Un moment de répit
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Post n°1
Auteur : Kath Aplazm
Au bout d'une vingtaine de minutes à déambuler sur les passerelles et les ponts de cordes qui reliaient ingénieusement les différents bâtiments du Sanctuaire Jedi, Kath finit par perdre patience. Voilà qu'il errait sans but depuis un moment et l'intensité de la joie qui l'avait empli lorsque les Jedi l'avaient accepté en son sein diminuait à mesure que le soleil s'élevait dans le Ciel. La vue rassurante du paysage forestier ne lui était d'aucun réconfort et tout ce à quoi il aspirait à présent était quelques misérables heures de repos ; son escapade en forêt avec Alya ne l'avait pas seulement enrhumé, elle l'avait aussi vidé de toutes ses forces.n'était pas aussi bien que sa chambre d'Alderaan, mais il n'en avait cure. Sans jeter un seul regard au mobilier ou à l'intérieur de la cellule, il s'assoupit et sombra dans un sommeil de plomb.
Kath Aplazm maudit tout haut son insouciance. En suivant Alya ou un autre groupe de novices, il aurait eu tôt fait de retrouver un lit douillet -car il ne l'espérait pas différent- et de chasser sa fatigue. Au lieu de ça, il devait se réduire à passer la tête par l’entrebâillement de chaque porte en espérant ne pas interrompre un maître méditant ou, pire encore, le bain de charmantes apprenties aux formes voluptueuses... à quoi pensait-il donc ? Le jeune homme se claqua la joue. Les vêtements saillant d'Alya lui revenaient en tête et il se força, un peu honteux mais de meilleur humeur, à penser à autre chose.
Au bout d'une allée, il crut reconnaitre la salle de douche par laquelle il avait transité avant d'apparaitre devant le Conseil. S'il y avait de quoi se laver, c'était sans doute qu'il était arrivé dans les quartiers d'habitations des Jedi. En en ayant croisé plusieurs, son intuition se confirma et il poussa un soupir de soulagement ; ses jambes endolories avaient de plus en plus de mal à le porter et il refusait de souffrir encore plus longtemps le poids de l'éveil. Évitant tout être vivant sur son chemin, il finit par arriver à un croisement. Il resta un long instant ébahi, le regard vide : l'allée devant lui menait presque directement à la chambre où il avait rencontré les maîtres. Ainsi, depuis tout ce temps, il avait tourné en rond alors que les quartiers étaient si proches ? Trop las pour se lamenter plus longtemps, il acheva de se trainer vers les petites cellules devant lui. Un grand nombre d'entre elles paraissaient vides et inoccupées, car il semblait bien qu'on en ait prévu plus que de Jedi occupant le Sanctuaire. Alors, c'était bien vrai. Les Jedi n'étaient effectivement plus qu'un nombre réduit, vivant comme des criminels, cachés aux yeux du monde. Au fond de lui, Kat prenait réellement conscience de la chance incroyable qui l'avait amené à les rencontrer et se faire accepter en leur sein malgré tout ce qui les avait frappés. C'était bien une des premières fois qu'il pouvait l'affirmer.
*Gloire à la Force !*, se dit-il avec un sourire en coin avant de pousser la fine porte d'une des petites huttes en face de lui. Fort heureusement, elle n'était pas occupée, comme les autres. Comme rien ne lui importait pour l'heure plus que son bien-être et sa santé mentale, Kath referma la porte d'un coup de pied fatigué et s'affala sur la paillasse devant lui. Ce* * *Kath ne sut combien de temps il s'était passé depuis son réveil. Quelques minutes, quelques heures ? En tout cas, il se sentait à peine mieux, le rhume ayant laissé place à une faim difficile à contenir et la fatigue cernant encore ses yeux embrumés. Il se leva péniblement et s'assit en tailleur en se frottant frénétiquement les orbites à l'aide de ses manches. Baillant à tout va, il jeta un oeil distrait sur la paillasse dans laquelle il avait dormi : à mieux y regarder, il s'agissait d'une sorte de futon assez dur recouvert d'une couverture fine mais chaude faite d'une matière étrangement laineuse, tressée rustiquement en un tissu de facture somme toute assez sommaire, qui sentait le bouc. En reniflant l'air alentours, le jeune homme constata que cette odeur persistante émanait aussi de ses vêtements propres, probablement faits en la même matière. Comme la faim le tiraillait toujours il ne put supporter de les sentir alors qu'une nausée aussi inexplicable qu'incontrôlée le prit d'un coup. Nerveusement, il jeta dans un coin de la petite pièce la moitié haut de son habit et passa la tête au dehors pour prendre une bouffée d'air frais.
Plus en forme qu'il y a quelques minutes, Kath prit maintenant le temps de considérer ce qu'il avait choisi pour être son nouvel habitat : pas de mobiler à l'exception de sa couche, un petit coffre et une étagère sur laquelle trainaient des chiffons. Rien de bien folichon, vraiment. Si le luxe n'était sans doute pas une caractéristique qu'il aurait attribuée aux Jedi, il les croyait un peu plus nantis. Son idéal du fier chevalier volant au secours de la veuve et de l'orphelin se dégradait de plus en plus à mesure qu'il découvrait la vie des ermites. Le juene homme se rassit, pensif. Il devrait penser à faire quelques aménagements pour rendre le lieu un peu plus agréable. Il ajouterait une holo-image de sa famille, une belle fenêtre... Encore qu'il ne soit pas sûr que percer des trous dans le mélange de terre cuite et de végétaux qui formaient son mur soit une bonne idée. Un son répétitif le tira de ses pensées. En se concentrant, il fut presque certain d'entendre un clapotement régulier. Torse nu, il grelotta en braquant le ragard partout afin d'en déterminer l'origine. Il finit par apercevoir un trou gros comme deux poings dans sa toiture, par lequel s’infiltraient les gouttes de l'orage de la veille. Voilà qui était bien sa veine, il avait hérité -ou choisi, mais peu importait à présent- de la seule hutte dont le toit était éventré.
A l'aide de deux morceaux de bois cassés, il tenta maladroitement d'accrocher ses vêtements pour couvrir le trou et ainsi se prémunir du courant d'air froid qui lui fouettait la poitrine. Peine perdue, au bout de deux minutes, il abandonna, laissant tristement pendouiller sa tunique déchirée au bout d'un bâton trempé. Sa vie de Jedi commençait bien : une cellule en mauvais état et plus de vêtements. Le jeune homme éternua et se frotta le nez du revers de la main. Pour éviter d'empirer son état, il se recouvrit de sa couverture et entreprit d'ouvrir le petit coffre à côté de lui. Comme il s'y attendait, il ne contenait rien, sinon un petit insecte nocturne qui s'envola pour disparaitre aussitôt qu'il était apparu. Kath farfouilla alors ce qu'il avait alors pris pour des chiffons : il s'agissait d'une bure Jedi ! Étonné mais heureux de trouver de façon si inattendue de quoi le garder du froid, il se revêtit sans attendre du vêtement qui, cette fois et contrairement à ses précédents habits, lui allait comme un gant : ample sans paraitre trop grande, la tenue était beige et conçue dans une matière épaisse, semblable aux autres tissus, l'odeur en moins. Kath s'étonna de constater que le vêtement était plus lourd qu'il ne l'aurait cru. Après tout, les Jedi devaient fabriquer leurs habits avec ce qu'ils avaient sous la main et les textiles ouvragés d'Alderaan ne devaient pas parvenir sur la lune forestière. De plus, le climat incitait beaucoup à ne pas oublier de se couvrir par prudence.
Ainsi vêtu, l'Alderaani se considéra avec un grand sourire : il avait plutôt fière allure ! Il constata un instant plus tard avec un pincement de désarroi qu'il avait mis son pantalon à l'envers et, une fois l'habit de nouveau vêtu, il s'arrêta a pas de sa porte dans une pose conquérante. Cette fois, les Jedi n'avaient qu'à bien se tenir car lui, Kath Aplazm d'Aldera, était sur le point de commencer sa formation !
...Et ça n'allait pas être de la tarte. -
Post n°2
Auteur : Kath Aplazm
Il faisait nuit noire quand Kath rejoignit enfin le Sanctuaire. La lumière déclinante du soleil l'avait guidé jusqu'aux clairières cachées des Jedi et la lueur faible et douce des lanternes lui avait permis, une fois n'est pas coutume, de ne pas s'égarer. Il avait l'esprit étonnamment clair et ne pensait à rien. Passée l'adrénaline de ses derniers instants dans les profondeurs de la forêt, la fatigue l'avait poussé à mettre de côté toute autre pensée que celle qui le menait inexorablement vers ses pénates. Et au-delà de ça, s'il avait compris une chose depuis son entrée dans l'Ordre, c'était que les maîtres tenaient à garder leur présence sur la lune forestière secrète. Et qu'ils savaient lire dans les esprits des faibles Alderaanis, du genre de ceux qui seraient capable de déclencher, en plus d'un contentieux avec une corporation engageant de cruels mercenaires, des feux de forêts susceptibles de révéler à tous la survie de l'Ordre.
...
Non, vraiment, qui aurait été capable de faire ça ? Pas lui, certainement. Lui, il n'était qu'un pauvre homme un peu paumé, novice à la Force et aux entrainements spartiates du gungan Nass. Un garçon, oui, tout juste bon à se faire voler ses sous-vêtements par des Ewoks pour amuser la galerie ! Certainement pas du genre à compromettre le secret de l'Ordre et ses intérêts supérieurs. Comment, du reste, un asticot tel que lui aurait-il pu déclencher un tel feu de forêt et permis la destruction probable d'une portion conséquente d'un avant-poste colonial ? Personne n'y croirait !
...
