All His Demons
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Post n°9
Auteur : Shayn BeinlosiShayn était comme contemplatif face aux explications de l'Ombre de Ravage. Cette histoire de "Force" lui semblait si irréelle qu'il avait concrètement du mal à y croire. Pourtant, ses pauvres yeux incultes pouvaient voir dans le discours et le visage de son interlocutrice une ferveur sans borne, un zèle total pour ses croyances et ses convictions. Tout cela ne pouvait donc qu'être vrai... et d'après ses dires, il avait même une place dans cet ordre naturel des choses ; parmi les élus du Hasard et du... Destin ? Il était donc là le tournant. Une porte vers une existence de raison s'était ouverte face à lui, finalement incarnée sous la forme d'une question décisive - non dénuée de menace, cela dit, mais il ne pouvait pas vraiment s'en étonner. Un prophète ne prêche pas l'hérésie qu'il combat. Cela dit, ce n'était pas la contrainte qui faisait grandir l'approbation intérieure du jeune homme... c'était bien la promesse portée par le nom de Ravage. Pour la première fois, Shayn pouvait ressentir une forme d'espoir, l'espoir qu'il ait un rôle à jouer dans la Galaxie. Et qu'un jour, peut-être, il soit admiré, reconnu... ou redouté.
Son regard se plissa légèrement et les traits de son faciès se détendirent. Aucune émotion perceptible ne teintait son visage à cet instant, signe que la réflexion continuait à flamber les braseros de son âme. Il soupira enfin, son souffle résonna dans la caverne, brisant le court silence qui s'y était imposé après la fin du discours de l'Ombre. Toujours au sol, il tendit alors sa main ensanglantée - un choix qu'il aimait pour la sombre poésie qui en émanait - visiblement désireux que l'Ombre l'aide à se relever, avant de lancer sobrement :
- Je servirai votre cause. -
Post n°10
Auteur : Darth Malraas
C'est ainsi, par cette main ensanglantée tendue, que le destin et le sort de Shayn sont scellés. Une fois encore, les Ombres emportent les fragments de l'obscurité. Sur Ravage ils seront façonnés, taillés, sculptés afin d'en faire de parfaits sujets du Côté Obscur de la Force. Saisissant sa main, je réalise un contre poids avec mon propre corps pour le tirer du sol. Bien entendu cette scène est scrupuleusement exécutée sous un oeil vigilant et aiguisé. La vie est si éphémère que les gestes sont à accomplir avec beaucoup de mesures et d'intelligence.
Shayn est-il empli de sincérité ou son affirmation n'est que poudre aux yeux ?
La franchise, passagère ou non le conduira dans tous les cas auprès des Ravageurs. Par ailleurs, il est fort probable que ce recrutement soit l'une de mes dernières missions avant quelques mois. La future Ravage promet mondes et merveilles et le peuple, toutes castes Sith ou civils confondues, se doit d'être confiné en un même lieu pour bâtir les fondations d'une ère prospère. Loin de se douter de ces faits réels, des projets portés par les Ravageurs, Shayn devra contribuer à sa manière, au développement de cette nouvelle civilisation.
Avant de mettre la charrue avant les Bantha, il nous faut quitter cette terre glacée promptement. Il est possible que ses poursuivants se soient remis en marche ou qu'ils décident de le faire lorsque la météorologie sera plus clémente. Il n'est pas dans notre intérêt de rester statique et qui plus est, nous sommes sur le territoire du Clan Bancaire Intergalactique, des financiers de la Confédération... Ceux qui recherchent activement des Sith pour en faire des prisonniers. Rien de mieux qu'un amalgame pour arriver dans une cellule humide, les poignets entravés.
-Nous n'avons pas d'autre choix que de quitter ce foyer sommaire pour rejoindre la civilisation des grandes villes. Nous devons trouver un astroport afin d'envoyer un message.
A quelques heures de marche vers l'Est, une ville minière laisse entrevoir l'une de ses nombreuses colonnes d'acier. Un brin de civilisation permettant l'envoie d'une holotransmission tout à fait basique, en destination de Nar Shaddaa. Là bas les communications sont subtilement décryptées et serviront à lancer un appel aux Ravageurs qui enverront certainement quelqu'un sur cette maudite planète. Si les vers blancs sur notre chemin ne se sentent pas menacés, si des Mygeetans ne se décident pas à nous broyer les os et si bien sûr, les ennemis de Shayn ne sont pas sur ses traces... alors peut-être arriverons nous jusqu'à cette fameuse ville.
Cette randonnée sous la neige et dans le froid mordant de l'hiver interminable, sera l'occasion idéale pour en savoir un peu plus sur le nouveau Ravageur. Ne me souciant guère de sa blessure à la main, mes pas s'éloignent en direction de la porte de fortune quelque peu... Brisée. J'agrippe mon sac de fortune plus tôt laissé devant l'entrée, avant cette fabuleuse introduction, me disant que je pourrais éventuellement soigner cette plaie grossière. Non... Le froid servira à entailler la plaie, la glacée et en faire ressortir l'authenticité de la douleur. Une bonne leçon pour ses premiers pas. Je peux entendre le vent souffler et siffler à travers la roche, la neige hurler en son sein, bercée par les torrents de la tempête. Si nous survivons, s'il survit à cela... Alors son initiation sera accomplie. J'inspire en profondeur pour m'octroyer quelques fragments de courage et me prémunir de la Force afin que le voyage soit plus sûr. Mes sens ne seront pas d'un grand recours, mais je saurais détecter une menace voilée à quelques mètres.
-Reprends tes affaires, suis moi.
Sur ces mots lâchés aussi finement qu'une brise, je passe la porte.
Le froid, cet éternel froid m'embrasse corps et âme alors que je suis toujours protégée par la formation naturelle. Les sourcils froncés pour endurer la neige mêlée au vent, j'enroule une écharpe sur mon visage et l'attache fermement derrière ma nuque. Seuls mes yeux percent le tissu et la Force me permet quelque peu de consolider mon corps à l'endurance future. Si nous n'arrivons pas à temps à notre destination il est probable que nous finissions dans le paysage, inondés de flocons, engloutis par Mygeeto. Cette perspective ne me rassure que très peu. Un léger bruit de pas à peine audible me fait tourner le buste vers Shayn commençant son avancée. Haussant la voix pour être entendue, je lui fais signe de se joindre à ma marche.
