Au royaume des aveugles, le borgne est roi.
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Post n°1
Auteur : HivernusHivernus étend doucement mais sûrement son influence à travers toute la ville. Telle une araignée tissant soigneusement sa toile, le seigneur de la guerre se constitue un réseau au sein des nombreux quartiers de la base et même parmi les grandes organisations résidant en son sein. Ses informateurs, recrutés par le chantage, l’appât du gain ou par la persuasion, se comptent désormais par dizaines. Les efforts combinés du Coeur Ardent et de l’énigmatique unité d’intervention rapide permettent de mettre à mal les affaires des rivaux politiques et économiques. Néanmoins, les brillants stratagèmes mis en place par le Chiss pour asseoir son autorité sur Base Vergesso ne suffisent pas à couvrir tous les fronts. Malgré les récentes victoires militaires et ses habiles coups d’éclat en politique qui ont permis de consolider son pouvoir, il reste beaucoup à faire. L’économie du Seigneurat de Bajic est pour l’heure fragilisée et sa puissance militaire n’est pas suffisante pour assurer son indépendance. Pour remédier à ces deux problèmes, l'humanoïde à peau bleue a trouvé quelques solutions. Donner un nouveau souffle à l’économie en relançant les productions des chantiers navals semble nécessaire. L’armée pourrait aussi en tirer profit en récupérant quelques vaisseaux pour son compte. Toutefois, les troupes risquent également de manquer d’équipement et pour se faire, reconvertir une partie de la production spatiale vers de la production de matériel dédié aux forces seigneuriales est un choix qui s’avère crucial. Quoi qu’il en soit, le regain d’activité des chantiers navals devrait fournir quelques centaines d’emploi, si ce n’est pas quelques milliers, aux habitants de Base Vergesso. Tout le monde y trouve son compte…
Cependant, pour affirmer ses positions et s’assurer du soutien de la population, le seigneur de la guerre Hivernus se doit de prendre certaines mesures. Un bureau de propagande a été rapidement mis sur pied afin de commencer un long travail de conditionnement. Surveillé de loin par le Chiss et supervisé de près par le Coeur Ardent, cet organisme contrôle les informations et fait en sorte d’orienter l’opinion dans le sens de l'humanoïde à peau bleue. Mais ce dernier ne s’est pas arrêté en si bon chemin. La guerre qu’il a apporté au sein de la ville spatiale a fait beaucoup de victimes, dont de nombreux enfants qui se retrouvent désormais privés de parents. Un ministère de l’éducation et de la jeunesse, l’Institut Honorem, a été fondé afin de répondre aux besoins du seigneur de la guerre. Dix écoles et un orphelinat ont ainsi été créées. Derrière cette volonté d’instruire la population se cache bien évidemment un objectif bien précis. Fier de son héritage Chiss, Hivernus considère qu’il est essentiel d’inscrire la jeunesse dans le cadre d’organisations promouvant la discipline et l’amour d’une nation afin de faire naître une nouvelle génération de soldats loyaux. Dans ce but, les principes militaires peuvent s’appliquer en dehors du cadre de l’armée. Les cours sont donc encadrés par les agents du Coeur Ardent et la vie des enfants au sein des écoles tourne autour de valeurs strictes.
Néanmoins, les gosses sont divisés en plusieurs catégories. Chacune de ces sous-organisations dispose de son propre système d’éducation. Ainsi, les plus jeunes, âgés entre trois et douze ans, sont ceux qui suivent un programme standard. De même, les adolescents âgés entre treize et dix-sept ans sont intégrés au sein des jeunesses seigneuriales pour y recevoir un entraînement paramilitaire. Ceux-là, plus que tous les autres, sont l’avenir même de l’armée. Aujourd’hui, l'humanoïde à peau bleue rend visite à ces louveteaux dont le futur est étroitement lié à celui de ses troupes.
Le quartier de la Citadelle est réputé pour être l’endroit le plus sûr de Base Vergesso. Cette affirmation est d’autant plus vraie maintenant. Au premier bataillon d’infanterie, déjà renforcé par la présence de la Brigade Impera, vient désormais s’ajouter les effectifs des jeunesses seigneuriales. Cantonnés au sein de leur caserne, la dénommée “Chaussée du Seigneur”, les adolescents attendent patiemment le moment où le Chiss viendra les honorer de sa présence. Leur heure de gloire semble être arrivée… Le seigneur de la guerre, impeccable dans son uniforme d'apparat blanc brodé d’or, apparaît dans la cour dédiée à l’entraînement et au passage en revue des troupes. Il est accompagné par l’habituel dispositif de sécurité composé de six soldats d’élite aux armures blanches striées de bleu, auquel vient s’adjoindre Azah Suutrar dont la tenue très légère ressemble plus à celle d’une danseuse esclave qu’à celle d’un garde du corps. Hivernus n’y prête toutefois guère attention. L’Anzat est libre de choisir ses tenues vestimentaires tant qu’elle fait son travail correctement. L’arrivée de l'humanoïde à peau bleue et de son escorte ne passe pas inaperçue. Le capitaine Stapps, un agent du Département Rééducation et Propagande nommé directeur des jeunesses seigneuriales, est le premier à saluer militairement son supérieur. Il est bientôt imité par les instructeurs.
- Sections ! A mon commandement… Garde-à-vous ! Beugle l’officier impérial dans la direction des gosses.
Les gamins se figent dans un garde-à-vous approximatif. Certains ont des réflexes plus lents que les autres et font claquer leurs bottes avec un temps de retard. Ces jeunes n’ont pas encore l’habitude des saluts militaires, mais nul doute que cela viendra assez rapidement. De sa démarche lourde et pénible, le seigneur de la guerre passe en revue les troupes. Il dévisage un à un les individus formant la future génération de soldats. Aliens ou humains, jeunes hommes ou jeunes femmes, ils se tiennent devant lui, fixant des yeux le Chiss. On peut lire dans le regard de ces adolescents toute la fierté qui les anime. L’uniforme brun au col bleu qu’ils arborent est probablement à l’origine de cette fierté. Ah le prestige de l’uniforme… Un merveilleux outil de propagande !
L’oeil désormais unique du seigneur de la guerre s’attarde sur les moindres détails. Le capitaine Stapps semble avoir fait du bon travail. Les gosses sont alignés sur plusieurs rangs, divisés en sections de seize membres. De temps à autre, on distingue un étendard frappé d’une flamme rouge sur un fond bleu, emblème des jeunesses seigneuriales. Quelques tambours sont portés par les plus petits, situés en tête de chaque section. De loin comme de près, on dirait là l’organisation d’une armée professionnelle. Bien évidemment, du fait du manque de pratique, certains sortent quelque peu du rang, mais corrigent aussitôt leur positionnement lorsque le regard sévère du directeur des jeunesses seigneuriales s’arrête sur eux. D’ici quelques années, ils seront prêts à rejoindre leurs aînés au sein de l’armée seigneuriale. En fonction de leurs performances, les jeunes seront répartis entre l’infanterie, les services de renseignement ou la marine. Les plus talentueux pourront même espérer intégrer le cercle restreint des élèves-officiers. Après avoir fait le tour des sections, Hivernus se place à l’avant, face aux gamins qui observent ses faits et gestes.
- Une guerre a ravagé une ville. Une guerre a déchiré des familles. Les mercenaires employés par le Syndicat Tenloss ont asservi un peuple et l’ont mené à la décadence. Mais aujourd’hui, Base Vergesso s’est réveillée aux lueurs d’une ère nouvelle ! Si nous voulons éviter un nouvel événement de ce genre, nous devons nous montrer forts. Et cela passe par de dures épreuves… Vous devez vivre vos dernières années de jeunesse en ayant cela en tête. Clame d’une voix puissante le Chiss, fermement appuyé sur sa canne. Vous devez vous habituer à combattre pour défendre vos idéaux ! Vous devez vous habituer à combattre pour conserver le peu que vous avez acquis ! Vous devez vous habituer à la privation sans jamais fléchir ! Mais plus important encore, vous devez apprendre à accepter sans jugement ceux qui sont différents ! Au sein d’une société, chaque individu a son importance. Chaque individu a sa place et doit être considéré comme un membre à part entière d’une organisation. Peu importe votre langue ! Peu importe votre culture ! Peu importe vos origines ! Nous ne sommes forts qu’ensemble. L’esprit de fraternité doit être le ciment de notre armée et de notre nation.
L'humanoïde à peau bleue marque un temps de pause. Au sein des sections, nul n’ose remuer. Un silence pesant s’est installé dans la cour. Tout le monde semble suspendu aux lèvres du seigneur de la guerre… Ce dernier humecte ses lèvres desséchées et reprend de plus belle.
- Vous aurez bientôt à perpétuer ce grand projet que nous avons forgé dans le sang et les larmes, car vous êtes l’avenir même de cette galaxie ! Longue vie au Seigneurat de Bajic ! Longue vie à sa jeunesse !
- Sections ! Rendez hommage à votre seigneur ! Ordonne Stapps d’une voix rauque.
Les jeunesses seigneuriales réorganisent leurs rangs. Les porteurs de tambour s’avancent pour former une unique ligne et tirent leurs baguettes pour frapper sur la peau de caisse. Les chefs de section, suivis de près par les porte-étendards, sont les premiers à défiler devant Hivernus. Au son des percussions, ils paradent fièrement dans leurs beaux uniformes, puis se mettent à saluer leur illustre leader en arrivant à sa hauteur, poing droit serré contre la poitrine. Vient ensuite le tour des sections, dont la masse compacte donne l’impression de se tenir devant un véritable défilé militaire. Le bruit cadencé de centaines de bottes martelant le sol semble satisfaire les esprits belliqueux. Les musiciens sont les derniers à passer devant le Chiss. Lorsque l’ensemble des sections a terminé la marche militaire, un nouvel ordre de Stapps résonne au sein de la cour. En quelques minutes, les gosses reprennent leur place initiale. D’ici quelques mois, ces jeunes seront prêts à parader devant des milliers de personnes, dans les rues de Base Vergesso. Pour l’occasion, on organiserait de grandes festivités. L'événement serait une opportunité de choix pour porter en triomphe les troupes seigneuriales et la cause qu’elles défendent.
- Capitaine Stapps, vous avez fait du bon travail. Continuez sur cette voie là. Déclare froidement l'humanoïde à peau bleue à l’officier qui se tient à ses côtés.
- Je vous remercie mon seigneur. Répond simplement ce dernier.
- Très impressionnant en effet. Intervient une autre voix dans leur dos.
- Capitaine Sylvar… Vous êtes bien loin de votre bureau. Constate l’agent du Département Rééducation et Propagande.
- En effet. Je n’avais pas envie de rater ce magnifique spectacle. Lâche la Cathar en souriant doucement. Elle exécute ensuite un salut militaire. Mon seigneur...
- Laissez-moi deviner, Capitaine… Vous avez un rapport à me faire, n’est-ce pas ? Demande alors Hivernus avec cette pointe de mystère qui le caractérise tant.
- On ne peut rien vous cacher mon seigneur. Affirme l’aide de camp.
- Vous pouvez utiliser mes quartiers privés, si besoin est. Indique l’officier impérial. Former la jeunesse dans un monde militaire requiert une certaine rigueur...
- Bien évidemment. Vous pouvez disposer, Capitaine. Conclue finalement le seigneur de la guerre.
Stapps fait claquer ses talons et dispose, selon les ordres. Il s’avance vers ces sections de gosses figés dans une parodie presque parfaite de salut militaire et hurle à leur attention une nouvelle série d’instructions. Pour eux, l’heure n’est pas à la discussion, mais bien à l’exercice. L'humanoïde à peau bleue quitte la cour pour rejoindre le bâtiment principal de la Chaussée du Seigneur. Sylvar lui emboîte le pas, bientôt imitée par Azah Suutrar et l’escorte seigneuriale.
- Combien de ces adolescents ont été intégrés aux jeunesses seigneuriales ? Demande la créature féline, alors que le groupe déambule dans les couloirs de l’infrastructure.
- Trois cent quatre-vingt quatre, divisés en vingt-quatre sections de seize individus chacune. Précise froidement le Chiss.
- J’imagine qu’il y a une raison à cela. Une raison d’ordre militaire. Commente la jeune femme.
- Vous imaginez bien. Il est important, pour eux comme pour nous, de les habituer à vivre comme des soldats. Leurs camarades de dortoir sont leurs futurs frères et leurs futures soeurs d’armes. Explique l'humanoïde à peau bleue. Chaque section désigne son chef. Et chaque chef de section doit nommer un chef de division. Ces chefs de division, au nombre de six, ont sous leur responsabilité quatre sections chacun.
Tout ceci dans le but de les faire évoluer dans un cadre purement militaire. L’idée est de les familiariser à l’esprit de cohésion, de leur inculquer la notion de discipline, et pour les chefs, de les former au concept de responsabilité. Le tout doit être un ensemble harmonieux et efficace. De cette manière, le meilleur de chacun ressort et ce qui profite à un élément profite finalement à l’ensemble du groupe. Du moins, c’est là l’objectif.
Après avoir traversé de long en large plusieurs séries de couloirs, le petit comité arrive à destination. Hivernus pénètre à l’intérieur des quartiers privés du capitaine Stapps, accompagné de son garde du corps et de son aide de camp. Les six stormtroopers de la Brigade Impera restent en faction dans le corridor, silencieux et vigilants. Le seigneur de la guerre s’installe dans un fauteuil, retire sa prothèse et masse son moignon. Le temps passe, les douleurs restent. La chose est devenue une scène banale. Azah Suutrar, fidèle à ses habitudes, se place derrière son prince des ténèbres. Sylvar fait preuve de plus de retenue et reste debout. Mais un geste bienveillant de son supérieur la force à s’asseoir en face de lui. Les deux individus se fixent un instant, s’observant l’un l’autre, comme pour tirer une quelconque information. L’Anzat se met à sourire, amusée par cette situation étrange.
- Elle a peur de vous décevoir… Vient murmurer la tueuse en série au creux de l’oreille de son cher et tendre.
La principale concernée offre un regard noir à celle qui lui pose tant de problèmes. La Cathar n’a jamais apprécié la compagnie de l’ensorceleuse qui prétend vouloir le meilleur pour l’ancien officier impérial. Elle ne l’a jamais aimé et préfère s’en méfier. Après tout, les mots qu’Azah Suutrar chuchote ont une sonorité bien particulière. De l’avis de l’esclave affranchie, ils ne sont qu’un poison pernicieux destiné à corrompre l’esprit pour le rendre plus malléable. La jeune femme s’inquiète parfois au sujet de son seigneur. Elle a peur de le voir sombrer dans un monde bien plus cruel et noir qu’il ne l’est déjà... Mais Sylvar garde pour elle ses appréhensions. Son rôle n’est pas de conseiller le Chiss. Non. Son rôle est de le seconder au mieux, en remplissant les objectifs qu’on lui donne. De lourdes responsabilités lui sont confiées. Récemment, la Cathar s’est vu confier le développement de l’armée et du matériel militaire. Elle n’a donc pas le temps de se soucier de choses qui ne la concerne pas. La guerre contre le Syndicat Tenloss importe bien plus que de simples soupçons sur les réelles intentions de cette perfide créature au corps de rêve.
- Je vous écoute, Capitaine. Se contente de répondre Hivernus d’une voix parfaitement modulée.
- Vos informateurs ont livré de bons renseignements. Nous avons réussi à mettre la main sur huit véhicules patrouilleurs dissimulés dans un hangar près du spatioport. Les mercenaires de l’Association Natori ont sûrement voulu nous empêcher d’utiliser leur matériel. Débute l’aide de camp avant de reprendre. Nous avons toutefois un léger contretemps en ce qui concerne les réparations du croiseur Munifex capturé à l’ennemi. Il va nous falloir quelques jours de plus pour achever la remise en état du vaisseau.
- Ce retard ne doit pas nous empêcher de nous concentrer sur l’essentiel Capitaine. Il va nous falloir des hommes pour manoeuvrer ce vaisseau… Et des pilotes pour nos chasseurs. Rétorque d’une froideur renouvelée l'humanoïde à peau bleue.
- Avec l’aide des ingénieurs gracieusement fournis par la Grande Moff Ashe, nous avons pu commencer la production de chasseurs TIE dans les chantiers navals. Poursuit la jeune femme en guettant une réaction de son supérieur. Niveau recrutement, l’armée seigneuriale compte désormais cent trente-deux volontaires de plus.
- Bien trop peu pour les combats qui nous attendent. Souffle le seigneur de la guerre, presque pour lui-même.
- Si vous me permettez, mon seigneur… Il y a bien quelques informations qui pourraient vous intéresser… Intervient alors l’Anzat en minaudant. Le secteur est très régulièrement parcouru par des convois esclavagistes… Vous pourriez prendre d’assaut l’un de ces convois et libérer des centaines d’esclaves en échange de certains… Services.
Bien évidemment, nul ne se pose de questions à propos de la véracité de ces précieuses indications. La tueuse en série excelle dans l’art des renseignements. Elle sait écouter aux portes et se sert de son physique avantageux pour parvenir à ses fins. Les marins bavards et les petits voyous racontars sont légions au sein de Base Vergesso. Il est en outre très facile de recouper les informations afin de tirer le vrai du faux. Et dans le pire des cas… Azah Suutrar sait se servir de ses appendices préhensiles pour tirer les vers du nez.
- Très bien Mademoiselle Suutrar. Vous vous chargerez donc de trouver une cible de choix. Conclue le Chiss sans même adresser un seul coup d’oeil à son garde du corps. Capitaine, affectez six véhicules de patrouille aux garnisons. Confiez les deux autres aux forces de sécurité Corelliennes.
- A vos ordres mon seigneur.
- Mademoiselle Suutrar, veuillez nous attendre dehors quelques instants. Ajoute Hivernus de son habituelle froideur.
- Il en sera fait selon votre volonté mon seigneur… Soupire l’Anzat en effectuant une courbette.
Elle se retire rapidement, laissant les deux officiers en tête à tête. L'humanoïde à peau bleue masse à nouveau ce qu’il lui reste de jambe droite. Les douleurs se font plus fortes. Mais il semble s’en accommoder… En silence. Il reporte bientôt son attention sur celle qui le sert fidèlement depuis quelques temps déjà.
- Capitaine, ne soyez pas trop dure envers vous-même. La fonction d’officier implique des sacrifices et des responsabilités. Vous mènerez des hommes à la mort plus d’une fois, que vous soyez victorieuse ou vaincue. C’est là le rôle que l’on attend de vous. Indique dans une étrange bienveillance le seigneur de la guerre.
- N’êtes-vous jamais accablé par les pertes tragiques que vous auriez pu éviter ? N’êtes-vous jamais torturé par des choix qui ont mené à une mort certaine des soldats placés sous votre responsabilité ? Demande alors Sylvar. Vous arrivez à dormir la nuit, en ayant conscience de ces faits ?
- Je les vois chaque nuit Capitaine… Les visages de ceux qui sont morts sous mes ordres viennent me hanter lorsque la fatigue me prend. C’est là ma punition... Mon fardeau. Et ce sera bientôt le vôtre également. Continue sur un ton presque tragique le Chiss. Vous devez vivre avec ce fait Capitaine : Vos ordres mèneront à la mort autant de camarades que d’ennemis.
Hivernus marque un léger temps de pause, comme pour laisser à son interlocutrice le temps d’assimiler certaines choses. La Cathar qui lui sert d’aide de camp est douée, mais elle manque cruellement de confiance et surtout, d’expérience. Ces choses viendront avec le temps… Mais parfois, il est plus utile d’avoir une conversation pour clarifier certains points et ainsi gagner quelques instants précieux.
- Parfois, les décisions d’un commandant doivent être prises sans se soucier de la manière dont elles seront perçues. Ajoute l'humanoïde à peau bleue en appuyant bien sur chaque mot. Ce qui compte réellement, c’est que le commandant fasse ce qui est nécessaire pour acquérir la victoire. La seule chose que vous puissiez faire pour sauver le plus de vies s’appuie sur la prise de bonnes décisions… Et surtout, vous devez concevoir des plans qui peuvent être modifiés à tout instant. Un commandant qui s’avère incapable d’improviser sur le champ de bataille est un commandant qui fait courir un grave danger à ses hommes.
- Oui… Mon seigneur. Répond simplement la créature féline.
- Ayez confiance en vous Capitaine. Le doute tue. En vient finalement à conclure le seigneur de la guerre.
- A vos ordres mon seigneur. Souffle l’esclave affranchie.
Elle se redresse subitement, effectue un salut militaire dans les règles de l’art et dispose. Voilà désormais Hivernus seul avec ses pensées… Et ses douleurs. Son membre fantôme ne cesse de le déranger ces derniers jours. Cherche t-il à faire passer un message ou se manifeste t-il juste pour le plaisir de torturer un individu déjà bien tourmenté ? Nul ne semble avoir la réponse, pas même le principal concerné. Cela n’a de toute manière aucune importance. -
Post n°2
Auteur : HivernusAu sein de la caserne de Haute-Roche, le fracas des armes a enfin pu parler. Dans leurs armures blanches striées de bleu, trois membres de la Brigade Impera affrontent dans un combat acharné la première des lames d’Hivernus. Bien qu’en infériorité numérique, Azah Suutrar semble avoir le dessus sur ses adversaires. Elle s’amuse avec eux, étirant ses lèvres en un sourire presque cruel. Lorsque les soldats d’élite cherchent à la frapper, ils ne trouvent que l’acier froid de son arme. Lorsqu’ils tentent de l’encercler, elle se dérobe rapidement et les surprend de dos. Telle une ombre meurtrière, la tueuse en série se montre insaisissable et particulièrement impitoyable. Finalement, l’Anzat décide d’en finir avec ce petit jeu sordide. Elle déverse sur ses assaillants, ou plutôt sur ses victimes, une pluie de coups toujours plus fourbes et toujours plus violents. Progressivement, les réflexes des trois combattants en armure deviennent de vains gestes de survie. N’ayant pas le moindre avantage sur leur adversaire, ils se contentent de parades instinctives qui ne les sauvent toutefois pas très longtemps. L’imposant Yinchorri, dans une tentative désespérée de reprendre le dessus, charge Azah Suutrar. Mais il est rapidement projeté contre l’un des murs de la salle d’entraînement, lorsque la tueuse en série décide d’utiliser la Force pour le repousser brutalement. L’usage qu’elle en fait s’avère encore instinctif, bestial et chaotique… Et le colosse s’écrase lourdement au sol, dans un râle.
- Trop lent ! Lâche simplement le garde du corps du Chiss en souriant de plus belle.