A mieux y réfléchir, si, tout le monde y croirait. Pire, il était sans doute le coupable tout désigné. Personne n'aurait été plus maladroit, plus malchanceux. Assis dans sa cellule, Kath jeta dans un coin les lambeaux de ses vêtements jedis déchirés. Sans doute quelqu'un avait-il anticipé la rudesse des méthodes de Nass, car il trouva à côté de son futon de paille un petit paquet cachant des vêtements propres et quelques biscuits. Ce repas frugal ne lui remplirait pas l'estomac, mais après l'avoir englouti, le jeune homme sentit l'ange de la mort quitter son côté. Pensant ses plaies et enduisant de baume ses hématomes, il maudissait l'immonde crapaud qui lui servait de professeur. Puis, las, il tomba sur le dos dans un bruit sourd. A demi-nu, les cheveux en bataille il se laissa aller au sommeil. Doucement, il fut pris de somnolence et se laissa aller en rêveries. Le lendemain, il irait à la cantine, y retrouverait Voxe, Alya, Arnhal et ses condisciples. Ensemble, ils déjeuneraient, riraient et se rendraient, unis au cours de maître Nass. Oh, certes, ils se feraient sans doute tous sermonner pour n'avoir terminé l'exercice de la veille, mais ils se rattraperaient si bien que l'obèse gungan devrait bien admettre qu'il avait devant lui la relève de l'Ordre jedi, ceux qui lui permettraient de briller à nouveau ! Et tous, ils s'en iraient, fatigués mais souriants, conscients du bon travail accompli, déguster des poulets braisés et de la viande rôtie...
Les narines de Kath s'écarquillèrent. C'était comme s'il pouvait sentir les mets d'ici. Bareman était un si bon cuisinier, après tout ! Le novice se leva doucement, enfila sa veste de bure et jeta un oeil fatigué à l'extérieur de sa chambre. Y avait-il vraiment une heure pour un petit en-cas ? Ces biscuits ne l'avaient pas repu et son ventre criait de faim.
Trainant son corps abîmé sur le seuil de sa porte, devant les passerelles de bois et de cordes du sanctuaire, il réajusta sa ceinture et sera les lanières de ses bottes. Il n'eut d'ailleurs aucun mal à le faire, car la lune éclairait magnifiquement le pavillon. Kath prit un instant pour respirer l'air ambiant, qui sentait bon la buche et le bois brûlant dans les fourneaux. Et soudain, il tourna la tête vers l'horizon. Sa mâchoire s'en décrocha instantanément alors qu'il laissa tomber au sol le dernier biscuit qu'il avait conservé. Ce n'était pas la lune qui l'éclairait, il faisait nuit noire une heure plus tôt ! Au loin, l'incendie semblait s'être propagé et quelques clameurs s'élevaient de la forêt.
Pas bon, pas bon du tout. L'Alderaani inspira longuement. Cette fois-ci, il n'avait pas uniquement mis sa propre vie en danger, mais bien plus que cela. Ses mains tremblèrent légèrement quand il s'approcha de la balustrade du pont sur lequel il se trouvait. Il n'avait pas l'habitude d'être impulsif, mais cette fois-ci, il n'avait pas le choix.
Pris d'un spasme léger, comme prophétique, il sourit d'un air faussement assuré. Et, la seconde d'après, Kath se jeta dans le vide. Plus vite il irait au devant du danger, plus vite il pourrait tout arranger... et n'aurait pas à affronter l'ire du Conseil. -
Post n°3
Auteur : Kath AplazmLe sommeil de Kath se déroula sans qu'un songe vienne le perturber. Physiquement et mentalement brisé, rien n'aurait pu perturber son repos mérité après une si atroce expérience. Cependant, le novice finit par ouvrir les yeux d'instinct. La pluie qui battait à son arrivée au Sanctuaire s'était apaisée et seule une petite flaque au milieu de la hutte témoignait de sa violence. La tempête était donc tombée, à moins que tout cela ne fût qu'un mauvais rêve. A demi-éveillé, l'humain ne se demanda pas comment il avait atterri là, n'ayant du reste aucun souvenir de s'être assoupi comme une masse sur les passerelles du Sanctuaire des Jedi. Il se redressa un instant sur son matelas de paille humide et contempla le ciel à travers le trou dans son toit, qui se faisait d'ailleurs plus large de jour en jour. Le ciel étoilé, immobile, aurait coupé le souffle au plus béotien des hommes, tant la profondeur de ses nuances avaient d'emprise sur l'âme. Comme lorsqu'il avait gravi l'arbre Wohyyr, Kath découvrait la lune forestière d'une manière bien plus enchanteresse sous ces couleurs.
Le jeune homme prit une longue inspiration et ferma les yeux : il ne devait pas avoir dormi très longtemps, si le soleil ne s'était levé. Il resta étendu de longues minutes, tentant tant bien que mal de se replonger dans un profond sommeil. En vain. Au bout d'un moment d'attente plus long qu'il lui semblât, l'Alderaani se releva sur ses bras engourdis et appuya son dos contre le mur froid de la chaume de sa hutte. Interdit, il gardait le yeux fermés, espérant que la douleur de ses blessures le replonge dans un état de léthargie peut-être synonyme de repos réparateur. Sans plus de succès. Mais alors qu'il ne tendait l'oreille à rien d'autre qu'aux battements de son propre coeur et aux sifflements du vent, il ressentit en lui l'écho de la Force, faiblement. Ce n'était bien sûr pas la première fois, mais il n'avait jamais l'identifier de cette façon auparavant. Curieusement, une pointe de gaité l'envahit, comme si avoir compris une chose aussi basique que cela, en comparaison avec les accomplissements de ses camarades du moins, le remplissait d'allégresse. Plongé dans le calme et la sérénité de son habitat de fortune, il aurait mieux l'occasion d'étudier ce phénomène qu'accroché au-dessus d'un brasier incandescent, de cela il était sûr.
Néanmoins, à chaque fois qu'il se concentrait sur le son qui tourbillonnait imperceptiblement autour de lui, celui-ci s'évadait et le laissait seul à ses pensées. Et quand la fatigue reprenait le dessus, sans qu'il arrive pourtant à s'endormir, l'écho revenait. Kath se pencha légèrement en avant, expirant longuement, une main sur son œil encore gonflé. Il interprétait différemment tous les évènements de la veille : les entrainements de Nass auprès de la rivière lui revinrent particulièrement. Lorsqu'il s'était à demi noyé dans le ruisseau, il avait fait appel à cet écho. De même, dans le village Ewok, ou lorsqu'Alya et lui avaient couru dans les bois à la poursuite de Woopee. Et lorsque les mercenaires l'avaient surpris dans la forêt... Le visage du jeune homme se crispa en repensant à Jarrik et à sa mort cruelle. Son coeur s'emballa un instant et l'écho revint, de plus en plus fort comme un nouveau sanglot s'échappait de la gorge enrouée de Kath.
Le novice se redressa difficilement sur les genoux et balaya d'une main la flaque d'eau à quelques centimètres de lui. Les gouttes qui ruisselaient sur son visage eurent tôt fait de le ramener à la réalité. Il se leva et constata qu'il était encore à demi-nu : celui qui l'avait amené ici n'avait pas poussé le vice à le déshabiller. Comme chacun des derniers jours, une nouvelle bure l'attendait non loin de sa couche : il s'en saisit et s'en revêtit prestement avant de se rasseoir. En se baissant, Kath remarqua un petit papier posé là où la bure avait été posée. "C'est la dernière mon pote. Après ça, tu te démerdes ! Signé : B.". Le visage de Kath se tourna vers le mur opaque, mais en direction de la cantina. Avec un sourire gêné, il remercia intérieurement le vieux clone Bareman pour son attention. Il lui devrait bien un verre, s'il pouvait mettre les pieds dans l'estaminet de Jedi dans les jours qui viendraient.
Kath essaya de se concentrer à nouveau sur l'écho. Rien. Réfléchissant aussi vite que ses capacités cognitives ralenties par la fatigue et l'ankylose le permettaient, il se rappela Alya et les autres novices, et prit une pose relativement semblable à la leur pour tenter de les imiter dans leur méditation. Plus il se concentrait, plus sa tête lui faisait mal et moins il ressentait l'écho. Au bout de ses peines, il fut tenté d'abandonner. Crispé, il fit une dernière tentative, modifiant légèrement sa position, se calquant cette fois sur un autre de ses souvenirs : celui de cette forme étrange, méditative, frêle mais pourtant imposante, qu'il avait aperçut dans l'une des cellules des Naa'fruu. Alors qu'il changeait le positionnement de ses bras et de ses jambes, il fut traversé d'une douleur vive : chacune de ses plaies parut se rouvrir et il émit un grognement. Dans une tentative de s'évader de ces soucis matériels, il prêta l'oreille à un son, même infime, de la Force. Au lieu de cela, une vague d'effroi chassa subitement lle flot de bonheur qui l'avait envahi quelques temps plus tôt.
Il ouvrit les yeux. Sur la parois de la cellule, l'ombre de la "chose" qu'il avait vue se répercutait comme un écho, oscillant sous la lumière des étoiles. Effrayé, Kath eut un mouvement de recul et regarda autour de lui. Personne en vue, pourtant il aurait juré avoir ressenti un courant d'air lui lécher l'échine. Cherchant à tâtons de quoi s'éclairer, il mit la main sur un étrange vase en terre cuite, dont il n'avait jamais constaté l'existence auparavant. Plongeant ses yeux à l'intérieur, un regard perçant, rouge, le foudroya et il tomba en arrière, lâchant l'objet dans sa chute. Au lieu de se briser, le vase retomba lourdement sur le sol, laissant émaner des volutes de fumée noires. Mais Kath ne le vit pas car les yeux fermés, il se tenait la tête : ces yeux étaient ceux de Jarrik. Jusque quand la vision de l'homme à l'agonie allait-elle le hanter ?
Étalé sur le dos, le novice se laissa tout à coup envahir par la peur et il se mit à trembler plus que jamais auparavant, les lèvres froissées par un rire nerveux inaudible. S'il avait suffisamment encaissé le contrecoup physique de ses aventures, les péripéties de la veille n'avaient pas fini de frapper son esprit de vives blessures. A plat ventre, les bras en croix, il replongea le regard dans l'interstice qui découvrait sa chaumière. Mais au lieu des astres, ce furent les flammes des Ewoks et de la forêt d'Endor qu'il vit sous ses yeux. Etait-ce le remord qui le gardait éveillé ? L'épouvante ambiante étaient trop réelle pour que tout cela soit un cauchemar.
