Le plateau d'argent.
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Post n°1
Auteur : HivernusCe repas n’a rien d’une bonne bouffe entre amis. Le grand amiral Konstantine en est conscient. L’homme se découpe un morceau de steak d’Eopie qu’il fourre dans sa bouche en silence. Autour de lui, les autres convives en font autant. Chacun mange ce qu’il a dans son assiette sans faire de bruit. La Grande Moff, en bout de table, est la seule qui semble réellement se régaler. Plusieurs quartiers de pommes caramélisées sont engloutis. Une bouchée de tarte à la crème y passe également. La Boroskaise savoure ensuite la texture onctueuse des œufs de Pikobi qu’elle gobe à la chaîne. L’appétit vorace de la jeune femme ne semble pas avoir de limite.
- Amiral Konstantine... Ashe essuie le coin de sa bouche à l’aide d’une serviette de table, avale une gorgée d’eau, puis fait signe à son domestique de remplir son verre. J’ai cru comprendre que vous avez rencontré quelques complications récemment. Pouvez-vous m’en dire plus à ce sujet ?
L’officier, dont l’appétit est relatif, se force à terminer sa bouchée d’Eopie. Il dirige son regard vers la petite femme. Elle s’attaque désormais à une tranche de rôti de Nerf. La faim dévorante de la Grande Moff n’a pas d’égal dans la galaxie, il s’en persuade silencieusement.
- C’est exact Madame. Plusieurs grèves ont éclaté au sein des chantiers navals de Fondor et d’Eriadu. Nous avons dû faire appel à l’armée pour déloger les grévistes et reprendre le contrôle de la situation. Indique le grand amiral en guettant une réaction sur le visage de la dirigeante impériale. Un événement fâcheux qui a ralenti la cadence de production ces dernières semaines et qui a retardé la mise en service de certains de nos vaisseaux.
Contre toute attente, la Grande Moff demeure impassible. Elle termine son rôti en quelques bouchées, se lèche les doigts, se sert à nouveau à manger… Comme si cette nouvelle n’avait aucun effet sur elle. Ou du moins, c’est ce qu’elle tente de faire croire.
- Colonel Veed, vous avez des commentaires à faire ? Demande-t-elle finalement, après avoir trouvé un nouveau morceau à grignoter.
La directrice du Service Stratégique Boroskais, installée en face de Konstantine, sirote tranquillement son verre, appréciant probablement le cru d’excellence qu’on lui a servi. L’homme croit se souvenir qu’elle a une préférence pour les vins issus des grands vignobles d’Alderaan. Ashe, dans sa bienveillance, avait demandé à ce qu’on ouvre sa meilleure bouteille. Visiblement, elle a tapé dans le mille. La fille du général Veed est ravie par cette marque d’attention.
- Nous avons réussi, avec le concours du Département Investigation et Interrogation, à identifier les agitateurs. Plusieurs d’entre eux ont déjà été arrêtés par mes hommes. Ils n’ont, pour l’heure, rien révélé d’intéressant mais il y a fort à parier que les conjurés sont derrière cette mise en scène. Explique celle qui dirige les services de renseignements de la Grande Moff.
- Peut-être, en effet... C’est une possibilité. Il reste cependant à trouver le but de la manœuvre. Les conjurés ne sont pas du genre à agir sans réfléchir. Il y a un dessein derrière chacune de leur action. Cherchez bien. Quelque chose aura disparu. Ou quelqu’un. Ou alors, ils auront testé l’une de leurs théories. Suppose le Renard Impérial avant d’avaler une nouvelle gorgée d’eau. Quoi qu’il en soit, je vous demanderai de renforcer la surveillance des chantiers navals. Postez plus d’hommes si nécessaire. Mobilisez plus de droïdes, faites pression les contremaîtres et les chefs d’équipe… Faites en sorte que ce genre d’incidents ne se reproduise plus. D’ici peu, nous aurons une marine de guerre à l’apogée de sa puissance… Une marine de guerre dont la dimension éclipsera toute nostalgie des empires précédents.
