois sorcières qui l'avaient escortée peinaient à s'empêcher de rire.
"Après être sortie... vous êtes montée sur une des huttes, et ensuite..."
La femme s'interrompit pour retenir un ricanement.
"Pardon, hum... Vous vous êtes mise à sauter de toit en toit tout en chantant dans une langue étrange. Ca a duré deux bonnes heures, jusqu'à ce que d'un coup, vous hurliez "VOSS INDÉPENDANTE", avant de tomber à la renverse."
C'en était trop pour les deux autres dathomiriennes, qui pouffèrent bruyamment. Rena-Ja avait la tête dans les mains. Heureusement que sa peau était rouge, car sa gêne infinie se serait vue si son visage était d'une autre couleur. Pas que cela changeait quelque chose, au fond.
"Il était tard et tout le monde avait l'esprit ailleurs, donc personne n'a pensé à aller vous chercher...
-Je... vois."
Intérieurement, Rena-Ja avait envie de mourir. Jamais elle n'avait autant eu honte de toute sa vie. Son supposé nouveau départ commençait terriblement mal. Et que dire de l'image qu'elle venait de donner de son peuple ? Une ambassadrice devait faire attention à sa conduite, cela allait sans dire. Et si les événements d'hier impactaient la relation de Voss avec l'Imperium ? Venait-elle de compromettre sa mission aussi vite ? Elle devait en avoir le cœur net. Elle se leva, avant de s'incliner face à ses hôtes du moment.
"Merci pour votre aide, et veuillez m'excuser pour hier soir."
Les sorcières avaient presque l'air gênées par ses excuses, comme si elles se sentaient soudainement mal de s'être moquées.
"C-Ce n'est rien, ne vous en faites pas."
Préférant ne rien dire de plus, Rena-Ja quitta la hutte pour se mettre à la recherche des autres impériaux. Elle n'eut pas trop de mal à les trouver, puisqu'ils déjeunaient tous ensemble dans un coin du village. En voyant l'alien rouge arriver, Gahéris et Loha lui firent des signes, ce qui ne la mit pas en confiance.
"Regardez qui voilà, c'est notre cantatrice nocturne ! Qui aurait cru que tu avais une si belle voix ?, fit Loha.
-Il faudrait appeler le BSI, on a une indépendantiste parmi nous !", ajouta Gahéris en riant.
Oh non. Évidemment, il fallait qu'ils aient tout vu. La Voss ne croyait pas en la chance, mais elle avait tout de même l'impression d'être maudite à cet instant. Détournant le regard, elle alla s'installer à la table, se contentant d'avaler un peu de nourriture. Les railleries de ses collègues continuèrent le long du repas, sans qu'elle ne dise mot. Après ça, ils se rendirent à la cascade pour se débarbouiller. Les femmes y allèrent d'abord, et Rena se retrouva donc seule dans l'eau avec ses deux aînées. Elle ne faisait pas la fière, d'autant qu'être nues ensemble la mettait encore plus mal à l'aise. Dans un premier temps, elle préféra se focaliser sur le nettoyage de son corps, mais son angoisse la poussa à les interpeler.
"... Vais-je... avoir des problèmes ?"
Les deux femmes, occupées à se rincer, levèrent un sourcil en même temps.
"Des problèmes ?"
La Voss inspira.
"Je... J'ai eu un comportement inacceptable la nuit dernière. En tant qu'ambassadrice de Voss, et... en tant qu'aspirante. Vais-je être sanctionnée ?"
Elle s'attendait évidemment à une punition. En soi, ses actions représentaient l'Imperium, elle ne pouvait se laisser aller ainsi, même si elle était sous l'emprise de l'alcool à ce moment-là. Cependant, elle n'eut pas la réponse à laquelle elle s'attendait. Les deux femmes se regardèrent, avant d'éclater de rire. Incrédule, Rena-Ja ne savait pas trop quoi dire, leur réaction était pour le moins étrange.
"Tu n'as pas à t'en faire, il y a peu de chances que tu sois punie pour ça. Pour tout te dire, ça a fait plus rire tout le monde qu'autre chose. Et si ça peut te rassurer, on a tous eu des mésaventures qu'on préfèrerait oublier.
-En revanche, attends-toi à ce qu'on ressorte cette histoire souvent ! Ça va te suivre un moment, j'en ai peur. Tu ne seras pas la seule, d'ailleurs !
Gahéris faisait probablement référence à Keu, qui avait été bien malchanceux (ou au contraire chanceux, pour certains) de tomber dans les griffes des sorcières. Il aurait sûrement préféré Voss, sur ce point précis. Les désirs sexuels de l'espèce de la jeune femme ne s'éveillaient qu'à travers un rituel, généralement effectué avant le mariage. Le chevalier aurait probablement pu préserver sa pureté, là-bas. Enfin, ce qui était fait était fait...
Cela étant, la jeune Voss était rassurée. Pour l'instant, sa mission était sauve, même si sa réputation ne l'était pas autant. C'était le plus important. Mais à l'avenir, elle tâcherait d'éviter l'alcool. Juste au cas où.
Après s'être rhabillée, Rena-Ja se tenait prête pour la suite. Et celle-ci ne se fit pas attendre. Revenu d'une réunion, Barristan annonça directement la nouvelle : une armée ennemie envahirait le village d'ici cette nuit. Aussitôt, les yeux de la jeune femme s'illuminèrent. C'était donc le moment décisif. Sa première bataille réelle. L'occasion de faire ses preuves en tant que guerrière. Malgré l'urgence de la situation, l'humanoïde était décidée à se battre. Plus que ça, même. Cette simple idée l'excitait.
Entraîner des hommes en une journée n'était pas une mince affaire, Loha et Keu devaient donc faire au mieux. Après avoir regroupé les hommes du village, les deux chevaliers passèrent de longues heures à leur apprendre des rudiments de combat au corps à corps et à l'épée. Rena-Ja s'était jointe aux mâles comme Barristan l'avait ordonné. Cela lui permettait de revoir les bases, tout en affinant quelque peu sa technique. Si c'était toujours perfectible, elle commençait à se débrouiller correctement. Elle arrivait même à tenir en échec certains hommes pourtant plus costauds qu'elle. À ce rythme, elle deviendrait un chevalier accompli en un rien de temps. Ses progrès la satisfaisaient de plus en plus. Même l'idée de se frotter à une armée de plusieurs centaines d'ennemis ne lui faisait pas peur.
Là, tout de suite, elle se sentait invincible. -
Post n°31
Auteur : Korax EndatoménèsLe doux tintement de la cuillère en bois sur une casserole en fonte accueillit le jeune homme au sortir de la hutte. Il cligna des yeux pour s’habituer à la lumière de la naine rouge. Pendant quelques secondes, il se demanda si son maître avait dessoûlé. Celui-ci faisait le tour de huttes pour réveiller les chevaliers. Certains d'entre eux ne semblaient pas avoir une nuit facile.
Ils se dirigèrent vers les cuisines pour se restaurer. Là, les discussions allaient bon train. Keu se plaignait du manque de soutien de ses camarades tandis que Loha et Gaheris pestaient contre leur chef pour le reveil brutal auquel elles avaient eu droit.
-On dirait que certains ont passé une bonne nuit. Lança la rouquine lorsque Korax arriva à sa hauteur.
Il rougit et resta silencieux. Hunbaut vint à la rescousse.
-Le chef avait demandé de fraterniser, on n'a fait que suivre les ordres.
-Elles étaient plutôt mignonnes, les ordres que vous avez suivis. Rétorqua Loha.
L'écuyer resta silencieux, un peu gêné par la discussion, mais le Zabrak voulait avoir le dernier mot.
-Vous êtes jalouses parce que vous avez fini la nuit toutes seules !
Loha fit mine de se vexer.
-Jalouse, moi ? En tout cas vous avez loupé des choses en fuyant avec la première donzelle venue.
-Chut. Ce qui s'est passé cette nuit restera un secret pour les deux Casanovas ici présent. Ils n'avaient qu'à rester s'ils voulaient voir.
-Au fait, le chef a passé la nuit avec la matriarche ?
La question du chevalier provoqua l'hilarité chez ses camarades, s'imaginant la scène.
L'ambiance était au beau fixe. Les membres de l'escadron gris en profitèrent pour faire un brin de toilette à la cascade. Ils en avaient bien besoin. Une fois présentables, les impériaux se réunirent pour recevoir les ordres de leur chef.
L'annonce que leur fit le barbu assombrit rapidement l'ambiance.
Chouette... Une nouvelle bataille à un contre 4... On est pas sortis du sable...
Endatoménès avait quelques heures pour se faire une idée des défenses du village et ébaucher une défense. C'était pas gagné.
Il commença par établir un plan schématique du village. Il se dirigea vers le sud. Là se trouvaient en majorité des rizières. C'était probablement la partie du village la plus facile à protéger. En effet, le peu d'arbres n'offraient presque aucun couvert face à des tireurs se trouvant sur l'ile centrale, où se trouvait la hutte de la matriarche.
Les champs inondés se trouvaient être un terrain particulièrement difficile et les traverser serait épuisant pour des assaillants. En détruisant les ponts, les défenseurs rendraient suicidaire une attaque par le sud.
Il se dirigea alors vers la partie est du village où quelques huttes se trouvaient. Le terrain était plutôt plat et avec peu d'obstacles. Ce côté du village était assurément une faiblesse. De plus, les habitations n'étaient pas assez denses pour y organiser un guérilla. Si les ennemis attaquaient par ici, il faudrait toute l'habileté des équipages des bombardiers impériaux pour résister.
Le flanc nord, quant à lui, était plus escarpé et de ce fait beaucoup plus difficile d'accès, ce qui forcerait des troupes à contourner le lac pour attaquer par l'est, principal point faible du village ou par l'ouest où se trouvait la majorité des habitations.
Sur ce côté ouest, se trouvait un maillage assez dense de huttes et de tentes. Dans un affrontement moderne, cela n'aurait été d'aucune aide mais dans une zone humide et contre des adversaires ne disposant pas d'armes lourdes ou de véhicules, le village devenait un piège mortel où chaque maison peut abriter des équipes mobiles capables de massacrer les troupes dispersées dans le labyrinthe de bois et de toile. De plus, l'humidité rendrait difficile de mettre le feu au village. Cela serait de plus contreproductif car le feu forcerait les assaillants à attendre ce qui les mettraient à la merci d'un bombardement et de passes de mitraillage.
Pour finir, l'écuyer se dirigea vers le tumulus au centre du village. Le bâtiment en pierre entouré d'un mur délabré était construit sur une île, position idéale pour la défense. Sur l'île avait poussé un certain nombre d'arbres qui bloquaient les lignes de vues depuis le vieux fortin. En coupant les arbres sur l'île centrale en utilisant leur troncs pour renforcer le mur, les défenseurs seraient difficilement délogables de leur position tout en ayant une ligne de tir sur presque tout le village. De plus, la supériorité aérienne écrasante de l'Impérium rendait toute tentative de siège vaine.