-Ne perdons pas de temps !------------------------------------------
HRP
Nous nous engageons sur une histoire plutôt longue afin de sortir de manière cohérente et détaillée, de la planète.
Première mise en matière, premiers pas.
Tu dois répondre, bien entendu, à ma réponse. Cependant tu vas devoir décrire le voyage, l'environnement et les possibles embûches naturelles (EX : Crevasse) sans y mentionner des animaux (surtout qu'il n'y a que des vers blancs sur Mygeeto) ou des êtres civilisés. Une fois chose faite, nous serons à mi-chemin vers cette fameuse ville et je reprendrais la main.
Tu as le champ libre pour réaliser des actions venant de l'Ombre (EX : S'arrêter sur un bruit suspect).
Oh, au fait, les hommes du Baron sont encore sur tes traces... -
Post n°11
Auteur : Shayn BeinlosiLe duo fraîchement formé se lança donc dans les neiges cinglantes de Mygeeto, quittant un refuge au final bien confortable vu ce qui les attendait là dehors, dans les étendues cristallines. La route s'annonçait longue, périlleuse, semée d'embûches résultantes de milliers d'années de terraformation ; elle traversait un enfer sans fin pour qui n'y était pas accoutumé.
Les minutes défilèrent, la brise se déchaînait dans une constante violence qui faisait vibrer jusqu'aux plus lourds vêtements des deux compagnons. Chaque pas devait être accompli avec une vigilance particulière, sans pour autant enlever de l'importance à l'acuité visuelle mise à l'épreuve à cause de la tempête. Voir à plus de dix mètres était difficile. Le danger était omniprésent, à la fois lointain en la personne des acolytes du Baron, mais aussi immédiat. Le relief naturel prouva ce dernier point.
La route vers l'Est, vers la civilisation, s'était dangereusement compliquée. Il fallut à ce stade passer littéralement au travers du relief montagneux pour espérer écrire une quelconque suite à cette histoire. Le tunnel naturel qui se dessinait devant le duo prit donc des allures d'espoir interdit, de repos temporaire, tout en inspirant une forme d'inquiétude. Il n'était jamais avisé de s'élancer tête baissée dans l'obscurité d'une grotte qui pouvait s'effondrer bien plus rapidement qu'elle ne s'était formée. Mais l'heure ne devait pas être à la crainte, au doute, Shayn le savait : le temps pressait, les mâchoires affamées du baron menaçaient de se refermer sur lui à chaque minute passée de plus sur Mygeeto. Au final, l'arrivée de l'Ombre de Ravage était une véritable aubaine, car elle avait remis en mouvement l'esprit enlisé de celui qui s'était abandonné aux délices de sa propre passion, poursuivant un désir de liberté chaotique et dangereux. Lançant un regard entendu à son duo, Shayn passa devant, son regard luisant de détermination...
Au coeur des ténèbres où la lumière agonise, il trouva un certain réconfort. Les murs cristallins vieux de milliers d'années engageaient entre eux un dialogue de craquements et de vibrations, remplaçant la fougueuse mélodie de la tempête qui faisait toujours rage à l'extérieur. Pas après pas, l'humain progressa dans les tréfonds inconnus, alerte, se retournant régulièrement pour chercher l'approbation de l'Ombre, ou, à contrario, sa réserve. Car cette grotte n'était pas une unique allée vers l'autre côté, il s'agissait au final d'un labyrinthe aux multiples chemins qui se ressemblaient tous. Un courant d'air glacial était omniprésent dans les tunnels, signe qu'il existait forcément une sortie, quelque part, et c'est ce courant d'air qui permit au Beinlosi de se retrouver dans les méandres incompréhensibles. Ce n'était pas le premier obstacle qu'il traversait, mais c'était de loin le plus lourd de conséquences. Et quand un vrombissement sourd fit trembler les parois, il comprit qu'ils avaient trop traîné. Les hommes du baron étaient là, à l'entrée, et l'écho de leur voix parvinrent jusqu'à eux :
- Préparez-vous, TJ a repéré deux signatures thermiques allant droit vers l'Est. Elles sont forcément passées par ici.
- L'boss nous a pas dit que l'guignol avait des copains, t'es sûr que c'est lui ?
- Un seul moyen de savoir...
Le vrombissement des speeders s'arrêta, laissant entendre alors plus distinctement le bruit des équipements des traqueurs - apparemment lourds - qui s'entrechoquaient au gré de leurs pas. Une autre voix se fit entendre, plus étouffée :
- Matez-moi ces traces. Ces connards sont vraiment pas loins... On avance, restez groupés.
Un peu plus loin, l'Ombre et Shayn avaient pressé le pas autant que la discrétion le permettait. La fuite était la seule solution envisageable : combattre était une véritable folie. Fatigués, en infériorité numérique, moins équipés, ils ne pouvaient aucunement tenir plus de quelques minutes, à moins d'utiliser l'environnement à leur avantage. Une idée germa dans l'esprit de l'humain, et alors que l'air de plus en plus frais indiquait la proximité de la sortie, il en fit part à son duo.
- Je vais faire le mort.
L'Ombre lui lança un regard teinté d'incompréhension, le pressant visiblement de s'expliquer promptement et sans autres pauses dramatiques.
- De ce que j'ai entendu, ils sont quatre ou cinq. S'ils me voient à terre, mort ou inconscient il y a des chances qu'ils veuillent ramener ma dépouille à leur boss comme trophée. Tu te fais passer pour un chasseur de primes et mon meurtrier.
