Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

  1. SWRPG
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  3. Reste de la Galaxie
  4. Bordure Extérieure
  5. Endor
  6. Sanctuaire du Nouvel Ordre Jedi
  7. Agora des Immortels
  8. Chambre du Conseil Jedi
  9. La malédiction oubliée

La malédiction oubliée

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  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #1

    Post n°1
    Auteur : Super PNJ


    -----Adi Jolian ----------- Elyna Faràn ----------- Fic Drecko ----------- Ka Di Mounda ----------- Melchior
    [Membre Observateur] - [Membre Permanent] - [Membre Permanent] - [Membre Permanent] - [Membre Permanent]

    Melgibad Stevens ----- Notra Kwo --------- Odan Rurr -------------Phyl Reez ----------- Tarka'gre ------—-------Yuda
    [Membre Observateur] - [Membre Observateur] - [Membre Permanent] - [Membre Observateur] - [Membre Observateur] - [Membre Permanent]
     
     

    Dans l’intimité de la Chambre du Conseil, à l’abri des oreilles indiscrètes, les plus sages parmi les Jedi venaient de se réunir pour une de leurs concertations habituelles. Il est vrai qu’ils passaient une partie considérable de leurs journées ensemble, à organiser la vie du Sanctuaire. Plus important encore, ils avaient la lourde tâche de veiller au bon développement de l’Ordre Jedi. Or, il était devenu inutile de nier la difficulté croissante de cette mission. L’ordre millénaire était aujourd’hui ébranlé. Depuis plus de dix ans, les Jedi n’avaient fait que traverser des crises. En un instant, ils avaient sombré, passant de majestueux gardiens de la galaxie à terroristes pourchassés. Initialement au coeur des arcanes du pouvoir lors de l’Ancienne République, les dignitaires Jedi pensaient être suffisamment proches des gouverneurs Républicains pour assurer la paix dans la Galaxie. Mais la guerre des clones avait renversé la donne. À la formation de l’Empire, les Jedi s’étaient scindés en deux. Soumis aux lois de la Force, ils avaient emprunté des chemins différents. D’un côté, les impériaux étaient restés sur Coruscant pour défendre un système politique plus autoritaire. De l’autre, les Jedi fidèles aux idéaux Républicains avaient fuit sur Hoth. Deux préceptes politiques avaient déchiré une famille vouée à la même cause : la paix. Conséquence logique de cette désunion : les Sith, ennemis jurés des Jedi, étaient parvenus à prendre le pouvoir, faisant régner vingt années de terreur sur la Galaxie toute entière. Enfin, la Bataille de la Forge Stellaire avait marqué le coups de grâce : l’Ordre Jedi réunifié avait assisté à la disparition de son Grand Maître, ainsi que de nombreux membres de leur confrérie.

    Dans cette période trouble, des Jedi courageux avaient tenté de maintenir le cap dans la tempête. Les rides qui parsemaient leur front n’étaient pas toutes liées à leur âge avancé, mais bien à l’inquiétude constante qu’ils plaçaient en l’avenir de la Galaxie. Pourtant, se disaient-ils, ils n’avaient pas de quoi se jeter la pierre. Des années durant, des Jedi émérites comme Maître Drecko ou Maître Mounda avaient servi du mieux qu’ils avaient pu l’Ordre. En siégeant au Conseil, ils avaient fait de leur mieux pour prodiguer conseils à ceux qui venaient leur en demander et à prendre des décisions difficiles dans un contexte souvent exigeant. Aujourd’hui, ils étaient fatigués. Ils regrettaient ce temps où les Maître Korr, Shabaal ou encore Vendar prodiguaient leurs sages paroles. L’époque d’alors était certes difficile. Mais, au moins, connaissaient-ils leurs ennemis. Aujourd'hui, comment savoir sous quels masques se cachait le Côté Obscur ?

    Depuis que l’Empire Sith avait sombré, il y a plusieurs années, l’Ordre Jedi n’avait semble-t-il pas évolué. Il aurait été facile de penser à un retour triomphal des défenseurs de la liberté ; mais il n’en fut rien. L’Ordre poursuivait sa vie dans le Sanctuaire, caché de tous et reclus sur Endor. Pourquoi ? La raison était pourtant simple, même si les membres du Conseil la gardait secrète : leur temps n’était pas encore venu. Là où les esprits les plus échauffés auraient pu comparer cela à de la faiblesse, les Sages savaient qu’ils n’en était rien. Ils avaient encore besoin de temps pour identifier leur ennemi. Ce n’était en aucun cas un hasard s’ils s’étaient installés sur Endor. Le Mal était partout et cette lune n’en était pas exemptée. Le Côté Obscur était à l’ouvrage et les Jedi devaient y faire face. Sans cet affrontement, ils ne pourraient émerger aux yeux de tous.

    Pourtant, les affaires galactiques semblaient les appeler. C’était d’ailleurs une source récurrente de débats parmi les membres du Conseil. Des fantômes Sith s’étaient manifestés sur Ondéron. Les diplomates Républicains avaient invité les Jedi sur Naboo. La Confédération des Systèmes Indépendants était en situation de guerre froide avec la République Fédérale. Tout semblait indiquer un retour des Jedi sur le devant de la scène. Mais ce n’était pas -de prime abord- l’objet de cette réunion du Conseil :


    - Les nouvelles que vous nous apportez-là sont effectivement bien tristes, commenta Maître Stevens
     
    Au milieu de la pièce se tenait le chevalier Jedi Davro Masa. Lui, tellement habitué aux mots d’esprits d’une subtilité rare, venait pourtant de tenir un discours qui ne prêtait pas à rire. Tout juste de retour de Kashyyyk, il avait demandé une audience pour rendre compte de la mission que le Conseil lui avait confiée : retrouver la trace du maître Jedi Janev Saryss, disparu depuis trop longtemps.


    - Nous vous remercions pour avoir mené à bien cette mission., entonna Maître Mounda, - Vous pouvez dès-à-présent disposer et goûter à un repos bien mérité.
     
    Le Cerréen s’était exprimé avec empressement, comme si congédier le messager allait effacer la mauvaise nouvelle. Au moment où leur hôte allait s’éclipser, Ka Di Mounda ne put s’empêcher de sursauter légèrement. D’un geste du bras, il fit signe, pour attirer l’attention du chevalier Jedi. Et, d’un ton hésitant, il conclut :


    - … Que la Force soit avec vous.
     
    Il était rare de voir le maître Jedi aussi ébranlé. Mais il fallait admettre que les mauvaises nouvelles s’enchaînaient. Parfois, Maître Mounda avait l’impression d’être dans une impasse. Or, il était convaincu que certaines de ses épreuves passées avaient été bien pire ! Alors, qu’est-ce qui était différent, cette fois-ci ?

    Aux mots du Cerréen, Davro Masa inclina respectueusement la tête. Il ne prononça aucun mot -ce qui n’était pas dans son habitude- et s’en alla pour de bon. À peine la porte fut-elle refermée qu’Odan Rurr laissa éclater sa frustration :


    - Nous ne nous y prenons pas convenablement !
     
