Du thé pour trois.
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Post n°3
Auteur : HivernusL’ambassadeur écoute sans intervenir, sans interrompre. Il se montre plutôt diplomate malgré le ton peu sympathique du Mandalorien. Il pourrait s’offusquer du manque de respect dont fait preuve le Mando’ade à son égard mais s’avère assez intelligent pour reconnaître que dans une société guerrière, le respect se mérite, qu’il n’est pas du. Le diplomate impérial n’ira donc pas jusqu’à monter le ton parce qu’un guerrier lui a refusé une certaine reconnaissance. Il n’est pas aussi idiot, n’a rien d’un impulsif. Mais Vattier de Villiers note toutefois qu’il existe une sorte de loyauté dans le cœur de Wyrim Oshindara. Une loyauté envers les siens, envers Mandalore et plus curieux… Envers la Maison Hawan et le Seigneurat de Bajic.
L’impérial tourne doucement la tête vers la jeune femme afin d’observer sa réaction, de jauger son tempérament. Elle se contente de sourire doucement, apparaît mesurée dans ses gestes, dans ses expressions faciales. Elle ne dévoile rien de son jeu. La belle porte sa tasse de thé à ses lèvres, sirote une nouvelle gorgée avec élégance. Son regard croise celui du diplomate. Il frissonne, se demande bien quel lien unit le mystérieux guerrier Mandalorien à la fille adoptive du seigneur de la guerre Hivernus.
- Je crois qu’il y a méprise, Monsieur Oshindara. Répond finalement Vattier de Villiers, plutôt courtois pour quelqu’un qui vient de se faire sermonner. Vous vous trompez sur les intentions de l’Impérium. Nous ne sommes pas venus ici pour imposer quoi que ce soit au peuple de Mandalore, ou par intérêt.
Il touille doucement son thé à l’aide d’une cuillère, sans faire de bruit.
- L’Impérium maintient une présence minimale sur Mandalore. Nous sommes ici sur demande du gouvernement des Nouveaux Mandaloriens, parce qu’ils ont souhaité se placer sous notre protection face aux agissements de certains clans, de certaines factions. Pour autant, vous ne trouverez pas de troupes impériales sur Mandalore ou la moindre trace d’une ingérence de l’Impérium dans les affaires Mandaloriennes. Nous sommes pour le gouvernement de Mandalore des conseillers et des partenaires, pas des conquérants ou des tyrans. L’Impérium n’a aucunement l’intention de prendre votre planète par la force… Ou par la ruse.
L’homme inspire doucement, apprécie l’odeur du thé qui lui monte aux narines. Il lève sa tasse en adressant un regard entendu à Frilla, comme pour honorer la qualité de son accueil. Il boit une nouvelle gorgée, savoure le goût parfumé que l’infusion a en bouche.
- Comprenez bien que nous apportons notre soutien aux Nouveaux Mandaloriens parce qu’ils nous en ont fait la demande. Nous défendrons leur souveraineté et leurs intérêts, en tant qu’alliés et en tant que partenaires commerciaux. Mais nous comprenons aussi que le futur de Mandalore doit passer par une meilleure entente entre ses clans, par une fin des conflits qui opposent des parents à leurs enfants, des frères à leurs sœurs.
L’ambassadeur impérial repose doucement sa tasse sur la table basse. Il y a une lueur curieuse dans son regard. Il a l'œil qui pétille. Mais il apparaît calme et détendu.
- L’Impérium est prêt à étendre son soutien au clan Oshindara si telle est sa demande… Et si cela va dans l’intérêt du plus grand nombre.
La proposition est cordiale, ne présente aucun sous-entendu. Le diplomate semble vraiment intéressé par ce que le Mandalorien peut lui raconter malgré son hostilité initiale. Il a la trempe d'un vrai diplomate. Patient, observateur et réfléchi. -
Post n°4
Auteur : Wyrim OshindaraJe n’ai pas répondu tout de suite. J’ai écouté. C’est une qualité rare dans une galaxie où chacun veut imposer sa voix avant de comprendre celle de l’autre. Le ton de l’ambassadeur est mesuré. Trop peut-être. Mais pas faux. Il joue à sa manière, comme moi je joue à la mienne.
Je ne suis pas dupe. Les mots sont bien choisis, les inflexions parfaitement dosées. Et pourtant, il y a une forme de vérité dans ce qu’il dit. Une lucidité que je ne m’attendais pas à trouver chez un représentant impérial.
– Vous parlez avec justesse, ambassadeur. Cela m’étonne… et me plaît.
Je redresse légèrement le menton. Mon regard, invisible derrière la visière, ne lâche pas le sien. Pas d’animosité. Juste un poids. Celui du respect que l’on ne donne pas, que l’on mérite.
– Si les Nouveaux Mandaloriens ont sollicité votre protection, je ne viendrai pas leur arracher ce droit. Chaque clan a ses choix. Sa peur. Ses raisons. Ce n’est pas à moi d’en juger. Mais je vous le dis clairement : nous ne sommes pas leurs ennemis. Pas encore. Pas si la voie reste ouverte à ceux qui veulent redresser la tête sans trahir leur honneur.
Je pose lentement ma main gantée sur le bois de la table. Comme une ancre. Comme un symbole.
– Le clan Oshindara n’a rien demandé. Il a agi. Il a bâti, en silence. Il a tendu la main à ceux qui n’avaient plus de foyer. Et si vous me dites aujourd’hui que l’Impérium est prêt à écouter ce que nous avons à dire… alors j’accepte. Non pas pour qu’on nous reconnaisse, mais pour que vous sachiez.