Et le novice, la bouche large, se remit à rire. Des éclats de voix sardoniques, cette fois, brisèrent le silence de la nuit. Au bout de plusieurs minutes, ils cessèrent, car Kath s'était rendormi. Le vase à ses pieds disparut aussi net. Les lumières de l'aurore ne tarderaient pas à percer les nuages du matin. Pour l'humain, en tout cas, la nuit ne porterait plus conseil en aucune façon. -
Post n°4
Auteur : Kath Aplazm
La nuit s'était levée dix fois sur le jour quand Kath était parvenu aux portes de la Montagne noire, depuis la plaine. Il avait d'abord remonté un bras plus maigre du Chuurelung jusqu'aux rapides du lieu-dit "Sirutlung", suivant le fleuve tel une piste dégagée. Sous ses yeux, il put admirer les paysages qu'il avait traversés quelques mois auparavant : le fleuve noir, les rocailles, les arbres qui se faisaient plus nombreux comme il se rapprochait des alentours de la jungle. Il retourna sur les rives de galets où Saecha, Bareman et lui avaient trouvé une barque, tomba sur quelques cadavres de Sanyassans en chemin. Loin de lui changer les esprits, son voyage de retour ne fut qu'un long chemin de croix pendant lequel il se remémorait toutes ses aventures avec amertume. Woopee, toujours blessé, avait toutefois tenu à l'accompagner. Kath ignorait si Muyi Tano et son groupe avaient décidé d'en finir avec les maraudeurs une bonne fois pour toutes, mais le petit guerrier n'aurait été d'aucune utilité à ses pairs de toute façon dans son état. L'Alderaani se retrouva à porter l'Ewok plusieurs fois en chemin, manquant de se casser la nuque plus d'une fois sur des rochers glissants alors qu'il portait son ami. Hormis cela, quand il ne lui volait pas ses sous-vêtements, le petit guerrier était en définitive fort attachant.
Tous deux avaient partagé un dernier repas avant de contourner les Montagnes. Si le chemin le plus aisé et le plus rapide aurait sans doute été de pénétrer dans les cavernes souterraines, Kath et Woopee craignaient ce qu'ils avaient laissé à l'intérieur de ces murs. Du reste, ils ne pourraient pas employer la même voie qu'à l'aller puisque les explosifs de Bareman avaient fait exploser le seul chemin d'accès qu'ils connaissaient. Ils avaient donc profité de cet instant de répit pour tracer un itinéraire alternatif en suivant leurs vagues connaissances géographiques, et pour se reposer un peu.
A leur grande surprise, ils avaient avancé trois fois plus vite dans ce sens. Sans doute se savaient-ils moins en danger en retournant vers le Sanctuaire et le village Ewok, à moins que cette ardeur fut permise par la belle saison qui leur avait épargné les pluis diluviennes. Leur trajet ne fut pas pour autant un long fleuve tranquille. S'ils avaient pu pendant quelques temps bénéficier de quelques rations de nourriture qu'Hotar avaient laissées à Woopee, les deux compagnons furent finalement confrontés à la faim et à la soif au bout d'une semaine à traverser les Montagnes. Quel ne fut pas leur soulagement lorsqu'ils retrouvèrent le lit du Chuurelung pour s'abreuver. La connaissance des herbes locales de Woopee permit à Kath de ne pas mourir empoisonné en les mangeant ; le novice était lui-même parti à la cueillette une fois ou deux, fort des quelques rudiments de botanique que lui avaient enseigné les chamans Yuzzums. Son savoir était loin d'égaler celui d'un Naa'Fruu, mais il était désormais moins ignorant de la faune et de la flore autochtones et se débrouillait avec un rien plus d'adresse.
Ses yeux, son esprit observaient tous les jours les environs afin d'éviter les traces des prédateurs ou celles de potentiels ennemis. Ils tombèrent à un moment donné sur quelques caisses abandonnées par une espèce hautement avancée, des pirates peut-être, et quelques traces de combat anciens. Kath s'intéressait désormais peu aux Sanyassans ou aux mercenaires, fussent-ils les pires soudards de Beemen. Il cherchait en revanche un signe de son ami Uriel jai Veelar, disparu depuis tout ce temps. Le Kaleesh était bien plus débrouillard que lui. Il ne pouvait pas avoir disparu dans la jungle. Enfin, à mieux y repenser, Bareman, Nass ou Saecha étaient aussi bien plus débrouillards que lui... Kath était vite retourné à ses idées noires. Il devait faire un assez mauvais camarede de marche, s'était-il dit, mais Woopee n'était pas du genre à discuter. Du reste, ils ne parlaient pas la même langue et cela limitait leur communication au strict minimum.
Au bout d'un autre périple d'une bonne semaine chargé de péripéties assez oubliables (Kath manqua une fois seulement de se noyer, ne se vautra dans la boue que deux fois), l'Ewok et son compagnon novice parvinrent enfin à la lisière d'une forêt étrangement familière. D'un côté, des arbres majestueux, millénaires, incarnaient une tranquillité qui leur avait cruellement fait défaut ces derniers mois. De l'aure, de plus jeunes pousses, espoir d'un avenir meilleur, grandissaient sur les restes d'un incendie éteint depuis longtemps. Revenant sur les lieux de ses méfaits, Kath s'accroupit contre une souche et médita quelques instants sur son existence, ses choix et ce qu'il allait faire à partir d'ici. Woopee et lui n'étaient plus qu'à quelques kilomètres du village Naa'Fruu et du Sanctuaire Jedi, la Force les avait bien guidés. L'Ewok ne tarda d'ailleurs pas à le saluer et à le laisser en plan, courant avec une vigueur retrouvée vers sa terre natale. Il avait repris du poil de la bête et était chargé d'une mission cruciale : prévenir la tribu de la mort du chef Chitupa. Peut-être avait-il aussi une famille à retrouver, mais cette mission primait sur toutes les autres.
A nouveau seul dans la forêt, Kath rumina longuement ses idées noires, tournicotant frénétiquement le sabre laser défectueux entre ses mains, une routine qu'il effectuait tous les jours depuis son départ de la plaine. Au toucher, il connaissait maintenant l'objet par cœur, avait démonté plusieurs fois ses moindres rouages. Il manquait quelque chose, quelque chose d'essentiel à son fonctionnement. Le novice ne savait pas quoi. Au final, il connaissait vraiment très peu de choses des savoirs Jedi : au-delà du code lui-même, il avait encore en mémoire quelques rudiments d'histoire assez confus, quelques bases de combat au sabre, ainsi que quelques préceptes légués par Vendar Olorin. Pas de quoi casser trois pattes à un Bantha. Il devait très certainement être largement en retard sur ses compagnons de formation. Bhaal, Endolorean, Clerys,... qu'étaient-ils devenus ? Sans doute de grands Jedis, à n'en pas douter. Ils en avaient l'étoffe. Ils ne brûlaient pas des forêts, eux. Qu'importe que son sabre laser ne marche pas ? Il n'avait aucune légitimité à en porter un.
Au milieu de la forêt nouvelle, Kath retrouva avec étonnement le vieux speeder anti-incendie qui lui avait servi à échapper aux flammes. Le véhicule était cabossé, couvert de mousses et d'insectes, mais il avait encore l'air en état de marche. L'Alderaani manqua de le faire exploser en redémarrant son moteur mais parvint tout de même à stabiliser la machine, qui le déplaça avec grande lenteur en direction du Sanctuaire. Ainsi, le novice eut tout loisir d'admirer les passerelles émerger de derrière les arbres, les branches de l'arbre Wroshyr poindre au-dessus du Lac Fektur. A court de carburant, l'engin s'arrêta net peu avant l'entrée du Labyrinthe d'Arbo et Kath dut continuer la route à pieds.
Le Sanctuaire était silencieux quand il y parvint. La quiétude y régnait mais le novice prit ce calme pour une sentence de mort. L'estomac noué, il remonta les escaliers et échelles qui menaient à l'Agora, mais ne s'y attarda pas. Vêtu de guenilles et aussi sale qu'un Wookie plongé dans un bain de boue, il préféra éviter quiconque semblait se diriger sur sa route. Cette entrerpise fut relativement fastidieuse mais il arriva néanmoins à atteindre les quartiers des novices sans trop trainer. Il reconnut sa hutte entre milles : délabrée, le toit fuyant. Personne n'avait jugé bon de la réparer. Cela voulait-il dire qu'on croyait toujours à son retour, ou qu'au contraire on n'y croyait plus ?
Entrant dans sa cellule à la hâte afin d'éviter un groupe de novices qui s'approchaient, l'Alderaani se jeta sur le dos, à même le sol, les bras derrière la tête. Et maintenant, quoi ? Il état revenu ici car il n'avait nul part d'autre où aller, mais il se sentait étrangement plus en danger entre ces murs qu'à proximité de la Montagne. Des mois d'errance dans la nature avaient-ils altéré à ce point ses perceptions ? Pas qu'elles eussent un jour été affutées, notez.
Kath constata qu'on lui avait laissé un petit baluchon : comme d'habitude, des biscuits et du linge propre. Cependant, l'humidité accumulée sur le tissu et l'état de décomposition des biscuits indiquaient que cela faisait longtemps qu'ils trainaient là. Le jeune homme recracha la nourrityre après une bouchée... Pouah. Au moins des mois. La bure de novice qu'on lui avait laissée était quant à elle trempée, et trop petite pour lui de toute façon. Il se contenta d'enfiler le pantalon pour remplacer le sien, qui tenait plus du pagne à présent.
Une petite lettre attira finalement son attention. Elle semblait avoir elle aussi souffert des intempéries et avait dû voler dans la hutte, par mégarde sans doute. On aurait dit un message... à qui était-il adressé ? La plupart des phrases étaient illisibles.Dem... ce s..a le jour d. gr.n. dé..art. Qu...la Force soit..vec toi.
Sign. : S..cha Tan
Kath resta interdit pendant de longues minutes avant de détruire le morceau de papier imbibé d'eau. Puis soudain, il fondit en sanglots. L'instant suivant, il s'était endormi.
