Un Twi'lek dans l'engrenage
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Post n°1
Auteur : Finall Kel’qsoQuartiers privés du Seigneur Zaden – Académie Sith, Vinsoth
La pièce était baignée d’un rouge sombre, les murs striés de symboles anciens vibraient d’un écho presque vivant. Le silence pesait lourd, comme un couvercle posé sur la marmite bouillante qu’était devenue l’esprit de Finall. L’holoprojecteur venait de s’éteindre. Il restait là, debout, les bras croisés, absorbant chaque détail de la mission.
Un Twi’lek. 37 ans. Homme de terrain, implanté sur Nar Shaddaa. Quartier Rouge, proche des déchetteries. Un nom sans importance. Ce qui comptait, c’était sa fonction, ses allégeances… et le désordre qu’il semait dans les affaires de l’Ordre. Il fallait régler cela, discrètement, efficacement.
Finall s’inclina très légèrement, en silence, devant Zaden, puis pivota sur ses talons et quitta la pièce. Son pas était calme, mais intérieur, tout bouillonnait. Une première mission réelle. Autonome. Il allait pouvoir mettre à l’épreuve les leçons tirées de la douleur.
Couloir de l’Académie Sith – direction Armurerie
L’apprenti descendit les couloirs de pierre taillée de l’académie, son pas rythmé par le froissement de sa tunique sombre. Les torches murales projetaient une lueur rougeâtre sur son visage impassible. Quand il croisa deux acolytes qui chuchotaient, ceux-ci s’écartèrent, la tête baissée. Il n’était plus des leurs. Il s’en était arraché à la force brute et à la volonté.
Les rumeurs allaient vite dans l’Académie. Il n’était plus un simple survivant. Il était devenu quelqu’un qu’il fallait éviter.
Armurerie – Secteur Sud de l’Académie
L’odeur de métal chaud et de solvants accueillit Finall dès qu’il franchit le seuil. Le vieil armurier était déjà là, adossé contre son comptoir, une clope électronique coincée entre les lèvres. Ses yeux cybernétiques cliquetèrent à l’approche du jeune Sith.
- Le Miraluka… ouais, j’te reconnais. T’as une gueule qu’on n’oublie pas.
Il se redressa lentement, sans précipitation, et récupéra une mallette posée sur une étagère verrouillée. L’étiquette était claire : PRIORITÉ : Finall.
- Ton petit cadeau. Ordre direct du seigneur. Rien à déclarer, rien à refuser.
Il fit glisser la mallette sur le comptoir dans un clang métallique. Puis, désignant un coin de la pièce :
- T’as un vestiaire là-bas. Change-toi.
Finall s’agenouilla devant la mallette. Il l’ouvrit calmement, découvrant le contenu, pièce par pièce :- Comlink crypté – modèle militaire SoroSuub
- Petit holoprojecteur personnel
- Malette de transport BlasTech – à blindage magnétique
- Tenue Anaxienne sobre
- 150 crédits
Il récupéra tout, une chose après l’autre. Rangea son épée dans la mallette sous sa forme dissimulée, ajusta la tenue et activa le comlink pour une vérification de fréquence. Le silence qui en résulta lui rappela l’essentiel : il serait seul sur le terrain.
L’armurier le regarda ressortir avec un demi-sourire tordu :
- T’as l’air d’un politicien de la Bordure, maintenant. T’as pas intérêt à crever, sinon j’devrais expliquer où est passé tout ce beau matos.
Finall ne répondit pas. Il se contenta d’un hochement de tête, puis quitta l’armurerie sans un mot.
Spatioport de Vinsoth – 40 minutes plus tard
Le spatioport sentait la sueur, l’huile de moteur et les crédits sales. Cargo, contrebandiers, pilotes à moitié éveillés… c’était un carrefour pour tous ceux qui fuyaient quelque chose. Parfait.
Le "Vapora’s Gamble", un cargo YT-1760 au blindage usé. Une épave d’apparence, mais les circuits internes bourdonnaient d’énergie. Les moteurs vibraient sous les plaques de blindage patchées à la va-vite. Typique des transports "discrets". Attendait sur la baie secondaire, le capitaine, un Ithorien borgne à la peau marbrée, observait les passagers embarquer sans grande attention.
- Destination ? grogna-t-il d’une voix monocorde.
- Nar Shaddaa.
- 50 crédits. Pas de bagarre dans la soute. Et j’vous préviens : si ça tire à bord, je largue tout le monde dans l’espace.
Le Miraluka déposa les plaques sans discuter et monta à bord.
Cabine personnelle – durant le vol
La cabine lui fut assignée rapidement. Petite, spartiate. Assez de place pour méditer. Il posa la mallette contre le mur, retira sa capuche, et s’assit en tailleur. Dans le silence des propulseurs montant en régime, il ferma les paupières. Son esprit plongeait dans les souvenirs, les émotions, les tensions à venir.
Nar Shaddaa — Lune des Contrebandiers
Le "Vapora’s Gamble" émergea de l'hyperespace, dévoilant la silhouette tentaculaire de Nar Shaddaa, la Lune des Contrebandiers. Une écumenopole étincelante, saturée de néons criards et de vaisseaux en transit, où chaque niveau de la cité semblait plus corrompu que le précédent.
Le cargo amorça sa descente vers l'un des spatioports secondaires, évitant les zones sous stricte surveillance du Cartel Hutt.
Trouver le Twi’lek serait un défi. Il devait commencer par des traces, des lieux, des noms. Pas de confrontation directe. Observer, infiltrer, tester.
La rampe du vaisseau s'abaissa dans un grincement métallique. Le jeune Sith, vêtu de sa tenue anaxienne sobre, descendit avec assurance, sa mallette BlasTech en main. Le tumulte ambiant était assourdissant : cris de dockers, rugissements de moteurs, annonces en Basic et en Huttese.
Un droïde d'accueil, modèle CZ-3 à la peinture écaillée, s'approcha en cliquetant :
- Bienvenue sur Nar Shaddaa, voyageur. Besoin d'assistance pour vos bagages ou d'une orientation vers un établissement d'hébergement ?
Le Miraluka secoua légèrement la tête, déclina l'offre d'un geste, et s'engagea dans la foule, ses sens en alerte.
Quartier Rouge – Nar Shaddaa
Après une marche de plusieurs blocs, il atteignit le Quartier Rouge, une zone réputée pour sa criminalité endémique et ses activités illicites. Les enseignes lumineuses des cantinas et des établissements douteux clignotaient dans une cacophonie visuelle. Des individus de toutes espèces erraient, certains cherchant des ennuis, d'autres tentant de les éviter.
Le jeune Sith s'arrêta devant une cantina nommée "Le Rancor’Rieur". L'intérieur était enfumé, l'air saturé d'odeurs d'alcool fort et de sueur. Il s'approcha du comptoir, où un barman Weequay essuyait un verre sale avec un chiffon encore plus sale.
- Qu'est-ce que je te sers, étranger ? grogna le Weequay.
- Des informations. Je cherche un Twi'lek, la quarantaine, souvent vu dans ce secteur.
Le barman plissa les yeux, jaugeant son interlocuteur.
- Des Twi'leks, y en a des dizaines ici. Faudrait être plus précis.
Le Miraluka glissa discrètement une plaque de crédits sur le comptoir.
- Il travaille pour un Hutt, impliqué dans la fabrication de réacteurs. Il traîne près des déchetteries.
Le Weequay hocha lentement la tête.
- Ah, lui. Il est discret, mais on le voit parfois au 'Nid du Mynock', une cantina plus bas, près des décharges. Mais fais gaffe, ce coin est infesté de racailles.
