Rezi-9.
-
Post n°1
Auteur : Hivernus
REZI-9, dans le système Rezi. Bordure Extérieure. Secteur de Bajic.
Gravité : Standard.
Atmosphère : Type 1 (respirable).
Climat : Tempéré.
Terrains : Océans. Jungles. Plaines. Marécages.
Période de rotation : 29 heures standard.
Population : 3 450 000 colons. (Population à 90% humaine.)
Villes notables : Nuadan City (capitale planétaire).
Exportations principales : Denrées alimentaires. Minéraux et métaux en tout genre.
Nuadan City, capitale de Rezi-9.
Précédemment.
[Thème]« Longue vie au Seigneurat de Bajic ! Gloire à ses soldats ! »
Les troupes seigneuriales sont portées en triomphe par une foule en liesse. Des centaines d’individus se pressent dans les rues afin d’admirer le défilé des chars d’assaut et des fantassins. Annoncée par une fanfare, la longue colonne d’infanterie et de blindés est précédée par une cortège d’enfants semant des fleurs sur leur passage. Dans les cieux, le ballet aérien offert par les escadrons de TIE de la chasse seigneuriale est un autre spectacle particulièrement saisissant pour le public venu profiter de la parade militaire.
Depuis le balcon du palais gouvernemental, de nombreux officiels locaux admirent en silence le défilé des troupes. Certains sont enthousiastes à l’idée d’un rapprochement avec le Seigneurat de Bajic. D’autres sont plus réservés quant à l’intégration de Rezi-9 au sein du domaine personnel du seigneur Hivernus. Quoi qu’il en soit, le gouverneur de la planète semble tout à fait ravi d’accueillir l’illustre conquérant en devenir qu’est le Chiss. L'humanoïde à peau bleue, qui pénètre dans les quartiers privés du vieil homme entouré par une demie-douzaine de ses gardes personnels, est reçu à bras ouvert par ce dernier.
- Seigneur Hivernus, sachez que c’est un immense plaisir pour nous de vous recevoir en ces modestes lieux. Le peuple de Rezi-9 vous est reconnaissant de vous soucier de son sort. Débute d’une voix chaleureuse le gouverneur. Je dois cependant vous informer que certains de mes camarades demeurent pour le moins sceptiques quant à la suite des évènements. Les mercenaires de l’Association Natori n’ont pas été particulièrement tendres avec nous… Et nous aimerions nous assurer que nous ne remettons pas notre destin entre les mains d’un nouveau bourreau.
- Naturellement. Je comprends vos inquiétudes, gouverneur Lotek. Répond de son habituelle froideur le seigneur de la guerre.
Le Syndicat Tenloss a exercé, par l’intermédiaire de ses hommes de main, sa domination sur la petite colonie minière de Rezi-9 durant des années. Les mercenaires de l’Association Natori se sont comportés en brigands, abusant de leur autorité pour obtenir du gouvernement local tout ce que l’on pouvait exiger d’eux. Les mines ont été saisies par l’organisation criminelle, leurs ouvriers étant réquisitionnés en tant que main d'œuvre corvéable à souhait. Les quelques exploitations agricoles de la planète se sont vues imposer le même sort. Et quiconque a cherché à s’opposer au joug du Syndicat Tenloss a été passé à tabac ou, dans le pire des cas, arrêté et vendu à des esclavagistes. Au fil des ans, de nombreuses familles ont été déchirées par les actes abominables de ce puissant cartel et tout espoir d’une vie meilleure s’est atténué.
Mais aujourd’hui, l’optimisme revient. Les choses ont changé. Les victoires du seigneur Hivernus font reculer les forces mercenaires de l’Association Natori et l’emprise du Syndicat Tenloss s’estompe peu à peu. Sous la protection du Seigneurat de Bajic, la petite colonie de Rezi-9 pourrait à nouveau prospérer. C’est du moins ce que la population souhaite.
- Vos concitoyens ont assez souffert, gouverneur. Je suis venu ici en tant qu’ami du peuple de Rezi-9, pas en tant que conquérant. Reprend d’une voix plus douce le Chiss.
- Vous m’en voyez ravi, seigneur Hivernus. Soupire d’aise le dénommé Lotek. Mais nous aurons besoin de garanties sur la sécurité du peuple de Rezi-9 avant d’envisager une quelconque intégration au Seigneurat de Bajic.
- Bien évidemment. C’est là une demande raisonnable. Admet l'humanoïde à peau bleue. Rejoindre le Seigneurat de Bajic n’implique pas un abandon total de votre souveraineté. Vous relèverez certes de l’autorité seigneuriale sur certains sujets, mais vous conserverez votre autonomie politique, sociale et économique. Vous serez donc libre de gérer les affaires locales comme bon vous semble et d’établir vos propres lois selon les volontés de votre peuple.
Plusieurs commentaires approbateurs circulent au sein des officiels de haut rang. Cette première annonce semble faire mouche. Mais les esprits les plus sceptiques demeurent insensibles à cette déclaration.
- Qu’en est-il de la conscription ? Comptez-vous enrôler nos fils et nos filles dans votre armée ? S’inquiète alors quelqu’un dans l’assemblée.
- Dépendre du Seigneurat de Bajic, avec tous les droits et les devoirs que cela implique, n’inclut en rien l’obligation d’un service militaire pour les citoyens de Rezi-9. Indique le seigneur de la guerre. L'armée du Seigneurat de Bajic n'engage que des soldats professionnels ou volontaires.
Parmi les dignitaires, nombreux sont ceux qui acquiescent en silence, ravis à l’idée de savoir que leurs enfants n’auront en aucun cas le devoir de prendre les armes. Protéger l’avenir de la jeunesse est, pour nombre de natifs de Rezi-9, une nécessité absolue.
- Et doit-on s’attendre à ce qu’il y ait des impôts en temps de guerre ? S’interroge un autre.
La question est légitime. Au fil des millénaires, de nombreux gouvernements ont recours à diverses impositions et taxations lors de périodes de crise. Les guerres sont un véritable gouffre financier et tout le monde le sait. L’Empire avait par exemple imposé une taxe aux mondes impériaux afin de pouvoir financer l’équipement de dizaines de milliers de conscrits. L’Opération Poigne de Fer, telle qu’elle a été nommée, n’a pas été au goût de tout le monde et l’Empire s’est aliéné une partie de la classe politique dans la foulée, ce qui conduira par la suite à sa chute. Hivernus ne compte pas faire la même erreur.
- Non. Votre participation à l’effort de guerre viendra de l'extraction de matières premières. Poursuit calmement le Chiss.
- Sans vouloir vous manquer de respect, seigneur Hivernus, comment pourrions-nous tenir nos obligations alors que la moitié de notre matériel minier a été emporté par l’Association Natori et qu’une partie de nos ouvriers a été vendu en esclavage ? S’indigne un troisième.
- Et que dire des mercenaires qui pullulent dans nos jungles et nos plaines ? Nous ne serons pas à l’abri de leurs représailles tant qu’ils n’auront pas été éliminés. Rajoute un énième dignitaire.
Là encore, les inquiétudes sont pertinentes. A l’annonce de la dernière débâcle en date des forces de l’Association Natori, la garnison locale a décidé de déserter son poste. Certains ont choisi de quitter la planète en emportant dans leur sillage de l’équipement minier et plusieurs dizaines d’ouvriers. D’autres, dont l'esprit est plus batailleur, se sont organisés ici et là en petites cellules afin de mener une résistance contre les troupes seigneuriales. Leur présence demeure problématique et il ne faut pas exclure la possibilité d’attaques sur les installations minières, ce qui mettrait la vie des natifs de Rezi-9 en danger. Quant au reste… La disparition d’une partie du matériel et des mineurs a en effet de quoi affoler. D’un point de vue humain, la situation est catastrophique. D’un point de vue économique, l’affaire est tout aussi sérieuse. Les petits propriétaires risquent de ne pas s’en remettre et l’économie planétaire va en pâlir.
- Le Seigneurat de Bajic s’engage à remplacer le matériel perdu par de l’équipement neuf. Pour ceux qui n’auraient plus les moyens humains et financiers de poursuivre leur activité, le Seigneurat de Bajic est prêt à offrir une compensation généreuse en échange de leurs exploitations. Nous pourrons également nous mettre d’accord sur les aides financières à mettre en place pour relancer l’économie locale. Indique le seigneur de la guerre. Pour ce qui est de la disparition de vos ouvriers, je m’engage personnellement à déployer toutes les ressources dont je dispose pour retrouver leur trace et je tâcherai de retourner chacun d’entre eux à leur famille.
Une nouvelle série de commentaires approbateurs circule. Mais les plus réticents refusent toujours de croire aux belles paroles du Chiss.
- Qu’en est-il du problème des mercenaires ? Que comptez-vous faire à leur sujet ?
- Plusieurs régiments seigneuriaux vont prendre leurs quartiers sur Rezi-9 afin de mettre fin à la présence mercenaire et dans le but de prévenir leur retour à long terme. Vos concitoyens n’auront plus jamais à craindre le joug d’une organisation criminelle.
L'humanoïde à peau bleue semble avoir réponse à tout. Il ne lâche rien face aux plus sceptiques. Mais comment leur en vouloir ? Rezi-9 a particulièrement souffert sous l’emprise du Syndicat Tenloss et les blessures sont encore fraîches. Cicatriser prendra du temps. Et certains ne s’en remettront jamais. Il faudra peut-être plusieurs générations avant que les habitants de la planète retrouvent complètement la paix et la sérénité d’un point de vue psychologique.
Pour le gouverneur Lotek, il ne fait aucun doute que le salut passera par l’intégration de Rezi-9 au sein du Seigneurat de Bajic. L’autre alternative consisterait à conserver une stricte neutralité, avec le risque de se voir à nouveau soumis à une puissance mal intentionnée. Non. La survie de son peuple ne doit en aucun cas être remise en question.
- Seigneur Hivernus, nous serions honorés d’intégrer le puissant Seigneurat de Bajic. Déclare finalement le vieil homme après avoir pris le temps de la réflexion. Cependant, j’aimerai que nous discutions des détails de cette intégration en privé avant de prendre une quelconque décision au nom de mon peuple. Il nous reste encore de nombreux points à éclaircir.
- Bien évidemment. Lâche pour toute réponse l'humanoïde à peau bleue, avant de poursuivre. Vous ne voyez aucun inconvénient à ce que je place mes forces en position de défense autour de la capitale ?
- Non. Je n’ai aucune objection à ce sujet, seigneur Hivernus.
Dans les faits, cela pourrait même rassurer la population de savoir que de vaillants soldats se tiennent entre eux et les forces de l’Association Natori. Ce petit numéro de courtoisie ralentit certes l’intégration de Rezi-9 au sein du Seigneurat de Bajic mais permet à l’élite locale de conserver un semblant de dignité. D’ici quelques jours, lorsque l’ensemble des termes aura été accepté par les deux parties, la planète pourra officiellement passer sous autorité seigneuriale et le seigneur de la guerre s’en ira alors avec son armada pour reprendre sa conquête des étoiles... -
Post n°2
Auteur : HivernusOnze jours. C’est le temps qu’il a fallu pour qu’un accord soit conclu entre l’élite dirigeante de Rezi-9 et les officiels du Seigneurat de Bajic. Le traité d’intégration ayant enfin été signé par les deux parties, l’heure est aux réjouissances. Pour les locaux, la nouvelle est accueillie avec enthousiasme. Ils sont nombreux à se rassembler dans les rues de la capitale, Nuadan City, pour fêter l’annonce de l’adhésion dans la joie et la bonne humeur. Le ralliement de leur planète au Seigneurat de Bajic va en effet leur permettre de bénéficier de la protection de la puissante armée seigneuriale. D’ici peu, le passage des mercenaires ne sera plus qu’un mauvais souvenir… C’est du moins ce qu’espèrent en partie les colons.