    Le maître Jedi était réputé pour ses coups d’éclat et son humeur contestataire. Melchior, son fidèle ami, avait fini par s’habituer à son comportement. Il en venait parfois à se demander si le vieux bourru ne râlait pas plus pour la forme que pour faire avancer les débats. Les autres maîtres réagissaient souvent à ses réprimandes, bien que de manière bien plus pondérée. Mais cette fois, aucune parole ne vint le contredire. Voyant là une opportunité pour s’exprimer à sa guise, Odan Rurr en profita pour enfoncer le clou :


    - Si nous décidons d’envoyer des chevalier sur les traces d’autres chevaliers disparus, nous courons à la catastrophe ! Déjà que nous ne sommes pas nombreux, c’est quelque chose que nous ne pouvons nous permettre !
     
    Il lança un regard appuyé à Elyna Faràn, espérant bien faire comprendre son message. Déjà à l’époque, il n’avait pas approuvé sa décision d’envoyer un émissaire partir sur les traces de Janev Saryss. Pas plus qu’il n’avait approuvé le départ de Vimki Edst pour retrouver Yalin Bador sur Thule. Deux missions à risques qui, à n’en pas douter, allaient coûter plus qu’elles ne rapporteraient. Si certains Jedi voulaient jouer les aventuriers dans des temples Sith, grand bien leur fasse ! Mais hors-de-question de laisser toute une ribambelle les suivre derrière eux. Quitte à sortir d’Endor, autant faire des choses constructives, comme nouer des relations avec la République. Heureusement pour Maître Faràn, Phyl Reez vint à son secours :


    - Maître Rurr, vous avez raison. Ceci dit, les propos du Chevalier Masa sont révélateurs d’informations précieuses.
     

    - Vous trouvez ? Lesquelles ?
     

    - Nous ignorons pourquoi Maître Saryss s’était rendu dans le Temple Sith de Kashyyyk. Pas plus que nous connaissons les réelles motivations de Maître Bador. Mais en associant ces éléments aux autres informations que nous avons eues, il est possible d’y voir plus clair.
     

    - À quoi faites-vous allusion ?
     
    Le Sanctuaire Jedi, bien que vivant en autarcie, n’était pas tant coupé de la galaxie pour autant. Un réseau de Jedi parcourait les systèmes, en quête de personnes sensitives qui pourraient rejoindre l’Ordre. Ces émissaires, agissant en toute discrétion, revenaient souvent avec des nouvelles fraîches des actualités galactiques. D’autres Jedi, comme Vonlan Qos, étaient mobilisés sur des missions spéciales. Ces missions leur permettaient d’en savoir plus sur les activités de certaines planètes. Récemment, le Conseil avait justement reçu un message de Maître Qos, stationné sur Dxun. Là-bas, un esprit Sith avait été réveillé au fin fond d’un temple. Sans la clairvoyance du maître Jedi et de la novice qui l’avait accompagné -Kryann-, personne n’aurait pu venir à bout des créatures déchaînées qui avaient attaqué le système. Phyl Reez jugea bon de rafraîchir la mémoire de ses compagnons :


    - Souvenez-vous du message de Maître Qos.
     
    D’un hochement de tête, Phyl Reez fit signe à un droïde astromécano resté en retrait. L’unité R2 s’avança légèrement, avant d’émettre un message enregistré. Au centre de la pièce apparut l’hologramme de Vonlan Qos :

    Un membre des Renseignements de la République a pris contact avec moi. Il s’agit de l’agent Drexl. Il m’a indiqué vouloir entrer en contact avec nous pour étudier une communication en ancien Sith reçue dans l’enclave Coruscanti. J’ignore ce qui se cache derrière tout ça, mais ce peut être en lien avec les événements récents d’Ondéron. Il serait judicieux d’envoyer un chevalier enquêter.



    Fic Drecko voulut lever une incompréhension naissante :


    - Maître Reez, nous avons déjà pris en main ce problème.
     

    - Oui ! Encore un Jedi de disparu ! maugréa Odan Rurr.
     

    - Peut-être serait-il judicieux d’envoyer des émissaires sur Coruscant ? tenta celui que certains surnommaient Arakorn.
     

    - Cela semble inutile, sans personne pour interprêter le message reçu.
     

    - Sommes-nous vraiment certains qu’il s’agit d’ancien Sith ? Si nous dépêchons un chevalier là-bas, comme le suggère Maître Qos, nous serons certains d’apporter l’attention nécessaire à cette menace. Ne laissons pas le temps devenir notre ennemi.
     

    - Maître Reez, le temps est certainement le plus appréciable de nos ennemis.
     
    C’était Melchior. Il avait décidé de mettre son grain de sel et d’entrer dans le débat. Pour autant, il ne s’opposa pas à la suggestion du jeune maître :


    - Le Côté Obscur continue de nous aveugler. Cependant, il serait funeste d’ignorer des signes aussi évidents. Nous devons nous préparer au pire. Un Jedi sur place nous permettra d’y voir plus clair.
     

    - Vous pensez à quelqu’un en particulier ?
     
    Un court silence. Chacun, même les moins convaincus par la suggestion, prirent le temps de considérer la question du Nautolan. Quel chevalier pourrait faire l’affaire pour pareille mission ? Car, si Melchior et Phyl Reez disaient vrai, alors il s’agissait d’un sujet délicat. Derrière cette énigme résidait peut-être toute une mécanique obscure. Aussi fallait-il quelqu’un d’expérimenté dans la culture Sith. Rares étaient les maîtres encore en vie à pouvoir se vanter de pareil savoir. Le plus émérite d’entre eux était actuellement porté disparu. Et même le Jedi parti à sa rencontre ne donnait plus aucunes nouvelles. Un faisceau d’indices légers surplombait cette inquiétante énigme. Les maîtres du Conseil, dans le fin fond de leur chambre, sentaient qu’ils mettaient le doigt dans un engrenage menaçant. Alors, tous autant qu’ils étaient, ils voulaient s’assurer d’y placer le bon.


    - Kryann.
     
    La solution, apportée par Adi Jolian, tomba comme un couperet. Et pourtant, elle sonnait comme une évidence ! La padawan avait fait ses preuves. D’abord sur Ondéron, aux côtés de Maître Qos, en venant à bout d’un esprit Sith. Tout récemment sur Endor, avec Sarina Darel, en démasquant la traîtrise de Lan Tellec. La jeune Cathare avait un comportement surprenant : renfermée et bagareuse -elle avait défiguré un novice à son arrivée sur Endor- elle avait tendance à se tenir éloignée des autres. Qui plus est, elle avait opté pour un sabre-laser rouge. Même si le Conseil ne l’avait pas condamnée pour un tel geste de défi, la plupart de ses membres y était fortement opposé. Sans l’insistance de l’archiviste Nocasta -qui avait milité dans le secret en faveur du choix de Kryann- la padawan se serait vue confisqué son arme. Quoi qu’il en soit, sa sensibilité serait certainement adaptée aux épreuves à venir. Si, à cela, les maîtres ajoutaient l’expérience de Sarina Darel, alors ils avaient de bonnes raisons d’être optimistes quant à l’issue de cette mission.

