Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #1

    Post n°1
    Auteur : Hivernus



    KABAIRA, dans le système Teilcam. Bordure Extérieure. Secteur de Bajic.


    Gravité : Standard.

    Atmosphère : Type 1 (respirable).

    Climat : Tempéré.

    Terrains : Océans. Îles volcaniques. Montagnes enneigées.

    Période de rotation : 23 heures standard.

    Population : 8 000 000 d'habitants. (Population à majorité humaine et avec une minorité Twi'lek.)

    Villes notables : Eponte (capitale planétaire).

    Exportations principales : Minéraux et métaux en tout genre. Poissons. Fournitures médicales.







    Le premier ministre de Kabaira se réveille en sursaut lorsque l’alarme se met à retentir dans le couloir. S’extirpant rapidement de son lit pour s’habiller, l’homme est interrompu dans ses affaires lorsqu’un garde se présente sur le seuil de la porte.

    - Monsieur le premier ministre, vous êtes attendu dans la salle de gestion des crises.

    - Oui… Oui… J’arrive. Laissez-moi juste deux minutes pour me préparer…

    Dans le couloir, des bruits de pas précipités résonnent d’un bout à l’autre tandis que les silhouettes affolées de nombreux passants se déplacent à toute vitesse dans le dos du garde. Alors que le premier ministre cherche de quoi se vêtir convenablement, quelques hommes en armes traversent au pas de course le couloir afin de rejoindre au plus vite la position qui leur a été assignée.

    - Je crains que nous n’ayons pas ce temps là devant nous, monsieur le ministre. Fait remarquer le garde. La guerre est sur nous.

    - Bon sang… Alors les rumeurs sont vraies… Soupire le dirigeant de Kabaira, troublé. Hivernus s’est enfin décidé à passer à l’acte.

    - Oui monsieur.

    - Très bien. Ne perdons pas de temps.

    Le Kabairan enfile un peignoir par-dessus son pyjama et suit le garde dans les couloirs de l’installation militaire. La forteresse fourmille d'activités, chacun essayant comme il peut de rejoindre son poste. Des dizaines de soldats défilent dans un sens ou l’autre tandis qu’ici et là, le personnel civil cherche le meilleur endroit où se réfugier. Le premier ministre est pour sa part conduit jusqu’à la salle de gestion des crises où divers officiers et officiels se sont déjà rassemblés autour d’une vaste table à projection holographique. La représentation virtuelle du système attire tout de suite l'œil du dirigeant de Kabaira… Les nombreux vaisseaux qui gravitent autour de la planète intimident volontiers notre homme par leur simple présence. Mais pour un vieux vétéran de guerre tel le major Groom, à la tête du contingent mercenaire de l’Association Natori sur Kabaira, une telle démonstration de force n’impressionne guère.

    - L’ennemi a adopté une formation de siège standard. Indique t-il, les mains croisées dans le dos. Il y a sept croiseurs de guerre positionnés au-dessus de Kabaira plus quatre canonnières corelliennes DP20 disposées aux entrées du système.

    - Sommes nous certains qu’il s’agisse de l’armada du seigneur de la guerre Hivernus ? Vient alors l’interroger l’un des nombreux représentants corporatifs présents autour de la table.

    - Affirmatif. J’ai reçu la confirmation que le “Poing de Pandore” commande la flotte. Répond Groom, impassible.

    Un frémissement anxieux s’empare de l’assemblée. Vaisseau-amiral de l’armada seigneuriale, ce croiseur de la classe Interdictor a été de tous les combats menés par le Chiss et s’est fait une petite réputation de terreur des océans galactiques après avoir participé à la destruction ou la capture de nombreux navires de guerre.

    - Si nous faisons bel et bien face au seigneur Hivernus et à sa terrible armada… Je me dois de savoir… Pouvons-nous nous attendre au soutien des flottes de l’Association Natori ? Demande un grand individu sec drapé dans de beaux atours, inquiet.

    - Sauf votre respect, conseiller Fardick, le seigneur Hivernus est connu pour ses actions rapides. Il n’a jusque là perdu aucun combat. Il en aura fini avec nous bien avant qu’une quelconque force de secours puisse nous venir en aide… Commente alors un Twi’lek à peau verte aux habits tout aussi somptueux que ceux de ses collègues corporatistes. Et quand bien même une force d’intervention arriverait à temps pour nous porter secours, je doute que l’issue du combat nous soit favorable. Après tout, la flotte du commandeur Zur a été anéantie par le seigneur Hivernus alors qu’il s’agissait d’une des plus puissantes forces du secteur. Il faut se rendre à l’évidence… Négocier semble être la meilleure solution.

    - Avez-vous perdu la tête, Staupias ? Enrage un autre. Nous n’avons aucune garantie qu’il tiendra parole !

    L’assemblée est prise d’une agitation soudaine au moment où chacun cherche à donner son point de vue sur la situation. Les différents représentants des puissantes corporations qui dirigent les affaires courantes de Kabaira en viennent rapidement à s’accuser de tous les torts, les uns cherchant à trouver un compromis avec le seigneur de la guerre, les autres fermement ancrés sur leurs positions. Bien évidemment, ces conflits puérils ne sont pas du goût du major Groome, qui décide de prendre les choses en main.

    - Du calme, du calme ! Un peu de tenue conseillers ! Clame l’officier haut et fort. L’heure n’est pas à la reddition. Cette installation militaire est protégée par un puissant bouclier qu’aucune armada ne sera en mesure de pénétrer et les défenses côtières sont tout à fait capables de déjouer toute tentative d’invasion terrestre. Par ailleurs, j’ai déjà mobilisé nos escadrons de chasseurs. Nous serons en mesure de repousser l’ennemi jusqu’à ce que les renforts arrivent.

    - Vraiment major ? Comment pouvez-vous en être certain ? Après tout, Zur était confiant quant à ses capacités à vaincre Hivernus… Et il en est mort. Réplique alors Staupias. Par ailleurs, je ne suis pas sûr que vos supérieurs nous envoient une quelconque aide… Ils ont l’air bien plus préoccupés à protéger des mondes tels que Yasilor et Verisin… Et au vu des pertes que le seigneur Hivernus leur a déjà infligés, je ne suis pas certain qu’ils aient les forces nécessaires pour une contre-attaque.

    - Vous n’en savez rien, Staupias. Vous ne faites pas partie de l’état-major de Natori. Siffle l’un de ses rivaux. Cessez donc de nous rebattre les oreilles avec vos idioties et veuillez garder votre pessimisme pour vous !

    On vient informer le major d’une prise de contact avec l’armada seigneuriale avant qu’il ne puisse reprendre la main sur cette assemblée de vautours. Pour le mercenaire, ce n’est pas trop tôt. Il attendait patiemment que ces sales types, confortablement installés dans leurs grands vaisseaux tout propres, daignent enfin leur envoyer une quelconque revendication. Cette conversation sera donc l’occasion, pour lui, de jauger ses adversaires. S’il gagne assez de temps, il sera peut-être en mesure de repousser l’échéance de l’assaut… Et avec un peu de chance, les grands pontes de l’état-major auront réussi à mobiliser les ressources nécessaires pour monter une force de secours. C’est ce qu’il faut espérer, du moins.

    - Transmettez moi l’appel. Commande l’officier en appuyant sur l’interrupteur des communications.

    « A vos ordres, major. Transfert de l’appel en cours. »

    La silhouette holographique d’une jeune femme se matérialise alors au-dessus de la table. Revêtue d’un uniforme militaire, un air austère au visage et les mains croisées dans le dos, l’inconnue qui se présente à eux inspire à la fois craintes et interrogations. Parmi les plus sceptiques, on commente volontiers à voix basse sur l’apparence juvénile de cette commandante. Comment une adolescente pourrait-elle venir à bout des défenses de Kabaira ?


    - Je suis Dame Frilla, fille du seigneur de la guerre Hivernus de la maison Hawan, héritière du Seigneurat de Bajic. Débute alors d’une voix autoritaire celle qui semble attirer à la fois moqueries et inquiétudes au sein de l’assemblée. Contrairement à ce que certains aimeraient vous faire croire, nous sommes prêts à discuter des termes de votre reddition.

    Parmi les officiers présents dans la salle, nombreux sont ceux qui se mordent les lèvres pour ne pas exploser de rire. Cette gamine a du cran, c’est certain. Mais elle semble visiblement déconnectée de la réalité.

    - Il n’y a rien à négocier. Nos défenses sont solides et puissantes. Répond alors le major. Et nos forces n’auront aucun mal à repousser vos assauts.

    - La confiance aveugle que vous placez en vos troupes est admirable… Mais faites attention à ce qu’elle ne vous tue pas. Certains commandants se sont persuadés qu’ils pouvaient vaincre les forces de mon père… Leur assurance mal placée leur a malheureusement coûté la vie. Réplique Frilla, impassible. Quoi qu’il en soit, je ne m’adressais pas à vous, major Groome. Il me semble que vous n’êtes pas l’autorité la plus élevée sur cette planète… J’aurai préféré avoir l’avis du général Brasp… Voire même celui du premier ministre Dissi.