La suite était naturelle : étant assez lourd, il faudrait aux traqueurs deux bonnes paires de bras pour le porter. Cela ne laisserait donc que deux adversaires valides, desquels l'effet de surprise pouvait aisément triompher, surtout à en juger par les capacités de l'Ombre. La partie délicate allait au final être la comédie, mais malgré une réserve compréhensible, la Ravageuse se laissa convaincre, faute de mieux. Cependant, il fallait à ce plan un lieu plus exigu, plus propice : un embranchement en croix entre deux tunnels s'avéra être le bon endroit. L'air frais de la sortie venait de l'est, les traqueurs arriveraient de l'ouest, et un chemin traversant cette ligne droite du nord au sud offrait des possibilités de couverture. C'est d'ailleurs bien à l'abri que l'Ombre souhaitait engager le dialogue, ce qui était sage, car si on pouvait deviner le côté arrogant et superficiels des brigands, on pouvait également en deviner l'impulsivité. Une gâchette pouvait être bien facilement pressée, au final. Posant son sac, et enlevant son manteau avant de le tendre, il chuchota :
- Déchire-le, Ombre, s'il te plaît. Il nous faut être convainquants.
Elle suivit son conseil. Tout de suite après, il lui tendit un couteau de chasse qu'il avait sorti de son sac :
- Entaille-moi le dos lança-t'il de la façon la plus naturelle du monde, pour camoufler son anxiété naissante.
Voyant son trouble, Furios lui lança un dernier regard pour s'assurer du sérieux de sa requête, et tout en commençant à planter la pointe de la lame dans sa chair, répondit :
- Jusqu'au bout de la ruse, il semblerait...
Shayn grimaça, alors que le métal givré tailladait sa chair - pas en profondeur, mais juste assez pour que du sang s'écoule de sa plaie et laisse une blessure supposée léthale pour des regards inattentionnés. Peut-être était-ce excessif, peut-être qu'au final les traqueurs ouvriraient le feu directement, sans même réfléchir ; mais Shayn supposait quand même que si la comédie de Furious était convainquante, la sienne le serait tout autant grâce à cette blessure et au déchirement de ses vétêments. Et quelque part, il avait aussi envie de prouver à l'Ombre de Ravage qu'il n'était pas un faible, que la douleur ne le faisait pas tomber, bien au contraire. Elle nourrissait sa haine, sa rage de vivre. Car paradoxalement, seuls les vivants peuvent souffrir. Qui souffre, vit.
Quand le couteau finit d'embrasser la peau du Beinlosi, ses muscles cessèrent de se contracter. La respiration chaotique, il remit de manière négligée son manteau, et sans attendre, s'allongea à même le sol. Son sang coula, se traça des chemins sinueux tout autour de son corps, alors que les pas lourds de l'escouade se rapprochaient inlassablement. Son esprit le quitta quelques secondes. Le froid était insupportable.
Quelques secondes, ou plus. Quand il revint à lui, la voix de Furios échangeait de lourdes menaces avec les assaillants. Se rappelant de ne pas bouger, il put malgré tout entendre un brin de conversation :
- Alors si c'est pas toi son pote, il est passé où duconne ?
- Je l'ai laissé partir
- Tiens, vraiment ? Comme par hasard. Quelle gentillesse de ta part.
- J'avais une cible, pas deux. Et ne parle pas de hasard quand toi et tes petits copains arrivent juste à temps pour me piquer ma chasse.
La discussion continua pendant de longs moments, jusqu'à ce que Furios - sans doute exaspérée et perdant patience - lance un ultimatum :
- Je perds patience. Voilà un marché : on ramène mon gibier à votre patron, et on partage la récompense. Une moitié pour moi, une autre pour vous. C'est ma dernière offre.
- Sinon quoi ?
- Sinon je fais sauter cet endroit avec le petit joujou que j'ai trouvé sur notre ami commun.
Un silence glacial s'imposa alors dans la grotte. L'escouade, mordant visiblement à l'hameçon, se perdait dans des discussions effrénées, paniquées, certains dénonçant le bluff, d'autres trouvant le deal soudainement plus attractif.
- D'accord, on accepte.
- Alors on rengaine tous nos armes...
Au boucan que fit cette action quelques minutes plus tard, Shayn comprit que tous portaient des blasters lourds. Un avantage pour Furios : ils mettraient ainsi beaucoup de temps à dégainer et mettre en joug. Un temps précieux pour elle, et sa lame. Son esprit le quitta à nouveau, son corps engourdi par le froid et la fatigue. Quand il se réveilla, il se sentait porté comme prévu par deux paires de bras. Le plan se déroulait à merveille. Sauf que dans sa position il ne pouvait pas savoir si l'Ombre était prête à passer à l'attaque. Alors il attendrait qu'elle se décide. Sans doute devait-elle être derrière celui qui tenait ses jambes. En tout cas, quand elle attaquerait, il en profiterait pour planter le couteau de chasse tenu alors à sa ceinture dans la gorge du plus malchanceux.
Patience. Il devait rester patient.
- Et pourquoi on ne lui coupe pas la tête ? Ce serait plus simple à transporter. -
Post n°12
Auteur : Darth Malraas
Ces hommes sentent la criminalité comme une rose sent ce fabuleux doux parfum délicat. Aussi répugnant soient-ils, ce sont des soldats flanqués de leurs armes favorites et de gros calibres avec qui l'on ne peut facilement négocier. La mise en scène ajustée par Shayn, dans les dernières secondes, fait son effet. Les crapules prennent leurs aises et déplacent le -faux- cadavre d'un pas peu pressé. L'étroit tunnel fait vibrer ses formations cristallines, au rythme des pas sur la faible couche de neige mêlée au sol rocailleux. L'on peut entendre en écho la brise s'engouffrant dans le tunnel et le froid mordant, se faisant de plus en plus rude. Bien que Shayn soit partiellement et intentionnellement blessé, ses yeux clos, la perte de sang, la douleur et le froid, ne peuvent être qu'une cocktail macabre pour la suite. Un acteur jouant le mort, mourant dans son jeu, quelle ironie n'est-ce pas ?
La carrosserie d'un speeder fait écho de la lumière extérieure en envoyant son reflet à mes yeux.
