Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    Post n°1
    Auteur : Hivernus

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    Trou d'équipage de la passerelle du croiseur stellaire de classe Interdictor "Poing de Pandore".

    -------




    La flotte du Seigneurat de Bajic s’est rassemblée pour la bataille, à quelques années-lumière du système Wranag. Droit face à la baie vitrée, Hivernus contemple les étoiles qui illuminent l’obscur espace. L’un de ces nombreux points scintillants est la destination de l’armada seigneuriale. Et quelle armada… L'humanoïde à peau bleue rive son regard sur la silhouette du croiseur de classe Munifex. Un bâtiment de guerre tout aussi vieillissant que l’antique croiseur Sith de classe Interdictor sur lequel le seigneur de la guerre se trouve actuellement. Deux pauvres vaisseaux de combat obsolètes. Voilà la composition exacte de la flotte d’un individu ambitieux. Peu importe au final... Car aux yeux du Chiss, seul l’usage que l’on en fait compte.

    - Monsieur, nous venons de recevoir le rapport du “Marque des Ténèbres”. Indique un officier depuis la fosse dédiée au personnel. L’équipage est prêt pour le combat et le Capitaine Chastel attend de recevoir les ordres.

    - Très bien. Rapportez au Capitaine Chastel que les instructions viendront en temps voulu, lorsque le seigneur Hivernus aura des ordres spécifiques à donner. Répond le capitaine Netbers.

    - Oui Monsieur.

    Récemment promu, le capitaine Chastel est un jeune officier qui manque encore d’expérience et de confiance en lui… Comme nombre de membres d’équipage au sein de la marine seigneuriale. Mais le seigneur de la guerre a décidé qu’il commanderait le croiseur de classe Munifex et sa volonté étant faite, le voilà désormais seul maître du “Marque des Ténèbres”. Néanmoins, les quelques lacunes du capitaine Chastel sont largement compensées par l’équipage trié sur le volet que l’on a placé sous ses ordres. Par exemple, Hivernus a décidé d’affecter les meilleurs artilleurs disponibles aux canons à ion, rendant l’armement du croiseur de classe Munifex particulièrement dévastateur en cas de confrontation avec une flotte ennemie… Chose qui ne va visiblement pas tarder à arriver. Bien qu’appréciant les initiatives prises par l'humanoïde à peau bleue, le capitaine Netbers ne peut s’empêcher d’être nerveux quant à la réussite de l’opération qui va débuter dans quelques instants.

    - Mon vaisseau-amiral est-il prêt Capitaine ? Demande alors une voix glaciale dans le dos du commandant.

    - Le “Poing de Pandore” est paré et à vos ordres mon seigneur. Annonce l’officier impérial en tournant la tête vers Hivernus.

    - Parfait. Lancez le compte à rebours et faites passer la flotte en vitesse lumière. Ordonne le Chiss de son habituelle voix froide.

    - A vos ordres mon seigneur.

    Les deux vaisseaux manoeuvrent lentement, s’orientent vers le système de Wranag puis disparaissent dans l’obscurité. Lorsqu’ils réapparaissent quelques minutes plus tard à proximité de leur objectif, l’opérateur des senseurs est le premier à mettre à jour les données de sa console.

    - Monsieur ! Nous avons des informations sur la flotte ennemie… Elle est composée de deux transports d’esclave Y164, d’un vaisseau-donjon de classe Kiltirin, d’un croiseur de bataille de classe Kaloth et d’un croiseur d’attaque de classe Discril. Vient rapporter le lieutenant en charge des senseurs. Ils ont déjà lancé leurs chasseurs et ont placé leurs vaisseaux d’escorte face à nous.

    - Que tous les vaisseaux passent à l’attaque ! Priorité sur les bâtiments de guerre. Lance Netbers à l’équipage. Lancez les chasseurs TIE. Message aux chefs d’escadron : Qu’ils se chargent de rabattre les transports vers nous.

    Le seigneur de la guerre demeure silencieux un instant. Il a pour lui la puissance de feu et la supériorité numérique en terme de chasseurs. Il ne doit toutefois pas négliger pour autant son plan de bataille… Car les moindres erreurs peuvent compromettre l’opération et transformer une victoire éclatante en défaite désastreuse. Cependant, un évènement imprévu vient remettre en question l’équilibre des forces. Une deuxième flotte quitte l’hyperespace et rejoint le combat. Les vaisseaux esclavagistes sont désormais pris en tenaille par deux armadas différentes… La scène est improbable, surréaliste. L’opérateur des senseurs donne bientôt la composition de cette nouvelle flotte : Trois canonnières d’assaut de classe Vanguard, soutenues par un croiseur de classe Neutron-Star reconverti et sa chasse.

    - Des pirates ? S’interroge alors le commandant, quelque peu surpris par cette attaque inattendue.

    - En effet Capitaine… Ils semblent vouloir s’emparer de cette précieuse cargaison que nous convoitons. Lâche froidement l'humanoïde à peau bleue avant de reprendre d’une voix mystérieuse. Ouvrez un canal de communication. J’ai un message à faire passer à ces pirates.

    L’officier impérial arque un sourcil. Son esprit divague le temps de quelques battements de coeur. Il se demande silencieusement ce que le seigneur de la guerre prépare...

    - Canal de communication ouvert mon seigneur. Indique l’enseigne chargé des communications.

    La silhouette translucide d’une Falleen apparaît sur la console. Vêtue d’une tenue richement décorée, l’air hautain et fier, celle qui commande la flotte pirate semble douée d’une personnalité haute en couleur... Une supposition qui se confirme assez rapidement.

    « Princesse Saadia, Capitaine des Filles du Vent Noir, à qui ai-je l’honneur ? » Débute la Falleen en redressant le menton, comme pour signifier qu’elle se sent supérieure à son interlocuteur.

    - Au seigneur de la guerre Hivernus. Dévoile froidement le Chiss. Nous sommes visiblement intéressés par la même cible, alors voici ce que j’ai à vous proposer… Je vous laisse les deux croiseurs d’escorte et le vaisseau-donjon. Je garde pour moi les transports d’esclaves.

    « Seigneur Hivernus… Oui… J’ai beaucoup entendu parler de vous ces derniers temps… » Vient ricaner Saadia. « Mais ne croyez pas, du fait de votre sinistre réputation, que vous pouvez vous permettre n’importe quoi… Je ne suis pas venue ici pour quelques vaisseaux de guerre. Je convoite la même chose que vous. »

    - Et il serait bien dommage d’avoir à s’entretuer pour si peu. Concède l'humanoïde à peau bleue. Lorsque nous nous serons occupés de nos ennemis communs, nous pourrions peut-être avoir un petit entretien afin de discuter de certains points.

    « Vous êtes direct Seigneur Hivernus… Oh oui… Je vois le genre d’homme que vous êtes. » Commente la princesse pirate en minaudant.

    - J’en doute. Mais peu importe. Continue d’une froideur renouvelée Hivernus. Je suis convaincu que nous avons des intérêts communs qui pourraient profiter à l’un et à l’autre.

    « Peut-être en effet. Très bien Seigneur Hivernus, nous nous reverrons à la fin de la bataille pour discuter de tout ceci en détail… Sur mon vaisseau. » En vient à conclure la Falleen en offrant son plus beau sourire.

    - Entendu.

    L’image tressaute quelques secondes puis disparaît. Le silence semble revenir au sein de la passerelle, du moins en apparence. Car au sein de la fosse dédiée aux membres d’équipage, la tension est à son comble. Chacun transmet à son supérieur des informations capitales. La bataille suit son cours et nécessite l’attention des officiers chargés de transmettre les ordres. Mais les deux principaux concernés que sont le seigneur de la guerre et le capitaine Netbers sont pour l’heure plongés dans leurs pensées.

    - C’est un piège mon seigneur. Déduit simplement le commandant du “Poing de Pandore”.

    - Possible en effet. Mais pour l’heure, nous avons une bataille à gagner. Nous nous occuperons de ce problème en temps voulu. Déclare le Chiss en reportant son attention sur la baie vitrée, qu’il rejoint lentement de sa démarche pénible. Faites marquer nos nouveaux alliés comme forces amies sur les consoles puis transmettez cette information aux chasseurs et au “Marque des Ténèbres”.

    - A vos ordres mon seigneur.

    A l’extérieur, la bataille fait rage. Les chasseurs impériaux et pirates, telle une nuée implacable, harcèlent les vaisseaux esclavagistes de toute part et massacrent leur maigre chasse. Les traits laser viennent colorer l’espace de diverses nuances de rouge, de vert et de bleu. Par moment, des explosions illuminent un point précis. Un véritable feu d’artifice improvisé ! Sur la passerelle du croiseur de classe Interdictor, le sol se met à trembler. L'humanoïde à peau bleue manque de tomber, faute d’équilibre. Mais il tient bon, fermement appuyé sur sa canne. Le croiseur de bataille de classe Kaloth vient longer le flanc bâbord du vaisseau-amiral de la flotte seigneuriale. Ses batteries turbolaser font feu sur l’antique bâtiment de guerre, sans jamais s’arrêter. Une section entière du bouclier déflecteur du “Poing de Pandore” passe au rouge.

    - Artillerie, concentrez vos tirs sur le flanc bâbord du croiseur de bataille de classe Kaloth. Commande alors le capitaine Netbers.

    Le navire de guerre se met une fois de plus à trembler. Les batteries turbolaser du croiseur de classe Interdictor se mettent à déchaîner les enfers sur le bâtiment de guerre adverse. Le combat est inégal et l’on rapporte déjà de nombreux dégâts sur l’ensemble de la coque du modèle de classe Kaloth. Face à la puissance de feu du “Poing de Pandore”, le vaisseau esclavagiste n’a d’autre choix que celui de se replier…

    - Capitaine, contactez nos alliés pirates.
    Ordonne le seigneur de la guerre d’une voix parfaitement modulée. Je veux un tir de barrage des canonnières d’assaut Vanguard sur les réacteurs du croiseur de bataille de classe Kaloth. Les torpilles à proton devraient faire assez de dégâts pour immobiliser définitivement le vaisseau.

    - A vos ordres mon seigneur.

    Presqu’aussitôt, les trois canonnières quittent leur objectif initial pour porter leur attention sur la cible désignée par le Chiss. Sur les écrans, plusieurs explosions, bientôt suivies par une plus grosse, viennent indiquer que le navire de guerre esclavagiste a été durement touché. Le modèle Kaloth n’étant pas équipé de boucliers à particules, les torpilles à proton ont provoqué de sérieux dégâts sur l’arrière de la structure. Ce n’est par ailleurs pas la seule bonne nouvelle. Pris entre deux feux, le croiseur d’attaque de classe Discril a péri sous les tirs laser des chasseurs et les tirs turbolaser du “Marque des Ténèbres”. Privés de leur escorte, les transports d’esclaves semblent choisir des options différentes, signe que les capitaines commencent à paniquer. Le vaisseau-donjon de classe Kiltirin tente désespérément de tenir à distance le navire-amiral de la flotte pirate à l’aide de ses batteries turbolaser. L’un des deux modèles Y164 cherche à fuir le combat, tandis que l’autre envoie déjà un message de reddition au “Poing de Pandore”.

    - Capitaine, transmettez un message aux artilleurs du “Marque des Ténèbres”.
    Lâche Hivernus d’une froideur renouvelée. Priorité sur le transport fuyard. Usage des canons à ion uniquement.

    - Bien compris mon seigneur.

    Dans le lointain, le croiseur de classe Munifex prend réception de l’ordre. Il manoeuvre doucement afin d’ajuster la trajectoire de tir. Puis soudain, les canons à ion se mettent en branle. Plusieurs traits bleus viennent zébrer l’espace. Le transport de classe Y164 visé par les tirs semble vaciller le temps de quelques battements de cils, puis s’arrête net, comme touché en plein coeur. La bataille est presque gagnée. Il ne reste plus que quelques détails à régler… Le seigneur de la guerre quitte des yeux la baie vitrée pour se tourner vers une silhouette obscure qui attend dans l’ombre de la passerelle de commandement.

    - L’heure est venue Mademoiselle Suutrar… Annonce l'humanoïde à peau bleue d’une voix mystérieuse. Veuillez rappeler à nos hommes que nous sommes ici pour nous sauver des vies, pas pour en perdre. Je ne veux pas d’actes héroïques, ni de risques inutiles.

    - Vos désirs sont des ordres mon seigneur… Souffle doucement l’Anzat, un sourire aux lèvres.

    La tueuse en série disparaît aussi rapidement qu’elle est apparue. Le sang va bientôt couler à flot au sein des navires esclavagistes… Pour le plus grand plaisir des soldats et de celle qui va les mener droit vers le massacre et la victoire. Il n’y aura probablement aucun survivant dans les équipages qui souhaitent combattre. Le regard rougeoyant du Chiss se porte à nouveau sur le champ de bataille. Les navettes vont bientôt quitter le hangar du “Poing de Pandore” pour rejoindre les vaisseaux immobilisés. L’abordage sera peut-être brutal, mais Hivernus semble confiant. Parmi les sections d’assaut, on retrouve autant de soldats d’élite de la Brigade Impera que de stormtroopers de l’armée régulière. Ce ne sont pas quelques esclavagistes qui vont venir à bout de la vague blanche qui va bientôt déferler à bord du croiseur et des transports…

    - Capitaine, l’armement tribord du modèle Kaloth n’est pas neutralisé. Envoyez un message au “Marque des Ténèbres” afin qu’il se charge de ce problème.
    Continue le seigneur de la guerre sur sa lancée.

