Ceux qui nous ont précédés
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Post n°5
Auteur : Super PNJSarina regarda le jeune Novice sans répondre d'abord. Sa naïveté restait étonnante, quand bien même celle-ci lui était bénéfique. En regardant avec ses yeux d'enfant la Galaxie, il se posait les questions les plus pertinentes. Les plus intéressantes. Bien entendu, il était tout neuf dans l'Ordre. Il n'avait jamais été confronté à ce qu'était le côté Obscur. Ni même à la simple question qu'il existait autre chose que les Jedi.
-Bien entendu. Comme toute chose dans la Galaxie, la Force est soumise à plusieurs visions de son utilisation, plusieurs appréhensions. Il est d'usage de séparer la Force en son côté lumineux, et son côté obscur, chacun défendu par ses champions. Les Jedi d'un côté, les Sith de l'autre. Nous nous défendons d'utiliser le côté Obscur, afin de ne pas être corrompu par la soif de pouvoir. Nos ennemis, eux, y trouvent l'intérêt d'une plénitude de leurs pouvoirs et de leurs talents.
Elle parlait en connaissance de cause. Avec le temps, elle avait vu certains de ses congénères sombrer dans le Côté Obscur. Certains en étaient revenus, la plupart y étaient restés et étaient morts. Comme tout Jedi, elle avait été soumise à ces tourments et ces tentations, mais elle avait pu en revenir.
-Chaque utilisateur de la Force, qu'il soit débutant ou expérimenté, se retrouve seul face au Côté Obscur. Face à son Côté Obscur. Il appartient à chacun de s'en défendre, de s'en séparer, et seul. L'on peut être guidé, parfois aidé, mais la décision finale ne dépend que de soi. Que de sa propre volonté.
Elle leva les yeux vers les Archives, tout du moins la salle qui les avait renfermées, et les désigna d'un élégant mouvement du bras.
-Mais nous n'y sommes pas encore, Novice. Vois-tu cette salle, au dessus ? De nombreux Jedi y sont passés... Dont moi, et de très nombreux Maîtres. Elle renfermait les Archives Jedi, les plus complètes de la Galaxie, sous la direction de Maître Nocasta. J'y ai moi-même passé des jours enfermée à chercher quelque connaissance.
Elle lui sourit de nouveau.
-C'est ce que nous sommes, après tout. Des chercheurs, des archéologues. Pas uniquement des guerriers, malgré ces armes que nous portons à notre côté. Je t'invite à prendre un petit temps pour flâner entre ces rayons vides. Imprègne toi de ce lieu hautement symbolique, et surtout... Ne ferme pas ton esprit. Ne te ferme jamais à la Force.
Elle lui sourit de nouveau. La Force était puissante en ces lieux. C'était sans doute pour cela qu'elle s'était sentie appelée ici, et que Dayimiyo devait la suivre. Il devait lui aussi être confronté à la Force dans son ensemble. Côtés obscur et lumineux étaient bien trop présents ici pour qu'on puisse les ignorer. Et elle n'avait pas menti. Chacun était seul face à son propre Côté Obscur.Spoiler : Spoiler
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Post n°6
Auteur : Dayimiyo Qoraas"Je... vois."
Donc c'était possible. Devenir un monstre à cause de la Force. Il risquait de faire... Toutes ces choses horribles... Tout ça le perturbait. Et il allait devoir s'y confronter malgré tout. Encore une épreuve des Jedi à laquelle aucun ne peut se soustraire. Tôt ou tard, il allait devoir faire face à son Côté Obscur. Mais est-ce qu'il avait raison de douter autant ? Avait-il uniquement peur ou se pensait-il incapable de surmonter tout cela ?
Peu importait. Il ne devait pas sombrer. Rester dans la lumière et ne pas suivre cette ombre qui ne le mènerait qu'à son autodestruction.
Son maître l'invita ensuite à aller explorer les Archives, situées un peu plus haut.
"Là-haut ?"
Il leva la tête un instant.
"Je dois y aller seul, n'est-ce pas ?"
Honnêtement, l'idée ne lui était pas des plus plaisantes. Mais avait-il vraiment le choix ? S'il voulait avancer, il ne pouvait pas reposer éternellement sur elle. Il ne voulait pas devenir un poids pour la Jedi. Il n'avait pas à se plaindre, et ne le ferait pas. Il le lui avait promis sur Endor, après tout.
Il se tapota les joues, comme pour se reprendre, puis se leva.
"D'accord. J'y vais."
Se tournant vers la Jedi, il afficha une mine déterminée, du moins autant qu'il pouvait l'être.
"Hum... Souhaitez-moi bonne chance, je suppose ?"
Décidé, il commença son ascension. Il gravit les marches une à une, jusqu'à ce qu'il parvienne tout en haut. Là, il passa la porte, et se retrouva dans une immense salle, où de larges étagères étaient parfaitement alignées. Ce qu'il voyait de l'étage supérieur suggérait la même disposition. La lumière passait par quelques fenêtres brisées, mais une partie de la salle était tout de même sombre.
Les dires de la Chevalière étaient corrects : il n'y avait plus rien ici. Il ne restait rien du savoir Jedi jadis conservé ici, uniquement du vide et de la poussière. Le jeune homme marcha lentement au milieu des rayons, dans le plus grand silence. Il se sentait comme dans un cimetière. L'air était assez pesant, mais le novice n'était pas effrayé, juste amer. Tout ce qui s'était passé ici... Il le sentait. Il le ressentait. La Force les lui transmettait.
Et puis...
Une sensation étrange commença à naître en lui. Une impression familière. Il se sentait appelé. Il ne savait pas par quoi exactement, mais une chose voulait qu'il vienne à elle. Au début, le Saccorien n'était pas certain de la chose à faire, mais bien vite, il n'arriva plus à résister à la tentation. Tel un insecte attiré par la lumière, il suivit cette piste pas à pas, jusqu'à s'arrêter devant un tas de gravas. À première vue, il n'y avait rien de particulier, mais au fond de lui, il savait que quelque chose y était différent. Peut-être en-dessous... Il s'agenouilla, et commença à enlever les débris. La poussière se souleva et se déposa sur ses gants, mais il s'en fichait. Il voulait trouver l'origine de cet écho mystérieux. Et lorsqu'il réussi à retirer la dernière pierre, il trouva...
Un bout de verre.
...
Un bout de verre ?
Quoique, non. À bien y regarder, ce n'était pas exactement ça. On aurait dit une sorte de lentille, de celles qu'on utilise pour concentrer la lumière. Pendant quelques secondes, il l'observa avec hésitation. Elle semblait plutôt ancienne, quelques félures étaient visibles ici et là. Elle devait être ici depuis longtemps, probablement depuis la destruction du Temple. Et puis, cela semblait peu probable que quelqu'un perde sa lentille dans un endroit pareil.
Mais comment un simple objet avait-il pu l'appeler ? Était-ce ça qu'il était sensé trouver ?
Il tendit sa main pour la saisir, non sans hésitation, mais, à l'instant même où ses doigts touchèrent la lentille, son œil s'écarquilla, et tout son être fut ébranlé. -
Post n°7
Auteur : Super PNJLa quiétude du Temple Jedi... Tout du moins physique. Il n'y avait pas un bruit si ce n'est quelques rares volatiles qui croassaient avant de s'envoler, ou des rongeurs qui s'enfuyaient au moindre bruit de pas. Ici, plus que nulle part ailleurs sur la planète, c'était la nature qui dominait les lieux. Implacable, on pouvait voir de ci, de là, quelques végétaux qui repoussaient, chose incongrue sur un tel astre. Dans cette atmosphère, Dayimiyo devait avancer seul, car nul autre ne pouvait l'aider à cet instant précis. Aucun de ses frères et sœurs ne viendrait à son secours. Il devait marcher seul, au moins pour un temps.
Au milieu des gravats, il trouva une lentille de sabre-laser. Etait-ce ce pour quoi il arpenter le Temple ? Ou bien uniquement le fruit d'un heureux hasard. Heureux... Pour un jeune homme qui n'avait que trop rarement eu l'occasion de se dire heureux. Se pensait-il à sa place au milieu de tout cela ?
Mais il n'avait pas le temps de réfléchir. Pas cette fois. A l'instant même où ses doigts effleurèrent l'artefact, ce fut comme si un violent électrochoc parcourait son corps. Comme si quelqu'un venait de le frapper d'éclairs de Force, mais intérieurement. C'était une douleur inconcevable, qui pourtant n'était pas physique. Autour de lui, ce fut comme si tout devenait noir, comme si on venait à la fois de lui voler la vue et la parole, car il se retrouvait également incapable de crier, d'appeler à l'aide. De même, son unique œil valide semblait ne plus lui être d'aucune aide. Pourtant, autour de lui, il pouvait presque apercevoir des ombres claires. Elles étaient aussi furtives qu'indéfinissables, semblant parler à Dayimiyo, mais le Saccorien ne pouvait les entendre. Malgré cela, leur message semblait lui parvenir malgré tout, elles l'appelaient, par son nom, lui enjoignant de quitter les lieux à un instant, de rester celui d'après. Pouvait-on réellement rester sain d'esprit, au milieu d'un tel maelstrom d'émotions qui assaillait le Novice à chaque instant ? Pouvait-il vraiment canaliser ses émotions ?
Mais, comme par enchantement, la tornade se tut, presque en une fraction de seconde. Combien de temps avait-elle duré ? Une demie-seconde ? Une heure ? Comment pouvait-il le dire, après avoir été privé de tout ses repères. La Force, il pouvait en être certain, était derrière tout cela. Mais que pouvait-elle bien lui vouloir, si réellement elle avait un dessein ? Du mal ? Du bien ? Etait-ce le côté Lumineux ? Le côté Obscur ? Les deux à la fois ? Et était-ce vraiment une menace ?
-Tu n'aurais jamais du revenir ici.
-Tu es banni.
-Tu n'as jamais été des nôtres.
-Tu n'es pas digne d'être considéré comme tel.
-Tu as jeté l'opprobre sur notre clan, notre famille !
