Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #1

    Post n°1
    Auteur : Tericarax

    CodeOrbite de Cathar
    Heure de bord : 14h21, heure galactique standard



    Type : Prioritaire
    Heure d'émission : 11h45
    ID : 779-751-AE
    Expéditeur : Vaisseau Destroyer classe Lucrehulk « Le Magnolia »
    Destinataire : Moffe Ashe
    Sujet : Transfert

    Repassage de la transmission...

    Initialisation du flux vidéo...

    - Bonjour moffe Ashe. Je suis le directeur Edmund Duke, du C.R.D.A. Moffe, conformément aux accords passés avec le colonel Cinder, la Confédération est disposée à vous restituer vos archives ainsi que les prisonniers. Des améliorations ont été faites sur certains de vos...Plans, que vos ingénieurs n'auront aucun mal à interpréter comme il se doit. Une petite gratitude de l'état-major à votre égard. Souvenez-vous bien en échange de votre tâche. Les prisonniers forment l'élite républicaine, et avec les tensions actuelles entre notre Confédération et cette parodie de démocratie naissante, il est impensable de les laisser s'échapper. Ils se sont montrés jusqu'ici particulièrement dociles, nous n'avons donc pas eu besoin de les abîmer outre mesure. Nous comptons sur vous pour faire de même, moffe. Le sort que vous avez réservé à vos opposants sur Borosk n'a pas échappé à l'état major et il tient à vous transmettre que tout traitement similaire sur ces gardes ne sera aucunement toléré. Il sont placés sous votre garde, mais ils demeurent nos prisonniers, j'espère que tout ceci est bien clair. Ils perdraient leur valeur s'ils n'étaient plus entiers, comprenez le bien.
    Le major Stirman accompagnera les prisonniers et aura pour charge de nous livrer un rapport régulier de leur condition.

    Au sujet des technologies, le C.R.D.A a étudié avec attention les schémas directeurs trouvés sur Cathar. En symbole de...Réconciliation avec la cruauté de Cinder, et pour vous aider quelque peu dans vos prochaines manœuvres, nous vous transmettons avec vos archives les plans d'un nouveau modèle. Une...Amélioration de vos destroyers précédents, dont la fonction a été revue. Nous le nommons Interdictor. Il est capable de déployer des champs gravitationnels qui empêchent les hyperdrives d'effectuer des sauts hyperspatiaux. Il peut également – en théorie – extirper d'un saut en hyper espace des cibles, mais cette méthode n'est que théorique et n'a pas beaucoup d'applications pratiques à moins d'avoir connaissance préalable des déplacements de la cible.
    Soyez bien consciente, moffe, que cette technologie a un prix, et pas seulement en crédits. Outre les fonds monumentaux nécessaires pour créer les puits qui lui permettent de générer ses champs « d'interdiction » comme nous les appelons, l'Interdictor est également bien plus légèrement armé que ses confrères destroyers. La majorité de sa surface est mobilisée par les puits gravifiques, comprenez le bien. En d'autres termes : ne l'utilisez pas comme arme de front. Il ne serait pas apte à repousser des escadrilles adverses efficacement et n'est pas destiné à l'affrontement direct.

    Bonne journée moffe. Au nom du C.R.D.A et de la Confédération, j'espère une collaboration positive pour le futur.

    Fin du flux vidéo...




    Stirman avançait au milieu des cellules, les bras dans le dos. C'était un homme de grande taille, le visage fermé et l'air droit. Cheveux poivre-sel, iris d'un bleu spectral, peau légèrement rosée, c'était un originaire de Corellia qui avait rallié la cause séparatiste depuis maintenant quatre ans. Contrairement à ce que sa chevelure indiquait, il n'était pas âgé. Au contraire, il allait à peine sur ses vingt neuf ans ! Le bas de sa jambe gauche manquait à partir de la moitié de la cuisse et avait été remplacée par une prothèse incomplète ; elle n'était qu'articulée grossièrement, de ce métal noir et gris qu'on appelait couramment duranium. Le logo séparatiste était soudé profondément sur la largeur de cette jambe qui semblait trop maigre en proportion à sa voisine encore complète. À droite se tenait une large botte où plongeait un pantalon noir, à gauche une maigre tige articulée, comme un os d'acier qu'on aurait arraché à un quelconque droïde pour le greffer en guise et place de jambe.

