Azel Kyone'e
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Post n°1
Auteur : Azel Kyone'eCeci est le lien vers la présentation mise en page :
-- version texte --- Azel kyone'e -Identité- Nom : Kyone'e
Pas la peine de me demander comment ça s'écrit ou se prononce, je prendrai pas le temps de vous l'expliquer. D'ailleurs, y a quelqu'un ici qui en a quelque chose à faire, de savoir comment je m'appelle ?
- Prénom : Azel
Atsele en Mando’a, chez nous le z n’existe pas. Un bon moyen de faire le distingo entre mes frères et les usurpateurs. Pourquoi ils m'ont flanqué un z ? Parce qu'ils savent pas écrire, c'est tout.
- Surnom : Buurenaar Sur'haai, ou Buu' Sur'
Littéralement « Œil de tempête », c’est le surnom que m’a donné mon premier frère d’arme. Non, rien à voir avec les cyclones, c’est à cause de la couleur de mes yeux quand je suis en rogne. Comment ça, c’est trop long ? Ah, c’est sûr, quand on est habitué à manier une langue de fifille comme le Basic, on a pas le souffle pour, hein. - Âge : 23 ans
Ouais, ouais, je sais, je les fais pas. Vous m'en donniez quarante ? Eh bah non, raté. - Race : Bâtarde Epicanthix/Humaine
Doit pas y avoir que de ça là-dedans, mais impossible de savoir quoi, exactement. Trop de mélanges pour que ce soit remarquable. Je sais pas grand chose sur les Epicanthix, si ce n'est que cette origine expliquerait mon amour immodéré pour la castagne. - Carrière envisagée : agent très très secret de la CSI (sisi), faction armée
Quoi ? Vous espériez me voir devenir secrétaire du cabinet du sénateur de Naboo, c'est ça ? Et pourquoi pas coiffeuse pour droïdes tant qu'on y est ?
Points forts
Ah, j’aime bien quand on parle de ça. Quoi ? Vous n’allez pas me faire croire que vous aimez dire à tout le monde que vous êtes une quiche intersidérale au karaoké, si ? C’est pareil pour moi.- Arguments frappants : Athlétique et musclée
J’ai beau ne pas être un quinze tonnes ni une haltérophile stéroïdée, j'suis bien bâtie et jamais en reste pour en coller quelques-unes bien senties. Je mise autant sur une bonne musculature que sur ma souplesse pour « donner corps » à mes opinions, si vous voyez ce que je veux dire. Et j’aime ça. Un peu trop, peut-être… Mais quoi, les bastons dans les cantinas, y a que ça de vrai ! - Chat perché : Souple et véloce
L’avantage d’être une fille, c’est qu’en général, on est plus fine et plus souple que les mecs de notre âge. J’ai su en faire une force avec le temps : je peux faire un salto arrière avec un sac à dos, sauter et courir plus vite que la moyenne des gars de ma génération. J’arrive à faire des trucs pas mal – pas ce genre de chose, eh oh. Intéressant pour se sortir des embrouilles dans lesquelles j’ai la fâcheuse tendance à me fourrer à longueur de temps. Parce que, qui dit rapide, dit aussi prompte à se mettre dans la mouise, mine de rien. - Honneur à tous : Loyale et fiable
Chez les Mandaloriens, l’honneur, c’est pas un mot vide de sens. C’est même une philosophie à part entière. Je suis pas une créature pure et innocente, je suis pas assez hypocrite pour le croire. Mais je suis pas une crapule qui tue juste pour le plus offrant en fermant les yeux sur le reste. L’Honneur, avec un h majuscule, est indubitablement ce qui reste le plus ancré en moi. Ouais, je suis grande gueule, je suis bourrine sur pas mal d’aspects, mais j’ai un honneur, un code, auquel je tiens plus que tout derrière ma façade de bête sans foi ni loi. C’est bien maigre pour faire une identité, mais c’est mieux que rien. Je m’attaque pas aux plus faibles que moi, sauf dans l’unique cas où ma vie en dépend et qu’il y a aucun autre moyen à ma portée. Je supporte pas qu’on s’en prenne aux gamins. Pour moi, y a pas de crime plus intolérable. J’ai qu’une parole, je hais la trahison et je la méprise. Si t’arrives à gagner mon respect pour de bon – j’ai pas dit que c’était une sinécure, qu’on soit clair - tu le gardes ad vitam æternam. La fraternité, c’est pas que pour les Jedi, que non. Et crois-moi, dans notre milieu, c’est pas rien d’avoir quelqu’un sur qui compter. - Système D : Nombreuses connaissances pratiques, bonne bricoleuse
J’ai pas fait d’études, j’ai même pas mon brevet élémentaire républicain. Non, j’ai jamais mis les pieds à l’école de toute mon existence. Pourtant, j’sais lire, écrire, parler – enfin presque – et compter comme un type qui a fait gentiment le pitre en cours. Je suis même plutôt du genre pas trop débile, m’voyez. Ok, on est d’accord, je vous alignerai jamais une équation du huitième degré ou ne ferai une dissertation sur la dernière loi parue. Mais je sais à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur les armes, tous les types d’armes, les moyens de défense, les pièges et les vaisseaux. Chacun ses trucs hein, moi j’ai grandi dans ce milieu, celui qu’les bobos nomment avec un haut-le-cœur « la pègre ». Je connais les principes de fonctionnement des engins, j’en ai démonté une paire depuis que je sais manier un tournevis. Dason m’disait que si j’y étais allée – à l’école – je serais peut-être devenue ingénieure en mécanoche. Perso je préfère me bricoler mes engins dans mon coin, c’est autrement plus marrant et dans ma conception des choses. Quand il faut trouver une solution à un problème, je suis sur le coup. Après, la solution, on l’aime, on l’aime pas, on peut aussi la trouver débile ou complètement loufoque. Moi, du moment que ça marche… - Même pas mal : Sang froid, dure à cuire
Je vais pas t’apprendre grand-chose en te disant que ce qui fait de nous une ethnie si redoutée, c’est pas nos peintures rupestres ni nos universités en droit galactique. On m'a balancé pas mal de noms d'oiseaux, mais chochotte ou douillette, bizarrement, jamais... Depuis que je suis ‘tiote, j’ai appris principalement une chose : prendre des bouffes et me relever, si possible sans chouiner, et recommencer jusqu’à y arriver. Je suis pas sans peur, la peur est un truc vachement utile si on sait la maîtriser… On va juste dire que j’en ai suffisamment pris dans la tronche dans ma courte vie pour pas avoir froid aux yeux. Je suis pas non plus un bloc de glace, même si j’aime bien essayer de le faire croire. J’ai un cœur (y paraît), faut simplement pas me demander de déballer mes sentiments, c’est absolument pas mon genre. J’ai pas grand-chose à voir avec les fifilles qui dandinent du croupion sur certaines allées de Shaddaa. Je sais prendre des mandales, et des bonnes, me manger des sols plus ou moins durs, me retenir de passer aux toilettes plusieurs jours durant. Bref, ce genre de choses qu’une gosse habituée à en prendre plein la figure sait faire. Je suis pas en duranitium, mais s’il faut se relever après un bon coma, je mettrais pas trois jours. Et compte pas sur moi pour te faire le plaisir de hurler et d’appeler ma mère (je l’ai jamais connue de toute façon).
Points faibles
Bon, allez, la partie désagréable. Quand faut y aller, faut y aller, hein ? Exit la super-héroïne de la mort qui tue, bienvenue dans la vraie vie. Par contre, le premier qui balance dans un torchon à potins de Nar Shaddaa pour se faire du fric, je m’arrange pour lui refaire la devanture avec une grande méticulosité.- Chaud devant : Inconsciente et tête brûlée
Le problème quand on a une bonne dose de sang-froid et l’habitude de faire les quatre-cent coups, c’est qu’on méprise un peu (trop) le danger. Un peu beaucoup trop. C’est pas Basic ? Et alors ? Attends, tu vas me dire, mais en quoi c’est un problème pour un guerrier de pas avoir peur du danger ? Tu vois la grosse trace qui traverse ma joue droite ? Ben voilà, il est là le problème. Dason disait que j’étais folle. Je suis pas dingue non plus – enfin, pas trop – juste à moitié inconsciente. Ou complètement selon le cas. Je suis fan de tout ce qui pète, qui flambe ou qui crache la mort dans tous les coins, le style et les manières c'est pour les chochottes. Y a des fois ou je me vis comme une gamine qui a grandi trop vite. Mais la plupart du temps, surtout quand y a du grabuge, je suis surtout une vieille fille qui n’a jamais quitté l’enfance. On m’a souvent reproché de pas avoir une once de jugeote. D’un côté, c’est pas totalement faux… Je suis pas stupide, j’pense l’avoir déjà prouvé – mais quand il faut faire la zouave, vous avez devant vous une maîtresse de je-me-fous-dans-le-pétrin-toute-seule-comme-une-grande. Et avec le sourire, s’il vous plaît. On va mettre ça sur le compte d’un traumatisme de naissance, hein. - Are you talking to me ? : Grande gueule et bagarreuse
Bon, je pense que depuis qu’on cause, il ne t’a pas échappé que j’ai une lééégère tendance à avoir une gueule de trois parsecs de long. Ouais, je suis entière, un vrai bloc de permabéton au niveau ego, faut pas m’en vouloir, il paraît qu’on est tous taillé à peu près pareil de par chez nous. Pas étonnant donc qu’on ait la fâcheuse manie de s’attirer des ennuis comme le paratonnerre la foudre. Et puis franchement, vous me voyez négocier avec des Naboo ou des Gungans ? Coller des tartes, ça je sais faire, mais les manger avec distinction en bonne compagnie, faut pas rêver. La politesse ? Tiens, justement je cherchais quelque chose pour repeindre les murs de la salle de bain. - Le lion ne s'associe pas avec le cafard : Méfiante et agressive envers les manipulateurs de la Force
Notre histoire, à nous autres, beaucoup la connaissent. Si on est une communauté de survivants, c’est pas pour rien : entre les Sith, la République et les charognards, tout le monde ou presque nous est un jour tombé sur le paletot. Pas étonnant qu’on puisse blairer personne ! Comme toutes les gamines élevées par un père réac’, j’ai hérité de son aigreur et de son extrémisme, de celui qui ressasse les vieilles légendes comme si elles étaient encore d’actualité. Me demandez pas de faire un grand sourire à un Jedi ou de serrer la paluche d’un Sith. Sauf si c’est pour lui broyer les phalanges. Là, d’accord, j’le fais avec le sourire en prime. Le Basic est une langue de taf… je veux dire, de mecs particulièrement efféminés, mais ça je pense l’avoir déjà mentionné. Donc si j’peux embêter les types que je piffe pas en causant dans mon jargon, je me prive pas de le faire, et si t’y pompe rien, c’est tant pis pour toi. - Charmante personne : Taciturne, imbuvable, susceptible, impatiente, aucune finesse...
Certaines grandes gueules arrivent à se racheter par d’autres aspects de leur personnalité : altruisme, raffinement, humour, âme enjouée ou conciliante. C’est très simple, j’ai rien de tout ce qui vient d’être énoncé. Sauf l’humour, mais il est pourrave. Je suis celle avec qui vous ne pourriez pas faire deux mètres dans la rue en conversant sur le temps qu’il fait. A moins d’avoir un caractère similaire, mais c’est rare. J’aime rien, j’aime personne en dehors ma communauté de déjantés. Les Sith sont des chiens kath sans honneur, les Républicains, des fillettes capricieuses et antipathiques et les Hutt… des Hutt. Pas besoin d’adjectifs supplémentaires. Ça vient pas seulement de l’éducation que m’a donné mon père, mais aussi du fait que je suis une authentique emdeuse. J’ai calqué tous ses préjugés de vieil aigri, peut-être juste parce qu’il était et reste mon idole, comme les adolescentes hystériques vénèrent les portraits de leurs chanteurs boutonneux. Donc, si tu envisages de faire équipe avec moi, assure-toi d’abord : de supporter les ronflements la nuit, d’être capable d’endurer un mutisme forcené les dix premiers jours, de te voir affublé(e) de noms ridicules et carrément méchants les rares fois où je l’ouvre, et t’attendre à m’entendre râler au minimum trois fois à la minute pour tout et n’importe quoi. Sinon je suis une tarte finie en cuisine, je chante à peu près juste mais je préfère hurler comme un barbare en maniant la casserole façon fléau, et je fais ma lessive au lance-flamme. Le travail en équipe ? C’te bonne blague.- Chauffarde interstellaire : Pilote avec ses pieds
J’ai dit que j’étais douée pour bricoler et réparer les vaisseaux, pas pour les piloter. On va dire que, comme mon rapport à l’autorité étrangère est un peu « conflictuelle », intégrer les règles du pilotage et pire, de la circulation sur les voies hyperspatiales s’avère beaucoup plus long et compliqué que prévu. Alors un conseil, si tu veux pas finir en cent-quarante morceaux dispatchés dans le vide entre Dantooine et Mustafar, ne me confie pas les manettes.
- Le Sénat ? C'est un animal ? : Aucune connaissance du contexte politico-économique, aucune ambition sociale
La politique, c’est juste n’importe quoi. Rien que le mot me donne des nausées. Franchement, des types qui blablatent des heures durant sans rien connaître du sujet sur lequel ils débâtent… ça sert à quoi sinon à faire en sorte que ceux d’en dessous se révoltent à un moment ou à un autre ? Le jour où j’y comprendrais quelque chose, les bantha auront des ailes. Bon, après, certains m’ont déjà dit que je suis une grosse naïve à ce niveau, et qu’un jour je me ferais avoir. Je sais pas si je suis sensée les croire. Parce que sincèrement, j'en ai vraiment rien à carrer, de leurs discours de grands mégalos... - Chauffarde interstellaire : Pilote avec ses pieds
ApparenceFiche signalétique
Catégorie biologique : Proche-humain
Ethnie : Mandalorien
Sexe : Féminin
Taille : 1m86
Poids : 71 kg
Teint : Doré
Yeux : Gris-bleu, légèrement en amande
Cheveux : Bruns, courts
Signes particuliers : Nombreuses balafres, porte une petite tresse sur le côté droit, manque un doigt à la main gauche
Hmm ? C'est pour ? Quoi, mon apparence ? Tu veux une paire de lunettes ? Parce que je suis à moins de cinq mètres hein, donc sauf si t'es presbyte... C'est pas une insulte, j'te rassure. Qu'est-ce que tu veux que je te raconte ? Tu veux faire connaissance avec ma super robe de soirée méga sexy en Beskar ? Ok, comme tu veux : étranger, armure, armure, étranger, peinture pas de la première jeunesse, mais pardon, j'ai pas les moyens de me mettre sur mon trente-deux pour l'instant. Le dernier à m'avoir sorti que c'était une vieillerie cabossée est allé récupérer ses dents sous le comptoir avec une pelle et un balais. Le sac-à-dos en acier, c'était un jet-pack, mais ça, c'était avant. Avant que je ne l'explose en me crashant ce matin même sur le sol poussiéreux de cette planète minable.
Ah, oui, bien sûr. Ça s'intéresse pas à ce qu'il y a dessus... mais surtout à ce qu'il y a dessous. Non, tracasse, j'ai l'habitude des gros lourdingues, je prends les devants en général. Ça raccourcit le calvaire. On va faire court : Azel Kyone'e, vingt-trois ans, célibataire, soixante-et-onze kilogrammes à vide à la dernière pesée, pour un mètre quatre-vingt-six au garrot. Brune aux dernières nouvelles, cheveux coupés à la "j'ai-jamais-mis-les-pieds-chez-un-coiffeur", yeux gris, gueule de tu-t'es-mangé-le-linteau-en-sortant, pas de diplôme mais je t'em** bien cordialement. Ça va comme CV ?
