Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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A peine arrivé, déjà reparti.

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    #1

    Post n°1
    Auteur : Hivernus

    Spoiler : Spoiler
    RP précédent : Visite de courtoisie.



    Aile militaire de l'Hôpital de Cathar.


    Comme à son habitude, l'infirmière de garde fit le tour des blessés, toujours avec une certaine appréhension. Elle pensait pouvoir supporter cette vision d'horreur mais la vérité était tout autre. Certaines blessures qu'arboraient ses patients semblaient tout droit sorties d'une autre dimension. Comment était-il possible de survivre à de telles souffrances physiques et psychologiques ? La jeune femme ne pensait pas devoir s'occuper de patients complètement défigurés et délirants. Quoi qu'ils aient eu à endurer, cela n'avait sûrement pas été une partie de plaisir. Mais le personnel de l'hôpital était tenu dans une certaine ignorance, apparemment, on tenait ce que certaines opérations restent secrètes... Pour le moment. L'infirmière regrettait cet état de fait, il lui était insupportable d'avoir à subir les suppliques des blessés à longueur de journée. Ces soldats avaient sûrement des familles. Des familles qui devaient s'inquiéter de ne pas avoir de nouvelles d'eux. D'un autre côté, il serait peut-être malsain de permettre aux patients et à leurs proches de se voir dans l'immédiat.
    Et pourtant... Cela n'était que la partie la moins étrange de l'aile réservée aux blessés de guerre. La jeune femme devait ensuite faire face à toute une série de cuves bacta dans lesquelles étaient immergés plusieurs soldats. Elle ne sentait jamais à l'aise devant ces tubes dans lesquels barbotaient silencieusement ces hommes inconscients et enveloppés d'un voile de mort. Le silence qui régnait dans cette partie de l'aile médicale était bien plus pesant que les plaintes incessantes des autres patients. Il était curieux pour elle de voir ces blessés se reposer tranquillement dans leur liquide alors que l'on pouvait entendre les cris de douleur et les voix délirantes de leurs camarades...

    En y repensant, ce n'était peut-être pas les blessés qui avaient besoin de consulter un psy'.

    L'infirmière détailla avec une certaine retenue les corps immergés, un à un. Elle retint son souffle à plusieurs instants, son visage se figeant lorsqu'elle croyait voir un des blessés remuer. Il y a quelques temps de cela, elle avait fait un étrange rêve, dans lequel elle était à la place d'un de ces soldats. Elle essayait alors de lutter de toutes ses forces pour se sortir de la cuve dont elle était la prisonnière. La jeune femme avait vraiment eu l'impression d'y être. L'espace d'un instant, elle avait cru ressentir de désagréables brûlures au niveau des poumons et des narines, comme si elle avait passé un certain temps sous l'eau.
    Elle hésitait à demander son transfert dans une autre aile de l'hôpital... Mais peut-être qu'elle n'aurait pas la paix non plus dans les parties civiles du bâtiment...
    L'infirmière se mit à aspirer à une autre vie, une vie plus tranquille, où elle pourrait penser à autre chose qu'au malheur et à la douleur. Elle se voyait déjà servir des cocktails au bord d'une plage, dans une tenue légère et adaptée, où l'atmosphère serait bien plus agréable et détendue.
    Oui, visiblement, elle avait fait le mauvais choix de carrière. Elle irait sûrement consulter l'Holonet afin de trouver un endroit plus paisible où vivre et travailler. Corellia et ses célèbres plages peut-être ?

    Mais sa réflexion n'eût pas le temps d'aller plus loin. Devant elle, un patient à peau bleue se mit à s'agiter brusquement dans sa cuve. Ses yeux d'un rouge ardent examinèrent un instant l'endroit dans lequel il était immergé. Sa vision était à moitié trouble dans le liquide, mais il parvenait clairement à distinguer une silhouette féminine derrière la paroi. Son regard brûlant traversa de part en part la jeune femme qui resta clouée sur place. Un intense frisson la parcourait, comme si une main froide et d'outre-tombe s'était posée sur elle le temps d'un battement de cœur. Le comportement du patient était des plus étranges. Il restait là, suspendu et immergé dans le bacta, à la regarder. Et cela ne rassurait pas l'infirmière... Se pouvait-il que la mort l'habite ?






