Go go go !
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Post n°3
Auteur : LyzsPNJ's - Gardes républicains
De l’autre côté du terrain, trois gardes se mettent en marche. Un zabrak à la peau claire guide deux humains. Les trois hommes ont tous les trois un peu plus de la vingtaine. Le grand brun se trouvant au centre regarde par-dessus l’épaule du chef de file et cherche de sa main son camarade métissé qui lui tourne le dos pour mieux assurer l’arrière garde. Les trois gardes progressent en longeant les murs, silencieusement.
Le premier met un genou au sol devant une sortie se trouvant sur leur droite, le second se décale pour se mettre au niveau du leader et se calque sur son geste pour qu’ils pointent tous deux en même temps leur arme à l’intérieur de la pièce. Toujours entre couvert et découvert, le soldat central tape sur l’épaule de l’arrière-garde. Le premier se relève en entrant dans la pièce. Ils sont à l’étage, le seul endroit d’où peut venir la menace se trouve devant eux. Un petit muret permettrait aux ennemis potentiels de se cacher juste après être entrés dans la pièce. Si ça se trouve, ils sont déjà planqués derrière ! Mais, le chef de file fait signe que non. Il a confiance en son intuition et… en la Force. Ils avancent alors, confiants. Un léger geste réflexe en arrivant au niveau du petit mur pour s’assurer que rien ne s’y trouve et tout va bien.
Le couloir qu’ils viennent de rejoindre donne sur deux directions. Après un coup d’œil, les trois soldats comprennent qu’ils peuvent aller à droite ou à gauche. Dans les deux cas, ils sont forcés de descendre en empruntant des pentes menant chacune à un endroit différent. Avant de se décider, l’arrière garde demande un arrêt. Du doigt, il fait signe de tendre l’oreille…
Du côté d’Aikin, les soldats progressent aussi. Après avoir évité les quelques pièges du rez-de-chaussée, les gardes arrivent au centre de la zone de combat. Ils ont le choix entre monter et rester à leur niveau. Ils décident de monter, mais la miraluka fait signe de s’arrêter. Apparemment, elle a « vu » quelque chose :
— Il… Il y a quelqu’un qui attend, en haut de l’escalier… Et il est armé... Dit-elle.
— Evidemment, qu’il est armé ! S’exclame le blond en chuchotant.
Mais, le garde qui attend en haut de la pente a lui aussi des informations ! Plus loin, on entend un claquement de mains. Privés de comlinks pour cet entraînement, les soldats doivent faire preuve d’imagination. Ce doit être une sorte de signal !
— Euh… COIN COIN !! Crie notre homme, pour faire diversion vers l'étage.
Devant une telle absurdité, les équipiers d’Aikin se braquent. L’un pointe son arme dans la pente et l’autre vers l’allée qui se trouve à leur niveau. Mais, un tir arrive déjà ! Un fil électrique vient percuter le DC-15s du garde chauve. Il le lâche en jurant. Ses mains lui font un mal fou à cause des étincelles, mais il n’a pas été touché directement. Vite ! Il se cache en entraînant ses camarades.
De nouveaux tirs couvrent leur sortie. La zone dans laquelle ils sont planqués est un petit enchevêtrement de couloirs, mais les deux seules sorties donnent sur l’allée bloquée par le feu de l’équipe adverse. Avec une arme en moins, les trois équipiers vont devoir se défendre. L’homme désarmé tend sa main vers le blaster, mais rien n’y fait. Son lien avec la Force n’est peut-être pas assez solide, l’arme ne bouge pas. S’il doit aller le chercher « à la main », il s’expose aux décharges incapacitantes que personne n’aime recevoir.
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Post n°4
Auteur : Aikin— Evidemment, qu’il est armé ! déclare le soldat blond à côté de moi, tout bas.
Sa réponse me prend un peu au dépourvu. Enfin, je sentais qu'il était important de préciser cette information, mais il n'y a aucune raison qu'il y ait une personne désarmée ici. S'il faut nous surveiller, je suppose qu'il y a des dispositifs prévus à cet effet disséminés un peu partout. Personne ne risquerait un simple spectateur dans un entraînement de ce genre, non ?
Soudainement, nous entendons un bruit étrange venant de l'étage, répété une deuxième fois. Par surprise, je pointe mon arme vers la pente menant à l'étage, tout comme mon camarade au crâne rasé à côté devant moi. Le blond braque l'allée par laquelle nous sommes arrivés. Je me concentre sur l'individu que j'avais vu précédemment. Il est apparemment la source du bruit. Mais voilà qu'il se déplace, et semble prêt à tirer.
- Il bouge... Il faudrait peut-être..., je commence, en chuchotant.
Cependant, je ne peux pas finir ma phrase. Un tir fuse depuis l'allée gardée. Par réflexe, j'ai un mouvement de recul, certainement inutile vu la vitesse du projectile. Mais j'ai l'impression qu'il n'a pas été inutile pour moi. Enfin... Le tir me manque, mais touche les mains du garde chauve. Ou plutôt son arme. Des étincelles crépitent, il lâche son arme en laissant échapper un juron. Est-ce que j'étais la cible ? Ou cherchaient-ils à désarmer un des plus expérimentés ?
Peu importe la réponse, la situation tourne vite au vinaigre. D'autres tirs commencent à zébrer l'allée. Le blessé part se mettre à couvert, et nous l'imitons rapidement. Nous arrivons dans une petite zone, un genre de petit labyrinthe de couloirs, dense, où les endroits pour se cacher sont nombreux. Malheureusement, cette zone ne dispose que de deux issues, et ces dernières mènent à l'allée couverte par les tirs de l'équipe adverse. Ma respiration s'accélère, j'ai chaud. Nous sommes piégés.
J'essaie de ne pas paniquer. Il doit bien avoir un moyen de sortir de ce traquenard. Mais lequel ? Tandis que je réfléchis, mon camarade désarmé, toujours à couvert, se positionne de façon à voir son arme tout en étant à couvert. Que cherche-t-il à faire ? Il tend sa main, semble se concentrer. Suis-je bête ! Il va faire appel à la Force. Pendant ce temps, j'essaie de focaliser mon attention. Au niveau de la pente, Canard-Man s'est avancé. Il est plus à découvert, mais aura l'avantage si on sort de notre cachette pour lui tirer dessus. A notre niveau, je distingue deux formes, de là où venait le tir. Eux sont plus prudents, pour l'instant. Enfin, c'est l'impression que j'en ai.
Mon camarade chauve recule, les mains vides. Son blaster est toujours au sol. Il n'a pas réussi à l'attraper. Mince. L'arme est complètement libre, mais aussi en plein milieu de l'allée. Si quelqu'un y va, il se fera tirer dessus. Mais je ne pense pas que leur laisser soit une bonne idée. Je doute qu'un de ces soldats sache tirer avec un pistolet dans chaque main, au jugé (bien que cela soit dangereux pour nous), mais il serait bon d'avoir une arme en plus, même si le chauve ne peut plus tirer.
Je me concentre à mon tour sur l'arme. Comme à l'entraînement. Comme sur la bille. Attirer l'arme vers moi. Allez. Je peux le faire. Je me concentre. Dans mon esprit, j'essaie de tirer sur l'arme comme si elle était reliée à des fils, mais rien n'y fait. L'arme ne bouge pas d'un centimètre. Pas une vibration. Rien. J'essaie plus fort, mais toujours rien. Pas une secousse. Devant cet échec, je relâche mon effort. Et à cet instant là, l'arme décolle, et va atterrir dans une entrée de couloir en face de nous, un peu à l'ombre. J'ai fait l'exact inverse de ce que je voulais faire. L'arme est encore plus loin de nous, maintenant. Comme sur la bille, je n'ai pas su attirer l'objet. Est-ce que je m'y prends mal ?
Sans avoir le temps d'y penser, le désarmé nous indique de nous replier, et nous nous enfonçons dans le dédale de couloirs étroits. L'endroit est dense, mais étonnement clair. Enfin, pour moi. Il y a des coins tortueux, des culs-de-sac... S'ils se séparent, peut-être que nous avons une chance ? Nous arrivons dans une petite zone, proche du centre du "mini-dédale", mais relativement difficile d'accès. Je demande l'attention de mes camarades, puis chuchote, avec une voix manquant d'assurance devant ce plan assez hasardeux :
- Ce... Cette zone... Elle est plutôt petite, mais très tortueuse... Vous pensez qu'on peut prendre l'avantage, si on arrive à les séparer et les perdre ? Enfin... Ce sont aussi des Gardes, donc ils pourront certainement se diriger facilement à travers ce dédale, mais... Je n'ai pas d'autre idée... J'arrive à les voir outre les murs... Peut-être que l'on peut tirer profit de cela ?
J'entends mon coeur battre fort et vite dans ma poitrine. J'ai occulté la partie où je "perds" un de nos armes, en espérant qu'ils ne m'en tiennent pas rigueur. La situation est désastreuse, mais je n'arrive pas à penser à une autre solution.
— Voir outre les murs ? Tu as un tel niveau dans ta maîtrise de la vision de Force ? Venant d’une novice ? dit le blond en haussant un sourcil. J’ai du mal à te croire.
Je fais un petit pas en arrière, mes bras se croisent. C’est une situation plutôt embarrassante. Je n’aime pas m’expliquer. Heureusement pour moi, le chauve prend la parole.
— Remarque… Elle a vu l’adversaire à l’étage bien avant nous. Et je crois avoir déjà vu ce genre de voile quelque part… Je n’ai pas de meilleure option dans l’immédiat, surtout désarmé et avec les mains dans cet état. Ses gants sont légèrement brûlés. La blessure est encore douloureuse, apparemment. Une confrontation directe serait à notre désavantage. Soit, essayons. Nous n’avons pas grand chose à perdre.
Le blond acquiesça d’un hochement de la tête après quelques instants de réflexion. Ils se tournent vers moi, sont prêts à m’écouter. La réussite ou l’échec de cette manoeuvre mènera à la réussite ou l’échec de l’entraînement, et je suis sur le point d’en prendre la responsabilité. Je déglutis, inspire et expire un grand coup, et énonce la stratégie.