Le jeune Sith acquiesça, récupéra sa mallette, et quitta l'établissement sans un mot de plus.
Nid du Mynock – Décharge
Les niveaux inférieurs de Nar Shaddaa étaient encore plus oppressants. Les couloirs étroits, les éclairages défectueux, et l'odeur nauséabonde des déchets en décomposition rendaient l'atmosphère suffocante. Le Miraluka progressait avec prudence, ses sens aiguisés par la Force.
Soudain, un bruit métallique retentit derrière lui. Il se retourna vivement, prêt à dégainer, mais ce n'était qu'un droïde de maintenance défectueuse qui titubait, émettant des étincelles.
Arrivé devant le 'Nid du Mynock', une enseigne clignotante indiquait que l'établissement était ouvert. Il entra, déterminé à localiser sa cible, tout en restant dans l'ombre. - Comlink crypté – modèle militaire SoroSuub
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Post n°2
Auteur : Zaden KryosNar Shaddaa, la Lune des Trafiquants ou encore la Cité Verticale, et bien d'autres sobriquets servent à nommer cet endroit sinistre. C'est là un monde infesté par le crime organisé, la pollution étouffante et des vermines en tout genre, ce qui n'est guère étonnant lorsque l'on sait qu'il s'agit de la plus grande lune de Nal Hutta, la planète capitale et le Glorieux Joyau de l'espace Hutt et par extension de leur syndicat du crime tentaculaire. Semblable à Coruscant, la planète était recouverte dans sa totalité par des bâtiments aux hauteurs interminables, des spatioports grouillants d'activité suspecte, mais à la différence de la capitale galactique, cette dernière abritait en grand nombre des casinos clinquants et des cantinas à chaque coin de rue, établissements parfaits pour blanchir l'argent sale et organiser des trafics en tous genres...
C'était sur ce monde chaotique que notre Miraluka venait de poser les pieds, ses habits parfaitement ajustés. Aux yeux des autres il passerait certainement pour un individu naïf à la recherche de réconfort ou encore pour un noble désireux de faire fortune avec sa chance dans les casinos clandestins... et cela tombait bien, il devait se rendre au meilleur quartier possible pour ce genre d'affaire, le Quartier Rouge de Nar Shaddaa. Situé à proximité de ce qu'on appelait les Déchetteries, gigantesques amoncellements de détritus technologiques provenant de toute la galaxie, ce quartier représentait à lui seul une bonne partie des affaires criminelles ayant pour haut lieu ce monde chaotique...
Le jeune apprenti, ses sens aiguisés par la Force malgré l'absence de vision traditionnelle, s'engouffrait encore plus profond dans ce quartier, à la recherche de l'établissement nommé « Nid du Mynock ». Les rues, ou plutôt ruelles, étaient étroites, sinueuses, formant un labyrinthe conçu pour égarer les non-initiés et faciliter les embuscades. L'odeur... tout individu humanoïde aurait souhaité acheter le tout dernier masque de respiration des Laboratoires Galion qui leur aurait permis d'éviter ces relents pestilentiels, un mélange écœurant d'effluves d'hydrocarbures, de nourriture avariée, d'égouts défectueux et de cette odeur caractéristique des quartiers surpeuplés où la misère côtoie les plaisirs illicites.
L'éclairage, si l'on pouvait l'appeler ainsi, consistait en quelques lampadaires projetant une lumière blanche blafarde n'éclairant qu'un petit rayon de quelques mètres. Le reste de luminosité provenait des bâtiments ainsi que des établissements qui s'y trouvaient, ainsi des projections de néons rouges, mauves profonds et oranges se mélangeaient pour éclairer ces sombres recoins. Les enseignes holographiques grésillantes annonçaient en plusieurs langues des divertissements de toutes sortes, certains légaux, la plupart non.
Le sol était jonché de détritus, couvert d'une substance visqueuse par endroits, rendu glissant par des décennies de négligence. Des déchets de nourriture tels que des restes de Mac'Nobi à moitié dévorés par les rongeurs locaux, des lambeaux de vêtements abandonnés après quelque rixe nocturne, des pièces mécaniques rouillées provenant de droïdes démembrés, on pouvait même distinguer à certains endroits ce qui semblait être des taches de sang séché en revanche humain ou alien, impossible à déterminer sans analyse.
À cette ambiance déjà suffisamment angoissante venait s'ajouter la population. Toutes sortes d'espèces y passaient, Twi'leks aux lekkus ornés de bijoux bon marché, Rodiens nerveux aux doigts constamment posés sur leurs blasters, Weequays à la peau tannée par des années de contrebande spatiale, Bothans aux fourrures ébouriffées dissimulant probablement des armes ou des marchandises de contrebande, Humains au regard fuyant, Gands dont les masques respiratoires émettaient des sons inquiétants à chaque expiration, Zabraks aux tatouages tribaux intimidants... et bien d'autres espèces moins reconnaissables encore.
Quelques droïdes de sécurité obsolètes, reconditionnés pour servir les caïds locaux, patrouillaient sans conviction, leurs capteurs optiques endommagés balayant les ruelles sans réellement enregistrer les innombrables infractions qui s'y déroulaient. Dans un recoin, une transaction d’épices semblait se conclure entre un contrebandier corellien et un dealer ithorien, les deux parties s'échangeant discrètement crédits et marchandise sous le regard indifférent d'un videur gamorréen.
Le jeune Miraluka se faisait approcher par quelques mendiants en haillons, visages émaciés et mains tremblantes lui réclamant quelques crédits en marmonnant des supplications dans diverses langues. D'autres, commerçants à la sauvette opérant dans la plus parfaite illégalité, lui proposaient des produits "miraculeux" sous forme de petits bâtons luminescents ou de fioles aux contenus douteux il s’agissait de stimulants neuronaux interdits, glitterstim de contrebande, ou pire encore.
Mais notre aventurier ne se laissait distraire par personne, l'objectif de sa mission clairement ancré dans son esprit, guidé non par la vue mais par sa perception unique de la Force qui lui permettait de naviguer dans cet environnement hostile avec une assurance déconcertante pour les observateurs. Sa mallette Blastech, un modèle luxueux reconnaissable à ses coins renforcés en duracier poli et à son système de verrouillage à reconnaissance digitale, se balançait légèrement au rythme de ses pas assurés.
Alors qu'il s'approchait du « Nid du Mynock », il passa par une petite ruelle particulièrement étroite, si resserrée que ses épaules frôlaient presque les murs couverts de graffitis en Basic. Le vrombissement sourd des speeders passant au-dessus du quartier rappelait constamment la verticalité de cette cité construite sur elle-même, où la lumière naturelle ne parvenait jamais jusqu'aux niveaux inférieurs. Une goutte de condensation acide, détachée d'une conduite rouillée, tomba sur son épaulette, y laissant une minuscule marque corrosive…
C'est alors qu'un petit droïde D.U.M. défectueux passa par-là, tenant dans ses pinces mécaniques rouillées une petite pièce de rechange pour un extracteur de « soupe ». Son petit cliquetis mécanique et le grincement de ses articulations mal huilées surprirent le jeune Sith qui se retourna d'un mouvement vif, sa main s'approchant instinctivement du déverrouillage de la mallette. Ses sens aiguisés par la Force lui confirmèrent rapidement l'absence de menace réelle, le droïde, modèle de maintenance obsolète depuis des décennies, se contentait de suivre sa programmation endommagée, collectant des pièces pour un maître probablement disparu depuis longtemps. Il pouvait continuer son chemin, laissant derrière lui le petit automate qui poursuivait sa quête absurde, émettant des bips occasionnels traduisant une confusion électronique.