    Personne ne pipa mot en réaction à Adi Jolian. Déjà, Elyna Faràn s’était levée pour quémander un messager. Que l’on fasse entrer Sarina Darel et son apprentie !


    Spoiler : HRP
    Pete Jeabro

     
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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Kryann

      Kryann et Sarina étaient à peine sorties de la salle du Conseil que la Cathar demanda à prendre un instant. Secouée comme elle l'était par Sarina, elle avait grand besoin d'un instant de calme, que lui offrit la Chevalière Darel sans hésitation. Loin des regards, elle la laissa s'asseoir sur un banc, où elle fondit instantanément en larmes. Elle, qui faisait preuve de tant de dureté à l'égard d'elle-même et des autres, qui se montrait inflexible, s'effondrait désormais, toutes vannes ouvertes. La tête et le visage cachés par ses mains, les épaules secouées par des pleurs silencieux, les griffes sorties par crispation, elle sentira l'épaule de Sarina sous son front, venue la soutenir dans cette épreuve... inattendue. Kryann était emplie d'émotions contraires, toute à la joie de cette nomination venait s'ajouter un chagrin immense, inattendue, et sans aucune raison apparente. Son bouleversement était tel qu'il se ressentait jusque dans la Force alors qu'elle même n'aurait pu mettre des mots pour le décrire.

      « Tout va bien Kryann. Tout ira bien. »

      Nouvellement Maître, elle se rendait compte de l'ampleur de la tâche qui l'attendait avec la Cathar. Mais il y avait un réel potentiel derrière la carapace, et elle entendait bien la fendiller petit à petit, et la guider sur le chemin des Jedi. Une tâche qui s'avèrerait longue, sans doute. Mais formatrice, même pour elle. Sarina avait refusé de prendre un apprenti pendant bien longtemps, se consacrant à la mission qu'elle s'était adjugée, mais avec Kryann, les choses avaient évolué drastiquement. Que ce soit lors de l'enquête menée conjointement, ou l'arme à la main, la Jedi accomplie avait pu prendre la mesure du lien qui l'unissait à la Cathar presque naturellement. Comme si elles avaient bien plus en commun que ce que les apparences laissaient croire. Malgré l'inexpérience de la Novice, elle avait su s'adapter aux mouvements pourtant complexes de l'utilisatrice du Jer'Kaï, et la Maître avait également su se mettre au diapason. En bref, bien des choses les reliaient. Mais il restait toujours cette lourde part d'ombre dans l'esprit de cette jeune femme. Cette même obscurité qui ressortait à cet instant précis. Car il n'y avait pas que l'émotion qui la faisait craquer. Quelque chose de bien plus profond venait de céder en elle, sans qu'elle en soit consciente.


      « Relève les yeux, mon Padawan. »


      Les sanglots avaient fini par se tarir, finalement, grâce au temps laissé par Sarina. Kryann releva les yeux vers son Maître. Ses pupilles jaunes étaient désormais cerclées de rouge, et sa fourrure était humide sous ses yeux gonflés. La Savareen lui sourit en posant ses mains sur ses épaules.

      « Aie confiance, Kryann. Nous avons montré que nous pouvons surmonter ensemble bien des obstacles, et si le Conseil ne s'est pas opposé à ma décision, malgré... tout les écueils, c'est qu'il a confiance en nous. »

      Kryann hocha en essuyant ses dernières larmes d'un revers de la manche. Elle aussi avait vite compris, malgré son inexpérience, que Sarina n'était pas n'importe qui pour elle. Elle avait ressenti pour elle le même genre de liens que celui qui l'avait liée à maître Janev. Indescriptible, mais sûr. Inattendu, aussi. Elle acquiesça de nouveau et se releva.

      « Je sais, Maître... Mais il y a eu tant en une journée... Maître Tellec... vous... Maître Fellwud. Tout cela est tellement... irréel, impensable.


      -Nous avons beaucoup à faire, tu vi-


      -Maître Darel, Maître Darel ! Le Conseil vous demande au plus vite ! Avec votre apprentie, ont-ils dit. »

      C'était un jeune Novice qui venait d'interpeller Sarina ainsi. Il arrivait en courant, essoufflé. Il ne devait pas avoir beaucoup d'endurance, au vu de la faible distance qui séparait le banc de Kryann de la salle du Conseil... Mais les Maîtres du Conseil les rappelaient déjà ? Voilà qui était assez inhabituel. Il n'y avait pas eu une heure de passée depuis qu'elles étaient sorties. La Savareen fronça les sourcils, regarda Kryann... Puis haussa les épaules. On ne refusait pas une audience au Conseil. Elle fit un geste à la Padawan pour qu'elle la suive et rebroussa chemin.

      Trottinant derrière Sarina, qui marchait d'un bon pas sans regarder derrière, Kryann se posait mille questions. Pourquoi le Conseil voulait les voir à nouveau ? Revenaient ils sur leur décision ? Elle avait vu le jugement dans leurs yeux. Ils savaient pour tout ce qu'elle avait fait, son défi lancé en brandissant son sabre. Mais ils n'en avaient rien dit. Ou bien était-ce pour un autre motif ? Avaient ils des consignes à donner à la Maître ? Ou des recommandations ? Ou, peut-être avaient-elles enfin de la chance et ils avaient des informations sur Tellec ?

      C'est sur cette dernière question que la porte de la salle du Conseil se ferma derrière elles, alors que Maître et Apprentie faisaient de nouveau face aux Maîtres Jedi.

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        #3

        Post n°3
        Auteur : Super PNJ

        Les onze maîtres étaient réunis dans la salle du Conseil. Dans un silence impérieux, ils accueillirent Sarina Darel et Kryann et les observèrent marcher jusqu’au centre de la pièce, comme le voulait la tradition. Passées les salutations d’usage, les maîtres décidèrent d’entrer dans le vif du sujet. Ce fut Elyna Faràn qui initia la conversation :

        - Merci à toutes les deux pour être revenues aussi vite. Nous avons affaire à une situation inquiétante et il nous semble bon de vous en tenir informées. Je vais laisser Maître Reez exposer les détails.

        L’ensemble de l’assemblée se tourna vers Arakorn. Ce-dernier émit un soupir apaisé, presque las. Il n’avait pas pour habitude d’envoyer des Jedi en mission. Généralement, c’était lui que le Conseil dépêchait, lorsqu’il ne décidait pas de partir quelque part de son propre chef. Cependant, il maîtrisait parfaitement la diplomatie. Il venait de convaincre le Conseil tout entier d’envoyer des Jedi sur Coruscant. Après tout, il était logique que ses homologues se défaussent de la tâche parfois rébarbative du brieffing de mission. Mais Phyl Reez, avec son esprit pragmatique, était paré à préparer les deux Jedi. Aussi s’élança-t-il dans une courte mise en contexte :

        - Le Conseil Jedi a eu vent de manifestations du Côté Obscur particulièrement inquiétantes.

