Une inspection de routine.
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Post n°1
Auteur : HivernusLa capitaine Sylvar, accompagnée par toute une clique d’officiers d’état-major et d’une escorte de soldats appartenant à la prestigieuse Brigade Impera, fait le tour des chantiers navals pour une inspection de routine. Le seigneur Hivernus aimant avoir des rapports réguliers sur l’avancement de ses projets, il convient de s’informer en tout temps des moindres progrès réalisés par les équipes opérant sur le terrain afin de ne pas être pris au dépourvu. Pour la ministre de la guerre, se déplacer au sein des chantiers navals du système Lybeya est devenu une sorte d’habitude… Loin de lui déplaire, chacune de ces sorties apporte son lot de surprises et d’émerveillement.
Le cortège passe devant une série de cales sèches au sein desquelles de multiples vaisseaux de belle envergure sont dorlotés par une foule d’ouvriers. La Cathar et ses assistants s’arrêtent ensuite devant une multitude de navires de guerre amarrés. La moitié des navires de la marine seigneuriale mouillent ici, au sein des chantiers navals, afin d’y subir une maintenance minutieuse et des réparations plus que nécessaires avant leurs nouvelles sorties dans l’espace.
- Dans combien de temps ces vaisseaux seront-ils à nouveau prêts pour le service ? Demande alors la ministre de la guerre, sans s’arrêter pour inspecter de plus près le travail des ouvriers.
- Dans trois ou quatre jours tout au plus, en se basant sur les estimations des contremaîtres des différentes équipes. Indique alors l’un de ses nombreux aides de camp. Une semaine en prenant en compte d’éventuels retards.
- Très bien. Vous enverrez une équipe pour procéder aux vérifications d’usage avant la remise en service de ces vaisseaux. Commande alors Sylvar, poursuivant son chemin. Depuis le temps, vous connaissez la routine…
- Oui, madame.
La capitaine esquisse l’ombre d’un sourire. Elle passerait probablement à l’improviste pour vérifier elle-même que tout soit en ordre avant le départ des vaisseaux. Après tout, le Seigneurat de Bajic ne peut pas se passer du moindre de ses navires de guerre… Mais contre toute attente, il ne s’agit pas de sa priorité. La Cathar poursuit sa visite des chantiers navals, pénètre dans une nouvelle section dédiée à la construction d’imposants vaisseaux militaires. La ministre de la guerre se poste derrière une immense baie vitrée qui lui offre une vue superbe sur ces immenses silhouettes métalliques. Huit croiseurs de la classe Arquitens, futur fleuron et fer de lance de la marine de guerre seigneuriale, prennent peu à peu forme au sein des chantiers navals. Des dizaines de petites formes blanches ou grises gravitent autour des imposants squelettes d’acier afin d’assembler morceau par morceau, compartiment par compartiment, chacun des huit bâtiments de guerre. Les ouvriers de l’Arsenal Militaire de Lybeya, qui figurent parmi les héros du Seigneurat de Bajic (pour reprendre les termes utilisés par le seigneur de la guerre lui-même), ne relâchent pas leurs efforts pour faire sortir des chantiers navals ces vaisseaux aux courbes sublimes.
Hivernus s’étant arrangé pour obtenir les plans de la classe Arquitens auprès de la Grande Moff afin d’en construire plusieurs exemplaires, voilà désormais que tout est mis en œuvre pour porter le projet jusqu’au bout. Des quantités astronomiques de matériaux nécessaires à l’assemblage de ces nouveaux croiseurs sont acheminées depuis la base Mynock ou Rezi-9 à cette fin et plusieurs projets de récupération et recyclage des débris ont été lancés ici et là. Après tout, les nombreuses épaves que le seigneur de la guerre laisse dans son sillage peuvent toujours avoir une certaine utilité…
Il reste toutefois à régler le problème de la main-d'œuvre. Des centaines d’hommes seront nécessaires pour faire fonctionner ces bâtiments de guerre… Hivernus refusant de mettre en place un système de conscription ou d’appliquer un ordre de mobilisation générale, le Seigneurat de Bajic manque de bras. En tant que ministre de la guerre, Sylvar n’a eu de cesse de réfléchir au meilleur moyen d’obtenir de nouveaux volontaires sans avoir à forcer la main à qui que ce soit. Et si elle est parvenue à obtenir le soutien de Keldron Iblis et de son réseau, il n’en demeure pas moins que les quelques recrues que les Corelliens parviennent à dénicher ici et là ne suffisent pas à alimenter la machine de guerre du Seigneurat de Bajic. Il faut trouver d’autres sources d’approvisionnement.
