Le Comte borgne
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Post n°5
Auteur : Numerius FemtoLe lieutenant écoutait attentivement les paroles de l’aristocrate, buvant ses paroles comme il buvait le thé parfumé contenu dans sa tasse. Lorsque Numerius eut fini de parler, l’officier impérial finit les quelques gorgées encore visibles au fond du récipient avant de le reposer, l’air satisfait. Il reprit alors la parole.
- Il est agréable de constater qu'il y a des gens brillants qui cherchent à s'engager au sein de notre glorieuse armée ! Vous savez, il y a bien trop de types arrogants et faisant preuve d'un intellect limité. Le pouvoir et l'ambition sont deux choses qui s'immiscent facilement dans la vie des officiers impériaux, et malheureusement, nous ne pouvons rien faire pour endiguer efficacement cela. Mais je ne perds pas espoir ! Tant qu'il y aura encore des braves pour porter fièrement l'idéologie en triomphe, nous nous en sortirons ! Le devoir avant tout comme on dit ! Et quel devoir !
Numerius sourit. Il ne pouvait qu’acquiescer les paroles du lieutenant Dempt. Sous l’Empire démocrate, il avait lui-même connu des individus rongés par l’ambition mettant l’idéal impérial en péril par pur égoïsme… Ce genre de comportement, le natif de Naboo ne pouvait le tolérer. Il sentit la colère monter en lui à la simple évocation de ces parasites et son poing se serra avec une telle rage que ses ongles commencèrent à s’enfoncer dans sa paume. C’est alors que lieutenant se releva et s’adressa à nouveau Numerius, apaisant la haine qui s’emparait de lui avant que sa main ne se mette à saigner.
- J'imagine que vous n'avez nulle part où dormir Monsieur le Comte. Mais ne vous en faites pas, je connais l'endroit idéal où vous pourrez vous restaurer et dormir à votre convenance. Il se trouve... Voyez-vous, que j'ai une chambre libre chez moi. Ma femme et moi-même serions ravis de vous héberger pour la nuit. Vous savez, il y a des horaires très strictes à respecter dans l'armée impériale. On ne peut pas se pointer dans une caserne à partir du coucher du soleil. Venez Monsieur le Comte, Cathar est des plus rayonnantes lorsque la lumière du soleil décline et jette des reflets dorées sur les bâtiments.
Numerius haussa les sourcils. Peut-être avait-il été naïf de croire qu’il échapperait à un traitement de faveur…
- Je vous remercie infiniment pour votre invitation, lieutenant, répondit alors le Naboo. C’est un grand honneur que vous me faites.
Le comte borgne marqua une pause en se relevant à son tour.
- Et oui, je suis sûr que Cathar est resplendissante au crépuscule.
Les deux hommes sortirent du bâtiment militaire et s’engouffrèrent dans les rues grouillantes d’activités. La population était majoritairement humaine, mais quelques autres races étaient occasionnellement visibles sur les terrasses des restaurants. Les gens discutaient, débattaient, riaient en profitant des dernières heures de la journée et de l’éclat rouge et apaisant du soleil. Numerius appréciait le tableau. Une scène de vie paisible, simple et fondamentalement belle. Ce qu’il voyait renforçait ses convictions et le confortait dans l’idée qu’il avait pris la bonne décision en venant sur Cathar. Devant lui, le lieutenant Dempt marchait le sourire aux lèvres, l’air songeur. Bien qu’extravagant, le personnage était sympathique à Numerius. Il comprenait parfaitement l’idéal impérial et y adhérait de toute son âme. Cela, le Naboo le respectait.
Ils arrivèrent enfin devant un immeuble somme toute assez banal, mais charmant. On était très loin du luxe de la demeure familiale des Femto, mais durant les sept dernières années, Numerius avait connu tout sauf le luxe. Néanmoins, il conservait l’espoir de retrouver un jour sa maison natale et de pouvoir y dresser fièrement la bannière impériale. Il était certes heureux d’être sur Cathar, mais Naboo et ses lacs lui manquaient terriblement…
Femto et Dempt montèrent quelques étages avant d’arriver à la demeure de ce dernier. L’appartement était simple mais fonctionnel, comme on pouvait s’y attendre. Néanmoins, une décoration exotique sans être tape-à-l’œil venait casser la monotonie qu’aurait pu avoir le lieu. Un couple d’oiseaux colorés s’amusait et chantait mélodieusement. Numerius ferma les yeux et commença à se détendre. C’était la chose la plus proche de la musique qu’il aimait tant qu’il avait entendu sur ces sept dernières années…
- Mon canari adoré, je suis rentré ! Et j'amène un invité de marque ! S'exclama le lieutenant pour signaler sa présence à sa dulcinée.
Cela ne manqua pas de surprendre l’aristocrate.
Sa femme fit alors son apparition dans le salon, des chaussons à fourrure aux pieds. Visiblement, elle ne s’attendait pas à recevoir un invité et certainement pas un comte Naboo.
- Oh ! Bonjour Monsieur ! As-tu passé une bonne journée mon chéri ?
- Une excellente ma mie ! Permets-moi de te présenter le Comte Numerius Femto, un compatriote impérial et surtout... Originaire de Naboo !
Le lieutenant vint embrasser son épouse. Le couple était attendrissant, Numerius devait l’admettre. Il s’attendait à devoir se marier un jour, lui aussi, mais par obligation : la lignée des Femto ne devait pas disparaître et Numerius doutait que son futur couple soit aussi heureux et épanoui que celui qu’il observait. Madame Dempt se retourna alors vers l’aristocrate.
- C'est beaucoup d'honneur que vous là à notre humble foyer Monsieur le Comte, gloussa-t-elle en tripotant les perles de son collier, l’air nerveuse. Je suis Monica Dempt, la femme de ce cher et bavard Lieutenant, comme vous vous en serez douté !Je vous en prie, venez, j'étais justement en train de préparer une spécialité de chez vous ! Vous m'en direz des nouvelles.
Le lieutenant invita alors Numerius à passer à table. De la cuisine venait une odeur délicieuse qui rappelait des souvenirs à l’aristocrate. Oh oui, il n’avait pas senti ce fumet depuis fort longtemps, mais il était impossible pour lui de l’oublier… Le comte et l’officier passèrent à table. Ce dernier eut l’air ravi.
- Ah ! Un Potage le Magnifique ! Je ne pourrais vivre sans cette incroyable recette !
Vous savez, je me dis souvent que les Naboo feraient mieux de s'engager dans la voie de l'Impérium. Notre société est des plus magnifiques, mais la sécurité et la tranquillité de Naboo ne pourront pas être assurées indéfiniment. Toutefois, imaginez un instant le mélange parfait que serait un régime à l'image de Naboo et de l'Impérium. La force tranquille et les arts gracieux des Naboo alliées à la discipline exemplaire et la rigueur militaire des impériaux. Quelle image ! Quelle puissance !
- Le repas est prêt ! Aannonça Monica Dempt en posant le récipient contenant la succulente soupe.
Le couple et l’aristocrate commencèrent à savourer ce délicieux plat Naboo. Beaucoup auraient été sceptiques en observant la recette pour le moins originale de ce potage, mais tout Naboo digne de ce nom savait quel délice engendrait cette curieuse association de saveurs.
Dempt releva alors la tête et s’adressa à Numerius.
- Dites moi Monsieur le Comte... Vous ne connaissez pas le Lieutenant Futhark je présume ?
Monica Dempt soupira alors et roula des yeux en reposant ses couverts. Quant au noble, il haussa à nouveau les sourcils.
- Le revoilà parti ! Décidément !Tu devrais songer à l'épouser tiens ! Le Lieutenant par-ci, le Lieutenant par-là ! Une véritable obsession ma parole ! Soupira l'épouse du lieutenant.
- Mais ma douce colombe, ne m'en veux pas ! Ce type me fascine ! Je... Je n'arrive pas à cerner l'individu qu'il est ! Que savons-nous de son espèce, les Chiss ? Rien ! Et pourtant, lui, il est bien là, avec son obsession pour le mystère et l'efficacité. Il n'est pas comme les autres... C'est comme s'il venait d'un autre monde, d'une autre galaxie.
S’en suivit un long monologue de l’officier impérial. Il évoquait l’histoire du lieutenant et ses hypothèses sur son parcours, le tout en ayant des étoiles dans les yeux. Sa femme semblait lasse. Numerius, quant à lui, trouvait le portrait original et intéressant, mais il ne put s’empêcher de ressentir une certaine gêne face à cet officier parlant de son collègue comme un enfant parle de son super-héros préféré.
- La question que je me pose régulièrement, pour ne pas dire tout le temps c'est : D'où vient-il ? Et pourquoi est-il ici ? Je suis à la fois intrigué et effrayé par ce côté imperméable qui nous empêche d'en savoir plus à son sujet. Vous savez, j'ai tendance à dire qu'un cœur noble mérite toute la confiance dont on peut disposer, et je ne doute nullement des nobles intentions du Lieutenant, mais quand même ! Un jour peut-être que nous comprendrons sa venue parmi nous, et ses objectifs.
Ces dernières paroles marquèrent heureusement la fin du monologue, ce qui soulagea Numerius. Monica Dempt répondit alors d’un air sarcastique au discours de son mari
- Pourquoi ne pas l'inviter à manger et lui demander sinon ? Ce ne serait pas plus simple et plus "sain" ? Mon pauvre petit chéri se met dans tous ses états pour rien !
- Quelle brillante idée ma libellule ! Qu'est-ce que je ferais sans toi...
Il y avait quelque chose de touchant dans la candeur de l’officier impérial.
C’est alors que Monica s’adressa à nouveau au comte. Elle s’excusa d’abord pour l’obsession de son mari pour le lieutenant Futhark avant d’interroger Numerius sur un sujet qu’il aurait préféré évité.
- Mais parlons plutôt de vous, j'aimerais bien connaître votre histoire, votre parcours, et l'origine de votre venue dans la capitale impériale, si cela n'est pas trop indiscret bien sûr...
L’humeur du comte se fit plus sombre lorsqu’il entendit la question de madame Dempt, mais il ne le laissa pas paraître. Après tout, elle ne lui avait nullement manqué de respect et ne cherchait en aucun cas à le faire. Il aurait été injuste et déplacé de la réprimander alors qu’elle l’avait accueilli en sa demeure. Numerius sourit et eut un petit rire embarrassé.