Je me penche très légèrement en avant. Une tension dans l’air. Non menaçante, mais affirmée.
– Mandalore n’a pas besoin d’un maître. Elle a besoin de se souvenir. Et ceux qui l’aideront à se relever sans poser de chaînes… seront peut-être les premiers à voir ce peuple marcher sans courber l’échine.
Je m’adosse enfin. Le silence revient, dense. Mais cette fois, je n’ai plus rien à prouver.
Je laisse retomber mes mots comme des lames. Ni tranchantes, ni provoquantes. Juste affûtées. L’ambassadeur ne s’en offusque pas. Il est plus fin que ça. Et c’est tant mieux. Car ce que j’ai à offrir ne se marchande pas… il se comprend.
– Vous dites vouloir l’unité des clans. Très bien. Mais sachez que l’unité ne se décrète pas depuis une salle de conseil ou une place forte impériale. Elle se forge là où le sang a coulé. Elle se gagne dans les regards de ceux qui ont tout perdu, et qui choisissent pourtant de se battre pour plus que leur rancune.
Je relève doucement ma main de la table. Mon ton s’adoucit à peine, mais garde sa densité. Une vérité, même crue, reste plus respectueuse qu’un mensonge poli.
– Ce que je propose n’est pas un soulèvement. Ce n’est pas une croisade. C’est un socle. Une base sur laquelle on peut bâtir quelque chose qui ne s’éteindra pas au premier coup de canon. Et ceux qui choisiront d’écouter… libre à eux de tendre l’oreille ou de détourner le regard.
Je ne cherche pas son approbation. Ni celle de Frilla, silencieuse depuis le début. Je cherche l’équilibre. Et je crois qu’en cet instant, nous l’avons atteint.
– Vous saurez où nous trouver, ambassadeur. Pas dans les salons. Pas dans les rapports. Mais là où les décisions prennent forme. Sur Mandalore… et au-delà.
Je n’attends pas de réponse immédiate. Mais je sais lire les silences. Et celui de l’ambassadeur ne me paraît pas vide. Il écoute encore. Il observe. Il cherche l’angle utile, peut-être. Alors je poursuis, d’un ton plus posé, comme si je glissais la lame dans une faille que lui seul aurait remarquée.
– Mandalore n’a jamais été facile à apprivoiser. Ni par les armes, ni par les traités. Mais c’est une vérité que l’Impérium connaît : les alliés les plus utiles ne sont pas ceux qu’on tient en laisse. Ce sont ceux qui tiennent bon quand les autres fuient.
Je laisse mes mots respirer. Le thé fume encore. La pièce est calme. Même les ombres semblent attendre la suite.
– Aider les Mandaloriens à se relever, ce n’est pas parrainer une guerre. C’est investir dans une stabilité que personne d’autre ne peut garantir. Pas les Jedi, pas les marchands, pas les théoriciens. Seulement nous. Parce que nous n’oublions rien. Et parce que quand nous promettons, nous gravons cette promesse dans notre chair.
Je m’ancre légèrement dans mon siège, sans arrogance. Mais avec une intensité contenue, forgée dans l’acier du devoir.
– Si vous avez des ennemis… alors vous comprendrez que les miens savent parler leur langue. Si vous avez des alliés hésitants… alors sachez que les miens n’hésitent jamais longtemps. Et si vous avez besoin de mémoire, de loyauté… alors regardez ceux qui n’ont jamais cessé de se battre, même quand tous les autres pactisaient.
Je m’incline à nouveau. Moins profondément. Comme si cette fois, ce n’était pas une marque de politesse, mais un avertissement masqué en offrande.
– Ne croyez pas que je cherche à vendre Mandalore. Je vous montre ce que vous pourriez gagner… si vous choisissez d’aider à sa résurrection plutôt que d’acheter sa chute.
Puis je me tais pour de bon. Ce qui devait être dit l’a été. Et maintenant, c’est à eux de prouver ce qu’ils valent.
Je m’incline légèrement, une simple marque de politesse sans soumission. Puis je me tais. Le reste ne se négociera pas ici. Le reste se jouera sur le terrain. -
Post n°5
Auteur : HivernusDame Hogosha veille à ce que les invités de sa maîtresse soient bien accueillis. Elle observe le va-et-vient discret des servantes qui posent sur la table des corbeilles de fruits et un plat de pâtisseries après avoir servi le thé. Depuis l’encadrement de la porte, elle se contente de surveiller, sans rien dire, sans se montrer. Frilla se sert dans le plat, porte une friandise à sa bouche. La jeune femme écoute les deux hommes, note l’intonation dans la voix, l’attitude des corps, les réflexions faites. Elle mange sa pâtisserie, buvant de temps à autre une gorgée de thé. Le sucre de la brioche et l’amertume de l’infusion se marient à la perfection.
Lorsque le silence retombe, que les pensées se taisent, l’ambiance apparaît calme et mesurée. Un moment de sérénité que chacun semble savourer. Les discussions sont animées mais courtoises. Et les échanges s’avèrent fructueux et constructifs. La tranquillité soudaine du salon de réception vient embellir cet instant de partage. Mais il reste encore beaucoup à dire… Et beaucoup à bâtir. La fille adoptive du seigneur de la guerre repose délicatement sa friandise, s’empare d’une serviette pour venir s’essuyer le bout des lèvres. Son regard passe du Mandalorien à l’impérial, puis de l’impérial au Mandalorien.