    Les jours passent et Nash reste toujours aussi silencieux. Personne ne semble pouvoir l'approcher, ou tout du moins discuter avec lui. Il s'est enfermé dans un profond mutisme, que beaucoup de blessés semblent développer lorsqu'ils ont été confrontés à des situations particulièrement difficiles et marquantes. La douleur qu'il ressent au plus profond de son être ne semble même pas être physique. Et pourtant, cette douleur, qui semblerait insupportable à certains, semble alimenter les nombreuses réflexions du Chiss. A défaut de vouloir parler, il pense à tout ce qui a pu lui faire défaut sur Mygeeto.

    En y réfléchissant bien, sa fierté de Chiss en avait déjà pris un coup lors des évènements de Kuat. On ne l'avait pas écouté parce qu'il n'était alors qu'un repêché. On l'avait même accusé d'avoir déserté ! Tout aurait pu se dérouler autrement si quelqu'un d'assez intelligent avait décidé de se mettre de son côté. Au final, la mission s'était terminée sur un échec. Un fiasco que Nash n'avait pas digéré, mais qu'il avait réussi à mettre de côté...
    Du moins jusqu'à maintenant.
    Mygeeto... Ses vents froids et son climat rude se rapprochant de ce que le Chiss avait pu connaître sur sa planète natale. Un échec de plus à ses yeux. Il avait envoyé à la mort deux de ses camarades, et il ne savait pas ce qui était arrivé à l'agent Mulder. Tout ça pour quoi ? Pour rien. Ils n'avaient même pas réussi à abattre un seul de ces fichus Sith ! Dans un premier temps, l’humanoïde aurait voulu en finir, il aurait aimé mourir aux côtés de ceux qui sont tombés dignement ce jour-là. Mais on l'avait sauvé et il n'était désormais rien d'autre qu'une ombre condamnée à traîner son misérable corps mutilée jusqu'à la fin des temps. L'ombre de lui-même. Les médecins avaient clairement douté de sa possibilité de pouvoir réintégrer un jour les institutions militaires impériales. Qui voudrait d'un unijambiste ?
    Et sa fierté en avait alors encore pris un coup. Il aurait aimé pouvoir les tenir en joue avec un blaster, les regarder le supplier avant de les abattre froidement pour leurs erreurs de jugement.

    Mais aujourd'hui, il a réussi à dépasser tout ça. Et pour la première fois depuis longtemps, il a envie de fouler à nouveau un sol ferme. Et ce n'est sûrement pas une jambe manquante qui va le faire changer d'avis. Porté par le souffle d'une nouvelle détermination et fort de sa nouvelle énergie, le Chiss parvient à se hisser hors de son lit, ignorant la douleur et les engourdissements qui viennent s'emparer de ce qui lui reste de jambe droite. L'impérial détaille silencieusement son moignon. Par moment, il a l'impression de pouvoir remuer ses orteils, à d'autres, il ressent d'intenses douleurs, comme si son membre fantôme prenait une position inconfortable. Apparemment, il devrait vivre avec ces démangeaisons jusqu'à la fin de ses jours.
    Nash tente de compenser la perte de sa jambe en s'appuyant sur le chariot qui jouxte son lit, mais son manque d'équilibre lui joue des tours et le chariot part à l'autre bout de la pièce en grinçant. Il est sauvé de peu d'une nouvelle humiliation par l'infirmière qui vient d'entrer et se porte à son secours avant que son fessier ne touche le sol.


    - Monsieur, vous ne devriez pas quitter votre lit. Le médecin... Avance l'infirmière en aidant le Chiss à se poser sur le lit.

