Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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L'Union fait la Force.

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #1

    Post n°1
    Auteur : Hivernus

    Précédemment.


    Trois jours se sont écoulés depuis les derniers affrontements entre les troupes impériales et les légions obscures menées par la mère Esmsyl… Privé d’une partie des forces placées sous son commandement après l’évacuation des blessés et le départ de certaines unités, Barristan a dû passer de nombreuses soirées à revoir le dispositif de défense en compagnie du colonel Rakton et du reste de l’escadron gris. Tous se sont accordés à dire qu’un périmètre à défendre trop étendu aurait tendance à affaiblir l’ensemble du dispositif. Le choix d’abandonner l’avant-poste Tempête s’est donc rapidement imposé. Quant à Base Rancor, il a été jugé plus pertinent de réorganiser et renforcer les fortifications préparées à la hâte par les troupes du génie afin qu’elles puissent contenir l’ennemi plus efficacement en cas de nouvelle attaque.

    Voilà donc plusieurs jours que le commandement du corps expéditionnaire passe ses nuits à se creuser la tête, à planifier la défense du campement. Chacun compte ses heures de sommeil, tant elles sont peu nombreuses. Et comme pour les nuits précédentes, la dernière en date a été de courte durée. Levé aux premières lueurs de l’aube, le commandant de la force expéditionnaire entreprend de débuter cette énième journée par une inspection minutieuse des nouvelles fortifications de la Base Rancor. Plusieurs compagnies de soldats sont déjà à l'œuvre. Deux escouades de robustes gaillards se chargent de creuser de nouvelles tranchées tandis qu’ici et là, plusieurs poignées d’hommes s’affairent à installer du fil de fer barbelé et des champs de mines. Quelques sentinelles armées, postées sur les hauteurs du camp ou à proximité des équipes de travail, surveillent nerveusement l’horizon à la recherche du moindre mouvement suspect.

    Barristan fait le tour des différents fortins, prend le temps de converser avec les hommes, échange quelques mots avec les officiers. Tout le monde s’accorde à dire que les derniers affrontements ont été durs. Si le moral est encore bon, du fait de l’anéantissement des hordes de la mère Esmsyl, il ne fait aucun doute que la crainte d’une nouvelle coalition persiste au sein du corps expéditionnaire. On se demande, avec justesse, quand aura lieu la prochaine bataille. Et on s’inquiète d’une possible victoire des forces autochtones à long terme. Les troupes impériales étant désormais réduites de moitié, il ne fait aucun doute que les indigènes auraient les moyens de les défaire s’ils parvenaient à s’unir sous une même bannière. Il suffit de voir les ravages causés par une poignée de sœurs de la nuit pour comprendre que les clans de Dathomir pourraient représenter une sérieuse menace s’ils venaient à faire front commun.

    Fort heureusement, le chevalier impérial a amorcé une mission diplomatique avec le soutien du clan de la Rivière Folle. Avec un peu de chance, d’autres clans suivront l’exemple de la matriarche Thenel Ko et se rangeront du côté de l’Impérium… Et l’on pourrait ainsi éviter un nouveau bain de sang. A long terme, une alliance avec le régime impérial serait le seul moyen pour les clans de Dathomir de subsister…

    Les mains posées sur les hanches, le maître d’armes observe un couple de chasseurs TIE survoler la Base Rancor puis disparaître dans l’horizon. Perdu dans ses pensées, il n’entend pas Sagamor arriver dans son dos et sursaute au moment où ce dernier vient lui coller une claque amicale sur l’épaule.


    - Alors vieille branche, on se pensait débarrassé de moi ? Ricane le chevalier impérial en passant un bras autour du cou du commandant. Figure toi que, selon le médecin, je suis apte à reprendre du service !

    - Maudit soit-il… Je me serai bien passé de ta compagnie quelques jours de plus… Marmonne Barristan dans sa barbe, un léger sourire aux lèvres.

    - C’est ça ! A d’autres ! Répond Sagamor. De ce que j’ai compris, enfin si le doc’ ne m'a pas raconté de conneries, tu devrais de nouveau avoir Korax dans les pattes d’ici peu.

    - Lui aussi ? Par la Force… Qu’ai-je bien pu faire pour mériter un tel sort ? Soupire le maître d’armes, taquin. Cela dit, je ne suis pas étonné de le savoir à nouveau sur pied. Ce gamin est solide, malgré les apparences… Et puis… Je ne suis pas mécontent d’apprendre ce genre de nouvelles. Je pourrais bien avoir besoin d’une ou deux épées supplémentaires… Surtout si l’on doit de nouveau affronter ces sorcières.

    Avec le départ des volontaires Cathars et le retrait du front de certaines troupes impériales, le corps expéditionnaire s’est réduit à peau de chagrin. Il ne reste désormais plus sur Dathomir que huit cent fantassins auxquels on a adjoint deux escouades d’éclaireurs, deux batteries complètes d’artillerie, deux douzaines de Transports de Reconnaissance Tout-Terrain et huit Renforts Tactiques Tout-Terrain… En somme, tout juste de quoi maintenir une présence impériale sur place. Mais face à de potentiels clans coalisés, un contingent aussi réduit ne fera probablement pas long feu.

    Dès la fin de la bataille, Barristan a demandé à ce qu’on lui fournisse plus de moyens pour poursuivre ses opérations sur le terrain, requérant notamment la mobilisation d’une partie de la Chevalerie Impériale pour contrer les sorcières de Dathomir et leurs bêtes de guerre. Jusque-là, il ne sait pas à quoi s’attendre. Le retour de Sagamor et Korax au sein de l’escadron gris est une bonne chose… Mais le commandant de la force expéditionnaire espère obtenir plus de sa hiérarchie. Quelques chevaliers impériaux supplémentaires ne seraient pas de refus si l’on devait en venir aux mains avec les indigènes…


    - Une guerre avec les clans de Dathomir te semble envisageable ? Demande alors son frère d’armes, perplexe.

    - Je n’en sais rien, Sagamor… Admet le maître d’armes, songeur. Si l’on se fie aux renseignements de la matriarche Ko, des guerrières appartenant aux clans de l’Araignée et de la Montagne qui chante auraient pris part aux combats sous la bannière de la mère Esmsyl. On ne peut donc pas ignorer le fait qu’il y ait au moins deux autres factions autochtones hostiles à l’Impérium en plus du clan sous la montagne… Et qui sait ? La mère Esmsyl aura peut-être inspiré certains clans à suivre son exemple.

    - Nous avons vaincu le clan sous la montagne. Et sa matriarche n’est plus. Nous n’aurons aucun mal à réitérer cet exploit… N’est-ce pas ? Répond Sagamor, sûr de lui, un sourire arrogant au visage. Le message devrait être clair. Quiconque chercherait à s’en prendre à nous subira le même sort.

    - Par la Force… ! On croirait entendre un officier politique ! Soupire Barristan, levant les yeux au ciel.

    - Tu n’as pas tort… J’ai peut-être passé trop de temps à écouter leurs âneries… Avoue son camarade, amusé.

    Mais le commandant ne l’écoute déjà plus. Le regard rivé vers l’horizon, le vieux chevalier impérial semble préoccupé. Quelque chose lui noue l’estomac, signe annonciateur que d’autres ennuis sont à venir. Alors qu’il sonde les environs avec la Force, Barristan tente de localiser ce qui pourrait être à l’origine de son malaise, sans toutefois en trouver la source. L’espace d’un instant, il croit entrevoir des ténèbres grandissantes... Une obscurité menaçante, dévorante. Mais l’image s’estompe rapidement, comme chassée de l’esprit du vieux maître d’armes. Quelque chose se cache au plus profond des bois… Une présence sinistre, familière. Et visiblement, il semblerait bien que cette mystérieuse entité cherche à le fuir. Se peut-il que… ?

    - Quelque chose ne va pas ? S’inquiète alors Sagamor.

    - Je… Je ne sais pas. Murmure le commandant de la force expéditionnaire. J’ai l’impression que nous n’en avons pas entièrement fini avec la mère Esmsyl…

    - Esmsyl ? Elle est morte. Je doute que quelqu’un puisse survivre à une frappe d’artillerie… Réplique son frère d’armes afin de le rassurer.

    - Je n’en suis pas aussi sûr, Sagamor. Nous n’avions jusque-là jamais vu de morts se relever pour combattre… Et pourtant, ils ont été des centaines à nous tomber dessus. Rétorque Barristan, troublé. Serait-il vraiment si difficile de croire qu’une vieille sorcière maîtrisant parfaitement les arts obscurs ait pu survivre ?

    Sagamor demeure silencieux. Le maître d’armes marque un point. Si les morts sont capables de revenir à la vie, pourquoi pas la mère Esmsyl ? A cette simple pensée, le chevalier impérial frissonne. Il espère sincèrement que son vieux frère d’armes se trompe… Il n’est pas certain des chances de réussite de ce qu’il reste du corps expéditionnaire face à de nouvelles hordes infâmes de créatures en tout genre. Surtout si, comme l’indique Barristan, certains clans sont prêts à rejoindre les rangs de ceux qui combattent l’Impérium.

    - Et si tout cela n’était qu’une illusion ? S’interroge alors le chevalier impérial afin de se redonner du courage. Dathomir est un puissant nexus de la Force. Il se peut donc que certaines manifestations soient le fruit d’une entité supérieure… D’une entité immuable et impénétrable.

    Se peut-il que la Force soit à l’origine de cette perturbation ? Peut-être. Mais quelque chose, dans l’esprit du commandant, le pousse à croire le contraire. Ce qu’il a senti est malveillant. Et il aurait presque pu voir les contours d’une silhouette décharnée, drapée de ténèbres. Il ne s’agit pas d’une manifestation de la Force. Non. Tant que le doute persistera, il aura le sentiment que la matriarche du clan sous la montagne demeure un danger. Mais comment le prouver ? Il n’y a qu’une seule manière d’être fixé sur le sort de la mère Esmsyl…

    - Il se peut que le Côté Obscur cherche à obscurcir notre jugement. J’ai comme l’impression que la matriarche Thenel Ko est la seule à pouvoir nous aider à y voir plus clair. Déclare finalement le maître d’armes, dont le regard demeure fixé sur l’horizon.

    Sur cette planète pleine de mystères et de dangers en tout genre, quoi de mieux qu’une sorcière accomplie pour leur en apprendre plus ?

    - Tu comptes te rendre dans son village tout seul ? Demande Sagamor, perplexe.

    - Le vieil ermite qui sommeille en moi ne dirait pas non… Une petite randonnée dans les bois et en flanc de montagne, ça ne se refuse pas pour se ressourcer. Et puis… Je suis sûr qu’il y a beaucoup à apprendre de la Force ici. Avoue Barristan, un léger sourire aux lèvres. Mais en l’état actuel, il ne serait guère sage de s’aventurer seul dans les parages. L’idéal serait d’attendre que l’escadron gris soit au complet pour lancer notre expédition en territoire inconnu.

    - A la bonne heure…

    L’idée de se balader dans les bois avec des bestioles aux dimensions géantes et des indigènes assoiffées de sang ne plaît guère au trublion de la bande. Mais Sagamor est un chevalier impérial. Et en tant que tel, il suivra ses frères et sœurs d’armes jusque dans les flammes de l’Enfer… Enfin s’il le faut vraiment.

    Alors qu’ils contemplent l’horizon en silence, les deux camarades sont surpris par l’arrivée abrupte d’un intercepteur TIE volant au dessus de la cime des arbres, manquant presque d’arracher des branches par endroits.


    - Par la Force… Ce pilote ne manque pas de culot ! S’exclame Sagamor en observant le ballet aérien qui s’offre à sa vue. On dirait qu’il cherche à tout prix à jouer avec la mort.

    - Je n’en suis pas si sûr… J’ai plutôt l’impression qu’il a du mal à contrôler son engin. On dirait presque un bleu… Commente Barristan, fronçant les sourcils.

    Tristen débarque alors au pas de course, s’affolant dans tous les sens en cherchant à garder un contact visuel avec l’engin qui vole au-dessus de sa tête.

    - C’est mon intercepteur ! Bon sang ! Quelqu’un a osé mettre la main sur mon bébé ! Enrage t-il en voyant l’appareil manoeuvrer dans les airs. Cet abruti de chevalier n’a pas intérêt à foutre les pieds sur Dathomir… C’est moi qui vous le dis ! Si jamais je le vois pointer le bout de son nez dans le camp, j’peux vous assurer qu’il va filer droit et retourner direct d’où il vient !

    - J’attends de voir ça…

    L’intercepteur TIE fait un dernier tour dans le ciel puis entame une lente descente afin de rejoindre l’aire d’atterrissage de Base Rancor. Les trois chevaliers se rendent rapidement sur la piste afin d’avoir une idée de l’identité du pilote aux commandes de l’appareil. Le reste de l’escadron gris ne tarde pas à les rejoindre devant l’intercepteur. Tristen, visiblement prêt à en découdre, attend nerveusement la sortie du pilote. En voyant descendre de l’appareil un stormtrooper, le chevalier impérial ne peut s’empêcher de faire un bond.

    - Est-ce qu’on se fout vraiment de moi… ? Tout d’abord, qui a permis à ce glandu de piloter MON intercepteur ? Et ensuite… Depuis quand ces abrutis savent piloter ? S’indigne t-il.

    - Le seul abruti, ici, c’est toi. Réplique Gahéris en venant lui coller une claque amicale dans le dos. Tu n’as pas compris que c’est Korax sous cette armure ?

    - Hein… ? Quoi… ?

    - Bah oui idiot…

    - Vous le saviez ? Demande alors Tristen au reste de ses frères d’armes, gêné.

    Ses camarades acquiescent en silence, un sourire amusé aux lèvres.

    - Nous l’avons senti dès qu’il a survolé la base. Indique Sagamor, mordillant sa lèvre inférieure pour ne pas exploser de rire. Tu es bien le seul à ne pas l’avoir remarqué…

    Le chevalier impérial se renfrogne, vexé. Les autres s’avancent vers Korax pour aller le saluer. Chacun y va de son accolade amicale.

    - Dis moi Korax, tu ne te serais pas trompé de vocation par hasard ? Cette armure te va à ravir ! Plaisante Gahéris en venant le serrer dans ses bras. Ravie de te revoir.

    - Il est trop petit pour rentrer chez les soldats de choc de l’Impérium. Fait remarquer avec ironie Sagamor.

    - Il est plus grand que toi, nunuche. Réplique la rouquine en venant frapper son comparse à l’épaule.

    - Hmmpf. T’as pas tort. Admet l’autre, encaissant le coup comme un pro puis venant serrer l’avant-bras de l’écuyer. A ce que je vois, ils t’ont bien retapé.

    - Tant mieux ! Comme ça vous êtes deux ! Et faites en sorte de ne pas finir en charpie cette fois-ci. Je ne compte pas ramasser des petits morceaux de vous aux quatre coins de Dathomir… Ajoute à sa suite Keu, venant à son tour serrer l’avant-bras de l’apprenti de Barristan. Bon retour parmi nous, Korax.

    Vient ensuite au tour du commandant de la force expéditionnaire. Le maître d’armes vient serrer son jeune élève dans ses bras, puis lui colle un claque amicale dans le dos, un grand sourire aux lèvres.

    - Qu’il est plaisant de te savoir de nouveau des nôtres, gamin. Déclare le vieux chevalier en saisissant Korax par les épaules. Crois-moi, je n’en ai pas encore fini avec toi !

    - Nous n’en avons pas encore fini avec lui, nuance ! Surenchérit finalement Tristen en venant serrer l’avant-bras de l’écuyer. Tu pilotes mon appareil comme un branque. Mais je ne t’en veux pas. Il est vrai que j’ai bourré mon intercepteur d’ajouts en tout genre. A l’occasion, je te montrerai deux ou trois astuces pour le piloter comme un roi !

    - L’occasion va se présenter plus rapidement que tu ne le penses, Tristen. Rapporte Keu. J’ai fait un détour par la tente de commandement et le colonel Rakton m’a annoncé que notre hiérarchie a enfin décidé d’accepter la demande de Barristan quant à l’envoi de plus de chevaliers sur Dathomir.

    Cette nouvelle a un effet certain sur le moral des membres de l’escadron gris. L’enthousiasme affiché sur le visage des chevaliers impériaux parle de lui-même. Chacun y va de son commentaire. On se félicite de l’arrivée prochaine de nouveaux camarades sur ce théâtre d’opérations. Gahéris et Keu tentent de déterminer qui pourraient être les heureux élus en se basant sur les affectations des autres chevaliers impériaux. Sagamor ne peut s’empêcher de faire une remarque amusante. “Plus on est de fous, plus on rit.”

    - Combien de temps avant qu’ils arrivent nos renforts ? Demande alors Tristen.

    - Un jour. Ou deux. Enfin, c’est ce qu’on m’a dit. Annonce Keu.

    - Bon bah… Cela va me laisser le temps de présenter à Korax mes vieilles techniques de pilote de chasse impérial. Et quelques méthodes de bricolage douteuses que j’ai apprises de gens tout aussi douteux… Soupire son frère d’armes en posant ses yeux sur l’armure blanche du jeune homme. Et puis, si on ne finit pas trop tard, on passera par l’atelier pour te trouver un pot de peinture rouge. Ce blanc étincelant finira par te trahir et te faire tuer. Et puis merde, tu es un membre de la Chevalerie Impériale ! Pas un simple troufion. Autant combattre avec panache !

    - Voilà un programme bien chargé, Tristen… Lâche pour tout commentaire Barristan. Puisque l’escadron gris a actuellement quartier libre, tu peux prendre mon écuyer avec toi pour lui montrer deux ou trois trucs. Tout ce qu’il pourra apprendre d’un chevalier impérial sera quelque chose qui le rapprochera de son adoubement. Enfin... En partant du principe qu'il a envie de se farcir ta présence.