Les habitants de la douce Rezi-9 ne sont pas les seuls à célébrer la nouvelle. L’intégration de la planète au sein du Seigneurat de Bajic va largement profiter à l’industrie militaire et bon nombre d'officiers s’en réjouissent déjà. Les vastes gisements de matières premières seront d’ici peu exploités par les autorités seigneuriales afin d’alimenter une machine de guerre particulièrement gourmande en ressources. Hivernus n’a de toute manière pas attendu la fin des négociations pour envoyer ses prospecteurs tâter le terrain. Certains propriétaires d’exploitations, complètement fauchés par le pillage effectué par les mercenaires de Natori pour le compte du Syndicat Tenloss, se sont empressés de demander l’aide du seigneur de la guerre après avoir eu vent de son envie de racheter à prix fort toute concession minière en faillite.
Une fois la mise en application du traité d’intégration effectuée, plusieurs exploitations ont été cédées avec l’accord du gouvernement local à Lybeya Excavations à des prix tout à fait honnêtes. Leurs propriétaires se sont vus verser une compensation à la hauteur de leurs espérances et les ouvriers employés au sein de ces concessions minières ont eu la garantie du maintien de leur emploi sur une durée indéterminée. Certaines entreprises familiales, considérées viables, ont même eu la chance de se voir offrir un partenariat avantageux avec Lybeya Excavations plutôt qu’un rachat en bonne et due forme.
Le consortium d’entreprises du Seigneurat de Bajic s’est ainsi porté acquéreur de plusieurs exploitations parmi lesquelles figurent deux mines de titanium, dont l’extraction des ressources sera vitale pour la production de matériel militaire et tout particulièrement la coque des chasseurs TIE assemblés à la chaîne par l’Arsenal Militaire de Lybeya, ainsi qu’une mine de fer. Les gisements issus de cette concession minière serviront à confectionner des alliages nécessaires à la production d’armes, de véhicules et de vaisseaux.
Afin de traiter et raffiner les minéraux issus de ces exploitations fraîchement acquises, Lybeya Excavations a également fait l’achat d’une installation dédiée à cet effet. La raffinerie et les différentes mines achetées par la filiale de l’Arsenal Militaire de Lybeya, en tant que sites d’importance stratégique pour l’effort de guerre du Seigneurat de Bajic et l’économie locale, bénéficie de la protection d’une partie des forces armées seigneuriales déployées sur Rezi-9. Plusieurs bataillons de la première légion ont ainsi été assignés à la défense du périmètre extérieur tandis que les contractants de Sécurité Globale se chargent de la protection des installations et de leurs employés.
Le seigneur Hivernus, soucieux de voir par lui-même l’ampleur du dispositif mis en place par ses forces armées avant de quitter la planète, a décidé de procéder à une inspection. Il est accompagné dans son périple par la ministre de la guerre, la capitaine Sylvar, du commandant en chef de la première légion, le colonel Damus, et du gouverneur de Rezi-9, l’aimable Lotek.
La navette de la classe Lambda qui transporte le gratin seigneurial survole d’abord de grandes plaines à la végétation luxuriante avant de passer au-dessus de vastes étendues boisées, qui semblent s’étendre jusqu’à l’horizon. L’appareil est escorté par quatre chasseurs TIE appartenant à l’escadron Spectre, qui s’est illustré au cours de la dernière bataille par son courage et sa détermination à toute épreuve. Après une demi-heure de vol depuis la capitale, Nuadan City, le transport atteint finalement sa destination. La silhouette imposante de la raffinerie se dessine peu à peu au milieu de la jungle, jusqu’à devenir de plus en plus grosse et de plus en plus visible.
La navette obtient l’autorisation d'atterrir de la part de la tour de contrôle et se pose doucement sur l’aire prévue à cet effet. La rampe d’accès s’abaisse lentement. Le service de sécurité du seigneur Hivernus, assuré par douze soldats de la Brigade Impera parmi lesquels se trouvent le caporal Kaleesh Nunnyar et l’implacable lieutenante Devaronienne Madu Fahd, se déploie rapidement hors du vaisseau afin de procéder à la sécurisation du périmètre. Le Chiss débarque à leur suite, suivi de près par les différents officiers et officiels l’accompagnant.
Le capitaine Sillix, en charge du détachement de Sécurité Globale basé sur Rezi-9, exécute son plus beau salut militaire lorsque le seigneur de la guerre arrive à sa hauteur. Les quelques officiers de sécurité du cortège d’honneur l’imitent rapidement, figés dans une posture rigide.
- Mon seigneur. C’est un réel honneur de vous recevoir sur le site. Annonce l’officier en faisant claquer ses talons, puis se tournant vers le reste des visiteurs, adressant à chacun un signe de tête appuyé. Madame la ministre, colonel, gouverneur… Si vous voulez bien me suivre.
Le capitaine pivote et dirige la petite troupe à l’intérieur de la raffinerie. La moitié de l’escorte seigneuriale demeure sur place afin de garder un œil sur la navette et dans le but de sécuriser les divers accès menant à l’aire d’atterrissage. Le reste s’engage à la suite du seigneur Hivernus et de ses collaborateurs. L’officier guide ses invités dans les couloirs de la raffinerie, glissant à chaque endroit traversé quelques commentaires explicatifs. Sillix fait arrêter le groupe lorsqu’il passe devant le centre de commandement des forces de sécurité gardé par un duo d’hommes en armes.
- Le peloton de sécurité de la raffinerie dirige et coordonne ses opérations de sûreté depuis ce centre de contrôle. Indique le capitaine en invitant les proches collaborateurs de l'humanoïde à peau bleue à s’approcher de la baie en transparacier.
Derrière l’épaisse vitre blindée, une petite douzaine d’individus en uniforme s’affaire à contrôler les données défilant sur leurs écrans en temps réel. Un responsable passe entre les consoles afin de superviser le travail rigoureux des analystes et des contrôleurs du centre de commandement.
- Nous avons une quarantaine d’officiers de sécurité présents sur site pour assurer la protection des trois-cent quatre-vingt employés de la raffinerie. Nous avons également fait installer des capteurs de mouvement et des caméras de surveillance sur l’ensemble du périmètre de sécurité afin de prévenir toute intrusion. Poursuit l’officier dans ses explications. Il y a une permanence de jour comme de nuit au centre de contrôle afin d’avoir des yeux et des oreilles sur tout ce qu’il se dit ou se fait à l’intérieur comme à l’extérieur du site. La relève de la garde est effectuée toutes les deux heures et nous nous assurons de garder un contact permanent avec les forces armées seigneuriales, avec qui on coordonne nos actions.
- C’est exact. Intervient le colonel Damus. Plusieurs bataillons de la première légion ont été déployés autour des sites sensibles afin d’assurer leur protection le temps que la menace posée par les mercenaires soit traitée. Coordonner nos opérations avec celles de Sécurité Globale permet une meilleure approche du terrain et plusieurs exercices communs sont envisagés afin de permettre un meilleur fonctionnement entre les différentes unités.
- Puisque l’on en vient à parler du cas gênant des mercenaires… Dans combien de temps pensez-vous pouvoir nous débarrasser de leur présence ? Demande le représentant de l’élite locale.
- Il est encore trop tôt pour déterminer le temps qu’il nous faudra pour venir à bout des groupes mercenaires opérant encore sur la surface de Rezi-9, gouverneur. Un groupe ayant une bonne connaissance du terrain et un officier expérimenté à sa tête pourrait en théorie opérer en totale autonomie sur des années. A l’inverse, une bande de mercenaires novices ou peu motivés avec un commandement fragile tiendrait au mieux quelques semaines dans la nature. Admet le commandant de la première légion. Nous avons repêché trois déserteurs affamés dans un village il y a deux jours. Ils nous ont balancé la position de leurs petits copains contre un bon repas. Il n’a pas été difficile de les neutraliser. Ils se sont rendus en voyant la cavalerie débarquer. Le constat fait par nos équipes de terrain est sans appel : Les mercenaires capturés sont rapidement tombés à court de provisions et après avoir évalué leur stock de munitions, il est clair qu'ils n'auraient pas pu combattre nos troupes plus d’une semaine. Il faut espérer que le reste des groupes disséminés dans le paysage soit dans le même cas que celui-ci. Cela nous faciliterait grandement la tâche. Quoi qu’il en soit, gouverneur, n’ayez aucune inquiétude. J’ai fait renforcer les patrouilles dans les villages et les exploitations agricoles afin d’éviter que les bandits de Natori ne puissent se livrer au pillage pour subvenir à leurs besoins. Et nous avons toujours des équipes de reconnaissance et des drones de surveillance à leur recherche. Ce n’est qu’une question de temps avant que ces chiens galeux ne craquent et finissent par se compromettre.
Le gouverneur Lotek semble se satisfaire des réponses obtenues. Sylvar acquiesce en silence. Le seigneur Hivernus, pour sa part, demeure fidèle à lui-même. Il garde ses commentaires pour lui, prenant mentalement note de ce qu’il voit et entend. S’il doit faire des remarques, ce sera en temps voulu et en comité plus restreint.
La visite de la raffinerie reprend de plus belle. Le groupe traverse de multiples salles de stockage des minéraux puis s’aventure dans une unité dédiée à leur traitement. Quel que soit le lieu, des dizaines d’ouvriers s’affairent dans tous les sens, signe évident que le complexe est une véritable fourmilière grouillant d'activités. Le capitaine fait intervenir divers chefs d’équipe et contremaîtres lorsque les invités ont des questions qui ne relèvent pas de son domaine de compétence.
- Pour l’heure, la raffinerie et les concessions minières rachetées ne sont pas encore entièrement opérationnelles. Nous n’utilisons qu’entre trente et quarante-cinq pourcents de leurs capacités. Mais nous pensons pouvoir monter à soixante-dix pourcents à la fin de l’année. Explique Sillix avant de guider son petit groupe de visiteurs dans un turbo-ascenseur assez large pour contenir une dizaine de passagers ou un petit véhicule de transport.
L’officier et ses invités de marque descendent plusieurs étages à toute allure. Le passage dans le turbo-ascenseur est de courte durée. Après quelques secondes d’attente, les voilà déjà au niveau du sol. Après être passé devant un atelier consacré à l’entretien du matériel militaire de Sécurité Globale, le capitaine pénètre dans un vaste hangar au sein duquel plusieurs équipes de mécaniciens s’occupent de la maintenance de divers véhicules. Quelques officiers de sécurité passent entre les différents transports d’un convoi qui s’apprête à partir afin de procéder à leur inspection.
- Afin de maintenir la raffinerie en état actif, nous nous assurons d’avoir un approvisionnement régulier en matières premières. Des convois en provenance de diverses concessions minières viennent ravitailler le site toutes les vingt-quatre à quarante-huit heures. Indique Sillix en invitant ses invités à rejoindre la colonne de véhicules de transport. Il nous est impossible de fournir une escorte à chaque convoi quittant ou rejoignant nos installations. Cela demanderait de mobiliser des ressources que nous n’avons pas. Nous avons toutefois mis en place un certain nombre de mesures afin d’assurer la sécurité des convois et des équipages, notamment en plaçant des traceurs sur chaque véhicule afin de pouvoir suivre leur progression en temps réel et en gardant un contact permanent. Nous veillons également à procéder, en coopération avec les forces armées seigneuriales, à leur inspection à chaque départ ou arrivée dans le but de prévenir toute menace, qu’il s’agisse d’engins explosifs improvisés, de traceurs ou même de personnel clandestin embarqué. Nous avons par ailleurs à notre disposition une force de réaction rapide capable de réagir à tout type de menace et mobilisable à tout moment.