    - Je me fiche totalement de ce que peut penser votre médecin. Lâche froidement l’humanoïde à peau bleue en plongeant son regard de braise dans les yeux noisettes de la jeune femme. Allez donc me trouver une paire de béquilles. Si l'on se fiait à vos diplômés en médecine, les blessés de guerre seraient tous des bons à rien irrécupérables. Il serait peut-être temps pour eux de se fier à autre chose qu'à de simples études.

    - Oui oui Monsieur...

    Elle n'a visiblement pas envie de se mettre à dos le patient, et cela peut se comprendre. Un nouveau frisson s'empare d'elle. Ce mec là est complètement flippant ! Le type ne parle pas pendant des jours, se contenant de dévisager tout le monde avec un air pas vraiment amical, comme s'il allait commettre toute une série de meurtres, et lorsqu'il se décide enfin à l'ouvrir, c'est limite pour menacer le personnel soignant. Il veut s'en aller ? Bon débarras !
    Elle pouvait comprendre et tolérer les blessés hurlant de douleur, les soldats délirants ou ceux qui réclamaient tout simplement leur famille, mais ce gars là était clairement à part. A croire que son état ne l'affectait pas plus que ça. Quoi qu'il en soit, elle ne va pas s'en préoccuper plus que ça. Elle a d'autres chats à fouetter. Du genre... Cathars.
    Une fois qu'il a ses béquilles à portée de main, elle s'assure qu'il ne se vautre pas dans sa chambre et poursuit sa garde. S'il en vient à se casser les dents en tombant dans le couloir, ce n'est plus son problème.

    Pourtant, le Chiss se débrouille plutôt bien, même s'il est parfois maladroit dans ses lancés de béquille. Son moignon lui arrache une grimace de douleur, la douleur se fait toujours plus insistante. Il fait une halte et jette un coup d'oeil aux alentours. Il a déjà parcouru une dizaine de mètres. Ses aisselles sont irritées par la matière rigide et peu confortable des béquilles. Mais il constate également qu'il est la curiosité du coin, et que de nombreuses personnes semblent ressentir de la compassion pour lui. D'autres se contentent simplement de le dévisager. Mais l'impérial les ignore, il n'a pas besoin de la pitié des uns, ni des remarques silencieuses des autres. Il se demande un instant ce qu'il fait là, parmi ces imbéciles incapables de se prendre en main. D'une certaine façon, les médecins ont raison de se dire que de nombreux cas sont foutus d'avance. Un jour, il faudrait changer ça... Nul doute que l'Impérium gagnerait un soutien supplémentaire lorsqu'il aura compris l'enjeu.
    Dans le brouhaha général qui empêche le Chiss de raisonner à sa convenance, un uniforme impérial se fond presque incognito dans la masse de soignants, médecins et patients, jusqu'à arriver à portée de l’humanoïde.


    - Major Futhark ? Demande timidement l'impérial en uniforme. Est-ce vous ?

    Nash hausse doucement ses sourcils, jaugeant durant quelques minutes le nouveau venu. Voir un uniforme militaire le réconforte dans cet endroit aseptisé et fade, cet endroit où la discipline semble être absente. Son interlocuteur est jeune, trop jeune et semble intimidé par sa présence. A croire qu'on engage n'importe qui dans l'armée désormais. L'Impérium manque t-il à ce point de bras pour soutenir son régime ?

    - C'est bien moi. Ou plutôt ce qu'il en reste... Répond faiblement le Chiss avant de reprendre avec fermeté et puissance. Que me voulez-vous ?

    - Cadet Doxal au rapport Monsieur ! Le gamin exécute un salut militaire presque irréprochable, auquel l’humanoïde répond simplement par un hochement de tête. On m'a envoyé pour vous transmettre vos nouveaux ordres. Il... Il semblerait que vous allez bientôt reprendre du service.

    - Bien... Bien. Vous allez pouvoir vous rendre particulièrement utile Cadet... Se contente de répondre l'impérial avec une froideur renouvelée.

    - Vos... Vos ordres Major ?