    - Le major Groome représente le gouvernement de Kabaira. Il a donc toute autorité en la matière pour parler en notre nom. Et comme il l’a si bien dit, il n’y a rien à négocier. Intervient alors le général Brasp, un humain dans la force de l’âge. Prenez vos troupes avec vous et repartez chez vous. Cela évitera une effusion de sang inutile.

    - Je ne suis pas particulièrement étonnée par votre réponse, général. Le Syndicat Tenloss vous paie une fortune pour garder cette planète sous contrôle. Fermer les yeux sur les agissements de certains et obéir aux chiens de garde de l’Association Natori ne sont donc qu’un petit prix à payer en échange des pots-de-vin que vous recevez. Commente la jeune femme.

    Brasp ravale son mépris. Il s’apprête à répliquer puis se ravise. Cette maudite garce en sait trop à son sujet. Et il ne serait guère prudent de foncer tête baissée dans un piège… Car c’est visiblement ce qu’elle attend de lui. Plusieurs officiels tournent la tête dans sa direction, un air faussement offensé au visage. Ils s’indignent d’un tel cas de corruption. Mais le général n’est pas dupe. Ils essaient de sauver les apparences. Car il sait à juste titre qu’il n’est pas le seul à se faire graisser la patte en ce bas monde… Le Syndicat Tenloss a largement les moyens de se mettre l’élite locale dans la poche et il ne fait guère de doute que bon nombre de représentants corporatistes jouent volontiers le jeu de l’organisation criminelle si cela peut leur rapporter une quelconque rémunération.

    - Vous avez cependant raison sur un point, général. Il n’est pas nécessaire de faire couler le sang. En fait, cela est même préférable. C’est en partie pour cette raison que je m’adresse désormais à vous, conseillers. Le seigneur Hivernus, mon père, vous propose l’amnistie en échange de votre entière coopération. Rejoignez de votre plein gré le Seigneurat de Bajic et vous aurez la garantie de pouvoir conserver vos titres de propriétés, vos entreprises et vos fonctions au sein du nouveau gouvernement.

    L’assemblée est à nouveau parcourue par les murmures des uns et les rires des autres. Certains voient là une probable occasion de sauver leur peau, inquiets quant à l’issue des combats à venir. Les plus confiants, qui s’en remettent volontiers à l’expertise militaire de Groome, considèrent comme improbable la prise de Kabaira par l’armada seigneuriale et se contentent donc de plaisanter, amusés par les revendications de cette prétendue princesse guerrière.

    - C’est un beau discours… A n’en pas douter. Je vous trouve néanmoins bien présomptueuse à l’idée de penser, ne serait-ce qu’une seconde, pouvoir acheter la loyauté des conseillers de Kabaira avec de belles paroles. Fait savoir le major, un léger sourire aux lèvres.

    - Je pourrais probablement me montrer aussi persuasive que vos maîtres et proposer des montagnes d’or à ces messieurs, j’en conviens. Mais l’offre de mon père est déjà suffisamment généreuse en l’état. Ajoute à sa suite la fille adoptive du Chiss. Par ailleurs, vous semblez oublier que tout le monde, sur Kabaira, n’est pas aussi bien logé que vous. Vous bénéficiez peut-être de la protection de vos mercenaires, abrité bien au chaud dans votre base, couvert par la bulle protectrice d’un générateur de bouclier… Mais qu’en est-il des autres ? Je devrais peut-être ordonner à l’armada de cibler l’une de vos bases aériennes… Ou alors… Une infrastructure vitale à l’économie de la planète. Vos usines d’armement, situées sur la côte, feraient d’excellentes cibles d’entraînement pour les artilleurs de mon père. Qu’en dites-vous ?

    - Faites comme bon vous semble. Je ne reviendrais pas sur ma décision.

    - Je vois… Vous êtes donc prêt à sacrifier des vies innocentes pour garantir votre petit confort personnel, major ? Soupire finalement Frilla.

    - Je suis prêt à sacrifier jusqu’au dernier Kabairan si cela peut apporter la victoire au Syndicat Tenloss. Confirme l’officier. Je suis sûr que votre père en ferait tout autant si cela pouvait lui offrir un quelconque avantage…

    - Vous faites un bien piètre commandant si vous pensez sincèrement qu’aucune vie n’a la moindre valeur. Et vous vous méprenez complètement sur les intentions de mon père. Il n’aurait pas l’idée de sacrifier ses hommes. Fait remarquer la jeune femme, imperturbable. Quoi qu’il en soit, je vous remercie pour votre sincérité, major. Les Kabairans apprécieront la franchise de votre discours, à n’en pas douter…

    La silhouette holographique de Frilla tressaute un instant puis disparaît finalement lorsque la communication s’interrompt. Voilà une belle manière de partir en beauté…

    - Imbécile ! Elle a enregistré votre conversation ! Enrage le premier ministre, déjà dépité par la situation.

    - Cessez donc de vous tracasser pour rien, monsieur. Ce n’est qu’une supercherie pour nous forcer la main. Lâche pour toute réponse le mercenaire, toujours aussi confiant.

    Du mouvement se présente sur la table à projection holographique, comme pour confirmer la théorie du major Groome. Trois escadrons de chasseurs quittent en effet le ventre du “Poing de Pandore” et se dirigent vers la surface de la planète. Quelques minutes après leur départ, c’est au tour de plusieurs transports de faire leur sortie. Un dernier groupe de chasseurs s’extirpe alors de l’immense hangar du croiseur pour servir d’escorte à ces vaisseaux.

    - Prévisible… Puisque nous ne cédons pas à ses exigences, notre petite princesse a décidé de passer à l’attaque. Indique l’officier.

    Les trois premiers escadrons TIE lancés depuis l’armada seigneuriale entrent dans l’atmosphère de Kabaira sans rencontrer la moindre résistance, à la plus grande stupéfaction des représentants corporatistes.

    - Où sont nos chasseurs ? S’inquiète alors le général Brasp. Ils devraient déjà être en train d’intercepter ces TIE à l’heure qu’il est.

    - Contactez la base aérienne de Raffi, je veux un rapport de situation maintenant ! Commande le major en appuyant sur l’interface de communication.

    « Désolé major, la base ne répond pas. »

    - Réessayez. Tout de suite. C’est un ordre !

    « J’essaie, major… Mais il semblerait que les communications aient été sciemment rompues. »

    - Impossible… Qu’en est-il de celle de Pela ? Demande alors Groome, perplexe.

    « Un instant, major… Il semblerait qu’il y ait une attaque en cours sur la base de Pela. Plusieurs appareils ont été délibérément sabotés. Des insurgés sont en train de s’introduire dans le périmètre. Et il semblerait que plusieurs unités de sécurité aient rejoint leur insurrection. »

    - Bon sang… Je croyais que la situation était sous contrôle, général ! S’importe le major, prenant le général Brasp par le col de son uniforme. Mobilisez vos troupes et mettez un terme à cette stupide rébellion avant qu’elle ne fasse trop de dégâts !

    - Je crains, major, de ne plus avoir aucun contrôle sur mes forces de sécurité. Admet l’homme, impassible. Il semblerait que j’ai perdu leur loyauté à la seconde où vous avez décidé de les sacrifier aux blasters ennemis.

    « Major… Nous avons du nouveau à propos de la base de Raffi. Son commandant a décidé de rendre les armes… Et de nouveaux transports entrent dans l’atmosphère de Kabaira. »

    - Il s’agirait de prendre conscience de la situation, major… Et de négocier. Déclare Staupias, voyant le vent tourner en sa faveur. Il ne fait plus aucun doute, à présent, que nous n’avons plus le moindre intérêt à combattre. Nos troupes nous désertent et l’ennemi est sur le point de débarquer les siennes. Des insurgés investissent nos bases et soutiennent vraisemblement le seigneur Hivernus… D’ici peu, le Seigneurat de Bajic aura un contrôle complet de Kabaira. Et que nous restera t-il pour nous défendre face aux légions d’Hivernus ? Trois mercenaires et deux lance-pierres ?

    Autour de la table, les conseillers s’agitent. A présent, même les plus sceptiques ne peuvent plus contenir leur nervosité. La situation leur échappe et il leur faut donc réfléchir rapidement. Les divers représentants corporatistes en viennent donc à se déchirer dans une nouvelle phase de discussion particulièrement mouvementée… Mais les nouvelles qui leur parviennent du front ne sont guère encourageantes et ceux qui, encore quelques instants plus tôt, étaient assurément du côté du Syndicat Tenloss sont dorénavant prêts à offrir leur reddition aux forces de l’armada seigneuriale.