        À peine eut-il commencé que Sarina voulut intervenir. Mais la chevalier Jedi se retint à la dernière minute : on n’interrompait pas un membre du Conseil, encore moins dès sa première phrase.

        - Dans l’enclave Sith de Coruscant, une balise Sith s’est mystérieusement activée, affichant un message illisible, probablement en Ancien Sith. La République Fédérale nous a demandé d’enquêter.

        - Cette enclave, comme vous le savez certainement, a été érigée dans les temps de l’Empire Sith, jugea bon d’ajouter Ka-Di Mounda. Elle a été délaissée à sa chute.

        En effet, l’intervention de Phyl Reez avait été des plus succinctes. Là où son homologue Cerréen préférait poser un contexte clair et détaillé, le benjamin du Conseil souhaitait aller droit au but : la République avait besoin d’aide et les Jedi allaient répondre à leur appel. De fait, bien que direct, son brieffing allait amener son lot de questions. Une éventualité à laquelle Maître Mounda préféra parer :

        - Lors de son avènement, la République Fédérale a revendiqué sa volonté de demeurer laïque. Cela signifie qu’elle n’a pas invité l’Ordre Jedi en son sein, comme cela put être le cas autrefois.

        À côté de lui, l’une des mains d’Odan Rurr, posée sur son siège, tremblait légèrement. Malgré la neutralité de son expression, fixée sur le Cerréen, il était possible d’imaginer son agacement. Nombreux étaient les Jedi, en apprenant la chute de l’Empire Sith, qui avaient espéré être réhabilités. Traqués de toutes parts et abattus comme des terroristes, ne pouvant plus se fier à leurs alliés d’hier, les anciens gardiens de la République avaient imaginé voir la lumière à la sortie du tunnel. Or, même si l’avènement de la République avait marqué la fin de la purge dont ils avaient été les victimes, les chevaliers Jedi s’étaient vus refuser l’entrée dans le Temple de Coruscant. À la place, la République Fédérale avait préféré former un corps militaire spécial : la Garde Répubicaine. Composée essentiellement de personnes sensibles à la Force, cette nouvelle branche de l’armée ne se pliait pas au traditionnel Code Jedi ni à sa philosophie. Elle préconisait un autre usage de la Force. Une hérésie, pour certains. Pour autant, Maître Rurr garda le silence, alors que Maître Mounda poursuivait :

        - Néanmoins, elle a engagé plusieurs signaux positifs à notre égard. L’Ordre Jedi a été invité à se rendre sur plusieurs de leurs mondes, dont Coruscant.

        Le vénérable maître se garda bien de mentionner la planète Naboo. Une délégation Jedi avait été dépêchée là-bas et la mission avait été un échec. Un attentat à la bombe avait certainement coûté la vie à deux des leurs. Il s’en était fallut de peu pour que la novice Endolorean Kardashkan n’en réchappa. C’était un padawan qui l’avait retrouvée sur Endor, en piteux état, tout juste sortie d’un vaisseau qui s’était lamentablement écrasé sur la lune forestière.

        - Récemment, reprit Ka-Di Mounda, les services de renseignement de la République Fédérale ont pris contact avec Maître Qos, en mission sur Dxun. Ils lui ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’agitation de l’enclave de Coruscant.

        - Nous pensons qu’il serait bon que vous vous rendiez là-bas , intervint de nouveau Phyl Reez. En effet, nous pensons que vous êtes les personnes toutes indiquées pour lever ce mystère. Après tout, vous nous avez démontré votre capacité dans ce domaine pas plus tard qu’aujourd’hui.

        Un sourire apaisé avait marqué le visage du maître Jedi. De toute évidence, il faisait allusion à l’enquête que venaient de mener Sarina Darel et Kryann. Toutes deux avaient percé à jour la trahison de Lan Tellec, le maître Jedi qui avait assassiné un membre du Conseil, Albus Fellwud, dans l’enceinte-même du Sanctuaire ! Un crime que les deux Jedi étaient parvenues à résoudre, dans des circonstances complexes.

        - Sarina, Kryan…, fit Phyl, d’un ton solennel, l’Ordre a besoin que vous vous rendiez dans l’enclave Sith de Coruscant pour assister les forces Républicaines et lever le voile sur ce qui est en train de se passer. Au niveau des passerelles se trouve un vieux cargot, l’Ebon Hawk, que vous pourrez affréter pour votre voyage. Voici également des codes d’authentification que nous ont transmis les renseignements Républicains. Vous en aurez besoin à votre arrivée en orbite de Coruscant.

        À cela, Melchior ajouta :

        - Tout au long de votre chemin, restez sur vos gardes. L’ombre du Côté Obscur s’étend à travers la galaxie ; la capitale de la République elle-même n’en est pas à l’abri. Là-bas, vous allez marcher sur les traces d’une époque sombre et qui sait par quels moyens il cherchera à vous corrompre. N’oubliez jamais qu’en tant que chevalier et padawan Jedi, vous êtes les garants de la lumière dans les ténèbres. Là où vous marchez, vous apportez la paix. Si votre sabre-laser ne sert qu’à une chose, c’est à pourfendre le Côté Obscur.

        Sur ces derniers mots, le maître Jedi avait planté un regard perçant dans les yeux de Kryann. Son air grave n’admettait aucune réplique, mais il n’était pas bien difficile de comprendre le sous-entendu derrière ses paroles.

        - Nous préférons vous mettre en garde sur un autre sujet, également. Sortant de son silence, Tarka’gre tenait à soulever un dernier point. Les relations diplomatiques avec la République sont un véritable bourbier. Après avoir ouvertement rejeté l’Ordre Jedi, voilà qu’elle fait de nouveau appel à nous. Ils savent éperdument notre désir de combattre le Côté Obscur et ses représentations, quelles qu’elles soient. Cette mission que nous vous confions n’est pas une mission diplomatique. Il s’agit exclusivement de vous renseigner sur une émanation du Côté Obscur -si c’en est réellement une- et de la combattre si cela est nécessaire. En aucun cas, vous ne devez négocier le moindre élément diplomatique : pour cette mission, vous n’y êtes pas abilités. Nous ignorons les réelles motivations de la République Fédérale ; aussi, si jamais le sujet est abordé, défaussez-vous en.

        La messe était dite. Les maîtres Jedi venaient de confier une nouvelle mission à Sarina Darel et Kryann. Ils décidaient d’envoyer sur Coruscant un duo atypique, mais qui avait déjà fait ses preuves. Serait-il assez agile pour surmonter les épreuves à venir ? C’était le pari des membres du Conseil. Un pari qui pouvait bien déterminer l’avenir de la Galaxie toute entière.

