Réunion - La Garde Républicaine
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Post n°19
Auteur : Shar'kan NocturnaAu final, cette réunion avait été un peu expéditive… Si j'étais satisfait de la « prestation » de Lyzs, je n'étais pas convaincu par les autres membres de la Garde. La majorité était un peu trop amorphe à mon goût, et il était désormais de la responsabilité de la nouvelle Gardienne Suprême d'agiter ses maigres troupes. L'engouement d'une seule personne n'allait pas faire des miracles, la Garde se devait d'agir en groupe. La Réforme de l'Armée était nécessaire, et la Garde de la République en faisait pleinement partie. J'espérais que Lyzs allait conserver cette ambition de grandeur du corps d'armée qu'elle dirigeait désormais. Je me levais de mon siège après avoir pleinement rempli l'hologramme situé au milieu de la table rectangulaire, puis je m'adressai à tous.
- La Garde doit être animée d'une ambition saine, et non pas de rivalités destructrices. Vous n'êtes pour le moment, ni l'élite, ni le fleuron de quoi que ce soit, vous n'avez aucun poids au sein de la République. Vous avez le devoir de tout construire, absolument tout. Alors cessez de vous réclamer comme le plus ancien, le plus expérimenté, ou le meilleur. Agissez ensemble et sans division. L'image de la Garde que j'ai est loin de celle que vous tous me montrez, et je compte sur votre Chef, Lyzs Yvanol pour vous fédérer et agir ensemble non pas pour votre bien, mais pour celui des citoyens que vous défendez.
Je regardais la nouvelle générale, hochant légèrement la tête.
- Vous avez désormais la lourde tâche de faire de la Garde ce dont nous avons débattu ici-même . Je vous souhaite du courage et félicitations à vous.
Je me rasseyais ensuite sur mon siège, observant la réaction des autres. Une chose était sure, il fallait cesser ces querelles intestines absolument toxiques au vu du nombre très restreint de Gardes de la République.
- Vous pouvez disposer… A l'exception du Général.
Il fallait non seulement discuter des applications immédiates de la Garde mais aussi parler de son futur à elle. Cérémonie d'investiture et nouveaux galons, tel était le passage nécessaire de tout Général de la République. Alors que certains allait subir les Procès Impériaux, d'autres étaient au sommet de leur gloire. -
Post n°20
Auteur : LyzsLyzs s’était assise pendant que Coy parlait, il avait cependant fallu intervenir pour éviter les débordements. Finalement, personne ne s’opposa à elle après l’intervention de son partenaire. Elle ne réfléchissait plus vraiment, elle observait. Puis le chancelier s’exprima. De sa présidentielle voix, il s’adressa aux gardes comme pour leur apprendre à avoir du bon sens. Lyzs ne put s’empêcher de remarquer que Shar’kan Nocturna l’avait qualifiée de chef. Alors, c’était dit : le chancelier l’approuvait en tant que dirigeante de la garde. La confirmation arriva rapidement, il la félicita. Puis, d’une simple phrase, il vida la pièce.
— Vous pouvez disposer… A l'exception du Général.
La désormais générale regardait la table devant elle, pensive, en ignorant les bruits de chaises, le frottement des tissus et les bruits de pas de ceux qui partaient. Puis, comme frappée par un éclair, elle leva la tête pour voir le dos du dernier garde républicain disparaître derrière la porte qui se refermait. Elle avait l’impression de sortir d’une sorte de transe. Elle n’était plus couverte par la masse. Seule à cette grande table, en présence du chancelier, elle se sentait vulnérable. Elle avait peur d’être jugée. Evidemment qu’elle allait l’être, c’était naturel étant donnée sa position. Ceci dit, elle ne s’y faisait pas pour autant. Lyzs allait faire de son mieux pour répondre aux attentes de chacun, mais étais-ce suffisant ? En était-elle capable ? Peu à peu, elle réalisait l’importance de ses choix et de sa position. Elle sentait qu’elle n’allait plus avoir à vivre que pour elle, et ça ne la dérangeait pas. Elle craignait plutôt de décevoir.