- Plusieurs unités mobiles de la première légion se tiennent prêtes à intervenir sur demande de Sécurité Globale. Certaines unités d'éclaireurs se chargent d'ouvrir à la voie à ces convois. Et nous avons également un escadron de chasseurs paré à fournir un soutien aérien en cas de besoin. Ajoute à sa suite le colonel Damus. Dans l’idéal, les exercices communs devraient nous permettre d’assurer une interconnectivité entre nos services afin de mieux répondre aux menaces sans se tirer dans les pattes.
Hivernus acquiesce sans rien dire. Impliquer différentes branches armées au sein d’une même structure opérationnelle peut parfois s’avérer complexe. Si les officiers mis à la tête de cet ensemble ne sont pas capables de réunir leurs efforts autour d’un objectif commun, s’ils préfèrent tirer la couverture de leur côté plutôt qu’agir en concert avec autrui, c’est l’ensemble des opérations conjointes qui s’en trouvent compromises. Il a déjà assisté à ce genre de conflits puérils entre divers commandants lorsqu’il n’était encore qu’un jeune Chiss débutant sa carrière au sein des institutions armées impériales. Et il a vu les résultats liés à de tels enfantillages… Ainsi que le nombre de vies perdues pour la fierté de quelques hommes.
Après avoir assisté de leurs propres yeux au minutieux travail des contractants de Sécurité Globale pour détecter tout élément suspect sur les véhicules, les divers invités sont amenés à quitter le complexe pour faire le tour du périmètre de sécurité extérieur. D’immenses grillages barbelés ceinturent l’ensemble du site afin d’empêcher toute intrusion et sont patrouillés en permanence par des équipes constituées de deux ou trois officiers de sécurité, parfois accompagnés d’un cyberchien issu du projet X-23-A.
De l’autre côté de la clôture, électrifiée par mesure de précaution, des soldats arborant les couleurs de l’armée seigneuriale se livrent aux mêmes rondes. Le capitaine Sillix guide ensuite son groupe vers un point élevé depuis lequel il est possible d’apercevoir, entre les arbres, quelques checkpoints installés par les hommes de la première légion.
- Une compagnie entière de soldats se charge de contrôler les véhicules entrants et sortants en dehors du site de la raffinerie. Plusieurs patrouilles font par ailleurs le tour du périmètre extérieur, comme vous avez pu le constater, afin d’éviter toute intrusion.
Le gouverneur Lotek s’arrête soudainement, le corps pris d’une fatigue foudroyante, alors que l’officier chargé de la sécurité du site poursuit sa visite guidée. L’un des soldats de la garde rapprochée d’Hivernus s’empresse de retourner à la raffinerie afin de ramener un siège, tandis qu’un autre se charge de maintenir le vieil homme afin qu’il ne chute pas. D’un simple geste de la main, le seigneur de la guerre indique à ses subordonnés qu’ils peuvent poursuivre leur inspection en compagnie du capitaine Sillix. Le colonel Damus et la capitaine Sylvar poursuivent donc leur visite, non sans avoir auparavant jeté un dernier coup d'œil en arrière.
Désormais seul avec le représentant de l’élite locale, escorté uniquement par une poignée des “Stries Bleues” qui font sa fierté, le Chiss se permet de s’appuyer contre un arbre afin de calmer les douleurs qui viennent lacérer ce qu’il lui reste de jambe droite. Le gouverneur profite de cet instant de répit pour reprendre son souffle. Il vient éponger son front couvert de sueur à l’aide d’un mouchoir de poche et accepte volontiers la gourde d’eau qu’un soldat d’élite lui tend.
- Et bien… Je dois avouer que je n’ai plus l’habitude de ces visites qui traînent en longueur… Admet le sympathique Lotek, un sourire aux lèvres. Bon sang… Mes vingt ans me semblent si loin à présent… J’envierai presque certaines espèces pluricentenaires !
Il faut dire que ces derniers jours n’ont pas été de tout repos. Sollicité de toute part, le vieil homme s’est retrouvé en première ligne à gérer différentes crises. Le départ des mercenaires a été particulièrement chaotique et ces derniers ne se sont pas privés de mettre le bazar avant de quitter Rezi-9. Bâtiments pillés ou incendiés par esprit de vengeance, récoltes réquisitionnées par la force, matériel volé ou détruit en toute hâte… Nombreux sont ceux qui ont beaucoup perdu lors du retrait désorganisé des forces de l’Association Natori. En tant qu’individu élu pour représenter et diriger ses pairs, Lotek n’a eu de cesse de visiter chaque lieu frappé afin d’estimer le montant des pertes et l'étendue des dégâts en compagnie des victimes. On comprend donc, du fait de son âge avancé, que la tâche puisse être éreintante à la longue.
L'humanoïde à peau bleue se contente d’acquiescer en silence, massant doucement son moignon douloureux. L’espace de quelques battements de cœur, le seigneur de la guerre prend le temps de s’imprégner des odeurs si particulières de cet environnement singulier. Les fleurs qui serpentent autour des arbres exhalent de douces senteurs et l’humidité du bois ajoute une touche rafraîchissante à cet endroit chargé d’odeurs plaisantes. De petits oiseaux exotiques au plumage coloré bondissent d’une branche à une autre ou s’envolent en décrivant un cercle dans les airs au son vibrant d’un mammifère chantant. Hivernus pourrait, s’il en avait le temps et l’occasion, passer des heures à écouter, observer, sentir et étudier la faune et la flore locales.
Mais en tant que seigneur de la guerre, on attend de lui qu’il poursuive sa campagne militaire et il s’en retournera dans les étoiles afin d’accomplir son rôle. Les moments d’égarement dans un environnement aussi luxuriant devront attendre.
- La visite est-elle à votre convenance, gouverneur ? Demande finalement le Chiss après avoir réussi à faire passer ses douleurs.
- J’admets être surpris par la qualité du service de sécurité. Les brigands de Natori ne dépensaient pas autant d’énergie à assurer la protection de nos concitoyens… M’enfin, il faut dire qu’ils n’étaient pas là pour ça...
Bien évidemment. Les gros bras du Syndicat Tenloss avaient en effet mieux à faire, à savoir voler les ressources naturelles de Rezi-9 et s’assurer de faire appliquer les règles imposées par leur sinistre cartel criminel. La planète étant à présent pleinement intégrée au domaine du seigneur Hivernus, ses habitants peuvent désormais bénéficier de la protection de son armée. Les intérêts de Rezi-9 sont devenus les intérêts du Seigneurat de Bajic. Lotek le sait bien et n’hésitera pas à utiliser le nouveau statut de son monde pour faire bénéficier aux siens des nombreux avantages qu’il procure.
- La sécurité de nos concitoyens est notre priorité, gouverneur. Travailler dans des conditions saines est la moindre des choses… Surtout quand ce travail s’avère essentiel dans le développement économique de la planète. Indique l'humanoïde à peau bleue. Nous avons par ailleurs décidé d'augmenter la solde de vos compatriotes à hauteur de dix pourcent de leur salaire actuel. Cet effet est immédiat pour tous les employés travaillant au sein de Lybeya Excavations. Et je demanderai d’ici peu au ministère des finances de se mettre en relation avec la classe patronale de Rezi-9 afin qu’une décision similaire soit appliquée au reste de la masse salariale.
Le vieil homme ne trouve rien à redire. L’idée est plaisante et devrait remonter le moral des habitants de Rezi-9. Mais il sait que tout le monde ne sera pas enclin à montrer une telle générosité. Certains joueront le jeu et accepteront d’augmenter le salaire de leurs employés sans se poser de question. D’autres seront plus réticents. Ce sera alors au ministère des finances de les convaincre de faire un geste et, s’il le faut, de les amener à la table des négociations. Il y a par ailleurs fort à parier qu’une partie des dépenses sera prise en charge par le Seigneurat de Bajic. Des subventions seront probablement mises en place pour aider les chefs des entreprise les plus modestes à réaliser cet objectif social.
Quoi qu'il en soit, il est évident que Rezi-9 aura besoin de l’aide du Seigneurat de Bajic pour se reconstruire après le passage brutal du Syndicat Tenloss et de ses sbires.
- Autre chose, gouverneur… Il se trouve que plusieurs de mes officiers ont, au cours de ces derniers jours, reçu des centaines de demandes d’intégration dans l’armée seigneuriale. Poursuit le seigneur de la guerre.
- Vous ne comptez tout de même pas revenir sur nos accords… L’interrompt alors Lotek, tout à coup inquiet.
- Pas le moins du monde, gouverneur. Je me suis engagé à ce qu’aucune conscription n'ait lieu sur votre monde et je compte bien m’y tenir. Répond de son habituelle froideur le Chiss. Cependant, vous devriez considérer l’idée de faire usage de ces volontaires pour la défense de Rezi-9. Nous pourrions former un régiment de garde planétaire, constitué de ces éléments motivés, pour assurer la protection de ce monde si charmant.
- La première légion est déjà là à cet effet, mon seigneur…
- Certes. Mais je ne pourrais pas me passer éternellement de mes hommes, gouverneur. Il se peut que le plus gros de la première légion soit appelé à servir ailleurs, sur un autre théâtre d’opération, que la garnison planétaire soit réduite à une poignée d’unités… Et je ne souhaite pas voir Rezi-9 sans défense. Rétorque Hivernus, impassible. Voyez cela comme une opportunité à saisir. La première légion se chargerait de l’encadrement des officiers et de l’entraînement des recrues durant sa période d’activité sur la planète. Nous fournirions l’équipement et les véhicules, ainsi que les munitions et les kits de réparation. A long terme, les volontaires de cette garde planétaire seraient placés sous l’autorité de votre gouvernement, pourraient servir au maintien de l’ordre et participer à la défense de Rezi-9 en cas d’attaque. Cette unité ne serait par ailleurs en aucun cas utilisée de manière offensive, conformément à vos demandes, et tout volontaire qui désirerait poursuivre son engagement au sein des forces armées seigneuriales devrait au préalable avoir reçu l’aval de votre gouvernement.
- C'est… Une requête raisonnable et envisageable. Enfin… J’imagine. Laissez-moi le temps de la réflexion. Soupire le gouverneur, pensif. J’en toucherai deux mots au conseil dans les plus brefs délais.
- Bien entendu. Prenez le temps qu’il vous faudra. Commente alors le seigneur de la guerre, acquiesçant d’un léger signe de tête.
Ayant repris des forces, le représentant de Rezi-9 se dirige doucement vers le groupe d’officiers qui poursuit sa visite. L'humanoïde à peau bleue demeure un instant en arrière, puis rejoint à son tour le groupe, flanqué de part et d’autre par les fidèles soldats de la brigade Impera.
Lotek ne donnera pas de réponse dans l’immédiat. Hivernus ne le sait que trop bien. Il faudra probablement attendre des jours, voire des semaines, pour que le conseil donne enfin un avis définitif sur cette suggestion. D’ici là, le seigneur de la guerre aura déjà rejoint les étoiles pour livrer d’autres batailles. Mais peu importe. Le Chiss peut patienter. Il l’a toujours fait. Et il ne compte pas froisser ses nouveaux sujets… Après tout, leur soutien compte énormément à ses yeux. Et la valeur qu’il accorde aux habitants de Rezi-9 vaut bien ce délai d’attente. -
Post n°3
Auteur : Hivernus
Des ruines énigmatiques... Et des bâtisseurs plus mystérieux encore...
