Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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    #7

    Post n°6
    Auteur : Tericarax

    L'homme resta silencieux quelques secondes. Son sourire d'une impeccable blancheur était imprimé profondément sur son visage, car il était sincèrement amusé par la question de la jeune fille, il ne s'en cachait pas. Ses yeux brillaient d'amusement, même s'il n'avait pas encore cédé au rire. Ah l'impatiente curiosité de la jeunesse ! Délicieux était cet échange entre les deux postulants ! La naissance d'une coopération, d'une amitié, de plus peut-être ? La question du Jobi Joba était l'une des questions favorites de ce barbu en bure, cet être décontracté dans un organisme si rigide et stricte, ce messie d'assurance et d'aisance. Il avait une expression de saint, une sérénité dans ses trait et sa façon d'être pendant tout l'échange entre les deux – futures ? - recrues, car il songeait à cette question. Jobi Joba. C'était une question tout à fait singulière, peut-être l'une des plus importantes du test psychologique, car c'était celle où le candidat avait le plus de liberté ; si tout le reste de l'examen comportait des contraintes, des barreaux, un carcan, une prison, une cage où le postulant se débattait et s'étouffait avec ses propres pensées, le Jobi Joba était un passage à ciel ouvert, sans plus de barreaux ou d'oppression.
    Mais si l'on a plus de code à briser, de hiérarchie à renverser, de barreaux dont s'échapper, si l'on est en liberté totale, sait-on seulement dans quelle direction aller ? D'une prison, la direction est évidente : dehors ! Il faut s'en échapper, s'en libérer, il faut sortir ! Mais dans un champ infini, avec pour seul repère l'horizon et le ciel sans limite au-dessus de sa tête, où s'oriente l'ex prisonnier ?

    Dans sa sagesse religieuse, l'homme ne dit rien. Le Jobi Joba n'a que le sens que veut bien lui accorder celui qui le considère ; la réponse de l'un n'est pas meilleure que la réponse de l'autre, le Jobi Joba est une énigme qu'il revient à chacun de résoudre différemment, avec les outils propres à une personnalité unique. Mais il n'en dit rien, car il n'avait guère envie de livrer cette solution. À l'époque de son entrée dans la CSI, son vieux maître recruteur lui avait répété éternellement cette question pendant sa formation. « Qu'est-ce qu'un Jobi Joba ? ». Il avait pris de longues années avant d'atteindre l'illumination : cette question n'attendait pas de réponse, elle ne cherchait qu'à provoquer une réflexion. Et guidé par ce nouveau dogme, cette révélation surnaturelle et profonde, cette philosophie singulière, cette religion, notre homme avait à son tour décidé d'inculquer cette profonde leçon à ses élèves. Il ne leur donnerait jamais la réponse évidemment, car c'était à eux de trouver leur propre réponse, et avec, leur propre voie.

    Il décida néanmoins qu'il était temps de changer de sujet. Il appréciait déjà le petit duo, mais il n'avait hélas que peu de temps à leur accorder, aussi, sitôt que les deux achevèrent leur petite interaction – des plus délicieuse s'il en était – il dit tranquillement :


    - Je ne doute pas de votre entrée dans la CSI. Mais le bus navette pour Toskrew city part dans moins de dix minutes. Vous devriez presser le pas, sauf si vous voulez vous rendre à pied jusqu'à la capitale ? Hmmm...Ah ! Suivez le mur de ce couloir, tenez votre droite, et vous arriverez à la sortie. Le bus navette est couleur sable, avec un logo séparatiste imprimé. Les autres candidats s'y trouveront probablement aussi. Vous ne pouvez pas le manquer !


    ***

    Une fois les deux recrues parties, notre homme reprit sa paisible marche. Il aimait à se promener dans les dédales des cathédrales géonosiennes. Les forteresses d'acier des secteurs militarisés n'avaient pas le raffinement suprême de ces chefs d'oeuvre d'architecture. Ces arcs brisées, ces arcades élancées et gigantesques, cette précision dans le tracé des contours, l'étude jeux de lumière sur la roche colorée, ces ogives croisées, ces vitraux diaphanes d'où pénétraient des raies lumineuses. Car l'humain avait quitté les quartiers administratifs, ces pièces étroites où l'on étouffait. Ayant rejoint le cœur de la cathédrale géonosienne, il arpentait à présent des couloirs plus larges, au plafond haut, et c'était assurément l'une des portions la plus soignée du bâtiment, gâtée par les architectes, bénie par les bâtisseurs, elle cristallisait tout le savoir faire géonosien en un étalage multiple et protéiforme de tout leur art.
    Il passa l'encadrement d'une porte dépourvue de battants, et il se trouvait maintenant devant une vaste table ; là, on avait amassé des piles de copies, et une cinquantaine de correcteurs déjà s'affairaient, pour venir à bout du colossal travail de correction. Dans les coins de la salle, des droïdes flottaient au-dessus du sol, ils venaient chercher les copies achevées pour faciliter la tâche de l'équipe. L'homme en bure prit place à la table ; il avait une place qui lui était réservée après tout. On avait déjà disposé face à lui plusieurs copies, et un beau stylo plume noir l'attendait – son fidèle compagnon dans la tâche de correction. Il prit place, ôta le chapeau de son instrument, mis face à son regard la première copie enfin. La sélection commençait enfin.
    Son regard se porta instinctivement sur la question fatidique. Une main tremblante avait répondu aux lettres imprimées du formulaire :



    Jobi Joba :
    Boisson géonosienne Toilettes "Offre d'emploi" en Gungan


    Les candidats ne comprenaient jamais du premier coup l'implication profonde de cette question. Qu'à cela ne tienne. Trois réponses en une question, c'était assurément un profil particulier.
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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #8

      Post n°7
      Auteur : Becca Waste

      Au grand désarroi de la demoiselle, l'homme aux sandales se contenta de répondre à la question par un mystérieux sourire. Becca, dont la sagesse restait proportionnelle à l'âge, ne comprenait pas cette volonté. Elle ne connaissait que trop ce sourire compatissant: son père le lui avait offert à chaque fois qu'elle avait posé une question naïve. Il l'observait alors avec un air attendrit, et finissait par lui ébouriffer les cheveux. Pour tout observateur, ce genre de scène était adorable, mais pour la jeune fille, elles constituaient de terribles atteintes à son statut auto-proclamé d'adulte responsable. Aucun enfant n'aimait être rappelé qu'il en était un.
      De son côté, Hokins semblait perplexe. Lui aussi avait comprit qu'il n'obtiendrait aucune réponse. Les deux élèves échangèrent un regard troublé, avant que l'instructeur ne leur rappelle le départ imminent de la navette.

      - Ah...! s'exclama la rouquine. La navette! Merci! Pardon!

      - Quoi, déjà...? fit son compagnon en lui emboîtant le pas.

      Becca se mit à trotter derrière lui, légèrement déboussolée par la conversation qui venait d'avoir lieu. Se méfiant de ne pas glisser à nouveau, elle se retourna tout en marchant, afin d'agiter la main vers le barbu.

      - Bonne soirée, monsieur! Et hum, merci encore! couina-t-elle, ignorant encore comment s'adresser proprement à un supérieur.

      - Waste! brailla Hokins, qui gagnait du terrain. Je vais pas t'attendre cette fois-ci!

      Pivotant sur le talon, la ferrailleuse reprit sa course, donnant un petit coup de phalanges sur l'épaule de son camarade lorsqu'elle l'eut atteint. Ce dernier répondit par un coup de bassin. Tel une portée de chiots, le duo continua ses chamailleries jusqu'à avoir atteint la surface. C'est de justesse qu'ils parvinrent à l'intérieur, s'assurant un retour confortable à la capitale.

      ***


      Becca pu remarquer à quel point l'épreuve avait excité les concurrents. Déjà, les pronostics des uns et des autres faisaient débat, et la nervosité s'évacuait à travers la discussion. Tous se mirent d'accord pour conclure que rien n'était encore joué. Cependant, au moment d'arriver, les candidats avaient tellement tergiversé que plus aucun n'avait le goût à la fête. Les esprits étaient encore trop échaudés pour se détendre, et chacun exprima son souhait de passer une soirée tranquille. Ravno déclina finalement l'offre d'un verre, peut-être un peu trop fier pour se faire inviter.

      En fin de compte, seuls quelques courageux se dirigèrent vers la cantina. La Waste fut tentée de les suivre, mais elle souhaitait faire bonne impression pour le lendemain. C'est donc après un simple salut qu'elle s’éclipsa, rejoignant l'hotel indiqué sur son billet.

      Le sommeil fut long à venir... mais les paroles de l'instructeur l'avait rassurée. La CSI allait lui donner sa chance, elle en était convaincue.

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        #9

        Post n°8
        Auteur : Tericarax

        RP à consulter:http://star-wars-rpg.soforums.com/t6636-June-King-nouvelle-recrue-de-la-C-S…


        C'était une femme jeune qui s'avançait vers June. Ses traits étaient fins, son visage était neutre – sans animosité ni joie. À l'image du sergent Forest, elle se tenait rigoureusement droite en marchant vers l'adolescente. Noirs étaient ses yeux, de jais sa chevelure, coiffée en une queue de cheval élégante et soignée. Elle portait un uniforme brun à bandes blanches, tel qu'on en voyait souvent dans les armées stationnées sur Géonosis, et le bout des manches était blanc lui aussi. Des boutons venaient orner le tout, d'or comme le voulait le code couleur affilié à l'élite séparatiste : c'était un uniforme que la Confédération mettait à disposition de ceux ne souhaitant pas porter les couleurs de leur propre monde sur le front. Son uniforme était taillé près du corps, révélant une carrure musclée : la nouvelle arrivante se livrait sans doute à des séances d'exercice rigoureuses, sa forme physique était impeccable. À sa hanche droite était accroché un fourreau, et on distinguait là le pommeau d'une rapière. Elle se tint bien droite devant cette prétendante au poste de soldat ; plus petite de quelques centimètres, elle avait dans ces yeux ce mélange d'autorité et de férocité qui la faisait paraître bien plus grande qu'elle ne l'était.

        Elle jaugea la recrue, détaillant son corps, ses formes, son visage, son équipement. Ce Zec alors...L'appeler elle pour s'occuper d'une touriste perdue. Mais c'était comme ça avec Zec, il savait bien que la curiosité naturelle de notre femme la faisait toujours se déplacer. Et malgré les bras menus de la « touriste » face à elle, malgré son air un peu hagard et échevelé, malgré ses habits qui avaient sans doute vu des jours meilleurs, elle était là, c'était un fait. Mais cette petite escapade lui avait déjà fait perdre assez de temps. Elle détailla une nouvelle fois la fille face à elle, qui avait quelque chose lui rappelant un chiot perdu. Pas le temps de tailler le bout de gras, l'emploi du temps était strict aujourd'hui ! Pas le temps de s’appesantir sur une brebis égarée.


        - Suis-moi, dit-elle, et son ton n'attendait nulle réponse.

        Elle claqua des talons et, une main sur le pommeau de son épée, se mit en marche, sans même s'assurer que la jeune fille lui emboîte le pas. Elle avait après tout déjà perdu assez de temps.