Genre, il faut détailler en plus. C'est pas croyable ce que les autorités sont coincées de nos jours. Je suis fichée, c'est ça ? Tranquille.
La plupart des types qui me croisent pensent que je suis un homme. En même temps, je porte une armure d'homme, donc c'est pas trop illogique. J'ai rien d'une bombasse, loin s'en faut. Mon petit quatre-vingt-cinq C me facilite la vie au quotidien, je plains celles qui se trimballent des pis de bantha à longueur de route. Pas marrant j'imagine. Mon meilleur pote me disait que si j'avais fait l'effort de mettre de vrais fringues et de me maquiller, j'aurais pu être plutôt potable, mais le problème c'est que ce genre de débilités, je m'en repeins allègrement le fessier. Chacun son métier, j'ai pas déclaré être poule de luxe, juste mercenaire à la petite semaine, manutentionnaire ou mécano d'appoint quand il faut du leste dans la bourse. J'ai pas grand chose d'une fille, sauf la physionomie, et encore. Ma figure, elle est ce qu'elle est. Y en a qui paierait des millions pour avoir un nez aussi droit et bien fait que le mien, à ce qu'il paraît. Ouais. C'est bien la seule chose qui est encore droite en fait. Je pense qu'on peut assez facilement compter les coutures et les ourlets sur ma face pour se douter que je verse pas dans le music-hall. Et mon four est assez grand pour me permettre d'exploser les tympans de pas mal de monde quand je l'ouvre bien large.
Le reste, y a rien de futile, que le nécessaire : des cheveux courts pour tenir chaud au crâne sans avoir la sueur qui te dégouline dans le dos. La petite tresse ? Rien à voir, c'est purement spirituel. Je t'expliquerais un jour. Peut-être.
Tu peux y aller, pas de bide, pas de gras, que du muscle, du tendon et du nerf. Surtout du nerf, et d'acier. Il en faut. Je cours vite, je saute haut et loin, du moins autant qu'un humain normalement constitué le peut avec quinze kilos d'acier sur le dos. Quant à mon habillement... ben je crois en avoir déjà fait le tour, non ? Question "fashion week", j'ai mon armure et... mon armure. Je dors dedans, ça fait pyjama aussi, pratique. Si tu me sors que le bleu et le rouge c'est pas ce qui me va le mieux, j'vais juste te répondre que c'est pas mon problème, qu'les couleurs ont une signification et que t'en sauras pas plus sans avoir allongé la monnaie. Je passe sur la couleur des sous-vêtements, tu m'en voudras pas. Et mes bonnes vieilles bottes blindées, celles-là aussi, je les adore. Elles en ont fait sauter, des dentiers. Un vrai bonheur. Je crois que ça se voit dessus d'ailleurs.
Tu vois un peu mieux ? Si tu veux, je peux te donner une photo. J'en ai une. J'ai mon casque dessus par-contre. M'enfin, vu ma tronche ce sera pas un gros désavantage, pas vrai ? Là au moins j'ai un semblant de crédibilité.Mentalité
Quoi ? Moi ? Vous voulez que j'vous parle de moi ? Ah... Genre. Comme si quelqu'un s'intéressait à ce que je suis.
Ah, t'es sérieux. Ok. Bon, eh bien si ça te dérange pas, on va aller voir ça au vaisseau, hein ? On va pas papoter de ça ici, quand même. On aurait l'air de quoi ? Allez.
« Ah, tiens, tu ramènes des invités ? Je te savais pas si chaleureuse.
- C'est ça, blablabla. C'est du beau monde, alors tiens-toi un peu, ok ?
- Pas d'problème chef. Salut coco, ça roule ? »
Pff, et allez. C'est parti, enclenchez les hyperpropulseurs à parlote, nous entrons en hyperesclaffe ! Je me demande pourquoi je l'ai choisi, lui. Parmi tous les types qui pouvaient me servir de pilote, il a fallu que je me tape le pire au niveau fréquence de bavardage. J'aurais dû prendre la garantie annulation. Je suis vraiment une dinde, sur les bords.
« Oh, vous voulez savoir qui elle est, elle ? Oulà ! Oulàlà, très mauvaise idée.
- Pardon ?
- Je disais que c'était pas forcément une bonne idée de vouloir en savoir plus sur ta petite personne. En général, c'est très mauvais pour les dents.
- Pour tes dents à toi, ouais. Surtout quand tu commences à me porter sur les cordes de violoncelle.
- Mais de toute façon, dès qu'on parle de toi, ça t'insupporte. Enfin, quand on parle vraiment de toi, et pas de ton autre toi, celle que tu vends sur les flyers quand t’as besoin de fric.
- De quoi tu parles ? »
Et il ricane. Y a des jours ou vraiment... non mais vraiment ! Une bonne décharge dans la cervelle, voilà ce qu'il lui faut à ce taré.
« Azel, l'héroïne, c'est ce que tu sniffes au petit-dej, pas ce que tu es. Désolé.
- Je sniffe que dalle. Tu peux pas en dire autant, je crois. »
Bien, on lui en a bouché un coin pour une minute. Pas plus hein, c'est réactif ces petites choses.
« Donc, vous voulez savoir quoi de plus à mon sujet ? Je veux dire, à part que je suis insupportable et moche ? »
Non, en fait, une minute, c'était beaucoup trop optimiste comme timing.
« Moche ? Meuh non t'es pas moche ! Juste un peu... »
Je me retourne et le descends d'un seul regard.
« ...amochée... mais avec un peu de chirurgie, aujourd’hui, ça s'arrange très bien !
- Ça t'arrive jamais de la fermer, en fait ?
- Jamais. Je sais pas, c’est viscéral, faut que je mette mon grain de sel. »
Bon, au moins, je sais ce qu'il me reste à faire : larguer ce boulet sur la prochaine planète inhabitée. J'en peux plus. Toi non plus ? On va s'entendre alors.
« En attendant, le gros tas, je suis une bien meilleure savateuse que toi. Même pas foutu de lever ce qui te sert de fondement pour m'aider à vider le dernier trou d'uc qui s'est cru autorisé à me suivre aux toilettes. J'ai dû le finir à coup de cuvette. Quelle classe !
- Ah ça, c'est sûr ! J'dirais même que question baffe, tu boxes dans la catégorie distributeur automatique.
- C'est ça. Mais moi au moins j'ai un code d'honneur, pas comme tous ces fions de sarlacc qui trainent chez les Hutt.
- Ouais ouais.
- Quoi encore ?! Tu manques vraiment pas d'air. Sur ce point-là tu peux rien me sortir, tête-à-claque !
- Chiche.
- T'en connais beaucoup des gagne-petit qui sauvent des gamins dans les rues, toi ? Fais le malin.
- Un gamin qui soit-dit-en-passant avait comme-par-hasard un paternel plein aux as capable de te dédommager pour quelques semaines de cette petite mésaventure qui t'as juste coûté quelques cabrioles pas bien méchantes...
- Hein ?! Mais qu'est-ce que tu jactes ?! Tu insinues que j'ai sauvé ce gosse pour du fric ?!
- Oh, mais je t'en veux pas, on est tous pareil, tu sais. Au fond...
- Tu me fais gerber.
- Je sais bébé.
- Ne'johaa !
- Je parle pas le Haut Coruscanti, sorry.
- « La ferme », là, c'est plus clair dans ta langue de pédale ? »
Je perds mon temps. Mais au moins, gueuler un coup me permet de retrouver mon sang froid. Un peu comme quand on balance le contenu d'une poubelle depuis sa fenêtre sur la tête du patron en faisant semblant de pas l’avoir vu.
« Bref, libre à vous de croire cet idiot, moi, j'ai du travail.
- Idiot ? Moi ? Ça va, y a pire quand même. T'aurais pu tomber sur un Gungan. J'te raconte pas le voyage.
- Je me demande s'il vaudrait pas mieux.
- T'as pas dû fréquenter beaucoup de Gungan alors !
- Non, ça c'est sûr, ils deviennent rarement des guerriers, faut croire. »
Sympa, les covoiturages, vraiment. Je pense qu’une navette sera appropriée la prochaine fois. Cinq jours de voyage avec ce taré, j’ai les écoutilles qui fument.
« Oh, attention, v'là les guerriers Mandaloriens ! Vous connaissez leur devise ? Une Mandale ou rien ! Mwahahahaha !
- T'es vraiment un demeuré, Boz. C'est du toc ça, peut-être ? Un jouet pour touriste acheté dans un spatioport par ta tatie tartiflette ?!
- Ohlàlà, ça va ! Relax, Borax ! T’as pas fini de prendre la mouche dès qu’on parle de ta p'tite famille ?! C’est pas croyable d’être aussi susceptible ! L’humour, tu l’as avalé par l’arrière quand t’étais gosse ou quoi ?
- Toi, t'as vraiment envie de finir tes jours en modules escamotables au fond d'un caniveau.
- A ton aise, mais j'te signale que le pilote ici, c'est moi. Et c'est MON vaisseau. D’ailleurs, au passage, tu me dois encore cinq cent crédits. Et je compte pas le casse-croûte, c’est offert par la maison.
- Offert ?! Encore heureux !! T’as manqué de m’empoisonner, tocard !! Même moi je cuisine pas aussi mal !
- Alors ça, ça reste à vérifier. »
Qu’est-ce qui faut pas entendre… J’espère qu’on va couper cette scène au montage, c’est pitoyable. A vous les studios.
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Bon, oublie ça. D’accord, je suis ni amiable, ni gnangnan, ni clairement sympathique. Je déteste les étrangers, j’ai pas de finesse et comme dirait un type que j’ai connu, “j’me sers assez de verres, j’ai pas besoin qu’un autre me resserve”. Je sais que je peux être une teigne, mais c’est pas parce que je préfère talocher que papoter que je suis un Gammorréen. Moi aussi j’ai mes rêves et mes petits moments philo. Ok, ils sont rares, mais pas inexistants. Je suis une râleuse olympique, mais le mec qui me prouve qu’il en a n’aura pas à le regretter, je suis pas du genre à planter des poignards dans le dos. Si je gueule, c’est que tu l’as cherché, et quand on me cherche, y a pas besoin de gratter beaucoup pour me trouver. Je suis pas spécialement loquace, surtout pas avec les étrangers, mais si tu prouves que t'as autant d'humour à deux dataries que bibi, y a des chances pour qu'on se marre pas mal pendant quelques heures. Mais fais gaffe, si je l'ouvre, je mets un moment à la fermer, question d'inertie interne à mon cerveau.
Ce que j’aime ? Hormis quand ça fait “boum” et quand ça cogne, je dirais les paysages naturels – la ville me barbe très vite – la bonne bouffe après l’effort et les animaux. Eux au moins, ils sont aussi entiers que moi, pas de chichi, ils t’aiment ou ils te détestent. Pas de faux-semblants. J'ai un ptit faible pour les chatons mignons ouais, mais avise-toi de croire que tu peux te servir de ça contre moi et tu verras qui est-ce qui a des griffes, par ici. Ma couleur préférée ? Le bleu, comme le ciel, l'infini, la liberté, tout ça, bref. Tu pensais que c'était le rouge ? Perdu. Question repas, je suis vraiment pas difficile, mais mon petit plaisir c'est l'Uj’jayl. T'sais pas c'que c'est ? Eh bah t'as raté ta vie ! Quand t'auras goûté, ta sauce burger à côté, ce sera de la flotte. Dans ce que j’aime pas, la liste serait beaucoup trop longue. Je te fais juste le top trois : les voyages spatiaux qui durent trois plombes, les bidasses qui se prennent très au sérieux et les forceux. Nan mais franchement, tu trouves pas que la Force, c’est juste la plus grande fumisterie de l’Histoire ? Le genre de truc mega cheaté dans un jeu holovidéo quoi ! N’importe quoi.
Voilà, derrière le blindage, y a pas qu’une machine à donner des tartes, y a quelqu’un. Je cherche toujours un vrai but dans la vie, après le traditionnel "beau mariage" et "famille nombreuse" avec un mec bien de chez moi. C’est qu’à mon âge, ça fait un peu défaut. Je suis du genre pessimiste, sauf quand il faut foncer ou motiver un type encore plus pessimiste que moi au milieu du grabuge. Mais dans ce cas je suis plutôt adepte du coup de pied dans le fondement que le patpat sur l’épaule. J’peux rigoler, hein, faut juste trouver le bon moment et la bonne fréquence. Je te l’accorde, c’est pas à la portée du premier dragueur de cantina venu. C’est pas pour autant qu’il faut désespérer. Quoique...Histoire
Bien, alors on y est. Tu veux qu’on se la fasse à la « il était une fois dans une galaxie fort fort lointaine » ? Le grand classique, je te raconte mon enfance merveilleuse, mes parents aimants… Mes parents, tiens. Le genre de chose qui m’indiffère profondément.
Je vais faire très court à ce sujet : je les ai pas connus, et même si on m’avait proposé de faire connaissance des années plus tard, j’aurais pas voulu. J’ai rien à voir avec ces géniteurs répugnants, qui m’ont largué dans une benne à ordure parce que je leur convenais pas. Exactement ouais, comme un article qu’on renvoie au SAV parce qu’il est pas conforme. « Nan, désolé, c’pas ce que j’avais commandé ». Bande de rats puants. S’ils sont encore de ce m - Nom : Kyone'e
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Post n°1
Auteur : Azel Kyone'eonde, j’espère qu’ils prient chaque jour pour ne jamais croiser ma route. Parce que pour une fois, civil ou pas, de la pitié, j’en aurais pas. Pas plus qu’ils n’en ont eu pour moi quand ils m’ont laissé en en-cas pour rats dans ce coin paumé de Coruscant. C’est donc dans ce décors d’une poésie absolue que j’ai commencé ce qu’on appelle communément « une vie ». ce qui s’est passé là, ma foi j’en sais fichtre rien. Tu te souviens des premières heures après ta naissance, toi ? Moi non. Ce que je sais, on me l’a raconté.
Jussi Fadraane n’était pas spécialement sympathique. La vieille Kuati, dont les grands-parents avaient émigrés ici des décennies plus tôt soi-disant pour faire fortune, s’était faite à sa condition de concierge mal payée des bas-fonds de Coruscant. Dans ce quartier, non pas pire qu’un autre à cette altitude négative, tout le monde ou presque la connaissait. Difficile en effet de rater son imposante stature, élargie par un manque d’exercice physique l’âge venant. Mais si Jussi n’était pas d’un caractère facile, au moins avait-elle une bonté bien à elle. Depuis quelques années maintenant, elle avait fait de sa petite masure un orphelinat, qui, en toute illégalité – mais qui s’en souciait, ici où le jour ne perçait presque jamais ? – recueillait des laissés pour compte de toutes sortes. Des nouveau-nés aux adolescents, une vingtaine de bouches à nourrir se pressaient dans les dortoirs improvisés à la nuit tombée. Jussi ne voulait pas les voir sombrer dans la délinquance, ou finir dans les filets des esclavagistes et autres sectes de tueurs qui peuplaient les tréfonds de la capitale galactique. Peut-être, au fond, était-ce parce qu’elle n’avait jamais pu avoir son propre enfant, qu’elle les chérissait malgré tout, ces bons à rien. Ou peut-être encore parce qu’elle aurait voulu qu’on lui offre cette chance. Derrière ses beuglements terribles et son humeur de mégère aigrie, Jussi tenait à sa marmaille comme une poule à ses poussins. Il ne serait venu à personne l’idée d’aller la dénoncer : elle prenait soin de ceux dont personne d’autre ne voulait. On n’y trouvait rien à redire, que du contraire.