    Clong faisait-elle à chaque pas contre le sol grillagé, à côté du son plus mat de la botte élastique.
    Le haut d'uniforme était blanc, blanc car Stirman appartenait au C.R.D.A. Les affiliés au nouvel organe de recherches de la C.S.I portaient cette tenue noire et blanche, et leur col seul était d'or, en écho aux couleurs emblématiques de la Confédération. Il n'avait pas été recruté pour sa qualité de militaire à la base, non, il avait une formation d'ingénieur. Toutefois on avait fait de lui un militaire, et sa rigueur avait plu. Ainsi, Stirman se retrouvait à présent chargé de prisonniers républicains, et d'un étrange transfert à l'Impérium.

    Sur la gauche de l'homme, les cellules s'enchaînaient les unes après les autres. Des droïdes B2 croisaient parfois la route du major et se mettaient au garde-à-vous avant de reprendre leur chemin d'un pas pesant. Stirman, plus vif, avançait rapidement. Il lorgnait de l'oeil chacune des dix cellules, s'assurant qu'il ne manquait personne. Il y avait bien entendu une garde devant chaque porte, mais on était jamais trop prudent. Sept...Huit...Neuf. Tous les hommes étaient là. Le major s'arrêta enfin devant la dixième cellule. Derrière la porte blindée translucide, une jeune fille qui devait être de quatre ans sa cadette le lorgna. C'était une humaine, et la défiance dansait dans ses yeux bruns autant que les lumières artificielles du plafond sur ses cheveux châtain. Ses mains n'étaient pas liées – pour le moment. On l'avait débarrassée de tout équipement ; son uniforme – une armure étonnante , son sabre laser, son passe d'identité magnétique...Tout avait été confisqué, pour elle comme ses collègues. On lui avait en échange gracieusement fourni une tenue de prisonnier bleu roi.
    La seule membre féminine de l'élite d'élite regarda Stirman profondément. Si ses yeux pouvaient lancer des balles, il serait déjà mort. Elle fit un sourire léger et emplit de mépris.

    - Vous venez me libérer c'est ça ? Dit-elle amèrement.

    Stirman ne répondit pas tout de suite. Il aurait pu se trouver à sa place, lui aussi. Dans une cellule, en tant que prisonnier de guerre. On lui avait dit que ces détenus étaient particulièrement dangereux – qu'ils avaient aidé au meurtre d'un politicien confédéré. Il avait du mal à croire que la jeune fille soit un tant soit capable d'une telle horreur...Mais n'apprenait-on pas ça à l'armée ? Et puis, elle était sensitive. Si elle n'avait pas été dans cette prison, et Stirman entouré de gardes, elle n'aurait eu aucun mal à l'abattre sur le champ.

    - Vous transférer, corrigea l'ingénieur quoi que plus timidement qu'il ne l'aurait aimé.

    - Vous en avez déjà assez de nous ? Railla la fille.

    Stirman retint un « Pas du tout ! », préférant réfléchir un moment à sa réponse. Quelles informations pouvait-il bien laisser filtrer à des prisonniers ? Ils n'avaient pas besoin de le savoir, ils n'avaient pas besoin de le savoir.

    - C'est...Confidentiel, dit-il d'un ton neutre.

    - Notre propre sort est confidentiel ? Elle est bien bonne celle-là ! Cracha la républicaine
    Le major resta silencieux, faute d'une réponse appropriée. L'un des gardes qui l'accompagnaient, un gros B2, trancha à travers le silence comme dans de la toile de coton :

    - / Major, la délégation est arrivée aux hangars./

    L'homme soupira.

    - Préparez tout ce beau monde pour le départ. Je veux les menottes, les yeux bandés, tout. On ne laisse rien au hasard, compris ?

