Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Numerius Femto

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    Post n°1
    Auteur : Numerius Femto

    Numerius Femto, au service de l'Impérium


    Nom: Femto
    Prénoms: Numerius Octavius Salazar
    Surnom/Matricule: Le Comte borgne
    Age: 33 ans
    Race: Humain

    Carrière envisagée: Officier impérial (BSI)

    Description mentale:
    Peu de gens peuvent se targuer d’avoir une personnalité aussi complexe que celle de Numerius.
    En dehors de tout contexte martial ou militaire, c’est un homme sympathique et raffiné. Grand amateur d’art, de philosophie et de littérature, son amour le plus fou est néanmoins celui qu’il éprouve pour la musique. Numerius est en effet un mélomane et un amoureux des grandes symphonies, dont l’harmonie et la beauté l’emplissent d’euphorie. Il aime d’ailleurs partager sa passion pour l’art. Il est ouvert d’esprit malgré ses origines nobles et se montre sympathique avec n’importe lequel de ses frères d’armes quelles que soient ses origines. Il est donc d’agréable compagnie et facilement abordable.
    Son amour pour l’art est sans aucun doute lié à son obsession pour l’harmonie et l’ordre. Numerius n’aime pas la guerre et le chaos mais il sait pertinemment que pour avoir la paix, la guerre doit être préparée. C’est donc son amour pour la paix qui le motive à intégrer l’armée. C’est pour cette même raison qu’il est un fervent partisan d’un régime autoritaire capable de maintenir l’ordre sur son territoire. Ainsi, il n’apprécie guère la République qu’il juge trop laxiste et les Sith qui incarnent selon lui le chaos à son paroxysme. En revanche, il est profondément attaché à l’idéal impérial et souhaite de tout son cœur voir un jour une galaxie unie sous la bannière au phénix, même s’il se rend très bien compte que la tâche ne sera pas aisée.
    Dans le cadre strictement militaire, Numerius est extrêmement méthodique et discipliné. Etant très professionnel, il perd sa façade amicale au profit d’un air plus sévère et concentré. En apparence, il semble ainsi être un soldat modèle et un compagnon idéal sur et en dehors du champ de bataille.
    Néanmoins, son passé est bien plus complexe qu’il n’y paraît et plusieurs événements ayant marqué sa jeunesse, couplés à la maladie dont il souffre, ont fait naître en lui une part d’ombre qui refait parfois surface. Numerius est en effet atteint d’analgésie congénitale, un mal particulièrement rare et incurable bloquant le centre nerveux de la douleur. Cette maladie étrange a été responsable de bien des malheurs durant sa vie qui ont éveillé en lui une folie latente. Bien qu’il soit la majeure partie du temps parfaitement lucide, Numerius a parfois des accès de psychose durant lesquels il a une fascination malsaine pour la douleur qu’il est incapable de ressentir. Lorsque cette folie se manifeste en combat, Numerius devient un véritable berserker enivré par les hurlements de douleur de ses ennemis. En dehors du combat, cette psychose fait de lui un tortionnaire froid et sadique. Ainsi, il ne rechigne absolument pas à soutirer des informations par la torture la plus ignoble. Fort heureusement, ces crises de folie sont rares.


    Description physique: Numerius Femto est un homme athlétique d’un mètre quatre-vingt-sept pour quatre-vingt-quatre kilos à l’allure sinistre. Devenu borgne suite à un événement de son enfance, son œil gauche est cataracté et une balafre est visible sur son visage de part et d’autre de son globe oculaire meurtri. Son seul œil valide est d’un noir profond ce qui contraste avec la pâleur de sa peau. Sa chevelure brune est toujours impeccablement coiffée pour s’accorder avec l’image d’aristocrate qu’il entretient soigneusement. Il se tient toujours le dos droit et sa démarche est fière pour la même raison. Sa blessure à l’œil a entraîné un dérèglement lacrymal et il lui arrive occasionnellement de pleurer des larmes sanguinolentes par son œil invalide. Malgré cette apparence effrayante, Numerius affiche la plupart du temps un sourire chaleureux et son expression évoque plus un homme bienveillant qu’un meurtrier. Néanmoins, cette façade disparaît instantanément lorsqu’il se retrouve pris dans un combat singulier face à un ennemi mortel. Dans ces moments-là, Numerius semble être l’ange de la mort lui-même, hurlant de rage et riant aux éclats tel un dément. En dehors de ces moments de folie apparente, Numerius prend généralement un air calme et discipliné lorsqu’il est sur le champ de bataille.


    Histoire:
    PROLOGUE

    Naboo, 21 ans avant la chute de l’Ancienne République



    Comte Octavius Femto


    Le comte Octavius contemplait la surface étincelante du lac faisant face au manoir ancestral de la maison Femto. Les eaux bleues miroitantes reflétaient la lumière dorée de l’astre Naboo. Vêtu d’un long manteau bleu foncé, l’aristocrate était un homme d’une trentaine d’année à la chevelure brune, aux yeux d’un bleu profond et à la barbe parfaitement entretenue. Le décor était enchanteur et pourtant, le noble affichait une mine sombre, le regard perdu dans les flots calmes. Soudain, un droïde médical GH-7 fit son apparition. Le comte blêmit lorsqu’il aperçut le petit robot l’approcher et sa respiration se fit plus forte. L’inquiétude était perceptible sur son visage et une goutte de sueur perlait sur son front.

    -Alors, demanda-t-il au droïde ? Y a-t-il eu des complications ?

    -Tout s’est très bien passé monsieur le comte. L’accouchement s’est déroulé comme prévu. Madame la comtesse vous attend dans sa chambre avec votre enfant.

    Octavius Femto poussa un soupir de soulagement et ce qui était une grimace d’anxiété se changea en sourire.

    -La Force soit louée ! Qu’en est-il du bébé ? Est-ce un garçon ?

    -Absolument monsieur le comte. Votre lignée a un héritier.

    L’aristocrate ne pouvait plus contenir son euphorie et, désireux de rejoindre son épouse et son fils, il prit la direction du manoir d’un pas assuré.

    -Monsieur le comte, l’interpella le droïde médical ! Il faut néanmoins que je vous prévienne que…

    -Pas maintenant !