- Les Mandaloriens et les Impériaux ne le voient peut-être pas encore mais ils ont bien plus en commun qu’ils ne veulent bien le croire… L’Impérium souffre de son passé violent tout comme Mandalore peine à faire oublier les atrocités commises par ses enfants durant des millénaires. Mandaloriens et Impériaux naissent dans des sociétés empreintes de traditions militaires, s’élèvent au-dessus de leurs pairs par la force de leurs armes, par leurs prouesses sur le champ de bataille. Pour autant, ils aspirent désormais au changement, cherchent à se tourner vers un futur qui leur assurera une prospérité certaine sans pour autant renier leur passé glorieux. Ils commencent à comprendre que le maintien de leur influence sur la galaxie ne peut se faire par les seules conquêtes militaires… Qu’il existe de nombreuses alternatives.
Frilla marque un temps de pause, respire tranquillement la douce odeur du thé et des pâtisseries. Ses yeux se tournent vers Vattier de Villiers, brillants d’une lueur qu’il ne parvient pas à déchiffrer. A son grand regret.
- La Grande Moff Ashe est une visionnaire. Elle consolide la position de l’Impérium comme grande puissance galactique par l’intermédiaire d’alliances durables et de partenariats commerciaux fructueux. Elle fédère les impériaux sous une seule bannière, honore ses engagements, limite ses interventions militaires, favorise le dialogue à la violence… Elle se montre pragmatique. Poursuit la jeune femme, douce dans ses explications. Se faisant, la Grande Moff Ashe donne une nouvelle image du régime impérial. Une image qui inspire le respect et la confiance. N’est-ce pas, monsieur l’ambassadeur ?
Le diplomate acquiesce en silence, comme captivé par les paroles de la belle qu’il boit avec beaucoup d’avidité. Il se laisse porter par les propos de son hôte, y trouvant visiblement son bonheur. Mais il n’en demeure pas moins vigilant derrière cette façade de béatitude qu’il cherche à montrer.
- Wyrim Oshindara est de la même trempe, monsieur l’ambassadeur. Donnez lui du temps et des ressources et il saura faire de Mandalore un allié fiable pour l’Impérium.
- Vos paroles sont enchanteresses, Excellence. Je dois bien l’admettre. Et je ne doute pas de la capacité de monsieur Oshindara à rassembler les clans autour de lui. Mais l’Impérium ne prendra pas le risque de s’engager dans un tel projet sans garanties.
L’ambassadeur impérial lorgne sur les pâtisseries, hésite un instant, puis prend pour cible un gros morceau de brioche tranchée. Après l’avoir humé afin d’apprécier à sa juste valeur l’arôme fleuri qui s’en dégage, il pose la tranche près de sa tasse. Elle sera parfaite pour conclure sa réponse.
- Les intérêts des Nouveaux Mandaloriens devront être garantis par le clan Oshindara et une place leur sera réservée dans le futur gouvernement afin qu’ils puissent porter leur voix. Des accords commerciaux et un pacte de défense devront être signés avec l’Impérium. Continue Vattier de Villiers, autoritaire mais toujours poli. Si ces termes conviennent à monsieur Oshindara, l’Impérium reconnaîtra l’autorité des Mandaloriens sur les systèmes qu’ils revendiquent comme leurs et s’engagera à défendre leur souveraineté. L’Impérium fournira au clan Oshindara les moyens de réaliser ses ambitions.
L’homme arrache un morceau à sa tranche de brioche, le porte à ses lèvres et l’enfourne dans sa bouche. Son regard passe de la tête casquée du Mandalorien au visage angélique de la belle Frilla. Il s’avance beaucoup. Mais les constructions les plus intéressantes sont celles qui prennent parfois des risques et en cela, il est certain que la jeune femme le rejoindra volontiers dans son raisonnement. -
Post n°6
Auteur : Wyrim Oshindara– Des garanties, dites-vous…
Le murmure de ma voix brise doucement le silence, sans le froisser. Ni menace, ni défi. Juste cette tonalité grave et posée que prennent ceux qui ont trop souvent vu la confiance trahie, mais qui refusent malgré tout de devenir cyniques.
Un léger cliquetis métallique accompagne mon mouvement quand mes gantelets effleurent le rebord de la table. Je ne touche rien. Mais je m’ancre.
– Ce ne sont pas les offres qui ont manqué, par le passé. Ni les pactes. Ni les serments… Mais les mandaloriens ont trop souvent servi de pions sur des holomaps dont ils ne dessinaient pas les contours. Les vôtres nous connaissent comme des mercenaires. Des guerriers. Certains nous voient même comme des bêtes de combat. Ils oublient qu’avant les armes, il y a une culture. Une mémoire. Un foyer.
Mon regard ne quitte pas celui de l’ambassadeur. Le casque cache mes yeux, mais l’intention traverse la visière comme un souffle contenu. Je ne suis pas là pour faire peur. Je suis là pour voir s’il comprend.
– Je n’ai pas construit le clan Oshindara pour me faire un nom. Je l’ai fait parce que j’étais fatigué d’enterrer les miens. De voir nos enfants élevés dans des ruines, leurs rêves rétrécis à la taille d’un blaster. Je ne veux pas d’un Empire sur Mandalore. Mais je suis prêt à écouter ceux qui viennent sans chaînes… et avec des mots droits.
Je tends la main, lentement, vers la corbeille de fruits. J’en choisis un. Je le repose sans y toucher. Juste le contact. Juste pour signifier que je ne suis pas insensible à ce qui est offert. Une pâtisserie à la fleur d’aeluun, douce et craquante fond lentement entre mes doigts gantés. Le sucre craque à peine sous la pression. Je goûte. Et malgré moi, je marque une pause.