    Le visage de Nash est encore moins expressif que celui d'une statue. Et pourtant, ses yeux d'un rouge sang parlent en son nom. Une froide détermination semble aminer son regard de braise d'une nouvelle lueur... La lueur de la revanche !
    Il lui faudrait sûrement endurer et surmonter beaucoup de douleurs et de défis, mais avant tout, le Chiss a besoin de renouer avec les traditions impériales. Pour se faire, rien n'est plus agréable qu'un bon uniforme à enfiler pour commencer sa journée et... Quelques renseignements pour l’égayer.
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Hivernus

      Quelques heures plus tard.

      On peut se demander ce que le Bureau de Sécurité de l'Impérium vient chercher dans un centre hospitalier. La raison est évidente; des renseignements, des réponses. Pourtant, quelques curieux s'acharnent à vouloir connaître la véritable raison de la présence des services de renseignements "internes" au sein d'un hôpital... Sans toutefois revenir de leurs investigations. Quoi qu'il en soit, nombreux sont les médecins et les officiers de l'armée impériale à venir se plaindre -ouvertement ou non- d'un tel favoritisme. Car en effet, le BSI demeure l'outil privilégié du gouvernement et dispose donc de nombreuses prérogatives, permettant ainsi à l'institution préférée des dirigeants d'espionner ou d'éliminer n'importe qui, n'importe quand. Même les personnalités les plus influentes de l'Impérium -à l'instar des Moffs- ne sont pas à l'abri de possibles représailles. La toute puissante organisation de l'ombre en inquiète plus d'un... A juste titre.

      C'est dans l'un de ces locaux réquisitionnés que le Chiss enfile son bas d'uniforme dans le silence le plus total, sous le regard gêné du jeune cadet. L’humanoïde bleu effleure du bout des doigts l'endroit où il avait été touché sur Mygeeto par un tir allié. Il est surpris de constater qu'il ne reste pas une seule trace de ce qu'il a enduré sur la planète à ce moment précis. De cette blessure qui aurait pu lui être fatale, il ne conserve que le souvenir des douleurs passées sous silence. Mais même si le bacta permet d'effacer les cicatrices physiques indésirables, il ne peut rien faire contre les blessures ouvertes qui viennent troubler le Chiss.
      Nash reste un bon moment plongé dans ses pensées, penché en avant, le torse nu et les mains croisés. Il ne peut pas s'empêcher de se poser de multiples questions, de ressasser le passé. Un raclement de gorge de la part de Doxal le ramène à la réalité. Les deux impériaux s'observent un instant, dans cette atmosphère corrompue par les sombres pensées de l'alien. Finalement, l'ex-marin se décide enfin à s'habiller complètement, sans dire un mot toutefois.
      Le temps de quelques battements de cœur, le cadet se demande s'il est bien à sa place, quelque peu dérangé par l'attitude étrange et froide de son supérieur... Mais sa réflexion n'a pas le temps d'aller plus loin. Un fou furieux en blouse blanche débarque dans le local réservé aux agents du BSI et fait face aux deux uniformes noirs qui le dévisagent silencieusement.


      - Monsieur Futhark ! Vous avez complètement ignoré mes instructions ! C'est intolérable ! S'indigne le docteur dont les cheveux se dressent tout seuls sur la tête. Vous n'êtes pas en état de reprendre vos activités ! Je vous demande de regagner votre chambre... Tout de suite !

      - Sauf votre respect Monsieur... Le Major... Tente timidement Doxal.

      - Restez à votre place soldat, je me fiche de ce que vous avez à me dire ! Le coupe sèchement le médecin.

      - Vous prenez des risques en manquant de respect à un agent du Bureau de la Sécurité de l'Impérium... Se décide enfin à ajouter Nash en posant son regard ardent sur le grincheux en blouse blanche. Vous le savez Docteur... N'est-ce pas ?

      Un bip sonore tente de se faire entendre dans tout ce vacarme, seul le cadet semble y porter attention. Le médecin est trop occupé à déballer tout son sac d'insultes et autres commentaires sur le Chiss.

