Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Sous le soleil de Korriban

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    #4

    Post n°4
    Auteur : Baron Rissk

    Le Trandoshan fut plus que perplexe lorsque Barns lui présenta un Landspeeder X-34 comme moyen de transport. C'était le véhicule familial, qui servait notamment à faire rapidement le tour des vaporateurs d'humidité. Sa carrosserie cabossée et les avertissements du fermier sur les problèmes du moteur ne donnaient pas particulièrement envie au Baron de s'embarquer à bord. Et pourtant, cela restait le moyen le plus rapide pour rejoindre la colonie. Il ne comptait pas s'attarder ici après les sous-entendus de Paska et la mauvaise nuit qu'il avait passé sur un sofa miteux. Malheureusement pour le T'doshok, le colon se fit bavard, et déballa toute sa science à propos de la colonie. Rissk apprit donc qu'il y avait environ trois-cent âmes dirigées par un sous-préfet séparatiste, qui était plus préoccupé par son nombril que le sort de la populace.
    Lorsqu'ils arrivèrent à hauteur des premières habitations, le Trandoshan ne fut donc pas étonné de l'état déplorable des bâtisses, certainement à l'image de leurs propriétaires. Les rues, relativement désertes, semblaient faire écho à cet appel de détresse. Seuls deux droïdes B1 aux carlingues décolorées patrouillaient en cliquetant dans ce décor fantôme.


    Le Landspeeder s'arrêta juste devant la cantina de la colonie, indiquée tant bien que mal par un vieux panneau lumineux qui s'éteignait de temps à autre. Une scène attira particulièrement l'attention du reptile. Un Rodien affrontait un Trandoshan dans un semblant de boue, sous le regard presque indifférent des quelques Eopies ramenés par les colons. L'alien aux yeux de mouche était plutôt agile, mais cela ne suffisait pas, et le reptile eût tôt fait de saisir son opposant à la gorge et et de le jeter sèchement dans l'auge des animaux. Le Rodien demeura immobile, barbotant dans l'eau verdâtre sous le nez des Eopies qui se rapprochèrent avec curiosité.

    Barns échangea quelques dernières paroles avec Rissk avant de repartir, étouffant au passage le Trandoshan avec un nuage âcre sorti tout droit de la carrosserie. Le Baron épousseta dédaigneusement sa veste avant de passer le porche en bombant le torse. L'intérieur de la cantina était à l'image du taudis qu'il venait de passer; en piteux état. On était loin des établissements huppés de Nar Shaddaa. Rissk en venait presque à regretter ses projections holographiques et ses somptueux fauteuils. Et pourtant, c'était l'endroit le plus peuplé de toute la région à en croire le nombre incalculable de têtes tournées vers le nouveau venu.


    - Bien'v'nu dans l'Antre du Tuk'ata ! annonça froidement le barman en crachant dans un verre qu'il essuyait, J'vous sers quelque chose ?

    - Un whisssssky corellien, répondit le T'doshok en s'installant au bar, ignorant les regards méprisants de ses voisins de chaise.

    - Hé l'aristo' ! On ne sert pas d'ça ici ! lâcha tout haut un colon dans un coin de la salle en quittant ses compagnons de beuverie. Vas voir chez l'sous-préfet si on y est !

    Et alors que le fermier aux habits poussiéreux se rapprochait dangereusement du Trandoshan, il fut stoppé dans son élan par une canne pointée contre sa poitrine. Il écarquilla ses yeux, hébété avant de sourire, le poing prêt à partir dans la figure de l'imposant lézard. Son haleine empestait l'alcool, il était visiblement ivre.

    - Reculez tout de sssssuite, siffla le reptile.

    Le Baron se demanda un instant si c'était son statut d'étranger ou son élégance qui dérangeait le colon. Peut-être les deux ? Quoi qu'il en soit, il n'avait pas envie de faire mauvaise impression en tuant ce bougre, bien que l'idée fut alléchante. Avant qu'il ne puisse décider de quoi que ce soit, un verre se fracassa sur sa tête. Le T'doshok agrippa l'ivrogne par le col et cligna plusieurs fois des yeux en l'examinant de la tête au pied, avant de le projeter sur une table, la débarrassant de son contenu.

    - Regardez vous... commença le Baron en plissant ses habits, comme si les mains sales du fermier s'étaient posées sur lui, vous vous complaisez dans la médiocrité. C'est pathétique. Essssst-ce vraiment pour cela que vous êtes venus vous inssssstaller sur Korriban ?

    - Et qu'est-ce qu'il a à nous proposer l'Animal ? rajouta un autre.

    Le Trandoshan esquissa un léger sourire, sans trouver à redire sur le surnom.

    - Vous pourriez choisir les plus "capables" d'entre vous pour discuter avec moi. Nous verrons ensssssemble comment il serait possible de régler vos problèmes.

    - Qu'est-ce qu'on y gagne ? demanda le colon, sceptique.

    - Et l'sous-préfet dans cette histoire ? Comment vous faire confiance ? renchérit plus fort une Twi'lek.

    - C'est à prendre ou à laissssser... reprit calmement le Baron en portant à sa bouche son dernier cigare, une offre que je ne vous proposerais qu'une seule fois.

    Les locaux semblaient méfiants, indécis, et pourtant, des murmures remontaient déjà jusqu'à ses oreilles. Ils semblaient y réfléchir. Il valait mieux pour eux de toute façon... comme pour lui. Il ne se voyait pas partager le sort de ces misérables. Une personne retint son attention, il s'agissait du Trandoshan, vaguement aperçu à l'extérieur du bâtiment. Rissk décida de s'installer à sa table, curieux qu'il était, pour lui poser tout un tas de questions. Après tout, faire un brin de causette avec un camarade ne pourrait pas lui faire de mal.

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      #5

      Post n°5
      Auteur : Baron Rissk

      [Thème] Do the Holos Show Up on the Bill.

      Le Baron alluma son cigare en s'installant à ses aises sur le sofa comblant l'angle de la pièce. Le silence qui avait suivi l'altercation avait peu à peu laissé place aux bavardages et aux rires gras des clients. A croire qu'il s'agissait d'un évènement plutôt banal dans un endroit comme celui-ci. Le barman avait même décidé de mettre en route un vieux jukebox peu mis en valeur derrière le comptoir. L'ambiance était presque festive aux yeux du Trandoshan, qui cracha "par mégarde" un nuage de fumée au visage de son comparse. Celui-ci sirotait silencieusement son verre de Jujuma, sans broncher. Une boisson plus qu'infecte pour un palais habitué aux grands vins et autres boissons de renom. Rissk décocha un grand sourire, tirant une autre bouffée.

      - Un vrai délisssse ! Rare à trouver ces petites merveilles, commenta le Baron en tripotant le cigare avec ses griffes.

      Et dire qu'il avait "généreusement offert" la moitié de sa boîte aux misérables qui s'étaient chargés de le conduire ici... S'il avait su, il ne leur en aurait même pas donné le quart. Il valait mieux pour eux qu'ils n'aient pas à recroiser son chemin à jour... Le T'doshok se pencha au dessus de la table, battant plusieurs fois des paupières en observant son "camarade beuverie." Il n'avait pas l'air d'être très bavard, que pouvait-il bien vouloir lui cacher ?

      - Je me présente... Rissssssk. Qu'esssst-ce qu'un frère peut-il faire ici, aussi loin de Trandosha ?

      - Je pourrais te retourner la question, mon frère, lâcha d'une voix rocailleuse l'autre Trandoshan, qui esquissait à son tour un sourire, tu ressembles plus à un commerçant qu'à un véritable chasseur. Curieux non ?

      Les deux lézards bipèdes se toisèrent du regard un instant.

      - Disons que j'ai "abandonné" il y a un sssssertain temps la Traque, ayant trouvé quelques activités plus lucratives et intéressssssantes... A toi de répondre maintenant.

      L'autre semblait réticent. Il avala une nouvelle gorgée de Jujuma.

      - Trassk. C'est mon nom. Mon histoire est plutôt longue...

      Et son histoire fut en effet longue. Le Trandoshan avait bourlingué de nombreuses années de chasse en chasse, avec quelques congénères, puis avait décidé de faire carrière comme chasseur de primes. Un choix plutôt récurrent chez les jeunes Trandoshans, souvent en manque de sensations fortes. Une activité qui se mélangeait plutôt bien aux croyances présentes sur Trandosha. Chacun de ces êtres reptiliens rêvaient de gagner des faveurs auprès de la Gardienne des Points, qui récompensaient les plus grands chasseurs. Un tas de foutaises inutiles aux yeux de Rissk, et la suite allait confirmer ses dires. En effet, Trassk proposa ses services au sous-préfet Dreric Sconcebois -qui ne l'était pas encore à l'époque-. Ce dernier eût tôt fait de l'envoyer réduire au silence quelques fauteurs de troubles, afin de tester ses compétences. Jusqu'au jour où le Trandoshan fut chargé d'une mission plus dangereuse, mais mieux payé. Il devait mettre fin aux activités de contrebande d'un petit groupe installé sur Felucia. Malheureusement, la mission ne se déroula pas aussi bien que prévu, et Trassk fut finalement capturé par les contrebandiers. Il ne dut son salut qu'à Sconcebois, qui vint le délivrer. Privé de ses points et de son honneur, le Trandoshan dut se résoudre à servir le futur sous-préfet, selon les traditions. L'histoire sentait le coup-fourré à des lieux. Rissk en vint à se dire que son congénère s'était fait pigeonner comme un bleu.
      Pourquoi Sconcebois se serait dérangé pour sauver un larbin, qu'il avait engagé pour une mission qui finalement avait été réglé de sa main ?