Ces voix, Dayimiyo les connaissait. Mieux que n'importe lesquelles à travers la Galaxie. Ces voix, c'était celles de la disgrâce, du déshéritement, de la peur, de la colère, de la perte de tout ce qu'il avait pu connaître. Devant lui, son œil unique put voir ce qu'il pouvait penser ne jamais revoir. Devant lui, sorti de nulle part, habillés de noir, les traits tirés, les yeux emplis de colère, il pouvait voir ses parents. -
Post n°8
Auteur : Pete JeabroDevant lui se dressait les restes d’un édifice majestueux. Quatre tours en ruines encadraient une cinquième, au centre, plus haute que toutes les autres. Assez miraculeusement, elle semblait avoir traversé le fil des siècles, comme si un sortilège avait pris soin de la préserver, la faisant tenir comme par magie. À l’approche du bâtiment, Pete ressentait une étrange aura. Il n’y avait aucun doute : des âmes puissantes avaient traversé ce lieu au fil des millénaires. Ce temple était un lieu toujours connecté à la Force, et il inspirait le plus grand des respects. D’un pas cérémonieux, Pete s’en approcha.
C’était une idée saugrenue, mais le jeune homme savait ses pas guidés par la Force. Il avait pris un taxi pour être déposé jusqu’au pied de l’édifice, visiblement fermé au public. En effet, des barrières en empêchaient l’accès et, en certains endroits, des gardes vérifiaient qu’aucun braconnier n’ose se faufiler dans le périmètre interdit. Son naturel discret -et son usage de la Force- avaient permis à Pete de passer la sécurité sans difficulté. Désormais, il approchait d’un hall majestueux. Malgré l’abandon des années, le lieu laissait toujours émaner une prestance éloquente, invitant au silence et à l’admiration. Un frisson secoua Pete lorsqu’il réalisa pleinement où est-ce qu’il se trouvait. Depuis son arrivée au Sanctuaire Jedi, il avait souvent entendu parler du temple de Coruscant. C’était là que les plus illustres maîtres avaient suivi leur formation. À sa connaissance, pas un seul membre du Conseil s’était affranchi d’un passage entre ces quatre murs. Lorsqu’un Jedi évoquait Coruscant, il y avait toujours de la nostalgie dans le ton de sa voix. Aux yeux des comparses de Pete, Coruscant était l’âge d’or des Jedi. C’était l’Ancienne République, c’était l’époque où les Jedi étaient connus et respectés, c’était l’ère où ils pouvaient durablement apporter paix et prospérité dans la galaxie.
Et pourtant, un jour, ils avaient été chassés. Un jour, l’Empire Sith était venu aux portes du temple pour y éliminer les Jedi. Les rares survivants avaient ensuite été traqués dans toute la galaxie, jusqu’à se terrer d’abord sur Hoth puis sur Endor. Pete, heureusement pour lui, n’avait rien connu de cette époque. Il devait être à peine un jeune garçon, en ces temps, à des années lumières d’ici, grandissant dans la douce ignorance de Broh. Mais aujourd’hui, il savait à que tous les Jedi , y compris les derniers arrivés, portaient encore les stigmates de cette période. S’ils ne l’avaient pas vécue, ils étaient formés par ceux qui avaient connu la mort, la traque et la survie. On était bien loin de la grandeur resplendissante de l’Ordre Jedi de Coruscant...
Qu’allait-il y trouver ? Alors que Pete contemplait toujours l’édifice -il réalisait seulement maintenant à quel point il était immense-, le jeune homme se demandait à quoi il pouvait bien s’attendre. Le monument était à l’abandon. Pete était surpris de voir que les Sith n’avaient pas cherché à le détruire. Ou, s’ils avaient essayé, ils avaient échoué. Le jeune homme était en train de gravir les premiers marches d’un long et large escalier, qui allait le mener dans le ventre du monument. Risquait-il de s’effondrer au-dessus de sa tête ? La question était certainement naïve, mais Pete n’avait pas pu s’empêcher de se la poser.
Ce fut un Pete essoufflé qui arriva au sommet des marches. Il prit le temps de s'arrêter et de souffler un coup. Dans le passé, les Jedi d’autrefois devaient être plus entraînés pour paraître si fiers à l’entrée du temple. Ou alors, ils avaient tous triste allure. Impossible à savoir. Maintenant qu’il se trouvait au pied de l’entrée, Pete avait vraiment l’impression d’être minuscule. Auparavant, la vie avait grouillé dans ce temple. Désormais, il était délaissé. Ce monument avait été le berceau des Jedi pendant des millénaires. Pete avait vraiment du mal à se représenter en ce lieu le fourmillement de vie qu’il avait pu observer sur Endor. C’était comme si la forêt toute entière avait été remplacée par un immense édifice en pierre. Comment les Jedi avaient-ils pu vivre à l’époque sans contact direct avec la nature ? Était-ce ce qui avait causé leur perte ?
Car c’était difficile de croire qu’une attaque frontale des Sith avait suffit à réduire les Jedi au néant. Il y avait forcément eut d’autres causes, des problèmes insoutenables qui avaient fait que, attaqués par les Sith, les Jedi n’avaient plus été en mesure de se défendre convenablement. La République et leurs alliés religieux n’avaient ainsi pu être balayés en un revers de main. Mais ces histoires, Pete les ignorait et ne les connaîtrait sans doute jamais. Alors, comment faire pour éviter de répéter les mêmes erreurs ? Peut-être était-ce cela, ce qu’il espérait trouver en arrivant ainsi. Il ne s’en était pas rendu compte, mais Pete effectuait là son pèlerinage. Était-ce ce à quoi l’invitait le fantôme ? « Retourne à l’origine de toutes choses ». Autrement dit, « Fais ton pèlerinage ». Retourne au berceau de ton ordre, observe ce qu’il en reste, apprend des erreurs de tes ancêtres.
Pete inspira profondément, un sourire se dessinant sur ses lèvres. Il ressentait une surprenante satisfaction, comme s’il venait enfin de comprendre quelque chose qui ne cessait jusque là de lui échapper. En jouant le jeu du fantôme, il ignorait ce qu’il en rapporterait. Mais Pete n’était même pas entré dans le temple qu’il apprenait déjà. Sa confiance gonflée à bloc, Pete Jeabro fit ses premiers pas dans le temple Jedi. Il sentait une présence apaisante, comme si la Force marchait à côté de lui. À chaque pas qu’il faisait, il sentait son écho se réverbérer dans la Force et, à travers Elle, dans le temps. L’espace d’un instant, une énergie renouvelée le porta triomphalement, alors que dans un flash, il vit une scène se dessiner. Des dizaines d’êtres encapuchonnés gravissaient les mêmes marches que celles qu’il venait de monter. Pete ne pouvait pas distinguer leur visage, mais il sentait une forme d’apaisement, de joie et de félicité. Et, l’instant d’après, la vision avait disparue. Elle avait été tellement fugace que le jeune homme ne savait pas vraiment s’il l’avait vue. Mais il n’était pas inquiet pour autant, car il avait une seule certitude.
Il marchait dans les pas de ceux qui l’avaient précédé.Spoiler : HRP
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Post n°9
Auteur : Dayimiyo QoraasA l'instant précis où il comprit qui se tenait devant lui, Dayimiyo fut tétanisé. La surprise et la peur l'avaient complètement paralysé. Il devait rêver ! C’était impossible ! Comment… comment pouvaient-ils être ici ?
"Maman... ?! Papa... ?! Po-pourquoi êtes-vous-"
-Silence !"
Le jeune homme laissa s'échapper un hoquet de surprise. Ils étaient différents de la dernière fois. Ils n’étaient plus terrifiés, mais complètement furieux. La haine et la colère émanaient de leurs regards, et leurs dires étaient aussi blessants que des lames.
"Tu nous as privés de notre bonheur !"
"Tout est de ta faute. Ta simple existence nous déshonore !"
Leurs mots étaient toujours aussi durs à entendre, mais cette fois, Dayimiyo ne pouvait pas ne rien dire. Il avait peut-être une infime chance de...
Il devait leur faire comprendre, leur dire ce qu'il aurait dû dire il y a si longtemps. Il baissa le regard, et, les yeux crispés, se força à parler.
"Je... Je n'ai jamais voulu naître comme ça ! Je n'ai jamais souhaité avoir... cet œil, ni ce lien avec... la... Force..."
Il marqua un temps, et repris de plus belle, cette fois plus assurément, comme poussé par un élan de bravoure.
"Mais je ne peux rien y faire. Je suis désolé, vraiment désolé, d'avoir souillé notre nom, mais c'est comme ça. J'ai dû l'accepter. Alors, je vous prie, Maman, Papa, acceptez-le... acceptez-moi !"
Il rouvrit ses yeux emplis d'espoir, et releva la tête, priant pour que ses paroles aient réveillé l'amour filial qui existait autrefois en eux.
Hélas, il n'eut pas ce qu'il espérait. Désormais, il n'y avait dans leur expression que le plus profond des dédains, et que la plus viscérale des haines.
"T'accepter ? Nous ne t'accepterons jamais ! Tu n'es pas notre fils, tu n'es qu'une abomination !
-Nous aurions dû te tuer dès ta naissance ! Si seulement tu n'étais jamais venu au monde !"
À cet instant précis, Dayimiyo sentit son cœur éclater en mille morceaux.
Sa propre mère regrettait sa naissance. Elle qui l'avait porté, enfanté, allaité, le rejetait comme si elle ne l'avait jamais connu.
Quant à son père, il ne voyait désormais en la chair de sa chair qu'un monstre difforme.
Tout cela ne faisait que confirmer ce qu'il savait déjà : ses parents ne l'aimaient plus.
Non, c'était bien pire encore.
Ils ne l'avaient jamais aimé.
Lorsqu'il réalisa cela, sa gorge se noua et ses yeux devinrent humides.
"Je... J-je suis... désolé..."
Alors que les mots peinaient à sortir, les larmes coulaient à flot sur ses joues rougies par l'émotion. Il tomba les mains sur le sol, incapable d'encaisser ce choc émotionnel. Il était dévasté. D'une voix faible et pratiquement cassée, il les implora une dernière fois :
"Pitié... Ne me laissez pas... Ne m'abandonnez pas... je vous en... supplie..."