    Le comte Octavius passa la porte de la demeure surmontée d’un glyphe semblable à un rapace blanc : l’emblème de la maison Femto. Il se précipita à travers la luxueuse bâtisse richement décorée et monta à vive allure l’escalier en colimaçon. Enfin, il entra dans une chambre dans laquelle s’affairaient deux domestiques et un droïde maternel. Sur un lit situé au fond de la pièce était allongée la comtesse Anita Femto, une beauté aux yeux noirs, et dans les bras de cette dernière se trouvait un nouveau-né endormi et enroulé dans un linge blanc. Craignant de réveiller le nourrisson assoupi, le comte s’approcha doucement et embrassa tendrement son épouse.

    -Regarde, lui chuchota-t-elle en lui tendant l’enfant. C’est notre fils. N’est-il pas magnifique ?

    -Il l’est, mon amour, répondit le comte en sentant les larmes lui monter aux yeux.

    -Comment souhaites-tu l’appeler ?

    -J’envisageais de le nommer Numerius, comme son grand-père. Tu es d’accord ?

    -Numerius, murmura la comtesse… C’est un beau nom.

    Alors que le couple partageait cet instant de pur bonheur, le droïde GH-7 entra à son tour dans la chambre et s’adressa au comte Octavius.

    -Puis-je vous parler en privé un instant monsieur le comte ?

    Irrité d’être dérangé pendant ce moment heureux, le noble suivit le petit droïde lévitant en dehors de la pièce en grommelant.

    -Qu’y a-t-il de si urgent ?

    Le droïde resta silencieux quelques instants, comme s’il hésitait. Son imitation du comportement humain était vraiment exceptionnelle : il semblait gêné et ne savait pas comment annoncer la nouvelle au comte Octavius.

    -A votre demande, j’ai réalisé des examens médicaux complets pour m’assurer de la bonne santé de l’enfant. A première vue, il a l’air en parfaite santé mais…

    L’aristocrate sentit sa gorge se nouer et l’inquiétude remonta subitement en lui.

    -Qu’avez-vous trouvé, demanda-t-il d’une voix tremblante ?

    -Je ne sais pas trop comment vous l’annoncer monsieur le comte… Un examen approfondi du génome de votre fils m’a permis de déceler une anomalie génétique… Il semblerait qu’une mutation ait eu lieu sur le gène SCN9A. Je vous passe les détails concernant ce gène : ils sont trop complexes pour quelqu’un ne maîtrisant pas la médecine. Cependant, vous devez savoir que cette mutation ne m’est pas inconnue. Cette anomalie est particulièrement rare mais ce n’est pas un cas unique. Loin de là. Cette mutation est responsable d’une maladie très grave : l’analgésie congénitale, aussi connue sous le nom d’insensibilité congénitale à la douleur. Le centre nerveux de la douleur est bloqué chez votre enfant. Il peut ainsi ressentir toutes les sensations tactiles à l’exception de la douleur.

    Le comte semblait surpris.

    -Il ne peut pas ressentir la douleur ? C’est tout ? Je veux dire… Je ne vois pas en quoi cette maladie est si grave.

    -Ne prenez pas ce mal à la légère monsieur le comte. La douleur est une composante essentielle de la palette de sensations pouvant être ressenties par un être humain. Cette sensation est désagréable mais capitale. Votre enfant peut souffrir de blessures et maladies mettant en danger sa vie sans remarquer les symptômes. Dans certains cas, la maladie provoque aussi un retard intellectuel – même si ce n’est pas toujours le cas – et peut avoir des conséquences dramatiques sur l’équilibre psychique de l’enfant. Et… Je me dois de vous informer que même si les conséquences de cette pathologie varient d’un cas à l’autre… l’automutilation revient presque toujours… Les patients observent la douleur chez leurs congénères sans la comprendre ce qui les pousse à expérimenter sur leur propre corps… Ce qui a parfois des conséquences terribles.

    Le comte resta silencieux. Il avait tant espéré que son enfant naisse sain… Et voilà qu’il apprenait que son fils vivrait avec une pathologie sournoise et extrêmement grave pour le restant de ses jours. Néanmoins, il craignait par-dessus tous les conséquences psychiques et comportementales décrites par le droïde médical. Il jeta un regard vers sa femme depuis la porte de la chambre. Elle semblait si heureuse. Comment allait-il lui annoncer cette nouvelle qu’il ne parvenait lui-même pas à supporter. Il contempla la scène de la mère dorlotant son fils avec tristesse et son regard se porta alors sur le bébé. Il aimait bien entendu cet enfant, mais la vue du nourrisson semblait éveiller en lui une autre émotion. Il observa le nouveau-né et eut subitement la boule au ventre. Il sentit un malaise profond l’envahir alors qu’il fixait l’adorable bambin. Le comte refusait de l’admettre, mais son fils lui faisait peur.


    CHAPITRE I – L’enfant terrible

    Naboo, 14 ans avant la chute de l’Ancienne République



    Comtesse Anita Femto


    -Numerius ! Numerius, où es-tu ?

    La comtesse Anita arpentait de long en large la vaste demeure des Femto à la recherche de son rejeton. Dès sa plus tendre enfance, le jeune garçon avait été animé par une curiosité sans bornes qui le poussait encore toujours à braver l’inconnu et à explorer son environnement en solitaire malgré son jeune âge. Pour cette raison, l’enfant était surveillé en permanence par un domestique ou un droïde de protocole, voire par la comtesse elle-même. Quant au comte… On ne pouvait pas dire que l’aristocrate ne portait aucun intérêt pour sa progéniture car il dépensait sans compter pour s’assurer du bien-être de l’enfant, mais il s’arrangeait généralement pour avoir à rester le moins possible auprès de son fils. Le comte Octavius semblait en effet troublé lorsqu’il était à proximité de son héritier. Non… ce n’était pas simplement du trouble, mais un malaise profond, une terreur qu’il tentait tant bien que mal de dissimuler au fond de lui-même. Il était difficile de condamner le noble pour son comportement : Numerius était un garçon étrange et taciturne au regard apathique. Ce n’était pas dû à un retard intellectuel quelconque – l’enfant était bien au contraire plutôt vif d’esprit – mais il ne faisait aucun doute que cette étrange attitude était liée au mal dont il souffrait. Numerius semblait dénué de sentiments. Son air imperturbable et son visage inexpressif avaient tendance à angoisser tous ceux qui le côtoyaient. Seule sa mère se moquait éperdument de cela. Elle aimait son fils plus que tout au monde et avait appris à haïr ceux qui le traitaient en paria, y compris son propre mari. Au fil des ans, une forte tension était apparue au sein du couple. Ceux qui avaient autrefois été des amants passionnés ne s’adressaient pratiquement plus la parole et lorsqu’ils le faisaient, une dispute ayant pour sujet le jeune Numerius éclatait presque systématiquement. La maison autrefois si gaie et lumineuse n’était plus qu’un havre d’angoisse et de tristesse.

