Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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Soixante-douze heures de permission

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    #1

    Post n°1
    Auteur : June King

    À consulter avant


    Ouvrant la porte de sa chambre en la cognant avec son pied – comme à son habitue lorsqu'elle bloquait vers le milieu – pour la décoincer en la regardant s’ouvrir, coulissant lentement vers le côté, tout en s’appuyant de fatigue contre son huisserie une fois totalement ouverte : June venait de terminer une journée des plus éreintante qu'elle ait eu depuis le début de sa carrière de formatrice.

    Continuer les formations jours après jours sous la chaleur étouffante de l’étoile de Géonosis et sous son sable brûlant n’était pas chose aisée et encore moins lorsque les jeunes recrues ne donnaient aucune once de motivation lors de leurs entraînements sur le terrain. June eut à ce moment une pensée pour son ancienne formatrice, Maria Gladmoore. Cette dernière devait posséder des nerfs d’acier et un moral en béton pour n’avoir jamais craqué une seule fois depuis qu’elle avait commencé sa carrière en tant que formatrice pour l’armée confédérée, et surtout pour ne pas avoir tué une recrue durant un entraînement – surtout lorsque celles-ci enchaînaient catastrophe sur catastrophe et qu’elles étaient devenues maîtres dans l'art de la destruction du matériel et armement d'entrainement.

    Ce qui était tout le contraire de June, qui râlait facilement sur toutes les recrues pour leur faire apprécier ses émotions passagères et montrer à quel point elle les aimait tendrement en les faisant pleurer et suer jusqu’à la dernière goûte. Mais même si elle était imprévisible et émotive comme une montagne russe, elle n’avait jamais utilisé la violence sur les jeunes soldats – seulement psychologique. Bien sûr, elle rêvait secrètement de leur crever les yeux en enfonçant lentement ses pouces dans leurs orifices oculaires en arrachant leur gorge avec ses dents tout en écrasant leur petite boite crânienne avec son bras cybernétique en se délectant de la douce mélodie que leurs os broyés pourraient produire sous l’écrasement... mais mieux valait savoir se contrôler, après tout, ils étaient là pour servir la Confédération.

    Soupirant un instant pour relâcher la pression de la journée une fois dans sa chambre, elle eut un léger sourire en repensant à tous ses échecs durant sa formation. Se remettre à la place des recrues quelques secondes et repenser aux supplices de l’entraînement si particulier de la CSI n’était pas drôle et surtout facile. Mais en revêtant sa peau de formatrice une fois ce moment de nostalgie passé : un frisson d’angoisse parcourut sa colonne vertébrale de bas en haut en s’imaginant la montagne de rapports de ses erreurs qu’elle aurait dû avoir à remplir une fois sa journée d’entraînement terminée.

    Pénétrant dans sa chambre en jetant sa veste nonchalamment sur sa couche – ce qui décrocha et fit tomber au sol son badge présentant son nom en gras, son matricule militaire MB-99 et son numéro de formatrice LV-426 inscrit dessus –, avant de retirer sa chemise et de détacher ses cheveux, pour essayer de se rafraîchir du mieux qu'elle pouvait à cet instant après cette nouvelle et terrible journée de travail épuisante sous l'aride et poussiéreuse planète rouge qu'était devenu sa nouvelle maison, tout en ouvrant ensuite son pantalon en retirant ses bottes avec l'unique aide de ses pieds, avec lesquels elle sautillait sur place pour ne pas tomber durant l'hasardeuse opération, June s'écroula finalement de tout son long sur son lit une fois libéré de ses habits, écrasant sa veste et sa chemise, en plongeant le nez en premier dans son oreiller tout en laissant un nouveau soupir soulagement et de décontraction résonner grossièrement contre les murs de sa chambre.

    Mais comme toutes les bonnes ont une fin, du moins lorsqu’elles duraient assez longtemps pour le dire, June eut la désagréable surprise d’entendre son comlink sonner au travers de sa poche de pantalon. Décollant sa tête de l'oreiller qui affichait une importante fatigue accompagnée de cernes à n’en plus voir le fond avec une chevelure complètement décoiffée : elle prit le communicateur dans sa main cybernétique et répondit. Mais, à l’écoute de son correspondant, qui n'était d'autre que Zeta Reticuli son collègue instructeur, elle relâcha sa tête qui vint s'écraser de nouveau avec lassitude sur son oreiller et lâcha son comlink de sa main qui tomba sur le sol, non loin de son badge présent à côté du lit – où depuis ce dernier elle pouvait toujours entendre la faible voix de son interlocuteur appelait désespérément la petite confédérée tout en parlant tout seul en demandant si elle l'entendait. Trop fatiguée pour répondre ou se lever pour aller prendre une douche, ou bien même manger ou boire, June s’endormit presque instantanément sur son lit.

    Aussi fatigant et difficile que cela pouvait être, les journées d’entraînements s’enchaînaient les unes après les autres et devenaient, au fur et à mesure du temps, le quotidien pour June. Bien qu’elle ne pouvait toujours pas s’habituer au climat de l’aride et brûlante planète rouge, qui lui laissait très souvent des marques de brûlure, elle ne voyait plus les jours passés et s’était habituée à être sur Géonosis. Si bien qu’en ne s’en rendant pas compte, cela faisait plus d’un an qu’elle était devenue formatrice pour la CSI et qu'elle se trouvait sur cette planète. June était une instructrice particulière. Elle se fit surtout remarquer pour sa qualité en tant que tireuse d’élite. Derrière sa lunette, elle était redoutable et ne ratait jamais sa cible. Les recrues ayant eu l’horrible chance de tomber sur la lordienne comme formatrice devaient sans doute encore s’en souvenir hardiment. June ne faisait pas dans la pitié et n’offrait pas de seconde chance, elle attaquait sans la moindre hésitation, même face aux plus jeunes des recrues. Pour ça, elle avait entièrement copié la mentalité de Val, son ancienne amie contrebandière.

    Le lendemain matin, alors que June parvint seulement à ouvrir qu'un seul oeil lors de son réveil forcé, elle grogna quelque chose en se levant difficilement de son lit quand elle comprit que son réveil n'était pas dû à l'alarme, mais à une personne qui tambourinait à de nombreuses reprises sur sa porte. Se levant difficilement, June apparaissait pitoyable : ses cheveux étaient dans tous les sens ; une bretelle de son sous-gorge était tombé ; le peu de maquillage autour de ses yeux avait coulé et son pantalon était à moitié descendu et laissait apercevoir un bout de culotte. S'avançant vers la porte tout en frappant cette dernière pour la débloquer elle se mit à se gratter le ventre en bâillant vulgairement et bruyamment avant de s'étendre autant qu'elle le pouvait les yeux fermés devant la personne qui se tenait dorénavant devant elle de l'autre côté. Mais lorsque June rouvrit les yeux, elle eut un hoquet de surprise en apercevant devant elle, de l'autre côté de la porte, la lieutenante Galdmoore, qui la regardait sèchement comme à son habitude tout en jugeant son attitude, ainsi que le sergent Reticuli qui se retenait fortement de rire aux éclats en voyant la tête de la pauvre lordienne qui était rouge de honte et qui se tenait à cet instant droit comme un i tout en saluant de la mauvaise main sa supérieure.

    « — Faisons abstraction de tout ceci voulez-vous bien ? Dit d'un ton dépité la lieutenante tout en affichant un visage sérieux. Puisque vous ne répondez pas au comlink, je suis venue personnellement à votre rencontre, poursuit-elle en dévisageant la petite lordienne. Retrouvez-moi dans mon bureau... une fois prête, finissait-elle de dire en partant froidement avec le sergent qui se retenait toujours de rire ».

    Alors que la porte de sa chambre se refermait tout en se bloquant de nouveau à mi-chemin, June resta figée continuant de saluer de la mauvaise main le vide en affichant un visage rougi de honte. Pour quoi venait-elle de paraître. S'afficher dans une tenue aussi légère et inacceptable n'était pas digne d'un rang de sergent – et plus devant un supérieur. Se frappant le visage avec ses mains pour réagir, elle se précipita d'aller chercher un uniforme propre avant de partir précipitamment à la douche. Elle ne devait pas faire patienter davantage sa supérieure qui était venue en personne lui donner rendez-vous.

    Une fois prête, June se précipita en direction du bureau de la lieutenante, bien qu'elle faillit succomber à l'appel irrésistible de l'odeur de brioche fraichement préparée émanant de la cantine qui proposait à cette heure le petit-déjeuner. Mais elle ne se déconcentra pas et arriva devant la porte du bureau de la lieutenante après une quinzaine de minutes seulement après son réveil et la fin de sa préparation. Que devait-elle lui dire pour que cela nécessite de venir directement dans son bureau ? Ce n'était pas du genre à la lieutenante de recevoir personnellement, elle était bien trop occupée pour faire ce genre de chose, et plus particulièrement de bon matin. Se raclant légèrement la gorge tout en redressant sa jupe, sa veste et ses manches elle sonna à la porte de sa supérieure – en se recoiffant rapidement. Lorsque la porte s'ouvrit, June pénétra dans le bureau – ou la lieutenante était seule cette fois-ci – puis salua une nouvelle fois sa supérieure de la mauvaise main et s'avança dans une démarche plus que professionnelle. June avait travaillé tous les jours sa posture, son attitude et sa façon de parler pour paraître plus sérieuse et respectable qu'à ses débuts en tant que formatrice, si bien qu'elle avait eu les compliments de la lieutenante ainsi que de ses collègues. Après presque deux années à ce poste, le travail avait fini par payer. À l'intérieur du bureau, la petite confédérée fut invitée à s'assoir. Cela était bien la première fois que la lieutenante l'invité de cette façon. Cela était-il un mauvais présage ? S'asseyant sur le siège en face du bureau après avoir accepté l'invitation, la lieutenante Gladmoore prit la parole après avoir déposé son datapad sur le bureau – ou ce dernier affichait le profile de la sergente King.

    « — Neuf-cent-trente-neuf jours, commençait-elle à dire. Est-ce que cela vous dit quelque chose ? Demandait-elle à la petite lordienne qui était un peu perdue à cet instant. Cela fait référence au dernier jour de votre première année de formatrice, là où vous avez lamentablement échouée et fait capturé par de simples recrues et accepté votre punition à la fin, insultait-elle June comme elle en avait le secret avec un petit rictus ».

    June se souvenait plus que très bien de cette journée. Elle s'était fait capturé facilement lors de son échec durant une formation qui opposé un groupe divisé en deux. Cela lui laissait encore un goût amer dans la bouche en y repensant, mais elle avait aussi une sorte de fierté qui y ressortait : voir les recrues réalisées une telle chose ne pouvait qu'être positif pour la suite. Ce fut d'ailleurs à cause de ce sentiment – ou de cette impulsion – qu'elle accepta de prendre l'entière responsabilité de cet échec, afin que toutes les recrues puissent être reçues au sein de la CSI. Mais si elle avait su qu'elle se retrouverait du jour au lendemain dans un tout petit avant-poste séparatiste dans un coin perdu de la capitale à recevoir les inscriptions des volontaires foulant la planète aride qu'était Géonosis – comme elle le fut lors de son arrivée sur cette planète – pendant plus d'un an, elle aurait certainement réfléchi avant d'accepter la punition sans hésitation.

    « — Mais depuis que vous êtes revenue et vous m'avez impressionnée, j'ai eu raison de mettre mes espoirs en vous, continuait-elle son monologue, laissant June sans savoir quoi répondre. Cependant. Cette tâche qui est d'être formateur n'est pas toujours bonne pour la santé et pour le moral, c'est pourquoi je vous accorde soixante-douze heures de permission, conclut-elle en reprenant son datapad ».

    Ce levant en saluant et en remerciant la lieutenante : June sortit du bureau en ne sachant pas ce qu'elle devait faire à présent. Devait-elle rester sur Géonosis ? Devait-elle aller voir ses coéquipiers et amis ? Devait-elle en profiter pour rattraper le sommeil qui lui manquait ? Avait-elle assez d'argent pour aller quelque part ? Soixante-douze heures de permission à prendre dès maintenant. Que devait-elle faire ?

    Bien qu'une idée lui traversa l'esprit, elle hésita un instant, avant de s'avancer sans vraiment se contrôler... et si c'était le moment pour retourner sur Lorrd ?


    Spoiler : HRP
    Bonjour à tous. Ce post signe mon retour sur le forum. Il y aura d'autres parties pour réintroduire mon personnage convenablement. Notamment un flashback lorsqu'elle était pendant plus d'un an dans l'avant-poste séparatiste, ainsi qu'un événement qui l'empêchera de profiter de sa permission. Merci encore à vous pour me réaccueillir ici :D
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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #2

      Post n°2
      Auteur : June King

      Marchant à travers les très longs couloirs de la base séparatiste afin de retrouver l'imposant spatioport dans l'idée de se rendre sur la planète Lorrd - après tant d'années à y avoir pensé -, et dans l'intérêt de trouver des réponses à ses nombreuses questions qui la hantaient depuis son enquête qu'elle avait menée avec intérêt dans ce petit avant-poste de police à Toskrew City, et après avoir acceptée sa punition pour s'être fait capturer lors de la formation des nouvelles recrues : June se mit à se souvenir de sa petite aventure en tant que policière - sans doute pour ne pas voir le temps passer à longer les longs couloirs...

      ***

      Le soir même qui précédait son échec lors de la formation des nouvelles recrues : June fut envoyée par la lieutenante Glademoore dans un petit avant-poste de police de Toskrew City. Ce genre de petit poste abandonné de tout dans le quartier le plus pauvre et malfamé de la ville, là où les plus pauvres mendiaient dans les rues toute la journée; où les habitants marchaient en s'abritant dans l'ombre des bâtiments pour fuir le soleil brûlant de la planète orange et là où nombreux volent, crimes et bien pires étaient le quotidien des résidents... Ce quartier dont les murs perdaient leurs peintures et les lumières des rues vacillaient, où les portes fermaient mal et les fenêtres étaient fissurées de partout. Ce quartier où l'air conditionné des appartements faisait défaut et rendait les pièces étouffantes par la chaleur et affreusement insupportables à vivre et à y rester sans se rafraîchir par des ventilateurs sifflants bruyamment. Ce fut dans ce genre de quartier que June allait devoir purger sa punition pour avoir failli à son devoir de formatrice.

      Le ton fut donné au moment où June descendit du véhicule qui l'avait accompagnée jusqu'au poste de police. Elle était seule sans aucun supérieur à ses côtés durant le trajet, aucune information sur le lieu où elle allait devoir subir sa punition n'avait été communiquée; aucune instruction de travail et sans savoir combien de temps elle devait rester - la seule chose qu'elle savait été qu'elle serait la plus gradée... À peine les pieds posés à l'extérieur du véhicule et sa petite valise d'affaire posée par le chauffeur à côté d'elle; June put s'apercevoir du sombre destin qu'il l'attendait une fois à l'intérieur de ce bâtiment qui était pratiquement en ruine. Levant légèrement les yeux au-dessus des portes abîmées qui servaient d'entrée principale, elle put lire, sur un panneau à moitié cassé, sale et aux lumières défectueuses, les initiales : P.S.G. voulant dire Police Séparatiste de Géonosis - bien qu'il n'y avait que le P et le G d'allumés. Ne réalisant pas encore tout ce qui se déroulait sous ses yeux et autour d'elle : la voiture repartit, laissant la jeune lorrdienne dans la confusion de l'incertitude la plus totale.