Il ne voulait plus être seul. Cette idée le terrifiait profondément. Il venait seulement de le réaliser, mais en vérité cette crainte l'habitait depuis toujours. Elle était si profonde que lorsque qu'elle s'était réalisée, il avait à peine hésité à suivre une parfaite inconnue pour joindre un ordre dont il ignorait tout, uniquement pour ne pas être livré à lui-même. Il ne méritait pas d'être un Jedi. Ses seules motivations étaient la peur et l'égoïsme.
Ils avaient raison. Si seulement il n'était jamais né. Tout aurait été tellement plus simple.
Lentement, il se recroquevilla sur lui-même, le front dans la poussière mouillée par ses larmes, sous le regard haineux de ses géniteurs. -
Post n°10
Auteur : Super PNJCeux qui les ont précédés... Se doutait-il seulement que les derniers à avoir foulé ces marches étaient encore là, et n'étaient arrivés que quelques minutes avant lui ? Sans doute pas. Siphra, après avoir envoyé Daymiyo dans les Archives, s'était assise en tailleur sur les larges marches poussiéreuses, optant pour une pose méditative. Beaucoup de choses étaient en cours, mais rien ne pressait, et elle décida de laisser venir à elle les évènements. Le jeune Saccorien, comme tant d'autres avant lui, serait probablement testé, éprouvé par la Force, toujours aussi taquine.
Et puis, elle avait cette nouvelle sensation qu'elle touchait au but. Persuadée de ne pas être là par hasard, la Chevalière errante attendait l'heure où la Force déciderait de lui révéler ce qu'elle attendait d'elle. Sans aucune forme d'impatience, comme elle en avait l'habitude, la Jedi se préparait à tout. Manifestation du Côté Obscur ? Visiteur Républicain ? Evénement impromptu ? Finalement, rien de tout ça. Elle eut à peine le temps de commencer sa méditation qu'elle pouvait voir, dans l'entrée du Temple, une silhouette encapuchonnée s'avancer dans le hall d'entrée. Siphra sourit. Décidément, la Force avait encore bien des choses en réserve pour la surprendre...***
Plus haut, à peine une volée de marches plus haut, la Force se montrait bien présente. Et surtout... Sacrément oppressante. Dayimiyo le Novice en faisait les frais, et prenait de plein fouet sa Toute-Puissante Volonté. Face à ses parents, le Jedi en devenir ne faisait pas le fier, au contraire. Contraint à la fois au silence, à la repentance, puis à la culpabilité, il ne trouva comme soutien que le sol poussiéreux, sur lequel il se recroquevillait tel un animal persécuté.
Ses parents le regardaient avec un air de défi... Non, de mépris. De dégoût. Il ne pouvait pas le voir, dans la position foetale qu'il avait adopté, mais ils avancèrent lentement. Armés. Son père tenait une vibro-lame semblable à celle qu'avait reçu Dayi de sa collègue, alors que sa mère, elle, pointait sur Dayimiyo un blaster léger.
-Nous allons mettre un terme à cette atrocité.
-Faire ce que nous aurions du faire il y a des années.
Oui, Dayi était seul. Oui, dans cette ambiance sordide, il ne pouvait s'attendre à aucune aide. Aucune aide ? Pourtant, au fond de lui, brillait une chose. Rien de matériel. Juste une étincelle, qui s'était éveillée peu de temps auparavant. Une lueur dans ses ténèbres qui l'avait mené jusqu'ici, dans cette salle froide, vide et sale. Une lumière aussi précieuse que fragile, qu'il partageait pourtant avec tant de monde. Dayimiyo était-il réellement seul ?Spoiler : Spoiler
Kryann -
Post n°11
Auteur : Pete JeabroL’entrée était toute aussi impressionnante que l’extérieur. De longues colonnes ornaient un majestueux couloir. Pete ne comprenait pas réellement l’utilité d’un temple aussi grand alors qu’il n’y avait qu’une centaine de Jedi. Y avait-il une période, dans le passé, où les Jedi se comptaient pas dizaines de milliers ? Alors qu’il avançait, le jeune homme réalisait à quel point il était ignorant de l’histoire Jedi. Pourtant, il avait passé des heures innombrables dans la bâtisse des archives, à consulter des bribes du passé. Chaque ouvrage sur lequel il tombait lui révélait une réalité toute autre de celle qu’il avait connue dans son enfance. Les Jedi n’avaient aucunement trahi l’Empire comme le racontaient les livres d’Histoire. Il y avait bel et bien eu une scission entre des loyalistes et des républicains, mais les choses n’avaient pas été aussi noires que ce que Pete avait pu apprendre sur Broh. En réalité, une étonnante complexité se cachait derrière les lignes qu’il avait pu lire en étant plus jeune. L’ancien pilote impérial avait aussi appris énormément de choses qu’il n’avait absolument pas soupçonnées : le lien entre les Jedi et la nature, leurs méthodes de combats, la signification de certains symboles, ... Mais surtout, il avait pu découvrir (et continuait d’apprendre) la philosophie et la spiritualité Jedi. La Force. Cette entité qui reliait toutes les choses entre elles, cette émanation qui animait la vie dans la galaxie toute entière.
Ici, à l’intérieur du Temple Jedi, Pete pouvait La sentir. Elle résonnait en son coeur, comme Elle pouvait le faire à certains endroits du Sanctuaire d’Endor. Alors qu’il avançait dans l’immense hall, le jeune homme s’interrogeait sur les symboles qu’il pourrait bien découvrir ici. Plus important encore, il se demandait sous quelle forme se manifesterait la Force. Car c’était Elle qui l’avait appelé ici.
Un changement dans la vibration. L’instinct de Pete lui signifia qu’il n’était pas seul ici. Il y avait quelqu’un d’autre non loin de lui. Mais le Jedi n’eut aucune inquiétude : il ne sentait aucune animosité. Autour de lui, il ressentait un apaisement généralisé : il ne courait aucun danger. Enfin, pour le moment. Quelque chose au fond de lui, au niveau de ses tripes, lui disait qu’il allait certainement au devant de certaines surprises. Une intuition viscérale qui refusait de le lâcher. Mais plutôt que de s’inquiéter et de se mettre sur la défensive, comme Pete avait l’habitude de faire lorsqu’il marchait vers l’inconnu, il décida d’accueillir ce sentiment d’inconfort comme le fantôme de Naboo le lui avait appris. Il accueillait sa peur, celle du danger, par une respiration calme. Le jeune homme se surprit d’ailleurs à réagir ainsi. Apparemment, il n’était plus le même que lors de son arrivée sur Naboo. Quelque chose avait changé en lui : avait-il muri ? Avait-il progressé dans sa compréhension de la Force ? C'était encore difficile à savoir.
Le couloir s’achevait sur un merveilleux escalier double. Pete aurait pu s’attarder une fois de plus sur l’architecture, s'il n'avait été trop occupé à contempler la silhouette trônante sur la première volée de marches. Son coeur s’accéléra dans sa poitrine lorsqu’il la reconnut. Le visage mat sous la capuche ne lui disait rien. Mais la tenue qu’elle portait était évocatrice. C’était précisément un symbole fort, un symbole qu’il recherchait et qu’il aurait du s’attendre à trouver en ce lieu : la personne qui se tenait en face de lui était un Jedi.
À quelques mètres de la Jedi -c’était visiblement une femme- Pete interrompit sa marche. C’était étrange. À vrai dire, en se rendant dans le temple de Coruscant, il ne s’était pas attendu à croiser âme qui vive. Le lieu était réputé abandonné -du moins, le croyait-t-il. Alors cette rencontre était une surprise. Plus qu’une rencontre, c’était des retrouvailles. Pour la première fois depuis une éternité, Pete voyait à nouveau un membre de son ordre. En pénétrant ce temple pour la première fois, il était de retour à la maison.
- Bonjour, fit Pete, le plus simplement du monde.
Sa voix trahissait-elle l’émotion vive qui l’habitait ? Un élan d’excitation inhabituel s’était emparé de lui : son coeur s’était contracté et battait comme il n’avait encore jamais battu. Plus extraordinaire encore que l’exploration du temple, sa rencontre avec un Jedi marquait une joie impromptue. Face à cette Jedi, qu’il n’avait jamais croisée auparavant, Pete savait à peine comment se tenir. Il n’osait pas parler, de peur de dire une bêtise. Quelles étaient les formulations d’usage lorsque l’on revenait de mois d’absence ? Pete ne savait même pas si l’Ordre existait toujours -il y avait fort à parier que si, mais les traces du temple en ruine prouvaient qu’un coup d’État était si vite arrivé. Après tout, il se retrouvait devant une Jedi qu’il n’avait encore jamais rencontrée. Avait-elle rejoint l’Ordre en son absence ? Si tel était le cas, quels autres changements avaient bien pu se produire... ? Peut-être pourrait-elle le lui dire. À commencer par son prénom. Il décida donc de se présenter, espérant que son interlocutrice déciderait d'en faire autant :
- Mon nom est Pete Jeabro. Je suis un chevalier Jedi. Je...
Pete s’interrompit au milieu de sa phrase. Il n’était pas du genre à déballer sa vie, encore moins devant une inconnue. Il avait appris à ne pas se fier aux apparences, même si tout laissait à penser qu’elle était une Jedi. Elle portait l’accoutrement traditionnel de l’ordre et l’absence de tresse indiquait qu’elle n’était pas padawan. L’aura qu’elle dégageait dans la Force était trop fort pour être celle d’une débutante, mais trop faible pour être celle d’un maître. Enfin, il ne ressentait pas d’obscurité particulière en elle. Pete semblait bel et bien se trouver en face d'un chevalier Jedi, un membre de son ordre, un membre de sa famille. Pouvait-il se risquer à parler de sa mission sur Naboo, de son errance et de sa fuite jusqu’à son arrivée jusqu'ici ? Non, il ne préférait pas en révéler trop pour le moment. Aussi préféra-t-il en savoir plus au sujet de son hôte improvisée :
- Je pensais le temple délaissé ? Y a-t-il un accord avec la République pour le réhabiliter ?