La sortie est toute proche, mon esprit se met à bouillir en observant le cortège menant sa triste route vers l'extérieur. Il faut agir minutieusement et avec prudence, une stratégie doit être mise en place et prestement. Shayn jouant la comédie, il ne peut avoir connaissance des mes intentions et même dans la Force, je ne saurais transmettre celles-ci efficacement. D'ailleurs, si tel était le cas, mon compagnon de route ne saurait les déchiffrer, par manque d'expérience et de formation de base. L'un des bras du Baron émet une suggestion macabre.
- Et pourquoi on ne lui coupe pas la tête ? Ce serait plus simple à transporter.
En voilà une excellente question, aussi intéressante qu'utile, pour qui voudrait voir la tête de Shayn tranchée nette. Les négociations entre les différents membres du groupe vont cesser immédiatement. La subtilité n'est plus de rigueur, la vie doit être préservée, celle de Shayn et par dessus tout : La mienne. Mes pas se font plus pressés sans pour autant marquer une course, les criminels ne s'intéressent pas à cette foulée soudaine et discrète, j'en profite pour agripper le manche de mon arme.
Tournant ma tête sur la droite, je peux entrevoir les deux compères agrippant les chevilles de Shayn pour aider à son déplacement. Je détourne mon regard, dégaine mon arme et franchit les rares mètres me séparant d'eux en faisant volte-face. Pris au dépourvu les malheureux lâchent chacun une cheville-probablement pour pointer leurs armes- et se voient la tête tranchée dans le même élan, par le coup horizontal, large et précis. Un geyser de sang jaillit des cous mutilés alors que les corps vacillent au rythme des soubresauts des coeurs peinant à drainer le fluide vital. Désormais avertis, les autres gorilles ne tarderont pas à riposter dans quelque secondes et c'est à ce moment précis, que le nouveau Ravageur, doit faire ses preuves. -
Post n°13
Auteur : Shayn BeinlosiÉgaré dans les limbes de douleur et de gel, le Beinlosi avait perdu quant à lui majeure partie de sa notion du temps et de l'espace. Des mots et des sons parvenaient à ses oreilles comme rappel de son appartenance au monde des vivants, et de son rôle à venir dans la théâtrale ruse dont il avait encouragé - voire imposé - l'acte. Ses chevilles fermement tenues par les malandrins du Baron, il attendait son heure, sans vraiment l'attendre. Pendant cette période de battement, il se posa milles et une questions, dont l'une d'elle, il fallait dire, faisait particulièrement sens : pourquoi faire preuve d'un tel fanatisme, de cette forme malsaine de sacrifice, pour au final ouvrir un chemin dont il ne connaissait nullement la destination ? Au fond, Shayn savait que cela avait à voir avec cet attrait qu'il avait pour la douleur - assénée ou reçue - mais il sentait aussi qu'il y avait une autre raison, plus éthérée, beaucoup moins personnelle, à ses actes. Peut-être était-ce effectivement la Force dont parlait cette très chère Furios... Sa Force.
En tous les cas, il n'eut pas l'occasion de poursuivre plus en avant sa réflexion, car un geyser de sang le tira de sa rêverie et le ramena rapidement dans le monde réel. Alors que ses chevilles retombaient au sol et furent rejointes par les dépouilles décapitées de deux des brigands, il s'empressa de se redresser et dans un élan de furie lança sa lame dissimulée droit dans le genoux d'un des deux derniers malheureux encore en vie. Ce traqueur là avait dégainé son arme avec une rapidité déconcertante ( sans doute faisait-il parti des réticents à l'offre de Furios ) et avait donc été stoppé dans son élan par une gêne bien douloureuse venant de sa jambe, le faisant tirer de son blaster lourd sur le plafond, effleurant légèrement l'épaule de l'Ombre de Ravage. Redoublant d'efforts, Shayn se hissa sur ses jambes et fonça droit sur lui, le percutant de plein fouet, ce qui amena sa chute. Son blaster lourd glissa à quelques mètres plus loin, ce qui laissait au jeune homme assez de temps pour se préoccuper du dernier traqueur debout, qui était lui aussi terriblement proche. Ce faisant, et vu qu'il n'avait pas eu les mêmes réflexes que son camarade au sol, il n'eut pas le temps de dégainer son arme. S'ensuivit donc une véritable joute au corps-à-corps entre deux hommes forts et déterminés à survivre. Les coups s'échangeaient de part et d'autre, les ventres se crispèrent sous la douleur et les visages se teintèrent de l'écarlate de leurs deux sangs mélangés. Déjà fatigué avant le combat, Shayn se trouva bien vite en position de faiblesse - mais au milieu de la douleur et de l'inquiétude, son instinct prit forme comme un sifflement dans le silence, alors que la voix de Furios résonnait dans les tunnels cristallins, l'appelant par son nom, le prévenant. Le cliquetis métallique qui suivit cet appel souleva le doute quant au danger à venir, imminent. Dans un geste qui monopolisa les dernières ressources à sa disposition, le Beinlosi saisit son adversaire à la taille, et le pivota ; en direction du traqueur à terre, mais pas mort. Vinrent alors le bruit caractéristique du blaster lourd, ce parfum macabre de chair carbonisé, et cet écoulement de sang venant de la bouche du bouclier humain dont le visage traversait des nuances de douleur jusqu'à en atteindre l'extrémité mortuaire. Malgré la violence de la scène, Shayn ne resta pas immobile, et avança avec sa couverture improvisée jusqu'à celui qui avait composé jusqu'alors la plus vaillante des résistances ; mais qui vit au final ses espoirs s'envoler en même temps que la vapeur émanant de son arme en surchauffe.
Shayn en profita, ses yeux laissant transparaître une rage presque bestiale, effrayante, inarrêtable. Son monde était soudainement plus petit et consistait alors de lui, le héros, et de son adversaire blessé et paniqué. Ce dernier lâcha son blaster comme une requête de pitié - sans succès, malheureusement pour lui. Sans le quitter du regard, son visage froid comme la glace, Shayn s'agenouilla à ses côtés, et s'empara du blaster, qu'il amena avec tout le naturel macabre qui était le sien au niveau du cou de sa victime. Le canon brûlant commença à consumer la chair du pauvre homme, et pour le faire taire, le Beinlosi lui chanta une petite berceuse. Au bout d'une petite minute, le traqueur dormait paisiblement ; étouffé par l'étreinte chaude de son propre blaster sur sa gorge.