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Post n°5
Auteur : Super PNJ
Ses pas raisonnaient sur les passerelles du Sanctuaire alors qu’elle sortait de la chambre du Conseil Jedi. Les mouvements d’Adi Jolian étaient vifs et elle se déplaçait avec aisance. C’était la plus jeune membre du Conseil Jedi, ce que beaucoup au Sanctuaire considéraient comme un exploit pour un pareil âge. Néanmoins, la sagesse était réputée pour ne pas attendre le nombre des années. Au fond d’elle, elle le savait : elle n’aurait pas connu une telle ascension sans le soutien de son ancien maître Elyna Faràn. Rapidement, l’éminente Jedi visionnaire avait pris sous son aile la jeune Adi et avait pris soin, au fil des années, de lui transmettre un enseignement empli d’une sagesse inégalée. Dès qu’elle fut adoubée en tant que chevalier, Adi Jolian fit de son mieux pour appliquer et faire perdurer les préceptes qu’elle avait appris. Aussi, les maîtres avaient rapidement jugé bon d’intégrer l’ancienne apprentie d’Elyna Faràn au sein du Conseil. Son jeune âge apportait un regard frais qui faisait défaut aux plus anciens et sa grande sagesse venait compenser le peu d’expérience qu’elle avait à offrir par rapport à ses congénères.
Adi Jolian marchait vite non pas car elle était pressée, mais car elle était enthousiaste. Le Conseil venait de prendre une décision rare : celle d’agir. Directement. Jusque-là, les plus sages parmi les Jedi avaient toujours préconisé l’observation. Il était inenvisageable de se lancer dans la moindre opération sans prendre le temps d’analyser la situation. Par exemple, c’était sur la décision d’un membre isolé -Vendar Olorin- qu’une première expédition avait été envoyée dans la Montagne Noire afin de ralentir la progression du Côté Obscur. Le reste du Conseil, quant à lui, avait préconisé la prudence et la collecte d’informations. Sans la décision de Maître Olorin -et ceux qui l'avaient suivi, comme Maître Reez, la menace du Côté Obsur n'aurait pu être ralentie, à défaut d'être totalement éloignée. Aujourd’hui, le Conseil continuait d'observer un temps de réflexion alors qu'on lui avait rapporté l'assassinat d’un de ses membres. Qui s’était lancé aux trousses du traître Lan Tellec ? Qui avait pris soin de lever les nombreux zones d’ombre présentes dans le rapport que les enquêteurs avaient remis au Conseil ? Personne.
Adi Jolian chassa ces pensées de son esprit alors qu’elle arrivait au niveau des huttes. Ce n’était pas la raison de sa présence ici. Cependant, le sujet qui l’amenait n’était pas plus réjouissant. Plusieurs Jedi étaient dispersés à travers la Galaxie, car ils étaient envoyés dans des missions spéciales. Cela aussi, par ailleurs, était source d’éternels débats au sein du Conseil. Que fallait-il faire lorsque l’un d’entre eux ne donnait plus de nouvelles ? Certains arguaient pour la prudence : c’était une perte d’énergie -voire de vies- que de dépêcher un ou deux Jedi enquêter. D’autres, comme Adi Jolian, étaient plus interventionnistes : il ne restait que peu de choses des Jedi, alors chaque chevalier devait être secouru, où qu’il se trouve. C’était ce sentiment qui dominait actuellement parmi les membres du Conseil et plusieurs expéditions avaient été conduites. Récemment, le Conseil avait dépêché Davro Masa sur Kashyyyk, afin d’enquêter sur la disparition d’un maître Jedi. Cela avait permis d’apprendre qu’il avait péri dans un temple Sith. Un autre Jedi était actuellement sur Thule afin d’enquêter sur la disparition de Maître Bador. Désormais, c'était au tour d'Adi Jolian de se rendre sur une lointaine planète pour élucider la disparition d’un des leursi. Mais pour cela, elle avait besoin d’aide.
Elle approcha de la hutte qu’elle recherchait. Récemment, le novice Kath Aplazm était revenu de la Montagne Noire. Et elle comptait sur lui pour l’aider dans sa mission. Elle n'avait pas assisté à l'intégralité de son entrevue avec le Conseil -elle était arrivée en cours de route- mais elle avait été marqué, comme tous les autres, par la figure qu'elle avait aperçue. Le jeune homme, de toute évidence, avait été profondément marqué par l'épreuve qu'il avait traversé. À vrai dire, Adi Jolian ne savait pas vraiment s'il était prêt à partir à nouveau. Il y avait de fortes chances pour qu'il n'ait pas encore pleinement digéré les récents événements. Mais son intuition lui disait qu'elle devait faire équipe avec lui. Elle le connaissait peu, mais Kath lui avait fait une certaine impression... Une impression particulière. C'est pourquoi elle souhaitait le mobiliser pour la mission qu'elle s'apprêtait à mener :- Kath Aplazm ? fit-elle de sa voix délicate, afin de signaler sa présence.
Elle se pencha pour voir s’il y avait le moindre signe de vie à l’intérieur de la hutte. Adi Jolian espérait effectivement trouver le novice en cet endroit, mais elle n’était absolument pas sûre de son coup. La Force l’avait-elle guidée où il fallait ?Spoiler : HRP
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Post n°6
Auteur : Kath AplazmUn mouvement, un second, et on recommence. L'enchaînement des routines, jusqu'à trente fois dans l'heure. C'est comme que cela rentrerait : une répétition inlassable, des coups de burin pour habituer les muscles, les cartilages, à des mouvements peu naturels. Tous les matins, tous les soirs. Le sabre éteint, le manche en main, le novice pratiquait les mouvements de Soresu avec ardeur n imitant, les yeux rivés sur une holoprojection, les mouvements d'un Jedi en combinaison fluo moulante qui se motivait sur fond de musique techno tout droit sortie des platines des meilleurs DJs coruscanti.
" Et un, et deux, et un, et deux, et un... Et on recommence ! On bouge le bassin, et un, et deux, et un, et deux, et un,..."
Ce n'était sans doute pas le meilleur exercice. Après tout, on lui avait dit de se concentrer et de méditer dans le calme pour arriver à cerner les subtilités des formes de combat. Mais au moins, cette gymnastique improvisée le maintenait en forme et ne l'endormait pas. Peu doué en classe du temps de son adolescence, Kath avait toujours eu horreur du calme et des moments de silence. Du rythme, de la sueur, de l'ambiance, voilà ce qui lui permettait de se concentrer réellement. Mais quand il prenait son crayon et se penchait sur ses papiers pour dessiner, il parvenait à dépasser ses barrières et produire un travail décent, parfois consciencieux et souvent satisfaisant. Sa méthode n'était pas parfaite, mais elle lui permettait d'avancer, quand il se décidait à se bouger un peu.
Ses professeurs avaient du comprendre son mode de fonctionnement car ils le remirent fort peu à l'ordre... il apparaissait toutefois évident qu'aucun d'entre eux n'osait s'adresser au novice pour l'aiguiller. Peur de troubler cet esprit encore fragile tout juste sorti des ombres de la Montagne ? Méfiance légitime et manque d'envie de se trimballer un boulet en guise d'élève ? L'Alderaani avait cessé de se poser ces questions. Il appréciait qu'on le laissât tranquille à enchaîner des entrainements virtuels avec son tout nouveau sabre-laser, des séances de lecture dans l'amphithéâtre et des moments de détente qu'il passait à dessiner la faune d'Endor avec une certaine habilité.
Cependant, au bout d'une semaine, il apparaissait tout aussi évident qu'il ne pourrait pas continuer comme cela très longtemps. Sa capacité de compréhension des arts Jedi allait bientôt atteindre un plafond infranchissable s'il n'était guidé. D'autre part, il commençait à ressentir le manque de contact humain comme une peine, maintenant que l'exercice quotidien dans la quiétude du Sanctuaire lui avait peu à peu permis de se recentrer.
Le novice posa son arme au sol, éteignant d'un coup de talon l'holo-projecteur placé au centre de sa hutte. Un halo de lumière vint caresser son visage en sueur, qu'il essuya d'une main en se jurant d'enfin trouver la motivation de réparer le branlant toit de paille de la cahute. Assis en tailleur, le jeune homme prit un moment pour redresser les pans froissés de sa nouvelle bure, une étoffe un rien trop petite qui lui grattait énormément la nuque et les coudes. Son regard se posa sur la porte fermée de sa cellule. Il y avait encore de la lumière et des voix, dehors, ce qui indiquait que le soir n'était pas encore tombé. Les sons des pas dans les quartiers des novices n'avaient de fait rien de particulier, mais... Il ne savait pas si son ouïe s'était affinée dans la jungle ou si la Force lui jouait un tour. Il avait l'impression qu'une forme s'approchait de l'entrée. Des pas lestes.
Oui, une ombre masquait à présent le fin rideau de lumière qui se glissait dans la pièce par l'interstice de la porte rustique. Quelqu'un l'appela doucement. Une voix claire, calme, rassurante. Elyna Faràn ? Non, ce timbre était plus jeune. Le novice se leva sans attendre pour découvrir, sur le pas de sa porte, nulle autre que... qui ? Kath l'avait déjà vue au Conseil, deux fois. Il ignorait son nom. Quoique son aînée de plusieurs années --impossible de dire combien--, elle était sans nul doute la plus jeune conseillère de l'Ordre, à moins qu'une magie Jedi mystérieuse lui ait garanti la jeunesse éternelle. Son regard interrogateur se posa sur lui, comme si elle n'était pas sûre d'être tombée sur le bon larron. Ne s'attendait-elle pas à le trouver ici ? Le novice ne quittait guère sa hutte que pour l'amphithéâtre dans la matinée.
- Maître...? commença Kath, confus et rougissant légèrement. Pour une fois qu'il n'avait rien de particulier à se reprocher, il se demandait si cette visite impromptue ne serait pas l'occasion de nouvelles remontrances. L'effet de l'habitude, sans doute. Il ne put s'empêcher de regarder la Conseillère de pied en cap. Élégamment vêtue d'une bure bleu marine qui laissait entrevoir quelques subtiles formes, elle dégageait un style et une certaine beauté. Le jeune homme déglutit. D'Alya à Saecha, en passant par toutes ses déceptions amoureuses sur Alderaan, il n'avait jamais été insensible au charme des femmes. Il secoua la tête énergiquement. Et si elle lisait dans ses pensées ? Il aurait l'air bien nigaud. Enfin, plus encore qu'actuellement.