***
J’écourte mon explication. L’équipe ennemie avance. Nous n’avons plus beaucoup de temps. Le blond part en premier. Je lui ai indiqué un endroit où se positionner. Si tout se passe bien, il aura l’avantage de la surprise. Proche de l’entrée, il aura peut-être l’élément de surprise si quelqu’un va seul vérifier que personne ne sort. Le chauve est toujours avec moi. Il n’a plus d’arme, mais me dit qu’il peut encore se débrouiller au corps-à-corps. Je l’emmène un plus loin dans le mini-dédale, dans un renflement à moitié caché. Il sera caché si on s’approche de lui depuis l’entrée de la zone, mais pourra me rejoindre au besoin. Tout est prêt. Je n’ai plus qu’à miser sur ma chance.
Arme dans une main, je reste concentré sur l’équipe ennemie. L’un qui ouvre la marche, un deuxième qui vérifie couloirs et intersections, le dernier qui couvre derrière eux. J’espérais qu’ils fassent une erreur, qu’ils se séparent. Il va falloir improviser, apparemment.
D’un signe rapide, je préviens à mon acolyte au crâne rasé de rester en place, et me met à crier :
- Hého ! Euuuh… Blond ! Crâne rasé ! Vous êtes où ? Pourquoi vous m’avez laissé là ? Je suis novice, moi ! Je ne connais pas cet endroit ! Je sais pas me débrouiller sans mon arme !
L’escouade adverse se stoppe un instant, s’échange des regards. Soit ils se demandent comme une novice peut être assez mauvaise pour donner sa position gratuitement, soit ils se doutent qu’il y a quelque chose qui ne va pas. L’homme en queue de peloton se détache du groupe pour repartir en sens inverse. Parti vérifier les entrées ? J’espère que mon camarade blond pourra le gérer.
- Allez ! L’un de vous deux, pour m’aider ! Je vous promets que c’est pas l’autre équipe qui me force à parler ! S’il vous plaît ! Je… Je...
De mon côté, je frappe deux fois du pied. J’indique ainsi au chauve qu’il y a deux soldats. Tout en continuant de crier, je me rapproche doucement de sa position, de façon à ce qu’il puisse me porter assistance. -
Post n°5
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
PNJ - Des gardes républicains.
Aldia se tient le crâne en regardant les écrans. Une guerre de couloirs. Ça joue à Marco Polo au lieu de s’entraîner. Ah oui, magnifique. La première diversion était amusante, un peu décalée mais la surprise peut avoir son effet. Maintenant, cependant, on crie à tous va. On donne sa position et on fait plus ou moins n’importe quoi. Qu’ils s’amusent à faire ça en situation réelle… Une grenade et personne ne criera plus.
La lieutenante, agacée, se tourne vers le responsable. Elle lui ordonne de faire entrer une équipe supplémentaire. Après tout, les trois embusqués avaient UNE occasion de s’en sortir et ils sont passés à côté. Si elle ne veut pas être ridicule à cause de sa filleule, il faut lui donner une nouvelle occasion.
— Mais, lieutenante. Ce n’est pas prévu dans l’exercice.
— Vous pensez que ces soldats auront le choix, si un imprévu arrive en combat réel ?
L’affaire est réglée. Une nouvelle équipe arrive sur le terrain sans être annoncée. Les trois adversaires déjà présents hésitent à entrer dans le petit labyrinthe, et ils sont dérangés par les nouveaux arrivants. Des tirs viennent frôler leurs combinaisons. Le premier d’entre eux a dû user de ses réflexes pour éviter un laser, mais un second tir aura raison de sa « vie ». En un cri, il s’effondre et convulse. Assez malins pour ne pas se rapprocher des planqués et capables de se replier grâce à la distance qui les sépare des nouveaux, les deux équipiers du camarade tombé s’enfuient dans un autre couloir.
Le blond et le chauve entendent le grabuge, ils se rejoignent et attrapent Aikin par l’épaule.
— On a une occasion. On passe en face, c’est plus ouvert. Lance le désarmé.
Direction la sortie du labyrinthe. De l’autre côté de la grande allée, que les trois nouveaux soldats sont en train de remonter en marchant, se trouve une issue donnant sur un nouvel ensemble de couloirs et de salles.
— Sinon, vu qu’on sait d’où ils viennent, on les arrose ? Répond le blondinet.
— Faut pas se rater, moi je suis d’avis de traverser. Bon, comme on n’a pas choisi de chef... Toi, la filleule, tu décides ! Vite !
Les ennemis sont bien à quarante mètres de la sortie. Mais ils avancent avec professionnalisme, eux. -
Post n°6
Auteur : AikinLe piège était posé. L’embuscade était prête. Et pourtant…
Des bruits de tir. Un faible râle, puis plus rien. Pourtant, le blond n’a pas tiré. Les adversaires sont à peine à l’entrée, et pourtant l’un d’eux est au sol. Que se passe-t-il ? Je n’ai pas fait attention. Ils se sont tirés les uns sur les autres ? Non, ça n’aurait aucun sens. Alors quoi ? Mon semblant de confiance en moi s’effrite à cette idée. Quelque chose, ou quelqu’un, aurait mis en déroute ceux qui avaient quelques instants plus tôt l’avantage sur nous ? Un piège du labyrinthe ? Ou autre chose ? L’idée d’une variable inconnue me fait frissonner d’angoisse. Comme si, dès le moment où je pensais pouvoir à peu près gérer la situation, quelque chose m’avait brutalement ramené à la réalité. Une réalité où je ne suis qu’une simple recrue, sans expérience, sans ambition, sans talent.
Dans ma confusion, je ne remarque qu’au dernier moment que mes coéquipiers me rejoignent. Ils m’attrapent pas l’épaule et commencent m’emmener. Le chauve prend la parole :
— On a une occasion. On passe en face, c’est plus ouvert.
Nous arrivons vers la sortie de notre petite zone. Retour à la case départ ? Non… Il y a quelque chose d’autre… J’ai l’impression que quelque chose a changé, outre le soldat de l’équipe adverse, inconscient au sol. Devant nous, toujours la même disposition des lieux. Je retrouve même l’arme que j’avais malencontreusement poussé dans un couloir un peu plus loin. Elle n’a pas été récupérée par l’autre équipe. Peut-être qu’on pourrait la reprendre ?
— Sinon, vu qu’on sait d’où ils viennent, on les arrose ? déclare le blond, en réponse au chauve quelques instants plus tôt.
“On” ? “Les” ? Que… ? Alerte, je regarde les extrémités du couloir où gît l’inconscient. Trois hommes avancent vers notre position, d’un pas assuré, professionnel. Ils sont à… combien… vingt ? trente ? quarante mètres ? Ca, je ne le sais pas. Par contre, je sens qu’ils seront vite arrivés. Je porte une main sur ma bouche entrouverte pour marquer ma surprise. Mon simili d’assurance disparaît. L’imprévu, c’est une équipe supplémentaire. C’est eux qui ont vaincu avec facilité un membre de l’autre équipe, et ils semblent déterminés à en faire de même avec nous. Ne pas paniquer… Rester calme… Ils ne sont pas encore là… Ils ne sont pas encore là… Nous avons encore quelques instants. Mes coéquipiers vont trouver la meilleure chose à faire, nous allons suivre un bon plan, et tout ira bi...
— Faut pas se rater, moi je suis d’avis de traverser. Bon, comme on n’a pas choisi de chef... Toi, la filleule, tu décides ! Vite !
Le chauve me prend au dépourvu et me presse à prendre une décision. Il est vrai qu’il faut se dépêcher mais... Pourquoi ? Pourquoi c’est à moi de choisir ? Pourquoi considèrent-ils que je suis la plus apte à prendre la décision ? Parce qu’ils n’arrivent pas à se décider entre eux ? Mais, du coup, je ne peux ni dire que je me plierai à leur décision, ni trouver un compromis à cause du temps limité ! Ne pas paniquer… Ne pas paniquer…
Je souffle un court instant et essaie de clarifier mes pensées. Faut-il combattre, ou faut-il fuir ? Combattre, ou fuir ? Combattre ? Fuir ? Combattre ? Fuir ? Prendre des risques maintenant, ou les repousser à plus tard ? Tenter quelque chose dans une situation moyenne, ou continuer en espérant trouver une situation plus favorable ? Mais peut-on vraiment trouver une situation favorable ? Et si l’on se bat ? Nous avons.. deux armes. C’est peu de puissance de feu… Et pas moyen de récupérer l’autre : nous serions vus et attaqués dans la foulée. Je pense qu’ils sont alertes : si quelqu’un se penche pour tirer, nous perdrons une bonne partie de notre effet de surprise. Cependant, ils ne semblent pas savoir où nous sommes précisément… Et si… oui… Ca pourrait fonctionner…
— Je… J’ai l’impression qu’ils ne s’attendent pas à ce qu’on les attaque… Je vais tenter de leur tirer dessus sans me montrer. Si je réussis, on pourra certainement les engager à armes égales, voire avec un avantage. Sinon...il faudra sortir en force, ou les combattre avec un désavantage… Soyez prêts à me soutenir s’ils ripostent...
Le chauve hausse un sourcil mais acquiesce, tant que le blond vérifie que son arme est prête à être utilisée. Je l’imite, puis m’approche du mur menant à l’allée. Je vérifie rapidement le couloir : ils sont là, ils avancent. Encore… quinze, vingt mètres ? Je prends mon arme dans la main droit et tord mon poignet pour que le bout de mon arme soit hors de couverture dans une zone d’ombre, mais pas mon bras. J’ai l’air incroyablement stupide dans cette position, et l’idée l’est certainement tout autant, mais je risque de me faire tirer dessus si je me montre. Ils ne semblent pas avoir remarqué le canon de mon blaster. Je me concentre sur mon arme, sur les cibles, comme à l’entraînement. La façon dont je tiens mon arme est ignoble, mais j’arrive à les aligner tant bien que mal. Je tourne la tête vers mes équipiers : ils sont prêts.
