Retour sur la planète rouge
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Post n°1
Auteur : June King
L'espace. Là où personne ne pouvait vous entendre crier. Cet endroit si vide et si froid, mais tant inspirant pour y perdre la raison dans un moment de lucidité. Ce lieu où le temps n'existait pas et où l'infini était son commencement et sa propre fin... ou bien l'inverse? Ce fut ici, dans ce vide spatial, que June se retrouvait une nouvelle fois en destination de la planète rouge nommée Géonosis.
Silencieuse et patientant assise sur le bord d'un des plus hauts lits de camp superposés à trois étages que comptait le dortoir en laissant ses jambes dans le vide, elle se mit à se remémorait tout ce qu'elle avait vécu sur Félucia. Sa mésaventure sur cette planète humide l'avait fatiguée, démoralisée, mais surtout renfermée sur elle-même. La perte de l'un de ses compagnons de formation, et ami avant tout, l'avait profondément attristée et fait redevenir distante avec les gens. Sa bataille contre le sorcier Sith aux noirs desseins et possesseur d'un terrible ancien livre de magie Sith l'avait épuisée au plus haut point. Bien que vaincu et gravement blessé, ce dernier était parvenu à s'enfuir au travers d'un portail dimensionnel - laissant une victoire au goût amer chez ses adversaires.
Serrant le poing de son bras gauche devenu cybernétique (obtenu en pulvérisant l'organique après avoir frappé désespérément et à plusieurs reprises sur l'épais verre d'une cuve de Bacta pour s'enfuir du liquide qui réveilla sa phobie), elle secoua, en même temps, la tête pour sortir de ses pensées qui la hantaient avant de prendre une grande bouffée d'air et en expirant lentement pour se calmer.
Le dortoir n'était pas au goût de June. L'air y était humide, les draps puaient la moisissure, différents types de tuyaux longeaient le plafond en faisant de drôles de bruits et le dortoir était trop calme. Après tant de cris, de pleurs, de douleurs, de tirs laser, d'odeur de chair brûlée, de poussières inhalées, tant de choses qu'on aimerait oublier pour se changer les idées... et cette voix... cette voix qui s'installait dans son esprit pour la prévenir que ce n'était pas encore terminé et que son repos ne serait guère pour tout de suite.
Voyant la soldate confédérée légèrement paniquée et essayant de se calmer du mieux qu'elle pouvait, l'un de ses confrères - qui était installé en bas d'un des lits de camp superposés faisant face à celui de June - lui adressa quelques mots.
« — Tu sais, je connais bien ce regard... celui qu'on a après une mission qui s'est mal passée. Si je peux te donner un conseil : ferme les yeux et essai de penser à un souvenir joyeux, lui donnait-il comme astuce tout en coupant une tranche de sa pomme avec un couteau pour la manger. »
« — Oui, alors, non... si j'avais envie d'avoir un conseil, crois-moi, je ne te l'aurais pas demandé, répliquait tout de suite June. Et sans déconner ?! Est-ce que je t'ai demandé quelque chose, à la base ? Non, hein !? Alors tu vas bien te calmer avant que je te colle une avoine comme joyeux conseil ! Expliquait-elle sèchement en criant de plus en plus fort sur son voisin. »
La réaction de June avait laissé ce dernier sans voix. Comment une jeune femme, à l'apparence aussi douce, pouvait-elle avoir un tel caractère ? Pourquoi était-elle de cette humeur ? Tout le monde avait des moments difficiles... mais de là à être autant désagréable, c'était excessif. Il devait certainement y avoir une explication... même s'il pensait à quelque chose en particulier durant sa réflexion.
« — Et vous là ?! Vous pouvez pas faire comme tous les autres mecs ?! Roter, péter et rigoler aussi fort que vous le pouvez en parlant des filles présentes tout en décidant laquelle est la plus jolie ?! Continuait June à hurler sur les autres personnes présentes sur des lits plus loin en train de jouer aux cartes et qui commençaient à râler à leur tour. Quoi ?! Vous êtes pas content ?! Dit-elle pendant que les soldats, qu'elle ne connaissait pas lui tournèrent le dos sans répondre.
Une fois sa colère passée, June tourna elle aussi le dos aux garçons en s'allongeant sur le lit en boule et en tirant le drap rapidement sur elle pour recouvrir l'intégralité de son petit corps - et pour bouder un peu par la même occasion. Tout ce calme l'angoissait, d'où son attitude avec les autres. Elle avait perdu l'habitude de rester seule, silencieuse, sans une personne sur qui compter... sans famille. En y réfléchissant quelques instants, June eut de petites larmes qui commençaient à couler le long de ses joues - il ne fallait pas oublier qu'elle avait tout perdu il y avait presque un an. Mais tout n'était pas encore perdu, elle avait toujours deux anciens compagnons de formation avec elle. Deux énergumènes qui étaient devenus ses amis au fil du temps. Mais pour June, il fallait qu'elle s'en sépare le plus rapidement possible. Ils étaient en danger s'ils restaient avec elle, et pouvaient subir la même chose que leur ami sur Félucia. Du moins, c'était ce que June pensait dans ce genre de situation.