- Est-ce que je peux faire quelques chose pour vous ?
Masquant sa surprise et ses joues rouges par un mouvement de recul pour ramasser fièrement son sabre et le porter à sa ceinture, Kath enchaîna :
- Avant que vous ne disiez quoi que ce soit, je n'y suis pour rien, dans l'incident de ce matin avec les novices du clan de la Loutre-machin, là. Je n'étais pas là et je n'ai rien vu.
Le novice voulait mettre les choses au clair. Se grattant la tête, il se sentit stupide. La jeune maître Jedi ne semblait lui vouloir aucun mal. Elle était sans doute à la recherche d'un simple renseignement, voilà tout.
- Euhm... excusez-moi. Comme je disais, je peux vous aider ? Je vous ferais bien entrer, mais c'est un vrai capharnaüm là-dedans...
Kath tenta de conserver le peu de sérieux qui lui restait. Après tout, il devait y avoir une bonne raison pour qu'une maître Jedi se déplace pour le voir, lui. Et contrairement à ce qu'il pensait souvent, il n'était plus "n'importe qui" dans ce Sanctuaire : il était le seul rescapé d'une expédition disparue depuis des mois. On lui avait posé très peu de questions jusqu'ici. Le temps était peut-être venu pour lui de satisfaire quelques curiosités. Ses plaies, à peine refermées, le supporteraient-elles ? Le novice attendait les mots de l'arrivante avec une certaine anxiété. -
Post n°7
Auteur : Super PNJAdi Jolian partit dans un éclat de rire cristallin.
- Non, absolument pas, je ne viens pas te voir au sujet du clan de la Loutre Chantante.
Son regard pétillant se fixa quelques secondes sur Kath, avant de redevenir sérieux. Un léger froncement de sourcils vint surplomber ses deux yeux bleus. Elle sembla vouloir poser une question, mais se ravisa à la dernière seconde. Contenant des mots qui faillirent lui échapper, elle préféra désigner d’un geste ample les dédales suspendus du Sanctuaire. Par ce geste, elle invitait le jeune homme à une promenade.
Elle commença donc à déambuler le long des passerelles en bois, contemplant d’un air apaisé la nature qui les entourait. L’après-midi était déjà bien entamé. Un vent frais emportait avec lui quelques feuilles et au loin, le son des oiseaux venait ponctuer cette journée d’apparence paisible. En s’arrêtant sur ce paysage merveilleux, nul ne pouvait se douter des heures sombres que traversait actuellement l’Ordre Jedi. Pourtant, un ensemble d’événements avait semé le trouble au sein des rangs Jedi. Le plus récent parmi eux avait été l’échec de l’expédition dans la Montagne Noire. Kath en avait été le seul survivant. Jusqu’à présent. Car, dans le fond de certains coeurs, l’espoir de voir revenir certains membres de l’Ordre, comme Muyi Tano et Hotar, perdurait. Par la rudesse des expériences passées, Adi Jolian avait depuis longtemps cessé de croire en de pareilles choses. La Force, un jour ou l’autre, finirait bien par éclairer les Jedi de sa lumière. Ou, au contraire, elle les en tiendrait éloignés. C’était d’ailleurs l’un des rares points sur lesquels Adi Jolian se détachait de sa mentor. Elyna Faràn, de son côté, était une éternelle optimiste. Quelle que soit la situation, elle vouait une foi incroyable en la Force et continuait de penser, coûte que coûte, qu’Elle finirait par éclairer les Jedi. Par exemple, Maître Faràn faisait encore parti des rares Jedi à attendre le retour de Rylen Korr en tant que Grand Maître. Un voeu qu’Adi Jolian avait longtemps partagé, mais auquel elle croyait de moins en moins. Les Jedi n’avaient pas vocation à percer tous les secrets de la Force. Ils n’étaient tout simplement pas en mesure d’avoir toutes les réponses à leurs questions.
Heureusement, ils n’avaient pas toujours besoin de se tourner vers la Force pour trouver certaines réponses. Souvent, ils pouvaient compter sur leurs pairs. C’était actuellement ce qu’espérait Adi Jolian. Ses pensées étaient tournées vers le jeune homme qui l’accompagnait. Lui seul pouvait témoigner de ce qu’il avait traversé et, plus important encore, de la manière dont il y faisait face aujourd’hui. D’un ton un tantinet inquiet, mais bienveillant, elle demanda à Kath :- Comment se passe ta vie au Sanctuaire depuis ton retour ?
La question était sincère. Adi Jolian se souciait réellement de l’état de santé de Kath et, tout particulièrement, de son état psychique. Elle lui avait posé la question comme une grande soeur s’enquerrait de la santé d’un frère. Mais elle avait également besoin de sa réponse car elle devait juger de sa capacité à se joindre à elle. Ils ignoraient ce qu’ils allaient trouver là où elle prévoyait de l’emmener. Alors elle devait s’assurer que Kath Aplazm ne lui ferait pas défaut : elle devait s’assurer qu’il serait prêt à faire face au danger, à la douleur et, peut-être même, à la mort. Un cocktail auquel le novice avait déjà goûté. Mais était-il déjà prêt à y goûter à nouveau ?Spoiler : HRP
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Post n°8
Auteur : Kath AplazmLe rire clair de son interlocutrice rassura Kath et ses épaules se détendirent alors que ses joues s'empourpraient de plus belle. Qu'il était stupide de toujours devoir l'ouvrir à tout bout de champ ! Il était clair que la Maître Jedi lui voulait du bien et avait à l'entretenir de certaines choses. Plus curieux que gêné, Kath emboîta le pas à la jeune femme - dont il ignorait toujours le nom - sur son invitation.
L'après-midi estival d'Endor portait avec elle un vent de quiétude, qui contrastait avec l'agitation dans les quartiers des novices, que les deux compères quittèrent bien vite pour une passerelle plus lointaine ouvrant une vue panoramique sur la nature environnante. Quoiqu'elle fut majestueuse, Kath l'ignorait des yeux, de peur sans doute de croiser le regard de quelque Ewok dissimulé dans les fourrés. Comment se portait Woopee ? Ses pensées vagabondaient comme il essayait de ne pas fixer la silhouette gracieuse de la Conseillère Jedi. Mais en gardant son regard dans le vague, évitant les plis de la bure bleue et les ondulations des cheveux noirs de la jeune femme, il s'était ouvert à la Force, par inadvertance plus qu'en réelle conscience. Il ignorait s'il était intentionnel pour la Conseillère de laisser transparaître cette pointe d'inquiétude au milieu de son aura rassurante. Tentait-elle de lui montrer quelque chose ? L'Alderaani refusait de penser qu'il pouvait si aisément lire les sentiments d'un Jedi entraîné, lui dont la compréhension de la Force n'était encore qu'à ses balbutiements.
Mais la sensation étrange qu'il ressentait se vit vite confirmée par la question que lui posa la Conseillère sur un ton bienveillant et presque familier. Le novice mit quelques secondes à comprendre la question, interloqué. Cette femme était différente des autres Jedi qu'il avait côtoyés jusqu'alors. Douce, amicale, elle contrastait avec la rudesse d'un Nass ou la solennité d'une Elyna Faràn, toute bienveillante fût-elle.
- Erhm. Je vais bien, répondit-il après un court silence pour ne pas ajouter plus de gêne à l'entretien. ... Mieux que je ne le croyais. Les choses sont un peu plus claires depuis que... depuis que je pense à mon entrainement.
Kath tâta fièrement la poignée de son sabre laser. Mais son regard évasif restait toujours dans le vague. Tant qu'il évitait de repenser à l'expédition, il pouvait bien aller. Il avait un objectif, une mission : celle de devenir le "Jedi idéal". Un promesse faite à de vieux camarades. Mais il savait au plus profond de lui-même que cette nouvelle vocation et ses espoirs pour l'avenir n'étaient pas suffisants pour panser les blessures de son âme, trop profondes. Seul le temps le pourrait. Alors, il gardait ces pensées dans un coin et se concentrait sur sa formation... il ne voyait rien de mieux à faire.
- Je ne suis pas le meilleur des étudiants, mais quand je m'y mets, je sens que je peux réussir des choses. Je pense avoir bien progressé ces derniers temps mais... je ne sais pas. C'est un peu étrange de s'entraîner tout seul. Au début, j'avais besoin de ça - de solitude, je veux dire -, mais maintenant je commence parfois à trouver le temps long.
Kath avait répondu avec sincérité, car s'il avait un temps cherché la solitude pour se recentrer, son esprit grégaire reprenait peu à peu le dessus. Cependant, il éprouvait encore des réserves à aller vers les autres étudiants : la plupart des novices lui paraissaient trop lisses, trop purs, trop joyeux. Cet enthousiasme et cette énergie étaient trop fatigants pour lui à ce stade ; immergé dans tant d'activité, il était persuadé qu'il aurait fini par exploser et leur expliquer froidement que "non, la vie ne se résumait pas à ce Sanctuaire", que "oui, leurs amis mourraient bien trop vite", que la Montagne noire... Oui, même quand il la chassait, la morosité revenait toujours.
Partagé entre cette envie d'échanger avec autrui et ses cicatrices, Kath ne savait pas trop où se situer. Il avait sans doute besoin d'un ami, d'un guide, d'un chemin vers la guérison et vers le Jedi idéal. -
Post n°9
Auteur : Super PNJComme Adi Jolian s’y était attendue, la réponse du novice ne fut pas instantanée. Ce que Kath révéla était compréhensible : après le choc qu’il venait de vivre, il avait préféré se concentrer sur des activités concrètes plutôt que de prendre le risque de s’abîmer dans les souvenirs des douloureux événements qu’il venait de traverser. Mais pour Adi Jolian, il était inenvisageable que Kath aille de l’avant sans avoir fait la paix avec son passé, aussi bouleversant soit-il.
- Ce que tu as traversé est une épreuve très lourde. Peu de Jedi pourraient se vanter s’en être remis aussi rapidement, lança calmement la maître Jedi.