J’hoche la tête, et vise la poitrine des trois hommes. Je retiens ma respiration, me concentre, et appuie plusieurs fois sur la détente. Une gerbe de tirs fuse et traverse le couloir. Le recul me prend par surprise, beaucoup plus important que quand j’avais une bonne posture. Mon poignet fait un quart de tour, je ressens une vive douleur dans ce dernier, puis mon bras, puis mon épaule.J’ai un mouvement de recul pour amortir le choc en vain, mais arrive tout de même à garder mon arme en main. Le blond se rapproche de moi et tire aussi une salve, à l’aveugle cette fois, moins précis que la mienne, et reste prêt à continuer s’ils ripostent. Personnellement, je choisis de rester à couvert, la douleur dans mon bras étant trop importante et vive pour que je continue dans l’immédiat. -
Post n°7
Auteur : AikinLes tirs de blasters sifflent dans l’allée. Les projectiles approchent à haute vitesse de leurs cibles. Et font mouche.
L’homme à droite du groupe, dans un heureux réflexe, fait un pas de côté au dernier moment et évite de justesse les coups tirés dans sa direction. Ses coéquipiers n’ont pas la même chance. Celui au centre se prend deux projectiles au torse et s’effondre dans un râle grave. Celui à sa gauche a un mouvement de côté, mais se fait toucher à l’épaule et la jambe gauche. ll tombe au sol, toujours conscient, et se dépêche à se mettre à couvert, rampant d’une main, laissant son blaster derrière lui. Ils sont séparés.
Le blond ne perd pas de temps et avance dans leur direction, rasant les murs, prêt à se cacher derrière une cloison au premier mouvement suspect. Aux aguets, il passe un couvert, puis deux. Je l’observe, observe les deux hommes de la troisième équipe. Celui en bon état fait des signes à l’autre. Ce dernier arrête de ramper, et lui fait un autre signe. Le premier acquiesce, et se met en joue, tandis que l’autre essaie de se relever. Ils voudraient continuer à se battre ? Mais… pourquoi ? Seul un d’eux peut encore tirer, et il serait compliqué de le sauver… Ou alors, c’est un piège ? Mais comment pourraient-ils savoir ? Mais… suis-je bête ! Ce sont des militaires, expérimentés de surcroît ! Evidemment qu’ils peuvent utiliser la Vision de Force, ou une de ses dérivée !
- Ils savent… il faut faire quelque chose ! je déclare à mi-voix, me redressant et commençant à aller dans l’allée, pour finalement me faire dépasser par le chauve.
J’observe la scène se dérouler au ralenti, impuissante. Comme immobilisée par une force invisible, mes jambes ne veulent pas avancer. La douleur se fait moins lancinante dans mon poignet, mais mes bras ne veulent pas adopter une position de tir. Le blond approche, et commence à viser le couloir par lequel l’adversaire indemne s’est dirigé, pour au final rencontrer deux tirs de blaster au niveau du poitrail. Il ne doit son salut qu’au chauve, qui s’interpose in extremis entre lui et les projectiles. Il laisse échapper un cri et se laisse tomber. Sa surprenante intervention donne assez de temps au blond pour qu’il puisse ajuster l’indemne et tirer, le mettant hors d’état de nuire avec succès. Je… Je ne m’attendais pas à ce qu’il se “sacrifie” pour un camarade. Enfin, l’a-t-il fait car il savait qu’il n’y avait aucun risque létal, ou l’aurait-il fait dans tous les cas ?
Cependant, je remarque que le dernier de la troisième escouade a réussi à progresser jusque son arme sans toutefois l’avoir déjà obtenu. Le blond ne semble pas l’avoir remarqué, encore perturbé par le sauvetage de la part de son camarade. Je réagis cette fois, sors de ma couverture, et vise l’homme. Malheureusement, la douleur me fait tressaillir, et mon tir part trop sur le côté. Au lieu de toucher le flanc de l’homme, le tir se loge entre sa main et son arme, lui faisant avoir un mouvement de recul. Le bruit de tir surprend le blond, qui fait volte-face, et découvre le rampant, complètement à découvert, sa main valide à une quinzaine de centimètres de son arme. Mon coéquipier réagit au quart de tour : il avance, balaye l’arme du pied, et tire dans le dos de l’homme, qui s’évanouit sous le choc.
Alors… C’est fini ? Une équipe est éliminée, comme ça ? Pas d’annonce, rien ? Pas de temps mort ? Remarque, en situation réelle, il n’y aura pas de temps mort, ni d’annonce…
Je m’apprête à rejoindre le blond, mais est interrompue par deux tirs, venant de l’autre côté de l’avenue. Je n’ai pas le temps de réagir, mais les tirs passent tout de même devant moi, et frappent le blond. Torse, hanche, chute.
Surprise, je recule de quelques pas, portant ma main gauche devant ma bouche, ma main droite tenant toujours mon arme. Pourquoi je ne les ai pas vu ? J’ai relâché ma concentration ? Ou alors j’étais concentrée sur autre chose ? Ont-ils utilisé la troisième équipe comme détournement d’attention, ou ont-ils profité de la situation existante ? Et pourquoi sont-ils revenus ? Ont-ils entendu les tirs, et se sont dit qu’il y avait une situation à exploiter ? Et moi ? M’ont-ils vu ? Oui, ce serait improbable qu’ils ne m’aient pas vu. Que faire ? Que faire ?
Je réfléchis. Je les vois. Ils avancent. Une décision. Une décision. La douleur maintenant légèrement adoucie dans mon bras dicte mon choix. Je dois gagner du temps. Je recule et m’enfonce dans les couloirs derrière moi de nouveau. Il faut que je trouve un moyen de profiter de cette situation. -
Post n°8
Auteur : AikinJe m’enfonce dans les couloirs, incertaine, tremblotante. Je suis seule, sans aide, sans soutien. Il va falloir ruser. Qu’est-ce que je possède qui pourrait m’aider ?
Mon arme ? Elle est basique, mais elle fonctionne. Je ne devrais pas avoir de problème de munition. Quoi d’autre ?
La vision de Force, oui, évidemment. J’ai déjà pu faire l’expérience de l’avantage qu’elle procure. Certes. Mais quoi d’autre ?
Et bien… Mes poings et mes jambes, mais je doute pouvoir faire quelque chose au corps-à-corps contre eux. Ils ont l’air bien plus entraînés et musclés que moi à ce niveau là. Sans effet de surprise, je n’aurais aucune chance… Et encore....
De plus, ce sont des Gardes. Ils ont donc reçu une formation dans la maîtrise de la Force, donc ils peuvent également utiliser la Vision de Force. Je dois rester sur mes gardes.
Il faut que j’évite la confrontation en face à face. Ils sont deux, ils sont armés. Je n’aurais aucune chance. Peut-être que, s’ils se séparaient… ? Mais pourquoi se sépareraient-ils ? Cela constitue leur majeur avantage, alors pourquoi viendraient-ils un par un ? Surtout que l’exercice est dépourvu d’arme à effet de zone.
Remarque, s’ils se séparent pas, j’aurai beaucoup moins de difficulté à les éviter et à m’enfuir. Ca pourrait fonctionner. De cette façon, je gagne du temps, et je peux essayer de trouver une sortie, un endroit adéquat, quelque chose.
J’essaie de me concentrer sur la zone. Le plan n’a pas changé depuis tout à l’heure. Ils sont déjà rentrés, essaient de passer sur la gauche du petit labyrinthe. L’un avance, en joue, pendant que l’autre couvre ses arrières. Aucun moyen de les prendre par surprise, donc. Mais je peux les éviter. Je commence à partir de l’autre côté de la zone, longeant les murs, précautionneuse. Un mauvais bruit, et j’attire leur attention sur moi. Je les vois avancer, à mon opposé. Ils arrivent à mon lieu de cachette précédent, mais je suis déjà partie. Je continue mon avancée. Si quelqu’un nous regardait, il trouverait certainement cela ridicule. Nous voir faire le tour de la zone, nous éviter sans confrontation. Mais je n’ai pas l’intention de me battre pour l’instant.
J’arrive près de la sortie de la petite zone, lorsqu’ils se mettent soudainement à regarder vers la sortie de la zone, et avancer rapidement vers moi, pour ne pas dire courir. Comment ont-ils su ? Je me mets à fuir aussi, sors de la zone. Ils gagnent du terrain. Par où aller ? Gauche ? Droite ? Etage ? Gauche ? Droite ? Etage ?
J’opte pour la droite. Je me mets à courir, évitant les corps inconscients de mes camarades et de l’autre équipe. Si je n’avais pas été dans une situation d’urgence, j’aurais peut-être récupéré une de leurs armes, au cas où. Mais il faut que je parte. Je ne suis pas encore au bout de l’allée qu’ils sont déjà sortis, me voient, crient ma position. Deux tirs partent dans ma direction et m’obligent à prendre un couloir sur la droite, un peu plus tôt que prévu. Je m’enfonce tout de même dans la zone, essaie de me concentrer pour connaître l’agencement des lieux, mais je n’arrive pas à me fixer sur autre chose que la route devant moi. Elle est… linéaire. Enfin, il y a très peu d’embranchements, de chemins sur les côtés. Je suis piégée ?
J’essaye de me calmer et de réfléchir au détour d’un angle. Qu’est-ce que je fais ? Ils avancent, s’ils continuent ils vont m’atteindre. J’essaye de regarder la zone dans sa globalité. La suite est composée de deux routes. Enfin, la route que je suis en train d’emprunter, et une ouverture sur le côté qui débouche sur un cul de sac. Ca pourrait servir pour se cacher. Cependant, je remarque une petite excroissance au niveau de cette “cachette”. Je l’ai déjà vue quelque part… Mais où ?
Les mots du chauve me reviennent à l’esprit.
