Renaissance
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Post n°1
Auteur : Shar'kan NocturnaSpoiler : HRP:
C'était une langue incompréhensible. Une femme et un homme parlaient précipitamment dans un dialecte inconnu. La jeune femme aux yeux étrangement jaune-orangés et à la peau d'un rouge sublime pleurait toutes les larmes de son corps. Un bruit sourd d'explosion les fit plonger à terre, elle, protégeant quelque chose au creux de ses mains, lui, faisant bloc contre d'éventuels projections de débris. Dans l'urgence et dans une panique indescriptible ils échangèrent quelques mots et la jeune femme transmettait ce qu'elle protégeait au creux de ses bras au jeune adulte. Elle n'avait plus de force, elle était vaincue par la fatigue et par le désespoir, elle savait qu'elle était vouée à une mort proche et certaine. Jamais je n'avais vu un visage aussi déchiré par la peine, par la douleur et par la tristesse… Elle regardait, genoux à terre et la peau comme recouverte de suie, ce qu'elle abandonnait parce qu'elle n'en avait pas le choix. Lui ne souhaitait pas s'échapper de cet enfer et laisser cette si belle femme périr sous les bombes, dans les flammes qui se précipitaient trop vite vers elle... C'était pourtant nécessaire, et ce pour quoi il était là, il devait fuir. Fermant les yeux, il s'échappait, courant là où il le pouvait à la recherche de ce qui devait le sortir de là. Au loin, un vaisseau. C'était comme si ses lignes étaient floues, impossible de reconnaître son type. Mais l'homme embarqua à l'intérieur, se retournant une fois sur la rampe d'accès pour apercevoir une des visions les plus terribles qu'il avait jamais vu de sa jeune vie. Le souffle intense des explosions se faisait ressentir jusqu'à lui. Tout partait en fumée sous le terrible fracas des bombes. Le transport décollait pourtant, fermant petit à petit la rampe d'accès et obstruant la vue du jeune homme qui n'aurait désormais comme ultime souvenir de cette planète, que la couleur flamboyante du feu ravageant la civilisation qu'il avait connu.***Sursaut soudain. Un bip sonore résonnait à un rythme soutenu alors que quelque chose me plaquait sèchement sur le dos, sans doute parce que je m'agitais un peu trop. Rien à faire, je ne cessais de me débattre presque comme un fou et en silence du fait je n'arrivais guère à reprendre ma respiration. Une toux violente s'empara alors de moi. J'étais en train de véritablement m'étouffer ! Ma vue était plongée dans les ténèbres, je n'y voyais absolument rien, si ce n'est un noir absolu. J'entendis un brouhaha dans la salle mais il m'était impossible encore de distinguer le moindre mot. Quelque chose m'agrippa de nouveau l'avant bras droit pour le plaquer sur le lit, mais comme par instinct je le retirais sèchement et non sans douleur – un picotement intense au creux du coude me fit frissonner et grimacer. Ma quinte de toux s'arrêta progressivement après avoir fini par cracher mes poumons et les gens qui étaient autour de moi commencèrent à me maîtriser. Ce que je devinais être un électrocardiogramme ralentissait petit à petit, mon ouïe distinguait à ma gauche une voix masculine, à ma droite une voix féminine. J'avais cru saisir le mot docteur… Etais-je à l'hôpital… ?
- Aie…
L'infirmière proche de l'électrocardiogramme raccorda la perfusion qui avait sauté de mon bras, non sans douleur. Instinctivement, je tournais la tête vers elle mais je ne voyais toujours rien, encore ce noir intense. Un sentiment de peur, presque de panique me prit les tripes. D'une part je ne savais pas ce qui se passait et pourquoi j'étais sur ce lit d'hôpital, et d'autre part… Etais-je devenu aveugle.. ? L'évocation de cette pensée me fit frissonner comme jamais, il était surtout impossible de m'y résoudre dans l'immédiat. Non ça ne pouvait pas arriver… Pas à moi !
Je respirais fort, j'avais envie de pleurer. Rester dans l'ignorance totale nourrissait une rage que je n'avais jamais connue auparavant. Quelques temps après, la raison reprenait peu à peu le pas, certes avec mille interrogations, mais paraître calme était l'unique solution pour obtenir la réponse à mes questions. Je sentais pourtant toujours les mains du médecin et de l'infirmière fermement appuyés sur les articulations.
- Ca va, ça va… J'ai repris mes esprits… fis-je d'une voix faible.
Je sentais que les deux hésitaient, mais ils finirent par me laisser libre de mes mouvements.
- Ne bougez pas trop Chancelier… Vous êtes encore faible, vous mouvoir trop brusquement pourrait soit vous faire vomir, soit vous replonger dans un état quasi comateux…
- Mais qu'est ce qui m'est arrivé bon sang…
- Les échantillons sont en cours d'analyse mais on a une petite idée…
- Laquelle ? Répondis-je avec espoir.
- Nous préférons ne pas nous prononcer d'avantage, attendons patiemment les résultats des analyses Chancelier et par pitié arrêtez de bouger et reposez votre tête…
- J'ai du travail Docteur, beaucoup de travail, énormément de travail…
- Vous m'expliquez comment vous allez travailler avec un bandeau sur les yeux ?!
Un long soulagement… Mes yeux étaient en réalité obstrués par un bandage. Le mystère restait total, la seule chose dont je me souvenais était d'avoir reçu Atin Jnum dans mon bureau. Mais que s'était-il donc passé pendant cet entretien, le mandalorien était-il à l'origine de ce que j'avais ? Est-ce que le Sénat, la République étaient en danger ?!
- Pardonnez-moi, je ne pas me permettre de rester sans contact docteur. J'ai un besoin urgent de communiquer avec la Chancellerie immédiatement.
- VOUS-N'ETES-PAS-EN-ETAT, CHANCELIER !
Une expression de surprise apparut sur mon visage. Le docteur savait ce qu'il disait mais c'était pas non plus la peine de me hurler dessus !
- SI j'étais l'ancien Empereur vous n'auriez pas fait long feu, DOCTEUR !
- Eh bien je suis encore en vie, preuve que nous n'avons pas encore replongé dans la tyrannie !
Il me fit tout de même décrocher un sourire malgré une situation qui me préoccupait grandement. Étrangement, mes pensées se redirigeaient vers le droit et plus particulièrement la Constitution. En cas d'atteinte grave en la personne du Chef de l’État, la loi suprême prévoyait-elle une succession intérimaire au pouvoir exécutif républicain le temps du rétablissement de son détenteur originel ? Dans un moment comme ça, il fallait absolument que j'accorde une confiance aveugle – c'est le cas de le dire – aux institutions en place et surtout au personnel politique. La République est jeune et fragile, qui sait ce que les gens peuvent faire d'une démocratie naissante. Je n'avais qu'une seule envie à ce moment là, c'était de trouver mon comlink, mon datapad et de les activer.
- Écoutez, la situation est très particulière, mais j'ai besoin de mon comlink…
J'entendis le médecin soupirer. Un léger moment de silence passa, puis j'entendis quelques pas puis la porte automatique d'un placard . Ce que je devinais être l'infirmière s'approcha et me mit quelques affaires à ma disposition. Je tournais la tête vers son emplacement potentiel et lui adressais un léger sourire de remerciement en hochant faiblement la tête. Je réalisais à quel point il n'était pas simple d'être non voyant… Tâtonnant pour identifier les boutons, il fallait ensuite que je me débrouille pour entrer les bonnes combinaisons dans le menu. En même temps que je manipulais de façon hasardeuse le comlink, je m'adressais à la jeune femme toujours postée – je le sentais – à mes côtés.