    Le maître d’armes adresse un clin d'œil à son apprenti, puis poursuit.

    - Quoi qu'il en soit, en tant que commandant de cet escadron, je vous autorise dès à présent à rompre les rangs !

    Les chevaliers impériaux saluent leur supérieur à la façon des soldats impériaux puis se dispersent dans le camp afin de profiter du peu de temps qu’ils ont avant de repartir en mission. Barristan se garde bien de leur dire qu’il compte les traîner dans la jungle d’ici peu. De toute manière, connaissant la grande gueule qu’est Sagamor, il ne fait aucun doute qu’ils seront au courant de son projet en un rien de temps…


    Spoiler : PNJ impériaux utilisés


    Chevalier Wilhelm Barristan

    Recruté par un templier pour servir au sein de la Chevalerie Impériale lors des premières années de l'Empire Sith. S'est exilé après avoir fait part de sa mauvaise opinion des Sith. A rejoint durant un temps les renégats du chevalier Froome avant de retourner en exil suite à un désaccord. Maître d'armes et bretteur de grande renommée au sein de la nouvelle Chevalerie Impériale. Actuel professeur de l'écuyer impérial Korax Endatoménès.

    Armé d'un sabre laser à lame argenté.



    Chevalier Sagamor

    Ex employé d'une plate forme de gaz tibanna. Trublion notoire. Véritable moulin à paroles.

    Armé d'un sabre laser à lame argentée.



    Chevalier Tristen

    Pilote de chasse impérial. Pro du bricolage. Camarade de plaisanterie de Sagamor à ses heures perdues.

    Armé d'un sabre laser à lame argentée.



    Chevalier Keu

    Fils d'une des plus puissantes familles aristocratiques d'Eriadu. Epéiste émérite. Peu loquace.

    Armé d'un sabre laser à lame argenté.



    Chevalier Gahéris

    Experte du piratage informatique. Rouquine réputée pour sa douceur et sa bonne humeur.

    Armée d'un sabre laser à lame argenté.


    Spoiler : Spoiler
    En attendant l'arrivée de la cavalerie, Korax a carte blanche dans le camp.

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Korax Endatoménès

      Le chasseur sortit de l'hyperespace dans proche de la haute atmosphère de la planète rouge. Il naviguait aux instruments pour compenser sa mauvaise vision, ce qui n'était pas évident dans ce vaisseau qu'il ne maîtrisait pas particulièrement bien. Le TIE/in était plus rapide que le TIE/ln et celui-ci était hautement trafiqué. L'hyperdrive rendait l'intercepteur plus lourd et moins maniable et son accélération en pâtissait.

      Il transmit son identification au Destroyer en orbite et plongea vers les marécages, les pics rocheux et les denses forêts de Dathomir. Si le décollage et le passage en hyperespace étaient un jeu d'enfant, l'atterrissage était une autre paire de manches. Les performances réduites en atmosphère, la mauvaise visibilité et le manque d'accélération en cas d'échec de l'atterrissage lui donnaient très peu de marge d'erreur. Il freinait progressivement en tentant de redresser le vaisseau qui frôla la cime des arbres décharnés de la forêt en dessous.


      J'ai dû rayer la peinture...

      Enfin, il arriva en vue du camp. Il amorça un grand virage pour se mettre dans le sens de la zone d'atterrissage. Par chance, il avait bien dosé son freinage et le chasseur se posa sur un emplacement vide.

      Il faudra rajouter une batterie pour donner un coup de boost à faible vitesse. J'ai bien failli salir mon caleçon à l'atterrissage.

      Il détacha son respirateur et changea de casque.

      Me revoila sur cette planète à la noix... Au moins, je suis moins préoccupé cette fois.

      Il descendit du cockpit pour être accueilli par ses frères d'armes. Apparemment d'autres chevaliers les rejoindraient quelques jours plus tard. Le petit groupe s'interrogeait sur l'identité des malheureux qui avaient été désignés volontaires par le commandement pour venir casser de l'autochtone.

      Ayant quartier libre, le jeune humain choisit de s'entraîner au pilotage avec Tristen. L'ancien pilote impérial commença par lui faire démonter la moitié du réacteur pour lui montrer comment réparer le moteur en cas d'avarie.


      -Il manque de puissance, on devrait ajouter un paquetage d'e-web pour lui rendre un peu d'accélération. L'atterrissage ne m'a pas rassuré.

      -Ne critique pas mon petit bijou ! Je vois ton âme de bricoleur, mais j'ai fait une modif' plus élaborée pour remédier à ce léger soucis. J'ai ajouté des batteries qui se rechargent en subissant de l'accélération. Le bouton et à côté du contrôle de puissance. Remonte dedans et garde la liaison, je vais te refaire les bases du combat atmosphérique.

      Le gaucher reprit sa place dans l'étroit habitacle, remit son casque avec respirateur et alluma la bête. Il activa son comlink sur la liaison de son professeur du jour.

      -T'auras pris ton temps ! Allume l'interrupteur à droite de l'affichage de la balance de puissance.

      -Le petit machin métallique ?

      -Ouaip, celui-là, c'est une aide au pilotage, j'ai ajouté des propulseurs d'appoint sur les panneaux solaires. Tu auras moins l'impression de piloter un cargo. Maintenant décolle et fait des huit au ras des arbres, cette fois sans les toucher.

      La machine s'éleva et partit comme une flèche. Korax fut surpris par l'effet du bouton magique de son frère d'arme qui compensait (peut-être un peu trop) le manque de caractère de l'engin.

      -Marrant ce machin !

      -Je sais, quand Gaheris l'a testé, je ne lui avais pas donné son utilité. Tu aurais dû l'entendre, on s'est bien marrés, Sagamor et mezigue ! Te distrait pas trop, j'aimerais récupérer le bout de ferraille en un seul morceau.

      Le vaisseau était vachement plus facile à piloter avec les propulseurs d'appoint et il commença à faire des huit au-dessus des arbres.

      -Bien. Maintenant on va passer aux manœuvres d'esquive. La première, la chandelle, tire le manche à fond et active le bouton "coup de pouce" quand tu as le nez vers le haut. Normalement tu devrais pas avoir de voile noir.

      -C'est rassurant...

      -Fais pas ta chochotte et tire sur le manche !

      L'intercepteur se cabra et partit vers les étoiles, bien aidé par le boost.

      -Maintenant, tu pars en vrille en perdant de l'altitude puis en en gagnant.

      Aussitôt dit, aussitôt fait, l'écuyer effectua plusieurs fois la manœuvre pour maîtriser le point où reprendre le contrôle de la vrille.

      -Je vais te montrer un dernier truc utile, cette fois en attaque. Une fois en hauteur, tu feras un demi-tour vrillé vers le bas pour rester tête à l'endroit. C'est la base pour se positionner dans le dos de ton adversaire. Et essaie de rester au maximum en haute altitude, ton moteur y est plus adapté. Ensuite, pose-toi, on va s'occuper de ton armure.

      Le TIE/in fit quelques acrobaties au-dessus des arbres avant de faire le tour du camp pour se poser. Le natif de Yaga Minor fit une pause avant de changer de casque et de sortir.

      -Maintenant, j'aurai moins peur en te voyant piloter mon bébé. Suis-moi, on va essayer de trouver de la peinture, ça doit bien se trouver quelque part...

      -J'admets qu'à la fin, j'avais un peu la gerbe.

      -Tu finira par t'y habituer. Dans la chasse, c'était pas rare de voir les bleus évacuer leur repas après les entraînements, d'ailleurs, ils étaient plus vert que bleu.

      Le chevalier ricana alors qu'ils se dirigeaient vers les stocks. Les gardes firent claquer leurs talons et le sous-officier en charge leur demanda ce qu'ils cherchaient. Ils embarquèrent une bombe de peinture et de l'adhésif pour cacher ce qui ne serait pas peint.

      Ils trouvèrent un endroit tranquille pour faire leur besogne. Alors que l'écuyer détachait les pièces d'armure de la combinaison, l'ancien pilote attira son sabre à lui.


      -L'allumage n'est pas standard, mais le bricolage est propre.

      Il pressa le bouton au milieu de la molette, sans effet.

      -J'espère qu'il est pas déjà foutu, il s'allume comment ?

      -Tourne la molette vers la gauche, et tu pourras actionner l'interrupteur en faisant gaffe, une lame sortira de l'autre côté.

      Le vétéran testa les différentes configurations du sabre.

      -Tu vas pouvoir te faire passer pour un de ces chiens. Mais pas avec cette armure. En fait, ça ne m'étonnerait pas que ces idiots te prennent pour l'un des leurs même si tu te balades en armure de troopers; les Sith n'ont jamais montré qu'ils étaient très intelligents, bien au contraire... Finit ton travail d'artiste et va te pieuter, demain, avec les autres, on va t'apprendre à te servir de ce machin.

      Tristen lança le sabre en direction de Korax qui eut du mal à l'attraper.

      Le soleil commençait à descendre quand les deux membres de l'illustre chevalerie impériale allèrent se restaurer. Toujours les mêmes rations...

      Le repas fut suivi d'une toilette rapide et d'un sommeil sans rêve. Il fut réveillé par Sagamor qui essayait de lui piquer son duvet sans la réveiller, le tout pour épater la galerie. Lorsqu'il sortit du cirage, Keu lui tendit un cristal.


      -Mets le dans ton arme, ça la rendra inoffensive pour l'exercice. Interdiction d'utiliser ton petit bricolage, tu dois d'abord apprendre à la manier normalement. Rendez-vous dans dix minutes hors de la tente, on fera équipe contre Trisen et Sagamor, et je n’ai pas l'intention de perdre.

      Il avala rapidement une barre énergisante en enfilant son armure avant de dévisser l'émetteur de son sabre pour y échanger les cristaux. Il rangea la pierre grise dans sa boite à lunettes avant de sortir. Dehors, les trois autres l'attendaient déjà, et Keu lui lançait des regards exaspérés alors que ses camarades semblaient essayer de l'imiter.

      -Ta lampe de poche est prête ? Et j'espère que tu n'as plus la nausée parce qu'on va te faire danser.

      -Allez y doucement, il n'a pas dû s'entraîner des masses avec.

      -Aucune chance, pour une fois qu'on a l'occasion de te mettre une raclée...

      Les quatre bretteurs commencèrent par s'échauffer par un petit combat libre, puis ils passèrent aux exercices, un contre un, un contre deux puis deux contre deux. Korax ratait quelques parades mais il s'en sortait bien, mieux que ce qu'il avait prévu. Les exercices qu'il avait fait seul lui avaient donné une certaine précision qui lui permettait de surprendre de temps en temps ses adversaires. Enfin, à l'approche de l'heure du déjeuner, ils firent un combat en quinze touches. Le duo entre Keu et le gaucher finit par perdre, mais le score, treize à quinze était loin d'être déshonorant.

      Les quatre compères partirent ensuite pour le mess, non sans avoir replacé le vrai cristal dans leur sabre. Gaheris mangeait seule sur une table au fond de la tente et fut promptement rejointe par ses camarades.


      -Alors, vous me l'avez pas trop amoché j'espère...

      -On y est allés doucement, de toutes façons on a gagné. Les scores sont de 10 à 9 depuis qu'on est arrivés, on est passés devant !

      -Korax n'a pas démérité. Il m'a impressionné. Quant à vous deux, je peux vous garantir qu'on aura un meilleur score quand on quittera ce trou à rat.

      Alors que les chevaliers le chamaillaient, le bruit d'un moteur passa au-dessus de leurs têtes.

      -Ça doit être les renforts, allons voir.

      -Je plains les petits potes qui ont été envoyés dans ce bourbier.

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        #3

        Post n°3
        Auteur : Hivernus

        Précédemment.


        Y’vain et Loha préparent leur paquetage, adressent leurs meilleurs vœux aux soldats postés sur Voss puis embarquent à bord d’une navette de classe Lambda avec leurs frères d’armes et la jeune Rena-Ja. L'humanoïde n’a pas souhaité faire ses adieux à ses proches en personne. Un choix compréhensible… Un choix que les chevaliers impériaux respectent. Après une demie-heure de vol, le transport quitte l’atmosphère de la planète pour rejoindre les étoiles. Pour la Voss, c’est le début d’une nouvelle vie. La voilà désormais loin des siens, dans un environnement qu’elle ne connaît pas. Le changement brusque d’univers peut être déstabilisant. Il ne fait aucun doute que ce voyage est une épreuve en soi.

        - Qu’est-ce qu’on sait de la mission sur Dathomir ? Demande finalement Y’vain à ses camarades.

        - Le corps expéditionnaire mené par Barristan a rencontré de la résistance sur place. Indique Galegantin. Ce qui devait à la base être une simple mission de reconnaissance s’est rapidement transformé en campagne militaire sur le sol de Dathomir. A ce qu’il paraît, les combats ont été féroces et de nombreux morts sont à déplorer.

        - On a un rapport des pertes ?

        - Non. Aucun. Mais il semblerait que nous n’ayons perdu aucun de nos frères d’armes. Annonce le Nautolan.

        Le Boroskais et la native de Brentaal IV semblent soulagés à l’idée de savoir que la Chevalerie Impériale n’a essuyé aucune perte. Les effectifs de l’ordre étant particulièrement restreints, tout le monde se connaît plus ou moins en son sein. Certains chevaliers impériaux sont plus proches que d’autres, mais dans l’ensemble, un esprit de fraternité règne entre tous les membres de ce corps prestigieux de l’armée impériale.

        - Hunbaut, tu as des informations à nous partager sur ce qui nous attend une fois là-bas ?

        Le Zabrak demeure silencieux le temps d’un instant, le regard plongé dans le vide. Son esprit semble ailleurs. Lorsqu’il revient doucement à lui, l’ancien esclave raconte tout ce qu’il sait de ce mystérieux endroit qu’est Dathomir.

        - Les clans de Dathomir forment une société matriarcale composée de sorcières ayant une grande affinité avec la Force. Les indigènes mâles sont asservis et servent principalement comme reproducteurs et main d'œuvre. Introduit Hunbaut, frappant frénétiquement du pied pour calmer ses appréhensions. Chaque clan dispose de son propre ensemble de règles concernant l’usage de la Force. En dépit de cela, on retrouve des caractéristiques communes. Les sorcières de Dathomir utilisent leur connexion à la Force pour harmoniser leurs rapports à la nature et semblent s’accorder sur le fait de ne pas céder à la tentation du pouvoir que la Force pourrait leur garantir. Celles qui cherchent à dominer toute forme de vie en faisant usage du côté sombre de la Force sont exilées et rejoignent les rangs des sœurs de la nuit.

        - Est-ce qu’elles ont des faiblesses exploitables ? S’interroge alors Y’vain, laissant son expérience militaire s’exprimer pour lui.

        - Pratiquement aucune. Les sorcières de Dathomir s’entraînent à l’art du combat et se voient enseigner la maîtrise de la Force depuis le plus jeune âge. Et leurs liens avec la nature leur a permis de dompter un certain nombre de créatures dangereuses. Ajoutez à cela leur parfaite connaissance du terrain et vous avez tout ce qu’il faut pour faire de Dathomir le tombeau des armées impériales. Poursuit le Zabrak, avant d’ajouter. Cependant, il existe bien un moyen de combattre efficacement les sorcières de Dathomir au corps-à-corps. Afin de faire usage de la Force, les sorcières doivent lancer une incantation. Empêchez-les de terminer leur formule et vous aurez un avantage net sur elles…

        - Voilà qui est fort intéressant. Il va falloir s’entraîner à faire taire ces foutues mégères avant qu’elles ne puissent balancer leurs sorts sur ces belles têtes de vainqueurs. Commente Loha, perplexe.

        - Cela n’est toutefois valable que pour le commun des sorcières. Fait remarquer Hunbaut. Les plus puissantes d’entre elles sont capables de faire usage de la Force sans avoir à recourir à une incantation…Et croyez-moi, elles seraient tout à fait capables de nous anéantir en quelques battements de cils.

        - Hmpf…

        Les chevaliers impériaux s’observent en silence. Avec le portrait dressé par leur camarade cornu, il devient évident que leur nouvelle affectation ne sera pas un endroit où il fait bon de vivre. Et en acceptant parmi eux une jeune Voss sans la moindre expérience du combat, ils prennent le risque de la voir gravement blessée ou morte avant même qu’elle ne puisse apprendre à connaître l’Impérium et ses citoyens. Mais Rena-Ja est désormais une aspirante-chevalier. Et en tant que telle, sa formation doit se poursuivre. Et si cela doit se faire au plus près des combats ou sur un champ de bataille… Alors ainsi soit-il. Loha fait le tour des armoires à la recherche de pièces d’armure et parvient à dénicher un plastron et deux épaulières qu’elle tend ensuite à la jeune humanoïde.

        - Les conditions ne sont pas particulièrement idéales et j’aurai aimé que nous ayons plus de temps devant nous avant de t’envoyer en mission à nos côtés… Mais devant l’urgence de la situation, il faudra faire avec le peu de temps qu’on a devant nous. Soupire la native de Brentaal IV. A défaut de pouvoir te préparer comme il se doit pour les affrontements à venir, on peut au moins te fournir les bases du combat rapproché. Enfile ça. Ce n’est pas grand chose mais ça pourrait t’éviter quelques blessures.

        Alors que la Voss enfile les pièces d’armure, les chevaliers impériaux font le tour de la navette à la recherche d’épées d’exercice. Galegantin tombe finalement sur un petit lot de vibrolames qu’il distribue ensuite à ses partenaires. Loha tend l’une des armes à sa jeune élève.