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        Pete Jeabro

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          Auteur : Kryann

          Le Côté Obscur. L'Empire Sith. Une enclave sur Coruscant. La tête de Kryann tourna soudainement. Les Maîtres du Conseil venaient de lui asséner tellement d'informations qu'elle ne savait plus par quel bout prendre cette nouvelle affaire. Tout le pragmatisme de Phyl Reez n'avait pas suffit à rendre cela clair pour une jeune ignorante, et il lui fallut se tourner vers Maître Darel pour comprendre qu'il n'y avait pas grand péril à ce qu'elle ne comprenne pas immédiatement tous les tenants et les aboutissants de la mission que le Conseil leur confiait à nouveau. Aussi prit-elle le temps de remettre les choses à leur place.

          Tout d'abord, qu'était cet Empire Sith ? Elle n'en avait que vaguement entendu parler de ci, de là, le sujet était comme tabou dans le Sanctuaire. Et puis, ce n'est pas comme si elle avait posé des questions à ce sujet. Elle garda cela dans un coin de sa tête. Il était évident que cet empire était à l'origine de cette... enclave, et la balise avait été apportée ou fabriquée par eux. Il y avait là une différence de taille, mais elle se garda bien de dire quoi que ce soit. Les regards de chacun étaient suffisamment lourds de sens, et elle ne comptait pas attirer les foudres sur elle avec une remarque mal placée. Fut-elle judicieuse.

          Les questions tourbillonnaient sous son crâne, et même si elle s'astreignait à afficher une calme neutralité et à garder une oreille attentive aux propos du Conseil, elle restait troublée par quantité d'informations. Pourquoi la République, après des années à garder les Jedi à l'écart, en venait à faire appel à eux ? Pourquoi prendre contact avec Maître Qos ? Celui-ci avait du recevoir ce message après l'avoir renvoyée d'Ondéron, supposa-t-elle.

          Elle releva légèrement la tête lorsque l'ordre tomba. Sarina et elle iraient sur Coruscant. D'une pierre, deux coups, se dit la Cathar. On répondait aux attentes de la République, et on éloignait un élément au moins gênant... D'ailleurs, la réflexion de Maître Melchior allait en ce sens. Elle acquiesça simplement vers lui, en signe de compréhension. Elle ne comptait pas faire autre chose de son arme.

          Bien sûr, elle resta muette. Sarina ne manquerait pas de lui expliquer ce qu'elle n'avait pas compris, et le ton des Maîtres était sans équivoque : pas de discussion possible, ni de remarques. Aussi se contenta-t-elle de saluer le Conseil en s'inclinant, avant de suivre son instructrice. Ainsi débutait sa vie de Padawan : loin de ce Sanctuaire qui était l'épicentre de tant d’événements. En marchant à la suite de Maître Darel, elle observa les huttes et les passerelles, la bâtisse des Archives en contrebas, l'Amphithéâtre. Que trouveraient-elles à leur retour, si jamais elles revenaient ? Peut-être que sa vie se déroulerait désormais dans ces étoiles qui lui semblaient si lointaines, et pourtant si curieuses. Toute à ses pensées, elle ne fit pas réellement attention à leur avancée, et elle n'en fut tirée que par les mots de son Maître.


          -Et voici, Kryann, notre carrosse ! Un magnifique Ebon Hawk, presque flambant neuf ! Ah, j'en ai des frissons.

          Le ton était tellement ironique que cela eut un effet étrange sur la Cathar. Elle sourit.

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            Auteur : Super PNJ


            ----- Elyna Faràn ----------- Fic Drecko ----------- Ka Di Mounda ----------- Melchior -----------Melgibad Stevens
            [Membre Permanent] - [Membre Permanent] - [Membre Permanent] - [Membre Permanent] - [Membre Observateur]

            ----- Notra Kwo --------- Odan Rurr -------------Phyl Reez ----------- Tarka'gre ------—-------Yuda
            [Membre Observateur] - [Membre Permanent] - [Membre Observateur] - [Membre Observateur] - [Membre Permanent]


            Plus tard...

            C’était une leçon vieille comme la Force. Elle répondait aux lois de la physique la plus simple et, pourtant, elle était assez peu enseignée. Heureusement, certains chevaliers Jedi avaient pu, par l’enseignement d’un maître facétieux, la vivre pleinement. Tarka’gre se souvenait très bien de ce jour d’été où la salle de cours avait pris feu. Face à la stupeur, l’ensemble des élèves avait réagi dans la précipitation. Certains avaient pris peur et quitté la classe. D’autres s’étaient empressés de trouver de l’eau et des couvertures pour maîtriser l’incendie. Par la suite, le maître Jedi chargé de leur enseignement avait pris le temps nécessaire pour apaiser les esprits. Assez rapidement, les étudiants s’étaient finalement remis de leurs émotions. Le lendemain, la chose était déjà oubliée et la formation avait repris son cours. Ce ne fut qu’au bout de quelques jours que Tarka’gre avait senti le malaise. D’autres avaient pointé le problème avant elle, mais personne n’y avait prêté attention. Il faisait trop chaud ? Bah ! Ce n’étaient que des chochottes ! Mais, un beau jour, la Twil’eck avait dû se ranger à l’avis grandissant : oui, la chaleur était étouffante. Ne pouvant masquer son agacement, Tarka’gre s’était empressée de réagir. S’ils étaient plusieurs à se plaindre ainsi de la chaleur, alors autant résoudre le problème ! Sans prévenir, elle s’était levée pour baisser le chauffage et, à sa grande surprise, elle avait remarqué que quelqu’un l’avait volontairement placé à la température maximale. Pourtant, c’était l’été... L’apprenti Jedi avait laissé échapper une exclamation interloquée, ne comprenant pas qui avait pu être suffisamment fou pour allumer le chauffage. Le professeur, quant à lui, avait affiché un sourire apaisé. Il avait dévisagé l'ensemble de la classe tout en affichant un air satisfait : c'était lui le coupable de ce coup de chaud. Ce jour-là, il avait transmis l’un des enseignements les plus importants que Tarka'gre n'ait jamais reçu. « 
            Mettez le feu à une salle et tout le monde s’en apercevra. », avait-il dit. « Mais augmentez progressivement la température et tout le monde n’y verra... que du feu. ». Derrière ces jeux-de-mots douteux se cachait une réalité toute simple : il était bien plus difficile de combattre le Côté Obscur lorsqu’il se manifestait ouvertement. Mais sa progression insidieuse et constante était le mal le plus difficile à combattre.