      Ce tenant face aux portes - qui pouvaient à toute minute s'écrouler sous leur propre poids -, June s'imagina le pire scénario, comme elle le faisait souvent : et si elle ratait son entrée et que tout le monde se moquait d'elle, comme tomber en se prenant les pieds dans le premier objet rencontré ? Il était vrai qu'elle avait la gaffe facile, surtout pour ce genre d'instant où il valait mieux faire bonne impression tout de suite que d'être charrié par la suite. Secouant la tête pour se sortir de son imagination prophétique, elle prit une grande inspiration en bombant le torse avec le dos bien droit, avant d'expirer en relâchant totalement ses épaules et en baissant son visage en direction du sol dans un moment de désespoir lorsqu'une nouvelle pensée noire lui traversa l'esprit : et si la lieutenante ne s'était tout simplement pas débarrasser d'elle en l'envoyant là où tous les indésirables et les ratés de la C.S.I. devaient finir ? Mais cette pensée était de trop ! Jamais la lieutenante ne ferait quelque chose comme ça... n'est-ce pas ? Elle se gifla la joue en râlant sur elle même pour cesser immédiatement de penser à tout ça et pour revenir au plus important... avant de grimacer et de relâcher un hoquet de douleur tout en massant sa joue. Une fois la douleur calmée, elle prit son courage à deux mains, et posa l'une d'elles sur une des deux portes de l'avant-poste pour l'ouvrir... avant de la lâcher et de revenir sur ses pas en trottinant pour aller chercher sa valise qu'elle avait oubliée derrière elle en manquant de peu de trébucher dessus dans l'affolement - la gaffe venait d'être faite ? Espérant que personne ne l'avait vu, elle regarda autour d'elle, mais il n'y avait pratiquement personne dans les rues vu l'heure tardive à laquelle elle était arrivée - le soulagement pouvait s'entendre et se voir à ce moment. Une fois sa valise en main, elle revint pousser les portes du poste pour cette fois-ci pénétrer à l'intérieur.

      Dans le hall d'entrée du poste, June eut la surprise de ne voir personne à l'accueil - une bonne chose, sa gaffe n'aura pas de témoin. Fouillant du regard cette première petite pièce qui lui était nouveau, elle ne remarqua que l'important délabrement du lieu : le comptoir de l'accueil était sale; les murs étaient fissurés et la peinture craquelé; le sol avait des trous et les fenêtres n'avaient plus de barreaux aux vitres, mais le plus inquiétant et angoissante était la lumière qui vacillait par à-coups rendant l'atmosphère pesante et sombre - cette ambiance qui laissé prévoir n'importe quoi de dangereux. Cela était normal que l'avant-poste était désert : si un habitant du quartier venait pour un renseignement ou déposer plainte, ne pas venir ici était sans doute la meilleure solution. S'autorisant à passer de l'autre côté du comptoir en pour rejoindre, ce qui semblait être le lieu de travail dans lequel tout le monde se rendait pour remplir des dossiers ou rapports sur quelques bureaux présents, June eut une nouvelle fois la surprise de ne voir personne ! Étaient-ils en intervention ? Dans cette nouvelle pièce : les ordinateurs étaient encore allumés - certains émettaient des bruits de fatigue -, les cendriers étaient remplis de divers mégots; des mouchoirs, des feuilles froissées, des canettes de soda ainsi que divers objets remplissaient à rabord les petites poubelles présentes à côté des bureaux qui étaient en bordel avec des stylos en vrac, des dossiers et des rapports à moitié finis, des bouteilles à moitié vides, des tasses de café - certaines encore fumantes -, ainsi que des objets personnels trainant dessus également.

      S'avançant dans le désordre et le chaos total qu'était cette salle de travail en poussant les chaises et les détritus au sol, elle aperçut une porte se trouvant au fond, après les bureaux. Enjambant les différents objets qui obstruaient son passage lorsqu'elle traversa la pièce, elle put découvrir de l'autre côté de la porte ce qui semblait être les vestiaires. À l'intérieur, une odeur de renfermé - proche de chaussettes sales ou bien d'aisselles - était dominante offrant des hauts de coeur et piquant jusqu'aux yeux, cela ne donnait absolument pas l'envie d'y laisser dormir ses affaires - de peur de devoir les changer définitivement après que l'odeur ait imbibé les vêtements -, ainsi qu'une moisissure inquiétante qui longeait tous les coins des murs, sans oublier qu'aucun casier ne pouvait être fermé par un cadenas puisqu'ils étaient tous rouillés et totalement abîmés - comme ci quelqu'un s'était amusé à tous les frapper sans aucune retenue pour les détruire dans un moment de colère intense. Sortant de cette pièce après avoir fait de l'apnée durant toute la période où elle était restée dedans; June toussa en s'essuyant les yeux à la sortie. Elle se parla à elle-même et s'ordonna de ne plus jamais aller à l'intérieur. Mais au moment où elle rouvrit les yeux et parvint à respirer de nouveau correctement : du bruit émanait de l'accueil, juste en face d'elle.
      Relevant les yeux en direction du comptoir, elle aperçut un groupe composé de trois policiers, ramenant menotté un grand Dévaronien à la peau rouge et aux longues cornes ne semblait ni énervé, ni inquiet de son arrestation, il rigolait même de la situation dans laquelle il se trouvait avec les policiers qui l'escortaient et répétait qu'ils devraient faire un tour un jour pour boire un bon Revnog tout en pariant sur le gagnant; il expliquait même qui allait certainement gagner la prochaine fois...

      Escorté par deux des trois policiers tenant mollement l'interpelé par l'épaule et les menottes, ce dernier fut amené derrière une porte assez lourde d'apparences qui se trouvait de l'autre côté du comptoir - porte que June n'avait pas eu le temps de franchir pour visiter davantage les lieux. De l'autre côté se trouvaient les cellules permettant d'enfermer les suspects. Regardant la scène se continuer sans rien dire - échangeant même un regard avec l'interpellé -, June vit ensuite le dernier policier se diriger vers elle en se présentant respectueusement et de façon militaire :

      « — Officier Sod'lawn, se présenta-t-il au garde-à-vous. Nous vous attendions Sergent King, bienvenue à l'avant-poste nord de Toskrew City, finit-il de dire en se mettant au repos ».

      « — L'Avant-poste nord ? Se murmura la jeune lordienne en regardant les lieux du coin de l'oeil. Qu'avez-vous ramené officier, qui est cet homme ? Demandait-elle pour paraître sérieuse et professionnelle en masquant son inquiétude de ne pas savoir où elle était et en ne sachant absolument pas quoi dire ou penser de la situation tout en déposant sa valise à ses pieds ».

      « — Oh, ça, ne vous en faites pas, cela n'est pas la première fois que nous l'arrêtons, expliquait-il en remuant légèrement la tête. Cet homme organise très souvent des combats clandestins de droïdes. Ce n'est pas vraiment une infraction ni interdit, mais cela nuit au voisinage et nous l'arrêtons souvent, terminait-il en étant surpris du petit rictus qui s'affichait de plus en plus sur le visage de sa supérieure ».

      « — Je vois, répondit simplement June en cachant son sourire du mieux qu'elle le pouvait. J'ai une question pour vous, demandait-elle en surprenant l'officier et pour masquer totalement son rictus. Pouvez-vous m'expliquer ce désordre sur les bureaux et les vestiaires ? Je ne connais pas votre quotidien, mais l'environnement joue sur le moral et les performances, expliquait-elle en devenant sérieuse ».

      « — Heu... et bien voyez-vous... hésita-t-il de répondre en se raclant la gorge, lorsque soudain ses collègues firent leur retour en faisant beaucoup de bruit. Ah, parfait, laissez-moi vous présenter mes confrères, dit-il en sautant sur l'occasion pour esquiver la question de la petite sergente. Voici la cadette Zed et l'officier Karkaral ».

      La cadette Zed était une grande proche-humaine aux origines étranges (elle-même ne savait pas réellement d'où elle était originaire), mesurant près d'un mètre quatre-vingt-dix au corps athlétique, à la peau blanche et aux courbes voluptueuses, sa beauté n'en ressortait que plus avec ses longs cheveux noirs et ses yeux étincelants de couleur noisette. June, la regardait avec une légère jalousie dans le regard en enviant sa grande taille et ses courbes parfaites. Puis vint le tour de l'officier Karkaral : un humain très imposant par sa grande taille de plus de deux mètres et par sa musculature qui lui donnait certainement la force d'une montagne. Son regard était assez froid et sa peau mate faisait ressortir ses yeux bleus. En y regardant de plus près, la petite lorrdienne croyait l'avoir déjà vu quelque part, mais elle ne parvenait pas à s'en souvenir clairement. Quant à Sod'lawn, ce dernier était un humain ordinaire à la peau clair et de taille moyenne - d'un mètre quatre-vingt environ -, même s'il n'était pas aussi impressionnant que ses compagnons, ses yeux noirs et ses cheveux blonds lui donnaient un certain charisme.

      Après avoir salué respectueusement leur nouvelle supérieure, June fit de même en continuant de dévisager le colosse qui se trouvait en face d'elle. Cette sensation de l'avoir déjà vu ailleurs l'agacé, elle voulait s'en souvenir, de plus, la petite lorrdienne lui arrivait tout juste aux épaules et semblait inexistante à côté, comment pouvait-on croire qu'elle était sa supérieure. Se forçant à sortir de ses pensées, elle appela tout le monde au repos et ordonna de ranger les bureaux parce qu'il était inadmissible de travailler dans ces conditions. June voulait paraître professionnelle et avoir leur respect dès à présent, car au milieu de ses officiers qui étaient plus grands et physiquement plus forts qu'elle, la petite confédérée n'avait pas le choix que de devoir utiliser les grands moyens sans attendre. Elle expliqua aussi qu'elle irait voir le prisonnier en attendant que tout soit nettoyé et rangé. La personne qu'ils avaient ramené avait en quelque sorte titillé sa curiosité sur un point. Laissant les officiers s'occuper du nettoyage; June se dirigea vers la porte qu'elle n'avait pas eu le temps de franchir à son arrivée : de l'autre côté se trouvait plusieurs cellules et l'une d'elles avait des barreaux laser de couleur rouge activée. S'approchant du prisonnier elle se mit droit comme un i, tentant de paraître plus grande - sans doute pour impressionné le Dévaronien derrière les barreaux.

      « — Oh, intéressant, commença à dire le prisonnier en voyant June en face de lui tout en s'avaçant vers elle. Je ne sais pas comment tu as fait, mais c'est bien joué de ta part éveillée, les autres doivent être fier, finit-il sa phrase en rigolant aux éclats ».

      « — Tu organises des combats de droïdes clandestins ? Demanda June, ignorant ce qu'il venait de dire ».

      « — Tous les soirs, répondit le Dévaronien en souriant malicieusement. Serais-tu intéressée, par hasard ? Il ne peut pas en être autrement de toute façon, commentait-il en se frottant les mains ».

      « — Dis-moi où tu organiseras ton prochain combat et je te relâche, offrait June en contrepartie ».

      S'approchant des barreaux laser : le Dévaronien souffla à l'oreille de la jeune lorrdienne l'adresse exacte du prochain combat clandestin qui avait lieu demain soir, dans un quartier non loin de l'avant-poste, dans une cave à l'abri des regards. Affichant un rictus jouissif, June s'imagina déjà regarder des droïdes s'entretuer devant elle en buvant un bon cocktail. Sa détestation des machines n'avait jamais disparu et pouvoir profiter d'un tel spectacle était une occasion en or pour satisfaire ses désirs. Mais avant de relâcher le prisonnier, elle lui demanda une carte ou un laissez-passer pour garantir sa venue sans traquenard. Rigolant à sa demande, le Dévaronien sorti une petite carte et lui expliqua qu'elle devrait la présenter pour entrer gratuitement tout en donna son nom : Nek'gror. Prenant la carte et l'observant, elle remarqua qu'il y avait seulement une signature; la sienne expliqua-t-il. Rangeant la carte dans l'une de ses poches, elle désactiva la cellule et escorta le Dévaronien jusqu'à la sortie sous les yeux étonnés des officiers.

      « — Sergente King, pourquoi l'avoir relâché ? Demanda l'officier Sod'lawn avec stupéfaction. Ce Dévaronien organise des combats de droïdes, rappela-t-il à June ».

      « — Vous l'avez dit vous même officier, répondit la petite confédérée en se retournant vers son interlocuteur. Ce qu'il fait n'est pas vraiment une infraction ni interdit, donc de quel droit le retenez-vous prisonnier ? Demandait-elle en prenant un air sérieux dans la voix ».

      La justice de June allait être particulière et complètement différente de ce que les officiers de la P.S.G. avaient l'habitude d'effectuer, surtout voyant la jeune lorrdienne relâcher leur prisonnier. Pourquoi venait-elle de faire ça exactement ? Était-ce cela sa justice ? Ou bien son passé de contrebandière avait pris le pas sur elle à ce moment...

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        Post n°3
        Auteur : June King

        Les semaines et les mois passaient rapidement et June s'était faite à sa nouvelle vie de policière - si bien que par moment elle en arrivait presque à oublier qu'elle était militaire. Aider les citoyens perdus était la chose la plus récurrente dans son nouveau métier (qui était toujours une punition et non une mutation) : la ville était grande et les touristes ou les habitants d'autres quartiers s'y perdaient facilement, cela n’était pas forcément la chose que June aimait le plus, surtout avec sa timidité, mais cette contrainte faisait partie du travail. Les contrôles routiers à l'entrée de la ville étaient aussi une chose que la jeune séparatiste effectuait souvent, surtout depuis qu'elle était, plus ou moins, entrer dans les combines des contrebandiers du quartier pour les pièces de rechange pour les combats de droïdes - un vice qui venait de ressurgir et qu'elle appréciait, lui rappelant son ancienne vie -, et ce, sans que ses nouveaux collègues en sachent quoi que ce soit. Bien évidemment June restait une policière et militaire avant tout et elle n'hésitait pas à arrêter les voleurs et divers criminels qui étaient monnaie courante dans le quartier nord de Toskrew City - bien que la criminalité avait fortement chuté depuis son arrivée comme responsable de l'avant-poste. Aussi, elle se plaisait bien dans son nouvel uniforme, celui de la P.S.G. : il était pratiquement identique à celui des militaires séparatistes à ceci près qu'il se composait d'une veste bleue (que June ne portait jamais parce qu'elle tenait trop chaud), d'un gilet bleu à trois boutons, d'une chemise blanche à épaulettes bleues avec son grade brodé dessus, d'une cravate de la même couleur - qu'elle ne serrait jamais totalement -, de gants blancs, ainsi qu'une jupe bleue descendante jusqu'aux genoux et des chaussures noires, le tout accompagné d'une ceinture avec un holster où elle pouvait y ranger son blaster.

        Non, il n'y avait pas à dire, elle ne voyait pas cette punition donnée par la lieutenante Glademoore comme une vraie punition, mais plus comme des vacances tant cela semblait facile à côté des missions qu'elle avait accomplies pour l'armée confédérée - notamment sur Félucia qui restera certainement sa mission la plus traumatisante. Mais, tout n'était pas si simple, et parfois même pire... Comme lors de cette fin de journée ou une personne nerveuse et légèrement en panique entra dans l'avant-poste en regardant tout autour de lui. Inquiète et voulant accueillir ce citoyen convenablement en le rassurant, la jeune cadette Zed s'avança vers le comptoir, mais sans prévenir l'homme sortit un blaster et tira à bout portant sur la cadette qui mourut sur le coup et blessa à l'épaule et la cuisse l'officier Sod'lawn avant de prendre la fuite en courant. La scène s'était passée alors que la sergente June et le colossal officier Karkaral étaient en train d'aider une vieille femme plus loin dans le quartier. Entendant les tirs résonner depuis leur position, June et l'officier Karkaral se précipitèrent en direction en de l'avant-poste en recevant immédiatement un appel de Sod'lawn sur leur comlink.