- Eh bien il n’y a pas grand-chose à dire sur moi, répondit-il. Né dans une prestigieuse famille Naboo, j’étais destiné dès mon plus jeune âge à la haute fonction publique. Après mes études, j’ai succédé à mon père et prit sa place dans le corps diplomatique Naboo. Le travail me plaisait, je dois le reconnaître, mais ce n’était pas une passion pour moi. J’étais juste ravi de servir l’Empire. Puis… l’Empire Sith est arrivé et je suis parti. Les choses n’étaient plus les mêmes à mes yeux. J’ai voyagé pendant sept ans à travers la galaxie errant de planètes en planètes. Durant ce voyage, j’ai fait des rencontres et des découvertes extraordinaires…
Numerius marqua une pause. Des images sanglantes défilèrent dans sa tête à un rythme effréné. Son errance n’avait pas été une promenade de santé… La vision du Dévaronien déchiré par la torture sur Nar Shadda resta comme imprimée sur sa rétine et il ferma les yeux quelques instants avant de reprendre. C’était presque comme s’il pouvait voir ces scènes cauchemardesques de son œil mort…
-Néanmoins, je ne pouvais pas voyager éternellement. J’ai eu vent de la fondation de l’Impérium et j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour rejoindre Cathar et servir à nouveau l’idéologie impériale…
Numerius s’arrêta d’un seul coup, surpris. Il sentit un liquide couler de son œil invalide. Le couple Dempt eut l’air frappé de stupeur. Sortant un mouchoir de sa poche, le comte essuya sa joue. Du sang. Une larme de sang. Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé…
Le natif de Naboo rangea le mouchoir dans sa poche et s’excusa pour cette scène macabre, expliquant qu’il s’agissait simplement d’une conséquence de la perte de son œil.
La conversation reprit alors peu à peu. Lorsque le dîner fut fini, la nuit était tombée depuis fort longtemps. Le ciel était aussi noir que de l'encre et de petites étoiles blanches venaient éclairer la voûte céleste malgré la pollution lumineuse. Il était temps d’aller dormir. Le lendemain serait une journée importante pour Numerius. -
Post n°6
Auteur : HivernusComme à leur habitude, les Dempt se lèvent aux premières lueurs du jour. Lorsque que le soleil se fait timide, qu'il ne présente que le bout de la tête à l'horizon, on pourrait se dire qu'il n'y a pas plus beau moment. Mais notre couple ne se préoccupe plus vraiment de ce spectacle quotidien. Monica prépare le petit déjeuner en sifflotant un air joyeux, attendant que son candide mari sorte de la salle de bain. Un bon impérial est un impérial soigné à ce qu'il paraît. Et le lieutenant tient en outre à montrer qu'il suit à la lettre le règlement militaire. Il se présente donc dans son uniforme impeccable, avec sa coiffure irréprochable et son visage bien propre, à sa tendre moitié.
Parce qu'on ne brise pas les bonnes vieilles habitudes, ils échangent un baiser, puis un sourire, avant de se mettre à table. Et quelle table ! Bien qu'ayant des revenus modestes, les Dempt ne manquent de rien. Monsieur aime manger ses tartines au fromage trempées dans son café. Madame préfère boire son petit jus de fruits mixés par ses soins, et ce avec ses petites tranches de pain grillé sur lesquelles elle aime étaler sa marmelade. Vient ensuite le moment où le lieutenant lit son datapad, quand sa petite femme ouvre la cage pour nourrir les oiseaux dans le creux de sa main. Ils restent là, tous les deux, durant trente bonnes minutes, à siffloter ensemble, accompagnés par le doux chant des fragiles bêtes au plumage coloré qui se prêtent volontiers au jeu. Les deux tourtereaux vivent dans un cadre idyllique, semblable à ce qu'ils avaient pu connaître sur Naboo, peu après leur mariage. Monica n'est pas originaire de cette merveilleuse planète, mais pour rien au monde elle ne souhaite changer leurs habitudes.
En outre, même aujourd'hui, alors qu'ils hébergent un illustre compatriote Naboo, ils restent tels qu'ils sont. Lorsque le comte se présente à eux, les Dempt le saluent chaleureusement, lui demandent si la nuit fut bonne et ce qu'il désire manger, puis vaquent à leurs occupations quotidiennes. En deux mots, ils sont authentiques et conviviaux. D'une certaine façon, le couple en vient presque à considérer le Femto comme un membre de leur famille. Car les Dempt sont comme cela. Quand ils invitent et qu'ils sympathisent, ils offrent sans jamais recevoir. Ce sont des gens simples au grand cœur. On pourrait trouver cela étrange au beau milieu d'un régime autoritaire et cruel où la moindre erreur peut être fatale...
Aujourd'hui, l'Impérium vient montrer son vrai visage. Un visage impitoyable. Quelqu'un vient sonner à la porte. C'est tout sourire que Monica et ses petits chaussons à fourrure viennent réceptionner. Mais elle perd rapidement sa bonne humeur quand elle se rend compte qu'il ne s'agit pas d'une visite de courtoisie. Les deux oiseaux cessent de chanter. Trois hommes en armures grises débarquent dans l'appartement, l'arme à la main. Deux autres silhouettes sont visibles dans le couloir. Autant dire que ces individus ne lésinent pas sur les moyens... Qui qu'ils soient.
- Veuillez vous éloigner de la porte Madame. S'il vous plaît. Lâche froidement le premier type à travers son casque.
- Euh... Je... Oui oui... Balbutie la femme sans comprendre ce qu'il se passe.
Elle rejoint rapidement les bras de son époux, qui dévisage silencieusement les soldats qui lui font face. Il reconnaît à la couleur les hommes de la Grande Moff. Les Manteaux de Nuit. Les fidèles Boroskais de sa garde rapprochée, qui exécutent les ordres sans broncher. D'une certaine façon, on peut se dire qu'ils ne sont pas là par hasard, et que leurs affaires ici sont des plus sérieuses... A l'instar des agents du Bureau de la Sécurité Impériale, ils font des choses inavouables pour assurer non seulement la sécurité du régime mais également celle de leur "charmante" maîtresse. On pourrait finir par croire que le gris est la couleur qu'il faut éviter de porter, qu'elle est réservée aux pires individus de la société impériale... Ou tout du moins à ses membres aux méthodes peu conventionnelles, extrémistes.
Ce que le lieutenant ne parvient pas à comprendre, c'est le pourquoi du comment ils sont là, chez lui, dans son intimité. Bien loin de menacer le couple et leur invité, les Manteaux de Nuit dérangent par leur présence intrusive... Et par la froideur mordante, affligeante, qui se dégage des armures grises impersonnelles et qui vient contraster avec cet endroit plein de gaieté et de vie.
- Messieurs, je ne comprends pas le but de votre présence ici... Que cherchez vous ? Nous pourrions peut-être aider... Débute doucement Dempt, qui cherche à détendre l'atmosphère pesante qui s'installe.
- Les affaires de la Grande Moff ne regardent qu'elle-même Lieutenant. Rétorque avec toujours autant d'hostilité le soldat. Monsieur Femto, veuillez nous suivre.
- Je vois je vous... Veuillez excuser ma curiosité Messieurs. Répond simplement l'officier aux soldats, puis s'adressant à son camarade Naboo dans un demi-sourire. Monsieur le Comte, vous pourrez toujours récupérer vos affaires plus tard, si vous en avez toutefois. Et n'oubliez pas, vous serez toujours le bienvenu ici !
- Vous vous reverrez ! Soupire le Manteau de Nuit avant de reprendre plus agressivement. Monsieur Femto, en avant ! La Grande Moff n'aime pas attendre.
C'est sous le regard inquiet des Dempt, et sous la surveillance stricte des soldats que le comte Femto quitte l'appartement. Aucun remerciement n'est adressé au couple, ni même un au revoir. Lorsque l'on est en opération spéciale, il faut croire que l'on oublie l'essentiel : La politesse. Celui qui semble être le dirigeant du petit groupe s'arrête après avoir passé le seuil de la porte. Les doigts de sa main droite se pressent contre le casque, comme s'il cherche à mieux entendre ce qu'on lui raconte à l'oreillette. L'impérial se racle la gorge.
- Rapace Leader à Base Firefox. Nous avons le colis, je répète, nous avons le colis. Extraction en cours. ETA onze minutes. Annonce le soldat dans son comlink intégré.
Les cinq Manteaux de Nuit chargés d'escorter le Naboo s'assurent que personne ne s'implique. Le moindre voisin curieux est sommairement invité à retourner dans son appartement et les visiteurs reçoivent l'ordre de rester à distance respectable. Chacun coopère, de peur d'être embarqué pour un malentendu. La terreur fait ses preuves, encore et encore... Les membres de la garde rapprochée de la Grande Moff descendent les étages aussi rapidement qu'ils les ont monté. A l'extérieur, trois autres soldats en armure grises sécurisent la zone et interdisent l'accès aux potentiels passants. Ce n'est toutefois pas ces hommes qui retiennent le plus l'attention, mais plutôt une canonnière TIO/BA stationnée à quelques mètres du sol qui emplit l'atmosphère sonore de ses vrombissements. Un seul signe du chef de groupe suffit à faire comprendre au pilote de descendre suffisamment afin que les Manteaux de Nuit et leur précieux colis puissent embarquer à bord.
Une seule direction possible. Le palais impérial...
Ashe s'empare d'une pomme disposée soigneusement dans une corbeille avec d'autres fruits succulents et exotiques. Après un bref examen, elle juge le fruit apte au service et le croque à pleines dents. Un quartier entier finit mâché et avalé en quelques secondes. Elle ne se soucie guère de savoir si elle utilise peut-être trop régulièrement un jargon militaire, même pour les banalités sans nom. L'armée est tout ce qu'elle est, et tout ce qu'elle veut. Borosk l'avait habituée à une vie difficile, faite de privations, d'interdits et de règles très strictes. Dans l'ensemble, elle s'est toujours efforcée d'appliquer ce qu'on lui a appris. En outre, son salon privé est bien austère, comparé à d'autres. Un tapis luxueux délimite le champ de bataille que se partagent respectivement deux sofas pour le contrôle de la table basse trônant au milieu. Le reste de la vaste pièce est entièrement déserté de tout mobilier. Une sensation de vide qui peut en déstabiliser plus d'un...