      - Vous osez me menacer ? Je ne vais pas en rester là ! Votre pitoyable organisation de raclures sans nom va entendre parler de moi ! Vous entendez Futhark ? J'vais vous coller un rapport sur le dos ! Vocifère alors le docteur en levant un point, se voulant menaçant.

      - Je vous en prie Docteur Fields, ne vous gênez pas. Lâche soudainement une nouvelle voix dans son dos. Je serai ravi de vous accueillir... Nous pourrions peut-être parler de vos problèmes dans une cellule... loin de votre famille et de votre travail. A moins que vous ne décidiez de coopérer...

      Fields se retourne vers la petite silhouette holographique qui se dessine sur le bureau. Le médecin baisse un instant les yeux, le temps de trouver une excuse valable et de se remettre en question. Il sait très bien ce qui l'attend s'il ne satisfait pas le BSI. Il se mord les lèvres et ravale sa salive, presque de travers, sous l'effet de la pression. Quelques battements de cœur plus tard, l'homme en blouse blanche redresse la tête et fait face à la silhouette translucide, dont l'image vacille de temps à autre. Son visage pâle et couvert de sueur indique son état d'anxiété, mais il est prêt à accepter la sentence.
      Une scène qui tourne au comique aux yeux du Chiss, aussi silencieux que l'officier qui foudroie du regard le "malheureux" médecin. Voilà qui devrait lui faire les pieds, on ne se moque pas impunément d'une institution impériale. Nash s'imagine à nouveau en train de l'achever d'un tir de blaster entre les deux yeux. Oui, cela pourrait bien lui plaire.


      - Je... Je suis désolé... Cela ne se reproduira plus Capitaine Jaboth. Murmure Fields en s'empêchant de détourner le regard, de plus en plus livide.

      - Être désolé ne suffit pas. Répond froidement l'officier en redressant légèrement son menton. Mais estimez-vous chanceux, nous avons besoin de vos... compétences. La prochaine erreur pourrait bien vous être fatale. Un conseil, ne l'oubliez pas.

      - Hmpf... Oui...

      L'homme quitte la pièce sans se faire prier et semble longer les murs. Sûrement pour éviter de se prendre la honte devant les collègues, il a l'air d'avoir vu un fantôme. Il ne serait même pas étonnant qu'il se soit fait dessus. Le cadet Doxal verrouille l'accès à la porte d'un simple glissement de doigt sur le datapad qu'il tient en main. Plus personne ne viendrait les importuner. Un autre glissement de doigt lui permet de faire tripler de volume la silhouette menaçante du capitaine Jaboth, qui semble jauger le Chiss. Celui-ci entreprend de se redresser afin de saluer convenablement son supérieur, mais il se ravise lorsque l'officier lui indique de rester assis d'un simple mouvement de la main.

      - Ne vous embêtez pas avec les politesses Major Futhark, vous n'êtes pas réellement en état de le faire. Je ne voudrais pas être responsable d'une chute involontaire. Reprend le capitaine, presque caustique dans ses propos. Vous avez pu l'entendre, je suis le Capitaine Jaboth, du Département Opérations et superviseur en second de la Division Infiltration et Manipulation. Votre dossier est des plus exemplaires, et votre avenir semble tout aussi prometteur que celui de multiples agents. De nombreux officiers vous ont recommandé lors de votre service actif au sein de la Marine Impériale, néanmoins, vous n'avez décroché de promotion qu'à la toute fin de celui-ci. Une carrière unique en son genre, intéressante et intrigante. Vos "échecs" récents -durant lesquels vous sembliez être en désaccord avec vos supérieurs- nous amènent à reconsidérer votre avenir au sein de notre organisation. Nous avons décidé de vous accorder une proposition qui ne se présentera pas deux fois...

      L'officier rectifie un instant les plis de son uniforme, avant de se décider de cracher le morceau. Comme s'il s'y opposait.

