Au-delà du regard plane le mystère [SUITE]
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Post n°5
Auteur : HivernusHivernus se permet d’esquisser l’ombre d’un sourire, probablement amusé par les remarques de son camarade Drall. La petite boule de poils ne manque visiblement pas d’entrain. Tant mieux. Il lui en faut pour affronter les mercenaires du Syndicat Tenloss…
- Votre enthousiasme est plaisant à voir, major Rek’kar. Et je constate que vous êtes du genre perspicace… Bien. C’est assurément une bonne chose. Indique le Chiss. Pour infiltrer l’ennemi, il faut savoir agir et penser comme lui. Je me suis donc arrangé pour nous faire passer pour un groupe de mercenaires actuellement sans emploi, la compagnie d’acier. Il se trouve que nous avons déjà trouvé un employeur… Et pas des moindres.
L'humanoïde à peau bleue pianote à nouveau sur la console. Une holo projection d’un humain dans la force de l’âge, drapé dans de précieux atours, apparaît alors. Une petite barbe bien taillée vient ceinturer le bas de son visage creusé tandis qu’un turban richement décoré recouvre le dessus de sa tête. Les yeux de l’homme sont remplacés par deux implants cybernétiques d’excellente confection, qui lui donnent un air vicieux et menaçant.
- Voici Marko Vey, notre nouveau mécène. C’est un homme très puissant dans le secteur Anoat. Il est à la tête d’un conglomérat d’entreprises et pourrait, selon les renseignements collectés par mes agents, bénéficier de l’appui du Syndicat Tenloss… Ou serait tout du moins en affaires avec certains de ses plus influents représentants. Poursuit le seigneur de la guerre. Il s’agirait, selon toute vraisemblance, d’un individu rusé et dangereux, usant de moyens douteux pour obtenir ce dont il a besoin. Je ne doute pas un instant qu’un tel individu serait capable de découvrir tout subterfuge qui ne serait pas assez développé. La prudence est donc recommandée… Une nouvelle identité vous sera fournie pour les besoins de cette opération.
Le Chiss transfert plusieurs fichiers sur un bloc de données qu’il remet ensuite à Rek’kar.
- Voici les détails de mission. Il ne reste désormais plus qu’à faire de vous un mercenaire convaincant… Mais nous aurons tout le temps du trajet pour ça. En vient à conclure l'humanoïde à peau bleue en se tournant vers le poste de pilotage. Allez vous installer dans la soute. Vous y serez à votre aise et pourrez consulter vos nouveaux dossiers en toute tranquillité.
Le Drall parti, le seigneur de la guerre se replonge dans de vieux automatismes militaires en procédant aux vérifications d’avant-vol. Après un démarrage des systèmes effectué au quart de tour, Hivernus se lance dans une série de contrôles procéduriers. Systèmes d’armement : Ok. Senseurs : Ok. Boucliers : Ok. Module des communications : Ok. Systèmes moteurs : Ok. L’ensemble des systèmes étant au vert, le Chiss prend ensuite contact avec les contrôleurs de vol afin de demander l’autorisation de décoller. Après avoir obtenu le droit de quitter le hangar, l'humanoïde à peau bleue manœuvre doucement son vaisseau afin de le faire sortir en délicatesse du ventre de l’immense bête d’acier.
La navette de la classe Lambda s’éloigne doucement de l’armada de la Grande Moff Ashe. Les puissants destroyers de son escorte poursuivent leur sinistre déambulation, dissimulés dans l’ombre d’une planète inhabitée. Après un instant de dérive dans l’espace sidéral, puis un calcul de trajectoire, le transport disparaît finalement dans les étoiles. Installé derrière le cockpit, le Chiss observe les astres filer à toute allure de part et d’autre de la navette de confection impériale. Un brin de nostalgie s’empare doucement de lui, à son plus grand étonnement. Le seigneur de la guerre se laisse retomber lourdement dans son siège et inspire un grand coup, un sourire en coin.
Il est vrai qu’il n’a guère connu une telle sensation de légèreté depuis des années. Ce sentiment de liberté à voler parmi les étoiles lui rappelle volontiers ses premiers pas hors de l’Ascendance Chiss. Hivernus, qui avait alors en ce temps un nom différent, aurait pu mal vivre son exil. Et ce fut sûrement le cas lors d’un bref instant. Mais il avait su rebondir et s’adapter rapidement. L’officier de la marine impériale à qui on l’avait confié était devenu, au fil du temps, une sorte de figure paternelle… Un mentor. Il n’avait pas su prendre pleinement conscience de la chance qu’il avait d’avoir été, durant un instant, l’élève privilégié du capitaine Talbot. Il avait préféré la vie intrépide à bord d’un cockpit de chasseur TIE aux enseignements éclairés d’un officier plus lucide que la moyenne, considérant qu’il s’agissait là du seul moyen pour lui d’échapper au système répressif et violent dans lequel l’Empire formait ses recrues.
Le seigneur de la guerre n’a compris que trop tard, des années après, le sens caché des enseignements de son vieux mentor. Les idées du capitaine Talbot ont mis du temps à germer dans son esprit. Avec du recul, le Chiss se rend compte qu’il n’avait pas l’ouverture d’esprit nécessaire pour comprendre les enjeux liés à son affection à bord du Résolu, sous la tutelle d’un officier aussi visionnaire que talentueux. Son jeune alter-ego avait pris pour une punition le refus d’un poste au sein de la chasse impériale. Piloter un engin était alors sa seule raison de vivre. Il n’avait pas particulièrement bien vécu ce refus, même s’il s’était rapidement fait à sa nouvelle affectation. Il ne comprenait alors pas la chance qu’on lui offrait… Un poste pour lequel on l’avait personnellement choisi. Il avait eu la chance d’évoluer dans le monde ordonné et exigeant de la puissante marine de guerre impériale, puis dans le royaume nébuleux des intrigues politiques et des missions secrètes.
Aujourd’hui, le voilà désormais maître de son destin, commandant de sa propre armada, souverain d’un domaine qui grandit peu à peu et semble prendre en puissance, et libre d’aller où bon lui semble dans la galaxie… Il n’est plus question d’un jeune pilote originaire des Régions Inconnues rêvant de voler pour l’Empire. Il n’est plus cet individu là. Aujourd’hui, Hivernus est un seigneur de la guerre redouté, un souverain éclairé, un unificateur conciliant. C’est du moins ce qu’il aspire à être…
Il a conscience que l’accomplissement de son projet, celui voulu par son défunt mentor, sera le travail de toute une vie. Mais Talbot avait raison de croire en lui. Il avait vu en lui un grand potentiel. Le jeune Drevan’as’hawan n’avait pas été capable de voir plus loin que le bout de son nez. Et l’intrépide Nash Futhark n’avait guère fait mieux, malgré certaines avancées. Hivernus, au contraire, a pleinement pris connaissance des faits et sait ce qu’il a à faire. Et s’il ne peut aller au bout de son projet, alors un autre prendra sa place afin de perpétuer l’héritage d’un officier impérial qui vaut la peine qu’on se batte pour lui…
Deux heures plus tard…
Le seigneur de la guerre quitte le cockpit entièrement transformé. L’uniforme noir est laissé au placard, échangé pour une armure de combat entièrement personnalisée. Portées au-dessus d’une combinaison étanche, les différentes pièces d’armure sont peintes dans différentes nuances de vert ou de gris et pourvues de motifs rappelant les écailles d’un dragon. Deux gantelets en beskar, probablement munis de gadgets divers et variés, ornent les poignets de l'humanoïde à peau bleue. Un casque de scout trooper décoré de façon à ressembler à la tête de la mythique créature cracheuse de feu, glissé sous le bras droit, et un jetpack viennent compléter l’équipement utilitaire et défensif du Chiss. L’arsenal offensif apparent, pour sa part, se restreint à deux blasters Westar-34 glissés dans des holsters de jambe.
Ainsi paré, Hivernus ressemble bel et bien au portrait que l’on se fait du redoutable seigneur de la guerre qu’il aspire à être. Il n’a plus l’apparence fragile et frêle de l’officier impérial qui s’est présenté devant la Grande Moff Ashe quelques heures plus tôt… Et la prothèse de jambe rudimentaire qui servait à le traîner péniblement d’un endroit à un autre a visiblement été remplacée par un prototype articulé intégré directement dans l’armure. Fantôme, son compagnon canin, se tient silencieusement à ses pieds. Le chien cyborg suit en effet son maître à la trace, refusant de se passer de son agréable présence.
L'humanoïde à peau bleue pose d’abord son regard embrasé sur le modèle LOM à la carlingue noire striée de blanc. Le temps de quelques battements de cœur, le Chiss ne peut s’empêcher d’examiner le droïde sous tous ses angles, probablement dans le but d’étudier sa conception et d’évaluer ses possibles capacités militaires. Un léger sourire vient lentement étirer ses lèvres.
- Augmentations militaires… Très intéressant… Un modèle modifié. Un cadeau des services de renseignements impériaux peut-être ? A moins qu’il ne s’agisse d’un don de la Grande Moff… Commente le seigneur de la guerre, intrigué. Oui… Tout cela est définitivement très intéressant. Il me tarde de voir cet automate en action.
Toujours immobile, il rive ensuite son regard de feu sur la petite silhouette du Drall.
- J’espère que vous avez eu le temps de prendre connaissance de notre nouveau dossier, major Rek’kar. Poursuit alors Hivernus d’une voix parfaitement modulée. Notre employeur nous a désigné une mission prioritaire… Nous devons rejoindre Mijos afin d’assurer la sécurité d’un convoi prioritaire. Par chance, nous ne sommes qu’à quelques parsecs de notre nouvelle destination.
Le Chiss marque un léger instant de pause, avant de continuer.
- Avant de rejoindre le reste de notre équipe sur place, j’aimerai avoir votre avis sur notre “généreux” mécène. La Grande Moff Ashe semble apprécier vos analyses alors je ferai de même. Par ailleurs, si vous avez des commentaires à faire quant à la composition de notre compagnie mercenaire, n’hésitez pas à m’en faire part…
Le seigneur de la guerre ne cache pas sa curiosité. Il souhaite se faire son propre avis sur la petite boule de poils qui partage désormais sa compagnie. Connaître ses partenaires de mission est à la fois un droit et un devoir… Surtout si l’on doit se fier à eux lors de missions périlleuses. Et pour Hivernus, qui passe son temps à prendre en considération tous les facteurs possibles et inimaginables lors de ses opérations, l’ajout de Rek’kar et de son fidèle acolyte LOM pourrait tout aussi bien représenter un atout qu’un inconvénient… Tout commandant avisé, tel que le Chiss, sait qu’il convient d’évaluer les forces et les faiblesses de chaque homme opérant sous bannière afin d’en tirer le meilleur avantage.Spoiler : Dossier Compagnie d'Acier :
Spoiler : Dossier Vey :
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Post n°6
Auteur : Rek'karHivernus semble avoir effectivement un plan en tête; son petit sourire me fait comprendre que je suis dans le juste. Quelques explications plus tard et nous voilà employé par un magnat industriel aux activité douteuses finançant probablement le syndicat !
Une couverture intéressante mais néanmoins dangereuse : le moindre faux pas lors d’une mission peut nous coûter la vie autant que faire flancher notre couverture. Dans ce genre de situation, il faut être particulièrement vigilant, mais aussi peu regardant sur les missions qui nous seront confiées; nul doute qu’elles flirteront allègrement avec la limite morale de notre Empire.
Le chiss me transfère les documents sur mon datapad de données afin que je puisse les étudier dans la soute. Je me dirige vers la sortie du cockpit avant de lancer un dernier regard derrière moi - un vieux réflexe - pour observer furtivement le comportement du Seigneur de guerre.
Il semble se plonger dans le pilotage de sa navette, comme de vieux réflexes. L’espace d’un instant, son dossier défile dans ma tête et j’esquisse un sourire furtif en pensant à ses premières années dans la marine impériale : on ne change pas les réflexes qui ont fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui ! Atteignant la porte, je me dirige vers la soute.
Une fois sur place, je prends pour siège une caisse, le dos appuyé contre le duracier, puis je commence à parcourir le datapad de données.
Nous serons donc “La Compagnie d’Acier”, un groupuscule composé de 6 individus et 3 droïdes assassin modèle HK - très répandu, mais très efficace - ; mon identité sera donc celle de Hed’reg dit “Futé”, un ancien agent de CorSec désavoué après avoir découvert des informations compromettantes de sa hiérarchie. Une histoire intéressante à conserver dans un coin de ma tête. Je vais d’ailleurs profiter du trajet pour faire une analyse complète de CorSec sur l’Holonet afin de pouvoir connaître sa structure et hiérarchie, au cas où je croiserais une personne ayant déjà appartenu à la maison et qui pourrait me questionner.
Et donc notre cher chiss sera… un mandalorien ! Il est vrai que c’est toujours intéressant, via les casques et armures en beskar, de se faire passer pour l’un d’entre eux : on ne demande pas à un mercenaire mandalorien d’enlever son casque pour vérifier son identité - enfin, dans le cas où l’on tient à sa vie -. De toute façon notre employeur ne devrait que peut s'intéresser à nos gueules d’anges et se concentre plutôt sur les résultats de nos missions et notre efficacité.
Je profite au passage pour noter qu’il faut ajouter à cette liste mon nouvel Acolyte, CL8-NK, afin que sont arrivées ne soit pas une surprise, même si je pense que l’ajout d’un droïde LOM programmé pour le combat soit une réelle surprise; après tout, nous sommes des mercenaires compétents !
Après quelques recherches, la mémorisation du nom de chaque membre de notre compagnie de mercenaire, de recherches sur CorSec ainsi que toutes autres informations importantes pour jouer mon rôle, je décide de me pencher sur notre employeur, le fameux Marko Vey.
Issu d’une famille mineure, il s’est fait une place dans la galaxie via un mariage à la qualité économique indéniable et à de nombreux décès dans sa famille plus ou moins proche !
C’est ce point là qui m’attire en premier l'œil : son père qui décède dans un accident de chasse, son frère aussi et sa mère qui semble s’être suicidée suite au décès des deux précédents ? Quelle heureuse aubaine pour un frère cadet de perdre un à un toutes les personnes qui auraient pu récupérer l’héritage familial !
Il y a anguille sous roche; il est plus que fort probable que l’homme, décrit comme un vil manipulateur utilisant régulièrement la force et l’oppression, soit à l’origine de beau nombre de ces décès, un peu à l’image de celui de son beau père mort d’une “crise cardiaque” ! On dirait presque une blague tellement tout cela semble grossier; cependant, avec les riches familles, rien n’est moins improbable : sa femme aurait très bien pu être à l’origine de l’idée pour hériter de la fortune et la faire fructifier avec un homme en pleine ascension et prêt à tout !
D’autant que le pactol n’est pas des moindres : 7mines (dont 4 de diamants) et 1 raffinerie ! Pour le reste, on voit bien que le chantage, les “accidents” des anciens propriétaires, des “accords” passés avec d’autres … semblent mener au portrait de l’homme.
Une fois mes analyses terminées, je revêts une tenue que j’avais emportée avec moi afin de servir de camouflage en cas de besoin : une armure de combat souple standard permettant de diminuer les impacts légers ou les frappes de tranches recouvert d’une grande cape beige à capuche - avec des ouverture pour mes oreilles et pour ma queue - et une écharpe d’un orange un peu sombre pour compléter le tout.
