Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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Découverte impromptue

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  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #1

    Post n°1
    Auteur : Erys Talmark

    Juste avant…
     
    J’ai quitté ce foutu bureau pour prendre l’air. Cette fois, pas d’uniforme, pas d’armure, pas de costume et pas de blasters non plus. Juste moi, un long manteau, mon sabre à la ceinture planqué dessous et l’air libre. J’ai besoin de m’aérer l’esprit, d’arrêter de penser, de me retrouver un peu toute seule. Si c’est ça, l’avenir, je vais vraiment avoir besoin d’un moment pour moi. C’est simple, depuis que je me suis levée, j’ai pas eu une minute sans penser à autre chose. Sans penser à Arkinnea, à ces millions de bouseux réfugiés ici qui attendent qu’un autre prenne leurs responsabilités pour eux. Ce sont juste des moutons. Mais j’aurais jamais cru que j’aurais un jour l’âme d’un berger. Tout ce temps à essayer d’être un loup, pour en arriver là… C’est donc ça, la déchéance.
     
    Je laisse Redcask s’occuper de mon vaisseau et je préviens juste Nyméia par message que je m’évade un moment. Elle a pas besoin de savoir où je vais. De toute façon, moi-même, je n’en sais rien, c’est une réalité. J’irai là où le vent me portera. Là où mon instinct m’emmènera. Je gère une planète sans même savoir à quoi elle ressemble, autant commencer par ça. Essayer de comprendre, de ressentir. Ca fait partie de ces choses que j’ai fini par comprendre. S’ouvrir à son environnement via la Force…

    Mais là, tout de suite, je ne réfléchis plus et je ne fais pas attention à la Force. J’ai lancé mon speeder, pied au plancher, et on verra où il m’emmène. A la sortie de la ville et des camps alentours, tout est vert, tout est sauvage. Rien ne bouge, hormis l’herbe sous mes répulseurs gravitiques, et moi, évidemment. Ca fait combien de temps que je me suis pas sentie aussi libre ? Alderaan, je dirais ? Avant d’arriver à l’avant-poste paumé, de me latter avec Twohoyrz et… Et de me lancer dans des opérations successives sans queue ni tête pour moi. On me parle de devoir, de nécessité, de garde… Et moi, je suis là, et je profite de ma liberté, pour prendre de l’air plein les poumons. Un jour viendra, je serai parfaitement libre, je tiendrai tout ça dans le creux de ma main, et je n’aurai plus qu’à profiter.
    Le speeder continue de foncer, le soleil tape sur ma tête, plutôt doux aujourd’hui. Pas un soleil de plomb comme sur Tatooine ou Jakku, non. Les rayons printaniers, ceux qui réchauffent la peau à petit feu, qui procurent une sensation de bien-être incroyable, de ceux dont on aimerait ne jamais s’extraire. Le vrombissement du moteur m’apaise, je m’immerge dans ces sensations que je n’avais plus ressenties depuis Alderaan. Je laisse mes pensées vagabonder.
     
    …
     
    C’est mon instinct qui me fait revenir à moi et me sort de mon état second. Je ne sais pas depuis combien de temps j’ai décroché, mais je ralentis aussi sec. Et je fais bien : face à moi, une structure que je n’ai vue sur aucune carte. Perdue, ici, au milieu de la pampa, pas loin des énormes forêts de l’hémisphère Nord, celles qui sont encore inexplorées parce que tout le monde s’en fout. Bon, cela dit, je parle de structure, mais c’est plus exactement une ruine. Une architecture que je ne connais pas ou reconnais pas, d’ailleurs, des pierres claires, la végétation qui reprend le dessus… Ce n’est pas récent. Mais ma curiosité va prendre le dessus… Encore !

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le Chroniqueur
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Erys Talmark



      En garant mon speeder devant ce que je suppose être l’entrée, je prends une seconde. Personne ne sait que je suis là. Si il m’arrive un truc, qui va s’en apercevoir ? Personne, pas avant plusieurs jours, au mieux. Et puis, finalement, est-ce que c’est si grave que ça ? Je dois bien dire que j’ai du mal à en avoir quelque chose à foutre, pour le moment. Merde, j’ai toujours été égoïste, depuis quand ça change ? Je suis égocentrique… Et fière de l’être ! Alors, ils se passeront bien de moi, que ce soit pour quelques heures, quelques jours ou quelques vies. Voilà. Je grogne en m’étirant, et je saisis mes affaires. Pas de blasters, pas besoin, juste une lampe et mon sabre. D’ailleurs, je garde celui-ci à la main, on ne sait jamais…
       