      - Votre... état ne vous permet pas de réintégrer les rangs des agents de terrain, cependant... Il semblerait bien que vous ayez réussi à obtenir un poste d'officier traitant au sein de la Division Infiltration et Manipulation. Félicitations Major.

      Jaboth ne s'embête pas avec les formalités et passe directement au topo, les mains croisés dans le dos.

      - L'Impérium est en train de subir une vague de changements, sous l'impulsion de la Grande Moff Ashe. Une opération militaire d'une grande ampleur semble se présenter à l'horizon... Et le BSI a été choisi pour préparer le terrain. Vous aurez en charge la planification des opérations clandestines. Bien évidement, nous vous laissons carte blanche pour la constitution de vos équipes et pour ce qui est de l'élaboration des plans. Les détails de la mission ont été transférés sur le datapad du Cadet Doxal, qui servira sous vos ordres.
      Nous attendons votre rapport dans les plus brefs délais. Capitaine Jaboth, terminé.


      La communication holographique s'achève brutalement. Nash semble toujours aussi perplexe, il n'a pas décroché un seul mot. A croire que cela ne dérange nullement le capitaine. Peut-être que celui-ci n'accorde d'importance qu'aux résultats. Doxal reste planté là, droit comme un I, à attendre qu'on lui donne ses directives, bien que légèrement nerveux. Le silence éloquent de l’humanoïde est bien plus flippant que la voix autoritaire de Jaboth. Les personnes sensées auraient sûrement été honorées à l'idée de recevoir une promotion, mais ce Chiss est aussi bavard qu'une pierre tombale. Il semble indifférent, comme si cela ne lui fait pas plaisir. Est-ce là une mauvaise habitude qu'il a pris ? A moins que ce ne soit une particularité de l'espèce. A vrai dire, le jeune cadet ne connaît pas vraiment l'espèce que représente le major. Il faudrait qu'il se renseigne un de ces jours... Cela lui éviterait d'avoir des surprises à l'avenir...
      Doxal sursaute et manque de faire tomber sa casquette impériale. Nash vient de planter son regard de braises ardentes sur lui. Une sueur froide commence à coller l'uniforme noire du gosse. L'alien esquisse l'ombre d'un sourire, ce qui n'est pas pour rassurer le cadet.


      - Et bien... Qu'attendez-vous pour me présenter votre datapad Cadet ? Demande froidement l'impérial à peau bleue, massant alors son moignon douloureux.

      - Ah... Euh... Oui... Voilà ! Tenez Major. Bafouille le jeune homme en tendant son datapad au Chiss.

      - Je vous remercie Cadet. Vous pouvez disposer... Continue avec une simplicité déconcertante l’humanoïde. Vous pourriez me rendre un dernier service toutefois... J'ai besoin de concentration, je ne tiens pas à être dérangé. Si vous voyez ce que je veux dire...

      - C'est bien noté Monsieur.

      Le gosse effectue un salut militaire règlementaire et s'empresse presque de quitter l'endroit, comme s'il fuit la mauvaise humeur de Nash, qui semble déteindre sur son environnement. Les plus suspicieux pourraient presque croire que la lumière blanche et vive qui filtre à travers les fenêtres s'obscurcit à force de côtoyer l'unijambiste et son humeur massacrante.
      Le Chiss hausse un sourcil, le cadet, bien que jeune, le surprend. Il manque de confiance, mais il est vif d'esprit, un atout certain. L'ex-marin se penche donc en toute tranquillité sur les données remises par le capitaine Jaboth, sûr et certain que des gardes armés empêcheraient qu'un autre fou furieux débarque en toute impunité dans les locaux du redoutable Bureau de la Sécurité de l'Impérium. Une nouvelle chance se présente à lui, et il ne compte pas la gâcher. S'il le faut, il ne dormirait pas avant d'avoir élaboré de fond en comble le plan qui conviendrait à son esprit affûté. Son excès de zèle porte ses fruits, puisqu'il oublie complètement l'environnement qui l'entoure, totalement absorbé par la masse d'informations à assimiler...

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