Après quelques minutes supplémentaires, il arriva enfin à destination. Face à lui se dressait le « Nid du Mynock », un établissement à la façade étroite et défraîchie. Une petite enseigne lumineuse en Aurabesh, clignotant de manière irrégulière comme si le circuit électrique menaçait de lâcher à tout moment, indiquait que l'établissement était ouvert sans interruption, concept typique de Nar Shaddaa où la notion même de cycle jour/nuit avait perdu tout sens. Au-dessus de la porte, une sculpture grossière représentant un mynock, cette créature parasite spatiale redoutée des pilotes, semblait fixer les passants de ses yeux lumineux mal ajustés.
L'établissement paraissait étroit depuis l'extérieur, et cette impression se confirmait à l'intérieur, un espace confiné, à peine plus large qu'un couloir de vaisseau cargo, s'étirait en profondeur. L'endroit idéal pour s'amuser tout en se cachant des regards indiscrets ou des patrouilles occasionnelles des forces de l'ordre corrompues. Les murs étaient recouverts d'un matériau synthétique bon marché tentant d'imiter le bois précieux, mais dont l'usure révélait par endroits le duracier de la structure. Quelques holoimages encadrées montraient des paysages exotiques de mondes lointains, Naboo, Alderaan, Chandrila, contrastant avec la réalité de l'établissement.
Il n'en fallait pas plus pour que notre homme de l'ombre s'aventure plus profondément dans l'établissement. L'air était lourd, saturé de fumée de cigarettes. Arrivé à l'intérieur, une petite musique de fond était jouée sur un vieux Galak Box, appareil musical qui diffusait un morceau de jizz-wail, style musical apprécié dans les cantinas galactiques. Derrière un comptoir de duracier poli par des années d'utilisations, un barman Aqualish au visage porcin était entrain de préparer quelques boissons pour deux clients accoudés au bar. Ses quatre yeux attentifs surveillaient discrètement l'établissement tout en mélangeant avec dextérité des liquides aux couleurs improbables.
Les deux Rodiens, accoudés au comptoir comme s'ils en étaient propriétaires, étaient en train de parler dans leur langue natale, leurs propos ponctués de gestes nerveux de leurs doigts à ventouses. Leurs combinaisons de cuir synthétique usées par les années laissaient deviner les contours de plusieurs armes dissimulées, et leurs bottes étaient marquées par la boue caractéristique des Déchetteries signe qu'ils venaient probablement de conclure quelque affaire louche dans ce secteur particulièrement mal famé.
Au fond à droite se trouvait une piste de danse circulaire surélevée de quelques centimètres, avec en son centre une barre chromée qui s'élevait jusqu'au plafond bas. Sur cette barre, une Twi'lek à la peau verte dansait. Ses lekkus ornés de bijoux suivaient t chacun de ses mouvements tandis qu'elle tournoyait autour de la barre, vêtue d'une tenue révélatrice composée de voiles translucides.
Quelques humains, vraisemblablement des dockers du spatioport voisin à en juger par leurs combinaisons de travail salies par la graisse de moteurs, admiraient la scène comme abasourdis, leurs regards suggérant qu'ils avaient consommés plus que de simples boissons alcoolisées. Dans un coin sombre, presque invisible depuis l'entrée, un Kubaz au museau proéminent observait l'établissement avec une attention suspecte…
Des serveurs droïdes, modèles d'occasion reconditionnés dont les circuits d'obéissance avaient été grossièrement modifiés, slalomaient entre les quelques tables éparses, transportant des plateaux chargés de verres aux contenus multicolores.
Mais un élément faisait tache dans ce tableau typique des bas-fonds: le Miraluka. Sa tenue était un peu trop parfaite pour cet établissement miteux. Certes au Quartier Rouge personne ne le remarquerait particulièrement parmi la foule des touristes et des nobles en quête de sensations fortes, mais ici... non, quelqu'un habillé comme ça n'avait rien à faire dans un tel lieu. Sa mallette Blastech, objet de luxe rarissime dans ce secteur où la plupart des armes étaient des modèles de contrebande sans numéro de série, attirait particulièrement l'attention. Le contraste entre sa mise soignée et l'environnement délabré était aussi subtil qu'un Rancor dans une boutique de cristaux d'Adega.
Le barman Aqualish, après avoir jeté un regard circulaire pour évaluer la situation dans son établissement, remarqua immédiatement le nouveau venu et son accoutrement décalé. Dans son métier, l'inhabituel signifiait souvent des problèmes. Il appela de la main Finall, l'invitant à s'approcher du comptoir d'un geste qui se voulait accueillant mais qui trahissait une certaine réserve.
Arrivant au niveau du comptoir, le barman lui tendit une carte holographique légèrement grésillante dont plusieurs sections étaient illisibles suite à une mauvaise maintenance. Dessus figuraient plusieurs cocktails différents et aussi des breuvages en tous genres de la Galaxie, certains si exotiques ou dangereux qu'ils auraient été illégaux sur de nombreux mondes du Noyau. Le « Rêve de Ryloth », le « Crachat de Hutt », l'« Implosion de Kessel » autant de noms évocateurs pour des mélanges potentiellement mortels pour certaines espèces.
— Qu'est-ce que je sers à notre bon monsieur aujourd'hui ? gloussa-t-il en basic, son accent guttural déformant les syllabes tandis que ses défenses inférieures cliquetaient légèrement à chaque mot.
Son ton faussement cordial ne parvenait pas à masquer une curiosité professionnelle teintée de suspicion. Dans son métier, connaître les intentions des clients était souvent une question de survie. Ses quatre yeux scrutaient le visage du Miraluka, cherchant à décoder ses intentions derrière le bandeau qui masquait ses orbites vides.
Puis un des deux Rodiens tourna l'œil et remarqua Finall plus en détail, s'attardant sur ses habits visiblement importés d'Anaxes et sa mallette Blastech qui devait valoir plusieurs mois de salaire d'un ouvrier des docks. Son antenne sensorielle vibra légèrement tandis qu'il donnait un coup de coude à son compagnon.
— Topa Mi Chua Tou nak do Mapi toli, murmura-t-il dans son langage natal à son congénère, sa voix sifflante à peine audible par-dessus la musique. (Regarde-le, on peut le déplumer et facilement se faire des crédits)
L'autre Rodien fit d'un signe de la tête un approbation, puis se tourna également pour jauger l'aveugle. Un plan simple se formait déjà dans leurs esprits criminels, il suffisait de sortir leurs petits blasters DL-44. Le barman ne dirait rien, c'étaient des habitués après tout, et à vrai dire, ici personne n'aimait les gens qui venaient d'ailleurs et qui avaient l'air riche... ça attisait la jalousie et souvent ces gens venaient avec leurs lots de problèmes, et il y en avait déjà bien assez ici dans les bas-fonds de Nar Shaddaa.
Les autres clients, habitués aux signes annonciateurs de violence, commencèrent discrètement à s'éloigner du comptoir, prenant leurs verres avec eux et se dirigeant vers les recoins les plus sombres. La danseuse Twi'lek, sans interrompre sa performance, modifia sa position pour avoir une meilleure vue sur la scène qui allait se jouer, sa main droite s'approchant imperceptiblement d'une petite lame dissimulée dans son bracelet dans sa profession, il valait mieux être prête à toute éventualité.
Le barman Aqualish, sentant le changement d'ambiance, recula légèrement derrière son comptoir, sa main gauche s'approchant discrètement d'un blaster lourd fixé sous le bar une précaution nécessaire dans un établissement comme le sien. Ses quatre yeux alternaient entre les Rodiens et le Miraluka, évaluant rapidement les risques pour son commerce et sa personne.