    Groome comprend rapidement que l’élite de la planète lui échappe. Il n’a plus le moindre contrôle sur la situation et cela ne lui plaît guère. Mais il n’a assurément pas dit son dernier mot. Il lui reste encore quelques cartes à jouer… Et les sept cent mercenaires de Natori stationnés dans cette base lui sont toujours fidèles. Les forces de sécurité ont beau avoir abandonné sa cause, le major a suffisamment d’hommes pour tenir cette installation. Et qui sait, peut-être pourrait-il convaincre certains des soldats locaux postés ici de se joindre à lui ? Il suffirait que le général Brasp fasse usage de ce qu’il lui reste d’autorité pour obtenir la loyauté inconditionnelle des troupes encore motivées à combattre…

    Mais il est déjà trop tard. La base de Raffi est désormais investie par les hommes du seigneur Hivernus tandis que celle de Pela fait l’enjeu d’un âpre combat. Ici et là, diverses îles et installations côtières ont été réclamées par des groupes d’insurgés que les forces seigneuriales viennent progressivement assister. Les escadrons de chasseurs du Seigneurat de Bajic disposent du contrôle des airs et des transports d’assaut se posent ici et là, déversant leur flot de soldats. L’élite locale, horrifiée face à un tel déploiement de force, a enfin fini de statuer.


    - Vous êtes relevé de vos fonctions, major. Vos actions sur Kabaira ne correspondent plus aux attentes du gouvernement et il a été décidé de vous mettre aux arrêts le temps que nous puissions négocier avec le Seigneurat de Bajic. Déclare finalement Staupias, les mains sur les hanches. Gardes ! Saisissez-le !

    Plusieurs hommes en armes s’approchent alors de l’officier pour le menotter. Mais le mercenaire est plus rapide. Il dégaine, abat les deux gardes puis pointe son blaster sur la tête du Twi’lek, qu’il finit par descendre lui aussi. Alors que le corps du conseiller tombe lourdement au sol, un trou fumant dans la cavité crânienne, la stupeur s’empare de l’assemblée.

    - Imbécile ! Qu’avez-vous fait ? S’exclame alors le premier ministre. Nous voilà tous condamnés !

    Le major se moque bien des conséquences de son geste. On lui a demandé de tenir Kabaira quoi qu’il en coûte et c’est bien ce qu’il compte faire. Et puisque l’élite locale a trahi ses engagements, il est l’heure de procéder à une petite épuration des lieues avant de partir en beauté.





    Le dernier message du gouvernement local n’est certainement pas celui auquel on s’attend lorsque le contrôle de la planète s’apprête à passer sous une autorité étrangère. On s’attend soit à un déni catégorique mais tout à fait cordial appelant à la résistance du peuple, soit à une déclaration de reddition pure et simple effectuée dans les règles de l’art… Mais certainement pas à un “Allez vous faire voir” bien épicé en grossièretés. Pour Frilla, il ne fait aucun doute que les conseillers ont échoué à prendre l’ascendant sur ce vieux fou qu’est Groome. Dans le cas contraire, le bouclier de la base aurait déjà été levé et les soldats auraient rendu leurs armes sans combattre.

    Peu importe. La situation est pratiquement sous contrôle. L’étendard du Seigneurat de Bajic flotte désormais sur les bases aériennes de Pela et Raffi. Les groupes d’insurgés de Kabaira portent les armes au nom du seigneur Hivernus et plusieurs villes sont déjà patrouillées par les forces seigneuriales. La forteresse de la presqu’île actuellement tenue par les mercenaires de Natori n’est qu’un bastion d’ultimes résistants destiné à tomber tôt ou tard. Le major a probablement déjà compris que toute résistance est futile… Et c’est ce qui rend la chose plus stupide encore. Sacrifier ses propres soldats par pure fierté est un acte égoïste auquel le seigneur Hivernus, son père, ne se livrerait pas.


    - Amiral… Sommes-nous d’accord pour dire qu’un assaut frontal n’aurait aucune chance de réussir en l’état et que les pertes en hommes seraient considérables ? Demande l’héritière présumée du Seigneurat de Bajic à l’homme de confiance de son paternel.

    - Si l’on prend en considération les défenses côtières et le générateur de bouclier, vous avez raison de dire qu’un assaut frontal a peu de chance d’obtenir le moindre résultat, Excellence. Affirme Netbers, à ses côtés. Les pertes seraient par ailleurs catastrophiques… L’image du Seigneurat de Bajic risquerait d’en pâtir et les hommes seront probablement mécontents à l’idée de se faire envoyer au massacre. Il serait donc plus sage d’envisager une autre approche.

    - Je vous remercie de confirmer mes soupçons, amiral. Se contente de répondre la jeune femme. Placez la flotte en position de tir, au-dessus de cette forteresse. Et procédez à un premier bombardement.

    - Excellence… Sans vouloir vous manquer de respect, ce bombardement ne provoquera aucun dommage. Fait remarquer l’amiral. Tant que leur bouclier sera actif, ces mercenaires n’auront rien à craindre de nos attaques… Et je doute que nous ayons assez de puissance de feu pour passer au travers de leur bulle de protection.

    - Le but premier de cette manœuvre n’est pas de forcer leur bouclier, amiral. Indique alors Frilla. Ce bombardement depuis l’orbite servira à faire passer un message, à faire comprendre aux mercenaires de Natori que je ne plaisante jamais et qu’il faut prendre mes menaces au sérieux… C’est du moins tout ce qu’ils verront dans cette attaque. Il se peut que cela suffise à les faire craquer. Peut-être en viendront-ils à négocier. Dans le cas contraire, le temps joue en notre faveur et chaque minute qui passe me laisse l’occasion d’en apprendre plus sur ces défenses qui, je l’espère, auront une faiblesse à dévoiler.

    L’officier commandant l’armada seigneuriale ne peut s’empêcher d’esquisser l’ombre d’un sourire, amusé. Cette gamine est bien la digne héritière de son paternel… Mais il n’y a rien d’étonnant à cela. Lorsqu’un individu reçoit une éducation militaire de la part d’un seigneur de la guerre, on s’attend au moins à ce que l’élève pris en charge démontre certaines compétences. Là-dessus, Frilla Hawan ne fait pas exception à la règle. L’amiral Netbers, qui a par ailleurs eu l’opportunité d’échanger à de nombreuses reprises avec la jeune femme, sait très bien qu’elle a hérité de certaines des aptitudes de son père adoptif… Et tout particulièrement son intérêt pour les affaires de la guerre.

    - Je comprends, Excellence.

    L’homme donne ses ordres, suivant les directives de sa jeune maîtresse. L’équipage réagit rapidement aux nouvelles consignes et c’est bientôt l’ensemble de l’armada qui répond aux ordres transmis d’un bout à l’autre par une chaîne de commandement efficace. Les pièces d’artillerie des différents croiseurs se mettent en marche, crachant leurs salves mortelles sur ce dôme de protection qui leur sert de cible. Pendant plusieurs minutes, les batteries de turbolaser déversent toute leur puissance de feu mais comme il fallait s’y attendre, le bouclier tient bon. L’amiral se tourne donc vers Frilla afin de prendre réception de ses nouveaux ordres.

    - Poursuivez le bombardement. Annonce la fille adoptive du seigneur de la guerre.

    - A vos ordres, Excellence.

    Les pièces d’artillerie se mettent une fois de plus à gronder. Le pont du “Poing de Pandore” tremble de plus belle alors qu’un véritable déluge s’abat à nouveau sur la forteresse de la presqu’île. Sans surprise, le bouclier de la base met en échec cette nouvelle tentative de bombardement orbital. Pour Netbers, il ne fait aucun doute que l’effort déployé par sa flotte est futile. Mais il ne remet pas en question le choix de sa supérieure. De toute manière, il y a quelque chose sur le visage de la jeune femme qui ne trompe pas. Son regard brille d’une lueur étrange. Et à en juger son petit air satisfait, elle semble avoir mis au jour une faille. L’effort n’a donc pas entièrement été vain.

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      Auteur : Hivernus

      ="color: #99cccc">- Le bouclier protège la forteresse mais pas ce qui l’entoure. Commente Frilla, s’adressant ensuite à un officier analyste. Passez sur écran les impacts des tirs.

      - Compris, Excellence.

      Une projection holographique des derniers impacts de tirs se dessine alors soudainement sur la table tactique. En suivant la courbe des traits turbolaser qui se sont écrasés à sa surface, on parvient à distinguer la délimitation presque imperceptible du bouclier.

      - Voyez par vous-même, amiral. Les eaux qui entourent leur bastion ne sont pas protégées par le dôme. En frappant à la bonne distance, nous serions en mesure de submerger leurs défenses côtières. Fait remarquer la jeune femme.

      - Je vois, en effet. Se contente de répondre le commandant de l’armada seigneuriale, perplexe. Oui… Cela pourrait ouvrir la voie à notre force d’assaut.