Comme à son habitude, elle ne laissait pas transparaître sa détresse, mais elle appréhendait grandement les réactions du chancelier. Comment allait-il être maintenant qu’il n’y avait plus personne d’autre qu’elle ? Peut-être qu’il resterait tel qu’il était, peut être que non. Ca faisait un moment qu’elle n’avait pas eu droit à ces soupçons de paranoïa, ça ne lui avait pas manqué. La jeune femme réalisa alors que le silence prenait de plus en plus de poids et de place dans la salle. Avant de saturer, elle prit son courage à deux mains pour parler au chancelier. Elle releva les yeux pour se tourner vers lui.
— J’aurais aimé dire que nous avons une base solide, mais ce n’est pas le cas… Comme vous l’avez dit, personne ici ne montre l’image d’une garde républicaine forte et juste, voire réfléchie. Il va nous falloir du temps pour arranger ces choses-là.
Lyzs bloquait sur cette étape : comment monter une garde saine si sa base ne l’était pas ? Elle réfléchissait déjà à comment résoudre le problème, mais le chancelier ne l’avait sûrement pas gardée ici pour continuer la réunion à deux. La générale imaginait plutôt d’autres raisons. De l’administration peut-être, ou bien des directives. Elle sentait que ce n’était plus à son tour d’amener la conversation. Elle se contenta donc d’indiquer au chancelier qu’elle était prête à l’écouter en réajustant son assise. Ses mains étaient posées l’une sur l’autre sur la table. Elle n’arrivait pas à s’empêcher de se masser le poignet avec son pouce, c’était une manière d’évacuer sa nervosité. Mis à part ce signe traduisant sa tension auprès de l’œil avertit, elle avait l’air prête pour la suite des événements. -
Post n°21
Auteur : Shar'kan NocturnaJe regardais la jeune Garde Suprême de la République fraîchement élue, si on pouvait parler d'élection à proprement parler. Il est vrai que la réunion ne m'avait guère donné une bonne vision de l'état de la Garde Républicaine. Arrogance et mépris se mêlaient tout deux à une ambition malsaine. Lyzs prit la parole une fois la salle vide des protagonistes de la réunion. Sa vision de la situation ne me convenait point. Pour moi la réalité était encore pire que celle qu'elle me proposait la jeune fille. Je lui répondis donc après sa brève intervention.
- L'attitude des Gardes m'a effectivement déplu. Vous n'êtes que peu de membres de cet Ordre pourtant si prestigieux, mais je n'ai pu voir aucune unité en son sein à mon grand regret. Honnêtement j'ai été déçu… Mon visage affichait sans doute à cet instant une légère mine désappointée, et il était clair que je l'étais vraiment. Je servais alors un verre d'eau à la nouvelle patronne de la Garde puis je me permis de remplir le mien à moitié. Arrogants, insolents, indisciplinés, peu participatifs, repris-je, cela fait à mon goût bien trop de défauts majeurs. Il va falloir apprendre à ces gens ce qu'est l'autorité. Non pas le commandement ardent et méchant, mais une autorité saine et nécessaire, obligatoire pour la survie de tout corps d'armée. Et en cela, la Garde ne fera pas exception à la règle. N'oubliez pas la finalité de ce magnifique projet. Mais inutile de m'en faire, nous réfléchissons à peu de choses près pareil à ce sujet. Je sais que vous ferez ce qui est en votre pouvoir pour réaliser notre ambition commune. Je compte sur vous Lyzs.
L'air grave que j'affichais sur mon visage était sincère. Je ne pouvais au sein même de la Grande Armée de la République laisser vivre un corps aussi jeune et fragile. Un point faible au cœur même de la sécurité de l'armée du régime. Par ailleurs, les moyens que j'investissais – ou plutôt que la République investissait – dans ce projet d'envergure était à l'image même de l'ambition que constituait la Garde.