– Cette douceur... contient ce que tant de nos enfants n’ont jamais connu. Le soin. L’équilibre. L’attention portée à un héritage qui ne se dit pas, mais se transmet.
Je repose lentement le reste de la friandise sur le bord d’une petite assiette de céramique claire. Mes gants touchent brièvement le rebord d’une tasse de thé.
Un parfum discret, à peine acide, porté par des notes boisées. L’amertume arrive plus tard, tapie sous la chaleur. Je ne bois pas encore, mais je m’en imprègne.
– La Maison Hawan connaît l’art de recevoir. Et ce n’est pas anodin. Car l’art d’accueillir, c’est celui de comprendre avant de juger. C’est une forme de discipline qui forge les grands pouvoirs… et les alliances durables.
Je me redresse, sans forcer, et croise de nouveau le regard du diplomate. Je ne l’intimide pas. Je ne cherche pas à le faire. Mais il doit lire en moi que ce que je dis n’est pas décoratif. Pas un jeu de table.
– L’Impérium que vous décrivez n’est pas celui que mes ancêtres ont combattu. Et si c’est là votre vraie posture, alors peut-être… Une pause. Pas trop longue. Le temps de capter la nuance. …peut-être avons-nous des choses à nous dire.
Je me redresse légèrement, sans appui. Mon buste se détache de l’ombre.
– Mais ne vous méprenez pas. Je n’ai pas de comptes à rendre. Seulement un avenir à défendre. Si vous cherchez à reconnaître une autorité mandalorienne digne de ce nom… alors vous devez reconnaître qu’elle ne peut être soumise à condition. Elle doit être libre de ses décisions. Y compris celle d’accepter, ou non, votre soutien.
Mon ton se fait plus doux. Moins tranchant. Plus humain.
– J’ai vu trop de combats. Et pas assez de paix. Si la paix que vous proposez est faite de respect mutuel, de souveraineté partagée, alors je l’examinerai. Pas pour moi. Mais pour ceux qui porteront nos armures après nous.
Un soupir profond s’échappe. Rare. Contrôlé.
– Vous me proposez des accords. Je vous offre en retour une chose que vous n’aurez pas facilement ailleurs : la parole d’un mandalorien qui sait ce que coûte la guerre… et ce qu’elle vole aux vivants.
Je m’incline très légèrement, un signe non écrit. Mon thé est là. Je n’y ai toujours pas touché. Mais je le regarde comme on observe une porte entrouverte.
– Parlons, donc. Non comme ennemis potentiels. Mais comme témoins du passé… qui ne veulent pas le voir se répéter. -
Post n°7
Auteur : HivernusVattier de Villiers peine à saisir le caractère du Mandalorien. Il apparaît fier mais également méfiant et mesuré. Il se la joue grand guerrier mystérieux. Mais derrière cette armure et ce casque se cache probablement un homme qui a beaucoup à perdre… Mais également bien plus à gagner. Et lorsqu’il aura compris l’avantage à se joindre au camp impérial, cet étrange Wyrim gagnera bien plus que le respect et l’aide de l’Impérium. Mais il reste encore à savoir où le Mandalorien souhaite se placer sur l'échiquier galactique.
- Le clan Oshindara est libre de refuser notre offre. L’Impérium n’imposera pas sa volonté sur le peuple de Mandalore. Mais ce serait une erreur d’ignorer les bénéfices à tirer d’un tel partenariat. Nos intérêts convergent. Vous voulez la paix pour l’ensemble des clans Mandaloriens, vous évoquez un avenir prospère qui vous tient à cœur, que vous déclarez vouloir défendre.
L’ambassadeur impérial mange un nouveau morceau de brioche. Il inspire doucement, humant le doux parfum du thé. Il laisse ses mots flotter dans l’air, telle la fumée chancelante qui s’échappe des tasses chaudes.
- Il n’y aura rien à bâtir, à défendre, si votre peuple demeure divisé. L’Impérium a passé ces dernières années à maintenir coûte que coûte un équilibre fragile parmi les grandes puissances. Nous connaissons le prix à payer pour garantir la paix parmi les peuples de la galaxie. C’est un lourd fardeau qu’il convient de partager. Ceux qui gardent pour eux le poids des responsabilités ont tendance à plier. Et lorsqu'ils finissent par le regretter, par disparaître, il est déjà trop tard. Les espoirs s'envolent, les projets demeurent inachevés et il faut tout recommencer. Tout reconstruire.
Le diplomate dirige son regard vers la baie vitrée, pose son attention sur la ville de Keldabe et ses bâtiments hétéroclites. Le passé des vieilles pierres y côtoie un présent fait d’acier… Et évoque un avenir. Un avenir qu’il convient de dessiner.
- L’Impérium peut vous aider à bâtir cet avenir, monsieur Oshindara. Mais je reconnais que les mots à eux seuls ne suffisent pas à construire. Vous avez raison sur un point, monsieur Oshindara, les actes sont bien plus parlants que les beaux discours. Ils reflètent mieux la réalité...
L’homme porte sa tasse de thé à ses lèvres, en boit une gorgée. Il apprécie cette conversation. Il n’est pas ambassadeur pour rien après tout… Certains se plaisent à manier les armes. Lui préfère l’art de maîtriser les mots. Et il le fait avec une certaine élégance. C’est du moins son opinion personnelle… Il avale un énième bout de brioche, apprécie sa texture, savoure son arôme de fleur.
- L’Impérium fournira au clan Oshindara du matériel, sans attendre quoi que ce soit en contrepartie. Voyez ce geste comme une forme de politesse, de respect pour votre projet et ce qu’il inspire. Poursuit Vattier de Villiers. Si vous jugez à l’avenir qu’il sera plus pertinent pour vous de signer un accord avec l’Impérium, alors nous nous reverrons. Dans le cas contraire, je vous souhaite bonne chance.