C’est en allant s’approvisionner à la supérette du Mimbanel, à quelques rues de son logis, qu’elle fit une trouvaille incongrue. La vieille femme trimbalait ses sacs alourdis sur le trottoir qui longeait le vide. Ici, c’était l’une des seules artères qui voyait s’établir un peu de circulation venant d’en-haut. La ville basse, comme on l’appelait, par opposition à la ville haute, objet de tous les fantasmes, n’était guère prisée par les touristes. Pour cause, on y trouvait une faune interloque, de natifs comme de voyageurs bien renseignés, venus pour des affaires dont il valait mieux ne rien savoir. Jussi avait fait sienne cette règle d’or, et ne se mêlait jamais de rien, sauf à y être contrainte et forcée. Elle se méfiais de tous les étrangers, quels qu’ils soient, et mettait ses protégés en garde contre eux le plus tôt possible.
« Par les grands couillons du Sénat, c’quoi c’t’affaire là, bon dieu ?! »
Un petit asticot rouge se tortillait faiblement au milieu des détritus, emballé dans les restes d’un sac plastique. Déposant ses fontes aux pieds de la benne, Jussi se pencha en avant par l’ouverture. Elle eut un mal fou à l’atteindre, desservie par son imposante poitrine. Mais finalement, après une minute d’acrobatie, elle parvint à extraire le petit miraculé de son sordide tombeau.
« Flanquer son gosse aux ordures, vl’a t’y pas la chose la plus odieuse qu’j’ai jamais vu, pardi ! »
L’animal braillait à en cracher ses poumons, encore fripé et collant. Il ne devait pas être bien vieux.
« Eh bah mon coco, t’as bien eu du bol que Jus’ elle passe par l’coin, dis-donc ! Encore un peu et c’tait les rats qui t’bouffaient. »
Elle déballa le nourrisson du plastique souillé, pour découvrir que l’heureux élu du destin était en réalité une élue.
« Ah, une p'tite pisseuse, on dirait bien, hein ? Allez, j’vais t’y m’occuper d’toi, la morveuse. T’as droit à ta chance comme tout l’monde dans ce trou. »
Elle sortit un vieux torchon de l’une de ses nombreuses poches et en fit un lange de fortune. Le bébé hurlant sous le bras, les sacs toujours de chaque côté, la vieille Fadraane rentra chez elle plus chargée que prévu.
J’te vois venir. Commence pas avec les « oh la pauvre tiote » et tralalala. Qu’est-ce que tu croyais ? Qu’j’étais la fille de l’ambassadeur d’Alderaan ? Qu’j’étais née avec une cuillère en palladium dans le bec ? Tu m’as bien regardée ? Je veux pas de ta pitié, je veux pas qu’on me plaigne. Au contraire, j’ai eu un pot incroyable. Des gamins comme moi, y en a des milliards dans cette galaxie. Personne n’en a rien à cirer et tout le monde vit bien avec. Alors stop l’hypocrisie !
J’ai donc passé les quatre premières années de ma vie chez Jussi Fadraane, quelque part sous la surface rutilante de Coruscant, dans un coin d’une banalité affligeante. Quatre années à gagner à ma façon ma bectée, histoire de pas être un fardeau pour notre mère d’adoption, qui nous logeait, nous nourrissait et nous donnait un minimum d’éducation.
De ma naïveté de chiourme ingrate, j’l’aimais pas tellement, la mère Fadraane. Elle nous chichait la bouffe alors qu’on était déjà pas bien gras, elle nous houspillait à tout bout de champ. On travaillait chez les gens du quartier. Des ménages, des courses, des réparations. On faisait aussi parfois les monte-en-l’air sur les façades d’immeuble ou dans les circuits d’aération pour nettoyer et colmater les usures du temps. Un boulot qui en temps normal aurait dû être assumé par les autorités des secteurs de la ville-monde. Mais bon, on passe sur ce petit détail. Dès que j’ai été en âge de tenir sur mes deux guiboles, j’ai été envoyée accompagner les plus âgés dans leurs taches. Ma taille minuscule de petite souris me permettait de me faufiler là où eux ne le pouvaient plus. Quand on rentrait le soir, c’était la guerre pour finir les restes, pour avoir la place près du diffuseur. La vieille concierge nous flanquait des roustes si on se battait, histoire de rétablir l’équilibre quand les plus costauds reléguaient les plus maigrichons près des fenêtres et des courants d’air. Moi, je faisais déjà la taille d’une fillette de six-sept ans, à quatre à peine. Jussi avait dit que je tenais ça de mes origines : d’après elle, mon visage lui rappelait celui des Epicanthix. Ce que je sais de ça, c’est ce qu’il y a marqué dans l’Encyclopédie Holonet, rien de plus. J’avais apparemment l’agressivité naturelle de cette race… Je présageais déjà une grande diplomate, pas vrai ? Une vraie terreur.
Mais bon. J’avais à peine quatre ans à l’époque. Alors tout ça, c’est un peu flou dans ma caboche. Me reste que de vieilles impressions, des bruits, des odeurs. Le parfum de la pluie au travers d’une vitre crasseuse. L’odeur âcre du sansaana froid mêlée à celle du tabac. Le goût de la soupe de rutabaga et du pain rance. Mais des noms ? Des visages ? Pas vraiment.
Le seul véritable souvenir, de ceux qui reste imprimé au fond de votre cerveau, c’est celui de la première fois où j’ai vu mon père.
Attends, attends… mais tu nous avais pas dit que tu l’avais jamais connu ton père ?
Je te parle pas de mon géniteur. Lui, tu peux l’oublier. Je te parle de mon vrai père, celui qui en a eu assez dans le pantalon pour endosser ce rôle. Celui qui m’a sorti de la misère pour faire de moi ce que je suis aujourd’hui. La personne que j’aimais le plus au monde, la seule idole qui n’ai jamais éclairé ma route.
C’était un soir comme un autre. On revenait d’un ramonage dans les conduites du chauffage central d’un bloc d’immeubles, assez éloigné de notre bercail. Comme il n’était pas question d’emprunter un taxi, ni de chiper un speeder, on passait par les toits, les échelles de maintenance, et on redescendait par les escaliers de secours ou les turbolift publics.
On remontait par une coursive réservée aux techniciens, l’un de ces longs couloirs de permabéton gris sans fenêtres, qui débouchent bien souvent sur des passages étroits. Pour tromper l’ennui le temps du retour, on avait pris l’habitude de jouer à ces jeux de gamins que tout le monde connaît. En l’occurrence, si j’me souviens, c’était un « gundark glacé ». Fallait toucher les autres pour qu’ils essayent de nous toucher en retour.
C’est donc en galopant le long d’une de ces coursives avec nos torches bon marché que nous avons été stoppés par un bataclan de tous les diables. Un bruit, énorme, semblable à une explosion. On regarde de tous les côtés : ça tremble. Et puis quelques instants après, le toit s’effondre. Ce qui m’a fait réaliser qu’en fait de toit, le sol de l’étage du dessus n’était pas fait pour être parcouru par qui que ce soit.
Heureusement pour nos jeunes trognes, l’éboulement s’est produit à plusieurs mètres de nous. Sauf que l’amas de débris nous bloque complètement le passage. Et dans ce fatras, une main gantée émerge. Puis une tête casquée, et un homme arrive à s’extirper de là.
Tous les autres se barrent en hurlant de trouille. Moi, je sais pas trop pourquoi, je reste plantée là, comme une cruche. Mes yeux s’agrandissent de surprise quand le type se redresse : du haut de mon petit mètre vingt, il me parait gigantesque et aussi imposant qu’une statue. J’te laisse imaginer ce que ça peut faire dans la tête d’une gamine, de se retrouver face à un colosse de presque deux mètres en armure complète. Moi qui n’avait jamais rien vu que la grosse Jussi ou les habitants moroses de ce quartier paumé.
L’homme me remarque direct. Vu que j’ai encore ma torche allumée, c’est pas bien compliqué. Le truc, c’est que j’ai pas vraiment peur : j’ai pas encore bien assimilé ce concept-là. L’armure vivante garde le silence, du coup je sais pas trop quoi faire. Je suis plus curieuse qu’autre chose, alors, à tout hasard, je m’approche de lui. Il est vraiment grand, encore plus vu de près. A l’époque, j’ai juste une vieille robe grise récupérée aux puces, un peu sale et déchirée à cause de nos activités. Mes cheveux bruns commencent à être plutôt longs. C’est avec cette bouille-là que je regarde le grand monsieur inconnu qui est visiblement aussi surpris que moi.
Avec toute l’innocence du monde, je touche sa genouillère et dit de ma petite voix de fillette très sûre d’elle :
« C’toi le gundark ! »
" Ces enfants sont les vôtres ?"
Par la fenêtre de la cuisine, Eyan regardait la petite fille brune éplucher les légumes avec l’aide d’une rodienne adolescente. Jussi lui jeta un regard suspicieux.
« Oui et non. J’les élève comme si c’était les miens. Après, y r’viennent, y r’viennent pô, c’est leur affaire. J’me contente de les garder l’temps qu’ils grandissent dans un environnement à peu près sain. »
Jussi avait vu sa petite Azel revenir au bercail, non pas avec le reste de la troupe comme c’était toujours le cas, mais accompagnée par deux hommes à la mise militaire. L’accueil avait été glacial. « Pas de chasseur ici ! Y a rien à voir ! » leur avait-elle tonné, au risque d’éveiller tout le voisinage. Ce n’était que grâce à une discussion menée avec le concours de la voix fluette d’Azel que le malentendu s’était dissipé. Le chasseur avait aidé la fillette à rentrer malgré le couloir effondré, et en échange, la jeunette l’avait guidé dans ce labyrinthe qu’elle connaissait bien mieux que lui.
« Vous les gardez ? Vous voulez dire qu’ils n’ont pas de parents ?
- Non, pardi. Des orphelins qu’on appelle ça. L’genre de gosse à problème dont personne ne veut.
- Et cette fillette ?
- Azel ? Ah, c’t’histoire mon bon monsieur. Figurez-vous qu’c’est une rescapée. J’l’ai cueille dans une poubelle, c’te tiote !
- Une… poubelle ? Comment ça ?
- Comme j’vous dis. La mère l’avait j’tée. Comme un sac de détritus, pof ! Et ch’uis passée devant, j’ai entendu la môme qui braillait. J’lai sortie d’là fissa. Elle était pas bien en point, mais c’t’une sacrée nature, ça oui ! Jamais malade, un caractère faut voir comment ! Une vraie teigne ! »
Le chasseur de prime se retourna de nouveau vers la cuisine… pour remarquer que les enfants avaient profité de son inattention pour l’espionner au travers la vitre sale. Les paires d’yeux s’enfuirent instantanément lorsqu’il leur sourit. Sauf une. Deux minuscules yeux d’un bleu-gris clair, fascinés, à peine dissimulés derrière une rangée de doigts agrippés au rebord. Eyan se noya dans leur contemplation une seconde, grave. Puis, avec une note de fausse innocence dans la voix, demanda à la concierge :
« Vous acceptez les adoptions ? »
Il a ri. Mais vraiment bien ri. Et j’ai ri avec lui. Le genre de fou rire qui te prend face à une situation absurde. J’ai appris plus tard que sa chute sur le toit n’avait rien d’un hasard. Lui s’appelait Eyan Kyone’e, son collègue, Fen Geneta. Tous deux étaient ici pour une affaire qui me dépassait de loin.
J’ai babillé les quelques mots de basic que je connaissais. Mais même à l’époque, j’avais déjà une grande gueule. Je pense que d’autres se seraient contenté de la fermer bien sagement, même à cet âge de douce inconscience. Pas moi.
Cette chance que j’ai eue ! J’aurais pu tomber sur un dingue qui m’aurait fait la peau. Ou un type enclin à des choses indescriptibles. Au lieu de ça, je me suis retrouvée face à l’un des plus grands guerriers que j’ai jamais connu. Ouais, allez, tu penses que j’idéalise ? Tu l’as pas connu, ça se voit. Tu penserais peut-être pas la même chose. Rien que sa réaction à ce moment-là montre combien c’était un homme extraordinaire. J’ai pas de respect pour grand monde dans cette galaxie de fripouilles, mais lui m’a montré que, malgré tout, certaines personnes méritent ce respect.
Jussi ne connaissait pas les Mandaloriens, pas plus qu’elle ne savait de quoi il était question chez les grands de ce monde en cette heure. Peut-être quelque chose au fond des prunelles dorées d’Eyan Kyone'e indiqua à Jussi que l’homme n’était pas très exactement de la même trempe que ceux qu’elle avait connus. Il en fallait beaucoup, pour passer outre sa méfiance. Sous ses airs de vieille femme radotante, elle dissimulait un esprit alerte. Et deux blasters sous son tablier.
« Les adoptions ? »
Jamais personne n’avait soulevé pareil sujet en sa présence. Personne en vérité ne souhaitait accueillir chez lui un enfant des rues, quand la plupart des familles ne joignaient pas les deux bouts. La proposition implicite du guerrier la mit sur le qui-vive.
« Pourquoi que quelqu’un comme y voudrait d’une pauv’ gamine aussi jeune ? Les gamins c’est pas fait pour galoper avec des chasseurs.
- Vous avez peur pour elle ?
- Ben tiens ! J’m’en occupe depuis qu’elle est née j’vous signale. C’est p’têt pas ma fille, mais c’est tout comme. Alors soit vous m’dites c’que vous avez derrière l’crâne, soit vous allez vous brosser l’arrière train avec du poil de Wampa ! »
L’homme acquiesça d’un hochement de tête. C’était prévisible : rien qu’avec l’accueil qu’ils avaient reçu, il s’était douté que son idée risquait de lui coûter cher.
Le deuxième chasseur, resté en retrait jusque-là, s’avança vers son collègue et lui posa une main sur l’épaule. A voix basse, il lui glissa :
« Elle a raison, Eyan. Qu’est-ce que tu veux faire de cette fille ? »
Eyan ne répondit pas tout de suite.
« Elle a les mêmes yeux qu’Helen, finit-il par murmurer à son ami. »
Il observa de nouveau la fillette, qui avait abandonné son poste d’observation pour se chamailler avec un garçonnet blond.
« Et la trempe d’un Mando’ade. »
Cette phrase pouvait à elle seule éclairer toute l’histoire, faire comprendre à Fen pourquoi ils avaient pris le temps de faire un si grand détour. Si les Jedi pouvaient détecter leurs futurs adeptes, pourquoi en aurait-il été autrement des leurs ? Eyan était intrigué par Azel, au moins autant que la fillette ne l’était par lui. Il avait jadis eu le secret espoir d’avoir un jour une descendance. La mort de sa compagne avait mis un terme définitif à ce rêve. Le temps qu’il retrouve pareille symbiose avec une autre, son temps à lui serait révolu. Mais, alors qu’il avait relégué ces pensées moroses dans un coin de sa tête depuis des années, voilà qu’il tombait tout à fait par hasard sur une enfant qui ressemblait presque trait pour trait à celle qu’il aimait par-delà la mort. Le regard d’Azel l’avait anéanti plus sûrement qu’un tir en pleine tête. Eyan connaissait la Force, faute de n’y avoir jamais rien compris. Il ne croyait donc pas réellement au hasard.