Lors de la proclamation d'un Ordre Nouveau, elle avait été parmi les premiers Boroskais à rejoindre les rangs d'une armée impériale nouvellement formée, et jusque là presque entièrement composées de clones. Acceptée dans l'Académie de Carida, une des plus prestigieuses de la galaxie, elle avait rapidement déchanté toutefois. Des trous du cul hautains, voilà ce qu'elle avait trouvé là-bas ! Des sales types qui pensaient être la crème des élèves-officiers. Des gosses issus de riches familles de fonctionnaires, ou d'illustres familles militaires, qui pour la plupart étaient d'abord et avant tout acceptés du fait des relations de leurs proches, plutôt que de leurs réelles compétences. Ceci n'est désormais qu'un lointain souvenir...
La voilà désormais propulsée à un poste que tout le monde jalouse secrètement. Elle ne le sait que trop bien. Le prestige de sa position cache bien des choses. Des choses moins glorieuses. On cherche probablement déjà à la détrôner, à lui planter un couteau dans le dos. Il faut être idiot pour croire que tout va bien dans l'Impérium. Et actuellement, de nombreux sujets préoccupent notre petite Moff. Le Bureau de la Sécurité Impériale traque toujours plus d'opposants au régime sans jamais relâcher ses efforts. De nombreux rapports font mention de sympathisants Sith dans les rangs des Cathars. Si la plupart sont interceptés et morts, quelques uns sont apparemment encore actifs et éparpillés sur toute la planète. Mais ces rebelles là ne sont au final qu'une bien faible menace comparée à d'autres...
Non. Le vrai ennemi est plus discret. Il est là, à l'affût du moindre élément qu'il pourrait utiliser à son avantage. Des bruits de couloir sont remontés aux oreilles de la naine. On dit que certains impériaux se regroupent pour faire de la propagande anti-séparatiste. On pointe du doigt l'incompétence de Valiant, capturé dès les premières heures de l'avènement du nouvel empire. On dénonce l'odieuse collaboration de la Moff Ashe avec les services séparatistes. On l'accuse de trahison !
Elle... Une traîtresse ? Elle ferait regretter à ces imbéciles leurs propos... Oui. Ces gens là ne mourront pas sous les tirs de quelques blasters. Non... La petite femme leur réserve un châtiment bien pire que la mort. Le Renard Impérial a une sale réputation... Ce n'est pas pour rien que l'on se méfie de ses intentions. Elle a pris la mauvaise habitude de tirer une certaine satisfaction d'actes de torture. Arracher des plaintes, réduire à l'état de charpie des corps, briser des volontés... Il n'y a rien de plus agréable à ses yeux.
Et à côté de ça... On vient lui apprendre que des nostalgiques de Valiant cherchent par tous les moyens à libérer leur ô combien glorieux et illustre général. Ashe ne s'opposerait pas à leurs objectifs. Tant que ces gars là sont occupés à traquer ceux qui s'opposent à Valiant, tout en cherchant des solutions pour le sortir de sa misère... Et bien ils ne viennent pas râler et contester le pouvoir en place. Aux yeux de la Moff, le clone est un cas perdu d'avance. Ces foutus républicains sont incapables de reconnaître une occasion de se sortir du pétrin quand elle se présente à eux. Par deux fois, ils ont merdé avec les impériaux... Et la naine n'est pas prête, dans l'immédiat, de s'intéresser à ces abrutis de nouveau...
Le soldat qui se charge de lui masser les pieds pince sans le faire exprès le gros orteil, ce qui ne fait qu'énerver toujours plus notre chère Boroskaise. Elle congédie d'un simple geste de la main le malheureux puis enfile ses bottes. Le Manteau de Nuit quitte la pièce en courbant l'échine après une série d'excuses. Pour les hommes qui servent dans la garde rapprochée de la Moff, pouvoir lui masser les pieds est un immense honneur. Mais les plus chanceux, et les plus méritants, sont ceux qui ont le privilège de protéger la naine lorsqu'elle fait ses séances de natation presque quotidiennes dans sa piscine privée. Pour garder la forme, rien de mieux qu'un peu de sport... Et les apparences sont encore une fois trompeuses ! Sous l'uniforme presque trop grand de la petite femme se cache un corps athlétique qui fait sûrement quelques jalouses...
Finalement, la porte se dérobe à nouveau, afin de laisser apparaître de nombreuses silhouettes. La plupart d'entre elles sont celles de soldats de sa garde rapprochée. Les armures grises impersonnelles n'aident pas à identifier les membres composant ce groupe. Il y a toutefois bien un détail qui vient lui donner une idée sur l'identité des Manteaux de Nuit présents dans la salle. Un certain personnage n'est pas habillé comme les autres. Et à en juger son expression et sa rigidité, il doit s'agir de l'individu qu'elle recherchait...
- Vous pouvez disposer Messieurs. Mais ne vous éloignez pas trop... Je pourrais avoir besoin de vous dans quelques instants. Ordonne t-elle froidement avant de lancer un sourire étrange à son invité. Veuillez m'excuser pour la gêne occasionnée Monsieur... Femto ? Ou bien dois-je vous appeler Monsieur le Comte ? Quoi qu'il en soit, j'espère que mes hommes n'ont pas été trop rudes avec vous. Ils ont la mauvaise habitude de faire du... Zèle. Oh... J'en oubliais l'essentiel. Bienvenue sur Cathar.
La jeune femme croque à nouveau dans sa pomme, avec cet air de dirigeante impitoyable. Et alors qu'elle mâche le pauvre morceau de fruit, elle jette un regard vif et noir au comte. Un regard qui en dit long. Elle est aux commandes ici. Et la moindre réflexion pourrait coûter cher au Naboo.
- Je vous en prie, asseyez-vous... Prenez place. Vous devez sûrement vous demander ce que vous pouvez bien faire ici, en présence de la Grande Moff. Continue t-elle plus doucement, en lorgnant son trognon de pomme avec une certaine curiosité. Les Naboo se font rares dans l'Impérium... Et pourtant, ce sont tous des éléments appréciés. Des éléments... Compétents... Investis... Et surtout... Loyaux. Votre parcours est des plus intéressants Monsieur Femto. Vraiment. Oh bien sûr, il y a des zones d'ombres qu'il nous faudra éclaircir, mais dans l'ensemble, je suis séduite par votre profil... Il se peut que j'aie un poste à vous offrir au sein de notre armée.
Mais la question qui se pose actuellement est de savoir à qui va votre allégeance Monsieur Femto...
Le Renard Impérial a choisi soigneusement ses mots. La naine a fait exprès de parler lentement, de détacher chaque syllabe. Et c'est en esquissant l'ombre d'un sourire qu'elle en vient à se taire. Nul ne sait réellement où elle cherche à aller... Sauf peut-être, bien sûr, elle-même. Et quelques esprits futés... -
Post n°7
Auteur : Numerius FemtoLa détresse, le sang, la mort… Les rêves de Numerius étaient hantés par son obscur passé. Les sept années qu’il avait passé à errer sans but dans la galaxie l’avaient profondément marqué. Parfois, des souvenirs lui revenaient à l’esprit, des souvenirs dans lesquels il était… différent. La galaxie et vaste et impitoyable. Numerius l’avait très vite compris et ce dès son plus jeune âge. Mais rien n’aurait pu le préparer aux années qu’il allait passer à voyager. Il avait rencontré ce que la galaxie faisait de pire. Il l’avait parfois incarné… Au fond de lui, il était conscient de la monstruosité de certains de ses actes, mais il se confortait dans l’illusion qu’il défendait la paix, l’ordre et le bien suprême, ce qui justifiait ses méfaits. Sans cette barrière, le Comte aurait sans doute basculé dans la folie depuis bien longtemps. Sans elle, il n’aurait pas survécu jusque-là.
Alors que le gémissement du Dévaronien retentissait dans son esprit, le natif de Naboo sortit de sa torpeur. Les rayons du soleil commençaient à être visibles à l’extérieur. Bientôt, les rues de Cathar seraient en ébullition. Les commerçants s’apprêtaient à ouvrir leurs boutiques et bientôt, les terrasses seraient remplies par la foule des civils. Une belle journée s’annonçait sur Cathar. Cependant, Numerius se réveilla avec un mauvais présentiment. Son instinct lui disait que quelque chose allait se produire. Quoi donc ? Il n’aurait su le dire…
Numerius sortit de la pénombre de la chambre qui lui avait été mise à disposition par le couple Dempt. Ceux-ci le saluèrent lorsqu’il fit son entrée dans le salon. Un beau petit déjeuner avait été disposé sur la table et l’officier impérial et son épouse demandèrent à leur invité ce qu’il désirait manger. Cachant son trouble derrière un sourire, Numerius les remercia mais leur affirma qu’il n’avait pas très faim.
Soudain, tout bascula. Un signal indiqua qu’un visiteur attendait derrière la porte. Alors que madame Dempt se dirigea vers l’entrée pour ouvrir, Numerius fronça les sourcils, méfiant. Trois individus armés firent irruption. Ils portaient une armure grise et une aura inquiétante se dégageait d’eux. De là où il se tenait, le Comte put apercevoir les ombres de deux autres soldats dans le couloir. Mais que se passait-il donc ? Sur un ton autoritaire, celui qui semblait être le dirigeant du groupe prit la parole.
- Veuillez vous éloigner de la porte Madame. S'il vous plaît.
Troublée, madame Dempt balbutia une réponse inaudible avant de se réfugier auprès de son mari. Tous deux semblaient aussi atterrés par la situation. Le lieutenant dévisagea les nouveaux arrivants avant de s’adresser à eux. On ressentait le trouble dans sa voix.
- Messieurs, je ne comprends pas le but de votre présence ici... Que cherchez vous ? Nous pourrions peut-être aider...
Il fut bien vite interrompu.
- Les affaires de la Grande Moff ne regardent qu'elle-même Lieutenant. Monsieur Femto, veuillez nous suivre.
Les yeux de Numerius s’écarquillèrent légèrement à ces dernières paroles. Pourquoi ? Qu’avait-il pu faire pour se retrouver dans une telle situation ? La Grande Moff ? Ce devait être une erreur… Le lieutenant Dempt s’excusa pour sa curiosité déplacée et se retourna vers son compatriote Naboo.
- Monsieur le Comte, vous pourrez toujours récupérer vos affaires plus tard, si vous en avez toutefois. Et n'oubliez pas, vous serez toujours le bienvenu ici !
- Merci pour tout, Lieutenant, répondit le Comte avec un sourire. Et merci à vous aussi de m’avoir accueilli chez vous avec tant d’hospitalité, madame Dempt.
Le militaire en armure poussa un soupir las.