Si tel était le cas, la République ne devait pas trop y mettre les moyens. Ça manquait d’engins de chantier, à l'extérieur. Pete se demanda soudain s’il n’aurait pas mieux fait de se taire, car sa remarque paraissait quelque peu stupide. Il se sentit obligé de se justifier :
- J’ai été contraint de me tenir éloigné des affaires de l’Ordre. Aussi, ne suis-je pas au courant des dernières décisions. Quelles sont les nouvelles d’En... De... ?
La dernière syllabe s’étrangla au fond de sa gorge. Sans prêter attention Pete avait faillit gaffer. La localisation du Sanctuaire était tenue secrète et, tant que Pete n’était pas certain d’échanger dans un climat de confiance, il préférait tenir sa langue. La hall était large, qui sait qui pouvait être en train de les écouter ?
- ... de chez nous ? acheva-t-il dans un murmure. -
Post n°12
Auteur : Dayimiyo QoraasLe jeune novice n'avait désormais plus aucune accroche. L'univers lui avait rappelé de la plus dure des manières à quel point il était pitoyable. Et à présent, il s'apprêtait à le rappeler dans ses profondeurs infinies desquelles il n'aurait jamais dû sortir. En effet, le jeune homme l'ignorait tant il était perdu dans ses pleurs, mais il allait mourir. Que ce soit taillaidé par son père ou abattu par sa mère, il n'y avait pas d'échappatoire. Mais à vrai dire, ça n'avait plus d'importance. Il n'en avait cure. En fin de compte, il n'avait fait que repousser l'inévitable. S'il n'avait pas quitté sa planète, il serait mort dans le froid. La seule différence serait qu'au moins cette fois-ci, ce serait rapide.
L'homme leva son arme, et d'un coup brutal, l'abattit violemment sur son fils, et un bruit assourdissant se propagea dans toute la salle.
Mais le sang ne coula pas.
Avant de pouvoir achever l'adolescent, l'arme avait été stoppée par l'une de ses sœurs. Les doigts pratiquement vissés sur la garde, Dayimiyo avait paré le coup de son père de justesse.
Lui-même ne savait pas comment il avait fait ça. Son corps avait comme bougé de lui-même. Mais à cet instant, il n'arrivait pas à penser à ça. En vérité, il n'arrivait à penser du tout. Son cœur palpitait à une vitesse fulgurante, et chaque muscle de son corps était contracté au possible.
Le Saccorien n'avait évidemment pas la carrure pour résister très longtemps à un homme adulte. Son corps commençait à ployer sous l'importante force appliquée sur lui. Lorsqu'il voulut se reculer, une impression foudroyante le parcourut, et il tourna le regard vers sa mère. Elle pointait son arme vers sa descendance rejetée et avant qu'il ait eut le temps de faire quoi que ce soit, elle pressa la gâchette. Même dans son état survolté, Dayimiyo ne pouvait pas aller plus vite qu'un tir de blaster, mais son corps tenta tout de même d'éviter.
Il n'avait pas clairement compris ce qui venait de se passer. Son esprit était encore plus embrouillé qu'avant. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il tenait encore debout. Il avait réussi à reculer, mais sa joue le brûlait atrocement. Le tir avait frôlé son visage, et de très près. S'il n'était pas bombardé d'adrénaline, il serait sûrement en train de gémir péniblement.
"Cesse de résister.", fit la femme d'un ton dur et sec.
Oh ça, il aurait bien voulu. Il s'était fait une raison et était prêt à disparaître.
Mais alors... pourquoi ? Pourquoi résistait-il ? Sa vie n'avait plus aucune importance. Il était seul. Il n'avait plus de famille. À quoi bon ? Qu'est-ce qui pouvait encore le motiver à tenir le coup ? Etait-ce la Force qui avait décidé de jouer avec lui le plus longtemps possible ? Ou bien était-ce par... Enfin, pour...
Il savait très bien quel nom lui venait à l'esprit. Siphra. Etait-ce pour elle qu'il combattait encore ? Elle qui avait donné un nouveau sens à sa vie ? Quelle question. Bien sûr, qui d'autre ? Elle était la seule à qui il faisait confiance, celle qui avait rallumé l'espoir en lui. Elle l'attendait probablement en bas de ces marchés. Elle s'était donnée tant de mal pour le faire intégrer l'ordre, il ne pouvait pas lui faire faux bond ainsi. Il voulait qu'elle soit fière de lui, et revoir ce sourire qui signifiait tant à ses yeux. Son désespoir et sa volonté de continuer s'entrechoquaient violemment en lui, mais il arrivait à tenir, pour l'instant.
Le novice fit face à ses géniteurs l'arme à la main. Il tremblait encore, et sa posture n'avait rien de correct, mais son regard était plus assuré. Son père fonça vers lui tandis que sa mère se recula. Face à la brutalité des coups, les parades du jeune Saccorien étaient grossières et hasardeuses, mais il arrivait à se protéger tant bien que mal. Il cherchait tout de même à ne pas oublier sa mère, qui n'attendait qu'une occasion de lui tirer dessus. Pendant un petit moment, il parvint à tenir en échec son paternel, mais celui-ci opta alors pour une autre tactique. Alors qu'il asséna un nouveau coup paré difficilement, il profita du fait que son fils tenait son arme à deux mains pour frapper d'un coup de poing son estomac. Ce dernier en eut le souffle coupé, donnant une opportunité à l'homme pour lui asséner un puissant coup du manche de son arme.
Prit au dépourvu, Dayimiyo ne put rien faire pour se défendre et fut projeté à terre. Le temps qu'il se relève, ses parents étaient déjà sur lui, pointant leurs armes vers lui. Son père se prépara à frapper, et sa mère à tirer. Par instinct, Dayimiyo ferma les yeux, attendant le coup fatal.
Une seconde passa. Puis une autre. Puis encore une autre. Et malgré cela, il respirait encore. Lentement, il rouvrit les yeux, mais ne trouva rien. Il n'y avait plus personne.
Le jeune homme se releva et regarda tout autour de lui, mais la pièce était belle et bien vide. Il était seul. Ses parents avaient disparu. Il tenta de les appeler, sans qu'aucune réponse ne lui parvienne.
Il sentit alors que la douleur sur sa joue s'était elle aussi envolée, et passa ses doigts dessus.
Rien. Pas une once de peau carbonisée.
La douleur des coups qu'il avait reçus n'était également plus.
Il tomba à genoux, haletant, et passa une main sur son front.
Tout ça... Ce n'était pas réel. Ce n'était... qu'une illusion.
Il aurait dû le comprendre, mais la confusion et la peur avaient obscurci son jugement. La Force s'était jouée de lui si facilement. Mais malgré tout, il était heureux que rien de ce qui était arrivé soit réel. Il y avait encore un espoir que ses parents...
Non. Il se voilait la face, une nouvelle fois. Cette vision était probablement proche de la réalité. Ils l'avaient déjà rejeté une fois, ils le referaient probablement encore. C'était définitivement terminé. C'était dur à accepter, mais il se le devait. Peut-être... peut-être était-ce ça, ce qu'il était venu chercher, en fin de compte.
Dans tous les cas, il ne tenait pas à rester ici. La Force était toujours très intense autour de lui. Il n'osait pas s'y plonger de nouveau. Se relevant aussi vite qu'il le put, le jeune homme s'empressa de tourner les talons. Il en avait eu assez. Pas à pas, il se dirigea vers la large porte, et vers les escaliers qui le ramèneraient près de Siphra. Il fallait qu'il la voie. Maintenant. Mais à quelques pas seulement de la sortie, il se figea. Il sentit monter en lui une profonde sensation de culpabilité, comme si on lui reprochait de fuir. Etait-ce dû à la Force, ou à son propre subconscient ? Ce n'était pas de la lâcheté ! C'était juste... sa limite. Oui. C'était ça. Il ne pouvait tout simplement pas à aller plus loin. Rien de plus. Mais alors, pourquoi se sentait-il aussi mal ? Ce n'était pas logique. Il voulut entamer son prochain pas, mais curieusement, sa jambe resta immobile. Même son corps ne voulait pas qu'il s'en aille. Alors que tout lui disait de continuer, le jeune homme résista du mieux qu'il put, mais après un long moment d'hesitation, il finit par céder.
"... Très bien."
Et lentement, il fit demi-tour, faisant face à la suite toujours aussi vide.
"Montre-moi... ce que je dois voir."
Comme pour lui répondre, une nouvelle attraction naquit en lui, cette fois plus éloignée. Il déglutit de doute. Il ne savait pas jusqu'où tout cela le mènerait, mais il se mit en route malgré tout, l'esprit aux aguets, s'enfonçant dans les profondeurs de l'ancien temple. -
Post n°13
Auteur : Super PNJSiphra avait cela pour elle qu’elle semblait détendue et reposée en toutes circonstances. Spectacle étrangement apaisant, si il en est, quoique incongru dans un Temple Jedi en ruines. Avait-elle senti l’arrivée de Pete, ou son flegme naturel l’avait amenée à ne manifester aucune surprise ? Nul ne le saurait jamais, à moins de lire dans ses pensées. Toujours est-il que l’arrivée du Chevalier ne lui fit pas perdre son sourire, et c’est lentement qu’elle se leva alors qu’il s’approcha. Joignant les mains devant elle, elle étira son expression facile, dévoilant ses dents impeccables avec une joie certes contenue mais non feinte de voir un frère.
Elle l’écouta parler, se mélanger entre les mots, hésiter, même se compliquer la vie fortement dans ses explications. Mais elle ne se départit pas de son souvenir, consciente de la surprise qu’elle avait provoqué. Son sourire s’élargit lorsqu’il évoqua leur sanctuaire. Quand bien même il semblait perdu dans cet endroit, il n’en oubliait pas leurs racines. Aussi, elle le laissa finir et prit la parole à son tour.
-Que la Force vous guide, mon frère. Mon nom est Siphra, Chevalière, tout comme vous.