Les Anciens… Ce peuple mystique intrigue autant qu’il inquiète. Et les nombreuses et gigantesques statues qu’ils ont laissées ici et là, sur les mondes qu’ils ont jadis colonisés, ajoutent assurément leur dose de mystère. De nombreux archéologues et historiens se sont penchés sur leur cas, chacun y ajoutant sa propre théorie ou crachant sur celle de son voisin… Certaines études s’apparentent par ailleurs plus à des théories du complot qu’à de réelles réflexions scientifiques, si bien qu’il faut trier le bon du mauvais parmi les nombreuses thèses qui circulent.
Ce que l’on tient souvent pour acquis, concernant les Anciens, révèle toutefois bien peu de choses. Disparue en des temps anciens après avoir colonisé Naboo et l’une de ses lunes, Rori, cette espèce aurait alors laissé, comme seuls témoignages de son existence passée, des ruines englouties et d’immenses statues. On attribue aux Anciens une forme tantôt reptilienne, tantôt humanoïde. Certains experts émettent l’hypothèse d’un désastre naturel ou d’une guerre meurtrière pour expliquer leur disparition soudaine, quand d’autres affirment simplement que les Anciens auraient été incapables de s’adapter à leur nouvel environnement. Plusieurs scientifiques avancent également l’idée que cette espèce aurait pu être une des premières à s’intéresser de près aux mystères de la Force, se basant notamment sur tel ou tel détail découvert sur les rares reliques mises au jour pour apporter du crédit à leur théorie. Les tribus Gungans, pourtant en conflit avec ces mystiques colonisateurs si l’on se fie aux dires d’une poignée d’experts Naboo et d’historiens Gungans, n’ont par ailleurs gardé que de peu traces de leurs affrontements avec cet ennemi.
Dans les faits, tout reste à faire. Les recherches effectuées par les scientifiques n’ont pour l’heure donné aucune piste sérieuse à suivre… Et les rares éléments trouvés n’apportent aucun indice concret pour étayer la moindre hypothèse. Le mystère demeure entier… Et le fait qu’on ait par ailleurs mis au jour de nouveaux vestiges sur une planète de la Bordure Extérieure, Rezi-9, ajoute un nouveau lot d’interrogations à un cas d’étude déjà complexe.
C’est au sein de ces ruines englouties, perdues entre jungle et mangrove, que Frilla Hawan a décidé de mener une partie de chasse. Ayant rassemblée autour d’elle les principaux alliés et partisans de son père adoptif, la jeune femme profite de cette expédition en pleine nature pour affiner ses connaissances sur les Anciens qui l’intriguent tant… Son paternel, s’il avait été là, aurait probablement été le premier à apprécier cette aventure ludique en sa compagnie. En son absence, Frilla erre donc seule dans les ruines que les archéologues associent volontiers à cette espèce mystérieuse, laissant à ses serviteurs le soin d’installer le campement et les commodités d’usage pour les invités.
La fille adoptive du seigneur Hivernus s’émerveille face à tant de gigantisme. Les statues massives qui soutenaient autrefois les toits et plafonds d’imposants temples sont désormais brisées et couchées sur le sol. Frilla s’aventure entre les ruines de diverses structures, effleurant du bout des doigts certains pans de murs puis finit par s’arrêter devant l'immense silhouette d’une statue écroulée. Le colosse de pierre, disloqué en de nombreux morceaux et dont le visage est à moitié submergé dans l’eau, l’observe avec insistance. Un frisson intense vient parcourir le dos de la jeune femme.
- Fascinant n’est-ce pas… ? Inquiétant aussi, je dois l’admettre… Déclare une voix dans son dos. Il y a quelque chose, dans le regard de ces statues, qui intrigue et qui dérange… Mais c’est ce qui fait assurément leur charme.
Le gouverneur Lotek vient se placer silencieusement auprès de la fille adoptive de son suzerain, gratifiant cette dernière d’un hochement de tête respectueux. L’observation de vestiges antiques semble le captiver tout autant que la jeune femme elle-même. La quiétude des lieux leur permet de savourer un instant magique. Plusieurs couples d’oiseaux, au plumage chatoyant, vole d’arbre en arbre, de statue en statue. Un peu plus loin, une petite colonie de flamants roses a pris ses quartiers au sein d’un temple en ruine, profitant de sa base submergée pour pêcher en toute tranquillité. Le cri de plusieurs mammifères arboricoles vient se mêler au chant des volatiles tandis qu’à l’horizon, et dans un roulement fracassant, l’eau coule en cascade puis vient se briser contre les pierres moussues des antiques édifices.
- Ces ruines semblent assez similaires à celles que j’ai pu observer sur Naboo… Avec quelques différences notables toutefois. Fait remarquer le vieux gouverneur en venant s’asseoir sur un rocher.
- Vous avez visité les vestiges laissés par les Anciens sur Naboo ? Demande alors Frilla, intriguée.
- Oh oui… Ma famille est originaire de là-bas. Pour être plus précis, mes ancêtres Naboo figurent parmi les premiers colons de Rezi-9. J’ai fait, comme mes aïeux avant moi, mes études au sein de la prestigieuse académie de Theed. Mais cela remonte à quelques décennies, quand j’étais encore jeune et fringuant. Indique Lotek en souriant doucement, se remémorant probablement quelques bons souvenirs. Quoi qu’il en soit, j’ai eu l’occasion, et à de nombreuses reprises par ailleurs, de participer à plusieurs expéditions scientifiques au sein des antiques sites autrefois occupés par les Anciens.
L’homme pointe du doigt la statue à moitié submergée, ou plutôt, les détails qui sont visibles à travers la mousse et les aspérités de la pierre.
- Il y a de nombreux indices, sur ce chef d'œuvre d’architecture, qui me font penser qu’il s’agit bien d’une création des Anciens eux-mêmes. Voyez par vous-même, Excellence. Il y a des détails qui ne trompent pas…
- Tête de forme ovale revêtue d’une sorte de coiffe, yeux en amande, nez saillant, lèvres charnues… Oui, il est vrai que les éléments visibles sur cette statue sont similaires à ceux que l’on peut voir sur les sculptures des Anciens. Répond la jeune femme, les mains croisées dans le dos. L’agencement même des pierres est par ailleurs identique à celui que l’on peut retrouver sur les statues laissées par ce peuple. Les blocs de pierre sont rectangulaires, sculptés sur la face extérieure et agencés de manière à former un ensemble cohérent.
Le gouverneur acquiesce en silence, visiblement impressionné par l’étendue des connaissances de son interlocutrice. Un sourire vient étirer ses lèvres.
- Je constate que votre père, le seigneur Hivernus, a su vous transmettre son affection pour l’Histoire. Il est dommage qu’il n’ait pas pu se libérer… Je suis sûr qu’il aurait apprécié cette petite excursion.
- Vous aurez bien l’occasion de lui transmettre vos connaissances sur les Anciens une autre fois, gouverneur. Mon père apprécie la tranquillité de cette planète et m’a indiqué vouloir en explorer les moindres recoins. Indique la fille adoptive du Chiss, avant d’ajouter. Que diriez-vous de partager ces connaissances avec moi en attendant ? Je suis sûre que vous avez beaucoup à dire sur le sujet…
- Et bien… J’admets être ravi à l’idée de pouvoir vous apprendre deux ou trois choses, Excellence. Annonce le vieil homme en inclinant doucement la tête. Oh oui, il y a beaucoup de choses à dire… Tout d’abord, si l’on se fie aux dires de certains experts, la civilisation des Anciens aurait déclinée et disparue il y a environ cinq mille ans. Mais si l’on prend en considération les découvertes réalisées sur Rezi-9, on se rend compte qu’il existe une possibilité selon laquelle les Anciens auraient survécu à leur déclin amorcé… Temporairement du moins. Les ruines au sein desquelles nous nous trouvons actuellement auraient entre quatre et cinq mille ans si l’on prend en compte les méthodes les plus récentes de datation. Fascinant n’est-ce pas ?
Fascinant en effet. De nombreuses questions viennent germer dans l’esprit de la jeune femme. Les Anciens se sont-ils retirés sur cette planète après avoir abandonné le système Naboo ? Ont-ils essayé de rebâtir leur civilisation sur ce monde de la Bordure Extérieure ? Ou bien s’agit-il de l'effort isolé d'un petit groupe de survivants, coincés ici après une débâcle militaire ou une catastrophe de grande envergure ? Se peut-il qu’il s’agisse d’une autre colonie d’un empire stellaire qu’ils auraient bâti au fil des âges voire le berceau même de leur civilisation ? Tant de questions… Et si peu de réponses…
- Le fait que ces statues ne soient pas tout à fait identiques à celles rencontrées sur Naboo et Rori, prenons notamment en compte l’absence d’un “troisième œil” sur le haut du front et les traits plus affinés, mieux travaillés des sculptures, pourrait s’expliquer par une évolution tardive de l’expression artistique des Anciens. Poursuit le gouverneur qui, par l’intermédiaire de sa voix, exprime toute sa passion pour l’affaire. Mais nous devons aussi prendre en considération le fait qu’il puisse s’agir d’un changement lié aux événements qui ont frappé cette civilisation. La perte de ce troisième œil pourrait par exemple être liée à un épisode tragique ou marquant de leur histoire… Ou le signe que les Anciens ont perdu quelque chose. Certains historiens et archéologues ont émis l’hypothèse que ce troisième œil pourrait être la représentation stylisée, imagée, d’une forme de précognition ou d’omniscience qui pourrait notamment être le signe d’une connaissance approfondie et/ou d’une maîtrise affirmée de la Force par la civilisation des Anciens... Hypothèse par ailleurs renforcée par l’observation des statues, dont les yeux en amande, ou fermés, pourraient représenter une sorte d’état méditatif. La perte de cet œil pourrait donc être liée, si l’on se fie à ces théories, à la perte de la maîtrise de la Force par ce peuple. Bien sûr, tout ceci n’est que pure spéculation… Et au vu du peu d’éléments dont nous disposons, je doute qu’on en sache plus sur ces Anciens.
- Mais n’est-il pas admis dans le milieu scientifique qu’il n’y a, pour l’heure, aucune certitude sur l’identité même de ces sculptures, sur ce qu’elles représentent ? Archéologues et historiens débattent encore à ce sujet… Certains voient là la représentation supposée des Anciens, quand d’autres considèrent qu’il s’agit de statues dédiées à leurs dieux et façonnées à leur image. Toutes ces hypothèses pourraient donc tomber à l’eau.
- Certes… Certes.
Lotek vient se gratter la tête, perplexe. Il est probablement un peu frustré à l’idée de savoir que nul expert n’aura probablement jamais en sa possession des informations qui pourraient contribuer grandement à élucider ce cas d’étude complexe. Cela étant, il reste encore de nombreuses pistes à explorer…
- Vous marquez un point. Par ailleurs, certaines similitudes architecturales et artistiques avec d’autres civilisations ou organisations sont à noter. Plusieurs experts voient des ressemblances avec certaines statues érigées par les moines de l’Ordre de Dai Bendu ou leurs sympathisants, si bien qu’une connexion de ces deux civilisations, au travers de la Force, semble possible… D’autres prennent en compte la possibilité que les Anciens et les moines de Dai Bendu aient été en contact avec une espèce plus évoluée sur le plan technologique et cognitif, ce qui expliquerait certaines similarités entre leurs civilisations. D’anciens empires précurseurs, tels les Architectes, pourraient en effet avoir soumis ces peuples ou offert leurs connaissances… Ou tout du moins avoir eu une certaine influence sur eux. Mais là encore, il n’existe pour l’heure aucune preuve concrète permettant d’étayer ces théories.
