Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

  1. SWRPG
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  5. Raxus Secundus
  6. Bureau de la Sous-Préfète
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  8. Huit crédits

Huit crédits

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    #1

    Post n°1
    Auteur : Leiel Osso

    Malgré la pluie, le drone impérial survolait la foule compacte et crachait ses consignes.

    - Préparez vos identifiants. L'Empire vous protège. Coopérez avec les patrouilles. Préparez vos identifiants...

    Personne dans la cohue n'y faisait attention. Le Berceau, enclave interlope entre la zone résidentielle pourrie, le quartier commercial en perte de vitesse et les docks mal famés, était illuminé par les néons des échoppes qui éclairaient la nuit en se reflétant sur toutes les surfaces mouillées.

    Mia trouvait ça joli, cette obscurité colorée. Quand elle en avait le loisir, elle étudiait les rebonds de lumière en fonction des supports. Quelques semaines auparavant, un hololivre qu'elle avait fauché lui avait justement appris la nature de la lumière. Notre perception n'était que le fantôme de notre réalité, et nos yeux ne s'occupaient que de longueurs d'onde, de fréquences et d'énergie. Tout n'était pas très clair, et trop de mots lui étaient inconnus, mais ça lui plaisait, ces instants cachés où elle apprenait tout et n'importe quoi.

    Cependant, à ce moment précis, sa concentration visuelle était retenue par la quantité d’œufs de guêpe frits que le cuistot crasseux versait dans la barquette. Elle en oubliait presque de jeter un œil régulier sur la porte qu'elle devait surveiller, pour revenir à l'anticipation de son petit plaisir. Huit crédits la portion. Elle en avait piqué vingt-cinq dans une cantina sans que Jayce le sache, et elle comptait bien s'offrir ce délice rare qu'on trouvait fort heureusement sur Gerrenthum. Elle s'empressa de saisir son plat pour y planter la languette de plast qui lui servirait de cuillère. Sans prendre le temps de souffler dessus, elle enfourna une pile de grains dorés, mais trop chauds. La bouche ouverte, les yeux mis clos, elle attendait que la vapeur se disperse avant de donner un coup de dents dans les œufs croustillants, fondants et légèrement sucrés. Mmmh... trop bon, non, « délicieux ». Non, mieux : « exquis ». Voilà. C'était le mot parfait.

    De là où elle était, elle pouvait voir nettement la porte d'où devait jaillir Darmus Sarcla. Son holotronche verte ne lui revenait pas, mais personne ne lui demandait son avis. Il ne fallait pas le rater. Elle ne savait pas quelle direction il allait prendre, une fois qu'il aurait quitté les bureaux de la Labtrust Pharm, et il était hors de question qu'elle parte au hasard dans les rues tortueuses des bas fonds de la capitale. Adossée au mur, elle oublia un instant les longs poils blancs de son caraco de fourrure, au risque de les mouiller et les tâcher. Cuissardes noires, jupe minuscule, large ceinture en simili cuir, haut façon filet de pêche, la tenue de travail de Mia ne prêtait guère à confusion. Coiffée d'une multitude de tresses fines ramenées sur elles-mêmes, la pointe rattachée à la racine, un rouge-à-lèvres criard pour tout maquillage, elle attirait l'attention de certains types qui se détachaient de la foule pour la reluquer. Un mauvais regard suffisait généralement pour les décourager. De toute façon, elle était toute à sa porte, et toute à ses œufs. La languette plongea une troisième fois dans la chaleur moite de son dessert, quand il lui fut arraché des mains et se répandit dans le caniveau.

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      #2

      Post n°2
      Auteur : Leiel Osso

      Amat tapotait les joues de la Twi'lek bleue, Kimaï, dont les yeux roulaient dangereusement dans les orbites.

      - T'es sûre qu'elle a pris qu'un bâton ?
      - C'était le dernier, y en n'avait pas d'autre, de toute façon.
      - Et celui-là, il venait de qui ?
      - Zed, je crois bien.
      - Encore lui ? Mais il faut plus aller le voir, il coupe tout ce qui lui passe entre les pattes !

      Sabba, à la peau jaune, tripotait nerveusement ses lekkus.

      - C'est moins cher, chez lui. Et puis Wilmo s'est fait serrer aussi...
      - Mais regarde dans quel état elle est ! Ce fils de Hutt empoche notre fric et nous refile de la... C'est qui cette traînée ?

      De l'autre côté de la rue, une humaine blanche tapinait, comme ça, ouvertement, en plein dans leur territoire. Et Amat trouva l'exutoire parfait à sa colère et à sa détresse.

      - Les filles, on bouge. Oui, toi aussi Kimaï. Suis un peu ce qui se passe.

      Les trois Twi' quittèrent leur abri de fortune pour se diriger droit sur l'envahisseuse. Amat, vibrante de colère, avait balayé la portion d'oeufs d'un coup de sa main orange. La fille avait tourné des yeux violets abasourdis vers elles.