- Enfin bref, continuais-je pensant que Lyzs Yvanol avait parfaitement compris l'enjeu, vous allez désormais avoir des responsabilités de taille. D'une part, vous ferez parti du Conseil de l'État Major de la République, réunissant les chef de chaque corps Armée de la République qui sera réformée lors de la prochaine séance du sénat, ou bien par un décret de l'exécutif que je me mettrai en vigueur provisoirement en attendant le vote. Je vous préviens, l'Administration n'est pas chose facile, elle peut tout aussi bien être passionnante qu'absolument barbante. Je marquais une légère pause, buvant une gorgée d'un verre d'eau fraîche que je m'étais servi au préalable. Je reposais délicatement le récipient sur la table grise puis j'éteignis définitivement l'hologramme situé au centre de la table. Vous aurez la possibilité d'initier des missions d'envergure en coordination ou avec la Commission à l'Armée ou bien avec moi-même. Ceci est spécifique à la République, et nécessaire afin d'éviter des incidents que j'appelle incidents « à la Valiant » si vous voyez ce que je veux dire… Je vous invite d'ailleurs si vous le voulez à assister aux Procès Impériaux qui vont très bientôt se tenir à la Cour Suprême de la République.
Je me levais invitant la jeune demoiselle d'en faire de même.
- Vous voulez marcher un peu peut être ? Demandais-je un léger sourire aux lèvres. -
Post n°22
Auteur : LyzsLyzs sentait qu’elle aurait mieux fait de se taire. Elle avait lancé le chancelier sur le chemin du débriefing. La désormais générale s’écrasait intérieurement sous le poids des mots de monsieur Nocturna. La jeune femme faisait tout pour ne pas avoir l’air nerveuse, mais elle se sentait plus raide qu’à son habitude. Elle se demandait encore ce qu’elle venait de faire, pourquoi elle était là et pourquoi elle était allée si loin.
*Mais qu’est-ce que j’ai fait ? Bon sang, mais qu’est-ce que j’ai fait ? Est-ce que je suis vraiment capable de gérer ça ? De gérer ces gens-là ? Plus encore ?*
Le chancelier lui parlait en seul à seule, elle se sentait foudroyée par la solitude. Elle était face à la personne la plus haute placée de la république, face à la personne qu’elle respectait sûrement le plus. Cependant, malgré toute la confiance qu’elle pouvait avoir en cet homme, elle n’arrivait pas à être à l’aise. La peur de la mauvaise impression, la peur des responsabilités et son nouveau statut… ça faisait déjà bien des choses à gérer pour la jeune femme dont le teint paraissait légèrement plus pâle qu’à son habitude. Même le fait de savoir que le chancelier en personne croyait en elle contribuait à son anxiété, au lieu de la rassurer. Elle savait que les choses n’allaient pas être de tout repos. Elle s’était engagée dans quelque chose de grand.
Après un petit passage sur les joies de l’administration et un petit mot sur l’avenir de la nouvelle générale, le chancelier proposa de marcher un peu. Lyzs, toujours aussi stressée mais plutôt calme d’apparence, sourit à son tour. Marcher un peu rendrait les choses moins « difficiles » ; mais, si Shar’kan Nocturna proposait de changer d’air, c’était peut-être parce qu’il s’était rendu compte du malaise de Lyzs. Elle se fit la remarque en se levant, pour suivre le grand patron.
— Je ne suis pas contre. lui répondit-elle en lui rendant son sourire.
Les deux hauts placés commencèrent leur marche en passant à travers un couloir qui semblait trop large pour son utilité. Lyzs ne put s’empêcher de noter le goût avec lequel la décoration de l’endroit avait été effectuée. Des allures royales à l’intérieur de ce si grand sénat. A travers ce décor elle n’osait pas vraiment marcher au niveau de Shar’kan Nocturna : elle donnait pourtant l’illusion de le faire, mais la jeune femme restait légèrement en retrait par rapport à son supérieur. Elle rassembla son courage pour s’exprimer.