Et alors même que Finall regardait la carte qu'on venait de lui tendre, ses doigts effleurant à peine la surface holographique grésillante, les deux Rodiens bondirent en se levant simultanément. Leurs tabourets tombèrent au sol dans un fracas métallique. D'un mouvement fluide et bien rodé, témoignant d'une longue pratique dans ce genre de situation, ils dégainèrent leurs blasters, les canons noircis par l'usage pointant directement sur le Miraluka.
— Toi, l'aveugle, donne la mallette et tes crédits, ordonna le premier Rodien, sa voix sifflante rendue plus menaçante encore par l'écho léger que produisait l'acoustique particulière de l'établissement. Ne joue pas au con, ça t'apprendra à te sapper comme ça...
— Et... et attention, pas de geste brusque sinon je te refroidis en une seconde, ajouta le second, son doigt tremblant légèrement sur la détente de son arme, trahissant soit une nervosité inhabituelle, soit l'influence de quelque substance stimulante.
Le bout des deux canons étaient braqués sur Finall, à moins d'un mètre de distance, une portée à laquelle même le tireur le plus médiocre ne pouvait rater sa cible. Les projecteurs énergétiques de leurs armes émettaient un léger bourdonnement, indiquant qu'elles étaient armées et prêtes à tirer. Ces blasters ne baisseraient que si ce dernier leur remettait ce qu'ils avaient demandé... ou peut-être pas, car dans un endroit comme le "Nid du Mynock", les témoins gênants avaient souvent une espérance de vie très limitée. -
Post n°3
Auteur : Finall Kel’qsoIl répondit pas.
Un geste sec, net : le premier blaster s’arracha, volé par la Force, fracassé contre la paroi. Étincelles. Silence.
La main gauche fendit l’air. Il chopa le Rodien à la gorge, le plaqua contre le mur renforcé du bar. Un craquement sec résonna. Vertèbres pétées. Une conduite vibra dans la cloison. Le Rodien tenta un gargouillis, puis sombra, raide, déjà mort avant de glisser au sol.
Le deuxième recula, main sur son holster.
Erreur.
La Force jaillit, brutale. Le blaster vola, ricocha contre une conduite au plafond et tomba dans une flaque de grog corellien.
Genou dans les côtes. Le Rodien s’effondra, sans un son, les yeux vides.
Les deux corps tombèrent presque ensemble. Leurs armes glissèrent sur le duracier, bruit mat. L’un gisait inconscient, le visage collé aux dalles grasses. L’autre hurla un court instant.
Puis plus rien.
Ça avait duré moins qu’un couplet de jizz-wail.
Une impulsion. Précise. Sèche. L’air vibrait encore, chargé d’ozone. Finall restait là. Immobile.
Ombre aux contours nets. Bandeau blanc tâché de sang séché.
Silence. Suspendu. Tranchant.
Sur scène, la Twi’lek reprit sa danse à contretemps. Lekkus tendus. Regard fixé sur lui.
Les dockers, humains, Ithoriens, s’étaient planqués dans les ombres. Collés aux cloisons. Cachés derrière les piliers.
Le barman Aqualish, lui, n’avait pas bougé. Une main toujours sous le comptoir, à deux doigts d’un vieux Merr-Sonn Power-5. Ses quatre yeux clignaient vite. L’instinct d’un vieux de Nar Shaddaa.
— Rapide, l’aveugle, grogna-t-il. Trop rapide pour un simple éclopé de guerre.
Un coup d’œil aux cadavres, un autre à la mallette que Finall tenait toujours.
— T’aurais dû les laisser faire. Là, c’est moi qu’la Sécu va venir gratter.
Finall s’avança. Lentement. Le bandeau braqué comme un viseur fantôme.
— Je cherche un Twi’lek. Mâle. Peau sombre. Trente-sept cycles. Il traîne près des décharges. Il vient ici.
Le barman renifla. Pas impressionné.
— Des Twi’leks ? J’en vois défiler. T’crois que j’tiens un registre de passage ?
Il reprit son chiffon, crade, sans lâcher son tiroir.
Finall ne bougea pas. Pas encore le moment d’écraser.
— Il bosse pour un Hutt. Pas local. Côté Noyau. Lourd. Discret. Gênant.
Les yeux de l’Aqualish se plissèrent. Méfiance.
— T’as l’air du genre qui fout plus de merde qu’il en nettoie. J’veux juste couler mes verres et garder mes murs propres, compris ?
Finall s’approcha. Frôla le zinc. Silence, de nouveau.
Il posa la mallette. Doucement. Puis la main. Droite. Couverte de crasse et de sang sec. L’autre, en suspens. Libre. Dangereuse.
— Ce que je veux, tu vas me le dire. Ou tu géreras plus jamais ce trou. À toi de choisir.
Silence.
Il sortit une capsule de données. Un holo s’ouvrit : silhouette floue, peau lavande, lekkus tirés.
— Il vient ici, oui ou non ?
L’Aqualish observa l’image. Pesa le risque.
Finall attendit. Une seconde. Deux. Puis l’aura se contracta.
Une pression sourde. La Force vibra. Le comptoir gémit. Une diode cligna. Un frisson passa.
Il se pencha.
— Ton tiroir te sauvera pas. J’peux te faire avaler ton blaster avant que tu lèves un doigt.
Un murmure.
— Et j’le ferai. Pas pour menacer. Parce que ça m’coûte rien.
L’Aqualish déglutit. Lentement, il ouvrit sa paume. Loin du tiroir.
— Il vient parfois. Jamais seul. Il a un droïde. Série KX, modifié. Épaules trafiquées.
— Il fait quoi ici ?
— Rien. Il s’installe. Il regarde. Il parle pas. Parfois un Toydarien ou un Weequay vient. Discussions rapides. Et il repart.
Finall hocha la tête.
— Tu vas me filer les enregistrements. Derniers cycles. Visages. Mouvements. Tout.
L’Aqualish gronda.
— Et j’te file ça pourquoi ? Il m’fait pas %$!#, lui. Toi si.
Finall s’approcha un peu plus.
— J’ai pas besoin que tu sois d’accord.
Voix calme. Froide. Le comptoir sembla frissonner.
Le barman attrapa un autre chiffon. Essuya un coin propre, nerveux.
— Tu vas foutre ma planque en l’air…
Il sortit un datapad. Ancien. Rayé. Il le brancha au mur. Fichiers. Captures.
— Tiens. Trois jours. Le voilà. Costume sobre. Regard fixe. Lekkus relevés. KX noir à
côté.
— Il est resté combien de temps ?
— Six minutes. Il a parlé à un Quarren. Micro HS. Puis il est sorti par l’arrière. Direction quais est.
— Quel quai ?
— Dock 23. Ou 24. Ça change. Tu veux plus ? Va voir là-bas.
Finall transmit la séquence à son comlink.
Puis releva la tête.
— Si tu m’as menti, bois un dernier verre. Et profite.
L’Aqualish grogna. Il savait que c’était pas une menace.
C’était un fait.
Finall tourna les talons.
Le silence recolla les murs. Lentement, les clients reprirent vie. À peine. Juste assez pour se convaincre que la tempête s’était déplacée.
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Post n°4
Auteur : Zaden KryosLes bottes de Finall résonnaient contre le duracier tandis qu'il s'éloignait du bar enfumé. Les néons blafards du niveau inférieur de Nar Shaddaa projetaient leur lueur maladive sur son visage.