— Ce truc là, ça veut dire qu’il y a un piège. Si tu passes devant le détecteur, le piège se déclenche et tu te fais tirer dessus. C’est tellement rapide que tu n’auras même pas le temps de te rendre compte de ce qu’il t’arrive..
Est-ce qu’il serait possible d’en profiter ? Qu’est-ce qui pourrait les pousser à aller dedans ?
L’idée me vient. Je continue d’avancer et me place un peu plus loin sur la suite de la route. Il va falloir un excellent timing et beaucoup de chance, mais je ne trouve pas d’autre option. Heureusement pour moi, il y a un autre angle un peu plus loin. Il faut qu’ils passent dans la petite allée.
Je les vois avancer. Ils se sont rendus compte que j’ai arrêté de courir, mais ils avancent vite. Ils continuent sur la route et arrivent à l’angle. Je les laisse avancer. Ils progressent, aux aguets… Je prépare ma position de tir… Et…
Soudainement, je me dévoile et tire plusieurs fois vers eux. Ils sont surpris, et réagissent le plus vite possible. Le premier commence un mouvement de côté mais se fait toucher au torse et à l’épaule. L’autre a plus de “chance” et commence à se réfugier dans le cul de sac. Malheureusement pour lui, dans son urgence, il active le piège. J’entends deux tirs, un petit cri de surprise, et une autre chute. Je vérifie à distance s’ils sont bien inconscients, mais aucun d’eux ne bouge, les yeux fermés. J’expire un grand coup, comme pour évacuer la pression et l’adrénaline qui m’a gagné pendant ces quelques instants, non pas sans ressentir quelques frisson et de la fatigue. L’exercice est fini, apparemment. -
Post n°9
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
Derrière les écrans, Aldia sourit. C’est pas mal… Pas mal. La petite miraluka a sûrement des ressources. Comme quoi, la Force est parfois plus utile que l’expérience. Mais, ce n’est pas tout. Elle sait réfléchir et utilise le terrain à son avantage. Oui, c’est… Pas mal.
L’instructeur attrape un micro qui dépasse des consoles et tord sa tige pour le mettre près de sa bouche. Il s’adresse aux équipes sur le terrain.
— Messieurs, vous vous êtes fait battre par une équipe où se trouvait une recrue. Une recrue qui est d’ailleurs la seule personne debout à l’heure actuelle. Vous avez encore du boulot. Alors arrêtez de faire vos larves et sortez de la zone.
A l’intérieur de « l’arène », les militaires poussent sur leurs bras. Rester inerte une fois touché fait partie du jeu, même si les décharges ne sont pas si puissantes. Quoi qu’il ne fasse jamais plaisir d’être touché par une de ces choses. C’est du genre à vous électriser les nerfs pour la demi-heure à venir.
Bientôt, tout le monde rejoint la salle de briefing. Aldia voit sa protégée arriver et se rapproche d’elle. Fièrement, un grand sourire aux lèvres, elle passe sa main dans les cheveux d’argents de la fille. Après l’avoir vivement décoiffée, elle se tourne vers le responsable.
— Bon, j’ai vu ce que je voulais voir. Messieurs, je vous remercie ! Sur ce, nous vous laissons.
Chose rare : la lieutenante a l’air de bonne humeur ! Les soldats sont presque mal à l’aise pour la miraluka aux cheveux en vrac qui se fait emporter par la main d’Aldia qui pousse son dos. Cette pauvre petite n’a pas fini d’en voir…
De retour dans le grand couloir, la militaire ne tarde pas à se repérer. Elle accompagne sa filleule à un nouvel endroit. Sur la route, elle lui explique :
— Tu ne trouveras pas des pièges partout, sur le terrain. Parfois tu devras être encore plus rusée. Enfin bon, tu as du potentiel ! Je le savais. Raison de plus pour bien te… Elle fait claquer son poing métallique au creux de la paume de son autre main. Bien te former ! Ah, franchement ! J’aimerais bien pouvoir t’entraîner au sabre moi-même. Te montrer ce que c’est, que de donner cent pourcents ! Mais, ça n’est plus possible.
La femme s’arrête un instant devant une petite interface. Quel étage déjà ? Voilà, le bouton est pressé. Les portes se ferment. On s’élève doucement.
— Je vais continuer à te tester, ou à t'épuiser (comme tu veux). On a encore un peu de temps.
Les portes s’ouvrent sur un nouveau couloir très large. A croire que cet endroit est prévu pour circuler en rangs de dix personnes ! Les gardes s’avancent pour arriver à une sorte de croisement. C’est une sorte de pièce centrale, circulaire, donnant sur plusieurs portes.
— Peut-être qu’il y en aura une de vide… Mais c’est rare, tout le monde aime traîner par ici… Ah ! J’ai parlé trop vite... Annonce Aldia en passant son regard sur toutes les entrées.
Une porte est verrouillée. Il suffit d’une pression de la main de la militaire pour que les autorisations soient accordées et que le chemin soit dégagé. Un pas dans la salle, et un son inattendu se fait entendre : un cours d’eau ! Le bruit de l’herbe qu’on écrase ? C’est une salle dédiée à la méditation. La nature est apaisante, propice au calme intérieur. La zone est si grande. C’est peut-être bien tout l’étage qui est aménagé de la sorte. A chaque fois qu’Aldia met les pieds ici, elle en oublie qu’elle se trouve sur coruscant. Tout a l’air si différent. Même le plafond est plus haut. Celui-ci n’est d’ailleurs pas gris comme partout ailleurs. Il est d’un blanc brillant, comme si c’était une unique lampe propulsant une lumière chaude sur la végétation. C’est une oasis au milieu d’un désert d’acier.
Après quelques pas le long d’un chemin grimpant un faible dénivelé, les sensitives arrivent dans une sorte de clairière. Plusieurs formes géométriques sont disposées là, sur cette sorte d’épais gazon presque trop parfait. Elles sont faites de métal et semblent très lourdes. Alors, la lieutenante s’approche d’un gros cube d’un bon mètre et demi de haut.
— Tu vas me faire léviter ça ! Ça prendra le temps que ça prendra. Amuse-toi bien ! Lance-t-elle, armée de son habituel sourire narquois.
La femme se recule pour aller s’assoir sur un rocher qui se trouve là. Peut-être qu’elle aura vite fait, peut-être pas ? Quelque chose lui dit qu’il va falloir être patiente…
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Post n°10
Auteur : AikinUn léger grésillement, puis les haut-parleurs se mettent à transmettre un message. J’ai l’impression que ces quelques secondes de battement entre la fin de l’exercice et l’annonce ont duré des heures. J’ai le sentiment d’être toute faible physiquement. Est-ce normal ?
— Messieurs, vous vous êtes fait battre par une équipe où se trouvait une recrue. Une recrue qui est d’ailleurs la seule personne debout à l’heure actuelle. Vous avez encore du boulot. Alors arrêtez de faire vos larves et sortez de la zone.
Autour de moi, les corps que je croyais inconscients se relèvent. Sous le coup de l’adrénaline, j’avais oublié que les décharges n’étaient pas assez puissantes pour vraiment mettre quelqu’un K.O. J’éprouve un léger soulagement à cette nouvelle. Je rejoins donc mes deux coéquipiers. Ils m’adressent un sourire, puis suivent le reste des Gardes vers la sortie. Les autres soldats semblent gênés… non, surpris ? agacés ? de ne pas avoir pu battre une recrue. J’essaie d’éviter leur regard pour éviter un potentiel conflit.
Dès que nous arrivons dans la salle de briefing, Aldia me remarque et se rapproche de moi, un grand sourire aux lèvres. Je m’attends au pire alors qu’elle s’approche de moi, fière, mais est surprise lorsqu’elle passe vivement sa main dans mes cheveux, me décoiffant allègrement. Ne sachant pas vraiment comment recevoir ce geste, je préfère l’interpréter comme quelque chose de positif. J’essaie de remettre un peu ma chevelure en place, sans succès, tandis qu’Aldia se tourne vers le responsable de l’exercice.
— Bon, j’ai vu ce que je voulais voir. Messieurs, je vous remercie ! Sur ce, nous vous laissons.
Ce qu’elle voulait voir ? Mais que voulait-elle voir ? Voir comment je pouvais réagir en situation de stress ? Me voir tenir jusqu’à la fin ? Me voir réussir ? Je n’ose pas demander de précision alors qu’Aldia me pousse de son bras métallique pour sortir de la salle. J’adresse un dernier sourire à mes ex-camarades, puis sors.
Nous revenons dans le grand couloir. Aldia s’arrête quelques secondes pour se repérer. J’en profite pour remettre certaines mèches sauvages en place, puis emboîte le pas d’Aldia quand elle part vers notre prochaine destination. Après quelques instants, la lieutenante brise le silence. Je l’écoute avec attention :
— Tu ne trouveras pas des pièges partout, sur le terrain. Parfois tu devras être encore plus rusée. Enfin bon, tu as du potentiel ! Je le savais. Raison de plus pour bien te…
Un peu gênée par son compliment, je sursaute légèrement au bruit de la collision entre son poing métallique et sa paume. Vu de l’extérieur, je dois être ridicule. Mais… J’ai toujours vécu dans un environnement plutôt calme, protégé. Enfin, sauf pour cette journée là… En général, je n’ai pas l’habitude qu’on me bouscule, ou que je sois dans des situations stressantes… Mais tout peut changer, n’est-ce pas ?
Sortant de mes réflexions, j’écoute la fin de la phrase de la lieutenante :
Bien te former ! Ah, franchement ! J’aimerais bien pouvoir t’entraîner au sabre moi-même. Te montrer ce que c’est, que de donner cent pourcents ! Mais, ça n’est plus possible.
Sabre ? Ma mémoire s’active, et je me rappelle que la spécificité de la Garde, en plus de recruter des sensitifs, est le maniement du sabre laser. Le sabre laser… Cette arme ne me rappelle pas vraiment de bons souvenirs… Enfin, je suppose que, comme tout, le sabre laser est un outil. On peut en faire une utilisation positive, comme une mauvaise utilisation, non ? Il n’y a qu’à voir la flagrante opposition entre Sith et Jedi. Ils utilisent la même arme, mais à des buts très différents.
