Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #3

    Post n°3
    Auteur : John Harvey

    Patatra ! C’était souvent comme ça, dans ce bourbier. Les gens ne pensaient qu’à leur pomme et ne prêtaient aucune attention à ce qui les entourait. Pas étonnant que le jawa ce soit pris les pieds dans le tapis. Enfin, le tapis avait plutôt la forme d’une groupuscule armé, avec qui il valait mieux ne pas plaisanter. Dites-donc, ça s’était sacrément militarisé, Tatooïne, ces dernières années ! Mais avant d’en savoir plus, il valait mieux faire profil bas. La dernière fois qu'il était passé dans le coin, son départ précipité avait du être mal digéré par certains. Les erreurs de jeunesse. Avec le temps, John était devenu quelqu'un de bien plus posé. C'était d'ailleurs pour ça qu'il ne préférait pas trop traîner dans les parages. Il ignorait pourquoi, mais il avait l’impression de ne pas être le bienvenue. Remettre les pieds ici n'était peut-être pas une si bonne idée. Au fond de lui, le mercenaire avait l’impression qu’on n’hésiterait pas à lui tomber dessus à la moindre occasion. Harvey reporta donc son attention sur le son ancien acolyte et lui fit signe de ne pas traîner dans les parages. Non pas que John voulait s’encombrer de sa présence. Mais avec une milice qui se rapprochait, il valait vraiment mieux rester discret. Du moment qu’il n’avait pas fini de récolter les informations qu’il recherchait, John voulait rester monsieur passe-partout. Donc le gaillard avait rapidement compris que c’était plus simple pour lui de se coltiner la présence du droïde, plutôt que de chercher à le convaincre de retourner s’occuper de son vaisseau. Chercher à négocier avec lui maintenant, c'était attirer l'attention de tout le spatioport. En un instant, le duo était déjà en train de fendre la foule, l'air de rien, en allant dans une toute autre direction.

    Mauvaise nouvelle, ils se rapprochaient du quartier des affaires, là où se trouvait Bor'sek et sa bande. Alors qu’il arpentait les rues, les souvenirs de John remontaient à la surface et le tueur à gages reconnaissait certains quartiers. Il eut un moment d’hésitation, avant de reprendre la route de plus belle. S’il se montrait incertain, alors il attirerait l’attention plus facilement. Harvey reprit donc son allure soutenue, marchant comme s’il savait où se rendre. Mais il n’alla pas bien loin. Déjà, une voix l’interpellait. Un touriste, en plus ! Comme s’il avait du temps à perdre avec ces bêtises.

    C’était l’erreur. L’erreur classique. Souvent, dans ce métier, on se faisait passer pour ce qu’on n’était pas. John se retourna pour se trouver nez-à-nez avec le soldat tamponneur de jawas. Ça sentait le coup-fourré à plein nez. Méfiant, Harvey rapprocha délicatement la main de son pistolet-blaster. Ici, s’échanger des tirs lasers, c’était les « bonjour » d’usage. Bien que sur ses gardes, le tueur à gages jeta un regard neutre à l’inconnu. Mais celui-ci finit par cracher son propre nom dans une expression de surprise. Ce fut donc au tour de John d’être surpris. C'était vraiment trop demander que de faire TROIS PAS sur ce grain de sable sans tomber sur quelqu’un qui nous connaisse ?

    Passé le moment de surprise et de colère, que John continua de cacher derrière son masque imperturbable, le mercenaire se mit à rechercher l’identité de toutes les personnes qu’il avait pu rencontrer. Mais la tête du gars ne lui disait rien. Habituellement doté d’une excellente mémoire, John continuait de se creuser les méninges mais commençait à désespérer. Abandonnant, il finit par légèrement hausser un sourcil en guise d’incompréhension. Et c’est à cet instant précis que la mémoire lui revint ! Merlow ! L’un des gars qui avait fait l’armée avec lui, juste avant que John n’atterrisse sur Tatooïne pour la première fois de sa vie. C’était dingue qu’il ait pu l’oublier : au début de sa cavale, Harvey avait pourtant bien mémorisé la tête de ses anciens collègues, tellement il avait redouté de les croiser au coin d’une rue. Puis, le temps passant, il avait fini par les oublier, eux et leur goût pour la hiérarchie. Enfin, il semblait que Merlow n’avait pas eu une longue carrière dans l’armée impériale, vu le métier qu’il faisait aujourd’hui. Et, surtout, l’endroit où il se trouvait.

    John se remettait à peine de ses émotions. Mais il devait apporter une réponse, d’autant plus que la question de Merlow était plutôt maline. Car il était hors-de-question d’en dire trop : Harvey n’avait aucune confiance en son ancien camarade de formation. Là-bas, sur Nespis VIII, il n’avait pas noué de grandes affinités. En réalité, John s’était plus mal-entendu avec ses camarades que l’inverse. Enfin, beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts et Merlow pourrait s’avérer d’une petite aide, qui sait ?


    - Je viens voir un ami.

    Après l’avoir salué d’un hochement de tête, John venait de lâcher ces mots. Ça voulait tout dire et rien dire. Ce pouvait très bien être interprêté comme un « Occupe-toi de tes affaires » ou « Je vais lui régler son compte » ou, « Tu peux peut-être m’aider ?  ». À vrai dire, Harvey espérait Merlow suffisamment futé pour penser à la troisième option. C’était risqué, mais en aucun cas il ne pouvait se permettre de révéler ses actions. Dans le métier, la discrétion était gage de durée de vie allongée.

    Une idée germait petit à petit dans la tête de John. Il ne connaissait pour le moment personne sur Tatooïne. Ou, pour être plus exact, il devait d’abord poser ses bagages et tâter le terrain avant de voir qui pouvait l’aider et qui il devait éviter. Ça ne faisait pas quinze minutes qu’il avait posé le pied sur Tatooïne qu’il savait déjà qui éviter (Bor’sek et sa bande) et peut-être qui pouvait l’aider (Merlow). La journée commençait bien ! Quoi qu’il en soit, plutôt que de se jeter en solo comme il s’était apprêté à le faire, il valait mieux compter sur l’aide qu’il pouvait recevoir. Et Merlow avait certainement son rôle à jouer. Prolonger la discussion, c’était donc continuer de prendre la température sur la planète de sable. Clairement dans l’intérêt de Harvey. Finalement, c’était peut-être une rencontre qui tombait bien !


    - On peut rattraper le temps perdu ? Pas ici.

    Le lieu était trop bondé. Enfin, c’était surtout un lieu de passage, où il était facile d’épier. John préférait un endroit plus calme, comme une cantina ou, dans l’idéal, une planque. Harvey avait appuyé sa question d’un geste du menton à destination de Merlow. Qu’allait-il décider de faire ?

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      Le Chroniqueur
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      #4

      Post n°4
      Auteur : Super PNJ

      Harvey semble le reconnaître. Au moins, Merlow ne s’est pas trompé de gars. C’est une bonne chose ! Cependant, l’ancien camarade de section du mercenaire demeure sur ses gardes. Pas étonnant… Quand on disparaît soudainement sans laisser de traces, la dernière chose qu’on souhaite, c’est tomber sur une vieille connaissance qui pourrait tout foutre en l’air. Le porte-flingue soupçonne l’autre d’avoir déserté, d’où sa méfiance. Mais il n’est pas là pour le juger. Après tout, lui-même a abandonné l’armée impériale. L’Empire qu’il s’était juré de servir est mort. Le serment qu’il a prêté n’a donc plus aucun sens… Et il avait de toute manière fini par se persuader que la vie de mercenaire lui convenait mieux. Quoi qu’il en soit, John Harvey a assez de jugeote pour savoir qu’il n’est pas judicieux de parler dans cet endroit très fréquenté. Après tout, sur Tatooine, il y a toujours une paire d’oreilles qui traîne là où il ne faut pas… D’un simple signe de tête, le fusilier de Chumchurk indique qu’il accepte de conduire son vieux camarade dans un coin plus tranquille. Il porte la main à son comlink et appuie sur un bouton.

      - Ici Delta Un. Je dois temporairement m’absenter pour explorer une piste. Quelqu’un pour me remplacer au spatioport ?


      « Ici Delta Trois. Je m’en charge. Je n’ai toujours rien trouvé de mon côté. »


      - Bien reçu Delta Trois. Reste prudent.

      « Comme toujours Delta Un… Comme toujours… »


      Accompagné par Harvey et le modèle FEG qu’il avait pris par erreur pour un employé du spatioport, le mercenaire se fraie un passage au travers de la foule. Nombreux sont ceux qui désirent quitter Tatooine avant que les choses ne se compliquent davantage. Dans leur exode précipité, certains d’entre eux se montrent particulièrement agressifs. Au sein de toute cette agitation, les esprits s’échauffent rapidement. Une bagarre éclate à quelques mètres du trio, fruit d’une violente dispute entre deux groupes d’exilés en devenir. Merlow, qui ne souhaite en aucun cas se mêler des histoires des autres, se contente de poursuivre sa route. Il fait bien visiblement. Une escouade de pacificateurs débarque quelques minutes après le début de l’échauffourée pour calmer les ardeurs et embarquer les fauteurs de trouble.