Pour couvrir mon visage, un masque ne laisse paraître que mes yeux ; celui-ci intègre d’ailleurs un modèle de respiration et de filtration en cas d’attaque bactériologique ou si besoin de respirer quelques minutes dans un milieu aquatique en pouvant extraire un peu d’oxygène de l’eau.
Désormais prêt, je rejoins Hivernus, désormais sous l’identité de Kuryal Vorn, méconnaissable dans sa tenue mandalorienne aux allures draconique tirant sur le vert ! En même temps, les chiss sont malheureusement une espèce des plus reconnaissable de par leur couleur de peau et leurs yeux ! Nul dout que, sans son armure, le fait même de savoir que c’est un chiss aurait pu mettre la puce à l’oreille de notre employeur.
Le seigneur de guerre ne peut s’empêcher de détailler CL8-NK, intrigué par la machine. Je réponds à son interrogation :
“- Effectivement, c’est un cadeau de la grande moff pour les services rendus; pour l’avoir essayé en entraînement, je n’ai jamais réussi à le détrôner au tir et à la précision… par contre pour le combat rapproché, ce n’est pas la même limonade !”
Hivernus enchaîne avec la mission qui vient de nous être confiée : escorter un convoi prioritaire sur Mijos. Voilà une première mission qui semble tout à fait dans nos cordes !
Mais avant d’arriver sur zone, le chiss me demande mon avis sur notre interlocuteur. Je me replonge quelques secondes dans mes pensées pour me remémorer le dossier, puis je me lance :
“- D’après les données fournies, notre employeur semble être un manipulateur dénudé de morale et prêt à tout pour accroître son empire financier, quel qu’en soit le prix. Le fait que son père et son frère soient morts dans des “accidents de chasse”, puis que la mère soit prétendument suicidée derrière est plus que douteux !
M’est avi que notre homme a passé sous silence tout ce qui l’empêchait de pouvoir hériter de l’empire familial - en plein déclin a ce moment là - pour l’amener à renaître ailleurs; a noter que son union avec sa femme et le décès d’une “crise cardiaque” de son beau père est tout aussi questionnable.
Il n’est d’ailleurs pas impossible que sa femme soit directement impliqué dans le décès de son père : nombreuse sont les riches familles où les enfants ne souhaitent que la mort des parents à des fins d’héritage.
Ma théorie sur le sujet repose sur le fait que Marko Vey, industriel montant probablement connu pour sa morale discutable, ait été approchée par Alina Sostranti pour une union en échange de se débarrasser de son père et de mettre en commun le juteux héritage !
J’espère cependant qu’elle à les reins solides, parce que je pense que dès qu’il aura épuise tout ce qu’il aura trouvé d’interessant chez sa femme, il serait le genre d’homme qui s’en débarasserait afin de pouvoir se marrier avec un nouveau parti à vider de sa substance. Mais ce n’est que théories et spéculations.
Tout ce que je retiens, c’est que Marko Vey est un homme fourbe, implacable et dont les motivations ne sont que le pouvoir et l’argent. Il n’hésite pas à recourir à l’arsenal des criminels : chantages, accords, corruption, menaces,... Cela signifie que nous ne sommes rien pour lui et que nous envoyer au casse pipe est tout à fait son genre.
A notre aussi que plus nous serons employés et proche de lui, plus nous risquerons notre vie : ceux qui sont trop impliqués dans des sombres secrets finissent souvent dans un caniveau pour éviter qu’ils ne parlent trop. Il faudra donc être plus que vigilant sur le sujet.
A noter aussi qu’il existe une possibilité, même infime, pour qu’il soit déjà au courant de notre couverture et nous ait volontairement ouvert la porte dans l’objectif de nous coincer dans un moment de vulnérabilité; mais je suppose que vous avez pris toutes les mesures adéquates pour que cette mission ne s’ébruite pas.
Quant à la composition de notre escouade, il faudra rajouter mon unité LOM, CL8-NK en tant que soutien et tir de précision. Pour le reste, l’effectif semble plutôt complet; je suppose d’ailleurs que Tobias Vemmud est l’ancien capitaine Molitor et l’un de vos proches collaborateurs ? Le profil semble en tout cas bien correspondre !” -
Post n°7
Auteur : HivernusLe seigneur de la guerre demeure silencieux, prenant le soin d’examiner chaque point de l’analyse proposée par le Drall. Il y a des bonnes déductions dans son discours, mais certains aspects sont définitivement incomplets, voire erronés. Peu importe. L’agent Rek’kar a assurément quelques atouts dans son sac. Hivernus peut comprendre la raison pour laquelle la Grande Moff s’intéresse à lui. La petite boule de poils a bel et bien un potentiel qui ne demande qu’à s’exprimer.
- Vous avez raison sur certains points, major. Marko Vey n’est pas le genre d’hommes qu’il faut prendre à la légère. Son intelligence n’a d’égal que son ambition et il serait bien imprudent de le sous-estimer. Cependant, il n’est pas sans faiblesses. Commente alors le Chiss, imperturbable. La base de son pouvoir repose en partie sur la fortune et les biens de son épouse. Il suffirait de les retourner l’un contre l’autre pour détruire le Conglomérat Vey de l’intérieur…
L'humanoïde à peau bleue marque un léger instant de pause, réfléchissant probablement aux diverses opportunités qui s’offrent à lui. Ce ne sont en effet pas les options qui manquent pour mettre un terme aux agissements ignobles de ce puissant magnat.
- Néanmoins, le démantèlement du Conglomérat Vey n’est pas notre objectif prioritaire. Du moins… Pas pour l’instant. Poursuit le seigneur de la guerre. Je note vos inquiétudes concernant la possibilité selon laquelle Vey nous enverrait tout droit dans un piège. Je me dois de rejeter cette éventualité. Mes agents écument ce coin de la galaxie depuis plusieurs mois déjà, remplissant divers contrats auprès de différentes organisations afin de donner une certaine crédibilité à notre compagnie mercenaire. Aussi doué soit-il dans l’art de la déception, Vey n’a aucune raison de se méfier. Par ailleurs, notre mécène est loin d’être idiot. Se fier aux seuls mercenaires de Natori pour effectuer ses basses besognes reviendrait à créer une forme de dépendance qui le rendrait tributaire du bon-vouloir du Syndicat Tenloss. Ambitieux et fier comme il est, Marko Vey n’accepterait jamais de se retrouver au service de quelqu’un d’autre. En faisant appel à de multiples sociétés de sécurité et groupes mercenaires, notre cher ami s’assure de garder son indépendance vis-à-vis du Syndicat Tenloss et de ses hommes de mains.
Hivernus humecte ses lèvres, son regard de braise s’intensifiant alors. La dernière supposition de Rek’kar concerne l’un de ses officiers, le capitaine Molitor. Bien évidemment, le major a étudié le cas du Chiss dans ses moindres détails… Il a eu accès à un large panel d’informations. Il n’est donc guère étonnant de voir l’agent poser des questions sur les collaborateurs proches du seigneur de la guerre.
- Le capitaine Molitor dispose d’un certain nombre de compétences, à n’en pas douter. Cependant, la discrétion ne fait pas partie de ces aptitudes. Tout d’abord, Molitor n’a pas reçu la moindre formation au sein des forces spéciales ou des services de renseignements. Il n’est donc pas habilité pour ce genre d’opérations. Fait remarquer l'humanoïde à peau bleue. Et de toute manière, son profil ne correspond pas. Plusieurs caractéristiques physiques le rendent particulièrement reconnaissable et il n’a guère mon habileté pour se fondre dans la masse en prenant l’apparence ou l’identité d’un autre. Je crains de vous décevoir, major Rek’kar… Mais vous aurez tôt ou tard l’occasion de rencontrer le capitaine Molitor, si tel est votre désir.
Un bip sonore, dans le cockpit, vient détourner l’attention du seigneur de la guerre le temps de quelques secondes.
- Il semblerait que nous soyons arrivés à destination. Déclare finalement Hivernus. Je vous conseille d’attacher votre ceinture, major. L’atterrissage risque d’être mouvementé. Après tout, les infrastructures de Mijos ne sont pas réputées pour leur qualité… De nombreuses colonies ont déjà sombré dans les eaux boueuses de la planète, la faute incombant à des faiblesses structurelles inhérentes à la culture Lutrillianne. Les Lutrillians sont avant tout des nomades et la construction de bâtiments conçus pour durer dans le temps n’est point leur fort. Vous aurez bientôt l’occasion de vous en rendre compte…
Le Chiss rejoint ensuite le poste de pilotage dans le cockpit, posant son casque sur la console de vol. Son fidèle chien, en terrible gardien, se couche dans l’encadrement de la porte comme pour signifier au Drall qu’il n’a guère intérêt à s’approcher de son maître. Mijos apparaît rapidement dans le champ de vision de l’équipage. La planète, qui n’a ni la beauté de Naboo, ni le charme d’Alderaan, n’est qu’un tas de boue misérable sur laquelle de nombreuses colonies Lutrilliannes cherchent désespérément à prospérer.
La navette de la classe Lambda se dirige doucement vers la surface de ce monde pitoyable, puis survole d’immenses étendues marécageuses, clairsemées ici et là par de grandes forêts à l’allure sinistre. Après une bonne demie heure de vol, le transport finit par atteindre sa destination. Le seigneur de la guerre annonce son arrivée à la tour de contrôle, reçoit l’autorisation d’atterrir puis débute une manœuvre complexe au beau milieu des marais. Poser un vaisseau dans un endroit aussi paumé, sur une infrastructure qui pourrait s’écrouler à tout instant, relève de l’exploit. En effet, les diverses carcasses de transports de cargaison qui gisent déjà dans les eaux boueuses de la colonie et les très nombreux bâtiments en ruines qui s’enfoncent tout doucement dans la vase confirment les rumeurs selon lesquelles les Lutrillians sont de bien piètres architectes.
Pour l'humanoïde à peau bleue, c’est une occasion comme une autre de démontrer toute l’étendue de ses capacités. Laissant le contrôle à ses vieux instincts de pilote, Hivernus décrit une boucle dans le ciel, rase de près la cime de quelques arbres centenaires, glisse doucement au-dessus de l’eau puis fait atterrir son vaisseau sur la plateforme désignée au préalable par la tour de contrôle. Un grincement inquiétant se fait d’abord entendre lorsque la navette se pose. Plusieurs employés du spatioport craignent une nouvelle tragédie qui n’arrive finalement pas. Soulagés à l’idée de ne pas assister à un énième désastre, les Lutrillians reprennent rapidement leur travail.
Le seigneur de la guerre procède aux vérifications d’usage lors d’un atterrissage puis quitte son siège, casque sous le bras, pour se diriger dans la soute. Son animal de compagnie, Fantôme, le suit comme son ombre, jetant de temps à autre des regards méfiants au Drall. Le Chiss, pour sa part, ne prête nullement attention à l’agent impérial ou à son compagnon droïde.
- Unités Hunter Killer. Protocole : Activation.
[notification] : Reconnaissance vocale de la commande… Sujet identifié. Commande acceptée. Activation des unités en cours.
Un pan entier de la soute se dérobe alors pour laisser entrevoir les silhouettes squelettiques de plusieurs automates armés jusqu’aux dents. Les trois droïdes, des modèles Hunter Killer à la carcasse peinte dans différentes nuances de gris et de noir, quittent le compartiment secret qui les abritaient alors pour répondre à l’appel de leur maître.
[Déclaration enjouée] : Cette unité est prête à vous servir, maître. Quels sont vos ordres ?
[annonce] : Les senseurs de cette unité détectent la présence à bord de deux individus non identifiés. Danger probable. Activation des protocoles de combat.
- Il est inutile d’avoir recours à la violence, Surin. Ces individus sont des alliés. Intervient alors Hivernus afin de calmer les ardeurs de son droïde. Je vous présente le major Rek’kar, nom de code “Futé”. Et voici… CL8-NK. Ils nous accompagneront pour la mission. Veuillez dès à présent les identifier comme des agents opérant pour le compte du Seigneurat de Bajic.
[confirmation] : Individus scannés. Identités enregistrées. Statut allié confirmé.
- Parfait. L'humanoïde à peau bleue se tourne vers le Drall. Major Rek’kar, je vous présente Scalpel, Surin et Caisse-à-outils.
A première vue, les trois modèles HK-60 sont identiques. Pourtant, un œil averti parviendra à déceler des distinctions notables qui permettent notamment de les différencier. Des marques d’usure sur les carlingues de Caisse-à-outils et Surin les distinguent par exemple de l’apparence quasi impeccable de Scalpel. Par ailleurs, l’équipement n’est pas le même. Si les trois droïdes disposent tous d’une vibrolame, attachée dans le dos, et sont équipés d’un jetpack dorsal, chacun semble avoir adopté une spécialité qui les individualise. Les deux ceintures utilitaires qui se croisent sur la poitrine de Caisse-à-outils comprennent différents explosifs et accessoires devant lui permettre de remplir son rôle d’expert en démolitions. De même, il est armé d’un blaster à répétition T-21 qui en dit long sur sa motivation à pulvériser tout ce qui se trouve sur sa route.
Scalpel, dont la spécialité est le tir de précision, est quant à lui équipé d’un modèle produit pour les forces armées seigneuriales, un fusil blaster longue portée de type AML-F1. Un second blaster, un modèle Naboo S-5, est glissé dans un holster jambe tandis qu’un kit de réparation pour droïde pend à sa taille aux côtés d’une poignée de grenades fumigènes et incapacitantes.
Le dernier droïde, Surin, est pour sa part le modèle HK-60 qui sort le plus du lot avec son équipement particulièrement porté sur le combat rapproché. Sur sa poitrine, traversée d’un bout à l’autre par une ceinture, divers couteaux de lancer sont soigneusement rangés dans des gaines en cuir. Les poings de l’automate sont par ailleurs modifiés, pourvus de petites pointes métalliques qu’il convient de côtoyer à distance. Le blaster qu’il porte fièrement en main ne fait pas exception à la règle. Muni d’un modèle DH-17, Surin est de ce fait équipé pour confronter n’importe quel adversaire dans un milieu restreint.
Face à une telle équipe de choc, aux compétences multiples et complémentaires, il serait bien imprudent de se faire remarquer…
- Venez, il est grand temps de vous introduire au reste de l’équipe.
Le seigneur de la guerre enfile son casque puis descend la rampe d’accès, escorté de part et d’autre par ses redoutables droïdes assassins et suivi de près par son fidèle acolyte canin. Ainsi entouré, le Chiss ressemble bel et bien à un guerrier avide de gloire et de crédits. Il a l’allure typique d’un mercenaire et adopte volontiers la gestuelle d’un type à qui il ne faut surtout pas chercher les noises. Les employés du spatioport s’écartent volontiers de son passage afin d’éviter tout problème.
[remarque] : Cette unité ne peut que constater la vétusté et la faillibilité des infrastructures de cet endroit. Par ailleurs, utiliser le terme spatioport pour un lieu aussi peu fréquenté me semble incorrect. Il serait plus approprié de référencer ce coin paumé pour ce qu’il est réellement, une ruine en devenir peuplée de tas de viandes inutiles.