        - Le combat au sabre laser, ou de manière plus générale à l’épée, est une danse dont il faut connaître et apprivoiser les mécanismes. Affronter un ennemi en combat rapproché n’est pas simple. Il faut savoir anticiper ses gestes et répondre de manière appropriée au moindre de ses coups. L’arme que tu as entre les mains est à la fois le bouclier qui te protège des assauts ennemis et l’épée qui te permet de porter des coups. Indique-t-elle en venant se mettre en position de combat, faisant face à Hunbaut.

        La native de Brentaal IV débute par une attaque simple que le Zabrak n’a aucun mal à parer à l’aide de sa lame. Ce dernier réplique en visant les jambes de la jeune femme, qui évite le coup en reculant à l’aide d’un pas chassé avant de contre-attaquer en abattant sa vibrolame sur le flanc de son frère d’armes. L’arme du chevalier impérial vient rapidement bloquer le coup. Les deux comparses abaissent leurs épées d’entraînement, se saluent puis se remettent en position.

        - Chaque attaque ou parade doit être accompagnée d’un mouvement du corps. Et tout déplacement doit s’effectuer en gardant une distance respectable face à son adversaire, afin d’éviter de se placer dans sa zone d’attaque. Mais il ne faut pas non plus trop s'éloigner, auquel cas il te sera impossible de riposter. Explique Loha. A l’instar des danseurs, qui travaillent sans relâche les mouvements de leur chorégraphie afin d’en perfectionner la technique, il sera nécessaire pour toi d’apprendre et de répéter les différentes postures d’attaque et de défense afin de comprendre leurs mécanismes et d’en acquérir la maîtrise.

        La native de Brentaal IV et ses camarades n’ont que quelques heures devant eux pour apprendre à la Voss les rudiments du combat à l’épée. Avec un peu de chance, Rena-Ja aura compris les bases d’ici à ce qu’ils arrivent en orbite de Dathomir. Et si elle apprend assez vite, on pourrait même envisager de lui enseigner les bases des formes Praetoria Vonil et Praetoria Ishu que chaque chevalier impérial se doit de connaître. Dans le cas contraire… Il faudra espérer que l’on ne les envoie pas directement au front.





        Quelques heures plus tard…

        La navette de classe Lambda pénètre dans le système de Dathomir, dont la planète est maintenue sous blocus par une flotte comprenant sept navires de guerre. Après avoir obtenu l’autorisation du commandement de la flotte de franchir le blocus, le transport pénètre dans l’atmosphère de Dathomir, escorté par deux chasseurs TIE, et se dirige ensuite vers Base Rancor où se situe ce qu’il reste des troupes du corps expéditionnaire.

        Lorsque la navette se pose enfin sur l’aire d'atterrissage prévue à cet effet, un petit groupe de curieux s’est déjà rassemblé. Alors qu’ils descendent la rampe d’accès, les quatre chevaliers impériaux sont accueillis par une demie douzaine de leurs camarades en armure pourpre. Les retrouvailles s’effectuent dans la joie et la bonne humeur, les uns et les autres venant s’empoigner fraternellement.


        - Hunbaut ! Je ne pensais pas voir ta tête pleine de cornes sur cette planète de malheur ! Plaisante Sagamor en venant serrer son frère d’armes dans ses bras.

        - Et pourtant… Quoi de mieux qu’un natif du coin pour mener la lutte contre les soeurs de la nuit ? Réplique le Zabrak en souriant.

        - C’est pas faux. M’enfin… On a pas eu besoin de tes précieux talents pour commencer à faire le ménage. Ricane le trublion avant de recevoir une claque amicale dans le dos de la part de Galegantin.

        - Puisque tu n’as pas besoin de nos services, ne compte pas sur nous pour te sauver les miches quand ça chauffera ! Ajoute alors le Nautolan.

        - Sagamor… Ou l’art de se faire des ennemis parmi ses alliés. Soupire Gahéris. Il va vraiment falloir te taire… Sans quoi tu risques de nous attirer plus d’ennuis que nécessaire.

        - C’est vrai qu’en y pensant tu ferais mieux de la boucler à l’avenir Sagamor… En tout bien tout honneur hein… Histoire d’éviter un incident diplomatique avec les locaux et de déclencher une nouvelle guerre… Fait remarquer Barristan, ce qui ne manque pas de faire rire ses camarades.

        Les nouveaux venus se tournent alors vers Korax, tandis que les vétérans posent leurs yeux sur la silhouette frêle de la Voss. Chaque groupe observe en silence, le temps de quelques battements de coeur, ces têtes nouvelles de la Chevalerie Impériale.

        - On m’avait bien dit que tu t’étais dégoté un apprenti, mais je n’y aurai jamais cru sans l’avoir vu de mes propres yeux… Admet Loha en détaillant sous tous les angles le natif de Yaga Minor. Bon sang… Le vieux loup solitaire s’est trouvé un élève… J’ai encore du mal à me faire à l’idée.

        - Et bien… Comme on dit… Il n’y a bien qu’un idiot pour ne pas changer d’avis. Répond Barristan avant de présenter le jeune homme. Voici Korax Endatoménès, mon écuyer. Il a déjà presque autant d’expérience que vous. Korax, je te présente Loha, Y’vain, Galegantin et Hunbaut.

        - Bon… On est un peu en retard mais… Félicitations et bienvenue dans la Chevalerie Impériale, Korax. C’est toujours un plaisir de rencontrer de nouvelles têtes.

        - C’est sûr qu’on ne va pas cracher sur un nouveau frère d’armes pour couvrir nos arrières. Indique Galegantin en venant serrer l’avant-bras du jeune écuyer.

        - Et qui est donc cette donzelle derrière vous ? Une nouvelle recrue ? Demande alors Tristen en posant ses yeux sur la Voss, intrigué par l’apparence singulière de l'humanoïde.

        - Voici Rena-Ja, qui nous vient tout droit de la planète Voss. Son gouvernement l’a désigné pour les représenter au sein de l’Impérium et il a été décidé, du fait de son affinité avec la Force, d’en faire un membre à part entière de la Chevalerie Impériale. Annonce le colosse Boroskais. Rena-Ja, voici Barristan, grand maître d’armes de la Chevalerie Impériale et accessoirement notre meilleur bretteur, Keu, qui espère un jour le dépasser, Sagamor et Tristen, deux chevaliers qui ne sont jamais tristes, et enfin Gahéris, la petite touche de douceur qui manque à cet escadron d’esprits belliqueux.

        - Bienvenue dans notre bande de joyeux lurons ! S’exclame Sagamor.

        - Cinq chevaliers impériaux et un écuyer sur le terrain, c’était déjà du beau spectacle à voir malgré les difficultés rencontrées. Commente Tristen. Maintenant que nous sommes le double, je n’imagine même pas ce que nous serons capables d’accomplir face aux sorcières de Dathomir.

        - L’union fait la force… Souffle Barristan, acquiesçant d’un léger signe de tête.

        Pour le maître d’armes, l’arrivée de plusieurs frères d’armes est une aubaine. Il faut désormais espérer que ce renfort de quelques chevaliers impériaux suffise à faire pencher la balance en leur faveur s’il devait y avoir un nouveau conflit avec les indigènes… Le commandant de la force expéditionnaire est néanmoins satisfait de voir que ses requêtes ne sont pas passées inaperçues auprès du haut commandement. Il ne lui reste plus qu’à espérer que d’autres moyens lui soit rapidement fournis afin de remplacer le matériel et les hommes perdus au cours des combats.

        - Keu, je te laisse prendre en charge notre jeune aspirante. Je dois me retirer avec nos camarades afin de leur expliquer la situation sur place. Poursuit le vieux chevalier impérial. Je compte sur toi pour la préparer aux prochains combats.

        - Bien évidemment. Répond tout simplement le dénommé Keu. Puis-je toutefois suggérer de prendre Korax avec nous ? Il se débrouille pas trop mal lors des entraînements et puis il a déjà une certaine expérience du combat. Ce serait l’occasion pour lui d’enseigner deux ou trois trucs à notre nouvelle recrue…

        - Bonne idée Keu. Je te laisse la main. Barristan se tourne ensuite vers son apprenti. Fais moi honneur gamin. Ne te laisse pas impressionner par cette jeune donzelle ! Tu en as vu des plus coriaces ! Et puis… Vois cette expérience comme un nouveau pas vers le rang de chevalier impérial. D’ici peu, on fera de toi un pur jus de la Chevalerie Impériale !

        Cette dernière remarque fait sourire les camarades du natif de Yaga Minor. Il est vrai que le bougre a fait un petit bout de chemin depuis ses premiers pas sur Cathar. Et il a vécu plus de choses que des centaines, voire des milliers, de stormtroopers au sein même de l’Impérium. Il faut dire qu’il n’est pas donné à tout le monde de vivre autant d’aventures qu’un membre de la très prestigieuse Chevalerie Impériale… Il y a probablement des dizaines de soldats à travers tout l’Impérium qui rêveraient de se retrouver, ne serait-ce que le temps d’une journée ou deux, en première ligne sur un théâtre d'opérations.

        Les chevaliers impériaux viennent gratifier l’écuyer et l’aspirante-chevalier d’accolades amicales puis suivent le maître d’armes en jacassant tels des grands-mères qui se remémorent le bon vieux temps. Keu se retrouve bientôt seul sur l’aire d'atterrissage avec son jeune frère d’armes et une inconnue dont il ne sait rien. L’homme conduit ses camarades à travers le camp, passant entre diverses rangées de tentes dressées avec rigueur, de soldats en service et de blindés bien alignés.

        Après plusieurs minutes de marche au sein de Base Rancor, le petit groupe arrive finalement dans les quartiers réservés aux officiers et membres de la Chevalerie Impériale. Keu se dirige vers un espace dégagé (que Korax connaît déjà pour s’être entraîné dessus) jouxtant les tentes du personnel haut gradé du corps expéditionnaire. Le chevalier impérial croise les bras, racle le fond de sa gorge et annonce finalement :


        - J’aimerais voir de quoi tu es capable Rena-Ja. Si jamais on doit affronter de nouveau les sœurs de la nuit, il me faut être sûr que tu seras à la hauteur du défi. Korax sera ton adversaire pour cet exercice. Je tiens cependant à rappeler certaines consignes de base. Pas de coups portés à hauteur de la tête ou du cou afin d’éviter toute blessure qui pourrait être mortelle. Et pensez à respecter votre adversaire. Nous sommes des chevaliers impériaux, pas de brutes sanguinaires et encore moins des bandits de seconde zone. Lorsqu’on combat un frère ou une sœur d’armes, c’est avec tout le respect qui lui est dû. Et tant que j’y pense, Korax, interdiction d’utiliser ta botte secrète !

        Bien. Si ces règles sont comprises, vous pouvez vous mettre en place. Saluez votre adversaire puis engagez le combat. Que le meilleur gagne !


        Pour le bretteur originaire d’Eriadu, il ne fait aucun doute que Korax aura le dessus au cours de cet exercice. Après tout, ce gamin a déjà combattu différents adversaires lors d’escarmouches aussi brèves qu’intenses, a survécu à divers affrontements sanglants et s’entraîne régulièrement en compagnie d’autres chevaliers impériaux. Il n’a pas volé son statut d’écuyer impérial. Mais ce duel amical n’a pas pour but de porter en ridicule la jeune Voss. Keu souhaite avant tout voir si elle a ce qu’il faut en elle pour devenir une redoutable membre de la Chevalerie Impériale… S’il doit la juger sur ses aptitudes à servir aux côtés de chevaliers impériaux, autant que ce soit une arme à la main sur un terrain dédié aux combats.


        Spoiler : PNJ impériaux utilisés

        Spoiler : Escadron Gris

        Chevalier Wilhelm Barristan

        Recruté par un templier pour servir au sein de la Chevalerie Impériale lors des premières années de l'Empire Sith. S'est exilé après avoir fait part de sa mauvaise opinion des Sith. A rejoint durant un temps les renégats du chevalier Froome avant de retourner en exil suite à un désaccord. Maître d'armes et bretteur de grande renommée au sein de la nouvelle Chevalerie Impériale. Actuel professeur de l'écuyer impérial Korax Endatoménès.

        Armé d'un sabre laser à lame argenté.


        Chevalier Sagamor

        Ex employé d'une plate forme de gaz tibanna. Trublion notoire. Véritable moulin à paroles.

        Armé d'un sabre laser à lame argentée.


        Chevalier Tristen

        Pilote de chasse impérial. Pro du bricolage. Camarade de plaisanterie de Sagamor à ses heures perdues.

        Armé d'un sabre laser à lame argentée.


        Chevalier Keu

        Fils d'une des plus puissantes familles aristocratiques d'Eriadu. Epéiste émérite. Peu loquace.

        Armé d'un sabre laser à lame argenté.


        Chevalier Gahéris

        Experte du piratage informatique. Rouquine réputée pour sa douceur et sa bonne humeur.

        Armée d'un sabre laser à lame argenté.

        Spoiler : Renforts impériaux

        Chevalier impérial Y'vain

        Soldat Boroskais à la carrure imposante, issu du corps des stormtroopers. Neveu d'un Moff impérial. Fanatique incontesté de l'Empire.

        Armé d'un sabre laser à lame bleue.


        Chevalier impérial Loha

        Fille aînée d'une puissante famille marchande de Brentaal IV. Aussi douée avec les armes qu'en diplomatie.

        Armée d'un sabre laser à lame violette.


        Chevalier impérial Galegantin

        Recruté chez les nageurs de combat impériaux. Guerrier prudent et avisé.

        Armé d'un sabre laser à lame argentée.


        Chevalier impérial Hunbaut

        Ancien esclave du clan des sœurs de la nuit et joueur de Huttball. Tête brûlée.

        Armé d'un sabre laser à lame verte.


        Spoiler : Spoiler
        Je vous laisse gérer entre vous ce petit combat amical. Vous pouvez le conclure en autant de posts que vous voulez. En cas de besoin, je reste disponible.

        PS : J'ai fait une ellipse temporelle sur l'entraînement de Rena-Ja pour des raisons évidentes de commodité.

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          Post n°4
          Auteur : Rena-Ja

          À mesure que la navette montait toujours plus haut dans l'atmosphère, Rena-Ja sentait son cœur se serrer. Chaque seconde qui passait l'éloignait un peu plus de tout ce qu'elle avait jamais connu. Même si elle ne l'exprimait pas, son départ restait un déchirement pour elle. Elle avait l'impression de laisser une part d'elle-même derrière elle, ainsi que le sentiment qu'elle ne la retrouverait jamais, même si elle revenait un jour. Mais peu importait, seul son devoir comptait. Occultant ses songes, elle se concentra sur les explications du chevalier Hunbaut.

          Leur mission consistait à se rendre sur une planète appelée Dathomir, dont Hunbaut était apparemment originaire, habitée par des sorcières qui manieraient la Force en usant de formules. Là-bas, ils prêteraient main-forte aux troupes impériales déjà sur la planète. La jeune femme ne s'attendait pas à rejoindre le front si vite. Elle n'était évidemment pas prête, dépourvue de quelque expérience que ce soit. Heureusement, il s'agissait d'un problème dont elle n'était pas la seule à être consciente.

          En effet, une fois que le chevalier à cornes eut terminé, l'entraînement à l'épée de la Voss débuta. Ils n'avaient pas beaucoup de temps, car le voyage serait relativement court. Aussi n'y avait-il pas une seconde à perdre. Rena-Ja reçut de Loha un plastron et une paire d'épaulière qu'elle enfila en silence,  puis une vibrolame. Puis, la chevaleresse lui montra quelques rudiments de combat, Hunbaut lui servant d'adversaire, tout en lui expliquant les points importants lors d'un affrontement au corps-à-corps.

          Après ces quelques démonstrations, ce fut au tour de la Voss. Celle-ci prit la place de l'impériale, et fit face à son confrère natif de Dathomir. Pendant plusieurs heures, suivant les conseils et observations de ses instructeurs, l'humanoïde retravailla et corrigea sans cesse chacun de ses mouvements. Pour une débutante comme elle, ce fut rude. Elle ratait, prenait des coups, allait parfois trop près ou trop loin, se positionnait mal... mais avec le temps, elle commençait à mieux gérer les distances, bloquer avec un meilleur timing, frapper avec plus de précision. De plus, cet exercice rigoureux lui permettait d'occuper son esprit pour ne pas penser à son monde. Elle était pleinement concentrée, décidée à en apprendre le plus possible pour pouvoir un jour être une guerrière digne de ce nom.



          Finalement, leur transport arriva à destination. Après des heures d'entraînements, Rena-Ja ressentait de la fatigue, mais bien moins que lors de sa dernière épreuve. Si l'on ne pouvait parler de réel progrès avec un entraînement aussi court, quelque chose prenait décidément forme. Mais c'était encore beaucoup trop brut, il faudrait l'affiner davantage pour arriver à quelque chose de concret, et si possible avant que la jeune femme ne soit confrontée à un combat réel.

