L'Union fait la Force.
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Post n°12
Auteur : Korax EndatoménèsAprès avoir vu sa défense percée, l'adversaire de Korax reprit l'initiative, il envoya l'écuyer dans un tas de caisses avant d'écraser la voss sous les coups. Le gaucher ne réagit pas assez vite et vit la jeune femme être vaincue par leur instructeur.
Les trois combattants rentrèrent ensuite à leur tente où les chevaliers prenaient leur repas. L'écuyer ne cracherait pas sur un peu plus de nourriture, surtout après un entraînement aussi physique. Il posa son casque à côté de son lit de camp, mit ses lunettes et rejoint ses camarades attablés.
Son maître leur exposa les plans du lendemain. Entraînement puis diplomatie, beau programme ! Le souvenir des dernières négociations le fit grimacer. Il espérait que cette fois, leurs ennemis auraient au moins la décence de ne pas les attaquer à ce moment là. Malheureusement, les utilisateurs du côté obscur étaient tout sauf subtils et diplomates. Il fallait s'attendre à une embuscade... ou deux.
Les frères d'armes racontèrent ensuite leurs aventures les plus improbables. Korax n'y coupa pas il commença par raconter la désastreuse mission de sauvetage des éclaireurs et sa rencontre fortuite avec un représentant de la faune locale.
-Au début de la campagne, j'ai été envoyé pour enquêter sur la disparition de nos éclaireurs. Et j'ai fait tout un tas de rencontres agréables: un monstre enragé d'environ trois mètres de haut puis trois autochtones armées jusqu'aux dents. Je ne vous cache pas que les négociations furent courtes. On y a perdu une dizaine d'hommes. C'était un bon vieux piège.
Il leur raconta ensuite la première tentative de diplomatie impériale puis le siège de la base.
-La dernière tentative de pourparlers avec les clans locaux ne s'est pas non plus passée comme prévu. On y était allés en force et on s'était retranchés dans un camp rapidement monté. Les locaux nous ont envoyé une vague de cadavres réanimés. Ils ont comblé nos fossés avec des corps et nous en envoyaient encore. On avait pas assez de munitions pour tout nettoyer et on a du se replier. De retour à la base, on a eu la mauvaise surprise de la voir sous les assauts de nos ennemis. J'ai pris le contrôle d'une partie du front et nous les avons repoussés puis à un moment, je me suis retrouvé face à un de leurs chefs, la mère E-quelque chose. Et j'ai passé un sale quart d'heure. Le combat s'est terminé par une bonne vieille frappe d'artillerie qui a vraisemblablement eu raison de la vieille peau.
Après le repas, le natif de Yaga Minor fit sa toilette et s'effondra sur son lit de camp.
Il fut tiré du sommeil par l'activité matinale des ses frères d'armes et surtout les pitreries de Sagamor qui avait réveillé Tristen en versant de l'eau sur ses pieds, qui dépassaient du lit. Le conflit qui suivit apporta une bonne dose de bonne humeur aux chevaliers, excepté Tristen qui pestait contre son camarade. Ils prirent un rapide petit-déjeuner et se séparèrent.
Yvain était un colosse, et l'entraînement contre lui demanderait d'autres qualités que contre l'agile Keu et la petite Rena-Ja. En effet, compter sur des coups appuyés ou abuser de sa grande taille serait inefficace contre lui. L'écuyer réfléchit à un avantage qu'il pourrait utiliser. Il n'était pas très agile mais sa vitesse devrait lui donner une chance. Keu faisait varier les équipes ou les rapports de force pour forcer les deux apprentis à s'adapter à leurs adversaires, leurs alliés et au contexte.
Korax essayait de faire usage de la Force dans l'entraînement mais avait encore un peu de mal à se concentrer sur deux choses en même temps.
Alors que sa camarade semblait tout donner, lui économisait des forces. En effet, ses expériences dans l'épaisse forêt dathomirienne lui avaient appris à être prêt à tout, et surtout au pire...
Les chevaliers firent comprendre à leurs élèves que la majorité des duels ne duraient qu'une poignée de secondes et que les seules personnes capables d'endurer un long combat étaient à la fois rares et extrêmement dangereuses.
La matinée passa rapidement et on se rapprochait du depart de la mission. Les quatre combattants avalèrent un peu de nourriture et se préparèrent pour leur mission de l'après-midi. Korax pris quelques provisions dans son paquetage et remplaça le cristal jaune d'entraînement par le gris, symbole de son escadron. Il rejoint ensuite son maître. -
Post n°13
Auteur : HivernusY’vain et Keu s’entraînèrent toute la matinée aux côtés de leurs protégés. Pour le colosse Boroskais, ce fut notamment l’occasion d’évaluer les progrès de la Voss tout en mesurant les talents de l’apprenti de Barristan. Il ne fait aucun doute pour l’ancien soldat devenu chevalier impérial que l’avenir de la Chevalerie a de beaux jours devant lui. Korax démontre de nombreuses aptitudes au combat qui feront de lui un redoutable bretteur dans les années à venir. Rena-Ja, quant à elle, ne recule jamais devant un défi et ce en dépit de sa frêle apparence. Y’vain est certain qu’une telle ténacité lui assurera quelques belles victoires à l’avenir.
Les exercices s’enchaînent ainsi durant toute la matinée et la jeune apprentie originaire de Voss commence doucement à s’habituer au rythme effréné des passes d’armes. Lorsque l’heure de la pause est enfin annoncée, les quatre bretteurs accueillent ce moment de répit comme il se doit. Rejoignant leurs camarades, qui ont notamment passé leur temps libre à préparer leur expédition, les chevaliers et leurs élèves se restaurent brièvement. Barristan annonce les dernières nouvelles du jour. Après avoir été retardée de plusieurs jours par divers évènements imprévus, l’arrivée d’un régiment entier de fantassins semble confirmée par le haut-commandement. Les chevaliers impériaux se réjouissent volontiers de cette nouvelle, laissant ainsi le camp entre de bonnes mains durant leur absence. Le renfort de plusieurs milliers de soldats impériaux devrait, en toute logique, inciter les indigènes à la prudence. Toute attaque contre les forces de l’Impérium verrait les pertes s’accumuler dans les deux camps… Et provoquerait à long terme l’anéantissement total de la population Dathomirienne.
Mais il se peut aussi que la présence de ces troupes à venir ne fasse qu’exacerber les tensions entre impériaux et indigènes. La nécessité de mener une mission diplomatique auprès des clans de sorcières s’avère d’autant plus indiquée si l’on veut éviter des morts inutiles. Si l’Impérium est assuré d’avoir la victoire du fait de ses innombrables réserves matérielles et humaines, ce serait toutefois au prix de pertes significatives. Après tout, la puissante magie des indigènes a mis à mal le corps expéditionnaire, causant des ravages dans ses rangs… Et pour le commandant Barristan, il demeure certain que l’étendu des pouvoirs mystérieux de ces clans de sorcières n’a pas encore été entièrement exploré. Qui sait quels sorts mortels, quels dangereux secrets, ces étranges créatures gardent en réserve ?
Pour le maître d’armes, obtenir la paix avec les matriarches de Dathomir, c’est éviter les effusions de sang inutiles. Il n’y a donc pas de temps à perdre. Chaque minute qui passe est une minute durant laquelle de potentielles machinations peuvent se mettre en place.
Une fois la troupe restaurée et les paquetages sur le dos, le vieux chevalier impérial confie le commandement à ses acolytes. Après un bref échange d’adieux fraternels, les hommes se séparent naturellement, les uns restant au camp, les autres s’aventurant doucement mais sûrement dans les terres dévastées qui entourent la base. Les chevaliers impériaux s’éloignent peu à peu des positions fortifiées de Base Rancor, se dérobant progressivement à la vue des stormtroopers postés en sentinelles autour du camp retranché.
Le groupe mené par Barristan et Hunbaut s’enfonce dans une zone sinistre, ravagée par les affres de la guerre. Des dizaines de corps en putréfaction gisent dans la boue et la cendre. Abandonnées à leur triste sort, les dépouilles inanimées et déchiquetées des sorcières côtoient les cadavres imposants de leurs araignées de compagnie. Divers charognards, allant du rongeur au rapace, se battent déjà pour les restes. Une odeur infâme se dégage de l’endroit, véritable mélange de pourriture et de fumée âcre, si bien qu’il devient nécessaire de se couvrir les yeux et la bouche pour ne pas vomir ou pleurer. Et que dire du sol brûlant sur lequel les chevaliers impériaux s’aventurent ? La dévastation est telle qu’il devient impossible d’imaginer que ce champ de bataille était encore il y a peu une vaste zone boisée et verdoyante, grouillante de vie. Mort et destruction sont désormais synonymes de cet endroit et les quelques arbres encore debout, ceux qui n’ont pas été fauchés par l’artillerie ou réduits en cendre par les bombardements, n’ont plus rien de leur splendeur d’antan. Leurs silhouettes calcinées, torturées, inspirent à présent l'anxiété et le désespoir. En ces terres désolées, cauchemardesques, quelques rares soldats volontaires se chargent pourtant de rechercher d’éventuels survivants et de sécuriser les corps de camarades impériaux oubliés sur place lors des combats.
Suivant d’un regard inquiet la petite troupe qui s’apprête à s’aventurer dans la profondeur des bois sinistres de Dathomir, les stormtroopers se demandent silencieusement s’ils reverront un jour ces preux chevaliers… Ou s’ils foncent droit vers une mort certaine. Le temps passe, les kilomètres défilent et la vie semble de plus en plus fuyante. Il n’y a plus la moindre présence de militaires impériaux, ni celle, plus naturelle, de charognards attirés par l’odeur pestilentielle des corps qui se décomposent. C’est comme si la nature elle-même refusait de reprendre le cours de sa vie.
Lorsque Barristan arrête son groupe à l’orée de la gigantesque forêt qui se présente devant eux, l’endroit est étrangement silencieux. Toute vie semble avoir quitté cet espace verdoyant, épargné par les conflits, pour se dissimuler au plus profond des bois. Cela ne plaît guère au vieux maître d’armes, qui s’inquiète silencieusement. Quelles créatures monstrueuses se dérobent à leur vue, prêts à fondre sur eux ? Et il n’est visiblement pas le seul à se préoccuper de cette absence de vie. Hunbaut, le Zabrak de la troupe, passe une main sur son visage perplexe, guettant du coin de l'œil une quelconque réaction, le moindre frémissement, au milieu de la dense végétation.
- Tu vois quelque chose, Hunbaut ? Demande alors le chef de la petite bande, intrigué.
- Non. C’est bien ça le problème… C’est calme. Trop calme. Répond le chevalier impérial, le regard rivé sur la forêt.
- Oui enfin vu les tonnes de munitions qu’on a balancé il y a peu dans le coin, cela ne m’étonne pas que les habitants du coin aient décidé de plier bagage. Fait remarquer Keu, cynique.
- Cela fait des jours que nous n’avons rien canardé à vue. Selon toute logique, la vie aurait dû reprendre son cours ici. Indique le commandant du corps expéditionnaire, dubitatif. Non… Il y a quelque chose d’autre… Je le sens. Il y a… Comme une présence au-dessus de nous. Quelque chose de malfaisant… Qui nous observe mais prend bien soin de nous éviter.
Certains chevaliers impériaux tentent de sonder les environs à l’aide de la Force, sans rien trouver. D’autres se fient plutôt à leur acuité visuelle, cherchant du regard quelque chose (n’importe quoi en fait) qui pourrait aller dans le sens du vieux maître d’armes. Dathomir est un puissant nexus de la Force et les perturbations qui y sont liées sont légions. Il est difficile de voir au travers de ce manteau d’ombre mystérieux et nombreux sont les membres de la Chevalerie Impériale qui ne parviennent pas à franchir cette barrière invisible. Les rituels obscurs pratiqués depuis des générations par différents clans sinistres laissent une marque indélébile dans l’atmosphère qui embrume l’esprit des impériaux. Mais Barristan n’est pas n’importe quel chevalier. Il est de loin l’un des plus expérimentés et figure également parmi les plus puissants. S’il prétend sentir quelque chose de spécifique, c’est que la chose est à prendre au sérieux.
- Restez sur vos gardes. Nous ne savons pas à quoi nous attendre. Poursuit le maître de Korax.
Il n’a pas le temps de donner ses instructions. Un bruissement l’interrompt brusquement. Le vieil homme s’empare instinctivement de son sabre laser, dont la lame argentée jaillit soudainement. Autour de lui, ses camarades en font autant. En moins de dix secondes, les voilà prêts à combattre tout ce qui pourrait surgir des bois. Quatre silhouettes gracieuses mais athlétiques s’extirpent doucement de la luxuriante végétation, blaster ou lance en main. Revêtues d’armures de cuir qu’elles portent au dessus de tuniques confectionnées à partir de peaux de reptiles colorées, la tête coiffée de casques ornés de plumes et de petits ossements, la peau couverte de tatouages tribaux ou de peintures de guerre, les femmes qui se présentent aux chevaliers impériaux sont vraisemblablement des guerrières. Reconnaissant là les redoutables combattantes du clan de la Rivière Folle, Barristan désactive son arme, qu’il range à sa ceinture, et demande à ses camarades d’en faire autant.
- Nous vous attendions, Wilhelm Barristan du clan de la Chevalerie Impériale. Notre mère a prédit votre venue et nous a envoyé pour vous escorter jusqu’à notre village. Déclare la plus imposante des indigènes, un blaster en main, une hache glissée au ceinturon.
Le vieux chevalier ne s’étonne pas de cette nouvelle. Une sorte de connexion qu’il n’arrive pas à expliquer s’est établi entre lui et la matriarche du clan de la Rivière Folle. Est-il sous le coup d’un charme ou est-ce là la manifestation de sa destinée au travers de la Force ? Impossible de le dire… Mais il compte bien en apprendre plus sur Dathomir et ses mystères.