Nous arrivons à un ascenseur. Je vois ma tutrice pianoter sur une interface, commandant une action menant à la fermeture des portes. Je sens la plateforme monter. Où m’emmène-t-elle ?
— Je vais continuer à te tester, ou à t'épuiser (comme tu veux). On a encore un peu de temps.
Je laisse échapper un petit rire gêné, un peu pour marquer mon acquiescement, mais qui laisse plutôt transparaître un peu de malaise. Heureusement pour moi, Aldia ne me questionne pas plus. Les portes s’ouvrent. Le couloir devant nous est beaucoup plus large que le précédent. Nous avançons, et arrivons dans un genre de pièce circulaire, entourée de plusieurs portes. Aldia m’emmène vers une porte, clamant qu’elle est vide. Je la vois appuyer sur la porte. Un scan rapide s'effectue, et la porte s’ouvre. Nous entrons.
L’intérieur de la pièce est en rupture complète avec le reste du bâtiment. J’entends un cours d’eau couler doucement. A chacun de nos pas, nous pouvons entendre et sentir que ce qu’il se trouve sous nos pieds n’est pas de l’acier, mais bien de l’herbe. Tout ici a l’air si… paisible. On pourrait en oublier qu’on est sur Coruscant, cette ville où tout veut aller plus vite. La salle est grande. Le plafond a l’air différent. Il n’est pas de la même couleur, déjà, mais je sens qu’il y a autre chose, sans pouvoir préciser quoi... Est-ce que toutes les pièces sont identiques ?
Nous marchons quelques instants sur un chemin grimpant légèrement, puis arrivons dans un genre de clairière. En plein centre de cette clairière sont installés… des cubes de métal ? Ils dénotent complètement avec l’environnement et l’atmosphère créés par cette pièce. Ils sont de taille variable. Pourquoi sont-ils là ?
Aldia s’approche du plus grand. Il est presque aussi grand que moi. Il doit faire un mètre cinquante ? Soixante ? de hauteur.
— Tu vas me faire léviter ça ! Ça prendra le temps que ça prendra. Amuse-toi bien !
Si j’avais des yeux, ils seraient certainement écarquillés par la surprise. Moi ? Faire léviter… Que… Quoi ? Mais… Comment ? De quelle façon ? Avec quel pouvoir ?
Aldia, quand à elle, part s’installer sur un rocher non loin, un sourire plutôt moqueur sur le visage, l’air de rien.
J’essaie de faire de l’ordre dans mes questionnements. Pourquoi me faire faire cela ? Pour m’entraîner, certainement. Ou pour voir comment je me débrouille. Il doit y avoir quelque chose à comprendre, une astuce. Mais la demander serait peut-être un peu idiot. Mieux vaut éviter pour l’instant.
Il faut certainement utiliser la Force. Soit. Je me décide à bouger pour approcher du cube en question. Ses faces sont lisses, dénuées d’imperfection. Je pose ma main dessus, essaie de le pousser pour juger de son poids. Le contact est froid, mais le cube reste immobile, inflexible. Je doute pouvoir y arriver avec uniquement de la force brute, mais je préfère essayer, juste une fois.
Je recule de quelques pas, et me concentre. Je me concentre sur ma maigre maîtrise de la Force, sur l’obstacle. J’essaie de me calmer. J’ai du temps, ici. S’il fallait réussir ce genre d’épreuve dans l’urgence, le climat tout autour du cube serait radicalement différent, je suppose. Je respire longuement, expire longuement, essaye d’appréhender le cube. Comme avec la bille, j’ai l’impression que le cube, comme toutes les autres choses est relié à des petits fils, et que je peux tirer sur ces fils pour bouger les objets, à travers la Force. J’essaye doucement, sans succès. Alors je recommence, un peu plus fort. Toujours rien. Je me concentre de plus belle, essaye d'”amasser” le plus de fils possibles, comme pour mettre le cube sous tension. J’essaye de tirer sur les fils, pour essayer de le soulever comme avec une poulie, mais rien ne change. Je réitère l’expérience, mais cette fois en me concentrant sur le plus de fils possibles, qu’ils soient autour du cube ou non. Peut-être qu’en les emmêlant, je pourrai atteindre le bon résultat ? J’essaye de les bouger, de les tirer, de les soulever, mais ce fichu cube ne veut pas bouger. Par frustration, je relâche violemment lesdits fils, et je ressens comme un grand choc.
Je ne sais pas si quelque chose à bougé autour de moi. Peut-être. Peut-être pas. Mais sur le moment, je m’en fiche. Je suis prise de vertiges, une vive douleur traverse mon crâne. Le monde semble tourbillonner autour de moi. Sans repères, et mon sens de l’équilibre apparemment amoché, j’arrive à tituber jusqu’au cube pour m’y cramponner. Ma respiration est forte, des gouttelettes perlent sur mon front. Une envie de vomir me prend, mais je parviens à y résister au prix de quelques quintes de toux. J’entreprends finalement de glisser doucement sur le bord du cube et de m’y adosser, assise. Inspiration. Expiration. Inspiration. Expiration.
Mes sens me reviennent au bout de plusieurs dizaines de secondes. Je reprends doucement mes esprits, essaie de me calmer. Que s’est-il passé ? Pourquoi cette réaction si vive ? Je commence à me relever, mais ne regarde pas si Aldia a réagi ou non. Je… Il faut que je me débrouille. Il faut que je trouve quelque chose pour y arriver.
Mon attention se focalise sur une petite pierre un peu à l’écart de la clairière. Etrange, j’aurais juré qu’elle était plus proche, à notre arrivée… Mais peu importe. Et si je m'entrainais d’abord sur quelque chose de plus facile, pour me faire à la technique ? Cela me semble être une bonne idée. Je me relève, m’aidant du cube, puis me dirige vers la pierre dès que je me suis assurée de ne plus tomber. Je choisis de la prendre à la main pour la ramener dans la clairière. C’est une pierre ovale, d’une quarantaine de centimètres de longueur pour une vingtaine de largeur et de profondeur. Elle doit peser entre deux et trois kilos. Ca fera l’affaire.
Je la pose donc, et réessaie de me concentrer dessus. Je commence à me concentrer sur elle. La roche semble beaucoup plus propice à la manipulation. J’arrive sans trop d’efforts à la faire trembler et osciller légèrement. Néanmoins, je dois me concentrer un peu plus pour la faire rouler. J’arrive sans trop de soucis à l’éloigner de moi, laissant la pierre faire plusieurs tours sur elle même avant qu’elle ne s’arrête d’elle même. J’essaie ensuite la manoeuvre inverse, pour la faire revenir vers moi, mais au moment de l’action, la pierre s’éloigne toujours plus de moi. Elle ne veut pas s’approcher. Ou alors je m’y prends mal ?
Je reste quelques instants immobile, perdue dans mes réflexions. Pour l’instant, je n’ai essayé qu’une méthode pour faire bouger les objets, mais elle est fonctionnelle. Enfin, fonctionnelle uniquement quand je veux pousser des choses. En fait, maintenant que j’y repense, je n’ai toujours fait que des poussées : la bille, l’arme du soldat dans le cargo, l’arme d’entraînement dans le labyrinthe, et maintenant le roche… Est-ce que je m’y prends tout simplement mal ? Il faut que j’en ai le coeur net. Je n’arrive pas à trouver la solution.
Je me dirige vers Aldia, un peu gênée, avec une toute petite moue, d’un pas un peu hasardeux. J’arrive néanmoins à prendre la parole :
— Désolé de vous déranger, Lieutenante, mais… J’ai l’impression de ne pas arriver à faire autre chose que des poussées de Force… Est-ce que vous pourriez m’expliquer comment faire venir un objet vers soi, s’il vous plaît ? Ou même comment faire léviter un objet ? Si cela n’est pas contre les règles de l’exercice, évidemment... -
Post n°11
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
Uniquement pousser les objets ? Repousser, évacuer… Aller vers l’extérieur. Une notion logique lorsque l’on imagine que le pouvoir émane de soi. Peut-être est-ce l’erreur de notre jeune recrue ? La lieutenante se lève et s’étire. Il va falloir poser quelques bases.
— Ce n’est pas contre les règles. En fait, il n’y a pas de règles. Je veux juste voir où tu en es depuis ton petit exploit lors de notre escorte.
La femme marche lentement et tourne autour de la miraluka. Elle a l’air de l’inspecter…
— Je pense que je comprends mieux, maintenant.
Après un tour presque complet, Aldia s’arrête sur le profil d’Aikin. Elle se rapproche d’elle.
— Tu as du potentiel. Tu es un petit bourgeon…
Dangereusement proche de sa filleule, une main sur son épaule, la lieutenante amène son poing devant leurs deux visages. Puis, elle écarte ses doigts d’un coup, comme pour mimer une explosion.
— …qu’il faut faire éclore. Et pour y arriver, il va falloir t’arroser de savoir et de pratique.
Elle s’écarte en un geste souple, sans bruit.
— Ton pouvoir, la Force, ne vient pas du bout de tes doigts. Tu ne souffles pas sur les objets, tu ne les submerges pas grâce à des flots d’un pouvoir quelconque. Non, ce cas de figure ne concerne que la poussée de Force, une action bien particulière.
De sa main droite, elle balaie l’espace devant elle.
— La Force est partout autour de nos. Tu n’agis pas sur elle en poussant ou en tirant sur une matière transparente. Il faut réussir à imposer ta volonté aux objets grâce à la Force sans la voir comme quelque chose de physique. Le plus dur, c’est de trouver comment faire. Mais, une fois que tu auras compris, les possibilités seront nombreuses.
Aldia tend son bras gauche en direction du grand cube.