La Boroskaise plante sa fourchette dans le dos d’un homard, se sert de son couteau pour lui trancher la tête, puis arrache sa carapace pour se repaître de sa chair délicieuse sous le regard perplexe des officiers installés à sa table. La naine est impitoyable à bien des égards…
- Il nous faudra au moins une décennie avant de pouvoir atteindre un niveau de projection capable de rivaliser avec les forces navales républicaines et séparatistes... Fait remarquer Konstantine.
- Nous n’avons pas autant de temps amiral. Du moins, pas tant que Valiant et les conjurés représentent une menace. L’interrompt sèchement la Grande Moff, décortiquant son homard avec beaucoup trop d’entrain. Une guerre approche, je le sens… Je le sais. Il nous faut nous préparer au déluge dans les plus brefs délais. Le projet Résurrection doit être accéléré. Ce ne sont pas les ressources qui manquent au sein de l’Impérium… Deux ans devraient suffire à le mener à terme.
Le grand amiral a un soubresaut. Ce projet, dont il est à l’origine, est un plan de restructuration et de renforcement de la marine impériale planifié sur six ans. En réduisant considérablement les délais d’exécution du projet, c’est l’ensemble de son travail qui risque d’être compromis.
- Quand bien même nous avons les moyens d'accélérer la mise en application du projet Résurrection, nous devons nous montrer prudents. La production d’autant de navires de guerre sur une période aussi courte risque d’inquiéter les puissances étrangères. Et elle attirera sûrement l’attention. Les partisans de Valiant et les conjurés se douteront de quelque chose. Ils tenteront peut-être même de saboter nos efforts. Proteste l’officier, sceptique. Et de toute manière, quand bien même nous pouvons nous permettre de mettre en production plusieurs dizaines de vaisseaux simultanément, nous n’avons pour l’heure pas assez d’hommes d’équipage qualifiés pour les manoeuvrer et les commander lorsqu’ils seront prêts pour le service.
Konstantine redoute la réaction de la Boroskaise... Mais il marque un point. Le collège spécial naval installé sur Borosk est encore trop récent. Et les promotions qui sortiront de cette toute nouvelle académie d’ici deux ou trois ans ne pourront pas fournir assez de membres d’équipage pour l’ensemble des navires. L’académie de Corulag, pour sa part, reste encore trop conservatrice. Les tentatives de réforme de la Grande Moff n’ont pour l’heure qu’un effet minime au sein de cette institution durablement marquée par l’idée de suprématie humaine. L’académie de Cathar, quant à elle, est trop proche du pouvoir local. Les partisans de Valiant y sont légions. Et de toute manière, quand bien même on ferait fi des préférences politiques et idéologiques de chacun, il n’y aurait pas assez de monde pour former des équipages complets en si peu de temps.
- L’académie de Prefsbelt IV pourrait en partie remédier au problème. Intervient alors Tahlee, qui jusque-là avait décidé de rester silencieuse. Rallier la planète à notre cause nous ferait jouir d’un nouveau réservoir d’officiers et d’aspirants-officiers. Et cela nous permettrait en outre d’affirmer notre domination dans le secteur.
La jeune femme, installée à la gauche du grand amiral, attire sur elle tous les regards. L’académie navale de Prefsbelt IV est de loin l’une des plus prestigieuses de la galaxie. Quiconque la contrôle dispose d’un avantage certain. Il est en effet curieux que personne n’ait cherché, jusque-là, à s’attirer les faveurs du gouvernement local… Et comme l’indique si bien l’amirale à la tête de la flotte de défense de Borosk, en ralliant Prefsbelt IV à la bannière impériale, on s’assure d’avoir la mainmise sur le secteur.