Il avait désormais une vue générale du terrain et établit une ébauche de plan. Ils allaient devoir jouer sur leurs forces: des équipes mobiles pour faire la guérilla, un point fortifié au centre du village et la présence de la flotte et de ses escadrons de chasse.
Il se dirigea alors vers la hutte de la matriarche, se doutant que Barristan s'y trouverait. Il entra et salua respectueusement les aînées ainsi que la matriarche. Il attendit d'avoir l'attention de son maître et de Thenel Ko et parla.
-J'ai tenté d'évaluer les forces et les faiblesses que nous avions, mais sans renseignement sur la composition de l'armée marchant vers nous, je ne peux que donner des suppositions.
Le petit fortin où nous nous trouvons sera très difficile à prendre par de l'infanterie si les ponts sont detruits et que le mur est renforcé avec les troncs des arbres de la clairière. En effet débarrasser la clairière de ses arbres obligera les ennemis à s'y mouvoir à découvert, sous le feu des tireurs présents dans le réduit.
Si nous détruisons les ponts, le sud du village est naturellement protégé par les rizières qui forment un terrain difficilement franchissable sous le feu. L'ouest, avec ses habitations dense se transformera en piège mortel s'ils ne disposent pas de quoi les raser. Des équipes mobiles auront vite fait de réduire leurs forces dans des embuscades successives. Le nord village, avec le lac et la cascade est escarpé et sera probablement contourné parles troupes ennemies si elles arrivaient pas là, cependant l'est est le point faible du village. Les habitations y sont trop éparses et le sol régulier permettrait à des ennemis attaquant de ce côté de pénétrer rapidement dans nos défenses.
Nous disposons de deux atouts principaux: une supériorité aérienne totale et la connaissance du terrain. Notre dispositif est sensible à l'armement lourd et aux bêtes apprivoisées, comme les rancors, c'est pourquoi je préconise d'effectuer une reconnaissance terrestre et aérienne pour connaître les forces en présence ainsi que la direction d'approche pour installer des pièges et des défenses en profondeur dans la forêt.
Ensuite, je placerais la majorité de nos troupes par petits groupes dans la forêt pour harceler l'ennemi tandis que les tireurs dans le fortin central et le soutien aérien se chargeront des troupes restantes.
Mon plan pourrait conduire à la destruction des habitations ou des cultures, mais je préfère que la flotte ravitaille le village avec des tentes et de la nourriture plutôt qu'avec des cercueils...
Sur ces sombres paroles, le jeune homme tendis son datapad à son maître où se trouvait son plan schématique et attendit les ordres suivants. -
Post n°32
Auteur : HivernusUn grand conseil de guerre est sur le point de démarrer lorsque Korax vient faire son rapport auprès de son maître. Thenel Ko est accompagnée des vieilles sorcières de son clan et de l’aînée de ses guerrières. Elles semblent prêtes à en découdre mais savent que le prix à payer pour obtenir la victoire sera lourd de conséquence pour le clan de la Rivière Folle. C’est donc la mine grave et le regard triste qu’elles assistent à la réunion. A leurs côtés, les chevaliers impériaux ne sont pas plus joyeux. Les réjouissances de la veille n’ont plus lieu d’être. Ils savent qu’ils vont devoir combattre chèrement pour leurs vies. L’air qui circule doucement au sein du tumulus est aussi pénétrant que l’inquiétude des uns et plus glacial encore que les pensées les plus sinistres des autres.
Tout ce beau monde écoute le rapport du natif de Yaga Minor sans rien dire. Barristan, la main perdue dans sa barbe hirsute, est attentif aux moindres détails. Il note les suggestions, prend en considération les observations de son apprenti… Et lorsque toute l’assemblée se tourne vers lui pour attendre sa réponse, il ne dit rien. Le vieux chevalier se contente de réfléchir en silence, perdu dans ses pensées. Il ne laisse rien transparaître sur son visage, apparaît presque serein. Il s’est préparé à ce moment et espère pouvoir inspirer à ses camarades la même tranquillité d’esprit.
- Je te remercie, Korax.
Le maître d’armes tire de sa ceinture une carte en peau de bête qu’il déroule sur la table. Le croquis semble récent et porte assurément la marque du commandant. Le vieux loup solitaire a probablement pris le temps de cartographier le village et ses environs au cours de la soirée ou peut-être très tôt dans la matinée, lorsque tout le monde était encore occupé à décuver ou à pioncer. Quoi qu’il en soit, la carte représente avec beaucoup de réalisme le paysage environnant. Barristan semble avoir un sacré coup de crayon. Il pose le bloc de données de son apprenti à côté du plan dessiné à l’improviste puis pose sa main sur le cuir de sa carte, désignant de l’index l’île sur laquelle ils se situent.
- Le tumulus est en effet l’endroit le plus fortifié. En consolidant les défenses déjà existantes et en renforçant le dispositif, nous devrions être en mesure de repousser toute attaque ennemie d’où qu’elle vienne. Indique le chevalier impérial. Je rejoins l’avis de mon écuyer. Nous allons devoir abattre des arbres. Ceux de la clairière et de l’îlot. Leur bois sera utile à l’érection de nouvelles palissades, à la confection de pieux ou de lances et permettra d’avoir une vue dégagée sur trois cent soixante degrés.
L’une des vieilles sorcières du clan s’agite, proteste.
- Mère Ko ! Les arbres du bosquet sont sacrés ! Vous n’envisagez tout de même pas…
- Wilhelm Barristan du clan de la Chevalerie Impériale a toute ma confiance. S’il estime que nos arbres doivent tomber pour permettre au clan de la Rivière Folle de survivre, alors qu’il en soit ainsi… Vient l’interrompre la matriarche, douce mais autoritaire.
- Je vous remercie, mère Ko. Comme a pu le faire remarquer Korax, il est peu probable qu’une attaque vienne du Nord ou du Sud, surtout si nous détruisons les ponts. Mais notre flanc Est est vulnérable. Je préconise de raser les huttes afin de dégager la plaine. L’ennemi ne pourra pas s’en servir pour couvrir d’éventuels mouvements de troupes et s’il cherche à progresser à découvert, les défenseurs postés sur les murailles du fortin pourront abattre ses forces à distance. Le plus gros des combats aura donc logiquement lieu sur notre flanc Ouest. L’index du maître d’armes décrit un arc de cercle sur la partie supérieure du village. En creusant une tranchée assez profonde et en détournant le flux de la rivière, nous pourrions créer une douve qui pourra ralentir l’avancée de l’ennemi et protéger cette partie du village. Avec l’ajout d’une palissade, l’endroit sera difficile à prendre. Plusieurs tranchées en amont de cette douve, couvertes de pieux, devraient contenir le plus gros des assauts.
Tranchées, tranchées, tranchées. Et défrichage. Barristan voit les choses en grand. Les indigènes semblent peu ravies à l’idée de voir leurs terres natales transformées et saccagées par des étrangers. Mais leur matriarche comprend l’intérêt de défendre avant tout le village et ses occupants de l’ennemi. En ce sens, elle rejoint l’avis du vieux chevalier et de son apprenti. Il vaut mieux détruire temporairement pour tout reconstruire avec l’aide des impériaux que de voir périr l’ensemble de son clan dans le seul but de préserver le caractère sacré d’un territoire sur lequel des générations de sorcières ont vu le jour.
Le commandant tourne son attention vers la silhouette holographique de Y’vain, qui participe à la réunion depuis Base Rancor.
- Y’vain, quelques escouades de stormtroopers ne seraient pas de trop pour assurer la défense du village. Avec une ou deux pièces d’artillerie légère E-Web, si possible…
- Je pense que ça peut s’arranger… Mais il faut faire vite. Annonce le chevalier natif de Borosk, la mine sombre. Le colonel Rakton vient de confirmer qu'une nouvelle tempête approche et elle semble plus violente que celles des derniers jours. Faire voler des appareils par un temps pareil, c’est prendre le risque qu’ils s’écrasent avant d’accomplir leur objectif.
- Nous n’aurons donc pas de soutien aérien pour la bataille. Fait remarquer Keu, songeur. Et une reconnaissance aérienne des forces ennemies semble désormais improbable.
- Je suis désolé de ne pouvoir faire plus, Barristan…
Le maître d’armes demeure interdit. Il passe machinalement une main dans sa barbe, réfléchissant aux options qui s’offrent à lui.
- Ces tempêtes semblent de plus en plus récurrentes. Je crains qu’Esmsyl ne soit derrière tout ça, qu’elle s’en serve pour masquer ses mouvements de troupes. Mère Ko, le clan de la Rivière Folle dispose de plusieurs montures ailés. Vous pensez pouvoir charger l’une des vôtres d’une mission d’observation ?
- C’est en effet envisageable… Je suis certaine que je peux trouver une volontaire.
Et la matriarche ne croit pas si bien dire. Elle n’a pas besoin d’aller chercher bien loin. La cheffe de ses guerrières accepte la mission sans se poser de question. Hunbaut, fidèle à lui-même, se propose de l’accompagner. Il est donc décidé qu’ils effectueront un vol de reconnaissance avant que le temps ne se gâte. Avec la réaffectation du Zabrak, la tâche de préparer des pièges dans la forêt et autour du village échoit donc tout naturellement à Korax. De même, afin d’optimiser l’instruction au combat des hommes du clan et l’érection des défenses, il a également été convenu de les regrouper en équipes et d'organiser des rotations régulières dans l’espoir que chacun puisse participer à l’effort de construction tout en bénéficiant d’une formation militaire basique.
Le conseil de guerre se poursuit ainsi pendant près d’une demi-heure puis chacun retourne à son poste. Après tout, il reste encore beaucoup à faire et le temps manque…
L’effervescence est totale au sein du village. Des dizaines d’hommes œuvrent à la construction des fortifications tandis qu’une poignée d’entre eux s’entraînent au combat sous la direction de Loha et Keu. Les vieillards et les enfants s’occupent des stocks de flèches, de provisions et de matériel sous la supervision de Gahéris tandis que plusieurs guerrières du clan posent des pièges dans les bois environnants en suivant les consignes de Korax. Une première navette arrive dans l’après-midi, vomissant son flot de soldats impériaux avant de repartir. Barristan met ces hommes à contribution, les envoyant creuser des tranchées. Afin que la coopération entre stormtroopers et indigènes se fasse dans les meilleures conditions, ordre a été donné de retirer casques et armures. Privés de leur anonymat et arborant un visage plus humain, il semble en effet plus aisé pour les soldats de se faire bien voir des habitants locaux.
Une seconde unité arrive peu après puis l’on annonce au commandant qu’il n’y aura pas d’autres renforts, le temps changeant si rapidement qu’il serait imprudent de risquer la vie des équipages. La tempête arrive… Et elle apporte dans son sillage une armée prête à raser le village du clan de la Rivière Folle. Il faut donc redoubler d’efforts. Le vieux chevalier fait ériger une palissade en bois autour du village, dresse quatre tours de guet sur lesquelles il poste les pièces d’artillerie E-Web amenées avec les renforts. Il supervise la création des tranchées, fait planter des rangées de pieux… Et contribue personnellement à l’effort collectif en allant travailler le bois et la terre.