      - T'es qui toi ? Tu bosses pour qui ?
      - Dégage, c'est notre rue, pétasse !
      - Hein ? Kessisspass ?

      Elles avaient cerné la blanche qui donna un coup d'épaule contre le mur pour se redresser.

      - Mesdames.

      La formule hérissa la Twi'lek de tête. Elle se prenait pour qui, celle-là ?

      - Fais pas ta sucrée. T'as rien à foutre là. Je vais appeler Fino et tu vas te coltiner du Gamorréen, ça te changera.
      - Hey, il suffit de demander poliment. Pas la peine de vous énerver.

      La fille leva les deux mains en signe de subordination et se préparait à quitter son bout de trottoir. Mais le fait qu'elle ne cherchait pas le conflit ne fit qu'aggraver la colère sourde de l'orangée. Elle grinça ses dents limées et tendit le bras pour lui bloquer le passage.

      - Et tu crois aller où, shik ? Par-là c'est chez nous aussi.
      - Ouais, c'est chez nous ! renchérit Sabba, inspirée.
      - Ouais... c'est..., ajouta Kimaï.

      La fille leva les yeux au ciel.

      - Plus vite vous me laissez passer, plus vite je déguerpis. C'est pas difficile à comprendre.

      Deux mains jaunes repoussèrent la fille contre le mur mouillé par la pluie. Amat n'avait pas de plan précis. Elle avait juste besoin de ventiler sa rogne. La soumission de sa victime ne l'arrangeait pas particulièrement.

      - T'as pas bien saisi, Blanchette. Tout ce temps qu'on perd à t'éduquer, c'est de la maille en moins pour nous.
      - Mais frag ! Fous-moi la paix, chutta !
      - T'as entendu ça, Amat ?
      - Vas-y, lâche-moi !

      Et soudain... elle... l'ignorait ? Elle ne la regardait même pas, cette grue, elle fixait un point plus loin dans la rue, et semblait plus pressée que jamais de se barrer. La première gifle partit dans la foulée. Ça faisait du bien, probablement moins à l'humaine, mais elle l'avait bien cherché. Fallait pas être là ce soir. Fallait pas jouer à la plus maline. Fallait pas acheter de bâtons à Zed. La tête de la blanche partit sur le côté et quand elle lui refit face, ses yeux mauves avaient viré à la tempête. Ça ne fit qu'attiser sa hargne. La baffe suivante ne tarda pas, mais elle manqua sa cible. La fille s'était baissée, flanqua un coup de talon dans le genou d'Amat qui poussa un cri de douleur et de surprise, repoussa des deux mains Sabba qui faillit s'étaler par terre, et détala vers la ruelle du Cordon Nord.

      Les deux Twi'leks et demi s'élancèrent à sa poursuite. Pas question de la laisser filer, pas question de réprimer leur fureur légitime. Pas question qu'elle s'en tire à si bon compte. Et elles savaient quoi faire. Sabba la marquait à la corde, remontant la foule à son niveau, la guidant vers sa collègue qui connaissait mieux les raccourcis entre les échoppes. Stratégie payante. Au moment où la blanche tourna dans la ruelle, la main orange d'Amat se serra en poing, et elle l'enfonça de toute sa force dans l'estomac de l'humaine qui s'était, sans le vouloir, jetée dans ses bras.

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        #3

        Post n°3
        Auteur : Leiel Osso

        Darmus Sarcla sortait de la Labtrust Pharm passablement dépité. Les affaires allaient mal, depuis que Mexeluine était entrée dans la course à l'équipement. Leurs nouveautés balayaient les standards pharmocologiques de Gerrenthum qui voyait un nouveau marché lui échapper. Les boîtes délocalisaient leurs intérêts les unes après les autres, et le seul commerce véritablement florissant sur la planète restait celui de la contrebande. Seulement l'Empire Sith avait durci pas mal de procédures ces derniers temps, et leurs agents devenaient de plus en plus difficiles à corrompre. Les mains dans les poches, la tête baissée, l'Hamadryas laissa ses pas le guider vers son pied-à-terre passablement pourri. Il se demandait ce qu'il allait bien pouvoir revendre à la concurrence sans se faire pincer quand une Twi orange jaillit devant lui, remonta la ruelle jusqu'à son embouchure. Surpris, il la suivit du regard.

        Les bagarres entre prostituées n'étaient pas rares, mais il était devant un vrai guet-apens, cette fois. La Twi balança son poing dans l'estomac d'une jeune humaine qui tomba à genoux, le souffle coupé. Sarcla n'avait rien contre la baston. Mais comme il aimait sa maman, ça le chagrinait de voir des femelles de crêper le chignon.

        - T'écoutes ce qu'on te dit, pétasse. File la thune !

        L'humanoïde vert fronça les sourcils et remonta le passage. L'orange avait saisi les cheveux blancs de la fille et lui tordait le cou pour la forcer à lever les yeux sur elle. Elle fut rejointe par une nouvelle femelle, jaune, cette fois. Les choses se gâtaient. Seulement, dans l'artère principale, un mouvement de foule caractéristique n'annonçait rien de bon.