      Alors qu'il allait faire part de ses doutes à Trassk, le Baron fut dérangé par un des clients de la cantina. Un "conseil" avait été finalement réuni. Et il était invité à partager ses idées avec cette "illustre" assemblée.


      ~~~


      Installé dans un siège plus confortable que ceux du salon, le Trandoshan autoproclamé Baron observa un à un les colons en arquant le surplus d'écailles qui figurait les sourcils. Son air supérieur semblait ne pas laisser indifférent certains des "élus". Il détaillait chaque protagoniste comme de la vulgaire marchandise. Il y avait donc la Twi'lek réticente de tout à l'heure, un vieux grincheux à grosse barbe hirsute, un Abyssin -une espèce pas vraiment réputée pour sa très grande sagesse-, une quadragénaire au regard mauvais et un Iktotchi. Voilà donc la bande de "joyeux lurons" que le T'doshok se devait de convaincre. Une affaire amusante.

      - Bien... commença le vieillard, la voix chevrotante, puisque nous sommes à présents tous réunis, nous allons pouvoir commencer...

      Il marqua une pause, hydratant sa gorge en sirotant un breuvage à l'aspect étrange.

      - Qui êtes-vous ? Et que comptez vous faire pour nous aider ?

      - Pourquoi nous aider. Surtout.
      Rajouta l'Iktotchi en croisant les doigts.

      Voilà qui simplifiait grandement les choses... le Trandoshan mâchouilla un instant son cigare, achevant d'agacer la quadra', qui tripotait nerveusement ses cheveux.

      - Baron Risssssk. Pour vous... "servir". Répondit-il comme à son habitude. Mes intérêts sssssssur cette planète sssssont... multiples.

      Certains grinçaient déjà des dents, leurs nerfs mis à rude épreuve par l'accent du Baron. Celui-ci afficha un léger sourire, dévoilant ses dents particulièrement acérées à l'assemblée, avant de reprendre avec l'élégance d'un habile homme d'affaires.

      - J'ai eu vent de vos problèmes de ravitaillements... et du "banditisme" qui vous rendent la vie moins agréable.

      - Vous proposez donc une alternative à notre actuel mode de vie ?

      - C'est exact. J'ai pour but de fonder ssssssur Korriban un institut archéologique,
      continua Rissk en soutenant le regard de ses interlocuteurs, je doute que la population de cette planète augmente de façon sssssssignificative, mais les conditions de vie de votre colonie pourrait ssssssûrement s'améliorer. L'implantasssssion de cet institut va sans aucun doute attirer de nombreuses perssssssonnes ici.

      - Et qu'est-ce que cela implique ? avança la Twi'lek, visiblement intéressée par cette proposition.

      - Cela implique qu'il va falloir renverser le gouvernement actuel. Devina l'Iktotchi.

      Un silence s'ensuivit. Les colons se dévisageaient. Il y avait de la réticence. Le doute était visible dans leurs yeux. Et pourtant...

      - L'autorité de Dreric Sconcebois a de toute façon été remise en question depuis longtemps, lâcha finalement l'Abyssin en se redressant, il serait peut-être temps de prendre nos propres décisions.

      Les autres se regardèrent à nouveau. Ce fut au tour de la Twi'lek de se lever.

      - Sconcebois a profité de son statut trop longtemps ! Il est temps pour nous de reprendre ce qui nous appartient de droit.

      La "mégère" se redressa à son tour, appuyant silencieusement ses camarades. Elle devait être muette. Bien... il en restait donc deux à convaincre. Le vieillard et l'Iktotchi étaient bien évidement plus difficile à persuader qu'un Abyssin bien content de batailler.

      - Je m'engage perssssssonellement à prendre en compte toutes les voix de cette colonie, annonça sur un ton plus ou moins solennel le T'doshok, ma première action sssssssera de distribuer toutes les rations "réquisitionnées" par le sous-préfet. La ssssssseconde sera d'officialiser mon arrivée au pouvoir à la CSI afin de favoriser l'arrivée de nouvelles denrées.

      - Et bien... voilà un programme bien chargé, en conclut le grincheux, qui se retint de cracher ses poumons sur la table, j'espère seulement que vous êtes un "homme" de parole. Puisque personne ne semble vouloir rajouter quelque chose... je crois que nous sommes à présent fixés.

      Il lança un regard entendu à son collègue Iktotchi. Les deux derniers membres de l'assemblée se levèrent. La première partie de son plan s'était donc achevée sans aucun problème apparent. Le conseil n'avait pas été difficile à convaincre, peut-être parce que les colons étaient lassés. La deuxième partie s'avèrerait plus compliquée à mettre en place. Il fallait espérer avoir l'entière collaboration des locaux, et pourquoi pas... celle de Trassk. Son aide était des plus précieuses... il pourrait sûrement saboter la sécurité depuis l'intérieur du bâtiment préfectoral.
      Des clameurs ne tardèrent pas à se faire entendre dans l'ensemble de la cantina. Désormais seul dans la petite pièce annexe au salon, Rissk savourait sa victoire. Il tira sa dernière bouffée avec une certaine appréhension néanmoins. il lui faudrait être particulièrement prudent.

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        Post n°6
        Auteur : Baron Rissk

        Au dehors, la foule grondait. Des dizaines de voix semblaient s'unir pour contester l'administration mise en place. La masse était habilement encouragée par les promesses de l'Abyssin et de sa comparse Twi'lek. Le sous-préfet devait sûrement déjà se préparer à recevoir de la visite dans les prochaines minutes. Alors que le T'doshok allait passer le porche pour mener le mouvement qu'il venait d'instaurer, une voix l'interpella. C'était celle de Trassk. Dans la précipitation, il l'avait presque oublié.

        - Je constate que tes arguments ont rapidement convaincu ces colons, lâcha t-il en avalant une gorgée de Jujuma, que comptes-tu faire maintenant ? J'imagine que tout cela a un rapport avec ces "activités plus intéressantes et lucratives" dont tu me parlais ? Hmm ?

        Rissk se tourna vers l'autre lézard, étonnement surpris. S'il avait pu hausser un sourcil, il l'aurait sûrement fait. Son compatriote avec l'esprit affuté, bien plus que la plupart des Trandoshans, qui se contentaient de chasser leurs proies en échange de récompenses et de "points". Ah... la quête de gloire... une bien belle ânerie. Mourir pour si peu... tellement futile.
        Il se dirigea vers la table et se pencha au dessus, en dévoilant son sourire carnassier.


        - Très bonne déduction... répliqua doucement le Trandoshan en écrasant le reste de son cigare sur un cendrier déposé là, mais ton esssssssprit aiguisé n'aurait-il pas pu déceler l'arnaque de Sssssssconcebois ?

        L'autre grogna légèrement.

        - Gardes ton baratin pour ces abrutis. Je ne suis pas dupe.

        Trassk n'aimait pas vraiment le sourire de ce semblant d'aristo' qui faisait partie de son espèce. Il était profondément irrité par le comportement de Rissk, presque dégoûté par le chemin qu'avait pris ce dernier. Et pourtant, ses dernières paroles semblaient se répercuter douloureusement dans son cerveau.
        Il se pouvait qu'il ait raison.
        Rissk était une crapule, il n'y avait aucun doute là-dessus, mais le sous-préfet -au vu de son passé et de ses activités- n'avait rien à lui envier. Après un bref silence, il se résolut enfin à parler.


        - Qu'attends-tu de moi exactement ?

        - C'est ssssimple... siffla le Baron, très ssssssimple.

        Les clameurs prenaient toujours plus d'ampleur, alors même que Rissk allait expliquer son plan à son congénère. Pour son plus grand plaisir.

        ~~~


        Le Trandoshan se dirigeait lentement mais sûrement vers le bâtiment administratif, qui dépassait de par sa hauteur les autres bâtisses, plus tassées. Dans une des ruelles, une patrouille de plusieurs B1 gisait à terre, victime du mécontentement des colons. Plusieurs tirs résonnèrent non loin de sa position, signe d'une opposition de la part des autorités. Trassk avait reçu ses "directives", il était probablement déjà avec le sous-préfet.
        Rissk fut bientôt rejoint par quelques colons, menés par la Twi'lek.