L’ambassadeur se redresse doucement, s’incline avec respect devant la fille adoptive du seigneur de la guerre, se tourne vers le Mandalorien et lui adresse un signe de tête entendu. Ses gestes sont emplis de déférence, de courtoisie.
- Ce fut un plaisir de converser en votre présence. J’ai encore beaucoup à faire mais mes pensées vont vers vous.
Son regard se pose sur le thé, sur les pâtisseries, se perd dans les détails somptueux de ce magnifique décor qu’est le salon de réception. Il sourit.
- Excellence, votre accueil a été des plus remarquables. J’espère que nous pourrons poursuivre sur cette voie. L’Impérium pourrait bien avoir besoin d’alliés aussi agréables et accueillants dans un futur proche…
- Je vous remercie d’avoir joué le jeu, monsieur l’ambassadeur. Cette rencontre fut enrichissante et j’ai bon espoir pour l’avenir. Nos chemins se croiseront de nouveau, soyez en sûr. Déclare Frilla Hawan, le gratifiant d’un sourire.
Dame Hogosha, patiente et observatrice, raccompagne le diplomate impérial vers la sortie. C’est sous bonne escorte qu’il rejoint le confort de sa navette personnelle.
- Alors, Wyrim Oshindara, qu’en pensez-vous ? L’avenir est-il des plus radieux pour Mandalore et ses enfants ? -
Post n°8
Auteur : Wyrim Oshindara– Le futur n’est pas encore écrit… mais il s’encre peut-être dans des gestes comme celui-ci.
Ma voix est calme, presque posée comme une pierre qu’on dépose sur le bord d’un sentier encore à tracer.
– L’Impérium vient d’accomplir un acte rare : offrir sans exiger, honorer une parole sans l’enchaîner à une condition. Ce n’est pas là une faiblesse, monsieur Vattier de Villiers. C’est la marque d’un pouvoir mûr, d’un pouvoir qui n’a plus besoin d’effrayer pour convaincre, ni de soumettre pour exister.
Je me redresse légèrement, la gestuelle sobre mais contrôlée. Mes mains gantées effleurent l’accoudoir sculpté de mon siège, puis reviennent se croiser devant moi.
– J’ai vu beaucoup d’envoyés. Beaucoup de discours bien tournés. Beaucoup de promesses. Mais trop souvent, derrière les rubans dorés se cachaient des chaînes. Aujourd’hui, je n’ai vu ni chaînes… ni poison dans le thé. Juste des paroles, claires, maîtrisées. Et un geste. Offert.
Un silence, mesuré. Je tourne mon regard vers la baie vitrée, où la lumière du jour glisse doucement sur les toits de pierre et les armatures de beskar de Keldabe. Le passé y affleure à chaque brique, le présent vibre dans les flux industriels, et l’avenir… reste à construire.
– Nous avons passé des générations à repousser les empires. À nous battre pour préserver notre culture, même au prix de notre cohésion. Nous avons résisté à l’annihilation, mais au prix du morcellement. Et voilà qu’un Empire nous tend la main — non avec la froideur d’un décret, mais avec la chaleur contenue d’un partenaire qui a appris. Qui a réfléchi. Qui semble vouloir écouter.
Je me tourne alors vers Frilla. Elle ne parle pas. Elle n’a pas besoin. Le simple fait qu’elle ait rendu possible cet échange en dit déjà long.
– Il y a dans cette rencontre quelque chose de précieux. Un équilibre rare. Une force couverte de velours. Et un respect — oui, un vrai respect — que je n’attendais pas à trouver entre ces murs, à cette heure, avec un ambassadeur impérial en face de moi.
Je laisse les mots respirer. Une main se tend vers la tasse de thé, que je ne saisis pas encore, mais dont je respire les notes — boisées, florales, et un soupçon métallique en arrière-bouche. Comme un écho discret à cette alliance improbable : raffinée, mais forgée dans une dureté ancienne.
– Le clan Oshindara n’a jamais eu vocation à rester dans l’ombre. Ni à régner, ni à obéir. Nous voulons fédérer. Transmettre. Offrir aux générations à venir autre chose qu’une tombe dans le sable ou un blaster entre les dents. Pour cela, nous avons besoin de partenaires. Pas de geôliers. Pas d’anciens conquérants repeints aux couleurs du progrès. Mais de puissances qui ont compris que le respect des peuples n’est pas un luxe… c’est une stratégie durable.
Je m’appuie légèrement sur la table, sans agressivité, simplement pour mieux incarner ce que je dis.
– Si vos mots, monsieur Vattier de Villiers, reflètent réellement la pensée de la Grande Moff Ashe… Alors peut-être que l’histoire n’est pas condamnée à répéter sans fin ses erreurs. Peut-être qu’au milieu des ambitions déguisées et des empires fatigués, une volonté sincère peut encore se frayer un chemin. Quelque chose d’authentique, de rare… qui ne cherche pas à dominer, mais à bâtir.
Une brève pause, mon regard revient au centre de la pièce. À Frilla, à la lumière du jour, à ce moment suspendu.
– Et si tel est le cas… alors vous n’avez pas simplement honoré un clan naissant. Vous avez peut-être, aujourd’hui, commencé à rallumer une lueur dans les cendres d’un peuple trop longtemps trahi.