Elle poursuivit sa route le long des allées du Sanctuaire, se dirigeant petit-à-petit vers les passerelles d’atterrissage. Tout en réfléchissant à haute voix, elle partagea le fil de sa pensée :- C’est tout-de-même paradoxal, non, de constater que la vie de Jedi, garants du Côté Lumineux, s’inscrit dans les ténèbres ? Pour nous accomplir en tant que Jedi, nous devons nous confronter à la peur, la douleur et la souffrance.
Adi Jolian continuait d’avancer, se rapprochant de plus en plus de vaisseaux dont les formes commençaient à se dessiner sur les plateformes d’atterrissage :- Ce sont des éléments du Côté Obscur que nous apprenons à combattre au quotidien.
La jeune femme s’arrêta au niveau d’une passerelle qui surplombait l’ensemble du Sanctuaire. De l’endroit où il se trouvait, le duo pouvait contempler en contrebas l’Agora : ses statues de bois à l’effigie des Jedi disparus, l’amphithéâtre dans lequel les clans de novices s’exerçaient, les passerelles conduisant à la Bâtisse des Archives, ... Il allait s’en dire que le Sanctuaire grouillait de vie en cet instant de la journée. Adi Jolian se tourna vers Kath et poursuivit :- Nous devons apprendre à faire le deuil du passé. Tout au long de nos combats contre le Côté Obscur, nous allons endurer des moments difficiles, que nous devons surmonter. Certaines fois, c’est plus difficile que d’autres. Kath, ce que tu as vécu dans la Montagne Noire, nul ici ne peut se le représenter. Mais tu trouveras en certains de nous, en ta famille, un réconfort parfois inattendu. Tous, à notre manière, avons enduré des épreuves qui nous sont propres.
Maître Jolian se cramponna à une rambarde et contempla le Sanctuaire qui s’agitait en dessous d’elle. Dans sa tête, elle ressassait les épreuves auxquelles elle avait du faire face. Même si elle ne s’était jamais rendue dans la Montagne Noire, contrairement à Kath, elle avait été affectée par les récits de ceux qui en étaient revenus : Phyl Reez, Pete Jeabro, Tev d'Odryn et, tout récemment, le novice Aplazm. Assise dans son fauteuil du conseil, elle voyait déambuler chaque jour des Jedi, rapportant chacun leur tour les avancées d’un mal qu’ils peinaient à combattre. Adi Jolian observait le silence, alors qu’elle s’apprêtait à se confier sur ses sentiments. C’était quelque chose qu’elle n’avait pas pour habitude de faire, mais elle sentait qu’auprès de Kath, elle pouvait se livrer. Tout particulièrement en cet instant. Après un moment de mutisme, elle se lança dans un récit :- Les événements les plus difficiles sont certainement ceux que nous n’avons pas vu venir. Depuis mon entrée dans l’Ordre, j’ai pu apprendre auprès de personnes qui m’ont inspirée, qui m’ont guidée, qui m’ont soutenue. En chacun d’entre eux, je voyais une partie de ma famille, de cette famille solide que nous formons.
Adi continuait de fixer le Sanctuaire en contrebas, alors qu’elle parlait :- Mes compagnons d’apprentissage sont devenus mes amis. Mes amis sont devenus mes confidents. Dans les épreuves que nous avons traversées, notre solidarité, notre confiance et notre amitié ont été ce qui nous a sauvés plus d’une fois. Pourtant, nous n’avons jamais été à l’abri de l’inimaginable.
La maître Jedi suspendit son récit un court instant, avant de lâcher d’une traite:- Récemment, j’ai appris que l’un des amis que j’estimais le plus nous avait tous trahis. Dans le secret de la nuit, il a assassiné l’un des nôtres. Tu as du entendre parler de la mort de Maître Fellwud et de la fuite de Lan Tellec.
Lentement, Adi Jolian se tourna vers Kath et planta de nouveau son regard dans ses yeux :- Pour la plupart d’entre nous, moi y compris, ce fut un terrible choc. Aujourd’hui encore, je m’interroge sur ses motivations et, surtout, sur le fait que j’ai été, comme les autres Jedi autour de nous, totalement aveuglée. Je travaille encore à comprendre ce qui a bien pu se passer et, aussi, à savoir comment surmonter cette épreuve. C’est un long chemin, mais je sais que la Force m’aidera à trouver la voie.
Le regard de la maître Jedi était toujours planté dans ce lui de Kath.- Là où je veux en venir, Kath, c’est que nous ne serons jamais à l’abri des coups les plus rudes. Mais c'est notre foi en la Force et envers notre philosophie que nous trouverons les ressources pour les surmonter. Tu viens de traverser une épreuve douloureuse et sache que ce ne sera pas la dernière. En revanche, tu auras toujours ici un havre dans lequel te ressourcer et, surtout, une famille vers laquelle te tourner. L’essentiel est de ne pas enfouir ces épreuves, sous prétexte qu’elles sont terminées. Elles ne le seront que lorsque tu auras réussi à en tirer toutes les conclusions... et à faire le deuil de ce que tu as perdu.
La jeune femme se tourna de nouveau vers le sanctuaire, reprenant appui sur la balustrade. Sur un ton désinvolte, elle changea de sujet :- Quant à ta formation, c’est naturel que tu aies eu besoin de solitude. Et c’est rassurant de voir que tu parviens au bout de ce moment d’isolement. Je crois que tu as un potentiel -d’autres, avant moi, ont dû te le dire. Il convient à toi de le développer convenablement. C’est quelque chose sur lequel nous pouvons travailler tous les deux.
Les mots ne prenaient même pas la peine de cacher les intentions de Maître Jolian. Elle invitait Kath à réfléchir à une proposition implicite : celle de devenir son padawan. Mais elle devait connaître l’avis du principal intéressé et, également, son aptitude à se lancer dans une nouvelle mission aussi rapidement après son retour au Sanctuaire :- Je m’apprête à partir en mission, sur demande des autres membres du Conseil. Je me demandais si tu souhaiterais m’accompagner ?
Adi Jolian n’avait même pas pris la peine de se retourner. Elle continuait d’observer le fourmillement des Jedi en contre-bas. Dans son dos, elle attendait la réponse de Kath.Spoiler : HRP
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Post n°10
Auteur : Kath AplazmLa Conseillère Jedi répondit aux états d'âme de Kath avec une douceur renouvelée. Il y avait définitivement du Maître Faràn en elle. Suivant les pas de la belle silhouette, l'Alderaani se laissa porter jusqu'aux passerelles. Il n'avait jamais porté attention aux quelques vaisseaux vétustes qui y rouillaient ; à vrai dire, si la pensée de repartir sur Alderaan lui avait un jour traversé l'esprit, il n'avait pas eu le loisir d'imaginer son avenir proche ailleurs que sur la lune forestière. Etait-il bon de rêver d'étoiles quand on avait déjà du mal à mettre un pied devant l'autre ?
La Maître Jedi continuait de nourrir ses pensées de sages réflexions. Un Jedi, censé être un être de Lumière, évolue paradoxalement toujours dans l'ombre du Côté Obscur qu'il entend combattre. Depuis l'expédition, ces paroles qui eussent pu autrefois lui sembler vides prenaient en réalité tout leur sens. Car c'était bien là ce qu'il avait dit à Muyi Tano et au Conseil : il n'entendait pas noircir son cœur et salir ses mains de sang pour une cause dont le caractère juste lui échappait quelques fois. Si les mots rassurants de maître Faràn avaient apaisé sa peine, cesdits questionnements et dilemmes étaient toujours présents dans son chef, et il était par conséquent d'autant plus curieux d'écouter ce qu'Adi Jolian avait à partager avec lui.
Il se tut donc, religieusement, baissant les yeux sur l'invitation de la jeune Maître pour contempler l'Agora des Immortels et son fourmillement de novices et d'auxiliaires clones. Kath aperçut un Twi'lek aux traits fins porter des caisses, et il lui sembla apercevoir son ancien camarade Bhaal entre deux piliers. Il se demanda un instant ce qu'il pouvait bien être advenu des autres disciples de maître Nass, mais laissa rapidement ces questions à plus tard de peur de manquer de respect à son interlocutrice, dont il ignorait toujours si elle pouvait lire ses pensées.
Le novice ferma un instant les yeux, se figurant la "famille" dont parlait la jeune femme. Des images de ses sœurs et de son frère, de sa mère et de son père, et même de son oncle, le marchand Mayt', remontèrent des tréfonds de ses souvenirs. Cela faisait bien un an qu'il ne les avait pas vus, mais il ne les oubliait pas. Leur amour, leur joie de vivre, leur tendresse dans les bons et mauvais moments... avait-il retrouvé cela ici ? Kath fit la moue. Il voulait croire à ce que lui disait la Conseillère. Il y avait en effet un peu de sa mère en Elyna Faràn, un peu de son frère en Woopee. Un peu de son oncle en Nass, un peu de sa sœur cadette en Saecha, un peu de son père en Bareman. Voilà pourquoi il les avait pleurés, pourquoi il n'avait pas été indifférent à leur tragique disparition, au-delà des circonstances dramatiques qu'il avait vécues.
Oui, Adi Jolian disait vrai, il le savait. Il l'acceptait, aussi étrange que cela ait pu lui paraître. Oui, il avait des frères et sœurs d'armes ici, des camarades. Certains décédés dont le souvenir l'aidait à motiver sa nouvelle vocation, d'autres disparus qu'il lui tardait de retrouver, et puis tous ceux qu'il devrait encore découvrir ici, au Sanctuaire.