- Il serait plus judicieux de garder ce genre de commentaires pour toi, Scalpel. Indique Hivernus. Je ne suis pas certain que les locaux apprécient ton honnêteté.
[soupir] : Entendu, maître. Cette unité sera plus vigilante à l’avenir.
Le petit groupe de “mercenaires” déambule dans les rues de la colonie comme s’il est en territoire conquis. Bien qu’étant de naturels preneurs de risque, les Lutrillians n’en demeurent pas moins des gens paisibles avant tout portés sur le sens des affaires. Il ne serait guère commercial de s’en prendre à de potentiels clients… Et moins rentable encore de se priver de la sécurité probable d’une bande de porte-flingues. Chacun vaque donc à ses occupations sans faire de vagues, à l’exception peut-être des esprits les plus cupides qui cherchent tant bien que mal à vendre leurs produits à ces hommes en armes venus des étoiles.
Après dix bonnes minutes de marche, la troupe arrive finalement devant un petit bâtiment gardé par un imposant Shistavanen. Lové dans l’ombre d’une alcôve, un DLT-19 plaqué contre son plastron de combat, l’homme-loup surveille en silence les allées et venues des passants. Un Lutrillian qui s’approche d’un peu trop près se fait grogner dessus. Montrant les crocs, l’immense boule de poils le fait rapidement fuir. Dans sa débâcle, le pauvre humanoïde manque de percuter une poubelle qui aurait eu raison de lui mais finit par se manger un lampadaire dans la tronche. A cette simple vision comique, le Shistavanen se permet de lâcher un petit rire sinistre.
- Je constate qu’il n’est guère difficile de t’occuper, Boum-boum. Fait remarquer le Chiss en arrivant à sa hauteur. Néanmoins, j’espère sincèrement que tu ne t'amuses pas à terroriser les civils… Cela aurait tôt fait de nous priver d’une partie des ressources locales.
- Ne vous en faites pas pour ça, Boss. Je ne m’en prends qu’aux abrutis qui me cherchent les noises ! Répond le dénommé “Boum-boum” entre deux grognements rieurs. Content de vous revoir en tout cas, ça faisait un bail. Les autres vous attendent à l’intérieur… Et j’suis sûr qu’ils seront tout aussi heureux que moi à l’idée de vous avoir parmi nous.
- J’en suis certain. Après tout, nous avons beaucoup de travail devant nous… Ajoute pour tout commentaire l'humanoïde à peau bleue, présentant ses deux camarades d’un geste bref de la main. Voici nos deux nouvelles recrues… Hed’reg Paar et son fidèle acolyte, CL8-NK.
- Alors c’est vous le p’tit futé de la bande… Oui… Vous avez bien la tête de l’emploi. Ricane le colosse, son sourire dévoilant ses longues dents aiguisées comme des lames de rasoir. Il me tarde de voir ce que vous allez faire sur le terrain ! Au vu de votre stature, on pourrait être sacrément surpris !
Le groupe se fraye ensuite un chemin à l’intérieur du bâtiment. L’endroit est de taille modeste mais suffisamment spacieux pour accommoder une petite troupe de mercenaires. Un coin entier est occupé par diverses consoles tandis qu’un autre sert d’espace de repos, meublé de lits suspendus et d’un établi où trônent déjà plusieurs armes de différents calibres. Plusieurs porte-flingues à l’allure atypique échangent les dernières nouvelles du jour, installés autour d’une table rustique. Les trois compères se tournent dans la même direction en entendant une série de bruits de pas.
- Le grand patron nous honore de sa présence ! S’exclame alors un grand gaillard protégé par une vieille armure impériale rafistolée.
- Tu me dois trente crédits, Joli Coeur. Je t’avais bien dit que le boss arriverait plus vite que prévu. Souffle un Lutrillian à sa voisine de table, une pipe hookah à la bouche.
La jeune femme marmonne quelque chose, visiblement vexée d’avoir perdu un pari, mais finit par donner à sa crapule de camarade le montant qu’elle lui doit. Hivernus présente ses nouveaux partenaires à son équipe d’agents sous couverture. Rek’kar reçoit l’accueil réservé mais chaleureux de ses collègues puis le groupe entre enfin dans le vif du sujet.
- Quelles informations avez-vous pu glaner sur le terrain ? Demande finalement le seigneur de la guerre en s’installant en bout de table.
- Niveau sécurité, c’est pas le top. Les milices du coin se cantonnent volontiers aux alentours de leurs colonies. Et plusieurs de leurs membres se laissent aisément corrompre. Il ne faudra donc pas compter sur leur soutien… A moins d’en payer le prix. Plusieurs convois ont déjà été pris pour cible et certains d’entre eux sont définitivement perdus, certainement capturés par des pirates ou enfouis dans la vase. Vient l’informer son commandant en second. Cependant, le capitaine de la garnison locale est prêt à nous assister… Probablement parce que le Conglomérat Vey le paie déjà pour ses services.
- Ou pour fermer les yeux. Ajoute à sa suite Liidia Styg. Et notre employeur n’est visiblement pas le seul à faire usage de pots-de-vin. Il y a un gang de fonceurs qui a quasiment pignon sur rue dans cette colonie… Et une bande pirate qui opère depuis les marais s’en donne à cœur joie sur les convois qui ne sont pas protégés. Tout porte à croire que ces deux groupes profitent au mieux de la nonchalance des miliciens, au pire d’informations et d’un certain soutien de leur part.
- Voilà un tableau très intéressant… Et tout à fait curieux. Lâche pour tout commentaire l'humanoïde à peau bleue. Des informations concernant la nature du chargement à défendre ?
- Des minéraux sans grande valeur… Enfin c’est ce qu’à raconté le contremaître en charge des opérations logistiques. Déclare le Lutrillian de la bande, le surnommé “Fonceur”.
- Hmm. On ne s’achète pas les services d’une bande mercenaire pour protéger des minéraux qui n’ont aucune valeur. Ou bien le contremaître ment sur sa cargaison, ou bien Vey cherche à intimider ceux qui s’en prennent à ses convois. Fait remarquer le Chiss.
- C’est bien ce que j’me dis aussi, patron. Réplique Nozindi, un sourire aux lèvres. C’est pour ça que j’ai déjà envoyé quelques connaissances se renseigner discrètement.
- Excellente initiative, Fonceur. Vient le féliciter Hivernus, s'adressant ensuite à Joli Coeur. J’aimerai avoir accès aux données concernant ces attaques de convois et les itinéraires qu’ils ont empruntés, le nom des personnes impliquées dans ces transferts, leurs fréquentations, leur emploi du temps…Toute information qui peut servir. Vous connaissez la chanson.
- Oui patron !
- Grande Gueule, fais-moi la liste des trajets prévus pour notre convoi et rassemble toutes les données possibles sur les effectifs mobilisés pour l’opération. Je veux tout savoir sur nos partenaires de travail. Commande ensuite le seigneur de la guerre.
- Bien compris, Boss.
- Rassembler les renseignements nécessaires à la bonne réussite de notre mission risque de prendre du temps. Il serait plus judicieux d’occuper ce temps perdu à faire quelque chose de productif. Poursuit l'humanoïde à peau bleue. Mes droïdes assassins se chargeront de régler ce problème de gang de fonceurs. Futé, avec l’aide de CLN-8K, vous irez vous occuper de la bande pirate qui sévit dans les marais. Boum-boum vous accompagnera. Ce sera l’occasion d’en apprendre plus sur ces groupes. Toute information récupérée sera bonne à prendre… Et ce sera également l’occasion pour notre camarade Shistavanen de régler ses comptes.
Un grand sourire amusé s’affiche sur les lèvres de Tobias Vemmud.
- Bien. Vous avez vos ordres. Rompez.
Les agents sous couverture se redressent instinctivement pour se mettre au garde-à-vous. Puis chacun vaque à ses nouvelles occupations. On informe Boum-boum qu’il est relevé de sa garde. A l’annonce de sa prochaine mission, le colosse ne peut s’empêcher d’exprimer sa joie. Il a visiblement hâte d’en découdre. S’équipant rapidement en conséquence à l’armurerie, le Shistavanen en ressort prêt pour les combats. Il conduit ensuite ses deux nouveaux acolytes dans une rue adjacente, où stationne un vieil airspeeder modifié.
Une fois tout le monde à bord, le véhicule décolle doucement, traverse quelques allées peu fréquentées puis fonce droit vers les marais. Le chemin est long et les immenses étendues d’eaux boueuses n’offrent aucun panorama digne de ce nom à observer. Sur Mijos, tout semble triste… La vie des colons Lutrillians y est misérable et les paysages sont d’un ennui déprimant. Alors afin de faire passer le temps du trajet, Saandaatt Kreq se décide à faire la conversation/
- On vous aura probablement raconté que j’ai une dent contre les pirates… Et c’est vrai. J’étais employé comme garde de sécurité sur un vaisseau marchand, du moins jusqu’à ce qu’une bande de brigands menée par un Trandoshan surnommé l’Ogre Rouge nous prenne pour cible. Indique l’immense boule de poils. On s’est battu à un contre vingt. Les plus chanceux sont morts durant l’affrontement. Les autres ont été faits prisonniers. Je me suis demandé pourquoi on appelait ce foutu lézard l’Ogre Rouge… Et puis j’ai vite compris. Ce salopard s’est amusé à dépecer mes amis un par un, se servant de leur fourrure pour se fabriquer un manteau et dévorant leurs entrailles pour son propre plaisir. J'aurais dû mourir moi aussi mais le destin en a décidé autrement. Les forces du seigneur Hivernus sont arrivées pour nous libérer, ont massacré les pirates jusqu’au dernier… J’ai juré allégeance au Chiss et je sers depuis sa volonté. Bref. Dès qu’on me donne l’occasion de flinguer du pirate, je ne dis pas non !
L’airspeeder survole plusieurs petits îlots qui ne paient pas de mine, infestés de moustiques et occupés par de petits batraciens qui y trouvent leur compte. Puis, après une longue heure de trajet, se dévoile enfin dans l’horizon une immense forêt à la sombre végétation.
- Nous y voici. Un conseil… Ces marécages sont truffés de créatures mortelles et de plantes tout aussi dangereuses. Faites attention où vous mettez les pieds. Indique le Shistavanen.
Les dernières minutes de vol paraissent des heures. Après une brève examination des lieux, le colosse décide de faire atterrir son engin dans un bosquet jouxtant un large plan d’eau. Les roseaux offrent une couverture idéale et le petit bois est assez profond pour y dissimuler un véhicule. Une fois à terre, l’imposant Saandaatt mène la marche, vérifiant à chaque pas qu’il ne marche pas sur ou à proximité d’une bestiole armée de capacités létales.
Suivant les coordonnées sur son bloc de données, l’immense boule de poils s’aventure toujours plus loin dans l’épaisse mangrove. Après dix ou quinze bonnes minutes de marche dans l’herbe et la boue, les deux agents et leur compagnon droïde finissent par atteindre leur objectif. Le Shistavanen fait signe à ses comparses de s’agenouiller afin de ne pas se faire voir par l’ennemi puis il déploie un petit droïde de surveillance qui, profitant du couvert des arbres, survole discrètement la zone afin de scanner les environs.
- Nos informateurs ne se sont pas trompés. Il y a bien douze gars armés qui s’emmerdent dans ce trou à rats. Je compte au moins trois speeders d’assaut et… Intéressant. Une station d’écoute. Rapporte Saandaatt, consultant sur son datapad les données récoltées par son droïde. Il y a probablement quelques pirates de plus dans ce bâtiment mais impossible de connaître leur nombre. La végétation est trop épaisse et bloque les senseurs de mon droïde.
Le colosse se gratte le bas du menton, perplexe.
- Nous avons pour nous l’avantage de la surprise mais ils ont pour eux le bénéfice du nombre. Ce sera un beau combat, à n’en pas douter. Je vais me charger de les attaquer de front pour les distraire. Futé, prenez votre droïde avec vous et contournez-les. Ils ne sauront plus où donner de la tête si on attaque dans tous les sens.
Le prétendu mercenaire attend que ses acolytes s’éloignent discrètement avant de lancer son offensive. Une première grenade atterrit aux pieds d’un speeder d’assaut que rafistolent deux pirates. L’explosion fait sauter l’engin et ses mécaniciens qui, pris par surprise, n’ont pas le temps de réagir. Faisant rugir son DLT-19, le Shistavanen fait pleuvoir les salves de laser sur les positions des brigands afin de les clouer sur place. Puis, lorsque ces derniers se mettent enfin à répliquer, l’immense boule de poils se retire dans la mangrove, cherchant un autre endroit depuis lequel frapper.Spoiler : Spoiler
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Post n°8
Auteur : Rek'karAprès ma conclusion, le chiss vient rectifier quelques points qui m'avaient échappé : effectivement, si Vey ne se fiait qu’aux mercenaires Natori, il serait définitivement trop dépendant du Syndicat et serait donc un pion plus facilement manipulable pour celui-ci. Il est vrai que l’on nous enseigne toujours un point majeur lorsque l’on est un agent du BSI : ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier, parce que si le panier tombe, on les perd tous !
L’agent Chimère continue son discours sur ma remarque par rapport au capitaine Molitor; effectivement, en soulevant ce point, je me doutais bien qu’il était peu probable que ce soit lui; cependant, donner cette information permet d’indiquer à mon interlocuteur que je connais des choses sur lui et son entourage et potentiellement qu’il peut me donner des informations en plus : soit c’est bien lui et je pourrais directement interagir avec lui, soit ce n’est pas le cas, et j’arriverai peut être à tirer quelques informations en plus sur l’homme.
A première vue, c’est le second cas de figure qui se présente : la discrétion n’est pas le fort du capitaine, pas plus que les missions que peuvent faire des agents du BSI; en soit, c’est donc un soldat fidèle et compétent, mais pas quelqu’un capable de remplir des missions d’infiltration, de manipulation ou de jouer un rôle subtil de manière général. C’est un bon point à noter en cas de conflit entre le Seigneur de Guerre et l’Empire.
Finalement, nous arrivons à proximité de la planète. Au vu du panorama, Mijos semble des plus repoussante : marécage, bâtiment en ruine s’enfonçant lentement dans la boue, quelques forêts, mais rien de très engageant; sauf si l’on place du point de vue des paysage de Hoth, ce qui rend de suite le spectacle plus diversifié - ou à défaut plus original - .
Bien attaché en cas de problèmes, j’observe avec attention le chiss qui manoeuvre son engin avec une habileté digne de son cursus au sein de la marine impériale : c’est sans difficulté que la navette Lambda se pose sur ce que les locaux appellent une “plateforme” et ce que les espèces plus civilisées qualifierait de “morceau de ferrailles instables posé sur un sol boueux”.
Le grincement de la plateforme à l'atterrissage ne présage rien de bon, mais au final, elle semble tenir le coup; à travers la vitre, le visage tendu de quelques employés tendent à confirmer que de nombreux accidents doivent avoir lieu… Il est tout de même difficile d’imaginer qu'à notre époque personne n'ai décidé de vendre des infrastructures stables aux Lutrillians pour s’enrichir. Ou a minima prévoir des structures en sustentation au-dessus de la boue.