        - Patrouille. Vous devriez remettre ça à plus tard.

        La Twi lui jeta un regard mauvais, mais soudain son expression changea.

        - Kimaï ? Elle est où ?

        Les deux complices lâchèrent leur proie pour se précipiter hors de la ruelle et retourner sur leurs pas. Mais la foule s'était déjà fendue d'elle-même, et se pressait, plus dense, sur les trottoirs. Huit stormtroopers remontaient la cohue avec lenteur et évidence, sûrs de leur autorité sur la populace.

        - Kimaï ! Attends ! Kimaï !

        Sarcla pencha la tête pour mieux voir ce que les filles voulaient faire. Leur copine bleue était restée plus haut. Ce qu'il pouvait observer d'elle n'était pas fondamentalement enthousiasmant. Celle-là était visiblement stoned. Et elle fit ce que les défoncés de service font tous : une connerie.

        Au passage de la patrouille, elle dégrafa sa chemisette et flasha un des impériaux, ce qui ne plut pas à l'heureux élu. Il rompit le rang, fondit sur la fille, lui défonça la bouche avec la crosse de son fusil blaster, puis retourna à sa place comme si de rien n'était. La bleue s'effondra contre le mur, les lèvres en sang, crachant ce qui devait être des morceaux de dents. Elle fut rejointe par ses deux amies, trop préoccupées par son état pour se souvenir de leur victime désignée. Autour d'elles, les gens s'écartaient. Il valait mieux prendre des distances avec ceux que la colère de la milice avait frappés.

        Décidément, Sarcla n'appréciait pas du tout cette violence gratuite, ce qui le poussa à tirer le bras de la fille blanche dans la ruelle pour la remettre debout, et à la protéger visuellement de la patrouille en lui tournant le dos.

        Elle était jeune, pas trop esquintée malgré le bleu naissant sur son abdomen. Elle gardait une main sur l'hématome en observant, médusée, l'Hamadryas. Il ne comprit pas très bien pourquoi, d'ailleurs. Dès que les troopers furent passés, il lui lâcha le bras et reprit la route jusqu'à chez lui.

        - Hey ! Attendez !

        Mais il n'avait pas de raison d'attendre. Ce spectacle lui avait assez déplu comme ça, et il était tard. Ca n'empêcha pas la fille de trotter derrière lui.

        - Hey ! Monsieur ! Attendez !

        Il se retourna brusquement, agacé, pour se prendre la gamine dans les bras.

        - Ouille... pardon. Je voulais vous dire merci.
        - Qu'est-ce que tu veux ? J'ai pas que ça à faire.
        - Ben... déjà vous dire merci...
        - Tu l'as déjà fait.
        - Non mais c'est pas souvent que les gens sont si... sympas, vous voyez.
        - C'est bien, cheeka. Maintenant fous-moi la paix.
        - Peut-être que... je peux vous... remercier ?

        Sarcla n'avait sincèrement pas pensé à ça. Le remerciement en question avait évolué dans une toute autre direction qu'une simple politesse.

        - Gratuit, hein. Parce que vous avez été gentil, quoi.

        Elle avait pris une pause aguicheuse, soigneusement étudiée. Les bras dans le dos, le buste cambré, la taille légèrement tournée pour l'affiner davantage. Dommage qu'elle soit si plate.

        - Je vous dois... la vie, après tout. Je suis pas une ingrate, vous savez. Au contraire. Je vous revaudrai ça.

        Ça lui plut, l'idée de la gratitude. C'était vrai d'ailleurs, il avait bien agi. Il pouvait être fier. Ça compensait un peu ce que son imagination lui dictait à présent. Elle s'emballait, à donner presque le tournis. Tant qu'il eut du mal à reconnaître ses propres pensées. Un mélange de fantasmes et de raisons d'y céder, en foule dans son esprit. Alors il hocha la tête, se demandant comment la fille s'y était pris pour l'appâter comme ça, et reprit la route vers chez lui. Elle trottinait derrière lui, sautant par-dessus les flaques pour ne pas abîmer ses bottes, sans doute.

        - Vous serez pas déçu, monsieur ! Et puis je savais que vous viendriez. Enfin, pas vous exactement, mais j'ai payé huit crédits une voyante, tout à l'heure. Une vieille Lasat toute ridée, avec un bâton plein de grigris. Je savais bien que c'était du sérieux ! Tout ce qu'elle m'a prédit s'est réalisé, c'est fou non ? Elle a vu que je risquais gros ce soir, mais que j'aurai de la chance. Et vous voilà ! Je sais pas pour vous, mais pour moi, la chance, ben ça se mérite, vous croyez pas ? Faut toujours remercier la Dame. Toujours.