Kath Aplazm sourit avec empathie, mais cette expression se transforma vite en grimace et l'écoute de la révélation que lui fit la Maître Jedi. Il ignorait tout de cette affaire dont on ne l'avait pas instruit : un meurtre, une trahison, un assassin en fuite. Ici aussi, il s'était passé des choses - il avait eu tort d'en douter. Il devait s'agir pour lui d'un appel à plus de clairvoyance : sa naïveté et son nombrilisme lui faisait oublier que ses problèmes n'étaient pas les seuls. S'il désirait devenir "ce" Jedi, il lui faudrait s'ouvrir aux autres et s'intéresser à leurs problèmes. Comment entendait-il aider autrement ?< Bogan. >
Encore ce bruit de fond. Il l'avait entendu, quelque part près du Labyrinthe d'Arbo, mais il ignorait la signification de cette onomatopée. Seule la sensation qu'une ombre planait au-dessus de leur tête faisait se hérisser les poils de sa nuque. Le Côté Obscur pouvait être partout, même au coeur du Sanctuaire, pensa-t-il. Et c'était bien là les mots d'Adi Jolian elle-même. Il resta un moment concentré sur son appel à la méfiance - ses expériences récentes l'avaient définitivement rendu plus amer et cynique. Bien sûr, maître Jolian adjoint ses paroles d'un message d'espoir, comme l'écho du discours d'Elyna Faràn. Mais... le cœur de Kath se resserra. Il inspira profondément pour se recentrer, mais l'air lui paraissait vicié.
Mais avant qu'il puisse exprimer ses dernières réserves, la Conseillère changea de sujet. Elle lui proposait de l'aider à s'entraîner ? Soit. Il avait en effet fait part de sa solitude. Par ailleurs, il était bien conscient qu'il ne progressait ni vite, ni loin, ni convenablement en continuant son apprentissage en autodidacte. Les dysfonctionnements de son sabre laser le lui avaient rappelé. Du reste, il n'était pas contre la compagnie d'une charmante jeune femme qui faisait avec lui preuve de plus de pédagogie et de partage que la brute Nass, aussi bon Jedi avait-il été.
Aussi la réponse à la question d'Adi Jolian ne se fit pas attendre :
- Avec plaisir !
Après coup, Kath se demanda s'il n'avait pas parlé un peu vite. La dernière fois qu'il avait accepté de participer à une mission, on savait comment cela s'était fini. Mais il avait hâte de changer un peu d'air et de s'activer. Et puis, dans quel danger un aussi joli minois pourrait-il bien le conduire ?
- Enfin, attendez. De quelle mission s'agit-il, en fait ? Je pense que je peux apprendre beaucoup à vos côtés et je serais content de rendre service, mais...
Il ne finit pas sa phrase. Il aurait voulu dire "ne comptez pas sur moi si cela implique de rosser des Sanyassans ou d'entrer dans une Montagne maudite", mais s'arrêta net. Il savait que la Conseillère l'avait compris. A sa place, qui n'aurait pas eu de réserves ? Kath désirait tout de même rassurer la Maître Jedi sur ses motivations.
- ... bien entendu, je suppose que vous me brieferiez sur la situation dans ce cas ? Pas de problème pour vous accompagner, bien sûr !
Kath savait que beaucoup des problèmes qu'il avait rencontrés par le passé auraient pu être facilement évités si seulement ses maîtres avaient été moins nébuleux dans leurs explications et lui avait clairement expliqué ses objectifs et la manière de s'y prendre pour les réaliser. Comme il n'entendait pas reproduire ce genre d'erreurs, il devait être à l'écoute, et poser les bonnes questions. Les bonnes questions... ?
- ...uhm. J'ai un peu soif. Ça vous dérange si on en discute quelque part autour d'une bière corellienne ?
... Les bonnes questions. Kath Aplazmapprendrait-il jamais ? Au fond de lui,il se persuada juste que cette attitude désinvolte ferait un jour partie de son charme. -
Post n°11
Auteur : Super PNJMaître Jolian esquissa un nouveau sourire amusé en entendant la requête du jeune novice. Elle n’était pas avide de la cantina, bien que celle d’Endor n’avait rien à envier aux plus fameux endroits de Nar Shaddaa ou Dantooine. Contrairement aux cantinas les plus fréquentées, celle d’Endor inspirait une certaine quiétude, souvent perturbée par les râlements d’un joueur de Pazaak malchanceux ou les gesticulations d’un habitué un peu trop imbibé. Ce lieu, autrefois entretenu par la bonhomie de Bareman n’avait certainement plus la même atmosphère depuis la disparition du clone. Il restait néanmoins fréquenté par certains Jedi ou vétérans clones, désireux de se changer les idées ou de discuter avec leurs comparses.
- La cantina me paraît être un lieu tout indiqué pour ça, répondit la maître Jedi.
Elle ignorait si Kath y était retourné depuis son arrivée au Sanctuaire. De prime abord, elle ne souhaitait pas lui infliger de remettre les pieds dans un lieu auparavant tenu par un ami mort au combat. Mais elle devait être certaine que le jeune homme s’était suffisamment remis de ses blessures pour partir avec elle. Adi Jolian s’apprêtait à l’embarquer dans une expédition qui ne serait pas de tout repos. Il était difficile de dire si elle misait sur le bon Jedi, mais la Force la laissait penser qu’elle faisait le bon choix en s’entourant de Kath Aplazm.
De son pas léger, Adi Jolian prit donc la direction de la cantina. Elle resta calme tout le long du chemin, savourant un instant de silence et de contemplation. Elle se doutait surtout que Kath avait besoin de digérer certaines de ses paroles. Après tout, elle venait de l’assener de propos lourds de sens. Il s’agissait-là de philosophie, de perception du monde : des notions auxquels Kath pouvait adhérer ou non, des idées qui nécessitaient parfois du temps pour être contestées, débattues ou acceptées. Ce raisonnement, c’était au jeune homme de le suivre et il en tirerait des enseignements à différents moments de sa vie : il venait très probablement d’en acquérir certains à l’instant, qui évolueront par la suite.
Une fois arrivés à la cantina, Adi Jolian s’installa à une table et entreprit de parler à mi-voix à Kath. Même si l’endroit était peu bondé, elle ne souhaitait pas que des oreilles indiscrètes écoutent la teneur de la conversation qu’elle s’apprêtait à avoir avec le novice :- Connais-tu Ondéron ? Il s’agit d’une planète de la bordure intérieure, située dans l’espace Républicain. Elle est réputée pour la dangerosité de ses créatures.
La maître Jedi savait qu’elle dressait un charmant paysage de la planète, mais elle préférait ne rien cacher à Kath sur ce qui les attendait :- Depuis quelques temps, le maître Vonlan Qos est stationné là-bas. Il a décidé de rester sur place après que son apprenti et lui aient mis fin à des attaques de bêtes féroces. Il soupçonne le Côté Obscur d’être à l’oeuvre et, au vu des faits qui nous ont été rapportés, nous avons de bonnes raisons de le croire.
Adi Jolian marqua une courte pause et regarda Kath droit dans les yeux. Elle abordait le point épineux de son récit :- Toutefois... Nous sommes sans nouvelles de Maître Qos depuis plusieurs semaines. Nous avons cherché à le contacter à plusieurs reprises, mais nous ne parvenons pas à le joindre.
Dans un soupir las, la membre du conseil lâcha :- Nous craignons bien évidemment le pire. Mais, plutôt que de rester les bras croisés, nous avons décidé de nous rendre sur place. Nous devons aller dans le système Japraël, où se trouve Ondéron, et retrouver la trace de maître Qos. Nous ignorons l’état de ses avancées mais, s’il lui est arrivé quelque chose, nous devons en avoir le coeur net. Et puis, s’il a fait face à une menace du Côté Obscur, nous devons l’identifier au plus vite. Qui sait quelles peuvent être les conséquences sur la galaxie ?
Adi Jolian avait partagé tout ce dont Kath avait besoin concernant cette mission. En même temps qu’elle énonçait ce qui les attendait -ou, du moins, les raisons de leur départ- elle se demanda si elle avait agit comme il fallait ? Kath revenait tout juste de la Montagne Noire et avait passé la dernière année à errer dans la forêt d’Endor. Alors, est-ce que l’embarquer avec elle dans une jungle hostile, imprégnée du Côté Obscur, était la meilleure des choses à faire ? Certainement pas.
Mais c’était le charme de cette ironie dont seule la Force savait faire preuve.Spoiler : HRP
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Post n°12
Auteur : Kath AplazmEn passant le pas de la cantina, Kath marqua une courte pause. Il ferma les yeux, inspira profondément, et puis entra. Quelqu'un avait avait retiré le portrait poussiéreux de Bareman, remplacé par un large miroir qui donnait au lieu une toute autre atmosphère. Malgré un léger pincement dans sa poitrine, l'Alderaani se concentra sur les sages paroles de son interlocutrice, qui n'avait d'ailleurs pas bronché à l'idée de prendre un verre et marchait devant lui. Comme quoi, tous les Jedi n'étaient peut-être pas aussi austères que Nass.
Installés à une table, dans un coin plus discret à l'écart des quelques clones et novices alentour --lesquels jetèrent, au passage, un regard très étonné à la Conseillère Jedi, visiblement intrigués de la voir en de tels lieux--, les deux Jedi commandèrent rapidement de quoi se rafraîchir et Adi Jolian commença ensuite à entretenir Kath de ses projets. La jeune femme mentionna la disparition du maître Vonlan Qos sur un monde du nom d'Ondéron. La mention de ce monde était familière aux oreilles de Kath, au contraire de celle du maître Jedi dont il n'avait jamais entendu parler. Ondéron était l'une des planètes les plus anciennes de la République, l'une de celles à propos desquelles les contes ne tarissaient jamais : on racontait très souvent aux enfants d'Alderaan les exploits du maître Arca Jeth, les combats héroïques des rois contre les bêtes sauvages et les explorations périlleuses que menèrent les bestiaires dans les jungles les plus reculées de ce monde hostile. Cependant, tout cela résonnait bien entendu comme des fables dont l'origine se perdait dans la nuit des temps, et Kath doutait réellement qu'elles soient basées sur une quelconque vérité. Depuis qu'il avait appris que le père No'Wël (un étrange individu censé distribuer des présents aux enfants à la fin de l'année sur Alderaan) était en fait son oncle déguisé, il avait cessé de croire en toutes les fadaises que lui racontaient ses parents.
Si les histoires que l'on colportaient étaient sans doute des légendes destinées à impressionner les gosses, les mises en garde d'une maître Jedi devaient cependant être prises au sérieux. Adi Jolian évoqua rapidement la présence du côté obscur devant un Kath dont le visage se renfermait à mesure qu'elle parlait. Il n'avait pas oublié l'Ombre de la Montagne Noire et son influence sur son esprit. Mais un maître Jedi avait disparu, et il fallait le retrouver.