      - T’as vraiment choisi le mauvais moment pour voir un ami sur ce trou paumé Harvey. Tu l’auras probablement remarqué, y’a des tas de types armés qui se promènent dans les rues. Indique le porte-flingue en lâchant un soupir. Cette planète est prête à s’embraser… Pillards Tusken en pleine croisade meurtrière, gangs prêts à tout pour survivre, troupes républicaines sur le pied de guerre, mercenaires et chasseurs de primes attirés par la gloire et la fortune… Tatooine est devenue une vraie poudrière ! Maintenant, il ne manque plus qu’un con lance une allumette dans le tas et on aura une jolie explosion...

      Ce qui ne saurait tarder à dire vrai… Mais peu importe. Le fusilier de Chumchurk espère simplement être loin d’ici quand ce moment viendra. Pour l’heure, il se contente de poursuivre sa route et le petit groupe qu’il conduit s’éloigne peu à peu des environs du spatioport. Le trio s’engage dans une série de ruelles étroites et peu fréquentées. Les rares passants sont des petites frappes ou des mendiants en haillons. Le déserteur impérial garde une main sur le blaster qui pend dans un holster de jambe, attentif au moindre bruit ou mouvement suspect. Il sait, par expérience, que c’est dans ce genre de coin qu’on fait les pires rencontres…

      Et c’est justement dans cet endroit malfamé que trois silhouettes attendent patiemment dans l’ombre des bâtiments. Les petites frappes sortent hors de leur cachette, armes en évidence, et barrent la route au groupe du mercenaire. Merlow recule d’un pas, à peine surpris. Il dévisage les voyous, prêt à dégainer. Il se ravise en constatant que les trois crapules ne sont que des gamins. Des adolescents, ayant probablement entre quatorze et dix-sept ans, qui jouent les bandits… On aura décidément tout vu sur ce trou à rats ! Le plus vieux des trois, un humain à la tignasse blonde armé d’un blaster trafiqué, crache par terre et toise le groupe d’en face. Il affiche un sourire condescendant aux lèvres. Ses deux comparses, un Rodien muni d’une lame improvisée et un Zabrak serrant une batte entre ses mains, semblent aussi enthousiastes que lui à l’idée de racketter quelques passants.


      - Tirez-vous les mioches. Je n’ai pas de temps à perdre avec ça. Annonce le porte-flingue en jetant un coup d'œil aux diverses ruelles qui pourraient dissimuler quelques uns de leurs petits camarades.

      - On peut se tirer de là oui… Mais d’abord, faudra nous refiler tes crédits et… Le modèle FEG. J’suis sûr qu’on pourra en tirer un max de pognon.
      Lance le blondinet.

      - Sérieusement les morveux… Cassez-vous avant que je ne me fâche. Réplique le déserteur impérial en désignant du menton le blaster qui pend à sa jambe. Soyez sympa. Rentrez chez vous avant de vous faire mal.

      - T’as vraiment rien compris mon pote… T’es pas en position de négocier ! Lance le vaurien en agitant son blaster sous le nez du fusilier de Chumchurk. Si je presse la détente, t’es mort. Allez file tes crédits ! Après, ce sera au tour de ton pote.

      Merlow fait semblant de coopérer et porte sa main à une bourse suspendue à sa ceinture. Alors qu’il semble sur le point de la décrocher pour l’offrir aux voyous, le mercenaire arme son poing et frappe le blondinet dans l’estomac. La petite frappe se plie en deux, gémissant de douleur. Un deuxième coup vient le coucher. Le Zabrak lève sa batte et s’apprête à frapper au moment où le porte-flingue dégaine son blaster. Un tir vient toucher la ceinture de l’alien, qui a un mouvement de recul en sentant son pantalon glisser sur ses jambes. Il tombe à la renverse en poussant un juron. Le troisième larron de la petite bande tente de s’interposer pour sauver ses camarades mais reçoit un coup dans l’entrejambe et s’écrase contre un mur en se tenant les parties intimes.

      - Et merde… Tirons nous en vitesse !
      Grogne le Zabrak qui s’enfuit en se tortillant pour garder son pantalon en place. Je l’avais dit que c’était un mauvais plan !

      Le Rodien, qui ne marche plus bien droit à cause du coup qu’il a reçu dans l’entrejambe, imite son comparse et détale à son tour. Le blondinet, désormais seul, jette un regard noir au déserteur impérial et rejoint ses camarades en courant.

      - Eh ! Attendez-moi ! Revenez les gars ! On peut toujours soutirer quelques crédits au vieux Sutton ! Les gaaaaars !


      Merlow glisse son blaster dans le holster de jambe et observe la débâcle des gamins en soupirant.

      - Y’a même pas moyen de leur inculquer une leçon… Sales gosses. Marmonne le mercenaire avant de se tourner vers Harvey et son partenaire métallique. Rassurez-vous, nous sommes presque arrivés.

      Le fusilier de Chumchurk passe une main sur son front à nouveau couvert de sueur et poursuit sa route en prenant soin de rester dans l’ombre des bâtiments. Finalement, il mène ses deux camarades de mésaventure jusqu’à un entrepôt désaffecté. L’homme s’arrête devant la console de la porte, insère un cylindre codé et rentre un mot de passe sur le clavier. Lorsque la porte disparaît dans le mur, Merlow invite Harvey et le modèle FEG à rentrer à l’intérieur. Son regard balaie les environs le temps d’un instant. Constatant qu'il n'y a rien de suspect dans les parages, il finit par s’introduire dans le bâtiment. Le trio pénètre dans une grande salle, probablement un ancien hangar, qui sert visiblement de centre des opérations pour les mercenaires. Au milieu de la pièce, quelques mets se battent en duel sur le métal froid d’une poignée de tables. Le long d’un mur, de nombreux lits et quelques hamacs suspendus servent de dortoirs improvisés pour les troupes. Plus loin encore, des caisses parfaitement empilées les unes sur les autres attendent patiemment d’être ouvertes. Pour finir, un coin est réservé à diverses consoles destinées à la surveillance et aux communications.

      - C’est pas le grand luxe, mais faites comme chez vous. Indique Merlow.

      Le porte-flingue se dirige vers les dortoirs, se penche pour tirer une caisse sous un lit et en sort une bouteille de Spotchka. Il rejoint ensuite ses camarades à une table et propose un verre à Harvey avant de se servir une bonne rasade.

      - Bon… T’as bien vu que c’est la merde ici. Sur Tatooine, y’a ceux qui butent pour le plaisir ou l’argent et ceux qui te détroussent pour survivre. Se balader seul dans le coin, c’est le meilleur moyen de signer son arrêt de mort.
      Poursuit le déserteur impérial en avalant une gorgée de Spotchka. Voici ce que je te propose… On aurait bien besoin d’un gars comme toi pour nous assister dans notre tâche. Si tu fais bien le taff, je trouverais un moyen de m’arranger avec le boss pour pouvoir surveiller tes arrières le temps que tu retrouves ton “ami”. Alors, qu’est-ce que t’en dis ? On fait affaire ?

      Le regard du mercenaire se pose sur son ancien camarade de section. Il sirote son verre tranquillement, un léger sourire aux lèvres. Une telle offre ça ne se refuse pas... Sauf si l'on souhaite mourir.


      Spoiler : Spoiler
      Hivernus.

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        #5

        Post n°5
        Auteur : John Harvey

        On ne pouvait pas dire que Tatooïne avait manqué à John Harvey. Mais, sans être nostalgique pour autant, il y trouvait un certain charme. L’agitation permanente contrastait avec le comportement relativement sage des chasseurs de primes de Dantooïne. La planète sable était peut-être le recoin le plus malfamé de la galaxie et John s’y sentait plus à son aise. Enfin, pas trop non plus. Il appréciait le fourmillement constant et était parfois ébahi par la capacité avec laquelle les choses pouvaient dégénérer en un clin d’oeil. Mais il considérait que la chaleur insurmontable le jour et le froid glacial la nuit rendaient tout séjour beaucoup moins appréciable. Surtout, John savait que la vie en dehors des villes était un cauchemar. Lui, préférait les environnements urbains (avec tous les méfaits qu’on leur connaît) aux déserts arides. En résumé, John était assez satisfait à l’idée de passer par Tatooïne et d’en repartir très rapidement. D’autant plus que le portrait que dressait Merlow n’était pas reluisant. À première vue, John ne nota pas de différence fondamentale avec ce qu’il avait pu connaître. Puis il réalisa que si le mercenaire prenait la peine de lui donner toutes ces informations, c’était que la situation était particulièrement complexe. D’ailleurs, il suffisait de regarder les airs méfiants que les habitants se lançaient les uns les autres pour voir que l’ambiance n’était pas aux grandes fêtes populaires. Ça allait barder, comme le soulignait Merlow. Et, si John ne se taillait pas rapidement, il allait sauter avec la machine.

        Donc il devait faire fissa, car il était hors de question de partir d’ici sans avoir retrouvé Gruudi. Seul lui pouvait le mettre sur la voie de celui qui l’avait trahi. John ne cherchait pas à retrouver le responsable de son sort par esprit de vengeance (être balancé, c'était les risques du métier et il les connaissait). Mais plus le temps passait et plus il avait l'impression que sa chute n'avait rien d'anodin. En effet, John s'était toujours trouvé insignifiant. Il était réaliste quant à son rôle : ce n'était qu'un homme de main. Il en avait pleinement conscience et c'était ce qui avait toujours fait sa force. Dès lors que vous savez ce que vous valez, vous pouvez vous vendre facilement. Donc une fois qu'il eut compris que des gens comme lui (c'est-à-dire assez habiles et sans peur de se salir les mains) étaient très appréciés des puissants, il avait su en tirer partie. C'est pourquoi, pendant longtemps, John avait cru que sa chute liée à un concours de circonstances. Mais, récemment, il avait fini par se demander : et si on l'avait évincé pour d'autres raisons ? Et s'il avait tellement gagné en importance qu'on l'avait balancé sous un prétexte ? Or, le seul moyen d'aller au bout de cette intuition, c'était de retrouver celui qui lui avait filé le tuyau pour la pire mission de sa vie : Gruudi.