      - Parfait. Puisque l’ennemi est prêt à être défait, je vous laisse conduire la phase finale, amiral. Cet honneur vous revient. Déclare l’héritière présumée du Seigneurat de Bajic.

      L’homme s’incline doucement, un léger sourire aux lèvres. Une fois encore, on croirait entendre son père… Faisant ce qu’il sait faire de mieux, l’amiral Netbers donne ses ordres. Les vaisseaux de guerre de la flotte pénètrent doucement dans l’atmosphère de Kabaira jusqu’à atteindre une distance de tir optimale, suivis de près par plusieurs croiseurs de la classe Gozanti emportant sous leur coque divers Transports Blindés Tout-Terrain ou Transports de Reconnaissance Tout-Terrain.

      Le ciel de Kabaira s’illumine de plus belle lorsque les batteries de turbolaser reprennent leur cadence de tir effrénée. Les traits s’écrasent ici et là, frappant avec précision les alentours de la forteresse. D’immenses cratères se forment dans l’eau et le remou causé par le choc des impacts est bientôt à l’origine de vagues ayant l’ampleur de véritables tsunamis. Plusieurs mercenaires quittent à la hâte leurs positions retranchées sur la plage, effrayés par le raz de marée gigantesque qui se dirige vers eux… Mais il est trop tard. Ils sont emportés par la mer comme l’ensemble des défenses côtières. Ayant achevé son œuvre funeste, l’armada cesse alors son bombardement.

      L’armement de la flotte se tait. Les grondements assourdissants de l’artillerie laissent bientôt la place aux feulements rauques des escadrons de TIE jusqu’alors gardés en réserve. Une nouvelle nuée d’appareils fend les airs, se dirigeant vers l’ultime bastion de résistance que ses occupants considéraient jusqu’à présent inexpugnable. Dans leur sillage, plusieurs transports de troupes et les croiseurs Gozanti. La mer reprenant doucement mais sûrement son lit naturel, le débarquement peut s’effectuer sur des plages désormais vidées de leurs défenseurs. D’imposantes machines de guerre sont larguées depuis les airs et viennent s’écraser lourdement sur la côte tandis qu’ici et là, sur les hauteurs, diverses navettes vomissent leur flot de passagers.

      Les troupes traversent lentement mais sûrement le bouclier, toujours actif, et se dirigent vers la forteresse au moment où un nouveau message demandant la reddition des mercenaires est envoyé depuis l’armada. Quelques poches de résistance sont neutralisées méthodiquement au cours d’affrontements aussi brefs qu’inutiles… Puis vient enfin l’annonce de la capitulation des dernières forces tenant la presqu’île. Les hommes sortent volontiers de leur forteresse les mains en l’air, se présentant désarmés aux troupes du Seigneurat de Bajic. Ayant fait assassiner leur commandant, les défenseurs acceptent sans hésitation leur nouvelle condition de prisonniers de guerre, s’estimant chanceux d’avoir échappé à l’enfer des combats.

      Kabaira vient de passer sous bannière seigneuriale…







      Les hommes de la deuxième légion se reposent enfin après une longue journée d'opérations... Mais le plus gros reste encore à faire.

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        Auteur : Hivernus

        L’amiral Netbers n’en revient pas. Et il n’est visiblement pas le seul. Frilla s’émerveille devant les immenses silhouettes métalliques qui s’offrent à sa vue. Protégés des courants marins et des tempêtes, deux prototypes de sous-marins reposent tranquillement dans un immense hangar souterrain. Dispersés ici et là, divers commandos assurent la protection des lieux avec un soin tout particulier. Cette découverte, faite par hasard après avoir obtenu des renseignements auprès de différents ouvriers Kabairans ayant participé à leur construction, est de loin l’une des plus exceptionnelles qu’il leur ait été donné de voir.

        Le projet, qui aurait dû être l’un des plus grands investissements militaires du Syndicat Tenloss, ne profitera visiblement pas à l’organisation criminelle. Ce simple fait n’est pas pour déplaire aux officiels du Seigneurat de Bajic. Il est certain que la prise de Kabaira aurait été bien plus complexe si ces sous-marins avaient été opérationnels au moment voulu. Qui sait quels dégâts ils auraient pu causer à l’armada ou aux troupes au sol s’ils avaient pu se mouvoir en silence, frapper au moment le plus opportun puis fondre dans les profondeurs de l’océan ? A cette simple pensée, l’amiral ne peut s’empêcher de frissonner.


        - Mon père aurait probablement apprécié cette visite. Fait remarquer la jeune femme, dont le regard se perd sur les lignes impeccables de ces gigantesques monstres d’acier.

        - Je n’en doute pas un instant, Excellence. Votre père est de nature curieuse… Ce qui n’est pas un mal en ces temps particuliers. Commente Netbers, un sourire timide aux lèvres. Les souverains qui s’intéressent à tout sont rares dans cette galaxie… Nous avons assurément de la chance d’avoir le seigneur Hivernus pour nous guider.

        - Il est toujours bon de vous l’entendre dire, amiral. Certains ont tendance à l’oublier trop vite. Déclare Frilla. Quoi qu’il en soit, je suis sûre qu’il nous aurait demandé de ne pas laisser un tel projet tomber à l’eau… Sans mauvais jeu de mots de ma part.

        - Je vous rejoins volontiers sur ce point, Excellence. Répond l’officier, les mains croisées dans le dos. Il y a peu de temps encore, je croyais qu’une armada stellaire était capable de réduire à néant toute opposition, qu’il me suffirait d’une poignée de vaisseaux pour mettre à genoux n’importe quelle planète… Mais chaque jour passé aux côtés de votre père m’a fait comprendre à quel point je me trompais. Une flotte de sous-marins modernes, à la pointe de la technologie, pourrait tout à fait protéger Kabaira de toute sorte d’invasion. Ce serait une force redoutable et persuasive, à n’en pas douter.

        - Vous avez entièrement raison, amiral. L’emploi de sous-marins pour la défense de Kabaira nous permettrait d’affecter nos vaisseaux à d’autres tâches. Il me semble par ailleurs que vous avez un officier marinier sous la main… Il pourrait superviser l’assemblage de nouveaux sous-marins et assurer la formation des futurs équipages. Ajoute à sa suite la fille adoptive du seigneur de la guerre.

        - Hmm. Oui… La capitaine Haravi s’est bien intégrée à l’équipage mais je suis certain qu’elle sera ravie d’apprendre qu’elle pourra retourner sous peu dans son élément naturel. Indique l’amiral, sans surprise. C’est une vraie tête de mule mais elle connaît son boulot.

        - Très bien. Assurez-vous de la faire transférer sur Kabaira dans les plus brefs délais et faites lui un topo sur la situation. J’en toucherai deux mots à Sylvar. Déclare la jeune femme. Je m’arrangerai de sorte à ce que la capitaine Haravi bénéficie du soutien direct du ministère de la guerre et que les ressources de la corporation Hawan soient mises à sa disposition. Avec de tels atouts en sa possession, le projet devrait se développer assez rapidement.

        - Bien évidemment, Excellence… Mais il ne faudrait pas que le développement d’une force sous-marine se fasse au détriment des autres projets… Sans vouloir vous manquer de respect, bien sûr.

        Le souvenir d’officiers abusant de leur autorité pour obtenir ce dont ils ont besoin au détriment des autres est encore frais dans l’esprit de Netbers. Les conflits d’intérêt qui ont eu lieu au sein du département des recherches militaires ont eu un impact considérable sur le développement des projets en cours… Et le fait que l’un des principaux concernés, le capitaine Sturges, soit un officier de la marine a quelque peu entaché l’honneur de l’institution toute entière. L’amiral se passerait bien d’un nouvel incident… Et on peut assurément comprendre pourquoi.

        - Votre inquiétude est justifiée, amiral. Mais elle n’a pas lieu d’être. Sylvar s’est chargée de mettre fin aux querelles au sein du département des recherches militaires et je ne doute pas un instant qu’elle surveillera de très près la progression des différents projets. Soupire Frilla, fatiguée par des journées d’entretiens et de visites interminables. Et puis… Si cela peut vous rassurer, je me chargerai de lui rappeler ses obligations en tant que ministre de la guerre.

        - J’apprécie mais je ne pense pas qu’il soit nécessaire de rappeler au colonel Sylvar quoi que ce soit, Excellence. Répond l’officier supérieur. Si vous n’y voyez aucun inconvénient, je suggère que nous rejoignions Eponte. Il me reste encore des ordres à donner et vous avez visiblement besoin de repos.

        Un dirigeant digne de ce nom ne prend jamais de repos avant d’être certain d’avoir accompli l’ensemble de ses devoirs pour la journée. C’est ce que répondrait son père, le seigneur Hivernus. Mais pour sa fille et héritière présomptive, il est vrai que ces derniers jours ont été particulièrement éprouvants. Elle ne crachera pas sur quelques heures de sommeil bien méritées.