Ayant combattu aux côtés de Thenel Ko et des siennes contre les hordes de morts-vivants de la mère Esmsyl, Barristan n’a aucune raison de douter de la sincérité de la messagère. S’il n’est guère méfiant, ce n’est pas le cas de ses camarades. Autour de lui, ses frères d’armes ne sont pas aussi sereins. Nombreux sont ceux qui ont passé ces derniers jours à affronter les autochtones. Ils n’accordent pas à ces femmes guerrières la même confiance qu’ils pourraient offrir à leurs concitoyens impériaux. Une partie de leur subconscient refuse probablement de croire qu’il puisse y avoir, sur Dathomir, des clans plus cordiaux que ceux qu’ils ont pu combattre jusque-là.
- Venez. Il n’est guère prudent de s’attarder ici. Des choses pourraient nous surprendre… Ou pire. Rajoute la guerrière, surveillant les environs avec précaution.
- Cette présence malveillante… Vous la sentez vous aussi ? Demande alors le commandant, intrigué.
- Hmm… Non. Je ne ressens rien de tel. Votre perception doit être exceptionnelle. Répond l’indigène, le regard rivé vers l’horizon. Mais je maintiens ce que je dis. Nous devons partir au plus vite. Le ciel s’assombrit, le vent se lève et l’air s’électrifie. Une tempête approche et il serait plus avisé de nous mettre en marche rapidement.
- Je ne suis pas un expert en la matière mais il me semble que se planquer dans la forêt par temps d’orage n’est pas la meilleure des idées… Souffle Keu à ses camarades, perplexe. Avec la chance qu’on a, un arbre va nous tomber dessus après avoir été frappé par la foudre.
- Keu, tu ferais mieux de la fermer avant de nous porter la poisse avec tes commentaires pessimistes. Réplique Gahéris discrètement, ce qui ne manque pas de faire sourire les autres.
Leur confiant volontiers sa vie, Barristan est le premier à rejoindre les femmes guerrières. Ce geste amorce un mouvement général au sein des chevaliers impériaux, qui se fient au jugement de leur supérieur et marchent dans ses pas. Formant une file, autochtones et soldats étrangers serpentent le long d’un sentier sinueux. Keu se retient de justesse à un arbre après avoir buté contre une racine et se griffe le visage en percutant l’écorce épaisse du tronc, ce qui ne manque pas de faire rire ses frères et sœurs d’armes. Assister à la déchéance déshonorante du grand épéiste impérial, défait non pas par un adversaire de taille mais bien par la nature impitoyable d’une planète reculée, est assurément un spectacle qui vaut le détour. Gahéris, qui n’est pas avare en moqueries, glisse dans une pente boueuse et atterrit lourdement sur le derrière. Salie de la tête aux pieds, la fière rouquine a désormais une apparence des plus grossières. Même les indigènes ne peuvent s’empêcher de sourire.
- Vous savez ce qu’on dit… Quand on cherche les ennuis, on les trouve. Il faut savoir rester humble en toute circonstance. Déclare Loha, amusée par la situation. Rena-Ja, reste bien près de moi et il ne t’arrivera rien de la sorte.
Après ce petit épisode de franche rigolade, le groupe se remet à nouveau en marche. Les autochtones semblent nerveuses, inquiètes, et il ne semble guère prudent de ralentir la cadence. Dans le lointain, des roulements de tonnerre se font entendre. Le grondement sourd du ciel en colère rappelle aux chevaliers impériaux qu’ils ne sont pas en terre amicale. Après plusieurs heures à marcher au beau milieu des bois, la petite troupe est finalement rattrapée par l’orage. D’importantes trombes d’eau se mettent à tomber et de nombreux coups de tonnerre impressionnants menacent à tout instant les soldats et leurs guides. Le vent souffle en bourrasque dans la cime des arbres et si l’épaisse végétation de la forêt protège en partie le groupe des intempéries, il paraît plus sage de trouver un abri au plus vite.
Après des minutes de pure calvaire, les guerrières du clan de la Rivière Folle conduisent leurs invités au sein d’une grotte assez grande pour accueillir toute la troupe. La cavité en question n’est pas un simple abri de fortune. Il s’agit en fait d’un refuge aménagé par les autochtones, un endroit où les sorcières du clan viennent se reposer ou se protéger des intempéries lorsqu’elles quittent la sécurité de leur village pour aller chasser dans les bois.
Gahéris, trempée de la tête aux pieds après sa petite chute dans la fange, est la première à se coucher sur l’une des nombreuses peaux de bête étalées au sol. Se débarrassant d’une partie de ses vêtements trempés, qu’elle cherche à faire sécher, la jeune femme s’enroule dans une grande couverture confectionnée à partir des fourrures de sangliers locaux. Plusieurs indigènes s’affairent déjà à allumer un feu et préparer de quoi manger tandis que les chevaliers impériaux prennent leurs aises. Barristan, observant distraitement la tempête qui se déchaîne depuis l’entrée de la grotte, converse à voix basse avec l’aînée des guerrières. Après avoir obtenu de la sorcière toutes les informations dont il a besoin, le commandant rassemble autour de lui ses camarades afin de les renseigner sur leur situation actuelle.
- Il apparaît que nous sommes coincés ici pour les deux ou trois prochaines heures. Nous reprendrons notre expédition lorsque la tempête sera passée. Notre guide nous assure qu’il nous faudra bien une demie journée de marche pour atteindre leur village… Je vous conseille donc de profiter de cet instant de répit pour vous restaurer et vous reposer comme il se doit. Indique le vieux chevalier. Korax, Rena-Ja, je pense que le moment est idéal pour poursuivre votre initiation. Il vous reste encore beaucoup de choses à apprendre, à maîtriser. Venez.
S’isolant dans un coin tranquille de la grotte, le maître d’armes invite les deux jeunes apprentis à s’installer en face de lui. Se reposant sur ses genoux afin de prendre une pose méditative, Barristan inspire profondément.
- Fermez les yeux. Prenez une longue inspiration. Puis évacuez doucement l’air de vos poumons. Faites le vide dans votre esprit. Répétez l’exercice trois fois… Puis concentrez-vous sur vos ressentis. Prenez conscience de ce qui vous entoure, de votre corps qui se contracte, puis se relâche… Du feu qui crépite doucement, du vent qui souffle… Faites appel à vos sens. Conseille le commandant d’une voix qui se veut sereine. Laissez la Force vous guider. Servez-vous en pour voir, écouter et sentir des choses qui jusque-là paraissent insignifiantes ou imperceptibles. Laissez vos sens explorer les méandres de la Force… Et lorsque vous serez prêts, énoncez-moi clairement ce que vous voyez, ce que vous ressentez.
L’exercice est intéressant à maîtriser, surtout pour de jeunes individus appréhendant tout juste leur affinité avec la Force. Pour de vieux guerriers tels que le vénérable Barristan, cette activité est d’une simplicité enfantine mais n’en demeure pas moins toujours aussi passionnante à travailler. Ayant projeté ses sens dans la Force, le maître d’armes explore les environs de la grotte par la simple volonté de son esprit. Faisant fi des battements de cœur réguliers des différents êtres vivants qu’il trouve sur sa route, ignorant volontiers les nombreuses sources de chaleur et les sons incommodants, notre homme finit par trouver un indice sur ce qu’il cherche… Un écho dans la Force.
Ce qu’il ressent l’inquiète au plus haut point. Une présence froide et obscure… Une entité malveillante, sournoise… Presque imperceptible… Qui finit par se dérober après avoir effleuré l’esprit du chevalier impérial. Un frisson intense vient le parcourir de haut en bas.
Dressant une barrière mentale autour de lui pour se protéger d’un potentiel danger, le commandant revient finalement à la réalité. Prenant une profonde inspiration, caressant machinalement sa barbe hirsute, Barristan s’interroge. Il pressent au plus profond de ses entrailles que cette menace qu’il ne parvient à sentir qu’au travers de la Force est bien réelle. Son instinct le force par ailleurs à croire que cette tempête qu’ils traversent actuellement n’a rien de naturel, qu’elle est le fruit d’un rituel sinistre. Se peut-il que des Soeurs de la Nuit cherchent à les entraver, à les empêcher de rejoindre le clan de la Rivière Folle ? Ou est-ce là le fruit d’un clan de sorcières qui refuse de voir l’Impérium répandre son influence sur Dathomir ?
Le maître d’armes ne sait pas quoi penser et s’il est troublé, il n’en demeure pas moins interdit. Ayant un parfait contrôle de ses émotions, le vieux chevalier ne laisse rien transparaître. Une part de lui se rassure. Il trouvera probablement ses réponses auprès de Thenel Ko et des siennes…
Mais pour l’heure, le commandant se concentre sur ce qui l’entoure. Korax et Rena-Ja semblent visiblement investis dans l’exercice et il est de son devoir de les protéger d’un potentiel danger. -
Post n°14
Auteur : Rena-JaRena-Ja fut presque déçue que l'entraînement se termine. Même si elle était éreintée après plusieurs heures de passes d'armes, l'aspirante se sentait capable de continuer encore un moment. Elle souhaitait continuer à progresser, mais il lui fallait se ménager pour rester en bonne santé. Après une courte pause, les chevaliers se mirent à se préparer avant leur départ. Le Grand Maître Barristan profita de ce temps pour leur annoncer que des renforts seraient bientôt déployés sur place. Rena-Ja ne saisissait pas encore tout à fait les tenants et aboutissants de cette opération, mais elle semblait assez importante pour que de tels moyens soient déployés. Finalement, ce fut l'heure du départ.
Rapidement, la cohorte de chevaliers impériaux se retrouva dans un no man's land où gisaient d'innombrables cadavres en train de pourrir où d'être dévorés par la faune locale. L'odeur infecte qui s'en dégageait la força à se protéger le visage le temps de la traversée. Qui est plus, la vue atroce qui s'offrait à la jeune Voss n'était pas des plus rassurantes. Il ne faisait aucun doute que la mort rôdait partout sur cette planète. Mais la foi de l'aspirante l'empêchait de craindre de connaître une telle mort. Quoi qu'il advienne, elle ne finirait pas comme eux.
Alors qu'ils approchaient d'une forêt, le Grand Maître stoppa les autres. Les Chevaliers semblaient guetter quelque chose. Rena-Ja avait du mal à sentir quoi que ce soit, sinon l'atmosphère oppressante qu'elle percevait depuis son arrivée. Tout à coup, un bruit se fit entendre, et tous dégainèrent leurs armes. La jeune Voss fit de même avec sa vibrolame. Plusieurs femmes en accoutrement tribaux et armées jusqu'aux dents sortirent de la forêt. Elles se présentèrent comme l'escorte des Chevaliers. C'était donc elles, les Sœurs de la Nuit... L'une d'elles recommanda de se hâter de partir, du fait des dangers potentiels. Les commentaires de ses confrères sur le sujet n'inquiètaient pas l'aspirante. Elle ne croyait pas à la chance ou à la malchance. Tant que la vision était de son côté, elle sentait que rien ne pourrait la faire trembler.
Suivant le mouvement engagé par Barristan, Rena-Ja suivit les autres dans la forêt. En chemin, la jeune femme assiste à un spectacle inattendu: le pied de son instructeur Keu se prit dans une racine et celui-ci manqua de peu de percuter un tronc, se rattrapant au dernier moment et écopant tout de même d'une blessure au visage. Quelques instants plus tard, ce fut au tour de la chevaleresse Gahéris de chuter dans une flaque de boue. Si la Voss respectait leur force, les chevaliers impériaux semblaient parfois manquer d'équilibre en-dehors du combat... Pour éviter de finir comme eux, elle suivit le conseil de Loha et resta au plus près de sa garante. Cependant, personne, pas même l'humanoïde elle-même, ne sembla remarquer l'infime sourire amusé qui apparut sur ses lèvres l'espace d'une seconde.
Cependant, l'amusement fut de courte durée. Au bout de plusieurs heures de marche, la tempête qui avait commencé à se faire sentir à leur entrée dans la forêt était désormais au-dessus d'eux. Des trombes d'eux se déversèrent sur le groupe pendant de longues minutes, jusqu'à ce que les Sœurs de la Nuit les mènent à une large grotte où s'abriter. Fatiguée et trempée, Rena-Ja ôta plusieurs de ses vêtements gorgés d'eau. Toutefois, l'heure n'était pas encore au repos pour la jeune aspirante.
La tempête les empêchait de repartir avant quelques heures. Aussi, le Grand Maître Barristan profita de l'occasion. Il appela son apprenti et l'aspirante afin de les entraîner à la méditation. Rena-Ja se retrouva donc face à lui aux côtés de Korax, tous les trois à genoux. Les deux jeune gens devaient user de la Force pour ressentir ce qui les entourait.
L'exercice était ardu pour la Voss. Non seulement parce qu'elle n'était qu'une débutante, mais aussi car elle devait encore apprendre à appréhender la Force d'une manière différente de celle qui lui fut inculquée. Elle devait tout désapprendre, tout oublier, repartir de zéro, comme si elle était de nouveau une enfant découvrant ses capacités pour la toute première fois. Respirant doucement, elle se concentra. Elle avait déjà réussi à user de la Force de cette manière pendant ses tous premiers exercices d'initiation à la Chevalerie Impériale sur Voss. C'était bref, mais elle en était capable. Il lui suffisait de recommencer.
Après un moment à ne rien ressentir à part sa propre respiration, l'aspirante commença à percevoir quelque chose. C'était infime, comme si elle ne pouvait qu'effleurer quelque chose du doigt. Mais petit à petit, cela devint plus clair. Lorsque ce fut assez net, elle tenta d'y mettre des mots.
"... Les déplacements des autres chevaliers et des autochtones... Leur souffle... L'écho de la pluie et de l'orage dans la grotte... Le vent qui s'y immisce..."
La Voss fronça légèrement les sourcils. Cette sensation, c'était bel et bien la même que sur Voss. Elle parvenait à sentir la vie autour d'elle. Une fois qu'elle avait saisi la méthode, il lui semblait pouvoir aller plus loin. Peut-être même qu'elle pourrait aller au-delà de la cave. Elle s'y attela en se concentrant de tout son être. Cependant, malgré tous ses efforts, la jeune femme ne parvint pas à dépasser l'entrée de la grotte. Elle avait beau forcer autant que possible, rien n'y faisait.