- Je sais que le médecin est parti, commençais-je sereinement, savez-vous pourquoi j'ai ce bandeau sur les yeux ?
- Il faut absolument que votre vue se rétablisse, répondit-elle, trop d'afflux de sang d'un seul coup à cause de l'explosion de certains capillaires, c'était pas beau à voir… Nous avons procédé à des injections de bactasérum mais ça n'a pas suffit, il a fallu opérer en urgence. L'opération s'est effectuée avec succès, vous n'aurez pas de traces visibles mais il faut un peu de temps pour que vous retrouviez une vue normale …
- Pendant combien de temps je ne serai pas apte à voir ?
- C'est variable selon les personnes, ça peut aller de quelques heures à quelques jours …
- Quelques jours ?! Je n'ai pas quelques jours ! Répondis-je presque avec colère en même temps que l'électrocardiogramme s'emballait de nouveau.
L'infirmière se tut. Voyant que je tâtonnais sur mon comlink, celle-ci me proposa de l'aide. Le bip sonore de la machine médicale baissa d'intensité au fur et à mesure, signe que je reprenais peu à peu mon calme. Après un léger silence un peu gênant, la jeune femme reprit la parole.
- A qui voulez-vous envoyer un message Chancelier ?
Un air de surprise éclaira mon visage, un sourire un coin des lèvres.
- Eh bien... j'étais en entretien avec le Sénateur Jnum du Système Japraël. Cette réunion était capitale, mais il doit être au Sénat... Je dois au final prévenir la Chancellerie, immédiatement, et leur indiquer que j'ai l'intention de reprendre mes fonctions au plus tôt.
- Non vous n'y pensez pas…
- Je vais me géner… Ah d'ailleurs, avez-vous des nouvelles de la part des médias sur la situation du Sénat et des Institutions Républicaines ?
- A ce que j'ai compris, Chancelier, l'Administratrice Labreha se dirige immédiatement au Sénat pour assurer la continuité de l'exécutif.
Je fis une grimace. Valait mieux cette initiative qu'autre chose bien qu'elle pouvait s'avérer dangereuse. Quand bien même j'étais aveugle et infirme, il fallait que je me déplace au Sénat pour en assurer la séance qui sans doute, amorcerait un tournant nouveau pour la République. Même sur un lit d'hôpital le programme était chargé. L'heure était tout de même à la refondation et à l'unité du territoire républicain.
- Contactez l'Administ...
- Chancelier, le docteur dont je ne connaissais pas le nom était rentré de nouveau dans ma chambre, nous avons les résultats des analyses…
- Eh bien, je vous écoute, repris-je en soupirant un peu agacé qu'on interrompe mon initiative.
- Les holographes que nous a fourni le labo montre l'utilisation d'une molécule ayant agi comme un poison. Mais les propriétés de celle-ci nous sont encore inconnues. Les tests réalisés après synthèse sont formels : une gorgée de plus de ce que vous avez bu et c'était la mort assurée…
Silence de mort.
- On… aurait tenté de m'assassiner … ? Mais voyons…
Je n'arrivais pas à y croire. Je restais figé d'un air bête... Que pouvait-il bien se passer… ? Qu'avais-je bien pu faire pour qu'on tente de me tuer et pire… Et surtout comment avait t-on pu introduire un poison mortel dans mon flacon d'alcool situé au cœur même de l'endroit peut être le plus sûr de tout l'espace républicain : le bureau de la chancellerie ?
- Vous êtes sûr que cette molécule n'aurait pas pu se former naturellement dans la bouteille que j'ai utilisé ?
- Nous sommes formels Chancelier, le poison a forcément été introduit dans le flacon…
Le comlink vibra soudainement. D'un geste sec je m'en emparai, appuyant instinctivement sur le bouton qui réceptionnait les messages. Je tendais l'appareil à l'infirmière.
- Vous ne devriez pas Chance...
- S'il vous plait, lisez-moi ce qui y est écrit.
- Alors euh… - elle prit le comlink malgré l'agacement du médecin et lut l'hologramme qui s'y était affiché – une séance extraordinaire du Sénat est organisée par l'Administratrice Labreha, l'ordre est fixé au traitement de problématiques liées à l'annexion de Kessel par le Gouverneur Gelmir de Nar Shaddaa, avec sur le même sujet la convocation de Tyria Ridinia devant le Sénat. Ensuite, le lieutenant Tericarax de la CSI souhaite l'assistance de la Garde Républicaine pour résoudre un problème lié aux Sith en territoire Séparatiste… La Présidente du Conseil a également pris le relais de la gestion de séance en attendant que vous réapparaissiez.
J'aurais voulu cligner des yeux, malheureusement c'était impossible. Il s'était passé tout ça pendant mon coma… ? Je lâchai, presque las, un long soupir de désespoir. Quand il n'y avait plus ou presque de problèmes, d'autres sortaient de nulle part. Cet empoisonnement avait gâché la formation de la seconde législature Républicaine réunie grâce aux nouvelles élections. Il y avait des tas d'autres choses à régler comme l'établissement de la nouvelle loi suprême, ou bien le cas d'insoumission à la loi de Naboo. Une pensée s'orienta directement vers la planète de Rick O'Lonell, le Sénat se réunissait et il était impératif que je lui adresse un mot en urgence. Espérons en tout cas qu'il y réponde favorable et surtout que les affaires que venaient de me décrire l'infirmière n'allaient pas prendre trop de temps… La stabilité des institutions était l'objectif numéro 1 de la nouvelle séance que je devais ouvrir.
- Un lieutenant séparatiste qui envoie un message diplomatique à la République pour faire appel à la Garde afin de se débarrasser de Siths, y a que moi que ça choque ? C'est tout de même pas courant...
- Nous sommes compétents que pour vous apporter des soins Chancelier, malheureusement notre niveau en politique n'est pas assez élevé pour espérer vous aider…
- Oui, répondis-je en soupirant, veuillez-m'excuser… Ecoutez, faites ça pour moi s'il vous plait. Contactez l’administratrice du Sénat elle se chargera de prévenir les gens qu'il faut prévenir. Je prendrai le relais le plus tôt possible et idéalement pour le vote de la nouvelle Constitution ainsi que pour le reste de la séance.
- Vous plaisantez ou quoi ?! S'écria le docteur d'une voix agacée. Vous avez vu votre état ? Vous n'arriverez certainement pas à marcher !
Pendant le sermon du médecin, l'infirmière transmettait le message à l’administratrice du Sénat. De mon côté je répondais au chirurgien avec la même fermeté que celui-ci dans sa réponse précédente.
- Ecoutez-moi bien, docteur euh …
- Arham, docteur Arham…
- Ecoutez-moi bien, docteur Arham. Qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'on soit en guerre, que je sois sur un fauteuil roulant ou dans mon lit d'hôpital, tant que je suis apte à réfléchir et à exécuter le contrat qui me lie aux citoyens de cette République, je ferai tout pour exercer du mieux que je peux les fonctions que le Sénat m'a octroyé. Vous m'entendez ? J'ai un devoir moral envers ceux qui m'ont construit et je n'ai pas le droit de faillir un seul instant dans ma tâche. Alors que vous le vouliez ou non, poison ou pas poison, que vous me le conseillez ou que vous me le déconseillez, je me rendrai au Sénat pour faire MON JOB !
- Avec deux yeux en moins !
- Même avec deux yeux en moins ! J'ai certes perdu un sens, mais il m'en reste encore 4 !