Ayant mis de côté son armure, le maître d’armes s’empare tantôt d’une hache, tantôt d’une pelle, et participe aux côtés des hommes du village et de ses camarades impériaux aux différents chantiers. Déjà imposant de nature, il l’est d’autant plus torse nu, ses muscles parfaitement ciselés et sa silhouette athlétique semblant par ailleurs plaire aux guerrières du clan de la Rivière Folle. Il est vrai que le vieux Barristan cache bien son jeu… En dépit de son âge, l’homme est toujours un guerrier vigoureux et il apparaît évident qu’il entretient son corps au moins aussi diligemment que son armure.
Le soleil se couche dans l'horizon lorsque Hunbaut et l'aînée des guerrières indigènes reviennent finalement de leur mission de reconnaissance. Le vent se lève, la tempête s’annonce. Le ciel s’assombrit et le tonnerre gronde au loin. Les défenses du village sont en partie achevées et si le commandant aurait aimé pouvoir faire plus, il doit se contenter de ce qu’il a pu accomplir avec le peu de moyens mis à sa disposition. Le rapport du Zabrak et de sa partenaire tombe. Et il n’est pas bon du tout. L’armée qui marche sur eux compte pas loin de cinq cent combattants Dathomiriens conscrits et guerrières issus de divers clans, quelques dizaines de sorcières aguerries et une demie douzaine de Rancors. Si l’on ajoute à cela la puissante magie de la mère Esmsyl, tout est réuni pour une défaite en bon et due forme du clan de la Rivière Folle… Barristan frémit à l’idée d’imaginer cette vieille mégère relever les morts, embraser le ciel dans une pluie d’éclairs et raser le village dans un déluge de feu. Et puisqu’elle semble pouvoir lever les tempêtes à sa guise, le maître d’armes se demande encore quelques sorts étranges la sorcière déchue garde en réserve.
Il sait qu’elle est une adversaire redoutable et pour l’avoir personnellement combattue, il reconnaît volontiers qu’elle est plus puissante que tout autre ennemi affronté par la Chevalerie Impériale. Le vieux chevalier impérial serre doucement les poings. Cette fois-ci, la mère Esmsyl ne lui échappera. Elle goutera à la justice de l’Impérium. Il s’en fait la promesse.
La nuit est tombée. Elle amène avec elle son lot d’horreurs et de cauchemars. Les roulements de tonnerre se mêlent aux grondements angoissants des tambours de guerre. Vient ensuite l’heure des chants qui, terrifiants par l’étrangeté de la langue et des cris, sont destinés à glacer le sang des défenseurs. Avant d’être physique, le combat s'avère psychologique. Pendant près d’une heure, les troupes de la mère Esmsyl frappent ainsi le cuir des tambours, hurlent à la mort, se livrent à une série d’incantations horribles dans le couvert de l’épaisse végétation. A l’intérieur du village, on piétine sur place, attendant péniblement le début des affrontements. Un vent d’outre-tombe souffle sur les visages, s’insinue dans les vêtements et les armures. On joue avec leurs nerfs... On les torture à distance avec des sons sinistres.
Au sein du tumulus, Thenel Ko et les quelques sorcières de son clan se livrent elles aussi à un rituel destiné à purifier leurs terres des influences néfastes. Autour d’elles, les enfants du village, terrifiés et blottis les uns contre les autres. Ayant installé son poste d’observation sur l’étendue herbeuse du tertre, Barristan guette l’horizon à la recherche du moindre mouvement suspect. Il inspecte ses troupes depuis sa position privilégiée, s’assurant que chacun soit bien à son poste.
Le maître d’armes distingue les silhouettes des défenseurs postés le long de la palissade sur un étroit chemin de ronde, arcs en main et lances de fortune prêtes à l’usage. Ce sont pour la plupart des villageois qui n’ont jamais eu la moindre expérience du combat. Afin de les encadrer et de les motiver, le vieux chevalier a confié à Keu et Loha la tâche de les diriger. Rena-Ja se trouve avec eux et la consigne que la native de Brentaal IV lui a donnée est très claire : la Voss ne doit pas s’éloigner d’elle à moins qu’elle ne lui en donne directement l’ordre. Korax a reçu le commandement d’une troupe de guerrières du clan de la Rivière Folle et d’une unité de stormtroopers, positionnées au milieu du village. Ses instructions sont simples : renforcer une position dégarnie ou sur le point d’être débordée.
Gahéris supervise pour sa part la protection du tumulus, ayant autour d’elle les vieillards et deux escouades de soldats de choc pour assurer la défense du vieux mur de pierres. Hunbaut, quant à lui, a obtenu la direction d’un groupe d’indigènes montées sur d’imposants reptiles ailés. Il est secondé par la cheffe des guerrières, qui lui a par ailleurs donné le meilleur point de vue du champ de bataille. Positionnée sur les hauteurs de la forêt, à proximité de la cascade, l’unité volante du Zabrak peut en effet intervenir partout sur demande de Barristan.
Finalement, après d’interminables minutes d’attente, quelque chose se produit enfin. Les éclairs se mettent à fendre le ciel, illuminant le champ de bataille d’une lumière pâle. La pluie se met à tomber brusquement, venant tremper les combattants jusqu’aux os et de multiples filets de brume quittent le couvert de la forêt pour venir serpenter jusqu’au village. Un brouillard recouvre peu à peu les environs et, couplé à l’obscurité de la nuit, restreint considérablement le champ de vision des défenseurs. Le vieux chevalier reconnaît là la magie de la mère Esmsyl et il sait que cela n’augure rien de bon…
- Préparez vous, l’attaque est imminente. Déclare le maître d’armes dans son comlink, guettant l’horizon à l’aide d’une paire de jumelles électroniques.
Et il a raison. Les tambours cessent de gronder et les voix se meurent peu à peu. Il ne reste plus à présent plus que le fracas assourdissant de l’orage et le clapotis de l’eau qui tombe en trombe. La terre se met soudainement à trembler et des cris de guerre retentissent d’un bout à l’autre de la forêt. Des dizaines de combattants quittent l’orée des bois en brandissant haches, lances et autres armes improvisées tandis qu’une poignée de Rancors montés par de redoutables guerrières charge au travers des tranchées, bondissant par dessus les pièges et allant directement se fracasser contre les palissades en bois. Les défenseurs lancent sur les assaillants tout ce qu’ils ont sous la main. Flèches empoisonnées, projectiles improvisés, tirs de blaster… Les E-Web positionnés dans les tours fauchent les Dathomiriens par dizaines, éclaircissant leurs rangs. Nombre d’entre eux s’empalent contre les pieux, tombent dans un piège. Mais il en vient toujours plus.
Et les Rancors, dans leur furie destructrice, finissent par s’attaquer aux remparts de fortune, créant plusieurs brèches qu’une poignée de guerriers s’empresse déjà d’infiltrer. En l’espace d’un instant, le chaos s’empare du champ de bataille. Une ligne de lanciers cherche à repousser l’un des Rancors, présentant la pointe affûtée de leurs lames au cuir épais de la bête. En quelques coups de poings et de griffes, la plupart de ces valeureux villageois finissent écrasés ou éviscérés et les rares survivants se replient en désordre…
Plusieurs échelles sont dressées et viennent se poser contre les palissades, l’ennemi se pressant déjà sur ces engins de siège pour attaquer les défenseurs se situant sur le chemin de ronde. Une tour est prise pour cible par une sorcière des Sœurs de la Nuit, reconnaissable parmi ce flot d’assaillants grâce à ses robes rouges. Une nuée d’éclairs jaillit de ses doigts, vient embraser la position surélevée et une partie de ses occupants. Un stormtrooper chanceux parvient à sauter à temps, s’écrasant lourdement dans la boue.
Au milieu de cette effroyable mêlée, Korax et Rena-Ja sauront ils faire preuve d’audace et de combativité ?Spoiler
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Post n°33
Auteur : Rena-JaLa tension était à son comble durant les dernières heures avant la bataille. Rena-Ja écoutait les discussions durant la réunion, se tenant en retrait. Du fait de son inexpérience en stratégie, elle préférait laisser ses compagnons parler. Et puis, c’était une bonne occasion d’observer et d’apprendre. Tandis que Korax faisait son rapport, la jeune femme observait les autres personnes présentes du coin de l’œil. Les sourires de la veille s'étaient évaporés. Tous et toutes redoutaient cette bataille, car il était évident que nombre d'entre eux ne verraient pas le lendemain. Rena-Ja elle-même ne pouvait pas s'empêcher d'y penser à présent. Jusque-là, elle n'avait connu que des situations d'entraînement, certes rudes, mais tout de même. Elle s'était toujours trouvé dans un environnement contrôlé et protégé, où elle ne risquait rien. Mais cette fois, le danger était bien réel. Elle pouvait elle aussi être tuée au cours de l'affrontement. Il y avait même des chances accrues que cela arrive à une aspirante encore inexpérimentée comme elle. Malgré sa confiance en elle et en la vision, la Voss n'arrivait pas à effacer l'idée de son esprit. Et même si elle ne mourrait pas, elle n'était pas à l'abri d'une blessure sévère. Ses yeux bleutés se posèrent sur la prothèse de Korax. Si Dathomir lui avait pris un bras, elle pouvait prendre bien plus encore à Rena. Il allait lui falloir faire preuve d'une extrême prudence.
Barristan ne perdit pas de temps à élaborer une stratégie en prenant en compte les informations de son élève. Malheureusement, il impliquait de sacrifier plusieurs zones du village et alentours, ce qui ne plaisait pas vraiment aux autochtones. Mais leur chef suivit l'avis du chevalier malgré tout. Si c'était pour leur survie, elle était prête à faire ce sacrifice. Cela amena Rena-Ja à se poser la question : si la même chose se produisait sur Voss, que des sites sacrés de Voss-Ka devaient être détruits pour prévenir une attaque de Gormaks, l'accepterait-elle sans broncher ? Elle n'en était pas certaine. Mais peu importait. Mieux valait se concentrer sur la bataille à venir, et surtout sur sa propre survie.
Les heures qui suivirent consistèrent en davantage d'entraînement au côté des locaux. Plus le moment fatidique se rapprochait, plus la Voss était nerveuse. Sa certitude de victoire de tout à l'heure s'estompait peu à peu pour laisser la place au doute. Qu'allait-il se passer cette nuit ? Allait-elle prouver sa valeur comme elle l'espérait, ou périr en anonyme qui n'aurait rien accompli ? Malgré sa foi, la crainte grimpait lentement en elle. La seule chose que l'humanoïde pouvait faire, c'était s'impliquer encore plus dans son entraînement et enfouir cette oppressante sensation au plus profond d'elle-même.