— Je ne cherche pas à établir un lien entre le cube et moi. S’il doit il y en avoir un, il se créera de lui-même. Non, je vois le cube à travers la Force, comme tu le ferais toi-même naturellement, et je le visualise en train de se lever.
Le gros bloc de métal s’élève lentement. Il semble être figé un instant, puis il se met à tourner très lentement sur lui-même.
— Le contrôle vient avec la pratique. Tu devras chercher à recréer les sensations de ton premier succès. C’est comme essayer de contracter un muscle que tu n’aurais jamais utilisé avant.
Doucement, le cube se pose. Aldia respire un coup.
— Prends ton temps, médite et comprends que la Force est partout. Cherche à t’exprimer à travers elle. Fais parler ton désir de voir se lever l’objet en te servant de ta maîtrise. Aide-toi de gestes, de pensées, mais dirige tes actions vers la Force. C’est abstrait, mais une fois que tu auras saisi le truc… ça ira. Ne te précipite pas. Si c’est bon : au boulot ! -
Post n°12
Auteur : AikinAprès ma question, Aldia se lève, s’étire un peu, puis prend la parole.
— Ce n’est pas contre les règles. En fait, il n’y a pas de règles. Je veux juste voir où tu en es depuis ton petit exploit lors de notre escorte.
Je tique un peu au mot “exploit”. J’ai l’impression de ne pas vraiment mériter ce genre de qualification. En fait, j’ai surtout l’impression d’avoir eu de la chance, d’être arrivée au bon endroit au bon moment, dans des conditions propices, et d’en avoir abusé. Mais si on considère que l’exercice devait ressembler à une situation réelle, alors j’ai juste exploité mon environnement, et donc je n’ai pas à avoir de doutes, non ? Je vois la lieutenante approcher lentement, commencer à tourner autour de moi. Je me sens observée, inspectée, mise à nue. Sensation désagréable, mais je ne bronche pas. J’ai envie de croiser les bras, de faire un pas en avant pour m’écarter d’elle, mais mieux vaut ne pas avoir ce genre de réactions.
— Je pense que je comprends mieux, maintenant.
Comprendre pourquoi j’ai une sorte de blocage ? Je redouble d’attention, pour ne pas manquer les précieux conseils. Cependant, ma supérieure continue de tourner autour de moi et s’arrête à mon profil. Je la vois s’approcher doucement. Plus près. Plus près…
— Tu as du potentiel. Tu es un petit bourgeon…
Trop près à mon goût. Il suffirait que je me décale de quelques centimètres pour que nos joues se touchent. En même temps que sa main sur mon épaule, je ressens un certain frisson dans le bas du dos quand elle approche son poing. Elle veut me frapper ? Sans trop m’en rendre compte, mon corps se penche légèrement vers l’arrière., d’appréhension. Sa main est proche mais je ne la sens pas teinté d’animosité. Quand soudainement, elle écarte vivement ses doigts, un peu comme une explosion. J’essaie de retenir un mouvement de surprise, par réflexe, sans trop de succès.
— …qu’il faut faire éclore. Et pour y arriver, il va falloir t’arroser de savoir et de pratique.
J’apprécie la métaphore, mais je sais déjà qu’il va falloir toujours s’entraîner, en théorie et en pratique. Enfin, ce genre de rappel est toujours le bienvenue, et il a très certainement une utilité pour la suite de son discours. Je la vois s’écarter, comme une ombre, silencieusement, gracieusement. Elle continue :
— Ton pouvoir, la Force, ne vient pas du bout de tes doigts. Tu ne souffles pas sur les objets, tu ne les submerges pas grâce à des flots d’un pouvoir quelconque. Non, ce cas de figure ne concerne que la poussée de Force, une action bien particulière. elle fait un grand mouvement avec sa main droite, en arc de cercle, comme pour désigner toute une zone devant elle. La Force est partout autour de nous. Tu n’agis pas sur elle en poussant ou en tirant sur une matière transparente. Il faut réussir à imposer ta volonté aux objets grâce à la Force sans la voir comme quelque chose de physique. Le plus dur, c’est de trouver comment faire. Mais, une fois que tu auras compris, les possibilités seront nombreuses.
Comme je le pensais, je m’y prenais mal. Ainsi, une attraction de Force n’est pas l’inverse d’une poussée de Force ? Cette information me paraît contre-intuitive à première vue, puis semble de plus en plus logique. Il faut considérer chaque action comme unique, avec sa propre méthode. Je ne peux pas vraiment me baser sur une autre pour progresser. Il va falloir que j’essaie. Aldia tend son bras gauche en direction du cube, continuant son explication :
— Je ne cherche pas à établir un lien entre le cube et moi. S’il doit il y en avoir un, il se créera de lui-même. Non, je vois le cube à travers la Force, comme tu le ferais toi-même naturellement, et je le visualise en train de se lever.
Ce serait aussi simple ? Enfin, simple pour une Miraluka ? Enfin, peut-être qu’elle simplifie l’explication pour que je trouve ma propre façon de faire, celle qui me convient le mieux ? Ou alors c’est l’effort à fournir qui consiste en la difficulté majeure de l’épreuve ? Je vois le cube se soulever doucement, puis commencer à tourner sur lui même. Aldia ne semble même pas être en effort, mais je suppose que cela vient avec la pratique et l’entraînement.
— Le contrôle vient avec la pratique. Tu devras chercher à recréer les sensations de ton premier succès. C’est comme essayer de contracter un muscle que tu n’aurais jamais utilisé avant. Elle laisse doucement retomber le cube, puis reprend : Prends ton temps, médite et comprends que la Force est partout. Cherche à t’exprimer à travers elle. Fais parler ton désir de voir se lever l’objet en te servant de ta maîtrise. Aide-toi de gestes, de pensées, mais dirige tes actions vers la Force. C’est abstrait, mais une fois que tu auras saisi le truc… ça ira. Ne te précipite pas. Si c’est bon : au boulot !
Comme mon premier succès… Elle fait certainement référence à la bille. Cependant, j’avais utilisé une méthode qui ne fonctionne pas avec les autres actions… Rah ! Je trouverai autre chose. J'hoche la tête pour acquiescer les dernières paroles d’Aldia, puis prend la parole.
— Merci beaucoup pour vos conseils, Lieutenante. J’accompagne mes paroles d’une petite courbette, et m’écarte. Il est temps de mettre en pratique ces conseils.
Je reviens un peu plus en bord de clairière, vers la pierre que j’avais pris pour m’entraîner il y a quelques instants. Je m'assois en tailleur devant elle. Par mesure de précaution, je ne m’aligne ni au cube ni à Aldia, au cas où la pierre se mettrait à foncer devant moi comme tout à l’heure. J’essaie de faire abstraction de tout ce qu’il y a autour de moi pour me focaliser sur la pierre.
La pierre. Quand je vois qu’elle, je remarque toutes ses irrégularités, toute la complexité de sa forme, sa taille… J’inspire et expire longuement, tente d’atteindre un calme parfait. La pierre est devant moi. Il n’y a rien d’autre. Inspiration. Expiration. Je me concentre sur la pierre, et lui commande d’avancer vers moi. Aucun mouvement. Je savais que je n’allai pas réussir du premier coup, mais tout de même… Je réitère l’expérience… Sans succès. Je lui impose d’aller vers la gauche, vers la droite… Pas de réaction. Dépitée, je tente de la faire s’éloigner de moi, comme avec une poussée de Force. Eeeeet… Rien. Même pas un remou. Un peu frustrée, je réessaie l’ancienne méthode. Je me concentre, tire sur les “fils” que je sens, et relâche. La pierre est comme propulsée et va percuter un arbre plus loin, en lisière de forêt. J’ai un mouvement de recul : je ne m’attendais pas à ce qu’elle parte aussi violemment.
Je me relève. Il faut que j’aille récupérer la pierre à la main. Je m'époussette grossièrement et marche vers la pierre qui s’est enfoncée un peu plus loin. Sur le chemin, néanmoins, je m’arrête devant l’arbre. Le choc a laissé une sacrée marque… Je pose ma main contre l’écorce, contre la partie saine et la partie mutilée. Le contact est froid, inégal. Je réfléchis. Je viens de pousser deux fois la pierre, la deuxième fois plus violemment que la première. Pourquoi ? Ce n’est certainement pas ma maîtrise ou ma puissance qui a évolué. Non, c’est autre chose.
Je sais : à chaque fois que j’ai poussé violemment la pierre, j’étais frustrée, agacée, embêtée… C’est plus ma colère ou la peur de l’échec qui a dicté mon action que ma réelle maîtrise. Cela peut être utile, mais ce n’est pas du tout le but de l’exercice. Mais dois-je penser avec un objectif de réussite de l’exercice, ou de réussite personnelle ? Est-ce que je fais ce genre de chose pour satisfaire un autre, ou pour ma propre évolution personnelle ?
Je lève la tête, regarde le feuillage touffu de l’arbre. Un végétal n’a pas ce genre de soucis. Un végétal comme celui-ci ne pense pas. Il vit, il accomplit son processus biologique. Il est planté, grandit, essaie de disperser ses graines, et le cycle recommence. Il n’a pas de comptes à rendre et n’est pas guidé par de bons ou mauvais sentiments.
Cette idée est presque… apaisante ? Enfin, elle ne vise pas à atteindre le calme de façade que j’obtenais précédemment, mais plutôt un calme “vrai”. Il serait extrême de parler de paix intérieure, mais c’est l’idée qui me traverse l’esprit. Je m’assois quelques instants, adossée à l’arbre. J’observe les feuilles et l’herbe bouger doucement, comme si il y avait une légère brise artificielle dans la pièce. J’écoute le cours d’eau, perpétuel, toujours identique bien que l’eau soit changeante.