Vient ensuite le tour du Kaleesh. Il imite son comparse en se ruant sur la femme, profitant d’un moment d’inattention de la part de cette dernière. Du moins, c’est ce qu’il semble croire… Car la tueuse en série s’attendait à une attaque de la part des partenaires du colosse. Deux lames s’entrechoquent, avant qu’Azah Suutrar ne se mette à porter un violent coup de pied dans la cheville du combattant qui lui fait face. Privé de son équilibre, le Kaleesh se retrouve au sol avant même de pouvoir répliquer. Une vibrolame vient lui taillader le visage. L’alien serre les dents pour ne pas hurler de rage et voit son armure blanche striée de bleu se teinter de rouge.
- Trop prévisible ! Voilà un souvenir qui te rappellera ton erreur ! Ricane celle semble pouvoir venir à bout de n’importe qui.
Il ne reste désormais plus que deux participants dans cette lutte sans merci. La Devaronienne et l’Anzat se jaugent, tournent l’une autour de l’autre. Puis finalement, la tueuse en série lance l’assaut sans prévenir. Les passes d’armes s’enchaînent les unes après les autres. Azah Suutrar, comme toujours, semble avoir le dessus. Son adversaire recule, coup après coup… Le duel n’étant pas équitable, la Devaronienne rejoint bientôt ses camarades déjà au sol. La vibrolame de celle qui sert de garde du corps au seigneur de la guerre s’arrête à quelques centimètres de la gorge de la jeune femme.
- Morte aussi ! Trop prudente ! Soupire l’Anzat en levant les yeux au ciel en signe d'exaspération. Vous faites de bien piètres danseurs !
- Je ne savais pas que nous avions besoin d’un maître à danser… Rétorque Madu Fahd en se redressant péniblement.
- J’ai fait de mes talents un art à part entière… Une danse mortelle qui ne laisse que peu de survivants. Indique la tueuse en série. Prenez-en de la graine ! Vous devez être vifs et lestes… Et surtout… Agir en équipe ! Comment comptez vous défendre votre seigneur si vous êtes incapables de vous défendre vous-mêmes ?
- Ce combat… N’était pas loyal. Commente Nunnai san Urubtiyar, dont le visage est barbouillé de son propre sang.
- Oooooh ! Mes pauvres petits chéris… Ne vous attendez pas à ce que vos ennemis vous saluent et combattent selon quelques règles établies… Car il n’existe qu’une seule règle : Celle de la survie. Ajoute Azah Suutrar en gloussant, presque hautaine. Assassins, mercenaires, adeptes du Côté Obscur... Quel que soit l’ennemi que vous aurez à combattre, sachez qu’il n’aura aucune pitié et qu’il utilisera toute la sournoiserie dont il dispose pour vous éliminer.
Les trois soldats d’élite ne protestent pas. Mais ils ne semblent pas non plus apprécier l’attitude provocatrice de celle qui les entraîne au corps-à-corps. Cependant, Nunnyar, Qubbrakt et Madu Fahd n’ont pas le temps de contester les dires de l’Anzat. La porte se dérobe et laisse apparaître la silhouette torturée du seigneur de la guerre Hivernus. Instinctivement, les combattants de la Brigade Impera inclinent la tête puis ferme un poing contre leur poitrine. La tueuse en série, comme à son habitude, salue son maître à l’aide d’une courbette tantôt élégante, tantôt exagérée et vulgaire.
- Qu’est-il arrivé à votre visage Nunnyar ? Demande alors le Chiss.
- Rien de bien grave mon seigneur… Je n’ai pas été assez vigilant. Ce sont les risques du métier. Déclare le Kaleesh.
- Je vous conseille tout de même de consulter le Major Cottle. Continue l'humanoïde à peau bleue.
- Bien évidemment… Répond simplement Nunnai san Urubtiyar.
- Vous pouvez retourner à l’entraînement. Termine froidement le seigneur de la guerre. Mademoiselle Suutrar, j’ai besoin de vos… Services.
- Comme il vous plaira… Mon seigneur. Souffle Azah Suutrar en courbant l’échine une seconde fois.
Les trois aliens aux armures blanches striées de bleu font claquer leurs talons puis retournent à l’exercice, selon les ordres. Hivernus quitte la pièce, bientôt suivi par son garde du corps. A l’extérieur, six stormtroopers de la Brigade Impera forment une colonne et attendent que leur supérieur donne le signal du départ… Chose qui ne tarde pas à arriver. L’escorte du Chiss traverse plusieurs séries de couloirs, s’arrête parfois, lorsque le moignon du seigneur de la guerre s’avère trop douloureux, puis repart. Finalement, après dix minutes de silence, ce dernier décide enfin d’engager la discussion.
- Avez-vous trouvé une cible de choix pour notre attaque ? Lâche soudainement l'humanoïde à peau bleue.
- Je dois encore vérifier mes informations, mais il se peut que oui… Annonce l’Anzat d’une voix particulièrement lascive. Il se trouve qu’un important convoi d’esclaves doit passer dans le système de Wranag pour s’y ravitailler. Si ce renseignement est bon… Ce sera le moment idéal pour frapper.
- Avons-nous des indications concernant ces esclavagistes ? Demande froidement Hivernus.
- Oui mon seigneur… La flotte en question est commandée par un Trandoshan répondant au nom de Zssik l’Ogre Rouge. Il a reçu ce surnom du fait de sa réputation. Apparemment… Il a pris la fâcheuse habitude de dévorer les entrailles de ceux qui ont l’audace de le contrarier… L’informe la tueuse en série.
- Parfait. Je veux ce convoi. Faites valider vos informations Mademoiselle Suutrar. Ordonne le Chiss avec sa froideur habituelle.
- Bien sûr mon seigneur… Mais laissez-moi m’occuper personnellement de ce Zssik. Réagit Azah Suutrar en souriant étrangement.
- Entendu. Sa tête vous revient de droit.
Alors que le cortège s’apprête à pénétrer dans la salle du trône, une voix puissante vient retentir dans les couloirs de la citadelle.
- SEIGNEUR HIVERNUS ! Vocifère un petit homme bourru au crâne dégarni. J’exige des explications !
- Monsieur Cole… De quoi voulez-vous me parler ? Répond froidement l'humanoïde à peau bleue sans même se tourner vers celui qui l'importune.
- Vos hommes se sont emparés d’une de mes cargaisons d’armes ! C’est inadmissible ! Je croyais que nous avions un accord ! Beugle le nouveau directeur des Transports Ororo.
Walter Cole fait référence au petit incident qui s’est déroulé quelques jours plus tôt au sein du quartier des affaires. Les forces seigneuriales ont découvert et confisqué une cargaison illégale. Le conducteur du transport, nerveux, a eu la mauvaise idée de s’enfuir devant les soldats de choc… Comportement douteux qui a forcément poussé les stormtroopers affectés au checkpoint à effectuer une fouille réglementaire du véhicule. L’individu interpellé a rapidement confié aux agents du Coeur Ardent des renseignements précieux… Et le réseau d’informateurs du Chiss a eu tôt fait de confirmer que le petit homme était derrière cette manigance.
- Ah oui… Je vois. Quelle perte tragique en effet. Compatit faussement le seigneur de la guerre en se tournant cette fois-ci vers son interlocuteur. Toutefois, les accords que j’ai pu passer avec Monsieur Kamski ou Mademoiselle Valerius ne sont pas forcément valables pour vous. Par ailleurs, vous n’avez pas cru bon de venir m’informer de vos… Magouilles. Mes hommes ne pouvaient donc pas savoir qu’il fallait laisser passer votre cargaison. Vous êtes le seul fautif dans cette histoire.
Hivernus découvre alors le visage empourpré du misérable représentant de la pègre locale. Cette réponse ne lui convient pas. Et c’est une chose que l’on peut comprendre. Mais l'humanoïde à peau bleue ne s’attarde pas sur la crapule de second rang. Il s’intéresse plutôt aux deux ravissantes femmes vêtues de tenues affriolantes qui servent visiblement de gardes du corps. La première est une Twi’lek à peau verte, la deuxième, une Farghul au pelage doré. Un infime détail retient son attention : La présence d’une sorte de tatouage tribal sur le ventre, parfaitement identique sur les deux femmes. Il y a forcément une signification… Mais les plaintes ridicules de Walter Cole tirent le Chiss hors de ses pensées.
- J’exige réparation ! Je veux que les armes confisquées me soient rendues ! Réclame le directeur des Transports Ororo avec une tête de chien battu.
- Vous n’aurez rien du tout Monsieur Cole. Ces armes appartiennent au Seigneurat de Bajic. Fait remarquer froidement le seigneur de la guerre.
- Croyez-moi, seigneur, que je ne compte pas en rester là ! Vous aurez bientôt de mes nouvelles… Gromelle le petit homme avant de partir furieusement.
- Il n’y a qu’un seul puissant dans ces couloirs… Tâchez de vous en souvenir ! Clame tout haut Azah Suutrar en gloussant.
Et elle n’a pas entièrement tort… Tôt ou tard, Walter Cole paiera pour son insolence. Mais surtout, il paiera pour son incompétence. En agissant comme il le fait, il se prive de précieux soutiens. Il y a fort à parier que les puissants de Base Vergesso vont vite se détourner de cet homme qui n’apporte rien de bon à leurs affaires. Et bientôt… Les vautours iront se repaître de quelques restes… Ceux d’un individu qui n’a pas su faire les bons choix. -
Post n°3
Auteur : HivernusHivernus a décidé de rendre visite aux esclaves affranchis résidant dans le quartier de la Zone Verte. Bien sûr, le simple fait d’avoir logé quelques pouilleux dans un endroit aussi chic avait choqué ou indigné les riches de la population locale. Les familles les plus modestes, pour leur part, semblaient partagé entre l’acceptation et le dégoût. Mais qu’importe. Nul ne peut remettre en question les décisions du seigneur de la guerre. Aujourd’hui, il vient vérifier en personne que nul mal n’est fait à ses petits protégés.
Un long cortège de véhicules policiers escorte un transport de luxe généreusement prêté par un fonctionnaire du coin. A l’intérieur, l'humanoïde à peau bleue partage l’espace avec deux stormtroopers de la Brigade Impera aux silhouettes imposantes. Le premier n’est autre que le caporal Qubbrakt, un Yinchorri qui a déjà eu l’honneur d’accompagner le seigneur de la guerre dans de nombreux déplacements. Le deuxième, à en juger sa corpulence puis les pieds recouverts d’écailles et se terminant par des griffes, est probablement un Trandoshan. Le Chiss s’étonne toujours de voir que l’armure blanche striée de bleu convient à n’importe quelle espèce, à partir du moment où elle est adaptée à sa morphologie. A cette simple pensée, l'humanoïde à peau bleue ne peut s’empêcher d’esquisser l’ombre d’un sourire. La Brigade Impera n’est pas la “Fierté d’Hivernus” pour rien. Il aime ses soldats tels qu’ils sont, sans même les juger sur leur apparence, leur religion ou leur culture.
Finalement, après de longues minutes de trajet, le cortège arrive à destination. Les véhicules s’arrêtent les uns après les autres, formant un périmètre de sécurité autour du transport personnel du seigneur de la guerre. Une foule importante s’est déjà rassemblée, prête à assister à un curieux évènement. Lorsque le Chiss descend du véhicule, aidé dans sa démarche par les deux reptiles qui lui servent de gardes du corps, des dizaines de voix se mettent à scander son nom.« Hivernus ! Hivernus ! Hivernus ! »
Certains énergumènes tentent de forcer le passage pour se rapprocher de l'humanoïde à peau bleue, espérant peut-être obtenir quelque chose de lui. Mais ils sont vite repoussés par les stormtroopers de la deuxième compagnie du cinquième bataillon d’infanterie. L’assemblée, forte de quatre ou cinq cent esclaves affranchis et partisans convaincus, semble en délire. Le vacarme rameute par ailleurs quelques poignées de passants curieux, venant grossir les rangs des spectateurs. Le lieutenant chargé d’assurer la sécurité du seigneur de la guerre, un type à la moustache grisonnante, enfile son casque et se dirige vers une trentaine de soldats d’élite aux armures blanches striées de bleu pour donner quelques consignes. Les combattants de la Brigade Impera se chargent de fendre la foule en deux, formant un véritable cordon de sécurité que les stormtroopers de l’armée régulière viennent renforcer.
Sous les acclamations de ses concitoyens, Hivernus remonte l’assemblée tel un souverain. Sa démarche lente et pénible suscite le regard compatissant ou méprisant de certains, mais nombre d’individus ne se soucient pas de ce détail. Soudainement, un homme entre deux âges tente de se frayer un chemin entre les soldats, qui le retiennent sans mal.
- Mon seigneur ! Tu m’as oublié ! Mon seigneur ! Beugle le type.
La voix grondante attire l’attention du Chiss, qui s’arrête brusquement. L'humanoïde à peau bleue rive son regard de braise sur le pauvre homme. Le bougre se tient sur deux béquilles. Il lui manque une jambe, celle de gauche. Le seigneur de la guerre reconnaît le visage fatigué du grognard… Il avait combattu pour lui lors de la conquête de Base Vergesso.
- Que veux-tu mon brave ? Demande finalement Hivernus en s’approchant du blessé de guerre.
- Une médaille mon seigneur ! J’la mérite plus que n’importe qui ! Répond l’homme. Du quartier des affaires à la citadelle, j’étais de toutes les batailles !
- Lieutenant !
L’officier à la moustache grisonnante se présente et fait claquer ses talons.
- Mon seigneur ?
- Notez le nom de notre camarade. Indique froidement le Chiss, puis se tournant vers l’individu qui l’a interpellé. Tu seras parmi les premiers médaillés.
- Merci mon seigneur ! Pleure de joie le blessé de guerre. Mille fois merci ! Je te suivrais jusqu’au bout de la galaxie si ma jambe voulait bien repousser !
Ce commentaire ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Il suffirait de faire passer le mot au major Cottle pour qu’il rafistole le gars et le renvoie dans l’armée. Après tout, avec une bonne prothèse de jambe, ce bougre pourrait très bien reprendre les armes et combattre à nouveau sous la bannière du seigneur de la guerre. La Brigade Impera recherche toujours de bons et loyaux soldats… Et l’armée seigneuriale aurait bien besoin de bras supplémentaires. L'humanoïde à peau bleue baisse l’oeil qu’il lui reste vers le moignon douloureux de sa jambe droite. Il songe parfois à se faire greffer une nouvelle jambe. Peut-être que la douleur s’évanouirait… Peut-être qu’il pourrait retrouver un semblant de dignité, fort d’un implant cybernétique. Non… Il n’est pas prêt.
Hivernus pose sa main sur l’épaule du blessé de guerre, dans un geste fraternel, puis s’éloigne. Le lieutenant qui l’accompagne prend le nom du futur médaillé et talonne le Chiss. La foule semble avoir pris en ampleur. Il y a peut-être cent ou deux cent individus de plus. Les soldats resserrent les rangs et forment un carré impénétrable autour de leur seigneur. Quelqu’un d’autre tente de franchir le périmètre de sécurité : Une jeune femme à la chevelure blonde et aux yeux bleus pétillants.
- Seigneur ! Seigneur ! Par ici ! S’il vous plaît ! Hèle la demoiselle en direction de l'humanoïde à peau bleue.
Intrigué, Hivernus s’approche de la donzelle. Nombre de gens, autour d’elle, se pressent et se bousculent. Les stormtroopers doivent faire un effort de plus pour éviter un débordement qui pourrait s’avérer désastreux. Dans le dos du Chiss, la voix rauque du lieutenant appelle déjà des renforts dans le comlink intégré à son casque. Mais toute cette agitation ne semble pas perturber le seigneur de la guerre.
- Vous m’avez sauvé moi et les miens, il y a deux semaines de cela, sur un vaisseau esclavagiste mon seigneur... Débute d’une voix tremblante la jeune femme. S’il vous plaît ô grand seigneur, sauvez mon peuple ! Je vous en conjure ! Libérez-le de la tyrannie !
- D’où viens-tu, jeune fille ? Demande alors l'humanoïde à peau bleue.
- De la planète Yasilor mon seigneur… Notre roi a été injustement emprisonné par quelques nobles conspirateurs et mon peuple souffre actuellement de leur trahison… Indique la demoiselle blonde, affligée. S’il vous plaît mon seigneur, je vous en conjure, allez rendre visite à mon père. Il souffre actuellement d’un rhumatisme mais il pourra vous en dire plus à ce sujet… Il a combattu dans l’armée de Sa Royale Majesté.
- Très bien. J’irai le consulter ce soir. Répond simplement Hivernus, de son habituelle froideur. Tu as ma parole.
- Merci seigneur ! Vraiment ! Souffle celle qui le supplie, dont les jambes se mettent à trembler sous le coup de l’émotion.
Le Chiss continue son chemin, remonte la foule, prend en considération les demandes de chacun. Il passe ainsi une bonne partie de sa journée à écouter les requêtes de ses concitoyens. Les paroles rassurantes qu’il leur adresse semblent les réconforter, et d’une certaine façon, le seigneur de la guerre s’assure de leur loyauté. Le temps passe vite et le soir arrive finalement. Comme convenu, l'humanoïde à peau bleue se rend au chevet du père de la jeune femme qui l’a appelé à l’aide. Les deux hommes passent une bonne partie de la nuit ensemble. Lorsqu’Hivernus quitte enfin leur domicile, il n’a plus qu’une idée en tête...
Le seigneur de la guerre a convoqué ses plus proches collaborateurs pour une réunion de la plus haute importance. Le major Telsh, le capitaine Sylvar et le lieutenant Slaryn, impeccables dans l’uniforme vert striée de bleu, sont les premiers à se présenter dans la pièce. Vient ensuite le tour du capitaine Netbers, qui s’avance sous le dôme en métal ouvragé de la salle de réunion avec une certaine retenue. C’est la première fois qu’il met les pieds dans cet endroit… Le capitaine Molitor est le dernier à les rejoindre, casque sous le bras. L’armure de stormtrooper qu’il arbore indique qu’il vient tout juste de finir son service. Face à la clique d’officiers qu’il a rassemblé, le Chiss demeure impassible. Il se contente d’observer un à un les visages de ceux qu’il s’apprête à mettre dans la confidence. Finalement, lorsqu’il semble satisfait, il les invite à s’installer autour de la table.
- Notre combat contre le Syndicat Tenloss va prendre une nouvelle tournure. Débute mystérieusement l'humanoïde à peau bleue. Une planète demande notre aide… Et il est de notre devoir de répondre à cet appel.
Un silence pesant s’installe dans l’assemblée. Nul n’ose parler et se contente simplement d’écouter.
- Yasilor, planète paisible peuplée par quelques millions d’individus, est aujourd’hui en proie au chaos et à la terreur. Le roi de Yasilor a été assassiné, victime d’un coup d’état orchestré par quelques nobles convoitant son trône. Déclare Hivernus en guettant une réaction sur le visage de ses camarades. La famille royale, ou du moins ce qu’il en reste, a été mise aux arrêts et emprisonnée afin de faire pression sur ceux qui sont encore fidèles au défunt roi et à ses héritiers.
- Quel est donc le rapport avec le Syndicat Tenloss ? Demande soudainement Molitor, dont le tempérament batailleur semble refaire surface.
- Patience Capitaine… Patience… J’allais y venir. Continue énigmatiquement le seigneur de la guerre. Le Syndicat Tenloss, qui disposait déjà d’un pied-à-terre sur Yasilor, a soutenu le coup d’état en échange de quelques menus arrangements... Car il se trouve que notre cher ennemi a fondé sur Yasilor, d’une part, une société qui leur a permis d’investir massivement dans les bourses de la Bordure Médiane. D’autre part, il profite de son statut de client privilégié du gouvernement illégitime pour prendre quelques locaux récalcitrants dans le seul but de les réduire en esclavage et les revendre au plus offrant.
- Intervenir sur Yasilor serait donc l’occasion de faire d’une pierre deux coups. Intervient alors Sylvar.
- C’est exact. Selon mes sources, plusieurs troupes loyalistes ont commencé à s’organiser et mènent actuellement quelques actions contre les forces des conjurés. En les soutenant, nous pourrions nous assurer d’avoir à long terme accès à des ressources vitales nécessaires au bon fonctionnement du Seigneurat de Bajic… Indique le Chiss d’un ton parfaitement modulé. Et ce faisant, nous pourrions mettre à mal l’économie du Syndicat Tenloss en le privant d’une autre de ses entreprises. Si la chance nous sourit, nous pourrions même mettre la main sur de précieuses informations concernant les investissements réalisés par nos ennemis.
- Et nous pourrions alors cibler spécifiquement les entreprises et sociétés financées par le Syndicat Tenloss. Comprend finalement la Cathar.
- Tout juste.
Un sourire lumineux se dessine sur les lèvres de l’officier balafré qu’est Molitor. Il s’imagine déjà combattre des légions entières, tout fou qu’il est. Telsh et Slaryn demeurent inexpressifs et silencieux. Netbers, au contraire, affiche une mine embarrassée.
- J’imagine que Yasilor est défendue par de nombreuses troupes, et peut-être même par une flotte. Il va nous falloir beaucoup d’hommes… Et le Seigneurat de Bajic manque cruellement de soldats, d’appareils et de vaisseaux. Commente d’un accent fébrile celui qui commande le vaisseau-amiral de la flotte seigneuriale.
- De combien d’hommes peuvent disposer nos alliés et nos ennemis sur Yasilor ? Votre source a t-elle donné des détails ? S’interroge alors Slaryn.
- Nous savons que l’ennemi dispose actuellement de douze mille soldats bien équipés et d’une compagnie de véhicules d’assaut légers. Le Syndicat Tenloss a pour sa part décidé de laisser sur place un contingent fort de huit mille mercenaires, probablement renforcés par quelques blindés et autres véhicules de soutien. Détaille l'humanoïde à peau bleue. Les troupes loyalistes pourraient rassembler jusqu’à huit ou dix mille hommes. Il n’y a toutefois aucune indication sur les forces spatiales.
- Si l’on excepte les troupes stationnées au sein de Base Vergesso et les effectifs de la Brigade Impera, nous pourrions déployer au moins deux mille cinq cent soldats dans les combats. En vient à déduire Sylvar après quelques calculs.
- Nous n’avons pas de véhicules militaires et une flotte peu conséquente… Souligne le capitaine Netbers. Une implication du Seigneurat de Bajic dans les affaires de Yasilor risque d’être coûteuse et catastrophique.
- Nous avons encore le temps de nous préparer à cette guerre Capitaine Netbers. Dans l’immédiat, il est vrai que nous allons devoir lever de nouvelles troupes et investir dans la construction de véhicules et vaisseaux militaires. Admet Hivernus d’une voix étrangement paisible.
- Mon seigneur, nombre de nos camarades blessés lors de la libération de Base Vergesso sont prêts à réintégrer les rangs. Survient Telsh, une certaine ferveur dans la voix. Et je suis sûr qu’en lançant un appel au volontariat, de nombreux citoyens seront prêts à s’engager. Nombre d'individus vous sont redevables.