Le silence s’installe, profond mais non pesant. Puis je conclus d’une voix plus douce, presque fraternelle :
– Je n’ai pas l’arrogance de croire que ma parole vaut un traité. Mais je vous dis ceci : aujourd’hui, vous m’avez parlé comme à un égal. Et cela, pour un Mandalorien, vaut plus que mille crédits. Vous voulez une alliance ? Alors laissez-la se forger dans le respect. Et nous verrons, ensemble, jusqu’où elle peut aller.
– L’avenir… Lady Hawan.
Je répète le mot comme on souffle sur une braise, pour en tester la chaleur. Non pas avec naïveté, mais avec cette gravité tranquille des bâtisseurs qui savent qu’aucun édifice ne tient sans fondation.
– Mandalore a connu tant de lendemains qui n’étaient que des recommencements… Tant de promesses brisées, d’alliances trahies, de gloires fuyantes. Mais ce que je vois, aujourd’hui, ce que je sens dans l’air — ici, maintenant —, c’est une fracture qui commence à se refermer. Une blessure ancienne qui, pour la première fois depuis longtemps, n’est plus ni niée, ni exploitée. Simplement regardée. Et peut-être, soignée.
Je laisse mon regard glisser une dernière fois vers les pâtisseries, les détails de la porcelaine, la lumière franche qui traverse la baie. Tout ici semble murmurer : “C’est possible.”
– Les enfants de Mandalore ne sont pas condamnés à choisir entre survivre ou servir. Ils peuvent apprendre à vivre debout. À rêver plus haut que la prochaine bataille. À porter leur armure non comme un fardeau, mais comme un legs. Ce que nous faisons là, ce n’est pas une négociation. C’est une brèche dans le cycle. Une occasion. Et j’ai l’intention de m’y engouffrer… pas pour moi. Mais pour eux.
Je redresse lentement le buste, chaque geste porteur d’une conviction calme.
– Si Mandalore doit renaître, alors que ce soit sur des bases solides. Pas un cri de guerre, mais une voix claire. Pas un emblème imposé, mais un feu rallumé au centre des foyers. Ce jour viendra. Et si ce que nous semons ici suffit à faire germer ne serait-ce qu’un espoir dans l’esprit d’un jeune Mando’ad… alors oui, Lady Hawan. L’avenir est peut-être des plus radieux. -
Post n°9
Auteur : HivernusFrilla Hawan écoute le Mandalorien, une tasse de thé fumante entre les mains, le regard posé sur la baie vitrée. Elle observe le départ de l’ambassadeur, dont la navette s’envole au loin, derrière les gratte-ciels modernes de Keldabe. Une fois encore, la jeune femme est attentive aux mots choisis par le mystérieux guerrier. Elle se plaît à l'écouter. Un sourire discret mais satisfait vient se dessiner sur ses lèvres. Elle sirote doucement son infusion, appréciant à la fois sa chaleur et son amertume. En ce lieu, tout est ordonné, à sa place.
Mandaloriens, Bajiciens, Impériaux… Ils font partie d’un tout, sans s’en rendre compte. Ils commencent tout juste à comprendre. Et l’espoir naît dans l’esprit des nouvelles générations. La flamme du renouveau est attisée. Il ne reste désormais plus qu’à la chérir, qu’à l’entretenir pour qu’elle devienne le feu d’un foyer prospère. Oui. La fille adoptive du seigneur de la guerre écoute le Mandalorien en souriant, avec la satisfaction du devoir accompli. Elle marche en effet dans les pas de son père en cherchant à construire des alliances et des partenariats.
Le Seigneurat de Bajic n’est pour l’heure qu’un jeune serpent frayant en eaux troubles. Mais il sait faire preuve de patience et de persévérance. Il remonte peu à peu le cours des rivières, affronte le torrent des chutes d’eau, fait face à l’impossible… Et deviendra bientôt le dragon qu’il aspire à devenir. C’est inscrit dans les étoiles, telle une évidence.
- L’Impérium est un phénix qui renaît de ses cendres, un oiseau de proie fier et sûr de sa force, capable du pire si on le provoque mais également du meilleur si on s’attire ses faveurs. Explique Frilla, une tendre intonation dans la voix. Il défendra farouchement son territoire de chasse si on le provoque, mais est tout à fait capable de partager ses proies avec d’autres prédateurs s’il juge qu’il peut en tirer un bénéfice.
Elle marque un temps de pause, porte à ses lèvres délicates un morceau de brioche. Son regard se perd dans l’environnement idyllique et parfaitement rangé du salon de réception. L’endroit est propice aux grandes conversations, inspire en elle de nombreuses pensées qu’elle ne pourrait développer ailleurs avec autant de passion.
- Il y a quelques années de cela, l’Impérium n’était qu’un champ de ruines occupé par les vestiges d’une armée vaincue et humiliée. Le régime impérial de la Grande Moff Ashe est aujourd’hui l’une des plus grandes puissances galactiques de son temps. Monsieur Vattier de Villiers a raison sur un point. Les Impériaux connaissent mieux que quiconque le prix qu’il faut payer pour aspirer à la prospérité. Ils ont beaucoup sacrifié. Et ces années de paix qu’ils sont parvenus à sécuriser leur ont permis de bâtir une grande nation rivalisant en termes de puissance et d’influence avec la République Fédérale et la Confédération des Systèmes Indépendants. Imaginez un peu ce que Mandalore serait capable de construire sur les ruines de l’ancienne Manda’yaim avec l’expertise de l’Impérium…
La jeune femme inspire doucement. Elle replace une mèche rebelle derrière son oreille. Le geste la fait sourire, peut-être timidement. Ou pas.