    - / Compris./ répliqua le géant de duranium noir. Stirman tourna les talons et laissa à regret la garde sans réponses. Il était sans doute mieux qu'elle ne sache rien de toute manière. Maintenant il fallait accueillir les impériaux.
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Hivernus

      [Thème] Imperial Aspirations.


      L'Arche de l'Empire...

      Quel drôle de surnom quand on y pense. Depuis la passerelle de commandement du "Croisé Éternel", Cathar n'est rien de plus qu'une planète sauvage. Il est presque impossible de voir à l’œil nu la cité impériale, dont l'étendue et l'importance ne cesse de croître. Peut-être qu'un jour, depuis l'espace, on pourrait discerner clairement la capitale de l'Impérium grâce à ses lueurs. En attendant, les silhouettes massives et sombres des destroyers impériaux occupent entièrement la vue de la passerelle. Combien de vaisseaux de guerre peut-il y avoir ici même ? Une dizaine ? Une vingtaine ? Plus ? Impossible à dire. Toutefois il doit y en avoir suffisamment assez pour pulvériser toute une flotte. De l'autre côté du transparacier, les rêves de grandeur semblent à nouveau permis pour les hommes et les femmes qui servent dans la marine impériale. Mais aussi superbe que puisse être le spectacle, les officiers de pont et les membres d'équipage ne peuvent se permettre d'être déconcentrés dans leurs tâches. Et le commandant en second du "Croisé Éternel" veille personnellement à ce que la discipline et la rigueur soient de mise à tout instant... N'est-ce pas le rôle du second après tout ? C'est du moins ce que pense la femme qui fait le tour des consoles avec un œil inquisiteur. Son uniforme est impeccable, et son visage fort beau. Mais nul ne juge le second du vaisseau sur son aspect... Car elle apparaît aux yeux des impériaux comme forte et froide, et ses cheveux rassemblées en un chignon renforcent son air autoritaire. La lumière des consoles se reflète dans ses yeux gris comme un ciel terne et sans nuage. Le capitaine Tahlee, car tel est son nom, se tourne vers le commandant Konstantine, qui fait son apparition sur la passerelle.


      - Commandant sur le pont ! Garde-à-vous !

      Les premiers à stopper leurs activités sont les officiers, qui ne tardent pas à claquer des talons au passage de leur supérieur. Tahlee redresse instinctivement son menton et gonfle sa poitrine de fierté lorsque Konstantine vient à sa rencontre. Il semble que quelque chose trouble le commandant, dont le visage pâle inquiète silencieusement son second. L'officier impérial rectifie nerveusement les plis de son uniforme puis tripote une blessure peu profonde qui vient balafrer sa lèvre supérieure. Visiblement, le commandant Konstantine n'a pas réussi à tailler correctement sa petite moustache rousse. Peut-être a t-il été dérangé...

      - Repos Capitaine. Lâche t-il doucement pour débuter la conversation. Je viens de recevoir les directives de l’État-major. Nous avons pour ordre de réceptionner des prisonniers républicains et de les escorter jusqu'à leur nouvelle demeure...

      - Nous avons des prisonniers républicains ? Je n'ai jamais entendu parler de cela Monsieur... Chuchote l'impériale en arquant un sourcil.

      - Ce ne sont pas nos prisonniers Capitaine. Il s'agit de ceux de la Confédération des Systèmes Indépendants... Mais que cette information reste entre nous. Répond à voix basse le commandant. La raison officielle de la venue d'un vaisseau séparatiste en territoire impérial est simple : Inspection militaire confédérée. C'est ce que vous direz aux membres d'équipage en cas de questionnement de leur part.

      - A vos ordres Monsieur. Murmure Tahlee du bout des lèvres.