Le temps filait à toute allure, et il ne restait plus beaucoup de temps. Bien qu'ils aient reçu des renforts, l'ennemi avait l'avantage du nombre. Les fortifications du village joueraient donc un rôle déterminant dans la bataille. Dans les derniers moments, la jeune humanoïde apporta son aide à qui en avait besoin, et il y avait toujours de quoi faire. Lorsque la nuit tomba, les différentes unités se regroupèrent pour se préparer à l'assaut ennemi. Ainsi, la Voss resta aux côtés de Keu et Loha, chargés de diriger les villageois entraînés plus tôt. Au moins, elle se battrait aux côtés de têtes connues. Pour des raisons évidentes, Rena-Ja devait rester auprès de la chevaleresse de Brentaal IV, à moins que celle-ci ne lui ordonne de s'éloigner. Une directive simple qu'elle suivrait à la lettre. Honnêtement, se battre entourée par ses deux instructeurs rassurait la jeune femme quelque peu. Elle savait qu'ils étaient puissants, et se sentait plus en sécurité ici que nulle part ailleurs. Malgré le tonnerre grondant du ciel obscur et la tension presque écrasante, l'humanoïde rouge fit le vide l'espace d'un instant. Le moment décisif était arrivé. Celui qui déterminerait si elle était digne d'être une guerrière, ou si son histoire devait s'arrêter avant d'avoir accompli quoi que ce soit. Elle était prête. Elle se devait de l'être. Pour Voss, pour sa famille... Et pour elle-même.
Le ciel se déchira soudainement, empli d'éclairs et de pluie qui déferlèrent sur le champ de bataille à venir. Dans le même temps, un brouillard vint envahir toute la zone, empêchant de voir clairement. L'avertissement fut propagé dans tout le village : l'attaque allait débuter. Rena-Ja se tint prête, la main tremblante et serrant son arme au plus fort. Elle expira, et l'instant d'après, c'était lancé.
Une vague d'ennemis jaillit des bois et chargea le village, mêlant d'innombrables hommes à pied aux quelques imposantes bêtes montées nommées Rancors. Les défenseurs répondirent par un déferlement de projectiles diverses, faisant tomber les guerriers par dizaines, aussitôt remplacés par d'autres. C'était comme si leur nombre n'avait aucune limite. Dans le même temps, les massifs Rancors venaient de faire plusieurs percées dans les fortifications, permettant aux envahisseurs de pénétrer dans l'enceinte. D'autres Dathomiriens se mirent à tenter de franchir la muraille au moyen d'échelles. La bataille venait à peine de commencer que la situation penchait déjà en la défaveur des villageois et des impériaux. Les uns comme les autres se faisaient massacrer sans pitié par l'ennemi. Il fallait réagir au plus vite.
Fort heureusement, ça ne manqua pas. L'unité de Loha et Keu, postée à la palissade, était la première à engager l'ennemi. Et les deux chevaliers ne comptaient pas laisser le village être envahi si facilement. Leurs sabres laser activés, ils tailladaient les ennemis à leur portée sans effort. Les simples guerriers mâles ne faisaient guère le poids face à eux. Il était évident que leur force résidait avant tout dans leur nombre. Ils n'étaient que de la chair à canon. Les suivant au plus près, Rena-Ja n'avait que peu à faire jusque-là. Elle parait quelques attaques d'ennemis approchant, laissant l'opportunité à ses camarades de les éliminer d'un coup précis. Ils étaient si rapides qu'elle avait à peine le temps de réagir. Si elle avait vu leur force durant les entraînement, en être témoin en combat réel était tout autre chose.
Soudain, un rugissement se fit entendre non loin d'eux. L'un des Rancors, après avoir piétiné plusieurs villageois, se tourna vers les trois utilisateurs de la Force. La sorcière le chevauchant le dirigea dans leur direction, dans l'optique évidente de les exterminer. Face à ce colosse, Loha et Keu n'étaient pas intimidés, au contraire. Après avoir esquivé la charge initiale de la bête, Keu attira son attention en semblant l'attaquer de front. Profitant de l'occasion, Loha arriva dans son dos et entailla la cheville de l'animal, son sabre traversant chair et os. Le Rancor vacilla, obligé de se rattraper sur ses membres avant. La chevaleresse en profita pour bondir sur le dos de ce dernier, se hâtant d'atteindre la selle harnachée à sa nuque. La sorcière ennemie n'eut pas le temps de réagir, et la lame violacée la trancha vif. Sa monture ne tint pas beaucoup plus longtemps, la tête percée simultanément d'en haut par Loha et d'en bas par Keu. Elle s'écroula dans un vacarme assourdissant, presque aussi fort qu'un grondement de tonnerre. Les villageois et soldats survivants furent galvanisés par cet exploit, retrouvant un peu d'espoir et d'esprit combatif. Toujours jonchée sur l'énorme cadavre, Loha toisait Rena-Ja avait un air quelque peu fier. Visiblement, elle ne manquait pas une occasion d'impressionner la bleusaille. Et impressionnée, Rena l'était. Ils avaient battu ce monstre sans sourciller. C'était donc ça, le pouvoir de la Force telle que maniée par les chevaliers ? Serait-elle un jour capable de faire de même ? Cette simple possibilité la ravit.
Mais l'émerveillement fut de courte durée. Tournant la tête vers la brèche, la Voss vit que la brume à l'extérieur pénétrait désormais le village. Ce n'était décidément pas naturel. De nouveau sur ses gardes, Loha descendit du Rancor mort pour rejoindre l'aspirante sous sa garde. Cependant, la brume progressa vite, une purée de pois épaisse recouvrant les alentours de la brèche en quelques instants. Fort heureusement, Rena pouvait toujours voir les sabres de ses confrères à travers le brouillard. Elle entreprit d'avancer, mais un cri proche d'elle la prit au dépourvu. Une nouvelle vague de guerriers avaient franchi le trou dans la palissade, et l'un d'eux jaillit de la brume pour foncer droit sur elle. A cette distance, impossible d'esquiver. L'homme se jeta sur elle et la saisit, continua à courir et la plaqua violemment contre le mur d'une bâtisse proche. Le choc lança une forte douleur dans le dos de la jeune femme, qui retomba au sol et fit tomber sa vibrolame. Le dathomirien brandit alors son arme et tenta de lui broyer le crâne. Bien que sonnée, Rena-Ja eut le réflexe de bouger la tête au dernier moment, évitant la mort de peu. Affolée, elle repoussa son adversaire d'un coup de pied dans le buste, le faisant reculer de quelques pas. Regardant autour d'elle d'un air paniqué, l'aspirante cherchait n'importe quoi qui puisse l'aider à se défendre. Sa lame était derrière le dathomirien, il n'y avait pas le temps. Non loin d'elle, elle remarqua un corps de stormtrooper décédé, avec dans sa main inerte un blaster de poing. C'était sa chance. Aussi vite qu'elle put, la Voss rampa jusqu'au cadavre, la main tendue pour attraper son arme. Le guerrier ennemi, remis du coup, la vit ramper et arriva vers elle avec un air enragé. Lorsqu'il fut à portée, il leva sa masse au-dessus de sa tête, prêt à achever la jeune femme rouge. Mais alors qu'il allait abattre son arme, Rena-Ja se saisit du pistolet, se retourna et fit feu.
Il y eut à peine une seconde, un très court moment de flottement, comme si le temps venait de se figer. Puis, tandis que son torse fumait du fait de l'impact, l'homme tomba en arrière, mort. Rena-Ja reprit son souffle, le bras toujours tendu. Ce qui venait de se produire l'avait profondément troublée. Elle venait non seulement d'échapper à la mort, mais aussi de tuer pour la première fois. Elle s'attendait à ce que cela arrive au cours de la bataille, mais le fait d'avoir failli périr quelques instants plus tôt avait rendu l'expérience terriblement perturbante. Elle ressentait comme... un vide profond. C'était difficile à expliquer, mais son regard ne pouvait pas quitter le cadavre de sa première victime.
Les bruits de combats alentours parvinrent tout de même à la sortir de cet état. Non, pas le temps pour ce genre de choses. Ce conflit commençait tout juste, elle devait se ressaisir. Et continuer à se battre. Enjambant le corps, elle attrapa sa vibrolame, puis se mit à avancer à tâtons dans l'épaisse brume. Sa lame dans une main et le blaster dans l'autre, elle se tenait prête à abattre tout ennemi qui se présenterait à elle. Ses yeux étaient inutiles, et le chaos autour d'elle rendait son ouïe tout aussi peu fiable. Pour survivre, son seul véritable allié était la Force. -
Post n°34
Auteur : HivernusLa bataille tourne rapidement au carnage. Des dizaines de corps gisent déjà dans la fange, éventrés, déchiquetés, découpés, piétinés ou même partiellement dévorés. La horde de la coalition menée par la terrible Esmsyl ravage tout sur son passage. Les huttes du village s’embrasent peu à peu sur leur passage et les défenseurs, submergés par un raz-de-marée de guerriers furieux, sont contraints d’abandonner le chemin de ronde. Les Rancors détruisent tout ce qui passe à portée de griffe et de poing, éventrant les bicoques et perçant de nouvelles brèches dans la palissade pour permettre aux troupes de noyer le village dans le flot de leur masse.
Depuis sa position surélevée, Barristan contemple l'œuvre sinistre de ceux et celles qui combattent sous la bannière de la vieille matriarche du clan sous la montagne. De nombreux villageois se replient en désordre, poursuivis par une traînée d’adversaires enragés. L’unité de Korax est elle aussi déjà en difficulté, frappée de plein fouet par une vague d’ennemis. Malgré les pertes, il en vient toujours plus. Et les Rancors, guidés par leurs sombres cavalières, foncent sur les soldats de choc impériaux afin qu’ils ne puissent pas balayer des rangées entières de guerriers avec leurs blasters. Dans ce désordre, Keu, Loha et Rena-Ja tentent de se frayer un chemin avec ceux qui maintiennent encore un semblant de cohésion, cherchent à rallier les forces qui tiennent quelques barricades improvisées. Les chevaliers impériaux font preuve de sang froid, parviennent à inspirer courage et férocité chez leurs camarades d’infortune. Nombreux sont les guerriers qui tombent sous les coups de leur sabre laser.
Le commandant constate cependant qu’à moins d’intervenir, les troupes amies qui combattent en première ligne risquent d’être annihilés dans une manœuvre d’encerclement. D’autant plus que l’ennemi déploie à présent ses archers sur le chemin de ronde afin de neutraliser les forcenés qui luttent encore pour le contrôle du village et que la brume poursuit son inexorable progression. Il est temps d’agir.
Le vieux maître d’armes s’empare de son comlink afin de transmettre ses nouveaux ordres, ceux qui changeront le cours de la bataille d’une manière ou d’une autre.
- Groupe C, il y a une poignée de guerrières postées sur le chemin de ronde et armées d’arcs à énergie qui donnent du fil à retordre à nos camarades. Neutralisez la menace.