CL8-NK, observant la scène, se fend d’un commentaire :
“- Si vous le permettez maître, je tiens à souligner qu’il existe un risque non négligeable que la plateforme d’atterrissage cède sous le poids de la navette. D’après une analyse structurelle rapide, la probabilité est de 32,5%. Ne serait-il pas plus avisé d’être largué au sol ?
- Merci de t’enquérir de notre sécurité, mais “Boss” maîtrise son sujet. Prépare toi tout de même en cas de problème à évacuer en urgence. Note aussi que tout comportement sera analysé à l’extérieur et que montrer de la crainte sous quelque forme que ce soit pourrait être interprété comme un signe de faiblesse. Note aussi que jusqu'à nouvel ordre, je serais “Futé” ou Hed’reg Paar
- C’est noté maître. J’ajoute le raisonnement à mon protocole d’analyse et de jugement des situations.”
Le chiss, une fois le siège de pilotage quitté, se dirige vers la soute, suivi de son animal qui ne semble guère m’apprécier. J’ignore son regard méfiant et observe les trois droïdes sortir d’un pan du mur; d’après le dossier, ce doit être Scalpel, Surin et Caisse-à-outils.
Lors de leur activation, l’un d’entre eu, scannant la pièce, nous détecte comme une menace potentielle, lançant une séquence d’initialisation des protocoles de combat; CL8-NK approche ses mains de ses armes pour se défendre en cas d’attaque avant que la situation ne soit clarifiée par le maître des lieux.
Après une courte présentation, je détaille les trois droïdes, cherchant tous les détails permettant de facilement les différencier afin de pouvoir utiliser les compétences de chacun. Après plusieurs secondes d’études, j’ai relevé tout ce qui devrait me permettre de les différencier.
Sortant de la navette, nous sommes l’incarnation même de l’idée que l’on se fait d’une compagnie de mercenaires impitoyables qui ne sont pas venus pour faire un bain de boue. Scalpel se montre très “incisifs” sur sa considération de la population locale et des infrastructures, même s' il n’a pas tout à fait tort.
Dehors, les gens continuent leur vie tranquillement, non sans jeter quelques regards en notre direction. Un ou deux marchands tentent de profiter de nos crédit, mais je jette un regard noir à l’un d’entre eux, droit dans les yeux, plein de violence et de haine, avec cette subtilité animale que l’on acquiert par la solitude et l’instinct primaire : celui-ci dégluti difficilement et un frisson le parcours. Détournant mon regard devenu insoutenable, il reprend ses occupations, non sans faire tomber maladroitement ce qu’il avait entre les mains. Un sourire satisfait aux lèvres, caché par mon écharpe, la route continue sans être particulièrement importuné.
Après plusieurs minutes de marche, nous arrivons devant un bâtiment gardé par un grand Shistavanen. N’étant pas une race très proéminente dans la galaxie, je l’identifie comme étant potentiellement Boum-boum, comme indiqué dans le rapport de notre compagnie de mercenaire. L’information est rapidement confirmée par le chiss qui le salue.
Le loup me salue et je réponds brièvement :
“ - Ravis de faire votre connaissance; si je puis me permettre, je vous renvoie vôtre compliment sur la tête de l’emploi ! Ne vous en faites pas, je suis sûr que nous trouverons rapidement des passions communes sur le terrain; après tout, entre aliens à fourrure et de tailles éparses, il faut bien s’entraider !”
En entrant dans le bâtiment, je découvre une salle spacieuse avec des lits, de quoi se reposer et s’occuper, un établi avec quelques armes à feu et mes trois nouveaux collègues rassemblés autour d’une vieille table. Ils se tournent vers nous.
Quelques échanges, une courte présentation et un paris perdu plus tard, nous entrons dans le vif du sujet : la sécurité du coin n’est pas géniale - et en même temps, si elle est au même diapason que la stabilité des bâtiments, il y a de quoi avoir peur - et visiblement corrompue. Le seul avantage, c’est qu’il est toujours plus facile d’établir un dialogue sur les règles en vigueur avec des agents qui se préoccupent plus de leur porte monnaie que réellement de la sécurité.
Visiblement, plusieurs convois ont déjà été pris pour cible et n’ont jamais refait surface - au sens propre comme au figuré -. A minima, nous aurons le soutien du capitaine de la garnison locale, déjà sous l’influence monétaire de Vey. Sauf si il a déjà été corrompu par plus riche; pas impossible d’après les information de Liidia qui parle du gang de fonceurs ou de la bande de pirate des marais.
Tout semble corréler en un point : soit les miliciens coopèrent avec l’une ou l’autre de ses bandes pour intercepter des convois, soit on profite de leur inaptitude et du fait qu’ils soient sous l’eau pour appuyer sur les failles de sécurité ! Rien n’empêche d’ailleurs que ce soit les deux à la fois.
Pour notre convois, du classique : un chargement de “minéraux sans grande valeur” protégé par des mercenaires ! Comme le soulignemes nouveaux collègues, c’est soit de la dissuasion, soit un mensonge sur le contenu de la cargaison. En soi, les deux sont possibles; si l’on confie une mission rémunérée à des mercenaires mais que le convoie contient bien plus que leur salaire, cela amène parfois certaines compagnies à revoir leur priorité.
Le chiss se met à distribuer les rôles à venir : Fonceur se renseigne sur les attaques de convois, Grande gueule sur nos itinéraires potentiels et nos partenaires de travail. Pour ma part, accompagné de CL8-NK et de Boum-boum, il nous échoit de réduire les pirates au silence. Définitivement. Je prends note au passage d’une rancœur certaine entre notre ami Shistavanen et les fameux hors la loi. Un sujet à creuser prochainement.
Dans mon personnage, je revêt un garde à vous moins officiel, mais plus naturel pour un mercenaire. Il est la parfaite combinaison entre le salut d’un agent de CorSec et celui d’un porte-flingue. Il est évident que le salut impérial au cordeau risquerait d’être malvenue au vu de la situation, d’autant que je ne sais pas exactement ce que le chiss à donné comme information sur mon origine au sein de son cercle rapproché; il faudra que je reste prudent sur les informations à mon égard.
Durant ce trajet particulièrement morne, Boum-boum lance la conversation et explique son passé avec l’Ogre Rouge et ses mésaventures. j’ai donc rapidement mis la main sur l’information concernant cette rancœur entre le loup et les pirates ! Je lui réponds :
“ - Je comprends tout à fait la rancoeur envers les pirates. La galaxie se porte mieux sans leur présence et leurs exactions. Je serais ravi de faire taire ces mécréants et de les faire disparaître dans la boue qu’ils ont l’air de tant aimer !”
Une fois à destination, on me conseille de bien faire attention à la faune et la flore locale, truffées d’éléments dangereux ; il est vrai que les zones marécageuses sont rarement connues pour leur hospitalité… Nous mettons pied à terre et commençons la marche.
Suivant l’imposant loup, j’observe la faune et la flore pour identifier tout ce qui pourrait paraître suffisamment dangereux - notamment sur les plantes où les mécanismes de défense donnent souvent des petits indices dans le visuel de ces dernières ! - .
Après un peu de marche, nous voici arrivés à notre objectif. A genoux, il déploie un droïde de surveillance pour analyser la zone : environs une douzaine de gars armés qui attendent probablement une nouvelle mission, trois speeder d’assaut et une station d’écoute. Probablement quelques pirates de plus dans le bâtiment.
Boum-boum indique qu’il va faire diversion pendant que nous les harcelerons de toutes les directions. Une stratégie simple, mais efficace. Réfléchissant au plan, je propose quelques ajustements sur mon mode de fonctionnement en sortant mon second droïde, dans mon sac à dos, CR8-NK. J’indique à mon compagnon du jour :
“- Si vous me permettez, je vous propose quelques ajustements dans le plan. En premier, nos cibles sont les speeders d’assaut; sans eux, ils ne peuvent pas s’enfuir, ce qui permettra de les coincer dans leurs camps sans échappatoire. Pour se faire, je vais contourner par un côté et CL8-NK par l’autre. Dès que nous sommes en position, vous pouvez faire exploser le premier speeder.
Ce sera notre signal et nous mettrons les deux autres hors d’état de nuire. Une fois fait, je déploie CR8-NK qui va profiter de sa petite taille et de son camouflage pour apparaître à des endroits aléatoires et abattre un ennemi par surprise.
En parallèle, CL8-NK va abattre l’antenne de communication de la station, puis procèdera à un ménage à distance en changeant de proposition entre chaque tir et je ferai de même. Si tout se déroule comme prévu, une partie va chercher à prendre refuge dans la station d’écoute.
A ce moment-là, il ne restera plus qu’à improviser en fonction du résultat !”
Après ce court échange, je pars sur la droite, contournant avec agilité et discrétion le campement pour aller me placer derrière un groupe de roseaux, pile en face de l’un des speeders. Déployant CR8-NK derrière moi, celui-ci m’indique la position de CL8-NK, proche de l’autre speeder. Comme prévu, le bruit d’une explosion lance le signal du début de l’assaut.
En face de moi, trois pirates se lèvent brusquement en direction de la détonation. Je positionne mon arme, visant le moteur du speeder, souffle et tire d’un coup précis. L’un des hommes qui venait de sauter dans le speeder eu une surprise au moment de démarrer : au lieu d’un vrombissement de moteur, c’était la chaleur d’une flamme qui venait lui lécher les oreilles; le carburant venait de s’enflammer de l’intérieur avec la chaleur du laser qui l’avait traversé.
Au même moment, une détonation sourde provenant de la position du DLT-19X de l’unité CL8-NK provoqua l’explosion du moteur et du dernier speeder. Il est vrai qu’il y a plus de choix de zone à viser avec une arme aussi puissante qu’avec mon petit S-5.
Après le début de l’assaut, les pirates courent partout, complètement désorienté et désarçonné par cette attaque sur leur territoire. Des hurlements dans tous les sens, une chaîne de commandement erratique : c’est le chaos.
Profitant de la situation, j'ordonne à CR8-NK d’abattre des cibles isolées en changeant d’angle d’attaque à chaque fois : l’objectif étant de profiter de l’attention focalisée sur nous pour placer un tir dans le dos. Pas besoin de faire ça dans l’honneur.
Une fois l’ordre donné, je profite de mon agilité et de ma petite taille pour continuer mon contournement, profitant de la végétation et de la boue pour cacher mes déplacements. Rapidement, des tirs fusent en direction de mon ancienne position et je vois les trois hommes s’avancer.
L’un d’entre eux ordonne quelque chose aux deux autres après s’être arrêté. Les deux hésitent, puis continuent à avancer vers mon ancienne position. J’attends patiemment qu’ils me présentent leur dos, puis je vise celui qui les a envoyé au casse pipe : un petite salve le clou au sol, lui qui pensait probablement être hors d’atteinte en restant aussi loin.
Les deux hommes se retournent brusquement; je vois la silhouette de CR8-NK sortir de derrière un bosquet et en abattre un avant de repartir à toute vitesse vers des roseaux. Le dernier, désarçonné comme à prendre la fuite, mais la détonation du DLT-19X lui fait passer l’arme à gauche.
Profitant de la zone dégagée, je m’avance vers le camps, surveillant chacun de mes pas pour éviter de marcher sur quelque chose qui me serait dommageable. Je profite du speeder en train de brûler pour m’avancer accroupi.
Plusieurs hommes semblent courir et entrent dans la station d’écoute, verrouillant la porte derrière eux. Le silence retombe sur le camp. Je jette un coup d'œil rapide et regarde les amoncellements de corps. Je profite pour fouiller les individus au sol. Rien de très intéressant si ce n’est un fumigène.
Quelques secondes de réflexion et je jette un regard circulaire, cherchant CR8-NK. Après quelques secondes, je remarque la sonde et lui fait signe de venir vers moi. Une fois a ma porté, je lui ordonne :
“- Le bâtiment doit posséder une unité de renouvellement de l’air qui doit forcément avoir une bouche d’entrée. Scanne le bâtiment et trouve la moi
- Scanner en cours. Formes de vie détectées à l’intérieur. La structure du bâtiment indique une bouche d’aération sur le toit
- Merci. Transmet l’information suivante à Boum-boum et CL8-NK : préparez-vous à les cueillir.”
Regardant les quelques rares ouvertures du bâtiment qui pourraient permettre d’offrir un angle de tir sur ma personne, je me faufile discrètement vers un des murs qui semble le moins exposé. Je profite de mon agilité et d’une condition physique impeccable pour escalader le bâtiment : heureusement pour moi, l’absence de compétences architecturales des locaux rend l’ascension des plus simples; tout tombant à moitié en ruine, il y a de nombreuses aspérités.
Arrivé à mi-chemin, mon bras cybernétique me fait défaut : la boue locale semble avoir bloqué une partie du mécanisme. Je râle et termine l’escalade à une main, non sans difficulté. Heureusement, j’ai été habitué à vivre sans pendant de nombreuses années, faut de mieux.
Une fois au sommet, je repère une bouche d’aération, mais aussi des bruits de pas. D’une petite roulade, je me mets à couvert derrière un conduit. Visiblement, trois pirates se déplacent en chuchotant. D’un rapide coup d'œil, ils se positionnent contre la corniche,en tenant de rester à couvert. C’est du un contre trois.
Je repère en face de moi le vestige de l’antenne désormais hors service, un gros trou en son centre. Je décide alors d’utiliser la ruse : je me saisi d’un petit gravats et l’entoure de ma cape, puis le jette à l'opposé de l’antenne.
Le bruit fait se tourner les trois qui commencent à tirer sur mon pauvre vêtement. Profitant de cet instant d'inattention, j’utilise le câble de mon S-5 pour me tirer dans une longue glissade au sol profitant de l’avantage d’être boueux : bien glisser.
Au milieu de ma glissade, je détache le câble et tire une salve en utilisant inertie du mouvement et mon coefficient de frottement faible pour abattre l’un des trois pirates avant de m’arrêter à un bon mètre de la carcasse de l’antenne et de me lancer dans une rapide roulade me permettant d’esquiver de justesse les tris dans ma direction. Un de moins.
Les deux autres tirent à l’aveugle dans ma direction. L’un d’entre eux à leur malheureux de se lever, par réflexe, pour courir dans ma direction. Un trou béant se creuse pile entre ses deux yeux. Le DLT-19X fonctionne à merveille.
Je m’étais effectivement positionné ici à dessein : puisque CL8-NK devait détruire l’antenne avec son arme à longue portée, il était fort probable qu’il soit encore dans un angle de tir adéquat pour me couvrir en cas d’attaque, d’autant que ses senseurs avaient dû repérer ma présence.
Le dernier est en panique : s' il se lève, il est mort. S' il saute du bâtiment, il est mort. S' il sort de sa couverture, il est mort. Je me dis qu’il est de bon ton de passer au bluff :
“- Ecoute l’ami, je tiens pas à te descendre si je n’y suis pas obligé. Je te propose de te rendre et moi ainsi que mes gars, on te laissera en vie contre quelques informations. Soit raisonnable. Aucun mal ne te sera fait. On est des pros. Et crois moi que vu notre nombre, t'auras aucune chance de fuir.
- Et qui me dit que tu vas pas me tuer, hein !? J’suis pas bête moi !