        - Le sous-préfet est bien gardé, indiqua t-elle en reprenant son souffle, on a perdu quelques hommes durant la brève attaque.

        En effet, trois corps sans vie étaient étendus à quelques pas de la structure préfabriquée, sur le sol brûlant. Une dizaine de droïdes de combat gardait l'entrée principale. Plusieurs blessés furent mis à l'abri, traînés par leurs camarades. La tension était palpable chez les colons, dont les ardeurs étaient quelque peu refrénées. Les révoltés étaient légèrement armés, tout au mieux, des fusils à projectiles, dont les tirs ricochaient le plus souvent contre la carlingue des automates. Certains avaient des armes improvisées, mais la grosse majorité n’était portée que par un souffle de courage -ou d’inconscience-. Rien de bien suffisant pour prendre d'assaut une place bien "protégée".

        Ces idiots me sssssseront plus utiles vivants que morts...

        Il avait l'impression de revenir quelques temps en arrière, lorsqu'il dirigeait le Cercle dans les bas-fonds de Coruscant. Lorsqu'il se livrait à une guerre sans merci contre les autres gangs. Avant de disparaître subitement. Un évènement plus ou moins particulier, qu'il n'arrivait pas à expliquer... Un évènement étrange qui lui avait sans doute sauvé la vie cependant.

        - Il est grand temps pour moi de rencontrer ce fameux Dreric Ssssssconcebois dont on me vante les compétenssssses, lâcha finalement le Trandoshan, resssssstez à couvert, je ne veux pas de pertes ssssupplémentaires et inutiles.

        - Mais Monsieur...

        - Il n'y a pas de "mais" qui tienne, coupa sèchement Rissk avant de reprendre sur un ton plus cordial, sourire en évidence, n'oubliez pas, "Baron", Monssssssieur le "Baron" même.

        Plusieurs colons se regardèrent, perplexes, tandis que la Twi'lek hocha simplement de la tête comme pour s'excuser, muette.
        Le Trandoshan entama donc sa marche en direction du centre administratif séparatiste et fouilla machinalement ses poches, comme pour y trouver ses cigares. Mais il n'avait plus de cigares. Rien à se mettre sous la dent. Il passa non loin de l'Abyssin, prêt à le suivre visiblement. Il lui fit comprendre d'un regard qu'il ne voulait pas de son "aide". Après tout, avec ces "représentants" dans les pattes, il ne pourrait pas mener à bien les "négociations". Les unités B1 finirent par le braquer avec leurs armes, lesquelles tiennent à distance le reptile, qui leva presque instinctivement les bras en signe de reddition.


        - Je ssssssuis ici pour négossssssier.

        Deux des droïdes B1 vinrent se positionner derrière l'imposant Trandoshan et le poussèrent vers l'entrée. Une chose était sûre, Sconcebois ne prenait pas à la légère la menace que représentait ces colons mécontents. Quelques minutes à peine suffirent à conduire le Baron jusqu'au bureau du sous-préfet. Dans l'ensemble, le bâtiment était vide, il n'y avait que quelques droïdes de combat sur le pied de guerre et une demi-douzaine de civils paniqués. Sûrement les collaborateurs de Sconcebois. La pièce dans laquelle le sous-préfet actuel donnait ses ordres était à l'image de la personnalité de son propriétaire. Richement décorée en trophées diverses, sans oublier le bureau massif, le mini-bar et la baie vitrée qui donnait sur la vallée des Seigneurs Noirs... Rissk fut parcourut par un frisson et une mauvaise sensation.

        Le sous-préfet fit pivoter son fauteuil et détailla son "invité". L'invité fit de même. Dreric Sconcebois approchait visiblement de la cinquantaine. Un regard mauvais, des sourcils épais et un visage émacié, voilà le portrait rapide de l'homme qui tenait entre ses mains le sort de toute une colonie. Un portrait pas vraiment accueillant, si l'on excepte le cigare qu'il portait à sa bouche et le rendait légèrement plus sympathique. Un cigare ! Le T'doshok en avait l'eau à la bouche. Si bien qu'il passa sa langue sur ses babines sans s'arrêter de fixer le cigare fumant.


        - Bien... Bien... commença le quinquagénaire en tirant une nouvelle bouffée, voilà donc le "fameux" Rissk. Vous allez dire à vos petits camarades de stopper immédiatement cette stupide révolte.

        L'homme était plutôt direct. Mais rien qui ne puisse réellement impressionner le Trandoshan, qui en avait vu d'autres avant lui. Ce dernier lui décocha un sourire, avant de finalement répondre.

        - Baron Risssssk, souligna le lézard, vous n'aimeriez pas que je vous appelle par votre petit nom, hmm ? Quand à mes amis, ils ne partiront pas avant d'avoir eu ce qu'ils ssssssont venus chercher.

        - Moui... si cela peut vous faire plaisir... Baron, répliqua Sconcebois en mordillant son cigare, irrité, je vois que nous ne nous comprenons pas. Il n'y aura pas de négociations. S'ils ne partent pas, j'ordonnerais à la garnison de les abattre.

        Le Trandoshan lâcha ce qui sembla être un rire aux yeux du sous-préfet. Il se dirigea vers la baie vitrée et posa une de ses griffes dessus, comme pour pointer la foule en contrebas.

        - Et combien d'hommes vos machines pourront-elles "abattre" avant d'être ssssssubmergées ? Visiblement, toute la colonie n'attend que de vous voir mourir. Que vous le vouliez ou non, il vous faudra négossssier.... Votre vie.

        - La CSI ne tolèrera jamais une telle chose ! répondit Sconcebois en serrant les poings, le visage rouge.

        - Va t-elle tolérer le masssssacre de vos adminisssstrés ? renchérit le Baron. Mauvaise pub non ?

        Un point partout. Il n'était pas question de tuer le sous-préfet. Rissk paraîtrait plus légitime en le laissant vivre. Pas d'histoire avec la CSI comme ça. Du moins... pas dans l'immédiat. Son interlocuteur commençait à suer à grosses gouttes et utilisa son écharpe en soie pour se tamponner le front. Lui était parfaitement calme, sûr et certain de maîtriser la situation. Il n'attendait visiblement qu'une seule réponse.

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          #7

          Post n°7
          Auteur : Baron Rissk

          Une aussi belle matière... utilisée pour éponger un front dégoulinant. Quel gâchis ! Et cette couleur... elle était d'un ringard... Que du mauvais goût. Pas étonnant qu'il passe ses journées à se préoccuper de son aspect physique...
          La foule bien que désormais rameutée devant le bâtiment, était silencieuse. Les représentants à leur tête semblaient catalyser leur colère, impatients toutefois de connaître les résultats de cette négociation.
          Car il s'agissait bel et bien d'une négociation, et le sous-préfet affichait désormais un air beaucoup moins serein.


          - Je vous laisssssse la chance de pouvoir partir sans avoir à craindre quoi que ce soit de l'asssssemblée en contrebas, reprit doucement le Trandoshan, comme pour se donner un air conciliant, c'est une offre que je ne proposerais qu'une ssssseule fois.

          Il s'amusait à ressortir cette phrase lorsqu'il en avait l'occasion. Pour lui, il s'agissait d'un petit jeu, mais à en voir la tête que tiraient généralement les concernés, il s'agissait d'affaires pour le moins importantes.

          - Vous n'avez aucun droit ici ! Aucune autorité ! Vous n'êtes pas en mesure de me demander quoi que ce soit ! hurla Sconcebois.

          Bien évidement... le Baron secoua légèrement la tête, comme dépité.

          - Mauvaise réponssssse... je le crains, souffla Rissk en s'approchant du sous-préfet, j'ai de mon côté quelque chose que vous auriez dû prendre en compte depuis le début de votre carrière... le sssssoutien du peuple.

          Il pouvait déjà entrevoir la crainte s'insinuer dans le regard noir du dirigeant de l'endroit. Mais le Trandoshan voulait enfoncer le pieu encore plus loin.

          - Qu'avez-vous à offrir à ces gens ? Rien. Malheureusement pour vous, sssssela ne joue pas en votre faveur, rajouta t-il en rectifiant les plis de sa tenue, rendez vous à l'évidenssssse, votre salut se trouve désormais dans l'exil... c'est la dernière fois que je vous offre cette chanssssse. Prenez vos assssssociés avec vous et ne revenez pas.

          Le sous-préfet manqua de grincer des dents, tous ces sifflements commençaient à l'agacer. Soudainement, il se redressa et afficha un petit sourire en coin, regardant par dessus l'épaule du Trandoshan.

          - Trassk... tu tombes bien... tu vas finalement pouvoir te racheter en me débarrassant de cette vermine ! Son cadavre servira d'avertissement pour la populace.