"La... hm... Je sens..."
Non, impossible. Elle n'y arrivait pas. Ce devait être encore trop tôt pour elle. Laissant s'échapper un soupir de ses lèvres, Rena-Ja se relâcha légèrement. Sa réussite initiale l'avait peut-être rendue trop confiante. Ça ne lui ressemblait pourtant pas. Pour l'heure, elle devrait se contenter d'avoir progressé un tant soit peu. -
Post n°15
Auteur : Korax EndatoménèsLes chevaliers avaient déjà préparé des paquetages pour leurs camarades qui s'entraînaient. Ils déjeunèrent rapidement avant de prendre la route.
La sortie du camp laissait place aux vestiges de la dernière bataille. Les corps moisi et calcinés jonchaient le sol au milieu d'une nature dévastée par le feu de l'artillerie et des frappes aériennes. La nature mettra de longues années avant de reprendre ses droits ici. Le sol et l'eau devait y être méchamment pollué. Korax alluma le respirateur de son casque pour calmer l'odeur du charnier à ciel ouvert. Ses camarades n'avaient pas la chance d'avoir un masque à gaz et luttaient visiblement contre la nausée. L'immonde odeur s'estompa peu à peu en entrant dans la sinistre forêt.
Cet endroit ne lui rappelait pas les meilleurs souvenirs. Le piège tendu par les Sœurs de la nuit l'avait changé. Il avait perdu la quasi-totalité de ses hommes ce jour là et peut-être la loyauté des survivants. Les impériaux avaient largement sous-estimé les compétences des autochtones en terme de guérilla. Son maître avait certainement raison de négocier avec les locaux, la géographie aidant les récalcitrants à mener leur guerre. Il faudrait plusieurs dizaines de millions de soldats pour tenir la planète sans aide des locaux.
Un bruit le tira de ses réflexions. Il tira immédiatement son épée et tourna l'interrupteur. Sa lame grise jaillit en même temps que celle de ses camarades. Un groupe d'indigènes apparût.
Amis ou ennemis ?
Visiblement, il s'agissait de guerrières du clan qui avait acceptéde collaborer. Elles les invitèrent à les suivre à travers le dédale végétal. Korax avait combattu auprès de certaines de leurs membres et elles s'étaient montrées fiables et féroces. Sa prudence naturelle lui faisait garder ses distances mais lorsque son mentor se rangea auprès des autochtones, il le suivit sans la moindre hesitation. Les chevaliers commencèrent alors à suivre leurs nouveaux guides.
Lorsque les chevaliers étaient partis de leur campement, le temps était incertain. À présent, il était très menaçant. Aussi menaçant que les signes que le maître d'armes semblait avoir perçu. L'écuyer tentait lui aussi de percevoir ce changement dans l'atmosphère. Il se concentra dessus, suivant distraitement son frère d'armes qui le précédait. Il se percevait comme la flamme d'une bougie dans une tempête, aussi bien capable de s'éteindre, étouffée par le vent que de se muer en feu de forêt, ainsi alimenté en comburant. Sa perception se tourna alors vers le reste du groupe. Il visualisait leur statut d'être vivant par leur propre flamme, cette fois-ci contenue et protégée dans une lanterne à l'aspect et la fragilité propre à chacun. Si le majorité de ses camarades devaient avoir un vision beaucoup plus claire, lui percevait d'autres choses, comme une intensification de la tempête ou un changement dans la direction des vents. Autour de leur petit groupe, il n'apercevait rien, pas la moins trance residuelle d'être vivant, un vide où la tempête sifflait, plus violente que jamais.
Il fut sorti de son introspection par la chute de Keu, sur qui il manqua de se vautrer. Contrairement à ses camarades, son rire était un peu nerveux. Heureusement pour lui, le fin bretteur semblait avoir retenu toute l'attention lors du petit incident. Gaheris ne tarda pas à imiter l'autre chevalier en finissant dans une flaque de boue. Endatoménès esquissa un sourire.
Je ne suis pas prompt à croire à l'existence de la volonté de la Force et de son influence sur le destin, mais, en admettant qu'elle existe, nous partageons au moins le même sens de l'humour.
Alors qu'ils progressaient à travers les bois marécageux, les premiers coups de tonnerre se faisaient entendre au loin. Soudain un léger vent frais se fit sentir et Korax bénit la Force d'avoir pris une armure de stormtrooper. Et ce fut la douche. Il eut une pensée amusée pour les autres qui allaient bientôt avoir leur vêtements gorgés d'eau, pour ajouter encore quelques kilos à leur paquetage. Sa cape allait certes l'alourdir mais c'était nettement moins inconfortable que des vêtements trempés. C'eut été certainement le meilleur moment pour les prendre en embuscade, cependant la forêt resait toujours aussi silencieuse.
De violentes rafales de vent sifflaient à travers les arbres alors que le roulement de la pluie saturait son casque réducteur de son. Il le coupa. Le sol boueux glissait et collait sous leurs bottes, mais ceci ne fit pas ralentir le rythme. Après de longues minutes à avancer sous des trombes d'eau, le petit groupe parvint à un grotte.
La cavité avait été aménagée par les clans pour servir d'abri. Ce type de météo ne devait pas être rare sur une planète aussi humide. S'y trouvait une réserve de bois à peu près sec pour allumer un feu mais aussi d'épaisses fourrures pour se reposer. Contre un mur s'alignaient quelques armes hétéroclites et pas en très bon état, certainement un stock de secours. L'humidité de la grotte était captée par un ingénieux système pour collecter de l'eau potable et quelques ustensiles de cuisine étaient rangés dans un coin.
Les sorcières de Dathomir se pressèrent pour allumer un feu et l'écuyer leur donna un coup de main en utilisant un des allume-feu de sa ration pour lancer l'âtre. Il mit sa cape à sécher auprès de la source de chaleur alors que la rouquine du groupe s'enroulait dans une peau pour se réchauffer. Il ralluma son casque audio, qui amplifiait les sons faibles en limitant ceux qui pourraient blesser ou désorienter son porteur, maintenant que le vacarme de la pluie se faisait plus distant.
C'est alors que son maître vint le chercher. Ça n'est pas maintenant qu'il allait se reposer. Le vieux chevalier exposa alors un exercice de méditation aux deux apprentis.
Alors Korax replongea au coeur de sa tempête intérieure. Il contrôlait doucement sa respiration pour la rendre longue et régulière et fermaut les yeux. Il pouvait inspecter les lieux à travers les ombres et les bourrasques. Le vent était froid, anormalement froid et ne tourbillonnait pas autour de lui, il venait d'une direction précise, hors de la grotte, dans la forêt. Lorsque Rena-Ja eut fini d'exposer ses visions, il se lança.
-Chacun des membres du groupe est représenté par une lanterne dont l'apparence reflète la personne, contenant une vive flamme. La tempête est forte, plus qu'à l'accoutumée. Le vent est glacial et ne tourbillonne pas. Il vient de la forêt. Si je sors de la grotte, je perçois un espace anormalement dénué de vie. Il y a un objet... Une lanterne ? Peut-être, difficile à dire... En tout cas, si c'en est une, elle ne contient pas la moindre flammèche...
Plus il tentait de s'éloigner de la caverne, plus sa vision devenait vague et imprécise, pas qu'elle ait été très précise au départ.
-Si je m'enfonce dans la forêt, tout devient de plus en plus flou et je ne peux rien en tirer. -
Post n°16
Auteur : HivernusBarristan écoute les réponses de ses deux élèves avec beaucoup d’attention. Il étudie le comportement des jeunes membres de la Chevalerie Impériale, cherchant à déceler le moindre inconfort, la moindre petite inquiétude. L’exercice semble complexe et les apprentis rencontrent quelques difficultés… Mais la chose est normale. On ne peut pas attendre d’eux qu’ils sachent déjà comment appréhender la Force sous tous ses angles. Après tout, même les individus les plus accomplis, tel le maître d’armes de la Chevalerie Impériale, ne parviennent pas à en comprendre tous les mystères malgré des décennies d’études et de découvertes.
Quoi qu’il en soit, Korax et Rena-Ja s’accordent à dire qu’il est difficile de voir au-delà de la grotte. Le vieux chevalier impérial n’est pas étonné. L’exercice n’est pas évident à prendre en main lorsque l’on commence tout juste à appréhender la Force. Et de toute manière, il en est peut-être mieux ainsi… Après tout, l’étrange rencontre que le commandant de la force expéditionnaire a pu faire au cours de son exploration mentale l’inquiète au plus haut point et il préfère la tenir loin des siens tant qu’il n’en saura pas plus à son sujet. Pour l’heure, notre homme se contentera donc de leur enseigner dans un endroit au sein duquel il a un parfait contrôle de la situation : la grotte elle-même.
- Votre connexion avec la Force est encore jeune et fragile. Il est donc normal que vous n’arriviez pas à voir au-delà d’une certaine limite… Et la tempête qui gronde dehors perturbe de toute manière les visions que vous pouvez avoir au travers de la Force. Indique le vieux chevalier impérial. Ne soyez cependant pas déçus par vos résultats. L’exercice est difficile à maîtriser. Il requiert beaucoup d’efforts, de concentration et une certaine adresse avec la Force. En outre, vous vous en sortez plutôt bien pour une première fois.
Avec du temps et de l’entraînement, Barristan ne doute pas qu’il saurait développer leur potentiel. Par chance, ce n’est pas le temps qui manque actuellement. Puisqu’ils sont bloqués dans la grotte jusqu’à ce que le ciel s’éclaircisse (et cela ne semble pas être prévu avant un bon moment), le commandant de la force expéditionnaire a devant lui quelques précieuses heures à partager en compagnie des deux jeunes gens. Autant en profiter pour leur apprendre quelques astuces utiles.
- Poursuivons. Il vous reste encore beaucoup à découvrir… À assimiler.
Le vieux maître d’armes lève doucement sa main, faisant calmement léviter devant lui quelques cailloux. L’homme les fait alors tourner autour de lui, les assemble en une tour flottante au-dessus de sa tête puis les envoie ensuite danser avec beaucoup de délicatesse sous les yeux de ses deux élèves. L’exercice semble à première vue simple… Mais est-ce vraiment le cas ?
- Les compétences martiales du chevalier impérial constituent sa plus grande qualité sur le champ de bataille… Mais il dispose également d’un autre atout indéniable, la Force. Fait remarquer Barristan, attirant à lui les cailloux d’un geste sec de la main. Au sein de la Chevalerie Impériale, la Force peut servir de bien des manières pour quiconque sait l’utiliser, que ce soit à des fins offensives ou défensives notamment. Dans le cas présent, je vais vous apprendre à user de la Force de manière à vous protéger.
Les cailloux tournoient au-dessus du chevalier impérial, puis l’un d’entre eux chute brusquement et menace de frapper son crâne avec force. Le maître d’armes intercepte le projectile improvisé d’un geste vif de la main sans même regarder au-dessus de lui.
- A travers la Force, un chevalier impérial accompli est tout à fait capable de sentir le moindre changement, d’observer le moindre frémissement. Cette clairvoyance de l’esprit est un outil redoutable, puisqu’il nous permet d’anticiper et de réagir au moment où l’action est sur le point de se produire ou lorsqu’elle vient tout juste de se produire.
Le commandant de la force expéditionnaire ouvre la paume de sa main afin de renvoyer doucement son morceau de roche dans les airs. Les cailloux poursuivent leur danse étrange dans le vide, flottant ici et là selon le bon vouloir du vieux chevalier. Ce dernier esquisse l’ombre d’un sourire sur ses lèvres.
- Je vais vous demander de fermer à nouveau les yeux. Laissez le son de ma voix vous guider. Faites le vide dans votre esprit. Prenez une grande inspiration… Puis laissez vos sens s’évader. Ressentez les vibrations de ma voix, l’écho presque imperceptible des cailloux qui flottent dans le vide… Concentrez-vous.
Les morceaux de roche s’organisent doucement en formes géométriques puis se dispersent rapidement, tournoyant autour de Barristan et de ses deux élèves, avant de fondre sur ces derniers.
- Lorsque vous serez prêts, il vous sera possible de vous défendre face à ces projectiles sans avoir besoin de recourir à la vision… Vous serez capables d’anticiper leur trajectoire, de les intercepter en plein vol… Et de les retourner contre leur maître.Spoiler : Spoiler
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Post n°17
Auteur : Rena-JaLes paroles de Barristan avaient quelque chose de rassurant. Il était vrai que cette approche de la Force était nouvelle pour la jeune Voss. Toute prodige qu'elle ait pu être sur son monde natal, il lui fallait tout reprendre depuis le début, et même désapprendre ce qu'elle avait appris auparavant. Ce n'était qu'en oubliant ses habitudes et réflexes d'apprentie Mystique qu'elle deviendrait un Chevalier impérial.
Le prochain exercice lui rappela son tout premier test sur Voss, avant qu'elle ne soit acceptée en tant qu'Aspirante. Le vieux chevalier fit léviter quelques pierres en usant de la Force. La tâche des deux apprentis était de s'en protéger sans avoir recours à leur yeux. En percevant leur présence à travers la Force, ils devaient être capables de les intercepter voire, comme semblait le suggérer Barristan, de les lui renvoyer. L'exercice paraissait simple en principe, mais il était évident qu'il ne le serait pas autant en pratique.
Rena-Ja n'était cependant pas intimidée. Elle savait qu'elle était capable d'utiliser la Force à la manière des chevaliers impériaux, et le prouverait une fois de plus cette fois-ci. Ainsi, elle ferma les yeux, et l'exercice commença.
Comme avant, elle parvenait à sentir ce qui trouvait à l'intérieur de la grotte avec plus ou moins de clarté. Toutefois, le premier caillou qu'elle perçut ne fut pas grâce à la Force, mais grâce à la maigre douleur due à l'impact sur son front.