    Toujours était-il que cet enfant si particulier devait perpétuellement être surveillé et ce jour-là, quelqu’un avait manqué à son devoir. La comtesse Anita se retrouvait donc à errer en panique dans son manoir à la recherche de son fils adoré. La bâtisse était immense et tout le personnel avait été mobilisé pour chercher le jeune garçon. Le comte était alors sur Coruscant – où il s’entretenait avec la sénatrice de Naboo – et ne contribuait donc pas à l’effervescence. A vrai dire, même s’il avait été présent, il était fort probable qu’il aurait cherché une excuse pour ne pas avoir à trouver son rejeton.

    Après près d’une heure de recherche, la comtesse trouva finalement Numerius. Celui-ci se tenait sur le bord du lac où il contemplait son reflet d’un air froid alors que des nuages orageux obscurcissaient le ciel. La comtesse fut profondément soulagée et soupira.

    -Numerius, murmura-t-elle… Enfin je te retrouve. Je me suis fait un sang d’encre ! Qu’est-ce qui t’a pris de disparaître comme ça ?

    Le jeune garçon se retourna doucement vers sa mère sans changer d’expression. Il lui posa alors une question pour le moins étonnante.

    -Mère ? Pourquoi les autres enfants pleurent-ils lorsqu’ils se blessent ?

    Anita Femto fut frappée de surprise en entendant cela et elle hésita quelques instants avant de répondre à son fils en souriant.

    -Et bien c’est tout simplement parce que les autres enfants ont très peur lorsqu’ils se font m… Enfin… lorsqu’ils se blessent. Mais toi tu n’as peur de rien Numerius ! Tu es un garçon très brave et un jour tu seras un grand héros de la République !

    La noble riait chaleureusement et tendait les bras pour embrasser son fils lorsqu’elle remarqua un éclat de lumière venant de la main du garçon. Elle cessa immédiatement de rire. Le temps sembla alors s’arrêter au tour d’elle et ses mains se mirent à trembler. Ce que tenait l’enfant, c’était le rasoir de barbier de son père, un ancien outil à la lame affûtée qui n’avait rien à faire entre les mains d’un si jeune garçon.

    -Numerius, marmonna la comtesse d’une voix tremblante. Où as-tu trouvé… ? Repose ce rasoir Numerius.

    -Pourquoi donc mère ? Qu’est-ce que je risque à part une blessure ? Une blessure ce n’est rien. Il n’y a pas de quoi avoir peur. Regardez mère !

    L’enfant porta alors la lame au niveau de son visage et sa mère hurla de terreur, paralysée par l’angoisse alors que Numerius s'entaillait profondément, s’éborgnant par la même occasion. Anita Femto se ressaisit alors et se jeta sur sa progéniture pour lui arracher la lame des mains. Elle avait empêché son fils d’agir inconsciemment plus longtemps, mais le mal était déjà fait. Le sang coula abondamment sur le visage du garçon et la comtesse serra fort son fils dans ses bras en sanglotant bruyamment. Numerius, quant à lui, conservait son air apathique et son regard glacial alors que la plaie sur son visage meurtri continuait à déverser son fluide vital.


    ---


    Le comte Octavius revint en catastrophe sur Naboo lorsqu’il apprit la mauvaise nouvelle de la bouche de sa femme. Pour la première fois depuis bien longtemps, il avait adopté un ton rassurant et tendre pour parler à son épouse. Cette crise familiale semblait les rapprocher, mais à quel prix ? Lorsqu’il rejoignit enfin la comtesse, il la trouva dans un état lamentable. Son regard s’égarait dans le vide et ses joues humides indiquait qu’elle avait pleuré longuement. Il embrassa alors Anita qui fondit à nouveau en larmes. Visiblement, elle se sentait toujours horriblement coupable pour ce qu’il s’était passé.

    -Qui d’autre est au courant, demanda-t-il alors tout en conservant un ton calme ?

    -Personne… J’ai dit aux domestiques que c’était un accident…

    -Bien. Il faut que tu continues à donner cette version. La vérité ne doit surtout pas éclater. La vie de Numerius volerait en éclats...

    Etait-ce vraiment du sort de son enfant que se préoccupait le comte, ou bien était-ce de la réputation de la maison Femto ? Nul n’aurait su le dire. Même si le drame avait renoué les liens entre le comte et sa dulcinée, il était fort probable qu’il ait élargi le fossé entre Octavius et son fils.

    -Personne ne doit le savoir, chuchota pour lui-même le comte. Non, personne ne doit le savoir…


    CHAPITRE II – Guerre et Paix
    Naboo, 3 ans avant la chute de l’Ancienne République


    Onze ans s’étaient écoulés depuis le dramatique incident et la personnalité de Numerius avait drastiquement changé durant cette période. Lui qui avait été un garçon apathique et inquiétant était désormais un jeune homme souriant, amical et apprécié de son entourage. Il était un étudiant brillant et passionné d’art et on lui prédisait un avenir glorieux. Le jour sinistre où le jeune héritier de la maison Femto s’était atrocement mutilé semblait à des années-lumière… Certes, la métamorphose ne s’était pas accomplie du jour au lendemain. En effet, suite à « l’incident », la Comtesse – qui malgré le traumatisme ayant suivi l’incident avait toujours autant d’amour pour son fils – avait porté une attention toute particulière à sa progéniture. Il ne s’agissait plus d’une simple surveillance, mais d’une éducation extrêmement complète comprenant notamment des travaux et des études artistiques. C’est la découverte de l’art, et notamment de la musique qui avait en quelque sorte sauvé le jeune Numerius. La comtesse avait engagé les plus éminents précepteurs de Naboo pour former son enfant et les meilleurs médecins pour soigner ses troubles mentaux. Peu à peu, des émotions s’étaient éveillées en lui et il avait fini par adopter un comportement normal. A cela s’ajoutait la disparition totale de l’automutilations. Néanmoins, l’œil inerte de Numerius et quelques cicatrices visibles sur son corps rappelaient au comte Octavius la sinistre enfance de son fils et l’empêchaient de ressentir à nouveau une réelle affection pour lui. Ainsi, lorsque Numerius eut 16 ans, il fut placé loin du manoir des Femto dans une prestigieuse école réservée à la progéniture de l’élite de Naboo. Là, on lui apprit la discipline et la rigueur, deux préceptes que Numerius allait rapidement faire sien. Il devint en effet très vite un élève exemplaire et ses années dans cette école furent marquées par le succès. La terrible blessure de Numerius attirait encore les regards, mais c’était l’unique relique de la sombre enfance du jeune noble. Harmonie, discipline, ordre. Tant de valeurs que Numerius tenait à cœur. Il avait foi en la République et comptait sur elle pour maintenir la paix qui lui était si chère. Puis vint la crise séparatiste.