        L'Hamadryas n'avait pas prévu qu'elle soit si bavarde. Elle parla tout au long du chemin, l'enivrant d'anecdotes, de commentaires, d'impressions auxquels il n'accordait aucune importance. Mais il fut surpris d'arriver si vite chez lui. Elle l'avait bercé avec son flot de parole ininterrompu, et il n'avait même pas eu le loisir de remettre en cause sa décision de l'amener dans sa piaule. Il avait pourtant bien des choses à décanter, comme la certitude qu'on s'était infiltré dans ses propres dossiers, par exemple. Ou l'affabilité inhabituelle d'un collègue. Des signes potentiellement intrigants, qui finirent noyés sous les tirades de la blanche.

        Même en entrant dans la chambre, elle parlait encore. L'appartement ne payait pas de mine. Un lit presque sale, un holoécran et un four à impulsion s'il lui prenait l'envie de réchauffer de la bouffe ici. Une salle de vapodouche minuscule. C'était tout et c'était suffisant, quand il se déplaçait à la capitale. Pourtant la fille n'avait pas l'air particulièrement rebutée. Elle commença même à se déshabiller, comme si de rien n'était.

        - Et ils les font frire, ou alors bouillir, mais je préfère quand c'est frit en fait, parce que les œufs deviennent croustillants, mais à l'intérieur ils sont fondants, et c'est exq... trop bon. Je sais pas si vous connaissez, mais franchement, faut essayer. Peut-être qu'ils ont un type à la campagne qui les fournit, parce qu'on n'en trouve pas souvent.

        Elle s'était enfin tue, nue et blanche, le regarda dans un silence devenu étrange, puis se pencha pour retirer les cuissardes noires dont elle semblait jaillir. Il l'observait, hypnotisé, mais l'interrompit dans son geste.

        - Chut Chut, garde les bottes. Et... remets ta ceinture.

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          #4

          Post n°4
          Auteur : Leiel Osso

          Mia eut beau tourner tous les boutons et appuyer sur tous les voyants, il était impossible d'obtenir l'option « cascade » dans la vapodouche, et il lui fallut se résigner à supporter les vibrations. Elle préférait l'eau froide. L'alternative ne lui donnait absolument pas l'impression de se laver, mais elle dut bien se résoudre à racler de sa peau la transpiration qui n'était pas la sienne. Darmus roupillait, victime du micro-aiguillon qu'elle ne retirait jamais de son index droit, caché dans la longue bague en argent. Une piqûre, et hop : sommeil profond, très profond, pendant au moins trois quarts d'heure, en fonction de la corpulence de sa victime. L'Hamadryas devait bien en avoir pour une bonne heure. Il ne se souviendra de rien de bien précis, à part le bienheureux flottement post-coïtal qu'il associerait à son sommeil écrasant.

          Elle n'avait pas contacté Jayce tout de suite, contrairement à la procédure établie qui voulait qu'elle lui fasse savoir sur le champ dès que le type pionçait. Il n'était jamais loin, de toute façon, et elle n'aurait jamais le temps de profiter ni de la douche, ni de l'holoécran. En fouillant bien, il y aurait peut-être même de la bouffe dans l'appartement. Ou un livre ? Cette fois-ci, son coéquipier venait chercher une cartouche d'identification pour la dupliquer. Un objet suffisamment petit pour se cacher n'importe où. Mais avec un peu de chance, ce ne serait pas la seule chose de valeur dans l'appartement. Monsieur Sarcla avait la mauvaise habitude de dérober des informations qui ne le concernaient pas. Et c'était tout bénéfice pour l'équipe de Jayce.

          Et puis aller à l'encontre des ordres apportait toujours une satisfaction secrète à Mia. Un soupçon de liberté, une larmichette de rebellion. Un atome d'autonomie. Elle touchait du bout des doigts la trace violacée qu'avait laissée le poing de la Twi'lek sur son ventre quand un bruit impossible à identifier retint son attention. La jeune fille s'immobilisa, puis, lentement, coupa le moteur bruyant de la vapodouche. Sarcla ne pouvait pas être déjà debout. Ou alors elle avait de sérieux ennuis. Peut-être que l'origine du raffut venait d'un autre étage ? D'ailleurs, elle n'entendait plus rien. Elle avait sans doute eu peur sans raison.

          Pour plus de sécurité, Mia envoya le signal à Jayce. Dans quelques minutes, il serait là, et elle n'aurait plus aucune décision à prendre. Mais alors qu'elle se rhabillait, quelque chose rebondit nettement contre la porte de la salle de bain. Quelque chose de lourd. Sarcla s'était réveillé. Elle acheva d'enfiler ses fringues à toute vitesse, le cœur battant. Elle avait pourtant vérifié tous les signes : respiration, pupilles, rythme cardiaque... Sa main tremblante pressa le capteur, et la porte s'ouvrit.