- Ici Hunbaut. Reçu cinq sur cinq. Nous passons à l’attaque.
- Keu, Loha, Korax, repliez vous vers le pont avec le reste de vos hommes. L’ennemi est sur le point de vous encercler.
Barristan n’attend pas de recevoir la confirmation pour quitter sa position surélevée sur le tumulus. Il déroule ses épaules, fait craquer les os de sa nuque en secouant doucement la tête de gauche à droite puis se dirige vers son unité afin de protéger le pont. Il s’en remet désormais à Gahéris pour superviser la défense du tumulus et de ses occupants…
Loha déleste un Dathomirien de sa tête d’un coup de sabre laser lorsqu’elle reçoit le message du vieux chevalier impérial. Elle cherche du regard ses camarades, remarque qu’il ne reste autour d’elle plus qu’une douzaine de survivants dont la jeune Rena-Ja et le téméraire Keu. Ils sont tous éreintés, couverts de boue et de sang. Pour autant, ils n’ont pas le loisir de prendre une pause, d’évaluer la situation. De nouveaux assaillants chargent leur position. Une hache vient se planter dans l’épaule d’un villageois, l’acier de l’arme déchirant la chair et faisant craquer les os. L’homme s’écroule lourdement après avoir brièvement hurlé. Un autre finit empalé au bout d’une lance, surpris par la violence de l’impact et expirant son dernier souffle sans un bruit.
Une sorcière du clan sous la montagne, reconnaissable à ses robes rouges et aux nombreuses inscriptions impies tatouées sur sa peau, tue un pauvre bougre d’une formule magique, invoquant la Force pour lui tordre le cou, puis en fait voler trois de plus dans les airs. Elle est abattue par le tir d’un stormtrooper avant qu’elle ne puisse lancer un nouveau sort. Keu combat deux adversaires en même temps, avec aisance, et les met en échec rapidement, neutralisant l’un d’un coup de sabre laser dans la poitrine et sectionnant le second en deux morceaux. Un troisième suit rapidement, terrassé par plusieurs frappes qui le laissent méconnaissable. Loha n’est pas en reste. Elle combat au moins aussi farouchement que son partenaire, s’assurant toujours d’avoir Rena-Ja près d’elle. Plusieurs guerriers tombent à ses pieds, victimes de sa redoutable furie.
- Vous avez entendu Barristan, on se dirige vers le pont ! Ordonne la native de Brentaal IV aux survivants de son groupe.
On ramasse les blessés, on récupère quelques armes puis on tente de rallier le point fixé par le vieux maître d’armes. Au-dessus de leur tête, les cavalières ailées du groupe d’Hunbaut percent le brouillard pour fondre sur les archères postées sur le chemin de ronde. Plusieurs d’entre elles sont happées par les puissantes montures volantes des guerrières, finissent déchiquetées par leurs griffes ou sont emportées dans les airs afin d’y connaître un sort plus terrible encore. Barristan mène une contre-attaque avec son groupe afin de briser la charge des troupes de la mère Esmsyl, bientôt supporté dans son combat par les chevaucheuses de reptiles ailés. Ces actions salvatrices laissent le temps au groupe de Keu et Loha, ainsi qu’à quelques traînards et combattants isolés, de rejoindre les dernières positions retranchées situées devant l’unique pont menant à l’îlot.
Le temps d’un instant, l’ennemi semble refluer, perdre du terrain. Les frappes aériennes menées par Hunbaut et ses guerrières, ainsi que la contre-offensive téméraire des hommes menés par le commandant lui-même, semblent avoir eu raison du moral de l’assaillant. Les adversaires deviennent semblables aux ombres, disparaissent dans l’épais brouillard, se dérobent à la vue des défenseurs en se glissant derrière les huttes qui tiennent encore debout, profitent de la fumée noire qui se dégagent de quelques incendies pour se replier sans être pris pour cible.
Ici et là, quelques clameurs et combats, puis plus rien… Le silence.
Le groupe de Barristan rejoint à la hâte les barricades, le vieux chevalier portant à bout de bras un villageois blessé à la jambe qu'un soldat impérial s'occupe rapidement de soigner. Il cherche du regard son apprenti, qu’il ne trouve pas.
- Où est Korax ?
- Aucune idée… Nous avons perdu de vue son unité lors des combats. Répond Keu, essuyant son front dégoulinant de sueur d’un revers de main. Il est peut-être coincé avec ses hommes dans un coin du village.
Alors qu’il s’apprête à demander par comlink la position de son écuyer, une succession de bruits sourds retient l’attention du maître d’armes. Derrière les barricades, on se prépare au pire. Tous les armes et toutes les paires d’yeux sont à présent dirigés vers la brume, dont l’épais nuage blanc se déplace silencieusement, dévorant hutte après hutte, réclamant chaque morceau de territoire inoccupé. Barristan lève les yeux vers le ciel, apercevant entre deux éclairs les silhouettes sombres des montures ailées et de leurs cavalières. Le groupe C tournoie dans les airs, tel une nuée de rapaces prêts à fondre sur du gibier.
- Hunbaut, tu vois quelque chose depuis ta position ?
- Négatif Barristan… Mais on dirait qu’il y a du mouv…
Du mouvement dans la brume. Quelque chose de gros qui se déplace à grande vitesse vers eux. Le vieux chevalier ressent les vibrations désormais. Et il commence à percevoir des images de ce qu’il va se passer.
- A couvert ! Hurle le commandant en voyant d’immenses projectiles fondre sur eux.
A l’aide de la Force, les premiers missiles improvisés sont déviés de leur trajectoire par le maître d’armes. Mais c’est bientôt une pluie de rochers, d’arbres déracinés et de morceaux de hutte qui s’abat sur les barricades de fortune. Plusieurs hommes sont fauchés par les projectiles. D’autres échappent de justesse à la mort. C’est le cas de Rena-Ja lorsque Loha la pousse sur le côté afin de lui éviter de percuter une souche d’arbre. La native de Brentaal IV et le bretteur originaire d’Eriadu joignent leurs efforts à ceux de Barristan. Les trois chevaliers impériaux tentent de former une barrière de protection en usant de leurs pouvoirs pour bloquer les tirs, les dévier ou les renvoyer à l’expéditeur. Quelques projectiles passent au travers de leur défense, s’écrasant contre les barricades ou frappant de plein fouet la muraille de pierre de l’îlot. Un pan entier de mur s’effondre, les gravats emportant dans leur chute une poignée de malheureux.
Hunbaut comprend ce qu’il se passe et lance son groupe à l’assaut. La pluie de missiles cesse un instant alors que le rugissement des bêtes et le grondement sourd d’armes qui s’entrechoquent et de corps qui tombent se font entendre dans la brume.
La carcasse d’un reptile volant, le flanc gauche éventré et privé d’une aile, est projeté en direction des défenseurs tel un avertissement. Les chevaliers impériaux reconnaissent là la monture de leur camarade Zabrak. Un frisson parcourt leur parcourt l’échine alors qu’ils imaginent le pire. C’est à ce moment-là, voyant les défenseurs vulnérables et ébranlés, que la coalition de la mère Esmsyl décide de reprendre son offensive. Plusieurs Rancors imposants et vêtus d’armures improvisés chargent en tête de colonne, armés d’un tronc d’arbre ou d’un morceau de palissade pour écraser toute résistance. Derrière eux, des dizaines de guerriers, de sorcières et d’esclaves qui fondent en criant et en chantant sur les villageois et leurs alliés impériaux.
Les premiers tirs fusent. Les soldats de choc de l’Impérium, postés sur le mur de pierre ou retranchés derrière ce qu’il reste des barricades, font preuve d’une précision redoutable en abattant la première rangée d’assaillants avant qu’ils ne puissent venir s’écraser sur leurs positions. Mais les puissants Rancors sont insensibles aux blasters, leur cuir épais et leurs plaques d’armure absorbant les tirs. Ils s’abattent sur les défenseurs avec une brutalité saisissante. Les corps et les débris volent dans tous les sens. L’ennemi est désormais sur eux.
Une violente mêlée s’engage alors. Les traits laser s’écrasent ici et là. Haches, lances et épées s’entrechoquent violemment. Lorsque les armes ne suffisent plus, on se tue à mains nues, on s’étrangle dans la boue, on se lance des pierres au visage, on se mord les mains et les pieds, voire la nuque ou le cou. Les Rancors, terrifiants et sauvages, font des ravages dans les rangs. Les sorcières se joignent au carnage, leurs terribles sorts venant à bout de bien des braves. Quelques guerrières du clan de la Rivière Folle encerclent une bête enragée, tentent de désarçonner sa cavalière. Un second Rancor est pris pour cible par plusieurs créatures ailées et leurs maîtresses. Le monstre se fait crever les yeux, arracher la peau, se débat avec férocité face aux assauts furieux des reptiles volants.
Keu s’est mis en tête d’affronter en combat singulier un autre spécimen afin de relâcher la pression sur son groupe. Son sabre laser, menaçant, fend les airs, cherche des failles dans la défense de l’animal. Un coup passe au travers, entaille la jambe du colosse qui pousse un terrible rugissement. Le combat n’est pas gagné d’avance mais il est certain qu’un chevalier impérial expérimenté tel que le natif d’Eriadu aura raison d’un Rancor. Loha galvanise pour sa part les troupes, inspirant courage et détermination à ceux qui commencent à fléchir. Elle montre l’exemple en combattant à leur côté, sait comment les motiver en lançant des encouragements guerriers.
Quant à Barristan, il impressionne par sa simple présence et marque les esprits par la force de ses actes.
D’un simple mouvement horizontal, son sabre laser fend en deux trois assaillants qui viennent sur lui. Un autre groupe est projeté au sol par l’intermédiaire d’une poussée de Force. Les pauvres sont massacrés par des villageois furieux avant même de pouvoir se relever, lardés de dizaines de coups de lance. Voyant en lui un adversaire digne d’affronter, quelques guerriers en quête de gloire et de faveurs tentent leur chance. Le chevalier impérial les met en échec un par un et les imprudents finissent par rejoindre le flot des cadavres qui jonchent le sol boueux du village.
Puis vient le tour d’une sorcière qui se déplace dans un tourbillon de brume, utilisant sa sombre magie pour se déplacer dans les airs. Le maître d’armes prend de l’élan et bondit d’un coup, puis frappe la vieille mégère à la gorge d’un geste élégant et précis. Le corps de l’indigène chute brusquement, délesté de sa tête, et vient s’écraser dans la fange alors que le commandant se pose gracieusement au sol. L’homme balaie du regard le champ de bataille. L’ennemi bat une fois de plus en retraite, laissant derrière lui ses blessés et ses cadavres.
Mais Barristan n’est pas dupe. Il sait qu’il reviendra après avoir trouvé un énième tour de passe-passe. Il se dirige vers les siens d’un pas décidé, la mine sombre mais le regard luisant d’une détermination que rien ne pourrait éteindre.