    - Oui mon seigneur.

    Il devient en effet urgent de faire taire définitivement les batteries laser et turbolaser du bâtiment de guerre afin qu’il ne puisse pas riposter et détruire les navettes dédiées à l’abordage. Le croiseur de classe Munifex modifie une nouvelle fois sa trajectoire… L’armement se met à gronder. Après un bref échange de tirs, le vaisseau ennemi se met à fumer. Ses canons sont réduits au silence. Il ne reste désormais plus qu’une seule réelle source de résistance… Le vaisseau-donjon de classe Kiltirin qui tient toujours en respect le croiseur de fret de classe Neutron-Star. Le renfort des canonnières Vanguard ne semble pas faire pencher la balance en faveur d’un camp ou d’un autre.

    - Navigation, dirigez le vaisseau vers le combat. Artillerie, préparez-vous à engager l’ennemi. Exige soudainement le capitaine Netbers.

    L’officier impérial guette une quelconque réaction de la part de son supérieur. Mais l'humanoïde à peau bleue se concentre uniquement sur ce qu’il voit de l’autre côté de la baie vitrée. Il ne semble pas contrarié par la prise d’initiative du commandant. L’antique croiseur de classe Interdictor se dirige vers le lieu d’un dernier affrontement particulièrement acharné. Lorsque la longue et sombre silhouette en forme d’oiseau charognard fend l’obscurité, les vaisseaux pirates s’écartent. Le “Poing de Pandore” est prêt à déchaîner les enfers, une fois de plus.

    - Artillerie, feu à volonté ! Reprend Netbers d’une fureur renouvelée.

    La structure du vaisseau tremble de plus belle. Dans un roulement de tonnerre, les batteries turbolaser offrent un véritable déluge de feu. Mais ceci ne semble pas pour autant arrêter le vaisseau-donjon, qui réplique avec presque autant de violence. L’équipage de ce navire semble bien décidé à combattre jusqu’au bout. Un fait qui impose assurément le respect.

    - Artillerie, augmentez la pression du tir sur le poste de commandement. Continue le capitaine, concentré sur son objectif.

    De nouvelles secousses parcourent l’ensemble de la passerelle. Le vaisseau de classe Kiltirin crache de la fumée. Son armement se tait le temps de quelques battements de coeur, puis reprend à un rythme moins important. Les artilleurs ont du être sévèrement touché.

    - Parfait. Aux équipages des rayons tracteurs, verrouillez la cible et…

    - Annulez cet ordre Capitaine. Intervient calmement le Chiss.

    - Mon seigneur…

    - Ne discutez pas Capitaine. Ajoute froidement le seigneur de la guerre.

    - Très bien. Annulez l’ordre.

    Le commandant du “Poing de Pandore” ne comprend pas réellement l’intérêt de laisser le vaisseau entre les mains de la vermine pirate, mais il n’a visiblement pas son mot dire. Sur les écrans, l’officier impérial voit déjà le croiseur de fret de classe Neutron Star utiliser ses rayons tracteurs pour rapprocher le navire. Sûrement dans le but de le capturer… Mais une voix vient sortir le capitaine de ses rêveries.

    - Monsieur, les navettes ont bien atteint leurs cibles. Signale l’enseigne chargé des communications.

    - Statut des sections d’abordage ? Demande Netbers en ajustant le col de son uniforme.

    - Les équipes Aurek et Besh rencontrent de la résistance. Indique le membre d’équipage. Les équipes Cresh et Dom ont réussi à sécuriser leurs objectifs et attendent de nouveaux ordres. Aucune perte à déplorer pour l’instant.

    La victoire est à portée de main. D’ici quelques minutes, tout sera terminé...







    ”Le Poing de Pandore” fend l’espace, puis évite les débris de quelques vaisseaux et chasseurs détruits ou ravagés durant le combat. Tel un vautour venant se repaître des restes, le croiseur de classe Interdictor écume le champ de bataille, attire les transports immobilisés à l’aide de ses rayons tracteurs et récupère une précieuse cargaison. Les navettes ayant servi à l’abordage rentrent au bercail et seuls quelques chasseurs TIE patrouillent encore l’endroit. Sur la passerelle de commandement, le brouhaha incessant des officiers et membres d’équipage semble avoir perdu en intensité. Toujours debout devant la baie vitrée, Hivernus contemple l’océan d’obscurité qui lui fait face. Des vaisseaux esclavagistes, il ne reste désormais plus rien… Ou du moins… Seulement quelques carcasses trouées de part en part ou éparpillées d’un bout à l’autre du champ de bataille. Le regard de l'humanoïde à peau bleue s’attarde sur la sinistre silhouette du vaisseau-donjon, accolé au croiseur de classe Neutron-Star. Ce navire n’est pas l’unique vestige témoignant du passage des esclavagistes mais reste un symbole de choix de la résistance de ces derniers. Il y a fort à parier que les pirates se sont déjà rués à l’intérieur afin de massacrer l’équipage, effaçant ainsi tout souvenir de cet acte de bravoure. Son avenir reste toutefois inconnu. Est-il destiné à servir au sein de la flotte des brigands ou va t-il être revendu sur le marché noir au plus offrant ? Nul ne le sait réellement. Du moins… Pas pour le moment. Mais la réponse viendra assez rapidement.

    - Capitaine, quel est le rapport des pertes au combat ? Demande finalement le seigneur de la guerre après un long moment de silence.

    - Un pilote tué dans le feu de l’action. Trois soldats morts au combat. Plus quelques blessés au sein des équipages et des sections d’assaut.
    Rapporte le capitaine Netbers dans le dos du Chiss.

    Des pertes relativement minimes… Bien que regrettables.

    - Nous avons pu libérer six cent quatre-vingt-cinq esclaves et nos troupes ont fait cent dix-sept prisonniers.
    Continue l’officier impérial.

    - Parfait. Veuillez préparer ma navette Capitaine.
    Ordonne froidement Hivernus en se tournant vers le commandant.

    - Mon seigneur… Vous n’y pensez pas…

    - Ces pirates ont prouvé leur utilité Capitaine. Et il serait dommage de rater l’opportunité qui s’offre à nous. Rétorque l'humanoïde à peau bleue.

    L’idée d’une alliance avec cette vermine semble répugner le capitaine Netbers. De son avis, les pirates ne sont pas dignes de confiance… Il a l’impression que son supérieur se jette tout droit dans la gueule du loup en jouant à un jeu stupide avec cette “princesse”. L’officier impérial se résigne néanmoins, dans un soupir.

    - Ne vous inquiétez pas Capitaine. Lâche le seigneur de la guerre d’une voix légèrement amusée, puis reprenant plus sérieusement. Si je ne donne plus aucune signe de vie, ou si les pirates réclament une quelconque rançon… Contentez-vous de faire feu sur leur flotte.

    - A vos ordres mon seigneur.
    Répond simplement le commandant du “Poing de Pandore”.

    Drôle de choix… Mais Netbers n’a aucun commentaire à faire à ce sujet. Il souhaite humblement bonne chance au seigneur de la guerre, mentalement. La réussite de sa mission est une nécessité absolue. Après tout, que serait le Seigneurat de Bajic sans son créateur ? Le Chiss quitte péniblement la passerelle, accompagné par deux de ses soldats d’élite. Lorsqu’ils rejoignent, quelques minutes plus tard, le hangar, un comité d’accueil les attend déjà. Azah Suutrar, dans sa tenue affriolante de danseuse, patiente devant la navette qui doit emmener Hivernus vers sa destination. Elle est imitée par quatre membres de la Brigade Impera aux casques glissés sous les bras. L'humanoïde à peau bleue reconnaît parmi les combattants les caporaux Nunnai san Urubtiyar et Qubbrakt. Le Kaleesh est d’autant plus reconnaissable depuis qu’il arbore une longue balafre sur son visage… Un sale petit souvenir qui va le suivre jusqu’à la fin.

    - Mademoiselle Suutrar… Vous avez su triompher de nos ennemis mais je constate que vous n’avez pas pu me ramener la tête de notre cher ami Zssik.
    Déclare le seigneur de la guerre en s’avançant vers la tueuse en série.

    - Hélas ! Elle a roulé quelque part… Avoue l’Anzat dans un rire.

    - Vous aurez peut-être l’occasion de vous rattraper.
    Indique de son habituelle froideur le Chiss.

    Le garde du corps courbe l’échine, un sourire aux lèvres. Hivernus monte à bord de la navette, où il est rapidement salué selon le protocole militaire par le personnel navigant. C’est ensuite au tour de son escorte d’embarquer. Après le contrôle de routine de la part de l’officier de bord et de son équipage, le transport de classe Lambda décolle et rejoint le vide sidéral. Le feulement rauque de quelques chasseurs TIE vient accompagner le chant mélancolique de la navette. Le capitaine Netbers tient visiblement à ce que l'humanoïde à peau bleue arrive en un seul morceau jusqu’à sa destination. L’appareil survole les canonnières de classe Vanguard, longe la structure du vaisseau-donjon puis s’engouffre dans l’un des nombreux hangars du croiseur de fret.

    Dans le ventre du vaisseau-amiral des pirates, de nombreux filous se sont déjà rassemblés pour former un petit comité de bienvenue. Lorsque la rampe d’accès s’abaisse, le seigneur de la guerre constate alors que l’équipage des Filles du Vent Noir est entièrement constitué de femmes. Pas un seul homme. Des amazones modernes… A la tête du groupe, une Twi’lek à peau orange, qui s’arrête à distance respectable lorsque l’escorte du Chiss vient le rejoindre. Huit impériaux contre quinze pirates. Et il en viendra sûrement d’autres. Peu importe. Hivernus n’est pas là pour chercher le conflit.


    - Le Capitaine vous attend dans sa cabine. Suivez-moi. Annonce celle qui dirige le cortège.

    - Caporal Nunnyar, Caporal Qubbrakt, avec moi. Intime l'humanoïde à peau bleue avant d’ajouter pour les autres. Restez ici et surveillez le périmètre.

    Le plus gradé de la garde rapprochée seigneuriale, un lieutenant, donne une série d’ordres. Les stormtroopers aux armures blanches striées de bleu se dispersent autour de la navette. Le seigneur de la guerre suit la Twi’lek, bientôt imité par l’Anzat, le Kaleesh et le Yinchorri qui forment désormais l’ultime rempart du Chiss. Les Filles du Vent Noir viennent les encercler de toute part. Durant le trajet qui doit les mener jusqu’à la cabine de la princesse pirate, Hivernus prend le temps d’observer. Des femmes, des femmes, toujours des femmes. Un fait étonnant mais exotique, qui intrigue grandement l'humanoïde à peau bleue. Il se pose des questions à propos des origines de ce groupe. Il se demande silencieusement quel est le passé de ces dames qui ont fait de la piraterie leur façon de vivre. Mais ses interrogations vont rester, pour l’heure, sans réponse. Les voilà désormais devant les quartiers privés de la Falleen.

    - Vos gardes doivent rester ici.
    Indique la Twi’lek, la main posée sur le manche de son blaster.

    Cette scène en rappelle une autre… Mais aujourd’hui, il n’y a point d’escouades de commandos impériaux prêts à mettre à feu et à sang le vaisseau. Et il n’y a pas non plus d’esclaves prêts à se retourner contre leurs maîtres… Bien que ce point là reste encore à voir. Le seigneur de la guerre inspire doucement. Le moment est venu. Il passe le seuil de la porte sans la moindre hésitation. L’intérieur de la cabine est richement décoré. Des trophées de guerre sur des meubles aux essences de bois rares et exotiques à n’en plus finir, des tapis brodés d’or… Tout est fait pour attirer l’oeil et convaincre le visiteur. Mais Hivernus n’est pas un simple d’esprit que l’on peut manipuler à sa guise en usant de vieilles babioles. L’étalage de la richesse n’est pas une définition de ce qu’est réellement le pouvoir ou la puissance de son point de vue. Vautrée dans un somptueux sofa, Saadia sirote ce qui semble être un excellent cru... Probablement un vin rouge d’exception à en juger la couleur.

    - Seigneur Hivernus ! J’imagine que les félicitations sont de mise… S’exclame la prétendue princesse pirate en levant son verre. Je vous en prie… Venez donc vous asseoir.

    L'humanoïde à peau bleue s’installe en face de son interlocutrice, dans une vieille chaise capitonnée aux coutures faites de fils d’or. Il glisse une main sur ce qu’il lui reste de jambe droite et masse son moignon douloureux, sans même se préoccuper du regard inquisiteur de son hô
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      Auteur : Hivernus

      te.

      - Souhaitez-vous boire quelque chose pour rendre hommage à notre éclatante victoire ? Demande la Falleen en esquissant l’ombre d’un sourire.

      - Je ne suis pas venu ici pour boire… Capitaine. Souligne froidement le Chiss.

      - C’est bien dommage… Vraiment ! Commente Saadia en avalant une gorgée de son précieux vin. Vous êtes bien loin du portrait que je me faisais de vous…

      - Désolé de vous décevoir. Continue Hivernus d’une froideur renouvelée.

      - Je suis plutôt… Disons... Surprise. Dévoile la princesse pirate dans un demi-sourire. Bref… Je sais à quel point vous êtes occupé en ce moment, avec votre petite guerre contre le Syndicat Tenloss, alors j’imagine qu’il vaut mieux que l’on rentre vite dans le sujet qui vous préoccupe.