J’enchaînais en indiquant à l'infirmière éternellement située à ma droite d'informer la Chancellerie de mon réveil, ce qu'elle fit d'ailleurs immédiatement. Ainsi mon secrétariat était prévenu, j'étais en vie. Il ne me restait plus qu'à envoyer le message au Sénateur de Naboo avant de partir vers le Sénat, coeur de la vie institutionnelle de la République. -
Post n°2
Auteur : Shar'kan NocturnaPetit à petit, l'infirmière ôta le bandeau qui me recouvrait les yeux. Sous l’œil attentif du docteur Arham, celle-ci s'appliqua dans ses mouvements, sans brutalité aucune. C'était comme si elle manipulait de la dentelle alors qu'il ne s'agissait que d'une barrière usagée qui permettait d'éviter le contact entre ma vue et l'environnement extérieur. Je ne sentais presque rien, mais je compris qu'on arrivait au bout quand je pus enfin apercevoir de la lumière. Une lumière floue, terne et rougeâtre, quasi uniforme, peut-être un peu plus obscure sur la périphérie. C'était une évidence, pour le moment il m'était impossible d'être autonome dans mon travail. Je ne voyais rien, je ne pouvais guère distinguer la moindre forme, juste les ombres de ceux qui obstruaient le passage entre la lumière et mes yeux. Étrangement, je me sentais bien, j'avais l'impression que mon regard était libre, comme s'il respirait alors qu'évidemment non. Dans tous les cas j'étais bien plus détendu sans le bâillon pour m'obstruer la vue. J'osais quand même à peine cligner des yeux par crainte d'une douleur supposée. Prudemment, je baissais pourtant les paupières en une déglutition que j'espérais la moins sonore possible afin de ne pas montrer le stress qui m'avait envahi à cet instant. Comme pour vérifier, si la mécanique fonctionnait comme il le fallait une fois les paupières de nouveau ouvertes, je tournais ma tête vers la gauche, puis vers la droite, essayant de distinguer une forme quelle qu'elle soit. En vain. Même si le médecin m'avait prescrit de ne pas trop m'agiter au risque d'effets secondaires, je ne pouvais m'empêcher de tester ce qu'il m'était possible ou impossible de faire.
- Il va nous falloir vous mettre quelques gouttes supplémentaires de bactasérum pour accélérer la guérison, fit l'infirmière, elles permettront aussi de faire cicatriser plus vite à l'intérieur si vous « voyez » ce que je veux dire.
Sans broncher, j'affirmais en hochant la tête légèrement tout en ne relevant pas le jeu de mot que celle-ci venait de faire. Très vite, ma vue s'assombrit et instinctivement, mon regard se fixa sur l'infirmière, la source de l'obscurcissement de ma vue. Elle m'avait demandé de me détendre, de ne pas bouger et surtout d'avoir confiance en elle. Mon rythme cardiaque s'accéléra assez brusquement. C'était comme si un sixième sens avait perçu la main qui s'approchait pour m'écarter les paupières et m'appliquer le précieux remède. Non sans un immense frisson qui me foudroya d'une force insoupçonnée, je me laissais faire, sachant que la fin de ma cécité reposait sur ces injections.
- Votre vue sera relativement vite rétablie, lâcha Arham, ce sera l'affaire de quelques heures. Rien qu'en arrivant au Sénat, vous aurez peut-être la capacité de distinguer des formes, peut-être quelques silhouettes. Cependant par précaution et pour ne pas altérer le rythme rapide de guérison, il vous faut remettre un bandage. Votre datapad vous indiquera par un son distinctif le moment où vous pourrez vous en débarrasser.
- Je vous remercie, docteur.
L'infirmière prépara donc un nouveau pansement oculaire - si on pouvait appeler cela ainsi. Relevant mes cheveux pour ne pas les coincer à l'intérieur, elle fit le tour de mon crâne progressivement. Une seule boucle avait suffi pour que je ne vis plus que du noir. Retour à la case départ en somme. Une inspiration et un soupir plus tard, je me rendais compte à quel point il était difficile de vivre avec un sens en moins. C'était terrible, cette sensation de solitude, ce sentiment d'incertitude… On ne peut savoir qui est en face de nous, qui nous regarde, qui nous ignore ; il était impossible de savoir si on nous souriait, si on pleurait, si même on laissait indifférent. L'émotion, la sensation, ne pouvaient passer que par la voix d'autrui, et là on s'imaginait sa réaction faciale ou corporelle mais pourtant sans en avoir la moindre certitude. Lorsqu'on découvrait le monde méconnu des ténèbres et ce que cela signifiait, on ne pouvait qu'avoir peur. La peur du doute, de l'incertitude, du mauvais jugement et pire, de l'ignorance.
Le bandage était plutôt élégant. Soucieux de mon image auprès de mes collègues ainsi qu’auprès de la population, le pansement oculaire ne devait pas faire une référence immédiate à une hospitalisation ou une intervention d’envergure. Je devais être le plus opérationnel possible et la sortie de mon coma ne signifiait ni plus ni moins la reprise du travail, comme avant. Je ne devais pas avoir l’apparence d’un patient d’hôpital, mais celle d’un homme qui possédait de lourdes responsabilités. J’étais heureux que le personnel médical eut pensé à cela, bien évidemment après avoir achevé les tractations quant à ma sortie de l’hôpital central sans nul doute prématurée. Ce n’est pas parce que je le quittais que j’étais en bon état… Mes yeux, mes articulations, la raideur de mes muscles... Je ne pouvais pas non plus marcher sans m’effondrer au sol parce que mes jambes étaient incapables de me soutenir plus d’une dizaine de secondes. Quand bien même, du travail m’attendait. Les dossiers ne patientaient pas eux, et sans doute la pile sur mon bureau continuait à s’agrandir au fur et à mesure que le temps s'écoulait. L’accord sur le commerce de bacta de Thyferra, la construction définitive de la base de la bordure extérieure sur Hoth, et tant d'autres, autant de dossiers urgents et nécessaires pour que la République, en plus d’assurer un ravitaillement certain en matière élémentaires, se consolide d’un point de vue économique, territorial et militaire afin d’avancer sur les lois qui permettront au peuple républicain de vivre bien, de vivre mieux dans un Etat respectueux de leurs libertés et de leurs droits.
Une oreillette me liait au comlink, chaque message d’importance m’étant transmis par ce biais. J’avais d’ailleurs prévenu l’administration de la Chancellerie sur ce point, et l’administratrice en chef allait appliquer ces ordres. D’emblée j’utilisais l’appareil pour informer Ayana Labreha au Sénat de la sortie de mon coma et du fait que je comptais me rendre de ce pas sous la rotonde afin de prendre le relai de la séance malgré mon état. Après avoir informé les autorités compétentes, mon oreillette se lia en parallèle aux débats afin de me mettre au courant des votes éventuels ainsi que des interventions des membres de la session. Tout en même temps, on se chargea de rassembler mes affaires. Certains fonctionnaires proches de moi m’avaient accompagné à l’hôpital et devaient rendre compte d’éventuelles complications aux appareils administratif et législatif. Finalement, ceux-ci se chargèrent de préparer ma sortie avec le plus grand soin. J’avais ainsi revêtu mes habits de Chancelier prêt à présider de nouveau la deuxième séance du Sénat de la République.