          Darmus Sarcla n'était pas devant elle. Personne n'était là, en tout cas pas dans son champ de vision restreint. Par terre, juste à ses pieds, un blaster. Un... DL... 16 ? 18 peut-être ? Un objet qui n'était pas là avant qu'elle ne prenne la douche, qu'elle n'avait pas vu dans les mains de l'Hamadryas avant son roupillon forcé. Quelqu'un d'autre était venu. Quelqu'un qui était peut-être encore là. Elle s'accroupit lentement, saisit l'arme, vérifia si elle était chargée. Dans la chambre flottait une puanteur de brûlure et d'ozone. La gorge serrée, Mia tourna la tête pour voir le lit, par-delà le renfoncement de la pièce. Les pieds de l'humanoïde avaient pris une teinte vert pâle. Personne. Elle s'accroupit pour vérifier sous le lit, l'arme prête à tirer dans son poing serré. Rien. Sur le matelas, Sarcla n'avait pas bougé. Et ne bougerait plus jamais. Impossible de survivre avec un trou aussi large dans le front.

          La pièce était petite. Où un assassin se cacherait-il ? Pourquoi resterait-il, d'ailleurs, une fois son forfait accompli ? Mais la fille paniquait. Le blaster à la main, elle ouvrit un placard, pour être sûre, pour ne pas rester sans rien faire à côté d'un macchabée frais, qui ressemblait atrocement au type avec qui elle venait de coucher. Jayce serait bientôt là. D'ailleurs, dans l'immeuble, on entendait du bruit. C'était lui, sans doute lui. Il venait la chercher et tout irait...

          La porte s'ouvrit brusquement sur l'équipe policière impériale qui venait de la faire sauter. Mia lâcha son arme en poussant un cri étranglé, tomba sur le champ à genoux et remonta aussi vite que possible les mains sur sa nuque. Ils n'avaient pas tiré, elle était toujours vivante. Mais elle réalisa tout à coup, et bien trop tard, qu'elle avait plongé tête la première dans le piège tendu. Ses empreintes étaient partout sur l'arme qu'elle avait jetée, il ne faisait aucun doute que Sarcla l'avait fait monter chez lui en tant que prostituée, elle arborait un bleu sur le ventre qui aurait pu être la raison de sa vengeance éventuelle... Et pour rester pragmatique, elle pensait que déjà deux raisons étaient déjà de trop : elle était là, elle tenait probablement l'arme du crime dans ses mains, et c'était suffisant pour les Impériaux. Ces derniers se posaient peu de questions, mais les réponses qu'ils apportaient aux problèmes étaient souvent implacables.

          - Non non ! C'est pas moi ! J'étais dans la sal...

          Le violent coup de pied qu'elle prit dans le ventre fut autrement plus douloureux que le coup de poing précédent. La lumière irradia tout à coup, mais elle n'eut même pas le temps de s'effondrer que ses bras étaient rabattus dans son dos et menottés. Deux mains l'attrapèrent sous les épaules, elle fut relevée alors qu'elle n'avait pas encore pu reprendre son souffle.

          - Coffrez-moi ça. Vous quatre, bloquez le périmètre et attendez le labo. Fendt, avec moi. Vous en pensez quoi ?

          Déjà Mia n'entendait plus ce que le commandant disait. Les deux impériaux l'entraînaient, la soulevant aisément. Ses bottes raclaient le sol, et elle ne parvenait pas à retrouver son équilibre.

          - Non... attendez... je vous en prie... je vous jure... j'ai rien fait, j'ai rien fait !

          Mais les hommes étaient entraînés et ses plaintes ne les touchaient pas. Elle aurait voulu freiner des talons, s'accrocher à quelque chose pour leur résister, quand elle vit le véhicule. Ils la balancèrent dans le panier à salade, montèrent à leur tour à l'arrière, et le droïde pilote démarra sur le champ.

          Il était maintenant inutile de parler, inutile de plaider sa cause. La jeune fille s'effondra sur elle-même. Incapable d'arrêter de pleurer, elle réalisait que le tueur avait sans doute profité de sa présence pour s'en tirer à meilleur compte que prévu. Et qu'il était à l'origine de l'appel à la brigade de sécurité. Si elle n'avait pas assommé l'Hamadryas, elle serait probablement aussi raide que lui. Alors elle ressassait le tourbillon de culpabilité dans lequel chacune de ses erreurs l'enfonçait un peu plus. Elle aurait dû appeler Jayce tout de suite. Elle aurait dû rester dans la vapodouche. Elle aurait dû laisser le blaster par terre. Elle aurait dû fuir sur le champ, évidemment. Et maintenant, quelles étaient ses chances ? Les impériaux la tenaient. Peut-être qu'il y aurait une enquête. Ou bien elle serait éliminée, purement et simplement. L'Empire Sith ne perdait pas de temps avec les filles comme elle. De toute façon, une fois en prison, elle y resterait. Elle ne valait pas assez cher pour qu'on essaye de l'en faire sortir. Elle était donc foutue, et elle sanglota de plus belle, la tête lourde, sans force pour la relever, écrasée par le désespoir et les perspectives horribles qui l'attendaient.