- Disons que si tu te rends pas, t’es sûr de mourir. Moi je t’offre la possibilité de vivre. A trois de voir. Je compte jusqu’à 3. Si tu te rends pas d’ici-là, y’aura pas de seconde chance. 1.
- Mais je…
- 2
- Attendez !
- 3…
- Je me rends ! Je me rends !
- Bon choix amigo. Lance ton arme ici et allonge-toi au sol, les mains sur la tête.”
Je jette un coup d'œil furtif. Il semble s'exécuter normalement. Je détache le câble de mon S-5 encore fiché dans la base de l’antenne, puis je me dirige vers le pirate. A quelques mètre, je l’observe rapidement. A première vue, il cache sa main droite. Probablement une lame ou quelque chose dans le genre. Je soupire.
Arrivé à un mètre, j’utilise le câble pour asséner un coup de fouet violent sur son bras droit, le faisant lâcher un cris de surprise et faisant glisser a un bon mètre une petite vibrolame. Je passe mon arme en mode fléchettes anesthésiantes et lui saute dessus, lui tirant la fléchette dans la nuque à bout portant. L’homme se débat quelques secondes avant de sombrer. Je l’attache sommairement avec le câble, reliant ses mains et ses jambes pour pas qu’il ne s’enfuit au réveil.
Une fois fait, je me dirige vers la bouche d’aération, dégoupille la grenade fumigène et la laisse tomber dans le conduit. Je me dirige ensuite discrètement vers la porte qui mène sur le toit et j’explose son système d’ouverture.
Une fois terminé, j’attends tranquillement. Au bout de deux bonne minutes, la fumée commence à sortir des différentes ouvertures du bâtiment et la porte d’en bas s’ouvre, laissant sortir des hommes en train de tousser. j’entends des âmes tambourinant contre la porte condamnées.
Les tirs se font entendre. C’est une vraie boucherie. Vu d’en haut, les derniers survivant se font abattre les uns après les autres par des tirs qui fusent de toutes les directions. Ceux qui se cachent prennent un tir de blaster dans le dos de la part de CR8-NK, ceux qui s'exposent sont réduits à néant par les salves du loup ou par les tirs chirurgicaux de CL8-NK.
En moins de vingt minutes, les pirates sont HS. Je descends donc du bâtiment en rappel avec mon S-5 et mon prisonnier sur le bras. Je retrouve en bas Boum-boum, un sourire satisfait sur les lèvres et mes deux robots. Je range CR8-NK dans mon sac et commence :
“- La mission semble accomplie. Je me suis permis de faire un prisonnier en rab; je me dis que ça pourrait être intéressant d’avoir quelques informations sur ceux avec qui travaillent avec nos amis les pirates !
Je propose d’attendre que la fumée soit dissipée pour fouiller un peu le bâtiment; peut être qu’ils ont interceptés des communications intéressantes ou qu’il y a quelques infos bonnes à prendre sur leurs contacts, non ?” -
Post n°9
Auteur : HivernusCe petit coin de paradis pour pirates n’est désormais plus qu’un immense garde-manger pour les insectes et autres bêtes des environs. Ce n’est pas pour déplaire à Saandaatt, qui se sent toujours plus vivant après un bon carnage. Du fait de ses instincts naturels de prédateur, le Shistavanen est le compagnon de route idéal pour les tueries de masse et les traques de longue haleine. Et bien évidemment, lorsqu’il s’agit de faire la peau à quelques brigands de l’espace, l’homme-loup est toujours partant. En résumé, le mercenaire se sent tout à fait à son aise au milieu de ce champ de bataille improvisé où débris de véhicules fumants et cadavres en tout genre servent comme principaux éléments de décorations.
- C’est du très bon boulot ça. Je le sens jusqu’au plus profond de mes entrailles ! Hmm… -Sniff sniff- Ah oui… Le bon air ! Déclare le dénommé “Boom-boom” en reniflant bruyamment. Et puis… -Sniff sniff- Cela ne me déplaît pas de savoir qu’on a offert suffisamment d’engrais à la nature pour plusieurs années.
S’approchant du prisonnier, qu’il vient flairer de plus près, le Shistavanen fait usage de sa méthode d’intimidation préférée. Montrant les crocs et léchant ses babines pleines d’écume, l’homme-loup menace de se jeter au cou du pirate pour lui arracher la jugulaire s’il tente quoi que ce soit. Le bougre, déjà impressionné par la carrure imposante de Saandaatt, est d’autant plus convaincu par son attitude d’animal enragé. Se réfugiant volontiers derrière Rek’kar et son droïde, s’en servant comme d’un potentiel barrage face au monstre furieux qui souhaite sa mort, le pirate a en effet perdu toute envie de fuir ou résister.
- CL8-NK, le prisonnier est à toi. “Futé”, je vous laisse fouiller le terminal de la station. Téléchargez tout ce qui peut servir sur un bloc de données mais ne traînez pas. On ne sait pas à quelle fréquence ces abrutis de pirates communiquent entre eux. Il se pourrait bien qu’ils aient mis en place un protocole spécifique à suivre et je ne compte pas m’attarder dans le coin pour voir si d’autres raclures du genre débarquent ou non. Poursuit le porte-flingue. Je vous laisse cinq minutes. Mon droïde de surveillance va survoler la zone et nous prévenir s’il y a du mouvement. En attendant, je vais m’occuper de monter des pièges. Cette station ne servira plus à ces vauriens, vous pouvez me croire !
Fort de son expérience de traqueur et doué avec des explosifs, l’homme-loup est en effet la personne la mieux désignée pour piéger l’endroit. Il sait les improviser, comment les armer et où les dissimuler. Fouillant tous les recoins de l’avant-poste, le Shistavanen finit par rassembler suffisamment de barils de carburant, d’explosifs et de boîtes à munitions pour faire sauter le bâtiment… Ou au moins assez pour endommager l’infrastructure au point de la rendre inopérable. Au bout des cinq minutes réglementaires qu’il a lui-même imposé, Boum-boum a achevé sa besogne et s’en va prévenir son comparse.
- J’espère que vous avez tout ce qu’il faut parce que fini ou pas, on en a terminé ici. Indique le mercenaire. Faites bien attention où vous mettez les pieds dans l’entrée… Et ne touchez pas aux corps. Enfin j’dis ça… J’dis rien.
Désignant du bout du museau les endroits à éviter, l’homme-loup joue au guide pour le Drall. Récupérant le prisonnier et son gardien droïde au passage, l’immense Shistavanen mène son groupe dans la forêt. Après avoir quitté l’avant-poste et ses environs, Saandaatt se permet de rappeler son petit compagnon métallique mais n’en demeure pas moins vigilant. Il faut encore se méfier de la végétation, parfois sauvage et mortelle, et guetter de potentielles et dangereuses apparitions. Ce n’est qu’une fois arrivé au niveau du véhicule que le porte-flingue se permet de relâcher sa garde… Et non sans avoir auparavant fait usage de son flair pour s’assurer que les environs soient bien sûrs. Une fois tout le monde à bord, le vieil airspeeder décolle et file à toute allure vers la colonie.
Après quelques minutes de vol, le pirate semble avoir retrouvé un semblant de courage et se permet d’envoyer des menaces en l’air, s'improvisant notamment annonciateur de la fin du monde en déclarant que ses camarades viendront effacer toute trace de civilisation sur ce tas de boue puant. S’il n’y avait eu que Boum-boum, le bougre aurait déjà été balancé par-dessus bord et jeté en pâture à quelques crocodiles locaux. La présence de Rek’kar le force toutefois à adopter une solution moins radicale : le bâillon. Fourrant un bout d’étoffe dans la bouche de l’effronté, l’homme-loup s’offre ainsi une heure de répit. Il n’aurait de toute manière guère pu supporter de l’entendre geindre sur l’ensemble de la durée du trajet.
Après plus d’une heure de vol, la colonie se dévoile enfin dans l’horizon. La petite ville, qui est pourtant d’une tristesse à s’en donner la mort, apparaît comme un îlot de vie à l’effet salutaire au beau milieu de ces marais sinistres et dangereux. Le véhicule s’enfonce rapidement dans les entrailles de cette cité construite au beau milieu des eaux sombres de la planète, passe de rue en rue puis finit par se poser dans l’ombre d’un bâtiment jouxtant le quartier général provisoire de la bande mercenaire.
A l’intérieur, Hivernus et ses acolytes s’affairent visiblement à rassembler les informations récoltées et à les recouper afin de faire de potentiels rapprochements. Le Chiss lève la tête à l’approche du colosse et de ses deux compagnons de mission, quittant des yeux le bloc de données qu’il consulte depuis bientôt deux heures maintenant. L'humanoïde à peau bleue détaille le prisonnier pirate que le Shistavanen pousse devant lui.
- Hmm. Un proche-humain sur une planète peuplée de Lutrillians… Intéressant. Commente à voix haute le seigneur de la guerre, perplexe. Bien… J’imagine que l’avant-poste pirate n’est plus un problème pour nous à présent. Bon travail.
- Qu’est-ce qu’on fait de celui-là, Boss ? Demande l’homme-loup.
- Enfermez-le dans la réserve et veillez à ce qu’il soit bien attaché. Joli Coeur s’occupera de son cas dans quelques minutes.
En tant qu’ancienne membre des services de renseignements impériaux, Liidia Styg semble en effet la personne la plus indiquée pour mener l’interrogatoire. Et contrairement à certains de ses collègues, Joli Coeur sait comment obtenir des aveux sans avoir à faire usage de la violence… L’avantage d’être une femme, probablement. Saandaatt enfonce le canon de son blaster lourd dans le dos du détenu, montre les crocs et grogne doucement pour l’inciter à coopérer avant de le conduire dans une pièce adjacente.
C’est à peu près au même moment que les trois droïdes assassins font leur retour triomphant. Suivi de près par Caisse-à-outils et Surin, Scalpel traîne dans son sillage le cadavre encore chaud de l’un des nombreux fonceurs Lutrillians du gang qu’ils viennent de décimer. A la vue du corps sans vie, Vemmud et Nozindi ne peuvent s’empêcher d’esquisser l’ombre d’un sourire. Ils semblent s’être habitués aux horreurs quotidiennes des serviteurs d’acier de leur patron. Styg, pour sa part, se contente de soupirer en silence. Quelqu’un aura encore à nettoyer tout ce merdier et son petit doigt lui dit qu’elle sera probablement la première impliquée dans cette sombre affaire.
[Déclaration] : L’ennemi est anéanti, maître. Le gang de fonceurs de cette colonie ne vous posera plus aucun problème à l’avenir.
- Je n’en attendais pas moins de vous… Répond simplement le Chiss, tout à fait conscient des aptitudes meurtrières de ses Hunter Killer. Et je constate que vous m’avez rapporté un souvenir… Ce cadavre nous est-il d’une quelconque utilité j’imagine ? Hmm. Oui. Je vois d’ici plusieurs implants cybernétiques qui peuvent éventuellement nous servir.
[Réponse admirative] : Votre sens de l’observation est exceptionnel, maître.
[Commentaire enjoué] : Il semble en effet intéressant de noter l’incroyable perspicacité du maître. Avec votre permission, cette unité aimerait se charger du décryptage de ces implants cybernétiques. Les informations contenues dans l’hippocampe synthétique de ce sac à viande peuvent être exploitées et s’avérer plus fiables qu’un simple interrogatoire.
Il est vrai que les interrogatoires peuvent être faussés, ou bien par celui qui se fait tirer les vers du nez, ou bien par celui qui se charge de lui faire passer un sale quart d’heure. Il suffit d’une simple erreur de jugement pour remettre en question la validité d’un renseignement. La science, elle, ne ment jamais. Questionner des implants cybernétiques devrait donc poser moins de problèmes… A moins qu’ils ne soient cryptés par des experts en la matière ou munis des dernières technologies militaires. Ce dont on peut douter. Un voyou de bas étage sur une planète aussi reculée a peu de chance d’avoir accès au nec plus ultra des marchés noirs galactiques.
- Tu as mon entière confiance, Scalpel. Je sais que tu obtiendras des résultats. Indique Hivernus, se tournant ensuite vers ses deux comparses. Surin, Caisse-à-outils, vous êtes affectés à la garde du QG. Il se peut que nos actions aient provoqué un certain remue-ménage et je ne compte pas me faire prendre par surprise.
L'humanoïde à peau bleue s’adresse enfin au Drall, lui remettant par ailleurs une petite bourse de crédits.
- Au vu du travail fourni, vous méritez bien une petite pause. Et puis… Cela nous laissera le temps de vérifier certaines choses avant de poursuivre notre mission. Déclare le seigneur de la guerre. Faites un petit tour en ville, détendez-vous dans les établissements du coin et faites bien attention aux rumeurs qui circulent. Avec ce que nous venons d’accomplir, il est possible que les gens se mettent à parler, que des informations intéressantes se dévoilent… L’élimination d’un gang de fonceurs et l’attaque sur l’avant-poste va sûrement en remuer certains. Et il serait bien stupide de notre part de ne pas se saisir de l’occasion. Prenez votre droïde avec vous. Il est toujours sage d’assurer ses arrières dans un endroit aussi sinistre.
Ayant donné ses directives, le Chiss se replonge dans ses lectures. Caisse-à-outils et Surin sortent monter la garde, échangeant quelques astuces sur comment faire peur aux passants sans faire usage de leurs armes. Scalpel, pour sa part, est pris à parti par Joli Coeur. La jeune femme lui fait comprendre qu’il serait plus utile, la prochaine fois, de ne s’encombrer que du strict nécessaire. Le droïde accepte la critique sans broncher, affirmant volontiers qu’il prendra en compte son avis et promet qu’il ne transportera que la tête de sa prochaine victime si cela s’avère nécessaire.
L’élimination du gang de fonceurs fait grand bruit au sein de la colonie. Pour bon nombre d’individus, la disparition de ce groupe de parasites est une bonne nouvelle. Sans ces vauriens pour les terroriser et les taxer injustement, il est fort probable que les acteurs locaux de cette petite communauté auront plus de facilité à prospérer. Peut-être même que la ville trouvera une certaine attractivité qui pourrait lui être bénéfique à moyen et long terme. Mais pour d’autres, la nouvelle n’est pas aussi bonne qu’on pourrait l’espérer.
Le doute s’installe au sein de la milice locale. L’inquiétude qui s’immisce dans la tête de quelques-uns de ses membres est contagieuse et se propage rapidement dans les rangs… Mais les ordres sont clairs. Il n’est pas question d’effrayer la population, de l’avertir d’un quelconque danger. Le commandant en second de la garnison a été particulièrement pertinent à ce sujet. Quiconque refuserait de s’en tenir aux ordres serait immédiatement placé aux arrêts et confié à l’équipe spéciale du lieutenant. Seule la Force sait ce que ce détachement fait de ses prisonniers dans les sous-sols de la garnison mais il est certain qu’il serait imprudent de ne pas se conformer aux ordres…
Quelques miliciens en permission, dépités par la situation actuelle, se présentent dans une cantina miteuse afin de noyer leur angoisse dans l’alcool. Clients fidèles de l’établissement, les trois Lutrillians s’installent à leur table habituelle, planquée au fond de la pièce principale sous une alcôve peu éclairée. Servis par une ravissante serveuse Twi’lek, probablement acquise par le patron via un réseau d’esclavagistes ou par le biais d’une quelconque organisation aux mœurs douteuses, les soudards ont une vue d’ensemble sur tout et tout le monde. Tout individu qui entre dans la cantina ou en sort est surveillé de loin par cette petite bande de scélérats en uniforme. Sirotant en douce leur liqueur, les miliciens échangent quelques commentaires inquiets à voix basse. La disparition du gang des fonceurs n’est certes pas pour leur déplaire mais il n’en demeure pas moins qu’elle aura des conséquences. Il y a fort à parier que leur hiérarchie se tire déjà les cheveux pour se sortir de ce sombre merdier. Qu’importe. Si cette journée doit être la dernière, autant en profiter pour picoler jusqu’à ne plus pouvoir tenir debout.