          Rissk ne se retourna même pas, il pouvait sentir sur nuque écailleuse le souffle chaud de son congénère. Il s'était approché silencieusement, comme un assassin prêt à accomplir sa mission. Trassk semblait hésiter entre son devoir et ce qu'avait sous-entendu le Baron lors de leur petite discussion. La lame glissa hors du fourreau, prête à servir. Le T'doshok crapuleux avala silencieusement sa salive, juste avant de voir une dague se planter dans la tête empaillée du Tuk'ata, placée derrière Sconcebois. Le visage de ce dernier devint blême. Il faisait moins le malin à présent !

          - Hmpf... je... balbutia l'homme, mal à l'aise, je...

          - Bien ! Voilà qui conclut donc les négosssssiations, ajouta pour tout commentaire Rissk sur un ton railleur, je ne ssssssais pas pour vous, mais j'ai une gorge à désaltérer... j'imagine qu'ouvrir un bon whisky sssssera l'occasion de fêter notre accord. Que... ?

          Alors qu'il se retournait, une bonne bouteille à la main -il s'était permis de fouiller dans le mini-bar- il constata que Sconcebois avait disparu. Évanoui. A la place, la bande des représentants, le vieux en tête, qui semblaient perplexes. Trassk de son côté, s'était adossé à un mur et ne cachait pas son amusement. Voilà qui rendait la situation particulièrement gênante... pour ne pas dire cocasse. Il jeta un coup d’œil du côté de la tête empaillée, qui semblait être le centre de l'attention.

          - Bah ! Elle ssssss'en remettra ! Que diriez vous de profiter d'une bonne bouteille messieurs dames ? Il ssssss'agit d'un des meilleurs whisky de toute la galaxie.

          - Sconcebois s'est enfuit avec ses comparses ! Et ils sont partis avec des provisions et la majorité des tas de boulons ! annonça la Twi'lek, furieuse, allons nous les poursuivre ?

          - Non.

          - Il mérite de mourir ! Il nous faut venger nos morts ! rajouta l'Abyssin pour appuyer sa camarade.

          - J'ai dis non. Pas de règlements de compte.

          - Donc on le laisse partir ? Vous avez passé un accord avec cette crapule ? C'est ça ?

          L'Abyssin était virulent dans ses propos, mais il fut rapidement calmé par le vieux du groupe, qui manqua de s'étouffer une nouvelle fois en haussant la voix.

          - Il suffit ! Cesses tes accusations Monr ! Elles sont infondées et graves. Le Baron a raison. Si nous ne voulons pas d'ennuis avec la Confédération des Systèmes Indépendants, il vaudrait mieux rester dans le droit chemin.

          - Occupez vous de vos morts, des funérailles dignes de ce nom sssssseront organisés en leur honneur, lâcha finalement le T'doshok afin d’apaiser les tensions, il me reste encore une chose à régler. Trasssssk viendra vous chercher pour officialiser la nouvelle adminisssstration, dont vous ferez parti, bien sûr.

          ~~~


          De la paperasse... encore de la paperasse... toujours de la paperasse. Visiblement, Sconcebois était négligé quand il s'agissait de travailler. Rissk trouva même des documents tâchés avec qu'il semblait être du café, ou peut-être bien du whisky. Il n'ira pas renifler les papiers en question pour être sûr de ce qu'il supposait. Le Trandoshan croisa les bras en s'enfonçant confortablement dans le fauteuil en cuir, imaginant déjà ses futures journées dans ce bureau. Oh bien sûr, il faudrait bazarder toute cette décoration qui reflétait le manque de goût de l'ancien sous-préfet. Pourquoi pas offrir toutes ces cochonneries aux colons ? Après tout, s'il pouvait faire quelques heureux... en commençant par cette vilaine tête de Tuk'ata qui l'observait avec un air mauvais depuis un bout de temps !

          Il se redressa en s'étirant, les membres engourdis par cette longue attente. Attente durant laquelle il avait beaucoup réfléchi. Bon... il lui fallait contacter les séparatistes désormais. Il savait ce qu'il avait à dire, mais avant...
          Le Trandoshan avala d'un trait le reste de son whisky, avant de reluquer avec insistance les cigares qui patientaient tranquillement dans leur étui. Quelle aubaine ! Alors que sa main se dirigeait vers l'étui, il s'arrêta. Il devait d'abord se présenter à la CSI. Le Baron pianota donc sur la console durant quelques minutes, avant de finalement lancer le message holographique. Il acheva de se rendre impeccable en époussetant une dernière fois ses habits, canne sous le bras. Il se racla la gorge.


          - Bien le bonjour. je sssssssuis le Baron Rissk, nouvellement introduit au poste de ssssssous-préfet de Korriban... introduisit le T'doshok sereinement, avant de continuer sur sa lancée, mon prédécesssssseur a eu quelques difficultés à assumer pleinement ses fonctions (un rapport arrivera dans les plus brefs délais) et la colonie ssssssouffre actuellement de problèmes de ravitaillement.
          Au nom de vos... nos concitoyens inssssssstallés sur la planète, j'aimerais pouvoir m'entretenir avec vous afin de régler les problèmes qui affectent actuellement la population.
          Vous pouvez d'ores et déjà compter ssssssur notre entière collaboration. Je me tiens à votre entière disposition.

          Amicalement, Baron Rissk. Sssssssous-préfet de Korriban.

          Fin de transmissssssssion.


          Une fois le message envoyé, Rissk put enfin s'adonner à son passe-temps préféré. C'est donc avec la satisfaction du "devoir accompli" qu'il savoura son cigare, en profitant de la vue que lui offrait la baie vitrée. Le Trandoshan posa son regard sur la vallée des Seigneurs Noirs, envahi par un étrange sentiment. Il en aurait bientôt le cœur net. Il jubilait déjà à l'idée de pouvoir fouler ces terres inconnues. Mais pour le moment, il avait de la paperasse à rédiger et à consulter.

          J'aime quand un plan ssssssse déroule ssssssans accroc !

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            Post n°8
            Auteur : Maar Shane

            L'espace autour de Korriban.
            Dans une zone jusqu'alors vide se matérialisèrent quatre vaisseaux. Un croiseur Naboo, le Bifrost, escorté de deux mains invisibles, Lakshmi et Parvati, et d'une frégate mugnificent, Nandi. tous les quatre arboraient les couleurs de Cato Neimoidia.

            A l'intérieur du Bifrost, une jeune togruta tape discrètement à la porte d'une cabine.

            -Madame? Madame, nous arrivons en vue de Korriban. Nous allons bientôt atterrir.

            Un instant de silence avant qu'une voix étouffée ne réponde:


            -Bien, j'arrive.

            Il y eut un léger remue-ménage derrière la porte, puis cette dernière s'ouvrit, laissant apparaître la silhouette élancée et le visage bien connu de Maar Shane.

            -Allons-y. Voyons voir de quoi a l'air cette planète de sinistre réputation.

            -Madame, si je peux me permettre, ce n'est pas une bonne idée... Ça pourrait être dang...

            -Ah non, Sinnka! Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi! J'ai bien assez d'Eon qui me rabat les oreilles avec ça.


            La togruta se tut alors, mais dans un silence renfrogné qui montrait bien sa désapprobation pour ce que sa patronne envisageait. Les deux femmes gagnèrent donc le poste de pilotage dans un silence pesant. Silence qui semblait plus déranger Sinnka que la préfète.
            Dans la cabine, le pilote et son copilote étaient en communication avec les vaisseaux d'escorte et avec la planète pour finaliser leur voyage.
            Derrière eux, le chevalier d'Eon faisait les cent pas, visiblement contrarié. En apercevant les nouvelles venues, il s'approcha et ouvrit la bouche pour parler.
            Maar l'arrêta avant que le moindre son n'en sorte. Main levée, son plus charmant sourire plaqué sur son visage.


            -Je sais, Chevalier, je sais. Tout ceci est une folie, c'est me jeter dans la gueule du loup (ou du Trandoshan en l'occurrence). Vous ne pourrez pas assurer ma sécurité sur le sol de cette planète. Sans compter que nous ne savons pas dans quel état nous allons la trouver. Il y a peut-être une insurrection en cours, etc.
            Ma décision est prise, inutile de revenir là-dessus, vous n'arriverez qu'à me fâcher.
            Je descends au sol avec le Bifrost et la navette de Lakshmi transportant le matériel et les provisions transportées par le vaisseau. Vous en assurer la distribution équitable avec l'aide de qui que ce soit qui aura encore de l'autorité sur place, et sous la garde de quelques-unes de nos troupes. Moi, je me rends avec Sinnka à la sous préfecture pour rencontrer ce soit-disant "Baron Rissk".
            Non, je n'emmène pas plus de troupes et non, les vaisseaux d'escorte n'approcheront pas plus de Korriban. Nous ne venons pas envahir, nous venons prendre la mesure de cette rébellion et aviser des suites à donner à cette affaire.
            Quant à ma sécurité... Je pense que tout le monde au sol aura conscience de la présence de trois vaisseaux de guerre en orbite. Cela devrait décourager toute idée de mauvaise action à mon encontre.
            La question est close. Quand atterrissons-nous?