      - J’apprécie ces égards Capitaine. Acquiesce le seigneur de la guerre. Je n’ai pas réellement d’exigences, si ce n’est celle-ci… Je vous demande simplement de me remettre les esclaves que vous avez pu récupérer.

      - Seigneur Hivernus… Ces esclaves sont une source de revenus. Je ne peux pas m’en passer, vous comprenez bien. Lâche doucement la Falleen. Vous m’avez parlé d’intérêts communs, alors je vous écoute… Peut-être pourrons-nous faire affaire en fonction de ce que vous avez à proposer.

      - Écoutez bien Capitaine, je serai bref. Répond d’une voix parfaitement modulée l'humanoïde à peau bleue. Voici ce que j’ai à vous offrir… J’ai besoin de vos esclaves et vous avez visiblement besoin d’un port d’attache.

      Saadia hausse un sourcil, intriguée. Elle tente de déchiffrer une quelconque pensée sur le visage du Chiss, sans y parvenir.

      - Je vous remets une lettre de marque, je vous offre la possibilité d’utiliser mes chantiers navals pour réparer vos vaisseaux et j’ajoute à ceci les deux transports d’esclaves capturés ainsi que nos prisonniers esclavagistes, que vous pourrez revendre au plus offrant. Déclare finalement Hivernus. En échange, vous me remettez vos esclaves et ceux que vous pourrez récupérer lors de vos prochaines prises.

      - C’est là une proposition alléchante… Vraiment… Mais je ne peux m’empêcher de poser la question qui fâche… Pourquoi cette obsession pour les esclaves ? Avouez que cela semble un peu… Malsain. S’interroge la princesse pirate.

      Elle guette la moindre réaction de la part de son interlocuteur. Mais ce dernier demeure inexpressif. La question ne semble pas l’atteindre. Il se moque probablement de l’opinion que l’on peut avoir de lui. A moins qu’il n’ait tout simplement rien à se reprocher.

      - N’avez-vous pas entendu parler de mes nombreux surnoms Capitaine ? Car il se trouve que ces sobriquets sont particulièrement révélateurs.
      Indique mystérieusement le seigneur de la guerre.

      Il esquive habilement la question, telle une goutte d’eau que l’on cherche à épingler contre un mur. Saadia tente de se remémorer ce qu’on a pu lui raconter à propos du Chiss. Certains le surnomment le “boucher de Vergesso”, du fait des nombreuses atrocités qu’il a pu commettre. D’autres lui ont attribué le titre “d’émissaire de la Mort” dans cette même optique. Pour une poignée de gens, il n’est pas seulement le messager de cette entité invisible qui fauche des vies… Il aurait aussi la capacité de la commander, notamment en réussissant par deux fois à échapper à un sinistre destin. Mais l’élément qui intéresse tout particulièrement la Falleen est le surnom que les esclaves semblent s’accorder à lui donner. Le briseur de chaînes. Est-il un héros qui refuse de voir des individus privés de leur liberté ? Possible. Mais du point de vue de celle qui commande les Filles du Vent Noir, cette vérité en cache une autre. Quoi qu’il en soit, il semble pour l’heure impossible de lui tirer les vers du nez. Peut-être pourrait-elle le faire parler en usant de ses phéromones… La princesse pirate écarte cette option trop hasardeuse. Autant jouer le jeu selon les bonnes vieilles méthodes.

      - Seigneur Hivernus… Votre offre est vraiment intéressante… Et vous avez démontré vos capacités à commander. Je pense que nous pouvons faire un bout de chemin ensemble.
      Conclue Saadia, entre deux gorgées de vin. Les Filles du Vent Noir combattront pour vous désormais.

      - C’est là une très bonne nouvelle. Accorde l'humanoïde à peau bleue. Je vous conseille de faire un petit détour par Vergesso… J’ai pu remarquer quelques avaries sur la coque de votre prise de guerre. Ce sera également l’occasion de finaliser notre accord.

      - C’est entendu. De toute façon, il vaut mieux ne pas trop traîner dans le coin… Les gars qu’on vient de se mettre à dos sont les petits copains du Syndicat Tenloss. Il y a fort à parier qu’ils ont balancé l’information et qu’en ce moment même, une flotte fait route vers Wranag...

      - Très bien. Nous nous reverrons dans quelques instants dans ce cas.

      Les deux individus se lèvent, se serrent la main puis se séparent. Hivernus retourne sur son vaisseau-amiral et après quelques échanges entre les deux flottes, les navires disparaissent dans le vide sidéral… Il ne reste de leur passage que les morceaux éparpillés et la carcasse éventrée de quelques vaisseaux.

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        Post n°2
        Auteur : Hivernus


        Passerelle du Cocatrix.


        Quelque part, à quelques années-lumière du système de Rezi. Un an après l’escarmouche dans le système de Wranag.


        L’effervescence est totale sur la petite passerelle du croiseur de la classe Munifex, le “Cocatrix“. Les officiers de pont et les membres d’équipage sont concentrés sur leurs tâches. Chaque homme est à son poste, devant sa console, prêt à remplir son devoir.


        - Amiral, le capitaine Chastel annonce que l’ensemble des vaisseaux de la force d’intervention sont parés au combat et à vos ordres. Annonce l’officier en charge des communications.

        L’amiral acquiesce doucement, prenant réception de l’information, puis se dirige vers la baie en transparacier devant laquelle se tient le seigneur de la guerre. Hivernus avait décidé de mobiliser l’ensemble de l’armada seigneuriale pour une opération militaire qui, selon ses termes, annoncerait le déclin définitif de l’hégémonie du Syndicat Tenloss dans le secteur de Bajic. Netbers tente de déceler une quelconque trace d’appréhension sur le visage de son supérieur, sans y parvenir. L'humanoïde à peau bleue est dépourvu de la moindre expression. Il est parfaitement maître de ses émotions. Le commandant du “Poing de Pandore” ne peut pas en dire autant… Il est inquiet. La gorge nouée par l’appréhension, l’officier s’approche doucement du Chiss.

        - Mon seigneur, la force d’intervention se tient prête et n’attend que vos instructions. Indique-t-il en faisant claquer ses talons après être arrivé à la hauteur du seigneur de la guerre.

        - Veuillez indiquer à la force d’intervention de rester en stand-bye jusqu’à nouvel ordre. Se contente de répondre Hivernus d’une voix parfaitement modulée. Il serait dommage d'alerter notre proie avant même qu’elle n’ait pu se jeter dans nos filets…

        - Oui mon seigneur… Souffle l’amiral, perplexe.

        - Je crois comprendre, à l’intonation de votre voix, que vous n’êtes pas totalement convaincu par mon plan d’action, amiral. Devine avec justesse le Chiss, toujours aussi impassible.

        - Et bien… J’avoue avoir quelques réticences… Comment pouvons-nous être certains que le commandeur Zur tombera dans le piège ? Admet le commandant de l’armada seigneuriale. S’il a un minimum de bon sens, il ne risquera pas sa flotte dans un traquenard aussi évident.

        - Il viendra. N’ayez aucun doute à ce sujet, amiral. Les Zabrak sont des créatures fières et combatives qui ne refusent jamais un défi. C’est d’autant plus vrai pour les natifs d’Iridonia, dont la nature orgueilleuse n’est plus à prouver. Rapporte alors le seigneur de la guerre, un léger sourire aux lèvres. Les Zabrak se targuent d’être les meilleurs guerriers de la galaxie et le commandeur Vasaris Zur ne fait pas exception à la règle. Il cherchera à démontrer que ses compétences martiales font honneur à la réputation de son espèce.

        L’amiral Netbers demeure sceptique mais se garde bien de faire la moindre réflexion. Baser sa stratégie sur les attributs d’une espèce qu’un individu représente est à la fois une manœuvre invraisemblable et risquée. L’officier doute sincèrement d’une conclusion simpliste qui voudrait que tous les Zabrak se ressemblent et se comportent de la même manière. Mais jusqu’à présent, Hivernus ne s’est jamais trompé. Toutes ses décisions militaires ont été couronnées de succès. Aura-t-il une fois de plus raison ?

        Plusieurs minutes passent sans que rien ne se passe. Le commandant du “Poing de Pandore” semble se conforter dans l’idée que l’ennemi ne viendra pas. Il fait les cent pas sur la passerelle, passant de console en console en guettant le moindre sursaut, la moindre agitation sur les écrans. Calme plat. Jusqu’à ce que…


        - Vaisseaux en approche, amiral. Annonce soudainement un officier en charge des senseurs.

        Bon sang ! Netbers rumine en silence. Son supérieur ne s’est visiblement pas trompé. Comme toujours, le seigneur de la guerre sait où, quand et comment frapper l’ennemi. On pourrait croire qu’il est touché par la grâce, tant cela semble incroyable.

        - Faites-moi voir ça, lieutenant. Lâche pour tout commentaire l’amiral.

        - Là, amiral. Juste ici. Vous voyez ?

        Difficile à louper, en effet. En se penchant par-dessus l’épaule de son subalterne, l’officier constate l’apparition d’une multitude de petits points sur l’écran de contrôle. Visiblement, le commandeur Zur a sorti les grands moyens… Il veut s’assurer de remporter une grande victoire en privant le Seigneurat de Bajic de l’un de ses principaux navires de combat et de plusieurs de ses figures clés. Mais il se trompe s’il croit que tout est joué d’avance. Le Chiss a raison. L’excès de confiance dont fait preuve le Zabrak sera sa perte. Il pourra toujours emporter ses rêves de gloire dans la tombe, si cela lui chante.

        - Vos ordres, amiral ?

        - Préparez le vaisseau pour le combat. Je veux tous les hommes à leur poste dans les deux minutes qui suivent. Commande l’impérial, d’une voix qui inspire le respect. Nous allons accueillir nos invités comme il se doit.

        - A vos ordres, amiral. Répond le lieutenant, un sourire carnassier aux lèvres.

        Alors que l’alarme se met à retentir au sein du vaisseau, l’amiral s’empresse de gagner le centre de la passerelle pour y superviser les opérations. Le seigneur Hivernus vient le rejoindre et pose son regard de braise sur la projection holographique du champ de bataille. Il observe avec un soin tout particulier la disposition des vaisseaux de la flotte ennemie, cherchant probablement à identifier le maillon faible.

        - Quelles sont vos premières observations, amiral ? Demande finalement l'humanoïde à peau bleue de son habituelle froideur, sans détourner le regard de la table tactique.

        L’officier se frotte le menton, pensif. Le commandeur Zur ne semble pas faire dans l’innovation. Il se contente d’appliquer à la lettre ce que tout bon commandant apprend à l’académie. La formation en V qu’il fait adopter à sa flotte est tout à fait classique. Les plus gros vaisseaux de l’armada, à savoir un croiseur de la classe Cuirassé et deux frégates de la classe Nébulon-B, forment le fer de lance du groupe d’attaque. Quatre corvettes CR90 constituent les extrémités de cette formation en V. A l’arrière de cette ligne d’assaut se trouve un unique croiseur de fret de la classe Quasar Fire, dont l’armement léger et le rôle ne permettent pas un déploiement à l’avant.

        - L’ennemi utilise une formation d’attaque classique. Le commandeur Zur a déployé ses vaisseaux les plus lourds de manière frontale dans le but qu’ils encaissent le plus de dégâts le temps que ses corvettes se positionnent sur nos arrières. En vient à déduire Netbers. Oui. Je pense qu’il compte nous encercler.

        - C’est aussi ce que je pense. C’est d’une évidence imparable. Déclare le Chiss. Nous verrons bien comment se comporte l’ennemi une fois notre surprise révélée à ses yeux candides.

        - Oui, mon seigneur.

        - La flotte ennemie déploie ses appareils, amiral. Annonce un marin depuis sa console.

        Plusieurs dizaines de points lumineux s’ajoutent soudainement sur la projection holographique du champ de bataille. L’amiral compte au moins quatre escadrons de chasseurs et une bonne douzaine de bombardiers. Le combat sera d’une violence inouïe. Et les équipages de la marine seigneuriale seront mis à rude épreuve. Des vies seront perdues… L’homme inspire doucement, redresse sa silhouette et croise ses mains dans son dos.

        - Statut du vaisseau, capitaine ?

        Le regard de l’officier se pose sur la silhouette bedonnante de l'actuel commandant du “Cocatrix”. Le capitaine Sivrar, sanglé dans un uniforme vert aux manches striées de bleu, est un homme de traditions. Du haut de ses quarante-cinq ans, dont la moitié passée à servir dans la marine, le commandant du “Cocatrix” est visiblement prêt à en découdre. Son regard en dit long sur sa volonté à combattre.

        - Le “Cocatrix” est paré et à vos ordres, amiral.

        - Merci, capitaine. Netbers se tourne ensuite vers son supérieur. Vos instructions, mon seigneur ?

        - Laissons le commandeur Zur croire qu’il a l’avantage pour lui, amiral.

        Bien évidemment. Il ne faudrait pas éveiller les soupçons trop rapidement. Si l’on veut que le piège se referme sur le Zabrak et sa flotte, il faut le mettre en confiance. Et quoi de mieux qu’une retraite en bon et du forme pour cela ? Le commandant du “Poing de Pandore” marque son approbation d’un signe de tête.

        - Entendu, mon seigneur. Navigation, effectuez une rotation sur cent-quatre-vingt degrés et poussez les réacteurs sur puissance maximale.

        Sur la carte à projection holographique, le croiseur pivote doucement avant d’avancer à toute allure vers un potentiel point de fuite. Les vaisseaux de la flotte ennemie redoublent d’efforts pour tenter de le rejoindre avant qu’il ne puisse passer en hyperespace. Tout se déroule donc selon le plan. Les voilà pris au piège.

