Oubliez les
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Post n°1
Auteur : Trent KithOubliez les(Type: Univers Star Wars)Chapitre I: Réorganisation
6 ans après l'exécution de l'Ordre 66 et de la disparition de la République au profit de l'Empire Galactique.La rampe se baissa dans un nuage de fumée. Plusieurs raclements stridents suivirent le mouvement avant qu’elle ne touche le sol de la plateforme d’atterrissage. Des feux de position clignotèrent encore un instant et la navette de classe Lambda s’arrêta totalement. Quatre stormtroopers descendirent rapidement du vaisseau et se postèrent en carré espacé. Un officier les rejoignit, et les mains dans le dos, il observa l’environnement. Le commandant Irmach huma l’air de Dathomir et en embrassa le paysage torturé de ses yeux verts.
Un petit groupe d’officiers vint rejoindre son escorte et un jeune homme maigre, en uniforme verdâtre plutôt mal tenu, salua maladroitement le commandant.
- Bienvenue sur Dathomir commandant. Je suis le lieutenant Jey, c’est un grand honneur de vous recevoir dans cette modeste installation.
- Modeste, c’est le mot, lieutenant.L’escorte et les officiers s’ébranlèrent le long de la plateforme, et marchèrent en direction de l’entrée rectangulaire conduisant à l’installation impériale. Le camp d’internement 41 était placé au sein de la garnison impériale de Dathomir. Cette forteresse de métabéton et d’acier nichée le long du pic Kolagt, dans la vallée du même nom, représentait le symbole du pouvoir qui s’était établit 6 années plus tôt. Tandis qu’il marchait vers l’ouverture grise, Irmach poursuivit la discussion.
- Le grand Moff Tarkin compte bien mettre en application sa tactique de zone prioritaire. Et vous savez très bien que la Bordure Extérieure grouille d’agitateurs et autres rebelles.
- Oui en effet, s’empressa de répondre le lieutenant en accélérant le pas pour compenser la vitesse du commandant, plusieurs rapports indiquent une certaine recrudescence des activités rebelles quelques secteurs plus loin et…
- Ma mission commence donc ici lieutenant. La votre aussi.Le petit groupe pénétra à l’intérieur d’un vaste hangar dans lequel s’afféraient divers techniciens et opérateurs. Le commandant se sépara de sa garde et ils montèrent dans un ascenseur qui les propulsa aux étages supérieurs de la base impériale.
Lorsqu’ils entrèrent dans le poste de contrôle principal, baigné dans une couleur bleu pâle due aux écrans tactiques et autres hologrammes, le lieutenant était totalement sur les nerfs. Ce que cherchait exactement à faire le commandant Irmach. Tandis qu’il se postait devant une carte tri dimensionnelle, faisant mine d’étudier la topographie des lieux, le lieutenant ne parvint pas à se contenir.
- Mais, monsieur, heu… Je ne comprends pas. Ma mission a déjà commencé depuis un certain temps, heu, qu’entendez-vous par ce que…
- Ceci n’est plus une garnison lieutenant, déclara le commandant brusquement en écartant ses bras pour englober les lieux. Ceci, est une prison pour tous les terroristes qui voudront causer du tort au peuple galactique.
- Enfin, nous disposons déjà d’un camp monsieur… Le, heu, le camp 41 récupère une grande partie des rebelles des secteurs aux alentours.Le commandant restait impassible, mais il était surpris. Surpris que le lieutenant ait réussi à garder une certaine contenance. Il avait vu nombre d’officiers juniors devenir hystériques rien qu’en ayant demandé des chiffres. Le lieutenant Jey, bien que très visiblement mal à l’aise, parvenait à tenir le cap. Irmach pensa alors tenir un officier prometteur, ou du moins un bon subalterne. Il se redressa, les mains dans le dos.
- Simple question lieutenant, quel est l’effectif actuel du camp ?
- Ils sont 73, monsieur.
Irmach leva un sourcil interrogateur.
- Les derniers rapports mentionnaient 78 prisonniers.
- Heu... Il y a eu une révolte, et nous avons… Nous avons fait des exécutions pour l’exemple.
- Bref, 73, c’est un chiffre risible lieutenant. Rien que sur Indellian et Bandomeer, nos troupes ont affronté de véritables petites armées. Le camp d’internement 56 détient à lui seul, 550 prisonniers. Et le nombre est en expansion. Vous comprenez bien que le temps où nous démantelions de minuscules cellules de hors-la-loi est révolu.