La planète, idéalement située entre Borosk et Yaga Minor sur la route d’Entralla, permettrait à l’Impérium d’avoir un contrôle non négligeable sur cette voie hyperspatiale qui s’étend d’Ord Mantell à Muunilinst. A long terme, la Grande Moff pourrait se servir de cet avantage pour étouffer économiquement les autres planètes du secteur de Prefsbelt et les forcer à la soumission. D’un point de vue plus militaire, absorber ce monde dans la machine de guerre de l’Impérium n’est pas sans avantages. L’Impérium pourrait pratiquement subvenir à ses propres besoins militaires dans ce secteur. Borosk et Prefsbelt IV fourniraient les soldats et Yaga Minor les vaisseaux. En cas de conflit, ce sera là un gain de temps considérable. Nul besoin de faire acheminer du personnel qualifié en provenance d’un monde lointain.
L’intégration de cette planète au sein de l’espace impérial semble donc nécessaire, vital même… Et pourrait bien ouvrir la voie à de nouvelles aspirations...
- Ce serait un atout de taille. Acquiesce Konstantine. Cependant, il nous faudra convaincre les autorités locales que rallier l’Impérium est la meilleure chose à faire. Cela risque de prendre du temps. Prefsbelt IV est dirigée par une élite aristocratique militaire particulièrement exigeante.
- Ce ne sera pas un vrai problème. En fait, ce sera même à notre avantage. Indique Ashe d’une voix étrangement enjouée.
La petite femme, qui en a terminé avec son homard, ne laisse dans son assiette qu’une carcasse vide. Elle avale d’une traite le contenu de son verre puis éponge ses lèvres à l’aide d’une serviette.
- Une démonstration de force devrait suffisamment les impressionner pour qu’ils considèrent leur ralliement à l’Impérium comme l’issue la plus bénéfique. Poursuit-elle, le regard fixé sur une corbeille de fruits alléchants. L’amiral Roghiss devrait pouvoir se charger du reste. C’est l’un des leurs après tout. Il lui suffira d’utiliser son réseau de connaissances et d’amis pour faire pencher la balance en notre faveur. Et si jamais ils s’entêtent, je suis sûre que nous trouverons d’autres moyens de les faire changer d’avis... N'est-ce pas Colonel ?
- Bien sûr Madame. Mes agents communiqueront à l’amiral Roghiss toutes les informations utiles qu’ils pourraient découvrir sur place. Affirme déjà le lieutenant-colonel, qui voit où sa supérieure veut en venir.
Parfois, les arguments traditionnels ne suffisent pas à acquérir le soutien du pouvoir local. Dans ces rares cas, se salir les mains à la recherche de renseignements compromettants qui serviront à faire chanter les plus récalcitrants reste toujours la solution la plus efficace si l’on souhaite réellement obtenir d’eux une coopération totale. Dans ce milieu obscur qu’est celui du renseignement, les agents du Service Stratégique Boroskais ont une place toute désignée. Depuis peu, les services secrets de la Grande Moff multiplient leurs interventions… Si bien qu’ils ont régulièrement leur part de mérite dans la réussite des opérations impériales, qu’elles soient d’ordre diplomatiques, économiques ou militaires… Le nier serait stupide.
Le repas se poursuit. Les officiers font bonne figure en grignotant un peu. La Boroskaise, pour sa part, se goinfre, enfourne dans sa petite bouche tout ce qui lui semble appétissant. Konstantine n’en revient pas. Il n’a jamais vu quelqu’un se repaître de la sorte. S’il voyait Ashe s’étouffer ou exploser, il ne serait même pas étonné. Mais visiblement, c’est mal connaître l’animal… Car en effet, le Renard Impérial semble avoir un système digestif particulièrement costaud.