          Lorsque l'aspirante et les quatre chevaliers impériaux sortirent de la navette, ils furent accueillis par leurs frères et sœur d'armes. Tandis que les chevaliers s'empoignaient les uns les autres, heureux de se retrouver, Rena-Ja resta dans un premier temps en retrait. Face à ce groupe d'inconnus qui avaient tissé de solides liens entre eux, la présence de la jeune Voss faisait tâche. De toute manière, elle n'avait nulle envie de fraterniser. Une fois les retrouvailles achevées, ce fut l'heure des présentations : les nouveaux arrivants rencontrèrent l'écuyer Korax Endatoménès, un jeune homme au visage dissimulé derrière un casque, tandis que l'humanoïde fut présentée au groupe déjà sur place. Elle retint les noms et les visages de ces nouveaux chevaliers, et lorsque l'un d'eux, le dénommé Sagamor, lui souhaita la bienvenue, elle répondit sobrement :

          « Je vous remercie de votre accueil. »

          Toutefois, les chevaliers durent bientôt s'éclipser, afin d'organiser la suite des opérations. Quant à la jeune femme, elle fut confiée au chevalier Keu, pour qu'il la prépare autant que possible. Celui-ci proposa que Korax les accompagne, ce à quoi le maître d'armes Barristan consentit de bonne grâce. Les chevaliers vinrent les saluer, elle et l'écuyer, avant de tourner les talons. Rena-Ja les regarda partir, passant son regard sur chacun d'entre eux. Elle ne savait trop quoi penser de tous ces gens. Cela dit, elle savait une chose : elle n'appréciait pas beaucoup d'être qualifiée de « donzelle ».

          Laissée seule avec Korax et Keu, Rena-Ja s'approcha de l'écuyer, presque mécaniquement. Puis, comme les chevaliers l'avaient fait juste avant, elle lui tendit le bras sans dire un mot, étant donné qu'il connaissait déjà son nom. Elle répéta l'opération avec le chevalier, avant que celui-ci ne les guide à l'endroit qui leur servirait de terrain d'entraînement. Tandis qu'ils marchaient, la Voss en profita pour observer les environs. Il y avait beaucoup plus d'impériaux que sur Voss, tant qu'elle n'arrivait pas à les compter. Une bonne partie d'entre eux étaient affairés à renforcer les défenses du campement. Plusieurs machines bipèdes étaient disposées un peu plus loin. De temps à autre, une paire de vaisseaux leur passait au-dessus de la tête dans un vrombissement aigu. C'était visiblement une opération importante, même si la jeune femme ne savait pas de quoi il en retournait exactement. En revanche, cette planète écarlate avait quelque chose de perturbant. Elle ne savait exactement dire quoi, mais lorsqu'elle levait les yeux vers le ciel pourpre, ou qu'elle posait le regard sur les alentours tout aussi rouges, une légère inquiétude montait en elle. C'était étrange, mais l'humanoïde préféra oublier cette sensation. Ce n'était probablement que l'appréhension d'un monde entièrement nouveau pour elle.



          Après quelques minutes, ils arrivèrent enfin à l'endroit souhaité. Keu rappela alors brièvement les règles d'un duel entre chevaliers. Si Loha les avait expliquées à la Voss durant le trajet, cette dernière n'avait eu que peu de temps pour les assimiler, aussi ce rappel fut-il bienvenu. L'aspirante et l'écuyer se mirent alors tous les deux face à face sur le terrain. Rena-Ja dégaina sa vibrolame, et Korax activa son arme, dont une lame lumineuse jaillit du manche. L'arme de la plupart des chevaliers impériaux, dont on lui avait donné le nom durant le voyage : un sabre laser.

          Comme elle l'avait apprit plus tôt, elle salua son adversaire et se mit en position de combat. Lorsque le chevalier donna le top départ, elle s'avança vers lui et porta le premier coup, qu'il para sans problème. Se remémorant sa leçon, elle continua son assaut en gardant une distance minimale entre elle et l'écuyer, pour ne pas trop s'exposer. À chaque contact entre leurs armes, la différence d'expérience entre les deux jeunes gens devenait presque palpable. Il était bien plus fort physiquement, ses mouvements étaient plus nets et précis, et sa posture, assurée. En comparaison, la frêle Voss à peine entraînée faisait pâle figure. Qui plus est, le jeune homme maniait son arme de la main gauche, ce qui constituait une difficulté supplémentaire. Rapidement, la tendance du combat changea, et Rena-Ja fut bientôt celle qui devait parer les coups de son opposant. Pendant quelques passes, elle arriva tant bien que mal à tenir la cadence de justesse, mais bien vite, le rythme devint trop soutenu pour elle. Elle réagit trop tard à une attaque venant sur sa gauche et prit un premier coup dans le flanc. Une parade la laissa ensuite ouverte à un assaut sur sa jambe droite, ce qui lui valut un second impact dans la cuisse. Enfin, après un nouvel échange, le jeune homme finit par briser sa garde, la laissant complètement exposée à un coup d'estoc bien placé dans son estomac, qui la fit reculer de plusieurs pas, avant qu'elle ne chute.

          La main sur le ventre, la jeune femme haletait. C'était un adversaire redoutable pour la débutante qu'elle était. Il semblait peu probable qu'elle arrive à le vaincre. S'il s'agissait d'un combat réel, elle serait déjà morte plusieurs fois. Mais comme l'avait dit Keu, ce combat était avant tout un moyen d'estimer sa valeur. Elle ne pouvait pas abandonner si tôt. Et puis, comparé à sa dernière épreuve sur Voss, cette maigre douleur n'était rien. L'alien se redressa finalement, et reprit position face à Korax.

          Même si elle ne pouvait l'emporter, elle montrerait le maximum de ses capacités. Elle était digne d'être une guerrière, et elle le prouverait.

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            #5

            Post n°5
            Auteur : Korax Endatoménès

            La navette bleue à bande rouge descendit dans le ciel écarlate. Tous les membres de l'escadron gris s'étaient rassemblés pour accueillir les malheureux élus. Ils avaient fière allure, dans leurs armures rutilantes, leurs capes flottant, portées par le souffle chaud des réacteurs du vaisseau. Sagamor cassa le tableau en déclarant d'un ton moqueur:

            -S'ils s'attendent à des vacances, ils vont être déçus...

            -Contrairement à toi, ils ne finiront peut-être pas à l'hosto. Lui rétorqua Tristen.

            -Ma convalescence n'a pas duré longtemps ! Lui répondit l'intéressé, vexé.

            La porte s'ouvrit sur cinq silhouettes: deux humains, un nautolan, un zabrak, qui portait des tatouages comparables à ceux que l'écuyer avait vu sur les mâles dans le camp des autochtones; ainsi qu'une alien rouge aux yeux lumineux bleu, qui ne portait pas l'armure rouge. Au moins il ne serait plus seul dans sa situation. Il les salua d'un ferme serrage d'avant-bras et appris leurs noms: Y'vain et Loha pour les humains, Hunbaut pour le local et Galegantin pour le nautolan. Le natif de Yaga Minor ajouta après la tirade de son maître:

            -Je suppose qu'il m'a trouvé à son image...

            On lui présenta ensuite la jeune femme en retrait: Rena-Ja, de Voss, planète dont il n'avait jamais entendu parler. Et il s'agissait d'un émissaire, donc ils devraient éviter qu'il lui arrive des bricoles. Les présentations terminées, il fut décidé que l'écuyer et l'aspirante s'entraîneraient sous la supervision de Keu avec qui le gaucher s'était déjà entraîné quelques heures auparavant. Il devissa l'émetteur de son sabre pour y remettre le cristal d'entraînement et le revissa.

            Ils prirent place dans la zone d'entraînement. Korax fit face à la jeune femme tandis que le bretteur déplaçait une caisse pour s'y asseoir.

            Pendant quelques secondes, leurs regards se croisèrent. D'un côté, deux lucioles bleutées où l'on pouvait lire une certaine anxiété, et de l'autre, le reflet vide et déshumanisé d'un casque de stormtrooper.

            La lame de l'alien se mit à siffler tandis que le bruit d'ampoule grillée de son sabre se faisait entendre.

            La voss prit l'initiative avec une serie de coups désorganisés et peu précis que l'humain se contenta de parer. Elle avait un talent évident, malgré son manque d'expérience et lui n'était pas encore tout à fait habitué au sabre.

            Son offensive coupa court lorsqu'elle lui donna un coup latéral, qui, une fois paré, ouvrit sa garde pour une contre-attaque, qu'elle parvint à éviter de justesse. Et l'écuyer commença à enchaîner feintes et coups, pas trop vite, pour lui laisser le temps de réagir. La lame jaune pisse générée par le cristal d'entraînement dansait autour de l'humanoïde à peau rouge qui peinait à suivre, avec son arme plus lourde.

            Il la toucha et elle tomba à la renvers.


            -Ne sois pas aussi crispée sur le manche de ton épée, ça te fait perdre en précision et te rend prévisible.

            Il lui laissa le temps de reprendre ses esprits et l'initiative. L'échange qui suivit fut un peu plus équilibré, bien que Rena-Ja finit pareillement sur les fesses.

            -L'atmosphère de cette planète est oppressante, ne la laisse pas te distraire. Dans quelques jours, tu devrais commencer à t'y habituer. Et ne succombe pas à tes émotions, ou tu finiras comme moi.

            Il eût un léger rire en lui montrant sa main mécanique, puis se remit en garde. Il adoptait une position défensive face à son adversaire, et répondait à ses assauts par une parade et une contre-attaque. C'était assez proche de sa véritable manière de se battre, à la différence qu'au lieu de rester passif, il avait pour habitude d'avancer sur son adversaire pour le pousser à une attaque prévisible et aisément parable.

            Le troisième assaut fut bref. Dès que l'aspirante entra dans la portée de son sabre, il la frappa d'un estoc rapide qui toucha sa cible.

            Rena-Ja semblait fatiguer, à force de brandir son morceau de ferraille à bout de bras. Et le petit duel amical se desequilibrait de nouveau en faveur de Korax. Le chevalier qui les supervisait profita de la fin du quatrième assaut pour arreter les frais. L'écuyer avait beau avoir eu le dessus, il avait beaucoup appris de ce combat amical.

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              #6

              Post n°6
              Auteur : Rena-Ja

              Le postérieur de la jeune femme percuta le sol poussiéreux une fois de plus. Elle se releva péniblement, et se saisit de son arme, qu'elle avait lâchée dans sa chute. Ses yeux en alvéoles ses posèrent sur son opposant. Il y avait véritablement un fossé entre eux. Après son premier échec, elle était retournée à l'assaut, mais le résultat fut le même. Elle tenut un peu plus longtemps, et parvint même à le faire reculer un petit peu, mais il reprit bien vite la main. Elle n'était pas assez entraînée pour lui résister. Elle n'arrivait pas à anticiper ses coups. Le casque de soldat qu'il portait ne lui facilitait d'ailleurs pas la tâche, il le rendait insondable. Lui, en revanche, lisait en elle comme dans un livre ouvert. Celui-ci lui fit remarquer la façon maladroite dont elle tenait son arme, une erreur qu'on lui avait rappelé plusieurs fois, ainsi que son manque de concentration dû à cet endroit lugubre. Elle corrigea sa poigne, et fit le vide dans son esprit.

              La jeune Voss reprit une posture de combat à peu près convenable. Les divers coups de sabre qu'elle avait encaissé lui avait causé quelques légères brûlures sur la peau. Ce n'était rien de grave, mais les picotements qu'elles causaient, à autant d'endroits de son corps, commençaient à la gêner. Et avec la fatigue, sa propre arme devenait difficile à tenir droite, du fait de son poids. Mais malgré tout, il fallait qu'elle continue. Elle devait montrer à Keu son potentiel. Contrôlant son souffle, elle se prépara à attaquer une nouvelle fois, et fonça vers l'écuyer.



              Elle n'avait même pas eu le temps de porter le moindre assaut. Dès qu'elle fut assez proche de lui, il lui infligea un terrible coup d'estoc dans le ventre, encore plus précis que le premier. Cette fois-ci, Rena-Ja s'était étalée de tout son long par terre, soulevant un nuage de poussière à l'impact. Prendre une deuxième frappe au même endroit ne fit qu'amplifier la douleur. La jeune femme resta à terre une seconde, le temps d'encaisser le choc. Et même une fois remise, la Voss eut du mal à se mettre debout. Elle arrivait à peine à tenir sa lame. Épuisée, elle s'avança jusqu'à l'apprenti chevalier, mais vidée de ses forces, il ne fallut au jeune homme que quelques coups pour la repousser.

              Cette fois, c'était terminé. L'humanoïde était tout juste capable se tenir sur ses deux jambes, et c'était désormais presque impossible pour elle de soulever sa vibrolame. Voyant que Rena-Ja ne pouvait plus combattre, Keu mit fin au match. Sans surprise, Korax l'avait vaincue, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il y arrive avec une telle aisance. Elle n'avait même pas réussi à le toucher une seule fois. La jeune alien ne pouvait que constater sa propre faiblesse.

              Elle avait fait tout ce qu'elle avait pu, et pourtant, elle s'était fait battre à plate couture. Ce combat avait dû être un bien piètre spectacle pour le chevalier impérial qui les avait observés. Utilisant ce qui lui restait d'énergie pour redresser sa lame une dernière fois, Rena-Ja clôtura le duel en saluant son adversaire, puis la raccrocha tant bien que mal à sa ceinture.

              La douleur persistait, notamment au niveau de son ventre. Les coups de Korax étaient aussi puissants qu'ils étaient bien placés. La Voss serra la mâchoire le temps de s'y habituer et retrouva son air neutre quelques instants plus tard. Ce n'était rien, de toute manière. Si la Force avait décidé qu'elle devait souffrir pour servir Voss, elle supporterait les pires supplices sans sourciller. Mais à cet instant précis, elle ne pensait pas vraiment à ça. Son regard brillant se posa sur le jeune homme qui l'avait battue. Il n'était qu'écuyer, mais sa force était réelle. Elle devrait devenir au moins aussi forte que lui, bien plus même, afin d'honorer et de servir son peuple. Et, à en juger par le bras mécanique du jeune impérial, elle devrait vite gagner en puissance pour survivre sur ce monde inconnu et hostile.

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                #7

                Post n°7
                Auteur : Hivernus

                Keu observe en silence les passes d’armes des deux adversaires. Il ne fait aucun doute, du fait de son expérience du combat et de ses très nombreuses heures d’entraînement, que l’écuyer a l’avantage. Il ne ménage pas ses coups, faisant reculer la jeune Voss et parvenant à la frapper en divers endroits. Contre toute attente, Rena-Ja encaisse les attaques sans rompre l’engagement. L’aspirante se relève après chaque chute, reprend le combat après chaque coup. Malgré la douleur et la fatigue, l'humanoïde trouve toujours en elle assez de force et de courage pour reprendre le duel. La détermination dont elle fait preuve lui fait assurément honneur. Le chevalier impérial lui reconnaît ces quelques qualités. Mais ce n’est pas à grand renfort de bravoure et volonté que l’on remporte la victoire.

                L’impérial originaire d’Eriadu a vu des dizaines de jeunes gens, braves voire téméraires, périr au combat. Et il en a vu des dizaines d’autres, des soldats bien entraînés ou des vétérans de guerre, passer l’arme à gauche face à un adversaire plus coriace. Il n’a aucun doute sur le fait qu’une aspirante qui vient à peine de commencer son initiation ne ferait pas le poids face à une indigène rompue à l’art de la guerre depuis son plus jeune âge. Après tout, même des combattants expérimentés tel que Sagamor ont eu du mal à affronter ces dangereux adversaires que sont les natives de Dathomir. Si l’élite de l’armée impériale a quelques difficultés face à un tel ennemi, quelles sont les probabilités pour qu’une jeune recrue s’en sorte vivante ?

                Keu inspire doucement. Si la Voss veut avoir la moindre chance de survivre à son premier engagement, il lui faudra plus que du courage et de la volonté. Des heures d’entraînement seront nécessaires pour faire d’elle un guerrier muni de compétences martiales correctes. Mais cela devra attendre encore un peu. Au vu de l’état de fatigue de la jeune humanoïde, une trêve s’impose.


                - C’était un beau combat. Vous méritez bien de souffler un peu… C’est la raison pour laquelle je vous accorde trente minutes de repos. On reprendra les exercices après cette courte pause. Indique le chevalier impérial à ses deux camarades. Profitez de ce bref instant de répit pour faire le plein d’énergie… Car je ne compte pas vous ménager !

                L'homme en armure pourpre invite Korax et Rena-Ja à se poser dans un coin, les abandonne un instant puis revient avec de quoi se sustenter. Soupes instantanées, biscuits secs, barres nutritives, viande séchée et boissons énergisantes forment la base des repas sur Dathomir. Les rations militaires impériales, réputées pour figurer parmi les meilleures rations de combat de la galaxie, ne paient pas de mine… Et pourtant, elles sont tout à fait savoureuses en bouche.

                Ce ne sont pas les quelques stormtroopers en permission qui partagent le même pan d’herbe à quelques mètres des représentants de la Chevalerie Impériale qui diront le contraire en tout cas. Les jambes croisées ou étendues sur l’herbe, les soldats profitent d’un instant de repos bien mérité. L’uniforme couvert de terre, les bottes pleines de poussière, le visage sale, ces hommes-là ont manifestement passé leur dernier service à creuser des tranchées… Ils semblent apprécier leur pause et s’empiffrent joyeusement, partageant diverses histoires et anecdotes autour d’un bon repas.

                Mais il y en a bien un, parmi ces robustes gaillards là, qui ne semble pas trouver son compte. Il mange une barre nutritive en boudant, déçu de ne pas avoir quelque chose de plus consistant à se mettre sous la dent. Il s’en plaint rapidement à ses camarades.


                - Pfff. Ces foutues rations militaires commencent à m’ennuyer ! Des soupes par ci, des soupes par là… Des barres à n’en plus finir… Sérieusement, on ne peut pas avoir autre chose ? Se lamente-t-il en jetant son sachet de soupe instantanée dans l’herbe. Et puis je reste toujours sur ma faim ! Va falloir dire à l’Intendance de s’approvisionner avec autre chose que des biscuits et de la soupe car je commence sérieusement à me lasser du goût insipide de ces merdes en boîte !