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            #5

            Post n°5
            Auteur : Leiel Osso

            Le garde chiourme assis à côté de Mia fit signe à son collègue en face.

            - Guttrie, passe-moi le scan. C'est une tatouée.

            Dans une main, il saisit une bonne poignée de nattes, les tira en avant pour la bloquer dans cette position, afin d'utiliser l'appareil sur la marque argentée de la CEK à la base de sa nuque.

            - Tiens... c'est curieux, elle n'a jamais été revendue. Elle appartient toujours au même Mor'Itz Ravell, de Karazak. Hey, t'es loin de chez toi. Qu'est-ce que tu fous ici ?

            Il tourna le poignet pour l'obliger à relever le visage et à le regarder. Elle fixa le casque blanc et noir, anonyme, impitoyable, les joues salées salies de traînées sombres.

            - Je... j'ai pas tué ce... ce type, je... je le connaissais pas... c'était... c'était juste une passe...
            - Hey, saleté, je t'ai posé une question. Qu'est-ce qu'un rebut pareil fait sur...
            - Alerte collision ! Impact immin...

            Le premier choc fit glisser le véhicule latéralement, sans véritablement l'endommager. Dès qu'ils retrouvèrent leur équilibre, les deux troopers se saisirent de leurs armes et le soldat à côté de Mia ne perdit pas de temps. Le canon de son fusil se pressa contre sa tempe et la jeune fille retint son souffle et ferma les yeux, tétanisée par la terreur. Le second impact vint du transporteur d'en face, qui percuta de plein fouet le fourgon débordant sur sa voie, écrasant la cabine de pilotage, et défonçant une partie de la bétaillère.

            ***


            MP-6549, autrement connu sous le nom de « Guttrie », secoua la tête. L'alarme sonnait, lui vrillait les tempes, l'éclairage sautait et il ne comprenait pas d'où tombait la flotte qui mouillait sa visière. La douleur ne vint que lorsqu'il chercha à bouger. Son hurlement fut étranglé par le malaise qui l'étouffa. Alors il releva doucement la tête pour évaluer les dégâts.

            - C'est pas vrai...

            Le pan du véhicule contre lequel il était assis quelques instants auparavant avait été complètement défoncé. Sa jambe était bloquée par un morceau de métal conséquent et plié, qui masquait largement sa vue. Avec une précaution infinie, il se redressa un peu plus, en serrant les dents. Son collègue n'avait pas eu la même chance. L'autre bout de la plaque déformée l'avait quasiment coupé en deux. Derrière lui, par terre, le corps inerte de la fille. Elle ne bougeait pas, il ne voyait d'elle que sa forme générale, et ses poignets menottés dans le dos. Elle était trempée de sang, mais il était impossible de savoir si c'était son hémoglobine à elle ou celle de son équipier. Peut-être avait-elle succombé, mais ce n'était pas certain. Et il était hors de question que ses copains dehors la récupèrent vivante.

            La vue du blaster lui redonna courage. Il n'était pas bien loin, mais, le bras tendu, les doigts écartés, il ne parvenait pas à le toucher. Des voix résonnaient, à l'extérieur du fourgon, et ça ne lui plaisait pas du tout. Aucune chance que ce soit des renforts, pas si vite. Et les malfaiteurs étaient déjà forcément sur place. Il lui fallait absolument son arme. Pour buter la fille, pour en emporter au moins un avec lui. Mais pour cela, il lui fallut se résoudre à repousser la plaque de métal partiellement incrustée dans sa jambe, lui arrachant un hurlement rageur. Le souffle lourd, la vision trouble, il tenta à nouveau de récupérer son blaster. Les quelques centimètres gagnés lui permirent de faire pivoter son arme. Il put la saisir avec deux doigts, réussit à la faire glisser un peu plus près de lui. Enfin ! Son poing se serra sur la crosse, et la satisfaction dilua légèrement la douleur qui le faisait haleter. Au même moment, la porte s'ouvrit brusquement. Il eut le temps de diriger son blaster vers le type qui pénétra la bétaillère. Il eut presque le temps de tirer. L'autre fut plus rapide, et le fusil retomba par terre.

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              Post n°6
              Auteur : Leiel Osso

              Le capitaine de la Brigade de Sécurité Mobile reporta son attention sur les traceurs qui évoluaient en temps réel sur le plan routier. L'astroport principal de la capitale était une destination logique, mais les fuyards n'y arriveraient jamais. La nasse mise en place les forceraient à quitter la route dans quelques minutes, les isolant du reste du trafic.

              - Passez en visuel.

              Le toit du véhicule rouge ne permettait pas de voir ce qui se passait dans le speeder. Sa trajectoire indécise laissait transparaître une potentielle dissension entre passagers, ce qui était pour le moment impossible à confirmer. Passagers dont l'identité était pour le moment inconnue. On savait qu'une humaine incriminée dans une affaire de meurtre avait été libérée par un groupe d'au moins deux personnes, et leur petite équipée avait fait trois morts, un civil, dans le véhicule duquel ils fuyaient, et deux soldats, dont la disparition serait vengée au plus vite, si tout se passait selon les plans.