- L’heure est à l’union, au rassemblement. Le clan Oshindara cherche à réunir les Mandaloriens autour d’un projet commun, l’Impérium tente de rassembler ses citoyens sous une seule bannière, celle de la Grande Moff Ashe, et le Seigneurat de Bajic aspire à unifier un secteur tout entier sous l’égide d’un seigneur visionnaire. Poursuit Frilla, les yeux brillants d’une lueur enthousiaste. Ce sont là de jeunes nations qui cherchent à se faire une place parmi les étoiles, à assurer un avenir prospère pour les leurs, pour des peuples las des guerres… De jeunes nations qui rêvent de grandeur et de stabilité dans une galaxie en proie aux conflits et aux souffrances.
La belle se lève tout doucement, se dirige vers la baie vitrée, vers cette grande cité qu’est Keldabe. La vieille dame, avec ses murs imposants, ses bâtiments anciens et ses grandes tours, est le cœur de la mythique Mandalore. Elle garde en mémoire les exploits de ses grands guerriers d’antan et le dur labeur de ses artisans les plus renommés. L’antique ville est le berceau de certaines traditions millénaires mais elle met en avant les prouesses technologiques que ses enfants ont su développer au fil des siècles. Keldabe est un symbole. A bien des égards. Et aujourd’hui, Keldabe pourrait bien devenir le lieu où les grands de ce monde, de cette galaxie, ont choisi d’unir leurs voix.
- Il reste encore beaucoup à bâtir… Mais ensemble, Impériaux, Bajiciens et Mandaloriens pourront accomplir de grandes choses et œuvrer pour un futur pérenne. Sous une bannière commune, rassemblés autour d’une même table, je n’ose imaginer ce dont nous serons capables. Mais je suis confiante. L’avenir appartient à ceux qui font preuve de patience.
Frilla se déplace vers un présentoir sur lequel est posé un bloc de données. Elle s’en empare, consulte les informations qu’il contient d’un simple glissement de doigts. Son regard se pose ensuite sur la tête casquée du Mandalorien.
- Le Seigneurat de Bajic compte bien honorer son engagement auprès du clan Oshindara. Nous avons déjà commencé à faire une liste du matériel que nous pouvons vous fournir… Indique la fille adoptive du seigneur de la guerre. Un croiseur de fret de la classe Neutron, trois canonnières d’assaut de la classe Vanguard, trente-six chars WLO-5, six speeders Zephyr-G et quatre transports blindés Orbitblade-2000. Une contribution modeste à votre projet, j’en conviens. Mais ce n’est qu’un début… J’entends bien faire entendre notre voix auprès de l’Impérium et mes prochaines actions iront dans ce sens.
Elle repose le datapad sur le meuble, ses doigts venant effleurer la surface lisse du bois.
- L’avenir est en marche, Wyrim Oshindara. Ceux qui ne s’en saisissent pas au passage sont condamnés à répéter les erreurs du passé.
La jeune femme laisse flotter ces derniers mots dans l’air. Telle une invitation à la réflexion. A l'introspection. -
Post n°10
Auteur : Wyrim Oshindara– Vous parliez d’avenir, lady Hawan… Et de ce que nous pouvons bâtir, ensemble.
Je me lève lentement. Mes gestes sont pesés, mes appuis volontairement lents, non pour impressionner mais pour incarner cette parole que je m’apprête à sceller. Mes gants effleurent le dossier de la chaise, puis retombent le long de ma beskar’gam, comme si tout mon corps avait compris ce que je m’apprêtais à transmettre.
– Il existe, au sein du clan Oshindara, deux bataillons qui ne défilent jamais sous les acclamations. Ils ne paradent pas. Ils ne célèbrent rien. Ils sont nés de l’ombre, forgés par l’urgence d’un monde où les sabres ne sifflent pas seulement dans les batailles… mais dans les esprits. Ce sont des chasseurs d’intangibles, des gardiens d’une paix encore fragile. Et aujourd’hui, je vous les offre.
Je fais un pas vers elle. Ma voix baisse d’un ton, grave mais dénuée de menace, comme une promesse scellée dans l’acier.
– Le premier, Orar’adenn – le Tonnerre Silencieux –, est un bataillon d’assaut anti-Sith spécialisé dans l’infiltration urbaine, les frappes ciblées et la neutralisation de sorciers ennemis avant même qu’ils ne comprennent qu’ils sont visés. Leurs armures sont modifiées pour absorber les émissions énergétiques, leurs systèmes de communication cryptés de bout en bout. Ils opèrent en escouades réduites, frappent à distance, puis disparaissent comme si rien n’avait eu lieu. Leurs tactiques reposent sur l’anticipation et la patience, non sur la force brute.
Je marque une pause, puis désigne de la main, lentement, le monde qui nous entoure : la cité, les tours, les systèmes en éveil.
– Le second porte un nom plus ancien. Kad’Haaran – la Lame d’Ombre. Là où Orar’adenn est l’éclair muet, Kad’Haaran est le couteau dans le noir. Leur spécialité n’est pas de tuer… mais d’effrayer. Ce sont eux qu’on envoie quand la simple idée de la peur doit précéder l’affrontement. Ils sont formés aux duels contre utilisateurs de la Force, aux champs de désorientation, à l’emploi de pièges mentaux et technologiques. Leurs armures sont noires mat, sans insigne, gravées de serments qu’on ne prononce pas à voix haute. On dit qu’ils respirent au rythme des ténèbres. Je dis qu’ils apprennent à les dominer.
Je me tiens désormais face à elle. La lumière de Keldabe frappe le flanc de mon casque, dessinant une ligne droite, franche.