L'adrénaline redescendit, le silence regagna les tunnels. La réalité reprenait des droits. Cherchant Furios, il rencontra bien vite son regard. Elle avait sûrement assisté à toute la scène. Pourtant, il constata qu'elle quitta bien vite ce contact visuel et ses yeux s'étaient abaissés plus bas sur son corps. Suivant cette suggestion involontaire, il baissa lui aussi la tête, et constata, avec un effroi qu'il tenta tant bien que mal de garder en lui, que son avant-bras gauche était complètement carbonisé. Le prix à payer pour tenir son bouclier humain en place, sans doute. Sa respiration s'emballa d'angoisse. Mais il fit bonne figure. Il essaya, du moins, autant que son état le permettait.
- On devrait continuer à... à avancer
Il se releva et offrit donc à Furios le spectacle inquiétant de son état de santé. Le dos ensanglanté, le bras gauche brûlé, le visage déformé par les hématomes. Pourtant, il se doutait que le plus inquiétant ne résidait pas dans son corps meurtri, mais bien dans ses actes d'il y a à peine quelques minutes ; sa démonstration de cruauté venue du plus profond de son psyché.
L'astroport n'était heureusement plus très loin. La route était libre... -
Post n°14
Auteur : Darth MalraasPour le commun des mortels la scène est terrifiante, sortie d'un holofilm d'action où les traqués, proies d'hommes de main cruels, deviennent les chasseurs. La bête surgit alors de l’abîme de l'âme de Shayn Beinlosi pour se frayer un chemin délicat vers la survie. L'animal se bat, s'acharne à s'octroyer la victoire, arracher la vie de ses opposants, au détriment d'une santé chancelante au fil des secondes. Furios louait la Force d'avoir permis de dévier une rafale laser vers le plafond, créant deux rares égratignures sur l'épaule. A quelques micro secondes près, elle perdait probablement l'usage d'une artère vitale, liant le coeur au reste de la structure mécanique d'un corps en fonction. Bien que la mort ne soit qu'une rivale à la vie, la sienne n'aurait pas été judicieuse en laissant Shayn en piteux état et sans possibilité d'échapper à sa condition sur Mygeeto. L'Ombre affiche une moue indélicate puis une grimace sincère en s'approchant de la recrue des Ravageurs.
-Tu es dans un état déplorable. Dit-elle en examinant de plus près les blessures. Monte à l'arrière du véhicule.
Alors que Shayn s'exécute aussi bien qu'il peut, la proche parente des Togruta ramasse quelques vestes chaudes sur le cadavre des hommes. Celles-ci serviront à couvrir le moribond afin que son corps soit tenu à la même température. L'action réalisée, la recrue bien installée, elle prend les commandes et déclencher les moteurs de l'appareil pour se diriger vers la ville, priant pour que des forces de sécurités ne soient pas présentes. Heureusement pour l'équipe amoindrie par le combat, le speeder est d'une classe supérieure à la moyenne, le confort idéal et les propulseurs d'une excellente qualité, maintiennent l'appareil sans tanguer dans tous les sens. Le vent et la neige giflent les joues rougies de l'Ombre, par la froideur de cet hiver interminable. Cherchant à garder éveillé ce compagnon désormais d'infortune, elle hausse la voix.
-Tes blessures sont trop graves nous partions dans l'immédiat et bien trop voyantes pour que l'on nous laisse faire. Dit-elle en observant à l'horizon, la pointe d'un building gigantesque. Les droïdes confédérés ne nous laisserons pas passer non plus dans ton état.
Tenant le manche de l'appareil, l'Ombre réfléchit à une solution adéquate. Le transporteur ne sera pas sur les lieux avant au moins une journée standard et cette journée peut-être facilement fatale à Shayn. Si les hommes du Baron réitères leurs actions, un affrontement serait de trop. La seule solution serait tout aussi déraisonnable que d'attendre : Voler un transporteur. Mygeeto est une planète relativement commerciale, des cargos viennent et repartent. Tout juste le temps de charger des marchandises, tout juste le temps pour réapprovisionner leur appareil en carburant. Peut-être est-il possible de réaliser un marché avec un capitaine ?
Le speeder approche de la ville nourrie elle aussi par les vents violents et la neige opaque. La nature devient une couverture parfaite pour camoufler l'arrivée d'un engin motorisé aussi rapide qu'un speeder. Le froid glacial paraît diminuer les forces de sécurités de la ville et l'astroport à l'écart, est bien plus accessible. Furios gare l'appareil volé contre le flanc du bâtiment, à quelques pas de la porte principale.
-Ne fais rien qui pourrait attirer l'attention. Ordonne-t-elle sous une bourrasque, en descendant de l'appareil.
Ajustant son écharpe, l'Ombre se met en route vers l'intérieur de l'astroport. Quelques gardes droïdes sont présents, rien de quoi inquiéter. La sécurité est certes, renforcée par les actes liés au terrorisme, mais relâchée par les événements climatiques. Tout du moins, assez pour réaliser une infiltration éclaire. Sur les rares plateformes, un YT-1760, un Helot et une navette Sheathipede. Tenant son écharpe devant son nez pour éviter le froid et la neige chatouillant les narines, l'Ombre interpelle un groupe d'individus aussi différents les uns que les autres, occupés à tirer un chariot répulseur vraisemblablement hors d'usage.
-Vous avez un vaisseau ? un ami et moi devons quitter Mygeeto dans l'instant.
-Et pourquoi ? S’esclaffe le premier.
-Il a été blessé dans une mine et on lui refuse sa carte de soin, il est Républicain.
Si on ne part pas d'ici il va mourir. Explique-t-elle adroitement.
-Ces Con-Fédérés, toujours aussi... Soucieux de la vie des autres affirme l'interlocuteur en serrant la mâchoire. Ca lui coûtera des crédits pour le transport, vous savez des gars abîmés dans les mines, y'en a beaucoup... Surtout quand ils veulent fuir la planète.