- Je comprends très bien monsieur, mais le camp 41 n’est pas capable de détenir plus d’une centaine de personnes.
- Voilà pourquoi votre mission commence aujourd’hui lieutenant. Je suis mandaté pour prendre le contrôle de cette base et d’en faire une véritable prison, et permettre la réussite totale de la stratégie du grand Moff.Jey sembla déglutir avec peine et hocha vigoureusement la tête. Le commandant lissa son uniforme et posa sa casquette sur une table de communication. Passant sa main sur sa nuque, il observa l’environnement de la planète à travers l’immense baie vitrée du poste de commandement. Ses yeux glissèrent sur le sol brumeux et se perdirent entre les arbres. Malgré l’atmosphère malsaine qui se dégageait des lieux, Irmach y trouva une certaine sérénité, un calme peut être, un effet reposant qu’il n’avait pas sentit depuis longtemps. Un vrombissement doux, un sifflement léger, un vent frais, un chuchotement.
- Vous n’êtes pas chez vous.Le commandant recula soudainement de la vitre et regarda tout autour de lui. Quelques opérateurs et le lieutenant le regardèrent sans comprendre. Le commandant chercha du regard celui ou celle qui avait parlé, brutalement tiré de sa rêverie, une peur grimpante dans son estomac.
- Qui a parlé ? Qui vient de parler ?
- Mais, personne n’a parlé monsieur, nous sommes restés silencieux.
- Pourtant, il y avait…
La voix du commandant se perdit dans un murmure tandis qu’il bloquait son regard sur sa main ganté. Il serra le poing, et releva la tête.
- Bien lieutenant, au travail, nous avons une base à mettre sur pied.
Le groupe d’officiers se dispersa et Irmach se pencha sur plusieurs datapads, toujours troublé.
[...]Irmach appuya sur la commande d’ouverture de la porte. Il s’engouffra ensuite dans ses quartiers, couverts par l’obscurité. La porte se referma derrière lui le plongeant dans le noir. Le commandant poussa un profond soupir et activa les lumi-globes sur une faible luminosité. Les écrans qu’il avait passé en revue toute la journée lui donnait un mal de crâne infernal et il ne pouvait supporter une lumière trop forte.
Irmach enleva sa veste et la déposa sur la table basse. Il s’assit sur le bord de son grand lit gris et plaça sa tête entre ses mains. Une journée passée à réorganiser une base pour en faire un camp de prisonnier, avec des effectifs réduits et peu expérimentés, le commandant était éreinté.
Et durant tout ce temps, il avait eu la très désagréable sensation d’être observé, ceci conjugué avec cette voix sortie de nulle part, Irmach savait qu’il ne serait pas au bout de ses peines. Il pensait que ce serait une mission simple et qu’on la lui avait confiée pour l’écarter du commandement général sectoriel, mais là cela relevait d’une véritable opération.
Il s’étira et s’allongea dans son lit en agrippant une tablette. Il écrivit plusieurs rapports et termina une note. Ses yeux se brouillaient et il avait du mal à les cligner. Il finit par s’endormir, sa tablette sur le
torse.
- Vous partirez, ou vous serez à nous.Le commandant se réveilla en sursaut, et dégaina son blaster, ses yeux fous fouillant la chambre, sans trouver personne. Il se leva de ses draps plein de sueur et arpenta ses quartiers, son cœur cognant rapidement sa cage thoracique.
Ses bottes résonnèrent sur les grands carreaux gris lorsqu’il arriva près du minuscule balcon. Il respira bruyamment en baissant son arme sans trouver la moindre trace d’un orateur. Rapidement Irmach soupçonna un système de camouflage, mais les capteurs de sécurité de l’appartement auraient détectés l’émanation énergétique du gadget.
Il massa sa tempe et s’assit dans un fauteuil noir du salon, son arme toujours à la main. La nuit commençait à laisser place au soleil levant, et pourtant Irmach n’avait absolument pas l’impression d’avoir dormis. Il cligna des yeux et partit vers sa salle de bain, la journée allait commencer et elle s’annonçait déjà lourde.Quelques heures plus tard et des rations ingurgitées pour ne pas s’évanouir, le commandant Irmach continuait ses travaux de réorganisation. Tandis qu’il écoutait les informations sur les fournitures administratives dont disposait la base, que lui présentait un caporal, il s’arrêta sur la galerie extérieure et regarda les travaux qui commençaient à avoir lieu. Plusieurs marcheurs équipés de treuils ainsi que des équipes de techniciens s’affairaient le long du second point d’entré de la base. Son regard passa des travailleurs, au chemin balisé de lampadaires qui descendait dans la vallée. Il se tourna vers le caporal.