              - Ils arrivent sur le pont, capitaine. Ils changent de voie. On les tient, monsieur.
              - Parfait, interceptez-les mainte... qu'est-ce qu'ils font ?
              - Il semblerait qu'ils soient passés par-dessus le parapet !

              Le speeder avait réussi à forcer le rail magnétique et s'était effectivement élancé dans le vide, braquant et freinant pour réintégrer maladroitement le trafic en contrebas et disparaître dans le tunnel Ouest.

              - Ils ont lâché les drones.
              - Ils vont faire demi-tour... l'astroport est dans l'autre direction.
              - On a un drone sur place monsieur. On devrait rétablir le visuel bientôt.
              - Qui est sur cet axe là ? Tant pis pour le trafic, fermez le tunnel aussi tôt que possible. Et pourquoi on ne voit rien ? Que fait le drone de surveillance ?
              - Un début d'incendie, monsieur. De la fumée dans le tunnel. Les turbines d'extraction sont en marche, mais ça va demander un peu de... le véhicule. C'est lui, il ressort du tunnel ! Ils ont bien fait demi-tour.
              - Je veux un rapport de situation sur ce qui s'est passé. Je les veux morts ou vifs, mais je les veux. Interceptez-les au plus vite, ça n'a que trop duré.

              Le speeder accélérait. Sa trajectoire ne déviait plus, il ne tentait même plus d'éviter les autres véhicules à contre-sens dont le flot s'amenuisait. La route bloquée se vidait. Désespoir ? Problème technique ?

              - Ils vont percuter le barrage. Abattez-les.
              - On risque de toucher des civils, capitaine.
              - Alors faites un effort pour éviter ça, et cramez-moi ces barbares.

              Quel plan pouvaient-ils bien avoir ? La route était barrée par des piliers de durabéton et des barbelés magnétiques. Virer de bord ? Aucun itinéraire de fuite ne s'offrait à eux. A leur vitesse, ils ne pourraient même plus freiner à temps.

              - Ouvrez-le feu.

              Sur l'holoécran, le tir concentré des troopers atteignit facilement leur cible. Déjà abîmé, le moteur du speeder s'enraya, le véhicule ralentit brusquement, puis explosa tout à coup. Soulevé par le souffle, l'appareil retomba sur le toit, et fut dévoré par les flammes.

              - Parfait. Je veux un rapport complet au plus vite. Rouvrez la circulation le plus rapidement possible.

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                Post n°7
                Auteur : Leiel Osso

                • Hey. Salut Crevette.

                  La petite ouvre les yeux. De beaux yeux au beurre noir, avec ses iris violets, l'effet est pas mal intense. Je lui souris. Faut dire que je suis plutôt rassuré.

                  - T'as l'air d'un Aqualish comme ça, tu verrais ta tronche.

                  Je passe les doigts sur son front bandé, je prends sa main dans la mienne. J'ai pas l'air comme ça, mais c'est quand même rassurant qu'elle se réveille enfin.

                  - Bon, t'as pris pas mal cher. Bouge pas trop, t'as des côtes cassées. On t'a recousu le crâne, on a viré les bouts de métal dans ta cuisse. On t'a refilé des litres de raisiné aussi. Pendant un moment, t'avais de bonnes raisons d'être pâlotte comme ça.

                  Elle est pas encore bien là, mais c'est pas grave. J'ai hâte de lui raconter.

                  - Tu pensais pas qu'on viendrait te chercher, hein ? Tu dois une fière chandelle à Drisk, Crevette. Bon, on n'avait pas prévu le transporteur qui a défoncé le fourgon. Mais le reste, t'aurais vu ça ! Déjà, on les a floués dès le départ. Ils ont bloqué l'astroport civil, tu penses. On les a semés sous le pont. Drisk a bidouillé l'autopilote comme un as, on a remis la bête en route droit sur eux et nous, on a fauché un deuxième speeder pour filer dans l'autre sens. Avec la fumée, ils n'ont rien bité. Le temps qu'ils comprennent ce qui s'était passé, maquillé comme l'était le Wampas, vol commercial tout ce qu'il y a de réglo, on a quitté la bille sans embrouille. Du. Grand. Art. Bah alors ? Allez, ça va maintenant, Loupette. Regarde, on est à la maison !

                  La voilà qui pleure alors que j'ai envie de sourire. Bon, elle a dû se voir y passer, c'est vrai. Mais tout va bien à présent.

                  - Jayce...
                  - Je suis là, Douce. Parle pas trop, tu dois te reposer. T'as besoin d'un peu de temps pour être opérationnelle.
                  - Jayce, s'il te plaît...

                  Elle serre ma main. Pas fort, c'est pas ça, elle a autant de force qu'un porg. Mais déjà j'aime pas où ça va.