        ***

        On avait convié les candidats à l'examen à neuf heures du matin ; il était maintenant neuf heures passée, et un petit déjeuner était servi en buffet, en plein air, sous le ravageur Soleil de Géonosis. Là, on encadrait le repas, qui avait des allures de festin, mais la majorité des postulants semblaient opter pour le jeun, sans doute par crainte des résultats. N'était pour l'instant présent que le personnel des résidences : cuisiniers et marmitons s'affairaient à l'entretien des hôtes, et les (potentielles?) recrues pouvaient s'entretenir à loisir entre elles (car on voulait également s'assurer que les futurs officiers séparatistes fassent au moins connaissances une fois dans un esprit fraternel. Ils étaient ici dans le même bateau, c'était sans doute l'une des seules fois où ils n'allaient pas se tirer dans les jambes pour se hisser plus haut que les autres, l'administration séparatiste tenait à ce qu'un moment si rare soit préservé, partie intégrante des formations en quelque sorte.).
        Enfin, dix heures sonna ; arriva alors une dizaine de personnes, nombre étrangement élevé car il n'y avait pour cet examen pas plus d'une quarantaine de candidats. Parmi eux s'avançait un homme d'âge mûr. Il contrastait avec l'austère accoutrement de ses collègues – bardés d'uniformes serrés, de bottes reluisantes, de coiffures impeccables – dans ses tongs et sa tunique ample. Avec le petit groupe venaient plusieurs droïdes, fortement semblables à des nourrices : ils flottaient au-dessus du sol grâce à des propulseurs discrets, fixant leurs alentours de leurs visages émaciés, et ils portaient des coffres rectangulaires dans leurs larges bras (c'étaient probablement des modèles reconvertis par l'administration séparatiste, que l'on avait pas jugé bon de produire en quantités élevées).

        On débarrassa une table, et les droïdes y déposèrent leur large butin avant de s'écarter sur le côté, où ils restèrent à voleter sans plus rien faire.
        Le jury ouvrit l'un des coffres, et distribua alors sur la table débarrassée plusieurs tas de copies. Toutefois, ils ne firent plus rien : ils attendaient quelque chose. Etait-ce une heure ? Etait-ce un signal de l'homme à la barbe, de ce fantastique correcteur et philosophe, qui se tenait au milieu de ce comité, incongru comme une oie dans une assemblée de corbeaux ?

        Les recrues ne pouvaient bien sûr pas le savoir, songea-t-il. En réalité, ils n'attendaient pas quelque chose, ils attendaient quelqu'un. Pour que le comité soit complet, il fallait que les recrues rencontrent la personne avec qui elles allaient... «souffrir» (le mot était particulièrement bien choisi) pour les prochains jours. Ce n'était pas plus mal, qu'ils puissent profiter d'un bon repas avant de se mettre en route vers leur calvaire. Enfin, les recrues n'en savaient rien bien entendu. Non, tout ce que les jeunes hommes et jeunes femmes présents ici savaient, c'était qu'on était là pour leur dire s'ils avaient ou pas réussi l'examen. C'était tout ce qui importait pour eux à l'heure actuelle : un « Oui » ou un « Non » qui déciderait de leur avenir immédiat.
        C'est alors qu'il la vit : elle marchait de son habituel pas, avec ce déhanché si particulier qui reflétait à merveille son caractère mi-calme mi enflammé. Rien qu'à la voir marcher, il devinait déjà les braises qui couvaient en elle. L'ultime membre du jury arrivait. Il fronça légèrement les sourcils. Derrière sa collègue, il voyait une autre figure féminine. Ce n'était pas tout à fait prévu...

        Après quelques minutes à la suivre du regard, elle arriva enfin au buffet. Tous les regards étaient fixés sur elle, mais naturellement aussi sur la jeune qui la suivait. Elle lui indiqua de rejoindre les autres, puis enfin elle vint se mettre à son côté, sous son regard intrigué – mais amusé. Qu'est-ce qu'elle lui réservait encore ?

        Maria Gladmoore, puisqu'il fallait la nommer, s'approcha et fixa ses yeux ébènes dans ceux marins de notre admirable correcteur. Il sentait qu'elle faisait des efforts pour ne pas paraître agacée, ce qui en était d'autant plus amusant, mais il n'en dit rien ; il ne voulait pas la faire exploser de rage, cela n'était pas une idée plaisante.


        - Cette jeune fille veut rejoindre la CSI, murmura-t-elle pour que seul lui l'entende. Est-ce que tu penses pouvoir te passer du test pour la faire entrer ?

        Il jeta un coup d’œil vers la jeune fille en question. Hm, pourquoi pas ? Il avait vu bien pire en matière de recrue. Il adressa un sourire angélique à son interlocutrice, et la blancheur de ses dents était aveuglante sous le soleil confédéré.

        - Si vous gardez un œil dessus ma chère.

        Elle le foudroya du regard, puis alla se placer devant les piles de copie. Notre correcteur, lui, était tranquillement en retrait lorsqu'il annonça enfin :

        - Mes chers candidats, vous trouverez ici les résultats de votre examen d'entrée. Vous apprendrez avec joie que vous avez quasiment tous réussi ce dernier, toutes mes – nos félicitations ! Vous pouvez dès maintenant venir chercher vos copies.

        S'en suivit alors une scène que notre homme voyait souvent : les candidats qui, tremblant et impatients, venaient à la recherche de leur précieuse feuille, arrachaient le papier comme la prunelle de leurs yeux, scrutant ensuite chaque ligne qui le composait comme si l'essence de leur vie en dépendait. Et avec ça, ils ne savaient pas ce qu'était un Jobi Joba. C'était assurément triste !
        Certains – rares ici – constataient leur échec, et c'était tout un drame. Ici, un Trandoshan éclatait en sanglots, un voyant « REFUSE » inscrit profondément sur sa copie. Il entra ensuite dans une fureur noire, et commença à saccager le buffet. C'est alors que Maria s'avança.
        Elle fendit la foule, et arriva devant le gros reptile, qui en était à balancer les assiettes par-terre, devant les marmitons terrifiés. Ce dernier se retourna, hurlant de rage. Puis s'effondra à genoux. Maria venait de lui décocher un coup de poing dans les boyaux : un coup, un seul, et le lézard était sur les genoux, à se tenir son abdomen douloureux. Alors on prit le candidat pour l'escorter hors de la capitale : sans doute lui ferait-on comprendre aussi qu'on ne saccageait pas un si beau buffet impunément (car le cuisinier faisait ces déjeuners avec passion et amour!).

        Maria se retourna alors vers les (maintenant officielles) recrues.


        - Recrues, garde-à-vous ! Je suis la lieutenante Maria Gladmoore, de la sixième division séparatiste ! Vous serez sous ma responsabilité pour le cadre de cette formation. Ce sera un entraînement rigoureux, intensif et nécessaire. Vous êtes encore des pierres brutes, recrues, à peine sorties du sol. Je vous polirai, vous deviendrez des gemmes entre mes mains. Êtes-vous prêtes à briller, recrues ?!




        --------------------------
        Pour Becca:

        Spoiler


                             
             
         Confédération des Systèmes Indépendants
         Fiche d'information

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        CANDIDATURE
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        Nom : Waste

        Prénom : Becca

        Race : Humaine

        Âge : 16 années standards

        Planète d'origine : -

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        RÉSULTATS
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        CANDIDATURE REÇUE DANS LES RANGS SÉPARATISTES AVEC FÉLICITATIONS DU JURY



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          #10

          Post n°9
          Auteur : June King

          Assise sur l'une des nombreuses chaises présentes à l'intérieur de la base des séparatistes, June était en train d'attendre la personne qui devait la recevoir. Ces quelques minutes à rester assise en train de regarder autour d'elle en lisant les panneaux qui étaient accrochés aux murs, ou bien en regardant le personnel passé dans les couloirs, étaient interminablement longues. Était-ce à cause de l'angoisse qu'elle avait involontairement créé durant cette attente ? Difficile à dire. Pourtant il ne s'était passé qu'une petite dizaine de minutes avant l'arrivée de la personne qui allait la recevoir... bien que le mot "recevoir" n'était peut-être pas le plus adéquat à la situation qu'elle s'apprêtait à vivre.

          En effet, à peine arrivée, la femme qui était venue chercher June n'avait pas pris seul instant pour se présenter à la future recrue, qu'elle lui demandait déjà, et presque précipitamment de la suivre. June, de son côté, n'eut que le temps de relever sa tête, en remarquant le bout des bottes de cette femme s'arrêtaient devant elle, avant d'apercevoir son visage pendant un bref instant. Durant ce petit instant par ailleurs, elle avait surtout remarquait ses yeux qui lui avaient lancé un regard noir... était-elle peut-être de mauvaise humeur aujourd'hui ? Quoi qu'il en soit, ce fut la seule chose que June avait réussie à voir avant que cette femme ne se mit à claquer des talons en tenant son épée pour repartir sans même l'attendre. « Je vous suis. » Dis June en se levant rapidement pour suivre cette femme.

          Sans la moindre idée d'où elle l'emmenait, June suivit cette femme sans dire un seul mot. Quand elles marchaient toutes les deux dans les couloirs, June en profita pour regarder avec détail cette femme à la démarche si particulière et aux cheveux noirs attachés en queue de cheval. Elle eut un léger sourire en voyant ses cheveux et en pensant qu'elle n'était visiblement pas la seule à les attacher de cette manière. Puis, elle se mit à regarder ses habits qui lui collaient presque le corps, faisant ressortir une musculature assez importante... mais surtout ses épaules carrées. Juste après avoir remarqué ça, et par un réflexe bizarre, June toucha son avant-bras droit avec sa main gauche pour sentir ses muscles, et sans doute par la même occasion, voir si elle était plus ou moins musclée qu'elle.

          Elle continuait à regarder avec détail cette femme tout le long de leur marche en essayant, tant bien que mal, à apercevoir son visage qu'elle n'avait pas réussie à voir correctement. Mais avant même qu'elle ne parvienne à voir ne serait-ce que son profile, elle se retrouva à l'extérieur...


          Dehors, le soleil tapait très fort et une chaleur importante était tombée sur June au moment où elle avait franchi la porte... elle détestait la chaleur, et encore moins être directement exposé au soleil en même temps. Surtout qu'une fois dehors, elle était arrivée dans une sorte de cour où il n'y avait pas beaucoup d'ombre, faisant plisser ses yeux au contact de la lumière... avoir les yeux clairs n'était pas tous les jours facile.

          Mais une chose curieuse attira tout de suite son attention une fois à l'extérieur, une chose qu'elle n'attendait pas à voir... ou plutôt sentir. L'odeur de la nourriture... elle englobait la cour entière et lui titillait les narines. Il était vrai qu'elle n'avait pas pris de repas ce matin, et n'avait pas correctement mangé depuis sa folle aventure sur Hoth... mais elle se retenait de manger du regard le buffet pour faire bonne figure. Surtout qu'elle n'était pas toute seule, il y avait plusieurs personnes dans cette cour. Certaines étaient en groupe, d'autres étaient seules... alors, venir ici uniquement que pour la nourriture aurait été mal vu.

          Parvenant à reprendre le dessus sur ses pensées et son envie d'aller sans attendre chercher quelque chose à manger, elle vit derrière une table plusieurs personnes qui la fixaient du regard. Ou était-ce celle qui l'accompagnée qui était dévisagé ? Elle n'aura sans doute jamais la réponse, puisque celle qui était venue la chercher lui demandait à présent de rejoindre les autres personnes. June tourna la tête pour regarder la direction qu'elle avait indiquée, et quand elle tourna sa tête à nouveau vers cette femme pour la remercier, celle-ci était déjà partie rejoindre les personnes qui étaient assises sur des chaises derrière la table en plein milieu de la cour. June se dirigea alors vers les autres personnes, légèrement en retrait pour ne pas se mélanger totalement avec elles, et regarda de nouveau le groupe présent derrière cette table.

          Ce fut à ce moment, lorsqu'elle les regardait, que la personne se trouvant au centre se mit la fixer. Il n'avait pas un regard méchant, mais plutôt curieux, tout au moins c'est ce qu'elle en déduisait. Mais June connaissait ce genre de personne; souriante, aimable, à l'allure sympathique, voire chaleureuse... tout comme Toby. D'ailleurs pour lui répondre, elle se mit à froncer des sourcils en fixant à son tour ses yeux avec un regard froid et méfiant.