L’exaltation habituelle du major, qui ne se déclenche qu’au moment précédant une bataille, semble exaspérer l’unique représentant de la marine seigneuriale. Néanmoins, l’enthousiasme de Molitor et Telsh, combiné à l’implication de Sylvar et Slaryn, semble avoir raison de l’officier réservé. Il acquiesce timidement, d’un geste de la tête.
- Major Telsh, je veux la création d’une nouvelle compagnie pour la Brigade Impera. Ordonne soudainement, avec froideur, le seigneur de la guerre. Lieutenant Slaryn, les commandos des Opérations Spéciales Impériales seront détachés de la compagnie Doxal pour former un groupe distinct dont vous aurez le commandement.
Le Chiss marque un temps de pause et vient masser le morceau de jambe droite qu’il lui reste. Son moignon est à nouveau douloureux. Le membre fantôme souhaite se manifester d’une façon fort désagréable, et il en serait probablement ainsi jusqu’à la fin de ses jours. Ce bref moment de silence laisse le temps aux officiers réunis de ruminer quelques réflexions. Le fait que le seigneur Hivernus cherche à renforcer les effectifs de son bataillon personnel n’est pas anodin. La Brigade Impera sera probablement engagée sur le front.
- Il nous faudra également doubler les effectifs du personnel médical militaire. Reprend d’un coup l'humanoïde à peau bleue, lorsque la douleur s’est calmée. Capitaine Sylvar, voyez avec le Capitaine Stapps s’il n’y a pas quelques membres des jeunesses seigneuriales assez vieux et qualifiés pour les intégrer à notre armée. Je compte également sur vous pour augmenter nos effectifs d’au moins deux bataillons. Il faudra que la production de matériel suive le rythme, je ne tiens pas à ce que mes hommes combattent en haillons.
Nouveau temps de pause. Cette fois-ci, le Chiss racle le fond de sa gorge et humecte ses lèvres desséchées. Son regard se braise vient ensuite se poser sur Molitor.
- Capitaine Molitor, voyez s’il n’y a pas quelques prisonniers mercenaires qui auraient envie d’écourter leur peine en rejoignant les rangs de notre armée. J’ai entendu dire que certains d’entre eux avaient changé d’opinion à notre sujet. Poursuit Hivernus d’une froideur renouvelée. N’oubliez pas de préciser que ceux qui tenteront de déserter à la première occasion seront fusillés. Je leur offre la chance d’être considéré à leur juste valeur, alors j’estime qu’ils n’ont pas le droit de trahir ma confiance.
- Vous pouvez compter sur moi, mon seigneur. Indique l’officier au visage couvert de cicatrices.
- Bien. Vous pouvez donc disposer. Déclare le seigneur de la guerre. Nous aurons tout le loisir de nous réunir à nouveau lorsque les préparatifs auront été terminés.
Les multiples officiers quittent leurs sièges et exécutent le traditionnel salut militaire. Le bruit des bottes qui claquent semble bercer l'humanoïde à peau bleue. Il est bientôt seul avec ses pensées, une fois de plus. Le capitaine Netbers a raison. Il faudra des semaines, des mois même, avant que le Seigneurat de Bajic ne puisse s’investir dans une quelconque opération militaire de grande envergure. Il faudrait dans un premier temps renforcer l’armée et la marine seigneuriale… Et faire en sorte que les nouvelles troupes et les équipages gagnent suffisamment d’expérience avant de les engager dans un quelconque combat.
Les convois, qui commencent à se faire plus rares dans le secteur, restent ainsi une cible de choix pour entraîner les forces seigneuriales. Peut-être même qu’on pourrait gonfler les rangs de l’armée avec quelques nouvelles poignées d’esclaves libérés et redevables… Quoi qu’il en soit, dans l’immédiat, la mort de Walter Cole et la libération de la famille royale sont des objectifs prioritaires. La guerre sur Yasilor peut bien attendre.
Alors qu'il s'apprête à se redresser, un sombre éclat vient illuminer le regard flamboyant d'Hivernus. Peut-être que les Ravageurs auront leur utilité après tout. Le seigneur Gelmir prétend le soutenir... Ce sera l'occasion de prouver ses dires. -
Post n°4
Auteur : HivernusPrécédemment.
Le mécanisme s’actionne. Un pan entier de mur disparaît et laisse apparaître le ventre humide d’un couloir. L’obscurité qui y règne a l’air vivante, palpable, tant elle semble irréelle. Le passage secret se referme presque aussitôt, lorsque la silhouette féminine s’enfonce dans le corridor. Les yeux de la jeune femme s’adaptent rapidement. L’antre des lames d’Hivernus est en réalité un assemblage de couloirs et de salles creusés dans la roche du planétoïde. L’éclairage, peu présent, est principalement réservé aux endroits clefs du complexe des “maîtresses sanglantes”. Les parois oppressantes et les dédales obscurs permettent aux assassins du Chiss d’affiner leurs talents. Curieusement, les détenus ayant construit l’endroit ont disparu, faisant ainsi du repaire des lames d’Hivernus un endroit n’existant pas officiellement et connu uniquement par quelques individus. Il y a fort à parier que ces pauvres âmes, si on peut les appeler ainsi, ont été les premières à goûter à l’art mortel pratiqué par celles qui servent aveuglément la volonté de l'humanoïde à peau bleue.
Le seigneur de la guerre ne s’est pas attardé sur le destin tragique de ces quelques prisonniers sacrifiés à celles qui servent ses moindres désirs. Néanmoins, on peut imaginer qu’ils ont eu une fin horrible. Les “élues d’Hivernus” se sont probablement servies de ces individus pour peaufiner leurs talents. Empoisonnés, torturés, égorgés, déchiquetés… Le sort réservé à ces détenus est un réel mystère… Un secret qu’ils ont emporté avec eux dans la mort. De toute manière, cela n’a pas d’importance. Nul ne se soucie de la perte de quelques criminels. Pour les uns, ils ne sont qu’une vermine qu’il faut supprimer par tous les moyens. Pour les autres, il ne s’agit là que d’une main d’oeuvre facilement remplaçable. Chacun semble y trouver son compte au final.
La silhouette féminine poursuit son chemin dans un labyrinthe de couloirs destiné à la mettre à l’épreuve. Parfois, une lumière tamisée vient éclairer ses cheveux rouges. Ceux-ci se mettent à briller légèrement et s’abreuvent de cette brève lueur pour garder une couleur vive et sanglante. Puis, lorsque l’obscurité revient, ils reprennent un aspect plus mélancolique. Finalement, l’écho de lames qui s’entrechoquent vient indiquer la direction à vivre. La jeune femme s’arrête à l’entrée d’une grande cavité servant de salle d’entraînement aux tueuses et gardes du corps du Chiss, profitant de la pénombre pour garder une certaine discrétion. Au centre de la pièce, une Falleen affronte une humaine dans un combat singulier. Les deux combattantes évoluent avec des mouvements rapides et élégants, cherchant à trouver un point faible chez l’adversaire. Les lames des poignards utilisés pour l’entraînement scintillent lorsqu’ils apparaissent dans la lumière, puis disparaissent après avoir porté un coup rapide.
Les femmes qui les manient utilisent des mouvements fluides et imprévisibles pour se tromper l’une et l’autre. Dans cette danse mortelle, les ténèbres qui recouvrent une partie de la salle ont leur rôle à jouer. Azah Suutrar cherche visiblement à faire travailler ses petites protégées sur de nombreux points. La Falleen disparaît d’un bond lorsque le poignard de l’humaine s’approche dangereusement. Un éclair brille dans l’obscurité et la lame de l’alien vient se planter dans l’épaule de son adversaire. L’humaine hurle autant de rage que de douleur, se retourne pour frapper et ne rencontre que le vide. La Falleen est agile et semble habituée à cet exercice.
- Assez ! Vient hurler une voix dans le fond de la salle.
La lumière revient brusquement dans l’ensemble de la pièce et éclaire les corps couverts de sueur des deux combattantes. L’Anzat se rapproche avec sa démarche féline, l’ombre d’un sourire sur les lèvres. Le plaisir qu’elle éprouve à la simple vue d’un duel réussi est visible sur son visage. L’excitation qu’elle ressent semble faire vibrer toutes les fibres de son être. La tueuse en série est à sa place, dans cet endroit sombre et mystérieux. Azah Suutrar attend que l’ensemble du groupe se rassemble. Au total, il y a six postulantes, ou plutôt, six jeunes femmes et autres créatures féminines à peine sortie de l’adolescence qui ont été retenues pour intégrer les rangs des illustres lames d’Hivernus. Les rares élues s’apprêtent à faire partie d’une élite particulièrement mortelle et redoutée… Mais pour l’heure, elles n’en sont qu’aux prémices de leur formation… Et certaines d’entre elles finiront sûrement par mourir avant même de pouvoir prétendre au titre de lame d’Hivernus.
- La proie attend et se laisse tuer. Tu n’es pas une proie n’est-ce pas ? Le regard de l’Anzat se pose sur la jeune femme à l’épaule ensanglantée. Tu as un don, à n’en pas douter… Mais visiblement, il va falloir le travailler.
La première des lames ne semble pas se soucier de la blessure de la postulante. Elle n’éprouve, du moins pour l’heure, rien à son égard. La compassion, toute comme la pitié, n’ont pas lieu d’être. Et si la camaraderie et l’estime des autres sont des choses acceptables, elles n’ont le droit d’exister qu’avec des compagnes d’armes… Celles qui ont réussi les épreuves et qui se sont illustrées lors de quelques missions. Tels sont les enseignements de la tueuse en série. L’amitié n’est qu’une illusion et pour ce qui est de l’amour, on apprend aux recrues que seul Hivernus est digne d’être aimé.
Parmi les postulantes, nulle ne semble remettre en question ces enseignements. Elles ont été sauvées par l'humanoïde à peau bleue et s’estiment heureuses de pouvoir le servir. Du fait de leur jeunesse et de leur esprit encore malléable, il est aisé de leur murmurer quelques paroles qui leur donnent du réconfort et une raison de vivre. Ces femmes là considèrent qu’elles ont été choisies, élues même, pour accomplir sa volonté. Leur destin est de tuer ceux qui ne croient pas en Hivernus, ceux qui prennent les armes contre lui. Et elles lui offriront volontiers leur sang. Sous la supervision d’Azah Suutrar et de Kiravah, ce groupe d’assassins et de gardes du corps qu’elles forment devient peu à peu un culte aux dérives sectaires. Elles sont choisies parmi tant d’autres par le seigneur de la guerre et de ce fait, elles doivent se dévouer à lui corps et âme. Il devient leur raison de vivre et en échange, elles assisteront à son règne glorieux sur la galaxie. Se réjouissant d’avoir été distinguées pour accomplir quelques sinistres actions, celles qui sont prêtes à séduire, espionner et tuer en son nom se sont déjà données un surnom : Les “épouses du Chiss”.
Bien évidemment, la création d’un tel groupuscule semble inquiéter les rares officiers mis dans la confidence. Mais le principal concerné qu’est Hivernus ne semble pas se soucier de ce détail. De son point de vue, le travail de ses deux lames est justifié et particulièrement intéressant. Là où ses proches collaborateurs voient un danger imprévisible, lui voit un outil militaire efficace et loyal à sa personne. En outre, il se moque bien de savoir qu’elles forment un véritable culte de fanatiques prêtes à tuer pour lui. Après tout, n’est-ce pas ce qu’il souhaite secrètement ? Ses pions se mettent en place, un à un, sur un échiquier dessiné par ses propres soins… Il s’adapte à chaque manoeuvre adverse et trouve des solutions pour franchir les moindres obstacles. Son jeu semble évoluer, selon les mouvements de ses ennemis, ce qui le rend d’autant plus dangereux. Se peut-il, un jour, qu’il domine la galaxie ? C’est là le rêve de certains… Et de certaines.
Kiravah s’avance à son tour dans la lumière de la salle d’entraînement. Elle porte la robe écarlate qui l’a rendu célèbre auprès des fidèles du Dieu Brisé. Ses longs cheveux rouges s’écoulent en cascade sur ses épaules dénudées et son regard bleu pétille. On aurait du mal à croire qu’une telle beauté renferme un monstre sanguinaire. Les apparences sont parfois trompeuses, et dans le cas des lames d’Hivernus, un corps séduisant est une arme redoutable qu’il convient d’entretenir avec soin.
- Ah… Kiravah ! Te voilà revenue, charmante petite soeur… Constate la tueuse en série sur un ton moqueur. Viens prendre place à mes côtés…
La deuxième lame d’Hivernus s’exécute en silence, sans broncher. D’un pas léger, elle vient rejoindre l’Anzat. Si sa robe frémit doucement, sa démarche, elle, ne provoque aucun bruit.
- Ceux et celles que le seigneur Hivernus prend à son service ont le privilège de se joindre à quelque chose de supérieur à ce qu’ils et elles n’auraient jamais pu espérer s’il les avait laissé mener leur petite vie pathétique. Poursuit Azah Suutrar à l’intention des postulantes. Servir le seigneur Hivernus, c’est servir le plus grand souverain que la galaxie ait jamais connu. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Nous devons nous montrer digne de sa confiance, si nous voulons mériter son respect et son amour. Soyez exigeantes, soyez inflexibles et surtout, soyez combatives. Nulle faiblesse n’est autorisée dans nos rangs.
La première des lames marque un temps de pause, puis se tourne vers sa comparse en lui souriant étrangement.
- Quelque chose à ajouter, très chère soeur ?
La jeune femme aux cheveux rouges acquiesce d’un signe de tête et s’avance de quelques pas, les mains jointes sur son ventre.
- Un jour viendra où la guerre s’emparera de toutes les parties de cette galaxie. Le sang et la destruction seront choses si banales et les objets d’horreur si familiers… Que toute pitié sera étouffée par l’habitude des actions féroces. Déclare d’une voix calme et troublante Kiravah. Hivernus, ayant près de lui ses élues, ira dans ces contrées en criant d’une voix souveraine : Pas de quartier ! Il déchaînera ses armées et ses vaisseaux de guerre sur l’ensemble de la galaxie, de telle sorte que la paix sera enfin rétablie. Une ère de prospérité suivra bientôt… Ce sera… Notre âge d’or.
La silhouette à la robe écarlate semble, une fois de plus, avoir ensorcelé son public. Les postulantes se mettent à sourire bêtement, parfois cruellement, en pensant à l’illustre destin qui les attend toutes. L’Anzat elle-même semble charmée par cette intervention. C’est comme si l’inspiration s’emparait de sa jeune camarade pour lui souffler des réponses appropriées.
- Nous devons nous entraîner sans relâche, nous surpasser, afin que ce jour puisse advenir. Termine finalement celle qui semble pouvoir convertir n’importe qui. Et alors nous serons récompensées comme il se doit.
La recrue touchée à l’épaule tourne de l’oeil et manque de s’écrouler. La perte de sang et les entraînements intensifs l’ont sûrement fatigué à telle point qu’elle ne tient presque plus debout. Il faut qu’une autre postulante la soutienne pour qu’elle puisse tenir sur ses deux jambes flageolantes.
- Dans cet état là, tu ne nous sers à rien. Note froidement la tueuse en série en s’approchant de la jeune femme blessée. Va faire soigner ta blessure et tâche d’être en état de combattre rapidement. Nous reprendrons l’entraînement dans trois heures. Dispersez vous !
Les “élues d’Hivernus” se retirent en silence et disparaissent dans les couloirs obscurs du complexe. Chacune part se trouver une occupation au sein de l’antre des “maîtresses sanglantes”. Il ne reste bientôt plus que les deux premières lames du Chiss.
- Le seigneur Hivernus a t-il donné des instructions précises ? Demande alors Azah Suutrar.
- Non. Pas pour l’heure. Murmure Kiravah, perdue dans ses pensées. Il doit probablement nous chercher une nouvelle cible… Il a cependant ordonné qu’on lui présente le plus rapidement possible notre meilleure postulante.
- Ah oui… Je vois… L’Anzat affiche l’ombre d’un sourire sur ses lèvres. Il a des projets pour chacune d’entre nous… Et celle que nous lui choisirons aura un destin particulier.
La femme aux cheveux rouges arque un sourcil, intriguée. Se peut-il que la première des lames soit au courant de quelque chose ? Le mystère reste entier. Un lien spécifique unit l'humanoïde à peau bleue à l’étrange créature qui le sert, à n’en pas douter… Si bien que les deux parviennent à se compléter parfaitement. Mais la nature de ce lien reste une énigme à part entière. Un secret que personne ne semble pouvoir découvrir.
Trois semaines plus tard…
[Thème] The Warlord's Web.
Le seigneur Hivernus sirote tranquillement son verre de lait bleu, contemplant en silence les étoiles qui brillent d’une faible lueur de l’autre côté de la baie vitrée. Le feulement rauque de quelques chasseurs TIE en patrouille ne semble pas perturber le cours de ses pensées. Il les observe le temps d’un instant, puis se replonge dans ses réflexions lorsque les appareils quittent son champ de vision. Où en était-il déjà ? Ah oui… Avec la mort de Walter Cole, ancien directeur des Transports Ororo, l’entreprise a été récupérée par le Seigneurat de Bajic. Une affaire qui profite bien évidemment au Chiss… Et ce pour de nombreuses raisons. D’une part, le rattachement des Transports Ororo à son gouvernement permet de bénéficier d’une flotte de vaisseaux civils qui pourra fournir des matières premières et autres marchandises sans avoir à passer par un partenaire peu fiable ou trop gourmand. D’autre part, ce rattachement a permis d’avoir accès aux données confidentielles de l’entreprise…
Quelques vilains petits secrets ont ainsi été découverts, sans que cela étonne quelqu’un toutefois. Walter Cole a apparemment passé quelques accords avec le Syndicat Tenloss afin de récupérer les Transports Ororo en échange de menus services. Le petit homme est notamment responsable de la mort de Carth Kase, qu’il a remplacé en tant que directeur de cette entreprise qu’il convoitait tant. Il a permis aux commandos de s’infiltrer dans Base Vergesso en modifiant le manifeste de cargaison et en faisant diversion. Il s’est donc rendu coupable de la tentative d’assassinat sur la personne du seigneur de la guerre. Pire encore ! Il a volontairement affaibli le Seigneurat de Bajic en détournant plusieurs convois destinés à Base Vergesso vers des planètes contrôlées par l’ennemi. Mais la dernière révélation est certainement la plus inquiétante. Une communication entre le Syndicat Tenloss et Walter Cole, récupérée par les services de renseignement du Coeur Ardent, a permis de mettre au jour une nouvelle manoeuvre. Un deuxième groupe d’assassins a été acheminé sur Base Vergesso.
Le Coeur Ardent a bien évidemment été sollicité pour retrouver cette nouvelle escouade de commandos avant qu’elle ne puisse faire des dégâts. Peut-être qu’on pourrait retrouver ces tueurs et les mettre hors d’état de nuire rapidement… Peut-être pas. Quoi qu’il en soit, Hivernus sait qu’il est leur cible et nombre de ses proches ont déjà essayé de l’avertir à propos du danger qu’il court. Mais au lieu de renforcer sa sécurité, qui risque de rendre les assaillants méfiants et plus difficiles à saisir, le Chiss a décidé de s’en remettre aux agents du Coeur Ardent et à l’Unité Tactique d’Intervention Rapide. Cependant, il est loin de risquer sa vie sur de simples calculs de probabilité, même si c’est ce qu’il fait la plupart du temps. Aujourd’hui, les enjeux sont bien trop importants pour accorder le moindre soupçon de mépris à sa propre existence. Il a donc pris certaines précautions…
La porte de ses appartements privés s’ouvre, dans son dos. Le reflet d’une silhouette inconnue, sur la baie vitrée, fait retourner l'humanoïde à peau bleue. Celle qui se tient à quelques pas de l’entrée est une belle jeune femme à la silhouette élégante et à la longue chevelure blanche aux reflets d’argent. Ayant tout juste seize ans, on peut se dire que cette inconnue est une adolescente, une… Fillette. Mais derrière cette apparence juvénile, agréable et attirante, se cache en réalité une tueuse aguerrie. Cette jeune femme qui se présente aujourd’hui au seigneur de la guerre n’est autre que l’une de celles que l’on appelle “maîtresses sanglantes”. Hivernus avale une nouvelle gorgée de son lait bleu et s’avance vers son invitée, s’aidant de sa canne pour garder un certain équilibre. Il s’arrête à quelques mètres de l’élue et sourit étrangement.
- Azah Suutrar m’a indiqué que tu as tué l’une de tes camarades lors d’un entraînement. Elle m’a dit que tu as aimé ça... Débute énigmatiquement le Chiss, plongeant son regard de feu dans celui de la jeune femme. Nous t’avons alors confié de nombreuses missions. Tu as assassiné de nombreuses personnes parce que nous te l’avons ordonné...
L'humanoïde à peau bleue marque un léger instant de pause. Son attention se reporte sur la statue d’une femme vêtue d’une robe au décolleté plongeant et fendue au niveau des jambes. Deux oiseaux, peut-être des corbeaux, battent des ailes en s’accrochant fermement à celle qui leur sert de maîtresse. Cette sculpture semble tout aussi mystérieuse que celui qui la contemple silencieusement.
- Tu t’es montrée digne de ma confiance Frilla… En manifestant ta loyauté dans un bain de sang. Tu m’as honoré comme il se doit en me faisant don de ta vie et de tes services. Poursuit le seigneur de la guerre d’une voix froide, sans même regarder son interlocutrice. Et pour cette raison, j’ai une récompense spécifique à te donner. Je t’en prie… Approche.
La dénommée Frilla vient rejoindre son maître devant l’étrange statue qu’il ne semble pas vouloir quitter des yeux. Elle observe à la dérobée le visage glabre du Chiss, sa frêle silhouette et les moindres blessures de guerre qu’il affiche. La froideur qui se dégage de son corps contraste avec son regard enflammé. La jeune femme n’imaginait pas son sauveur, son protecteur et son seigneur d’une telle manière. Il semble si sombre… Si triste… Et pourtant si prévenant.
- Tu es la meilleure de nos postulantes… La plus efficace, la plus mortelle… Et surtout, la plus intelligente. Continue d’une froideur renouvelée Hivernus. Ton destin n’est pas celui d’une simple lame… Tu seras la gardienne de mon héritage.
- Je ne vis que pour vous servir mon seigneur. Indique la postulante en s'agenouillant humblement.
- Non. Tu vis pour servir le Seigneurat de Bajic, pour servir ses citoyens. Répond d’une voix plus douce l'humanoïde à peau bleue. Je t’ai choisi pour que tu puisses un jour reprendre en main mon empire. Tu devras faire en sorte de veiller sur ta soeur, celle qui héritera de cet empire lorsque l’heure viendra...