    Numerius fut aux premières loges pour assister aux prémices du conflit. Tout commença en effet avec le blocus de Naboo par la Fédération du Commerce. Ce fut pour Numerius le premier signe de l’impuissance républicaine. La vie sur Naboo fut bouleversée par la présence en orbite de la flotte de la Fédération. Chaque jour qui passait voyait la confiance en la République de Numerius diminuer. Lorsque le blocus prit fin, une crise d’une plus grande ampleur lui fit face. Pour la première fois, la République était rongée de l’intérieur et menaçait de voler en éclats.

    Avec le temps, la déception de Numerius devint du mépris. Le jeune homme n’hésitait d’ailleurs pas à clamer haut et fort sa préférence pour un régime fort plus apte à régler les situations de crise et à maintenir l’ordre, ce qui ne manqua pas de lui créer des ennemis au sein même de l’école où il étudiait. Partout où ses pas le portaient, Numerius entendait des murmures et des moqueries dans son dos. « Impérialiste ». « Oppresseur ». Tels étaient les surnoms attribués à ce jeune noble ayant pour unique souhait la paix.

    Un jour, alors qu’il marchait dans les couloirs de l’école, il fut bousculé par trois de ses camarades dont les familles avaient la réputation d’être des clans de fervents républicains. Le chef du trio se nommait Andan Sturm et Numerius ne l’appréciait guère. Il s’agissait d’un élève médiocre et imbu de sa personne dont l’incroyable popularité était une énigme aux yeux de Numerius. Ce jeune homme blond aux yeux bleus et athlétique était issu d’une famille de diplomates Naboo particulièrement influente. Il était indéniablement beau garçon, mais sa stupidité était hors norme : il ne comprenait rien à rien et certainement pas à la politique. Ainsi, s’il défendait ardemment les valeurs républicaines, il le faisait plus par tradition familiale et par mimétisme que par conviction.


    -Alors le petit dictateur, lança Andan d’un air méprisant ? Tu te promènes tout seul en plein milieu du couloir ? C’est pourtant pas ton empire ici Numerius… Seuls les vrais républicains peuvent venir ici.

    Les yeux de Numerius roulèrent dans leurs orbites et le jeune noble soupira longuement.

    -Il me semble avoir autant le droit que toi d’être ici Andan. En fait, si on considère le fait que je travaille assidûment pendant que tu te contentes de te tourner les pouces et de te rendre ridicule en tentant de séduire tout ce qui bouge, je suis peut-être même plus à ma place que toi.

    Le sourire méprisant d’Andan disparut soudainement, laissant place à un rictus de rage.

    -Fais le malin l’impérialiste… Tu vas voir ce que je vais te mettre. Choppez-le les gars !

    Les deux acolytes d’Andan se saisirent de Numerius et Andan serra les poings.

    -J’aimerais te dire que je vais tellement t’amocher que même si ta mère te reconnaît elle voudra pas de toi… Mais la vérité, c’est que t’es déjà trop moche pour qu’on puisse te rendre encore plus laid…

    Andan Strum décocha un violent coup de poing dans le bas ventre du jeune noble trop entravé pour se défendre. Numerius ne broncha pas. Andan écarquilla alors les yeux, l’air surpris, avant de frapper à nouveau sa victime. Une fois de plus, Numerius n’eut aucune réaction. Stupéfaits, les compagnons d’Andan Strum relâchèrent leur emprise l’espace d’un instant. Profitant de cet instant de répit, Numerius envoya un violent coup de genou dans l’estomac de son tortionnaire. Andan fut projeté au sol et se tordit de douleur en gémissant tandis que ses camarades horrifiés s’enfuirent en courant. Un léger sourire se dessina alors sur le visage de Numerius et il se pencha sur Andan.

    -Vois-tu, reprit-il alors, une société ne peut fonctionner que lorsque l’ordre règne. C’est ainsi. Or, quel meilleur outil y a-t-il pour maintenir l’ordre que la force ? Tu as toi-même essayé d’instaurer ta loi en appliquant ce principe, toi le soi-disant républicain… Mais tu es faible et stupide… Aussi incompétent que la République ! Ton petit règne se termine ici Andan. Dorénavant, je te conseille de suivre les règles. Et si tu ne le fais pas, compte sur moi pour faire de ta vie un enfer…

    Numerius envoya un coup de pied dans la poitrine du jeune homme à terre et ricana en entendant un nouveau gémissement s’élever. Il resta ensuite quelques instants à observer son ennemi souffrir au sol, puis il tourna les talons et reprit son chemin. Il savait qu’Andan était trop fier pour admettre qu’il avait été humilié d’une telle manière et ne se préoccupait donc pas des conséquences de ses actes.

    Les jours qui suivirent et à la surprise générale, Andan Sturm devint soudainement un élève appliqué et sérieux. Chaque fois que le regard du jeune homme croisait celui de Numerius, ses yeux s’écarquillaient de terreur et il sursautait. Numerius était satisfait de la situation : il avait ramené dans le droit chemin l’unique élément perturbateur de l’établissement par le pouvoir de l’intimidation, ce qui le confortait dans sa théorie impérialiste. L’ordre par la terreur : voilà un credo qui lui plaisait. La terreur qu’inspirait l'héritier de la maison Femto à Andan était bien visible et créait l’incompréhension chez la plupart de
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      Auteur : Numerius Femto

      ses camarades. Après tout, Numerius avait beau être un partisan de l’idéologie impériale, il était d’un naturel doux et assez agréable. Ce fut à ce moment précis qu’une véritable dualité apparut dans la personnalité de Numerius. D’un côté, il était l’ami bienveillant et le passionné d’art. Mais au fond de lui-même il était aussi l’oppresseur, le tortionnaire obsédé par l’ordre et capable d’infliger les pires souffrances à ceux qui menaçaient la paix et l’équilibre. C’est durant cette période que Numerius Femto tel qu’on le connaît aujourd’hui est apparu.