Bien qu'ayant subi un premier échec, la Voss ne se laissa pas aller. L'une après l'autre, la présence des pierres flottant autour d'elle devint peu à peu plus claire. Et cette fois-ci, elle sentit effectivement le mouvement du roc qui se dirigeait vers elle. Malheureusment, elle le sentit à peine trop tard pour que sa main ne l'attrape. Ses doits se refermèrent sur du vide et la pierre percuta sa poitrine.
Ce n'était rien. Avoir du mal au début était logique. Nul doute que Korax rencontrait des difficultés similaires. L'aspirante refit le vide une fois de plus. Maintenant qu'elle sentait les pierres autour d'elle, elle focalisa son attention sur elles afin de percevoir les changements de directions. Tout ce qui importait, c'était de rester calme.
Soudain, un bruit de tonnerre gronda au loin, ce qui fit perturba l'espace d'une seconde la concentration de la jeune Voss. Ce maigre instant fut suffisant pour qu'elle ne parvienne pas à anticiper l'un des cailloux avant que celui-ci ne la touche.
Son esprit était clair, mais elle s'était laissée déconcentrer par un élément extérieur. Elle devait rester alerte pour que cela ne se reproduise plus. Heureusement, le fait de s'attendre à entendre à nouveau le grondement de la tempête l'aida à rester calme lorsqu'elle l'entendit de nouveau, et pu se focaliser sur les rocs sans problème. Lorsque le suivant bougea, elle était déjà prête. D'un geste vif, elle saisit la petite pierre en plein vol. Ses doigts se refermèrent autour, et parcoururent la surface rugueuse du minéral. La satisfaction la gagna. Elle avait réussi. Elle parvenait enfin à...
L'aspirante n'eut même pas le temps d'achever sa pensée qu'une autre pierre la heurta dans le flanc. Sa première victoire lui avait fait baisser sa garde malgré elle. Rena-Ja soupira silencieusement du fait de ses échecs répétés. Elle devrait pourtant y arriver sans trop de difficultés. Décidément, elle avait bien du mal à se concentrer et à faire le vide, plus qu'elle ne voulait l'admettre en tout cas.
Auparavant, elle n'avait aucun mal à rester concentrée même pendant de longues périodes. Mais depuis qu'elle avait rejoint l'Impérium, ce n'était plus aussi simple pour elle. La raison n'était pas difficile à comprendre. Le changement brusque d'environnement la perturbait au plus haut point. Ce n'était pas juste parce que sa vie d'avant lui manquait, mais aussi parce qu'elle manquait de repères dans cette nouvelle vie. Un tel problème ne pourrait se résoudre qu'avec le temps et l'habitude.
Cette impression d'être revenue au point de départ était générale, d'ailleurs. C'était comme si elle était soudainement redevenue une enfant à qui on devait inculquer même les choses les plus simples. Mais au fond, n'était pas le cas ? Pratiquement rien de ce qu'elle avait pu apprendre sur sa planète d'origine ne lui était utile désormais. Sans aucune base sur laquelle se reposer, elle devait tout assimiler depuis le début. Mais ce n'était pas pour autant assez pour la décourager.
Elle voyait enfin plus clair, baisser les bras maintenant n'aurait aucun sens. Elle savait au fond d'elle-même qu'elle y parviendrait. trois cailloux lui foncèrent dessus en même temps, depuis des directions diverses. Tout en restant parfaitement calme, elle s'empara des deux premiers avec ses mains. Le dernier se dirigea tout droit vers son front, mais s'arrêta en plein quelques millimètres avant, pour repartir dans l'autre sens, en direction de Barristan. L'aspirante n'avait aucun doute qu'il l'arrêterait sans problème, mais il s'agissait là pour elle de lui montrer qu'elle pouvait maîtriser cet exercice.
Rena-Ja se rendit alors compte qu'elle venait d'effectuer une poussée de Force sans y mettre trop de puissance. Ce n'était plus uniquement de l'instinct, elle commençait à doser l'énergie qu'elle utilisait pour manier la Force. C'était bien entendu perfectible, mais la jeune femme sentait qu'elle commençait peu à peu à appréhender, et pas uniquement manier, la Force comme les chevaliers.
Oui, peut-être était-elle une enfant, dans cet Impérium dont elle ne savait toujours presque rien. Mais telle une enfant, elle apprendrait vite. -
Post n°18
Auteur : Korax EndatoménèsKorax ferma les yeux. La tempête continuait de gronder autour de lui. Il n’arrivait pas à percevoir précisément son environnement, cependant les changements et les mouvements qui s’y passaient lui apparaissaient avec une grande clarté.
L’exercice lui paraissait donc simple : empêcher les graviers lancés par son maitre de l’atteindre. Il se dit que les arrêter serait un jeu d’enfant, après tout, il voyait clairement leur mouvement. Il réfléchit alors à la manière de les renvoyer sans projeter une violente vague de Force. Il était perdu dans ses pensées lorsqu’un petit caillou vint s’écraser sur sa joue.
Irrité par cette interruption, l’écuyer attendit le moindre mouvement pour se concentrer et faire traverser la Force à travers sa main. La vague balaya le sol entre lui et le vieux chevalier. Et le jeune humain reçut un petit morceau de pierre sur le nez.
Le ridicule de la situation lui arracha un rire. Il avait tenté de repousser une attaque qui ne lui était pas destinée avant de se faire toucher comme un bleu. Il se concentra à nouveau.
Il sentit un rocher se soulever et attendit patiemment cette fois-ci d’être sur qu’elle se dirigeait bien vers lui puis tendit la main pour l’attraper. Mais ironiquement, sans ses yeux il peinait à coordonner ses mouvements et le gravier passa à quelques centimètres de sa main.
Il attrapa le suivant, mais celui d’après percuta sa main après qu’il l’aie refermée. Et le petit manège continua pendant un moment jusqu’à ce qu’il soit capable de tous les attraper.
Il songea alors à les attraper en utilisant la Force. Il visualisait les petits rochers que le maitre d’armes faisait léviter et concentra son esprit pour faire ralentir ceux qui se dirigeaient dans sa direction. Le premier s’écrasa sur ses jambes. Au fur et à mesure, les cailloux ralentissaient plus tôt et tombaient entre l’apprenti et le maitre.
Il se sentait désormais capable de les renvoyer. Alors il arrêta un gravier et le fit accélérer dans l’autre sens. Il était revitalisé par la réussite… Et un caillou sur son épaule le fit revenir à la réalité.
La suite de l’exercice le vit doucement renvoyer de plus en plus de petits cailloux avant qu’il réussisse à les renvoyer tous. Il était à présent complètement coupé du monde et ne percevait qu’a travers la Force, concentré à renvoyer tout ce qui s’approchait de lui.
Il avait enfin réussi à entrer dans un véritable état de méditation. Une transe qui apaisait son esprit et lui permettait de calmer un peu ses émotions sans les enfouir au plus profond de lui. Cela lui serait certainement utile pour éviter de perdre le contrôle à la moindre occasion. Il continua ainsi jusqu’à la fin de l’exercice en se demandant toutefois s’il serait capable d’entendre les prochaines paroles de son maitre, étant perdu comme il l’était dans son for interieur. -
Post n°19
Auteur : HivernusLe début de l’exercice apparaît difficile pour les deux jeunes élèves. lls peinent dans un premier temps à trouver la paix intérieure qui les aidera à se plonger au plus profond des méandres de la Force… Et les petits morceaux de roche qui viennent les percuter semblent mettre à rude épreuve leur patience. Mais au bout du compte, Korax et Rena-Ja prouvent qu’ils ont en eux ce qu’il faut pour maîtriser les bases de cet exercice. Persévérants, les deux apprentis finissent par se montrer attentifs aux moindres mouvements, sons et frémissements qui les entourent et parviennent finalement, après d’âpres efforts, à renvoyer les cailloux flottants vers le vieux maître d’armes. Barristan esquisse l’ombre d’un sourire, satisfait.
Pendant près de deux heures, le natif de Yaga Minor et sa jeune comparse s’entraînent ainsi dans la maîtrise de la Force, profitant de l’expérience et des enseignements du commandant pour parfaire leur approche. Ayant obtenu de ses deux élèves des résultats encourageants, l’homme se permet enfin de leur accorder une pause.
- Vous avez bien travaillé… Je suis fier de vos progrès. J’ai connu des apprentis bien plus lents… Et d’autres moins bien patients. Mais vous avez su faire preuve de sagesse et de ténacité. Cela vous servira bien, n’en doutez pas. Indique l’impérial en souriant à ses jeunes camarades. Mais pour l’heure, il n’est pas utile de vous pousser dans vos retranchements et de vous épuiser. Reposez-vous, mangez un morceau et profitez de cet état de flottement pour vous débarrasser de tout ce qui est superflu dans votre esprit.
Loha invite Korax et Rena-Ja à venir partager un repas chaud autour d’un bon feu de camp. Les deux apprentis sont accueillis chaleureusement par leurs frères et sœurs d’armes, rassemblés en arc de cercle autour du foyer improvisé. L’esprit est bon enfant, chacun cherchant à divertir l’assemblée à sa façon. Une indigène vient servir des repas chauds aux jeunes gens. La viande d’un animal local, servie dans une sauce aux herbes aromatiques, est accompagnée de baies des bois dont leurs camarades semblent raffoler.
Les sorcières, piquées de curiosité, se mêlent à cette joyeuse bande de chevaliers impériaux afin d’en apprendre plus sur les étranges guerriers aux armures pourpres. Les histoires des uns se mêlent aux informations des autres… Et tous s’accordent à dire, parmi les soldats de l’Impérium, que les mythes étranges des clans de Dathomir sont à la fois terrifiants et passionnants à écouter. Alors que la tempête persiste à frapper dehors avec une force impressionnante, l’ambiance au sein de la grotte apparaît sympathique. Dans ce refuge de fortune, ce moment de chaleur apparaît suspendu dans le temps… On en viendrait presque à oublier l’animosité qui règne entre impériaux et indigènes, ou les nombreux dangers qui rôdent sur Dathomir.
Adossé contre une paroi rocheuse, une main enfouie dans sa barbe hirsute, le vieux chevalier impérial laisse ses compagnons profiter de cet instant de convivialité. Son regard se pose sur les flammes dansantes du feu de camp et ses yeux brillent alors d’une lueur étrange. Plongé dans ses pensées, l’homme semble presque assoupi. Il sort de son sac une vieille pipe en bois qu’il vient bourrer d’herbes odorantes, la porte à ses lèvres et l’allume à l’aide d’un briquet qui a bien vécu. La fumée colorée qui se dégage bientôt du brûle-gueule semble devenir le centre d’attention secondaire de Barristan. Le commandant souffle de temps à autre sur cette brume improvisée, cherchant à y dessiner quelques formes attrayantes. L’homme trouve en cette activité sordide une sorte de refuge apaisant… Et ses pensées les plus sombres s’envolent rapidement.
Keu vient apporter un bol de soupe à son vieux compère, passant au travers de l’épais nuage de fumée en toussant un bon coup.
- Je ne me ferai jamais ce crache-fumée qui te sert de pipe… Ni même aux curieuses odeurs qui semblent faire ton bonheur… Soupire le natif d’Eriadu en tendant le repas chaud à son comparse. Mange donc. Ce sera toujours plus sain que tes herbes hallucinogènes. Et plus nourrissant.
- J’imagine que tu n’as pas quitté la chaleur réconfortante du feu de camp dans l’unique but de me railler... Répond Barristan, un léger sourire aux lèvres.
- On ne peut rien te cacher. J’ai tenté de contacter Base Rancor… Sans y parvenir. La tempête doit perturber nos fréquences.
- Hmm. Je peux comprendre tes inquiétudes, Keu. Nous avons vécu de sacrées choses sur cette fichue planète… Mais restons lucides. Nous sommes coincés ici jusqu’à ce que cette tempête se dissipe. Nous prendrons des nouvelles de nos camarades plus tard. Fait remarquer le vieux chevalier impérial. Et puisque la nuit va bientôt tomber, je juge plus pertinent de poursuivre notre voyage demain. J’en ai suffisamment vu en quelques jours pour savoir que traîner la nuit dans les bois, avec toutes sortes de saloperies qui rôdent dans l’obscurité, serait une bien mauvaise idée. Fais passer le message aux autres. Je prendrai le premier tour de garde.
- Comme tu voudras, Barristan.
L’épéiste émérite offre une tape amicale à son aîné puis retourne se réchauffer auprès du feu, informant ses camarades de la décision de leur commandant.
- Suite de la réponse en dessous - -
Post n°20
Auteur : Hivernus- Première partie de la réponse au-dessus -
Lorsque les deux jeunes apprentis se réveillent le lendemain matin, aux premières lueurs de l’aube, la grotte apparaît bien silencieuse… Et particulièrement vide. Il ne reste plus que Loha et Keu, encore endormis et blottis sous les fourrures qui leur servent de couverture, et Gahéris, qui attise les cendres encore chaudes du feu de la nuit pour raviver quelques flammes. Lorsqu’elle constate le réveil de ses deux acolytes, la rouquine leur indique à l’aide d’un index posé sur ses lèvres de faire attention au bruit.
- Nos altesses impériales ont besoin de repos pour conserver un teint frais. Il serait mal vu de les réveiller avant l’heure… Sauf si vous êtes prêts à vous coltiner des heures de plaintes incessantes. Chuchote-t-elle, un sourire moqueur au coin des lèvres. Mangez un bout. Le lait est encore tiède et il s’accorde très bien avec les baies des bois… Un vrai délice.
La native de Corulag tend à ses jeunes camarades deux bols remplis de fruits frais et les invite à venir les asperger de lait.
- Prenez le temps de manger et de vous réveiller… Mais ne tardez pas trop non plus. Les autres sont partis s’entraîner dans une clairière proche et je pense qu’ils seront ravis de vous avoir comme partenaires de combat. Indique la rouquine.