Frilla sent sa poitrine se gonfler de fierté. Elle comprend tout à coup. Le seigneur de la guerre vient de l’adopter, de faire d’elle un membre à part entière de la famille seigneuriale. Son destin n’est plus celui d’une simple lame en effet. Peut-être l’est-elle toujours… Mais elle est désormais beaucoup plus que ça. Hivernus consolide ses positions et assure son maintien au pouvoir en se forgeant une lignée. S’il vient à mourir, alors tout ce qu’il a construit pourra revenir à ses héritiers, ceux-là même qu’il a choisi. Cependant, une question se pose : Est-ce qu’il fait tout ceci uniquement du fait de ses ambitions ou se constitue t-il une lignée parce qu’il ressent un réel besoin de fonder une famille ? La réponse reste en suspens. Une chose est sûre toutefois, il va transmettre à ses héritiers tout ce qu’il sait et tout ce qu’il juge nécessaire d’apprendre.
- Nous t’avons trouvé sans famille, sans attaches et sans avenir. Te voilà désormais bien entourée, maîtresse d’une grande destinée. Reprend d’un ton parfaitement modulé le Chiss en venant poser une main paternelle sur l’épaule de celle qui s’est prosternée à ses pieds. Relève-toi, Frilla. Nous avons beaucoup à nous dire.
- Je suis prête… Père. Souffle la jeune femme en se relevant.
- Bien… Bien.
Le seigneur de la guerre esquisse l’ombre d’un sourire. Il humecte ses lèvres et dirige à nouveau son regard vers la statue. Cette dernière semble lui renvoyer son regard, d’un air triste ou tout du moins énigmatique. Les deux oiseaux qui sont à ses côtés adoptent une attitude agressive et battent furieusement des ailes pour repousser l’imprudent qui oserait s’en prendre à leur maîtresse.
- Dis moi Frilla, que penses-tu de cette sculpture ? Demande alors Hivernus en posant son unique oeil enflammé sur sa nouvelle fille adoptive.
La première leçon vient de commencer. Un nouveau pion vient de se positionner. -
Post n°5
Auteur : Darth MalraasPlusieurs jours se sont écoulées depuis le départ de la Corvette Raider du Colonel Hamer.
Le Destroyer Recusant du Capitaine Ed'Link sur les talons, le petit engin -aux proportions toutefois respectables- fuse à une allure de croisière à travers les étoiles de la Galaxie. Sur le chemin et bien avant de rejoindre le Secteur Bajic, dans la Bordure Extérieure, un ravitaillement en carburant nécessaire, à mi-chemin, permet aux Ravageurs de se fournir en matériels de première nécessité. Bacta, rations de survies et autres munitions, sont entreposés dans le vaisseau de combat. Grossissant à peine le tonnage de l'engin stellaire, le convoi reprend sa route sans un seul incident. Confrontés dès la sortie en hyperespace, au champ d'astéroïdes du système Lybeya, le Capitaine Ed'Link bien plus adroit dans l'espace, que son homologue, prend les mesures nécessaires ainsi que le commandement.
Un escadron de droïdes Vautour s'arrache des entrailles du Recusant, accompagnés par plusieurs Tri-Droïdes anciennement confédérés. Sur le pont, les officiers chargés de la programmation des cerveaux téléchargent une séquence de protection, au prix de la destruction des engins ainsi réglés. A celle-ci s'ajoute un traçage des particules carbonisées provenant des barres de carburant solide, que possèdent les Chasseurs Vautours. Les astéroïdes à la nature non-identifiées et aux -possibles- propriétés diverses, de ce secteur de la Galaxie, pourraient empêcher des communications viables. S'il advenait donc, pour une raison ou pour une autre, que la Corvette et son escorte se retrouvent coupées du Destroyer Recusant, le traçage des particules reste la plus simple et la meilleure des alternatives de pistage. Bien que ceci dit, sa précision reste contestable.
S'assurant via les senseurs, du déploiement du convoi diplomatique, le Capitaine Ed'Link transmet l'information à l'autorité de Bélériand, incarnée par le Colonel Hamer. Claire et concise elle ne dit que ceci : "Le Corellien empiète sur les rochers". De son côté, Hector et l'équipage de la Corvette entrent les coordonnées fournies par le Seigneur de Bajic.Code6552.04 , -12012.72
Les moteurs sont lancés et les senseurs et autres radars, mis en alerte.
La cartographie de l'amas d'astéroïde est soigneusement consignée et sauvegardée dans la base de donnée. L'ordinateur de bord calcule les trajectoires et les vecteurs de déplacements théoriques d'une agglomération définie de plusieurs rochers stellaires. Le but est d'empêcher les surprises inattendues en théorisant sur la route empruntée par chaque groupes de roches ciblées. C'est ainsi que le convoi diplomatique trace sa voie et apparaît dans le secteur de la Base Vergesso, comme l'indiquaient les coordonnées.
Le Colonel Hector Hamer presse le bouton de communication et envoie immédiatement un message, avant d'être à portée des radars... Si ce n'est pas déjà le cas.
-Ici le Colonel Hamer à bord de l'Astucieux.
Nous demandons l'autorisation de nous poser. -
Post n°6
Auteur : Hivernus-------
Trou d'équipage de la passerelle du croiseur stellaire de classe Interdictor "Poing de Pandore".
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Le capitaine Netbers débarque sur la passerelle mal réveillé. Il a passé plusieurs heures à tourner en rond dans sa cabine, incapable de trouver le sommeil. Le commandant du vaisseau-amiral de la flotte seigneuriale rectifie machinalement les plis de son uniforme vert et se dirige vers les officiers de pont, avec qui il échange quelques mots. Tout semble tranquille… Du moins pour l’instant. L’homme traverse le pont, jette un coup d’oeil furtif aux membres d’équipage dans les fosses et s’arrête finalement devant la baie vitrée. Netbers baille discrètement puis se concentre sur ce qui fait sa fierté. A sa gauche, la silhouette du “Marque des Ténèbres” apparaît menaçante. A sa droite, un autre croiseur de classe Munifex, le “Cocatrix”, avance en formation. Selon les renseignements qu’il a pu obtenir du seigneur Hivernus, le bâtiment de guerre aurait été acheté à un propriétaire douteux par l’intermédiaire de la princesse Saadia des Filles du Vent Noir. Le capitaine a bien émis quelques réserves, mais le Chiss ne semble pas aussi regardant que lui en ce qui concerne l’acquisition de vaisseaux militaires. Après tout, ne faut-il pas s’ouvrir à tous les marchés quand le besoin se fait ressentir ?
Quoi qu’il en soit, la marine seigneuriale s’est encore agrandie. Selon les directives de son supérieur, le commandant du “Poing de Pandore” a fait transférer quelques uns de ses meilleurs hommes sur la nouvelle acquisition du Seigneurat de Bajic et a nommé un officier à la tête du vaisseau. Le reste des membres d’équipage a été recruté parmi les esclaves libérés et les volontaires. Il croit même se souvenir qu’un gamin des jeunesses seigneuriales a été intégré à l’équipage à un poste important sur la passerelle du “Cocatrix”. L’avenir est en marche… Une génération entière de nouveaux soldats est en train de se former. Il est étonnant de se dire qu’ici, dans le trou du cul de la galaxie, quelque chose d’important se met en place. D’une certaine façon, c’est bien la première fois que Netbers se sent aussi utile. Dans l’Empire, il n’était qu’un officier parmi tant d’autres à qui l’on donnait des ordres. Mais aujourd’hui, il est bien plus que ça. Il commande une armada qui aura un rôle à jouer dans ce secteur reculé de la Bordure Extérieure.
- Monsieur !
Un membre d’équipage fait signe à un supérieur depuis la fosse bâbord. Un lieutenant s’approche du matelot et se penche au dessus de sa console. L’air grave qu’il affiche sur le visage alerte le capitaine, qui vient prendre le rapport de l’officier.
- Commandant, une flotte vient d’entrer dans le système. Indique alors le lieutenant à Netbers. Le cordon de surveillance fait mention d'un destroyer de classe Recusant et une corvette de modèle inconnu. Les transpondeurs ne correspondent à rien de ce que nous avons dans nos données.
- Faites passer la flotte en état d’alerte. Tous les hommes aux postes de combat ! Ordonne sèchement le commandant du “Poing de Pandore”, la gorge nouée. Rappelez tous les chasseurs en patrouille et les navettes affectées à la surveillance.
Les ordres du capitaine sont transmis. L’armada seigneuriale se prépare pour un éventuel affrontement. A bord des vaisseaux, ceux qui ne sont pas encore à leur poste se ruent dans les couloirs pour rejoindre à la hâte leurs camarades. Les pilotes qui ne sont pas en mission se rassemblent dans le hangar et grimpent dans leurs appareils. En quelques minutes, la flotte est opérationnelle. Les exercices réguliers semblent porter leurs fruits.
- Monsieur, le destroyer de classe Recusant a lâché une poignée de chasseurs. Des modèles droïdes de type Vautour et Tri-Fighter. Rapporte le marin à ses supérieurs.
Une flotte séparatiste, ici ? Non, cela ne se peut. Quel intérêt ? Netbers fronce les sourcils, perplexe. Quelque chose lui échappe. Selon les données visibles sur la console des senseurs, la corvette et son escorte quittent la protection du destroyer de classe Recusant et se dirigent vers la ceinture d'astéroïdes. Une manoeuvre curieuse... Dans la fosse bâbord, les membres d’équipage suivent avec intérêt la progression du vaisseau et des appareils qui l’accompagnent. L’angoisse se lit sur certains visages. Quelques regards inquiets se posent sur le capitaine. Il doit prendre une décision.
- Attendons qu’ils signalent leurs intentions et transmettent leurs codes d’authentification. La ceinture d'astéroïdes a tendance à perturber les communications. Lâche finalement le commandant. S’ils n’ont envoyé aucun message dans la minute qui suit, nous lancerons un avertissement. Et s’ils s’obstinent… Nous ferons feu sur eux.
Les officiers acquiescent d’un signe de tête. Les simples matelots se concentrent à nouveau sur les consoles qu’ils ont sous les yeux, prêts à faire leur part de travail.
- Monsieur, nous recevons un message. Annonce l’enseigne chargé des communications. La corvette transporte un certain Colonel Hamer qui demande l’autorisation de se poser sur Base Vergesso.
La tension redescend aussi vite qu’elle est montée. Le capitaine pousse un soupir de soulagement et se maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il avait presque oublié la venue des Ravageurs !
- Très bien. Donnez-leur l’autorisation et envoyez une escorte. Répond Netbers en ajustant le col de son uniforme. Transmettez également un message à Base Vergesso. Prévenez-les de l’arrivée du Colonel Hamer.
- A vos ordres.
Le commandant du “Poing de Pandore” enlève sa casquette d’officier et passe une main sur son front couvert de sueur. Il n’y aurait pas de combat aujourd’hui, pour son plus grand plaisir. On lui rapporte rapidement que l’Escadron Fantôme vient de quitter le hangar pour se porter à la rencontre de la délégation des Ravageurs. Avec la présence de cet escadron d’élite, le colonel Hamer devrait arriver à bon port rapidement.
A l’annonce de l’arrivée imminente des Ravageurs, Base Vergesso s’anime d’une façon fort peu courante. Les troupes seigneuriales prennent position aux endroits clefs de la ville spatiale et dégagent un passage pour les transports militaires et policiers. Certaines rues sont entièrement interdites aux civils, par mesure de sécurité, et quelques commandos des Opérations Spéciales Seigneuriales sont détachés pour assurer une surveillance depuis quelques lieux en hauteurs. La dernière fois qu’on avait pris de telles mesures dans Base Vergesso, le seigneur de la guerre avait manqué de se faire tuer par quelques types aux intentions malveillantes. Aujourd’hui, c’est pour une toute autre raison. Mais ce point là, la population l’ignore…
Dans le hangar réservé à la corvette de classe Raider, on s’organise également. Lorsque le vaisseau militaire se pose, une haie d’honneur composée de trente stormtroopers de l’armée régulière se met en position devant la rampe d’accès. Lorsque le colonel Hamer apparaît, les soldats font claquer leurs talons et plaquent l’arme contre le torse, en guise de salut militaire. On pourrait aisément les confondre avec les stormtroopers impériaux, du fait de l’armure blanche et des protocoles similaires. Il y a cependant un détail qui marque une certaine différence entre les deux : La présence d’un poing fermé sur l’épaule gauche des combattants. C’est là le symbole de leur allégeance au seigneur Hivernus. Un signe distinctif qui permet de les différencier de ceux qui servent au sein de l’Impérium. Un lieutenant se porte à la rencontre de l’officier Ravageur, impeccable dans son uniforme vert, et se met au garde-à-vous.
- Colonel Hamer. On m’a demandé de vous conduire jusqu’au quartier de la Citadelle. Débute l’homme. Veuillez me suivre.
L’individu arborant la plaque de lieutenant pivote et se dirige vers la sortie du hangar. Dehors, une autre section de stormtroopers monte la garde, probablement chargée de sécuriser la zone. Plusieurs véhicules de police ont été réquisitionnés pour transporter le colonel et les hommes de son escorte jusqu’au lieu de rencontre. Une fois tout le monde en place dans les divers transports, le convoi se met en route. Les véhicules traversent plusieurs quartiers aux rues plus ou moins désertées. Seul un cordon de soldats en armure blanche semble assister à la progression du convoi. Parfois, quelques passants s’arrêtent et observent d’un air tantôt inquiet, tantôt curieux, les transports qui défilent sous leurs yeux. D’autres semblent s’intéresser au passage des véhicules depuis les fenêtres de quelques maisons. Dans l’ensemble, il semblerait qu’on ait demandé à la population des quartiers traversés de rester chez soi. Les rares individus qui s’aventurent hors de chez eux sont ceux qui n’ont pas entendu la consigne, ou ceux qui s’en moquent éperdument, au péril de leur propre sécurité.
L’arrivée du cortège dans le quartier de la Citadelle se fait en grande pompe. Les véhicules s’arrêtent à quelques centaines de mètres du bâtiment principal. Le lieutenant qui accompagne le colonel Hamer lui fait signe de continuer sans lui, avant de se mettre au garde-à-vous. Face à l’officier des Ravageurs se trouve ce qui ressemble fort à une armée complète. Pas moins de trois cent membres des jeunesses seigneuriales, resplendissants dans l’uniforme brun à col bleu qu’ils arborent, forment la première moitié de la haie d’honneur. Les visages juvéniles des différentes espèces qui composent cette organisation paramilitaire prennent un air sérieux. La première rangée de ces jeunes hommes, femmes et aliens comprend de nombreux musiciens qui tirent leurs baguettes et se mettent à frapper à l’unisson sur quelques tambours. L’air qu’ils jouent se prête particulièrement bien à la situation : Puissant, cérémoniel et surtout, militaire.
Alors que le colonel Hamer remonte la haie d’honneur, ceux qui portent les drapeaux des jeunesses seigneuriales viennent les abaisser au passage de l’officier, comme pour le saluer personnellement. Chaque individu servant au sein de cette organisation semble prendre son rôle au sérieux. Pas un pas de travers, pas un seul sourire, pas une seule fausse note. Les jeunes ont l’étoffe de vrais soldats : Le fruit de plusieurs mois de travail. Le passage en revue des troupes continue. Deux compagnies entières des soldats d’élite de la Brigade Impera remplacent progressivement les membres des jeunesses seigneuriales. Là encore, l’armure de stormtrooper qu’ils portent est pourvue d’un signe particulièrement distinctif : Des stries bleues. L’emplacement de ces marques de couleur semble varier, peut-être selon le goût de chacun. Mais la réalité est plus simple. Il s’agit simplement de distinguer les différents grades sur le champ de bataille. A l’instar de leurs jeunes camarades, les porte-drapeaux abaissent les couleurs seigneuriales au passage du colonel. Lorsqu’il arrive au bout de la haie d’honneur, composée de profils différents du début à la fin, l’officier des Ravageurs est accueilli par une jeune femme à la chevelure blanche, vêtue d’une robe noire brodée d’argent.
- Bienvenue sur Base Vergesso Colonel. Je me présente, Frilla Hawan. Mon père, le seigneur Hivernus, vous attend dans la salle du trône. Indique t-elle.
La fille adoptive du Chiss lui adresse un sourire, puis le conduit à travers les couloirs austères de la citadelle. Dans les coursives, la dernière compagnie de la Brigade Impera, qui n’a pas été déployée avec le reste des troupes, forme une dernière haie d’honneur. Cent cinq hommes, femmes et aliens en tout genre, engoncés dans des armures adaptées à leur morphologie, établissent un chemin clair vers la salle du trône. Silencieux et immobiles, on pourrait les confondre avec de simples statues. Devant la dite-pièce, un stormtrooper à la moustache grisonnante a retiré son casque, probablement un officier, et fait claquer ses talons lorsque le colonel Hamer et Frilla se présentent devant lui.
- Mon Colonel, votre escorte va devoir attendre ici. Ordre du seigneur Hivernus.
Le principal concerné semble obtempérer, peut-être à contre-coeur, ou méfiant. Nul ne le sait réellement. Quoi qu’il en soit, le soldat à la moustache grisonnante fait signe à ses hommes de les laisser entrer. Plusieurs combattants de la Brigade Impera ouvrent les lourdes portes qui mènent à la salle du trône. Frilla et son invité de marque disparaissent dans l’immense pièce. Les portes se referment derrière eux. La jeune femme remonte un long tapis noir et dépasse de nombreux braseros aux flammes dansantes. Le trône, dans le fond de la salle, est vacant. L'humanoïde à peau bleue se tient devant l’un des nombreux brasiers. Son unique oeil fixe le sein même du foyer. Le rouge flamboyant de son regard semble se gorger de l’énergie des flammes qui lèchent quelques morceaux de bois.
Sentant quelques présences à ses côtés, le Chiss en vient à se tourner. Il présente sa frêle silhouette au colonel Hamer et à sa fille adoptive. On aurait du mal à croire qu’un type au visage glabre et creusé, privé de son oeil gauche et de la jambe droite, puisse être le maître d’un véritable petit empire. Et pourtant, les apparences sont souvent trompeuses. Fermement appuyé sur sa canne, Hivernus incline légèrement la tête en guise de salutation. Il ne porte pas son uniforme blanc et or de seigneur de la guerre et se contente de son simple uniforme noir muni d'une plaque d'amiral. De son point de vue, les tenues excentriques n’ont pas leur place quand il s’agit d’impressionner un militaire… Car les militaires ne se laissent pas impressionner par ce genre de choses superflues.
- Colonel Hamer, je vous souhaite la bienvenue sur Base Vergesso. J’espère que votre voyage n’a pas été trop… Difficile. Débute froidement l'humanoïde à peau bleue. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ceci n’est-ce pas ? Je crois qu’il serait plus approprié de discuter dans un endroit où nous serons bien installés.
Hivernus conduit d’une démarche pénible son invité vers ses quartiers privés, qui jouxtent la salle du trône par pure utilité. Frilla les suit à distance respectable, se voulant discrète. Elle ne désire pas déranger son père et l’officier des Ravageurs qui l’accompagne. Finalement, après seulement deux minutes de marche, les voilà arrivés dans un salon privé de bonne taille. L’endroit ressemble plus à un musée qu’à une pièce réservée à la détente. Quatre masques traditionnels Kaleesh partagent un pan de mur avec un sabre laser et quelques armes anciennes et fantaisistes. Plusieurs statues de grande taille, représentant surtout des silhouettes féminines aux formes généreuses, sont alignées le long d’un autre mur. Dans un coin, un uniforme noir similaire à celui porté par le seigneur de guerre habille un mannequin. On peut cependant noter que cet uniforme là est troué à de nombreux endroits et qu’il semble tâché du sang de quelqu’un. Enfin, un banc de petits poissons exotiques évolue dans un aquarium richement décoré.
Le Chiss ne s’intéresse pas à toutes ces pièces de collection, qu’il a déjà eu l’occasion d’étudier de nombreuses fois. Il préfère s’installer dans un fauteuil trônant au milieu de la pièce et invite le colonel Hamer à en faire autant. Frilla semble vouloir rester en retrait, près de l’entrée, mais son père lui fait signe de les rejoindre. Hivernus s’empare d’un fruit mis à disposition dans une corbeille sur une table basse et mange un quartier entier avant de reprendre la parole.
- Mettez-vous à l’aise Colonel. Si vous voulez un rafraîchissement ou quoi que ce soit d’autre, n’hésitez pas à me le faire savoir. Commente l'humanoïde à peau bleue. Bien… Vous avez sûrement de nombreuses questions à me poser, des propositions à me faire, ou peut-être simplement quelques indications à me donner. Je vous écoute, Colonel.
Les choses sérieuses commencent. Peut-être assiste-t-on à la naissance d’une nouvelle ère…
Drapeaux utilisés lors du passage en revue des troupes :Spoiler : Drapeau du Seigneurat de Bajic :
Spoiler : Drapeau des jeunesses seigneuriales :
Réalisés par June. -
Post n°7
Auteur : Darth Malraas
Hector Hamer (Colonel, niveau 4)
Hector Hamer est le benjamin de la Fratrie des Hamers et probablement le plus populaire parmi les soldats. Depuis l'invasion de Yashuvhu, il est promu au rang de Colonel de la 1er Division Aéroportée rattachée au 1er Corps de Défense chargée de la sécurité des installations et des opérations offensives contre les autochtones.
L'autorisation d'approcher la Base Vergesso et s'y poser, fut accordée par le commandement du "Poing de Pandore". Les senseurs de la Corvette Raider prirent en compte l'arrivée d'un escadrons de chasseurs, assurant ainsi la sécurité du convoi, mais surtout celle des hommes du Seigneur Hivernus. Désormais pris en tenaille entre le champ d'astéroïde et ses rochers stellaires aux trajectoires complexes, et la base Vergesso comptant les "militaires" sous la botte du Seigneur de Bajic, rebrousser chemin n'est plus une option envisageable. Depuis l'Amertume, les radars perdent lentement la trace des appareils stellaires, ne laissant qu'un vide béant sur les écrans de contrôle. Le Capitaine caresse sa barbe parfaitement taillée et délègue la surveillance à son second avant de disparaître du pont. Ils attendront un signe...
L'opération d'atterrissage sur la base, se déroule sans mal. Les hommes du Colonel Hamer vérifient leur tenue et leurs armes. Les deux membres de l'Escadron des Forces Spéciales restent sur leurs positions à lorgner la rampe d'accès, les lunettes de visées s'ajustant à l'éclairage du hangar, apparaissant tout juste. Hector, comme tout bon militaire de rang, effectue des moulinets avec ses épaules afin de s'échauffer. Pour se décrisper, il incline la tête à gauche puis à droite et serre plusieurs fois les poings pour rester à l'aise dans ses gants. Il ne peut contrôler sa tension perceptible par tout le groupe. S'agissant de sa première mission diplomatique, le militaire ne se sent que très peu sûr de lui. Son univers est l'échauffement puis le saut dans le vide, fusiller et mitrailler les ennemis, reconnaître les périmètres et épauler ses camarades. Les Hamer ont toujours été, depuis des générations, nés pour s'épanouir aux premières détonations de mortiers. Une étreinte dans la poitrine le conduit à croire qu'il est peut-être en train de paniquer. Un soldat dans la politique, c'est un poisson hors de l'eau.