      L’entrée est des plus sommaires. Assez haute pour laisser passer un humain, c’est déjà ça, arrondie sur le dessus, et, a priori, la seule qui existe dans la structure. Ce lieu m’inspire déjà des sentiments mitigés. D’un côté, la raison me dit que si ni le SSR, ni Froome n’ont jugé bon de m’en parler, c’est soit que ça ne les intéresse pas (possible), soit qu’ils ne connaissent pas l’endroit (probable aussi, qui s’en fout de cette planète ?). De l’autre, c’est comme si mon cœur m’appelait à l’intérieur. C’est très étrange. Comme une sorte de… d’air chaud, venu de l’intérieur, mais éthéré, inconscient, ou comme l’odeur du pain frais, la même qui me faisait saliver sur Coruscant alors que je pouvais jamais y toucher. Une époque qui me semble bien loin, maintenant…
       
      En me rapprochant, je frissonne un peu. A l’inverse de ce courant mental chaud, l’air qui vient de l’intérieur est aussi froid qu’humide. Un genre de brise glaciale, charriant la rosée qui imprègne sûrement les murs de la bâtisse, accumulant les mousses, les moisissures et lui conférant une odeur rance et herbacée, comme si j’avais le nez planté dans l’humus. Ca sent le champignon, la feuille humide et à moitié consommée, en un mot : le renfermé. Ma main vient effleurer les pierres froides. Un endroit qui ne voit probablement que trop peu la lumière, désormais. Humides aussi. L’endroit sera glissant. En allumant ma torche, je tombe sur un couloir. Rien d’étonnant à ça, mais mon faible faisceau ne m’aide pas. Alors, arme à la main, encore éteinte, je pénètre les lieux.
       
      Comme je m’y attendais, les pierres sont lisses, usées par le temps et l’humidité, et le manque de trébucher à chaque pas. L’air est lourd, chargé en eau, je sens que je frise du bout des cheveux et mon manteau s’alourdit, gorgé de cette humidité latente. Avec tout ça, je vais prendre froid, ça ne fait pas un pli. Mais je progresse un peu. Au bout du couloir, après une petite dizaine de mètres, trois choix : descendre dans le sol, partir à droite, ou partir à gauche. Etant donné que j’ai autant d’indications que depuis le début de mon excursion arkinnéenne, je vais devoir me fier à mon instinct, et la descente ne me dit pas trop, pour l’instant. Alors, je prends à gauche.
       
      Toujours les mêmes pierres, toujours la même ambiance, sans lumière autre que celle de ma torche. Ce qui a le don de me surprendre. Je note, ça et là, des encoches sur les murs, des endroits où on pourrait installer du matériel, des lampes, peut-être ? Ou des haut-parleurs ? En tout cas, quelque chose. Il y a sûrement un réseau là-dedans. Ou bien, il y avait. Sur les murs à ma gauche, je croise régulièrement des portes à moitié défoncées, ou pourries. Du bois, majoritairement. Un peu de métal. Rien de significatif, je ne vois même pas un début de système de sécurité. Et derrière, des piaules. Quelques mètres carrés. Une fenêtre défoncée et brisée, avec du verre qui reste. Rien d’autre. Où est-ce que je suis tombée, encore ? J’aurais presque dit une prison, au départ, mais pourquoi ici ? Non, un truc cloche et manque.
       
      Dans ma nuque, je sens un léger picotement quand je passe la tête dans l’un des interstices. Ni agréable, ni désagréable, c’est là, et ça me dérange dans ma réflexion, ça me fait rouler la tête sur les épaules, rouler des bras… Très bizarre. Le genre de sensations que j’avais pu avoir quand je découvrais la Force, à l’époque, dans les simulateurs… Mais là, il n’y a pas de manifestation, je ne l’utilise pas, rien du tout. Dans les pièces annexes, la lumière filtre un peu, mais le soleil est à l’opposé. Ca ne grouille pas comme je l’ai cru, pas trop d’insectes ou de saloperies de bestioles, ça aussi, c’est bizarre, sur Coruscant, dès qu’il y avait un truc comme ça, il y en avait partout…
       
      Je ne les ai pas comptées, mais il doit y avoir une bonne dizaine de ces piaules. Sur ma droite, juste ce mur, que j’effleure des doigts tout au long de mon exploration, jusqu’à ce que je tombe sur un mur. Un autre. Ben merde. Bon… Demi-tour.
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        #3

        Post n°3
        Auteur : Erys Talmark

        En revenant sur mes pas, je réfléchis à la suite. Toute cette… aile me fait dire que ce sont des baraquements ou au moins des logements. Ergo, des habitations. Donc pas juste un truc de passage. Des gens se sont arrêtés ici, peu importe quand et où… Mais ils ne sont pas restés, vu l’état de vétusté. C’est clairement vieux, clairement abandonné depuis des années… Mais par qui ? Pourquoi ? Ca n’a aucun sens… Enfin, si, ça a du sens. Arkinnea est paumée, loin de tout, avec une pauvre route hyperspatiale pour connexion, dans la Région d’Expansion qui n’intéresse personne, donc… c’est parfait pour ceux qui veulent se planquer, et ne plus jamais être trouvés. Pas du tout mon cas donc.