                  - Jayce... parle à Ravell...
                  - L'appelle pas comme ça.
                  - Parle au Maître... s'il te plaît...
                  - Hey... ça va aller maintenant. T'as plus rien à craindre. Tu sais, j'ai trouvé les neuf crédits que tu planquais, vaurienne, va. Moins dix pour cent, hein, ceux-là, c'est ma taxe.

                  Je lui tapote la main, mais c'est pas la première fois que ça arrive. Et déjà, ça me gave doucement.

                  - S'il te plaît... j'en peux plus... je veux plus... c'est trop dur...
                  - Mia, écoute. Tu t'en es tirée, t'es en un seul morceau. On n'a pas eu la cartouche, cela dit. Alors je vais certainement pas...
                  - Je veux plus... qu'on me touche... je veux plus qu'on... qu'on me tape dessus...

                  Ca y est, les grandes eaux. Ca coule en cascades, je sais pas d'où elle sort toute cette flotte.

                  - Mia, arrête ça. Tu m'entends, t'arrête ça tout de suite. On en a déjà parlé. Laisse tomber, tu veux ? On fait une bonne équipe, non ? Regarde, on est même venu te chercher, tu trouves pas que t'exagères un poil, là ?
                  - C'est... c'est trop dur... Jayce... s'il te plaît...

                  Elle est mignonne, la petite, mais faut pas me gonfler. Elle voudrait que je fasse quoi au juste ? Me présenter devant le patron et lui dire qu'elle démissionne ? Elle croit quoi ? Que je suis le grand sauveur, le héros des conneries qu'elle lit en cachette ?

                  - Hey, ça suffit, là.

                  Je dégage ma main de la sienne. Elle veut la rattraper, et elle grimace un coup. Faut pas jouer à ça quand on a les côtes en miettes. Bien fait, tiens.

                  - Jayce !
                  - Ah mais fous-moi la paix, merde !
                  - Je veux plus... je...
                  - Ta gueule Mia ! Tu décides de rien, t'entends ! T'as rien à demander. J'ai rien à demander pour toi. Tu piges ?

                  Je lui presse les joues avec mes doigts libérés et je la tourne vers moi, qu'elle comprenne bien ce que je dis. Elle tend les bras, elle essaye d'attraper ma manche. De l'autre main, je saisis ses poignets. Ca m'enflamme et ça me douche, ses plaintes.

                  - T'arrête ça tout de suite. Maintenant ! Pour qui tu te prends, chutta ? T'as le boulot le plus facile du lot. Tu veux que je te rappelle ? T'ouvres la bouche, t'écartes les cuisses, et tu penses à autre chose. Tu vois, c'est pas compliqué. C'est quoi le problème ? Les hololivres que tu crois planquer dans ta piaule ?
                  - Jayce... non... s'il te...
                  - Ta. Gueule. Mia. Tu ravales toutes ces conneries, là. Les larmes, le baratin. Tu réalises pas ta chance. Et tu commences à me faire sérieusement chir. Arrête de chialer. Arrête ça !
                  - Mais...

                  Ah putin, j'en peux plus. Je la relâche sèchement, je me lève, je flanque un coup contre le senseur. La porte de l'infirmerie s'ouvre, mais ça suffit pas de sortir de là. Je l'entends sangloter, à grandes goulées, malgré ses côtes. Alors c'est le mur qui prend. Deux, trois bons pains, à en faire un trou. Putin, je me suis fait mal. Elle chiale librement maintenant, même à travers la porte fermée, ça me résonne dans la tête. On dirait une gosse. Ah, merde. Je retourne dans l'infirmerie. Elle a les deux bras repliés sur le visage. Tant mieux, je vois pas sa sale gueule. Le droïde médical valse. C'est moi qui injecte le calmant. Qu'elle pionce. Qu'elle m'emmerde plus. Après tout ce qu'on a fait pour elle, putin !

                  Je la regarde, encore secouée par les longues plaintes, mais ses bras se relâchent, retombent à ses côtés. Sa respiration saccadée s'apaise un peu. Bien. Du calme, de la paix, du repos. Comment elle fait pour me retourner comme ça !

                  Drisk est dans la cambuse, et voit ma tronche, forcément.

                  - Elle t'a encore fait le coup, je parie.

                  C'est lui que j'ai envie de cogner. Envie de lui défoncer la face à lui faire sortir les os. D'ailleurs, ça doit tilter dans sa tête, parce qu'il ne dit plus rien. Le Gran, lui... lui il s'en fout d'elle. Moi aussi ! Moi aussi. Moi aussi, je m'en fous. Et puis elle a vraiment pas de quoi se plaindre. C'est vrai qu'elle se prend une torgnole de temps en temps. C'est le boulot qui veut ça. Et j'ai pas le choix. Elle a pas le choix. On lui fout quand même assez la paix comme ça. Sérieux. Voilà, faut pas charrier. Elle a de la bouffe, des fringues. On la rafistole quand elle a besoin. Et même, cette fois, elle a gagné, quoi, huit put*in de crédits.
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