— J…je…
Trop basse, sa voix était bien trop basse. Elle se surprit elle-même : c’était un échec. Pourvus que le chancelier n’ait pas remarqué, pensa-t-elle. La générale ne pourrait pas toujours jouer les timides avec les hautes autorités. Elle baissa les yeux le temps de reprendre confiance en elle. En espérant que sa première tentative était passée inaperçue, elle reprit finalement plus haut. Peut-être un peu trop, même.
— Je n’ai aucune expérience dans un bon nombre de domaines requis pour tenir le poste que vous me confiez, mais vous pouvez être certains que je me consacrerai corps et âme à ma mise à niveau. Je ne compte pas être un poids. Je vous suis extrêmement reconnaissante de me donner cette chance de servir la république. Je ferais de mon mieux pour répondre à vos attentes. Attentes qui sont aussi les miennes, par ailleurs.
Peut-être en avait-elle trop fait ? C’étaient pourtant les mots qu’elle avait envie de lui dire. Elle désirait souligner son manque d’expérience mais combler ce vide par une démonstration de sa motivation. La réponse du dirigeant ne venait pas, il était peut-être en pleine réflexion ? Lyzs ne savait pas comment réagir, elle se contentait de le suivre en ne sachant pas vraiment à quoi s'attendre. Finalement, elle décida de combler le silence avec une question qui lui trottait dans la tête depuis qu’elle avait approché Shar’kan.
— Je me demandais, chancelier, avec votre maîtrise de la force… vous n’avez jamais fait partie d’un corps dédié à celle-ci ? Je veux dire : je n’avais jamais entendu parler de vos capacités avant de vous rencontrer. Je trouve ça… étrange, en fait.
Elle se rendit alors compte de l’indiscrétion de sa question et de la pauvreté de son choix de mots. Lyzs ne voulait surtout pas offenser le chancelier. Elle se crispa et gesticula tout en se tournant vers lui, agitée.
— Je ne voulais pas vous… euh ! Je comprendrais si vous ne souhaitez pas répondre !
Indignée par son propre comportement, elle reprit sa position avant de froncer les sourcils.
*Mais quelle idiote !*
Cela faisait un bon moment que la jeune générale se posait des questions au sujet du pouvoir qu’elle sentait émaner du chancelier. Elle avait vraiment envie d’en savoir plus et elle savait qu’elle allait finir par le lui demander. Cependant, elle aurait mieux fait d’y réfléchir convenablement avant de poser la question ainsi. Dans sa tête se bousculaient les hypothèses : peut-être que les informations avaient été effacées ? Peut-être qu’il était arrivé quelque chose de grave ? Peut-être qu’il n’était pas vraiment tout blanc ? Elle avait envie de s’agripper le crâne et d’aller se cacher dans un coin pour ne pas qu’on la voie si mal à l’aise. Elle se força à continuer la marche comme si de rien n’était, mais elle se mordait les doigts intérieurement. -
Post n°23
Auteur : Shar'kan NocturnaJe sentais un véritable malaise chez cette jeune demoiselle, comme si elle ne se sentait guère à sa place. Effectivement, son rôle demeurait désormais important, elle faisait parti intégrante de l'État Major des Armées de la République. Un tel titre ne pouvait qu'exiger un certain nombre de responsabilités et non des moindre, pour sur. Pourtant c'est elle qui s'était proposé au poste de Gardien Suprême et j'avais presque l'impression qu'à certains moments elle regrettait cette initiative. Il fallait que quelqu'un prenne la Garde à charge de toutes façons. Je savais pertinemment de mon côté que Lyzs était la seule capable de diriger la bandes d'énergumènes qui composaient la Garde Républicaine. Elle seule pouvait le faire.
Son rôle était pourtant relatif, elle était certes leur chef, mais son rôle au sein de l'Armée de la République était infime car la Garde était bien maigrichonne niveau troupes. Heureusement, j'avais pu débloquer un budget afin d'attirer du monde, sinon Lyzs et moi aurions fait pâle figure face à la puissance dantesque de l'infanterie et de la Marine. Une vaste campagne était en marche.