Une fois son esprit plus allégé, elle se mit à fermer les yeux pour rechercher un instant le sommeil. Malheureusement elle ne parvint uniquement qu'à trouver un moment d'assoupissement et de détente avant que l'alarme du Recusant ne retentisse dans tout le vaisseau.
« — Ah, non, ma--, ne parvint-elle pas à finir sa phrase après avoir rencontré le plafond avec son crâne. Aïeuh ! Non, j'vous jure, y'a pas moyen de roupiller tranquille deux minutes ! Commençait-elle à râler en s'apercevant que le dortoir était vide. Mais ils sont où ? »
Durant son moment d'assoupissement, June n'avait pas tout de suite entendu l'alarme se déclencher. Quand elle ouvrit les yeux, il n'y avait plus de lumière sur le Recusant - seule la batterie d'éclairage de secours au-dessus de la porte offrait le minimum de visibilité. Lorsqu'elle descendit du lit de camp superposé pour sortir du dortoir, elle dut pousser elle-même la porte, avec énormément de difficulté, puisque l'électricité avait été coupée. De l'autre côté, elle aperçut la panique sur les visages des soldats qui semblaient tous converger dans la même direction avec hâte. Dans les couloirs, comme dans le dortoir, il n'y avait plus de lumière et le minimum de luminosité était donné par des gyrophares rouges se trouvant sur les murs et longeant les couloirs. Arrêtant l'un des soldats pour lui demander ce qu'il était en train de se passer, ce dernier lui répondit légèrement paniqué : qu'une énorme explosion venait d'avoir eu lieu et qu'ils devaient tous rejoindre au plus vite au hangar pour une évacuation d'urgence.
Ne sachant pas pourquoi l'évacuation avait été ordonnée, June retourna rapidement dans le dortoir pour récupérer son KiSteer 1284 qui était dans son casier en poussant une combinaison, puis regarda autour de son cou pour s'assurer que son pendentif porte-photo était toujours avec elle avant de mettre ses bottes et sa veste pour rejoindre les autres unités - en courant avec les retardataires dans les couloirs.
Mais en plein milieu de sa course pour rejoindre les autres soldats au hangar le plus proche du Recusant, June arriva en face d'une immense foule qui semblait attendre quelque chose en se marchant les uns sur les autres. S'approchant de ce qui retenait tout le monde en poussant quelques soldats sur son chemin, elle parvint à distinguer un supérieur hiérarchique habillé d'une combinaison et portant son casque sous le bras, qui bloquait le passage. Se tenant devant un sas fermé, le supérieur répétait à tous les soldats que de l'autre côté du sas : une partie du Recusant avait été emporté dans une collision avec un objet pendant le voyage supraluminique et qu'il fallait mettre une combinaison pour franchir la partie se trouvant dans le vide spatiale afin de rejoindre l'autre bout du Recusant pour accéder au hangar. Cette annonce avait terrifié quelques soldats en tête de l'attroupement et énervé d'autres, à l'arrière, qui s'agaçaient de devoir attendre aussi longtemps sans explication. Voyant les esprits s'échauffer et que la panique devenait incontrôlable, le supérieur annonça aussi, en parlant plus fort : qu'il devait attendre tous les soldats présents dans cette partie du vaisseau ; qu'il ne pouvait ouvrir qu'une seule fois le sas ; qu'une fois chose faite toute l'air serait expulsé dans l'espace et qu'il n'y aurait pas d'autre préparation que celle-ci.
Parvenant à entendre l'annonce du supérieur, June - contrairement à beaucoup - fit demi-tour vers le dortoir. Dans son casier, à côté des lits superposés, il y avait une combinaison, elle le savait, elle l'avait vu lorsqu'elle avait récupéré son fusil. Espérant qu'elle n'ait pas été volée, elle pressa le pas pour être sûre de la récupérer. Lorsqu'elle arriva dans le dortoir et qu'elle ouvrit son casier, elle se réjouit que la combinaison soit encore présente. La prenant pour la mettre, elle entendit, en même temps, un énorme sifflement, qui devenait de plus en plus sourd, et des cris à en faire froid dans le dos... elle s'imaginait le pire, surtout quand elle commençait à se sentir plus légère. Se dépêchant de fermer la combinaison en mettant le casque, June retourna vers la foule en flottant comme lors d'une sortie extravéhiculaire. Mais, ce qu'elle avait imaginé s'était réellement produit... au même endroit, quelques instants plus tard, là où la toutes les personnes qui attendaient de pouvoir franchir le sas et aller au hangar pour l'évacuation, se trouvaient désormais des corps sans vie et gonflés, les yeux injectés de sang et flottants dans le vide en se cognant contre les murs dans un silence glacial.