        Arrivant devant les portes de l'avant-poste en courant avec affolement : ils furent accueillis par Sod'lawn qui se tenait l'épaule à cause de la douleur et boitait lorsqu'il marchait tout en hurlant que le suspect venait de tuer Zed et qu'il s'était enfui par ce côté ! June suivi du regard la direction donnée par l'officier et remarqua une personne courir plus loin et tournant dans petite ruelle plongée dans l'ombre des bâtiments. Ordonnant sans attendre à l'officier qui l'accompagnait d'aller à l'intérieur pour soigner son collègue et porter secours à Zed afin de la sauver si possible : June se précipita à toute vitesse pour rattraper le suspect qui venait de prendre une sacrée longueur d'avance. Courant aussi vite qu'elle le pouvait afin de rattraper son retard sur le suspect : June parvint à le retrouver sur une grande avenue, il était en train de courir en regardant constamment derrière lui en poussant violemment les personnes qu'il rencontrait sur son chemin. Sortant son blaster en le pointant sur le tueur durant sa course-poursuite tout en poussant, elle aussi, les civils qui s'affolaient autour d'elle en criant et en se baissant à la vu de l'arme qui était pointée sur eux par moment, June n'avait pas d'autres choix que de suivre le criminel en abaissant son arme de peur de blesser un citoyen involontairement à cause de la panique qu'elle était en train de créer. Et le criminel le savait bien, c'était pour ça qu'il était sorti de la petite ruelle plongée dans l'ombre. Il savait qu'une avenue noire de monde ne pouvait qu'être bénéfique pour lui échapper. Mais la petite confédérée n'en était pas à sa première chasse. Elle avait commencé à prévoir qu'ils allaient devoir changer de rue, la grande avenue n'était pas infinie et même s'il y avait beaucoup de monde, là où ils se dirigeaient, il allait avoir de moins en moins de personnes autour d'eux.

        Le suspect tourna ensuite dans une petite rue une fois arrivée au bout de la grande avenue, il tira un coup de blaster en direction de la petite lorrdienne pour la ralentir - et essaya de la tuer également. Mais ce fut peine perdue puisque son tir lui passa à côté. Du moins, ce fut plutôt June qui esquiva son tir. D'un point de vue de témoin de la scène, June donnait plus l'impression qu'elle savait exactement où allait tirer le suspect et dans quelle direction le tir allait arrivé... comme-ci elle avait pu voir le futur... ou que quelque chose l'avait dévié. Mais ce fut la plus grande erreur du tueur de vouloir abattre la sergente. Après avoir tiré le premier ; June sortit à son tour son blaster et tira dans l'épaule du tueur qui hurla de douleur en effectuant un pas en arrière avant de reprendre sa fuite d'un pas lourd : il venait de perdre beaucoup de terrain, et lorsqu'ils étaient tous les deux dans cette nouvelle rue, June tira une nouvelle fois et son tir alla se plonger en plein milieu du dos du suspect qui s'écroula contre une vitrine d'un magasin qui se brisa en mille morceaux. Le tueur était à terre, entre la vie et la mort et recouvert totalement de son sang, entouré de morceaux de vitre... Lorsque la sergente séparatiste se trouvait à côté de lui, son blaster pointé en direction de la tête du tueur, elle put sentir des larmes couler de ses yeux. Pourquoi pleurait-elle à ce moment ? Faisant abstraction de ce détail en secouant légèrement la tête, elle ordonna l'identité de celui qu'elle venait de chasser. Mais ce dernier se mit à rigoler aux éclats et prononça une phrase étrange en parlant "d'éveillés" et de "répliqués" - il devait juste être fou.

        Alors que June allait passer les menottes au suspect pour qu'il réponde de ses actes, une explosion souffla la petite lorrdienne qui tomba lourdement au sol, un peu plus loin. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, sa vision était trouble et ses oreilles bourdonnaient à en faire mal à la tête. Autour d'elle, des alarmes de véhicules sonnaient, des civils s'entraidaient pour se relever et se calmer et des flammes dansaient sur des débris métalliques qui retombaient au sol. L'Explosion avait été assez violente, mais pas assez pour tuer la petite confédérée. Quand son regard s'améliora, elle le dirigea vers le suspect, mais au lieu de le voir encore au sol, elle vit un étrange groupe le récupérer en le posant sur une motojet. Au même instant l'un des membres - qui semblait être le chef - s'approcha d'elle en lui disant quelque chose. Mais l'explosion avait fait perdre momentanément l'ouïe à June qui n'entendait qu'un vrombissement au lieu des mots, et tout ce qu'elle put comprendre... ou ressentir était que la personne qui lui parlait l'invité plus qu'autre chose à le rejoindre en lui tendant la main. Secouant la tête dans un réflexe inutile pour reprendre ses esprits, June ramassa son blaster et pointa le canon face au groupe, mais la personne qui lui parlait arracha l'arme de ses mains en hurlant quelque chose, mais sans montrer la moindre haine ou violence envers elle. Puis, voyant qu'ils perdaient du temps en restant ici, celui qui devait être le chef redonna le blaster à June et tout le groupe remonta sur les motojets pour partir en laissant la pauvre petite lorrdienne au sol totalement sonné et perdant conscience peu de temps après la fuite des terroristes.

        Lorsque June se réveilla, elle était allongée à l'arrière d'un véhicule de police, conduit par l'officier Karkaral qui ne se gêna pas de se moquer de la jeune sergente, lorsqu'elle s'assit une fois totalement consciente. Ses oreilles avaient encore ces affreux acouphènes, bien qu'elles étaient moins prononcées qu'après l'explosion et elle pouvait de nouveau entendre sans ce vrombissement assourdissant. Quant à sa vision, elle n'était plus trouble, mais avait encore ce mal de crâne horrible qui rendait toute lumière ou tout bruit comme des coups de marteau. Elle venait d'échapper par une chance incroyable à bien pire. Puis, regardant son collègue un moment - qui continuait à la charrier -, ainsi qu'autour d'elle pour se repérer : June finit par se souvenir pourquoi elle avait ce si particulier sentiment d'avoir déjà vu quelque part Karkaral. C'était lui qui l'avait accueilli sur Géonosis la première fois qu'elle avait foulé cette planète à la recherche de la base séparatiste. C'était lui, cette montagne de muscle, qui ne la croyait pas en disant qu'elle souhaitait entrer dans l'armée. C'était lui qui n'osa plus parler lorsque le sergent Forest lui avait dire de se taire. Elle eut un large sourire à cet instant en se souvenant de tout ça et répondit simplement à ses piques : qu'elle n'hésiterait pas à parler au sergent Forest de sa bonne conduite et de son professionnalisme; ce à quoi l'officier devint tout raide et nerveux - elle venait de viser juste. Mais l'heure n'était pas à la blague ni à la rigolade. June demanda un rapport simple et rapide de la situation à son collègue. Ce dernier expliqua que la cadette Zed n'avait pas réussi à survivre à ses blessures et que l'officier Sod'lawn était actuellement à l'hôpital pour se faire soigner. Comprenant le pire, la sergente demanda à l'officier Karkaral de la déposer dans une petite ruelle non loin du nord du quartier nord avant de lui ordonner de se rendre à l'hôpital pour protéger son collègue - tout n'était pas fini et les terroristes pouvaient revenir à tout instant.

        Avant de descendre du véhicule, June retira son gilet troué et son insigne de police (sur lequel étaient gravés son nom et son matricule CP-2077) ainsi que ses épaulettes - où son grade était brodé ainsi que sa cravate. Elle ne voulait pas se faire trop remarquer et expliqua à l'officier qui l'accompagnait qu'elle allait se rendre quelque part - sans donner plus de détails -, ce à quoi il ne posa aucune question en retour et détourna même les yeux en démarrant le véhicule lorsque June était à l'extérieur. Déposant son blaster dans le holster arroché à sa cuisse et caché sous sa jupe déchirée avant de s''avancer en évitant les regards des passants et en marchant aussi vite qu'elle le pouvait, elle s'engagea dans une petite ruelle et prit à un moment donné sur la droite pour descendre quelques marches afin d'arriver face à une porte solide et une caméra juste au-dessus. Le lieu était discret et totalement plongé dans l'ombre des bâtiments, si bien que les rayons du soleil n'éclairaient jamais cet endroit. Utilisant l'interphone présent à côté de la porte, June se positionna devant en montrant son visage en évidence. Sans même parler, la porte s'ouvrit et la petite lorrdienne fut accueillie par un immense wookie armé d'un blaster à répétition. Une fois la porte refermée derrière elle et après s'être salué d'un coup de tête, le wookie se moqua de la jeune sergente en parlant dans sa langue natale. Heureusement que June avait appris leur langue grâce à Waafful, son défunt compagnon wookie. Elle se regarda tout de suite dans l'un des nombreux miroirs qui était présent autour d'elle et put apercevoir son visage fatigué; ses cheveux qui partaient dans tous les sens - par faute de l'explosion -; que son fin maquillage avait coulé laissant des traces noires sous ses yeux et qu'il y avait plusieurs trous dans ses habits. Souriant face à elle-même, June se dit que ce genre d'accoutrement lui ressemblait bien, avant de donner une tape amicale sur le bras du wookie pour qu'il arrête de rigoler quelques secondes en demandant à voir Nek'gror rapidement. Poussant les deux grandes portes pour entrer dans le bar, le wookie l'invita à prendre un verre gratuitement en attendant qu'il prévienne son patron.

        De l'autre côté des portes, était marqué en grand avec des néons de couleur cyan : Upside Down. C'était un bar qui proposait aussi du stip-tease et plus en arrière-coulisse. L'atmosphère du club était sombre et éclairée par de nombreux néons; les machines à fumigènes et les lasers fonctionnaient en rythme avec la musique qui était forte; une grande arène était au centre et était fermée par une cage en verre épais et pare-balle; les plaintes et les coins des murs étaient des néons de couleur magenta; le bar proposait énormément d'alcools interdits ainsi que des drogues locales et à divers endroits se trouvait des plateformes ou des Twi'lek et autres races dansaient sensuellement en pole dance. Ce genre d'endroit qui n'était connu que par les contrebandiers, les parieurs de combat de droïdes et les personnes peu fréquentables.

        S'installant au bar en commandant un alcool local (qui était interdit dans plusieurs systèmes), June essaya de se souvenir du visage de celui qui lui avait parlé. Curieusement, la seule chose dont elle se souvenait était ses cheveux blancs et son attitude amicale envers elle. Mais la musique l'empêchait de se concentrer correctement et lui arrachait les oreilles - elle n'était pas entièrement remise de l'explosion. Secouant la tête avant de prendre une gorgée de son verre pensant qu'elle irait mieux après; le serveur, qui connaissait bien June lui aussi, demanda si elle venait d'avoir une journée compliquée. Curieusement elle ne répondit pas tout de suite, le temps d'avaler son liquide, mais elle partit ensuite dans un petit fou rire tout en disant qu'il avait visé juste. Les nerfs venaient-ils de lâcher ? Mais avant même qu'elle n'ait pu prendre une nouvelle gorgée, Nek'gror, le devaronien, hurla son nom dans le club en tendant ses bras vers elle. Depuis quand ces deux-là étaient-ils devenus bons amis ? Même si June était entré dans l'armée séparatiste et effectuait une punition au sein de la police locale, elle semblait n'avoir jamais perdu son âme de contrebandière et le goût pour les choses illégales. Saluant son nouvel ami, elle demanda à lui parler dans un endroit un peu moins bruyant et à l'abri des regards. Amusé par sa demande, il ordonna avant tout à l'un de ses sbires d'aller chercher de nouveaux vêtements pour sa jeune amie policière avant de la prendre sous le bras pour l'emmener dans son bureau afin de parler au calme.

        Dans son bureau, Nek'gror se posa sur son fauteuil en s'installant comme un pacha et écouta la jeune séparatiste - faisant les cent-pas - expliquer qu'elle recherchait un groupe en motojets qui n'hésitait pas à utiliser des moyens extrêmes pour se faire remarquer et qu'elle désirait mettre la main sur eux pour leur faire payer l'humiliation qu'elle avait subie. Le dévaronien éclata de rire tout de suite après. Qu'avait-il de si marrant ? Une fois la surprise passée, June frappa du poing sur son bureau en lui faisant comprendre qu'elle n'était pas la pour blaguer et qu'elle perdait du temps actuellement. Nek'gror n'avait jamais vu la petite lorrdienne dans cet état. Redevenant sérieux il commença par expliquer que ce groupe se faisait appeler Replicat, et qu'il était très connu - cela avait surpris ce dernier que June ne le connaissait pas. Ce groupe, ou plutôt cette organisation était composé de personnes spéciales : qui ne sont ni des vraies personnes, ni de fausses personnes. Commençant par perdre patience, June pointa du doigt le dévaronien et expliqua qu'elle n'avait pas le temps pour les énigmes, ce à quoi il répondit que ce n’en était pas une. Confuse June essaya de comprendre, mais leur conversation fut interrompue quand l'un des sbires entra dans le bureau avec une robe en main... seul vêtement que cet incapable ait pu trouver. Se levant de son fauteuil en s'avançant vers son sbire, il arracha des mains la robe en lui ordonnant de sortir avant de soupirer en tendant le vêtement à la petite sergente tout en s'excusant. La robe était de couleur noire, offrait une coupe moulante au col bardot et aux longues manches évasées et était assez courte, arrivant au milieu des cuisses - une robe typique de danseuse sensuelle comme proposait le club. Prenant dans ses mains la robe en la regardant, June reprit leur conversation en demandant s'il savait où elle pourrait trouver ce groupe. Mais Nek'gror n'eut comme réponse :

        « — Ma chère amie, vous n'avez pas besoin de les rechercher à travers toute la ville, ils sont tous les soirs dans mon bar, expliquait-il avec un large sourire en vendant ses clients. En même temps, cela est normal, non ? n'y-a-t-il pas que des criminels ici ? Finit-il en lançant un clin d'oeil à June, pour lui faire comprendre qu'elle n'était pas si différente des personnes présentes ici ».

        « — Laisse-moi deviner, je t'en dois une ? Répondit-elle en voyant le dévaronien acquiescer de la tête ».

        Comprenant ce que cela voulait signifier, June eut un léger sourire à son tour. Remerciant son nouvel ami elle partit dans les toilettes du club pour se changer afin de mettre la robe pour remplacer ses vêtements troués, tout en dissimulant, du mieux qu'elle pouvait son blaster rangé dans son holster et accroché à sa cuisse ainsi que son comlink dans sa manche - avant de se refaire une petite beauté et d'attendre que le groupe veuille bien se montrer, en patientant au comptoir du bar devant un nouveau verre d'alcool offert par le patron.