J’étais debout, mais appuyé sur un fauteuil à lévitation magnétique. Ce-dernier allait m’accompagner le long de mon trajet. Tout en préparant ma sortie prématurée de l’hôpital, mon ami et mentor Ilian Oldstein s’avança dans la chambre. Celui-ci avait l’air préoccupé, je devinais de suite qu’il s’inquiétait de ma santé.
- Shar’kan, commença-t-il en me hurlant presque dessus, tu ne peux pas partir maintenant de l’hôpital ! La prési…
- Ilian, lui répondis-je calmement l’ayant reconnu au son de sa voix, je sais parfaitement ce que je fais et c’est mon devoir que de me rendre au Sénat… Je suis totalement conscient de mes actes.
- Mais…
- Stop, je suis peut-être faible, mais mon cerveau fonctionne très bien…
- Tu pourrais te faire représenter par la Présidente Jagabamda !
- La Présidente et Ambassadrice a mon entière confiance, sache-le. Mais encore une fois et je ne le répèterai pas trente-six fois, je dois me rendre au Sénat !
Je pris à cet instant position sur mon fauteuil magnétique, bien déterminer à quitter l'hôpital, et tournai la tête vers l‘emplacement supposé de Ilian avec un léger sourire.
- Tu m’accompagnes ?***
Nous étions sortis de l’hôpital central de Coruscant. Mon transport était déjà prêt à nous accueillir, la passerelle rabattue entre la plateforme d’envol et mon vaisseau. Des milliers de véhicules volants perçaient les airs à toute allure derrière un périmètre de sécurité qui avait été spécialement établi pour me faire sortir du bâtiment hospitalier sans souci. Des tas de transports étaient prévus pour accompagner le mien d’ici au Sénat de la République - simple mesure de sécurité. Bien entendu, Ilian me décrivait tout cela car j’étais encore bien incapable de voir quoi que ce soit. Nous nous installions dans la salle qui m’était dédiée, Ilian et moi étions en train de débattre sur ce que nous avions entendus des interventions politiques sous la rotonde sénatoriale. J’avais demandé à ce qu’on me fasse parvenir le message du lieutenant Tericarax ayant atterri directement dans les communications de la Chancellerie. Je l’avais passé plusieurs fois pour me faire une idée non pas que sur le contenu mais sur le ton employé, sur la forme. Ilian observait mon air impassible.
- Mh… J’ai du mal à me faire une idée positive ou négative sur cette intervention, fis-je calmement, je ne peux imaginer que la CSI nous tende un piège après ce qu’elle a fait pour faire renaître la République après 10 ans d'absence.
- Mais… ?
- Oui, tu l'as deviné il y a un « mais »... Rendre la pareille à la Confédération serait une chose naturelle mais monsieur Tericarax est… lieutenant. J’ai beaucoup de mal à imaginer un lieutenant représenter la CSI dans son entièreté, pas toi ?
- Cette question paraît légitime effectivement …
- Par ailleurs, a-t-on seulement la certitude qu’il s’agit d’un message envoyé par la CSI ? La seule confirmation pour cela est d’aller sur place et d’entrer l’identification pour qu’on puisse reconnaître la République, mais nous, nous ne pouvons pas reconnaître d’emblée la CSI. Nous n’avons en plus que trop peu d’informations : quels systèmes, quelle quantité, comment agir, quelle gouvernance commune sur la mission ? Trop peu de détails. Nous risquons de partir à l’aveugle et trop peu préparés. Il aurait fallu une communication directe et non pas un message pour poser les termes de cette mission afin que nous puissions la préparer.
- Il s’agit d’une urgence Shar’kan.
- Raison de plus… Une urgence sans nul doute oui, mais un message détaillé nous aurait épargné ces discussions et par la même occasion aurait pu accélérer le processus au lieu que le Sénat se pose des questions qui par ailleurs sont tout à fait légitimes. Ils ont quelques craintes, ils ont raison, j’en ai également. Tout cela est trop obscur et cela ne remet pas en cause la dette que nous leur devons même si j’ai l’impression qu’ils souhaitaient plus se débarrasser de l’Empire et de l’Omega qu’éventuellement voir la République renaître. Notre ennemi commun est l’ordre Sith mais préparer une mission à l’arrache sans quasiment aucune information, c'est hors de question. Le Sénat se doit de demander un éclaircissement, cela en va de l’intérêt général.
Ilian avait fini par me rejoindre sur la question du brumeux message du lieutenant Tericarax. Il le regardait à nouveau, m’avouant sur une légère pointe d’humour qu’il était même un peu impérieux, exigeant presque le déplacement des forces de la Garde Républicaine et supposant l'approbation de la République sans réserve. Il était évident que même si nous avions des intérêts dans une telle intervention, la République n’était pas au service de la Confédération tout comme la Confédération n’était pas au service de la République. La diplomatie n’est pas que de la parlote, c’est un gage de respect. Il ne s’agit pas de faire des sourires hypocrites, mais de parler franchement sans abaisser son interlocuteur - en l’occurrence la République et donc des milliers de milliards de citoyens - en simple(s) exécutant(s). On pouvait bien me dire que la CSI était une organisation essentiellement militaire – ce qui apparaissait bien vrai selon moi et me laissait bien trop souvent perplexe – et qu’elle méconnaissait les règles basiques des relations inter-factions, mais l’exigence ou ce qui pouvait apparaître comme tel dans le message du lieutenant avait pour conséquence une aide évidente et non débattue de la République, ce qui méprenait les règles basiques de la discussion démocratique et donc abaissait le Sénat en simple exécutant. Pour faire court : c’était une mauvaise idée et une mauvaise chose. Pour quoi passerait la République si elle devait simplement dire oui aux injonctions d’autrui ? Bien évidemment, nos intérêts nous permettent légitimement d’agir a priori pour aider la Confédération, mais pas à n’importe quel prix : ni en sacrifiant le débat démocratique, ni en sacrifiant les informations vitales qui nous manquaient à cet instant.
- Bien, reprit Ilian, quant à « l’affaire Tyria Ridinia »… ?
Ah… Mademoiselle Ridinia… Pas un jour ne passe sans une polémique la concernant. Froidement, je répondis lui répondis:
- Qui sème le vent, récolte la tempête.
- Tu es dur, dit-il un léger sourire au coin des lèvres.
- Non, simplement réaliste… Elle a voulu plus de pouvoir, avoir sa structure, sa politique propre sans avoir au-dessus d’elle un Etat qu’elle ne comprenait pas, créer son organisation qu’elle avait vocation à diriger. Mais la cupidité des hommes et des femmes cause tout le temps leur perte. A vouloir toujours plus on perd tout. Cela ressemble à un théorème élémentaire qui se vérifie aussi bien au casino, qu’en économie, et surtout, surtout en politique. On peut avoir de beaux projets pour sa planète tout comme j’en ai pour la République, mais la liberté n’est pas le contraire de la solidarité et c’est bien les deux que la République compte promouvoir. Nous serons toujours plus forts dans l’union que dans l’indépendance sauvage. C’est une croyance solide.
Ilian observait mon attitude, et je sentais son regard posé sur mon visage. Sans doute pensait-il que bon nombre de mes idées demeuraient inébranlables, voire indestructibles. Mais c’était faux, tout débat était légitime et faisait de moi quelqu’un de plus riche. La discussion risquait peu de me faire changer d’avis sur des points bien précis comme ceux qui fondent la République, d’autres à l’inverses encore trop flous dans mon esprit pouvaient changer au cours d’un débat qui finalement m’avait convaincu. Selon moi, l’essence de la démocratie résidait dans le dialogue, cette même démocratie ne pouvait qu’être mise à mal par le sectarisme politique et idéologique. La République était certes un espace de réflexion mais c’était avant tout un espace de dialogue et d’entente pour quiconque partageait ses valeurs les plus fondamentales.