          Puis, quand l'une des personnes prit la parole en annonçant les résultats de l'examen, tout le monde se dirigea au centre de la cour... ne comprenant pas ce qu'il se passait, June lança un petit regard perdu à la femme qui l'avait emmenée ici. Et fut encore plus perdue quand elle se retrouva toute seule au moment où tous les autres étaient en train de prendre leur feuille de résultat...

          Mais il n'y avait pas le temps de s'ennuyait ici, puisque l'un des candidats commençait à retourner le buffet à l'envers tout en cassant des assiettes. June eut un visage et un regard rempli de colère, comment pouvait-on gâcher de la nourriture comme ça. Au moment où elle fit un pas pour aller lui faire sa fête, le casseur tomba à genoux... la femme qui l'avait accompagné plus tôt avait, en un seul coup de poing, calmé, et presque paralysé de douleur le reptile. Légèrement bouche bée par ce qu'elle venait de voir, elle eut un sourire avec un rire discret, avec un regard admiratif pour cette femme.

          Ainsi, après ce petit incident et le reptile évacué, la femme qui l'avait délicieusement corrigé prit à son tour la parole en demandant à tout le monde de se mettre au garde-à-vous. June observa tout autour d'elle avant de ce mettre timidement au garde-à-vous, avec ses yeux qui regardaient les autres personnes qui se trouvaient à côté d'elle pour voir si elle était correctement placée. Faisait-elle bonne figure dans cette posture ? Allait-elle supporter de devoir être aux ordres de quelqu'un qu'elle ne connaissait pas ? Elle n'en savait rien, elle n'avait aucune base militaire, aucune discipline de celle-ci... pour elle, l'armée était quelque chose de totalement nouveau. Elle était sauvage. La métaphore de la pierre brute était bien choisie pour décrire June à ce moment.

          Mais le sérieux n'était pas le fort de June, il fallait qu'à un moment ou à un autre elle pense à une bêtise en s'imaginant quelque chose. Quand Maria leur demanda s'ils étaient prêts à briller, ce fut à ce moment qu'elle eut un léger sourire... elle essayait tant bien que mal à effacer ce sourire de son visage pour ne pas se faire remarquer, mais tout ce sérieux, cette discipline, cette autorité, pour June ceci était presque hilarant.

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            Post n°10
            Auteur : Becca Waste

            Le lendemain était arrivé un peu trop vite au goût de la jeune fille. C'est avec les cheveux en désordre et la marque de l'oreiller sur le visage qu'elle se présenta à l'appel, aussi fraîche qu'une haleine de banta. Ses camarades n'avaient pas manqué de se moquer de ses lenteurs matinales. Lorsque la navette arriva à destination, cependant, Becca se sentie envahie d'une énergie nouvelle. L'odeur de la nourriture pouvait faire des merveilles...

            Un buffet! Jamais les candidats ne se seraient attendus à un accueil similaire. Que la CSI fasse preuve d'autant de petites attentions envers ses recrues était surprenant, en quelques sortes. La rouquine, qui possédait en tête l'image rayonnante de l'armée confédérée, s'était presque figurée qu'il était mal vu de respirer trop fort dans les rangs. En fin de compte, l'organisation était plus décontractée qu'elle ne le laissait paraître.

            - Waste, essayes de te contrôler un peu! pesta Hokins, qui assistait depuis dix minutes au spectacle désolant de Becca en train de se goinfrer de pâtisseries en tous genres.

            - Jamais...! s'exclama la rousse, s'étouffant presque.

            - Essayes au moins d'en avaler un avant d'attaquer le suivant! fit le garçon d'un air découragé. Sérieusement, comment peux-tu manger plus que tous les autres tout en étant deux fois plus petite?!

            - Je chuis chi heureuse, Hokins...! fit-elle en rivant ses yeux larmoyants vers le ciel.

            - Tout le monde nous regarde!

            - Qu'ils regardent!

            - Waste!

            Cette fois-ci, la ferrailleuse se sentie tirée à l'écart par le col. L'adolescente protesta, la bouche encore garnie de nourriture. Ce n'était pas tous les jours qu'elle avait accès à un tel festin, et elle comptait bien en profiter jusqu'à l'indigestion. Cependant, elle comprit vite le geste de son compagnon lorsqu'elle vit apparaître une autre navette confédérée. Faisant de son mieux pour retrouver une once de dignité, Becca se tint droite, prête à accueillir ses supérieurs de la CSI.

            Les candidats purent reconnaître le correcteur qui leur avait fait passer l'examen. Mais alors qu'ils venaient de préparer le terrain pour, sans doute, faire la première grande annonce de la journée, rien ne se passa. Les dignitaires se contentèrent de rester droits dans leurs bottes, près d'un caisson qui contenait certainement les résultats du concours d'entrée. Pendant un moment, le silence régna, ce dernier se laissant peu à peu remplacer par un brouhaha général. Qu'attendait-on? Le suspense était déjà bien assez présent pour tout le monde.
            La réponse ne tarda pas à venir: une femme aux allures inquisitrices sépara le comité, telle une reine entrant dans la salle du throne. Son aura écrasante suffit à faire revenir le silence, et la rouquine elle-même se trouva incapable de bavarder. Cette créature allait-elle prendre la relève du premier instituteur? Ce dernier, justement, vint accueillir sa collègue. Un duel étrange se déroulait entre les deux. Il y avait une tension dans l'air, un mélange explosif entre admiration et haine. Deux parfaits contraires se tenaient là, et chacun s'attendait à les voir se jeter l'un sur l'autre dans un combat épique.

            - 5 crédits qu'ils couchent ensemble...! chuchota Hokins à sa voisine.

            - 5 crédits pour une rupture difficile!

            - Tenu...!

            Les recrues reprirent leur position lorsque le regard suspicieux de la lieutenante balaya la foule. Derrière elle, une autre jeune femme se tenait à l'écart. Qui était-ce donc? Le mystère fut vite levé lorsque les formateurs se concertèrent, se demandant si la nouvelle venue pouvait se joindre au groupe en se passant du test. L'ambiance se tendit immédiatement chez les candidats, qui avaient travaillé dur et n'avaient pas encore reçu de réponse. Lorsque l'homme aux tongs acquiesça, une rumeur irritée se répandit sur la place.

            - Prise d'office? C'est pas juste... marmonna la rouquine en affichant une moue boudeuse.

            Les yeux chargés de reproche des candidats suivirent la nouvelle recrue, qui s'arrêta à quelques mètres du lot. Il n'était pas difficile de deviner que le traitement de faveur leur restait en travers de la gorge.

            - Pistonnée...! jura discrètement Hokins dans sa direction. On va t'en faire baver...!

            Le garçon avait beau être le seul à l'avoir menacée directement, les regards des autres en disaient long sur leurs intentions. La promotion était en train de se former, et les élèves commençaient à s'organiser. Comme dans toutes les classes, il y avait un leader, et un souffre-douleur. En s'acharnant sur la nouvelle, tout le monde était assuré d'y trouver son compte.
            Becca, de son côté, ne semblait pas savoir comment réagir. Elle se savait plus faible et plus jeune que la plupart des candidats, et si elle ne souhaitait pas devenir la risée du cours, elle devait à tout prix suivre le mouvement. Par conséquent, elle se fit un devoir de détester cette personne qu'elle ne connaissait pas.

            - Fayotte...! souffla la petite rousse, pour affirmer sa soi-disant supériorité.

            Cela n'était pas vraiment son genre, mais c'était cette fille ou elle. Elle n'était déjà pas certaine de briller durant les épreuves, aussi devait-elle passer pour une "dure" le plus tôt possible.

            Soudain, l'instituteur se mit à parler, provoquant l'hystérie générale. Les copies étaient prêtes, et les résultats étaient distribués. Oubliant tout le reste, la ferrailleuse se précipita pour obtenir son papier, et fut prise d'euphorie en en lisant le contenu. Elle venait d'être acceptée. Elle, la demi-portion recycleuse d'ordures. Elle n'arrivait pas à y croire.
            A ses côtés, Hokins aussi hurla de joie. Il leva le poing en l'air, tel un super-héros, et martela le sol de son pied.

            - On dirait qu'on va devoir se supporter, Ravno! lui lança Becca.

            - Ne m'appelles pas par mon prénom, Waste! Nous sommes des soldats de la CSI, à présent! annonça-t-il fièrement.

            Les réjouissances furent interrompues par un vacarme hors du commun, provoqué par un trandosien en furie. Poussant de longs râles de colère, il libérait sa rage contre le précieux buffet confédéré. C'est alors que, sans prévenir, la lieutenante s'interposa, et lui asséna un coup d'une force inouïe dans les entrailles.
            Ce spectacle coupa immédiatement l'appétit de la rouquine. Si elle avait reçu ce coup elle-même, nul doute qu'elle aurait rendu son déjeuner par tous les orifices. Mettre KO un natif de Trandosha n'était pas une mince affaire, et cela suffit pour éveiller la crainte des étudiants.

            Lorsqu'elle réclama le garde-à-vous, les talons claquèrent aussi sec! Celle qui se présentait comme Maria Gladmoore annonça vite la couleur: l'examen d'entrée était terminé, et maintenant commençait le véritable travail. Vint ensuite la question fatidique: étaient-ils prêts à briller...?

            - CHEFFE OUI CHEFFE !!! tonnèrent les recrues en cœur.

            Un sourire rayonnant traversait le visage de Becca de part en part, tout comme chez la plupart de ses voisins. Tous se montraient droits et vifs, et vibraient d'excitation. Pour la totalité d'entre-eux la vie venait de changer.

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              Post n°11
              Auteur : Tericarax

              Au garde-à-vous, impeccablement alignées, les recrues avaient presque l'air de véritables soldats. Presque. Mais il leur manquait encore la rigueur pour être de véritables troupes séparatistes ! Ils étaient en rangs larges, inégaux, ils s'étaient alignés mais ils n'avaient pas veillé à leur propre espacement : certains étaient collés épaule contre épaule, d'autres étaient écartés d'un mètre de distance, c'en était risible ! Ils manquaient de rigueur, ils manquaient de discipline : certains déjà courbaient le dos, incapables de se maintenir au garde-à-vous sur une durée prolongée. Prolongée ? Cela faisait à peine vingt secondes ! Si elle avait été d'humeur, elle aurait été consternée. Il leur manquait aussi la forme physique. Elle entendait des respirations lourdes. Oh, mes pauvres recrues n'aimaient pas le Soleil ? Une raison supplémentaire pour en baver ! Les rares figures disciplinées et droites étaient des îlots isolés dans une mer de paresse et de laisser-aller. Une mer qu'elle allait assécher jusqu'à la dernière goutte. Maria s'approcha de la recrue la plus à sa droite. Une main sur la garde de son épée, l'autre ramenée dans son dos, elle capta son regard.

              C'était un jeune Gand, large d'épaule. Les Gand n'étaient pas monnaie courante dans la galaxie, ils avaient besoin de tout un matériel pour se maintenir en vie sur les autres mondes que leur planète d'origine : que faisait-il ici, à s'engager dans les rangs séparatistes, sous l'ardent astre Géonosien ? La Gladmoore décida qu'elle s'en moquait éperdument. Tout ce qui comptait, c'était qu'il se montre efficace et discipliné.
              En la voyant, la mouche se redressa immédiatement et se maintint dans une posture aussi soignée que possible. La brune resta à le fixer ainsi pendant quelques secondes : elle voulait voir s'il allait réussir à maintenir un torse aussi bombé longtemps ou s'il allait se dégonfler comme un vieux soufflé. Allez...Relâche toi...Ce serait tellement moins fatigant...Juste une fois, une petite seconde, ça ne peut pas faire de mal pas vrai ?...Mais le gand tint bon. Maria ne dit rien, et passa à la recrue suivante.

              Pendant qu'elle parcourait les rangs, le reste du personnel débarrassait les tables ; les cuisiniers couvraient les plats, les disposaient dans de grands bacs d'acier inoxydable, on retirait les carafes de jus et les thermos de café, on libérait l'espace en somme. C'était une manipulation à laquelle l'hôtel était habitué : le terrain devait être utilisé ensuite pour commencer la formation des recrues, les premiers exercices, l'entrée en matière avant d'aller vers les camps confédérés.