                - Toujours en train de chouiner celui-là… Soupire un de ses voisins, lui donnant un coup de coude amical. T’aurai mieux fait de devenir boucher ou pâtissier hein… Au moins t’aurai été sûr d’avoir de quoi bouffer sous la main en cas de petit creux.

                - Cela dit… Il a pas totalement tort. Commente un autre, un morceau de viande séchée entre les dents. J’serai pas contre un bon ragoût de pommes de terre… Ou même un steak de Bantha. Faudrait diversifier les plats quoi… Enfin vous savez de quoi j’parle.

                - C’est ça… Plaignez vous ! De mon temps, on fermait sa gueule et on mangeait ce qu’on avait sous les yeux… Intervient un soldat bien plus vieux que les autres. Et puis franchement, on est pas à plaindre dans l’Impérium. J’ai bouffé des trucs bien plus immondes que ça… Vous auriez dû voir ce que les séparatistes avaient à becter sur Coruscant… C’était pas glorieux !

                - T’as participé à la bataille de Coruscant toi ? Demande alors le second, intrigué.

                - Pas qu’un peu gamin… J’ai survécu aux deux batailles de Coruscant… Et j’ai également eu l’honneur, enfin si on peut dire ça comme ça, d’assister à l’invasion de Cathar par les séparatistes et leurs petits copains. Répond le vétéran de guerre en mâchouillant sa barre nutritive. J’vous le dis sincèrement après avoir goûté l’une de leurs saletés… Vaut mieux crever que bouffer les rations de combat de ces maudits séparatistes. C’est un coup à vous rendre malade. Et puis ça a vraiment sale goût. L’un de mes camarades, sur Coruscant, a eu la diarrhée pendant trois jours.

                - Charmant… Enfin en même temps, c'est pas vraiment étonnant. La Confédération des Systèmes Indépendants doit probablement nourrir ses soldats avec de l'huile pour droïde...

                Curieusement, les hommes se mettent à rire, s’imaginent dans la situation de leur aîné. Seul le premier d’entre eux, qui boude toujours, se renfrogne et mange en silence. Le vieux soldat, amusé, se met à partager à ses frères d’armes différentes anecdotes de guerre toutes plus ridicules les unes que les autres.

                A l’horizon, le soleil poursuit sa lente descente. Dans le campement, les premières lampes commencent à s’allumer ici et là. Divers feux de camp, qui servent aussi bien à réchauffer les soldats qu’à la cuisine, se mettent à flamber aux quatre coins de la base militaire. Des dizaines d’hommes en armure ou en uniforme se rassemblent bientôt autour des foyers pour partager un bon repas ou quelques histoires réconfortantes. Quelques colonnes de stormtroopers traversent les rangées de tentes au pas de course afin d’assurer la relève des sentinelles.

                Keu, qui a surveillé l’heure, se redresse doucement. Pour les chevaliers impériaux en devenir, la pause est terminée. Et la nuit qui tombe sur le campement ne changera en rien les plans du natif d’Eriadu. Après tout, les entraînements nocturnes ont aussi leur utilité… Sur un théâtre d’opérations, il est difficile de prévoir quand aura lieu le prochain affrontement avec l’ennemi… Et certains adversaires, à l’instar des sorcières de Dathomir, privilégient volontiers les actes de guérilla aux batailles rangées et aiment tout particulièrement lancer des attaques aussi brèves que mortelles lorsque la nuit les dissimule à des yeux non avertis. Pour le chevalier impérial, l’occasion est trop belle pour être gâchée.


                - J’espère que vous avez bien profité de vos trente minutes de répit… Car l’heure n’est plus à la détente. Allez on se remue. Annonce Keu, se servant de la Force pour attirer jusqu’à lui une épée d’entraînement.

                Le combattant en armure pourpre fait quelques moulinets avec son arme d’exercice pour s’échauffer les muscles, fait craquer les os de sa nuque puis se met en position devant la jeunesse de la Chevalerie Impériale.

                - Nouvel exercice pour toi, Rena-Ja. Tu vas apprendre à combattre en duo. Dans la Chevalerie Impériale, nous avons pour habitude d’affronter nos ennemis en groupe. Nos prouesses martiales nous permettent certes de tenir en respect la plupart de nos adversaires mais dans de nombreux cas, seule l’union fait la force. Et un groupe de chevaliers impériaux a toujours l’ascendant sur ses ennemis, quels qu’ils soient. Indique le chevalier impérial. Les chevaliers impériaux utilisent deux formes de combat qui leur est propre. La première, le Praetoria Vonil, est une forme agressive utilisée pour porter des coups rapides et brutaux. La seconde, le Praetoria Ishu, se concentre sur la défense. Conjuguées, ces deux formes offrent aux chevaliers impériaux un avantage certain sur leurs adversaires… Korax, puisque tu es déjà coutumier de ces formes, tu auras le rôle de chevalier attaquant. Rena-Ja, ton rôle sera plus simple mais tout aussi essentiel… Tu auras à défendre Korax face à mes coups.

                Keu salue ses deux adversaires, s’empare du sabre laser qui pend à sa ceinture et se met en position de combat. Le faisceau argenté qui jaillit brusquement de l’arme vient éclairer d’une vive lueur son visage. Muni de deux lames, le natif d’Eriadu est prêt à en découdre.

                - On va commencer doucement, afin de donner à Rena-Ja le rythme. Annonce l’impérial, un léger sourire aux lèvres. On compliquera les choses par la suite.

                Le chevalier impérial marche lentement autour de ses deux élèves, jaugeant leur combativité, prenant en compte leurs réflexes, anticipant les différentes manœuvres possibles… Puis soudain, le bretteur revient sur ses pas et fonce sur le duo, présentant les lames de son sabre laser et de son épée d’exercice à ses ennemis du soir. Un coup part. L’acier de la vibrolame d’entraînement fend les airs en sifflant, dirigé vers Korax.

                Les hostilités sont lancées. Il ne reste désormais plus qu’à savoir comment les deux jeunes gens vont réagir face à l’attaque aussi brusque que soudaine du natif d’Eriadu… Et s’ils parviendront à coordonner leurs efforts pour le mettre en difficulté.




                Spoiler : Spoiler
                Keu est un adversaire coriace qui a un certain avantage sur vous, étant expert dans différentes formes de combat et tout à fait capable d'utiliser la Force pour conserver l'ascendant. Cependant, son but n'est pas de vous mettre une raclée et de vous ridiculiser. Il cherche simplement à tester vos capacités à travailler ensemble.

                Je vous laisse vous concerter sur le début du combat. Mais je me réserve bien évidement le droit de conclure ce duel selon mes propres termes. Ce que vous écrirez aura toutefois une influence certaine sur l'issue du combat. Surprenez moi avec de beaux écrits et je vous laisserai peut-être faire mordre la poussière à notre ami à queue (ou keu pour rester dans le thème...) de cheval :D

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                  Post n°8
                  Auteur : Rena-Ja

                  L'annonce d'une pause, même courte, fut bienvenue pour Rena-Ja. Si elle avait encore la volonté de continuer, son corps n'était pas capable de suivre. Si elle ne prenait pas un peu de repos avant le prochain exercice, elle était certaine de tourner de l'œil. Keu leur désigna alors un endroit où s'installer. La Voss alla s'agenouiller sur l'herbe sans dire un mot, et accepta la nourriture que le chevalier leur avait apporté, à elle et à Korax. Ça ne valait pas la cuisine de sa planète natale, mais c'était plus que suffisant pour remettre d'aplomb la jeune femme. Cette pause permit lui permit également de voir pour la première fois le visage de Korax, qui avait retiré son casque pour manger. Ses traits étaient fins et sa peau assez pâle. Il semblait effectivement jeune, quoique probablement un peu plus âgé qu'elle. Elle se demanda un instant pourquoi le jeune homme portait un casque alors qu'il n'était pas soldat, il ne semblait pas avoir de blessure ou de marque à cacher. Mais elle s'en désintéressa vite, et s'en retourna à son repas.

                  A quelques pas de là, des soldats impériaux discutaient bruyamment de la qualité de leurs rations. Si Rena-Ja ne prêta que peu d'attention à leur débat, ils évoquèrent plusieurs noms qui la firent tiquer. "Batailles de Coruscant", "invasion de Cathar", "séparatistes" et "Confédération"... L'histoire de cette galaxie était visiblement très vaste. Pas que cela l'intéressait en soi, mais il faudrait qu'elle en apprenne autant que possible pour comprendre quel rôle l'Imperium avait joué dans tout cela.



                  Leur temps de repos fut bien vite écoulé, et l'entraînement reprit tandis que le ciel s'assombrissait. La Voss ressentait toujours quelques douleurs dans ses muscles, mais elle allait certainement mieux que tout à l'heure.

                  Cette fois, Keu serait leur adversaire à tous les deux. Korax et elle allaient devoir coopérer pour ce second combat. Plus précisément, Rena-Ja allait devoir défendre l'écuyer des assauts de leur instructeur. Celui-ci maniait à la fois son sabre laser et une arme d'entraînement, et semblait être un adversaire plus redoutable encore que Korax. Les deux jeunes gens se mirent en position de combat, activant leurs armes respectives.

                  Après un instant passé à leur tourner autour en les observant, Keu passa à l'attaque brusquement, délivrant un coup fulgurant en direction de l'écuyer impérial. La lame d'entraînement s'approcha dangereusement du jeune homme casqué, mais Rena-Ja réussit à le parer au dernier moment. En un coup, elle avait senti la différence entre lui et Korax. Il méritait clairement son titre de chevalier. D'un mouvement de poignet, elle essaya d'orienter l'arme de son adversaire sur le côté tout en se décalant afin de permettre à Korax de contre-attaquer. Le sabre de l'écuyer entra en contact avec celui de Keu dans un jet d'étincelles.

                  Leurs premiers échanges se déroulèrent tous de la même manière : Keu attaquait Korax avec l'une de ses deux armes, Rena-Ja le bloquait, et l'écuyer frappait en retour. Soudainement, le sabre changea de direction, et Keu prit Rena-Ja pour cible, sans que la Voss n'ait le temps de réagir. Son arme la protégea, mais la force du coup l'envoya valser une paire de mètres en arrière. Heureusement, elle parvint à ne pas chuter, cependant son partenaire était désormais seul face à leur instructeur. Elle se précipita pour retourner le défendre, mais ce laps de temps suffit à Keu pour porter un coup à l'écuyer impérial, qui fut forcé de reculer de plusieurs pas. Lorsque la Voss parvint au niveau du chevalier, elle voulut l'attaquer à son tour, mais celui-ci la repoussa aisément en usant de la Force. Cette fois, elle tomba sur le dos, et glissa sur quelques mètres.

                  Elle se releva péniblement. L'espace d'un instant, elle avait oublié son rôle, et avait attaqué le chevalier sans réfléchir. Mais ce n'était pas comme ça qu'ils allaient avancer. Pour vaincre, ils devaient tenir la formation. Soufflant silencieusement, elle alla se replacer aux côtés de Korax, qui avait repris position face à Keu.

                  Il faisait à présent complètement nuit, et seules les deux lames lumineuses des sabres laser éclairaient le terrain d'entraînement. Brandissant sa vibrolame, Rena-Ja porta un regard vif à son partenaire de combat. C'était loin d'être terminé. Cette fois, elle le protégerait coûte que coûte.

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                    Auteur : Korax Endatoménès

                    La pause était nécessaire pour les deux combattants, cependant, Korax savait que la suite allait être plus ereintante encore. Il s'assit, enleva son casque et commença à ingurgiter son repas. Il était définitivement moins affecté par l'atmosphère saturée par la Force, ce qui était une bonne chose vu que la campagne semblait s'éterniser. Il avait gardé de l'énergie en réserve suite au duel avec la Voss qui mangeait à ses côtés, silencieuse.

                    Il se demandait comment ils pouvaient bien vivre, sur sa planète perdue. Au vu de la carrure de la jeune femme, il pouvait estimer qu'elle n'avait pas toujours mangé à sa faim. Pourtant, elle avait stoïquement tenu face à lui, même après avoir pris de nombreux coups, ce qui forçait l'admiration. Keu leur annonça ensuite la suite de l'entraînement.

                    L'exercice suivant était presque humiliant pour les deux apprentis: ils allaient affronter Keu à deux contre un. Rena-Ja le défendrait tandis qu'il tenterait de percer la défense du chevalier. Celui-ci maniait deux sabres, ce qui était à la fois un avantage et un inconvénient, en effet s'il pouvait parer tout en attaquant, il perdait en force et en précision. L'écuyer adopta donc une tactique: il allait garder ses distances et frapper avec de rapides estocs et lorsque Keu tenterait de l'attaquer, il repondrait par un coup puissant et appuyé pour le déstabiliser.

                    Et l'affrontement débuta. Au depart, les belligérants se jaugaient en silence. On n'entendait que mes bruits du camp et le bourdonnement des lames.

                    Brisant le statut quo, l'instucteur s'élança sur le natif de Yaga Minor qui fut protégé in extremis par sa coéquipière. Il répliqua comme convenu, d'une taille brutale de haut en bas, stoppée par une lame du chevalier qui bondit en arrière pour reprendre le contrôle.

                    S'adaptant, Korax lança une serie d'estocades à bout de bras pour forcer son adversaire à se découvrir en l'attaquant, ce qu'il fit, toutefois l'humain au bras cybernétique le savait, dans cette configuration, le duo ne pouvait gagner qu'a l'usure, et encore...

                    La cible de l'homme en armure rouge changea subitement et l'aspirante fut envoyée valdinguer, prise par surprise. Une pluie de coups se déversa alors sur le gaucher qui recula en tentant de parer au mieux les taillades rapides et furieuses. Rena-Ja chargea à ce moment mais fut sèchement projetée au sol d'une poussée de Force. Leur instructeur se repositionna ensuite face à eux.

                    Il allait falloir adopter une autre stratégie pour s'en sortir. Étant donné que Korax avait pris le moins de coups, il allait se battre de manière plus agressive pour diminuer la pression mise sur la Voss qui semblait presqu'à bout de forces.

                    Le soleil était désormais couché et l'arène n'était plus éclairée que par les armes des combattants ainsi que les yeux de la jeune femme. Cela ne perturba pas l'écuyer qui fondit sur le chevalier pour l'agonir de coups, variant les angles de frappe et la puissance, ne se preoccupant que de limiter au maximum les fenêtres de riposte. Se servant de la force de son bras mécanique, il faisait reculer Keu qui parvint tout de même à le toucher sur une transition un peu trop lente entre deux frappes. Il pouvait tout de même voir que son adversaire fatiguait face aux deux élèves.

                    Il fallait pousser l'avantage pour au moins toucher une fois le chevalier. Le natif de Yaga Minor faiblissait cependant lui aussi et passa son sabre dans sa main droite pour n'utiliser que le bras mécanique et limiter ses mouvements qui toutefois devenaient moins précis. L'aspirante faisait de son mieux pour le protéger alors qu'il attaquait sans relâche.

                    Une idée lui vint, il se concentra sur la jambe du dueliste émérite pour la tirer et déséquilibrer son adversaire et surtout le déconcentrer et profita de l'ouverture pour le toucher au flanc. Ils avaient enfin réussi à percer la défense de Keu. Peut-être allaient-ils pouvoir souffler un peu, car le combat avait consumé toute leur énergie et ils reprenaient difficilement leur souffle.

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                      Auteur : Hivernus

                      Les deux chevaliers en devenir luttent avec vigueur, tentent de résister aux assauts furieux de leur adversaire. Le natif de Yaga Minor et la Voss cherchent à coordonner leurs mouvements, à travailler de concert pour tenir tête au chevalier impérial. La technique d’approche est maladroite, peu appliquée, mais à au moins le mérite de faire reculer leur opposant. Korax parvient même à effectuer une touche qui prend par surprise son adversaire. L’écuyer impérial brille plus par ses actions que la jeune aspirante. Il a pour lui l’expérience du combat et l’habitude des duels face d’autres membres de la Chevalerie Impériale. L’agressivité du natif de Yaga Minor est le principal facteur de danger dans cet affrontement amical. Mais Rena-Ja est investie d’une volonté de bien faire qui attire l’attention. En effet, sa détermination à toute épreuve ne manque pas d’impressionner Keu. Malgré les coups encaissés, la Voss revient toujours à la charge, s’applique tant bien que mal à protéger son camarade des frappes du natif d’Eriadu. Si le danger qu’elle représente est moindre, la jeune humanoïde n’en demeure pas moins une gêne sérieuse à prendre en considération.

                      Le combat traîne en longueur. Les coups volent toujours de toute part mais perdent en puissance, en précision. Les bras et les jambes sont désormais lourds de fatigue. Les différents duellistes s'essoufflent peu à peu, alors que les passes d’armes se poursuivent tant bien que mal. Face à des adversaires motivés, le chevalier impérial doit changer de stratégie. Jusque-là, il s’est contenté de jauger les deux jeunes gens, son but premier étant de tester leur capacité à travailler ensemble. Maintenant qu’il se retrouve en difficulté, Keu se doit de reprendre l’ascendant sur ses opposants.

                      Submergé par les assauts de Korax et de Rena-Ja, le natif d’Eriadu demeure d’abord sur la défensive. L’écuyer impérial parvient même à passer au travers la garde de son adversaire pour venir le frapper en plein milieu du plastron. Encaissant le choc, le chevalier recule à nouveau. Une vive douleur vient le lancer au niveau de la poitrine mais il l’ignore volontiers afin de se concentrer sur l’affrontement. Ajustant son rythme à celui de ses deux opposants, Keu se contente de parades et d’esquives presque paresseuses afin d’économiser ses forces. Lorsqu’il sent que la victoire est enfin à portée de main, que ses adversaires puisent dans leurs dernières réserves d’énergie, l’homme se lance à nouveau à l’assaut.