- Qui y a-t-il d’autre dans la vallée ?
- Il y a une petite communauté de descendants de prisonniers. De temps en temps quelques uns des leurs se présentent à la base et demandent assistance pour divers problèmes.
- Le pénitencier de l’Ancienne République était pourtant placé de l’autre côté de la chaîne de montagne qui nous sépare du continent austral.
- C’est possible, je ne me suis pas renseigné sur l’ancien pénitencier. Monsieur, que faut-il faire pour les suppléments de datapads ?
- Hum... Oui, transmettez toutes les infos que vous avez au bureau 23/1, je me chargerais de voir comment s’arranger avec la logistique.
- Bien monsieur.Le caporal salua et s’éloigna. Irmach s’accouda à la barrière de protection et plongea ses yeux dans la vallée brumeuse. Se souvenant des événements de la veille, il détourna immédiatement son regard vers les montagnes dont l’on distinguait les silhouettes. Il devait trouver le plus possible de documentation sur cette planète, et peut-être consulter un médecin pour savoir s’il ne commençait pas juste à devenir fou. Le commandant se redressa et croisa ses mains dans son dos en lançant un regard de défis aux montagnes. Il trouverait ce qui ne tournait pas rond sur la planète, et il allait en faire une affaire personnelle.Une poignée d'heures plus tard, le commandant de la garnison impériale sur Dathomir, Viahm Irmach compulsait des tablettes de données qui menaçaient sérieusement d'envahir son bureau près du poste de commandement central. Des centaines d'informations, d'études, de notes, de rapports, de plaintes, qui s'accumulaient dans des paquets de données numériques. Représentant juste deux ans de paperasserie, le commandant soupira en pensant aux trois autres années qu'il allait devoir éplucher, analyser et retravailler. Alors qu'il prenait une énième tablette et l'observait de ses yeux rouges, le lieutenant Jey se matérialisa devant la porte ouverte. Irmach l'invita à entrer et lui proposa une tasse de récaf concentré, que le lieutenant accepta avec joie.
- Vous semblez en avoir besoin vous aussi, plaisanta le commandant.
- C'est-à-dire que je ne suis pas vraiment habitué à autant de travail, surtout à ce niveau.
- Rassurez-vous, je ne m'y fais toujours pas. C'est bien dommage que l'académie ne propose pas ce genre de travaux aux futurs officiers, dans les temps à venir, nous allons devoir réorganiser beaucoup de nos bases. Toujours est-il que je suis très satisfait lieutenant, vos hommes travaillent bien, et vite, et vous de même. Nous sommes sur la bonne voie.Le commandant Irmach remarqua que le lieutenant se détendait subrepticement et affichait une légère confiance. Il but une grande gorgée de récaf et afficha un air plus sérieux.
- Merci beaucoup monsieur, je fais de mon mieux.
- Avez-vous trouvé les documents que j'avais fais demander ?
- Oui, j'ai récupéré tout ce que nous avons, il produisit une clé de donné qu'il tendit à Irmach, mais c'est peu.
- Peu ?
- Je pensais que nous aurions plus de renseignements mais il n'y a que des informations qui seraient utiles en cas de campagne d'invasion.La nuque du commandant le piqua furieusement lorsqu'il attrapa la clé de donné. Il se crispa en la plaçant dans sa veste et remercia d'un signe de tête le lieutenant. Ce-dernier remarqua que son supérieur n'était pas à son aise, aussi se leva-t-il et salua.
- Il y a encore beaucoup de travail, il faut que j'organise...
- Oui, oui, allez-y lieutenant, allez-y.Lorsque le lieutenant eut quitté les lieux, le commandant s'empressa de brancher sa clé sur une console et d'observer son contenu, tout en se massa longuement la nuque. Les dires de Jey étaient véridiques, de minces relevés géologiques et géographiques, des cartes définissant des objectifs à tenir en cas d'assaut et quelques informations chronologiques. Il aperçut une donnée plutôt étrange.