      Elle comprend désormais les inquiétudes de son supérieur. Accueillir des prisonniers républicains à bord du destroyer est loin d'être la meilleure idée du siècle, et elle redoute déjà les conséquences si cette pseudo République Fédérale venait à apprendre ce qu'il allait se tramer ici... Mais les ordres sont les ordres, et elle les exécutera quoi qu'il en soit. Toutefois, le capitaine ne peut s'empêcher de penser à cette Confédération des Systèmes Indépendants qui se sert de l'Impérium comme d'un bouc émissaire parfait. En confiant de la sorte leurs prisonniers républicains, les séparatistes échappent aux représailles de la Nouvelle-République et peuvent faire porter le chapeau aux impériaux. Et il n'y a rien que la femme puisse faire pour empêcher cela... L'Impérium est donc condamné à servir éternellement de chien de garde à cette infâme CSI ? Non, cela ne se peut... Tahlee serre doucement ses poings. Qu'ils soient maudits ! Ils ne valent pas mieux que ces foutus Sith... Un jour, il faudrait se libérer de l'emprise nocive et humiliante de la Confédération des Systèmes Indépendants... Un jour viendra où...

      - Commandant, un vaisseau de guerre non-identifié vient de pénétrer dans la zone. Annonce un marin depuis l'une des deux fosses dédiées à l'équipage.

      - Attendez la réception des codes d'authentification. Il doit sûrement s'agir de nos invités... Ordonne Konstantine en croisant les mains dans son dos.

      - Nous venons de recevoir les codes Monsieur, ils sont séparatistes. Reprend le marin après avoir jeté un coup d'oeil à sa console.

      - Parfait, ils sont dans les temps. Répond donc le commandant en hochant doucement la tête, avant de se tourner vers son second. Le "Croisé Éternel" va se porter à la rencontre du vaisseau séparatiste. Informez le reste de la flotte de notre manœuvre, et ordonnez aux capitaines de garder leur cap et leur vitesse.

      - Bien Monsieur, je m'en charge tout de suite. Acquiesce t-elle en redressant le menton et en faisant claquer ses talons, comme pour saluer son supérieur.

      - J'ai failli oublier... Engagez la procédure cent-trente-cinq. Termine Konstantine avant de quitter la passerelle.

      - A vos ordres... Chuchote Tahlee, alors que le commandant s'éloigne.




      Les équipes techniques du hangar sont réduites au strict minimum, selon la procédure cent-trente-cinq. De même, de nombreuses coursives des niveaux inférieurs sont désormais occupées par des escouades de stormtroopers, chargés d'empêcher le passage à quiconque n'est pas autorisé. Le commandant Konstantine, escorté par deux Manteaux de Nuit, longe les couloirs vidés de leurs occupants en affichant un air perplexe. La présence à bord de nombreux soldats d'élite de la garde personnelle de la Moff Ashe n'a rien de rassurant. Et cela veut dire que les prisonniers républicains sont d'autant plus importants... Il se dirige machinalement vers le hangar, où deux navettes de classe Lambda sont prêtes à décoller. Les soldats en armure blanche postées en sentinelles devant les portes redressent instinctivement la tête à son passage. L'officier impérial enfonce sa casquette sur sa tête en s'approchant d'un pas vif d'un Manteau de Nuit qui ne revêt pas son casque.

      - Capitaine Onov, quelle surprise... Votre présence à bord m’honore. Toutefois, je dois en conclure que nos prisonniers sont d'une importance capitale si la Grande Moff a décidé de vous affecter à ce transfert... Commence doucement le commandant en inclinant la tête pour saluer le soldat.

      - En effet Commandant. Se contente de répondre simplement Onov en faisant claquer ses talons. Nous sommes prêts à partir Monsieur.

      - Dans ce cas, ne faisons pas attendre plus longtemps nos "invités". Rajoute Konstantine en montant dans la première navette.