June l'avait bel et bien ressenti lorsqu'elle avait rejoint le reste des soldats dans les couloirs, comme une voix lui conseillant de se préparer. L'ordre de rejoindre la navette chargée de l'évacuation avait été donné, et ils ne pouvaient plus attendre. Le supérieur, ayant reçu l'ordre, dut ouvrir le sas en abandonnant les retardataires et les soldats sans combinaisons - il avait dû faire des sacrifices pour sauver des vies. Dans le silence spatial ou seul son souffle était audible en poussant les corps des pauvres âmes n'ayant pu avoir la chance de sauver leur vie, June franchit le sas et se propulsa dans le vide spatial pour rejoindre l'autre côté, où plus loin, ce même supérieur - voulant certainement encore attendre d'autres soldats dans l'espérance - tendait la main à June pour la rattraper. À l'extérieur, elle put apercevoir d'autres corps de soldats sans vie, éjectés par la dépressurisation sauvage. C'est en continuant de regarder autour d'elle que June put comprendre la gravité de la situation et constater l'ampleur des dégâts. Des milliers de morceaux métalliques du Recusant et déformés flottaient plus ou moins rapidement dans diverses directions, et de nombreux astéroïdes étaient visibles - certains détruisant encore des parties du vaisseau sur leur passage. Le Recusant avait été coupé en deux et ses réacteurs avaient explosé, provoquant l'arrêt du vaisseau, la coupure d'électricité et l'évacuation. En regardant d'encore plus près, il y avait un nombre incroyable d'impacts sur toute la structure du vaisseau et la passerelle de commandement avait totalement disparu. Au milieu de ces débris et de cet immense vaisseau coupé en deux, June se sentit bien petite.
Quand elle put attraper la main du supérieur, ce dernier se mit à la tirer à l'intérieur du Recusant en lui ordonnant de rejoindre les survivants au hangar. Obéissant sans broncher, elle partit en s'élançant dans les couloirs à l'aide des murs. Une fois arrivée au hangar, une navette attendait les derniers soldats... mais June fut la dernière à être revenue vivante. Quelques minutes après, le supérieur prit place à son tour dans navette, et ordonna le départ immédiat. Lorsque les portes se fermèrent, de l'oxygène fut introduit et une gravité artificielle avait été activée.
Retirant son casque après avoir reçu l'autorisation du supérieur, June prit la parole et demanda les causes de cet accident. Surpris par la question, certains soldats demandèrent, sans attendre la réponse du supérieur, s'ils étaient les seuls survivants (en faisant comprendre à June que sa question n'était la bonne). Demandant le silence en hurlant sèchement au groupe présent dans la navette sans fenêtres sur les côtés, le supérieur répondit : qu'ils n'étaient pas les seuls survivants et que d'autres navettes étaient parties avant eux. Puis il porta son regard sur June et expliquait : qu'une évacuation avait été ordonnée après plusieurs impacts de corps célestes en vitesse supraluminique. Cette explication laissait les soldats interrogatifs. Ce que ne manqua pas de faire remarquer June en demandant des détails supplémentaires - accompagné des approbations des autres soldats. Comprenant qu'il ne pouvait pas cacher plus longtemps la vérité, le supérieur expliqua que le vaisseau avait franchit une ceinture d'astéroïde en vitesse lumière, que les astéroïdes avaient fait subir de graves dégâts au vaisseau en le perçant de toute part, qu'ils avaient détruit les réacteurs et la salle des moteurs du Recusant et que le plus gros astre rencontré avait coupé le vaisseau en deux et qu'un autre corps céleste avait détruit entièrement une troisième partie... et qu'ils n'étaient toujours pas sorti de danger puisqu'ils se trouvaient encore dans la ceinture d'astéroïde. La peur pouvait se lire sur leurs visages. D'ailleurs, certains se mirent à pleurer à ce moment. Le supérieur poursuivit en expliquant que l'alarme s'était déclenchée grâce à une génératrice de secours et que soldats, encore vivants, avaient été prévenu d'une évacuation d'urgence juste après. Les soldats étaient traumatisés par ce qu'ils venaient d'entendre. Comment une telle chose avait-elle pu être possible ? Une erreur de calcul ? Et pourquoi les boucliers n'étaient-ils pas activés ? Quant à June, elle se dit : qu'une fois encore elle avait eu beaucoup de chance.
Le reste du voyage allait donc se faire dans la navette de secours, en direction de Géonosis... -
Post n°2
Auteur : June KingAlors que le voyage aurait dû durer que quelques heures avec le Recusant, ce fut au bout d'une journée et demie standard que la navette de secours arriva à l'intérieur du système géonosien. Le soulagement des unités, à l'écoute du pilote leur annonçant la fin du voyage, se fit dans les cris et la joie, accompagnés du supérieur félicitant tout le monde pour leur courage - même June eut un petit moment de relâchement. Après avoir annoncé l'immatriculation de la navette avant d'entrer dans la zone de protection militaire de Géonosis : le pilote annonça au groupe qu'ils allaient bientôt entrer dans l'atmosphère de la planète et qu'il fallait s'attacher aux sièges pour ne pas se cogner contre la carlingue.
Géonosis. Cette planète rouge d'un diamètre de onze-mille-sept-cent-soixante-dix kilomètres, mourante et désertique, à la chaleur épouvantable et bombardée en permanence de radiations nocives pour les êtres organiques, entourée par des anneaux formés de restes d'un satellite qui menaçaient constamment de frapper son sol, était enfin devant eux. Connaissant un peu la planète, mais ne supportant pas sa chaleur, June était tout de même contente de la retrouver, de retrouver un endroit sur lequel poser le pied et espérer un vrai moment de repos, après toutes ses aventures.