- Vous vous reverrez ! Monsieur Femto, en avant ! La Grande Moff n'aime pas attendre.
Le sourire de Numerius s’effaça et c’est avec un air neutre qu’il suivit les soldats en armure.
- Eh bien soit. Ne faisons pas attendre la Grande Moff.
Une fois que le groupe eut passé la porte de la demeure des Dempt, le chef de la petite escouade envoya une communication confirmant que le « colis » – charmante manière de désigner un prisonnier – était en cours d’extraction. Numerius et ses ravisseurs prirent alors la direction du palais impérial sous le regard curieux et inquiet des rares individus qu’ils croisaient.
Une fois dans le palais, le groupe s’engouffra dans une série de long couloirs métalliques qui les conduisit jusqu’à la porte d’un bureau que Numerius supposait être celui de la Grande Moff. Le natif de Naboo soupira brièvement, conservant son attitude neutre. Il devait avouer qu’il était curieux de voir quel genre de femme la Grande Moff pouvait bien être. Qui était donc celle qui avait reçu la lourde tâche de faire vivre l’idéal impérial ? La porte se déroba, révélant une pièce au confort spartiate. Le lieu n’avait pour seule décoration qu’un tapis de grande qualité posé au sol. Numerius prit cela comme un bon signe : la Grande Moff n’était sans doute pas une personne vaniteuse. Cela aurait été le comble… L’aristocrate releva les yeux pour découvrir une militaire de très petite taille, mais dont le regard et l’aura ne laissaient aucun doute possible : il faisait désormais face à la Grande Moff Ashe elle-même.
- Vous pouvez disposer Messieurs. Mais ne vous éloignez pas trop... Je pourrais avoir besoin de vous dans quelques instants.
Cette remarque ne rassurait guère Numerius sur son propre sort. Oh bien sûr, il n’avait rien à se reprocher, mais il était dans le flou le plus complet sur ce qu’on lui réservait.
- Veuillez m'excuser pour la gêne occasionnée Monsieur... Femto ? Ou bien dois-je vous appeler Monsieur le Comte ? Quoi qu'il en soit, j'espère que mes hommes n'ont pas été trop rudes avec vous. Ils ont la mauvaise habitude de faire du... Zèle. Oh... J'en oubliais l'essentiel. Bienvenue sur Cathar.
Le regard de la cheffe d’Etat était d’une noirceur intense. Une aura autoritaire se dégageait du personnage et semblai inonder l’atmosphère de la pièce. Numerius s’inclina légèrement en signe de respect envers la cheffe suprême de l’Impérium avant de lui répondre.
- Vous pouvez m’appeler comme bon vous semble, Madame. Mon titre n’a plus la moindre importance. Vos hommes se sont montrés…. très professionnels. Je vous remercie de votre accueil.
Rongeant un peu plus sa pomme, la grande Moff invita l’aristocrate Naboo à s’assoir. Ses paroles n’étaient pas à proprement parler accusatrices, mais le ton employé était indubitablement méfiant. Puis vint la question. La question qui allait déterminer l’avenir de Numerius. La question de son allégeance.
Le comte conserva un air neutre et réfléchit quelques instants. Que devait-il répondre à pareille question ? Qu’il glorifiait Valiant ? Qu’il servirait aveuglément quiconque occuperait le poste de grand Moff ? Dans les deux cas, ç’aurait été un mensonge. Les hommes sont changeants. Les hommes meurent. Les hommes défilent sur les trônes et conservent le pouvoir pour une durée limitée. Mais les idées demeurent.
- Si je puis me permettre, Excellence, il serait judicieux de reformuler la question. Vous me demandez à qui va mon allégeance, mais la question exacte serait vers quoi elle va. Sous l’Ancienne République, la maison Femto n’était pas réputée pour sa loyauté avec la Chancellerie. Certes, il est arrivé à mes aïeux de soutenir les chanceliers de la République… comme il leur est arrivé de s’opposer vivement à leur politique. Pourtant, mes ancêtres ont toujours été réputé pour êtres de loyaux serviteurs de la République, car il défendait un idéal, l’idéal républicain. Ils étaient parmi les plus fervents défenseurs des principes servant de pilier au régime républicain. Qui était au pouvoir ça… Ils n’en avaient cure. Seule la République les intéressait. Pas les hommes. En cela, je suis à la fois une anomalie dans ma lignée et un véritable Femto. Comme mes illustres ancêtres, je suis l’humble serviteur d’une idée. Les hommes n’ont aucune importance. Ma vie n’a aucune importance. Seul un idéal mérite ma loyauté. En cela je suis un véritable Femto. Cependant, là où mes aïeux servait la démocratie et la liberté, je considère que l’ordre et la paix priment. Naboo a assez souffert. La galaxie a assez souffert. Seul l’Empire peut mettre un terme à ce cycle éternel de violence. Et s’il faut mener la guerre pour que cela arrive, alors je me battrai jusqu’à la mort sous l’étendard impérial. Je me bats pour quelque chose qui me dépasse, qui nous dépasse tous. L’ordre, Excellence. Voilà vers quoi va mon allégeance.
Numerius inspira longuement, passant son index sur la balafre qui le défigurait.
- Vous voulez savoir si je vous serai loyal, Madame. C’est tout naturel. Cependant, ma loyauté va envers l’ordre avant toute autre chose. Si vous partagez vous aussi cet idéal qui fut le fondement de l’idée même d’Empire et que vous agissez avec pour finalité de parvenir à cet idéal… alors, je vous servirai. -
Post n°8
Auteur : HivernusLa Moff dévore un quartier entier de pomme. Elle se délecte du discours du comte, qui pourrait bien être son dernier... Et le noble natif de Naboo lui donne du “Excellence”. La petite femme ne sait pas si elle doit se satisfaire d’être “honorée” de la sorte ou si elle doit se méfier d’un tel… Compliment. Bien sûr, son ego est flatté, mais cet ego n’est en aucun cas ce qui assure sa survie. Se reposer sur ses lauriers et se complaire dans les flatteries, c’est aller droit à la mort dans un régime où chacun cherche à étendre son influence et son pouvoir. Complots, assassinats, trahisons… Ce sont les harmoniques qui constituent l’Impérium. Il faut savoir prêter attention aux petits détails qui pourraient passer inaperçus. De l’avis de la dirigeante Boroskaise, nulle mort n’est accidentelle. Nul emprisonnement ou évincement n’est le fruit du hasard. Tout est soigneusement calculé dans l’ombre par un individu peu scrupuleux. Dans cette atmosphère tendue, il est nécessaire, vital même, de se méfier de tout et de ne faire confiance à personne. Du moins… Pas sans avoir pris quelques précautions.
Des discours comme celui du comte, la Moff en a entendu des dizaines. Peut-être même des centaines. Dans la bouche de certains, les mots employés semblent être ceux de fanatiques. Pour d’autres, les mots sont là pour cacher une nature qui ne souhaite pas se dévoiler. Cette deuxième catégorie se compose des pires conspirateurs et flagorneurs. En outre, Ashe semble insensible à ce que lui raconte le Naboo. Elle ne sait pas si elle peut se fier à cet homme qui prétend n’être loyal qu’à une idée. La naine est elle aussi loyale à l’idéologie impériale, pourtant, cela ne l’empêche pas d’avoir des ambitions. Et la Boroskaise se doit d’avoir des aspirations si elle veut survivre dans cet environnement hostile qu’est la politique. La petite femme esquisse l’ombre d’un sourire. Elle pense avoir trouvé une utilité à ce jeune noble…
- Votre réponse est des plus justes Monsieur Femto. Nous servons tous une cause… Un idéal… Que nous soyons petit ou grand, nous avons tous un rôle à jouer, un devoir à accomplir. L’idéal républicain a prouvé à maintes reprises qu’il n’est pas digne d’être suivi. Vous avez parfaitement compris cela en désirant rejoindre en ce moment même l’Impérium. Débute la Moff en déposant avec une étrange délicatesse ce qu’il reste de la pomme sur la table basse. Je n’ai aucune raison de douter de votre loyauté Monsieur Femto… Du moins, pas pour le moment. Vous m’avez l’air d’être un type bien. C’est pour cette raison que je vais vous offrir une opportunité qui ne se présentera pas deux fois… Je vous offre la possibilité d’intégrer le Bureau de la Sécurité de l’Impérium en tant qu’agent du Département Investigation et Interrogation. Je suis sûr que votre dévouement envers l’ordre et la discipline sera très apprécié au sein de nos services secrets et politiques...
Ashe dévoile désormais toutes ses dents dans un sourire des plus éclatants. Elle semble presque ironique dans ses propos. Pourtant, cela est loin d’être le cas. En réalité, si les agents du Bureau de la Sécurité de l’Impérium sont des gens dont la loyauté n’est pas à remettre en doute, ils font bien pâle figure face au fanatisme exagéré des membres du D2I. Dans tous les cas, évoluer au sein des services de renseignements impériaux est un privilège accordé uniquement aux plus méritants et aux plus fidèles partisans du régime. Autant dire qu’il ne faut pas prendre à la légère l’implication de la Moff au sein de la police politique impériale. Peut-être cherche t-elle à trouver des éléments assez fiables pour servir d’informateurs dans les rangs des agents de cette redoutable institution militaire. La petite femme n’est jamais à court d’idées pour s’assurer la pérennité de son règne. Dans tous les cas, le comte se plaira probablement parmi cette petite bande de fanatiques.
- Toutefois… Avant d’être envoyé au sein du Bureau de la Sécurité de l’Impérium, je tiens à ce que vous suiviez un entraînement spécifique parmi mes Manteaux de Nuit. Il n’y a pas de meilleurs soldats dans tout l’Impérium, je peux vous l’assurer… Considérez cela comme un cadeau de ma part... Continue la Boroskaise en veillant à s’essuyer les mains sur un mouchoir en soie.
Le ton plein d’assurance de la petite femme ne trompe visiblement pas sur la qualité des troupes lui servant de garde rapprochée. Recrutés parmi les éléments Boroskais les plus fanatisés, ces hommes sont sûrement les plus dangereux des soldats d’élite auxquels peuvent se mesurer des forces ennemies. Rigoureusement entraînés en milieu hostile, ils sont plus forts, plus endurants, plus rapides et plus mortels que n’importe quelle autre unité d’élite. Il y a fort à parier que les Manteaux de Nuit pourraient facilement l’emporter sur les commandos des Opérations Spéciales Impériales et les membres de l’Agence de Contre-Terrorisme Universel. Du moins… C’est l’avis de la Moff Ashe et de ses officiers. Si la formation de ses protecteurs en armure grise est d’une qualité inestimable, il est impossible d’affirmer sur de simples dires qu’elle est meilleure que celle des autres unités spéciales. Seul un affrontement opposant les forces d’élite concernées pourrait permettre de donner une estimation sur ces groupes prestigieux.