Sa mallette cognait doucement contre sa cuisse au rythme de ses pas. Le bandeau ne semblait nullement entraver sa progression. Finall évoluait, percevant son environnement bien au-delà de la simple vision. Sa main droite, marquée de crasse et de sang séché, effleurait parfois les parois métalliques, non pour se guider mais pour sentir les vibrations de la structure. Autour de lui, la Force lui offrait la réalité pour montrer carte tridimensionnelle des environs plus précise que n'importe quelle paire d'yeux.
Finall s'orienta vers l'est en suivant les indicateurs à moitié effacés gravés dans les parois. La Force lui murmurait son chemin vers les quais de chargement des niveaux 23 et 24, où le cargo-marchand du seigneur Hutt local accostait à chaque troisième rotation. L'atmosphère devenait plus oppressante à mesure qu'il approchait des docks, humidité des systèmes hydrauliques défectueux, condensation sur les parois froides des hangars pressurisés. Une brume artificielle s'accumulait au ras du sol.
Une alarme lointaine retentit, probablement un sas défectueux ou un système de refroidissement en surchauffe. Personne n'y prêtait attention. Dans ce monde de l'ombre, les alertes faisaient partie du paysage sonore, au même titre que les cris étouffés et les coups de blaster occasionnels. Un transporteur automatisé passa en trombe à ses côtés, chargé de conteneurs marqués du sceau de l’impérium… contrebande ou marchandise légale, la distinction importait peu sur la Lune des Contrebandiers.
L'odeur de métal corrodé et d'huile de moteur s'intensifiait à mesure qu'il progressait vers les quais. Les bruits mécaniques devenaient plus distincts, grincements des grues de chargement, sifflements des plateformes élévatrices, voix rauques des dockers négociant âprement leurs services. Le comlink à son poignet vibra légèrement, confirmant qu'il suivait la bonne direction. Les coordonnées correspondaient aux informations arrachées à l'Aqualish, quai 23 ou 24, là où sa proie twi'lek menait ses affaires.
Approchant du quai 22, Finall ralentit son allure. La Force lui révélait une activité intense plus loin, concentration de présences conscientes, nervosité palpable, vigilance accrue. Des gardes professionnels, pas les dockers habituels ou les contrebandiers de bas étage. Il s'engagea dans un passage de maintenance étroit pour éviter la voie principale, ses pas devenus parfaitement silencieux. L'obscurité, loin d'être un obstacle, était devenue sa plus fidèle alliée.
Une grille d'aération lui offrit un poste d'observation idéal sur le quai 23. À travers les lames métalliques, ses sens aiguisés par la Force lui révélaient le tableau complet. Un vaisseau cargo, manifestement modifié pour le transport rapide, trônait au centre du hangar. Sa signature thermique indiquait des moteurs récemment utilisés, tandis que sa coque civile dissimulait mal des pare-boucliers militaires.
Autour du vaisseau, six gardes à la posture rigide montaient la vigilance. Leur discipline trahissait une formation militaire, probablement d'anciens militaires ou clones. Armés de blasters E-11 modifiés, ils portaient des armures légères sous leurs vêtements civils. Au centre de ce dispositif défensif se tenaient trois silhouettes principales.
La première : un Toydarien visiblement nerveux, ses ailes frémissantes trahissant son anxiété tandis qu'il manipulait un datapad holographique. La deuxième : un humain massif à l'attitude autoritaire, superviseur ou officier. La troisième...
Cette silhouette-là, celle du Twi'lek à la peau lavande sombre, aux lekkus soigneusement attachés en arrière, à la posture confiante mais tendue – c'était sa cible.
À côté du Twi'lek se dressait un droïde imposant, série KX, exactement comme l'avait décrit l'Aqualish. Les modifications aux épaules étaient manifestes, probablement des compartiments d'armes dissimulées.
Une caisse métallique changeait de mains, poussée par le Toydarien vers le Twi'lek qui consultait frénétiquement son datapad. Finall intensifia sa concentration, permettant à la Force d'affiner ses perceptions. L'objet émettait une signature énergétique distinctive, révélant un contenu bien plus sophistiqué que de simples armes ou épices, peut-être des composants électroniques avancés ou des cristaux kyber synthétiques, marchandises réservées aux cercles les plus exclusifs du marché noir.
Derrière le cargo, partiellement dissimulés par la rampe d'accès, quatre autres gardes complétaient le dispositif de sécurité avec un équipement plus lourd, fusils blaster à répétition et même un canon ionique portable. Une protection excessive pour une simple transaction commerciale. Sur leurs uniformes sobres, un emblème discret, un cercle traversé d'une ligne diagonale, surmonté de trois pointes. Ce logo corporatif évoquait les Systèmes Czerka.
À cet instant, le superviseur humain porta vivement la main à son oreillette, son expression changeant brutalement. Son regard balaya rapidement les entrées du hangar tandis que les gardes adoptaient subtilement une formation défensive plus serrée autour du Twi'lek. Quelque chose avait changé, créant une tension palpable dans l'atmosphère soudain électrique du hangar.
Consultant son propre communicateur, le Twi'lek vit ses lekkus se raidir davantage. Le Toydarien ne perdit pas de temps et fila vers une sortie latérale, ailes bourdonnantes, mû par son instinct de survie affûté par des années de transactions douteuses. Pendant ce temps, le droïde KX se rapprocha de son maître en position protectrice, systèmes d'armes visiblement en préchauffage.
Les gardes formèrent un périmètre serré autour du Twi'lek et de son protecteur mécanique, se dirigeant d'un mouvement coordonné vers le fond du hangar, selon un plan d'évacuation manifestement préétabli. L'un d'eux parla dans son communicateur d'une voix tendue, tandis que le superviseur humain désignait une porte latérale d'un geste impérieux.
Puis soudain, une scintillation dans la Force, le Twi'lek s'arrêta brutalement. Ses lekkus oscillèrent en un mouvement lent et méthodique alors qu'il semblait percevoir une présence étrangère. Son regard balaya le hangar, s'attardant précisément sur la position de Finall.
Le contact fut électrique. Leurs regards se croisèrent à travers la grille. Les yeux du Twi'lek s'écarquillèrent légèrement, reconnaissant peut-être la menace ou simplement surpris par cette présence inattendue. Un garde remarqua son hésitation et suivit son regard, pointant immédiatement son blaster vers la grille d'aération.
L'instant de surprise passé, le Twi'lek réagit avec une rapidité surprenante. D'un geste vif, il ordonna à son escorte d'accélérer l'évacuation tandis que le droïde KX pivotait vers la menace, calculant déjà l'angle de tir optimal. Deux gardes restèrent en arrière, armes pointées vers la grille d'aération, couvrant la retraite de leur employeur.
Finall sentit la chaleur du premier tir frôler son visage. La Force lui avait permis d'esquiver l'attaque d'un mouvement infime mais suffisant. Sa position compromise, l'avantage de la surprise perdu, la dynamique de la traque venait de changer radicalement. Le Twi'lek savait désormais qu'il était poursuivi. Le jeu du chat et de la souris prenait une nouvelle dimension.Spoiler
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Post n°5
Auteur : Finall Kel’qsoDans le hangar 23, les choses tournèrent aussi vite qu’un intercepteur TIE dans un champ d’astéroïdes.
Finall sentit le changement avant même qu’il n’ait lieu. La Force vibra. Une alerte sourde, comme une lame posée sur le fil.
Le Toydarien, ce lâche à peau d’ardoise et d’ailes trop nerveuses, battit en retraite sans un mot. Il disparut par un conduit de maintenance, abandonnant la caisse scellée au sol couvercle électroblindé, surface lisse, une aura électrostatique qui grésillait dans l’air comme l’amorce d’un tir disruptif.