      CHAPITRE III – Le meilleur des Mondes
      Naboo, chute de l’Ancienne République


      La République est morte. Vive l’Empire ! Le parti démocrate venait d’accomplir le rêve de Numerius. Enfin la galaxie était unie sous la bannière d’un Empire ! C’en était fini de la République, de sa faiblesse et de sa corruption ! Dès la proclamation du nouveau régime, Numerius Femto, tout juste devenu haut fonctionnaire comme son père avant lui, afficha son soutien inconditionnel à la cause de G.Man. Cependant, ce ne fut pas le cas de tous les membres de la maison Femto… Octavius dénonça publiquement ce qu’il considérait comme un coup d’Etat. En tant qu’ennemi du régime, le Comte fut mis aux arrêts et déchu de son titre. Numerius devint officiellement le nouveau chef de la prestigieuse maison Femto avec les compliments de l’administration impériale.

      Enfermé dans sa cellule, l’ancien noble grisonnant demeurait immobile. Assis sur une paillasse gracieusement mise à sa disposition et n’ayant de matelas que le nom, le noble avait un regard vide, son visage inexpressif rappelant les noires années de l’enfance de son rejeton. Son rejeton… Son fils… Peut-être l’avait-il aimé au début, mais désormais, il n’aurait su le dire. Pour Octavius Femto, Numerius avait toujours été une source d’incompréhension, de tristesse, et même de peur. Lorsque le jeune garçon avait enfin adopté un comportement normal, tout le monde semblait avoir oublié le monstre qu’il avait été étant plus jeune. Anita avait oublié. Les domestiques avaient oublié. Tous les proches de la famille Femto avait oublié. Tout le monde, sauf Octavius. Au fond de lui-même, l’aristocrate sentait que l’ancien Numerius était encore là, enfoui quelque part. Il savait qu’un jour ou l’autre, cet être froid referait surface et reviendrait le hanter. Ce jour-là, Octavius Femto eut la confirmation que ses craintes étaient fondées.
      Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir de la prison et Octavius Femto releva lentement la tête.


      -Je savais que tu finirais par me rendre visite, lança-t-il en fermant les yeux. Qui aurait cru que ça finirait comme ça ? Autrefois, j’étais respecté et admiré pour mon œuvre accomplie au nom de la République… Aujourd’hui je suis un paria, seul et haï de tous tandis que toi… Toi, tu es là à te pavaner comme un prince et à venir me tourmenter.

      Le Comte Octavius rouvrit les yeux pour contempler sa progéniture.

      -Car c’est pour ça que tu es venu, n’est-ce pas Numerius ?

      Numerius Femto affichait lui aussi un air froid. Vêtu d’un long manteau noir, le Comte borgne regarda avait mépris celui qui l’avait élevé.

      -Père…

      -Tu n’es pas mon fils ! Je t’interdis de m’appeler comme ça !

      Octavius se releva soudainement, l’air furieux !

      -Si ta mère voyait ce que tu es devenu Numerius… Peut-être qu’elle ouvrirait enfin les yeux ! Ou peut-être pas… Après tout, « l’incident » n’a pas suffi à lui faire voir ta vraie nature !...

      Octavius soupira et se laissa retomber sur la paillasse de sa cellule.

      -C’est bon ? Ta tirade est terminée ? Bien ! Mère est morte je te rappelle. Inutile de se lamenter sur le passé. Un avenir radieux attend la galaxie… et ce n’est pas grâce à toi.

      Anita Femto avait en effet été emportée par un mal mystérieux un an auparavant. Octavius et Numerius furent tous deux déchirés par cette perte, mais encore une fois, cela n’avait pas suffi à les rapprocher.

      -Octavius, pourquoi as-tu fait ça ? Quel besoin avais-tu de t’opposer au progrès et à l’ordre ? Toi et moi, nous ne nous sommes jamais compris… Mais là… Jamais je ne t’ai trouvé aussi incompréhensible.

      -Pourquoi ? Tu oses me demander pourquoi ? Les Femto ont toujours été des défenseurs de la liberté ! Toi, tu salis notre nom en te joignant à cette mascarade, cette aberration ! Le « parti démocrate » … Quelle plaisanterie…

      Numerius tourna le dos à son père et soupira.

      -A quoi sert la liberté lorsqu’elle implique le chaos ? La galaxie va enfin connaître la paix impériale. Je suis sûr que mère aurait pu comprendre la raison de mes actes.

      Il jeta un dernier regard sur l’homme à qui il devait la vie et s’en alla.

      -Adieu père…

      Des larmes se mirent à couler sur les joues de l’ancien Comte et il répondit à son fils en murmurant, tout en sachant très bien que celui-ci ne l’entendrait pas.

      -Ta mère aurait pu tout te pardonner Numerius… Elle a toujours été là pour toi… Je t’ai négligé Numerius… Peut-être est-ce pour cela que tu es resté un monstre… Pardonne-moi Numerius… Pardonne-moi Anita… J’ai échoué…

      Octavius Femto s’allongea sur le matelas et s’assoupit. Il fut retrouvé mort dans sa cellule le lendemain. La cause du décès ne fut jamais trouvée.



      CHAPITRE IV – La Chute
      Coruscant, avènement de l’Empire Sith


      Anarchie. Destruction. Chaos. Le rêve avait été de courte durée. G.Man était mort. L’Empire Sith avait été proclamé. Qu’allait devenir l’Empire entre les mains de ces êtres fous à lier ? Le rêve avait bel et bien disparu. L’heure du cauchemar était venue. Certes, tout n’avait pas été parfait sous le règne de G.Man – la défaite contre la CSI restait en travers de la gorge du Comte – mais au fond de lui-même, Numerius conservait l’espoir que cet Empire pourrait devenir ce à quoi il aspirait. Désormais, les Sith avaient réduit en miettes cet espoir.