- Brutus ! Lâche finalement la Moff en frappant nonchalamment dans ses mains.
La pièce, qui juste qu’ici ne semblait accueillir que deux personnes, en dévoile finalement une troisième. Une créature recouverte d’un pelage noir et à peine plus grande que la Moff apparaît dans un coin de la salle. Son apparence se rapprochant sensiblement de celle des loups en dit un peu plus sur son appartenance. Il s’agit d’un Defel… Une espèce de redoutables combattants capables d’absorber la lumière et de se rendre invisibles… Ils sont en outre très appréciés en tant qu’assassins, gardes du corps ou voleurs… De nombreux rôles qui conviennent parfaitement à Brutus. Revêtu d’un uniforme noir à la coupe typiquement impériale, le Defel ressemble à une espèce de peluche articulée à collectionner. Pourtant, il est loin d’être un jouet… Les deux petites billes rouges qui lui servent de yeux semblent en indiquer long sur sa personnalité. C’est un tueur accompli muni d’un sang-froid à toute épreuve. Nul ne connaît son histoire, pas même les proches de la petite femme, à l’instar du général Veed ou du major Teu’lya. Ashe est loin d’être sans ressources visiblement… Elle dispose de nombreux agents personnels, qu’elle peut déployer à sa guise en fonction de ses caprices. Et l’origine de ces individus au passé douteux est un secret bien gardé… Qu’elle emportera sûrement avec elle dans la tombe. Brutus se rapproche instinctivement du Naboo et le renifle avec une certaine insistance, comme pour éveiller chez l’homme un comportement louche qui pourrait trahir ses intentions.
- Tu peux faire rentrer mes gardes. J’ai besoin d’eux pour une tâche spéciale… Comme tu auras pu le constater. Lance froidement la Boroskaise. Et reste dans le coin, j’aurai besoin de toi pour une tâche spéciale.
Le Defel incline doucement la tête puis quitte la salle le temps de quelques battements de coeur. Il serait aisé de prétendre qu’il n’est qu’un monstre au raisonnement limité, qui se contente d’obéir aux ordres de sa maîtresse… Mais la vérité est très probablement ailleurs. Les agents de la Moff ont les meilleures raisons du monde de se montrer vigilants, silencieux et même sournois. Et de ce fait, ils peuvent jouer des rôles et se faire passer pour des idiots à peine plus intelligents qu’une moule si cela peut les aider dans leurs sombres affaires… Brutus revient finalement avec l’officier chargé d’escorter le Naboo jusqu’à la petite femme. C’est bien évidemment avec le visage couvert par son casque qu’il se porte à la rencontre de sa supérieure. Après un bref salut militaire exécuté dans les règles de l’art, le soldat plaque son arme contre son plastron, relève la tête et attend les ordres. Les mots ne sont pas nécessaires.
- Lieutenant, je vous charge d’entraîner le futur agent Femto selon vos méthodes. Ordonne simplement la dirigeante Boroskaise.
- A vos ordres Madame. Répond à son tour l’officier en faisant claquer ses talons en guise de nouveau salut.
- N’oubliez pas Monsieur Femto, que j’aurai peut-être besoin de vos services un jour ou l’autre… ! Termine la Moff en faisant signe au noble de suivre le lieutenant d’un geste de la main.
Ashe reste finalement seule avec son agent Defel. La salle se referme sur cette dernière image. A l’extérieur, l’escouade ayant amené le comte a disparu. Seuls les Manteaux de Nuit affectés à la protection des lieux semblent faire des rondes dans les couloirs annexes. Le lieutenant missionné par la Moff n’a visiblement pas envie de converser avec le Naboo. Les Boroskais ne sont pas de ceux qui aiment parler. Ils vont à l’essentiel, même si cela peut vexer. L’efficacité avant tout. Tout ce qui est superflu à leurs yeux est banni de leur société. C’est ce qui fait qu’ils ne sont pas appréciés par tout le monde… Et c’est l’une des nombreuses raisons conduisant les autres militaires à les hair. En effet, le professionnalisme exagéré des Boroskais est loin de plaire à tout le monde.
Les deux hommes semblent se perdre dans les confins du palais impérial. Les appartements privés de la Moff Ashe sont en fait une véritable forteresse. Les Manteaux de Nuit disposent en outre de leurs propres quartiers, d’un réfectoire et même de nombreuses salles d’entraînement où ils peuvent étaler tout leur savoir-faire. De ce fait, les couloirs austères et sinistres qui s’enchaînent sans jamais vouloir prendre fin sont une banalité sans nom. L’officier en armure grise décide finalement de tourner à droite et s’enfonce dans une pièce entièrement dédiée aux armes… Une armurerie en résumé. Il faut croire que le lieutenant a quelques idées à imposer à notre cher comte.
- Vous m’avez tout l’air d’être du genre intellectuel… J’imagine que vous êtes plus doué pour la réflexion que pour l’action. Ne le prenez pas mal, c’est tout à votre honneur. Mais avoir un cerveau, ça ne sauve pas toujours quand on a une arme braquée sur soi. Lâche enfin le Manteau de Nuit. Hmm. Bien. Voyons voir ce que l’on peut vous trouver… Vous avez plus le profil d’un officier que celui d’un troufion. Je pense qu’une arme de poing sera plus adaptée à vos besoins.
Le Boroskais fait le tour des râteliers et des caisses d’armes et en sort finalement trois blasters différents. Des armes de confection impériale à en juger le design. Ou tout du moins visiblement assez utilisées dans les rangs des impériaux pour que l’on puisse prétendre à une affiliation. Au final, le lieutenant confirme rapidement cette hypothèse.
- Ces trois modèles là sont les plus courants au sein de l’armée impériale. Particulièrement en tant qu’arme secondaire ou arme de poing, selon le rang et les besoins de chaque militaire. Commence l’officier en désignant un premier blaster. Le SE-14C, une arme bon marché, très appréciée des officiers et des stormtroopers, qui peut tirer en rafale et qui dispose de nombreuses options intéressantes, comme des lunettes de visée optique et infrarouge. Seul problème, il faut faire gaffe au recul, c’est parfois violent. Vient ensuite le DH17, autre blaster de confection impériale. C’est une arme avec une plus longue portée que la précédente, qui dispose d’un mode paralysant et d’un mode semi-automatique. Une arme polyvalente en outre. Le mode automatique est pour sa part défectueux. Le dernier modèle est probablement le plus intéressant et le plus efficace des trois. C’est du moins ce que tend à prouver sa massive utilisation au sein des forces spéciales et des groupes d’élite. Le DC-15s, l’arme secondaire des commandos clones… Ce petit bijou peut tirer jusqu’à sept coups par seconde et il bénéficie d’une cellule auto-rechargeante. Il a par contre tendance à surchauffer rapidement, il faut donc être vigilant. Vous pouvez tester ces trois modèles là dans la pièce adjacente, y’a plein de cibles pour ça. Ou vous pouvez aussi voir ce qu’on a en réserve, si ces trois là ne vous conviennent pas. -
Post n°9
Auteur : Numerius FemtoLe D2I ? Les Manteaux de Nuit ? Voilà qui faisait beaucoup d’information à avaler pour le natif de Naboo… Il ne put totalement masquer sa surprise, mais fut néanmoins flatté par la confiance que lui accordait la Boroskaise… tout en doutant de la réalité de cette confiance. Ashe semblait être une femme rusée. Numerius se dit qu’elle devait être une adversaire dangereuse.
Numerius était légèrement secoué par la tournure des événements et l’apparition du Defel n’arrangeait en rien la clarté de ses idées. Ainsi, il fut rassuré de quitter les lieux en compagnie de l’officier des Manteaux de Nuit. Durant, sa marche à travers les couloirs austères du palais impérial, il fit le point sur sa situation, qui semblait prendre une direction prometteuse ! Le D2I… Oui, il était fait pour travailler au sein de ce service, aucun doute là-dessus. Il serait le gardien implacable des idéaux impér… Numerius ferma les yeux. Des flashs. Des souvenirs. Ils apparaissaient devant ses yeux, comme si le Comte les revivait à l’instant même. Des êtres brisés… Un dévaronien ensanglanté. Un homme autrefois respecté enfermé dans une cellule et traité en paria. Cet homme… Octavius… « Père… » Numerius rouvrit les yeux et prit un air résolu. Il ne regrettait rien. Ce qu’il avait fait, il l’avait fait au nom de quelque chose qui dépasse les intérêts individuels, quelque chose de plus grand, une idée sublime. Il l’avait fait pour le bien commun, il l’avait fait pour la paix et il serait prêt à tout sacrifier encore et encore pour voir son idéal devenir un jour une réalité.
Les deux impériaux arrivèrent finalement dans ce qui semblait être l’armurerie. Le lieutenant qualifia l’aristocrate d’intellectuel, ce que Numerius ne pouvait nier, même s’il trouvait néanmoins que cette affirmation était un peu réductrice. Le soldat en armure grise proposa trois armes de poing au natif de Naboo. Numerius avait toujours préféré l’escrime et le combat au corps à corps. Il y avait dans ce style de combat une dimension artistique et une rigueur que le dernier des Femto trouvait séduisantes. D’ailleurs il avait acquis un niveau plus qu’honorable dans l’art du combat à l’épée lorsqu’il était à l’académie ! Cependant, il n’avait plus touché une lame depuis près de quinze ans et avait bien peur d’avoir perdu son talent. Il conservait néanmoins l’espoir de pouvoir un jour retrouver la main. Numerius observa les trois armes à feu que lui proposait son nouveau supérieur. L’une après l’autre, il les prit en main, les pesant, vérifiant leur ergonomie. Après une petite séance de test, il devait avouer avoir une petite préférence pour le DH17 et sa fonction paralysante, mais n’était toujours pas entièrement satisfait. Ce style… Ce n’était pas pour lui. Il jeta un œil à la réserve et repéra une paire de vibroépées. Leur forme lui rappelait justement les lames avec lesquelles il avait été formé à l’art de l’escrime sur Naboo. Que de souvenirs… Un petit sourire nostalgique se dessina sur son visage. Voilà qui conviendrait sans doute mieux. Il se retourna vers le lieutenant.