            A ces mots, le pilote et le copilote s'activèrent de plus belle et entamèrent finalement la descente vers le sol de Korriban.
            La navette se posa avant le Bifrost, à quelques mètres de ce qui tenait lieu de ville au milieu de la désolation qu'était Korriban.
            Un petit comité d'accueil les attendait déjà.
            Certaines personnes de cette foule semblaient prêtes à se servir des armes qu'elles paradaient qui à la ceinture, qui à la main.
            Mais la cinquantaine de droïdes armés qui descendit en premier de la navette doucha l'enthousiasme des plus virulents.

            Qu'en pensaient les "officiels" qui attendaient surtout l'envoyée de la CSI? Ils ne montraient pas beaucoup d'expression sur leurs visages pour le moins... exotiques.
            Les droïdes de la CSI commençaient à décharger des caisses de la navette, pendant que le Bifrost achevait son atterrissage. Sa passerelle s'abaissa pour laisser la voie libre à ses passagers.
            D'abord deux rangées de quatre gardes Neimoidiens, puis le Chevalier d'Eon, enfin, suivie de Sinnka, Maar Shane drapée dans une de ses magnifiques robes officielles. (Une robe sans aucun doute bien trop lourde et chaude pour Korriban, mais qui avait l'avantage de permettre la dissimulation de son petit blaster personnel.)
            Eon attendit qu'elle ait posé le pieds sur le sol de Korriban pour la précéder jusqu'au groupe composé du Trandoshan qu'ils venaient voir, d'un abyssin et d'une humaine. Plus deux miliciens qui restaient en retrait.
            Eon s'arrêta devant eux et pris la parole d'une voix sèche. Tout dans son attitude montrait qu'il ne faisait absolument pas confiance aux gens qui lui faisaient face. Et il faisait en sorte de bien leur faire voir l'arme à sa ceinture, pour les dissuader de toute attaque à l'encontre de sa préfète.
            Préfète qui, à l'opposé, approchait toute grâce et tout sourire.


            -Maar Shane, Préfet de Cato Neimoidia, souhaite rencontrer monsieur Rissk au nom de la CSI, annonça le Chevalier d'une voix forte.

            Sur ces mots, Maar adressa un (toujours gracieux) signe de tête au grand lézard, même si, intérieurement, elle était loin d'être aussi sereine. Cet inconnu qui s'était autoproclamé sous préfet de Korriban appartenait à une race qui était célèbre, notamment, pour ses activités d'esclavagistes, ce qui remuait de mauvais souvenirs du douloureux passé de la Clawdite... souvenirs qui, à leur tour, agitaient la paranoïa rampante de Maar et risquaient de compromettre l'entrevue qui s'annonçait.

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              Post n°9
              Auteur : Baron Rissk

              Rissk était face à la baie vitrée, le regard perdu dans le décor. Cela faisait plusieurs jours déjà qu'il avait envoyé Trassk en mission et il n'avait toujours aucune nouvelle. Ni de lui, ni de ses hommes. Ils s'étaient peut-être perdus, ou bien ils étaient peut-être tout simplement morts. Bien que la situation soit préoccupante, elle n'était pas prioritaire. De toute façon, le Baron n'avait pas encore les moyens d'agir plus en profondeur. Et on venait de lui signaler l'apparition d'une flotte dans l'espace de Korriban. Le Trandoshan regrettait de ne pas avoir de quoi se vêtir plus élégamment. Il n'avait pas encore eu le temps de garnir sa garde-robe.
              Sans perdre plus de temps, il allât donner ses directives aux miliciens. Ceux-ci avaient pour ordre de ne pas montrer un quelconque signe d’agressivité, afin de permettre le bon déroulement des évènements qui allaient suivre. Une fois sûr et certain que les membres de la MPK se tiendraient à carreau, il s'autorisa à sortir pour observer plus en détail l'arrivée des deux vaisseaux dépêchés à la surface de la planète.
              Une fois à terre, la navette en profita pour vomir un flot de droïdes B1. Rissk n'arrivait pas à les compter, quarante, cinquante peut-être ? Quoi qu'il en soit, les colons se tenaient à distance respectable, histoire de ne pas avoir d'ennuis. Les deux miliciens qui gardaient l'entrée de la sous-préfecture en auraient presque lâché leurs armes, ils étaient visiblement mal à l'aise. La nervosité était palpable.

              Et pourtant, le Baron semblait indifférent. Il n'était pas impressionné, loin de là. Il avait déjà assisté à de telles démonstrations de force sur Nar Shaddaa, où les Hutts avaient l'habitude de se déplacer avec un nombre assez important de gardes du corps et autres fripouilles armées. Les unités de combat formaient un périmètre de sécurité, avant de commencer à décharger la cargaison que transportait la navette. Il devait sûrement s'agir du ravitaillement, ce qui soulagea en grande partie les colons. L'attention du T'doshok fut rapidement captée par l'apparition d'une ravissante femme, entourée de ses gardes. Il devait s'agir d'un membre important de la CSI. Une supposition qui se révéla rapidement exacte.

              Le lézard bipède détailla durant un instant le Préfet. Il devait avouer qu'elle avait bon goût. Même s'il trouvait que la matière portée -bien que lui allant à merveille- allait sûrement lui donner très chaud sur cette planète désertique. Quoi qu'il en soit, Rissk semblait déjà partagé. Le fait qu'elle ne se présente pas directement ne jouait pas en sa faveur, elle semblait méfiante. Alors que le Baron s'apprêtait à ouvrir la bouche pour se présenter, un ballon en cuir sorti de nulle part allât rebondir sur sa tête et manqua de lui arracher un cri de surprise. Une bande de gosses ne tarda pas à se présenter devant lui et c'est en leur souriant qu'il leur renvoya le ballon à l'aide d'un coup de pied (un peu maladroit il faut l'avouer). Une fois l'incident passé, le Trandoshan rectifia machinalement les plis de sa tenue avant de se retourner vers Maar.


              - Les enfants n'arrêteront jamais de me ssssssurprendre, lâcha doucement le Baron pour détendre l’atmosphère, avant d'exécuter une révérence pour le moins élégante, canne à la main, Baron Risssssk, à votre sssssservice. Je me permets de vous présenter Monr, adminisssssstrateur en second, et Yen, mon assisssssstante. Si vous voulez bien prendre la peine de me ssssssuivre...

              Le T'doshok s'engouffra dans le bâtiment, suivi de prêt par ses collaborateurs. Ils traversèrent la pièce principale, occupée par quelques miliciens bavards avant de monter les escaliers pour rejoindre le bureau du sous-préfet. Les couloirs étaient vides mais l'on pouvait entendre dans les différentes pièces des discussions. Il devait sûrement s'agir du reste de l'équipe administrative de Rissk.

              - Ne faites pas attention au manque apparent de décorassssssion... s'excusa t-il par avance en rentrant dans le bureau, j'ai décidé d'offrir aux colons tout sssssse qui était inutile à mes yeux. Monr, Yen ? Pouvez-vous apporter des chaises à nos invités ?

              Et en effet, la pièce qui servait d'antre au Trandoshan était relativement vide. Le mini-bar -presque totalement vidé de ses contenants- le bureau et le fauteuil dans lequel s'enfonçait actuellement l'hôte étaient à peu près les seuls éléments de décor. L'Abyssin et la muette revinrent avec des chaises, qu'ils déposèrent en souriant de manière étrange aux invités, avant de repartir. Le lézard profita de ce court instant pour rassembler en un tas propre tous les rapports de disparition qui traînaient sur le bureau. La pile fut déposée sur un coin de table, à la portée de Maar. Après tout, Rissk n'avait rien à cacher, si elle voulait y jeter un coup d’œil, elle n'avait qu'à se servir.

              - Puis-je vous offrir quelque chose ? Un Whissssssky ? Du vin ? Un thé peut-être ?

              Le Trandoshan afficha un air faussement inquiet, ses griffes tapotant doucement le bureau. Il jouait la comédie à la perfection. Et pourtant, il allait dire la vérité, ce qui semblait être plutôt ironique en y repensant.

              - Bien... je sssssssupose que j'ai beaucoup d'explications à vous fournir... mais il me sssssemble que les faits parlent d'eux-mêmes. Votre sssssous-préfet -sans vouloir vous manquer de resssspect- n'a visiblement pas bien saisi l'importansssse de son rôle au sein de cette communauté. Et aujourd'hui, nous nous retrouvons au bord d'une situation de crise... annonça avec gravité le Baron, le regard braqué sur Maar, en fait, il se peut même que nous ayons déjà le pied dedans. Nous avons dû insssssstaller en urgence une infirmerie suite à de nombreux malaises. Ces gens que je représente ssssont inoffensifs, ils ont juste fait ce qu'il fallait faire pour assssssurer la survie du plus grand nombre. Les plus endurcis ssssse privent pour les plus faibles depuis plusieurs jours et je ne vous parle même pas de l'état de certains de nos colons...