        Les choses se gâtèrent lorsque le groupe se trouva face à trois apprentis braqueurs. Alors que FEG-36 s’était montré très inquiet, Merlow avait fait preuve d’un tact exemplaire. Pour tout dire, il était parvenu, fait rare, à surprendre John par sa dextérité et manière de gérer la situation. L’ancien chasseur de la guilde n’avait même pas eu le temps de prêter main forte que les voyous étaient déjà en fuite. Le groupe se remit donc en marche, mais rapidement, John constata que FEG-36 ne suivait pas. Posément, le mercenaire se retourna pour voir le droïde figé à l’endroit où il s’était trouvé au début de l’agression. Que lui arrivait-il ? À grands pas, John se rapprocha de lui. C’était possible qu’un droïde soit en état de choc ? John tenta de le rassurer comme il put. Il lui donna une tape dans le dos et dit sur le ton de la blague :


        - Tu vois, ta valeur a augmenté !

        Puis il reprit la route pour rattraper Merlow, espérant que le droïde suivrait. Celui-ci réagit enfin, mais pas de la manière souhaitée. Il se mit à parler :

        - Monsieur, il s’agissait-là de ma première escarmouche ! Permettez que mes processeurs se remettent de ce que mes percepteurs viennent de leur transmettre !

        John s’interrompit, surpris :

        - Comment ça ? Tu n’avais jamais connu d’affrontements ?

        - Non, figurez-vous ! J’étais affecté au transport de dignitaires impériaux. Je dois reconnaître que leurs moeurs sont des plus respectables. Sauf peut-être...

        Harvey voyait au loin Merlow qui les attendait. D’un oeil agité, l’ancien chasseur observa les toits, afin de s’assurer qu'aucun invité surprise n'avait été attiré par la conversation. Deux phrases, c’était déjà trop et John n’était pas venu ici pour faire du tourisme. Ils devaient reprendre la route. Le mercenaire fit signe au droïde qu’ils discuteraient une autre fois. Par miracle, celui-ci comprit et n’en fit pas tout un plat. L’instant d’après, les deux acolytes avaient rattrapé leur guide. Ce dernier les conduisit jusqu’à... un quartier général ? C’était le dernier endroit auquel John s’était attendu. Qu’est-ce qui lui disait que le coin n’était pas truffé de mouchards ? La méfiance du tueur à gages ne l’inciterait pas à parler librement avec son ancien partenaire. Moins encore en la présence du droïde, toujours rattaché à la Guilde. C’était comme parler de ses projets d’avenir en présence du Doyen : quelque chose que John préférait éviter pour des raisons évidentes. Il aurait préféré laisser FEG-36 dehors, mais l’altercation qu’ils venaient d’avoir prouvait que le droïde ne serait pas en sécurité. Il l’invita donc à rentrer avec eux. Une fois à l’intérieur, John réalisa qu’il n’était pas au bout de ses surprises. Voilà que Merlow lui proposait de faire équipe avec lui. L’ancien chasseur de la guilde laissa passer un silence. Il fixa imperturbablement Merlow dans les yeux, avant de lâcher :

        - Je joue solo.

        John ne venait pas de quitter la Guilde pour rejoindre un gang de second rang. Même si les propos du déserteur étaient cohérents, Harvey était assez grand pour se passer de nounou. En réalité, il soupçonnait son vieil ami de ne pas tout lui révéler. Derrière cette requête anodine se cachait un autre besoin. John n’était pas né de la dernière pluie. À force, on apprenait à déceler ce genre de demandes cachées. Le mercenaire sourit intérieurement en se rappelant que l'expert en la matière n'était nul autre que le doyen de la Guilde.

        - De quoi tu as besoin, exactement ? Demanda John.

        Il lui fallait du concret. Ce n’était pas avec des idées et des phrases floues que Merlow parviendrait à obtenir quoi que ce soit. Et, pour assurer que le marché soit le plus équitable possible, John accepta d’aller dans le détail également. Il posa sur la table un badge, qui fit apparaître l’holoprojection d’un Rodien :

        - Il s’appelle Gruudi. C’est un habitué.

        Par « habitué », John entendait que le gars avait travaillé pour plusieurs gangs, au même titre que Merlow et Harvey. Même si Gruudi était plus proche du crime organisé que des milices privées, il y avait quand-même de fortes chances pour que Merlow puisse le mettre sur une piste. Sans le connaître forcément, il en avait peut-être entendu parler. La galaxie est petite ! Les retrouvailles entre Harvey et Merlow en était un parfait exemple.

        - Tu sais où est-ce que je peux le trouver ?

        Le regard clair de John était toujours posé sur Merlow, qui pouvait y lire une détermination sans égal. Harvey avait toujours eu le mérite d’aller droit au but.

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          #6

          Post n°6
          Auteur : Super PNJ

          Harvey annonce qu’il se la joue solitaire. A première vue, il se méfie encore de son ancien camarade de section. Il suffit de remarquer son regard agité pour comprendre qu’il n’est pas vraiment à l’aise. Rien d’étonnant cependant. Quand on déserte l’armée impériale, on apprend à douter de tout et de tout le monde pour ne pas se faire pincer par les salopards du Bureau de la Sécurité Impériale. Du moins, c’est comme ça que Merlow marchait jusqu’à ce qu’il tombe sur la bande à Chumchurk. Visiblement, son partenaire en fait tout autant. Néanmoins, il y a autre chose dans l’attitude du baroudeur qui attire l’attention. S’il semble méfiant, John Harvey n’en demeure pas moins déterminé. Il sait ce qu’il veut et il a l’air prêt à tout. Le contrarier, ce serait faire l’erreur de se mettre en danger inutilement. Un tir de blaster est vite parti, surtout quand on a l’habitude de fuir quelqu’un ou quelque chose… Le premier réflexe, quand on se sent menacé, c’est de tirer avant de poser les questions. Le fusilier de Chumchurk le sait très bien. Il a lui-même une certaine expérience dans ce domaine...

          - Tout doux l’ami. Je ne compte pas sortir un contrat à durée indéterminée et te le faire signer de force. Moi, tout ce que je veux, c’est un échange de bons procédés. Tu m’aides, je t’aide. Et ensuite on prend des chemins différents. C’est tout. Indique le mercenaire en remuant doucement l’alcool de son verre. Je ne cherche pas les emmerdes. C’est pas bon pour les affaires. Surtout quand on cherche à se faire discret. Tu vois très bien de quoi je veux parler hein…

          Le porte-flingue admire la robe bleue de son verre de Spotchka, puis avale une nouvelle gorgée de ce précieux liquide. Son regard se pose à nouveau sur l’autre déserteur.

          - Mon groupe a été engagé pour enquêter sur de mystérieuses disparitions d’enfants. Y’a quelques rumeurs qui circulent… On parle d’enlèvements de la part des hommes des sables, de fugues volontaires du fait du bordel que c’est sur cette foutue planète ou pire… D’un trafic organisé. Poursuit Merlow, en guettant une réaction de la part de son camarade de table. Pour l’instant, on ne sait pas grand chose. Mais ce qui est sûr, c’est que cette histoire pue la merde à plein nez… Et qu’on ne peut pas se fier à la milice locale. Ses membres sont tous pourris. Ou incompétents comme c’est pas donné de l’être. Bref… Tout ce qu’on sait pour l’heure, c’est que les gamins disparus ont un point commun. Ce sont tous des gosses des rues. Orphelins, mendiants, voyous, esclaves… Des “invisibles”. Ces disparitions n'inquiètent donc qu’une minorité d’individus. Des individus qui n’ont pas les moyens d’enquêter ou de se faire entendre. A qui profite tout ceci ? C’est bien la question qu’on se pose. Et c’est pour ça qu’on est payé.

          Le fusilier de Chumchurk racle le fond de sa gorge.

          - Maintenant… Concernant ton Gruudi…

          Le doute s’empare du mercenaire. S’il comprend bien où Harvey veut en venir, le Rodien est une crapule. Ou du moins un habitué des combats. Un membre de gang peut-être. Ou un individu louant ses services à quelques riches personnages. Bref, un type qui sait se défendre. Maintenant, la question qu’il faut se poser c’est pourquoi le déserteur recherche t-il un gars pareil ? Est-ce un associé ? Peu probable. Harvey l’a dit lui, il se la joue “solo”. Et si ses souvenirs sont bons, il a parlé de Gruudi comme d’un “ami”. Mais l’idée de voir un loup solitaire se préoccuper d’un type ayant probablement des ennuis ne semble pas coller avec l’image que le fusilier de Chumchurk se fait de John Harvey.
          Deux hypothèses germent alors dans l’esprit du porte-flingue. Il se peut que son vieux camarade cherche à régler ses comptes avec le Rodien. Il se peut aussi qu’il soit venu récupérer une prime sur la tête de son prétendu “ami”. Après tout, John est resté plus ou moins évasif. Il s’est contenté de balancer le strict minimum. Merlow lâche un profond soupir. Il s’est peut-être foutu tout seul dans la merde en abordant une vieille connaissance... Surtout s’il a raison au sujet du mystère qui entoure ce Gruudi.