- Et quid du cas de l’espèce ?
Oui, revenons à nos moutons...
- Il a plusieurs points à traiter, repris-je, Tout d’abord, la violation de l’espace territorial d’une planète ou dans le cas bien précis d’un astéroïde quand bien même celui-ci soit une prison, est évidemment condamnable. Deuxième point, tout transport ou vaisseau Républicain doit absolument prendre de la distance avec le conflit. La République n’y est pas du tout liée…
- Tu avais des réticences quant à Alderaan et son indépendance, pour toi est-ce toujours un territoire de la République ? Si c'est le cas, cela risque de compliquer légèrement la chose...
- J’avais pour vocation de laisser l’administration républicaine sur Alderaan et d’en assurer la continuité, mais j’en ai assez de ces sottises. Je ne compte pas supplier cette bonne femme à genoux pour qu’elle reste dans la fédération. Elle a voulu son « indépendance » ? Alors qu’elle l’assume. Il est hors de question de défendre les intérêts d’une planète qui n’est pas de notre espace. Mademoiselle Ridinia ne peut pas avoir les avantages d’une adhésion républicaine sans en avoir les "inconvénients". Elle a choisi sa voie, qu’elle se débrouille avec ses problèmes. Sans doute le peuple Alderaani saura choisir la voie qui lui semblera la plus avantageuse lorsque le moment sera venu. D’après les données qui m’ont été transmise, son ambassadeur serait pris en otage… Alors bien évidemment, les fautifs sont des deux côtés : l’un utilise la force en guise de négociation, et l’autre mène son représentant dans une situation qui met sa vie en péril. Et sur le fondement que ceci s’est passé alors qu’Alderaan était encore soi-disant républicaine, nous devrions faire le travail à sa place ? Je ne suis pas un pigeon… Je ne suis pas un monstre non plus, j’espère qu’il n’y aura pas de mort dans cette histoire… Mais tout ceci est de sa responsabilité et la République se doit de rester à l’écart de toute intervention armée. La seule chose que nous pourrions créer est éventuellement un contexte propre au dialogue entre les deux parties, rien de plus.
Mon mentor acquiesçait. Je ressentais ce qu’il percevait de moi : une certaine rancœur à l’égard de l’ancienne Sénatrice devenue Gouverneur de sa planète. Cette rancœur ne me rendait pas aveugle, mes paroles restaient sensées. Se prévaloir d’une aide de la République était absolument injustifié lorsqu’on vit à l’époque la force avec laquelle Tyria Ridinia souhaitait se détacher de la République. Celle-ci malgré les appels à rester au sein de la fédération tenait bien trop à son émancipation, son "toujours plus de pouvoir" et n’en faisait donc qu’à sa tête. Son rôle était donc de ramasser les pots cassés, mais les réparer risque d’être relativement difficile…***
Les débats fusaient tout en écoutant la séance du Sénat. Les interventions allaient bon train, mais pourtant le transport se posait à l’endroit qui lui était prévu. Cela ne pouvait signifier qu'une chose. Je m’emparais de nouveau du fauteuil magnétique, indispensable outil à mon déplacement. Comment allaient me percevoir mes collègues ? Me verront-ils mourant ou au contraire comme une personnalité intangible ? ... Ces questions étaient idiotes. Ma volonté de faire mon job n’étaient pas une question d’image. Si j’étais là, c’est tout simplement parce que je devais l’être et ce tant que mon esprit était suffisamment clair pour que je puisse gouverner. Le siège suivit la rampe métallique qui me conduisait devant le bâtiment si original du Sénat de la République. Ressentir cette si grande histoire, ces 25 000 mille années de démocratie dont je voulais assurer la continuité émaner de ce seul bâtiment ne m’inspirait que confiance et loyauté. Je n’avais pas besoin de voir le Sénat, le ressentir était amplement suffisant. Ilian me regardait étrangement. Un sourire éclairait mon visage.
- Pourquoi souris-tu bêtement comme ça ? Me demanda-t-il
- Je suis juste content. J’ai beau avoir toujours plus d’obstacles dans mon travail, je suis heureux de revenir en ce lieu.
- Shar’kan, il y aura toujours quelqu’un dans cette galaxie pour te faire passer soit pour un manipulateur, soit pour le prochain Empereur de la Galaxie, soit pour un crétin de politique qui pense qu’à son fric et à son pouvoir.
- Tant que j’inspire à une majorité quelque chose de positif ça me va. Je sais que je peux faire quelque chose de bien en étant à la tête de la République, et je compte sur le Sénat pour m’aider à accomplir la mission d’intérêt général qui m’incombe.
- Ah la la... Shar'kan Nocturna, mon ancien élève et maintenant mon ami... Tu es incorrigible.
Et il avait sans aucun doute raison.
Une sécurité étrangement renforcée m’accompagnait jusqu’à l’intérieur du bâtiment siège de l’organe législatif, puis jusqu’à mon bureau, situé sous la fameuse rotonde sénatoriale. Un hologramme était déjà prêt à l’emploi. Posé sur mon bureau il servait initialement de base à l’ouverture de la nouvelle séance. Tâtonnant mon plan de travail, ma main effleura soudainement le projecteur, je m’aperçus alors qu’il était toujours en place en un soupir de soulagement. Ilian s’était approché de moi, observant la source éteinte du document holographique.
- Qu’est-ce ? Me demanda-t-il d'un ton curieux.
- Ce qui va je l’espère aider la République à reposer sur des bases stables et solides pour l’avenir, nous faire repartir du bon pied. Et ce sera au Sénat de l’approuver ou non en bonne et due forme.
Je sentis un regard perplexe se poser sur moi. J'ajoutais d'un sourire presque malicieux en serrant la main sur le projecteur:
- La nouvelle Constitution de la République Fédérale.
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Post n°3
Auteur : Arda MoonshadeSuite de ce sujet
Comme il fallait s'y attendre, le client n'avait que modérément apprécié l'intervention d'Arda et s'était par conséquent montré quelque peu désagréable. Malheureusement, c'était le client, et Arda réprima donc sa soudaine envie de lui casser la figure. Ou de le planter là et d'aller savourer un bon petit plat dans un des plus prestigieux restaurants de la capitale.
Elle se contenta donc, à la fin de la tirade du triste sire, de hausser les épaules et de donner le signal du départ.
Quelques heures plus tard (le temps de finir les nécessaires préparatifs), le trio, chacun habillé de façon à se fondre dans la masse des employés de l'hôpital, se dirigeait vers l'immense bâtiment.
Munie de son accréditation en tant qu'infirmière, d'une perruque blonde et de lentilles de contact bleue, et de son sourire le plus angélique (oui, elle était capable d'arborer un sourire angélique), l'Arkanienne n'eut aucun mal à passer le premier contrôle et à entrer à l'intérieur. Les choses se corseraient au fur et à mesure qu'elle approcherait de l'étage où se trouvait la chambre du Chancelier.
Nous y revoilà. Espérons que nous serons plus discrets que lors de ma dernière visite. Quoique, je dois admettre qu'ils ont fait du bon boulot au niveau des réparations, on ne voit plus aucune trace de l'explosion et de l'incendie...
Enfin, me revoilà en infirmière en train de m'infiltrer dans cet hosto pour enlever à nouveau un sénateur de Coruscant. A ceci prêt que cette fois-ci, ledit sénateur est entre temps devenu Chancelier de la République. Et que la sécurité n'est pas tout à fait la même évidemment...