Nous quittions tous deux la salle de réunion, réunion qui avait duré au passage bien moins longtemps que ce que j'imaginais. Finalement la mise au point et l'élection avait été rapides. Alors que nous parcourions le Sénat et son vaste dédale de couloirs tous plus impressionnants les uns que les autres, Lyzs me fit par de son attachement au rôle qui lui incombait désormais. Lui répondant simplement avec un sourire compréhensif je me dirigeais vers les terrasses supérieures en haut de l'escalier colossal auquel nous faisions face. Mais je ne pus monter une seule marche, la jeune demoiselle me lâcha une question que jamais je n'avais imaginé qu'on me la poserait un jour. Lyzs évoqua sans détour une de mes facultés dont j'ignorais l'existence : elle insinuait dans son interrogation que je maîtrisais la Force. Je m'étais arrêté net au pied du grand escalier, me retournant lentement vers la Gardienne restée quelques pas derrière moi et la fixant de mes yeux ronds.
- Que venez-vous de dire… ? Lui répondis-je d'une voix grave et basse après un silence qui sans doute nous avait mis tout deux mal à l'aise.
Je m'étais alors retourné complètement, faisant face à la fraîchement élue Gardienne Suprême.
- C'est que… Je ne pense pas être sensible à la Force. Sans doute faîtes-vous erreur…
Il en fallait peu pour se découvrir un don en soi. Pendant ces années personne n'utilisant la Force ne s'était suffisamment approché de moi pour me révéler que je possédais ce don. J'imaginais une fraction de seconde si j'avais atterri lors d'une réunion dans le bureau de l'ex-Empereur… Sans doute que je ne serais guère en train d'écrire ces lignes, sans doute gésirais-je dans une de ces milliers de tombes abritant les victimes du tyran. -
Post n°24
Auteur : LyzsLyzs n’en revenait pas de ses oreilles. Le chancelier faisait mine de ne rien savoir au sujet de son affinité avec la Force. Elle s’arrêta pour observer Shar’kan avec un air des plus étonné. Un sourcil plus haut que l’autre et le menton levé, comme si elle avait affaire à quelque chose qui l’effrayait et l’intriguait à la fois. Elle laissa ses lèvres dessiner des mots qui ne se firent pas entendre. Elle les pensa cependant très fort.
*Est-ce qu’il est sérieux ?*
Malgré ses efforts pour se tenir, cette stupéfaction échappa totalement à son contrôle. Durant les quelques secondes ou elle resta à ne rien dire, les idées se bousculaient. Mentait-il ? Lyzs s’était-elle trompée ? Etais-ce possible ? Après avoir fait rapidement chauffer ses méninges, la jeune femme décida de jouer le jeu. Elle estima que c’était la solution la plus sure. Puis, au fond, elle voulait vraiment faire confiance à cet homme qu’elle admirait. Cette pensée balaya soudainement toutes les autres. En fait, elle se trouvait stupide d’avoir imaginé le pire. Elle faisait partie des hauts placés, maintenant. Il lui fallait au moins faire confiance au chancelier.
Son étrange expression disparut et elle reprit une posture plus droite. Puis, comme venu de nulle part, un sourire para son visage. De sa main droite, elle frotta son bras gauche qu’elle tenait contre elle, comme si elle était gênée de devoir dire ce qu’elle se sentait obligée de répondre. Son sourire ne s’effaçait pas pour autant.
— Eh bien, si vous décidez de nommer générale une sensitive qui n’est pas capable de percevoir ce genre de choses « basiques », nous sommes mal.