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          Auteur : June King

          Touillant le liquide de son cocktail à l'aide d'une paille en le regardant avant de prendre une nouvelle gorgée de celui-ci : June observa du coin de l'oeil toutes les personnes présentes dans le club afin de repérer un comportement louche - tout du moins plus louche que la moyenne - et d'éventuels suspects. Mais elle fut très souvent interrompue dans ses recherches par de nombreux mâles et femelles de divers races totalement alcoolisés lui proposant ses services - ce qui ralentissait sa surveillance. Il était vrai que la robe offerte par Nek'gror et qu'elle portait en ce moment laissée champ libre à une mauvaise interprétation. Mais ne voulant pas créer de problème dans le club, elle répondit toujours gaiement en refusant poliment et en expliquant qu'elle était bien trop cher pour celui qui l'abordait - ce qui amusa le barman voyant qu'elle n'hésitait pas à être une briseuse de coeur tout en éloignant les perturbateurs lorsqu'ils insistaient trop. June venait souvent dans ce bar, et tout le monde la connaissait, alors il était normal qu'on la défende lorsqu'elle voulait se détendre autour d'un bon verre. Tous les habitués du bar savaient qu'elle était policière - du moins sous cette couverture -, mais elle était toujours la bienvenue. D'ailleurs, c'était grâce à elle que le club tournait si bien et que les combats organisés ici pouvaient être si réguliers et appréciés des parieurs et amateurs de combats de droïdes. C'était June qui laissait passer les véhicules de contrebandes remplies de matériaux et de pièces de rechange pour les droïdes ainsi que les alcools interdits provenant d'autres planètes.

          À peine le dernier perturbateur de parti - lorsque le barman lui avait ordonné d'arrêter d'embêter la jeune lorrdienne -, qu'un groupe parlant très fort fit son entrée dans le club en renversant quelques bouteilles sur la première table rencontrée. June reconnut en un instant celui qui lui avait parlé plus tôt dans la journée. Celui qui lui avait tendu la main pour qu'elle le rejoigne. Curieusement, ce dernier se mit à frapper violemment et disputer celui qui avait renversé les bouteilles d'une table. Pas de doute, c'était bien lui le chef, et visiblement, même les criminels pouvaient faire preuve de respect des lieux et de savoir-vivre. Tournant la tête vers son verre pour éviter qu'ils ne se rendent compte qu'elle était en train de les dévisager, June les suivit seulement du regard. Elle voulait avant tout savoir ce qu'ils venaient faire ici. Mais elle fut bien déçue lorsque le groupe s'installa dans l'une des pièces privées du club, à l'arrière, bien à l'abri des regards. Bien décidée à savoir qui ils étaient et surtout bien décidé à se venger, elle prit une dernière gorgée de son cocktail et se leva de son siège en prévenant le barman qu'il pourrait y avoir quelques débordements à l'arrière - chose qui l'amusa et répondit en levant les pouces en l'air.

          Vérifiant ses affaires et surtout allumant son comlink - qu'elle cacha dans sa manche -, elle se dirigea vers la pièce privée où le groupe était, June ouvrit la porte en appuyant sur le bouton et sortit son blaster pour le pointer sans attendre sur le chef ! Mais à sa grande surprise, personne ne sortit d'arme ou ne tenta de se défendre. Bien au contraire. Ils partirent tous dans un fou rire en voyant la tête si sérieuse de la jeune sergente - qui était déstabilisée à ce moment en voyant la scène. Étaient-ils tous fous ? Elle abaissa son arme en remarquant quelque chose d'étrange... presque dérangeant. Plusieurs membres du groupe avaient les cheveux blancs... comme elle. Par réflexe, elle prit dans ses doigts une mèche de ses cheveux et constata qu'elle aussi avait la même teinte qu'eux. Il ne pouvait pas y avoir d'erreur. La pièce privée n'avait ni néons ni lumières teintées, seulement une lumière blanche - bien que la luminosité était faible dans la pièce. Reprenant ses esprits, elle se souvint pourquoi ses cheveux avaient pris cette teinte, et cela ne pouvait pas être quelque chose de naturel ou de volontaire. Surtout que le Sith, responsable ce tout ça, était encore en liberté et qu'il ne fallait pas l'oublier. Regardant de nouveau le groupe en prenant une nouvelle fois en joue le chef avec plus de menaces; June lui demanda des explications sur ses agissements et sur l'attentat de l'avant-poste.

          « — N'as-tu donc pas d'autres questions, éveillée ? Eut-il comme réponse. Ne vois-tu pas que tu es ici avec les tiens ? Ajouta-t-il en affirmant quelque chose d'étrange ».

          June ne comprenait pas ce qu'il disait. Le chef était-il plus fou que les membres qui composaient ce groupe ? Sans l'ombre d'un doute, pour elle. Regardant sur ses côtés - lorsqu'il avait fini de parler -, elle s'aperçut que le groupe était composé de six personnes, avec leur chef compris. Cinq hommes et une femme. Mais elle ne remarqua pas celui de l'attentat. Où était-il ? Se cachait-il ? Se doutant que June rechercher quelqu'un en particulier, le chef expliqua qu'il n'avait pas survécu à ses blessures... infligées par elle, et qu'ils étaient là pour boire en sa mémoire. Prenant un air triste, il continua son monologue en expliquant qu'il venait de perdre un membre précieux de sa famille, mais qu'il ne tenait pas à venger sa mort puisqu'il venait de trouver une nouvelle soeur. Ce chef parlait comme un gourou d'une secte, surtout lorsqu'il faisait de grands gestes pour donner une vision dramatique de la chose. Mais visiblement, il disait vrai, il ne voulait pas chercher vengeance et encore moins être menaçant envers son invité-surprise. Prenant la chose au sérieux, June tira dans le pied d'un des membres du groupe - qui hurla sur au moment de l'impact en prenant ce dernier dans ses mains - et reprit sans attendre le chef en joue, tout en disant que la prochaine serait pour sa tête. Commençant à se rendre compte les uns après les autres qu'elle n'allait pas plaisanter avec eux, le chef changea de regard et de ton. Ce dernier pris enfin au sérieux la menace de June et leva les mains en l'air tout en affirmant qu'il n'était pas responsable de la folie de son frère et qu'il ne savait pas qu'il avait organisé ce massacre. Mais cela ne satisfaisait pas June qui demanda plus de détails. Sauf que cette fois le chef ne voulait rien dire. Il répondit seulement qu'il ne souhaitait pas parler à quelqu'un qui tirait sur les siens dans le but de seulement avoir des réponses qu'elle connaissait déjà. Perdant patience en claquant sa langue contre ses dents, elle s'approcha du chef en frappant du pied et lui ordonna des réponses immédiatement en posant son blaster sur son front. June semblait possédée à cet instant, ses yeux pouvaient laissé apercevoir sa folie et sa haine ainsi que son envie de tuer... comme s’ils étaient en train de changer pour devenir brillant à l'aura maléfique, mais le plus inquiétant était qu'une tension commença à s'abattre dans la pièce et que tout se mettait à vibrer autour d'elle sans raison aucune. Cela affola tout le monde et ils sortirent tous des blasters en les dirigeant vers la petite confédérée - qui ne pouvait plus faire comme bon lui semblait et dut revoir son approche.

          « — Impressionnant. La Force est rare chez nous. Malheureusement, tu n'auras pas de réponses ici, expliquait-il en se levant et en baissant l'arme de June. Si tu souhaites en savoir plus, suis-nous, terminait-il en demandant aux autres de le suivre ».

          Se faisant arracher des mains son blaster par l'un des membres des Réplicat une fois pris en joue à son tour; June fut menottée - mais pas fouillée - et du suivre le groupe à contrecoeur et sans pouvoir protester sous la menace. Elle était l'otage dorénavant, mais elle savait qu'elle pourrait obtenir des réponses si elle les suivait sans faire d'histoire. En sortant de la salle privée, June vit Nek'gror à l'étage, regardant la scène depuis son bureau en buvant un cocktail. Avait-il tout prévu ? Savait-il quelle tournure les évènements aller prendre ? Levant son verre comme pour dire à bientôt, il ferma les stores de sa fenêtre. L'avait-il vendu ? Ralentissant en regardant vers le haut avec questionnement, l'un des membres - celui qui boitait à cause d'elle - poussa June, qui se retourna violemment vers lui dans un moment d'intimidation. Mais le blaster pointé vers elle lui fit comprendre qu'elle ne pouvait pas riposter pour le moment. Traversant tout le club en compagnie du groupe, tous les clients habitués qui connaissaient de près ou de loin June la regardèrent avec étonnement. Pourquoi était-elle en compagnie de ce groupe ? Détournant le regard pour éviter un maximum d'être reconnu : June se mordit férocement la lèvre inférieure - si seulement elle n'était pas si tête brûlée, elle aurait pu s'en sortir sans problème. Baissant la tête en passant à côté du garde wookie à l'entrée du club, elle ne prononça aucun mot, souhaitant de toute son âme qu'il ne la reconnaisse pas. Puis une fois dehors, le chef l'invita à monter avec lui sur sa motojet, tout en lui donnant comme conseil de le tenir fermement par les hanches - du moins comme elle pouvait puisque menottée - pour ne pas partir en arrière au moment de l'accélération. De quoi avait-elle l'air... habillé d'une robe à l'apparence plus qu'ambigüe accompagnant un groupe hors-la-loi dans un endroit qui lui était inconnu en pleine nuit. La honte était totale à cet instant et la frustration énorme. Mais d'un autre côté, cela lui rappela certaines aventures passées.

          Traversant une bonne partie du quartier nord de Toskrew City en pleine nuit, June eut la dérangeante sensation d'apprécier ce moment. Pourquoi ce plaisait-elle tant à jouer les hors-la-loi sur cette motojet - alors qu'elle n'en était rien ? Elle ne devait pas pourtant, c'était une militaire maintenant et elle avait tournée la page. Mais cette douce brise frappant son visage et agitant ses cheveux la rafraîchissait, les températures douces de la nuit - après le soleil brûlant de la journée - étaient agréables, la sensation de vitesse des motojets offrait une adrénaline presque euphorique et ne pas se soucier de diriger quelque chose lui donnait l'occasion de profiter un maximum du voyage. Mais elle n'était pas en vacances et encore moins en plein voyage ! Elle était otage d'un groupe terroriste qui venait de l'emmener avec lui au beau milieu de nulle part en pleine nuit. Revenant à la réalité, elle hurla à travers le vent au chef où voulait-il l'emmener ? Mais il ne répondit pas, il se contenta simplement de pointer du doigt en avant. Puis, le groupe finit par s'arrêter devant un vieux bâtiment désinfecté, non loin de l'entrée de la ville. L'endroit idéal pour se cacher de paire d’yeux trop curieux et d'oreilles trop fines. Le lieu était occupé depuis assez longtemps pour que les pièces de l'étage le moins abîmé soient aménagées dans les goûts et les couleurs de chacun des membres. Mais l'heure n'était pas à la visite, mais aux questions. Se rendant à l'étage où le chef et le groupe résidaient ; June fut forcée de s'assoir sur une vieille chaise en bois bancale - blaster toujours pointé sur elle. L'atmosphère était électrique et tout pouvait déraper à tout instant. June fut libre de poser autant de questions qu'elle le voulait. Même les plus étranges, tout lui était autorisé, bien qu'elle était actuellement otage. Cela surprit fortement la petite séparatiste qui hésita un instant. Pourquoi le chef l'autorisait à lui poser toutes les questions qu'elle souhaitait ? Cela n'avait pas de sens. Avait-il autant confiance en son but que ça, ou bien était-ce une ruse de sa part ?

          « — T'es qui exactement, pourquoi tout le monde semble te craindre, toi et ton groupe ? Demanda June dans un premier temps, en le tutoyant, bien décidé à récolter un maximum d'informations ».

          « — La question n'est pas qui je suis, mais ce que je suis, répondit-il avec posant délicatement son index sur le nez de June pour attirer davantage son intention. Mon nom est Quercus et je suis... ou plutôt : nous sommes, tout comme toi, des répliques, des sauvegardes... des éveillés, commençait-il à dire en faisant les cent pas en face de son otage. Connais-tu le projet Réplication ? Questionnait-il son otage sans lui laisser le temps de répondre. Ce projet a été fondé par une corporation secrète dont nous ignorons le nom et qui souhaite rester discrète et à l'abri des regards des grandes factions. Ce projet à pour nom : Réplication. Le but est de créer des corps synthétiques dans des cuves et contenants une sauvegarde de l'intégralité des souvenirs de son propriétaire. Bien sûr, le corps est créé à partir de son ADN et modelé à son image. Il faut donc comprendre que cela n'est pas accessible à tous et qu'il faut être riche pour se garantir une nouvelle vie, marquait-il une petite pause dans son monologue après cette première explication. À défaut de parvenir à l'immortalité, et ce même après avoir été augmenté, s'arrêtait-il sur ce point en regardant June totalement perdue. Les augmentés sont toutes les personnes qui se font implanter des membres ou des organes cybernétiques volontairement pour vivre plus longtemps et retarder leur mort, expliqua-t-il en reprenant là où il s'était arrêté. Lorsque l'augmentation ne suffit plus, les uniques... quoi ? s'agaçait-il en voyant June faire une grimace. Nous appelons : uniques, toutes les personnes qui souhaitent acquérir une réplique, soupira-t-il en abrégeant. En bref, les répliques servent de corps secondaire pour les uniques qui ne peuvent plus fuir la mort, et ce même après s'être augmenté totalement, concluait-il en ajoutant un détail. Pour ce faire, il faut que son esprit, ou son âme si tu préfères, aille dans ce nouveau corps. Nous ne savons pas comment, ce procédé reste encore obscur. Mais... laissa-t-il planer un moment de silence volontairement en s'approchant de June. Il se peut qu'une réplique s'éveille avant et devienne consciente. Comme toi, ou moi. Et si tu es là, c'est que tu es parvenue à t'enfuir également de ce laboratoire, petite soeur, terminait-il en récupérant avec son index une larme qui coula d'un des yeux de la petite confédérée ».

          « — T'es juste taré ! S'exclama June en se moquant légèrement. Je ne suis pas née dans une cuve et je suis encore moins un corps synthétique. Et tes cheveux blancs, c'est parce que ça aussi c'est programmé dans ton projet top secret ? Demandait-elle avec un sourire narquois et en activant son comlink caché sous sa manche ».

          « — Es-tu réellement sûre que les souvenirs que tu as sont vraiment les tiens, n'as-tu jamais eu de doute sur ton passé ? Questionna-t-il la jeune lorrdienne pour lui instaurer un instant de doute. Pour la couleur des cheveux, c'est différent. Certaines répliques les acquièrent, d'autres non. Cela dépend peut-être du temps de l'incubation ou de l'ADN de l'unique. Comme je te l'ai dit : je n'ai pas encore toutes les réponses sur ce projet. Et puis regarde, Lagerstroemia, par exemple, elle n'a pas les cheveux blancs, ni même Dianthus, celui que tu as blessé, ou encore Acer à côté de toi... Ainsi que feu notre frère Stachys, finit-il en baissant la tête et en fermant les yeux quelques instants ».

          « — Et ton véritable but ? demanda June sans avoir une once d'empathie ».

          « — Mon but ? Il est simple : retrouver mon unique pour le tuer et surtout trouver cette corporation pour la détruire et faire en sorte que plus aucune réplique ne connaisse un avenir sombre, comme la notre ! répondit-il d'un air sérieux ».

          « — Admettons, pouffait légèrement June en parlant. Et ensuite, quoi ? Tu trouves ton unique, tu le tues, tu deviens unique à la place de l'unique en détruisant la corporation, et après ? Tu veux donc qu'il n'y ait plus de réplique ? Plus d'homme comme toi ? Se moquait-elle en affichant un large sourire. Tu oublies que sans lui, sans ton unique et cette corporation tu ne serais jamais là ! Agressa June d'un ton condescendant ».