          - Je ne connais pas ce Rodien. Jamais entendu parler de lui. Mais il y a bien quelques endroits où l’on pourrait récupérer des informations sur lui. Avoue le fusilier de Chumchurk.

          Il marque un léger temps de pause, incertain de ce qu’il doit dire ou faire. Sous la table, sa main se pose instinctivement sur la crosse de son blaster. Il est prêt à dégainer au moindre mouvement brusque de son interlocuteur. Il anticipe une réaction à une interrogation qui risque de faire grincer des dents.

          - Je t’ai refilé tout ce que je savais Harvey. A toi d’être honnête maintenant. Qu’est-ce que tu lui veux vraiment à ce Gruudi ? Demande finalement Merlow. Si je m’engage à t’aider, je veux savoir dans quoi je m’embarque.

          En posant cette question, le porte-flingue sait qu’il ne doit pas s’attendre à une quelconque réponse de la part de son vieux camarade de section. Cependant, il a joué cartes sur table et il espère bien que l’autre en fera de même.


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            Auteur : John Harvey

            Merlow avait l’air réglo. Le gars avait répondu aux questions de Harvey sans broncher. John le sentait plutôt bien, même si la méfiance ne le quittait jamais vraiment. C’était ce qui vous maintenait en vie, dans le métier. Mais une chose lui posait problème : Merlow voulait qu’il joue les baby-sitters et tout ça, sans garanti de le faire avancer. Déjà, John n’aimait pas trop se transformer en nourrice. Alors si c’était pour une possibilité de piste, ce n’était même pas la peine d’y penser. John voulait du tangible, du concret. Le tueur à gages ne s’asseyait qu’aux tables où il pouvait gagner quelque chose. Aller tâter du Tusken, c’était trop cher payer pour voir la main de son comparse. Dans ses jeunes années, il s’était trop souvent fait rouler pour répéter la même erreur. Si Merlow voulait un coup de main, il devait en dire plus. C’était quoi, ces endroits dont il parlait ? Qu’est-ce qui prouvait à Harvey qu'il n'avait pas évoqué ces lieux juste pour gagner du temps ? Après tout, c’était facile de rester évasif : pendant que Harvey allait se coltiner des Tuskens, Merlow aurait tout le loisir pour s’assurer que ces endroits qui contiennent des informations existent bel et bien. Ça ne devait pas être si difficile à dégotter. Peut-être même que John pourrait se débrouiller seul, sur ce coup-là. Mais le gaillard avait attiré son attention. Comme il avait dit, l’affaire puait le tas d’emmerdes. Du coup, certains détails étaient surprenants et l'ancien chasseur de prime ne put s'empêcher de demander :

            - Qui peut bien vous payer ?

            John fit un geste de la main pour éluder la remarque qu’aurait pu faire Merlow : bien entendu, il ne souhaitait pas savoir quelle était l’identité du client. Ça ne l’intéressait pas. Et puis, il appréciait tout particulièrement ceux qui ne vendaient pas la mèche au premier venu. C’était impensable pour lui que Merlow soit de cette racaille qui n’avait ni foi ni loi. Un Homme n’avait qu’une seule parole, même un gangster. Bien sûr, John savait que c'était le cas d'une simple minorité. À force, il apprenait à les reconnaître. D'accord, Merlow n’était certainement pas un enfant de coeur ! Il avait une belle tête de roublard : le genre de gars qui avait roulé sa bosse dans les boulots militaires, mais avec suffisamment de jugeote pour ne pas y laisser de plumes. Ça se voyait à la manière dont il menait la discussion : même s’il prenait un air désolé, Merlow savait très bien où mener sa barque. Et John ne comptait pas se laisser faire aussi facilement :

            - Écoute, Merlow, j’apprécie. Mais il va me falloir plus que ça. Ce que tu me demandes, c’est...

            Comment amener la chose ? John n’avait jamais été un fin diplomate. Donc il était en train de chercher une formulation autre que : « tu me demandes de fouiller chaque grain de sable juste pour le nom d’une cantina où je pourrais trouver mon gars ». De toute façon, il trouvait la demande du mercenaire bien trop importante compte tenu du service reçu en échange. L’échange de bons procédés était loin d’être équitable. Et ce n’était pas l’accueil dans le hangar et le verre d’alcool qui allait mettre de la poudre aux yeux du tueur à gages ! Mais le vicelard posait les bonnes questions. Il voulait en savoir plus et sa démarche était compréhensible. Jugeant rapidement le pour et le contre, Harvey décida qu’il pouvait mettre son ancien camarade dans la confidence. Après tout, il ne se mouillait pas trop en révélant ce qu'il s'apprêtait à dire et ça pouvait l’aider. Malheureusement pour Merlow, John n’avait rien d’un conteur d’histoires :

            - Un jour, il m’a refilé un tuyau percé. Ça m’a valu la taule et pas mal d’embrouilles. J’ai besoin de lui pour trouver qui m’a bazardé.

            John avait toujours préféré les discours courts. Aller droit au but faisait gagner du temps à tout le monde. Il se leva donc et s’assura d’avoir bien toutes ses affaires. Merlow et lui avaient assez de bouteille pour savoir qu’ils avaient atteint les limites de leur conversation. Maintenant, ils allaient trouver un terrain d’entente ou poursuivre tranquillement leur route. Mais, avant de mettre un terme à leur échange, John glissa lentement la main dans sa poche, pour en tirer une boîte de cure-dents. Il se saisit de l’un d’entre eux, le fit tourner dans ses doigts gantés, puis le glissa à la commissure de ses lèvres. Une fois fait, il planta de nouveau son regard dans les yeux du mercenaire et dit :

            - C’est très simple. Tu m’aides et je t’aide. Si tu me files une piste solide jusqu’à Gruudi, je t’aide à trouver qui capture tes enfants.

            Pour le coup, Harvey ne pouvait pas être plus explicite. Il avait révélé le fond de sa pensée et c’était déjà beaucoup de paroles. Pourvu qu’elles laissent place à l’action : c’était la seule chose à laquelle il croyait réellement. Ses yeux ne lâchaient pas ceux de son camarade. Cure-dent au bec, il attendait de savoir s’il accepterait la proposition.

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              #8

              Post n°8
              Auteur : Super PNJ

              Harley se contente de filer une réponse courte à son ancien camarade. Si le bougre était déjà peu loquace du temps où il s’était engagé dans l’armée impériale, la méfiance semble l’avoir rendu encore moins bavard avec le temps… Ce pauvre John a dû en voir de belles pour se montrer aussi prudent. Par quelles épreuves est-il passé ? Qu'a-t-il bien fait pour se sentir menacé à chaque instant ? Une simple désertion ne peut pas rendre un homme aussi nerveux. Le Bureau de la Sécurité Impériale a beau avoir une sale réputation, la chute de l’Empire a considérablement restreint son champ d’action… Il y a fort à parier que ce comportement particulièrement soupçonneux cache quelque chose. De nouvelles questions font leur apparition dans l’esprit de Merlow. Quoi qu’il en soit, sa brève réponse apporte la lumière sur les interrogations du fusilier de Chumchurk. Harvey souhaite retrouver ce fameux Gruudi pour régler ses comptes. Du moins, c’est ce qu’il prétend…

              Peu importe. Son ancien camarade de section accepte de bosser avec lui s’il promet en échange de l’aider à retrouver son copain Rodien. Il insiste particulièrement sur le fait qu’il souhaite d’abord avoir une piste solide sur la canaille qu’il recherche avant de s’engager dans son enquête, probablement parce qu’il veut être sûr de ne pas se faire rouler. Une manœuvre habile… A n’en pas douter. Merlow ne va pas chipoter pour si peu. Il a conscience qu’il en demande beaucoup. Et de toute manière, il est presque sûr et certain de pouvoir concilier son enquête avec celle d’Harvey. Le mercenaire achève donc son verre de Spotchka, qu’il pose sur la table sèchement, et lance son plus beau sourire au vieux roublard qu’il a en face de lui.


              - Marché conclu Harvey. Lance-t-il simplement en se redressant vivement. Et ne t’en fais pas, je ne compte pas te refiler de “tuyau percé”. J’ai jamais été doué en plomberie de toute manière…

              A cette remarque, le fusilier de Chumchurk se permet de sourire de plus belle, visiblement amusé. Puis il se ravise. Du point de vue de son comparse, ce commentaire est probablement déplacé. Tant pis ! Il s’en remettra. Et puis, faut bien détendre l’atmosphère bon sang. Merlow n’est pas du genre à bosser avec des types qui tirent des tronches de dix pieds de long. Quand on fait un métier aussi dangereux, il faut savoir profiter des petits instants. Rire au nez de la mort, c’est tout ce qui sauve un mercenaire de l’ennui et de l’angoisse. Et si ça peut la dissuader de venir le cueillir maintenant… Il ne va pas cracher dessus !

              - Bon… C’est pas tout mais on a du pain sur la planche... Ou plutôt, du lait de Bantha sur le feu comme on dit par ici. Reprend le fusilier de Chumchurk. Allons-y. J’connais deux ou trois endroits où commencer nos recherches. On finira bien par le trouver ce Gruudi… J’en suis sûr.