        Deux semaines. Deux semaines d’occupation et les autorités seigneuriales n’ont toujours pas daigné rendre visite aux magnats de l’industrie. Pour un chef d’entreprise aussi fier que le vieux Sully, il est clair qu’un tel manque de respect est la marque d’une profonde incompétence de la part des nouveaux gouvernants. Et l’affront ne s’arrête pas là. Les concessions minières que sa famille a exploité pendant des générations sont désormais occupées par des soldats. Toute activité a été interrompue jusqu’à nouvel ordre. Les pertes financières engendrées par l’arrêt soudain des affaires familiales sont colossales. Des dizaines de milliers de crédits de bénéfice lui sont déjà passés sous le nez et il est probable que de potentiels concurrents se ruent déjà sur l’occasion pour lui voler ses clients.

        Sully enrage. Et il n'est visiblement pas le seul. D’autres hommes d’affaires du coin se sentent floués par l’arrivée du Seigneurat de Bajic. Le gouvernement de transition récemment formé par les autorités seigneuriales est principalement composé de sympathisants à la cause d’Hivernus. Parmi les grandes têtes de ce nouvel état figurent notamment des chefs rebelles ayant participé aux combats du côté seigneurial, des dissidents politiques jusque-là emprisonnés par les anciennes autorités et des conseillers spéciaux issus directement des branches armées du Seigneurat de Bajic. En bref, les intérêts des industriels ne sont pour l’heure pas représentés au sein de ce gouvernement de pacotille.

        Posté devant l’immense baie vitrée de son bureau, l’homme rumine en silence. Il observe le temps d’un instant le défilé aérien de chasseurs TIE patrouillant au-dessus de la capitale, s’agace en pensant aux profits perdus à cause de l’occupant puis décide de se remonter le moral en se servant un verre d’un grand cru hors de prix. Lorsqu’un serviteur vient le prévenir de l’arrivée des convives, le vieux Sully ne peut s’empêcher d’exulter de joie. Enfin ! Ordonnant à son laquais de les faire monter dans son salon privé, l’entrepreneur réajuste le col de sa tenue, s’enfile une dernière rasade de vin puis passe dans la pièce adjacente.

        Les invités le rejoignent bientôt, chacun y allant à sa manière pour saluer l’hôte des lieux. Les différents hommes d’affaires s’installent ensuite dans les fauteuils luxueux du salon privé, suivant là une vieille habitude. Un domestique passe pour distribuer rafraîchissements et friandises à qui le veut puis disparaît. Restant un instant debout afin de dominer son public, Sully se permet de lancer la conversation sans perdre de temps.


        - Je ne passerai pas par quatre chemins. L’occupation de la planète par le Seigneurat de Bajic ne nous est guère profitable. Le gouvernement provisoire demeure indifférent à nos exigences et les autorités seigneuriales nous crachent volontiers au visage, s’emparant de nos biens comme bon leur semble et refusant tout dialogue. Je refuse de m’écraser devant l’envahisseur et j’entends bien revendiquer mes droits de quelque façon que ce soit.

        - Ne laissez pas votre fierté prendre le dessus, Sully. Les évènements actuels sont regrettables mais ce n’est qu’un reflux temporaire. Lorsque la situation se sera calmée, il sera bien plus aisé pour nous de reprendre le contrôle de nos entreprises. Déclare l’un des invités.

        - Je vous croyais plus perspicace, Xenas… N’avez-vous pas cerné le fonctionnement du Seigneurat de Bajic ? L’occupant prend tout ce dont il a besoin… Et par la force s’il le faut. Nos familles, qui possédaient jusqu’alors l’ensemble des entreprises de ce monde et avaient un droit de regard et de décision au sein du gouvernement, en sont désormais réduites à attendre les décisions d’une puissance étrangère. Répond le vieil homme, passablement agacé. Si nous ne faisons rien pour les en empêcher, nous serons bientôt dépossédés de tous nos biens, de nos droits, de notre prestige. Kabaira nous échappe, messieurs. Et nos affaires serons bientôt coulées. Il nous faut agir au plus vite avant que tout ne soit perdu.

        - Il se peut que vous ayez raison, Sully. Cependant… Je ne suis pas certain que nous puissions faire grand chose pour empêcher le Seigneurat de Bajic de prendre possession de l’ensemble de nos opérations. Avance un autre, perplexe. Nous n’avons pas de moyens de pression. Et quand bien même ce serait le cas, il suffirait aux autorités seigneuriales de faire usage de leur armée pour nous réduire au silence. Si les forces de Natori n’ont pu tenir qu’une journée face à l’envahisseur, je doute que nous ayons la moindre chance. L’avis de Xenas n’est pas complètement dépourvu de sagesse. Attendre est peut-être la meilleure chose à faire… Et si nous en venions à coopérer pleinement avec le gouvernement de transition, peut-être que nous pourrions trouver un arrangement et garder le contrôle de nos affaires.

        Le vieux Sully grince des dents. Il s’attendait à avoir le soutien inconditionnel de ses partenaires d’affaires. Visiblement, ces derniers sont plutôt frileux. Pourtant, l’homme ne peut se passer de leur aide s’il veut réussir dans son entreprise. Xenas et Pervis possèdent à eux seuls la quasi-totalité des usines d’armements du continent.

        - Si perdre des parts de marché ne vous fait pas peur, grand bien vous fasse ! S’exclame le dernier. Personnellement, je ne compte pas rester sans rien faire. Sully, je peux vous assurer que nous frapperons ces chiens galeux très forts. Nous les forcerons à plier.

        - Et avec quoi comptez-vous les contraindre à abdiquer quoi que ce soit, Granma ? Des jets de cailloux ? Des menaces en l’air ? Réplique Xenas, amusé. Soyons sérieux deux minutes. Restons prudents et voyons dans quel sens le vent tourne avant de prendre position.

        - Mon pauvre Xenas… Vous êtes bien sot ! J'inonde les marchés des secteurs environnants avec mes produits. Les pêcheurs s’arrachent mes chalutiers… Les marchands se battent pour mes navires de fret et certains grands noms du tourisme se bousculent pour acheter mes sous-marins dernière génération. Rétorque le dénommé Granma, un brin condescendant. Je pourrais construire une armada entière de navires en moins de temps qu’il n’en faut pour dire “Zut” !

        - J’avoue ne pas comprendre où vous voulez en venir… En quoi des chalutiers et des navires de fret pourraient-ils servir nos intérêts ? S’interroge Pervis, sceptique. Vous comptez les armer jusqu’aux dents et les faire affronter l’occupant ? Ce serait de la pure folie… Et puis je doute que vous trouviez assez de volontaires à parquer sur vos cimetières flottants.

        - Hmpf… Vous seriez surpris de voir ce qu’un homme de mon importance peut faire avec les bonnes ressources mises à sa disposition, Pervis. Fanfaronne son interlocuteur, un sourire aux lèvres. Il se trouve que l’Association Natori m’a commandé deux prototypes de sous-marins… Et ils sont presque opérationnels. Avec les bons moyens et un peu de temps, nous aurons sous peu de quoi affronter le Seigneurat de Bajic et ces foutus traîtres de collaborateurs.

        - Collaborateurs… Vous vous entendez parler Granma ? Vous êtes ridicule… N’étiez-vous pas le premier à collaborer avec Natori et ses mercenaires, à accepter allégrement leurs crédits ?

        Les quatre entrepreneurs tournent la tête afin de découvrir le nouvel intervenant. Tous semblent surpris de le voir ici, sauf peut-être Sully, qui ne peut s’empêcher de soupirer de mécontentement.

        - Votre petite fronde, père, ne vous mènera à rien si ce n’est au désastre. Et vos amis conspirateurs devraient avoir honte de conspuer contre l’autorité seigneuriale. Le secteur Bajic est promis à un bel avenir… Et vos machinations grotesques ne pourront rien changer à cela. Vous avez raison sur un point cependant... Le Seigneurat de Bajic confisquera vos biens afin qu'il en soit fait bon usage.

        - Il suffit ! Faites taire votre gamin ou je m’en chargerai moi-même Sully ! S’emporte Granma, courroucé.

        - Vous ne ferez rien de tel. Vous n’en avez pas le pouvoir. Annonce le fils du vieil entrepreneur.

        D’un signe de la main, le jeune homme donne le feu vert à un groupe de soldats portant la marque bleue sur leur armure blanche. Les stormtroopers se positionnent de part et d’autre de la pièce, arme à la main. Xenas tente de se lever. Il est rapidement dissuadé lorsque l’un des gardes d’élite vient le pointer à l’aide de son blaster.

        - Fils ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Tu pactises avec l’ennemi ? N’as-tu donc pas honte de participer à la destruction de ce que notre famille a contribué à bâtir ?