                      Le chevalier impérial fait d’abord tournoyer ses lames devant lui afin de créer de l’espace entre lui et ses opposants. Puis soudainement, le natif d’Eriadu lance une poussée de Force dans la direction de Korax avant de l’écarter de sa partenaire. Le jeune écuyer s’écrase lourdement contre une rangée de caisses. S’étant débarrassé temporairement de l’ennemi le plus dangereux, l’homme peut désormais se concentrer sur sa première cible : Rena-Ja. Les coups se mettent à pleuvoir sur la jeune humanoïde. Les premières attaques sont parées ou esquivées de justesse. Puis la Voss n’est plus en mesure d’opposer une quelconque résistance et tombe face aux assauts furieux du chevalier impérial. Un coup de vibrolame vient la frapper durement au poignet et la force à lâcher son arme. Un second coup, ciblant le genou, la déséquilibre… Une attaque au sabre laser, touchant l’autre jambe, achève de la mettre hors d’état de nuire.

                      Le faisceau lumineux de l’arme s’arrête à quelques centimètres de la gorge de Rena-Ja quelques secondes après que son corps ait lourdement chuté. De son autre main, Keu tend sa vibrolame d’entraînement vers Korax, qui semble prêt à en découdre à nouveau.


                      - Ta partenaire est à terre, Korax, une lame au-dessus de sa gorge. Il n'y a rien que tu puisses faire pour la sauver. Le combat est terminé. Indique alors le chevalier impérial en désactivant la lame de son sabre laser.

                      L’homme attache son arme à sa ceinture, tend une main à Rena-Ja afin de l’aider à se redresser et vérifie son état de santé avant d’ajouter :

                      - Ce fut néanmoins une belle confrontation. Vous m’avez donné du fil à retordre et je ne doute pas un instant, avec un peu plus d’expérience et de coordination, que vous feriez un excellent duo de bretteurs. Quoi qu’il en soit, vous avez largement mérité vos heures de sommeil. Nous reprendrons les exercices demain matin.

                      Keu guide ensuite la jeune femme (et son partenaire d’entraînement déjà coutumier des lieux) jusqu’aux quartiers des chevaliers impériaux, situés non loin du centre de commandement de la base, et lui présente ses nouveaux “appartements”. Le confort est sommaire et les membres de la Chevalerie Impériale partagent la même tente, tant pour des raisons pratiques que par souci de cohésion. Après tout, il est toujours plus simple de créer des liens avec des camarades de chambrée car ce sont souvent les conversations du soir, au moment du coucher, qui sont les plus intimes.

                      Plusieurs chevaliers impériaux entrent en trombe dans la tente au moment où Keu achève la brève visite guidée de l’endroit. Certains s’étalent comme des moins que rien sur la couche qui leur sert de lit, les jambes lourdes de fatigue et la tête embrumée. D’autres, leur instinct répondant à l’appel de la faim, s’entassent autour d’une table afin de partager un bon repas. Barristan se dirige vers Keu et ses deux acolytes, un léger sourire aux lèvres.


                      - Dis moi Keu… La jeunesse est-elle prête à prendre la relève ? Vient demander le vieux chevalier impérial en se plantant devant le trio.

                      - Pas encore… Et pour ma plus grande satisfaction.
                      Répond l’autre, un brin moqueur.

                      - Suis-je bête… Bien sûr. J’avais oublié que nul ne peut battre le meilleur bretteur de la Chevalerie Impériale. Le maître d’armes dirige son regard espiègle vers Korax et Rena-Ja. Ne vous inquiétez pas les morveux, je vous donnerai quelques astuces pour le tourner en ridicule. Contrairement à ce qu’il veut faire croire, il n’est pas invincible. Mais il faut tout de même reconnaître qu’il s’agit d’un adversaire coriace.

                      - Pfff. J’attends de voir ça. Réplique Keu, habitué aux pitreries de son vieux frère d’armes. Bon, plus sérieusement, quel est le plan d’action ? Tu comptes toujours aller faire une virée chez les sorcières du clan de la Rivière Folle ?

                      - En effet. Il demeure essentiel de maintenir de bonnes relations avec nos seuls alliés sur place. Qui sait, nous pourrions peut-être même envisager de tenir un sommet réunissant l’ensemble des clans autochtones afin de négocier une paix durable entre toutes les parties... Indique Barristan, la voix grave. Et de toute manière, je dois consulter Thenel Ko sur un sujet délicat. Autant faire d’une pierre deux coups.

                      - Je vois. J’imagine que tu as pris la sage décision de ne pas partir tout seul te promener dans les bois… Devine avec justesse le natif d’Eriadu.

                      Le commandant de la force expéditionnaire acquiesce d’un signe de tête puis se lance dans une explication détaillée. Désireux de ne pas laisser Base Rancor sans protection, le vieux maître d’armes a convenu, avec ses camarades, de confier la gestion du camp à Galegantin, Tristen, Y’vain et Sagamor. Les trois premiers ayant une expérience militaire indéniable (puisqu’ils ont été recrutés au sein même de l’armée), le choix de leur laisser le commandement de la base n’est guère étonnant. Sagamor, quant à lui, a été désigné comme quatrième membre par défaut… Ou presque. Car il est certain que ses blagues de mauvais goût n’auraient guère l’effet escompté auprès des autochtones.

                      Le groupe s’aventurant donc en terre inconnue est constitué de Barristan, le chef de troupe, ainsi que de son écuyer Korax, du Zabrak Hunbaut, tout naturellement désigné guide de l’expédition puisque natif de Dathomir et de Keu, épéiste aux compétences martiales incontestables. Loha et Gahéris, également adjointes au groupe, ont été désignées principalement du fait de leur sexe. Les clans de Dathomir étant régi par une société matriarcale, il sera plus aisé pour les chevaliers impériaux de parlementer avec les locaux si leurs sœurs d’armes sont présentes à leurs côtés. Rena-Ja, elle aussi choisie pour participer à l’expédition, l’est parce qu’en tant que représentante du peuple Voss, il demeure essentiel pour elle d’en apprendre plus sur les missions de maintien de la paix de l’Impérium.

                      Tout le monde semble accepter son affectation, sauf peut-être Sagamor qui, feignant d’être vexé, ne peut s’empêcher de se faire remarquer.


                      - Mon génie semble incompris… Il suffirait d’une blague ou deux pour détendre l’atmosphère et réchauffer le cœur de ces demoiselles. Commente t-il un brin rêveur, couché sur son lit de camp. Nous pourrions alors envisager un nouvel empire… L’empire de l’amour !

                      Le chevalier impérial s’imagine probablement déjà dans les bras d’une de ces jolies indigènes qu’il a pris l’habitude de combattre. Plusieurs sourires se dessinent sur les visages de ses frères et sœurs d’armes, puis l’on en vient à blaguer sur les fantasmes cocasses de Sagamor.

                      - Nous partirons demain après le repas de midi. Cela nous laissera le temps de préparer nos paquetages et de peaufiner les détails. Poursuit Barristan, s’efforçant de ne pas rire. Keu, je te laisse la charge de poursuivre l’entraînement de la jeune Rena-Ja en compagnie de mon écuyer. Il faut qu’elle soit prête pour le combat si jamais nous venions à rencontrer quelques difficultés.

                      - Tu peux compter sur moi, commandant !

                      - Vous ne voyez aucun inconvénient à ce que je me joigne à vous demain matin ? Vient alors demander Y’vain. J’aimerai bien observer de mes propres yeux les progrès de notre petite protégée… Et puis si je peux échanger quelques passes d’armes avec l’écuyer du grand Barristan, je ne m’en priverai pas !

                      - Non… Aucun inconvénient ! Permission accordée soldat ! Répond Keu sur un ton blagueur, après avoir reçu un hochement de tête approbateur de la part de son supérieur.

                      L’affaire étant réglée, Rena-Ja est ensuite invitée à partager un repas avec l’ensemble des chevaliers impériaux. Les anciens racontent leurs récits de guerre aux nouveaux arrivants, avant que ces derniers ne dévoilent à leur tour leurs croustillantes aventures. Puis finalement, chacun rejoint sa couche afin de dormir quelques heures…


                      Spoiler : Spoiler
                      Je vous laisse le soin de mettre en scène l'entraînement du matin en compagnie de Keu et Y'vain. Libre à vous de les faire agir ou parler, vous avez carte blanche là-dessus. Je reste à votre disposition si jamais vous avez besoin de moi ;)

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                        Post n°11
                        Auteur : Rena-Ja

                        Lorsque la lame argentée s'arrêta au-dessus de sa gorge, Rena-Ja mit quelques secondes avant de réaliser qu'ils venaient d'être vaincus. Malgré tous leurs efforts, ils n'avaient pu vaincre Keu. Pire encore, alors que son rôle était de protéger son partenaire, c'était à cause d'elle qu'ils avaient échoué. C'était normal, après tout. Elle n'avait aucune expérience du combat, et Korax, aussi fort soit-il, n'était qu'écuyer. Face à un chevalier impérial aguerri, leurs chances étaient maigres dès le départ. Si on prenait tout cela en compte, pour quelqu'un qui n'avait jamais tenu une arme de sa vie avant cela, elle semblait tout de même s'être débrouillée correctement. Du moins, sa performance semblait suffisante pour leur instructeur.

                        Keu lui tendit alors la main. Rena-Ja hésita une seconde, avant de la saisir. Puisqu'elle était désormais impériale, elle devait accepter leurs codes. Le natif d'Eriadu l'aida à se relever et vérifia si elle n'avait aucune blessure trop grave. Constatant qu'elle allait bien, le chevalier les emmena, elle et l'écuyer, jusqu'à la tente qui leur était réservée. L'idée de passer ses nuits avec tant d'étrangers ne ravissait pas la jeune femme, mais elle prit sur elle pour le bien de sa mission. Elle finirait probablement par s'y habituer. Ou pas.

                        Alors que Keu terminait de présenter les lieux, plusieurs de leurs confrères entrèrent l'un après l'autre. Parmi eux, le maître d'armes Barristan, qui s'approcha d'eux pour connaître les résultats de leur session d'entraînement. Après avoir promis aux deux jeunes gens de leur apprendre quelques techniques pour faire face à leur instructeur, la discussion bascula vite sur la suite des opérations. Barristan exposa aux chevaliers présents leur mission à venir : pendant qu'une partie d'entre eux resterait à la base, le reste partirait à la rencontre des fameuses sorcières manieuses de Force, les Sœurs de la Nuit. Et Rena-Ja allait faire partie de cette délégation.

                        Cela tombait à pic. Il s'agissait là d'une opportunité de voir comment l'Imperium traitait ses alliés. S'il s'avérait que les seuls bénéfices d'une alliance impériale était le mépris, la menace ou bien la violence, alors aucune relation de confiance ne pourrait jamais s'établir avec Voss. Elle observerait donc minutieusement chaque geste, écouterait chaque mot adressé à ces sorcières.

                        Mais pour l'heure, il y avait d'autres priorités.

                        Tous les membres de la Chevalerie impériale s'étaient en effet réunis pour le repas du soir, en profitant pour conter leurs aventures. Chacun y allait de sa petite histoire, que l'aspirante écoutait sans en penser grand-chose. Elle préférait se concentrer sur son repas. Après l'épuisante journée qu'elle venait de vivre, il lui fallait reprendre des forces afin d'être prête pour demain.

                        Et puis, d'un coup, l'attention se porta vers elle.

                        Les chevaliers de l'Escadron Gris - en particulier Sagamor - souhaitaient visiblement en savoir plus sur la toute nouvelle recrue de la Chevalerie. La Voss hésita un instant à répondre.

                        Elle ne ressentait rien pour les impériaux. Simplement de l'indifférence. Même s'ils étaient ses frères et sœurs d'armes pour le moment, et même si sa mission lui imposait d'apprendre d'eux, ils restaient des étrangers. Au fond, ils n'étaient guêre plus que de simples sujets d'étude. Une fois sa mission achevée, elle se séparerait d'eux sans une once de remord, et retournerait sur Voss. Il n'y avait aucun intérêt à créer des liens.

                        Toutefois, ça ne voulait pas dire qu'elle devait complètement se fermer à eux. Cela compliquerait sa mission plus qu'autre chose, retardant donc son départ. Et puis, Y'vain et les autres chevaliers venus en renfort étaient déjà au courant, elle pouvait bien le dire à leurs confrères. Il ne s'agissait nullement d'un secret, de toute manière.

                        Alors, posant ses couverts, elle commença à raconter les raisons de sa présence dans leurs rangs.
                         
                        "Mon peuple, les Voss, s'est vu proposer une alliance avec l'Imperium. Pour s'assurer que cette alliance nous soit bénéfique, j'ai pour ordre de vivre à vos côtés pour en apprendre le plus possible sur vous et déterminer si vous êtes dignes de confiance."

                        Cette description était suffisante pour expliquer sa venue, mais Rena-Ja n'avait pas terminé.

                        "Je ne suis pas une diplomate, mais j'ai été choisie par une vision que les miens ont perçue à travers la Force. Si un autre avait été envoyé, cela aurait indubitablement été un échec. C'est à moi que revient cette tâche, pour le bien de mon peuple."

                        Elle savait très bien ce que dire cela à des Chevaliers impériaux impliquait. Aucun d'entre eux n'avait quelque considération que ce soit pour la Force. Pour autant, il ne s'agissait pas d'une provocation ou quoi que ce soit du genre.

                        "Je suis donc ici pour remplir cette mission, et rien de plus."

                        Elle cherchait avant tout à poser des barrières entre elle et les impériaux. Leur faire comprendre qu'elle ne serait jamais complètement l'une des leurs du fait de leurs points de vue différents, et que cette situation n'était que temporaire. Qu'ils comprennent qu'il était inutile de se rapprocher d'elle plus que nécessaire.

                        Finalement, vers la fin du repas, Rena-Ja se leva avant les autres, ayant terminé de manger.

                        "Veuillez m'excuser, j'ai besoin de repos."

                        Sans un mot de plus, elle se leva et alla jusqu'à sa couche, ôta sa cuirasse et ses bottes, avant de s'allonger. Un peu plus tard, les autres chevaliers rejoignirent à leur tout leurs couches respectives, et après un petit moment, presque tous dormaient à poing fermés.

                        Un profond mal-être, cependant, la prenait soudainement aux tripes.

                        Pour la première fois de sa vie, elle dormait sur une autre planète que celle qui l'avait vue naître. Son monde se trouvait désormais terriblement loin d'elle. Cela paraissait être un simple mauvais rêve, mais à chaque fois qu'elle rouvrait les yeux, elle se retrouvait là, seule sur ce monde étrange, seule et entourée d'inconnus. Une légère nausée lui monta à la gorge. C'était étouffant.

                        Et malgré tout, il faudrait qu'elle tienne. Aussi longtemps que nécessaire. Et elle le ferait. La vision l'assurait. Les visions n'ont jamais tort. Les visions sont absolues. Elle se martela ces mots encore et encore, jusqu'à ce que son mal-être se taise assez pour lui permettre de trouver le sommeil.



                        Le lendemain matin, tout le monde dut se lever à la première heure. Même si elle avait difficilement trouvé le sommeil, Rena-Ja avait dormi assez longtemps pour retrouver de l'énergie.

                        Une fois préparés, elle, Korax, Keu et Y'vain se dirigèrent vers le terrain d'entraînement, comme il avait été convenu la veille. Le colosse avait tenu à ce joindre à cette session, tant pour observer les progrès de la Voss que pour pouvoir s'entraîner avec l'apprenti de Barristan.

                        Cette fois-ci, il ne s'agissait plus d'un duel mais de divers exercices visant à apprendre à l'humanoïde des techniques de combat de base, que ce soit seule ou en duo. Rena-ja et Korax se battaient tantôt l'un contre l'autre, tantôt contre l'un de leurs instructeurs, tantôt ensemble face aux deux chevaliers. Y'vain prouva d'ailleurs être un adversaire tout aussi redoutable que son frère d'armes. Sa taille et sa force seules étaient un obstacle considérable, et associées à sa technique, elles semblaient rendre le Boroskais presque imbattable pour une simple novice.

                        Évidemment, la jeune femme fut repoussée de nombreuses fois au cours des exercices, et dut corriger beaucoup d'erreurs de position ou de mouvement. Toutefois, ses progrès se dévoilèrent peu à peu à mesure que la matinée avançait. Son équilibre tout comme son temps de réaction semblaient légèrement mieux maîtrisés. La différence avec la journée précédente commençait à se sentir.

                        Cette amélioration était peut-être due au fait que la Voss s'impliquait intensément dans son entraînement. C'était le seul moment où elle pouvait faire abstraction de presque tout, excepté sa foi. Tout ce qui importait, c'était qu'elle progresse, qu'elle parfasse sa technique encore balbutiante. D'une certaine manière, se battre lui permettait de se détendre, de faire le vide. Sa promesse de devenir une grande guerrière était devenue une source de motivation.

                        Et aussi... peut-être bien... qu'elle commençait à prendre goût au combat.

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                          Auteur : Korax Endatoménès

                          Après avoir vu sa défense percée, l'adversaire de Korax reprit l'initiative, il envoya l'écuyer dans un tas de caisses avant d'écraser la voss sous les coups. Le gaucher ne réagit pas assez vite et vit la jeune femme être vaincue par leur instructeur.