Les trois comparses n’ont malheureusement pas ce plaisir. Un bip sonore les tire hors de leurs pensées léthargiques. Une voix, celle de leur supérieur, leur demande de se regrouper près des quais. Il va visiblement y avoir du grabuge si le lieutenant décide de rassembler l’entièreté de leur unité. Mais contre qui vont-ils se battre ? Telle est la question à cent crédits. Les miliciens s’extirpent hors de leur alcôve miséreuse, paient le montant de leur boisson à la belle Twi’lek puis s’en vont rejoindre le reste de leurs compagnons. Les rues de la colonie commencent doucement à se vider à cette heure-ci de la journée et les rares passants qui croisent la route des hommes d’armes de l’administration prennent grand soin de les éviter. La sale réputation de la milice n’est plus à faire… Nombreux sont ceux qui ont fini dans les geôles puantes de la garnison pour des raisons plus que douteuses.
Après cinq bonnes minutes de marche, les trois gaillards rejoignent enfin leur unité devant les quais. Quelques miliciens se sont déjà rassemblés là, attendant visiblement les consignes du lieutenant. D’autres affluent, par petits groupes, jusqu’à ce que l’entièreté des effectifs soit au complet. C’est en tout une douzaine de soudards qui se tient là, face à un supérieur à la mine grave. La sale gueule qu’il tire n’inspire rien de bon, à n’en pas douter. Après un briefing particulièrement stressant, les Lutrillians ont leurs ordres. Chacun sait ce qu’il doit faire. Il en va de la survie de la colonie… Et le lieutenant a tenu à rappeler le châtiment réservé aux incapables. L’échec n’est pas envisageable. S’en retournant à ses affaires, le commandant en second de la garnison laisse le soin au chef de section de prendre le relais.
Ecumant les rues de la ville par groupes de trois, les miliciens sont sur les nerfs, les sens en alerte. Ils ont la description de leur cible. Ils savent ce qu’ils cherchent. Après d’interminables minutes de recherches, un informateur anonyme les met finalement sur une piste. La troupe converge vers une place réputée pour ses nombreux établissements de divertissement et surtout de plaisirs. Les soudards se positionnent ici et là, profitant de l’ombre des bâtiments et des hauteurs pour se dissimuler. Ainsi embusqués, les chiens de garde de la colonie n’ont plus qu’à attendre que la cible se jette dans les mailles du filet.
L’attente est longue, angoissante. Les Lutrillians se demandent un instant s’ils ne se sont pas fait berner par leur indicateur. Bien loin de les rassurer, l’apparition soudaine de leur cible dans l’encadrement miteux d’une porte de cantina achève de les rendre d’autant plus nerveux. Ayant confirmé la description visuelle de l’individu via une paire d’électrobinoculaires, l’heure est désormais à l’action. Le sergent de l’unité distribue discrètement ses instructions par comlink.« Unités Un, Deux et Quatre, restez en place. Unité Trois, à vous de jouer. Rappel à tous : pas de désintégration. Le boss veut la cible vivante. C’est bien compris ? »
« Affirmatif, sergent. Blasters réglés sur tirs paralysants. »
Trois miliciens sortent de leur cachette pour se porter à la rencontre d’un petit être à fourrure. Dans ce coin de la galaxie, et plus particulièrement sur une planète aussi paumée et pauvre que Mijos, les Dralls se font rares. Il n’y a pas de doute possible. C’est la cible. Le sachant armé et potentiellement dangereux, les Lutrillians se présentent à lui les armes à la main, prêts à s’en servir.
- Salut l’ami. Tu vois cet écusson là sur mon uniforme ? Tu sais ce que ça veut dire ? Débute le plus robuste des trois soudards, une main posée sur le holster de son blaster. Ça veut dire que si tu ne viens pas avec nous, tu vas avoir de sacrés ennuis avec les autorités locales. Et crois-moi… Vaut mieux pas nous chercher les noises. Bon, maintenant que c’est dit, pose ton matos par terre. Et pas de geste brusque… Ou mes p’tits camarades te feront regretter d’être né.
Les comparses du gros dur pointent leurs armes sur Rek’kar, scrutant ses moindres faits et gestes. Il y a dans leur regard une certaine nervosité qui ne trompe pas. Ils n’hésiteront pas à faire feu sur le Drall s’il cherche à les tromper. Quelque part, au plus profond de leur être, c’est peut-être ce qu’ils attendent de lui. Voilà bien trop longtemps que les miliciens locaux n’ont pas eu à faire usage de leurs armes…Spoiler : Spoiler
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Post n°10
Auteur : Rek'karLe lupin semble satisfait de la manière dont la situation a été gérée; à première vue, son assurance, la manière dont sa langue passe machinalement sur ses lèvres et sont sourire que l’on pourrait qualifier de “carnassier” indique clairement qu’il mange des tueries de masse au petit déjeuner. L’information est toujours bonne à prendre, au cas où; il ne faut pas oublier que ma mission consiste à juger de la fidélité de l’agent Chimère auprès de la grande Moff. Il existe un monde où je serais amené à me battre contre lui et ses alliés s’il s’avère être un ennemi de l’empire.
Après une pose de piège en bonne et due forme, le téléchargement de toutes les données disponibles dans le complexe et un dernier passage rapide pour être sûr de n’avoir rien oublié, nous avons repris le chemin de la base.
Le trajet se passe tranquillement, même si nous sommes tout deux aux aguets : en plus de nos amis les pirates, des éventuels gangs et autres pourritures, la faune et la flore de la planète sont une source de dangers tout aussi mortelle.
Notre prisonnier se sent ragaillardi après quelques minutes et profane des aberrations; heureusement, un coup de crosse et un bâillon plus tard, il reprend la place qui est la sienne : un sale pirate prisonnier qui ne tardera pas à payer pour ses crimes - non sans avoir vidé son sac au préalable -.
Une fois rentré, c’est la dénommée “Jolie Coeur”, qui est désignée pour se charger de récupérer les informations de notre invité.
Quelques échanges plus tard, les trois droïdes se présentent eux aussi, couverts de sang et ramenant un morceau de ce qui avait dû être un individu il y a peu de temps. Ce dernier, couvert d’implants, sera décortiqué pour récupérer tout ce qui reste en mémoire. Je n’ai jamais été un grand aficionados des implants pour ces raisons-là; il en va de soit que mon bras cybernétique est une forme d’améliorations, mais ne stockant pas de données, il ne représente aucun risque de trahir indirectement l’Impérium.
Après quelques félicitations, nous sommes invité à prendre une petite pause afin de nous ressourcer, voir de collecter quelques informations au passage; je décide donc d’aller faire un tour en ville pour voir l’impact de la destruction des pirates et du “démantèlement” forcé du gang. Je profite, avant ma sortie, pour recharger mon arme et le module de lancement de câble. J’ajoute deux recharges de câbles dans ma poche, au cas où.
Ayant bien conscience du risque que cela représente, je déploie CR8-NK en reconnaissance furtive et CL8-NK en couverture à distance. J’utilise un modèle de mouvement où j’avance, récupère des informations de mon iris, lui donne les instructions adéquates pour mon droïde LOM, puis je continue le chemin.
Rapidement, CR8-NK revient pour m’indiquer la présence d'individus embusqués, environ une douzaine, répartis sur plusieurs emplacements, dans des rues diverses et qui semble dans l’attente. Un plan en 3D projeté par l’iri montre la topologie du terrain et les différentes zones d’embuscade.
Maintenant, plusieurs possibilités : je rebrousse chemin et je rentre pour faire mon rapport ou bien je vais dans le piège et je leur fais comprendre qu’il ne faut pas s’attaquer à nous. La première semble plus sage, mais la seconde plus attrayante ! Il me faut capturer le plus haut gradé parmi ces miliciens pour le ramener à la base. Je profite d’un renfoncement en amont pour donner mes instructions aux deux droïdes.
Au bout de quelques minutes, CR8-NK m’indique avoir repéré le groupe avec une personne qui semble avoir plus de galons sur l’écusson de la milice. A première vue, c'est un sergent - ou assimilé - ; je me sens presque offensé que l’on envoie seulement douze petits miliciens et un simple gradé… Il va falloir leur faire comprendre leur erreur.
CL8-NK se positionne sur un toit et prend en joue un groupe de 3 individus pendant que CR8-NK se positionne à revers d’un second groupe. Une fois l'assaut donné, ce sera 6 adversaires de moins. L’objectif et de fuir par une des ruelles transversales qui part en direction du groupe du sergent. Le croisement entre ma route et la leur se fera sur un petit carrefour entre deux bâtiments ; l’unité LOM a pour ordre de se repositionner sur le un toit deux bâtiments plus loin pour se retrouver dans le bon timing en joue et de ne laisser que le sergent en vie.
Maintenant, il n’y a plus qu'à. Je reprends mon chemin en adaptant ma façon de marcher : plus de silence, une démarche en pleine confiance ; bref, aucune discrétion et rien qui ne laisse présager mon plan.
Rapidement, trois individus sortent de la ruelle de gauche, comme prévu et s’avancent vers moi, l’air menaçant; on sent dans leurs regards qu'ils ne sont pas aussi aguerris qu’ils aimeraient le laisser paraître. Le plus gaillard des trois me demande de poser mon matériel sans faire d’histoire.
Je lève les main en signe de reddition, amenant, au vu de ma taille, mes bras au niveau de leurs ceintures. deux ont des détonateurs thermiques qui y sont accrochés. J’esquisse un sourire derrière le masque qui cache ma bouche, puis je leur répond a haute voix :
“- Pas besoin d’être menaçant messieurs, je vous suit sans faire d’histoires ! Par contre, c’est plutôt de mon ami là-bas que vous devriez avoir peur”
Je tends le bras dans le dos du grand gaillard pendant que les trois tournent leurs têtes l’espace d’une seconde, par réflexe. Mes mains agiles se baissent d’un coup et viennent presser les deux détonateurs qui se mettent à clignoter, puis je tire ma première cartouche de câble en direction de la ruelle de droite me propulsant à toute vitesse.
La panique commence, les deux hommes tentent de lancer leurs détonateurs pendant que le plus grand se jette derrière un muret. Seul un des deux arrivent à projet l’explosif au loin; l’autre subit dans détonation avec l’objet en main provoquant l’explosion de son bras et le projetant au sol. Au même moment, trois tirs de DLT-19X s’enchaînent. Des cris se font entendre. C’est la panique.
Les deux miliciens restants de l’escouade qui devaient m’intercepter reprennent rapidement leurs esprits et commencent à tirer dans ma direction. Heureusement, j’avais prévu le coup et je m’étais déjà positionné dans un angle me permettant de voir l’action à travers le reflet d’une vitre.
Je me met donc à courir vers le point de convergence, deux hommes d’armes sur le dos; c’est un peu plus que prévu initialement, je pensais qu’il n’en resterait qu’un, voir aucun, mais il faut compiler avec. Je profite de mon avance pour tirer ma seconde recharge de câble au niveau d’un petit croisement au ras du sol. Je noue l’extrémité restante à un conduit métallique, puis je me cache dans un container dans un angle permettant de n’être pas facilement repérable.
Une vingtaine de seconde après, je vois les deux miliciens qui courent; je plus grand devant semble hurler à son coéquipier, un peu en surpoids, qui traîne la patte. Par chance, il se tourne vers lui pile au mauvais moment pour lui hurler quelque chose dans le dialecte local avant de trébucher sur le câble et de heurter le sol dans un bruit sourd.
Je profite de l'opportunité pour sortir mon arme à travers l’ouverture du couvercle et achever le l’individu au sol avant de bondir hors de ma cachette et continuer mon chemin; je vais bientôt arriver au point de jonction ! il ne me reste qu’un seul poursuivant.Le plan fonctionne comme sur des roulettes !
A cette pensée, je vois trois individus armés bondir d’une rambarde en hauteur : le groupe du gradé. Mais deux rues avant. Et merde. Des fois, il vaudrait mieux que je me taise mentalement. Au même moment, le milicien qui accompagnait le grand gaillard apparaît derrière moi.
Sans réfléchir, je tire mon grappin à ma hauteur, sans me rendre compte qu’il part se ficher… dans ses parties génitales. J’active le rembobinage, profitant de son poids plus important et de son hurlement de douleur pour venir le percuter à pleine vitesse, épaule en avant.
Le choc nous amène au sol, mais je manœuvre une petite roulade sur le côté pour me relever rapidement avant de lui planter mes griffes directement dans la gorge. Derrière moi, le sergent hurle des instructions et des tirs fusent dans toutes les directions. Je me jette dans une rue perpendiculaire et me mets à courir : désormais, il va falloir improviser.
Malchance : je tombe sur un cul de sac. Les trois individus avancent prudemment en formation. Je n’ai plus de cartouche de câble. Ils seront bientôt à portée de tir. On me hurle de déposer les armes. Il se met à compter jusqu'à 5.
4. Je réfléchis à toute vitesse. Pas de bouches d'égouts, pas de trous, pas de porte. ça pue.
3. Est-ce que je suis capable de les éliminer tous les trois en tirant sans qu’ils me touchent ? Non, je ne suis pas un tireur assez doué.
2. Bon, si je n’ai pas d’autres idées, il va falloir que je dépose les armes. J'improviserai par la suite. Je suis trop loin pour profiter du corps à corps.
1. C’est fini, je commence à baisser mes armes.
A ce moment-là, une moue de surprise se dessine sur la tête du sergent qui s’effondre. Le camouflage de CR8-NK disparaît le révélant l'espace d’un instant. Ses deux acolytes se retournent, mais avant la fin de leur mouvement une première détonation en propulse un au sol. Le dernier debout me tire dessus par réflexe avant d’être abattu à son tour. J’ai tout juste le temps de me jeter au sol que tir abîme mon bras mécanique au niveau de l’épaule.
L’iris se rapproche de moi et je lui demande un topo de la situation : à première vue, il n’y pas d’autres miliciens dans les environs immédiats, mais il semble que des renforts aient été appelés. CL8-NK nous rejoint et je lui indique de charger le corps inerte du sergent pour la ramener à la base.
Pour rentrer en toute sécurité, la sonde scanne une partie du terrain, trouve la meilleure cachette, puis une fois dedans, recommence avec la zone suivante.
Au lieu de la trentaine de minutes pour rentrer, il nous a fallu deux heures pour atteindre la base. Au fur et à mesure, la densité de milicien s’est accrue et il a parfois fallu attendre un moment dans les planques pour pouvoir se faufiler. On a même été obligé de remettre un coup de décharge paralysante sur le prisonnier, histoire qu’il ne se réveille pas inopinément !