      Accompagné de partisans de feu l’Empereur, Numerius avait attendu que les événements se calment pour fuir Coruscant à bord d’une navette civile. Il avait affiché son soutien et sa fidélité au nouveau régime pour gagner du temps, mais il refusait de s’éterniser sur le monde-capitale de l’Empire. L’Oméga avait déjà lancé sa purge visant à éliminer toute trace de l’ordre Jedi. C’était le premier décret d’une longue série démontrant l’incapacité des Sith à maintenir la paix dans la galaxie, leur comportement étant dicté par la haine et la violence. Numerius avait cru en l’idéologie impériale et il y croyait toujours, mais cet Empire ne serait jamais le sien. Le natif de Naboo jeta un dernier regard aux tours de Coruscant et soupira. Depuis la mort de son père, il avait toujours vécu sur Coruscant où il avait servi du mieux qu’il pouvait l’administration impériale. Aujourd’hui, ces tours appartenaient aux disciples du côté obscur et Numerius ne parvenait pas à l’accepter. Une de ses camarades l’interpella.

      -Monsieur le Comte, la navette va décoller. Dépêchez-vous.

      -Pardonnez-moi. Je faisais mes adieux à Coruscant.

      Il pénétra à son tour dans le vaisseau et adressa un sourire à la fois sympathique et triste à la fonctionnaire qui l’avait invité à se presser.

      -Et appelez-moi Numerius. « Monsieur le Comte » fait un peu trop solennel. Et puis, mon titre n’a plus aucune importance. D’autant plus que nous ne devons pas nous faire repérer : je vous rappelle que nous sommes des fugitifs.

      Numerius et sa camarade s’installèrent aux côtés des trois autres hauts fonctionnaires et la navette décolla. Fort heureusement, ils purent quitter Coruscant sans encombre. Alors que tous demeuraient silencieux, Numerius posa à voix haute la question que tout le monde se posait.

      -Et maintenant ? Où aller ? Où échapper à la vigilance de l’Empire ?

      Cette question était rhétorique. Tous connaissaient la réponse, y compris Numerius, mais les souvenirs du blocus de Naboo et de la guerre étaient douloureux et Numerius ne supportait pas l’idée de devoir se cacher sur un monde confédéré. La navette avait pour destination Naboo. Numerius était heureux de pouvoir revoir son monde d’origine, mais il savait que ce passage serait de courte durée.

      -Non, murmura-t-il… Faites ce que bon vous semble, mais je n’irai pas sur Géonosis. Il me reste quelques amis sur Naboo. Je pense pouvoir m’y procurer un vaisseau et fuir vers un monde où je pourrai me cacher.

      La décision de Numerius surprit ses compagnons de route.

      -Et où comptez-vous aller Numerius, demanda sa camarade ?

      -Je ne sais pas…

      Numerius Femto ne le savait pas encore, mais cette décision allait lui coûter cher. Le Comte s’apprêtait à ne connaître que l’errance et la solitude pendant les huit années qui allaient suivre.



      CHAPITRE V – Là-bas
      Nar Shaddaa, an 2 de la République Fédérale


      Huit ans. Cela faisait huit ans que Numerius était en exil. Huit ans que le dernier des Femto avait fui un Empire tombé entre les mains mal intentionnées des Sith. Huit ans qu’il errait avec pour seul compagnie le désespoir. Le Comte était dans un état lamentable, effondré sur une table d’un bar mal famé de Nar Shaddaa. Une barbe de trois jours et de larges cernes étaient visibles sur son visage. Quelques clients s’attroupaient dans un coin de l’établissement autour d’une danseuse dénudée, mais le natif de Naboo n’avait pas l’esprit à ça. A cet instant précis, seule la boisson alcoolisée contenue dans son verre l’intéressait. Le goût était abject, mais la boisson était suffisamment forte pour le satisfaire. Après tout, c’était bien cela qu’il cherchait : un alcool assez fort pour lui faire oublier ses tracas. Des problèmes, Numerius en avait des dizaines, mais celui qui le préoccupait le plus, c’était l’annonce sur l’holonet d’une attaque terroriste sur Naboo. Une attaque terroriste sur son monde ! Et la République avait été incapable d’empêcher cela ! Le Comte borgne ne le pardonnerait jamais. Faible… La République était si faible… Incapable de protéger ce qu’il y avait de plus précieux. L’ordre, la sécurité, la paix ! Tout cela volait en éclats et la République était impuissante face aux événements… Numerius prit une grande gorgée de l’alcool nauséabond, vida son verre, puis se leva. Il se dirigea d’une démarche titubante vers le comptoir et y posa quelques crédits pour payer sa boisson.

      -Gardez la monnaie, marmonna-t-il avant de sortir du coupe-gorge.

      Dehors, Nar Shaddaa était comme d’habitude en ébullition. Des véhicules volaient bruyamment de toute part et une bagarre éclatait à la sortie du bar entre deux malfrats visiblement ivres. Numerius haïssait Nar Shaddaa. Cette planète représentait tout ce qu’il y avait de plus abject à ses yeux. Le Comte avait échappé à l’Empire Sith, mais à quel prix ? Il se retrouvait désormais dans ce lieu infernal, sans vaisseau – on le lui avait volé peu après son arrivée sur la planète – et sans espoir. Si… Il restait de l’espoir. Le rêve impérial du Comte n’était pas mort. L’Impérium incarnait peut-être tout ce à quoi Numerius avait toujours aspiré. G.Man avait échoué. Comme le natif du Naboo l’avait prévu, les Sith avaient échoué. Il ne restait plus que l’Impérium, et le noble entretenait l’espoir de pouvoir contribuer à faire renaître le rêve de ses cendres en servant sous les couleurs impériales. Mais pour cela, il devait rejoindre Cathar. De plus, la fortune semblait sourire à Numerius puisqu’il avait récemment acquis suffisamment de crédits pour financer son voyage. Le noble en exil sourit : sa vie avait été un enfer récemment, mais la chance tournait enfin et il allait pouvoir se battre pour ses convictions.

      Numerius s’apprêtait à se diriger vers l’astroport le plus proche, lorsqu’il reçut un violent coup à l’arrière du crâne. Il ne ressentit bien entendu pas la douleur, mais le coup fut si fort que le Comte s’évanouit instantanément. Il n’y eut plus que l’obscurité.
      Soudain, Numerius s’éveilla dans une pièce sombre attaché à un fauteuil. Encore… Décidément cette cavale n’était pas de tout repos. Une caisse remplie de ce qui semblait être des bâtons de la mort était visible dans un coin. Dans quoi était-il encore tombé ?... Une voix rauque se fit soudain entendre.