        En quelques instants à peine, je reviens au premier croisement, et je prends le chemin en face de moi, celui de droite, donc. Deux salles, deux ambiances, si on me passe l’expression. A partir du moment où je m’engage dans le couloir, la lumière revient. Cette fois, sur la droite, le mur fait une courbe, s’incurvant tranquillement de droite à gauche. Sur ma gauche, justement, un genre de patio… Des arches alternent avec des pylônes, pour laisser la vue libre sur une cour intérieure. Baignée par le soleil qui est maintenant haut dans le ciel, elle me donne l’impression d’être à l’exact opposé des habitations que j’ai vu plus tôt. Au milieu, il y a un genre de bassin. Il devait y avoir une sculpture dedans, parce qu’on en distingue encore les ruines, les rochers qui la composaient doivent encore être au fond du bassin tari. Pas de bruit d’eau, rien du tout pour le moment. Ca a des airs de cloître, ou de lieu saint, ou je ne sais pas quoi. Quelque part… c’est apaisant.


        Donc… Définitivement pas une prison. Plutôt un lieu de recueillement, de réclusion même, mais volontaire. Une ruine qui a dû servir à autre chose que juste se planquer. Je laisse mon regard courir sur la cour. Il y a du y avoir des chemins dessinés, de l’herbe, un jardin même. Je regarderai ça plus tard, je finis d’abord ce couloir, en essayant d’oublier que j’ai envie d’aller me planter là-bas et ne rien faire d’autre qu’observer, attendre, me reposer… En fait, derrière moi, sur la droite, il n’y a qu’une seule grande porte. Comme les autres, détruite, défoncée même, en lambeaux. On ne trouve plus grand-chose d’autre que les charnières et les gonds, ça a pas l’air d’avoir été forcé, mais… abandonné à la va-vite, c’est une quasi certitude.


        Quand je passe la tête par l’ouverture, une fois de plus, c’est vide. Donc abandonné à la va-vite, mais pas n’importe comment, j’ai l’impression. Genre, une fuite organisée. Mais pas récente pour autant. A cet endroit aussi, la lumière entre par des hautes fenêtres, et cette fois du bon côté, me permettant de voir que le sol est bien défoncé par la végétation. Des arbres ont fait pousser leurs racines et leurs troncs, ici, prenant la place du dallage d’époque qui est éparpillé, du coup. Je me demande bien à quoi servait une grande salle pareille. Mine de rien, sacrée surface, de la hauteur sous plafond, on croirait un peu les grandes salles de briefing de la Garde. Un peu comme à Pensacola. Mais pas de trace de technologie, ni de quoi que ce soit. Encore un coup d’épée dans l’eau, quoi…


        Quand je ressors, je m’assois sur le muret du patio, en laissant mes jambes s’étendre dans ce petit jardin. En fait, j’ai de plus en plus l’impression d’être dans un monastère. Une construction qui ne paye pas de mine mais se montre apaisante. Ici, c’est comme si… Comme si j’étais seule dans ma tête, comme si je n’avais plus de soucis, comme si rien ne pouvait m’atteindre. Je sens la Force, comme si je pouvais l’effleurer du bout des doigts, comme si je pouvais la sentir, un peu comme du coton, ou de la flanelle, quelque chose de doux, comme ça… Il y a vraiment quelque chose, dans ces lieux. Mais je ne sais toujours pas pourquoi c’est là.

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          #4

          Post n°4
          Auteur : Erys Talmark

          En revenant sur mes pas, je ne peux pas m'empêcher de penser à cette cour, à cet endroit, ça tourne et ça tourne encore, ça me travaille, je n'arrive pas à arrêter de me demander ce que ça fait là. L'utilité de cet endroit, de ce foutu... tas de ruines ! Je sens ma main se resserrer sur le manche de mon sabre-laser quand je regagne l'obscurité. Au point de le déclencher. La lumière orange illumine un peu plus l'espace, la chaleur du laser réchauffe un peu ma main qui se détend, mais pas suffisamment, je serre au point d'en avoir mal, je sens bien que quelque chose m'échappe encore, et rien n'est fait pour me rassurer. A cet instant précis, je me rends compte que effectivement, personne ne viendra jamais me chercher ici. Loin de tout, loin de tout le monde. Personne à des kilomètres à la ronde...