Elle avait envie rouler des yeux pour appuyer ses propos, mais elle n’avait pas envie de manquer de respect au chancelier. Cependant, c’était trop tard. Ses pupilles purent observer le magnifique couloir dans un geste des plus naturels. La jeune femme eut envie de s’excuser, mais elle se retint pour ne pas attirer l’attention là-dessus. Plus ça allait, plus elle trouvait de comique à cette situation. Elle posa ses mains sur ses hanches et bomba le torse, affirmant définitivement sa position. Puis, fièrement, elle lança :
— Moi, Lyzs Yvanol, désormais générale de la garde républicaine et donc (je l’espère) habilitée à reconnaitre les autres sensitifs, certifie que vous êtes sensibles à la force !
Elle reprit ensuite une posture plus modeste mais restait enthousiaste. Le stress qui l’envahissait quelques secondes auparavant s’effaçait au profit d’une certaine joie : elle était celle qui faisait réaliser au chancelier qu’il avait un pouvoir autre que politique.
— Vous avez en vous un bon potentiel de maîtrise, c’est incroyable que personne ne vous ait encore fait la remarque ! Vous savez ? La garde républicaine recrute !
Lyzs souriait franchement, c’était presque un rire qui s’échappait pour accompagner cette petite touche d’humour. Elle ne savait pas vraiment ce qui la prenait. En fait, elle n’y faisait pas vraiment attention. La jeune générale était plus à l’aise que ce qu’elle ne se le serait imaginé et ça n’était pas pour lui déplaire. Peut-être que ce poste allait être moins infernal que dans ses pensées ? Ce petit instant avait suffi à lui remonte un peu le moral. Elle rejoignit le chancelier sur les marches pour avancer au même niveau que lui, cette fois. Il y avait encore des démarches administratives à suivre, et ça n’échappait pas à la générale.
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Post n°25
Auteur : Shar'kan NocturnaC'était clair, limpide. J'avais deviné l'expression de surprise ayant pris possession du visage de celle qui aujourd'hui dirigeait tout un corps de l'armée républicaine. Le plus drôle c'était effectivement qu'elle ne pensait pas du tout m'apprendre quelque chose d'aussi énorme sur moi après toutes ces années… Mon coeur avait fait un bon fantastique, il battait à tout rompre dans ma poitrine. Même une sueur froide avait pris possession de mon corps, de la tête aux pieds. A une époque où les dénommés « sensitifs » faisaient l'objet d'une méfiance non négligeable – malgré l'avènement de la République – je ne savais pas si cette annonce surprise était une bonne ou une mauvaise chose. La Force inspirait la suspicion. D'autant plus si le Chef de l’État avait la possibilité de l'utiliser… Imaginons un seul instant qu'on m'accuse d'avoir dupé un sénateur, un politique quelconque parce que je possédais ce don si extraordinaire, celui d'utiliser l'objet le plus fantastique de l'Univers.
Je dois avouer que mes pensées s'entremêlaient, se chevauchaient et affluaient jusqu'à la paralysie de la réflexion même. Jamais cette information ne devait être dévoilée au grand jour… ou… peut être fallait-il la dévoiler pour se dédouaner de tout soupçon en cas de découverte impromptue… Je n'en savais rien ! Et je ne voulais certainement pas réfléchir aux conséquences politiques directes, pas maintenant. La priorité était d'encaisser le coup.
Alors qu'elle continuait d'enchaîner deux ou trois phrases, je repris la marche dans l'un des vastes couloirs du Sénat. J'étais bien trop perturbé pour répondre de suite. Ma main glissait dans mes cheveux, et je ne pouvait m'empêcher de me gratter l'arrière du crâne comme gêné par la situation. Finalement, après une respiration intensive, je repris la parole.
- J'allais vous demander si vous en étiez sure… Mais a vrai dire, votre expression de surprise et votre rang ne m'autorisent pas à douter de vos paroles.