Gahéris donne d’ultimes indications aux apprentis une fois leur petit déjeuner englouti, puis les laisse s’aventurer de leur propre chef dans les bois. La clairière n’est qu’à quelques minutes de marche du refuge, si bien qu’il semble aisé de s’y rendre malgré l’épaisse végétation et un sentier sinueux. A l’orée des bois, dans une petite plaine dégagée, les silhouettes familières de Barristan et Hunbaut apparaissent enfin. Le vieux chevalier impérial s’entraîne en compagnie de la cheffe des guerrières du clan de la Rivière Folle sous le regard de leurs comparses.
Ayant troqué leurs armes habituelles pour des bâtons, les deux adversaires s’affrontent avec beaucoup d’entrain. Le commandant de la force expéditionnaire, en dépit de son âge, n’en demeure pas moins un combattant dangereux. Il manie son bout de bois avec beaucoup d’adresse et allie volontiers sa force brute à sa grande dextérité. En face, la sorcière s’adapte aux assauts du maître de Korax en faisant preuve d’une agilité surprenante. Les deux individus se livrent ainsi à une sorte de danse guerrière où les coups pleuvent dès que l’un ou l’autre ose faire un pas. Esquives et parades se succèdent avec beaucoup d’élégance et la puissance des frappes semble sublimer ce combat amical.
Voyant Korax et Rena-Ja se porter à sa rencontre, Hunbaut se permet une petite boutade.
- Nos traînards se décident enfin à rejoindre la danse ! A la bonne heure… J’espère que vous êtes requinqués comme il se doit car vous aurez à montrer vos talents de danseurs une fois que notre commandant aura mis sa raclée à notre amie du clan de la Rivière Folle. Déclare le Zabrak en venant serrer les avant-bras de ses comparses à la façon des chevaliers impériaux.
L’alien invite les deux jeunes apprentis à observer le combat avec beaucoup d’attention. La guerrière native de Dathomir semble prendre le dessus le temps de quelques instants. Elle passe au travers de la garde du vieux chevalier, le frappe à la poitrine puis à la jambe, le contraint à reculer. Elle commence alors à relâcher sa vigilance, certaine de sa victoire. Barristan apparaît vulnérable et affaibli. Mais il n’en est rien.
La sorcière se lance dans un nouvel assaut, le dernier pense-t-elle. Elle renouvelle ses attaques, parvient à toucher son adversaire à la poitrine, puis à le désarmer en venant le frapper aux mains. Elle baisse sa garde, sûre et certaine d’avoir acquis la victoire. Mais elle se trompe. Barristan dévoile enfin sa ruse et se rue en avant, fonçant droit sur elle. Son crâne vient percuter de plein fouet le nez de l’indigène, qui tombe à la renverse, secouée. Le bas du visage ensanglantée, la guerrière ne tarde toutefois pas à se relever afin de ne pas perdre la face devant ses consoeurs. Le combat reprend alors.
Ayant l’avantage de la portée pour elle, munie d’une arme alors que son adversaire en est privé, la cheffe de la petite troupe d’indigènes reprend ses assauts furieux. Les attaques terminent dans le vide, ou finissent bloquées par les gantelets en cortosis du chevalier impérial. Elle se fatigue en vain. Puis le coup de grâce vient enfin. Une frappe circulaire rate le commandant, qui s’abaisse habilement. L’homme réplique avec violence, son pied venant frapper le genou de l’assaillante alors qu’il bloque à l’aide de ses bras puissants le retour de bâton. La sorcière du clan de la Rivière Folle s’écroule une nouvelle fois, frappée de douleur… Et ne se relève pas, la botte du vieux maître d’armes posée sur sa gorge.
La guerrière accepte sa défaite, un sourire déçu aux lèvres. Barristan l’aide à se relever, et les deux adversaires se saluent avec respect avant de rejoindre le reste de la bande.
- J’ai bien cru que tu avais ton compte, à un moment… Heureux de m’être trompé. Lance Hunbaut.
- Souviens-toi, mon frère… Souviens-toi. Lorsque tu n’as pas d’arme, deviens ta propre arme ! Et surtout… Fais en sorte de ne pas être trop prévisible si tu veux garder l’avantage. Répond le maître de Korax, avant de se tourner vers ses deux jeunes acolytes. Alors, prêts à prendre une rouste les enfants ? Vous allez affronter en équipe deux des guerrières du clan de la Rivière Folle. N’y allez pas de main morte mais soyez sur vos gardes. Ce sont de redoutables combattantes et elles ne vous feront pas de cadeau ! Travaillez en équipe, surveillez vos arrières et peut-être aurez vous une chance de les vaincre.
Les bâtons distribués et les adversaires désignées, Korax et Rena-Ja doivent désormais se préparer au combat. Le vieux chevalier impérial s’éponge le front et boit un coup. Son regard est rivé sur ce duo improbable d’apprentis. Sauront-ils le surprendre ?
- HRP - Petit entraînement avec les sorcières du clan de la Rivière Folle. Elles sont plus puissantes que vous mais je vous laisse quand même la possibilité de les battre, de manière réaliste bien sûr ! - -
Post n°21
Auteur : Korax EndatoménèsLorsque Korax ouvrit les yeux, il était étrangement reposé. Malgré que la tempête grondait au dehors, il était plus calme, presque serein. Il resta là, quelques secondes, le regard dans le vide, à contempler le calme de la grotte. Ensuite, il se leva.
Il rejoint ses camarades et les indigènes, occupés à préparer un repas chaud. Il semblait désormais clair que le petit groupe allait passer la nuit ici. Le jeune humain déposa son casque et le remplaça par une paire de lunettes avant de s’asseoir aux côtés de ses frères d’armes. L’ambiance était moins animée qu’au camp, sans les deux clowns attitrés de l’escadron Gris. Il remercia vivement la sorcière qui lui apporta un bol de soupe avant de lui demander sa recette. L’autochtone à la peau grise lui répondit avec enthousiasme. Elle s’appelait Vadel’ma et partageait avec lui l’amour de la bonne chair.
Ils passèrent la soirée à échanger des recettes et autres conseils de cuisson. ils allèrent ensuite se coucher dans les lits de fortune faits de la peau d’animaux locaux. Après ses diverses expériences avec la faune locale, l’écuyer savourait cette petite victoire sur cette planète où tout semblait vouloir vous tuer. Malgré son absence de fatigue, il s’endormit vite, peut-être bercé par le battement régulier de la pluie. Il eut un sommeil sans rêve.
Lorsqu’il s'éveilla, la seule chose qu’il parvint à distinguer était la chevelure rousse de Gaheris. Il mit ses lunettes et se rapprocha des braises. La matinée était fraîche mais l’orage semblait avoir cessé. Il remercia chaleureusement sa sœur d’armes de leur avoir préparé un petit déjeuner et se moqua gentiment d’elle en la désignant comme la mère du groupe.
Qui allait-il devoir affronter ce matin ? Hunbaut ? Ou les locales ? Il ne connaissait pas le style de combat du Zabrak et dût se contenter de préparer un plan contre les sorcières de Dathomir. Premièrement, il devait être toujours prêt à leur envoyer une poussée de Force pour qu’elles ne puissent pas utiliser leur pouvoir. Ensuite, leur mobilité et leur agilité allaient être un problème. En effet ce n’était certainement pas son point fort. Il devrait se servir de sa grande taille pour les maintenir à distance et ainsi créer une zone d’exclusion pour permettre à la jeune Voss combattant à ses côtés de moins subir de pression.
Il sortit de ses pensées lorsque Rena-Ja se leva. Il en fit de même, échangea ses lunettes contre son casque et récupéra sa cape qui avait eu le temps de sécher durant la nuit. Il se dirigea alors vers la clairière. On pouvait y entendre les clameurs du combat et les encouragements des spectateurs.
Alors qu’ils arrivaient, un duel faisait rage entre son maître et l'aînée des guerrières. Celui-ci semblait au désavantage du vieux chevalier mais finit comme tous les duels dans cette configuration, par la victoire du barbu qui avait toujours plus d’un tour dans son sac.
Il avait bien fait de se préparer à un combat contre les Dathomiriennes car Vadel’ma et Man’sikka se trouvaient face aux deux apprentis, bâtons en main. La première avait une longue branche en main et s’en servait comme d’une lance et la seconde une plus courte, plus semblable à un glaive. La lance le gênait, car il perdait alors son avantage de portée. Il attrapa alors une autre longue branche dont il retira les ramifications à l’aide de son sabre laser. Il s’en servirait comme une arme d’hast en utilisant les deux bouts pour garder ses adversaires à distance et riposter par de puissantes attaques de taille.
Et le combat débuta. Il peinait à se concentrer sur les deux adversaires en même temps. Elles lui tournaient autour comme des moustiques et s’élançaient dans toutes les ouvertures de sa garde. Elles avaient compris qu’il était le plus dangereux et ne voulaient pas lui laisser le temps de riposter. L’aspirante faisait ce qu’elle pouvait pour les attaquer mais ils reculaient inexorablement.
Il profita d’une attaque de la combattante à la lance pour rentrer dans sa garde avant que sa partenaire ne réagisse et lui mit un bon coup d’épaule avant de devoir se retourner en catastrophe pour parer tant bien que mal une taille verticale et remercia intérieurement son maître pour l'entraînement de la veille.
Il se concentra pour faire passer une vague de Force à travers son bras organique mais n’entendit pas son autre adversaire dire une incantation alors qu’elle faisait face à la jeune Voss. Il se trouva alors projeté la tête la première dans le buisson où il venait d’envoyer son autre adversaire. Un corps-à-corps confus s’engagea où chacun se rendait coup pour coup. Il finit par être jeté de la masse de feuillage d’un bon coup de pied. Man’sikka lui sauta alors dessus, mais Korax se concentra et sentit le flot de la Force glisser le long de son bras et la jeune femme fit un vol plané à travers la clairière.
Les membres endoloris, il se releva avec difficulté alors que les indigènes se concentraient sur la jeune femme à la peau rouge. Impuissant, le natif de Yaga Minor la vit tomber à la renverse et alors que le combat semblait fini il attira vers lui un bâton situé derrière les deux Dathomiriennes qui furent déséquilibrées. Saisissant l’occasion, l’écuyer se jeta sur elles pour les maintenir au sol. Elles durent alors abandonner sous la menace du bâton de Rena-Ja.
Les quatres combattants restèrent quelques secondes au sol pour souffler. la phase active de l’engagement n’avait duré que deux minutes, trois tout au plus mais l’effort avait été intense. -
Post n°22
Auteur : Rena-JaAprès ces deux premiers tests, Rena-Ja et Korax eurent droit à plusieurs autres exercices. Il fallait reconnaître à Barristan son sens de la pédagogie : il savait repérer les lacunes des deux apprentis et les aider en conséquence. Pendant les deux heures qui suivirent, ils s'exercèrent en suivant ses conseils. Quand il fut finalement temps de faire une pause, la Voss souffla légèrement. C'était certes éprouvant, mais elle sentait que son appréhension nouvelle de la Force commençait à s'améliorer. Avec le temps, elle pourrait la manier avec la même aise que ses comparses chevaliers. En parlant d'eux, ils s'étaient réunis autour d'un feu, et les deux plus jeunes furent invités à y prendre part. Bien que peu intéressée, elle s'y rendit avec Korax. En s'asseyant, Rena-Ja s'attendit à voir le Grand Maître les rejoindre, mais celui-ci préféra la quiétude d'un coin tranquille non loin, où il s'occupait l'esprit en fumant. Peut-être était-ce dû à son âge avancé, ou bien simplement son caractère. Dans tous les cas, la jeune Voss ne s'en mêlerait pas.
Du côté du feu de camp, les discussions allaient bon train. Les chevaliers n'avaient aucun mal à fraterniser entre eux, et même les sorcières autochtones se joignirent vite aux festivités. Chacun parlait de sa culture, de légendes de sa terre natale, et même pour certains, de cuisine. Tous, sauf elle. Elle avait été clair la nuit dernière : seul son devoir comptait à ses yeux, inutile de faire ami-ami avec eux. Si elle n'avait pas été particulièrement ferme en le disant - était-elle seulement jamais ferme -, elle espérait tout de même que le message était passé. Visiblement, pas assez aux goûts de certains. En voyant la jeune humanoïde muette comme une Carpe Fine, ce fut Loha qui l'interpella pour lui demander comment était la vie sur sa planète. Aussitôt, une bonne partie des paires d'yeux présentes se tournèrent vers elle. Rena-Ja hésita d'abord. Loha devait savoir à quoi ressemblait Voss, au moins un petit peu. Il était vrai que les impériaux étaient constamment gardés hors de Vosska, mais tout de même... Ou alors, elle avait autre chose derrière la tête. Lorsqu'elle lança un regard furtif dans la direction de la chevaleresse, cette dernière avait un sourire sur le visage. Une sorte de plaisanterie, peut-être ? Non, il y avait sans doute autre chose. Cherchait-elle à amener la Voss à s'ouvrir à ses compagnons malgré tout ?
L'aspirante retint un soupir et, n'ayant pas vraiment le choix, se mit à leur parler de son monde natal. Les paysages vallonneux et boisés aux couleurs d'or, la foi inébranlable des Voss, les horribles Gormak, la simplicité de la vie à Voss-ka... Quand elle eut finit, un sentiment étrange l'habita. Une sorte de légère tristesse, concernant à la fois sa planète et son ancienne vie. Les deux lui manquaient terriblement. C'était... de la nostalgie. Elle secoua la tête, tentant d'oublier cette sensation désagréable. Après le repas, elle partit se coucher immédiatement, afin d'être le plus reposée possible et pour éventuellement s'apaiser l'esprit.