-Casque, pas de visage. Se murmure-t-il à lui-même en observant ses pieds. Pas de visage, pas d'émotions... Il redresse la tête. Pas d'émotions, tu parais fort, sûr... Hector tu es fort et sûr.
Il se décide, ses bottes frappent le sol froid de la Corvette Raider jusqu'à la rampe d'accès abaissée. Les soldats à l'extérieur claquent leurs talons, dans une posture parfaitement impeccable, fusil contre le poitrail. Hamer jubile, le Seigneur Hivernus semble proposer une structure militaire impeccable et des uniformes très proches de ceux des Impériaux. En descendant la rampe, le Colonel constate qu'un poing fermé est flanqué sur l'épaule gauche des militaires, signe distinctif représentant très probablement le symbole du Seigneur de Bajic. Préservant son esprit des questions qui le taraudent, Hector et ses hommes sur ses talons, s'arrêtent en voyant un officier venir jusqu'à eux.
- Colonel Hamer. On m’a demandé de vous conduire jusqu’au quartier de la Citadelle. Veuillez me suivre.
Le silence étant parfois pris pour une marque de supériorité, Hector Hamer fait un signe de tête d'approbation, pour seule réponse. Dès la sortie du hangar, la parade cesse pour offrir une sécurité bien affichée. Les Ravageurs montent à bord de véhicules utilitaires plutôt destinés à une police locale qu'à des soldats. La traversée se fait sans un seul accroc, les rues sont désertes. Rares sont les têtes sorties des ombres de ruelles étroites. L'on pourrait constater à s'y méprendre que la Base Vergesso a été tout récemment conquise et que le couvre feu militaire fait loi. En arrivant aux abords d'un lointain édifice semblant être la représentation physique du pouvoir local, l'officier accompagnant fait signe à Hector de poursuivre sur cette voie. Cette voie, parfaitement bien tracée, délimitée, organisée, pourrait faire pâlir de jalousie tous les mondes de la Bordure Extérieure, se prétendant structure militaire exemplaire, les Ravageurs compris.
Hector fait signe à ses hommes de rester quelques secondes sur place, contemplant cette grande ligne, cette haie d'honneur qui paraît présenter des tailles différentes, des gabarits divers, des visages plus jeunes. Une flamme rouge sur un fond bleu survole les têtes juvéniles, présentant probablement un genre... de symbole académique. Les Ravageurs remontent la nuée de petits gens. Tous, se présentent comme d’impeccables membres d'une armée, droits, sans une seule émotion si ce n'est la concentration quasi parfaite. Les drapeaux s'abaissent au passage du Colonel, appréciant cette démonstration de courtoisie militaire. Hector sourit sous son casque, imaginant ses fils qui, un jour l'espère-t-il, seront aussi fiers et beaux que ces enfants, au sein de l'Armée du Protectorat, plusieurs décennies plus tard.
Le passage en revue des troupes se poursuit. Les petits gens à la tenue brune et au col bleu, se muent en soldats bien plus coriaces que les jeunesses seigneuriales. L'uniforme des stormtroopers est toujours présent, des lignes bleues en plus et à différents endroits pour certains, à des emplacements identiques pour d'autres. Le Colonel Hamer sait que, depuis l'époque de la guerre des clones, les uniformes blancs possèdent des couleurs différentes pour signaler la présence d'un grade. Les marques ont évolués depuis les années de l'Empire puis de l'Empire Galactique. Les Clones ainsi que les Stormtroopers ont favorisés les couleurs mais aussi les symboles distinctifs, comme une épaulière plus allongés pour identifier les officiers. En l’occurrence, ici, il semblerait que les rayures aient une importance hiérarchique plutôt qu'une personnalisation récréative comme certains des officiers de Ravages en possèdent. Qui voudrait d'une rayure bleue à un endroit, une autre à un autre ? Peut-être n'est-ce qu'un style.
Au bout de l'interminable haie, une jeune femme à la chevelure blanche, se présente au Colonel.
- Bienvenue sur Base Vergesso Colonel. Je me présente, Frilla Hawan. Mon père, le seigneur Hivernus, vous attend dans la salle du trône.
Se pinçant la lèvre pour éviter une réponse amicale, Hector hoche une fois encore la tête. Les Ravageurs suivent alors, l'enfant du Seigneur Hivernus, dans les entrailles d'un édifice très peu sympathique, visuellement parlant. D'autres soldats, aux races différentes, façonnent l'architecture intérieure de leur présence. La dernière haie débouche sur une moustache détenue par un homme d'âge mûr.
- Mon Colonel, votre escorte va devoir attendre ici. Ordre du seigneur Hivernus.
Hector ne s'attendait pas à ce que ses hommes restent dans son ombre.
Le Seigneur Hivernus prend ici, une mesure de sécurité mais aussi de confidentialité.
Comme à l’accoutumé, depuis son arrivée, il hoche la tête puis se tourne vers son petit cortège.
Seul un murmure étouffé s’épanouit au delà de son casque, signalant une communication par comlink interne. Ses hommes se détendent et acquiescent d'un simple signe de tête. La dénommée Frilla, fils d'Hivernus passe les lourdes portes poussées par quelques Stormtroopers, suivie par le Colonel Hamer. La dernière chose qu'entendra Hector dans son système de communication portatif, est un "Bon courage Colonel" de la part de ses semblables. Une fois les portes refermées, la communication est intentionnellement rompue.
Une salle de trône fait son apparition, au bout d'un long tapis couleur ébène. Le benjamin des Hamers note plusieurs brasiers allumés probablement pour l'occasion, ainsi qu'un homme à la peau bleue, se tenant devant l'un d'entre eux. Sa stature est droite, mais son physique tendant vers le maladif. Une plaque d'Amiral siège sur son torse, un officier... Mais certainement pas le père de Frilla Hawan, en vue de l'étrange espèce à laquelle il appartient.
- Colonel Hamer, je vous souhaite la bienvenue sur Base Vergesso. J’espère que votre voyage n’a pas été trop… Difficile. Entame l'humanoïde d'une voix parfaitement calme et glaciale. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ceci n’est-ce pas ? Je crois qu’il serait plus approprié de discuter dans un endroit où nous serons bien installés.
Ne préférant pas poser une question qui serait inappropriée, le Colonel répond encore une fois par un hochement de tête et tout en suivant son hôte vers une salle adjacente, se permet une réponse.
-Merci pour cet accueille rondement bien mené. Son casque toujours visé sur ses épaules, transmet une voix bien plus paisible et tenue par le respect. Je ne m'attendais pas à une telle cérémonie.
Suivis par la dénommée Frilla, remettant en cause le lien de parenté avec l'homme bleu, les deux hommes se retrouvent rapidement dans une salle des trophées. Les yeux du Colonel trouvent directement le sabre laser, une intrigante découverte pour l'occasion. L'invitation de l'Amiral est faite, le Colonel prend place sur le fauteuil tout juste en face de son hôte. La fille est interpellée par le "père bleu", donnant une nouvelle indication à Hector sur l'identité de son interlocuteur.
- Mettez-vous à l’aise Colonel. Si vous voulez un rafraîchissement ou quoi que ce soit d’autre, n’hésitez pas à me le faire savoir. Commente l'humanoïde à peau bleue. Bien… Vous avez sûrement de nombreuses questions à me poser, des propositions à me faire, ou peut-être simplement quelques indications à me donner. Je vous écoute, Colonel.
Le Ravageur observe la pomme du Seigneur de Bajic, une démonstration d'assurance certaine, quant au dialogue qui suivra. Les Ravageurs, toujours habitués à marteler de coups leurs opposants ou à côtoyer des populations devenues dociles par la puissance militaire de leurs rangs, se retrouvent en face d'un caractère confiant.
-Merci, un verre d'eau devrait suffir. Préfère-t-il répondre en premier lieu. De nombreuses questions seront posées, mais la principale et celle qui m'intéresse le plus et, qui devrait tout autant intéresser le Seigneur Gelmir, est... Votre puissance militaire, cette base conquise... Est-ce a nom de l'Imperium ou bien encore... Hector retire son casque, dévoilant un visage plutôt jeune, moins de trente ans. Il tourne ses yeux vers le sabre laser pour revenir à l'oeil unique du Seigneur Hivernus. Au nom de l'Ancien Empire ? -
Post n°8
Auteur : HivernusLe colonel Hamer retire son casque et dévoile son visage, celui d’un jeune homme. Nombre d’individus pourraient se sentir offusqués, insultés, considérant qu’un tel grade et une telle position ne sont réservés qu’à des gens plus vieux… Plus… “Expérimentés”. Mais le seigneur de la guerre qui fait face au représentant de l’armée des Ravageurs n’est visiblement pas de ceux là. Il fait parti d’une espèce où l’on apprend dès son plus jeune âge à se servir d’une arme… D’un monde où l’enfance laisse rapidement sa place à des responsabilités d’adulte. En outre, avoir en face de lui un militaire trop jeune pour le grade qu’il arbore ne le dérange pas. De toute manière, nombre des officiers servant dans l’armée seigneuriale sont dans un cas similaire à celui du colonel Hamer. La jeunesse n’empêche pas l’expérience, surtout si l’on est confronté relativement tôt aux difficultés rencontrées sur un champ de bataille. C’est ce qui fait la force des armées qui font le choix d’offrir des responsabilités à des individus que l’on pourrait voir d’un mauvais oeil ailleurs.
L’émissaire des Ravageurs demande un verre d’eau comme seule boisson. Un choix judicieux quand on cherche à garder toute sa lucidité dans une affaire importante. Le Chiss hoche la tête. Sa fille adoptive se lève et se dirige vers un mini-bar. Elle en sort trois verres et verse trois liquides différents. La jeune femme à la chevelure argentée revient avec un plateau et distribue les boissons. Frilla semble avoir opté pour un lait Arkanien. Contrairement à ce que son nom laisse croire, il s’agit d’un hydromel particulièrement crémeux et fort en goût. L'humanoïde à peau bleue se contente de son traditionnel lait bleu. La question que vient lui poser le colonel Hamer, et le regard insistant qu’il a pu jeter sur le sabre laser sont particulièrement évocateurs. Rien d’étonnant toutefois… Le jeune homme fait son travail, rien de plus. Il cherche à s’assurer que les intérêts du seigneur de la guerre sont compatibles avec ceux de son maître.
Et bien évidemment, tout peut porter à confusion au sein de Base Vergesso. Les uniformes impériaux, les armes et les armures de facture impériale, les traditions et les protocoles militaires propres au régime impérial… Tout rappelle l’Empire. Mais quel empire ? C’est bien là l’intérêt de la question. Si l’on se fie aux rapports du Bureau de la Sécurité Impériale, le seigneur Gelmir est un Sith, ou tout du moins, un individu qui leur est affilié. Il se sert de ces derniers comme d’un outil militaire. C’est là l’avis du Chiss. En réalité, tout est envisageable. Mais quelque chose, dans la conscience d’Hivernus, lui fait croire que l’ancien général qui a le temps d’un instant dirigé la plus puissante organisation galactique a beaucoup en commun avec lui. Et puisqu’il se sert lui-même d’une créature sensible à la Force comme d’un atout militaire… Il en vient à déduire simplement que son homologue fait de même de son côté. Mais l’usage que Gelmir peut faire des Sith est sûrement plus complexe.
- Il est vrai que j’ai combattu les ennemis des Sith lorsqu’ils dirigeaient l’Empire. Et il est vrai que j’ai offert mon sang à l’Impérium. Le seigneur de la guerre dirige son regard embrasé vers le sabre laser et affiche un sourire triste aux lèvres. Mais ce temps est révolu. Je n’ai aucune sympathie pour les Sith. Et je n’en ai pas plus pour les impériaux d’aujourd’hui. Tout ce que vous voyez ici est mon empire. Celui qu’aurait du être l’Empire il y a des années.
Il y a une part de mensonge et de vérité dans ce qu’il raconte. Il se persuade silencieusement que ce qu’il entreprend est juste, nécessaire. Même s’il doit s’éloigner de l’Impérium et de ses intérêts pour accomplir ses objectifs. Mais il y a fort à parier que les agents impériaux, s’ils pouvaient l’entendre, ne seraient pas d’accord avec son point de vue. On le prendrait sûrement pour un traître. L’est-il réellement ? Possible oui. Mais n’est-ce pas ce qu’on attend de lui ? Qu’il mente ? Qu’il se rapproche du seigneur Gelmir par tous les moyens ? Même si cela doit le mener sur la voie de la trahison ?
- D’une certaine manière, je crois avoir parcouru un chemin similaire à celui emprunté par votre seigneur, même si cela reste un point de vue discutable. Nous nous sommes engagés dans une armée, nous avons combattu pour des empires et nous avons décidés de nous en éloigner pour quelques raisons obscures et personnelles. Continue froidement l'humanoïde à peau bleue. J’ai, pour ma part, quelques divergences d’opinion avec ceux qui prétendent suivre l’idéologie impériale. Ceux qui partagent mon point de vue sur ce que devrait être réellement l’Empire m’ont suivi dans la Bordure Extérieure. Le régime impérial est gangréné par toute une clique de politiciens, d’entrepreneurs et d’officiers qui considèrent que l’espèce humaine doit dominer toutes les autres. Vous aurez pu constater par vos propres yeux qu’ici même, nous accordons la même place à tout le monde. C’est ce qui fait la différence… Mais pas seulement.
Le Chiss marque un temps de pause. Il avale plusieurs gorgées de lait bleu, puis vient croquer un autre morceau de pomme. Son regard enflammé se plante dans les yeux du colonel.
- J’oeuvre pour la paix. Pour une paix durable. Ajoute mystérieusement le dénommé Hivernus. Vous me direz que c’est là le but de toute organisation politique douée de raison. Mais que faire si ces organisations politiques sont corrompues ? Impérium, République, Confédération des Systèmes Indépendants… Tous ces régimes sont rongés de l’intérieur par quelques maux insidieux qui finiront par les mener à la perte. Ils sont aveuglés par leur fierté, et par des personnages qui sont prêts à faire tous les sacrifices nécessaires pour assurer la pérennité de leurs intérêts personnels.
Deuxième silence. Un autre quartier de pomme est avalé. Ce qu’il reste du fruit est déposé sur la table, exposé tel un trophée. Toute expression faciale semble désormais effacée sur le visage du seigneur de la guerre.
- Le Mal… Le Mal, Colonel, est comparable à un arbre. Ses racines se trouvent dans les profondeurs de la terre, dans les ténèbres, mais ses fruits prolifèrent dans la lumière. Certains ont l’imprudence de goûter à ces fruits tentateurs et s’en trouvent à jamais changés. Cet arbre qu’est le Mal peut être coupé mais il reviendra toujours et encore tant qu’il ne sera pas déraciné. Voilà pourquoi il est si difficile à vaincre. Révèle l'humanoïde à peau bleue, d’une froideur renouvelée. C’est là la raison de mon combat. De mon oeuvre. L’armée que je dirige est l’avant-garde impériale. Celle chargée d’apporter l’ordre, la sécurité, la paix et la prospérité dans la galaxie. Mais ne vous trompez pas sur mes intentions. Si je dois détruire plusieurs mondes et réduire en poussière quelques régimes pour apporter l’aube d’une nouvelle ère, alors je n’hésiterai pas un instant. Certains peuvent remettre en question ce point de vue, cette façon de faire, mais ceux qui comprennent vraiment se rendent compte que je ne peux pas laisser perdurer quelques institutions corrompues.
Une porte disparaît dans le mur et laisse apparaître la silhouette en armure grise d’un commando de l’Unité Tactique d’Intervention Rapide. Le soldat, dont l’identité est dissimulée par un casque, fait claquer ses talons en guise de salut militaire.
- Mon seigneur… Désolé de vous importuner de la sorte mais… J’ai un rapport urgent à vous remettre. Indique l’inconnu en armure grise.
- Je vous accorde deux minutes. Pas une de plus. Répond froidement le Chiss en se redressant. Veuillez m’excuser pour ce contretemps Colonel. Ce ne sera pas long.
Le dirigeant de Base Vergesso quitte le salon d’une démarche pénible, accompagnant le soldat dans le couloir. La porte se referme derrière eux. Ce que les deux hommes comptent se dire ne regardent qu’eux visiblement. Frilla Hawan observe le militaire qui lui fait face, avec de nombreuses interrogations en tête. Elle décide finalement de se lancer à son tour.
- J’ai vu vos regards insistants. Vous vous interrogez sur le lien qui m’unit à mon père. Le sang du seigneur Hivernus ne coule peut-être pas dans mes veines, mais ne doutez pas un instant qu’il est bel et bien mon père. Annonce la fille adoptive du seigneur de la guerre avec une certaine dévotion. Il y a d'ailleurs une phrase Mandalorienne qu'il affectionne tout particulièrement en ce sens. Aliit ori'shya tal'din... La famille ne se limite pas aux liens du sang. C’est une chose particulièrement importante aux yeux de mon père. Le seigneur Hivernus est ma seule famille, la seule qui compte réellement. Il est mon père, mon modèle… Et je suis sa fille, son héritière.
La jeune femme boit une gorgée de lait Arkanien, comme si ce breuvage peut l’aider à trouver l’inspiration. Elle reprend avec toujours autant de ferveur son discours enflammé.
- Quoi qu’il en soit, mon père est peut-être dur dans ses mots, mais ce qu’il entreprend est juste. J’ai vu la loyauté sans faille qu’il inspire à ses hommes. J’ai vu le courage et la fierté affichés sur les visages de ceux qui combattent sous sa bannière... Poursuit-elle avec ardeur. La pureté de sa justice repousse les ténèbres… L’impitoyable férocité de ses soldats s’est plus d’une fois déchaînée sur ses ennemis. Aucune forteresse ne pourra résister à la colère de mon père et à la fureur de ses troupes. Du point de vue du Syndicat Tenloss et des nombreux groupes pirates du secteur, il n’est qu’un rival de plus à éliminer. Pour ses partisans, il est une lueur d’espoir dans une galaxie ravagée par les conflits. Les Ravageurs peuvent être un soutien de choix dans les projets de mon père, tout comme il peut être un soutien de choix dans les projets du seigneur Gelmir. Je pense, Colonel, que vous devriez y réfléchir sérieusement.
La porte s’ouvre à nouveau et laisse entrevoir la silhouette maladive du Chiss. Hivernus entre seul dans la salle convertie en musée privé. Il se glisse dans le fauteuil qu’il occupait auparavant et vient retirer sa prothèse de fortune. Son moignon se fait douloureux et l'humanoïde à peau bleue ne trouve qu’une seule solution pour se soulager : Un massage vigoureux.
- Je m’excuse encore pour la gêne occasionnée Colonel. J’espère ne pas avoir été trop long. Reprend le seigneur de la guerre d’un ton plus… Paisible. Je suis désormais à votre entière... Disposition.
Le dirigeant des lieux s’empare de son verre de lait bleu et avale quelques gorgées du précieux liquide. Il guette la moindre réaction sur le visage de son interlocuteur. Peut-être cherche t-il à deviner les pensées du colonel Hamer… -
Post n°9
Auteur : Darth Malraas
Hector se suspend aux lèvres du Seigneur Hivernus, ne souhaitant perdre aucuns mots lâchés par ces lèvres sûres. Les changements de ton à peine perceptible révèlent pourtant une ardeur enfouie dans les entrailles de l'homme bleu. Les phrases sont des œuvres parfaitement sculptées, embellies par les sentiments et illuminés par l'intonation. Le Colonel ne sourcille pas, ses yeux ronds gravés sur son visage militaire, restent figés dans ceux de son interlocuteur. Soigneusement, il patiente et emmagasine les informations, l'idéologie même, de ce Seigneur de Guerre. Finalement et alors que la diction paraît s'achever, une armure d'un gris ardoise fait son apparition, révélant souhaiter effectuer un rapport à son supérieur.
Veuillez m’excuser pour ce contretemps Colonel. Ce ne sera pas long. Informe l'hôte à son invité, avant de disparaître dans un couloir.
-Je vous en prie. Répond le concerné.
C'est à ce moment précis que Frilla Hawan, la fille du Seigneur Hivernus, se décide à effectuer une intervention personnelle. Son discours tiens dans une main. La bonté d'âme de son père, par ce choix qui est sien de faire d'elle son enfant, couplé au caractère sublime d'un Seigneur hors pair. Le Colonel Hamer comprend que les liens du sang ne sont que des broderies sur un tableau généalogique. Il admet volontiers qu'un enfant sans le même ADN, peut-être autant, voire plus, important qu'une progéniture naturelle. Les guerres fabriquent des orphelins et torpillent les parents vers un état spectral, historique et parfois, légendaire. Les Hamers sont enrichis par leurs liens familiaux sur des générations, mais les trois frères s'unissent sur ce devoir de respecter de la vie. Des cauchemars d'un cataclysme, peuvent naître des enfants aux talents héroïques.
La jeune fille construit donc un tableau à l'avantage de son père. Elle y ajoute, comme n'importe quelle bonne politique, une touche récréative d'admiration qui se change aussitôt en utilité commune. Hector n'aurait pas été étonné si après ce beau monologue -ayant tout à fait un sens- la petite se serait tenue devant lui, plume à la main, lui tendant un parchemin pour rejoindre l'armée de son paternel. Tout cela bien sûr, les yeux humectés de petites perles de joies.
-J'y réfléchirais. Lui lance-t-il alors pour seule réponse, un sourire aux lèvres.
Le Seigneur Hivernus revient alors de son entrevue mystérieuse. Il reprend sa place sur le fauteuil, retire sa prothèse comme s'il s'agissait d'une chaussette et en oublie peut-être, que c'est là se présenter comme un être... Diminué et fragile. Hector avale une gorgée d'eau et repose son verre, aux Ravageurs de se dévoiler.
-Les Ravageurs ne s'accordent plus avec la plus grande majorité des civilisations de la Galaxie. Nous demeurons séparés volontairement, des voies de navigations classiques et œuvrons pour satisfaire les besoins de notre propre civilisation. Commence-t-il par dire. L'ombre des gouvernements tels que la République Galactique ou la Confédération, plane sur les têtes de ceux et celles qui choisissent la liberté. Mais les Ravageurs ne possèdent pas que de simples têtes. Hector tend le menton vers son casque. Nous sommes des soldats et notre principale mission est de satisfaire les besoins des nôtres, de sauvegarder notre peuple et notre civilisation, au détriment des nations extérieures s'il le faut.
Le Colonel s'enfonce dans son fauteuil afin de se sentir plus à l'aise.