Une porte glisse tranquillement dans le mur pour laisser apparaître la silhouette en armure d’un homme dans la force de l’âge. Le commandant Tonyscot, casque sous le bras, présente son plus beau salut militaire à la clique d’officiers supérieurs qui se tient devant lui. Le clone, en dépit de la croissance accélérée dont il souffre, semble être au top de sa forme. Les quelques cheveux et poils blancs qui viennent entourer son visage trahissent toutefois un état de vieillissement avancé. Le bougre, conçu il y a moins de trente ans dans les laboratoires de Kamino, semble avoir passé le cap des cinquante années d’existence. La fierté l’empêche cependant de se considérer trop vieux pour le service.
- Commandant, je ne pensais plus vous voir ! Vous avez finalement réussi à vous libérer ! S’exclame alors la petite femme avec enthousiasme. Venez donc prendre place parmi nous.
Le clone ne se fait pas prier. Il s’installe aux côtés de Veed fille, pose son casque sur la table, sourit à tout le monde, puis commence à se servir à manger. L’assiette du commandant, rapidement remplie à ras bord de victuailles en tout genre, suffit à faire comprendre au reste de l’assemblée que la Grande Moff a trouvé en lui le compagnon de ripaille idéal. Le grand amiral, dérangé par la simple vision d’individus se bâfrant bruyamment la bouche ouverte, se retient de vomir le peu qu’il a avalé.
- Dites moi commandant, on m’a dit que vous comptiez faire défiler vos troupes avant le départ... Débute d’une voix troublée l’officier, portant instinctivement sa serviette aux lèvres. Est-ce bien exact ?
- Tout juste amiral. Ce sera un moment grandiose. La fine fleur de l’armée impériale, étendards au vent, qui s’en va en guerre au pas au son de la fanfare... Tonyscot s’arrête de manger un instant, tentant probablement de se représenter visuellement un tel spectacle. La foule sera ravie.
- Je n’en doute pas un instant commandant. Et je vous souhaite bonne chance. Poursuit Konstantine, entre deux gorgées d’eau destinées à faire passer son envie de vomir. Ces Griffes Cendrées sont des adversaires redoutables si l’on se fie aux dires de l’amirale Tahlee. Les combats seront rudes.
- Ce sont des combattants tenaces en effet. Ils sont imprévisibles, disposent d’une parfaite connaissance du terrain et ont la réputation d’être partout et nulle part à la fois. Nos troupes ont plusieurs fois été mises en difficulté lors d’attaques surprises bien organisées. Indique la jeune femme. Le fait que les Griffes Cendrées aient été repoussés aux confins de leurs territoires à la suite d’une succession de victoires impériales, qu’ils aient été refoulés au pied de leur cité-arbre, les rend d’autant plus dangereux à présent. Puisqu’ils n’ont plus rien à perdre, il faut s’attendre à ce qu’ils combattent avec l’énergie du désespoir, qu’ils se sacrifient en vain si cela peut leur offrir l’illusion d’un quelconque avantage.
- Et bien… Vous avez l’air d’avoir bien potassé le sujet. Vos connaissances pourraient m’être précieuses sur le terrain, amirale. Fait remarquer le clone avant de fourrer un morceau de pain dans sa bouche.
- Il y a déjà quelqu’un sur place qui saura vous renseigner sur ces illuminés, commandant. Ne vous en faites pas.
Ashe s’attaque à un Shuura, fruit exotique particulièrement appétissant, dont le jus se met à couler sur son menton. La Boroskaise laisse échapper un petit soupir de contentement après avoir arraché à pleines dents plusieurs morceaux de ce fruit très savoureux. Est-il seulement possible d’avoir faim à ce point ? Pour le grand amiral Konstantine, le mystère demeure entier… La gêne qu’il éprouve, pour sa part, s’amplifie. Entre les bruits de succion du commandant Tonyscot, concentré sur l’os d’on ne sait quelle bête, les mâchouillements incessants de la Grande Moff, qui a l’air d’apprécier ce qu’elle mange, et le lieutenant-colonel Veed qui churlupe son vin, notre pauvre homme ne sait plus où se mettre.