Frilla Hawan boit les paroles du vieil homme comme l’on boirait du petit lait. Il ne fait aucun doute qu’elle est complètement plongée dans les explications du gouverneur de Rezi-9. Les civilisations antiques ont un certain charme... Et le fait qu’on en sache très peu sur ces empires précurseurs ajoute assurément sa dose de mystère. Son père adoptif aurait été ravi à l’idée de pouvoir partager ses connaissances sur le sujet avec Lotek… Ou d’en apprendre plus sur un peuple disparu depuis longtemps.
- Se peut-il qu’il ne s’agisse pas d’un site occupé jadis par les Anciens mais par une espèce qu’ils auraient pu inspirer, ou qui aurait partagé cette planète avec eux ? Voire une espèce ayant rencontrée l’un de vos empires précurseurs ? Demande alors la jeune femme, intriguée. Une espèce primitive par exemple… Il me semble que les Gungans, que les Anciens ont combattu pendant des décennies pour le contrôle de territoires, en viennent maintenant à leur consacrer un culte et accordent une grande importance à leurs ruines.
- Théories intéressantes… Oui… Il est vrai que les Gungans ont fait des vestiges de leurs anciens ennemis de véritables endroits sacrés. Et plusieurs de leurs divinités sont désormais associées aux statues érigées par les Anciens. Commente Lotek en se massant vigoureusement le menton, songeur. Hmm. Oui… Ce sont des éventualités… La colonisation de Rezi-9 ne remonte qu’à quelques centaines d’années. Il y a donc encore beaucoup à découvrir et de nombreux territoires restent à explorer… Mais pour l’heure, nous n’avons trouvé aucune trace d’une autre civilisation sur ce monde, si ce n’est ces mystérieuses ruines. Néanmoins, il existe des vestiges dans la vallée des mille géants qui sont l'œuvre des Anciens, à n’en pas douter. Les sculptures retrouvées dans cette immense étendue correspondent en tout point à ce qu’il m’a été donné d’observer sur Naboo et Rori.
- Je dois admettre que vous avez éveillé ma curiosité… Il me tarde de visiter cet endroit en votre compagnie, gouverneur.
- Je serai honoré de jouer le rôle de guide, Excellence. Répond alors le vieil homme en souriant doucement. La vallée des mille géants est un endroit resplendissant. C’est assurément un morceau de l’histoire de Rezi-9 qu’il convient de chérir…
- Je n’en doute pas, gouverneur… Et je suis sûre que mon père aura à coeur de conserver la magnificence de ces sites archéologiques.
La discussion pourrait ainsi continuer des heures, tant la passion anime ces deux là... Mais un domestique vient rapidement mettre fin à cet échange. L’homme s’incline doucement puis vient indiquer à sa jeune maîtresse que le camp est dressé et que les premiers invités sont déjà arrivés. Le gouverneur se redresse péniblement, aidé par la fille adoptive du seigneur Hivernus qu’il remercie chaleureusement. Les deux individus rejoignent ensuite l’escorte de l’héritière du Chiss, qui patiente un peu plus loin, afin de retourner au camp. -
Post n°4
Auteur : HivernusLe campement dressé en toute hâte fourmille déjà d’activités. Des dizaines de serviteurs et de fantassins s’affairent à monter les tentes, à décharger les véhicules, à transporter les caisses de vivres d’un endroit à un autre. Dans un petit sanctuaire tenant encore debout, une cuisine de campagne a été installée par la troupe. L’édifice, qui jouxte un immense temple envahi par la végétation, est désormais occupé par une brigade entière de marmitons, sauciers, rôtisseurs et autres cuisiniers qui s'occupent déjà de préparer divers repas sous la supervision d’un chef particulièrement exigeant. Alors que les bouillons, volailles, tourtes et mets de toutes sortes commencent à cuire sur les flammes de quelques feux, de douces fumées odorantes se répandent sous les voûtes antiques du sanctuaire avant de se diffuser dans l’ensemble du camp.
Frilla Hawan salive déjà à l’idée de savourer un excellent repas, les cuisiniers de son père étant particulièrement doués dans leur domaine. A son passage, soldats et domestiques s’inclinent doucement pour lui présenter leurs hommages. Tenant le gouverneur par le bras, comme le ferait un enfant pour l’un de ses vieux parents, la jeune femme entreprend de monter les marches raides et recouvertes de mousse du temple. Sur les hauteurs, des militaires postés en sentinelles sont semblables à d’antiques statues, immobiles mais vigilantes, silencieuses et intimidantes. Ayant troqué leur emblématique armure blanche striée de bleu pour le kit Comodo, plus adapté dans un environnement à la fois marécageux et tropical, les illustres soldats de la Brigade Impera se fondent parfaitement dans ce décor fait de pierres anciennes, de végétation dense et de zones d’ombre impénétrables.
Une fois le sommet atteint, la fille adoptive du seigneur Hivernus s’arrête afin de profiter de l’incroyable vue d’ensemble qu’offre ce poste d’observation improvisé. En contrebas, les centaines d’hommes et de femmes, d’humains ou d’aliens, qui occupent le campement sont semblables à des fourmis. Lotek, qui profite également de la vue, ne peut s’empêcher de remercier la jeune femme pour cette généreuse marque d’attention. Il sait très bien que cette pause impromptue est une façon déguisée de lui permettre de se reposer quelques instants. Lorsqu’il est enfin prêt à repartir, le gouverneur s’avance d’un pas décidé vers l’enceinte intérieur, toujours accompagné par la ravissante Frilla, afin de rejoindre les nombreux invités qui se sont déjà rassemblés autour des restes d’une imposante colonne.
La belle distingue parmi ces gens les fidèles de son père. Habillés d’uniformes tirés à quatre épingles, les militaires de Bajic sont nombreux à avoir fait le déplacement en ces ruines. Et ils ne sont visiblement pas les seuls. Plusieurs humanoïdes à peau bleue, revêtus de leurs plus beaux atours, se fondent volontiers dans la masse des grands esprits guerriers. L’officier le plus gradé parmi tous ces hommes de guerre est l’amiral Netbers, qui semble être en pleine conversation avec le général Shisey, commandant des forces armées de Pantora et un autre Pantoran qu’elle ne reconnaît guère. Les colonels Zakarov et Poniatowski, respectivement à la tête de la chasse seigneuriale et de la deuxième légion, échangent avec le lieutenant-colonel Kishi, autre représentant de l’armée Pantoran. Un peu plus loin, dans l’ombre d’une galerie aux motifs effacés par les ravages du temps ou dissimulés sous la mousse, la major Echo, des forces spéciales seigneuriales, et le colonel Damus, commandant de la première légion, se plaisent à converser avec d’autres confrères venus de Pantora.
Seules deux personnages semblent se distinguer au beau milieu de tous ces militaires prêts à en découdre. La première des deux n’est autre que la vicomtesse Shoti, superbe dans sa robe de soie jaune au décolleté plongeant. La vue doit être vertigineuse de près… La femme qui l’accompagne, vêtue de façon tout aussi ravissante mais d’une beauté bien plus modeste et qui commence à se faner, est l’une des dernières sympathisantes de son père. En tant que fervente partisane des héritiers de la couronne de Yasilor, la duchesse Yfressa s’est tout naturellement tournée vers Hivernus afin de lui apporter son soutien dans ses campagnes à venir, et plus particulièrement celle visant à libérer sa planète natale du joug du Syndicat Tenloss et de ses alliés putschistes. Ayant mis sa fortune et ses relations à la disposition du Seigneurat de Bajic, la duchesse se sert volontiers de son influence pour recruter les expatriés du secteur ou des systèmes alentours pour le compte du seigneur de la guerre. Personnalité au tempérament de feu, Yfressa est semble-t-il l’une de ces femmes de la grande noblesse qui prend trop à cœur les affaires de la guerre. Selon les dires du colonel Zakarov et d’autres militaires, l’aristocrate serait une pilote chevronnée et téméraire ayant entièrement vouée sa vie à l’art du combat. Le fait qu’elle financé sur ses propres fonds un escadron entier de chasseurs, constitués de K-222 manœuvrés par des expatriés Yasiloriens, tend à prouver les rumeurs que l'on se plait à colporter.
Si tel est le cas, Yfressa pourrait bien devenir un modèle pour la jeune Frilla, qui rêve elle aussi de s’engager dans les pas de son père adoptif en suivant une carrière militaire… La fille du seigneur Hivernus n’a jusque-là pas encore eu la chance de pouvoir lui adresser la parole, s’étant en effet contenté de la remarquer de loin lors de quelques réunions informelles tenues par le Chiss ou certains de ses officiers. L’occasion d’entamer une conversation des plus formelles avec une forte tête de la noblesse Yasilorienne en ce jour de grand faste est donc tout à fait approprié.
Remarquant bientôt la présence de la jeune femme et du gouverneur de Rezi-9, nombre d’individus se portent à leur rencontre. L’amiral Netbers et ses invités sont les premiers à arriver à leur hauteur. L’officier de haut rang fait claquer ses talons, bientôt imité par le général Shisey, tandis que le troisième homme, un Pantoran aux habits d’une rare élégance, à la barbe bien taillée et dont le crâne se dégarnit doucement, adresse un hochement de tête respectueux au vieux Lotek avant de s’incliner devant la fille adoptive du seigneur de la guerre.
- Excellence, gouverneur, j’ai l’honneur de vous présenter Monsieur le président de l’Assemblée de Pantora, Chune Toomon. Annonce l’amiral, servant volontiers d’entremetteur.
- Votre visite nous honore, monsieur le président. Mon père n’est guère disponible pour vous recevoir en ce moment mais sachez qu’il vous adresse, par mon intermédiaire, ses plus sincères salutations. Débute d’une voix douce Frilla, étirant ses lèvres en un sourire gracieux. Je suis particulièrement sensible à l’intérêt que Pantora porte au Seigneurat de Bajic. Mon père, le seigneur Hivernus, n’a eu de cesse de partager avec moi son plus profond respect pour le peuple de Pantora et ses dirigeants. La promesse d’un rapprochement entre nos deux nations nourrit les espoirs de tout un secteur et j’aimerai vous faire part de ma grande admiration pour le travail que vous abattez en ce sens. Je suis certaine que nos gouvernements sont destinés à accomplir de grandes choses ensemble. Votre présence en ces lieux en est l’exemple le plus concret.
Flatté par tant louanges, le président de l’Assemblée ne peut s’empêcher de rayonner. Le Pantoran soupire doucement, ravi. Sa poitrine se gonfle naturellement de fierté. Il tripote machinalement son ventre bedonnant, un sourire aux lèvres.
- C’est une charmante planète que vous avez là, Excellence. Votre père, le seigneur Hivernus, y a rétabli la paix et la sécurité et désormais Rezi-9 semble avoir retrouvé une partie de son éclat d’antan. Répond Chune Toomon. Pantora traverse une période sombre de son histoire. Notre monde natal a perdu de sa superbe. Notre société est en déclin, en proie à l’agitation, au désordre. Si nous ne faisons rien maintenant, je ne crains qu’il ne reste plus grand chose à sauver de notre grande civilisation.
Le président de l’Assemblée marque un temps de pause. Les Pantorans sont des êtres fiers et il n’est guère évident pour eux d’admettre l’évidente faiblesse d’une société qu’ils considèrent parfaite. Faire de tels aveux, c’est se planter un poignard en plein cœur. Pour Chune Toomon, la tâche est d’autant plus ardue puisqu’il est, en tant que gouvernant de Pantora, tenu en partie responsable des derniers échecs en date.