- Où en sommes-nous dans nos campagnes de recrutement ? Avons-nous réalisés des progrès ?
- Oui madame. Les derniers rapports font état d’une augmentation significative du nombre de recrues prises en charge par nos centres de recrutement. Vient rapporter l’un de ses subordonnés. Nous devrions être en mesure de lever une nouvelle légion d’ici peu. A moins que les besoins de la marine ne passent avant ceux des forces terrestres…
- Ce dont j’ai besoin, lieutenant, c’est de chiffres. Du concret. Pas de belles paroles. Commente la Cathar. Vous avez la preuve de ce que vous affirmez sous la main ou cherchez-vous simplement à me donner l’illusion que tout est sous contrôle ?
L’aide de camp baisse doucement la tête, contrarié. Il remet à sa supérieure un bloc de données qu’elle s’empresse aussitôt de consulter. Sylvar prend peu à peu connaissance des derniers rapports rédigés par les officiers chargés du recrutement. Il semblerait que son assistant ne se soit pas trompé. Cinquante exilés Yasiloriens, soixante-treize sympathisants tout droit venus de Talofan, quinze recrues originaires de Verisin, cent vingt-neuf volontaires Kabairans… Les candidats affluent visiblement par dizaines des quatre coins du secteur. La dernière victoire du seigneur de la guerre sur les forces mercenaires de l’Association Natori et la récente libération de Rezi-9 ont visiblement eu un impact significatif au sein des populations locales… On se presse désormais dans les bureaux de recrutement pour combattre au sein d’une armée qui, espère-t-on, viendra libérer tel ou tel monde de l'oppression d’un gouvernement corrompu ou d’une corporation tyrannique.
Mais la liste ne s'arrête pas là. On compte également des individus venus de plus loin, à l’instar des nombreux engagés volontaires originaires des secteurs Ryndellian ou Juris… Ou encore les quelques centaines de Pantorans qui, considérant avoir une dette envers le Seigneurat de Bajic pour l’aide que le régime est en train d’apporter à leur planète, ont décidé de prendre part aux combats sous la bannière de l'humanoïde à peau bleue.
Le seigneur Hivernus, dont le principal objectif est l’unification sous son égide du secteur de Bajic, semble être parvenu à rassembler autour de lui une multitude de peuples et de profils différents. Des sympathisants à sa cause affluent de toute part. Et cette nouvelle vague de recrues est, aux yeux de beaucoup, porteuse d’espoir. Ayant privé le Syndicat Tenloss d’une partie de ses forces avec la destruction quasi complète d’une des principales flottes de l’Association Natori, le Chiss est désormais libre de poursuivre sa campagne militaire. Avec le renfort de volontaires venus de partout et la mise en service à venir de huit nouveaux croiseurs de combat, l'humanoïde à peau bleue compte bien reprendre ses opérations offensives afin de priver le Syndicat Tenloss de nombreux mondes stratégiques à son maintien au sein du secteur de Bajic.
Mais il aura besoin pour cela d’équipages entraînés et rompus à l’art du combat, de vaisseaux bien entretenus et parés pour les affrontements, ainsi que de troupes nombreuses et bien équipées pour tenir en échec les forces mercenaires contre lesquelles ont les enverra se battre. Il faudra donc redoubler d’efforts pour construire des infrastructures militaires adéquates à la formation des marins et des soldats, poursuivre l’effort de production du matériel nécessaire aux combats, veiller au bon ravitaillement des forces déployées sur les théâtres d’opérations…
Alors qu’un officier la débarrasse de son bloc de données, la ministre de la guerre poursuit sa visite de routine des chantiers navals. Il reste tant à accomplir… Tant à faire. Tant de projets à mettre en place, à mener à terme. Et pourtant, le temps défile sans que l’on ne s’en rende compte. Pour la capitaine Sylvar et ses équipes, la charge de travail à abattre est colossale. Les heures de sommeil se comptent régulièrement sur les doigts d’une seule main. Mais personne ne se plaint. L’avenir même du Seigneurat de Bajic dépend de la volonté de chacun d’accomplir son devoir.
Ils ne prendront de repos que lorsque le secteur de Bajic connaîtra enfin la paix.