              Néanmoins... je tenais à vous rasssssssurer, votre "représentant officiel" se porte bien. Je l'ai laissssé partir sous bonne escorte. Il doit être quelque part dans le désert à l'heure qu'il est, ssssi vous tenez à le récupérer.

              Ssssssi la CSI est réellement ce qu'elle prétend être, j'esssspère que vous ressssspecterez le choix de nos concitoyens.


              Rissk avait été assez direct. Il passa une main sur sa nuque, avant de la grattouiller doucement. Ses yeux de reptile semblaient captivés par l'apparence physique du préfet de Cato Neimoidia. Il se retint de sourire. Il en était sûr, l'entrevue allait être intéressante.

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                Auteur : Maar Shane

                Maar avait observé les premiers gestes de ce "Baron Rissk" qui se voulait sous-préfet de Korriban.
                La scène du ballon lui avait arraché un léger sourire. Les enfants étaient, en effet, des sources inépuisables de scènes de ce genre : fraiches et touchantes. Tout le contraire du Trandoshan, du moins à première vue.


                On ne juge pas un livre à sa couverture... qui sait ce que ce lézard nous réserve...

                Maar, Sinnka et Eon (toujours aussi nerveux, voire plus) entrèrent dans la sous-préfecture à la suite de Rissk et finirent par atteindre un bureau très... dénudé.
                Rien à voir avec le Palais Royal de Cato et sa décoration chargée.

                Là, Maar déclina le plus poliment possible la proposition de rafraichissement.

                -Je vous remercie, mais, pour des raisons de santé, je ne peux pas boire en dehors des repas.

                Enfin, on entra dans le vif du sujet. On en vint à la raison pour laquelle Maar était venue. La prise de pouvoir par le Baron et la crise, peut-être plus complexe qu'une simple crise politique, au final. Le Trandoshan avait parlé de malaises. C'était rarement bon signe.
                Enfin, il en avait fini avec son discours.


                -La CSI est ce qu'elle est : elle a avant tout à coeur le bien de ses concitoyens.
                Vous avez parlé de malaises. Avez-vous besoin d'une aide médicale, également?
                Quand à notre... représentant... la CSI n'aime pas ceux qui la servent mal. Si réellement il est coupable, je doute que son sort inquiète qui que ce soit...
                Vous ignorez peut-être que j'ai moi-même succédé à un préfet incompétent et corrompu. Qui avait laissé ma planète en bien mauvais état. Et, tout comme vous prétendez le faire, j'ai travaillé sans relâche pour redresser Cato Neimoidia et améliorer la vie de ses habitants.
                La grande différence, c'est que j'ai été légalement élue, au cours d'une élection sanctionnée par la Confédération, je n'ai pas pris le pouvoir par la force.
                Une telle action, quelles que soient les raisons qui l'ont motivée, crée un précédent dangereux. Les risques de voir d'autres coups d'état de ce genre, ici même ou sur d'autres planètes, si nous ratifions maintenant votre accession au poste de sous-préfet, ne sont pas à négliger.
                Éclairez donc ma lanterne, monsieur Rissk : à quel point en est exactement la situation désespérée de la colonie, quelles sont ces raisons qui vous ont poussé à agir, et qu'est-ce qui justifierait que la Confédération vous accorde sa confiance plutôt que de vous envoyer immédiatement réfléchir au sens de la vie dans une cellule sur Stygeon Prime?


                Son propre discours s'achevait. Elle s'était montrée brève et, elle l'espérait, ferme et sévère. Elle n'aimait pas particulièrement les relations interplanétaires. Elle n'était plus sur son terrain, elle ne maîtrisait pas tous les tenants et les aboutissants, et tout cela la déstabilisait quelque peu. Bien qu'elle n'en montre rien, évidemment.

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                  Post n°11
                  Auteur : Baron Rissk

                  Ferme et tout aussi directe que lui. Voilà qui était intéressant et particulièrement apprécié par le Trandoshan. Il n'aimait pas vraiment les sous-entendus et les hypocrisies, bien qu'expert en la matière. Il s'enfonça doucement dans son fauteuil en cuir et croisa ses mains griffues sur son ventre et se retint de justesse de rire. Sa langue vint lécher ses babines un instant.
                  Il aurait été mal vu de qu'esquisser ne serait-ce que l'ombre d'un sourire en présence d'une femme dont les intentions pouvaient se révéler belliqueuses à son égard à tout moment. Le T'doshok se lança alors dans un discours engagé et tout à fait préparé depuis quelques heures. On ne s'improvisait pas politicien et l'idée de finir dans une cellule miteuse acheva le lézard bipède de se montrer convainquant.


                  - Je comprends tout à fait votre point de vue Madame... Mais comprenez bien de votre côté que je ne me ssssssuis pas présenté à ce poste de mon plein-gré, ce sssssssont nos concitoyens qui ont décidé de me propulsssser à la tête de cette planète.
                  Les conditions de vie sur Korriban ssssssont pour le moins... catastrophiques. Les malaises ne sssssont qu'un problème parmi tant d'autres. Quelques dizaines de colons sssssont portés disssssparus. Certains depuis quelques mois, d'autres plus résssssemment. Ce qu'il faut comprendre, c'est que c'est tout un ensssssemble d'éléments qui ont fait de la populace un mouvement révolté et déchaîné contre "mon prédécesssssseur".


                  Il était étonnant de voir à quel point il arrivait à déformer la vérité à son avantage, même si dans l'ensemble, son "discours" se basait sur des faits réels et avérés. En fait, Rissk s'étonnerait toujours... Et il aimait bien se surprendre encore et encore. Un bip sonore insistant se fit entendre dans la pièce médiocrement meublée et tira le Trandoshan hors de ses pensées. La petite silhouette holographique d'un milicien fit son apparition sur le bureau du dirigeant auto-proclamé.

                  / - Désolé de vous déranger Monsieur le Baron mais l'équipe des recherches est enfin revenue... Trassk a trouvé un survivant et requiert votre présence à l'infirmerie afin de vous faire son rapport. /

                  Le message s'arrêta brusquement en laissant un lézard particulièrement perplexe sans réponse... Du moins en apparence. L'occasion était trop belle pour être gâchée et le T'doshok ne le savait que trop bien.

                  - Et bien... comme vous le voyez, les affaires reprennent ! Et tant que votre désssssision ne sera pas prise, j'occuperais mes fonctions. Bien évidement, je vous invite à me ssssssuivre afin de comprendre la gravité de la ssssssituation... Car il est difficile de pouvoir prendre une quelconque désssssision depuis un bureau.

                  Sur ces dernières paroles "solennelles", le Baron se redressa et dévoila à nouveau son imposante stature. D'un geste machinal de la main, il en vint à dépoussiérer ses épaules avant de se saisir de sa canne. Il ignora le regard méfiant et particulièrement mauvais du garde du corps de la fonctionnaire séparatiste et quitta son bureau -non sans avoir attendu avec politesse son invitée-.
                  Dehors, les gamins avaient déserté les rues et un vent chaud venait caresser la peau de ceux qui se trouvaient à l'extérieur des bâtisses. Un silence inquiétant régnait dans la colonie et alourdissait la tristesse qui se dégageait des maisons dont les murs commençaient à s'effriter. La chaleur était particulièrement difficile à supporter à cette heure-ci de la journée et seuls les unités de combat de la CSI semblaient ne pas en souffrir. Après quelques minutes de marche, durant lesquels Rissk expliqua à la Préfète qu'il avait fait rationner les provisions et qu'il s'était chargé de réorganiser la distribution des denrées, le cortège arriva enfin en vue de ce qui semblait être l'infirmerie de la colonie. Il s'agissait là du plus grand bâtiment du coin après la cantina et la sous-préfecture. A quelques pas de l'entrée de l'infirmerie improvisée, un milicien expliquait à son fils que sa mère s'en sortirait et qu'elle avait juste besoin d'un peu de repos.
                  La douzaine de lits de l'établissement était occupée par des patients pris en charge par quelques bénévoles, le plus souvent amis ou voisins. Quelques murmures parvinrent avec peine aux oreilles des nouveaux arrivants. On leur prêtait à peine attention. Les patients retenaient l'attention du personnel soignant improvisé. Et pourtant...
                  L'atmosphère pesante de l'endroit, déjà bien pénible à supporter, n'était pas en reste avec les hurlements qui s'échappaient de la pièce adjacente à la salle de repos. Un homme se débattait sur son lit, retenu par un duo de miliciens qui tentaient avec peine d'attacher les membres du fou furieux avec quelques ceintures de fortune. Il avait l'air d'un démon avec ses yeux injectés de sang et l'écume qui s'accumulait sur ses lèvres. Trassk donnait ses ordres et tentait vainement de calmer l'homme.