          Personne ? Et moi, je suis quoi, de la merde ? T'es jamais toute seule, ma grande, même si c'est toi qui est censée me protéger, l'inverse est un peu vrai aussi, et je te garantis que contrairement à touuuuuus les autres, moi, je ne t'abandonnerai jamais. Peu importe ce que tu fais, je serai toujours là pour toi, pour te rassurer. Personne ne t'enlèvera jamais ça, ma belle... Personne ne nous séparera. D'ailleurs, regarde, depuis que t'as arrêté tes pilules à la con qui me gardaient bien au chaud dans une cage, t'as jamais été aussi forte, ni aussi belle. Les gens vont bientôt demander à s'afficher avec toi, plutôt que passer leur chemin parce que t'es une clocharde trouillarde. On va faire de toi la meilleure...

          Je secoue un peu la tête. L'Enfant... Les rôles s'inversent, c'est elle qui me rassure maintenant... Je me sens mal rien qu'à y penser. Je devrais être là pour elle, la laisser vivre, mais ces derniers temps, j'ai l'impression qu'elle est tout le temps en danger, que personne ne va jamais la laisser tranquille, qu'il va lui arriver quelque chose de grave dès que je la laisserai. Mes impressions paranoïaques qui remontent, les mêmes que j'avais sur Coruscant, sur Chandrila, la peur fait parfois aussi mal que le coup que l'on attend... Je ne sais pas comment vous décrire ce que je ressens. En tension permanente, en attente constante de la douleur. Mon corps n'est que ça. De la douleur et de la tension. Au point que j'en oublie où je suis, où je marche...

          En fait, quand j'arrive à ce fameux croisement, je ne me rappelle même pas avoir fait les quelques dizaines de pas qui m'en séparent. Ma conscience s'est un peu envolée, une fois de plus, comme toujours quand je suis désoeuvrée... A la lumière de ma torche et de mon sabre, je distingue enfin ce conduit qui descend dans la terre. Taille humaine, à nouveau. On a construit sous la ruine, ce n'est pas un rajout. L'état de délabrement a l'air d'être le même que le reste, les pavés sont tout aussi soulevés, et la différence majeure se trouve dans la lourdeur de l'atmosphère qui s'intensifie quand je descends. Plus d'humidité, et au revoir le soleil. Si je me fie à mon exploration précédente, je vais me retrouver sous le patio.

          Je suis descendue de quoi ? Trois, quatre, cinq mètres maximum. Suffisamment pour créer de l'espace. Devant mes yeux, une grande cave voûtée. Et par grande, je dis bien "grande". Plus étendue que la ruine en surface, si je devais estimer. Des alcôves, sur le côté, renforcent la sensation de grandeur. Une sorte de stockage que je ne comprends pas encore bien. Face à moi, une machinerie complexe, avec de la tuyauterie. Si je devais parier, je dirais que ce truc alimente la statue au dessus. Ouais, c'est probablement un truc comme ça, puisque je vois des tuyaux qui percent le plafond. Rien d'autre autour, à nouveau. Et cette étrange sensation que tout a été vidé à la hâte. Plus loin, je perçois à nouveau des portes. Mais celles-ci sont encore en place : deux lourds battants de métal ouverts qui donnent sur une pièce plus petite, elle aussi totalement vide. Un stockage, probablement ? Je n'arrive pas à me le figurer. Et ça commence doucement à m'agacer.

          Alors que je m'apprête à me détourner, je sens quelque chose. Un courant d'air chaud. Un mouvement. Quelqu'un est ici.

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            #5

            Post n°5
            Auteur : Erys Talmark

            Ma main se raffermit sur ma lame. Mon corps tout entier se tend, prêt à riposter, à frapper, peu importe qui sera là. Mon esprit affûté se met en mode survie, rien d’autre ne compte que ça. Tout mes sens sont aux aguets. Je balaye la pièce du regard, comme si j’allais pouvoir y voir quelque chose. Aucun son ne vient à mes oreilles, aucune odeur particulière, juste ce courant d’air chaud qui contraste avec l’environnement. Je n’entends rien d’autre que le vrombissement de ma lame à mon oreille, à la fois léger et rassurant. La lumière orange baigne d’une atmosphère étrange la pièce souterraine, sans me laisser voir l’intrus. Je ne vois rien, mais je sais qu’il est là. Qu’il m’observe peut-être.
             
            Lentement, sans me départir de mon attention physique, je m’ouvre à la Force, au courant d’énergie qui me traverse en ce moment-même, pour essayer de percevoir par-delà mes sens. J’ouvre mon esprit, mon instinct et même mes sentiments. Je ne me suis pas trompé. Portée à moi comme une odeur par le vent, je perçois une conscience extérieure à la mienne, que je n’avais encore jamais ressentie. Quelque chose de nettement plus bestial que moi, pas sensitif. Une impression de sauvagerie, de puissance aussi, me vient, et me fait encore plus me mettre sur mes gardes. Quelque part dans les ombres, quelque chose m’observe et espère probablement me mettre dans son quatre-heures. Mais il peut toujours rêver.
             