- Nous avons jadis fait le choix de nous appuyer sur les promesses futiles de protecteurs distants. La République nous a trahi. Et les empires qui lui ont succédé n’ont guère fait mieux. Les grandes puissances décisionnaires de la galaxie sont bien loin des réalités du terrain. C’est d’autant plus vrai pour ceux qui se targuent d’être tantôt partisans de l’ordre établi et d’un régime autoritaire, tantôt défenseurs des libertés et de la démocratie. Ces gens-là n'ont jamais quitté le Noyau. Ils ne s'intéressent guère à ce qu’il se passe dans la Bordure Extérieure, qu’ils considèrent lointaine, trop éloignée de leurs centres d’intérêt pour qu’ils y prêtent attention. Poursuit le Pantoran d’une voix teintée d’amertume. Comprenez bien, Excellence, que le choix d’un rapprochement avec le Seigneurat de Bajic s’est imposé comme une évidence. Le seigneur Hivernus, votre père, nous aide à régler nos problèmes. En échange, nous nous engageons à le soutenir face aux siens. C’est un échange de bons procédés. Chacun y trouve son compte et de cette manière, nos sociétés sont certaines de prospérer.
Les choses ne sont hélas jamais aussi simples. Toomon le sait. Frilla le sait. Tout le monde le sait. Mais l’espoir fait vivre, dit-on… Ou a au moins le mérite de maintenir une partie de la population sous contrôle. En politique, il est courant de faire passer ses intérêts pour ceux du plus commun des citoyens en présentant notamment des solutions qui, ou bien ne seront jamais appliquées, ou bien avantageraient la classe dirigeante au détriment du petit peuple. Tromper son monde est un véritable talent que chacun, dans le monde des affaires publiques, se doit de maîtriser à la perfection.
La jeune femme, qui n’est guère dupe, commence à cerner ce curieux personnage qu’est le président de l’Assemblée. En promettant de mettre un terme à la situation précaire de Pantora, l’homme cherche très certainement à sauver sa place. Restaurer la grandeur de sa planète natale n’est probablement qu’un prétexte pour conserver son pouvoir… La fille adoptive d’Hivernus devra donc à la fois se méfier de ses ambitions et de celles de son ambassadrice, dont les paroles doucereuses sont un poison aussi tentant que néfaste. Seul le général Shisey semble digne de confiance… Si tant est que l’on peut se fier à sa seule intégrité morale. Après tout, il se pourrait tout aussi bien qu’il ait son propre agenda. Les militaires font parfois des hommes de pouvoir redoutables, surtout lorsqu’ils ont le soutien inconditionnel des leurs.
Peu importe… Frilla Hawan n’est pas la fille du puissant seigneur de la guerre de Bajic pour rien. Elle saura leur montrer qu’il n’est guère malin de jouer avec elle. La jeune femme n’hésitera pas un instant à brûler les ailes des joueurs trop imprudents. Quant aux autres, elle saurait les séduire… Ou les dompter. Après tout, n'est-ce pas là le jeu auquel s'adonne volontiers les politiciens ? -
Post n°5
Auteur : HivernusPlusieurs domestiques se glissent discrètement parmi les convives afin de servir diverses boissons et pâtisseries. Shisey et Netbers s’éloignent doucement, probablement avec l’intention de discuter des différentes affaires militaires actuelles sans être dérangés. Le gouverneur Lotek, pour sa part, trouve une excuse des plus convenables dans le seul but d’aller profiter de la fraîcheur d’un coin plus obscur. Le vieil homme disparaît ainsi dans l’ombre d’un vieil édifice, probablement satisfait à l’idée de pouvoir étudier quelques anciennes reliques d’un temps passé.
Chune Tomoon et l'héritière du seigneur Hivernus sont désormais seuls. Un échanson en grande livrée vient leur apporter à boire, bientôt suivi par une servante et son plateau de succulents mets. Le temps d’un bref instant, Frilla et son invité se jaugent tels deux prédateurs prêts à se sauter à la gorge… Puis la jeune femme étire ses lèvres en un sourire radieux afin de désamorcer la situation. En face, le président de l’Assemblée de Pantora se permet de sourire à son tour, levant son verre afin de porter un toast.
- Je bois aujourd’hui à la santé du seigneur Hivernus, votre père. Je lui souhaite volontiers de mener un long règne prospère sur le secteur de Bajic. Indique le Pantoran en venant ensuite trinquer avec la fille du puissant souverain de Base Vergesso. Longue vie au Seigneurat de Bajic !
Tomoon avale une gorgée du précieux vin qu’on vient de lui servir puis enfourne dans sa bouche une pâtisserie enrobée de chocolat et fourrée à la crème. Frilla ne doute pas un instant que son invité se comporte en parfait hypocrite. Comme il l’a lui-même indiqué, le Seigneurat de Bajic n’est qu’un partenaire de circonstance pour Pantora… Un associé certes utile mais dont l’importance pourrait rapidement évoluer dans un sens ou un autre en fonction des besoins du président de l’Assemblée. Pour la fille adoptive du seigneur de la guerre, il semble nécessaire de tisser des alliances avec certaines des plus éminentes personnalités de Pantora. Le général Shisey semble avoir beaucoup d’influence au sein de l’appareil politique Pantoran. Avoir ses faveurs permettrait de garder Tomoon dans les rangs si jamais il venait à avoir quelques idées farfelues en tête…
- Tous ces uniformes… La présence de tous ces hommes de guerre n’est pas anodine, n’est-ce pas ? Laissez-moi deviner… Une démonstration d’ordre militaire est au programme ? Demande alors le président de l’Assemblée, sirotant une nouvelle gorgée de vin.
- Vous êtes perspicace, monsieur le président. Répond alors Frilla, un léger sourire aux coins des lèvres. L’occasion étant trop belle pour être gâchée, nous avons en effet convenu de vous faire profiter du savoir-faire militaire du Seigneurat de Bajic lors de votre séjour sur Rezi-9. Vous ne serez pas déçu, je peux vous le garantir…
- Je n’en doute pas un instant, Excellence. Shisey n’a eu de cesse de me rebattre les oreilles après avoir vu vos troupes à la manœuvre… Par ailleurs, si ma mémoire est bonne, il me semble avoir signé un document concernant le transfert de plusieurs compagnies Pantorans sur Rezi-9… Je crois me souvenir d’exercices militaires conjoints à venir. Est-ce exact ? J'imagine que cette démonstration militaire sera l'occasion d'un exercice commun.
- En effet, monsieur le président. Votre mémoire est excellente. Et vous avez encore une fois vu juste. Indique la jeune femme, observant son invité manger et boire à sa guise. Le général Shisey a considéré qu’il était essentiel pour les forces armées de Pantora d’apprendre directement sur le terrain, aux côtés des troupes seigneuriales. Nombreux sont ceux, au sein du haut-commandement du Seigneurat de Bajic et parmi vos semblables, qui s’accordent sur le fait qu’une coopération étroite entre nos armées ne peut être que bénéfique sur le long terme.
- Oui, oui… J’en conviens. Avoir l’appui de la puissante armée du Seigneurat de Bajic va sûrement en inciter certains à reconsidérer toute action hostile à l’égard de Pantora. Ajoute à sa suite le Pantoran. Je suis toutefois perplexe quant à la nécessité d’engager des troupes Pantorans sur un quelconque théâtre d’opérations. Cette guerre que mène votre père contre le Syndicat Tenloss ne concerne en rien Pantora.
- Monsieur le président, il n’a jamais été question d’envoyer vos concitoyens combattre le Syndicat Tenloss. Le général Shisey et la vicomtesse Shoti ont émis l’idée de soutenir le Seigneurat de Bajic dans ses opérations de lutte contre les groupes pirates… Idée à laquelle mon père adhère entièrement. Rétorque alors la fille adoptive du Chiss.
Dans les faits, elle est la première à avoir suggéré cette idée. Cependant, afin d’éviter de froisser le président de l’Assemblée Pantoran, il est préférable de lui faire croire que l’initiative vient de ses compatriotes. De toute manière, il est tout à fait vrai d’affirmer que le général Shisey et la vicomtesse Shoti sont les premiers partisans du projet.
- Comprenez bien que nous n’avons pas pour but d’engager vos troupes dans des actions militaires qui n’ont pas pour principal objectif de protéger nos intérêts communs. Si vous considérez que vous n’avez rien à gagner à faire la guerre au Syndicat Tenloss, nous respecterons ce choix. Reprend Frilla, d’une voix douce mais ferme. Néanmoins, si vous tenez vraiment à ramener la stabilité sur Pantora, je ne peux que vous conseiller de nous assister dans ce projet de collaboration entre nos forces armées. Quelques actions de grande envergure contre diverses bandes pirates, et aux côtés des troupes seigneuriales, devraient à la fois freiner les ardeurs de ces vauriens de l’espace et vous faire gagner quelques points dans les sondages, le tout en offrant à vos concitoyens l’image d’une armée planétaire professionnelle et compétente. De quoi satisfaire tout le monde, pour faire plus clair.
Chune Tomoon prend le temps de la réflexion. La petite protégée du seigneur Hivernus avance de bons arguments, à n’en pas douter. Et visiblement, plusieurs de ses associés semblent déjà se prononcer en faveur d’une telle initiative. Refuser de les écouter, de se ranger de leur côté, serait se priver d’une partie du soutien qu’il a jusque-là eu tant de mal à rassembler pour conserver l’ascendant sur l’Assemblée. Shisey et Kishi n’ont eu de cesse de faire l’éloge de la vivacité d’esprit de la jeune et belle héritière du Seigneurat de Bajic. Ils ne se sont visiblement pas trompé sur ce point là…
- Vous marquez un point, Excellence… Je suppose que je ne devrais avoir aucun mal à persuader l’Assemblée du bien fondé de ce projet… Marmonne le Pantoran, cherchant du réconfort auprès d’une pâtisserie fourrée au fromage.
- Je ne doute pas un instant de vos capacités à convaincre la foule, monsieur le président. Lui fait alors remarquer Frilla, un léger sourire aux lèvres. La vicomtesse Shoti n’a pas été avare en compliments. Elle loue volontiers vos dons d’orateurs.
Un mensonge… Mais le président de l’Assemblée ne semble pas s’en rendre compte. Il accepte volontiers l’éloge, sa poitrine se gonflant de fierté. Un petit sourire satisfait se dessine doucement sur ses lèvres.
- A ce propos, il y a quelque chose que vous pourriez faire pour le Seigneurat de Bajic… Poursuit la fille adoptive du seigneur de la guerre. Le seigneur Hivernus, mon père, souhaiterait faire l’acquisition d’une ou plusieurs concessions minières sur Pantora. Vous pourriez faire usage de vos dons d’orateur pour convaincre vos semblables de la nécessité pour Pantora d’accéder à cette requête.
- Oui… J’imagine que cela peut se faire. Je me dois cependant de vous demander quels avantages ma planète aurait à gagner à accepter une telle demande. J’aurai des comptes à rendre à l’Assemblée… Et sans aucun argument crédible à avancer, je crains hélas que le débat ne s’oriente rapidement en votre défaveur.
La jeune femme ne sait pas si elle doit prendre cette réponse pour une forme de chantage. Après tout, il se pourrait bien que ce vieux fourbe de Tomoon cherche à tirer d’elle (ou de son père) quelque chose en échange de sa pleine et entière collaboration. Ou peut-être essaie t-il simplement de s’assurer en amont qu’il pourra obtenir l’ascendant sur ses opposants politiques lorsqu’il faudra amener ce sujet sur la table. Il se peut même que cette réponse soit motivée par un savant mélange des deux. Le président de l’Assemblée est un individu fier qui n’apprécie pas la concurrence, ni même le fait de se savoir en position de faiblesse. Il faut se méfier de ses motivations personnelles, qu’il pourrait sans problème faire passer pour les préoccupations officielles de Pantora, de ses concitoyens.