Elle s’avança d’un pas léger, toute à sa joie, et prit les mains de Pete entre les siennes, tant en signe d’apaisement que de fraternité. La chaleur de son corps contrastait avec la froideur du Chevalier, mais elle n’en avait cure. Il était si rare de croiser des Jedi accomplis hors d’Endor qu’elle en avait presque perdu l’habitude, toute à sa tâche de retrouver les sensitif perdus.
-Comme vous l’avez mentionné, Maître Jeabro, le Temple est toujours à l’abandon, et pour autant que je le sache, il le restera, la République ne voulant pas se lier de nouveau avec nous. Cela est sujet à de nombreux débats, comme vous pouvez vous en douter, ce qui répond partiellement à votre autre question.
Elle marqua une pause. Peut-être serait-il déçu, mais elle n’allait pas lui donner de faux espoirs.
-Malheureusement, je ne saurais vous aiguiller outre mesure sur le reste de la réponse. Je ne rentre que trop rarement au sanctuaire pour être une historienne efficace, et n’y ai passé que quelques jours récemment.
Siphra eut un sourire contrit.
-Je peux cependant vous dire que les nôtres sont divisés. Certains souhaitent rester en paix, méditer sur la Force et notre rôle, quand d’autres cherchent à revenir sur la scène galactique et à reprendre notre place.
Elle le jaugea du regard. Il avait l’air de celui qui revenait de nulle part, du néant, de l’oubli. Sans doute avait-il traversé de longues, trop longues épreuves, qui lui avaient donné cette dureté dans le regard. Sous ses airs hésitants, il y avait là un Jedi forgé dans la douleur et le dépassement de soi. En somme, un Jedi accompli. Elle lâcha ses mains et reprit sa posture initiale, mains croisées devant elle, enfouies sous les longues manches de sa bure.
-Je suis navrée de vous décevoir dans votre quête de réponses, Pete. Je suis un bien piètre guide, mais je sens que, comme moi, vous êtes guidé par la Force en ces lieux. Pouvez vous rêver d’un meilleur fil conducteur ?
La Chevalière fit à nouveau une pause. Il méritait bien quelques explications. Elle avait le sentiment qu’elle pouvait lui faire confiance, ce qui était assez rare dans une Galaxie aussi sordide. Il donnait envie de lui accorder sa chance, sa confiance.
-Je suis moi-même venue en ces lieux sous l’injonction de la Force. Je vois à votre visage que vous savez parfaitement de quoi je parle, lorsque j’évoque cette injonction inconsciente, qui nous emmène corps et âme vers un endroit improbable, n’est ce pas ? J’y ai répondu plus souvent qu’à mon tour, et me voici en ces lieux, emmenant dans mon sillage un jeune Novice.
Nouveau sourire. Dayimiyo, à l’heure actuelle, devait avoir fait le tour des Archives et connaissant le caractère curieux du Saccorrien, il était probable qu’il poursuive son chemin. Tant mieux. Il était là pour cela. Pour marcher dans les pas de ceux qui les avaient précédés. Pour comprendre sa place dans le tout qu’était l’Ordre.
-Peut-être aurez vous le plaisir de le rencontrer ? Je doute, mon ami, que vous soyez venu en ces lieux perdus uniquement pour rester dans le hall, fut-il majestueux et chargé d’histoire.
Elle désigna d’un geste de la main la volée de marches derrière elle.
-Les Archives… Ce qu’il en reste… Sont juste au dessus de nous. Et si vous regardiez le Temple avec les yeux d’un Novice ?
Nouveau sourire. La Force. Cette farceuse.***
Y avait-il autre chose que des ruines, des colonnades délabrées, des salles détruites dans ce Temple ? Dayimiyo pourrait se poser la question. A peine quelques années s’étaient écoulées entre sa destruction et l’instant présent, pourtant, l’ancien Sanctuaire de l’Ordre Jedi était dans un état pitoyable. Ne subsistait que cette vague aura de mysticisme et de traditions, une sorte d’odeur qui venait chatouiller les narines des visiteurs, puis s’estompait aussi rapidement. Cette impression de grandeur se retrouvait bien vite dépourvue de sens lorsqu’on regardait de plus près. Murs, sols, plafonds, tout portait la marque de l’affrontement qui avait eu lieu ici, quand l’Empire Sith avait chassé les gardiens de la République de Coruscant, les contraignant à l’exil. Les traces de tirs de lasers, de coups de sabres étaient autant de témoins de la déchéance de ceux qui avaient été considérés comme les champions de la Galaxie en leur temps.
Etait-ce cela, marcher dans les pas de ceux qui nous précèdent ? Regarder les preuves de leur déchéance, leur souffrance, qui se répercutait sur tous les survivants ? Ou bien le Novice devait-il voir au-delà de ce que ses yeux lui montraient ? Car, tout détruit qu’il soit, le bâtiment était toujours debout. Même les Sith ne l’avaient pas détruit. Etait-ce une forme de respect envers leurs ennemis de toujours, ou tout simplement l’incapacité de le faire ? Comme l’Ordre, le Temple était toujours debout, défiant toutes probabilités, tout scénario logique, et il en devenait un symbole même de la résilience des Jedi.
Pour le Novice, ses pas le menaient de salle en salle, de couloir en couloir, empruntant çà et là des volées d’escaliers aux marches détruites, apercevant Coruscant par les grandes fenêtres. La métropole planétaire s’étendait au dehors, contrastant par sa technologie et ses bâtiments grouillant de vie avec le refuge vide. Oppressant ou apaisant, selon les caractères de chacun, l’esprit taquin pourrait s’amuser de tant de disparités. Les différences s’accumulaient et se complétaient. Les pérégrinations du Saccorrien finirent par le mener à gravir de hautes marches, qui l’emmenèrent à une porte à moitié ouvert. Le mécanisme de fermeture ayant rendu l’âme depuis bien longtemps, il était aisé de s’y faufiler. Une grande baie vitrée entourait toute la salle circulaire, la baignant de la douce lumière du soleil de Coruscant qui baissait lentement vers l’horizon, en cette paisible soirée. Les reflets d’or, d’orange et de jaune illuminaient la salle, parant ses mosaïques ocres de nouvelles couleurs plus brillantes que jamais, effaçant partiellement les traces de conflit de l’endroit. Douze sièges éventrés voire détruits constituaient un cercle parfaitement agencé dans la salle, au milieu desquels se dessinait sur le sol une étoile à autant de branches. Instinctivement, cela donnait envie de se mettre au milieu et de faire un tour sur soi-même afin d’admirer la totalité de cette salle qui semblait si importante malgré sa petite taille.
-Approche, Novice. Que crains tu?
La voix avait résonné dans toute la salle. Quelqu’un était là. Quelqu’un ? Dans cet endroit désert ? Pourtant, on ne voyait rien.Kryann -
Post n°14
Auteur : Dayimiyo QoraasL'exploration du temple fut assez calme. D'abord effrayé, Dayimiyo parvint à s'habituer au silence de mort qui planait en ces lieux. De mort, oui, c'était le terme adéquat. Au cours de son périple, le jeune homme constata davantage encore toute la destruction qu'avait subi le temple il y a tant d'années. D'innombrables marques de tirs, des traces de découpe, des débris, et rien de plus qu'un sanctuaire détruit, abandonné et oublié. Tout cela, la destruction et la mort qu'avaient amenés les Sith, c'était dur à regarder. Malgré tout, guidé tant par la Force que par sa curiosité qui revenait peu à peu, il continua.
Il traversa de nombreuses pièces, couloirs et escaliers. Emporté dans cette aventure, il avait pratiquement perdu la notion du temps, uniquement aidé par les nombreux interstices dans les murs du temple, qui lui révélaient que la nuit n'allait pas tarder à tomber. Enfin, il finit par entrer dans une salle à la forme circulaire, entourée par ce qui jadis avait été des sièges. A son arrivée, il fut ébloui par la lumière du crépuscule qui avait envahi la pièce. Il sentait la légère chaleur du soleil couchant sur son visage. C'était... agréable. Cette salle lui rappelait quelque chose. Cette disposition, il l'avait déjà une fois, sur Endor. C'était dans une salle comme celle-ci qu'il avait été admis dans l'Ordre. Cet endroit, était-ce... la salle du Conseil ? Le jeune Jedi s'avança de quelques pas, mais avant d'arriver au centre de la pièce, quelque chose parvint à ses oreilles.
Une voix !
Aussitôt, il recula, et balaya hâtivement le regard dans la pièce. Personne. Pourtant quelqu'un avait parlé, il était certain. Etait-ce encore une illusion de la Force ? C'était possible. Plus que probable, même. Elle l'invitait à s'approcher, mais le novice hésitait. il y avait un risque qu'il ait à revivre une expérience similaire à celle des archives. Pourtant, il savait pertinemment qu'il avait prit la décision d'aller jusqu'au bout, peu importe les risques. C'était bien trop tard pour reculer maintenant. Il devait cependant se préparer à toute éventualité. Si comme toujours, il était en proie au doute, Dayimiyo prit son courage à deux mains et daigna répondre :
"Qui... Qui est-là ? Qui êtes-vous ?"
C'était différent de la dernière fois. Cette voix-là, elle lui était inconnue. Ce n'était pas un autre fantôme de son passé venu le tourmenter. Mais elle savait qu'il était un Jedi, et connaissait le rang du saccorien. Dans ce cas, qui cela pouvait-il être ? -
Post n°15
Auteur : Pete Jeabro« Siphra ». Ce nom ne lui disait rien. Pourtant, le sanctuaire d’Endor n’était pas bien grand et, même si Pete aurait été incapable de nommer chacun des Jedi, il en connaissait beaucoup de vue. Il en arriva à la conclusion qu’elle avait probablement vécu en exil pendant l’Empire Sith. Après tout, les Jedi avaient été traqués à travers toute la galaxie et peut-être même que certains ignoraient l’existence du nouvel ordre. Pete ne s’était jusque-là jamais posé la question. Il avait toujours perçu l’Ordre Jedi comme un groupe uni et soudé. Au fur et à mesure de son expérience, il réalisait que les choses étaient bien plus complexes. Siphra elle-même le soulignait : il n’y avait apparemment pas de position claire de l’Ordre vis-à-vis de la République. Ainsi, sa mission avait été un échec dévastateur. En plus d’avoir perdu la trace d’Endolorean et Roskress, les deux Jedi présents lors de la cérémonie officielle entre le gouvernement de Naboo et l’Ordre Jedi, Pete n’était pas parvenu à nouer des liens avec la République. À tel point que le Conseil semblait avoir reculé sur sa décision. Le jeune homme était curieux d’en savoir davantage, mais il ne préférait pas harasser Siphra de questions politiques. Il avait d’autres choses en tête.