L'Ombre plisse les yeux mais se satisfait de cette réponse positive.
-Gardez notre speeder comme caution, on vous donnera 5 000 crédits si vous nous conduisez sur Borleias. Assure-t-elle en tournant les talons L'affaire est conclue, on vous donnera ça sur place.
En rebroussant chemin jusqu'au speeder, Furios réfléchit encore une fois. Les événements s’enchaînent un peu trop simplement, mais lorsque des renards rusés sentent l'affaire, ils ne se méfient pas de savoir s'ils font face au loup. L'homme paraît aussi sincère que possible au travers de la Force, mais une entourloupe reste totalement possible. Qu'ils tombent dans un coupe gorge dans l'espace ou qu'ils meurent ici de différentes manières, le destin ne changera pas. Seulement l'Ombre compte bien profiter de l'avantage de la surprise et du confinement d'un vaisseau spatial pour s'assurer la victoire. -
Post n°15
Auteur : Shayn BeinlosiSilencieux comme la mort qui le guettait, Shayn suivait sans broncher le plan d'urgence de l'Ombre. Son oreille bourdonnante eut grande peine à suivre le dialogue lointain entre sa camarade et le groupe d'individus qui devaient leur servir de tremplin pour sortir définitivement de cet enfer. L'entrevue se solda, apparemment, par une issue positive, et le duo monta rapidement dans le cargo YT-1760, sans trop d'encombre de la part des forces de sécurité droïdes de l'astroport. Une petite dizaine d'individus étaient déjà présents à l'intérieur, certains plus louches que d'autres, et s'afféraient à différentes occupations, ou reposaient leur dos contre les murs du bel appareil en observant ce qu'il s'y passait. Des marchandises, des passagers, mais surtout, ce fut une chaleur relative bien que réconfortante qui insuffla dans le cœur du jeune homme un sentiment de sécurité. Sentiment qui s'envola bien vite quand il croisa le regard déterminé, un peu soucieux, de Furios. Il soupira, un peu las et croulant peu à peu sous la douleur. Voyant dans un coin du cargo un fauteuil inoccupé, il s'y installa, prenant soin d'étendre l'une des vestes empruntée aux traqueurs sous ses fesses, pour ne pas risquer de laisser une belle marque écarlate sur le cuir.
C'était son côté maniaque. Ça lui prenait, des fois...
A en juger par les bruits de pas lourds sur le métal, les derniers passagers - dont le supposé capitaine - avaient fini de charger la cargaison ; ce dernier passa d'ailleurs devant Furios qui se lança sur ses talons, pour un dessein qui était le sien et que Shayn ne chercha pas à théoriser, trop concentré à ne pas sombrer. Elle revint quelques minutes plus tard avec ce même visage crispé, se posant devant son protégé pour lui résumer, d'une voix basse, leur destination, et la nécessité de ne pas se faire remarquer.
Il était vrai que même parmi les étranges loustiques qui allaient ça et là dans le vaisseau, il était et de loin le plus susceptible d'intriguer, voire d'inquiéter. La capuche hissée sur son crâne, le corps emmitouflé dans plusieurs vestes mais toujours tremblotant, il se voyait contraint de baisser le regard au sol par peur de se rendre compte de sa situation. Mais au final, du moins en apparence - car Shayn n'était plus vraiment en mesure d'être alerte - chaque membre du voyage s'occupait de ses affaires. La soute se referma, les vibrations au sol et dans les murs indiquèrent au jeune homme que le cargo décollait. Un autre soupir se fraya un chemin à travers ses lèvres. Il avait envie de croire à la fin du calvaire, mais au fond, il était tellement pessimiste qu'il s'attendait toujours à une autre mésaventure. Ce qui n'arriva pas, ou alors, tardait vraiment à arriver. Il y avait bien cet homme dans le coin opposé qui croisait de temps à autre ses yeux fuyards, mais il donnait plus l'impression d'être intrigué que réellement intéressé. Cependant, lui possédait un blaster à la ceinture, et sans réellement s'en rendre compte, il y apposa son entière attention, se rappelant de sa douce folie dans les tunnels.
- T'as l'air bien amoché gueule d'ange
Shayn sursauta, la contraction de ses muscles réveilla la douleur dans son dos et lui arracha une légère grimace. Son regard bleuté s'éleva, pour voir le visage de celui qui l'avait abordé. Un humain, aux alentours de la cinquantaine d'année, la mâchoire ciselée, une longue et grise moustache aux poils frisés et anarchiques. Sa peau était assez mâte, et dans l'ensemble, son visage inspirait confiance. Peut-être un peu trop...
- Tu crois que vu ton état, je peux te demander de gentiment me filer tous tes crédits ?
Une lèvre mordue, un rire anxieux lâché malgré lui, Shayn se demanda enfin où était passée Furios. Il lui semblait bien avoir entendu le pilote l'appeler. Elle allait revenir bientôt, c'était une certitude. En attendant... et bien en attendant il allait l'ignorer. Tout ce qu'il pouvait lui répondre ne ferait que le mettre en colère, et il attirait déjà trop l'attention pour que ce soit une possibilité. Non. Il devait attendre Furios. Attendre qu'elle lui fasse comprendre que la personne qu'il essayait d'extorquer était sienne. User de persuasion, comme elle savait décidément si bien le faire. -
Post n°16
Auteur : Darth MalraasA bord de l'appareil, Furios ne mit pas longtemps à déceler des traces significatives de mauvaises intentions dans la Force. L'équipage du cargo ne comptait, semble-t-il, pas accorder un voyage de tout repos aux deux individus fuyant la planète. Une seule chose est bénéfique, le vaisseau quitte la planète avec des codes d'autorisations légaux et s'enfuit vers le voile hyperspatial. Avant qu'ils n'entrent les coordonnées du voyage, l'Ombre s'était entretenue avec le pilote et le copilote un peu brutaux dans leurs paroles. Ils avaient bien entrés les données de Borleias, du moins de son système. Désormais si l'équipage voulait faire machine arrière, changer de direction, ils allaient devoir couper l'hyperdrive et ça, elle le sentirait. Assurée que la destination est la bonne, une main amicale posée sur l'épaule du pilote et un "merci" on ne peut plus solennel, elle s'était retournée vers des objectifs plus sinistres en s'appuyant sur le capitaine lui-même.