      -Alors Machin ? Qu’est-ce que ça fait de se faire prendre après avoir triché au Sabacc ?

      Numerius reconnut un truand Dévaronien avec lequel il avait effectivement fait une partie de Sabacc la veille. C’est d’ailleurs en gagnant face à ce malfrat que le Comte borgne avait remporté la somme sur laquelle il comptait pour rejoindre Cathar. Visiblement, l’être cornu ne le voyait pas de cet œil… Vêtu de noir de la tête aux pieds et couvert de tatouages, l’alien cherchait vraisemblablement à intimider ses interlocuteurs grâce à son apparence. Malheureusement pour lui, Numerius avait croisé bien pire que ce frêle être cornu durant son exil.

      -Ecoute l’ami, grommela l'aristocrate… Cet argent, je l’ai gagné à la régulière que tu le veuilles ou non. Je n’ai pas le temps pour les querelles avec les minables et les mauvais perdants. Alors tu vas me laisser partir. Compris ?

      Le Dévaronien éclata de rire. Il caressait d’une main la pile de crédits posée sur une table. Il s’agissait sans aucun doute de l’argent que Numerius avait gagné…

      -Monsieur est un homme pressé… Pas si vite connard ! Tu vas voir ce que mes gars vont te mettre pour avoir osé tricher contre moi. Donnez-lui une leçon les mecs !

      Trois autres Dévaroniens entrèrent en scène Tous avaient une allure de tueur. Cela ne présageait rien de bon… Soudain, il se mirent à rouer de coups Numerius. Le natif de Naboo eut alors une idée. Il simula la douleur en poussant des cris et en suppliant ses agresseurs d’arrêter. Puis, au bout de quelques minutes, il cessa de respirer et ne réagit plus aux coups.

      -@£*!&% de merde patron ! Il est mort !

      -Ben quoi, débile ? T’as jamais vu un cadavre ? Débarrasse-t’en !

      Les trois hommes de main détachèrent Numerius et le transportèrent jusque dans une ruelle où ils abandonnèrent son « cadavre ». Durant tout le trajet, Numerius tentait du mieux qu’il pouvait de respirer le plus faiblement possible : il était capital que les criminels le croient toujours mort. Lorsqu’ils furent partis, Numerius se releva et les rattrapa avant de les suivre discrètement jusqu’à leur repaire. Numerius s’en était sorti vivant : il fallait désormais qu’il récupère son argent pour pouvoir quitter cet endroit. Une fois les hommes de main entrés dans le taudis qui leur servait de refuge, Numerius se faufila jusqu’à une petite fenêtre et observa discrètement ses agresseurs. Très satisfaits de leur prise du jour, les Dévaroniens la célébrèrent en consommant quelques produits issus de la caisse que Numerius avait repéré plus tôt. Quelle aubaine ! Il n’avait qu’à patienter jusqu’à ce que ces imbéciles soient sous l’emprise de la drogue pour récupérer ses crédits. Numerius patienta ainsi pendant une heure, puis se glissa à pas de loups dans la tanière des cornus. Les trois Dévaroniens semblaient dans un état second : un Rancor aurait pu passer devant eux sans qu’ils le remarquent… Numerius remarqua vite les crédits laissés négligemment sur la table. Il s’en saisit avant de rebrousser chemin. C’était facile. Beaucoup trop facile. Soudain, Numerius réalisa qu’un détail lui avait échappé : trois Dévaroniens étaient neutralisés, mais où était le quatrième ?

      -Toi là, hurla le chef en sortant un blaster lorsqu’il refit son apparition ! Reste où tu es p’tit con !

      Numerius esquiva de justesse un tir et fuit à toute vitesse. Fort heureusement pour lui, le Dévaronien n’était pas en excellente condition physique, et après quelques minutes de course-poursuite, il lui échappa sans problème.

      Numerius erra dans les rues sordides de Nar Shaddaa et trouva une cantina dans laquelle il espérait trouver un pilote susceptible de l’emmener jusqu’à Cathar. A l’intérieur, la foule était dense et hétéroclite : le natif de Naboo trouverait certainement ce qu’il cherchait dans cet endroit. Après de nombreuses tentatives, Numerius rencontra enfin un contrebandier originaire de Corellia susceptible de le mener jusqu’à Cathar moyennant finance. Le pilote se nommait Rik Madell. C’était un humain âgé d’une cinquantaine d’années, barbu et grisonnant, dont les yeux étaient d’un bleu glacial. Pourtant, son regard pétillait de malice, et malgré ses airs de truands, Numerius le trouva assez sympathique. Le prix annoncé était évidemment élevé : on parlait de se rendre à la capitale de l’Impérium. Néanmoins, le Comte avait gagné suffisamment d’argent pour se payer ce luxe. A vrai dire, il lui restait même une belle somme d’argent… Cela lui donna une idée.

      -Dites-moi Rik, demanda Numerius au Corellien, connaîtriez-vous, par le plus grand hasard, un chasseur de prime efficace et discret ?

      Rik Madell pointa du doigt un mandalorien en armure noire assis à l’autre bout de la cantina.

      -Il se fait appeler Vidric. Une véritable ordure... mais diablement efficace. Même les autres mandaloriens le fuient. Il paraît qu’il aime se servir de fléchettes empoisonnées.

      Numerius fixa le combattant. Il était parfait. Numerius donna rendez-vous à Rik à l’astroport et se dirigea vers le chasseur de prime.

      -Vidric ? J’ai un contrat pour vous. Je cherche à éliminer une bande de truands basée dans un autre quartier.

      -Combien d’hommes je dois abattre ?

      -Juste trois. Leur chef est pour moi.

      Le mandalorien éclata de rire.

      -Juste trois ? Passe ton chemin mon vieux, je prends pas les petits contrats…

      Numerius posa ses crédits restants sur la table.

      -Je peux vous assurer que vous ne le regretterez pas.

      Vidric observa un instant l’argent qu’on lui proposait et releva la tête vers Numerius.

      -Donc, nous disions… Qui dois-je éliminer ?