- Lieutenant, permission demandée de tester ces lames. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je pense avoir plus de prédispositions pour le corps à corps.
Le lieutenant hocha la tête en signe d'approbation. Après tout, si ce nobliau pensait que les armes blanches étaient faites pour lui, autant lui laisser sa chance...
Numerius saisit les sabres et les dégaina à tour de rôle. Elles étaient de très belle facture. Les Manteaux de Nuit bénéficiait sans aucun doute possible de leur rôle de protecteurs de la Grande Moff pour avoir accès à du matériel de qualité supérieure. Chacune des armes avait un style bien particulier. L'une avait une lame droite et fine d'une longueur d'environ quatre-vingt-dix centimètres. Tranchante comme un rasoir, sa forme laissait néanmoins penser qu'elle était plus adaptée pour un infliger des coups d'estoc. Sa garde était constituée d'une base semblable à la coquille d'un fleuret et était légèrement ornementée, un petit phénix gravé dans le métal gris venant apporter une touche d'élégance et rappelant que cette arme était issue de l'arsenal impérial. De part et d'autre de cette coquille venaient s'ajouter deux quillons légèrement recourbés dans le sens de la lame. Enfin le manche, conçu pour que l'arme soit manié à une seule main, se terminait par un pommeau à l'effigie d'une tête de rapace. Encore une fois, il s'agissait probablement du phénix impérial. L'autre arme blanche avait un style plus agressif. Sa lame était plus courte, plus large et recourbée. Sa conception ne laissait aucun doute sur son utilité : cette lame avait été forgée pour trancher, démembrer. Le maniement de cette arme qu'on pouvait qualifier de sabre demandait un style plus sauvage que celui du fleuret. Le même pommeau était visible à l’extrémité de la poignée, elle aussi adaptée pour le maniement à une main. Quant à la garde, elle était composée elle aussi d'une coquille, mais moins large que celle de la première lame et dépourvue de quillons. En revanche, la garde disposait d'un capuce venant apporter une protection supplémentaire à l'intégralité de la main maniant l'arme.
Les deux objets étaient parfaitement équilibrés. Numerius effectua quelques mouvements, une arme dans chaque main. Il ne mit pas longtemps à se rendre compte qu'il lui faudrait du temps pour retrouver son niveau d'antan... Mais il avait trouvé ce dont il avait besoin. Il rengaina les deux armes et se présenta devant le lieutenant en signifiant qu'il avait fait son choix. Il était désormais temps de commencer l'entraînement. -
Post n°10
Auteur : HivernusLe lieutenant observe silencieusement le comte. Ce dernier ne semble pas réellement convaincu et à l’aise en compagnie d’armes de poing. L’officier impérial constate finalement que le natif de Naboo préfère de loin l’usage des lames. Le Manteau de Nuit n’est pas réellement étonné. Les familles nobles ont de tout temps eu l’usage d’épées et de sabres. Une arme qui se veut à la fois élégante, pratique et distinguée, en accord avec les valeurs de ces grandes familles prestigieuses et influentes. Il y a fort à parier que Numerius Femto, avec ton titre de comte, est l’un de ces nombreux aristocrates formés à l’école de l’escrime, un art aussi exigeant que gracieux. Mais du point de vue du Boroskais, ce n’est pas à grand renfort de coups d’estoc que l’on gagne des batailles. S’il reconnaît la valeur artistique et guerrière de l’escrime, il juge toutefois cet art dispensable au sein des institutions militaires. De son avis, l’escrime n’est désormais plus qu’un sport pratiqué par quelques fils et filles de maisons nobles. La guerre a changé de visage. Les épées et les sabres ne font pas le poids face aux armes de tir et aux véhicules blindés. Bien évidemment, les membres de la garde rapprochée de la Grande Moff sont entraînés à manier tout type d’armes, afin de ne jamais être surpris. Mais ils utilisent les armes de corps-à-corps en ultime recours, lorsque l’ennemi est trop proche.
En outre, notre lieutenant se demande bien comment le Naboo compte se distinguer sur le champ de bataille, ou lors d’une quelconque opération militaire, quand il aura à subir le feu nourri de plusieurs blasters. Mais il faut laisser ces questions de côté et ne pas juger trop vite un homme sur son apparence. Dans la société Boroskaise, le mérite par l’action a plus de valeur que le reste. Et c’est donc via les actes que les Boroskais se sont affirmés sur des dizaines de générations. Il en sera de même pour Numerius Femto. Sa valeur sera prouvée au fil des passes d’armes. Néanmoins, il n’est pas question de le confronter à un soldat d’élite de la Grande Moff dans un banal combat singulier. En tant qu’agent des services secrets de l’Impérium, le comte sera parfois soumis à des situations difficiles où l’ennemi ne cherchera pas à l’affronter selon les règles établies par une quelconque aristocratie. De ce fait, il est important de le mettre dans les conditions dangereuses et précaires des agents de terrain du terrible Bureau de la Sécurité Impériale.
- Et bien… Vous semblez bien sûr de vous avec vos lames ! Pas sûr que cela vous sauve la vie m’enfin… C’est votre choix ! Commente l’officier des Manteaux de Nuit. Vous serez confronté à de multiples dangers, dans des opérations toujours plus périlleuses les unes que les autres. Vous ne pourrez pas toujours compter sur vos coéquipiers pour vous sortir de situations complexes. Vos alliés indéfectibles seront avec vous en tout temps, en vous même. Vos réflexes ! Voilà ce qui vous sauvera plus d’une fois la vie ! Mais ces réflexes seuls ne suffiront pas sans un entraînement pour les affiner. Et autant vous dire que les entraînements des Manteaux de Nuit sont extrêmement pénibles et rigoureux.
Une élite n’est pas une élite si elle ne donne pas son sang et sa sueur lors des séances de sélection et de formation. A l’exception de quelques officiers et officiels proches de la Grande Moff Ashe, nul ne sait réellement comment sont formés les hommes qui servent dans son bataillon privé. Mais ce qui est sûr et connu de tous, c’est qu’ils sont d’une efficacité mortelle et qu’ils vouent à la naine une admiration sans limite. Les Manteaux de Nuit forment donc une unité redoutable, crainte de tous… Et grâce à la propagande impériale, l’influence de la garde d’élite de la Boroskaise s’étend petit à petit… Pour ceux qui ont connaissance des moindres détails, à l’instar du général Veed, le taux de mortalité atteint lors des entraînements ne ment pas sur le statut d’élite de ces soldats anonymes qui servent aveuglément sous les ordres de la jeune femme. Si le souvenir du projet GP-02 semble doucement s’effacer dans la mémoire de certains, pour d’autres, il reste encore fortement ancré. Et le simple fait de savoir que les effectifs de cette unité prestigieuse sont en nette augmentation en dit long sur la mystérieuse et douloureuse histoire qui accompagne ces hommes et ces femmes qui vont jusqu’à sacrifier leur vie pour avoir l’honneur de servir celle qui est surnommée “Renard Impérial”.
- Mon Lieutenant, un officier du Bureau de la Sécurité de l’Impérium souhaite vous parler. Annonce un Manteau de Nuit en saluant militairement son supérieur.
- Faites le entrer. Déclare simplement le lieutenant.
Le garde fait une nouvelle fois claquer ses talons et quitte l’armurerie. La porte qui se dérobe plusieurs fois dans le mur à cause des allées et venues, laisse finalement apparaître la silhouette inquiétante d’un officier à l’uniforme gris. Si le rouge est désormais la couleur utilisée par les gradés du Département Investigation et Interrogation, il existe des exceptions. Le capitaine Victarion Vestrit est l’une d’entre elles. Ce dernier juge en effet plus “utile” de se contenter d’une simple tenue grise d’officier de la police politique impériale, afin de pouvoir passer plus ou moins inaperçu. Après tout… Enquêter sur ses congénères demande une certaine discrétion. Néanmoins, l’homme est tout sauf un type au physique banal et ses rares apparitions sont souvent des souvenirs marquants pour ceux qui ont la chance (ou pas) de croiser sa route. Vestrit est l’un de ces nombreux soldats marqués à vie par l’empreinte de la guerre. Si l’expression sévère de son visage inspire le respect ou la crainte, cela n’est toutefois rien face aux multiples blessures de guerre que l’officier affiche. Car le militaire tient plus de l’écorché vif et de la machine que de l’humain. La partie droite de son visage est couverte de brûlures et l’oeil, manquant, est remplacé par un implant cybernétique à la lueur rouge menaçante. Comme si cela ne suffisait pas, il se trouve qu’une main en duracier aux longs doigts effilés remplace le membre originel, toujours du côté droit.
- Bonjour Lieutenant Lobo. Veuillez m’excuser de vous importuner de la sorte, mais les ordres sont les ordres, vous savez ce que c’est… Débute d’une voix froide et puissante le capitaine. Je suis le Capitaine Victarion Vestrit, du Département Investigation et Interrogation. La Grande Moff m’a chargé de vous remettre une mission, à vous et à l’agent Femto.
Le cyborg remet alors un datapad au lieutenant, sans afficher la moindre expression sur son visage marqué par la guerre. Son oeil artificiel vient se bloquer sur le jeune comte alors qu’il fixe toujours de son autre oeil l’officier des Manteaux de Nuit. L’organe synthétique crisse doucement, se calibrant sur le Naboo avec une certaine précision. Toutefois, Vestrit ne semble pas vouloir échanger quelques politesses avec ce dernier et se contente donc de l’observer de la sorte. Pendant ce temps, Lobo s’empresse de lire le bloc de données. Après quelques secondes de lecture qui semblent être des heures, le Boroskais finit par donner une réponse.
- Nous partirons dans les plus brefs délais mon Capitaine. Lâche machinalement le lieutenant. J’aimerai cependant tester les capacités de l’agent Femto avant de l’envoyer sur le terrain. Cela ne prendra pas longtemps, une heure tout au plus avant que nous ne partions.
- Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, j’aimerai prendre part à la séance, en tant qu’observateur bien sûr. Ajoute l’officier des services secrets en étirant ses lèvres en un sourire étrange, déformé par les brûlures.
- Aucune objection Monsieur. Lâche le Manteau de Nuit.
- Bien. Dans ce cas, je vous suis Lieutenant. Rétorque avec froideur le capitaine.