        - Navigation, réduisez l’allure et effectuez une nouvelle rotation sur quatre-vingt-dix degrés. Artillerie, préparez-vous à faire feu sur mon ordre. Commande alors l’impérial, les marins prenant rapidement réception des ordres. Capitaine Sivrar, il est l’heure de contacter la force d’intervention. Veuillez partager au deuxième groupement nos coordonnées afin qu’il fasse un saut sur notre position. Et communiquez l’emplacement de l’arrière-garde adverse au premier groupement. Je veux ses vaisseaux dans le dos de l’ennemi, prêts à déverser toute leur puissance de feu.

        - A vos ordres, amiral.

        Les consignes fusent de toute part. Les directives de l’amiral Netbers sont relayées d’homme en homme, de console en console, d’un vaisseau à un autre. Le seigneur Hivernus observe en silence les nouveaux changements sur le champ de bataille virtuel. Les croiseurs “Marque des Ténèbres” et “Tête de Mort” apparaissent à quelques klicks du “Cocatrix”, bientôt imités par les canonnières “Éclair de Feu” et "Étoile du Soir”. Dans une manœuvre parfaitement orchestrée, le croiseur “Poing de Pandore” quitte l’hyperespace et active ses générateurs de puits gravifiques, permettant au “Griffe du Loup”, ainsi qu’aux “Chant du Matin” et “Roi des Ombres” de surgir de part et d’autre du croiseur de fret Quasar Fire. Les rapports de force sont désormais inversés. Le commandeur Zur est passé du statut d’assaillant avantagé à celui de défenseur acculé.

        - Message à l’ensemble de la flotte, déployez vos chasseurs et ouvrez le feu ! Ordonne l’officier.

        Les batteries de turbolaser se mettent à gronder. Le pont du “Cocatrix” tremble doucement au rythme des salves. En face, le Zabrak change de stratégie. Ses vaisseaux s’éparpillent après avoir brisé leur formation et changent de vecteurs d’attaque afin de faire face aux navires disposés sur leurs arrières et ceux manœuvrant sur leurs flancs. Le manque flagrant de discipline et de coordination des capitaines de la flotte ennemie saute tout de suite aux yeux. Seul le croiseur commandé par Vasaris Zur semble maintenir son cap vers le “Cocatrix”, visiblement prêt à engager le combat contre l’ennemi qu’il s’est juré d’abattre.

        - Par la Force… Que font-ils ? S’étonne Netbers.

        - C’est pourtant simple, amiral. Nos adversaires utilisent la seule tactique qu’ils puissent psychologiquement nous opposer. Indique le Chiss, un sourire satisfait aux lèvres. Des équipages bien entraînés et motivés seraient tout à fait capables de maintenir un semblant de cohésion afin de se concentrer sur une cible définie au préalable par leur commandant. Ce n’est visiblement pas le cas ici. Les officiers manquent de sang-froid et les marins placés sous leur autorité ne savent plus où donner de la tête.

        Le manque d’expérience des équipages ennemis est en effet flagrant. Leur entraînement laisse à désirer et leur niveau de discipline est au plus bas. Pour l’officier, il ne fait aucun doute que la faute incombe aux capitaines de vaisseau, dont l’incompétence est visible à des kilomètres à la ronde. Mais doit-on s’attendre à ce qu’un ramassis de mercenaires à la solde d’une organisation criminelle ait atteint le degré de professionnalisme d’une armée ayant hérité des traditions militaires de plusieurs des régimes ayant figuré parmi les plus puissants de l’histoire de la galaxie ?
        Non. Les soudards de l’Association Natori ne valent pas un clou s’il se fie à son expérience. Ce sont des vauriens indisciplinés menés à l’abattoir par des individus corrompus et tiraillés par une soif de pouvoir intangible. Il suffit de voir à quel point la flotte ennemie se débande pour comprendre que l’individualisme compte plus que le reste à leurs yeux. Chacun cherche à sauver sa peau sans se soucier du sort des autres. Pitoyable. Risible. Un tel comportement est indigne dans la marine.


        - C’est vraiment dommage. Avec un peu de volonté, nos adversaires auraient probablement pu livrer un combat équitable... Ou presque. Poursuit Hivernus, une légère note de déception dans la voix. Un commandant avisé aurait pu tenter une percée afin de sauver le gros de sa flotte. Mais il semblerait bien que notre ami Zabrak n'ait plus aucun contrôle sur ses capitaines… Par ailleurs, il a l’air bien trop occupé à tenter de nous abattre pour se soucier de l’issue de la bataille.

        - L’engagement est confirmé par tous les vaisseaux, amiral. Vient rapporter Sivrar.

        Netbers acquiesce en silence, le regard plongé sur la carte à projection holographique. Les équipages réagissent bien. Mieux que ceux de l’ennemi en tout cas. Le croiseur de fret Quasar Fire est le premier bâtiment de guerre à périr sous les salves du “Poing de Pandore” et du “Griffe du Loup”. Les modèles DP20 de l’armada seigneuriale se chargent de clouer sur place les vaisseaux ennemis à l’aide de leurs nuées de missiles à concussion, les empêchant ainsi de manoeuvrer efficacement. Frappée par plusieurs bordées de missiles, une corvette est finalement pulvérisée lorsque l’un d’entre eux s’écrase sur ses réacteurs. L’explosion qui s’ensuit souffle en effet l’ensemble de la structure et il ne reste bientôt plus du vaisseau qu’un amas de débris dérivant dans l’espace.

        La destruction de deux de ses bâtiments de guerre ne semble nullement décourager le commandeur Zur. Son vaisseau-amiral fonce toujours en direction du “Cocatrix”, tout en livrant un combat honorable contre les croiseurs “Tête de Mort” et “Marque des Ténèbres”, dont les batteries crachent toute leur puissance de feu sur ses flancs. Pour l’heure, le vieux modèle de la classe Cuirassé parvient à tenir en respect les deux vaisseaux l’ayant pris pour cible. Il rend coup pour coup sans fléchir, parvenant même à faire reculer momentanément le “Tête de Mort”. Le Zabrak ne manque pas de cran. On peut au moins lui reconnaître ça.


        - Artillerie, concentrez vos tirs sur la passerelle du croiseur ennemi. Les boucliers sont sur le point de flancher. Commande l’amiral en réaction à la manœuvre téméraire de l’adversaire. Capitaine, transmettez les mêmes ordres au “Tête de Mort” et au “Marque des Ténèbres”.

        - A vos ordres, amiral.

        Les batteries du “Cocatrix” se mettent une fois de plus à gronder, crachant leurs salves meurtrières dans la direction du vaisseau-amiral de la flotte ennemie. D’autres bordées, tirées depuis le “Tête de Mort” et le “Marque des Ténèbres”, viennent s’écraser contre les parois du croiseur de la classe Cuirassé. Mis en difficulté par trois bâtiments de guerre différents, les boucliers déflecteurs du navire du commandeur Zur cèdent rapidement.

        - Amiral, plusieurs incendies sont détectés à bord du vaisseau-amiral ennemi. Rapporte alors le lieutenant en charge des senseurs.

        Netbers acquiesce d’un signe de tête silencieux, avant de poursuivre.

        - Artillerie, excellent travail. Poursuivez le tir. Capitaine, transmettez le message suivant au “Tête de Mort” et au “Marque des Ténèbres” : Qu’ils fassent usage de leurs canons à ion sur les réacteurs pour immobiliser le croiseur ennemi.

        - Oui, amiral.

        Après avoir pris réception des ordres, les deux croiseurs de la classe Munifex manoeuvrent de manière à avoir un meilleur angle de tir. Les canons à ion se mettent en branle et plusieurs traits bleus viennent percuter la coque du navire adverse. De petits filaments parcourent l’ensemble de la structure puis disparaissent au moment où le vaisseau-amiral du Zabrak commence à chavirer. Désormais incapable de faire face à l’artillerie des bâtiments de guerre de l’armada seigneuriale, le croiseur de la classe Cuiressé disparaît peu à peu sous le feu nourri de l’ennemi.

        Pour l’heure, la bataille semble se dérouler comme prévu.






        Depuis la passerelle du “Maraudeur”, corvette de modèle CR90, Zaadiva assiste à la destruction du vaisseau-amiral de la flotte. Dans un ultime soubresaut, le vénérable croiseur largue quelques capsules de sauvetage avant de finir pulvérisé sous les tirs de l’armada seigneuriale.

        - Vasaris… Imbécile. Je t’avais pourtant prévenu… Murmure la Twi’lek. Le piège était évident…

        Elle ne regrette pas la mort soudaine du commandeur. Il était certes un Zabrak d’expérience, mais son esprit borné et son obsession maladive pour la gloire l’ont conduit à une fin prévisible. Zur aurait encore pu gagner de nombreuses batailles s’il s’en était donné les moyens… Mais au lieu de ça, le bougre s’est concentré sur ses lubies et l’Association Natori en paie aujourd'hui le prix. Son manque d’implication dans les affaires de la flotte ont mené au développement de dissensions parmi les capitaines… Un esprit de discorde, lié aux défaites successives, a peu à peu gangrené le moral des équipages sans qu’il ne s’en soucie réellement. Et son refus d’écouter quiconque aurait un avis contraire au sien vient de mener son armada au massacre.

        Les rapports défilent et les nouvelles sont mauvaises. Un tiers de la chasse a péri face aux escadrons ennemis. Trois vaisseaux sont détruits. Et le reste est désormais bloqué dans un champ d’interdiction déclenché par un croiseur positionné dans leur dos. Toute fuite semble impossible… La situation est tendue. Et si l'on ne fait rien rapidement, c’est l’ensemble de la flotte qui va y rester.


        - Mettez-moi en contact avec les capitaines du “Pulsar” et du “Salvateur”. Commande finalement Zaadiva.

        - Contact établi, capitaine. Annonce un matelot d’une voix chevrotante.

        Les silhouettes de deux aliens se matérialisent bientôt. La première est celle d’un Nikto, le capitaine du “Pulsar”. La seconde, plus trapue, appartient au commandant du “Salvateur”, un Houk particulièrement méprisable. Les deux lascars sont rivaux de longue date et se seraient probablement déjà étripés s’ils n’étaient pas payés par la même organisation pour combattre sous la même bannière. Les convaincre de faire front commun, en plein milieu d’une bataille qui tourne au désastre, sera chose difficile. Mais ils commandent les deux meilleurs vaisseaux de ce qu’il reste de la flotte mercenaire et sont les seuls en mesure de redresser la situation. Du moins, c’est ce que la Twi’lek espère.

        - J’espère que ce sera bref, Zaadiva, j’ai un équipage à tirer de là ! Débute avec agacement le Nikto.

        - Regardez-le, celui-là… Toujours à fuir les combats, tel le couard qu’il est. Grogne l’autre. Je me demande bien ce qu’ils te trouvent, en haut.

        - Tu pense un peu trop avec tes muscles, Bosko. Cela causera ta perte. J’ai en revanche des qualités qui sont hors de ta portée cognitive, des qualités que nos supérieurs savent reconnaître. Réplique le capitaine du “Pulsar”, un sourire aux lèvres.

        - Viens donc te mesurer à moi, que je puisse me faire une idée de tes prétendues qualités. Enrage le Houk.

        - LA FERME ! Intervient celle qui commande le “Maraudeur”. Laissez de côté vos querelles et concentrez-vous sur la bataille en cours ! Vous aurez bien assez tôt l’occasion de vous battre à nouveau… Mais pour l’heure, j’ai besoin de vous !

        Un silence pesant s’installe. Les deux capitaines rivaux s’invectivent du regard un instant, prêts à se sauter à la gorge, avant de reporter leur attention sur la Twi’lek.

        - Très bien. Que propose-tu, Zaadiva ? Demande finalement le Nikto en soupirant.

        - Tant que nous serons sous l’emprise des générateurs de puits à gravité, il nous sera impossible d’effectuer un saut en hyperespace. Explique la mercenaire à ses acolytes. Nous devons donc neutraliser le croiseur interdicteur ou lui mettre suffisamment la pression pour le forcer à désactiver son champ d’interdiction si nous voulons avoir ne serait-ce qu’une chance de nous retirer. Suivez mon plan à la lettre et nous aurons cette chance. Entêtez-vous dans vos conflits puérils et nous serons morts au cours des prochaines minutes.

        - TIE en approche ! Préparez-vous à l’impact ! Annonce un marin.

        Le vaisseau se met à trembler au passage d’un escadron entier de chasseurs TIE. Les salves laser s’écrasent sur les boucliers déflecteurs, qui menacent de s’effondrer à tout moment. Quelques passages supplémentaires seront suffisants pour mettre un terme à l’existence du “Maraudeur”. La Twi’lek s’accroche à une console alors qu’une énième secousse se déclare, manquant de la faire chuter.

        - Puis-je compter sur votre soutien, capitaines ? Ou dois-je m’attendre à ce que nous mourions tous ici, en cet instant ?

        Les deux comparses s’interrogent du regard. Sont-ils enclins à faire une trêve ? Après quelques secondes passées à considérer leurs options, les voilà prêts à donner leur réponse.





        Le manque de cohésion des équipages de la flotte mercenaire profite largement aux forces seigneuriales. La chasse de l’Association Natori combat un ennemi deux fois supérieur en nombre, sans soutien d’aucune sorte. Et les capitaines refusent pour l’heure de coordonner leurs efforts. Certains combattent dans leur coin un adversaire qu’ils espèrent pouvoir vaincre ou faire fléchir quand d’autres tentent tout simplement d’éviter les salves de turbolaser. L’esprit des commandants mercenaires est dominé par la nécessité de survivre, là où les officiers seigneuriaux se contentent d’appliquer de manière implacable leurs connaissances du champ de bataille. Puis soudain, tout change.