          Cela en était trop pour Quercus. Le chef des réplicats. Il explosa de colère en criant violemment son mécontentement sur la pauvre petite lorrdienne qui était sa prisonnière - et qui était en train d'afficher un large sourire exprimant toute sa satisfaction pour avoir réussi à dévoiler le véritable visage de ce fou. Expliquant en hurlant et en postillonnant jusqu'à baver de rage qu'il était là pour sauver les répliques et offrir un monde meilleur pour eux en les fédérant sous son joug : il demanda à June de voir la vérité en face en lui parlant des pupilles des yeux qui étaient l'élément le plus remarquable des répliques et qui étaient aussi l'indicateur le plus fort pour les reconnaître. Les pupilles des répliques brillaient quand ils étaient troublés ou lorsqu'ils affichaient une autre émotion - cela pouvait être amplifié par une exposition à la lumière. Ce que Quercus fit en mettant un miroir face à June en éclairant son visage tout en lui annonçant ce détail. Mais même si les yeux de June brillaient comme il venait d'expliquer - parce que surprise par ce détail -, la petite lorrdienne partie dans une vantardise en répondant qu'elle avait, manifestement, toujours eux de beaux yeux. Se congratuler n'était pas la bonne réponse et le chef s'énerva encore plus en balançant le miroir au sol pour le briser de colère - répandant de nombreux éclats tranchants à travers la pièce. Pourquoi ne voulait-elle pas voir la vérité en face ? Pourquoi se moquait-elle de tout ce qu'il était en train d'expliquer avec sérieux ? Mais avant qu'il ne reprenne son monologue pour persuader davantage la jeune séparatiste : un son provenant de sa prisonnière se fit entendre ! Comprenant le pire, il se mit à tâter June pour la fouiller et trouva, malencontreusement, sur son comlink - qu'elle avait dissimulé sous sa manche. L'Intégralité de son discours venait d'être écouté et sa position dévoilée ! Baissant la tête dans un moment de désespoir, il sortit un blaster et le pointa sur le front de June - inversant la situation qu'il avait vécu plus tôt - pour en finir une bonne fois pour toutes en venant de réaliser qu'elle ne le rejoindrait jamais dans sa bataille, et ce même en prouvant ses dires.

          Bien sûr, il ne se doutait pas de qui était réellement June. Il l'avait sans doute remarqué dans la ville en tant que policière, souriante et aimable avec les citoyens. Mais la réalité en était tout autre. June était une militaire, et une séparatiste avant tout. Peu importe la situation, si elle devait neutraliser l'ennemi sans sommation, elle n'hésitait pas et le faisait de sang-froid. Ce fut sa plus grande erreur à cet instant, en pointant son arme sur le front de la petite confédérée. Même otage, attachée et sans arme elle pouvait être redoutable; ce qu'il comprit trop tard. Lorsque le blaster toucha son front, cela sonna comme une alarme chez June. Elle bascula en arrière la chaise sur laquelle elle était attachée pour frapper à l'aide de son pied le blaster de son ennemi. Désarmé il fit un pas en arrière tandis que les autres membres des réplicats restèrent un instant coi. Le dos de la chaise au sol, June se jeta sur le blaster qu'elle venait de frapper pour le ramasser et tira dans l'autre pied de celui qu'elle avait blessé plus tôt dans l'Upside Down - qui utilisa des jurons très explicites pour exprimer sa douleur -, avant de lui tirer dans le thorax, puis dans la tête de la seule fille du groupe, avant de sauter sur le chef pour le prendre comme bouclier humain - en l'étranglant légèrement avec les menottes qui étaient encore autour de ses poignets - afin de se protéger des tirs ennemis. Dorénavant bouclier avec un blaster sur la tempe : le chef reçu un tir d'un de ses frères. Voyant leur erreur, les derniers membres cessèrent immédiatement leurs attaques et levèrent même les mains pour se rendre. L'opportunité était trop belle pour la laisser tomber. Par-dessus l'épaule du chef; June tira dans le flanc, la cuisse et le bras des derniers terroristes pour qu'ils soient totalement neutralisés, mais pas morts. Voyant qu'il venait de perdre l'intégralité de sa famille, le chef supplia la petite lorrdienne de les laisser partir et de le prendre comme seul prisonnier. Mais sa demande ne put être réalisée. Après avoir neutralisé l'intégralité des réplicats et arrêté le chef : des lumières s'allumèrent autour du bâtiment désinfecté; un vaisseau d'intervention militaire séparatiste stationna en face des nombreuses fenêtres en éclairant tout l'étage et en menaçant de tirer et un groupe de militaire organique envahit les pièces. Face aux forces armées, June relâcha le chef pour qu'il soit arrêté. Ce fut à cet instant que Quercus, le chef, comprit que celle qui croyait être l'une de ses soeurs n'était pas qu'une simple policière, mais surtout une militaire lorsque cette dernière salua - en se mettant au garde-à-vous sans lever les mains puisqu'elles étaient menottées - la lieutenante Glademoore, qui s'était déplacée spécialement.

          « — Je vois qu'il est impossible pour vous d'effectuer une mission, ou une punition en l'occurrence, sans grabuge et situation improbable, sergente, dit la lieutenante en s'arrêtant face à son ancienne recrue. Comme il est coutume avec vous : faisons abstraction de votre négligence... ajouta-t-elle en regardant la tenue plus que légère de la jeune séparatiste ».

          Devenant rouge de honte, June esquissa nerveusement un rictus tout en tirant vers le bas la courte jupe de sa robe - avec ses mains attachées - pour en cacher le plus possible tout en restant au garde-à-vous et aussi droit qu'elle le pouvait.

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            Auteur : June King

            Quelques instants après l'arrestation des repliqués, June - qui était à présent démenottée - fut escortée par le groupe d'intervention militaire jusqu'au rez-de-chaussée du bâtiment désinfecté sur ordre de la lieutenante - où elle reçut un long manteau séparatiste pour cacher sa tenue plus que légère. Mettant le vêtement sur ses épaules à toute hâte en l'arrachant des mains du soldat qui lui tendait ; June émit un gémissement de satisfaction presque instantanément en serrant fermement le col avec ses mains, tout en recroquevillant légèrement ses épaules sur elle-même pour se cacher davantage. Ne plus devoir rester à moitié dénudé était appréciable et elle pouvait enfin apercevoir les regards indiscrets pointés sur sa plastique changer de direction - tout en affichant un rictus de victoire face à eux. Heureuse que tout cela soit enfin terminé, June eut une seconde bonne nouvelle au moment où la lieutenante Glademoore - qui venait de la rejoindre - l'invita à entrer dans son véhicule pour être raccompagnée jusqu'à la base séparatiste en l'informant qu'elle venait de terminer sa punition et qu'elle allait réintégrer son poste de formatrice. N'en croyant pas ses oreilles : June se mit au garde-à-vous et salua militairement sa supérieure avec sa mauvaise main (chose qui ne changerait certainement jamais). La victoire était dorénavant totale !

            Se dirigeant vers le véhicule au côté de la lieutenante ; June fut interrompu par Quercus, le chef du groupe Replicat, qui l'appelait en hurlant tout en se débattant légèrement pour ne pas entrer dans le fourgon, en lui adressant un regard triste et déçu. Pourquoi ne voulait-elle comprendre son combat, sa motivation et ce qui l'animait à vouloir fédérer à sa cause tous les répliqués de la galaxie pour vivre entre eux et dans un monde bien meilleur que celui dans lequel ils se trouvaient actuellement ? Continuant de regarder la petite lorrdienne : Quercus - toujours en se débattant pour ne pas finir au fond du le fourgon - s'excusa pour les actes horribles que ses frères et soeurs avaient commis et invita de nouveau la jeune confédérée à rallier sa cause, mais surtout à réfléchir sur qui elle était réellement - avant d'être violemment poussé dans le véhicule avec les autres membres pour être déporté jusqu'à la prison séparatiste de Géonosis. Toute cette scène semblait surréaliste et illogique. Mais June en avait vu d'autres, et cela n'allait certainement pas être la dernière. Pénétrant dans le véhicule de la lieutenante en prenant place à l'arrière avec sa supérieure ; June commença à faire son rapport. Mais, la lieutenante l'arrêta rapidement après seulement quelques mots en expliquant qu'elle ne voulait pas qu'elle fasse son rapport durant le trajet, mais une fois arrivé à la base. Obéissant à son ordre, la jeune confédérée ne fit plus aucun bruit et tourna la tête vers la vitre du véhicule pour regarder le paysage, tout en remontant le col du manteau par réflexe. La fatigue commençait à se faire ressentir après tous ces événements, mais tout n'était pas encore fini...

            Lorsque les véhicules militaires allaient se séparer au premier carrefour de la ville pour rejoindre leur destination respective : le fourgon déportant les prisonniers explosa violemment. L'Onde de choc avait soufflé le sable de la ville, brisé les vitres des bâtiments et renversé les véhicules trop proches du fourgon - dont celui de la lieutenante. L'explosion avait pu être entendue dans un très large périmètre accompagné d'un tremblement au sol. Secouant la tête pour reprendre ses esprits avant de s'assurer que la lieutenante qui était à côté d'elle allait bien, June se rendit compte que leur véhicule était à l'envers lorsqu'elle aperçut les sièges au-dessus d'elle et qu'elle touchait le ciel de toit avec ses jambes. Se mettant en alerte tout de suite, elle brisa la vitre à côté d'elle avec son avant-bras gauche cybernétique avant de sortir la lieutenante pour la mettant en sécurité le plus rapidement possible en la tirant hors du véhicule. La petite lorrdienne n'aimait utiliser les capacités mécaniques de son bras cybernétique, cela lui rappelé trop les droïdes qui usaient de leur force métallique pour se croire supérieurs aux êtres organiques, en moquant d'eux. Mais dans un tel moment, cela pouvait s'avérer grandement utile. Sortant la lieutenante - qui était légèrement sonné - en la laissant allongée sur le dos contre un mur, June regarda autour d'elle pour voir, comme un peu plus tôt, des bouts métalliques brûlants de couleur rouge vif retombant au sol, des bouts de verres longeant les rues, du sable volant dans tous les sens et dansant légèrement au-dessus des flammes et de l'apaise fumée noire opaque qui jaillissaient du fourgon entièrement détruit. S'essuyant les yeux qui brûlaient légèrement par la chaleur en toussant pour se dégager les bronches à cause de la fumée, la petite sniper vit une silhouette boitant s'éloigner de lieu de l'explosion. Plissant les yeux pour y voir un peu mieux - dans un réflexe totalement inutile -, elle reconnut très vite Quercus qui était en train de s'enfuir en profitant de la situation chaotique du lieu ! Ce dernier avait sans doute plus d'un tour dans sa poche, ou alors, avait-il déjà élaboré un moyen pour s'enfuir en cas de défaite ou d'extrême urgence ? Nul doute possible, ce terroriste devait être neutralisé maintenant et pour toujours et tant pis pour les répercussions, June savait y faire avec les punitions en cas de défaite ou d'erreurs. Prenant le blaster de la lieutenante sans son autorisation, June courut après le chef des répliqués - laissant son manteau tombé de ses épaules - et le prit en joue en lui ordonnant de s'arrêter immédiatement ! Levant les mains en l'air une fois rattrapé, Quercus se retourna pour faire face à celle qui pouvait à tout moment lui ôter la vie. Son bourreau. Sa Faucheuse. Alors que les flammes dansaient autour d'eux et que la fumée obstruait partiellement leur vision : le chef des répliqués se lança dans un nouveau monologue des plus étranges :

            « — Il y a des choses qui te dépassent, petite soeur. Des choses que tu ne peux imaginer. Des choses que moi-même je ne peux encore croire, commença-t-il en levant la tête pour regarder le ciel tout en restant les bras en l'air. Sais-tu seulement ce qu'est le sentiment d'appartenir à une famille et d'y être responsable ? Demandait-il en la regardant de nouveau dans les yeux. Lorsque j'ai découvert la réalité à propos de nous, de nos origines et de notre condition, je me suis promis de libérer les nôtres et de les aider à trouver une famille, des amis, un foyer... prit-il une pause en baissant légèrement son regard. Mais certaines personnes continuent de refuser à croire en mon rêve. Pourtant le meilleur est dans la tête pour comprendre et dans le coeur pour apprécier, expliqua-t-il en baissant totalement la tête cette fois-ci. Si cela doit me conduire tout droit en enfer pour qu'ils puissent tous vivre au paradis, alors soit, dit-il en relevant les yeux pour la regarder de nouveau la jeune lorrdienne. Mais sache que je suis prêt à boire tous mes péchés plutôt que de noyer mon âme dans la honte et la lâcheté sans avoir, ne serait-ce qu'une seule fois, essayé ! Terminait-il en baissant les bras et en tendant l'un d'entre eux vers la petite séparatiste. »

            « — La chose dont je suis sûre, est que tu n'as pas hésité à sacrifier ta famille pour te sauver comme un lâche en attaquant et souhaitant tuer la mienne, répondit June en tirant, sans hésiter, un coup de blaster au milieu du front de son ennemi. »

            S'écrasant violemment en arrière au sol sur le dos : Quercus venait d'être abattu froidement par la jeune séparatiste qui - dans un excès de colère après avoir remarqué des soldats morts et blessés proche du fourgon en flammes à cause de l'explosion en partant à sa poursuite et ayant vu supérieure sous le choc et vulnérable après l'accident - n'avait pu supporter davantage l'idée de le laisser en vie et plus gravement en liberté. Une fois l'ennemi neutralisé et la menace défaite, la lieutenante s'approcha de son ancienne recrue et arracha des mains son blaster en expliquant d'un ton sec et dominateur que si elle venait à reprendre son arme sans autorisation, cela lui coûterait le renvoi pur et simple... avant de la féliciter pour sa réactivité et sa prise de décision d'éliminer une menace bien trop dangereuse, et ce, même emprisonnée. Remerciant la lieutenante en acquiesçant de la tête, June alla aider immédiatement les soldats blessés encore en vie, tandis que la lieutenante Gladmoore appela la base pour l'envoi de véhicules médicalisés. Mais une chose étrange venait d'être découverte en passant devant le fourgon détruit : les autres prisonniers n'étaient plus là ! Bien que le fourgon était encore en flammes et partiellement détruit, des corps devaient être encore à l'intérieur... du moins, des restes, des preuves... Mais rien ! Lorsque June s'en aperçut, elle repensa au monologue de Quercus, lorsqu'il parlait de responsabilité et de devoir. Venait-il d'offrir sa vie pour sauver celle de sa famille ? Était-il un leurre pour permettre à ses frères de s'enfuir sans être vus ? June était confuse et regardait dans tous les sens. Était-il finalement quelqu'un de bien ? Plongée dans ses pensées, elle n'entendit pas tout de suite la lieutenante l'appeler. Quand elle reprit ses esprits, elle tourna la tête vers sa supérieure qui lui expliquait qu'elle avait besoin d'elle pour secourir un soldat gravement blessé et le maintenir en vie jusqu'à l'arrivée du groupe médical. Se précipitant pour aider son frère d'armes, June était emprise à de nombreux doutes...

            À l'arrivée de l'unité médicale, June et la lieutenante furent raccompagnées jusqu'à la base séparatiste avant d'être prises toutes les deux en charge pour des examens médicaux afin de s'assurer de leur bonne santé. À la fin de cette auscultation qui était des plus désagréable pour la jeune confédérée qui refusa par tous les moyens d'entrer dans une cuve bacta pour l'examen ; la lieutenante l'invita à la suivre jusqu'à son bureau pour y faire son rapport.