- Vous avez été au Sanctuaire ? s’exclama Pete, d’un air enjoué.
Son coeur venait de faire un bond dans sa poitrine, en entendant cette nouvelle. Peut-être avait-elle des nouvelles de ses camarades ?
- Avez-vous pu rencontrer Endolorean Kardashkan ? C’est une extra-galactique élancée, à la peau bleue. Et avez-vous eu des nouvelles de Phyl Reez, mon maître ? Et le Conseil ? Comment vont les choses là-bas ?
Pete ne pouvait plus retenir le flot de questions. Isolé des siens pendant trop longtemps, il voulait savoir ce qu’ils étaient devenus. Il avait tout juste réussi à s’interrompre, avant de poser des questions sur Tev, le Féorrin qui l’avait accompagné dans la Montagne Noire et Yae-Wan, son compagnons d’apprentissage. Le chevalier Jedi se doutait que ce n’était ni le lieu ni le moment pour obtenir toutes ces réponses. Mais si la Force l’avait guidé jusqu’ici, c’était peut-être pour rencontrer Siphra et en savoir plus sur l’état de santé de ses proches.
La Force. Siphra en parlait, justement. Pete avait la désagréable impression que sa camarade cherchait à lui réciter un cours. Voulait-elle se prouver quelque chose ? Ou alors, elle était restée dans l’esprit de formation dans lequel elle avait dû être avec son novice.
- Vous êtes donc venue avec un novice ? demanda Pete, curieux.
Ça avait quelque chose de rassurant. À une époque pas si lointaine, une expédition anodine comme venait de faire Siphra et son novice aurait paru impossible. Aujourd’hui, il étaient trois à pouvoir arpenter le temple. Presque dans la légalité.
- La Force... Oui, c’est elle qui m’a guidé ici, poursuivit le jeune homme. Pourquoi ? Je ne sais pas, vous vous en doutez. Peut-être était-ce pour vous rencontrer ? Certainement, même.
Le chevalier Jedi trouvait très étrange l’invitation de Siphra. Elle ressemblait à un test. Qui était-elle réellement et que lui voulait-elle ? Pete commençait à être méfiant. Il sonda la Force mais ne ressentit aucune malice dans l’aura de la femme qui se tenait face à lui. Après tout, il avait parcouru une longue distance pour arriver jusqu’ici. Comme elle le disait si bien, ce n’était certainement pas pour rester dans le hall. Pete la dévisagea un instant, puis acquiesça amicalement avant de gravir la première volée de marches.
*
Les étages n’avaient pas réellement été épargnés par le temps. Les hauteurs du temple étaient tout aussi somptueuses que le reste de l’édifice et, à chaque pas qu’il faisait, Pete continuait d’avoir ce sentiment d’être au milieu de quelque chose de grandiose. Il se sentait tout petit face au poids de la Force, face à celui de ses ancêtres. Alors qu’il progressait d’étages en étages, sans réellement savoir où se rendre, il repensait à la rencontre qu’il venait de faire. Il avait cette impression d’être dans ces holo-films où le personnage principal voyage beaucoup et chaque personne qu’il rencontre lui apporte une nouvelle connaissance sur lui-même, avant de repartir. Siphra était-elle de ces personnes-là ? Ça lui paraissait irréel. Qui était-elle et que pouvait-elle bien rechercher ? Sous son aura mystique et énigmatique, se cachait-il une alliée de poids ou un coup tordu ? D’habitude, Pete n’était pas si parano, mais il avait un mauvais pressentiment concernant cette Jedi. Pourquoi doutait-il ainsi ?
Le couloir ne prenait plus beaucoup la lumière : le soir tombait. Pete était en train d’avancer dans un corridor, tout aussi vide et délabré que les autres. De ce qu’il pouvait voir, il s’agissait des anciens quartiers. Par curiosité, le jeune homme glissa la tête dans l’une des cellules. Vide, simple, de taille suffisante. Finalement, les cellules de Coruscant n’avaient rien à envier à celles d’Endor ! En regardant sur le côté, il vit un nom inscrit sur une plaque : « Maître Shabaal ». C’était carrément le quartier des maîtres ! À supposer que la distinction d’Endor se faisait également ici. Sa curiosité désormais poussée à vif, Pete décidé d’arpenter le couloir, se demandant sur quels illustres noms il pourrait bien tomber. Il déambula donc, observant les pièces -toutes identiques- et parcourant les noms. Certains des noms, comme « Maître Bradoc » lui étaient inconnus. Il se demandait alors ce qu’avaient bien pu devenir les Jedi en question ? Étaient-ils égarés quelque part dans la galaxie, étaient-ils morts pour protéger le temple ? Mais son coeur bondissait dans sa poitrine lorsqu’il revoyait des noms familiers, comme « Maître Drecko », « Maître Tellec », ou encore « Maître Nocasta ».
Une intuition le saisit lorsqu’il passa devant une cellule, pourtant identique à toutes les autres. Surpris, Pete regarda autour de lui. Mais il n’y avait rien. Il jeta un oeil à l’intérieur de la cellule, mais elle était tout aussi vide que les précédentes. D’un pas léger, le jeune homme y entra. Qu’est-ce qui avait bien pu l’attirer à l’intérieur ? Qu’est-ce que la Force souhaitait lui montrer ?
- De nombreuses générations de Jedi se sont succédées dans cette cellule.
Pete sursauta. Dans un mouvement désespéré, il retint un cri de stupeur. Encore lui ! Le chevalier se retourna vers ce fantôme qu’il avait trop vu, son regard insistant lui signifiant à quel point il détestait être surpris de la sorte.
- Pourquoi êtes-vous ici ?
C’était l’être spectral qui avait tenu compagnie à Pete lors de son errance sur Naboo. Le jeune homme ne savait toujours pas s’il devait le considérer comme son geôlier ou son sauveur. Le fantôme lui avait certes permis d’évoluer dans sa perception de la Force et de la philosophie Jedi, mais Pete continuait d’ignorer qui il était réellement, ni les raisons qui l’avaient poussé à se manifester auprès de lui -surtout d’une manière aussi énigmatique.
- Encore une fois, je te retourne la question.
Comme à chaque fois, le fantôme ne répondait pas directement. Il continuait de jouer les êtres mystiques, sans directement aller droit au but. Si la patience était la vertu des Jedi, Pete trouvait celui-ci très vertueux. Peut-être même un peu trop.
- Et si je vous demande si vous allez daigner me dire qui vous êtes, vous allez me répondre la même chose ? tenta le jeune homme, sur un air mi-agacé, mi-défiant.
Ce fut au tour du fantôme de lancer un regard appuyé. Il avait les yeux plongés dans ceux de Pete, dans une expression qui voulait dire quelque chose du genre « Oui, précisément. ». Certes, il était vrai que la question se posait. Qui était-il ? Quelle était sa place dans l'Ordre Jedi ? En réalité, Pete avait l’impression de se la poser continuellement. Et il tournait en rond. Après un silence, le fantôme prit doucement la parole :
- Je suis ici parce que tu es ici, répondit finalement le fantôme.Rares sont ceux suffisamment proches de la Force pour pouvoir y rester associés, y compris après la mort. C’est le fruit d’un long apprentissage.
Pete avait déjà entendu parler des fantômes de Force, sans jamais vraiment savoir de quoi il s’agissait exactement. Jusque-là, il avait toujours pensé que leur manifestation était la simple volonté de la Force. Mais il était surpris d’apprendre que, de leur vivant, les Jedi concernés avaient dû effectuer un entraînement. Comment pouvait-on vouloir se préparer ainsi à surmonter la mort ? N’était-ce pas d’ailleurs quelque chose de malsain ? Après tout, la mort faisait partie de la vie. Peut-être était-ce parce qu’il avait été soldat, mais Pete avait toujours su qu’un jour ou l’autre la mort le faucherait. Alors il s’était toujours dit qu’il ferait le maximum de son vivant, plutôt que d’essayer à prolonger sa vie. D’un ton apaisé, il réagit :
- Je ne cherche pas à devenir immortel.
- La mort n’est qu’une étape parmi d’autres. C’est important que tu comprennes cela. Ce qui paraît vivant est parfois mort et ce qui apparaît défait peut ressurgir du passé. Ainsi va la vie, ainsi va la Force.
Pete repensa immédiatement à ce qu'il avait vécu dans la Montagne Noire. Olorin Vendar avait-il pu survivre à sa chute dans un Nexus de Force ? Même le Conseil n'avait pas su répondre à cette question. Aux yeux de tous, il était mort. Le jeune homme avait longtemps cru que Sam avait subi le même sort. Pourtant, il l'avait récemment revu en songe. Finalement, les propos du fantôme résonnaient dans l'esprit du chevalier Jedi, même s'il ne voyait toujours pas où est-ce qu'il voulait vraiment en venir :
- Vous avez dit que vous étiez ici parce que je le suis ? Qu’entendez-vous par-là ?
Le fantôme adressa un sourire mélancolique :
- Je fais partie des Jedi qui ont vécu en ce lieu.
Son regard triste se porta vers un point particulier du mur. La nostalgie le gagnait alors qu’il se remémorait les souvenirs vécus ici.
- C’est ironique, fit-il dans un sourire triste, certains des tours que peuvent nous jouer la Force.
- À quoi pensez-vous ? demanda Pete.
Doucement, le fantôme leva sa main devant lui et l'examina avec attention :
- La Force... Cette énergie qui nous lie, qui nous unit. Ce flot qui habite chacun d'entre nous et qui fait que l'univers est ce qu'il est.