Et je ne sais pas si mes partenaires sauront se montrer efficaces...
Tout en réfléchissant de la sorte, Arda avançait d'un pas assuré dans les couloirs, la parfaite image de quelqu'un de particulièrement professionnel, qui sait ce qu'il fait et où il va, et qui a toute légitimité à être là.
Elle se permettait même des sourires rassurants et quelques mots d'encouragements quand elle croisait des malades. Ce qui était étonnamment rare.
A intervalles réguliers, des écrans diffusaient les holonews, tout tournait autour de ce coup de théâtre sur la scène politique intergalactique : le Général Valiant, Grand Moff de ce qui restait des débris de l'Empire, avait été fait prisonnier sur Kamino par le consul de cette planète reculée qui l'avait ensuite amené sur la planète capitale pour être jugé. Le sujet tournait en boucle sur les ondes.
Arda dépassa trois ou quatre écrans qui diffusaient les mêmes images du terrible général avant de s'arrêter net.
Le chef de l'Imperium arrêté et déféré devant la justice de la République au moment même où on nous demande d'enlever le chef de ladite République... La coïncidence est étonnante. Et je ne crois pas aux coïncidences... J'espère que notre "cher" Doyen sait ce qu'il fait en acceptant cette mission. Je me demande si nous n'avons pas mis le pied dans un panier de crabes trop gros pour nous...
Et puis, vraiment, je n'aime pas cet hôpital...
A ce moment, une patrouille des FSC apparut au bout du couloir et lui jeta aussitôt un regard suspicieux.
Sans se démonter (après tout, ces types étaient là pour jeter des regards suspicieux), Arda jeta un coup d'oeil à sa montre, un autre à l'écran, haussa les épaules d'un air blasé et repris son chemin comme si de rien n'était.
En arrivant à la hauteur des miliciens, elle adressa un clin d’œil à celui qui semblait le plus jeune avant de les dépasser et de rejoindre l'escalier de service.
Aucune réaction derrière elle, pour l'instant, tout allait bien. Restait tout de même le plus dur à accomplir.
C'est à ce moment-là que son comlink se mis à biper de manière insistante.
Ah non mais c'est pas vrai ! Qu'est-ce qu'il y a ? Si c'est un des deux mandos qui a un problème, qu'il se dém** tout seul !*
Mais un rapide regard au message qui venait d'arriver lui appris que ce n'était ni Bragg ni Lam. Le message émanait de leur client!
*Allons bon... Qu'est-ce que ça veut dire? Il sait pourtant que nous sommes en pleine mission et que ce n'est pas le moment de nous déranger... IL a oublié de nous dire quelque chose ou quoi?..."
Ce genre de messages était rarement une bonne chose. Et la lecture qu'elle en fit confirma cet état de fait.
Non mais je rêve... On nage en plein délire là... C'est le summum de l'incompétence... Ils nous font venir sur Coruscant, ils prennent la peine de nous recevoir dans un entrepôt louche avec une accumulation de précautions... Ils nous lancent dans une mission suicide... tout ça pour annuler dans la foulée... Après, évidemment nous avoir laissé le temps de nous engluer dans la nasse... Comment on va se sortir de là maintenant?
Bien... D'abord, prévenir Dupont et Dupond...
Aussitôt, Arda envoya le message suivant à ces deux acolytes :Spoiler : Spoiler
Le point de rendez-vous B14 était situé au plus près des navettes qui permettaient de relier le spatioport en orbite. De là, les trois chasseurs de primes pourraient facilement rejoindre leur vaisseau et quitter Coruscant en cas de problème.
Mais Arda espérait pouvoir prolonger un peu leur séjour et profiter au moins d'une soirée dans les quartiers chics de la capitale.
Ou peut-être qu'elle se déciderait à mettre à exécution se menace à l'encontre de ce client qui leur faisait faux bond et irait le retrouver pour lui faire payer un autre type de note de frais...Spoiler : HRP
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Post n°4
Auteur : LamL'homme encapuchonné avait été sec dans ses réponses et son ton. Visiblement les chasseurs de primes n'en apprendraient pas plus et n'obtiendraient rien de plus. Le trio sortit finalement la salle avant de s’affairer aux préparatifs de la mission. Lam quitta sa beskar'gam pour une tenue de médecin. Blouse, stéthoscope, tout y était. Lam ajouta sa touche au déguisement, s'équipant d'un masque de chirurgien. Le mandalorien n'aimait pas retirer son casque, afin de garder un certain anonymat, ce masque remplirait donc ici le rôle du casque.Une fois prêts, les trois chasseurs de primes se dirigèrent vers l'hôpital.
Une fois à l'intérieur, l'humaine fila de son côté, laissant les deux jeunes hommes en plan.
-Je pense qu'il vaut mieux partir chacun de son côté et trouver un moyen de s'approcher de la cible avant de prévenir les autres. On pourra préparer un plan sur le coup et créer des distractions ou se donner des opportunités les uns les autres sans se gêner ou paraître suspect. Bon et bien.... le mandalorien s'avança dans l'hopital, bonne chance !
Sur ces mots, Lam s'enfonça dans le bâtiment. Le chasseur de primes traversa les différents couloirs d'un pas déterminé, tentant tant bien que mal de garder une allure la plus « normale » possible, ni trop rapide, ni trop lente. Le jeune Kad'la marqua néanmoins une pause en arrivant en face d'un des écrans diffusant les News. Le dirigeant de l'Imperium avait donc été capturé sur Kamino par le sénateur Kumitomo. Cette information serait sans doute utile aux Death Watch, un climat de tensions qui pourrait engranger une guerre comme celui-ci ne pouvait leur être que bénéfique. Chaque camp rechercherait des alliés et c'est ce qui manquait cruellement au groupuscule mandalorien. Lam sortit finalement de ses pensées pour reprendre sa route.
Lors de son cheminement jusqu'à l'étage où se trouvait la cible, le jeune homme ne se heurta pas à un grand nombre de difficultés. Une ou deux altercations avec le personnel médical, un regard suspicieux de la part d'un des gardes et il entrait dans l’ascenseur. Les portes s'ouvrirent. La sécurité était particulièrement renforcée à cette étage, la tâche des chasseurs de primes serait des plus ardus. Une certaine appréhension monta en Lam. Il s'agissait de son premier contrat pour la guilde et ce n'était pas une mission de bas étage. Le jeune Kad'la souffla un coup avant de reprendre son chemin et de se diriger vers la chambre de sa cible. Alors qu'il commençait à apercevoir la porte, une patrouille de FSC semblant sortir de nul part surgit en face de lui. Le mandalorien n'eut pas le temps de l'esquiver et se retrouva nez à nez avec la sécurité. Le mando'ade fut prit de panique pendant quelques instants.
Bon, qu'est-ce que je fais. Si j'essaie de trouver une excuse, je vais à coup sûr me planter et ma couverture sera grillée. Je pense qu'il vaut mieux garder la même allure qu'avant et éviter la conversation. Oui voilà ce que je vais faire. Bon plus qu'à espérer que ça passe.
Lam repris sa route, faisant mine d'être perdu dans ses pensées et marchant à vive allure. Alors qu'un des gardes s'apprêtait à l'interpeller (du moins c'est ce que le mando'ade traduit du regard que lui jeta le membre des FSC), le chasseur de primes en bouscula légèrement un autre avant de s'excuser rapidement tout en continuant sa route.