Avant l'arrivée de la navette, tout le périmètre du spatioport de Toskrew City avait été encadré par des véhicules militaires ainsi que plusieurs patrouilles aériennes ; en ville, toutes les rues, où le cortège qui devait ramener les soldats jusqu'à la base, furent fermées à la population. Des B1, B2, Droidekas furent déployés ainsi que des organiques pour ordonner aux habitants des rues de rester chez eux - fenêtres, portes et magasins fermés. Si un tel dispositif avait été mis en place, c'était pour arrêter et empêcher les journalistes de prendre davantage d'informations sur les rescapés de l'incident du Recusant. Cette tragédie avait fait grand bruit dans l'univers médiatique, et les photos ou informations se vendaient à prix d'or. Pour garantir la sécurité de ses soldats, la Confédération était prête à mettre les moyens.
Lorsque la navette se posa sur l'une des pistes d'atterrissage du spatioport de Toskrew City, les soldats avaient été tout de suite pris en charge et accompagnés jusqu'aux véhicules de transport pour être transférés au plus vite vers la base séparatiste.
Quand June sortit de la navette, elle aussi fut accompagnée par les quelques droïdes, une fois à l'extérieur. Se méfiant toujours de ces machines facilement reprogrammables par n'importe qui : elle demanda aux B1 de ne pas rester collé à elle. Malheureusement, ces derniers refusèrent sa demande et l'un d'eux expliqua qu'ils avaient été missionnés par le Marechal Lam Cinder et que nuls ne pouvaient obéir à un autre ordre - puisqu'il était une figure d'autorité proche de celui des consuls. Étant dans l'obligation de devoir supporter ces tas de ferraille jusqu'à destination finale, elle suivit les B1 jusqu'aux véhicules de transport. Entrant dans l'un d'eux, elle eut la surprise de revoir une personne qu'elle pensait ne jamais revoir : le sergent Zec Forest. Ce dernier était assis sur l'un des sièges du véhicule, jambes croisées, lunette sur le nez, en train d'écrire dans un carnet quelques lignes. Saluant respectueusement son supérieur avec sa mauvaise main, comme à son habitude, June prit place à son tour dans le véhicule. Relevant le menton à l'entente de cette dernière, le sergent Forest eut un large sourire en prenant la parole tout en retirant ses lunettes et en posant son stylo au centre de son carnet.
« — Décidément, à chaque voyage sur Géonosis nos chemins se croisent. Heureux de voir que vous êtes encore vie jeune soldate, dit-il d'un air amusé. »
Malgré le fait que June avait changé physiquement et gagné un bras cybernétique ; le sergent l'avait reconnu (il oubliait rarement les personnes qu'il rencontrait). Cet homme était particulier. Le sergent Zec Forest avait une apparence calme et toujours détendue. Lorsqu'on le regardait : il n'avait pas l'air très fort, ni musclé et semblait même assez faible physiquement - au vu de sa corpulence et de sa taille. Mais il ne fallait pas s'y fier. La première fois que June avait vu cet homme, il avait inspiré la peur chez une recrue qui faisait deux fois la taille du sergent et trois fois sa masse musculaire. Cet homme cachait bien son jeu et sa force n'était pas visible... mieux valait-il ne pas l'énerver.
Le chemin jusqu'à la base - qui avait été encadré par l'armée - fut rapide et les soldats avaient pu rejoindre leurs quartiers avant le crépuscule, mais pour June ce n'était pas encore l'heure. Durant le voyage, le sergent Forest avait demandé à June de rendre visite à sa responsable pour un rapport sur sa dernière mission sur Félucia... et pour la rassurer. Le sergent et la lieutenante étaient souvent en contact et travaillaient fréquemment ensemble, notamment lors des recrutements ou des formations. Bien qu'elle était froide et sérieuse, Maria Gladmoore se faisait beaucoup de mauvais sang pour ses disciples. Remerciant respectueusement son supérieur une nouvelle fois d'un salut militaire effectué avec sa mauvaise main, June descendit du véhicule et se dirigea vers la base séparatiste.
À l'entrée de la base séparatiste, un droïde de type B1 était dans une petite cabine rattachée au bâtiment et présent derrière une vitre. Lorsqu'il aperçut la petite confédérée arrivée en face de lui, il prit la parole.
« — Bienvenue à la base séparatiste, que puis-je faire pour vous aider ? Demanda le droïde. »
« — Soldate King, matricule MB-99. Je viens pour faire mon rapport auprès de la lieutenante Maria Gladmoore, expliquait-elle rapidement. »
« — Un instant, s'il vous plait, dit le droïde en restant silencieux quelques secondes. Soldate June King. Matricule MB-99. Originaire de la planète Lorrd. Sous responsabilité de la lieutenante Maria Gladmoore. Revenue de Félucia. Survivante du Recusant. Bienvenue Soldate, vous pouvez entrer. Votre supérieure a été prévenue de votre arrivée, indiquait le droïde en appuyant sur un bouton pour ouvrir la porte de la base. »
Survivante ? June venait-elle d'acquérir un titre particulier ? Ne répondant pas au droïde elle entra dans la base en se méfiant du B1. Elle était peut-être moins sur ses gardes qu'avant lorsqu'un droïde était à côté d'elle, mais restait tout de même très froide et sur le qui-vive quand il y en avait un dans les parages... son traumatisme n'avait pas totalement disparu depuis sa mission dans l'usine de production.