Un an auparavant, une équipe de géologue et d'archéologue avait été mandatée pour retrouver la position de la colonie républicaine. Les rapports
indiquaient les dates d'arrivées et de départs ainsi que la position exacte du complexe antique. Cependant, aucune mention du terrain, de l'intérêt du bâtiment ou de ce qu'ils y avaient trouvé. Le plus étonnant était que les rapports militaires quotidiens avaient tous été effacés deux jours avant le départ de la fameuse équipe.
Le commandant Irmach s'enfonça dans son siège en croisant ses mains devant lui. Il reconnaissait bien là les méthodes du BSI. Peu raffiné et surtout qui se permettait tout lorsqu'il s'agissait de l'Armée. La première question fut, pourquoi avoir tout éffacé ? Puis la deuxième fut, qu'ont-ils trouvé pour que cela nécessite une suppression de toutes ces données ?
Il débrancha la clé et s'étira en regardant l'horaire. Il se faisait tard, la journée avait été plus chargée que la veille et il s'apercevait qu'il ne tenait que grace aux litres de récaf qu'il ingurgitait. Vissant sa casquette sur son crâne, il sortit du bureau 23/1 et se dirigea vers le poste de commandement. L'équipe de nuit était en train de relayer l'équipe de jour et il trouva le lieutenant Jey en train de discuter avec un sergent, qui se trouvait être une femme. Il s'appuya sur une table pour ne pas vaciller et avec une fatigue perceptible il s'adressa aux deux officiers juniors.
- Est-ce qu'il y a eu des départs de prisonniers depuis deux ans ?
- He bien, pas que je sache, répondit Jey tout en lançant un regard interrogateur au sergent.
- De départ du camp, il n'y en a pas eu, mais il y a à peu près un an, une équipe de commando de la Marine est intervenue dans la vallée voisine et est repartie avec plusieurs prisonniers, déclara la jeune femme.
- Un commando de Marine hein ? Qui étaient ces prisonniers ?
- Nous n'en savons rien, ils n'ont utilisé nos docks que pour leur arrivée. Leur navette les a directement récuperé sur leur zone d'opération, répondit-elle.
- Je m'en souviens, intervint le lieutenant, le caporal Varl a lancé des scans pour vérifier qu'il s'agissait bien des commandos et non pas de rebelles, puisque la navette ne s'était pas signalée. C'est à ce moment qu'il a repéré d'autres formes de vie, et qui d'après leur position dans le transport, semblait être des prisonniers.
- Merci, ce sera tout, lieutenant, sergent.Le commandant les salua mollement et s'en alla. Bien qu'il n’ait pas les dates sous les yeux, Irmach était près à parier que cette intervention s'était déroulée quelques jours après le départ de
l'équipe de "géologues". Le BSI aurait menée une enquête secrète et fait intervenir un de ses commandos après. Qu'avaient-ils trouvés ? Le BSI n'intervenait directement qu'en cas de problèmes plutôt important et cela ne rassurait pas franchement le commandant.En entrant dans son appartement, il se décida à découvrir le fin mot de l'histoire, bien que cela devienne un peu plus déplaisant chaque fois. Viahm posa sa veste sur un fauteuil et sortit une bière d'Elba du réfrigérateur. Un plaisir peu raffiné, qu'il dégustait toujours à l’abri des regards indiscrets. Après l'avoir goûté lors de son affectation sur Felucia, quand il n'était qu'un jeune lieutenant, Irmach en était devenu presque accro.
Il laissa le liquide amer et pétillant glisser dans sa gorge et apprécia la fraîcheur de la boisson. Il déambula dans ses quartiers, l'alcool se mêlant à sa fatigue lui embrumant ses réflexions et faisant revenir ses souvenirs à la surface. Il glissa sur sa casquette tombée au sol, et il tomba à genoux en grognant. Il releva la tête et découvrit une femme, vêtue de rouge et de noir, le visage caché par une capuche, les bras couverts de tatouages noirs, et la peau incroyablement pâle.
Ne parvenant pas à savoir s'il délirait ou si c'était vrai, il tituba en arrière en bredouillant quelques mots, et en cherchant frénétiquement de sa main son blaster. La femme s'approcha de lui et elle leva une main délicate vers lui. Les forces du commandant l'abandonnèrent et il s'écroula sur le sol, et sombra dans le sommeil.