Les mélanges d’odeurs, d’effluves, d’arômes, de senteurs, achèvent de le rendre malade. L’officier se redresse péniblement, porte sa serviette à sa bouche et se dirige à toute vitesse vers la sortie, visiblement pressé d’en finir avec ce repas. Il vide le contenu de son estomac dans le couloir, avant même de pouvoir atteindre la salle d’eau. Les deux Manteaux de Nuit en faction devant la salle de réception se dirigent vers lui afin de lui porter assistance. Le grand amiral, visiblement trop fier pour accepter toute aide, les congédie d’un simple geste de la main. L’homme sort un mouchoir de son uniforme, s’en sert pour essuyer le coin de ses lèvres puis se réfugie d’un pas pressé dans la salle d’eau. L’agitation s’empare du personnel et plusieurs domestiques se ruent dans le couloir pour faire disparaître toute trace de vomi.
Dans la salle de réception, les divers officiers s’observent en silence, probablement étonnés par cette scène curieuse. Seule l’amirale Tahlee, qui a été durant un temps le second de Konstantine, demeure impassible. Elle le connaît suffisamment bien pour savoir qu’il n’est pas habitué à fréquenter des personnes ayant aussi peu de retenue à table. En fait, la jeune femme sait qu’il préfère de loin les repas en solitaire. Lorsqu’ils étaient tous deux officiers à bord du destroyer de classe Victoire “Croisé Éternel", il n’était pas rare pour celui qui n’était encore que commandant de prendre une collation dans ses quartiers privés. Parfois, il acceptait de partager son dîner avec Tahlee, en sa qualité de commandant en second, afin de discuter de certaines affaires. Mais dans la plupart des cas, il aspirait à déjeuner en paix, loin de toute agitation.
- Et bien… Il a mangé quelque chose qui ne passe pas ? Demande alors la Grande Moff, intriguée.
- Disons plutôt qu’il n’a pas le goût de ces repas. Répond celle qui dirige la flotte de défense de Borosk.
- C’est fâcheux. Commente simplement la naine, à nouveau occupée à planter ses dents dans la chair du Shuura. Il n’a même pas fini son steak d’Eopie…
Un domestique vient ramasser l’assiette du grand amiral. Le morceau de viande, à défaut d’être consommé par un officier, fera le bonheur des molosses que la dirigeante impériale fait dresser dans la cour de son palais. Alors qu’elle croque son fruit, la petite femme s’imagine les lâcher sur le Moff Valiant. Ces braves bêtes donneraient du fil à retordre au clone, à n’en pas douter. Oh oui… Ce serait amusant de le voir courir dans un sens ou un autre, fuyant la meute enragée. Un sourire vient étirer ses lèvres. Elle visualise très bien la scène dans son esprit. A la simple vision d’un général aux abois, assailli de toutes parts par une légion de chiens, Ashe ne peut que se réjouir. Quel divertissement ce serait en effet !
Mais avant d’envisager de le jeter en pâture à ses animaux de compagnie, il est nécessaire de consolider ses positions. Après tout, Valiant n’est pas sans amis. Il faut encore convaincre ceux et celles, parmi les Moffs et les officiers de haut rang, qui demeurent indécis… Ou les mettre hors d’état de nuire s’ils s’avèrent trop lâches pour choisir un camp. De l’avis de la Grande Moff, il est nécessaire de s’assurer le soutien des éléments clefs de l’armée, de la marine et du monde politique si l’on souhaite acquérir la victoire. Ou tout du moins placer les bons pions aux bons endroits afin de garder le tout sous contrôle. Dans cette partie d’échecs, tous les coups sont permis… Et seul celui qui fera preuve d’audace et de stratégie pourra espérer l’emporter.
Pour Ashe, il ne fait aucun doute que seule une préparation méticuleuse à la guerre lui permettra d’obtenir ce qu’elle souhaite par-dessus tout…