-L'Empire Sith fut une plaie pour la Galaxie, tout comme l'ancien Empire proposant aux mondes affiliés, les mêmes politiciens corrompues de la République. Les Ravageurs sont responsables de l'émersion de la République Fédérale, nous avons pour la majorité, été sous la bannière Confédérée. Les choses ne pourraient être différentes, mais je suis certain que si le Seigneur Gelmir devait revenir des années en arrière, c'est avec satisfaction que je l'appellerais Empereur. Le Corellien fronce les sourcils en regardant l'homme bleu. Il est plus facile de suivre un homme qui ne veut pas être roi mais qui agit comme tel, aux yeux des siens. Notre Général s'est écarté de la Confédération pour fondre à travers les étoiles, après toutes ces années, alors qu'il dirigeait la plus grande puissance galactique, après avoir aidé à l'éradication de l'Empire et instauré la paix... Ses intérêts ne se sont pas tournés vers le pouvoir et la satisfaction d'avoir ce dit pouvoir. D'un homme puissant dans les armes et connu par le titre à travers la Galaxie, il est devenu un Seigneur de Guerre.
La gorge presque asséchée, Hector relève son verre, dirigeant un instant ses yeux vers la fille d'Hivernus, puis vers celui-ci. Une belle gorgée avalée, il reprend.
-Kessel puis Nar Shaddaa et finalement notre monde, d'une beauté sans égale, d'une nature féérique, que nous construisons à mesure que les étoiles filantes défilent sur Coruscant. Pour ses ennemis il est la fureur, mais pour les siens il est un bienfaiteur. Si je suis aujourd'hui ici, c'est pour parler des Chantiers que vous avez conquis en même temps que cette base, afin de construire le vaisseau avec lequel je suis venu.
Si vous acceptez cette offre, vous entrerez dans les faveurs du Seigneur Gelmir.
Les Ravageurs sont dans l'obligation de sous traiter certaines de leurs technologies le temps que nous ayons l'infrastructure nécessaire à développer dans notre propre système. Nous disposons d'ingénieurs, de techniciens et de divers personnes aux compétences variées pour superviser la construire de A jusqu'à Z.
Si vous acceptez Seigneur Hivernus, nous vous offrirons une de nos Corvettes Raiders et vous pourrez discuter de la suite, directement avec le Seigneur Gelmir. -
Post n°10
Auteur : HivernusLe colonel Hamer dévoile de nombreuses informations que le Chiss s’empresse d’enregistrer dans sa mémoire. Ainsi donc, les Ravageurs ont choisi de s’éloigner de l’agitation générale… Le fait qu’ils aient choisi une telle voie peut être interprété de bien des manières. Peut-être cherchent-ils à conspirer dans leur coin, dans le but de se préparer à une guerre à grande échelle, sans attirer l’attention des grandes puissances galactiques. Ou peut-être qu’ils cherchent réellement à se retirer dans un endroit perdu de la galaxie, à la recherche d’un havre de paix. Mais peut-on réellement attendre d’un seigneur de la guerre et de son armée qu’ils s’établissent sur une planète afin d’y vivre en toute sérénité ? Le doute est permis. Les soldats sont des hommes d’action. Et il est donc plus probable que le seigneur Gelmir cherche à se constituer un empire dans un endroit qui n’intéresse personne.
Quoi qu’il en soit, cette première information permet déjà de renseigner l'humanoïde à peau bleue sur un point précis : Leur capitale est établie sur un monde lointain, éloigné des voies de navigation très fréquentées. Les coins les plus reculés de la Bordure Extérieure pourraient bien correspondre… Mais il se peut que cette planète soit située dans l’Espace Sauvage, ou pire, dans les Régions Inconnues. Tout est possible. Et du fait de l’absence de renseignements, les déductions ne mènent à rien. Il faut toutefois noter que le colonel Hamer a mentionné Nar Shaddaa et Kessel comme terres d’accueil provisoires des Ravageurs. Il s’agit donc de pistes à exploiter.
Une partie entière du discours de l’officier porte sur la nature même de l’organisation militaire des Ravageurs. Ce sont, pour la plupart, des soldats ayant servi sous les ordres du seigneur Gelmir lorsqu’il était général de la Confédération des Systèmes Indépendants. Leur loyauté s’est forgée progressivement, lors de multiples batailles passées à ses côtés et sous ses ordres. Et à en croire le colonel Hamer, ils auraient été prêts à le couronner empereur s’il avait eu cette volonté. Une telle loyauté force le respect, inspire l’admiration. Hivernus ne connaît que trop bien cette loyauté. Il est lui-même le sujet d’une loyauté sans faille de la part de ses hommes. Il n’y a qu’un seul moyen d’inspirer telle dévotion à des soldats : Des actions brillantes. Le seigneur Gelmir, en tant que général séparatiste ou seigneur indépendant, a mené ses troupes à la victoire plus d’une fois. C’est un fait connu de tous. Il a mérité son titre de seigneur de la guerre. Peu peuvent se vanter d’avoir telle considération dans le cœur de l'humanoïde à peau bleue. Des personnages tels que Valiant ou Ozzel ne font pas l'objet d'une telle estime.
Dans une autre vie, s’il était né dans un coin moins isolé de la galaxie, et dans un régime différent, Hivernus aurait probablement été l'un de ces nombreux volontaires souhaitant servir au sein de la douzième division du commandant puis général Gelmir. Le simple fait, aujourd’hui même, de savoir qu’il peut avoir l’occasion de rencontrer dans un futur proche son homologue semble le satisfaire. Deux seigneurs de la guerre, ayant des opinions plus ou moins similaires sur quelques régimes corrompus, illégitimes et faibles, pourraient bien changer le destin d’une galaxie moribonde… Mais pour l’heure, il faut se contenter de ce qui est réellement acquis. Et le respect des Ravageurs est loin d’être gagné.
- Colonel Hamer, j’apprécie votre franchise. L’offre des Ravageurs est généreuse. Mais je me permets de proposer une nouvelle offre, plus favorable à vos attentes. Répond mystérieusement le Chiss, avant de continuer de son habituelle froideur. Nous sommes des militaires, et je sais très bien, en tant que tels, que seules les actions concrètes ont une quelconque influence sur nos esprits guerriers. Je ne connais pas votre situation actuelle, mais j’imagine que vos experts seront plus utiles sur votre monde qu’ici. Il se trouve que j’ai moi-même une division d’ingénieurs et de scientifiques, que je peux mettre à votre disposition.
Le seigneur de la guerre s’accorde un moment de pause, buvant une gorgée de son précieux lait bleu. Son regard incandescent reste fixé sur son interlocuteur, comme s'il cherche à deviner le fond de ses pensées. Il reprend rapidement la parole, lorsqu’il s’est assez désaltéré.
- Sur ce point là, je peux déjà vous arranger une visite, afin que vous puissiez vous forger votre propre opinion sur nos travaux en matière de recherches militaires et voir si cela est compatible avec vos projets. Continue Hivernus, impassible. J’ai par ailleurs le sentiment qu’il serait plus profitable, pour vous comme pour nous, d’établir une ambassade des Ravageurs sur Base Vergesso. De mon point de vue, il s’agit avant tout de prouver au seigneur Gelmir qu’il peut nous faire confiance, en gardant un oeil sur l’avancement de ma campagne militaire. Il pourra ainsi décider par lui-même s’il souhaite réellement s’investir dans le Seigneurat de Bajic et conclure quelques accords.
Les dés sont jetés. Il ne reste plus qu'à voir si le résultat obtenu par le lancer peut convenir au colonel, ou si ce dernier souhaite lui-même relancer afin d'avoir un résultat plus favorable à sa vision des choses. -
Post n°11
Auteur : Darth Malraas
La proposition du Seigneur Hivernus semble tout à fait adaptée aux besoins des Ravageurs. Les responsables de Bélériand sont-ils néanmoins prêts à déléguer la totalité des travaux, aux ingénieurs de Vergesso ? Hector indécis, préfère ajuster la suggestion de son hôte.
-Votre proposition est opportune, mais le Général Hamer ne pourrait concevoir de fournir nos plans sans avoir un oeil sur le processus. Voilà pourquoi la Générale de Bridage, Alinéor Ferra, réalisera des auditions sur votre personnel. Il plisse les yeux, comme pour percer l'oeil unique de son interlocuteur et dénicher ses réflexions. Notre Générale est chargée de la Division Aérienne de notre capitale et c'est à elle que nous devons les tests décisifs des Corvettes Raiders. Sa présence sera tout à fait adaptée et vos ingénieurs pourraient bénéficier de son expérience.
Il se tait, laissant quelques secondes à Hivernus pour réfléchir.
La dernière gorgée d'eau est bienfaitrice, de quoi humidifier la gorge sans avoir à la racler.
Il reprend, gardant à l'esprit les paroles de l'homme bleu.
-Je rebondis sur votre proposition d'ambassade, la Générale pourrait ainsi avoir le luxe de rester sur place, c'est un atout. Cette idée ne peut aller que dans un seul sens, notre monde sera heureux d'avoir une délégation du Seigneurat de Bajic. Un doute lui traverse l'esprit, mais si les Ravageurs veulent des alliés, il ne peuvent rester calfeutrés derrière les Régions Inconnues. Nous mettrons en place un cycle de transport militaire afin que vos hommes et que les nôtres, puissent naviguer entre chaque monde, à des dates précises. Vous comprendrez que le Seigneur Gelmir met un point d'honneur à préserver la capitale... Les coordonnées stellaires sont biens trop précieuses pour prendre le risque qu'elles finissent entre les mains de personnes hostiles.
Hector repose son verre.
-Une visite serait intéressante mais cette future alliance ne peut se faire sans satisfaire votre curiosité. Je vous propose de vous rendre à la capitale, de voir nos installations et de vous entretenir avec le Général Hamer et l'Amirale Mai. -
Post n°12
Auteur : HivernusLe colonel Hamer semble satisfait par le résultat obtenu lors du lancer de dés. Mais il ne peut toutefois s’empêcher de relancer dans le but d’avoir un meilleur score. Et visiblement, il semble avoir vu juste. L’officier de Ravage indique qu’une certaine générale se chargera de vérifier méticuleusement les dossiers des hommes et des femmes travaillant au sein de la division des recherches militaires. Il ajoute aussi qu’il sera nécessaire pour elle d’être au plus près des chantiers navals pour superviser la construction des corvettes destinées à la flotte des Ravageurs. L’offre d’ambassade est donc acceptée. Le colonel va d’ailleurs plus loin en offrant une proposition similaire au Seigneurat de Bajic. Chaque camp pourrait ainsi voir ce qu’il se passe chez l’autre… Et dans le cas de l'humanoïde à peau bleue, un tel privilège pourrait bien lui permettre de servir ses intérêts. A l’annonce de la possibilité de rencontrer l’amiral(e) Mai et le général Hamer, un possible parent de son interlocuteur, Hivernus se permet de garder le silence.
Si son visage semble impassible, son cerveau est en ébullition. Le seigneur de la guerre analyse les propos du colonel, émet plusieurs hypothèses… Il en vient à la conclusion suivante : Les Ravageurs manquent cruellement d’alliés et de ressources si l’on se fie à leur envie pressante de l’inviter sur leur capitale afin d’établir une “alliance” pour reprendre les mots du jeune Hamer. Alliance. Tout individu normalement constitué, et doué de raison, prendrait toutes les mesures nécessaires afin d’éviter de tomber dans un piège, de se fier à la mauvaise personne. Le colonel qui lui fait face lui prouve cependant qu’en ces heures sombres, il faut parfois chasser toute méfiance pour faire des compromis.
Quand il s’agit de dominer les étoiles, les différentes puissances galactiques se livrent une guerre sans merci et il est rare de voir des alliances durables se former, de peur de voir un gouvernement prospérer et devenir plus puissant qu’un autre. Si les alliances peuvent s’avérer utiles, voire essentielles, il est cependant important de retenir qu’elles doivent être abordées avec prudence. Tant que les avantages restent mutuels, l’alliance peut tenir… Mais les dirigeants changent, leurs besoins avec, et il n’est ainsi pas rare de voir un individu trahir ses alliés s’il trouve de nouveaux avantages à le faire. Il est donc du devoir d’un commandant avisé de rester attentif en tout temps, s’il veut survivre. Il doit savoir anticiper les attentes des autres et préparer ses coups à venir en fonction des moindres changements. Hivernus, qui est loin d’être un imbécile, sait très bien que cette alliance avec les Ravageurs peut être au pire une alliance de circonstance, au mieux une alliance étroite et durable, même si cette deuxième possibilité reste pour l’instant écartée.
Dans tous les cas, à court terme, une coopération étroite entre deux puissances enclavées dans les confins de la galaxie peut être une excellente manière de consolider ses positions… Seul un idiot refuserait d’accepter de se saisir d’une telle opportunité. Le Chiss s’empare de son verre de lait bleu et en avale une gorgée, toujours aussi inexpressif. Son regard ardent se pose sur sa fille adoptive, qui se permet de sourire malicieusement… Mais l’oeil désormais unique du seigneur de la guerre vient rapidement fixer l’officier de Ravage.
- Je crois que nous avons trouvé un terrain d’entente Colonel. Votre Générale sera ici chez elle. Et je ferai en sorte de la traiter avec tous les honneurs dus à son rang, tel un membre de ma propre famille. Répond froidement l'humanoïde à peau bleue. Mais avant de nous pencher sur les détails d’un tel accord, je pense qu’il est plus convenable pour vous comme pour moi de passer en revue les chantiers navals du système Libeya. Après tout, vous êtes venu sur Base Vergesso pour cette raison même et il serait impoli de vous refuser la visite que vous attendez.
Frilla se redresse subitement et se charge de débarrasser les verres. Son père adoptif entreprend de fixer sa prothèse de fortune à son moignon avant de se tenir fermement appuyé sur sa canne. Cet état de faiblesse, dans lequel il semble s’accepter, pourrait être interprété par beaucoup comme une marque de médiocrité. Mais Hivernus est loin d’être faible, comme il aime se montrer. Bien évident, sa blessure de guerre le lance douloureusement de temps à autre et réduit considérablement sa mobilité, mais elle ne sape pas la volonté du Chiss. Et son esprit affûté est loin d’être perturbé par cette insignifiante douleur, aussi désagréable soit-elle. D’un simple geste de la main, il désigne la sortie au colonel Hamer et s’engage à sa suite. Frilla Hawan reste dans leur ombre, telle une servante obéissante. Le trio traverse la salle du trône sans y faire halte. Les lourdes portes s’ouvrent sur le couloir… Les soldats de la Brigade Impera postés en faction dans le couloir plaquent instinctivement l’arme contre le torse et font claquer leurs talons en guise de salut militaire.
Le seigneur Hivernus leur adresse un regard bienveillant, teinté de fierté. Il accorde d’un bref moment d’attention aux soldats escortant l’officier de Ravage, tentant peut-être de prendre des informations sur leur équipement militaire. Mais il semble s’en détourner rapidement et préfère continuer son chemin dans les couloirs austères de sa citadelle… Sur son passage, chaque stormtrooper portant le bleu sur son armure semble s’animer. A chaque fois que l'humanoïde à peau bleue s’avance, hommes, femmes et aliens qui constituent son bataillon personnel lui rendent hommage. Et le spectacle ne s’arrête pas là. Lorsque le cortège se rend dans la cour du bâtiment principal, une Twi’lek balafrée et portant un uniforme strié d’une unique bande bleue sur les manches et le pantalon donne un ordre que toute la troupe semble entendre.
- Sections ! Saluez votre seigneur ! Lance avec autorité celle qui arbore la plaque de capitaine sur sa poitrine.
Prenant réception de l’ordre, les différentes sections des jeunesses seigneuriales et de la Brigade Impera font claquer leurs talons, plaquent l’arme sur le torse, redressent le menton et se figent d’un coup. L’ensemble est parfaitement exécuté, fruit d’intenses mois de répétitions incessantes. Cette fois-ci, nul son ne sort des tambours. Comme le seigneur qu’il est réellement en ces lieux, Hivernus remonte les diverses sections en adressant de temps à autre un hochement de tête à ceux et celles qui sont prêts à donner sa vie pour lui. Le lieutenant qui a servi de conducteur au colonel Hamer n’a pas changé de place.
- Mon seigneur… Souffle presque timidement l’officier, adressant un salut militaire impeccable à son supérieur, puis dirigeant son regard vers la fille de ce dernier et l’émissaire qui les accompagne. Ma dame… Mon Colonel.
L’homme déglutit péniblement, probablement intimidé par la présence de ces individus puissants.
- Le Capitaine Ven me fait savoir qu’elle vous a affecté une garde rapprochée… Au cas où… Continue le lieutenant.
- Très bien. Lâche pour toute réponse le seigneur de la guerre.
Il jette un coup d’oeil du côté de la Twi’lek balafrée, un sourire amusé aux lèvres.
- Elle ne fait que son devoir, Lieutenant. Poursuit le Chiss en reprenant son air indifférent.
- Oui mon seigneur. L’officier incline la tête, en guise de soumission ou de respect, puis ouvre la portière du côté passager.
Hivernus monte le premier, à l’arrière, bientôt suivi par le colonel Hamer. Frilla occupe le siège qui jouxte la place du conducteur. Dans les autres véhicules, les soldats de Ravage et les stormtroopers affectés à la protection rapprochée du seigneur de la guerre s’installent à leur tour. Le convoi ne prend pas la direction des hangars par lesquels sont arrivés les Ravageurs. Le véhicule de tête mène la file au coeur du quartier de la Citadelle, relativement calme et moins surveillé que le reste de la base malgré une population plus présente et active. Après quelques minutes de trajet qui ne semblent être que quelques secondes, le convoi s’arrête à hauteur d’un autre hangar protégé par une petite section de soldats de choc de l’infanterie régulière.
Le lieutenant sort en vitesse et vient ouvrir la porte du côté passager, faisant claquer ses talons une nouvelle fois, rigide comme un I. Frilla Hawan descend en premier et vient soutenir son père lorsqu’il quitte à son tour le véhicule. Au moment où il pose le pied sur le sol, les stormtroopers de garde devant le hangar se mettent instinctivement au garde-à-vous, comme un seul homme. Les quatre combattants de la Brigade Impera chargés de la sécurité de l'humanoïde à peau bleue viennent s’ajouter à l’escorte du colonel Hamer. Le Chiss semble reconnaître la silhouette massive du caporal Yinchorri Qubbrakt, intimidant dans son armure blanche striée de bleu. Il lui adresse un bref hochement de tête, auquel le colosse répond par un poing fermé sur le torse. La petite troupe mélangeant Ravageurs et seigneuriaux avance tel un bloc homogène vers le hangar. A l’intérieur, quelques navettes de classe Lambda sont surveillées par un agent du Coeur Ardent, reconnaissable à son uniforme vert à col bleu. L’homme contrôle les départs et les arrivées, s’assure de l’identité des équipages et des passagers, vérifie les ordres donnés, prend des notes sur son datapad… Le respect du protocole est nécessaire pour éviter la moindre faille dans le système de sécurité.
Malgré tout, les procédures ne semblent pas atteindre le seigneur de la guerre. Il serait imprudent d’oser contrôler l’individu qui a la main-mise sur l’ensemble du système de Lybeya… L'humanoïde à peau bleue et ceux qui sont dans son ombre peuvent donc ainsi pénétrer en toute impunité dans sa navette personnelle. A l’intérieur du transport, l’équipage s’est figé dans un salut militaire impeccable, qu’il quitte rapidement lorsque le Chiss daigne leur adresser un signe de tête. Après les vérifications d’usage et l’annonce d’un départ imminent, la navette de classe Lambda décolle et quitte le hangar pour amorcer son vol dans l’espace. Le feulement rauque de plusieurs chasseurs TIE déviés de leur patrouille vient s'adjoindre au doux chuintement du vaisseau qu’ils sont chargés d’escorter jusqu’aux chantiers navals. Le transport personnel du seigneur Hivernus longe les silhouettes menaçantes des trois bâtiments de guerre de la petite armada seigneuriale puis se dirige vers le lieu de la visite. Après un bref moment accordé aux procédures de routine, la navette de classe Lambda obtient finalement l’autorisation de se poser. Les chasseurs TIE d’escorte retournent à leur patrouille.
Dans le hangar dédié à l’embarquement et au débarquement du personnel, une petite haie d’honneur s’installe devant le transport. Lorsque la rampe d’accès s’abaisse, les douze stormtroopers formant la section d’accueil se mettent au garde-à-vous. L'humanoïde à peau bleue est le premier à descendre, suivi de près par sa garde rapprochée et sa fille adoptive. De sa démarche lente et pénible, il continue son chemin, sans prendre la peine de vérifier que la délégation des Ravageurs le suit. Quelques véhicules habituellement destinés au transport rapide des ouvriers ont été réquisitionnés pour la visite. Lorsque tout le monde est embarqué, le petit convoi démarre son périple à travers les différents niveaux des chantiers navals du système. Les véhicules traversent d’abord une grande installation dans laquelle quelques dizaines de vaisseaux de petit tonnage de tout genre sont inspectés et remis en état par des ouvriers en combinaison grise. Quelques soldats portant l’armure blanche des troupes de choc accompagnent un agent du Coeur Ardent qui se charge de vérifier le travail d’une équipe de mécaniciens. Plus loin, un contremaître passe ses nerfs sur un ouvrier, sous le regard perplexe de quelques uns de leurs camarades. Il lui reproche apparemment une négligence.
- Nos chantiers navals ne sont pour l’heure pas utilisés à cent pourcents de leurs capacités. Il se trouve que nous avons du mal à trouver des clients soucieux de faire construire ou réparer des vaisseaux dans ce coin de la galaxie. Indique Hivernus à l’attention du colonel Hamer. Et le fait que le Seigneurat de Bajic soit en guerre avec ses voisins n’aide pas. J’ai cependant trouvé un moyen de palier à ce problème...
Le seigneur de la guerre laisse volontairement sa phrase en suspens, mystérieux. Le convoi passe devant une série de cales sèches dans lesquelles quelques vaisseaux de moyen et gros tonnages subissent quelques réparations conséquentes. Le Chiss jette un coup d’oeil du côté d’un vaisseau-donjon de classe Kiltirin. De nombreux ouvriers en combinaison zéro gravité se chargent de réparer l’imposante structure, parfois aidés dans leur tâche par quelques petits appareils spécialisés. La traversée se poursuit toujours plus loin, jusqu’à atteindre une partie des chantiers navals presque aussi vaste que celles déjà traversées. Une véritable usine semble s’être installée dans cet endroit. En l’air, des dizaines de baies en transparacier, de cockpits de chasseur TIE, d’ailes solaires sont suspendus à des rails sur plusieurs niveaux et avancent d’un point à un autre. Au sol, un large espace est consacré à l’assemblage des chasseurs. Là aussi, des stormtroopers sont toujours visibles.