              La femme continuait son petit exercice disciplinaire, bleu après bleu, fixant chacun dans le blanc des yeux. Parfois, la recrue rougissait, détournait le regard. Ici, une recrue soutint son regard pendant un long moment. Maria garda ses iris corbeau dans ceux du concerné sans cligner des yeux. Enfin, il finit par détourner le regard, et elle continua ainsi sa petite ronde. Beaucoup étaient plus grands qu'elle par la taille, mais rares étaient ceux qui y trouvaient le moindre aplomb ; son regard féroce avait tôt fait de tailler en pièce tout sentiment de supériorité naissant d'une simple différence de hauteur. Ils étaient les dominés, elle était la dominante, c'était aussi simple que ça.

              Elle passa devant la jeune fille qu'elle avait escorté à la demande de Zec. Elle n'avait pas pris la peine d'apprendre son nom, la lieutenante était une femme occupée. Comme pour toutes les recrues, elle s'arrêta à son niveau, de face. Ses deux yeux noirs se plongèrent comme deux lames acérées dans les prunelles de la jeune adulte. Était-ce de l'amusement qu'elle lisait dans son regard ?


              - Quelque chose t'amuse soldat ?

              Elle détailla les traits en face d'elle, le visage serré. Maria n'aimait pas la défiance, c'était en fait ce qu'elle détestait le plus. Elle tourna le dos à la jeune fille. Le staff avait terminé de débarrasser, et ôtait les dernières tables. L'officière s'éloigna des rangs de quelques pas (occasion inespérée pendant laquelle on se permit de souffler au sein de ces derniers), puis se tourna à nouveau vers ses petits apprentis (et l'on redressa alors brusquement le dos pour avoir l'air sérieux et digne!).

              - Votre camarade s'amuse ! Tonna-t-elle d'une voix amusée à son tour. Un grand sourire vint s'afficher sur son visage. Sous la pression, on se mit à rire dans les rangs. S'amuse ! Répéta-t-elle, son expression était lumineuse et enjouée. L'assistance ricanait de plus belle, mais c'était un rire stressé, nerveux, c'était une euphorie psychotique et tremblante, un frisson d'angoisse et de tension plutôt que de joie ou de bien-être : on riait pour suivre la lieutenante, pas parce que la situation était drôle. On riait de l'absurdité de la chose, pas du comique. Un sourire radieux illuminait son visage, elle pouvait être très belle quand elle souriait, cette figure sportive et autoritaire.

              Le sourire radieux disparut derrière un brusque nuage d'orage: l'expression de Maria était noire.


              - Vous allez tous me faire cinquante pompes et quarante squats pour la peine ! Au travail, je compte.


              La suite ne fut pas très plaisante. Sous le Soleil maintenant haut dans le ciel, le petit groupe se mis au premier exercice physique de la journée, juste après un copieux petit déjeuner, sous le regard courroucé de la séparatiste. Certains étaient déjà en bonne forme physique, aussi l'exercice ne serait peut-être pas un calvaire pour eux, mais tous les civils qui postulaient pour l'armée n'étaient pas des montagnes de muscle. Ici, un Twi'lek maigrichon peinait à accomplir l'exercice ; au sol, il se maintenait tant bien que mal sur ses deux bras en allumette, tremblant comme une feuille à chaque fois qu'il tentait de les plier. Il ne savait à l'évidence pas comment faire de bonnes pompes. Maria s'approcha de lui.

              - De l'effort recrue ! Pousse sur tes bras ! Relève ton dos ! Plus haut les fesses, tu sais pas faire des pompes ou quoi ? Une ! Deux ! Pousse sur tes bras ! Respire, tu vas t'asphyxier non de dieu ! Trois ! Quatre ! Sur les bras, pas sur les jambes ! Cinq ! Six ! Respire, fais une pause et reprend. Voilà, c'est mieux. Plus haut les fesses j'ai dit ! Sept ! Allez, courage ! Non, te relâche pas. Huit ! Eh toi là-bas, tu te crois en club de vacances ?

              Elle s'éloigna du Twi'lek vers sa prochaine victime. C'était un jeune humain à l'allure bronzée. Légèrement transpirant sous le Soleil géonosien, il adressa à la lieutenante un timide regard.

              - Je...J'ai déjà fini les pompes madame.

              Maria le regarda de pied en cape. Un garçon plutôt mignon, il devait sans doute avoir du succès auprès des filles. Malheureusement, elle ne fonctionnait pas au charme. Elle lui adressa un sourire, mais il était ironique.

              - Soldat, ton nom ?

              - H...Hokins Ravno, madame !


              Hokins Ravno. Elle grava ce nom dans sa mémoire, ainsi que ce visage. Il avait donc de bonnes performances sportives, hm ? Elle allait le tenir à l'oeil ce gaillard, on verrait bien s'il allait garder son joli petit sourire longtemps ! À partir de maintenant, elle l'appellerait Reine des Neiges. La Gladmoore se tourna vers le reste des rangs.


              - Votre camarade a fini l'exercice ! Dit-elle, assez fort pour que tout le monde l'entende. Vous voulez le faire attendre ? Une minute trente pour finir vos séries ! Et que ça bouge. Une minute vingt huit...Vingt sept...Vingt six...

              Alors que les soldats paniquaient, l'impitoyable femme continuait son décompte...

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                Post n°12
                Auteur : June King

                Garde-à-vous... ce mot allait ressortir des millions de fois durant cette formation militaire. June allait devoir apprendre à l'écouter, à lui obéir, mais surtout à le respecter si elle ne voulait pas avoir de problèmes par la suite. Surtout que peu importe les circonstances, celle qui allait s'occuper de ce groupe (donc June faisait partie officiellement maintenant) n'allait pas leur faire de cadeaux au moindre faux pas.

                À peine arrivée, tout de suite au travail. La lieutenante en charge des nouvelles recrues, celle qui se faisait appeler Maria Gladmoore, commença à inspecter férocement chaque membre d'un regard noir et perçant après avoir fini son petit speech d'entrée. Maintenant, au moindre faux pas, elle n'hésitera pas à frapper !

                En tournant légèrement la tête ou en regardant du coin de l'œil, on pouvait voir un spectacle assez risible. Tel que des membres aux épaules tombantes, ou bien d'autres qui étaient tellement droit que leur dos se courbait vers l'arrière. L'apprentissage militaire n'était pas quelque chose de naturel pour certaines recrues, voire même quelque chose de facile pour celles et ceux qui n'y avaient jamais touché. June la première.

                Puis, passant de recrue en recrue la lieutenante montait en puissance dans son envie de voir une bleusaille tomber par terre, ou finir en larmes appelant sa mère. Ces gens étaient sadiques et ils en étaient conscients, ceci leur procuré du plaisir et une certaine forme de jouissance. June en était formelle.

                Mais le plus marrant dans tout ça, si l'on pouvait dire, était les cuisiniers près du buffet qui étaient en train de ranger la nourriture dans des conteneurs en toute décontraction, ils parlaient et rigolaient, certains, même, picoraient dans les plats. Ce fut d'ailleurs à ce moment que June aperçut un des cuisiniers prendre un petit gâteau dans sa main, et le manger tout en regardant les recrues et en leur faisant "coucou" de l'autre main qui ne tenait rien. Se moquait-il des futurs soldats ?

                Ces cuisiniers étaient-ils de mèche avec la lieutenante ? Puisqu'au moment où June commençait à trouver ceci marrant, sans pour autant afficher un petit sourire ou autre, Gladmoore arriva face à elle... les ennuis allaient-ils commencer ? Quand elle aperçut sa supérieure la fixer du regard, June plongea elle aussi ses yeux dans les siens. Ses iris aussi noirs qu'un corbeau dans la nuit étaient, certes, très impressionnants, mais depuis que June avait rencontré les fonds océaniques de Manaan, plus rien ne semblait lui faire peur. Puis au moment où la lieutenante prit la parole en lui demandant si quelque chose l'amusait durant son inspection de faciès, June ne souhaita même pas répondre à sa question idiote, elle n'eut comme réaction visible, que son sourcil gauche qui se mit à se relever légèrement.

                Et puis, pourquoi cette question ? June avait fini par reprendre le contrôle de son précédent sourire, et était, du moins elle le pensait, dans un garde-à-vous acceptable. Où alors, Maria Gladmoore était-elle télépathe ? Pouvait-elle lire les pensées des gens ? Savait-elle à quoi pensé June en ce moment ? Quoi qu'il en soit, se regardant en chiens de faïence, June ne détacha pas son regard de celui de la lieutenante. Si elle voulait jouer à qui restera le plus longtemps dans les yeux de l'autre, June était partante. Elle aimait jouer à ça de temps en temps avec Val pour faire passer le temps entre deux voyages... rien que de repenser à ce petit souvenir, ses yeux commencèrent légèrement à se gonfler d'émotions en tous genres.

                Puis. Victoire ! La lieutenante avait cédé, elle avait détourné le regard... enfin, elle lui avait tourné le dos plutôt.

                Mais quand elle se retourna à nouveau vers les recrues en disant d'un air amusé que June, puisque c'était visiblement elle la responsable, était en train de s'amuser, la lieutenante se mit soudain à rire... bien que le mot "rire" n'était peut-être pas le mot idéal pour la décrire à ce moment. June avait plus l'impression de voir une personne en train d'entrer dans un état d'euphorie sanglante, comme après avoir tuer quelqu'un... tout comme elle l'avait été une fois. Mais la chose la plus curieuse était les autres recrues, elles étaient en train de rire elles aussi. June était-elle la seule à ne pas rire et à rester stoïque à ce moment ? « Sérieusement ? Qu'est-ce qu'il y a de marrant ? » Se demandait-elle à voix basse en voyant toutes les autres recrues en train de partir au éclats pour accompagner, tels des fayots, la lieutenante.

                Mais les masques tombent tôt ou tard, et la lieutenante avait fini par faire tomber le sien en hurlant presque aux oreilles du groupe de faire une série de cinquante pompes et de quarante squats !

                C'était donc ça la punition qu'elle voulait nous faire subir ? Il était vrai que sous le soleil de plomb de Géonosis les exercices allaient être différents, mais cela allait être assez simple pour June. Du moins... elle le croyait puisqu'elle eut beaucoup de mal à finir ses dernières pompes, non pas à cause de la fatigue, mais à cause de cette chaleur étouffante qui lui écrasait le visage et le dos. Mais il n'y avait pas que ça. Le sol n'était guère plus agréable, il était aussi chaud qu'une poêle sur le feu et lui brûlait la paume des mains et des doigts.

                Quand elle commença sa série de squats, l'une des recrues annonça à la lieutenante qu'elle avait fini. « Déjà ? » Se dit June en étant à son quinzième squat. Il y avait donc des personnes plus fortes physiquement qu'elle ? Ou bien ce "Ravno" comme il se faisait appeler, s'était-il dépêché de finir pour faire bonne impression ? Croyait-il qu'il allait avoir une bonne image pour avoir fini en premier ? Dans tous les cas, ce jeune homme avait déclenché le compte à rebours. Tout allait s'arrêter dans une minute trente... fort heureusement June était proche de la fin de ses exercices à ce moment.


                La pauvre Lorrdienne était en sueur, ses yeux étaient toujours plissés avec des petites larmes sur les coins à cause du soleil qui lui brûlait la rétine, et elle n'osa pas retirer sa veste de peur d'attraper de vilains coups de soleil à cause de la blancheur de sa peau. Mais peu importe, elle avait enfin fini ses exercices. « Et quarante ! » Dit-elle d'une voix soulagée tout en prenant une grande bouffée d'air et en expirant de soulagement juste après avoir terminé.