              Du moins, il l’espère sincèrement. Ce serait quand même sacrément con de se priver d’un bon tireur comme Harvey. Parfois, trouver le bon gars pour la bonne mission, c’est tout ce qui fait la différence entre la réussite et l’échec… Ou la vie et la mort. Et si jamais Merlow doit en venir aux mains avec les hommes des sables ou quelques fripouilles, vaut mieux avoir un gars qui sait bien tirer pour couvrir son derrière. Après tout, jusqu’à preuve du contraire, on ne sait toujours pas qui ou quoi se cache derrière ces mystérieuses disparitions. Avant de mener la petite bande à l’extérieur du hangar, le mercenaire prend le temps de ramasser quelques affaires qui traînent ici et là pour les balancer au droïde.

              - T’es visible à des kilomètres à la ronde avec ta carrosserie toute brillante. Si on veut pouvoir enquêter en toute tranquillité, il va falloir se montrer plus… Discret. Parce que là… Le moindre péquenaud un peu louche nous verra arriver avant même qu’on puisse lui causer !
              Indique le porte-flingue.

              Le déserteur impérial attend que le modèle FEG ait enfilé quelque chose avant de guider son groupe dans les rues étroites de Mos City. Le temps passe. Les heures défilent lentement. Les soleils jumeaux de Tatooine déclinent à l’horizon, signe évident que la nuit est sur le point d’envelopper la ville. Les trois compères se promènent de quartier en quartier en visitant les coins malfamés où les vauriens ont des choses à dire. Jusque là, personne n’a entendu parler de ce fameux Gruudi. Ou alors, ils refusent de livrer la moindre information… Cependant, un Jawa attiré par l’appât du gain semble enclin à dévoiler de précieux renseignements en échange d’une “honnête” compensation.

              - Shumeneez un toyneepa !

              - V’là les crédits. Maintenant, refourgue-nous tes info’. Lance le mercenaire en surveillant les alentours d’un oeil distrait.

              Le petit être encapuchonné fourre la bourse pleine de crédits dans sa bure et se met à parler. Il révèle donc au fusilier de Chumchurk, dans sa langue natale, tout ce qu’il sait sur le Rodien.

              - Apparemment, Gruudi traîne avec un gang local. Les… Crocs Rouges. Ils ont pour habitude d’aller picoler au “Ver Solitaire”. On devrait y faire un tour.
              Traduit Merlow.

              Le Jawa s’excite soudainement, réclamant un bonus pour garder le silence. Cette tentative d’extorsion ne semble pas du goût du porte-flingue, qui se contente de tourner les talons en ignorant volontairement le natif de Tatooine.

              - Nekkel juuvar obwegadada ! Rage l’informateur, en agitant ses bras dans tous les sens.

              - C’est ça, cause toujours ! Répond le déserteur impérial à l’insulte, avant de marmonner tout bas. Foutus Jawas… Tous les mêmes !

              Les ricanements sinistres de quelques fripouilles arrachent un frisson au porte-flingue, qui décide de presser le pas avant d’être fourré dans un guet-apens. C’est dans ce genre d’endroits qu’on finit avec un surin planté dans les côtes… Merlow s’assure que ses comparses sont bien dans son sillage puis s’engage dans une série de ruelles plus sinistres et étroites les unes que les autres. Après quelques minutes particulièrement intenses, le trio rejoint l’une des nombreuses rues principales. La nuit a désormais entièrement enveloppé la ville de sa chape obscure. Seul l’éclairage public permet d’y voir quelque chose. A cette heure-ci, rares sont les habitants qui osent mettre le pied dehors. Quelques traînards longent les murs des bâtiments en espérant ne pas éveiller l’attention de potentiels coupe-jarrets. Miliciens et soldats républicains, par groupes de deux ou trois, se livrent à des patrouilles nocturnes particulièrement maussades. Parmi les hommes d’armes, ceux qui rêvent d’un bon raid de Tuskens pour tuer l’ennui se retrouvent à récupérer à la pelle un flot incessant d’ivrognes et d’esprits échauffés qui se déverse hors des cantinas.

              Le petit groupe de Merlow s’arrête finalement en face de la devanture d’un établissement. L’enseigne lumineuse suspendue au-dessus de l’entrée désigne clairement l’endroit comme étant le “Ver Solitaire”. La façade de la cantina ne paie pas de mine. Quelques morceaux de plâtre viennent colmater certaines brèches dans les murs fissurés et craquelés de toute part. Alors qu’il observe, perplexe, l’état lamentable de la devanture, le déserteur impérial est bousculé par un client jeté sans ménagement hors de la cantina par quelques individus mécontents. Le bougre, qui a visiblement un coup dans le nez, se redresse péniblement en beuglant ce qu’il pense être une chanson d’amour. Il titube sur quelques mètres, un cadavre de bouteille en main, en braillant une poignée de paroles qu’il répète en boucle. Dans le voisinage, une voix s’élève et demande au chanteur de la fermer. L’ivrogne se tait le temps d’un instant, rote un coup puis se met à vomir le contenu de son estomac dans le sable encore chaud de la ville.


              - Et bien… Au moins, on sait à quoi s’attendre. Fait remarquer le mercenaire avant d’entrer dans la cantina.

              L’intérieur de l’établissement n’est guère plus reluisant que l’extérieur. Sur les côtés, quelques alcôves sinistres accueillent des vauriens qui cherchent à se faire discrets. Ils se complaisent dans des nuages de vapeurs douteuses et discutent à voix basse en surveillant d’un œil distrait les nouveaux venus. Au milieu de la pièce, un duo de Zeltrons déjantés se donne à fond pour divertir les clients. Ils se livrent à des démonstrations musicales particulièrement récréatives. De l’avis du fusilier de Chumchurk, ces deux-là sont clairement défoncés. Bâtons de la mort peut-être ? Fort probable en effet. Cette foutue drogue circule d’un bout à l’autre de la galaxie... Derrière un immense comptoir nichant au fond de la salle, un humain bien dodu se charge de servir les verres à ceux et celles qui se sont installés en face de lui.

              - Harvey, je te laisse faire la causette au patron. Je vais faire le tour des tables histoire de voir si nos sympathiques camarades sont du genre bavard...

              Le trio se sépare donc pour ratisser large. Le porte-flingue demeure un instant immobile, cherchant du regard la meilleure table où poser ses questions. Dans l’une des nombreuses alcôves, trois silhouettes obscures ont tourné la tête dans sa direction. S’il a réussi à capter leur attention, peut-être qu’il parviendra à obtenir d’eux des réponses… Alors qu’il s’approche, Merlow en apprend plus sur ces trois curieux personnages.
              Le premier d’entre eux, un Givin particulièrement bien habillé, fait tâche dans un tel endroit. Le mercenaire est prêt à parier qu’il s’agit d’un entrepreneur fortuné ou d’un intermédiaire quelconque agissant pour le compte d’une puissante organisation. Son voisin, un humain borgne en tenue de combat, se fond bien mieux dans l’ambiance douteuse de la cantina. Le blaster qui pend dans un holster d’épaule parle pour lui. Ce gars là, qui qu’il soit, est probablement payé pour assurer la sécurité de la face de squelette qui lui sert de comparse.
              Le dernier type a une allure plus vicieuse et fourbe encore que les deux autres. Les Farghul n’ont jamais eu bonne réputation au sein de la galaxie… Assassins, voleurs, brigands… Ces quelques adjectifs en disent déjà long sur leur sombre notoriété. Et celui-là, rien qu’à l’observer, semble particulièrement bien les représenter. Ce sale petit Givin aurait-il une tâche à faire disparaître ? Ou souhaite-t-il dérober quelque chose de précieux à un rival ? Peu importe. Les déranger dans leurs petites affaires serait une erreur…

              Merlow décide donc de passer son chemin, ignorant au passage les regards qui se posent sur lui avec plus d’intensité. Il fait le tour des tables en examinant les clients. Après quelques minutes de déambulation qui attire la curiosité et inspire la nervosité, le porte-flingue trouve finalement ce qu’il cherche. L’homme se dirige vers la table qu’occupent actuellement deux Niktos particulièrement tendus et leur sourit doucement.


              - Salut les gars. Alors, tout roule ? Demande-t-il pour amorcer la discussion.

              Les deux compères s’observent en silence sans rien dire, puis fixent le nouvel arrivant avec méfiance. Ces péquenauds ont clairement quelque chose à se reprocher. Criminels en cavale ? Possible… Ou alors, ils ont emmerdé la mauvaise personne et ils cherchent désormais à se faire discrets… Quoi qu’il en soit, le mercenaire pense pouvoir leur tirer les vers du nez sans trop se faire suer. Il y a fort à parier que ces deux-là vont éviter de s’attirer plus d’ennuis qu’ils en ont déjà.

              - Dites… J’aurai besoin de renseignements. Vous connaissez un certain Gruudi... ? Ou sa bande, les Crocs Rouges ?

              Les vauriens s’interrogent du regard, visiblement gênés par la question. Ils savent quelque chose, à tous les coups. Le plus costaud des deux décide de prendre la parole, s’assurant cependant que personne, autour, ne puisse entendre ce qu’il a à dire.