« Écoutez, je comprends que vous teniez à Azel. J’aimerais vous faire comprendre que malgré mon métier assez controversé, je ne lui veux aucun mal. Je lui veux même le plus grand bien. »
La vieille n’en croyait pas un mot. Non qu’elle le pensât de mauvaise foi, mais elle était convaincue que la place d’Azel, comme celle de tous les autres, était ici. Et certainement pas dans les pattes d’un mercenaire ! Elle n’imaginait pas sa précieuse orpheline au milieu d’un univers pareil. Impensable.
« Et qu’est-ce qui m’prouve que vous m’racontez pas des salades ? j’en connais, des marchands d’esclaves qui ont vendu pères et mères !
- J’ai l’air d’un marchand d’esclaves ? Madame, si tel était le cas, je peux vous assurer que nous n’aurions pas pris la peine de venir jusqu’ici. Azel était à notre merci, nous n’avions qu’à la prendre et nous enfuir avec. Ce que, je crois, nous n’avons pas fait… »
Jussi baissa le regard sur ses poings, qu’elle avait posés sur la table devant elle, en position défensive.
« C’est pas pour autant que je vous crois capable d’élever une gamine ! »
Là, Eyan dut admettre qu’elle n’avait pas tort. Mais buté comme il l’était, la joute verbale ne l’effrayait nullement. Il en était convaincu, on avait jeté Azel au travers de son chemin pour qu’il puisse enfin accomplir la dernière action sacrée du Resol’Nare : transmettre son héritage.
« Et quelle preuve j’ai, moi ? Vous pourriez aussi bien êt’ le dernier des fumiers, j’en saurais rien. J’veux pas qu’Azel tombe entre les pattes d’un psychopathe.
- C’est tout à votre honneur. J’apprécie d’être comparé à un psychopathe, par ailleurs, c’est d’une exquise politesse de votre part. »
D’ironie, il n’était pas avare, et laissa la concierge s’empourprer jusqu’au front. L’air concentré, Eyan fouilla l’une de ses très nombreuses poches, pour en tirer une dizaine de barrettes dorées. Jussi ouvrit des yeux carrés.
« Cinq mille cinq cents. Avec ça, vous aurez de quoi nourrir tous vos orphelins pendant quelques mois. Vous pourrez même doubler les rations. »
Le chasseur de prime sourit :
« Ne prenez pas ça pour le prix d’une fillette : Azel n’a pas de prix. Ceci est un don. Et le gage de ma bonne foi. »
Sur le moment, quand la vieille Fadraane est venu m’expliquer que je devais partir, j’ai rien compris. La maison du coin de la rue avait été mon seul foyer. J’imaginais pas ce qui pouvait exister en dehors de l’horizon vertical des fonds coruscanti. Pour moi le monde, c’était ça, rien d’autre. Je me souviens avoir pleuré. Beaucoup pleuré, crié, tapé des pieds quand Eyan m’a prise dans ses bras pour m’arracher à ma fratrie d’alors, qui elle non plus n’y pompait rien.
Mais le chagrin a été de courte durée. Quand on est petit, on se formalise pas de grand-chose. Surtout quand on découvre les frissons d’un voyage en moto-jet pour la première fois, au milieu de la circulation dantesque de la ville-haute. Ce soir-là, j’ai appris qu’il y avait un « au-dessus », et même un « au-delà », sur Coruscant. J’ai découvert la galaxie. Pas mal, non ?
Mais surtout, ce qui m’a fait très vite oublier mes premières années de vie, c’est l’amour que me portait mon père adoptif. Jussi nous aimait aussi, oui, mais pas vraiment de cette façon-là. J’avais été habituée à une affection rude, distante, pour la simple raison qu’elle ne pouvait pas embrasser presque trente petite têtes toutes les cinq minutes. Alors qu’avec mon père, j’étais seule – ce qui m’était jamais arrivé – et le centre de toute son attention. Sa grosse paluche qui ébouriffait ma tignasse, c’était quelque chose. Et ça me faisait me sentir importante, unique. Un truc que j’avais jamais connu. Avant, j’avais été une bouche à nourrir parmi d’autres, une quantité négligeable. Là, j’étais Azel, petite Azel, SA petite Azel. Oh, il était pas adepte des effusions sentimentales, mais quand on est gosse on sent ces choses-là même quand elles sont tues.
« Ni kyr'tayl gai sa'ad. » Son serment, mon adoption, celle qui m'a donné définitivement un vrai patronyme et – surtout ! Une famille. Une bonne grosse famille qui vaut toutes les bandes de potes barjos que compte cette foutue galaxie, tu peux me croire !
J’ai appris très vite à le suivre partout, y compris – et surtout – là où une gamine de cinq pige avait pas sa place si on en croyait la coutume commune. Sauf que pour les Mando’ade, c’est justement là que je devais me trouver. J’ai embrassé cette nouvelle vie avec un enthousiasme débordant : enfin mon agressivité naturelle pouvait s’exprimer !
Je fis la connaissance du vaisseau « L’Epine » et de son équipage réduit au strict minimum. Mon père, Fen et leur mécano, Dason. Un trio qui m’a appris la vraie vie, dans ce qu’elle a de formidable, comme de beaucoup moins formidable. Au début, Dason était pas vraiment emballé par ma présence dans son rafiot stellaire. Il disait que j’allais faire des bêtises, mettre le bronx dans les câblages et blablabla. Mais au bout de quelques semaines, il s’est ravisé. Quand je faisais n’importe quoi, il se contentait de me mettre une bonne claque, et je détalais sans même chouiner, en mode « j’ai rien fait, y s’est rien passé », ce qui le faisait bien marrer.
La vie à bord de l’Epine était plutôt calée pour une gamine qui n’avait rien d’autre à faire qu’apprendre, manger, dormir, et aider de temps à autres quand ses maigres capacités le lui permettaient. J’vais pas mentir : ce fut l’une des plus belles périodes de ma courte vie. Eyan prenait son rôle de père très à cœur, et un an plus tard, je brassais le Mando’a comme si j’étais née à Keldabe. Pleins de chants traditionnels, qui prenaient un air étrange avec ma voix de soprano juvénile. C’était son identité, celle de son peuple, leur Histoire. Et par extension, la mienne : ils m’acceptaient sans rien me demander d’autre que de suivre la loi des leurs et de lui faire honneur. Moi qu’on avait flanqué aux rebuts sans même me laisser le temps de faire mes preuves, j’avais enfin une identité, un passé, un truc auquel me raccrocher. C’est peut-être futile pour un mec qui sait d’où il vient et où il va. Pas pour moi.
Y en a qui joue avec des cubes et des poupées, moi c’était avec le blaster de papa et les circuits du vaisseau, ce qui avait le don de mettre Dason hors de lui – ouais, j’adorais ça, z’avez compris. Je faisais l’idiote, mais j’ai appris très vite qu’il y avait des limites, et elles étaient claires. Quand on me disait de me planquer, je le faisais sur-le-champ. J’ai appris à disparaître dans l’environnement en un temps records, faute de pouvoir encore me défendre.
C’est que le fond de commerce de ces trois lascars, c’était pas la vente de tapis ou de tarte aux pommes d’Alderaan, si tu vois c’que veux dire. Plusieurs fois, ça a failli chauffer pour mon matricule. Quand ça pétait dans tous les coins, j’avais la fâcheuse tendance à vouloir m’en mêler, ce qui contraignait Eyan à se mettre en danger pour me rattraper par la peau du cou, histoire de m’éviter de finir façon puzzle. Malgré les rudiments de défense, j’en avais jamais assez, je voulais devenir comme lui. Quoi de plus normal ? On veut toujours faire comme ses parents, non ?
« Avant de pouvoir manger du dosh au petit-déjeuner, ‘tsel, il faut que tu apprennes comment faire en sorte que lui ne te mange pas en premier. »
C’est ce qui le décida à me ramener en son pays natal, après une mission qui vira au fiasco à cause de moi. Un assaut qui se voulait discret, une embuscade durant laquelle je devais me contenter d’observer mon père et Fen en action. Durant laquelle j’ai surtout fait ma maline et tout flanqué en l’air.
Tu veux que je te raconte ? C’aurait été avec plaisir, mais on est pas encore rendu. On s’y attardera plus tard si tu veux bien.
Mandalore est un monde sauvage, d’une beauté que ne peuvent pas vraiment comprendre ceux habitués aux planètes urbanisées à tort et à travers. Crois pas non plus qu’on y vit dans des huttes de chaume ! Seulement, les grandes cités sont rares et ne s’étendent pas de manière anarchique. Après des années de vie nomade, Eyan me ramena à ce qu’il appelait - et qu’à mon tour j’appelle aujourd’hui - sa terre natale. Oui, si t’as compris ça, alors t’as compris les trois quarts de ce qui m’anime. Coruscant n’est pas mon monde, ne l’a jamais été. Juste un pis-aller, une prison à ciel ouvert, sur laquelle j’avais été mise au monde sans qu’on m’ait rien demandé. Seule Mandalore m’a apporté cette sensation de profond attachement, de liberté et de vrai bonheur comme un organisme vivant peut en avoir. Peut-être parce que pour la première fois, je me sentais libre d’être exactement celle que je voulais être. J’ai pas dit que la vie là-bas était pépère. Loin s’en faut. Ç’a même été un sacré choc pour moi et mon oisiveté à bord de l’Epine. Eyan m’apprit qu’ici, j’allais devoir travailler dur pour devenir une vraie Mando’ade, et le lui entendre dire m’a donné du cœur à l’ouvrage malgré ma déception de ne pas continuer les chasses avec eux. J’ai été mise avec des mioches de mon âge, qui pour certains avaient grandi ici. Entre les entrainements, on nous laissait nous débrouiller seuls entre nous.
Et c’est justement à cette occasion que j’ai fait la connaissance d’Utam. Tu sais, dans les BD et autres holofilms, le héros ou l’héroïne fait toujours la rencontre d’une sorte d’opposé, de complément, avec lequel il a du mal à s’entendre au début, mais en fait, c’est juste pour te faire poireauter tout au long de l’histoire. Sauf qu’Utam était pas vraiment « charmant », hein. Et on s’est pas embrassé à la fin, je spoile direct. C’était un garçon au physique très commun, et comme moi, une vrai tête brûlée/de mule – rayez la mention inutile.
Des trucs stupides, j’en ai fait une paire, et lui était toujours partant pour les faire avec moi. Plus c’était dangereux ou loufoque, plus il en était. Dès que mon père s’en allait vers d’autres cieux pour remplir son compte en banque, je pouvais pas m’empêcher d’avoir une vrille au cœur. Les autres membres de la communauté m’étaient tous très sympathiques, c’était pas le problème. Mais c’était pas la même chose. C’est un peu comme quand on te propose un chocolat chaud quand il y a plus de café. Alors je me noyais dans l’entrainement physique et les cours épuisants qui m’étaient dispensés. Pas question de se la couler douce, même quand on ne s’entraînait pas, y avait à faire. Avec le peu de temps libre qu’il me restait, j’allais voir le forgeron qui tenait boutique près de là. Pas une forge comme en trouve sur Tatooine, hein, là c’était du lourd, du vrai. Un gros bâtiment carré d’où émanait une puissante odeur de fuel cramé et de métal chauffé à blanc. N’importe où dans la galaxie, le mec m’aurait dit de retourner dans les jupes de ma mère. Là, au contraire, il était ravi de voir que je m’intéressais à son art, même s’il tenait farouchement à ses secrets. Je lui ai parfois filé un coup de main, ce qui m’a valu une bonne réputation rapidement. J’étais pas une feignasse, un bon point pour moi. Par contre, je savais pas la fermer. Et je sais toujours pas ! Incalculables le nombre de bastons que j’ai pu provoquer, même avec des ados deux fois plus gros que moi. Ce qui m’a valu de belles corrections. Mais bon, vaii' srumtasr ? Pour moi, c’était pas du tout un problème, les ennuis, j’avais un don pour les dénicher. D’ailleurs, t’a bien remarqué la bizarrerie de ma main gauche ? L’annulaire, je l’ai laissé dans une presse à emboutir, chez mon ami le vieux forgeron. Eh ouais, je sais, c’est autrement moins classe que de dire « j’l’ai perdu en pourchassant cinq Wookies enragés qui m’avaient coincée sur Kashyyyk ». Mais c’est la vérité, je suis parfois un petit peu trop enthousiaste, hein. Y compris avec les presses à emboutir. Rien de très intime, je te rassure. J’ai surtout eu de la chance que ce soit pas la main entière qui y reste ! Voilà tout.
Thème - S'entrainer dur, toujours
Montagne, jungle, désert. On avait un peu de tout sous la main à vrai dire. Plus de six longues années à courir en long, en large, en travers, jusqu’à devenir une grande adolescente nerveuse, tout en muscle. Pas très belle à voir, faut bien l’avouer, mais entièrement opérationnelle. Comparée à l’élite républicaine, je devais paraître c** comme un manche à -
Post n°1
Auteur : Azel Kyone'ebalais, mais en attendant, mon intelligence pratique me guidait, mon sens de l’orientation m’évitait de passer des nuits perdue en forêt et ma forme physique me maintenait en vie. Je pouvais me sentir vivre. Combien de nantis pourris de fric peuvent en dire autant ? A dix ans, j’en savais plus sur les armes et les pièges qu’un revendeur sur Nar Shaddaa. Alors que je sache pas comment s’appelle le Chancelier, qu’est-ce que ça pouvait bien faire ? Avec ma propension à crier plutôt qu’à négocier calmement, j’avais le charisme d’un Wookie mal dégrossi. Une fille plus bourrue que les trois quarts des garçons, qui parlaient plus avec ses poings que sa bouche. Un gros bloc de Beskar brut qui ne demandait qu’à être usiné, mais pas forcément de la meilleure façon.
Le Beskar, cette signature métallurgique qui est la nôtre et que beaucoup nous envient. Comme tous les jeunes, j’enviais ceux qui pouvaient la porter. C’était exactement comme un sabre laser pour un Jedi : le symbole de notre accession au rang qu’on convoitait tous. Si je finis estropiée et plus bonne à me battre, alors je reviendrais ici, sur Mandalore, et je percerais les secrets de cet alliage. Ça fait partie de mes ambitions dans la vie. On a déjà vu pire, je sais, mais je suis pas foncièrement portée sur la mégalomanie. C’est même un peu le contraire. J’peux pas blairer ceux qui ont la grosse tête et qui pensent qu’au meilleur moyen de faire péter la galaxie.
Pour moi, le bonheur s’apparente à quelque chose de beaucoup plus simple qu’un palace avec une armée de domestiques ou le pouvoir de faire sauter un Soleil. Bon, pour le palace, une semaine ou deux, je dirais pas non. Mais y passer ma vie ? Certainement pas. Celui qui m’enchaînera quelque part n’est pas né.
Durant cette période, j’ai appris la force des valeurs qui sont les nôtres. J’aime toujours autant me battre, faire l’idiote, faire la nique au danger, mais à présent, je sais aussi qu’il existe quelques petites choses bien plus précieuses qu’une couronne en or massif ou une arme dernier cri. Ça fait cliché ? Et alors ? C’est ptêt parce qu’y a un fond de vérité, qui sait ? Quand t’aura bouffé des racines pendant cinq jours parce que t’a plus de rations, rampé dans les marécages pour retrouver ton chemin et grimpé les pentes enneigées des montagnes pieds nus, on en reparlera, du cliché. La fraternité, elle se forge pas autour d’un verre dans une cantina de la banlieue de Mos Esley. Elle se gagne en luttant contre la mort ensemble, pas chacun dans son coin pour un paquet de plaquettes dorées. Bizarre, qu’une fille qui supporte pas la compagnie te dise ça ? Parce que les trois quarts des étrangers connaissent pas la valeur de ces trucs-là. Il y en aura toujours pour te cracher à la figure, comme ça m’est arrivé une paire de fois.