L’odeur dans l’atmosphère changea. Moins de fuel, plus de métal chauffé. Quelque chose clochait.
Le Twi’lek recula à pas précipités vers le fond du cargo. Son ombre ondulait sous les feux halogènes. Le KX modifié, un vieux modèle de guerre reprogrammé haut comme deux hommes, blindé, photorécepteurs rouge sang se posta aussitôt en position d’interception. Pas un mot, pas un sifflement de servo. Le genre de droïde qui ne pose pas de questions, juste des cibles.
Son châssis cliqueta légèrement. Modes de combat activés. Tir à haute létalité autorisé.
Trois gardes des humains, sécurité de Czerka escortèrent le Twi’lek sans discuter, formation en delta inversé. Professionnels. Pas les types à perdre du temps.
L’un d’eux hurla dans son comlink :
Équipe Écho à Nid-Main ! Exfiltration en cours sur cible primaire, verrouillage secteur Est !
Le son des répulseurs du cargo saturait l’air, couvrant presque les cris. L’odeur d’huile synthétique flotta, chaude. La porte de service s’ouvrit dans un souffle hydraulique, après que le Twi’lek eut pressé son pouce sur le pad d’accès. L’empreinte fut acceptée.
Deux autres gardes se séparèrent de l’escouade pour couvrir l’arrière. Les deux derniers gilets pare-laser, casques fermés, visières noircies s’avancèrent vers la grille métallique à pas calibrés, méthode militaire.
L’un tira une courte rafale dans les conduits, plasma bleu clair. L’autre activa un comm’ épaulette. Diode rouge allumée.
Poste 3 à Nid-Main. Contact suspect dock 23. Visuel incomplet. Activité non identifiée. Menace potentielle.
Le chef de groupe se pencha, blaster Vornskr modifié au poing.
Première sommation. Sortez les mains visibles et aucun geste brusque.
Tonalité calibrée. Pas de colère. Pas de stress. L’habitude.
Finall, recroquevillé derrière une structure d’arrimage, les sentait au travers de la Force. Deux torches de volonté froide. Pas de peur. Juste de la méthode. Soldat entrainées ou mercenaire de niveau trois, probablement.
Il inspira lentement par le nez. Il toucha le sol du bout des doigts. Poussière fine, mélange de silicates et de suies de moteurs. Il s’en enduisit les avant-bras, le visage et la nuque.
Il entrouvrit sa tunique. Dessous : vêtements fripés, sales, semblables à ceux d’un ramasseur de ferraille de Raxus Prime. Il serra la mallette noire contre lui comme un objet de peu de valeur, mais précieux.
Il sortit des ombres. Lentement. Les pieds traînant. Les mains levées à mi-hauteur. Une toux forcée, rauque.
Je cherche pas les problèmes d’accord. J’savais pas qu’y avait des gens…
Accent cassé. Il avait pris ce ton dans les bas-fonds de Nar Shaddaa.
Les deux gardes restèrent muets.
Un échange de regards sous les visières opaques. L’un raffermit son grip sur son arme, l’autre demanda :
Identité.
Finall baissa le menton. La peur feinte se lisait jusque dans ses épaules.
Le garde de gauche envoya sur le canal :
Poste 3, c’est bon. Intrus isolé, pas armé. Profil civ’.
Il s’avança. Scanna la mallette. Bip. Rien. Sauf que le scanner mentait.
À l’intérieur : une épée chevron, version artisanale, modifiée. Désassemblée, gainée dans un boîtier isolé. Aucune signature thermique, aucun rayonnement kyber détectable. Mais un contrôle manuel suffirait à éveiller les soupçons.
T’as quoi là-dedans ?
Finall haussa les épaules, menton vers le bagage :
Je sais pas… J’l’ai trouvée planquée derrière une gaine. J’pensais pouvoir la revendre. J’l’ai même pas ouverte.
Il mentait comme un Hutt en procès. Sûr de son effet.
On fait quoi ? demanda un garde. Il pue le rat, mais c’est pas une menace pour le boss.
Dégage. Un tir laser frôla son bras. Juste assez proche pour le faire sursauter.
Le com grésilla :
Poste 3, vous dormez ou quoi ? Mouvement suspect quai 17. On a besoin de renforts, passerelle sud. Vous avez de la relève ?
Négatif. Intrus mineur, dock 23. Contrôle effectué.
Bougez vos fesses. Quai 17, tout de suite.
Le garde grogna. Jeta un dernier regard vers Finall.
Pas notre problème. On se barre.
Tu veux l’laisser là ?
C’est un rat d’soute. Si le chef râle, tu lui diras qu’on surveillait un Jawa.
Ils tournèrent les talons, blasters toujours prêts. Pas de pitié, pas de repli. Juste l’efficacité brute. Des pros, payés pour nettoyer.
Silence.
La passerelle vibra. Quelques pas, puis plus rien. Deux présences qui s’éloignèrent dans la Force. Plus de tension.
Finall resta accroupi une minute. Puis, lentement, il se releva.
Il retira la poussière de sa tunique. Essuya son visage. Soudain calme.
La voie était libre.
Sa cible l’avait reconnu. Avait fui. Mais lui avait vu ce qu’il fallait. Un regard. Une posture. Une trace dans la Force.
Maintenant, il savait.
Ne restait plus que la caisse. Fermée. Silencieuse. Mais pas vide.
Quelque chose, à l’intérieur, attendait. -
Post n°6
Auteur : Zaden KryosFinall s'approcha de la caisse abandonnée. Ses pas résonnèrent sourdement sur le sol métallique du hangar désert. L'aura électrostatique grésillait toujours, mais plus faiblement maintenant, comme un système en veille.
Il posa la main sur le couvercle. Le métal était tiède, légèrement vibrant. Un mécanisme de sécurité complexe, mais pas insurmontable pour quelqu'un qui connaissait la Force.
Il ferma les yeux. Sentit les circuits, les connexions, les verrous électroniques. Un par un, ils cédèrent sous la pression invisible de sa volonté. Un cliquetis. Puis un autre. Le couvercle se souleva dans un souffle d'air pressurisé.
À l'intérieur, dans un écrin de mousse synthétique, reposait une relique sacrée : un sabre laser endommagé, sa chambre de cristal vide, dépourvue de son cœur kyber. Une arme ancienne, brisée, mais qui gardait encore l'écho de la Force qui l'avait autrefois animée.
Finall referma la caisse sans un bruit. Il glissa l'objet dans sa mallette, entre les pièces démontées de son propre sabre…
Trois niveaux plus haut, dans les conduits de maintenance, Keph'taar rampait en silence. Ses genoux écorchaient le métal froid, mais il n'osait pas ralentir. Ses lekkus tremblaient contre ses épaules, trahissant une peur qu'il tentait de contrôler.
- Un utilisateur de la Force...pas de doute
Il avait reconnu cette présence glacée, cette manière de se tenir, cette façon de manipuler les esprits. Mais ce n'était pas un Jedi. Non. Cette aura était différente. Plus sombre. Plus froide. Comme ces histoires qu'on murmurait dans les cantinas, ces anciens servant de l’empire de l’Oméga…
Il rampa plus vite, ignorant la douleur dans ses genoux. Le conduit débouchait sur un accès de service, trois ponts plus bas. De là, il pourrait rejoindre son vaisseau. Fuir cette station.
Mais en rampant dans l'obscurité, une question le rongeait : comment cet agent l'avait-il retrouvé ? Et surtout... pour qui travaillait-il exactement ?