Puis je ne pus m'empêcher de sourire légèrement à ses petites pointes d'humour. Son intention – que je devinais être celle de me rassurer – était bienveillante à mon égard. Je ne regrettais pas qu'une si jeune femme soit à la tête d'une organisation militaire qui allait je l'espérais avoir de beaux jours devant elle. La jeunesse aspirait à l'imagination et à l'audace. Fortuna Juvat Audaces comme disait le proverbe. Oui « La chance appartient aux audacieux ». Ce proverbe profondément méritocrate contrairement aux apparences, reflétait ce que je pensais au plus profond de mois : le succès ne peut arriver que lorsqu'on ose et qu'on s'en donne les moyens.
En marchant, je liais mes mains dans le dos, apparaissant cette fois-ci comme si la raison avait pris le pas sur les sentiments qui s'étaient emparés de moi lorsque Lyzs avait annoncé la nouvelle. Et c'était maintenant que je réalisais pourtant. Mais oui c'était évident. Je me souvenais.
Corellia, il y a de cela quelques temps désormais. Un homme mystérieux m'avait pourchassé alors que j'enquêtais sur la mort de mes parents pendant mes brèves vacances accordées par l'Académie Impériale de Coruscant. L'enquête avait mal tourné, et à la sortie d'une cantina, un individu armé m'avait pourchassé alors que je n'en connaissais pas la raison. Je ne savais pas où aller, comment fuir, comment échapper à la mort, et pourtant j'avais atterri au bon endroit, au bon moment comme guidé par l'instinct. D'après Lyzs, ce n'était pas l'instinct, mais bien autre chose… Ainsi, des tas de trucs étranges s'étant passée dans ma courte vie s'expliquèrent en un instant, et je me souvenais qu'à ce moment précis je n'avais pu retenir un sourire plus franc pourtant accompagné d'un regard vers l'avant assez vide, comme si j'étais en train de me parler à moi-même intérieurement.
- Le combat, la bataille, la guerre, ou la lutte par l'utilisation de la Force, ce n'est pas fait pour moi tout ça pour répondre à votre question initiale,finis-je par reprendre, ma vocation est celle de l'action pour le bien commun. L'étude de la Force doit être un sujet passionnant je vous l'accorde, et je serais très heureux que vous m'en appreniez d'avantage non pas pour l'utiliser dans mon quotidien, mais pour la connaître.
Par ailleurs, les conséquences politiques d'une telle nouvelle pourrait être considérables. Non pas que je veuille me cacher de quoi que ce soit… Mais je n'ai pas envie que les Sénateurs se méfient du dirigeant de leur République. Je suis élu pour être efficace, pas pour fédérer les soupçons.
Je m'arrêtais soudainement au croisement de deux couloirs, quelques fonctionnaires passaient par là trop occupés à regarder leurs documents holographiques bien que beaucoup n'hésitaient pas à me saluer d'un signe de tête respectueux que je leur rendais bien volontiers.
- Cette nouvelle… Me perturbe un peu, je dois bien l'avouer… Je ne m'y attendais pas. Mais je serai ravi comme je l'ai dit juste avant que vous me renseigniez. Je ne sais pas quand. Je sais que vous allez avoir beaucoup de travail, mais c'est une chose qui me tient à coeur, surtout si cela peut m'aider dans une de mes quêtes personnelles… Rassurez-vous, bienveillante.
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Post n°26
Auteur : LyzsLyzs écoutait parler le chancelier et avait du mal à cacher son étonnement. Il n’avait vraiment jamais eu idée de son don. Elle le voyait, elle le sentait, il était en train de découvrir et il en était troublé. La manière avec laquelle il arriva à réfléchir calmement et à directement penser à la stabilité politique impressionnait la nouvelle générale. Elle n’avait jamais trop pensé qu’il était possible de découvrir son affinité avec la Force si tard, puisqu’elle ne se souvenait même plus de quand elle l’avait découverte elle-même. Pour Lyzs, elle avait toujours eu ce pouvoir. Se rendre compte de son plein potentiel devait être quelque chose de fabuleux.
— Je comprends. Je… Vous savez, la Force peut être utilisée pour autre chose que la tromperie. On peut par exemple s’en servir pour mieux comprendre les autres, par exemple. C’est tellement dommage que ceux qui ne la maîtrisent pas ne l’entendent pas comme ça. Vous avez raison, il vaut mieux que nous gardions votre affinité secrète. Vous pouvez compter sur moi.