- Keu, Loha, ramassez les blessés et rassemblez les troupes, on se retire sur l’îlot. Nous n’avons plus assez d’hommes pour protéger le pont.
- Chef oui chef !
Loha se dirige vers Rena-Ja, un sourire épuisé aux lèvres. Elle lui offre une petite claque amicale sur l’épaule comme pour la féliciter.
- Pour une débutante, tu ne t’en sors pas trop mal. Allez viens, on a encore du boulot devant nous.
Les survivants des différents groupes se replient donc sur la petite île, emportant avec eux armes et estropiés. Quelques cavalières et leurs montures ailées rallient également le point de rassemblement. Le commandant réorganise alors les défenses. On répare à la hâte les endroits où le mur a été percé ou endommagé, on s’occupe de soigner les blessés et on laisse à quelques malheureux le temps de se reposer un peu. S’il n’affiche aucun signe d’inquiétude ou de colère sur son visage, le vieux maître d’armes craint toutefois qu’il ne soit arrivé quelque chose au Zabrak et au natif de Yaga Minor. Ayant retrouvé sa place privilégiée sur le tumulus, le chevalier impérial se permet une nouvelle fois de tenter une communication.
- Hunbaut, Korax, si vous m’entendez, nous nous sommes repliés sur notre dernier point de défense. L’ennemi s’est temporairement retiré. C’est votre chance pour nous rejoindre.
Pour l’heure, aucune réponse. Mais Barristan ne perd pas espoir… Pas encore.Spoiler
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Après s'être regroupée avec Keu et Loha, Rena-Ja les accompagna à travers le champ de bataille tandis qu'ils cherchaient à rassembler ceux qui pouvaient l'être afin de faire front commun face à l'ennemi. Face à une situation désespérée, les deux chevaliers parvenaient tout de même à suffisamment galvaniser leurs alliés pour tenter de repousser l’ennemi. Mais il venait toujours plus. Rena-Ja ne réfléchissait plus, elle se contentait de frapper et tirer sur chaque adversaire à sa portée. Sa vibrolame paraît, cognait, tranchait. Quand qu’elle en avait l’opportunité, elle faisait feu à courte distance voire à bout portant, ce qui suffisait pour abattre sa cible ou lui laisser le temps de l’achever à l’arme blanche. Lorsqu’il fut entièrement déchargé, la Voss le jeta au sol sans hésiter et prit sa lame à deux mains pour continuer le combat. Bien sûr, elle n’était pas non plus devenue une machine à tuer. La jeune femme manquait encore d’entraînement, et ses adversaires étaient plus forts physiquement. Fort heureusement, elle pouvait compter sur l’appui de Loha, qui se tenait à ses côtés, pour pallier ses nombreuses lacunes. Sans la chevaleresse, elle serait probablement déjà un cadavre de plus gisant au sol. Keu, de son côté, redoublait également d’efforts pour repousser l’ennemi. Mais même avec la force des deux chevaliers avec eux, la victoire semblait lointaine. Les villageois tombaient les uns après les autres, subissant tour à tour un sort toujours plus violent et cruel. Le sang et la tourbe giclaient de toutes parts, recouvrant les corps épuisés des vivants. Malgré elle, Rena-Ja ne pouvait s’empêcher de ressentir un frisson de terreur. Chaque goutte effleurant sa peau était un rappel que la mort pouvait la frapper à tout moment, que la prochaine à tomber pourrait être elle. Mais la présence de ses instructeurs, et la volonté de survivre à cette nuit infernale, la maintenaient encore debout et prête à se battre jusqu’à l’épuisement.
Au bout d’un moment, alors que la jeune femme ôtait son arme du poitrail d’un guerrier ennemi, le grésillement de son comlink résonna à travers ses oreilles, suivi de la voix de Barristan. Le maître d’armes ordonna le repli de toute leur unité. Croisant brièvement le regard de Keu et Loha, la Voss acquiesça et fit volte-face. avant d'entamer la retraite avec le reste du groupe. Elle assista quelques-uns des blessés à se replier, tandis que l'assaut simultané des troupes de Barristan et de la brigade aérienne de Hunbaut les couvraient. Regroupés face à l'îlot central du village, le groupe observait, attendant de pied ferme leurs ennemis. Cependant, leurs alliés semblaient les avoir fait reculer. En quelques minutes à peine, les troupes des sorcières s’évanouissent dans la brume et le chaos, laissant le champ de bataille étrangement calme. Ce changement brutal était presque aussi terrifiant que l’assaut l’avait été. Les yeux scintillants de Rena-Ja balayaient le village désert. Que préparaient-ils ? Ça ne pouvait pas être aussi facile. Nul doute que le pire était à venir.
Peu après, Barristan et ses hommes revinrent de leur assaut pour se regrouper avec les hommes de Keu et Loha. Cependant, le groupe de Korax manquait à l’appel. Personne ne savait vraiment où il se trouvait. En entendant cela, la Voss se surprit à s’inquiéter de son sort. Ils se connaissaient à peine, mais il s’était illustré comme un combattant impressionnant pour son rang, même s’il lui arrivait d’utiliser des tactiques… peu conventionnelles. Elle souhaitait l’affronter à nouveau, à l’avenir. Et… se battre à ses côtés n’était pas mal non plus. La jeune espérait donc revoir l’écuyer bien vivant, et aussi entier que possible, à l’issue de cette bataille. Mais le sort de Korax dut vite être mis de côté.
Des bruits retentissants se firent entendre au plus profond de la brume. Puis, le son de quelque chose approchant très vite dans leur direction. Lorsque qu’ils purent enfin voir de quoi il s’agissait, les yeux de tous s’écarquillèrent. Des projectiles divers et variés leur fonçaient dessus. Grâce à Barristan, les premiers furent repoussés, mais il en vint toujours plus. En à peine quelques secondes, Rena-Ja vit des hommes se faire déchiqueter par des amalgames de roche et de bois. Mais elle n’avait pas le temps de s’en préoccuper. En un éclair, une souche d’arbre arriva droit vers elle. Lorsqu’elle vit l’objet, c’était déjà trop tard. Elle ne pourrait pas l’esquiver à temps. Alors, ça y est, c’était fini ? Elle allait mourir là, balayée par un bout d’arbre ? Durant sa première mission, sans avoir rien pu faire pour Voss ? En fin de compte, elle était un véritable échec, de bout en bout. Quelle honte pour sa famille, pour son peuple. Même sa mort n’aurait servi à r...
La forte poussée sur son épaule fit reprendre ses esprits à Rena-Ja. La Voss chuta durement sur le côté, percutant le sol boueux. Lorsqu’elle releva la tête, elle vit la souche d’arbre s’écraser là où elle se trouvait il y a à peine un instant. Et debout, la main tendue face à elle, se tenait Loha. La chevaleresse lui adressa un bref sourire, avant se se tourner vers Barristan et lui prêter main forte pour repousser les projectiles. Le souffle haletant, l’aspirante porta sa main contre sa poitrine, et sentit son cœur battre à toute vitesse. Elle était vivante… Loha venait une fois de plus de lui sauver la vie. Frôler la mort de si près lui causait de terribles tremblements dans tout le corps, mais malgré ça, la jeune femme parvint à se relever. Elle se tint près des chevaliers, désormais tous les trois attelés au blocage des missiles. Au bout de plusieurs secondes, elle se calma un peu, et arrivait à réfléchir à peu près correctement. Il fallait qu’elle se ressaisisse, ou elle ne tiendrait pas le coup jusqu’à demain.
Voyant la détresse de leurs compagnons d’armes, le groupe aérien dirigé par Hunbaut passa à l’attaque, leurs montures volantes plongeant dans la brume. Le pilonnage cessa brièvement, remplacé par des hurlements et des sons de mort. Puis, le corps d’une des créatures volantes fut balancé contre les impériaux et leurs alliés. Mais cette monture était celle de Hunbaut. Était-il… ? À peine eurent-ils le temps de penser au sort de leur confrère que l’ennemi reprit l’assaut. Des Rancors armés et des dizaines de troupes leur fonçaient droit dessus. Si les premiers assaillants furent abattus, impossible de stopper les Rancor, qui oblitérèrent un à un les fortifications. Bien vite, les combats reprirent de plus belle. Rena-Ja s’occupa des guerriers et esclaves qui s’approchaient de trop près. Elle restait près des blessés avec plusieurs villageois, laissant le champ libre aux chevaliers. Ces derniers montrèrent toute l’étendue de leur puissance, terrassant leurs adversaires. Même les sorcières et certains Rancor ne faisaient pas le poids face à eux. Si elle avait déjà vu Keu et Loha en action, la Voss fut tout aussi impressionnée par les talents de Barristan, sinon plus. Il parvenait à se débarrasser de ses adversaires presque sans effort, et sa simple présence inspirait ses alliés à se battre sans relâche. Il n’avait définitivement pas usurpé son titre.
Au bout d’un moment, les troupes ennemies firent à nouveau demi-tour, battant en retraite pour la seconde fois. Enfin, les défenseurs pouvaient souffler. Rena-Ja s’essuya le visage, retirant un mélange de sang, de sueur et de boue. Elle fut rejointe par Loha, qui lui fit une tape sur l’épaule et la complimenta avant de lui demander de la suivre. L’aspirante hocha la tête, et l’assista dans le transport des blessés et des armes vers l’îlot. À ce stade, il ne restait plus grand monde capable de tenir debout. Les assauts répétés avaient considérablement amenuisé leurs effectifs. Le prochain affrontement serait probablement le dernier. Soit ils triomphaient, soit ils périraient.
La jeune femme aida à reconsolider les défenses comme elle put, puis profita de l’occasion pour faire une courte pause. Elle regarda les paumes de ses mains, couvertes de cloques et de blessures. C’était probablement à force de serrer le manche de son arme aussi fermement. Mais au moins, elle respirait toujours. C’était tout ce qui importait à cet instant. Et elle comptait bien tenir jusqu’à demain.
Peu après, elle se mit en place avec le reste des combattants encore debout, à l’affût de la prochaine attaque. La Voss s’était postée près de Loha et Keu, restant près de de la native de Brentaal IV comme celle-ci le lui avait ordonné plus tôt. Elle se préparait mentalement au combat à venir. Malgré sa détermination, l’aspirante ne pouvait s’empêcher d’être nerveuse. Quoi de plus normal, après avoir échappé à la mort de peu ?
"Si jamais..."
Les mots qui suivirent la surprirent plus que n’importe qui d’autre.
"Si jamais nous mourrons aujourd’hui, merci d’avoir été mes instructeurs."
Elle ignorait d’où cela venait, mais c’était sincère. Grâce à eux, elle pouvait accomplir son devoir. Et peut-être survivrait-elle à cette nuit infernale.