              - Si tu veux des info’, je te conseille de voir ça avec le Givin là-bas… Déclare simplement le Nikto d’une voix rapeuse. Un conseil, évite de l’emmerder. T’aurai tôt fait de te retrouver enterré vif au fin fond du désert. Et crois-moi, personne ne revient jamais de la mer de dunes...

              - Merci pour le conseil l’ami.
              Merlow fait signe à une serveuse Twi’lek, puis se tourne vers les deux crapules. Faites-vous plaisir les gars. Commandez ce que vous voulez. J’offre cette tournée.

              Les voyous le remercient d’un simple hochement de tête, visiblement satisfaits de ne pas avoir eu plus d’ennuis que nécessaire. Le fusilier de Chumchurk poursuit sa tournée des tables avant de rejoindre Harvey et son compagnon de métal au bar. Il s’installe à côté d’eux tranquillement et commande un verre.

              - J’ai peut-être une piste. Indique le mercenaire à son ancien camarade de section. Y’a bien un type, au fond de la cantina, qui pourrait nous renseigner sur ton pote Gruudi. Le problème, c’est qu’il m’a l’air tout à fait dangereux si tu vois ce que je veux dire… Lui tirer les vers du nez, ça risque de le foutre en rogne.

              Le propriétaire de l’établissement fait glisser un jus de Juri le long du comptoir. Le verre finit entre les mains du porte-flingue, qui a tôt fait d’avaler sa première gorgée. La serveuse Twi’lek, ayant terminé son tour, rejoint le bar afin de faire le plein de boissons pour les clients. Le déserteur impérial lui saisit doucement le bras afin de la forcer à rester à ses côtés.

              - Dis-moi… T’aurai pas des info’ à balancer sur le Givin vautré dans l’alcôve là-bas ? Souffle le fusilier de Chumchurk en désignant d’un signe de tête discret la tête de squelette.

              - Tu veux crever mon beau ? Pas moi. Laisse-moi en dehors de tes histoires. Siffle la serveuse avant de trouver refuge du côté de son patron.

              L’imposant gaillard au ventre bien rond qui dirige l’endroit, voyant qu’on importune son employée, se dirige vers le fauteur de trouble d’un pas lourd.

              - Si t’as un problème avec la donzelle, faut passer par moi.

              - Je ne suis pas venu ici pour vous causer des ennuis. Je cherche uniquement des réponses. Rétorque calmement Merlow.

              - Tsss. Imbécile. Vos questions vont vous attirer plus d’emmerdes qu’autre chose. Et par la même occasion, ça nous retombera dessus ces conneries.
              Grogne le gérant du Ver Solitaire en offrant un regard noir au trio infernal qui se tient devant lui. Si vous n’avez rien de mieux à faire que causer et poser des questions, tirez-vous d’ici. J’me ferai un plaisir de vous farcir la tronche à grand renfort de tirs de blaster !

              L’altercation ne semble pas être passée inaperçue. Quelques clients ont cessé toute discussion pour tourner leur attention vers les différents protagonistes. Certains, ne ratant pas la moindre occasion quand il s’agit de se distraire, misent déjà une somme sur l’un ou l’autre. D’autres, plus nerveux, sont prêts à dégainer aux premiers signes de bagarre. Dans le fond de la salle, quelques silhouettes remuent, agitées. Le coupe-jarret borgne qui sert de garde du corps au Givin s’est levé, approchant le bar d’un pas assuré. Curieusement, le patron de l’établissement semble avoir perdu toute envie de violence. Il déglutit péniblement et recule de quelques pas, craignant sans doute d’avoir à subir une quelconque punition.

              - C’est bon Dan. On s’en charge. Lance le gredin en rivant son regard sur les trois comparses. Mon boss veut vous voir. Ne le faites pas attendre.

              Le mercenaire termine son verre d’une traite, le pose sur le bar, inspire un grand coup puis se redresse pour faire face au borgne.

              - On vous suit. Indique t-il en adressant un regard entendu à ses comparses.

              Le groupe s’approche de la table occupée par le Givin et son associé Farghul. La fripouille est congédiée d’un simple geste de la main. La face de squelette invite ensuite les trois nouveaux arrivants à le rejoindre d’un nouveau geste. Le garde du corps, pour sa part, reste debout, prêt à dégainer au moindre problème.

              - Vous savez qui je suis n’est-ce pas ? Demande alors l’alien en tapotant doucement sur la table, signe évident qu’il semble contrarié.

              - Plus ou moins ouais… Répond Merlow, méfiant.

              - Si vous avez une vague idée de qui je suis, vous savez donc qu’il n’est pas prudent de causer du remous dans ce trou à rats…

              Le Givin avale une gorgée de l’infect jus qu’il a commandé, inspire doucement, puis poursuit.

              - Je sais ce qui vous amène ici. Vous posez beaucoup de questions en ville… Ce n’est pas très prudent. Même pour un fusilier de Chumchurk. Continue le type louche d’une voix particulièrement sinistre. Je peux vous fournir des informations… Sur vos enlèvements ou vos copains Crocs Rouges. Cependant… Il faudra me rendre un service.

              Le déserteur impérial renifle avec dédain. Ce sale petit Givin est visiblement bien renseigné. Il doit avoir le bras particulièrement long. Dans quelles affaires louches peut-il bien tremper ?

              - Quel genre de service ?

              - Le genre de service qui nécessitera plus de discrétion que vous en avez actuellement. Alors… Avons-nous un accord ? Cette offre est à prendre ou à laisser.

              Le roublard à face de squelette, désormais penché en avant, offre aux trois comparses un sourire particulièrement affreux. Le porte-flingue borgne, à ses côtés, s’agite doucement. Il semble avoir la gâchette facile. Ce genre de comportement louche met la puce à l’oreille… S’ils veulent leurs informations, ils vont visiblement devoir se salir les mains. Mais Harvey est-il prêt à commettre l’impensable pour obtenir ce qu’il désire ? Le mercenaire interroge du regard son partenaire. Il s’en remet à son jugement. Après tout, si Merlow veut poursuivre sa récente association avec son ancien camarade de section, il doit le laisser prendre cette décision.



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                Post n°9
                Auteur : John Harvey

                Merlow n’avait pas fait la fine bouche. C’était une attitude que Harvey appréciait tout particulièrement. Pendant un moment, le tueur à gages avait cru qu’ils allaient en rester là. John regrettait déjà d’avoir été aussi exigeant. Mais ça avait été un « oui » et le mercenaire avait pu faire part de son soulagement. Il s’était cramponné à ses standards habituels et pouvait s’en satisfaire. L’instant d’après, le trio de choc se retrouvait déjà à écumer les ruelles de la ville.

                « T’es un marrant, toi », s’était dit Harvey en s’accoudant au comptoir. Faire la discut’ au barman, c’était tout sauf dans ses cordes. Mais face à la détermination de Merlow, l’ancien membre de la guilde n’avait pas bronché. Le gaillard se démenait pour l’aider et John appréciait l’effort. Alors, lui non plus, il n’allait pas faire la fine bouche.

                - Qu’est-c’que j’vous sers ? fit la barman en s’approchant du tueur à gages et de FEG-36.

                Puis il s’interrompit en dévisageant le droïde. Il afficha une moue consternée, histoire de bien montrer que ça ne lui plaisait pas trop qu’un tas de boulon s’invite dans son établissement. D’un geste du doigt, John indiqua la boisson qu’il désirait boire. L’envie de mâchonner un cure-dent en même temps qu’il observait la salle était pressante, mais il préféra se faire discret. Pas la peine d'attirer inutilement l'attention. La discrétion était la clef de toute l’opération.

                - ... et un jus d’huile pour le droïde ! beugla le barman à une serveuse Twi’leck.

                John restait face au comptoir, plus à l'aise à l'idée de tourner le dos à une partie de la salle. Autant procéder par étape, de manière méthodique. D’abord observer les alcoves qui entouraient la pièce, et seulement ensuite se concentrer sur les occupants des tables les plus proches. Enfin, il prendrait le temps de tourner le dos au barman pour contempler les dernières tables. Du coin de l’oeil, Harvey put voir Merlow se rapprocher d’une table pas très loin.

                - Cet endroit ne me dit rien qui vaille, jugea bon d’intervenir FEG-36.

                John voulut lui envoyer un regard qui voulait tout dire, mais l’éclairage tamisé de l’endroit l’en dissuada. Et puis, vu l’esprit dégourdi du droïde, le tueur à gages devait être le plus clair possible. Entre les dents, il marmonna donc :

                - Pas maintenant.

                - Ah si, Monsieur ! Maintenant et en tout temps ! Regardez, là-bas…

                John lui saisit le bras et lui jeta un regard assassin. Visiblement, il s’était trompé : c’était bien plus efficace ! Il profita du moment pour jeter un oeil aux alentours. Malheureusement, le duo avait attiré l’attention mais, déjà, les habitués retournaient à leurs occupations. D’un air renfrogné, Harvey tourna de nouveau le dos à la salle. Ce fut à ce moment-là que Merlow décida de revenir à leur côté. Dites-donc, il avait fait efficace ! John commençait à l’apprécier de plus en plus. Hélas, son sens de la discrétion était similaire à celui de FEG-36 car, bientôt, toute la cantina regardait vers eux. Le mercenaire n’appréciait pas vraiment la tournure que prenait les choses. Finalement, il aurait peut-être dû se fier au droïde...