                Après sa petite phrase et après avoir essuyé ses yeux, elle étira son dos en levant ses bras en l'air. Après son étirement, June regarda autour d'elle, et vit qu'elle venait de terminer assez rapidement puisqu'il y avait encore quelques recrues qui n'avaient pas fini leurs pompes et d'autres qui n'avaient pas encore commencé la série des squats. Elle regarda alors sa supérieure, et se mit au garde-à-vous en disant. « Lieutenante, j'ai fini. ».

                Pourquoi tout d'un coup June jouait la carte de la discipline en se montrant respectueuse envers la personne avec qui elle avait eu une bataille de regard il n'y avait pas dix minutes ? Et bien, la réponse était simple. Durant ces premiers exercices, quand la lieutenante aida le jeune Twi'lek, June comprit qui elle était réellement. Elle avait peut-être un air démoniaque en permanence avec un regard qui, s’il avait un blaster entre les mains il n'hésiterait pas une seule seconde à tuer la personne en face de lui. Mais malgré tout ça, elle le savait maintenant. Elle savait que la lieutenante ne voulait que le meilleur pour ses poulains. D'ailleurs les yeux de June avaient changé quand elle regardait sa supérieure, son regard était devenu plus admiratif... bien qu'il y avait encore une légère dose de méfiance dans celui-ci.

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                  Post n°13
                  Auteur : Becca Waste

                  Les recrues furent plutôt dépitées de découvrir que la nouvelle, cette fille aux allures patibulaires, ne leur accorda même pas un regard. Eux qui avaient prit soin de mijoter leur méchanceté se voyaient royalement ignorés. Becca lança un regard à Ravno, qui haussa les épaules. Quelques murmures grognons s'échangèrent ça et là. Quelle suffisance!

                  Mais déjà, l'inspection commençait! Le bizutage allait devoir attendre les heures de permission. En un long silence tendu, les jeunes soldats firent de leur mieux pour rester dignes et droits, avec plus ou moins de succès. Lorsque la rouquine vit sa lieutenante passer devant elle, une goutte de sueur se glissa dans sa nuque. Sa mâchoire était crispée et ses mains tremblaient, tant elle était fière de voir ce moment arriver. Son corps était d'ailleurs si contracté qu'elle s'autorisait à peine à respirer.

                  Puis, la femme s'éloigna. Pour autant, Becca se sentit incapable de se détendre, et son visage vira au mauve. Ce n'est que lorsqu'elle entendit rire Gladmoore qu'elle se déconcentra.
                  Que se passait-il? La pistonnée lui avait-elle manqué de respect? La ferrailleuse l'ignorait, et ne savait visiblement pas comment réagir fasse à ce rire inattendu. Certaines recrues se mirent à l'accompagner, tandis que d'autres se forçaient à glousser, préférant se moquer de leur camarade que d'être moqués eux-mêmes. La Waste, quant à elle, ne parvint qu'à afficher un sourire jaune. Elle fit bien, puisqu'en vérité, la formatrice n'était pas amusée du tout...

                  Sa voix claqua l'air comme un coup de fouet, et dès que l'ordre fut donné, les bleus se jetèrent à plat ventre pour entamer leur exercice. La rousse fut parmi les premières à mettre le nez dans la poussière, trop heureuse d'être enfin sous le commandement d'un dignitaire confédéré. En ces instants de bonheur, Becca aurait accepté une corvée de patates avec le sourire, et les aurait même taillées en frites.
                  Cependant, malgré son énergie, les pompes se firent de plus en plus fatigantes. La jeune fille avait de la force dans les bras, et son corps était léger à soulever, mais son cœur avait du mal à suivre le rythme.

                  - Tu veux un coussin, Waste? ricana Ravno à ses côtés. Je paris que je finis le premier!

                  - Dans tes rêves, Hokins...! lui lança Becca entre ses dents serrées.

                  Les deux camarades se mirent à accélérer le rythme, mais bien vite, le garçon eut l'avantage. Si bien qu'avant même que la rouquine n'atteigne les trente pompes, il s'était déjà redressé pour entamer les squats. La ferrailleuse pesta, les bras en coton, tandis que ses poumons commençaient à la brûler sérieusement. Elle n'y arrivait plus.

                  - Un problème, petite...? siffla son désormais rival, dont la vitesse prenait tout le monde de court.

                  Devenue rouge pivoine, elle ne trouva pas le souffle pour répondre. En acceptant ce duel idiot, elle avait négligé sa respiration, ce qui allait lui peser sur le système pour le reste de la journée. C'est dans un grognement qu'elle parvint enfin à achever sa série, et à se remettre sur pieds pour entamer la suite.

                  Ayant probablement suivi d'intenses entraînements physiques durant sa vie, Ravno finit par terminer l'exercice avec brio. Posant les mains sur les hanches, il observa sa voisine de toute sa hauteur. Avant qu'il ne puisse se vanter de sa prouesse, cependant, Gladmoore se trouvait sur ses talons.
                  L'échange qui suivit fut bref. Le garçon, à mi-chemin entre fierté et embarras, révéla qu'il avait remplit l'ordre. Ce qui, sans surprise, fut synonyme de sanction supplémentaire pour les autres. Le compte-à-rebours lancé, Becca cru sa dernière heure arrivée. Comme il aurait été idiot d'échouer après avoir été reçue, les félicitations du jury en poche.

                  Une voix inconnue se fit entendre dans le groupe. Curieuse, la rousse leva le nez, seulement pour découvrir l'humaine pistonnée de tout à l'heure, ayant également terminé. C'en était trop! Quelle humiliation pour Becca, elle qui s'était moqué de la nouvelle un peu plus tôt, et ne pouvait pas faire mieux. Cette énergie regagnée permit tout de même à la nomade de terminer la seconde série, bien que ne faisant pas partie des dix premiers.
                  Une fois redressée pour de bon, la Waste se sentit chavirer. Le manque d'air lui donnait le tournis. Elle regrettait amèrement de s'être ainsi goinfrée au buffet...

                  Le début de journée avait été draconien. peut-être pas pour les plus costauds, mais en tous cas pour les physiques de crevettes comme Becca. L'endurance n'était vraiment pas son fort... et maintenant?

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                    Post n°14
                    Auteur : Tericarax

                    Maria avait achevé son compte à rebours depuis quelques secondes déjà. Elle observait les derniers retardataires aux pivoines visage, qui forçaient pour pousser la chansonnette, ils s'essoufflaient sur la série de squats mais refusaient d'abandonner, ils ne pouvaient que s'acharner, ils n'avaient pas le droit à l'échec ou sinon... !

                    - Repos ! Tonna sèchement Maria.

                    Certes, les recrues n'avaient pas toutes réussi l'exercice, mais la totalité avait essayé. Plus que les performances physiques, c'était l'acharnement dans des conditions stressantes que la lieutenante espérait voir ; c'était dans cette pâte qu'étaient faits les plus grandes personnalités de ce monde, ceux et celles qui persévéraient peu importe ce qui se dressait sur leur chemin. C'était ça qu'elle attendait des soldats sous ses ordres ! De la compétence, de la fidélité, et un acharnement illimité. Elle voyait sur les visages de ceux qui avaient échoué la déception, le dégoût de soi, mais ils n'avaient pas saisi l'objectif de l'exercice. Leur acier avait été testé, leur résolution mise à l'épreuve plus que leurs muscles. Deux minutes, c'était le temps qu'il avait suffi à la femme pour mettre à nu les personnalités de chacun, dans un simple jeu de pompes et de squats.


                    - Soldats, votre dévouement à la Confédération est à l'image de l'exercice que vous venez de mener ! Il sera des fois où, seul, vous n'arriverez pas à résoudre des problèmes ! Des murs que vous ne pourrez par la seule force de vos bras et vos jambes pas franchir ! Des obstacles que vos compétences individuelles ne vous permettront pas d'abattre ! Regardez autour de vous soldats ! Vous n'êtes pas seuls ! Vous êtes le bras armé séparatiste, et la confédération entière est votre famille à vous, ses dignes représentants ! Ce que vous ne pouvez accomplir seuls, vous l'accomplirez avec l'aide de vos camarades ! (Elle porta une main au cœur, geste purement militaire. Ses mots claquaient durement dans l'air, sa voix s'était faite plus forte ; son timbre rougeoyait d'un ardent enthousiasme, contenu et catalysé par un calme rigoureux et professionnel) Vous n'êtes plus des individus isolés et reclus dans des systèmes oubliés ou au fin fond d'un vaisseau quelque part dans l'espace noir et froid ! Sentez le brûlant soleil Géonosien sur votre peau, le sable chauffé à blanc sous vos pieds ! Respirez l'air sec et désertique de la capitale séparatiste ! Votre nouvelle vie commence, soldats. Vous n'avez pas tous réussis l'exercice, mais le seul véritable échec est l'abandon : celui qui persévère finit toujours par triompher ! Dès maintenant et ce jusqu'à la fin de votre formation, les exercices seront un travail d'équipe. Entraidez-vous ! On abandonne pas sa famille, et vous êtes tous maintenant une seule famille ! Soldats ! Garde-à-vous !

                    Sitôt les rangs en ordre, la jeune femme claqua des talons, puis commença à se mettre en marche de son pas rigoureusement métronomique. Le petit groupe se mit à la suivre, et alors elle tonna :

                    - Au pas soldats ! Vos cœurs et vos pas sont au même rythme ! Une ! Deux ! Une ! Deux ! Je ne veux qu'entendre un seul son lorsque vous avancez ! Une ! Deux !

                    Maria déchargeait indirectement sur eux toute sa frustration, à travers l'immense énergie qu'elle exaltait. Elle leur fit bien vite quitter l'hôtel et leurs chambres provisoires. Sans entrer dans aucun bâtiment, elle fit passer les recrues dans les rues de Toskrew city, capitale géonosienne, sous un soleil de plomb, continuant à leur faire imprimer le rythme des marches militaires. Une vraie marche séparatiste ! Une ! Deux ! Une ! Deux ! Pas d'écart, on restait en mesure ! Qu'est-ce que cette croche pointée ? En rythme ! Deux croches, deux croches ! L'exercice était tout à fait complexe pour qui n'était pas habitué, mais la Gladmoore battait sa pulsation sans discontinuer. Autour des soldats, les grands bâtiments de Toskrew city s'élançaient en des tours de fer vers le ciel ; c'étaient là un tour de force technologique. La capitale était la seule cité émergée de Géonosis, bâtie pour résister aux plus violentes tempêtes qui frappaient si régulièrement la planète confédérée. Au milieu de cette apologie de l'acier, on croisait des civils qui vaquaient à leurs occupations, filaient vers leurs emplois, se retournaient avec curiosité vers le peloton militaire. Là, certains mimaient un garde-à-vous, un sourire aux lèvres, ici on faisait coucou aux soldats.

                    Après une heure de marche à ce rythme, on s'éloignait enfin de Toskrew city. Là, les bâtiments civils s'effaçaient pour laisser place au terrain aride si typique de Géonosis ; pourtant, devant les rochers ocres marchaient au pas de l'oie des légions droïdes. Le ciel fourmillait de vaisseaux, le sol était empli des B1 de fer, en rangs impeccablement alignés. À l'approche des recrues, deux bataillons des automates se stoppèrent, demi-tour droite, et s'immobilisèrent pour leur laisser le passage, arme à l'épaule. Maria sentit une bouffée de fierté lui réchauffer le ventre. Voir ces légions s'arrêter pour elle était vraiment flatteur, elle adorait cette sensation !