      Il est suivi de près par une phalange de Manteaux de Nuit, qui viennent s'installer en silence dans leurs sièges. L'officier Boroskais se place à la droite du commandant, et enfile son casque. L'impérial à la moustache rousse ne peut s'empêcher de frissonner. Ces Boroskais et leur sens critique du devoir... Ils n'ont pas le goût des conversations longues et inutiles, et se concentrent uniquement sur l'essentiel. Une telle efficacité n'est pas à remettre en question dans un régime tel que l'Impérium, mais Konstantine se demande parfois à quoi ressemble la vie sur Borosk. Il y a fort à parier que Cathar n'est qu'une planète de plaisirs à côté de ce monde forteresse...
      L'homme se perd dans ses pensées, et tente d'imaginer le temps d'un instant les conditions de vie -probablement dures et strictes- des Boroskais. Il se heurte à de nombreuses interrogations et pense un jour, se rendre sur place afin de découvrir cette curieuse société de militaires endurcis. Peut-être pourrait-il envisager de se renseigner auprès de Tahlee, elle est peut-être plus encline à répondre que ses homologues masculins... Une secousse indique que le vaisseau décolle, suivie de près par une autre qui indique une sortie dans l'espace. Les questions du commandant restent en suspens... Sans réponses apparentes. Car au final, il n'est même pas sûr de pouvoir satisfaire sa curiosité auprès de son second. En y réfléchissant, il semble bien que les femmes soient tout aussi froides, sévères et exigeantes, si n'est plus que les hommes sur Borosk. Il comprend pourquoi ces hommes et ces femmes qui servent sous la bannière impériale respectent, admirent même, Ashe et sa poigne de fer. Les Boroskais ne sont pas simplement fidèles à l'idéologie impériale, ils la soutiennent, ils sont prêts à mourir pour elle. Et la Moff Ashe est l'archétype même de ce que doit être l'Impérium du point de vue de ces personnages. Konstantine ne peut s'empêcher de s'inquiéter. Qu'adviendrait-il de l'Impérium avec le retour de Valiant ? Certains sont convaincus que le retour du Grand Moff n'est pas souhaitable pour le bien de ce nouvel Empire. La divergence des avis est un problème certain, et le commandant redoute de probables conflits entre les partisans de la naine et les fidèles de l'ex-général.

      Dans toute cette histoire, la Moff Ashe joue un rôle majeur. Sa prise de position vis-à-vis de Valiant, à long terme, sera décisive. L'officier impérial sent une sueur froide lui couler dans le dos, rien qu'à envisager la possibilité d'un conflit ouvert entre ces deux personnalités.

      Mais il lui faut se concentrer sur le présent, et non pas sur l'avenir. Car les deux navettes viennent d'entrer dans le ventre du monstre séparatiste... Un de ces immense vaisseaux-cargos reconvertis en forteresses flottantes par la Fédération du Commerce, lors du début des conflits. Un de ces nombreux instruments de mort et d'oppression du régime séparatiste... La rampe d'accès de la navette Lambda s'abaisse, et comme un seul homme, les Manteaux de Nuit se lèvent et pivotent. Le capitaine Onov donne ses directives et les soldats quittent deux par deux l'embarcation. Le commandant Konstantine se sent en territoire hostile, dans l'antre d'une créature abominable et impitoyable... L'officier rectifie une nouvelle fois les plis de son uniforme, et redresse machinalement le buste et le menton, comme le veut la coutume impériale. Il descend à son tour la rampe d'accès, et le bruit cadencé de ses pas achève de le rendre plus nerveux.
      Son regard balaie d'un geste circulaire le vaste hangar qui se présente à lui. De nombreux droïdes techniciens vaquent à leurs occupations, tandis que des droïdes de combat, rassemblés en unités, se déplacent en cliquetant ici et là. Au final, l'ambiance dans un vaisseau de combat séparatiste ne semble pas plus différente de ce qu'il peut se passer à bord d'un destroyer impérial. Au pied des deux navettes, silhouettes immobiles et en rangs serrés de chaque côté des rampes, les Manteaux de Nuit sont prêts à réceptionner les détenus de la République Fédérale. Anonymes et silencieux dans leurs armures grises impersonnelles, ils n'ont nullement l'air de redouter quoi que ce soit. Le commandant Konstantine, au devant des troupes impériales, sent ses mâchoires se serrer à l'approche de la colonne séparatiste.
      Un homme visiblement amputé d'une jambe mène la marche. S'il semble avoir la rigueur et l'allure d'un militaire, son uniforme criard, qui n'est rien de plus qu'une parodie de l'uniforme impérial, ne peut que répugner le commandant. Selon les instructions qu'il avait reçu de la Moff Ashe en personne, l'individu qui se présente à lui n'est qu'un simple rat de laboratoire. Le C.R.D.A est l'un de ces nombreux atouts séparatistes qui ont fait de la Confédération des Systèmes Indépendants la première puissance galactique. C'est en outre grâce à son esprit scientifique et à l'implacable mécanique de ses armées que la CSI a finalement pu s'imposer en maître absolu. Si d'un côté, Konstantine ne peut que mépriser cet unijambiste pour son uniforme et son appartenance, il ne peut, d'un autre côté, s'empêcher de s'intéresser à lui. Après tout, il serait peut-être plus ouvert à la discussion que certaines personnes...