            J’avance, un pas après l’autre. Je me rappelle mes entraînements, je me focalise sur ma respiration, je la garde lente, régulière, aucun effort en trop, aucun mouvement inutile. La lame levée, prête à s’abattre si on en vient à des extrémités regrettables. Pour l’intrus… Ma progression est lente, mon regard suit le faisceau de ma lampe, j’essaye de capter le moindre mouvement, la moindre modification dans les bruits, les courants, l’environnement, mais rien ne vient. Jusqu’à ce que j’arrive au pied de la remontée. Une lourde respiration, une seule, celle de quelqu’un qui s’est retenu bien trop longtemps. Je fais volte-face.

             
            -J’ehdai…
             
            La voix est rauque, sourde, grave, éraillée même. Elle me rappelle celle des vieux sur Chandrila qui ne parlaient plus depuis que leur femme était morte et enterrée, elle me remémore des histoires de mon enfance. Des gens dont la voix était censée compter car elle était rare. Des gens qu’on oubliait parce qu’ils ne faisaient pas de bruit. Une voix qui ne portait plus parce qu’elle était ignorée. La sensation de retour en arrière me fait frémir. Encore une fois, je resserre ma prise sur mon arme et ma lampe, au mépris de tout entraînement. On n’est plus en simulateur. Quelque part dans les ténèbres, ce truc pourrait m’attaquer. Et pourtant, dans ma conscience, c’est comme si une petite voix me disait de baisser mon arme, que si j’avais dû être attaquée, ça aurait dû être fait depuis longtemps. IL ne m’aurait pas montré sa présence avec ce mot. Un mot qui regorge d’histoire lui-aussi. Une variation d’un mot que je ne connais que trop bien. Jedi. Le terme claque dans mon cerveau. Il me confond avec un Jedi ? Il en est un ? Alors où serait son arme ?
             
            Je me maudis d’être aussi incapable de le repérer, de le trouver. Mais je ne compte pas non plus me laisser surprendre. Je travaille encore un moment ma respiration, puis je lève la voix, sans doute plus vite que ce que j’aurais voulu en réalité.

             
            -Si vous voulez parler, je vous attends dehors. Et je ne vous ferai pas de mal.
             
            En signe de bonne foi, en même temps que je recule, j’éteins mon sabre-laser, et je reprends le chemin qui monte. Ce serait vous mentir de dire que je ne veux pas courir à toutes jambes jusqu’à la sortie. J’ai le noir dans mon dos en horreur, ça me rend faible et flippée. Mais je parviens à garder un peu de sang-froid, juste ce qu’il faut pour ressortir de là. Personne ne m’a attaquée. Et je suis vivante quand je pose mon cul sur le speeder en soufflant lourdement. Bordel, qu’est ce que c’était que cette merde ?!

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              #6

              Post n°6
              Auteur : Erys Talmark

              Assise sur le capot de mon speeder, refroidi depuis le temps, je joue avec mon sabre. Est-ce que l’intrus va finir par sortir de cette foutue ruine ? Est-ce qu’il va se décider à se bouger et bien vouloir dégager d’ici ? Ou bien, il a eu ce qu’il voulait, et a dégagé l’intruse de chez lui ? C’est aussi une possibilité qui s’envisage. Qui s’envisage fort, même. Une fois de plus, je ne sais rien de cet endroit, et tout ce que j’imagine peut très bien être faux. Alors, autant me concentrer sur ce que je peux gérer pour l’instant.
               
              Pendant que je réfléchis, le comlink de mon speeder s’active. Un message. Et la seule personne y ayant accès pour l’heure s’affiche. C’est rarement des bonnes nouvelles quand Nyméia me dérange et que je ne suis pas en ville.

               
              -Erys, je viens aux nouvelles. Je ne sais pas où tu es, mais j’espère que tu vas vite revenir. C’est un peu le bordel ici, et on a besoin de toi pour nous aider à gérer. Surtout que le C-70 que tu as commandé va enfin être livré, ce serait bien que tu sois là, il part de Kamino dans pas longtemps. A plus tard.
               
              Ma main se pose sur le com’. Brave Nyméia. Elle en a fait déjà beaucoup, et elle continue sans jamais s’arrêter. Sans elle, Arkinnea ne tournerait pas comme ça, ou différemment. Quand je vois le boulot qu’elle abat, alors qu’elle n’a que son cerveau et aucune connaissance, je me dis qu’elle mérite autre chose que son pauvre grade de soldat. Ou même juste d’être à l’armée. En fait, à tous les voir trimer comme ils le font, je mets en doute mes propres vues égoïstes sur cette planète. Mais preuve en est qu’ils ont confiance en moi, puisqu’ils m’appellent. Pourtant, je ne suis pas partie longtemps. A peine une journée. Mais je ne suis pas prête à revenir, pas encore.
               