Le lendemain, Rena-Ja se réveilla entourée par de nombreuses couches vides. Elle se leva rapidement, suivie de près par Korax. Tous deux acceptèrent un petit-déjeuner de la part de Gahéris, de qui ils apprennent qu'un autre entraînement les attendait. Sans non plus se presser, la jeune Voss avala sa nourriture assez rapidement et laissa son compagnon finir lui aussi. Équipée de son arme et de son arme, elle était déjà prête pour le départ. Peu de temps après, les deux jeunes gens marchèrent jusqu'à la clairière indiquée par Gahéris. Garristan affrontait une des sorcières, tous deux armés de bâtons, tandis que Hunbaut et les autres autochtones observaient en silence. Lorsqu'il les remarqua, le Zabrak ne put s'empêcher de lâcher une plaisanterie aux apprentis. Malheureusement, l'humour et le second degré n'étaient pas le point fort de l'aspirante. La blague passa complètement au-dessus de sa tête, qui la prit au pied de la lettre et crut qu'ils étaient effectivement attendus depuis un moment. Elle s'inclina alors simplement, inconsciente du quiproquo qui venait de se jouer.
"Excusez-nous pour notre retard."
Korax et elle purent être témoins du reste du combat, et notamment des impressionnantes capacités physiques de Barristan. Le vieil homme n'avait pas besoin d'un sabre pour se défendre, loin de là. Ce fut même à mains nues qu'il termina le combat, à se demander s'il n'était pas encore plus fort sans arme qu'avec. Il faut dire qu'il avait la carrure pour, un corps large d'épaule et musclé, presque aussi imposant que celui d'Yvain. En comparaison, le physique de la Voss laissait clairement à désirer. Ce n'était pas du haut de son maigre mètre soixante-six et avec ses bras fins qu'elle allait pouvoir accomplir de telles prouesses. Et très franchement, elle n'était pas sûre que le meilleur entraînement du monde puisse lui donner des capacités de ce genre.
Une fois ce combat-là achevé, c'était à leur tour. Tout comme le vieux barbu, ils allaient devoir se frotter à des sorcières. Rena-Ja comprit qu'elle avait amené son arme pour rien. Mais en voyant Korax se servir de son sabre pour écorcher une branche et s'en faire une arme d'entraînement, elle fit de même avec sa vibrolame, et prit position avec une "épée" de bois. Se remémorant les explications de Keu deux jours plus tôt à propos des formes de combat, elle prit une posture plus défensive. La "Praetora Ishu", si sa mémoire était bonne. Korax était le plus fort des deux, elle lui laissait logiquement l'attaque.
Hunbaut donna le top départ, et l'affrontement put commencer. Au début, ça se passerait relativement bien. La Voss défendait son partenaire comme elle pouvait face aux assauts de ces guerrières expérimentées, même si leur propre offense laissait à désirer. Puis, d'un coup, Korax s'avança en exploitant une faille d'une des attaquantes et rompit la formation. Rena-Ja se retrouva seule, sans pouvoir le défendre, et elle-même exposée. L'écuyer parvint à envoyer l'une des deux femmes dans des buissons alentours, mais connut le même sort après que l'autre ait récité quelques mots ? Était-ce les fameuses formules dont on lui avait parlé durant le voyage ?
Désormais, l'aspirante était seule face à son ennemie. Chaque coup était plus difficile à parer que le précédent, et sa garde fut vite mise à mal. Pire encore, Korax renvoya son adversaire dans l'autre sens, qui une fois remise assaillit Rena-Ja avec sa comparse. En moins d'une demi-minute, elle chuta, et crut que le combat était fini pour elle. Ce fut sans compter sur Korax, qui une nouvelle fois usa de la Force, cette fois pour envoyer un bâton dans les jambes des indigènes pour les faire chuter, avant de les plaquer au sol le temps que sa partenaire se relève. Cette dernière mit son bâton face aux deux femmes, qui furent forcées d'abandonner.
Lâchant son arme d'entraînement, la Voss souffla un bon coup. Elle n'avait pas été très utile, en fin de compte, au mieux avait-elle été une distraction pour permettre à Korax de neutraliser les sorcières. Korax... Elle lui jeta un regard du coin de l'oeil tandis qu'il se relevait, couvert de poussière. Pourquoi avait-il rompu la formation comme ça, sans prévenir ? Les Chevaliers Impériaux étaient sensés combattre en duo, non ? Et cette manière de combattre... c'était de l'improvisation pure et dure. Certes, ils avaient gagné, mais pour ce qui était de la forme, ce n'était pas très glorieux. L'humanoïde se tourna alors vers les deux chevaliers, incertaine de ce qu'ils pensaient de cette prestation assez chaotique. -
Post n°23
Auteur : HivernusBarristan observe le combat avec beaucoup d’attention. Il passe une main dans sa barbe hirsute, visiblement perplexe. Korax est trop agressif. Il agit à l’instinct, ne prend pas le temps d’évaluer la situation, de l’exploiter à son avantage. L’affrontement tourne au pugilat, prend une tournure chaotique. Les coups sont distribués à tour de bras, sans méthode particulière. Rena-Ja apparaît débordée et son manque d’entraînement, d’expérience, lui fait clairement défaut dans une telle situation. Lorsque le combat s’achève finalement sur une victoire des apprentis chevaliers, le vieux maître d’armes se retient bien d’exprimer sa joie. Son visage n’évoque rien de bon, demeure fermé. Il n’est pas content du résultat.
- Quel bazar sans nom… Soupire le commandant. Si ce combat avait été réel, vous n’en seriez pas sorti vivants. Korax, tu as laissé ta partenaire sans défense. Et tu t’es volontairement mis en danger pour atteindre ton objectif. Si ces guerrières avaient été vos ennemies, que se serait-il passé ? Rena-Ja aurait été tuée. Et toi, Korax, tu aurais probablement pu triompher de tes adversaires… Mais à quel prix ? Dans un sale état et en ayant sacrifié ta partenaire ? Je suis déçu.
L’homme marque un temps de pause, se massant les tempes d’une main nonchalante comme pour tenter d’effacer la frustration qui semble poindre dans son esprit.
- Il vous reste encore beaucoup à apprendre, à maîtriser, à perfectionner. J’en suis conscient. Poursuit le chevalier impérial. Mais le temps manque. Un dernier combat se prépare… Une dernière épreuve qu’il nous faudra affronter ensemble. Je le sens. Nous devons veiller les uns sur les autres, combattre comme si nous ne faisions qu’un. La Chevalerie Impériale est une grande famille et lorsque nous nous battons, c’est en groupe que nous sommes plus dangereux. Soyez semblables à une meute de prédateurs… Prenez le temps d’observer votre proie. Identifiez son point faible, communiquez l’information, coordonnez vos efforts. Et frappez. Ensemble. Et si l’attaque semble présenter trop de risques, il est plus judicieux de rester sur la défensive ou de battre en retraite.
Barristan sourit doucement, offrant à ses deux ouailles une petite tape amicale sur l’épaule. Il leur tend une gourde d’eau.
- Buvez un coup. Et prenez deux minutes pour souffler. Nous partons bientôt pour le village du clan de la Rivière Folle et nous allons devoir mettre les bouchées doubles avant qu’un nouvel orage ne pointe le bout de son nez. Je ne compte pas me faire surprendre par une nouvelle tempête.
Le vieux maître d’armes s’isole ensuite en compagnie de la cheffe des indigènes afin de discuter des préparatifs pour le départ, laissant la Voss et le natif de Yaga Minor entre les mains de l’expérimenté Hunbaut. Le Zabrak profite de ce bref instant de repos pour donner quelques conseils aux jeunes gens afin qu’ils puissent se montrer plus efficaces au combat lorsqu’ils auront un vrai danger à affronter ensemble. Puis vient l’heure de rejoindre le reste du groupe afin de récupérer les paquetages.
Capes sur les épaules et sacs sur le dos, les chevaliers impériaux quittent ainsi le confort rudimentaire de la grotte pour poursuivre leur périple dans la forêt. Ils suivent les guerrières de la Rivière Folle, marchent sur des sentiers empruntés par des générations de sorcières, traversent des paysages constitués de buissons verts, de fougères rouges, de végétaux aux veines colorés, d’arbres aux feuillages sombres… Dathomir est un endroit étrange et plein de couleurs, un lieu obscur mais intriguant. Une planète faite de nuances et de contrastes.
Hunbaut profite de cette excursion en pleine nature pour se lancer dans une sorte d'exposition botanique qui s’adresse d’abord et avant tout à Rena-Ja et Korax. Il leur parle ainsi des bénéfices que l’on peut retirer de certaines espèces de plantes mais également les dommages irrémédiables qu’elles peuvent causer si elles sont mal utilisées. Il raconte ensuite l’usage sinistre qui est fait de ces végétaux par les terribles clans de Soeurs de la Nuit, de la corruption qu’elles apportent. De l’équilibre qu’elles bousculent. Le temps passe. Les heures défilent. Le groupe s’enfonce toujours plus loin dans la forêt. Une pause est accordée. Puis la marche reprend son cours.
Loha, qui ferme la marche en compagnie de sa jeune élève, en profite alors pour lui parler de la Chevalerie Impériale, lui explique plus en détail le rôle de ses chevaliers. Elle l’introduit aux devoirs sacrés de ses frères et soeurs d’armes, d’abord envers l’Impérium qu’ils ont juré de servir fidèlement, puis envers leurs camarades qu’ils se doivent d’assister en toute circonstance, et finalement envers la galaxie qu’ils ont promis de défendre coûte que coûte face aux dangers qui menacent son existence.
Après une demie journée de marche, le groupe atteint finalement les abords d’un petit village enclavé au milieu de la forêt. Là, au bord d’une rivière agitée, nichent en effet quelques dizaines de huttes construites à partir de bois mort, de branchages divers et de paille. La clairière est suffisamment grande pour abriter toute une communauté de sorcières. Certaines parcelles sont utilisées pour cultiver du riz, qui semble se plaire dans cet environnement marécageux, tandis qu’ici et là, plusieurs troupeaux de créatures ressemblant fortement à des sortes de cochons (mais avec des têtes de rongeurs) sont parqués dans des enclos et broutent paisiblement. Ce sont principalement les hommes et les enfants qui travaillent dans les champs ou au bord de la rivière, les femmes se contentant de les observer de loin, armes à la ceinture ou à portée de main.
Voyant arriver des étrangers dans leur village, plusieurs de ces sorcières s’approchent doucement. On peut lire sur leurs visages une certaine méfiance, ou de l’appréhension. Il y a une sorte de tension sous-jacente qui commence à poindre le bout de son nez parmi la communauté du clan de la Rivière Folle. La cheffe de la petite troupe indigène ayant escorté les chevaliers impériaux se tourne vers Barristan, confiante malgré tout.
- Notre mère vous attend, Wilhelm Barristan. Suivez-moi.
- Je vous suis. Répond simplement le vieux maître d’armes avant de s’adresser à ses camarades. Loha, avec moi. Les autres, essayez de vous faire une place parmi ces villageois. Voyez s’ils n’ont pas besoin d’aide, tentez de gagner leur confiance… Rendez vous utile. Hunbaut, je compte sur toi pour veiller au grain.
- Chef oui chef !
Le commandant s’éloigne donc en compagnie de Loha et de la cheffe des guerrières, se dirigeant vers une sorte de forteresse bâtie sur une petite île isolée au milieu de la rivière. Ceinturé par une muraille de pierres grossières et quelques rangées de pieux en bois, le centre du pouvoir local n’est en réalité qu’un vieux tumulus sur lequel poussent quelques arbres centenaires aux racines imposantes. Plusieurs reptiles volants, imposants par la taille, nichent dans les branches épaisses de ces géants endormis ou tournoient au-dessus d’eux, tels des protecteurs vigilants.
Hunbaut, en tant que natif de Dathomir, n’a aucun mal à rassurer les indigènes sur la présence de chevaliers impériaux au sein de leur communauté. Plusieurs d’entre elles s’intéressent aux mâles du groupe, commentent à voix basse sur leur possible utilité en tant que reproducteurs et esclaves pour le clan. D’autres, encore méfiantes, préfèrent se tenir à l’écart, voyant d’un mauvais œil la venue de ces étrangers originaires du ciel.
Keu se voit proposer par une belle et jeune sorcière de visiter sa couche, ce qu’il refuse bien évidemment, embarrassé et rouge comme une crevette. Gahéris explose de rire, se moque de son frère d’armes gentiment en lui faisant remarquer son manque de courage soudain. L’autre se renfrogne, marmonne quelque chose, s’empourpre d’autant plus, visiblement gêné. Plusieurs indigènes trouvent cette timidité attachante et n’hésitent pas à le faire savoir au natif d’Eriadu. Une main vient glisser sur ses fesses tandis qu’une autre se pose sur le plastron de son armure, le contraignant à fuir. Le chevalier impérial est alors poursuivi au sein du village par une horde de jeunes donzelles qui cherchent à faire de lui le père de leurs enfants.
- Ah ! Le meilleur bretteur de la Chevalerie Impériale a fière allure ! Regardez le ! Si vaillant face à l’adversité ! S'esclaffe la rouquine.
- Je ne sais pas… Tu aimerais être vue comme un bout de viande ? Commente Hunbaut, amusé.
- Hmm… Peut-être pas. Mais je ne suis pas Keu. Il n’y a donc aucun risque !
La réponse arrache un sourire au Zabrak. Un groupe d’enfants paniqués vient soudainement interrompre cet instant d’hilarité. Un troupeau de rats-cochons, tels qu’ils sont surnommés par Hunbaut, s’est échappé d’un enclos en bousculant au passage leur gardien, un vieil homme qui a fini emporté par les eaux traîtres de la rivière.
- Je m’occupe du vieillard ! Gahéris, Korax, Rena-Ja, rassemblez les bêtes ! Il est temps de montrer au clan de la Rivière Folle que nous venons en amis.
Quelque chose semble avoir fait paniquer ces paisibles créatures… Mais quoi ?