      - Vous devez être le Major Stirman. Je suis le Commandant Konstantine du "Croisé Éternel", responsable du transfert des prisonniers. Débute doucement l'officier en faisant claquer ses talons, tandis que les soldats de la garde de la Moff se chargent de transférer les détenus à bord des vaisseaux, avant de continuer à voix basse. La Grande Moff Ashe vous transmet ses salutations, et espère que les échanges entre vos services et ceux de l'Impérium seront cordiaux. Pour des raisons évidentes de sécurité, et afin de préserver l'intégrité de "vos" détenus, la Grande Moff a décidé de séparer en deux groupes les prisonniers, et de les placer dans des prisons haute-sécurité sur des planètes dont le nom est gardé secret afin d'éviter toute fuite possible. En tant "qu'inspecteur", vous aurez bien évidemment l'occasion et la "chance" de pouvoir vous déplacer au sein de ces prisons secrètes impériales, afin de pouvoir vous assurer des bonnes conditions de vie des prisonniers républicains.

      Et bien... Il semblerait que les hommes soient prêts à partir. Je vous en prie Major, prenez place à l'intérieur.


      Et d'un geste de la main, il invite simplement son homologue militaire à monter à bord. Il jette un dernier regard aux machines de guerre immobiles qui lui font face et embarque à son tour, bien content de quitter ce fichu hangar et ces foutus tas de boulons. L'officier impérial humecte ses lèvres et retrousse les poils de sa moustache rousse à l'aide de ses doigts fins. Certains pourraient s'étonner de voir des militaires avec des doigts fins. Après tout, les soldats sont amenés à manier des armes et de l'équipement, quand ils ne se traînent pas dans la boue ou la poussière, et c'est donc des mains de travailleurs endurcis que l'on a l'habitude de côtoyer. Les mauvaises langues pourraient s'accorder à dire que ces mains propres et ces doigts fins ne sont que le fruit d'une aristocratie pourrie gâtée. Et c'est peut-être le cas en effet. Car Konstantine est l'un de ces fils d'aristocrates hautains et fiers, et qui n'ont pas servi en tant que troupiers dans un quelconque bataillon.
      Un de ces gars que l'on aime détester parce qu'il est issu de la prestigieuse académie militaire de Carida, là où l'élite républicaine, puis impériale, a été formée. Pourtant, si nombre d'impériaux peuvent le mépriser de par sa position avantageuse que l'on raccroche à des survivances héréditaires médiocres et infondées, d'autres au contraire, ne peuvent qu'appuyer un tel homme. Malgré la volonté de Valiant de fonder un régime égalitaire, certains aspects ne peuvent être si facilement changés. Il faudrait se faire à l'idée que des officiers suffisants et arrogants continueraient d'affluer et de faire jouer leurs relations pour gagner en influence et en pouvoir... Il y aurait toujours un fossé entre membres d'une aristocratie élitiste et représentants de classe moyennes et ouvrières, aux origines bien moins nobles et glorieuses.

      Pour l'instant, il faut se contenter d'aller de l'avant, et faire abstraction de ces "détails", car des choses bien plus sinistres et mystérieuses se préparent à l'horizon. Et c'est dans un ciel noir éclairé seulement par de minuscules points lumineux, que les deux navettes de classe Lambda quittent le "Magniola" et fendent le vide dans une plainte mélancolique en direction du destroyer impérial de classe Victoire.

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