-
Les blessés s’entassent dans un coin, couchés sur des brancards de fortune et pris en charge par quelques femmes qui font usage de plantes médicinales et de remèdes de sorcière pour soigner les maux. A leurs côtés, une poignée d’infirmiers militaires au moins aussi consciencieux que les indigènes dans leur travail. Dathomiriennes et Impériaux échangent volontiers leurs connaissances médicales afin d’offrir les meilleurs soins à leurs patients. Ailleurs, on s’occupe de consolider les barricades, de combler les brèches avec des gravats, des troncs d'arbre et des bouts de bois ramassés ici ou là. Les fortifications ainsi réparées ne paient pas de mine mais l'essentiel demeure qu'elles ralentissent l'ennemi. On se félicite à voix basse pour se remonter le moral, on se réconforte comme on peut en pensant à autre chose… On rêve. On espère.
Mais la situation semble désespérée et l’optimisme s’érode rapidement dans les esprits fatigués de ceux et celles qui ont déjà beaucoup perdu. Preuve en est, la jeune Rena-Ja pense déjà à la mort. En face d’elle, Keu et Loha se contentent de sourire bêtement.
- Mourir ici, loin de tout ? Sans façon ! J’ai encore plein de belles choses à vivre… Plaisante le natif d’Eriadu avant de prendre un ton plus sérieux. Nous sommes des chevaliers impériaux, Rena-Ja, et les chevaliers impériaux ne se laissent pas facilement abattre. Nous sommes l’élite de l’Impérium et nous avons notre honneur à défendre. Qu’ils viennent. Je les attends de pied ferme.
Il pose ses mains sur ses hanches, bombant le torse tel un coq qui se sent blessé dans sa fierté. Sa comparse soupire doucement, levant les yeux au ciel.
- Que la Force nous vienne en aide… Le voilà reparti dans ses délires. La native de Brentaal IV lui claque l’arrière de la tête pour lui faire reprendre ses esprits. Keu a toutefois raison sur un point, jeune apprentie. Nous n’allons pas mourir ici. Je t’en fais la promesse.
- Barristan vaut bien dix chevaliers impériaux à lui tout seul. Les serviteurs de la mère Esmsyl n’ont aucune chance. Il commence tout juste à s’échauffer mais une fois bien lancé, plus rien ne l’arrête. Lance le bretteur, un grand sourire aux lèvres. On va le tenir, cet îlot. Et les forces obscures de cette vieille mégère vont se casser les dents contre nos défenses.
La réflexion semble amuser Loha. Keu joue souvent au petit aristocrate fier comme un paon mais il trouve toujours le moyen d’être optimiste ou blagueur pour remonter le moral de la troupe. Il est une sorte de grand frère qui abuse volontiers de sa position mais qui sait quand se montrer rassurant et protecteur quand il le faut. En cela, il est à la fois attachant et chiant. Attachiant quoi.
Barristan à toutes les unités. Il y a du mouvement dans la brume. Prenez vos positions et préparez vous au combat.
- Quand on parle du loup…
- Reste près de nous, Rena-Ja, et tout ira bien. Indique la jeune femme en posant une main sur l’épaule de la Voss.
Autour d’eux, on commence à s’agiter. Les soldats de choc impériaux et les villageois prennent position sur la muraille ou derrière quelques palissades en bois, armes en main. Ici et là, quelques sorcières et guerrières se mêlent au reste des troupes décimées. Malgré l’appréhension et la fatigue, tous sont décidés à combattre jusqu’au bout. Si le clan de la Rivière Folle doit s’éteindre, ce sera avec panache. Et pour chaque membre de clan qui doit tomber, dix ou vingt combattants adverses suivront. Ils s’en font la promesse. Il en est de même du côté impérial. Chevaliers et stormtroopers ne comptent pas dire adieu à la vie de sitôt et sûrement pas sans vendre chèrement leur peau.
Les tambours de guerre reprennent leur sinistre cadence, perçant la brume avec fracas. Les terribles chants rituels s’élèvent à nouveau dans l’air, déformés par des coups de tonnerre et des cris glaçants. D’étranges filaments verts se faufilent entre les restes embrasés de huttes, glissant dangereusement vers l'îlot et le tumulus. Ils viennent caresser la bulle de protection invisible dressée par Thenel Ko et ses acolytes, cherchant une faille à infiltrer en serpentant silencieusement autour du dernier bastion du clan de la Rivière de la Folle et de ses alliés. Dans le village en feu et ses alentours, des dizaines de silhouettes étranges commencent à obscurcir le brouillard. Ces dizaines de corps titubant se transforment bientôt en centaines. Il en vient tant qu’il semble que cette armée pourrait engloutir Dathomir toute entière. Barristan fronce les sourcils, serre doucement les poings.
Il ne sait que trop bien ce qui les attend. Il comprend à présent. Il sent l’obscurité effleurer son esprit et s’il résiste sans difficulté à cette attaque pernicieuse, le chevalier impérial entrevoit le temps d’un instant des visions d’horreur. Il sait ce que la terrible matriarche du clan sous la montagne s’apprête à envoyer sur eux.
Pendant qu’ils étaient occupés à panser leurs blessures et à renforcer leurs positions, la mère Esmsyl s’est constituée un nouvel ost effroyable, relevant par dizaines les cadavres des combattants tués au cours des affrontements. Le commandant se maudit en silence. Il aurait dû y penser. Cette satanée sorcière a pensé à tout. Elle se moque bien des pertes puisqu’elle peut commander à la Mort elle-même. Le vieux maître d’armes ne voit donc qu’une seule solution. Il doit la neutraliser... Et pour de bon cette fois-ci.
Des visages familiers commencent à faire surface. Les premières armures blanches apparaissent au milieu du flot de corps revenus à la vie. Les silhouettes mutilées de nombreux villageois et de quelques guerrières du clan de la Rivière Folle suivent bientôt. La horde avance doucement, encerclant les positions tenues par les impériaux et leurs alliés indigènes. Par endroits, plusieurs sorcières en robes rouges, guerriers indigènes et masses imposantes de Rancors se dessinent dans la brume. Esmsyl envoie sur eux toute sa force de frappe, bien décidée à en finir.
La barrière de protection dressée par Thenel Ko et ses sœurs s’effrite rapidement puis finit par céder. Au sein du tumulus, les incantations cessent. Les voix se taisent.
Les premiers tirs de blaster fusent depuis le chemin de ronde. Les morts fondent à présent sur les fortifications, s’écrasant contre la muraille de pierre et les palissades de bois avec fureur. Quelques Rancors s’approchent lourdement, prêts à charger à leur tour. Le rugissement des bêtes et les appels au massacre de leurs terribles maîtresses sapent le moral des défenseurs. Autour de Barristan, on perd à présent complètement espoir. On doute de survivre à une telle armée. Mais le chevalier impérial refuse de céder. Il attrape le manche du sabre laser pendu à sa ceinture, sa main se refermant doucement autour de l’arme.
- Soldats de l’Impérium ! Enfants du clan de la Rivière Folle ! Écoutez moi ! Vous tiendrez vos positions quoi qu’il en coûte, sans prendre en considération ce qui se tient de l’autre côté de ces murs, car il est de votre devoir de défendre votre honneur et votre vie face à cette horde qui menace d'engloutir ce monde dans un torrent d'obscurité !
L’homme lève le bras, activant son sabre laser. Une lame argentée jaillit au bout de l’arme, pointée vers ces sombres nuages qui déchirent le ciel de leurs éclairs. Un signe de défiance autant qu'un symbole de courage qu'il adresse tant à ses camarades qu'à ses ennemis.
- Aujourd’hui, nous obtiendrons la victoire ! Aujourd’hui, le règne de terreur de la mère Esmsyl prend fin ! Ensemble, nous allons ramener la lumière... Pour l’Impérium ! Pour Dathomir !
Et c’est ainsi que le vieux maître d’armes parvient à rallier autour de lui ceux et celles qui perdent espoir. Il ravive en eux la flamme du combat, la lueur d’un avenir encore possible. Il bondit hors de son perchoir sur le tumulus, atterrissant avec grâce au milieu d’une unité de gueules cassées qui en vient à scander son nom. De nombreux morts-vivants commencent à grimper ici et là, passant au-dessus des palissades et prenant d’assaut le chemin de ronde en pierre. Un villageois malchanceux tombe du haut du mur de pierre en criant, venant s’écraser quelques mètres plus bas après avoir été violemment frappé par une sorcière revenue à la vie. En de nombreux endroits, les morts s’en prennent aux vivants avec plus ou moins de succès. L’abominable horde de la mère Esmsyl grouille tout autour de l’îlot tel un raz-de-marée qui cherche à tout emporter sur son passage, à peine ralentie par l’eau et les obstacles. Quelques Rancors se joignent au massacre, fracassant palissades et bondissant au-dessus du mur pour écraser toute résistance à proximité du tertre.
- L’ennemi cherche à pénétrer au sein du tumulus. Keu, Loha, Rena-Ja, empêchez les de passer ! Ordonne le commandant. Je me charge du reste.
L’homme fauche plusieurs morts-vivants qui fondent sur lui avec son sabre laser puis se sert de la Force pour sauter droit vers un Rancor, bondissant prodigieusement au-dessus d’une poignée de guerriers indigènes et de villageois engagés dans un corps-à-corps furieux. Le chevalier impérial atterrit sur la tête de la bête, décapite d’un coup fluide sa cavalière puis enfonce la lame de son sabre laser dans le crâne de l’animal qui rend l’âme en poussant un hurlement terrible. Dans sa chute, le Rancor emporte avec lui plusieurs combattants dont les corps réanimés finissent écrabouillés sous son imposante masse.
Par sa simple présence, le vieux maître d’armes parvient à insuffler un vent de courage. Ceux qui combattent à ses côtés se trouvent investis d’une nouvelle énergie dès lors qu’un ennemi tombe sous ses coups furieux. Barristan tient à lui tout seul tout un front et cet exploit inspire les autres à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Sur le chemin de ronde, la situation est extrêmement tendue. Sous le commandement dynamique de Gahéris, stormtroopers et villageois tentent de repousser les forces de la coalition menée par les survivantes du clan sous la montagne. Ils se battent férocement, défendant bec et ongles ces pans de mur qui tiennent encore debout. Mais l’ennemi est trop nombreux. Les morts-vivants investissent rapidement les fortifications, forçant la rouquine et ses camarades à reculer pour ne pas finir complètement encerclés. Ceux qui ne peuvent pas battre en retraite disparaissent dans la masse de corps réanimés et seuls leurs cris demeurent.
En contrebas, une brèche ouverte par un Rancor permet à un flot de guerriers et de cadavres de s’engouffrer furieusement dans les rangs des impériaux et de leurs alliés. Les corps tombent. Soldats de choc et combattants du clan de la Rivière Folle tentent de maintenir leurs positions face un ennemi supérieur en nombre. Quelques forcenés passent au travers, cherchant à s’attaquer au trio posté devant le tumulus.