Une feuille se détache et virevolte tranquillement. Sa forme lui fait se balancer à gauche, à droite, jusqu’à arriver au sol. Une deuxième feuille se détache. Je me dis que chaque feuille, bien que différente dans sa forme ou sa taille, a toujours le même destin : une croissance sur une branche puis une courte chute jusqu’au sol. Jamais une feuille n’est naturellement remontée vers les cieux. Cependant, alors que j’imagine la situation, la deuxième feuille remonte légèrement, arrête son balancement. Etrange… J’essaie de l’imaginer aller sur la gauche, elle se dirige vers la gauche. Droite. Haut. Bas. La feuille va là où je l’imagine aller. Ma bouche s’entrouvre pour marquer ma surprise. La subtilité est là. Je ne commande pas l’objet de bouger. Je l’imagine à un autre endroit, avec plus ou moins de douceur, et la Force le fait se déplacer. Je n’utilise pas la violence d’un ordre, mais plutôt la douceur d’une suggestion. Enfin, dans ce cas là.
Une autre feuille se détache. Tout en gardant la première sous contrôle, je stabilise la seconde. Je les imaginer virevolter, monter, descendre, et les deux objets s’exécutent. Montée. Descente. Gauche. Droite. Pirouette. Les feuilles continuent leurs mouvements jusqu’à ce que je les laisse tomber… sur mon visage. Je les enlève doucement, satisfaite, puis élargit mon champ de vision.
En bord de clairière, comme en transition entre l’herbe et une ceinture de roches se trouvent beaucoup de petits cailloux. Je décide de m’exercer sur eux. Je souhaite qu’ils s’élèvent tous d’un petit mètre, et les petits cailloux se soulèvent, un par un, à différentes vitesse. Au bout de quelques secondes, ils forment tous une jolie ligne qui reste stable. Je fais ensuite onduler la ligne tel un serpent, d’abord horizontalement, puis verticalement. J’ai quelques difficultés, quelques cailloux échappent à mon contrôle, mais le résultat reste plutôt souple, relativement harmonieux.
La longue ligne se brise en trois. Les deux parties extérieures créent des amas de cailloux plus ou moins sphériques qui se mettent en orbite autour la ligne verticale restante. Je les fais tournoyer comme deux satellites autour d’une planète. Ma réussite me fait sourire.
Cette fois, je ne fais pas bouger les cailloux. En fait, j’essaie de leur faire conserver leur formation pendant que je me relève. Je reprends mes marques doucement, me déplie. Quelques cailloux ont quitté leur ballet aérien pour se retrouver par terre, mais la grosse majorité des petites roches est restée dans la rôle qui lui a été attribué. Je m’en rapproche, touche la ligne centrale qui mimique le ploiement puis qui revient en place lorsque je retire mon doigt. Dernière expérience, je remets les cailloux en ligne, puis fais en sorte qu’ils forment un cercle vers mes chevilles, tout autour de moi. Je le fais monter, lentement pour éviter qu’il ne me touche, puis redescendre tout aussi doucement. Une fois à mes pieds, je relâche mon contrôle. Les cailloux s’éparpillent sur le sol, inanimés de nouveau. Un large sourire s’étend sur mon visage. Je me sens bien, mieux qu’avant.
Cependant, il faut que je relativise cette réussite. Bien que nombreux, les cailloux n’étaient pas très lourds. Il faut que j’essaie avec autre chose.
Tiens, la pierre se trouve toujours dans les fourrées un peu plus loin. Comme avec les cailloux, je l’imagine venir vers moi en flottant. J’aperçois quelques courts instants plus tard la pierre venir vers moi et se poser délicatement sur un plus petit cube. Quand je relâche mon contrôle, néanmoins, je ne peux m’empêcher de tousser deux fois et de prendre quelques secondes pour respirer. Il ne faut pas croire que je fais cela sans effort. Le contrecoup des cailloux et de la pierre, bien que léger, se fait ressentir. Je dois rester prudente. Mais je sens que je suis capable d’essayer avec le cube.
Je me place devant l’objet de métal. Aldia l’a replacé exactement dans la même position. Je l’imagine se lever une dizaine de centimètres, quelque chose de simple. Le cube ne bouge pas au premier abord, puis se met à frémir. De petites secousses traversent la pièce, mais je ne m’arrête pas. A la place, je tends ma main droite vers le cube. Elle est très légèrement ouverte, mais mes doigts ne sont pas contractés, crispés. Mon geste est plutôt amical, comme une invitation. Suite à cela, le cube monte enfin. Je sens tout son poids, mais ne fléchit pas, bien que ma position se fasse moins droite et qu’un oeil averti remarquera quelques gouttes de transpiration. Doucement, j’arrive à faire tourner le cube, mais me rend compte que l’exercice est trop complexe au bout d’un huitième de tour et le repose le plus doucement possible, avant de m’écarter pour aller m’adosser contre un arbre, la respiration forte mais un sourire satisfait allant jusqu’aux deux oreilles. Je fais attendre quelques instants pour reprendre des forces, puis recommencerai si besoin, jusqu’à réussite parfaite. -
Post n°13
Auteur : LyzsAldia observe sa filleule avec malice. La petite miraluka peine, se donne du mal, galère et se prépare grâce à divers exercices. Ce n’est pas ce qui est attendu, mais seul le résultat compte. Et, lors qu’Aikin se décide enfin à s’attaquer au grand bloc de métal, celui-ci lui obéit.
— Oooooh… Laisse échapper Aldia, étonnée de voir l’objet quitter le sol.
Intriguée, elle observe la recrue réussir l’exercice et tenter d’aller plus loin. Mais, c’est trop dur. Alors, elle laisse retomber l’objet avec délicatesse. Elle ne le laisse pas s’écraser, non. Elle le maîtrise. Impressionnant. Il y a si peu encore, faire bouger une bille lui était impossible. Cette personne a-t-elle jamais essayé d’utiliser la Force correctement avant d’entrer dans la garde ? Elle aurait pu être si développée, avec un tel rythme ! Mais, mieux vaut tard que jamais !
Elle a l’air décidé à remettre ça, mais ce n’est peut-être pas la chose la plus sage. Y arriver si vite est déjà un exploit. Beaucoup de gardes mettent des semaines à faire trembler l’objet. Cette fois, la lieutenante en est sûre : elle ne s’est pas trompée. Alors, elle se lève et rejoint sa talentueuse élève. Faisant fi de toutes notions d’espace personnel, elle l’attrape par les épaules.
— Excellent ! Tu as… un grand potentiel. Vraiment.
Pendant un instant, elle ne dit rien. Aldia se contente de regarder le visage de la miraluka. Oui, un grand potentiel. Elle secoue la tête avant de regarder le sol, elle cherche quoi faire.
— Je vais devoir organiser une rencontre. Ta présence et tes capacités feront très plaisir à une certaine personne. Tu as de la chance.
Quel flair ! Quel talent ! N’est pas Enor qui veut ! Aldia se félicite intérieurement et lâche sa proie avec souplesse avant de faire quelques pas en arrière.
— Suivre le cursus normal serait te ralentir. Donc, au lieu de te faire reprendre la formation, je vais trouver quelqu’un pour te guider dans la base le temps que je m’occupe de deux ou trois choses. Grâce à toi, j’ai du boulot !
Aldia est enjouée, mais ses émotions ne sont pas explosives. Elle garde toujours ce subtil contrôle qui s’apparente à un sang-froid reptilien. Tournant le dos à la fille, elle commence à prendre le chemin du retour.
— Suis-moi, tu as été plus rapide que prévu. Beaucoup plus rapide. Nous en avons fini pour aujourd’hui !
A peine sortie, la lieutenante est interpelée par un droïde protocolaire grisâtre. Celui-ci répond à l’appel qu’elle avait lancé depuis son datapad en marchant à travers les buissons.
— Lieutenante. Présent pour vous servir.
— Parfait. Fais faire un tour du propriétaire à cette recrue. Amène là aux zones de repos. Qu’elle rencontre du monde, un peu !
— A vos ordres. Madame, si vous voulez bien me suivre. Dit-il en se tournant vers Aikin.
— Tu recevras l’équipement standard très vite. Je te transmets les ordres de demain dès que j’ai fini ce que j’ai à faire. A la prochaine. Lance-t-elle avec légèreté.
Livrer la recrue à elle-même au sein du QG, ou presque. C’est l’occasion pour elle de s’habituer un peu à l’endroit. Hm, peut-être qu’il aurait fallu lui donner un cours de protocole avant ça ?
Oh, tant pis ! -
Post n°14
Auteur : AikinAlors que je me concentre sur le cube, je sens Aldia se déplacer, s’approcher. Imaginant qu’elle fait cela pour se rapprocher, je ne réagis pas immédiatement. Remarquant qu’elle se rapproche étonnamment prêt, je me retourne instinctivement vers elle, mais sursaute quand je sens la prise de ses mains sur mes épaules.
— Excellent ! Tu as… un grand potentiel. Vraiment.
Elle marque une pause. Je ne réagis pas, à moitié sous le coup de la surprise, et toujours un peu ailleurs de par mon essai sur le cube. Lorsque je me rends compte de la signification de ces mots, elle enchaîne :
— Je vais devoir organiser une rencontre. Ta présence et tes capacités feront très plaisir à une certaine personne. Tu as de la chance.
Une rencontre ? Avec qui ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Les questions affluent dans mon esprit. J’ai le sentiment que je viens d’ouvrir la boîte de Pandore. Je ne m’attendais déjà pas à être douée à ce niveau là. Et je ne m’attendais pas non plus aux conséquences d’une telle découverte. Je frémis légèrement. Une certaine personne ? Donc un autre militaire gradé ? Bien que curieuse, je préfère mettre de côté cette information dans l’immédiat, et continue d’écouter ma supérieure.
J’éprouve un léger soulagement quand la lieutenante me relâche et s’écarte. Je n’ai vraiment pas l’habitude d’être touchée… Mais je sens que je vais devoir m’y habituer, que ce soit avec un supérieur hiérarchique, ou avec d’autres recrues, ou d’autres militaires…
— Suivre le cursus normal serait te ralentir. Donc, au lieu de te faire reprendre la formation, je vais trouver quelqu’un pour te guider dans la base le temps que je m’occupe de deux ou trois choses. Grâce à toi, j’ai du boulot !