Lui, paraissait s'intéresser aux crédits et l'embarquement du speeder des hommes du Baron, à bord de la soute de transport de marchandise, confirmait ses soupçons. Les autres cargaisons quant à elles, doivent être aussi légales que les autorisations, probablement des gemmes et des cristaux. Furios s'appuie sur la parois en duracier et cherche sans se cacher, l'intention du capitaine par le biais d'un regard insistant. Celui-ci finit par lâcher son inspection d'un genre de circuit imprimé derrière un conduit calfeutré pour s'intéresser à l'Ombre. Mais avant que sa bouche s’entrouvre pour extraire une jolie vocalise, la lame de l'assassin transperce sa gorge jusqu'à écarter la boîte crânienne d'où elle ressort dans un filet de sang magnifique.
Repoussant le cadavre encore frais, Furios fait appel à la Force pour dénicher les autres membres d'équipages. Dans l'angle du couloir étroit menant à la salle principale, une femme pourvue de plusieurs armes automatiques à la hanche, marche sans se soucier du mouvement en face. L'arme en main, l'Ombre bouscule celle-ci à l'aide de son corps en la percutant de plein fouet après avoir pris un élan mesuré. S'écrasant contre le mur derrière elle, le souffle coupé, la femme n'arrivera à se redresser qu'après avoir été profondément pénétrée par la lame en plein dans l'abdomen. Agrippant un des blasters automatique à la hanche, Furios s'en retourne à une autre cible. La pièce principale où elle arrive désormais, martelant le sol de ses pas assurés, est large de plusieurs mètres, ovalisées et déversant de rares artères. La Force laisse un sillage significatif vers l'endroit où se trouve la recrue Shayn, c'est vers lui qu'elle se dirige.
Un membre d'équipage lève la tête de son jeu de Pazaak pour contempler la lame de l'Ombre sortir en lieu et place de la glotte de son adversaire. Vif, il bondit de son tabouret et dégaine son arme avant que sa cervelle ne s'éclate sur la parois derrière lui. Le coup est tonitruant et une alarme se met déjà à résonner. Cette fois Furios se décide à courir, laissant quelques secondes encore à l'équipage encore vivant, de se rendre compte du massacre. Arrivant aux abords du dortoir ou des couchettes sont mises les unes sur les autres, elle croise un homme légèrement vêtu de son pantalon, courant pieds nus dans sa direction. Plusieurs tirs percutent le malheureux, au torse, à l'abdomen et plusieurs autres sur les flancs et finit sa course en trébuchant sous la douleur et parce que son corps décide qu'il n'est plus capable de fonctionner. S'accordant quelques instants pour souffler et organiser son esprit, Furios reprend les préceptes des Ombres et récite les préceptes propres à leur ordre.
"L'ombre est notre seule dévotion
Des ombres, j'obtiens la vérité.
Par la vérité, j'ai la connaissance.
Par la connaissance, j'ai le pouvoir.
Par le pouvoir ma Force me libérera."
L'obscurité gagne ses artères, ses yeux se pigmentent de son intensité révélatrice. La jeune femme se crispe et sert sa vibrolame à en faire blanchir ses articulations. Contrôlant par sa volonté, l'animation de de la Force Obscure, l'effet s'amenuise et finit par s'estomper totalement. Recouvrant ses capacités, la femme s'élance à nouveau dans sa folle virée pour la survie et rejoint Shayn dans la pièce étroite où il se terre. Abattant son camarade actuel, ayant sorti une arme pour se protéger face à l'alerte donnée, elle s'agenouille près de la recrue et dépose une main tâchée de sang sur son épaule.
-Tu restes ici, dit elle en lâchant l'épaule pour agripper l'arme de l'homme abattu pour lui tendre. Si quelqu'un d'autre que moi passe cette porte, n'hésites pas.
L'Ombre repart, courant en gardant l'esprit alerte.
L'équipage est définitivement sur ses gardes et sait maintenant, que leurs hôtes du moment ne sont pas si insignifiants que cela. Combien sont présents sans compter le capitaine, la jeune femme dans le couloir, les deux joueurs, l'homme du dortir et l'individu aux côtés de Shayn ? La réponse apparaît alors que Furios pénètre à nouveau la salle commune, deux, le pilote et le copilote.
-STOP ! Crie le pilote en pointant une arme de poing. Les mains bien en évidence.
Le copilote quant à lui, met en joue l'Ombre grâce à un blaster à répétition T-21, une arme mortelle à cadence rapide mais au recule bien trop important pour être fiable et faire mouche. La femme s'exécute et lève les mains vers le plafond du vaisseau en lâchant le blaster. L'arme réalise une descente vertigineuse vers le sol et une fois en contact avec celui-ci, laisse un décharge s'expulser. La détente trop sensible, crache son trait de laser pour se fracasser contre la table de Pazaak. Emoustillés par tous ces morts et l'adrénaline de la confrontation, les deux navigateurs tirent sans sommation. Furieuse, la demoiselle s'élance tête la première vers des caisses empilées qui contiennent le flux incessant des tirs. Les impacts ont tôt fait de percer la carapace d'une des caisses regorgeant de vêtements utilitaires dont les morceaux, virevoltent déjà dans la pièce. Puis une arme s'affaiblit, un chuintement s'échappe d'une cartouche de gaz Tibanna et le copilote grogne quelque chose. L'arme est surchargée et doit attendre avant de refroidir assez pour retrouver sa fonction normale. Furios bondit par dessus les caisses, toujours visée par l'arme de poing dont la cadence s'amenuise aussi, la cellule énergétique se surchargeant. Sept tirs par secondes et à foison, n'est certainement pas le meilleur des résultats face à un ennemi dont l'entraînement surpasse celui de simples pilotes.