-Oh, veuillez m'excuser, j'ai besoin de l'expertise d'un des médecins de cet étage quant à un de mes patients. Il s'agit d'un cas urgent, pardonnez donc ma hâte messieurs.
Il laissa donc en plan les FSC qui continuèrent leur route. Celui d'entre eux qui semblait le suspicieux fut emporté par le reste de son groupe. Le plan semblait avoir marché. Quelques mètres plus loin, Lam s'arrêta pour souffler un coup et voir comment s'en sortait ses coéquipiers. Aucun d'entre eux n'était dans son champ de vision, il allait donc devoir prendre des nouvelles par le biais du comlink. Le mandalorien fut pris de court en recevant le message d'Arda Moonshade.
Je viens de recevoir un avis de notre client annonçant l'abandon de la mission.
Il va falloir nous sortir de là en douceur maintenant. Vaquez un moment à vos occupations supposées pour ne pas attirer l'attention et trouvez une bonne raison de quitter les lieux.
On se retrouve dans deux heures au point de rendez-vous B14.
Essayez de ne pas faire de vagues, il est primordial de rester discret.
Quoi ? Tout ça pour ça ? Bon, il fallait voir le bon côté des choses, les Chasseurs de Primes étaient d'ores et déjà payés et ils n'auraient pas à prendre plus de risques que ça. Lam reprit donc la direction de la sortie de l'hôpital, espérant retrouver Bragg et Arda dehors. -
Post n°5
Auteur : Bragg StormdanePendant que les autres discutaient, Bragg resta dans un coin de la pièce tout en écoutant les directives de l'homme. Après qu'il ait fini de parler, le groupe sortit de la pièce pour s'atteler aux préparations de la fameuse mission. Une mission très stressante. Aucune erreur n'était la bienvenue. Ça, Bragg le savait déjà.
Le jeune homme enleva son armure, ce qui dura quelques minutes. Il renfila ensuite la tenue de médecin. Il enleva le bandeau qui recouvrait son œil droit (Il est borgne, regardez ma fiche) et le fermant tout simplement pour mimer une petite infection. En tout cas, c'est ce qu'il repiquerait si on lui posait des questions sur son handicap. Le garçon remarqua par ailleurs que ses cheveux avaient poussé. Rien de surprenant vu le nombre d'heures qu'il passe sous son casque sans même le retirer. Très belle hygiène, ça on peut le dire.
Le moment fatidique, ils étaient maintenant devant l’hôpital. Stormdane le regarda avec un air impassible. La mission... une mission très difficile. Donc pas de coup de tête, on ne fonce pas dans le tas. Toujours prévoir ses actions à l'avance. C'est ce que son paternel lui avait enseigné. Et ce n'est pas aujourd'hui qu'il allait passer à travers ses règles.
-Je pense qu'il vaut mieux partir chacun de son côté et trouver un moyen de s'approcher de la cible avant de prévenir les autres. On pourra préparer un plan sur le coup et créer des distractions ou se donner des opportunités les uns les autres sans se gêner ou paraître suspect. Bon et bien.... le mandalorien s'avança dans l'hopital, bonne chance !
Ouais, ouais, c'est ça. En un soupire, le jeune homme avança d'une démarche décontractée vers l'entrée. Une fois à l’intérieur, il remarqua ses deux coéquipiers s'engouffrer dans deux couloirs différents. Eh bien, il était temps de commencer pour de bon ce kidnapping. Après s'être rappelé de la carte du bâtiment, il essaya de se diriger vers la cible, essayant d'emprunter les chemins les moins fréquentés. Après une dizaine de minutes, il tomba sur un écran qui diffusait les news. Apparemment, le dirigeant de l'Impérium avait été capturé. Rien d'important pour l'instant. Ce qui importait était la mission. Sans se soucier des autres écrans, il continua sa marche.
Comme prévu, il put accéder à l'ascenseur grâce au badge. Une fois au deuxième étage, il essaya de se fondre dans la masse de médecins qui couraient de droite à gauche. Après avoir tourné en rond en essayant de trouver une approche, il tomba sur Lam qui, visiblement, s'était fait surprendre par des FSC. Aie. Il ne fallait qu'il les croise à son tour. Ceux-ci pourraient avoir des soupçons.
Toujours en retraite, le garçon décida de reprendre sa route avant d'être stoppé par le bruit du comlink annonçant un nouveau message.
Je viens de recevoir un avis de notre client annonçant l'abandon de la mission.
Il va falloir nous sortir de là en douceur maintenant. Vaquez un moment à vos occupations supposées pour ne pas attirer l'attention et trouvez une bonne raison de quitter les lieux.
On se retrouve dans deux heures au point de rendez-vous B14.
Essayez de ne pas faire de vagues, il est primordial de rester discret.
Sérieusement. Bragg fut parcouru d'une grande frustration qu'il dut se retenir de ne pas frapper le mur devant lui. Tout ça pour ça. Ce n'est pas très professionnel. Il ne restait plus qu'à quitter les lieux, maintenant... -
Post n°6
Auteur : Super PNJMais tout n'était pas aussi simple qu'il y paraissait...
Ordre et contrordre, tout et son contraire, c'était aussi ça les Renseignements Impériaux.Et Bantha commençait a en avoir ras la capuche!
Dans un premier temps il avait du simplement fournir du matériel au Poing de Valiant et à son équipe, puis on l'avait chargé de briefer une équipe de mercenaires après avoir du lui même infiltrer le système informatique de l’hôpital central pour obtenir renseignements et accréditation.
Ensuite on lui avait annoncé que la mission des mercenaires était annulée sans aucune raison valable, que ceux ci devaient quitter discrètement l’hôpital et pour terminer on lui donnait de nouvelles instructions.
Oui l'agent du BSI en avait ras la capuche, il demanderait des explications à ses supérieurs, on ne faisait pas dans l'improvisation dans les Renseignements et depuis quelques temps, c'était que ça!
Lui aussi avait entendu des rumeurs sur une réunion secrète de Moffs sur Cathar, il avait aussi entendu qu'on avait nommer un remplaçant au grand Moff, était ce à cause de lui qu'on annulait purement et simplement toutes les opérations secrètes?
La politique ne devrait pas se mêler des affaires militaires c'est ce qui causait la perte d'un système mais les ordres étaient les ordres.
Il devait encore envoyer un message a cette miss Moonshade et sans aucun doute celle ci demanderait encore une augmentation ou une prime de risque mais après tout c'était légitime, on les prenait pour des girouettes, en les faisant changer de cibles au dernier moment.
Même s'il fallait l'avouer cette cible la serait plus facile à atteindre que la précédente...
Changement de plan.
Nouvelle cible/ Nouvel objectif
Étage 3, chambre 28.
Patient inconnu n° de dossier 1437
Inconscient+multiples traumatismes
A effacer discrètement.
Sans doute gardé par les Forces de Sécurité
XxX
C'était simple et concis dans le pur style de l'agent Bantha, mais il y avait l'essentiel.
Le patient 1437 était en fait un militant pro-impérial recruté par les Opérations Spéciales , il devait voler un speeder et occuper les Forces de Sécurité pendant que le reste de son équipe agissait lors d'une réception mondaine mais ce maladroit avait eu un accident et il se retrouvait dans le coma sous escorte.
Le problème? il en savait trop... et comme on disait du temps de l'Empereur Omega, 'seuls les morts ne parlent pas'.
La solution? l'assassiner en faisant passer ça pour une mort consécutives à ses blessures , presque une mort naturelle en soi et quelque part on lui rendait service, selon son informateur ce "mask" risquait de finir polytraumatisé en chaise volante pour le restant de ses jours.