La générale se disait qu’il valait mieux éviter au chancelier de trop s’inquiéter. Elle voulait le rassurer sur le fait qu’elle saurait se taire. Après un très bref silence qu’elle utilisa pour vérifier discrètement que personne ne les écoutait, elle reprit un peu plus bas. Elle se rapprocha un peu pour être sûre d’être entendue.
— Seuls deux choses sont à craindre. Le contact avec les sensitifs et… les prises de sang. Vous vous en doutez.
Elle sourit légèrement en imaginant que le chancelier sa fasse vérifier son taux de midi-chloriens par mégarde.
— Certains utilisateurs doivent se concentrer pour savoir ce genre de choses. D’autres, plus sensibles peut-être, le sentent naturellement. Normalement, vous ne devriez rien craindre au sénat. La distance est un facteur à prendre en compte dans le cas d’une perception intuitive. Par contre, si un sensitif cherche vraiment à connaître votre rapport avec la Force, vous n’avez pas beaucoup de solutions. Sans entraînement, vous êtes repéré aussitôt.
Lyzs se recula et se tint le menton un instant. Les bras croisés, elle regardait le vide et se parlait un peu à elle-même.
— Apprendre… Oui, sûrement. Apprendre à cacher son pouvoir ne devrait pas prendre trop de temps. Enfin, ça dépend… J’imagine. Je n’ai jamais eu à le faire moi-même.
Se rendant compte de sa petite absence, Lyzs reprit vite le contact avec Shar’kan en le regardant dans les yeux.
— Je pense que pour éviter tout risque, il vaudrait mieux que vous soyez capable de contrôler votre affinité. Cacher son pouvoir, c’est… c’est basique.
Elle parlait vite, on voyait qu’elle était un peu nerveuse et son côté volontaire ne pouvait échapper à personne.
— En fait, si je me souviens bien, y arriver est quelque chose de simple. Par contre, c’est quelque chose qui se travaille. Plus on pratique, plus on est efficace. C’est assez logique. Si vous voulez vraiment être sûr de ne pas être embêté, je pense que ça reste le mieux à faire. Le problème, c’est que c’est assez dur de savoir si on progresse seul. Enfin, tout du moins, au début.
Ses phrases se faisaient plus courtes. Elle le voyait elle-même et avait un peu peur d’être ridicule. Elle regarda ses mains un instant avant de fermer les poings puis détendre ses bras entièrement, comme si elle se résignait.
— J’aimerais vous enseigner ça au plus vite, mais ça va être difficile de se voir. Ça va me tracasser, je le sens.
La générale sourit au chancelier, comme si elle savait qu'elle allait dire une bêtise.
— Je vous apprendrai plus sur la Force, avec plaisir. Et c’est même une nécessité, si vous voulez être tranquille. Maintenant, vous faites partie de ceux qui peuvent déplacer des objets par la pensée. Il va falloir manger bio, faire du yoga et méditer !
La jeune femme resta un instant sans rien dire. Intérieurement, ses pensées se bousculaient les unes les autres.
*Mais pourquoi j’ai dit ça ? C’est le chancelier, bon sang ! Mais, j’aurais jamais dit ça a quelqu’un que je connais non plus ! C’est quoi mon fichu problème ? Je veux me cacher ! Il doit bien y avoir un moyen de se rendre invisible avec la Force. Par pitié, faites qu’il y en ait un et que je le trouve maintenant !*
Après quelques autres paroles échangées sur divers sujets et quelques formalités, Lyzs quitta son supérieur pour se rendre là où on l’attendait. Elle devait échanger quelques mots avec les nouveaux gardes. Durant son trajet, elle n’arrêtait pas de s'imaginer ce que le chancelier pouvait bien penser d’elle. Si bien qu’elle arriva à destination assez énervée…