        - Cet empire, père, est le vôtre. Pas le mien. Jamais je n’accepterai d’être associé à une famille meurtrière qui a construit sa fortune sur le sang et la sueur d’honnêtes travailleurs. Lui renvoie tranquillement sa progéniture. Je ne veux rien de vous, de cette maison, de cette famille. Gardez pour vous cette haine du travailleur, cet argent sale amassé sur le dos de nos concitoyens et cette avarice fétide que vous me laissez pour tout héritage.

        Autour de lui, les soldats s’agitent. Un par un, les conspirateurs sont mis aux arrêts et traînés hors du salon. Il ne reste désormais plus que le jeune fils de l’entrepreneur… Les voix tonitruantes des conjurés se perdent dans les couloirs de l’immense bâtisse. Ils cherchent à résister. En vain. C’est peine perdue. Les autorités ont déjà décidé de leur sort. Plusieurs véhicules quittent la propriété avec, à leur bord, des détenus qui ne reverront jamais la lumière chaleureuse de Kabaira. D’autres arrivent, débarquent leur flot de passagers, d’hommes en armes. L’immense demeure est bientôt investie d’une foule de soldats en uniforme ou en armure. Chaque recoin de la propriété est passé au peigne fin. Des dizaines de documents sont ainsi saisis. Tout objet de collection est confisqué. Le mobilier est retourné, démonté. La bâtisse se vide peu à peu.

        Le jeune Sully assiste à tout cela sans broncher. Il n’en a que faire. Il n’a jamais aimé cette maison, façade corrompue d’un faste dégoûtant. Il se moque bien du sort fait à sa famille, qu'il s'agisse de son méprisable père, de sa détestable mère ou de ses nombreux frères s'entretuant pour la fortune familiale. Ils ont mérité leur place en prison, pour peu qu'ils soient épargnés. Et lorsque la belle Frilla Hawan daigne enfin se présenter à lui, il s’incline avec toute la déférence dont il sait faire preuve.


        - Relevez vous, bel ami. Vous avez bien servi le Seigneurat de Bajic. Et le peuple de Kabaira peut vous être reconnaissant pour les nombreux combats que vous avez mené et ceux que vous vous apprêtez à mener en son nom. Déclare la jeune femme.

        - Il me tarde de poursuivre la lutte, Excellence… Ordonnez et j’exécuterai.

        - Vos services sont requis ailleurs. Une nouvelle planète attend d’être libérée… Et votre cellule aura une fois encore la chance de contribuer à l’émancipation d’un peuple. Poursuit la fille adoptive du seigneur de la guerre. Rassemblez vos hommes. Nous vous transmettrons bientôt vos nouveaux objectifs de mission.

        - Oui, Excellence…

        S’inclinant à nouveau, le jeune homme s’en va porter le message aux siens. Il quitte la propriété familiale sans jeter un seul regard en arrière. Il en a fini avec son passé. Le voilà désormais entièrement tourné vers l’avenir. Quant à Frilla… La voilà désormais maîtresse d’un nouvel empire industriel qu'elle incorporera volontiers au domaine financier de son père, dont la taille ne cesse de s'élargir.

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          Eponte… Avec son million d’habitants, elle est de loin la plus grande ville de Kabaira. Et également sa capitale planétaire. On comprend aisément pourquoi. Avec ses immenses gratte-ciels corporatifs, son port de grande envergure et son important flux aérien, Eponte domine le marché économique de la planète. Les grands industriels qui ont durant des décennies administré ce monde n'ont pas lésiné sur les moyens pour faire rayonner la capitale de leur empire. Le complexe capitolin qui abrite depuis des générations l’élite politique locale est d’une beauté à couper le souffle. Sa silhouette magnifique n’a rien à envier à l’immense Sénat de Coruscant. Avec ses toits dorés, ses grandes façades lisses illuminées et ses jardins suspendus, ce palais de la Bordure Extérieure pourrait faire pâlir d’envie n’importe quel gouverneur, qu’il soit issu des Mondes du Noyau ou originaire d’une planète plus reculée.

          Les sommes dépensées pour ériger cet endroit ont été colossales et les dirigeants qui se sont succédé à la tête de Kabaira n’ont eu de cesse d’utiliser l’argent public pour en rehausser la beauté. D’une certaine façon, ce complexe capitolin est l’incarnation même de l’orgueil et la vitrine spéciale de l’héritage fétide d’une société corrompue par l’appât du gain. Avec l’intégration de la planète au sein du Seigneurat de Bajic et la disparition progressive de son élite décadente, de nombreuses voix se sont élevées pour demander la destruction de ce palais. Certains ne voient en ce chef d'œuvre architectural qu’une aberration à effacer à tout prix de la surface de Kabaira. Pour les autorités de transition, il n’est toutefois pas question de démolir un tel édifice. Après tout, pourquoi détruire le palais quand on peut en faire le symbole d’un nouvel espoir, le symbole d’un renouveau qui bénéficierait à tout le monde ?

          Pour Frilla, il ne fait aucun doute qu’il faudra à la population un certain temps avant d’assimiler ce complexe à autre chose qu’aux grandes figures corporatistes du passé. Kabaira est une planète libre depuis peu. Quelques semaines ont passé depuis l’intégration officielle de ce monde au sein du Seigneurat de Bajic mais il reste encore beaucoup à faire pour effacer les horreurs passées. Peu importe. Se servir de cet édifice pour accueillir un gouvernement plus humain, plus enclin aux réformes sociales, c’est déjà faire un pied de nez aux anciennes autorités. Et puis… Elle prend trop de plaisir à en découvrir les moindres recoins. Avec le temps, les gens du coin se rendront compte de la chance qu’ils ont d’avoir une telle merveille d’architecture dans leur patrimoine culturel. Qu’ils le veuillent ou non, cet endroit fait partie de leur histoire et il convient d’instruire les prochaines générations sur les folies mégalomaniaques des tyrans qui ont jusque-là fait passer leurs besoins avant ceux de la population.

          Alors qu’elle se perd dans les splendides couloirs du complexe afin d’en admirer tous les détails, l’héritière du Seigneurat de Bajic en vient presque à perdre l’essentiel de vue : Elle est attendue. Suivie de près par les soldats de son escorte, les redoutables stormtroopers de la Brigade Impera, la jeune femme se dirige d’un pas sûr vers la salle de réunion du conseil administratif. Passant le seuil de la porte, Frilla salue les différents membres du gouvernement provisoire, laissant ses gardes se charger de la sécurité à l’extérieur de la pièce. Le premier ministre cherche à se lever afin de laisser son siège à la fille de son illustre seigneur mais cette dernière lui intimine de reprendre sa place d’un simple geste de la main.


          - Ce ne sera pas nécessaire, Mirn. Je ne suis qu’une invitée sur cette planète. Vous avez mérité ce siège et il ne serait pas juste que je vous en prive. Débute la jeune femme en souriant.

          - Ce n’est qu’à titre provisoire que j’occupe ce siège, Excellence. Fait remarquer le dénommé Mirn.

          - Certes… J’en conviens. Mais je ne doute pas un instant que les prochaines élections me donneront raison. Poursuit Frilla, un sourire en coin. Vous êtes une figure emblématique de la résistance de Kabaira. Vous n’avez pas hésité à vous mettre en danger pour défendre vos concitoyens et je suis sûr qu’ils apprécieront de vous savoir à la tête du gouvernement.

          Le premier ministre ne répond rien à cela, acceptant probablement le fait qu’il sera élu d’ici peu par ses compatriotes. Il est vrai que sa popularité auprès des ouvriers, qui forment la majeure partie des Kabairans, n’est plus à faire… Mais l’homme est trop modeste pour l’admettre. Quoi qu’il en soit, il apprécie le fait que sa jeune suzeraine ne cherche pas à se mettre en avant. Elle aurait pu réclamer son siège et lui rappeler sa place de simple servant, comme le faisaient encore peu les grands patrons de l’ancienne Kabaira, mais il n’en est visiblement rien. Il s’en doutait un peu, à dire vrai… Rezi-9 est gouvernée par ses propres représentants et il en sera de même pour Kabaira. Au sein du Seigneurat de Bajic, chaque monde est libre de se gouverner par ses propres moyens tant qu’il respecte les règles établies par l’autorité seigneuriale.

          La jeune femme s’installe donc en bout de table, auprès de Sylvar, elle aussi invitée pour l’occasion. Les autres membres de la réunion sont des gens du cru, des locaux pour la plupart issus des cellules rebelles qui ont contribué à libérer Kabaira de l’influence néfaste des corporations. Mais on retrouve également parmi les conseillers provisoires quelques grandes figures de la lutte ouvrière, des penseurs emprisonnés par les anciennes autorités et récemment libérés, et dont le combat intellectuel a permis d’inspirer les rebelles à poursuivre leur combat clandestin dans les moments les plus difficiles.


          - Entrons dans le vif du sujet, si vous le voulez bien. Commande Frilla sur une voix qui n’a, pour l’heure, rien d’autoritaire.