Une fois à l'intérieur de la base, elle prit place sur l'une des nombreuses chaises présentes dans la salle d'attente. La sensation de revivre son arrivée et son engagement au sein de la C.S.I. lui fit avoir un léger rictus. Des souvenirs refaisaient surface à cet instant. Les fameuses pompes qu'elle avait dû faire après que Maria l'avait surprise en train de sourire lors du recrutement, cette marche infernale sous le soleil de plomb de Géonosis, cet entraînement dans une salle de simulation virtuelle... et cette mission dans l'usine de production. En y réfléchissant, elle se demandait si Becca, la petite ferrailleuse qui avait fait une partie de la formation avec elle, allait bien ?
« — Soldate King. Suivez-moi ! Dis Maria d'un ton froid et autoritaire, comme à son habitude. »
Maria Gladmoore était grande aux traits fins et au visage neutre. Elle ne laissait jamais apparaître ses émotions. Ses yeux noirs et ses cheveux de jais renforçaient son caractère strict. Tout comme le sergent Forest, elle se tenait droite et avait un charisme qui donnait la sensation que la gravité écrasait les personnes autour d'elle.
Suivant sa supérieure dans les couloirs, June retrouva, une nouvelle fois, la même sensation qu'à son arrivée. À ceci près qu'elles n'allaient pas dans la cour pour une entrée en formation, mais dans le bureau de Maria.
Le bureau était de forme carrée - comme la plupart des autres pièces dans la base séparatistes - , la lumière du soleil couchant qui traversait les fenêtres, derrière le bureau en bois, donnait à la pièce une teinte jaunâtre, proche du sépia. Contre le mur, à gauche, en entrant, se trouvaient un canapé et une grande armoire métallique, avec un espace entre ces deux éléments. De l'autre côté de la pièce : il n'y avait rien, et le bureau n'était pas totalement au centre, mais plus sur la droite, du fait qu'il prenait une bonne partie de la pièce et qu'il y avait un espace entre le mur et le bureau pour laisser la place à un fauteuil à roulette, tandis que de l'autre côté du bureau se présentaient deux simples chaises.
Une fois installée dans le fauteuil de son bureau, Maria invita la soldate à prendre place sur l'une des chaises disponibles. Donnant la parole à la jeune soldate : celle-ci donna un rapport détaillé sur les événements de Félucia depuis son arrivée jusqu'à la bataille entre les forces séparatistes contre le Sith en passant par son aventure sur le Recusant. Une fois fini, Maria remercia June et expliqua qu'elle avait déjà pris connaissance des événements et que cela confirmer les autres rapports. Les séparatistes croyaient à une victoire face à ce Sith, mais pour Maria, cela ressemblait plus à une défaite qu'autre chose... et elle ressentait que June pensait la même chose, au vu de son ton donné lors de son rapport. Mais la lieutenante avoua qu'elle n'avait pas fait venir June dans son bureau pour cette raison (bien qu'elle prit tout de même des notes), mais pour lui proposer quelque chose.
« — Je n'irai pas par quatre chemins. Je vous veux à mes côtés pour la prochaine session des recrutements et pour m'assister lors des formations, proposait Maria, en laissant June sans voix. Les futures recrues doivent arriver dans deux jours, et je vous veux avec moi pour les former au tir à distance, comme vous le faisiez lors de votre formation pour apprendre aux autres, ainsi que sur le terrain d'entrainement et pour les surveiller lors de mes absences, expliquait-elle en posant une feuille et un stylo en face de June. Si vous signez cette feuille, vous serez considérée comme formatrice secondaire jusqu'à la fin de la formation des recrues, et vous serez sous ma tutelle. Évidemment vous ne changez pas de grade, offrit-elle comme poste temporaire à June. Je ne vous cache pas que ça sera difficile, et qu'il y aura beaucoup de papiers à remplir, mais cela peut vous être bénéfique pour la suite de votre carrière. »
June fut prise par surprise et ne sut quoi répondre à cette proposition... cette offre. Devait-elle accepter ? Qu'est-ce que cela allait changer ? Puis, en réfléchissant un peu, elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle voulait faire au sein de la Confédération. Si ce n'est être la meilleure tireuse d'élite. Et si être formatrice était sa vocation, finalement ? Elle hésita à prendre le stylo dans sa main gauche, et lorsque la mine toucha le papier, elle remonta le stylo dans un nouveau moment d'hésitation. Pourquoi sa supérieure lui faisait-elle cette proposition ? Cela lui trottait dans la tête. Ne pouvait-elle pas avoir un moment pour réfléchir ? Surtout qu'elle venait tout juste de revenir de mission et d'éviter la mort. Remontant la tête pour regarder sa supérieure et lui poser la question qui lui était venue, elle remarqua que la lieutenante était en train d'écrire et de consulter plusieurs fiches. Son visage semblait tendu et terriblement stressé. Bien que Maria essayait de masquer un maximum sa détresse ; June était une Lorrdienne et savait lire les émotions sur les visages mieux que la plupart des êtres intelligents. Les recrutements étaient-ils si angoissants que ça ? Voyant sa supérieure dans cet état June finit par signer - presque par réflexe - pour lui apporter son aide. À l'écoute de la mine qui frotta contre le papier, la lieutenante Gladmoore redressa rapidement la tête pour regarder June qui était en train de signer la feuille qu'elle lui avait donnée. De nature à ne pas afficher ses émotions : Maria avait son visage qui affichait un certain soulagement, sans s'en apercevoir. Reprenant la feuille signée de la main de June ; Maria la signa à son tour avant de tamponner la feuille.