                Et voilà que le groupe se retrouvait convoqué dans le bureau du directeur. Du moins, ça en avait tout l’air. Et le squelette en face d’eux avait l’air de savoir beaucoup de choses. Trop de choses. John n’était pas tant surpris que quelqu’un les ait suivis à la trace. Tatooïne était un véritable panier de crabes. Mais ça le mettait rudement mal-à-l’aise. Le gars en face d’eux n’était pas un plaisantin. Harvey ignorait fichtrement qui ça pouvait bien être, mais il savait qu’il fallait éviter de jouer au plus malin avec un gaillard dans le genre... Gruudi, les crocs rouges, les enlèvements... Peut-être qu’il y avait un lien entre tout ça ? Le tueur à gages réalisait trop tard dans quel guêpier il s’était fourré. Mais il devait aller au bout, il le sentait ! Même s’il avait un mauvais pressentiment au sujet de l’alien. Celui-là était plus que louche. À tous les coups, il en savait bien plus qu’il ne le disait. (Ça pouvait toujours être du bluff, mais un gars avec un ère aussi cruel avait forcément un truc à voir là-dedans.) Et c'était précisément ça qui éveillait la curiosité de Harvey. Mais comment tirer son épingle du jeu ?

                Du regard insistant que Merlow lui lança, le mercenaire comprit qu’il s’en remettait à lui. Un gage de confiance suffisamment rare pour que John le relève. Mais c'était aussi une pression supplémentaire : il ne devait pas se planter. Afin de masquer sa nervosité, John glissa sa main sous la table. Pas si malin, à en juger par l'air revanchard que lui jeta le garde du corps. La tension venait de monter d'un cran. Gardant son sang froid, Harvey dévisagea les gars en face de lui. Leurs expressions sombres n'avaient rien d'encourageant. C'était des loubards, qui avaient l'habitude de foutre des coups de pression. Combien de genoux l'autre gars avait dû bousiller à l'aide d'une barre en fer ? Pas qu'un peu, si vous vouliez l'avis d'Harvey...

                Bon sang ! John sentait qu'il avait tout à perdre dans cette affaire. Mais il était déjà pris au piège. C'était impossible de faire demi-tour : Merlow et lui étaient dedans jusqu'au cou. D'un ton monotone, John finit par demander :


                - De quoi avez-vous besoin ?

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                  Post n°10
                  Auteur : Super PNJ

                  Le Givin s’enfonce doucement dans son fauteuil, un sourire aux lèvres. Il se sait en position de force. En face de lui, les deux humains et leur compagnon métallique sont contraints de coopérer, sans toutefois savoir dans quel pétrin ils mettent les pieds. Sur Tatooine, les informations se vendent chères… Très chères. Et la face de squelette, qui le sait très bien, en profite allègrement. Lorsqu’on en vient finalement à lui demander ce dont il a besoin, le roublard est aux anges. Il avale une nouvelle gorgée de son breuvage douteux, laisse échapper un léger soupir de contentement, puis se décide enfin à répondre.

                  - Bonne question, en effet… De quoi pourrais-je avoir besoin selon vous, hmm ?

                  La crapule ricane doucement avant de reprendre une gorgée de son infâme boisson. Le porte-flingue qui lui sert de garde du corps esquisse l’ombre d’un sourire, ayant probablement quelques sombres idées à ce sujet. Le Givin se penche soudainement en avant, pose son regard de mort les deux comparses le temps de quelques battements de cœur puis reprend d’une voix glaciale.

                  - Il y a un officier du guet qui a un don pour fouiner là où il ne faut pas. Ses petites descentes sont actuellement en train de plomber mes affaires florissantes... Indique l’alien en guettant une réaction sur le visage des deux mercenaires. Cette canaille agit probablement pour le compte d’un concurrent, mais sans preuves de sa culpabilité, il m’est impossible de le tenir à l’écart. Toute information compromettante à son sujet sera appréciée à sa juste valeur… Des renseignements contre des renseignements, voilà un marché honnête n’est-ce pas… ?

                  Merlow renifle une fois de plus avec dédain. Des charlatans qui lui ont proposé des marchés “honnêtes”, il en a connu un paquet. Nombre d’entre eux ont essayé de le doubler au moment de payer ses services. Les autres, pour leur part, n’ont pas jugé bon de le prévenir des dangers encourus en travaillant pour leur compte. Pour le déserteur, il n’est pas question de se fier aux dires du roublard à face de squelette. La mission aura sûrement son lot de complications… Pour ce qui est du reste, il est nécessaire de rester sur ses gardes. Rien ne permet, pour l’heure, de savoir si le Givin tiendra parole ou non. Après tout, il pourrait tout aussi bien se débarrasser de lui et de ses deux camarades d’infortune une fois la tâche accomplie. Cependant, le fusilier de Chumchurk est dans une impasse, il le sait bien. Refuser l’offre du truand, c’est courir au désastre. Le bougre ne les laissera pas partir comme ça sans avoir obtenu d’eux ce qu’il veut, il en est certain. Autant accepter et aviser par la suite...

                  - Votre gars, il a un nom ? Demande finalement Merlow.

                  - Bien sûr… Bien sûr. Je considère donc que vous acceptez la mission.

                  L’ex-soldat impérial adresse un regard entendu à ses compagnons avant d'acquiescer d’un signe de la tête.

                  - Dites-nous tout ce qu’il y a à savoir sur lui. Répond alors le mercenaire. On se charge du reste.

                  - Selon mes employés, cet officier se prénomme Virtsek. Ils ont pu me fournir une description très précise du type… Humain, la trentaine, cheveux courts, yeux verts, implant cybernétique remplaçant son bras gauche. Annonce le vaurien alors qu’il fixe du regard le porte-flingue, occupé à prendre des notes.

                  - Rien d’autre ?

                  - Si j’avais la moindre information de valeur à son sujet, je n’aurai pas besoin de vos services. Fait remarquer le Givin, perplexe. Ce gars-là est prudent. Il doit probablement prendre toutes les précautions du monde pour ne pas se faire pincer dans ses petites affaires… Alors je vous demanderai de faire de même. Il est inutile de vous dire qu’un échec de votre part pourrait me mettre dans l’embarras...

                  - Message reçu cinq sur cinq. Maintenant, si vous voulez bien nous excuser...

                  - Oui… Oui… Bien sûr. Faites donc. Et surtout… Ne me décevez pas. Lâche pour tout commentaire l’alien, congédiant d’un geste de la main les trois partenaires.

                  Alors qu’ils sortent de table, le garde du corps de la face de squelette leur adresse un ultime regard noir, comme pour les avertir qu’il ne leur accordera aucune pitié s’ils venaient à trahir leur engagement. Merlow, qui sait déjà à quoi s’en tenir, se contente de l’ignorer et paie son dû au gérant de la cantina avant de se diriger vers la sortie. Une fois dehors, le fusilier de Chumchurk en profite pour respirer un grand coup. La brise fraîche qui vient caresser son visage est pour lui d’une douceur réconfortante. Au-dessus de lui, les étoiles scintillent de mille lueurs. A cette heure-ci de la nuit, rares sont ceux qui osent encore se promener.

                  - Si vous voulez mon avis, on est dans de beaux draps… Soupire le déserteur impérial en s’assurant que les environs soient sûrs. Face de squelette nous la mettra sûrement à l’envers une fois qu’on lui aura fourni ce dont il a besoin. M’enfin… Gardez-ça pour vous. Dans cette foutue ville, les murs ont des oreilles. On ne peut se fier à personne.

                  Le mercenaire s’étire en baillant bruyamment, le corps rompu de fatigue. Toutes ces heures passées à traîner et à picoler dans les coins malfamés de Mos City commencent à peser sur ses épaules et ses jambes. Sa tête, pour sa part, se fait tout aussi lourde.

                  - Venez. Il est grand temps de se reposer. On réfléchira à un plan d’action demain. Poursuit le porte-flingue en venant tapoter amicalement l’épaule de John. Après tout, un soldat privé de sommeil est un soldat qui a deux fois plus de chance de commettre des erreurs, n’est-ce pas Harvey ?

                  Merlow sourit doucement, se rappelant probablement ses premiers pas dans l’armée impériale. S’il a laissé derrière lui l’Empire et ses institutions corrompues, le désormais fusilier de Chumchurk n’a rien oublié de ses quelques années de service. Après tout, les nombreuses compétences qu’il a pu acquérir ou affiner au cours de sa brève carrière militaire lui ont plus d’une fois sauvé la mise…

                  - Bon sang… Il me tarde de regagner ma couchette… Conclut finalement le mercenaire en baillant une fois de plus.

                  Le trajet du retour se passe sans encombre, le porte-flingue ayant choisi de privilégier un chemin sûr plutôt qu’un raccourci douteux. Seuls quelques animaux errants, en quête de restes à manger dans les nombreux tas d’ordures qui traînent le long des bâtiments, ont manqué à plusieurs reprises de les surprendre. Lorsqu’ils arrivent finalement à l’entrepôt, Merlow se sent enfin en sécurité. Le fusilier de Chumchurk posté en sentinelle devant la porte salue son camarade d’un signe de tête avant de fixer du regard ses deux étranges compagnons de route.

                  - Le patron est à l’intérieur ? Demande alors le porte-flingue à son collègue.

                  - Ouais. Tout le monde est rentré. On attendait plus que ta jolie petite gueule d’ange. Annonce l’autre, un sourire aux lèvres.