Visiblement, le fantôme était parti dans une envolée lyrique. Pete savait tout ça, c'était les fondements de la formation de n'importe quel Jedi. Où voulait en venir le spectre ? Aujourd'hui, après tout ce temps passé sur Naboo, le jeune homme perdait définitivement patience.
- Que s'est-il passé ici ?
- Je ne sais pas.
- Comment ça, « vous ne savez pas » ? réagit Pete, interloqué ! Sur Naboo, vous étiez capable de me dire ce qui s'était passé après votre mort et, maintenant, vous ne savez plus rien ?
Le fantôme adressa un regard froid, avant d'expliquer en articulant :
- N’as-tu rien retenu de mes leçons ?
« Accueillir sa peur », « Retourner à l’origine de toutes choses » : bien-sûr que si Pete se souvenait de ces enseignements ! Ils étaient encore frais dans son esprit, mais il cherchait à les appliquer. Pour quelles raisons ? Il ne le savait pas vraiment. Mais il sentait que c’était la volonté de la Force, que c’était ce qui allait à avancer dans la vie et trouver sa place dans la galaxie.
- Si... fit le jeune homme en cherchant ses mots, vous m’avez demandé de retourner à l’origine de toutes choses et c’est ce que j’ai fait en venant ici.
Le chevalier Jedi leva les yeux pour soutenir le regard du fantôme. Mais il ne vit rien d’autre qu’une salle vide. L’esprit avait disparu. -
Post n°16
Auteur : Super PNJSiphra avait à peine eu le temps de répondre au flot de questions ininterrompu de Pete. Celui-ci avait sans doute dores et déjà toutes les réponses à celles-ci, de toute façon, mais elle s'évertua à être la plus claire possible. Elle lui parla longuement de la situation sur Endor telle qu'on lui avait raconté, et telle qu'elle l'avait ressentie. Elle aborda le sujet du Conseil, toujours plus en désaccord sur la question de la place de l'Ordre. Elle évoqua également les trop nombreuses pertes recensées à travers la Galaxie dans leurs rangs, et les blessures provoquées par la mort de chaque Jedi. Chaque jour apportant son lot de peines, elle ne pouvait se résoudre à rester inactive, disait-elle.
Son cœur était bien plus lourd d'évoquer ainsi les dissonances de l'Ordre Jedi plutôt que l'harmonie de la Force elle-même. Mais elle comprenait aussi le besoin de son frère d'obtenir des réponses à ses questions, et elle était désolée de ne pouvoir lui offrir réellement plus. Il était sans doute tombé sur le pire Jedi pour obtenir des nouvelles des siens. Non, elle ne connaissait pas d'Endolorean, non, elle ne savait pas exactement ce dont il retournait concernant Maître Reez. Oui, il était vivant, non elle ne saurait pas dire dans quel état, même physique. Trop éloignée de tout... C'était le revers de la médaille pour qui vivait comme un ermite. Elle servait les siens sans savoir les bénéfices qu'elle apportait, ni si son action était toujours utile.
-Pensez-vous vraiment que la Force aurait fait se croiser nos routes ? C'est une éventualité. Mais peut-être ne suis-je aussi que de passage, un imprévu, et que votre chemin vous a mené au Temple uniquement. Voilà une hypothèse bien plus plausible à mes yeux.
Siphra eut un sourire désolé. Quand bien même elle suivait quasi-aveuglément la Force, elle était incapable de la décrypter, fut-ce pour un frère Jedi.
-Mais pour répondre à votre autre question, en effet, je suis venue avec un jeune Novice, Daymiyo. Il n'était pas encore à sa place au Sanctuaire, et ne comprenait pas encore ce que nous sommes réellement. Quoi de mieux que le ramener chez nous, dans notre réelle maison, pour qu'il puisse l'appréhender ? Comme à vous, je lui ai conseillé de voir ce qu'il reste de nos Archives.
Elle acheva sa phrase avec un nouveau sourire, qui se voulait rassurant, presque maternel. Le Chevalier qui lui faisait face portait les stigmates d'un passé récent bien difficile. A la fois dans la Force et physiquement. Il marchait avec l'impression d'un lourd fardeau sur ses épaules. Peut-être était-ce lié aux Jedi qu'il avait mentionné plus tôt ?
Elle ne put que regarder le Chevalier gravir les marches. Comme tant d'autres avant lui, elle avait la sensation qu'ils ne marcheraient pas ensemble. Peut-être se trompait-elle, malgré ses airs de certitude, mais cela, elle ne le saurait qu'en temps voulu.***
La scène avait de quoi paralyser néanmoins n'importe qui, l'apparition se produisant au milieu de ruines délabrées. Devant le Novice, une forme indéfinissable se dressait. A la frontière entre un orbe lévitant à hauteur d'homme et un humanoïde transparent, il semblait alterner de l'un à l'autre, comme si il ne parvenait pas à fixer l'une ou l'autre, ou tout simplement à se décider. La voix spectrale n'était pas, comme on pouvait s'y attendre, gutturale et inquiétant, mais plutôt fine, espiègle et éthérée, à la manière d'un voile que l'on retire lentement. L'esprit, puisqu'il était compliqué de lui donner un autre nom, sembla esquisser un geste vers Dayimiyo, sans que l'on puisse déterminer si il était menaçant ou amical. Il était tout et rien à la fois, aux yeux du commun des mortels. Cependant, pouvait-on dire que le jeune Jedi faisait partie du commun des mortels ?
-Ce n'est pas qui je suis, qui est intéressant. Ce qui est passionnant, c'est pourquoi es-tu ici, Novice ?
L'apparition gardait cette voix douce pour s'adresser au jeune Saccorien. A la manière de quelqu'un parlant à une bête farouche et apeurée, elle se faisait mielleuse, calme, pour apaiser la tension déjà palpable qui couvait sur l'absurdité de la scène. Elle reprit :
-Et pour répondre à cette question qui te brûle les lèvres, je suis ici parce que tu es ici, mon jeune ami. Tu es venu chercher des réponses aux multiples questions que tu n'oses pas poser, et te voici à nouveau face à de nouvelles énigmes.
Une nouvelle pause. L'assurance du fantôme avait quelque chose de déroutant, et de surnaturel. La Force se manifestait tot autour de lui, ce qui ne laissait que peu de doute quant à l'identité toute relative de l'être : c'était un spectre de Force, probablement l'âme d'un Jedi, qui se manifestait en ces lieux. Mais pourquoi maintenant, spécifiquement ?
-Ce n'est pas le hasard qui t'a conduit ici. Ni une obscure coïncidence. Non, seule la Force nous guide... te guide. Après tout, ne t'a-t-elle pas permis de trouver une lentille dans ces anciennes ruines qui ont été la cible de tant de pilleurs ?
Une lentille de focalisation. L'une des pièces les plus essentielles au bon fonctionnement d'un sabre-laser, l'arme légendaire des Jedi, et des Sith, celle qu'il pouvait voir battant la cuisse de Siphra, son mentor, et celles de tant d'autres Jedi qu'il avait croisé. En tant que Novice, il n'avait pas encore accès aux connaissances nécessaires pour fabriquer son propre sabre-laser, mais les choses pouvaient évoluer rapidement.
-J'aimerais te rassurer, Dayimiyo : je ne suis pas ton ennemi. Comme toi, j'ai grandi avec l'incompréhension de ce qui m'entourait. Et puis, le temps aidant, j'ai compris que je ne savais rien, et que ça n'avait pas d'importance. Puisses-tu être le plus sage et le plus savant des Jedi, qu'est-ce face à l'infinité de connaissances que recèle notre Univers ? Rien. C'est ainsi que j'ai connu la paix. Et c'est ainsi que j'ai vécu. Et que je suis mort.
Il marqua une pause. Il n'avait pas révélé son nom, mais celui-ci avait il la moindre importance ? Il semblait que la suite le brûlait, il y avait une légère excitation, tout à fait palpable.
-Là où les étoiles se terminent. A l'autre bout de la Galaxie. C'est là, que tu trouveras ce que tu cherches.
A ces mots, ce fut comme si le noir le plus absolu se projetait sur Dayimiyo. Une fraction de seconde, aussi infime que l'instant séparant la vie de la mort. Un moment qui semblait durer une éternité, alors qu'il s'évaporait aussi immédiatement qu'il était advenu. Lorsqu'il s'évapora, Dayimiyo était à nouveau seul.Kryann -
Post n°17
Auteur : Dayimiyo QoraasLa vision qui s'offrait au jeune novice était invraisemblable. Une silhouette luisante se dessinait devant lui, mêlée à une sorte de sphère flottant en son centre. Etait-ce seulement réel, ou bien s'agissait-il d'une autre vision de la Force ? Dans tous les cas, elle ne cherchait pas à l'attaquer, comme les illusions de ses parents. Tant mieux, pensa-t-il, car il n'était pas sûr de pouvoir se battre comme il l'avait fait plus tôt. Il ne s'expliquait déjà pas comment il avait pu faire ça, alors le reproduire semblait trop ardu pour le moment.
L'entité, qui se garda de dévoiler son identité, se comportait assez étrangement. Elle semblait curieusement bienveillante à son égard, choississant ses mots avec soin, comme si elle voulait éviter de l'effrayer malgré la situation dans laquelle il se trouvait. Certains auraient peut-être trouvé cela suspect, mais le Sacorrien ressentit une pointe de soulagement en constatant qu'elle semblait pacifique. Cette dernière restait assez vague quand au sens de tout cela, au grand dam du jeune Jedi. Selon elle, Dayimiyo était là par la volonté de la Force. Ce n'était pas la première qu'il entendait quelque chose de ce genre, mais il n'était toujours pas certain d'à quel point c'était vrai. La Force l'avait appelée, mais c'était lui qui avait fait le choix de la suivre. Autrement, quel libre arbitre avait-il ? L'entité évoqua ensuite rapidement le passage de la lentille, faisant détourner le regard au novice.
"C'est vrai... La Force m'a fait voir tout ça, et elle m'a amené à vous, mais je ne comprends toujours pas pourquoi."