            « — Sergente King. Matricule MB-99. Numéro de formatrice LV-426, au rapport ! Se présenta-t-elle de façon professionnelle, ce qui surprit fortement la lieutenante qui eut aussi un moment de fierté. Durant une patrouille avec l'officier Karkaral dans les rues du quartier nord de Toskew City, l'avant-poste fut attaqué par un membre du groupe terroriste Réplicat, un dénommé Stachys, commença-t-elle à expliquer en se redressant correctement. Quand je suis arrivée sur les lieux, l'officier Sod'lawn, blessé, m'a indiqué la direction qu'avait pris le terroriste responsable de l'attaque et de la mort de la recrue Zed. Après l'avoir pris en chasse, puis rattrapé et arrêté, d'autres membres m'ont attaqué par surprise et ont sauvé leur "frère", comme ils disent, en faisant exploser une partie de la rue, ce qui m'a fait perdre connaissance quelques instants, expliqua-t-elle en reprenant légèrement son souffle. À mon réveille j'ai parcouru la ville à leur recherche. Pour plus de discrétion, j'ai changé de tenue. Mais ce fut eux qui m'ont finalement retrouvé. J'ai dû les suivre comme otages, mais j'avais toujours mon comlink de caché et fonctionnel. Une fois activé pour donner ma position, ce dernier a émis un son et le chef, Quercus, a découvert le pot aux roses. J'ai donc dû neutraliser deux membres, un certain Dianthus et Lagerstroemia, seule femme du groupe, avant de prendre leur chef en otage pour décourager les autres de m'attaquer, afin de m'en sortir vivante. Quelques instants après, le groupe militaire est intervenu et a arrêté le reste du groupe en votre compagnie, terminait-elle son rapport. »

            Le rapport de June ne tournait pas en rond. Il allait à l'essentiel. Bien qu'elle savait que le comlink avait enregistré l'intégralité de la conversation entre elle et Quercus ; June ne parla en aucune manière de l'Upside Down, le club dans lequel elle avait l'habitude d'aller pour se détendre et récolter un maximum d'informations. Après tout, si elle voulait y retourner un jour, le mieux était de ne pas en parler et de rester en bon terme avec. Félicitant la sergente pour l'excellent travail qu'elle venait d'effectuer après avoir enregistré son rapport : la lieutenante invita sa jeune protégée à retourner dans ses quartiers pour s'y reposer correctement en lui expliquant qu'elle avait rapatrié ses affaires et que demain matin, elle la voulait à la première heure dans la cour de la base séparatiste. Ne posant aucune question, June salua militairement sa supérieure - toujours de la mauvaise main - avant de frapper des talons et de sortir du bureau... où lorsque les portes se fermèrent, elle se mit à souffler l'intégralité de l'air de ses poumons en s'appuyant sur ses genoux. Cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps : June venait de ressentir comme un poids qu'elle ne parvenait pas à supporter et qui rendait ses jambes fragiles. Était-ce dû à l'image professionnelle qu'elle venait de montrer à sa supérieure, ou bien était-ce seulement dû à la présence de la lieutenante ? Sans doute un peu des deux. Elle était impressionnante sur bien des aspects, et même si June la connaissait et avait l'habitude de sa présence, le peu de temps passé en dehors de la base sans la voir quotidiennement lui avait très certainement fait oublier le charisme et l'aura pesante de la lieutenante - ce qui l'avait étouffé.

            Après avoir repris son souffle, June traversa les couloirs pour rejoindre ses quartiers - cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas foulé le sol de la base. Combien de temps avait-elle passé en dehors de ses quartiers ? Huit mois ? Un an ? Une chose était sûre : le son de ses pas frappant le sol de cet endroit lui avait manqué, et plus particulièrement cette atmosphère, cette ambiance, ce sentiment... elle se sentait enfin de retour chez elle !

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              Post n°6
              Auteur : June King

              Le faible son que jouait la ventilation des quartiers de June fut la première chose qu'elle entendit à son réveil - ce bruit typique qui pouvait devenir assourdissant lors d'une trop longue concentration dessus. La petite lorrdienne venait d'émergée tant bien que mal de son sommeil, avant que son alarme ne retentisse et ne la sorte de ses rêves. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle fut tout de suite éblouie par la lumière qu'elle avait oublié d'éteindre, avant de s'endormir. La fatigue de sa dernière mission - durant sa punition qui venait de prendre fin avec - avait été quelque peu éreintante et l'envie de se reposer sans attendre l'avait conduit à oublier beaucoup de choses : se laver, se déshabiller, manger, éteindre la lumière ou bien même refermer correctement la porte de ses quartiers - qui avait pour sale habitude de se coincer en plein milieu de sa fermeture. Refermant les yeux sans attendre et dans l'espoir de se rendormir, elle déchanta rapidement lorsque son sommeil disparût totalement après plusieurs minutes d'attente à tourner en rond dans son lit. Soufflant son mécontentement en se grattant la tête d'une main et le ventre de l'autre, elle poussa le drap qui la recouvrait (qu'elle avait sans doute mis entre deux cycles de sommeils) en baillant sans retenue tout en se raclant la gorge pour s'éclaircir la voix. Une fois les pieds au sol - en restant assise sur le lit un petit moment pour se réveiller du mieux qu'elle pouvait - elle regarda l'heure et décida de profiter qu'il soit encore tôt pour faire tout ce qu'elle n'avait pas eu le temps de faire avant de s'écrouler sur le lit.

              Une fois entièrement prête et habillée en tenue militaire de la confédération, qui lui avait tant manqué, elle parcourra les couloirs de la base en direction de la cour d'entraînement - accompagné d'une boule au ventre qu'elle ne laissait pas apercevoir malgré ses grimaces - pour y retrouver la lieutenante Gladmoore qui l'attendait de pied ferme... en compagnie d'étranges personnages ? Lorsque June salua sa supérieure de la mauvaise main ; la lieutenante lui expliqua sans perdre un instant qu'elle devra s'occuper de cette... bande spéciale... pour un entraînement au tir à distance - bien que cela allait être très difficile. Tournant son regard vers les énergumènes qu'elle allait devoir entraîner toute la journée, June se retenue fortement de partir aux éclats de rire. Visiblement, les recrutements avaient été particuliers et terriblement pathétiques cette fois-ci. La bande se composait de cinq recrues qui portaient tous une tenue moulante identique, à ceci prêt que les couleurs les différenciaient ainsi que la forme de leur casque. Il y avait de tout : du rouge, du bleu, du jaune, du vert, du rose... Lorsqu'ils se présentèrent chacun leur tour, ils prirent tous une pose plus ridicule les unes que les autres à la fin et au rythme d'une musique qu'une des recrues avait allumé via son casque qui avait des oreilles de lapin... Il ne manquait plus qu'une explosion en arrière plan pour faire comme dans certaines séries qu'on pouvait voir sur l'holoTV.

              Que s'était-il passé durant le recrutement ? Qui avait autorisé ça ? Pourquoi la lieutenante, qui était très protocolaire et stricte dans la sélection, avait accepté cette scène qui se passait actuellement sous leurs yeux ?! Se pinçant fermement la lèvre inférieure pour éviter qu'un pouffement de rire ne sorte involontairement avant de parler, June questionna difficilement sa supérieure sur ce qu'elle venait de voir et de l'entraînement exact qu'elle devait leur faire subir. Mais aucune réponse claire ne fut donnée par la lieutenante, sauf que cette bande de joyeux justiciers à en devenir avait été acceptée de faire partie de l'entraînement sous ordre d'un haut gradé militaire - comprenant qu'elle ne pouvait pas échapper à son destin, June regretta un instant d'être revenue. S'avançant et posant sa main sur l'épaule de la petite confédérée fraîchement revenue de sa punition, la lieutenante eut un regard de compassion lorsqu'elle croisa les yeux de sa protégée, comme pour dire qu'elle aussi cela la répugnée, avant d'afficher rapidement et discrètement un léger rictus passager en se retirant - ce qui surprit énormément June. Venait-elle de le faire exprès en lui apportant des recrues spéciales ? Ceci faisait partie d'une nouvelle punition ? Elle n'aura malheureusement pas la réponse, puisqu'au moment où June tourna la tête, sa supérieure était déjà loin de la cour...

              Alors que la bande multicolore s'amusait pitoyablement à faire des mouvements d'arts martiaux plus étranges les uns après les autres en émettant des onomatopées à chaque coup dans le vent ; June expira de désespoir en se massant les tempes pour faire passer la migraine qui s'annonçait violente, avant d'inspirer fortement pour garder son sérieux et surtout son calme, en voyant ce qu'elle avait en face. Mais le sable chaud se glissant dans ses narines à ce moment-là la fit plus tousser et éternuer qu'autre chose - rendant la scène davantage grotesque. Dans quoi venait-elle de s'embarquer...

              ***


              Sortant enfin de ses pensées en longeant les longs couloirs de la base séparatiste afin de rejoindre le spatioport militaire, June se mit sans prévenir à sourire bêtement toute seule en marchant de façon joyeuse et sautillant même presque à chaque pas qu'elle faisait en chantonnant la bouche fermée - ce qui effrayait les pauvres âmes qui longaient les murs en la croisant. Bien que sa mésaventure dans l'avant-poste de police du quartier nord de Géonosis était terminée depuis plus de deux ans, le fait d'y repenser soudainement sur le chemin la submergea d'une certaine nostalgie. Même si ses journées n'avaient pas été des plus marrantes lors de sa punition, le fait d'avoir changé de lieu durant quelque temps avait enrichi son expérience personnelle et eut un léger impact dans sa façon de travailler : elle était devenue plus mature et professionnelle dans son attitude et ses paroles - bien qu'elle avait encore quelques difficultés à contrôler ses émotions qui allaient et venaient sans prévenir. D'ailleurs, en y repensant bien, elle se prit d'envie, d'un seul coup, à vouloir retourner dans cet avant-poste avant de partir pour Lorrd. S'arrêtant en plein milieu du couloir en frappant sèchement du pied le sol, June regarda derrière elle - avec un sourire nié - et prit une nouvelle direction. Elle voulait revoir ce petit poste délabré et glauque au premier regard, aux vitres brisées, à la peinture craquelée et à la lumière défectueuse avant de partir pour sa planète natale - qu'elle n'avait plus revenue depuis son enfance.

              Traversant les couloirs dans le sens inverse en marchant d'un pas déterminé avec une nouvelle destination en tête : June se retrouva rapidement dans les rues de la capitale. Le soleil frappait déjà très fort en ce beau matin et brûlait la peau de tous les insouciants qui s'amusaient à s'aventurer sans le minimum de protection ; l'aride planète n'offrait aucune once de fraîcheur à l'ombre et nulle petite brise de vent ne se manifestait - susceptible de rafraîchir les malheureux qui n'avaient pas l'habitude. Ajouter à cela l'odeur permanente du sable chaud qui envahissait le nez des habitants et son éclat reflétant la lumière du soleil en éblouissant les yeux des passants et vous obteniez une planète qui n'était définitivement pas comme les autres et où vous ne pouviez vous habituer facilement. Heureusement, la petite lorrdienne avait pris cette habitude et se protéger de ce soleil ardent n'était plus vraiment un problème, surtout avec le manteau qu'elle avait reçu avec son nouvel équipement lors de son retour, qui offrait fraîcheur et protection contre les uv. Marchant à travers les rues pour rejoindre le quartier nord, June fut surprise au début puis amusée ensuite de voir un groupe de recrues faire leur exercice de course à pied aligné en rang sous les hurlements et motivations d'un collègue formateur. Toutes les recrues saluèrent militairement leur supérieure lorsqu'ils passèrent devant elle, tout en continuant de courir. Sous un réflexe nouveau, en voyant les recrues passer devant elle, la petite sergente se redressa correctement en se tenant les mains dans le dos et en relevant la tête tout en suivant, une à une, les recrues du regard lorsqu'elles passaient, avant de saluer - toujours de la mauvaise main - son collègue formateur lorsque ce fut son tour de passer devant elle.

              Cela ne faisait pas longtemps que June avait pris cette habitude de vouloir paraître plus professionnelle dans sa façon d'être et de parler, c'était un travail de tous les jours pour y parvenir convenablement. Même si cela signifiait faire des efforts, presque surhumain sur des choses du quotidien, elle n'en démordait pas et continuait de s'exercer devant le miroir de ses quartiers. Bien qu'elle pouvait ressentir une gêne intense lorsqu'elle prenait une allure qu'elle n'avait pas l'habitude - en croyant passer pour une parfaite imbécile en la réalisant -, il était important de noter que son image auprès des recrues s'était améliorée et qu'un certain respect pouvait s'y dégager. Tandis que les recrues s'éloignaient, pas à pas, sous les encouragements de leur formateur ; June resta un petit moment dans la même position, sans bouger, retenant sa respiration, accompagné d'un visage totalement rougi de honte et de gêne. Elle n'avait pas encore l'habitude d'agir ainsi, et encore moins devant tant de personnes. Lorsqu'elle reprit sa respiration en inspirant fortement d'un coup (comme une personne échappant à la noyade), elle se relâcha brusquement en baissant le dos et les épaules tout en essuyant les quelques goûtes de sueur qui venaient de perler sur son front. Visiblement, cela était encore trop tôt pour faire ce genre de chose en public - et ce, même après plusieurs entraînements.

              Reprenant sa route, après ce petit moment d'imprévu sur le chemin, la jeune confédérée arriva finalement devant l'avant-poste de police qu'elle voulait tant revoir. Mais, tout vira très vite en un cauchemar lorsqu'elle retrouva le lieu, dans lequel elle avait passé plusieurs longs mois, entièrement détruit. En effet, les portes et les fenêtres étaient manquantes et des traces de suie, d'un ancien et terrible incendie, recouvraient les dessus de toutes les ouvertures du bâtiment. Une vision horrible qui lui serra le coeur et l'imprégna d'une colère qui pouvait se lire sur son visage et ses poings serrés. S'avançant en regardant du coin des yeux les différentes marques de suie qui témoignaient d'un violent incendie : elle retira un bout du rubalise - sur laquelle était écrit "ne pas franchir" - qui formait une croix à l'emplacement où les portes d'entrée étaient autrefois. Son petit coeur se serra davantage lorsqu'elle vit l'intérieur de l'avant-poste... tout était noir de suie. Il ne restait absolument plus rien, tout n'était que gravats et poussières. L'odeur de brûlait envahissait encore le lieu. Les murs étaient cloqués et donnait l'impression d'avoir fondu par endroit, le plancher avait disparu et la suie s'était mélangé au sable extérieur - lui donnant une couleur noire-orangée - et le plafond était à moitié écroulé, empêchant d'accéder à l'étage et condamnant certaines salles. S'avançant comme elle pouvait dans les décombres du petit avant-poste, June ne put en supporter plus et commença à sangloter et à trembler légèrement. Comment tout ceci était-il arrivé, que s'était-il passé depuis son départ ? Mais elle fut vite arrêtée dans ses pensées lorsqu'une personne se trouvant derrière elle l'interpella avec menace. Se retournant avec un hoquet de surprise, la petite lorrdienne essuya les larmes de ses yeux et aperçut son ancien collègue, Sod'Lawn...