- Les forces armées seigneuriales ont besoin de carburant pour faire voler leurs appareils. Avoir accès à un ou plusieurs champs pétrolifères pourrait s’avérer crucial si nous voulons nous assurer d’avoir un ravitaillement constant en énergie pour nos véhicules. De même, l’achat de concessions minières sur Pantora pourrait permettre à notre industrie militaire d’augmenter les cadences de production, voire même d’étendre notre gamme de produits. Explique Frilla, entre deux gorgées de vin. Une armée seigneuriale bien équipée et bien ravitaillée est une armée qui pourra efficacement répondre aux besoins de Pantora… Et si les ressources offertes par votre gouvernement nous le permettent, nous pourrions même envisager la possibilité de vous faire quelques cadeaux en matière d’armement. Chaque faveur qui sera accordée au Seigneurat de Bajic pourra vous être retournée, d’une manière ou d’une autre.
Une fois encore, la fille adoptive du seigneur Hivernus sait comment convaincre son interlocuteur. Le Pantoran, perplexe, se frotte machinalement le menton. Mais il doit reconnaître la pertinence des arguments de la jeune femme. L’héritière du Seigneurat de Bajic est une femme d’état, à n’en pas douter. Suivre de près sa carrière à venir dans le monde impitoyable de la politique sera un divertissement enrichissant.
- Je vous prends au mot, Excellence. Vous avez mon soutien indéfectible. Lâche finalement pour toute réponse le président de l’Assemblée. Tâchez de vous en souvenir lorsque j’aurai besoin de vos services… Ou de ceux de votre père.
Frilla incline doucement la tête, comme pour remercier son invité pour sa décision éclairée. Il ne sait pas, cependant, qu’il est loin d’être le premier à avoir été mis dans la confidence… Plusieurs individus haut placés au sein de la société Pantoran, ayant des affinités plus directes avec les projets du seigneur de la guerre, ont déjà été mis au courant. Si Tomoon avait refusé d’accéder aux demandes du Chiss, il ne fait aucun doute qu’un autre Pantoran aurait été sollicité pour porter ses requêtes à l’Assemblée… Et les faire valider. Dans ce royaume où tous les coups sont permis, un monde au sein duquel les apparences sont souvent trompeuses, il semble avisé de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. La jeune femme semble l’avoir compris… Sûrement aussi bien que son père. Ou peut-être plus encore. -
Post n°6
Auteur : Hivernus
Nuadan City, la sublime capitale de Rezi-9.
Le palais du gouverneur de Rezi-9 grouille d’animation. Le retour soudain du seigneur Hivernus, qui a décidé de prendre ses quartiers d’hiver sur la planète, et l’annonce de l’arrivée prochaine d’une délégation étrangère sur son sol semblent avoir eu un certain effet au sein de la population. Le gouverneur Lotek, mis en relation avec le Ministère de la Guerre afin de préparer au mieux l’accueil d’invités de marque, a passé ces derniers jours à orchestrer au millimètre près chaque détail de ce séjour diplomatique qui doit être, selon les dires des autorités seigneuriales, le début d’une relation de confiance entre les représentants de l’une des plus grandes puissances galactiques et le jeune Seigneurat de Bajic.
Les questions de sécurité ont déjà été réglées, les divisions de police et plusieurs unités spéciales des forces armées ayant été briefées sur leur mission. L’intendance du palais est d’ors-et-déjà prête à recevoir ses nouveaux invités comme il se doit. Les chambres sont bien ordonnées et décorées avec beaucoup de soin. Plusieurs présents sont par ailleurs déposés sur les lits, prêts à être ouverts et consommés. Les couloirs sont dépoussiérés et nettoyés afin de faire briller de mille feux les murs d’albâtre de l’imposant bâtiment. Statues et tapisseries retrouvent ainsi une seconde jeunesse, tandis qu’ici et là, fontaines aux bassins grouillant de poissons colorés et parterres de fleurs odorantes font l’objet d’une attention particulière. Dans les cuisines, le personnel se charge déjà de préparer les plats qui seront servis lors du repas.
Le vieux gouverneur a par ailleurs déjà organisé quelques sorties pour ceux et celles qui voudraient découvrir les merveilles de Rezi-9, qu’elles soient archéologiques, naturelles ou culturelles, et plusieurs événements festifs ont été prévus pour divertir les représentants de Raxus Secundus. En résumé, Lotek s’est largement dépassé, souhaitant offrir aux membres de la délégation séparatiste un séjour parfait qu’ils n’oublieront pas de sitôt. Lorsque l’annonce de l’arrivée imminente de la sous-préfète Osso et de son entourage parvient aux oreilles du vieil homme, tout est prêt. Chacun sait ce qu’il a à faire.
La navette de la délégation étrangère est escortée par une demie douzaine d’intercepteurs TIE, passe à proximité d’une paire de croiseurs de la classe Arquitens et s’enfonce ensuite dans l’atmosphère de la planète. Le transport spatial survole de vastes étendues végétales, forêts luxuriantes ou plaines agricoles, puis se dirige vers la capitale de Rezi-9, Nuadan City. Nichée au pied d’une chaîne montagneuse, la cité semble sortie tout droit d’un conte pour enfants. Avec ses imposantes façades d’un blanc immaculé et ses bâtiments d’une grande beauté qui se marient parfaitement avec ce magnifique cadre naturel, la ville a en effet tout de l’endroit où d’importantes têtes couronnées ont pu vivre d’incroyables histoires d’amour.
Délaissé par son escorte, le transport rejoint alors le spatioport, situé dans les faubourgs de la capitale. Plusieurs officiels, dont le gouverneur de Rezi-9, attendent patiemment sur l’aire d’atterrissage afin d’accueillir leurs invités comme il se doit. Une section entière de stormtroopers aux armures blanches striées de bandes bleues s’est déployée autour d’eux. Les soldats, de différentes tailles, formes et espèces, demeurent immobiles et silencieux, concentrés sur leur tâche. La présence de militaires aux abords de la piste d’atterrissage n’a cependant aucune conséquence sur la qualité de l’accueil. Les stormtroopers d’élite se fondent en effet dans le décor et leurs armures colorées s’accordent parfaitement avec les guirlandes de fleurs et les fanions disposés sur les lampadaires.
Lorsque la sous-préfète apparaît enfin en compagnie de son entourage, Lotek se porte à leur rencontre. Quelques membres du gouvernement local suivent son exemple et marchent dans ses pas, les étoffes bariolées de leurs habits démontrant leur statut social. Plusieurs pages, à leur suite, ont les bras chargés de présents qu’ils remettent bientôt aux nouveaux arrivants.
~ Gouverneur Lotek ~
- Sous-préfète Osso, c’est un honneur de vous recevoir sur notre humble monde. Veuillez accepter ces cadeaux, geste d’amitié et d’hospitalité, que nous avons coutume d’offrir à nos invités les plus estimés. Débute d’une voix douce le vieil homme, un sourire chaleureux aux lèvres. J’espère qu’ils vous apporteront, à vous et à votre entourage, un quelconque réconfort car nous prenons grand plaisir à les confectionner…
Lotek incline doucement la tête, bientôt imité par ses proches.
- Gouverneur Lotek, pour vous servir… Si vous avez besoin de quoi que ce soit au cours de votre séjour, n’hésitez pas à me le faire savoir. Je me ferai une joie de vous être agréable et utile.
Une fois les présents (des bijoux, mets raffinés et friandises principalement) et les politesses échangées, le gouverneur conduit ses invités à l’extérieur du spatioport où les attendent une grande file de véhicules. Les représentants séparatistes sont invités à monter à bord d’un transport de luxe, une corbeille de fruits frais et un minibar bien approvisionné les attendant. Une fois les passagers embarqués, le modèle Corona Limited repeint aux couleurs du Seigneurat de Bajic se met doucement en route, escorté à l’avant par pas moins de huit policiers montés sur motojets et suivi à l’arrière par six véhicules de police opérés par les stormtroopers d’élite déjà présents sur l’aire d’atterrissage. Sirènes et gyrophares se mettent en marche et le convoi s’aventure alors dans les rues pavées et largement végétalisées des faubourgs de la capitale. De temps à autre, une canonnière de police survole la zone puis disparaît à l’horizon. Plusieurs patrouilles pédestres, lourdement armées, stationnent en divers endroits au milieu des passants, interdisant parfois l’accès au public et aux véhicules. Voyant plusieurs des conseillers de la sous-préfète échanger à voix basse à propos de cet étalage de force, le gouverneur se permet de clarifier la situation.
- Nous avons eu vent des événements fâcheux qui ont secoué la société de Raxus Secundus… Il nous a paru important d’assurer votre sécurité avec beaucoup de rigueur, étant donné les circonstances… A l’avenir, si un tel déploiement vous déplaît, nous pourrions envisager un dispositif de protection plus discret.
Le reste du trajet se fait au sein même de Nuadan City, le convoi traversant une portion de la vaste cité blanche. Après un passage au milieu des quartiers d’habitations huppés de la ville, la file de véhicules en vient à longer le lac autour duquel la capitale s’est bâtie. Sur la promenade, des milliers de locaux sont venus assister à un spectacle sublime. Des dizaines de jets d’eau s’animent à la surface, s’inclinant dans un sens ou l’autre afin de former des figures gracieuses qui s’accordent parfaitement avec l’air entraînant joué par un groupe de musiciens depuis une scène flottante.
L’immense palais du gouverneur, qui domine la ville par son imposante silhouette, apparaît de plus en plus gigantesque au fur et à mesure que le convoi approche. Bâti au-dessus d’un cours d’eau qui s’écoule en une énorme cascade directement dans le lac, l’édifice est un véritable trésor d’architecture qui semble faire la fierté de son actuel occupant. Le sourire qui naît doucement sous les moustaches du gouverneur est en effet très éloquent.
- Je ne me lasserai jamais de cette vue sublime. Commente Lotek, heureux. Je remercie chaque jour nos ancêtres pour ce magnifique cadeau… Car je doute que nous puissions faire mieux qu’eux. Ce serait de toute manière faire preuve d’une grande arrogance que chercher à les concurrencer.
La colonne de véhicules arrive finalement au pied du gigantesque bâtiment et s’engage sur une place circulaire au milieu de laquelle trône une fontaine ornée d’une statue d’un grand fauve de la faune locale. Les motojets de l’escorte font le tour du monument central, laissant le transport de luxe se garer devant l’entrée du palais. Sur les marches, Hivernus et ses gardes attendent déjà l’arrivée des invités entre deux magnifiques rosiers au parfum envoûtant. Les stormtroopers des véhicules d’escorte débarquent afin de sécuriser le périmètre tandis qu’un majordome en grande tenue se charge d’ouvrir la porte de la limousine.
Le gouverneur de Rezi-9 invite les représentants de Raxus Secundus à remonter le tapis rouge d’un geste bienveillant de la main, ses lèvres se fendant en un sourire amical.
- Sous-préfète Osso, ce fut un honneur de partager ce bref instant en votre délicieuse compagnie. Il me reste encore beaucoup de travail devant moi mais nous nous reverrons sûrement au moment du repas. Indique le vieil homme en inclinant doucement la tête. Je ne doute pas un instant que votre rencontre avec le seigneur Hivernus se passera sous les meilleurs auspices… Car notre illustre souverain, derrière ses apparences de militaire froid et implacable, n’en demeure pas moins un grand passionné d’art et apprécie toujours les bienfaits d’une conversation enrichissante. Soyez donc rassurée, sous-préfète. Vous êtes entre de bonnes mains !