Je suis partagée entre un sentiment de joie et une peur de l’inconnu. Mais je suppose que je ne peux pas discuter sa décision, elle en sait assurément beaucoup plus que moi à ce sujet. Le seul détail qui m’embête est le fait de finir la journée avec un inconnu. Ce n’est pas que je n’ai pas confiance, mais… en vérité, j’aime bien ce point de refuge qu’est Aldia actuellement, et je ne sais pas si j’aurai le même traitement avec quelqu’un d’autre. Mais, encore une fois, je ne peux m’y opposer.
Je regarde Aldia. Elle semble satisfaite, puis commence à prendre le chemin du retour, pianotant sur son datapad. J’adresse un dernier regard à la grande salle, puis me met sur les talons de la lieutenante suite à ses dernières paroles.
Une fois sorti de la salle, le “retour à la réalité”, ou ici au métal et à l’acier Coruscanti est un peu plus brutal que prévu. Un droïde interpelle Aldia, ils commencent à discuter. Je réagis un peu tardivement au “Madame”, n’ayant jamais vraiment été appelée de la sorte, et hoche la tête faiblement. J’écoute les dernières paroles d’Aldia, puis emboîte le pas du droïde.
Nous marchons dans les couloirs du QG de la Garde. A première inspection, les couloirs me semblent tous identiques, mais les instructions et conseils du droïde me permettent de mieux me repérer, d’à peu près mémoriser les directions et lieux importants.
Nous arrivons finalement aux salles de repos. J’appréhende un peu le contact avec d’autres recrues, d’autres Gardes. Enfin, il n’y a aucune raison d’avoir peur, mais… je ne peux pas vraiment m’en empêcher, surtout dans un lieu encore un peu inconnu comme celui ci.
A mon soulagement, je ne distingue actuellement qu’une seule silouhette dans la salle de repos en face de nous. Nous sommes en milieu d’après-midi, après tout. Peut-être que la plupart des Gardes sont encore en service. La personne est assise, semble concentrée sur quelque chose. On dirait un humain… J’essaie de détailler son visage. Ses traits se révèlent, et me donnent une impression de déjà-vu…
Le droïde prend la parole, termine son “tour du propriétaire”. Sa voix métallique brise la concentration de l’homme, qui se retourne pour nous faire face. Il me regarde, semble me reconnaître lui aussi. Après quelques secondes, un sourire se dessine sur son visage. Il se relève, s’approche. Je me rappelle d’où je l’ai déjà vu, cet homme aux cheveux courts, aux yeux bleus, au visage rasé, plutôt athlétique. C’était la seconde recrue qui était rentrée dans la pièce il y a quelques jours, juste après moi. Il hoche la tête en ma direction, puis prend la parole :
— Bien le bonjour ! Aikin, si ma mémoire est bonne ?
— Ou...oui ? Bonjour …! je réponds d’un ton hasardeux, ne m’attendant pas à un “accueil” si chaleureux. Je suis désolé, je crois que j’ai oublié de te demander ton prénom… Tu es… ?
—Adrian Vhattmal. Mais tu peux m’appeler Adrien, cela ne me dérange pas. il accompagne son geste d’un clin d’oeil. Comment vas-tu ?
— Euh… Bien, je crois ? Je remarque qu’il hausse un sourcil, je me rectifie. — Non, je viens bien. Aucun soucis, vraiment.
— Parfait, alors !
Il m’adresse un sourire sincère. Je dresse également un sourire, peut-être un peu gêné, dû à la situation et au silence qui s’installe progressivement. Remarquant l’ambiance légèrement morose, il enchaîne sur un autre sujet.
— D’ailleurs, aucune des autres recrues ne t’a vu depuis que la Lieutenante t’a sorti du lit ! Ni elle, d’ailleurs. On a un nouvel instructeur. Tu t’es fait passer un sermon, après ton coup d’éclat pendant l’entraînement au corps-à-corps ? demande-t-il, d’un ton mi-curieux, mi-enjoué. Il se penche sur le côté et inspecte le robot derrière moi. Mon torse se recule instinctivement, mes mains s’ouvrent et se lèvent au niveau de ma poitrine en s’agitant pour marquer la négation.
— Non, non ! Du tout ! Du tout !
— Alors quoi ? continue-t-il, un peu confus.
— Cela semble improbable, mais… elle m’a plus ou moins pris sous son aile...
— Comment ? Mais c’est super, pour toi ! déclare-t-il, passé un moment de surprise tout à fait légitime devant une révélation de ce genre.
— Oui, certainement... ma voix marque une pointe d’hésitation, d’incertitude, mais mon interlocuteur ne semble pas l’avoir remarqué.
— Bon courage, alors ! Une idée de pourquoi elle t’a… choisi, si tu me permets le terme ?
— Euh… Je… Je crois qu’elle trouve que j’ai du potentiel. Oui, voilà. Du potentiel.
— Vrai ? Cool ! Quel genre de potentiel ?
— De ce que j’ai compris… au tir. Et dans la Force, peut-être aussi.
— Super ! il se rapproche doucement, je m’écarte légèrement, mais il me fait signe de me rapprocher. Il chuchote : Tu me fais une démonstration ?
— Que… Quoi ? Ici ? Maintenant ? Mais… Tu es sûr qu’on a le droit, au moins ? je lui chuchote en retour, surprise par sa demande.
— Mais oui ! il s’exclame, reprenant un ton de voix normal, s’écartant à nouveau, me laissant un peu hagarde face à ces changements brutaux de ton. Regarde… Avant que tu n’arrives, j’étais en train de m’entraîner avec ma bille. Je fais des progrès, je commence à pouvoir la soulever et la faire bouger dans les airs ! il m’annonce, non sans marquer sa fierté à ce propos, tout en ouvrant sa main devant moi pour dévoiler une petite sphère sombre, identique à celle de notre premier entraînement
— Euh… Dans ce cas… Pourquoi pas...
Forte de mon expérience et de mon apprentissage précédemment acquis, je me concentre, visualise la bille, l’invite à se mouvoir. Elle commence à faire des allers-retours dans la main d’Adrian, puis l’objet se soulève, flottille, se met à tourner sur lui même suivant mes demandes.
Une idée me traverse l’esprit. En silence, cherchant à conserver ma conservation sur le premier objet, je récupère l’autre bille, toujours dans la poche de mon uniforme. Testant ma chance, je la lance en air, et réussis à la contrôler pour qu’elle reste en hauteur. J’entreprends de faire tourner les billes autour de la main de l’autre recrue, dans une danse assez aléatoire, passant au dessus et en dessous de la paume, parfois entre les doigts du jeune homme, parfois entre l’index et le pouce. L’important ici est de garder le contrôle.
— Wow ! Tu es beaucoup plus douée que moi ! il déclare, enjoué, mais aussi plutôt impressionné par ma performance.
— M...merci ? J’ai un peu de mal avec les compliments. Je ne sais jamais trop comment les recevoir, si je dois être fière, modeste, imbue de moi même ou vigilante par rapport à un commentaire ironique.
— Mais c’est la vérité ! Ne joue pas à la modeste, voyons ! il accompagne ses paroles d’une légère tape sur mon épaule gauche, qui manque de me faire lâcher mon emprise sur les deux petites sphères qui ont arrêté de virevolter.
— Oh… Erm… D’accord, merci. Je tourne la tête vers lui. Cela n’a pas une grande signification pour moi, mais pour les humains, regarder dans les yeux d’un autre a une signification. Mais je peux tout de même faire comme si j’en avais. Après quelques instants de silence, je détourne légèrement la tête.
— Et bien, maintenant, je vais devoir me dépasser, pour te dépasser ! clame-t-il en reprenant sa bille.
— Oh, euh… Je ne voyais pas les choses sous cet angle… Mais pourquoi pas ?
— Mais oui ! Et même dans le cas où je ne te dépasse pas, j’aurai eu un but à atteindre. Au final, l’important, ce n’est pas forcément de devenir meilleur que les autres, mais simplement de devenir meilleur que ce que l’on était avant, non ? il accompagne sa tirade d’un sourire et d’un clin d’oeil. Ses mots et sa sympathie me touchent sincèrement, me font gagner un peu de confiance en moi.
— Oui, c’est sûr ! Sur mon visage, à ce moment, on peut lire un sourire, un peu moins gêné qu’il y a quelques minutes auparavant, tandis que je récupère ma sphère et relâche ma concentration, laissant échapper une petite expiration.
Au même moment, une autre recrue fait irruption dans la salle. Une jeune femme, humaine également, aux cheveux de jais attachés. Elle semble essoufflée en arrivant dans la porte. Elle relève la tête et dévoile différents petits tatouages sur son visage et des yeux verts. Ces tatouages… Je suis sûr d’avoir déjà lu quelque chose à ce sujet… Peut-être pas une humaine ? L’inconnue me regarde, puis regarde le jeune homme.
— Adrian ! Le lieutenant nous appelle ! Il veut faire un dernier entraînement avant de nous laisser notre soirée ! Dépêche toi, on va être en retard !
Mon interlocuteur blêmit un instant, puis fonce vers la porte. Il se retourne brièvement et jette par dessus son épaule.
— Désolé, je dois y aller, urgence capitale ! C’était sympa de discuter ! A la prochaine ! Suite à cela, il s’éclipse à la suite de sa camarade, prennent un couloir et disparaissent dans l’infrastructure.
Un peu surprise par la tournure des évènements, je me retourne vers le robot me servant de guide. Il nous a regardé silencieusement durant toute la discussion. C’est surprenant, mais je ne m’y attarde pas plus que ça. Je lui signale que nous pouvons y aller, et il ouvre la marche. Pour un moment, les soucis de l'entraînement se sont envolés.
Nous finissons le tour de la base, et me prête un plan au cas où j’aurai besoin d’une béquille. Je le remercie énormément, puis le regarde partir, avant de partir m’occuper de mes propres affaires. Demain sera un nouveau jour.