        Dans un sursaut, l’armada de l’Association Natori se redéploie, adopte une nouvelle dynamique. Une frégate de la classe Nébulon-B et une corvette CR90 se lancent à l’assaut du “Poing de Pandore” et de son croiseur d’escorte, le “Griffe du Loup”. Le reste de la flotte fait barrage aux forces seigneuriales, probablement dans le but de faire gagner du temps aux vaisseaux chargés d’abattre le croiseur de classe Interdictor.


        - Intéressant. Vous voyez ça, amiral ?

        - En effet, mon seigneur. Il semblerait bien que les mercenaires aient réussi à trouver un commandant compétent dans leurs rangs. Commente Netbers en observant attentivement les manoeuvres de l’ennemi.

        La frégate et les deux corvettes chargées de barrer la route au gros de l’armada seigneuriale offrent une résistance honorable tandis qu’un groupe de bombardiers Y-wing, escorté par une demi-douzaine de chasseurs, s’approche dangereusement du “Poing de Pandore”. Le “Griffe du Loup”, déjà pris à parti par les deux vaisseaux chargés du harcèlement du croiseur interdicteur, ne peut intervenir.

        - Ordonnez à l’Escadron Spectre de se lancer à la poursuite de ces bombardiers. Ils ne doivent en aucun cas atteindre le “Poing de Pandore”. Commande l’amiral.

        - Oui, amiral.

        L’escadron change de trajectoire afin d’intercepter les appareils désignés par le commandement. Mais au moment où les TIE s’apprêtent à fondre sur l’ennemi, les chasseurs d’escorte brisent leur formation pour se porter à leur rencontre. Sous le regard inquiet de l’officier, les bombardiers poursuivent leur progression. Les batteries du “Poing de Pandore” se mettent en branle. Plusieurs appareils sont pulvérisés sous le feu du croiseur. Les autres s’obstinent, continuent leur inlassable ascension sans se soucier de l’artillerie qui les prend pour cibles.

        - Décrochez… Décrochez… Murmure l’impérial pour lui-même, un brin soucieux.

        Deux nouveaux Y-wing sont abattus par les artilleurs du “Poing de Pandore” sous les yeux de l’amiral. Mais le reste parvient à passer au travers des tirs et largue ses bombes sur l’imposant croiseur de la classe Interdictor.

        - Impacts confirmés sur le “Poing de Pandore”, amiral. Annonce un marin.

        - Statut des dégâts ? Demande alors Netbers, la gorge légèrement nouée par le stress.

        - Dégâts minimes, amiral. Les bombardiers ont utilisés des torpilles ioniques. Répond le matelot.

        - Très instructif… Lâche pour tout commentaire Hivernus, un sourire aux lèvres. On peut reconnaître à leur nouveau commandant quelques compétences.

        L’amiral acquiesce en silence. La neutralisation temporaire du “Poing de Pandore”, qui entame une lente descente à travers le vide sidéral, va permettre à certains vaisseaux mercenaires de fuir les lieux. Les bombardiers rescapés sont les premiers à disparaître, rapidement suivis par les deux bâtiments de guerre venus occuper le “Griffe du Loup”. Si l’on ne fait rien rapidement, le reste de la flotte va suivre le mouvement. De l’avis de l’impérial, une telle chose ne doit pas se produire, sous aucun prétexte.

        - Message à l’ensemble de la flotte : Augmentez la pression sur
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          Auteur : Hivernus

          les vaisseaux encore présents sur zone. Ne leur laissez aucun répit. Faites en sorte qu’ils ne puissent pas passer en hyperespace. Commande l’officier avant de poursuivre. Le “Griffe du Loup” doit rester en protection du “Poing de Pandore”, avec le soutien des escadrons Spectre et Fantôme.

          La riposte seigneuriale est, semble-t-il, aussi véhémente que les instructions de Netbers lui-même. Les vaisseaux de l’armada du Chiss redoublent d’efforts pour atteindre leur objectif. Une corvette CR90, fracassée de tous les côtés par les tirs laser des TIE et turbolaser des divers bâtiments de guerre de la flotte, finit par dériver dans l’espace sans but précis. Les corps de plusieurs mercenaires sont happés dans le vide sidéral, extirpés de la carcasse trouée de part en part par une force invisible. La frégate Nébulon-B chargée de ralentir la progression des vaisseaux opérant sous pavillon seigneurial finit également par rejoindre le lot d’épaves sombrant doucement parmi les étoiles. Un barrage de missiles vient scinder le navire en deux en sa partie la plus vulnérable, privant rapidement l’équipage d’oxygène. Les plus chanceux sont ceux morts sur le coup, frappés de plein fouet par l’explosion. Les autres agonisent lentement, suffoquant jusqu’à ce que la moindre once d’air ait enfin quitté leurs poumons.

          La dernière corvette parvient toutefois à quitter le champ de bataille, non sans avoir auparavant essuyé de nombreux dommages. Quelques chasseurs suivent son exemple et réussissent à faire un saut en hyperespace, échappant de justesse à la destruction. Les autres sont abandonnés à leur triste sort et rapidement achevés par les impitoyables escadrons de la chasse seigneuriale.

          La victoire est donc acquise, comme l’avait prévu le seigneur de la guerre depuis le début. Mais pour l’amiral Netbers, ce succès n’a guère de saveur. Il a commis quelques erreurs qui auraient pu mener à un désastre. L’homme se persuade en effet qu’il a mis en danger la vie de ses marins en ayant échoué à anticiper certaines manœuvres ennemies. Pour Hivernus, dont le train de pensées est différent, l’affrontement s’est achevé sur une réussite des objectifs fixés. Les résultats ont été à la hauteur de ses espérances et les quelques coups d’éclat de l’ennemi ont été fort enrichissants, le tout sans avoir à subir de pertes significatives.
          Les forces mercenaires ont été détruites aux deux tiers et le tiers restant n’est guère en état d’opposer une quelconque résistance pour les batailles à suivre, ce qui facilitera grandement les mouvements de troupes au sein du secteur et les conquêtes à venir. Le temps que les renforts arrivent et que le commandement ennemi réorganise ses rangs, de nombreux mondes auront eu le temps d’être annexés et intégrés au Seigneurat de Bajic. Un point de vue qu’il compte bien faire partager au commandant de l’armada seigneuriale lorsqu’ils seront à huis clos.


          - Dans combien de temps le “Poing de Pandore” sera t-il à nouveau opérationnel ?

          - Le temps que les systèmes redémarrent… Environ trois minutes, amiral.

          - Très bien. Capitaine, faites lancer les opérations de sauvetage dans la zone et veillez à notifier chaque récupération. Je veux également un bilan sur l’ensemble des dégâts et des pertes au sein de la flotte. J’aimerai avoir un topo sur la situation dans les plus brefs délais, si possible.

          - Ce sera fait, amiral.

          - Capitaine Sivrar, vos hommes se sont comportés admirablement face à l’ennemi. Ce fut un honneur d’être à bord. Déclare l'humanoïde à peau bleue en venant serrer la main du capitaine.

          - L’honneur est partagé, mon seigneur. L’équipage du “Cocatrix” est fier de servir sous vos ordres. Indique le commandant du croiseur, gratifiant son supérieur d’un garde-à-vous impeccable.

          - Je saurai m’en souvenir, capitaine. Et je ne manquerai pas de saluer l’attitude exemplaire de vos marins.

          Le Chiss fait le tour de la passerelle afin de remercier chaque membre d’équipage pour son engagement et son attitude irréprochable au combat, le tout sous le regard admiratif des officiers de pont. Il ne fait aucun doute, pour quiconque à bord du “Cocatrix”, qu’il n’existe pas plus grand honneur que celui de se battre pour un individu qui considère avec respect et justesse chaque homme et chaque femme combattant sous sa bannière.

          Il est dit que le chemin vers l’enfer est pavé de bonnes intentions. Dans le cas présent, le chemin vers la gloire, pour le Seigneurat de Bajic, sera pavé par l’illustre courage de soldats dévoués. La mise en échec de l’armada mercenaire vient d’ouvrir la voie vers l’unification du secteur de Bajic sous l’égide d’un seigneur de la guerre ambitieux.

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            Auteur : Hivernus

            Précedemment.


            Saadia mange ses pâtes de fruit en silence, accompagnant ce mets sucré d’un excellent cru tout droit venu d’Alderaan. Profitant du confort de sa cabine, entourée de ses plus beaux trophées de guerre, de ses richesses méticuleusement exposées et de ses superbes esclaves, la Falleen apprécie à sa juste valeur la douce mélodie que joue l’orchestre. Les musiciens, de pauvres gens arrachés à leur monde au cours d’un pillage, se plient en quatre pour satisfaire les désirs mélomanes de la princesse pirate. Ils savent qu’ils n’ont pas le droit à la moindre fausse note… Chose rendue difficile par la présente tension. Comment bien jouer quand on se sait menacé de mort ?

            Pour la capitaine des Filles du Vent Noir, l’exercice est d’autant plus intéressant à suivre. Il y a quelque chose, dans l'interprétation des musiciens, qui semble la ravir au plus haut point. L’intensité du morceau joué a une puissance rarement égalée et les quelques fausses notes ajoutent une sorte d’effet dramatique qui n’est pas pour déplaire à la Falleen. Ou peut-être est-elle déjà trop enivrée pour avoir les idées claires… Oui possible. Il lui arrive parfois d’apprécier des choses étranges lorsqu’elle a un coup dans le nez. Ou peut-être est-elle trop excentrique pour admettre simplement que ses goûts sont… Particuliers. Quoi qu’il en soit, Saadia a de quoi se réjouir…

            Les cales de son navire sont remplies d’esclaves et de butins. Les raids effectués sur des mondes insignifiants des confins de la Bordure Extérieure et de l’Espace Sauvage ont été bénéfiques, tant pour les équipages qui ont trouvé leur lot d’action et de gloire, que pour la princesse elle-même dont le prestige personnel ne fait que croître. Ayant rallié sous sa bannière quelques capitaines pirates désireux d’avoir leur part du butin et s’étant dégotée divers partenaires commerciaux avec qui s’enrichir, la Falleen est, semble t-il, au sommet de sa puissance. Il y a donc de quoi être de bonne humeur… Surtout quand on sait que certains clients sont prêts à débourser de véritables fortunes pour s’offrir ses services.

            C’est donc l’esprit léger que la princesse pirate s’apprête à attaquer une nouvelle journée déjà très prometteuse. Ayant convenu d’un rendez-vous avec l’un de ses nombreux partenaires, Saadia sait à l’avance qu’elle repartira avec un beau pactole en poche. La vente d’esclaves rapporte gros… Surtout quand on s’adresse aux bonnes personnes. Une main d'œuvre de qualité, pas trop chère et issue d’un monde qui ne posera pas de problème, vaut bien tous les crédits de la galaxie… Par chance, la capitaine des Filles du Vent Noir a passé ces dernières semaines à écumer les fins fonds de la galaxie afin de remplir ses soutes d’esclaves bon marché. Il y a, dans les entrailles de son navire, des milliers de captifs dont le sort ne dépendra bientôt plus d’elle.

            Ses lèvres s’étirent soudainement afin de révéler un sourire des plus sinistres. Elle s’imagine déjà toutes les choses qu’elle pourrait s’acheter avec les sommes colossales que ses clients lui versent. La dernière garde-robe à la mode ? Une collection de grands vins d’époque ? Ou peut-être un nouveau vaisseau, plus grand et mieux armé ? Il est vrai que le “Vent Noir” fait bien pâle mine face à des bâtiments entièrement dédiés au combat. Mais il y a quelques atouts à avoir comme base d’opérations un vaisseau qui passe aisément pour un navire de commerce. Et puis les vastes soutes de son “Vent Noir” bien aimé ont suffisamment d’espace pour accueillir toute sorte de marchandises, ce qui est disons-le bien pratique quand on se livre à des actes de piraterie.

            La princesse se voit déjà aux commandes d’une grande armada pirate. Elle se projette en reine du vide cosmique, une couronne sur la tête, prête à donner ses ordres à d’innombrables hordes de vauriens de l’espace depuis son trône. Oh oui… L’idée a assurément du panache. Et puisqu’elle est issue d’une grande maison noble de Falleen, prétendre à un tel rang n’est pas aussi ridicule qu’il n’y paraît. Il ne lui reste désormais plus qu’à engager quelques artistes pour pérenniser son règne en devenir.

            Sculpture d’une femme guerrière à son effigie, tableau somptueux la représentant dans toute sa gloire, poèmes décrivant sa beauté légendaire et ses exploits… Ce ne sont pas les idées qui manquent. Enivrée par la musique et l’alcool, Saadia s’invente son futur idéal, dérive doucement dans un monde où tout est à sa place, ordonné selon ses désirs… Du moins jusqu’à ce qu’une secousse vienne la ramener brusquement à la réalité. L’alarme qui retentit bruyamment dans les couloirs de son navire achève complètement de la sortir de ses rêveries. Ses vieux réflexes prenant rapidement le dessus, la capitaine pirate abandonne ses otages et ses esclaves pour rejoindre le pont.