Utam, je l’ai perdu un soir, alors qu’on rentrait d’une semaine dans les jungles du sud pour la dernière des épreuves de notre rite d'acceptation au sein du clan. J'avais promis à Eyan de lui faire honneur ou de ne pas revenir. Il n'avait même pas ri : certainement savait-il combien c'était important pour moi. Lui aussi, était passé par là, à mon âge.
On revenait, la mine triomphante, après y avoir attrapé un Ptérosaure un peu présomptueux en guise de preuve de notre « courage », une vertue partagée par nos deux clans. Ça marche comme ça : chacun doit prouver au minimum trois des valeurs fondamentales affichées par le clan dont il souhaite faire partie. Chez les Kyone'e, les deux premières sont – non, pas la patience ni la sagesse, désolée – la loyauté et la ténacité.
La bête faisait bien trois fois ma taille, il avait fallu être deux pour la tirer. On était plus très frais – même carrément déconfit et couvert de balafres qui témoignaient de l'ambiance du camp de vacances. On se donnait du courage en pensant à toute la barbaque que ce piaf géant représentait. Mais Utam, aussi fier – voir plus – que moi, s’était bien gardé de dire que l’une de ses plaies au torse avait fini par s’infecter méchamment. Il s’était fait un cataplasme rudimentaire avec nos connaissances en botanique sur la flore locale, mais n’avait pas changé son pansement depuis. Lorsqu’on a regagné le village, dans la banlieue de Keldabe, il s’est effondré. Je me suis retrouvée seule avec lui et le cadavre du Ptérosaure en putréfaction.
J’ai eu le choix : rester avec lui à le regarder crever, ou déguerpir et aller chercher de l’aide. J’y connaissais rien en soin. Même aujourd’hui, je connais encore que le strict nécessaire. Je ne peux toujours pas m’empêcher de penser que si j’avais su plus de choses, j’aurais pu le sauver. J’ai choisi d’aller chercher de l’aide, dans un éclair de lucidité plus que bienvenu.
Il est mort quelques heures après, d’une septicémie foudroyante. C’était pas le premier jeune à mourir, malheureusement. C’était le lot de ceux qui cherchaient à s’aguerrir selon les lois de la nature. Mais je mentirais en disant que sa disparition m’a laissée indifférente, même si, comme on le faisait ici, je tachais de n'en rien montrer. Mon père l’a bien senti, et a jugé que cette épreuve était suffisante pour m’octroyer le droit d’entamer la première des Six Actions : porter l’armure. De fait, il a fait de la mort d’Utam une épreuve initiatique, un passage vers l’âge adulte, qui allait m’être nécessaire pour endurer la suite des évènements.
La Beskar’gam qui devint ma seconde peau jusqu’à aujourd’hui, je l’ai conçue ce soir-là, à la veillée d’Utam. Des dizaines de croquis sur de bête feuilles de papier, bien loin des modèles 3D holographiques des ingénieurs galactiques. Certaines pièces étaient de celles qu’on était parvenu à s’approprier durant nos chasses, nos entrainements, nos combats. D’autres devaient être fabriquées entièrement. Ce qui prenait parfois des semaines, voire des mois. Qu’est-ce que tu croyais ? Que c’était de la production en série, comme ces foutus droïdes ? Que dalle ! Chaque pièce est unique.
J’avais pas encore fini de grandir, mes mensurations n’étaient pas celles d’aujourd’hui. Donc inutile de dire qu’elle a reçu des ajustements, depuis le temps. Cette création devient en quelque sorte notre identité. Un peu comme les uniformes pour les militaires, si la comparaison est possible - non, en fait elle est pas possible. Et comme une identité, elle ne cesse d’évoluer au fil de notre vie. J’avais jeté mon dévolu sur une géométrie on ne peut plus traditionnelle, qui me paraissait bien convenir à ma morphologie. J’étais grande, surtout pour une fille, pas bien épaisse de taille mais carrée d’épaule et plus charpentée que la plupart des humaines. J’avais été engagée en parallèle chez divers commerçants de Keldabe, en tant que commise. Avec mes quelques économies et l’aide de mon père, j’ai pu acheter les composants nécessaires à sa réalisation. Ne nombreux moments de complicité, le genre d’instants qu’on garde avec soi dans les moments difficiles, pour se raccrocher à ce que l’on est. Et près d’une demi-année plus tard, j’ai pu la revêtir pour la première fois devant mon clan au grand complet.
T’as déjà été vraiment fier dans ta vie ? Réfléchis bien. Un truc qui t’a laissé une trace indélébile, inaltérable, même par des heures entières de torture ? Ce sentiment-là, c’est juste un truc de malade. Si t’as pas vécu ça, il te manque quelque chose.
C’est munie de ma nouvelle identité et en tant que Mando’ade à part entière que j’ai quitté Mandalore, pour repartir à bord de cette bonne vieille Epine, qui ne s’était pas arrangée avec le temps. Dason et Fen avaient pris de l’âge, mais restaient les mêmes. Ils m’ont accueillis à bras ouverts, après m’avoir perdue de vue depuis plusieurs années. Moi non plus, je n’avais pas tellement changé, si ce n’était que maintenant, c’était moi qui collait des baffes à Dason quand il me cherchait. Et je ne faisais toujours pas le poids, même en tant que grande adolescente bien bâtie. Faut dire que l’animal était coriace.
Un jour de grisaille, un jour de pluie sur Jurdan. Il régnait dans ce quartier marchand une atmosphère lourde et morose. Dominé par les hautes tours des places commerciales et huppées, il faisait office de plaque tournante de bien des trafics, sous une apparence somme toute banale de banlieue sans histoire. Dans les ruelles mal éclairées, l’odeur de la boue qui encrassait les drains et les caniveaux montait au nez comme un parfum capiteux. Ce n’était pas un bon jour pour marchander, sous les arcades métalliques qui bordaient les places des étages inférieurs. Derrières les devantures illuminées de néons criards, on devinait quelques articles encore entassés dans les vitrines, qui elles non plus n’étaient plus de la première jeunesse. Quelques pressés se hâtaient de retrouver le couvert des galeries et des porches. On avait connu des temps meilleurs. C’est ici même que les trois silhouettes se fondirent dans les ombres, emportant avec elles leur matériel de chasse.
« Treizième étage, cinquième fenêtre à partir de la droite, énonça Fen alors qu’Eyan déployait le trépied de son fusil de précision. »
Azel, derrière eux, observait avec attention les allées et venues des petites taches noires au travers des vitres illuminées. Un léger brouillard flottait entre les immeubles, fruit de l’évaporation de la pluie sur le sol chaud de la ville. Attentive, la jeune mandalorienne guettait les gestes précis et experts de ses aînés. Elle exerçait ensuite sa mémoire à retenir ce qu’elle avait vu. Eyan la sollicita pour charger l’arme. Il savait qu’elle savait, qu’elle bouillait d’envie de faire ses preuves, mais il la savait aussi très impulsive. Trop encore, peut-être, pour ce travail-là. Son jeune sang ne lui conférait pas la patience nécessaire. Aujourd’hui, c’était une traque de longue haleine, l’attente d’une fenêtre de tir qui ne viendrait peut-être pas.
« Va guetter à l’entrée, lui indiqua le père, tue le premier qui approche sans hésiter : personne ne doit savoir qu’on est ici. Celui qui sait n’aura pas d’intentions amicales. »
La jeune femme emprunta deux blasters à Fen et fila en sens inverse le long du toit. Elle jeta un œil aux deux hommes, dissimulés dans un conduit dont la bouche donnait sur l’immeuble d’en face. Puis elle s’accroupit au-dessus de la margelle et épia les rues en contrebas. Ramassée sur elle-même, elle était semblable à ces oiseaux de proie, perchés, en attente d’un quelconque gibier. La tache lui parut bien vite futile et ennuyeuse. Le silence, à peine troublé par le ruissellement de la pluie, l’engourdissait autant que son immobilité. Il lui fallait bouger, s’occuper la tête et les mains. Alors, elle faisait cliqueter le cran de sécurité de l’arme dans sa main, jouait avec, pour passer le temps, et se retournait de temps à autre pour voir les deux formes allongées dans le conduit. Rien. Toujours rien.
Au bout d’une heure qui lui avait paru interminable, Azel se décida à bouger, en contradiction avec ce qu’elle s’était astreinte à faire. Elle se déploya vers le haut et s’étira contre le mur en faisant jouer ses articulations. Ce qui lui permit d’apercevoir un couple de garde en uniforme devant la porte d’entrée du bâtiment, de l’autre côté de la rue. L’uniforme des forces de sécurité du coin : pas bon signe. Intriguée, elle fit un pas en avant, pour continuer de les voir malgré le préau sous lequel ils venaient s’abriter. Son pied ripa sur la margelle et elle se sentit partir en avant, tête la première dans le vide.
Réflexe.
Sa taille se vrille, elle tente de rétablir son équilibre et son pied décolle. Dans un bruit sourd, son plastron heurte la margelle et elle glisse le long du toit, se rattrapant in extremis à la gouttière. La voilà suspendue en l’air, le blaster dans sa main étant allé s’écraser quelque part trente mètres plus bas.
« Osi'kyr !! »
Un type beugla en bas. Très vite, un garde armé sortit de la bâtisse, puis deux, puis trois. Un tir s’écrasa à quelques centimètres de son épaule. Pestant tout son saoul, Azel s’agrippa au rebord en métal et tenta de se hisser à l’abri. Repérée ! Elle était repérée ! Relevant brusquement la tête, elle vit Fen se pencher sur elle.
« Qu’est-ce qui se passe ?
- J’ai glissé. »
La phrase sonnait comme un aveu. Mais cette faute, qui paraissait risible, était en réalité gravissime, et elle le savait : ils étaient repérés. Ce qui signifiait arrêt immédiat de la traque et la fuite, s’ils ne tenaient pas à devoir affronter tous les services d’ordres du coin. Sinon, ils devraient vendre très chèrement leur peau métallique, une fois n’était pas coutume.
Les tirs se mirent à pleuvoir sur eux, et Fen la tira à l’intérieur du conduit. Sous son casque, Azel était rouge de honte. Elle avait senti la désapprobation dans la voix de Fen, mais que pouvait-il faire ? Elle n’était plus une gamine, et personne n’était infaillible. Malgré tout, Azel s’en voulait énormément. Ce n’était pas digne d’elle.
Eyan plia bagage plus vite qu’il ne l’aurait souhaité. Il n’avait rien eu, pas la moindre fenêtre pour abattre la cible. Déjà, les pas lourds des gardes sur les passerelles de secours lui indiquaient qu’ils n’avaient que très peu de temps avant de se retrouver pris au piège. Dans le peu d’espace qu’ils avaient, ils seraient vite submergés par le nombre.
« Par le haut ! ‘tsel, monte en premier ! »
La jeune femme ne se fit pas prier. Passant en trombe devant ses aînés qui la couvraient, elle empoigna les rampes de l’échelle de maintenance et grimpa. En quelques bonds, elle était à l’étage au-dessus. La partie était loin d’être gagnée. Elle s’arrêta derrière un renfoncement de la façade, juste en dessous d’une rangée de fenêtres, pour les attendre. Eyan avait remballé son fusil sur le dos. Les trois chasseurs galopèrent le long des chemins étroits qui zigzaguaient à l’arrière de l’immeuble, poursuivit par les gardes, dont certains tentaient de les court-circuiter par l’intérieur. Mais les Mandaloriens étaient rapides à ce jeu-là. Ils parvinrent avant eux à la passerelle qui les liaient à l’autre bloc d’immeubles. Azel ouvrait la marche, plus légère et plus rapide. Eyan la fermait, alourdi par le matériel, mais bien meilleur tireur.
Ils arpentèrent les chemins aériens aussi silencieusement que possible, alors que l'alerte éait donnée. Qui cherchait-on ? On ne savait trop, mais, c'était certain, les intrus ne s'échaperaient pas. Organiques comme droïdes étaient sur le pont. Les trois silhouettes, à la queue-leu-leu sur les passerelles, tentaient de s'exposer au minimum, consciente que si l'un des troufions en bas levait les yeux, ce serait un tir au pigeon.
Arrivés sur les hauteurs d'une ruelle calme, loin de la circulation, le trio prit une courte pause, et Eyan envoya sa fille adoptive en éclaireur.
« Il devrait y avoir un mur menant dans une arrière-cour par-là, lui indiqua Eyan, part devant et surveille le terrain. Je vais tenter de faire sauter la passerelle, histoire de ne pas être pris en tenaille s'ils se ramènent. »
Azel acquiesa en silence, prit les grapins et se glissa entre les façades noires, où elle disparut en galopant prestement. Le silence régnait en maître, ses pas parurent à Azel si énormes qu'elle en eut honte. Mais, tandis qu'elle s'interrogeait sur la manière d'être plus furtive, une salve d'arme automatique éclata dans son dos.
« Ey' !! »
Le cri, semblable à l'appel d'un loup solitaire, fit stopper Azel. Le coeur battant la chamade, la jeune Mando'ade fit demi-tour, sauta par-dessus la barrière et déboucha sur la ruelle où elle les avait laissé.
Un droïde ouvrit le feu. Protégé par l'auvent en transparacier sali par le temps, il était presque invisible depuis leur côté de la ruelle. Azel roula sur la passerelle et se redressa à l'abri d'un mur. Fen jaillit de sa cachette et fit feu à son tour sur la machine, dont la tête sauta, produisant une gerbe d'étincelle. Le guerrier continua néanmoins d'arroser la carlingue, qui fut transformée en passoire et retomba, inerte.
Azel sortit de sa planque : du regard, elle cherchait désespérément l'armure grise qui ne tarderait pas à refaire surface d'une minute à l'autre.
Regard vers Fen.
N'est-ce pas ?
Je me revois, ouais. Le cadavre de mon, père dans les bras, et Fen qui me gueule qu'on doit déguerpir, retrouver l'Epine et décoller. Je ne l’écoute pas, j’ai l’esprit à des parsecs de là. Tu sais, quand tu regardes des yeux morts en espérant que, tadam, il va te faire le coup de « je t'ai bien eu ! ». Fen me soulève de force, je suis une loque. Il peut bien essayer de me chanter tout ce qu’il veut, un morceau de moi est parti avec Eyan. Je serais plus jamais la petite Azel, ce temps-là est révolu.
Ce jour-là, j’ai chialé pour la première et dernière fois de mon existence. Ni su'cuyi, gar kyr'adyc, ni partayli, gar darasuum, Eyan Kyone'e !
Thème - Réincarnation
Avec l’aide de Dason et Fen, j’ai ramené mon père chez lui. Ses cendres reposent là-bas pour l'éternité.