            Voilà où en étaient les Jedi sur la Lune d’Endor. Tarka’gre avait la désagréable impression de réaliser seulement maintenant que la température était trop étouffante. Tarka’gre n’avait rejoint le Conseil Jedi que depuis peu, mais c’était suffisant pour déceler des signes inquiétants. Maître Faràn, habituellement si sûre d’elle et confiante, suggérait de moins en moins d’actions à entreprendre. Elle, qui s’appuyait essentiellement sur ses visions de Force était troublée et n’en parlait même plus. Quand était-ce la dernière fois qu’elle avait pu guider le Conseil dans une direction ? Pour Tarka’gre, les choses étaient claires : le Côté Obscur s’était immiscé dans le Sanctuaire. Il avait étendu son emprise, au point de brouiller l’avenir. Même les Jedi les plus visionnaires ne pouvaient plus compter sur leurs dons. Pour une raison qu’elle ignorait -et qu’elle n’avait plus l’occasion de chercher à connaître- le Mal avait pris ses quartiers au sein-même du dernier foyer Jedi, au point de transformer certains d’entre eux en meurtriers. L’heure était grave, comme l’attestait l’objet de la réunion du jour. Et Tarka’gre se sentait impuissante. Elle était là, assise sur son siège, telle une enfant qui venait d’apprendre que le Kora Noël n’existait pas. Juste à côté d’elle, Phyl Reez était dans le même état. La gaité et la joie avaient-elles disparu du coeur des membres du Conseil ? Seul Maître Kwo avait l’air quelque peu enjoué, comme s’il savourait déjà la prochaine blague qu’il allait lancer. Quant à Maître Yuda, Tarka’gre avait abandonné il y a bien des années l’idée de lire ses sentiments.


            - Nous avons des nouvelles du chevalier Darel et son apprentie.

            La voix de Maître Munda avait percé l’air de son ton grave. Pourtant, Tarka’gre l’avait reçue comme une libération, voyant-là une occasion de sortir de ses sombres pensées.

            - ... Et elles ne sont pas si bonnes.

            Tarka’gre afficha de nouveau son expression neutre, celle qu’elle arborait soit dans les moments d’écoute comme celui-ci, soit pour cacher son désarroi. En cet instant, elle devait avouer ne pas savoir exactement lequel des deux motifs prédominait. Sans plus attendre, Ka Di Munda fit signe à un droïde de s’avancer au centre du demi-cercle, afin de lire le message qu’il avait reçu. Une holoprojection s’activa, adoptant la forme encapuchonnée de Sarina Darel. Après un temps à regarder le vide face à elle, elle s’exprima d’une voix rythmée et en articulant très peu :

            "Sarina""Sarina"
            Chevalier Darel, à l'attention du Conseil Jedi. Maîtres, notre enquête à l'enclave Sith de Coruscant nous a rapidement amenés à la conclusion, avec le service de Renseignements de la République, que ce mystérieux message, affiché en langage Sith, était un appel. Un appel à nos plus anciens ennemis. Cela nous a conduits à enquêter jusqu'à la lune de Yavin, Yavin IV, où nous avons retrouvé un antique chasseur muni d'une signature énergétique encore active. Nous avons décidé de continuer de suivre cette signature, quand bien même nous ne savons pas encore où celle-ci nous mènera.
            Sarina, terminé.


            - Les Sith... murmura Melchior dans sa barbe.

            Il n’avait pas besoin d’en dire plus. Le sentiment d’inconfort généralisé en disait suffisamment long. Tarka’gre s’enfonça encore plus dans son siège et déglutit péniblement.

            - Leur retour n’a rien de nouveau, commença Odan Rurr. Nous ne pouvons plus les ignorer.

            Il marquait un point. Même si les Sith n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes depuis la chute de leur empire, ils n’en restaient pas moins une menace sérieuse aux yeux de la galaxie. Et donc, aux yeux de l’Ordre Jedi tout entier.

            - Nous avons donc deux Jedi en vadrouille, partis à la chasse au Sith ? demanda Maître Rurr, afin d’être sûr d’avoir bien compris.

            - Il semblerait, répondit calmement Ka Di Mounda. Mais cela n’augure rien de bon. Qui sait ce qu’elles peuvent trouver au bout du chemin ?

            - Nous n’avons aucune idée de l’endroit où elles peuvent se rendre ? intervint à son tour Tarka’gre.

            - ... Yavin IV...

            La voix de Melchior avait été évasive. Tous les visages se tournèrent vers lui, surpris de sa remarque. Yavin IV était l’endroit que Sarina avait annoncé quitter, pas celui où elle prévoyait de se rendre. Melchior fixa un instant le lointain, comme s'il observait quelque chose que les autres ne pouvaient voir. Finalement, il secoua la tête, comme pour chasser de curieuses pensées. Quoi qu’il sache, il ne désirait pas le partager aux autres. Que pouvait-il bien cacher ? Et surtout, pourquoi ne voulait-il pas en parler autres membres du Conseil ? Tarka’gre fronça les sourcils, avant de détourner son regard lorsqu’elle vit les yeux froids de Barbe-Grise posés sur les siens. L’heure des réponses viendrait plus tard...

            - Nous avons les réponses, prononça doucement Phyl Reez. Elles sont sous nos yeux, nous devons les voir !

            Le jeune maître parlait avec véhémence. Il semblait troublé, presque agacé. Tarka’gre pouvait lire en lui une forme de frustration, comme quelqu’un qui s’échinait sur un problème depuis trop longtemps, à tel point qu’il avait étudié toutes les solutions possibles au moins trois fois, sans jamais parvenir à la moindre conclusion. Depuis peu, l’homme qui avait rejoint le conseil en même temps qu’elle paraissait perturbé. À plusieurs reprises, Tarka’gre avait essayé de l’inviter à se confier, mais il s’y était toujours refusé. Respectant sa discrétion, elle n’avait pas plus insisté.

            - Les Sith grandissent dans les ténèbres…

            Sous l’effet de sa réflexion intense, Phyl Reez s’était levé. Il commençait à faire les cent pas, sous les yeux de ses condisciples.

            - Depuis un moment, nous en repérons les signaux. Plusieurs des nôtres ont récemment péris dans des lieux du Côté Obscur : Maître Saryss, Maître Bador, ... Peut-être même...

            - Non !

            La voix d’Elyna Faràn avait résonné comme le tonnerre. Pourtant, à la voir, elle n’avait pas cherché à hausser le ton. Phyl Reez n’avait pas besoin de finir sa phrase : tout le monde ici savait qu’il faisait allusion à Vonlan Qos, porté disparu sur Ondéron, précisément dans les ruines d’un temple Sith. Adi Jolian, membre éminente du Conseil Jedi, venait tout juste de partir à sa recherche. En évoquant son cas, Phyl remettait indiscutablement sur la table un sujet épineux : celui du rôle des Jedi dans la galaxie à l’heure actuelle et, plus important encore, le rôle du Conseil lui-même au sein de l’Ordre. Expédier un membre du Conseil en mission de sauvetage : voilà une décision qui n’avait pas fait l’unanimité.

            - Qu’allez-vous faire ?, demanda Odan Rurr, d’un air goguenard. Proposer de dépêcher deux autres Jedi à leur rescousse ?

            C’était une critique à peine voilée. Depuis de nombreux mois, Odan Rurr faisait partie des principaux opposants à la nouvelle politique que semblait prendre le Conseil Jedi : dépêcher des maîtres -parfois, des chevaliers- secourir les Jedi en périls. Cela avait permis l’identification du corps de Janev Saryss par Davro Massa, mais avait aussi causé la disparition de Vimki Edst, parti à la recherche de son maître.

            - Non, répondit le plus posément du monde Phyl Reez, je pense que nous ne devons rien faire.