            Les couloirs grouillent d'activités. Des dizaines de matelots se pressent d’un bout à l’autre des coursives pour rejoindre leur poste de combat, les contremaîtres veillant au grain et aboyant leurs ordres. L’équipage, pris par surprise et passablement alcoolisé, met du temps à réagir promptement. Et lorsque la Falleen rejoint finalement la passerelle, c’est pour y découvrir avec horreur la présence d’une flotte entière de vaisseaux de combat sur les écrans de contrôle.


            - Rapport de situation ! Maintenant ! Hurle t-elle au milieu du brouhaha général, rejoignant son fauteuil de commandement.

            - Nous avons été sortis de l’hyperespace, capitaine… Indique son second en faisant le tour des consoles. Il semblerait que nous ayons été interceptés par un croiseur interdicteur et le champ de gravité qu’il génère nous empêche de fuir.

            Saadia ne peut s’empêcher de frémir en remarquant quel vaisseau elle se doit de combattre. La silhouette de charognard si caractéristique du croiseur de la classe Interdictor est reconnaissable entre mille… Il s’agit du “Poing de Pandore”, le cauchemar des flottes pirates et mercenaires.

            - Hivernus… Murmure la princesse, le souffle coupé. Maudis sois-tu… C’est finement joué.

            - Six escadrons de TIE en approche, capitaine ! Rapporte un matelot.

            - Les croiseurs fondent sur nous, capitaine, ils seront à portée de tir dans cinq minutes. Ajoute un autre.

            Ce combat est impossible à gagner. L’armada seigneuriale a l’avantage dans tous les domaines. Les Filles du “Vent Noir” se battent à un contre sept, dans un vaisseau qui n’est pas conçu pour le combat face à d’autres navires, et la chasse pirate est loin de faire le poids face à la nuée de TIE qui s’apprête à plonger sur eux. Mais Saadia est une princesse Falleen et elle refuse de se rendre sans combattre. Il en va de son honneur… De sa réputation.

            Si elle doit mourir en ce jour, qu’il en soit ainsi ! On chantera volontiers sa vaillante défaite face à un ennemi supérieur en nombre dans les cantinas les plus malfamées de la galaxie. C’est du moins ce qu’elle espère.






            La bataille ne dure pas plus de quelques minutes. Le “Vent Noir” n’est pas en mesure d’affronter la quasi totalité de la septième flotte, dont la puissance de feu dépasse de très loin la sienne. L’équipage de la princesse Saadia n’oppose qu’une faible résistance, plus par fierté que par réelle envie de combattre, puis rend les armes. La destruction des appareils pirates n’est qu’une simple formalité pour les pilotes de TIE de l’armada seigneuriale. Quelques capsules de sauvetage sont larguées et plusieurs transports s’extirpent du ventre du vaisseau avec à leur bord des vauriens qui souhaitent probablement fuir le courroux des forces seigneuriales. Des escadrons de TIE se chargent alors d’intercepter les fuyards tandis qu’ici et là, quelques navettes s’affairent déjà à récupérer les pirates qui se sont éjectés dans l’espace.

            L’amiral Netbers est satisfait. Un affrontement aussi bref signifie peu de morts, ce qui le réjouit au plus haut point. Il ne relâche pas pour autant sa vigilance. Il lui reste encore à prendre possession du “Vent Noir”... Et avec son millier de pirates à bord, l’opération peut encore prendre une sale tournure. Il suffirait que toute cette racaille s’en prenne à ses sections d’assaut au moment de l’abordage pour qu’une véritable boucherie s’opère… Il faut donc procéder prudemment, et avec beaucoup de tact.

            Un avertissement est envoyé à l’équipage sur une fréquence ouverte alors qu’un trio d’intercepteurs TIE survole le “Vent Noir”, surveillant toute trace d’activité suspecte. Tout individu qui opposera une quelconque résistance sera abattu sur le champ. Quelques forcenés tenteront tout de même leur chance au corps-à-corps… Mais les autres se plieront volontiers aux consignes si cela peut leur accorder un quelconque sursis. Après tout, il est bien connu que la brutalité dont font preuve les pirates n’a d’égale que leur lâcheté.

            Les navettes d’assaut quittent le hangar du “Poing de Pandore” après avoir obtenu le feu vert de la passerelle et foncent droit vers le croiseur pirate. Dans quelques instants, les Filles du “Vent Noir” ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir… Et si ces foutus mégères s’en prennent à ses hommes au cours de l’abordage, Netbers ferait en sorte qu’aucune d’entre elles n’en réchappe. Oh oui. Il s’en fait la promesse. Ces garces connaîtront sa fureur si elles osent ne serait-ce qu’envisager un combat face à ses commandos.






            La major Echo se présente dans les quartiers privés de l’amiral dans sa tenue de combat, n’ayant pas eu le temps de se changer. Le commandant en chef de l’armada seigneuriale ne s’en offusque pas. Après avoir présenté à son supérieur un salut militaire réglementaire, la jeune femme est invitée à prendre place. Les mains croisées dans le dos, debout face à l’unique hublot de sa cabine, Netbers attend qu’elle lui fasse son rapport.

            - Vous vouliez me voir en privé, major… Je vous écoute.

            - La capture du “Vent Noir” s’est faite sans encombre. L’équipage s’est, dans sa majeure partie, rendu sans combattre et nous n’avons perdu aucun homme au cours de l’opération. La princesse Saadia ne nous posera plus jamais problème. Elle s’est volontairement offerte en pâture à nos blasters, probablement pour s’éviter une fin plus déshonorante. Débute la major, présentant son rapport comme il est coutume de faire après une bataille. Dans l’ensemble, l’opération est une réussite... Et nous avons fait une belle prise. Des centaines de prisonniers, probablement destinés à la vente, ont été découverts dans les cales du vaisseau et plusieurs dizaines de coffres remplis de crédits, d’objets d’art en tout genre, d’armes et de pierres précieuses ont été saisis. Mais il y a plus intéressant encore…

            Le regard de l’amiral se détache du hublot pour venir se fixer sur la jeune femme. L’officier semble curieux… Mais peut-être aussi un peu inquiet.

            - Il semblerait que notre princesse devait rencontrer son mystérieux client à bord d’un destroyer stellaire de la classe Impériale… Le “Colère de Coruscant”.

            Le corps de Netbers se raidit d’un coup. Le temps d’un bref instant, son dos est parcouru d’un frisson intense. A t-il bien entendu ou s’est-il laissé berné par le fruit de son imagination ? Non… C’est assurément une erreur. Il n’y a pas d’autre possibilité.

            - Il y a un problème, amiral ? Demande Echo, remarquant le visage livide de son supérieur.

            - Hmm. Je n’en sais rien. Êtes-vous absolument certaine du nom de ce destroyer, major ? Il n’y a pas d’erreur possible ?

            - Il n’y a aucun doute possible, amiral. Il s’agit bien du “Colère de Coruscant”. Le journal de bord de la princesse Saadia est très clair à ce sujet. Et j’ai fait confirmer l’information auprès de ses lieutenants au cours d’interrogatoires préliminaires.

            Le commandant en chef des forces navales seigneuriales s’en retourne à son observation silencieuse des étoiles, perplexe. Il y a quelque chose, dans l’attitude de Netbers, qui a changé. Il est nerveux, agité, peut-être même un brin horrifié… Comme s’il avait vu apparaître devant ses yeux un fantôme du passé. La major n’avait jusqu’alors jamais vu son supérieur afficher une telle crainte. L’amiral est en effet connu pour ne rien laisser transparaître. Et les rares signes d’inconfort qu’il peut montrer par moments sont rapidement effacés au profit d’une rigidité absolue.

            Echo est toutefois trop jeune pour comprendre le doute qui accable en cet instant l’amiral. Elle ne s’est engagée que tardivement au sein de l’Empire Sith… Dans les derniers mois de sa lente agonie. Netbers, pour sa part, était déjà officier au sein de la flotte impériale lorsque la Forge Stellaire s’était pour la seconde fois de son existence retrouvée au milieu des combats. Il avait assisté à sa destruction… Et à la disparition d’un bon nombre d’équipages impériaux, dont les navires ont été pulvérisés par les tirs des vaisseaux rebelles. Il avait pu voir de ses propres yeux la fin tragique du “Colère de Coruscant” alors qu’il servait sous les ordres du vice-amiral Demetrius, chargé de la défense de l’antique station.

            La réapparition soudaine de ce nom sur les lèvres de l’une de ses subalternes le replonge dans l’horreur des combats qu’il a pu vivre. L’amiral est une fois de plus assailli par ses démons du passé… Et une vieille colère refait surface alors qu’il tente de chasser de son esprit les fantômes de sa vie antérieure, lorsqu’il était encore au service de l’Empire Sith. Le regard perdu dans les étoiles, l’homme rumine en silence.


            - Amiral… ?

            Netbers prend une profonde inspiration, comme pour calmer ses angoisses et sa colère, puis se tourne doucement vers la jeune femme. Il n’y a plus aucune trace d’agitation sur son visage. Le commandant en chef de l’armada seigneuriale est redevenu l’officier impassible qu’il a toujours été.

            - J'en ai assez entendu pour l'instant. J’attends votre rapport complet avant la fin de la prochaine rotation, major. Ce sera tout. Vous pouvez disposer. Commande finalement l’amiral.

            - A vos ordres, amiral.

            La major se redresse d’un bond, offre un dernier garde-à-vous à son supérieur hiérarchique puis quitte la cabine. L’homme est désormais seul avec ses pensées. Pendant un temps, il reste planté là, devant son bureau, à lutter en vain face à ses doutes. Faisant les cent pas, Netbers cherche à comprendre. Il a vu la passerelle du “Colère de Coruscant” prendre feu sous les tirs ennemis. Il a vu le destroyer plonger dans l'abîme, sa carcasse métallique étant broyée par les salves turbolaser. Il n’y a pas de doute possible. Ses souvenirs ne le trompent pas. La bataille de la Forge Stellaire l’a marqué à vif, lui a laissé de vilaines blessures dont il ne guérira jamais.

            Ayant retourné la question dans tous les sens et ne trouvant pas d’explication plausible au retour surprenant de ce satané destroyer de la classe impériale, l’amiral ne voit qu’une solution possible pour résoudre son problème. Il faut mener l’enquête, voir ce qu’il en est réellement… Et découvrir qui se cache derrière cette sombre histoire de fantôme revenu d’entre les morts. S’installant sur son fauteuil, l’officier se masse un instant le front puis ouvre un canal de communication crypté. La silhouette holographique d’un individu recouvert de la tête aux pieds par une armure personnalisée se matérialise soudainement devant lui.


            - Mon seigneur… Je suis désolé d’avoir à vous importuner de la sorte mais je requiers votre attention sur une affaire délicate. Débute Netbers, passablement gêné d’avoir à demander une faveur à son suzerain.

            - Je vous écoute, amiral.

            Soulagé à l’idée de pouvoir demander conseil auprès de son illustre seigneur, le commandant en chef des forces navales seigneuriales ne perd pas de temps en paroles inutiles…

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              Auteur : Hivernus

              L’amiral Netbers débarque sur la passerelle mal réveillé. Il faut dire qu’il a passé quelques heures à converser avec le seigneur Hivernus et une bonne partie de la nuit à planifier l’assaut sur la base pirate de la planète Ealor avec les officiers de la flotte… Les quelques heures de sommeil qu’il a pu s’offrir ne lui ont guère été réparatrices. Ayant tourné en rond dans sa couchette pendant un certain temps, l’homme a en effet dépensé son énergie en vain, tourmenté par les fantômes de son passé. Cette histoire de destroyer revenu d’entre les morts le préoccupe au plus haut point et il n’aura de repos qu’une fois l’affaire résolue…

              Pour l’heure, il se contentera de vivre avec. Il est un officier de la marine seigneuriale et son devoir envers le Seigneurat de Bajic passe avant tout. Quoi qu’il puisse lui en coûter. Sur le pont de son vaisseau-amiral, nul ne remarque cependant les angoisses profondes qui le troublent. Netbers est un homme de principe et l’idée même qu’il puisse se présenter devant son équipage dans un état lamentable l’irrite au plus haut point. Après tout, l’amiral a toujours pris grand soin de son apparence. Ne dérogeant pas à la règle malgré ses problèmes d’insomnie, c’est donc le visage propre et rasé, le dos bien droit et l’uniforme impeccable qu’il vient saluer les officiers de pont.


              - Amiral… Le capitaine en charge du “Poing de Pandore” fait claquer ses talons lorsque son supérieur arrive à sa hauteur. La septième flotte est parée et à vos ordres.

              - Bien… Bien.

              Le moment est venu d’en finir avec l’armada pirate de la princesse Saadia. La veille, la terrible capitaine des “Filles du Vent Noir” a connu une fin tragique aux mains des commandos de l’amiral. Son précieux navire a été capturé et ses richesses saisies. Aujourd’hui, les pirates tuant et pillant en son nom à travers dix secteurs connaîtront le même sort. Ils rejoindront d’ici peu leur défunte princesse dans les méandres de l’oubli… Et le commandant en chef des forces navales seigneuriales prendrait grand plaisir à les voir anéantis jusqu’au dernier.

              - Commencez le compte à rebours. Départ dans deux minutes. Ordonne finalement Netbers.

              - Compte à rebours déclenché, amiral.

              - Parfait.

              Autour de l’amiral, les membres d’équipage s’affairent à transmettre les dernières consignes d’usage avant le départ. Chacun, au sein de la septième flotte, sait ce qu’il doit faire. Après avoir passé d’innombrables mois à entraîner ses équipages puis à batailler, la marine de guerre du Seigneurat de Bajic s’est considérablement aguerrie. Les marins qui servent sur les vaisseaux du seigneur de la guerre Hivernus sont des marins aguerris, dont l’expérience a été acquise sur le terrain. Il n’y a pas plus redoutable qu’eux dans cette région de l’espace.