                          Les trois combattants rentrèrent ensuite à leur tente où les chevaliers prenaient leur repas. L'écuyer ne cracherait pas sur un peu plus de nourriture, surtout après un entraînement aussi physique. Il posa son casque à côté de son lit de camp, mit ses lunettes et rejoint ses camarades attablés.

                          Son maître leur exposa les plans du lendemain. Entraînement puis diplomatie, beau programme ! Le souvenir des dernières négociations le fit grimacer. Il espérait que cette fois, leurs ennemis auraient au moins la décence de ne pas les attaquer à ce moment là. Malheureusement, les utilisateurs du côté obscur étaient tout sauf subtils et diplomates. Il fallait s'attendre à une embuscade... ou deux.

                          Les frères d'armes racontèrent ensuite leurs aventures les plus improbables. Korax n'y coupa pas il commença par raconter la désastreuse mission de sauvetage des éclaireurs et sa rencontre fortuite avec un représentant de la faune locale.


                          -Au début de la campagne, j'ai été envoyé pour enquêter sur la disparition de nos éclaireurs. Et j'ai fait tout un tas de rencontres agréables: un monstre enragé d'environ trois mètres de haut puis trois autochtones armées jusqu'aux dents. Je ne vous cache pas que les négociations furent courtes. On y a perdu une dizaine d'hommes. C'était un bon vieux piège.

                          Il leur raconta ensuite la première tentative de diplomatie impériale puis le siège de la base.

                          -La dernière tentative de pourparlers avec les clans locaux ne s'est pas non plus passée comme prévu. On y était allés en force et on s'était retranchés dans un camp rapidement monté. Les locaux nous ont envoyé une vague de cadavres réanimés. Ils ont comblé nos fossés avec des corps et nous en envoyaient encore. On avait pas assez de munitions pour tout nettoyer et on a du se replier. De retour à la base, on a eu la mauvaise surprise de la voir sous les assauts de nos ennemis. J'ai pris le contrôle d'une partie du front et nous les avons repoussés puis à un moment, je me suis retrouvé face à un de leurs chefs, la mère E-quelque chose. Et j'ai passé un sale quart d'heure. Le combat s'est terminé par une bonne vieille frappe d'artillerie qui a vraisemblablement eu raison de la vieille peau.

                          Après le repas, le natif de Yaga Minor fit sa toilette et s'effondra sur son lit de camp.



                          Il fut tiré du sommeil par l'activité matinale des ses frères d'armes et surtout les pitreries de Sagamor qui avait réveillé Tristen en versant de l'eau sur ses pieds, qui dépassaient du lit. Le conflit qui suivit apporta une bonne dose de bonne humeur aux chevaliers, excepté Tristen qui pestait contre son camarade. Ils prirent un rapide petit-déjeuner et se séparèrent.

                          Yvain était un colosse, et l'entraînement contre lui demanderait d'autres qualités que contre l'agile Keu et la petite Rena-Ja. En effet, compter sur des coups appuyés ou abuser de sa grande taille serait inefficace contre lui. L'écuyer réfléchit à un avantage qu'il pourrait utiliser. Il n'était pas très agile mais sa vitesse devrait lui donner une chance. Keu faisait varier les équipes ou les rapports de force pour forcer les deux apprentis à s'adapter à leurs adversaires, leurs alliés et au contexte.

                          Korax essayait de faire usage de la Force dans l'entraînement mais avait encore un peu de mal à se concentrer sur deux choses en même temps.

                          Alors que sa camarade semblait tout donner, lui économisait des forces. En effet, ses expériences dans l'épaisse forêt dathomirienne lui avaient appris à être prêt à tout, et surtout au pire...

                          Les chevaliers firent comprendre à leurs élèves que la majorité des duels ne duraient qu'une poignée de secondes et que les seules personnes capables d'endurer un long combat étaient à la fois rares et extrêmement dangereuses.

                          La matinée passa rapidement et on se rapprochait du depart de la mission. Les quatre combattants avalèrent un peu de nourriture et se préparèrent pour leur mission de l'après-midi. Korax pris quelques provisions dans son paquetage et remplaça le cristal jaune d'entraînement par le gris, symbole de son escadron. Il rejoint ensuite son maître.

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                            Auteur : Hivernus

                            Y’vain et Keu s’entraînèrent toute la matinée aux côtés de leurs protégés. Pour le colosse Boroskais, ce fut notamment l’occasion d’évaluer les progrès de la Voss tout en mesurant les talents de l’apprenti de Barristan. Il ne fait aucun doute pour l’ancien soldat devenu chevalier impérial que l’avenir de la Chevalerie a de beaux jours devant lui. Korax démontre de nombreuses aptitudes au combat qui feront de lui un redoutable bretteur dans les années à venir. Rena-Ja, quant à elle, ne recule jamais devant un défi et ce en dépit de sa frêle apparence. Y’vain est certain qu’une telle ténacité lui assurera quelques belles victoires à l’avenir.

                            Les exercices s’enchaînent ainsi durant toute la matinée et la jeune apprentie originaire de Voss commence doucement à s’habituer au rythme effréné des passes d’armes. Lorsque l’heure de la pause est enfin annoncée, les quatre bretteurs accueillent ce moment de répit comme il se doit. Rejoignant leurs camarades, qui ont notamment passé leur temps libre à préparer leur expédition, les chevaliers et leurs élèves se restaurent brièvement. Barristan annonce les dernières nouvelles du jour. Après avoir été retardée de plusieurs jours par divers évènements imprévus, l’arrivée d’un régiment entier de fantassins semble confirmée par le haut-commandement. Les chevaliers impériaux se réjouissent volontiers de cette nouvelle, laissant ainsi le camp entre de bonnes mains durant leur absence. Le renfort de plusieurs milliers de soldats impériaux devrait, en toute logique, inciter les indigènes à la prudence. Toute attaque contre les forces de l’Impérium verrait les pertes s’accumuler dans les deux camps… Et provoquerait à long terme l’anéantissement total de la population Dathomirienne.

                            Mais il se peut aussi que la présence de ces troupes à venir ne fasse qu’exacerber les tensions entre impériaux et indigènes. La nécessité de mener une mission diplomatique auprès des clans de sorcières s’avère d’autant plus indiquée si l’on veut éviter des morts inutiles. Si l’Impérium est assuré d’avoir la victoire du fait de ses innombrables réserves matérielles et humaines, ce serait toutefois au prix de pertes significatives. Après tout, la puissante magie des indigènes a mis à mal le corps expéditionnaire, causant des ravages dans ses rangs… Et pour le commandant Barristan, il demeure certain que l’étendu des pouvoirs mystérieux de ces clans de sorcières n’a pas encore été entièrement exploré. Qui sait quels sorts mortels, quels dangereux secrets, ces étranges créatures gardent en réserve ?

                            Pour le maître d’armes, obtenir la paix avec les matriarches de Dathomir, c’est éviter les effusions de sang inutiles. Il n’y a donc pas de temps à perdre. Chaque minute qui passe est une minute durant laquelle de potentielles machinations peuvent se mettre en place.

                            Une fois la troupe restaurée et les paquetages sur le dos, le vieux chevalier impérial confie le commandement à ses acolytes. Après un bref échange d’adieux fraternels, les hommes se séparent naturellement, les uns restant au camp, les autres s’aventurant doucement mais sûrement dans les terres dévastées qui entourent la base. Les chevaliers impériaux s’éloignent peu à peu des positions fortifiées de Base Rancor, se dérobant progressivement à la vue des stormtroopers postés en sentinelles autour du camp retranché.

                            Le groupe mené par Barristan et Hunbaut s’enfonce dans une zone sinistre, ravagée par les affres de la guerre. Des dizaines de corps en putréfaction gisent dans la boue et la cendre. Abandonnées à leur triste sort, les dépouilles inanimées et déchiquetées des sorcières côtoient les cadavres imposants de leurs araignées de compagnie. Divers charognards, allant du rongeur au rapace, se battent déjà pour les restes. Une odeur infâme se dégage de l’endroit, véritable mélange de pourriture et de fumée âcre, si bien qu’il devient nécessaire de se couvrir les yeux et la bouche pour ne pas vomir ou pleurer. Et que dire du sol brûlant sur lequel les chevaliers impériaux s’aventurent ? La dévastation est telle qu’il devient impossible d’imaginer que ce champ de bataille était encore il y a peu une vaste zone boisée et verdoyante, grouillante de vie. Mort et destruction sont désormais synonymes de cet endroit et les quelques arbres encore debout, ceux qui n’ont pas été fauchés par l’artillerie ou réduits en cendre par les bombardements, n’ont plus rien de leur splendeur d’antan. Leurs silhouettes calcinées, torturées, inspirent à présent l'anxiété et le désespoir. En ces terres désolées, cauchemardesques, quelques rares soldats volontaires se chargent pourtant de rechercher d’éventuels survivants et de sécuriser les corps de camarades impériaux oubliés sur place lors des combats.

                            Suivant d’un regard inquiet la petite troupe qui s’apprête à s’aventurer dans la profondeur des bois sinistres de Dathomir, les stormtroopers se demandent silencieusement s’ils reverront un jour ces preux chevaliers… Ou s’ils foncent droit vers une mort certaine. Le temps passe, les kilomètres défilent et la vie semble de plus en plus fuyante. Il n’y a plus la moindre présence de militaires impériaux, ni celle, plus naturelle, de charognards attirés par l’odeur pestilentielle des corps qui se décomposent. C’est comme si la nature elle-même refusait de reprendre le cours de sa vie.

                            Lorsque Barristan arrête son groupe à l’orée de la gigantesque forêt qui se présente devant eux, l’endroit est étrangement silencieux. Toute vie semble avoir quitté cet espace verdoyant, épargné par les conflits, pour se dissimuler au plus profond des bois. Cela ne plaît guère au vieux maître d’armes, qui s’inquiète silencieusement. Quelles créatures monstrueuses se dérobent à leur vue, prêts à fondre sur eux ? Et il n’est visiblement pas le seul à se préoccuper de cette absence de vie. Hunbaut, le Zabrak de la troupe, passe une main sur son visage perplexe, guettant du coin de l'œil une quelconque réaction, le moindre frémissement, au milieu de la dense végétation.


                            - Tu vois quelque chose, Hunbaut ? Demande alors le chef de la petite bande, intrigué.

                            - Non. C’est bien ça le problème… C’est calme. Trop calme. Répond le chevalier impérial, le regard rivé sur la forêt.

                            - Oui enfin vu les tonnes de munitions qu’on a balancé il y a peu dans le coin, cela ne m’étonne pas que les habitants du coin aient décidé de plier bagage. Fait remarquer Keu, cynique.

                            - Cela fait des jours que nous n’avons rien canardé à vue. Selon toute logique, la vie aurait dû reprendre son cours ici. Indique le commandant du corps expéditionnaire, dubitatif. Non… Il y a quelque chose d’autre… Je le sens. Il y a… Comme une présence au-dessus de nous. Quelque chose de malfaisant… Qui nous observe mais prend bien soin de nous éviter.

                            Certains chevaliers impériaux tentent de sonder les environs à l’aide de la Force, sans rien trouver. D’autres se fient plutôt à leur acuité visuelle, cherchant du regard quelque chose (n’importe quoi en fait) qui pourrait aller dans le sens du vieux maître d’armes. Dathomir est un puissant nexus de la Force et les perturbations qui y sont liées sont légions. Il est difficile de voir au travers de ce manteau d’ombre mystérieux et nombreux sont les membres de la Chevalerie Impériale qui ne parviennent pas à franchir cette barrière invisible. Les rituels obscurs pratiqués depuis des générations par différents clans sinistres laissent une marque indélébile dans l’atmosphère qui embrume l’esprit des impériaux. Mais Barristan n’est pas n’importe quel chevalier. Il est de loin l’un des plus expérimentés et figure également parmi les plus puissants. S’il prétend sentir quelque chose de spécifique, c’est que la chose est à prendre au sérieux.

                            - Restez sur vos gardes. Nous ne savons pas à quoi nous attendre. Poursuit le maître de Korax.

                            Il n’a pas le temps de donner ses instructions. Un bruissement l’interrompt brusquement. Le vieil homme s’empare instinctivement de son sabre laser, dont la lame argentée jaillit soudainement. Autour de lui, ses camarades en font autant. En moins de dix secondes, les voilà prêts à combattre tout ce qui pourrait surgir des bois. Quatre silhouettes gracieuses mais athlétiques s’extirpent doucement de la luxuriante végétation, blaster ou lance en main. Revêtues d’armures de cuir qu’elles portent au dessus de tuniques confectionnées à partir de peaux de reptiles colorées, la tête coiffée de casques ornés de plumes et de petits ossements, la peau couverte de tatouages tribaux ou de peintures de guerre, les femmes qui se présentent aux chevaliers impériaux sont vraisemblablement des guerrières. Reconnaissant là les redoutables combattantes du clan de la Rivière Folle, Barristan désactive son arme, qu’il range à sa ceinture, et demande à ses camarades d’en faire autant.

                            - Nous vous attendions, Wilhelm Barristan du clan de la Chevalerie Impériale. Notre mère a prédit votre venue et nous a envoyé pour vous escorter jusqu’à notre village. Déclare la plus imposante des indigènes, un blaster en main, une hache glissée au ceinturon.

                            Le vieux chevalier ne s’étonne pas de cette nouvelle. Une sorte de connexion qu’il n’arrive pas à expliquer s’est établi entre lui et la matriarche du clan de la Rivière Folle. Est-il sous le coup d’un charme ou est-ce là la manifestation de sa destinée au travers de la Force ? Impossible de le dire… Mais il compte bien en apprendre plus sur Dathomir et ses mystères.

                            Ayant combattu aux côtés de Thenel Ko et des siennes contre les hordes de morts-vivants de la mère Esmsyl, Barristan n’a aucune raison de douter de la sincérité de la messagère. S’il n’est guère méfiant, ce n’est pas le cas de ses camarades. Autour de lui, ses frères d’armes ne sont pas aussi sereins. Nombreux sont ceux qui ont passé ces derniers jours à affronter les autochtones. Ils n’accordent pas à ces femmes guerrières la même confiance qu’ils pourraient offrir à leurs concitoyens impériaux. Une partie de leur subconscient refuse probablement de croire qu’il puisse y avoir, sur Dathomir, des clans plus cordiaux que ceux qu’ils ont pu combattre jusque-là.


                            - Venez. Il n’est guère prudent de s’attarder ici. Des choses pourraient nous surprendre… Ou pire. Rajoute la guerrière, surveillant les environs avec précaution.

                            - Cette présence malveillante… Vous la sentez vous aussi ? Demande alors le commandant, intrigué.

                            - Hmm… Non. Je ne ressens rien de tel. Votre perception doit être exceptionnelle. Répond l’indigène, le regard rivé vers l’horizon. Mais je maintiens ce que je dis. Nous devons partir au plus vite. Le ciel s’assombrit, le vent se lève et l’air s’électrifie. Une tempête approche et il serait plus avisé de nous mettre en marche rapidement.

                            - Je ne suis pas un expert en la matière mais il me semble que se planquer dans la forêt par temps d’orage n’est pas la meilleure des idées… Souffle Keu à ses camarades, perplexe. Avec la chance qu’on a, un arbre va nous tomber dessus après avoir été frappé par la foudre.

                            - Keu, tu ferais mieux de la fermer avant de nous porter la poisse avec tes commentaires pessimistes. Réplique Gahéris discrètement, ce qui ne manque pas de faire sourire les autres.

                            Leur confiant volontiers sa vie, Barristan est le premier à rejoindre les femmes guerrières. Ce geste amorce un mouvement général au sein des chevaliers impériaux, qui se fient au jugement de leur supérieur et marchent dans ses pas. Formant une file, autochtones et soldats étrangers serpentent le long d’un sentier sinueux. Keu se retient de justesse à un arbre après avoir buté contre une racine et se griffe le visage en percutant l’écorce épaisse du tronc, ce qui ne manque pas de faire rire ses frères et sœurs d’armes. Assister à la déchéance déshonorante du grand épéiste impérial, défait non pas par un adversaire de taille mais bien par la nature impitoyable d’une planète reculée, est assurément un spectacle qui vaut le détour. Gahéris, qui n’est pas avare en moqueries, glisse dans une pente boueuse et atterrit lourdement sur le derrière. Salie de la tête aux pieds, la fière rouquine a désormais une apparence des plus grossières. Même les indigènes ne peuvent s’empêcher de sourire.

                            - Vous savez ce qu’on dit… Quand on cherche les ennuis, on les trouve. Il faut savoir rester humble en toute circonstance. Déclare Loha, amusée par la situation. Rena-Ja, reste bien près de moi et il ne t’arrivera rien de la sorte.

                            Après ce petit épisode de franche rigolade, le groupe se remet à nouveau en marche. Les autochtones semblent nerveuses, inquiètes, et il ne semble guère prudent de ralentir la cadence. Dans le lointain, des roulements de tonnerre se font entendre. Le grondement sourd du ciel en colère rappelle aux chevaliers impériaux qu’ils ne sont pas en terre amicale. Après plusieurs heures à marcher au beau milieu des bois, la petite troupe est finalement rattrapée par l’orage. D’importantes trombes d’eau se mettent à tomber et de nombreux coups de tonnerre impressionnants menacent à tout instant les soldats et leurs guides. Le vent souffle en bourrasque dans la cime des arbres et si l’épaisse végétation de la forêt protège en partie le groupe des intempéries, il paraît plus sage de trouver un abri au plus vite.

                            Après des minutes de pure calvaire, les guerrières du clan de la Rivière Folle conduisent leurs invités au sein d’une grotte assez grande pour accueillir toute la troupe. La cavité en question n’est pas un simple abri de fortune. Il s’agit en fait d’un refuge aménagé par les autochtones, un endroit où les sorcières du clan viennent se reposer ou se protéger des intempéries lorsqu’elles quittent la sécurité de leur village pour aller chasser dans les bois.