Le soldat d’élite acquiesce d’un signe de la tête et prend la tête du petit groupe. Les trois impériaux quittent donc l’armurerie et entame un nouveau périple au sein des quartiers privés de la Moff Ashe. On traverse plusieurs séries de couloirs vides dans lesquels quelques rares Manteaux de Nuit et officiers des différentes branches armées défilent en longeant les murs. On descend ensuite quelques escaliers avant d’entrer dans une salle aux dimensions improbables, probablement de la taille de l’ensemble des appartements de la naine qui se trouvent au dessus. Un immense labyrinthe, encerclé de toute part par des passerelles permettant une observation continue, trône au milieu de l’endroit. Ses épais murs empêchent de distinguer ce qui se cache à l’intérieur, pour entretenir un mystère sur les exercices qu’on y pratique en son sein. Le lieutenant Lobo le sait lui. Il s’agit de lu lieu de prédilection des Manteaux de Nuit. C’est dans cet endroit même que les soldats d’élite de la Boroskaise affinent leurs sens et peaufinent leurs entraînements. C’est ici qu’ils testent et éprouvent leurs capacités. Et c’est ici qu’ils simulent les situations pour lesquelles ils s’entraînent si durement. Interventions lors d’une prise d’otage, infiltration et sabotage d’un complexe ultra-sécurisé, assassinat d’une cible au sein de sa forteresse… Tout y passe… Sans que personne ne se rende compte de rien dans le monde du dessus.
Aujourd’hui, Numerius Femto est le premier inconnu à pénétrer dans le monde obscur des Manteaux de Nuit. Et l’exercice prévu pour le tester sera probablement aussi rude et éprouvant que ceux passés par les terribles protecteurs de la Grande Moff. Du moins, c’est ce qui semble être le plus logique… A en juger les sons qui se répercutent le long des parois, une simulation semble être en cours. Mais cela ne dérange nullement le lieutenant, qui monte sur la passerelle et vocifère des ordres à ceux qui se trouvent à l’intérieur du labyrinthe.
- Fin de l’exercice ! Rassemblement !
Obéissants, les Manteaux de Nuit mettent fin à leur entraînement et se regroupent rapidement à la sortie de l’imposant dédale. Les gardes personnels du Renard Impérial sont au moins vingt à se masser au garde-à-vous devant les deux officiers et leur invité, armes plaquées contre le plastron. Et ils attendent là, immobiles comme des statues, figés dans leur salut militaire, que leur supérieur leur donne leurs ordres. Ordres qui ne tardent pas à arriver, heureusement pour eux.
- Procédures habituelles. Vérification de l’équipement, rapport sur l’entraînement, statut des performances. Indique Lobo à ses hommes. Je veux deux hommes pour activer les droïdes d’exercice selon la simulation Y-24. Rompez.
Les soldats d’élite font claquer leurs talons et se dispersent selon les directives données par le lieutenant. Ce dernier tourne son casque vers le comte, lui offrant un visage anonyme et impersonnel parmi tant d’autres.
- L’objectif de cet exercice sera simple. Arriver au centre du labyrinthe en un seul morceau. Les droïdes sont configurés pour attaquer à vue toute silhouette humaine. Un conseil : Restez vigilant. Et espérez simplement avoir assez de talent et de chance pour réussir ce test ! Lâche le lieutenant d’une voix monotone. Tâchez de faire… Bonne impression !
Le Naboo est ainsi laissé à la merci de ses propres capacités de survie, à l’entrée du labyrinthe, sans avoir reçu de quelconques informations à propos du nombre et de l’équipement des automates patrouillant dans le dédale. C’est là un comportement typiquement Boroskais qui pousse les individus testés à faire sortir le meilleur d’eux-mêmes lors des exercices. Lobo grimpe sur la passerelle, suivi de près par le capitaine Vestrit, qui se contente d’offrir à Numerius un regard qui semble en dire long sur les attentes qu’il a à son sujet. Ce que le jeune comte ignore depuis sa position, les deux hommes le découvrent avec une certaine retenue. Entre les murs imposants et inquiétants du labyrinthe, le Boroskais et le cyborg arrivent à discerner les silhouettes squelettiques de huit droïdes d’entraînement. Ces modèles là sont équipés de vibrolames ou de blasters réglés sur puissance minimale et, telles des âmes égarées dans un désert, déambulent silencieusement en solitaire ou par groupe de deux dans l’immense dédale. L’officier du D2I, appliqué dans son observation, verrouille son oeil bionique sur le Naboo. L’exercice semble être plus attractif vu d'en haut… -
Post n°11
Auteur : Numerius Femto“Ca y est.” Le moment était venu. Il était temps pour le dernier comte de la maison Femto de faire ses preuves. Le natif de Naboo sentait l’adrénaline monter en lui, son oeil mort lui montrant des scènes sanglantes de sa longue errance à travers la galaxie.
Sa respiration se fit plus lourde, le rythme des inspirations et des expirations diminuant petit à petit. Etait-ce l’angoisse ? Pas vraiment, non, voire pas le moins du monde. Il y avait plutôt de l’excitation dans les yeux de la recrue impériale, mais de la peur, nullement. Un oeil attentif aurait néanmoins remarqué que le jeune comte avait un éclat différent dans le regard, une lueur froide bien éloignée de ce qu’on avait pu observer jusque là dans les yeux du jeune comte depuis son arrivée sur Cathar la veille… comme si esprit malveillant était sur le point de prendre possession du corps de l’aristocrate. Néanmoins, Numerius était encore là. Il serra les dents, contenants autant qu’il le pouvait l’instinct quasi-animal qui tentait de le dominer.
La porte du labyrinthe se déroba et le comte pénétra en son sein, resserrant son emprise sur ses nouvelles lames : l’exercice venait de commencer.
A pas de loup, le natif de Nahoo avança le long du couloir lui faisant face, évitant tant bien que mal d’être handicapé par son angle mort. Un pas après l’autre, il continuait son inexorable avancée vers le coeur du dédale.
Un premier croisement se présenta à lui, deux allées opposés se dévoilant, l’une allant vers sa gauche, l’autre vers sa droite. Une vieille superstition lui revint en mémoire. Dans certaines cultures, la gauche portait supposément malheur, et il était de mauvais augure de voir un présage se présenter à soi par la gauche… Mais Numerius n’avait cure deces croyances archaïques. C’est donc d’un pas résolu qu’il emprunta le couloir porte-malheur, non sans ayant jeté un regard vers la droite afin d’anticiper d’éventuelles menaces pouvant faire irruption. Il mettrait le temps qu’il faudrait pour atteindre son objectif, mais il était exclu d’agir de manière imprudente. Sans se précipiter et toujours paré à riposter, le Naboo se dirigea jusqu’à l’intersection suivante, la logique lui dictant cette fois-ci d’opter pour la voie de droite. Celle-ci semblait néanmoins périlleuse, plusieurs accès permettant à d’éventuels adversaires de fondre sur l’agent. Le comte fronça les sourcils. Il savait que l’exercice ne serait pas sans risque. Cependant, il avait la certitude qu’il trouverait en lui la force et la ressource nécessaires pour surmonter les obstacles qui se présenteraient.
Le Naboo avança d’une vingtaine de pas, passant prudemment les deux premières intersections. Malheureusement, avant qu’il n’y ait pu s’y préparer, un droïde d’entraînement à l’aspect squelettique se révéla soudainement et fit immédiatement feu sur lui. Instinctivement, l’aristocrate put éviter le tir, qui, fort heureusement, n’avait sans doute pas eu la précision escomptée. Le comte se précipita vers l’arrière, se mettant à couvert aussi vite que possible. Là, il prit quelques secondes de réflexion, tout en sachant que le temps lui était compté. Si le droïde l’avait trouvé, il y avait fort à parier que d’autres unités allaient bientôt arriver sur sa position, attirées par les bruits des tirs. Il devait donc vite se débarrasser de cette saleté et s’éclipser, sans quoi il était certain de finir encerclé et d’échouer sa mission. Bon sang… Il avait pourtant tendu l’oreille ! Satané angle mort ! Ce tas de ferraille lui avait-il tendu une embuscade ? Aucune importance. Il devait réagir, et vite.
Numerius bondit hors de son couvert, évitant un premier tir rapide. Cependant, le second, plus calculé, fit mouche, touchant sa cuisse droite et le faisant tituber. Il lutta pour rester debout. Fort heureusement, le blaster était réglé à la puissance minimale. Si tel n’avait pas été le cas, la blessure aurait pu être très sérieuse. Cependant, il s’en sortit avec ce qui ne semblait être qu’une légère brûlure. La douleur ? Il ne savait même pas ce que c’était. Il essuya le tir, ignora l’odeur de carbonisation, et reprit sa course vers la machine tueuse. D’un ample mouvement circulaire de son sabre, grossier, faute de pratique, mais puissant, il trancha un des bras du droïde, incapable de se défendre au corps-à-corps, qui laissa son arme tomber lourdement au sol. Il repoussa ensuite son ennemi, qui tomba à la renverse, puis enfonça sa deuxième lame entre les optiques de l’androïde. Cible éliminée.
Le comte, essoufflé, faillit tomber à genoux, mais il trouva la force de reprendre sa route lorsqu’il entendit le cliquetis métallique plus ou moins proche des pas des droïdes sur le sol d’acier du labyrinthe. Il devait se hâter.
L’agent Femto vérifia que le couloir par lequel le premier droïde était arrivé était bien sécurisé avant de l’emprunter promptement. Il sourit : cet exercice commençait à devenir divertissant.
Au cours des dix minutes suivantes, les couloirs se firent plus courts et les intersections plus nombreuses. Parfait. Si un autre de ces droïdes armés de blasters lui barrait la route dans cet environnement, la proximité lui donnerait un avantage certain. Cette impression se confirma lorsqu’un deuxième de ces tas de ferraille fit irruption au détour d’un couloir. La machine tenta hasardeusement un tir avant de recevoir de plein fouet une frappe du Naboo, dont la lame courbée vint fendre le crâne du droïde. Avait-il eu de la chance ou avait-il su se servir avantageusement de la configuration du couloir ? Les deux, sans aucun doute.
Numerius reprit sa progression, approchant à chaque instant un peu plus du coeur du dédale. Enfin, il déboucha sur un couloir plus étendu au bout duquel était visible une petite pièce circulaire dotée d’un dispositif diffusant une lumière bleutée. Enfin, il était arrivé au centre ! Du moins, il y était presque. Une dizaine de mètres le séparaient encore de son objectif. Cependant, alors qu’il s’apprêtait à entamer cette dernière ligne droite, deux nouveaux droïdes de combat se dévoilèrent, un à chaque extrémité du couloir. L’un des deux était armé du même blaster que les deux premières victimes du Naboo, mais le second, celui qui était situé entre le Naboo et son objectif, était équipé d’une vibrolame. Problématique.