- HRP -
Il y a une vingtaine de ces bêtes à rattraper. Elles sont agitées et certaines n'hésiteront à pas à vous charger si elles se sentent en danger. L'endroit est plutôt marécageux. Il y a quelques ponts en bois, ici et là, pour permettre le passage d'une parcelle à une autre. Mais vous aurez probablement à récupérer quelques bêtes dans la fange... Bon courage ! Et vive la Chevalerie Impériale ! -
Post n°24
Auteur : Rena-JaÉcoutant les paroles de Barristan, Rena serra les lèvres. Il était évident que ce combat était plus que brouillon, même pour une débutante comme elle. Le vieux chevalier ne fut d'ailleurs pas tendre avec son apprenti, lui reprochant son impulsivité et sa négligence envers sa partenaire. Il n'avait pas tort : en combat réel, la jeune Voss serait sûrement déjà morte, et nul doute que son intrépide compagnon aussi. Pourtant, elle était assez surprise de ce revirement soudain de style de combat. Durant leurs entraînements précédents, il s'était montré bien plus concentré et précis dans ses mouvements, dans la lignée de ce que lui avaient montré les chevaliers chargés de sa formation. Mais là, c'était l'opposé total. Aucune forme, aucune posture propre. Il n'avait tout de même pas régressé en une journée, si ? Il devait y avoir une autre explication. Peut-être était-ce un excès d'hubris, ou bien quelque chose qui le perturbait d'une quelconque manière. Dans tous les cas, il devrait y remédier aussi vite que possible. D'autant que le maître de Korax semblait sentir qu'un combat allait se produire dans un avenir proche. Bien qu'elle ne parvenait pas à sentir quoi que ce soit d'autre que l'atmosphère oppressante de la planète, Rena-Ja n'avait pas de raison de douter du vieil homme. Et s'il disait vrai, elle préférait avoir un partenaire prêt à couvrir ses arrières le moment venu. Malgré cela, elle n'en voulait pas à l'écuyer pour autant. Il avait fait des erreurs, comme elle en faisait à chaque entraînement. Ils étaient encore en apprentissage, après tout. Finalement, elle s'approcha de lui, et dans un élan, si ce n'est de sympathie, au moins de respect, lui tendit la main pour l'aider à se relever.
Après un court moment de répit, la troupe entama son périple vers le village des autochtones. Sur le chemin, elle eut droit à plusieurs "cours" improvisés : tout d'abord, Hunbaut consacra une partie du trajet à expliquer les divers effets des plantes, locales mais aussi d'autres mondes, de leurs bienfaits comme de leurs dangers. Puis, un peu plus tard, ce fut Loha qui prit la jeune femme à parti pour exposer plus en détails leurs devoirs en tant que Chevaliers impériaux. Elle insista notamment sur la loyauté indéfectible envers l'Imperium ainsi qu'envers leurs confrères et consœurs. Rena-Ja l'écouta silencieusement, mais en son for intérieur, elle n'était pas habitée des mêmes idéaux. Sa loyauté actuelle envers cet empire était avant tout par devoir, de même que celle qui la liait à ses frères et sœurs d'armes. Sa foi et son cœur étaient dédiés à Voss, et Voss seule. C'était pour l'avenir de son monde qu'elle était ici. Si elle était amenée à devoir choisir entre son peuple et ses nouveaux compagnons, elle n'hésiterait pas une seconde. Ce n'était pas de la haine qu'elle ressentait envers, mais plutôt de l'indifférence. Cependant, leurs capacités de guerriers forçaient le respect. Si elle ne pouvait dire être loyale envers eux ou leur cause, elle pouvait leur témoigner cela.
Après plusieurs heures, le village était à portée de vue. Le groupe se hâta sur les derniers mètres, et arriva enfin à destination. Les habitations étaient assez rudimentaires, les sorcières ne possédant visiblement pas ou peu de technologies avancées. L'attention se porta vite sur les impériaux, dans un mélange de curiosité et de méfiance. Ces réactions, Rena-Ja les connaissait bien. C'était ainsi que les Voss avaient accueilli la délégation impériale lors du tout premier contact. Elle ne pouvait que trop les comprendre. Mais cette fois, il y avait une différence majeure : elle faisait partie des étrangers. Elle était une intruse, une envahisseuse. Une de ceux qui allaient perturber l'ordre des choses sur ce monde d'une manière ou d'une autre. On ne pouvait faire plus ironique. Mais c'était également une opportunité pour sa mission. Elle allait pouvoir observer au plus près comment l'Imperium traitait les populations des planètes visitées. Si les impériaux tentaient d'imposer leur volonté par la force, ou si une alliance avec l'Imperium s'avérait néfaste pour les dathomiriens, cela affecterait très négativement le jugement que devrait rendre la jeune femme. Nul doute que les Trois banniraient tous les impériaux du sol Voss sans hésiter. En somme, c'était un moment décisif pour l'avenir de son peuple. Rena-Ja se tenait donc prête à observer chaque fait et geste de ses camarades. Barristan fut vite appelé à parlementer avec la "mère" du village, probablement leur cheffe. Il demanda à Loha de l'accompagner, tandis que le reste allait devoir faire son possible pour gagner la confiance des habitants. Hunbaut, natif de la planète, ne semblait pas avoir de mal dans cette tâche. Keu, quant à lui, adopta malgré lui une tactique pour le moins unique. Visiblement, un certain nombre de femmes du village lui trouvait un certain intérêt, et le fier guerrier se retrouva bien vite assailli de toute part, et dû s'enfuir, ses nouvelles admiratrices à ses trousses. Depuis son arrivée sur Dathomir, Rena-Ja avait été sous sa tutelle pour tout ce qui touchait au combat, et il l'avait impressionnée par ses capacités. Elle serait rappelait encore du combat face à elle et Korax. Malgré leurs efforts, il les avait défaits avec une aise certaine. Mais le voir fuir à toutes jambes face à une horde de femmes excitées contrastait quelque peu avec l'image qu'elle s'était fait de lui. C'était même assez... comique. Les autres chevaliers étaient tout simplement hilares, et même la Voss ne put rester impassible. Sans qu'elle s'en rende compte, un sourire se dessina sur le visage de l'aspirante à la vue de cette situation irréelle.
L'amusement fut toutefois de courte durée. Tout à coup, plusieurs enfants accoururent en panique, plusieurs des bêtes en captivité s'étaient échappées, et l'homme chargé de leur surveillance était tombé à l'eau. Ne perdant pas une seconde, Hunbaut se lança à son secours, laissant aux autres impériaux la charge de ramener les animaux. Gahéris acquiesça immédiatement et partit à leur poursuite, et Rena-Ja se mit à la suivre une seconde plus tard.
Pour des créatures aussi trapues, elles étaient remarquablement agiles. Aussitôt libres, elles avaient foncé dans les marais, avançant rapidement malgré la boue environnante. Vu leur nombre, il semblait plus sage de se séparer pour les retrouver plus rapidement. La Voss se mit à courir après un des animaux plus petit que les autres. Toutefois, dès son premier pas, sa botte s'enfonça dans la vase presque jusqu'au genou, manquant de la faire trébucher. Pour ajouter à ça, l'odeur était immonde. Intérieurement, elle priait pour qu'il n'y ait rien d'autre que de la boue... La course-poursuite, si on pouvait l'appeler ainsi, prit plusieurs bonnes minutes, le petit cochon-rat échappant à la jeune femme plusieurs fois. Finalement, elle arriva à l'acculer dans un cul de sac, et se prépara à l'attraper. Soudain, un autre cochon plus massif surgit de nulle part et faucha Rena-Ja en lui fonçant dans les jambes. Prise par surprise, elle tomba sur le dos en plein dans la vase visqueuse, faisant un gros "Splouch !". La Voss sentait le liquide sale sur tout l'arrière de son corps et de sa tête. Pour se relever, elle voulut se retourner et s'appuyer sur ses bras. Mais quand elle entreprit de faire, le petit cochon, paniqué et déterminé à fuir, lui bondit sur le dos, ce qui la fit replonger tête la première. La bête sauta de l'aspirante et détala à nouveau. La Voss sortit la tête et recracha la vase qui s'était infiltrée dans sa bouche, écœurée. Si seulement elle avait un casque, comme Korax... Une fois debout, elle s'essuya le visage comme elle put, se secoua pour enlever un peu de boue et repartit. Un peu après, elle retrouva la trace du petit animal. La course-poursuite reprit, et Rena était sur le point de l'avoir, cette fois. Mais il arrivait à maintenir une distance raisonnable. Alors, elle tenta une approche plus osée, digne de l'Écuyer de Yaga Minor. D'un coup, elle se jeta sur lui, les bras en avant, et parvint à le saisir tout en s'écrasant une nouvelle fois dans la fange. Bien que dégoutée, elle se releva avec la créature qui s'agitait dans ses bras, et se dirigea vers l'enclos. Elle le déposa à l'intérieur et respira quelques instants. Plusieurs bêtes avaient été capturées, elle en comptait six, mais le plus gros restait à faire. Elle espérait juste que ses compagnons s'en sortaient mieux qu'elle.
Une fois repartie, elle arpentait les marais à la recherche d'une nouvelle cible, quand elle remarqua au loin un cochon, et juste derrière lui se trouvait Keu, visiblement à sa poursuite. Il avait dû remarquer ses camarades chevaliers et s'était décidé à les aider. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Car une seconde plus tard, jaillirent les femmes qui étaient à sa poursuite. Décidément, ces indigènes étaient tenaces. Keu courait tant bien que mal, mais dans la panique, son pied coinça le pan de sa cape, le faisant chuter magnifiquement. Le temps qu'il se relève, les sorcières étaient déjà à son niveau, et tout ce qu'entendit Rena en se retournant fut un cri étonnamment aigu. Elle s'en voulait un peu de le laisser à son sort, mais la mission actuelle était plus importante. Et puis, peut-être qu'il finirait par apprécier ça, qui sait.
A force de chercher, la Voss finit par se retrouver face à un cochon assez massif, et visiblement en rogne. Il avait arrêté de fuir et était prêt à chasser quiconque l'approchait trop près. Cela n'arrêta pas la Voss, bien décidée à le ramener à sa juste place. Les deux se faisaient face, comme un si un duel entre les deux se préparait. D'un coup, la bête chargea, tandis que l'aspirante esquiva sur le côté. Les deux se frôlèrent, et la jeune femme tenta de saisir son adversaire pour le prendre à bout de bras. Malheureusement, celui-là était bien plus lourd, et la maigre carrure de Rena-Ja n'était pas suffisante pour le soulever. Le cochon-rat en profita pour la faire lâcher en s'agitant comme un damné, si bien qu'elle se retrouva à côté, sur les fesses. L'animal se prépara à la charger de nouveau, et elle ne put que mettre sa main devant elle pour se protéger. Elle attendit une seconde, puis deux, mais rien. En ouvrant les yeux, elle vit qu'il s'était arrêté, et semblait plus calme, bien qu'il gémissait de temps à autre. Elle mit quelques instants à comprendre. Avait-elle... usé de la Force sans s'en rendre compte ? Tout en gardant sa main tendue, elle avança de quelques pas, et l'animal reculait sans la quitter des yeux. La jeune femme tenta de rester concentré sur lui, et le mena lentement jusqu'à l'enclos, où il alla de lui-même. Une fois la porte close, elle relâcha sa prise. Les sorcières autour d'elles la regardèrent, l'air quelque peu impressionné.
Pendant un long moment, la traque continua. Rena-Ja put ramener quelques animaux de plus, mais elle n'avait pas fait le plus gros du travail. Finalement, après de nombreux efforts, tous les animaux étaient de nouveau dans leur enclos. La chevalerie impériale, quant à elle, ne payait pas vraiment de mine. Apprentis comme chevaliers confirmés étaient couverts de boue, de la tête (ou le casque) aux pieds pour certains. La chasse aux cochons avait été terrible, et personne ne faisait le fier à l'heure actuelle. Seul Keu manquait à l'appel, et Rena-Ja n'était pas sûre de le revoir de sitôt. Les sorcières du village étaient tiraillées entre les remerciements et les rires incontrôlés. On ne pouvait malheureusement pas leur donner tort, les impériaux étaient sûrement très drôles à voir tels qu'ils étaient. Tandis qu'elle s'asseyait pour se reposer, complètement lessivée après cette escapade, la Voss vit une enfant l'approcher avec une serviette qu'elle lui tendit. L'aspirante acquiesça en guise de remerciement et la prit, se nettoyant le visage puis la tenue autant que possible. A défaut d'être présentable quand Barristan reviendrait, elle ne serait pas la plus ridicule de la troupe. -
Post n°25
Auteur : Korax EndatoménèsLe jeune homme baissa la tête, il avait encore déçu son maître. Il était trop habitué à combattre seul des ennemis plus forts que lui, à réagir à l’instinct pour diminuer son temps de réaction. Il allait falloir s'entraîner plus dur encore pour intégrer ses connaissances à ses réflexes. Il resta silencieux. Il était passablement agacé, surtout contre lui-même. Il n’aimait pas l’échec, et encore moins le sien. Il brisa sa lance de fortune en deux et jeta les deux morceaux derrière lui, dans la forêt. Les retardataires arrivèrent bientôt, et le convoi put se remettre en marche vers son mystérieux objectif.
Il fermait la marche et suivait distraitement le groupe. Il était perdu dans ses pensées. Il se remémorait chaque mouvement et chaque attaque pour imprimer dans son esprit une réponse satisfaisante. Ne pas se laisser surprendre. Ne pas improviser tout le temps. Ne pas perdre sa discipline. Autant de règles qu’il devait intégrer.
Puis il laissa son esprit dériver et son côté rêveur reprit le dessus. Il pensait aux forêts de son monde natal où il appréciait randonner. Elles étaient moins hostiles, plus pacifiques. Les espaces qui ressemblaient le plus à l’endroit dans lequel passait les chevaliers devaient être les forêts de conifères du nord. Ces vastes étendues boisées étaient entrecoupées de lacs et de marécages et pullulaient d’insectes nuisibles l’été. Malgré cela, il appréciait les vacances au chalet familial, situé au bord d’un lac. Il y faisait moins chaud l’été que sur le reste de la planète. Il repensa aux parties de pêche dans une vieille coquille de noix en sirotant des boissons fraîches. Ces pensées lui faisaient regretter d’être parti de sa planète. S’il n’avait rien dit sur sa sensibilité à la Force, il travaillerait certainement aux chantiers spatiaux et pourrait profiter d’une bière fraîche au bord du lac en compagnie de sa sœur.