                  - Quelqu'un peut me dire ce qu'il sssssssse passsssse ici ? Demanda soudainement le Baron en pénétrant dans la pièce. Il ne me semble pas avoir vu sssssse visage auparavant...

                  Le Trandoshan responsable de la MPK se retourna alors vers son camarade et s'inclina respectueusement en constatant qu'il n'était pas seul. Il ne s'attendait visiblement pas à ce que le Baron soit accompagné de la sorte. Il devait sûrement s'agir de personnes importantes... Il fit donc un topo rapide de la situation à tout ce beau monde.

                  - Bien vu. Il n'est pas l'un des nôtres. On l'a surpris en train d'errer aux alentours de la Vallée. Sûrement un pillard... Mais il a un comportement étrange, en nous voyant arriver, il s'est jeté sur nous. Ses propos sont complètement incompréhensibles. Il nous a répété à de nombreuses reprises qu'il fallait craindre son courroux, qu'il était un puissant Seigneur Sith et qu'il allait nous punir. Je crois que le soleil lui a grillé quelques neurones et je me demande encore comment il a fait pour tenir aussi longtemps... Le bipède s'empara alors d'un datapad qu'il tendit au sous-préfet auto-proclamé. On a trouvé ça sur lui, ça peut peut-être nous informer sur ce qu'il s'est passé...

                  - Hmm. Bien... Voilà qui est sssssurprenant. Des nouvelles des dissssparus ?

                  - Mes hommes et moi avons bien quelques pistes, mais on nage dans le flou... On a même pas retrouvé un seul corps ! Lâcha avec mécontentement le combattant T'doshok.

                  Voilà qui est bien embêtant... Esssssayez de nous dégoter un sssssspécialiste capable de décrypter ces données. Ssss'il y a du nouveau, informez moi. Ordonna avec simplicité le Baron avant de se retourner vers Maar et sa clique. Une fois à l'extérieur du bâtiment, le Trandoshan entreprit alors de briser le silence. Une aide logissssstique de la CSI ne ssssserait pas de trop pour nous aider à retrouver nos dissssssparus... J'espère que vous comprenez un peu mieux la sssssituation dans laquelle nous nous trouvons actuellement Madame. Certains ici ssssse questionnent et attendent beaucoup de la CSI... C'est notre devoir de les ssssoutenir et à mes yeux, seul un individu bien renseigné sur les dangers de Korriban et proche de sssssa populace peut s'en sssssortir ici. Car les dangers ne manquent pas... Entre l'environnement hosssssstile, les bêtes féroces et les pilleurs occasionnels...

                  Et le Côté Obscur... toujours très présent et influant sur cette planète. Mais le lézard bipède gardait cette information pour lui, pour le moment. La colonie n'avait pas besoin de subir d'un nouveau mouvement de foule... Nul doute de nombreux colons finiraient par se ruer vers les vaisseaux séparatistes s'ils apprenaient la vérité à propos des ruines en contrebas. Il ne resterait alors que les plus courageux, ou ceux qui ne se voyaient pas s'installer sur une autre planète... Rissk perdrait alors en influence et surtout... Une précieuse main d’œuvre lui serait ôtée. Un tel scénario ne devait pas se produire. Les liens entre les membres de la colonie étaient forts, mais le Trandoshan se devait de les renforcer encore plus. Et il espérait bien obtenir le soutien de la Préfète pour cela. Après tout, une fracture sociale au sein de la population ne serait pas bénéfique, ni pour Rissk, ni pour la Confédération des Systèmes Indépendants.

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                    Auteur : Maar Shane

                    Un bureau dénudé sous les coups brûlants du soleil de Korriban.
                    Une rencontre qui s'était annoncée plutôt tendue avec un individu interlope qui avait usurpé la place de sous-préfet à l'envoyé de la CSI. Certes, l'évincé ne donnait pas satisfaction, mais ce n'était pas une raison pour tolérer que n'importe quel pékin venu s'arroge le droit de s'asseoir dans un fauteuil qui ne lui était pas attribué.
                    Et même si jusqu'à présent, tout s'était étonnamment bien passé, le chevalier d’Éon restait particulièrement tendu, sa paranoïa aiguë lui interdisant tout relâchement.
                    Tout au long de l'entretien entre la Préfète et le sous-préfet putatif, Éon s'était concentré sur le Trandoshan, et, s'il n'avait rien trouvé à redire à son discours, il n'en restait pas moins convaincu que le lézard leur cachait des choses. Au mieux, il était un arriviste opportuniste, au pire, un comploteur qui représentait un danger pour la CSI et, pire, dans l'immédiat, pour Maar Shane.
                    Maar, justement, s'apprêtait à nouveau à répondre quand un message très opportun les interrompit.
                    Ce message tombait à pic, vraiment trop à pic pour que le soupçonneux Ser de l’Épée de Cato Neimoidia. Rissk aurait voulu faire une diversion qu'il n'aurait pas mieux fait.
                    Et à voir la légère tension dans les épaules de Maar, la Préfète était du même avis. Au moins, elle ne se laissait pas convaincre par les paroles doucereuses de leur hôte.
                    Elle ne se leva pas moins gracieusement à l'invitation du Baron et le suivit jusqu'à l'infirmerie.

                    En entrant dans le bâtiment et en voyant les conditions des malades et des blessés, Éon grinça des dents (très discrètement bien sûr). Il connaissait bien sa Préfète, et il n'avait aucun doute sur le fait qu'elle allait prendre des mesures pour leur venir en aide, quitte à laisser un peu trop de marge de manœuvre à Rissk.
                    Mais le spectacle qui les attendait dans la deuxième salle rendait les inquiétudes du Kiffar ridicules. Déjà, il y avait un deuxième Trandoshan, et Éon se plaça l'air de rien à côté de Maar. Au cas où, on ne sait jamais, n'est-ce pas ?

                    Maar resta interdite devant le « rescapé », qui n'avait pas l'air très en forme, à vrai dire. Les explications du deuxième lézard mirent un certain temps à percer les interrogations (et les inquiétudes) que la situation soulevait. Elle se sentait oppressée. La mention de Sith ne lui disait rien qui vaille, même si elle n'était pas très calée sur tout ce qui touchait à la Force. Elle savait tout de même que les zélateurs du côté obscur étaient réputés violents, et qu'ils avaient causé tout récemment des troubles sur plusieurs mondes séparatistes.

                    Une fois dehors, Maar prit une grande inspiration. Il était temps de trancher. Et si elle n'aimait pas vraiment la situation, il lui semblait que, pour le bien des colons de la planète, il allait falloir accepter l'intronisation de l'inquiétant personnage .


                    -Bien, monsieur Rissk. Il apparaît que vous n'avez pas exagéré la situation sur Korriban. Il se pourrait même que vous l’ayez minimisée. Je vais tout de suite faire venir une aide médicale supplémentaire. Je peux également laisser à disposition de la colonie une partie de mes troupes, pour aider aux recherches.
                    Pour ce qui est de votre... position... soyez bien conscient que ce que je vais vous annoncer ne sera effectif qu'une fois ratifié par les autorités de la CSI. Je pense que nous pouvons vous accorder le bénéfice du doute. Vous conservez donc pour l'instant le statut de sous-préfet. Mais vous serez surveillé, monsieur Rissk. Ayez toujours à l'esprit les intérêts de vos concitoyens et ceux de la CSI.
                    Veuillez m'excuser un instant, j'ai des ordres à donner concernant vos malades.


                    Maar s'éloigna, suivie d’Éon qui, dès qu'il furent assez loin, voulut parler. Elle ne lui en laissa pas le temps.

                    -Oui, Éon, je sais. IL y a dans cette affaire des zones d'ombre qui nous incitent à la prudence. Mais il y a aussi une situation sanitaire critique qui doit primer sur le reste. Cet individu ne m'inspire pas confiance, mais chercher à le débouter n'apportera que des problèmes supplémentaires à une colonie qui semble en avoir déjà beaucoup. Il vaut sans doute mieux laisser courir et les aider de notre mieux. De plus, en leur venant en aide, en leur fournissant vivres, médicaments et aide, nous aurons une certaine influence qui contrebalancera d'autant le pouvoir de ce Trandoshan.
                    Et pendant ce temps, vous allez mener des recherches sur ce qui a bien pu se passer ici et le rapport que cela peut avoir avec les Siths.