                    La haie d'acier traçait un évident couloir vers un sas – de fer également. Le sas était encastré au milieu d'un renfoncement rocheux, car les zones militaires n'étaient pas centralisées dans Toskrew city, mais réparties partout sur Géonosis bien sûr. Le sas s'ouvrit automatiquement devant elle avec un glissement de verrou pneumatique, débouchant dans un large couloir. Le sol était un grillage de fer, le plafond et les murs étaient des plaques de tôle cloutées, des enchaînements de portes où brillaient des diodes et de fenêtres où l'on apercevait des salles d'entraînements. Maria mena les recrues dans ce nouvel endroit, par un itinéraire qu'elle seule connaissait. Elle avait, à force, cessé de répéter « Une ! Deux ! Une ! Deux ! » car les recrues avaient pris le rythme – heureusement, car sa gorge était sacrément sèche à force de hurler. Il allait lui falloir un verre d'eau, fissa !

                    Les virages et les portes s'enchaînaient dans le plus grand silence, au rythme uni des pas séparatistes. On croisait souvent des droïdes ou d'autres séparatistes en chair et en os, qui allaient à leurs propres affaires (car une opération était en cours, on avait fort à faire!). Une porte les amena devant un échafaudage grillagé. Maria s'écarta pour laisser le chemin libre à ses petits protégés : devant l'échafaud on apercevait une immense salle, un gigantesque hangar en réalité. Une petite échelle en fer permettait de descendre au sol dudit hangar, quelques trente mètres plus bas. Chose tout à fait singulière, il n'y avait dans le hangar que des droïdes, et d'un modèle surprenant : ils semblaient être de ce genre adapté aux travaux industriels, leurs bras mécaniques étaient énormes, comme s'il s'agissait d'une chaîne de production. Lorsque tout le monde fut entré – et l'on peinait à tenir à dix sur la plate-forme – elle se tourna vers les recrues. La porte se referma sèchement derrière elles, envoyant un écho qui partit résonner dans le hangar. Elle parlait maintenant d'une voix plus faible. Pas besoin de forcer, tout le monde l'entendait et l'écoutait maintenant.


                    - Ceci est une salle de simulation virtuelle holo-cron, dit-elle.

                    Elle s'engagea sur l'échelle et descendit en silence, puis mena le groupe vers les grosses machines : là, un gros bras mécanique était immobile, devant un large tapis qui disparaissait vers une caisse d'acier. À côté se trouvait une sorte de cage métallique, un cylindre translucide où l'on distinguait...C'était une douche, pas de doute possible. Paradoxalement, le tapis ressortait juste à côté du cylindre en question.


                    - Vous allez passer un à un à la douche, dit-elle. Vous n'aurez pas besoin de vos vêtements. Pendant que vous vous décrasserez, les charmants appareils que voilà, fit-elle en désignant d'un geste les bras mécaniques, s'occuperont de construire une combinaison sur-mesure pour vous, combinaison que vous enfilerez naturellement à votre sortie de la douche. Avec, vous aurez accès à la technologie de simulation virtuelle.

                    Une nouvelle épreuve déguisée: les soldats allaient-ils parvenir à surmonter leur timidité et leur pudeur pour passer l'épreuve de la douche? Maria, pour les encourager, garda un air neutre et calme. Un sourire aurait pu être mal interprété. Ce n'était pas une invitation déguisée, c'était un ordre, une étape nécessaire à la suite de la formation.

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                      Post n°15
                      Auteur : June King

                      Quand Maria annonçait enfin que l'entraînement venait de se terminer... June eut un petit relâchement au niveau des épaules. Et tant mieux. Car la fatigue, non pas physique, mais bien mentale prenait petit à petit le pas sur toutes les personnes présentes dans cette formation. Et puis, effectuer des exercices sous un soleil de plomb avec un mercure qui frappait dur n'était pas une partie de plaisir, sans compter que le soleil était au plus haut. Et pour couronner le tout, il n'y avait aucun coin d'ombre pour l'éviter, chose que June détestait vraiment. En intégrant les Séparatistes, June n'avait jamais pensé que les entraînements se feraient directement sous le soleil ou en plein air. À vrai dire elle n'avait jamais réellement imaginé ce qu'il l'attendait après avoir rejoint cette faction, puisqu'elle avait intégré les Séparatistes, un peu, sur un coup de tête...

                      Mais la douche froide, le bon repas et les draps douillets étaient pour plus tard, puisqu'au moment où June commençait à se perdre de nouveau dans ses pensées, la voix de sa supérieure, Maria Gladmoore, résonna de plus belle.

                      Entre réconfort, entraide, loyauté et l'appel à ne pas abandonner, la supérieure y mettait tout son coeur pour faire un discours riche en émotion et pour remonter le morale de la troupe. Mais bien évidemment, le repos n'était que pour les personnes ayant travaillé, et ce fut à la fin de son speech qu'elle cria sèchement "Garde-à-vous !".

                      Il y avait quelque chose de magique au moment de ce garde-à-vous... les rangs étaient pratiquement tous correctement en place. Chose que June s'étonna d'observer en étant elle-même bien mise en rang dans l'un d'eux. Mais pas le temps de s'émerveiller à observer les rangs bien ranger. June, ainsi que tous les autres membres durent prendre part à la marche que Maria venait d'ouvrir.


                      "Une ! Deux ! Une ! Deux ! ..." Deux simples mots suffisaient à faire avancer tout un escadron Séparatiste à l'unisson. Maria était presque la chef d'orchestre de cette symphonie militaire qui résonnait à travers toute la cour. June prit assez facilement le rythme en main, se calquant directement sur les pas de Maria, une chance qu'elle se trouvait juste derrière elle. Enfin, pour combien de temps...

                      En effet, bien que rester au pas était chose acquise depuis le début, l'endurance, elle, n'allait peut-être pas suivre le rythme tout le long, surtout sous ce soleil qui avait son mercure qui chauffé de plus en plus le cuir au fur et à mesure des minutes qui s'écoulaient... voir même des heures, maintenant. Oui, il s'était passé plus qu'une bonne heure depuis l'arrivée de June dans la cour avec les autres postulants. Mais par chance, la ville où ils passèrent, qui n'était rien d'autre que la capitale, Toskrew City, avait de temps en temps une rue tout entière plongeait dans l'ombre. Ces petits passages d'ombre avec une légère brise fraîche n'étaient que du bonheur pour les personnes qui ne supportaient pas, ou très mal, ce four ardent qui brûlé depuis le ciel la terre sur laquelle June et les autres étaient en train de marcher en ce moment même.

                      Passant des noirs aux croches, le rythme variait régulièrement pendant la marche qui emmenait les futurs soldats plus profondément dans les entrailles de la capitale. Et d'ailleurs, plus on entrait dans le centre de la capitale et plus on y trouvait des tours de fer à l'allure vraiment particulière. June eut même un petit regard de curiosité à l'une d'entres-elles. Mais des choses bien plus curieuses, et amusantes pour d'autres se passaient autour d'elle. Il y avait des personnes en train de sourires, de rigoler, de faire coucou, et d'autres en train d'imiter stupidement les recrues... June ne voulait pas y prêter attention, et elle s'avait que si elle apercevait quelqu'un lui rigoler au nez ou se moquer d'elle en la pointant du doigt, elle pourrait très certainement s'arrêter sèchement et aller lui mettre un pain en pleine face ! Mais mieux valait éviter les ennuis, et ce fut avec un air, presque de haine et en serrant les dents et ses poings, qu'elle reposait son regard sur les pieds de Gladmoore pour ne pas voir les visages des passants.


                      Après une heure de marche à un rythme militaire que June n'avait jusqu'alors jamais fait de sa vie, elle aperçut après s'être calmé et avoir relevé la tête que la capitale était déjà derrière elle, et qu'elle était en train de s'aventurer dans des plaines arides. Avait-elle traversé une faille spatio-temporelle ? Avait-elle suivi aveuglément la cadence sans s'en rendre compte ? Ou perdue dans ses pensées, comme elle le fait habituellement, elle n'avait tout simplement pas réalisé qu'une grosse heure s'était passé ?

                      Quoi qu'il en soit, peut-être qu'elle n'avait pas prêté attention à la dernière heure qui s'était écoulée, mais son corps, lui, oui. Puisqu'elle était en sueur, et surtout elle avait une tête qui ressemblait à une tomate plus que mûre... non pas parce qu'elle était gênée, mais sans doute à cause d'un vilain coup de soleil. Il faut dire qu'avec sa peau très pâle, ses coups de soleil ressemblaient plus à des brûlures au troisième degré qu'autre chose. Une chance qu'elle n'avait pas eu l'idée de retirer son manteau... mais le plus surprenant dans tout cela n'était son visage, mais bien cette armada de vaisseaux qui étaient en stationnement dans les airs, et ses soldats et droïdes qui étaient si bien disciplinés qu'ils se mirent au garde-à-vous à la vue de la Lieutenante en créant une sorte de couloir comme pour lui indiquer le chemin... ou bien, saluaient-ils l'arrivée des nouvelles recrues ?

                      Dans tous les cas, le groupe arrivait à présent devant un immense sas qui s'ouvrit automatiquement, rien de bien surprenant, certes, mais l'intérieur était quelque chose de complètement différent... très surprenant pour le coup. En voyant ce couloir métallique, June eut un petit sourire discret, cela lui rappelait les couloirs de Phoenix... avec peut-être des tuyaux, des câbles qui pendaient, des lumières sur le plafond et sur les côtés qui fonctionnaient à moitié, et des disputes entre amis en moins, mais elle se sentit plus à son aise à l'intérieur qu'à l'extérieur.

                      Tout en marchant, elle regardait, juste en tournant les yeux sur les côtés, les fenêtres qui donnaient sur d'immenses salles vides, et d'autres avec des personnes qui semblaient s'entraîner... sans doute y fera-t-elle un tour un jour avec le groupe. Mais à peine cette pensée finie, une autre porte... puis une autre. Elles s'enchaînaient à une vitesse folle. Jusqu'au moment où Maria s'arrêta et un immense écho de sas se fit entendre... piégeant ainsi toutes les recrues.


                      Après présentation de la salle, il fallait maintenant passer à l'acte... « Une salle de simulation, hein... » Se dit June d'un air presque blasé en regardant la cage... ou salle. Peu importe. Comme ci une simulation reflétait la réalité... et puis des douches ? Pourquoi diable des douches étaient-elles présentes dans cet endroit ? Était-ce un piège ? Réfléchissant une petite seconde dans un silence plus que pesant, June prit la parole. « Très bien, j'y vais en première ! » Dit-elle d'un ton peu rassuré en regardant la Lieutenante. Elle s'avança ensuite vers les douches et commença à se déshabiller avant d'y entrer.

                      Elle détacha en premier ses cheveux, qui tombèrent juste après au niveau de ses épaules. C'était très rare de voir June avec les cheveux détachés, mais son charisme, lui, n'en était plus qu'impressionnant à ce moment. Cependant, elle eut beaucoup de mal à retirer sa veste... peut-être un petit doute passager qui disparut après avoir prit son courage à deux mains. Puis elle retira ses bottes, ses chaussettes, son pantalon, son t-shirt, et ses sous-vêtements... s'affichant entièrement nue en laissant son corps aux jolies formes, mais marquait de tous les côtés par des blessures, coupures et autres égratignures plus ou moins graves à la vu de tous, et notamment sa cheville qui était encore légèrement gonflé à cause de sa vilaine chute... il faut dire qu'elle venait de sortir d'une aventure plus que traumatisante. Aussitôt nue, elle se mit tout de suite à cacher un maximum ses parties intimes à l'aide de ses mains avant d'entrer, sans attendre, à l'intérieur de cette cage. Fort heureusement, la nudité n'était pas directement exposée aux yeux de tous dans la douche, puisqu'elle était en réalité une cage assez grande fermée par des draps qui étaient simplement translucides, et qui, une fois à l'intérieur, faisait en sorte qu'on ne voit qu'une silhouette floue de la personne.