« — J'irai confirmer à de mes supérieurs votre accord pour m'assister aux prochaines formations. Pour l'heure vous êtes libre d'aller vous reposer si vous le souhaitez, dit-elle en rangeant la feuille. Bien sûr, je vous attends demain matin dans mon bureau pour commencer les préparations, donnait-elle comme ordre à la jeune soldate. Oh, encore une chose, interpellait-elle June avant de la laisser partir. Vos compagnons sont déjà revenus de Félucia. Avec l'incident du Recusant, ils ont eu le temps d'arriver avant vous. »
Surprise par ce que Maria venait de lui annoncer, June remercia une nouvelle fois sa supérieure en étant soulagé de savoir que ses amis allaient bien, puis sortit de son bureau pour se dirigeait vers sa chambre.
La chambre de June n'était pas très grande, elle faisait mois de dix mètres carrés, sans fenêtres, avec un lit à une place et un meuble pour y ranger quelques affaires.
Restant appuyé sur un bouton tactile présent à côté de la porte pour la déverrouiller : June entra dans sa chambre et toucha - une fois à l'intérieur - sur un autre bouton, lui aussi présent à côté de la porte, pour la refermer et la verrouiller. Une fois dans sa chambre, elle posa son fusil, debout contre le mur, et s'écroula sur le lit tout habillé en laissant son visage contre la taie d'oreiller, où elle trouva rapidement le sommeil.
C'était la première fois depuis son départ pour le campement séparatiste sur Félucia ; après sa bataille contre le sorcier sith, et après les événements qui l'ont suivi, qu'elle put trouver un réel moment de repos sans personne pour venir la déranger. Mais comme souvent, le réveil se faisait que trop tôt. À peine les premières lueurs du soleil éclairant la base séparatiste qu'une personne sonna à la porte de sa chambre en insistant. -
Post n°3
Auteur : June KingSe réveillant en sursaut après un terrible cauchemar, dans lequel toute une ville disparaissait sous une puissante explosion formant un immense champignon où les habitants brûlèrent sous sa chaleur ne laissant que leurs os qui s'évaporèrent en cendre une fois le calme revenu, June entendit sonner à sa porte à de nombreuses reprises. Se levant en émergeant du mieux qu'elle pouvait en hurlant avec une voix enrouée pour prévenir de son arrivée : elle se fit sauter dessus par ses amis qui étaient en train de pleurer de joie, après qu'elle ait déverrouillée et ouvert la porte.
Se faisant étrangler d'amour, June frappa sur la tête de ses amis pour les calmer ! Mais trop heureux de la savoir en vie, ils continuèrent de pleurer. Ses amis, et anciens compagnons de formation étaient bêtes, mais ils étaient gentils et aimaient beaucoup leur petite Lorrdienne - et encore plus depuis la mort de leur ami Gris Zantt (un rodien de couleur verte et de taille moyenne et qui était le cerveau du groupe). Les rassurant, June expliqua à Cra Lhot (un Cathar au pelage blanc tigré roux avec deux taches brunes entourant ses yeux et une immense crinière) et à Lahtuka (un grand Twi'lek au corps fin et à la peau pâle) ce qu'il s'était passé après avoir quitté Félucia et les événements du Recusant.
Mais la petite réunion entre amis n'allait pas durer longtemps : puisque June s'aperçut de l'heure et prit conscience qu'elle allait être en retard. Se dépêchant de prendre des affaires propres, une serviette et un savon dans le meuble à côté de son lit pour aller se doucher et se changer, elle s'excusa auprès de ses amis de devoir leur fausser compagnie si vite. Demandant le pourquoi de cet empressement, June leur répondit qu'elle était devenue formatrice pour la prochaine session des recrutements et qu'elle devait rejoindre Maria le plus vite possible puisqu'elle allait être en retard ! L'Étonnement de ses amis fut bruyant et faillit réveiller toute la base. Posant des questions dans tous les sens en demandant moult détails à June en la suivant même jusqu'aux douches, celle-ci leur répondit juste, avant de fermer la porte pour les empêcher de rentrer dans les douches des filles.
« — Vous avez qu'à faire comme moi : essayer des choses ou trouver votre voix sans perdre de vue votre objectif, dit-elle avec un sourire radieux en donnant une pichenette sur leur front, avant de fermer la porte des douches en laissant ses amis sans voix. »
La douche réveilla June et elle se sentit requinqué une fois sortie de sous l'eau. Attachant ses cheveux en queue de cheval comme à son habitude en s'habillant d'un nouvel uniforme séparatiste, elle se dirigea vers le bureau de sa supérieure.
Lorsqu'elle sonna à la porte, la lieutenante lui ouvrit en appuyant sur l'un des boutons de commande présent sur son bureau. Entrant en saluant sa supérieure, toujours la mauvaise main ; Maria lui présenta deux objets : un datapad et un comlink. Le premier objet, le datapad, servait de dossier et contenait l'intégralité des informations des futures recrues, ainsi que des détails sur la formation et les préparations qui n'avait pas été encore faites, tandis que le second objet, le comlink, devait être gardé durant son travail pour rester en communication avec les autres formateurs. La lieutenante insista plusieurs fois sur le fait de garder ses objets près d'elle et de prendre un maximum connaissance des recrues qui allaient arriver.