L’homme adresse un dernier signe de tête à la sous-préfète, un sourire aux lèvres, puis finit par rejoindre ses conseillers afin de poursuivre son travail administratif. Fermement campé sur les marches du palais, canne en main, le Chiss à la tête du Seigneurat de Bajic revêt son traditionnel uniforme de seigneur de la guerre. La tenue d’apparat, immaculée, est brodée d’or au niveau des épaulettes et des manches. La plaque d’insigne piquée sur l’étoffe indique le rang d’amiral que l'humanoïde à peau bleue a supposément obtenu au sein des institutions militaires impériales avant de s’exiler pour fonder son propre domaine. Bottes et gants en cuir noir viennent renforcer l’aspect autoritaire du souverain de Bajic.
Voyant Leiel et les siens se porter à sa rencontre, Hivernus fait le choix de descendre les marches à son rythme afin d’aborder les représentants de Raxus Secundus sur un pied d’égalité. Il refuse visiblement de les accueillir avec arrogance, depuis une position avantageuse qui appuierait sa domination, car il n’a pas d’intérêt quelconque à se comporter de la sorte avec ses invités. Lorsque la sous-préfète arrive à sa hauteur, l'œil flamboyant du Chiss se pose sur elle. Il incline doucement la tête, comme pour saluer la délégation séparatiste.
- Vous avez accepté mon invitation et je vous en suis reconnaissant, préfète. Indique l'humanoïde à peau bleue d’une voix parfaitement modulée. L’Histoire occupe une place importante dans mon cœur et le redouté Xim le Despote a forcément marqué mon esprit guerrier. Le système Raxus a eu une fonction de premier ordre au sein de son empire et je me voyais mal garder pour moi un trésor historique qui devrait retrouver sa place légitime entre les mains de ses héritiers. J'aimerais donc vous remettre solennellement les biens qui vous ont été dérobés. Si vous voulez bien me suivre…
Flanqués par les gardes imposants du seigneur de la guerre, deux Trandoshans et deux Yinchorri engoncés dans des armures blanches striées de bandes bleues, les représentants de Raxus Secundus sont invités à entrer dans le gigantesque palais du gouverneur de Rezi-9. Le groupe longe ainsi un couloir aux immenses colonnes ornées de sculptures et de motifs en tout genre puis rejoint une salle où les trésors confisqués aux pirates ont été exposés.
Hivernus s’arrête face à une série d’objets placés sous vitrine. Il porte d’abord son attention sur une rangée de cinq lingots frappés de l’emblème du despote, une tête de mort aux formes rectilignes. Le métal reflète la lumière du jour et semble, à l’instar d’un miroir, capable de projeter l’image parfaite de ce qu’il l’entoure.
- Ces lingots de Kiirium viennent assurément de l’époque de Xim le Despote. La tête de mort stylisée gravée à leur surface ne trompe pas quant à leur origine… Détail intéressant… Nous savons qu’ils ont été produits dans le système Raxus grâce à une petite indication laissée sur leur face intérieure, une série de lettres et de chiffres qui correspond notamment aux fonderies de Raxus. Indique le Chiss. Le Kiirium ne vaut plus grand chose aujourd’hui mais a été, du temps de Xim le Despote, un matériel très prisé pour la construction de vaisseaux de guerre et fut assurément un facteur déterminant au cours de ses conquêtes.
L'humanoïde à peau bleue se positionne ensuite devant trois cristaux aux faces parfaitement ciselées et polies. Le plus gros des trois est de couleur rose, les deux autres virant plutôt vers le bleu.
- Des cristaux Mytag… Très prisés du temps du Despote, notamment pour leur utilité dans le domaine militaire. Ils furent principalement utilisés à des fins de communications et dans les systèmes de senseurs au sein de son armada de vaisseaux. Explique le seigneur de la guerre. Ils ont perdu en valeur car les progrès technologiques les ont rendus obsolètes d'un point de vue militaire. Cependant, il faut admettre qu’ils ont toujours un certain charme… Et je ne doute pas que nombre d’individus s’en servent encore dans le domaine de la joaillerie. Après tout, l’Arche du Baron Auletphant en est recouverte. Imaginez un instant la splendeur d’un vaisseau vieux de plusieurs milliers d’années, dont la coque est faite d’or et entièrement incrustée de cristaux… Ce doit être sublime à voir.
Le regard de feu du souverain de Bajic se pose à présent sur un médaillon de toute beauté, qui ne semble pas avoir perdu de son éclat en dépit de sa vieillesse apparente.
- Ah oui… Ce médaillon a vraisemblablement été porté par un membre de l’aristocratie de Raxus car il y est inscrit sur sa tranche une devise apparemment typique de la haute société de Raxus Secundus : “Fils de Xer”. Poursuit Hivernus, sa voix toujours parfaitement modulée. Cet individu devait être puissant et richissime, au vu des matériaux utilisés pour la confection de ce médaillon… La pièce en elle-même est faite d’or pur, un métal noble assez commun malgré sa grande valeur. Mais voyez par vous-même la qualité des détails gravés à sa surface… On peut y observer différentes scènes. Et notez l’excellente condition des pierres précieuses montées sur le médaillon. Plus remarquable encore… Un authentique morceau de Kiirium enchâssé en son centre. Oui, le propriétaire de cette pièce d’exception avait sans aucun doute une place importante au sein de la société.
Le dernier arrêt du Chiss s’effectue devant une imposante tête de métal dont la surface semble légèrement cabossée.
- La pièce maîtresse… Et mon coup de cœur personnel, à n’en pas douter. Murmure l'humanoïde à peau bleue, esquissant l’ombre d’un sourire sur son visage fermé. La tête d’un antique droïde de guerre du Corps Gardien. Celui-ci a visiblement appartenu à une unité ayant pris ses quartiers sur Raxus Secundus puisqu’il arbore l’antique insigne de la planète. Les droides de guerre de Xim le Despote ont été d’une importance capitale au cours de ses conquêtes et il est souvent admis qu’ils figurent parmi les premiers automates de combat employés au sein de l’histoire galactique. Véritable trésor technologique, archéologique et militaire, trouver un modèle entier encore en état de marche relève apparemment du miracle de nos jours…
Hivernus se tourne à nouveau vers Leiel, inclinant sa tête lorsque son oeil désormais unique rencontre son regard.
- Ces objets appartiennent au peuple de Raxus Secundus, préfète. Et c’est avec grand plaisir que je me tiens aujourd’hui devant vous pour vous les remettre de manière officielle. Annonce le seigneur de la guerre. -
Post n°7
Auteur : HivernusA lire avant.
Après la visite des installations militaires de Kabaira, les hautes instances des forces armées de la Corporation Hawan poursuivent leur inspection sur Rezi-9. Le général Bradd, toujours accompagné de Sylvar, ministre de la guerre, et de l’amiral Netbers, commandant en chef de la marine de guerre du Seigneurat de Bajic, rejoint le gouverneur Lotek et le major-général Damus, à la tête de la première division de sécurité, pour prendre connaissance des avancées réalisées sur la planète. Rezi-9 n’a pas l’importance industrielle de Kabaira mais demeure tout de même un rouage essentiel dans la machine de guerre du Seigneurat de Bajic. Ce sont ses vastes étendues agricoles et ses nombreuses exploitations minières qui fournissent les vivres aux soldats et les matières premières nécessaires à la conception de nouvelles armes et d’engins militaires. De fait, fournir à Rezi-9 les moyens de se défendre apparaît plus qu’essentiel pour la survie du jeune Seigneurat de Bajic et de son puissant appareil corporatif…
Comme ce fut déjà le cas sur Kabaira, les protocoles de sécurité mis en place sur ce monde paradisiaque sont aussi infaillibles qu’ils sont complexes. C’est en effet toute une myriade d’officiers, d’assistants et de conseillers qu’il faut à chaque fois transférer d’un endroit à un autre, le tout sous la surveillance silencieuse mais non pas moins intimidante des agents du Service de Protection Rapprochée et de quelques commandos de l’infanterie de marine. Le gouverneur Lotek n’a pas l’habitude de ces mesures de protection et semble nerveux. Les militaires demeurent quant à eux impassibles, accoutumés à ces pratiques qu’ils peuvent par ailleurs apprécier et évaluer en temps réel. Après tout, les consignes de protection et les protocoles de sécurité font également partie des critères de l’inspection…
Une fois les vérifications des identités effectuées et les nombreux points de contrôle passés, le cortège peut enfin s’occuper de sa tâche première sur Rezi-9.
Château Vensix.
Château Vensix est un ancien lieu de villégiature de la noblesse d’Alderaan niché sur un plateau à quelques dizaines de kilomètres au nord de la capitale, rénové et reconverti en base militaire pour les besoins de la Corporation Hawan. Souhaitant conserver le charme architectural de l’ancienne forteresse afin qu’elle puisse accueillir divers événements mondains au besoin, le général Bradd s’est donc contenté (avec l'aval du gouverneur Lotek) d’ajouter de nouvelles structures pour abriter les installations militaires. Divers emplacements d’artillerie ont été installés sur différentes tours afin de protéger les alentours à l’aide d’un contingent de canons turbolaser et les sous-sols du château ont été aménagés de manière à pouvoir abriter le commandement local en vue d’un bombardement orbital. Quelques hangars ont été créés ou agrandis afin de recevoir escadrons de chasseurs et transports officiels au besoin.
En tant que quartier général de la première division de sécurité de la Corporation Hawan, la base militaire comprend un système de communication très sophistiqué et dispose d’un dispositif de sécurité complet allant de la simple caméra au générateur de bouclier. Seul un assaut terrestre ou un bombardement orbital particulièrement poussé pourraient de fait venir à bout des défenses de Château Vensix… Deux mille soldats opèrent actuellement au sein des installations du complexe.
Camp Airvine.
Camp Airvine est de loin la plus grande base militaire de Rezi-9. Avec ses nombreux murs d’enceinte, ses multiples camps d’entraînement et ses casernes éparpillées, ses postes d’artillerie et ses imposants bunkers, Airvine s’impose en effet comme la clef de voûte dans le système de défense de la planète. D’importants hangars souterrains ont par ailleurs été aménagés pour abriter les transports de troupes et les engins blindés de la garnison locale. Néanmoins, du fait d’un manque de ressources, les fortifications de cette puissante base militaire demeurent assez simples et n’ont pas la sophistication des défenses de Château Vensix ou des forteresses de Kabaira. Camp Airvine est, avec Camp Beishal situé sur Kabaira, l’un des deux centres d’entraînement des forces de sécurité de la Corporation Hawan.
Sept mille hommes de la première division de sécurité de la DSC, renforcés par quelques unités de la Division des Services de Police, occupent actuellement le site. Situé à proximité de la capitale planétaire en protégeant notamment son flanc ouest, Camp Airvine est avec Château Vensix l’un des deux éléments de défense de Nuadan City face aux attaques venues de l’extérieur.
Base Morgana.
Petite station d’écoute nommée ainsi en l’honneur d’une femme décédée au service du seigneur Hivernus, Base Morgana est située quelque part dans les luxuriantes forêts de Rezi-9. N’ayant ni le confort de Château Vensix ou la grandeur des infrastructures de Camp Airvine, cette base militaire est considérée comme beaucoup comme une affectation pénible. Elle tient pourtant un rôle de premier choix puisqu’elle intercepte les transmissions entrant et sortant du système Rezi. Reliée aux installations militaires de Vensix et Airvine par un système de communication très complexe, Base Morgana peut donner l’alerte en temps réel dès lors que la situation le requiert.
De fait, nombre de mesures de sécurité (patrouilles, capteurs et senseurs, moyens de surveillance notamment) ont été mises en place afin de protéger les installations de toute intrusion. Plusieurs bunkers, reliés les uns aux autres par des voies souterraines, défendent également les alentours de Base Morgana. Deux à trois cent hommes occupent en permanence le site.