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                      #13

                      Post n°13
                      Auteur : Baron Rissk

                      Alors ainsi c'était fait. On venait de le nommer officiellement Sous-préfet de Korriban. Le T'doshok jubilait silencieusement, il aurait aimé organiser une réception, se vautrer dans l'or, boire sans retenue... Mais les conditions actuelles ne le permettaient pas. Et le lézard bipède savait pertinemment que la dirigeante de Cato Neimoidia garderait un œil sur lui. Le visage inexpressif de la jeune femme ne trompait pas. Elle se méfiait de lui, et à juste titre, même s'il ne savait pas réellement pourquoi. Les nouvelles menaces à peine voilée qu'elle lui adressa confirmait la chose. Le Baron haussa les épaules et arqua un de ses sourcils écailleux.

                      - Vous m'insssssssultez Madame... Je sssssuis au service de la Confédération des Sssssystèmes Indépendants... Et au ssssservice de nos compatriotes. Faites donc ce que bon vous sssssemble, nous n'avons rien à cacher. Lâcha alors le Trandoshan en prenant un air faussement vexé. Quoi qu'il en sssssoit, j'accepte votre aide avec joie, nos concitoyens sssssseront ravis d'entendre la nouvelle.

                      La Préfète trouva une excuse afin de s'éloigner du dirigeant autoproclamé. Nul doute qu'elle tenait à s'entretenir avec ses proches afin d'échanger ses soupçons ou ses craintes. Qu'elle fasse donc si cela lui chante. Il avait d'autres chats à fouetter. De toute façon, il n’appréciait pas vraiment les regards noirs adressés par le garde du corps de la belle. Pour qui se prenait-il celui-là ?
                      Rissk s'imaginait bien lui arracher les yeux avec ses griffes, avant de les lui enfoncer dans les narines. Oui, cela pouvait paraître barbare, sanglant, mais le Trandoshan n'était pas vraiment réputé pour ses œuvres de charité. Et pourtant... Il devait désormais s'engager dans des bonnes causes, afin de tromper la vigilance de ses ennemis, et des plus suspicieux, à l'instar de la Préfète. Un léger contre-temps pour ses projets, mais cela n'était pas un mal en soi. Cela lui permettrait de tisser sa toile, de trouver des collaborateurs, et de nouer des alliances avec d'autres politiciens.
                      Un vent chaud vint alors soulever la poussière qui s’agglutinait sur les toitures et persuada le lézard bipède de se mettre à l'abri. A peine eût-il le temps de rentrer dans la sous-préfecture qu'il fut interpellé par l'un des membres de son administration. On venait de recevoir un message prioritaire du palais préfectoral de Géonosis. Venait-on encore l'importuner et lui compliquer la tâche ? Possible. Quoi qu'il en soit, il allait bientôt connaître la teneur de ce message...

                      Quelques minutes plus tard.

                      Rissk avait rassemblé ses plus proches collaborateurs, à savoir Trassk, le Trandoshan dirigeant la Milice de Protection pour Korriban, et Monr, l'Abyssin administrateur en second. Installé dans son fauteuil en cuir, petit souvenir de son prédécesseur, le Baron écoutait pour la troisième fois le message séparatiste. Ses deux comparses vautrés dans des chaises bien moins confortables restaient de marbre, comme s'ils n'avaient rien à dire.


                      - Et bien messsssssieurs ? Je vous ai connu bien plus bavards et impliqués... Ricana alors le T'doshok en mordillant le cigare fumant qu'il avait en bouche. Vous allez devoir vous passsssser de moi pendant quelques temps il ssssemblerait. Je compte sur vous pour ne pas faire de bêtises en mon abssssssence.

                      Des rires s'échappèrent alors du bureau, tandis que la grise fumée du cigare imprégnait silencieusement les vêtements. Une bonne humeur semblait régner dans l'endroit, et le temps d'un instant, chacun oubliait les misères qui accablaient les colons. Toutefois, le moment que partageait les trois compères prit rapidement fin, lorsque le dirigeant récemment intronisé en vint à se gratter la nuque. L'heure n'était pas à la plaisanterie.

                      - Trasssssk, la Préfète de Cato Neimoidia a prévu de laissssssser sur place quelques troupes droïdes afin de vous asssssssister pour les recherches. La coopération de tes hommes est primordiale. J'esssspère que tu comprends.

                      - Je dois t'avouer que je suis perplexe à l'idée de voir de nouvelles unités mécanisées se pavaner dans nos rues, mais je prendrais sur moi. Annonça alors l'ancien bras droit de Sconcebois en jetant un coup d'oeil dehors.

                      - C'est tout à fait compréhenssssssible... Mais voyons le côté positif de la chose... Les unités de la Confédération des Ssssssystèmes Indépendants ne risssssquent pas de finir comme ce fou-furieux que tu nous as ramené. De ssssssette façon, tu vas pouvoir garder la milice à l'intérieur de la colonie. Continua alors le Trandoshan sur sa lancée, crachant au passage un nouveau nuage de fumée. Monr, je compte sur toi ausssssi pour ménager les colons. Il ne faut pas qu'ils voient l'arrivée de ssssssses droïdes comme l'annonce d'une nouvelle autorité répressssssive.

                      - Bien entendu. Répondit en tout simplicité l'Abyssin, dont l'unique œil lorgnait déjà sur la bouteille de whisky posée en évidence sur le mini-bar. A propos du "patient" délirant, qu'est-ce qu'on fait ?

                      - Bonne quesssssstion. Il est inutile de le garder plus que nécesssssaire parmi nous. J'imagine que l'on va pouvoir le remettre à nos compatriotes sssssséparatistes. Suggéra après un temps de réflexion l'imposant reptile, qui tirait toujours sur son cigare avec une certaine délectation. Bien, il est donc temps de sssssse dire au revoir messssssieurs.

                      Les trois aliens se saluèrent dans la bonne humeur avant de retourner à leurs activités respectives. A l'extérieur, des clameurs emplissaient toute la colonie. Une foule s'était amassée devant les caisses de ravitaillement. Visiblement, Maar avait tenu ses promesses. Les visages des colons affichaient de grands sourires, on pouvait même entendre ici et là les rires gras de quelques heureux personnages. La chaleur intenable de l'endroit ne semblait pas avoir d'emprise sur eux, et même les unités B1 de la CSI se révélaient être de simples observateurs. A croire que les craintes qu'ils avaient engendrés parmi la population n'avaient désormais plus d'emprise. Du moins... Temporairement.
                      Le T'doshok observait l'étrange scène en silence, sur les marches ensablées de la sous-préfecture. Même les miliciens, pourtant censés représenter l'autorité, s'impliquaient activement à la distribution des denrées. Une scène des plus comiques aux yeux du Trandoshan, qui n'avait pas l'habitude de voir autant de visages souriants. Jusque là, il avait surtout causé beaucoup de malheurs. Son rôle en tant que Sous-préfet lui demandait de faire l'inverse. Il lui faudrait s'habituer à un tel revirement.
                      Malgré l'écran de poussière soulevé par les piétinements incessants des colons, le Baron parvenait encore à repérer la représentante de la Confédération des Systèmes Indépendants. La tâche était rendue facile par la présence de la garde d'honneur, qui ne quittait pas d'une semelle la femme. Après avoir réajusté le col de sa veste, canne sous le bras, Rissk se présenta à la dirigeant de Cato Neimoidia, non sans afficher un sourire.


                      - Madame, je vous remercie encore d'avoir apporté votre ssssssoutien à notre colonie. Je n'ai jamais vu ces gens aussssssssi heureux. Je vous ssssssuis éternellement redevable. Commença doucement le dirigeant de Korriban afin de faire retomber les tensions. Pour une fois, il ne semblait pas s'agir d'une habile manœuvre de sa part. Nous venons de ressssssevoir un messssssage en provenance de Géonosis. Notre présence est requise sur la planète-capitale afin d'assisssssster à une réunion. Je ssssssais bien que nos échanges n'ont pas été des plus... amicaux, mais je me disais que peut-être vous auriez l'amabilité de me prendre à bord de votre vaissseau... ? Je vous serai encore reconnaisssssssant.

                      Il acheva sa conversation par une courbette, signe qu'il "respectait" la femme et la hiérarchie. Si le chevalier d'Eon émettait quelques réserves, il sembla tout de même que la Préfète accepta, bien que toujours méfiante.
                      Après avoir expliqué la raison de son départ aux curieux, il salua la foule et leur promit de revenir le plus vite possible. Certains s'empressèrent alors de le remercier vivement, comme s'ils n'allaient jamais le revoir. D'autres, plus timides ou réservés, se contentèrent simplement d'agiter la main et de sourire. Les enfants étaient de nouveau dehors, et s'amusaient déjà à grimper sur les caisses de provisions, sous le regard furieux de quelques parents soucieux.

                      Quelques instants plus tard, les deux vaisseaux séparatistes décollèrent et ne tardèrent pas à rejoindre le reste de la flotte, qui gravitait en orbite dans un silence morbide. Nul doute que Rissk reviendrait rapidement sur Korriban. Il était en train de développer un amour profond pour cette planète... Allez savoir pourquoi.


                      La suite. [lien]

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