Après avoir mis le comlink à son oreille, elle regarda le datapad. Toutes les personnes qui allaient participer aux recrutements étaient enregistrées. En regardant les dossiers, elle put comprendre l'affolement de Maria. Le datapad affichait pas moins d'une soixantaine de candidats... pour seulement un nombre de formateurs qui pouvait se compter sur les doigts d'une main humaine.
Mais le temps n'était pas aux prises d'informations sur les prochaines recrues, il fallait se déplacer jusqu'en ville ou une nouvelle piste d'atterrissage était en construction le spatioport de Toskrew City. L'une des étapes de la formation que Maria avait imaginée consistait à de nombreuses et diverses tâches manuelles et physiques, et participer à une construction d'une piste d'atterrissage faisait partie de ses plans. Malheureusement, elle n'avait pas encore été sur le chantier pour voir son état - trop occupé à se rendre sur un autre lieu pour savoir quoi faire aux recrues. Expliquant rapidement le programme du jour à June ; Maria lui demanda de la suivre jusqu'au spatioport où elles devaient prendre des notes.
Prenant un véhicule de transport terrestre pour se rendre jusqu'au lieu de la piste d'atterrissage, Maria fut soulagée, une fois arrivée, de voir que le chantier n'en était qu'au début de sa construction. Cela allait lui laisser le temps de former les recrues avant de passer à cette étape. De son côté, June - qui essayait de se protéger un maximum du soleil en trouvant des coins d'ombre pour éviter de brûler sous ses rayons - prenait de rapides notes de ce qu'elle voyait en l'inscrivant dans son datapad. Ressources, matériels, nombre de droïdes déployé, taille du chantier, tout y passait. Même si ce qu'elle écrivait dans son datapad ressemblait à un joli bazar, elle s'était dit qu'elle aurait le temps de faire rédiger un rapport propre à son retour.
Continuant d'entrer des notes, en se retenant de râler au sujet de cette chaleur étouffante, June n'avait pas vu la matinée passer lorsque Maria lui annonça l'heure. Lui demandant d'arrêter de prendre des notes, puisqu'elle avait suffisamment d'éléments et de renseignements sur le chantier de la piste d'atterrissage du spatioport : Maria accompagna June jusqu'au véhicule de transport terrestre pour retourner à la base afin d'aller prendre un repas bien mérité à la cantine. Prenant place sur l'une des tables en posant leur plateau-repas, les deux femmes furent très vite rejointes par plusieurs gradés. June ne se sentit pas à sa place, elle n'osa même pas faire de bruit en mangeant. Elle, simple soldate, au milieu des gradés en train de manger avec elle à la même table... cela semblait surréaliste. Mais bien qu'elle ne soit qu'une simple soldate, toutes les personnalités présentes autour de la table semblaient la considérer comme une des leurs. Pourquoi ? Serait-ce parce qu'elle avait un titre de formatrice temporaire ? Sa timidité l'empêchait d'ouvrir la bouche pour prendre la parole et participer aux nombreuses conversations - et que pouvait-elle bien raconter de toute façon ?
Une fois le repas terminer, June et la lieutenante déposèrent leur plateau et repartirent au travail, mais le travail de l'après-midi était différent. Maria réservait cette partie de journée pour ses entraînements dans le gymnase de la base. Étirements, squats, pompes, lever de fonte, escalade en intérieur, sans oublier la course à pied qu'elle faisait à l'extérieur de la base, dans les plaines désertiques de Géonosis. Et June n'allait pas échapper à cet entraînement. Une formatrice se devait de montrer l'exemple ! Si elle était moins performante qu'une recrue fraîchement débarquée, cela voulait dire qu'elle était incompétente et qu'elle n'avait pas sa place.
En uniforme d'entraînement, June eut plus de mal qu'elle ne croyait à suivre sa supérieure. Les exercices n'étaient pas faciles, bien qu'ils étaient faisables. Mais ce qui avait été le plus difficile pour elle, fut cette course à pied dans le désert de Géonosis. Même si elle s'était protégée le visage, sur conseil de la lieutenante, le sable rendait sa course difficile. Ses pieds s'enfonçaient à chaque pas dans le sable : ce même sable qui l'empêchait de respirer correctement. Ses yeux, bien que protégés par des lunettes teintées, souffraient du soleil qui l'éblouissait et lui brûlait la rétine, et la chaleur fit vivre un véritable cauchemar à June - elle qui supportait très mal les hautes températures. Sans oublier, le son du vent qui soufflait dans ses oreilles créant une sensation de mort planante perpétuellement au-dessus d'elle rendait l'ambiance terrifiante.
Une fois l'entraînement terminé les deux séparatistes retournèrent à la base, où June partie prendre une douche froide pour rafraîchir son corps et retirer tout le sable qui était dans ses cheveux. Sous l'eau, elle n'imaginait pas un seul instant que Maria pratiquait un tel entraînement chaque jour. Maintenant, la soldate savait pourquoi sa supérieure avait une carrure si musclée et un physique impeccable.