            Ce fut à son tour de créer la stupeur générale. Phyl Reez était réputé comme étant, à l’instar d’autres membres du groupe, l’un des plus interventionnistes. C’était lui qui s’était jeté dans le coeur de la Montagne Noire en s’opposant à la décision du Conseil. Plus récemment, il était allé enquêter sur des mouvements de vaisseaux aux abords du Sanctuaire. Observant l’émoi qu’il provoquait dans l’assemblée, Maître Reez prit soin de préciser le fil de sa pensée :

            - Envoyer quelqu’un sur Yavin, c’est nous tromper de combat. Le Côté Obscur est certes présent dans la galaxie. Et il grandit assurément. Mais partir, c’est envoyer des forces que nous n’avons plus. C’est disséminer notre énergie là où nous ne pouvons pas agir. Du moins, pas efficacement.

            Tarka’gre n’était pas certaine d’adhérer à son raisonnement. Jusque-là Phyl avait toujours soutenu l’inverse. Qu’est-ce qui était différent cette fois-ci ? Le maître Jedi poursuivit :

            - Nous sommes actuellement à notre place. Ne voyez-vous pas l’endroit où le Côté Obscur grandit le plus ? C’est ici, sur Endor, au coeur même du Sanctuaire ! Dois-je vous rappeler ceux que le Côté Obscur nous a ravis ici-même, sur cette lune ?

            L’ambiance, qui n’était déjà pas bien joyeuse, venait de s’effondrer pour de bon. Lan Tellec, Albus Fellwud, Sam Skawalker, Olorin Vendar. Les noms fusaient dans l’esprit de Tarka’gre sans qu’elle ne parvienne à les arrêter. Le Sanctuaire saignait et nul pouvait arrêter son hémorragie. Finalement, peut-être Phyl avait-il raison ? Avant de se concentrer sur des temples Sith disséminés dans la galaxie, il était certainement temps de regarder d’Endor. Du côté de la Montagne Noire...

            - Maître Reez, voulut le résonner Melgibad Stevens, ne pensez-vous pas que nous devons secourir nos soeurs en danger ?

            Celui que l'on surnommait Arakorn secoua vivement la tête. Puis il laissa passer un silence avant de répondre, d'une voix légèrement plus posée :

            - Elles vont au devant du danger en connaissance de cause. Ce sont elles qui nous ont informés de cette menace Sith. Et ce sont elles qui ont pris la décision de partir là-bas, seules.

            Phyl Reez dévisagea chacun des maîtres Jedi présents, semblant chercher assistance. Tarka'gre croisa les yeux du maître Jedi. Ses propos étaient aussi froid que son regard, mais ils sonnaient étonnement faux de vérité. Le Conseil devait décider maintenant entre la vie de deux Jedi, et la préservation du Sanctuaire. C'était un choix redoutable que Tarka'gre déplorait d'avoir à faire. Elle détourna son regard de celui de Phyl et tenta de lire les expressions des autres membres du Conseil. Certains, comme les maîtres Melchior et Yuda étaient évasifs. D'autres, comme Maître Faran et Maître Stevens étaient consternés. Enfin, il y avait ceux qui étaient neutres, comme Maître Drecko ou Maître Kwo. Si Tarka'gre avait une certitude, c'était bien que la réunion allait être longue...

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            Pete Jeabro
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              Post n°6
              Auteur : Super PNJ


              ----- Phyl Reez ----------- Elyna Faràn
              [Membre Observateur] - [Membre Permanent]


              Plusieurs jours s’étaient écoulés. Le débat animé au coeur de la chambre du conseil n’en avait pas dépassé les murs. En réalité, il s’était manifesté tel une tornade endiablée pour disparaître aussitôt les portes de la salle réouvertes. En fin de comptes, aucun membre du Conseil Jedi n’avait pu tirer quoi que ce soit de cet échange. Ils tournaient en rond, ressassaient éternellement les mêmes arguments, sans parvenir à trouver la solution qui mettrait tout le monde d’accord. Et, en attendant, le temps continuait à suivre son cours, comme une rivière inarrêtable. Pour la première fois, Phyl Reez commençait à percevoir les limites d’une telle organisation. Jusqu’alors, il n’avait jamais compris pourquoi certains Jedi, comme le disparu Muyi Tano ou le défunt Lei-Wan Minn avaient toujours refusé d’entrer au Conseil Jedi. Pour autant, Phyl ne regrettait pas sa décision. Les temps étaient particulièrement difficiles et toutes les bonnes volontés étaient nécessaires pour sortir de la tempête. Il allait tout faire pour que sa contribution, aussi infime soit-elle, puisse aider le conseil à aller dans le bon sens. Car il savait ses congénères dotés des meilleures intentions. Mais, ce qui leur manquait, à tous, c’était un leader : quelqu’un pour guider le Conseil. Pourquoi Maître Yuda, le plus ancien et respectacle de l’ordre, s’était-il toujours refusé à ce rôle ?

              Le froissement d’une étoffe alerta Phyl de l’approche de quelqu’un. Il relâcha la poigne de ses mains sur la rambarde à laquelle il était agrippé, profitant d’un point de vue pour contempler le Sanctuaire en contrebas. Dans le même mouvement, il sentit ses épaules se décontracter. Il ne s’en rendait plus compte, mais il devenait de plus en plus tendu. Même ses constantes méditations n’y changeaient plus rien. Toujours, elles lui avaient permis de retrouver le cap, d’atteindre un équilibre, de le guider à travers la Force. Mais, depuis un certain temps, il n’y parvenait plus. C’était comme s’il cherchait à jouer de la musique en s’adossant à un diapason qui sonnait faux. Quelque chose se tramait et Phyl se sentait impuissant. Ça se ressentait d’ailleurs de plus en plus sur son physique. En quelques mois, il donnait l’impression d’avoir vieilli de plusieurs années.


              - Il est revenu.

              Phyl n’avait pas eu besoin d’entendre la voix d’Elyna Faràn pour déceler son arrivée. Son aura résonnait comme l’une des plus pures du Sanctuaire et sa présence dégageait, la plupart du temps, quelque chose de rassurant. Mais il fallait reconnaître que l’éminente membre du Conseil Jedi s’était réservée une entrée des plus mystérieuses, car il était bien difficile de savoir de qui elle pouvait bien parler. Toutefois, son ton calme, fidèle à son habitude, ne contenait trace d'aucune inquiétude. Il s’agissait-là d’un simple constat, dépourvu de toute lassitude. Maître Faràn apportait autre chose que de mauvaises nouvelles. Les méninges de Phyl s’embarquèrent donc dans une danse effrénée pour identifier quel pouvait bien être la personne dont elle parlait. Une série de visages défilèrent devant ses yeux, allant de Rylen Korr à ses apprentis disparus, en passant par les plus illustres maîtres qui s’étaient récemment volatilisés. Elyna faisait-elle référence à Lan Tellec, qui avait récemment trahi l’Ordre Jedi ? Ou à Muyi Tano, qui était parti s’enfoncer dans la Montagne Noire ? Des nouvelles de Thule, peut-être ? Ou de Naboo ? Il y avait tant de possibilités...