Numerius prit une grande inspiration et se sentit partir. Un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres, et ses yeux s’emplirent d’une haine sans limite.
- Approchez, saloperies… Venez à moi.
Le premier droïde fit feu, ouvrant les hostilités. Numerius fit un pas en arrière pour se réfugier dans le couloir par lequel il était arrivé. Il décida de faire preuve de ruse pour se sortir de ce mauvais pas et venir à bout de ces vermines. Ainsi, surveillant dans un premier temps de son seul oeil valide la progression du droïde de corps-à-corps qui s’approchait de lui, il se révéla à nouveau à la vue du tireur, se préparant à esquiver. Le droïde appuya sur la gâchette de son arme et Numerius, anticipant la trajectoire du tir, se baissa pour l’éviter. Ce fut le deuxième droïde qui reçut le laser au niveau du torse. Le natif de Naboo en profita et se déchaîna sur la machine affaiblie, assainissant trois coups de vibrolame en y mettant toute sa force et sa sauvagerie à peine contenue. Enfin, il se retrouva dans la même situation que lors du premier affrontement. La suite des événements se déroula d’ailleurs de manière quasi-identique, à ceci près que Numerius fut touché au flanc, et non à la cuisse.
Épuisé, mais victorieux, le comte se traîna difficilement le long des murs sur les derniers mètres le séparant du coeur du labyrinthe. Il reprit ses esprits et l’adrénaline retomba avant qu’il atteigne triomphalement l’objectif de sa mission. Il observa plus attentivement ses blessures. Elles étaient plus sérieuses que ce à quoi il s’attendait. Il aurait certainement besoin de soin s’il ne voulait pas les voir s’aggraver. Chaque chose en son temps. Pour l’heure, Numerius activa le dispositif situé au centre de la pièce. Mission accomplie, fin de l’exercice. -
Post n°12
Auteur : HivernusDepuis la passerelle surélevée, les deux officiers observent en silence la progression de la recrue. Le natif de Naboo reste sur ses gardes, avance prudemment dans le dédale, guettant le moindre bruit. Un bon point pour lui. Mais lorsque le premier affrontement survient, le comte se lance sur son adversaire mécanique après quelques précieuses secondes de réflexion. En quelques mouvements, le droïde est mis hors d’état de nuire. Numerius Femto en paie toutefois le prix : Une blessure légère au niveau de la cuisse droite qui pourrait très certainement ralentir sa progression… Et qui pourrait probablement lui faire défaut lors des prochains combats. Le lieutenant Lobo fronce les sourcils sous son casque. Les doutes qu’il a pu exprimer quelques minutes plus tôt s’avèrent exacts. Des lames ne sauvent pas la vie de leur propriétaire dans la plupart des engagements, qui se font à l’aide d’armes de tir. Le Naboo vient d'apprendre cette leçon au prix d'une vilaine blessure... Le soldat d'élite qui observe la progression folle du noble dans le labyrinthe en vient à pousser un soupir profond.
- Sauf votre respect mon Capitaine, je doute qu’il soit prêt pour le terrain. Fait remarquer le Manteau de Nuit.
- Qu’est-ce qui vous fait croire qu’il va être envoyé sur le terrain ? Demande alors Vestrit d’une voix légèrement amusée.
- Soyons réalistes… Je doute que la Grande Moff soit du genre à déplacer un officier des services de renseignements par pur plaisir. Quoi qu’elle en serait sûrement capable. Mais je doute qu’elle soit du genre à demander à un futur agent de récurer le fond des toilettes. Notre dirigeante est plus du genre à envoyer des soldats faire leurs preuves sur le terrain. Répond simplement le lieutenant.
- Je vois… Je vois… Nous avons tous commencé quelque part, avec le manque d’expérience propre aux nouveaux, n’est-ce pas ? Souligne à l’aide d’un sourire étrange le cyborg.
- Parlez pour vous. Rétorque l’officier des Manteaux de Nuit.
- Ah. Oui, en effet... Suis-je bête… Se contente de répliquer avec une soudaine indifférence le capitaine.
Victarion Vestrit ne sait pas s’il doit attribuer cette réflexion à de l’arrogance ou à de l’assurance. Quoi qu’il en soit, il ne semble pas réellement étonné par les durs propos tenus par le lieutenant Lobo. Les Boroskais sont perfectionnistes, exigeants et directs. Si quelque chose est mauvais, pas assez bon ou même bancal, ils n’hésitent pas à le faire savoir. Un seul fait peut actuellement déranger le capitaine : Cet air hautain, condescendant qu’ils aiment afficher. On raconte beaucoup d’histoires sur les Manteaux de Nuit… Des histoires troublantes, effrayantes… Des histoires qui ressemblent fort à des fables, à des rumeurs… A des propos exagérés. La Grande Moff Ashe y est sûrement pour quelque chose. La terreur se révèle être un excellent outil de propagande dans un régime qui se veut implacable et à l’affût de tout. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas prendre au sérieux les membres de sa garde rapprochée. Ils sont sûrement bons, voire même très bons. Mais leur comportement intraitable n’est pas digne d’une élite digne de ce nom.
Un silence suit cette brève conversation. Les deux hommes se concentrent sur Numerius Femto, qui poursuit son parcours entre les murs épais et mystérieux du labyrinthe. Un deuxième automate est expédié à la casse en quelques secondes, la tête fendue par la lame impitoyable du noble. Cette action rapide et efficace ne fait néanmoins pas remonter la recrue impériale dans l’estime du lieutenant Lobo. Lorsqu’il arrive au centre du dédale, le comte est confronté à une dernière épreuve : Deux droïdes d’entraînement qui semblent bien décidés à livrer bataille. Le natif de Naboo fait une nouvelle fois preuve de combativité. Les machines sont éliminées en quelques mouvements. Mais là encore, le choix des vibroépées s’avère être un point faible et Numerius en paie à nouveau les conséquences. L’officier des Manteaux de Nuit serre la mâchoire. Il avait pourtant prévenu cet idiot ! Il ne donne pas cher de sa peau lors d’une mission… Vestrit, pour sa part, affiche un léger sourire sur ses lèvres. Il semble plus ou moins satisfait. Lobo ne sait pas s’il doit se méfier de ce curieux comportement ou s’il doit ignorer l’attitude étrange du capitaine. L’officier de la terrifiante police politique a l’air convaincu par cette petite démonstration.
Le lieutenant, pour sa part, ne l’est pas. Il ne comprend pas pourquoi la Grande Moff lui confie la formation de cet aristocrate si c’est pour l’envoyer en mission deux heures après. Du point de vue du soldat d’élite, on ne forme pas un agent de terrain en quelques minutes. La décision de sa supérieure lui semble bien obscure… Mais on ne discute pas les ordres. Il va devoir garder ses doutes et sa mauvaise humeur pour lui. L’exercice touche à sa fin, le capitaine quitte la passerelle et entreprend de rejoindre le comte. Le Manteau de Nuit le suit finalement, résigné. Cette histoire ne fait aucun sens à ses yeux...
- Vous êtes un peu amoché à ce que je vois, agent Femto. Constate Vestrit d’une froideur renouvelée. Un petit passage par l’aile médicale ne sera pas de trop.
- J’ai déjà prévenu notre équipe médicale. Elle est en route. Indique Lobo.
- Parfait ! Agent Femto, vous avez fait vos preuves. Je pense que vous êtes prêt pour partir sur le terrain. Reprend l’officier du D2I. La Grande Moff a décidé de vous confier le commandement d’une petite unité du Bureau de la Sécurité Impériale. Une unité composée de quatre agents de terrain qui répondra pour l’opération au nom de “Team Rocket”.
De l’avis du lieutenant Boroskais, Numerius Femto n’est pas prêt du tout. Fort heureusement, son casque cache l’air mécontent qu’il affiche sur son visage. Il peut donc faire la gueule sans qu’on vienne lui reprocher quoi que ce soit… Quand lui-même a des choses à reprocher aux autres. Le capitaine cyborg jette un coup d’oeil de son côté, comme s’il comprend l’agacement du Manteau de Nuit. L’officier à l’uniforme gris lui adresse un regard noir pour lui faire signifier qu’il n’a pas son mot à dire. Lobo ne répond rien. Il demeure silencieux et reste de marbre. Néanmoins, l’incident n’est pas clos. Et, à l’instar de nombreux militaires, le lieutenant devient de ceux qui ne peuvent pas supporter la vue ou la présence d’un officier de la police politique de l’Impérium. Autant dire que le fossé se creuse entre Manteaux de Nuit et représentants des services secrets. Le fait qu’ils puissent s’immiscer dans les affaires de la petite femme n’est pas réellement apprécié par les soldats d’élite qui la protègent.
- Votre première mission vous conduit sur Mandalore. Vous recevrez vos instructions sur place, de la part de l’Ambassadeur Vattier de Villiers, qui fera office de supérieur sur le terrain. Continue avec froideur le capitaine.
Le lieutenant Lobo se retient de faire un commentaire. On confie le commandement d’une unité à un bleu et ce dernier répond aux ordres d’un diplomate… Il étouffe un juron dans son casque.
- Vous avez trente minutes pour vous préparer et faire connaissance avec les membres de votre équipe. Termine finalement Vestrit. Il est inutile de préciser que l’échec n’est pas envisageable… Bien. Ce sera tout. Vous pouvez disposer.
L’ordre s’applique au noble, mais semble aussi être adressé au Manteau de Nuit. Le Boroskais reste cependant aussi muet qu’une statue mais serre doucement les poings. Un capitaine étranger aux services de renseignements et de protection de la Grande Moff se permet de commander dans sa forteresse ? C’est une provocation, à n’en pas douter ! Si Lobo n’est pas du genre à remettre en question les ordres de la naine, il en vient toutefois à se demander si elle ne fait pas l’erreur de laisser trop de pouvoir au Bureau de la Sécurité de l’Impérium… Et alors que les trois hommes se quittent et disparaissent au détour d’un couloir, le régime impérial subit une nouvelle fracture et semble accablée d’une nouvelle lourdeur... Rongé de l'intérieur par de trop nombreuses querelles.Spoiler : Spoiler