Le novice soupira lourdement. Il ne fallait laisser aucune hypothèse de côté. Et si le Mal d'Ondéron était encore plus redoutable que celui d'Endor ? Une moue ennuyée se dessina sur les lèvres Kath. Il lui était difficile de s'imaginer affronter une épreuve aussi rude que celle qu'il avait vécue quelques semaines auparavant alors que la mort de ses camarades et la honte d'avoir abandonné sa troupe lui pesaient encore sur le coeur.
D'un autre côté, changer d'air était peut-être ce dont il avait besoin. Quoiqu'il n'en fût pas convaincu, Kath se fit également la réflexion qu'il tirerait sans doute des leçons de ses erreurs passées. Le jeune homme écouta la Conseillère sans l'interrompre. Sirotant sa bière, il plongea des yeux vitreux dans le regard enjoué mais fort de sa compagne de table.
- Je vois, dit-il simplement après quelques instants de silence. Cela ne dit rien qui vaille.
Kath engloutit sa bière d'un trait et croisa ses avant-bras sur la table, ses pupilles suivant maintenant le mouvement des bulles dans la mousse au fond de son bock.
- Sauf votre respect, maître... je peux vous poser une question ? Il ne laissa pas le temps à Adi Jolian de répondre, préférant éviter un échange gênant de regards entre eux. ...Pourquoi moi ? Le Conseil et vous avez fait preuve de beaucoup de gentillesse en me permettant de poursuivre ma formation malgré les torts que j'ai déjà causés. Je dois dire que je suis assez heureux de mes progrès ces derniers temps, mais en considérant mon..."passif" et le résultat de mes dernières..."missions", je me disais que le Conseil penserait à quelqu'un d'autre le jour où des choses sérieuses viendraient..!
Kath n'appréciait que modérément cet exercice d'autoflagellation, mais il était persuadé qu'il touchait une question sensible. Le Conseil savait-il vraiment ce qu'il faisait en demandant à "Kath Astrophe" de repartir en mission, quelques temps seulement après un échec cuisant ? Il faisait soit preuve d'une confiance en Kath qui lui paraissait injustifiée, soit d'une incompétence qu'il préférait ne pas qualifier. A moins que... A moins qu'il se sous-estime ? Le novice contempla un instant la poignée de son nouveau sabre-laser et esquissa un sourire timide.
- ...Oubliez ça, grimaça-t-il d'un ton presque enthousiaste. Je suis prêt si vous avez besoin de moi. Comme je vous l'ai dit, je ne peux qu'apprendre à vos côtés. Et plus loin je serai d'ici, plus le risque d'incendies chutera drastiquement !
Avec un sourire, le novice se leva de son siège pour commander une nouvelle bière. A moins que la Conseillère ne l'arrête pour qu'ils vaquent à de plus importantes affaires, bien sûr. -
Post n°13
Auteur : Super PNJAdi Jolian contempla Kath Aplazm boire goulûment sa bière, gorgées par gorgées. L’instant lui parut figé dans le temps, comme si le novice essayait de vider un puits sans fond. Après ce qui lui parut une éternité, le jeune homme posa finalement sa chope sur la table dans un bruit sec, avant de s’adresser à la maître Jedi. Il lui avait fallut toute une pinte de bière pour prendre le courage de lui poser la question qui, visiblement, lui brûlait les lèvres :
- La route du Jedi n’est pas une promenade de santé ; et la voie du côté Lumineux de la Force est sinueuse. Nous cherchons tous à être les plus intègres et justes possibles. Parfois, le chemin qui se dessine devant nous est facile à suivre. D’autres fois, il est difficile à trouver. Aucun parmi nous ne peut se vanter d’avoir eu un parcours parfait.
Furtivement, elle se remit à penser à son aveuglement face à la trahison de Lan Tellec. Puis elle poursuivit :- J’étais présente, lorsque tu as rapporté ton périple à Maître Faràn. Tu ne t’en es peut-être pas rendu compte sur le moment, mais il t’a fallut une grande force d’esprit pour être en mesure de te présenter ce jour-là, auprès du Conseil. Très peu de Jedi auraient pu traverser ce que tu as vécu et en revenir… grandi ?
Adi Jolian avait achevé sa phrase avec un air interrogateur : elle n’était pas certaine de l’exactitude du mot qu’elle employait. Mais il reflétait de manière assez juste, selon elle, l’état dans lequel Kath était revenu de la Montagne Noire.- Ta présence à mes côtés, poursuivit-elle, relève davantage de ma volonté que de celle du Conseil. Le Conseil m’a confié cette mission et je suis libre de m’entourer de qui je souhaite pour l’accomplir. Et, j’ai foi en toi comme j’ai foi en la Force. L’expérience que tu as acquise dans la Montagne Noire sera, je n’en doute pas, des plus utiles sur Ondéron. D’autant plus que je vois en toi un padawan prometteur.
Les propos d’Adi Jolian ne laissaient place à aucun doute : elle souhaitait faire de Kath son padawan. En effet, elle avait été impressionnée par son tempérament à son retour au Sanctuaire. Elle avait immédiatement décelé son potentiel. Il avait désormais besoin d’un guide pour l’aider à grandir davantage. Et Adi savait qu’elle disposait des qualités dont le jeune avait besoin. Du moins, s’il était prêt à écouter et s’il désirait devenir padawan :- Enfin, si tu souhaites devenir mon padawan ?
La question de Maître Jolian fut suspendue dans les airs, alors qu’elle attendait une réponse du principal concerné.
[hrp] Je te laisse donner ta réponse ici puis poster ton arrivée sur Ondéron : Echo du passé. MP si tu as des questions ! [/hrp]Spoiler : HRP
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Post n°14
Auteur : Kath AplazmKath n'eut pas le loisir de commander une seconde chope : il restait suspendu aux lèvres pulpeuses de la Conseillère Jedi... -Adi Jolian! Il se souvenait enfin de son nom, grâce à la bière sans doute. Loués soient les Corelliens et leurs brasseurs. Et louée soit la Force, car la jeune femme ne faisait pas que complimenter le jeune Alderaani, elle insistait également sur sa volonté de l'emmener avec lui ...comme son padawan ! Le novice se mordit la lèvre, serra le dossier de sa chaise de ses doigts moites. Il sentait la pointe de ses oreilles s'empourprer, sa poitrine battre comme celle d'un adolescent apercevant sa première cheville. Il tâchait de garder un air digne, mais l'envie de hurler de joie le dévorait de l'intérieur. Padawan, padawan ! Il allait enfin devenir un Jedi, un vrai ! Et quel maître il aurait : belle, charmante, intelligente, sage,... les qualificatifs gratifiants et les superlatifs ne rendaient pas suffisamment hommage à celle qui le regardait d'un air curieux.
- Mghfrkztpklt-t-t-t-t !, s'exclama Kath, un sourire béa aux lèvres et le torse bombé. ... Grbmpff !
Trois clones derrière lui éclatèrent de rire en le regardant gesticuler, fier comme Artaban. L'un d'eux lui tendit un verre, que le novice regarda sans comprendre, avant de soudain retrouver ses esprits. Quel idiot il faisait de lui-même ! Être padawan était bien entendu un grand honneur, qui plus est lorsqu'il avait le privilège de recevoir l'instruction d'un membre du Conseil, mais il ne s'agissait que d'un premier pas sur un chemin extrêmement long, semé d'embuches. Il devait rester digne, conserver la tête froide, aussi séduisante fût sa mentor. Le Jedi idéal avait des ambitions bien plus nobles... comme combattre le Côté Obscur sur Ondéron, par exemple.
Kath attrapa le verre et le vida d'un trait,avant d'en recracher le contenu au sol, sous le regard hilare des auxiliaires du Sanctuaire. Du tihar, très drôle. La langue pendante, Kath les fusilla des yeux mais le fond de ses pupilles trahissait un amusement mal dissimulé. Cette bonhommie lui manquait lorsqu'il restait à méditer dans son coin trop longtemps. La solitude avait trop durer.
- ... Ce serait un honneur pour moi, dit Kath en se retournant vers Adi Jolian, s'inclinant poliment. Il préféra prétendre que rien de ce qui avait précédé n'était arrivé, quoique l'idée de faire passer ses borborygmes pour un dialecte crypté de Nal Hutta lui traversa la tête. Pour la première fois depuis bien longtemps, le désormais padawan ne ressentait que fierté et joie, dans un élan de bonne humeur retrouvée.* * *
Alors qu'il retournait ses affaires au fond de sa hutte dans le quartier des novices, Kath jetait des regards frénétiques par les trous qui perçaient le toit de paille de la bâtisse. Le brouhaha du Clan du Dragon lui parvenaient. Des rires, des discussions, des cris. Tant de camaraderie, de joie de vivre. D'un geste vif du bras, il repoussa la porte de son humble demeure, jetant dans une poubelle ses dernières guenilles et rassemblant ses rares effets, prêt à partir. Il ne devait pas faire attendre maître Jolian, qui lui avait donné rendez-vous près d'un cargo, du côté des passerelles.
Kath posa une ultime fois les yeux sur la vieille hutte, son regard s'arrêtant sur le petit morceau de papier chiffonné que Saecha avait un jour laissé là. Le padawan ferma les yeux, caressant la courte natte qu'on lui avait tressée derrière l'oreille. Un soupir, et il était parti.
Bientôt, cet endroit lui serait étranger. Un autre prendrait sa place dans cette hutte, dans ce clan, dans ce Sanctuaire. Et la vie de l'Ordre continuerait, comme toujours.
Sous le soleil déclinant de la fin d'après-midi, Kath traversa lentement les passerelles du Sanctuaire, caressées par quelques rayons chauds qui perçaient l'obscurité des préaux menant à l'amphithéâtre. Arrivé sur une plate-forme en hauteur, Kath contempla ce spectacle clair-obscur, comme un symbole d'équilibre entre Ombre et Lumière.
Il s'en imprégna une dernière fois, avant de détourner le chef vers Adi Jolian et le vaisseau qui les attendait.