J’ai demandé à Fen son sabre, et avec, j’ai coupé mes cheveux. Tout ce qui dépassait au-delà de ma mâchoire. Je n’ai laissé que ma tresse, toujours intacte sur ma tempe droite. Un geste symbolique, mais qui a l’avantage d’être clair et compréhensible par tous. Malgré tout le soutien que m’a témoigné mon clan, j’ai ressenti ce désir irrépressible de partir, de me plonger corps et âme dans la conquête de la liberté, pour ne pas avoir à me morfondre. Fen m’a alors légué une relique extraordinaire, que je ne cèderais pour rien au monde : le jet-pack de mon père, qu’il avait précieusement remisé. Il était encore en état, à l’époque, et me serait d’une grande utilité plus d’une fois ! A croire que le fantôme qui l’habite veille sur moi, tiens.
Ce que j’ai fait après ça ? Ah. Tellement de choses…
Tellement de choses en si peu de temps. Je vais t’avouer qu’après ça, la chasse et moi, c’était plus trop le grand amour. Un gros passage à vide, où j’ai préféré quitter Fen et Dason, pour prendre mon destin en main. Ils m’ont laissée sur Nar Shaddaa. Je savais qu’en cas de pépin, je pouvais compter sur eux. Mais je ne les ai jamais recontactés. J’espère qu’ils vont bien, qu’ils sont retournés chez nous en un seul morceau.
J’ai travaillé dans une cantina. Ça t’en bouche un coin, hein ? Pas comme danseuse, je te rassure. Au service de sécu’, pour vider les ivrognes qui décollent pas quand on ferme. J’ai fait la plonge aussi. J’ai fait tout un tas de petits boulots, j’ai même porté des jeans et des T-shirt pour pas me faire repérer. Mais j’avoue que je me suis jamais sentie en sécurité dans ces moments-là. J’ai versé dans la mécanique, travaillé dans un astroport, puis servi dans un équipage de fret, pour finir par me lasser de ces jobs qui ne me permettaient aucun épanouissement et rognaient sur mon temps d’entrainement.
Résultat : je restais rarement plus de quelques mois en un même endroit. Je louais des mansardes ou en colloc’ avec un quidam qui pouvait me supporter quelques nuits. Au hasard de la rencontre de l’un de mes frères, je partageais un bout de route, un casse-croûte, mais je finissais par repartir. Je suis solitaire en chemin, comme miaulait une chanson que j’écoutais dans une vieille stéréo. J’empruntais les navettes ou alors les cales de cargos pour aller de systèmes en système. Une vraie vagabonde, à même pas vingt piges.
Ah oui, le sauvetage du gosse. Genre, quand j'ai sorti ça à Boz, il s'est fichu de moi. Pourtant, c'est certainement l'un des trucs dont je suis le plus fière, faute d'avoir de vrais trophées de guerre pour parader. C'était du temps où je me trouvais sur Eriadu, à crêcher avec deux autres gachettes du nom de Vel et Ho'eka. Pas inoubliable, comme collaboration, surtout que la première était accro aux épices et le second un Besalisk par très porté sur l'hygiène corporelle. Un vrai bonheur.
J'étais pas très regardante, du moment que mes « collocs » étaient pas des ordures, je me fichais pas mal de leurs spécificités. Les Mandaloriens ont ça de bien qu'ils sont très tolérant. On regarde la droiture d'âme, pas les fringues ou le faciès, contrairement aux trois quarts de la galaxie. On sait ce que c'est que la galère, la bourlingue et la bouillasse plein les bottes. Alors les reproches, de ce côté-là, pas facile de nous en faire. Mais bon, la mauvaise foi a jamais tué personne hélas. D'elle-même, j'veux dire.
Je m'en souviens bien. C'était un soir où Vel et moi avions convenu d'aller mettre des bâtons dans les roues d'un trafiquant. L'arkanienne avait un compte à régler avec le type, et moi j'avais besoin de blé, donc c'était du gagnant-gagnant. Notre cible avait élu domicile dans un coin plutôt chic, ce qui n'arrangeait pas nos affaires, parce que qui dit chic, dit que les gens ont les moyens de se payer une bonne sécurité. Mais bon, on était pas des enfants de choeur non plus, et avec nos deux personnalités plutôt complémentaires, on pensait arriver à quelque chose.
Petite embuscade de derrière les fagots, Vel voulait jouer les apats en y allant seule, me laissant le loisir de tomber sur le premier qui pointerait le museau par le passage qu'on avait piégé. Rudimentaire, pas un plan à trois tiroirs et cinquante phases avec rebouclage de « et si, sinon ». Non, que du direct et approuvé par l'expérience. Le truc, c'est qu'avec des plans simples, on est pas à l'abri des coups du hasard. Du style « quelqu'un est arrivé avant nous et fait exploser l'immeuble d'à côté ». J'en ai juré un sac. D'une part parce que je m'y attendais vraiment pas, d'autre part parce que la façade nous est tombée littéralement sur la figure. Non mis quoi, c'est à croire que tout le monde se rue sur les mêmes dates aux mêmes heures ! Ils pouvaient pas attendre qu'on ait coincé notre lapin avant de faire leur grabuge ? Non, il fallait qu'ils nous la jouent en parallèle, ces fions de sarlacc !
On en est donc au moment où je saute en catastrophe de mon perchoir pour pas finir façon crêpe sous cinq tonnes de gravats. Vel me rejoint dans la rue où c'est la panique générale. Bien sûr, avec tout ce remue-ménage, notre maquignon a dû se faire la malle de l'autre côté depuis un moment, et sa racaille avec. C'est foutu pour cette fois. Sauf que l'explosion a mis le feu à toute la barre d'immeuble. Ça crache des flammes énormes à cause des baies vitrées qui ont sauté. En quelques minutes, c'est l'enfer.
« J'espère que t'as prévu la danse de la pluie, j'ai pas de seau sur moi.
-Très drôle ! Bon, il doit y avoir un passage par le toit, là-haut ! Pas la peine de tenter de passer par les rues, on va se faire piétiner par le troupeau en folie. »
J'acquiesce et on commence à chercher un point d'encrage pour nos grapins. Mais au détour d'un angle, un barrage de police débarque en grande pompe en sens inverse. Un groupe de civil leur bloque le passage, et un grand homme à la peau bleue, du genre « j'ai trois fois ton salaire sur le dos », se met à leur hurler dessus. J'arrive à saisir quelque chose du style :« Mon fils va mourir ! »
Vel et moi, on se regarde. Le type a l'air complètement paniqué et la police ne l'aide pas vraiment à se calmer. Faut dire que question tact, ils en ont presque autant que moi. Pour donner une idée du niveau...
On se hisse sur le premier toit sans demander notre reste. Ni elle ni moi n'avons besoin qu'on nous demande le pourquoi du comment de notre présence dans le coin, alors qu'une explosion vient d'avoir lieu. Mais quand Vel tend son filin vers une nouvelle prise, j'ai un drôle de pressentiment. Dans le doute, je tourne la tête. Et là, je le vois. Dans une cours attenante au bâtiment qui flambe, une minuscule tâche noire prise au piège. Mes bras retombent le long de mes flancs et j'ai une seconde de flottement. Vel est déjà debout de l'autre côtée, sur la rampe où elle a enroulé le fil pour me faire passer.
« Az' ? »
Là, ça fait « tilt » dans ma caboche. Y a un mioche tout seul quelque part dans cet enfer. Pendant trois secondes, je me revois face aux colonnes de flamme des brûleurs, dans les chaufferies des bas-fonds. Face aux forneaux des forges. Ce gamin, ç'aurait pu être moi. Y en a pas un qui va bouger son gros train ramolli pour lui. Tout le monde fuit, tout le monde s'en fiche. Pas moi, bande de fils de Hutt !
Je détalle, mais dans l'autre sens. Vel me hurle dessus depuis la rampe.
« Az', bor***!! Qu'est-ce que tu fous ?!! »
...C'est vrai ça. Qu'est-ce que je fous ? J'évite à ce pauvre hère de finir en carbone pur, tu parles d'une cause !
Mes jambes se déplient comme deux ressorts et je bondis en avant, vers la silhouette solitaire devant le feu. Deux nouveaux bonds plus tard, je suis retombée entre les murs effondrés. Lorsque je stoppe ma course près de lui, l'enfant se retourne vers moi et je vois le reflet des flammes dans les larmes qui roulent sur ses joues.
« Qui êtes-vous ? » Me demande le petit bonhomme avec sa voix fluette.
Mince... je réponds quoi ? La vérité ? Non, allez, vite un petit mensonge rassurant...
« Je... Je suis d'la police ! Je te montrerai mon badge si tu veux ! Mais tout à l'heure. Je suis venue de sortir de là ! Allez, grimpe ! »
Le gamin dévisage le casque en espérant voir quelque chose au travers. Ses yeux brillent d'innocence et je me sens mal à l'aise. Punaise, c'est plus facile de flanquer une torgnole à un Aqualish que de mentir à un garçonnet, quoi ! J'hallucine.
« D'accord ! Est-ce qu'on va revoir papa ? »
Revoir papa... Mais tais-toi, s'il-te-plaît, j'ai pas besoin de ça maintenant !
« Oui oui... il nous attend là-bas...! Dis, euh... ça te dirait de voler ?
-De voler ?! Comme dans les holofilms ?!
-Euh... ouais ! C'est ça... exactement ! Comme dans les holofilms !
-Wouhaaa ! Trop génial ! »
Ok. On tire aux dés : soit le propulseur tient la route et je passe pour une héroïne, soit il calle en route et je crève avec le mioche, deux pour le prix d'un. Azel, chez toi, c'est toujours du quitte ou double.
J'enclenche la mise à feu avec une boule dans le ventre. Le stress, ça faisait longtemps que j'avais plus connu ça. Le jet crache un peu, mais je parviens à décoller. Le plus dur reste à venir.
L'enfant hurle. Il s'attendait pas à être autant secoué, c'est sûr. Arrivée à une dizaine de mètres de haut, je sens la poussée faiblir.
« C'est pas le moment de me lâcher ! Allez, on y va ! »
Je dis ça autant pour moi que pour l'engin. Si le métal a une âme, eh ben c'est l'moment de le prouver !
Les cris se muent en rire, et je sais que j'ai gagné. Wouah, 'tain, c'était vraiment moins une cette fois. Je transpire comme une gargoulette sous le casque mais je finis par exploser de rire à mon tour. Je descends en rase-motte au-dessus de Vel et lui largue le paquet vivant.
« Ramène-le au paternel avant qu'il nous fasse une crise ! »
Elle a dû me sortir un truc du style « t'es malade ». J'en sais rien, j'écoutais plus. Parce que le problème de ma manoeuvre, c'est qu'elle m'avait fait accélérer. Donc quand j'ai enfin l'éclair de lucidité qui me fait remettre la tête dans l'axe, il est un peu tard pour sortir les aérofreins. Et la façade de l'immeuble d'en face, elle est pour qui ? Devine.
Je te défends de te marrer, c'est pas drôle.
Je me console en me disant que le mec qui se rasait tranquille dans sa salle de bain a dû se choper une belle crise cardiaque en me voyant m'éclater contre sa vitre. Mais en attendant, je m'écrase comme une fiente sur le parapet, plusieurs étages en contrebas. Je mets unebonne minute à me réveiller. Je compte mes dents : miracle, elles y sont toutes ! Après, vu mon état, je préfère passer sous silence la manière dont j'me suis sortie de là. Tu m'en voudras pas, certains moments de gloire doivent rester secrets pour le bien de tous.
Voilà comment je l'ai sauvé, ce mioche. Le fils de je-sais-plus-trop-qui, qui lui-même n'a certainement pas retenu une seule syllabe de mon nom. Est-ce que l'Histoire se souviendra de moi ? Bien sûr que non. Si l'Histoire devait se souvenir de tous les noms qui l'ont forgée, il n'y aurait pas assez de temps entre le début et la fin de l'univers pour tous les écrire. Et c'est tant mieux, je tiens pas à voir ma tête sur des posters, merci bien.
C'est pourquoi on passera allègrement sur la fin du film, merci. Avance rapide.
On en arrive à nos jours – tu sais, la plus grosse partie sur les frises chronologiques, histoire de bien montrer que les temps modernes sont hyper-importants – où j'avais fini par atterrir sur Bacrana un monde-escale de la fameuse « Course Corellienne ». Après quelques semaines à avoir crêché dans un motel, j'étais arvenue à me faire une petite réputation auprès des trois cantina de ce quartier de la capitale. Faut dire que c'était pas le rendez-vous des grands héros et des pontes de la mafia, mais au moins, personne s'amusait à m'insulter, moi et mon armure -
Post n°1
Auteur : Azel Kyone'eerraflée. Si j'y gagnais ma vie ? Non. Pour pas changer.
Je traînais ma carcasse dans un vieux bar, sans nécessairement chercher autre chose qu'une pinte ou deux, accompagnées d'une petite rixe avec les saoulots du coin pour faire bonne mesure. Mais bon, en général, les petites frappes me voyaient venir de loin, et je me retrouvais seule accoudée au comptoir en moins de cinq minutes. A tout hasard, je me prenais une table un peu à l'écart, puis j'attendais, histoire de voir si un quidam de passage aurait pas besoin d'une bonne petite soldate pour faire le ménage quelque part. Sauf que la demande ne courrait pas les rues sur ce monde de seconde zone. Alors j'errais, je filais en direction des toits, histoire de m'entraîner ou de casser la figure aux quelques monte-en-l'air qui avaient la malchance de me croiser.
Bacrana était pas un monde enuyeux, il y avait pas mal de mouvement. Mais concrètement, j'avais pas grand chose à y faire. Comme d'habitude, je n'y étais établie un peu par hasard, pour gagner trois sous et me faire la main, en attendant du vrai challenge. Qui ne venait pas. Alors, ce soir-là, je m'étais remis en chasse, non pas d'une tête, mais d'un vaisseau. Un bahut quelconque qui me permettrait de décoller d'ici fissa.
« Ici Boz Tenar ! En partance pour Corellia ! Deux places à pourvoir pour qui aurait besoin d'un taxi ! C'est pas l'grand luxe, mais moins cher qu'un transport régulier ! A vous de voir ! »
Le type, un énorme humanoïde à la tignasse folle, jouait les commerciaux de pacotille en tentant de racoller les rares badauds qui s'arrêtaient pour regarder son vieux cargo. Je trouvais ça pas mal, comme coïncidence. Enfin, y avait pas vraiment de coïncidence : quand tu cherches un moyen de quitter une planète, tu finis par le trouver, si t'es pas trop poisseux. Donc, après une bonne demi-heure à arpenter les quais à la recherche de ce genre d'opportunité, je me décidais à passer à l'action en jettant mon dévolu sur ce demi-wookie pas bien dégrossi.
« Un vaisseau pour Corellia, hein ? »
Je m'étais approchée, l'air de rien, de telle manière qu'il ne me voit qu'au dernier moment. Le dit « Boz » me regarde, méfiant. J'ai l'habitude, j'y fais pas attention. Au travers de mon casque, il a une tête bizarre. Mais vu que ma visière déforme pas grand-chose, j'en déduis qu'il a une tête bizarre tout-court.
« Pourquoi tu veux t'encombrer avec des types que tu connais pas ?
- Normalement, je fais que du fret. Mais embarquer un ou deux passagers me permet d'arrondir les fins de mois.
- Je vois.
- A tout hasard, ça vous intéresse ?
- Je vois pas ce que j'irais faire sur Corellia, y paraît que la vie y est assez chère, mais si tu envisages de faire escale du côté de Spirana, je prends.
- On peut voir, ouais. Je suis pas très regardant, du moment qu'on essaye pas de me coller un blaster sur la tempe. »
J'étais pas sûre d'apprécier le sous-entendu, mais en même temps, je pouvais pas m'attendre à le voir me faire un grand sourire. La plupart des gens se méfient, quand ils ne nous détestent pas juste pour ce qu'on est. C'est à dire, les trois quarts du temps, des chasseurs de prime ou des miliciens particulièrement zélés.