La pointe d'une lame se plaque contre le crâne du pilote qui par instinct, cesse de marteler le manche de son blaster pour visser son regard sur son adversaire.
-Si tu bouges aussi il meurt, explique la femme au copilote en enfonçant la lame pour avertissement.
Le second de bord lâche son lourd blaster et met ses mains en évidence.
-Vous allez retourner à votre poste, vous coller à vos sièges et faire un saut à l'endroit que je vais vous indiquer, souligne-t-elle en observant la soumission volontaire des deux compères. Si vous coopérez je vous relâcherais et vous disposerez du vaisseau et des biens à l'intérieur. De quoi vivre heureux pendant longtemps n'est-ce pas ?
-Si tu nous butes pas avant...
Un râle sourd remplie la salle commune et le pilote s'effondre en emportant sa toute dernière insulte avec lui. Décidée à ne pas se laisser distraire par des enfantillages, Furios se retourne vers le copilote.
-Vous avez quelque chose à ajouter ? Dit-elle sèchement.
-Euh...Non, bafouille-t-il en éloignant son regard des yeux vides du responsable pilote.
-Allez vous asseoir à votre poste et maintenez la navigation vers Borleias. Si le vaisseau change de trajectoire, qu'il sort de l'hyperespace, de votre volonté ou pas... Vous mourrez. D'ailleurs si vous faites appel à quelqu'un, vous mourrez aussi. Compris ?
-Compris, finit-il par répliquer en partant à grands pas vers le cockpit.
Baissant les bras, la jeune femme expire pour laisser s'échapper les restes néfastes de cette opération de massacre pour la survie. Assurée de n'avoir épargné personne, elle remet sa vibrolame dans son fourreau, réajuste sa coiffure et sa tunique et rebrousse chemin pour rejoindre la recrue Shayn. Il est à l'endroit exact où il fut quelques minutes plus tôt, toujours dans le même état voire, un peu plus faible.
-Tu vas sentir la viande putréfiée si on ne te soigne pas. Affirme-t-elle en se penchant sur la blessure au bras. J'ai cru voir une trousse de secours, on y va.
Elle s'agenouille et agrippe le bras du malheureux Shayn sans réclamer le moindre avis. Qu'il ait un rugissement de douleur ou une simple petite grimace n'est que le cadet des soucis actuels. L'aidant à s'appuyer sur son propre corps, les deux miraculés de la Force rejoignent avec un mal de chien, la grande pièce ovale après qu'ils aient croisés plusieurs cadavres encore frais. Frappant sa botte contre les caisses éventrées par les tirs afin de les faire basculer, elle allonge soigneusement Shayn sur la plus confortable et s'éloigne de quelques mètres, fouillant les murs, quelques meubles de mauvaises factures et plusieurs soutes utilitaires. Elle revient vers la recrue, armée de plusieurs fioles de bacta, de patchs et de bandages, sans compter plusieurs ampoules à l’étiquetage suspect. Tout l'utilitaire pour nécessaire pour du rafistolage de premier ordre.
-Tu vas souffrir le moins possible mais tu garderas des cicatrices, murmure-t-elle en se concentrant sur le bras.
Appliquant des patchs pour contenir les légères hémorragies du bras, causées par les impacts de tirs laser, elle ajuste une dose de tranquilisant dans les veines de Shayn via une seringue hypodermique. Un bandage referme le tout, sans pour autant empêcher la peau de respirer sous cet amas de chair calcinée. La cicatrisation sera longue, plusieurs soins médicaux seront nécessaires mais il devrait survivre si la douleur ne l'emporte pas dans les vergers de Naboo. L'aidant à se placer sur le ventre, en se redressant et en effectuant une roulade, le dos est le plus inquiétant. Bien que les entailles soient peu profondes, elles sont assez nombreuses et régulières pour être mortelles sur la durée. Tirant un fil et une aiguille d'une trousse armée d'un blason médical, elle entame le processus pour resserrer les chairs entre elles. C'est en badigeonnant le dos de bacta liquide, que l'Ombre ressent le froid glacial de l'espace et une voix lointaine immisce dans son esprit. Elle arrête son geste, le temps s'écoulant aussi lentement que cette goutte de bacta prête à s'écrouler sur une plaie creusée."Gelmir""Gelmir"
"Tous,
Baignés par l'Obscurité, connectée dans la Force Obscure, entendez cet appel. Que les spectres de nos ancêtres s'éveillent, que les bêtes de nos créations ressentent, que les adeptes l'entendent. Le Nouvel Ordre Sith naît, que les autres Ordres sombrent, que les barrières des cultes s’ébrèchent, l'unification est dans l'heure.
Les Sith naissent, forts, puissants, structurés, organisés. Leur civilisation naît dans les confins de la Galaxie, arborant fièrement les savoirs d'autrefois, assumant pleinement l'obscurité comme seule réalité. Fuyez les mondes ciblés par les carnages des gouvernements galactiques, rejoignez le Nouvel Ordre Sith, trouvez Illum.
Ceci est un appel du Seigneur Noir du Nouvel Ordre Sith.
Je suis ce Seigneur, Darth Malraas."
L'appel dans la Force se coupe intégralement et sans s'estomper. La sensation est un vide palpable, une perte dans l'immensité de l'univers. Furios reprend ses esprits non sans mal.
-Tu vas te reposer pendant le voyage, nous allons à la rencontre de Darth Malraas.
De nouveau l'aiguille perce la chair et cette fois, Shayn semble vaciller vers le déclin.HRP
Tu posteras ton écrit en réponse à celui-ci, à cette adresse :
http://star-wars-rpg.soforums.com/t7245-Yashuvhu.htm?start=15
Tu devras surtout raconter ton réveil, l'état hors de danger de ton personnage et l'arrivée dans le système (avec la flotte en visuel). Le voyage a duré environ 2 jours standards. (Mon dieu les odeurs de cadavre) Je reprendrais la suite.
Petite note supplémentaire : Il y a de ce fait, une forte concentration du "Côté Obscur" si ton personnage peut le sentir, même de manière lointaine et avec ses propres sensations.