Au bout de ce temps interminable, nous avons pénétré la base. Je pense que le chiss ne s’attendait pas à nous voir rentrer si tôt, surtout avec un milicien immobilisé sur l’épaule. En arrivant, je salue “le chef” comme le font les autres, puis CL8-NK dépose le corps inerte devant lui :
“- Futé, au rapport. Sur le chemin du quartier “détente”, on m’a tendu une embuscade. L’ayant repérée, j’ai décidé d’aller y faire un tour, histoire de débusquer un poisson correct pour voir quel est son hameçon. Malheureusement, ils n’étaient que douze et le plus haut gradé n’était qu’un sergent.
Il est immobilisé et nous avons pris le plus de précautions possibles pour ne pas être suivi ou repéré. Par contre, l’affrontement n’a pas dû passer sous les radars, je pense que je vais être désigné ennemi publique; sauf si la mission était “clandestine” au sein des miliciens et commandité par quelqu’un qui nous veut du mal. A ce compte là, elle sera peut être passée sous silence.
Les douze envoyés ont été envoyés faire coucou aux pirates et au gang. Il n’y a pas eu de témoins “visible”, mais je ne doute pas que des yeux indiscrets ont du pouvoir m’appercevoir ou apercevoir la milice; ma condition de Drall n’est pas des plus commune.
Si cela vous convient, je vais aller bricoler mon bras qui a essuyé partiellement un tir et dont l’articulation n’est plus aussi efficiente, histoire d’être opérationnel.
En tout cas, si on avait des doutes sur la corruption de la milice, je pense qu’on peut les confirmer sans plus de preuves ! Et puis avec un peu de chance, le sergent pourra nous confirmer ce dont on a besoin !” -
Post n°11
Auteur : HivernusLorsque Rek’kar et son compagnon de métal reviennent de leur tour pour faire leur rapport, l’ambiance est déjà électrique. Les hommes sont sur le pied de guerre… L’imposant Saandaatt supervise la protection extérieure du QG en compagnie de Surin et Caisse-à-outils. “Grande Gueule” et “Fonceur” s’équipent lourdement, vérifiant l’état des armes et des armures de la compagnie avec l’aide de Scalpel. Styg s’occupe quant à elle de la surveillance des réseaux de communication locaux, casque audio sur la tête et bloc de données en main. Hivernus, dont le visage est toujours dissimulé sous son casque de scout trooper décoré, le corps protégé par un assemblage de pièces d’armure de confection impériale ou mandalorienne, écoute avec beaucoup d’attention le rapport que lui livre le Drall.
- Nous avons eu vent de vos déboires avec les autorités locales… Et il semble en effet évident que la milice travaille avec la pègre locale. Ce ne sont pas les preuves qui manquent du moins, le guet-apens qui vous a été tendu n’étant que le dernier élément incriminant les miliciens. Fait remarquer le Chiss, peu surpris. Se tournant vers son droïde assassin, il ajoute en désignant d’un geste nonchalant de la main le bras abîmé du major : Scalpel. Si tu veux bien te charger de ça le temps que j’informe notre camarade de nos dernières découvertes…
[Affirmation enthousiaste] : Bien évidemment, maître.
Le modèle HK abandonne son inspection du matériel militaire pour se porter au chevet de la petite boule de poils. Habitué aux réparations de fortune en milieu hostile, l’automate prend grand soin de la prothèse de bras de l’agent sous couverture. Il travaille sur l’implant avec une minutie propre aux droïdes, faisant usage de ses outils avec une précision chirurgicale.
- Nous avons réussi à tirer les vers du nez de notre prisonnier… Il n’a pas mis longtemps à parler. Ce qu’il a révélé est particulièrement intéressant… Et quelque peu surprenant aussi. Poursuit l'humanoïde à peau bleue. Mijos est, sans le savoir, le sujet d’une vaste extorsion. Un roi pirate ferait chanter les autorités locales et les gangs du coin. Criminels et fonctionnaires doivent verser un tribut régulier à ce mystérieux seigneur de la piraterie, sous peine de voir leur monde réduit en cendres par l’artillerie des vaisseaux de son armada. L’avant-poste que nous avons démantelé servait apparemment à rappeler aux réfractaires la menace qui pèse sur eux.
Hivernus marque un léger temps de pause avant de reprendre de son habituelle froideur le récit de ses découvertes.
- En mettant fin à la présence de ces pirates, nous avons sans le savoir mis le feu aux poudres. L’embuscade dont vous avez été victime est très certainement l'œuvre d’officiers craignant les représailles de ce roi pirate. Ils auront essayé de vous capturer ou bien pour vous offrir en guise de compensation à ce mystérieux individu, ou bien pour vous extorquer toute information qu’ils auraient jugé nécessaire à leur survie. Quoi qu’il en soit, il est certain que votre affrontement avec les miliciens a causé du remous au sein de la colonie. Nous avons intercepté plusieurs communications… Ils sont en train de mobiliser leurs forces et il est certain qu’ils vont bientôt converger sur notre position.
Derrière, les hommes du Chiss finissent de s’armer en conséquence. Vemmud s’est équipé à la manière des forces spéciales, ayant passé en bandoulière une ceinture de détonateurs aux fonctions multiples au-dessus de sa vieille armure de combat rafistolée. Un blaster de poing pendant à sa taille, un modèle plus lourd entre les mains, l’homme est paré à toute éventualité. Le Lutrillian, pour sa part, s’est contenté de revêtir une veste Blast légèrement modifiée, préférant la mobilité à une protection complète. Il n’en demeure pas moins aussi bien armé que son comparse, ayant un blaster glissé dans un holster de jambe et un lance-grenade posé contre l’épaule.
- Notre mission étant compromise, j’ai pris l’initiative de contacter notre client… Qui n’est guère satisfait par la situation actuelle, comme l’on peut s’en douter, mais qui en comprend toute la gravité. La protection du convoi n’est plus notre priorité. De toute manière, les informateurs de “Fonceur” nous ont permis d’apprendre qu’une bonne partie des individus employés par notre mécène sur cette planète sont compromis d’une manière ou d’une autre, leurs services étant achetés par d’autres ou agissant à leur propre compte. Ajoute Hivernus. Marko Vey semble bien plus intéressé par la perspective d’en apprendre plus sur ce mystérieux roi pirate car il apparaît que plusieurs de ses bases d’opérations et convois ont été, par le passé et dans le temps présent, frappés par des bandes pirates particulièrement bien organisées… L’affaire est d’autant plus intrigante du fait du lien possible entre ce seigneur de la piraterie et nos conjurés… Car il est dit qu’il mènerait ses opérations depuis le pont d’un destroyer de la classe Impériale. L’information a été apportée par notre prisonnier et plus ou moins confirmée par différentes rumeurs qui circulent. Il est peu probable qu’un tel individu se soit procuré par ses propres moyens un tel vaisseau. Ou bien on lui en aura fait don en échange de ses services, ou bien il s’agit d’un agent conjuré opérant sous une fausse identité.
- Boss, on a du mouvement. Au moins deux escouades de miliciens en approche… Annonce soudainement “Joli Coeur”. D’autres renforts sont en route, dont une unité spéciale et plusieurs véhicules d’intervention. Je ne doute pas de nos chances de réussite face aux forces locales mais on risque d’être rapidement débordés si on s’attarde dans le coin.
- Hmm. Je vois. Oui… C’est très intéressant ce déploiement soudain de forces. Qu’en est-il de ma demande spéciale ?
- Acceptée, Boss.
- Alors nous n’avons pas grand chose à craindre de nos adversaires. Déclare le Chiss, se tournant alors vers son second. Préparez vous à évacuer. Départ dans deux minutes.
- Affirmatif !
L’homme distribue ses instructions. L’ordre est donné de détruire le matériel qui ne peut être transporté afin d’interdire son utilisation par l’ennemi… Mais également dans le but de le priver de tout renseignement contenu dans les consoles du QG. Styg et Nozindi se chargent donc de réduire en pièces tout ce qui ne peut être emporté tandis que “Grande Gueule” rejoint le reste de l’équipe à l’extérieur afin de leur transmettre leurs nouvelles directives.
- Je crains malheureusement de ne pas pouvoir vous accompagner dans cette aventure trépidante qui vous attend car mes compétences sont requises ailleurs… Poursuit l'humanoïde à peau bleue. Il se trouve en effet que l’on a rapporté à mon attention le danger que représente un autre destroyer de la classe Impériale… Un vaisseau détruit lors de la bataille de la Forge Stellaire et pourtant revenu d’entre les morts. N’y voyez pas là un prétexte savamment trouvé pour me dérober à mes obligations envers notre amie commune car ce serait mal me connaître… Mais cette soudaine prolifération de vaisseaux de guerre impériaux opérant loin des frontières de l’Impérium m’intrigue fortement et il me semble plus judicieux de suivre toutes les pistes qui entourent leur secret. Il ne serait guère prudent de se laisser prendre par surprise après tout. Je vous laisse cependant entre de bonnes mains, l’équipe de Vemmud étant l’une des meilleures sous mes ordres. Et puis… Je vous laisse en compagnie de mes modèles HK, qui prendront grand soin de votre protection.
Les murs se mettent peu à peu à vibrer. L’écho de moteurs ioniques bourdonnant se fait de plus en plus proche, de plus en plus bruyant. La voix tonitruante du commandant en second de la compagnie confirme rapidement ce que tout le monde sait. L’ennemi se rapproche inlassablement et fondera bientôt sur eux.
- Il semblerait qu’ils nous aient enfin trouvé. Commente simplement le seigneur de la guerre au travers de son casque. Il est grand temps de partir. Scalpel ?
Le droïde achève de réparer le bras de Rek’kar, faisant quelques points de soudure ici et là après avoir raccordé entre eux les derniers fils extirpés hors de la prothèse.
[Déclaration satisfaite] : Remise en état effectuée avec succès, maître. Je me suis permis d’apporter quelques modifications mineures afin d’améliorer la mobilité et l’efficacité du bras à hauteur de 11%.
- Je suis certain que notre ami ici présent saura apprécier ton travail dans les minutes qui vont suivre… Car nous aurons probablement à combattre la milice. Fait remarquer Hivernus, dégainant d’un geste vif ses deux blasters Westar-34. L’heure est désormais à l’affrontement. Et comme dirait tout bon Mandalorien qui se respecte… Ib'tuur jatne tuur ash'ad kyr'amur !
Le Mando’a du Chiss est presque parfait, seul un léger accent trahissant son origine étrangère. Prenant une profonde inspiration, l'humanoïde à peau bleue dénoue les muscles de son cou en tournant la tête de gauche à droite, puis de droite à gauche. Enfin échauffé, il s’élance à l’extérieur, bientôt suivi par Styg, Nozindi et Scalpel. Les premiers échanges de tirs ont lieu lorsqu’une poignée de miliciens se présentent, armes à la main, au détour d’une ruelle adjacente.
Au-dessus d’eux, plusieurs transports de troupes font du vol stationnaire afin de permettre à une unité d’élite de se déployer sur les hauteurs. Si au sol les premiers hommes d’armes sont rapidement repoussés, d’autres convergent bientôt vers leurs positions, refluant vers la petite compagnie d’Hivernus tel un raz-de-marée inarrêtable. Après avoir déchargé son DLT-19 sur une section entière de miliciens, le Shistavanen se rue droit vers les survivants, sortant griffes et crocs et usant de son blaster comme d’une arme de mêlée. Il est rapidement rejoint dans cet assaut sanguinaire par le chien cyborg du seigneur de la guerre, Fantôme, qui saute à la gorge d’un Lutrillian malchanceux.
Cloué sur place par les tireurs déployés sur les hauteurs, le reste de l’équipe ne peut progresser plus loin. Comprenant que tout repose sur lui, le Chiss déguisé en Mandalorien intrépide prend les devants.
- Scalpel, Surin, avec moi ! Commande t-il alors que son jetpack se met brusquement en marche.
Les deux automates s’élèvent à leur tour, portés dans les airs par leur réacteur dorsal, afin de suivre leur maître téméraire dans sa charge soudaine. Un combat acharné se déroule alors sur les toits de la colonie, Hivernus et ses droïdes s’occupant de reporter l’attention des commandos de l’unité spéciale sur eux plutôt que sur leurs camarades coincés au sol. Le corps d’un Lutrillian, percé de traits laser, tombe des hauteurs et vient s’écraser à quelques pas d’une unité en pleine retraite. La pression se relâche quelque peu pour les agents sous couverture, les miliciens cherchant visiblement à réorganiser leurs rangs après avoir essuyé des pertes non prévues. Ayant devant lui une opportunité à saisir, Vemmud prend rapidement le commandement du reste de la compagnie.
- Le grand patron nous ouvre la voie, ne laissons pas passer notre chance !
Deux tireurs embusqués se dévoilent soudainement au-dessus des mercenaires.KRA-KOW ! KRA-KOW !
Le premier milicien est abattu après avoir reçu deux traits laser en pleine poitrine. Son comparse se détourne de sa cible initiale afin de chercher l’origine des tirs. Un câble vient s'enrouler autour de son cou et l’étouffe progressivement. Lâchant son sniper afin de porter ses mains à l’étau qui vient l’enserrer, le Lutrillian est soudainement attiré dans le vide lorsque le Chiss tire d’un coup sec sur son poignet. Le câble se détache du gantelet en beskar lorsque le tireur embusqué amorce sa chute. S’écrasant lourdement quelques mètres plus bas, le milicien est achevé par le Shistavanen lorsque son blaster vient brutalement broyer son crâne contre les pavés.
Un transport aérien vient déposer de nouveaux renforts sur un autre toit. Le seigneur de la guerre se porte à leur rencontre, son jetpack l’aidant à s’élever une fois de plus dans les airs. Ses deux fidèles compagnons de métal le rejoignent dans son assaut furieux, progressant de toit en toit en éliminant tout ce qui se trouve sur leur chemin. Au sol, la situation est meilleure. Hivernus et ses modèles HK ayant attiré sur eux l’attention, le champ est libre… Ou presque. Car les miliciens se redéploient bientôt autour d’eux après avoir accusé le choc de la première charge.
- Configuration Delta Trois-Deux ! Maintenant ! Beugle Vemmud en comprenant la manœuvre ennemie.
”Fonceur”, “Joli Coeur” et Caisse-à-outils s’engagent dans une ruelle adjacente en adoptant une formation en colonne. “Boum-boum”, se positionne derrière le commandant en second sans un mot, profitant de cet instant de répit pour recharger son arme.
- Paar, CL8-NK, prenez la ruelle de gauche et remontez tout doucement en parallèle de notre rue. On maintient le contact par comlink.