              Que faisait-il ici, dans cet endroit qui ne pouvait plus accueillir qui que ce soit ? À peine avait-elle engagé la conversation par une question, qu'elle fut tout de suite arrêtée par l'officier qui sortit son blaster en la prenant en joue et en lui sommant de s'en aller immédiatement ! Que lui arrivait-il, pourquoi était-il si menaçant ? En y regardant de plus près, il avait un visage fatigué qui était très pâle et les cernes sous ses yeux, ainsi que ses joues creuses, attestaient incontestablement d'un manque de sommeil et une sous-alimentation... sans parler de son uniforme qui était troué de partout et extrêmement sale. Demandant ce qui s'était passé pour qu'il en vienne à sortir son arme tout en lui rappelant son nom et son grade, June fit un pas en avant ; mais l'officier tira à ses pieds sans avertissement. Qu'avait-il ? June leva les mains en l'air et réitéra sa question. Sod'lawn semblait continuer de protéger désespérément le bâtiment abandonné pour arrêter toutes effractions ou dégradations - qui était visiblement raté.

              Reconnaissant finalement la petite lorrdienne après avoir repris légèrement ses esprits, l'officier baissa son blaster et expliqua que l'avant-poste avait été fermé par manque d'agents. Après l'incident avec le groupe Replicat, l'avant-poste avait acquis une réputation assez sombre et peu envieuse pour les nouvelles recrues qui voulaient s'engager dans celui-ci. Une réputation d'avant-poste facile à attaquer et où les recrues avaient de grandes chances de se faire tuer par de dangereux terroristes n'était pas la chose la plus vendeuse pour recruter... ainsi, Sod'lawn et Karkaral étaient donc les deux derniers officiers à entretenir le lieu et faire régner l'ordre dans le quartier. Malheureusement, après le départ de Karakaral - qui fut rappelé par le sergent Forest - ; Sod'lawn s'était retrouvé tout seul. Bien sûr, tout ce savait rapidement dans le quartier nord de Toskrew City. Les réseaux criminels savaient tout, tout de suite. Si rapidement que l'unique officier ne put gérer davantage seul la délinquance et fut submergé par celle-ci, à un tel point qu'il ne put que laisser faire ce que tout le monde voulait. Il avait pourtant demandé de l'aide à des supérieurs, mais visiblement le quartier nord était abandonné de tous... Se retranchant dans l'avant-poste sans y sortir souvent, les petites attaques se multiplièrent ... jusqu'au jour où un violent incendie se déclencha à la suite d'un colis piéger qui fit s'écrouler un parti du plafond en prenant le bras droit de l'officier - qui portait dorénavant une prothèse cybernétique. À la suite de tout cela, et comprenant que l'avant-poste n'allait pas être reconstruit, Sod'lawn avait décidé de quitter la police...

              Ce que venait de raconter l'ex-officier du P.S.G., dans de brefs détails ; brisa totalement la petite lorrdienne, qui semblait s'en vouloir énormément de ne pas être revenue plus tôt et d'avoir aidé à nouveau l'équipe qui l'avait accueilli pendant plusieurs longs mois. Si seulement elle était revenue, ne serait-ce qu'une seule fois, peut-être que l'avant-poste serait toujours opérationnel à l'heure actuelle, et que son ancien collègue n'aurait jamais abandonné son travail qui lui tenait tant à coeur. Serrant les poings toujours plus fort en retenant ses larmes, June ne trouva aucun mot pour réconforter le pauvre abandonné, qui tournait désespérément en rond sans aucun but à travers les gravats - était-il devenu fou ? Baissant la tête en voyant cette scène de désespoir, elle parvint tout de même à prendre son courage à deux mains pour s'excuser de ne pas être revenue, au moins une fois. Mais ses mots ne firent que résonner dans les ruines, puisqu'aucune réponse ne fut donnée en retour... Comprenant qu'elle ne pouvait rien faire de plus, June sortit du petit avant-poste en ruine et reprit le chemin pour la base confédérée...

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                Auteur : June King

                Sur sa route, regardant le sol en essuyant les quelques larmes qui parvenaient à échapper à son contrôle en se remémorant la scène tragique qu'elle venait de vivre, elle croisa au par hasard d'un tournant, dans une sombre ruelle, une vieille connaissance qui l'appela en criant son nom ! Relevant sa tête de surprise en faisant un pas en arrière, June reconnut tout de suite Nek'gror. Mais à peine eut-elle le temps de l'apercevoir et de se protéger par réflexe, qu'elle se retrouva dans les bras puissants du dévaronien, qui semblait être heureux de la revoir. La soulevant de terre en rigolant joyeusement, Nek'gror l'enlaçant fortement en la balançant de droite à gauche pour manifester davantage sa joie de la revoir - June eut la nausée et la tête qui se mit à tourner durant tout ce moment. Lorsqu'elle put reposer les pieds au sol, elle fut prise de déséquilibre et dut tenir son ami pour ne pas s'écrouler. Rigolant en voyant l'état de la pauvre sergente ; le dévaronien commença à dire que cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu et que sa présence au club manquait à beaucoup d'habitués, notamment à lui. Il était vrai que grâce à June - et ses petites combines durant sa punition -, l'Upside Down était devenu LE lieu des contrebandiers et criminels à ne pas rater et surtout à visiter. Les combats de droïdes, les paris illégaux, les danses sensuelles privées, les alcools interdits en territoires séparatistes, les trafics d'armes et de munitions de toutes factions, la vente d'esclaves... Absolument tout passait par l'Upside Down, ce club et bar aux apparences normales qui était en réalité LA plateforme centrale de la pègre sur Géonosis - lorsque la petite lorrdienne avait fait une rechute dans le domaine des contrebandiers. D'ailleurs, Nek'gror décida d'emmener sa jeune amie à son club. Sans lui demander son avis, il entoura son bras sur celui de June et commença à marcher dans la rue en sa compagnie. L'invitation étant trop tentant, la petite séparatiste accepta de bon coeur - et puis, ceci allait pouvoir lui changer les esprits après le terrible moment passé juste avant.

                Accompagné de Nek'gror en écoutant les louanges qu'il était en train de lui faire ; June s'arrêta sèchement - surprenant le dévaronien qui frappa du pied pour interrompre sa marche. L'Attention de la petite lorrdienne s'était fixée sur elle-même, observant son reflet du coin de l'oeil dans un miroir qui était accroché sur un mur d'une façade d'une boutique. Repensant à tout ce qui s'était passé après l'incident des répliqués, l'avant-poste - dorénavant abandonné - et se voir en compagnie d'un des criminels les plus dangereux de la capitale, bras dessus, bras dessous ; June regarda longuement, et plus particulièrement ses cheveux. Lâchant son ami un instant, elle prit une mèche de ses cheveux dans une de ses mains en contemplant avec insistance leur couleur. Ce blanc qui recouvrait entièrement ses cheveux n'était pas là par hasard, elle le savait, cela était la faute à un puissant Sith qu'elle avait rencontré sur Félucia, mais... depuis sa rencontre avec Quercus, le chef de Réplicat, elle était empreinte aux doutes. Et s'il avait finalement raison ? Et si la manifestation de cette couleur, après l'attaque du Sith, était un pur hasard ? Voilà qu'elle recommençait à se questionner... Voyant la jeune sergente pleine d'incertitudes en restant silencieux devant elle-même ; Nek'gror s'approcha d'elle et proposa quelque chose qu'elle n'avait jamais imaginé ou pensé jusqu'à lors : se teindre les cheveux. Faisant les gros yeux en restant bouche bée devant le dévaronien, elle inspira d'étonnement en réalisant qu'il avait raison, que cela était possible ! Et puis, cela tombait bien, le maître de la pègre connaissait, justement, un très bon coiffeur qui se trouvait dans la capitale, non loin de là où ils étaient et qui était sous sa protection.

                Parcourant les rues ensemble, ils arrivèrent dans le salon qui était tenu par une Codru-Ji - une race très rare qui avaient la caractéristique d'avoir quatre bras - et répondant au nom de Macée. Le lieu était on ne peut plus normal pour un salon de coiffure, mais la clientèle était nombreuse et la file d'attente longeant la devanture presque interminable. Bien évidemment, ils n'allèrent pas faire la queue, comme tous les autres. Passant devant tout le monde en ne s'excusant aucunement - laissant la pauvre sergente gênée et baissant la tête pour éviter les regards assassins dirigés vers elle - Nek'gror entra dans la boutique en hurlant, comme il aimait le faire, le nom de la gérante. Lâchant les quatre pairs de ciseaux de ses mains et arrêtant de couper les cheveux à plusieurs clients en même temps : Macée se précipita sur le dévaronien en l'enlaçant amoureusement. Visiblement cette dernière avait un énorme faible pour lui et cela se confirma lorsqu'elle porta un regard noir sur June, en tenant plus fermement Nek'gror avec ses quatre bras, comme pour le protéger ou le tenir à l'écart. Gênée encore plus qu'au début, June se contenta simplement d'un bonjour de la main avec un sourire crispé - elle ne savait pas ce qui l'attendait au moindre faux pas. Heureusement, le dévaronien détendit l'atmosphère en expliquant la situation. Ni une, ni deux, Macée arrêta tout ce qu'elle faisait en envoyant balader tous les autres clients lorsqu'il lui demanda un service.

                Prenant place, presque en se déplaçant sans avoir à marcher, comme poussée par quelque chose, June se retrouva sur une chaise regardant son reflet dans un miroir face à elle. Macée avait pris la chose au sérieux et jouait avec une paire de ciseaux dans chacune de ses mains. Cet instant fut étrangement long pour la petite lorrdienne, bien qu'en réalité il ne s'était écoulé que quelques secondes. Se regardant avec insistance dans le miroir, et plus particulièrement ses cheveux, longs et blancs, elle se mit à se remémorer l'époque où ses cheveux étaient auburn et plus court, cette coupe que lui avait conseillée Val et qu'elle avait gardée longtemps. Repensant à ses défunts amis, les larmes se mirent à couler toutes seules - laissant perplexes Nek'gror et Macée qui se demandaient ce qu'il était en train de se passer. Se ressaisissant pour ne pas craquer totalement en larmes, June expliqua, presque sous la forme d'un voeu, ce qu'elle voulait - sans douter un instant dans ses paroles ! Par une dextérité à couper le souffle, Macée coupa les cheveux de la jeune sergente et colora ses cheveux en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Remerciant la coiffeuse plusieurs fois pour son travail, le duo sortit du salon sans payer grâce à Nek'gror. Dehors, June n'arrêta pas de s'admirer dans un petit miroir de poche rond - qu'on lui avait donné en sortant. Elle venait de redevenir comme avant, comme celle qu'elle avait toujours été. Remerciant plusieurs fois son ami sur le chemin, pour lui avoir fait découvrir ce lieu et surtout pour cette coupe gratuite, ils partirent pour l'Upside Down afin de fêter ça !

                L'Upside Down. Ce club si particulier à l'atmosphère totalement différente de ce que l'on pouvait trouver dans le reste de la capitale. Si bien caché et pourtant diablement connu des plus dangereux individus de la galaxie. Entre les néons cyan à l'intérieur qui écrivaient le nom du club en grand au-dessus de l'arène de combat pour droïdes, ceux de couleur magenta qui bordaient plusieurs endroits et offraient un éclairage euphorisant ; les plateformes de pole dance pour les danseuses sensuelles ; les fumigènes qui rendaient l'ambiance plus mystérieuse et cette musique assourdissante rendaient l'endroit des plus agréable pour se changer les idées ou tout oublier.

                Devant la porte, les deux amis furent accueillis par l'énorme wookie qui gardait, comme à son habitude, l'entrée du club. Reconnaissant après quelques secondes June ; il prit la petite confédérée dans ses bras pour lui faire un gros câlin, heureux de la revoir. Il faut dire que la sergente, depuis son retour de sa punition, avait eu énormément de travail et beaucoup de recrues à former au tir à distance. À cause de cela, elle n'avait pas pu revenir plut tôt dans le club. Relâchant la petite lorrdienne mais en continuant de caresser ses cheveux qui étaient dorénavant différents, cette dernière du secouer légèrement la tête pour reprendre ses esprits - le wookie l'avait balancé dans tous les sens. Après ces petites retrouvailles, le duo pénétra finalement dans le bar, ou un attroupement de personnes en plein milieu dansait sur un rythme effréné. Un groupe local jouait sur scène et leur musique mettait dans un état de trans tout le public qui n'arrêtait pas de crier et de sauter. Ce n'était pas la première fois qu'ils se produisaient et ils gagnaient des fans, si bien qu'un jour, certainement, l'Upside Down deviendrait trop petit. Mais pour l'heure, le bar était toujours le meilleur endroit pour venir jouer. Profitant de la musique du groupe local, Nek'gror et June se posèrent au bar pour boire un verre, ou le barman - lui aussi content de revoir la petite confédérée - prépara son meilleur cocktail - pendant que certaines personnes venaient saluer June qu'ils n'avaient pas revu depuis longtemps. Dégustant leur verre avant d'aller dans le bureau privé du dévaronien, June se mit à regarder tout autour d'elle. L'Ambiance lui avait manqué. Se retrouver au milieu de personne qui partageaient son ancienne activité lui offrait comme une sorte de nostalgie. Sans doute que Jeff, Waafful et Val seraient fiers d'elle ?

                Une fois leur verre terminé, les deux amis se dirigèrent vers le bureau personnel de Nek'gror. Un endroit fermé où la musique n'offrait plus que de basses sourdes et une atmosphère de film noir. Pour celui qui n'était pas habitué, il pouvait très vite croire qu'il allait passer à un interrogatoire des plus violent. Mais ce n'était pas du tout le cas. Le dévaronien aimait simplement cette ambiance. Prenant place sur l'un des fauteuils en cuir de Nerf (créature quadrupède à l'épaisse fourrure vivant sur Alderaan) : Nek'gror offrit à son invitée un nouveau verre d'alcool, provenant directement de son bar privé. Mais alors que leurs mains se rencontrèrent pour échanger un verre, ils furent interrompus par un garde qui ouvrit la porte du bureau sans y avoir frappé au préalable. Furieux de ce que le garde venait de faire, le dévaronien sortit un blaster de sous son manteau et le pointa sur le membre de son personnel en lui demandant d'avoir une bonne excuse pour ne pas se retrouver avec un trou à la place du petit poids qui lui servait de cerveau - ce qui fit pouffer de rire June. Levant les mains en l'air, le garde expliqua tant bien que mal - puisque mis sous pression sous la menace de son patron - qu'il avait arrêté deux militaires qui essayaient de passer incognito pour récolter un maximum d'informations sur le club. Fronçant des sourcils, Nek'gror demanda qu'on les déportes directement ici, dans son bureau, pour un interrogatoire des plus passionnant. Ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait arrêter des militaires. Mais lorsque les prisonniers arrivèrent dans le bureau personnel de Nek'gror ; June éclata de rire en frappant le fauteuil et en se tenant le ventre - elle faillit même tomber au sol ! Que lui arrivait-elle ? Pourquoi était-elle partie à rire aux éclats en apercevant les prisonniers ? Voyant que la petite sergente s'amusait bien ; le dévaronien s'approcha des deux militaires qui étaient sur les genoux et commença par demander leur nom. Mais aucun ne répondit, ce qui agaça le maître des lieux qui pointa son blaster sur le front d'un des deux confédéré. Mais cette action fit réagir June qui se leva et posa rapidement son bras cybernétique sur l'épaule de son ami en expliquant qu'il n'avait pas intérêt à terminer ce qu'il avait l'intention de faire, sous peine de finir lui aussi six pieds sous terre. Elle s'amusait pourtant bien de la situation, pourquoi diable venait-elle de devenir si sérieuse, d'un coup ? Baissant son blaster dans un moment confus, Nek'gror lui demanda tout de même pourquoi cette réaction. Mais avant même que la petite séparatiste ne répondit, l'un des prisonniers hurla son nom - surprenant le dévaronien ! Il avait vu juste, c'était bien June, mais il lui avait fallu un certain moment avant de s'en apercevoir, tant elle avait changé avec sa nouvelle coupe de cheveux et sa nouvelle couleur.