- Nous avons converti une partie de nos chantiers navals en usine. Nous produisons nos propres chasseurs TIE ici. Continue l'humanoïde à peau bleue. Il s’agit là d’un atout non négligeable… Car nous pouvons ainsi remplacer nos pertes rapidement.
Il n’en est pas de même pour les pilotes. Ils ne peuvent pas être produits à la chaîne, à l’inverse des appareils. Trouver des remplaçants compétents aux pilotes tombés au combat est une tâche bien plus ardue. Mais là n’est pas le sujet de la visite.
- Si jamais vous vous posez des questions à propos de l’acquisition et de l’acheminement des matériaux nécessaires pour la fabrication des pièces, sachez qu’une partie est issue du secteur. Poursuit le seigneur de la guerre avec sa froideur habituelle. L’autre partie vient de la Bordure Extérieure. Il se trouve qu’au fil des années j’ai su me faire quelques soutiens de taille...
Hivernus sous-entend vaguement que l’Impérium lui livre certaines ressources. Ou tout du moins qu'il a des amis puissants chez les impériaux. Dans les faits, la mission que lui a confié la Grande Moff Ashe lui a permis d’acquérir quelques privilèges. La naine, qui cherche par tous les moyens à acquérir le soutien d’officiers prometteurs et d’alliés potentiels, n’hésite par à recourir aux grands moyens pour parvenir à ses fins. De ce fait, l’attribution exceptionnelle de ressources à un agent du Bureau de la Sécurité Impériale à qui elle croit pouvoir faire confiance est un investissement à long terme. Elle pense avoir en retour une loyauté acquise qui lui permettra de bénéficier d’un pion de plus sur son échiquier… Peut-être même qu’elle nourrit l’espoir de conclure une alliance avec le seigneur Gelmir. Mais tout ceci, le colonel Hamer l’ignore. De même que bon nombre d’individus au sein de l’Impérium. En fait, seule une poignée d’officiers fidèles à la cause de la Boroskaise est mise dans la confidence.
De ce fait, divers stratagèmes se sont mis en place pour couvrir le soutien apporté au prétendu seigneur de la guerre Hivernus. On fait en sorte de recruter des individus sans attache, ayant un passé douteux ou passés par la cour martiale afin de les envoyer dans la Bordure Extérieure. On fait en sorte de supprimer leurs dossiers, ou de rédiger un rapport concernant une mort ou une disparition lors d’une quelconque mission afin d’éviter tout soupçon. La Bordure Extérieure étant un endroit contesté par de multiples factions, notamment des syndicats du crime, des seigneurs de la guerre et des groupes pirates, il est aisé de croire de tels rapports. De même, les nombreuses ressources envoyées au Seigneurat de Bajic sont transportées dans le plus grand secret. Les hommes de la Grande Moff se chargent de sélectionner des équipages loyaux qui pourront transporter d’un point à un autre des cargaisons non déclarées et destinées aux forces du Chiss. Et du fait des territoires impériaux éparpillés aux quatre coins de la galaxie, il est presque facile de justifier un retard de quelques jours sur une livraison. Le moindre élément pouvant compromettre l’équipage et révélant un détour est supprimé. Ainsi, les petites manigances de la Grande Moff passent au dessus de tout soupçon… Pour le plus grand plaisir de la naine et de celui qui semble servir ses intérêts dans la Bordure Extérieure.
- Il nous arrive parfois de perdre quelques transports. De nombreux groupes pirates profitent de la faiblesse du Syndicat Tenloss et n’hésitent pas à attaquer les moindres convois qui passent à leur portée, quels qu’ils soient. Ajoute l'humanoïde à peau bleue. J’ai toutefois réussi à convaincre certains de ces groupes de se joindre à moi. De ce fait, les risques de pertes sont réduits de moitié.
La visite en véhicule se poursuit. Le cortège passe désormais devant un petit hangar dans lequel sont entreposés deux Transports Blindés Tout-Terrain incomplets. Les nombreuses pièces manquantes sont posées aux pieds des mastodontes, n’attendant que le moment où elles seront installées. Quelques ouvriers travaillent dans le ventre des transports blindés, à en juger les crépitements incessants et les quelques échanges qui ont lieu. Les véhicules s’arrêtent d’un coup. Les passagers descendent. Hivernus quitte péniblement son siège et s’appuie sur sa canne pour ne pas manquer d’équilibre. Frilla cherche à l’aider mais se ravise au dernier moment.
- Colonel Hamer, vous avez pu voir des centaines d’ouvriers à la tâche. Ils sont des milliers. Je considère qu’il est nécessaire d’avoir une puissante industrie pour avoir une économie stable. Car l’argent est le nerf de la guerre n’est-ce pas ? Reprend le seigneur de la guerre en venant planter son regard de braise sur l’officier de Ravage. Nous pouvons travailler pour des gouvernements étrangers. Mais une partie de ce que nous produisons entre ces murs est destinée au Seigneurat de Bajic… Et à ses plus proches collaborateurs.
Il désigne d’un signe de tête les portes gardées par un trio de stormtroopers.
- Ce que vous vous apprêtez à voir ne doit jamais être divulgué. Termine froidement le Chiss.
Hivernus s’avance vers les soldats de garde, qui se figent dans un salut militaire à l’approche de leur supérieur. L'humanoïde à peau bleue est le premier à traverser les portes. A l’intérieur, un vaste couloir s’ouvre sur des dizaines de salles d’expériences en tout genre. Le seigneur de la guerre, qui semble connaître ces lieux comme sa poche, poursuit sa route d’un pas décidé. A son passage, les scientifiques s’écrasent contre les murs, soucieux d’éviter de subir le courroux de celui qui commande tout en ce bas monde. De temps à autre, des officiers et des soldats collaborant avec le département des recherches militaires croisent le cortège et offrent à leur seigneur un garde-à-vous impeccable.
Le Chiss s’arrête subitement, captivé par une quelconque expérience. Par la baie vitrée, il observe ce qu’il se passe à l’intérieur d’une salle qui semble être un bloc opératoire. Les membres du personnel scientifiques sont vêtus comme des chirurgiens et semblent effectuer une opération sur ce qui semble être un canidé ou ce qui s’en rapproche le plus. D’un coup, ils semblent s’agiter afin de maintenir en vie leur “patient”. Sur les moniteurs, les signes vitaux cessent brusquement. Un homme, probablement le superviseur de cette délicate opération, annonce alors le résultat de l’expérience : « Rapport d’expérience sur le spécimen 21. Observation : Implantation des greffes incomplètes. Conclusion : Échec. Conséquence : Décès du spécimen 21. » Une femme note les remarques de son supérieur sur un bloc de données, avant que celui-ci ne rajoute : « Nous analyserons les causes de l’échec plus tard. Préparez le spécimen 22. »
- Quelle dommage… Ces créatures sont fascinantes. Souffle Hivernus presque pour lui-même, avant de se tourner vers son invité. Nous avions à la base prévu de produire des machines ayant l’apparence de chiens de combat afin d’assister nos troupes dans divers domaines de compétences. Mais il s’avère que les coûts de production auraient été trop conséquents. Nous avons donc opté pour des compagnons cyborgs.
Le seigneur de la guerre fait quelques mètres supplémentaires afin d’arriver devant la baie vitrée d’une salle destinée à divers expériences sur des spécimens ayant survécu à la première phase. Plusieurs scientifiques munis de datapads prennent des notes sur les observations réalisées sur les progrès de leurs cobayes. Deux anoobas tentent de s’habituer aux greffes qu’ils ont reçu et font quelques pas maladroits sous le regard exigeant de leurs tortionnaires. Dans une salle adjacente, un vornskr s’entraîne à attaquer à un mannequin désigné par un soldat à l’aide de sa puissante mâchoire mécanique.
- Nous avons déjà quatre spécimens totalement opérationnels. Douze autres passent actuellement des tests. Mais comme vous avez pu le constater par vous même, il arrive parfois qu’un animal ne survive pas à l'opération ou qu'il en vienne à rejeter les implants. Nos experts travaillent actuellement sur des améliorations permettant d’éviter des pertes trop significatives. Indique l'humanoïde à peau bleue. Les prothèses que nous implantons permettent d’améliorer les performances de nos compagnons, tant sur le plan physique que cognitif. Ils forment d’excellents chiens de garde, démineurs et traqueurs. Le processus d’adaptation des spécimens varie en fonction des espèces. Notre meilleur élément s’est adapté aux ordres et aux prothèses en l’espace de deux semaines. Mais ils sont encore loin d’être un atout… De ce fait nous avons mis en place de nombreux projets visant à améliorer les performances individuelles et collectives de nos soldats.Spoiler : Spécimen aléatoire du projet X-23-A
Le Chiss reprend sa marche lente et pénible, passe plusieurs autres pièces dans lesquelles des spécimens cyborgs subissent des batteries de tests ou apprennent à obéir aux ordres et s’arrête devant une large salle réservée aux maniements d’armes. Quelques tables alignées contre un mur servent de râteliers pour divers armes de confection impériale ou pseudo-impériale. Un tireur de l’armée seigneuriale s’exerce au tir à l’aide d’un fusil de précision qui s’inspire du modèle DLT-19D.
- AML-F1. Commente simplement Hivernus. Inspiré du modèle impérial DLT-19D et conçu pour être plus performant que ce dernier. Portée maximale de huit cent mètres. Chargeur de vingt-quatre coups. Système de visée télémétrique et électronique… Un véritable petit bijou destiné à équiper les forces spéciales et les unités de reconnaissance de l’armée seigneuriale. Je pense qu’il pourrait toutefois vous intéresser… Nous nous penchons également sur la mise en service d’un blaster de poing et d’une carabine blaster. Le but est, à long terme, de faire de l’armée du Seigneurat de Bajic une entité capable de s’équiper sans dépendre d’organisations extérieures.
Le seigneur continue sa visite des lieux en jetant des coups d’oeil curieux aux salles adjacentes puis s’arrête devant une baie vitrée spécifique. A l’intérieur de la pièce, deux individus en armure semblent engager le combat sous le regard méticuleux d’un supérieur. Le premier combattant porte une armure grise similaire en tout point à celle portée par le soldat qui a interrompu la conversation entre l'humanoïde à peau bleue et le colonel. Le deuxième protagoniste revêt pour sa part une armure inspirée de la légendaire armure Mandalorienne. Il porte même le kama qui fait la fierté des mercenaires Mandaloriens et de leurs héritiers clones. Les coups furieux que s’échangent les deux hommes indiquent qu’ils ne sont pas là pour s’amuser. Il s’agit avant tout de tester les aptitudes de chacun et les performances offertes par les armures.
- Ma plus grande fierté. Lâche le Chiss d’un ton curieusement satisfait. L’armure AML-FS de phase 1 que vous pouvez voir sur le combattant de gauche équipe actuellement nos forces spéciales. Nous utilisons les meilleures technologies pour garantir à nos hommes les meilleures performances. Il existe également une phase 2 pour les opérations extérieures. Il faut noter que nous effectuons toujours des tests dessus afin de voir ce qui pourrait être amélioré. L’armure AML-TR, porté par le combattant de droite, équipe actuellement nos troupes du corps expéditionnaire. Elle est destinée à remplacer à long terme l’armure classique de mes troupes de choc. L’AML-TR n’est certes pas aussi performante que l’AML-FS, mais elle dispose toutefois de quelques améliorations significatives.Spoiler : Armures portées par les combattants:
Dans la salle, le soldat en armure grise fait voler le casque de son adversaire en offrant un magnifique coup de poing dans la mâchoire de celui-ci. L’autre tombe à la renverse, secoué, puis fauche les jambes de son adversaire à l’aide d’un coup de pied bien placé. Le combat continue, avec toujours autant d’acharnement. L’officier qui supervise l’affrontement ne semble pas réagir. Il se contente d’observer les deux protagonistes en croisant les bras sur son torse.
- Colonel Hamer, le tour rapide que nous avons fait des installations navales résume l’état d’esprit du Seigneurat de Bajic et de ses citoyens. Si vous avez quelques attentes spécifiques, n’hésitez pas à me le faire savoir… Termine finalement le seigneur de la guerre. -
Post n°13
Auteur : Darth Malraas
Lors de cette visite des imposants locaux, le Colonel Hamer ne peut être qu'impressionné par une telle force technologique. Tel un Empire à l'échelle modeste, le Seigneurat de Bajic n'a rien à envié aux gouvernements galactiques, souillés par une politique corrompue. Le fils de Corellia s'émerveille de cette prouesse économique sans oublier pourtant, qu'une telle organisation peut tout à fait sombrer en un battement de cils. Le Seigneur Hivernus sait parfaitement organiser ses ressources et identifier les besoins pour ajuster le catalogue des priorités. Des chiens de guerre aux armures de combat, le Seigneurat de Bajic s'auto-alimente en fournitures militaires directes, sans intermédiaire et donc peu de sous-traitance. Mais pour arriver à un tel stade, une telle autonomie, les fonds crédités sont colossaux. Peut-être beaucoup plus que ce que Bajic peut offrir. Toutes les organisations isolées, disposent de caisses à travers la Galaxie. Des trésors qui ne peuvent être saisis par des tierces personnes. Une indépendance financière parfois illégale.
Trésorerie planétaire, actions et parts dans des affaires criminelles.
Les Ravageurs sont les maîtres dans cet art qu'est celui de se fournir en crédits salis par des liens plus que douteux, parfaitement camouflés sous de bonnes raisons. Les épices de Kessel alimentent le marché Hutt mais aussi les groupes pharmaceutiques tout à fait légaux. Nar Shaddaa blanchie les crédits de diamants exploités par des esclaves, sous la couverture d'entreprises indépendants affiliées au gouvernement. Mais le coup de maître reste sans aucun doute la création de la Prost Engineering Compagny, bâtie il y a des décennies sur Muunilinst, complètement Confédérée mais absolument absorbée par les Ravageurs. Des milliards générés chaque années, des millions pour les actions.
Le seul défaut des Ravageurs réside dans l'absence d'industries et autres usines, sur leurs territoires. Tout s'achète ou se confectionne à prix d'or, rien ne se crée.
-Vous avez une capacité industrielle étonnante pour une si petite infrastructure. Explique-t-il poliment en observant les duellistes arborant leur fière armure. Mais cela nécessite de devoir trouver des matériaux pour confectionner cette panoplie militaire. Vous savez bien mieux que moi, Seigneur Hivernus, que le crédit est la première des ressources à préserver, lorsque l'on dirige d'une... Faction.
En plongeant ses yeux dans ceux du Chiss, Hector redresse le menton sous l'effet de l'inspiration.
-Nous avions pour projet de commercer des Stations spatiales munies de chantiers, avec la planète Kuat, mais comme vous le savez la situation politique de ce monde, exige de revoir nos priorités. Ses mains sont maintenues derrière son dos, empêchant ainsi de réaliser des gestes qui pourraient être perçus comme un mensonge ou une vérité mal déguisée. Nous avons d'autres territoires qui pourraient accueillir des Stations spatiales, nous avons les moyens financiers de bâtir de telles structures mais sans modèle viable, technologiquement poussés, nous ne sommes que des rêveurs.
Ses yeux s'illuminent soudainement.
-Si vous connaissez le nom de la Commandante Confédérée Tahiri Delia, de la Légion Amber, vous devriez donc savoir que cette Légion dispose de Droïde classés EG et de plusieurs Annihilateurs. Dit-il en souriant. Nous avons des modèles plus évolués que les EG, plus féroces et plus compétents... Tout cela car le Seigneur Gelmir est non pas l'initiateur, mais le créateur de ce projet, sous toutes les coutures possibles, que la Confédération porte encore aujourd'hui dans ses entrailles. Tout ceci pour vous dire que votre projet pour ces chiens de guerre, peut bénéficier des compétences du Seigneur Gelmir et de ses ingénieurs. Le Colonel reporte son attention sur les combattants. Votre Faction et la nôtre se ressemblent et se complètent beaucoup, Seigneur Hivernus. Si nous pouvions avoir ne serait-ce, qu'une infime partie des plans d'un de vos chantiers... Disons simplement un centre d'usinage avec l'automatisation complète et les logiciels compétents, vous amorcerez une alliance durable. -
Post n°14
Auteur : HivernusLe colonel Hamer semble se satisfaire de cette visite riche en découvertes. Son regard pétillant indique qu’il est ouvert aux négociations. Et son discours, bien loin d’émouvoir le seigneur de la guerre, offre toutefois au Chiss un sentiment de plaisir qu’il réprime presque aussitôt. De nouvelles informations tombent. L’officier évoque une commandante séparatiste, puis les projets ambitieux du seigneur Gelmir lorsqu’il était encore général dans la Confédération des Systèmes Indépendants… Bien que floues, ces maigres informations permettent de dresser un portrait de plus en plus complet sur les Ravageurs et leur sinistre dirigeant. Hamer a raison sur un point : Ces deux empires en devenir qu’ils représentent se ressemblent et se complètent. Rater l’opportunité d’une alliance profitable sur le court et le long terme serait une erreur très coûteuse pour l’avenir du Seigneurat de Bajic.
- Nous avons beaucoup en commun en effet. Ce simple fait indique que nos liens seront étroits. Mais je dois réfléchir à vos propositions avant de prendre une quelconque décision. Répond mystérieusement l'humanoïde à peau bleue. Quoiqu’il en soit, vous êtes invité à une soirée Colonel. Vous ne pouvez pas refuser. Après un voyage aussi long, il est nécessaire de s’accorder une pause bien méritée. Bien évidemment, vos officiers pourront se joindre aux festivités. Il est toujours intéressant de converser avec d’autres militaires.
Le seigneur de la guerre débute sa marche lente et pénible dans le couloir, sans offrir un seul regard à l’officier de Ravage.
- Faites passer le message à vos hommes Colonel : Qu’ils profitent donc de cette journée pour se détendre un peu. Et ne vous inquiétez pas, une section de mes soldats se chargera de surveiller votre vaisseau en l’absence de son équipage. Considérez cela comme une marque de courtoisie. Continue le Chiss sans même attendre une réponse de la part de Hamer.
L’autre n’a de toute façon pas le choix. En refusant l’offre du dirigeant des lieux, les négociations risquent d’être compromises. Et dans un camp comme dans l’autre, il reste en effet intéressant d’apprendre à connaître ses futurs collaborateurs avant de s’engager dans une quelconque alliance. En résumé, cette soirée est profitable aux deux parties. Le cortège quitte le département des recherches et du développement militaires sous le regard perplexe, curieux ou fier des occupants de l’endroit. Conducteurs et véhicules patientent toujours à l’extérieur. Tout bavardage cesse lorsque le Chiss, sa garde d’honneur et ses invités apparaissent à l’ouverture des portes blindées. Les chauffeurs se mettent une nouvelle fois au garde-à-vous et attendent que tout le monde soit bien installé avant de faire gronder les moteurs. Le convoi de véhicules reprend le chemin de départ, en sens inverse. Dans les diverses parties des chantiers navals traversées, l’activité est toujours aussi intense. Des centaines d’ouvriers se tuent à la tâche, rouages essentielles d’une machine de guerre dépendant fortement de son industrie.
Le retour au hangar est aussi cérémoniel que l’arrivée. Les soldats en armure blanche chargés de la protection de l’endroit se figent dans un garde-à-vous en voyant les véhicules arriver. Le petit groupe passe le poste de garde et embarque dans la navette. Lors du décollage, l’officier de bord adresse un message à la flotte seigneuriale. Dans la minute qui suit, une patrouille de chasseurs TIE est déployée en escorte autour du transport personnel de l'humanoïde à peau bleue. Le vol se déroule sans encombre. Lorsque la navette de classe Lambda se pose dans Base Vergesso, le seigneur Hivernus est le premier à sortir. S’arrêtant après avoir descendu la rampe d’accès, son regard de braise se dirige vers le colonel.
- Colonel Hamer, en tant qu’invité de marque, je ferai en sorte que l’on vous trouve une chambre confortable. Vous pourrez vous y reposer le temps qu’arrive le soir. Indique le Chiss d’une froideur renouvelée. Sauf si vous préférez la cabine de votre vaisseau. Vous pourrez donner la destination de votre choix au chauffeur. Il se chargera de répondre à vos moindres besoins.
Frilla Hawan, prenant les devants, part informer le conducteur de la décision de son père. Hôtes et invités se séparent le temps de quelques heures.
Plus tard…
Un véhicule conduit le colonel Hamer au quartier de la Roseraie, considéré comme le plus beau quartier de Base Vergesso par une vaste majorité de citoyens. A la fois jalousé et convoité, le quartier de la Roseraie est l’objet d’une protection accrue. Le transport s’arrête à un poste de garde occupé par huit stormtroopers et muni d’une pièce d’artillerie E-Web. Le plus haut-gradé, un sergent, se présente à la portière et demande le lieu de destination et les accréditations au chauffeur. Ce dernier s’exécute sans broncher. Après une vérification dans les règles, le sergent donne l’autorisation de passer. La barrière est levée et le véhicule peut enfin pénétrer dans le coin le plus luxueux de la ville spatiale. S’engageant dans une vaste allée bordée de part et d’autre par des holoprojections d’arbres de toutes les couleurs, le transport du colonel Hamer passe sous d’immenses arches fleuries et contourne plusieurs places ornées de magnifiques fontaines. Quelques passants s’attardent dans les rues, le plus souvent accompagnés d’un serviteur ou d’un garde du corps, pour discuter avec des voisins ou de simples connaissances. Parfois, des amoureux se promènent sans hâte et commentent à voix basse les façades richement décorées des demeures qui défilent sous leurs yeux attendris.
La tranquillité du quartier n’est nullement troublée par la présence des soldats de choc en armure blanche ou des soudards à la solde de quelques riches propriétaires. La beauté des lieux, rehaussée par mille lueurs colorées et les senteurs exquises de parterres fleuris, s’accompagne d’un chant mélodieux : Celui d’une vie paisible. Les rires d’enfants gâtés jouant sous le regard attentif de leurs parents, un artiste célèbre s’abandonnant à sa musique dans son jardin, les bavardages discrets de passants se pavanant dans leurs riches atours… Ces gens là ne se préoccupent guère de la misère qui peut régner dans les bas quartiers de Base Vergesso. Ils ne se soucient pas non plus de la guerre qui plane au dessus de leurs têtes. Ils s’enferment dans leur petite bulle et profitent de leur statut privilégié pour mener la vie qu’ils estiment avoir mérité.