« C'est quoi le deal ? Tu prends combien ?
- Cinq cent avec l'arrêt à Spinara.
- Hein ? Cinq cent ? C'est ça, ton affaire en or ?!
- Eh ! Avec tout ce tintouin au niveau galactique, on vous prendra pas à moins ! »
Il marquait un point, les taxis ça se faisait rare de nos jours. Non pas que je sache pourquoi, les holonews, c'est pas mon truc. Je les regarde à peine quand j'ai rien d'autre à faire. Mais vraiment rien d'autre à faire.
On discute une petite minute, et j'arrive à m'arranger. On va dire qu'on arrive à se supporter, guère plus. Il est trop curieux à mon goût, à vouloir tout savoir, alors que ça le regarde absolument pas. Le départ est fixé dans trois heures, le temps pour lui de régler ses affaires, et pour moi de retourner me biturer un peu la trogne avant le décollage. Bon, léger, faudrait pas que je lui tombe dans les bras non plus.
Une soirée bien commencée. Du moins juqu'à ce qu'on embarque, Boz et moi, avec le tas de boulons qui lui sert de droïde mécano. Les caisses de marchandises en phase d'être complètement chargée, il m'indique la place du copilote et repart en arrière finir son job. Moi, j'me fais les griffes sur les commandes, comme une gosse à qui on vient d'offrir un nouveau jouet.
« On verra pour le décollage, hein. C'est pas qu'j'ai pas confiance, mais je suis certainement pilote depuis plus longtemps que toi. »
Je l'écoute à peine, tout à ma découverte de la myriade de commandes prometteuses.
« T'inquiète, je sais quand même passer en hyperespace. »
Installée aux commandes, je commence à mettre le vaisseau sur les starting block, et, le communiqué de la tour de contrôle étant au vert, j'en déduis que c'est bon pour le l'amorçage. Ma main s'étend avec gourmandise vers un gros commutateur à poignée.
« Euh, Azel ? Tu serais sympa d'attendre que la porte de la soute soit fermée avant de mettre les gaz...
- Hein ?! »
Je passe la tête et je vois Boz qui me montre le voyant de la soute encore ouverte. Voilà ce que c'est de trafiquer les vaisseaux en schuntant les sécurités !
« Meuh oui, eh oh, tu me prends pour qui ? Ch'uis pas débile ! Je regardais juste comment c'était fichu, ce machin. »
Punaise, la bourde. J'éloigne vite fait ma main du tableau de bord, l'air de rien. Le gros métis continue de ranger son matos.
« C'est bon, je crois qu'on peut partir tranquille. »
Il vient s'asseoir à côté de moi dans le cockpit. Bon, j'avoue que ça me blesse un peu l'amour-propre de n'être QUE copilote. Mais restons réaliste, je sais pas gérer le décollage d'un mastodonte pareil. Parce que dix mètres de carlingue, pour moi c'est déjà trop gros. Je suis ses instructions, sans manquer d'y aller de mes petits commentaires, mais mine de rien, en quelques minutes, on a quitté l'atmosphère de Bacrana pour flotter dans l'espace. Eh ben, c'était pas si dur ! Je suis très satisfaite de moi. Un peu trop.
« Tu rentres les coordonnées mémorisées là-dedans, me dit-il en me tendant un pad, et on pourra envoyer la sauce dans l'hyperdrive. »
Une expression que j'adore. Envoie la sauce, pépé ! Je tape les chiffres sur le clavier et bam, enter, sa clignote « Ok », c'est nickel.
« C'est fait, on y va ? »
La question, c'était juste pour la forme : j'ai déjà activé la commande. Boz me regarde, puis a la bonne idée de se pencher sur l'écran devant nous.
« Mais... Azel... Corellia, c'est dans l'AUTRE SENS !!! »
Oups. Trop tard.
Ben quoi, j'ai juste inversé deux coordonnées dans le vecteur ! Pas de quoi en faire une pièce-montée , si ?
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Et voilà comment on est ressorti de l'hyperespace à proximité de cette boule ocre et désertique qu'est Geonosis. Je sais, c'est pas franchement épique comme récit, j'aurais préféré un truc qui claque, avec de la course-poursuite spatiale et tuti quanti. Le pire, c'est que quand j'dis la vérité, c'est tellement bête que personne n'y croit.
« L'hyperdrive est endommagé, va falloir faire escale. »
Et voilà, ça va encore être ma faute. Y a vraiment des taloches qui se perdent...
« Je suppose que ça va m'être facturé ?
- La prochaine fois, dis-moi simplement que tu sais pas t'en servir. Ça coûte une blinde à faire réparer ces machins ! »
Et gnagnagna. Tu parles, je suis sûre que je peux te le remettre en marche ton machin. Mais, bizarrement, j'ai pas envie. Non tiens, je vais te laisser courir chez le premier charlatant venu et te faire pomper le reste de tes économies. Moi, rancunière ? Non. Juste pas commode. Donc je me tais. Et on reste comme ça une bonne heure. Si bien que je finis par m'endormir à moitié... quand le son de sa voix me ramène à la réalité.
« On arrive en orbite de Geonosis. C'est un territoire de la CSI, me claironne Boz depuis son cockpit, va falloir montrer patte blanche.
- Montrer quoi ?
- T'as tes papiers ?
- Mes papiers ? Mec, j'ai une tronche à avoir des papiers sur moi ?
- Ok. J'ai rien dit. T'as au moins de quoi payer ?
- L'équivalent de trois pintes de binouze, peut-être, ouais. C'est suffisant ? »
Pas de réponse. Je sais pas si je dois m'en féliciter ou répéter plus fort. Mais le temps que je me décide, il enchaîne, cette fois à l'adresse du micro de son module com'.
« Matricule 455-RET immatriculé sur Corellia, cargo de livraison en provenance de Bacrana, demande autorisation d'atterrir pour effectuer réparations d'urgence.. »
Deux secondes après, ça crachotte à mort dans son foutu micro. Je comprends pas ce que l'alien lui barragouine, mais ça m'a l'air de marcher. Assise derrière, je mâche mon vieux morceau de viande sèche comme une ado qui mastique un chewing-gum, le regard torve rivé sur le dossier de Boz. Je tombe sur mon reflet dans le métal poli du coulisseau de la têtière : punaise, c'est vrai que j'ai une sale gueule. Ma dernière bataille de bistrot m'a laissée avec l'arcade ouverte, la couture béante à peine sèche jusqu'en bas de la joue. J'ai la gueule d'une taularde qui vient pour en finir avec un vieux « pote ». Pas évident de convaincre les autorités que je suis juste venue ici par erreur avec une face pareille, hein. D'ailleurs, je me demane bien quel cirque m'attend là en bas. Boz m'a pas appris grand chose là-dessus, et à moins de le rendre inapte à piloter, je vois pas trop comment lui arracher ces infos. Je me suis encore foutue dans de beaux draps.
L'hologramme d'un militaire nous apparaît et Boz lui présente les documents de son rafiot. Moi, pour une fois – note bien - je la ferme bien comme il faut. Je lui dis quoi, moi, à ce type ? Rien. Boz me présente comme sa copilote. Ce que je suis, donc ça me va. Je hoche la tête histoire de faire bonne mesure et je prie pour qu'il me demande pas d'enlever mon casque. J'ai pas envie qu'il me prenne en photo en trois exemplaires pour ses fichiers, la bidasse propre sur elle. On se fait éplucher le règlement de la zone, j'en retiens pas la moitié. De toute façon, on va pas y rester, sur leur caillou, alors pas la peine de nous décliner les paragraphes relatifs à la régulation de l'immigration, on en veut pas.
Le vaisseau descend lentement vers l'orbite basse, et à travers les hublots, je vois une floppée de formes grises naviguer autour du globe ocre de Geonosis. Eh ben, ils ont les moyens, pour un trou désertique et paumé ! Je me demande si je vais trouver un quidam assez dingue pour accepter de faire le voyage inverse... Manquerait plus que je reste coincée ici. Avec ma veine...
« Direction l'astroport ! T'as accroché tes bretelles ?
-J'en ai pas.
-Façon d'parler. J'ai pas l'habitude de faire dans la dentelle question atterrissage. Comme tu veux ! Viens pas te plaindre après ! »
Je sens une décélération et j'empoigne le premier support qui me paraît fixe. Le passage dans l'atmosphère fait vibrer cette vieille carlingue comme un vieux Verpine prit d'une quinte de toux à haute fréquence.
« C'est ça que t'appelle « pas faire dans la dentelle » ?! »
J'éclate de rire.
« Sans dec' mec, si t'avais pas autant la tchatche pour me sortir des réflexions à la noix, je t'apprécierai presque ! »
Presque, faut pas exagérer non plus, on est pas dans un feuilleton débile pour ménagère de plus de 45 ans. J'ai pas vocation à avoir des sentiments positifs pour cette tête de noeud ! Mais j'avoue que sa petite démonstration de plongée en piquet vers le sol me déplaît pas. Je sens mes fesses décoller du siège, à moitié en apesanteur sous le coup de la chute. Mieux qu'en speeder, coco !
« Eh m... »
Je le regarde, bras croisés.
« Bon sang mais pourquoi il répond plus ? Attends... »
Je le laisse faire, après tout, c'est son bébé, il doit bien connaître les commandes. Non, en fait j'ai juste une grosse flemme : j'ai pas envie de l'aider. Je finis par penser que j'aurais pu nous éviter la suite tragique, mais en même temps, je me console en me disant que c'était déjà trop tard.
« J'croyais que tu maîtrisais, je lui balance, goguenarde, apparement c'est pas si facile...
-Hey ! T'as fini de me chercher ? C'est pas le moment ! On a un gros problème ! Je sais pas ce que t'as foutu mais la commande des stabilisateurs latéraux marche plus !
-J'ai pas touché aux stabilisateurs, tronche de pelle, t'avais qu'à faire ton contrôle technique annuel avant de me dire que tout était en ordre ! »
on continue de descendre, mais cette fois, je comprends que la chute est pas vraiment contrôlée. On passe une barrière de pics et de canyons, et là je sens qu'on arrivera pas en entier à l'astroport. Le rebord de l'aile racle la roche et déstabilise complètement l'appareil. Je prends un vol et m'écrase avec un gros « bong » contre le tableau de bord.
« On va s'écraser !
-T'es sérieux ?! Mais bord** t'es pas foutu de te remettre droit ?
-J'ai perdu mon propulseur gauche ! Tu crois qu'il suffit d'actionner la manette et de sortir les rames ? Je suis en manuel là, j'fais c'que j'peux !! »
Il tente encore quelques manoeuvres, sans succès : on se prend deux pics successifs, qui ramène le cargo à l'état de kit incomplet.
« C'est foutu, y a le feu à l'arrière, va falloir sauter ! J'espère que t'as apprécié le vol, à la prochaine, si on s'revoit en bas ! »
Lorsqu'il éjecte sa verrière et son siège avec, j'hésite même pas une seconde. Mise à feux des récteurs, je décolle en même temps que lui et passe tête la première dans l'ouverture. Boz se fait projeter à l'opposé de moi, et dans mon dos, je sens une poussée titanesque. Le souffle de l'explosion de l'engin me balaye comme un fétu de paille et je pars en autogyre sans pouvoir me stabiliser. Le genre de chose qu'on t'apprend à ne surtout pas faire. Mais pour le coup, j'ai rien demandé et je me fais baloter par les courants d'air jusqu'à ce que mon poids reprenne le dessus.
Tu t'es déjà mangé le sol à plus de trente kilomètre-heure ? Je te garantis que c'est pas une sinécure. Ça fait un truc du style « Oooh, des cailloux ! », SBLAM, rideau, merci, au revoir.
Le noir. Le noir total. C’est ce qui me fait penser qu’en réalité, on a pas grand-chose dans le crâne : t’es déjà tombé dans les pommes ? Eh ben tu t’aperçois qu’en fait, ton cerveau, c’est le vide intersidéral. Il y a rien, là-dedans. Strictement rien. La pensée, elle doit être ailleurs, sinon c’est pas possible.
Bon, je vais t'épargner la séquence métaphysico-traumato-philosophique sur « à quoi songe un esprit détaché de son corps en flottant entre les dimensions ». Donc on appuie sur la touche « avance rapide » jusqu'au moment où je reviens en dimension quatre, avec du sable plein la tronche.
Je me relève péniblement. Combien de temps j’ai passé face contre terre à bouffer du sable ? Aucune idée, mais le vent a eu le temps de m’en flanquer jusque dans les chaussettes. C’est dire. Je me remets sur mes deux pattes arrières avec un grognement, quand j’enregistre au loin, sur la dune d’en face, une petite tête dans un manteau brun.
« Reviens ici espèce de sale petit… RAAAAAAH ! »
Le sable. Je dé-tes-te le sable. Une vraie plaie. L’autre me dévisage sous son capuchon.
« Utini ? »
Hein ? « Où t’es née ? » Mais qu’est-ce que ça peut bien te faire, la souris ? Par précaution, je glisse la main à ma ceinture… Et m… Mon blaster ! Il est où ?! Ma tête se redresse brusquement en direction du Jawa, qui penche la sienne sur le côté.
J’y crois pas !! Cette saleté me l’a piqué !!
« RENDS-MOI ÇA ESPECE DE SALE PETIT… !!! »
Lorsqu’il me voit lui foncer dessus, le Jawa détale avec une vitesse proprement ahurissante. Moi et mes bottes en métal, dans le sable, on a aucune chance. Je me gamelle trois mètres plus loin et continue d’injurier copieusement le voleur. Après ma vaine tentative de lui courir après, je laisse tomber : j’ai beau être butée, quand ça veut pas, ça veut pas. Je m’assois, à l’ubac de la dune et fouille mes poches à la recherche de…
« AaaaAAAAAh NAN MAIS C’EST PAS VRAI !!! »
Plus de chargeurs, plus de crédits, plus de bouffe, plus RIEN ! Ce misérable rebus de la galaxie m’a littéralement détroussée ! Il me vient une envie de meurtre, là.
Je relâche les attaches du jet, puis je m’en déleste sur le sol. Il est temps de voir les dégâts… Le carburateur présente un trou béant, plusieurs pièces ont foutu le camp. Résultat : pépète, les dix bornes qui te séparent de la civilisation, tu vas te les taper à pied.
Non, vraiment, je l’ai gagnée ma journée.
Geonosis : ses regs interminables, ses demeures troglodytes, ses arènes, ses échoppes…
Une planète au charme fou ! D’ailleurs, les milliers de touristes qui s’y pressent chaque année ne s’y trompent pas.
Sullivan McMile était dans le coin, cette fois-là. Le cow-boy de l’espace, comme il aimait à se nommer avec un sourire parfaitement ridicule, avait la ferme intention d’arnaquer quelques badauds en prenant des paris pour l’arène. Une petite ruse qu’il commençait à maîtriser. L’argent gagné pourrait, avec un peu de chance, suffire à lui permettre de redécoller vers un endroit plus branché.
Ce que McMile n’avait pas prévu cependant, c’était l’arrivée soudaine d’une flotte au-dessus du monde où il avait atterri, à la manière d’un orage soudain. Une nouvelle qu’il accueillit avec une grimace évocatrice. Les flottes, c’était jamais bon signe.