                « — Faudra vraiment m'expliquer ce que vous faites ici, bande d'abruti ! répondit June en pliant les genoux pour se mettre à leur hauteur. »

                Cra Lhot, un cathar à l'immense crinière et au pelage blanc tigré roux ; et Lahtuka, un grand twi'lek pâle au corps fin, étaient assis sur les genoux en train de pleurer légèrement lorsque June se mit à leur hauteur pour les insulter - comme elle en avait le secret. Mais que faisaient-ils ici ? Pourquoi ses deux amis, avec qui elle était en formation à son arrivée sur Géonosis, ces deux-là même avec qui elle avait survécu sur Félucia, se trouvaient-ils dans le club. Après l'avoir reconnue, ils sautèrent sur leur amie pour manifester leur joie de la revoir en l'attrapant par la taille. Ces trois-là avaient forgé une solide amitié et qui était devenue plus forte encore depuis la mort de Gris Zantt (un rodien qui était le cerveau du groupe). Caressant légèrement la tête de ses amis pour les réconforter et les rassurer, elle s'adressa en même temps à Nek'gror pour lui expliquer qu'ils n'étaient pas une menace. Une fois la joie des retrouvailles passée, Lahtuka demanda à June ce qu'elle faisait ici. Cela pouvait être surprenant qu'une séparatiste soit dans le bureau privé d'un des criminels les plus dangereux de tout Géonosis - et dans son club qui était caché de tous, de surcroît. Essayant de cacher la vérité du mieux qu'elle pouvait, mais en bégayant, les deux amis comprirent qu'elle était en train de mentir. Et mal par-dessus tout. Par ailleurs, cela se voyait encore plus sur son visage qui le trahissait en devenant rouge vif. Regardant avec interrogation la petite lorrdienne : ils se relevèrent en l'entourant de leur grande taille tout en posant leurs mains sur leurs hanches et commencèrent à l'asséner de questions toutes les plus étranges et curieuses les unes après les autres - sous l'oeil amusé de dévaronien qui rigolait en sirotant un bon verre d'alcool. La petite lorrdienne, sur les genoux, regardant dans tous les sens pour ne pas faire face à ses amis qui étaient en train de la juger : marmonna qu'elle était plus ou moins la seconde propriétaire du club, qu'il était devenu la plateforme des contrebandiers de Géonosis grâce à elle, que - sans l'avouer réellement - elle était responsable de sa popularité et connaissait pratiquement toutes les personnes les plus dangereuses se trouvant sur Géonosis - avec qui elle avait tissé des liens parmi certains. Mais ces trois-là ne pouvaient pas se disputer ou rester fâcher bien longtemps. Sans prévenir, Cra Lhot et Lahtuka sautèrent à nouveau sur June - qui donnait encore des détails de pourquoi elle connaissait bien les lieux. Arrêtant de parler après cette attaque-surprise, June se mit à sourire bêtement en étant contente de les savoir en bonne santé. Tournant ensuite la tête vers Nek'gror - toujours assis en train, cette fois-ci, de lâcher une larme en voyant cette amitié - ; June s'excusa auprès de lui en expliquant qu'elle veillerait à ce qu'ils ne disent rien de tout ce qui venait de se passer et des informations divulguées, avant d'avancer difficilement - à cause des deux pots de colle qui la tenaient fermement - pour sortir du club et retourner à la base.

                À l'extérieur, la pluie et l'orage frappaient dorénavant toute la capitale et la nuit commença à tomber plus tôt due aux nombreux nuages opaques qui remplissaient l'intégralité du ciel...

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                  Auteur : Atreïs Helcar

                  Le Lieutenant Gladmoore croisa les mains derrière sa tête. L'orage aussi violent qu'inattendu, surtout sur une planète aussi aride que Géonosis, l'avait laissée pantoise autant que rêveuse, ce qui n'était pourtant pas son genre, elle qui avait autant les pieds sur terre. Mais à cet instant, elle se laissait aller à contempler le ciel noir et la pluie qui dégringolait sur les vitres de la base. Cinq minutes de pause dans une vie d'ordres et d'instructions. Non qu'elle s'en plaignait ! Mais l'âge avançant, elle se surprenait à se ménager de courtes pauses, à elle aussi. D'autres plus jeunes qu'elle prendraient son relais. Elle se savait compétente, utile, mais pas indispensable. Cette rêverie-là était derrière elle. Et en parlant de plus jeune...

                  Se détournant de son observation rêveuse, elle revint à son bureau. Une note lui avait été laissée de la part d'une quelconque gradée, lui demandant une aide qu'elle était encline à fournir. De toute façon, la demande aurait été suivie d'un ordre, elle savait très bien comment fonctionnaient les organes de la Confédération. Mais pour une telle mission, elle avait le sentiment qu'il fallait un œil neuf, jeune, atypique et capable de voir au-delà de la nature des choses. Finalement, un profil s'imposait à ses yeux, restait désormais à écrire les autorisations.

                  Quand June rentrerait à sa chambre, elle trouverait un simple message holocom émanant de sa responsable.


                  - Sergente King,
                  Suite à votre permission, vous trouverez ci-joint votre nouvel ordre d'affectation. Vous vous mettrez à disposition de la Commandante Aureliana Irons, capitaine du Prédateur, et vous présenterez à son bord à la première heure du matin. De plus amples informations vous seront transmises à votre arrivée à destination qui, pour l'heure, demeurera discrète.

                  Une petite pause s'inscrit dans le message vocal, alors que la voix reprit ensuite.

                  -J'espère que vous ferez honneur à votre origine et à vos formateurs, soldate. Je vous souhaite le meilleur.

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                    Post n°9
                    Auteur : June King

                    L'Orage. Phénomène météorologique émanant d'une convection atmosphérique résultant d'une instabilité de l'air due à différentes températures. Un spectacle puissant et impressionnant que l'on finissait toujours par admirer et craindre en le contemplant trop longtemps, tel un tableau impressionniste dans lequel on se noyait pour la première fois. Cette scène était d'autant plus magistrale, que rare et terrifiante. En effet, sur Géonosis les températures étaient souvent les mêmes, l'humidité presque fantomatique et la pression atmosphérique toujours stable, n'offrant, pour ainsi dire, jamais une telle peinture dans le ciel. Mais, lorsqu'un tel événement arrivait, sa puissance plongeait une immense zone de la planète dans le noir quasi complet. Les orages de Géonosis étaient monstrueux par leurs tailles, leurs dangerosités, leurs pluies diluviennes, mais surtout par leurs longévités : capables de durer plusieurs jours et nuits sans pause.

                    Ce fut sous cette danse d'éclair à la douce acoustique de pluie frappant le sol et de foudre hurlant leur colère que June, accompagnée de ses amis, se retrouva lorsqu'elle sortit du club de l'Upside Down. Comment ne pas apprécier cet instant. Se précipitant au milieu de la rue en levant le visage vers cette puissance de la nature : June profita de l'air et de la pluie - après la terrible chaleur de la journée - pour se rafraîchir en écartant les bras et fermant les yeux pour ressentir ce bien-être tout de suite. Ce petit moment lui fit le plus grand des biens et la requinqua, au drame de ses compagnons qui étaient recroquevillés sur eux-mêmes et protégeaient leur tête avec la capuche de leur manteau tout en appelant leur amie à se mettre à l'abri. June ne voyait pas le danger que l'orage représentait, la foudre pouvait la frapper à tout moment et les accidents durant ce phénomène étaient courants, ce que les locaux savaient pertinemment : ils étaient d'ailleurs déjà tous rentrés chez eux. Mais l'occasion était trop belle pour la laisser passer, c'était son premier orage sur cette planète, depuis son arrivée, et elle comptait bien en profiter jusqu'à la dernière goûte. Secouant la tête pour retirer un maximum d'eau de pluie de ses cheveux, la petite lorrdienne était devenue folle en rigolant toute seule au beau milieu de la rue - au même moment que la foudre se mit à retentir -, la sensation de fraîcheur et de légèreté avait eu raison de ses nerfs. Comprenant que c'était peine perdue pour la ramener à la raison, Cra Lhot et Lahtuka sautèrent sur leur amie pour la mettre à l'abri en la portant jusqu'à la base militaire - tandis que la petite sergente se débattait du mieux qu'elle le pouvait pour vouloir rester sous la pluie.

                    Lorsque les portes de la base séparatiste s'ouvrirent - laissant l'odeur du sable mouillé et la douce musique de la pluie et du tonnerre envahir l'entrée -, le trio arriva en courant et essoufflé. Les mains sur les genoux pour reprendre son souffle et faire passer le point de côté qui se formait, Lahtuka commença par s'essuyer son visage avec l'une de ses manches de manteau, qu'il avait au préalable essoré - même la capuche imperméable n'avait pas pu empêcher la pluie de le mouiller jusqu'aux os. Tandis que Cra Lhot qui retira sa capuche se mit à secouer sa crinière blanche dans tous les sens, arrosant le pauvre twi'lek qui commença à râler parce qu'il venait tout juste d'essuyer son visage et donnant la nausée à la petite lorrdienne qu'il trimbalait toujours sur son épaule, les fesses en l'air. D'ailleurs, cette dernière, qui était entièrement trempée, continuait encore à se plaindre et à s'énerver en frappant de ses deux poings le dos de l'immense cathar tout en agitant ses jambes près de son visage. Une scène des plus pathétiques à regarder. Et comme si tout cela ne suffisait pas, ce fut à cet instant que la lieutenante Gladmoore passa par l'entrée de la base, pour se rendre quelque part. Observant le trio sans faire aucun commentaire, elle se contenta uniquement d'un arrêt de quelques secondes devant ce spectacle minable qu'offrait ses anciennes recrues - posant plus longuement son attention sur la petite sergente qui avait changeait de coupe et de couleur de cheveux. Désirant ne pas en voir davantage, elle reprit sa route accompagnée d'un air blasé et désespéré... ces trois-là étaient décidément irrattrapables... Puis reposant la petite lorrdienne sur ses pieds, celle-ci fit la moue en croisant les bras et en leur tournant le dos. Même si June était devenue plus adulte et sérieuse dans son attitude et dans les formes, lorsqu'elle était avec ses amis elle redevenait celle qu'elle était toujours. Mais le trio ne pouvait pas se disputer bien longtemps, et il suffit que Lahtuka fît une plaisanterie sur le fait qu'il y avait une drôle d'odeur de chien mouillé pour que ce dernier et June partent à rire aux éclats tandis que Cra Lhot commença à s'énerver à son tour. Une fois ce dernier moment de camaraderie fini, tous prirent une direction différente pour se rendre dans leur quartier respectif.

                    Quittant ses amis le sourire aux lèvres, June prit dans un premier temps la direction des douches, avant de retourner dans ses quartiers. Même si elle venait d'en prendre une dehors, le sable collé sur son visage et dans les cheveux n'était pas le meilleur savon qu'il existait pour se nettoyer correctement. Une fois dans la salle de bain commune des filles, June mit son uniforme et ses sous-vêtements dans l'une des machines à laver - qui ressemblaient à des placards où l'on posait ses vêtements sur des cintres. Ces machines étaient mises à dispositions dans la salle de bain pour nettoyer ses vêtements sans passer par le pressing de la base. Démarrant le cycle qui allait nettoyer et sécher ses vêtements, la petite lorrdienne partit dans l'une des douches, en prenant au passage une serviette. Une fois propre et séchée, June enroula sa serviette autour d'elle et ramassa ses vêtements qui étaient nettoyés et pliés dans un film plastique lorsqu'elle ouvrit la machine. La technologie séparatiste était incroyable.

                    Ouvrant la porte de sa chambre en frappant dessus, comme à son habitude pour qu'elle ne coince pas, June déposa ses vêtements - en frappant de nouveau sa porte pour quelle se ferme cette fois-ci -, puis heurta son lit la tête la première en enfouissant son visage dans son oreiller. La fatigue se faisait ressentir et n'avoir rien fait de sa journée l'avait épuisée, elle n'était plus habituée à avoir tant de temps libre. Mais quelque chose la dérangeait lorsqu'elle avait atterri sur son lit, quelque chose émettait un drôle de bruit dans sa chambre. Tournant la tête en regardant autour d'elle pour trouver l'origine de ce "bip", elle aperçut une petite lumière clignoter depuis son comlink qui se trouvait au sol. L'attrapant du bout des doigts pour l'activer, elle fut étonnée de savoir qu'il pouvait recevoir des messages - elle qui ne l'utilisait que pour appeler directement ses interlocuteurs. Mais très vite, elle se redressa - laissant sa serviette se détacher et tomber au sol - pour écouter le message qui venait de sa supérieure. Écoutant avec attention le message en restant perplexe sur la fin, concernant l'honneur qu'elle allait devoir faire à ses origines et ses formateurs, June commença à s'affoler légèrement - en ayant un goût amer à l'idée qu'elle ne pourra toujours pas retourner sur Lorrd. Puis comprenant qu'elle allait devoir partir dès l'aube, elle se mit à sautiller toute nue dans tous les sens en cherchant ce qu'elle allait avoir besoin pour préparer son voyage.


                    Le matin même du départ, alors qu'elle se trouvait dans les couloirs de la base, la petite confédérée croisa au détour d'un couloir les sergents Zeta Reticuli et Zec Forest, qui, manifestement, allaient ensemble traumatiser les nouvelles recrues qui les attendaient avec angoisse dans la cour. Saluant ses collègues formateurs, ces derniers exprimèrent une légère déception de la voir partir - ils s'étaient attachés à elle comme à une petite soeur. Le sergent Reticuli frappa le dos de la sergente - qui faillit s'envoler sous l'attaque - en exprimant le souhait de la revoir en entière la prochaine fois qu'elle reviendrait ici, tout en s'éloignant les bras croisés derrière la tête et marchant tel un voyou. Le sergent ne voulait pas l'avouer ni même le montrer, mais voir la jeune lorrdienne partir le rendait triste. De son côté, le sergent Forest, toujours aimable et droit dans son allure, sourit à la jeune fille pour la rassurer et lui demanda de prendre soin d'elle et de ne pas laisser ses émotions prendre trop le dessus. Le sergent Forest était toujours plein de bons conseils et inspirait une sorte de respect dans son élocution et sa manière de réfléchir. Certaines personnes le comparaissaient souvent au secrétaire général du consulat, un dénommé Sir Alan Joseph Mason the third. Avait-il été son apprenti ou avait-il un lien familial avec ? Quoi qu'il en soit, June était contente de ces derniers échanges avec ses collègues et anciens formateurs, cela lui rappela qu'elle appartenait réellement à cette famille, et non à une autre. Saluant militairement ses collègues avec la mauvaise main pour les remercier et leur dire au revoir, elle reprit sa route...

                    Au spatioport : veste et chemise sans un pli, pantalon serré et bien droit, bottes propres et brillantes, fusil sniper KiSteer 1284 nettoyé et rangé dans un étui adapté pour le voyage et un petit sac avec effets personnels à l'intérieur. June était finalement prête pour s'envoler vers d'autres aventures... Du moins, si l'orage, toujours présent, lui en permettait le départ...

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