Son étrange interlocuteur se fit alors plus rassurant, et entama une sorte de réponse, prétendant qu'il avait été comme lui autrefois, pour finalement comprendre que la connaissance n'était rien face à cet univers si immensément vaste, conservant cette philosophie jusqu'à sa mort.
Mort ? Ca ne se pouvait pas ! Comment pouvait-il être mort s'il se tenait devant lui ? A moins qu'il soit un... Non, c'était impossible. Mais dans ce cas, comment expliquer que l'être qui lui faisait face avait cette apparence translucide et irréelle ? C'était à n'y rien comprendre.
L'entité n'en rajouta pas plus sur son passé et lui adressa un ultime conseil. Ou plutôt, un lieu, "là où les étoiles se terminent". Que cela signifiait-il ? S'il allait là-bas, saurait-il enfin ? Mais où chercher un tel endroit ?
Avant qu'il puisse en demander davantage, il fut engouffré dans l'obscurité la plus totale. Il lui sembla passer comme des années dans l'ombre, mais lorsque la lumière revint, quelques secondes seulement s'étaient écoulées. Ce fut cependant suffisant à l'entité pour complètement disparaître. Aussitôt, Dayimiyo s'alarma et la supplia de lui répondre à nouveau :
"A-attendez ! Que voulez-vous dire ? Je ne comprends pas... Je vous en prie... !"
Il avait beau s'époumoner, la seule réponse qu'il obtint fut le silence. Il essaya également de suivre la Force, qui l'avait mené jusqu'ici, mais elle aussi s'était tue. Il était de nouveau seul, réellement seul cette fois, et toujours aussi égaré.
Le ciel arborait désormais des tons flamboyants, comme si le firmament s'était soudainement embrasé. Dayimiyo baignait dans ces flammes lumineuses, se posant plus de questions qu'il n'aurait jamais imaginé. Le novice ne savait véritablement plus quoi penser. Que devait-il croire ? Que devait-il faire ? Malgré tout ça, il n'en avait toujours pratiquement pas la moindre idée. -
Post n°18
Auteur : Dark ObliviusLa mémoire du passée. Un fragment inébranlable. Je me souvenais de ce jour si particulier. La chute. D'une histoire, d'une lignée, d'une place. Le jour ou, même si elle était annoncée par le simple fait que tout a une fin. Le jour ou l'ordre des Jedi chuta lourdement sur Coruscant, ne laissant que des vestiges à l'image d'un temple qui rayonna durant des millénaires et qui aujourd'hui est une ruine, une tâche dans le paysage animé de Coruscant.
Et petit à petit, les exploits, l'implication de l'ordre dans le maintient de la paix dans la galaxie était entrain de disparaitre.
Est-ce donc ça ? Mon rôle ? Faire que quoi qu'il arrive, personne n'oubli ? Oublier... J'aurais préféré oublier. J'avais indirectement participé à sa chute. J'avais la charge de protéger ce lieu. Et j'ai échoué.
Pire, mon arrogance avait permit à nos ennemis mortels de nous mettre le coup de grâce.
Mais, le passé ne peut-être réécrit. Il doit juste être assumé. Et il était maintenant de ma responsabilité d'assumer. Moi, Paul Skawalker.
Et aujourd'hui qui sait. Peut-être que je pourrais raconter mon histoire. Et accomplir ma mission. -
Post n°19
Auteur : Pete JeabroPete était assis en tailleur au centre de la cellule, plongé en pleine méditation. Il ne comprenait plus rien. Son nouveau contact avec l’Ordre, en la personne de Siphra, s’était révélé curieux. Ses retrouvailles avec le fantôme étaient encore plus étranges : celui-ci allait et venait à sa guise. Il paraissait vouloir tourmenter Pete, sans réelles raisons. Le Jedi se sentait hanté : que lui voulait-il ? Pourquoi ne répondait-il qu’aux questions qui l’arrangeaient ? C’était encore une fois de l’incompréhension et du doute qui habitaient l’esprit du jeune Jedi. Aussi, avait-il décidé de méditer. Quoi de mieux que le temple -et, en particulier, cette pièce- pour se prêter à l’exercice ? Après tout, n’était-ce pas ce même fantôme qui lui avait appris à méditer convenablement ? Pete laissa son esprit et son coeur s’ouvrir à la Force. Il devenait à l’aise avec la pratique de la méditation et, en ce lieu fortement imprégné de la Force, il n’eut aucun mal à s'y mettre. En quelques instants, il se sentait déjà apaisé et libéré de ses troubles. Son pèlerinage en ce lieu n’était pas terminé : il sentait qu’il n’avait pas encore touché au but.
Mais Pete parvint à chasser toutes ces pensées. Il naviguait dans la Force, se projetait en Elle, s’effaçait du monde. Dans une forme de transe, il parvenait à être tout et rien à la fois. Ça peut paraître étrange mais, pourtant, il n’y a pas de meilleure expression pour expliquer l’état dans lequel il se trouvait. Cela aurait pu être parfait, s’il ne s’était pas mis à voir de curieuses choses. Devant ses paupières closes, les formes du néant commençaient à se confondre pour former des silhouettes distinctes. Les couleurs se multiplièrent pour leur donner de l’éclat et un relief se dessina pour leur conférer de la profondeur. Ainsi, Pete put distinguer la silhouette du fantôme -qui, cette fois, ne disposait pas d’aura- et celle d’un jeune homme à ses côtés. Tous deux se trouvaient dans la présente cellule, mais ils ne semblaient pas faire attention à Pete. Le plus jeune des deux hommes affichait un air inquiet. Pete ne pouvait pas le voir clairement, car son visage était flou ; mais il sentait l’inquiétude émaner de lui. Le fantôme, quant à lui, affichait une expression neutre.
- Je suis désolé, maître, disait le jeune homme. Je n’aurais pas du être en désaccord avec vous concernant…
- N’aies crainte, mon padawan, le coupait le fantôme. Tu es parfois bien plus sage que je ne le suis et, j’en suis certain, tu deviendras un grand chevalier Jedi.
Avec un sourire rassurant, il posait la main sur l’épaule de son acolyte. Puis dans une bourrasque, tous deux s’effacèrent subitement ! Les formes naviguèrent devant les yeux de Pete, dans une danse chaotique, avant de se stabiliser de nouveau. Cette fois, Pete pouvait observer de ses yeux clos la silhouette du fantôme, à côté d’un petit être... Était-ce Maître Yuda ? Le coeur de Pete s’accéléra lorsqu’il reconnut le membre du Conseil. Les deux protagonistes se tenaient dos à lui. Le fantôme était droit dans ses bottes et semblait contempler quelque chose que Pete ne pouvait pas voir. Maître Yuda, quelques pas derrière lui, était consterné.
- Ce que vous me demandez-là n’est pas anodin, disait le fantôme, d’une voix vidée de sa bienveillance habituelle.
- Je le sais. Mais troublés sont les temps et proche est la guerre. La gagner, nous ne pouvons, répondait Maître Yuda. Partir, vous devez.
Le fantôme se retourna vers Maître Yuda, une expression sombre sur son visage. Il paraissait à la fois consterné et fatidique, comme s’il se savait pris au piège. D’un geste énergique, il désigna la porte de la cellule et dit :
- Mon padawan n’est pas prêt.
Puis, en baissant la tête, il concéda :
- Je ne suis pas prêt.
Maître Yuda s’approcha doucement de l’autre Jedi et posa une main apaisée pour le réconforter. Puis il dit :
- Votre alliée, la Force sera. Quelques exercices, pratiquer, vous devrez.
À ces mots, le fantôme acquiesça doucement, comme s’il décortiquait le sens caché d’une mystérieuse phrase. Pete ne l’avait jamais vu aussi résigné. Les silhouettes explosèrent une nouvelle fois pour virevoltèrent en tous sens, se se et s'entrecroiser avant de se figer à nouveau, en des personnages bien précis. Pete retrouvait le fantôme et son apprenti.
- J’ai un mauvais pressentiment, partageait le jeune homme.
- Je ne ressens rien, commentait le fantôme.
- Ce n’est pas à propos de la mission, c’est à propos de quelque chose d’autre, ailleurs.
- Ne laisse pas ta peur orienter ton jugement. Ta concentration doit être présente ici, et maintenant, car c’est là qu’elle appartient.
- Mais Maître Yuda a dit que je devais être conscient de l’avenir !
- Sois conscient de la Force Vivante, mon jeune padawan.
- Oui, maître.
- Bien, prépare tes affaires. Nous allons bientôt décoller pour Naboo.
Le jeune homme s’inclina respectueusement et sortit de la cellule. Il passa devant Maître Yuda qu’il salua solennellement avant de partir à bon rythme. Pete put intercepter les regards sérieux que s’échangèrent Maître Yuda et le fantôme avant que l'éminent membre du conseil ne poursuive sa route tans le temple. Le fantôme avait mollement acquiescé et prononcé à demi-mots : « L’origine de toutes choses... ». Puis les silhouettes éclatèrent une dernière fois. Leur danse colorée était plus déjantée que la fois dernière mais, dans un cri silencieux, elles se figèrent. Elles s’assombrirent soudain et clignotèrent un petit moment, avant de s’effacer progressivement. L’air autour de Pete s’alourdit, les murs gris autour de lui devinrent plus ternes encore. Il n’y avait plus aucune couleur, plus aucune gaité. Au centre de la cellule se tenait une nouvelle silhouette, que le Jedi reconnut immédiatement. C’était Sam Skawalker. Mais ce Sam avait l’air plus jeune, plus... doux ? Il n’avait rien à voir avec le Sam plus vieux qui avait assassiné Olorin Vendar sur Endor, ni au guerrier en armure que Pete avait affronté dans un songe. C’était comme si Pete avait affaire à un nouveau Sam. Celui-ci le regardait fixement sans rien dire. Le sang du chevalier Jedi ne fit qu’un tour ! Il se tenait là face à un meurtrier, à un Jedi qui avait trahi les siens ! Sans s’en rendre compte, Pete s’était retrouvé debout, face à son adversaire, les poings serrés. Ses sourcils froncés ne présageaient pas un accueil chaleureux. D’un ton énervé et sans la moindre formule de politesse, il invectiva Sam :
- Que veux-tu ?