      ---


      Vidric et Numerius se dirigèrent vers le repaire des Dévaroniens. Des cris de fureur provenant du bouge pouvaient être entendus. Visiblement, le chef des cornus n’avait pas du tout apprécié de se faire voler et blâmait à juste titre ses hommes de main. Le Naboo et le mandalorien entrèrent sans chercher à être discrets, ce qui mit fin aux hurlements. Les Dévaroniens semblaient choqués par cette apparition pour le moins inattendue. Un sourire sadique se dessina alors sur le visage de Numerius.

      -Bonsoir messieurs, lança-t-il avec ironie avant que Vidric ne projette des pointes venimeuses dans le cou des trois hommes de main.

      Le chef tenta de fuir mais fut vite rattrapé et jeté au sol par Numerius et Vidric.

      -Qu… Qu’est-ce que vous me voulez ?! Pourquoi t’es revenu, toi ?!

      -Allons mon ami… Ne fais pas cette tête.

      Vidric et Numerius attachèrent le Dévaronien au fauteuil sur lequel le Comte avait lui-même été entravé plus tôt et Vidric tendit une courte lame au natif de Naboo.

      -Pou… Pourquoi, demanda le Dévaronien avec incompréhension ? T’as récupéré ton argent hein ? Alors pourquoi ?!

      Numerius ricana et eut un regard sinistre, le même regard qu’il affichait en permanence lorsqu’il était enfant. Des années d’exil l'avaient plongé dans un quotidien anarchique et l’avaient amené dans des lieux qui représentaient l’antithèse de son idéal. La coupe était pleine. Numerius avait besoin de rappeler quelqu’un à l’ordre… Et le Dévaronien allait en faire les frais.

      -Pourquoi ? Mais parce que tu incarnes tout ce que je hais mon pauvre ami ! C’est tout ! Tu es stupide, malhonnête, décadent et tu manques cruellement de discipline ! Ça aurait pu être toi ou n’importe quel autre truand dans ton genre, mais c’est tombé sur toi… Pas de chance.

      Numerius posa la pointe de sa lame sur la poitrine du chef de gang.

      -Vois-tu, je souffre d’une maladie rarissime qui m’empêche de ressentir la douleur. Étonnant n’est-ce pas ? La douleur m’est par conséquent inconnue. Pourtant, au cours de mes voyages, j’ai été amené à côtoyer la douleur, à l’étudier de près… Finalement, je la connais donc mieux que personne. Elle m’est étrangère et familière à la fois. J’ignore ce qu’est la douleur… mais je connais parfaitement les stimulations nécessaires pour la déclencher à son paroxysme chez les autres.

      Les minutes qui suivirent furent insoutenables. Le Dévaronien poussa des hurlements stridents et à de multiples reprises, il supplia Numerius de l’achever. Lorsque la séance de torture fut achevée, le Comte borgne ne céda pas à la requête de sa victime. Il le laissa attaché et gémissant de douleur et s’en alla avec Vidric. Surpris par la tournure des événements le mandalorien s’adressa à Numerius en ricanant.

      -Eh ben… Tu payes pas de mine comme ça, mais t’es une sacrée raclure toi aussi en fait. T’as pas peur qu’il se lance à ta poursuite vu que tu l’as laissé vivre ?

      -Non… S’il a conservé sa santé mentale après cette petite séance, je peux te garantir qu’il tient plus du Jedi que du trafiquant de bas étage, ce qui à mon humble avis n’est certainement pas le cas.

      Un peu plus tard, l'aristocrate paya Vidric et se dirigea vers l’astroport pour rejoindre Rik. Le cauchemar était terminé. Le rêve allait bientôt renaître de ses cendres. Bientôt Numerius serait sur Cathar !



      Points forts:
      -Numerius souffre d’analgésie congénitale et ne peut donc pas ressentir la douleur, ce qui constitue un avantage indéniable en combat.
      -Numerius est sévère, mais juste. Cela lui vaut généralement le respect de ses compagnons d’armes.
      -Numerius a reçu une éducation complète typique de la noblesse. Il est ainsi remarquablement bien instruit et en très bonne condition physique.
      -Du fait de son éducation sévère, Numerius est extrêmement discipliné.

      Points faibles:
      -L’analgésie congénitale est une arme à double tranchant : la douleur étant un signal destiné à faire remarquer les blessures, Numerius peut rester pendant des heures avec une blessure mortelle sans la faire soigner.
      -Numerius est borgne depuis son enfance.
      -Ayant suivi avec succès les parcours les plus élitistes, Numerius est très confiant en ses capacités. Trop confiant.
      -Etant lui-même incapable de ressentir la douleur, Numerius a une fascination morbide pour cette sensation qui lui est inconnue. Ainsi, en combat à mort, la psychose peut monter en lui et il ne cherche alors plus à achever rapidement son adversaire, mais à lui infliger les pires souffrances imaginables. Lorsqu’il se prend à ce jeu, il oublie totalement la discipline qui lui est normalement si chère et sombre dans une crise de folie pure.

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        #3

        Post n°2
        Auteur : Numerius Femto

        Petit up pour signaler que ma fiche est à mes yeux terminée! J'attends la sentence... :D

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          #4

          Post n°3
          Auteur : Hivernus

          Bien le bonsoir camarade impérial !

          L'heure du jugement dernier est enfin arrivée pour toi.

          Dans l'ensemble, une très bonne fiche, bien construire, qui permet de cerner le personnage efficacement et surtout, qui est cohérente. Ta description mentale s'accorde parfaitement avec l'idéologie impériale et ton histoire, ce qui me semble être le point le plus important. Bon équilibre aussi entre les points faibles et les points forts. Fais toutefois attention, il reste quelques petites fautes de frappe ici et là, et j'ai remarqué au début du chapitre final une forte répétition du prénom de ton personnage, ce qui donne un désagréable effet de lourdeur.

          Au final, le résultat est plus que positif, je pense que tu es prêt à nous rejoindre pour vivre et mourir au service de notre glorieux Empire.

          A voir si LOm te juge lui aussi apte au service. (Mais en tant qu'avocat de la défense, je ne peux que le convaincre de te valider. En demander plus serait de la pure gourmandise.)

          Voilà voilà pour ma part.

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            #5

            Post n°4
            Auteur : Valiant

            "Nash Futhark""Nash Futhark"
             je pense que tu es prêt à nous rejoindre pour vivre et mourir au service de notre glorieux Empire.




            Dans ce cas, tu es validé camarade.
            Vois avec l’humanoïde bleu pour tes débuts dans notre Bel Impérium, comte sadique. 8)
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