              Finalement, le maître Jedi finit par se retourner vers son interlocutrice. Il remarqua alors quelque chose auquel il n’avait jamais prêté attention jusque-là : elle aussi avait vieilli. Même si elle n’affichait pas un air soucieux en cet instant, Phyl décelait en elle les traces d’une consternation récurrente, comme si elle ne parvenait jamais à se débarrasser d’un mauvais pressentiment.

              Un dialogue muet s’instaura entre les deux maîtres. L’un comme l’autre, il semblaient découvrir l’abattement de son homologue. Ils le découvraient, l’acceptaient et le partageaient. Dans la fatigue de l’autre, ils décelaient leurs propres blessures, qui malgré tous leurs efforts, peinaient à guérir. En cet instant précis, au-dessus du Sanctuaire Jedi, ils étaient deux âmes qui communiaient. Cet échange spirituel fut aussi bref que soudain. En moins d’une seconde, la symbiose était passée. Lentement, Elyna Faràn finit par détacher les mots :


              - Maître Qos.

              Phyl éprouva un mélange de soulagement et de déception. Il fut curieux de noter un tel contraste dans ses sentiments. Bien entendu, il était soulagé d’apprendre le retour du maître Jedi. Mais, quelque part, il avait l’impression de s’être attendu à autre chose. Bien évidemment, Elyna nota son désarroi. Elle lui lança un regard interdit et tenta un :

              - Je sais à quel point tu as perdu beaucoup. Tu...

              Phyl ne lui laissa pas le temps d’aller plus loin. Sans aucune manière, il l'interrompit sèchement :

              - Est-il seul ?

              La question n’était pas si innocente qu’elle en avait l’air. Évidemment, Phyl s’enquerrait de l’état de santé de Vonlan et ses camarades. Maître Jolian était partie avec le jeune Kath Aplazm pour porter secours à Maître Qos. Si ce-dernier était de retour, alors était-il accompagné de ses sauveteurs ? Car si ce n’était pas le cas, qu’était devenue la mission de sauvetage ?

              Il est dans la salle du Conseil et nous attend.

              Pourtant, Elyna Faràn ne fit rien pour illustrer ses propos : pas un mouvement, pas une invitation à la suivre. Elle resta immobile, les pieds ancrés au sol et le regard planté dans celui de Phyl. Même la légère brise d’Endor, qui faisait virevolter la mèche devant ses yeux, ne la fit pas détourner la tête. Phyl n’y lisait aucune accusation, mais il savait qu’elle n’en démordrait pas : elle désirait parler de l’autre sous-entendu de la question de Phyl, celle qu’il avait posée pour couper court à une conversation qu’il souhaitait à tout prix éviter. Puis le regard d’Elyna finit par s’adoucir, alors qu’elle murmurait :

              - Phyl, pourquoi n’en parles-tu pas ? C’est inutile de cacher ta douleur derrière un voile.

              Le maître Jedi détourna la tête, un air renfrogné. Sèchement, il répondit :

              - Nous connaissons les risques. Nous savons ce que cela coûte d’être un Jedi, de mener la vie que l’on mène. J’en accepte le prix et je décide d'aller de l’avant.

              La voix de Phyl ne trahissait aucune émotion. Au contraire, elle était marquée par sa profonde détermination : son envie d’aller au-delà de sa douleur, son envie de la surmonter pour construire un avenir plus serein, son envie de s’en débarrasser pour pouvoir vivre à nouveau. Mais il était bloqué dans la voie de la guérison.

              - Il reste de l’espoir. Tout n’est pas perdu.

              Elyna se voulait rassurante. Elle manifestait une compassion totale qui, Phyl devait l’admettre, le touchait au plus profond de son coeur. Elle l’incitait à se livrer. S’il avait pris des nouvelles d’Adi Jolian, c’était parce qu’elle était l’apprentie de Maître Faràn. Or, Phyl savait combien ce pouvait être éprouvant de perdre la personne que l’on avait formée. À plusieurs reprises, bien malgré lui, il avait vu les siens périr. Des amis, des frères, mais également des padawans. C’était une peine qu’il ressentait de plus en plus. Phyl ignorait pourquoi, mais il avait de plus en plus de mal à faire face au deuil. Or, il savait qu’Elyna partageait de cet accablement. Il se souviendrait toujours de la stupeur dans laquelle avait été la maître Jedi lorsqu’il était sorti de la Montagne Noire. Ce souvenir resterait à jamais gravé dans sa mémoire. Ce jour-là, tous les deux avaient perdu un être cher : Vendar Olorin. Il était l’un des plus éminents membres de l’ordre. Un ami pour Elyna ; un frère pour Phyl. C’était depuis ce jour que tout avait basculé. Phyl refusait de l’admettre, mais il n’était plus réellement le même. Quelque chose, en cette journée, s’était éteint en lui. Et la perte, plus récente, de son apprenti n'avait rien arrangé.

              - C’est ce que tu crois ? demanda-t-il, d’une voix hasardeuse.

              - Oui. Nous devons avoir foi en la Force.

              Quelle était la lumière qui parvenait à raviver l'espoir d'Elyna ? Où trouvait-elle la foi de croire ? Phyl savait qu'elle avait aussi connu sa part de deuils. La disparition de Vendar, bien évidemment. Mais surtout celle de Rylen Korr, le grand maître de l'Ordre. Il voulut à nouveau lui poser une question :

              - Comment sais-tu que... ?

              - Je le sens, fit-elle simplement, ne le laissant pas terminer sa phrase.

              Alors Phyl comprit. Au-delà de ces mots simples qui, pour la plupart seraient vides de sens, il y avait tout un monde qui s'ouvrait à lui. Un monde d'espoir, de confiance et de possibilités. Car prononcés avec la conviction qu’avait su mettre Elyna Faràn, Phyl s’autorisa à croire, au moins une journée de plus. Si son apprenti avait péri, il l'aurait senti. Bien sûr, il ne pouvait pas mettre sa main à couper : mais l'éventualité existait. C'était un maigre espoir auquel il pouvait se rattacher ; une flamme qui pouvait grandir : il ne tenait qu'à lui de l'alimenter. Finalement, peut-être que tout était possible. Finalement, peut-être que tous les Jedi disparus n’étaient pas morts. Finalement, peut-être que l’Ordre parviendrait à surmonter la menace de la Montagne Noire.

              Cette fois, Elyna Faràn effectua ce geste de la main pour inviter Phyl à la précéder. Au passage, elle en profita pour lui adresser un franc sourire, empli d’une joie sincère. Le maître Jedi ne put s’empêcher de le lui retourner. Il laissa échapper un petit rire complice, un instant de joie comme il n’en avait pas connu depuis trop longtemps. Puis les deux camarades s’éclipsèrent, sous le regard discret d’une silhouette encapuchonnée.


              Spoiler : HRP
              Pete Jeabro
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