                      Le stresse et la timidité laissa place, l'espace d'un instant, à un petit moment de bonheur et de plaisir... une bonne douche avec l'eau à bonne température. Comme il fallait. Si seulement les bruits des bras mécaniques qui entraient en action ne gâchaient pas la chanson des gouttes d'eau qui frappaient le sol... attendez ?! Des bras mécaniques ? Ouvrant de nouveau les yeux après seulement une petite dizaine de secondes, June se souvint très rapidement ou est-ce qu'elle se trouvait actuellement, et ce fut juste à ce moment que l'eau se coupa !

                      Elle se dirigea alors vers la sortie des douches, mais elle sur ce petit chemin, elle se posait une question... il n'y avait pas de serviettes ? Allait-elle enfiler sa combinaison en étant trempée ? Non ! Puisque devant la sortie de la douche, deux grands sèche-corps s'activèrent sur les côtés ! Les cheveux de June partirent dans tous les sens au contact du vent en ayant beaucoup de difficulté à rester immobile à cause des sèche-corps qui soufflaient très fort... cela devait être assez drôle de l'autre côté en voyant une silhouette tenter de garder les deux pieds aux sol pour ne pas s'envoler.

                      Quand les sèches-corps se stoppèrent, l'un des bras mécaniques lui apporta sa combinaison... elle était plutôt étrange. La combinaison était légèrement moulante aux couleurs des Séparatistes avec plusieurs fils qui sortaient et entraient de partout, il y avait aussi des composants électroniques sur le torse et dans le dos, ainsi et des diodes plus ou moins grosses et de différentes couleurs qui longeaient toutes les articulations du corps. Bien que la combinaison de June était assez bizarre, elle apprécia cependant qu'elle soit avec des manches longues. Les bras mécaniques fabriquaient-ils les combinaisons en fonction des goûts des personnes ?

                      Allez savoir...

                      Puis, presque tout de suite après, un deuxième bras mécanique lui apporta, cette fois-ci, un casque... plus que particulier. Celui-ci ressemblait plus à des lunettes infrarouges avec un immense coffre à la place des verres. Il y avait une petite lumière sur le devant à chaque coin de ce coffre, ainsi que deux bandes souples sur les côtés pour l'attacher autour de la tête et une qui était dure se trouvant au milieu pour pouvoir le poser sur la tête.

                      June n'osait pas mettre son casque tout de suite, et sortit de la douche avec ses cheveux qui ne ressemblaient à rien, si ce n'était à une folle qui venait d'être foudroyé. Elle s'avança vers Maria Gladmoore en essayant tant bien que mal à se recoiffer pour essayer d'être un minimum présentable, avant de se mettre à nouveau au garde-à-vous en face sa supérieur tout en tenant dans sa main gauche la casque... avec, bien évidemment, ses cheveux qui étaient toujours tout ébouriffés.

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                        Auteur : Becca Waste

                        Les poumons de Becca semblaient si gorgés de poussière qu'elle fut surprise de ne pas cracher du gravier. Autour d'elle, les recrues se redressaient péniblement, et l'odeur de sueur imprégna l'air. La rouquine se maudit d'être plus petite que tous les autres, juste assez pour être offerte aux aisselles macérantes de ses collègues. Et naturellement, aucune brise fraîche ne vint oxygéner les rangs...
                        La ferrailleuse n'était pas très satisfaite de sa performance. Elle avait beau avoir l'habitude de la chaleur, sa condition physique restait celle d'une gamine de seize ans. Néanmoins, elle n'était pas la seule à avoir éprouvé des difficultés, et Gladmoore ne leur en tint pas rigueur. Au contraire: selon ses dires, seul l'effort importait réellement.

                        Becca se sentit un peu mieux, comme un grand nombre de ses voisins. La CSI était une entité soudée, et non pas une armée de mercenaires individualistes. La jeune fille avait signé pour en baver, mais en équipe! Et c'est avec une certaine boule au ventre qu'elle repensa à ses vilaineries de plus tôt. La brunette ne semblait pas s'en être offusquée, mais ce qui était fait, était fait. Peut-être allaient-elles devoir travailler ensemble dans les prochains jours, mieux valait donc rester en bons termes.

                        Une pensée qui, de toute évidence, n'était pas partagée par tout le monde! Tout du moins, pas son voisin de derrière, un épais Weequay qui se fit un plaisir de lui asséner un coup de pied dans le train, au moment de débuter la marche. L'acte eut au moins le mérite de faire démarrer la Waste au quart de tour, et le rythme fut adapté fissa!

                        Une, deux! Une, deux! Une marche rigide, qui soulevait plus de poussière qu'un extracteur minier. Perdue au milieu de sa rangée, la rousse n'arrivait pas vraiment à savoir où ils se rendaient. Qu'à cela ne tienne, l'exercice dura, et dura encore, sous un soleil impitoyable. Mais le prix de l'effort était largement récompensé par la fierté d'appartenir à une unité officielle. Comme le disait la Lieutenante, Becca avait quitté son nid familial, et elle devait trouver un nouveau foyer chez l'armée séparatiste. Cela suffit à lui décrocher un grand sourire, et à lui faire oublier ses muscles endoloris.
                        Les yeux de la ferrailleuse brillèrent durant toute la traversé. Le peloton avait quitté la ville pour pénétrer dans la base officielle de l'organisation. Et quelle visite! Les candidats n'avaient pu en voir qu'une fraction lors de l'examen. Cela grouillait de vie, organique comme artificielle, et il y avait fort à faire. Cette activité devait avoir un lien avec l'immense détachement qui patientait en orbite. Il y avait peu de chance pour que les bleus soient de la partie, mais cela n'empêcha pas la rouquine de rêver.

                        Le groupe en vint à une halte, dans un secteur bien plus frais de la base. Il y avait là une plateforme isolée, que Gladmoore décrivit comme un simulateur. Becca eut grand mal à contenir son excitation à l'idée de s'essayer au "jeu", mais fit pâle mine lorsque sa supérieure enchaîna sur une question de douche.

                        Qu'il soit dit: la jeune séparatiste ne se seraient pas privé d'un bon rafraîchissement. Mais ici? Devant le regard vitreux de ses nouveaux camarades? Un silence gênant s'installa.

                        - Je ne pensais pas que les choses iraient si vite entre nous...! chuchota Ravno avec un ton moqueur et perverti.

                        - Il est hors de qu- commença l'adolescente, avant d'être coupée par la grande brune devant elle.

                        Quelle témérité! Elle se serait imaginé que les filles de l'équipe passeraient en dernier, afin de repousser les regards pesants de leurs compagnons. Celle-ci avait peut-être la volonté d'en finir au plus vite.
                        Le silence se fit tel qu'on put entendre les respirations de chacun. Chaque paire, trio, ou quatuor d'yeux se posa sur le corps dénudé de la recrue, qui s'esquiva dans la douche. Becca éprouva une certaine jalousie à la vue de ses formes, plus adultes et plus développées que les siennes. Un détail qui n'échappa pas au cynique Hokins.

                        - Ça va être difficile de faire mieux, Waste...! lui lança-t-il, provoquant une montée d'adrénaline chez la ferrailleuse.

                        Tandis qu'elle s'apprêtait à répliquer, la rouquine se sentit poussée en avant, et se retrouva à un mètre de la Lieutenante. Becca leva timidement les yeux, un large sourire gêné sur le visage. Elle se sentait plus rouge encore que pendant l'exercice. Pour elle qui n'avait jamais dévoilé son corps à qui que ce soit, et qui nourrissait de nombreux complexes physionomiques, c'était une épreuve titanesque. Elle se trouva pétrifiée, incapable de retirer le moindre vêtement. Après un long moment, les premiers soupirs d'impatience s'élevèrent, et les regards inquisiteurs du groupe l’enjoignirent à se dépêcher.
                        Déglutissant avec grande difficulté, l'adolescente s'empressa de retirer ses bottes, ses brassards, puis sa ceinture. Elle marqua une pause, constatant que ses futurs équipiers ne comptaient pas se retourner pour lui accorder la moindre intimité. C'est avec la plus grande réticence qu'elle se retrouva en sous-vêtements, lesquels étaient ornés de motifs enfantins. Le corps parsemé de tâches de rousseur, elle se trouvait plantée là, incapable d'aller plus loin.

                        Son malaise se répandit entre les recrues, qui s'observèrent un instant, perturbées par cette gêne qu'ils contribuaient à provoquer. Se souvenant du discours de Gladmoore, le Twi-lek de la bande prit l'initiative de se retourner. A sa suite, d'autres l'imitèrent, à commencer par les soldats femelles, premières concernées par les coups d’œil lubriques. En fin de compte, entre ceux qui se retournèrent et ceux qui choisirent de regarder ailleurs, le poids du jugement sembla s'alléger. Becca se dénuda alors rapidement, sous les yeux des derniers irréductibles, et fila dans la cabine avec un tel empressement qu'elle manqua de glisser sur le tapis.

                        Le plus dur était fait, mais le sentiment honteux perdura. Elle espérait que son hésitation latente n'ait pas entaché sa valeur aux yeux de la Lieutenante. De son côté, Ravno et les autres moqueurs du lot s'amusaient à voix basse de son comportement. Cependant, tous déchantèrent lorsque s'avança le prochain candidat, un Gran à la démarche pachydermique, dont le postérieur fripé se balançait déjà à l'air libre. La rétine brûlée à vif, les curieux purent alors témoigner des plus terribles créations de la nature...

                        La douche terminée, Becca se sentit plus fraîche que jamais, et se retrouva nez à nez avec la première recrue, de l'autre côté du module. Elle enfila rapidement la tenue que lui tendait le bras mécanique, qui lui allait réellement à la perfection. Conservant le casque sous son bras, elle s'approcha de sa collègue brune, en réajustant ses couettes humides.

                        - J'm'appelle Becca... souffla-t-elle discrètement, en touchant le matricule tout neuf sur sa poitrine, marqué "B. Waste". Bien joué pour l'exercice tout à l'heure...

                        La rouquine avait perdu de son entrain habituel, mais mieux valait une conversation anodine à voix-basse qu'un long silence mortel...

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                          #18

                          Post n°17
                          Auteur : June King

                          /\
                          Spoiler : <HRP>
                          Ayant discuter ensemble sur la CB, nous avons décidé de faire un ou deux petits RP en attendant le retour de Tericarax, et aussi par la même occasion, pour que nos personnages puissent faire un peu connaissance. En rien ces réponses ne feront avancer l'histoire ou la formation, il est ici question que de discussions entre Becca et June. Et peut-être un ou deux PNJ.
                          \/

                          À peine sorti de la douche et positionné de l'autre côté, faisant face aux autres recrues qui n'étaient pas encore passées dedans, tout en formant un nouveau rang, voilà qu'une petite rousse aux yeux verts semblait se proposer d'elle-même pour affronter cette épreuve plus qu'étrange. Bien que "se proposer d'elle-même" n'était peut-être pas la bonne formulation puisqu'on avait plus l'impression qu'elle allait tomber au sol à ce moment, comme ci on venait de la pousser.

                          Les yeux de June se braquèrent tout de suite après sur les recrues en face d'elle, comme pour tenter d'apercevoir l'auteur de cet acte stupide. Peut-être celui-ci, qui avait trois poils au menton ? Ou bien ce Twi'lek à l'attitude bizarre ? Quoi qu'il en soit, celui ou celle qui avait fait ça n'allait pas attendre mille ans pour blaguer dessus avec ses, peut-être, futurs amis. Mais rira bien qui rira le dernier, car ce n'était qu'une question de temps avant de trouver l'auteur de ce crime...

                          Continuant de viser les personnes en face d'elle, tel un sniper attendant le bon moment pour tirer sur sa cible en pleine tête, elle n'avait pas remarqué la petite rousse qui était en train de se déshabiller avec énormément de mal, dû à une grande timidité ? Cela pouvait se comprendre, s'afficher nue devant tout le monde n'était pas une partie de plaisir. Mais le plus stressant était que tout le monde la regardait, et comble du comble, il y en avait même qui commençaient à perdre patience en râlant.