Il y avait peu de chance qu'on enquête sur un simple voleur de speeder de toute façon, tôt ou tard ses empreintes ou son ADN parleraient et on remonterait jusqu’à lui mais en ce moment même une équipe du BSI faisait le ménage chez lui, dans son taudis des bas fonds on laisserait des éléments laissant penser qu'il s'agissait d'un simple toxico en manque de liquidités et l'affaire serait purement et simplement classée...
Du moins Bantha, l’espérait car, il en avait ras la capuche!Spoiler
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Post n°7
Auteur : Bragg StormdaneAinsi, le jeune homme prit l'initiative de quitter les lieux. Le regard serein, il parcourut les couloirs d'un pas décontracté, essayant de ne pas succomber à la panique. La mission était abandonnée, pour une raison encore inconnue. Leur couverture était peut-être grillée. À vrai dire, il n'en savait trop rien. L'employer est toujours le derniers averti, comme on dit. Des regards convergeaient vers lui. Des gouttes de sueur perlaient sur son front, signe qu'il était stressé. Mais son visage n'en montra rien. Ils savaient sa véritable identité. Non, certainement pas. Pourquoi le sauraient-ils ? La paranoïa. Il ne devait pas sombrer dans la paranoïa. Il devait à tout prix sortir d'ici. Tout cela le rendait fou. Il parcourut donc quelques couloirs. Tout allait bien, malgré sa peur grandissante. Il passa plusieurs salles et se retrouva devant l'ascenseur. Il tendit la main pour appuyer sur le bouton du rez de chaussée, mais au dernier moment, il entendit un "bip".
"Changement de plan.
Nouvelle cible/ Nouvel objectif
Étage 3, chambre 28.
Patient inconnu n° de dossier 1437
Inconscient+multiples traumatismes
A effacer discrètement.
Sans doute gardé par les Forces de Sécurité
XxX"
Il regarda son com-x pendant une fraction de seconde, avant de tourner sa tête de droite à gauche afin de vérifier qu'on ne l'observait pas. Quand il eut l'affirmation qu'il n'était pas espionné, il s'écarta de l'ascenseur et s'appuya sur un mur afin de lire le message en toute tranquillité. Sa première réaction fut de froncer les sourcils, de telle manière qu'ils formèrent un arc. Un arc très courbé. La deuxième était pour le moins simple, mais néanmoins clair. Il serra les poings, et se mordit l'intérieur de la joue à un tel point qu'elle commença à un saigné de façon abondante. Il n'était pas content. Et c'était compréhensible, du moins, de son point de vue. Qui était les incompétents qui les faisaient tournés en rond ? C'était la première fois qu'on se jouait de lui ainsi.
Quoi qu'il en soit, il était un chasseur de primes. Il devait donc respecter les ordres. Les respecter à contre coeur. Ne recevant pas de messages de son coéquipier et de sa tutrice, il se mit en chasse, dans l'idée de trouver ce fameux patient et d'en finir une bonne fois pour toutes. Ensuite, il pourrait se la couler douce dans les rues malfamés de Coruscante.
Toujours aux aguets d'une éventuelle découverte de son identité, il jetait de rapides regards aux personnels, et accessoirement, aux patients qu'il rencontrait. On n'est jamais trop sûr, surtout sur la planète noyau. Bien entendu, s'il devait y avoir fuite, alors il serait en bien mauvaise posture. Pour la simple et bonne raison qu'il n'avait pas d'armes, et ses poursuivants, eux, en auraient certainement. Ce qui ne faisait que confirmer ses craintes. L'erreur n'était pas permise. À moins d'être suicidaire dans l'âme, il ne souhaitait pas croupir au fond d'une cellule, ou pire, au fond d'une tombe. Du moins, si ses attaquants auraient la décence de lui en faire une. Dans ce cas-ci, ce serait sympa de leur part. Outre les pensées - intéressantes - de ce cher Bragg, il atteint cible. Un peu trop rapidement. Mais il ne s'en formalisa pas.
Comme il lui avait été communiqué, il y avait bien des gardes de sécurité devant la porte. Il passa tout d'abord devant ceux-ci, afin d'examiner la situation. Il ne pourrait passer que par-là, étant donné que c'était la seule entrée, et la seule sortie. Il n'avait donc pas le choix. Accoutré d'une tenue d'équipe d'entretien, il se plaça devant le groupe de gardes qui se présentait au nombre de trois. Tous armés jusqu'aux dents. Sinon, ce n'était pas drôle. Il parla le premier.
"Bonjour messieurs, j'aimerais passer afin de nettoyer cette pièce-ci. Voici ma carte d'identité."
L'un d'eux s’avança et regarda sa carte, avant d’acquiescer.
Tout me semble en ordre, mais, si je ne me trompe pas, y,a un déjà un mec qui est passé avant toi. Y'a à peine un quart heure.
Merde.
"Ah ? Je n'en étais pas informé."
Le garde haussa les épaules.
"Bah, qu'importe. Un peu de ménage en plus fera pas d'mal. Avant que vous ne passiez, nous allons procéder à une fouille."
Bragg hocha la tête. Les gardes s'avancèrent et commencèrent à tâtonner ses vêtements de haut en bas, d'un vas et viens qui dura quelques bonnes secondes. Quand ils eurent la confirmation qu'il n'était pas armé, ils s'écartèrent afin de le laisser entrer. Mis à rude épreuve, son coeur tambourinait contre sa poitrine. Il avait cru que c'était son heure.
Il avait été à deux doigts de décamper, tel un vieux rat d'égouts. Honte à lui. La peur. Il ne devait plus avoir peur. Il était Mandalorien. Peuple guerrier au grand passé. Que diraient ses ancêtres devant tant de faiblesse ? Rien. Absolument rien. Ils étaient morts. Néanmoins, cette expérience était une bonne leçon.
Il pénétra dans la pièce d'un pas lent, mais prudent. La pièce était petite, blanche, et peu décorée. Les seules choses qui méritaient d'être mentionnés étaient une table de chevet, surmonté d'un pot de fleurs. Sa cible était plutôt banale. Le teint cireux, et le corps svelte, il n'avait pas l'air d'un voleur. On aurait dit une personne comme les autres. Monsieur tout le monde. Il s’apprêtait à commettre un meurtre pour sa première fois. Ce n'était pas une mince affaire. Mais bon. Tout homme d'action avait tôt ou tard ôté la vie à un être vivant. Attaché à un système respiratoire, il semblait en bien mauvais état. Il avait déjà une idée de comment il allait opérer.
Touché à de nombreux endroits, on voyait des plaies. Il n'avait qu'à frapper à ces endroits-là. Tout le monde en viendrait à la conclusion qu'il est mort de ses blessures.
Il respira bruyamment et chercha aux alentours un objet. Après quelques instants, il tomba sur un scalpel. Il le prit précautionneusement et s'approcha de l'homme étendu sur son lit de mort. L'une des plaies les plus visibles était celle au niveau du cou. Hésitant, il approcha sa main. Il prit une grande respiration et il enfonça le scalpel lentement dans la plaie, de façon à ce qu'il perce de part en part son cou ainsi que ses voies respiratoires. Une fois chose fait, il retira l'outil et l'essuya sous les plis de sa blouse. Il le plaça ensuite où il l'avait trouvé.
À lui les crédits.
HRP:Spoiler : Spoiler
-Ne sortez pas tout de suite de l'hopital, une mission d'assassinat va vous être confiée.