              Le commandant en chef des forces navales seigneuriales prend plaisir à voir ses hommes à l'œuvre. Il ne se lasse pas des va-et-vient incessants des officiers au milieu des consoles, des ordres transmis d’un bout à l’autre de la chaîne de commandement, des matelots concentrés sur leur tâche. Il profite volontiers de ces derniers instants de tranquillité avant la bataille, trouvant un quelconque réconfort dans le brouhaha de la passerelle. Finalement, ce n’est qu’au milieu de ses hommes que l’amiral se sent chez lui.

              La flotte passe en hyperespace une fois le compte à rebours terminé et ne réapparaît que plus tard dans le système Bysis. Après un bref moment de léthargie passé à vérifier l’état de leurs armes, boucliers déflecteurs et senseurs, les vaisseaux de l’armada se déploient en ordre de bataille. En face, la flotte pirate de feu la princesse Saadia semble réagir à l’apparition soudaine de ces navires de guerre. Netbers surveille attentivement les manœuvres de l’ennemi depuis la salle de commandement située à l’arrière de la passerelle. Il y a plus de vaisseaux que prévu mais rien d’insurmontable… Ce ne sont pas quelques transports armés à la va-vite (des modèles Action IV ou V) qui feront la différence.


              - Amiral, l’escouade de reconnaissance annonce le décollage d’appareils pirates depuis la base.

              - Déployez les chasseurs. Message aux chefs d’escadron : Interception et destruction des appareils ennemis. Commande l’amiral, avant d’ajouter : Engagez le combat avec la flotte pirate.

              La formation centrale, constituée du “Poing de Pandore” et de quatre croiseurs de la classe Arquitens, s’avance doucement vers la petite armada pirate. L’ennemi refuse cependant de se lancer dans un corps-à-corps frénétique, craignant notamment les batteries de turbolaser des croiseurs de la classe Munifex et des canonnières Corelliennes protégeant les flancs de la formation centrale.

              - Regardez-les, amiral… Ils fuient tels les rats qu’ils sont. Commente le capitaine du “Poing de Pandore”.

              - En effet, capitaine… Ne leur laissons pas ce plaisir. Nous allons les forcer à nous affronter. Netbers se tourne vers un autre officier afin de donner ses ordres. Activez les générateurs de gravité.

              Le croiseur de la classe Interdictor ralentit peu à peu jusqu’à s’arrêter complètement, ses générateurs de gravité venant pomper une partie de son énergie. Les quatre Arquitens manœuvrent afin de former un écran protecteur autour du “Poing de Pandore”, suivant une tactique répétée maintes et maintes fois lors d’exercices militaires. Forcés de livrer bataille malgré eux, les pirates se lancent à corps perdu dans un combat perdu d’avance…





              Depuis le cockpit de son intercepteur TIE, le colonel Zakarov a une excellente vue du champ de bataille. L’armada pirate grossit à vue d'œil à chaque minute qui passe. Les silhouettes armées des vaisseaux qui la constituent se font de plus en plus menaçantes. Des pilotes novices, fraîchement sortis de l’académie, auraient probablement hésité à se jeter tête baissée dans la mêlée. Mais le Corellien n’est pas un bleu à qui l’on confie les commandes d’un TIE pour la première fois. Avec plus de vingt ans d’expérience dans le domaine du combat spatial, l’homme n’en est pas à son premier combat. Ayant en effet survécu aux deux batailles de Coruscant et à d’autres confrontations, le colonel sait d’avance que cet affrontement avec les pirates ne sera pour lui qu’une simple formalité.

              - Escadron Fantôme, il est grand temps de nous illustrer à nouveau sur le champ de bataille ! Déclare le chef d’escadron à ses camarades. Préparez vous à engager le combat.

              « Bien reçu, Fantôme Leader. On assure vos arrières. »


              Zakarov ne peut s’empêcher de sourire à ce commentaire. Entouré de ses hommes, il sait qu’il n’a rien à craindre. Les pilotes de TIE de l’escadron Fantôme figurent parmi les meilleurs éléments de la chasse seigneuriale. Véritable élite au sein d’un corps très sélectif, l’unité commandée personnellement par le colonel a été de toutes les batailles menées par le seigneur Hivernus et ses officiers. Ses membres ont tous été décorés au moins une fois et se sont vus offrir le privilège de voler au sein d’intercepteurs TIE aux ailes striées d’une unique bande bleue, honneur ultime qu’ils sont les seuls à avoir obtenu pour l’heure.

              - N’ayez aucune pitié envers ces pirates car ils n’en auront aucune pour vous ! Poursuit le Corellien en fonçant droit vers la formation ennemie. Escadron Fantôme, avec moi !

              L’escadron survole le plus gros bâtiment de l’armada ennemie, un vaisseau-donjon de la classe Kiltirin qui encaisse dignement les tirs de turbolaser de la flotte seigneuriale, afin de se lancer dans la mêlée face à une nuée de chasseurs pirates. Le combat est inégal et une partie des appareils ennemis est décimée au cours de la première minute. Face aux TIE/IN, les “affreux” pilotés par les vauriens n’ont pas la moindre chance... Peu manoeuvrables, armés de manière douteuse et dépourvus pour la plupart de boucliers déflecteurs, ces chasseurs construits à partir d’éléments récupérés sur divers champs de bataille ne sont bons qu’à une seule chose : faire tuer leur pilote en un temps record.

              Les survivants se replient en désordre, cherchant à fuir la fureur de l’escadron Fantôme. D’autres chasseurs pirates, lancés depuis la surface de la planète, ne tardent pas à apparaître à l’horizon. Ils sont interceptés par les TIE/IN de l’escadron Harpie avant qu’ils ne puissent venir au secours de leurs camarades. Un véritable carnage s’opère alors et de multiples explosions viennent illuminer de leurs lueurs vives le morne espace qui sert de champ de bataille.


              - Escadron Fantôme, interceptez les fuyards. Ne les laissez pas se regrouper. Ordonne le colonel en se lançant à la poursuite de l’ennemi le plus proche.

              Les pilotes de l’unité confirment la réception de l’ordre et s’élancent dans de complexes manœuvres d’interception. La traque aux pirates est lancée. Zakarov, qui a dans sa ligne de mire un X-Wing rafistolé avec des ailes solaires de TIE, s’assure d’avoir son ailier dans son sillage avant d’engager la cible. Le chasseur ennemi est touché de plein fouet par la salve laser et se transforme rapidement en boule de feu avant d’exploser.

              Un peu plus loin, c’est au tour d’un transport Action IV de finir pulvérisé sous les tirs combinés de plusieurs croiseurs. La bataille tourne rapidement à l’avantage des forces seigneuriales. Il semble évident que la victoire est à portée de main… Ou presque. Car il reste encore à faire débarquer les troupes au sol afin de livrer bataille au pied de l’imposante forteresse pirate. Se frayant un chemin entre les débris spatiaux de plusieurs chasseurs abattus par les escadrons de la chasse seigneuriale, le colonel rassemble ses pilotes autour de lui afin de se lancer à l’attaque d’un modèle YT-2000 modifié.

              Privés du soutien de leurs appareils, détruits ou mis en déroute, les vaisseaux pirates livrent un combat d'autant plus inégal face aux bâtiments de guerre de la septième flotte. Les salves de turbolaser s’écrasent avec fracas sur les boucliers déflecteurs des navires ennemis. L’écran de protection finit par se dissiper après plusieurs assauts particulièrement furieux, laissant les vaisseaux pirates vulnérables. Fracassés de toute part par les puissantes batteries des croiseurs de la marine de guerre seigneuriale et harcelés par de véritables essaims de chasseurs, les navires ennemis sont détruits un par un. Quelques équipages plus malins que les autres choisissent la reddition plutôt que la mort, remettant volontiers leur vaisseau et leurs vies entre les mains des forces seigneuriales.






              Tel un charognard venant se repaître des restes de quelques proies, le “Poing de Pandore” navigue silencieusement entre les épaves éventrées et les débris des appareils pulvérisés au cours des combats. Autour du vaisseau-amiral de la septième flotte, les différents croiseurs de l'armada seigneuriale se positionnent afin de débuter la prochaine étape de l’opération. Les quelques vaisseaux capturés au cours des combats voient leurs équipages transférés sur des navettes, étant désormais occupés par des marins revêtant les couleurs du Seigneurat de Bajic. Depuis la passerelle du croiseur de la classe Interdictor, l’amiral Netbers suit avec beaucoup d’attention les moindres manœuvres effectuées par les unités placées sous ses ordres.

              - Amiral, nous venons de recevoir un message de la major Echo. Ses hommes sont en place et prêts à agir. Indique un officier depuis la fosse d'équipage.

              - Qu’ils restent en stand-bye jusqu’à nouvel ordre. Ils auront leur signal au moment voulu.

              Le temps semble comme suspendu. La gorge nouée par l’angoisse, Netbers sait qu’il aura à envoyer ses hommes à la mort et cette simple pensée l’enrage. Un seul ordre… Un seul ordre de sa part suffira à décider du destin de centaines de soldats. Le commandant en chef des forces navales seigneuriales s’est juré de ramener les siens à la maison, sains et saufs. Mais devant le fait accompli, il n’est pas sûr de pouvoir tenir sa promesse. Pour venir à bout de la forteresse pirate et de ses défenseurs, il faudra consentir à faire des sacrifices… La tâche sera ardue et des vies seront perdues. C’est un fait.

              Un escadron entier de chasseurs TIE défile de l’autre côté de la baie en transparacier. Le feulement rauque si caractéristique des appareils volant au sein de la chasse seigneuriale vient rappeler à l’amiral ses obligations. L’homme prend une grande inspiration pour chasser de ses pensées toute trace d’anxiété et donne finalement ses directives.


              - Contactez le colonel Poniatowski. Il est grand temps pour ses troupes d’entrer en action. Déclare finalement Netbers d’une voix calme mais autoritaire. Vous joindrez à ses transports de troupes les escadrons Fantôme, Harpie et Moire.

              - A vos ordres.

              Plusieurs navettes, canonnières et transports de véhicules quittent le hangar du “Poing de Pandore” et des croiseurs environnants, se dirigeant vers la surface de la planète Ealor. Quelques croiseurs Gozanti, jusque-là gardés en réserve, rejoignent le système afin de prendre part à l’opération. Quittant la passerelle pour le centre de commandement situé derrière, l’amiral suit d’un œil attentif les mouvements sur la carte à projection holographique.

              Dans un ultime soubresaut, la forteresse pirate lâche une poignée de bombardiers que les TIE/LN de l’escadron Moire se chargent d’intercepter. Larguant leurs véhicules et vomissant leur flot de passagers, les transports font rapidement demi-tour afin de se mettre à l’abri, laissant les escadrons Fantôme et Harpie s’occuper de fournir le soutien aérien aux troupes désormais déployées au sol. Alors que les intercepteurs TIE commencent leurs manœuvres d’attaque dans les airs, laissant pleuvoir sur eux les salves laser et turbolaser des batteries de défense de la forteresse, les légionnaires ont le champ libre pour avancer. Les imposants Transports Blindés Tout-Terrain et leurs cousins plus petits, les robustes Renforts Tactiques Tout-Terrain, sont escortés par des escouades entières de soldats tandis qu’en amont, plusieurs Transports de Reconnaissance Tout-Terrain œuvrent en tant qu’unités éclaireuses pour les forces d’assaut.

              Profitant qu’une partie de l’attention des pirates soit portée sur les attaques aériennes, les commandos de marine de la major Echo trouvent enfin l’opportunité qu’ils espéraient pour agir. Faisant usage de grappins et de cordes pour escalader les parois rocheuses, les soldats des forces spéciales se hissent progressivement jusqu’aux points d’infiltration désignés préalablement au cours de leur mission de reconnaissance.

              En partie dissimulés sous une épaisse végétation, puis couverts par les frappes aériennes, les mouvements des commandos passent presque inaperçus. Au-dessus de leur tête, les appareils de la chasse seigneuriale se livrent à un véritable ballet aérien. Les quelques bombardiers pirates, rapidement mis hors d’état de nuire, viennent s’écraser à la surface d’Ealor, parfois à quelques dizaines de mètres des légionnaires qui évoluent au sol. S’étant débarrassés de leurs adversaires, les chasseurs de l’escadron Moire viennent se joindre aux manœuvres de leurs camarades, frappant à tour de rôle, par groupe de trois pilotes, les divers emplacements d’armes de la forteresse.

              Les hommes de la deuxième légion ne sont finalement découverts qu’au moment de passer le périmètre de surveillance que quelques sentinelles pirates gardent nerveusement. Les premiers échanges de tirs qui ont lieu dans les bois tournent rapidement à l’avantage des légionnaires, qui ont pour eux la puissance de feu et le nombre. Lorsque les soldats arrivent face aux défenses de la forteresse, une partie de son armement a déjà été neutralisé par les commandos de marine. Les pièces d’artillerie encore actives deviennent la cible prioritaire des trois RT-TT et de leurs grands frères à quatre pattes. Les affrontements qui ont lieu au sein même de la base ont par ailleurs forcé les pirates à revoir leur dispositif de défense. Occupés sur de multiples fronts, les vauriens sont contraints à dégarnir certains postes par lesquels les troupes seigneuriales n’ont aucun mal à s’engouffrer. Les rares défenseurs qui tiennent ces endroits délaissés sont rapidement débordés sous le nombre, doivent battre en retraite ou se font tuer sur place.