                          Puis, tout d'un coup, le Twi'lek à l'attitude étrange de tout à l'heure se retourna... avait-il pris peur à cause du regard assassin que June portait sur tout le monde ? Ou bien à cause de ses cheveux tout ébouriffés qui ne semblaient pas vouloir revenir à la normale ? Non ! Ce n'était pas ça. Puisque d'autres personnes firent la même chose, presque, tout de suite après ? June ne savait pas pourquoi ils faisaient ça, mais finit à un moment par comprendre que la petite rousse voulait, tout simplement, plus d'intimité. Elle se contenta alors de fermer uniquement les yeux, ne souhaitant pas se retourner pour que des personnes bizarres puissent apprécier le paysage.

                          Quand l'eau se fit entendre, June ouvrit de nouveau les yeux et aperçut les personnes qui s'étaient retournées reprendre leurs positions de départ. Mais les murmures, eux, n'avaient pas arrêté, et semblaient s'amplifier parmi les rangs.

                          « Tss ! » Émettait-elle comme seul commentaire en regardant une personne qui chuchotait à l'oreille d'une autre accompagnée d'un léger sourire moqueur...

                          Quand l'eau s'arrêta, June observa cette fille sortir de la douche en réajustant ses couettes tout en s'approchant d'elle pour finalement se présenter. « June. » Répondit-elle avec une voix légèrement timide.

                          Elle n'avait pas spécialement le cœur à se faire des amis depuis...

                          Mais cette, Becca, semblait gentille, et devait être fière et heureuse d'être là, puisqu'elle astiquée son matricule qui portait son nom. Chose que June regarda, avant de regarder son propre uniforme. Cela était très étrange, mais elle n'avait pas de petit rectangle avec son nom écrit dessus... en même temps elle était venue presque à l'improviste dans cette formation. Peut-être en aura-t-elle un plus tard. Puis Becca la félicita pour ce qu'elle avait fait peu avant.

                          « Bien joué ? » Répéta-t-elle un peu surpris en regardant Becca. « Heu... bien joué pour m'être dépoilé devant cette bande de pervers, tu veux dire ? » Dit-elle en regardant le groupe de l'autre côté. « Je suis pas sûre que ce que j'ai fais était la bonne méthode... surtout devant des inconnus. » Expliquait-elle en rougissant un peu. « Mais apparemment ce test est important, du coup, on peut dire qu'on a réussi. » Finit-elle de dire avec un petit sourire pour cacher son malaise en repensant à ce qu'elle venait de faire. « Et puis, s'il y a une personne à féliciter ici, c'est surtout toi. » Dit-elle en marquant un petit arrêt avant de reprendre. « Les personnes qui rencontrent le plus de difficulté sont toujours plus méritantes que celles qui n'en rencontrent pas. ».

                          June n'avait pas l'habitude de féliciter des gens, et encore moins des inconnus. Alors, elle ne se contenta que d'une simple citation qu'elle avait apprise par ses amis.
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                            Post n°18
                            Auteur : Becca Waste

                            Les yeux de la rouquine fondirent en une confiture de malaise. La June en question s'imagina qu'elle parlait de sa "performance dans la douche", et entreprit de répondre sur le sujet. Becca chercha à l'interpeler à de multiples reprises, sans succès. La brune était déjà partie dans un monologue, parlant tour à tour de sa propre exhibition forcée, puis de celle de la plus jeune. Le teint pivoine de cette dernière réapparu, tendit qu'elle faisait de son mieux pour se faire entendre.

                            - Ce n'est... absolument pas... ce dont je voulais parler.

                            Pour elle qui avait voulu se changer les idées après cet épisode lamentable, voila qui était plus ou moins raté.

                            Je parlais des exercices physiques... fit-elle avec une mine gênée. Mais, merci quand même, c'était... très sympa.

                            C'était bien vrai, malgré le malaise provoqué, les paroles de June étaient encourageantes. D'ailleurs, la petite s'en voulu de ne pouvoir trouver un nouveau sujet de conversation. En cette situation désagréable, c'était bien les seuls qui lui venaient à l'esprit. Sauf un autre, peut-être...

                            - Je viens d'une caravane. Je travaillais dans la ferraille, avant. Et toi...?

                            Les grands yeux ronds de Becca étaient vissés sur le mur d'en face. Elle se tenait droite comme une planche, crispée après cette mésaventure. C'était tout juste si elle osait bouger les lèvres pour chuchoter à sa voisine.
                            A sa suite, le Gran finit par s'extraire de la cabine, provoquant une fermeture immédiate de ces mêmes yeux. A l'évidence, tout le monde ne semblait pas aussi inconforté qu'elle...

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                              #20

                              Post n°19
                              Auteur : June King

                              Perdue dans son monologue qui n'avait ni queue ni tête à la fin, elle ne remarqua pas un seul instant que Becca essayait de l'interpeler pour lui expliquer que ce n'était pas du tout à ça qu'elle faisait référence en lui parlant de sa "performance". Mais, comme à son habitude, ou plutôt comme souvent, si ce n'était pas comme toujours, June était à côté de la plaque une nouvelle fois...

                              Bien qu'elle n'avait pas pour habitude de parler beaucoup, sauf quand elle commençait à s'énerver ou à perdre ses moyens en face d'un abruti qui lui prenait la tête, elle savait pratiquement toujours trouver les mots justes pour se défendre ou aggraver la situation.

                              Au choix.

                              Mais cette fois-ci ce n'était ni l'un ni l'autre, puisque Becca lui expliquait que ce à quoi elle faisait référence était tout simplement les exercices qui avaient eu lui dans la cour ce matin. Quand elle comprit cela, le visage de June était devenu aussi rouge qu'une tomate, et se mit à regarder un instant vers le sol avant de dire d'un ton très gêné.

                              — Oh!... je... pardon. Je pensais que tu faisais allusion à... oui. Dit-elle d'un air complètement perdu en cherchant ses mots sans parvenir à en trouver un seul. Oui, les exercices... Répondit-elle en regardant la petite rouquine avec le visage encore rougi de honte. Merci. Félicitation à toi aussi. Finit-elle en ne sachant pas où poser son regard.

                              Fort heureusement, ce petit malaise entre les deux collègues allait disparaître assez rapidement, puisque Becca installa un nouveau sujet en lui expliquant d'où elle venait. Ce fut d'ailleurs une petite surprise pour June, que d'entendre une personne dire qu'elle venait d'une caravane. Pourquoi une caravane ? Ne venait-elle pas d'une planète ?

                              — Une caravane ? Une caravane spatiale ? Je veux dire... tu es né dans l'espace lui-même ? Demanda-t-elle en étant légèrement surprise avec les yeux tout pétillants.

                              Il y avait des personnes étonnantes dans cet univers, June avait bien rencontré des gens nés sur des vaisseaux ou même sur des bases spatiales ou orbitales, mais jamais elle n'avait rencontrer quelqu'un venant d'une caravane, cela était inédit pour elle. Puis reprenant un peu le contrôle d'elle même, elle répondit à son tour.

                              — Moi ? Et bien... je suis né sur Lorrd. Mais je n'y suis pas resté longtemps, j'ai du partir de chez moi à l'âge de 11 ans en rejoignant un groupe de... S'arrêta-t-elle un instant pour se racler la gorge afin de chuchoter plus facilement. Un groupe de contrebandier, enfin, de "marchant" avec qui je suis resté longtemps... avant de rejoindre la CSI ce matin même.

                              June était passée des yeux pétillants d'excitation à des yeux remplis de tristesse sans même s'en apercevoir. Sa gorge commençait à se nouer et ses poings se refermer sur eux-mêmes. Elle décida, presque tout de suite après, de reposer son regard par terre, et de redevenir silencieuse... voire, mélancolique.

                              Mais ne voulant pas rester sur une note négative après sa réponse, plus que casse ambiance, alors elle décida de poser à son tour une question à Becca.

                              — Et sinon, tu travailles dans la ferraille, c'est ça ? Tu es quoi exactement ? Mécanicienne ? Marchande ? Ingénieur en droïdes ? Commençait-elle à donner plein de réponses possibles à sa question pour tomber juste à un moment, alors que juste en face d'elle un très grand Cathar musclé aux poils blancs tigrés roux avec deux grosses taches brunes autour des yeux et une immense crinière en guise de cheveux, semblait être le prochain à passer sous la douche...

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                                Post n°20
                                Auteur : Becca Waste

                                June sembla surprise d'apprendre ses origines. Il n'y avait pourtant rien de bien fantastique là-dedans, sa famille n'était ni en cavale, ni sous couverture. Sa naissance spatiale était aussi fortuite que leur existence à tous. Il en avait été ainsi, tout simplement.

                                - Je ne dois pas être la seule, c'est souvent le cas chez les travailleurs ambulants, justifia la rouquine. D'habitude, la caravane ne se déplace pas si un accouchement est imminent, à cause des risques de complication, et tout ça... Mais moi, je suis arrivée plus tôt que prévu...!

                                La nomade afficha un sourire niais. Ses parents lui avaient toujours dit que, même à la naissance, elle n'avait jamais su tenir en place. Et maintenant que le bavardage était lancé, rien ne pouvait plus l'arrêter. Visiblement, June ne rechignait pas non plus à un brin de parlotte, et malgré une sensibilité évidente sur le sujet, elle dévoila tout de même ses propres origines.
                                Becca perdit sa rigidité à mesure que sa collègue s'exprimait. Et pour cause, cette dernière semblait avoir eu un début de vie mouvementé. Il n'en fallu pas plus pour que la ferrailleuse ne mette les pieds dans le plat:

                                Des contrebandiers?! s'étrangla-t-elle, en essayant de supprimer son entrain mal placé. Ca alors! Comment c'était? Vous étiez riches? Tu as déjà tiré sur quelqu'un?

                                La rousse dut placer une main sur sa propre bouche pour se faire taire. A présent, sa stature n'avait plus rien de professionnelle, mais au moins, toute trace de stress avait disparu. Pour le meilleur comme pour le pire, d'ailleurs...

                                - Désolée! J'ai, comme on dirait, tendance à en faire un peu trop...! Juste un peu. Pas tout le temps! Mais des fois. Beaucoup de fois.

                                Il fallu une nouvelle question de June pour retourner la conversation, et mettre un terme aux divagations de la nomade. Une question qui la fit réfléchir. Non pas à la réponse en elle-même, mais à la manière de la formuler pour ne pas avoir l'air d'un déchet interstellaire.

                                - Euh, non, non, pas exactement... commença-t-elle, en mimant des gestes avec ses mains. Je travaille... littéralement, dans la ferraille. Je viens d'une caravane de ferrailleurs, c'est ce que ma famille fait depuis des lustres. Nous allons d'une planète à une autre, et-

                                - Et vous fouillez dans des ordures que personne ne veut pour revendre des babioles que personne n'achète! coupa une voix familière.

                                Ravno, après avoir enfilé sa nouvelle tenue, était venu appuyer ses deux coudes sur la tête de la rouquine fulminante, comme s'il s'agissait d'un comptoir de cantina. Un air jovial vissé sur le visage, il tendit sa main à June, et prit la peine de se présenter.

                                - Ravno Hokins! fit-il, un large sourire cloué sur sa face. Merci d'avoir surveillé notre petite Waste!

                                - Hokins... grommela la concernée, n'appréciant pas d'être replacée au statut d'enfant.

                                - Eh! reprit le garçon en lui donnant une pichenette sur le nez. Si quelqu'un doit être vexé ici c'est moi! Vous n'avez même pas prit la peine de me regarder entrer dans la cabine...!

                                Le petit manège commençait à se faire un peu plus bruyant. Et pour cause, d'autres recrues les imitèrent, et entamèrent des conversations décontractées, sans plus réellement se soucier de leurs camarades. C'était un bon moyen de balayer cet exercice gênant des esprits, et de commenter avec ardeur sur la qualité de ces uniformes tout neufs...

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