Un stormtrooper ressuscité par la magie noire de la matriarche du clan sous la montagne bondit sur Keu, cherchant à le mordre au cou. Il est sectionné en deux au niveau du buste. Faisant usage de la Force, il repousse l’attaque de deux autres morts-vivants, laissant ses partenaires se charger d’eux. Une main se pose sur la jambe du natif d’Eriadu qui découvre avec effroi que le soldat impérial, désormais privé de la moitié de son corps, cherche toujours à se battre. Un coup de sabre laser dans la tête le neutralise pour de bon.
- Rena-Ja, Loha, visez la tête ! Ces machins refusent de crever…
Il vérifie d’un coup de botte que le pauvre homme est bel et bien mort avant de tourner son attention vers une autre cible, prêt à en découdre. On lui a demandé de protéger le tertre et ses occupants et c’est bien ce qu’il compte faire. Après tout, il est le meilleur bretteur de la Chevalerie Impériale !
Juste après Barristan bien évidemment.
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Les réactions immédiates de ses supérieurs à ses mots surprirent quelque peu Rena-Ja. Malgré la situation critique, ils avaient l’air certains de leur triomphe. Le duo avait même pendant un court instant un moment de légèreté qui détonait profondément avec l’ambiance actuelle. Chacun à sa manière, ils cherchaient à rassurer la jeune aspirante quant au déroulement de la bataille. Si elle avait conscience que la Chevalerie Impériale n’était pas qu’un corps d’armée parmi d’autres, peut-être ne réalisait-elle pas encore pleinement la véritable puissance de ses membres. Keu et Loha ne doutaient pas une seule seconde de leurs capacités, ni de celles de leurs camarades. Barristan en particulier ne manquait pas d’être tari d’éloges par les chevaliers, et de ce qu’elle avait pu voir, il était aussi fort que ses confrères le prétendait, peut-être même plus. Il était vrai que se savoir entourée de pareils alliés mettait la Voss plus en confiance. Face à « l’élite de l’Imperium », même une armée de sorcières n’était pas de taille. Malgré leur nombre réduit, ils avaient tenu bon jusqu’ici, malgré de nombreuses pertes. Qu’est-ce que la sorcière en chef, cette mère Esmsyl, pouvait faire de plus face à eux ?
Soudain, les comlinks se mirent à sonner. Barristan annonçait du mouvement en face. Le combat allait bientôt reprendre. Suivant les deux chevaliers, Rena-Ja se mit en place à leurs côtés sur la muraille, son arme en main. Quoi qu’il advienne, elle se battrait jusqu’au bout.
Au milieu du village, un rituel étrange semblait se dérouler du côté ennemi. Les sons de tambours et de macabres chants résonnaient dans l’air, et des ondes verdâtres traversèrent le village jusqu’à l’îlot central. Heureusement, la barrière maintenue par les sorcières du clan de la Rivière Folle les empêchèrent d’approcher davantage. Mais le pire restait à venir. Des cris effroyables retentissaient, suivis de nombreuses ombres dans le brouillard. Leur nombre ne fit qu’augmenter, et bien vite, des centaines d’ennemis les entouraient. Excepté que ces ennemis étaient déjà tombés une première fois. Lorsqu’ils quittèrent enfin la brume, Rena-Ja put voir leurs visages et leurs corps, et cette vision l’horrifia. Ce qui se dressait désormais devant eux, c’était des cadavres ambulants. Qu’ils soient des alliés morts à leurs côtés ou des adversaires tués de leurs mains, les victimes de cette bataille marchaient toutes de concert vers les derniers survivants. Ils avançaient malgré les blessures mortelles, les mutilations et autres démembrements. Aucune vie ne pouvait se lire dans leurs yeux, emplis de la même énergie verte qui venait de parcourir le village. Déjà en sous-nombre, les impériaux et villageois venaient de se faire trahir par leurs camarades après leur trépas. Bien vite, le reste des troupes d’Esmsyl, sorcières, guerriers et Rancors, rejoignirent l’armée des morts. Dans le même temps, la barrière des dathomiriennes alliées ne put tenir plus longtemps et se brisa. La situation venait de prendre un tournant inattendu.
Si les autres avaient déjà été témoins de cette sorcellerie, ou bien d’autres choses tout aussi aberrantes par le passé, ce n’était pas le cas de Rena-Ja. C’était la première fois qu’elle voyait un phénomène aussi impensable se produire sous ses yeux. Elle savait que les sorcières de Dathomir maniaient la Force différemment que les Mystiques ou les chevaliers, mais relever les morts… Cela semblait absurde au possible, et pourtant c’était bien réel. Jusqu’à il y a peu, l’aspirante pensait comprendre la Force. Mais depuis le jour de son échec, elle réalisait de plus en plus à quel point elle n’en avait exploré qu’une infime partie.
La Voss sentit son esprit combatif vaciller. Était-ce la fin, tout compte fait ? Que pouvaient-ils faire, face à une armée de morts ? Peu importe combien de fois ils seraient vaincus, ils se relèveraient toujours. Et même les chevaliers impériaux, même Barristan, avaient leurs limites. Ils pourraient repousser plusieurs assauts, mais même eux finiraient par tomber les uns après les autres. Aucun d’entre eux ne s’en sortirait vivant. C’était bel et bien fini. Cette planète serait son tombeau, jamais elle ne reverrait son monde natal. Tandis que les soldats commencèrent à faire feu, la poigne de la jeune femme commença à se desserrer autour du manche de son arme. Le désespoir l’envahissait peu à peu…
Soudain, Barristan brandit son sabre et s’adressa à ses soldats ainsi qu’aux autochtones encore capables de se battre. Nullement pris par la peur, il leur ordonna de tenir bon coûte que coûte, invoquant leur devoir de repousser ce mal qui les agressait, eux et cette planète. Face à cette situation désespérée, son discours agissait comme un phare dans la nuit, sa lame en étant la lumière. Chacun de ses mots était un appel à ne pas se faire happer par les ténèbres, à continuer la lutte quoi qu’il advienne, et à triompher. L’effet était quasi-immédiat, presque tous les combattants encore debout brandirent leurs armes en hurlant avec détermination. Rena-Ja elle-même… sentait son cœur battre à toute vitesse. Sa loyauté n’allait ni à l’Imperium, ni aux clans de Dathomir. Et pourtant, voir et écouter le vieux chevalier ne lui donnait qu’une envie, celle de le suivre peu importe le danger. Elle ignorait pourquoi, mais la jeune femme ne pouvait ne résoudre à abandonner après ça. Instinctivement, elle resserra fortement ses doigts sur sa vibrolame, et la brandit à son tour. Mourir ici était hors de question. Tellement de personnes comptaient sur elle à cet instant. Son peuple, qui lui avait confié sa mission. Ses comparses, qui l’avaient entraînée du mieux possible malgré le peu de temps dont ils disposaient. Les villageois, qui avaient accueilli les impériaux et se battaient à leurs côtés. Renoncer maintenant serait une trahison envers chacun d’eux. Elle ne pouvait pas se le permettre.
Ainsi, la dernière défense débuta dans un torrent de violence. Face à la marée mort-vivante, aucune hésitation n’était permise. Rena-Ja assistait le duo de chevaliers, tranchant net les morts qui s’approchaient trop. Ce n’étaient rien de plus que des corps écervelés, uniquement animés par la volonté de tuer. La Voss ne les voyait plus comme des être vivants à ce stade. Elle n’hésitait pas à taillader un ancien allié si nécessaire. Couper un membre agrippé ou donner un bon coup de pied suffisait à les faire chuter en bas de la muraille pour mourir à nouveau, mais il en venait tellement qu’ils ne pourraient pas tous les repousser. Soudain, la voix de Barristan résonna, ordonnant aux trois combattants de défendre le tumulus face aux assauts ennemis. Sans même se regarder, Keu et Loha bondirent jusqu’au lieu indiqué, déjà prêts à intercepter d’éventuels intrus. Rena-Ja arriva quelques secondes plus tard, glissant presque sur les derniers mètres. Derrière eux se trouvaient les non-combattants et les blessés. En d’autres termes, ils étaient la dernière ligne de défense pour les protéger. S’ils tombaient, les autres seraient massacrés. Repensant aux enfants de la veille, la jeune femme se tenait prête. Elle les protégerait, eux ainsi que tous ceux à l’arrière.
La première vague fonça dans leur direction, ne leur laissant aucun répit. Des morts se jetèrent sur eux tels des bêtes féroces. Les lames colorées vrombirent dans tous les sens, sectionnant leurs ennemis de toutes parts. Après une altercation avec un soldat mort, Keu lança aux deux femmes de détruire les têtes pour les éliminer pour de bon. Au même moment, une sorcière cadavérique fonça sur Rena-Ja et lui saisit violemment la gorge, sa poigne bloquant presque entièrement le souffle de l’aspirante. Cette dernière, prise de court, ne parvenait pas à s’en délivrer. Quand la sorcière ouvrit la bouche, prête à arracher le visage de sa victime avec les dents, Rena-Ja crut voir son heure arriver. Mais quelque chose en elle changea d’un coup. Juste avant de se faire mordre, elle se saisit de son arme et l’enfonça aussi profond que possible dans la bouche de son ennemie. Elle poussa à travers os, chair et cervelle, jusqu’à ce que la pointe ressorte de l’autre côté de la tête. Définitivement morte, la sorcière devint alors inerte, relâchant sa gorge. La Voss donna un bon coup sur le côté pour dégager sa lame, fendant littéralement en deux le crâne de la sorcière. Un mélange de sang et de liquide cérébro-spinal gicla, une partie éclaboussant le visage de la jeune femme. Sa main à la gorge, elle tenta de reprendre son souffle, mais il n’y avait pas le temps pour une pause. Non loin de là, d’autres ressuscités approchaient à vive allure. Le combat était loin d’être terminé.
Passant une main sur son visage, l’humanoïde essuya une partie du sang qu’elle avait reçu en pleine figure. Il en restait encore, mais il se fondait presque entièrement avec sa peau naturellement rouge. Son regard d’azur se porta sur les ennemis face à elle. Il en venait toujours plus. Cette planète était décidément un véritable enfer. Mais, au lieu de désespérer à nouveau, une expression étonnante se forma sur son visage.
Un sourire.
L’idée de continuer à se battre lui apportait une étrange satisfaction. La tirade de Barristan avait eut son effet sur elle, et elle se battait plus que jamais par devoir. Mais ce n’était pas tout. Le frisson du combat lui était soudainement agréable. Jusqu’ici, elle avait déjà ressenti un certain contentement lors des entraînements, mais cette fois c’était différent. Un sentiment nouveau, qu’elle peinait à décrire. Peut-être n’était-ce dû qu’à l’adrénaline, mais à cet instant précis, sans doute pour la première fois ou presque depuis son arrivée sur Dathomir, elle se sentait bizarrement bien. Plus que jamais décidée à combattre, la jeune femme attendit avec impatience que les prochains adversaires arrivent à sa hauteur. Aucun ne passerait, elle s’en assurerait.
Rena se battrait contre une démone pour Voss, pour Dathomir, pour l’Imperium.
Et pour elle-même.