              Alors que je soupire, je sens la présence devant moi, et mon attention se refocalise directement sur le nouveau venu. C’est lui, qui m’a piégée dans ce foutu bousin, qui m’a fait flipper. Je me retourne bien trop vite à mon goût, et je dois me retenir de toutes mes forces pour ne pas activer mon sabre-laser et lui trancher la gorge. Mon cœur a doublé son rythme immédiatement, et je sens que mon crâne bouillonne également. Mais rien n’aurait pu me préparer à la vision que j’ai face à moi.

               
              -J’ehdai…
               
              Je ne rêve pas. Non, je ne rêve pas. Le même mot sort d’une gueule pleine de crocs impressionnants, plus grands que mes doigts. Une face simiesque et poilue plantée sur un corps puissant et bien plus haut que moi. Des bras musculeux où finissent des mains gigantesques tenant une lance tout ce qu’il y a de plus… basique. Et cette voix rauque et éraillée à nouveau, qui vient frapper mes oreilles, alors que mes yeux se plantent dans ceux, noirs et intenses de mon nouvel interlocuteur. Qu’est-ce que c’est que cette chose ? Prudemment, je me redresse sur le cockpit, me donnant au moins l’avantage de le regarder droit dans les yeux. J’essaye de calmer un peu ma respiration, mais rien ne semble fonctionner, comme si mon corps était passé en mode automatique.
               
              -Qui êtes-vous ?
               
              Pas de réponse de sa part. Sans doute ne connaît-il pas le Basic ? Mais alors, d’où vient ce mot, qu’il a forcément dû entendre quelque part ? Je ne comprends rien à cette situation. Lentement, je descends du cockpit pour me tenir plus proche, alors qu’il agrippe sa lance et la pointe vers la ruine.
               
              -J’ehdai.
               
              J’ai beau me gratter la tête, un seul mot de vocabulaire réduit tout de même nettement la communication. Je le regarde faire, alors qu’il s’agite, gesticule même un peu, avant de finir par me pointer de son gros doigt poilu, puis de faire un geste, comme pour m’inciter à la suivre, avant de prendre la route. Vers les forêts…

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                #7

                Post n°7
                Auteur : Erys Talmark

                J'admets, j'admets. J'ai hésité. Quelques secondes à peine, mais ça m'a paru une foutue éternité. Ce truc qui ressemble à un singe géant qu'on empaillerait pour des salons Hutts m'inspire seulement à moitié confiance. Vous me direz, c'est déjà une moitié de plus que la quasi-totalité des habitants de cette Galaxie. Mais ça reste une seule moitié. Et puis, comme d'habitude, la curiosité a pris le pas sur le reste, et je lui ai emboîté le pas. Pourquoi faire ? J'en ai aucune foutue idée. J'ai l'impression qu'il me confond avec les Jedi, mais... Il en aurait déjà vu, ça veut dire. Ou tout du moins, il sait ce que c'est. Donc, il est capable de les reconnaître. Ce qui implique... Tout un tas de choses. D'abord, qu'il a accès à cette information. On invente pas un mot pareil, surtout avec une si forte consonnance. Alors quoi ? Il a accès à l'Holonet, depuis sa forêt, et il me roule dans la farine ? J'y crois pas une seconde, c'est à peine si on le reçoit en ville. Non, moi, je ne vois qu'une seule raison : il en a déjà vu un. Il a déjà échangé avec un.

                A peine quelques pas derrière lui et toute à ma réflexion, je ne m'aperçois pas tout de suite que nous sommes entrés dans les sous-bois. L'air s'alourdit des arômes d'humus et d'herbes fraîches qui éclosent au printemps, le soleil se raréfie, ne perçant le faîte de la forêt qu'à quelques moments, créant un puits de lumière. L'atmosphère s'emplit de sons étranges, une sorte de rumeur persistante qui vient à mes oreilles, que je ne peux pas identifier autrement que par "les bruits de la forêt". Il y a là une forme de magie qui se mêle à mon incompréhension. J'ai toujours vécu en ville, dans la fureur des speeders, des gens qui marchent partout, dans les lumières fluorescentes et les stimuli visuels. Rien de tout ça, ici. Juste une nature encore non touchée par l'homme. Je ne vois pas de chemin praticable, pas de voie toute tracée. Seulement mon guide, qui a l'air de se repérer autrement et pourrait tout aussi bien me perdre.

                Contre mes cuisses, à travers les vêtements, je sens la légère humidité qui se colle à moi, en même temps que des ronces m'accrochent légèrement, laissant des éraflures sur mon pantalon qui en a pourtant vu d'autres. Mais pas celle-là. C'est encore plus sauvage que Chandrila, où pourtant, on ne brille pas par une densité de population explosive. Je n'avais jamais pénétré un endroit aussi calme. Où je me sentais aussi... en paix. Pas de maux de tête. Pas de voix intempestive. Je sais que l'autre Erys regarde la même chose que moi. Je sais qu'elle vit la même chose que moi, ressent la même chose que moi. Une harmonie, certes encore imparfaite, mais réelle. Pour la première fois depuis longtemps, elle et moi allons de pair, d'un même pas. Ce serait presque le moment.