          - Bien évidemment, Excellence. Je laisse d’abord la parole au conseiller Milvrus, préposé à la sécurité générale.

          - Je vous remercie, monsieur le premier ministre. Excellence, madame la ministre… J’ai le plaisir de vous informer que nous avons entamé de grandes réformes au sein de nos forces de sécurité. Déclare le conseiller. Avec le concours des services de renseignements du Seigneurat de Bajic, nous avons pu commencer à purger les rangs de tout individu ayant des sympathies avec les corporatistes ou l’Association Natori. De nombreux officiers de sécurité ont déjà été mis aux arrêts, parmi lesquels figurent des cadres supérieurs et quelques instructeurs. De même, l’aide apportée par les forces de police seigneuriales nous permet de changer nos méthodes de maintien de l’ordre. Et grâce au soutien d’instructeurs issus de la deuxième légion, nos forces de sécurité auront bientôt une meilleure formation au combat. Si le conseiller Vargis peut me promettre que son département se chargera des problèmes logistiques, je pense pouvoir affirmer que nos officiers de sécurité seront entièrement équipés et formés d’ici six mois.

          - Le département de l’industrie est déjà sollicité pour de nombreux projets militaires. Indique Vargis. Je doute que nous puissions honorer toutes nos commandes dans les temps au vu des demandes et de la distribution complexe des ressources.

          - Ce ne sont pas les ressources qui manquent sur Kabaira… Les sous-sols de notre monde regorgent de matières premières et nous n’avons, pour l’heure, exploité qu’une infime partie de ces gisements. Commente alors le premier ministre, perplexe. De quoi avez-vous réellement besoin, Vargis ?

          - Et bien… Les composants nécessaires à l’assemblage de certaines pièces sont difficiles à trouver. Ajoutez à cela les conflits qui perturbent le secteur et ses environs ainsi que les bandes pirates qui profitent allègrement de la situation pour piller nos convois et vous avez un bel aperçu du pourquoi nous rencontrons des difficultés à nous approvisionner correctement. Répond le conseiller préposé à l’industrie. De toute manière, nous aurions du mal à soutenir la cadence même sans ces problèmes. Si nous avions des machines pour s’occuper des chaînes de production et d’assemblage, il ne serait guère difficile de remplir dans les temps les quotas imposés… Mais nos ouvriers ne peuvent soutenir un rythme de travail aussi effréné.

          - Tous ces problèmes peuvent cependant être réglés, n’est-ce pas ?

          - En effet, monsieur le premier ministre. Nous pourrions automatiser une partie de nos chaînes d’assemblage, faire construire des usines pour fabriquer les composants manquants et utiliser la main d'œuvre libérée au sein de ces nouvelles industries. Nous pourrions, dans le meilleur des cas, résoudre nos problèmes sans mettre en péril le marché local du travail. Poursuit Vargis. Toutefois, réorganiser nos infrastructures et en fabriquer de nouvelles prendra du temps… Ce qui risque de retarder inéluctablement les délais de production.

          - L’autorité seigneuriale globale mettra l’ensemble de ses ressources à la disposition de Kabaira, si cela peut permettre une éventuelle avancée. Annonce Sylvar depuis le bout de la table.

          - Le soutien financier et logistique du Seigneurat de Bajic nous sera probablement d’une grande aide, en effet. Confirme Mirn. Je crois par ailleurs, et pour aller dans ce sens, que l’autorité globale seigneuriale peut nous aider sur un autre point. Conseiller Jyb, si vous voulez bien nous faire part de vos requêtes…

          - Bien sûr…

          La réunion se poursuit ainsi pendant des heures. On en vient après tout à discuter de l’avenir de Kabaira et nul ne s’offusque encore de passer autant de temps à échanger autour d’une table. Quand on choisit de représenter toute une nation, le moins qu’on puisse faire est de sacrifier un peu de son temps pour son peuple. Pour Frilla, c’est d’autant plus vrai puisqu’elle est l’héritière présumée d’un seigneur de la guerre dont l’empire ne cesse de s’agrandir… Elle aura peut-être à gouverner un jour l’ensemble des planètes placées sous l’autorité de son père… Du moins si tel est son destin.





          Après avoir passé en revue l’ensemble des points du jour, ayant discuté de l’utilité de tel projet ou des avantages à introduire telle ou telle réforme, le conseil administratif est enfin congédié. La fille adoptive d’Hivernus ne compte pas les heures passées à converser ou écouter. Elle sait qu’une partie de la journée est perdue… Mais pas en vain. L’intérêt que le Seigneurat de Bajic porte aux affaires courantes de Kabaira profite tant à l’un qu’à l’autre. Et les échanges qu’elle entretient avec le gouvernement provisoire ne font que renforcer les liens naissants entre une autorité seigneuriale responsable et une jeune nation qui ne demande qu’à s’épanouir.

          Suivie de près par les gardes silencieux de son escorte, Frilla Hawan se perd de nouveau dans les couloirs somptueux du complexe capitolin. Elle est cette fois-ci accompagnée de la ministre de la guerre, Sylvar, avec qui elle doit notamment échanger sur certains sujets. Égarant le temps de quelques instants son regard sur les détails insignifiants des fresques murales qui l’entourent, la jeune femme finit par engager la conversation.


          - A l’avenir, le Seigneurat de Bajic se reposera en partie sur les capacités industrielles de Kabaira… La septième flotte sera d’ici peu mobilisée pour une nouvelle mission… Et avec les prochains combats qui s’annoncent, Kabaira aura peut-être à se défendre par ses propres moyens. La mise en service de nos sous-marins doit donc s’effectuer dans les plus brefs délais.

          - J’en ai bien conscience, Excellence. Admet la Cathar. La capitaine Haravi m’a fourni un premier rapport avant le début de la réunion. Selon elle, les prototypes de sous-marins seront prêts à effectuer leurs premiers tests en mer d’ici deux semaines. Les essais devraient nous fournir suffisamment de données à exploiter pour la conception d’un premier modèle basé sur les plans des prototypes. En prenant en compte différents facteurs, la capitaine Haravi estime qu’il faudra au moins deux ans pour assembler les premiers sous-marins.

          - Deux ans… Nous n’avons pas ce temps devant nous, colonel. Répond la fille adoptive du Chiss.

          - Avec la mise en service de chaînes d’assemblage automatisées, nous pourrions réduire ce délai de six mois, Excellence… Ou peut-être huit. Mais je crains que nous ne puissions faire mieux pour le moment. Fait remarquer la ministre, avant d’ajouter : De toute manière, un assemblage trop expéditif de nos sous-marins ne serait pas pour nous avantager. Les problèmes de fabrication sont souvent nombreux lors de la mise en production d’un nouveau modèle et si les défauts ne sont pas corrigés à temps, on pourrait se retrouver avec des sous-marins défectueux. Un contrôle minutieux des pièces est donc nécessaire… Et cela peut parfois prendre un certain temps.

          - Hmm. Bien sûr. Je m’en remets volontiers à votre jugement, colonel. D’ailleurs… Puisque je vous ai sous la main… Quelles nouvelles avons-nous de Pantora ?

          - La vicomtesse Shoti m’a fait savoir que la commission économique de l’Assemblée est en train de statuer sur notre demande d’acquisitions de concessions minières sur Pantora. Indique Sylvar. L’ambassadrice m’a confirmé la présence de nombreux soutiens du général Shisey et du président Tomoon parmi les membres de la commission et elle m’assure que la validation d’un accord ne devrait être qu’une formalité.

          - Voilà une bonne nouvelle. Les ressources extraites de Pantora seront vitales à la poursuite de notre effort de guerre. Il sera donc important de superviser de près les opérations minières et d’en assurer la sécurité en tout temps.

          - Bien évidemment, Excellence. Vous pouvez compter sur moi pour veiller au grain.

          Cette expression, régulièrement utilisée par les militaires au sein des forces armées seigneuriales, semble si courante et ridicule qu’elle pourrait faire sourire la jeune femme. Mais dans le cas actuel, Frilla ne laisse que peu de place à l’humour. Le Seigneurat de Bajic a besoin de ces ressources pour poursuivre sa campagne militaire dans le secteur et ses environs.

          - Excellence…

          Un aide de camp vêtu d’un uniforme à la coupe impeccable se présente devant la fille adoptive du seigneur de la guerre, fait claquer ses talons pour la saluer puis lui remet un bloc de données.

          - Nos services de renseignements ont intercepté un message dans le secteur Parmic. La princesse Saadia doit y rejoindre un client pour faire affaire… Le “Vent Noir” sera sans escorte. Annonce l’officier.