Slaryn avait bien raison de dire qu’ils vivent dans le mensonge. Cet endroit magnifique n’est qu’une façade trompeuse. Une façade destinée à dissimuler une vérité peu flatteuse, une pourriture sans nom. Ces gens là vivent de la misère des autres. Nombre d’entre eux tirent profit de la faiblesse de ceux qu’ils considèrent comme inférieurs, allant parfois jusqu’à gagner des crédits sur la mort de ces derniers. Et les individus qui ne sont pas liés de près ou de loin à ces affaires juteuses gardent le silence pour ne pas subir une quelconque forme de représailles. Hivernus avait voulu dans un premier temps se débarrasser de toute cette vermine. Mais il avait eu le temps de réfléchir et de se rendre à l’évidence : La mauvaise herbe repousse toujours. S’il a saigné à blanc les hautes sphères du pouvoir sur Base Vergesso, selon son plan initial, il n’a pas oublié non plus de se montrer clément. Ainsi, toute une clique d’opportunistes a saisi l’occasion de se rallier au seigneur de la guerre, offrant à ce dernier un vaste réseau d’influence et de moyens qu’il sait mettre à profit. C’est parmi ces êtres peu scrupuleux que le colonel va évoluer le temps d’une soirée…
Le véhicule s’arrête devant une grande bâtisse qui n’a rien à envier à ses voisines. Le conducteur vient ouvrir la porte à l’officier de Ravage, fait claquer ses talons en guise de salut militaire et le laisse s’aventurer seul dans la petite allée qui mène à la demeure. La porte se dérobe et laisse entrevoir la silhouette d’un laquais en tenue de soirée. L’homme courbe doucement l’échine.
- Colonel Hamer je suppose ? Je vous souhaite la bienvenue chez les Valerius. Débute d’une voix cérémonieuse le serviteur, puis désignant d’un geste de la main une pièce spécifique. Par ici Colonel.
Le domestique quitte le hall d’entrée et ses imposants escaliers ornés de statues pour rejoindre le grand salon, où des dizaines de convives sont déjà rassemblés. Frilla Hawan, qui joue un air délicieux sur un piano, s’arrête presque aussitôt en apercevant de loin l’émissaire des Ravageurs. Elle quitte les invités réunis autour du piano et se fraie un chemin jusqu’au colonel Hamer, qu’elle accueille avec un sourire sublime.
- Colonel, désirez-vous boire ou manger quelque chose ? Demande chaleureusement la jeune femme. Venez, suivez-moi.
La fille adoptive du Chiss conduit l’officier jusqu’à une immense table où de somptueux mets n’attendent que d’être consommés. Frilla fait signe à un laquais, qui vient silencieusement présenter au duo des verres de whiskey Corellien sur un plateau d’argent.
- Prenez donc ce qui vous fait envie Colonel. N’ayez pas peur de vous servir. Continue t-elle avec bienveillance.
Autour d’eux, les militaires de haut rang tentent de se mélanger aux fonctionnaires et riches entrepreneurs qui semblent habitués à ces soirées mondaines. Si quelques officiers parviennent sans mal à se mêler aux civils, d’autres préfèrent la compagnie de leurs homologues. Grisés par l’alcool et l’ambiance festive, les convives se livrent bientôt aux aveux. Les langues se délient. Des bribes de discussions parviennent aux oreilles de la belle et du représentant de Ravage.
« Dites moi, mon bon Ardus, que pensez vous de ces fanatiques se donnant la discipline en public ? »
« Ce que j’en pense ? Ces tarés méritent de mourir ! Ils menacent notre mode de vie avec leurs règles stupides. Le seigneur Hivernus devra se rendre à l’évidence. Ces poltrons ne sont pas dignes de confiance. »
« Oui oui… Je suis de cet avis moi aussi. Les laisser prier leur foutu dieu et leur donner de l’importance risque de déstabiliser Base Vergesso. On dit qu’ils sont déjà plusieurs dizaines à venir grossir les rangs de ces illuminés. Il faudrait les exterminer jusqu’au dernier avant qu’ils ne deviennent un danger. »
Les deux hommes se permettent de vider leur verre devant ce constat effrayant, puis partent admirer la dépouille empaillée d’un animal sauvage pour oublier cette conversation.
- Ardus Valerius, le patriarche de la famille Valerius, chez qui nous nous trouvons. Un homme important dans Base Vergesso. Commente Frilla en sirotant son whiskey. Les Valerius ont investi beaucoup d’argent dans la campagne militaire de mon père. Il a obtenu le ministère des finances pour sa “loyauté”. Mais il n’est pas le seul Valerius à s’être fait une place de choix dans le Seigneurat de Bajic.
La fille adoptive de l'humanoïde à peau bleue désigne discrètement une belle femme nichée dans les bras d’un officier portant un uniforme vert strié de bleu. Les deux tourtereaux se murmurent des mots doux en observant le bal aquatique de poissons exotiques le long d’un large aquarium.
- Sa fille, Camilla Valerius, a hérité du ministère de l’urbanisme. Continue à voix basse Frilla. Et l’homme qu’elle va épouser n’est autre que le Major Telsh, le commandant de la Brigade Impera, le bataillon d’élite chargé de la protection de mon père. Comme je vous le disais, les Valerius sont des individus très importants dans notre société. Il est sûr et certain que les Ravageurs entendront parler d’eux si la promesse d’un rapprochement entre nos deux nations venait à se réaliser.
La jeune femme arbore un sourire à la fois fourbe et mystérieux. Elle avale une nouvelle gorgée de whiskey puis dévore une tartelette au citron qu’un domestique propose sur un plateau.
- Le seigneur Hivernus n’a pas le goût de ces soirées interminables. Il n’aime pas ces célébrations futiles où les hommes d’affaires et les politiciens se vautrent dans une richesse étalée à la vue de tous. Reprend t-elle sur un ton plus ferme. Mais mon père considère toutefois qu’il est nécessaire d’apprendre à connaître ses alliés et ses ennemis. Vous le savez sûrement déjà, Colonel, la politique est un jeu à la fois passionnant, ennuyant et dangereux. Mon père m’a expliqué qu’il a déjà vu des empires s'effondrer à cause du manque de considération de quelques dirigeants à l’égard de la classe politique. Et il ne compte pas reproduire les mêmes erreurs… Mais peu importe. J’ai quelques “amis” à vous présenter.
Frilla Hawan abandonne son air sérieux pour une attitude plus souriante et décontractée. Elle esquive habilement divers groupes de bavards aux tenues à la fois sophistiquées et ridicules, traversant presque d’un bout à l’autre le grand salon et s’arrête sur le seuil d’une pièce de taille plus modeste. A l’intérieur, une Cathar aux cheveux cendrés et revêtant un uniforme vert strié de bleu s’entretient avec un trio d’élégants personnages. Confortablement installés dans des fauteuils luxueux, les divers interlocuteurs semblent engagés dans une conversation très sérieuse. La discussion s’achève finalement sur des sourires entendus et des poignées de main franches. En voyant la fille du seigneur Hivernus sur le seuil, tout le monde se lève. Les civils se retirent en silence, inclinant la tête en passant à côté de l’héritière du Seigneurat de Bajic. Il ne reste désormais plus que la Cathar dans le petit salon.
- Capitaine Sylvar… Avez-vous de bonnes nouvelles à nous annoncer ? Demande Frilla à l’officier.
- Oui Madame. Ces gens là sont durs en affaires mais j’ai réussi à négocier l’acquisition de matériel militaire pour le Seigneurat de Bajic. Répond la créature féline, aussi rigide que peut l’être un militaire.
La dénommé Sylvar examine de la tête aux pieds le colonel Hamer, méfiante et curieuse. Mais la jeune femme qui l’accompagne apaise aussitôt les craintes de la Cathar.
- Je vous présente le Colonel Hamer, émissaire du Seigneur de Ravage. Indique la fille adoptive du Chiss. Colonel, je vous présente le Capitaine Sylvar, aide de camp de mon père et ministre de la guerre… Elle est à la tête du complexe militaro-industriel que vous avez pu visiter plus tôt dans la journée.
- Mon Colonel. C’est un réel honneur de faire votre connaissance. Le capitaine exécute un salut militaire impeccable. J’allais rejoindre un ami. Voulez-vous vous joindre à nous ?
- Avec joie.
Le trio quitte le petit salon pour s’engager dans une véranda, ou plutôt une serre, occupée par une multitudes d’arbres exotiques et de massifs de fleurs rares. De temps à autre, une statue nichée dans un bosquet fait son apparition, témoin silencieux de nombreuses flagorneries, duperies et conspirations. Le petit groupe atteint finalement une petite place couvert par un large nombre de palmiers. Un officier en uniforme noir fait face à un vaste bassin en marbre blanc peuplé de gros poissons colorés. Il semble perdu dans ses pensées, l’air boudeur. Se sentant observé, l’homme se retourne brusquement et écarquille ses yeux.
- Madame… Veuillez excu…
- Il n’y a rien à excuser Colonel. Le coupe sur un ton bienveillant Frilla.
- Colonel Hamer, voici le Colonel Anton Zakarov, héros de guerre impérial, as et commandant en chef des escadrons de chasseurs de la marine seigneuriale. Vient l’introduire la Cathar.
- Héros de guerre… Héros de guerre… Tout de suite les grands mots ! Survivre aux deux batailles de Coruscant ne fait pas d’un soldat un héros. Grogne doucement le dénommé Anton.
- Il est trop modeste pour admettre la vérité. Reprend Sylvar, un sourire aux lèvres.
- C’est ça ! Moque toi… Ronchonne l’autre.
- Qu’est-ce que tu fais ici tout seul ? Demande alors celle qui arbore la plaque de capitaine sur son uniforme.
- Je ne peux pas supporter ces vieux rapaces… Alors je profite de cette fraîcheur tiède et du silence pour ne pas rentrer dans le lard de ces sales opportunistes qui prétendent être les plus fervents soutiens du seigneur Hivernus. Confesse l’officier.
- Un comportement typiquement Corellien. Commente la fille adoptive du Chiss.
L’autre acquiesce d’un signe de tête, quelque peu amusé par la réflexion de l’héritière du Seigneurat de Bajic. Son regard s’attarde sur l’étranger accompagnant la jeune femme.
- Dites moi Colonel Hamer, que pensez-vous du Seigneurat de Bajic et de son armée ? L’interroge finalement Zakarov, pour détourner l’attention sur quelqu’un d’autre. Je suis sûr qu’entre militaires, nous avons beaucoup à partager. Et sans hypocrisie. -
Post n°15
Auteur : Darth Malraas
La réponse du Seigneur Hivernus se mue en une réquisition impérieuse de part son développement. Les agrès de la politique sont encore désordonnés dans l'esprit du Colonel Hamer, mais une chose exclue tout incertitude : Lorsqu'une invitation est lancée, elle ne peut-être refusée. "Vous ne pouvez pas refuser", cette citation traîne derrière elle de lourds répercutions politiques. Le renvoi de cette invitation pourrait mettre à mal le projet ambitieux, d'entretenir une association au moins commerciale et au mieux militaire, entre le Seigneur Hivernus et les Ravageurs. Un sourire s'écarte des lèvres du Colonel Hamer, gardant à l'esprit la réflexion du Seigneur des lieux, quant aux faits précis de la venue des envoyés de Ravage.
-L'invitation à une soirée aux côtés d'hommes et de femmes servant votre cause, ne peut se refuser. Répond avec délicatesse le Colonel, pourtant soucieux à l'idée de côtoyer de parfaits inconnus. C'est un honneur que vous nous faites.
Sa dernière phrase se perd dans le léger claquement donné par la marche d'Hivernus. Suivant son hôte afin d'être à portée de voix, le Ravageur stimule son esprit en l'écoutant donner des directives.
-Les membres de mon escouade seront ravis d'apprendre qu'ils pourront effectivement se reposer. Il déglutit pour mieux apprécier le goût de sa propre phrase. Votre attention à l'égard de notre vaisseau est appréciable.
Ses lèvres se pincent, rejetant l'affirmation que deux soldats occupent encore les entrailles de la Corvette Raider. Les deux individus membres de l'Escadron des Forces Spéciales, ne seront découverts qu'à l'issue d'une enquête d'aventuriers trop curieux. Alors et seulement à ce moment précis, le Colonel Hamer saura que les intentions du Seigneur Hivernus ne sont pas celles d'un hôte bienveillant. Mais avant de penser aux complications d'une telle situation, il doit briefer l'escouade et choisir avec soin, qui sera le ou les heureux élus pour l'accompagner à cette soirée.
La route réalisée en sens inverse, se fait dans les normes disciplinaires qui participent aux exigences de tout bonne armée. A l'intérieur du véhicule, Hector, dirige ses yeux vers l'extérieur. Des visages différents défilent devant ses yeux. De fiers hommes et femmes au service la machinerie industrielle, du maître de cette petite partie de la Bordure Extérieure. Du hangar jusqu'à l'embarquement dans les entrailles de la navette, l'armée d'Hivernus ne fait aucune fausse note. A croire que derrière ces armures en plastoïde, se cachent des pantins mécaniques.
Une fois débarqués, Hector et les siens quittent la compagnie de l'homme bleu, au profit d'une vague course vers les Quartiers de la Citadelle. Le Quartier de la Roseraie et ses points de contrôles, laissent entrevoir probablement la partie la plus surveillée de l'infrastructure du planétoïde. Les rares officiers de Ravage et les soldats lambdas sont conviés à se scinder en deux catégorie au sein de la Caserne de Haute Roche. Hector ne désirant pas quitter la compagnie de ses camarades, pour des raisons évidentes, s'offre le luxe de convoquer ses hommes, dans sa chambre assignée au sein de la Citadelle.
Pour l'occasion, des offrandes sous la forme de boissons alcoolisées -ou non- sont disposées dans la chambre du Colonel Hamer. Sur un canapé d'angle bien trop luxueux, trônent des habitats sous des housses protectrices. Différentes tailles sont affichées sur les étiquettes apposées sur les revêtements, Hector trouve la sienne et la contemple un instant en la dressant devant ses yeux. C'est en posant sa désormais tenue de soirée, sur l'accoudoir du canapé, que le Colonel se trouve en compagnie de ses compagnons au complet. Si l'on ignore les deux membres des Forces Spéciales.
-Nous devons nous préparer pour une soirée mémorable auprès de notre hôte. Hector pointe de son index, les vêtements sur le canapé. Choisissez vos costumes et une robe pour mademoiselle Raieve Perdebak.
Après une longue heure de préparation et une autre de discussion, les Ravageurs se tiennent désormais prêts à rencontrer le gratin de Vergesso. L'escouade de Bélériand est divisée en petits groupes, afin de pénétrer dans plusieurs véhicules qui conduiront l'ensemble, au même endroit. Hector, totalement seul, laisse son esprit dériver vers la lointaine Lloth, en posant sa joue contre la vitre de l'engin à moteur. Son coeur se serre en une poigne de tristesse mêlée à la honte du devoir, avant celui de l'amour. Soudain et sans doute à cause de la fatigue lui rappelant qu'il n'est qu'un homme et sous l'effet des lumières passées, telles de petites boules luminescentes psychédéliques, il s'abandonne. Ses pensées hypnotiques déambulent dans les rues étroites de Corellia, jusqu'au visage arrogant de Kayle Hamer et des traits déchirés de Miranda Daneb. Ces souvenirs ne sont que la projection d'un dialogue descriptif avec son autre frère, Ralph, son sauveur mais aussi geôlier. Hector ne peut que s'imaginer la réaction de ses parents lorsqu'ils furent avertis par le cadet de la fratrie, de la décision de partir. Fuir pour préserver un enfant du crime et l'isoler pour éveiller ses sens naturels à l'art militaire.
Hector doit tout à ses frères et absolument tout à l'ainé. Son seul devoir, à son sens, est d'obéir, afin de racheter une dette qui ne peut-être comblée. Pire encore depuis que son sang révèle un taux de midi-chloriens et que le dossier s'est vu clôturé par la main habile du Général Wulf Hamer. Le benjamin s'imagine enveloppé d'une tenue noire et de traits dénaturés par la corruption de la Force. Il se visualise en Darth et s'invente tous les prétextes du monde pour sombrer... Une lumière un peu trop proche l'expulse de sa rêverie et de ses cauchemars. Voyant que la route s'est achevée sur une demeure démesurément tape-à-l'oeil, Hector observe la poignée de la porte. Il plisse les yeux et tend une main suspendue au dessus du vide, les doigts écartés... Et si la Force...
La portière s'ouvre et la main s'agrippe aussitôt à la carlingue de l'engin pour extraire le corps. Hector salue le chauffeur, époussette sa tenue, vérifie les pliures, les boutons de manchettes, le col puis se lance sans l'ombre d'une hésitation. Sans son armure, il n'est qu'un homme, avec toutes les faiblesses qui incluent ce statut de mortel. Il se rappelle les consignes de sa mère pour parvenir à effectuer une marche déterminé et élégante. Compte ses pas et la cadence en s'obligeant à garder ses mains en dehors des poches de son pantalon. Il traverse l'allée et s'approche de la porte principale, ouverte aussitôt.
- Colonel Hamer je suppose ? Je vous souhaite la bienvenue chez les Valerius.
-C'est exact. Répond-t-il en se surprenant d'avoir un ton calme.
-Par ici Colonel.
Avant de pénétrer les lieux, il tourne son buste sur le côté pour s’apercevoir que les membres de l'escouade descendent à peine de leurs véhicules. Rassuré par cette présence, il suit le serviteur jusqu'au grand salon. Une musique est jouée admirablement bien par une femme tout aussi admirable. Frilla Hawan, la fille adoptive du Seigneur Hivernus, cesse sa brillante activité, aussi soudainement qu'elle s'approche du Colonel Hamer. Etant la cause de l'arrêt musical, Hector se sent quelque peu embarrassé jusqu'à ce que Frilla soit à ses côtés pour le détourner de sa profonde solitude.
- Colonel, désirez-vous boire ou manger quelque chose ?
-Bien entendu. Déclare-t-il en observant les convives, pour ensuite, suivre la fille de l'intriguant homme bleu.
Une imposante table lui est présentée alors, des mets raffinés, parfumés et succulents en abondance, siègent sur la structure. Toute une panoplie de petites bouchées, capables d'éradiquer la famine chez les Evocii de Nal Hutta. Ne sachant que faire de cette nourriture, Hector accepte avec entrain le Whisky Corellien, qu'il agrippe d'une main ferme pour contempler la robe.
-Vous ne pouviez pas mieux m'offrir. Dit-il d'un ton plutôt enjoué avant de lever son verre pour trinquer avec Frilla.
Ses oreilles se perdent dans les conversations, tandis que ses yeux dévorent la magnifique Raieve Perdebak qui par sa tenue et sa beauté, ne manque pas d'intéressé les regards des autres convives. Hector capte la conversation sur des certains fanatiques religieux, une épine dans le pied d'Hivernus, semble-t-il. Enfin, la jeune Frilla dans son rôle d'hôte parfaite, décrit les Valerius et finalement, les méthodes politiques de Vergesso. Il se pourrait que le Seigneur de ce planétoïde n'ait pas le choix que de s'entendre avec cette puissante famille.
...Vous le savez sûrement déjà, Colonel, la politique est un jeu à la fois passionnant, ennuyant et dangereux. Mon père m’a expliqué qu’il a déjà vu des empires s'effondrer à cause du manque de considération de quelques dirigeants à l’égard de la classe politique. Et il ne compte pas reproduire les mêmes erreurs…
-Les mots portent plus que les armes, ma chère Frilla. Assure le Colonel, après une timide gorgée de Whisky. Votre père paraît être un homme sage et cette sagesse lui assurera un grand avenir.
En suivant Frilla tout en refusant poliment des amuse-bouches présentés, Hector croise un de ses hommes en position jusqu'à côté d'un attroupement. Un sourire suffit à conclure du bon déroulement de la soirée. Que l'escouade en profite, il est rare d'obtenir une mission aussi agréable. Dans une pièce mitoyenne, d'autres individus passent la soirée en discutant. La maîtresse des lieux semble être la Cathar, une capitaine d'après les propos de Frilla.
Colonel, je vous présente le Capitaine Sylvar, aide de camp de mon père et ministre de la guerre… Elle est à la tête du complexe militaro-industriel que vous avez pu visiter plus tôt dans la journée. Annonce la fille d'Hivernus.
- Mon Colonel. C’est un réel honneur de faire votre connaissance. Affirme l'intéressée en effectuant un salue militaire.
-Ravis de faire votre connaissance, Capitaine Sylvar. Il imite le respectueux salue, comme pour convenir d'une marque mutuelle de respect.
Les deux femmes s'entendent pour rejoindre un "ami" et le Colonel suit sans peine le déroulement de cette bien heureuse cérémonie. Ils aboutissent à une serre, garnie d'une multitude de variétés d'espèces florales et autres plantes exotiques. Le benjamin des Hamer est ravis de s'insinuer entre les végétaux, bien heureux de satisfaire ses yeux et sa curiosité. A la fin de cette traversée "Indiana Jonesque", ils accèdent à un bassin ou se tient un homme en tenue noire. L'air songeur, contemplant les poissons aux mille couleurs. L'homme surpris, s'excuse et est aussitôt adoucit par Frilla.
- Colonel Hamer, voici le Colonel Anton Zakarov, héros de guerre impérial, as et commandant en chef des escadrons de chasseurs de la marine seigneuriale. Vient l’introduire la Cathar.
-Enchanté Colonel Zakarov. Intervient Hector en hochant la tête.
La réplique du Colonel vis-à-vis de son statut de héros est intéressante. Zakarov se pare d'un drap d'humilité sincère, courant chez les soldats qui exercent ce statut sans demander un quelconque retour héroïque. Une joute verbale tout à fait amicale, s'effectue entre le colonel et la capitaine dont le but est de glorifier un Zakarov ronchonnant, se refusant à accepter les louanges. D'après la conversation, le Colonel est un natif de Corellia, de quoi interloquer le jeune Hamer. L'officier de manière habile, lance une nouvelle conversation auprès du Ravageur.
- Dites moi Colonel Hamer, que pensez-vous du Seigneurat de Bajic et de son armée ?Je suis sûr qu’entre militaires, nous avons beaucoup à partager. Et sans hypocrisie.
-Je dois admettre que pour une si petite infrastructure, Vergesso n'a rien à envier à l'Imperium. La discipline est marquée, la présence militaire est voyante et le peuple semble s'en accommoder Ne manque pas de faire remarquer Hector, soulignant encore une fois le lien de parenté entre les deux factions. Néanmoins ce planétoïde est à double tranchant, son emplacement est stratégique mais peut-être aussi une tombe si un blocus viendrait à être réalisé. Un siège durable ferrait de cette base, un tombeau pour tous ses occupants. Ponctue le Corellien en observant son interlocuteur. Mais dans toute la galaxie, des Seigneurs se risquent à cette noble indépendance et ne sont pas inquiétés par leurs conquêtes et manoeuvres politiques. Vergesso est riche de créativité et de centres de construction, mais vous le savez aussi bien que moi Colonel Zakarov, la richesse est une gourmandise rapidement convoitée par d'autres. Ajoutez à cela, les soldats habillés en Impériaux et le désir de croissance du Seigneur Hivernus, vous obtenez le cocktail parfait pour attirer l'attention et probablement attiser les tensions..