                Je suis d'accord avec toi. Je me sens bien. Je me sens en paix. Comme si on avait laissé tous nos soucis à l'orée du bois. Alors que je ne sais même pas où on va, je sais juste que je me sens bien. J'ai envie de m'agenouiller dans l'herbe, de respirer à pleins poumons... De vivre quoi ! De me sentir vivante, de comprendre ce qui nous entoure. J'ai envie de m'ouvrir à la Force, d'écouter tout ces bruits à travers la Force, comprendre ce qui habite ces grandes forêts. Erys, j'ai envie de savoir ce qu'on fait là, et là, j'ai l'impression d'avoir un début de réponse. Regarde autour de nous, c'est parfait. C'est pas ça que tu voulais ?

                Ce que je voulais, ce que je veux, c'est être grande. Être reconnue, être puissante, que ma voix porte et compte dans la Galaxie, pas rester la gamine de Chandrila abusée et frappée, qui ne doit qu'à la chance d'avoir survécu. Je veux être celle qui a su prendre sa destinée à bras-le-corps, qui va mener les autres pour prouver qu'elle en est capable. Pour prouver que les autres avaient tort.

                Mais ce que je voulais, moi, c'est trouver un foyer. Tu es là pour moi, et je suis là pour toi, mais c'est pas suffisant. Tu sais ce que je veux. Tu sais que ce que je cherche, c'est une maison. Un endroit où vivre. Où on pourrait vivre, toutes les deux. Avec des gens auxquels on tient. Et nos pouvoirs ? Ils sont là pour nous aider à le défendre. Et tu sais quoi ? Plus ça va, plus je me dis qu'on l'a trouvé.

                Toutes à mes pensées et à mon débat, je ne vois pas que mon guide s'est arrêté, et qu'il me regarde bizarrement. Moi aussi, je m'arrête, finalement, d'instinct. Je relève les yeux vers lui, et il tend le bras pour me montrer le lointain. Je n'aurais jamais cru voir ça...

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                  #8

                  Post n°8
                  Auteur : Erys Talmark

                  Ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais. En même temps, je ne m'attendais à rien. Et je ne suis pas déçue, du coup. Face à moi, un village, en plein coeur de la forêt. Une démonstration d'intégration. Je n'aurais pas fait attention que je serais passée parfaitement à côté. Au milieu des arbres, des huttes s'élèvent, comme si elles avaient poussé naturellement, faite des bois et branchages locaux, s'accordant aux nuances de marron et de vert de l'environnement. Epars, quelques feux étouffés amènent à peine une pointe de couleur chaude dans cet endroit aussi magnifique qu'incongru. Et surtout, les habitants. A l'identique de mon guide improvisé, ces espèces de grands singes semblent vaquer à leurs occupations. Un peuple autochtone, sans doute ? Et personne ne l'avait jamais dit ? Ou tout le monde s'en tape, c'est possible aussi.

                  A la suite de mon intrus, je descends vers le village, vers une sorte de place centrale. Je commence à voir que je suis remarquée, malgré l'absence de cris pour notifier de notre présences. Des petits courent se réfugier derrière ce que je suppose être leurs parents ou leurs cases, certains grands massifs raffermissent leur prise sur leur lance, mais surtout, tous me regardent avec un air plus intrigué que fâché ou agressif. Je parierai que je suis la première de mon genre qu'ils voient, comme ils sont les premiers de leur genre que je vois. Dans l'air, j'entends un bruissement, comme des murmures, comme si une sorte de rumeur se propageait dans mon dos, mais je ne les vois pas parler. Je garde la tête droite, le port fier, à l'habitude. Je n'ai pas peur, mais je reste consciente et attentive.

                  Lentement, l'autre s'efface devant moi. Il m'invite à rentrer dans l'une de ses huttes dont je ne vois pas l'intérieur, hormis une flamme. Trop sombre. Trop étroit aussi. Mais soit, je suis arrivée jusque ici, c'est pas pour me débiner. Toujours suivie par mon guide, je rentre à l'intérieur. Réduit au strict minimum. Pas vraiment de meubles, juste des étagères et des suspensions un peu partout, avec manifestement de la nourriture séchée qui pend. Une sorte de lit à même le sol. Donc pas totalement primitif. Mais j'attends de voir. Derrière moi, j'entends la voix rauque du premier de ces singes s'exprimer, sans comprendre un traitre mot. Donc ils parlent. Leur propre langue autochtone. Tout ce que je perçois, c'est à nouveau ce "J'ehdai". Donc ça parle de moi, et sans doute pas pour me bouffer. Dans le coin de la pièce, je perçois un mouvement. Un autre de ces signes, au pelage brillant et argenté, se retourne, couteau à la main. Enfin, couteau... Une petite branche avec un silex, quoi. Pas de métal. Autre point à noter. Il répond dans sa langue avant de tourner les yeux vers moi.