                            Gahéris, trempée de la tête aux pieds après sa petite chute dans la fange, est la première à se coucher sur l’une des nombreuses peaux de bête étalées au sol. Se débarrassant d’une partie de ses vêtements trempés, qu’elle cherche à faire sécher, la jeune femme s’enroule dans une grande couverture confectionnée à partir des fourrures de sangliers locaux. Plusieurs indigènes s’affairent déjà à allumer un feu et préparer de quoi manger tandis que les chevaliers impériaux prennent leurs aises. Barristan, observant distraitement la tempête qui se déchaîne depuis l’entrée de la grotte, converse à voix basse avec l’aînée des guerrières. Après avoir obtenu de la sorcière toutes les informations dont il a besoin, le commandant rassemble autour de lui ses camarades afin de les renseigner sur leur situation actuelle.


                            - Il apparaît que nous sommes coincés ici pour les deux ou trois prochaines heures. Nous reprendrons notre expédition lorsque la tempête sera passée. Notre guide nous assure qu’il nous faudra bien une demie journée de marche pour atteindre leur village… Je vous conseille donc de profiter de cet instant de répit pour vous restaurer et vous reposer comme il se doit. Indique le vieux chevalier. Korax, Rena-Ja, je pense que le moment est idéal pour poursuivre votre initiation. Il vous reste encore beaucoup de choses à apprendre, à maîtriser. Venez.

                            S’isolant dans un coin tranquille de la grotte, le maître d’armes invite les deux jeunes apprentis à s’installer en face de lui. Se reposant sur ses genoux afin de prendre une pose méditative, Barristan inspire profondément.

                            - Fermez les yeux. Prenez une longue inspiration. Puis évacuez doucement l’air de vos poumons. Faites le vide dans votre esprit. Répétez l’exercice trois fois… Puis concentrez-vous sur vos ressentis. Prenez conscience de ce qui vous entoure, de votre corps qui se contracte, puis se relâche… Du feu qui crépite doucement, du vent qui souffle… Faites appel à vos sens. Conseille le commandant d’une voix qui se veut sereine. Laissez la Force vous guider. Servez-vous en pour voir, écouter et sentir des choses qui jusque-là paraissent insignifiantes ou imperceptibles. Laissez vos sens explorer les méandres de la Force… Et lorsque vous serez prêts, énoncez-moi clairement ce que vous voyez, ce que vous ressentez.

                            L’exercice est intéressant à maîtriser, surtout pour de jeunes individus appréhendant tout juste leur affinité avec la Force. Pour de vieux guerriers tels que le vénérable Barristan, cette activité est d’une simplicité enfantine mais n’en demeure pas moins toujours aussi passionnante à travailler. Ayant projeté ses sens dans la Force, le maître d’armes explore les environs de la grotte par la simple volonté de son esprit. Faisant fi des battements de cœur réguliers des différents êtres vivants qu’il trouve sur sa route, ignorant volontiers les nombreuses sources de chaleur et les sons incommodants, notre homme finit par trouver un indice sur ce qu’il cherche… Un écho dans la Force.

                            Ce qu’il ressent l’inquiète au plus haut point. Une présence froide et obscure… Une entité malveillante, sournoise… Presque imperceptible… Qui finit par se dérober après avoir effleuré l’esprit du chevalier impérial. Un frisson intense vient le parcourir de haut en bas.

                            Dressant une barrière mentale autour de lui pour se protéger d’un potentiel danger, le commandant revient finalement à la réalité. Prenant une profonde inspiration, caressant machinalement sa barbe hirsute, Barristan s’interroge. Il pressent au plus profond de ses entrailles que cette menace qu’il ne parvient à sentir qu’au travers de la Force est bien réelle. Son instinct le force par ailleurs à croire que cette tempête qu’ils traversent actuellement n’a rien de naturel, qu’elle est le fruit d’un rituel sinistre. Se peut-il que des Soeurs de la Nuit cherchent à les entraver, à les empêcher de rejoindre le clan de la Rivière Folle ? Ou est-ce là le fruit d’un clan de sorcières qui refuse de voir l’Impérium répandre son influence sur Dathomir ?

                            Le maître d’armes ne sait pas quoi penser et s’il est troublé, il n’en demeure pas moins interdit. Ayant un parfait contrôle de ses émotions, le vieux chevalier ne laisse rien transparaître. Une part de lui se rassure. Il trouvera probablement ses réponses auprès de Thenel Ko et des siennes…

                            Mais pour l’heure, le commandant se concentre sur ce qui l’entoure. Korax et Rena-Ja semblent visiblement investis dans l’exercice et il est de son devoir de les protéger d’un potentiel danger.

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                              Auteur : Rena-Ja

                              Rena-Ja fut presque déçue que l'entraînement se termine. Même si elle était éreintée après plusieurs heures de passes d'armes, l'aspirante se sentait capable de continuer encore un moment. Elle souhaitait continuer à progresser, mais il lui fallait se ménager pour rester en bonne santé. Après une courte pause, les chevaliers se mirent à se préparer avant leur départ. Le Grand Maître Barristan profita de ce temps pour leur annoncer que des renforts seraient bientôt déployés sur place. Rena-Ja ne saisissait pas encore tout à fait les tenants et aboutissants de cette opération, mais elle semblait assez importante pour que de tels moyens soient déployés. Finalement, ce fut l'heure du départ.

                              Rapidement, la cohorte de chevaliers impériaux se retrouva dans un no man's land où gisaient d'innombrables cadavres en train de pourrir où d'être dévorés par la faune locale. L'odeur infecte qui s'en dégageait la força à se protéger le visage le temps de la traversée. Qui est plus, la vue atroce qui s'offrait à la jeune Voss n'était pas des plus rassurantes. Il ne faisait aucun doute que la mort rôdait partout sur cette planète. Mais la foi de l'aspirante l'empêchait de craindre de connaître une telle mort. Quoi qu'il advienne, elle ne finirait pas comme eux.

                              Alors qu'ils approchaient d'une forêt, le Grand Maître stoppa les autres. Les Chevaliers semblaient guetter quelque chose. Rena-Ja avait du mal à sentir quoi que ce soit, sinon l'atmosphère oppressante qu'elle percevait depuis son arrivée. Tout à coup, un bruit se fit entendre, et tous dégainèrent leurs armes. La jeune Voss fit de même avec sa vibrolame. Plusieurs femmes en accoutrement tribaux et armées jusqu'aux dents sortirent de la forêt. Elles se présentèrent comme l'escorte des Chevaliers. C'était donc elles, les Sœurs de la Nuit... L'une d'elles recommanda de se hâter de partir, du fait des dangers potentiels. Les commentaires de ses confrères sur le sujet n'inquiètaient pas l'aspirante. Elle ne croyait pas à la chance ou à la malchance. Tant que la vision était de son côté, elle sentait que rien ne pourrait la faire trembler.

                              Suivant le mouvement engagé par Barristan, Rena-Ja suivit les autres dans la forêt. En chemin, la jeune femme assiste à un spectacle inattendu: le pied de son instructeur Keu se prit dans une racine et celui-ci manqua de peu de percuter un tronc, se rattrapant au dernier moment et écopant tout de même d'une blessure au visage. Quelques instants plus tard, ce fut au tour de la chevaleresse Gahéris de chuter dans une flaque de boue. Si la Voss respectait leur force, les chevaliers impériaux semblaient parfois manquer d'équilibre en-dehors du combat... Pour éviter de finir comme eux, elle suivit le conseil de Loha et resta au plus près de sa garante. Cependant, personne, pas même l'humanoïde elle-même, ne sembla remarquer l'infime sourire amusé qui apparut sur ses lèvres l'espace d'une seconde.

                              Cependant, l'amusement fut de courte durée. Au bout de plusieurs heures de marche, la tempête qui avait commencé à se faire sentir à leur entrée dans la forêt était désormais au-dessus d'eux. Des trombes d'eux se déversèrent sur le groupe pendant de longues minutes, jusqu'à ce que les Sœurs de la Nuit les mènent à une large grotte où s'abriter. Fatiguée et trempée, Rena-Ja ôta plusieurs de ses vêtements gorgés d'eau. Toutefois, l'heure n'était pas encore au repos pour la jeune aspirante.

                              La tempête les empêchait de repartir avant quelques heures. Aussi, le Grand Maître Barristan profita de l'occasion. Il appela son apprenti et l'aspirante afin de les entraîner à la méditation. Rena-Ja se retrouva donc face à lui aux côtés de Korax, tous les trois à genoux. Les deux jeune gens devaient user de la Force pour ressentir ce qui les entourait.

                              L'exercice était ardu pour la Voss. Non seulement parce qu'elle n'était qu'une débutante, mais aussi car elle devait encore apprendre à appréhender la Force d'une manière différente de celle qui lui fut inculquée. Elle devait tout désapprendre, tout oublier, repartir de zéro, comme si elle était de nouveau une enfant découvrant ses capacités pour la toute première fois. Respirant doucement, elle se concentra. Elle avait déjà réussi à user de la Force de cette manière pendant ses tous premiers exercices d'initiation à la Chevalerie Impériale sur Voss. C'était bref, mais elle en était capable. Il lui suffisait de recommencer.

                              Après un moment à ne rien ressentir à part sa propre respiration, l'aspirante commença à percevoir quelque chose. C'était infime, comme si elle ne pouvait qu'effleurer quelque chose du doigt. Mais petit à petit, cela devint plus clair. Lorsque ce fut assez net, elle tenta d'y mettre des mots.

                              "... Les déplacements des autres chevaliers et des autochtones... Leur souffle... L'écho de la pluie et de l'orage dans la grotte... Le vent qui s'y immisce..."

                              La Voss fronça légèrement les sourcils. Cette sensation, c'était bel et bien la même que sur Voss. Elle parvenait à sentir la vie autour d'elle. Une fois qu'elle avait saisi la méthode, il lui semblait pouvoir aller plus loin. Peut-être même qu'elle pourrait aller au-delà de la cave. Elle s'y attela en se concentrant de tout son être. Cependant, malgré tous ses efforts, la jeune femme ne parvint pas à dépasser l'entrée de la grotte. Elle avait beau forcer autant que possible, rien n'y faisait.

                              "La... hm... Je sens..."

                              Non, impossible. Elle n'y arrivait pas. Ce devait être encore trop tôt pour elle. Laissant s'échapper un soupir de ses lèvres, Rena-Ja se relâcha légèrement. Sa réussite initiale l'avait peut-être rendue trop confiante. Ça ne lui ressemblait pourtant pas. Pour l'heure, elle devrait se contenter d'avoir progressé un tant soit peu.

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                                Auteur : Korax Endatoménès

                                Les chevaliers avaient déjà préparé des paquetages pour leurs camarades qui s'entraînaient. Ils déjeunèrent rapidement avant de prendre la route.

                                La sortie du camp laissait place aux vestiges de la dernière bataille. Les corps moisi et calcinés jonchaient le sol au milieu d'une nature dévastée par le feu de l'artillerie et des frappes aériennes. La nature mettra de longues années avant de reprendre ses droits ici. Le sol et l'eau devait y être méchamment pollué. Korax alluma le respirateur de son casque pour calmer l'odeur du charnier à ciel ouvert. Ses camarades n'avaient pas la chance d'avoir un masque à gaz et luttaient visiblement contre la nausée. L'immonde odeur s'estompa peu à peu en entrant dans la sinistre forêt.

                                Cet endroit ne lui rappelait pas les meilleurs souvenirs. Le piège tendu par les Sœurs de la nuit l'avait changé. Il avait perdu la quasi-totalité de ses hommes ce jour là et peut-être la loyauté des survivants. Les impériaux avaient largement sous-estimé les compétences des autochtones en terme de guérilla. Son maître avait certainement raison de négocier avec les locaux, la géographie aidant les récalcitrants à mener leur guerre. Il faudrait plusieurs dizaines de millions de soldats pour tenir la planète sans aide des locaux.

                                Un bruit le tira de ses réflexions. Il tira immédiatement son épée et tourna l'interrupteur. Sa lame grise jaillit en même temps que celle de ses camarades. Un groupe d'indigènes apparût.


                                Amis ou ennemis ?

                                Visiblement, il s'agissait de guerrières du clan qui avait acceptéde collaborer. Elles les invitèrent à les suivre à travers le dédale végétal. Korax avait combattu auprès de certaines de leurs membres et elles s'étaient montrées fiables et féroces. Sa prudence naturelle lui faisait garder ses distances mais lorsque son mentor se rangea auprès des autochtones, il le suivit sans la moindre hesitation. Les chevaliers commencèrent alors à suivre leurs nouveaux guides.

                                Lorsque les chevaliers étaient partis de leur campement, le temps était incertain. À présent, il était très menaçant. Aussi menaçant que les signes que le maître d'armes semblait avoir perçu. L'écuyer tentait lui aussi de percevoir ce changement dans l'atmosphère. Il se concentra dessus, suivant distraitement son frère d'armes qui le précédait. Il se percevait comme la flamme d'une bougie dans une tempête, aussi bien capable de s'éteindre, étouffée par le vent que de se muer en feu de forêt, ainsi alimenté en comburant. Sa perception se tourna alors vers le reste du groupe. Il visualisait leur statut d'être vivant par leur propre flamme, cette fois-ci contenue et protégée dans une lanterne à l'aspect et la fragilité propre à chacun. Si le majorité de ses camarades devaient avoir un vision beaucoup plus claire, lui percevait d'autres choses, comme une intensification de la tempête ou un changement dans la direction des vents. Autour de leur petit groupe, il n'apercevait rien, pas la moins trance residuelle d'être vivant, un vide où la tempête sifflait, plus violente que jamais.

                                Il fut sorti de son introspection par la chute de Keu, sur qui il manqua de se vautrer. Contrairement à ses camarades, son rire était un peu nerveux. Heureusement pour lui, le fin bretteur semblait avoir retenu toute l'attention lors du petit incident. Gaheris ne tarda pas à imiter l'autre chevalier en finissant dans une flaque de boue. Endatoménès esquissa un sourire.


                                Je ne suis pas prompt à croire à l'existence de la volonté de la Force et de son influence sur le destin, mais, en admettant qu'elle existe, nous partageons au moins le même sens de l'humour.

                                Alors qu'ils progressaient à travers les bois marécageux, les premiers coups de tonnerre se faisaient entendre au loin. Soudain un léger vent frais se fit sentir et Korax bénit la Force d'avoir pris une armure de stormtrooper. Et ce fut la douche. Il eut une pensée amusée pour les autres qui allaient bientôt avoir leur vêtements gorgés d'eau, pour ajouter encore quelques kilos à leur paquetage. Sa cape allait certes l'alourdir mais c'était nettement moins inconfortable que des vêtements trempés. C'eut été certainement le meilleur moment pour les prendre en embuscade, cependant la forêt resait toujours aussi silencieuse.

                                De violentes rafales de vent sifflaient à travers les arbres alors que le roulement de la pluie saturait son casque réducteur de son. Il le coupa. Le sol boueux glissait et collait sous leurs bottes, mais ceci ne fit pas ralentir le rythme. Après de longues minutes à avancer sous des trombes d'eau, le petit groupe parvint à un grotte.

                                La cavité avait été aménagée par les clans pour servir d'abri. Ce type de météo ne devait pas être rare sur une planète aussi humide. S'y trouvait une réserve de bois à peu près sec pour allumer un feu mais aussi d'épaisses fourrures pour se reposer. Contre un mur s'alignaient quelques armes hétéroclites et pas en très bon état, certainement un stock de secours. L'humidité de la grotte était captée par un ingénieux système pour collecter de l'eau potable et quelques ustensiles de cuisine étaient rangés dans un coin.

                                Les sorcières de Dathomir se pressèrent pour allumer un feu et l'écuyer leur donna un coup de main en utilisant un des allume-feu de sa ration pour lancer l'âtre. Il mit sa cape à sécher auprès de la source de chaleur alors que la rouquine du groupe s'enroulait dans une peau pour se réchauffer. Il ralluma son casque audio, qui amplifiait les sons faibles en limitant ceux qui pourraient blesser ou désorienter son porteur, maintenant que le vacarme de la pluie se faisait plus distant.

                                C'est alors que son maître vint le chercher. Ça n'est pas maintenant qu'il allait se reposer. Le vieux chevalier exposa alors un exercice de méditation aux deux apprentis.

                                Alors Korax replongea au coeur de sa tempête intérieure. Il contrôlait doucement sa respiration pour la rendre longue et régulière et fermaut les yeux. Il pouvait inspecter les lieux à travers les ombres et les bourrasques. Le vent était froid, anormalement froid et ne tourbillonnait pas autour de lui, il venait d'une direction précise, hors de la grotte, dans la forêt. Lorsque Rena-Ja eut fini d'exposer ses visions, il se lança.


                                -Chacun des membres du groupe est représenté par une lanterne dont l'apparence reflète la personne, contenant une vive flamme. La tempête est forte, plus qu'à l'accoutumée. Le vent est glacial et ne tourbillonne pas. Il vient de la forêt. Si je sors de la grotte, je perçois un espace anormalement dénué de vie. Il y a un objet... Une lanterne ? Peut-être, difficile à dire... En tout cas, si c'en est une, elle ne contient pas la moindre flammèche...

                                Plus il tentait de s'éloigner de la caverne, plus sa vision devenait vague et imprécise, pas qu'elle ait été très précise au départ.

                                -Si je m'enfonce dans la forêt, tout devient de plus en plus flou et je ne peux rien en tirer.

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