Keph'taar avait abandonné les affaires louches depuis des mois, il avait joué faux-bond à Drevon lorsqu’il avait été témoin de l’intrusion d’un étrange individu quelque mois standard plutôt…un individu qui ressemblait en tout point à celui qu’il venait de croiser. Il s'était rangé, avait même commencé à travailler pour des clients respectables, bien qu’en rapport avec des Hutts. Alors pourquoi maintenant ? Pourquoi lui ? Était-ce à cause de cette transaction peut-être l’individu n’était intéressé que par le sabre et non Keph’taar…
Il atteignit la sortie, haletant. Ses mains tremblaient en actionnant l'ouverture du panneau. En bas, les lumières du port spatial clignotaient. Son cargo l'attendait. Encore quelques minutes, et il serait libre.
Mais une part de lui savait déjà qu'il était trop tard pour fuir. Les Sith ne lâchaient jamais leurs proies.Spoiler
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Post n°7
Auteur : Finall Kel’qsoLa poignée avait été restaurée avec un soin presque sacrilège.
Le grip d’origine décomposé par le temps, brûlé à moitié avait été remplacé par une gaine synthcuir Corellienne, renforcée au kevlar-flex. Le corps principal, un cylindre d’alusteel noirci par oxydation lente, portait encore des gravures au plasma, presque effacées, codant de vieux sigils Sith. Certains n’apparaissaient qu’en lumière UV. Des glyphes d’exécution, d’asservissement… de domination.
Dans le boîtier latéral, de fines lignes ciselées, à peine visibles à l’œil nu, validaient son intuition : un sabre Sith d'époque pré-Forge Stellaire.
Dès que Finall referma sa paume sur la garde, un froid chirurgical lui traversa la colonne. Ce n’était pas une arme. C’était un écho vivant. Le métal vibrait — chargé de souvenirs cristallisés dans ses molécules. Fureur. Trahison. Plaisir sanglant. L’arme avait été forgée avec intention. Maniée avec rage. Perdue avec violence. Et maintenant… elle revenait. Non pas comme un vestige, mais comme une balise. Une cicatrice du passé qui s’ouvrait de nouveau.
Le cristal n’était plus là. Arraché, peut-être brisé. Le résonateur interne était vide… mais pas inerte. Les circuits, même hors tension, palpitaient d’un résidu de Force. Une trace. Une mémoire. L’arme avait faim.
Ce n’était pas un trophée. C’était un outil. Un outil de mort. Forgé non pas pour se défendre, mais pour traquer. Tuer.
Quelqu’un l’avait récupérée. Restaurée. Non pas par révérence, mais pour le profit. Le boîtier d’énergie avait été remplacé par un module standard militaire probablement piqué sur un lot CEC. L’anneau de stabilisation avait été ressoudé, et plusieurs composants internes d’origine MandalTech ou Corellienne réinsérés avec précision. Rien d’ostentatoire. Juste un travail net, efficace.
Finall accrocha la garde vide à sa ceinture. Inutilisable pour l’instant, oui. Mais pas morte. Elle se réveillerait. Et quand elle le ferait… le sang coulerait.
La chasse reprit.
Il ne cherchait pas Keph’taar. Il le sentait. Sa peur, dans la Force, brûlait comme un feu follet dans le noir. Pure. Fragile. Brute. Chaque couloir parcouru réduisait la distance.
Finall accéléra le pas. Une rampe de maintenance. Trois niveaux. Il monta sans bruit.
Une vibration. Conduit mal refermer. Empreintes thermiques encore chaudes. Il remonta. Le spatioport secondaire se dévoila.
Deux silhouettes. Gardes improvisés. Crédits faciles. Pas entraînés à mourir.
Le premier leva son blaster. Trop lent. Finall leva la main.
L’homme vola contre la cloison. Crâne ouvert. Mort nette.
Le second recula, tira à l’aveugle. Mauvais réflexe.
Une poussée. Violente. La Force le souleva comme une feuille et l’envoya basculer par-dessus la rambarde. Choc sec. Plus un bruit.
Finall ne ralentit pas. Son énergie montait. L’adrénaline du côté obscur, contrôlée, focalisée. Une lame dans un fourreau.
Il tourna. Là.
Keph’taar. Le Twi’lek. Haletant. Sale. Le dos voûté par l’effort et la panique.
Il tituba vers la rampe abaissée de son cargo. Mais il s’arrêta.
Il le sentit. Pas un son. Pas une menace directe.
Juste une présence.
Il se retourna. Lentement. Ses lekkus tremblaient. Ses yeux croisèrent la silhouette encapuchonnée.
Et il comprit.
Son souffle s’étrangla. Ses épaules tombèrent. Mâchoire serrée.
Un agent obscur... Mes anciens patrons m’ont retrouvé, hein ?
Il recula d’un pas. Un seul. Puis regarda son propre vaisseau. Encore un calcul. Une chance ? Un mensonge à se raconter. Il savait. Il n’y aurait pas de fuite.
Il parla, plus pour lui que pour l’homme devant lui.
Si c’est pour le sabre, j’suis qu’un transporteur. J’connais rien à la Force… Mais c’est pas que ça, je pense ?
Il fronça les sourcils. Une dernière étincelle de défi.
Alors quoi ? Tu vas m’tuer maintenant ? Ou t’as un autre plan ?
Finall ne répondit pas. Un pas. Deux. Il s’approcha.
À un mètre. Il le fixa.
Puis frappa. D’un geste sec, précis, à la base du lekku droit.
Keph’taar s’effondra. Inconscient.
Le Miraluka le rattrapa, souplement. Un geste fluide. Puis le chargea sur son épaule.
Il activa son comlink.
Cible neutralisée. Quel est la suite de la mission ?
Il se tourna vers le cargo. Près de la rampe, un transpalette rouillé traînait.
Il y posa Keph’taar. Attacha ses poignets avec une bride métallique. Le recouvrit d’un manteau de soute, en partie.
Juste assez pour dissimuler.
Puis il resta là. Immobile. Silencieux.
Les mains croisées dans le dos.
À écouter le silence.
À sentir l’arme à sa ceinture. Résonner. Lentement. -
Post n°8
Auteur : Zaden KryosLe pauvre Twi’lek n’aurait jamais dû accepter cette mission. Mais lorsqu’un Hutt vous offre une "opportunité", on ne dit pas non. Keph’taar, originaire du désert de Ryloth, voyait ça comme une simple formalité. Un petit test de loyauté avant de pouvoir se consacrer à ce qui l’animait vraiment : le négoce de réacteurs de haute performance.
— Fais juste cette transaction, Keph’taar, et je saurais que je peux te faire confiance.
La voix visqueuse du Hutt résonnait encore dans son esprit, lourde de menace à peine voilée.
Il devait rencontrer un Toydarien dans un hangar miteux du district industriel de Nar Shaddaa. L’endroit puait le carburant frelaté et l’huile de moteur brûlée, mais Keph’taar n’était pas du genre à se plaindre. Il n’avait qu’à remettre un paquet. Simple. Rapide.
Sauf que sur Nar Shaddaa, rien ne se passait jamais comme prévu.
Tout avait dégénéré. Le deal avec le Toydarien avait viré au cauchemar : une alarme déclenchée trop tôt, un mouvement suspect, et tout avait volé en éclats. Keph’taar avait réussi à s’échapper par une issue secondaire, mais il savait que ce n'était qu'une question de minutes avant qu'on le rattrape.
Il courut à travers un entrepôt adjacent, bondissant au-dessus de câbles pendants et d’un droïde de manutention éventré, les bottes martelant le sol comme un battement de cœur. Derrière lui, des pas. Rythmés. Précis. Inhumains.