Ce que McMile n’avait pas non plus prévu, c’était que l’un de ses créanciers de longue date se trouvait également sur Geonosis, y compris dans la rue qui le menait à son but du moment. Et parce qu’il fit demi-tour pour ne pas avoir à le croiser, il se fit repérer. Classique.
«SULLIVAN MCMILE !!!
- Aaah… ! Mais c’est ce cher M’alosk ! J’me disais bien que ces tentacules m’étaient familières !
- Tu t’fous de moi, vermine ?! Tu croyais quoi ?! Qu’t’allait encore t’en sortir les mains dans les poches ? Il est où mon argent ?! Hein ?! Trois ans que tu te débines, le rat !!
- Allons, allons M’alosk, tu sais bien que j’y mets toujours le temps, mais je suis de parole !
- C’est ça, prends-moi pour un Gizka ! t’avais l’intention de revenir me voir peut-être ? T’es vraiment un moins que rien. J’me demande bien pourquoi je t’ai fait confiance. »
Pour McMile, cette journée était définitivement marquée comme étant pourrie. L'Aqualish commençait à se montrer menaçant, et Sullivan pensa avec un temps de retard que son vieux fusil laser était resté au vaisseau. Mauvaise pioche.
Connaissant le drôle, il y avait des chances qu’il ne soit pas seul. Sous les injures, l'Aqualish bouscula le trafiquant, qui se retrouva coincé entre son assaillant et le mur d’une bâtisse. A court d’arguments, McMile se dit que cette journée n’était pas seulement pourrie. Elle était peut-être aussi la dernière.
Dans la foule indifférente à son malheur, il repéra alors une silhouette qui tranchait avec les autres. Un Mandalorien ! Le bougre n’avait pas l’air au mieux de sa forme. Son armure était aussi poussiéreuse qu’un stand de marchand des sables, mais elle était peut-être sa seule chance de salut. S’il y avait un type capable d’éloigner cette boule de nerf de là, ce devait être lui. Jetant un œil alarmé à son hypothétique soutient, McMile se décolla du mur où M’alosk l’avait poussé, soudain plus à l’aise.
« Ecoute ! Ecoute ! Je comprends que tu sois en colère mais… Eeeeeh ! Tiens ! Voilà justement mon ami Gérard ! Salut Gérard ! Comment ça va mon vieux ?! »
M’alosk s’écarta légèrement pour voir à qui pouvait bien s’adresser sa proie. Le Mandalorien tourna la tête, sans comprendre qu’il était le destinataire du « mon vieux ». Jusqu’à ce que McMile lui fonce dessus avec un grand sourire et ne lui donne l’accolade sous le regard stupéfait de l’alien.
« J’t’en prie, j’ai vraiment besoin que tu m’aides, supplia alors l’homme blond entre ses dents, j’ai de l’argent si tu veux, là c’est une question de survie ! – Dis-moi, je savais pas que tu t’étais trouvé un job ici ! Tout roule comme tu veux ? »
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Azel venait de parcourir les dix bornes qui la séparait de son point de chute et entrevoyait enfin ce qui ressemblait, de loin, à une ville. Avec force soupir, elle accéléra le pas, pressée pour une fois de regagner la civilisation. Elle doutait de retrouver le Jawa. Et par conséquent ses effets personnels. Mais au moins, avec ce qui lui restait, peut-être pourrait-elle acquérir quelque chose d’équivalent.
Geonosis était une planète étrange, ses habitants, tout autant. De gigantesques termitières qui s’enfonçaient dans la terre, à l’abri du soleil ardent du dehors.
« … Eeeeeh ! Tiens ! Voilà justement mon ami Gérard ! Salut Gérard ! Comment ça va mon vieux ?! »
Un grand type blond, coiffé d’un galurin improbable, s’approcha d’elle, bras grands ouverts, comme un vieux camarade que l’on retrouve au hasard d’une pause toilettes sur la voie hyperspatiale. Les bras de l’inconnu se refermèrent sur elle avec un « bonk » sonore. Au travers du casque, son étonnement transparut avec des notes métalliques :
« Hein ? »
Gérard ? Tu ? Azel tiqua. Ils avaient gardé les banthas ensemble ou quoi ? D’où elle connaissait ce dingue ? Une gueule d’ange pareille, elle l’aurait déjà écornée.
« Comment tu m’as appelée là ?!
- J’t’en prie, j’ai vraiment besoin que tu m’aides, supplia alors l’homme blond entre ses dents, j’ai de l’argent si tu veux, là c’est une question de survie ! – Dis-moi, je savais pas que tu t’étais trouvé un job ici ! Tout roule comme tu veux ? »
Azel ouvrit la bouche et la referma.
« Q-quoi ?! Mais qu’es’tu jactes ?! »
Avec un sourire figé, l’inconnu continua à voix basse en lui désignant discrètement l'araignée humanoïde du menton.
« Fais-moi confiance, joue le jeu ! »
J’avoue qu’une fraction de seconde, j’ai hésité à le saluer avec mon poing dans la figure. Non mais franchement, ça se fait ça, d’embrasser des inconnues dans la rue ? Et puis j’ai réalisé que le mec pouvait pas vraiment deviner que j’étais une nana, et que ça devait juste être un gros malentendu. Deux secondes après, quand il tourne le dos à l'Aqualish, je vois la peur dans ses yeux et il se met à parler avec le débit d’une mitrailleuse. Ok, le type s’est fourré dans un traquenard, et il veut un coup de patte. Sauf que moi, j’ai pas la moindre idée de comment le sortir de là ! Il en a de bonnes ! Je suis pas spécialement douée pour jouer la comédie. Et d’ailleurs, j’étais sensée l’appeler comment, cette grande nouille blonde ? C’est pas que lui servir du « ma p’tite Lucette » était tentant, mais presque.
« Eeeh…Ah, salut - euh – vieille canaille. J’pensais pas te voir par ici non plus. »
Là, je devais pas être trop loin de la vérité vu son embrouille. L'Aqualish me fixe avec inquiétude. Ok, c’est quoi la suite ? Tu nous as mis dans le pétrin, va vouloir nous en sortir maintenant.
Il me remercie du regard et se retourne vers l’alien, qui me fixe intensément. En temps normal, j’aime pas ce genre de regard et je le fais savoir. J’ai la grogne, j’ai l’impression de m’être fait piégée, et l'araignée bipède, je la sens pas trop. Encore un type louche et pas réglo. Mais vu que j’ai rien à dire, je laisse Mister Geonosis s’enfoncer tout seul. Je me place juste en position « je m'ennuie à mourir les mecs ». En général, ça te pose, comme si la situation t'indifférait complètement. En face, l'alien s'agite, mal à l'aise. Pas envie d'alerter la flicaille, monsieur ? Dommage, c'est ma spécialité !
« On disais donc, euh… combien je te dois déjà ?
- Beaucoup trop ! Mais je pense que ça, tu l'as bien compris, hein ?»
L'Aqualish nous fixe tour à tour, puis se décide à lancer un dernier avertissement à l’entourloupeur :
« Tu t’en sortiras pas toujours, McMile. Méfie-toi. »
Et il se barre. Quoi... c'est tout ? Pas de représaille ? De tireur embusqué ? Ou alors c'est que partie remise, il attend juste que je me sois tirée. Ce qui n'est pas plus mal.
Je tire l'autre à l’écart, dans un boyau qui débouche sur une volée d’escaliers.
« Oh, par ma mère… Je te dois une fière chandelle, l’ami ! Franchement, je m’en souviendrais de celle-là ! Allez, je vais pas t’enquiquiner davantage ! Je suppose que t’as à faire, hein ? A la revoyure ! »
Et vas-y que je me barre comme un voleur. Je lui chope le bras et lui fais gentiment faire demi-tour.
« Attends un peu le rigolo, y a deux trois trucs qu’on va devoir mettre au point avant de se quitter… »
Je lui en colle une, pour faire bonne mesure. Il couine un coup et me regarde avec l’air d’un gosse prit en flagrant délit.
« Numéro un : je m’appelle Azel, pas Gérard, ni même Momo. »
D’une main, je le tiens fermement, et de l’autre, j’enlève mon casque pour lui faire comprendre la chose. J’entends un « Oups, la gaffe » de sa part, je n’y prête pas attention, je suis lancée.
« Numéro deux : la prochaine fois que tu m’appelles « mon vieux » c’est pas ta joue que je vise. Le respect, ça se mérite, et que je sache, on est pas pote, que tu le veuilles ou non. »
N’est pas mon poteau qui veut et certainement pas un énergumène dans son genre. Il me fait juste pitié, j’ai envie de le balancer aux autorités juste parce qu’il se fiche de moi. Comme il s’est sans doute fichu de cette araignée en rogne, tout à l’heure.
« Numéro trois : je n’aide pas les gros joueurs dans ton genre pour leurs beaux yeux. Alors allonge la monnaie. »
Là, la condition sine qua none de « je te refais la symétrie ». Mais, je sais pas pourquoi, j’ai déjà une idée de la réponse.
« Ecoute, euh, Azel… J’suis vraiment désolé. Je t’ai menti : en fait, j’ai pas un rond. Je suis fauché, j’ai même pas de quoi faire redécoller mon vaisseau. Alors, euh, pour ta récompense, ça risque d’être compliqué…»
Ben voyons. Je baisse les yeux sur sa belle ceinture en cuir. Son accoutrement doit bien valoir quelque chose ? Le cuir, c’est pas donné. Surtout que celui-là a l’air de bonne facture.
« Oh, comme c’est dommage ! Bah, t’as qu’à me filer tes fringues, alors. Paiement en nature : je les revends au fripier du coin, ça devrait me payer la pinte du soir. Tu peux garder ton calbut par contre, je doute que quelqu’un en veuille.
- Quoi ?! Attends, tu plaisantes ?
- Pourquoi ? Tu plaisantais quand t’as dit que tu me paierais ?
- Euh… »
Ouais. Exactement : « Euh ». Fais gaffe à ce que tu vas me sortir, le bellâtre.
« N-Non… Enfin… je… Attends ! »
Il fouille dans sa veste et en ressort deux tickets froissés.
« Qu’est-ce que c’est ?
- Des places pour l’arène, au deuxième rang ! Tu vas pas me dire que tu connais pas les fameuses arènes de Geonosis ! »
Je ne connais pas les fameuses arènes de Geonosis.
« De quoi passer un super moment ! Le spectacle est grandiose, ils ont toutes sortes de créatures à faire frémir là-dedans, et toujours des mecs assez tarés pour s’y essayer ! »
Ah, là, à la rigueur…
« Et si jamais ça t’intéresse pas, ben, tu peux toujours les revendre. Ça part comme des ptits pains ! Tu peux en espérer entre dix et cent crédits pièces, si tu te débrouilles bien en négoce. »
Je soupèse les tickets avec une moue dubitative, histoire de bien le faire mariner.
« Ok. Je prends. »
J’ai l’impression qu’il respire mieux, d’un coup. Je souris. A moitié.
« Merci.
- Merci ? Tu manques pas de culot.
- Ouais, je sais. Mais quand on fait mon métier, faut avoir un certain bagou, sinon on s’en sort pas ! »
Et tes chevilles, elles vont bien ?
« Ouais, ouais, ouais. Tu comptais t’en aller sans dire au revoir, avec tout ça ? »
Je lui fais les yeux façon Twi’lek, même si avec ma tronche de patchwork, l’effet est pas exactement le même. Mais à son sourire débile, j’ai compris qu’il était tombé dans le panneau. Je renfile mon casque sans cesser de sourire, je me rapproche juste assez.
Et SBLAM, son nez vient faire un gros bisou à mon front. La bonne vieille bise de Keldabe, made in Azel, avec toute mon affection débordante. Petit chanceux, va !
« AAAAARGH… !!! MON NEZ !!! MAIS ÇA VA PAS LA TÊTE !! FAUT SE CALMER DANS LA VIE, OH !! »
Je pouffe de rire en jouant avec -
Post n°1
Auteur : Azel Kyone'eles deux tickets. J’ai pas la moindre idée de ce que je vais bien pouvoir voir dans cette arène, mais j’avoue qu’un peu de divertissement après cette journée pourave ne peut que me faire le plus grand bien.
Thème - Just a little light of love -
Post n°2
Auteur : TericaraxBonjour/Bonsoir Azel.
Tu as pris ton temps pour faire ta présentation, comme ce que l'on conseille normalement aux nouveaux joueurs et...Le résultat est à la hauteur.
La personnage est attachante, drôle, bourrue. Comme je te l'ai dit sur la chatbox, on semble un peu trouver un côté "Marine de Starcraft", c'est à dire un espèce d'anti-héros qui vit dans un western futuriste plutôt que dans une science-fiction hautement technologique - et c'est tout à fait plaisant à lire car ceci colle à mon humble avis très bien à l'univers de Star Wars.
L'histoire de ta personnage est tragique à plusieurs reprises mais j'en remercie les dieux de Kalee tu n'as pas inclus une quelconque notion de "vengeance" contre le monde pour les différents épisodes dramatiques qui ont accablé Azel.
Points forts et points faibles sont bien équilibrés tout en étant détaillés. Tu as fait le choix dans ces dernières comme dans toutes tes descriptions - histoire comprise - de faire un RP qui se pose comme une espèce de dialogue avec Azel, ce qui permet de bien la cerner.
De l'humour ici et là, un personnage qui a des traits parfois héroïques, je n'ai rien à ajouter c'est tout à fait impeccable.
MAIS (parce qu'il faut un "mais"), sache bien que dans le RP tu commences en tant que novice. Je tiens à le préciser, compte tenu du vécu de ta personnage tu aurais pu penser que tu pouvais débuter avec de très grandes compétences de tir mais c'est un point invariable du règlement. Il se peut par exemple qu'après le temps qu'elle a passé à végéter (ayant abandonné la chasse suite à la mort de son papounet adoptif) elle ait perdu la main. (C'est une justification tout à fait acceptable, comme tu t'en doutes).
Que dire donc sur cette fiche? Il y a quelques fautes ici et là - ce qui est absolument normal compte tenu de la quantité immense de texte qu'elle représente. Le style est très agréable, je l'ai déjà évoqué. Tu as fait des passages au passé et au présent de façon maîtrisée.
Toutes mes félicitations pour cette fiche.
Je te valide au sein de l'armée C.S.I., où tu commences avec 1000 Cr , au niveau 0 (recrue). Compte tenu de ton histoire, tu commences logiquement sur Géonosis.
Avant de jouer, tu dois créer ton casier personnel ici: http://star-wars-rpg.soforums.com/f243-Casiers.htm où tu listeras les transactions que tu effectues dans les utilitaires et les objets que tu possèdes. (Tu peux mettre autre chose si tu le souhaites, mais les transactions et les possessions doivent apparaître).
Ta signature enfin doit comporter un lien vers ta (fort belle) présentation ainsi que vers ton casier, ainsi que (plus tard) la/les formes de combat que tu choisiras pour ta personnage (cf ici: http://star-wars-rpg.soforums.com/t5633-Formes-de-combat.htm ).
Encore bravo pour cette présentation!
Tericarax. -
Post n°3
Auteur : Atin JnumJe me permet d'intervenir sur une fiche qui a été validé suite à une discussion plutôt houleuse sur la CB.
Ta mis en page est chouette et tout, c'est beau etc. Mais ça ne respecte pas la mise en page du forum, de plus certain ne peuvent y accéder.
Je te conseillerais donc de mettre ton liens dans ta signature, mais de mettre une formulation plus 'classique' sur ta fiche d'inscription en cas de problème.
Merci.