          L’occasion idéale pour se débarrasser d’un groupe pirate devenu gênant… Surtout depuis qu’il a été prouvé que la Falleen agit contre les intérêts du Seigneurat de Bajic. C’était à prévoir… Les forbans de l’espace n’ont jamais été connus pour leur fiabilité. Achetez leurs services un jour et ils vous poignardent dans le dos dès le lendemain si cela peut leur rapporter plus. Il n’y a qu’une seule négociation possible avec les pirates : Celle qui se termine dans la violence. Après tout, c’est bien la seule chose qu’ils arrivent à peu près à comprendre. Anéantissez une bande et les autres se tiendront à l’écart de vos affaires… Du moins pour un temps.

          - Colonel, contactez l’amiral Netbers. Dites-lui de mobiliser la septième flotte pour une opération spéciale.

          - Je m’en occupe immédiatement, Excellence.

          Observant le départ de la ministre de la guerre et de l’aide de camp, Frilla se perd dans ses pensées. Il lui reste tant à faire… Et l’absence de son père commence à peser lourd. Elle aurait bien besoin de ses conseils, de son aide, de sa présence. Mais pour l’heure, la jeune femme est seule aux commandes et l’idée même qu’elle puisse prendre une mauvaise décision la travaille au plus haut point…
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            Auteur : Hivernus

            A lire avant.

             
            On avait donné au major-général Bradd (depuis passé général) l'ordre de fortifier les mondes du Seigneurat de Bajic afin de les préparer à une éventuelle invasion... Et ce fut fait. Bénéficiant des ressources du Ministère de la Guerre et de la Corporation Hawan, s'appuyant sur la main d'œuvre "généreusement" fournie par le Ministère de la Sécurité Intérieure, l'officier supérieur a su faire des merveilles sur Kabaira et Rezi-9. Il faut dire que le général Bradd n'est ni un débutant, ni un amateur. Il a derrière lui des années d'expérience (ayant longuement officié au sein du génie militaire de l'armée impériale quand elle était au sommet de sa gloire) et il a toujours tenu à superviser en personne l'érection de nouvelles fortifications, ne déléguant ses responsabilités et son autorité qu'auprès d'individus qu'il sait fiables et compétents.

            Après des mois de travaux et des dépenses colossales, tant en crédits qu'en matières premières et en hommes, les résultats commencent à parler d'eux-mêmes. D'importantes structures de métal sont sorties de terre, d'anciens complexes fortifiés comme ceux de Pela et de Raffi ont été réparés et modernisés et de très nombreux emplacements d'artillerie ont vu le jour à la surface de la planète. Le visage de Kabaira change peu à peu, transitant du paisible monde industriel vers celui de forteresse imprenable. Cette transformation n'impacte pas seulement le paysage. La société de Kabaira change de dynamique, évolue, s'adapte. Son secteur industriel se militarise progressivement. Les laboratoires pharmaceutiques produisent à présent des kits de soins et du matériel médical pour les besoins de l'armée tandis qu'ici et là, diverses entreprises ont abandonné la construction de chalutiers de pêche et d'outils de forage pour la production de chasseurs et de blasters. 

            Dans un monde en pleine évolution, Kabaira ne connait pas le chômage. Ceux qui ne travaillent pas dans les mines, le secteur de la pêche ou celui des industries sont employés sur les chantiers de construction ou s'engagent dans les forces de sécurité de la Corporation Hawan, qui réclame toujours plus d'âmes dans ses légions de soldats. L'économie se transforme, les affaires se diversifient. Et la vie se poursuit. 

            Aujourd'hui, l'état-major a décidé de passer en revue les bases militaires de la planète afin d'évaluer les progrès effectués par le général et jauger le degré de protection que ces installations fournissent à Kabaira. C'est donc une belle part du gratin seigneurial qui se déplace en personne pour constater l'évolution : 

            - Colonel Sylvar, ministre de la guerre.
            - Amiral Netbers, commandant en chef de la marine de guerre du Seigneurat de Bajic.
            - Général Bradd, commandant en chef des forces terrestres du Seigneurat de Bajic.
            -  Major-général Poniatowski, commandant la deuxième division de sécurité de la Corporation Hawan, stationnée sur Kabaira.
            - Major-général Oboer, commandant la troisième division de sécurité de la Corporation Hawan, également stationnée sur Kabaira.

            La fine fleur de l'armée seigneuriale, telle qu'elle est encore nommée par ses éléments les plus conservateurs malgré son assimilation par la Corporation Hawan, représente l'autorité du Seigneurat de Bajic dans sa forme globale. Les représentants de l'autorité seigneuriale locale sont quant à eux tout aussi nombreux à faire le déplacement, parmi lesquels figurent notamment : 

            - Premier ministre Mirn, à la tête du gouvernement de Kabaira.
            - Conseiller Milvrus, préposé à la sécurité générale.
            - Conseiller Vargis, préposé à l'industrie.

            Militaires et civils sont suivis de près par une armée de secrétaires, d'officiers subalternes, d'aides de camp et d'assistants en tout genre. Un détachement de sécurité spécial, fourni par le très discret Service de Protection Rapproché et les terribles unités de commandos de la marine de guerre seigneuriale, protège les membres de cette délégation d'inspection. Ce sont en tout des dizaines d'individus qu'il faut déplacer d'un site à l'autre, forçant les commandants de ces installations militaires à fournir d'importants efforts logistiques et à observer un durcissement des mesures de sécurité. 




            Base militaire de Pela.


            Pela est de loin la plus puissante des forteresses de Kabaira. D’imposants murs en duracier, haut de dix mètres, viennent ceinturer l’ensemble des installations militaires de la base et les différentes entrées et sorties du complexe sont lourdement gardées. Afin d’honorer son statut de bastion inexpugnable, différents dispositifs de défense ont été mis en place par le Ministère de la Guerre. D’importantes batteries anti-aérienne et anti-infanterie, constituées de tourelles turbolaser et de canons laser, doivent éliminer les forces adverses avant qu’elles ne puissent poser pied à terre. Un vaste réseau de tranchées et de bunkers permet à la garnison de la base de tenir un siège dans la durée et un champ de mines protège les alentours de la forteresse de tout assaut terrestre. La base militaire de Pela abrite par ailleurs un grand complexe souterrain, lui offrant l’avantage d’une précieuse protection face aux bombardements orbitaux.

            Pela est le quartier général de la deuxième division de sécurité de la Corporation Hawan (qui est considérée comme l'une des meilleures unités du Seigneurat de Bajic) et abrite de fait une importante garnison de soldats corporatifs. Le contingent local est fort de dix mille hommes et dispose notamment de cinq Transports Blindés Tout-Terrain (TB-TT) et de six canonnières de type Dragonfly, produits par l'Arsenal Militaire de Lybeya. 

            La base militaire de Pela occupe une bonne portion de l'aire urbaine située au nord de la ville d'Eponte, capitale de Kabaira, faisant d'elle sa principale source de protection face aux incursions et aux potentielles insurrections locales. Du fait de sa proximité avec la capitale, de très nombreuses unités de police stationnent en permanence au sein de la forteresse, ajoutant des milliers d'hommes à ses effectifs de garnison.




            Camp Beishal.


            Camp Beishal est une base militaire fortifiée qui sert principalement de centre d’entraînement pour les forces de sécurité de la Corporation Hawan. Relativement bien protégée en dépit de sa taille modeste, Camp Beishal dispose à cet effet de solides murs en duracier, de plusieurs batteries de tourelles laser ou turbolaser et bénéficie de la protection d’un champ de mines. Plusieurs bâtiments de cette base sont construits de manière à pouvoir résister à un bombardement orbital.

            Camp Beishal compte pas moins de cinq mille hommes (appartenant à la troisième division de sécurité) dans ses installations. Quatre canonnières de type Dragonfly sont stationnées au sein du camp. Quelques unités de la Division des Services de Police utilisent par ailleurs ses installations comme base d'attache et d'opérations.

            Camp Beishal occupe une plaine aux alentours de la petite ville côtière de Danustica, la protégeant d'éventuelles incursions ennemies.





            Base militaire de Raffi.


            Perchée dans les montagnes, loin de toute activité et de tout centre d'habitation, la base de Raffi apparaît comme distante et hors d'atteinte. Si elle n'a pas la puissance et l'allure intimidante de la base de Pela, Raffi n'en demeure pas moins une forteresse difficile d'accès de par sa localisation. Atteignable uniquement par voie aérienne, ce bastion dispose d'un ensemble de dispositifs de sécurité très performants qui assure sa protection contre n'importe quel danger. Plusieurs batteries d'artillerie, dissimulées en flanc de montagne, couplées aux intercepteurs et combinées aux stations radars de la base, permettent une défense en profondeur des installations militaires. 

            Raffi a été désignée comme quartier général pour le personnel de la troisième division de sécurité de la Corporation Hawan. On estime entre quatre et cinq mille le nombre de soldats corporatifs opérant sur zone. Douze intercepteurs K-222 modifiés par l'Arsenal Militaire de Lybeya et une poignée de navettes de la classe Lambda occupent actuellement sur la base de Raffi. 



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