                  - Et bien… Ne faisons pas attendre plus longtemps mes admirateurs. Répond le déserteur impérial en offrant à son frère d’armes une tape amicale sur l’épaule.

                  Les deux hommes se mettent à rire le temps d’un instant. Merlow invite ensuite ses deux comparses à entrer dans le bâtiment, en bon hôte qu’il est. A l’intérieur, une douzaine d’hommes, aliens et autres mercenaires déjantés s’est déjà réunie autour d’une table qu’occupe actuellement un imposant Gamorréen. Le chef de la petite bande de soldats de fortune se contente d’observer de loin les deux compagnons que le porte-flingue semble avoir ramené avec lui.

                  - Salut boss. Je vois qu’on a commencé la fête sans moi. Balance l’ex-soldat impérial pour détendre l’atmosphère, qui semble être tendue.

                  - Ronf ronf ! Gruiiiik ! Ronf rooooonf. Se contente de donner pour toute réponse le capitaine de la compagnie.

                  - J’vous présente John Harvey, de loin le meilleur tireur de précision qu’il m’ait été donné de rencontrer. Et la vieille carcasse à ses côtés, c’est son plus fidèle compagnon d’aventure. Indique Merlow à ses camarades d’armes. Avant que vous ne me posiez la question chef, oui je leur fait confiance. Je me porte volontiers garant pour eux. Ils ont accepté de nous apporter leur aide.

                  Le mercenaire omet volontairement de dire qu’il a promis à Harvey de bosser avec lui en échange de ses services, histoire de ne pas irriter son patron. Après tout, le Gamorréen n’est pas vraiment réputé pour sa patience, ni même pour sa compassion. Pour l’imposant guerrier, les échanges de bons procédés sont, dans la plupart des cas, une pure perte de temps.

                  - Harvey, voici Chumchurk le chétif, le capitaine de notre joyeuse compagnie de mercenaires.

                  Le dénommé Chumchurk, contrairement à ce que son surnom laisserait croire, n’a rien d’un Gamorréen faible et fragile. L'humanoïde à figure porcine dispose d’une musculature très développée qui pourrait facilement éclipser celles, plus modestes, de gladiateurs entièrement dévoués à l’art du combat. A l’inverse de ses congénères, qui semblent privilégier un physique gras et volontiers nonchalant, le chef de la bande qui porte son nom n’est qu’une montagne de muscles parfaitement ciselés.

                  - Gruik gruik grumpf. Ronf ronf.

                  Par ces mots, le capitaine accueille les deux comparses de Merlow parmi les siens, acceptant ainsi qu’ils puissent bénéficier du même traitement que ses propres hommes. Au sein du groupe, certains semblent méfiants et n’apprécient visiblement pas qu’on puisse offrir à de parfaits inconnus un tel traitement de faveur. D’autres, à l’inverse, acquiescent en silence, probablement soulagés à l’idée d’avoir quelques bras supplémentaires sur une planète aussi hostile que Tatooine. Quoi qu’il en soit, Chumchurk a rassemblé autour de lui ses mercenaires afin qu’ils partagent à l’ensemble de la compagnie leurs trouvailles du jour. Après tout, ils ne sont pas payés par leur mystérieux employeur pour se tourner les pouces…

                  - Les gens du coin sont vraiment des trouillards. S’ils savent quelque chose, et c’est mon avis, ils n’ont visiblement aucun intérêt à nous le rapporter. Quelqu’un fait pression sur eux. Indique un premier porte-flingue. Tout ce qu’on a réussi à avoir, c’est des regards fuyants, des expressions effrayées et des versions contradictoires. Il y a fort à parier que c’est là l'œuvre d’un gang… Ou d’un gars qui a suffisamment de pouvoir dans cette ville pour se permettre d’agir en toute impunité sous les yeux des locaux.

                  - Même ressenti de mon côté. Personne n’a rien vu ou entendu si l’on se fie à leurs dires. Et pourtant, des gosses continuent de disparaître… On a croisé un couple de parents désespérés à la recherche de leur fils aîné, âgé de quinze ans. Selon eux, on les aurait suivi durant leur enquête et plusieurs tentatives d’intimidation ont été réalisées afin qu’ils abandonnent les recherches. Rapporte un autre, un Twi’lek à la peau verte. Ils nous ont fourni la description d’un type louche qui pourrait, toujours selon eux, être lié aux menaces qu’ils ont reçues. Le problème, c’est que cette description est celle d’un monsieur tout le monde qu’on aura probablement du mal à remarquer dans la foule.

                  - Donc pour l’instant, tout ce qu’on a c’est du vent. Génial…
                  Soupire un Advozse dont l’air dépité n’apporte rien de bon à la dynamique du groupe.

                  - La description peut toujours nous être utile ceci-dit. On trouvera bien quelqu’un capable de nous en dire plus sur ce mystérieux type. Il suffit juste de s’adresser aux bonnes personnes. Fait remarquer Merlow, plus optimiste que son comparse. Il y a des gosses, près du spatioport, qui pourraient potentiellement nous renseigner sur ce genre de malfrats. J’pense pouvoir leur grappiller des info’, il suffit juste de me donner le feu vert.

                  Le Gamorréen consent à lui donner sa bénédiction, d’un simple signe de tête. La description que le mercenaire Twi’lek rapporte à ses compagnons est en effet des plus banales. Le type recherché a entre quarante et cinquante piges, le crâne dégarni, un regard de fouine et une silhouette peu imposante. Avec ça, on ne risque pas d’aller loin… Des gars du genre, c’est pas ce qu’il manque sur Tatooine ! Mais le déserteur impérial pense tout de même pouvoir s’en sortir avec si peu.

                  - Ronf roooonf ?

                  Le grand patron pose la question qui fâche. Jusque-là, on ne peut pas dire que Merlow et ses comparses se soient montrés particulièrement efficaces. Bosser sur deux enquêtes, c’est déjà l’enfer. Maintenant, à cause de l’autre truand, les voilà désormais forcés de travailler sur un troisième dossier. On peut difficilement faire plus compliqué… Mais le porte-flingue, qui n’est pas du genre à se plaindre ou à dévoiler les problèmes dans lesquels il se fourre, préfère s’en tenir à une version très épurée de l’histoire.

                  - On a fait le tour des coins malfamés de la ville. Même ressenti que les autres. Les gens ne sont pas bavards. On se frotte à un gros poisson, à n’en pas douter. Se contente de répondre l’ex-impérial. On a un indic’ potentiel, un gars prêt à balancer des info’... Mais faut le travailler un peu. Pour l’heure, il est pas motivé.

                  Autour de lui, quelques commentaires dépités et quelques grognements circulent. Visiblement, cette journée d’enquête n’a pas été très fructueuse. Quelques suppositions, une piste bancale et une balance qui refuse de parler… C’est sûr que dit comme ça, il y a de quoi frustrer les troupes. Mais Chumchurk sait comment motiver ses hommes. Il leur rappelle simplement que la somme qu’on leur promet en cas de succès leur permettra de couvrir leurs dépenses sur les trois prochaines années. Cette dose de rappel semble revigorer les hommes. Les mercenaires se projettent déjà dans l’avenir, plus riches qu’un entrepreneur à qui tout réussi. À cette simple pensée, les voilà prêts à écumer Tatooine de fond en large à la recherche de leurs kidnappeurs d’enfants ! L’appât du gain, dans le monde du mercenariat, a toujours été un facteur de motivation…

                  Et c’est avec cet état d’esprit, bon enfant et rêveur, que les porte-flingues se dispersent lorsque leur chef leur donne l’ordre de disposer. L’imposant Gamorréen termine sa boisson, s’essuie la bouche du revers de la main puis part s’isoler dans le bureau de l’ancien gérant, reconverti en quartiers privés. Les fusiliers de Chumchurk, assis sur leur couchette ou allongés dans leur hamac, se demandent bien ce qu’ils pourraient faire avec autant de pognon. Certains se voient déjà aux commandes de leur propre vaisseau de contrebande, d’autres s’imaginent dans les bras de jolies femmes. Les plus raisonnables, pour leur part, suggèrent l’idée d’acheter du nouveau matos pour leurs prochaines missions. Au final, chacun donne son avis et arrache un sourire ou une tranche de rire aux autres.

                  Merlow, qui ne se prête pas au jeu, s’amuse toutefois à écouter les propositions délirantes de ses frères d’armes. Un sourire aux lèvres, il s’approche de son ancien camarade de section et de son partenaire mécanique.


                  - Je n’ai pas vraiment sommeil. Enfin si. Mais je me connais… Toutes ces questions sans réponse vont me foutre en l’air et je vais retourner ça dans ma tête toute la nuit. J’vais faire quelques recherches sur l’Holonet du coin. On en apprendra peut-être plus sur tes Crocs Rouges, nos kidnappings, notre ami à face de squelette et son copain du guet… Et peut-être que j’pourrais dormir l’esprit tranquille… Indique le mercenaire à voix basse. Tu ferais bien de te reposer Harvey. La journée de demain risque d’être chargée. Quant à toi, bâton d’or, j’vais voir si je peux pas te trouver un bidon d’huile… On doit avoir ça dans le coin. Bordel… Je crois que j’ai trop picolé.

                  L’homme se tient la tête, se masse le front, puis s’éloigne doucement en marmonnant quelque chose. Pour le déserteur, la nuit risque de ne pas être de tout repos !


                  Spoiler : Spoiler
                  Hivernus.

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