              Après plus de deux heures de combats acharnés, les survivants choisissent finalement de rendre les armes. La forteresse pirate passe désormais sous contrôle seigneurial. Sur la passerelle du “Poing de Pandore”, l’équipage ne peut s’empêcher d’exprimer sa joie. Les hommes s’échangent des poignées de main fraternelles et des félicitations chaleureuses. L’amiral, pour sa part, demeure interdit. Il sait déjà qu’il aura à dresser la liste des pertes et s’inquiète du nombre de lettres de condoléances qu’il devra rédiger. Laissant ses marins célébrer cette nouvelle victoire comme il se doit, Netbers se retire dans ses quartiers en silence, non sans avoir auparavant adressé ses dernières directives à quelques subordonnés.

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                Post n°5
                Auteur : Hivernus


                Un croiseur solitaire, niché au sein de la dangereuse et énigmatique Nébuleuse du Dragon...



                Précédemment.


                Plusieurs semaines ont passé depuis Wranag. Les hommes de la légion Anooba ont appris à se repérer au sein d‘un croiseur, à combattre selon les règles d’engagement établis pour les abordages, à cibler les zones stratégiques d’un bâtiment de guerre. Sous la supervision de leur jeune maîtresse, les guerriers se sont formés au combat spatial aux côtés des commandos de l’infanterie de marine de l’amiral Netbers… Et une fois encore, les redoutables légionnaires ont révélé l’étendue de leur exceptionnelle capacité d’adaptation. Ils se sont surpassés, démontrant l’ampleur de leur zèle en assimilant chaque entraînement avec une précision minutieuse.

                Confrontés aux commandos lors de diverses simulations, les guerriers ont par ailleurs brillé par la rapidité d’exécution de leurs manœuvres enragées, progressant avec une facilité déconcertante face à un ennemi pourtant bien plus expérimenté. Remportant trois des cinq engagements face aux forces spéciales de la marine seigneuriale, les hommes de la légion Anooba ont marqué les esprits… Et tout particulièrement ceux des différents officiers présents pour l’occasion. Impressionné par l’incroyable esprit de discipline dont font preuve ces guerriers et leur facilité à improviser face à l’inattendu, l’état-major des forces armées seigneuriales s’admet satisfait. Il y en a pourtant quelques-uns, parmi les proches de l’amiral Netbers, qui s’inquiètent de l’importance que la maison militaire de la famille Hawan commence à prendre au sein des troupes. Le commandant en chef de la marine de guerre du Seigneurat de Bajic rejette cependant leurs appréhensions, tenant d’ailleurs à leur rappeler que leur loyauté va au seigneur Hivernus, qu’ils lui ont tous prêté serment d’allégeance et qu’en ce sens, les intérêts des uns et des autres convergent dans la même direction.

                Frilla Hawan, quant à elle, semble particulièrement sensible aux progrès réalisés par les soldats de sa nouvelle légion. Le général Vsoatahn Vott’i a une fois encore fait montre de sa capacité à mener ses hommes à la victoire. Il instruit ses officiers de manière à ce qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes en toute circonstance et pousse ses guerriers à maintenir la cohésion dans les rangs quand bien même l’ennemi parviendrait à les surprendre ou à avoir le dessus sur eux. Il leur offre la possibilité de s’adapter à toutes circonstances, qu’elles leur soient favorables ou non, et leur a ainsi permis d’apprendre à réagir de manière efficace à toute opportunité qui se présente. Cette flexibilité dans le commandement est un véritable atout face à des adversaires dont la structure hiérarchique est trop rigide, peu adaptative.

                Pour autant, le mystérieux guerrier considère que ses hommes ne sont pas encore prêts. “Seuls les résultats comptent aux yeux de notre seigneur. Entraînez-vous plus durement. Poursuivez vos exercices.” répète-t-il encore et encore à ses soldats, désireux de perfectionner leurs techniques de combat. L’extrême rigueur dont fait preuve Vsoatahn Vott’i semble conforter la fille adoptive d’Hivernus dans son choix de l’avoir placé à la tête des troupes de la famille Hawan. Suivant les conseils de son nouveau maître de guerre, la jeune femme a par ailleurs inclu aux entraînements un bataillon entier de stormtroopers appartenant à la Brigade Impera afin de renforcer l’esprit de cohésion et de coordination des différentes unités de sa maison militaire.

                Quoi qu'il en soit, le général estime qu’il faudra deux semaines de préparations supplémentaires pour compléter la formation des troupes. L’amiral Netbers, qui a déjà commencé à entraîner ses équipages dans l’anticipation des combats à venir, affirme vouloir profiter de ce temps pour parfaire les manœuvres d’attaque des vaisseaux de son armada. Le fait que les exercices se déroulent au beau milieu de la Nébuleuse du Dragon, loin des regards et des oreilles, permet de se protéger face à d’éventuels espions. Et puisque le commandant en chef des forces navales seigneuriales ne prélève qu’une infime partie des vaisseaux de l’armada à chaque entraînement, prétextant leur envoi sur des missions de patrouille afin de justifier leur disparition, nul ne peut se douter de ce qu’il se passe en cet endroit secret…

                L’ennemi ne saura pas à quoi s’attendre. Et lorsqu’il verra soudainement fondre sur lui les forces du seigneur Hivernus, il ne lui restera plus qu’à prier pour que sa mort soit rapide et miséricordieuse.






                Quelque part, à la frontière des secteurs Parmic et Sujimis…

                Des éléments des septième et huitième flottes de combat de la marine de guerre du Seigneurat de Bajic patientent le long d’une voie spatiale. En tout, ce sont neuf croiseurs qui sont mobilisés pour l’opération sous les ordres de l’amiral Netbers. Depuis le pont de son vaisseau-amiral, le commandant en chef des forces navales seigneuriales contemple en silence l’immense amas d’étoiles scintillantes qui viennent illuminer de leurs lueurs vives un vaste océan d’obscurité… Comme bon nombre de marins présents sur la passerelle, l’officier trépigne d’impatience.


                - Nos espions ont confirmé le départ du convoi… Amiral, il est heure. Laissons la proie s’empêtrer dans la toile de notre piège. Vient déclarer une voix dans le dos de Netbers.

                L’homme se retourne doucement, fait claquer ses talons. Frilla Hawan a abandonné l’uniforme militaire qu’elle porte habituellement lorsqu’elle participe aux opérations de guerre, préférant visiblement le confort et la sécurité d’une armure dorée. Pour l’amiral, il n’y a aucun doute à avoir. La jeune femme souhaite mener au combat les redoutables guerriers de la légion Anooba. S’il trouve la décision imprudente, l’officier se garde bien de le dire. Après tout, le seigneur Hivernus a plus d’une fois dirigé les troupes de manière personnelle, considérant que le commandement doit être effectué depuis le front afin d’inspirer respect et loyauté chez les hommes. En ce sens, sa fille adoptive ne fait que suivre son exemple.

                Le commandant en chef des forces navales seigneuriales incline doucement la tête en guise de respect, indiquant ainsi qu’il se soumet à l’autorité de sa jeune souveraine.


                - Entendu, Excellence. Déclare simplement l’amiral avant de distribuer ses ordres aux membres de son équipage.

                Une alarme se met à retentir au sein du vaisseau, dont les couloirs s’animent brusquement. Des centaines de marins s’empressent en effet de rejoindre leur poste tandis qu’ici et là, pilotes et mécaniciens s’affairent déjà à préparer les appareils pour les combats. Les consignes, transmises d’un navire à l’autre, font leur effet. Les bâtiments de guerre, jusque-là léthargiques, prennent soudainement vie afin de prendre position en suivant une configuration d’attaque standard chez les forces seigneuriales. Quatre croiseurs de la classe Arquitens se déploient autour du “Poing de Pandore” afin de former un écran protecteur face à l’ennemi tandis que les quatre croiseurs de la classe Munifex manoeuvrent sur les flancs.

                Depuis le pont du croiseur de la classe Interdictor, l’amiral Netbers et la jeune Frilla Hawan admirent en silence l’activation progressive des puissants générateurs à puits gravifiques. Des ondes de diverses couleurs se mettent peu à peu à tourbillonner autour des dômes, jusqu’à former une sorte de tempête électrique qui ne tarde pas à faire surgir hors de l’hyperespace plusieurs vaisseaux. Happés par le champ d’interdiction du “Poing de Pandore”, les quatre navires esclavagistes sont désormais pris au piège. Après avoir accusé le coup, les différents transports Y164 cherchent à se dérober, couverts dans leur retraite par un croiseur de la classe Kaloth.


                - L’ennemi a déployé sa chasse, amiral. Indique un enseigne depuis son poste. Douze appareils en approche.

                - Un sacrifice vain… Et un courage bien curieux de la part d’esclavagistes. Commente l’amiral, avant de poursuivre. Engagez leurs chasseurs. Et ordonnez à nos croiseurs Munifex de faire usage de leurs canons à ion sur les transports d’esclaves. Ne les laissez s’enfuir sous aucun prétexte.

                Les directives sont rapidement transmises. Presque aussitôt, une nuée de chasseurs et d’intercepteurs TIE s’éjectent hors des entrailles de leurs vaisseaux-mères pour venir se porter à la rencontre du modèle Kaloth et de sa maigre chasse. Protégé des assauts du navire esclavagiste par les croiseurs de la classe Arquitens positionnés devant lui, le “Poing de Pandore” ne craint pas grand chose. Ce sont par ailleurs les Munifex de l’armada seigneuriale qui mènent le plus gros des affrontements. Les artilleurs de ces vieux navires de combat font une nouvelle fois preuve de leur redoutable efficacité, ciblant d’abord les trois transports Y164 qui cherchent à s’enfuir jusqu’à ce qu’ils soient neutralisés puis frappant avec une précision mortelle les emplacements d’artillerie du croiseur esclavagiste afin de le réduire au silence.

                Constatant que l’amiral Netbers contrôle la situation, la fille adoptive du Chiss enfonce son casque sur sa tête, prête à en découdre. Elle indique au commandant de l’armada qu’elle lui laisse l’entière responsabilité des opérations spatiales puis quitte la passerelle afin de rejoindre le hangar où des milliers de guerriers attendent de combattre sous ses ordres. La jeune femme se place aux côtés du général Vott’i, dégaine sa vibrolame et la brandit face aux troupes.


                - Soldats ! Les esclavagistes Thalassians ne méritent aucune pitié. Montrons-leur ce qu’il en coûte de s’en prendre aux citoyens de Bajic et des secteurs alentours… Laissons la fureur d’Hivernus s’abattre sur eux ! Déclare Frilla d’une voix puissante. Avec moi, soldats, avec moi ! Que vos armes soient rouges du sang de ces chiens !

                Le mystérieux guerrier s’anime à son tour, lève sa lame en l’air et l’agite avec beaucoup d’entrain. Ses mots s’imprègnent d’une rage impitoyable qui ne manque pas de se transmettre aux hommes.

                - To ch'iticev bah to Ren'mustin'bi bah Bajic ch'urci tasaah ! Csarcican't vah tir Nunaten Frilla bicit etah rutah ?
                (Les ennemis du Seigneurat de Bajic doivent mourir ! Laisserez-vous Dame Frilla les combattre seule ?)

                Les soldats de la légion Anooba se frappent soudainement la poitrine. L’écho de milliers de poings rebondissant durement contre les cuirasses vient bientôt emplir le vaste hangar d’une mélodie guerrière. Puis vient le tour des voix. Tel un seul homme, les guerriers se mettent à scander un nom… Puis leur réponse.

                Frilla Hawan ! K'eten bah to Van'vin't ! Csasor bah to hit sceso g'esain ! Veo csarcican't csarcican't cart k'ir ! Ch'usci ch'at to ch'iticev bah Bajic !
                (Frilla Hawan ! Fille du Conquérant ! Terreur des océans galactiques ! Ta volonté sera faite ! Mort aux ennemis de Bajic !)


                Rejoignant sa navette personnelle sous les ovations des troupes, la fille adoptive du Chiss embarque à bord, escortée en ce sens par une vingtaine de stormtroopers appartenant à la Brigade Impera. Sous le commandement de leurs officiers, les guerriers de la légion Anooba font rapidement de même et s'entassent dans les transports de troupes. Vagues par vagues, les appareils quittent le hangar du “Poing de Pandore” afin d’aborder les divers vaisseaux de la petite flotte esclavagiste. Inspirés par la présence de leur jeune souveraine à leurs côtés, les hommes se déversent dans les navires avec une fureur inégalable. Toute résistance semble futile… Le sang coule. Et les corps des Thalassians ne tardent pas à tomber par dizaines sous les coups d’épée et les tirs de blasters des redoutables guerriers à tête de chacal.

                La fureur d’Hivernus s’est abattue sur eux… Et là où la mort passe, l’espoir renaît. Les captifs des esclavagistes, libérés par centaines, ne tardent pas à se jeter aux pieds de la belle Frilla afin de la remercier. En souveraine éclairée, la jeune femme promet à ces pauvres gens de les rendre à leurs familles dès que l’occasion se présentera. Des serments d’allégeance sont prêtés parmi ceux qui n’ont nulle part où aller. Et les prisonniers Thalassians, ceux qui peuvent s’estimer heureux d’avoir survécu à l’enfer des combats, s’entassent désormais dans les cages réservées jusqu’alors à leurs victimes.
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