Il atteignit une porte d’entretien… et se figea.
Une silhouette l’attendait. Immobile. Comme sculptée dans l’ombre.
- Alors quoi ? Tu vas m’tuer maintenant ? Ou t’as un autre plan ?
Trop tard.
La forme fondit sur lui, rapide comme un serpent. Le choc le projeta contre un mur. Un poing ganté le frappa à la tempe...il s’évanouit directement…Pendant ce temps...17e étage, Tour D’administration Kane, Kuat, Monde du Noyau.
Le bureau du secrétaire particulier de Drevon Kane était une bulle de marbre et de verre poli, surplombant les entrepôts et chaînes de productions de Kane Industries. Une lumière bleutée baignait la pièce, tamisée par des holo-panneaux filtrant les signaux extérieurs.
Le secrétaire, un homme mince au crâne rasé et aux yeux injectés de sang, pianotait nerveusement sur son datapad, des traînées de sueur glissant le long de sa tempe. Il effectuait des virements sur des comptes placé sur Muunilist. Lorsque le comlink qui lui avait été donné par un agent de liaison de Vinsoth résonna
— Cible neutralisé. Quel est la suite de la mission ?
Le secrétaire s’empressa de donner la nouvelle à son patron.
C’était Drevon Kane, en personne, depuis ses appartements privés. L’homme, en peignoir noir et verre de brandy à la main, avait les traits tirés par la tension.
— L’agent de Zaden, Il a... neutralisé la cible. Il demande les prochaines instructions.
Un silence.
Puis Drevon se leva, marcha lentement jusqu’à une baie vitrée donnant sur des montagnes. Un yacht de luxe léger était en cours d’amarrage, ses structures partiellement exposées. Certainement des invités de marque, que le magnant de l’industrie attendait.
— Et si l’agent parle ? S’il est capturé ?
— Il a respecté les consignes. Pas d’empreintes, pas de blaster. Juste une neutralisation propre.
— Propre ? Vous réalisez ce qu’il transporte, ce Twi’lek ?
Le secrétaire baissa les yeux, gêné.
— Je... je crois, oui. La puce ?
Drevon se détourna lentement de la vitre.
— C’est un module de données contenant des plans confidentiels. Rien d’assez spectaculaire pour changer la face de la guerre, mais suffisamment innovant pour offrir un avantage certain, un prototype de réacteur ionique compact, plus stable en atmosphère et moins gourmand en énergie.
Le secrétaire secoua la tête.
— Que faisons-nous ?
Drevon se retourna complètement vers le projecteur holographique central.
— Transmets-lui les coordonnées du cabinet de Vexlar. Un de nos médecins de l’ombre y sera. Qu’il lui extirpe la puce. Modèle de stockage Biotek S-12, il faudra désactiver la couche de sécurité neuronale.
— Et si le Twi’lek ment ? S’il a fait une copie des plans ?
— Alors il ne mérite pas de respirer plus longtemps.
— Je... je transmettrai.
Drevon siffla un ordre final
— Et dis-lui que je veux que la transmission des données se fera par canal sécurisé.
Après cela, le secretaire retransmis toute les instructions à la lettre et à la virgule près, à Finall
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Post n°9
Auteur : Finall Kel’qsoFinall avançait d’un pas rapide Keph’taar, enveloppé dans un manteau de soute, toujours sur son épaule.
La silhouette du Miraluka tranchait dans le brouillard pollué. Le trajet fut long. Il évita les grands axes, passa par des couloirs de maintenance, descendit deux niveaux via un ancien puits d’ascenseur désaffecté. Il n’avait pas besoin de carte. La Force lui suffisait. Parfois, des regards se posaient sur lui des droïdes errants, mendiants à moitié augmentés, junkies au regard vide mais tous se détournaient aussitôt. La silhouette noire et la charge inerte suffisaient.
Il atteignit enfin le district 17-S, surnommé “la Digue”. Ancien complexe de maintenance navale reconverti en coupe-gorge. Le cabinet était caché derrière une façade de boutique de pièces détachées, entre un réacteur à fusion éventré et une vitrine blindée couverte de tags obscènes.
Une plaque rouillée portait l’inscription : “Cabinet 9-B - VEXLAR”.
Il frappa deux fois, brièvement.
Un loquet interne se débloqua. La porte s’ouvrit.
Le médecin n’était pas vraiment un médecin. C’était un Quermien aux yeux translucides, grands et vides, habillé d’une tunique chirurgicale tâchée. Deux de ses bras manipulaient une console. Pendant que les autres bras invitaient Finall à entrer
Pose-le là, indiqua-t-il sans préambule, en montrant une table d’opération. Tu es ponctuel. Il est vivant ?
Oui.
Keph’taar fut allongé, toujours inconscient. Le Quermien passa une sonde crânienne, puis consulta un écran portatif.
Biotek S-12... verrouillage cortical à double couche... hm.
Le médecin enfila ses gants et abaissa le bras opérateur. Une lumière rouge inonda la pièce le sujet gémit faiblement, puis se mit à convulser alors qu’une seringue plongeait dans son cou. Un bip constant remplit la pièce.
La peau du sujet se raidit. Le médecin inséra une lame neurale fine à la base du crâne. Lentement, chirurgicalement, il écarta les tissus.
Finall observait sans détourner le regard. La Force vibrait légèrement douleur, panique, décharge nerveuse… puis plus rien.
Quelques minutes standards plus tard, un extracteur rotatif récupéra la puce, logée près du cortex sensoriel.
Un liquide sombre s’échappa.
Le Quermien déposa la puce dans un boîtier isolé.
C’est fait. Les données sont intactes.
Finall s’approcha, saisit le boîtier et l’encaissa dans sa ceinture.
Un cliquetis sec.
Il activa le comlink :
Transmission en cours.
Un témoin vert clignota.
Le secrétaire de Drevon apparut sur le canal.
Données reçues, agent obscur… détruisez la puce. Ensuite, vous pourrez partir.
Très bien.
Le signal passa au rouge.
Finall exécuta l’ordre. Il réduisit la puce en fragments avec la Force, sans hésitation.
Puis il tourna les talons. Aucun regard pour le corps encore tiède.
Il remonta vers la lumière trouble des niveaux supérieurs. Finall avançait en silence dans les allées basses de la zone de transit. Il avait quitté la "Digue" depuis une heure standards à peine. L’air était plus dense ici, saturé d’odeurs de carburant et de sueur.
Pas un mot.
Pas un regard.
Il atteignit enfin le terminal civil S9, réservé aux liaisons intersectorielles à bas coût. L’endroit grouillait d’humanoïdes : marchands fatigués, pilotes de fortune, contrebandiers à demi-masqués, réfugiés qui serraient des sacs troués contre eux.
Il passa les contrôles sans encombre. Fausse identité. La Force masquait ce qu’il était.
Sur le tableau fissuré s’affichait :
Départ – Vinsoth – Baie 43 – T-7 minutes
Il s’y dirigea sans se presser. Le couloir menant à la baie était éclairé par des panneaux brisés. Quelques droïdes de sécurité patrouillaient mollement.
Dans la baie 43, un vieux transport modèle Yolek-442 attendait. Vieux mais fonctionnel. Une hôtesse Twi’lek à l’œil cybernétique scanna son ticket sans poser de question.
Il prit place à l’arrière, dos à la coque. Ferma les yeux. Ralentit sa respiration.
À l’extérieur, la baie se verrouilla.
Le vaisseau s’ébranla.
Les moteurs vrombirent.
Nar Shaddaa disparut dans le hublot, avalée par la brume et les tours crasseuses.