L’arrivée au village des autochtones le fit sortir de sa rêverie. Il s’agissait d’une clairière où se trouvaient des maisons sur pilotis semblables au chalet de sa famille.
Espérons qu’ils aient une bonne boisson locale bien fraîche
Des pontons reliaient les bandes de terre entre elles et des cultures étaient placées ça et là. Barristan et Loha se dirigèrent alors vers la hutte de la matriarche tandis que les autres devaient aider le village comme ils pouvaient. C’est alors que Keu fut assailli par des jeunes sorcières souhaitant se reproduire avec lui. Korax ricana même s’il était un peu frustré qu’aucune sorcière ne lui ait proposé quoi que ce soit. La vue de la silhouette rouge courant à travers le village lui fit toutefois relativiser son manque de succès.
Des cris attirèrent alors l’attention des chevaliers. Des bêtes s’étaient échappées de leur enclos et partaient dans toutes les directions. Ordre fut donné de les ramener.
Adieu ma boisson fraîche…
Après tous ces combats et épreuves, il devait maintenant jouer les éleveurs. Il soupira, détacha sa cape et alla l’étendre sur un fil à linge. il remplaça ensuite le cristal de son sabre laser par le cristal d’entraînement et commença à se diriger d’un pas décidé vers un cochon qui pataugeait dans un marécage. Voyant que Rena-Ja était déjà partie de son côté, il interpela la rouquine:
-Gaheris ! Occupe toi de ceux qui sont sur la terre ferme, je vais tenter de rabattre ceux qui sont dans la boue.
Il courut pour se placer derrière le sanglier et alluma son sabre pour lui faire peur. Cela fonctionna, cette fois ci. Il parvint à le diriger tant bien que mal vers la terre ferme où sa sœur d’armes vint l’aider à le parquer à nouveau. Il se dirigea alors vers le suivant, le dépassa et se plaça devant lui. Mais celui-ci ne s’arrêta pas et l'écuyer fit un soleil avant de s’étaler dans la boue. Ces créatures étaient dangereuses, elles lui rappelaient des animaux similaires sur sa planète natale. Ils étaient l’un des plus grand dangers des forêts de Yaga Minor. Ils étaient plus petits mais se déplaçaient en bande. Ils fonçaient tout droit et s’ils vous faisaient tomber, alors ils vous mangeaient. Il se releva et essuya la visière de son casque d’un revers de la main. Il poursuivit l’animal et lui donnait quelques coups de sabre pour lui faire changer de direction. En effet, la lame jaune issue de son cristal d’entrainement ne provoquait que de légères brulûres, suffisantes pour faire réagir les animaux sans les blesser.
Ces sales bêtes le firent finir un nombre incalculable de fois sur les fesses. il dut même en projeter quelques-unes avec une vague de force lorsqu'elles étaient trop têtues. Ah, ils avaient fière allure, les chevaliers dont l’armure était désormais plus brune que rouge.
Couvert de boue et passablement fatigué, le jeune humain se laissa tomber dans la rivière pour rincer son armure. Un fois que sa couleur rouge prédomina de nouveau, il se dirigea vers ses camarades lorsque l'éclat d’une armure rouge à l’entrée d’une hutte attira son attention.
-Alors, on se cache, Chevalier ? railla-t-il.
-Chut, elles vont me trouver si tu restes là, j’ai réussi à leur échapper en sautant d’un pont.
-C’est vrai que tu es tout autant couvert de boue que nous autres. Tu aurais peut-être dû accepter la proposition de la première, ça t’aurait évité un tas de tracas. Et puis je ne suis pas sûr que le chef apprécie de te voir tirer au flanc.
-Je ne tire pas au flanc, je me planque, nuance. Répondit le natif d’Eriadu, vexé.
-Bon je te laisse à tes donzelles…
Korax repartit vers ses camarades alors que l'escrimeur jetait des coups d’oeil paniqués autour de lui. L’écuyer changea son cristal, remis sa cape et enleva son casque pour pouvoir interagir plus directement avec les locaux, au risque de finir comme son camarade épéiste. De plus, sans l'anonymat de son casque, il se sentait beaucoup moins à l’aise. -
Post n°26
Auteur : HivernusL’air du tumulus est lourd, chargé d’une masse invisible qui reste sur les épaules. Ses pierres sont froides. Ses murs sont recouverts de gravures et de peintures. Différentes niches, creusées dans la roche, servent de présentoirs pour des bougies ou les crânes de quelques ancêtres. Divers talismans sont suspendus aux racines qui passent au travers du plafond. Le tintement organique du bois de ces grigris, ballottés d’un côté sur l’autre par un léger filet d’air frais, ajoute une touche de mysticisme à cet endroit déjà bien étrange. De nombreux rituels ont été réalisés ici, entre ces vieilles pierres. Des rituels dont la nature échappe encore à Barristan et Loha.
Au centre de la pièce, trois silhouettes illuminées par la chaleur d’un feu. Trois sorcières d’un certain âge, qui jettent de petits os et des herbes dans le foyer, font brûler de l’encens en psalmodiant. Elles mènent une sorte de chant de protection destiné à garantir la sécurité du village et de ses habitants. Les deux chevaliers impériaux s’installent en silence de l’autre côté du feu. Ils se contentent d’assister à la fin du rituel sans rien dire, respectant les coutumes locales, prenant note de ces étranges pratiques. Il y a beaucoup à apprendre des sorcières de Dathomir, c’est certain… Mais Barristan n’est pas totalement à l’aise avec ces manies. Il n’a jamais été un grand adepte des rituels, quels qu’ils soient. Il se souvient des rites obscurs auxquels se sont livrés les Sith durant l’ère de l’Empire. Des dommages qu’ils ont causés. Et des sortilèges lancés par Famine au sein de la Commanderie.
Il inspire doucement, comme pour se détendre. Loha remarque sa nervosité, pose une main rassurante sur sa cuisse, calme ses craintes à l’aide de la Force. Le vieil homme se tranquillise, remercie sa sœur d’armes d’un signe de tête. Le chant des sorcières prend bientôt fin. Les voix se taisent. Le regard de Thenel Ko se pose sur le maître d’armes. Le visage de la matriarche du clan de la Rivière Folle inspire bienveillance et douceur… Et il se dégage de son sourire sincère une beauté solaire.
- Wilhelm Barristan, vous êtes venu…
- Il fallait s’y attendre non ? Nous avons encore beaucoup à accomplir ensemble. Surtout en ces heures incertaines. Répond le maître d’armes, un sourire au coin des lèvres.
- Oui… C’était écrit dans les étoiles.
Les yeux de la sorcière se dirigent tranquillement vers Loha. La jeune femme sent le poids de son regard sur elle. La matriarche essaie-t-elle de la sonder, de découvrir ce qu’il se cache dans son cœur ?
- Voici Loha, de Brentaal IV. Le reste de nos compagnons doit être en train de faire connaissance avec vos villageois.
- Ah oui… Vous avez bien fait de venir nombreux, Wilhelm Barristan. Je sens un grand danger planer sur nous. Avoue Thenel Ko en jetant une nouvelle touffe d’herbe dans le feu. Vos chevaliers impériaux auront un rôle à jouer. C’est certain… Car nos destins sont liés, unis dans l’adversité. Et par la volonté de la Force.
- Les voies de la Force sont impénétrables… Et bien mystérieuses. Commente Loha, perplexe.
La réflexion semble amuser la matriarche du clan de la Rivière Folle et ses deux comparses. Les vieilles sorcières ont leurs secrets… Et elles s’en amusent. Dathomir est leur monde et elles en connaissent sa nature profonde. Elles entretiennent une sorte de relation symbiotique avec leur planète, avec sa flore, sa faune.
- C’est en partie vrai… Mais il suffit d’écouter. Et de voir. Pour comprendre… Indique Thenel Ko. Pas au sens littéral du terme, bien sûr. C’est plus profond que cela. Plus intime.
Ses yeux reviennent vers le commandant. Ils brillent d’une lueur étrange que Barristan n’explique pas, qu’il ne comprend pas.
- Wilhelm Barristan voit des choses. Il les sent… Mais il doute.
- Vous avez raison, Mère Ko. Nous avons vaincu la mère Esmsyl et ses forces. Mais je ressens encore sa présence… Elle est faible, presque imperceptible… Mais bien là. Elle plane, comme une menace de fond. Et je crains ses intentions.
- De sages paroles. Et une intuition juste. Esmsyl se réclame de l’héritage de la terrible Gethzerion. Les défaites successives l’ont affaibli… Mais elle demeure puissante et déterminée à imposer son point de vue sur l’ensemble des clans. Nous ne sommes pas assez fortes pour nous opposer à elle. Mais vous l’êtes, Wilhelm Barristan. Et si vos chevaliers impériaux sont au moins aussi bons que vous, alors nous avons une chance de sauver Dathomir, de ramener l’équilibre et la paix parmi les clans.
- Au nom de l’Impérium, soyez assurée que nous nous battrons jusqu’à la mort pour préserver la prospérité de votre clan, Mère Ko. Fait remarquer Loha.
Thenel Ko se tourne vers ses deux consoeurs, qui lui sourient doucement tout en acquiesçant de la tête. Le clan de la Rivière Folle s’est fait un allié de taille. Wilhelm Barristan et ses chevaliers impériaux sont prêts à combattre pour les filles de Dathomir. Et l’espoir d’un avenir plus lumineux semble se dessiner dans leur esprit.
Crottés et trempés de la tête aux pieds, les chevaliers impériaux font presque pitié à voir. Les villageois semblent mitigés sur l’attitude qu’ils doivent adopter. Certains se moquent gentiment de leur allure misérable, toujours un peu timides face aux soldats, quand d’autres se contentent de les remercier chaleureusement. Ils ont sacrifié leur dignité pour ramener le bétail dans son enclos et en cela, les fiers représentants de l’Impérium ont marqué quelques points. La méfiance à leur égard diminue. Et plusieurs membres de cette petite communauté invitent déjà les chevaliers impériaux à partager la chaleur d’un bon foyer afin de réchauffer leurs vieux os, leur proposent des vêtements secs et propres le temps que les leurs sèchent.
Barristan et Loha reviennent du tumulus en compagnie d’une poignée de sorcières. A leurs côtés, Thenel Ko. Le clan de la Rivière Folle se rassemble autour de sa matriarche. Il y a dans son regard une étincelle de joie, mais également une lueur inquiète. Seul son sourire accueillant permet de rassurer les siens.
- Le clan de la Chevalerie Impériale a accepté de combattre à nos côtés. Nous affronterons l’adversité ensemble. Et Dathomir pourra bientôt recouvrer sa tranquillité. Telle est la voie. Déclare la vieille sorcière. Réjouissez vous ! Et fêtons cette nouvelle amitié comme il se doit.
Les indigènes célèbrent la nouvelle comme il se doit. Un grand banquet est annoncé. Les hommes du clan s’empressent déjà de préparer le repas. Barristan se tourne vers ses camarades, constate que l’un d’entre eux manque à l’appel. Il fronce les sourcils.
- Où est donc passé Keu ?
- Il a fait forte impression auprès des femmes du village… Il doit être planqué quelque part, à attendre qu’elles se lassent de lui courir après. Indique Gahéris, moqueuse.
La remarque fait rire le vieux chevalier. Loha sourit. Ils imaginent probablement le meilleur épéiste de la Chevalerie Impériale en difficulté face à quelques prétendantes et le simple fait de se représenter la scène les divertit clairement.
- C’est dommage. Il aurait pu marquer quelques points en jouant les jolis cœurs. La diplomatie n’est clairement pas son fort. Soupire la native de Brentaal IV.
- Hmm. Pas si sûr. Nous avons peut-être fait une erreur en prenant Keu avec nous. Répond à sa suite Hunbaut, se frottant le menton. Les sorcières de Dathomir ont pour coutume de s’affronter lorsqu’elles veulent réclamer un mâle qui est contesté. Imaginez un peu ce qu’il se passera si nos jeunes amies décident de se battre pour récupérer Keu…
- Une bagarre générale... Souffle la rouquine, un sourire amusé aux lèvres.
- Je vais ordonner à nos guerrières de laisser votre ami tranquille. De respecter les chevaliers impériaux comme des égaux, et non de les traiter comme des objets de convoitise. Intervient Thenel Ko. Cela étant, je peux comprendre leur enthousiasme… Notre clan aurait beaucoup à gagner à se reproduire avec des chevaliers impériaux. Je n’ose imaginer la puissance que des enfants issus d’une telle union pourraient avoir.
La suggestion ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. L’intérêt que les sorcières peuvent avoir pour les mâles de la Chevalerie Impériale semble renouvelé. Plusieurs femmes murmurent à voix basse, regardent dans la direction de Korax et Hunbaut, se mettent à rire. Elles ont bien quelques idées en tête. Le Zabrak donne un coup de coude complice à l’écuyer de Barristan.
- Fais attention à toi, Korax. Conseil d’ami… Et évite de boire dans le verre de ces donzelles. Sauf si tu tiens à te réveiller dans une hutte, nu et ligoté.
La remarque fait rire Gahéris et Loha. Quelques enfants, craintifs mais curieux, viennent entourer Rena-Ja. Ils s’interrogent sur son apparence étrange, sur sa couleur de peau, sur ses yeux bizarres de “mouche” comme ils les appellent.
Le village s’anime doucement. Ordre est donné de retrouver Keu avant le début des festivités. Puis vient l’heure du repas, des jeux, des chants et des danses… Et alors que chacun profite de l’ambiance bon enfant, Barristan porte son regard vers l’horizon. Il ressent une perturbation dans la Force, une agitation subtile et insidieuse. Il sait que la mère Esmsyl les observe discrètement. Et lorsque le moment viendra, elle lancera contre eux une nouvelle tempête. La dernière.
Celle qui décidera du sort des clans de Dathomir.
- HRP -
C'est la fête au village ! Vous avez carte blanche pour profiter des festivités comme il se doit. Après cela, l'ambiance sera clairement moins chaleureuse alors profitez en pour vous amuser !