En séparant son unité en trois groupes distincts capables de se porter mutuellement assistance, l’homme cherche à couvrir plus de terrain afin d’empêcher une manœuvre d’encerclement qui pourrait leur être fatale. Mais le chemin qui doit les mener à leur navette est semé d’embûches… Et il est probable que les miliciens qui tentent d’intercepter les mercenaires ne cherchent en réalité qu’à les ralentir le temps que leurs camarades fortifient quelques positions clés sur lesquels les agents sous couverture viendront s’écraser. -
Après mon rapport, je prends le temps de respirer un instant en m’installant dans un fauteuil le temps d’écouter le discours du “mandalorien” qui opère en tant que chef de l’escouade. Il corrobore les différents échos et ce que cette embuscade pouvait signifier quant aux affaires en vogue sur cette bien misérable planète; pour autant, ce fameux “roi des pirates” semble être une épine dans le pied de beaucoup trop de personnes d’un seul coup, ce qui risque de jouer très rapidement en sa défaveur.
Heureusement, notre client initial est bien intéressé par le fait de nous envoyer à la recherche de ce fameux pirate et de son destroyer de classe impériale ! Pas rien, quand même; on est pas sur le petite groupuscule de pirate du coin, mais bien sur une puissance de feu dangereuse dans le secteur.
Pendant que j’écoute attentivement les informations données, Scalpel triture mon bras mécanique endommagé pour faire des réparations d’urgence pour le combat qui se profile à l’horizon; ce sera d’ailleurs probablement bien mieux que si c’est moi qui m’en charge, mes compétences en mécaniques sont assez vieilles et je me contente de rapetassage d’urgence.
Rapidement, les mouvements se font sentir à l’extérieur des murs; il semblerait que les locaux sont enclins à nous capturer - ou nous tuer - afin d’essayer d’apaiser l'hypothétique colère de ce puissant pirate. A moins que ce ne soit que pour tenter de venger leur honneur suite à deux défaites relativement humiliantes subies ?
Quelle qu’en soit la raison, il faut se préparer à agir. Scalpel s’affaire toujours sur mon bras, me laissant dans l’impossibilité d’agir le temps qu’il finisse son oeuvre; heureusement, le reste de l’unité est d’une efficacité remarquable : en quelques minutes, toutes preuves et matériel non transportable est détruit, puis l’équipe a l’extérieure se prépare à l’assaut imminent.
Le Chiss nous indique avant notre départ une nouvelle affaire qui recueille son attention : un destroyer impérial - encore un - semble être revenu après sa destruction lors d’une bataille… Voilà qui commence à faire beaucoup de vaisseaux impériaux en vogue en dehors de notre bel empire ! Une hérésie qui doit être éclaircie et dont les personnes à l’origine de ces vols honteux doivent être punis !
Les bruits se font plus importants, annonçant l’assaut imminent. Au même moment, Scalpel indique qu’il a terminé de réparer mon bras et qu’il a même pu l’améliorer ! Voilà une fonctionnalité des plus intéressante dont il faudra que mon cher CL8-NK se dote afin de pouvoir réparer mon bras durant les missions !
Je me lève et pivote mon bras dans plusieurs sens afin de vérifier le bon fonctionnement et m’habituer à cette mobilité retrouvée. Je remercie Scalpel pour le travail effectué, puis je me prépare au combat en inspectant rapidement mes armes, rechargeant le liquide de filin de mon blaster et préparant des cartouches de rechanges en cas d’utilisation multiples dans les prochaines minutes.
J’indique à CL8 de faire un rapide check-up de ses armes avant le début de l’escarmouche imminente. Après avoir passé en revu le matériel, le modèle LOM me fait un signe indiquant que tout est paré au combat. Je profite pour déployer CR8 à côté de moi, dans l’idée de servir de reconnaissance dans les péripéties à venir.
Et puis le combat commence. Notre chef et ses deux droïdes s’élancent en l’air pour charger l’ennemi pendant que le reste de la compagnie s’élance derrière lui. J’emboîte le pas avec CL8 sur mes talons et CR8 qui prend la tangente, se faufilant dans des angles morts pour prendre un peu d’avance et donner des indications sur la suite des évènements.
Deux tireurs embusqués nous ralentissent à peine, puis Vemmud nous lance en formation Delta trois-Deux, histoire de diviser l’unité et de séparer les groupes ennemis sur, plusieurs fronts, histoire d’éviter des risques d’encerclement et limiter les risques : même si une unité tombe, les deux autres peuvent continuer sur des chemins différents.
J’indique rapidement à CR8 de se déployer dans la ruelle de gauche dans laquelle je m’engouffre au sol. CL8 quant à lui continue d’avancer sur les toits de manière synchrone. L’iris me fait rapidement un topo de la situation :
“- Détection de 5 formes de vie armées a mi-chemin. 2 sont actuellement dans un véhicule stationné et les trois autres sur le toit d’un bâtiment. Ils attendent en embuscade. Il semblerait qu’il y ait des mines incapacitantes qui aient été enterrées de bien mauvaise manière; j’en ai détectée 3, mais il se pourrait qu’il y en ai plus.
- Merci CR8.”
Je réfléchi rapidement. S’ils ont positionné des mines sur le chemin, cela signifie qu’elles sont forcément plutôt au centre. Et si… Ho oui, c’est une idée qui se tente.
Je repère un véhicule civil non loin de moi et m’y précipite. Je fracture la vitre avec la crosse de mon blaster, puis je profite de ma petite taille pour me faufiler à l’intérieur. Je découpe rapidement la ceinture pour venir ecraser la pédale d’acceleration, puis je dépose deux grenades sur le siège conducteur. J’envoie mes instructions à CL8 :
“- CL8, regarde en direction du véhicule gris à la vitre fracturée, à 3h. Je suis dedans. J’ai mis deux grenades dedans, mais elles ne sont pas activées. Je vais démarrer le véhicule de force, la pédale d’acceleration est bloquée. Quand le véhicule arrivera au niveau de nos embusqués, si les grenades ne sont pas explosées, je compte sur toi pour leur offrir un beau feu d’artifice
- Affirmatif. Ordre reçu, prise de position adéquate en cours d’acquisiton”
Je démonte rapidement le panneau, débranche quelques fils, puis tente de démarrer le véhicule. Ce dernier résiste un peu plus que prévu, mais après une bonne trentaine de secondes d’acharnement, le véhicule s’allume. Sauf que la pédale étant enfoncé, il commence a accélérer d’un seul coup, me projetant contre le siège conducteur.
Je me redresse dans ce véhicule lancé en ligne droite et profite pour lui mettre un coup de volant afin de l’aligner au centre de la ruelle, puis je saute de la fenêtre aussi rapidement que possible, roulant sur le sol avant que le véhicule n'ait pris plus de vitesse que prévu.
Une bonne dizaine de secondes plus tard, des tirs de blasters de font entendre sur le véhicule, puis des détonations au sol qui perturbe la trajectoire du véhicule - mais réduit le nombre de mines incapacitantes au passage -.
Je profite de la zizanie pour courir dans le sillage du véhicule, histoire de profiter de sa couverture; blaster à la main. Quand je me sens suffisamment proche - mais pas trop - des échanges de tir, deux détonations se font entendre du toit. La première touche la voiture sur le sigère arrière gauche, mais le second atteint le sigère conducteur, provoquant une déflagration.
A ce moment là, je sors de ma cachette et me faufile prêt du chaos ainsi créé. Les 3 embusqués dans la voiture semblent en piteux état. Pour les deux tireurs embusqués, l’un a la malchance de se pencher pour voir ce qui se passe. Je tire un coup de blaster bien placé et ce dernier chute lourdement dans la ruelle. Une troisième détonation rugis depuis les toits, abattant l’autre tireur embusqué. CL8 indique :
“- La voie est libre sur les 533 prochaines mètres. J’avance pour scanner la prochaine zone de combat.”
J’envoie mon rapport à Vemmud au passage :
“- Ruelle de gauche sécurisée. Continuons d’avancer jusqu’au prochain checkpoint. Terminé.”
Je profite de mon grappin pour rejoindre CR8 sur les toits et avancer de la manière la plus discrète possible en hauteur.
Au bout d’environs 5minutes, CL8 envoie son rapport :
“ - Détection de deux véhicules transportant 8 soldats chacun. Il semblerait que ce soit des Bantha-II armés de deux tourelles à lasers pilotés par deux artilleurs. Ils profitent que les ruelles se rassemblent sur un carrefour pour déployer des défenses au sol. Ils ont l’air de positionner des sacs et de transporter des artilleries e-web pour tenter de renforcer la zone”.
Merde, ils commencent déjà à fortifier des points stratégiques… ça va devenir compliqué. Je transmet l’information :
“- Futé au rapport, on est attendu en sortie de ruelle sur le carrefour : environs 16 soldats, 4 artilleurs monté sur des Bantha-II et en déploiement en cours de sac de sable et d’artilleries e-web. Le créneau pour passer va être court. Quelles sont les instructions ?” -
Les agents sous couverture progressent rapidement au travers des rues de la colonie. Tels les rouages d’une machine bien rôdée, les “mercenaires” de la compagnie d’acier opèrent avec une efficacité qui prend les miliciens par surprise. Du fait des pertes subies, les Lutrillians sont contraints de battre en retraite. Ils n’ont de toute manière ni l’entraînement ni l’équipement nécessaire pour affronter à armes égales les redoutables combattants menés par le mystérieux Kruyal Vorn. Les quelques escouades de milice envoyées confronter le “Mandalorien” et ses hommes de main, décimées lors de l’affrontement, abandonnent derrière eux leurs morts afin d’échapper à l’anéantissement. La troupe hétéroclite peut donc poursuivre son avancée sans rencontrer de résistance, ayant réussie à saper le moral de l’ennemi.
Mais le rapport de Rek’kar vient bientôt changer la donne.
Les miliciens que le commandement a volontairement sacrifié aux blasters de la compagnie d’acier ont eu leur utilité semble t-il, puisqu’ils ont tenu le terrain assez longtemps pour permettre aux troupes de réserve de fortifier leurs positions derrière la ligne de front. Soldats par dizaines, véhicules armés et artillerie lourde… Il semblerait que la milice locale ait encore quelques cartes en main. Depuis les hauteurs, Hivernus et ses deux acolytes droïdes étudient en silence le déploiement des forces ennemies. Une attaque frontale pourrait réussir mais exposerait les agents placés sous ses ordres à des risques inutiles. S’il avait été un officier impérial formé à la vieille école, l’humanoïde à peau bleue n’aurait eu aucun remord à envoyer ses hommes vers une mort certaine. Mais il n’est pas de ceux qui bradent la vie de bons subordonnés pour des enjeux dérisoires.
Hivernus est un Chiss. Et les Chiss prennent en compte toutes les possibilités avant d’exposer les leurs au danger.
Cependant, le temps presse et les Lutrillians commencent à recouvrer leurs esprits. Il faut agir avant qu’ils n’aient l’occasion de se rassembler et d’occuper le terrain. L’heure n’étant plus à l’observation, le seigneur de la guerre déguisé en mercenaire Mandalorien sait quelle stratégie il doit adopter pour triompher sans compromettre la sécurité de son équipe.
- Vemmud, on passe à l’action. Configuration d’attaque : Triple Soleil.
- Bien reçu “Boss” !
L'excitation dans la voix du commandant en second est presque palpable. L’homme relaie les ordres du grand patron via comlink, un brin enthousiaste.
- Déploiement en configuration Triple Soleil. “Fonceur”, “Joli Coeur”, Caisse-à-outils, maintenez votre position. “Futé”, on vous rejoint avec “Boom-boom” dans deux minutes. Attendez le signal du Boss avant d’intervenir.
La manœuvre d’une configuration Triple Soleil est assez simple d’usage (dans la théorie) mais nécessite une excellente coordination entre les différents groupes, le but étant d’annuler l’avantage stratégique des fortifications ennemies en les frappant en des points sensibles. Pour se faire, rien de mieux qu’une bonne diversion à l’ancienne pour distraire l’attention des miliciens…
Lorsque tout le monde est en place, Hivernus et ses deux acolytes d’acier lancent la première phase de la manœuvre. Ils s’élancent d’un toit vers un autre puis utilisent leur jetpack pour attaquer depuis les airs les positions ennemies. Les traits laser se mettent à pleuvoir sur les Lutrillians qui, souhaitant riposter efficacement, redéploient leur artillerie et leurs Bantha de classe II pour contrer le raid aérien. Se faisant, les miliciens exposent leur flanc gauche et Vemmud voit là l’occasion parfaite à saisir. Il lance son groupe à l’assaut des fortifications ennemies en exploitant leur point faible, prenant les porte-flingues au dépourvu. Ils n’ont pas le temps de se ressaisir. Un détonateur thermique ouvre une brèche par laquelle les faux mercenaires s’engouffrent. Styg, Nozindi et Caisse-à-outils se servent de la confusion pour entrer en action, ciblant les miliciens qui opèrent les différentes pièces d’artillerie. Plusieurs d’entre eux tombent sous les tirs de blasters avant de pouvoir pivoter tourelles blasters et canons E-Web. Harcelés de toute part et voyant leurs camarades tomber un par un, les survivants abandonnent leurs positions.
Mais certains d’entre eux n’ont pas le temps d’aller très loin. Fantôme, le chien cyborg du seigneur de la guerre, saute à la gorge d’un Lutrillian. Le bougre se débat vainement avant de voir sa nuque broyée par la puissante mâchoire de l’animal. Il s’éteint dans une mare de son propre sang. Trois autres miliciens sont fauchés par le blaster lourd du Shistavanen, abattus dans le dos comme du bétail. Les quelques rescapés se dispersent rapidement dans les ruelles de la colonie, effrayés à l’idée de subir le même sort.
- Kandosii**, compagnie d’acier ! Rassemblement ! Ordonne alors le faux Mandalorien en se posant sur le sol métallique de l’un des deux skiffs, poussant d’un coup de botte le cadavre fumant d’un Lutrillian. Nos amis miliciens nous ont offert de superbes jouets et il serait dommage de ne pas en profiter comme il se doit.
- Vous avez entendu le patron ? On embarque ! Répond à sa suite “Grande Gueule”. Paar, Kreq, Caisse-à-outils, avec moi !
Le commandant en second se dirige vers le second véhicule de classe Bantha, prenant le contrôle d’une tourelle. L’imposant “Boum-boum” s’empare des commandes de la deuxième pièce d’artillerie, laissant le pilotage au modèle HK.
- “Futé”, CL8-NK, placez-vous à l’avant du véhicule. On couvre les flancs. Indique le soldat.
De l’autre côté, dans l’autre skiff, c’est “Fonceur” qui prend naturellement le poste de pilote. Hivernus siffle son chien qui fait un bond prodigieux pour monter dans le véhicule tandis que le reste de la petite troupe s’installe à bord. Les deux Bantha-II parés au combat, l’ordre est bientôt donné de partir.
- Mar’e** ! On avance. Commande froidement le seigneur de la guerre, avant d’ajouter : Paar, Kreq, gardez vos droïdes de surveillance dans les airs.
Les skiffs se mettent en route, s’engageant l’un après l’autre dans une rue qui mène tout droit vers les aires d’atterrissage de cette maudite colonie. Pour l’heure, aucun signe des miliciens à l’horizon… Mais il est certain qu’ils préparent quelque chose. Après tout, il est dans l’intérêt des Lutrillians de ne pas attirer sur eux la fureur du roi pirate. Et pour se faire, ils doivent capturer morts ou vifs ces mercenaires importuns qui foutent un sacré bordel dans leurs petites magouilles.
** litt. “Bien joué” ou “Joli” en Mando’a
** litt. “Enfin” en Mando’a.