– Ces deux bataillons sont à vous. Offerts, non comme une monnaie d’échange, mais comme une pierre posée à la base du foyer que vous construisez. Ils ne viennent pas sous contrat. Ils ne porteront pas d’uniforme étranger. Mais ils protégeront vos terres comme les leurs. Et le jour où la Garde Dragons marchera vers une menace tapie dans l’ombre… elle ne marchera plus seule.
Un silence. Puis ma main, cette fois, vient frapper doucement ma cuirasse, paume ouverte, sur le cœur.
– Le clan Oshindara ne promet pas l’impossible. Mais il tient ce qu’il donne. Ce que je vous offre aujourd’hui, c’est plus que des armes. C’est un lien. Entre deux peuples. Deux volontés. Et deux façons de faire face à l’obscurité.
Je me redresse enfin. Mes mots se déposent comme une lame bien plantée dans le sol.
– Que vos ennemis prennent garde. Désormais, l’ombre veille sur vous aussi. -
Post n°11
Auteur : Wyrim OshindaraJ’observais encore un instant la lumière qui filtrait à travers la verrière du salon de réception. Elle glissait sur les toits de Keldabe, épousant les vieilles courbes des dômes et les pointes arrogantes des tours modernes. Ce contraste, entre mémoire et ambition, entre la poussière du passé et l’éclat des lendemains… je le portais aussi en moi. Et je savais que Frilla Hawan le comprenait.
Je me tournai vers elle. Son regard était posé sur l’horizon, une tasse de thé dans les mains, toujours droite, toujours à l’écoute. Il y avait dans sa posture une force douce, une intelligence patiente. Alors je choisis de parler, non comme un guerrier, mais comme un forgeron. Un chef de clan. Un homme qui lègue.
Deux coffrets avaient été apportés par Trighun. Bois noir de Khariv, cerclés d’alliage, les couvercles gravés de notre blason : le crâne stylisé du mythosaure, le bha’lir en chasse, et les trois lignes inversées formant notre serment.
Je posai une main sur l’un des coffrets et relevai lentement la tête vers elle.
> – Je n’aime pas les présents vides de sens. Je n’offre jamais ce que je pourrais revendiquer plus tard. Mais aujourd’hui, j’ai voulu faire autre chose. J’ai voulu forger.
Je fis coulisser le couvercle du premier coffret. À l’intérieur, posée sur un velours de soie grise, dormait une armure complète : une beskar’gam pensée pour Frilla Hawan. La lumière effleurait ses plaques d’un bleu cobalt profond, striées de liserés d’or discret, et de lignes argentées en point de convergence vers le plastron.
Je marquai un temps, puis parlai avec calme, comme on transmet un héritage.
> – Celle-ci vous revient. Nous l’avons façonnée à Osh'Karad, dans nos forges rituelles, selon le cycle du Krayt’Tra. Le beskar a été purifié à l’aube d’un nouveau cycle lunaire, fondu en silence, et martelé par les mains des miens. À l’alliage, nous avons mêlé des pigments extraits des mines de Jekkad. Ce bleu n’est pas le nôtre. C’est le vôtre. Celui de Bajic. Celui du sang que vous n’avez pas encore versé.
Je traçai doucement un doigt sur le motif central.
> – Trois lignes. Une vers le cœur, une vers l’épaule de commandement, une vers le casque. Elles symbolisent l’équilibre, l’écoute et la volonté. L’or n’est pas ostentatoire. Il éclaire. L’argent trace les choix. Cette armure n’est pas de parade. C’est une armure d’autorité… et de conscience.
Je me redressai légèrement.
> – Nos ingénieurs y ont intégré un modulateur neural de dernière génération, capable d’absorber les pics de stress en situation tactique. Le système de commandement est à relais court, hautement sécurisé. Et nous avons ajouté un encryptage propre à votre réseau. Vous resterez vous-même, même sous pression. Et c’est tout ce qu’il vous faudra.
Je ne laissai pas le silence s’installer. Je fis glisser le second couvercle.
L’autre armure. Plus sombre. Un bleu nuit, presque abyssal, zébré d’arabesques dorées brunies qui serpentaient sur les jambières et les brassards. Sur le casque, un motif stylisé : un serpent lové autour d’une lame verticale, le tout cerné d’un œil aux traits subtils.
> – Celle-ci est pour le seigneur Hivernus. Elle devait dire… plus avec moins. Elle incarne la patience du stratège. L’œil du prédateur. Nous avons renforcé les points d’impact, lesté les appuis. Ajouté un système de suppression acoustique pour les zones d’approche, et un spectre de détection à visée mixte. Rien de tape-à-l’œil. Mais tout de décisif.
Je refermai doucement les coffrets, comme on referme une promesse tenue.
> – Ces deux beskar’gam ne sont pas des cadeaux. Ce sont des engagements. Ils disent ce que nous sommes capables de faire, ensemble. De bâtir. Et de défendre. Elles sont forgées dans la mémoire, trempées dans le respect… et rivetées à l’espoir que nous pouvons porter autre chose que des armes. Peut-être même… un flambeau.
Je vous regardai, Frilla Hawan. Et pour la première fois, je vous appelai ainsi, sans réserve, ni formalité.
> – Je vous les offre, Frilla. Non pour acheter une loyauté que vous avez déjà donnée, mais pour marquer le début d’un âge nouveau. Que ces armures protègent. Qu’elles rassemblent. Qu’elles incarnent ce que Bajic, Mandalore… et ce que nous… sommes appelés à devenir.
Je m’inclinai légèrement. Le silence qui suivit était chargé, mais apaisé.
Keldabe, derrière la baie, semblait approuver.