                  -Pas vu Jedi depuis lunes. Que faire ici ?

                  Du Basic. Un ancien. Leur chef, du coup, très certainement. Mon cerveau tourne à plein régime, et il me faut un instant pour répondre. Déjà, dissiper le doute.

                  -Je ne suis pas Jedi. Je manipule la Force et me bat au sabre-laser, mais je ne suis pas Jedi.

                  Je joins le mouvement à la parole en écartant les pans de mon manteau pour lui montrer mon sabre-laser. Je le sors et le présente, dans ma paume ouverte, de manière à ce qu'il le voie et qu'il sache que je ne compte pas m'en servir. Je garde le dos droit, et le regard haut. Ces semaines d'entraînement et de garde-à-vous vont servir finalement. Je vois qu'il continue de me regarder, qu'il attend la suite. Mais je dois dire quoi ? Que je suis là pour prendre le contrôle d'Arkinnea ? Ils vont me taper dessus, si je fais ça.

                  -Je suis venue voir la construction en lisière de forêt. Je suis curieuse.

                  -Être avant-poste. Des lunes avant, Jedi ici. Partis, jamais revenus.

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                    #9

                    Post n°9
                    Auteur : Erys Talmark

                    La portée des paroles de ce truc me touche instantanément. Des Jedi, ici, à une époque finalement pas si lointaine. "Des lunes", ça pouvait dire tout et n'importe quoi, mais c'était probablement de mémoire d'homme. Enfin, de singe. Il avait dû voir des Jedi, un jour, et en garder un souvenir, un souvenir qui était collectif, en plus, vu que l'autre aussi connaissait ce mot. Je ne sais pas où on va avec tout ça, mais on y va, et pleine bourre...

                    -Expliquez moi.

                    Ma voix s'est adoucie. Ce n'est même pas vraiment ma voix. Je sens la gamine qui rentre en co-conscience avec moi, qui veut participer, écouter elle aussi. Je la comprends, parce que potentiellement, on va entendre des choses inattendues, ici. Moi aussi je suis curieuse.

                    -Jedi venus ici. Peur, fuite. Eux rencontrer Yunus, rencontrer nous. Demander aide, donner aide. Yunus aider parce que Jedi aider. Apprendre langue. Protéger.

                    Je reste silencieuse, en essayant de naviguer entre écoute et compréhension. Les rudiments de Basic, accompagnés par des grognements et des sons gutturaux, sont à peine suffisant pour que je comprenne bien toutes les implications. Mais je décèle sans problèmes le respect dans sa voix à l'évocation des Jedi. Il y a quelque chose de primordial que je ressens. 

                    -Et... Pourquoi sont-ils partis ?

                    -Parlé de problèmes. Devoir agir. Eux jamais revenus.

                    Probablement du fait de la Guerre. Probablement du fait de l'Empire, de la fuite des Jedi. Ils ne sont guère plus qu'une légende pour beaucoup de monde, et si on entend des rumeurs à leur sujet, pour l'heure, on n'a aucune idée de si et comment l'Ordre Jedi a vraiment survécu ailleurs. On a des bribes, des connaissances, mais c'est tout. Que faire de tout ça ? J'en ai aucune idée. Tout ce que je sais, c'est que je suis sur une planète où les Jedi ont vécu il n'y a pas si longtemps.

                    -Alors, cette... habitation, ce sont eux qui l'ont construite ?

                    -Réparée. Être très vieille. Loin. Avant nous.

                    Je hoche de la tête. Donc cette ruine est très vieille. Mais si j'ai bien compris quelque chose, à travers les enseignements de Froome, c'est que les coïncidences, avec les Jedi, avec la Force et avec ce qui nous entoure, ça n'existe pas. Quelque part, à travers la Galaxie, des Jedi sont arrivés ici, supposément par hasard. Je suppose que cette ruine, puisque de ce que je comprends, ils s'y sont installés, les a... "appelés", en quelque sorte ? Donc ce serait un édifice Jedi. Et quelque part, j'ai été appelée ici aussi. Parce que parmi tous les endroits de la planète, je suis arrivée là ? Le hasard est trop gros. Trop énorme même. 

                    -Yunu, c'est bien ça ? Vous avez un nom ?

                    -Rorrg.

                    -Rorrg. Merci pour ces informations. Je suis Erys. Je suis sur Arkinnea pour aider la planète. Si vous le permettez, je vais repartir pour le moment, mais je reviendrai pour parler avec vous. Pour vous comprendre. J'aimerais vous comprendre. Et vous aider, moi aussi.

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