Sortant de la douche, en se changeant pour remettre son uniforme séparatiste, June retourna dans le bureau de Maria - qui avait pris moins de temps à se laver que June - pour continuer le travail. La chose qui lui restait à faire pour terminer sa journée de travail était de rédiger un rapport sur le chantier de la piste d'atterrissage du spatioport de Toskrew City. Une fois dans le bureau de Maria, cette dernière lui dit qu'elle s'en chargera et que June pouvait prendre sa soirée pour aller se reposer. Mais devant l'insistance de la petite séparatiste après avoir refusé de partir sans finir le travail, la lieutenante finit par accepter.
Elle aimait cette attitude, même durant sa formation June prenait ses engagements très au sérieux, comme la fois où elle prit les responsabilités de l'échec de son groupe.
Une fois son rapport terminé, Maria ordonna à June d'aller se reposer et de revenir demain matin à l'aube dans son bureau.
Une fois dans sa chambre : June prit le temps, cette fois-ci, de de se déshabiller et de se laver les dents avant de régler son réveil et de dormir dans les draps de son lit.
Cette routine dura pendant deux jours. Elles allaient dans différents endroits, réunions, rendez-vous, et cetera, et le soir venu, elles faisaient leur entrainement. Puis, le jour des recrutements, le fameux jour J : dans le bureau de Maria, cette dernière offrit à June un uniforme personnel qu'elle devait porter durant toute la session de la formation - et après si elle le souhaitait.
Son uniforme se composait d'une chemise droite beige, d'une cravate brune clair, d'une jupe mi-longue marron (partant de la taille jusqu'au milieu des tibias), d'une veste marron à quatre poches ornées de boutons de couleur or et d'une paire de longues bottes noires (s'arrêtant juste en dessous des genoux). Maria lui donna aussi un badge plastifié muni d'une épingle et d'un petit trou pour pouvoir le porter autour du cou : le badge affichait une photo et le nom entier de la jeune soldate ainsi que son matricule militaire (MB-99) et un nouveau numéro qui était celui de formateur : LV-426 - qu'elle venait de recevoir via l'administration.
Une fois son uniforme et son badge donnés, la lieutenante l'invita à aller se préparer et se changer pour rejoindre les autres formateurs dans la cour pour accueillir les futures recrues, tout en lui donnant comme conseil de ne pas hésiter à accrocher le symbole séparatiste : l'hexagone de fer (décoration militaire remise par le capitaine Thieris Buckler pour son courage lors de sa mission dans l'usine de production de droïde), pour impressionner un maximum les recrues.
Remerciant sa supérieure, June partit se changer, tandis que la lieutenante prit le chemin de la cour d'entrainement.
Dans la cour, comme à chaque recrutement, un buffet était installé pour accueillir les nouvelles recrues. Sauf que cette année le buffet était particulièrement grand. Maria savait qu'il y aurait, au minimum, une soixantaine de recrues, mais avoir plusieurs formateurs à ses côtés pour cette année la rassurait un peu. En arrivant dans la cour, là où étaient disposés, au centre, une table pour y déposer quelques pâtisseries et boissons lors de la réception des nouvelles recrues, se trouvait le sergent Zeta Reticuli en train de dormir la bouche grande ouverte, sur une chaise dans un coin, avec sa cigarette collait à la lèvre inférieure qui menaçait de tomber à tout instant. Le sergent Reticuli était le parfait contraire du sergent Forest, ou de Maria. De nature contradictoire et sarcastique, avec un regard arrogant et hautain aux yeux verts, des cheveux bruns mi-longs coiffés en arrière, avec toujours une cigarette à la bouche. Le sergent ne prenait jamais soin de ses affaires qui finissaient par faire des plis un peu partout et sa chemise était toujours ouverte et sa cravate souvent à moitié défaite. Regardant cet homme devenu sergent, par on savait quel miracle, pendant quelques instants, Maria fit tombé sa cigarette sur lui en la poussant du bout du doigt. La chaleur, et certainement la douleur de la brûlure, réveilla Zeta en sursaut et en se tapant son pantalon. Mais avant de faire un commentaire sur cette scène pitoyable, les comlinks des formateurs sonnèrent et le sergent Zec Forest prévint de l'arrivée imminente des recrues en expliquant, par ailleurs, qu'une personne venait de se renseigner auprès d'un B1 pour un recrutement dans le quartier d'affaires, non loin de l'astroport de Lyod, en sous-entendant qu'il allait bientôt arriver aux guichets des renseignements et qu'il faudrait aller le chercher.
Une arrivée improvisée - comme ce fut le cas pour June - était toujours embêtante administrativement. Entrer son nom et ses informations demandait du temps, et cela empiétait sur le temps de la formation. Mais il fallait faire avec.
Sans attendre, la lieutenante Maria envoya le sergent Reticuli. S'il avait le temps pour dormir en toute décontraction, il serait disponible pour aller chercher une recrue.
Ne pouvant refuser, le sergent se leva en écrasant sa cigarette du bout du pied, et partit chercher la future recrue, tandis que June finissait de se préparer en s'affolant après avoir vu son retard et après avoir entendu le sergent Forest prévenir tout le monde, via le comlink, que les recrutements allaient commencer.
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